UNICEF

3.4031339031393 (702)
Posté par marvin 10/03/2009 @ 02:08

Tags : unicef, onu, organisations internationales, international

Dernières actualités
Afghanistan - L'Unicef s'inquiète de la mortalité infantile - France Soir
Sur les quatre premiers mois de l'année, les Nations unies pour l'enfance (Unicef) ont relevé 73 incidents impliquant des écoles, dont des incendies, des explosions, des attaques et des menaces, qui ont coûté la vie à 27 personnes....
Mimie Mathy, ambassadrice de l'Unicef France - Unicef France (Communiqué de presse)
L'Unicef France fête les 20 ans de la Convention des droits de l'enfant et nomme une nouvelle ambassadrice. Le 19 mai 2009 marquait pour l'Unicef France le coup d'envoi de deux événements majeurs : le lancement d'une campagne consacrée au vingtième...
En France, l'inquiétant durcissement de la justice des mineurs - La Croix
L'Unicef-France a fait part également depuis plusieurs mois de ses inquiétudes sur ces évolutions de la justice des mineurs et a remis pour la première fois un rapport au même Comité des droits de l'enfant. Ce document tire la sonnette d'alarme non...
Adriana Karembeu - “Je compte sur la générosité de tous” - France Soir
Il travaille pour l'Unicef et je l'admire tellement pour son approche qu'il a avec les gens. C'est magique. Avez-vous un message à faire passer pour ces journées de quête ? Pendant cette période de crise, je sais que c'est vraiment dur pour tout le...
Somalie : L'UNICEF condamne le pillage de ses stocks par des milices - ONU (Communiqué de presse)
21 mai 2009 – Le pillage et la destruction des stocks de l'UNICEF à Jowhar (Somalie) par des miliciens mettent en danger son programme d'assistance à quelque 130.000 enfants mal nourris et la vaccination d'1,2 million d'enfants....
Zazie bientôt en concert pour une bonne cause - Plurielles
Artiste engagée, Zazie ne rate pas une occasion de mettre son talent au service d'une bonne cause comme en témoigne sa participation au concert unique donné le 27 mai au Grand Rex pour l'UNICEF Cuba. C'est aux côtés de Florent Pagny, Yannick Noah,...
Sri Lanka. Trente-sept ans de conflit, au moins 70 000 morts - Ouest-France
En huit ans, près de 6 000 adolescents auraient ainsi été embrigadés, selon l'Unicef. En 2003, les Tigres ont annoncé qu'ils renonçaient à cette pratique. Mais plusieurs organisations (dont l'Unicef et Human Rights Watch) en doutent fortement....
Election de la Tunisie au Conseil d'administration de l'UNICEF - Babnet
Lors de la session d'organisation du Conseil Economique et Social des Nations Unies (ECOSOC) qui s'est tenue, à New York, les 18 et 19 mai 2009, la Tunisie a été élue membre du Conseil d'Administration du Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF)...
L'Unicef recommande aux Philippines de réduire sa mortalité maternelle - Romandie.com
MANILLE - Le Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef) a fortement recommandé vendredi au gouvernement philippin de faire davantage pour réduire le taux élevé de mortalité maternelle de ce pays de l'Asie du Sud-Est. Une femme meurt toutes les...

Unicef

Drapeau de l'UNICEF

Le Fonds des Nations unies pour l'enfance (ou Unicef, United Nations Children's Emergency Fund en anglais) est une agence des Nations unies (ONU) consacrée à l'amélioration et à la promotion de la condition des enfants. Son nom était originellement United Nations International Children's Emergency Fund, dont elle a conservé l'acronyme. Il a reçu le prix Nobel de la paix en 1965. L'UNICEF a activement participé à la rédaction, la conception et la promotion de la convention universelle des droits de l'enfant, adoptée suite au sommet de New York en 1989. Le revenu total pour UNICEF en 2006 a été de 2781 millions de dollars. Ann Veneman, une femme politique américaine républicaine, est directrice exécutive de l'UNICEF depuis mai 2005. Elle a succédé à Carol Bellamy (1995/2005), à James Grant et au franco-américain Maurice Pâte.

En 1946, les Nations unies créent l'Unicef pour fournir une aide d'urgence aux enfants menacés par la famine et la maladie après la Seconde Guerre mondiale.

En 1950, l'Assemblée générale des Nations unies élargit le mandat de l'UNICEF aux enfants et familles des pays en développement.

En 1953, l'Unicef s'intègre de façon permanente au système de l'ONU. Cela devient une garantie pour son action. Elle lance des campagnes contre les maladies qui touchent les enfants.

En 1959, l'Assemblée générale de l'ONU adopte une Déclaration des Droits de l'Enfant qui devient un point de référence central pour l'Unicef.

En 1965, l'Unicef reçoit le prix Nobel de la paix pour son travail accompli.

En 1979, durant l'Année internationale de l'Enfant, l'Unicef se sent confirmée dans son action pour tous les enfants en difficulté, qu'ils soient de pays en développement ou de pays développés.

En 1989, l'Assemblée Générale des Nations unies adopte la Convention des Droits de l'Enfant qui entre en vigueur en 1990. Elle devient le traité reposant sur la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme le plus largement accepté.

Par ailleurs, les comités nationaux s’élèvent au nombre de 37, répartis dans chacune des différentes régions.

Outre le centre de recherche Innocenti basé à Florence (Italie), l'UNICEF dispose de trois centres d'approvisionnement, situés à Johannesburg, Dubaï et Panama, qui permettent d'assurer le bon fonctionnement de son appareil logistique. La gestion de ces centres est réalisée depuis le centre d'entreposage de Copenhague.

Le Président du Comité français pour l'UNICEF est Jacques Hintzy. Le directeur général de l'Unicef en France est Gérard Bocquenet depuis janvier 2008. Pour promouvoir son action auprès du public et lui permettre de faire appel au don en confiance, le comité national Unicef France, en tant qu’association, adhère au Comité de la Charte.

Les autres priorités traitent de la place de l'enfant dans la famille, de la pratique sportive...

Selon l'UNICEF, l'éducation est un outil qui a prouvé son efficacité sur l'amélioration des conditions de vie de tous, et donc des enfants. L'éducation des jeunes femmes a des effets spectaculaires sur les générations présentes et futures, notamment dans certains domaines d'action de l'organisation : la mortalité infantile, la place de l'enfant dans la famille, la vaccination et la protection de l'enfance.

Entre 2002 et 2005, l'UNICEF a décidé d'accélérer l'intégration scolaire des filles dans 25 pays-cible.

Selon l'UNICEF, la vaccination a des effets importants sur l'amélioration de la santé dans le monde lors des 20 dernières années. Cependant, chaque année, 2 millions d'enfants décèdent de maladies qui auraient pu être prévenues par des vaccins peu onéreux.

Les programmes de vaccination permettent en outre d'autres interventions telles que la distribution de compléments nutritifs, les traitements contre les maladies véhiculées par les moustiques. C'est l'addition de ces interventions qui rend particulièrement efficace, selon l'UNICEF, ces programmes.

Chaque jour, des enfants sont enrôlés de force comme soldats, travailleurs ou serviteurs. D'autres sont prostitués. Ces enfants, en plus de subir des violences physiques et/ou sexuelles et d'être exploités, sont les moins éduqués, en plus mauvaise santé et les plus pauvres. L'UNICEF appuie par ailleurs la mise en place des actions allant de la défense des enfants à la démobilisation des enfants soldats. La protection des enfants et des femmes embrasse également la question des OEV (Orphelins et enfants vulnérables) tout autant que la thématique cardinale de l'enregistrement des enfants. Sans acte de naissance, aucune pièce d'identité ne sera délivré à l'enfant, c'est alors l'accès de ce dernier à l'ensemble des services sociaux de base qui lui sera refusé.

En haut



Organisation des Nations unies

Dans ses opérations internationales, l'ONU utilise l'abréviation anglaise (UN) comme sigle distinctif

L'Organisation des Nations unies (ONU) est une organisation internationale dont les objectifs sont de faciliter la coopération dans les domaines du droit international, la sécurité internationale, le développement économique, le progrès social et les Droits de l'Homme. L'ONU est fondée en 1945 en remplacement de la Société des Nations, qui n'avait pas tenu son rôle en n'évitant pas la Seconde Guerre mondiale, pour mettre fin aux guerres entre les pays et pour fournir une plateforme de dialogue.

D'autres agences traitent de divers sujets spécifiques et constituent à cet égard le système des Nations unies. La figure publique la plus visible de l'ONU est le Secrétaire général qui est depuis 2007 le sud-coréen Ban Ki-moon.

En 2008, 192 États sont membres de l'ONU, soit presque tous ceux qui sont officiellement reconnus. De son siège qui se situe sur un territoire international dans la ville de New York aux États-Unis, l'ONU et ses agences spécialisées réparties dans d'autres États, prennent toute l'année diverses résolutions sur des sujets qui sont de leur domaine de compétence.

L'ONU est financé par des contributions volontaires et par les États membres, et a six langues officielles : l'arabe, le mandarin, l'anglais, le français, le russe et l'espagnol.

Là où la Société des Nations n'était qu'un espace de dialogue où les diplomates pouvaient se rencontrer pour établir des consensus, l'ONU peut, avec le Conseil de sécurité, prendre des décisions concrètes. Celles-ci peuvent déboucher, par exemple, sur l'autorisation d'employer une force armée - les fameux « casques bleus » - pour maintenir ou rétablir la paix.

L'ONU n'est pas un gouvernement mondial et ne légifère donc pas. Cependant, ses résolutions donnent une légitimité aux interventions des États et sont de plus en plus appliquées dans le droit national et international. Toutes ces actions se pérennisent au travers de la signature de traités ou conventions internationales entre les nations.

Les principaux travaux et débats sont interprétés ou traduits par écrit dans les 6 langues officielles de l'ONU : anglais, arabe, chinois, espagnol, français, russe, mais seuls l'anglais et le français sont les langues de travail du siège new-yorkais.

En plus de ces six organes principaux, l'ONU a créé au fil du temps de nombreuses agences spécialisées (comme l'OMS pour la santé ou l'UNESCO pour la coopération internationale en matière de développement de l'éducation, des sciences et de la culture mais aussi l'UNICEF pour les enfants).

