Steven Spielberg

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Posté par woody 02/04/2009 @ 23:10

Tags : steven spielberg, réalisateurs, cinéma, culture

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Steven Spielberg

Steven Spielberg en 1999

Steven Allan Spielberg est un réalisateur, producteur, scénariste, producteur exécutif, producteur délégué et créateur américain, né le 18 décembre 1946 à Cincinnati (Ohio, États-Unis). Il a à son actif certains des plus gros succès financiers de l'histoire du cinéma, comme E.T. l'extra-terrestre ou Jurassic Park. Fondateur de la société de production Amblin et cofondateur du studio DreamWorks SKG, il a aussi créé la fondation Shoah Foundation Institute for Visual History and Education, dont l'objectif est de recueillir les témoignages de tous les survivants de la Shoah, et de les diffuser aux plus jeunes, dans le but d'éviter un nouveau génocide.

Les nombreux projets financiers du réalisateur Steven Spielberg ne cachent pas ses grands œuvres cinématographiques. En effet, réalisateur du premier blockbuster (Les Dents de la mer), il est reconnu pour ses nombreuses productions cinématographiques à succès, ainsi que pour ses activités de gestionnaire. Rares sont ses réalisations n'ayant pas connu la gloire. Sa filmographie est impressionnante tant elle compte de succès et de personnages presque entrés dans notre héritage culturel.

Cette filmographie est assez diverse, et on a coutume de la diviser en deux parties. La première concerne le cinéma dit « de divertissement », que Spielberg (qu'on appelle d'ailleurs le « roi du divertissement »), traite souvent de façon enfantine, fantaisiste, tombant pour certains trop dans la violence et le cinéma « commercial ». On y trouve Les Dents de la mer, la saga des Indiana Jones, Hook ou la Revanche du Capitaine Crochet, 1941, Jurassic Park, Minority Report ou encore trois films sur les extraterrestres : Rencontres du troisième type, E.T. l'extra-terrestre, et dernièrement La Guerre des Mondes (on peut aussi inclure un quatrième : Indiana Jones et le Royaume du crâne de cristal) .

La seconde catégorie regroupe des films considérés comme plus « sérieux », plus intimistes, se basant sur des faits réels. Spielberg y filme la Seconde Guerre mondiale (Empire du soleil, Il faut sauver le soldat Ryan), la Shoah (La Liste de Schindler), l'esclavage (La Couleur pourpre, Amistad) et plus récemment le conflit israélo-palestinien (Munich). Tous ces films ont été l’objet de débats animés sur la réalité historique des œuvres en question. De plus, les origines juives de Spielberg n’arrangent pas les choses : on l’accuse par exemple de ne pas être objectif ou de prendre parti sur des sujets comme la Shoah ou le conflit israélo-palestinien. Spielberg se défend en affirmant à chaque fois développer un cinéma pacifiste. Cependant, son succès ne se dément pas, des millions de fans l'adulent.

Outre ses propres réalisations, il a produit plusieurs films à succès comme Gremlins, Retour vers le futur ou Men in Black.

Steven Spielberg est né à Cincinnati, le 18 décembre 1946. Il a trois sœurs. Au début de son existence, il vit dans le New Jersey, puis en Arizona. Le petit Steven n'est pas un très bon élève. Il subit dès son enfance l'antisémitisme de ses camarades. Étant d'origine allemande, il tente de nier ses racines juives. Ses résultats scolaires ne lui permettent pas d'intégrer les écoles de cinéma de son choix, c'est pourquoi il suit les cours d'art dramatique de l'école d'Arcadia, à Phoenix. Pour les autres éléments concernant le cinéma, il est autodidacte, réalisant très tôt des films en amateur.

Il tourne son premier film en 1959 à l'âge de 12 ans, avec la caméra 8 mm de son père. Ce sera The Last Gun, un western de quatre minutes. Il enchaîne en 1961 avec Escape to Nowhere et Battle Squad, deux films de guerre. Le premier de ces deux films fait alors déjà quarante minutes, le suivant, Firelight, un film de science-fiction qu'il tourne en 1964, dure cent quarante minutes. Celui-ci sera fortement influencé par le Monstre (The Quatermass Experiment) de Val Guest. Par la suite, il tourne avec Allen Daviau, futur chef opérateur de E.T., Amblin' (qui deviendra plus tard le nom de sa maison de production), l'histoire de deux jeunes gens qui vont en auto-stop du désert jusqu'au Pacifique sans échanger une parole. Ce court métrage remporte plusieurs prix et permet à Spielberg de décrocher un contrat de sept ans avec les studios de télévision Universal.

Ses parents divorcent en 1964 ce qui marquera profondément le jeune Spielberg, qui vivra cette situation comme un déchirement. Cette séparation influencera le travail futur du réalisateur, où la recherche d’une enfance heureuse et merveilleuse se confronte à la haine et à l’incompréhension chronique des adultes.

Spielberg se fait alors remarquer pour ses compétences techniques et se forge une réputation. Il dirige Joan Crawford dans l'épisode The Eyes de la série Night Gallery. Il s'agit d'un des trois épisodes pilotes de cette émission dédiée au fantastique, sous la direction de Rod Serling. Il enchaine avec de nombreuses autres séries, notamment le premier épisode (sans compter les deux pilotes) de Columbo : Le livre témoin.

Son premier gros succès sera un téléfilm, Duel, qui raconte l'histoire d'un camion effrayant, dont le chauffeur restera invisible aux spectateurs, poursuivant sans relâche un employé de commerce. En dépit de son budget minimal et de sa réalisation très courte (12 jours seulement), l'œuvre fait immédiatement sensation pour sa mise en scène et remporte notamment le grand prix du festival d'Avoriaz. Son succès à la télévision sera tel que le film sortira en version longue dans les salles de cinéma. Le pouvoir de Spielberg à Hollywood commence à croître.

En 1974, Spielberg se voit confier la réalisation de son premier long métrage pour le cinéma, ce sera Sugarland Express. Le film, tiré d'une histoire vraie, raconte l'aventure de deux marginaux (interprétés par Goldie Hawn et William Atherton) et de leur otage, poursuivis par un déploiement carnavalesque de policiers et de journalistes. Le film sera un échec total au box-office, Universal ne voulant pas en faire une grosse production, jugeant le sujet trop difficile. Selon d'autres informations, Universal aurait saboté sa sortie pour privilégier la sortie de L'Arnaque, avec Robert Shaw et Robert Redford. Note amusante : Robert Shaw fait partie du casting de « Jaws ». Ce film marque aussi le début d'une collaboration unique dans les annales du cinéma : John Williams signe la première de ses 22 compositions pour un film de Steven Spielberg.

Certains considéraient alors la carrière du réalisateur terminée, mais le hasard en décidera autrement. Sur le bureau de ses producteurs de Sugarland Express, il est intrigué par un manuscrit portant le titre Jaws, ce qui signifie « Mâchoires » en anglais. Une fois chez lui, il dévorera le livre et décidera d'en faire l'adaptation cinématographique. L'échec de son film précédent lui porte préjudice mais il parviendra à réunir un budget de douze millions de dollars pour faire son œuvre. Selon la rumeur, il refusa pour le rôle du héros l'immense Marlon Brando, estimant que le suspense de la survie du personnage serait entaché. Et, ayant réuni des acteurs moins connus (Robert Shaw, Richard Dreyfuss, Roy Scheider), le tournage put enfin commencer ; et ce sera, il le dit lui-même, le pire tournage de sa carrière. Les Anecdotes de tournage des Dents de la mer sont nombreuses et peu enviables : un tournage laborieux de cent-cinquante-cinq jours, un des trois requins mécaniques ne fonctionne pas toujours très bien (c'est d'ailleurs pourquoi on ne voit presque jamais le redoutable animal au début du film), des techniciens ne voulaient qu'une chose : que le projet cesse, pareil pour les acteurs, et Spielberg lui-même se disait découragé, les caprices de la météo et de l'océan n'arrangeant pas les choses. À l'issue de ce laborieux tournage, la peur de l'eau qu'avait Spielberg se transforma en une véritable phobie. Mais ces Dents de la mer sortirent en salle et, contre toute attente, le film fut un succès dépassant de loin les prévisions les plus optimistes des studios. En fait, pour la première fois les recettes d'un film dépassèrent les cent millions de dollars pour atteindre finalement les deux cent soixante millions.

Fort de ce succès, Spielberg se lance dans un autre grand projet, qu'il rêve de réaliser depuis fort longtemps. Il s'agit d'une histoire d'extra-terrestres pacifiques, débarquant sur Terre, pour y rencontrer l'homme. Scientifiquement, un tel contact est dénommé « rencontre du troisième type », expression qui donnera le nom de ce film sorti en 1977. Et, surfant sur la vague de La Guerre des étoiles, l'œuvre est une réussite commerciale, le public se pressant pour voir ce nouveau film de science-fiction. Les performances de Richard Dreyfuss et de François Truffaut auquel Spielberg, son admirateur, confie un rôle, donneront lieu à une rencontre culte.

En 1979, Spielberg connaîtra son second revers après Sugarland Express. Le film 1941, dans lequel jouent les deux Blues Brothers, sera considéré comme un échec tant sur le plan artistique que commercial. Se déroulant pendant la Seconde Guerre mondiale, le film traite de la paranoïa qu'a connue la Californie après l'attaque de Pearl Harbor par les Japonais ; la côte ouest pensait être elle aussi la cible d'une nouvelle attaque de leur part.

Spielberg désirait ardemment réaliser un épisode de James Bond, mais la réalisation d'un épisode impliquait la nationalité britannique. Son ami George Lucas, fort du succès de La Guerre des étoiles, revoyait les vieux films d'aventures des années trente, à la Fritz Lang. C'est ainsi que les deux compères eurent l'idée de créer leur propre personnage, héros d'une grande saga, mélange d'aventures rocambolesques et de personnages hauts en couleur : Indiana Jones était né. La première mission de ce héros interprété par Harrison Ford, sera de trouver l'Arche d'alliance des hébreux avant les nazis, dans le film Les Aventuriers de l'arche perdue (1981), qui fut un énorme succès.

Présenté à la clôture du festival de Cannes de 1982, E.T. l'extra-terrestre (avec Dee Wallace, Drew Barrymore, Henry Thomas, entre autres) est l'un des films du réalisateur à présent mondialement célèbre. L'histoire de ce petit bonhomme, biologiste, venu d'une planète bienveillante, aura ému des millions de spectateurs et laissé quelques répliques cultes. Avec ce film, Spielberg possède le record des meilleures recettes américaines, qu'il battra en 1993 avec le film Jurassic Park. Ce succès lui permit également de créer, avec Kathleen Kennedy et Frank Marshall, son propre studio : Amblin Entertainment.

En 1983, Spielberg participa à un film collectif dirigé par John Landis, La Quatrième Dimension, où il dirigea le deuxième épisode : l'histoire d'une maison de retraite, dans laquelle un certain M. Bloom réapprend l'enfance aux vieillards, qui retrouvent leur apparence de jadis.

Le deuxième Indiana Jones sort enfin en salles, Indiana Jones et le Temple maudit, en 1984. Le film est un nouveau triomphe pour le couple Spielberg-Lucas, même si les fans lui reprochent un côté trop violent et trop dur. Il est vrai que les enfants fouettés, le cœur arraché du corps vivant d'un des personnages et les soldats dévorés par des crocodiles peuvent ne pas être tout public. Le réalisateur dira lui-même ne pas particulièrement apprécier cette œuvre dans sa filmographie. Néanmoins, c'est sur ce tournage qu'il rencontrera sa future femme et mère de ses enfants : Kate Capshaw.

En 1985, Spielberg a son premier enfant (né de son premier mariage avec l'actrice Amy Irving) et sa filmographie abordera des sujets différents après cette naissance, moins orientés sur le cinéma dit, souvent péjorativement, « de divertissement », et plus axés sur l'Histoire : La Couleur pourpre (1985) et Empire du soleil (1987), deux œuvres qui racontent respectivement la vie d'une famille noire aux États-Unis du début à la moitié du XXe siècle, et l'aventure d'un jeune Britannique pris dans la tourmente d'une guerre.

En 1989 sortira le troisième opus de la série des Indiana Jones : Indiana Jones et la Dernière Croisade. Ce volet, au rythme toujours plus effréné, raconte la croisade du célèbre archéologue pour récupérer le légendaire Graal avant les nazis.

Commercialement, les années 1990, contrairement aux années 1980, ne commencent pas fort pour Spielberg. En 1990 sort en salles Always, un remake d’Un homme nommé Joe de Victor Fleming (1944). Malgré la présence de Richard Dreyfuss (déjà vu dans Les Dents de la mer et Rencontres du troisième type), l'accueil sera mitigé. Mais, dès 1991, l'assidu cinéaste se lance dans un autre projet qu'il rêve depuis toujours de réaliser : une adaptation de Peter Pan. Ce sera Hook. Là encore, bénéficiant pourtant d'acteurs renommés (Robin Williams, Dustin Hoffman, Julia Roberts…), le film sera certes enfantin, fantaisiste et aura une carrière honorable auprès des spectateurs, mais la critique n'y retrouve pas le côté magique du célèbre conte.

Ces deux derniers films sont considérés comme des œuvres mineures dans la filmographie du réalisateur, mais, chez Spielberg, ses « échecs » précèdent souvent des films plus appréciés. En analysant la carrière de Spielberg, on constate que ses mises en scènes les plus reconnues sont souvent précédées de films considérés comme décevants, et c'est justement le cas en 1993. En effet, Spielberg accroit encore sa domination sur Hollywood en réalisant Jurassic Park, un film qui marque un tournant dans l'histoire des effets spéciaux (conçus par la société Industrial Light & Magic). Cette histoire de dinosaures avec Sam Neill et Jeff Goldblum deviendra rapidement le plus gros succès de l'histoire du cinéma, rapportant plus de 900 millions de dollars et battant ainsi le record jusque-là détenu par E.T. l'extra-terrestre.

En cette même année 1993, Spielberg réalise ce que l'on considère souvent comme sa plus grande performance : La Liste de Schindler. Sur fond de Shoah, le film nous raconte comment un industriel nazi (Oskar Schindler) sauva un peu plus d'un millier d'êtres humains des camps de la mort. Une œuvre que l’American Film Institute classe comme le neuvième plus grand film américain de l'Histoire dans son Top 100 reconnu. Au contraire, Jean-Luc Godard dans ses Histoire(s) du Cinéma dira avec amertume qu'avec ce film le « plus jamais ça radical de l'après-guerre » (avec notamment les films de Roberto Rossellini) s'est transformé en un « c'est toujours ça » très convenu. Jouant sur la sobriété du noir et blanc et des séquences d'émotion, cette Liste de Schindler remporte une multitude de prix et, notamment l'Oscar du meilleur réalisateur et celui du meilleur film, distinctions qui avaient été jusqu'alors refusées au réalisateur par la prestigieuse académie.

En 1994, lui et ses deux associés Jeffrey Katzenberg (l'ancien responsable du département animation de Walt Disney Pictures) et David Geffen (le fondateur de Geffen Records) fondent une immense société de production et de distribution spécialisée dans le cinéma, la musique et les programmes télévisés : DreamWorks SKG (Spielberg-Katzenberg-Geffen). C'est aussi en cette année qu'il crée Shoah Foundation Institute for Visual History and Education, qui recueille les témoignages de tous les survivants de la Shoah, et les diffuse aux plus jeunes, dans le but d'éviter un nouveau génocide. La fondation a déjà recueilli 8 700 témoignages en Israël. Spielberg réalisera plus tard (en 1997) la suite de Jurassic Park, peaufinant encore les effets spéciaux. Le Monde perdu : Jurassic Park sera encore un succès.

En cette même année 1997, Amistad (avec Morgan Freeman, Anthony Hopkins et Djimon Hounsou), sa nouvelle réalisation, ne déplacera pas les foules. Il faut dire que le sujet portant sur l'esclavage était difficile, dans le sens où il abordait sans détours un point névralgique de l'Histoire des États-Unis d'Amérique, à une époque où le peuple américain semble se sentir mal à l'aise avec ce passé ; d'autant que Spielberg déforme, selon certains historiens, la vérité historique.

En 1998, sort un autre film. Il s'agit encore une fois d'un film historique malgré l'échec de sa dernière œuvre. Il faut sauver le soldat Ryan, tourné pour 70 millions de dollars, raconte l'histoire d'une unité de soldats américains, chargé de sauver un seul homme, au péril de leur vie. L'histoire se passe durant la fin de la Seconde Guerre mondiale, pendant l'opération Overlord. Tom Hanks, Matt Damon et Barry Pepper s'y distinguent, et contribueront au succès commercial et critique du film, qui remportera quelques récompenses, dont l'Oscar du meilleur réalisateur pour Spielberg (le deuxième de sa carrière).

