Dividendes

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Posté par marvin 10/04/2009 @ 04:13

Tags : dividendes, lexique de la finance, finance, economie

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Clifford Hugh Douglas

Clifford Hugh Douglas est né à Stockport en Écosse en 1879 et est mort en 1952. C'est un ingénieur et un auteur britannique connu pour avoir créé le concept de Crédit social.

Il étudia à Cambridge, travailla pour Westinghouse, la Royal Air Force pour des compagnies de chemin de fer à Buenos Aires et à Londres.

Alors qu'il travaillait pour la RAF, il remarqua que la somme des coûts dépassait la somme des salaires et des dividendes payés. Cela lui semblait contredire les principes de l'économie ricardienne, qui énonçait le contraire.

Douglas rassembla des données pour plus de cent entreprises britanniques et il découvrit que dans les entreprises allant vers la faillite, la somme des salaires et des dividendes était toujours plus faible que la somme des coûts hebdomadaires.

Douglas publia ses résultats dans l'English Review, où il suggéra que le système des intérêts devait être corrigé pour assurer la justice sociale. Son mouvement prit de l'ampleur au Canada et en Nouvelle-Zélande, où plusieurs ligues furent fondées pour propager cette doctrine.

Son idée de Crédit Social autrement appelée Dividende Social, Dividende Monétaire, ou Dividende Universel, consiste à mesurer la croissance de l'économie et de créer la monnaie en proportion de cette croissance et à la distribuer à tous les citoyens de la zone monétaire concernée. Cette méthode est la seule qui permette de créer une véritable monnaie équilibrée selon le Prix Nobel d'Economie Français Maurice Allais, à l'origine notamment de l'association Bankster. Allais dénonce la création exclusive de monnaie par l'argent dette, qui crée une pyramide de crédits vouée à s'effondrer cycliquement.

Il donna des conférences en Norvège et au Japon pour exposer le problème du crédit. En 1952, il mourut dans sa résidence à Fearnan en Écosse. Il est plusieurs fois mentionné dans la trilogie A Scots Quair de Lewis Grassic Gibbon.

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Évaluation d'action

L'évaluation d'action est ici l'estimation, à partir de critères qui se veulent objectifs, de la valeur de marché potentielle d'une action. Évaluer la valeur d'une Action se pose dans des termes très différents suivant que l'on s'intéresse à un portefeuille financier ou au contrôle d'une entreprise.

En première approximation, quand le prix de l'action est supérieur à sa valeur estimée, il est logique de la vendre; et quand le prix est plus faible que sa valeur estimée, il est logique d'en acheter. En réalité, les décisions ne sont évidemment pas aussi simples: l'estimation des dividendes futurs est frappée d'incertitude, de même que la valeur finale à la revente, et le taux d'actualisation retenu est arbitraire. De plus, il intervient une part de spéculation dans le choix de vendre ou non une action.

Dans l'analyse de la valeur d'une action, on voit que les gains apportés par les deux termes sont de nature très différente. Les dividendes correspondent à de l'argent effectivement transféré de l'entreprise vers l'actionnaire. C'est un revenu réel, qui traduit une réalité économique: la production de l'entreprise et sa bonne performance par rapport au marché. Le risque que prend l'actionnaire est directement lié au risque économique supporté par l'entreprise. Pour gagner le plus d'argent possible, de ce point de vue, l'actionnaire doit identifier les actions dont le rendement (rapport dividende/cours) est le plus élevé possible. Spéculer sur la valeur finale à la revente, en revanche, n'a pas de contrepartie économique réelle. On peut gagner (ou perdre) beaucoup d'argent sur la spéculation, mais un bénéfice spéculatif ne fait que transférer cet argent entre joueurs en bourse : c'est un jeu à somme nulle, et quel que soit le cours auquel se fera finalement la vente d'une action, la richesse globale de l'économie sera inchangée.

En théorie, si tous les acteurs boursiers disposaient de la même information, et si personne n'était tenté par la spéculation, la valeur finale à la revente n'interviendrait pas dans le calcul: l'estimation de la valeur de l'action serait simplement l'actualisation des dividendes futurs, calculée dans l'hypothèse où on garde l'action en permanence. En réalité, quand une action est haussière, ce ne sont pas nécessairement les dividendes futurs qui sont révisés à la hausse, mais la valeur finale à la revente, que l'on imagine continuant à la hausse parce que c'est ce qui est constaté comme tendance. Par rapport à la valeur objective de l'action (actualisation de tous les dividendes futurs), la prise en compte de la spéculation conduit ainsi à un effet évidemment pervers: quand l'action dépasse sa valeur objective, on surestime la valeur de l'action en hausse, parce que l'on pense qu'un peu plus tard, d'autres la surestimeront encore plus; on s'éloigne de la valeur objective, parce que l'on pense que d'autres s'en éloigneront encore plus. Mais ce jeu risqué est à somme nulle, chaque retournement de tendance venant sanctionner les derniers à y avoir cru.

En première approximation, la valeur économique d'une action correspond à la somme actualisée des dividendes qu'elle est susceptible de rapporter. Le problème de l'investisseur est d'évaluer quels peuvent être les dividendes futurs.

Une première indication sera la santé économique de l'entreprise visée. Si la marge opérationnelle relativement importante, par comparaison avec celle des entreprises sur le même secteur économique, il y a de fortes chances pour que le chiffre d'affaires reste important même si les conditions du marché varient: en période de vaches maigres, les entreprises dont la marge opérationnelle était trop faible disparaissent du marché, alors que celles dont la marge est élevée résistent bien mieux.

L'entreprise peut avoir la possibilité de distribuer plus ou moins de son bénéfice, en fonction de son endettement: si elle a fait un investissement important, son résultat sera consacré avant tout à en rembourser le financement, ce qui (en principe) augmentera les dividendes futurs.

En réalité, aucune contrainte juridique n'oblige une entreprise à verser un quelconque dividende. Pour l'actionnaire minoritaire, ce que va probablement verser l'entreprise est évalué en fonction de sa politique de facto, constatée sur les exercices passés - qui est ce qu'elle est, et sur laquelle il n'a pas d'influence. Pour les actionnaires majoritaires, quand ils raisonnent suivant une logique de placement capitaliste, le conseil d'administration doit proposer une politique qui maximalise leurs revenus futurs (c'est à dire la somme actualisée des dividendes). Dans ce cas, les actionnaires ont un but objectif, qui est un équilibre entre la rentabilité immédiate et la croissance future; des divergences peuvent éventuellement se manifester sur le taux d'actualisation, qui reflète les arbitrages entre la croissance à long terme et le profit immédiat à court terme. Enfin, dans le cas d'une société majoritairement contrôlée par une société holding, la politique en matière de dividendes sera gouvernée essentiellement par les intérêts économiques de celle-ci: les arbitrages peuvent être faits en fonction du besoin de financement de la holding, y compris si cela conduit à une politique contraire au développement à long terme de la société sous contrôle.

Si une société annonce que pendant quelques années, les dividendes seront réduits pour financer un investissement qui permettra de tripler le revenu futur dans une dizaine d'année, la valeur résultante de l'action sera très variable suivant que l'on prend un taux d'actualisation faible (vision à long terme) ou fort (vision de rentabilité immédiate).

Pour fixer les idées, supposons qu'une société qui faisait régulièrement des dividendes de 20, annonce à la suite d'un investissement des bénéfices futurs de 5, 10, 15, 20, 23, 26, 28, et enfin un plateau constant de 30 par an (augmentant de 50% son dividende actuel) à partir de la huitième année. Toutes choses égales par ailleurs (et si l'annonce des bénéfices futurs est prise pour argent comptant) la valeur de l'action dans cette perspective dépend très fortement du taux d'actualisation retenu.

On comprend dans cet exemple que lorsqu'une variation importante du régime des dividendes est attendue, l'action tend à changer de mains: le même échéancier des dividendes futurs n'atirera pas les mêmes investisseurs, en fonction du taux d'actualisation qu'ils privilégient.

