Pêche

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Posté par talos 30/03/2009 @ 14:10

Tags : pêche, loisirs

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Pêche (halieutique)

Matériel traditionnel européen et produit de la pêche en eau douce, peints par Johannes Fabritius

La pêche est l'activité consistant à capturer des animaux aquatiques (poissons, mais aussi crustacés, céphalopodes...) dans leur milieu naturel (océans, mers, cours d'eau, étangs, lacs, mares). Elle est pratiquée par les pêcheurs, comme loisir ou profession. Les techniques et engins de pêche sont nombreux, dépendant de l'espèce recherchée, du milieu, des bateaux. La pêche est plus ou moins encadrés par une réglementation qui tend à se renforcer pour protéger la ressource de l'épuisement.

La FAO estimait en 2005, qu'environ 38 millions de pêcheurs et d'aquaculteurs fournissaient dans le monde des emplois directs et indirects à environ 200 millions de personnes. Chaque humain consommait en moyenne 14,4 kg/an de poissons sauvages issus de la pêche, ainsi que 7,4 kg issus de pisciculture.

Vocabulaire : Dans le cas des cétacés (baleine, cachalot, ou dauphin encore consommé au Japon, on parlera plutôt de « chasse » ; on parle aussi de chasse sous-marine pour le tir au harpon de poissons ou la collecte de crustacés).

Le qualificatif halieutique désigne la connaissance de la biologie et de l'exploitation des ressources de la pêche.

La pêche, sans doute aussi vieille que l'humanité a toujours été et reste une source vitale de protéines animales pour l'homme et une ressource économique pour de nombreux pays côtiers. La croissance des volumes pêchés se heurte aujourd'hui à l'épuisement des ressources naturelles. Après un report vers les espèces de grands fonds, c'est la pisciculture marine ou d'eau douce qui devra sans doute dans le futur répondre à la croissance de la demande qui accompagne l'évolution démographique et l'augmentation du niveau de vie.

La pêche de loisir est réglementée, nécessitant dans la plupart des pays un permis et/ou une carte-pêche. La pêche de loisirs en mer l'est encore peu, notamment dans les eaux internationales. La pêche professionnelle est de plus en plus réglementée pour protéger efficacement les ressources.

On les distingue généralement sur un critère de salinité de l'eau, distinction qui entraîne notamment une réglementation différente. En France, on parle de la « limite de salure des eaux » qui conditionne le régime juridique entre ces deux type de pêche. Cette limite, purement administrative, découle du décret du 9 janvier 1852 sur l'exercice de la pêche et pose de grands problèmes en pratique, car bien des animaux ont la capacité de la franchir dans les deux sens.

La pêche artisanale n'est pas forcément côtière. Un artisan est un armateur qui possède au maximum deux navires d'une longueur maximale de 24 mètres. Ce genre de navires, bien qu'artisans, font de la pêche hauturière.

La pêche hauturière est effectuée par des navires de 18 à 50 mètres. Elle est artisanale ou industrielle (Le critère étant de passer plus de 96 heures en mer d'affilée).

La pêche professionnelle en mer demande un équipement et un navire adaptés à l'espèce cible et à la haute mer. On distingue la pêche aux traînants, comme les dragues, les chaluts, la senne danoise, de la pêche aux dormants, comme les filets dérivants ou les casiers ainsi que d'autres spécialités comme la senne coulissante (ou bolinche) qui est un filet que l'on tourne autour du banc de poissons. La plupart du temps, un navire est adapté pour pêcher différents types de poissons afin d'assurer un cycle saisonnier et de suivre les différentes réglementations de pêche. Les technologies modernes permettent de faciliter les captures et d'améliorer le rendement des pêches (contrôle électronique du train de pêche, sondeurs multifaisceaux, sonars, radars, bouées de localisation par satellite ou simplement la réception de données par télécommunications par satellite en général). Ces technologies laissent de moins en moins de chance à la proie et contribuent à la surpêche.

