Désamiantage

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Posté par marvin 19/03/2009 @ 05:07

Tags : désamiantage, amiante, polluants, environnement

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Amiante

Amiante fibreux sur de la muscovite.

L'amiante est devenu populaire parmi les industriels à la fin du XIXe siècle en raison de sa résistance à la chaleur, aux agressions électriques et chimiques, son pouvoir absorbant et sa résistance à la tension. Lorsque l'amiante est utilisé pour sa résistance à la chaleur et au feu, il est mélangé à du ciment ou entrelacé dans des tissus ou tapis. L'amiante est utilisé pour les patins de freins et les joints pour sa résistance à la chaleur, et a été utilisé pour les fours électriques et les installations électriques des plaques chauffantes pour ses capacités d'isolation électrique à forte température, et dans les bâtiments pour ses propriétés ignifuges, isolantes, sa flexibilité, sa résistance à la tension et sa résistance aux produits chimiques.

Ce matériau « miracle » est maintenant reconnu comme étant toxique. L'inhalation de fibres d'amiante est à l'origine de l'asbestose (fibrose pulmonaire) ; de cancers bronchos-pulmonaires, ainsi que de cancers de la plèvre (mésothéliome). Les victimes de ces pathologies sont principalement les « travailleurs de l'amiante », mais aussi des personnes exposées de manière environnementale. Depuis le milieu des années 1980 et 90, l'utilisations de l'amiante a été interdite dans de nombreux pays.

La masse volumique de l’amiante en fibres est de 1400 kg/m3 avec une conductivité thermique de 0,168 W/(m.K), et une chaleur massique de 1045 J/(kg.K).

L'amiante est un excellent matériau d'isolation thermique ignifuge. Les caractéristiques physicochimiques (point de fusion, résistance à la traction, stabilité chimique, aptitude au filage…) des amiantes en font un produit exceptionnel par rapport aux fibres artificielles comme la fibre de verre ou la fibre de roche et le kevlar.

Ce sont ses caractéristiques physico-chimiques de résistance et de persistance dans l'organisme, associées à une capacité à se fractionner en particules microscopiques pour atteindre les alvéoles pulmonaires, et même migrer jusqu’à la plèvre, qui rendent l’inhalation de particules d’amiante pathogène.

L’amiante est exploité dans des mines, il se présente sous plusieurs formes selon son origine. Par exemple les gisements du Québec sont riches en chrysotile, alors que l'on rencontre principalement de la crocidolite au Brésil. Aujourd'hui, les plus gros producteurs sont, par ordre d'importance, la Russie, le Kazakhstan, la Chine, le Canada, le Brésil et les Etats-unis. Une mine d’amiante a également été exploitée en Corse jusque dans les années 1965 sur la commune de Canari (Haute-Corse). En 1962, la production de ce gisement plaçait la France au septième rang des pays producteurs d’amiante. Actuellement, il subsiste une friche industrielle à l’emplacement de l’ancienne mine d’amiante, mais celle-ci serait en cours de sécurisation.

Les amiantes sont connus depuis plus de 2000 ans. Leurs propriétés exceptionnelles ne manquent pas d’intéresser les Grecs qui le nomment άσβεστος (asbestos, c’est-à-dire « indestructible ») mais aussi chrysotile, (fibre d’or, de χρῡσός, « or »).

L'amiante a été utilisé très tôt dans l’industrie pour l’isolation, les joints ou encore les garnitures de friction (embrayage et plaquette de frein). Le coût faible de production (environ 5 fois moindre que les fibres minérales artificielles) font que ce matériau a aussi été fortement utilisé, notamment dans le BTP entre 1960 et 1980.

L’application la plus répandue est l’amiante-ciment, qui représente 90 % de l’utilisation de l’amiante, produit très utilisé dans le secteur du bâtiment, qui a contenu de l’amiante jusqu’à fin 1996.

En 2005, une étude menée par l’inspection du travail, la Caisse nationale d'assurance maladie des travailleurs salariés (CNAMTS) et l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS) sur 784 chantiers de désamiantage en France a révélé que dans « 67% des cas, des anomalies plus ou moins graves ont été constatées, donnant lieu notamment à 41 procès-verbaux, 84 arrêts de chantiers, 6 injonctions et 390 courriers d’observations ». L’étude équivalente menée en 2006 sur 936 chantiers a révélé que 76 % des chantiers de désamiantage étaient non conformes à la réglementation. Elle a donné lieu à 86 arrêts de chantier. Les rapports du Sénat sur la question, en France, mettent en évidence le fait que si la réglementation existe, son application est très mal contrôlée : contrôles peu fréquents, sanctions peu dissuasives, sociétés de désamiantage perdant leur habilitation et qui renaissent sous un autre nom. Tout désamiantage ou démolition d’un bâtiment amianté doit faire l’objet d’un plan de retrait déposé à la Direction départementale du travail. En cas de désamiantage « sauvage », le recours consiste en un appel à l’inspection du travail pour faire cesser le chantier.

Dans certaines applications à haute température et de protection contre l’incendie, l’amiante peut être remplacé par le mica, grâce aux qualités de résistance à la chaleur et au feu, ainsi qu’aux propriétés d’isolant électrique, de ce matériau. Le mica ne présente aucun des risques liés à l’amiante ; c’est un matériau inerte, non toxique, se présentant sous forme de paillettes et non sous forme de fibres. L'amiante ne peut pas être remplacée dans tous les cas en raison de ses propriétés uniques.

Les caractéristiques physico-chimiques de l'amiante, associées à une capacité à se fractionner en particules microscopiques pour atteindre les alvéoles pulmonaires, et même migrer jusqu’à la plèvre, font que l’inhalation à fortes doses de particules d’amiante est pathogène.