La responsabilité essentielle de l'investisseur est de se prononcer sur la valeur qu'il estime être celle d'une action donnée. Ensuite, quand la valeur estimée est supérieure au prix du marché, il est intéressant d'acheter l'action (la situation étant symétrique pour la vente). La question est de savoir à quel moment cet achat est optimal.

L'ordre naturel de l'investisseur est de demander un achat à cours limité: il demande un achat à un cours limité à la valeur estimée de l'action; et cet ordre est exécuté au prix du marché, du moment que ce prix est inférieur à la limite demandée. Avec ce type d'ordre, l'investisseur n'a pas à se préoccuper du marché, mais uniquement de son estimation: il pose son estimation et ne se soucie pas du reste. si l'action est sur-cotée (par rapport à l'évaluation de l'investisseur), l'ordre ne sera pas exécuté, il restera en attente dans le carnet d'ordre jusqu'à ce que le marché redescende à un niveau plus faible. Inversement, si l'action est sous-cotée, l'ordre sera exécuté à moindre prix, ce qui lui laissera le bénéfice supplémentaire d'avoir acheté ses actions à un cours inférieur à son estimation.

Ce type d'ordre n'est en réalité optimal que quand le prix du marché est actuellement trop haut, mais est susceptible de s'orienter à la baisse. En posant un ordre de ce type, l'investisseur se met en attente pour intercepter une baisse future: dès que le prix du marché atteindra son estimation, l'achat sera déclenché. L'ordre ne sera donc pas exécuté tant que la fluctuation du prix ne le ramènera pas en dessous du prix estimé, ce qui est une garantie pour l'investisseur; et il n'y a pas à suivre le cours au quotidien, ce qui est une charge de travail en moins.

En revanche, si le prix du marché est moins élevé que la valeur estimée, l'ordre sera exécuté immédiatement au prix du marché, ce qui apporte un gain pour l'investisseur, mais n'est pas nécessairement l'optimum pour lui. Si le marché était à la baisse, l'investisseur avait en effet intérêt à attendre que la cotation soit la plus basse possible avant que son achat ne soit passé. Dans ce cas, il a intérêt à passer un ordre à seuil, en demandant un achat si le cours remonte au-dessus du cours actuel (avec une marge), mais en annulant l'ordre si le cours devient supérieur à son estimation.

Contrairement au cas précédent, ce type d'ordre demande un suivi minimum du marché: il faut ré-ajuster en permanence à la baisse le seuil de déclenchement, pour suivre la baisse de l'action, et acheter l'action le plus près possible du minimum avant le retournement de tendance. Les ordres à seuil de déclenchement sont ainsi l'outil naturel des investisseurs qui veulent profiter le plus possible d'une tendance baissière (respectivement haussière) qu'ils estiment excessive, et allant au-delà de la valeur réelle de l'action.

Pour que la transaction soit réellement le plus près possible de l'extremum, il faut deviner si le début de retournement que l'on peut voir sur le cour quotidien est une correction intermédiaire, ou est l'amorce d'un retournement réel. Ce type de question n'a pas de réponse simple.

Pour un gestionnaire d'un portefeuille « en bon père de famille », l'espérance des dividendes futurs est le principal critère, et il est surtout apprécié en fonction des dividendes passés, de leur stabilité et de leur régularité. Les actions du portefeuille (et les actions candidates à l'achat) sont simplement classées en fonction de leur rendement, c'est à dire leur valeur (espérance des dividendes futurs) sur leurs prix (cotation constatée). Les actions achetées de manière préférentielles sont donc celles qui donnent des dividendes relativement élevés, tout en ayant un cours relativement faible.

La logique de base de cette gestion est de vendre les actions à faible rendement pour acheter celles qui prétendent un rendement élevé. La quantité d'actions vendue doit être ajustée de manière à ce que les liquidités dégagées par la vente des actions vendues couvrent juste celles nécessaires à l'achat des actions visées. En effet, l'argent liquide disponible correspond à une perte de rendement du portefeuille, il est souhaitable ni de disposer de liquidité (pour que le capital travaille sous forme d'action), ni d'être en dette (pour ne pas avoir à payer d'intérêt sur une trésorerie négative). D'autre part, cette quantité de mouvement d'action doit être relativement faible, pour minimiser les frais de courtage.

Cette forme de gestion est relativement simple, parce qu'elle ne tient compte que des informations historiques sur les dividendes et les fondamentaux des sociétés. En contrepartie, elle n'est pas très performante. Elle peut quand même prétendre à une meilleure rentabilité que celle des marchés purement financiers (typiquement, de l'ordre de 10% quand ces marchés sont à 4%), parce qu'elle bénéficie statistiquement de la prime de risque que perçoivent normalement les investissements en actions sur les produits financiers. Cependant, cette prime de risque n'est accessible que si le prix de l'action n'est pas trop spéculatif. Quand la bourse devient trop chère, suite à une bulle spéculative, il peut devenir intéressant d'arbitrer en faveur d'achats sur le marché des Obligations.

La gestion d'un portefeuille réalisée par un analyste prend en compte l'actualité des informations économiques sur l'entreprise concernée et le marché sur lequel elle se place. Quand l'actualité justifie de remettre à jour l'estimation des dividendes futurs, la valeur estimée de l'action (actualisation des dividendes futurs) peut varier bien avant que son prix (cotation du marché) ne bouge.

Si cette valeur économique augmente sans que le prix n'ait encore varié, sa rentabilité augmente d'autant: l'analyste qui détecte cette hausse de rentabilité peut acheter l'action au prix primitif du marché. Inversement, quand le reste du marché aura ajusté le cours de l'action à sa nouvelle valeur, la rentabilité baissera pour retrouver son niveau primitif, et l'analyste aura tendance à revendre l'action après sa hausse de cours. Dans ce cas, il aura réalisé un cycle d'achat/vente, non pas basé sur des considérations spéculatives, mais justifié par le décalage entre son estimation de la valeur de l'action et le cours effectif de celle-ci.

Dans un tel cycle, le gain dont bénéficie l'analyste n'est pas directement lié à la valeur à long terme de l'action, mais provient de sa connaissance de la situation économique. Il subit en contrepartie un risque supplémentaire: son analyse est immédiate et manque évidemment de recul, et peut se révéler fausse. L'analyste peut d'autant plus gagner qu'il est capable d'analyser les variations de situation économique rapidement et avec précision, ce qui correspond au proverbe anglais « the early bird gets the worm »: c'est l'oiseau qui se lève tôt qui mange le vermisseau.

De plus, quand on voit un analyste prendre régulièrement de bonnes positions, il se fait repérer comme « bon » et devient un faiseur de tendance pour le reste du marché spéculatif.

Ce type de gestion est à très court terme (activité quotidienne, horizon de gestion très inférieur à l'année): les taux d'actualisation considérés sont très importants, et l'élément dominant dans la valeur attribuée à une action est non pas l'échéancier des dividendes futurs, mais l'évolution prévisible de sa valeur de revente.

La gestion spéculative prend comme élément de valorisation essentiel la valeur donnée par le marché, et sa tendance évolutive. Cette estimation varie en fonction des annonces économiques, qui peuvent être bonnes ou pas bonnes pour le cours, et peuvent entraîner un retournement de tendance.

L'information essentielle prise en compte par cette analyse est le cours du marché, et la psychologie des opérateurs. Les bénéfices escomptés correspondent à ceux dont on peut bénéficier quand d'une part on anticipe correctement une tendance du marché, et d'autre part on peut s'en dégager avant que les investisseurs spéculatifs ne soient attirés par le titre au-delà de sa valeur estimée.

L'analyse financière dispose de plusieurs méthodes pour évaluer une société et ses actions.

Dans certains cas, lorsque la société est en voie d'être reprise, ou au contraire va cesser ses activités, on évalue aussi les éléments actifs et de passif du bilan.

1 L'approche patrimoniale basée sur la valeur comptable du bilan de l'entreprise (une entreprise qui a 100 millions d'Euros de fonds propres est évaluée à 100 millions d'Euros). C'est une approche très artificielle puisque la valeur comptable ne reflète pas la valeur économique.

