Tintin

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Posté par rachel 16/04/2009 @ 16:13

Tags : tintin, bd, culture

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Tintin

Une voiture de marque Triumph conduite par un couple d'Anglais dans l'album L'Île Noire

Tintin est un personnage de fiction créé par le dessinateur belge Hergé, dans la bande dessinée Tintin au pays des soviets en 1929. Ce jeune reporter est le personnage principal de la série de bandes dessinées Les Aventures de Tintin et Milou.

Le personnage de Tintin est sans passé : pratiquement à aucun moment au cours de ses aventures - hormis par suggestion de son créateur : un passage en avion au-dessus de l'Espagne le 22 juillet 1931 à son retour du Congo belge pour rejoindre Bruxelles, et un séjour à Toulouse durant tout l'été 1940 après un retour précipité du désert d'Arabie- il n'est fait mention d'événements s'étant déroulés dans une situation hors de celles-ci, et jamais il ne revoit de personnages qu'il aurait pu connaître en dehors des albums. Rien dans ses aventures ne réfère à un entre-deux-livres ou à un événement antérieur à Tintin au pays des Soviets. Par ailleurs, le temps ne semble avoir de prise sur le personnage (pas plus que sur aucun personnage de la bande dessinée), alors que le monde extérieur évolue notablement d'un album à l'autre, assez conformément au monde réel. Nous pouvons tout de même penser qu'il a été scout (On a marché sur la lune, page 45).

En outre, Tintin semble n'avoir aucune famille. Son seul compagnon de tous les jours est son petit chien blanc, Milou. L'illustré catholique pour la jeunesse Cœurs Vaillants n'a pas, pour cette raison, considéré Tintin comme éligible dans ses pages en exemple pour la jeunesse. Ce sont Jo, Zette et Jocko, qui ont une famille, qu'Hergé publiera un moment dans cet illustré. Mais Cœurs Vaillants a quand même publié Tintin au pays de l'or noir avec un Milou tacheté de marron et des planches inédites en album.

Sa fameuse mèche rebelle apparaît pour la première fois dans une case de Tintin au pays des Soviets. Hergé décidera de conserver par la suite ce trait physique qui rend son héros si reconnaissable. De plus, un voyage de Tintin Lutin à moto jusqu'à Moscou, personnage créé par l'illustrateur Benjamin Rabier, va lui servir de modèle.

Il semble en outre que l'histoire du globe-trotter danois à la chevelure rousse Palle Huld ait pu inspirer Hergé. À quinze ans, le Danois fera seul en 1928 un tour du monde en 44 jours avec casquette et en culotte de golf, payé par le quotidien Politiken suite à un concours.

Léon Degrelle, connu pour être le fondateur du rexisme en Belgique, ami et collègue de travail d'Hergé en 1929, a affirmé, dans une interview en 1981, puis dans son ouvrage posthume Tintin mon copain, avoir inspiré le personnage de Tintin à Hergé, notamment en ce qui concerne la coiffure, les culottes de golf et les premiers voyages du reporter, des affirmations tardives et contestées, notamment par Paul Jamin, ami commun d'Hergé et Degrelle.

L'âge de Tintin est difficile à déterminer. Ce n'est pas un adulte, comme le laisse à penser sa petite taille et son aspect chétif. Dans Tintin au Pays des Soviets, la façon dont il flotte dans un imperméable de la police allemande peut laisser supposer une taille d'enfant, mais ce fait ne semble pas se reproduire par la suite. Pour autant, Tintin n'est pas un adolescent, et encore moins un enfant comme le prouve par exemple, dès sa première aventure (Tintin au pays des Soviets), sa maîtrise de la conduite automobile. Par ailleurs, il vit seul dans son propre appartement avec son chien Milou, travaille en tant que reporter, semble subvenir seul à ses besoins et est fort physiquement. Dans une interview, Hergé a juste répondu qu'« il est jeune » . Cette ambiguïté est probablement destinée à aider le lecteur, enfant ou adulte, à s'identifier à lui. Selon Hergé, son âge physique a évolué de 14 à 17 ans et son âge moral est resté 14 ans.

Tintin lutte contre le Mal en général, ou du moins contre tout ce qu'il estime être mal. Dans Les Cigares du Pharaon, Le Lotus bleu et Le Crabe aux pinces d'or , il affronte des trafiquants de drogue. Dans Coke en Stock, il lutte contre des marchands d'esclaves. Dans L'Affaire Tournesol, il cherche à empêcher deux États imaginaires, la Syldavie et la Bordurie, de s'emparer d'une arme qui pourrait se révéler encore plus destructrice que la bombe atomique.

En outre, sa curiosité le pousse à tenter d'élucider toutes sortes de mystères. Courageux, il prend toujours la défense des faibles et n'hésite jamais à défendre des enfants (Tchang, Zorrino...) ou à sauver des vies au péril de la sienne. Ainsi, dans Tintin au Tibet, il se lance dans une dangereuse expédition dans les montagnes himalayennes pour retrouver et sauver son ami Tchang. Il manifeste également une grande fidélité envers ses amis et est toujours prêt à pardonner. De plus, il est d'un tempérament calme et posé, et préfère analyser la situation avant d'agir. Cependant, dans Tintin au pays des Soviets, on peut remarquer que le jeune héros, bien qu'ingénieux, commet plusieurs maladresses et se ridiculise parfois.

Tintin est en somme un archétype du jeune héros asexuel, sans défauts ni états d'âme. Hergé a introduit à côté de cet ange un personnage qui se pose des questions : son compagnon canin, Milou, qui connaît les difficultés du choix et des tentations.

Enfin, les travers de l'être humain, avec les erreurs et la rédemption, les rechutes et les actes de courage, les interrogations et les faiblesses sont généralement incarnés par le personnage du capitaine Haddock, tandis que Tintin reste le héros immaculé.

Tintin est un personnage intelligent, imaginatif et fait usage de déduction et de ruse dans ses aventures. Il semble aussi avoir une certaine facilité avec les langues étrangères. En outre, Tintin est à l'aise dans n'importe quel déguisement et sait s'y montrer très convaincant. Il sait aussi bien conduire automobiles, motocyclettes, locomotives et char d'assaut que monter à cheval, tenir la barre ou piloter un hélicoptère ou un avion.