Les pathologies peuvent se déclarer jusqu’à plus de cinquante ans après les premières expositions aux fibres d’amiante. Environ 125 millions de personnes sont exposées à l’amiante professionnellement dans le monde, et 90 000 en meurent chaque année.

Les plaques pleurales sont des lésions, le plus souvent asymptomatiques, de la plèvre pariétale qui apparaissent en général plus de 15 ans après la première exposition à l’amiante. En fonction de leur taille, de leur localisation et si elles sont calcifiées, elles peuvent provoquer des douleurs thoraciques. La question des plaques pleurales demeure toutefois controversée : véritable maladie pour les uns, en particulier les victimes et leurs associations, simple cicatrice pour les autres.

Constituent une pathologie à l’origine de douleurs, voire d’une altération de la fonction respiratoire.

L’asbestose et toutes les autres maladies qui en découlent seraient principalement dues à une inflammation chronique du poumon, avec accumulation de macrophages ayant phagocyté des fibres d'amiante.

Les cancers broncho-pulmonaires représentent la première cause de mortalité des sujets ayant été exposés à l’amiante. Le temps de latence entre la première exposition et le développement de la maladie dépasse en général 20 ans. Aucune particularité clinique ou radiologique ne les distingue des cancers broncho-pulmonaires d’autres origines et leur développement est indépendant d’une fibrose pulmonaire. Le risque d’atteinte tumorale est majoré par l’exposition à d’autres agents cancérogènes, le tabac, mais aussi des produits cancérogènes que l'on peut retrouver dans le milieu de travail. Pour un risque égal à 1, associé à une personne non exposée à l’amiante et ne fumant pas, ce risque est multiplié par 5 pour une exposition à l’amiante, par 10 pour un fumeur et par 50 pour un fumeur exposé à l’amiante. Il existe une relation dose/effet entre l’intensité de l’exposition à l’amiante et le risque de cancer bronchique, sans qu’il soit possible de proposer de valeur seuil. En l’état actuel des évaluations épidémiologiques, on estime entre 1 800 et 4 000, l’incidence annuelle de cancers broncho-pulmonaires attribuables à l’amiante.

Le mésothéliome, cancer de la plèvre ou, plus rarement, du péritoine, est spécifique de l'amiante et le pronostic est fatal assez rapidement. Lorsque le mésothéliome est découvert, la durée de survie est de 1 an. Il peut apparaître 20 à 50 ans après l’inhalation des fibres.

Les études épidémiologiques démontrent une augmentation significative des cancers digestifs, en particulier côlorectaux, avec le niveau d'exposition à l'amiante.

Les travailleurs qui sont exposés au risque de mortalité sont les personnels des mines et usines d’amiante, et les travailleurs impliqués dans le BTP et dans l’entretien et la réparation de lieux ou produits contenant de l’amiante. Les travailleurs indépendants, nombreux dans le secteur du BTP, souffrent en outre de moindre protection juridique . Ils ont souvent été exposés sans le savoir, en particulier, lorsque les risques de l’amiante étaient inconnus (c'est-à-dire bien avant la Seconde Guerre mondiale, le Royaume-Uni mettant en place une législation spécifique pour prévenir des risques contre l'amiante dès les années 1930).À titre d’exemple, en France, l’Institut de veille sanitaire (InVS) a estimé en 2007 que 50 % des artisans français mis à la retraite en 2004 ont été exposés à de l’amiante lors de leur vie professionnelle. Ceux qui ont fait l’objet de cette étude venaient des régions Aquitaine, Limousin et Poitou-Charentes, qui ne sont pas les plus industrielles. Ils travaillaient pour moitié dans le BTP, et pour le reste dans la réparation automobile, marine ou ferroviaire, la chaudronnerie, la ferronnerie, etc. Un bilan et un suivi médical ont été proposés aux artisans par le programme Espri (Épidémiologie et surveillance des professions indépendantes), pour éventuelle indemnisation. Cette étude a montré qu’une personne sur quatre lors du bilan présentait au moins une anomalie ou pathologie (généralement bénigne) pouvant être induite par l’amiante. L’InVS a recommandé l’extension du suivi à toute la France. La Haute et Basse-Normandie, le Nord-Pas-de-Calais et le Picardie devraient faire l’objet d’un suivi des artisans (volontaires) en 2008.

Aujourd'hui, analystes et commentateurs s'accordent à définir l'utilisation de l'amiante en France comme un scandale de santé publique . L'amiante a, en effet, été utilisé de manière très importante en France, notamment comme isolant dans les bâtiments publics et les habitations individuelles. Par ailleurs, les pouvoirs publics ont tardé, comparativement aux autres pays développés, à interdire son usage.

Le scandale n'a éclaté que tardivement, durant les années 1990. L'amiante n'a été longtemps pensée que comme un risque encouru par des travailleurs du bâtiment ayant été exposés à de fortes doses d’amiante pendant leurs années d’activité. C'est lorsque l'amiante a été alors perçue comme un risque environnemental menaçant toutes les populations que son usage intensif a été défini comme un problème majeur de santé publique. En cessant de n'être considéré que comme un risque professionnel, l'usage de l'amiante est ainsi devenu un scandale public . Le campus de Jussieu a été, en particulier, un des lieux symboliques des risques posés par l'utilisation de l'amiante en France, et de l'inertie des pouvoirs publics : la mobilisation du personnel de Jussieu fera prendre conscience à l'opinion publique que l'amiante représente un risque sanitaire majeur. Après d'importantes polémiques, Claude Allègre y voyant par exemple un « phénomène de psychose collective », son désamiantage a été décidé.