En 2001, Spielberg réalise A.I. Intelligence artificielle avec l’enfant-star Haley Joel Osment et Jude Law, un projet repris du défunt réalisateur Stanley Kubrick. Le film aura une belle carrière commerciale, mais ce Pinocchio moderne (et même futuriste), recevra un accueil critique mitigé, certains le trouvant magnifique, d'autres trop long et ennuyeux. Plus généralement, ce film constitue un retour à la science-fiction pour Spielberg, un genre qu'il avait délaissé depuis E.T. l'extra-terrestre.

Steven Spielberg poursuit sa période de science-fiction en 2002, en réalisant un film futuriste, Minority Report, d'après une nouvelle de Philip K. Dick. Tom Cruise y joue un policier piégé dans la logique d'un système pénal (et politique) autorisant l'arrestation des meurtriers avant qu'ils n'aient commis leur crime. Un Spielberg au scénario complexe, fondé sur le recoupement des « témoignages » d'un trinôme de devins, où les thèmes de la tragédie antique (dont l'idée du fatum) trouvent un écho particulier dans la mise en scène d'un monde ultramoderne, mais pas outrancièrement futuriste. Ce film marque la première collaboration entre le réalisateur et Tom Cruise (avant La Guerre des mondes en 2005).

Une nouvelle collaboration entre Tom Hanks et Spielberg, une première entre Leonardo DiCaprio et le réalisateur, Arrête-moi si tu peux est un film humoristique et tendre. L'histoire vraie de l'imposteur Frank Abagnale Jr., qui aida à l'écriture de cette œuvre biographique, et qui participa de ce fait à ce succès commercial qui eut un bon accueil auprès des critiques.

Deux années plus tard, Spielberg réalise un autre film dont la jovialité et l'humour ne masque pourtant pas le côté engagé, il s'agit du Terminal. Avec deux célèbres acteurs, Tom Hanks et Catherine Zeta-Jones, l'histoire d'un immigrant coincé dans un aéroport.

Le journal Le Monde décrit Spielberg comme « maniaco-dépressif », capable de passer en une année d'un sujet comique à un sujet difficile. Entre 2004 et 2005, il va réaliser deux films : d'abord, Le Terminal, puis La Guerre des mondes, film dans lequel des « êtres venus d'ailleurs » tentent purement et simplement d'exterminer la race humaine. Cette adaptation du roman d'Herbert George Wells était attendue. Le film est un immense succès commercial. Spielberg y traite par extraterrestres interposés du 11 septembre, tandis qu'une mini-polémique nait à propos de la ressemblance troublante de l'affiche du film avec la couverture du livre The Invaders Plan de L. Ron Hubbard, gourou de l'Église de Scientologie. Et, le lendemain de la sortie américaine de l'œuvre, Steven Spielberg se lança dans la réalisation de son prochain film : Munich. Il s'agit d'un sujet éminemment polémique puisqu'il donne une vue subjective des opérations noires d'un membre des services secrets israéliens agissant de manière autonome pour assassiner les commanditaires de la tragique prise d'otages des JO de 1972 ; Spielberg se met au diapason de son public, puisque la sortie d'un tel sujet n'est possible que dans le contexte de la guerre contre le terrorisme telle qu'elle est définie par le pouvoir à la Maison Blanche.

Steven Spielberg a déclaré vouloir prendre un peu de repos après avoir tourné coup sur coup La Guerre des mondes et Munich. Il aurait profité de ce répit pour développer un projet de biographie filmée d'Abraham Lincoln, projet qui lui tient à cœur depuis quelques années (et dont le personnage apparait en caméo dans Minority Report). Parallèlement, le scénario du prochain Indiana Jones, après avoir subi une longue étape de préparation et de nombreuses réécritures, est sorti fin mai 2008. En 2007, il est producteur du film tiré de l'univers des jouets Transformers. Spielberg a aussi le projet de proposer au public une nouvelle aventure de Tintin, le célèbre personnage de bande dessinée créé par Hergé. Ce projet semble s'être confirmé en mars 2007, avec M. Spielberg à la production, mais aucune date prévisionnelle n'est disponible à ce jour.

En octobre 2008, Steven Spielberg se sépare des studios cinématographiques américains Paramount Pictures pour créer un nouveau studio, avec la participation du groupe de télécommunications indien Reliance ADA Group. Cette structure, qui a l'ambition de produire au moins 35 films dans les 5 années à venir devrait être dirigée par l'ancienne directrice de DreamWorks, Stacey Snider.

Steven Spielberg a décidé de refuser de « participer comme consultant à l'organisation des Jeux Olympiques d'été de 2008 au motif que « La Chine devrait faire davantage pour mettre fin aux souffrances au Darfour. ».

Spielberg est considéré par certains comme un réalisateur commercial. L'opinion publique le blâme généralement de n'avoir changé que le côté rentable du cinéma, et ce en réalisant certains des plus gros succès de l’histoire du septième art, par exemple Les Dents de la mer, qui a donné lieu à de nombreuses suites (Les Dents de la mer 2e partie, etc.). Son cinéma est parfois considéré comme violent, et le cinéma commercial est justement friand de violence. Pour finir, il arrive que Spielberg réalise des suites de ses propres films (ce que certains ne considèrent pas comme une démarche très artistique), comme avec Jurassic Park, ce qu'il avait pourtant refusé de faire après le succès mondial de E.T. l'extra-terrestre, estimant que ce film n'appelait pas de suite.

Des sujets profonds et sérieux se cachent entre les lignes de ses scénarios, tel que le terrorisme, le clonage, les dérives sécuritaires américaines, l’esclavage, le racisme, ou la guerre et le rôle de l'armée en général, avec une perception du monde souvent beaucoup plus fine, et moins manichéenne, que l'on n'en attend généralement de la part des réalisateurs commerciaux; ceci à tel point que certaines de ses décisions artistiques en demi-teintes relèvent de la prise de risque, et sont parfois mal comprises par la critique. Ainsi le personnage de Schindler tient davantage de Chuck Tatum, archétype hollywoodien du personnage beau parleur qui s'adapte et profite d'un système (Le Gouffre aux chimères, Billy Wilder), que du nazi par conviction auquel nombres de critiques s'attendaient ; ce décalage a soulevé une polémique virulente, en France notamment, au moment de la sortie de La Liste de Schindler. D'une façon différente, le film A.I. Intelligence artificielle a également pu troubler le public par les questions éthiques qu'il soulève frontalement.

Par ailleurs, dans la plupart de ses films, Spielberg défend une vision personnelle d'un monde pacifique, et ce même dans ses œuvres les plus grand public. Certains affirment même que Spielberg est un réalisateur intimiste, dans la mesure où ses films ont souvent pour cadre la famille américaines moyenne type, des banlieues pavillonnaires. Intimiste il l'est aussi, quand, dans la Couleur Pourpre (1985), un de ses films majeurs bien que largement sous-estimés selon certains, il évoque la vie d'une famille afro-américaine du début du XXe siècle à travers le regard d'une femme, Celie, interprétée par Whoopi Goldberg.

Le plus souvent en caméo.

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George Lucas

George Lucas en 2006

George Walton Lucas, Junior (né le 14 mai 1944 à Modesto en Californie) est un des producteurs, réalisateurs et scénaristes américains les plus couronnés de succès des États-Unis. Il est surtout connu pour être le créateur de la saga cinématographique Star Wars.

George Lucas naît le 14 mai 1944 à Modesto en Californie où il passe toute son enfance dans le ranch familial de ses parents. Son père, George Walton Lucas, Senior (1913–1991), tient une papeterie (L.M Morris) et sa mère, Dorothy Ellinore Bomberger Lucas, souffre de problèmes de santé qui l'obligent à faire régulièrement de longs séjours à l'hôpital.

Le jeune Lucas déteste les études. Fanatique de courses automobiles, il rêve de devenir un jour pilote professionnel. En 1962, à l'âge de dix-huit ans, il a un terrible accident de voiture au volant de sa Fiat Bianchina préparée pour les courses locales. Sa ceinture de sécurité cède, il est projeté hors de son véhicule et s'en sort miraculeusement. Il reste malgré tout plusieurs jours dans le coma et six mois à l'hôpital. Sorti d'affaire et convaincu que le destin lui a octroyé un sursis, il ne reprend plus le volant et se remet aux études.

Intéressé par la photographie, il s'inscrit à l'Université de la Californie du Sud (USC) de Los Angeles et, suite à une « erreur » d'inscription de sa part, se retrouve dans un cours de cinéma pour lequel il se développe rapidement une passion. Il y réalise des courts métrages comme Look At Life, Freiheit, THX 1138 4EB, The Emperor et 6-18-67, qui dénotent déjà son sens du découpage et du montage, et pour lesquels il obtient l'encouragement de ses professeurs. Lucas étudie également la mythologie dont il est fou ; l'influence de Joseph Campbell sera d'ailleurs palpable dans ses travaux ultérieurs.

Après avoir remporté un concours, il décroche un stage de six mois aux studios Warner Bros où il souhaite travailler dans le département d'animation. Mais celui-ci venant tout juste de fermer, il se retrouve sur le seul film en tournage à l'époque : La Vallée du bonheur (Finian's Rainbow), réalisé par Francis Ford Coppola. Sur ce plateau où la moyenne d'âge est de quarante-cinq ans, les deux « jeunes » se lient rapidement d'amitié et Coppola autorise Lucas à assister au tournage à condition que celui-ci lui trouve « une bonne idée par jour ».

George Lucas épouse Marcia en 1969 et fera l'adoption de trois enfants : Amanda en 1981, Katie en 1988 et Jett en 1993.

En 1969, après avoir obtenu son diplôme, il fonde avec son ami Francis Ford Coppola la société de production American Zoetrope, afin de gagner son indépendance vis-à-vis des studios Hollywoodiens. En 1971, il sort son premier long métrage THX 1138, inspiré de 1984 et du Meilleur des mondes. Bien que possédant une histoire simple, ce film est le plus abouti de ses films quant à la réflexion ontologique : anticipation critique du monde standardisé où la sexualité est interdite. Toutefois, après son échec commercial et malgré son succès critique il fait faillite avec une dette envers Warner Bros et crée une nouvelle société : Lucasfilm Ltd.

En 1973, Lucas réalise son deuxième film, American Graffiti, une comédie dramatique hautement autobiographique dans laquelle il dépeint la jeunesse américaine du début des années 1960. En offrant son premier rôle à un jeune acteur, un certain Harrison Ford, il initie une collaboration des plus fructueuses.

Après le succès remporté par American Graffiti, Lucas planche sur le scénario de la saga de science-fiction Star Wars qui allie quête initiatique, mondes merveilleux, mythologie et combats spatiaux. Le projet est présenté à plusieurs studios avant d'être retenu par Twentieth Century Fox qui accorde au réalisateur un budget de dix millions de dollars. Pour prendre en charge la colossale quantité d'effets spéciaux nécessaire à la création de son épopée intergalactique, Lucas fonde en 1975 la société Industrial Light & Magic (ILM). Mais le tournage s'avère laborieux et Twentieth Century Fox remet sérieusement en doute le potentiel commercial de ce « film pour enfants »...

Le premier volet de la saga, Star Wars : épisode IV - Un nouvel espoir sort aux États-Unis le 25 mai 1977. C'est un raz-de-marée sans précédent au box-office, un des plus grands succès de l'histoire du cinéma. Ce film, en plus d'être une véritable révolution cinématographique, s'impose comme un phénomène culturel international. Ayant préalablement négocié les droits des suites ainsi que ceux des produits dérivés avec Twentieth Century Fox, Lucas fait fortune et devient l'un des plus importants et célèbres producteurs indépendants des États-Unis. Il produit Star Wars : épisode V - L'Empire contre-attaque en 1980 et Star Wars : épisode VI - Le Retour du Jedi en 1983. Avec ses sociétés Lucasfilm Ltd. et Industrial Light & Magic, puis en créant les compagnies Lucasfilm Games (LucasArts) en 1982 et THX Ltd. en 1983, il contribue à l'émergence de nouvelles expertises et encourage le développement de techniques de post-production avant-gardistes.

Dans les années 1980, il produit d'autres grands succès populaires comme la trilogie Indiana Jones, réalisée par son ami Steven Spielberg, ou encore Willow de Ron Howard, puis participe à des projets artistiquement ambitieux tels que Mishima de Paul Schrader ou Tucker de Francis Ford Coppola. Mais il essuie également quelques échecs commerciaux qui ébranlent son empire : Labyrinthe ou Howard... une nouvelle race de héros. Par ailleurs, son coûteux divorce avec Marcia Lucas en 1983 l'oblige trois ans plus tard à revendre sa compagnie de traitement d'images de synthèse Pixar à Steve Jobs, qui lui vient de se faire évincer de la société Apple.

1999 marque le retour en grande pompe de Star Wars au cinéma, et celui de George Lucas sur le siège du réalisateur, après vingt-deux ans d'absence. Avec Star Wars : épisode I - La Menace fantôme, Lucas initie une seconde trilogie, dont l'action précède chronologiquement la première. Suivront Star Wars : épisode II - L'Attaque des clones en 2002 et Star Wars : épisode III - La Revanche des Sith en 2005.

En 2006, George Lucas se lance dans la production du très attendu quatrième volet d'Indiana Jones, retardée depuis plusieurs années faute d'un scénario « à la hauteur » et en raison de la difficulté de concilier les horaires chargés des autres maîtres d'œuvre de la série, Steven Spielberg et Harrison Ford. Il renoue également avec Star Wars en annonçant deux séries télévisées en phase de pré-production : la première, intitulée The Clone Wars, sera consacrée à la guerre des Clones en animation 3D et la seconde se situera chronologiquement entre Star Wars : épisode III - La Revanche des Sith et Star Wars : épisode IV - Un nouvel espoir.

Selon le magazine Forbes, George Lucas pointe à la 243e place des plus grosses fortunes personnelles de la planète 2007 avec 3,6 milliards de dollars.

Ce titre lui est contesté pour une partie de son œuvre. À noter, selon certains, le plagiat caractérisé de Fondation d'Isaac Asimov que constitue l'univers Star Wars, « parenté » non reconnue par l'intéressé. En réalité, Lucas, précurseur du recyclage post-moderne, s'est inspiré d'une somme considérable d'œuvres et d'auteurs classiques : Tolkien, Frank Herbert, Alex Raymond, Edgar Rice Burroughs, Stanley Kubrick, Akira Kurosawa... Cette accumulation de références (sans signification autre qu'au troisième degré) est toutefois mise au service d'une œuvre personnelle et originale.

Toutes les apparitions de George Lucas au cinéma ne sont en fait que des caméos.

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Stanley Kubrick

Steven Spielberg en 1999

Stanley Kubrick, né le 26 juillet 1928 à New York, dans le quartier du Bronx, et mort le 7 mars 1999 à son domicile d'Hertfordshire dans la banlieue de Londres, est un réalisateur américain. Il fut également directeur de la photographie, producteur, scénariste et monteur. Esthète, très exigeant sur la qualité d’une œuvre cinématographique, Stanley Kubrick a légué au cinéma une œuvre variée et d’une grande intensité, avec des films comme Les Sentiers de la gloire, Lolita, 2001 : l'odyssée de l'espace, Barry Lyndon ou Shining. En seulement 13 films et 36 ans de carrière, il s'est imposé comme l'un des meilleurs cinéastes du XXe siècle, selon certains.

Ses longs métrages ont souvent suscité la polémique, lui assurant une réputation d’intellectuel provocateur, teinté d'une vision pessimiste de la vie, et divisant les critiques qui ont cependant tous loué sa contribution à l'art cinématographique.

Stanley Kubrick a toujours été réticent à s'entretenir sur ses œuvres, laissant au spectateur la liberté de formuler sa propre interprétation. Les deux principaux livres auxquels il a participé activement avec Michel Ciment et Alexander Walker sont consacrés au récit (image et son) et à la symbolique de ses films. La biographie qui suit reprend cette trame.

Stanley Kubrick est issu d'une famille juive originaire d'Europe centrale. Son père, Jacques Leonard Kubrick (1901-1985), né aux États-Unis d'une mère roumaine et d'un père austro-hongrois, était médecin, pianiste et photographe amateur. Il apprend à son fils agé de douze ans à jouer aux échecs. Cette passion suivra Stanley toute sa vie. Sa mère Gertrude, née Perveler (1903-1985), chanteuse et danseuse, lui a donné le goût des livres et de la lecture. Il a une sœur cadette, Barbara, née en 1934.

De 1940 à 1945, il s'ennuie à l'école. Mis à part la physique, rien ne l'intéresse, et il n'arrive pas à obtenir une moyenne suffisante pour s'inscrire à l'université. D'autant plus que la guerre terminée, les soldats reviennent du front, et les places sont chères.

