Réchauffement de la planète

3.3168316831961 (1111)
Posté par rachel 22/03/2009 @ 18:07

Tags : réchauffement de la planète, planète, environnement, changements climatiques, climatologie, sciences de la terre, science

Dernières actualités
McCartney lance le "lundi sans viande" pour sauver la planète - L'Express
Selon les experts des Nations unies, l'une des principales causes de la destruction de la couche d'ozone à l'origine du réchauffement de la planète provient de l'émission des gaz à effet de serre (GES). Le méthane dégagé par le bétail d'élevage serait...
Réchauffement de la planète : Branle-bas de combat pour le climat - Développement durable le journal
Les représentants des 17 pays les plus pollueurs de la planète se sont retrouvés les 25 et 26 mai à Paris pour préparer leur réunion de juillet en Italie, en marge du G8. Objectif : trouver un consensus pour stopper un réchauffement climatique annoncé,...
Lettre d'information - Vie publique.fr
Au commencement du vaste bouleversement politique que portent la globalisation et le réchauffement de la planète, il serait irresponsable de ne pas précipiter l'avènement d'une démocratie commune, seule à même d'assurer aux Européens la puissance...
Journée mondiale de l'Environnement : "Votre planète a besoin de vous" - Maxisciences
Un événement qui a été créé en 1972 par les Nations Unies et dont l'édition 2009 est bien sûr placée sous le signe de la lutte contre le réchauffement climatique. "Votre planète a besoin de vous - unis contre le changement climatique", voici le thème...
La Journée de lutte contre la désertification - Ushuaïa, la Terre et nous
La multiplication des activités humaines au cours des dernières décennies a participé à l'augmentation de l'effet de serre, qui provoque le réchauffement de la planète. Autant dire que les terres arides devraient être particulièrement sensibles aux...
TF1: Florent Pagny et Cristiana Réali dans une fiction Balckout - Actualité des Médias
C'est un film catastrophe qui parle des problèmes écologiques comme le réchauffement de la planète. Plus connu comme chanteur, Florent Pagny aura un rôle de composition. Un grand changement de cap pour Critiana Réali, un film d'action pour l'actrice,...
Cristiana Reali et Florent Pagny ensemble à l'écran - Plurielles
Florent Pagny et Cristiana Reali ont démarré en mai au Luxembourg le tournage de "Black Out", un film catastrophe qui met le doigt sur les problèmes écologiques du moment tels que le réchauffement de la planète, le dérèglement du climat....
Coraux et réchauffement climatique - Pieter Huisman, Copyright ... - Goodplanet info
Juste avant de rejoindre le Protocole de Kyoto, les Australiens ont initié la Marche contre le Réchauffement Climatique (2007), organisée dans près de 50 villes du pays. Ils sont aussi à l'origine de l'opération « une heure pour la planète », lancée à...

William Speirs Bruce

William Speirs Bruce 1903.jpg

William Speirs Bruce, né à Londres le 1er août 1867 et mort à Édimbourg le 28 octobre 1921, est un océanographe et spécialiste des pôles écossais.

Il abandonne ses études de médecine pour se joindre à la Dundee Whaling Expedition comme assistant scientifique. Cette expédition se prolonge par des voyages en Arctique. En 1899, Bruce postule pour un poste scientifique dans l'expédition Discovery mais la confirmation tardive de cette nomination et les différences de vue avec le président de la Royal Geographical Society, Clements Markham, le conduisent à organiser sa propre expédition aux îles Orcades du Sud et en mer de Weddell sous le nom de Scottish National Antarctic Expedition (SNAE) : l'expédition Scotia (1902-1904). Bruce est le fondateur du Laboratoire océanographique écossais et est à l'origine de l'idée de la marche transcontinentale de l'Antarctique via le pôle Sud qui est, faute de moyens pour qu'il la réalise lui-même, mise en œuvre par Ernest Shackleton lors de l'expédition Endurance (1914-1917). Également Spécialiste du Svalbard, il reçoit divers prix pour ses travaux polaires mais ne sera jamais considéré à sa juste valeur, notamment par la Royal Geographical Society.

Ses difficultés de reconnaissance sont généralement attribuée à sa déficience en matière de relations publiques, à son penchant à se faire des ennemis puissants et à son fervent nationalisme écossais. À sa mort, il est totalement oublié et redécouvert notamment à la suite du centenaire de l'expédition Scotia. Depuis, des efforts sont faits pour revaloriser son rôle dans l'histoire scientifique de l'exploration polaire.

William Speirs Bruce est né le 1er août 1867 à Londres. Quatrième enfant de Samuel Noble Bruce, un médecin écossais, et de son épouse galloise Marie (née Lloyd), son deuxième prénom vient d'une autre branche de l'arbre généalogique de la famille. L'orthographe inhabituelle de ce second prénom le distingue du plus commun « Spiers » et a provoqué des difficultés répétées pour les journalistes et les biographes.

William passe sa petite enfance dans la maison familiale de Londres, au 18 Royal Crescent, Holland Park, sous la tutelle de son grand-père, le Révérend William Bruce. Il fait des visites régulières aux Kensington Gardens et parfois au Muséum d'histoire naturelle. Ces sorties développent l'intérêt du jeune William pour la « vie et la nature » selon Samuel Bruce.

En 1879, à l'âge de 12 ans, William est placé en pensionnat dans la Norfolk County School, l'école du village de North Elmham dans le comté de Norfolk. Il y reste jusqu'en 1885, puis passe deux années à l'University College School de Hampstead afin de préparer l'examen d'entrée de l'University College de Londres, une école de médecine réputée. Il réussit à la troisième tentative et est prêt à commencer ses études de médecine à l'automne 1887.

Au cours des vacances de l'été 1887, Bruce prend une décision essentielle pour sa carrière, il voyage vers le nord jusqu'à Édimbourg pour assister à des cours de sciences naturelles : durant six semaines, dans une station océanographique écossaise située à Granton sur le Firth of Forth, Bruce suit des cours pratiques de botanique et de zoologie sous la direction de Patrick Geddes et de John Arthur Thomson.

Suite à cette expérience et à la rencontre de certains de ses contemporains les plus en avance en sciences naturelles, Bruce est résolu à rester en Écosse. Aussi, abandonne-t-il sa place à l'University College de Londres pour s'inscrire dans l'école de médecine de l'Université d'Édimbourg. Cela lui permet de maintenir le contact avec ses mentors et lui donne l'occasion de travailler pendant son temps libre aux laboratoires d'Édimbourg où les spécimens ramenés de l'expédition du Challenger sont examinés et classés. Là, il travaille sous la direction de John Murray et de son assistant John Young Buchanan, et acquiert une compréhension plus profonde de l'océanographie et une expérience essentielle des principes de la recherche scientifique.

La Dundee Whaling Expedition (1892-1893) est une prospection touchant le potentiel de la chasse à la baleine dans les eaux antarctiques en localisant une zone de passage réguliers de groupes de baleines. Des observations scientifiques et des recherches océanographiques sont également effectuées à bord des quatre baleiniers : le Balaena, l’Active, le Diana et le Polar Star. Bruce est recommandé par Hugh Robert Mill, une relation de Granton qui était devenu bibliothécaire à la Royal Geographical Society de Londres. Bien que cela implique une réduction de la durée de ses études de médecine, Bruce n'hésite pas et prend ses fonctions sur le Balaena sous la direction du capitaine Alexander Fairweather. Les quatre navires quittent Dundee le 6 septembre 1892.

L'expédition est relativement courte et Bruce est de retour en Écosse en 1893. Elle a échoué dans son principal objectif et a eu peu de profit scientifique. Aucune baleine du genre Eubalaena n'est trouvée et, afin de réduire le déficit de l'expédition, un abattage massif de phoques est ordonné, pour ramener les peaux et la graisse. Bruce n'apprécie pas cela, d'autant plus qu'il était prévu qu'il participe à la mise à mort. Les travaux scientifiques du voyage sont qualifiés, selon les mots de Bruce, de « misérable spectacle ». Dans une lettre adressée à la Royal Geographical Society, il écrit : « La façon de faire du capitaine est loin d'être favorable à des travaux scientifiques ». Bruce se voit refuser l'accès aux données, de sorte qu'il n'est pas en mesure d'établir l'emplacement exact du massacre. Il est obligé de travailler « sur les bateaux » alors qu'il aurait dû faire des études météorologiques et d'autres observations, et aucune installation ne lui est autorisée pour la préparation des spécimens biologiques, dont beaucoup seront perdus par la négligence de l'équipage. Néanmoins, il écrit à la fin de sa lettre à la Royal Geographical Society : « Je tiens à remercier la Société de m'avoir aidé dans ce qui a été, malgré tous les inconvénients, une expérience charmante et instructive ». Dans une autre lettre à Mill, il souligne sa volonté d'aller de nouveau au Sud, en ajoutant : « le goût que j'ai eu, m'a rendu vorace ».

Dans les mois suivants, il fait des propositions pour une expédition scientifique vers la Géorgie du Sud, mais la Royal Geographical Society n'appuie pas ses plans. Début 1896, il examine une collaboration avec les Norvégiens, Henryk Bull et Carstens Borchgrevink pour tenter d'atteindre le pôle Sud magnétique, mais cela aussi ne s'est pas concrétisé.

De septembre 1895 à juin 1896, Bruce travaille à la station météorologique du sommet de Ben Nevis, où il acquiert davantage d'expérience dans les méthodes scientifiques et dans l'emploi des différents instruments météorologiques. En juin 1896, de nouveau sur la recommandation de Mill, il quitte ce poste pour rejoindre l'expédition Jackson-Harmsworth, alors dans sa troisième année dans l'Arctique, sur l'Archipel François-Joseph. Cette expédition, dirigée par Frederick George Jackson et financée par le magnat de la presse Alfred Harmsworth, avait quitté Londres en 1894. Les membres de l'expédition réalisèrent une étude détaillée de l'archipel qui avait été découvert, mais incorrectement cartographié, au cours d'une expédition autrichienne vingt ans plus tôt. L'équipe de l'expédition Jackson-Harmsworth était basée au cap Flora sur l'île Northbrook, l'île la plus méridionale. Les ravitaillements étaient réalisés par des visites régulières du navire de l'expédition, le Windward, sur lequel Bruce navigue depuis Londres le 9 juin 1896.

Le Windward arrive le 25 juillet au cap Flora où Bruce trouve de façon inattendue, en plus des membres de l'équipe Jackson-Harmsworth, Fridtjof Nansen et son coéquipier Hjalmar Johansen. Les deux Norvégiens avaient vécu sur la glace pendant plus d'un an depuis le départ de leur navire, le Fram, pour une tentative vers le pôle Nord et ce fut par pure coïncidence qu'ils furent amenés au seul lieu habité à des milliers de kilomètres. Bruce mentionna la réunion avec Nansen dans une lettre adressée à Mill. Sa rencontre avec le célèbre Norvégien sera à l'origine de divers conseils et encouragements.

Au cours de son année au cap Flora, Bruce recueille près de 700 spécimens zoologiques, souvent dans des conditions très difficiles. Selon Jackson : « Ce n'est pas agréable de montrer ses talents dans une eau glacée, avec la température à quelques degrés au-dessous de zéro, ou de marcher avec difficulté en été dans la neige parfois fondue et la boue sur de nombreux kilomètres à la recherche de la vie animale, comme j'ai souvent vu faire M. Bruce ». Jackson nomme le cap Bruce en son honneur, à la limite nord de l'île Northbrook, à 80° 55' N. Jackson est moins satisfait du sentiment de propriété de Bruce envers ses spécimens qu'il refuse de confier au British Museum avec les autres trouvailles de l'expédition. Cette « tendance à la vanité scientifique » et le manque de tact dans les relations humaines, étaient à l'époque les premières manifestations du caractère qui lui sera reproché plus tard au cours de sa vie.

À son retour de l'archipel François-Joseph, Bruce travaille à Édimbourg en qualité d'assistant de son ancien mentor John Arthur Thomson et reprend ses fonctions à l'observatoire de Ben Nevis. En mars 1898, il reçoit une offre pour se joindre au major Andrew Coats pour un safari dans les eaux arctiques autour de la Nouvelle-Zemble et du Svalbard dans le yacht privé, le Blencathra. Cette proposition avait d'abord été faite à Hugh Robert Mill, mais celui-ci n'obtenant pas d'autorisation de la Royal Geographical Society, propose à nouveau Bruce pour le remplacer.

Andrew Coats était membre de la prospère famille de baronnets Coats, propriétaire de filatures textile, qui avait fondé l'observatoire Coats de Paisley,. Bruce rejoint le Blencathra à Tromsø en Norvège en mai 1898, pour une exploration de la mer de Barents, la Nouvelle-Zemble et l'île de Kolgouïev, avant un retour à Vardø dans le nord-est de la Norvège pour un ravitaillement avant le voyage au Svalbard. Dans une lettre à Mill, Bruce déclare : « Il s'agit d'un pur voyage de plaisance et la vie est comme sur une croisière de luxe ». Cependant, son travail scientifique est effectué sans relâche : « J'ai fait quatre heures d'observations météorologiques et de récolte de données sur la température de la surface de la mer ai testé la salinité de l'eau avec l'hydromètre Buchanan  ».

Le Blencathra navigue vers le Svalbard, mais bloqué par le pack, il retourne à Tromsø. Il y rencontre le navire de recherche Princesse Alice, conçu pour le prince Albert Ier de Monaco, l'un des principaux océanographes de l'époque. Bruce est ravi de l'invitation du prince à se joindre à lui à bord de la Princesse Alice pour un relevé hydrographique autour du Svalbard. Le navire navigue jusqu'à la côte ouest du Spitzberg, l'île principale, et visite Adventfjorden et Smeerenburg plus au nord. Au cours des dernières étapes du voyage, Bruce est chargé des relevés des observations scientifiques.

L'été suivant, Bruce est invité à se joindre au Prince Albert sur une autre croisière océanographique au Svalbard. À Raudfjorden (latitude 80°N), Bruce gravit le sommet le plus élevé de la région, que le Prince baptise « Ben Nevis » en son honneur. Lorsque la Princesse Alice s'échoue sur un rocher submergé, le Prince Albert charge Bruce de préparer un camp pour hiverner, avec la conviction que le navire ne pourrait pas repartir. Heureusement, il est dégagé et peut rentrer à Tromsø pour des réparations.

L'emploi de Bruce suite à son retour du Svalbard de l'automne 1899 est inconnu. Toute sa vie, il eut rarement un travail salarié, ses ressources provenant du mécénat ou des postes obtenus avec l'aide de ses relations. Au début 1901, il se marie à Jessie Mackenzie, qui avait travaillé à Londres comme infirmière dans le service de chirurgie du père de Bruce. Le tempérament secret de Bruce, même au sein de son cercle d'amis ou pour ses collègues, était tel que des renseignements sur son mariage, comme sa date exacte ou son emplacement, n'ont pas été obtenus par ses biographes.

Les Bruce s'installent à Portobello dans la banlieue côtière d'Édimbourg, région qu'ils habiteront toujours malgré des déménagements dans différentes maisons. Un fils, Eillium Alastair, naît en avril 1902, et une fille, Sheila Mackenzie, sept ans plus tard. Au cours de ces années, Bruce fonde le Scottish Ski Club et en devient le premier président. Il est également co-fondateur du zoo d'Édimbourg.

La vie d'explorateur de Bruce, de par son manque d'assurance financière, et ses fréquentes absences prolongées, mettent à rude épreuve le mariage et le couple se sépare autour de 1916. Toutefois, ils continuent à vivre dans la même maison, jusqu'à la mort de Bruce. Eillium est devenu un officier de la marine marchande, et par la suite commandant d'un navire océanographique des Fisheries Research Services qui porta le nom de Scotia.

Le 15 mars 1899, Bruce écrit à Sir Clements Markham à la Royal Geographical Society, en se proposant comme scientifique pour l'expédition Discovery, qui en était alors à l'état de projet à développer. La réponse de Markham est un simple accusé de réception de son offre après lequel Bruce n'eut aucune nouvelle pendant un an. Ensuite, on lui dit, indirectement, de se proposer comme scientifique. Le 21 mars 1900, Bruce rappelle a Markham qu'il avait déjà fait une demande une année plus tôt, et précise ses intentions : « Je ne suis pas sans espoir d'être en mesure de mobiliser suffisamment de fond pour pouvoir prendre un second navire britannique ». Il continue quelques jours plus tard, en indiquant que le financement d'un second navire était maintenant assuré, explicitant pour la première fois des références à une « expédition écossaise ».

