Stephen Harper

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Posté par woody 04/05/2009 @ 02:07

Tags : stephen harper, politique canadienne, canada, amérique, international

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Stephen Harper

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Stephen Joseph Harper, C.P., B.A., M.A. (né le 30 avril 1959) est un homme politique canadien ; il est l'actuel Premier ministre du Canada et chef du Parti conservateur du Canada. Stephen Harper est le député représentant la circonscription albertaine de Calgary-Sud-Ouest depuis 2002 à la Chambre des communes ; il a précédemment été député de Calgary-Ouest de 1993 à 1997.

Membre fondateur du Parti réformiste, il quitte le Parlement temporairement pour diriger la Coalition nationale des citoyens. Après la démission de Stockwell Day de son poste de chef du parti, en 2002, Harper est élu chef de l'Alliance canadienne. En 2003, il réussit à conclure un accord avec le chef progressiste-conservateur Peter MacKay pour fusionner les deux partis. En mars 2004, Harper est élu chef du nouveau Parti conservateur du Canada.

Le 23 janvier 2006, il remporte l'élection générale face au premier ministre sortant Paul Martin. Lui et son premier conseil des ministres sont assermentés le 6 février 2006, formant un gouvernement minoritaire et mettant un terme à plus de douze ans de règne libéral.

Le 14 octobre 2008, il est réélu comme premier ministre du Canada pour un second mandat dans un gouvernement minoritaire renforcé. Le 27 novembre 2008, son gouvernement dépose un énoncé économique jugé inacceptable par les partis d'opposition, qui s'unissent formellement quelques jours plus tard afin de défaire le gouvernement. Le 5 décembre 2008, pour la première fois dans l'histoire du Canada, le Premier ministre demande à la Gouverneur-général Michaëlle Jean de proroger la session parlementaire afin d'éviter un vote de défiance prévu par les partis d'opposition.

Harper grandit à Toronto, où il est né, et fait des études au Richview Collegiate Institute avant de se trouver un emploi dans l'industrie pétrolière en Alberta en tant que programmeur informatique, alors qu'il était au début de la vingtaine. Il fait des études à l'Université de Calgary, décrochant une maîtrise en économie. Ses liens avec l'université sont demeurés forts : il y est fréquemment invité comme conférencier et son conseiller politique le plus important, Tom Flanagan, y était professeur. Harper épouse Laureen Teskey en 1991. Ils ont deux enfants : Benjamin, né en 1996, et Rachel, née en 1999.

Il s'implique en politique pour la première fois lorsqu'il est encore adolescent, à l'école secondaire, où il est membre du Club des jeunes libéraux de son école. Toutefois, son allégeance politique change quand il s'oppose au Programme énergétique national (PEN) du gouvernement de Pierre Elliott Trudeau ; Harper considère que ce programme nuit à l'industrie pétrolière albertaine. En 1985, il est aide-en-chef au député progressiste-conservateur Jim Hawkes, et sert avec Hawkes sur plusieurs comités parlementaires. Toutefois, il est rapidement désillusionné par le gouvernement de Brian Mulroney et le Parti progressiste-conservateur. Harper critique particulièrement la politique fiscale du gouvernement, ainsi que son incapacité à révoquer complètement le PEN avant 1986. Il quitte le parti en 1986.

Harper se présente aux élections de 1988 dans une circonscription de Calgary, mais est défait par une très grande marge par Hawkes, son ancien employeur. En 1989, Harper est nommé assistant exécutif de la député réformiste nouvellement élue Deborah Grey. Il sert en tant que son conseiller en chef et compose ses discours jusqu'en 1993. Harper livre une meilleure performance lors de l'élection de 1993, remportant la victoire sur Hawkes et gagnant la circonscription de Calgary-Ouest pour le Parti Réformiste. Harper devient rapidement un des membres les plus importants du caucus réformiste. Au Parlement, Harper se fait une réputation de conservateur fiscal et fédéraliste convaincu, avec des positions plus modérées sur les questions de valeurs sociales. Par exemple, il est un de seulement deux députés réformistes à voter en faveur du Registre canadien des armes à feu.

Citant des préoccupations quant au style de direction et aux positions politiques de Preston Manning, ainsi qu'une crainte que le Parti réformiste se faisait envahir par des groupes de pression socialement conservateurs, Harper quitte son siège avant l'élection de 1997 pour accepter le poste de vice-président, puis de président de la Coalition nationale des citoyens. Aux commandes de la CNC, Harper lance une bataille légale contre la réforme du financement des élections fédérales. Harper est aussi brièvement commentateur politique à la CBC. En 1998, Harper est sollicité par le très influent « Blue Tory Committee », ainsi que par les députés progressistes-conservateurs Jim Jones et John Herron, pour qu'il se porte candidat à la direction du Parti progressiste-conservateur. Harper refuse l'offre, craignant que ses anciens collègues réformistes ne le voient comme un traître. Suite aux résultats décevants de l'Alliance canadienne à l'élection de 2000, Harper, déçu, se joint à d'autres conservateurs de l'ouest pour rédiger un document qui serait connu comme la « lettre pare-feu » (intitulée The Alberta Agenda). La lettre appelle l'Alberta à réformer le financement public du système de santé, à remplacer le Régime de pensions du Canada par un plan provincial similaire et à remplacer la Gendarmerie royale du Canada (GRC) par un corps policier provincial. Ceci est interprété par ses détracteurs comme un encouragement à la sécession de l'Alberta.

