Sun

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Posté par hal 14/04/2009 @ 08:07

Tags : sun, informatique, economie

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Sun Yat-sen

Sun Yat-sen

Sun Yat-sen ( 孫中山, Sun Zhongshan en mandarin, 12 novembre 1866 - 12 mars 1925) était un leader révolutionnaire et un homme d'État chinois qui est considéré comme « le père de la Chine moderne ». Il a eu une influence significative dans le renversement de la dynastie Qing (dont le dernier représentant a été Pu Yi) et l'émergence de la République de Chine. Sun Yat-sen, l'un des fondateurs du Guomindang, a été le premier président de la République de Chine en 1912 et son leader de 1923 à 1925. Il a développé une philosophie politique connue sous le nom des Trois principes du peuple (nationalisme, démocratie et bien-être du peuple).

Sun Yat-sen est né dans une famille aisée du village de Cuiheng ( 翠亨村 ), situé dans le district de Xiangshan, devenu depuis la ville de Zhongshan (en chinois 中山市 ), dans la province du Guangdong (Simplifiés : 广东, Traditionnels : 廣東 ), dans le sud de la Chine.

Après avoir été à l'école de son village, Sun Yat-sen, à l'âge de treize ans, va vivre avec un frère aîné, qui avait émigré à Honolulu (Hawaii), et qui y est devenu un marchand prospère. Il étudie ainsi au lycée de Iolani (1879-1882), au lycée Diocesan Boys (1883) et à la Queen's University (1884-1892) à Hong Kong. Il obtient finalement un diplôme de médecine à l'université de médecine pour les Chinois de Hong Kong, dont il a été l'un des deux premiers diplômés. Il pratique alors brièvement la médecine à Hong Kong en 1893. Il épouse à vingt ans Lu Muzhen (Simplifiés : 卢慕贞, Traditionnels : 盧慕貞), qui provient du même village que lui. Elle lui donne un fils, Sun Ke et deux filles, Sun Yan et Sun Wan. Ils mèneront vite des vies séparées, Lu Muzhen n'étant pas en mesure de le suivre dans ses tribulations, en raison entre autres de ses pieds bandés. Sun Yat-sen aura par la suite une autre compagne qui l'assistera dans ses activités politiques, Chen Cuifang (陳粹芬 1873-1954). Considérée avec son accord comme une concubine par la famille Sun, elle est enterrée dans le cimetière familial. En 1914 il demande la main de Soong Ai-ling à son père Charles Soong qui refuse. L'année suivante, il épousera Song Qingling soeur de Ai-ling contre l'avis de Charles Soong, après avoir cette fois divorcé de Lu Muzhen car les Song sont méthodistes. C'est elle qui sera connue internationalement comme « Madame Sun Yat-sen ».

Ses années d'étude à Hawaii l'ont poussé à développer un fort intérêt pour le système économique américain, dont il devient l'un des plus ardents défenseurs. Il attache un intérêt tout particulier aux idées de Alexander Hamilton et Abraham Lincoln. La phrase de ce dernier « Le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple » lui inspire d'ailleurs ses « trois principes du peuple ».

Sun marque aussi sa forte opposition au gouvernement impérial Qing de la Chine, et commence sa carrière politique en essayant d'organiser des groupes de réforme des Chinois exilés à Hong Kong. En octobre 1894 il fonde le Xingzhonghui (littéralement « société pour le redressement de la Chine ») pour exposer ses idées pour la prospérité de la Chine et comme plateforme de ses futures activités révolutionnaires.

En 1895, un coup d'État qu'il fomente échoue et il doit s'exiler pour seize ans en Europe, aux États-Unis, au Canada, puis au Japon, réunissant de l'argent pour son parti révolutionnaire. Au Japon, il rejoint d'autres groupes révolutionnaires chinois et fonde avec eux le Tongmenghui, ligue d'union dont il est élu président, et dont il exprime ainsi le programme : « Chasser les étrangers, restaurer la Chine, fonder une république et redistribuer équitablement les terres ».

Le 10 octobre 1911, une révolte à Wuchang, à laquelle Sun Yat-sen n'est pas lié, provoque la chute de la dynastie Qing des Mandchous, et en conséquence du système impérial de la Chine, vieux de deux millénaires. Le 14 décembre un gouvernement républicain provisoire est proclamé et tous s'entendent sur l'appel à Sun Yat-sen pour en être président, prenant de vitesse Yuan Shikai. Sun Yat-sen, aux États-Unis après son expulsion du Japon, est surpris par la révolution nationaliste dont il apprend la victoire par la presse, mais il ne se hâte pas de rentrer. Il ne débarque à Shanghai que le 25 décembre 1911. Dans une déclaration, le Dr. Sun Yat-sen a déclaré que la Chine avait été occupée par deux fois par des puissances étrangères : d'abord par les Mongols (dynastie des Yuans) et en second lieu par les Mandchous (dynastie des Qings).

Le 29 décembre, il est élu président provisoire et proclame à Nankin la République de Chine au début de 1912.

