Pesticides

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Posté par hal 27/04/2009 @ 14:16

Tags : pesticides, polluants, environnement

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Comité des Pesticides d’Afrique Centrale

Le Comité des Pesticides d’Afrique Centrale (CPAC) est un organisme interétatique sous régional chargés de l’homologation commune des pesticides en zone CEMAC (Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale).

L’initiative CPAC est une manifestation de la volonté politique des états membres de se mettre ensemble pour l’assainissement de la filière agricole en zone CEMAC.

Le siège est situé à Yaoundé au Cameroun.

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Toxaphène

Toxaphène

Le Toxaphène est un pesticide. Il est composé d'un mélange complexe de terpènes bicycliques polychlorés dont la formule chimique est (C10H10Cl8), le nombre d'atomes de chlore peut varier de 6 à 10. Bien qu'il soit communément appelé Toxaphène, on peut le trouver sous différents noms tels que Camphechlor, Octachlorocamphène ou encore Polychlorocamphène.,, C'est un solide cireux reconnaissable par sa couleur ambrée.

Ce pesticide est notamment connu pour ses caractéristiques particulières qui en font un contaminant majeur à l'échelle planétaire. En effet, sa persistance dans l'environnement (longue durée de vie), son potentiel de bioaccumulation, sa forte toxicité ainsi que sa capacité à parcourir de longues distances via le transport atmosphérique lui confère une place parmi les douze polluants organiques persistants (POP) qui ont été reconnu par le Programme des Nations Unies pour l'Environnement. Ce dernier vise dans un premier temps à réduire puis par la suite éliminer leurs rejets à l'échelle mondiale.

Le Toxaphène a été produit pour la première fois en 1945 par la compagnie Hercule Powder aux États-Unis. Il fut commercialisé sous le nom de Hercule 3956. Il connaît une forte croissance au début des années 70 puisqu'il succède au DDT qui vient d'être interdit. Il est alors le pesticide le plus employé à travers le monde entre 1972 et 1984. À cause de sa forte toxicité, il est banni en 1982 par l'EPA (Environmental Protection Agency) dans plusieurs pays du monde, notamment les États-Unis, le Canada ou encore les pays d'Europe de l'Ouest. Quelques années plus tard, en 1990, la Russie, l'Amérique Centrale ainsi que l'Europe de l'Est cessent de l'utiliser. Sa consommation mondiale est estimée à 1 330 000 tonnes entre 1950 et 1993 dont 40% utilisé par les États-Unis., Le 23 Mai 2001, plus d'une centaine de pays ont signé le traité environnemental historique à Stockholm conduisant à l'interdiction d'utiliser douze polluants organiques persistants comptant parmi les substances les plus toxiques au monde. Parmi ces douze substances figurent le Toxaphène. Le traité est entré en vigueur en Mai 2004. Malgré son bannissement, le mal est fait et de même que d'autres pesticides, le toxaphène persiste et continue de faire des ravages dans l'environnement.

Malgré le fait qu'il ne soit utilisé que pour certaines cultures, il se retrouve un peu partout dans l'environnement. La principale cause, du à sa grande volatilité, est sa capacité à être transporté sur de longues distances dans l'atmosphère, par les fleuves ou les courants marins. Il en résulte donc une forte dispersion dans le monde. C'est pourquoi, au Canada, où son utilisation a été très réglementé, on le retrouve malgré tout en forte concentrations dans l'environnement et notamment dans la région des Grands Lacs avec une influence importante sur l'écosystème. Il provient directement des sols contaminés des États-Unis. De plus, des informations concernant les émissions de toxaphène lors de sa production aux États-Unis indiquent que les réseaux hydrographiques les plus contaminés sont à proximité des usines chimiques qui ont longtemps produit le toxaphène jusqu'à son interdiction. On le retrouve encore aujourd'hui car il est très résistant à la dégradation. En effet, selon la composition d'un sol, il lui faut de 100 jours à 12 ans pour diminuer de moitié sa concentration.

La contamination de l'environnement aquatique (l'eau de surface et le dépôt) peut constituer une menace pour les hommes. La contamination sur l'humain peut être causée soit par contact direct ou soit par contact indirect avec le toxaphène. En général, l'absorption du toxaphène sur la population se fait de trois manières différentes, via l'ingestion (voie orale), via le contact avec la peau et via les poumons (l'inhalation). Pour l'humain, la principale exposition au toxaphène se fait par ingestion, notamment par la consommation de poissons. Des études ont montré que des résidus du toxaphène se retrouvaient dans certains fruits et légumes. L'exposition par inhalation n'est pas très importante.

L'exposition du toxaphène chez les poissons, qui y sont très sensibles, à un impact considérable. Les différentes études réalisées mettent en avant trois effets importants dû à la présence du toxaphène dans les organismes aquatiques. En effet, il peut réduire la vitamine C présente dans le squelette des poissons entraînant ainsi diverses anomalies. Les principales étant une diminution de la formation de collagène, une diminution de la croissance du squelette ainsi que la malformation des vertèbres. Des études ont montré qu'un complément de vitamine C sur les poissons permet de réduire les effets du toxaphène sur la peau, la croissance et le développement des vertèbres., De plus, lorsqu'il est absorbé le toxaphène est distribué à travers tous les organes de l'organisme mais il se concentre particulièrement dans les tissus adipeux et les muscles. L'évacuation est lente ce qui entraîne une bioconcentration chez les poissons. Il est également bioaccumulable puisqu'il se retrouve et s'accumule tout au long de la chaîne alimentaire.

