Tom Cruise

3.421768707463 (588)
Posté par hal 23/03/2009 @ 16:15

Tags : tom cruise, acteurs, culture

Dernières actualités
Tom Cruise et Katie Holmes : une fécondation in vitro pour avoir ... - Staragora
Quand il s'est marié avec Katie Holmes, Tom Cruise avait plusieurs projets en tête. En faire une adepte de la Scientologie et lui faire le plus d'enfants possible. Sur ses deux points, ces rêves n'ont été qu'à moitié réalisés....
Tom Cruise : "Je ne ferai jamais de politique" - Plurielles
Invité à la Maison Blanche par le président américain Barack Obama, Tom Cruise a répondu clairement sur son éventuelle reconversion en déclarant qu'il ne ferait jamais de politique... L'événement organisé à la Maison Blanche était digne des plus...
« Tom Cruise m'a volé ma vie », ce vendredi, à Lomme - La Voix du Nord
Voilà, en gros, les questions que pose « Tom Cruise m'a volé ma vie », la drôle de pièce proposée ce vendredi aux Tisserands à Lomme. « Mon existence tout entière est vouée à l'anonymat : je me lève le matin incognito, je petit-déjeune incognito,...
Si sereine, qui l'eût Cruz? - Le Matin Online
Beaucoup plus qu'il ya quelques années, quand on la bombardait de questions sur Tom Cruise. De fait, elle demeure désormais réservée sur sa vie privée, sa relation avec Javier Bardem. Sans oublier qu'ils ont tous deux obtenu un oscar, à un an d'écart....
PHOTOS Tom Cruise Katie Holmes : grande classe à la Maison Blanche - Voici
Tom Cruise et Katie Holmes se sont mis sur leur 31 pour assister au dîner des correspondants de la Maison Blanche. Smoking noir pour Tom Cruise, veste tailleur et longue fluide en mousseline de soie couleur crème pour Katie Holmes : le couple d'acteurs...
» Tom Cruise, plébiscité sur TMC avec Minority Report - COMFM Musique
... diffusée mercredi 6 mai à 21h25. 918 000 téléspectateurs ont suivi cet épisode. Le samedi, la rediffusion d'Une femme d'honneur avec Corinne Touzet a séduit 887 000 fidèles. Côté cinéma, Tom Cruise décroche la première place avec Minority Report....
Brad Pitt, Tom Cruise et Johnny Depp : en route pour Cannes ! - Stars Actu
Le festival de Cannes verra, comme chaque année, un grand nombre de stars défiler ces deux prochaines semaines. Brad Pitt et Angelina Jolie, Penélope Cruz et Johnny Depp comptent parmi les grands que l'on attend sur le tapis rouge de notre Côte d'Azur...
Nicole Kidman reconnait avoir été la potiche de Tom Cruise - Staragora
Après des années et des années de silence quant à sa rupture avec l'acteur Tom Cruise, Nicole Kidman a enfin réussi à dire ce qu'elle avait sur le cœur. Mariée pendant 11 ans avec Tom Cruise, on se doutait que leur vie de couple avait connu des hauts...

Tom Cruise

Tom Cruise au Festival du film de Londres en octobre 2007

Tom Cruise, (né Thomas Cruise Mapother IV le 3 juillet 1962 à Syracuse, État de New York) est un acteur et producteur américain. Il s'est fait connaître à l'international avec la sortie du film Top Gun. Depuis le milieu des années 1980, son nom est souvent associé aux succès du box-office mondial.

Tom Cruise est né le 3 juillet 1962 à Syracuse (État de New York). Enfant, il a une passion pour le sport et en pratique beaucoup : le basket, football américain, hockey, baseball... Il découvre sa vocation de comédien en interprétant Nathan Detroit dans Blanches Colombes et Vilains Messieurs.

En 1986, Tom Cruise fait la connaissance de l’actrice Mimi Rogers, de 7 ans son aînée. Il l’épouse le 9 mai 1987. En 1989, il rencontre Nicole Kidman dans le film Calme blanc. Il recommande l'actrice pour le film Jours de tonnerre, où il tient le rôle principal. Après son divorce, il se met en couple avec Nicole Kidman, avec qui il se marie le 24 décembre 1990.

Leur couple devient l’un des plus en vue d'Hollywood. La séparation intervient cependant au bout de dix ans, rendue publique en février 2001. Le divorce est prononcé le 8 août 2001.

La cause en serait principalement une fausse couche de l'actrice et une incompatibilité d'ordre religieux. Elle souhaitait voir leurs enfants élevés dans la tradition catholique, tandis que lui voulait suivre les préceptes de l'Eglise de Scientologie dont il est membre. L'église de Scientologie est une organisation classée comme sectaire en France dont il est, avec John Travolta, le fervent défenseur.

Il rencontre ensuite Pénélope Cruz, sur le tournage de Vanilla Sky. Ils s'affichent publiquement une semaine après l’officialisation de son divorce avec Nicole Kidman. En 2004, on annonce la fin de leur relation.

En 2006, Tom Cruise est désormais en couple avec Katie Holmes, ayant rendu leur relation publique en 2005. Le public retient surtout son passage sur le plateau de l'émission télévisée d'Oprah Winfrey, où Tom Cruise, surexcité, parle de son amour à propos de Holmes, se dandinant, s'agenouillant, serrant les mains de Winfrey et bondissant sur le canapé les bras en l'air. Le tout sous l'hilarité du public. Cependant, cette prestation fut considérée comme le signe d'un état de déséquilibre de l'acteur. Cela donna lieu à un nouveau terme dans le jargon anglo-américain : jumping the couch (que l'on peut traduire par « sauter le canapé »), désignant une vedette qui « pète les plombs ».

En avril 2006, Katie Holmes donne naissance à une petite fille prénommée Suri.

Le samedi 18 novembre 2006, il l'épouse au château d'Odescalchi à Bracciano, à 30 km au nord de Rome (Italie) selon le rite de L'Église de Scientologie. Il s'agit du troisième mariage pour Tom Cruise et du premier pour Katie Holmes. La presse mondiale pense que le couple n'est qu'un coup médiatique, destiné à relancer la carrière de Tom Cruise et de Katie Holmes.

Membre de la scientologie, depuis les années 1980, Tom Cruise a souvent été critiqué pour son attitude prosélyte (surtout depuis le milieu des années 2000), participant aux manifestations officielles scientologues, faisant à plusieurs reprises l'apologie du mouvement. Selon le journaliste britannique Andrew Morton, auteur de Tom Cruise, an unauthorized biography, l'acteur serait devenu le numéro 2 de la scientologie, celle-ci démentant ces allégations lors d'un communiqué le 17 janvier 2008. Pourtant Tom Cruise a été nommé dans un procès de 250 millions de dollars contre l’église de la scientologie par un ancien membre de la secte, Peter Letterese, qui a déposé une plainte pour racket suite à son départ volontaire du mouvement. Il explique que la star américaine a été nommée bras droit du mouvement sectaire pour user de son influence au sein de l’Église, et en dehors pour faire du prosélytisme.

La famille Cruise quitta les hauteurs de Beverly Hills pour s’installer au centre de scientologie de Los Angeles. Tom Cruise a fondé en 1993 sa société de production Cruise/Wagner, en collaboration avec Paula Wagner. Ils ont notamment produit les trois Mission Impossible, et le film de Alejandro Amenabar Les Autres. En 2004, on le voit dans Le Dernier Samouraï, et en 2005 dans Mission : Impossible 3 et La Guerre Des Mondes, adaptation du roman d'H.G. Wells.

Deux membres de sa famille, deux de ses cousins, tentent également de faire carrière : William Mapother que l'on a pu voir notamment dans Mission Impossible 2 et Vanilla Sky, ainsi qu'un autre cousin, Gerard Mapother Crampon, qui n'a pour le moment pas réussi à percer à Hollywood mais que l'on a pu apercevoir dans quelques court-métrages indépendants.

À 15 ans, Tom Cruise ne se prédestinait pas à devenir acteur. En effet, après une année passée dans un monastère franciscain, il est prêt à entrer dans les ordres. Au lycée, il découvre le métier de comédien en jouant dans des spectacles tels que Godspell et Blanches colombes et vilains messieurs après avoir été contraint d'abandonner la lutte suite à une blessure importante l'obligeant ainsi à choisir une activité moins physique. Il débarque à New York en 1980 à l’âge de 18 ans et obtient en 1981 sa première apparition dans Un amour infini de Franco Zeffirelli, débutant ainsi sa carrière cinématographique. Il poursuit la même année en jouant le rôle d’un jeune militaire dans Taps d’Harold Becker.

Les trois années suivantes sont décisives. Coppola le noie tout d’abord au milieu d’une génération de jeunes acteurs au futur prometteur dans Outsiders, puis il apparaît dans trois autres films, dont Risky Business. En 1985, Ridley Scott le dépayse en l’envoyant dans l’heroic-fantasy avec Legend, mais finalement c’est avec le frère de Ridley, Tony, que Tom Cruise connaît la reconnaissance dans Top Gun.

Il s'essaie au cinéma d'auteur qui saura le sortir de sa crise émotionnelle. Fils spirituel de Paul Newman et as du billard dans La Couleur de l'argent, frère responsable et émouvant dans Rain Man, vétéran du Viêt Nam paralysé dans Né un 4 juillet, avocat dépassé dans La Firme, cet acteur d'1 m 70 suit un parcours éclectique et s’impose à tous les types de public, élargissant même son registre en 1994 avec Entretien avec un vampire, où il incarne un vampire.

En 1992, il s’associe avec son agent Paula Wagner et prend la casquette de producteur pour financer en 1996 Mission : Impossible. Il forme ensuite un couple en pleine crise sentimentale avec Nicole Kidman dans le dernier film de Stanley Kubrick, Eyes Wide Shut. En 2002 sort le fruit de sa collaboration avec Steven Spielberg, dans le film de science-fiction Minority Report. Après le succès du Dernier Samouraï en 2004, on le voit dans un rôle de méchant dans le thriller de Michael Mann : Collatéral (août 2004). À l'été 2005, sort sur les écrans le second fruit de la collaboration Cruise/Spielberg, la Guerre des mondes – qui lui fait gagner 87 millions de dollars –, avant de découvrir Mission: Impossible 3 en 2006.

Le 22 août 2006, le studio américain Paramount met fin au contrat de Tom Cruise, après quatorze ans de collaboration, pour « comportement innacceptable » et « suicide créatif ». Les médias américains ont d'ailleurs prétendu qu'il avait attaqué les producteurs de la série télévisée animée satirique South Park après qu'un épisode s'est moqué de lui pour sa prétendue homosexualité et ses liens avec la scientologie, ce qui a été démenti par Mimi Rogers, de 7 ans son aînée. Après plusieurs mois de relation, il demande sa main sur les conseils de Paul Newman et l’épouse en secret le 9 mai 1987. Elle est à l'origine de sa conversion à la scientologie.

Elle souhaite qu'il abandonne sa passion pour les courses automobiles. Le couple ne survit pas à toutes leurs différences. En 1989, il découvre Nicole Kidman dans le film Calme blanc. Il recommande la candidature de l'actrice pour Jours de tonnerre. Mais, à l’époque, il est encore marié à Mimi Rogers. Une fois le divorce prononcé, Tom Cruise et Nicole Kidman commencent à former un couple et se montrent en public. Ils se marient à Beverly Hills. Elle a acheté une vaste villa, d'une valeur de 35 millions de dollars, qui possède pas moins de 15 chambres et 15 salles de bains.

En haut



Scientologie

Un immeuble de la Scientologie à Los Angeles.

La Scientologie, ou « Église de Scientologie », est une organisation, dont les principes furent développés aux États-Unis en 1952 par L. Ron. Hubbard. La première église (édifice) de Scientologie fut établit au New-Jersey en Décembre 1953. La Scientologie promeut une méthode appelée « dianétique » par son fondateur et propose plus largement un ensemble de croyances et de pratiques relatives à la nature de l'homme et de sa place dans l'univers. Son statut juridique et l'appréciation de sa qualité de religion suscitent de nombreuses polémiques. Des États l'ont officiellement reconnue comme telle, alors que dans d'autres pays elle est davantage considérée comme une secte ou encore comme une simple organisation commerciale. Ses pratiques, au travers notamment de ses différentes organisations satellites, ont également fait l'objet de controverses et de procédures judiciaires.

Lafayette Ronald Hubbard (13 mars 1911, 24 janvier 1986), mieux connu sous le nom de Ron Hubbard, était un auteur de science-fiction et fantasy américain .

Le premier article de Ron Hubbard sur la dianétique parut en mai 1950 dans le magazine Astounding Science-Fiction dont il était un auteur habituel. L'article avait été annoncé depuis plusieurs mois par le rédacteur en chef John W. Campbell qui le présentait comme un travail scientifique important .

En parallèle paraissait, le 8 mai 1950, le livre Dianétique : la science moderne de la santé mentale. Ron Hubbard y déclare avoir identifié la source des maladies psychosomatiques, après plusieurs années de recherches personnelles. Pour lui, la dianétique correspond à une approche scientifique et rationnelle de la psychologie.

La méthode de dianétique connut un succès rapide. Dès juillet, le livre était un best-seller et des « clubs de dianétique » se créèrent un peu partout aux États-Unis pour expérimenter la méthode d'audition décrite par Hubbard. À ce moment, l'association psychiatrique américaine exigea que la dianétique soit soumise à une enquête scientifique.

En 1952, Hubbard élargit la dianétique en une philosophie laïque qu'il appela « scientologie » et la déclara comme une religion en décembre 1953, date à laquelle la première église de scientologie fut fondée à Camden au New Jersey.

À la fin des années 1950, l'Église de scientologie s'implante progressivement dans d'autres pays : en Nouvelle-Zélande, en Afrique du Sud puis en France, à Paris, en 1959.

En 1958, le fisc américain remit en cause le statut religieux de la scientologie.

Hubbard s'établit à cette époque en Grande-Bretagne et, en 1959, acheta le manoir géorgien de Saint Hill, situé prés de la ville de East Grinstead au Sussex, qui devint alors le siège mondial de la scientologie.

La scientologie devint le sujet de controverses dans le monde anglophone vers le milieu des années 1960. Dans l’État de Victoria en Australie, après la constitution d'un rapport sur les activités du mouvement, une loi sur les pratiques psychologiques mène à l'interdiction de la scientologie dans cet État en 1965. Deux autres États australiens feront de même, mais ces lois furent déclarées inconstitutionnelles en 1969.

À la même époque, la Grande-Bretagne tenta d'interdire l'accès du pays aux scientologues étrangers et donc l'accès au centre de formation du siège international après un rapport de la Chambre des communes britannique critiquant les méthodes psychothérapeutiques de la scientologie et la considérant comme nuisible à la société et à la santé des individus.

La Nouvelle-Zélande, l'Afrique du Sud et la province de l'Ontario au Canada menèrent également des enquêtes publiques sur les activités de la scientologie.

À partir de 1966, Hubbard commença à se désengager de la direction du mouvement. Il démissionna en 1967 du poste de directeur exécutif, et fonda la « Sea Organisation » ou « Sea Org », qui devint le groupe de gestion internationale de la Scientologie. L'office du gardien fut fondé en 1966.

La Sea Org fut jusqu'en 1975 une organisation maritime dirigée par Hubbard; à cette date elle s'installa à Clearwater en Floride, qui devint le nouveau siège mondial de l'Église de scientologie.

En 1977 éclata aux États-Unis l'« affaire Snow White », révélant une opération montée par l'Église pour purger les dossiers défavorables sur la scientologie et son fondateur L. Ron Hubbard. Ce projet incluait une série d'infiltrations et de vols de 136 organismes gouvernementaux, ambassades et consulats, ainsi que d'organismes privés critiques à l'égard de la Scientologie, réalisée par membres de l'Église, dans plus de 30 pays. À cette occasion, le FBI découvrit des dossiers que l'Église constituait sur ses ennemis potentiels,, afin de les mettre hors d'état de lui nuire. Onze cadres haut placés de l'Église furent inculpés. Ils plaidèrent coupable ou furent reconnus comme tels par la Cour fédérale pour les délits d'obstruction à la justice, de cambriolage de bureaux du gouvernement, et de vol de documents et biens de l'État, et furent condamnés à des peines de quatre à cinq ans de prison, et à des amendes de 10 000 dollars .