La pêche électrique, réservée en Europe aux seules autorités halieutiques compétentes, consiste à faire passer un courant de faible intensité dans le cours d'une rivière à l'aide d'une perche conductrice terminée par un anneau alimentée par une batterie. Le poisson, légèrement choqué vient alors flotter à la surface d'où il peut facilement être récupéré grâce à une épuisette. Cette technique de pêche n'est utilisée que pour réaliser des études sur les ressources halieutiques : comptage, mesures, pesée et éventuellement baguage. C'est donc une méthode à seul but scientifique et les poissons, après avoir retrouvé leurs « esprits » et avoir été ré-oxygénés sont relâchés dans leur milieu naturel.

La pêche à la palangrotte se pratique au mouillage. La palangrotte est composée d'une ligne mère et de quatre ou cinq hameçons placés au bout de brassoles espacés entre eux d'environ un mètre. Les appâts sont descendus sur le fond à l'aide d'un lest, dès que le plomb placé en bout de palangrotte touche le fond on le remonte un peu pour tendre la ligne. Cette pêche se pratique à la main ou avec une canne courte. On peut, sur un même bateau, pêcher avec plusieurs palangrottes.

En Méditerranée les poissons recherchés sont les girelles, les sarrans, les rascasses, les vieilles. C'est le mode de pêche préférentiel de la bouillabaisse.

Sur le bas de ligne sont placées à intervalle régulier plusieurs potences armées d'hameçon de taille 8 à 12.

Les appâts pour la palangrotte : Principalement des vers de mer (néréide, mourron, ver américain), des morceaux de poisson et des tronçons d'encornet.

Type de pêche pratiquée par exemple en Chine sur le lac Eir dans le Yunnan ou sur la rivière Li. Le cou du cormoran est ligaturé afin que celui-ci régurgite le poisson attrapé au pêcheur.

Une technique de pêche relativement marginale au niveau professionnel, mais néanmoins historique, est à noter : il s'agit de celle que pratiquent les Amas, ces femmes japonaises pêchant des coquillages en apnée. Cette technique est également utilisée dans les lagunes languedociennes et sur le littoral notamment pour le biju (ou violet), la chasse et la pêche sous-marine étant strictement interdites aux plongeurs avec bouteilles. Si cette tradition tend à disparaître, le fait de plonger pour se nourrir ou faire du commerce a certainement été le premier type de pêche. On trouve des traces de cette activité datant de la préhistoire en Méditerranée, en Corée et en Terre de feu. Aujourd'hui, il s'agit majoritairement d'un loisir ou d'un sport. Voir l'article Chasse sous-marine.

La règlementation varie selon les pays et les pêcheries, et selon le fait que le navire pêche dans des eaux territoriales ou internationales.

845 règlements et décisions communautaires concernent directement ou indirectement la pêche professionnelle maritime.

La politique commune de la pêche est entrée en vigueur en 1983.

Le 12 juillet 2005, la Cour de justice européenne a condamné, à la demande de la Commission européenne, la France à une amende pour violation de la législation communautaire concernant la protection des stocks de poissons risquant de disparaître. La France doit régler une somme forfaitaire de 20 millions d'euros pour avoir failli « de façon grave et persistante à ses obligations communautaires en matière de pêche ». Elle doit aussi payer 57,8 millions d'euros supplémentaires pour chaque période de violation de six mois en plus.

Tous les pays disposent d'une réglementation particulière.

La réglementation de la pêche, en France, relève du ministère de l'Environnement et du Ministère de l'agriculture et de la pêche.

Au niveau français, les pêcheurs maritimes professionnels disposent conformément à la loi du 2 mai 1991 d'une organisation représentative chargée entre autre d'informer les pêcheurs en matière de réglementation.