Une étude effectuée sur les abeilles n'a pas révéler d'effets toxiques sur leur organisme. Il apparaît même que les abeilles sont capables de décomposer et de détoxifier le toxaphène. En effet, le produit est d'abord stocké à 95% dans l'organisme puis libéré durant les jours suivants sous la forme d'un produit chloré soluble dans l'eau.

Le toxaphène à été relativement peu étudié par rapport à d'autres pesticides organochlorés tel que le DDT. Plusieurs raisons, notamment des facteurs analytiques, permettent d'expliquer le manque d'intérêt pour ce contaminant. Tout d'abord, plus de 200 congénères du toxaphène sont présents dans l'environnement. Ceci augmente les problèmes d'interférences qui peuvent avoir lieu au cours des analyses avec les autres composés organochlorés bien sûr mais également entre les congénères du toxaphène. Une autre raison est qu'il y a seulement quinze ans, un seul standard était disponible et il comportait plus de 30 000 congénères rendant impossible une quantification approprié pour le toxaphène dans les échantillons environnementaux. C'est pourquoi, le toxaphène représente toujours un défi analytique bien qu'il soit connu depuis longtemps.

Afin de pouvoir séparer et quantifier ces différents congénères, des techniques de pointe sont nécessaires. Dès les années 80, d'importants progrès ont été réalisés en termes de sélectivité, précision et sensibilité pour les techniques de détection. Il a alors été possible de montrer la présence du toxaphène en très faibles concentrations (au niveau du ppb) chez la population humaine, les organismes aquatiques, dans les sols, l'eau ou encore dans les fruits et légumes.

Les techniques les plus utilisées sont la spectrométrie de masse (MS) et la chromatographie en phase gazeuse (GC). La majorité des analyses de toxaphène utilise comme méthode de détection la spectrométrie de masse des ions négatifs à capture d'électrons (ECNI-MS) à cause de sa meilleure sensibilité et de la génération d'un spectre de masse permettant d'obtenir les ions - et -. Le couplage des deux premières techniques (MS et GC) permet de doser le toxaphène et ses congénères dans différentes matrices complexes. Récemment, la GC-ECNI-haute résolution MS a été utilisée pour quantifier les composés du toxaphène dans les organismes invertébrés aquatiques, les échantillons d'air ou encore les échantillons provenant des sédiments. La spectrométrie de masse à trappe ionique ou GC-EI-MS-MS est décrite comme une bonne méthode pour la quantification du toxaphène. Un groupe de recherche l'a récemment utilisé pour quantifier les congénères du toxaphène ainsi que le toxaphène total dans des échantillons biologiques et des échantillons de poissons. La méthode n'est pas sensible aux diverses interférences ce qui est une grande amélioration par rapport aux autres techniques. Une nouvelle technique couplant un spectromètre de masse avec deux chromatographes en phase gazeuse (Gc x GC-MS) est également très prometteuse quant au résultat qu'il sera possible d'obtenir.

Des progrès scientifiques ont également été réalisés pour les techniques d'extractions concernant le toxaphène. L'extraction sous fluide pressurisé (PFE) ainsi que l'extraction assistée par micro ondes sont aujourd'hui plus employées que l'extraction Soxhlet.

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Lindane

Lindane

Le lindane est un insecticide organochloré commercialisé depuis 1938. Ses noms chimiques sont gamma-hexachlorocyclohexane (HCH) et benzene hexachloride (BHC). Il a été utilisé en agriculture et dans les produits pharmaceutiques pour le traitement de la gale et l’élimination des poux.

Sa dose létale 50 est de 88mg/kg.

L’Organisation mondiale de la Santé classe le lindane comme «Moyennement dangereux», et son commerce international est limité et réglementé en vertu de la Convention de Rotterdam sur le consentement informé. Il est actuellement interdit dans plus de 50 pays (dont la France), et il est envisagé de l'inclure dans la Convention de Stockholm sur les polluants organiques persistants, qui interdirait sa production et son utilisation dans le monde entier.

Doté d'un très large spectre d'activité insecticide, le Lindane trouve de nombreuses applications en agriculture comme pesticide, dans la protection des bois, en médecine vétérinaire et en santé publique. .

Le lindane a été utilisé aux Etats-Unis depuis plus de 60 ans, à la fois dans les soins médicaux et en agriculture. Dans les années 1940, le lindane a été homologué par le Département de l'agriculture des USA (USDA) et a été autorisé en 1951 par la Food and Drug Administration (FDA) pour un usage médical dans le traitement de la gale, des poux de tête et les poux du pubis. Durant cette période, le lindane a été utilisé essentiellement, à plus de 99%, à des fins agricoles et une grande partie des inquiétudes sur la sécurité et l'environnement ont un rapport avec cette utilisation. Il existe d'autres médicaments dont le principe actif possède des applications non médicales. Par exemple, la warfarine est utilisée comme raticide pour empoisonner les souris et les rats (par exemple, Kaput ™, D-Con ™), mais est également prescrite à usage médical comme anticoagulant oral pour soigner les patients atteints de crises cardiaques, d'accidents vasculaires cérébraux et d'autres troubles liés à un caillot se formant dans le sang (par exemple, la Coumadine ®).

En 2006, l’Agence américaine pour la protection de l’environnement (EPA) a demandé l'abandon volontaire de tous les usages agricoles du lindane, restreints dans les années récentes au pré-traitement des semences avant plantation.(Voir également le statut réglementaire) La FDA, cependant, continue d'autoriser l'utilisation du lindane dans les prescriptions médicales, en notant que «Le risque d’expositions professionnelles/expositions environnementales doit être évalué séparément et indépendamment du risque lié à l'utilisation thérapeutique d'un médicament pour traiter une affection médicale où il apporte un avantage direct pour le patient. " (voir aussi l'historique de la réglementation) A plusieurs reprises, la FDA a conclu que les médicaments au lindane apportaient des bénéfices pour la santé publique à un niveau de risque faible et acceptable pour tous les médicaments.