2 L'approche par les multiples se base sur des critères de comparaisons.

Les multiples de transaction : Approche similaire aux multiples boursiers, à ceci près que les multiples sont déterminés à partir de transactions observées sur le marché. Par exemple, si l'entreprise A a des revenus de 100 millions d'Euros et est très comparable à une entreprise qui a des revenus de 150 millions d'Euros qui a été vendue peu de temps auparavant à 300 millions d'Euros, alors la méthode des multiples de transaction tend à dire que A vaut 200 millions d'Euros (100 x(300/150)).

3 Actualisation des flux monétaires (DCF : Discounted Cash-Flows) Cette approche consiste à déterminer les flux monétaires futurs et à les actualiser au taux du coût du capital.

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Société anonyme sportive professionnelle

En droit français, une société anonyme sportive professionnelle (SASP) est une structure très proche d'une société anonyme classique destinée à la gestion d'un club sportif.

La SASP pourra par exemple procéder à des distributions de dividendes à ses actionnaires. Elle pourra également rémunérer ses dirigeants et enfin, aucun capital minimum n'est imposé à l'association « support ». Si la nouvelle forme de SASP présente beaucoup plus d'intérêts pour des investisseurs privés, le législateur n'a toutefois pas entendu libéraliser totalement ce cadre juridique. Ainsi, les statuts des SASP devront être conformes aux statuts types définis par Décret, la SASP ne pourra en aucun cas être cotée en bourse (avant la réforme de 2007) et les relations avec l'association « support » resteront régies par une convention spécifique. Enfin, une même personne ne peut être associée dans plus d'une société sportive exerçant dans la même discipline.

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Compagnie néerlandaise des Indes orientales

Le monogramme de la chambre d’Amsterdam de la compagnie néerlandaise des Indes orientales

La Compagnie néerlandaise des Indes orientales (en néerlandais : Vereenigde Oost-Indische Compagnie ou VOC, littéralement « Compagnie unie des Indes Orientales ») est une compagnie de commerce créée par les Provinces-Unies en 1602. Elle est pendant près de deux siècles l’un des piliers de la puissance du capitalisme et de l’impérialisme néerlandais. Dissoute en 1799, la compagnie est connue pour avoir été l’une des entreprises capitalistes les plus puissantes qui ait jamais existé.

Créée alors que le capitalisme est encore en gestation dans un monde féodal, elle a inspiré plusieurs grandes caractéristiques des entreprises modernes : le modèle de la société anonyme émettant des actions et obligations ainsi que le modèle de la multinationale implantée dans des pays à l’autre bout du monde. Elle est la plus influente des compagnies européennes fondées au XVIIe siècle pour exploiter les richesses d’Asie.

Sur le plan politique, les conquêtes de la compagnie permettent aux Provinces-Unies puis aux Pays-Bas de disposer d’un empire colonial significatif en Asie jusque dans la seconde moitié du XXe siècle.

À la suite des croisades ouvrant les routes de l’Orient, les activités commerciales et financières favorisent le capitalisme naissant des républiques italiennes au long des XIIIe et XIVe siècles avant que le commerce ne profite aussi à l’Angleterre et aux pays de la mer du Nord. Deux grands pôles concentrent le commerce de l’Europe, l’Italie du Nord et les pays de la Baltique où prospère la Ligue Hanséatique depuis le Moyen Âge.

La fin du XVe siècle est marquée par les Grandes découvertes : l’Amérique par Christophe Colomb en 1492 mais surtout l’Asie (les Indes) grâce au contournement du Cap de Bonne-Espérance par le Portugais Vasco de Gama en 1498.

À l’aube du XVIe siècle, la puissante République de Venise domine la mer Méditerranée, et par là, grâce à ses relations avec les comptoirs du Moyen-Orient le commerce des produits venus du Levant et de l’océan Indien. Le contrôle de ces produits venus d’Extrême-Orient par caravane ou par navire lui assure la domination des marchés d’Europe. Cette domination commence toutefois à être contestée par la ville d’Anvers, devenue l’entrepôt du poivre importé par le Portugal, utilisant la nouvelle route maritime du Sud.

À partir des années 1570, le commerce de Venise en Méditerranée est mis à mal par les marchands nordiques qui inondent les marchés de produits contrefaits, allant jusqu’à orner leurs tissus du sceau vénitien afin d’en renforcer l’attrait. L’industrie méditerranéenne perd alors à la fois ses clients et sa renommée. Pendant ce temps l’Espagne met en place le commerce de l’or en provenance des nouveaux territoires qu’elle a découvert en traversant l’Atlantique. Mais elle connaît à son tour un déclin important à la fin du XVIe siècle. En Espagne comme dans nombre de pays catholiques, l’Église contrôle la diffusion des idées associées à la Renaissance et à la Réforme et bloque toute évolution. L’armada espagnole est défaite en 1588.

Au début du XVIIe siècle, les Provinces-Unies sont encore en guerre contre la couronne espagnole pour obtenir leur indépendance. La situation sociale y est différente de celle du reste de l’Europe. Le commerce y est développé, la noblesse y a perdu son pouvoir au profit d’une puissante élite bourgeoise. Le pays est renommé pour sa tolérance sur le plan religieux et pour ses techniques agricoles avancées.

À la fin du XVIe siècle, les Hollandais commencent à s’intéresser aux Indes. Plusieurs espions y sont envoyés sur des navires portugais. Parmi eux, Cornelis de Houtman part en 1592 mais il est démasqué à son arrivée et jeté en prison. Les marchands de Rotterdam payent sa rançon et celui-ci rentre en Hollande. Il repart aussitôt avec quatre navires dont trois reviennent à Amsterdam en 1597, sans avoir fait de substantiels profits. Mais l’expédition n’est qu’un précédent au développement d’un important commerce que l’Empire portugais déclinant ne peut contrer. Entre 1598 et 1602, les Hollandais envoient 65 navires divisés en 14 flottes vers l’océan Indien. En 1600, des vaisseaux hollandais arrivent au Japon, puis en Chine l’année suivante. Les flottes qui réussissent à revenir permettent des bénéfices atteignant jusqu’à 265%, mais ceux ci pourraient être encore accrus, s’il n’y avait une multiplicité de compagnies se faisant une concurrence effrénée en Asie.

Les différentes compagnies tentant d’ouvrir l’océan Indien au commerce hollandais sont finalement regroupées le 20 mars 1602 au sein d’une unique compagnie, la Vereenigde Oost-Indische Compagnie (VOC, en français : Compagnie unie des Indes orientales).

L’intervention des États généraux des Provinces-Unies et de notables hollandais pour créer une compagnie unique a alors aussi un but militaire. En effet, les petites compagnies préexistantes n’étaient pas en mesure de soutenir l’effort de guerre des Provinces-Unies contre l’Espagne et le Portugal. De fait, les premières flottes que la compagnie envoie vers les Indes sont puissamment armées, non pas en vue d’annexions territoriales mais dans l’objectif de causer le plus de dégâts possibles aux commerces espagnol et portugais.

La VOC fut administrée par six chambres, chacune représentant une ville et ses alentours (Amsterdam, Zélande (Middelbourg), Delft, Rotterdam, Hoorn et Enkhuizen) et conservant un pouvoir autonome de décision. L’intervention de l’État fut déterminante pour les unir. En effet, les chambres devant constituer la VOC n’avaient pas accueilli l’idée d’une union avec enthousiasme. Parmi elles, cinq craignaient qu’une telle union ne se fasse qu’au profit de la sixième, la plus importante : Amsterdam.

L’unité entre les chambres est réalisée par une assemblée de directeurs, les Bewindhebbers, d’abord 73, puis 60, nommés à vie par les différentes compagnies regroupées. Leur fonction est d’assurer la communication et la collaboration entre la VOC et les États généraux.

La direction des affaires de la compagnie est confiée au Conseil des Dix-Sept, de Heeren Zeventien, composé de dix-sept représentants des six chambres. Chacune a un nombre de représentants proportionnel à sa participation financière. Ainsi, sur les dix-sept membres, huit sont nommés par la chambre d’Amsterdam qui finançait la moitié des dépenses de l’organisation. Le Conseil ainsi formé se réunit trois fois par an.