Pour son treizième anniversaire, son père lui offre son premier appareil photo. Cette nouvelle activité le passionne et lui fait oublier sa passion de jeunesse, le jazz, et son rêve de devenir batteur de jazz professionnel. Il prend de nombreuses photos et les développe avec un ami dans la chambre noire familiale. Il devient le photographe officiel de son collège et a pour idole le reporter-photographe Weegee.

En avril 1945, à l'âge de 17 ans, il réussit à vendre au magazine illustré Look une photographie d'un vendeur de journaux en larmes après la mort de Franklin D. Roosevelt qu'il a prise alors qu'il se rendait au lycée. La rédactrice en chef l'engage comme photographe indépendant, « par pitié » dira t-il plus tard. Stanley Kubrick y travaille durant quatre ans et y apprend les ficelles du métier, la composition d'une image, les éclairages, l'usage des extérieurs et l'art de saisir le mouvement. Plutôt perfectionniste, il lui arrive de prendre plusieurs centaines de clichés pour réaliser une seule photo. Grand amateur de boxe, son premier « photos-récit » intitulé Prizefighter (Le Professionnel) raconte une journée de la vie du boxeur Walter Cartier. C'est ce photo-récit qui sera à l'origine de son premier film : Day of the Fight.

En 1948, à l'âge de 20 ans, il se marie avec une camarade de classe, Toba Metz. Ils s'installent dans Greenwich Village un an plus tard.

Pendant ses premières années de photographe de magazine, Kubrick fréquente assidûment les salles de cinéma. Ses goûts sont éclectiques, avec une préférence, comme il le dit en 1963 dans la revue Cinéma, pour le cinéma d'auteur européen comme Ingmar Bergman, Michelangelo Antonioni, Federico Fellini. Les films de Max Ophüls comme Le plaisir ou Madame de... – mouvement complexe et sans heurt de la caméra, travelling – influencent le jeune Stanley Kubrick.

En 1950, l'autodidacte Stanley Kubrick, âgé de 22 ans, se décide à sauter le pas et se lance dans le cinéma. Pour lui, sa meilleure formation sont les longues séances cinématographique qu'il s'imposa, des meilleurs films au pire des navets. « Je ne peux pas faire pire » se dit-il.

Dans ses premiers films, Kubrick fait tout lui-même : il est à la fois scénariste, cadreur, ingénieur du son, monteur et réalisateur.

Entre 1950 et 1951, Kubrick réalise deux documentaires consacrés l'un à un boxeur, l'autre à un missionnaire. Il reprend l'idée de son photos-récit Prizefighter et réalise avec un camarade de classe Alexander Singer, le court-métrage Day of the Fight - une journée de la vie du boxeur Walter Cartier - filmé comme un reportage. Pour les scènes de combat sur le ring, Kubrick utilise le travelling compensé, technique que l'on retrouve par la suite dans tous ses films. Autofinancé avec une budget de 3 900 $, le documentaire est vendu à la RKO Pictures avec seulement 100 $ de bénéfice.

Pour Flying Padre, Stanley Kubrick reprend la même idée et suit durant deux jours le révérend Fred Stadtmueller, un missionnaire catholique. D'une durée de 9 minutes, ce film est en partie financé et distribué par la RKO.

En 1951, il divorce de Toba Metz. L'année suivante, à la demande de Richard de Rochemont, futur producteur de cinéma de son premier film Fear and Desire, Kubrick est réalisateur de 2e équipe sur une séquence d'un omnibus consacré à Abraham Lincoln. Par la suite il réalise plusieurs épisodes, toujours en qualité d'assistant réalisateur. C'est en 1953 qu'il réalise son premier documentaire en couleurs, The Seafarers. Dans ce film promotionnel sur la marine marchande on retrouve les travellings à la Max Ophüls.

Pour réaliser son premier long métrage Fear and Desire, Kubrick emprunte à sa famille 9 000 $. Il persuade un ami poète de lui écrire un scénario original : l'histoire d'un groupe de soldats chargés d'éliminer une troupe ennemie dans une guerre fictive ; à la fin du film, les soldats voient leurs propres visages dans ceux de leurs ennemis. Le réalisateur tourne son film en 35 mm noir et blanc près de Los Angeles. Une nouvelle fois, il fait tout. Il décide de ne pas enregistrer le son avec les images et son erreur lui coûte 30 000 $ de post-synchronisation. Malgré tout, il est fier d'avoir réussi à terminer son film. Plus tard, il qualifiera son film de « tentative inepte et prétentieuse » et décidera de le retirer des circuits de distribution et d'en interdire toute projection.

Encouragé par une critique honorable, Stanley Kubrick quitte définitivement le magazine Look bien que le film soit un échec commercial. C'est lors du tournage du film qu'il rencontre sa future femme, Ruth Sobotka.

En 1954, Le Baiser du tueur, son second long-métrage, film très court tourné dans les rues de New York, raconte l'histoire d'un boxeur minable obligé de fuir la mafia. L’histoire manque d'originalité mais ce film démontre le talent de Kubrick à jouer avec l'ombre et la lumière et confirme sa maîtrise technique dans la scène de règlement de compte dans un entrepôt de mannequins. Sa réalisation est récompensé par un Léopard d'or au Festival international du film de Locarno et attire l'attention de James B. Harris, producteur indépendant qui a de bonnes relations avec les majors de Hollywood. C'est Alexander Singer, qui a connu Harris quelques années auparavant, qui fait se rencontrer les deux hommes. Cette rencontre est décisive et ensemble ils fondent la Harris-Kubrick Pictures alors qu'ils ne sont tous les deux âgés que de 26 ans.

Le seul scénario original écrit par Kubrick.

Au cours du tournage, il démontre à son équipe technique ses connaissances et son intérêt pour la photographie et la prise de vue. Pour lui, un réalisateur est à la fois metteur en scène et technicien. Il y affirme également son autorité : pendant le tournage, le directeur de la photographie, Lucien Ballard, change l’objectif que Kubrick avait choisi pour une scène avec un travelling, ainsi que son emplacement. Ballard explique au réalisateur que cela n’aura aucune incidence sur les changements de perspective. Calmement, le cinéaste lui intime l’ordre de remettre la caméra à son emplacement d’origine avec l’objectif initial, ou bien de quitter le plateau et de ne jamais y revenir. Ballard obéit et le tournage se termine tranquillement.

L'Ultime Razzia étant un succès, United Artists accepte de financer a hauteur d'un million de dollars le futur film de Harris-Kubrick tiré d'un best-seller américain de 1935, The paths of Glory, inspiré des événements réels de 1917 où des soldats seront fusillés pour l'exemple.

Harris ne disposant que d'un budget très modeste selon les critères hollywoodiens et d'un scénario de Kubrick, Calder Willingham et Jim Thompson, le projet ne suscite guère d'enthousiasme auprès des majors. Tout bascule quand Harris envoie une copie du scénario à Kirk Douglas, lequel répond : « Stanley, je crois que ce film ne fera pas un rond, mais il faut absolument le tourner. » En 1957, sept ans après son premier court-métrage, Kubrick dirige Kirk Douglas dans le film sur l’absurdité de la guerre, Les Sentiers de la gloire.

Le film se déroule durant la Première Guerre mondiale. Un général de l'armée française décide de lancer une de ses unités dans des attaques désespérées contre les lignes allemandes retranchées à Verdun. Pour l’exemple, trois soldats innocents seront fusillés pour lâchetés.

Le film est entièrement tourné en Allemagne avec 800 policiers allemands pour jouer les troupes françaises. Les scènes en intérieur sont tournées au studio Geiselgasteig à Munich. On y voit apparaître des séquences qui caractérisent Kubrick et qu'il ne cesse de perfectionner par la suite : travelling compensé arrière, utilisation de la musique et mouvements de caméra sans heurt filmés avec une Dolly pour la marche ininterrompue du colonel Dax dans les tranchées. Cette scène est d'ailleurs similaire à celle du labyrinthe de Shining filmée en steadicam. La scène du chant de la jeune prisonnière, jouée par sa future épouse, l'actrice allemande et nièce de Veit Harlan Christiane Susanne Harlan, montre la capacité de Kubrick à filmer l'émotion sans tomber dans la sensiblerie. Il divorce de Ruth Sobotka en 1957 pour épouser en 1958 Christiane Harlan qu'il a rencontrée pendant le tournage. Son frère, Jan Harlan, deviendra le producteur délégué du réalisateur à partir de 1975.

Dans ce film apparaissent deux thèmes de prédilection de Kubrick : la double personnalité et un monde au bord de l'effondrement. Dans le livre et dans le film, les personnages sont clairement identifiés avec le colonel Dax (Kirk Douglas), homme sobre, intelligent et courageux, et le général Mireau (George Macready), vaniteux, ambitieux et incompétent. Le personnage le plus machiavélique du film est le général Broulard (Adolphe Menjou). Kubrick joue habilement avec la bonhomie du personnage rusé et raffiné mais s'avèrant incroyablement amoral (il va détruire les dernières illusions du colonel et ruiner définitivement la carrière du général) et sans aucune pitié envers les hommes de troupe.

Le film est projeté à Munich le 18 septembre 1957. Il est perçu comme une critique directe de l'armée française, par la cruauté des scènes finales et la satire violente des états-majors français, même si le film souffre de nombreuses invraisemblances.

Le film reçoit plusieurs récompenses dont le prix Chevalier de la Barre. Sous la pression d'associations d'anciens combattants français et belges, le gouvernement français proteste auprès de la United Artists, mais ne demande pas la censure du film. Devant l'ampleur du mouvement contestataire, les producteurs du film décident de ne pas le distribuer. De nombreux pays en Europe, comme la Suisse, refusent également de le diffuser. C'est quinze ans plus tard, en 1972, que le film est finalement projeté en France.

Dans l'œuvre de Kubrick, c'est le film préféré de Steven Spielberg.

De retour aux États-Unis, Stanley Kubrick écrit deux scénarios qui seront refusés par les majors hollywoodiens. La MGM lui propose de travailler sur le scénario d'un western avec comme vedette Marlon Brando. Après six mois de travail de préparation, le cinéaste et l’acteur se fâchent. Marlon Brando, star hollywoodienne, obtient facilement le départ de Kubrick et décide de réaliser lui-même La Vengeance aux deux visages.

Au même moment sur un autre film, Kirk Douglas, acteur et producteur principal du péplum Spartacus, insatisfait du travail d'Anthony Mann, sollicite Stanley Kubrick pour terminer le film. Après le succès commercial des Sentiers de la gloire, celui-ci accepte et termine le film. Le tournage dure 167 jours, partagé entre la Californie et l’Espagne pour les scènes de combat tournées avec 10 000 figurants issus de l'armée espagnole.

Mais des conflits artistiques apparaissent rapidement entre Kirk Douglas et Russell Metty, le directeur de la photographie. Kubrick intervient également sur le scénario fondé sur l'histoire vraie du soulèvement d’esclaves romains qu'il trouve moralisateur et sans intérêt. Le film obtient un grand succès critique et commercial et gagne quatre Oscars. Quelques années plus tard, Stanley Kubrick renie le film dont il garde un souvenir amer. Dans l'œuvre de Kubrick, c'est son film le plus impersonnel, le film reprenant l'intrigue et le traitement du roman historique de Howard Fast.

En 1961, Stanley Kubrick s'exile et quitte définitivement les États-Unis pour s'installer avec sa famille dans le Hertfordshire, dans la banlieue de Londres en Angleterre. Les raisons de son exil sont nombreuses : au début des années 1970, le gouvernement britannique favorise, avec le plan EADI, la création cinématographique sur son sol par des aides financières généreuses à condition que le tournage ait lieu sur le sol anglais avec des techniciens et acteurs britanniques. Pour la réalisation de son futur projet, Lolita, le réalisateur préfère contourner la censure et les ligues puritaines américaines. Pendant le tournage de Lolita, lui et sa famille trouvent le mode de vie anglais plus adapté à leur style de vie et décident d’acheter une grande maison au nord de Londres. Malgré sa licence de pilote amateur Kubrick n'aime pas prendre l'avion.

En 1962, Stanley Kubrick réalise Lolita, son premier film polémique sur le sol anglais, d'après le roman éponyme de Vladimir Nabokov. Le livre avait été publié pour la première fois en France comme ouvrage pornographique. Pour la rédaction du scénario, le cinéaste travaille en étroite collaboration avec Vladimir Nabokov. Ils écrivent ensemble une nouvelle version du roman qui est jugé plus acceptable pour un film commercial et la morale imposée au cinéma en 1962.

Le film raconte l'histoire d'un homme d'âge mûr, James Mason, pris d'une passion ardente pour une adolescente, Lolita, âgée de 12 ans dans le livre, 15 ans dans le film, interprétée par Sue Lyon qui obtiendra le Golden Globe de la meilleure actrice. Peter Sellers y fait une interprétation remarquée.

Le film, tout comme le roman provoque la colère des puritains qui trouvent le film trop sulfureux malgré sa mise en scène très chaste, bien éloignée des allusions sexuelles explicites de l'ouvrage de Nabokov. À la sortie du film, Stanley Kubrick reconnait que s'il avait pu prévoir la sévérité des censeurs américains qui l'oblige à couper des scènes au montage et à remanier certaines séquences jugées trop licencieuses, il aurait probablement renoncé à la réalisation du film.

Le film est présenté à la Mostra de Venise en 1962, mais la critique est déçue. Le schéma d'accueil de ses films par la critique, dont la plus virulente est Pauline Kael, sera toujours le même par la suite : une partie ne lui fait pas de cadeau, tandis que l'autre l'admire.

Ce premier film polémique est un succès outre-Atlantique, sans nul doute nourri par la controverse. En 1998, Sue Lyon déclare à l'agence Reuters que Lolita est le film qui a « causé destruction en tant que personne ».

Il s'agit du dernier film produit par le duo Kubrick-Harris. Après ce long-métrage, Stanley Kubrick produit et réalise seul ses films, en laissant la distribution à la Warner Bros Pictures.

En 1963, Kubrick prépare son second film polémique et le premier opus d'une trilogie de films de science-fiction, Docteur Folamour ou : Comment j'ai appris à cesser de m'inquiéter et à aimer la bombe, considéré comme un chef d'œuvre d'humour noir.

Kubrick se tient constamment au courant de l’actualité et s’abonne à des revues militaires et scientifiques. Il lit le roman de Peter George, Red Alert, paru en Angleterre sous le titre de Two Hours to Doom. Il réfléchit depuis longtemps à une histoire où une guerre nucléaire serait déclenchée soit par accident, soit à cause de la folie d’un personnage. Le roman de Peter George correspond à ses attentes. Il s’associe avec Peter George et Terry Southern, scénariste d'Easy Rider, pour préparer le script, et travaille la photographie du film avec Weegee.

Le tournage débute le 26 janvier 1963, aux studios de Shepperton à Londres, pour s’achever quatre mois plus tard. La distribution comprend Peter Sellers qui tient les rôles du président des États-Unis, du docteur Folamour, ancien chercheur nazi et handicapé recruté par l'armée américaine (clin d'œil à la trajectoire de plusieurs scientifiques nazis, dont Wernher von Braun), et du colonel britannique Lionel Mandrake. Une très grande liberté d’improvisation est laissée à Peter Sellers, filmé par trois caméras, tandis que le reste de la distribution et l’équipe technique doivent observer une grande rigueur. Le film doit se conclure par une bataille de tartes à la crème dans la salle de guerre, avec le président et tous ses conseillers militaires. La scène est filmée, nécessitant des semaines de tournage, mais Kubrick décide de la retirer du montage final.

Farce burlesque où la guerre nucléaire totale est déclarée suite à l'action d'un commandant devenu fou et d'un système de défense automatique, ainsi que satire des milieux politico-militaires, ce nouveau film sort en pleine Guerre froide. Le risque de voir l’un des deux protagonistes employer l’arme atomique est élevé. Un problème de taille apparaît : un film réalisé par Sidney Lumet, Point limite, avec Henry Fonda dans le rôle principal, traitant du même sujet, est sur le point de sortir. Stanley Kubrick intente un procès pour plagiat, et obtient gain de cause. Le film de Lumet ne sortira qu’en octobre 1964 tandis que Docteur Folamour sort sur les écrans le 29 janvier 1964 et se trouve nominé pour quatre Oscars (meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur acteur, meilleure adaptation cinématographique).

À partir de cette époque, le cinéaste travaille de plus en plus lentement, poussant de plus en plus loin son perfectionnisme et sa volonté d'expérimentation technique. Il va passer cinq ans à développer son film suivant 2001 : l'odyssée de l'espace, qui, par son esthétisme et sa mise en scène, marque un tournant dans le cinéma mondial, en particulier dans le domaine de la science-fiction.