Sun Yat-sen se rendit avec son cabinet sur la tombe de Yongle, empereur de la dynastie Ming et s'adressant à ces ancêtres hans, il déclara : "La politique des Mandchous a été une politique extrêmement tyrannique. Motivés par le désir de soumettre perpétuellement les Chinois, les Mandchous ont gouverné le pays au plus grand détriment du peuple. La race chinoise, aujourd'hui, a enfin restauré le gouvernement du peuple de Chine... Le peuple est venu ici pour informer Votre Majesté de la victoire finale". Plus tard, en 1912, Sun Yat-sen dans son discours inaugural comme premier président de la République de Chine, annonça « l'unification des peuples han, mandchou, mongol, hui et tibétain ». Promouvoir un Etat multiethnique était le moyen choisi par Pékin pour affirmé son héritage de l'empire.

L'histoire officielle du Guomindang accentue fortement le rôle de Sun comme le premier président provisoire, mais un grand nombre d'historiens remettent en question le rôle de Sun dans la révolution de 1911 et indiquent qu'il n'a eu aucun rôle direct dans la révolte du Wuchang et qu'il était alors hors du pays. Dans cette interprétation, sa nomination en tant que premier président provisoire est due à sa position de personnalité respectée mais relativement peu importante, qui faisait de lui un candidat de compromis entre les camps révolutionnaire et conservateur.

Sun Yat-sen organise alors la République de Chine, en provoquant dans chaque province des élections destinées à établir l'Assemblée nationale de la République de Chine. Cette assemblée vote les objectifs et la loi provisoire de la République. Il lance une démarche de codification des lois.

Cependant, le gouvernement provisoire est rapidement en position de faiblesse. Les provinces du sud de la Chine ont déclaré leur indépendance de la dynastie Qing, mais ce n'est pas le cas de la plupart de celles du Nord. De plus, le gouvernement provisoire ne dispose d'aucune force militaires propre, son contrôle des mutins de la Nouvelle Armée est limité et une grande partie des forces militaires ne se sont pas prononcées contre les Qing.

L'hypothèse d'une intervention des puissances occidentales en Chine pour soutenir l'empire inquiète suffisamment le gouvernement de Nankin pour que soit trouvé un compromis avec la puissante armée de Beiyang de Yuan Shikai. Lors de la révolte des Taiping l'armée britannique avait été poussée à soutenir les Qing pour défendre ses concessions. Une pareille intervention en 1911 aurait pu être fatale au mouvement. Pour éviter que l'histoire ne se répète, un compromis est trouvé avec Yuan Shikai. Celui-ci, principal soutien à l'empire négocie la reddition du jeune empereur âgé de quatre ans, Pu Yi. En contrepartie de quoi il demande sa nomination au poste de président de la république. À sa trahison envers l'empereur s'ajoute rapidement une autre, celle envers les révolutionnaires.

Il fait en effet assassiner en 1913 le représentant du Guomindang à Pékin, le leader Song Jiaoren. Puis, les élections donnant gagnants les révolutionnaires, Yuan les chasse de l'Assemblée, fait dissoudre la Chambre et poursuit les nationalistes. Sun s'enfuit au Japon. Commence la dictature de Yuan, au cours de laquelle en 1915 il cherche à se faire nommer empereur. Mais il meurt dès 1916.

Sun retourne en Chine en 1917 et est élu président du gouvernement national auto-proclamé à Canton en 1921. En 1923, il prononce un discours durant lequel il proclame les « trois principes du peuple » comme principes de fondation du pays et la constitution des cinq pouvoirs (ou yuan : le pouvoir exécutif, le pouvoir législatif, le pouvoir judiciaire, le pouvoir d'examen et le pouvoir de censure) comme la base du système politique et de l'administration.

Pour développer le pouvoir militaire nécessaire au renversement du gouvernement des seigneurs de la guerre de Pékin, il crée l'Académie militaire de Huangpu près de Canton, à la tête de laquelle il nomme Tchang Kaï-chek.

Au début des années 1920, il reçoit de l'aide du Komintern pour réorganiser le Guomindang comme un parti nationaliste anti-impérialiste et anti-féodal. Le Guomindang coopérera alors avec tous les partis communistes chinois. Sun est alors convaincu que la réalisation d'une Chine unifiée passe par la conquête militaire partant de sa base dans le Sud, suivie d'une période de transition qui s'achèverait dans un passage à la démocratie.

Le 10 novembre 1924, Sun Yat-sen voyage dans le Nord et donne un nouveau discours pour suggérer l'idée d'une conférence pour le peuple chinois et l'abolition de l'ensemble des traités inégaux avec les pays occidentaux. Deux jours plus tard, il est à nouveau en voyage pour Pékin pour discuter de l'avenir du pays, malgré la détérioration de son état de santé et la guerre civile provoquée par les seigneurs de la guerre. Son objectif est de tenir des pourparlers de paix avec les leaders régionaux à propos de l'unification de la Chine. Il meurt d'un cancer le 12 mars 1925 à l'âge de cinquante-neuf ans, sur la route de Pékin. La veille de sa mort, il fait rédiger, vraisemblablement par Wang Jingwei, un message adressé au Comité exécutif central des soviets. Ce message émet le vœu que les communistes et le Guomindang continuent à collaborer étroitement. La suite des événements devait montrer que ce vœu ne se réaliserait pas et la rupture entre les deux partis révolutionnaires devait survenir moins de deux ans plus tard.

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Sun Zi

Sun Zi ou Sun Tzu ou Souen Tseu (en chinois 孫子, pinyin : Sūn Zǐ, Wade-Giles : sun1 tzu3, prononcer /suən.ts̩/, signifie « maître Sun ») de son vrai nom Sun Wu (孫武, Sūn Wǔ, sun1 wu3, wǔ signifiant « militaire », « martial »), est un général chinois du Ve siècle av. J.-C. (544–496 av. J.-C.).