Le président Jacques Chirac décide d’interdire totalement l’amiante en 1997 et les pouvoirs publics mènent des chantiers de désamiantage de bâtiments publics. Par ailleurs, des procès ont lieu entre industriels et ouvriers qui condamnent les entreprises qui ont « mis en danger » la vie de leurs salariés en connaissance de cause.

Selon un rapport parlementaire, 35 000 décès survenus entre 1965 et 1995 seraient dus à des expositions aux fibres d’amiante et quelques dizaines de milliers de décès sont prévus entre 2005 et 2030.

L'amiante a été utilisé de manière très importante en France, notamment comme isolant dans les bâtiments publics et les habitations individuelles et nombre de processus industriels. On rencontre deux acteurs principaux, Eternit France qui exploitera le seul gisement d'amiante en France jusqu'en 1965, et Saint-Gobain qui sous le nom d'Everite fabrique du fibrociment. C'est en 1906, que Denis Auribault, inspecteur du travail, signale pour la première fois la forte mortalité des ouvriers exposés à l'amiante dans l'usine de Condé-sur-Noireau près de Caen. Il faudra attendre 1945 et le tableau 25 des maladies professionnelles "des affections professionnelles consécutives à l'inhalation des poussières de silice et amiantifères" pour une première reconnaissance des pathologies liées à l'amiante.

Jusque dans les années 90,les industriels de l'amiante regroupés au sein du Comité Permanent Amiante se sont largement employés, en l'absence d'une volonté politique des pouvoirs publics, à sous estimer les risques liés à ce matériau.

En 1996, l'Inserm évalue à 100 000 le nombre de décès liés à l'amiante en France entre 1995 et 2025. La même année se crée l'Andeva, l'association nationale des victimes de l'amiante, qui se porte partie civile et porte plainte contre X. Des procès ont lieu entre industriels et ouvriers qui condamnent pour "faute inexcusable de l'employeur" devant les tribunaux des affaires sociales et sanitaires, les entreprises qui ont « mis en danger » la vie de leurs salariés en connaissance de cause. Cependant le procès pénal de l'amiante n'a toujours pas été jugé treize ans après le dépôt de plainte. En 1997, le gouvernement français interdit l'usage des fibres d'amiante. La France dénombre déjà plusieurs dizaines de milliers de décès liés aux fortes expositions à l’amiante et les prévisions en termes de mortalité future tablent sur une centaine de milliers.

Les premières découvertes sur la nocivité de l’amiante sont faites par Lucy Deane en 1898, alors inspectrice du travail pour le gouvernement : elle en fait étudier la poussière et fait le lien entre la présence de ces particules dans l’environnement des travailleurs et leurs effets sur la santé,. Le docteur Montague Murray observe le premier cas de maladie des poumons due à l’amiante en 1899 ; il signale en 1906 la mort suspecte de plusieurs travailleurs de l’amiante. En 1931, une réglementation est mise en place pour protéger les travailleurs. Des études ont été faites dans les années 1950 et 1960, pour étudier la toxicologie de l’amiante.

En 1979, l’Allemagne interdit le flocage à l’amiante, à peu près à la même époque que les autres pays européens (1975 en Suisse et aux États-Unis, 1977 en France, 1978 aux Pays-Bas, 1980 en Belgique, 1985 au Royaume-Uni).

Dès 1962, la Commission européenne a adressé des recommandations aux six États membres de la Communauté économique européenne, en dressant une liste des maladies professionnelles. Celle-ci incluait le cancer du poumon, en signalant les dangers de l'amiante .En 1991, la Communauté européenne s'interroge sur l'interdiction mais en France, un lobbying intensif du Comité Permanent Amiante, contribuera grandement à geler la situation. Elle préconise, en 1966, de diffuser largement le rapport parmi le public concerné . L'interdiction totale de l'amiante n'a cependant été mise en place que par une directive de 2005 .En janvier 1978, le Parlement européen, dans une résolution, souligne le « caractère cancérogène » de l'amiante. En 1983, le Conseil de l'Union européenne adopte une directive concernant la protection des travailleurs contre les risques liés à une exposition à l'amiante pendant le travail (Directive 83/477/CEE) . Une directive interdisant la fabrication et la commercialisation de tous les types d’amiante, notamment la chrysotile, a été adoptée par l’Union européenne le 4 mai 1999. Cette interdiction intervenait alors que le litige opposant la France et le Canada devant l’OMC était toujours en cours. À cette date, l’Allemagne, l’Italie, le Danemark, la Suède. les Pays-Bas et la France avait déjà adopté cette interdiction. Elle n'est devenue effective au niveau de l’Union européenne qu'en 2005 . Suite à l'interdiction de l'amiante, le problème principal devient le désamiantage. En 2003, le Conseil prend une directive visant à protéger spécifiquement les travailleurs indépendants, nombreux dans le secteur du BTP, et qui disposent d'une moindre protection juridique face à ces risques .

La réunion de Rome, en octobre 2008, n'a pas inscrit l'amiante chrysotile dans la liste des produits chimiques dangereux établie par la Convention de Rotterdam. L'Inde, le Pakistan, le Vietnam, les Philippines et le Canada se sont opposés à cette inscription.

La polémique sur l'amiante se poursuit au Canada. Le gouvernement canadien est accusé par certains scientifiques de faire le jeu des producteurs d'amiante. L'Association médicale canadienne a titré un éditorial : "La mortalité liée à l'amiante, une exportation canadienne." Elle estime que "Le Canada est la seule démocratie occidentale à s'être constamment opposée aux efforts internationaux visant à réglementer le commerce mondial de l'amiante (...) en manipulant honteusement les connaissances scientifiques par des moyens politiques.".