Aux États-Unis, les médicaments contenant du lindane sont autorisés pour le traitement de la gale, des poux pubiens (vulgairement appelés « morpions »), et les poux de tête et de corps. Ces deux médicaments contiennent seulement les isomères gamma-HCH, et sont disponibles uniquement sur prescription médicale. Ce sont des traitements de seconde intention, c'est à dire qu'ils ne sont prescrits que si les médicaments prescrits en première intention ont échoué, si les patients présentent une contre-indication ou encore si réaction d’intolérance se manifeste.

Aux États-Unis, les médicaments contenant du lindane, sont fabriqués et distribués exclusivement par Morton Grove Pharmaceuticals, Inc. L’accord de promotion avec Alliant Pharmacie conclu en 2005, a pris fin en mai 2007.

Les effets indésirables les plus courants associés à l'usage des médicaments contenant du lindane sont des réactions cutanées bénignes, comprenant des brûlures, des démangeaisons, une sécheresse de la peau et des éruptions cutanées. Des atteintes du système nerveux central, allant des étourdissements à des crises convulsives, ont également été signalées, mais des effets indésirables graves, comme les crises d’épilepsie, ont presque toujours été consécutives à une ingestion ou à un mauvais usage des médicaments (par exemple, des traitements par applications répétés ou prolongés).

Seules quelques rares crises d’épilepsie et encore plus rarement des cas mortels ont été signalées lorsque les médicaments à base de lindane étaient utilisés (probablement), selon les préconisations.

En 2003 la FDA a publié une analyse des risques et des effets indésirables signalés comme étant en relation avec l’utilisation de médicaments contenant du Lindane et répertoriés par le système de pharmacovigilance de 1974 à 2002. La grande majorité (85%) de ces signalements (-488 au total-) ont été classés comme bénins, alors que les complications graves ont le plus souvent résulté d'utilisations abusives des produits (80% des cas graves). Le signalement type à la FDA mentionne : " traitement inefficace ", suivi de convulsions, de dermatose et de vertiges. (Note: Ces effets secondaires représentent les cas plus fréquemment rapportés à la FDA et ne sont pas représentatifs de la totalité des incidents les plus courants liés à l'utilisation de la lotion lindane et du shampooing au lindane).

Une revue des cas les plus graves décrit 15 cas ayant provoqué le décès dont deux ont été attribués à une mauvaise utilisation du lindane dont un correspondant à un suicide par ingestion. La cause directe du décès pour les autres cas a été attribués à une origine autres que l’intoxication au lindane. En outre, il y a eu 46 hospitalisations et le pronostic vital a été mis en jeu sept fois dont cinq dans la même famille. Six cas d'anomalie congénitale ont aussi été décrits dont cinq pour des nourrissons "éventuellement" exposés au lindane in utero et un attribué à une exposition paternelle (mais aucun effet caractéristique n’ été noté.

Dans tous les groupes d'âge, les effets indésirables sont survenus principalement chez des patients présentant des contre-indications à l'utilisation du lindane ou chez ceux qui semblent avoir mal appliqué le traitement ou avoir ingéré par voie orale un produit à usage externe.

Sur la base de ces constatations, la FDA a recommandé en 2003 de conditionner la lotion au lindane et le shampooing au lindane en flacons contenant des petites doses unitaires pour réduire le risque d'abus et améliorer la sécurité des produits. Dans le même temps, un message d'avertissement a été ajouté à la notice du produit pour attirer l’attention des prescripteurs sur les critères d'utilisation et les risques d’effets secondaires rares de la substance. Un guide du médicament, écrit dans un langage simple, a également été élaboré et est maintenant de par la loi obligatoirement délivré avec toute ordonnance prescrivant du lindane aux Etats-Unis afin de mieux informer les patients et les prescripteurs de soins sur les techniques d'application conformes aux règles de sécurité. Lorsqu'ils sont utilisés correctement, médicaments à base de lindane sont sûrs et efficaces sur les maladies pour lesquelles ils sont homologués. Les effets indésirables les plus courants sont des réactions cutanées bénignes (par exemple, sensation de brûlure, démangeaisons, sécheresse et éruption cutanée).

Les préconisations actuelles de la FDA pour l'homologation des produits est de rappeler que les médicaments contenant du lindane sont contre-indiqué chez les prématurés et les personnes ayant présenté des crises d’épilepsie et doivent être utilisé avec prudence chez les nourrissons, les enfants, les personnes âgées et les personnes ayant des maladies de la peau (par exemple, l’éczéma atopique , Le psoriasis), et toute personne pesant moins de 50 kg, car ils pourraient être exposés à un risque grave d’atteinte neurotoxique. Elles rappellent également qu’on devrait soigneusement examiner le rapport bénéfice/risque avant de prescrire des médicaments contenant du lindane à des patients atteints d’affections pouvant augmenter le risque de crise convulsives, telles que l'infection par le VIH, les antécédents de traumatisme crânien ou de crise convulsive antérieure, les tumeur du SNC, l’existence d'une cirrhose hépatique sévère, la consommation excessive d'alcool, le sevrage brutal d'alcool ou de sédatifs, ainsi que l'utilisation concomitante de médicaments connus pour diminuer seuil épileptogène.