Il ne s’agit pas de la première compagnie des Indes créée, puisque la compagnie anglaise date de 1600. Toutefois, la compagnie néerlandaise dispose dès sa création d’un capital de 6,5 millions de florins, soit dix fois plus que sa concurrente anglaise. Ce capital est divisé en actions de 3 000 florins, la compagnie constituant ainsi la première grande société anonyme de l’histoire. Le pouvoir politique lui accordait par une charte le monopole du commerce avec les Indes pour 21 ans, commerce que la compagnie prétendit interdire aux autres marchands européens.

Au plan financier, la compagnie est une société anonyme cotée en Bourse. Elle distribue des dividendes qui atteignent souvent 25 à 30%, si bien que la valeur des actions boursières connaît une forte envolée, passant de 3000 florins à la création de la compagnie en 1602 à 18 000 florins en 1670. Pour autant l’organisation financière de la VOC est relativement rudimentaire : elle ne possède pas de comptabilité régulière et n’émet pas de bilan officiel. Les résultats financiers présentés annuellement aux États généraux ne concernent que les avoirs et les dettes de la compagnie en Europe, ignorant celles des Indes.

La compagnie dispose de deux comptabilités, l’une à Amsterdam, l’autre à Batavia. Ceci signifie, entre autres, que le commerce avec Amsterdam constitue une affaire distincte de celui effectué à l’intérieur de la région en Asie qui, disposant de sa comptabilité propre, doit, en théorie, assumer lui-même ses dépenses. Ainsi, Amsterdam fait le bilan global des six chambres néerlandaises tandis que Batavia synthétise les livres de comptes qu’envoient les différents comptoirs d’Asie. De plus, le bilan de la compagnie ne tient pas compte de produits importants. Dans le même temps, elle omet, à l’actif comme au passif, les coûts de ses bâtiments, de ses navires, de l’argent qu’elle envoie vers l’Asie. Un bilan d’ensemble, permettant un calcul précis des profits de la compagnie, semble alors improbable.

Cette comptabilité troublante qui pose des problèmes à l’histoire quantitative moderne pour appréhender les profits de la compagnie était aussi très critiquée à l’époque. À la fin du XVIIe siècle le président du Conseil des XVII, Johannes Hudde, tente de réformer le système comptable de la VOC, mais cette initiative n’aboutit pas. En fait, il existe au sein de la compagnie un conflit d’intérêts entre les actionnaires et les dirigeants. Les actionnaires ont toujours voulu des comptes et des bilans plus précis estimant que leurs dividendes étaient insuffisants et que la compagnie profitait de l’absence de système de comptabilité précis pour cacher ses bénéfices. Toutefois, les directeurs de la compagnie ont toujours réussi au final à maintenir des comptes obscurs favorables au bon déroulement de leurs affaires, ne laissant d’autre choix aux actionnaires que de vendre leur participation s’ils n’étaient pas satisfaits.

Grâce à sa puissance, la compagnie constitue un véritable État dans l’État. De fait, elle dispose dans les comptoirs hollandais des Indes orientales des principales fonctions régaliennes (police, défense, justice). C’est la compagnie qui nomme les gouverneurs et les conseils assurant la justice civile et criminelle. C’est elle aussi qui assure la défense de ses possessions terrestres et la protection de ses routes commerciales. Dans cette optique, elle décide de la guerre et de la paix avec les princes autochtones, disposant à cet égard d’une diplomatie autonome. De même, la compagnie dispose d’une flotte de guerre qui combat les puissances européennes adverses (Angleterre, Portugal et France) et les souverains locaux. Cette armada finit d’ailleurs par être soutenue par une armée de terre privée qui compte jusqu’à douze mille hommes.

Ces pouvoirs, la VOC en dispose sur un des plus grands empires du monde, à côté duquel les Provinces-Unies semblent minuscules. Bien que la compagnie reste sous le contrôle des différentes chambres la composant et demeure grandement dépendante de la diplomatie de la métropole, elle est consciente de son pouvoir et ne manque pas d’arrogance vis à vis de l’État. Ainsi au milieu du XVIIe siècle, les directeurs de la compagnie vont jusqu’à prétendre que « les places et les forteresses que les Heeren XVII avaient conquises dans les Indes orientales n’étaient pas à considérer comme des conquêtes nationales, mais comme la propriété de marchands privés, qui étaient en droit de les vendre à qui ils voudraient, même s’il s’agissait du roi d’Espagne ou de tout autre ennemi des Provinces-Unies. » Il n’en fut bien sûr jamais ainsi.

Pour évaluer l’importance de la VOC, souvent décrite comme la première multinationale, on peut avancer quelques statistiques.

En deux siècles d’existence la compagnie arma environ 4 700 navires, dont 3 000 au seul XVIIIe siècle. Sur ces navires, la compagnie fit voyager environ un million d’européens. Le volume de son commerce dépassa 1 600 millions de florins au XVIIIe siècle.

À sa flotte marchande, la compagnie peut ajouter en temps de guerre plus de 40 grands vaisseaux, ce qui dépasse les possibilités de nombre de royaumes européens.

À la fin du XVIIe siècle, la compagnie entretenait déjà de 100 à 160 navires selon les estimations, ce qui signifierait qu’elle dispose au moins de 8 000 marins, auxquels s’ajoutent des garnisons de soldats composées de nationalités diverses. Si on ajoute les employés de la compagnie qui se dédient à l’organisation de son commerce, à la production de ses marchandises, on arrive à des estimations beaucoup moins précises, mais qui donnent une idée de l’importance de la compagnie. Les sources de l’époque parlent de 80 000 personnes (en 1735) voire de 150 000 employés (en 1788).

La première flotte complète de la VOC prend le large le 18 décembre 1603 avec des objectifs commerciaux et militaires. Ces derniers, dirigés contre les Portugais déjà installés sur les côtes d’Afrique, dans l’océan Indien et en Asie du Sud-Est insulaire, se révèlent d’abord irréalisables pour les flottes néerlandaises. Seul le fort d’Ambon aux Moluques se rend en 1605.

Cherchant un point stratégique d’où organiser son commerce en Asie, la compagnie s’installe à Java où les Anglais sont déjà présents à Banten. Elle établit en 1610 un fortin à Jayakarta, vassale de Banten. En 1613, la compagnie nomme Jan Pieterszoon Coen directeur général de son commerce en Asie. Celui-ci souhaite faire de Jayakarta le centre du commerce néerlandais dans la région. Banten, suzerain de Jayakarta, s'y oppose. En 1619 Coen, tout juste devenu gouverneur général de la VOC, prend la tête d'une flotte partie des Moluques et prend Jayakarta. Il rase la cité pour fonder la capitale de la VOC en Asie, Batavia.

Le nouveau gouverneur souhaite faire de la compagnie une puissante organisation profitant du commerce oriental et en excluant ses concurrents. Toutefois la situation politique des Provinces-Unies empêche les États généraux et les directeurs de la compagnie d’être solidaires de cette ambition. Les Provinces-Unies avaient obtenu de l’Espagne en 1609, après plusieurs décennies de guerre, un traité de non agression portant sur 12 années. Ce traité stipulait que les Provinces-Unies ne devaient pas s’étendre hors d’Europe. Les attaques néerlandaises contre les Portugais, furent, pour l’Espagne, un prétexte visant à ne pas renouveler le traité et à relancer la guerre contre les Provinces-Unies, politiquement déchirées à cette époque.

Inquiets de la guerre avec l’Espagne, les directeurs de la compagnie conclurent avec la compagnie anglaise des Indes orientales un traité de défense mutuelle contre l’ennemi espagnol, convenant d’un partage des ressources asiatiques de poivre et des épices. Coen, installé à Batavia n’avait pourtant pas renoncé au principe de l’exclusivité. Sa politique était sans pitié. En 1621, il envahit les îles Banda révoltées contre l’autorité néerlandaise. Il y massacre et déporte la population. En 1623, il rompt le traité conclu avec l'East India Company en torturant dix de ses agents pour leur arracher des aveux de trahison, puis les exécuter.