Lorsque Stockwell Day cède sous la pression interne du parti et démissionne comme chef « allianciste » dans l'été 2001, Harper se lance dans la course à la direction subséquente. Lors du vote, le 20 mars 2002, Harper gagne lors du premier tour de vote et devient chef « allianciste ». Il devient aussi chef de l'Opposition lors de son retour aux communes dans une élection partielle en avril 2002.

En 2002, Harper déclare que les provinces atlantiques ont une culture de la défaite. La Chambre d'Assemblée de la Nouvelle-Écosse adopte à l'unanimité une motion condamnant ses commentaires. Le Premier ministre du Nouveau-Brunswick Bernard Lord et le chef progressiste-conservateur fédéral Joe Clark les condamnent également. Harper ne s'excuse pour autant pas pour ses paroles, disant des réactions qu'il s'agissait de politique partisane.

Ses dix-huit premiers mois comme chef de l'opposition sont largement consacrés à la consolidation des éléments fracturés de l'Alliance canadienne, ainsi qu'à défier le gouvernement libéral et à encourager une union des forces alliancistes et progressistes-conservatrices. Le but de cette union était de présenter un seul parti de centre-droite aux prochaines élections fédérales, prévenant ainsi la division de l'électorat qui s'était produite dans le passé. Les deux partis fusionnent dans la deuxième moitié de 2003, créant un nouveau parti, le Parti conservateur du Canada.

Le 12 janvier 2004, Harper annonce sa démission comme chef de l'opposition pour présenter sa candidature à la direction du Parti conservateur du Canada. Il remporte la course facilement, avec une majorité lors du premier tour contre Belinda Stronach et Tony Clement le 20 mars 2004.

Harper dirige les conservateurs dans l'élection fédérale de 2004. Plusieurs considèrent qu'il a de bonnes chances de vaincre le premier ministre libéral Paul Martin. Après un rapport cinglant de la vérificatrice générale, Sheila Fraser, concernant le détournement du Programme des commandites dans les années 1990, et couplé à ce que plusieurs observateurs considèrent comme de la colère des électeurs en Ontario contre le Premier ministre libéral Dalton McGuinty qui avait brisé sa promesse électorale de ne pas hausser les impôts, plusieurs sondages montrent les conservateurs nez à nez avec les libéraux.

Tard dans la campagne, les conservateurs commencent à attirer de l'attention négative à cause de certaines remarques controversées de la part de quelques députés et candidats concernant l'homosexualité, le bilinguisme officiel et l'avortement. De plus, le Parti libéral diffuse des publicités télévisées démontrant des villes couvertes de smog et des armes à feu ; ils cherchent à faire croire qu'un gouvernement conservateur sous Stephen Harper rendra le Canada semblable aux États-Unis de façon négative. Harper est aussi critiqué pour avoir soutenu l'invasion de l'Irak dirigée par les américains en 2003. L'expression « agenda caché », utilisée fréquemment dans l'élection de 2000 contre Stockwell Day, commence à refaire surface avec une régularité grandissante, cette fois-ci concernant les soins de santé. Harper, à son tour, accuse les libéraux de faire une campagne négative « à l'américaine » et d'essayer « d'emballer le scandale dans le drapeau canadien ». Le momentum commence à se retourner contre son parti, même si certains sondages suggèrent jusqu'au jour du scrutin que les deux partis se trouvent encore à égalité.

Le Parti conservateur réussit à obtenir des sièges en Ontario, là où le Parti réformiste et l'Alliance canadienne n'étaient jamais parvenus à faire des gains importants, mais Martin est réélu avec un gouvernement minoritaire et 135 sièges. Les conservateurs finissent bons deuxièmes avec 99 sièges. Bien que les conservateurs améliorent leur total de 72 sièges qu'ils détenaient avant l'élection, le parti ne récolte que 29,6% du vote populaire, moins que les 37,7% que formaient les votes combinées pour l'Alliance et les progressistes-conservateurs en 2000. Harper garde le soutien des membres du parti parce qu'il a réussi à unir le Parti PC et l'Alliance pour mener un bataille électorale en très peu de temps. De plus, l'élection d'un nouveau chef de parti au milieu d'une législature minoritaire n'est pas vu comme stratégiquement possible.

La première conférence du Parti conservateur se déroule du 17 au 19 mars 2005, à Montréal. Le parti tente d'adopter des tendances plus modérées, en accord avec ce que plusieurs estiment être le but de Harper. L'opposition à l'avortement et au bilinguisme est purgé de la plate-forme conservatrice ; le parti opte néanmoins pour la conservation d'une position s'opposant au mariage homosexuel. Harper reçoit un vote de confiance de 84% des délégués.

Sous Harper, le Parti conservateur tente de faire du scandale des commandites, l'éthique et la corruption des libéraux les enjeux centraux de la politique canadienne.

L'opposition du parti au mariage homosexuel soulève quelque peu la controverse. Les Canadiens sont très divisés sur cette question, mais la base conservatrice tend à être plus en faveur de la définition traditionnelle du mariage ; trois délégués sur quatre votent pour conserver cette définition. Harper est subséquemment critiqué par un groupe de professeurs de droit proches des libéraux pour avoir déclaré que le gouvernement pouvait annuler les décisions des cours provinciales sans avoir recours à la clause dérogatoire, une clause de la Charte canadienne des droits et libertés. En contraste, Harper et Vic Toews, le ministre de la Justice et procureur général du Canada, suggèrent que cette clause n'est pas nécessaire pour entériner la définition traditionnelle du mariage. La proposition de Harper d'accorder aux couples homosexuels les droits inhérents au mariage traditionnel via une forme d'union civile a récemment été reconnue comme étant constitutionnelle par la firme d'avocats Lang Michener. La Cour suprême du Canada, quant à elle, a spécifiquement refusé de se prononcer sur la constitutionnalité du rétablissement de la définition traditionnelle du mariage.