Les effets indésirables sur la faune du lindane agricole n'ont pas été mesurés avec le même souci et la même précision que pour la santé de l'homme. Toutefois l'ensemble de la chaîne environnementale a été impactée par le lindane et l'est encore marginalement lorsque des usages agricoles persistent.

Le produit est absorbé par voie digestive, par la peau ou par inhalation. Il est retrouvé dans le sang et s'accumule principalement dans le tissu adipeux (il existe une bonne corrélation entre la concentration plasmatique du Lindane et sa concentration dans les cellules graisseuses).En cas d'administration continue dans l'alimentation, l'équilibre s'établit au bout de 6 semaines atteignant un palier à un niveau de concentration dans le tissu adipeux légèrement inférieur à la concentration du produit dans la nourriture. Lors de l'arrêt de l'intoxication le produit disparait rapidement de l'organisme (en 3 semaines). La dégradation métabolique est surtout hépatique (déshydrogénation, hydroxylation) et les métabolites sont éliminés dans les urines et les fécès sous forme libre ou sous forme de glucuro ou sulfo-conjugués. Chez l'homme une dose unique est métabolisée en une à deux semaines. Le dosage du produit dans le sang est un moyen fiable de surveillance biologique. Un groupe d'étude de l'OMS a proposé de fixer la limite d'exposition à 20 μg/l.

Il peut s'agir d'une exposition aérienne (inhalation et pénétration cutanée) ou bien d'une absorption digestive par méprise.

Cet insecticide est interdit dans 52 pays et dans l'État de Californie aux États-Unis, pour son risque cancérigène, mais il est extrêmement persistant et on continue à le trouver dans l'air où il a été mesuré en quantité significative en France par exemple par deux études récentes, la première de l'Institut Pasteur dans le Nord-Pas-de-Calais, et la seconde par Airparif à Paris.

Bien que des effets indésirables puissent survenir lors de l'utilisation de faibles doses de préparations pharmaceutiques en application locale, les effets indésirables graves sont rares et résultent le plus souvent d’un mauvais usage du médicament. . (Voir aussi les utilisations pharmaceutiques) En effet, la plupart des effets indésirables du lindane sur la santé humaine ont été signalés comme étant liés à un usage agricole avec une exposition chronique, c’est à dire surtout à l'exposition professionnelle des travailleurs employés pour traiter les semences agricoles par le lindane.(Voir aussi application agricole vs applications sanitaires) L'exposition à de grandes quantités de lindane peut avoir une incidence péjorative sur le système nerveux, induisant une gamme de symptômes allant des maux de tête et des vertiges aux convulsions et crises d'épilepsie, et plus rarement à la mort. Des effets indésirables hématologiques ont également été rapportés à la suite d’expositions professionnelles chroniques ou d'applications cutanées excessives, mais un rapport direct de cause à effet n'a pas été établi. Les vomissements et les nausées sont les symptômes habituels associés à des ingestions de lindane mais des effets neurologiques graves peuvent également survenir, quoique moins fréquemment. Les effets secondaires les plus courants avec l'utilisation en application locale de médicaments à base de lindane sont des réactions cutanées bénignes, comprenant sensations de brûlures, démangeaisons, sécheresse et éruptions cutanées. (Voir aussi usages pharmaceutiques) On n’a jamais démontré que le lindane pouvait altérer les défenses immunitaires chez l’homme et il n’est pas considéré comme génotoxique . Les études concernant d’éventuels effets cancérigènes du lindane ont été peu concluantes et se sont souvent limitées à des études de faisabilité, mais aucun effet cancérigène n’a été observé à ce jour dans les essais thérapeutiques chez l’homme.

La production et l'utilisation du lindane dans le secteur agricole (qui ont tous les deux baissé de manière significative au cours des 20 dernières années) sont les principales sources de contamination de l'environnement, Et les niveaux de lindane dans l'environnement ont diminué aux États-Unis de 1986 à 2003, en corrélation avec la modification des habitudes d'utilisation en agriculture.

Le lindane est libéré dans l'environnement pendant et après l'épandage agricole par le biais de la dissémination dans l'atmosphère (évaluée entre 12 et 30%), où il a un grand potentiel de circulation et peut être déposé à terre par la pluie. Le Lindane peut être libéré dans le sol à la surface même et dans les eaux souterraines et peut s'accumuler dans la chaîne alimentaire. La plus grande partie de l’exposition de la population générale au lindane résulte de son usage agricole et de l'ingestion d'aliments contaminés, tels que la viande et le lait. Au fil du temps, le lindane est dégradé dans le sol, les sédiments et l'eau et transformé en substances moins nocives par des algues, les champignons et les bactéries, mais le processus est relativement lent et dépend de l'état de l'environnement ambiant. L'impact écologique de la persistance du lindane dans l'environnement continue d'être débattue.

L'EPA a déterminé que la contamination de l'eau potable le lindane se situait en deçà du niveau jugé préoccupant par l'Agence. En 2003, l'EPA a publié les résultats de la contamination de l'eau à grande échelle en procédant à des analyses sur 16000 systèmes d'adduction d'eau desservant 100 millions de personnes à travers les Etats-Unis et a constaté qu'aucun ne présentait de contamination par le lindane à des niveaux supérieurs au niveau maximal admis comme seuil de danger par la norme. Des résultats similaires ont été constatés par les équipes de l’US Geological Survey en 1999 et 2000. Plus spécifiquement, l'EPA a révisé à la baisse les estimations du niveau de lindane à atteindre dans l’approvisionnement public en eau à partir de l'utilisation médicaments contenant du lindane en utilisant les données des installations de traitement des eaux de Californie, en concluant que les niveaux de lindane provenant de sources pharmaceutiques étaient «extrêmement faibles» et ne suscitaient pas d'inquiétude.