Au départ de Coen en 1629, la VOC doit pourtant encore composer avec les Portugais qui contrôlent Malacca et font obstacle au développement harmonieux du commerce de la compagnie néerlandaise.

Au delà de l’océan Indien, la compagnie cherche à commercer avec la Chine et le Japon, des puissances vis à vis desquelles la méthode autoritaire semble proscrite. En 1624, la VOC installe un comptoir sur la côte ouest de Formose afin de profiter du marché chinois, mais la position est prise par le pirate chinois Koxinga en 1662 , rendant la compagnie grandement dépendante des jonques chinoises qui vont de Canton à Batavia pour son commerce avec la Chine.

Japon : Contrarié par la volonté portugaise de vouloir convertir le pays au catholicisme, le Japon, interdit dès 1639 ses ports aux navires portugais permettant ainsi à la VOC d'occuper seule le terrain. À cet effet, elle dispose de Dejima, une petite île artificielle proche de Nagasaki, pour organiser son commerce.

Sentant toujours la prédominance de son commerce menacée par la présence d’autres Européens – Portugais et Anglais – la VOC maintient sa politique agressive. Sous les ordres d’Antonio van Diemen, gouverneur général de 1636 à 1645, ils finissent par s’emparer de Malacca en 1641, étendant leur monopole à Sumatra. Après un traité de non agression de dix ans avec le Portugal, la compagnie s’empare de Ceylan en 1656, île qui domine la production de la cannelle et permet de commercer avec l’Inde voisine.

En Europe, le commerce de la compagnie est régulièrement troublé par des guerres maritimes qui opposent les Provinces-Unies aux autres puissances européennes, par exemple lors des guerres anglo-hollandaises dans le troisième quart du XVIIe siècle.

La compagnie et son gouverneur dirigent Ceylan pendant un siècle et demi jusqu’en 1796. La politique de la compagnie dans l’île fut centrée sur l’accroissement de la production, si bien qu’en 1665 elle contrôlait la plupart des cultures de cannelle. Au plan intérieur, les Hollandais maintenaient le système agraire traditionnel, comme l’avaient fait avant eux les Portugais, tout en s’arrogeant le monopole des exportations des principales ressources commerciales de l’île : cannelle, ivoire, perles. Les importations étaient strictement contrôlées, privant en partie la population de ressources essentielles comme le riz ou le textile venus d’Inde. Au plan judiciaire, la compagnie respecte souvent la coutume locale, permettant parfois aux notables autochtones de siéger dans les affaires concernant la loi coutumière. Toutefois, la loi hollandaise s’étend progressivement provoquant d’importantes mutations sociales : le système de propriété privée des terres s’étend à travers l’île, ainsi que la monogamie.

Mais l’expansion territoriale de la compagnie est surtout centrée sur Batavia. Le processus de colonisation à partir de Batavia est progressif et s’étale sur plus d’un siècle. En 1628-1629, le souverain du royaume javanais de Mataram, le sultan Agung (r. 1613-1646), fait par deux fois le siège de Batavia, sans succès. Après la mort d'Agung, la compagnie participe aux conflits de successions sur le trône de Mataram et obtient le contrôle du Pasisir, la côte nord de Java. Des disputes sur le trône de Java mènent à de nouvelles expansions territoriales de la VOC si bien que vers 1755 ce qui reste de Mataram est divisé en deux royaumes, Surakarta et Yogyakarta. A la fin du XVIIIe siècle, outre les Moluques, la VOC contrôle les îles de Java et de Célèbes.

Comme à Ceylan, la compagnie conserve au début l’organisation traditionnelle des sociétés locales en prenant la place accordée à l’ancien souverain et en conservant l’aristocratie locale, avant de développer progressivement une bureaucratie européenne ,,.

En 1647, un navire de la VOC, le Haarlem s’échoue en Afrique du Sud et l’équipage demeure sur place pendant plusieurs mois avant de pouvoir regagner la Hollande. Le récit de leur péripétie inspire la VOC. La compagnie, souhaitant établir un port permettant le ravitaillement de ses navires à mi-chemin des Indes, envoie un corps expéditionnaire vers le cap de Bonne-Espérance qui y débarque le 7 avril 1652. À sa tête, Jan van Riebeeck fonde la colonie du Cap.

La colonie du Cap ne pouvant devenir un comptoir commercial rentable, la compagnie décide progressivement d’en faire une colonie de peuplement. À partir de la fin du XVIIe siècle l’encouragement à l’immigration suscite l’arrivée de colons d’autres nations, provoquant un important peuplement européen dans le pays. La colonie, disputée à la fin du XVIIIe siècle devient britannique en 1814.

La fonction de la compagnie consiste à établir une jonction entre ce que Fernand Braudel appelle des économies-mondes, c’est-à-dire des espaces géographiques formant chacun un tout économique cohérent et autonome : l’Europe d’une part, l’Asie d’autre part. Dès lors le commerce de la compagnie se fait en deux temps : le voyage d’Amsterdam à Batavia et le voyage de Batavia à Amsterdam.

Pour autant, la compagnie ne devient pas le simple instrument d’un échange commercial entre deux régions du monde. Elle n’exporte quasiment aucune richesse européenne vers l’Asie. En fait, elle pratique en Asie un commerce d’Inde en Inde qui lui fournit les produits nécessaires à l’achat des denrées destinées à être vendues à l’Europe.

Le commerce d’Inde en Inde a pour objet de lier entre eux les différentes régions de l’économie-monde asiatique, chacune ayant ses ressources et ses besoins auxquels le cabotage de longue distance peut répondre. La mise en place de ce commerce permet d’accumuler les métaux précieux nécessaires aux dépenses locales de la compagnie sans rendre nécessaire de les importer en excès depuis la métropole européenne.

Les Néerlandais disposaient en Extrême-Orient de deux monopoles, celui de l’accès au marché japonais et celui des épices fines : macis, noix de muscade, clous de girofle et cannelle. Chacun de ces monopoles étaient étroitement contrôlé par la compagnie qui confinait la production sur un territoire insulaire restreint et s’assurait qu’aucun autre territoire ne venait contester le monopole. Au besoin, les Hollandais payaient les souverains locaux pour qu’ils arrachent leurs cultures ou s’assuraient par l’invasion militaire que telle région ne produirait pas telle épice.

Pour les Hollandais, le contrôle des épices fines permit l’accès à de nombreux marchés d’Asie. Mais la compagnie se livre aussi à de simples activités d’intermédiaire des échanges, achetant pour échanger plus loin et ainsi de suite. Par exemple, la compagnie exporte de la côte de Surate du textile vers Ceylan et Batavia. Toujours à Surate, elle achète d’énormes volumes de textiles indiens, et elle les échange ensuite à Sumatra contre du poivre, de l’or et du camphre. Les Hollandais vendent au Siam des épices, du poivre et du corail contre l’étain, dont ils se sont réservé le commerce, mais aussi de l’or, des peaux de cerfs destinées aux Japonais, des peaux d' éléphants pour le Bengale. Ce dernier pays fournit à la compagnie la soie, le riz, le salpêtre, tandis que les Japonais fournissent le cuivre… Ce n’est qu’une énumération partielle des nombreux flux qu’orchestre la compagnie, partout où se profile une occasion de profit.

Ce « cabotage » connaît son apogée au milieu du XVIIe siècle avant d’entamer un déclin, et avec lui celui de la compagnie en Asie (cf. tableau ci-dessous).

À Amsterdam, les chargements de navires de la compagnie revenant des Indes sont vendus à de petits acheteurs ou à des syndicats de marchands. Ceux-ci achètent parfois la cargaison entière. Ces dernières opérations rentrent dans le cadre de contrats très précis, interdisant par exemple à la compagnie de revendre à Amsterdam la même marchandise pendant un certain délai afin d’assurer au syndicat de marchands qu’il disposerait d’un quasi monopole lui permettant de fixer un prix relativement élevé.