Le gouvernement canadien est également accusé par l'Institut Rideau centre de recherche politique indépendant, de financer le lobby de l'amiante.

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Comité Permanent Amiante

Le Comité Permanent Amiante (CPA) est une ancienne organisation informelle française, qui s’est occupé de gérer les problèmes de santé publique posés par l'utilisation intensive de l'amiante dans les bâtiments.

En 1982, l'Association française de l'amiante, qui regroupe les industriels de l'amiante, crée le Comité Permanent Amiante. Ce comité, groupe informel, sans pouvoir et sans statuts, créé par Dominique Moyen, directeur général de l'Institut national de recherche et de sécurité, va de fait diriger la politique sanitaire française pour l'amiante. Ce comité comprendra le professeur Jean Bignon et son successeur le professeur Patrick Brochard qui dira par la suite s'être fait piéger : "On ne sait pas faire sans amiante... Tout le monde croyait les industriels". Ce comité, dont le financement sera entièrement dépendant des industries qui paieront entre autre tous les frais de déplacement, comprendra aussi des délégués des principaux syndicats qui défendront longtemps l'usage de l'amiante au nom de la préservation de l'emploi .

Pendant douze ans, la politique en matière d'amiante est entièrement confiée à ce comité.

Le Comité Permanent Amiante aurait cherché à mettre les professionnels en garde contre l'utilisation intensive de l'amiante en « flocage », cherchant aussi à promouvoir des méthodes « raisonnables » d'utilisation de l'amiante (par exemple, l'amiante-ciment), pourvu que les manipulations de cette matière première soient effectuées dans de très sévères conditions de sécurité.

En raison du « scandale de l'amiante » français, le gouvernement d'Alain Juppé a dissout ce comité, a interdit toutes les utilisations de l'amiante et a lancé de très coûteuses opérations de désamiantage dans des bâtiments publics (en particulier sur le campus de Jussieu).

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Scandale de l'amiante

Le scandale de l'amiante désigne la prise de conscience française d'abord dans les années 1970, puis dans les années années 1990, aux larges échos médiatiques, du problème sanitaire causé par l'exposition à l'amiante. C'est l'inhalation des fibres d'amiante qui est dangereuse. Elle produit une fibrose pulmonaire, l'asbestose, dans le cas de fortes expositions (travailleurs de l'amiante). C'est également un cancérogène, en cause dans les cancers bronchos-pulmonaires, et dans les cancers de la plèvre (mésothéliome ; ce dernier est considéré comme quasiment spécifique de l'amiante, et sert de marqueur statistique). Les populations concernées sont les travailleurs de l'amiante, les travailleurs du bâtiment (amenés à intervenir dans des bâtiments contenant de l'amiante), et de façon plus générale les populations exposées à l'amiante. Le risque est fonction de la durée d'exposition, de la quantité d'amiante inhalée, et se matérialise longtemps après l'exposition (en ce qui concerne les cancers autour de 30 à 40 ans).

Des procès ont lieu entre industriels et ouvriers. Selon un rapport du Sénat de 2005, l’utilisation de l’amiante est responsable de 35 000 décès survenus entre 1965 et 1995 en France, et pourrait causer de 65 000 décès à 100 000 décès entre 2005 et 2025–2030.

Le président Jacques Chirac a décidé d’interdire totalement l’amiante en 1997. Les pouvoirs publics ont par ailleurs engagé des chantiers de désamiantage de bâtiments publics.

Les métiers exposés au risque de l'amiante sont des métiers de travaux miniers, de fabrication de produits contenant de l’amiante, de raffinerie et pétrochimie (où l'isolation anti-incendie est très utilisée), du bâtiment et travaux publics (en particulier ouvriers d'isolation, de climatisation et de chauffage, de chantiers de retrait d’amiante, d'installation de protection anti-incendie), du travail du verre, de la métallurgie et sidérurgie.

La jurisprudence de la Cour de cassation sur la faute inexcusable de l'employeur, du 28 février 2002 a conduit à l'augmentation des recours devant les tribunaux et à une condamnation quasi systématique des employeurs.

Avec 71 procédures venant de toute la France (35 à l'instruction, 23 en enquête préliminaire et 13 en attente d'examen par le parquet), l'amiante est, de loin, le dossier le plus important du pôle de santé publique du tribunal de Paris en 2006.

En France, la jurisprudence de la Cour de cassation sur la faute inexcusable de l'employeur du 28 février 2002 a conduit à une augmentation considérable des recours devant les tribunaux et à une condamnation quasi systématique des employeurs.

Avec 71 procédures venant de toute la France (35 à l'instruction, 23 en enquête préliminaire et 13 en attente d'examen par le parquet), l'amiante est, de loin, le dossier le plus important du pôle de santé publique du tribunal de Paris en 2006. La mise en cause des industriels de l'ancien Comité permanent amiante pourrait être envisagée ainsi que des responsables sanitaires et administratifs.

La société Alstom Power Boilers a été condamnée en appel à 75 000 euros d’amende dans une affaire d'amiante, pour « violation manifestement délibérée d’une obligation réglementaire de sécurité ou de prudence », premier cas en France d'une condamnation pour une exposition à un risque et non pour dommage réalisé, certains salariés n'étant pas encore déclarés atteints de maladie due à l'amiante. L’un des anciens directeurs de l’usine a été condamné à 3 mois de prison avec sursis et de 3 000 euros d’amende pour « infraction à la réglementation générale sur l’hygiène et la sécurité ». Les 150 ex-salariés plaignant recevront 10 000 euros, soit au total plus de 1,5 million d’euros.