Au delà de la question de la toxicité du lindane il existe des préoccupations liées aux isomères non-gamma du HCH, à savoir l’alpha-HCH et le bêta-HCH, qui sont notablement plus toxiques que le lindane. L’Alpha et le bêta-HCH ont été utilisés en agriculture aux Etats-Unis sous la forme de produits de traitement jusqu'en 1976 et ils sont également des sous-produits de fabrication, mais sont dépourvus de propriétés insecticides et ont peu ou pas d'utilisation. Dans les années 1940 et 1950 les producteurs de lindane ont stockés ces isomères dans des terrils, qui ont conduit à la contamination de l'eau et du sol. Le Forum International des Pesticides et du HCH a depuis été mis en place pour réunir des experts afin d’organiser les opérations de nettoyage et d’endiguement de ces sites. Les normes modernes de fabrication du lindane impliquent le traitement et la conversion des déchets d'isomères en produits chimiques industriels moins toxiques, un processus appelé "craquage".” Aujourd'hui, seules quelques usines de production dans le monde entier sont encore en activité pour répondre aux besoins en lindane pour ses utilisations dans le domaine de la santé publique et du peu d’utilisations restantes dans le secteur agricole. Le lindane n'est plus fabriqué aux États-Unis depuis le milieu des années 1970, mais il continue d'être importé et formulé pour des usages restreints.

Le lindane est homologué dans 50 pays, avec un usage restreint dans 33 de ces pays. Ce dernier groupe comprend les États-Unis et le Canada, qui autorisent les usages pharmaceutiques du lindane pour la santé publique, mais interdisent ses applications agricoles. Il est interdit dans 52 pays et dans l'état de Californie, et une étude est en cours pour l’inscrire sur la liste de la Convention de Stockholm sur les polluants organiques persistants., La FDA persiste à affirmer que les médicaments au lindane sont nécessaires à la santé publique, que ses avantages l'emportent sur les risques potentiels et qu’ils doivent rester disponibles pour les patients ayant la gale, les poux de tête et les poux du pubis, maladies pour lesquelles il existe peu de traitement alternatif. Ces maladies infectieuses, parmi lesquelles deux sont transmises par voie sexuelle, touchent des dizaines de millions d'Américains et de centaines de millions de personnes dans le monde chaque année. , Aux États-Unis, les pétitions visant à interdire l'utilisation de produits pharmaceutiques contenant du lindane ont été rejetées par la FDA et jugées sans fondement par des experts qui travaillent avec cette agence de régulation. . Worldwide, effective treatment options for the control of scabies and lice are relatively limited.

L’Agence Canadienne de régulation des calamités agricoles a éliminé lindane de toutes les utilisations agricoles entre 2000 et 2005 en raison des problèmes liés à l'exposition professionnelle chronique et les risques encourus par les travailleurs au cours du traitement des semences et des végétaux. Toutefois, les médicaments lindane restent disponibles au Canada pour des raisons de santé publique comme produits accessibles sans prescription. En 2002, l'EPA avait conclu que le produits agricoles au lindane étaient éligibles pour le réenregistrement en production industrielle sous réserve du respect de certaines précautions et des obligations d'étiquetage en vue de diminuer les risques d’exposition professionnelle pour les travailleurs. Toutefois, en 2006, l'Agence a publié un additif à sa décision initiale (applicable en juillet 2007)et a demandé le retrait volontaire par les fabricants de tous les produits à usage agricole, invoquant un changement important dans le rapport coût/avantages des utilisations agricoles du lindane suite à l'introduction récente de produits de substitution au lindane pour le traitement des semences. L'EPA a autorisé l'utilisation des stocks de lindane jusqu'en 2009. Le Mexique s'est engagé, sur la base du volontariat à participer à l’élimination du lindane d’Amérique du Nord par le biais du Plan d'action régional (PARNA) mais à l'heure actuelle autorise ses utilisations agricoles, vétérinaires et sanitaires. Il existe un projet de loi dans l'État de New York, à l'Assemblée et au Sénat pour interdire son utilisation dans les produits de traitement des poux de tête et de limiter son utilisation pour la gale, qui n'avait pas encore été adopté en septembre 2007.

Confronté à la publicité négative concernant les produits pharmaceutiques contenant du lindane le fabricant américain, Morton Grove Pharmaceuticals, a déposé une plainte le 6 février 2007 à la cour du District de Chicago, dans l'Illinois contre l’ Association Nationale des Pediculoses, une association Ecologiste, ainsi que contre deux médecins pour des déclarations faites et diffusées aux fournisseurs de soins de santé et aux consommateurs par Internet et à travers une série d'ouvrages imprimés. Comme l'a noté le tribunal de district des États-Unis, les avocats font valoir qu’un amalgame a été fait entre l'agriculture et la recherche pharmaceutique avec des citations tronquées et / ou des conclusions erronées d'études relatives à l'usage agricole du lindane, et de diffuser largement, des déclarations fausses, trompeuses et diffamatoires sur le profil d'innocuité et l'efficacité du lindane. .” Le 18 juin 2007, le juge Elaine Bucklo a émis un jugement déboutant le défendeur d’une requête en irrecevabilité et en outre, jugé en faveur de Morton Grove qui avait obtenu gain de cause sur les chefs d’accusation suivants: diffamation, publicité mensongère dans le cadre de la loi fédéral Lanham, dénigrement commercial et violation de la législation de l'Illinois sur les pratiques commerciales. La société réclame des dommages et intérêts et une mesure d’injonction contre tous les défendeurs.