En 1978, trois dirigeants du siège français, ainsi qu'Hubbard, furent convaincus d'escroquerie par le tribunal de Paris, lors d'un procès qualifié de « procès du siècle » par l'Église.

Suite à l'affaire Snowhite, l'Office du gardien fut supprimé, et les scientologues impliqués dans l'affaire furent démis de leurs responsabilités dans l'organisation. Le mouvement entreprit alors une restructuration : en 1981 est créée l'Église scientologue internationale, qui est l'organe de direction, et en 1982 le Centre de technologie religieuse, sa structure religieuse, à qui Hubbard céda ses droits sur les marques scientologues.

Dans les années 1980, après la tragédie de Guyana et les plaintes des associations de familles concernant l’Église de l'Unification, les États-Unis puis les États européens s’inquiétèrent des dangers des « nouveaux mouvements religieux » .

De nouveaux rapports étudiant les risques sectaires de divers mouvements furent alors produits, comme le rapport Vivien en France, qui pointait des pressions morales endettant les adeptes de la scientologie.

En 1993, la situation changea aux États-Unis où l'Église de Scientologie fut reconnue comme religion par les services fiscaux .

Cependant, en France, le rapport parlementaire de 1995 qui dressait une liste indicative des sectes très controversée y désignait la scientologie comme une secte. Un rapport de 1999 de la MILS la classait comme secte « absolue » et recommandait sa dissolution.

Un rapport de la Chambre des représentants belge (proposition de loi de deux parlementaires) n° 313/7-95/96 en date du 28 avril 1997 la classe comme faisant partie des mouvements sectaires nuisibles.

En République fédérale d’Allemagne également, une commission d’enquête parlementaire fédérale sur les « sectes et psychogroupes » la considère comme un « mouvement politique extrémiste » dont la forme de pensée totalitaire est explicitement rapprochée de la pensée nazie.

Les États-Unis réagirent en 1999 en publiant un « rapport sur la liberté religieuse dans le monde » très critique envers ces politiques nationales.

Un rapport du parlement européen notait en 1997 que le reproche le plus répété envers la Scientologie est de tenter de noyauter les organes de l'État, mais qu'il n'avait pu être réellement prouvé. Il concluait que dans la plupart des pays d'Europe, les modifications de l'arsenal juridique n'étaient pas nécessaires. C'est le point de vue qui fut adopté par la plupart des pays, qui choisirent de ne pas créer de législation spécifique, mais de traiter le phénomène sectaire qu’au travers de l’atteinte à l’ordre public.

Dans ses écritures, la Scientologie se donne comme but : « Une civilisation sans folie, sans criminel et sans guerre, dans laquelle les gens capables puissent prospérer et les gens honnêtes puissent avoir des droits, et dans laquelle l’homme soit libre d’atteindre des sommets plus élevés. ». La Scientologie se considère comme une « philosophie religieuse appliquée ». En d'autres termes elle se présente comme une religion, tout en offrant des « solutions pour les problèmes » de ses adeptes. La Scientologie, qui se définit elle-même comme une religion traditionnelle, se fonde sur la croyance selon laquelle l'homme a été créé pour travailler à son propre salut spirituel, et que ce n'est que dans cette optique qu'il peut comprendre pleinement sa relation avec Dieu. La Scientologie affirme aussi que l'homme est fondamentalement bon mais qu'à cause de son mental réactif, source d'irrationalité, il peut être conduit à agir de manière mauvaise. Ainsi, son « salut spirituel » dépendrait de sa relation avec lui-même, avec ses semblables et du fait d'arriver à une « fraternité avec l'univers ». La Scientologie affirme donner à l'individu le moyen de résoudre par lui-même ses problèmes, mettre de l'« ordre dans sa propre vie » et également lui permettre d'aider efficacement les autres. Le résultat obtenu se manifesterait par des progrès concrets visant à débarrasser la société de ce que la Scientologie estime être ses fléaux (les drogues, l'illettrisme, le crime, la violence et l'intolérance). Les Églises de Scientologie constitueraient alors, selon elles-mêmes, des points centraux, dont émaneraient programmes et activités.

La scientologie considère que la motivation fondamentale de la vie est la survie, elle-même étant située sur une échelle graduée allant de la mort à l'immortalité potentielle. Cette motivation est appelée la dynamique. Cette dynamique ou impulsion fondamentale se sépare en 8 dynamiques (symbolisées par la croix à 8 branches de la scientologie). L'homme aurait une impulsion à survivre sur chacune d'entre elles.

Toutes ces dynamiques sont des divisions arbitraires de la dynamique fondamentale qui les englobe toutes..

Selon les critères de la Scientologie, la vie des scientologues est censée s'améliorer graduellement. De même, les scientologues affirment « progresser spirituellement » petit à petit. Ron Hubbard affirmait avoir développé une voie précise d'étude religieuse, consistant en une série d'étapes progressives et payantes, effectuées dans une séquence précise qui aiderait l'individu à atteindre un état d'« existence très élevée ». Cette « ascension » en scientologie permettrait à l'individu de comprendre de mieux en mieux ce que la Scientologie estime être « la nature spirituelle de l'homme » et sa relation avec ce que ce mouvement pense être « l'Être suprême » (à définir). Les adeptes sont censés « améliorer leur vie » grâce à la Scientologie. Ils seraient plus heureux et auraient des relations et une vie de famille plus « positives », et ils réussiraient mieux dans leur travail. Et à leur tour, grâce au prosélytisme scientologiste, ils apporteraient leur contribution à la société en « améliorant les conditions de vie ».

L'étude des ouvrages de Ron Hubbard fait partie de la vie des scientologues, qu'ils participent à des services religieux dans une église de scientologie ou qu'ils poursuivent leur étude des « Écritures » de la scientologie à domicile. Ils les étudient dans toutes les Églises de scientologie, sous la surveillance de superviseurs de cours, et sont encouragés à continuer leur étude de la religion à domicile, en suivant des cours par correspondance par exemple.

L'audition constitue, aux yeux des scientologues, une « technologie spirituelle » dont l'application permet d'« améliorer sa propre condition et son existence, ainsi que celles des gens de son entourage ». Selon les scientologues, l'audition constitue la pratique essentielle de la scientologie. Elle peut être dispensée à des groupes de personnes lors d'un office dominical ou lors d'autres rassemblements religieux, ou à une seule personne lors de séances dirigées par un ministre de scientologie, l'« auditeur ». Quand l'audition est donnée individuellement, l'auditeur, par des questions répétées, aiderait la personne auditée à examiner un moment particulier de son existence. Celle-ci deviendrait plus heureuse, plus confiante, plus consciente, plus maîtresse de sa vie. L'auditeur utilise un « électropsychomètre » ou électromètre qui est supposé pouvoir mesurer l'état ou les changements d'état spirituel de la personne. L'électromètre permettrait également à l'auditeur d'aider la personne à localiser des domaines de détresse ou d'angoisse. Lorsque ces moments sont localisés et examinés par la personne auditée, ceux-ci cesseraient d'avoir une influence indue sur leur vie présente et la personne y gagnerait soulagement et autodéterminisme. L'audition est aussi dispensée à des groupes lors d'offices du Dimanche et lors d'autres rassemblements, selon le même principe : l'auditeur dirige les activités de toute l'assistance. L'église de scientologie affirme augmenter considérablement le niveau de communication, de conscience et d'aptitude de tous les membres de l'assistance. L'audition de groupe permettrait aux participants de bénéficier gratuitement et régulièrement des avantages de l'audition. En fait, l'audition de groupe est gratuite lors des offices du dimanche, et peut-être payante en dehors de ce cadre.

Arnaud Palisson dans sa thèse d'État en droit pénal a tenté de démontrer que le caractère extrême de certains exercices place la scientologie à la limite de la légalité (exercice illégal de la médecine, droit de l'enfance,code du travail, etc.). Pour le psychiatre Louis Jolyon West, cette technique est surtout une forme d'hypnose apte à faire entrer le sujet en transe . Certains détracteurs soutiennent que l'Église de Scientologie, contrairement aux psychothérapies, à la médecine ou à la confession catholique n'a pas de règles déontologiques lui interdisant d'exploiter les secrets que ses adeptes ont confiés lors d'auditions ou en remplissant des questionnaires. L'organisation dément ces accusations et affirme considérer les communications entre un ministre de l’église et un paroissien comme sacro-saintes, ceci étant stipulé par le « Code de l'auditeur » qui régit toute séance d'audition.

À l'inverse, les universitaires spécialistes des religions ayant étudié la scientologie, comme Bryan Wilson et Régis Dericquebourg, décrivent l'audition comme une forme de conseil pastoral permettant une plus grande compréhension de sa spiritualité et de sa relation avec l'être suprême. Ils y voient une sorte de « méthodisme » spirituel.

Dans la dianétique et la scientologie, l'état Clair correspond à une condition dans laquelle une personne n'est plus soumise à des influences non souhaitées provenant de souvenirs passés, ni à des émotions et épisodes traumatiques passés. Une personne Claire est donc « débarrassée de ces influences néfastes ».

Le fondateur, L. Ron Hubbard, définit le stade de « Clair » comme celui d'une personne qui n’aurait plus son propre « mental réactif » et qui ne souffrirait donc plus des effets que ce mental réactif peut causer. Ce stade de Clair serait atteint aux moyens de l'« audition » en dianétique et scientologie.

Un Clair serait rationnel dans ce sens qu’il formerait les meilleures solutions possibles à partir des données qu’il détient et de par son propre point de vue. Le Clair n’aurait donc plus d’« engrammes ». Ceux-ci, lorsqu’ils sont « restimulés », feraient dévier la justesse des raisonnements en y faisant entrer des données fausses et cachées. Le Los Angeles Times rapporte que L. Ron. Hubbard a écrit qu’il y a 75 millions d'années notre univers fut organisé en une Confédération galactique de 76 planètes, dirigée par le tout-puissant seigneur galactique Xenu. Xenu aurait fait expédier sur Terre par fusées - ressemblant à des DC-8 - les 13,5 trillions d'habitants, les aurait mis dans des volcans, aurait fait exploser d'énormes bombes H et aurait ensuite soudé ensemble ces âmes désincarnées, qu'il appelle des « thétans de corps ». Les humains ne seraient donc pas seuls dans leur corps mais seraient composés d'eux-mêmes et de milliers de ces âmes parasites. Par ailleurs, il faut environ 200 000 euros pour apprendre à se débarrasser de ces « thétans de corps» . D'après un opposant s'appuyant sur un témoignage, l’histoire sur l'origine de l'humanité aurait été conçue à une époque à laquelle Hubbard aurait consommé beaucoup de drogue. Naturellement, les personnes qui croient à cette cosmogonie sans être des adeptes de la scientologie sont très rares. Il convient ici de rappeler qu'avant de fonder la Scientologie, Hubbard était un écrivain de science-fiction. L'auteur américain de science-fiction et patron de presse Lloyd Eshbach, raconte que Hubbard lui aurait dit : « J'aimerais créer une religion. C'est là où se trouve l'argent ». L'Église de Scientologie réfute cette affirmation et soutient sur son site qu’« une fausse attribution fut reconnue par des tribunaux de justice en Allemagne ».

Tous les dimanches, l'aumônier conduit des services du culte ouverts à « tous les individus qui partagent l'espoir que l'homme vivra mieux et sera plus heureux dans le futur ». L'aumônier célèbre aussi des mariages, des baptêmes et des funérailles pour ses adeptes et les membres de leur famille.

Dans les pays appliquant une séparation des églises et de l'état, dans les états laïcs (comme la France, ou la Belgique), ou dans les pays ayant une religion officielle, ces cérémonies n'ont pas de valeur légale.

Commémore la fondation en 1970 du programme scientologue Criminon, qui vise à aider à la réhabilitation des prisonniers par la diffusion de copies libres d'ouvrages scientologistes tels que The Way to Happiness (Le chemin du bonheur).

Célèbre l'anniversaire de l'ouverture du "Celebrity Centre International" à Los Angeles en 1970, dédié à la "réhabilitation de la culture au travers de l'art".

Célèbre la "Citizens Commission on Human Rights" (Commission citoyenne sur les Droits de l'Homme).

Hubbard, fondateur de la Dianétique et de la Scientologie, est né le 13 mars 1911.

Célèbre l'ouverture du cours spécial de Saint Hill en 1961.

Célèbre l'ouverture en 1991 du "L. Ron Hubbard Life Exhibition" à Hollywood, en California.

Journée de réflexion sur l'étude réalisée en 1965 par Ron Hubbard concernant l'éthique scientologue.

Célèbre l'inauguration de "Hubbard's Clearing Course", en 1965.

Commémoration de la journée Publications Worldwide (Publications mondiales) organisée à Saint Hill Manor en 1967.

Célèbre l'ouverture du "Flag Land Base" à Clearwater (Floride) en 1975.

Célèbre la reconnaissance officielle de l'Église de Scientologie aux États-Unis en 1974.

La liste actualisée et la description de ces fêtes est indiquée sur les sites officiels de l'Église de Scientologie.

Née dans le monde anglophone, la scientologie a aujourd'hui une envergure mondiale. En 2008, elle essaye de s'étendre dans toute l'Afrique (l'Afrique du Sud notamment, où l'Église de scientologie est reconnue comme association d'utilité publique depuis le 3 décembre 2007).

Le statut juridique de la Scientologie diffère selon les pays où elle est installée : elle se présente selon les États comme une organisation commerciale, une religion, un centre culturel de dianétique ou bien une simple technique de développement personnel.

Frédéric Lenoir soulignait en 1998 la différence de statut entre certains pays d'Europe dont la France, où l'organisation était listée comme « secte absolue », et celle en Amérique du Nord, où l'Église de Scientologie a été reconnue comme religion par les services fiscaux des États-Unis en 1993,, et où s'affichent parmi ses membres des personnalités telles que les acteurs John Travolta et Tom Cruise, les actrices Juliette Lewis et Catherine Bell, sans oublier Katie Holmes ainsi que les musiciens Isaac Hayes, Chick Corea et Beck,... Ces Very Important People bénéficient d'un traitement à part au sein de l'organisation qui a créé pour eux des Celebrity centers.

L'Église de scientologie chercherait à être reconnue comme une religion et effectue des demandes en ce sens dans de nombreux pays, avec des résultats divers. En Suède, au Portugal et au Venezuela, elle a été reconnue officiellement comme une religion.

Dans plusieurs pays, l'organisation a fait appel à la justice pour obtenir cette reconnaissance. En Espagne, en 2005 le ministère de la Justice avait refusé l'inscription de l'Église de Scientologie au registre des associations religieuses. En novembre 2007, après deux ans d'instruction, l'Audience Nationale, haute instance juridique espagnole, a obligé le ministère de la Justice à enregistrer l'Église sur le registre des associations religieuses, conférant à cette dernière les mêmes privilèges qu'aux catholiques., Suite à cette décision de l'Audience nationale, la justice espagnole a inscrit la scientologie au registre légal des religions le 19 décembre 2007. La ville de Moscou refusant d'enregistrer l'Église comme association religieuse, la Cour européenne des droits de l'homme a considéré, à l’unanimité, qu'il s'agissait d'une violation de l’article 11 (liberté de réunion et d’association) de la Convention européenne des droits de l'homme combiné avec l’article 9 (liberté de pensée, de conscience et de religion) . D'après l'arrêt, « Les autorités n’ont pas agi de bonne foi et ont manqué à leur devoir de neutralité et d’impartialité envers la communauté religieuse représentée par l’Église requérante ».

L'organisation scientologue a également obtenu le droit de célébrer les mariages dans plusieurs pays ce qu'elle considère comme une reconnaissance officielle de ce qu'elle serait une religion à part entière notamment en Afrique du Sud en Australie, en Inde, en Italie, au Mexique, en Nouvelle-Zélande, à Taiwan, en Tanzanie et au Zimbabwe.

En Suisse, plusieurs tribunaux lui ont refusé l'appellation « religion » et l'ont désignée comme exclusivement commerciale.