Ceci alarme Markham, qui répond sur un agacement certain : « Une telle concurrence serait très préjudiciable à l'expédition Un second navire n'est pas nécessaire Je ne sais pas pourquoi cette rivalité sournoise devrait être initiée »,. Bruce répond en récusant la rivalité, et affirmant : « Si mes amis sont prêts à me donner l'argent pour mener à bien mes projets, je ne vois pas pourquoi je ne devrais pas l'accepter il y a plusieurs personnes qui soutiennent que l'utilisation d'un second navire est hautement souhaitable ». Markham écrit en retour : « Comme je fait de mon mieux pour vous prendre , j'ai eu le droit de penser que vous ne devriez pas prendre une telle mesure au moins sans me consulter Vous allez paralyser l'expédition nationale afin d'obtenir une expédition pour vous même ». Bruce répond que les fonds qu'il a recueilli en Écosse n'auraient pas été utilisés pour un autre projet mais seulement pour celui-ci.

Il n'y eut plus de correspondance entre Markham et Bruce hormis une courte note de Markham, en février 1901 : « Je peux maintenant voir les choses de votre point de vue et je vous souhaite beaucoup de succès ». Cependant, ce message fut contredit par l'attitude ultérieure de Markham à l'égard de l'expédition écossaise.

Avec le soutien financier de la famille Coats, Bruce achète un baleinier norvégien, le Hekla qu'il renomme Scotia après l'avoir transformé en un navire océanographique entièrement équipé pour la recherche antarctique. Il engage ensuite un équipage et une équipe scientifique composés uniquement d'Écossais,. Le Scotia quitte Troon le 2 novembre 1902 et met cap au Sud vers l'Antarctique où Bruce veut mettre en place des quartiers d'hiver dans la zone de la mer de Weddell, c'est-à-dire « aussi proche du pôle Sud que possible ». Le 22 février, le navire atteint 70° 25′ S, mais est bloqué par le pack. Le Scotia se dirige alors vers l'île Laurie dans les îles Orcades du Sud et y passe l'hiver. Une station météorologique baptisée Omond House est créée dans le cadre des travaux scientifiques.

En novembre 1903, le Scotia navigue vers Buenos Aires pour réparations et ravitaillement. En Argentine, Bruce négocie un accord avec le gouvernement grâce auquel Omond House devient une station météorologique permanente, sous contrôle argentin. Rebaptisé Base Orcadas, le site a été continuellement en activité depuis lors et constitue la plus ancienne station météorologique encore en service dans l'Antarctique. En janvier 1904, le Scotia part à nouveau vers le sud pour explorer la mer de Weddell. Le 6 mars, une nouvelle terre à l'est de la zone est aperçue ; Bruce la nomme Terre de Coats d'après les mécènes de l'expédition. Le 14 mars, à 74° 01′ S, et risquant d'être bloqué par le pack, le navire retourne vers le nord. Le long voyage de retour en Écosse, en passant par Le Cap, est achevé à Millport le 21 juillet 1904.

Cette expédition ramène une grande collection de spécimens zoologiques, notamment marins et botaniques. Elle a effectué de nombreux travaux hydrographiques, magnétiques et des observations météorologiques. Cent ans plus tard, au cours d'une expédition, certains scientifiques ont reconnu que le travail de l'expédition du Scotia avait « jeté les bases des études modernes sur les changements climatiques » et que son travail expérimental a montré que cette partie du monde était d'une importance cruciale pour le climat mondial. Selon l'océanographe Tony Rice, il s'agissait d'un programme plus complet que n'importe quelle autre expédition antarctique de l'époque. Cependant, la réception de l'expédition à son retour en Grande-Bretagne est relativement discrète, même si son travail est très apprécié au sein de certaines parties de la communauté scientifique. Bruce a du mal à récolter des fonds pour publier ses résultats scientifiques et accuse Clements Markham du manque de reconnaissance nationale.

La collection de spécimens de Bruce, recueillie durant plus d'une décennie en Arctique et Antarctique, avait besoin d'un lieu de conservation permanent. Bruce a besoin personnellement d'un centre à partir duquel il pourrait exploiter ses rapports scientifiques de l'expédition du Scotia afin de les publier. Il obtient des locaux dans la rue Nicolson à Édimbourg, dans lesquels il créé un laboratoire et un musée, le Laboratoire océanographique écossais (Scottish Oceanographical Laboratory) avec l'ambition ultime que celui-ci devienne l'Institut océanographique national écossais (Scottish National Oceanographic Institute). Il est inauguré par le Prince Albert en 1906.

Dans ces locaux, Bruce entrepose le matériel météorologique et océanographique en préparation de futures expéditions. Il organise également des rencontres avec d'autres explorateurs comme Fridtjof Nansen, Ernest Shackleton et Roald Amundsen. Sa tâche principale est cependant l'exploitation des rapports scientifiques du Scotia. Ils sont finalement publiés, à un coût considérable et avec beaucoup de retard entre 1907 et 1920, à l'exception d'un volume personnel de notes de Bruce qui est resté inédit jusqu'à sa découverte en 1992. Bruce entretient une large correspondance avec les experts, y compris Joseph Dalton Hooker, qui avait voyagé en Antarctique avec l'expédition Erebus et Terror de James Clark Ross en 1839-1843 et à qui Bruce dédie son court livre Polar Exploration.

En 1914, des discussions débutent en vue de trouver des locaux permanents plus grands, à la fois pour la collection de Bruce et, à la suite de la mort la même année de l'océanographe John Murray, pour les spécimens et la bibliothèque de l'expédition du Challenger. Bruce propose que le nouveau centre soit créé comme un monument à la mémoire de Murray. L'accord est unanime, mais le projet stoppé par le déclenchement de la Première Guerre mondiale et ne fut jamais relancé,.

Le Laboratoire océanographique écossais continue de fonctionner jusqu'en 1919, lorsque Bruce, en mauvaise santé, est contraint de le fermer, dispersant sa collection et ses travaux au Musée royal d'Écosse, à la Royal Scottish Geographical Society (RSGS) et à l'Université d'Édimbourg.

Le 17 mars 1910, Bruce fait des propositions à la Royal Scottish Geographical Society pour faire une nouvelle expédition écossaise en Antarctique. Son plan prévoit un hivernage dans ou près de la Terre de Coats pendant que le navire mènerait un autre groupe à la mer de Ross, de l'autre côté du continent. Au cours de la deuxième saison de l'équipe en Terre de Coats, elle devra traverser le continent à pied, via le pôle Sud, tandis que l'équipe de la mer de Ross partirait aussi vers le sud pour assister la première équipe, notamment en termes de ravitaillement. L'expédition devrait également procéder à une vaste recherche océanographique et scientifique. Bruce estime que le coût total est de l'ordre de £50 000, soit au moins 3,5 millions de livres sterling de 2008 ou un peu plus de 4,4 millions d'euros.

La Royal Scottish Geographical Society est favorable à ces propositions, de même que la Royal Society of Edinburgh, l'Université d'Édimbourg et d'autres organismes écossais. Toutefois, le moment n'est pas propice, la Royal Geographical Society de Londres étant entièrement occupée avec l'expédition Terra Nova de Robert Falcon Scott et ne montre aucun intérêt pour les plans de Bruce. Aucun mécène ne se manifeste et le lobbying intense sur le gouvernement pour un soutien financier échoue. Bruce, comme à son habitude, soupçonne que ses efforts avaient été sapés par Clements Markham, toujours influent et en place malgré son âge. En fin de compte, admettant que son entreprise n'aurait pas lieu, il donne un appui généreux et des conseils à Ernest Shackleton qui en 1913 annonce ses propres plans, similaires à ceux de Bruce, de l'expédition Endurance. Shackleton non seulement reçoit £10 000 de la part du gouvernement, mais soulève d'importantes sommes provenant de sources privées, y compris environ £24 000 de l'industriel écossais James Key Caird de Dundee,.

L'expédition de Shackleton est une aventure épique, avec notamment la perte de son navire, mais n'a pas atteint son objectif de traversée transcontinentale. Bruce n'est pas consulté par le comité de secours de Shackleton menant l'opération de sauvetage de 1916. Bruce écrira plus tard, qu'il les supposait morts.

Au cours de son exploration du Svalbard et notamment l'île du Spitzberg — qui était auparavant le nom de l'archipel complet — avec Albert Ier de Monaco en 1898 et 1899, Bruce a détecté la présence de charbon, de gypse et éventuellement de pétrole dans le sol. Durant les étés 1906 et 1907, il accompagne à nouveau le prince sur l'archipel, avec le principal but de cartographier Prins Karls Forland, île inexplorée au cours du premier voyage. Bruce trouve là d'autres gisements de charbon et des traces de fer. Sur la base de ces découvertes, Bruce crée une entreprise de prospection minière, le Scottish Spitzberg Syndicate en juillet 1909.

À cette époque, en droit international, le Svalbard est considéré comme terra nullius et le droit d'extraire des ressources du sol peut être obtenu par simple demande. Le syndicat obtient l'autorisation de travailler sur Prins Karls Forland et sur les îles de Barentsøya et d'Edgeøya notamment. Une somme de £4 000 sur un objectif de £6 000 est recueillie pour financer une expédition de prospection approfondie au cours de l'été 1909 avec un navire affrété par une équipe scientifique. Les résultats sont cependant « décevants » et le voyage absorbe la quasi-totalité des fonds du syndicat.

Bruce effectue en 1912 et 1914, deux autres visites au Svalbard, mais le déclenchement de la Première Guerre mondiale empêche de plus amples développements. Cependant, au début de l'année 1919, l'ancien syndicat est remplacé par un autre plus grand et mieux financé. Bruce espère découvrir du pétrole, mais les expéditions scientifiques de 1919 et 1920 ne confirment pas sa présence, bien que de nouveaux gisements de charbon et de minerai de fer soient été découverts. Par la suite, Bruce est trop malade pour continuer sa participation au syndicat. La nouvelle société dépense plus que son capital sur ces projets de prospection et, sous divers propriétaires successifs jusqu'en 1952, elle n'a jamais découvert d'extraction économiquement intéressante.

Au cours de sa vie, Bruce a reçu de nombreux prix comme la Gold's Medal de la Royal Scottish Geographical Society en 1904, la « Patron's Medal » de la Royal Geographical Society en 1910, la « Patrick Neill Medal » de la Royal Society of Edinburgh en 1913 et la Livingstone Medal de l’American Geographical Society en 1920. Il reçoit également un doctorat honoris causa de Doctor of Letters de l'Université d'Aberdeen. L'honneur qui lui a échappé est cependant la Médaille polaire, décernée par le souverain du Royaume-Uni sur proposition de la Royal Geographical Society. Bien que la médaille ait été attribuée à des membres des expéditions en Antarctique au début du XXe siècle, qu'elles émanent d'un pays du Commonwealth of Nations ou non, l'expédition Scotia a été l'exception.

Bruce et ses proches blâment Clements Markham pour cet ostracisme et cette question est soulevée à maintes reprises, avec toutes personnes susceptibles de quelques influences. Robert Neal Rudmose-Brown, chroniqueur de l'expédition Scotia et, plus tard, premier biographe de Bruce, écrit dans une lettre de 1913 au président de la Royal Scottish Geographical Society que cette négligence a été « peu importante dans l'histoire de l'Écosse et des Écossais ». Bruce écrit en mars 1915 au président de la Royal Society of Edinburgh, qui répond que Markham avait effectivement beaucoup à voir avec cette décision. Après la mort de Markham, en 1916, Bruce envoie une longue lettre à son député, Charles Edward Price, détaillant la malveillance de Clements à son égard et à l'égard de l'expédition Scotia, terminant sa lettre par un « cri » de désespoir au nom de ses anciens camarades : « Robertson est en train de mourir sans son ruban blanc bien mérité ! Le second est mort !! Le chef mécanicien est mort !!! Tous comme de bons hommes qui ont jamais servi sur une expédition polaire, mais ils n'ont toujours pas reçu le ruban blanc ». Aucune action ne suit cette réclamation.

Près d'un siècle plus tard, la question a été soulevée au Parlement écossais. Le 4 novembre 2002 Michael Russell, futur ministre de l'Environnement, a présenté une motion relative au centenaire de l'expédition Scotia, qui a conclu : « Le Comité consultatif de la médaille polaire devrait recommander l'attribution posthume de la médaille polaire au Dr Bruce William Speirs, en reconnaissance de son statut comme l'un des principaux acteurs de l'exploration scientifique polaire du début du XXe siècle ». En dépit de cet effort, en juin 2008, la médaille polaire n'était toujours pas accordée.

Après le déclenchement de la Première Guerre mondiale en 1914, l'entreprise de prospection de Bruce est freinée. Il offre ses services à l'Amirauté, mais n'obtient pas de poste. En 1915, il accepte le poste de directeur d'une entreprise de chasse à la baleine installée dans les Seychelles et y passe quatre mois jusqu'à la faillite de celle-ci. À son retour en Grande-Bretagne, il obtient finalement un poste mineur à l'Amirauté.

Bruce continue de travailler et de faire pression pour la reconnaissance de l'expédition, mettant en évidence les différences de traitement entre l'expédition Scotia et les autres expéditions britanniques. Quand la guerre prend fin, il tente de relancer ses divers intérêts en jeu, mais sa santé défaillante le force à fermer son laboratoire. Durant le voyage de 1920 au Svalbard, il n'a qu'un rôle de conseiller et n'est pas en mesure de participer activement aux travaux. Au retour, il est confiné dans l'Infirmerie royale d'Édimbourg et plus tard à l'Hôpital Liberton d'Édimbourg où il meurt le 28 octobre 1921. Conformément à ses vœux, il est incinéré et ses cendres sont transportées en Géorgie du Sud avant d'être dispersées dans l'océan Austral. En dépit de son revenu irrégulier et de son manque général de fonds, son héritage s'élève à £7 000, soit une valeur d'au moins £220 000 ou 280 000 € de 2008.

Après la mort de son ami de longue date, Bruce, son collègue Robert Neal Rudmose-Brown écrit, dans une lettre au père de Bruce : « Son nom est à jamais inscrit parmi les grands explorateurs et les martyrs du dévouement scientifique altruiste ». La biographie de Bruce par Rudmose-Brown est publiée en 1923, et la même année, un comité conjoint des sociétés savantes d'Édimbourg met en place le Bruce Memorial Prize, un prix pour les jeunes scientifiques polaires. Par la suite, bien que son nom continue d'être respecté dans les milieux scientifiques, Bruce et ses réalisations sont oubliés par le grand public. Mentionné occasionnellement dans l'histoire polaire, les biographies sur les grands hommes comme Robert Falcon Scott et Ernest Shackleton ont tendance à être inexactes et parfois minimise même son apport .

Les premières années du XXIe siècle, cependant, ont vu une réévaluation des travaux de Bruce, probablement liée au centenaire de l'expédition et au sentiment d'identité nationale en Écosse. Une expédition de 2003, avec un navire de recherche nommé Scotia, utilise des informations recueillies par Bruce en tant que base de l'examen des changements climatiques dans la Géorgie du Sud. Cette expédition prédit de « dramatiques conclusions » relatives au réchauffement de la planète à partir de ses recherches, et a dédié cette contribution comme un « hommage au héros polaire oublié de la Grande-Bretagne, William Spiers Bruce ». Un nouveau biographe, Peter Speak, affirme en 2003 que l'expédition Scotia a été « de loin l'expédition scientifique de l'âge héroïque la plus rentable et la plus soigneusement planifiée  ».