Bien qu'il soit d'apparence chétive, il est capable de se débarasser d'adversaires bien plus grands et larges que lui : dans Tintin au pays de l'or noir, on le voit assommer d'un seul coup du droit un énorme matelot suffisamment puissant pour défoncer une manche à air métallique avec son poing. Au corps à corps, scène cependant assez rare chez Hergé, il sort vainqueur (y compris quand il s'agira de se battre contre un ours, dans Tintin au pays des Soviets). Le plus souvent, c'est un mélange d'astuce et de courage qui lui permet de se tirer de situations difficiles. Il est un très bon nageur et tireur, pratique la gymnastique et plus tard le yoga. Il se remet assez aisément de situations assez difficiles comme survivre à une balle tirée d'une distance relativement courte (cf L'Île Noire, au tout début, et dans Objectif Lune, où il reçoit une balle à la tête, qui ne fait que « glisser sur la boîte crânienne »).

Dès le premier album, Tintin au pays des Soviets, Tintin est un reporter travaillant pour Le Petit Vingtième, le journal publiant ses aventures. Dans les premiers albums, cette profession sert de raison de départ à ses voyages : dans Tintin au pays des Soviets, il va en URSS faire un reportage sur ce pays, et devra affronter des bolchéviques prêts à le tuer pour l'empêcher de faire connaître aux Occidentaux la réalité de l'Union soviétique de l'époque. Dans Tintin au Congo, il fait un reportage sur le Congo, alors encore colonisé par la Belgique, ce qui l'entraîne dans de multiples péripéties et il est ensuite envoyé en mission par son journal aux États-Unis.

Dans la plupart des albums qui suivront, Hergé ne perd plus de temps à présenter la profession de Tintin. On ne le voit plus exercer directement son métier pour un employeur. La plupart de ses aventures partent directement de son domicile, rue du Labrador, puis du Chateau de Moulinsart, le Capitaine Haddock étant le plus souvent associé à un scénario très soigné dès les premières planches. La curiosité naturelle de Tintin, déformation professionnelle du reporter, et son désir de justice suffisent à le pousser à se lancer dans de folles aventures. Dans la plupart des albums, la presse est montrée à un moment ou un autre, parfois sous un regard satirique, comme dans Les Bijoux de la Castafiore. Le personnage en est un lecteur assidû, mais le titre du journal est rarement montré. Parfois, la presse contribue même au dénouement, comme dans le Le Temple du Soleil, où c'est un article de journal qui révèle aux héros la proximité d'une éclipse de soleil.

Dans L'Oreille Cassée, Tintin décide, sans que personne ne lui ait demandé de le faire, de retrouver lui-même une statuette qui a été volée dans un musée, une histoire qu'il lit dans un journal. Dans Tintin en Amérique, il va à Chicago, moins pour faire un reportage que pour débarrasser la ville de ses gangsters, qui l'attendent cependant de pied ferme dès son arrivée, en raison de sa réputation de reporter. Dans Le Temple du Soleil, c'est son amitié pour le professeur Tournesol, qui a été enlevé, qui le pousse à partir à sa recherche au Pérou.

Selon Pierre Assouline, Hergé a baptisé son personnage en hommage à l'album de Benjamin Rabier écrit en collaboration avec Fred Isly, Tintin-Lutin (1898), dont le héros est un garnement nommé Martin, surnommé Tintin, et dont le visage et la houppe peuvent faire penser au héros d'Hergé tel qu'il aurait pu être, enfant. Pourtant, et bien qu'Hergé ait souvent reconnu l'influence de Rabier dans sa façon de dessiner les animaux, il jurera n'avoir appris l'existence de cet autre Tintin qu'en 1970, grâce à l'un de ses lecteurs.

Le nom de Tintin, comme celui des autres personnages de cette bande dessinée, varie selon les éditions nationales et linguistiques.

Tintin habite au 26, rue du Labrador à Bruxelles, au premier étage. Cette rue existe réellement, non loin du marché aux puces du Jeu de Balle, sous le nom de la rue Terre-Neuve (voir Google Maps). Tintin y loge jusqu'à l'album Au pays de l'or noir. Ensuite, il semble qu'il déménage au château de Moulinsart (vraisemblablement inspiré du château de Cheverny), où il cohabite avec le capitaine Haddock et le professeur Tournesol.

Une autre hypothèse donnerait une origine sarthoise au château de Moulinsart qui serait inspiré du domaine de Rivesarthe (dont la construction en 1902 fut elle-même inspirée par le château de Cheverny...), près de la commune de Malicorne-sur-Sarthe connue pour ses faïences. La première faïencerie y a été créée avant la Révolution, en 1747, par Jean Loyseau. Certains voient dans ces noms des coïncidences frappantes (Malicorne/Licorne, Rivesarthe/Moulinsart, Loyseau/Loiseau).

Tintin n'entretient aucune relation amoureuse ou sexuelle avec une femme. En effet, Les Aventures de Tintin et Milou ignorent presque entièrement les personnages féminins, à l'exception de la cantatrice Bianca Castafiore et la femme du général Alcazar, toutes deux d'âge mûr, peu attirantes et caricaturales; il existe également Irma, la camériste de Bianca Castafiore, pleurnicharde et sans grand charme.

L'un des albums, Les Sept Boules de cristal, présente une jeune femme blonde, belle et élégante, épouse d'un cinéaste engagé dans une périlleuse expédition archéologique, mais son rôle est mineur et on ne la revoit plus ensuite.

Les seuls amis de Tintin sont du sexe masculin, à commencer par le jeune Chinois Tchang, qu'il sauve de la noyade dans l'album Le Lotus bleu. Il est également très proche du capitaine Haddock, marin solitaire qui interviendra dans toutes les aventures à partir de l'album Le Crabe aux pinces d'or.

De nombreux auteurs comme Matthew Parris ont beaucoup spéculé sur l'homosexualité supposée de Tintin. Toutefois selon le psychologue Serge Tisseron, Tintin n'est pas homosexuel car le sexe de Tintin n'est jamais défini et il n'est jamais question d'un « choix d'une pratique sexuelle explicite ».

Hergé, interrogé par Bernard Pivot en 1973 au sujet de son album préféré, « Tintin au Tibet », et des relations entre Tintin et le jeune Tchang, a précisé qu'il s'agissait d'"une histoire simple, sans méchants, juste une histoire forte d'amitié, voire d'amour". Tintin vit dans un univers extrêmement pudique et asexuel.