En Grande-Bretagne, les services fiscaux considèrent depuis 2000 l'Église de scientologie comme une organisation sans but lucratif et l'ont exemptée de TVA. Suite à cela, en 2006, un tribunal a tranché en faveur de l'Église face aux services fiscaux qui refusaient de rembourser la TVA versée de manière indue depuis 1977.

En France les différentes organisations de scientologie ont le statut d'association à but non lucratif, certaines ont un but cultuel mais n'ont pas demandé à bénéficier des avantages définis par la loi de 1905; de même elles sont constituées en associations sans but lucratif en Belgique. La situation de la scientologie est assez similaire dans ces deux pays, où elle est régulièrement qualifiée de secte depuis les travaux des parlementaires en 1995 et 1997, sans que ce terme renvoie à une définition légale précise; et où elle est également poursuivie en justice dans des procès pour escroquerie durant depuis une dizaine d'années.

En 1997, la Cour d'appel de Lyon a considéré que, pour juger des faits qualifiés d'escroqueries ou de complicité d'escroqueries, commis dans le cadre d'activités de scientologues, « il est vain de s'interroger sur le point de savoir si l'Église de Scientologie constitue une secte ou une religion ».

En Belgique le centre d'information et d'avis sur les organisations sectaires nuisibles (CIAOSN) la considère comme une secte .

Suite à des perquisitions effectuées en 1999 dans le cadre d'un procès pour escroquerie, l'Église de Scientologie a fait appel en mars 2001 à l’intervention des Nations unies pour intervenir dans ce qu’elle considère comme une « campagne d’intimidation et de harcèlement » que les autorités belges lui feraient subir, en prenant pour cibles ses paroissiens belges et son bureau européen des Droits de l’Homme . Dans ce même procès, le parquet fédéral a annoncé en septembre 2007 le renvoi devant la justice de douze personnes physiques et de deux personnes morales : l'ASBL « Église de Scientologie de Belgique » et le « Bureau des droits de l'homme de l'Église de Scientologie » .

En Allemagne, considérée comme une secte en 1997, l'Église de Scientologie inquiète le gouvernement fédéral qui l'accuse de chercher à « exercer une influence totalitaire sur les institutions et la société  ». Elle fut déchue par le gouvernement fédéral de son statut de communauté religieuse et placée sous la surveillance de l'État, celui-ci jugeant que certaines activités de l'organisation de la Scientologie pouvaient porter atteinte à la démocratie et aux droits de l’homme. Considérée comme une entreprise commerciale, toute mesure fiscale en sa faveur furent interdites et elle fut assujettie au régime des entreprises commerciales .

En 1999, la Dianetic Stuttgart eV, sous-organisation de l'Église de Scientologie, est reconnue par la Cour administative de Stuttgart comme une association à but idéaliste et non comme une entreprise commerciale.

En janvier 2003, le Bureau fédéral des finances a accordé aux neuf églises de Scientologie une exonération sur l'argent donné pour soutenir l'Église de Scientologie internationale (l'église mère basée à Los Angeles ). Ces exemptions fiscales partielles sont liées à sa reconnaissance d'utilité publique aux États-Unis. En effet, il existe un accord entre les deux pays qui permet d'éviter la double imposition . La Scientologie n'est pas, pour autant, reconnue comme religion en Allemagne où elle fait toujours l'objet de surveillance de la part des services de renseignement.

Le 11 novembre 2004, le Tribunal administratif de Cologne a rejeté un recours de la Scientologie demandant la fin de cette surveillance. À ce sujet, le 24 mars 2004, 3 scientologues perdent un procès intenté contre l'Allemagne devant l'ONU .

Le 13 janvier 2007, l'ouverture d'une filiale de l'Église de Scientologie de 6 étages sur 4000 m² à Berlin suscite de vives réactions de la part du gouvernement et de la CDU, le parti de la chancelière Angela Merkel, concernant la politique du Sénat berlinois vis-à-vis des sectes. Le Land de Berlin est le seul des seize Länder à avoir refusé, depuis 2003, de surveiller les agissements de l'Église de Scientologie sur son territoire.

En 2008, La conférence des ministres de l'Intérieur de l'État et des landers avait demandé à l'organisme chargé de la protection de la constitution une enquête sur la scientologie pour déterminer si elle représentait une menace à la constitution allemande. Dans son rapport de 46 pages remis aux ministres de l'intérieur, les protecteurs de la constitution ont parlé d’une « image de la situation pleine de lacunes » véhiculée par les anti-scientologues. Ils mettent en garde contre une « perte de réputation pour les organismes gouvernementaux concernés » lors d’une procédure contre la scientologie. Et concluent que les statuts ni les autres prises de position de la scientologie « ne permettent de conclure que l'association poursuit des buts répréhensibles ».

L'Église scientologue internationale est depuis 1981 l'organe de direction de la scientologie. Les Églises implantées dans les différents pays du monde sont rattachées à elle.

Le Centre de technologie religieuse (Religious Technology Center ou RTC) est présenté comme la structure ecclésiastique de la scientologie. Il a été créé en 1982 et est dirigé depuis 1987 par David Miscavige.

L'Office des affaires spéciales (Office of Special Affairs ou OSA) est le service de communication de la scientologie.

Il succède à l'Office du gardien, impliqué en 1979 dans le scandale de l'opération Blanche Neige, une tentative d'infiltration du gouvernement américain pour laquelle plusieurs scientologues furent condamnés à des peines de prison .

Selon les organisations de lutte contre les sectes , il serait le bureau officiel de la propagande scientologiste et constituerait même des fichiers.

Une des caractéristiques de l'église de scientologie est l'extrême diversification de ses activités : écoles de dessin, de musique ou de management, groupes de pression à but humanitaire.

Certains de ses détracteurs considèrent que l'Église de Scientologie fait feu de tout bois et change de statut en fonction des protections légales que cela lui offre : elle est une organisation commerciale lorsqu'elle peut attaquer pour violation de copyright ceux qui publient ses ouvrages confidentiels , elle est une religion dans les pays où la liberté de culte permet tout, elle devient technique de développement personnel lorsqu'il s'agit d'approcher les entreprises ou dans les pays qui se défendent contre les sectes. Elle déclare aussi être une Association ou Centre culturel de dianétique (en Argentine, Colombie et Espagne), un Collège Hubbard d’indépendance personnelle (en Écosse), un Centre culturel de dianétique ou d’Amérique latine (au Mexique), et un Institut de philosophie appliquée ou de technologie de dianétique (au Mexique). L'église est très active lors de catastrophes sensibilisantes comme celle du 11 septembre 2001, le tsunami de 2004 ou les inondations de la Nouvelle Orléans en 2005.

Souvent, les noms choisis par l'organisation ressemblent aux noms d'autres organismes publics ou privés : pour les opposants à la Scientologie, ces noms sont destinés à faire passer les organismes scientologues pour des services officiels ou pour des organismes aux noms semblables et déjà connus du grand public, et ces activités sont soupçonnées de servir de tremplin pour le recrutement de nouveaux adeptes, qui s'engageraient dans une activité en ignorant les liens entre la Scientologie et ces organismes.

Chaque centre ou Église de Scientologie, nommé en interne « org (-anisation) », met à la disposition de ses adhérents/paroissiens de nombreux services et ouvrages considérés comme des livres à caractère religieux selon les adeptes : cinq cent mille pages, trois mille conférences enregistrées, et une centaine de films, tous attribués au fondateur de la scientologie, Ron Hubbard. Les cours et ouvrages fournis constituent un ensemble de méthodes, censées permettre de devenir plus « apte », de méthodes pour faire survivre la Scientologie en tant que mouvement et de mythologie propre a la Scientologie (dont les textes sur Xenu qui coûteraient près de 50 000 euros, et dont des versions sont diffusées sur Internet ou Usenet principalement par des détracteurs mais aussi par des défenseurs de la Scientologie).

Récemment, l'Église a entièrement réédité ses ouvrages car la grande majorité avaient été altérée et rendue incompréhensible par les éditeurs (erreurs de transcription, de traduction, de ponctuation, pages mélangées, chapitres mélangés, paragraphes ajoutés/supprimés/mélangés, etc.). Le travail sur la réédition des ouvrages a été entamé en 2000 et a été annoncée mondialement le 14 juillet 2007 lors d'un event (fête ou littéralement événement) vidéo où les nouveaux livres ont été vendus pour la première fois. Un test aurait été effectué sur des scientologues qui ont lu les premiers les livres réédités. Le temps de lecture des livres s'est réduit de plusieurs jours en moyenne pour les anciens livres incompréhensibles considérés comme ardus par les scientologues eux-mêmes à quelques heures pour les livres récemment réédités et retraduits. Le prix des livres varie entre 12 et 30 euros.

La critique la plus commune est que la scientologie ferait miroiter à ses adeptes la possibilité d'atteindre un état qu'ils n'atteindront jamais, se contentant d'une progression perpétuelle. Les adeptes, pour passer d'un grade à un autre, doivent suivre des stages et acheter des documents. À titre d'exemple pour un premier contact, une série de 15 CD (conférences d'une heure par CD) datant de 1956, enregistrée en pleine guerre froide, Le Congrès de Washington sur les radiations et la confrontation est vendue actuellement environ 200 euros. Nombre de témoignages montreraient la surprise, une fois passé un niveau, de s'entendre dire que ce n'était qu'une étape alors que ce devait enfin être l'état d'illumination attendu. Le coût financier de l'étape suivante serait bien plus élevé. D'après un site antiscientologue, le coût financier imposé à une personne pour atteindre le niveau « OT8 », le plus élevé dispensé actuellement, pourrait être estimé grossièrement (2005) à 400 000 euros.

La Scientologie préconise l'abstinence de drogues et médicaments psychiatriques, et l'aspirine est déconseillée avant d'être auditée. Cette attitude vis-à-vis de la médication correspond à une attitude plus large de rejet de certaines connaissances scientifiques conventionnelles, lesquelles sont remplacées par la doctrine scientologique.

La Scientologie rejette catégoriquement la psychiatrie et la considère comme étant une « industrie mortuaire ». Dans une exposition tenue à Jefferson City en janvier 2007, la Scientologie a accusé les psychiatres d'abuser sexuellement de leurs patients et d'être responsables de l'existence des attentats-suicide, dont ceux du 11 septembre 2001. La Scientologie affirme dénoncer depuis 1952 de nombreuses pratiques concernant le domaine de la santé mentale : lobotomie et électrochocs en particulier, mais aussi toutes les pratiques consistant à traiter des problèmes d'origine mentale simple avec des psychotropes ou des opérations chirurgicales au niveau du cerveau entraînant de graves troubles de comportement chez ceux qui les subissent. Ses adeptes arguent aussi que ces dénonciations continues auraient provoqué des réactions de défense de la part de groupes dont les intérêts étaient concernés.

Les idées de la Scientologie en la matière sont principalement diffusées par la Commission des citoyens pour les droits de l'homme (CCDH), qui serait à l'origine de propositions parlementaires relatives à la santé mentale ; ce qui explique que d'autres critiques de la psychiatrie tentent de se démarquer de la Scientologie. L'Église de Scientologie dispose également, à Bruxelles, d'un Bureau européen des affaires publiques et des droits de l'homme. Le Collectif des médecins et des citoyens contre les traitements dégradants de la psychiatrie est rattaché à la Scientologie. Il s'agit d'une association non déclarée en préfecture de médecins scientologues. Les opposants à la Scientologie considèrent cela comme une guerre contre la psychiatrie et la psychologie de la part de la Scientologie. D'après eux, la Scientologie se positionne comme une concurrente de ces sciences, par le développement de compétences et de techniques d'analyse des pratiques de communication et de soin des problèmes mentaux des psychiatres. Ils l'accusent de mal plagier des techniques psychiatriques et d'utiliser des techniques dangereuses. Selon les scientologues, les psychologues et surtout les psychiatres cherchent à régler des problèmes mentaux en s'attaquant à la matière (médicaments qui entraînent des changements chimiques, opérations, etc.).

Les détracteurs sont appelés dans le jargon de la Scientologie les « suppressifs ». Quand un adepte a un problème, les scientologues suspectent la présence d'un suppressif dans ses relations, cherchent à savoir qui par l'audition, et en général préconisent de ne plus rencontrer cette personne. De nombreuses histoires de séparations entre mari et femme, parents et enfants, liées à la scientologie en témoignent. D'un autre coté, des observateurs indépendants soulignent la faiblesse des arguments de certains de ces détracteurs. Tel Marco Frenschkowsky (universitaire allemand) qui quoiqu'opposé lui-même à la scientologie, a écrit qu'il y avait peu de marchés plus lucratifs en Allemagne que d'être un ex-scientologue et d'attaquer la scientologie. D'après lui ces « apostats », après quelques semaines de scientologie et sans avoir presque rien lu de cette philosophie publient de longs exposés (pour le compte du « marché anti-secte ») qui se ressemblent tous.

Il existe de nombreux opposants à la scientologie à travers le monde. Pour la francophonie, citons Roger Gonnet, ancien membre de la scientologie et créateur d'un site antiscientologue où il lui reproche entre autres d'ériger la diffamation (propagande noire selon les termes de Ron Hubbard) en principe de défense ,,,, ainsi que l'existence d'une société secrète et d'un pouvoir centralisé dont la simple existence elle-même est à la limite de la légalité. Il signale des condamnations pour escroquerie comme dans le cas de contrats de travail d'une durée de 5 000 ans, qui peuvent s'apparenter à une forme d'esclavage. Les contrats ont parfois même une durée supérieur à un milliard d'années. Il est régulièrement attaqué par l'Église de Scientologie à divers titres (diffamation sur des forums, absence de déclarations à la CNIL). L'église de Scientologie a déjà été condamnée à indemniser Roger Gonnet après avoir été déboutée, et il a aussi été condamné à plusieurs reprises.

Des journalistes ou des chercheurs étudiant la Scientologie se sont plaints d'être l'objet de harcèlement et de graves menaces : Paulette Cooper, auteur du premier livre critique connu sur la secte, aurait été harcelée dans le but de la pousser au suicide , de la faire interner ou incarcérer dans le cadre d'une opération appelée Freakout, ; Paul Ariès, auteur en 1999 de La Scientologie, une secte contre la république, affirme avoir reçu des menaces de mort. D'après les détracteurs, une fois passé un certain nombre d'étapes on pourrait se retrouver dans l'administration centrale de la scientologie, autrefois située sur un bateau. Là, la scientologie entretiendrait une milice armée. Là aussi seraient centrés les organismes de police de la scientologie : espionnage, spécialistes de la diffamation. Ces organisations scientologiques auraient souvent recours aux cambriolages, aux vols de courrier. On trouverait dans les textes d'Hubbard les ordres et la justification de tels actes.

En 2006, la série animée américaine South Park diffusée sur Comedy Central diffuse un épisode nommé Piégé dans le placard, qui parodie notamment les préceptes de l'église concernant Xenu, ainsi que l'utilisation de stars au profit de l'image de la secte (Tom Cruise et John Travolta). L'épisode rappelle également que L. Ron Hubbard était auteur de science-fiction. La fin se réfère au caractère procédurier de l'église, et tous ceux qui ont participé à l'épisode sont crédités John Smith et Jane Smith.

Début 2008, suite aux pressions et aux menaces de procès de l'organisation pour faire retirer de Youtube une vidéo montrant Tom Cruise en train de s'exprimer devant une assemblée de scientologues, un groupe d'internautes, sous le pseudonyme collectif « Anonymous », annonce déclarer la guerre à la scientologie. Sous le nom de Projet Chanology, diverses attaques visant à pertuber les sites Internet de l'organisation se sont succédé à partir du 14 janvier, en particulier des dénis de service, des google bombing et la publication sur Internet de milliers de documents et rapports internes récupérés via le réseau. Peu de temps après, ce petit groupe est devenu une force planétaire qui entend user de méthodes pacifiques et festives pour dénoncer les mensonges de la scientologie.