Le même auteur analyse les raisons pour lesquelles les efforts de Bruce pour capitaliser sur ce succès furent voués à l'échec, et estime que c'était une combinaison de son tempérament timide, solitaire, peu charismatique et son « fervent » nationalisme écossais. Bruce manquait apparemment de talent en relations publiques et de capacité à promouvoir son travail après la « mode » de Scott et de Shackleton, un ami de longue date a décrit Bruce comme étant « aussi piquant qu'un chardon écossais ». À certaines occasions, il s'est comporté sans tact, comme avec Frederick George Jackson sur la question des spécimens ramenés de l'archipel François-Joseph et à une autre occasion à la Royal Geographical Society sur une question de budget mineure. Il s'est fait de Clements Markham un puissant et durable ennemi, dont l'influence fut déterminante sur l'attitude de Londres envers lui pendant de nombreuses années après leur différend initial.

Quant à son nationalisme, il tenait à voir l'Écosse sur un pied d'égalité avec l'Angleterre, dans un Royaume-Uni fédéral au cœur de l'Empire britannique. Son patriotisme a été intense. Dans une note préparatoire au voyage du Scotia, il a écrit : « Alors que la Science a été le talisman de l'expédition, l’Écosse a été le blason sur son drapeau ». Cette insistance sur la nature écossaise de ses entreprises a pu être gênante pour ceux qui ne partageaient pas sa conviction. Toutefois, il conserve le respect et la dévotion de ceux avec qui il avait mené ces travaux et qui le connaissaient depuis longtemps. John Arthur Thomson, qui a connu Bruce depuis Granton, a écrit de lui lors de sa rencontre avec Rudmose-Brown pour la biographie de 1923 : « Nous ne l'avons jamais entendu se plaindre de lui-même, quoiqu'il devienne chatouilleux dès qu'une remarque était faite sur ses hommes, ses collègues, son laboratoire ou son Écosse. Se réveillait alors le volcan qui sommeillait dans cet esprit d'habitude doux et paisible ».

En haut



Cyclone Catarina

Brazil hurricane 2004-03-26.jpg

Le cyclone Catarina est le premier ouragan officiellement observé dans l'Atlantique sud, bien que des rapports historiques mentionnent d'autres tempêtes tropicales. Il a touché les côtes du Brésil le 28 mars 2004. Catarina toucha terre près de Torres, à la frontière entre l'État du Rio Grande do Sul et celui de Santa Catarina, causant des dommages estimés à 350 millions de $US et tuant trois personnes.

Le 12 mars 2004, un creux barométrique froid en altitude se trouvait au large de la côte brésilienne. Une perturbation tropicale se forma sous ce creux le 19 et se déplaça vers l'est-sud-est jusqu'au 22 mars quand une crête barométrique arrêta sa progression. Grâce à un cisaillement des vents d'altitude exceptionnellement favorable et une température de surface de la mer de 24 à 26 °C, marginalement favorable, la perturbation devint une dépression subtropical le 24. Sa position était alors à environ 1170 km de Florianópolis et elle commença à se déplacer vers l'ouest. Le 25 mars, la dépression est devenue une tempête tropicale.

Ce système très compact s'intensifia et devint un cyclone tropical le 26. Un journal brésilien mentionna qu'un « Furacão (ouragan) menaçait l'État de Santa Catarina ». C'est en grande partie à cause de ce titre que le cyclone prit le nom non officiel de Catarina. Les conditions demeurant favorables, il atteignit son intensité maximale le 28 avec des vents soutenus de 160 km/h, un cyclone de catégorie 2, et des rafales à 180 km/h. Catarina toucha terre à cette intensité près de Torres, dans le nord-est de l'État de Rio Grande do Sul qui se trouve dans l'extrême sud du Brésil. La tempête se dissipa rapidement par la suite à cause de la friction.

Les responsables des services météorologiques brésiliens avaient originalement dénié que le système était un cyclone même si un œil était clairement visible et qu'il présentait d'autres caractéristiques typiques de ces systèmes. Les météorologue ont adopté le nom Catarina pour le système, mais ce n'est qu'un an plus tard qu'ils l'ont officiellement élevé au rang de cyclone tropical. Leurs collègues nord-américains, bien que surpris par la position de ce cyclone, le reconnurent immédiatement comme tel. En utilisant l'imagerie satellitaire, ils reconnurent la structure typique avec un œil clairement entouré d'un mur de convection profonde et des bandes orageuses en spirale autour du système. Les analyses dynamiques et thermodynamiques ne laissaient pas non plus de choix à ces météorologues plus habitués aux ouragans et le National Hurricane Center américain le déclara ouragan dès le 26 mars.

Le nom de Catarina n'est pas sanctionné par l'Organisation météorologique mondiale car aucune façon formelle de nommer des cyclones n'est prévu dans l'Atlantique Sud (voir Nomenclature des cyclones tropicaux). La tempête a reçu quelques autres noms comme "Aldonça" par un groupe de discussion sur les cyclones, "01T-ALPHA" par le Met Office du Royaume-Uni et "50L-NONAME" par le National Hurricane Center. Ce dernier centre utilise "1L" à "89L pour les tempêtes nommés et 90l à 99l pour celles incertaines. Avec 50L, Catarina est bien dehors des systèmes de l'Atlantique Nord. Finalement, on utilise le terme cyclone qui est le plus courant dans l'hémisphère sud mais comme il s'est produit dans l'Atlantique, on aurait pu lui donner le nom ouragan.

La formation de cyclones tropicaux dans l'Atlantique Sud est très improbable car le cisaillement des vents avec l'altitude est trop grand en général et la température de l'eau trop froide. De plus, la zone de convergence inter-tropicale est généralement absente. Occasionnellement cependant les conditions sont un peu plus favorables, comme lors de dépressions tropicales en 1991 en Angola et au début de janvier 2004. Catarina a bénéficié d'une combinaison d'anomalies de températures de l'eau et de la circulation atmosphérique pour atteindre le stade de cyclone tropical. La température de l'eau d'un peu moins que 26,5 °C, généralement reconnue comme le minimum pour le développement d'un cyclone tropical, a été assez pour un développement baroclinique (voir Système frontal) subtropical qui s'est transformé en cyclone tropical.

Jusqu'à Catarina, aucun système tropical n'avait atteint le niveau d'ouragan dans l'Atlantique Sud selon une évaluation par photos satellitaires, soit depuis les années 1970. La Société brésilienne de météorologie attribue les conditions qui ont permis son développement au réchauffement de la planète et d'autres chercheurs ont indiqué que cela pouvait être dû à certains cycles climatiques, comme le mode annulaire de l'hémisphère sud, associés aux changements climatiques mais aucun lien solide n'a pu être établi. Plus de recherches sont nécessaires car les données disponibles ne s'étendent que sur une période très limitée de temps.

Catarina apporta des pluies diluviennes et des vents destructeurs. Parce que les météorologues brésiliens n'ont pas reconnu la nature tropicale du système à temps, les avertissements furent lancés tard et ce qui a accru l'impact du système. Ainsi, une bonne partie de la population ne se mit pas à l'abri ou ne prit pas les précautions suffisantes. Le cyclone aurait tué au moins trois personnes et en a blessé soixante-quinze.

À Passo de Torres, le cyclone a détruit plusieurs chantiers navals et soufflé de nombreux toits. Près de la rivière Mampituba, la frontière entre l'État du Rio Grande do Sul et celui de Santa Catarina, une maison fut soufflée à environ 50 mètres en amont, retombant sur une autre demeure de l'autre côté de la frontière.

En haut



Polytétrafluoroéthylène

Polytétrafluoroéthylène

Le polytétrafluoréthylène (PTFE), est un polymère thermoplastique de tétrafluoroéthylène.

Il a été découvert par Roy J. Plunkett (1910-1994) de DuPont en 1938 et fut introduit commercialement en 1949. Il est commercialisé sous les marques Teflon®, Hostalen®, Hostaflon® ou Fluon®. La marque la plus connue est Teflon® de DuPont de Nemours.

Ce polymère fluoré est un matériau doux, facilement déformable, semi-cristallin, semi-opaque et blanc. Son allongement est facile et sa résistance aux contraintes et aux radiations est faible. Il présente une remarquable résistance à la plupart des produits chimiques, un coefficient de friction très bas et reste stable à température relativement élevée (327 °C). Ces propriétés inhabituelles lui confèrent une valeur inestimable pour une grande quantité d'applications. Le polytétrafluoréthylène est par ailleurs le seul matériau auquel les pattes de la plupart des geckos arboricoles n'adhèrent pas.

Ne pouvant être transformé par fusion, il est formé par une méthode de frittage par poudre.

Dans l'industrie, il est utilisé dans les roulements, les joints, l'isolation électrique à hautes températures, les revêtements et garnitures non adhésives pour les cuves, etc. Dans la vie courante, il constitue le revêtement de certains ustensiles de cuisine et s'utilise en ruban afin d'assurer l'étanchéité de montages filetés.

Enfin, le Teflon est parfois utilisé pour les gaines des bus informatiques.

Par comparaison, les graisses de cuisine (huiles et beurres) commencent à brûler autour de 200 °C. Une étude de 1959 a conclu que la toxicité des émanations du revêtement (par chauffage sec) était moindre que celle des fumées générées par des huiles de cuisine surchauffées.

En 1973, une étude a confirmé ces résultats précédents. Elle a, de plus, montré que l'exposition aux produits de cuisson du beurre à 260 °C, pendant quatre heures, dans une poêle sans revêtement, était toxique à 100% (mortelle) pour les perruches tandis que les mêmes conditions avec une poêle à revêtement n'entraînait aucun décès chez les animaux jusqu'à 280 °C. Par ailleurs, au cours des quarante dernières années, les poêles anti-adhésives ont été largement utilisées et il n'a été reporté qu'un cas mineur ayant un effet limité sur la santé et lié à la surchauffe d'une poêle.

En 2005, l'agence de protection de l'environnement des États-Unis (EPA) a trouvé que l'acide perfluorooctanique (APFO ou PFOA en anglais), un produit chimique employé pour fabriquer le Teflon, était "cancérigène". Cette découverte est une partie d'un rapport (en anglais) qui est en cours de relecture avant acceptation finale.

Une action en justice, menée par 60.000 habitants résidant près d'usines américaines du groupe, a condamné DuPont à dépenser 345 millions de dollars pour les dédomager et l'obliger à stopper l'émission d'APFO dans l'eau et le sol. À ce jour, ce produit chimique n'est pas accepté par l'EPA. En 2007, parmi d'autres composés perfluorés, l'acide perfluorooctanoïque (APFO), réputé persistant dans l’environnement, et accumulable dans les tissus adipeux des organismes vivants, toxique pour l’homme et les animaux a été trouvé dans le sang du cordon ombilical de 100 % de 299 nouveau-nés testés à Baltimore, ce qui montre une contamination intra-utérine généralisée dans cette région. D'autres perfluorés ont été trouvés, mais à des doses plus faibles et/ou chez moins de sujets.

En janvier 2006, DuPont, la seule compagnie à utiliser l'APFO en usine sur le territoire américain, a annoncé son intention de supprimer les émissions de ce produit pour 2015. Elle recherche actuellement un substitut et n'a donc pas prévu de ne plus l'utiliser, ce produit étant essentiel dans la production du Teflon. Cette annonce englobe tous les produits de la société utilisant le Teflon. En effet, l'APFO rentre dans la fabrication du Teflon qui sert aussi bien pour les ustensiles de cuisine que pour les emballages, vêtements et revêtements pour le sol).

Il est reconnu que le Teflon rentre dans la production de poêles et plats anti-adhésifs. Il est seulement utilisé dans le processus de fabrication et il ne doit pas y avoir de traces mesurables d'APFO dans ces ustensiles.

Les effets indirects du téflon est le fait qu’il peut produire des gaz à effet de serre dans l’atmosphère lorsque chauffé. En effet à 600 °C il y a production de PFB(polyfluorobutene) et à 650 °C de CF4 .Ces dernières possèdent un lien covalent qui est polarisés, absorbant la lumière qui est réflectée du soleil (parmi 30% de la lumière qui est reflétée, 15% est absorbée par les gaz à effet de serre par les vibrations de cisaillement de la molécule).

Le problème du CF4 et PFB est que ces molécules possèdent un temps de vie très élevé (e.g. CF4=50 000 ans) et une puissance relative de réchauffement de la planète par kilo intégré pour 100 ans de 6500. Si on comparait à ce que contribue le CO2 il posséderait un temps de vie 1000 fois plus long. Il faudra aussi noter que le taux de croissance annuelle augmente de 2% pour le CF4 comparativement au CO2qui est l’ordre de 0.4%.

Le problème dans tout ça, c’est que les CFC étant bannis il y a quelques années, ces derniers ont été remplacé par d’autres contribuants (e.g. CF4) aussi puissants en ce qui concerne de puissance relative de réchauffement mais possédant un temps de résidence 500 fois plus long. Non seulement la dégradation à haute température du téflon se fait ressentir dans le réchauffement de la planète, il se fait aussi ressentir dans les eaux souterraines, lacs, la mer et chez les animaux. En fait la plus haute concentration qui se fait ressentir parmi les PFCs (polyfluorocarbonés) et le PFOA.

Le PFOA fait parti des POPs (matières organiques persistantes) donc ne se décompose pas ou peu dans la nature. Le PFOA a été retrouvé au pôle chez les ours polaires, poissons, chez l’humain et dans tous les océans du monde. Le PFOA est bioaccumulable et bioamplifiable.

Récemment des études permettant la dégradation de PFOA sont en vigueur dans le monde. En fait les études montrent la dégradation du PFOA en présence de Fe(III) et sous lumière UV a 254 nm. Ainsi des analyses chimiques liées à la production du téflon seraient de plus en plus demandées dans le monde. Et donc, le domaine de la chimie environnementale analytique serait en plein essor.

Les PFOA (Perfluorooctanoic acid), aussi connus sous le nom de C8, proviennent de la décomposition du polytétrafluoroéthylène à 360 °C;Ces composés sont réputés par leurs toxicités accrues ainsi que leurs effets cancérigènes chez l’homme et chez les animaux. Ils sont préoccupants puisqu’ils persistent dans l’environnement et s’accumulent dans le corps humain.Cependant, différentes méthodes d’analyses ont été mises au point afin de déterminer et quantifier ces composés dans différents milieux (eaux, sang, serum, foie, plasma, sols, air, ustensiles de cuisine, etc..).

Des analyses de PFOA et d’autres composés PFCs ont été effectuées dans le bassin du fleuve Po en Italie dans le courant de l’année 2006 afin de déterminer les concentrations de PFOA déversées dans l’Adriatique. La méthode d’analyse utilisée dans ce cas ci est la SPE (Solid Phase extraction et la LC/MS/MS (chromatographie liquide couplée à la spectrométrie de masse en tandem).

La SPE est une technique de préparation d’échantillon basée sur l’adsorption sélective des analyses sur une surface solide.

La LC/MS/MS permet de faire la séparation et la quantification des composés. L’avantage de cette méthode est qu’elle permet de faire le dosage simultané des substances de structures différentes. Elle est dotée d’une grande sensibilité, spécificité accrue et très haute sélectivité, rapidité, amélioration de S/N (rapport signal/bruit), exactitude et précision inégalée, réduction de la limite de détection, coûteuse.

Les analyses ont été faites en collectant des échantillons d’eaux de différentes rivières sur une période allant de février à mars 2007. Ces analyses ont révélé des fortes concentrations de PFOA pour la rivière Tánara au courant de l’année 2007 soit 1270 ng/l et des concentrations variant de 60 à 337 ng/l pour le fleuve Po au courant de l’année 2006 pour les différentes dates d’échantillonnages. La limite de détection (LMD) pour les analyses de PFOA est de 100 pg/l. À partir de ces concentrations et du débit des rivières la quantité de PFOA a été déterminée pour l’année 2006 soit une masse ~0,3 kg/heure de PFOA ou ~2,6 tonnes/année qui a été déposée dans la mer Adriatique (une partie de la mer méditerranée).

Des analyses ont été faites pour la détermination des PFCs (acides perfluorocarboxyliques) en utilisant la chromatographie liquide gazeuse(GCL) avec un détecteur à capture d’électron (ECD). Cette analyse a permis d’extraire efficacement le PFOA (Perfluorooctanoic acid), PFNA (perfluorononanoic acid) et PFDA (perfluorodecanoic acid) dans le foie des rats méthylés avec le diazométhane puis séparé par GLC. Les concentrations obtenues de PFDA dans le foie de rat 24 heures après une dose administrée de 20 mg/kg par poids du corps était de 113,9±11,4 µg/g de foie.