Pour la rédaction du scénario, il sollicite l’écrivain Arthur C. Clarke alors au Sri Lanka et qui a écrit La Sentinelle dont le film est inspiré. Arthur C. Clarke écrit un scénario à partir du roman et décide de l’appeler 2001 : l’odyssée de l’espace. Kubrick choisit ce titre pour son film et fait pression auprès de l’écrivain pour qu’il retarde la sortie de son livre. La réputation de Clarke est telle que le livre pourrait occulter le film. L’écrivain accepte et décide de lui dédier son livre.

Le tournage du film, sous le titre provisoire de Voyage au-delà des étoiles, débute le 29 décembre 1965, dans un premier temps aux studios de Shepperton, puis se poursuit aux Studios d'Elstree, plus proches de la villa où Kubrick a emménagé. MGM et Cinerama financent le film, dont le budget s’élève à six millions de dollars. Pour la première fois, le cinéaste interdit le plateau de tournage à la presse, ce qu’il fera systématiquement par la suite.

Artistiquement, 2001 a été un changement radical dans les films de science fiction. Stanley Kubrick n’est pas un partisan des films où les décors et les monstres sont en papier mâché ou en carton. Il souhaite que les décors de son film soient techniquement réalisables dans le futur qu’il présente. C’est Tom Howard, lauréat de l’Oscar des meilleurs effets visuels en 1947 pour L'Esprit s'amuse et en 1959 pour Les Aventures de Tom Pouce, qui est chargé de concevoir la savane préhistorique . Wally Veevers conçoit les véhicules spatiaux et le bus lunaire. On construit également une centrifugeuse de 750 000 dollars. Pour les effets spéciaux, Kubrick s’entoure d’éminents collaborateurs parmi lesquels Harry Lange, ancien conseiller de la NASA, et Marvin Minsky, directeur d’un laboratoire d’intelligence artificielle. Souhaitant une vision de l'espace éloignée des bandes dessinées et proche des observations scientifiques, il prend pour directeur de la photographie Geoffrey Unsworth, spécialisé dans la science-fiction. Celui-ci utilise le format Super Panavision 70 et bénéficie du perfectionnement de nouvelles techniques (socles, grues, perches, bras articulés), permettant rotations et mouvements aériens de la caméra comme si elle-même était en impesanteur. Il ajuste également, sur les conseils et avec l'aide d'astronautes et de spécialistes dans le domaine, ses éclairages pour être conforme à la volonté très précise du cinéaste. Le tournage nécessite quatre mois de travail pour les acteurs, et dix-huit pour les effets spéciaux. Pour la première fois, Stanley Kubrick décide d’incorporer de la musique classique à un de ses films. Son choix se porte sur Le Beau Danube bleu de Johann Strauss II, Ainsi parlait Zarathoustra de Richard Strauss, et György Ligeti pour la séquence de la porte stellaire.

Le film est un triomphe dont l’influence est gigantesque : la NASA va emprunter les noms de Jupiter, Discovery ou Ulysse pour ses futurs projets. De son côté, George Lucas, créateur de La Guerre des étoiles, déclarera après la mort de Kubrick que si ce film n'avait pas été fait, il n’aurait probablement jamais réalisé sa saga.

Kubrick reçoit l'Oscar des meilleurs effets visuels, le seul et unique Oscar de sa carrière, pour la qualité de son travail. Une équipe l'a aidé dans cette tâche, mais comme il est à la fois concepteur et créateur de quasiment tous les effets spéciaux du film, c'est à lui que l'on décerne la statuette. C'est également le début de la légende que le cinéaste va volontairement se forger : celle d'un homme qui, tel un ordinateur, enregistre une incroyable quantité d'informations, devenant un expert de la mise en scène et en maîtrisant parfaitement tous les rouages.

Stanley Kubrick n'hésite pas à utiliser les dernières innovations techniques quand cela sert son œuvre : ordinateur et projection frontale pour 2001, éclairage à la lumière des bougies grâce à un objectif Zeiss développé pour la NASA dans Barry Lyndon, ou encore la steadicam dans Shining.

Orange mécanique est un film à la violence et à l’érotisme prémonitoire réalisé en 1971, d’après le roman L'Orange mécanique de Anthony Burgess et adapté par Stanley Kubrick qui travaille seul. Le thème du double, cher à Kubrick, est encore une fois développé dans ce film, avec Alex qui représente l’inconscient de l’homme qui lutte entre le bien et le mal dans un monde qui s’effondre. Kubrick réalise le film très rapidement caméra a l'épaule et presque entièrement dans et autour de Londres.

Au XXIe siècle, dans une Angleterre où l'on ne sait plus comment enrayer l'escalade du crime, Alexandre de Large (Malcolm McDowell), le chef de la bande des droogs ou droogies, exerce avec sadisme une terreur aveugle sur fond de mouvement de la Symphonie n° 9 de Beethoven.

En Angleterre, le film suscite une polémique importante, qui est aggravée par plusieurs faits-divers où des délinquants, portant les mêmes costumes qu'Alex, déclarent s'inspirer directement du personnage principal du film. Dans un premier temps, Stanley Kubrick ne tient pas compte de ces faits divers mais les médias, frustrés par le manque d’interlocuteur, se retournent vers l’auteur du livre qui se retrouve seul à défendre un film auquel il n’a pas participé. Mais la controverse s’amplifie et, inquiété par les lettres de menaces de mort qu'il reçoit à son domicile, le réalisateur oblige la Warner à retirer le film des écrans du Royaume-Uni.

Élu meilleur film de l’année 1972 par le New York Film Critics Circle, Orange mécanique est l’un des plus gros succès de la Warner Bros. Pictures et reste à l'affiche durant soixante-deux semaines.

Après trois films de science-fiction, frustré de l’abandon par la Warner Bros de son projet sur Napoléon, avec Jack Nicholson dans le rôle de l’Empereur (Kubrick a une véritable passion pour Napoléon, il ne comprend pas comment un homme aussi intelligent a pu sombrer) ; Stanley Kubrick réalise son premier film historique à partir de la biographie d'un jeune Irlandais (Barry Lyndon) d'après le roman picaresque de William Makepeace Thackeray - le destin d'un jeune et intriguant irlandais sans le sou, Redmond Barry (Ryan O'Neal), de son ascension pleine d'audace à sa déchéance.

La préparation du film prend un an, le réalisateur veut tourner un film à l’esthétisme proche des tableaux du XVIIIe siècle. Pour recréer les conditions de l'époque, les intérieurs sont éclairés à la bougie, le visage des acteurs maquillés de blanc, les cheveux ternis par la poudre. La réalisation du film demande plus de 250 jours de tournage en Grande-Bretagne et en Allemagne au château de Hohenzollern, à Potsdam et au palais de Ludwigsbourg. À la fin du tournage, Kubrick et Ryan O'Neal sont définitivement fâchés.

Pour retrouver les conditions de lumière dans les anciens châteaux anglais, le réalisateur s'astreint à un éclairage des scènes d'intérieur quasiment à la lueur des bougies, avec un objectif d'appareil photo Zeiss d'une focale de 50mm et une ouverture maximale de f/O.7 développé spécialement pour la NASA pour photographier l'alunissage de la capsule Apollo.

Pour Kubrick ce n’est pas un gadget ou une lubie, le réalisateur veut préserver la patine, et l’ambiance d’un château dans la nuit du XVIIIe siècle. Cette contrainte technique sera néfaste au budget du film qui passe de 2 500 000 $ à plus de 11 000 000 $.

Le diaphragme de l'objectif de très grande ouverture (f/0.7), limite considérablement la profondeur de champ de la scène. Le réalisateur utilise également le zoom et les longues focales, ce qui a pour effet d'« aplatir » l'image et de recréer l'image d'un tableau de Louis Le Nain ou de Henri Fantin-Latour.

Les critiques sont sévères envers le film qui est jugé trop long, trop lent, élitiste et ennuyeux. Le film obtient pourtant quatre Oscars : meilleure direction artistique, meilleure photographie, meilleurs costumes, meilleur arrangement musical. Pour la musique, Stanley Kubrick emploie des œuvres de Bach, Mozart, Vivaldi, Haendel et Schubert, bien que ces compositeurs ne soient pas tous du XVIIIe siècle.

Dans l'œuvre de Kubrick, ce n'est pas la musique qui sert le film, mais le film qui sert la musique.

Stanley Kubrick entreprend l'adaptation du roman Shining, l'enfant lumière de Stephen King. Ce film est dans la lignée de l'Exorciste, Halloween et Rosemary's Baby le meilleur du genre selon Kubrick.

Le film est moins risqué financièrement que ses productions précédentes et après l'échec commercial de Barry Lyndon, l'adaptation d'un best-seller de Stephen King est un gage de quasi-succès (les six derniers romans de l'auteur se sont vendus à plus de 22 millions d'exemplaires). Le réalisateur et Diane Johnson modifient profondément l’histoire du livre ce qui déplait à Stephen King qui refuse d’apparaître au générique final du film. Il ne sera pas le seul mécontent : aux États-Unis, l'exploitation du film est un échec, le public enrageant de n'avoir pas assez tremblé et reprochant aux deux scénaristes d'avoir abâtardi le genre et trahi l'esprit du livre. Comme à son habitude, la critique est quasiment unanime pour huer le film.

Jack Torrance (Jack Nicholson), ex-professeur qui se voudrait écrivain, accepte le poste de gardien de l'hôtel Overlook, isolé dans les montagnes rocheuses et fermé pour l'hiver. Il s'installe dans cet endroit coupé du monde avec sa femme Wendy (Shelley Duvall) et son fils Danny (Danny Lloyd) qui possède un don de médium, le Shining. Progressivement, (la notion de temps disparaît complètement dans le film, Kubrick doit recourir aux « cartons » pour marquer le temps qui passe), Jack glisse doucement vers la folie et la mort.

Plus que tout autre film, Shining va consolider la réputation de « mégalomane perfectionniste » du réalisateur. Kubrick rôde dans les immenses studio de l'Estree, la barbe et les cheveux longs, les yeux cernées, tout comme son héros Jack Torrence qui erre sans inspiration dans l'hôtel Overlook. Pour les scènes les plus complexes à filmer, Stanley Kubrick utilise une nouvelle caméra : la steadicam.

L'image finale du film, semblable à la fin quelque peu mystérieuse et ambiguë de 2001 : l'odyssée de l'espace, engendre plusieurs interprétations par les fervents du cinéaste : selon la première, Jack Torrance, absorbé par l'hôtel, y devient un revenant de plus. Selon une autre, Jack a fréquenté l'hôtel hanté par les fantômes dans une vie antérieure, en 1921 ; Stanley Kubrick lui-même n'a jamais donné une réponse définitive, préférant laisser le soin aux spectateurs de décider par eux-mêmes.

Kubrick considère ce film comme son œuvre la plus personnelle.

Kubrick veut tourner un vrai film de guerre, mais ni un film comme Apocalypse Now ou Voyage au bout de l'enfer, ni une parodie comme Docteur Folamour, ni un film antimilitariste tel que Les Sentiers de la gloire. La symbolique du film est proche de celle d’Orange mécanique où le héros, intellectuellement supérieur à ses camarades, doit lutter entre le bien et le mal dans un monde en guerre. Le personnage central du film, le soldat « Guignol » (Matthew Modine) va petit à petit perdre son âme aux États-Unis, symbolisé par l’agression de son « protégé » le soldat « Baleine » (Vincent D'Onofrio) et au Viêt Nam par l’exécution sans pitié d'une prisonnière vietnamienne.

Stanley Kubrick détourne l’esprit du livre The Short Timers de l’écrivain Gustav Hasford pour mieux imposer sa propre vision de la guerre, et de l’âme humaine, au grand mécontentement de l'écrivain qui est tout de même crédité au générique final comme co-scénariste.

La première partie du film suit l'entraînement intensif d'un groupe de jeunes recrues américaines dans un camp de marines à Parris Island, aux États-Unis en 1968 pendant la guerre du Viêt Nam, et l'affrontement entre le sergent instructeur (Lee Ermey) et une jeune recrue inadaptée (Vincent D'Onofrio). La confrontation finale entre les deux hommes clot cette partie.

La deuxième partie du film se déroule au Viêt Nam et montre le baptême du feu des marines à Da-Nang puis la sanglante bataille du Têt dans la province de Hué.

Le film est entièrement tourné en banlieue de Londres, bien loin du réalisme du film d'Oliver Stone, Platoon. Quelques plantes exotiques servent de décors d’arrière-plan, les scènes de combat sont tournées dans une usine désaffectée et l’île de Parris Island est recréée dans une ancienne base militaire britannique.

Kubrick utilise plusieurs fois l’élargissement de champ pour modifier l’interprétation du spectateur lorsqu’il voit la scène de près puis de loin. Le tournage du film est interrompu pendant quatre mois suite à l'accident de voiture de Lee Ermey, conseiller technique en sa qualité d'ancien instructeur des marines et acteur principal de la première partie du film.

Le film est un succès commercial, mais au fil des semaines il est éclipsé par la sortie de Platoon.

Plus de sept ans après la sortie de son dernier film, Stanley Kubrick se lance dans l'adaptation du roman la Nouvelle rêvée de l'écrivain autrichien Arthur Schnitzler, livre qu'il avait lu à la fin des années 1970. Le scénario est une fidèle adaptation du livre.

Après une confidence de sa femme (Nicole Kidman), laquelle a failli céder à la tentation d'un autre homme, le docteur Harford (Tom Cruise), obsédé par cette révélation, se perd dans la nuit new-yorkaise à la recherche de ses propres fantasmes. Un voyage entre le réel et l'imaginaire.

On retrouve dans ce film ce qui a toujours fasciné Kubrick : le thème du double qui envahit tout et qui engendre la perte d'identité, « nos pulsions les plus intimes, derrière les apparences ». Le tournage dure quinze mois de novembre 1996 à janvier 1998 et va bloquer la carrière de Tom Cruise pendant trois ans (deux ans de tournage et la sortie du film Mission Impossible de Brian de Palma est retardée d'un an).

Comme à son habitude, le soir venu, Kubrick visionne sur vidéo les scènes tournées dans la journée et modifie au jour le jour le scénario en fonction des performances des acteurs. Après 6 mois de tournage, l'acteur Harvey Keitel claque la porte et est remplacé au pied levé par Sidney Pollack. Pour ouvrir une simple porte et faire son entrée dans une pièce, Tom Cruise doit répéter la scène plusieurs dizaines de fois.

Ce film est le testament de Kubrick, qui meurt d'une crise cardiaque dans son sommeil le 7 mars 1999. Il est enterré à côté de son arbre préféré dans le manoir de Childwickbury, dans le Hertfordshire, en Angleterre.

Eyes Wide Shut sort en salle en juillet 1999, 4 mois après la mort du réalisateur.

Parmi les projets inachevés de Stanley Kubrick, on peut citer un film sur Napoléon Bonaparte, abandonné à la demande des producteurs : un projet monumental (fruit de trente années de travail de bénédictin) qui échoue en 1969 pour des raisons techniques, financières et d'organisation. Ou encore Aryan Papers(WarTime Lies), un film abandonné pour ne pas concurrencer La Liste de Schindler de son ami Steven Spielberg dont le sujet est similaire, et A.I. Intelligence artificielle, d'après Brian Aldiss, qu'il confie à Spielberg.

Un autre projet qui n'a jamais été réalisé était Le lieutenant allemand, un film sur les parachutistes allemands à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

D'un caractère réservé, voire timide, il rasait les murs quand il croisait quelqu'un dans un couloir, une fois installé derrière sa caméra Kubrick devenait un autre homme : il contrôlait le monde.

Malgré cela il imposait le respect, imperturbable, très créatif, il finissait toujours par obtenir ce qu'il voulait. Son perfectionnisme lui vaut une renommée d'homme dur, coléreux et mégalomane. On fait état de scènes recommencées près d'une centaine de fois, d'une dispute violente avec Shelley Duvall (héroïne de Shining) dans le seul but de la mettre dans un état émotionnel intense, tout comme d'une équipe technique tenant une grande bâche des heures durant sous la pluie pour ne pas interrompre un tournage.

Stanley Kubrick devient un personnage mythique, vu comme un génie paranoïaque ayant une vision très pessimiste de la nature humaine, ne sortant de sa maison ultra-protégée, une sorte de forteresse infranchissable, ceinte de 80 hectares de bois et protégée par d'imposants grillages, que pour tourner ses films. Isolé dans son château anglais, Kubrick n'est pas pour autant coupé du reste du monde. Ses archives sont monumentales, quand il prépare un film, Kubrick dort le jour et travaille la nuit (décalage horaire avec Los-Angeles oblige).

Kubrick a toujours été réticent à s'entretenir sur ses œuvres, par crainte que celles-ci n'en soient appauvries. Les documentaires tournés sur Kubrick, le seront par sa fille Vivian, pendant le tournage du film Shining : The Making of the Shining (1980) et par son beau-frère Jan Harlan Stanley Kubrick une vie en image (2000).