Il arrive aussi régulièrement que les clients puissent être des directeurs de la compagnie, créant parfois de violents conflits d’intérêts. De même, le jeu du monopoleur est parfois contrarié par des monopsones, à savoir des marchands disposant du monopole à l’achat, le monopole est alors bilatéral, empêchant la compagnie d’imposer le prix de vente. En 1628 par exemple, les clients de la compagnie profitent d’une entente pour forcer le prix à la baisse; ce qui empêche la compagnie de vendre son stock de clous de girofle au prix souhaité. Il est de plus à noter que la compagnie dispose d’un monopole lié à la provenance orientale des produits, et non à leur nature. Or à partir du XVIIIe siècle la compagnie doit jouer avec la concurrence pour certains produits ayant des sources d’approvisionnement alternatives comme l’Amérique.

Si on s’intéresse au coût d’une expédition vers les Indes, on découvre que le chargement de marchandises en représente moins de 50 % (cf. tableau ci-contre) ce qui implique que la plus-value réalisée à l’occasion de l’échange avec les comptoirs asiatiques doit être relativement importante. De fait au milieu du XVIIe siècle la valeur des ventes de la compagnie à Amsterdam était trois fois supérieure à celle de ses achats en Asie (cf. tableau ci-dessous). Que vend-on à Amsterdam ? Au milieu du XVIIe siècle la compagnie réalise des profits similaires dans la vente d’épices et de poivre, mais l’importance du poivre décroît dans la période suivante au profit du textile qui représente près de la moitié des ventes au début du XVIIIe siècle. Au XVIIIe siècle, l’importance du textile décroît, du fait de la poussée des importations de thé et de café. Ces deux dernières marchandises représentaient, à elles deux, 4 % des ventes vers 1700 contre plus de 20 % vers 1780.

D’autres produits comme le cuivre, l’étain, le sucre ou le salpêtre sont transportés par la compagnie, mais servent surtout de lest aux navires.

Comme pour chaque compagnie européenne destinée à commercer avec les Indes Orientales, les navires ne sont pas de simples navires de commerce, ils possèdent leur propre dénomination, "retourschepen" pour la VOC, comme les britanniques dénomment les leurs "East Indiamen" et leur construction est relativement standardisée, comme en témoignent les normes établies par les Heeren XVII .

La longueur du voyage et les risques encourus amènent à construire des navires solides et capables de se défendre par eux-mêmes. Les navires de guerre servent de modèle, mais, selon la taille voulue, le vaisseau à construire s'inspire d'une frégate ou d'un vaisseau de ligne.

Le tonnage augmente au fil des ans, mais la majorité des vaisseaux jaugent entre 600 et 1200 tonneaux. Pour ces derniers, les dimensions sont proches de celles des vaisseaux de ligne de 64 canons, c’est-à-dire parmi les plus puissants des armées navales de l'époque. En 1697, les Heeren XVII édictent une norme de construction qui restera en vigueur jusqu'à la fin du XVIIIe siècle. Ainsi, un vaisseau de 1000 tonneaux ou plus devra avoir 160 pieds de long, dimension équivalente à celle d'un 64 canons. Mais quand le 64 canons deviendra obsolète, pour céder la place au 74, les vaisseaux de la compagnie ne suivront pas le mouvement.

Leur apparence est similaire à celle des vaisseaux de guerre, jusqu'à l'armement; par exemple, en 1645, le Jonker arbore 42 pièces de canons, du 36 livres aux 3 livres. Cependant, au fil des ans, le nombre de pièces pourra décroître, en nombre comme en calibre. Les sabords de la batterie basse n'abritant plus de canons.

A l'intérieur, tout est fait pour dégager un grand volume de cale. Par exemple, ce qu'on appelle le "faux-pont" n'existe plus. L'une des modifications les plus notables est l'emplacement de la cale à eau potable. Elle est placée tout à l'avant, toujours dans le souci de dégager le maximum d'espace. Ce choix aura pour conséquence d'influer sur les qualités nautiques du navire.

A côté des types de vaisseaux décrits, on trouve aussi des flûtes, navires plus petits, adaptés au commerce d'Inde en Inde, voire, à compter de 1788, des paquebots devant rallier Le Cap en trois mois et Batavia en cinq.

Chaque chambre a conservé un chantier naval pour la VOC. Pour les plus petites, ce sera même leur seul point de rencontre avec le grand commerce océanique. Les décisions de construction sont prises chaque année, au printemps, par les Heeren XVII, pour les 18 mois suivants. Ensuite, ces constructions sont réparties entre les différents chantiers.

Hors d'Europe, la VOC dispose d'un chantier, bien approvisionné, à Batavia. Mais il se cantonnera à l'entretien des navires, la quasi-totalité des constructions venant d'Europe.

Ainsi, en deux siècles, les chantiers hollandais auront produits 1367 vaisseaux, dont la moitié à Amsterdam et un cinquième en Zélande.

En 1730, construire un vaisseau de 600 tonneaux revient à 85.000 florins. Il est utilisé pendant environ 10 ans, sauf accident, et fait environ quatre voyages. Mais, après chaque voyage, un radoub, dont le coût se monte à environ 1/3 du prix de construction, est nécessaire..

La robustesse est recherchée dans la construction, mais les coûts sont surveillés. Ainsi, les Heeren XVII, refuseront-ils le doublage en cuivre des carènes, que les britanniques effectuent autant pour favoriser la vitesse de leurs bâtiments que pour les protéger des tarets. Autre différence avec la compagnie britannique, la VOC n'a jamais recours à la location de vaisseaux.

La flotte de la VOC mobilise chaque année des milliers d'hommes, même si le nombre de marins par tonneau à tendance à diminuer au fil des ans, de 45 pour la décennie 1630 à 25 pour la décennie 1780. Mais cette évolution est compensée par l'augmentation du tonnage.

Les officiers sont recrutés par la VOC qui établit chaque année un tableau d'embarquement. Il s'agit de capitaines du rôle ou de nouveaux promus parmi les officiers en second, voire de capitaines provenant de la marine de guerre hollandaise.

Bien que les salaires soient équivalents à ceux des autres officiers de la marine marchande, ces emplois sont très recherchés. Car, comme dans les autres compagnies, les officiers bénéficient d'un droit de "pacotille". C’est-à-dire que la compagnie autorise chaque officier à transporter des marchandises personnelles. Pour la VOC, cela se traduit par un volume correspondant à un ou plusieurs coffres, dont le nombre et la taille sont fixés par un règlement. Si l'officier est libre du remplissage de ses coffres, la vente sera effectuée par la compagnie qui reversera le montant obtenu. Ceci pour éviter que l'officier ne privilégie ses propres intérêts au détriment de ceux de la compagnie.

La VOC a des besoins importants en matelots; on compte environ 7500 marins par an (dont 3000 seulement reviendront et pourront repartir, davantage en raison des désertions que des décès). Bien que les marins nationaux soient privilégiés, la compagnie est obligée de recruter où elle le peut. Ce qui n'empêche pas les restrictions, comme celle qui énonce : "...de même ne seront admis ni Français ni Anglais ni Écossais, même pas comme marins, soldats ou autrement. Toutes les autres nations doivent être préférées, autant que faire se peut, à celles-là...".

Il y a ainsi des recruteurs qui parcourent l'Europe pour recruter des marins. Ils les convoient en Hollande où ils se paient sur la prime d'engagement versée aux nouveaux marins. En 1730, les Hollandais n'assurent plus que 40% des équipages.

Les salaires sont inférieurs de près d'un tiers par rapport à celui d'un ouvrier. Mais il y a des compensations, puisque les marins bénéficient aussi du droit de pacotille.

Les marins déserteront fréquemment pour trouver des embarquements mieux payés et une discipline moins marquée que sur les vaisseaux de la compagnie.

Les soldats sont en nombre important. Ce sont aussi principalement des mercenaires. Ils sont chargés de défendre le vaisseau contre un ennemi éventuel mais aussi contre un équipage revendicatif. On en compte de 80 à 300 par convoi, représentant près de 30% des embarqués. Pour donner un exemple, la flotte de Noël de 1644 comprend 5 vaisseaux et 835 marins pour 320 soldats.