19 septembre 2006 : trois anciens directeurs de l'usine Ferodo Valeo de Condé-sur-Noireau sont mis en examen par les juges Marie-Odile Bertella-Geffroy et Didier Peltier pour blessures et homicides involontaires et non-assistance à personne en danger.

En France, Claude Allègre dénonça un « phénomène de psychose collective ». Selon le spécialiste de santé publique Jean de Kervasdoué, les chantiers de désamiantage pour enlever totalement les fibres est « coûteux et totalement inutile d’un point de vue sanitaire ; l'utilité s'il y en a une, est symbolique ». Selon lui, une même dépense investie dans des actions de santé publique aurait été « infiniment plus efficace ». Jean de Kervasdoué estime que l’État, en agissant ainsi, essaie de se laver du fait de n'avoir pas agi à temps, quand des personnes ont eu leur vie abrégée pour avoir manipulé l'amiante à bien plus hautes doses.

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Démantèlement du porte-avions Clemenceau

Le Q-790 (ex-Clemenceau) dans le Port militaire de Toulon (juillet 2004)

Le démantèlement du porte-avions Clemenceau a débuté avec sa vente pour démolition le 14 avril 2003. Retardé plusieurs années, l'opération, confiée à la société Able Ship Recycling, sur la rivière Tees (Royaume-Uni) commencera début 2009.

Le Clemenceau a effectué sa dernière sortie à la mer le 16 juillet 1997. Il a été désarmé le 1er octobre 1997. Il relevait depuis le 3 mars 1998 de la Majorité générale, puis du commandant de la Base navale de Toulon.

Alors qu'il était destiné à être démantelé en Espagne, il a été convoyé de façon irrégulière vers la Turquie. Lorsque cela a été constaté, la Marine nationale l'a récupéré à proximité de l'Italie.

Portant le no  de coque Q-790 depuis 2002, ce déchet industriel spécial est vendu pour démolition le 14 avril 2003 au consortium Ship Decomissioning Industries Corporation (SDI), administré par la société allemande Eckhart Marine GmbH, chargée de le désamianter et de le démanteler. La présence d'une grande quantité d'amiante (1000 tonnes) dans les gaines entourant toutes les sources de chaleur et dans les protections thermiques des soutes à munitions et à carburant a retardé son départ pour l'Inde pendant près de trois ans, en raison des obstacles juridiques dressés par un collectif de quatre associations — Greenpeace, l'Association nationale des victimes de l'amiante (ANDEVA), Ban Asbestos et le Comité anti-amiante —, qui jugeaient dangereux le transfert du navire.

Après le rejet par le juge des référés du tribunal administratif de Paris des requêtes de ces quatre associations l'ancien porte-avions a appareillé sans encombre du port de Toulon, le samedi 31 décembre 2005 vers 10 h du matin pour le chantier Shree Ram Vessels Scrap Limited d'Alang, en Inde, où il était prévu qu'il soit désamianté et démantelé, encadré par un dispositif de sécurité mis en place par la préfecture maritime. Il était harnaché à quatre remorqueurs de la marine nationale. Une fois au large, un seul d'entre eux, la Carangue, l'a pris en charge et l'a amené en haute mer avant de le remettre au remorqueur de la société SDI, chargée du désamiantage du vaisseau. Se déplaçant à la vitesse de cinq nœuds (environ 9 km/h), le convoi a été escorté par la frégate Aconit jusqu'au canal de Suez. Durant ce transit, des militants écologistes sont montés à bord et y ont manifesté leur opposition au transfert international de ce qu'ils considéraient comme un déchet.

21 janvier 2006 : Les autorités égyptiennes, après avoir bloqué le 12 janvier l'entrée du Clemenceau en attendant des précisions, ont fini par le laisser franchir le canal. Le coût du voyage aller serait de plus de 2,5 millions d'euros, notamment 45 000 euros par jour pour le remorqueur.

Le 15 février 2006, suite au refus de l'Inde d'accueillir le Clemenceau et à la décision du Conseil d'État français, Jacques Chirac, à la veille de sa visite en Inde, a ordonné le rapatriement de celui-ci à Brest en passant près de la Réunion en contournant l'Afrique pour un coût estimé à quatre millions d'euros. Le maire de Brest s'inquiète de la présence future de cette épave dans la rade.

Cette décision du gouvernement indien fait suite à une campagne d'ONG et en particulier de Greenpeace protestant contre l'exportation d'épaves amiantées des pays riches vers les pays pauvres. À la même période, un très gros vaisseau de transport de troupes britannique, le Sir Galahad, amianté comme tous les bâtiments de guerre de cette époque, est en train d'être découpé sur le même chantier indien après être passé lui aussi par le canal de Suez sans aucune protestation. Le 28 février 2006, dans un débat à la commission de la défense nationale de l'Assemblée nationale, les députés considèrent que la campagne contre le Clemenceau constitue une action d'intelligence économique . Cette action pourrait avoir un rapport avec un marché d'avions de chasse du gouvernement indien dans lequel le Rafale est en course.

Le 17 mai 2006, le Clemenceau retrouve Brest, le port où il a été construit cinquante ans plus tôt. Le jour même, la marine américaine coule l'un de ses porte-avions, l'USS Oriskany (CV-34), au large de la Floride pour en faire un récif artificiel.

La question de son démantèlement se pose alors avec insistance. De nombreux projets ont vu le jour, certains plus ou moins farfelus. Saint-Paul, qui n'est pas soumise à la convention de Barcelone, a vu certains de ses citoyens demander à s'approprier le navire pour le couler en rade de la ville et en faire un récif artificiel.