En 50 ans de carrière, Kubrick va filmer ce combat intérieur, sous une perspective différente. Quatre films de guerre, deux policiers, un film d'horreur, trois films de science fiction, deux fresques historiques et deux films « érotiques ».

Orson Welles a déclaré, en 1963 : « Parmi la jeune génération, Kubrick me paraît un géant. » Welles est né en 1915 et Kubrick en 1928 mais les deux artistes ont de nombreux points communs. Tous deux ont réalisé des films profondément originaux, et presque le même nombre (13 films pour Kubrick, 15 pour Welles). Ils se sont essayés au film de genre, et ont vécu en Europe, à la différence près que Kubrick s'est volontairement exilé en Angleterre pour travailler en paix, alors que Welles y fut contraint par la force des choses ; il avait besoin de décrocher des rôles pour financer ses films.

Tous deux n'ont pu mener à terme certains projets : Don Quichotte et It's all true, que Welles a réalisés, n'ont jamais vu le jour de la main de leur auteur, tout comme Kubrick qui dut renoncer à réaliser un film sur Napoléon et un autre, au début des années 1990, sur l'Holocauste.

Citizen Kane était l'un des films préférés de Kubrick.

La distance que garde Kubrick par rapport à la communauté d'hollywood joue certainement en sa défaveur. En effet, à l'instar d'autres grands réalisateurs, comme Charlie Chaplin, Orson Welles, Fritz Lang, Robert Altman ou Alfred Hitchcock, Kubrick, malgré plusieurs nominations, n'obtiendra jamais l'Oscar du meilleur réalisateur.

Trois mois avant le décès du cinéaste, un certain Stanley Kubrick, demeurant à Harrow, décède d'une crise cardiaque dans son petit appartement. Il s'agit d'un imposteur, Alan Conway, qui, pendant des années, se fit passer pour le cinéaste et tira ainsi profit de dizaines de personnes plus ou moins connues. Il semblerait que l'idée ait fasciné Kubrick lui-même. Un film avec John Malkovich retrace d'ailleurs l'histoire de cet homme : Appelez-moi Kubrick.

À la suite d'un ennui de santé du chef-opérateur Claude Renoir sur le tournage du film L'espion qui m'aimait, et à la demande de son ami le chef décorateur Ken Adam (Barry Lyndon, et Dr Folamour), Stanley Kubrick accepte, à la condition expresse que sa contribution reste secrète, de superviser l'éclairage de la scène d'intérieur du supertanker.

Golden Globes: Meilleur acteur : James Mason; Meilleure actrice : Shelley Winters; Meilleur acteur dans un second rôle : Peter Sellers; Meilleur réalisateur : Stanley Kubrick. BAFTA du meilleur acteur : James Mason. L'association des réalisateurs américains (Directors Guild of America) a nominé Stanley Kubrick pour le prix du meilleur réalisateur. Stanley Kubrick a été nominé au Festival de Venise pour le prix du meilleur réalisateur.

Oscars du cinéma 1964 : quatre nominations dans les catégories meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur scénario, meilleur acteur (Peter Sellers).

Sauf indication contraire, les références ci-dessous sont en français.

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Harrison Ford

Steven Spielberg et Carrie Fisher en 1978.

Harrison Ford est un acteur américain né le 13 juillet 1942 à Chicago, dans l'Illinois.

Il doit sa notoriété à sa collaboration avec George Lucas, qui a été le premier à lui donner l'occasion de s'affirmer en tant qu'acteur. Avec ses rôles de Han Solo dans la trilogie originelle de Star Wars et d'Indiana Jones, il accède au rang de vedette internationale. Il confirme son statut d'acteur majeur du cinéma de divertissement après que l'Association Nationale des Propriétaires de Salles de Spectacle le consacre « star du siècle du box-office » en 1994.

Il met sa notoriété au service de la conservation de la nature et de la préservation de l'environnement en sensibilisant, notamment, sur le cas critique de la déforestation des forêts tropicales.

Harrison Ford naît durant l'été 1942 à Chicago d'un père catholique, Christopher Ford, et d'une mère juive, Dorothy Nidelman. Son grand-père paternel, John Fitzgerald Ford, est un irlandais catholique et sa grand-mère, Florence Veronica Niehaus, une allemande. Ses grands-parents maternels, Harry Nidelman et Anna Lifschutz, sont des immigrés juifs venus de Minsk, en Biélorussie. Sa mère est actrice de radio, avant de se consacrer à son foyer, et son père directeur de publicité et occasionnellement acteur de radio comme sa femme.

Harrison et son frère Terrence, né en 1945, grandissent dans une famille de la classe moyenne. Christopher et Dorothy Ford élèvent leurs enfants en « inventant » une éducation basée sur la combinaison de leurs convictions religieuses et culturelles respectives. Aujourd'hui, quand il est question de savoir quelle est sa religion, Harrison Ford répond avec humour : « démocrate ». Il dit également qu'il se sent « Irlandais en tant que personne mais Juif en tant qu'acteur ».

Harrison Ford débute sa scolarité à l'école élémentaire Graeme Stewart. Celui que ses copains appellent « Harry », est admis à la Maine East High School en 1956. Élève moyen, il participe néanmoins à toutes sortes de clubs au sein de l'établissement : président du club de sciences sociales, membre du club de maquettes ferroviaires, représentant du club des garçons de l'école et délégué de classe. À cette période il effectue également ses premières performances publiques en étant la voix de la radio du collège qui vient d'être créée. Par ailleurs, il intègre la troupe de danse de l'école ainsi que l'équipe de gymnastique pour une brève période.

En 1960, il quitte le lycée avec son diplôme en poche et intègre sous la pression de ses parents le Ripon College, dans le Wisconsin. Il fait partie de la fraternité Sigma Nu et étudie la littérature anglaise et la philosophie mais ses résultats sont catastrophiques. En troisième année, le mauvais élève qu'il est prend part aux cours d'art dramatique, pensant ainsi saisir l'opportunité d'obtenir facilement de bonnes notes  : c'est le déclic, Harrison sait désormais ce qu'il veut faire de sa vie professionnelle. En 1964, à trois jours de la remise des diplômes, il apprend qu'il ne sera pas diplômé à cause de ses absences répétées. Il rentre en Illinois avec un sentiment mêlant honte et humiliation.

Malgré leur scepticisme vis-à-vis de la voie choisie par leur fils, ses parents l'encouragent. Sachant que ce n'est pas dans le Wisconsin qu'il pourra lancer sa carrière, Harrison décide de se rendre à Hollywood avec Mary Marquardt, une comédienne qu'il a rencontré durant ses années universitaires et qu'il épouse en 1964.

Une fois en Californie, les rôles ne se bousculent pas. Mais après une série de castings sans résultats, Harrison Ford se voit proposer par la Columbia Pictures un contrat de 150 $ par semaine pour faire de petites apparitions à la télévision. Durant cette période, il échappe de peu à la mort lors d'un accident de voiture quand il perd le contrôle de son véhicule et percute un poteau. Sa cicatrice au menton, aujourd'hui l'un de ses signes distinctifs, constitue une séquelle de cet évènement. Finalement en 1966, il apparaît pour la première fois sur grand écran dans Un truand avec James Coburn, dans un rôle pour lequel il n'est pas crédité au générique. La même année, il échappe à un départ pour la Guerre du Viêt Nam en simulant la folie. À la suite de cela, il écrit une lettre pseudo-philosophique aux autorités pour expliquer les raisons de son acte.

En 1967, il obtient un deuxième rôle, toujours sans être crédité au générique, dans Luv. C'est finalement dans La Poursuite des tuniques bleues, la même année, que son nom apparait pour la première fois sur l'écran. Cependant, il est crédité sous le nom de « Harrison J. Ford » pour le différencier de l'ancien acteur de films muets portant le même nom que lui. Malgré ces petits rôles, la famille Ford ne roule pas sur l'or, ce qui est d'autant plus problématique que Mary donne naissance à leur fils Benjamin. L'acteur accepte mal les petits rôles que la Columbia lui affecte et l'impossibilité d'exprimer son jeu ainsi que sa personnalité. Son contrat est alors rompu sous prétexte de son manque de charisme et en raison de ses remarques successives sur la pauvreté des scénarii qui lui sont soumis. Il admet aujourd'hui ne pas avoir été très coopératif avec le studio, mais juge que c'est cette arrogance qui lui a permis de croire en sa carrière et de cacher sa timidité, même s'il était alors à deux doigts d'abandonner cette voie. Peu de temps après, il s'engage avec Universal Pictures avec qui il obtient des petits rôles dans des séries telles que Le Virginien ou L'Homme de fer. Mais ses petites apparitions ne sont pas suffisantes pour subvenir aux besoins de sa famille. Il recherche donc une alternative au métier d'acteur.

En effectuant des travaux dans sa maison, Harrison Ford décide soudainement de devenir charpentier. Il renonce à devenir acteur et apprend à travailler le bois à travers les livres qu'il emprunte à la bibliothèque locale. Il trouve son premier travail sur le chantier d'un studio d’enregistrement pour le compositeur Sergio Mendes. En parallèle de son nouveau métier, il accepte quelques petits rôles que ce soit au cinéma (Zabriskie Point en 1970) ou dans des séries télévisées (Sur la piste du crime en 1969 ou Gunsmoke en 1972). Durant cette période, sa femme donne naissance à leur deuxième fils.

Au fil de ses rencontres, Harrison Ford s'est fait un ami en la personne de Fred Roos, le directeur de casting d'Universal, chez qui il fait régulièrement des travaux. Alors qu'il termine un chantier aux Studios Goldwyn, Fred Roos lui présente un jeune réalisateur encore inconnu, George Lucas. Peu de temps après, ce dernier fait appel au charpentier pour faire des travaux d'aménagement chez lui. Cette rencontre est déterminante pour la carrière d'acteur de Harrison Ford.

En 1972, George Lucas propose à Harrison Ford le rôle du féru de vitesse Bob Falfa dans son prochain film, American Graffiti. Harrison accepte car il juge le rôle suffisamment important pour l'impliquer dans la réussite du film. Pour tourner ses scènes, il doit se couper les cheveux ; mais craignant ne pas pouvoir honorer les propositions de tournage supplémentaires qui pourraient lui parvenir, il suggère à George Lucas d'affubler Bob Falfa d'un chapeau de cow-boy. Le film sort durant l'été 1973 et engrange plus de vingt-et-un millions de dollars lors de sa première exploitation en salle. Malgré ce succès, Harrison reprend son activité de charpentier car le cachet de 600 $ qu'il touche pour le tournage de ce film est insuffisant pour faire vivre sa famille. Cependant, sa motivation à faire carrière dans le cinéma est réanimée.

Harrison Ford reprend donc son travail tout en acceptant d'autres petits rôles. Après des travaux dans le bureau de Francis Ford Coppola, Il se voit proposer un rôle par ce dernier dans son film Conversation secrète avec Gene Hackman en vedette. Il doit tenir le rôle de Mark, mais au dernier moment, Frederic Forrest obtient le rôle ; Harrison Ford, qui récupère finalement le personnage de Martin Stett, en est furieux… Pourtant grâce à ce rôle, le jeune acteur commence à faire parler de lui à Hollywood.

Jusqu'en 1976, Harrison Ford obtient quelques rôles à la télévision et vit plutôt bien de sa double activité. Pendant des travaux effectués chez George Lucas, celui-ci lui demande de donner la réplique aux acteurs lors du casting pour son prochain film. Une audition que le réalisateur, souhaitant travailler avec de nouveaux visages, lui refuse de passer. Mais après quelques répliques, Lucas tient son acteur pour le rôle de Han Solo.

En 1976, malgré ses réticences à voir jouer des inconnus dans le film, la Twentieth Century Fox accepte que Harrison Ford soit choisi pour incarner Han Solo dans ce qui sera une grande saga du cinéma : La Guerre des étoiles. Harrison Ford obtient le rôle face à la concurrence de Kurt Russell, Nick Nolte, Christopher Walken, Al Pacino ou Richard Dreyfuss. George Lucas juge Harrison Ford plus à même d'incarner un personnage disposant d'une dimension cynique qui tranche avec Luke ou Leia. C'est également un personnage plus âgé que les autres, à l'exception notable de celui joué par Alec Guinness, un acteur britannique dont la présence compense un casting composé d'acteurs inconnus, prise de risque étonnante pour un film d'une telle envergure. Pensant jouer dans un film pour enfants, les acteurs ont du mal à interpréter leur rôle sérieusement et multiplient les pitreries.

Avec un salaire de 650 000 $, ce film lui permet enfin d'abandonner son métier de charpentier et de se concentrer pleinement sur sa carrière artistique. Malgré l'échec prématurément annoncé par la Fox, La Guerre des étoiles est un énorme succès et fait de l'acteur la nouvelle coqueluche du public.

Le film donne lieu à deux suites dans lesquelles il reprend le rôle. Dans L'Empire contre-attaque, son jeu de comédien prend une nouvelle dimension avec l'évolution dramatique du rôle de Han Solo, liée à la fois à sa relation amoureuse avec Leia et à sa position inconfortable face à la trahison de son ami, Lando Calrissian. Juste avant qu'il soit congelé dans la carbonite, la princesse lui déclare son amour et il doit répliquer « je t'aime aussi ! ». Voyant le résultat peu convaincant, Irvin Kershner, le réalisateur, lui demande d'improviser. Il change donc la réplique en « je sais... », qui restera indissociable de son personnage. Le fait que Solo soit plongé dans la carbonite constitue en outre une alternative pour les scénaristes si Harrison Ford refuse de jouer dans le troisième volet de la saga. En effet, George Lucas n'est pas assuré que sa vedette accepte de reprendre le rôle après son succès dans Les Aventuriers de l'arche perdue.

Sa participation est finalement confirmée. Dans Le Retour du Jedi, le manque de profondeur de son personnage ne lui permet pas d'exploiter le début du film qui est pourtant consacré à sa libération. Pour compenser cette faiblesse, il souhaite une mort héroïque pour Han Solo, afin qu'il puisse retrouver la stature des épisodes précédents. George Lucas refuse.

À la fin des années 1970, George Lucas et Steven Spielberg travaillent sur leur prochaine production : un film rendant hommage aux serials de leur enfance.

Pour ce projet, Steven Spielberg pense immédiatement à Harrison Ford pour jouer le héros digne d'Allan Quatermain, mais George Lucas y est opposé. En effet, en plus de n'être toujours pas favorable à l'idée de reprendre un acteur qu'il a déjà fait jouer (« Je ne veux pas en faire mon Robert De Niro ! », référence au lien de l'acteur avec Martin Scorsese), il craint qu'une confusion soit faite entre ce nouveau personnage et Han Solo. Plusieurs acteurs sont alors approchés pour le rôle. C'est finalement Tom Selleck qui est choisi pour incarner l'aventurier mais il refuse le rôle à cause de son contrat qui le lie à la série Magnum. Après ce faux-bond, Steven Spielberg persuade George Lucas qu'« Indy » est un personnage taillé pour Harrison Ford. L'acteur et le réalisateur sont mis en relation par George Lucas et malgré l'hésitation de signer pour trois films, l'acteur accepte l'offre. Indiana Jones est né.

Pour jouer l'aventurier, Harrison Ford doit apprendre à manier le fouet et se préparer physiquement pour un tournage éprouvant. Il arbore pour Indy le look-type de l'aventurier avec une barbe de trois jours et un vieux blouson de cuir, sans oublier ce qui deviendra ses signes distinctifs, le Borsalino usé et le fouet. Il campe ainsi un personnage « multi-facettes » : tantôt courageux puis romantique, drôle ou encore fragile.

Le tournage des Aventuriers de l'arche perdue est éprouvant pour toute l'équipe. Lors de la scène de bagarre contre un mécanicien nazi, l'avion roule sur la jambe de Harrison Ford. Il se retrouve avec un ligament déchiré au fin fond de la Tunisie. Mais au lieu de se faire soigner, on lui bande la jambe pour qu'il puisse continuer à tourner. Plus tard, il se blesse sérieusement aux côtes en voulant assurer lui-même la cascade où Indiana est tiré au sol par un camion. En ce qui concerne la scène où Indy affronte un guerrier le menaçant d'un sabre, pour laquelle était prévue un combat élaboré qui avait nécessité une longue préparation, Harrison Ford n'est pas, au moment de la tourner, en mesure de la jouer : comme beaucoup de membres de l'équipe à ce moment là, il est malade. Pour se ménager, il propose à Steven Spielberg de simplement tirer sur l'opposant. Le succès de cette courte scène auprès des membres de l’équipe est tel qu'elle est gardée au montage. Les Aventuriers de l'arche perdue sort sur les écrans en 1981 et connait un grand succès. Harrison Ford réussit à surpasser la notoriété de Han Solo avec Indiana Jones et devient une star reconnue.