Il est surtout célèbre en tant qu'auteur de l'ouvrage de stratégie militaire le plus ancien connu : L'Art de la guerre. L'idée principale de son œuvre est que l’objectif de la guerre est de contraindre l’ennemi à abandonner la lutte, y compris sans combat, grâce à la ruse, l'espionnage et une grande mobilité : il s’agit donc de s’adapter à la stratégie de l’adversaire, pour s'assurer la victoire à moindre coût.

On dit que Mao Zedong et Joseph Staline ont lu ce livre pendant la guerre. Les idées de l'Art de la guerre ont été reprises et adaptées par différents auteurs pour la stratégie et notamment la stratégie d'entreprise.

Les deux ouvrages détaillant le plus les exploits de Sun Zi sont Les mémoires historiques (ou Shiji), de Sima Qian, et les Printemps et des Automnes des Royaumes de Wu et de Yue de Zhao Ye. Il y est présenté comme un stratège militaire de la fin de la période des Printemps et des Automnes, général de l'état de Wu sous le règne du roi He Lu. Ce serait lui qui aurait conçu l'attaque de Wu contre l'état de Chu. Des auteurs plus anciens, de la dynastie Han, mentionnent également Sun Zi, en tant que stratège militaire (Xunzi et Han Fei), mais sans précision particulière sur l'auteur.

Si L'art de la guerre fait autorité, la vie de son auteur est pourtant un mystère et consiste surtout en hypothèse. La première considère que Sun Zi n'a jamais existé : c'est un mythe qui aurait prit naissance vers la fin des Printemps et des Automnes, prenant de l'ampleur par la suite.

Une deuxième hypothèse voit en Sun Zi un autre personnage des Royaumes combattants : Sun Bin (le contenu et la forme de L'Art de la guerre le rendrait postérieur aux Printemps et Automnes). La découverte de deux tombes Han en 1972, contenant un Art de la Guerre de Sun Bin, rend cette hypothèse caduque : Sun Zi et Sun Bin seraient distincts (puisqu'il existe deux ouvrages distincts). Mais le second serait peut-être un descendant du premier.

Muting (dynastie Qing), dans Corrections sur Sun Zi, voyait en Sun Zi Wu Zixu. Ce dernier, originaire de Wu, serait parti pour Qi, et aurait prit le nom de Sun. Un de ses descendants serait Sun Bin. Des ouvrages classiques, comme le Shiji, rejettent toutefois cette hypothèse.

Une dernière hypothèse considère que Sun Zi a bel et bien existé, qu'il était originaire de Qi, dont il aurait fui les troubles pour se réfugier à Wu.

À l'époque des Printemps et Automnes et des Royaumes combattants, les auteurs d'ouvrages ne signaient pas leurs ouvrages et utilisaient un nom d'emprunt. C'était une pratique fort répandue, dont le but, était de donner une antériorité à leur oeuvre et ainsi de l'auréoler d'un certain prestige, en reprenant des noms de personnages du folklore. On peut estimer que le Sunzi Bingfa (L'Art de la guerre) , le Daodejing, le Zhuangzi, et le Liezi ont été victime d'un tel procédé, ce qui laisse à penser que les pseudo-auteurs n'auraient, possiblement, jamais existés. Cependant, comme la plupart des auteurs qui prenaient un nom d'emprunt dans le but de valoriser leurs oeuvres, on peut toujours penser que l'existence des personnages les ayant inspirés, a effectivement été réel. Inspirés par des personnages de folklores légendaires, ils auraient signés leurs oeuvres de noms de personnages anciens, dont la sagesse faisait autorité. L'autre alternative, tend à penser que, les oeuvres en question, auraient été rédigés à titre posthume, par le successeur spirituel du (ou des) Grand Maître et l'aurait ainsi signé de son nom.

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Sun Ce

Sun Ce (v. 175 - 5 mai 200) également orthographié Souen Ts'ö ou Sun Ts’e (chinois traditionnel : 孫策, simplifié : 孙策, pinyin : Sūn Cè), avait pour prénom social Bofu (伯符, Bófú) et était un guerrier chinois et meneur d’hommes de la fin de la dynastie Han.

Avec l’aide de son ami, le stratège Zhou Yu, il pose les bases de ce qui sera royaume de Wu qui occupera une bonne partie du sud de la Chine lors de la période des Trois Royaumes de Chine, et dont son frère, Sun Quan, deviendra empereur. Il fut assassiné à l’âge de 25 ans lors d'une affaire de vengeance et recevra à titre posthume le titre de roi Huan de Changsha (長沙桓王, Chángshā Huán wáng).

Beaucoup d’éléments de légende existent derrière son personnage, qui a été immortalisé dans le roman Histoire des Trois Royaumes où il est présenté comme un jeune guerrier fougueux et charismatique surnommé « le petit hégémon » (小霸王, xiǎo bà wáng). Sun Ce est connu au Japon sous le nom de Sonsaku Hakufu et en Corée sous celui de Sonchaeng Baengbu (손책 백부).

La biographie suivante est principalement inspirée des Chroniques des Trois Royaumes.

Sun Ce naît vers 175. Il est le fils aîné de Sun Jian, que l’on disait descendre directement du stratège Sun Zi, l’auteur de L’Art de la guerre. Il est également le frère aîné de Sun Quan, qui sera le premier empereur du royaume de Wu.