Suite au dévoilement, en avril 2005, du témoignage percutant de Jean Brault devant la Commission Gomery, dévoilant la corruption répandue chez le Parti libéral, plusieurs sondages placent les conservateurs bien en avance des libéraux. Les conservateurs s'étaient jusqu'ici abstenus de voter sur le budget 2005, puisqu'il est clair que les Canadiens ne sont pas intéressés par une élection. Avec l'écroulement du soutien des libéraux et les controversés amendements budgétaires apportés par le NPD, le parti exerce une pression considérable sur Harper pour qu'il fasse tomber le gouvernement.

En mai, Harper annonce que le gouvernement n'a plus « l'autorité morale pour gouverner » et jure de faire tomber le gouvernement le plus tôt possible. Le Bloc québécois appuie cette idée en raison du scandale des commandites, tandis que le NPD monnaie son appui au gouvernement en échange d'amendements budgétaires conformes à leurs buts. L'effort pour faire tomber le gouvernement échoue suite à la décision de l'influente députée conservatrice Belinda Stronach de faire défection vers le Parti libéral. Ce geste est très controversé et est considéré comme de l'opportunisme par les observateurs conservateurs. Les libéraux accusent les conservateurs de « coucher avec les séparatistes » et donc de manquer de patriotisme. Le vote du 19 mai sur la deuxième lecture du budget passe avec l'appui des conservateurs ; toutefois, le projet de loi sur les amendements budgétaires du NPD reçoit 152 votes pour (libéraux, néo-démocrates et deux députés indépendants) et 152 votes contre (conservateurs, bloquistes et un indépendant). Selon la tradition parlementaire, lorsqu'il y a égalité des voix, le président de la chambre doit voter pour continuer le débat; le président Peter Milliken vote donc en faveur des libéraux, et le Parti libéral est autorisé, par une seule voix, à continuer de gouverner. Harper est sévèrement critiqué pour son échec, ainsi que pour avoir critiqué la nouvelle ministre Stronach.

Harper est aussi critiqué pour son appui au député conservateur Grumant Grewal. Grewal avait produit des cassettes contenant des enregistrements de conversations entre lui et Tim Murphy, le chef du bureau du Premier ministre, dans lesquels Grewal alléguait que Murphy lui avait offert des positions en échange de sa défection. Quand il apparaît que les enregistrements semblent avoir été modifiés, certains croient que c'est une mauvaise stratégie de la part de l'équipe de communications de Harper que de les avoir rendues publiques.

En juin 2005, le Parti conservateur annonce que Harper s'embarquerait sur une tournée estivale des barbeques et d'autres évènements de loisirs, dans le but de permettre aux canadiens de connaître le chef conservateur personnellement. En juillet, cinq membres de son équipe de communications lui remettent leur démission. Les détracteurs de Harper suggèrent que c'est une indication de divisions dans le parti, ce qui est aussitôt démenti par le parti et par les démissionnaires.

Harper mène une campagne électorale où il affronte les mêmes rivaux que dans l'élection précédente. Le premier ministre Paul Martin avait promis de déclencher une nouvelle élection dans les trente jours suivant le rapport final du juge John Gomery, maintenant attendu pour février 2006. Toutefois, l'élection est finalement déclenchée plus tôt, malgré tous les efforts des libéraux pour sauver leur gouvernement. En effet, Jack Layton, chef du NPD, dépose une motion demandant au gouvernement de démissionner et de déclencher des élections à temps pour un jour de scrutin en février. Conservateurs et bloquistes se rallient à Layton pour appuyer cette motion. Les libéraux la balayent du revers de la main. Les partis d'opposition s'entendent donc pour faire tomber le gouvernement par une motion de défiance. La date du scrutin est fixée au 23 janvier 2006. Après une longue campagne, Harper remporte l'élection face au premier ministre sortant Paul Martin. Toutefois, la lutte est serrée avec les libéraux, particulièrement dans les grandes villes: il devient donc chef d'un gouvernement minoritaire.

Bien que M. Harper s'oppose au protocole de Kyoto dès le début de son mandat, se rangeant ainsi du côté des États-Unis et de l'Australie, son ministre de l'environnement, John Baird, présente en avril 2007 un plan d'action pour réduire les gaz à effet de serre et la pollution atmosphèrique. Selon ce plan, le gouvernement du Canada impose des cibles obligatoires à l'industrie, afin que les émissions de gaz à effet de serre soit réduites de 150 mégatonnes d'ici 2020, réglemente la consommation de carburant des véhicules automobiles et des camions légers à compter de 2011, et renforce les normes d'efficacité énergétique d'un grand nombre de produits consommateurs d'énergie, y compris les ampoules électriques.

Bien que la majorité des députés conservateurs provenait des provinces de l'Ouest, Harper choisit majoritairement des députés de l'Ontario et du Québec pour former son premier conseil des ministres, dans l'intérêt de préserver un équilibre régional. Le nouveau cabinet conservateur est beaucoup plus petit que celui de l'ancien gouvernement Martin et élimina aussi les ministres juniors (appelés ministres d'État et, auparavant, secrétaires d'État). Certains experts dans les médias ont qualifié le cabinet de Harper de modéré, tempérant les racines alliancistes et réformistes du Parti conservateur.