En 1984 sort Indiana Jones et le Temple maudit. Le pendant féminin d'Indy, après Karen Allen dans Les Aventuriers, est Kate Capshaw. C'est Harrison Ford qui, sous l'influence de Steven Spielberg, la choisit pour interpréter Willie Scott.

Durant le tournage des scènes où il est mené au palais du Maharadjah, Harrison Ford commence à souffrir d'une hernie discale à force de chevaucher un éléphant. Et c'est lors du combat contre un Thug dans la chambre d'Indy que la hernie le paralyse pour de bon. Aucun soin fait sur place ne faisant effet, il est rapatrié d'urgence aux États-Unis pour se faire opérer. Lors de sa convalescence, il suit un traitement à base d'enzyme de papaye. Le remède est efficace et l'acteur fait son retour au Sri Lanka au bout de trois semaines. Suite à cela, le tournage reprend normalement. Lors de sa sortie en salle, bien que la critique trouve le film trop noir, Indiana Jones et le Temple maudit est un succès.

Le 16 mai 1988 débute le tournage de Indiana Jones et la Dernière Croisade. Ce film nous dévoile la relation qu'entretient Indy avec son père avec comme toile de fond la quête du Graal. Alors que Harrison Ford revêt de nouveau son costume d'aventurier, son « rat de bibliothèque » de père est joué par Sean Connery. Cette confrontation père/fils permet à Harrison Ford d'exploiter et d'exprimer d'autres facettes de la personnalité de son personnage. Dans ce film on peut voir Indy adolescent et c'est Harrison Ford qui suggère un interprète. Il propose à Steven Spielberg et George Lucas le jeune acteur qui avait joué son fils dans Mosquito Coast, River Phoenix. Pour justifier ce choix il déclare : « Celui qui me ressemble le plus à cet âge, c'est River ». Sur le plateau l'ambiance est enjouée, comme pour la séquence où Indy et son père parlent à bord du Zeppelin. Harrison Ford et Sean Connery la jouent sans pantalon à cause de la chaleur qui règne. Harrison Ford, qui a pris l'habitude de faire une grande partie de ses cascades, se retrouve suspendu au canon d'un tank et contre une paroi en pierre pendant que les accessoiristes lui jettent des morceaux d'argile au fur et à mesure que l'engin avance. Il doit également recommencer maintes fois une course de cheval à cause de son chapeau qui s'envole, car il est inimaginable qu'Indiana Jones perde son chapeau. Après un tournage sans problème majeur, le film sort en mai 1989 et est, comme les précédents, un succès commercial.

Un quatrième volet est évoqué depuis 1994, mais les emplois du temps surchargés de Ford, Lucas et Spielberg repoussent sans arrêt la mise en chantier du film. Après avoir hésité à faire ce nouvel épisode, Harrison Ford fini par proposer à Steven Spielberg de le faire : « Pourquoi ne pas faire un autre de ces films ? Le public est demandeur ». Il fini par convaincre George Lucas et le projet est lancé. C'est le 10 septembre 2007 qu'est enfin dévoilé le titre de ce nouvel opus : Indiana Jones et le Royaume du crâne de cristal. L'action du film se déroule pendant la guerre froide, avec un Indiana Jones vieillissant. Malgré son âge avancé, Harrison Ford se soumet à un entraînement et un régime très stricts pour revenir en forme. Ainsi, il peut réaliser lui-même la plupart de ses cascades. Le film est présenté le 18 mai 2008 en avant-première au festival de Cannes, 19 ans après la dernière aventure. Harrison Ford n'avait pas remonté les marches depuis 1989 pour Working Girl. Le box-office témoigne de l'attente suscité par le public. Avec près de 800 millions de dollars engendrés dans le monde entier, Indiana Jones et le Royaume du crâne de cristal est le plus gros succès de la série.

Dans ce film de Ridley Scott, d'après le roman de Philip K. Dick, Harrison Ford incarne Rick Deckard, un détective privé désabusé et cynique. Son interprétation y est intense tout en donnant une image vulnérable au personnage. L'ambiguïté morale du personnage est l'un des atouts du film. On en vient à se demander si Deckard est humain. En effet, l'empathie qu'il manifeste lors de ses actions exécutoires envers les réplicants, rappelle justement celle de ses proies.

Le premier acteur envisagé par le scénariste Hampton Fancher est Robert Mitchum. D'autres noms viennent ensuite s'ajouter à la liste des potentiels Rick Deckard comme Dustin Hoffman, Peter Falk, Al Pacino, Nick Nolte ou Burt Reynolds. Finalement, Harrison Ford est suggéré à Hampton Fancher, qui est également producteur du film. La production contacte Steven Spielberg, qui est sur le montage des Aventuriers de l'arche perdue, pour avoir des renseignements sur l'acteur. La réponse du réalisateur est sans équivoque : « C'est une grande star maintenant ». Suite à cela, Ridley Scott part à Londres voir les rushes du film de Steven Spielberg et trouve Harrison Ford parfait.

La vedette est intéressée par le film mais la lecture du premier scénario le laisse perplexe à cause de la présence d'une voix-off racontant aux spectateurs ce qu'ils ne verront pas de l'investigation de Deckard. Il veut que l'on voit les choses plutôt qu'elles ne soient racontées. Des tensions s'établissent entre le réalisateur et son interprète principal, Ridley Scott ayant tendance à se soucier plus des décors que de ses acteurs,. C'est ainsi que le personnage joué par Edward James Olmos est créé pour combler une erreur de conception : le cockpit du véhicule que Harrison Ford doit piloter se trouve être trop étroit pour lui. L'idée retenue est d'embaucher un acteur plus petit pour piloter l'engin. Edward James Olmos est l'acteur qui conduit tandis que Harrison Ford est recroquevillé sur le siège passager.

Malgré les divergences, Harrison Ford s'implique tant qu'il le peut. Dans la scène où il se bat avec Daryl Hannah, il insiste pour qu'elle ne simule pas. Elle s'exécute et lui fourre les doigts dans le nez, a tel point qu'il se retrouve en sang à la fin des prises. Au final, c'est certainement par son mal-être au moment du tournage que Harrison Ford donne une dimension dramatique à son personnage.

Après les projections tests, l'interprétation de Harrison Ford est mal accueillie par les spectateurs. En effet, son image est celle du héros sans peur et sans reproches depuis ses rôles de Han Solo et d'Indiana Jones et les fans ne le supportent pas dans le rôle d'un personnage quelque peu lâche. Pour ces raisons (et d'autres purement commerciales), les producteurs font remonter le film pour simplifier l'histoire et éliminer des thèmes parallèles. La fin est modifiée, transformant l'esprit du dénouement original.

Malgré son désaccord, l'acteur est contraint par contrat d'enregistrer la voix-off qui aiguillera le spectateur dans sa compréhension du film, ce qui est un vrai supplice pour lui. Après la lecture de six versions différentes de la narration, la lassitude du travail demandé est ressentie par sa voix monocorde que l'on entend dans le film.

Le film sort en 1982, les critiques ne sont pas tendres et c'est un échec commercial. Le rôle complètement différent de Harrison Ford par rapport aux précédents et la noirceur du film en sont les principaux facteurs. Mais il est également éclipsé par la sortie quelques jours plus tôt de E.T. l'extra-terrestre, de Steven Spielberg.

Cependant, Blade Runner gagne son statut de film culte au fil des années, grâce notamment à la sortie de versions plus proches de la vision du réalisateur (Director's cut). Aujourd'hui, une question reste en suspens : Rick Deckard, est il un réplicant ? Ridley Scott répond oui alors que Harrison Ford soutient le contraire.

Après La Guerre des étoiles, Harrison Ford tourne plus régulièrement qu'auparavant grâce au statut qu'il vient d'acquérir. Il est engagé pour le film Héros qui est réalisé par Jeremy Kagan, un ami de George Lucas. Il a pour partenaire Henry Winkler et campe Ken Boyd, un jeune homme avec des rêves plein la tête. Les critiques saluent sa performance pour un personnage qu'il avoue adorer mais le film passe inaperçu et ne lui permet pas d'accentuer sa notoriété.

Le besoin d'argent se faisant de nouveau ressentir, il réussit à obtenir l'un des rôles principaux de L'ouragan vient de Navarone, la suite de Les Canons de Navarone. Le film, sorti en 1978 et dans lequel il partage l'affiche avec Robert Shaw, est un échec aux États-Unis, mais le nom de la nouvelle vedette attire le public en France ce qui permet à L'ouragan vient de Navarone de faire un nombre d'entrées proche du million.

L'année suivante sort Apocalypse Now de Francis Ford Coppola, où il apparait dans une seule séquence. Il interprète le Colonel Lucas qui transmet l'ordre de mission du Capitaine Willard, joué par Martin Sheen. Bien que ce film sort en 1979, Harrison Ford a en fait tourné sa scène durant l'année 1976, avant d'être connu pour son rôle de Han Solo.

Cette même année sort Guerre et Passion de Peter Hyams. Il y interprète David Halloran, un pilote américain posté en Angleterre pendant la Seconde Guerre mondiale, qui tombe amoureux d'une infirmière anglaise et qui a pour mission d'escorter en France un agent du service de renseignements britannique (joué par Christopher Plummer) s'avérant être le mari de celle-ci. Ce rôle lui permet d'expérimenter son jeu pour la première fois dans des genres romantique et dramatique. Le film est un échec et ne permet pas à Harrison Ford de confirmer ses prédispositions à tenir une tête d'affiche.

Son film suivant est Un rabbin au Far West, une comédie de Robert Aldrich. La « gentille pression » de son fils Willard et son propre souhait de retrouver les tournages américains après deux films en Angleterre, le fait accepter le rôle du cow-boy Tommy Lillard. Il joue aux côtés de Gene Wilder, un acteur qui a collaboré à plusieurs reprises avec Mel Brooks. La comédie n'étant pas le domaine de prédilection du réalisateur, le film ne répond pas aux attentes qu'on y avait placées, mais attire tout de même plus que Guerre et Passion.

Il reprend ensuite son rôle de Bob Falfa pour une petite apparition non créditée dans la suite de American Graffiti. La consécration arrive par ses prestations dans la suite de la saga La Guerre des étoiles puis se confirme avec les aventures d'Indiana Jones. Après le tournage de Blade Runner, il participe à celui d'E.T. l'extra-terrestre dans lequel il joue le proviseur de l'école qui convoque Elliott après le déclenchement de la rébellion en salle de classe. Dans cette scène il est filmé de dos et on ne voit pas son visage. Cette séquence est finalement coupée au montage initial et n'est pas intégrée dans la version du 20e anniversaire du film car Steven Spielberg ne veut pas apporter trop de changement par rapport à l'original qu'il considère comme un de ses films « les plus parfait ».

En 1985, sa carrière prend un nouveau tournant avec Witness de Peter Weir. Il met de côté les super productions à grand spectacle et campe le rôle de John Book, un policier en charge de la protection d'un jeune Amish. Avant le tournage, il prépare méticuleusement son rôle de policier en suivant quelques temps la brigade criminelle de Philadelphie avec qui il effectue des patrouilles de nuit. Ce film lui permet de s'intéresser à la psychologie de son personnage qui fait face à un choc de culture en se retrouvant dans une communauté Amish. De protecteur, il se retrouve lui-même protégé, s'intégrant progressivement à la façon de vivre de ses hôtes et tombe amoureux de la mère du jeune témoin, jouée par Kelly McGillis. Dans le film, avant la construction d'une grange, une référence à son passé est glissée quand l'actrice lui demande s'il connaît la charpenterie et qu'il répond « un peu ». Cette interprétation lui vaut une première reconnaissance par ses pairs avec des nominations de meilleur acteur dans diverses cérémonies.

En 1986, il joue de nouveau pour Peter Weir dans ce qui semble être pour lui son meilleur rôle : Allie Fox dans Mosquito Coast. Il y incarne un père de famille inventeur et maniaque qui se laisse absorber par ses idéaux. Le rôle d'un de ses fils est tenu par River Phoenix, avec qui il partagera le rôle d'Indiana Jones quelques années plus tard dans Indiana Jones et la Dernière Croisade.

De Mosquito Coast à À propos d'Henry, en passant par Frantic, Harrison Ford confirme son orientation prise depuis Witness avec des rôles aux caractères singuliers dans des films forts. En 1989, il se voit proposer le rôle de Jack Ryan pour jouer dans À la poursuite d'Octobre Rouge, adaptation du roman de Tom Clancy. Mais préférant le rôle du Commandant Marko Ramius, déjà réservé pour Sean Connery, il décline l'offre. Au final, le rôle est obtenu par Alec Baldwin. C'est en 1992, après s'être désengagé d'un projet de la Paramount, qu'il récupère le rôle de l'agent de la CIA, laissé vacant par Alec Baldwin qui préfère jouer sur scène à Broadway. Harrison Ford interprète alors le héros de Tom Clancy dans le diptyque Jeux de guerre (1992) et Danger immédiat (1994) réalisé par Phillip Noyce. Le scénario de Jeux de guerre doit être réadapté pour le nouvel acteur car il faut passer d'un agent de 35 ans à un autre de 50. Ce premier film est l'occasion de mettre plus en avant le personnage de Jack Ryan et sa famille après un rôle secondaire dans Octobre Rouge. Harrison Ford impose un personnage vulnérable, l'opposé d'un héros d'action sans crainte et sans reproche, ce qui correspond à l'analyste de la CIA et au père de famille qu'est le personnage. Le scénario de Danger immédiat est lancé en même temps que celui de Jeux de guerre et c'est au milieu du tournage de celui-ci que le deuxième film est confirmé. Les deux films sont des succès.

En 1993, entre les deux aventures de Jack Ryan, Harrison Ford redonne un coup de fouet à sa carrière en tournant dans Le Fugitif de Andrew Davis, adaptation de la série télévisée homonyme. Il incarne le docteur Richard Kimble accusé à tort du meurtre de sa femme. Une traque impitoyable, engagée par un marshal (Tommy Lee Jones), mène Kimble jusqu'à Chicago où il va tout faire pour prouver son innocence. Le film est un succès mondial qui propulse Harrison Ford au sommet de la hiérarchie des acteurs les plus populaires de Hollywood et qui permet à Tommy Lee Jones d'obtenir l'Oscar du meilleur acteur dans un second rôle.

En 1995, il reprend le rôle de Linus Larrabee dans le Sabrina de Sydney Pollack, initialement tenu par Humphrey Bogart dans le film original de Billy Wilder. Après une année sans tourner, Ennemis rapprochés sort sur les écrans en 1997. Harrison Ford y partage la vedette avec Brad Pitt dont la carrière commence réellement à prendre de l'envergure. Le film, dont la thématique est la trahison du mentor par son protégé, est un échec.

Cette même année sort Air Force One, réalisé par Wolfgang Petersen. Le scénario est écrit pour Kevin Costner mais celui-ci n'est pas disponible quand le film est prêt à être lancé. C'est lui qui suggère à la production le nom de Harrison Ford pour le remplacer. Une fois l'affaire entendue, Wolfgang Petersen propose Gary Oldman à son interprète principal, pour jouer le terroriste qui détourne Air Force One. Pour le rôle de la vice-présidente le réalisateur veut dès le début Glenn Close, mais il redoute un refus pour ce petit rôle. Harrison Ford étant du même avis que lui pour l'attribution de ce rôle, se charge lui-même de le proposer à l'intéressée. C'est lors d'un dîner de charité dans le Wyoming, où ils habitent tous les deux, que Harrison Ford fait la proposition à l'actrice. À ce dîner se trouve également Bill Clinton qui apprécie l'idée d'une femme vice-présidente. C'est sur les encouragements du président que Glenn Close accepte le rôle. Bill Clinton, très enthousiaste à propos du film (qu'il verra deux fois en trois jours après sa sortie), invite une petite partie de l'équipe du film, dont le réalisateur et Harrison Ford, à bord du véritable avion présidentiel afin de faire des repérages pour la reconstitution intérieure de l'avion pour le film. Pour sa scène de discours au début du film, Harrison Ford doit apprendre un texte en russe, une langue qu'il ne connait pas malgré ses origines de Minsk. Les seules scènes qu'il partage avec Glenn Close sont des dialogues au téléphone et généralement c'est un assistant qui donne la réplique au téléphone à l'acteur, mais il fait le déplacement (tout comme Gary Oldman) pour le faire lui-même et ainsi donner une meilleure base de travail à l'actrice. C'est en contraste avec le film en lui-même, que le tournage se déroule dans une ambiance enjouée, au point que l'équipe surnomme le film « Air Force Fun ». Dans les scènes de bagarre, qu'il considère comme ses meilleures, l'acteur n'est pas doublé par un cascadeur. Dans la scène où il est pour la première fois face au terroriste joué par Gary Oldman, celui-ci lui assène un coup au visage. Harrison Ford insiste pour qu'il ne simule pas le coup porté. Le lendemain de cette scène, qui a nécessité 13 prises (donc 13 coups au visage), Harrison Ford arrive sur le plateau avec le visage marqué, obligeant Wolfgang Petersen à le filmer d'un angle permettant de cacher les séquelles. Le film met en scène le président des États-Unis, ancien soldat de la guerre du Viêt Nam et distingué par la Médaille d'Honneur, faisant face à un commando terroriste Russe qui détourne Air Force One. Habituellement, dans les thrillers ou les films d'action, le Président est le personnage protégé mais dans Air Force One il se change en « homme d'action », ce qui donne un aspect pro-américain au film. Après un tournage de 75 jours, le film sort lors de la période estivale et profite de son statut de blockbuster pour rencontrer un gros succès sur le sol américain.