En France, les pêcheurs professionnels se sont toujours auto-imposés une réglementation adaptée aux spécificités de chaque zone, notamment via des GPB (guides de bonnes pratiques) ainsi qu'au travers d'organisations issues de la loi du 2 mai 1991 qui sont les Comités régionaux et locaux des pêches maritimes et des élevages marins (CRPMEM et CLPMEM)et en Méditerranée via des prud'homies de pêcheurs.

Ils prennent des formes différentes selon les pays mais visent généralement à la fois à limiter le braconnage et la surpêche. Les contrôleurs veillent à la conformité des lieux et saisons de pêche, des taille des prises, du lieu, profondeur, et durée d'immersion de l'engin de pêche et du nombre et type d'engin (t^ype de filet et de maillage et des dispositifs auxilliaires, nombre de lignes et d'hameçons, etc.). Ils vérifient quand ils le peuvent le respect des TACs, du rejets des prises accessoires et des captures de poisson sous-dimensionné, du journal de bord et du le registre de production, etc. avec signalement d'indice d'infraction apparente) et à éviter la concurrence déloyale ainsi qu'à améliorer la sécurité des pêcheurs. Dans certains cas, des observateurs à bord peuvent être présent (USA, Canada, Europe..) pour veiller au respect de la loi du pays, de normes internationales et/ou du pays étrangers dans les eaux duquel la pêche est pratiquée, avec généralement un rôle complémentaire d'acquisition de données scientifiques (prélèvements, analyses de taille, parasitoses, etc). Ils se font in situ, à partir des déclarations faites par les pêcheurs et en France sous le contrple des affaires maritimes et des préfets maritimes. L'imagerie et les outils satellitaires commencent à être utilisés. Par exemple, en France, le CROSS (Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage) d'Étel est chargé de surveiller les pêches françaises du monde entier par satellite. En 2008, environ 1000 navires français de plus de 15 m sont ainsi suivis (position, cap, vitesse) via Immarsat ou Argos. En zone à risque de piratage, les données sont aussi communiquées à la marine de guerre qui peut assurer la sécurité des pêcheurs. Cette approche devrait se développer dans le cadre du projet Kopernikus. La France a été condamné le 12 juillet 2005 à payer 20 millions € par la cour européenne de justice pour manquement grave aux dispositions de la PCP (Politique commune des pêches), avec astreinte semestrielle de 57 millions.

La production de poisson est en constante augmentation depuis les années 1950. Selon la FAO, en 2000 la pêche 142,5 millions de tonnes de poissons ont été pêchés, dont 96,7 destinées à l'alimentation humaine, soit 16,2 kg par habitant. En 2004, la production a encore augmenté avec 155,8 millions de tonnes.

Sur ce total de 130,4 millions de tonnes, 94,8 sont pêchées (pêche continentale ou marine) et 35,6 (soit 27 %) viennent de l'aquaculture. L'exploitation des poissons des grands fonds s'est sensiblement accrue mais le total des captures est en régression, comme la ressource.

La Chine est le premier producteur mondial avec 16,6 mio de tonnes en 2002, suivie par le Pérou (8,8 mio), les États-Unis, le l'Indonésie, le Japon et le Chili (4 à 5 mio). Les dix principaux pays producteurs se partagent 60% des prises. L'océan Pacifique fournit 60% des ressources, l'Atlantique 27% et l'océan Indien 10%. Les poissons pêchés proviennent à 90% du plateau continental.

En France, selon les chiffres de l'Ofimer (2004), le secteur de la pêche emploie 21  000 marins pour 6  000 navires. 40 criées réparties le long du littoral gèrent les produits pêchés, d'une valeur globale de 1,12 milliards d'euros. Ceux-ci sont distribués par 380 entreprises de mareyage et 290 entreprises de transformation.