La législation d'avant guerre - et même après - relative aux publications pour la jeunesse était fort stricte. Il n'y avait en la matière guère de latitude laissée aux dessinateurs et scénaristes face à des comités de censure extrêmement sourcilleux. À cette époque, jeunesses masculine et féminine étaient en Europe clairement séparées tant dans la vie scolaire que dans les publications qui leurs étaient destinées. Ce traitement n'est d'ailleurs pas propre à Hergé, puisque de nombreux auteurs de romans, à l'instar de William Golding dans Sa Majesté des mouches, choisissent de ne pas mettre en scène les relations entre les sexes, ceci permettant en outre à l'artiste de ne pas disperser son propos vers des problématiques plus complexes. Dès lors, la question de l'absence de relations, même amicales, avec des femmes dans les albums n'a pas de sens: il s'agit d'une interprétation hors contexte, et donc erronée, d'une convention dans les écrits pour la jeunesse d'alors.

Cette pudeur et cette timidité envers les choses du sexe ont logiquement amené plusieurs auteurs et graphistes, belges surtout, à transgresser la propriété intellectuelle en mettant en scène des Tintin parodiés dans des situations contraires à la morale. Ont ainsi été publiés des Tintin en contact avec la drogue, Tintin évoluant dans un monde de travestis, ou Tintin ayant une relation sexuelle passionnée avec Bianca Castafiore. Certains auteurs ont même été jusqu'à mettre en scène une relation homosexuelle entre Haddock et le professeur Tournesol. La Fondation Hergé a été amenée de façon répétitive à porter plainte en justice contre ces parodies ou imitations (fermetures de sites internet, saisie de parodies illicites),.

Hergé a été scout. Les relations amicales qu'il entretint tout au long de son adolescence ne furent que masculines, ce qui était là encore le lot commun des garçons dans la première moitié du XXe siècle.

En l'an 2000, La Poste française émet un timbre à l'effigie de Tintin à l'occasion de la fête du timbre.

Au cinéma, le rôle de Tintin a été interprété par Jean-Pierre Talbot (dans Tintin et le mystère de la Toison d'or et Tintin et les oranges bleues). Un quart de siècle après les premiers contacts avec Hergé puis avec ses ayants droit, le réalisateur Steven Spielberg va enfin (octobre 2007) pouvoir adapter les aventures du jeune reporter sur grand écran. Très peu d'informations sont disponibles pour le moment, si ce n'est que cette adaptation se fondera a priori sur une histoire existante et non sur un scénario original, à savoir le secret de la licorne et que, si le succès est au rendez-vous, des suites seront tournées(On peut alors facilement penser au trésor de rackham le rouge). La sortie du film est prévue pour 2011, il sera intégralement en image de synthèse, motion-capturé. On y trouve Jamie Bell (Billy Elliot) dans le rôle de Tintin et Daniel Craig (James Bond) pour Rackham le Rouge qui prêteront leurs mouvements pour incarner nos héros..

Tous les deux ans depuis 2005, un « festival Tintin » est organisé en Europe. Le premier festival a pris place à Bruxelles du 20 au 23 juillet 2005 ; la deuxième édition a eu lieu à Lausanne les 7 et 8 juillet 2007.

Les aventures de Tintin ayant pris fin officiellement avec le décès du créateur, des héritiers très sourcilleux sur les droits d'auteurs gèrent les droits dérivés. Néanmoins, de nombreux pastiches, parodies ou suites, qui constituent une forme d'hommage et sont réalisés avec plus ou moins de talent, circulent en dehors des circuits commerciaux.

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Tintin au pays des Soviets

Tintin au pays des Soviets (Les aventures de Tintin reporter au "Petit Vingtième" au pays des Soviets, Hergé, 1930, Belgique) est le premier album de bande dessinée des aventures de Tintin, publié initialement en noir et blanc entre le 10 janvier 1929 et 1930 dans les pages du Petit Vingtième, supplément du journal Le Vingtième Siècle.

Au temps de l'URSS de Staline, le reporter belge Tintin et son chien Milou sont envoyés à Moscou par le journal Le Petit Vingtième. Un agent secret soviétique voulant empêcher Tintin de mener à bien son reportage est à bord du même train qu'eux. Alors que le train passe par l'Allemagne, il le fait exploser, afin de tuer Tintin. Tintin et Milou échappent à la mort, mais le reporter est accusé de l'attentat et est enfermé. Il réussit néanmoins à sortir de la prison, grâce au déguisement qu'il a volé à un gardien, et poursuit son voyage jusqu'en URSS. Lorsqu'il arrive avec Milou à Stolbsty, il est immédiatement traqué par le Guépéou...

En faisant un tour en ville, il s'aperçoit que les dirigeants forcent les habitants au communisme. Lorsqu'il revient, de nouvelles tentatives d'arrestation s'abattent sur lui. À son arrivée à Moscou, il est de nouveau arrêté et on essaie de le torturer, mais il réussit à s'échapper en empruntant un scaphandre et en nageant dans la rivière, avant de se battre à nouveau contre des agents. Tintin constate que Moscou est devenu un « bourbier infect ». Il s'aperçoit également que le communisme fait rage dans la ville et que seuls les communistes parviennent à se sortir de la misère. Tintin s'engage dans l'armée soviétique, pour mieux en comprendre les manœuvres ; il comprend que l'armée va enlever le blé aux koulaks (paysans riches). Tintin réussit à sauver le blé mais est condamné à mort. En s'échappant, il s'enfonce dans les régions polaires russes, où le Guépéou le pourchasse. Les aventures se succèdent (une cabane hantée, un repaire secret, Tintin qui s'envole en avion, arrive à un aérodrome allemand, est repris par le Guépéou, est enfin sauvé par Milou). Lorsqu'ils arrivent à Berlin, un homme du Guépéou cherche à le chloroformer, mais Tintin réussit à le faire arrêter. Lorsqu'il réessaie de retourner en Union Soviétique, sa superbe voiture dérape et tombe dans un train qui dirige nos héros vers Bruxelles, où ils sont accueillis en héros.

Le 10 janvier 1929, Hergé crée, sur commande de l'abbé Wallez, propriétaire du journal Le Vingtième Siècle, le personnage de Tintin pour le supplément jeunesse Le Petit Vingtième. À cette époque, régnait une obsession anti-communiste très importante et il ne paraissait pas trop mauvais aux responsables du journal de mettre leurs jeunes lecteurs au courant de la réalité du bolchevisme.

C'est l'abbé Norbert Wallez, directeur du Vingtième Siècle, qui a l'idée d'inventer un personnage qui pourra montrer aux jeunes Belges la situation en URSS. Il confie ce projet à Hergé, rédacteur en chef du Petit Vingtième. C'est ainsi que naît Tintin.