Depuis l'adhésion du Monténégro en 2006, l'ONU compte désormais la quasi totalité des États du monde, soit 192 sur les 195 qu'elle reconnaît - les seuls États n'étant pas membres étant le Vatican (qui a cependant un statut d'observateur), les îles Cook et Nioué. Le Vatican est toutefois le seul État pleinement souverain et reconnu par les Nations unies qui n'en soit pas membre. Il n'existe aucun obstacle à son adhésion si les autorités vaticanaises souhaitent un jour rejoindre l'organisation.

Cependant, certaines entités prétendant à un statut d'État ne sont pas représentées à l'ONU (comme c'est le cas de la République de Chine ayant pour territoire Taïwan ou du Kosovo qui n'est reconnu que par certains pays), ou prétendant former des nations (comme l'Autorité palestinienne). Ainsi, contrairement à sa dénomination, c'est le statut d'État et non de Nation qui permet l'accès à l'Organisation.

Le financement de l'organisation des Nations unies et de ses agences spécialisées est assuré par les contributions obligatoires des pays membres et par des contributions volontaires de toutes organisations, entreprises ou encore particuliers (Ted Turner a par exemple fait un don de 1 milliard de dollars US).

Le budget ordinaire des Nations unies ( ~ 2 milliards de dollars en 2005), établi tous les deux ans, est basé sur les contributions obligatoires fixées par l'Assemblée générale. Pour des raisons d'indépendance, le niveau maximum de la plus grosse contribution a été fixé à 22 % (le seuil minimal est quant à lui de 0,01 % du budget global.

En 2005, la composition était la suivante : États-Unis (22 %), le Japon (19,5 %), l'Allemagne (8,6 %), la France (6,5 %), le Royaume-Uni (6,1 %), l'Italie (4,9 %), le Canada (2,8 %), l'Espagne (2,5 %), la République populaire de Chine (2 %), la Corée du Sud (1,8 %).

Les contributions obligatoires ne sont pas toujours remplies à temps par les États membres. Seuls 31 États sur 192 l'ont fait en février 2007. L'ONU étant de plus en plus souvent engagée dans des opérations de maintien de la paix dans le monde (objectifs qui n'étaient pas formellement prévus dans sa Charte), cela a un impact important sur son budget en raison du coût élevé de ces interventions. Le résultat est que les Nations unies ont une dette de plus de 2,5 milliards de dollars américains. Pour résoudre ce problème récurrent, de nombreux États souhaitent une réforme en profondeur des Nations unies de manière à réduire la lourdeur bureaucratique de l'Organisation.

Précurseur de l'ONU, la Société des Nations avait été introduite en 1919, suite au traité de Versailles et dans le but de conserver la paix. Elle n'a malheureusement pas joué pleinement ce rôle.

Les premières bases des Nations unies furent posées lors de l'élaboration de la Déclaration des Nations unies, qui fut signée le 1er janvier 1942 à Washington DC. L'expression Nations unies est due au président des États-Unis, Franklin D. Roosevelt ; elle avait pour but de signifier que des États avaient décidé de se réunir pour prévenir les conflits armés de manière à ce que des guerres telles que la Première et la Seconde Guerre mondiale ne se reproduisent plus jamais, ayant à l'esprit que ces guerres se sont produites deux fois en « l'espace d'une vie » comme le dit la Charte des Nations unies. Mais c'est avec la Conférence de Dumbarton Oaks à Washington DC et surtout la conférence de San Francisco en 1945 qu'ont été définis exactement le but et le fonctionnement de l'ONU.

Le texte fondateur de l'ONU est la Charte des Nations unies, elle fut signée à la fin de la Conférence de San Francisco par les représentants des 50 États fondateurs le 26 juin 1945. La Pologne, qui n'avait pas été représentée à la Conférence de San Francisco, la signa plus tard, mais elle fait néanmoins partie des 51 États membres originels, parce que son gouvernement en exil avait précédemment signé la Déclaration des Nations unies.

C'est le 24 octobre 1945, lors de la ratification par la majorité des pays signataires, que l'ONU naquit officiellement. Depuis, la Journée des Nations unies est célébrée le 24 octobre de chaque année.

La paix entre les nations est la mission fondatrice des Nations unies.

Le Siège des Nations unies, à la demande des parlementaires américains, fut construit à New York le long de l'East River sur un terrain acquis grâce à une donation de John Davison Rockefeller Junior. Il a été inauguré le 9 janvier 1951. Le siège des Nations unies jouit de certains privilèges diplomatiques. Propriété de l’Organisation des Nations unies, le site du Siège est territoire international. C'est-à-dire que, par exemple, aucun membre de la sécurité américaine ne peut y entrer sans la permission du Secrétaire général.

Cinq des six organes principaux de l'ONU sont localisés à New York. Seule la Cour internationale de justice (CIJ), de création plus ancienne, a son siège à La Haye aux Pays-Bas.

Avant 1950, l'URSS pratiquait la politique de la chaise vide pour contester la reconnaissance de la Chine nationaliste (Taiwan), au lieu de la Chine communiste (Pékin). À la suite de la Guerre de Corée, où les États-Unis ont pu faire reconnaître la Corée du Nord comme État agresseur et décider l'envoi de troupes sous l'égide des Nations unies, l'URSS s'est rendue compte qu'il était dans son intérêt de siéger et son représentant n'a plus jamais quitté son poste.

L'ONU est restée pendant très longtemps paralysée durant la guerre froide. Les deux superpuissances, les États-Unis et l'URSS étant des membres permanents du Conseil de sécurité, paralysèrent l'Organisation des Nations unies en abusant de leur droit de veto (il fut utilisé 242 fois en 45 ans).

Pour tenter de contrer cette paralysie, la résolution Acheson fut adoptée à l'initiative des États-Unis; elle permettait à l'Assemblée d'émettre des recommandations aux États membres de l'ONU. Cependant, celle-ci ne fut que très peu utilisée en pratique,.

Depuis la fin de la guerre froide, l'ONU se retrouve de plus en plus sur le devant de la scène pour prévenir ou régler les différents conflits, grâce à l'aide des casques bleus.

L'avenir de l'ONU passe de plus en plus par une réforme en profondeur de son fonctionnement. Jusqu'à maintenant, elle fut repoussée, mais le problème du budget (sa dette) et celui du fonctionnement du Conseil de sécurité (l'arrivée de nouveaux membres permanents et l'extension de son domaine de compétence) deviennent de plus en plus pressants.

Durant son mandat, l'ancien secrétaire général, Kofi Annan, a commandé de nombreuses études sur les voies à suivre pour réformer l'organisation. Mais, par manque de consensus au sein des membres permanents du Conseil de sécurité, elles sont pour l'instant restées lettre morte. En particulier, John R. Bolton, représentant permanent des États-Unis en août 2005, soutient une position ne faisant pas l'unanimité et gèle ainsi les possibilités de réforme.

Le 7 mars 2006, le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, a proposé, dans un rapport à l'Assemblée générale, aux États membres une vaste réforme de l'administration de l'ONU, attendue par les dirigeants mondiaux après que l'Organisation eut été secouée par une série de scandales. M. Annan a présenté une série de mesures allant de la délocalisation de certains services au renforcement du système de passation des marchés. Celui-ci a été ces dernières années mis à mal par le scandale du programme « pétrole contre nourriture » de l'ONU en Irak et lorsqu'une enquête interne a découvert des pratiques contestables dans le secteur du maintien de la paix, ayant occasionné des dizaines de millions de dollars de pertes pour l'Organisation.

Intitulé Investir dans l'Organisation des Nations unies pour lui donner les moyens de sa vocation mondiale, ce rapport de 34 pages reconnaît l'inadaptation des structures administratives actuelles aux défis que l'ONU est censée relever chaque jour, 61 ans après sa création. Il souligne l'augmentation vertigineuse, depuis la fin de la Guerre froide, des activités de terrain de l'ONU, notamment des opérations de maintien de la paix, qui absorbent plus de 70 % du budget de l'ONU, évalué à quelque 10 milliards de dollars, sans tenir compte des agences onusiennes (Unicef, PAM, PNUD…), qui ont un budget équivalent. M. Annan propose de « refondre complètement l'ensemble du secrétariat, ses règles, sa structure, ses rouages, pour qu'il soit mieux adapté aux réalités d'aujourd'hui » et de « remettre entièrement à neuf » l'ensemble de l'organisation.

En haut



Travail des enfants

Jeune enfant travaillant seule. Photographiée à Aït-Ben-Haddou, au Maroc, le 17 mai 2008.

Le travail des enfants est la participation de personnes mineures à des activités à finalité économique et s’apparentant plus ou moins fortement à l’exercice d’une profession par un adulte.

Au niveau international, l’Organisation internationale du travail (OIT) le définit en comparant l’âge à la pénibilité de la tâche, du moins pour les enfants de plus de douze ans (voir plus bas pour les détails).

En pratique, parmi les enfants travailleurs, on distingue le travail « acceptable » (léger, s’intégrant dans l’éducation de l’enfant et dans la vie familiale, permettant la scolarisation) et le travail « inacceptable » (trop longtemps, trop jeune, trop dangereux, etc.) ; c’est ce dernier que recouvre généralement la notion de « travail des enfants ». On estime qu’environ 350 millions d’enfants sont concernés dans le monde ; plus de 8 millions se trouvent dans une des « pires formes de travail des enfants » : enfants soldats, prostitution, pornographie, travail forcé, trafics et activités illicites.

Le travail des enfants est le sujet de nombreuses idées reçues dans le monde occidental, car il est surtout connu par les scandales médiatisés : un enfant au travail est vu typiquement comme un « enfant-esclave », dans un pays du tiers monde, employé dans un atelier textile asiatique pour une grande marque de vêtements ou enfant des rues en Amérique du Sud. En réalité, il y a des enfants au travail dans quasiment tous les pays du monde, y compris des pays développés comme l’Italie ou les États-Unis ; les usines et les ateliers textiles masquent le fait que plus des trois quarts de ce travail se trouve dans l’agriculture ou les activités domestiques, dans la sphère familiale ; et si les enfants-esclaves existent, ils ne forment qu’une minorité. Il existait aussi bien avant l’industrialisation ou la mondialisation, même si ces deux phénomènes ont rendu le travail des enfants plus visible.