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Douze vilains

Les douze vilains représentent une catégorie de polluants organiques persistants (POP) qui s’inscrivent parmi les contaminants organiques les plus répandus et les plus nocifs à l’environnement. Cette sale douzaine, tirée de l’anglais «The dirty dozen», est en réalité composée de 17 différents composés qui sont, pour la plupart, des pesticides et des insecticides. Afin de les classer dans cette liste, 3 caractéristiques des produits en cause sont analysées : la persistance dans l’environnement, le facteur de bioaccumulation (BCF) ainsi que la propagation dans l’environnement.

2,4,5-T (Agent orange), Aldicarbe, Aldrine, Chlordane, Chlordiforme, DBCP, DDT, Dieldrine, DBE, Heptachlore, HCH, Lindane (γ-HCH), Méthyle parathion, Dichlorure de paraquat, Parathion, PCP, Toxaphène.

Il est bien évident que le problème majeur de ces contaminants est bien sûr le fait que leurs effets néfastes peuvent être ressentis à plusieurs milliers de kilomètres de la source d’origine. Souvent peu soluble dans l’eau, ces composés volatils voyagent dans l’air. Leur persistance leur permet de traverser de grandes distances sans se détériorer. Ce voyage dans l’atmosphère n’a rien d’aléatoire. Il suit un certain parcours méthodique qui est appelé l’effet sauterelle ou parfois distillation globale.

L’effet sauterelle est un phénomène d’alternance évaporation/condensation qui dirige tous les composés volatils persistants vers les régions polaires. Ainsi, même si une grande partie des pesticides sont utilisés au niveau de l’équateur dans les pays tropicaux et les pays en voie de développement, il est facile de noter l’omniprésence de ces composés partout dans le monde.

L’une des plus grandes preuves de cet effet sauterelle réside dans les peuples Inuits qui vivent dans le grand nord canadien. Loin de toutes sources de pesticides, l’agriculture et les insectes vecteurs de maladies étant inexistant dans ces régions, les habitants démontrent tout de même une importante concentration de pesticides dans leur système. Pour expliquer en détails pourquoi un tel phénomène est observé, l’effet sauterelle n’est pas la seule cause qui est considérée. Tout d’abord, l’une des caractéristiques des ces molécules est de présenter un fort caractère lipophile, c’est-à-dire qu’elles ont tendances à s’accumuler dans les graisses. Pour résister aux températures extrêmes, la faune de cet écosystème comporte bien évidemment une plus grande quantité de graisses ce qui facilite la bioaccumulation. Ensuite, la cinétique des réactions de biodégradation ne sont pas tout à fait les mêmes dans les pays tropicaux et les régions arctiques. En effet, au niveau de l’équateur, à plus ou moins 30 °C, ces polluants persistent généralement moins de 5 ans dans l’environnement. Dans les régions froides, à plus ou moins 30 °C sous zéro, la cinétique, qui dépend de la température, devient plus lente ce qui a pour effet de faire durer la présence de ces pesticides dans l’environnement jusqu’à 20 et parfois même 100 ans.

Historiquement, l’utilisation des pesticides a connu 2 grands essors soit au début du siècle dernier ainsi qu’après la deuxième guerre mondiale. Ce n’est qu’au début des années 70 que l’on commence à prendre conscience du problème environnemental de ces composés. Pourtant ce n’est qu’en 1985 que la vilaine douzaine est finalement proposée comme la liste des éléments à éliminer de notre quotidien. Dix ans plus tard, soit en 1995, une première assemblée mondiale se déroule à Vancouver au Canada afin de discuter de la situation présente. En 2001, une action concrète est posée avec la signature de la convention de Stockholm qui vise à éradiquer plusieurs polluants organiques persistants. Effective en 2004, cette convention a été signée par 158 pays.

À l’heure actuelle, bon nombre des ces composés ont été bannis dans plusieurs pays. Certains sont encore légalement utilisés non sans être soumis à de sévères restrictions d’utilisations. Malgré qu’un contrôle de ces produits a finalement été adopté, il subsiste tout de même certaines controverses concernant les exportations et l’importance de la vie humaine versus l’environnement.

Il y a de cela quelques décennies, le paludisme et le typhus ont touchés plusieurs pays industrialisés. Ils ont utilisé une grande quantité de pesticides pour éliminer l’épidémie. Ce n’est que par après que ces pays ont décidé de mettre fin à l’utilisation abusive des ces produits par souci de l’environnement. Par contre, ces maladies et plusieurs autres continuaient de faire rage dans les pays tropicaux et en voie de développement tuant des millions de personnes à chaque année. Le débat s’inscrit donc comme suit (car même à l’instant présent l’affaire n’est pas réglée) : D’une part la plupart des organismes environnementaux prônent le fait que l’utilisation de ces composés déstabilisent les écosystèmes tout en intoxicant l’être humain. D’autre part, les pays à la merci des insectes vecteurs de maladies se défendent en disant que ces pesticides nuiront à une poignée de personnes comparativement à la maladie qui ne fait qu’augmenter le nombre de victimes à chaque année. Plusieurs études qui ont été effectuées à ce sujet parviennent souvent à de divergentes conclusions. Une utilisation gourmande de pesticides peut amener les insectes vecteurs à développer une résistance à ceux-ci ce qui ne règle ni le problème humain, ni le problème environnemental. L’un des cas les plus disputés encore aujourd’hui est celui du DDT.