À la suite d'une enquête commencée en 1998, deux structures proches de la Scientologie, l'Association spirituelle de l'église de scientologie et la librairie Scientologie espace liberté ont été renvoyées en correctionnelle le 8 septembre 2008 par un juge parisien pour « escroquerie en bande organisée »,. Le Parquet avait requis un non-lieu, estimant que « l’information n’a pas permis d’établir que les remises de fonds effectués par les plaignants aient procédé de démarches frauduleuses » et « qu'il ne peut être considéré que l’incitation à faire du sauna, prendre des vitamines et courir pour se “purifier” constitue un délit d’exercice illégal de la médecine ».Ceci a été présenté par l'avocat des parties civiles comme une « attitude complaisante » laissant entrevoir des motivations politiques (en septembre 2004, Nicolas Sarkozy, alors ministre du Budget, avait reçu à Bercy de façon très médiatisée l'acteur Tom Cruise, scientologue avéré et en février 2008 « Emmanuelle Mignon, alors directrice de cabinet du président de la République, s'était interrogée sur la pertinence de qualifier ce mouvement de “secte” »). L'ordonnance de renvoi de l'Église de scientologie en tant que personne morale devant le tribunal comporte les accusations suivantes : « multiples manipulations bancaires », « surfacturations de produits vendus par les scientologues », « dissimulation de ses gains », et retient la circonstance de bande organisée concernant les dirigeants français de la scientologie. L'ordonnance cite également des documents internes de la scientologie qui, selon elle, « ne laissent aucun doute sur la finalité commerciale de l'action scientologue, dénotant d'une véritable obsession pour le rendement financier ». Le procès devrait se tenir en 2009.

En haut



Stanley Kubrick

Tom Cruise en 2006

Stanley Kubrick, né le 26 juillet 1928 à New York, dans le quartier du Bronx, et mort le 7 mars 1999 à son domicile d'Hertfordshire dans la banlieue de Londres, est un réalisateur américain. Il fut également directeur de la photographie, producteur, scénariste et monteur. Esthète, très exigeant sur la qualité d’une œuvre cinématographique, Stanley Kubrick a légué au cinéma une œuvre variée et d’une grande intensité, avec des films comme Les Sentiers de la gloire, Lolita, 2001 : l'odyssée de l'espace, Barry Lyndon ou Shining.

Ses longs métrages ont toujours suscité la polémique, lui assurant une réputation d’intellectuel provocateur, teinté d'une vision pessimiste de la vie, et divisant les critiques qui ont cependant tous loué sa contribution à l'art cinématographique.

Stanley Kubrick a toujours été réticent à s'entretenir sur ses œuvres, laissant au spectateur la liberté de formuler sa propre interprétation. Les deux principaux livres auxquels il a participé activement avec Michel Ciment et Alexander Walker sont consacrés au récit (image et son) et à la symbolique de ses films. La biographie qui suit reprend cette trame.

Stanley Kubrick est issu d'une famille juive originaire d'Europe centrale. Son père, Jacques Leonard Kubrick (1901-1985), né aux États-Unis d'une mère roumaine et d'un père austro-hongrois, était médecin, pianiste et photographe amateur. Il apprend à son fils agé de douze ans à jouer aux échecs. Cette passion suivra Stanley toute sa vie. Sa mère Gertrude, née Perveler (1903-1985), chanteuse et danseuse, lui a donné le goût des livres et de la lecture. Il a une sœur cadette, Barbara, née en 1934.

De 1940 à 1945, il s'ennuie à l'école. Mis à part la physique, rien ne l'intéresse, et il n'arrive pas à obtenir une moyenne suffisante pour s'inscrire à l'université. D'autant plus que la guerre terminée, les soldats reviennent du front, et les places sont chères.

Pour son treizième anniversaire, son père lui offre son premier appareil photo. Cette nouvelle activité le passionne et lui fait oublier sa passion de jeunesse, le jazz, et son rêve de devenir batteur de jazz professionnel. Il prend de nombreuses photos et les développe avec un ami dans la chambre noire familiale. Il devient le photographe officiel de son collège et a pour idole le reporter-photographe Weegee.

En avril 1945, à l'âge de 17 ans, il réussit à vendre au magazine illustré Look une photographie d'un vendeur de journaux en larmes après la mort de Franklin D. Roosevelt qu'il a prise alors qu'il se rendait au lycée. La rédactrice en chef l'engage comme photographe indépendant, « par pitié » dira t-il plus tard. Stanley Kubrick y travaille durant quatre ans et y apprend les ficelles du métier, la composition d'une image, les éclairages, l'usage des extérieurs et l'art de saisir le mouvement. Plutôt perfectionniste, il lui arrive de prendre plusieurs centaines de clichés pour réaliser une seule photo. Grand amateur de boxe, son premier « photos-récit » intitulé Prizefighter (Le Professionnel) raconte une journée de la vie du boxeur Walter Cartier. C'est ce photo-récit qui sera à l'origine de son premier film : Day of the Fight.

En 1948, à l'âge de 20 ans, il se marie avec une camarade de classe, Toba Metz. Ils s'installent dans Greenwich Village un an plus tard.

Pendant ses premières années de photographe de magazine, Kubrick fréquente assidûment les salles de cinéma. Ses goûts sont éclectiques, avec une préférence, comme il le dit en 1963 dans la revue Cinéma, pour le cinéma d'auteur européen comme Ingmar Bergman, Michelangelo Antonioni, Federico Fellini. Les films de Max Ophüls comme Le plaisir ou Madame de... – mouvement complexe et sans heurt de la caméra, travelling – influencent le jeune Stanley Kubrick.

En 1950, l'autodidacte Stanley Kubrick, âgé de 22 ans, se décide à sauter le pas et se lance dans le cinéma. Pour lui, sa meilleure formation sont les longues séances cinématographique qu'il s'imposa, des meilleurs films au pire des navets. « Je ne peux pas faire pire » se dit-il.

Dans ses premiers films, Kubrick fait tout lui-même : il est à la fois scénariste, cadreur, ingénieur du son, monteur et réalisateur.

Entre 1950 et 1951, Kubrick réalise deux documentaires consacrés l'un à un boxeur, l'autre à un missionnaire. Il reprend l'idée de son photos-récit Prizefighter et réalise avec un camarade de classe Alexander Singer, le court-métrage Day of the Fight - une journée de la vie du boxeur Walter Cartier - filmé comme un reportage. Pour les scènes de combat sur le ring, Kubrick utilise le travelling compensé, technique que l'on retrouve par la suite dans tous ses films. Autofinancé avec une budget de 3 900 $, le documentaire est vendu à la RKO Pictures avec seulement 100 $ de bénéfice.

Pour Flying Padre, Stanley Kubrick reprend la même idée et suit durant deux jours le révérend Fred Stadtmueller, un missionnaire catholique. D'une durée de 9 minutes, ce film est en partie financé et distribué par la RKO.

En 1951, il divorce de Toba Metz. L'année suivante, à la demande de Richard de Rochemont, futur producteur de cinéma de son premier film Fear and Desire, Kubrick est réalisateur de 2e équipe sur une séquence d'un omnibus consacré à Abraham Lincoln. Par la suite il réalise plusieurs épisodes, toujours en qualité d'assistant réalisateur. C'est en 1953 qu'il réalise son premier documentaire en couleurs, The Seafarers. Dans ce film promotionnel sur la marine marchande on retrouve les travellings à la Max Ophüls.

Pour réaliser son premier long métrage Fear and Desire, Kubrick emprunte à sa famille 9 000 $. Il persuade un ami poète de lui écrire un scénario original : l'histoire d'un groupe de soldats chargés d'éliminer une troupe ennemie dans une guerre fictive ; à la fin du film, les soldats voient leurs propres visages dans ceux de leurs ennemis. Le réalisateur tourne son film en 35 mm noir et blanc près de Los Angeles. Une nouvelle fois, il fait tout. Il décide de ne pas enregistrer le son avec les images et son erreur lui coûte 30 000 $ de post-synchronisation. Malgré tout, il est fier d'avoir réussi à terminer son film. Plus tard, il qualifiera son film de « tentative inepte et prétentieuse » et décidera de le retirer des circuits de distribution et d'en interdire toute projection.

Encouragé par une critique honorable, Stanley Kubrick quitte définitivement le magazine Look bien que le film soit un échec commercial. C'est lors du tournage du film qu'il rencontre sa future femme, Ruth Sobotka.

En 1954, Le Baiser du tueur, son second long-métrage, film très court tourné dans les rues de New York, raconte l'histoire d'un boxeur minable obligé de fuir la mafia. L’histoire n’est pas très originale mais ce film démontre le talent de Kubrick à jouer avec l'ombre et la lumière et confirme sa maîtrise technique dans la scène de règlement de compte dans un entrepôt de mannequins. Sa réalisation est récompensé par un Léopard d'or au Festival international du film de Locarno et attire l'attention de James B. Harris, producteur indépendant qui a de bonnes relations avec les majors de Hollywood. C'est Alexander Singer, qui a connu Harris quelques années auparavant, qui fait se renconter les deux hommes. Cette rencontre est décisive et ensemble ils fondent la Harris-Kubrick Pictures alors qu'ils ne sont tous les deux âgés que de 26 ans.

Le seul scénario original écrit par Kubrick.

Au cours du tournage, il démontre à son équipe technique ses connaissances et son intérêt pour la photographie et la prise de vue. Pour lui, un réalisateur est à la fois metteur en scène et technicien. Il y affirme également son autorité : pendant le tournage, le directeur de la photographie, Lucien Ballard, change l’objectif que Kubrick avait choisi pour une scène avec un travelling, ainsi que son emplacement. Ballard explique au réalisateur que cela n’aura aucune incidence sur les changements de perspective. Calmement, le cinéaste lui intime l’ordre de remettre la caméra à son emplacement d’origine avec l’objectif initial, ou bien de quitter le plateau et de ne jamais y revenir. Ballard obéit et le tournage se termine tranquillement.

L'Ultime Razzia étant un succès, United Artists accepte de financer a hauteur d'un million de dollars le futur film de Harris-Kubrick tiré d'un best-seller américain de 1935, The paths of Glory, inspiré des événements réels de 1917 ou des soldats seront fusillés pour l'exemple.

Harris ne disposant que d'un budget très modeste selon les critères hollywoodiens et d'un scénario de Kubrick, Calder Willingham et Jim Thompson, le projet ne suscite guère d'enthousiasme auprès des majors. Tout bascule quand Harris envoie une copie du scénario à Kirk Douglas, lequel répond : « Stanley, je crois que ce film ne fera pas un rond, mais il faut absolument le tourner. » En 1957, sept ans après son premier court-métrage, Kubrick dirige Kirk Douglas dans le film sur l’absurdité de la guerre, Les Sentiers de la gloire.

Le film se déroule durant la Première Guerre mondiale. Un général de l'armée française décide de lancer une de ses unités dans des attaques désespérées contre les lignes allemandes retranchées à Verdun. Pour l’exemple, trois soldats innocents seront fusillés pour lâchetés.

Le film est entièrement tourné en Allemagne avec 800 policiers allemands pour jouer les troupes françaises. Les scènes en intérieur sont tournées au studio Geiselgasteig à Munich. On y voit apparaître des séquences qui caractérisent Kubrick et qu'il ne cesse de perfectionner par la suite : travelling compensé arrière, utilisation de la musique et mouvements de caméra sans heurt filmés avec une Dolly pour la marche ininterrompue du colonel Dax dans les tranchées. Cette scène est d'ailleurs similaire à celle du labyrinthe de Shining filmée en steadicam. La scène du chant de la jeune prisonnière, jouée par sa future épouse, l'actrice allemande Christiane Susanne Harlan, montre la capacité de Kubrick à filmer l'émotion sans tomber dans la sensiblerie. Il divorce de Ruth Sobotka en 1957 pour épouser en 1958 Christiane Harlan qu'il a rencontrée pendant le tournage. Son frère, Jan Harlan, deviendra le producteur délégué du réalisateur à partir de 1975.

Dans ce film apparaissent deux thèmes de prédilection de Kubrick : la double personnalité et un monde au bord de l'effondrement. Dans le livre et dans le film, les personnages sont clairement identifiés avec le colonel Dax (Kirk Douglas), homme sobre, intelligent et courageux, et le général Mireau (George Macready), vaniteux, ambitieux et incompétent. Le personnage le plus machiavélique du film est le général Broulard (Adolphe Menjou). Kubrick joue habilement avec la bonhomie du personnage rusé et raffiné mais s'avèrant incroyablement amoral (il va détruire les dernières illusions du colonel et ruiner définitivement la carrière du général) et sans aucune pitié envers les hommes de troupe.

Le film est projeté à Munich le 18 septembre 1957. Il est perçu comme une critique directe de l'armée française, par la cruauté des scènes finales et la satire violente des états-majors français, même si le film souffre de nombreuses invraisemblances.

Le film reçoit plusieurs récompenses dont le prix Chevalier de la Barre. Sous la pression d'associations d'anciens combattants français et belges, le gouvernement français proteste auprès de la United Artists, mais ne demande pas la censure du film. Devant l'ampleur du mouvement contestataire, les producteurs du film décident de ne pas le distribuer. De nombreux pays en Europe, comme la Suisse, refusent également de le diffuser. C'est quinze ans plus tard, en 1972, que le film est finalement projeté en France.

Dans l'œuvre de Kubrick, c'est le film préféré de Steven Spielberg.

De retour aux États-Unis, Stanley Kubrick écrit deux scénarios qui seront refusés par les majors hollywoodiens. La MGM lui propose de travailler sur le scénario d'un western avec comme vedette Marlon Brando. Après six mois de travail de préparation, le cinéaste et l’acteur se fâchent. Marlon Brando, star hollywoodienne, obtient facilement le départ de Kubrick et décide de réaliser lui-même La Vengeance aux deux visages.

Au même moment sur un autre film, Kirk Douglas, acteur et producteur principal du péplum Spartacus, insatisfait du travail d'Anthony Mann, sollicite Stanley Kubrick pour terminer le film. Après le succès commercial des Sentiers de la gloire, celui-ci accepte et termine le film. Le tournage dure 167 jours, partagé entre la Californie et l’Espagne pour les scènes de combat tournées avec 10 000 figurants issus de l'armée espagnole.

Mais des conflits artistiques apparaissent rapidement entre Kirk Douglas et Russell Metty, le directeur de la photographie. Kubrick intervient également sur le scénario fondé sur l'histoire vraie du soulèvement d’esclaves romains qu'il trouve moralisateur et sans intérêt. Le film obtient un grand succès critique et commercial et gagne quatre Oscars. Quelques années plus tard, Stanley Kubrick renie le film dont il garde un souvenir amer. Dans l'œuvre de Kubrick, c'est son film le plus impersonnel, le film reprenant l'intrigue et le traitement du roman historique de Howard Fast.

En 1961, Stanley Kubrick s'exile et quitte définitivement les États-Unis pour s'installer avec sa famille dans le Hertfordshire, dans la banlieue de Londres en Angleterre. Les raisons de son exil sont nombreuses : au début des années 1970, le gouvernement britannique favorise, avec le plan EADI, la création cinématographique sur son sol par des aides financières généreuses à condition que le tournage ait lieu sur le sol anglais avec des techniciens et acteurs britanniques. Pour la réalisation de son futur projet, Lolita, le réalisateur préfère contourner la censure et les ligues puritaines américaines. Pendant le tournage de Lolita, lui et sa famille trouvent le mode de vie anglais plus adapté à leur style de vie et décident d’acheter une grande maison au nord de Londres. Malgré sa licence de pilote amateur Kubrick n'aime pas prendre l'avion.

En 1962, Stanley Kubrick réalise Lolita, son premier film polémique sur le sol anglais, d'après le roman éponyme de Vladimir Nabokov. Le livre avait été publié pour la première fois en France comme ouvrage pornographique. Pour la rédaction du scénario, le cinéaste travaille en étroite collaboration avec Vladimir Nabokov. Ils écrivent ensemble une nouvelle version du roman qui est jugé plus acceptable pour un film commercial et la morale imposée au cinéma en 1962.

Le film raconte l'histoire d'un homme d'âge mûr, James Mason, pris d'une passion ardente pour une adolescente, Lolita, âgée de 12 ans dans le livre, 15 ans dans le film, interprétée par Sue Lyon qui obtiendra le Golden Globe de la meilleure actrice. Peter Sellers y fait une interprétation remarquée.