L'abbé Wallez, politiquement très à droite, compte sur ce « reportage » pour dénoncer les méfaits du communisme. Ainsi, Hergé joue avec la prétendue bonne santé économique de l'Union : le héros Tintin visitant une usine s'aperçoit qu'elle n'est en fait qu'un simple décor. Il découvre également qu'on ne distribue pas de pain aux jeunes enfants non communistes, et que le gouvernement détourne les récoltes des paysans à des fins de propagande à l'étranger. Il existe aussi une scène où trois communistes s'adressent à un rassemblement de personnes pour procéder à un « vote » entre une liste communiste et une liste non communiste. Les trois communistes demandent à ceux qui sont pour la liste non communiste de lever la main, le tout en braquant leurs revolvers sur la foule. Personne n'osant lever la main, la liste communiste est donc élue à l'unanimité.

Pour créer Tintin au pays des Soviets, Hergé n'a pas eu le loisir de visiter le pays dans lequel Tintin était envoyé, ni de s'inspirer d'une documentation abondante. Tous les éléments que contient cet épisode furent fournis par Moscou sans voiles, écrit par Joseph Douillet, ancien consul de Belgique en Russie, à Rostov-sur-le-Don. Dans son ouvrage, Douillet attaque vivement le communisme et le gouvernement soviétique ; Tintin au pays des Soviets est en quelque sorte la mise en BD de Moscou sans voiles, qui constituait sa principale source documentaire.

Plus tard, Hergé dira qu'alors, il ne savait de l'URSS que ce que l'on en disait dans son milieu qui était la petite bourgeoisie bruxelloise. Comme pour Tintin au Congo, il s'en voudra ensuite de s'être aussi peu documenté et d'avoir rempli ces aventures des clichés de l'époque. Plus tard, il cherchera à éviter de telles erreurs en produisant un travail de documentation considérable pour chaque histoire.

Hergé avait appris à faire de la bande dessinée amateur de 1926 à 1929 avec sa BD scoute ancêtre de Tintin, Totor, CP des Hannetons ; c'est en créant ce récit qu'il a appris à le faire de manière plus professionnelle.. Tintin, au début de l'histoire, n'a pas de traits fins et a l'air d'un gros scout lourdaud, mais à la fin, il ressemble beaucoup plus au personnage que l'on connaît. Cependant, la technique du dialogue intégré au dessin est loin d'être la meilleure. D'une certaine façon, ces 138 planches ont permis à Hergé tout un apprentissage.

Tintin au pays des Soviets, publié initialement avant-guerre à 5 000 exemplaires, fut le seul des albums à ne pas se trouver repris par Casterman, selon la volonté d'Hergé. L'album devint vite introuvable et les collectionneurs étaient évidemment prêts à payer très cher pour en avoir un exemplaire. Aussi, des contrefaçons virent-elles le jour. Ce n'est qu'en 1973, que l'album se trouva à nouveau publié sous la forme d'un volume des Archives Hergé. En 1981, pour contrer de nouvelles versions pirates, Tintin au pays des Soviets fut réédité sous forme d'un véritable fac-similé. Pour les 70 ans de Tintin, Casterman, avec l'autorisation de la Fondation Hergé, publia Tintin au pays des Soviets, toujours en noir et blanc, sous la même forme que les autres albums, contre la volonté d'Hergé qui voulait que le premier album de Tintin reste en dehors de la véritable série.

Une version "pirate" en couleurs circule toujours.

Le personnage de Tintin étant tout nouveau, le dessin s'affine au cours de l'aventure. La « houppette » du héros n'est pas toujours de la même forme. Bien qu'il soit en noir et blanc, cet album a permis à Hergé de développer son dessin. Le caractère de Tintin n'est pas encore complètement défini. C'est l'un des trois albums où l'on peut voir Tintin ivre (les autres étant L'Oreille cassée et Le Crabe aux Pinces d'Or). Cependant, il est déjà généreux : il invite un mendiant à dîner avec lui (le mendiant se révèlera être un agent du Guépéou déguisé).

En raison du type de publication (deux pages par semaine), l'aventure ressemble à une suite de gags ou de mini-péripéties, entrecoupée par des dénonciations du totalitarisme soviétique. À la fin de chaque seconde planche, Tintin est régulièrement en danger pour maintenir le suspense. Chaque semaine, le travail d'Hergé consiste à sortir Tintin du danger qui le menace ou à en inventer un nouveau.

Le 8 mai 1930, lorsque l'aventure eut fini de paraître au Petit Vingtième, le journal annonça le retour de Tintin à la Gare du Nord de Bruxelles et engagea quelqu'un pour jouer le rôle de Tintin. Une foule se précipita aussitôt à la gare, preuve du succès de l'œuvre d'Hergé. La scène fut d'ailleurs reprise dans l'album.

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Tintin au Tibet

Tintin au Tibet (Les aventures de Tintin : Tintin au Tibet, Hergé, 1960, Belgique) est le 20e album de bande dessinée des aventures de Tintin.

En vacances à Vargèse, une station savoyarde imaginaire, Tintin apprend par le journal une catastrophe aérienne au Népal. Après cette nouvelle, Tintin fait un rêve où il voit son ami Tchang vivant, l'appelant au secours. Le lendemain, Tintin reçoit justement une lettre de Tchang, qui lui annonce sa prochaine visite. Il réalise que Tchang était dans l'avion, et, convaincu par son rêve, décide de partir à sa recherche, accompagné du capitaine Haddock...

C'est ainsi qu'avec l'aide de Tharkey, un sherpa népalais, ils retrouvent l'épave, mais point de traces de Tchang. Tintin trouve alors une grotte où son ami a gravé son nom, preuve qu'il est vivant. Après avoir été accueillis dans une lamaserie et assisté à la vision d'un lama du nom de Foudre Bénie, ils se rendent à l'endroit indiqué et retrouvent Tchang qui avait été recueilli par le yéti.

Le Dalaï-lama, chef temporel et spirituel du peuple tibétain, a remis le 1er juin 2006, à Bruxelles, le prix Lumière de la vérité 2006, l'un des plus prestigieux du mouvement tibétain International Campaign for Tibet (ICT), à la Fondation Hergé pour sa contribution significative à faire connaître le Tibet auprès du grand public. Pour de nombreux lecteurs, Tintin au Tibet a constitué une première introduction aux paysages et à la culture de ce pays.

