Sylviculture

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Posté par rachel 01/04/2009 @ 17:15

Tags : sylviculture, agriculture, economie

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Sylviculture

Empilement de billons

La sylviculture (aussi appelée "foresterie"), étymologiquement la culture des forêts (du latin silvæ, les bois et forêts), a pour rôle de faire évoluer les forêts, en mettant à profit les facteurs écologiques et les potentialités naturelles, afin d’optimiser durablement les produits et les services que l’homme peut en attendre.

La « sylviculture durable » renforce l'idée que la gestion doit veiller à ne pas surexploiter le milieu pour qu'il ne perde pas de son potentiel dans le futur, ni sa capacité de résilience écologique, face aux modifications climatiques par exemple. Certains modes de gestion apportent une attention plus soutenue à l'environnement et à la biodiversité.

Pour des raisons économiques, la sylviculture cherche à ajuster son offre de bois à la demande, ce qui est particulièrement difficile étant donné la lenteur relative de croissance des arbres, et parce que la demande peut varier dans le temps (Colbert plantait pour la marine, mais quand les chênes sont arrivés à maturité, les navires étaient construits en acier). Un choc pétrolier fait grimper le prix du bois, qui peut chuter 10 ans après. La croissance des importations de bois tropicaux a fait perdre de leur rentabilité à certains bois locaux. Une tempête, des incendies, les modifications climatiques sont des aléas mal anticipés.

En France, après guerre, on a encouragé la culture des résineux pour la construction, mais ce marché n'a pas répondu aux espoirs des forestiers. Il s'agit aussi d'assurer des revenus aux propriétaires, sachant que la chasse peut y contribuer pour 50 % et plus.

A long terme, la sylviculture a besoin d'une certaine diversité génétique. La forêt naturelle ou peu anthropisée joue un rôle de conservation génétique d’espèces animales et végétales et, au-delà, si son étendue est suffisante, des processus d’évolution. Mais dans l'hémisphère nord et dans plusieurs zones tropicales, les forêts ont depuis 2000 ans ou plus récemment beaucoup régressé, et elles sont de plus en plus fragmentées et pour celles faisant l'objet d'une sylviculture, souvent très artificialisées, perdant parfois des éléments biologiques remarquables que des gestions passées avaient su conserver. Des opérations sylvicoles (conversions de peuplements très artificiels en peuplements plus naturels) peuvent être nécessaires pour assurer la pérennité de ces éléments.

De plus, une forêt protégera généralement mieux contre des départs d’avalanches, éboulements ou glissements de terrain si elle présente (en permanence) une composition, une structure et des classes d'âge adaptées, état qu'une gestion active peut contribuer à entretenir.

Sur un plan social ou socioculturel, certaines formes de sylvicultures permettent de façonner, restaurer ou maintenir certains paysages, et de créer des conditions d’accueil et d’ambiance appréciées du public. Certains sylviculteurs cherchent ainsi à limiter les effets des coupes à blanc, par exemple en diminuant leur taille ou en conservant pour les cacher une bande boisée qui servira aussi de corridor biologique et de lisière protectrice pour les parcelles plantées ou en régénération.

Une étude du CEMAGREF publiée courant 2009 a conclu qu'en Europe la richesse des espèces animales et végétales a tendance à être moindre dans les forêts exploitées que dans celles les forêts non exploitées, mais les résultats diffèrent selon les espèces. Les espèces pionnières de plantes à fleurs et fougères peuvent être favorisées par des coupes qui leur procurent de l'espace et du soleil. Par contre, la richesse spécifique des mousses, des lichens, des coléoptères saproxyliques et dans une moindre mesure des champignons est moins forte dans les forêts exploitées : environ 7 000 espèces d'insectes, champignons, mousses, pics ou chauve-souris dépendent directement du bois morts et de nombreuses autres en dépendent indirectement. Le bois mort est un des principaux "chainons manquants" en forêt exploitée. L'étude montre qu'une partie de la biodiversité forestière se reconstitue avec le temps, mais souligne que la recolonisation peut être difficile voire impossible à échelle humaine de temps sans une politique de gestion restauratoire sur le long terme, et sans la création d'un réseau de "forêts anciennes" incluant " des réserves intégrales à l'échelle européenne". Une sylviculture dite "proche de la nature" inclue généralement ces objectifs, mais à ce jour souvent sans vision globale de type réseau écologique et souvent sans réserves naturelles. Par ailleurs, les mesures de gestion dite "conservatoire" (rétention d'arbres sénescents, augmentation des volumes de bois mort...) sont trop peu souvent évaluées de manière scientifique.