Si l’élimination des « pires formes de travail » n’est pas discutée, l’abolition est en revanche un sujet de débat pour les autres enfants ; la lutte contre la pauvreté et les mauvaises conditions de travail reste un objectif commun aux « abolitionnistes » comme aux organisations plus pragmatiques. Depuis 1992, le programme IPEC tente de fédérer les actions entreprises.

Ces définitions sont essentiellement statistiques et ne servent pas à établir la limite entre un travail « acceptable » (au vu des conventions internationales) ou non. La convention no 138 de l’OIT sur l’âge minimum d’emploi de 1973 est le document de référence à ce sujet actuellement. Elle distingue un âge minimum général, un âge minimum pour les travaux légers et un autre pour les travaux dangereux. Elle distingue aussi les « pays où les services économiques et d’éducation sont insuffisamment développés » et les autres ; pour les autres pays, l’âge minimum général est de 15 ans ou l’âge de fin de scolarisation obligatoire s’il est plus élevé (14 ans dans ces pays en développement) ; pour les travaux légers, 13 ans (resp. 12 ans) ; pour les travaux dangereux, 18 ans, voire 16 ans selon certaines conditions (idem).

La convention no 138 de l’OIT impose de définir également les travaux « légers » et « dangereux ». D’après cette même convention, un « travail léger » doit être sans danger pour la santé et le développement de l’enfant et ne doit pas l’empêcher d’aller à l’école ou de « bénéficier de sa formation ». C’est ce que l’Unicef appelle childwork (ou « travail conforme aux normes de l’OIT ») : ces travaux sont souvent bénéfiques pour leur éducation. Dans les statistiques, cela est souvent simplifié pour devenir « un travail non dangereux prenant moins de 14 heures par semaine ». Les deux autres catégories de travaux sont les travaux dits dangereux et les « pires formes de travail des enfants » (en anglais : Unconditional worst forms of child labour).

Un « travail dangereux » est de façon générale ce qui peut « compromettre la santé ou la sécurité physique ou morale d’un enfant » ; plus précisément, cela inclut les métiers de la construction, dans les mines, avec certaines machines, au contact de pesticides, de plus de 43 heures par semaine, etc. : la convention OIT no 190 définit ces formes plus précisément, de même que les lois nationales.

L’Unicef retient la notion de child labour (ou « travail non conforme aux normes de l’OIT ») en y incluant les travaux dangereux (tous âges), les moins de 12 ans qui travaillent dans une des branches de l’économie et les travaux non dangereux effectués plus de 14 heures par semaine (12-14 ans).

Les « pires formes de travail des enfants » sont définies par la convention OIT no 182, article 2, et incluent le trafic d'enfants, le travail forcé ou en remboursement d’une dette, la participation des enfants à des conflits armés (en tant qu’enfants soldats mais aussi comme messagers, porteurs, etc.), l’exploitation sexuelle par la prostitution et la pornographie ainsi que les activités illicites comme le trafic de drogue (voir les détails dans la partie dédiée).

Il semble que les enfants aient travaillé depuis l’Antiquité, principalement aux champs avec leurs parents et en participant aux tâches domestiques. En Europe et en Amérique du Nord, la Révolution industrielle entraîne une prise de conscience de leurs conditions de travail et mène progressivement à une restriction du travail des enfants. Dans les pays actuellement « en développement », ce n’est qu’à partir de la mondialisation du XXe siècle qu’une véritable prise de conscience s’opère.

Le travail des enfants existe depuis l’Antiquité : l’enfance étant alors une période courte en raison de la faible espérance de vie, les jeunes filles sont mariées tôt (14 à 15 ans) et les enfants participent aux tâches domestiques et agricoles. Le cercle familial est le principal « lieu de travail », les enfants participant ainsi à l’économie du ménage. Si les garçons apprennent progressivement le métier du père, les filles sont éduquées à la tenue de la maison puis, à partir du Moyen Âge, sont employés dans l’artisanat à domicile, par exemple avec le tissage. L’éducation au Moyen Âge n’est guère répandue et reste réservée aux familles aisées. Toujours à partir du Moyen Âge, les enfants commencent à travailler hors du foyer pour répondre à la fois à la demande d’employeurs à la recherche de main-d’œuvre peu coûteuse et au besoin des familles pauvres de survenir à leurs besoins : les garçons sont affectés aux travaux des champs et les filles travaillent comme servantes.

Des contrats de travail apparaissent sous la forme de « contrats de louage » ou de placement comme apprenti dans les corporations des villes et ce dès 12 ou 13 ans. On trouve ainsi des enfants et adolescents sur les grands chantiers de construction, bénéficiant toutefois d’un salaire inférieur à celui d’un adulte quand ils en reçoivent un. Les enfants abandonnés et les orphelins (environ 2 000 abandonnés par an à Paris au début du XVIIIe siècle, 35 000 par an en France vers 1830) sont mis au travail par les institutions qui les recueillent, comme pour des travaux de couture vendus par la suite, mais aussi placés en apprentissage. Certaines mineures sont prostituées et des enfants vivent de la mendicité comme c’est parfois le cas actuellement.

À la fin du XVIIIe siècle, l’école reste toujours aussi peu répandue et les enfants sont couramment placés comme valets de ferme à la campagne (dès 9 ou 10 ans) ou comme domestiques en ville. On en rapporte ainsi plus de 120 000 à Londres dans les années 1850. Le travail informel se développe avec les grandes villes et l’on trouve ainsi de jeunes cireurs de chaussures, vendeurs de journaux, porteurs, éboueurs ; on trouve même des enfants dans les théâtres et les cirques à Paris. En l’absence de protection sociale, leur salaire sert de supplément à celui des parents et permet entre autres de subvenir à leurs propres besoins.

La Révolution industrielle survient tout d’abord au Royaume-Uni et en France à la fin du XVIIIe siècle et au début du XIXe siècle. Alors que les nombreuses manufactures, les mines ou les chantiers embauchent des ouvriers en masse, ceux-ci, le plus souvent avec de nombreux enfants et un faible revenu, encouragent leurs enfants à entrer avec eux à l’usine où ils effectuent les tâches subalternes dans les mêmes mauvaises conditions que les adultes. On trouve ainsi des enfants dans les cotton mills du Nord de l’Angleterre, dans les docks et les ateliers textiles des États-Unis ou dans les filatures françaises.

Le travail des enfants, avec celui des femmes, a trois avantages pour les industriels. Il permet de faire pression à la baisse sur les salaires des ouvriers adultes masculins ; il permet de livrer la famille entière au travail ouvrier, ce qui accélère la rupture avec le monde rural traditionnel ; enfin il fournit une main-d’œuvre plus abondante, permettant d’utiliser les machines à plein rendement.

La souplesse et la petite taille des enfants leur attribueraient des aptitudes que les adultes n’ont pas. Ils sont employés à des travaux très précis, ils peuvent tirer en rampant les berlines dans les boyaux des mines, nettoyer les parties les moins accessibles des machines ou encore rattacher les fils brisés derrière les métiers à tisser. Le travail est très précoce : les enfants de quatre ans sont assez recherchés afin d’être « formés » sur les machines dès qu’ils en ont l’aptitude physique.

En Angleterre, les paroisses, qui ont la charge du secours aux enfants déshérités, les vendent aux industriels, par l’intermédiaire de petites annonces dans la presse, lorsqu’elles ne souhaitent plus les secourir ou font face à des surplus d’enfants. Cette traite se fait souvent sans même l’avis des parents.

Le travail est non seulement très dur, mais les enquêtes de l’époque témoignent en outre de sévices infligés par des employeurs : les membres trop courts des enfants sont adaptés à la machine par des appareillages, ils sont fouettés lorsque la cadence de production se met à baisser. Ces conditions ont des conséquences sanitaires. Comme les femmes, les enfants travaillant dans le textile sont souvent frappés par la tuberculose, du fait de la poussière et de l’humidité. Ils subissent aussi l’asthme, les allergies diverses. Les enfants souffrent plus particulièrement de scolioses et de rachitisme. D’après une enquête de la British Association de 1878, les garçons de onze et douze ans des milieux ouvriers ont une taille en moyenne inférieure de 12 cm à ceux des milieux bourgeois et aristocratiques allant à l’école.

Au cours du XIXe siècle, l’importance du travail des enfants varie selon les secteurs et les périodes. Ainsi, si en Angleterre la part des enfants dans la main-d’œuvre de l’industrie cotonnière est de seulement 5 % en 1850, contre 13,3 % en 1834, elle remonte beaucoup à l’occasion des crises économiques (14 % en 1874). L'historien Howard Zinn précise qu'aux États-Unis en 1880, un enfant de moins de seize ans sur six travaille.

Où vont tous ces enfants dont pas un seul ne rit ? Ces doux êtres pensifs, que la fièvre maigrit ? Ces filles de huit ans qu’on voit cheminer seules ? Ils s’en vont travailler quinze heures sous des meules ; Ils vont, de l’aube au soir, faire éternellement Dans la même prison le même mouvement. Accroupis sous les dents d’une machine sombre, Monstre hideux qui mâche on ne sait quoi dans l’ombre, Innocents dans un bagne, anges dans un enfer, Ils travaillent. Tout est d’airain, tout est de fer. Jamais on ne s’arrête et jamais on ne joue. Aussi quelle pâleur ! la cendre est sur leur joue. Il fait à peine jour, ils sont déjà bien las. Ils ne comprennent rien à leur destin, hélas ! Ils semblent dire à Dieu : « Petits comme nous sommes, « Notre père, voyez ce que nous font les hommes ! » Ô servitude infâme imposée à l’enfant ! Rachitisme ! travail dont le souffle étouffant Défait ce qu’a fait Dieu ; qui tue, œuvre insensée, La beauté sur les fronts, dans les cœurs la pensée, Et qui ferait — c’est là son fruit le plus certain — D’Apollon un bossu, de Voltaire un crétin ! Travail mauvais qui prend l’âge tendre en sa serre, Qui produit la richesse en créant la misère, Qui se sert d’un enfant ainsi que d’un outil ! Progrès dont on demande : « Où va-t-il ? Que veut-il ? » Qui brise la jeunesse en fleur ! qui donne, en somme, Une âme à la machine et la retire à l’homme ! Que ce travail, haï des mères, soit maudit ! Maudit comme le vice où l’on s’abâtardit, Maudit comme l’opprobre et comme le blasphème ! Ô Dieu ! qu’il soit maudit au nom du travail même, Au nom du vrai travail, saint, fécond, généreux, Qui fait le peuple libre et qui rend l’homme heureux !