Néanmoins, des nouvelles études sont en cours d’évaluation concernant la persistance des PFOA et ses possibles effets sur la santé de l'environnement ainsi que la santé humaine.

La solution : Comme le Teflon ne colle pas naturellement au métal, les premières poêles anti-adhésives étaient plutôt fragiles et il fallait utiliser des ustensiles spéciaux pour ne pas égratigner le revêtement. La technique s'est grandement améliorée depuis. Les procédés de fabrication sont brevetés mais quelques idées circulent : une des possibilités serait que : d'abord, on sable le fond de la poêle afin de le rendre rugueux. Ensuite, on enduit la surface d'un apprêt spécial. Finalement, on applique le Teflon sur l'apprêt. Même si le Teflon ne se combine pas chimiquement au métal, il est tout de même possible de le faire adhérer mécaniquement, c'est-à-dire en faisant en sorte qu'il s'introduise et s'agrippe dans les petites fentes et crevasses à la surface de la poêle.

Une alternative: On dépose des polymères en plusieurs couches sur le métal. On commence par un polymère qui adhère bien au métal et qui ressemble vaguement au Teflon. La seconde couche est un autre polymère qui adhère au polymère de la couche précédente, mais qui ressemble plus au Teflon. On fait ces applications jusqu'à ce que l'on applique le Teflon.

En haut



Protoxyde d'azote

Nitrous-oxide-3D-vdW.png

Le protoxyde d'azote (N2O) aussi appelé gaz hilarant, oxyde nitreux, a de nombreuses utilisations, aussi bien en anesthésie que comme oxydant dans certains moteurs-fusées ou encore dans les bonbonnes de crème chantilly.

Il peut aussi servir comme comburant de l'acétylène pour certains appareils d'analyses (spectrométrie d'absorption atomique) et comme comburant de l'essence dans les moteurs à combustion interne.

Il est classifié comme polluant par le protocole de Kyoto. C'est le quatrième plus important gaz à effet de serre à contribuer au réchauffement de la planète après la vapeur d'eau (H2O), le dioxyde de carbone (CO2) et le méthane (CH4). Son pouvoir réchauffant correspond à 310 fois celui du CO2.

Il a été découvert en 1776 par Joseph Priestley. Le protoxyde d'azote a été utilisé dès la fin du XVIIIe siècle comme « gaz hilarant » dans les foires (effet euphorisant). Ses effets anesthésiants ont été découverts en 1844 par le dentiste Horace Wells qui l'expérimenta sur lui-même, ce qui a permis à la chirurgie de faire un bond (la douleur était une des deux grandes limites de la chirurgie, avec l'infection).

Le principal risque, l'asphyxie par manque de dioxygène, a mené à l'élaboration du mélange équimolaire avec du dioxygène (MEOPA). Bien qu'il ait été utilisé régulièrement sous cette forme durant le XXe siècle, il n'a obtenu en France son autorisation de mise sur le marché (AMM) qu'en novembre 2001. Auparavant il a été distribué (en dehors de la classification médicament comme les autres gaz médicaux) dans la majorité des blocs opératoires et a constitué l'un des agents de l'anesthésie générale durant le XXe siècle ; sa faible puissance anesthésique le reléguant au rôle d'adjuvant de médicaments plus puissants, dont il permet de réduire les doses et par là les effets indésirables.

Le protoxyde d'azote est utilisé comme gaz propulseur, notamment dans les bonbonnes de crème chantilly ou de gaz dépoussiérant pour les ordinateurs. Son code européen est le E942.

Dissous dans l'eau, le protoxyde d'azote a un goût sucré.

Le protoxyde d'azote peut-être détourné à titre récréatif du fait de ses propriétés psychodysleptiques, il est alors le plus souvent inhalé via des ballons afin d'éviter des gélures lors de la détente du gaz (provenant d'une bombe de gaz dépoussiérant).

Le détournement du protoxyde d'azote est avéré aux États-Unis et au Royaume-Uni depuis le début des années 1980 et en France depuis 1998.

Les effets sont rapides et fugaces. Ils commencent de 15 à 30 secondes après l'absorption et se terminent au bout de 2 à 3 minutes.

À forte dose, il devient narcotique et est classé au tableau des stupéfiants.

Le protoxyde d'azote a déjà provoqué des morts par asphyxies dûes à un manque d'oxygène.

L'usage détourné et prolongé de protoxyde d'azote présente des risques de complications médicales pour le nouveau-né en cas d'usage durant une grossesse.

Du fait de sa teneur en oxygène plus élevée que l'air, le protoxyde d'azote est parfois utilisé comme appoint ou en substitution à ce dernier dans les moteurs à combustion interne. Il permet d'augmenter la charge comburant/carburant dans le cylindre, de favoriser la combustion, et ainsi d'augmenter fortement la puissance du moteur (de 30% à 100% environ).

L'injection de protoxyde d'azote fut utilisée durant la Seconde Guerre mondiale dans certains avions de combat allemands (dispositif "GM-1"). À cette époque, ce système visait à compenser la diminution du dioxygène de l'air en altitude (gaz prélevé dans l'air, utilisé comme comburant par les moteurs à pistons), ce qui avait comme conséquence de réduire le niveau de comburant dans le moteur par rapport au carburant, et entraînait, ainsi, une baisse de la puissance délivrée par le moteur. L'injection de protoxyde d'azote visait donc à pallier le manque de comburant dans le moteur de manière à permettre à celui-ci de fonctionner à haute altitude avec un rendement identique à un fonctionnement à basse ou moyenne altitude. Le pilote disposait ainsi d'une réserve de puissance qu'il pouvait utiliser jusqu'à l'épuisement de la bonbonne contenant le protoxyde d'azote sous forme liquide, soit une dizaine de minutes. À l'époque, ces systèmes étaient mal maîtrisés et requéraient une grande précaution d'emploi, surtout sur les très compliqués moteurs allemands. Un pilote souhaitant utiliser le GM-1 devait le faire à une altitude où l'air était déjà raréfié (à partir d'environ 6000m d'altitude) et devait réduire les gaz avant de relancer ceux-ci une fois le dispositif mis en route, sous peine de casse moteur ou, pire, d'explosion pure et simple de l'avion.

Plus tard et à l'instar des autres procédés de sur-alimentation tels que le compresseur et le turbo, le principe de l'injection de protoxyde d'azote fut repris en compétition automobile, puis par le particulier puisque l'on trouve sur le marché des kits NOS (Nitrous Oxide System) que l'on peut adapter sur à peu près n'importe quelle voiture. Bien que ces kits soient très prisés des amateurs de tuning automobile, leur installation sur des véhicules de série reste illégale dans de nombreux pays.

En haut



Albédo

La neige fraîche, avec un albédo très élevé, paraît très blanche

L'albédo est le rapport de l'énergie solaire réfléchie par une surface sur l'énergie solaire incidente. On utilise une échelle graduée de 0 à 1, avec 0 correspondant au noir, pour un corps sans aucune réflexion, et 1 au miroir parfait, pour un corps diffusant dans toutes les directions et n'absorbant rien du rayonnement électromagnétique visible qu'il reçoit.

Dans la pratique, un corps est perçu comme blanc dès qu'il réfléchit au moins 80% de la lumière d'une source lumineuse blanche. À l'inverse tout corps réfléchissant moins de 3 % de la lumière incidente paraît noir.

Certaines matières ont un albédo très variable, comme les nuages. En revanche, les corps solides ont bien souvent des albédos fixes, qui caractérisent leur composition chimique. Par exemple, la lave a un albédo de 0,04, le sable entre 0,25 et 0,30, la glace environ 0,60, la neige (épaisse et fraîche) jusqu'à 0,90. L'albédo moyen terrestre est de 0,30 toutes surfaces confondues.

L'albédo est l'un des indicateurs prévenant de la température de la surface de la terre. C'est un "baromètre" des variations climatiques qui influe sur la connaissance de l'amplitude de l'effet de serre en opposant une rétroaction positive sur la température en surface et des océans, en fonction de la variation du volume des glaces.

Le refroidissement d'origine astronomique entraîne une extension des glaces continentales, de l'inlandsis, des glaciers, et donc une augmentation de l'albédo ; la planète réfléchit davantage le rayonnement solaire, en absorbe moins, ce qui amplifie son refroidissement. Le réchauffement a des effets inverses. Ce qui pose problème aujourd'hui : le réchauffement de la planète fait fondre la banquise polaire, ce qui diminue l'albédo et donc augmente la température de la planète.

L'albédo est utilisé en astronomie pour avoir une idée de la composition d'un corps trop froid pour émettre sa propre lumière, en mesurant la réflexion d'une source lumineuse externe, comme le Soleil. On peut différencier ainsi facilement les planètes gazeuses, qui ont un fort albédo, des planètes telluriques qui ont elles, un albédo faible.

Avant d'installer un équipement utilisant l'énergie solaire, il est important de connaître la luminance au sol, c'est-à-dire la quantité de lumière solaire reçue au sol. Pour cela, une des techniques les plus efficaces est l'utilisation de satellites d'observation terrestre. Le satellite de Meteosat de la deuxième génération est ainsi capable de fournir des mesures précises toutes les 15 minutes sur la luminance au sol du continent européen.

En haut



The Yes Men

Les Yes Men (Béni-oui-oui) sont deux activistes du canular (Jacques Servin et Igor Vamos, connus sous les pseudonymes de Andy Bichlbaum et Mike Bonanno), qui dénoncent le libéralisme par la caricature.

En se faisant passer pour des intervenants de l'OMC, ils ont entre autres prononcé des discours satiriques sur la privatisation du marché des votes, sur l'apologie de l'esclavage à domicile, qui n'ont pas suscité de réactions particulières de la part des spectateurs et participants présents, si ce n'est des remerciements.

Ils ont ensuite diversifié leurs cibles, parmi lesquelles George W. Bush et le groupe chimique Dow Chemical.

Le 12 novembre 2008, ils ont diffusé à un million d'exemplaires dans les rues de New York un faux numéro du New York Times titrant à la une « Iraq War Ends » (« La guerre en Irak est finie »).

D'abord un canular prenant la forme d'un faux site sur George Walker Bush, avec l'adresse gwbush.com, ils passent au niveau supérieur en utilisant les anciennes initiales de l'OMC et créent gatt.org, un pastiche à l'apparence proche du site officiel.

Les gens qui cherchent à poser des questions ne lisant généralement pas le contenu des sites, ils reçoivent parmi des questions techniques quelques invitations pour intervenir dans des conférences.

Les interventions sont filmées, et distribuées commercialement.

Lors de sommet de l'OMC de mai 2000, à Salzbourg, en Autriche, Andy Bichlbaum, intervient sous le nom de Andreas Bichlbauer et fait un exposé alarmiste. Il s'est fait passer pour Hank Hardy Unruh au "Textiles of the Future" à Tampere en Finlande (janvier 2001) pour une intervention spectaculaire.

Résultat : pas de réactions particulières, si ce n'est des remerciements...

En 2001, un mail demande à gatt.org l'intervention de l'OMC à une conférence intitulé « Les textiles du futur » en Finlande, les Yes Men répondent à l'appel en poussant jusqu'au grotesque : l'abolition de l'esclavage fut une entrave à la liberté des confédérés. Il continue alors en précisant qu'elle aurait de toute façon fini par arriver naturellement. En effet l'esclave coûte cher car il faut le nourrir et l'habiller, alors qu'un employé délocalisé ne coûte qu'un maigre salaire. Aucune réaction ne se fait dans le public jusqu'à la présentation de l'AVE (Appendice de Visualisation des Employés), un accessoire en forme de phallus doré censé être un appareil permettant le contrôle et la soumission totale de l'esclave. Les seules réactions qui suivent sont des éclats de rire, sans que la supercherie ne soit découverte. Plus tard, une femme se dira extrêmement offensée du fait que l'outil ne soit présenté que sous une forme masculine.

Devant l'absence de réaction des assemblées, les Yes Men décident de pousser le canular plus loin. Ils le testent sur des étudiants. Lors d'une présentation dans un amphithéâtre, ils distribuent des hamburgers puis énoncent la thèse suivante : la famine dans le tiers monde est un problème pour l'OMC car les personnes qui meurent de faim travaillent mal et produisent peu de richesses. L'OMC propose donc une solution économique : munir les pauvres en filtres permettant de recycler les excréments pour en faire de la nourriture. Ils expliquent qu'un partenariat s'est fait avec McDonald's et qu'il pourrait être judicieux de construire des pipelines important des pays riches la matière première.

Les Yes Men concluent de ces expériences que les étudiants sont plus intelligents que les précédents parterres de gens qu'une éducation néolibérale a rendu dociles ou inattentifs à n'importe quelle idée qui leur est proposée.

Les Yes Men, voyant que le canular des excréments est trop gros, décident de le remplacer par un autre, dans la conférence de Sidney qu'ils préparent. À Sidney, ils expliquent que l'OMC a compris que la mondialisation qu'elle voulait avait pour conséquence majeure de fragiliser les plus faibles. Par conséquence, l'OMC va être dissoute pour laisser la place à un organisme qui contrôlera que les entreprises soient responsables envers tous les citoyens du monde.

L'assistance plébiscite la décision et émet même des suggestions pour la nouvelle organisation, comme celle de placer son siège dans un pays du Sud (certains pays ne peuvent pas se payer de bureaux à Genève, là où se trouve le siège de l'OMC). La presse relaie l'information provoquant des réactions auprès de réels responsables officiels, avant que l'OMC ne démente l'information.

En 2004, les Yes Men, « déguisés » en groupe indépendant appelant à la réélection de George W. Bush, « Yes, Bush Can! » (oui, Bush peut le faire !), ont parcouru les États-Unis dans une camionnette colorée pour, entre autres, encourager les gens à signer un « gage de patriotisme » par lequel ils se portaient volontaires pour accueillir près de chez eux un site de stockage des déchets nucléaires, à envoyer leurs enfants faire la guerre à l'étranger et à abandonner une partie de leurs droits constitutionnels, etc.

Le 3 décembre 2004, vingtième anniversaire de la catastrophe de Bhopal, Andy Bichlbaum apparaît en direct sur la chaîne de télévision BBC World en affirmant s'appeler Jude Finisterra et être un porte-parole de Dow Chemical, géant américain de l'industrie chimique qui a absorbé en 2001 Union Carbide, une compagnie qui détenait 50,09% de l'usine responsable de la catastrophe de Bhopal qui a fait des dizaines de milliers de morts et d'invalides.

Sur leur faux site Web de Dow, les Yes Men avaient commencé par affirmer aussi clairement et nettement que possible que la Dow Chemicals n'avait en aucun cas l'intention de réparer les dommages de la catastrophe. La Dow avait alors été très critiquée et avait nié (tout comme la fausse Dow, celle des Yes Men) cette affirmation, mais sans prendre de mesure concrète. Les Yes Men avaient donc décidé d'augmenter la pression, d'où l'entrée en scène de « Jude Finisterra » annonçant à la télévision que Dow avait prévu de vendre Union Carbide et d'utiliser les 12 milliards de dollars produits par cette vente pour fournir des soins médicaux aux victimes, nettoyer le site et financer des recherches sur les dangers des autres produits de la compagnie. Cette fausse information a été largement répercutée dans les médias pendant deux heures avant d'être démentie par Dow dans un communiqué de presse, ce qui a provoqué une couverture médiatique encore plus importante.

Le 28 avril 2005, lors d'une conférence devant environ 70 professionnels de la banque, Erastus Hamm, un soi-disant « représentant de Dow », a dévoilé un calculateur de risque acceptable et la mascotte du risque acceptable, un squelette doré grandeur nature nommé Gilda.

Les Yes Men ont également piégé Patrick Balkany en novembre 2005. Croyant être interviewé en direct par une chaîne de télévision américaine, le député UMP des Hauts-de-Seine affirme alors qu'il n'y a pas de misère en France et que les pauvres vivent très bien. Cet entretien n'a toutefois jamais été diffusé dans son intégralité à la télévision, même s'il a fait le tour du Web.