Les forestiers ont développé des techniques pour adapter les forêts à leurs attentes et "conduire" les arbres jusqu'au stade que le sylviculteur considère être leur stade de maturité.

Les trois régimes de base sont : taillis, taillis sous futaie et futaie.

Il existe quatre méthodes principales d'exploitation forestière, appelées « systèmes d'exploitation sylvicole », caractérisés par leurs modalités de coupe, mais aussi de « régénération » (façons de préparer un nouveau lit de germination après l'abattage des arbres, c'est-à-dire les moyens pour régénérer le prochain peuplement.

Sous le régime du taillis, la régénération se fait spontanément, par voie végétative.

Sous le régime du taillis-sous-futaie, la régénération combine deux modes (sexués et végétatifs).

La seconde moitié du XXème siècle a historiquement été en Europe et notamment en France marquée par une phase de plantation intensive. Celle-ci a été préparée et facilitée par la mécanisation de la plantation développée à l’occasion de la création des forêts de guerre et de zone rouge (séquelles de guerre) après la Première Guerre mondiale. Les forêts subventionnées (enrésinements des années 1960-1970, populicultures des années 1970 à 90) et le développement des futaies et coupes rases au détriment du taillis sous futaie ou de la futaie jardinée ont naturellement poursuivi dans cette voie, induisant des faciès boisés d’aspect parfois très artificiels (monocultures « en rangs d’oignons »).

La méthode a en fait été rodée en zone tropicale avec les plantations industrielles d’hévéas qui ont en quelque sorte préparé celles de palmier à huile ou d’eucalyptus, et en Europe de l’ouest au XXe siècle où elle semblait plus en accord avec la rationalisation de la sylviculture et une volonté de maîtriser le « matériel végétal » et sa génétique. Elle a largement détrôné les techniques de semis direct considérés comme trop aléatoires et éloignées de la standardisation recherchée pour les arbres. Le bilan coûts/avantages des plantations a cependant été reconsidéré à la fin des années 1990, notamment à la faveur des réflexions suscités par les dégâts des tempêtes, pour faire ressurgir l’intérêt des semis directs.

Après la régénération naturelle, le semis direct est la technique qui a été la plus utilisée jusqu’au milieu du XXe siècle. Elle demande une bonne connaissance de la germination des graines, et une maîtrise des risques de prédation des graines et jeunes arbres (comme pour la plantation, avec dans ces deux cas un savoir et savoir-faire qui, pour partie, existent chez les pépiniéristes et sylviculteurs).

Des études (d'ailleurs parfois divergentes dans leurs conclusions) avaient porté sur les conditions de réussite du semis direct, mais on manquait de comparaison directe des taux de survie et de la vigueur des arbres à moyen et long terme selon qu’ils sont issus de semis direct ou de pépinière ou d’une régénération naturelle.

Elles comprennent éclaircissages, dépressages, élagages, plantations, semis directs, et pare-feu (dans les régions sèches).

Les éclaircies sont des coupes d'arbres de franc pied ou de brins âgés (baliveaux) d'une cépée. Elles visent à favoriser le développement des arbres qui présentent un intérêt, le plus souvent économique par élimination d'arbres proches. Cette technique ne peut s'employer que dans les peuplements denses. Mais il faut veiller à ce que l'investissement en temps et en hommes permette un gain économique appréciable en qualité et en quantité des volumes récoltés. Une technique moderne mais peu employée consiste à écorcer les arbres à éliminer, au moyen d'un appareil spécialement conçu. Ils meurent sur pied et produisent du bois mort et de l'humus, en minimisant la main d'œuvre et le dérangement (pas de bruit de tronçonneuse, pas de transport).