Si la révolution industrielle n'a peut-être pas accru le nombre d’enfants au travail – car nombre d’entre eux étaient auparavant affectés aux travaux des champs ou aux tâches domestiques – ce sont les nouvelles conditions induites par l'industrialisation et le développement d'une discipline du travail propre au fonctionnement des nouvelles fabriques qui en ont profondément affecté la nature. L’historien E. P. Thompson soutient que l’intensité du travail des enfants s’est considérablement accrue entre 1780 et 1840 et il précise : « Dans les fabriques, la main d'œuvre enfantine et adolescente augmentait tous les ans ; et, dans plusieurs métiers "indignes", la journée de travail s'allongeait et le travail s'intensifiait. » D’après Paul Bairoch, ils commencent à travailler plus jeunes, et les conditions de travail sont aggravées par l’absence des parents dans la mesure où les enfants ne travaillent plus pour leurs parents comme dans les sociétés traditionnelles. La durée du travail s’allonge (parfois à 16 heures par jour dans la première phase de l’industrialisation), pour des tâches monotones et répétitives, et ce pour des salaires dérisoires.

L’arrivée massive des enfants dans les usines rend bien visibles leurs conditions de travail misérables et surtout les expose grand jour. Des enquêtes permettent d’obtenir des évaluations du phénomène. La Statistique générale de la France de 1840 recense 130 000 enfants de moins de 13 ans dans les ateliers de plus de dix salariés, 20 % des mineurs de Carmaux sont des enfants en 1850 et vers 1840, les enfants forment 12 % des ouvriers de l’industrie. Les accidents dans les usines, les éboulements et les explosions dans les mines causent de nombreux blessés et morts et attirent l’attention du public.

Les premiers rapports émanent de médecins, d’inspecteurs ou d’élus décrivant les accidents et les conditions de travail des enfants. De même, les œuvres de Charles Dickens puis d’Émile Zola ont un certain retentissement ; le travail des enfants est utilisé pour dénoncer l’exploitation de la classe ouvrière (Karl Marx et Friedrich Engels, dans le Manifeste du parti communiste, prônent ainsi l’interdiction du travail des enfants). Une partie des industriels réplique que la petite taille des enfants leur permet d’effectuer certains tâches impossibles aux adultes (un point actuellement réfuté mais couramment admis à l’époque) et que l’emploi d’enfants leur évite de devenir des vagabonds, contribue ainsi à la paix sociale et aide les familles pauvres. Entre ces deux positions, la réglementation puis l’abolition du travail des enfants en Europe et en Amérique du Nord prend plus d’un siècle.

Le travail des enfants est d’abord réglementé avant d’être aboli. En Angleterre, le Factory Act de 1833 interdit, dans l’industrie textile, le travail des enfants de moins de 9 ans, et limite le temps de travail journalier en fonction de l’âge (10 heures pour les enfants de 9 à 14 ans, 12 heures pour ceux entre 14 et 18 ans) ; cette loi n’est élargie à l’ensemble des activités qu’en 1853.. En France, Villermé publie son Tableau de l’état physique et moral des ouvriers, tableau horrifiant des conditions de travail des enfants, tandis que Dupin écrit Du travail des enfants en 1840, ce qui mène à la loi du 21 mars 1841 portant l’âge minimum à 8 ans et limitant le travail de nuit. La durée de travail est aussi réglementée et la scolarisation obligatoire jusqu’à 12 ans mais ces mesures n’ont que peu d’effet, Villermé dénonçant des industriels qui cachent les enfants lors d’inspections. En 1874, une nouvelle loi limite l’emploi avant 12 ans. Aux États-Unis, certains états industriels comme le Connecticut ou le Massachusetts limitent la durée de travail à dix heures quotidiennes en 1843.

À la fin du XIXe siècle en Europe, l’âge minimum est encore de 9 ans en Italie, 10 ans au Danemark, 12 ans en Allemagne et aux Pays-Bas mais de 14 ans en Suisse. Le travail de nuit, les dimanches et les jours fériés est prohibé avant 16 ans dans de nombreux pays. L’âge minimum pour la descente dans les mines est en général de un à deux ans plus élevés. La durée de travail est ramenée à 6 heures en Angleterre avant 14 ans, 8 heures en Italie, 12 heures en Belgique.

L'arrivée de la scolarisation obligatoire est le facteur le plus décisif de la baisse du travail des enfants en Europe. L’école entre d’abord en conflit avec l’usine : pour les parents, la scolarité coûte cher tandis qu’avoir un enfant qui travaille améliore l’ordinaire ; pour les industriels, les horaires de l’école concurrencent les heures de travail autorisées. En France, il faut l’imposition de l’école primaire obligatoire de 6 à 13 ans par Jules Ferry en 1880-1881. Sa gratuité permet de changer les mentalités en faisant de l’école la norme, même pour les enfants d’ouvriers. Les allocations familiales octroyées en fonction de l’assiduité scolaire contribuent encore à cette généralisation, tout en compensant pour les familles pauvres la perte de salaire associée à la fin du travail. C’est aussi cette mesure qui a permis de réduire significativement le travail domestique et agricole des enfants, jusque-là invisible pour le législateur.

Les autres pays d’Europe et d’Amérique du Nord ont suivi des voies similaires tout en relevant l’âge minimum au cours du XXe siècle pour atteindre généralement 16 ans à la fin de la scolarité obligatoire (en France en 1959, aux États-Unis en 1938).

Si le travail des enfants existe toujours dans les pays développés, son incidence y est devenue et restée faible dans la seconde moitié du XXe siècle : l’OIT indique qu’environ 3 % des enfants des pays industrialisés sont « économiquement actifs ». En revanche, dans les pays en développement, l’incidence du travail des enfants reste élevée, faute d’un développement économique ou social comparable à celui de l’Europe ou des États-Unis. De même que dans ces pays, ce travail est resté en grande partie « invisible », souvent cantonné à la sphère familiale ou aux zones rurales.

La mondialisation a changé cet état et, à l’image de la révolution industrielle, a rendu plus visible ce travail et les conditions sordides qui l’entourent parfois. Dans les années 1980, certains scandales ont ainsi attiré l’attention du public occidental sur les enfants travaillant dans les ateliers de confection asiatiques (les fameux ateliers de misère ou « sweatshops ») ou sur les enfants des rues survivant de petits travaux. Certaines ONG, tant locales qu’internationales, se sont créées dans le but d’éliminer le travail des enfants. L’OIT a lancé le « Programme focal sur le travail des enfants » en 1992 et des campagnes ont été menées afin de pousser les entreprises européennes et nord-américaines ainsi que les multinationales à ne pas utiliser le travail des enfants. La première estimation globale du nombre d’enfants au travail paraît en 1996 puis est révisée en 2002. Cette estimation a permis de mieux saisir l’ampleur du phénomène ainsi que ses caractéristiques. Toujours en 2002, le 12 juin a été déclaré « journée mondiale contre le travail des enfants ».

La majorité des statistiques existantes sur le travail des enfants ne sont que des estimations en grande partie à cause du caractère informel et parfois illégal des activités concernées, de la confusion avec le travail des adultes et du fait que la plupart des activités aient lieu dans la famille. Elles proviennent de plusieurs sources : l'Organisation internationale du travail (et plus particulièrement le Bureau international du travail, BIT) a conduit deux évaluations au niveau mondial, l'une publiée en 1996 à partir de questionnaires effectués dans les années 1990 portant sur les 5 – 14 ans, l'autre une publiée en 2002 avec une méthodologie revue portant sur les 5 – 17 ans. Les chiffres sont souvent extrapolés à partir d’enquêtes de terrain et de questionnaires, ne donnant ainsi qu'une indication du nombre d’enfants concernés dans chaque pays et dans chaque secteur, mais ces indications sont tout de même utiles pour obtenir un ordre de grandeur du phénomène. L'OIT fournit ses données aux autres agences de l'ONU comme l'Unicef ou l'Unesco, ces estimations étant utilisées par de nombreuses ONG, des syndicats, des gouvernements ainsi que par la Banque mondiale et sont devenues la référence de facto. Des statistiques réactualisées ont été publiées en 2006 avec la même méthodologie qu’en 2002, permettant pour la première fois une comparaison.

D’autres estimations proviennent de l’Unicef, de la CISL qui tire ses données d’études effectuées par les syndicats locaux ainsi que d’ONG impliquées dans ces domaines comme Amnesty international pour les enfants-soldats, Anti-Slavery International pour l’esclavage d’enfants ou ECPAT pour l’exploitation sexuelle des enfants ; les gouvernements produisent également leurs propres estimations. L’OIT reste la seule organisation à avoir produit une méthodologie et des estimations globales, notamment grâce au projet SIMPOC (Statistical and Information Monitoring Programme) dans 29 pays différents et au programme IPEC (Programme international pour l'abolition du travail des enfants).

Dans son rapport de 2002, l’OIT donne ainsi le chiffre de 351,7 millions d’enfants entre 5 et 17 ans exerçant une activité en 2000, 23 % de cette tranche d’âge, dont 210,8 millions entre 5 et 14 ans (détails dans le tableau ci-dessous). Bien que ce chiffre représente près d’un quart des 5 – 17 ans, il est encore souvent considéré comme une estimation « minimale » en raison d’une part de l’invisibilité du travail domestique et d’autre part de la prudence de l’OIT dans sa méthodologie. Les filles représentent 47 à 50 % des enfants au travail selon les tranches d’âge, 45 % pour les travaux dangereux, mais sont davantage impliquées dans le travail domestique qui est moins visible.