L'été 1998 voit le retour de l'acteur dans une comédie avec 6 jours, 7 nuits d'Ivan Reitman où il interprète un pilote d'avion bougon. Son film suivant, L'Ombre d'un soupçon de Sydney Pollack, est un échec cuisant. Il interprète un sergent de police qui enquête sur les circonstances de la mort de sa femme lors d'un crash aérien et découvre qu'elle était accompagnée d'un homme. Son enquête le mène jusqu'à l'épouse de ce dernier (jouée par Kristin Scott Thomas) avec qui une relation forte et particulière s'installe.

En 1999 sort le dernier film de Stanley Kubrick, Eyes Wide Shut. Le réalisateur pense à Harrison Ford pour jouer le personnage principal. C'est finalement Tom Cruise qui décroche le rôle du docteur Harford, nom qui est un mixte de Hertford (ville où Kubrick vit) et de Harrison Ford.

Harrison Ford est choisi par Robert Zemeckis pour jouer dans son prochain film. Le concept très différent des autres films auxquels il a pu participer l'attire, ainsi que le soin apporté à la construction du scénario et l'originalité de son personnage. Apparences sort sur les écrans en 2000 et la vedette dévoile une nouvelle facette de son jeu d'acteur en incarnant l'un de ses rares rôles de « méchants », loin du héros des films d'actions habituels pour lui. Il joue le rôle de Norman Spencer et sa femme est interprétée par Michelle Pfeiffer ; celle-ci est prise de visions qui compromettent la tranquillité du couple. Ce thriller fantastique, qui est un hommage au cinéma d'Alfred Hitchcock, rencontre un très grand succès et permet à Harrison Ford de retrouver les sommets du box-office.

Durant cette même période il refuse plusieurs rôles dans des films à succès tel que Traffic, En pleine tempête ou encore The Patriot, le chemin de la liberté. Pour ce dernier, son choix est motivé par la violence montrée et notamment un infanticide.

Il faut attendre deux années avant de le revoir sur le grand écran. K-19 : Le piège des profondeurs sort en 2002 réalisé par Kathryn Bigelow. Pour ce film, en plus d'être l'interprète principal, il s'essaie en tant que producteur délégué et prend sa fonction très à cœur en s'impliquant dans le développement de l'histoire et tous les autres aspects de la production. Le film, qui relate un fait historique durant la guerre froide, lui offre l'un de ses meilleurs rôles. Il joue un commandant de sous-marin nucléaire russe, le K-19, dont la prise de fonction semble contestable. La place de commandant qu'il prend au capitaine Mikhail Polenin (Liam Neeson), qui lui se retrouve second, font de lui un personnage antipathique. L'attitude de son personnage contraste avec celle de son acolyte qui est plus proche de ses hommes. Puis il se retrouve confronté au regard de son équipage suite à une fuite de réacteur. Mais cette antipathie se transforme en héroïsme du fait de la tournure des évènements. Le film, malgré le grand soin apporté à la production, est le plus gros échec de Harrison Ford depuis qu'il est en haut de l'affiche.

Harrison Ford est ensuite pressenti pour interpréter le rôle de Bob Barnes dans Syriana (finalement joué par George Clooney, qui remporte un Oscar pour ce rôle), mais il refuse. Une décision qu'il regrette après coup. Suivent deux autres désillusions pour l'acteur. D'abord avec Hollywood Homicide qui réussit l'exploit d'engendrer encore moins d'argent que K-19, puis avec Firewall qui obtient un accueil mitigé. C'est finalement avec Indiana Jones et le Royaume du crâne de cristal, que Harrison Ford retrouve le sommet du box-office.

Son prochain film, Crossing Over, devrait sortir en 2009. Il y partagera la vedette avec Ray Liotta et Ashley Judd.

Le métier d'acteur est d'après lui rien de plus qu'un « boulot » et qu'il n'a pas vocation à rendre le spectateur heureux mais plutôt à l'aider à devenir plus altruiste. Contrairement à ses débuts où il reproche aux producteurs de ne pas le laisser assez s'exprimer, il se qualifie de « serviteur de l'histoire » et qu'il interprète ce qu'on lui dit. Il ne se considère pas comme une star mais comme quelqu'un qui a eu beaucoup de chance en début de carrière et encore plus pour être toujours en haut de l'affiche, ce qui n'est pas l'avis du réalisateur Mike Nichols qui le considère comme la « Ferrari des acteurs ».

Le rôle dans Star Wars permet à Harrison Ford d'accéder au devant de la scène. Pour ce film, la critique est enthousiaste pour son interprétation rafraîchissante de Han Solo qui mêle sarcasme et humour. Pour certains, il réussit à rendre son personnage comme le plus cohérent du film. Le choix de ses films fait l'unanimité, car malgré des scénarii ou des interprétations loin d'être innovantes, il semble comprendre ce que le public recherche au cinéma. Son faible nombre de nominations aux Oscars reflète cette tendance à privilégier le spectacle plutôt qu'une grande performance d'acteur. Après Indiana Jones, les journalistes spécialisés commencent à douter de ses capacités à jouer autre chose qu'un héros digne des bandes dessinées, mais il réussit à sortir de cette image stéréotypée avec Witness, qui lui vaut d'ailleurs sa seule nomination aux Oscars. Dans Mosquito Coast, il confirme cette nouvelle trajectoire prise dans sa carrière avec une prestation « géniale ». Après des interprétations « bouleversantes » dans À propos d'Henry et Présumé innocent, son rôle de prisonnier en cavale dans Le Fugitif conquiert tout le monde. Sa prestation d'un homme ordinaire traqué sans relâche est qualifiée de « formidable » tant ses expressions émotionnelles et physionomiques sont justes. Les années passent et l'accumulation des rôles de « good guy » sans peur et sans reproche semble le décrédibiliser. Il s'essaye à la comédie avec 6 jours, 7 nuits mais son rôle d'aventurier bougon ne convient plus à une personne de son âge (56 ans au moment du film). Son changement de registre pour Apparences est salvateur. Il est très convaincant en « méchant ». Son rôle dans Firewall est moyennement accueilli. Son jeu est juste mais le personnage vieillissant au cœur d'un film d'action donne l'impression amère de déjà-vu. Avant la première de Indiana Jones et le Royaume du crâne de cristal au festival de Cannes, la critique est plutôt enthousiaste de retrouver sur le grand écran l'aventurier, surtout ceux qui ont grandit avec lui. La performance de Harrison Ford en vieux baroudeur n'est pas remise en cause à l'inverse du film qui est parfois « accusé » de suffisance par rapport aux anciens opus,,.

Sauf mention contraire, la filmographie est établie en fonction de ses apparitions aux génériques des films.

Les films dans lesquels Harrison Ford tient un rôle majeur ont engendré plus de trois milliards de dollars. Onze de ces films ont dépassé la barre des 100 millions de dollars. Les films qui l'ont mené au sommet du box-office sont principalement issus de sa collaboration avec George Lucas. La Guerre des étoiles et la saga Indiana Jones cumulent à eux seul près de deux milliards de dollars. Blade Runner, aujourd'hui considéré comme culte, est déficitaire.

Avant le dernier volet d'Indiana Jones, Harrison Ford reste sur quatre échecs. L'Ombre d'un soupçon, K-19 : Le piège des profondeurs, Hollywood Homicide et Firewall n'ont pas réussi à attirer les spectateurs et n'ont pas pu mettre à profit les investissements mis en œuvre à leur production. Les trois premiers cités finissant déficitaires, tout comme l'ont été Sabrina et Ennemis rapprochés.

Harrison Ford occupe la quatrième place du classement des acteurs les plus prolifique du box-office américain. Il est devancé par Frank Welker, Samuel L. Jackson et Tom Hanks.

Les films de l'acteur ont cumulés plus de 58 millions de spectateurs dans l'Hexagone. Quinze de ces films ont atteint plus de 1 million d'entrées et sept ont dépassés les 4 millions de billets vendus. Son plus gros succès est La Guerre des étoiles, suivi de près par Les Aventuriers de l'arche perdue et Indiana Jones et la Dernière Croisade. Ces trois films culminent à plus de 6 millions d'entrées.

Certains films qui n'ont pas tellement séduit aux États-Unis ont eu plus de succès en France, comme Blade Runner ou Frantic. Comme aux États-Unis, Harrison Ford doit attendre Indiana Jones et le Royaume du crâne de cristal pour retrouver le succès qui lui échappe depuis Apparences.

Harrison Ford épouse Mary Marquardt le 18 juin 1964. Ensemble, ils ont deux garçons : Benjamin, né le 22 septembre 1967 et Willard, né le 14 mai 1969. Ils divorcent en 1979. Aujourd'hui atteinte de sclérose en plaques, Mary est soutenu psychologiquement et financièrement par l'acteur. Ainsi, il lui achète une maison et prend en charge son traitement et tous les frais médicaux qui lui sont nécessaires.

Le 14 mars 1983, il épouse la scénariste Melissa Mathison avec laquelle il a un fils, Malcolm, né le 10 mars 1987, et une fille, Georgia, née le 30 juin 1990. Ils divorcent après plus de 20 ans de mariage, le 6 janvier 2004. Ce divorce est l'un des plus coûteux d'Hollywood.

Harrison Ford vit actuellement avec l'actrice Calista Flockhart qui est maman d'un garçon prénommé Liam, qu'elle a adopté le 1er janvier 2001.

Dès son adolescence, Harrison Ford côtoie la nature de près en assistant de temps à autres un garde forestier. En achetant son ranch de Jackson, dans le Wyoming, il prend vraiment conscience de l'importance de préserver notre planète. Il cède ainsi près de la moitié de ses terres au Jackson Hole Land Trust à des fins de conservation de la nature.

Harrison Ford siège au conseil d'administration de la Conservation International depuis 1991, et il est l'un des « gardiens volants » de la Riverkeeper, une organisation dont le but est d'identifier et poursuivre en justice les pollueurs du fleuve Hudson. En 2003, il reçoit le « Prix Lindbergh » pour ses patrouilles en hélicoptère au dessus du fleuve.

Le 6 octobre 2006, il est honoré du « Jules Verne Spirit of Nature Award » remis par l'association Jules Verne Aventures, pour son engagement pour la protection de notre planète.

En avril 2008, dans un spot publicitaire, il s'épile le torse avec de la cire, pour dénoncer symboliquement la déforestation des forêts tropicales,. Ce geste attire l'attention et permet de mettre en lumière un point critique de la déforestation.

Son action écologique est aussi récompensée par diverses distinctions, dont le « Prix mondial du citoyen écologique » de la Faculté de médecine de Harvard ou le « Prix mondial d’écologie » du Centre international pour l’écologie tropicale, mais la récompense la plus insolite reste le baptême d'une fourmi native du Honduras et de Belize, sous le nom de « Pheidole harrisonfordi »,.

Comme ses parents, Harrison Ford est un démocrate de longue date. En 2003, il condamne publiquement la Guerre d'Irak et appelle à un changement de gouvernement aux États-Unis. Il accuse Hollywood de produire trop de films violents. Il est également pour un plus grand contrôle des armes à feu dans le pays.

L'acteur s'oppose à la réélection du gouverneur de Californie, Gray Davis mais avertit que le remplacer par Arnold Schwarzenegger serait une erreur.

En 2007 pour Thanksgiving, lui et Calista Flockhart se joignent à Kirk Douglas pour servir des repas chauds aux sans-abris de Los Angeles. Cette action permet de ne pas faire oublier que Los Angeles est la ville qui compte le plus de sans-abris aux États-Unis.

Depuis des années, Harrison Ford soutient également la cause des Tibétains et de son chef spirituel, le Dalaï-lama. Le 7 septembre 1995, il intervient au Congrès pour témoigner de son expérience du Tibet. En 2007, il matérialise de nouveau ce soutien en étant le narrateur du documentaire Dalai Lama Renaissance. Ce film témoigne de la rencontre du Dalaï-lama avec des « penseurs » occidentaux à Dharamsala qui abordent ensemble les questions de savoir comment changer le monde et comment résoudre ses problèmes.

Après avoir joué l'archéologue au cinéma, Harrison Ford soutient désormais le travail des archéologues professionnels. Depuis 2008, il siège au conseil d'administration de l'institut archéologique américain (AIA) en tant qu'administrateur général. Sa nomination est dûe, d'après le président de l'AIA, « à son rôle significatif qui a stimulé l'intérêt du public pour les explorations archéologiques ». Suite à son intégration à l'organisation, l'acteur déclare que « la connaissance est pouvoir et que comprendre le passé nous aide a faire le présent et le futur ».

Cependant, cette nomination fait polémique au sein de la profession. Oscar Muscarella, ancien curateur du Metropolitan Museum of Art et pourfendeur du trafic d'antiquités, estime que l'image d'Indiana Jones et donc de Harrison Ford est l'inverse de ce qu'est un vrai archéologue. En faisant référence à l'intervention du président de l'AIA, il déclare qu'« Indiana Jones est l'antithèse de l'archéologue. Il a en fait joué un rôle en stimulant les destructeurs de sites et les pilleurs qui approvisionnent les musées en antiquités ».

Le rôle de l'acteur est d'aider l'organisation, via sa popularité, à sensibiliser l'opinion publique aux problèmes posés par le pillage et le trafic d'antiquités.

Harrison Ford commence à prendre des cours de pilotage dans les années 1960. Il vole sur un biplan TriPacer, mais le prix de 11 $ de l'heure est trop élevé pour qu'il puisse continuer l'apprentissage. Son intérêt pour le pilotage renaît au milieu des années 1990 quand il achète un Gulfstream II. Il demande alors à un pilote expérimenté, Terry Bender, de lui donner de nouvelles leçons de pilotage. Les leçons commencent sur un Cessna 182, pour ensuite passer sur un Cessna 206. Il obtient finalement son brevet de pilotage en 1996 et étend, par la suite, sa pratique au pilotage d'hydravions et d'hélicoptères.

Dans le cadre de sa participation avec les autorités locales pour des interventions d'urgence, il secourt un randonneur isolé pris de déshydratation. Il assiste également le service de secours du Comté de Teton pour d'autres sauvetages en montagne.

Le 23 octobre 1999, Harrison Ford est victime d'un crash en hélicoptère lors d'un vol d'entraînement de routine au dessus du Lac Piru, près de Santa Clarita en Californie. Lors d'une tentative d'autorotation, il perd de l'altitude et percute violemment le sol. Ni lui, ni son instructeur ne sont gravement blessés. Quand, lors de son émission de télévision, James Lipton demande à Harrison Ford ce qu'il s'est passé, celui-ci répond simplement : « Je l'ai cassé ».

En mars 2004, Harrison Ford devient le président des Young Eagles, un programme de l'Experimental Aircraft Association (EAA) qui consiste à initier les enfants à l'aviation. Il est invité par le vice-président de la EAA à remplacer Chuck Yeager, parti à la retraite. Harrison Ford a, depuis sa première participation au programme en 2001, volé avec plus de 250 enfants.

C'est sur le tournage de 6 jours, 7 nuits qu'il essaye le « Beaver » pour la première fois. Suite à ça, il en achète un et le restaure.

Sauf mention contraire, les sources sont en français.

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Indiana Jones

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Indiana Jones est un personnage de fiction créé par George Lucas dans le film Les Aventuriers de l'arche perdue réalisé par Steven Spielberg en 1981. Il est interprété au cinéma par Harrison Ford.

Il est aussi le héros d'une saga cinématographique, d'une série télévisée, de téléfilms, d'une série de romans et de bandes dessinées ainsi que de jeux vidéo, jeux de rôle, jouets et attractions.

Ses aventures se déroulent principalement au début du XXe siècle avec comme toile de fond la Première et la Seconde Guerre mondiale. Le récit de ses premières aventures mêle fiction et réalité, Indy rencontrant des personnages ayant réellement existé. Dans ses aventures en tant qu'adulte, sa vie est rythmée par la recherche et découverte de reliques légendaires tout en étant confronté à des mythes et croyances diverses.