Le balivage est l'action de repérer les troncs les plus vigoureux afin de les conserver. Le but est d'améliorer le taillis afin de le faire évoluer vers une futaie. Selon le type d'arbre, ce repérage se fait lorsque l'arbre a environ 15 ans. Le balivage intensif est le fait de conserver au moins 300 baliveaux à l'hectare.

Le dépressage consiste à supprimer certain nombre de jeunes sujets issu d'une régénération naturelle dans un peuplement très dense dont la hauteur des tiges dominantes est généralement inférieure à 9 m, toujours pour améliorer la croissance de ceux restant. Cette opération est effectuée à l'aide d'une débroussailleuse à dos, par cloisonnement ou par abattage.

L'élagage et la taille de formation consistent à couper au ras du tronc les branches pour améliorer la forme et la qualité du fût et du bois, en réduisant la taille des "nœuds" dont les fibres ne sont pas dans le même sens que le reste du bois, qui entraîne une faiblesse dans les pièces produites ou un déclassement commercial. La hauteur d'élagage varie en général entre 2 et 10 mètres, et il se pratique dans les sylvicultures intensives tous les 10 ans sur les jeunes arbres. De nombreuses espèces, en condition de concurrence pour la lumière font un autoélagage naturel, qui est favorisé dans les approches de type prosilva, ce qui réduit les coûts d'entretien et limite les risques de transmission de champignons et bactéries pathogènes par les outils de coupe ou de taille.

Le but des pare-feu est de créer une discontinuité dans le peuplement forestier afin de stopper ou ralentir la progression d'un feu. Ils doivent être installés perpendiculairement aux vents dominants pour ne pas au contraire devenir des couloirs de propagation du feu. Un pare-feu mal conçu ou mal entretenu risque aussi d'être un facteur d'érosion, voire de fragmentation écopaysagère et de propagation du feu. Ceux qui sont enherbés et entretenus par des herbivores (moutons en général) semblent les plus efficaces. Ils jouent généralement aussi un rôle de cloisonnement et de layons de chasse (les chasseurs y attendent le gibier, plus facile à tirer, éventuellement poussé par les chiens et rabatteurs).

Dans tous les cas, la limitation du tassement des sols et la protection des arbres d'avenir lors des chantiers sont important. A titre d'exemple une étude, faite en France sur 48 chantiers de coupes en forêt a trouvé que (en moyenne et toutes essences confondues) 14 % d’arbres étaient blessés lors des chantiers (Ce taux était plus important en feuillus (17 %) qu’en résineux (11 %). Des professionnels bien formés, et certaines techniques alternatives (ex : débardage par câble) permettent de diminuer ce risque.

La sylviculture extensive s'applique aujourd'hui en Europe principalement dans les peuplements de hêtre. C'est une méthode « douce », qui exploite un peuplement via des interventions ciblées. Les coûts en sont moindres, et dispersés sur la durée d'exploitation, tout en assurant une régénération de qualité, et en préservant ou restaurant la biodiversité. Sa mise en place s'effectue en trois phases majeures : L'installation-acquisition, la compression et le détourage.

Phase dinstallation-acquisition : Le gestionnaire forestier vérifie que l'installation des semis est en place afin d'entreprendre la coupe définitive des semenciers. Pendant les deux premières années, il s'assure que les semis ne soient pas concurrencés par la souille ligneuse et ronceuse. Le cas échéant, il prévoit un passage en dégagement grossier à la débroussailleuse pour maîtriser la végétation afin d'obtenir la plus forte régénération de la ou des essences objectives.

Phase de compression : Le hêtre - si on le veut longiligne - doit pousser « gainé » ou en « compression » (c'est à dire à l'ombre d'arbres dominants, ou gainé d'herbacées quand il est jeune et mis en lumière, et ensuite entouré d'autres arbres qui favoriseront sa pousse apicale). S'il est isolé ou trop dégagé, il tend à développer des branches basses, sources de caractères considérés comme « défauts » majeurs pour le scieur (ex : fourches basses). La « phase de compression » peut durer quinze ans voire plus. Elle permettra d'obtenir à un stade « gaulis » - « bas perchis » des « tiges-objectifs » dépourvues de branches basses, réduisant le coût d'un élagage éventuel. Néanmoins, durant cette phase, un travail reste nécessaire pour le calibrage de la régénération des essences secondaires et d'accompagnement (charme, frêne, érables...) ou essences précieuses (merisier, alisier torminal..). La méthode de "cassage" est alors utilisée sur les tiges concurrentes afin de favoriser la mise en lumière apicale, fournissant une source locale de petit bois mort. Au stade bas perchis, le cassage sera remplacé par l'annélation des tiges singulières afin de toujours garder l'efficacité de la compression et une source de bois mort recyclé dans l'écosystème. A ce stade on peut considérer acquise la régénération de 200 tiges / hectares.