En ce qui concerne les exportations, il est bien évident que les producteurs de ces pesticides qui se sont retrouvés du jour au lendemain avec une quantité industrielle de produits qui ne peuvent être utilisés ont dû trouver des solutions alternatives. Plusieurs d’entre eux se sont tournés vers l’exportation. Par contre, plusieurs pays qui avaient bannis ces pesticides avaient aussi interdit toute forme de commerce. Malheureusement, cela n’empêche pas l’exportation car ce pseudo marché noir du pesticide ne s’inscrit pas dans aucun registre public. Le contrôle des contenants n’est pas à l’affût de tous les produits nocifs qui ne sont pas clairement identifiés. De plus, il est facile de voir où se retrouvent ces exports : dans les pays où la demande est forte, c’est-à-dire les pays tropicaux et du tiers monde. Encore une fois, la polémique et l’oppression humaine sont à l’honneur.

Le mode d’action de ces molécules réside essentiellement dans la substitution de molécules naturelles. En effet, la plupart des pesticides qui se retrouvent dans l’organisme vont non seulement s’accumuler dans les tissus lipidiques mais aussi prendre la place de certaines molécules qui sont essentielles au bon fonctionnement de l’organisme. L’un des systèmes qui semble le plus affecté par ces substitutions est le système endocrinien. Celui-ci, joue un grand rôle dans le développement et dans la régulation du corps humain. Ainsi, plus le sujet est jeune, plus son risque d’être affecté par les pesticides est grand. Le groupe le plus sensible se situe donc dans les 0 à 6 ans.

Au niveau de l’environnement, les pesticides perturbent les écosystèmes de plusieurs façons. En ce qui concerne la flore, il peut s’agir d’une destruction totale ou d’une inhibition de la croissance. D’autre part la faune subit des altérations similaires aux êtres humains, c’est-à-dire surtout au niveau du développement. Les oiseaux semblent être les premiers affectés. Pouvant tout simplement causer la mort par intoxication de certaines espèces aviaires, les pesticides ont aussi pour effet d’amincir la coquille de leurs œufs.

L’étude des pesticides peut parfois comporter certaines contraintes ou soulever certaines particularités qui peuvent compliquer l'analyse de ces composés.

Une de ces études consiste à analyser la teneur en pesticide dans le lait maternel. L’importance de celle-ci réside dans la répercussion de ce lait chez un nouveau-né étant donné que, comme mentionné dans la précédente section, les pesticides sont néfastes pour le développement. Par contre, le lait maternel est une matrice différente des tissus lipidiques ce qui implique une bioaccumulation qui n’est pas de même nature. Ensuite, il est difficile de valider les méthodes utilisées car l’obtention d’un échantillon certifié n’est pas vraiment envisageable. Il est en effet peu probable qu’une femme qui allaite accepte volontairement d’être exposé à des pesticides afin de connaître combien se retrouveront dans leur lait maternel. De plus, les études effectuées jusqu’à maintenant ne porte que sur de petites populations.

Un autre aspect qui peut générer des complications au niveau de l’analyse est le comportement différent des molécules semblables. Il peut être aisé d’extrapoler que si un pesticide X se comporte d’une manière précise dans l’environnement, une molécule semblable pourrait elle aussi se comporter de la même manière mais il n’en est rien. Un des exemples les plus concrets de cela est l’isomérie du HCH. En effet, cette molécule, composée d’un cyclohexane et de 6 chlores possède différents isomères qui ne se déplace pas de la même manière dans l’environnement et qui ne présente pas le même niveau de toxicité. L’isomère alpha suit la propagation selon l’effet sauterelle dans l’atmosphère tandis que l’isomère bêta, quoi que peu soluble dans l’eau, suit les voies maritimes pour se propager. De plus L'alpha présente une toxicité nettement supérieure au bêta. Il faut donc que chaque forme possible des molécules soit possiblement étudiée indépendamment l’une de l’autre. De plus, il faut faire bien attention de séparer ces isomères lors de l’analyse pour obtenir ce qui se trouve réellement dans l’échantillon ainsi que les risques encourus.

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Chlordécone

structure et représentation du chlordécone

Le chlordécone (ou Képone) est un produit phytosanitaire, pesticide organochloré de la famille du DDT.

C'est un polluant organique persistant (pop). Non biodégradable, sa DT50 est évaluée, suivant les conditions, de 3,8 à plus de 46 ans dans les sols.

De fortes suspicions de toxicité, alliées à cette persistance, l'on fait interdire dans de nombreux pays (dès 1976 aux États-Unis). Les conséquences de son utilisation inconsidérée aux Antilles françaises dans les années 1980 ont fait la une des médias français en septembre 2007.

L'AFSSA rapporte que des ouvriers exposés de manière chronique à ce produit (dont par contact) dans une usine en produisant aux États-Unis, ont été victimes de problèmes neurologiques (irritabilité, tremblements, troubles de la vision, céphalées). Des effets toxiques sur le foie ont été observés, ainsi qu'une action de délétion de la spermatogenèse. Une néphrotoxicité (atteinte rénale) et une délétion de la spermatogenèse ont été observées en laboratoires chez l'animal. Le chlordécone s'est par ailleurs révélé cancérogène chez l’animal (tumeurs du foie). C'est ce qui a motivé le Centre international de recherche contre le cancer à classer le chlordécone comme « cancérogène possible » pour l’homme.

Des études indiquent que le chlordécone amplifie gravement (67 fois) les effets toxiques (hépatiques) des composées comme le tétrachlorure de carbone, le chloroforme et le dichlorométhane.