Ils signent un engagement de 5 ans, voyages non compris. La solde est de 9 florins par mois (1745); c'est moins qu'un ouvrier, mais il est logé et nourri. Ils assurent la garnison du vaisseau sur lequel ils sont placés, mais aussi servent à la défense des comptoirs.

A côté des soldats, on trouve nombre de personnes embarquées à des titres différents, des passagers aux aumôniers, en passant par toutes les spécialités indispensables (du tonnelier au boucher, par exemple).

Pour bénéficier des meilleures conditions de navigation, les départs ont lieu entre octobre et mars. La VOC donne 3 départs successifs. Il y a la « flotte de la Foire » à la fin de la foire d'Amsterdam, début octobre, la « flotte de Noël », fin décembre et la « flotte de printemps », début avril.

Le voyage aller-retour, prend une vingtaine de mois. Les flottes sont en général rassemblées au Texel, puis, selon les conditions météos et les circonstances militaires, traversent la Manche ou contournent les îles britanniques. La première escale est souvent au Cap-Vert. Elle permet de se réapprovisionner en eau et d'embarquer des vivres frais. La seconde escale est au Cap et dure 3 à 4 semaines.

Dans l'Océan Indien, il y a traditionnellement trois routes. La VOC privilégie celle du sud qui suit le parallèle du Cap, dans les 40e rugissants, puis remonte au nord vers le détroit de la Sonde quand sont reconnues les îles Saint-Paul ou Amsterdam. Cette route est plus longue, de près d'un mois si l'on va à Canton, mais offre l'avantage d'être moins sensible aux effets de la mousson et donc utilisable par tous les temps. La VOC offre des primes à la vitesse. Le capitaine qui fait le trajet en 6 mois, reçoit une prime de 500 florins; 300 pour 7 mois, 150 pour 8 mois.

Les risques sont d'abord liés à l'état de la mer. Ainsi, en 1737, sept navires disparaissent d'un coup sur le chemin du retour après l'escale du Cap. Les captures, par des pirates, des ennemis ou d'autres compagnies, sont à peu près stables pour la VOC au XVIIe et XVIIIe siècles, avec moins de 10 % de pertes. Notons que ce pourcentage est bien inférieur à celui de la compagnie française, mais cela tient compte de périodes de belligérance bien plus longues.

Pourquoi la plus grande entreprise du monde a-t-elle fait faillite ? Plusieurs thèses, d’ailleurs non contradictoires, ont été avancées. Certaines soulignent l’importance de la corruption des agents de la compagnie, d’autres les coûts croissants de la gestion de l’empire territorial, la transformation de la demande sur les marchés européens, l’émergence du capitalisme britannique, ou encore l’histoire mouvementée des Provinces-Unies au XVIIIe siècle.

Une première explication du déclin de la VOC se trouve dans le partage des bénéfices de son commerce. D’après les calculs de B. Van der Oudermeulen effectués une vingtaine d’années avant la disparition de la compagnie, ses profits nets sont restés relativement modestes à côté des dividendes versés à ses actionnaires. Dès ses débuts, entre 1612 et 1654 la compagnie réalisait un bénéfice annuel moyen de 440 000 florins, soit 3 fois moins que les dividendes qu’elle versait à ses actionnaires. Fernand Braudel montre qu'elle procédait à une intériorisation des bénéfices mais s'étonne du non-recours à une augmentation de capital pour assurer le financement de la croissance.

Entre la création de 1602 et 1670, les actions ont progressé de 410%, aussi le dividende de 40% perçu en 1670 après la victoire contre le Roi de Macassar, doit être relativisé car il est calculé sur la valeur initiale de l'action. Il ne représente que 7,8% de la valeur maximale de l'action en 1670, lorsque le cours de celle-ci culmine. C'est aussi l'année du traité entre l'Angleterre Louis XIV, qui deux ans après attaque la hollande. A titre de comparaison, en 1672 lorsque Colbert lance ses premiers emprunts publics en France, le taux d'intérêt est de 5,50% mais que deux ans plus tard, il est déjà à 7,80%. Braudel cite un contemporain selon lequel le dividende de la VOC est longtemps resté en dessous de 3% à 4%.

Malgré le poids des dividendes, elle parvient à accroître ses profits jusqu’à la fin du XVIIe siècle, période à partir de laquelle commence le déclin. Selon la même source, elle ne réaliserait plus de bénéfices à partir de 1724, puis commencerait à s’endetter, allant jusqu’à emprunter pour payer des dividendes aux actionnaires. À la fin du XVIIIe sa dette s’élève à 105 millions de florins.

D’où viennent ces dettes ? Il semble que le pôle de Batavia ait été le premier à s’endetter, non parce que la conjoncture commerciale est mauvaise, mais parce que la VOC est concurrencée par les compagnies étrangères, en particulier l’East India Company, et parce qu’elle n’a pas su comprendre les transformations du commerce mondial à partir de la fin du XVIIe siècle.

À partir de 1670, l’importance du poivre sur les marchés européens a tendance à décroître, celle des épices fines est stable tandis que de nouvelles marchandises s’imposent, tels le thé, le café, la laque et la porcelaine de Chine. À ces changements de la demande en Europe s’ajoute un bouleversement des routes commerciales en Asie, et la VOC n'a pas adapté l'organisation de son commerce. La principale évolution réside dans le commerce du thé et l’ouverture de la Chine sur le commerce européen. Seuls les Anglais mettent en place un commerce direct avec la Chine impliquant le thé, le coton et plus tard l’opium. La VOC ne rompt pas avec ses habitudes, limitant sa relation avec la Chine au commerce effectué à Batavia par les jonques venues de Canton. Des tentatives de commerce direct sont pourtant engagées, mais elles ne rencontrent pas le même succès que les Anglais. Les guerres internes à l’Inde affaiblissent par ailleurs le commerce néerlandais avec la côte de Coromandel.

Les difficultés de la compagnie tiennent aussi de la corruption endémique qui règne dans ses rangs. Contrairement à l’East India Company, la VOC n’autorise pas ses agents à faire du commerce d’Inde en Inde pour leur propre compte, limitant alors les opportunités de réussite personnelle. La corruption des agents de la compagnie est signalée dès les années 1650.

Les transformations sociales des coloniaux à Batavia expliquent aussi cette montée du trafic de contrebande qui vient répondre aux besoins des dépenses de luxe des Hollandais installés à Batavia. En fait, les Hollandais se jettent dans des trafics individuels qui causent du tort aux affaires de la compagnie.

Ces pratiques sont souvent dénoncées. Ainsi dès 1629, la chambre de Zélande avait refusé de livrer certaines de ses marchandises vendues par la compagnie, et ses délégués avaient déclaré devant les États généraux que la politique des dirigeants de la compagnie ne prenait en compte ni les intérêts des actionnaires, ni même ceux de la compagnie.

À partir des années 1770 apparaît dans les Provinces-Unies le mouvement politique des « patriotes » qui s’oppose au soutien apporté par leur pays aux Anglais dans la guerre d’Indépendance des treize colonies américaines. Les Provinces-Unies affaiblies rentrent en guerre contre l’Angleterre (1780-1784), rendant difficile leur commerce extérieur. Avec les guerres révolutionnaires, les Provinces-Unies sont finalement envahies par la France qui fonde la République batave. Asphyxiée par ses dettes, la compagnie néerlandaise des Indes orientales est finalement dissoute en 1798.

Conséquences des guerres napoléoniennes, l’Indonésie redevient un territoire sous contrôle néerlandais, mais la compagnie ne fut jamais ressuscitée.

Depuis 2003, les archives de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales ont été classées par l’Unesco sur la Liste Mémoire du monde recensant depuis 1997 les documents du patrimoine documentaire d’intérêt universel, dans le but d’assurer leur protection. Ces archives sont estimées à 25 millions de pages manuscrites.

Selon l'article de wikipedia Époque du commerce Namban les navires de commerce portugais frequentaient deja les eaux japonaises avant l'arrivée du Liefde.

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Compte d'épargne libre d'impôt

Le Compte d'Épargne Libre d'Impôt (acronyme: CÉLI) est un type compte d'épargne au Canada.