Selon les Chroniques des investigations surnaturelles, lorsqu'elle était enceinte de lui, sa mère aurait fait le rêve que la Lune entrait en elle. Plus tard, lorsqu'elle fut enceinte de Sun Quan, elle rêva que le Soleil entrait en elle. Lorsqu'elle interrogea Sun Jian à ce sujet, celui-ci répondit : « La Lune et le Soleil sont les essences du Yin et du Yang et sont le signe d'un honneur suprême. Mes descendants prospéreront sûrement ! » Selon le Livre du Wu, sa grand-mère aurait fait un rêve équivalent lorsqu’elle était enceinte de Sun Jian.

En 189, l'empereur Lingdi meurt et une période de trouble apparaît au cours de laquelle Dong Zhuo prend le pouvoir. En 190 (1re année de Chuping), Sun Jian part rejoindre les autres chefs de guerre dans l’alliance contre Dong Zhuo et déménage sa famille dans la préfecture de Shu (舒). Sun Ce fait là-bas la connaissance de Zhou Yu qui avait le même âge que lui et tous deux se lient d’amitié. Tous deux se comportent comme deux frères. Zhou Yu va jusqu'à présenter ses hommages à la mère de Sun Ce, ce qui témoignait d’un grand niveau d’intimité entre-eux, et aurait également offert à Sun Ce sa maison pour qu'il puisse y installer sa famille.

Durant cette époque, Sun Ce se fait un nom dans la région entre la rivière Huai et le Yangzi. Sun Ce fait également la connaissance de Lü Fan. Selon les Mémoires du fleuve Jiang, lors d'une partie de jeu de go, Lü Fan impressionne Sun Ce par ses talents et ce dernier le prend à son service. Cette partie de go est restée célèbre, car il s'agit de la plus ancienne partie enregistrée à ce jour, bien qu'il existe des doutes sur son authenticité.

Vers fin 191, (3e année de Chuping), Sun Jian emmène Sun Ce avec lui dans une campagne contre Liu Biao. Cependant Sun Jian est tué dans une embuscade tendue par Lü Gong et Huang Zu. Sun Ce est contraint de battre en retraite en abandonnant la dépouille de son père. Lorsqu'il récupère le corps de Sun Jian, Sun Ce le rapatrie à Qu’a (曲阿) pour les funérailles, puis Sun Ce part ensuite vivre à Jiangdu.

Tao Qian, le protecteur de la province de Xu (l'actuelle Jiangsu) craint Sun Ce et Jiangdu devient de fait un endroit trop dangereux. Sun Ce accompagne sa mère à Qu’a, puis se rend auprès de son oncle, Wu Jing, l'administrateur de Danyang, en compagnie de son frère Sun He et de Lü Fan. Il recrute quelques centaines d'hommes, puis, en 194 (première année de Xingping), offre ses services au seigneur de guerre Yuan Shu. Celui-ci admire son talent, et lui offre le commandement des troupes que dirigeait Sun Jian avant sa mort.

Le grand tuteur Ma Ridi recommande alors Sun Ce au rang de « colonel qui chérit la droiture » (懷義校尉, huái yì xiàowèi) et Sun Ce se fait respecter par les principaux généraux de Yuan Shu, dont Qiao Rui et Zhang Xun. Yuan Shu lui-même aurait souvent soupiré : « Si seulement je pouvais avoir un fils comme le sieur Sun, je n’aurais aucun regret à l’heure de ma mort ».

Un jour un soldat de Sun Ce commet un crime et se cache dans une écurie du campement de Yuan Shu. Sun Ce envoie quelqu’un pour le faire exécuter et part présenter ses excuses en personne à Yuan Shu pour le comportement de ses soldats. Yuan Shu rétorque : « Les soldats adorent se mutiner, contentons-nous de les mépriser. Pourquoi donc s’excuser ? ». Suite à cette affaire, les soldats de Sun Ce le craignent encore davantage.

Malgré les nombreux éloges qu’il faisait de Sun Ce, Yuan Shu ne se décide pas à lui confier un poste à la hauteur de ses talents. Il préfère le garder sous sa coupe et s’accaparer du mérite de ses succès, ce qui énerve prodigieusement Sun Ce et ses hommes. Yuan Shu considère un temps nommer Sun Ce comme grand administrateur de Jiujiang, puis change d’idée et lui préfère Chen Ji.

Plus tard, Yuan Shu désire attaquer la province de Xu et à cette fin quémande 30 000 hu (environ 600 000 litres) de riz à Lu Kuang, le grand administrateur de Lujiang. Celui-ci refuse, et Yuan Shu, furieux, lui envoie Sun Ce pour une visite de courtoisie et lui rappeler ses devoirs de vassal, mais Lu Kuang ne prend même pas la peine de le recevoir et se borne à dépêcher un gardien des annales pour le divertir. Sun Ce garde de ce traitement une profonde rancœur. Yuan Shu lui confie alors la tâche d’assiéger Lu Kuang et lui dit : « J’avais préféré Chen Ji à toi et je regrette aujourd’hui de ne pas avoir suivi mon intention originelle. Si tu soumets Lu Kuang, Lujiang sera à toi. ». Sun Ce est victorieux et prend effectivement le commandement de Lujiang, mais Yuan Shu offre le poste de grand administrateur à Zhang Xun. Sun Ce en est grandement dépité.