Publié bien après l'album Tintin au Congo (1931, dans le Petit XXe), Tintin au Tibet marque la profonde évolution de la vision d'Hergé sur les peuples non européens. Son ouverture à l'Autre et à la différence s'étend même au yéti. Pour reprendre les mots du philosophe Michel Serres, Hergé nous apprend que « même l'innommable peut être bon ». Dans une certaine mesure, cet album crée une nouvelle justification à l'aventure : le voyage humanitaire.

Cet album fut adapté dans la série animée de 1992.

Cette histoire a été adaptée en jeu vidéo : Tintin au Tibet par l'éditeur Infogrames, pour plusieurs consoles de jeu vidéo.

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Les Aventures de Tintin et Milou

Réplique du sceptre d'Ottokar

Les Aventures de Tintin et Milou est le titre d'une série de bandes dessinées créée par le dessinateur belge Hergé (1907-1983), dont le pseudonyme était formé par l'inversion des initiales de son vrai nom : Georges Remi.

La série est publiée pour la première fois le 10 janvier 1929 dans Le Petit Vingtième, supplément pour enfants du journal belge le Vingtième Siècle. Les Aventures de Tintin se déroulent dans un univers reproduisant minutieusement le nôtre, fourmillant de personnages aux traits de caractère bien définis. Cette série est plébiscitée depuis plus de 70 ans par les lecteurs et les critiques.

Le héros de la série est le personnage éponyme Tintin, un jeune reporter et globe-trotter belge. Il est accompagné durant ses aventures par Milou, son fidèle chien. Au fil des Aventures, plusieurs figures récurrentes sont apparues comme le Capitaine Haddock — au point de devenir incontournable — les détectives incompétents Dupond et Dupont, ou encore le professeur Tournesol. Hergé lui-même apparaît dans chacun de ses albums, en tant que personnage secondaire.

Cette série à succès, publiée sous la forme d'albums (24 au total, dont 1 inachevé), est à l'origine d'un magazine à grand tirage (Le Journal de Tintin), et a été adaptée à la fois au cinéma et au théâtre. Les Aventures de Tintin font partie des plus célèbres bandes dessinées européennes du vingtième siècle. Elles ont été traduites dans environ cinquante langues et vendues à plus de 200 millions d'exemplaires .

La bande dessinée Tintin est appréciée depuis longtemps pour ses dessins à la fois dépouillés et vivants, dans la droite ligne du style créé par Hergé, la Ligne claire. Les intrigues — bien documentées — des albums de Tintin mélangent les genres : des aventures de cape et d'épée avec une touche de fantastique aux enquêtes policières, en passant par les histoires d'espionnage, ou encore la science-fiction. Les histoires racontées dans Tintin font toujours la part belle à l'humour « peau de banane » (en anglais slapstick), humour contrebalancé dans les albums plus récents par un sens subtil de l'ironie et une réflexion sur la société.

Tintin est un reporter (mais qui n'a jamais publié un seul article), profession dont Hergé se sert pour mêler son personnage à plusieurs événements contemporains de la période pendant laquelle il travaille : la Révolution bolchévique en Russie, la Seconde Guerre mondiale, le « premier pas » sur la Lune. Hergé a créé autour de Tintin un univers aux détails stylisés, mais réaliste. Il a obtenu cet effet en s'inspirant d'une importante collection de photographies.

Les aventures de Tintin suivent une trame très linéaire - une énigme résolue de manière logique - mais Hergé les présente avec un sens de l'humour caractéristique. De plus, il y introduit des personnages secondaires qui, bien qu'étant prévisibles, sont attachants et captent l'attention du lecteur. Le dessinateur a aussi particulièrement bien compris les mécanismes de la bande dessinée, en particulier au niveau du rythme. Ce sens du rythme est flagrant dans Les Bijoux de la Castafiore, un album dont l'action se déroule dans une atmosphère tendue, alors qu'il ne s'y passe pas grand chose !

Hergé a dans les premiers temps créé les aventures de Tintin en improvisant, ne sachant pas à l'avance de quelle manière le héros se sortirait de toutes ses mésaventures. Il n'a été amené à documenter et à prévoir ses scénarios qu'après avoir terminé Les Cigares du Pharaon. L'impulsion est venue de Zhang Chongren (Tchang Tchong-jen, ou Tchang), un étudiant chinois qui, en apprenant qu'Hergé allait envoyer Tintin en Chine pour sa prochaine aventure, l'a incité à ne pas colporter les idées reçues qu'avaient les Européens de l'époque sur la Chine. Hergé et Zhang ont ainsi travaillé ensemble sur l'épisode suivant de la série : Le Lotus bleu, qui est considéré par les critiques comme l'un des chefs-d'œuvre d'Hergé.

Des événements extérieurs obligent également Hergé à effectuer d'autres changements dans sa manière de créer ses bandes dessinées. La Seconde Guerre Mondiale et l'invasion de la Belgique par les armées de Hitler entraînent la fermeture du quotidien dans lequel paraissaient Les Aventures. Hergé travaillait à ce moment-là sur Tintin au pays de l'or noir, lequel ne paraîtra qu'après la guerre. Tintin en Amérique et L'Île Noire, déjà publiés, sont interdits par les censeurs nazis, contrariés par la manière dont les États-Unis et la Grande-Bretagne y sont présentés. Néanmoins, Hergé peut poursuivre les aventures de Tintin, en publiant cinq albums, et en faisant paraître deux autres épisodes dans un journal approuvé par les allemands, Le Soir. Pendant et après l'occupation allemande, Hergé est accusé d'être un collaborateur, car ce journal était contrôlé par les nazis. Il est brièvement incarcéré à la Libération. Il se défend en prétendant qu'il avait tout simplement fait son métier pendant l'Occupation, comme l'auraient fait un plombier ou un charpentier. Son travail de cette période, contrairement à sa production d'avant et d'après-guerre, est dans l'ensemble politiquement neutre, et a donné des aventures classiques, comme Le Secret de la Licorne ou Le Trésor de Rackham le Rouge. Cependant, l'apocalyptique album L'Étoile mystérieuse traduit les doutes d'Hergé durant cette époque politiquement troublée.

La pénurie de papier de l'immédiat après-guerre entraîne un changement de format des Aventures. Hergé a pour habitude de donner à ses albums le nombre de pages nécessaire au développement de ses scénarios. Or, du fait des restrictions de papier, la maison d'édition Casterman demande à Hergé de dessiner des planches plus petites, et d'adopter une longueur arbitraire de 62 pages par album. Hergé agrandit son équipe (les dix premiers albums ont été conçus par lui-même et sa femme), qu'il finit par transformer en studio.