Si le travail des enfants existe dans quasiment tous les pays du monde, c’est dans les pays en développement qu’il est le plus fréquent. En valeur absolue, c’est dans la zone Asie – Pacifique que se trouvent les plus d’enfants au travail avec 60 % du total mondial. En Inde, les estimations varient entre 16 millions d’enfants entre 5 et 14 ans (d’après les ONG locales) et 150 millions d'enfants actifs de moins de 18 ans ; la Banque mondiale retient une valeur de 40 millions et l’Unicef 60 millions. En termes de proportions, c’est l’Afrique sub-saharienne qui montre les taux les plus élevés, souvent liés à la pauvreté du pays : le Niger et le Sierra Leone affichent des taux de près de 70 % d’enfants au travail tandis que le Mali ou le Burundi approchent les 50 %. Le Proche et le Moyen-Orient ne sont pas épargnés, notamment en Irak suite à l’embargo et à la guerre de 2003 ou dans les territoires palestiniens occupés. En Amérique latine, le phénomène concerne près d’un enfant sur six.

Mais les pays développés — ainsi que les « économies de transition » — sont également concernés : 3 % des enfants de 10 à 14 ans sont économiquement actifs dans les pays industrialisés ce qui ne se limite pas aux petits « jobs » mais inclut également le travail au noir ou certaines des pires formes de travail (prostitution et trafics). Officiellement, l’Italie compte à elle seule 320 000 enfants au travail de 6 à 13 ans, nombre qui augmente de 50 % pendant la période estivale, tandis qu’en Grande-Bretagne, le Trades Union Congress estime que deux millions d’enfants travaillent régulièrement et de plus en plus souvent pour suppléer au revenu familial. Les États-Unis compteraient 5,5 millions de jeunes actifs durant l’été dont 800 000 dans l’agriculture. En Europe de l'Est, 4 % des 10 – 14 ans sont actifs, un million en Russie et près de 100 000 en Bulgarie.

Les activités exercées par les enfants varient selon les continents et les cultures ; la section suivante illustre les types de travaux possibles. Une constante demeure à travers l'histoire et se poursuit actuellement : les enfants au travail sont issus de familles pauvres, la pauvreté étant une des causes bien établies du travail des enfants. Très souvent, ils font aussi partie d’une classe sociale « basse » comme en Inde où les enfants au travail sont fréquemment des dalits ou d’une caste inférieure ; en Europe de l’Est, ils font souvent partie d’une minorité (comme les Roms) ; en Amérique latine comme en Afrique, les enfants des rues, plus vulnérables, sont davantage au travail. Cette vulnérabilité touche aussi les immigrants pauvres arrivant en Amérique du Nord ou en Europe.

Un autre point commun à ces enfants est de quasiment toujours travailler dans des secteurs de faible technologie (on ne trouve virtuellement aucun enfant dans les entreprises à haute technologie), et en particulier dans les secteurs où il y a un important besoin de main-d'œuvre, comme l’agriculture familiale, les grandes plantations ou les ateliers textiles. Dans les manufactures, il y a souvent besoin de main-d’œuvre peu qualifiée mais en grand nombre ; la recherche de main-d’œuvre peu chère conduit alors à utiliser le travail d’enfants.

Le classement du travail par type d’activité pratiquée peut être trouvé dans une étude de 1996 et répartit le travail des enfants en grands secteurs : 70,4 % dans l’agriculture, la chasse ou la pêche, 8,3 % dans le commerce en gros ou au détail ou dans la restauration et les hôtels, 8,3 % dans les manufactures, 6,5 % dans les « services communautaires, sociaux ou personnels », 3,8 % dans les transports, les entrepôts et la communication, 1,9 % dans la construction et 0,9 % dans les industries extractives (minières notamment). Les « pires formes de travail » sont traitées dans la partie suivante.

Ces résultats vont à l’encontre de l’image courante d’enfants travaillant majoritairement en usines ou en ateliers de confection : si cette activité existe, elle reste faible par rapport au travail dans la sphère familiale et dans l’agriculture.

Selon les pays, les enfants qui travaillent dans l’agriculture peuvent représenter 90 à 95 % des enfants au travail, la moyenne étant de 70 à 74 % ; la part des enfants augmente quand l’économie d’un pays est basé sur l’agriculture. On distingue les enfants qui travaillent aux champs avec leurs parents et ceux qui sont employés sur de grandes plantations ou exploitations. Le premier cas est fréquent dans les pays dont l’économie est essentiellement basé sur l’agriculture, les enfants sont alors souvent responsables de la garde du bétail et de petits travaux. Si les abus restent possibles, ils sont moins nombreux puisque les enfants restent dans le cadre familial. Leurs activités peuvent inclure la participation aux récoltes et à la pêche, parfois à la chasse, la garde des bêtes, le repiquage du riz ; les filles sont plus souvent chargées de chercher de l’eau, de s’occuper des bébés, de préparer les repas. Quand ces enfants vont à l’école, l’absentéisme augmente lors des récoltes.

Les enfants employés sur des plantations ont généralement des conditions de vie plus dures : leurs activités sont liées à celles de leurs parents qu’ils aident, pour la cueillette du thé, du café, pour l’entretien de plantes ou l’application d’engrais. Les techniques d’agriculture modernes exposent les enfants aux mêmes dangers que l’industrie en raison de la chaleur, de la poussière, des risques liés aux machines agricoles et des dangers représentés par les produits toxiques comme les pesticides. Cependant, les enfants des grandes plantations représentent moins de 5 % des enfants travailleurs. Les moins de 15 ans atteignent 25 à 30 % de la main-d’œuvre sur les plantations au Mexique, au Kenya ou au Brésil.

Si l’industrie n’est pas le secteur dominant, il est souvent le plus connu d’une part car il s’agit fréquemment de travail dangereux et d’autre part car c’est le travail d’enfants dans les manufactures de la révolution industrielle qui a rendu visible ce phénomène et a mené à sa réglementation. Dans les pays développés, c’est l’image la plus courante lorsque l’on évoque le travail d’enfants des pays en développement. L’emploi d’enfants en dessous de 12 ans n’est pas rare dans la construction pour les petites tâches de nettoyage et de transport ; c’était encore le cas en Europe du Sud (notamment en Italie) dans les années 1980.

Ce secteur inclut les manufactures et usines, les briqueteries, les chantiers de construction, les mines et carrières, mais aussi les ateliers textiles et les filatures, les tanneries, les poteries, les usines de savon, d’allumettes, voire de produits chimiques quand une extraction manuelle est requise.

Le secteur informel désigne les activités non réglementées, souvent de petite taille, effectuées par un individu ou une famille. Il est répandu principalement en milieu urbain où le chômage est important : dans les pays en développement, l’OIT estime qu’il représente 60 % de la main-d’œuvre urbaine et une part importante du PIB (25 % au Nigeria, près de 50 % aux Philippines). Il est intimement lié à l’exode rural et à la formation des bidonvilles. Les principales activités que l’on retrouve sont la vente à petite échelle (boissons, fruits, cigarettes), l’artisanat (réparations), les services (cirage de chaussures, lavage de voitures, ramassage d'ordures), le transport (conducteur de Rickshaw, porteur).

Ces travaux sont surtout destinés à la survie à court terme. Le secteur informel n’est pas sans lien avec le formel, par exemple lorsque des vendeurs de rue travaillent pour le compte d’un commerce, faisant ainsi partie de la chaîne de production. Le secteur informel inclut aussi les enfants des rues exploités pour la revente de drogue ou par la mendicité (ce qui concerne 600 000 enfants d’après l’OIT). Si nombre des enfants travaillant dans le secteur informel ont un foyer, ceux qui vivent dans la rue sont encore plus vulnérables ; l’Unicef estime ainsi que le nombre d’enfants des rues se compte par dizaines de millions dans le monde.

Le travail domestique est la forme de travail la plus cachée et la plus difficile à estimer puisqu’elle prend place au sein des foyers. Si l’implication d’un enfant dans les tâches domestiques est généralement considéré comme bénéfique et participant à son éducation, dans de nombreux pays, des enfants sont employés comme domestiques par une autre famille que la leur, voire sont exploités par leur propre famille ; ce dernier cas n’est toutefois pas inclus dans les enfants « économiquement actifs ».

Le nombre exact d’enfants dans ces conditions est inconnu : l’OIT avance un chiffre de plusieurs millions, en grande majorité des filles ; elle estime aussi qu’il y a plus de filles de 16 ans astreintes à un travail domestique que dans les autres formes de travail. Certaines évaluations permettent d’obtenir un ordre de grandeur : on parle ainsi de 482 000 enfants au Brésil, 300 000 uniquement à Dhâkâ, 700 000 en Indonésie, 200 000 au Kenya, 66 à 88 000 au Maroc, 200 000 en Haïti, etc.

Les raisons de l’entrée dans le travail domestique sont nombreuses : il est souvent perçu comme « normal » ou au moins ne posant pas de problème, il peut être institutionnalisé ou peut représenter une manière d’échapper à la misère comme pour les restavecs haïtiens, mais il peut aussi faire l’objet d’un trafic ou d’un remboursement de dettes (voir plus bas).

On estimait en 2002 que 8,4 millions d’enfants se retrouvaient dans une des « pires formes de travail » telles que définies par l’OIT (convention 182, article 3). Ce chiffre est cependant une estimation basse car seuls les pays effectivement inclus dans l’enquête ont été comptés sans extrapolation aux autres pays, et les critères choisis sont relativement stricts. Le nombre réel d’enfants dans ces conditions peut en réalité être bien supérieur. L’OIT classe ces formes en cinq catégories : le travail forcé, le trafic d’enfants, l’industrie du sexe, les conflits armés et les activités illicites.

Le travail forcé concerne environ 5,7 millions d’enfants dans le monde. Il se distingue des autres formes de travail des enfants par une certaine restriction des mouvements de l’enfant, une violence mentale ou physique, l’absence de consentement et / ou une forme de contrôle au-delà de la normale. L’esclavage va encore plus loin en réduisant la personne à l’état de marchandise appartenant à son « propriétaire ».