A l’époque, Sun Ben, le cousin de Sun Ce, était le commandant en chef de Danyang et y habitait avec son oncle Wu Jing. L'inspecteur de Yang, Liu Yao, marche sur Qu’a et force Sun Ben et Wu Jing à s’exiler vers Liyang. Liu Yao commence à être menaçant pour Yuan Shu qui ordonne à Sun Ben et à Wu Jing d’attaquer Zhang Ying, un des fidèles de Liu Yao, qui l'affrontent sans succès pendant un an.

En 195, Sun Ce parvient à convaincre Yuan Shu de le laisser assister Wu Jing dans la pacification de la région de Jiandong. Yuan Shu lui offre le titre de « colonel qui brise les lignes ennemies » (折衝校尉) ainsi qu'un millier d'hommes et quelques dizaines de cavaliers. Durant le temps qu’il fallut pour se rendre à Liyang, son armée avait grossi jusqu’à 6 000 hommes. Il profite de son expédition pour déménager sa mère de Liyang à Fuling, puis traverse le Yangzi et toutes les villes tombent sur son chemin. Les autochtones sont favorablement impressionnés par la grande discipline de son armée et la sévérité avec laquelle les pilleurs sont punis.

Selon les Chroniques du fleuve Yangzi, Sun Ce livre bataille contre Ze Rong, un partisan de Liu Yao et lui inflige une défaite si brutale que celui-ci n'ose plus sortir de derrière les remparts de Xiannan pour l'affronter à nouveau. Sun Ce apprend alors l'arrivée de Fan Neng et Yu Mi, deux officiers de Liu Yao, qui venaient pour piller le village de Niuzhu. Sun Ce les attaque et capture plus de dix mille hommes avant de repartir attaquer Ze Rong. Il est blessé à la cuisse par une flèche qui le fait tomber de cheval, et fait passer la rumeur qu'il a été tué pour inciter Ze Rong a faire sortir son armée. Ze Rong mord à l'hameçon et tombe dans une embuscade tendue par Sun Ce. Lorsque les soldats voient Sun Ce toujours vivant, ils prennent les jambes à leur cou. Ze Rong, apprenant que Sun Ce est toujours vivant, reste retranché derrière ses remparts et n'ose pas affronter l'armée de Sun Ce, si bien que Sun Ce finit par abandonner le siège. Sun Ce inflige ensuite à Liu Yao une série de défaites à Hailing, Hushu et Jiangcheng.

Au cours de sa campagne contre Liu Yao, Sun Ce fait la rencontre de Taishi Ci, un officier de Liu Yao, et l'affronte en duel. Lors du combat, Sun Ce parvient à prendre à Taishi Ci une de ses lances courtes tandis que Taishi Ci parvient à dérober le heaume de Sun Ce. Le duel fut interrompu par l'arrivée des troupes de Liu Yao, et les deux combattants partirent chacun de leur côté.

Finalement Liu Yao est défait et fuit. Les gouverneurs des villes préfèrent abandonner leurs villes et s'enfuir que de devoir affronter Sun Ce. Selon les Chroniques du fleuve Yangzi, Sun Ce parvient à maintenir la discipline dans son armée et ceux-ci ne se laissent pas aller à piller les villages abandonnés par leurs gouverneurs, ni même à voler des légumes ou des animaux. Les villageois, reconnaissant, amenaient d'eux-même du vin et du bétail à l'armée de Sun Ce. Après avoir vaincu Liu Yao, Sun Ce se rend à Qu’a et récompense ses hommes. Il envoie son général Chen Bao pour aller à Fuling chercher sa mère et ses frères pour les ramener à Qu’a. En l'espace d'une dizaine de jours, son armée se renforce de vingt mille fantassins de mille cavaliers.

Le 6 février 196, Yuan Shu nomme Sun Ce « général qui détruit les criminels » (殄寇將軍) en récompense de ses services. Cependant, vers le mois de septembre, Yuan Shu pense se faire proclamer empereur. Lorsqu'il apprend ses intentions, Sun Ce lui envoie une lettre pour tenter de l'en dissuader. Lorsqu'il se rend compte que Yuan Shu refuse d'écouter ses conseils, Sun Ce décide de couper toute relation avec lui.

Vers octobre 196, Sun Ce tourne son attention vers Yan Baihu, un petit seigneur de guerre qui avait assemblé une armée de plus de dix-mille partisans, postés dans de nombreuses garnisons à travers la région. Conseillé par son oncle Wu Jing, Sun Ce traverse la rivière Zhe avec son armée, capture les villes de Huiqi et Dongye, et vainc Yan Baihu. Il se proclame alors grand administrateur de Huiqi, et nomme son oncle Wu Jing grand administrateur de Danyang et son cousin Sun Ben grand administrateur de Yuzhang.

Vers février-mars 197, Yuan Shu se proclame empereur et une importante coalition se forme contre lui. Sun Ce rejoint cette coalition et selon sa biographie officielle, le seigneur de guerre Cao Cao le nomme « général qui punit les rebelles » (討逆將軍) et lui offre le titre de marquis de Wu (吳侯). Selon les Chroniques du fleuve Yangzi et le Zizhi Tongjian, Sun Ce est en fait nommé colonel de la cavalerie (騎都尉) et marquis de Wucheng (烏程侯).