Le film, tout comme le roman provoque la colère des puritains qui trouvent le film trop sulfureux malgré sa mise en scène très chaste, bien éloignée des allusions sexuelles explicites de l'ouvrage de Nabokov. À la sortie du film, Stanley Kubrick reconnait que s'il avait pu prévoir la sévérité des censeurs américains qui l'oblige à couper des scènes au montage et à remanier certaines séquences jugées trop licencieuses, il aurait probablement renoncé à la réalisation du film.

Le film est présenté à la Mostra de Venise en 1962, mais la critique est déçue. Le schéma d'accueil de ses films par la critique, dont la plus virulente est Pauline Kael, sera toujours le même par la suite : une partie ne lui fait pas de cadeau, tandis que l'autre l'admire.

Ce premier film polémique est un succès outre-Atlantique, sans nul doute nourri par la controverse. En 1998, Sue Lyon déclare à l'agence Reuters que Lolita est le film qui a « causé destruction en tant que personne ».

Il s'agit du dernier film produit par le duo Kubrick-Harris. Après ce long-métrage, Stanley Kubrick produit et réalise seul ses films, en laissant la distribution à la Warner Bros Pictures.

En 1963, Kubrick prépare son second film polémique et le premier opus d'une trilogie de films de science-fiction, Docteur Folamour ou : Comment j'ai appris à cesser de m'inquiéter et à aimer la bombe, considéré comme un chef d'œuvre d'humour noir.

Kubrick se tient constamment au courant de l’actualité et s’abonne à des revues militaires et scientifiques. Il lit le roman de Peter George, Red Alert, paru en Angleterre sous le titre de Two Hours to Doom. Il réfléchit depuis longtemps à une histoire où une guerre nucléaire serait déclenchée soit par accident, soit à cause de la folie d’un personnage. Le roman de Peter George correspond à ses attentes. Il s’associe avec Peter George et Terry Southern, scénariste d'Easy Rider, pour préparer le script, et travaille la photographie du film avec Weegee.

Le tournage débute le 26 janvier 1963, aux studios de Shepperton à Londres, pour s’achever quatre mois plus tard. La distribution comprend Peter Sellers qui tient les rôles du président des États-Unis, du docteur Folamour, ancien chercheur nazi et handicapé recruté par l'armée américaine (clin d'œil à la trajectoire de plusieurs scientifiques nazis, dont Wernher von Braun), et du colonel britannique Lionel Mandrake. Une très grande liberté d’improvisation est laissée à Peter Sellers, filmé par trois caméras, tandis que le reste de la distribution et l’équipe technique doivent observer une grande rigueur. Le film doit se conclure par une bataille de tartes à la crème dans la salle de guerre, avec le président et tous ses conseillers militaires. La scène est filmée, nécessitant des semaines de tournage, mais Kubrick décide de la retirer du montage final.

Farce burlesque où la guerre nucléaire totale est déclarée suite à l'action d'un commandant devenu fou et d'un système de défense automatique, ainsi que satire des milieux politico-militaires, ce nouveau film sort en pleine Guerre froide. Le risque de voir l’un des deux protagonistes employer l’arme atomique est élevé. Un problème de taille apparaît : un film réalisé par Sidney Lumet, Point limite, avec Henry Fonda dans le rôle principal, traitant du même sujet, est sur le point de sortir. Stanley Kubrick intente un procès pour plagiat, et obtient gain de cause. Le film de Lumet ne sortira qu’en octobre 1964 tandis que Docteur Folamour sort sur les écrans le 29 janvier 1964 et se trouve nominé pour quatre Oscars (meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur acteur, meilleure adaptation cinématographique).

À partir de cette époque, le cinéaste travaille de plus en plus lentement, poussant de plus en plus loin son perfectionnisme et sa volonté d'expérimentation technique. Il va passer cinq ans à développer son film suivant 2001 : l'odyssée de l'espace, qui, par son esthétisme et sa mise en scène, marque un tournant dans le cinéma mondial, en particulier dans le domaine de la science-fiction.

Pour la rédaction du scénario, il sollicite l’écrivain Arthur C. Clarke alors au Sri Lanka et qui a écrit La Sentinelle dont le film est inspiré. Arthur C. Clarke écrit un scénario à partir du roman et décide de l’appeler 2001 : l’odyssée de l’espace. Kubrick choisit ce titre pour son film et fait pression auprès de l’écrivain pour qu’il retarde la sortie de son livre. La réputation de Clarke est telle que le livre pourrait occulter le film. L’écrivain accepte et décide de lui dédier son livre.

Le tournage du film, sous le titre provisoire de Voyage au-delà des étoiles, débute le 29 décembre 1965, dans un premier temps aux studios de Shepperton, puis se poursuit aux Studios d'Elstree, plus proches de la villa où Kubrick a emménagé. MGM et Cinerama financent le film, dont le budget s’élève à six millions de dollars. Pour la première fois, le cinéaste interdit le plateau de tournage à la presse, ce qu’il fera systématiquement par la suite.

Artistiquement, 2001 a été un changement radical dans les films de science fiction. Stanley Kubrick n’est pas un partisan des films où les décors et les monstres sont en papier mâché ou en carton. Il souhaite que les décors de son film soient techniquement réalisables dans le futur qu’il présente. C’est Tom Howard, lauréat de l’Oscar des meilleurs effets visuels en 1947 pour L'Esprit s'amuse et en 1959 pour Les Aventures de Tom Pouce, qui est chargé de concevoir la savane préhistorique . Wally Veevers conçoit les véhicules spatiaux et le bus lunaire. On construit également une centrifugeuse de 750 000 dollars. Pour les effets spéciaux, Kubrick s’entoure d’éminents collaborateurs parmi lesquels Harry Lange, ancien conseiller de la NASA, et Marvin Minsky, directeur d’un laboratoire d’intelligence artificielle. Souhaitant une vision de l'espace éloignée des bandes dessinées et proche des observations scientifiques, il prend pour directeur de la photographie Geoffrey Unsworth, spécialisé dans la science-fiction. Celui-ci utilise le format Super Panavision 70 et bénéficie du perfectionnement de nouvelles techniques (socles, grues, perches, bras articulés), permettant rotations et mouvements aériens de la caméra comme si elle-même était en impesanteur. Il ajuste également, sur les conseils et avec l'aide d'astronautes et de spécialistes dans le domaine, ses éclairages pour être conforme à la volonté très précise du cinéaste. Le tournage nécessite quatre mois de travail pour les acteurs, et dix-huit pour les effets spéciaux. Pour la première fois, Stanley Kubrick décide d’incorporer de la musique classique à un de ses films. Son choix se porte sur Le Beau Danube bleu de Johann Strauss II, Ainsi parlait Zarathoustra de Richard Strauss, et György Ligeti pour la séquence de la porte stellaire.

Le film est un triomphe dont l’influence est gigantesque : la NASA va emprunter les noms de Jupiter, Discovery ou Ulysse pour ses futurs projets. De son côté, George Lucas, créateur de La Guerre des étoiles, déclarera après la mort de Kubrick que si ce film n'avait pas été fait, il n’aurait probablement jamais réalisé sa saga.

Kubrick reçoit l'Oscar des meilleurs effets visuels, le seul et unique Oscar de sa carrière, pour la qualité de son travail. Une équipe l'a aidé dans cette tâche, mais comme il est à la fois concepteur et créateur de quasiment tous les effets spéciaux du film, c'est à lui que l'on décerne la statuette. C'est également le début de la légende que le cinéaste va volontairement se forger : celle d'un homme qui, tel un ordinateur, enregistre une incroyable quantité d'informations, devenant un expert de la mise en scène et en maîtrisant parfaitement tous les rouages.

Stanley Kubrick n'hésite pas à utiliser les dernières innovations techniques quand cela sert son œuvre : ordinateur et projection frontale pour 2001, éclairage à la lumière des bougies grâce à un objectif Zeiss développé pour la NASA dans Barry Lyndon, ou encore la steadicam dans Shining.

Orange mécanique est un film à la violence et à l’érotisme prémonitoire réalisé en 1971, d’après le roman L'Orange mécanique de Anthony Burgess et adapté par Stanley Kubrick qui travaille seul. Le thème du double, cher à Kubrick, est encore une fois développé dans ce film, avec Alex qui représente l’inconscient de l’homme qui lutte entre le bien et le mal dans un monde qui s’effondre. Kubrick réalise le film très rapidement caméra a l'épaule et presque entièrement dans et autour de Londres.

Au XXIe siècle, dans une Angleterre où l'on ne sait plus comment enrayer l'escalade du crime, Alexandre de Large (Malcolm McDowell), le chef de la bande des droogs ou droogies, exerce avec sadisme une terreur aveugle sur fond de mouvement de la Symphonie n° 9 de Beethoven.

En Angleterre, le film suscite une polémique importante, qui est aggravée par plusieurs faits-divers où des délinquants, portant les mêmes costumes qu'Alex, déclarent s'inspirer directement du personnage principal du film. Dans un premier temps, Stanley Kubrick ne tient pas compte de ces faits divers mais les médias, frustrés par le manque d’interlocuteur, se retournent vers l’auteur du livre qui se retrouve seul à défendre un film auquel il n’a pas participé. Mais la controverse s’amplifie et, inquiété par les lettres de menaces de mort qu'il reçoit à son domicile, le réalisateur oblige la Warner à retirer le film des écrans du Royaume-Uni.

Élu meilleur film de l’année 1972 par le New York Film Critics Circle, Orange mécanique est l’un des plus gros succès de la Warner Bros. Pictures et reste à l'affiche durant soixante-deux semaines.

Après trois films de science-fiction, frustré de l’abandon par la Warner Bros de son projet sur Napoléon, avec Jack Nicholson dans le rôle de l’Empereur (Kubrick a une véritable passion pour Napoléon, il ne comprend pas comment un homme aussi intelligent a pu sombrer) ; Stanley Kubrick réalise son premier film historique à partir de la biographie d'un jeune Irlandais (Barry Lyndon) d'après le roman picaresque de William Makepeace Thackeray - le destin d'un jeune et intriguant irlandais sans le sou, Redmond Barry (Ryan O'Neal), de son ascension pleine d'audace à sa déchéance.

La préparation du film prend un an, le réalisateur veut tourner un film à l’esthétisme proche des tableaux du XVIIIe siècle. Pour recréer les conditions de l'époque, les intérieurs sont éclairés à la bougie, le visage des acteurs maquillés de blanc, les cheveux ternis par la poudre. La réalisation du film demande plus de 250 jours de tournage en Grande-Bretagne et en Allemagne au château de Hohenzollern, à Potsdam et au palais de Ludwigsbourg. À la fin du tournage, Kubrick et Ryan O'Neal sont définitivement fâchés.

Pour retrouver les conditions de lumière dans les anciens châteaux anglais, le réalisateur s'astreint à un éclairage des scènes d'intérieur quasiment à la lueur des bougies, avec un objectif d'appareil photo Zeiss d'une focale de 50mm et une ouverture maximale de f/O.7 développé spécialement pour la NASA pour photographier l'alunissage de la capsule Apollo.

Pour Kubrick ce n’est pas un gadget ou une lubie, le réalisateur veut préserver la patine, et l’ambiance d’un château dans la nuit du XVIIIe siècle. Cette contrainte technique sera néfaste au budget du film qui passe de 2 500 000 $ à plus de 11 000 000 $.

Le diaphragme de l'objectif de très grande ouverture (f/0.7), limite considérablement la profondeur de champ de la scène. Le réalisateur utilise également le zoom et les longues focales, ce qui a pour effet d'« aplatir » l'image et de recréer l'image d'un tableau de Louis Le Nain ou de Henri Fantin-Latour.

Les critiques sont sévères envers le film qui est jugé trop long, trop lent, élitiste et ennuyeux. Le film obtient pourtant quatre Oscars : meilleure direction artistique, meilleure photographie, meilleurs costumes, meilleur arrangement musical. Pour la musique, Stanley Kubrick emploie des œuvres de Bach, Mozart, Vivaldi, Haendel et Schubert, bien que ces compositeurs ne soient pas tous du XVIIIe siècle.

Dans l'œuvre de Kubrick, ce n'est pas la musique qui sert le film, mais le film qui sert la musique.

Stanley Kubrick entreprend l'adaptation du roman Shining, l'enfant lumière de Stephen King. Ce film est dans la lignée de l'Exorciste, Halloween et Rosemary's Baby le meilleur du genre selon Kubrick.

Le film est moins risqué financièrement que ses productions précédentes et après l'échec commercial de Barry Lyndon, l'adaptation d'un best-seller de Stephen King est un gage de quasi-succès (les six derniers romans de l'auteur se sont vendus à plus de 22 millions d'exemplaires). Le réalisateur et Diane Johnson modifient profondément l’histoire du livre ce qui déplait à Stephen King qui refuse d’apparaître au générique final du film. Il ne sera pas le seul mécontent : aux États-Unis, l'exploitation du film est un échec, le public enrageant de n'avoir pas assez tremblé et reprochant aux deux scénaristes d'avoir abâtardi le genre et trahi l'esprit du livre. Comme à son habitude, la critique est quasiment unanime pour huer le film.

Jack Torrance (Jack Nicholson), ex-professeur qui se voudrait écrivain, accepte le poste de gardien de l'hôtel Overlook, isolé dans les montagnes rocheuses et fermé pour l'hiver. Il s'installe dans cet endroit coupé du monde avec sa femme Wendy (Shelley Duvall) et son fils Danny (Danny Lloyd) qui possède un don de médium, le Shining. Progressivement, (la notion de temps disparaît complètement dans le film, Kubrick doit recourir aux « cartons » pour marquer le temps qui passe), Jack glisse doucement vers la folie et la mort.

Plus que tout autre film, Shining va consolider la réputation de « mégalomane perfectionniste » du réalisateur. Kubrick rôde dans les immenses studio de l'Estree, la barbe et les cheveux longs, les yeux cernées, tout comme son héros Jack Torrence qui erre sans inspiration dans l'hôtel Overlook. Pour les scènes les plus complexes à filmer, Stanley Kubrick utilise une nouvelle caméra : la steadicam.

L'image finale du film, semblable à la fin quelque peu mystérieuse et ambiguë de 2001 : l'odyssée de l'espace, engendre plusieurs interprétations par les fervents du cinéaste : selon la première, Jack Torrance, absorbé par l'hôtel, y devient un revenant de plus. Selon une autre, Jack a fréquenté l'hôtel hanté par les fantômes dans une vie antérieure, en 1921 ; Stanley Kubrick lui-même n'a jamais donné une réponse définitive, préférant laisser le soin aux spectateurs de décider par eux-mêmes.

Kubrick considère ce film comme son œuvre la plus personnelle.

Kubrick veut tourner un vrai film de guerre, mais ni un film comme Apocalypse Now ou Voyage au bout de l'enfer, ni une parodie comme Docteur Folamour, ni un film antimilitariste tel que Les Sentiers de la gloire. La symbolique du film est proche de celle d’Orange mécanique où le héros, intellectuellement supérieur à ses camarades, doit lutter entre le bien et le mal dans un monde en guerre. Le personnage central du film, le soldat « Guignol » (Matthew Modine) va petit à petit perdre son âme aux États-Unis, symbolisé par l’agression de son « protégé » le soldat « Baleine » (Vincent D'Onofrio) et au Viêt Nam par l’exécution sans pitié d'une prisonnière vietnamienne.

Stanley Kubrick détourne l’esprit du livre The Short Timers de l’écrivain Gustav Hasford pour mieux imposer sa propre vision de la guerre, et de l’âme humaine, au grand mécontentement de l'écrivain qui est tout de même crédité au générique final comme co-scénariste.

La première partie du film suit l'entraînement intensif d'un groupe de jeunes recrues américaines dans un camp de marines à Parris Island, aux États-Unis en 1968 pendant la guerre du Viêt Nam, et l'affrontement entre le sergent instructeur (Lee Ermey) et une jeune recrue inadaptée (Vincent D'Onofrio). La confrontation finale entre les deux hommes clot cette partie.

La deuxième partie du film se déroule au Viêt Nam et montre le baptême du feu des marines à Da-Nang puis la sanglante bataille du Têt dans la province de Hué.