Phase de détourage : Contrairement à l'éclaircie classique, elle est ciblé sur une tige désignée « d'avenir » et n'est pas sujet à la commercialisation. L'intervention consiste sur des tiges (stade perchis - haut perchis) dont la hauteur de bille sans branche est comprise entre 7 et 8 mètres, d'abattre tous les sujets environnants afin de libérer les houppiers en vue de la croissance finale. La quantité sera de 80 à 100 tiges par hectare et formera la jeune futaie. Si l'on veut limiter le travail, le dérangement de la faune, et une alternative peut aussi être l'annélation de tout ou partie de ces tiges à « éliminer ». Leur bois est alors également recyclé sur place.

La caractérisation des milieux par la typologie des stations forestières est un préalable à une gestion forestière raisonnée, permettant d'éviter l'installation d'essences non adaptées au terrain. L'anticipation des risque de sécheresse ou d'inondation de longue durée est également un facteur de réussite, de même qu'une bonne diversité génétique et la protection de l'humus, et pourrait le devenir plus encore dans un contexte global de modifications climatiques. La concurrence herbacée, et l'abroutissement par les herbivores (cerf, chevreuil, sauf en cas de fortes populations) ne pose théoriquement pas de problème pour les peuplements, hormis dans le premier stade en cas de plantations ; la transpiration herbacée est maximale au début du printemps quand l'eau ne manque pas. Elle diminue ensuite alors que avec la feuillaison du couvert arboré. Pour que l'eau manque moins en été, il peut être utile de restaurer les capacités de stockage de l'eau et d'infiltration. (Il ne s'agit pas forcément de diminuer le drainage de la forêt ou d'y aménager des bassins ; Le retour des castors et de leurs réservoirs s'est montré de ce point de vue efficace en Amérique du Nord).

La sylviculture est ancienne. Elle a des racines probables dans la préhistoire et en Chine qui l'a développé, tout en déboisant rapidement une grande partie du territoire dès 8000 ans avant nos jours. La sylviculture était une science suffisamment reconnue pour que lorsque l'empereur Qin Shi Huang (nom signifiant « premier empereur universel » 221 ans avant J.C. ordonna de brûler tous les ouvrages indésirables, il fit 3 exceptions pour les seuls livres traitant de médecine, d'agriculture et de sylviculture.

En 2006, 75 % du volume de bois commercialisés dans les forêts domaniales était vendu « sur pied » par adjudication le plus souvent, avec 6 658 000 m3 de bois récoltés annuellement (résultats moyens 1995/2004 exprimés en volume “bois forts”) ; En 2007, la forêt française (publique et privée) couvre à nouveau plus de 25% du territoire national, au profit d'une sylviculture plus étendue (résineux et peupleraies notamment). Sa répartition et la composition de ses espèces ne sont pas liées qu'aux seules conditions édaphiques et climatiques. Avant le XXème siècle, la forêt française avait fortement régressé : Du Moyen Âge jusqu'au début du XXe siècle, on a assisté à une période de défrichage intensif visant à gagner des terres de culture, récolter plus de bois de chauffage, de boulange et d'oeuvre. Colbert et le code forestier de 1827 ont finalement bloqué la régression du couvert forestier. Dans le même temps, un renouveau forestier était favorisé par les alternatives fossiles que sont le charbon puis le pétrole et le gaz naturel voire l'électricité nucléaire, mais aussi grâce à l'exploitation massive (surexploitation parfois) des forêts tropicales. Ces alternatives ont par ailleurs fortement contribué au développement économique des pays riches, qui a encouragé à une urbanisation centralisée (et donc un exode rural libérant des terres aux plantations ou à l'enfrichement et à la forestation spontanée). Des primes d'état et détaxations ont également encouragé les sylviculteurs à étendre leurs surfaces boisées, alors que l'amélioration des rendements agricoles et la concentration de l'agriculture sur les sols les plus riches libéraient les terres les plus pauvres ou pentues. Cette augmentation de surface forestière. Mais alors que les plantations de faible intérêt en termes de biodiversité gagnaient du terrain, le bocage, l'agrosylviculture traditionnelle et des arbres isolés et d'alignements reculaient ou disparaissaient rapidement, avec leur biodiversité... les remembrements et primes à l'arrachage des haies et fruitiers, etc. ont eu des impacts très importants en Europe, et notamment en France dans les années 1960 à 1980.