Cependant, les poissons (d'eau douce et/ou marins) vendus doivent respecter des critères stricts tant sur le plan sanitaire que médicamenteux . Ces législations semblent mieux respectées en eau de mer qu'en eau douce. L'accompagnement des filières, quand il existe, ne semble pas avoir été suffisant pour leur permettre de respecter l'évolution législative en France et dans d'autres pays.

En 2004, la flotte de pêche mondiale comportait environ 4 millions d'unités, dont 1,3 mio d'embarcations pontées et 2,7 mio non-pontées. Parmi ces dernières, un tiers étaient mécanisées (moteur hors-bord le plus souvent), le reste étant des bateaux traditionnels à voile ou à rame. Parmi les bateaux pontés, 86% opèrent en Asie, 7,8% en Europe, 3,8% en Amérique du Nord et Amérique Centrale, 1,3% en Afrique, 0,6% en Amérique du Sud et 0,4% en Océanie. Depuis la forte expansion des années 1970 à 1980, la flotte tend à se stabiliser, surtout dans les pays développés.

Les premiers symptômes de surexploitation des ressources halieutiques apparaissent au XIXème siècle avec la régression de certains cétacés (Baleines, cachalots) et poissons (saumons en particulier) puis avec la quasi disparition des baleines victimes de la surpêche des navires baleiniers. Dans les années 1970, la morue des Grands Bancs de Terre-Neuve, pêchée à une échelle presque industrielle depuis plus de 200 ans et qui semblait une ressource inépuisable, disparaît à son tour. Depuis les années 1950, l'envolée démographique et économique du XXème siècle a entrainé une croissance des pêcheries qui butte désormais dans de nombreuses régions sur la disparition du poisson. Le nombre de bateaux et de pêcheurs a diminué dans nombre de pays, mais ils sont bien plus efficaces et mieux équipés, ce qui a aggravé la pression sur les stocks halieutiques. Les flottes de pêche industrielle se sont alors tournées (années 1980-1990) vers des poissons moins connus ou moins appréciés du public, quitte à les transformer avant leur mise sur le marché (surimi). Elles exploitent des espèces de grands fonds et explorent les mers les plus éloignées des ports (archipel des Kerguelen, etc.) mais ces ressources lentement renouvelables sont elles-mêmes déjà menacées de surexploitation. Des expériences de pêche plus sélective et diminuant les prises accessoires ou accidentelles de cétacés (par les pingers notamment) sont tentée pour une « pêche durable ».

Dans les années 1970 à 2000, sous l'égide de l'ONU et de la FAO, de nombreux pays développés ont renforcé leur réglementation pour limiter les volumes pêchés (politique de quotas ou TACs), et encouragé une pêche plus sélective, en s'appuyant sur une approche écosystémique, et des analyses scientifiques de l'état des stocks halieutiques et de leur renouvelabilité. Les poissons de grands fonds font partie de ceux qui régressent le plus vite. Le 28 octobre 2008 et pour 2 ans, le Conseil de l'Europe a décidé de réduire ses quotas de pêche ou TAC (Total autorisé de capture) pour les grands fonds. Les TAC pour le requins des profondeurs ont été réduites de 50 % et seront nulles en 2010. La pêche du poisson empereur pourrait être interdite en 2010 aussi et les quotas devraient pour le grenadier être réduit de 15 % en 2009 et de 5 % en 2010. Sur certaines zones un observateur devra être à bord lors de la pêche à la lingue bleue qui fera aussi l'objet d'une réduction de quotas.

Des écosociolabels tels que le MSC (Marine Stewardship Council) ont été créés pour y contribuer.

Pour Greenpeace, l'état du stock de thon rouge en méditerranée est un constat d'échec des dispositifs de gouvernance de la ressource par les Organisations Régionales des Pêcheries (ORP).

Quelques espèces en forte régression suite à la surpêche font l'objet de plans de restauration (incluant éventuellement des réintroductions) visant à restaurer une population viable par la mise en oeuvre d'actions coordonnées sur tout ou partie de leur aire de répartition (Exemples : Esturgeon européen, Cabillaud ou Anguille d'Europe par exemple).