Le film est entièrement tourné en banlieue de Londres, bien loin du réalisme du film d'Oliver Stone, Platoon. Quelques plantes exotiques servent de décors d’arrière-plan, les scènes de combat sont tournées dans une usine désaffectée et l’île de Parris Island est recréée dans une ancienne base militaire britannique.

Kubrick utilise plusieurs fois l’élargissement de champ pour modifier l’interprétation du spectateur lorsqu’il voit la scène de près puis de loin. Le tournage du film est interrompu pendant quatre mois suite à l'accident de voiture de Lee Ermey, conseiller technique en sa qualité d'ancien instructeur des marines et acteur principal de la première partie du film.

Le film est un succès commercial, mais au fil des semaines il est éclipsé par la sortie de Platoon.

Plus de sept ans après la sortie de son dernier film, Stanley Kubrick se lance dans l'adaptation du roman la Nouvelle rêvée de l'écrivain autrichien Arthur Schnitzler, livre qu'il avait lu à la fin des années 1970. Le scénario est une fidèle adaptation du livre.

Après une confidence de sa femme (Nicole Kidman), laquelle a failli céder à la tentation d'un autre homme, le docteur Harford (Tom Cruise), obsédé par cette révélation, se perd dans la nuit new-yorkaise à la recherche de ses propres fantasmes. Un voyage entre le réel et l'imaginaire.

On retrouve dans ce film ce qui a toujours fasciné Kubrick : le thème du double qui envahit tout et qui engendre la perte d'identité, « nos pulsions les plus intimes, derrière les apparences ». Le tournage dure quinze mois de novembre 1996 à janvier 1998 et va bloquer la carrière de Tom Cruise pendant trois ans (deux ans de tournage et la sortie du film Mission Impossible de Brian de Palma est retardée d'un an).

Comme à son habitude, le soir venu, Kubrick visionne sur vidéo les scènes tournées dans la journée et modifie au jour le jour le scénario en fonction des performances des acteurs. Après 6 mois de tournage, l'acteur Harvey Keitel claque la porte et est remplacé au pied levé par Sidney Pollack. Pour ouvrir une simple porte et faire son entrée dans une pièce, Tom Cruise doit répéter la scène plusieurs dizaines de fois.

Ce film est le testament de Kubrick, qui meurt d'une crise cardiaque dans son sommeil le 7 mars 1999. Il est enterré à côté de son arbre préféré dans le manoir de Childwickbury, dans le Hertfordshire, en Angleterre.

Eyes Wide Shut sort en salle en juillet 1999, 4 mois après la mort du réalisateur.

Parmi les projets inachevés de Stanley Kubrick, on peut citer un film sur Napoléon Bonaparte, abandonné à la demande des producteurs : un projet monumental (fruit de trente années de travail de bénédictin) qui échoue en 1969 pour des raisons techniques, financières et d'organisation. Ou encore Aryan Papers(WarTime Lies), un film abandonné pour ne pas concurrencer La Liste de Schindler de son ami Steven Spielberg dont le sujet est similaire, et A.I. Intelligence artificielle, d'après Brian Aldiss, qu'il confie à Spielberg.

Un autre projet qui n'a jamais été réalisé était Le lieutenant allemand, un film sur les parachutistes allemands à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

D'un caractère réservé, voire timide, il rasait les murs quand il croisait quelqu'un dans un couloir, une fois installé derrière sa caméra Kubrick devenait un autre homme : il contrôlait le monde.

Malgré cela il imposait le respect, imperturbable, très créatif, il finissait toujours par obtenir ce qu'il voulait. Son perfectionnisme lui vaut une renommée d'homme dur, coléreux et mégalomane. On fait état de scènes recommencées près d'une centaine de fois, d'une dispute violente avec Shelley Duvall (héroïne de Shining) dans le seul but de la mettre dans un état émotionnel intense, tout comme d'une équipe technique tenant une grande bâche des heures durant sous la pluie pour ne pas interrompre un tournage.

Stanley Kubrick devient un personnage mythique, vu comme un génie paranoïaque ayant une vision très pessimiste de la nature humaine, ne sortant de sa maison ultra-protégée, une sorte de forteresse infranchissable, ceinte de 80 hectares de bois et protégée par d'imposants grillages, que pour tourner ses films. Isolé dans son château anglais, Kubrick n'est pas pour autant coupé du reste du monde. Ses archives sont monumentales, quand il prépare un film, Kubrick dort le jour et travaille la nuit (décalage horaire avec Los-Angeles oblige).

Kubrick a toujours été réticent à s'entretenir sur ses œuvres, par crainte que celles-ci n'en soient appauvries. Les documentaires tournés sur Kubrick, le seront par sa fille Vivian, pendant le tournage du film Shining : The Making of the Shining (1980) et par son beau-frère Jan Harlan Stanley Kubrick une vie en image (2000).

En 50 ans de carrière, Kubrick va filmer ce combat intérieur, sous une perspective différente. Quatre films de guerre, deux policiers, un film d'horreur, trois films de science fiction, deux fresques historiques et deux films « érotiques ».

Orson Welles a déclaré, en 1963 : « Parmi la jeune génération, Kubrick me paraît un géant. » Welles est né en 1915 et Kubrick en 1928 mais les deux artistes ont de nombreux points communs. Tous deux ont réalisé des films profondément originaux, et presque le même nombre (13 films pour Kubrick, 15 pour Welles). Ils se sont essayés au film de genre, et ont vécu en Europe, à la différence près que Kubrick s'est volontairement exilé en Angleterre pour travailler en paix, alors que Welles y fut contraint par la force des choses ; il avait besoin de décrocher des rôles pour financer ses films.

Tous deux n'ont pu mener à terme certains projets : Don Quichotte et It's all true, que Welles a réalisés, n'ont jamais vu le jour de la main de leur auteur, tout comme Kubrick qui dut renoncer à réaliser un film sur Napoléon et un autre, au début des années 1990, sur l'Holocauste.

Citizen Kane était l'un des films préférés de Kubrick.

La distance que garde Kubrick par rapport à la communauté d'hollywood joue certainement en sa défaveur. En effet, à l'instar d'autres grands réalisateurs, comme Charlie Chaplin, Orson Welles, Fritz Lang, Robert Altman ou Alfred Hitchcock, Kubrick, malgré plusieurs nominations, n'obtiendra jamais l'Oscar du meilleur réalisateur.

Trois mois avant le décès du cinéaste, un certain Stanley Kubrick, demeurant à Harrow, décède d'une crise cardiaque dans son petit appartement. Il s'agit d'un imposteur, Alan Conway, qui, pendant des années, se fit passer pour le cinéaste et tira ainsi profit de dizaines de personnes plus ou moins connues. Il semblerait que l'idée ait fasciné Kubrick lui-même. Un film avec John Malkovich retrace d'ailleurs l'histoire de cet homme : Appelez-moi Kubrick.

À la suite d'un ennui de santé du chef-opérateur Claude Renoir sur le tournage du film L'espion qui m'aimait, et à la demande de son ami le chef décorateur Ken Adam (Barry Lyndon, et Dr Folamour), Stanley Kubrick accepte, à la condition expresse que sa contribution reste secrète, de superviser l'éclairage de la scène d'intérieur du supertanker.

Golden Globes: Meilleur acteur : James Mason; Meilleure actrice : Shelley Winters; Meilleur acteur dans un second rôle : Peter Sellers; Meilleur réalisateur : Stanley Kubrick. BAFTA du meilleur acteur : James Mason. L'association des réalisateurs américains (Directors Guild of America) a nominé Stanley Kubrick pour le prix du meilleur réalisateur. Stanley Kubrick a été nominé au Festival de Venise pour le prix du meilleur réalisateur.

Oscars du cinéma 1964 : quatre nominations dans les catégories meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur scénario, meilleur acteur (Peter Sellers).

Sauf indication contraire, les références ci-dessous sont en français.

En haut



Minority Report

Tom Cruise

Minority Report (Rapport minoritaire en français) est un film de science-fiction américain réalisé par Steven Spielberg, sorti sur les écrans en 2002.

Adaptation cinématographique de la nouvelle éponyme de Philip K. Dick, Minority Report place le spectateur dans un futur proche cyberpunk, une dystopie dont le cadre est le Washington de 2054 où des êtres humains mutants, les précogs, peuvent prédire les crimes à venir grâce à leur don de préscience.

En 2054, la ville de Washington a réussi à éradiquer la criminalité. Grâce aux visions du futur fournies par trois individus précognitifs, les agents de Précrime peuvent écrouer les criminels juste avant qu’ils n'aient commis leurs méfaits. Mais un jour, l’agent John Anderton reçoit des précogs une vision le concernant : dans moins de 36 heures, il aura assassiné un homme qu’il ne connaît pas encore et pour une raison qu’il ignore. Choqué, il prend alors la fuite, poursuivi par ses propres coéquipiers qui ont pour mission de l’arrêter conformément au système...

Le film se déroule à Washington en 2054. Il s'ouvre sur John Anderton, agent de l'organisation gouvernementale Précrime. Son équipe est en train de tenter d'appréhender un suspect. Dans cette séquence, on découvre qu'à cette époque on parvient à prédire les crimes à l'aide de précogs (abréviation de précognitifs, « qui ont la capacité de voir l'avenir ») : trois humains en état de stase, préservés au cœur du siège de Précrime, fournissent l'heure du méfait, le nom de l'agresseur et le nom de la victime. Tous les autres aspects du crime ne peuvent être obtenus qu'en décryptant de maigres indices dans les images relayées par les précogs. Celles-ci sont des visions de l'avenir entourant le moment du crime et sont transférées dans un système informatique grâce auquel Anderton manipule les images à travers une interface de réalité virtuelle. Ainsi, il cherche où ont lieu les crimes et d'autres informations utiles avant d'intervenir.

Durant ces manipulations, Anderton est observé par Danny Witwer, un agent du Ministère de la Justice envoyé pour évaluer le système car les Américains vont bientôt être consultés par référendum pour étendre à tout le pays le programme Précrime, uniquement utilisé à Washington.

Après l'intervention et le placement en état de stase du pré-criminel, Anderton retourne dans son appartement et y regarde des vidéos holographiques de son fils de six ans. Il devient évident, dans l'esprit du spectateur, que celui-ci est décédé et que l'agent est maintenant divorcé.

Le matin suivant, Witwer visite la salle où les trois précogs reposent dans un bassin rempli d'une substance translucide. Un technicien lui explique que celle-ci aide à relayer les images que les précogs produisent. Anderton, en retrait, est apostrophé par l'un des précogs, Agatha, qui émerge de l'eau et lui montre des images d'une femme en train d'être assassinée. Intrigué de ne jamais avoir vu ces images, Anderton enquête. Il visionne les enregistrements.

Les images des deux autres précogs sont enregistrées, celles-ci ne montrent pas de meurtre. Celles d'Agatha, qui est a priori la plus fiable du trio, ont disparu. Anderton prévient alors le responsable de la cellule anti-criminelle de Washington, Lamar Burgess, qui n'apparaît pas concerné. L'agent retourne donc à son travail.

Un meurtre va avoir lieu dans trente-six heures. Anderton récupère le nom du meurtrier, qui n'est autre que le sien. Sachant qu'il va évidemment être capturé, il s'enfuit. Il parvient à semer l'équipe de Witwer dans une usine de voitures et à se réfugier dans la maison d'Iris Hindeman, pionnière de Précrime avec Lamar. La vieille dame lui révèle qu'il arrive qu'un précog ait une vision de l'avenir différente de celle de ses camarades mais que, par souci de fiabilité, le système exclut alors la vision discordante. Toutefois, une trace de cette vision demeure présente dans l'esprit d'Agatha, la plus forte des précogs. Mis au courant de ce secret jusqu'ici connu des seuls Lamar et Iris, Anderton voit alors sa seule chance de prouver son innocence dans la récupération d'un éventuel “rapport minoritaire” afférent à la prédiction le concernant, rapport qui aurait été ignoré par le système.

En 2054, il est difficile de se déplacer incognito car toutes les personnes sont soumises à des scanners rétiniens (pour la personnalisation des messages publicitaires audios par exemple). Pour échapper à toute identification, Anderton va se faire transplanter de nouveaux yeux chez un chirurgien informel. Alors qu'il dort pour récupérer de l'opération le temps que ses greffes prennent, l'agent rêve d'un souvenir : on apprend alors que son fils a été kidnappé. Il se réveille et découvre que des agents de Précrime sont en train de fouiller le bâtiment où il se trouve. En quête de ses fugitifs, l'équipe sur place déploie des spyders, de petites araignées robotiques chargées de scanner les yeux des badauds et des habitants. Parvenues à Anderton, celles-ci cherchent à l'identifier mais, du fait de l'opération chirurgicale, ne le reconnaissent pas.

Anderton se rend ensuite à Précrime où il arrive à pénétrer, en plaçant devant les multiples scanners d'identification rétinienne ses anciens yeux qu'il a conservés. Parvenu au cœur du bâtiment, il sort Agatha de son bassin, déconnectant ainsi le réseau trial de précogs qui fait fonctionner Précrime. Il s'échappe en embarquant avec lui la précognitive, et va trouver un des ses amis hacker qui scanne la mémoire d'Agatha : Anderton accède ainsi à la vision du meurtre qu'il est censé commettre. Toutefois, la vision est identique à celle qui avait été sélectionnée par le système : il n'existe pas de “rapport minoritaire” pour son cas.

Anderton part donc à la recherche de sa potentielle victime, Leo Crow, qui est absent de son appartement. En fouillant ce dernier, Anderton trouve des quantités de photos d'enfants éparpillées et, parmi elles, certaines de son fils. L'idée qu'il n'y a pas de “rapport minoritaire” pour son crime s'affirme : il a toujours prémédité la mort du kidnappeur de son fils si jamais il le trouvait, et Leo Crow s'avère être celui-ci. Il décide donc de le tuer.

Sommé par Agatha de réfléchir, Anderton reconsidère son envie de meurtre et décide simplement d'arrêter Crow. Il lui annonce ses droits Miranda. C'est alors que Crow annonce que s'il n'est pas tué, sa famille n'aura rien. Anderton comprend que tout cela était donc une mise en scène. Crow parvient à accrocher le pistolet d'Anderton et se suicide par police interposée en appuyant sur la main de l'agent. Anderton et Agatha quittent alors l'appartement.

Witwer et l'unité Précrime arrivent sur les lieux et étudient la scène du crime. Witwer analyse les photos répandues et devient très sceptique : les cas d'orgie de preuves comme celle-ci sont très peu probables. Il va donc voir Lamar Burgess et l'entretient de ses doutes. Il lui montre les rapports concernant le meurtre de la femme : le “rapport minoritaire” d'Agatha et le rapport majoritaire des deux autres précogs. Il y a des différences qui tendent à prouver que les deux visions ne datent pas du même moment : le meurtre étant commis près d'un lac, on peut remarquer que d'une version à l'autre, les ondulations de l'eau ne vont pas dans le même sens. À cet instant, Burgess tue Witwer, sans raisons apparentes. Le Précrime n'a pas pu prédire ce meurtre en l'absence d'Agatha.

Anderton s'est réfugié dans la maison de son ex-femme Lara et il comprend pourquoi il est l'objet de manipulations : la femme dont il a vu le meurtre n'est autre que la mère d'Agatha. Celle-ci tentait de récupérer sa fille, utilisée comme précog ; on l'a donc assassinée pour le bien du programme.

La police intervient et arrête Anderton. Plus tard, Lara s'entretient avec Burgess au sujet de la femme et comprend que c'est lui qui en a été le meurtrier. Elle va donc libérer Anderton, placé en stase. Ils se rendent à une conférence donnée par Burgess et le confrontent à son crime. Burgess sort son pistolet et menace Anderton avant de se suicider pour le bien du programme.

Dans la séquence finale, Anderton explique que l'expérience Précrime est arrêtée et que tous les précriminels ont été libérés sans conditions. Les précogs ont été mis au secret et vivent une vie normale. Anderton s'est réconcilié avec Lara qui est enceinte...

Sauf mention contraire, cette fiche est établie à partir du générique du film.