Employant leur tactique habituelle, les Yes Men ont monté un faux site Web ressemblant à celui d'Halliburton, et ont reçu par cet intermédiaire, de la part de personnes confondant ce faux site avec l'officiel, une invitation à une conférence de professionnels de l'assurance se déroulant le 9 mai 2006. Les Yes Men s'y sont rendus en se faisant passer pour des porte-paroles d'Halliburton et ont commencé par mettre en garde leur auditoire contre le réchauffement de la planète avant de présenter une soi-disant invention d'Halliburton, la SurvivaBall (boule de survie), un dispositif gonflable enveloppant destiné à protéger des conséquences du réchauffement de la planète.

En mars 2007, les Yes Men se sont fait passer pour des journalistes politiques ultra-réactionnaires d'une télévision de Washington et ont interviewé plusieurs personnalités politiques françaises. Chaque fois, le présentateur, qui simule un duplex transatlantique (mais se trouve en fait dans une pièce voisine), présente au politique un reportage factice dans lequel de grands industriels américains menacent de cesser d'investir en France si le pacte écologique de Nicolas Hulot venait à être mis en œuvre. Outre une menace sur 500 000 emplois, les journalistes américains proposent un plan industriel de transport de glace par avion vers le Groënland, faisant au passage miroiter le fait qu'Airbus pourrait être impliqué dans ce projet de pont aérien.

Trois hommes politiques français ont accepté de participer à l'interview : Le député UMP de Paris Claude Goasguen, porte-parole de Nicolas Sarkozy, le député socialiste de Seine-Saint-Denis Claude Bartolone, soutien à Ségolène Royal, et enfin Jean-Marie Cavada, de l'UDF, qui soutenait (à l'époque) François Bayrou.

Jean-Marie Cavada, sans éventer le canular, soulève l'absurdité du projet de pont aérien de transport de glace et explique plutôt fermement à ses interlocuteurs américains les devoirs des États-Unis en matière d'écologie. Claude Bartolone de son côté pense que la France doit tenir tête aux américains en la matière mais n'est pas choqué par le projet de transport de glace. Claude Gloasguen ne tique pas sur le plan américain de refroidissement du Groenland, notant au passage que l'industrie parvient à inventer des solutions rémunératrices pour réparer ses propres bévues, et sous l'insistance du pseudo-journaliste, concède seulement que Nicolas Hulot n'est pas tout mais seulement une partie du futur, et tente de rassurer les hommes d'affaires américains en expliquant que Nicolas Hulot est un journaliste et non un homme politique.

Le 14 juin 2007, les Yes Men se font passer pour des représentants de Exxon Mobil et du National Petroleum Council (NPC) lors de la plus grande conférence sur le pétrole du Canada (GO-EXPO). Devant plus de 300 représentants pétroliers, le NPC doit faire part de ses conclusions quant à une étude proposée par le secrétaire américain à l'énergie, Samuel W. Bodman. Le NPC est dirigé par l'ancien président de Exxon Mobil, Lee Raymond, qui est également à la tête de l'étude.

Lors de la présentation, le représentant de NPC annonce que les politiques actuelles américaines et canadiennes (notamment l'exploitation massive des sables bitumeux d'Alberta et le développement du charbon liquide) augmentent les risques de catastrophes planétaires. Mais il rassure l'audience, en expliquant que dans le pire des cas, l'industrie pétrolière pourrait continuer son activité (keep fuel flowing) en transformant les milliards de personnes qui meurent en pétrole.

Ce projet, appelé Vivoleum fonctionnerait en totale synergie avec l'extension continue de production de pétrole fossile. Ils proposent alors à leur audience d'allumer des bougies fabriquées à partir d'un ancien employé d'Exxon Mobil. Le public écoute avec attention, allume les bougies et ce n'est que lorsqu'apparaît une vidéo de cet employé, expliquant qu'il voulait être transformé en bougies après sa mort, qu'un responsable de l'événement intervient et les somme de quitter la scène.

Le contenu de ces articles est également disponible dans la section news du site des Yes Men.

Sur les conférences relatives à l'OMC sont sortis en France un DVD (The Yes Men) et un livre (Les Yes Men : comment démasquer (en s'amusant un peu) l'imposture néolibérale !, (ISBN 2707145831)).

En haut



Réchauffement climatique

Depuis 400 000 ans la Terre a connu 4 cycles de glaciation.

Le réchauffement climatique, également appelé réchauffement planétaire, dérèglement climatique ou réchauffement global, est un phénomène d'augmentation de la température moyenne des océans et de l'atmosphère, à l'échelle mondiale et sur plusieurs années. Dans son acception commune, ce terme est appliqué au changement climatique observé depuis environ 25 ans, c'est-à-dire depuis la fin du XXe siècle. La plupart des scientifiques attribuent à ce réchauffement global une origine en grande partie humaine. Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) est chargé d'établir un consensus scientifique sur cette question. Son dernier et quatrième rapport, auquel ont participé plus de 2 500 scientifiques de 130 pays, affirme que la probabilité que le réchauffement climatique depuis 1950 soit d'origine humaine est de plus de 90 %. Cette thèse est contestée par une minorité de personnalités.

Le climat global de la Terre connait des modifications plus ou moins cycliques de réchauffements alternant avec des refroidissements qui diffèrent par leur durée (de quelques milliers à plusieurs millions d'années) et par leur amplitude. Depuis 800 000 ans, le climat terrestre a connu plusieurs de ces cycles. Plusieurs cycles de 100 000 ans environ se sont répétés au cours de cette période. Chaque cycle commence par un réchauffement brutal suivi d’une période chaude de 10 000 à 20 000 ans environ, appelée période interglaciaire. Cette période est suivie par un refroidissement progressif et l'installation d’une ère glaciaire. À la fin de la glaciation, un réchauffement brutal amorce un nouveau cycle. Nous vivons actuellement depuis plus de 10 000 ans dans une période interglaciaire (voir figure).

Grâce à l'étude des carottages de glace et plus précisément de l'analyse de la composition isotopique de l'oxygène piégé dans la glace, les températures atmosphériques des cycles glaciaires de l’ère quaternaire ont pu être reconstituées. La carotte glaciaire la plus profonde a été forée dans le cadre du projet Epica, en Antarctique, à plus de 3 500 mètres de profondeur et permettant de remonter l'histoire du climat en Antarctique jusqu'à 800 000 ans. Les carottes de glace contiennent des bulles d'air et des indications sur la teneur en gaz de l'atmosphère d'autrefois, ce qui montre que les températures globales sont liées à la quantité de gaz à effet de serre dans l'atmosphère.

Les variations du climat sont corrélées avec celles de l'insolation, des paramètres de Milanković, de l'albédo, des cycles solaires et des concentrations dans l'atmosphère des gaz à effet de serre comme le dioxyde de carbone et des aérosols.

Au cours du quaternaire, l'amplitude thermique a été de l'ordre de 10 °C, mais avec des hausses de température n'ayant jamais dépassé de plus de 4 °C la température moyenne annuelle de la fin du XXème siècle. En revanche pour les cycles plus anciens, la température moyenne globale a atteint 22 °C soit 8 °C de plus par rapport à la moyenne actuelle. Durant ces périodes chaudes qui ont duré plusieurs dizaines de millions d'années, la Terre était dépourvue de calottes polaires.

À l'intérieur des grandes fluctuations climatiques terrestres, se trouvent des variations plus brèves et plus limitées en intensité. Ainsi, au cours du dernier millénaire, est apparu une période chaude aux Xe et XIe siècles appelée « optimum climatique médiéval » : c'est l'époque où les navigateurs vikings découvrent et baptisent le Groenland (littéralement « Pays vert ») et fondent des colonies à l'extrême sud de l'île. De même, l'époque des Temps Modernes (1550-1850) connut une période de refroidissement que les historiens appellent le « petit âge glaciaire » caractérisé par des hivers très rigoureux, dont le terrible hiver 1708-1709. Cette année là, les céréales manquèrent dans la plus grande partie de la France, et seuls la Normandie, le Perche et les côtes de Bretagne on put produire assez de grain pour assurer les semences. Dans la région parisienne le prix du pain atteignit, en juin 1709, 35 sous les neuf livres au lieu de 7 sous ordinairement. De nombreux arbres gelèrent jusqu'à l'aubier, et la vigne disparut de plusieurs régions de la France. Du 10 au 21 janvier, la température sous-abri se maintint à Paris aux environs de -20 °C, avec des minima absolus de -23,1 °C les 13 et 14 janvier ; le 11, le thermomètre s'abaissa jusqu'à -16,1 °C à Montpellier et -17,5 °C à Marseille.

Selon les reconstitutions de températures réalisées par les climatologues, la dernière décennie du XXe siècle et le début du XXIe siècle constituent la période la plus chaude des deux derniers millénaires (voir graphique). Notre époque serait même un peu plus chaude (de quelques dixièmes de degrés) que ne le fut l'optimum climatique médiéval.

Les mesures terrestres de température réalisées au cours du XXe siècle montrent une élévation de la température moyenne. Ce réchauffement se serait déroulé en deux phases, la première de 1910 à 1945, la seconde de 1976 à aujourd'hui. Ces deux phases sont séparées par une période de léger refroidissement. Ce réchauffement planétaire semble de plus corrélé avec une forte augmentation dans l'atmosphère de la concentration de plusieurs gaz à effet de serre, dont le dioxyde de carbone, le méthane et le protoxyde d'azote.

L'élévation de la température moyenne du globe entre 1906 et 2005 est estimée à 0,74 °C (à plus ou moins 0,18 °C près), dont une élévation de 0,65 °C durant la seule période 1956-2006.

La température moyenne planétaire de 2001 à 2007 est de 14,44°C soit 0,21°C de plus de 1991 à 2000. À ce rythme l'augmentation est de 2,5°C en 100 ans.

Plusieurs changements ont été observés dans le monde qui semblent cohérents avec l'existence d'un réchauffement climatique planétaire. Cependant, le lien entre ce réchauffement et les observations faites n’est pas toujours établi de façon sûre. En France c'est l'ONERC qui coordonne les observations.

Selon le troisième rapport du GIEC, la répartition des précipitations s'est modifiée au cours du XXe siècle. En particulier, les précipitations seraient devenues plus importantes aux latitudes moyennes et hautes de l'hémisphère Nord, et moins importantes dans les zones subtropicales de ce même hémisphère. D'autres experts estiment toutefois les données actuelles trop rares et incomplètes pour qu'une tendance à la hausse ou à la baisse des précipitations puisse être dégagée sur des zones de cette ampleur. On observe également depuis 1988 une diminution notable de la couverture neigeuse printanière aux latitudes moyennes de l'hémisphère nord. Cette diminution est préoccupante car cette couverture neigeuse contribue à l'humidité des sols et aux ressources en eau.

Plusieurs études indiquent que les banquises sont en train de se réduire. Le satellite spécialisé CryoSat-2, qui sera mis en orbite en 2009 après l'échec du premier satellite CryoSat en 2005, fournira des informations plus précises sur les quantités de glace polaire.

Des observations par satellite montrent que ces banquises perdent de la superficie dans l'océan Arctique. Par ailleurs, un amincissement de ces banquises, en particulier autour du pôle nord, a été observé. L'âge moyen des glaces sur la période 1988-2005, est passé de plus de six ans à moins de trois ans. La réduction de l'étendue moyenne de la banquise arctique depuis 1978 est de l'ordre de 2,7 % par décennie (plus ou moins 0,6 %), son étendue minimale en fin d'été diminuant de 7,4 % par décennie (plus ou moins 2,4 %). Le réchauffement dans cette région est de l'ordre de 2,5 °C (au lieu de 0,7 °C en moyenne sur la planète), et l'épaisseur moyenne des glaces a perdu 40 % de sa valeur entre les périodes 1958-1976 et 1993-1997. En 2007, les observations satellitaires constatent une accélération de la fonte de la banquise arctique, avec une perte de 20 % de la surface de la banquise d'été en un an. Les observations menées pendant l'expédition Tara dirigée sous l'égide du programme européen Damoclès (Developping Arctic Modelling and Observing Capabillities for Long-term Environmental Studies) de septembre 2006 à décembre 2007 indiquent que les modifications entamées dans l'océan Arctique sont profondes et irréversibles, remettant en cause les modèles existants : la fonte totale de la banquise en été interviendrait entre 2015 et 2020 ; certains observateurs, compte tenu de ces nouveaux résultats, envisagent une disparition totale de la banquise d'été aux alentours de 2013. Par ailleurs, le Groenland a vu ses glaciers se réduire de 230 à 80 milliards de tonnes par an de 2003 à 2005, ce qui contribuerait à 10 % de l'élévation du niveau des mers.

En Antarctique, 3 500 km2 de la banquise Larsen B, (l'équivalent en surface des deux tiers d'un département français), se sont fragmentés en mars 2002, les premières crevasses étant apparues en 1987. Cette banquise était considérée comme stable depuis 10 000 ans. Au début de l'année 2009, la plaque Wilkins, dont la superficie était naguère de 16 000 km2 menaçait de se détacher.

À quelques exceptions près, la plupart des glaciers montagnards étudiés sont en phase de recul.

Les glaciers de l'Himalaya reculent rapidement et pourraient disparaître dans les cinquante prochaines années, selon des experts réunis à Katmandou pour une conférence sur le réchauffement climatique le 4 juin 2007. Les températures dans cette région ont crû de 0,15 °C à 0,6 °C tous les 10 ans au cours des 30 dernières années. De nombreux travaux documentent ce recul et cherchent à l'expliquer. Un tel recul semble tout à fait cohérent avec un réchauffement du climat. Cependant, cette hypothèse n'est pas certaine, certains glaciers ayant commencé à reculer au milieu du XIXe siècle, après la fin du petit âge glaciaire. L'avancée ou le recul des glaciers sont récurrents et liés à de nombreux facteurs, parmi lesquels les précipitations ou le phénomène El Niño jouent un rôle important. Par exemple le recul actuel de la mer de Glace à Chamonix découvre des vestiges humains du Moyen Âge, preuve que le glacier a déjà reculé davantage que de nos jours à une période historiquement proche.

Il faut également souligner la quasi-absence de données sur les glaciers himalayens. Par exemple, des données fiables n'existent que sur 50 glaciers indiens, sur plus de 9 500.

Le climat, et en particulier les températures, ont un effet sur la date des récoltes agricoles. Dans de nombreux cas, les dates de vendanges sont régulièrement avancées, comme en Bourgogne,,. De plus ces phénomènes peuvent être décrits sur plusieurs décennies car ces dates de vendanges ont été consignées dans le passé et archivées. De tels documents sont utilisés pour déterminer les températures à des périodes où les thermomètres n'existaient pas ou manquaient de précision. Un réchauffement climatique depuis le XXe siècle est clairement établi par l'étude de ces archives (ainsi, la date de début des vendanges à Châteauneuf-du-Pape a avancé d'un mois en cinquante ans).

Plusieurs équipes de chercheurs ont observé une modification de l'aire de répartition de différentes espèces animales et végétales. Dans certains cas, en particulier lorsque cette aire se déplace vers le nord ou vers de plus hautes altitudes, le réchauffement climatique planétaire est parfois proposé comme cause de ces modifications. Par exemple, l'extension actuelle de l'aire de répartition de la chenille processionnaire du pin, qui a atteint Orléans en 1992 et Fontainebleau en 2005, pourrait être due au réchauffement climatique.

Une étude publiée en 2005, remise en question depuis par une seconde étude, indique une augmentation globale de l'intensité des cyclones entre 1970 et 2004, leur nombre total de cyclones étant en diminution pendant la même période,,. Selon cette étude, il est possible que cette augmentation d'intensité soit liée au réchauffement climatique, mais la période d'observation est trop courte et le rôle des cyclones dans les flux atmosphériques et océaniques n'est pas suffisamment connu pour que cette relation puisse être établie avec certitude. La seconde étude publiée un an plus tard ne montre pas d'augmentation significative de l'intensité des cyclones depuis 1986,.

Par ailleurs, les simulations informatiques ne permettent pas dans l'état actuel des connaissances de prévoir d'évolution significative du nombre de cyclones lié à un réchauffement climatique.