En 198, Zhou Yu prévoit la chute imminente de Yuan Shu, et parvient à quitter son service pour aller rejoindre Sun Ce qui lui offre le titre de « général en chef qui établit la puissance » (建威中郎將). Peu de temps après, Sun Ce et Zhou Yu épousent chacun une des filles de Qiao Gong, réputées toutes deux de grande beauté. Sun Ce épouse l'aînée, Da Qiao, et Zhou Yu fait de Xiao Qiao sa femme.

En 199, vers juillet-août, assiégé de toutes part et sans vivres, Yuan Shu meurt de maladie et ses partisans de dispersent pour trouver d'autres maîtres à servir. Son conseiller Yang Hong et son général en chef Zhang Xun partent avec leurs partisans rejoindre Sun Ce. En chemin, ils sont attaqués et capturés par Liu Xun, le grand administrateur de Lujiang, qui s'empare des leurs possessions. Lorsque Sun Ce apprend la nouvelle, il fait semblant de s'allier à Liu Xun. Tandis que l'armée de Liu Xun grossit des anciens partisans de Yuan Shu, des dizaines de milliers d'hommes de la région de Yuzhang fuient vers le Jiangdong. Sun Ce convainc Liu Xun de les capturer, et tandis que Liu Xun est absent, il attaque et capture Lujiang. La plupart des partisans de Liu Xun se soumettent à Sun Ce, à l'exception de Liu Xun lui-même et d'un petit groupe de quelques centaines de fidèles qui partent de placer sous les ordres de Cao Cao.

À cette époque, le pouvoir de Cao Cao est encore faible et celui-ci doit faire face à Yuan Shao au nord. Cao Cao craint que Sun Ce au sud ne lance une campagne contre lui et le prenne en tenaille. Il essaie d'arranger un mariage entre son neveu et Sun Kuang, le jeune frère de Sun Ce, et un autre mariage entre le neveu de Sun Ce et son propre fils, Cao Zhang. Il fait également annoncer son intention de faire nommer mandarins les Sun Quan et Sun Yi, les frères de Sun Ce, et s'arrange pour faire recommander Sun Quan à la Cour en tant que « Talent accompli » (茂才).

En 200, Cao Cao est assiégé par Yuan Shao à Guandu. Les actions et intentions de Sun Ce durant cette période ne sont pas claires et plusieurs versions des faits existent. Selon sa biographie officielle, reprise par les Chroniques des neuf provinces, Sun Ce profite que Cao Cao soit aux prises avec Yuan Shao pour préparer une expédition pour attaquer Xu et s'emparer de l'empereur. Mais au mois de mai, avant d'avoir pu lancer son expédition, il subit une tentative d'assassinat de la part de partisans de Xu Gong, un ancien grand administrateur de Wujun que Sun Ce avait autrefois tué. Plusieurs versions de la tentative d'assassinat existent. Selon la version des faits de sa biographie officielle, alors qu'il était seul, à cheval, un voyageur s'approche de lui et l'attaque, le blessant gravement.

Plusieurs versions et anecdotes entourant la mort de Sun Ce existent, certaines faisant intervenir la sorcellerie et le fantastique. Selon sa biographie officielle dans les Chroniques des Trois Royaumes, les blessures que subit Sun Ce au cours de l'attentat sont mortelles. Sur son lit de mort, il fait mander Zhang Zhao et ses autres généraux immédiatement disponibles et fait officiellement de Sun Quan son héritier : « La Chine est plongée dans le chaos. Protégés par les armées de Wu et de Yue, ainsi que par la barrière que forment les trois rivières, il nous est possible d'observer qui triomphera et qui sera vaincu . Messeigneurs, veuillez alors assister mon jeune frère. » Il fait ensuite mander Sun Quan et lui tend son sceau en lui disant : « Pour ce qui est de mobiliser le peuple du Jiangdong, juger du bon moment pour attaquer et réclamer la victoire en ce monde, jamais tu ne pourras être mon égal. Mais pour ce qui est de récompenser la vertu, exploiter les talentueux à bon escient et sortir le meilleur des hommes pour protéger le Jiangdong, c'est moi qui ne pourrai jamais être ton égal. » Au cours de la nuit, Sun Ce meurt de ses blessures.

Selon une autre version, comptée par l’Histoire du Wu, les blessures de Sun Ce sont graves mais pas mortelles. Les médecins lui conseillent au moins cent jours de repos complet. Un jour, Sun Ce passe par hasard devant un miroir et voit son visage, les traits maigris et usés, ainsi que la blessure mal cicatrisée laissée par la flèche qui l’avait frappé. Il dit à ses serviteurs : « Avec un tel visage, comment pourrais-je jamais réaliser de grandes choses et établir mon mérite ? » Contrarié, il se frappe le corps contre son accoudoir, rouvrant ses blessures. Il meurt au cours de la nuit qui suit, ayant perdu toute volonté de vivre.

Selon les Chroniques des investigations surnaturelles, Sun Ce fait exécuter un taoïste du nom de Yu Ji (ou Gan Ji). Après l'exécution, à chaque fois qu'il se retrouve assis seul, il lui semble voir des apparitions de Yu Ji. En passant devant un miroir, il Yu Ji à l'intérieur, puis l'instant d'après ne le voit plus. De colère, il fracasse le miroir, rouvrant ses blessures et mourant peu après.

Le Zhilin et le Zizhi Tongjian datent la mort de Sun Ce du 5 mai 200 (jour du bingwu), à l’âge de 25 ans.