Interdit dès 1976 aux États-Unis, le chlordécone n'a été interdit qu'en 1990 pour la France métropolitaine. Il a été utilisé comme insecticide, notamment contre le charançon du bananier dans les Antilles françaises en Guadeloupe et Martinique) où il n'a été interdit qu'en 1993. Des sols de cultures bananières, contaminés avant d'avoir été rendu à la culture vivrière, sont à l'origine de pollutions graves de nappe, d'aliments animaux et végétaux.

Il s'agit surtout de pollutions concernant l'eau et les sols qui ont secondairement contaminés certains aliments (légumes, poissons). En effet le chlordécone est très stable à l'abri de l'air et de la lumière mais, heureusement, se décompose très rapidement dans les aérosols.

Depuis 1973, dans les Antilles françaises, son utilisation était destinée à protéger les bananeraies d'un charançon. Son autorisation à la vente avait été retirée en 1990 par le gouvernement français, mais une dérogation en permettra l'usage jusqu'en 1993, suite à la demande pressante des producteurs de banane, relayée par le député de la Martinique, Guy Lordinot. Son usage se poursuivra en réalité jusqu'aux années 2005-2007.

Son utilisation a pollué l'ensemble de l'écosystème antillais et se retrouve à des concentrations supérieures à 100 fois la norme, notamment dans les eaux et les sols. Traité localement depuis 2001,, ce scandale est resté sans écho en France métropolitaine jusqu'à la création de la commission qui a abouti au rapport parlementaire de 2005 suite à l'action du député de la Martinique, Philippe Edmond-Mariette à l'Assemblée nationale française.

Selon le BRGM du fait des 1 250 tonnes de chlordécone épandues avant que l'usage ne soit définitivement interdit (1993) la pollution ne devrait disparaître que dans 7 000 ans.

Des analyses faites chez des hommes et des femmes enceintes par l'étude HIBISCUS de l’INSERM et une étude sur la fertilité masculine en Guadeloupe, montrent des taux moindres que ceux mesurés chez les ouvriers américains cités ci-dessus, mais on manque de données sur les effets d'une exposition chronique à de faibles doses, ce qui entretient un doute sur le risque encouru par les habitants des zones polluées, cette molécule très rémanente étant encore trouvée dans l'eau et l'alimentation, surtout dans les légumes-racines (patate douce, chou caraïbe (malanga), dachine (madère), igname, carotte, etc…, et à plus faible concentration dans les fruits/légumes poussant près du sol (cucurbitacées tels que concombre, melon, pastèque, giraumon, etc…).

Une bioconcentration dans la viande et le poisson, via la chaîne alimentaire est plausible (c'est un phénomène connu et courant pour d'autres pesticides rémanents, organochlorés notamment), mais non documentée pour le chlordécone aux Antilles.

Une centaine d’échantillons de lait maternel a fait l'objet d'analyses : 40% des échantillons (analysés selon les standards OMS d'évaluation de l’exposition du nourrisson aux polluants organiques via l'allaitement) contenaient du chlordécone, mais à des taux inférieurs selon l'AFSSA, à la limite tolérable d'exposition pour le nourrisson.

En Guadeloupe, une étude « cas – témoin », est conduite par l’INSERM (Étude « Karuprostate ») visant à rechercher les causes des cancer de la prostate (dont le chlordécone le cas échéant) dans la population antillaise.

L’AFSSA mènera en Guadeloupe à l'automne 2007 une étude sur l'exposition au chlordécone des nourrissons et jeunes enfants par l'alimentation, pour éclairer les études de cohorte TIMOUN (INSERM).

En 2005 et 2007, des enquêtes dites « RESO » ont été faite en Martinique et Guadeloupe, par la Cire Antilles-Guyane, l’AFSSA et la Direction de la Santé et du Développement Social de Guadeloupe, dosant notamment les taux de chlordécone dans 1600 échantillons d’aliments commercialisés dans les Antilles françaises, afin de mieux évaluer l'exposition moyenne des consommateurs.

L'AFSSA estime, en septembre 2007, qu'il faut considérer comme à risque le madère, la patate douce, l’igname, la carotte, le chou caraïbe (malanga),les produits de la mer, la banane (tinain et fruit), le concombre et les fruits type « corossol ».

Melon, tomate et viande blanche de poulet, précédemment cités comme étant des contributeurs importants, ne le seraient pas, selon les analyses disponibles à cette date.

Les arrêtés d’interdiction de la pêche sont à respecter en Martinique et en Guadeloupe, rappelle l'AFSSA, de même qu'il faut en zone contaminée éviter de consommer les légumes racines du jardin plus de 2 fois par semaine.

Une difficulté est que d'autres pesticides -encore mal suivis et mesurés- ont été très utilisés sur les cultures intensives aux Antilles françaises, dont certains pourraient agir en synergie avec le chlordécone. Ce dernier produit ne doit donc pas être « l'arbre qui cache la forêt » rappelait le Dr Belpomme dans son rapport de mi-septembre 2007, car ce sont, ajoutait-il, plus de cent pesticides différents qui auraient été déversés durant les dix dernières années, en Guadeloupe notamment. De plus le climat chaud et humide pourrait favoriser des transferts et des bioconcentrations différentes de ce qui a été plus ou moins étudié en Métropole et dans les pays riches.

En zone à risque, un traitement de précaution des eaux (non traitées) destinées à la boisson et la cuisson des aliments, par filtration sur charbon actif régulièrement renouvelé, peut diminuer la toxicité dans une faible mesure .

Le lavage et l'épluchage des légumes y contribue aussi, mais pas complètement, loin s'en faut.

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Source : Wikipedia