Deux des sélections de Harper ont généré une certaine controverse. Il nomme le ministre libéral sortant de l'Industrie, David Emerson, comme ministre du Commerce international et ministre de la Porte d'entrée du Pacifique et des Jeux olymiques de 2010, et Michael Fortier, stratège conservateur de longue date, comme ministre des Travaux publics, le nommant également au Sénat. Emerson avait été réélu au Parlement sous la bannière libérale quelques semaines seulement auparavant, tandis que Fortier ne s'était pas présenté du tout. Harper affirma que les nominations étaient nécessaires afin que deux des plus grandes villes canadiennes (Vancouver et Montréal) aient une représentation au Cabinet, étant donné qu'aucun conservateur n'avait été élu dans ces villes.

Des politiciens de l'opposition et d'autres critiques ont attaqué la nomination de Emerson, la qualifiant d'hypocrite étant donné que Harper et les conservateurs avaient sévèrement critiqué Belinda Stronach pour sa défection vers les libéraux en 2005. La décision d'Emerson rencontra également de l'opposition dans sa circonscription, où le candidat conservateur avait récolté moins de 20% des voix dans la campagne précédente, bien qu'Emerson lui-même l'avait remporté par une très grande marge devant l'adversaire néo-démocrate. Le gouvernement de Harper a défendu la nomination d'Emerson en faisant valoir qu'il s'agissait de recruter un politicien qui avait une expérience préalable au cabinet fédéral. Emerson lui-même à suggéré que cela aiderait à recentrer le Parti conservateur sur l'échiquier politique.

La nomination de Fortier était elle aussi controversée, les conservateurs ayant longtemps critiqué la nature non-démocratique du Sénat. Harper et Fortier ont tous deux affirmé que la nomination au Sénat est temporaire, et que Fortier démissionnera de son siège aux prochaines élections fédérales afin de briguer un siège à la Chambre des communes. Pour l'instant Fortier représente donc la deuxième plus grande ville du Canada sans jamais n'avoir été élu.

Les autres choix de Harper ont été accueillis plus positivement. Le maire de Toronto, David Miller, a salué la sélection de Lawrence Cannon, la qualifiant de « très positive » et de « signal que M. Harper est sincère dans sa volonté de travailler avec les villes ». Bien que Toronto elle-même n'est pas représentée au cabinet, Harper a nommé Jim Flaherty pour qu'il représente la ville en même temps que la grande région de Toronto. Flaherty représente la circonscription de Whitby—Oshawa, dans la partie est de la région de Toronto, et sa nomination au poste de ministre des Finances a été accueillie positivement par la communauté d'affaires de Bay Street.

Le 3 mars 2006, le commissaire à l'éthique Bernard Shapiro a annoncé qu'il lançait une enquête préliminaire sur les allégations de conflit d'intérêt contre Emerson et Harper. Shapiro expliqua qu'il examinera l'influence qui a été utilisée dans la décision d'Emerson de rejoindre les conservateurs. Les conservateurs ont critiqué l'enquête de Shapiro, la qualifiant de partisane et l'accusant d'appliquer un double standard, vu qu'il avait été nommé par le précédent gouvernement libéral et qu'il avait refusé des requêtes lui demandant de faire enquête sur la défection similaire de Belinda Stronach en 2005, en échange de laquelle elle avait reçu un poste au cabinet. Shapiro a également été la cible de critiques de la part de l'ancien leader néo-démocrate Ed Broadbent qui l'accuse d'avoir « des problèmes de crédibilité extraordinairement sérieux ». Bien que d'accord avec Harper que l'enquête de Shapiro était inappropriée, Broadbent et des députés de l'opposition ont critiqué Harper pour sa confrontation avec le commissaire. Shapiro blanchit autant Harper que Emerson le 20 mars 2006, selon la lettre du règlement, mais le commissaire à l'éthique indiqua que l'« esprit » du code d'éthique sur les conflits d'intérêt était violé par la défection de députés et encouragea le parlement à réviser et modifier les lois et procédures sur les défections.

Contrairement à ses prédécesseurs récents, Harper n'a pas nommé un de ses collègues au poste surtout honorifique de Vice-premier ministre. Plusieurs observateurs s'étaient attendus à ce qu'il nomme MacKay, ancien chef du Parti progressiste-conservateur et chef-adjoint de Harper, ou Lawrence Cannon, en tant que lieutenant québécois, à ce poste. Toutefois, Harper a nommé un ordre de succession qui doit agir pour lui dans certaines circonstances, commençant avec Cannon, puis Jim Prentice, puis la balance du cabinet en ordre de préséance.

À part de son agenda législatif, Harper a nommé Marshall Rothstein comme nouveau juge puîné de la Cour suprême du Canada le 23 février 2006. En accord avec sa promesse électorale d'un nouveau processus de nomination des juges, Harper annonça que Rothstein devait paraître devant un comité spécial de 12 parlementaires. Toutefois, le comité n'avait pas le pouvoir de veto sur la nomination, ce que certains membres conservateurs avaient demandé.

Le 11 avril 2006, le président du Conseil du Trésor John Baird, au nom du gouvernement Harper, déposa la Loi fédérale sur la responsabilité et plan d'action. Le plan réduira les opportunités d'exercer de l'influence avec de l'argent en interdisant les dons politiques des entreprises, des syndicats, ainsi que les grands dons d'individus ; en instaurant une interdiction de cinq ans pour les anciens ministres, leurs assistants et les hauts fonctionnaires de faire du lobbyisme ; en assurant une protection aux divulgateurs ; et en augmentant le pouvoir du vérificateur général de retracer l'argent dépensé par le gouvernement. Le gouvernement espère faire adopter cette loi avant l'été.