La distribution des rôles initialement prévue a été en partie revue à la suite des retards pris par le tournage du film,.

C'est Tom Cruise, tombé amoureux de la nouvelle, qui aura l'idée du projet Minority Report et d'y convier Steven Spielberg. Cela marque la première collaboration des deux hommes qui avaient prévu de travailler ensemble dès leur première rencontre en 1983, à l'époque de Risky Business. Ils se retrouveront dans La Guerre des mondes. L'acteur a effectué la plupart de ses cascades lui-même, fort de son expérience sur Mission : Impossible II même si le réalisateur est parvenu à l'empêcher d'en faire certaines.

Avant que Colin Farrell ne fasse partie du projet, c'est Matt Damon, puis Yorick van Wageningen, qui devaient interpréter Ed Witwer.

Dans la distribution initiale, c'est Ian McKellen qui devait interpréter le directeur Burgess.

Samantha Morton remplaça au pied levé Jenna Elfman qui dut se retirer du film à cause des retards pris par celui-ci. Cette dernière avait déjà remplacé Cate Blanchett.

Il était initialement prévu que Meryl Streep soit l'actrice du rôle dévolu à Lois Smith.

William Mapother est le cousin de Tom Cruise.

À l'origine, la nouvelle Rapport minoritaire de Philip K. Dick devait être adaptée de manière à devenir une suite du film Total Recall de Paul Verhoeven, qui était déjà une adaptation d'une nouvelle de l'auteur sans autre rapport avec celle-ci. Ce scénario devait être créé par les scénaristes Ronald Shusett, Gary Goldman et, arrivé plus tard sur le projet, Robert Goethals. De ce fait, l'histoire devait être délocalisée sur Mars où les précogs auraient été des personnes mutées par l'atmosphère martienne, problème central du premier film. Le personnage principal, John Anderton, aurait aussi été substitué à celui de Douglas Quaid, héros du premier film, joué par Arnold Schwarzenegger. Le projet a été annulé mais les scénaristes, toujours détenteurs des droits de la nouvelle, ont réécrit le scénario en ôtant toute référence à Total Recall. C'est a priori au moment où le scénariste Jon Cohen a été engagé, en 1997, que ce précédent scénario a été mis de côté et totalement réimaginé.

C'est en 1998 que Steven Spielberg et Tom Cruise rejoignent le projet Minority Report et annoncent qu'il s'agira d'une coproduction entre la 20th Century Fox, la compagnie de Spielberg (DreamWorks SKG), celle de Cruise (Cruise/Wagner Productions) et celle de Jan de Bont (Blue Tulip). La production est alors étalée sur plusieurs années. Le tournage était prévu une fois celui du film Mission: Impossible II avec Cruise achevé. Mais les préparatifs du film n'ont pu être terminés à temps, ce qui a permis au scénariste Scott Frank, fraichement débarqué sur le projet, de retravailler le scénario.

Le tournage commença finalement le 22 mars 2001 juste après que Cruise eut terminé le tournage de Vanilla Sky.

La gestion des sons dans le film a été un vrai défi technique. Gary Rydstrom, le superviseur de ceux-ci, a dû par exemple faire appel à une équipe de chercheurs de l'Université de Cornell pour créer les bruits des spyders, restitution des sons inaudibles créés par les araignées. En revanche, le son du maglev vient de sa machine à laver.

Un album a été diffusé comprenant la bande originale du film, elle est composée par John Williams.

La 8e symphonie en si mineur, dite « L'Inachevée » D.759 (1822) de Franz Schubert, absente de cet album, est très présente dans le film. La bande originale en elle-même a été composée par John Williams qui a souvent collaboré avec Steven Spielberg. Elle a été orchestrée par John Neufeld et la performance vocale et de Déborah Dietrich. Elle s'inspire de l'œuvre de Bernard Herrmann. Steven Spielberg pense que c'est la première composition de Williams pour un de ses films qui soit "en noir et blanc". Cette bande-son est profondément connotée "science-fiction", notamment avec le thème principal, dont les sons d'explosions font écho à ceux de Vangelis dans sa bande originale de Blade Runner, film également tiré de Philip K. Dick.

Sous couvert du thème de la sécurité, Minority Report pose la question philosophique classique du libre-arbitre face au déterminisme L'une des questions principales est donc : « le futur est-il écrit ou le libre-arbitre, les choix, peuvent-ils modifier celui-ci ? ». Celle-ci est aussi discutée à travers la question de la justesse de la vision des précogs. Agatha affirme que dès l'instant où Anderton connaît son avenir, il peut le changer. Le film montre aussi que c'est cette connaissance d'Anderton qui peut être la cause de la mort de Leo Crow. Dès lors, peut-on accuser quelqu'un du fait qu'il va commettre un meurtre si quelqu'un peut faire en sorte, à l'aide des précogs, de faire commettre un meurtre ? Le crime existerait-il si l'on ne tentait pas de l'empêcher ? Le traitement de ce thème a entraîné des critiques à la fois positives, parfois même faisant de ce point le principal intérêt du film,, et négatives.

On peut également, comme Les Cahiers du cinéma, voir une interrogation sur le concept de « zéro tolérance » de l'ère post-Giuliani.

Minority Report est un film d'anticipation qui compose à la fois avec des éléments d'une dystopie et d'une utopie. Le film livre une vision du futur proche plus précisément décrit que dans la nouvelle dont il est adapté. Pour créer un futur proche crédible, Steven Spielberg, en 1999, invita quinze expert du Global Business Network, son président Peter Schwartz, le fondateur de Wired Kevin Kelly et le démographe et journaliste Joel Garreau dans un hôtel de Santa Monica. Ils y ont fait un brainstorming pour réfléchir en détail à quoi ressemblerait le monde de 2054. Parmi les experts, on pouvait compter Steward Brand, Peter Calthrope, Douglas Coupland, le professeur au Media Lab du MIT Neil Gershenfeld, le chercheur en biomédecine de la DARPA Shaun Jones, l'un des inventeurs de la réalité virtuelle Jaron Lanier, le designer automobile Harald Belker (qui avait travaillé sur xXx et Armagedon) et l'ancien doyen de l'école d'architecture du MIT William J. Mitchell,. Les discussions n'ont pas changé les éléments clefs dont les séquences d'action du film avaient besoin, mais ont néanmoins influencé les aspects utopiques du film. John Underkoffler, le conseiller scientifique et technologique du film, décrivit au final celui-ci comme "plus gris et plus ambigu" que ce qu'ils avaient prévu en 1999.

D'un point de vue stylistique, Minority Report peut faire penser à A.I. : Intelligence Artificielle, précédent film réalisé par Steven Spielberg, plus qu'à E.T. l'extra-terrestre, un autre de ses films de science-fiction référence. Le film est volontairement suréclairé et durant la post-production, un procédé sans blanchiment (bleach bypass) a été utilisé. Cela donne au film un aspect particulier, avec des couleurs vraiment désaturées. On dirait presque un film en noir et blanc du fait que les tons noirs et les ombres sont très marquées. Le film possède 481 plans d'effets spéciaux, ce qui en fait le film le plus complexe de Steven Spielberg, selon Bonnie Curtis, qui n'avait pas atteint ce nombre depuis Rencontres du troisième type.

On lui prête pourtant parfois, malgré une apparence froide futuriste donné par ces couleurs, un aspect fin des années 1970, rétrofuturiste. Selon Spielberg lui-même, la musique renvoie aux films noirs de l'époque d'Humphrey Bogart et de John Huston.

Il a eu tout autant de succès sur le marché de la vidéo, avec au moins quatre millions de DVD vendus lors des premiers mois de diffusion.

À sa sortie, le film fut généralement apprécié par les critiques presse et Internet.

Roger Ebert donne au film quatre étoiles (le maximum) et le liste comme meilleur film de 2002. Il le décrit comme un "triomphe, un film qui fonctionne à la fois sur nos esprits et nos émotions". D'un autre côté, Pete Travers, du magazine Rolling Stone trouve que le film est peu probant en termes de moralité et Kenneth Turan du Los Angeles Times a eu du mal à suivre l'intrigue.

En France, la très grande majorité des critiques est conquise. Gérard Delorme de Première trouve que c'est le film le plus excitant de Steven Spielberg depuis Jurassic Park et que la prestation des deux acteurs principaux est bonne. C'est "réussi" pour Télérama, "du grand art" pour Le Figaro, "essentiel" pour Mad Movies, "dynamique et inventif" pour Zurban. Libération note cependant une "vague insatisfaction finale".

Pour accentuer cette réputation, de nombreux sites web de référence dans le cinéma réunissent d'excellentes notes données par les internautes pour le film, comme sur Internet Movie Database ou Rotten Tomatoes.

À noter que le sous-titre Everybody Runs était le slogan présent sur l'affiche américaine du film.

En haut



Steven Spielberg

Steven Spielberg en 1999

Steven Allan Spielberg est un réalisateur, producteur, scénariste, producteur exécutif, producteur délégué et créateur américain, né le 18 décembre 1946 à Cincinnati (Ohio, États-Unis). Il a à son actif certains des plus gros succès financiers de l'histoire du cinéma, comme E.T. l'extra-terrestre ou Jurassic Park. Fondateur de la société de production Amblin et cofondateur du studio DreamWorks SKG, il a aussi créé la fondation Shoah Foundation Institute for Visual History and Education, dont l'objectif est de recueillir les témoignages de tous les survivants de la Shoah, et de les diffuser aux plus jeunes, dans le but d'éviter un nouveau génocide.

Les nombreux projets financiers du réalisateur Steven Spielberg ne cachent pas ses grands œuvres cinématographiques. En effet, réalisateur du premier blockbuster (Les Dents de la mer), il est reconnu pour ses nombreuses productions cinématographiques à succès, ainsi que pour ses activités de gestionnaire. Rares sont ses réalisations n'ayant pas connu la gloire. Sa filmographie est impressionnante tant elle compte de succès et de personnages presque entrés dans notre héritage culturel.

Cette filmographie est assez diverse, et on a coutume de la diviser en deux parties. La première concerne le cinéma dit « de divertissement », que Spielberg (qu'on appelle d'ailleurs le « roi du divertissement »), traite souvent de façon enfantine, fantaisiste, tombant pour certains trop dans la violence et le cinéma « commercial ». On y trouve Les Dents de la mer, la saga des Indiana Jones, Hook ou la Revanche du Capitaine Crochet, 1941, Jurassic Park, Minority Report ou encore trois films sur les extraterrestres : Rencontres du troisième type, E.T. l'extra-terrestre, et dernièrement La Guerre des Mondes (on peut aussi inclure un quatrième : Indiana Jones et le Royaume du crâne de cristal) .

La seconde catégorie regroupe des films considérés comme plus « sérieux », plus intimistes, se basant sur des faits réels. Spielberg y filme la Seconde Guerre mondiale (Empire du soleil, Il faut sauver le soldat Ryan), la Shoah (La Liste de Schindler), l'esclavage (La Couleur pourpre, Amistad) et plus récemment le conflit israélo-palestinien (Munich). Tous ces films ont été l’objet de débats animés sur la réalité historique des œuvres en question. De plus, les origines juives de Spielberg n’arrangent pas les choses : on l’accuse par exemple de ne pas être objectif ou de prendre parti sur des sujets comme la Shoah ou le conflit israélo-palestinien. Spielberg se défend en affirmant à chaque fois développer un cinéma pacifiste. Cependant, son succès ne se dément pas, des millions de fans l'adulent.

Outre ses propres réalisations, il a produit plusieurs films à succès comme Gremlins, Retour vers le futur ou Men in Black.

Steven Spielberg est né à Cincinnati, le 18 décembre 1946. Il a trois sœurs. Au début de son existence, il vit dans le New Jersey, puis en Arizona. Le petit Steven n'est pas un très bon élève. Il subit dès son enfance l'antisémitisme de ses camarades. Étant d'origine allemande, il tente de nier ses racines juives. Ses résultats scolaires ne lui permettent pas d'intégrer les écoles de cinéma de son choix, c'est pourquoi il suit les cours d'art dramatique de l'école d'Arcadia, à Phoenix. Pour les autres éléments concernant le cinéma, il est autodidacte, réalisant très tôt des films en amateur.

Il tourne son premier film en 1959 à l'âge de 12 ans, avec la caméra 8 mm de son père. Ce sera The Last Gun, un western de quatre minutes. Il enchaîne en 1961 avec Escape to Nowhere et Battle Squad, deux films de guerre. Le premier de ces deux films fait alors déjà quarante minutes, le suivant, Firelight, un film de science-fiction qu'il tourne en 1964, dure cent quarante minutes. Celui-ci sera fortement influencé par le Monstre (The Quatermass Experiment) de Val Guest. Par la suite, il tourne avec Allen Daviau, futur chef opérateur de E.T., Amblin' (qui deviendra plus tard le nom de sa maison de production), l'histoire de deux jeunes gens qui vont en auto-stop du désert jusqu'au Pacifique sans échanger une parole. Ce court métrage remporte plusieurs prix et permet à Spielberg de décrocher un contrat de sept ans avec les studios de télévision Universal.

Ses parents divorcent en 1964 ce qui marquera profondément le jeune Spielberg, qui vivra cette situation comme un déchirement. Cette séparation influencera le travail futur du réalisateur, où la recherche d’une enfance heureuse et merveilleuse se confronte à la haine et à l’incompréhension chronique des adultes.

Spielberg se fait alors remarquer pour ses compétences techniques et se forge une réputation. Il dirige Joan Crawford dans l'épisode The Eyes de la série Night Gallery. Il s'agit d'un des trois épisodes pilotes de cette émission dédiée au fantastique, sous la direction de Rod Serling. Il enchaine avec de nombreuses autres séries, notamment le premier épisode (sans compter les deux pilotes) de Columbo : Le livre témoin.

Son premier gros succès sera un téléfilm, Duel, qui raconte l'histoire d'un camion effrayant, dont le chauffeur restera invisible aux spectateurs, poursuivant sans relâche un employé de commerce. En dépit de son budget minimal et de sa réalisation très courte (12 jours seulement), l'œuvre fait immédiatement sensation pour sa mise en scène et remporte notamment le grand prix du festival d'Avoriaz. Son succès à la télévision sera tel que le film sortira en version longue dans les salles de cinéma. Le pouvoir de Spielberg à Hollywood commence à croître.

En 1974, Spielberg se voit confier la réalisation de son premier long métrage pour le cinéma, ce sera Sugarland Express. Le film, tiré d'une histoire vraie, raconte l'aventure de deux marginaux (interprétés par Goldie Hawn et William Atherton) et de leur otage, poursuivis par un déploiement carnavalesque de policiers et de journalistes. Le film sera un échec total au box-office, Universal ne voulant pas en faire une grosse production, jugeant le sujet trop difficile. Selon d'autres informations, Universal aurait saboté sa sortie pour privilégier la sortie de L'Arnaque, avec Robert Shaw et Robert Redford. Note amusante : Robert Shaw fait partie du casting de « Jaws ». Ce film marque aussi le début d'une collaboration unique dans les annales du cinéma : John Williams signe la première de ses 22 compositions pour un film de Steven Spielberg.

Certains considéraient alors la carrière du réalisateur terminée, mais le hasard en décidera autrement. Sur le bureau de ses producteurs de Sugarland Express, il est intrigué par un manuscrit portant le titre Jaws, ce qui signifie « Mâchoires » en anglais. Une fois chez lui, il dévorera le livre et décidera d'en faire l'adaptation cinématographique. L'échec de son film précédent lui porte préjudice mais il parviendra à réunir un budget de douze millions de dollars pour faire son œuvre. Selon la rumeur, il refusa pour le rôle du héros l'immense Marlon Brando, estimant que le suspense de la survie du personnage serait entaché. Et, ayant réuni des acteurs moins connus (Robert Shaw, Richard Dreyfuss, Roy Scheider), le tournage put enfin commencer ; et ce sera, il le dit lui-même, le pire tournage de sa carrière. Les Anecdotes de tournage des Dents de la mer sont nombreuses et peu enviables : un tournage laborieux de cent-cinquante-cinq jours, un des trois requins mécaniques ne fonctionne pas toujours très bien (c'est d'ailleurs pourquoi on ne voit presque jamais le redoutable animal au début du film), des techniciens ne voulaient qu'une chose : que le projet cesse, pareil pour les acteurs, et Spielberg lui-même se disait découragé, les caprices de la météo et de l'océan n'arrangeant pas les choses. À l'issue de ce laborieux tournage, la peur de l'eau qu'avait Spielberg se transforma en une véritable phobie. Mais ces Dents de la mer sortirent en salle et, contre toute attente, le film fut un succès dépassant de loin les prévisions les plus optimistes des studios. En fait, pour la première fois les recettes d'un film dépassèrent les cent millions de dollars pour atteindre finalement les deux cent soixante millions.