Lorsque Sun Quan se proclamera empereur du Wu en la 3e année de Tai he (229), il nommera Sun Ce à titre posthume roi Huan de Changsha (长沙桓王), et offre à son fils le titre de marquis de Wu. Sun Quan sera parfois critiqué par les générations futures pour n’avoir peut-être pas témoigné tout le respect qu’il devait à Sun Ce : d’une part le monticule mortuaire de celui-ci, décrit dans la biographie de Zhuge Dan, était particulièrement petit, de l’autre le fils de Sun Ce n’a jamais reçu aucun pouvoir.

La vie de Sun Ce fut particulièrement courte, mais intense et n’est pas sans rappeler celle d’Alexandre le Grand sous bien des aspects. Si le caractère passionné de Sun Ce et son charisme sont reconnus de par les nombreux témoignages de l’époque, il existe néanmoins beaucoup d’inconnues. La plus grande polémique actuelle concerne ses intentions avant l’attentat qui lui coûta la vie : Sun Ce avait-il réellement l’intention d’attaquer Xuchang et de contrôler l’Empereur comme le firent Dong Zhuo et Cao Cao ? Cet acte aurait en effet fait de lui l’équivalent d’un traître à son suzerain, et pourtant ses actions semblent indiquer que tel était pourtant son intention. Sa biographie officielle fait même mention de ce fait, qui en outre s’accorde parfaitement avec la personnalité de conquérant de Sun Ce.

Pourtant sa position était loin d’être assez forte pour assurer le succès d’un tel plan, et si l’on souligne effectivement sa personnalité de conquérant, Sun Ce n’en demeurait pas moins un stratège (même si on ne l’a pas prouvé, son lien de parenté avec Sun Zi semble probable), moulé par de nombreuses expériences sur le terrain. À cet argument s’ajoute le suivant : bien qu’il eût été glorifié par ses successeurs, Sun Ce ne pouvait être considéré par ses contemporains au moment de sa mort que comme un petit chef de guerre qui ne gouvernait qu’un morceau de province, bien que stratégique. Trop jeune pour avoir gagné suffisamment de mérite, son rang social était loin d’être suffisamment reconnu pour contrôler l’Empereur en toute quiétude, comme lui avait montré l’exemple de Dong Zhuo. Même s'il y était parvenu, il se serait trouvé la cible d’une coalition dirigée par Cao Cao ou Yuan Shao et aurait alors fini comme Yuan Shu. C’est fort de ses arguments que certains affirment que Sun Ce visait en fait à attaquer Chen Deng, afin de montrer à Cao Cao qu’il ne fallait pas le prendre à la légère. Le débat reste ouvert à l’heure actuelle en attendant de trouver d’autres documents qui fourniraient des arguments dans un sens ou l’autre.

Dans la tradition populaire, Sun Ce incarnait la fougue et le courage poussés jusqu’à la témérité. Son charisme et sa générosité attirent à lui tous les talents. Ses hommes l’admiraient et le révèraient, tandis que ses ennemis bien souvent signeront leur rédittion et lui ouvriront les portes de la ville sans même penser une seule fois chercher à se défendre.

Selon la légende racontée dans l’Histoire des trois royaumes, après avoir capturé un officier adverse, un cavalier allait le frapper en traître. Prévenu par ses hommes à temps, il se retourne en poussant un hurlement terrible. Le cavalier, saisi de peur, tombe de son cheval et se rompt le cou. Quant au prisonnier, Sun Ce lui avait serré la tête tellement fort pendant qu’il poussait son cri qu'il était mort lui aussi. Voyant que Sun Ce avait en quelques secondes tué deux officiers adverses, ses hommes lui donnent le surnom de « Petit prince hégémon » (小霸王 - Xiao ba wang), en référence à Xiang Yu (项羽 232-202 av. J.-C.), le rival de Liu Bang, fondateur de la dynastie Han. Xiang Yu avait en effet porté le surnom de « Le prince hégémon » (霸王 - Ba Wang qu'on pourrait aussi traduire par « le conquérant » ou « le Suzerain »).

Les batailles où interviennent Sun Ce sont parmi les plus épiques du roman. Son combat contre Taishi Ci est sans doute le duel dans lequel l’auteur met le plus de détails. Ironiquement, il a aussi un temps d’apparition des plus courts : il lui suffit d’un chapitre pour établir son territoire et d’un autre pour établir sa succession avant de mourir…

Un autre aspect célèbre de Sun Ce était l’amitié qu’il portait à Zhou Yu. En effet, dans le roman, Sun Ce et Zhou Yu sont frères jurés, comme le sont également Liu Bei, Guan Yu et Zhang Fei. Historiquement, tous deux ont épousé les deux sœurs Qiao, et Dame Wu, la mère de Sun Ce affirmait considérer Zhou Yu comme son propre fils. Dans le roman, lors de son agonie, Sun Ce regrette amèrement l’absence de Zhou Yu à son chevet. Il désirait en effet lui confier en personne la politique extérieure du royaume et craignait que celui (par modestie ?) refuse cette tâche. Lorsqu’il expiera, ses dernières paroles seront pour sa femme, mais concerneront principalement Zhou Yu : « Hélas, nous devons nous quitter dans cette vie, tandis que nous sommes tous deux dans la période la plus vigoureuse de notre vie ! Présente tes respects à ma mère. Et quand ta sœur (la femme de Zhou Yu), viendra te rendre visite, demande lui de supplier son mari d’aider mon frère en toutes choses et qu’il garde mon frère dans la voie que j’ai tracé. ».