L'adoption de la couleur permet à Hergé de donner une plus grande envergure à son œuvre. Sa manière de l'utiliser est plus subtile que celle des Américains, avec des valeurs mieux rendues à l'impression, permettant l'emploi de la Quadrichromie et, de ce fait, une approche cinématographique de la lumière et des ombres. Hergé et son studio se servent d'images pour remplir des demi-pages ou, tout simplement pour détailler et mettre en avant une scène. L'emploi de la couleur fait ressortir les détails importants. Hergé insiste sur ce point en affirmant : « Je considère mes histoires comme des films. Donc, pas de narration, pas de description. Toute l'importance, je la donne à l'image ».

La vie personnelle d'Hergé a également influencé la série, avec par exemple Tintin au Tibet, fortement marqué par sa dépression. Ses cauchemars, qu'il aurait décrits comme étant « tout blancs » trouvent un écho dans les paysages enneigés de l'album. L'intrigue est basée sur les recherches menées par Tintin pour retrouver Zhang Chongren, rencontré précédemment dans Le Lotus bleu. Cet épisode ne met en scène aucun bandit et Hergé, qui s'abstient de tout jugement de valeur, se refuse à qualifier l'Homme des Neiges (le Yéti) « d'abominable ».

Les aventures de Tintin se sont terminées prématurément avec la mort d'Hergé le 3 mars 1983. La vingt-quatrième aventure, Tintin et l'Alph-Art, est restée inachevée. Dans cet album, Tintin évolue dans le monde de l'art moderne, et l'histoire se termine sur une scène où Tintin risque d'être tué, enfermé dans du plexiglas et exposé comme une œuvre d'art.

Il faut savoir que les neuf premiers albums ont d'abord été publiés en noir et blanc. Hergé a fait par la suite une version en couleurs de tous ces premiers albums (qu'il a redessinés et dont il a plus ou moins modifié le scénario), à l'exception de Tintin au pays des Soviets ; L'Île noire a même fait l'objet d'une troisième version. Bien qu'initialement publiés en couleurs, les albums L'Étoile mystérieuse et Tintin au pays de l'or noir ont également fait l'objet d'une seconde version, plus neutre politiquement : publiée pendant la Seconde Guerre mondiale, la première version de l'Etoile mystérieuse a pu être interprétée comme une oeuvre de propagande en faveur de l'Axe Rome-Berlin, tandis que la première version de Tintin au pays de l'or noir fait explicitement référence au conflit israélo-palestinien.

Tintin est un jeune reporter belge qui se retrouve mêlé à des affaires dangereuses dans lesquelles il passe héroïquement à l'action pour sauver la mise. Pratiquement toutes les aventures montrent Tintin accomplissant avec enthousiasme ses tâches de journaliste d'investigation, mais à l'exception du premier album, on ne le voit jamais en train d'écrire des articles. C'est un jeune homme adoptant une attitude plus ou moins neutre ; il est moins pittoresque que les seconds rôles de la série. À cet égard, il est à l'image de Monsieur-tout-le-monde (Tintin signifie d'ailleurs littéralement en français « rien du tout »).

Milou, un fox-terrier blanc, est le compagnon à quatre pattes de Tintin. Ils se sauvent régulièrement l'un et l'autre de situations périlleuses. Milou « parle » fréquemment au lecteur par l'intermédiaire de ses pensées (affichant souvent un humour pince-sans-rire), lesquelles sont censées ne pas être entendues par les autres personnages. Comme le Capitaine Haddock, Milou adore le whisky Loch Lomond. Les quelques fois où il en boit lui attirent des ennuis, tout comme le fait sa violente arachnophobie. Le nom de Milou est généralement considéré comme une référence indirecte à un amour de jeunesse de Hergé, Marie-Louise Van Cutsem, dont le surnom était « Malou ».

On peut expliquer autrement les origines des deux personnages. Certains ont prétendu que Robert Sexé, un reporter-photographe dont les exploits ont été racontés dans la presse belge du milieu à la fin des années 1920, avait inspiré le personnage de Tintin. Il est célèbre pour sa ressemblance avec ce dernier, et la Fondation Hergé a reconnu qu'il n'était pas difficile d'imaginer que les aventures de Sexé aient pu influencer Hergé. À ce moment-là, Sexé avait parcouru le monde sur une moto fabriquée par Gillet et Herstal. René Milhoux était un champion et recordman de moto de l'époque. En 1928, alors que Sexé était chez Herstal en train de parler de ses projets avec Léon Gillet, Gillet le mit en contact avec son nouveau champion, Milhoux, qui venait de quitter le motos Ready pour l'équipe Gillet-Herstal. Les deux hommes se lièrent rapidement d'amitié et passèrent des heures à parler de motos et de voyages, Sexé demandant à Milhoux de lui transmettre ses connaissances sur la mécanique et les motos poussées au-delà de leur limites. Grâce à ce mélange d'érudition et d'expérience, Sexé a mené un grand nombre de voyages à travers le monde ; il en a publié de nombreux compte-rendus dans la presse.

Le secrétaire général de la fondation Hergé a admis qu'on pouvait facilement imaginer que le jeune Georges Remi ait pu être être inspiré par les exploits médiatisés des deux amis, Sexé avec ses voyages et ses documentaires, et Milhoux avec ses victoires et ses records, pour créer les personnages de Tintin, le fameux journaliste globe-trotter, et de son fidèle compagnon Milou.

Le psychanalyste Serge Tisseron émet l'hypothèse qu'enfant George Remi avait apprécié le roman Sans famille d'Hector Malot dont le héros est un jeune garçon appelé Rémi et qui possède un petit chien appelé Capy (allusion au "capitaine" Haddock).

Le capitaine Archibald Haddock, un commandant de marine à l'ascendance contestée (il est peut-être d'origine anglaise, française ou belge), est le meilleur ami de Tintin. Il apparait pour la première fois dans Le Crabe aux pinces d'or. Haddock est initialement dépeint comme un personnage instable et alcoolique, mais il est devenu plus respectable par la suite. Il se transforme en véritable héros, et même en personnalité mondaine après avoir découvert le trésor de son ancêtre, François de Hadoque, dans Le Trésor de Rackham le Rouge. Le côté humain et bourru, les sarcasmes du Capitaine viennent tempérer l'héroïsme incroyable de Tintin. Il est toujours prompt à asséner un commentaire tranchant à chaque fois que le jeune reporter semble trop idéaliste. Le capitaine Haddock vit dans le luxueux château de Moulinsart. Haddock emploie une palette colorée d'insultes et de jurons pour exprimer sa mauvaise humeur, tels que : « mille millions de milliards de tonnerre de Brest », « troglodyte », « bachi-bouzouk », « ectoplasme », « anacoluthe », « choléra », mais aucune expression qui soit réellement considérée comme une grossièreté.