On observe un réchauffement des océans, qui diminue avec la profondeur. On estime que les océans ont absorbé à ce jour plus de 80 % de la chaleur ajoutée au système climatique. Ce réchauffement entraîne une montée du niveau de la mer par dilatation thermique des océans. Différentes données obtenues à l'aide de marégraphes et de satellites ont été étudiées. Leur analyse suggère que le niveau de la mer s'est élevé au cours du XXe siècle de quelques dizaines de centimètres, et qu'il continue à s'élever régulièrement. Le GIEC estime que le niveau de la mer s'est élevé de 1,8 mm par an entre 1961 et 2003,. Cette élévation du niveau de la mer peut aussi être observée indirectement par ses conséquences sur l'environnement, comme c'est le cas au Nouveau-Brunswick.

Selon la grande majorité des scientifiques, le réchauffement climatique est largement attribué à un effet de serre additionnel dû aux rejets de gaz à effet de serre produits par les activités humaines, et principalement les émissions de CO2,. L’origine humaine des gaz à effet de serre est confirmée entre autres par l'évolution des composantes isotopiques du carbone dans l'atmosphère,. Les concentrations actuelles de CO2 dépassent de 35 % celles de l’ère préindustrielle, surpassant de loin les taux des 600 000 dernières années. Elles sont passées de 280 ppm à l'époque pré-industrielle à 379 ppm en 2005, et celles de méthane ont augmenté de 150 %.

On assiste à une augmentation de 40 % de la vitesse de croissance du CO2 dans l'atmosphère, augmentant de +1,5 ppm par an de 1970 à 2000, et de +2,1 ppm par an entre 2000 et 2007.

Des experts du GIEC ont confirmé le 2 février 2007 que la probabilité que le réchauffement climatique soit due à l’activité humaine est supérieure à 90 %. Leurs conclusions sont tirées des résultats d’expériences avec des modèles numériques. En particulier, l’augmentation de la température moyenne mondiale depuis 2001 est en accord avec les prévisions faites par le GIEC depuis 1990 sur le réchauffement induit par les gaz à effets de serre. Enfin, un réchauffement uniquement dû à l’activité solaire n’expliquerait pas pourquoi la troposphère verrait sa température augmenter et pas celle de la stratosphère.

L’hypothèse d’un lien entre la température moyenne du globe et le taux de gaz carbonique dans l’atmosphère a été formulée pour la première fois en 1894 par Svante Arrhenius. Mais c’est en 1979, lors de la première conférence mondiale sur le climat, à Genève, qu’est avancée pour la première fois sur la scène internationale l’éventualité d’un impact de l’activité humaine sur le climat.

L’effet de serre est un phénomène naturel : une partie du rayonnement infrarouge émis par la Terre vers l’atmosphère terrestre reste piégée par les gaz dits « à effet de serre », qui augmentent ainsi la température de la basse atmosphère (troposphère). Ces gaz sont essentiellement de la vapeur d'eau, et une infime partie est d’origine humaine. Sans cet effet, la température de surface de la Terre serait en moyenne de -18 °C ! Actuellement ce phénomène naturel se renforce car la quantité de gaz à effet de serre a augmenté ces dernières années, en particulier le CO2, naturellement en très faible concentration dans l’atmosphère par rapport à la vapeur d’eau ou au diazote (N2), ce qui déséquilibre le bilan radiatif de la Terre. Il a été prouvé par l’étude isotopique du carbone dans l’air que cette augmentation des quantités de gaz à effet de serre est due à la combustion de matière carbonée fossile.

Selon les conclusions du rapport de 2001 des scientifiques du GIEC, la cause la plus probable de ce réchauffement dans la seconde moitié du XXe siècle serait le « forçage anthropique », c’est-à-dire l’augmentation dans l’atmosphère des gaz à effet de serre résultant de l’activité humaine. Selon les prévisions actuelles, le réchauffement planétaire se poursuivrait au cours du XXIe siècle mais son amplitude est débattue : selon les hypothèses retenues et les modèles employés, les prévisions pour les 50 années à venir vont de 1,8 à 3,4 °C.

Certaines de ces causes sont d’origine humaine, comme la déforestation et la production de gaz carbonique par combustion de matière fossile. D’autres sont naturelles, comme l’activité solaire ou les émissions volcaniques.

Les simulations climatiques montrent que le réchauffement observé de 1910 à 1945 peut être expliqué par les seules variations du rayonnement solaire (voir changement climatique). Par contre, on constate qu’il faut prendre en compte les émissions de gaz à effet de serre d’origine humaine, pour obtenir le réchauffement observé de 1976 à 2006 (voir graphique). Les modélisations effectuées depuis 2001 estiment que le forçage radiatif anthropique est dix fois supérieur au forçage radiatif dû à des variations de l’activité solaire, bien que le forçage dû aux aérosols soit négatif. Le point essentiel est que le forçage radiatif net est positif.

De nombreux scientifiques estiment même que ce rapport n'est pas assez clair et qu'il faudrait dès maintenant un programme international pour réduire drastiquement les deux sources principales de gaz à effet de serre, le transport routier et les centrales à charbon.

Bien qu'il existe un fort consensus dans la communauté scientifique sur le rôle prédominant des activités humaines dans le réchauffement climatique du dernier demi-siècle, sa probabilité étant estimée à plus de 90 % par le dernier rapport du GIEC en 2007, des personnalités contestent encore tout ou partie de cette thèse et attribuent le réchauffement à des causes naturelles, liées à l'activité du Soleil. Si la réalité du réchauffement climatique n'est, à quelques exceptions près, plus mise en doute, les critiques et controverses portent aujourd'hui principalement sur les causes de ce réchauffement, ses conséquences (voir le paragraphe Poursuite du réchauffement climatique plus bas) et les actions à mener pour lutter contre (voir la section Réponse des États plus bas).

La prévision par les scientifiques de l’évolution future du climat est possible par l'utilisation de modèles mathématiques traités informatiquement sur des superordinateurs. Ces modèles, dits de circulation générale, reposent sur les lois générales de la thermodynamique et simulent les déplacements et les températures des masses atmosphériques et océaniques. Les plus récents prennent aussi en compte d'autres phénomènes, comme le cycle du carbone.

Ces modèles sont considérés comme valides par la communauté scientifique lorsqu'ils sont capables de simuler des variations connues du climat, comme les variations saisonnières, le phénomène El Niño, ou l'oscillation nord-atlantique. Les modèles les plus récents simulent de façon satisfaisante les variations de température au cours du XXe siècle. En particulier, les simulations menées sur le climat du XXe siècle sans intégrer l'influence humaine ne rend pas compte du réchauffement climatique, tandis que celles incluant cette influence sont en accord avec les observations.

Les modèles informatiques simulant le climat sont alors utilisés par les scientifiques pour prévoir l'évolution future du climat, mais aussi pour cerner les causes du réchauffement climatique actuel, en comparant les changements climatiques observés avec les changements induits dans ces modèles par différentes causes, naturelles ou humaines.

De façon plus générale, ces modèles sont limités d'une part par les capacités de calcul des ordinateurs actuels, et le savoir de leurs concepteurs d'autre part, la climatologie et les phénomènes à modéliser étant d’une grande complexité. L'importance des investissements budgétaires nécessaires sont aussi un aspect non négligeable de la recherche dans le domaine du réchauffement climatique. Malgré ces limitations, le GIEC considère les modèles climatiques comme des outils pertinents pour fournir des prévisions utiles du climat.

Pour les climatologues regroupés au sein du GIEC, (IPCC en anglais), l'augmentation des températures va se poursuivre au cours du XXIe siècle. L'ampleur du réchauffement attendu le plus probable est de à 1,8 à 3,4 °C.

Afin de prendre en compte ce dernier paramètre dans leurs prévisions, les climatologues du GIEC ont utilisé une famille de 40 scénarios d'émission de gaz à effet de serre détaillés dans le SRES. Dans certains scénarios, la croissance de la population humaine et le développement économique sont forts, tandis que les sources d’énergie utilisées sont principalement fossiles. Dans d’autres scénarios, un ou plusieurs de ces paramètres sont modifiés, entrainant une consommation des énergies fossiles et une production de gaz à effet de serre moindres. Les scénarios utilisés comme hypothèse de travail pour l’élaboration du troisième rapport du GIEC (2001) ne prennent pas en compte l’éventualité d’une modification intentionnelle des émissions de gaz à effet de serre à l’échelle mondiale.

Les incertitudes liées au fonctionnement des modèles sont mesurées en comparant les résultats de plusieurs modèles pour un même scénario, et en comparant les effets de petites modifications des scénarios d’émission dans chaque modèle.

Les variations observées dans les simulations climatiques sont à l'origine d'un éparpillement des prévisions de l'ordre de 1,3 à 2,4 °C, pour un scénario (démographique, de croissance, de « mix énergétique mondial », etc.) donné. Le type de scénario envisagé a un effet de l’ordre de 2,6 °C sur le réchauffement climatique simulé par ces modèles et explique une bonne partie de la marge d’incertitude existant quant à l’ampleur du réchauffement à venir.

Les prévisions d'augmentation de température pour l'horizon 2 100 données par le GIEC (SPM du AR4 2007) s'échelonnent de 1,1 à 6,3 °C. Les experts du GIEC affinent leurs prévisions en donnant des valeurs considérées comme « les meilleures estimations », ce qui permet de réduire la fourchette de 1,8 à 4,0 °C. Et en éliminant le scénario A1F1, considéré comme irréaliste, l'augmentation de température serait comprise entre 1,8 et 3,4 °C.

Les scientifiques du GIEC considèrent que ces prédictions sont les meilleures prédictions actuellement possibles, mais qu'elles sont toujours sujettes à des réajustements ou à des remises en cause au fur et à mesure des avancées scientifiques. Ils considèrent qu'il est nécessaire d'obtenir des modèles plus réalistes et une meilleure compréhension des phénomènes climatiques, ainsi que des incertitudes associées.

Cependant, de nombreux climatologues pensent que les améliorations à court terme apportées aux modèles climatiques ne modifieront pas fondamentalement leurs résultats, à savoir que le réchauffement planétaire va continuer et que son ampleur sera plus ou moins importante en fonction de la quantité de gaz à effet de serre émis par les activités humaines au cours du XXIe siècle, et ce en raison de l'inertie des systèmes climatiques à l'échelle planétaire.

Les derniers articles scientifiques montrent que l'année 1998 a été la plus chaude de toute l'histoire de la météorologie, que le réchauffement s'accélère — 0,8 °C en un siècle, dont 0,6 °C sur les trente dernières années —, mais aussi d'après l'analyse de sédiments marins, que la chaleur actuelle se situe dans le haut de l'échelle des températures depuis le début de l'holocène, c’est-à-dire 12 000 ans.

Les modèles utilisés pour prédire le réchauffement planétaire futur peuvent aussi être utilisés pour simuler les conséquences de ce réchauffement sur les autres paramètres physiques de la terre, comme les calottes de glace, les précipitations ou le niveau des mers. Dans ce domaine, un certain nombre de conséquences du réchauffement climatique sont l'objet d'un consensus parmi les climatologues.

Selon le troisième rapport du GIEC, le niveau de la mer s'est élevé de 0,1 à 0,2 m au XXe siècle. La montée du niveau des eaux est due principalement au réchauffement des eaux océaniques et à leur dilatation thermique. L'effet de la fonte des glaciers ne se ferait sentir qu'à beaucoup plus long terme, et celle des calottes polaires à l'échelle de plusieurs siècles ou millénaires. De même que pour les températures, les incertitudes concernant le niveau de la mer sont liées aux modèles, d'une part, et aux émissions futures de gaz à effet de serre, d'autre part.

L'élévation entre 1993 et 2003 est estimée à 3,1 mm par an (plus ou moins 0,7 mm). L’élévation prévue du niveau de la mer en 2100 est de 18 cm à 59 cm, selon le 4e rapport du GIEC. Elle pourrait être de 2 mètres en 2300.

Une montée des eaux de quelques centimètres n'a pas d'impact très visible sur les côtes rocheuses, mais peut avoir des effets très importants sur la dynamique sédimentaire des côtes plates : dans ces régions, qui sont en équilibre dynamique, la montée de la mer lui donne une capacité d'érosion plus forte, et déplace donc globalement l'équilibre vers une reprise de l'érosion qui fait reculer les côtes. La montée du niveau moyen de la mer a ainsi des effets beaucoup plus importants que la simple translation de la ligne de côte jusqu'aux courbes de niveau correspondantes.

Selon le dernier rapport du GIEC, une augmentation des précipitations aux latitudes élevées est très probable et une diminution est, elle, probable dans les régions subtropicales, poursuivant une tendance déjà constatée, de sorte qu'à l'horizon 2025, un tiers de la population mondiale pourrait se trouver en état de stress hydrique.

La circulation thermohaline désigne les mouvements d'eau froide et salée vers les fonds océaniques qui prennent place aux hautes latitudes de l’hémisphère nord. Ce phénomène serait, avec d'autres, responsable du renouvellement des eaux profondes océaniques et de la relative douceur du climat européen.

En cas de réchauffement climatique, le moteur qui anime les courants marins serait menacé. Effectivement, les courants acquièrent leur énergie cinétique lors de la plongée des eaux froides et salées, et donc denses, dans les profondeurs de l'océan Arctique. Or, l'augmentation de la température devrait accroître l'évaporation dans les régions tropicales et les précipitations dans les régions de plus haute latitude. L'océan Atlantique, en se réchauffant, recevrait alors plus de pluies, et en parallèle la calotte glaciaire pourrait partiellement fondre (voir Événement de Heinrich). Dans de telles circonstances, une des conséquences directes serait un apport massif d’eau douce aux abords des pôles, entraînant une diminution de la salinité marine et donc de la densité des eaux de surface. Cela peut empêcher leur plongée dans les abysses océaniques. Ainsi, les courants tels que le Gulf Stream pourraient ralentir ou s'arrêter, et ne plus assurer les échanges thermiques actuels entre l'équateur et zones tempérées. Pour le XXIe siècle, le GIEC considérait dans son rapport 2007 comme très probable un ralentissement de la circulation thermohaline dans l'Atlantique, mais comme très improbable un changement brusque de cette circulation.

Selon certaines thèses, un phénomène d'arrêt du Gulf Stream, dû au réchauffement climatique, pourrait engendrer un effet paradoxal : par son inégale distribution de la chaleur, une ère glaciaire en Europe et dans les régions à hautes latitudes. En effet, l'Europe se situe à la même latitude que le Québec, et la seule différence de climat semble résider dans le fait que l'Europe profite de l'apport thermique du Gulf Stream. L’équateur, à l'inverse, accumulerait alors une chaleur harassante stimulant de ce fait la formation continuelle d'ouragans amenant des précipitations de grande ampleur.

Cette hypothèse d'un refroidissement de l'Europe qui suivrait le réchauffement global n'est cependant pas validée. En effet, il n'est nullement établi que le Gulf Stream soit la seule cause des hivers doux en Europe. Ainsi, Richard Seager a publié en 2002 une étude scientifique sur l'influence du Gulf Stream sur le climat. Ses conclusions sont sans appel : l'effet du Gulf Stream est, selon lui, un mythe et a un effet mineur sur le climat en Europe. La différence entre les températures hivernales entre l'Amérique du Nord et l'Europe est due au sens des vents dominants (vent continental glacial du nord sur la côte est de l'Amérique du Nord et vent océanique de l'ouest en Europe) et à la configuration des Montagnes Rocheuses. Même en cas d'arrêt du Gulf Stream, le climat de l'Europe occidentale serait comparable à celui de la côte Ouest des États-Unis plutôt qu'à celui de la côte Est.

Les scientifiques du GIEC prévoient, pour le XXIe siècle une diminution de la couverture neigeuse, et un retrait des banquises. Les glaciers et calottes glaciaires de l'hémisphère nord devraient aussi continuer à diminuer, les glaciers situés à moins de 3 400 mètres d'altitude pouvant être amenés à disparaître.

En revanche, l'évolution de la calotte glaciaire antarctique au cours du XXIe siècle est plus difficile à prévoir.

Une équipe de chercheurs a récemment mis en évidence un lien entre l'activité humaine et l'effondrement de plates-formes de glace dans l'Antarctique. Les réchauffements locaux seraient dus à un changement de direction des vents dominants, cette modification étant elle-même due à l'augmentation de la concentration de l'air en gaz à effet de serre et la dégradation de la couche d'ozone en Antarctique à cause des CFC d'origine humaine.