Le ministère français de la Défense a annoncé le 1er juillet 2008 que le démantèlement serait pris en charge par la société Able Ship Recycling, sur la rivière Tees (Royaume-Uni) après avis favorable de l' Environment Agency britannique, de la Direction régionale de l'Industrie, de la Recherche et de l'Environnement (DRIRE) de Bretagne puis de la commission interministérielle d'exportation des matériels de guerre. La livraison, prévue fin 2008, est retardée à début 2009, le temps de draguer la rivière Tees et de faire disparaitre de la coque des parasites absents du biotope britannique. Après ce grattage de la coque au mouillage par des plongeurs de la Marine nationale pour éliminer ces parasites, l'association écologiste Agir pour l'environnement et pour le développement durable (AE2D) portait plainte pour pollution de la rade, le grattage ayant, selon elle, entraîné au fond des fragments de peinture. Cette association est déboutée le 2 février 2009 par le juge des référés du tribunal administratif de Rennes, tandis qu'un article du Daily Telegraph remet en cause la plupart des arguments soulevés par les écologistes français dans leurs procédures judiciaires destinées à empêcher le départ de l’ex-Clemenceau. Le lendemain, 3 février 2009, la coque du Clemenceau quitte Brest puis est remise au remorqueur océanique Anglian Earl.

Dès réception, Able Ship Recycling aura 12 mois pour réaliser le démantèlement. Le taux de recyclage devrait être de 92%. Après installation en cale sèche, la plus grande au monde, le demantèlement se réalise en deux étapes : la dépollution d'une durée de 5 mois, pendant laquelle sont retirées les 700 tonnes de matériaux contaminés à l'amiante ; la démolition d'une durée de 9 mois. Les matériaux amiantés seront ensevelis dans une décharge située près du chantier et la ferraille (environ 24 000 tonnes), devrait être achetée par l'usine Corus, filiale de l'indien Tata Steel.

Les enquêteurs soupçonnent que le gérant de Technopure, société qui a effectué la première tranche du désamiantage du Clemenceau entre 2004 et 2005 à Toulon, a payé le responsable de la SDIC pour obtenir ce marché via un réseau de fausses factures.

Mis en examen pour « corruption active de personne privée, faux et usage de faux », Jean-Claude Giannino, le gérant de la société Technopure qui a participé au désamiantage du navire, a reconnu avoir versé 185.000 euros à Briac Beilvert, responsable parisien de la SDIC (Ship Decommissioning Industries Corporation, filiale d'Eckhart Marine), société sous contrat avec l'État pour le démantèlement et le désamiantage du navire. Briac Beilvert a été mis en examen pour « recel d'abus de biens sociaux, escroquerie et corruption passive de personne privée » le 13 juillet 2007.

Deux autres hommes, Jean-Pierre Fumenier et Jean-Gilbert Zozor, adjoint aux sports du maire UMP d'Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône) Maryse Joissains-Masini, soupçonnés d'avoir participé à ce schéma de corruption en surfacturant du matériel à Jean-Claude Giannino, ont également été mis en examen dans cette affaire.

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Tour Montparnasse

L'axe créé par la tour Montparnasse et la tour Eiffel débouche sur le quartier de la Défense.

La tour Maine-Montparnasse, plus communément appelée tour Montparnasse, est un immeuble de bureaux de grande hauteur (210 m) construit dans le sud-ouest de Paris, par les architectes Roger Saubot, Eugène Beaudouin, Urbain Cassan et Louis Hoym de Marien.

À sa construction, ce gratte-ciel était le plus haut immeuble de bureaux d'Europe, et l'est resté pendant près de vingt ans, jusqu'à la construction de la Messeturm à Francfort en 1990.

En 2006, il demeure cependant le plus haut de France, même si la rénovation de la tour Axa (225 mètres à terme), la construction de la tour Generali (318 mètres) et la construction de la tour Unibail (la tour Phare) devraient le dépasser d'ici quelques années.

La tour Montparnasse est implantée dans le quartier Necker, à l'est du 15e arrondissement, à la limite avec le 14e (plus précisément le quartier du Montparnasse dont elle tire son nom) et avec le 6e.

Elle s'insère dans le prolongement de l'axe créé par le palais de Chaillot, le Trocadéro, la tour Eiffel, le Champ-de-Mars et l'École militaire, en parallèle avec l'axe historique.

Elle dispose du Cedex 75 755, et son adresse postale officielle est le 33 avenue du Maine. Toutefois, elle est également encadrée par les rues du Départ et de l'Arrivée, le boulevard du Montparnasse et la place du 18 juin 1940.

Elle est séparée de la gare de Paris-Montparnasse par la place Raoul Dautry.

Elle est desservie par de nombreuses lignes de bus, et par la station de métro Montparnasse - Bienvenüe, sur les lignes 4, 6, 12 et 13.

En 1934, l'ancienne gare Montparnasse apparaît mal adaptée au trafic. La ville de Paris envisage de réorganiser le quartier et de construire une nouvelle gare. Mais le projet, confié à Raoul Dautry (qui donnera son nom au parvis de la tour), rencontre de fortes oppositions et doit être mis en sommeil.

En 1956, à l'occasion de l'adoption du nouveau schéma directeur du plan de circulation de Paris, la Société d'économie mixte pour l'aménagement du secteur Maine Montparnasse (Semmam) est créée, ainsi que l'Agence pour l'opération Maine Montparnasse (AOM). Elles ont pour mission de réaménager le quartier, ce qui nécessite de raser de nombreuses rues, souvent délabrées et insalubres. Le chantier occupe alors jusqu'à 8 hectares.

En 1958, les premières études de la tour sont lancées mais le projet est vivement critiqué du fait de la hauteur du bâtiment. Une polémique commence et entraîne des ralentissements dans le projet.