Haddock est un buveur invétéré, amateur inconditionnel de whisky Loch Lomond. Ses moments d'ivresse sont souvent utilisés pour provoquer un effet comique.

Hergé affirmait que le nom de famille de Haddock était inspiré d'un « triste poisson anglais qui boit beaucoup », autrement dit l'aiglefin fumé - ou haddock - qu'il appréciait particulièrement. Haddock est resté sans prénom jusqu'au dernier album complet paru, Tintin et les Picaros, où le prénom Archibald est évoqué.

Les personnages secondaires d'Hergé ont été reconnus comme étant plus étoffés que le personnage central. Chacun d'entre eux est pourvu d'une certaine force de caractère et d'un personnalité complexe qui ont parfois été comparées avec celles des personnages de Charles Dickens. Hergé a utilisé les seconds rôles pour créer un univers réaliste servant de cadre aux aventures de ses personnages. Pour plus de réalisme et de cohérence, ces personnages réapparaissaient tout au long de la série d'albums. On a prétendu que l'occupation de la Belgique et les limites imposées à Hergé l'avaient obligé à se focaliser sur la description des personnages pour éviter d'avoir à parler du contexte politique difficile de cette époque. La majeure partie des personnages secondaires des Aventures de Tintin a été créée durant cette période.

Les paysages représentés dans Tintin ajoutent de la profondeur aux vignettes dessinées par Hergé. Il y mélange des lieux réels et imaginaires. Le point de départ de ses héros est la Belgique, avec, dans un premier temps le 26, rue du Labrador, puis le château de Moulinsart. Le meilleur exemple de la créativité d'Hergé en la matière est visible dans Le Sceptre d'Ottokar, où Hergé invente deux pays imaginaires (la Syldavie et la Bordurie), et invite le lecteur à les visiter en insérant une brochure touristique au cours de l'histoire.

Hergé mène ses premières recherches documentaires approfondies pour l'album Le Lotus bleu, ce qu'il confirme lui-même : « C'est à cette époque que je me suis mis à me documenter, et que j'ai éprouvé un réel intérêt pour les gens et les pays dans lesquels j'envoyais Tintin, accomplissant une sorte de devoir de crédibilité auprès de mes lecteurs ». La documentation d'Hergé et son fond photographique l'ont aidé à construire un univers réaliste pour son héros. Il est allé jusqu'à créer des pays imaginaires et à les doter d'une culture politique qui leur était propre. Ces contrées fictives sont largement inspirées par les pays et les cultures de l'époque d'Hergé.

Pierre Skilling affirme que Hergé voyait la monarchie comme « une forme légitime de gouvernement », remarquant au passage que « les valeurs démocratiques semblent absentes dans ce type de bande dessinée classique franco-belge ». La Syldavie, en particulier est décrite avec beaucoup de détails, Hergé l'ayant dotée d'une histoire, de coutumes et d'une langue. Il situe ce pays quelque part dans les Balkans, et il s'inspire, de son propre aveu, de l'Albanie. Le pays se retrouve agressé par sa voisine, la Bordurie, qui tente de l'annexer dans Le Sceptre d'Ottokar. Cette situation rappelle évidemment celle de la Tchécoslovaquie ou de l'Autriche face à l'Allemagne nazie juste avant la Seconde Guerre Mondiale.

On peut citer à titre d'exemple les mois de préparation nécessaires à Hergé pour imaginer l'expédition lunaire de Tintin, décrite en deux parties dans Objectif Lune et On a marché sur la Lune. Ces travaux ont conduit à la réalisation d'une maquette détaillée de la fusée lunaire permettant de placer sans erreur les personnages dans le décor. Les recherches préalables à l'élaboration de son scénario ont été commentées dans le New Scientist : « Les recherches considérables entreprises par Hergé lui ont permis de créer une tenue spatiale très proche de celle qui serait utilisée pour les futurs voyages lunaires, même si sa fusée était bien différente de ce qui a existé par la suite ». Pour cette dernière, Hergé s'est effectivement inspiré des V2 allemands.

Hergé admirait, dans sa jeunesse, Benjamin Rabier. Il a avoué que de nombreux dessins de Tintin au Pays des Soviets reflétaient cette influence, en particulier ceux représentant des animaux. Le travail de René Vincent, le dessinateur de mode de la période Art déco, a également eu un impact sur les premières aventures de Tintin : « On retrouve son influence au début des Soviets, quand mes dessins partent d'une décorative, une ligne en S, par exemple (et le personnage n'a qu'à se débrouiller pour s'articuler autour de ce S !) ». Hergé reconnaitra sans honte avoir volé l'idée des « gros nez » à l'auteur de bandes dessinées américain George McManus : « Ils étaient si drôles que je les ai utilisés sans scrupules ! ».

Au cours des nombreuses recherches qu'il a menées pour Le Lotus Bleu, Hergé a également été influencé par le dessin chinois et japonais, et par les estampes. Cette influence est particulièrement visible dans les paysages marins d'Hergé, qui rappellent les œuvres de Hokusai et Hiroshige.

Hergé a aussi reconnu que Mark Twain l'avait influencé, même si son admiration l'a conduit à se tromper en montrant des Incas ne sachant pas ce qu'était une éclipse solaire, lorsque ce phénomène a lieu dans Le Temple du Soleil. T.F. Mills a rapproché cette erreur de celle de Mark Twain décrivant des « Incas craignant la fin du monde dans Un Yankee à la cour du Roi Arthur ».

Certains ont critiqué les premières aventures de Tintin, considérant que celles-ci contenaient de la violence, de la cruauté animale, des préjugés colonialistes et même racistes, présents entre autres dans la description qui y est faite des non-européens. Néanmoins, beaucoup considèrent ces critiques comme étant totalement anachroniques et emplies de politiquement correct quand elles ne sont pas carrément fausses.