Stephen Harper a exprimé un désir de transformer le Sénat du Canada en un corps élu plutôt que nommé, un objet précédemment proposé par le Parti réformiste du Canada ; son gouvernement a déposé un projet de loi visant à limiter les mandats des sénateurs à 8 ans. Le 7 septembre 2006, Harper est devenu le premier chef de gouvernement canadien à témoigner devant un comité du Sénat afin de promouvoir les arguments du gouvernement en faveur d'une réforme du Sénat.

Harper prône également les élections à date fixe (sauf dans le cas de gouvernements minoritaires). Le 30 mai 2006, le gouvernement a déposé le projet de loi C-16 qui vise à modifier la Loi électorale du Canada pour instaurer des dates fixes pour les élections. Le projet de loi stipule qu'il doit y avoir une élection en 2009, le troisième lundi en octobre (19 octobre 2009) — ce serait la première élection à date fixe au Canada. Toutefois, le gouvernement peut tout de même être défait aux communes avant cette date, ce qui déclencherait automatiquement une élection.

À l'instar de ses prédécesseurs, Stephen Harper a longtemps évité de se prononcer sur l'épineuse question de la nation québécoise, affirmant plusieurs fois que de reconnaître ou non le Québec comme une nation est un débat de sémantique. Comparativement aux gouvernements libéraux précédents cependant, hostiles à la reconnaissance du principe de « nation québécoise », M. Harper a reconnu le fait que l'Assemblée nationale du Québec a voté une résolution reconnaissant que le Québec constitue une nation, mais sans se prononcer sur les implications légales.

Cette position allait se concrétiser, en 2006, par une reconnaissance formelle votée par le parlement du Canada sur initiative du parti conservateur.

Le Parti libéral et le Nouveau Parti démocratique ont donné leur appui à la motion (le NPD prône depuis longtemps la reconnaissance de la nation québécoise ; le Parti libéral, quant à lui, est divisé sur la question, et n'impose pas de ligne de parti à ses députés, dont certains prévoient voter contre la motion). Le Bloc québécois, d'abord opposé à la mention du « Canada uni » dans le texte de la motion, a fait volte-face et a décidé d'appuyer la motion lors du vote du lundi suivant à la suite d'une couverture médiatique très négative sur sa décision précédente.

Si la motion est approuvée presque à l'unanimité au Québec, elle est plus controversée au Canada anglais. Alors que certains commentateurs applaudissent la motion et affirment qu'il n'y a pas à s'inquiéter, faisant valoir que le Canada contient plusieurs nations et que la motion affaiblira la cause indépendantiste et donc sera bénéfique pour le fédéralisme, d'autres soutiennent qu'il s'agit d'une atteinte à l'existence même du Canada, craignant que la reconnaissance de la nation québécoise n'aide la cause de l'indépendance du Québec ou ne mène à de nouvelles négociations constitutionnelles dans le style des accords du lac Meech et de Charlettetown, qui ont laissé un souvenir amer à tous les Canadiens.

La motion de Harper est adoptée à 266 voix contre 16 le 27 novembre 2006 ; les voix opposées proviennent exclusivement du Parti libéral et d'un député indépendant, Garth Turner. Toutefois, la motion provoque la démission du ministre des Affaires intergouvernementales et du Sport amateur, Michael Chong, qui s'abstient de voter sur la motion. La motion du Bloc québécois, quant à elle, est défaite par 233 voix contre 48.

Suite à l'adoption de la motion, un sondage révèle que 67 pourcent des Canadiens rejettent la notion que les Québécois forment une nation ; en ne comptant pas le Québec, cette proportion s'élève à 77 pourcent. Le seul groupe majoritairement en accord avec la notion de la nation québécoise sont les Québécois francophones, à 71 %. Toutefois, cette motion n'a ni aidé, ni nuit aux appuis électoraux du Parti conservateur.

Les 11 et 12 mars 2006, Harper effectue un voyage-surprise en Afghanistan, où des effectifs des Forces canadiennes sont déployés depuis 2001, pour rendre visite aux troupes afin de démontrer son appui à leurs efforts et à la reconstruction et la stabilité dans la région. Le choix de Harper pour sa première visite à l'étranger avait été bien gardée de la presse jusqu’à ce qu'il arrive en Afghanistan (pour des raisons de sécurité), et est considéré comme un changement majeur dans la relation entre le gouvernement et les forces militaires. Bien que d'autres leaders mondiaux ont visité l'Afghanistan, le voyage de Harper était décrit comme sans précédant dans sa durée et son étendue.

Peu après avoir été félicité par George W. Bush pour sa victoire, Harper a réprimandé l'ambassadeur des États-Unis au Canada David Wilkins pour avoir critiqué le plan conservateur d'assurer la souveraineté canadienne sur les eaux de l'Arctique avec les forces armées.

Le 16 février 2006, Harper nomma l'ancien ministre progressiste-conservateur Michael Wilson au poste d'ambassadeur du Canada aux États-Unis, remplaçant le libéral Frank McKenna. Wilson affirma lors de sa première conférence de presse qu'en tant qu'ambassadeur, le bois d'œuvre est clairement en haut de la liste des priorités.

Peu d'informations sur cette rencontre ont été divulguées au public, alors n'ayant que des photos disponibles dans les médias, ceux-ci se sont contentés de critiquer les choix vestimentaires du Premier ministre.