Un rapport du Sénat intitulé « Marée amère ; Pour une gestion durable de la pêche» réalertait fin 2008 sur la menace que la surpêche fait peser sur l'alimentation mondiale. Selon ce rapport, la pêche a « très certainement » déjà atteint sur presque toute la planète les limites de l’exploitation halieutique alors que la capacité de pêche augmente d'environ 4 % par an. Son influence dépasse dans presque toutes les mers les facteurs naturels alors qu'il n’y « a plus de stock pouvant soutenir une nouvelle croissance des captures » et que l'aquaculture telle qu'elle existe « accroît la pression sur les espèces sauvages et contribue à la destruction des milieux naturels ».

Ce rapport propose de 1°) renouer le dialogue entre pêcheurs, scientifiques et décideurs ; pour « construire les outils de la décision politique », sur la base d'une approche écosystémique et d'aires marines protégées ; en donnant aux pêcheurs les moyens d'être acteurs et gestionnaires d’une pêche responsable et durable, ce qui implique d'accepter et respecter les quotas proposés par les scientifiques et lutter contre les fraudes. Les pouvoirs publics doivent exercent leurs prérogatives de contrôle et mieux informer les citoyens pour les rendre responsables, qu'ils puissent choisir des poissons impactant moins la ressource, de taille légale, écolabellisés MSC ou équivalent, en favorisant les initiatives de pêche durable mises en place par avec les pêcheurs, sans oublier de réduire l'impact de la pêche récréative « qui ne doit plus être mésestimé ».

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Politique commune de la pêche

La politique commune de la pêche (PCP) est une politique de l'Union européenne née en 1983 d'une adaptation de la politique agricole commune au secteur halieutique : elle concerne 20 des 25 États membres de l'Union (les 5 restant étant enclavés).

Cette politique a connu de nombreux changements de fond depuis la fin du XXe siècle afin de pouvoir s'adapter à l'arrivée de pays membres et surtout, depuis les années 2000, pour combler les effets néfastes générés dans ses premières années d'existence.

La plupart des États membres des Communautés européennes puis de l'Union ont une industrie et des traditions en rapport avec la mer: si en tant qu'activité économique elle ne contribue qu'à moins de 1% du Produit national brut de l'Union, elle emploie tout de même près de 400 000 pêcheurs et aquaculteurs, un nombre important d'emplois se trouvant de plus par ailleurs dans les activités en aval de l'industrie agroalimentaire. De fait, si aucune région de l'UE ne voit plus de 10% de ses actifs travailler dans le secteur, ces zones présentent souvent bien peu d'autres opportunités économiques : la PCP est également vue comme un moyen de promouvoir le développement local.

Le marché du poisson a grandement évolué ces dernières années, la part du poisson frais diminuant au profit des produits transformés, et les supermarchés et autres grossistes s'imposant comme les intermédiaires principaux entre producteurs et consommateurs. Près de 60% du poisson consommé dans l'Union est importé, et si l'écart entre offre et demande varie selon les années, le déficit moyen de l'Union pour les produits fins peut être estimé à 3 milliards d'euros par an.

L'objectif initial de la PCP était de donner l'avantage au consommateur, c’est-à-dire en lui permettant de s'approvisionner à bas prix. La protection face à la concurrence internationale étant faible, et les pêcheurs furent encouragés à augmenter leurs rendements en se modernisant : cela s'est traduit par un augmentation de la surpêche : la plupart des stocks sont aujourd'hui gravement atteints. Sous la pression des États membres (souvent menés par la France, et plus souvent encore soumis aux pressions de leurs propres marins-pêcheurs), la politique commune s'est donc pendant longtemps réduite à une absence de politique commune, hormis pour l'égalité d'accès des pêcheurs européens aux zones de pêche.