Depuis le 2 janvier 2009, les Canadiens de 18 ans et plus peuvent faire de l'épargne libre d'impôt dans cet instrument financier. Le CÉLI permet aux citoyens de gagner un revenu de placement sans que celui-ci soit soumis à la taxation habituelle touchant les intérêts, les dividendes ou les gains en capital. Il vise à compléter les autres régimes d'épargne enregistré, comme le REER, le RPA (Régime de pension agréé) et le REEE (Régime enregistré d'épargne études). La paternité de cet abri fiscal revient au ministre conservateur Jim Flaherty qui en a fait l'annonce dans le budget du 26 février 2008. Le CÉLI fait partie d'une série de mesures gouvernementales visant à relancer le taux d'épargne des Canadiens et à contrer les effets de la crise économique.

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Actionnaire activiste

Un actionnaire activiste est un actionnaire qui utilise la part du capital qu'il détient dans une société pour influer sur le management de l'entreprise. Il cherchera à s'assurer que les buts des dirigeants coïncident avec les siens et pourra donc essayer d'orienter l'activité de l'entreprise dans des directions variées; elles peuvent être financières (changements de structures de financement, réductions de coûts, versements de dividendes plus élevés, etc.) ou non-financières (désinvestissement de certains pays non démocratiques, adoption de politiques de développement durable, etc.).

En comparaison avec une offre publique d'achat, une politique activiste est nettement moins onéreuse puisqu'avec 10% des voix il est possible de peser sur la gestion de l'entreprise, d'autant plus quand le flottant est élevé.

Les actionnaires activistes peuvent agir par différents moyens : campagnes de publicités, adoption de résolutions en assemblée générale, négociations directes avec le management.

Parmi les fonds d'investissements américains connus pour leur politique activiste on peut citer Icahn Management LP, Santa Monica Partners Opportunity Fund LP and Relational Investors, LLC.

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Usufruit

Voici un pommier : lorsque je suis usufruitier, j'ai droit à la récolte des pommes, pendant toute ma vie.

L'usufruit est le droit de se servir d'un bien (habiter une maison, utiliser du mobilier...) ou d'en percevoir les revenus (par exemple encaisser des loyers, des intérêts ou des dividendes), sans pouvoir s'en désaisir.

L'usufruit est l'association de deux droits démembrés du droit de propriété : l'usus et le fructus. Il forme un couple avec la nue propriété, dont il est complémentaire, qui consiste en le troisième droit démembré de la propriété, le droit d'aliéner.

Il diffère de la propriété en ce qu'il ne donne pas le droit de détruire ou d'aliéner la chose. De plus, l'usufruit a nécessairement une durée, alors que le droit de propriété est imprescriptible.

L'usufruit est un droit réel (droit portant sur une chose) conférant le droit d'usage et le droit au fruit sur une chose appartenant à autrui. En droit français, l'usufruit est défini comme le droit de jouir des choses dont un autre a la propriété, comme le propriétaire lui-même, mais à la charge d'en conserver la substance.

L'usufruitier a donc l'usus et le fructus, mais son droit est limité par l'obligation de conserver la substance de la chose afin de la rendre à terme au nu propriétaire qui a gardé l'abusus, c'est-à-dire la capacité de vendre, de donner ou de détruire le bien.

Usus : est un mot latin qui signifie "usage" tout comme le mot "Fructus" qui signifie "jouissance". Ensemble ils composent le mot "Usufruit", qui signifie le droit d'utiliser et de jouir des fruits, c'est-à-dire des revenus d'un bien dont la "nue propriété" appartienne à une autre personne.

L'usufruitier doit entretenir le bien dont il bénéficie, et en assumer le coût. En france, le Code civil prévoit que le nu propriétaire doit assumer les « grosses réparations (...) à moins qu'elles n'aient été occasionnées par le défaut de réparations d'entretien », qui sont dues par l'usufruitier.

Une fois l'usufruit éteint, le nu propriétaire devient plein propriétaire.

De nombreux cas d'usufruit se rencontrent après succession.

Si un ou plusieurs enfants ne sont pas issus des deux époux, le conjoint survivant recueille la pleine propriété du 1/4 des biens.

En Belgique, le conjoint survivant a droit à l'usufruit sur la totalité de la succession du défunt.

L'usufruit se rencontre souvent également dans la planification successorale. Des parents veulent, pour des raisons fiscales, donner de leur vivant leur maison à leurs enfants mais veulent pouvoir continuer à y habiter et à en percevoir les loyers s'ils doivent la quitter. Une solution pour eux est de vendre ou donner la nue propriété de leur bien à leurs enfants.

Ce droit est transmisible c’est-à-dire qu'on peut le vendre, le céder, le donner, même l'hypothéquer.

L'usufruit sur une chose consomptible s'appelle quasi usufruit. L'usufruitier ayant, par hypothèse, consommé la chose, ne devra à terme qu'en rendre l'équivalent.

Prenons un exemple concret. Madame décède laissant son époux éploré, deux enfants inconsolables et un portefeuille mobilier composé d'actions, d'obligations et de participations dans un fonds de placement.

Dans cette hypothèse, nous admettons que la succession est régie par le droit français.

Avant cette décision, Monsieur aurait la moitié en usufruit de chaque élément composant le portefeuille. Chaque fois qu'une obligation arrivait à terme, cela provoquait une réunion de famille afin de décider le remploi qui serait fait du manteau. Le père, qui touche les intérêts, privilégiant un placement à haut rendement, les enfants, qui recevront le capital au décès de leur père, préférant les placements sans risque d'entamer le capital. En cas de blocage, la réunion de famille se prolongeait devant le juge.

Depuis cette décision, Monsieur gère tout seul le portefeuille, fait les remplois qu'il estime bons. Sa seule obligation est de garder un portefeuille équivalent en composition (actions/obligations...) et en valeur. Les enfants ne peuvent que surveiller la gestion de leur père et ont une action contre lui s'il met en danger le portefeuille désormais considéré comme un tout (universalité de fait) et non plus une juxtaposition de différents biens.

Note pour les sujets de droit belge : La Cour de cassation belge n'a pas (encore) suivi son homologue française. Il semble cependant possible de faire régir l'usufruit successoral sur un portefeuille mobilier par le quasi usufruit si on le prévoit dans un testament. La Cour d'Appel de Mons a validé un tel procédé.

L'usufruit éventuel se rencontre lorsqu'une personne acquiert l'usufruit d'une nue propriété.

Le cas se rencontre lors de successions.

Albert et Paola ont un fils, Philippe, lequel est marié avec Mathilde.

Albert décède. Sa succession est recueillie pour l'usufruit par son épouse, Paola, et pour la nue propriété par son fils Philippe. Philippe décède à son tour. Mathilde, son épouse, recueille l'usufruit de sa succession. Dans le patrimoine de Philippe, se trouve la nue propriété de la succession d'Albert. Paola, toujours en vie, jouit de son usufruit.

Dans ce cas, on dit que Mathilde a un usufruit éventuel sur la succession d'Albert. Si Paola décède avant Mathilde, cette dernière recueillera l'usufruit de la succession d'Albert. Cet usufruit n'est qu'éventuel car il dépend de l'ordre des décès futurs. Si Mathilde décède avant Paola, elle n'aura jamais eu d'usufruit.

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Prix Smith

Le Prix Smith est le nom des deux récompenses décernées annuellement à des étudiants chercheurs en physique théorique et en mathématiques appliquées à l'Université de Cambridge en Angleterre.

Ce prix annuel, décerné chaque année sauf en 1917, et partagé entre les deux junior Bachelors of Arts ayant réalisés les plus grandes avancées en mathématiques et en philosophie naturelle a été établi sur demande posthume de Robert Smith après sa mort en 1768 ; Smith avait légué 3500 livres sterling du capital de South Sea Company à l'Université, une partie des dividendes devant être dédiée au prix. Initialement le prix était décerné grâce à un examen écrit mais depuis 1885 il est décerné au meilleur essai. Le Prix Rayleigh est un prix additionnel décerné depuis 1911.

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Source : Wikipedia