A partir cette époque, on a reboisé certains territoires pour les remettre en valeur (Sologne, Limousin), pour combattre l'érosion (Cévennes), pour fixer les dunes (Landes).

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Agriculture

Culture intensive de pomme de terre en plein champ

L’agriculture (du latin agricultura) désigne l’ensemble des savoir-faire et activités ayant pour objet la culture des terres, et, d’une manière générale, l’ensemble des travaux de conservation et de transformation du milieu naturel permettant de cultiver et prélever des végétaux et des animaux utiles à l’être humain.

L'agronomie regroupe, depuis le XIXe siècle, l’ensemble de la connaissance biologique, technique, culturelle, économique et sociale relative à l'agriculture.

En économie politique, l’agriculture est définie comme le secteur d’activité dont la fonction est de produire un revenu financier à partir de l’exploitation de la terre (culture), de la forêt (sylviculture), de la mer, des lacs et des rivières (aquaculture, pêche), de l'animal de ferme (élevage) et de l'animal sauvage (chasse). Dans la pratique, cet exercice est pondéré par la disponibilité des ressources et les composantes de l'environnement biophysique et humain. La production et la distribution dans ce domaine sont intimement liées à l'économie politique dans un environnement global.

L’agriculture est née avec la mise en terre de semence ou graine par l’homme. Au début, Moyen-Orient, ainsi qu'en Nouvelle-Guinée.

Aujourd’hui, avec la démographie galopante, l'augmentation du niveau de vie des pays les plus développés et la mondialisation des marchés, l'agriculture est l'Homme et son Environnement, dans le domaine de l'agriculture mais également dans le cadre de toutes les activités humaines.

L'activité agricole vise à assurer la sécurité alimentaire des humains en milieu naturel. Toutefois, l’agriculture produit également un nombre important de produits tels que des peaux d’animaux, des engrais, des produits destinés à l’industrie (éthanol, fécule, chanvre), des plantes vertes et fleurs, du bois. Elle représente un maillon indispensable dans la chaîne agroalimentaire, en lui assurant l’approvisionnement en matières premières (fécule, oignon, céréale, fruit, etc.).

L'agriculture est scindée en culture pour l'activité concernant le végétal et élevage pour l'activité concernant l'animal.

La culture, ou production végétale, est divisée en grandes cultures (blé, maïs, des légumes), l’arboriculture fruitière, la viticulture (production du raisin), la sylviculture et l’horticulture.

L'élevage, ou production animale, vise à élever des animaux pour la consommation directe (viande) ou pour leurs (lait, œuf, laine, miel, etc). Les exploitations agricoles peuvent par exemple orienter leur production vers les bovins, les porcins, les ovins/caprins ou les granivores.

De ces faits, l'agriculture est le domaine le plus ancien et le plus complexe du monde civilisé, mais aussi le plus impacté par les techniques modernes et les aspirations de l'Homme.

L'agriculture moderne a indéniablement permis d’augmenter la production agricole, tout en améliorant globalement la sûreté alimentaire, mais l’agriculture industrielle intensive est de plus en plus critiquée en raison des dégradations de l’environnement dont elle est parfois responsable, de sa dépendance croissante au pétrole, ainsi que de la survenue récente de crises alimentaires assez sérieuses pour inquiéter l’opinion publique.

En France, René Dumont, un ingénieur en agronomie et sociologue célèbre, fut l’une des premières personnes à dénoncer les dégâts considérables de la « révolution verte », et à lutter contre le productivisme agricole.