Cependant, la reconstruction de la gare Montparnasse à quelques centaines de mètres au sud de l'ancienne et la destruction de la Gare du Maine, qui est incluse dans le projet immobilier de l'OAM, agence commune qui regroupe les quatre architectes : Urbain Cassan, Raoul Dautry, Eugène Beaudouin et Louis de Hoÿm de Marien, est réalisée de juin 1966 au printemps 1969 avec le concours de l'architecte Jean Saubot.

En 1968, André Malraux, alors ministre de la culture de Georges Pompidou qui soutient le projet, accorde le permis de construire de la Tour à l'AOM, Les travaux débutent cette même année.

C'est en 1969 qu'est finalement prise la décision de construire un centre commercial. Georges Pompidou, alors président de la République, souhaite doter la capitale d'infrastructures modernes. Et malgré une importante polémique, la construction de la tour peut démarrer.

C'est en avril 1970 que la première pierre est posée.

La tour Montparnasse est bâtie entre 1969 et fin 1972 sur l'emplacement même de l'ancienne gare Montparnasse et inaugurée en 1973. Le chantier nécessite le déblaiement de 420 000 m3 de gravats. Les fondations de la tour sont constituées de 56 piliers en béton armé s'enfonçant à 70 mètres sous terre. Pour des raisons d'urbanisme, la tour doit être construite juste au-dessus d'une ligne de métro ; et pour éviter d'utiliser le même appui et de le fragiliser, les structures du métro sont protégées par un corsage en béton armé. D'autre part, de longues poutres horizontales sont placées afin de permettre de dégager l'espace nécessaire en sous-sol pour aménager les voies pour trains.

La tour est inaugurée en 1973 et devient l'un des grands points de repère de la capitale.

Après sa construction, la tour fut vivement critiquée. Ses détracteurs la trouvaient (et la trouvent toujours) dérangeante à cause de sa hauteur disproportionnée par rapport au reste de la ville de Paris.

Ainsi ironise-t-on parfois quant au fait que son sommet offre la plus belle vue de Paris : c'est en effet le seul endroit d'où on ne la voit pas. (plagiant ainsi Tristan Bernard qui disait cela de la Tour Eiffel, dînant au restaurant de son premier étage).

En 1975, deux ans après la fin de la construction, la municipalité décida d'interdire la construction d'immeubles de plus de sept étages.

Ces critiques entrainent la question récurrente de sa possible destruction. Bertrand Delanoë, actuel maire de Paris, en fut un temps partisan. Bernard Debré, député UMP de Paris et un ancien candidat à la candidature de son parti pour l'élection municipale de 2007 la proposait dans son programme. Cette destruction semble peu probable et ne pourrait être qu'une décision des 300 copropriétaires de l'Ensemble immobilier tour Maine-Montparnasse (EITMM). Ils ont estimé le coût d'une démolition à 1 milliard d'euros avec l'indemnisation des propriétaires, le désamiantage et la dépollution et la démolition à proprement parler.

En novembre 2008, un vote effectué sur internet la place comme le deuxième édifice le plus laid du monde.

La tour compte 7 200 fenêtres pour 40 000 m2 de façade.

La tour est érigée au-dessus de plusieurs lignes de métro, dans un sol dit difficile constitué de calcaire, d’argile et de craie.

Les fondations de la tour sont constituées de 56 piliers de béton armé, dont certains atteignent 3,5 mètres de diamètre, descendent jusqu'à 70 mètres au dessous du niveau de la rue.

La tour Montparnasse mesure 209 mètres de haut, et sa base a la forme d'une amande de 50 × 32 mètres, avec une échancrure triangulaire à ses deux extrémités. Elle pèse 150 000 tonnes, compte 4 niveaux souterrains et 59 étages de 1 700 m2 en moyenne chacun, le tout surmonté d'une terrasse sur le toit, pour un total de 120 000 m2.

En plus de ses cinq monte-charges, le bâtiment compte 25 ascenseurs, chacun d'eux ne desservant qu'un groupe d'étages. Le plus rapide est celui qui relie sans escale le rez-de-chaussée au 56e étage, à une altitude de 196 mètres, en seulement 38 secondes (soit 5 mètres par seconde). Les derniers étages et la terrasse ne peuvent être atteints que par des escaliers.

Les différents éléments de cet ensemble sont interdépendants, reliés entre eux en sous-sol.

Les bureaux de nombreuses entreprises occupent la majeure partie de la surface : 90 000 m2 au total, sur 52 étages ; 5 000 personnes y travaillent en moyenne. Surface d'un étage : 1 700 m2 environ.

Le groupe AXA (6 étages), la banque Morgan Stanley (5 étages) et les assurances MMA (3 étages) comptent aussi par les principaux occupants de la tour.

Les seuls espaces ouverts au public sont la terrasse et le 56e étage. Ce dernier appartient à la société Montparnasse 56, qui gère également les visites. Entièrement rénové en 2005, il propose, en plus d'un panorama sur Paris au travers de larges baies vitrées, un espace d'exposition et des bornes interactives sur la ville et son histoire.

Le groupe Elior loue une partie de cet étage pour son restaurant gastronomique le Ciel de Paris. Un salon appelé Espace 56 est également disponible à la location pour l'organisation d'événements privés : séminaires, conférences, mariages, réceptions, etc. ; il sert aussi de boîte de nuit.

Il est souvent dit qu'à son sommet, des conditions météorologiques favorables permettent de voir jusqu'à 40 kilomètres de distance, et notamment d'apercevoir les avions décoller de l'aéroport d'Orly (situé à plus de 13,5 kilomètres à vol d'oiseau).