C'est notamment la question de la gestion (et du partage) de leurs ressources halieutiques qui a poussé les habitants du Groenland à voter, lors du référendum du 23 février 1982, leur sortie de la Communauté européenne. Le projet de Constitution place la politique commune de la pêche dans le domaines compétence exclusive de l'Union, mettant de fait la gestion des stocks hors de portée des gouvernements nationaux, le poisson étant considéré comme une ressource commune. L'essentiel des décisions continuerait cependant d'être prises au niveau du Conseil des ministres de l'Union européenne.

L’Union européenne est en 2006 le plus grand marché mondial des produits de la pêche et la troisième puissance mondiale du secteur (environ 6 millions de tonnes de captures par an). Elle compte près de 260 000 pêcheurs, et sa flotte approche les 97 000 navires. Pour l'exercice 2000-2006, le budget de la PCP représente 0,84% des ressources de l'Union, soit environ 900 millions d'euros par an.

L’intervention de l’Union dans le secteur de la pêche s’appuie sur les articles 32 à 39 du traité de Rome, définissant les modalités d’organisation de la politique agricole commune et qui englobe explicitement la pêche. Il a toutefois fallu vingt-six ans (1983) pour voir la politique commune de la pêche devenir une politique européenne commune à part entière.

Les premiers règlements sur la pêche datent de 1970 et portaient sur trois matières : le droit d’opérer dans les eaux d’un autre État membre, l’organisation commune des marchés (mise en place d'un tarif extérieur commun et de normes communes pour la commercialisation), et l’accès aux aides financières accordées par la Communauté pour la modernisation du secteur.

L’adhésion du Danemark, de l’Irlande et du Royaume-Uni en janvier 1973, pays à forte activité halieutique, modifia profondément l’économie de ces règlements: les captures des trois nouveaux États membres représentaient plus du double de celles des six fondateurs. Elle eut pour principale conséquence conduire à la suspension pour dix ans de la liberté d’accès aux eaux côtières d’un autre État membre et la réservation de bandes côtières (moins de 12 milles marins) aux pêcheurs locaux. Le grand principe de la liberté de circulation sans discrimination fut donc écarté pour un temps afin de mieux protéger les intérêts économiques et sociaux des populations côtières.

Ce n'est qu'en 1983 qu'apparaît le règlement européen 170/83 qui établit le concept de stabilité relative des stocks et prévoit des mesures conservatoires de gestion basées sur les totaux admissibles de captures (TAC) et des quotas de pêche. Voyant cela comme un empiètement sur leur souveraineté, les États membres étaient peu enclin au partage de compétences avec l'Union - les négociations furent donc particulièrement longues.

La principale caractéristique de cette nouvelle approche était l’instauration de mesures d’harmonisation sous la forme de programmes d’orientation pluriannuels pour la restructuration de la flotte de pêche. Suivant de plus le mouvement international, les États membres furent autorisés à porter leurs zones de pêche à 200 milles marins.

L’adhésion de l’Espagne et du Portugal en 1986 a quasiment doublé le nombre de pêcheurs des Communautés (l’Espagne comptant à elle seule près de 100 000 pêcheurs), augmenté de 75 % leur capacité de pêche, de 65 % le tonnage de leur flotte, et de 45 % la production et consommation de poissons: pour absorber le choc relatif de ces nouvelles adhésions, des mesures transitoires de 10 ans (venant à échéance le 31 décembre 1995) furent instaurées.

Le règlement de 1983 prévoyait un réexamen de la PCP pour 1992. Le règlement 3760/92 du 20 décembre de cette année le remplaça et, comme le précédent était prévu pour une durée de dix ans. Ce nouveau texte, tout en conservant les grands axes de la politique menée jusqu'alors, marqua le début de la réorientation de la politique européenne vers une meilleure adéquation entre sa flotte et la gestion des stocks: les mesures préconisées portaient sur la réduction de la flotte communautaire, accompagnées de mesures structurelles pour en atténuer les conséquences sociales; l'accès aux ressources était d'autre part réglementé par l'introduction progressive de nouvelles licences pour les pêcheurs en vue de réduire la surcapacité.