Enfin, l’agriculture produit également des déchets. Elle est une source importante d'ammoniac et de méthane (gaz à effet de serre 21 fois plus puissant que le CO2).

Pour enrayer l’érosion du sol, certains agriculteurs abandonnent le labour pour le semis direct, qui limite aussi l’utilisation du tracteur et donc diminue les émissions de CO2. Aux États-Unis en 2005, 15 % des terres arables étaient traitées de cette façon.

L’utilisation des organismes génétiquement modifiés (O.G.M.) dans certains pays, tels que les États-Unis, le Canada, le Mexique ou la Chine, et les risques potentiels qui leur sont associés sont également sujets à de nombreuses discussions.

Ces dernières années ont également été en Europe l’objet de plusieurs crises touchant à la sécurité alimentaire : bœuf aux hormones, poulet aux dioxines, vache folle et maladie de Kreutzfelt-Jakob, contaminations bactériennes d'aliments (fromage par listeria).

La plupart de ces maladies étaient déjà présentes dans les siècles précédents. La « tremblante du mouton » (la variante ovine de la maladie de la vache folle), la listeria ou la salmonelle ne sont pas des problèmes récents. Ils apparaissaient autrefois de manière bien plus fréquente et souvent plus tragique que maintenant. En effet, de gros progrès ont été faits en matière d’hygiène et de contrôle bactérien des produits alimentaires. Mais la massification de la fabrication et de la vente des aliments font qu’un seul incident peut toucher un très grand nombre de personnes. Le caractère exceptionnel des problèmes, le nombre de personnes potentiellement touchées, la médiatisation alarmiste tendent à marquer les esprits. Néanmoins, le nombre de morts par intoxication ou empoisonnement lors de ces affaires « médiatiques » est extrêmement faible.

Ces derniers événements ont pour conséquence la mise en place croissante de systèmes de traçabilité qui offriraient à terme des garanties sur la qualité sanitaire du produit.

L’étiquetage devrait permettre au consommateur de décider s’il prend le supplément de risques inhérent à une agriculture intensive ou accepte le prix plus élevé qui accompagne l’émergence ou le développement de techniques agricoles alternatives, telles que l’agriculture biologique, la permaculture, l’agriculture raisonnée et l’agriculture de précision.

L’agriculture constitue un champ multidisciplinaire, qui se recoupe avec des domaines tels la botanique, la zootechnie, la phytotechnie, les sciences alimentaires, la géologie, la pédologie, l’hydrologie, la microbiologie, les biotechnologies, l’économie, les statistiques, la sociologie. Depuis les années 1990, des expériences de monitoring de la biodiversité se mettent en place, qui ont permis notamment de quantifier les impacts de l'agriculture intensive et de mettre en évidence certains intérêts de l'agriculture biologique.

Outre son importance pour la conservation de la diversité génétique des variétés anciennes, l'agriculture joue parfois un très grand rôle pour la protection de diversité biologique : La Commission européenne combine trois grands grands critères pour mesurer l’intérêt d'un espace agricole en terme de contribution à la préservation de la biodiversité. Les zones ayant le score le plus élevées sont dites « à haute valeur naturelle » . 10 % à 30 % des terres agricoles méritent ce titre en Europe. En France, 84 % des surfaces classées en « haute valeur naturelle » sont en montagne ou moyenne montagne (Alpes, Corse, Franche-Comté, Massif central, Pyrénées…). Ce sont surtout des zones d’élevage extensif en plein air caractérisées par une faible densité de chargement (bétail) à l'hectare, peu ou pas d’intrants chimiques et presque toujours une utilisation plus importante de main-d’oeuvre agricole.

L'Europe réoriente des subventions particulières vis a vis des agriculteurs qui font un effort pour l'environnement. Les mesures agrienvironnementales et l'agriculture biologique sont plus ou moins encouragées et développées selon les pays (2% des cultures dans la zone OCDE sont "bio", jusqu'à 6 % dans certains pays).