Fort de ce succès, Spielberg se lance dans un autre grand projet, qu'il rêve de réaliser depuis fort longtemps. Il s'agit d'une histoire d'extra-terrestres pacifiques, débarquant sur Terre, pour y rencontrer l'homme. Scientifiquement, un tel contact est dénommé « rencontre du troisième type », expression qui donnera le nom de ce film sorti en 1977. Et, surfant sur la vague de La Guerre des étoiles, l'œuvre est une réussite commerciale, le public se pressant pour voir ce nouveau film de science-fiction. Les performances de Richard Dreyfuss et de François Truffaut auquel Spielberg, son admirateur, confie un rôle, donneront lieu à une rencontre culte.

En 1979, Spielberg connaîtra son second revers après Sugarland Express. Le film 1941, dans lequel jouent les deux Blues Brothers, sera considéré comme un échec tant sur le plan artistique que commercial. Se déroulant pendant la Seconde Guerre mondiale, le film traite de la paranoïa qu'a connue la Californie après l'attaque de Pearl Harbor par les Japonais ; la côte ouest pensait être elle aussi la cible d'une nouvelle attaque de leur part.

Spielberg désirait ardemment réaliser un épisode de James Bond, mais la réalisation d'un épisode impliquait la nationalité britannique. Son ami George Lucas, fort du succès de La Guerre des étoiles, revoyait les vieux films d'aventures des années trente, à la Fritz Lang. C'est ainsi que les deux compères eurent l'idée de créer leur propre personnage, héros d'une grande saga, mélange d'aventures rocambolesques et de personnages hauts en couleur : Indiana Jones était né. La première mission de ce héros interprété par Harrison Ford, sera de trouver l'Arche d'alliance des hébreux avant les nazis, dans le film Les Aventuriers de l'arche perdue (1981), qui fut un énorme succès.

Présenté à la clôture du festival de Cannes de 1982, E.T. l'extra-terrestre (avec Dee Wallace, Drew Barrymore, Henry Thomas, entre autres) est l'un des films du réalisateur à présent mondialement célèbre. L'histoire de ce petit bonhomme, biologiste, venu d'une planète bienveillante, aura ému des millions de spectateurs et laissé quelques répliques cultes. Avec ce film, Spielberg possède le record des meilleures recettes américaines, qu'il battra en 1993 avec le film Jurassic Park. Ce succès lui permit également de créer, avec Kathleen Kennedy et Frank Marshall, son propre studio : Amblin Entertainment.

En 1983, Spielberg participa à un film collectif dirigé par John Landis, La Quatrième Dimension, où il dirigea le deuxième épisode : l'histoire d'une maison de retraite, dans laquelle un certain M. Bloom réapprend l'enfance aux vieillards, qui retrouvent leur apparence de jadis.

Le deuxième Indiana Jones sort enfin en salles, Indiana Jones et le Temple maudit, en 1984. Le film est un nouveau triomphe pour le couple Spielberg-Lucas, même si les fans lui reprochent un côté trop violent et trop dur. Il est vrai que les enfants fouettés, le cœur arraché du corps vivant d'un des personnages et les soldats dévorés par des crocodiles peuvent ne pas être tout public. Le réalisateur dira lui-même ne pas particulièrement apprécier cette œuvre dans sa filmographie. Néanmoins, c'est sur ce tournage qu'il rencontrera sa future femme et mère de ses enfants : Kate Capshaw.

En 1985, Spielberg a son premier enfant (né de son premier mariage avec l'actrice Amy Irving) et sa filmographie abordera des sujets différents après cette naissance, moins orientés sur le cinéma dit, souvent péjorativement, « de divertissement », et plus axés sur l'Histoire : La Couleur pourpre (1985) et Empire du soleil (1987), deux œuvres qui racontent respectivement la vie d'une famille noire aux États-Unis du début à la moitié du XXe siècle, et l'aventure d'un jeune Britannique pris dans la tourmente d'une guerre.

En 1989 sortira le troisième opus de la série des Indiana Jones : Indiana Jones et la Dernière Croisade. Ce volet, au rythme toujours plus effréné, raconte la croisade du célèbre archéologue pour récupérer le légendaire Graal avant les nazis.

Commercialement, les années 1990, contrairement aux années 1980, ne commencent pas fort pour Spielberg. En 1990 sort en salles Always, un remake d’Un homme nommé Joe de Victor Fleming (1944). Malgré la présence de Richard Dreyfuss (déjà vu dans Les Dents de la mer et Rencontres du troisième type), l'accueil sera mitigé. Mais, dès 1991, l'assidu cinéaste se lance dans un autre projet qu'il rêve depuis toujours de réaliser : une adaptation de Peter Pan. Ce sera Hook. Là encore, bénéficiant pourtant d'acteurs renommés (Robin Williams, Dustin Hoffman, Julia Roberts…), le film sera certes enfantin, fantaisiste et aura une carrière honorable auprès des spectateurs, mais la critique n'y retrouve pas le côté magique du célèbre conte.

Ces deux derniers films sont considérés comme des œuvres mineures dans la filmographie du réalisateur, mais, chez Spielberg, ses « échecs » précèdent souvent des films plus appréciés. En analysant la carrière de Spielberg, on constate que ses mises en scènes les plus reconnues sont souvent précédées de films considérés comme décevants, et c'est justement le cas en 1993. En effet, Spielberg accroit encore sa domination sur Hollywood en réalisant Jurassic Park, un film qui marque un tournant dans l'histoire des effets spéciaux (conçus par la société Industrial Light & Magic). Cette histoire de dinosaures avec Sam Neill et Jeff Goldblum deviendra rapidement le plus gros succès de l'histoire du cinéma, rapportant plus de 900 millions de dollars et battant ainsi le record jusque-là détenu par E.T. l'extra-terrestre.

En cette même année 1993, Spielberg réalise ce que l'on considère souvent comme sa plus grande performance : La Liste de Schindler. Sur fond de Shoah, le film nous raconte comment un industriel nazi (Oskar Schindler) sauva un peu plus d'un millier d'êtres humains des camps de la mort. Une œuvre que l’American Film Institute classe comme le neuvième plus grand film américain de l'Histoire dans son Top 100 reconnu. Au contraire, Jean-Luc Godard dans ses Histoire(s) du Cinéma dira avec amertume qu'avec ce film le « plus jamais ça radical de l'après-guerre » (avec notamment les films de Roberto Rossellini) s'est transformé en un « c'est toujours ça » très convenu. Jouant sur la sobriété du noir et blanc et des séquences d'émotion, cette Liste de Schindler remporte une multitude de prix et, notamment l'Oscar du meilleur réalisateur et celui du meilleur film, distinctions qui avaient été jusqu'alors refusées au réalisateur par la prestigieuse académie.

En 1994, lui et ses deux associés Jeffrey Katzenberg (l'ancien responsable du département animation de Walt Disney Pictures) et David Geffen (le fondateur de Geffen Records) fondent une immense société de production et de distribution spécialisée dans le cinéma, la musique et les programmes télévisés : DreamWorks SKG (Spielberg-Katzenberg-Geffen). C'est aussi en cette année qu'il crée Shoah Foundation Institute for Visual History and Education, qui recueille les témoignages de tous les survivants de la Shoah, et les diffuse aux plus jeunes, dans le but d'éviter un nouveau génocide. La fondation a déjà recueilli 8 700 témoignages en Israël. Spielberg réalisera plus tard (en 1997) la suite de Jurassic Park, peaufinant encore les effets spéciaux. Le Monde perdu : Jurassic Park sera encore un succès.

En cette même année 1997, Amistad (avec Morgan Freeman, Anthony Hopkins et Djimon Hounsou), sa nouvelle réalisation, ne déplacera pas les foules. Il faut dire que le sujet portant sur l'esclavage était difficile, dans le sens où il abordait sans détours un point névralgique de l'Histoire des États-Unis d'Amérique, à une époque où le peuple américain semble se sentir mal à l'aise avec ce passé ; d'autant que Spielberg déforme, selon certains historiens, la vérité historique.

En 1998, sort un autre film. Il s'agit encore une fois d'un film historique malgré l'échec de sa dernière œuvre. Il faut sauver le soldat Ryan, tourné pour 70 millions de dollars, raconte l'histoire d'une unité de soldats américains, chargé de sauver un seul homme, au péril de leur vie. L'histoire se passe durant la fin de la Seconde Guerre mondiale, pendant l'opération Overlord. Tom Hanks, Matt Damon et Barry Pepper s'y distinguent, et contribueront au succès commercial et critique du film, qui remportera quelques récompenses, dont l'Oscar du meilleur réalisateur pour Spielberg (le deuxième de sa carrière).

En 2001, Spielberg réalise A.I. Intelligence artificielle avec l’enfant-star Haley Joel Osment et Jude Law, un projet repris du défunt réalisateur Stanley Kubrick. Le film aura une belle carrière commerciale, mais ce Pinocchio moderne (et même futuriste), recevra un accueil critique mitigé, certains le trouvant magnifique, d'autres trop long et ennuyeux. Plus généralement, ce film constitue un retour à la science-fiction pour Spielberg, un genre qu'il avait délaissé depuis E.T. l'extra-terrestre.

Steven Spielberg poursuit sa période de science-fiction en 2002, en réalisant un film futuriste, Minority Report, d'après une nouvelle de Philip K. Dick. Tom Cruise y joue un policier piégé dans la logique d'un système pénal (et politique) autorisant l'arrestation des meurtriers avant qu'ils n'aient commis leur crime. Un Spielberg au scénario complexe, fondé sur le recoupement des « témoignages » d'un trinôme de devins, où les thèmes de la tragédie antique (dont l'idée du fatum) trouvent un écho particulier dans la mise en scène d'un monde ultramoderne, mais pas outrancièrement futuriste. Ce film marque la première collaboration entre le réalisateur et Tom Cruise (avant La Guerre des mondes en 2005).

Une nouvelle collaboration entre Tom Hanks et Spielberg, une première entre Leonardo DiCaprio et le réalisateur, Arrête-moi si tu peux est un film humoristique et tendre. L'histoire vraie de l'imposteur Frank Abagnale Jr., qui aida à l'écriture de cette œuvre biographique, et qui participa de ce fait à ce succès commercial qui eut un bon accueil auprès des critiques.

Deux années plus tard, Spielberg réalise un autre film dont la jovialité et l'humour ne masque pourtant pas le côté engagé, il s'agit du Terminal. Avec deux célèbres acteurs, Tom Hanks et Catherine Zeta-Jones, l'histoire d'un immigrant coincé dans un aéroport.

Le journal Le Monde décrit Spielberg comme « maniaco-dépressif », capable de passer en une année d'un sujet comique à un sujet difficile. Entre 2004 et 2005, il va réaliser deux films : d'abord, Le Terminal, puis La Guerre des mondes, film dans lequel des « êtres venus d'ailleurs » tentent purement et simplement d'exterminer la race humaine. Cette adaptation du roman d'Herbert George Wells était attendue. Le film est un immense succès commercial. Spielberg y traite par extraterrestres interposés du 11 septembre, tandis qu'une mini-polémique nait à propos de la ressemblance troublante de l'affiche du film avec la couverture du livre The Invaders Plan de L. Ron Hubbard, gourou de l'Église de Scientologie. Et, le lendemain de la sortie américaine de l'œuvre, Steven Spielberg se lança dans la réalisation de son prochain film : Munich. Il s'agit d'un sujet éminemment polémique puisqu'il donne une vue subjective des opérations noires d'un membre des services secrets israéliens agissant de manière autonome pour assassiner les commanditaires de la tragique prise d'otages des JO de 1972 ; Spielberg se met au diapason de son public, puisque la sortie d'un tel sujet n'est possible que dans le contexte de la guerre contre le terrorisme telle qu'elle est définie par le pouvoir à la Maison Blanche.

Steven Spielberg a déclaré vouloir prendre un peu de repos après avoir tourné coup sur coup La Guerre des mondes et Munich. Il aurait profité de ce répit pour développer un projet de biographie filmée d'Abraham Lincoln, projet qui lui tient à cœur depuis quelques années (et dont le personnage apparait en caméo dans Minority Report). Parallèlement, le scénario du prochain Indiana Jones, après avoir subi une longue étape de préparation et de nombreuses réécritures, est sorti fin mai 2008. En 2007, il est producteur du film tiré de l'univers des jouets Transformers. Spielberg a aussi le projet de proposer au public une nouvelle aventure de Tintin, le célèbre personnage de bande dessinée créé par Hergé. Ce projet semble s'être confirmé en mars 2007, avec M. Spielberg à la production, mais aucune date prévisionnelle n'est disponible à ce jour.

En octobre 2008, Steven Spielberg se sépare des studios cinématographiques américains Paramount Pictures pour créer un nouveau studio, avec la participation du groupe de télécommunications indien Reliance ADA Group. Cette structure, qui a l'ambition de produire au moins 35 films dans les 5 années à venir devrait être dirigée par l'ancienne directrice de DreamWorks, Stacey Snider.

Steven Spielberg a décidé de refuser de « participer comme consultant à l'organisation des Jeux Olympiques d'été de 2008 au motif que « La Chine devrait faire davantage pour mettre fin aux souffrances au Darfour. ».

Spielberg est considéré par certains comme un réalisateur commercial. L'opinion publique le blâme généralement de n'avoir changé que le côté rentable du cinéma, et ce en réalisant certains des plus gros succès de l’histoire du septième art, par exemple Les Dents de la mer, qui a donné lieu à de nombreuses suites (Les Dents de la mer 2e partie, etc.). Son cinéma est parfois considéré comme violent, et le cinéma commercial est justement friand de violence. Pour finir, il arrive que Spielberg réalise des suites de ses propres films (ce que certains ne considèrent pas comme une démarche très artistique), comme avec Jurassic Park, ce qu'il avait pourtant refusé de faire après le succès mondial de E.T. l'extra-terrestre, estimant que ce film n'appelait pas de suite.

Des sujets profonds et sérieux se cachent entre les lignes de ses scénarios, tel que le terrorisme, le clonage, les dérives sécuritaires américaines, l’esclavage, le racisme, ou la guerre et le rôle de l'armée en général, avec une perception du monde souvent beaucoup plus fine, et moins manichéenne, que l'on n'en attend généralement de la part des réalisateurs commerciaux; ceci à tel point que certaines de ses décisions artistiques en demi-teintes relèvent de la prise de risque, et sont parfois mal comprises par la critique. Ainsi le personnage de Schindler tient davantage de Chuck Tatum, archétype hollywoodien du personnage beau parleur qui s'adapte et profite d'un système (Le Gouffre aux chimères, Billy Wilder), que du nazi par conviction auquel nombres de critiques s'attendaient ; ce décalage a soulevé une polémique virulente, en France notamment, au moment de la sortie de La Liste de Schindler. D'une façon différente, le film A.I. Intelligence artificielle a également pu troubler le public par les questions éthiques qu'il soulève frontalement.

Par ailleurs, dans la plupart de ses films, Spielberg défend une vision personnelle d'un monde pacifique, et ce même dans ses œuvres les plus grand public. Certains affirment même que Spielberg est un réalisateur intimiste, dans la mesure où ses films ont souvent pour cadre la famille américaines moyenne type, des banlieues pavillonnaires. Intimiste il l'est aussi, quand, dans la Couleur Pourpre (1985), un de ses films majeurs bien que largement sous-estimés selon certains, il évoque la vie d'une famille afro-américaine du début du XXe siècle à travers le regard d'une femme, Celie, interprétée par Whoopi Goldberg.

Le plus souvent en caméo.

En haut



Source : Wikipedia