Le 27 avril 2006, Harper annonce à la Chambre des communes que son gouvernement avait conclu un accord de sept ans avec les États-Unis dans le cadre du conflit du bois d'œuvre. Les trois grandes provinces productrices de bois d'œuvre — la Colombie-Britannique, l'Ontario et le Québec — ont accepté l'accord, ainsi que l'industrie canadienne du bois d'œuvre. Toutefois, le chef de l'opposition Bill Graham et le chef néo-démocrate Jack Layton ont tous deux critiqué l'accord pour n'avoir pas requis des États-Unis le remboursement total des 5 milliards $ récolté en tarifs douaniers sur le bois-d'œuvre canadien.

Suivant un débat et un vote aux communes, le gouvernement Harper a renouvelé l'accord de NORAD avec les États-Unis, le rendant permanent et y ajoutant la défense maritime ; l'accord avait précédemment concerné uniquement la défense aérienne. Les députés néo-démocrates qui se sont fortement opposés à l'accord ont affirmé que celui-ci réduirait la souveraineté du Canada sur les eaux internes du pays.

Depuis l’arrivée au pouvoir du gouvernement conservateur, il semblerait que les relations sino-canadiennes se soient tendues, notamment après que le 14e Dalaï Lama ait reçu la citoyenneté d’honneur canadienne le 9 septembre 2006 et les plaintes pour espionnage commercial d'agents chinois au Canada. Stephen Harper a cependant rencontré le Président chinois Hu Jintao le 19 novembre 2006. La conversation a duré 15 minutes au sommet de l’APEC. Quoique brève, la discussion fut, selon M. Harper, « très franche ». Le 29 octobre 2007, Stephen Harper a rencontré publiquement le Dalaï Lama. En quelques semaines, Harper fut le 4e dirigeant d’un pays occidental à rencontrer celui-ci.

Environ 30 000 Canadiens, principalement d'origine libanaise, se trouvaient au Liban au moment du déclenchement des hostilités, et le gouvernement canadien fait des efforts pour évacuer ceux qui désirent quitter le pays ; cette opération a été l'objet de critiques pour sa lenteur et son inefficacité perçues. Le 17 juillet, un groupe de manifestants, principalement d'origine libanaise, se rassemblent devant le consulat israélien à Montréal pour protester contre les bombardements au Liban. D'autres manifestations ont lieu le 22 juillet à travers le Canada.

En août 2007, la Russie lance une expédition pour revendiquer ses droits exclusifs sur le pôle Nord et ses richesses pétrolières souterraines. Le Danemark fait un geste semblable quelques jours plus tard. Harper réagit en annonçant que le Canada élargira un parc national dans le grand nord et que la présence nordique canadienne sera réaffirmée en envoyant des unités militaires et en participant aux études scientifiques sur la question. Une base militaire est aussi construite dans le grand nord.

Le gouvernement Harper a été éclaboussé en mai-juin 2008 par l'affaire Bernier-Couillard (ou Affaire Kevlar Inc.).

« Nos épées seront désormais pointées vers les Libéraux, et non l'un envers l'autre. »     — Déclaration de Harper faite aux Canadiens le 16 octobre 2003, lorsqu'il annonça avec Peter MacKay la fusion de l'Alliance canadienne et du Parti progressiste-conservateur.

« Une affaire terrible pour le pays... Le pire accord international que ce pays ait jamais signé. »     — À propos de l'accord de Kyoto.

« Kyoto est essentiellement un complot socialiste qui vise à soutirer des fonds aux pays les plus riches. »     — Lettre aux membres de son ancien parti, l'Alliance Canadienne écrite en 2002.

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Parti conservateur du Canada

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Le Parti conservateur du Canada (PCC) (anglais : Conservative Party of Canada) est un parti politique canadien, créé en décembre 2003 par la fusion de l'Alliance canadienne et du Parti progressiste-conservateur du Canada. Le parti forme actuellement un gouvernement minoritaire à la Chambre des communes depuis l'élection générale de 2008. Stephen Harper est le chef du parti et le Premier ministre du Canada.

Bien qu'en existence depuis moins de trois ans, le Parti conservateur est l'hériter politique de plusieurs partis conservateurs ayant existé au Canada, à commencer par le Parti libéral-conservateur fondé en 1854 par John A. Macdonald et George-Étienne Cartier (ce parti est devenu le Parti conservateur au cours des années 1880). À l'instar de ce parti (et du Parti conservateur du Royaume-Uni) il porte le surnom de « Parti Tory » et ses membres sont également surnommé les « tories » (quoique beaucoup plus courants dans les médias anglophones, ces surnoms sont également utilisés dans les médias francophones). Il est également l'héritier légal des anciens partis en vertu du fait qu'il ait assumé les biens et responsabilités de l'ancien Parti progressiste-conservateur.

Peter MacKay et beaucoup d'autres anciens députés, incluant Brian Mulroney, voient le PCC comme une évolution naturelle du mouvement politique conservateur au Canada. MacKay a exprimé l'opinion que le PCC incarne la réunification des diverses idéologies conservatrices sous une « grande tente ». MacKay a souvent dit que les divisions font partie du mouvement conservateur canadien depuis les années 1890, et que la fusion était réellement une reconstitution d'un mouvement qui existe depuis l'union du Haut-Canada et du Bas-Canada.