Quoiqu'il en soit, ces services font de la tour une attraction pour environ 600 000 visiteurs par an, dont une majorité d'étrangers (74 % en 2005, principalement des Européens), la plaçant parmi les quinze monuments parisiens les plus visités, et octroyant à la société Montparnasse 56 un chiffre d'affaires de 3,8 millions d'euros pour l'exercice 2005 et une fréquentation en hausse.

François Mitterrand y a installé pendant un mois le quartier général de sa campagne pour l'élection présidentielle de 1974.

Le RPR y a siégé à ses débuts, en 1976-1977.

Les rambardes de la terrasse, qui protègent les visiteurs d'une chute, peuvent basculer à l'horizontale vers l'extérieur grâce à des vérins hydrauliques ; 120 secondes suffisent alors à transformer le toit en hélisurface temporaire.

La rumeur veut que des remises de rançon aient eu lieu par ce biais dans les années 1990. Plus récemment, en 2004, le groupe AZF, qui tentait d'extorquer des fonds à l'État français en menaçant de faire exploser des bombes sur le réseau ferré, a demandé que la rançon soit remise par hélicoptère. Ce dernier, un biplace civil à bord duquel les sacs contenant l'argent devaient être chargés de manière bien visible, devait décoller du sommet de la tour et rester quelques minutes à tourner au-dessus en guise de signal, avant de recevoir par téléphone les instructions permettant de savoir où livrer les sacs dans un rayon de 120 kilomètres aux alentours.

Les pilotes rappelèrent cependant que les vents violents qui soufflent à cette altitude empêcheraient le vol stationnaire. Le Ministère de l'Intérieur, qui utilisait les petites annonces du quotidien Libération pour communiquer avec le groupe, le fit donc savoir le 24 février en précisant (en langage codé) que « pour assurer réussite, l'oiseau doit s'envoler d'ailleurs ».

La présence d'amiante dans des locaux techniques, notamment aux 15e, 42e, 57e et 58e étages, a été révélée en mars 2005. Cette contamination, à un niveau tel que la réglementation en vigueur impose un désamiantage immédiat, pose un grave problème technique et économique aux gestionnaires de la tour.

Les baies vitrées ne peuvent pas être ouvertes, et la terrasse est en retrait de plusieurs mètres par rapport au bord de la tour. Aussi faut-il accéder à la coursive du 58e étage pour avoir la possibilité de se jeter dans le vide du haut de la tour. Or elle n'est pas ouverte au public, et elle est protégée par d'importantes grilles de sécurité.

En 2003 sort un roman de Frédéric Beigbeder intitulé Windows on the world.

Son action se déroule lors des attentats du 11 septembre 2001 qui ont détruit le World Trade Center, à l'époque le plus haut gratte-ciel new-yorkais, et relate en particulier les derniers moments des clients du Windows on the World, le restaurant éponyme qui se trouvait au sommet de la tour nord.

À cela se mêle un autre récit, dans lequel le narrateur prend un café au sommet de la tour Montparnasse un an après ces évènements, créant ainsi un parallèle ; l'auteur lui-même y serait d'ailleurs monté pour se mettre en situation.

La tour a failli être touchée par un attentat d'Action directe en 1986. En effet, le groupe terroriste menaçait la Société le Nickel (SLN)- filiale du Groupe Eramet - qui exploite le nickel de Nouvelle-Calédonie. Or la SLN avait des bureaux au 52e étage de la tour, ce qui est encore le cas en 2009.

Maxime Frérot, membre du groupe, avait donc dissimulé 11 kilogrammes de tolite dans le faux plafond des toilettes de ces bureaux, dans le but de les amorcer ultérieurement. Mais les policiers purent les découvrir à temps, grâce aux révélations qu'a faites Joëlle Crépet, l'une de ses complices, après avoir été arrêtée.

Selon un expert en explosifs du laboratoire central de la préfecture de police de Paris, l'explosion de cette charge aurait certes fait des dégâts, mais la structure de l'édifice aurait pu y résister, et il ne se serait pas effondré.

Le 13 novembre 2006, la tour a été victime d'une fausse alerte à la bombe ayant entraîné l'évacuation des quelques 3 000 personnes qui étaient alors présentes, et une inspection par des démineurs et des policiers cynophiles.

La première ascension de la Tour Montparnasse date de 1975. Elle a été réalisé par une cordée dont le leader est le grimpeur libériste pionnier, guide de haut-montagne, Jean-Claude Droyer.

Alain Robert, le grimpeur urbain surnommé l'« homme araignée », l'a gravie à mains nues à trois reprises, la première datant du 17 janvier 1995, après une heure et vingt minutes d'efforts, et par un vent d'une vitesse supérieure à 100 kilomètres/heure. Le but se voulait humanitaire : il s'agissait d'attirer l'attention sur le sort des sans abris. Le journal de rue Le Réverbère était présent, vendant des exemplaires sur le parvis de la tour. La fondation Emmaüs de l'abbé Pierre devait également y participer, mais a reculé au dernier moment devant le caractère illégal de l'opération.

C'est le 22 septembre 2004 à 12:30 qu'il l'a escaladée le plus récemment, pour faire la promotion de son second livre L'homme-araignée qui sortait le lendemain. À l'issue de cette ascension, qui a duré cette fois moins de 45 minutes, il a été interpellé par la police avant d'être remis en liberté. La sécurité de la tour, qui avait refusé de lui accorder l'autorisation de l'escalader, a déposé une plainte pour « dégradations ».

Certains adeptes de base jump sont parvenus à déjouer les services de sécurité et à sauter en parachute du haut de la tour.

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Source : Wikipedia