Si les estimations indiquent que la majorité de ces enfants se trouvent en Asie (5,5 millions), c’est aussi parce que les sources fiables manquent pour les autres régions, ce type de travail étant difficile à apprécier. Une autre raison est le caractère quasi institutionnel de la servitude pour dettes (bonded labour en anglais) comme le système de kamaiya au Népal : dans de tels systèmes, des parents peuvent placer un enfant dès 7 ou 8 ans pour un travail en usine afin d’obtenir un prêt ou de payer des dettes. Les différents rapports montrent que, dans la plupart des cas, ce travail tourne vite à l’esclavage.

D’autres situations similaires se retrouvent au Brésil avec les plantations de canne à sucre et les charbonniers. En 1993, des enfants de 4 ans avaient été reportés au travail dans une plantation de coton à Paraná. En Mauritanie, malgré l’abolition de l’esclavage en 1980, il reste encore environ 400 000 personnes d’Afrique noire servant d’esclaves à des Berbères, les enfants comme les adultes.

Le trafic d'enfants inclut « le recrutement, le transport, le transfert, l’abri ou la réception d’un enfant à des fins d’exploitations ». L’OIT estime que 1,2 million d’enfants subissent un tel trafic dans le monde dont 550 000 rien qu’en Amérique du Sud. Mais ce 1,2 million n’est pas compté dans le total des « pires formes de travail » afin d’éviter un double compte : les enfants trafiqués subissent en général une autre forme d’exploitation.

Le but du trafic dépend de l’âge et du sexe des enfants : les garçons sont généralement trafiqués pour du travail forcé dans de grandes plantations ou le trafic de drogue tandis que les filles sont plutôt destinées à l’exploitation sexuelle ou domestique. Les enfants peuvent aussi être exploités dans des réseaux de mendicité organisée, envoyés pour des réseaux d’adoption illégaux ou pour des mariages forcés. Les trafics s’opèrent aussi bien à l’intérieur des pays, qu’entre différents pays ainsi qu’à l’échelle mondiale. Les réseaux sont à la fois nationaux, continentaux ou mondiaux ; l’OIT a ainsi identifié quelques grandes routes de trafic international : Amérique latine → Europe et Moyen-Orient ; Asie → Europe et Moyen-Orient ; Népal et Bangladesh → Inde ; Myanmar et Laos → Thaïlande ; Afrique de l’Ouest → Nigéria ; Afrique australe → Afrique du Sud ; Europe de l’Est → Europe de l’Ouest.

D’après l’OIT, 1,8 million d’enfants sont impliqués dans le commerce sexuel mondial, la plupart entre 15 et 17 ans ; 750 000 se trouvaient en Amérique du Sud et Caraïbes, 590 000 en Asie / zone Pacifique et 420 000 dans les pays développés. Les formes de travail sont diverses : pornographie juvénile, prostitution, trafic sexuel et / ou tourisme sexuel. 98 % des enfants concernés sont des filles.

L’exploitation sexuelle des enfants apparaît dans les médias à l’occasion de scandales sur le tourisme sexuel, organisé en général pour des hommes venant de pays développés vers la Thaïlande, la République dominicaine ou le Brésil entre autres pays. Mais l’exploitation sexuelle est aussi organisée localement : aux États-Unis, on estime à plus de 100 000 le nombre d’enfants prostitués. L’exploitation sexuelle peut être liée à d’autres formes d’exploitations : les fabriques indiennes de tapis citées plus haut sont connues pour servir de centres de recrutement pour des maisons closes. Les enfants prostitués sont exposés aux maladies sexuellement transmissibles, aux grossesses non désirées, aux drogues. Ils souffrent également de stigmatisations dans le reste de la société, et sont parfois même considérés comme « illégaux » et traités comme tels par les forces de l’ordre, par exemple quand le racolage est interdit.

La prostitution d’enfants répond à une demande, entretenue par des superstitions (avoir une relation sexuelle avec un enfant entretiendrait la virilité) et la crainte du sida (les enfants sont supposés être moins contaminés que les adultes, supposition souvent fausse).

La pornographie enfantine est définie par les Nations Unies comme « toute représentation, par quelques moyens que ce soit, d’un enfant s’adonnant à des activités sexuelles explicites, réelles ou simulées, ou toute représentation des organes sexuels d’un enfant, à des fins principalement sexuelles », dans le protocole facultatif à la Convention des droits de l’enfant. Le développement d’Internet a aussi accru la demande pour ce type de pornographie dont on estime qu’elle concerne un million d’images en circulation, incluant également les images montrant des actes de sadisme, de dépravation sexuelle et / ou de relations entre enfants parfois très jeunes. Les études font état de graves troubles psychologiques pour les enfants dont des tendances suicidaires. Ce commerce génère deux à trois milliards de dollars US aux seuls États-Unis.

Actuellement, il y aurait environ 300 000 enfants soldats dans le monde, impliqués dans une trentaine de conflits ; un tiers d’entre eux se trouvent en Afrique subsaharienne et dans les conflits réguliers en République démocratique du Congo, en Colombie (où entre 11 et 14 000 enfants feraient partie des forces paramilitaires) et au Myanmar (où 20 % de l’armée serait composée de mineurs d’après Human Rights Watch). La plupart d’entre eux ont entre 14 et 18 ans mais on compte aussi des enfants d’à peine 8 ou 9 ans qui s’engagent volontairement dans des milices et autres groupes paramilitaires. Si l’image la plus courante est celle de l’enfant-combattant fusil à la main, les enfants-soldats sont utilisés pour de nombreuses tâches : espionnage et reconnaissance, pose de mines, entraînements des soldats adultes mais aussi tâches ménagères, portage du matériel ou cuisine. Les filles sont de plus exposées aux abus sexuels.

Leurs motivations incluent la recherche d’un moyen de survie dans des régions souvent dévastées, l’expérience de membres de leurs familles tués ou mutilés par le conflit ou la faible éducation qui ne permet pas d’autre alternative. De nombreuses filles s’engagent pour échapper aux abus sexuels ou à la servitude domestique, bien que leurs conditions de vie ne soient pas forcément meilleures en tant que soldats. La proportion de filles serait d’environ 40%. Les motivations de leurs recruteurs sont différentes : les enfants-soldats sont « impressionnables, sensibles à l’autorité, moins portés à déserter ou à réclamer leur solde que des adultes ». L’Unicef affirme que la diffusion de petites armes légères a renforcé l’utilisation d’enfants.

Pour Bénédicte Manier, le travail des enfants est causé par un ensemble de facteurs agissant en commun : la pauvreté des familles, la faible scolarisation, l’échec ou l’inefficacité des politiques sociales ainsi que certains facteurs socioculturels. Parmi ces facteurs, la pauvreté est régulièrement identifiée comme une raison essentielle.

Le travail des enfants a été identifié comme une des stratégies de survie des populations pauvres : ces stratégies visent à assurer l’essentiel et en premier lieu l’alimentation du jour. Chaque membre de la famille étant une bouche à nourrir, tous sont appelés à contribuer au revenu familial. La pauvreté empêchant le pouvoir de décision à long terme et entraînant une lutte quotidienne pour sa survie, les familles peuvent être amenées à accepter n’importe quelle proposition les aidant à améliorer leur situation — l’analphabétisme encore fréquent dans les pays en développement pouvant les amener à croire des personnes peu scrupuleuses. Le lien entre pauvreté et travail des enfants se vérifie également dans les pays développés (où les enfants au travail font partie des couches défavorisées) et dans les pays ayant connu des crises économiques (l’Argentine en 2000, l’Asie du Sud-Est en 1997, l’Europe de l’Est) où les enfants au travail font partie des « nouveaux pauvres ».

La pauvreté des familles provient souvent elle-même du chômage ou du sous-emploi des parents : d’après l’OIT, en 2003, 180 millions de personnes sont au chômage et 700 millions sont sous-employées soit au total un tiers de la population active mondiale qui ne gagne pas le minimum vital. Si le secteur informel absorbe une partie de cette main-d’œuvre, il n’est pas illimité et les revenus qu’il dégage ne sont pas stables d’où le recours à un revenu d’appoint en faisant travailler les enfants. De plus, la demande d’emploi étant supérieure à l’offre, les employeurs peuvent davantage imposer leurs conditions et choisir d’embaucher des enfants (moins payés et plus dociles) que des adultes : dans de nombreuses situations, les enfants travaillent alors que les parents sont au chômage, entrant ainsi en « concurrence involontaire ».

La vulnérabilité s’ajoute à la pauvreté : les enfants au travail se situent fréquemment au bas de l’échelle sociale parmi les castes inférieures en Inde, les paysans sans terre au Brésil, les réfugiés, les minorités ethniques, etc. Les systèmes inégalitaires rendent plus facile l’exploitation d’enfants.

Appliquée aux décisions familiales, la théorie microéconomique analyse la scolarisation comme le résultat d’un arbitrage avec le travail. D’après Gary Becker, le résultat de cet arbitrage est que les enfants sont envoyés à l’école tant que le profit à terme anticipé de l’éducation est supérieur au coût d'opportunité, c’est-à-dire à la perte de revenu immédiate qu’implique la scolarisation. La possibilité du travail des enfants vient s’ajouter aux coûts de scolarisation, dans la mesure où elle représente un manque à gagner, tandis que la qualité de l’enseignement influe directement sur le profit anticipé de l'éducation.

Le coût de la scolarisation s'accroît donc avec les salaires. Des études ont montré que, dans les pays latino-américains, la hausse du niveau de salaire diminue les chances de scolarisation. Au Mexique, la hausse du niveau des salaires diminue les chances que l'enfant soit uniquement scolarisé sans travailler. Cet effet des salaires est parfois plus important dans les zones riches que dans les zones pauvres. Ainsi au Brésil dans les années 1990, le travail des enfants était plus important dans la région riche de São Paulo que dans celle pauvre de Bahia.

D’ailleurs, d’autres études montrent que le taux de chômage a un effet similaire. Les périodes de chômage, bien que synonymes de pauvreté, sont favorables à la scolarisation et au recul du travail des enfants, parce qu'elles réduisent le coût d'opportunité de la scolarisation. Cela montre que le coût d’opportunité de la scolarisation a un effet décisif sur le travail des enfants, et que la pauvreté ne suffit pas seule à l’expliquer.