Les échanges agricoles représentent 8,8 % des échanges mondiaux. Ils restent très marquées par l’impact des subventions agricoles des pays développés. Cela dit, il faut nuancer ce chiffre : les échanges liés à l’industrie agro-alimentaire, intimement liée à l’agriculture, sont loin d’être négligeables.

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Syndicat national de la sylviculture SNS-CSN

Logo du SNS-CSN

Le Syndicat national de la sylviculture est un syndicat à sections. Celles-ci sont présentes sur une bonne partie du territoire québécois. Il compte plus de 850 membres et représente différents métiers de la sylviculture tels que : planteur, débroussailleur, abatteur.

Le syndicat intervient régulièrement, dans plusieurs sections, auprès des employeurs qui ne respectent pas les conventions collectives conclues, entre autres en ce qui a trait aux lois en matière de santé et sécurité au travail, en assurance emploi, au code du travail et aux normes minimales du travail. Il a aussi déposé des griefs pour réclamer une rémunération lors des déplacements que les travailleurs ont à effectuer durant leur travail.

Le Syndicat national de la sylviculture SNS-CSN est affilié à la Confédération des syndicats nationaux, à la Fédération des travailleurs du papier et de la forêt ainsi qu'à plusieurs conseils centraux de la CSN.

Le siège social du syndicat est situé au 124, rue Sainte-Marie à Rimouski dans l'édifice du Conseil central du Bas-Saint-Laurent CSN.

En 1999, les travailleurs sylvicoles du Québec en ont assez car depuis plus de 15 ans ils se sentent considérés comme des travailleurs de derniers recours, sans reconnaissance, et ayant à subir des conditions de travail inacceptables. La Confédération des syndicats nationaux et la Fédération des travailleurs du papier et de la forêt FTPF-CSN décident de les aider en lançant une campagne de syndicalisation dans toutes les régions où des travaux sylvicoles sont effectués. Les travailleurs ont été rencontrés sur leurs lieux de travail et il a été possible de constater leur désarroi face à un travail qu’ils aiment, pourtant, malgré les nombreuses difficultés qu’il comporte. Cette campagne a permis de fonder, en 2001, le Syndicat national de la sylviculture (SNS–CSN).

Un premier comité exécutif syndical a été élu et plus de 18 sections furent créées dans toute la province. Le processus de syndicalisation fut ardu, durant cette période de nombreuses embûches étant présentes. Les employeurs se sont montrés très réticents à reconnaître les syndicats. Ils ont congédié des travailleurs, ont exercé des représailles et menacé de fermer des entreprises.

Malgré tout, le SNS–CSN survit et accroît sa représentativité. En un peu plus de trois ans, il a pu conclure plus 18 conventions collectives, qui permirent à nos travailleurs d’améliorer leurs conditions et, surtout, à civiliser les relations de travail, qui en avaient vraiment besoin. Les gains furent importants : la plupart des ouvriers sylvicoles, qui obtenaient comme salaire au rendement de 43 % à environ 48 % de la valeur de la subvention, reçoivent maintenant entre 53 et 55 % de celle-ci, plus l’ajustement d’environ 2 % par année de cette même subvention. Cette grille de taux n’avait pas été modifiée depuis plus de dix ans. Les travailleurs sylvicoles ont également obtenu des gains concernant les équipements de sécurité, les normes de contrôle des travaux et les clauses de mesurage de terrain.

Plusieurs auditions ont eu lieu et les décisions commencent à être rendues. Ces recours permettront peut-être, lorsque le processus juridique sera terminé, de faire comprendre aux employeurs et aux gouvernements que les conditions de travail ne respectent pas les lois existantes et que les modes de rémunération des travailleurs doivent être entièrement revus.

À l'automne 2007, la CSN et la FTPF ont mis sur pied une campagne provinciale dénonçant les conditions de travail des sylviculteurs et revendiquant une restructuration qui tiendra compte du métier de sylviculteur et qui le reconnaîtra comme étant indispensable pour la société.

L'actuel président du SNS-CSN est Bernard Forest, planteur de métier.