En parallèle, la Commission a durci son attitude vis-à-vis des États qui n'appliqueraient pas les règles communes, suivie en cela par la Cour de justice des Communautés européennes, qui dans son arrêt Merluchon a fixé une amende et une astreinte records à la France pour son manquement répété aux règles communautaires.

La PCP fixe les volumes (quotas) de prises disponibles pour chaque espèce et secteur de pêche et qui seront alloués aux États membres: les prises totales disponibles sont fixées chaque année au Conseil des ministres de l'Union, sur la base des recommandations de la Commission (elle même sur recommandation de son propre comité d'experts), des remarques des pays tiers non-membres, ainsi que de celles du Conseil International pour l'Exploration de la Mer. La répartition des quotas a l'intérieur des États membres est du seul ressort de ces derniers.

Chaque navire se voit attribuer un quota précis de pêche, les prises devant être enregistrées. La PCP réglemente le type de matériels utilisables, et ferme occasionnellement l'accès à certaines zones afin de permettre aux populations de se renouveler. Les poissons trop petits pour être vendus étaient auparavant rejetés à l'eau, morts: la réglementation européenne a changé cet état de fait en modifiant la taille du maillage, permettant ainsi aux jeunes d'échapper à la capture (différents poissons ayant différentes tailles, il en résulte que les filets doivent être changés en fonction du poisson visé).

Dès 1977, des fonds ont été alloués pour la modernisation et la diversification des activités de transformation à terre, mesure de soutien assurant ainsi de nouveaux débouchés aux pêcheurs et permettant l'éventuelle reconversion des conserveries vers d'autres métiers. Parallèlement, des campagnes publicitaires pour encourager la consommation de poissons qui ne sont pas en situation de surpêche sont financées.

Chaque pays se voit aussi attribuer un objectif pour la taille de sa flotte: les fonds permettent à la fois de moderniser bateaux et installations, mais aussi de racheter ceux-ci pour diminuer le nombre de navire en activité.

Il existe plus de 160 organisations de producteurs à travers l'Union, regroupant pêcheurs ou aquaculteurs et les aidant à vendre leurs produits: elles peuvent également faire baisser les volumes offerts en cas de chute des cours, et reçoivent et redistribuent les compensations correspondantes, avec un système diminuant le volume des compensations si le volume de poisson mis sur le marché continue d'augmenter. Les stocks constitués peuvent être réintroduits à la vente un peu plus tard, ou transformés en farines animales. Dans le cas du thon, les surplus ne sont pas rachetés, mais les pêcheurs sont directement compensés pour leur perte de revenus.

D'importantes zones de pêche furent perdues en dehors de l'Union lors de l'extension des limites internationales en 1976. Les Communautés puis l'Union ont depuis régulièrement négocié des accords d'exploitation avec les pays propriétaire des eaux convoitée. Ces accords peuvent se traduire par le paiement de licences ou l'octroi de facilités pour accéder au marché européen et se traduisent parfois sur place (surtout en Afrique) par une mise en concurrence directe avec les pêcheurs locaux.

Jusqu'à 2006, les Communautés ainsi que les États riverains étaient membres de la Commission internationale de la pêche en mer Baltique. Celle étant depuis l'élargissement de 2004 essentiellement un "lac européen", la Commission a cessé d'exister au début de l'année 2006, les questions étant directement réglées entre l'Union et la Russie.

La pêche en Méditerranée est pour l'essentiel confinée à une bande de 12 nautiques dans les eaux territoriales, mais l'UE appartient à la Commission générale des pêches pour la Méditerranée (CGPM) ainsi qu'à la Commission internationale pour la conservation du thon atlantique (qui fait également des recommandations pour le thon de Méditerranée). Certaines méthodes de pêches y furent bannies à partir de 1984, et des quotas de pêche au thon furent introduits dès 1997.