Des mesures microéconomiques peuvent modifier cet arbitrage entre scolarisation et travail. Gary Becker, qui l'interprète comme l’opposition des intérêts économiques à court terme des parents et ceux à long terme de l’enfant, propose ainsi de payer les parents lorsque leurs enfants sont scolarisés. Cette mesure est appliquée au Mexique, où environ 2 millions de familles pauvres reçoivent en moyenne 25 dollars par mois lorsque leurs enfants sont scolarisés (le revenu moyen mensuel de ces familles est d'environ 100 dollars) ainsi qu'au Brésil, de façon similaire aux allocations familiales introduites en France au début du XXe siècle.

La valeur attribuée à l'éducation par rapport à l'apprentissage ou au travail n'est pas la même selon les cultures : la « culture de l'école » a mis plus d'un siècle à s'implanter durablement en Europe et elle ne semble toujours pas acquise dans de nombreux pays en développement où les grands-parents et souvent les parents ne sont pas allés à l'école. Le travail des enfants, loin d'être vu comme un « fléau », y est valorisé car il permet souvent l'apprentissage tandis que le système éducatif ne mène pas forcément à un bon emploi ; cette conception est souvent celle des populations pauvres. La perception qu'en ont les enfants est aussi variable : il y a ceux qui souffrent de leur condition mais d'autres qui sont fiers d'aider leur famille ou d'apprendre un savoir-faire.

Le faible taux de scolarisation des filles (qui forment 60 % des enfants non scolarisés) provient quant à lui souvent de préjugés culturels, les filles étant « destinés à être mariées » et l'éducation étant alors une perte de temps et d'argent : il vaudrait mieux leur apprendre à effectuer les travaux domestiques. Ainsi, si le travail des filles commence plus tôt, il est aussi moins visible puisque restreint à la famille.

Les études empiriques montrent que le niveau d’éducation des parents, et plus particulièrement de la mère, est le plus important déterminant du travail ou de la scolarisation des enfants. Il aurait plus d’impact que le niveau de revenu, le coût d’opportunité et la qualité du système éducatif (ces variables sont toutefois toutes liées). L’explication de ce phénomène reste incertaine. Les mères éduquées ont une préférence plus grande pour l’éducation. Elles ont aussi une plus grande influence au sein de la famille, ce qui se révèle décisif lorsque leur préférence pour la scolarité n’est pas totalement partagée par le père. Enfin, dans la mesure où les mères passent davantage de temps avec leurs enfants, leur niveau d’éducation diminue le coût de celui de leurs enfants.

Pour l'Unicef, 117 millions d'enfants ne sont pas scolarisés dans le monde, chiffre qui monte à plus de 400 millions en incluant les moins de 18 ans. De même que la scolarisation obligatoire a été un facteur important d'abandon du travail des enfants en Occident, les faibles taux des pays en développement et notamment de l'Afrique sub-saharienne empêchent ce phénomène de reculer. Même lorsqu'un enfant est inscrit à l'école, l'achèvement de sa scolarité n'est pas assuré : seul un enfant sur trois termine son cycle primaire dans le monde, les écoles atteignent difficilement les zones rurales et les bidonvilles des banlieues, les fournitures scolaires et la cantine coûtent cher aux parents, ce à quoi l'enfant peut contribuer par une activité rémunératrice. Mais ce travail peut lui-même empêcher l'assiduité d'où un cercle vicieux aboutissant à l'exclusion de l'école.

L'échec de l'éducation est lui-même imputé aux budgets insuffisants alloués à ce domaine alors qu'il occupe plus d'un cinquième du budget d'un pays comme la France, la part allouée à l'éducation dans les pays en développement ne cesse de régresser (- 30 % dans les années 1990) ; la corruption des gouvernements, la dette des pays pauvres, la faiblesse de l'aide au développement et la faiblesse des recettes provenant de leurs exportations ne leur permettent pas d'accroître ce budget. L'Internationale de l’éducation estime ainsi que 70 % des enseignants dans le monde sont pauvres, les obligeant alors à recourir à un travail supplémentaire pour couvrir leurs besoins, et que la pénurie d'enseignants atteint 2,7 millions de personnes.

L'OIT rapporte que les conditions de travail des enfants sont généralement éprouvantes. Ils ne disposent pas de congés ou de temps libre, les locaux sont souvent insalubres, les enfants sont soumis à de mauvais traitements, à des punitions et le rendement demandé est souvent excessif ; certains enfants travaillent dès 5 ou 6 ans alors que leur organisme n'est pas adapté et que leurs besoins, tant physiologiques que psychologiques, ne correspondent pas à une astreinte au travail plusieurs heures par jour.

Certains effets physiologiques sont communs à une grande partie des enfants travailleurs : la malnutrition entraînant des carences et un retard de croissance, l'exposition aux risques et la pénibilité du travail. 70 % des maladies et des accidents subis par les enfants au travail se retrouvent dans l'agriculture où les enfants comme les adultes sont exposés à des produits chimiques, des objets tranchants, de lourdes charges et aux dangers de l'environnement (morsures d'animaux, chaleur, maladies, etc.). L'industrie les expose également à des produits toxiques et des machines dangereuses, entre les tanneries et leurs bains d'ammoniaque, les fonderies aux fours brûlants ou les explosions et intoxications dans les fabriques d'allumettes ou de feux d'artifice. Les chantiers les exposent aux chutes, les carrières aux poussières et la position accroupie (fréquente en Asie) provoque des problèmes articulaires. Dans le secteur informel, le travail dans les rues les expose aux violences des gangs et de la police, aux accidents de la route, aux rackets, sans parler du travail sur les décharges .

Les lieux aux conditions de travail éprouvantes les plus connus sont les ateliers textiles et les mines. Dans les premiers, on retrouve des conditions vues en Europe au XIXe siècle, où la faible luminosité et le travail de fils très fins font rapidement chuter la vision et où la laine et la soie entraînent des affections pulmonaires. Dans les mines se concentrent encore la plupart des accidents mortels (32 accidents mortels pour 100 000 enfants travailleurs en 1994) dus aux explosions, aux gaz et poussières, aux maladies (tuberculose, silicose). Enfin, les enfants-soldats et les enfants exploités sexuellement sont soumis à un degré de violence encore bien supérieur (se reporter aux sections et articles spécifiques).

Fournissant un travail, ces enfants participent à l'économie. Une grande partie de ce travail est « invisible », dans le sens où il est attesté, mais il n'est pas comptabilisé : c'est le cas du travail dans la sphère familiale, qui concerne encore souvent les femmes n'ayant pas d'activité professionnelle mais s'occupant de leur famille. Les enfants qui travaillent à l'extérieur de leur famille y apportent une contribution financière directe (participation au budget familial) et indirect (ils subviennent à leur propres besoins et représentent une bouche de moins à nourrir). L'OIT estimait qu'un enfant actif peut apporter entre 20 et 25 % du revenu familial pour une famille pauvre.

La minorité des enfants salariés pèse un certain poids dans l'économie du pays : l'OIT estime que les enfants représentent près 5 % de la population active en Amérique latine, mais 14 % au Kenya. Il n'existe que des ordres de grandeur pour leur poids par secteur : ainsi, au Pakistan, l'industrie du tapis rapportait 109 millions de dollars en exportations en 1995-96 d'après le patronat ; selon la SACCS, 500 000 enfants y travailleraient (sur 1,5 millions de salariés), un chiffre sujet à caution mais qui donne un ordre de grandeur.

Les enfants impliqués dans le commerce, notamment dans le travail informel de vente dans les rues, se retrouvent souvent à être le dernier maillon d'une chaîne de production, quand ils vendent des boissons fraiches de grandes marques, des journaux, des friandises, etc., entrant parfois en concurrence avec les commerces établis. De même, les récupérateurs de déchets font partie du système de recyclage informel, en apportant les ordures à des récupérateurs professionnels. De fait, la principale motivation pour employer des enfants est d'ordre économique : un enfant est moins cher et plus docile qu'un adulte, avec des salaires deux à six fois moins élevés qui permettent de réduire les dépenses salariales.

Au niveau international, le travail des enfants est régi par plusieurs conventions de l'OIT dont les principales sont actuellement la convention no 138 sur l'âge minimum de travail (datant de 1973 et remplaçant plusieurs conventions précédentes sur l'âge minimum dans divers secteurs d'activités) et la convention no 182 sur les pires formes de travail (voir la carte à ce sujet plus haut). La chronologie permet de retracer les premières conventions de l'OIT qui, depuis 1919, portaient généralement sur l'âge minimum dans différents secteurs d'activité. Ces conventions servent effectivement de « code du travail » international et de référence pour les ONG. L'ONU joue également un rôle important, notamment avec la Convention internationale des droits de l'enfant et les conventions portant sur l'esclavage et les enfants-soldats. Deux conférences ont été organisées spécifiquement sur ce sujet par l'ONU, à Amsterdam en 1997 et à Kampala en 1998.

Au niveau national, les lois évoluent lentement dans le sens du durcissement et d'un rehaussement de l'âge légal, la convention 138 accordant une certaine marge de manœuvre dans ce domaine pour les travaux légers dans les pays en développement. L'âge minimum varie ainsi de 14 à 16 ans dans ces pays mais avec quelques exceptions notables comme au Bangladesh où 12 ans suffisent pour travailler en magasin ou sur les plantations de thé ou encore en Haïti où l'on peut être légalement domestique dès 12 ans (quand bien même cette tâche n'y est guère « légère », voir les Restavecs). Cependant, tous les pays n'ont pas signé les conventions de l'OIT et les sanctions restent encore faibles : les pays développés disposent généralement d'une inspection du travail mais dont les moyens restent inégaux ; ces inspections sont inexistantes dans de nombreux pays pauvres. L'OIT peut émettre des recommandations lorsqu'un pays ne se conforme pas aux conventions.

Le changement vers l'abolition se heurte à plusieurs obstacles : d'une part, l'ampleur du phénomène est telle que les quelques actions médiatisées (retrait d'une centaine d'enfants d'une mine par exemple) n'est rien par rapport aux centaines de milliers d'ateliers, d'exploitations agricoles, etc. concernées et d'autre part, les ONG tant internationales que locales dénoncent régulièrement des problèmes de corruption et d'inertie politique maintenant le système en place, notamment face aux pressions des industriels.