Indiana Jones, fils de Anna et Henry Jones, naît le 1er juillet 1899 à Princeton dans le New Jersey sous le nom de Henry Walton Jones Junior. Son père, d'origine écossaise, est professeur de littérature médiévale diplômé de l'université d'Oxford. Encore dans le berceau, ses parents lui présentent son premier compagnon, un jeune Malamute de l’Alaska baptisé Indiana. En 1905, il décide d'adopter le nom de son chien pour se différencier de son père avec qui il partage la même identité. Celui-ci continuera malgré tout de l'appeler « Junior » jusqu'à l'âge adulte. À partir de 1908, Indiana suit son père qui donne des conférences à travers le monde. Ces voyages incessant ne lui permettent pas d'être inscrit à l'école et il est donc suivi par une préceptrice.

C'est en Égypte qu'Indiana Jones découvre l'archéologie. Pendant que son père donne une conférence à l'université du Caire, lui et sa préceptrice visitent les pyramides. Estimant ne pas être assez bien payé, le guide qui les accompagne vole leurs chameaux et les abandonne sur place. Esseulés et ne sachant que faire, un visage familier de la préceptrice apparait alors, c'est T.E. Lawrence. Pendant que les trois campent aux pieds d'une pyramide, Ned (c'est ainsi qu'Indiana appellera Lawrence) fait part au jeune garçon qu'il a l'intention de découvrir et ouvrir une tombe. Après ces paroles Indy veut devenir archéologue. Indiana et son accompagnatrice sont invité par Ned à se joindre à lui et de rallier un secteur proche de la Vallée des Rois où un de ses amis archéologue mène des fouilles. Ils partent le jour suivant. Arrivés sur place, Rasheed Sallam, l'ami de Ned, annonce que les fouilles sur le site sont au point mort à cause de la levée d'une malédiction depuis l'ouverture d'un tombeau par Howard Carter. Les recherches inerte, c'est Indiana qui attire l'attention de tous sur des objets proche de la tombe en question. Howard Carter décide d'explorer le tombeau et laisse Indy être le premier à y pénétrer. Après moult péripéties, le groupe découvre une chambre secrète et constate que la tombe a été récemment profanée. Dans cette pièce, une inscription mentionne un casque représentant un chacal incrusté de pierres précieuses. Il s'avère que le « chacal » a été volé par un membre de l'équipe de Howard Carter et qui a pris la fuite.

Cette expérience est la source de la vocation d'Indiana Jones qui jure de retrouver un jour l'objet.

En 1912, après plusieurs années à voyager à travers le monde, Indiana emménage avec son père dans l'Utah. Cette même année sa mère meurt de la scarlatine et, avec le temps, le jeune garçon s'habitue au peu de communication avec son père. À son arrivée dans ce nouvel état, Indy intègre une troupe de scouts avec laquelle il part pour un bivouac au parc national des Arches. Sur place il entreprend une excursion et surprend une bande de pilleurs prenant possession de la croix de Coronado. Estimant sa place dans un musée, il s'empare de l'objet et réussi à prendre la fuite. Les voleurs à ses trousses, Indiana réussi à prendre un train en marche. Les hommes le rejoignent sur ce train, qui se trouve être celui d'un cirque, et le traque. C'est lors de cette poursuite qu'Indiana voit naître en lui sa peur des serpents quand il tombe dans une fosse remplie de serpents. Après s'être échappé du piège des reptiles, il se retrouve face à un lion menaçant. S'emparant d'un fouet à proximité, il s'inflige une blessure au menton (l'origine de sa cicatrice) et réussit à garder l'animal à distance. Il s'échappe de nouveau et arrive chez lui mais il est contraint de rendre la croix au chef de la bande des voleurs qui l'a retrouvé. Ce dernier lui offre son Borsalino en lui glissant des mots d'encouragement.

En mars 1916, Indiana Jones et son père rendent visite à des membres de leur famille au Nouveau-Mexique. Indy retrouve son cousin Frank qui l'emmène en virée pour voir des jeunes filles. Sur le chemin, ils se retrouvent au milieu d'un règlement de compte entre révolutionnaires mexicains. Après avoir écarté des bandits d'une femme en détresse, Indiana est capturé puis sur le point d'être exécuté par les révolutionnaires. C'est finalement à Pancho Villa qu'il doit son salut pour l'avoir libéré au dernier moment. Suite à ça, l'adolescent rejoint les troupes de ce dernier et prend part à la révolution. Il fait la rencontre d'un belge s'appelant Rémy Baudouin avec qui il se lie d'amitié. Après avoir prit connaissance des raisons de cette révolution, Indiana décide de se joindre à Rémy qui va retourner en Europe pour se battre à la Grande Guerre. Avant son départ, Indy retrouve la trace du « chacal » dans la région. Il fait ce qui lui semble être son devoir en le récupérant, puis s'envole pour le « vieux continent » avec son ami.

Après une courte étape en Irlande pendant l'insurrection de Pâques, les deux amis se rendent à Londres où se situe le bureau de recrutement de l'Armée belge. Indiana est enrôlé sous le pseudonyme de Henri Defense et part avec Rémy pour la base du Havre.

À la suite de leur entrainement militaire, ils partent combattre en Flandre où les officiers de leur escadron sont tués. Indiana et Rémy sont alors envoyés dans la Somme pour se battre aux côtés des troupes françaises. Ils sont confrontés aux pires horreur de la guerre. Ils sont la cible de tirs, ils sont gazés et exposés au feu des lances-flammes allemand. Après que son escadron ait accompli sa mission, elle est anéanti par une troupe allemande venu riposter. Indiana est capturé après avoir perdu de vue son ami Rémy. Indy est amené dans un camp de prisonniers et s'intègre à un groupe emmené par un certain Charles de Gaulle et préparant une évasion. Après l'échec d'une tentative, ils sont tout les deux transférés dans une prison de haute sécurité mais finissent par s'échapper. Indiana Jones rejoint la base de son unité où il retrouve Rémy. Désirant quitter les tranchées, Indiana devient coursier pour le haut commandement français. Mais suite à des ordres ordonnant le sacrifice de soldats, il sabote sa propre moto pour éviter ce massacre. Il est réexpédié aussitôt dans les tranchées.

La bataille de Verdun terminée, Indiana Jones s'installe à Paris et s'engage dans une relation passionnelle avec Mata Hari. Celle-ci conseille à son jeune amant d'aller se battre en Afrique de l'Est, où les combats sont moins sanglants. En novembre 1916, il part pour l'Afrique avec Rémy.

Indiana Jones est promu lieutenant dans une unité posté à proximité du lac Victoria. Indy devient rapidement un meneur d'homme et combattant sans état d'âme. Pendant une charge, il désobéit délibérément à un ordre de retraite et continue l'offensive. Son initiative permet de remporter la bataille et est nommé capitaine, au grand désarroi de son supérieur hiérarchique. Après plusieurs mois dans cet enfer africain, Indiana perd quasiment toute son unité tombé gravement malade. Tout ces morts lui ouvrent les yeux et il se rend compte que lui et tous les soldats qui se battent sur ce continent sont comme des pantins assouvissant la soif de conquête des hommes blancs. Malade et extrêmement épuisé, Indy décide de rebrousser chemin avec sa poignée d'hommes encore vivants et regegner la côte occidentale. Indiana Jones et ses hommes souffrent de plus en plus de la fièvre au milieu du Congo. Ils doivent leur salut à un médecin allemand, Albert Schweitzer, qui dirige un hôpital de campagne en pleine jungle. Au contact du médecin, Indy retrouve foi en l'humanité et décide de se retirer de cette guerre.

Indiana et Rémy font leur retour en Europe et intègrent les services secret français. Les deux amis sont séparés par leur missions respectives. Rémy retourne en Belgique pour devenir le contact français de la résistance belge, tandis qu'Indy devient éclaireur pour l'escadrille La Fayette. Après plusieurs mois à effectuer toutes sortes de missions et qui l'ont mené en Europe de l'Est, Indiana retourne à l'ouest avant de partir pour Le Caire. Plus tard, il aide son vieil ami T.E. Lawrence à libérer Beersheba de l'invasion britannique. Il enchaîne plusieurs missions mettant à profits ses talents d'espion jusqu'à que l'armistice soit signé le 11 novembre 1918.

Après la guerre, Indiana trouve en rase campagne le corps d'un soldat avec une carte qui semble indiquer l'endroit où se situe un paon en or aux yeux de diamants ayant appartenu à Alexandre le Grand. Cette chasse au trésor le mène de Londres à l'Inde en passant par Alexandrie. Dans les mers du sud chinoises, il fait face à des pirates chinois et se retrouvent abandonnés sur une île. Capturé par des indigènes, Indiana est sauvé par l'anthropologue polonais Bronisław Malinowski. Estimant cette quête sans issue, Indiana décide de rentrer aux États-Unis pour commencer ses études d'archéologie.

Admis à l'université de Chicago en 1920, Indiana Jones suit les cours d'archéologie du professeur Abner Ravenwood et travaille, pendant son temps libre, en tant que serveur dans un restaurant miteux. En 1922, Indiana obtient son diplôme et part étudier la linguistique à la Sorbonne. Dans le courant de cette même année, Indiana est invité par son nouveau professeur d'archéologie à se rendre à Delphes en tant que spécialiste de grec ancien. Malgré lui, Indy se retrouve impliqué dans un complot visant à assassiner Constantin Ier de Grèce et l'oracle de Delphes. Cette aventure marque un tournant dans la vie de l'aventurier qui décide de dédier son existence à l'archéologie.

Indiana termine son cursus en 1925 et trouve son premier poste à l'université de Londres en tant que professeur d'un programme d'été. Il entame une idylle avec une de ses élèves, Deidre Campbell avec qui il part à la recherche du masque funéraire de Camazotz. Indiana épouse Deidre en avril 1926, mais celle-ci meurt lors d'un crash aérien peu de temps après.

Plus tard dans l'année, Indiana rejoint le professeur Ravenwood sur une fouille à Jérusalem. Une profonde amitié se créer entre les deux hommes qui finissent par découvrir le bâton de Ra. Toujours tourmenté par la mort de sa femme, Indiana se laisse emporter dans une romance avec la fille de son ami, Marion. Cette liaison n'est pas du goût du vieux professeur, ce qui pousse Indy à quitter les Ravenwood.

Indiana Jones parcourt le monde et vit un grand nombre d'aventures. En 1927, il retrouve la trace de l'arche de Noé au mont Ararat avant de le voir succomber à une avalanche et être pris au piège de tonnes de neige et de glace. Ses quêtes successives le mènent, entre autres, aux ruines anasazies de l'Utah où est découverte la dernière corne de licorne, puis sur l'île de Pâques où il découvre la « porte d'entrée » d'un monde parallèle. Au début des années 1930, Indiana est confronté à des OVNI, se lance à la recherche de la pierre philosophale, fait face à des géants et des dinosaures.

Dans ses aventures, il est en général vêtu d'une veste de cuir, d'un chapeau Fedora brun, d'une chemise blanche, d'un pantalon brun, et de grosses chaussures brunes et porte à sa ceinture un fouet. On le voit aussi souvent avec un sac de toile en bandoulière. Analyse détaillée du costume d'Indiana.

Lorsqu'il n'est pas en voyage, il porte un costume de ville, avec des lunettes rondes.

Henry Jones Jr., dit « Indiana » (Indiana étant le nom du chien familial) ou « Indy » pour les intimes, est professeur d'archéologie, à la suite de son père le professeur Henry Jones (dont le domaine est la littérature médiévale, comme l'indique Indy dans le troisième épisode).

Contrairement à ce dernier, qui serait plutôt « rat de bibliothèque », il est plutôt « homme de terrain », et n'hésite pas à faire parler les poings et les armes si cela se révèle nécessaire.

D'un naturel plutôt macho, il a un certain succès auprès des femmes ; bon nombre de gens prétendent que sa cicatrice au menton y est pour beaucoup.

Son plus grand point faible (excepté les femmes) est une herpétophobie due vraisemblablement à sa chute dans un bac de serpents dans sa jeunesse, décrite dans le troisième opus.

C'est avant la création de La Guerre des étoiles que George Lucas imagine l'histoire d'un aventurier dont le récit serait inspiré des serials de son enfance. Ce héros serait un archéologue dont les aventures le mèneraient à la recherche de reliques aux pouvoirs surnaturels. George Lucas choisit finalement de se concentrer sur son film « galactique » et met de côté son histoire d'aventurier. Il propose tout de même le projet à Philip Kaufman, un scénariste et réalisateur, qui est aussitôt enthousiaste. Ils travaillent ensemble sur une ébauche du scénario et c'est Philip Kaufman qui propose l'Arche d'alliance comme centre d'intérêt du film. Au bout d'un mois de travail sur l'histoire, le scénariste est engagé par Clint Eastwood pour son film Josey Wales hors-la-loi et ne peut donc plus travailler sur le film de George Lucas. L'archéologue est de nouveau mit au placard par son créateur qui retourne s'occuper de son space opera.

Peu de temps après la sortie de Star Wars, George Lucas et Steven Spielberg attendent les résultats du box office sur une plage hawaïenne. C'est après avoir appris le succès du film que Steven Spielberg fait part à son ami de vouloir réaliser un film de James Bond, tendant une perche à George Lucas qui lui rétorque « j'ai mieux! Les Aventuriers de l'arche perdue ». Le projet est relancé pour de bon.

Pour créer le personnage d'Indiana Jones, Spielberg s'est en partie inspiré de l'œuvre d'Hergé : « une partie d'Indiana Jones provient des livres (de Hergé) », a-t-il commenté.

Ses aventures l'ont conduit aux quatre coins du monde et l'ont fait se confronter à une secte secrète en Inde (dans Indiana Jones et le temple maudit), et surtout aux nazis et à leur armée (dans Les Aventuriers de l'arche perdue et Indiana Jones et la dernière croisade) ainsi qu'aux communistes dans le denier volet de la tétralogie (Indiana Jones et le Royaume du crâne de cristal).

George Lucas choisit le nom de Indiana Smith pour son nouveau personnage. Comme pour Chewbacca, c'est son chien qui l'inspire et pour cause, il s'appelle lui-même Indiana. Cette référence sera d'ailleurs reprise dans Indiana Jones et la Dernière Croisade. Cependant le nom de famille ne convient pas à Steven Spielberg, son compère lui propose alors dans la foulée Indiana Jones.

Steven Spielberg pense immédiatement à Harrison Ford pour jouer ce héros digne de Allan Quatermain, mais George Lucas est contre. En effet, en plus de n'être pas favorable à l'idée de reprendre un acteur qu'il a déjà fait jouer, il craint qu'une confusion soit faite entre ce nouveau personnage et Han Solo de La Guerre des étoiles. Plusieurs acteurs sont alors approchés pour le rôle, dont Nick Nolte et Peter Coyote. Finalement, après un casting plus que concluant, c'est Tom Selleck qui est choisi pour incarner l'aventurier. Mais il doit finalement refuser le rôle à cause de son contrat qui le lie à la série Magnum. Après ce faux-bond, Steven Spielberg persuade George Lucas que Indy est taillé pour Harrison Ford. L'acteur et le réalisateur sont mis en relation par George Lucas et malgré l'hésitation de signer pour trois films, l'acteur accepte l'offre. Indiana Jones est né.

Dans le prologue de Indiana Jones et la Dernière Croisade, River Phoenix incarne Indiana Jones à 13 ans. Plusieurs acteurs prêtent ensuite leur traits à l'archéologue à différents âge dans la série télévisée Les Aventures du jeune Indiana Jones, les principaux étant Corey Carrier (9-11 ans), Sean Patrick Flanery (17-21 ans) et George Hall (93 ans).

Bien qu'Harrison Ford ait conservé le même rôle dans les quatre films, les doublages réalisés en France ont fait appel à trois personnes différentes.

Copié, parodié et autres influences dans la culture populaire. Bien que le personnage fut lui-même créé sous diverses inspirations, il a inspiré bien d'autres aventuriers fictifs.

Il existe une bande dessinée aux États-Unis, très difficile à trouver, édité par Black Horse. Cette bande dessinée est à l'origine du scénario de Fate of Atlantis, l'épisode 4 adapté en jeu vidéo après The Last Crusade. On retrouve Indy et Henry dans le volume Spare of destiny, aventure située dans la bande dessinée juste après la dernière croisade. Ci-dessous la liste des albums parus en français.

Les figurines articulées et les jouets sous licence Indiana Jones ont été produits au cours de trois périodes successives : Kenner, LJN/Star Toys, et ToysMcCoy/Disneyland.

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Source : Wikipedia