Toutefois, selon une lettre envoyée au journal Nature, ces réchauffements ne s'observent que localement. En effet, l'Antarctique connait globalement un climat de plus en plus froid et sa couverture glacée est en expansion, les élévations de la température dans ces secteurs très froids se révélant favorables à une augmentation des précipitations neigeuses donc à terme, à une augmentation des volumes de glace.

Cependant, la quantité de glace de l'Antarctique déversée dans les mers a augmenté de 75% durant les dix années qui précèdent 2008. Ce phénomène risque de s'amplifier en raison de la disparition de la banquise qui cesse alors d'opposer un obstacle au déversement des glaciers dans l'océan.

Le quatrième rapport d'évaluation du GIEC énonce que « le réchauffement anthropique de la planète pourrait entraîner certains effets qui sont brusques ou irréversibles, selon le rythme et l'ampleur des changements climatiques ».

Les scientifiques nomment ainsi des emballements du système climatique lorsqu'un seuil est dépassé. On parle aussi de bombe à carbone. De telles rétroactions ont déjà été observées lors de précédents réchauffements climatiques, à la fin d'une ère glaciaire ; le climat peut ainsi, en quelques années, se réchauffer de plusieurs degrés. Un exemple concerne les hydrates de méthane. Le méthane (CH4, qui n'est autre que le gaz naturel, à quelques « impuretés » près), est un gaz à effet de serre 23 fois plus réchauffant que le CO2. Il se forme lorsque la décomposition de la matière organique s'effectue avec un manque d'oxygène, et sous l'action de bactéries, un processus nommé méthanisation. Les sols humides (marais) sont très propices à cette création de méthane, qui est alors libéré dans l'atmosphère (cela peut donner lieu à des inflammations spontanées et l'on peut observer des feux follets). Si le sol est de plus gelé, le méthane reste piégé dans la glace sous la forme d'hydrates de méthane. Le sol de Sibérie est ainsi un immense réservoir de méthane (sans doute trop diffus pour être exploité industriellement) : le département des études géologiques des USA a évalué que ce réservoir pouvait être de la même ampleur que tout le gaz, le pétrole et le charbon réunis. Cependant, le magazine Science & Vie d'avril 2006 donnait plutôt comme valeur 1 400 Gt, comparativement à 5 000 Gt pour l'ensemble des combustibles fossiles. Si le sol se réchauffe, la glace fond et libère le méthane déjà présent initialement, ce qui a pour conséquence un effet de serre plus marqué, et par suite un emballement du réchauffement climatique, qui fait fondre la glace encore plus vite... d'où le nom de rétroaction.

Une autre rétroaction serait le ralentissement et la modification des courants océaniques. L'océan capte aujourd'hui le tiers du CO2 émis par les activités humaines. Mais si les courants océaniques ralentissent, les couches d'eau superficielles peuvent se saturer en CO2 et ne pourraient plus en capter comme aujourd'hui. La quantité de CO2 que peut absorber un litre d'eau diminue à mesure que l'eau se réchauffe. Ainsi, de grandes quantités de CO2 peuvent être relarguées si les courants océaniques sont modifiés. En outre, l'accumulation de CO2 dans les océans conduit à l'acidification de ces derniers, ce qui affecte l'écosystème marin et peut induire à long terme un relargage de CO2 .

Les moteurs de la circulation océanique sont de deux types : l'eau en se rapprochant des pôles se refroidit et devient donc plus dense. De plus, l'eau de mer qui gèle rejette son sel dans l'eau liquide (la glace est constituée d'eau douce), devenant au voisinage des calottes glaciaires encore plus dense. Cette eau plonge donc et alimente la pompe : l'eau plus chaude de la surface est aspirée. L'eau du fond (froide) remonte dans les zones des tropiques et/ou équatoriales et se réchauffe, ceci en un cycle de plus de 1 000 ans.

Si les calottes de glace fondent, la pompe se bloque : en effet, l'eau qui plonge provient de la calotte et non plus de l'eau refroidie en provenance des tropiques. Un effet similaire est observé si les précipitations augmentent aux hautes latitudes (ce qui est prévu par les modèles) : l'eau qui plongera sera l'eau douce de pluie. À terme, une forte perturbation du Gulf Stream est envisageable.

Le déséquilibre naturel qui s'en suivra pourrait entraîner la disparition de plusieurs espèces animales et végétales. C'est une préoccupation que les états, dont la France, commencent à prendre en compte. Pour l'ensemble des populations humaines, ces effets « physiques » et « écologiques » auront de fortes répercussions. La très grande complexité des systèmes écologiques, économiques et sociaux affectés par le réchauffement climatique ne permet pas de faire des prévisions chiffrées comme pour la modélisation physique de la terre. Cependant, certains points semblent faire consensus dans la communauté scientifique.

En ce qui concerne la France, l'élévation de température risque d'augmenter le nombre de canicules en 2100 . Alors que le nombre de jours de canicule est actuellement de 3 à 10 par an, il pourrait s'élever à une moyenne de 20 à 40 en 2100, rendant banale la canicule exceptionnelle de 2003 .

Les précipitations seraient plus importantes en hiver, mais beaucoup moins en été. Les régions connaissant des durées de plus de 25 jours consécutifs sans pluie, actuellement limitées au sud-est de la France, s'étendraient à la moitié ouest du territoire.

La végétation connaitrait une remontée vers le nord. L'épicéa risquerait de disparaitre du Massif Central et des Pyrénées. Le chêne, très répandu dans l'Est de la France, verrait son domaine réduit au Jura et aux Vosges, mais le pin maritime, actuellement implanté sur la façade Ouest, s'étendrait sur la moitié ouest de la France et le chêne vert s'étendrait dans le tiers sud, marquant une étendue du climat méditerranéen,.

Les cultures du midi méditerranéen, telles que celle de l'olivier, pourrait s'implanter dans la vallée du Rhône. On peut désormais trouver des oliviers en tant qu'arbres d'ornement sur toute la façade sud-ouest de l'océan Atlantique, et ce jusqu'en Vendée. Par contre, faute d'eau suffisante, la culture du maïs serait limitée à la partie nord et nord-est du territoire. Les céréales verraient leur rendement augmenter si l'élévation de température ne dépasse pas 2°C. Par contre, si elle était supérieure, les plantes cultivées auraient du mal à s'adapter et on pourrait craindre des difficultés agricoles .

Les chutes de neige seront moins abondantes entraînant un moindre approvisionnement en eau des fleuves, mais également des difficultés d'ordre économique pour l'économie de montagne. Par exemple, les stations de ski situées à moins de 1500 m d'altitude seraient amenées à fermer leurs pistes et à se reconvertir.

Face au réchauffement climatique, l'Académie des Sciences américaine note, dans un rapport de 2002 : « il est important de ne pas adopter d'attitude fataliste en face des menaces posées par le changement de climat. (…) Les sociétés ont dû faire face à des changements du climat graduels ou abrupts durant des millénaires et ont su s'adapter grâce à des réactions diverses, telles que s'abriter, développer l'irrigation ou migrer vers des régions plus hospitalières. Néanmoins, parce que le changement du climat est destiné à continuer dans les prochaines décennies, dénier la possibilité d'événements climatiques abrupts ou minimiser leur impact dans le passé pourrait s'avérer coûteux. ».

Nombre de chercheurs prédisent des conséquences désastreuses en cas d'un réchauffement de 1,5 à 7°C, mais la plupart estiment qu'en limitant le réchauffement global à 1°C, les conséquences seraient de grande ampleur mais resteraient acceptables.

La montée du niveau de la mer, due essentiellement à la dilatation thermique des océans, est évaluée entre 18 et 59 cm d'ici 2100 par le 4e rapport du GIEC. Elle inquiète les populations de certaines îles de l'océan Pacifique ou de l'océan Indien qui pourraient se voir complètement submergées. À ce phénomène de montée des eaux s'ajoute un phénomène encore plus important de subduction (enfoncement des terres dans l'Océan) (voir notamment l'article sur l'archipel des Tuvalu et les écoréfugiés).

Mais cette montée des eaux apparemment minime menace également les 20% de la population mondiale vivant sur les littoraux.

L'accroissement de l'évaporation devrait augmenter localement la pluviosité, sauf dans les pays méditerranéens qui verraient la sècheresse s'accentuer, dans un contexte où la violence et/ou la fréquence et gravité des aléas climatiques pourraient croître.

En zone tempérée (hors des zones arides qui pourraient le devenir encore plus) et circumpolaire, dans un premier temps, la conjonction du réchauffement et de l'augmentation du taux de CO2 dans l'air et les pluies pourrait accroître la productivité des écosystèmes. L'agriculture du Nord des États-Unis, le Canada, la Russie et les pays nordiques pourraient peut-être en profiter, mais des signes de dépérissement forestier semblent déjà visible dans ces zones.

Les satellites montrent que la productivité de l'hémisphère Nord a augmenté depuis 1982, du fait de ce réchauffement et de l'enrichissement de l'atmosphère en CO2, mais aussi en partie à cause de l'eutrophisation des écosystèmes, les engrais d'origine humaine (phosphates et nitrates notamment) étant entrainés là où ils ces substances étaient beaucoup plus rares autrefois. L'augmentation de la biomasse n'est par ailleurs pas nécessairement bénéfique et comporte le risque de s'accompagner d'une régression de la biodiversité. Enfin, au delà d'un certain seuil, les modèles du GIEC calés sur des tests en laboratoire et en extérieur, prédisent qu'un taux de CO2 ne bénéficierait plus aux plantes, les effets négatifs pouvant alors l'emporter.

Dans le sud de l'Amérique du Nord, de la Chine, du Japon et de l'Europe, de longues sécheresses, avec des épisodes répétés de canicules pourraient induire des phénomènes d'aridification puis de désertification et salinisation empêchant l'agriculture, détruisant les récoltes ou la rendant très coûteuse. De graves incendies pourraient massivement détruire les cultures (en 2007 le feu a en Grèce détruit de vastes zones agricoles (dont oliveraies). Même sans incendies, l'augmentation de l'évapotranspiration en été, liée à une productivité dopée par le CO2, pourrait augmenter la sensibilité d'un milieu aux sécheresses et aggraver de ce fait le risque d'incendies de forêts et de stress et maladies des arbres et des plantes cultivées.

Une augmentation de la biomasse totale ne compenserait probablement pas un recul d'espèces cultivées, pêchées et chassées. Le bilan global ne peut à ce jour être calculé, mais il pourrait être désavantageux, même dans les zones où les effets positifs se feraient le plus sentir. Pour le GIEC, mis en balance avec les effets négatifs, ces quelques aspects positifs ne permettent pas de considérer le réchauffement climatique comme globalement bénéfique.

On ignore aussi à partir de quand les écosystèmes (marins notamment) réagiront négativement à l'acidification des eaux qu'entraîne la dissolution de quantités croissantes d'acide carbonique.

Le Comité économique et social européen dans son avis du 3 février 2009 note que des études comparatives concluent à un bilan de l'agriculture bio en moyenne meilleur (au regard de la consommation de matières premières et d'énergie et au regard du carbone stocké ou des émissions de gaz à effet de serre) que celui de l'agriculture dite conventionnelle, même si l'on tient compte des rendements moindres de l'agriculture bio, ce qui a justifié que le gouvernement allemand, l'intègre par mi les moyens de lutter contre le changement climatique). LE CESRE rapelle aussi qu'une agriculture réorientée et adaptée pourrait selon divers spécialistes et ONG aussi contribuer à tamponner ou freiner les effets du réchauffement (Cool farming)). Le comité ne cite pas les agrocarburants comme une solution, citant le climatologue Paul Crutzen selon qui les émissions de protoxyde d'azote induites par la culture et production de biodiesel, suffisent, dans certaines conditions à faire que le méthylester de colza puisse avoir des effets climatiques pires que ceux du diesel fait avec du pétrole fossile. Le comité pose aussi la question des fumures traditionnelles et se demande « si l'utilisation intégrale des plantes, telle qu'elle est prévue dans le cadre des biocarburants de la deuxième génération, ne risque pas de porter atteinte aux objectifs fixés en matière de développement de la couche d'humus », c'est à dire de contribuer à encore épuiser la matière organique des sols. Le comité repose la question de l'écobilan des biocarburants en citant une étude comparative, de l'Empa qui a conclu qu'une Volkswagen Golf nécessitait 2 062 m2 de colza pour parcourir 10 000 km avec du biodiesel, alors que 37 m2 de panneaux solaires (1/60ème de la parcelle de colza précédente) suffirait à produire assez d'électricité pour parcourir la même distance.

Selon une étude récente, en 30 ans, un réchauffement moyen de 0,5 degré Celsius a déjà doublé le taux de mortalité des arbres des grandes forêts de l'ouest américain, en favorisant les sécheresse et pullulations de ravageurs (dont scolytes qui ont par exemple détruit environ 1,4 million d'hectares de pins dans le nord-ouest du Colorado). Le manque de neige induit un déficit hydrique et un allongement des sécheresses estivales, avec multiplication des incendies, alertent les auteurs qui craignent des impacts en cascade sur la faune et les écosystèmes. L'augmentation de la mortalité touche des arbres (feuillus et conifères) de toutes les tailles et différentes essences et à toutes les altitudes. Dans le nord-ouest américain et le sud de la Colombie britannique (Canada), le taux de mortalité dans les vieilles forêts de conifères a même doublé en 17 ans (c'est une fois et demie plus rapide que la progression du taux de mortalité des arbres des futaies californiennes où ce taux a été multiplié par deux en 25 ans. L'accélération de la mortalité a été moindre dans les forêts de l'ouest ne bordant pas le Pacifique (dans le Colorado et l'Arizona), mais « un doublement de ce taux de mortalité finira par réduire de moitié l'âge moyen des arbres des futaies, entraînant une diminution de leur taille moyenne », estime T Veblen qui craint aussi une moindre fixation du carbone (CO2) de l'atmosphère et qui appelle à « envisager de nouvelles politiques permettant de réduire la vulnérabilité des forêts et des populations », notamment en limitant l'urbanisation résidentielles dans les zones vulnérables.

En France, selon les prévision de l'INRA, plusieurs essences ne survivront pas dans la moitié sud de la France et plusieurs ravageurs des arbres pourraient continuer remonter vers le nord.

Une diminution des glaces polaires arctiques ouvrirait de nouvelles routes commerciales pour les navires, et rendrait accessibles des ressources sous-marines de pétrole ou de matières premières, mais avec des conséquences néfastes sur nombre d'espèces, dont plancton et poissons de haute valeur commerciale.

L'accès à ces matières premières en des zones aujourd'hui non accessibles risque d'être source de conflit entre pays côtiers de l'océan Arctique. Ainsi, les États-Unis et le Canada ont-ils protesté lorsque, le 2 août 2007, la Russie planta son drapeau au fond de l'océan sous le pôle Nord.

Un rapport de 700 pages de sir Nicholas Stern, économiste anglais, estime que le réchauffement climatique entrainerait un coût économique de 5 500 milliards d'euros en tenant compte de l'ensemble des générations (présente et futures) ayant à en subir les conséquences.

En 2007, pour la première fois, le World monuments fund (WMF, Fonds mondial pour les monuments) a introduit les modifications climatiques dans la liste des menaces pour 100 sites, monuments et chefs-d’œuvre de l’architecture menacés, les autres menaces principales étant les guerres et conflits politiques, et le développement industriel et urbain anarchique.

On redoute aussi les conséquences des phénomènes climatiques, non seulement sur l'économie, mais également sur la santé publique : le quatrième rapport du GIEC met en avant certains effets sur la santé humaine, tels que « la mortalité associée à la chaleur en Europe, les vecteurs de maladies infectieuses dans diverses régions et les allergies aux pollens aux latitudes moyennes et élevées de l’hémisphère Nord ».

Les changements climatiques pourront modifier la distribution géographique de certaines maladies infectieuses. Des températures élevées dans les régions chaudes pourraient réduire l'extension du parasite responsable de la bilharziose. Mais le paludisme fait sa réapparition au nord et au sud des tropiques. Aux États-Unis, cette maladie était en général limitée à la Californie, mais depuis 1990, des épidémies sont apparues dans d'autres États, tels le Texas, la Floride, mais aussi New York. Il est également réapparu dans des zones où il était peu fréquent, telles le sud de l'Europe et de la Russie ou le long de l'océan Indien. On constate également que les moustiques et les maladies qu'ils transmettent ont gagné en altitude.