Le nouveau Parti conservateur est un amalgame de deux visions différentes du conservatisme au Canada. Pour la majeure partie de son histoire, le Parti progressiste-conservateur prônait la philosophie traditionnelle Red Tory (comme les programmes sociaux subventionnés par l'État), rejetait des liens étroits avec les États-Unis et tentait plutôt de façonner le Canada en suivant le modèle des institutions britanniques. Le conservatisme de l'Ouest canadien, incarné par l'Alliance canadienne, s'inspirait davantage du conservatisme américain ; il prônait des liens plus rapprochés avec les États-Unis, la philosophie Blue Tory, la privatisation, la réduction du rôle de l'État, la lutte contre le féminisme et l'équité salariale, une réforme des institutions politiques (sur un modèle inspiré de l'Australie et des États-Unis) ainsi qu'un fédéralisme plus décentralisé (un gouvernement plus limité à Ottawa avec des provinces plus autonomes, une position également prônée par Brian Mulroney). Le nouveau parti prône généralement une approche économique basée sur l' accompagnée d'une idéologie très proche de l'ancienne Alliance canadienne.

Le parti est très fort dans l'Ouest canadien ; un nombre important de députés et de militants du parti proviennent des prairies canadiennes, et l'influence de ces régions qui a façonné le Parti réformiste du Canada se retrouve dans une certaine mesure dans le nouveau Parti, même si celui-ci a abandonné la plupart des mesures socialement conservatrices et populistes de son prédécesseur. Il se concentre plutôt sur les questions économiques, militaires, la « loi et l'ordre » et les questions de réforme démocratique et d'éthique gouvernementale. Contrairement aux anciens progressistes-conservateurs, le parti reflète davantage une influence Blue Tory. Le premier ministre Stephen Harper est un grand défenseur du conservatisme fiscal et prône l'expansion et la modernisation des Forces armées canadiennes. Il a également défendu certaines positions socialement conservatrices, comme l'opposition au mariage homosexuel, à l'avortement et l'équité salariale.

La fusion symbolise l'étape la plus récente de l'évolution du conservatisme au Canada ; le Parti conservateur historique, fondé par les loyalistes, s'opposait fortement au libre-échange et à l'intégration avec les États-Unis, préférant imiter les institutions politiques britanniques. Sous la direction de Brian Mulroney, le parti choisit de mettre l'accent sur les forces de l'économie de marché et signe un accord de libre-échange historique avec les États-Unis.

La politique canadienne se situant actuellement au centre-droite, le Parti conservateur du Canada tout comme plusieurs politiciens indépendants sont parfois décrits comme étant d'extrême droite, bien qu'ils ne supportent pas toujours les idéologies de l'extrême droite. Si leurs projets de lois trop modérés pour être considérés extrémistes, il est impossible, vu leur statut de gouvernement minoritaire, d'affirmer que leurs idées ou leurs valeurs ne le sont pas. Le parti est parfois considéré par ses détracteurs comme s'apparentant beaucoup au Parti républicain aux États-Unis et au Parti conservateur au Royaume-Uni même si des différences existent sur bien des questions et que les partis ne sont alignés que par leur appartenance au forum international de partis politiques conservateurs, l'Union démocratique internationale.

Le 15 octobre 2003, après la tenue de réunions secrètes entre l'Alliance canadienne et le Parti progressiste-conservateur, Stephen Harper (chef de l'Alliance canadienne) et Peter MacKay (chef du Parti progressiste-conservateur) annoncent un accord de principe pour fusionner leurs partis respectifs pour créer le nouveau Parti conservateur du Canada. L'entente avait été conclue après plusieurs mois de négociations entre les représentants progressistes-conservateurs Don Mazankowski, Bill Davis et Loyola Hearn, et les représentants alliancistes Ray Speaker et le sénateur Gerry St. Germain.

Le 5 décembre, l'accord de principe est ratifié par les membres de l'Alliance canadienne par une marge de 96 % contre 4 % lors d'un référendum où les membres étaient appelés à voter par la poste. Le 6 décembre le Parti progressiste-conservateur organise une série de congrès régionaux, lors desquels les délégués votent en faveur de l'accord à 90 % contre 10 %. Le 7 décembre 2003, le nouveau parti est officiellement enregistré avec Élections Canada. Le 20 mars 2004, Stephen Harper est élu à la direction du nouveau parti.

La fusion est une culmination du mouvement canadien pour unir la droite, poussé par le désir de présenter une opposition efficace et une alternative crédible au Parti libéral du Canada ; il s'agit de créer un nouveau parti qui s'assurerait l'appui de l'électorat de droite de toutes les régions du Canada et qui ne diviserait pas le vote. Cette division de l'électorat a contribué, du moins en partie, aux victoires libérales aux élections de 1997 et de 2000.

Le processus de fusion soulève la controverse. Lors du congrès d'investiture du Parti progressiste-conservateur du Canada en 2003, Peter MacKay signe une entente écrite avec son rival David Orchard, excluant toute fusion avec le parti allianciste ; Orchard conteste d'ailleurs la fusion devant les tribunaux, sans succès. Sous les règles d'élection du chef du Parti PC, le nouveau Parti conservateur fusionné serait endetté d'au moins 70 000 $ envers Orchard. Cette dette a été reconnue comme légitime par les avocats du CPC, toutefois le remboursement de cette somme est en attente de la résolution des disputes légales entre le parti et Orchard.