Tintin paraissait à l'origine dans le journal Le Petit Vingtième. Même si la Fondation Hergé a mis ces éléments sur le compte de la naïveté de l'auteur, et que certains chercheurs comme Harry Thompson ont prétendu que « Hergé faisait ce que lui disait l'abbé Wallez  », Hergé lui même sentait bien que, vu ses origines sociales, il ne pouvait échapper aux préjugés : « Pour Tintin au Congo, tout comme pour Tintin au Pays des Soviets, j’étais nourri des préjugés du milieu bourgeois dans lequel je vivais. (…) Si j’avais à les refaire, je les referais tout autrement, c’est sûr. ».

Dans Tintin au pays des Soviets, les Bolchéviques sont dépeints comme des personnages maléfiques. Hergé s'est inspiré du livre de Joseph Douillet, ancien consul de Belgique en Russie, Moscou sans voile, qui était extrêmement critique envers le régime soviétique. Hergé a remis cela dans le contexte en affirmant que pour la Belgique de l'époque, nation pieuse et catholique, « tout ce qui était bolchévique était athée ». Dans l'album, les chefs bolchéviques ne sont motivés que par leurs désirs personnels, et Tintin découvre, enterré, le « trésor caché de Lénine et Trotsky ». Hergé a plus tard assimilé les défauts de ce premier albums à « une erreur de jeunesse ». Mais aujourd'hui, avec la découverte des archives sur les crimes communistes, une partie importante de sa manière de représenter l'URSS de l'époque est acceptée. En 1999, le journal The Economist écrira que « rétrospectivement, la terre accablée par la faim et la tyrannie dépeinte par Hergé était malgré tout étrangement exacte ».

On a reproché à Tintin au Congo de représenter les Africains comme des être naïfs et primitifs. Dans la première édition de l'album, on voit Tintin devant un tableau noir donnant la leçon à des enfants africains. « Mes cher amis », dit-il, « je vais vous parler aujourd'hui de votre Patrie: la Belgique ». En 1946, Hergé a redessiné l'album, et transformé cette leçon en un cours de mathématiques. Il s'est par la suite expliqué sur les maladresses du scénario original : « Je ne connaissais de ce pays que ce que les gens en racontaient à l’époque : “Les Nègres sont de grands enfants… Heureusement pour eux que nous sommes là ! etc…” Et je les ai dessinés, ces Africains, d’après ces critères-là, dans le plus pur esprit paternaliste qui était celui de l’époque en Belgique. ».

L'auteur Sue Buswell a résumé en 1988 dans le journal britannique Mail on Sunday les problèmes posés par cet album en soulignant deux éléments : « Les lèvres molles et les tas d'animaux morts  ». Néanmoins, Thompson pense que cette citation a été mise « hors de son contexte ». L'expression « animaux morts » est une allusion à la chasse au gros gibier, très en vogue à l'époque de la première édition de Tintin au Congo. En transposant une scène de chasse du livre d'André Maurois Les Silences du Colonel Bramble, Hergé présente Tintin comme un chasseur de gros gibier, abattant quinze antilopes, alors qu'une seule serait nécessaire pour le dîner. Ce nombre important d'animaux tués a conduit l'éditeur danois des Aventures de Tintin à demander quelques modifications à Hergé. Ainsi, une planche où Tintin tue un rhinocéros en perçant un trou dans le dos de l'animal et en y insérant un bâton de dynamite a été jugée excessive. Hergé l'a remplacée par une autre planche montrant le rhinocéros accidentellement touché par une balle du fusil de Tintin, alors que ce chasseur d'une autre époque est embusqué derrière un arbre.

En 2007, un organisme britannique, la Commission pour l'égalité raciale (Commission for Racial Equality), a demandé que l'album soit retiré des rayonnages de librairies suite à une plainte, en affirmant: « cela dépasse l'entendement qu'à notre époque, un vendeur de livres puisse trouver acceptable de vendre ou faire la promotion de Tintin au Congo ». Le 23 juillet 2007, une plainte a été déposée par un étudiant de RDC à Bruxelles, en Belgique, celui-ci estimant que l'ouvrage constituait une insulte envers son peuple. L'affaire est toujours en cours, mais une institution belge, le Centre pour l'égalité des chances et la lutte contre le racisme, a mis en garde contre « une attitude hyper politiquement correcte » dans ce dossier.

Plusieurs des premiers albums de Tintin ont été remaniés pour être réédités, le plus souvent à la demande des maisons d'édition. Par exemple, à la demande des éditeur américains des Aventures, la plupart des personnages noirs de Tintin en Amérique ont été recoloriés pour devenir blancs ou d'origine indéterminée. Dans L'Étoile mystérieuse, on trouvait à l'origine un « méchant » américain nommé Monsieur Blumenstein (un patronyme juif), ce qui était tendancieux, d'autant plus que le personnage avait un faciès correspondant exactement aux caricatures de Juifs. Hergé a donné par la suite un nom moins marqué à son personnage - Bohlwinkel - et l'a fait habiter dans un pays sud-américain imaginaire, le São Rico. Hergé a découvert bien plus tard que Bohlwinkel était également un nom juif.

Les Aventures de Tintin ont été adaptées dans de nombreux médias venus s'ajouter à la bande dessinée originale. Hergé était favorable aux adaptations de Tintin, et il encourageait ses équipes à participer à des projets d'animation de la série. Après sa mort, les Studios Hergé sont devenus la seule institution habilitée à donner son accord pour des adaptations de Tintin ou des expositions.

Tintin a été adapté au cinéma, à la fois en films et en dessins animés.

Les photos de ces films ont été reprises dans plusieurs albums (et ceci sous forme de strips pour Le Lac aux requins).

Steven Spielberg a acheté une option sur les droits de Tintin peu avant la mort d'Hergé en 1983. Cependant, il n'était, à ce moment-là, pas certain que Spielberg soit le réalisateur d'une adaptation de Tintin au cinéma, d'où le refus d'Hergé de signer un quelconque contrat.

En novembre 2002, Dreamworks a acheté les droits cinématographiques pour toute la série Tintin. Le 15 mai 2007, Steven Spielberg, Peter Jackson et Stacey Snider ont officialisé la réalisation d'une trilogie adaptée des aventures de Tintin, réalisée en images de synthèse et en captation de mouvements ("motion capture"). Weta Digital a réalisé un essai de 20 minutes pour montrer l'effet rendu par ces deux technologies. Pour Spielberg et Jackson, un film avec des vrais acteurs n'aurait pas rendu justice à la bande dessinée Tintin.

Le premier film, réalisé par Spielberg, est prévu pour 2011. Le suivant sera réalisé par Jackson et le troisième par un réalisateur serait réalisé conjointement.

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Source : Wikipedia