Sous les climats tempérés, le réchauffement climatique réduirait le nombre de décès induit par le froid ou les maladies respiratoires. Cependant, l'augmentation de la fréquence des canicules estivales augmenterait le nombre de décès en été. Il est difficile de savoir quel sera le bilan global, et si une diminution de l'espérance de vie en découlera.

Selon un rapport de 2003 commandé par le Pentagone et selon un rapport de 2007 de l'UNEP, le réchauffement climatique pourrait entraîner des phénomènes de déstabilisation mondiale, avec des risques de guerre civile.

Face au problème, trois approches se complètent ; lutte contre les émissions de GES, puits de carbone, et adaptation.

L'effort international a d'abord visé à réduire le CO2 (gaz à longue durée de vie), alors qu'une action urgente sur les polluants à courte durée (dont le méthane, l'ozone troposphérique et le « carbone noir ») pourrait mieux réduire le réchauffement de l'Arctique. La réduction du CO2 est aussi importante, mais ses effets se feront sentir à plus long terme (après 2100).

L'augmentation prévue de 1,5°C à 7°C pour le siècle à venir, pourrait être moindre si des mesures environnementales sévères étaient prises ou qu'un réel compétiteur aux énergies fossiles émergeait. En dépit des succès dans le secteur des énergies renouvelables, du nucléaire et surtout d'un changement de mode de vie et de consommation, la recherche n'a pas encore offert d'alternative à court terme aux carburants fossiles. Énergie éolienne, énergie hydroélectrique, énergie géothermique, énergie solaire, la méthanisation, l'énergie hydrolienne, pile à combustible, énergie nucléaire, stockage géologique du dioxyde de carbone sont néanmoins en rapide développement. Le gisement d'économies d'énergie est encore considérable.

La Convention Cadre des Nations unies sur les changements climatiques a été signée en 1992 lors du sommet de la terre à Rio de Janeiro. Elle est entrée en vigueur le 21 mars 1994. Elle a été ratifiée à ce jour par 192 États. Les parties à la convention cadre sur les changements climatiques se sont fixés comme objectif de stabiliser la concentration des gaz à effet de serre dans l’atmosphère à « un niveau qui empêche toute perturbation anthropique dangereuse du climat ». Les pays développés ont comme objectif de ramener leurs émissions de gaz à effet de serre en 2010 au niveau de 1990, cet objectif n'est pas légalement contraignant.

En 1997, les parties à la Convention cadre sur les changements climatiques des Nations unies (UNFCCC) ont adopté le protocole de Kyoto, dont la nouveauté consiste à établir des engagements de réduction contraignants pour les pays dits de l'annexe B (pays industrialisés et en transition) et à mettre en place des mécanismes dit « de flexibilité » (marché de permis, mise en œuvre conjointe et mécanisme de développement propre) pour remplir cet engagement. Le protocole de Kyoto est entré en vigueur le 16 février 2005 suite à sa ratification par la Fédération de Russie.

À la date de juillet 2006, le protocole de Kyoto a été ratifié par 156 États. Les États-Unis et l'Australie (voir infra) ne sont pas signataires. Les États-Unis, sont pourtant le deuxième émetteur (20 % des émissions de gaz à effet de serre). Les pays de l'annexe B se sont engagés à réduire leurs émissions de six gaz à effet de serre (CO2, CH4, N2O, SF6, HFC, PFC) de 5,2 % en 2008-2012 par rapport au niveau de 1990. Cet objectif représente en réalité une diminution d'environ - 20 % par rapport au niveau d'émissions anticipé pour 2010 si aucune mesure de contrôle n'avait été adoptée. Les objectifs de réduction par pays vont d'une réduction de 8 % pour l'Union européenne à une possibilité d'augmentation de 10 % pour l'Islande.

Après la victoire des travaillistes aux élections législatives australiennes du 24 novembre 2007, le nouveau premier ministre Kevin Rudd a annoncé avoir ratifié le protocole de Kyoto.

Des pays en voie de développement fortement contributeurs aux émissions comme l'Inde, 5e émetteur mondial, et la Chine, 1re émettrice, n'ont pas d'objectifs de réduction car ils étaient considérés comme insuffisamment industrialisés et parce que leurs niveaux d'émissions ramenés au nombre d'habitants sont extrêmement faibles. Le mécanisme dit « de développement propre » (MDP), instauré par le protocole de Kyoto, permet aux investisseurs, en contrepartie d'un investissement propre dans un pays en développement, de gagner des « crédits carbone ». Ce mécanisme permet aux pays développés d’avoir accès aux réductions à bas coûts des pays en développement et donc de diminuer le coût de leur engagement. Il permet aux pays en développement de bénéficier d’investissements propres. Il encourage les transferts de technologie. Le MDP apparait cependant insuffisant pour infléchir profondément les trajectoires d’émissions de ces pays. L’absence d’engagement de réduction des pays en développement est une des raisons avancées par les États-Unis pour justifier leur refus de ratifier le protocole. C'est pourquoi un des enjeux majeurs pour la période après Kyōto est de définir des modalités d'association de ces pays à l’effort commun de réduction.

L'Union européenne reste le 3e pollueur mondial après la Chine et les États-Unis, mais dispose d'atouts pour lutter contre le réchauffement.

L'UE a lancé en 2005 le marché de permis européen (1er marché de permis contraignant au niveau mondial). La Commission européenne va en 2007-2008 activer son observatoire de l'énergie, restée embryonnaire, et publier (prévu en 2007) un « Livre vert » sur l'adaptation de l'UE au changement climatique, support de débat avant une prise de décision en 2008. La Directive sur le système européen d'échange de droits d'émission sera modifiée en 2008, pour inclure notamment les émissions de l'aviation. La proposition sur les limites d'émission des voitures (120g de CO2 par km soit 12 kg de CO2 / 100 km; rappelons que chaque automobile parcourt en moyenne 15 000 km/an) devrait être publiée au second semestre de 2007. La DG Recherche doit proposer en novembre un plan européen, et des propositions de législation sur les piles à combustibles et les avions « propres ». Des appels d'offre sur l'énergie et le climat devraient être publiés avant mi 2007. Le 29 juin 2007, la commission publie et met en consultation un Livre vert sur la question et sur les possibilités d'action de l'UECOM(2007) 354 final). Il prône à la fois l'adaptation et l'atténuation, l'amélioration des connaissances (y compris sur les besoins et coûts d’adaptation - Cf. 7e programme-cadre de recherche de l’UE (2007-2013), l’élaboration de stratégies et d’échanges de bonnes pratiques entre pays, de nouveaux produits assurantiels (« dérivés climatiques », « obligations catastrophe », l’adaptation des marchés européens des assurances (cf. directive « Solvabilité II ») et des fonds « catastrophes naturelles » ainsi que des politiques agriculture et pêche, avec le développement d’une solidarité interne à l’UE et avec les pays extérieurs touchés. 50 millions € sont réservés par la Commission pour 2007-2010 pour favoriser le dialogue et l’aide à des mesures d’atténuation et d’adaptation ciblées, dans les pays pauvres.

La France a également (juillet 2007) publié une Stratégie nationale d’adaptation au changement climatique et envisagerait une gouvernance adaptée, notamment dans le cadre du Grenelle de l'Environnement.

L'UE dispose de ressources en éolien terrestre et offshore (déjà 66 % de la puissance éolienne installée dans le monde en 2006, essentiellement au Danemark qui produit ainsi près de 40 % de sa puissance électrique) devant les États-Unis (16 %), l’Inde (8 %) et le Japon (2 %), en technologies solaires et d'un tiers du parc nucléaire mondial. Cela la rend moins dépendante des énergies fossiles que la Chine et les États-Unis. La France, pays le plus nucléarisé, reste cependant loin du record de 1961 où 51 % de son énergie électrique venait du renouvelable (hydroélectrique).

L'UE encourage aussi tous les acteurs à préparer leur adaptation au changement climatique.

Deuxième pays pollueur derrière la Chine, les États-Unis via l’administration de George W. Bush refusèrent de présenter de nouveau en juillet 2005 le traité pour ratification parce qu’ils considèrent que cela freinerait l’économie nationale et que le combat contre le réchauffement climatique doit se faire non pas avec une simple réduction des gaz à effet de serre, mais par une meilleure gestion de leur émission.

De nombreux États des États-Unis ont néanmoins pris des mesures de restriction sur les gaz à effet de serre.

Depuis 2001, les états du Texas, de la Californie, du New Hampshire, ont instauré un dispositif de contrôle des émissions de gaz pour différents secteurs industriels et énergétiques. Le dispositif adopté par la Californie, qui s'appliquera à partir de 2009, prévoit réduire les émissions de gaz polluants de 22 % en moyenne d'ici 2012 et de 30 % d'ici 2016.

En outre, le principe des marchés des permis d’émission consiste à accorder aux industriels « pollueurs » gratuitement, à prix fixe ou aux enchères, des quotas d'émissions de CO2, que ceux-ci peuvent ensuite s'échanger. Chaque émetteur de CO2 doit alors vérifier qu’il détient autant de permis d'émission que ce qu'il va émettre. Dans le cas contraire, il se trouve contraint ou bien de diminuer ses émissions, ou bien d’acheter des permis. Inversement, si ses efforts de maitrise des émissions lui permettent de posséder un excédent de permis, il peut les vendre.

De tels procédés ont été réalisés pour réduire les pluies acides aux États-Unis et ont connu des succès (programme « Acid rain »). Ce système des marchés de permis d’émission fait partie du dispositif du Protocole de Kyoto qui à la date de juillet 2006 n'est toujours pas ratifié par les États-Unis.

En 2004, le sénateur républicain John McCain et le démocrate Joseph Lieberman déposent un projet de loi visant à limiter les rejets dans l’atmosphère ; soutenu par les grandes entreprises Alcoa, DuPont de Nemours et American Electric Power, il n’est pourtant pas adopté.

Les États-Unis financent avec la Chine, le Japon, la Russie et l'UE, le projet ITER (International Thermonuclear Experimental Reactor), projet de recherche sur la fusion nucléaire contrôlée, mené à Cadarache (Sud de la France). Toutefois la production nette d'énergie par fusion nucléaire chaude reste à l'état d'espoir lointain : les prévisions les plus optimistes des partisans du projet parlent de plusieurs dizaines d'années. Certains voient plus d'espoir dans la production d'énergie par réactions nucléaires en matière condensée.

Le 8 juillet 2008, George Bush signe un texte engageant les États-Unis à réduire de moitié des émissions des GES d'ici à 2050, à Toyako (Japon), dans le cadre d'une réunion du G8.

Les décisions pour réduire les émissions de CO2 sont prises par les états fédérés : en 2005, 18 de ces états obligeaient les producteurs d’électricité à utiliser en partie des sources d’énergie renouvelables.

En 2005, les maires de 136 villes américaines, ont pris l'engagement d'appliquer les normes du protocole de Kyoto et à réduire d'ici 2012 leurs émissions de gaz à effet de serre de 7 % par rapport à 1990.

L'état du Nevada a pour objectif d'atteindre le seuil de 20 % de sa consommation en énergie renouvelable, d'ici 2015, notamment grâce aux centrales solaires installées dans le désert.

En outre, à l'initiative du maire de Seattle, 166 grandes villes américaines, dont New York et Boston, se sont engagées solennellement à respecter le protocole de Kyoto en mars 2005.

Alors que la population californienne représente 12 % de la population américaine, elle ne consomme que 7 % de l’électricité produite dans le pays ; ainsi, la Californie se trouve à la première place pour la rentabilité énergétique par personne. L'État s'est engagé à limiter les émissions de gaz à effet de serre : les objectifs annoncés sont une diminution de 11 % avant 2010 et de 87 % avant 2050. Le 30 août 2006, le gouvernement et le Parlement de Californie signent un accord pour diminuer la production de gaz à effet de serre, mettant l’État en conformité avec le protocole de Kyoto. La décision AB32 (Global Warming Solutions Act) a été prise de réduire d’un quart les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2020. Des sanctions financières seront prises contre les industries qui ne respectent pas cet engagement. Un marché de permis d’émissions sera créé et contrôlé par l’Air Resources Board.

La Californie s'est aussi engagée à respecter des règles plus strictes sur la consommation et les pots d'échappement de véhicules neufs ; cette politique est imitée par deux autres États de l'Ouest : Washington et Oregon. Le 20 septembre 2006, Bill Lockyer (en) le ministre de la Justice de Californie, lance des poursuites judiciaires contre trois constructeurs automobiles américains et trois japonais, et leur demande des dommages et intérêts pour la pollution qu'ils engendrent. Selon lui, les véhicules automobiles représentent 30 % des émissions de dioxyde de carbone de l'État.

En 2005, le gouverneur républicain Arnold Schwarzenegger proposait que le budget de l'État de Californie finance à hauteur de 6,5 millions de dollars la construction de stations pour les véhicules roulant à l’hydrogène.

Le code d'éducation de la Californie (chapitre IV, sections 8700 à 8784) insiste pour que les élèves soient sensibilisés aux problèmes de l'environnement.

Grâce à son bon ensoleillement, la Californie développe l’énergie solaire : l’État abrite des collecteurs cylindro-paraboliques dont la puissance atteint 80 MW, la plus grande centrale à tour comme Solar one puis Solar 2 ne dépasse pas 10 MW.

Un projet de loi oblige les promoteurs immobiliers à installer un système d’énergie solaire sur 15 % des nouvelles maisons construites en Californie à partir de 2006. Le projet de loi prévoit que, d’ici 2010, 55 % des maisons seront équipées en panneaux solaires. Le gouverneur Arnold Schwarzenegger avait fait campagne pour inciter à installer des systèmes solaires dans la moitié des maisons de l’État à partir de 2005.

La centrale thermo-solaire Nevada Solar One est en construction depuis le 11 février 2006 à Boulder City. À terme, elle développera une puissance de 64 MW et sera la troisième du monde. Selon ses concepteurs, la centrale devrait permettre d'éliminer un volume de pollution équivalent à la suppression d'un million de voitures en circulation sur le territoire des États-Unis.

La Californie a adopté une loi qui contraint les grands groupes automobiles à vendre des véhicules respectant des normes strictes de rejets de CO2.

La Californie est l’État où l’énergie éolienne est la plus développée avec une capacité de production de plus de 2040 MW installés en 2004, loin devant le Texas (1293 MW). La principale région de production se trouve au nord de l'État, à l'est de San Francisco.

À 150 km au nord de San Francisco, 19 centrales géothermiques (350 puits) sont contrôlées par la société Calpine dans les comtés de Lake et de Sonoma. Elles produisent environ 850 mégawatts, c'est-à-dire presqu'autant qu'une petite centrale nucléaire.

Un point de débat est à quel degré les nouveaux pays industrialisés tel que l'Inde et la Chine devraient restreindre leurs émissions de CO2. Les émissions de CO2 de la Chine ont dépassé celles des États-Unis en 2007, alors qu'elle ne produit que 5,4 fois moins de richesses que l'UE ou les États-Unis, et elle n'aurait dû, en théorie, atteindre ce niveau qu'aux alentours de 2020. En 2007, la Chine est le premier producteur et consommateur de charbon, sa première source d'énergie, qui est extrêmement polluante. De plus, l'augmentation du niveau de vie accroît la demande de produits « énergivores » tels que les automobiles ou les climatisations.

L'humanité rejette actuellement 6 Gt (gigatonne = milliard de tonnes) d'équivalent carbone par an dans l'atmosphère, soit environ une tonne par habitant. On estime que les océans en absorbent 3 Gt et qu'il faudrait donc abaisser les émissions de gaz à effet de serre de moitié pour arrêter d'enrichir l'atmosphère, ce qui représente une émission moyenne de 500 kg d'équivalent carbone par habitant. Chaque français en émet environ deux tonnes, soit quatre fois plus qu'il ne faudrait. En dehors de mesures collectives, des personnalités ont esquissé les gestes quotidiens à mettre en œuvre, dès aujourd'hui, pour limiter le réchauffement climatique comme Jean-Marc Jancovici ou Al Gore.

En haut



Source : Wikipedia