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Semis direct

Semis direct de maïs (près de Plymouth, Iowa, USA). Noter aussi la structure en terrasse des champs et les petits talus qui limitent l'érosion, toute en facilitant la conservation et l'infiltration de l'eau

La notion de semis direct désigne une technique culturale simplifiée utilisée en agriculture ou en sylviculture basée sur l'introduction directe de la graine dans le sol, sans passer par le labour dans le cas de l'agriculture, ni par la mise en culture en pépinière dans le cas de la sylviculture.

On parle aussi de technique sans labours (TSL). Cette technique utilisée à la préhistoire et par de nombreuses formes d'agriculture traditionnelles a été redécouverte au XXe siècle pour ses nombreux avantages, mais adaptée au machinisme agricole.

La version moderne de cette forme de semis est apparue dans les années 1980 après avoir été longuement testée en Amérique du Nord sur les sols vulnérables qui avaient subi de graves problèmes d'érosion suite aux tempêtes de poussières des années 1920-1930 (Dust Bowl). Elle consiste au moment du semis à respecter le plus possible la vie des sols.

Pour cela, on a créé des semoirs adaptés, dont le principe est d'ouvrir une ligne de semis, de façon chirurgicale. L'implantation de la culture a lieu en un seul passage de semoir.

Sur des sols antérieurement dégradés par le labour, en particulier en présence d'une semelle de labour très marquée, le passage d'une sous-soleuse, ou d'un décompacteur est nécessaire ou utile les premières années pour accélérer la résilience du sol.

Le semis direct sous couvert diminue fortement la consommation de carburant et d'intrants à l'hectare. Il diminue la fatigue de l'agriculteur et le nombre d'heure de travail ainsi que les besoins de main-d’œuvre, tout en allongeant la durée de vie des tracteurs, pour des rendements au moins aussi élevés qu'avec le labour, et avec un certain retour de la biodiversité, notamment favorable au petit gibier.

Le sol est plus résilient face aux aléas climatiques (sécheresse en particulier). La production est plus stable, ce qui est favorable à la sécurité alimentaire.

Dans un contexte de pénurie annoncée de pétrole et de modifications climatiques, il devrait donc se développer.

La notion de semis direct, s'oppose à celle de semis en pépinière. Dans le premier cas la graine est plantée directement dans les sols. Dans le second, la graine germe en milieu contrôlé, et le jeune plant est planté avec sa motte de terre; La seconde moitié du XXe siècle a été en Europe et notamment en France marquée par une phase de plantation intensive. Elle a détrôné les techniques de semis direct considérés comme trop aléatoires. (voir article Sylviculture) pour en savoir plus à ce propos.

Après la régénération naturelle, le semis direct est la technique qui a été la plus utilisée jusqu’au milieu du XXe siècle. Pour être efficace il demande une bonne compréhension et maîtrise des risques de prédation des graines et jeunes arbres et une compétence en matière de préparation des graines, savoir et savoir-faire qui pour partie existent chez les pépiniéristes et sylviculteurs.

Des études, parfois divergentes dans leurs conclusions, avaient porté sur le facteurs et conditions de réussite du semis mais on manquait de comparaison directe des taux de survie et vigueur des arbres à moyen et long terme, selon qu’ils soient issus de semis direct ou de pépinière ou d’une régénération naturelle. Une étude récente a comparé sur une durée de 9 ans des jeunes hêtres issus de semis directs et issus de pépinière (replantés à l’âge de 1 ans) ; les chercheurs ont mesuré la croissance en hauteur et en diamètre, et la biomasse sèche produite en 9 ans. Cette étude a montré qu’après 9 ans, il n’y avait pas de différence entre les deux catégories d’arbres. Certains arbres issus de semis avaient même rattrapé l’année de retard qu’ils avaient par rapport aux plants (croissance d’environ 10 % plus importante). Les auteurs concluent que les plants issus des pépinières souffrent de la transplantation et perdent une bonne part de leur avance dès les 10 premières années.

L'absence de population importante d'herbivores (ou une protection par clôture si c'est le cas), de bonnes conditions de sol (présence de champignons symbiotes, et une humidité suffisante) sont nécessaires.

De nombreux arbres (essences secondaires notamment, par opposition aux pionnières) exigent un microclimat forestier pour pousser normalement. Pour ces espèces une plantation en clairières de petites taille, près de lisières forestières, à l'ombre sont nécessaires.

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Source : Wikipedia