L'application des lois n'est jamais suffisante : tous les acteurs du domaine s'accordent pour dire que ce sont les transformations socio-économiques qui peuvent affecter durablement le travail des enfants, au premier rang desquelles la lutte contre la pauvreté. Si la convention 182 de l'OIT a clairement défini les « pires formes de travail » comme une priorité et si l'esclavage et l'exploitation sexuelle des enfants sont unanimement condamnés, le débat est toujours présent sur les formes « acceptables » ou « tolérables » de travail des enfants.

D'une part, les « abolitionnistes » — et notamment la CISL — prônent une interdiction complète du travail des enfants, ceux-ci devant être scolarisés. Elle passerait par un durcissement des lois, la répression des employeurs et un développement des politiques d'éducation. Les arguments rejoignent ceux des abolitionnistes européens de la fin du XIXe siècle qui ont lentement réussi en imposant la scolarisation.

D'autre part, les « non-abolitionnistes » — comprenant des ONG de terrain, souvent locales — estiment que l'abolition est une utopie à court et moyen terme et qu'empêcher un enfant de participer à sa survie et celle de sa famille serait contre-productif. L'abolition est ainsi vue comme un dogme occidental, peu adapté à la réalité et à la culture locale. Les non-abolitionnistes proposent plutôt d'encadrer ce travail pour supprimer l'exploitation et permettre un minimum de scolarisation en même temps. Pour Manier, « en visant à réguler et non à proscrire, cette approche pragmatique comporte toutefois le risque de conforter le phénomène ». Au-delà des divergences, la lutte contre la pauvreté fait partie des objectifs communs aux deux camps.

Certains arguments sont encore avancés mais ne résistent guère à l'analyse. Le patronat du XIXe siècle suggérait que la petite taille des enfants leur permettait des tâches trop difficiles aux adultes, une idée encore entendue de nos jours. L'emploi d'enfants était aussi considéré comme un facteur de « paix sociale » en évitant aux enfants pauvres de tomber dans la délinquance. Cette idée a été battue en brèche par la montée de la scolarisation et par le fait que la délinquance est elle-même liée au monde du travail : des activités illicites comme le trafic de drogue, le proxénétisme ou le vol sont souvent organisés, avec une relation employeur-employé.

Les actions de lutte contre le travail des enfants incluent la sensibilisation de l'opinion publique, les actions ciblant les entreprises en amont dont la « consommation citoyenne » et le boycott, les actions de terrain et le syndicalisme des enfants.

Depuis les années 1980, les ONG, les syndicats et d'autres associations se sont mobilisés pour révéler et dénoncer les conditions de travail d'enfants, et en particulier dans les fabriques de vêtements ou de jouets en Asie. Ils utilisent différents outils (pétitions, campagnes d'opinion, affiches, Internet à partir des années 1990) pour attirer l'attention des médias, le point culminant ayant sans doute été la marche mondiale contre le travail des enfants en 1998. Le résultat de ces actions est une surveillance accrue de certains entreprises (notamment Nike ou Disney), la création d'organisations de consommateurs (aux États-Unis, la National Consumers League) ainsi que quelques mesures gouvernementales — ne ciblant toutefois que les pires formes de travail.

Suite à la pression de ces organisations, certaines entreprises se dotent d'une « charte éthique » et autres codes de bonnes pratiques. Certaines de ces actions sont sincères, notamment la certification SA 8000, issue des conventions de l'OIT. Cependant, la multiplication de la sous-traitance empêche de contrôler efficacement les mécanismes de production. D'autre part, la « consommation citoyenne » s'est développée : elle utilise le commerce équitable pour s'assurer que les produits achetés ont été fabriqués dans des conditions respectueuses du droit des travailleurs, et le boycott pour faire pression sur les entreprises. Ces deux actions ont leurs limites : les labels « commerce équitable » recouvrent des critères variables et parfois contestés ; le boycott peut mener à des licenciements massifs d'enfants travailleurs. L'exemple le plus connu est celui du Bangladesh en 1992 : le projet de loi du sénateur américain Harkin d'interdire l'import de marchandises fabriquées par des enfants entraine le licenciement « préventif » de près de 50 000 enfants au Bangladesh, où la majorité de la production part vers les États-Unis et où 100 000 enfants travaillent alors dans l'industrie textile. Ces actions témoignent toutefois d'une meilleure prise de conscience par le public.

Les actions entreprises dans les pays occidentaux n'ont cependant qu'un faible impact : ils n'affectent que les enfants impliqués dans le commerce international, c'est-à-dire une minorité (d'après l'OIT, 8 % des enfants au travail le sont dans les manufactures, et une partie seulement d'entre eux dans des sous-traitants de firmes internationales ; d'autres sources estiment que seuls 5 % des enfants actifs se trouvent dans des activités d'exportation, au niveau mondial). Sur le terrain, plusieurs milliers d'ONG et d'associations agissent sur les causes premières du travail des enfants. Leurs actions incluent la lutte contre la pauvreté au sens large du développement, l'accueil d'enfants des rues dans des abris et centres d'hébergement, la construction et la maintenance d'écoles tout comme la mise en place d'activités éducatives ou de formations professionnelles. Certains programmes plus innovants, souvent financés par l'Unicef, essayent l'enseignement itinérant, à la maison ou sur des bateaux, ou encore des allocations liées à l'assiduité scolaire, au Brésil.

Dans le but de rassembler ces efforts, l'OIT a mis sur pied en 1992 le programme IPEC (International Programme on the Elimination of Child Labour, « Programme international pour l'abolition du travail des enfants »), visant en priorité les pires formes de travail, celui des filles et des moins de 12 ans. En plus des évaluations globales citées plus haut, le programme coordonne les acteurs autour de plans d'action et tente de trouver des solutions économiques avec les employeurs. Dans son rapport de 2006, l'IPEC estime que « les efforts engagés un peu partout dans le monde pour combattre ce fléau ont donné d’importants résultats », mais qu'une importante mobilisation reste nécessaire.

Une initiative plus récente est celle des syndicats d'enfants. Si le mouvement pionnier s'est créé en 1976 (le MANTHOC péruvien), ce n'est que dans les années 1990 que d'autres syndicats ont continué à se créer en Inde, en Afrique et dans le reste de l'Amérique latine. Leurs projets communautaires rejoignent ceux des ONG, mais avec le bénéfice d'un rapport de force avec les employeurs permettant de meilleures conditions de travail, ainsi que celui d'une identité nouvelle. Ces mouvements sont souvent anti-abolitionnistes, tout en réclamant un travail digne et en rejetant l'exploitation.

En haut



Ann Veneman

Ann Veneman

Ann Margaret Veneman (née le 29 juin 1949) est une femme politique américaine, affiliée au Parti républicain, 27e secrétaire à l’Agriculture des États-Unis de 2001 à 2005 sous le premier mandat de George W. Bush et directrice exécutive de l'UNICEF depuis mai 2005.

Ann Veneman fut élevée à Modesto, Californie. Son père, John Veneman fut sous-secrétaire à la Santé, à l’Éducation et à la Protection sociale et membre de l'Assemblée de Californie.

Elle est également une cousine du cinéaste et réalisateur George Lucas.

Elle est diplômée de sciences politiques et de droit de l'université de Californie.

De 1986 à 1989, Ann Veneman est administratrice au sein du service étranger du département de l’Agriculture des États-Unis où elle participe aux négociations sur les accords du GATT.

De 1989 à 1991, elle est sous-secrétaire adjoint à l’Agriculture pour les affaires internationales dans le gouvernement de George H. W. Bush.

De 1991 à 1993, elle est secrétaire adjoint à l’Agriculture.

En 1993, elle rejoint le groupe Patton, Boggs & Blow ainsi que la direction de Calgene, le plus grand producteur de fruits et légumes et la première compagnie à commercialiser les aliments génétiquement modifiés.

En 1995, Veneman est nommée secrétaire à l’Agriculture de l'État de Californie.

De 1999 à 2001, elle est avocate spécialisée dans les problèmes alimentaires.

Le 20 janvier 2001, le nouveau président George W. Bush l'appelle au gouvernement en tant que secrétaire à l’Agriculture . Elle aura à traiter des problèmes de vaches folles, des barrières commerciales à l'encontre des aliments génétiquement modifiés et des exportations. La grande industrie alimentaire lui sera très reconnnaissante pour son action au contraire des mouvements écologistes ou des petits exploitants agricoles, notamment à cause de sa gestion de la crise des vaches folles en provenance du Canada ou de son accointance avec les grands groupes alimentaires.

En novembre 2004, après la réélection de George W. Bush, elle annonce sa démission du gouvernement.

En janvier 2005, Kofi Annan, le secrétaire général de l'ONU la nomme au poste de directrice générale du Fonds des Nations unies pour l'enfance (UNICEF). Elle entre en fonction à ce poste en mai 2005.

En haut



Susila Dharma

Susila Dharma International Association (SDIA) est une association de 24 organisations nationales, 18 contacts nationaux, et 60 projets à l'œuvre dans 29 pays, engagée dans des activités sociales et humanitaires. SDIA est une organisation américaine sans but lucratif qui possède des statuts spécifiques en lien avec l'United Nations Economic and Social Council (ECOSOC) et l'UNICEF.

SDI est une organisation affiliée à l'Association Subud Mondiale. Subud®, l'abréviation pour Susila Budhi Dharma, est une association de gens de toutes cultures et religions qui sont unis par une même expérience spirituelle. En tant que bras (ou "aile") d'aide sociale de Subud, SDIA est une organisation indépendante possédant son budget propre. En même temps, c'est aussi un réseaux d'associations qui connecte des donateurs aux projets qu'ils les soutiennent.

SDI maintains consultative status with the United Nations Economic and Social Council (ECOSOC) and the UN Children's Fund (UNICEF).

Susila Dharma International a été fondé en 1969 comme organisation affiliée à l'Association Subud Mondiale.

SDIA soutient des projets humanitaires et sociaux relatifs à la santé, l'éducation, le développement, l'aide d'urgence, etc. Les bénéficiaires sont situés en Indonésie, au Brésil, au Soudan, en Colombie, en Norvège, au Congo, à Cuba, en Équateur, en Inde, en Malaisie, au Vietnam, et en Argentine.

En haut



Source : Wikipedia