Enfin, tout un mythe entoure sa mort. Fauché en pleine jeunesse avant même d’être à l’apogée de sa gloire, de nombreuses anecdotes entourent sa mort. La version la plus connue, celle avancée par le roman des « Trois Royaumes », est d’ordre surnaturelle et se veut moralisatrice. Comme la plupart des autres personnages principaux du roman, la mort de Sun Ce est tragique : blessé dans un attentat par des flèches empoisonnées, Sun Ce réchappe de peu à la mort, mais doit selon ses médecins rester calme plus de 100 jours s'il veut espérer guérir. Malheureusement Sun Ce, dépeint dans le roman comme un homme qui s’emporte violemment pour les petites choses comme les grandes, trouvait bien difficile de suivre ce traitement.

Un jour qu’il se promenait, il fit la rencontre d’un taoïste, Gan Ji (que l’on appelle aussi parfois Yu Ji) qui soignait les maladies du peuple gratuitement. D’un naturel peu supersticieux, et haïssant ceux qui profitent de l’ignorance du peuple, il le fit jeter en prison injustement. Précisons qu’à cette époque, on suspectait la doctrine taoïste d’être à l’origine de la rébellion des Turbans Jaunes qui avait eu lieu quelques années auparavant et que l’on se méfiait d’eux.

Le peuple et les hommes de Sun Ce ne pouvaient croire que Sun Ce allait exécuter le saint homme, aussi étaient-ils persuadés que celui-ci le relâcherait et le prsonnier était traité avec bien des égards. Furieux de ce qu’il considérait comme un affront à son autorité, Sun Ce fit le marché suivant au taoïste : faire tomber trois pouces de pieds de pluie avant le lendemain, à midi. Le temps était splendide et Sun Ce exultait, pourtant le moine, peu avant midi fit jallir les nuages et trois pieds de pliue étaient effectivement tombés à midi pile. Sun Ce, frustré, condamnna néanmoins à mort Yu Ji, en affirmant que ce n’était que le fruit du hasard. Peu après le corps disparut.

Désormais, Sun Ce était maudit par l’âme de Yu Ji et se mettait à le voir partout. Il tenta une fois de couper au travers de ces appartitions avec son épée et ne fit que tuer le garde qui avait reçu la tâche de décapiter le moine.

Sur l’instance de sa mère, il alla au temple prier, mais ne put se résoudre à demander pardon à l’âme du taoïste. Il vit à nouveau la tête du moine apparaître, et, se sentant devenir fou, ordonne d’incendier le temple. Mais dans les flammes, il voit à nouveau le moine taoïste.

À son retour, la mère de Sun Ce est horrifiée par l’apparence de son fils : à force d’être obsédé par les apparitions du moine, Sun Ce a poussé son corps, fatigué par les blessures du dernier attentat, jusqu’à ses ultimes forces. Se voyant dans un miroir, il comprend qu’il ne lui reste plus longtemps à vivre. Il a le temps de transmettre le royaume à son frère, Sun Quan avant de mourir.

Dernière note, un peu à part : Sun Ce aurait été l'un des joueurs de la plus vieille partie de jeu de go dont on ait gardé trace (on en connaît environ les 40 premiers coups, le jeu se jouait déjà sur un goban 19x19 et les hoshis étaient déjà occupés en début de partieselon l'ancienne règle chinoise - une copie de la partie est disponible ici).

L'anecdote est la suivante : Sun Ce joua le premier coup et son début de partie était mauvais. Lu Fan (le gouverneur de Wan Ling, qui avait suivi Sun Ce dans ses premières campagnes), son adversaire, lui dit en pointant le goban du doigt : « Veuillez me pardonner d'être aussi direct, mais vous avez commis un péché capital. C'est comme si vous faisiez un combat sans commandant en chef ! ». Sun Ce lui répondit : « Il est facile de rassembler une armée, mais il n'est pas facile de trouver un bon commandant. ».

Lu Fan joua alors un excellent coup et murmura : « Je suppose que seul un bon commandant aurait pu jouer un tel coup. » La réplique peut paraître orgueilleuse, mais c’était une façon détournée de demander à Sun Ce d'être justement le commandant en chef qu'il cherchait.

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Sun Jian

Sun Jian (155 ? - 192 ?) était un officier de la dynastie des Han. Descendant du légendaire Sun Tzu, Sun Jian était un théoricien aux nerfs d'acier. Originaire du Jiang Dong, il fut surnommé le "Tigre Enragé du Chaos" ou "Le tigre de Jiang Dong" après avoir tué un de ces animaux à l'âge de 10 ans. Suite à son combat contre les Turbans Jaunes, il participa à la campagne organisée par He Jin et menée par Yuan Shao contre le tyran Dong Zhuo. Arrivé premier à Luoyang, en 190, il y découvrit le sceau impérial, qu'il ramena au Jiang Dong. Puis il fonda le royaume de Wu au sud de la Chine. Sun Jian mourut en 192 lors d'une bataille contre Liu Biao. Durant celle-ci, Huang Zu, un lieutenant ennemi, le piégea dans une sournoise embuscade. Ses fils Sun Ce et Sun Quan lui succédèrent et reconquérirent le Jiangdong en l'honneur de leur père.

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Source : Wikipedia