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Pêche en Éthiopie

Le lac Zengena, dans la région Oromia

La pêche est une activité économique de faible importance en Éthiopie. En effet, si le pays à de nombreux lacs et cours d'eau, il n'a plus aucune frontière maritime depuis que l'Erythrée a obtenu son indépendance en 1993, privant ainsi l'Ethiopie d'un accès à la Mer Rouge.

La superficie des zones aquatiques est d'environ 7 500 km² auquel il faut ajouter 7 185 km de rivières sillonnant le pays. Avant 1995, les produits de la pêche provenait au 2/3 de la Mer Rouge, le tiers restant étant issus des lacs et rivières. Bien que désormais privé de façade maritime, l'Éthiopie a un potentiel de pêche d'environ 50 000 tonnes par an. Toutefois, l'exploitation de la pêche est très en dessous. Ainsi entre 1994 et 2001, l'Éthiopie a produit entre 7 700 et 16 000 tonnes, avec une augmentation moyenne de 10% par an. La pêche représente aujourd'hui une très faible part du PIB.

La pêche est principalement artisanale. L'Éthiopie a environ 15 000 pêcheurs, dont 5 000 seulement en font une activité à plein temps, et 2 342 bateaux de pêche dont 15% sont motorisés, le reste étant des petits canots et des barques.

L'Ethiopie possède un potentiel en matière d'aquaculture qui est peu mis en oeuvre en pratique, bien que le pays possède des conditions physiques et socio-économiques favorables. Une aquaculture intensive a été pratiquée dans des lacs artificiel depuis 1975. Depuis cette date, plus de 2,5 millions d'alvins ont été relâchés, principalement des espèces telles que le tilapia du Nil (Oreochromis niloticus), le tilapia zilli et la carpe. Toutefois, en l'absence d'étude et d'évaluation systématique, il est difficile de savoir si ce programme a été un succès ou un échec.

L'aquaculture est reconnue comme un moyen alternatif pour parvenir à la sécurité alimentaire et réduire la pauvreté dans les zones rurales.

Le poisson frais est essentiellement consommé au voisinage des lacs de la Vallée du grand rift. En revanche, en dehors de ces zones, la consommation est très limitée d'une part car le poisson ne fait pas partie du régime alimentaire des éthiopiens. D'autre part, en raison d'influences religieuses, la demande en poisson est uniquement saisonnière. Pendant le carême par exemple, les chrétiens qui s'abstiennent de manger de la viande, du lait et des oeufs consomment du poisson. Toutefois, les habitudes alimentaires ont tendance à évoluer ces dernières années, non pour des raisons culturelles, mais du fait du manque de nourriture qui incite la population consommer plus de poisson.

Le poisson est utilisé frais, congelé, séché mais aussi en conserve. Il est souvent préparé à proximité des sites de pêche, où il est vidé ou découpé en filets.

Sur les 5 000 pêcheurs à temps pleins, presque 2 800 travaillent dans l'une des 68 coopératives de pêcheurs. Le reste des pêcheurs sont des artisans indépendants.

Entre 1994 et 2001, la production de poisson a plus que doublée, mais la composition des prises a grandement variée. Par exemple, depuis 1989, le lac Chamo ne produit plus de perches du Nil en raison de la surpêche. La part du tilapia dans le lac Awasa et le lac Ziway a grandement diminué, alors que des poissons beaucoup moins populaires comme le labeo et le poisson chat sont plus pêchés.

En 2001, l'exportation de poisson a atteint 54 187 tonnes et les importations 35 575 tonnes. Pour la première fois, les exportations ont dépassé les importations, ce qui signifie que le poisson commence à apporter des devises étrangères dans l'économie nationale, malgré sa faible quantité.

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Source : Wikipedia