Après la fusion, quatre députés progressistes-conservateurs — André Bachand, John Herron, Scott Brison (un ancien candidat à l'investiture du Parti PC) et l'ancien premier ministre Joe Clark — refusent de se joindre au nouveau caucus fusionné, ainsi que le président sortant du Parti PC, Bruck Easton, qui déclare son intention de voter libéral aux élections à cause de ses craintes face au leadership de Harper. Brison fait défection vers les libéraux ; peu après, il obtient le poste de secrétaire parlementaire au sein du gouvernement de Paul Martin, et il est nommé au conseil des ministres après l'élection fédérale de 2004. Herron se présente lui aussi comme candidat libéral à l'élection, mais il n'intègre pas le caucus libéral auparavant ; il est défait dans sa circonscription par le candidat conservateur Rob Moore. Bachand et Clark quittent tous deux la Chambre des communes à la fin de la session. Lors de l'élection de 2004, Joe Clark accorda son appui, avec réticence, à Paul Martin plutôt qu'à Stephen Harper. Clark préfère appuyer des candidats de différentes formations politiques à titre individuel, tels le néo-démocrate Ed Broadbent, la libérale Anne McLellan et le conservateur Jim Prentice.

Un ancien député allianciste, Keith Martin (un ancien candidat à l'investiture de l'Alliance canadienne) quitte également le parti le 14 janvier. Il conserve son siège lors de l'élection de 2004, se faisant réélire sous la bannière du Parti libéral. Dans la 38e législature (2004-2005) il sert à titre de secrétaire parlementaire de Bill Graham, le ministre de la Défense nationale. Il est réélu en 2006.

De plus, trois sénateurs — William Doody, Norman Atkins et Lowell Murray — décident de ne pas se joindre au nouveau parti et continuent de siéger à la chambre haute en tant que progressistes-conservateurs.

Dans les premiers mois d'existence du PCC, deux députés conservateurs expriment publiquement leur mécontentement face à la direction, aux politiques et aux procédures du nouveau parti. Rick Borotsik, ancien progressiste-conservateur, critique ouvertement la direction du parti et se retire officiellement de la politique à la fin de la session parlementaire du printemps 2004.

Chuck Cadman, ancien député allianciste, rejette les procédures de mise en nomination de candidats lorsqu'il perd la course à l'investiture conservatrice dans sa circonscription (qu'il avait représenté sous les bannières réformistes et alliancistes) au profit d'un candidat venu de l'extérieur. Il est éjecté du Parti conservateur à la fin du mois de mai. Cadman se représente quand même aux élections de 2004 comme candidat indépendant. Il est réélu, le seul indépendant à siéger au parlement minoritaire, jusqu'à ce que Carolyn Parrish soit éjectée du caucus libéral en novembre 2004. Cadman meurt du cancer en juillet 2005.

Finalement, peu après l'élection fédérale de 2004, le sénateur conservateur Jean-Claude Rivest quitte le PCC pour sièger au Sénat à titre d'indépendant, jugeant le nouveau parti trop à droite et trop insensible aux besoins et aux intérêts du Québec.

Stephen Harper est élu chef du parti le 20 mars 2004, défaisant Tony Clement, ancien membre conservateur du cabinet ontarien, et Belinda Stronach, ancienne PDG de Magna International, au premier tour.

Certains militants conservateurs avaient espéré recruter l'ancien premier ministre ontarien Mike Harris pour briguer la direction du parti, mais il décline l'offre, comme l'a fait aussi le premier ministre du Nouveau-Brunswick Bernard Lord et le premier ministre albertain Ralph Klein. Le chef progressiste-conservateur sortant, Peter MacKay, et l'ancien député allianciste et chef du Caucus démocratique représentatif Chuck Strahl, avait également annoncé qu'ils ne participeraient pas à la course. Jim Prentice, qui était arrivé deuxième dans la course à la direction de l'ancien Parti PC en 2003, entre dans la course à la mi-décembre, mais il se retire à la mi-janvier à cause de la difficulté à récolter des fonds si tôt après un premier échec dans une course à la direction.

Deux mois après l'élection de Harper à la tête du parti, le premier ministre libéral Paul Martin déclenche une élection, fixant la date du scrutin au 28 juin 2004. Toutefois, entre la fusion des deux anciens partis conservateurs et l'élection du chef pour le nouveau, des disputes internes et des enquêtes dans le scandale des commandites réduit sérieusement la popularité du Parti libéral au pouvoir. Ceci permet aux conservateurs d'être mieux préparés à la course, contrairement à l'élection de 2000 quand peu de gens avaient prédit le déclenchement du scrutin au début octobre. Pour la première fois depuis l'élection de 1984, un gouvernement libéral fait face à un front conservateur uni.

Les conservateurs dépassent les attentes pendant la campagne, les sondages montrant une montée de popularité pour le nouveau Parti ; certains sondeurs prédisent l'élection d'un gouvernement minoritaire conservateur. Toutefois, même à l'apogée de sa popularité, le nouveau parti ne réussit pas à récolter autant de soutien que les résultats électoraux combinés de ses deux prédécesseurs. De plus, certains commentaires controversés de membres influents au sein du PCC entravent les efforts de Harper pour projeter l'image d'un parti modéré et raisonnable qui serait une alternative acceptable aux libéraux.

Plusieurs commentaires controversés exprimés par des députés conservateurs sont notables. Tôt dans la campagne, le député ontarien Scott Reid exprime son opinion, en tant que porte-parole conservateur en matière de langues officielles, que la politique du bilinguisme officiel est irréaliste et a besoin de réformes. Le député albertain Rob Merrifield, porte-parole du parti en matière de santé, estime que les femmes devraient obligatoirement suivre une thérapie familiale avant d'avoir accès à un avortement. Le député britanno-colombien Randy White, vers la fin de la campagne, exprime sa volonté d'avoir recours à la clause dérogatoire de la constitution canadienne pour passer outre la Charte des droits et libertés sur la question du mariage homosexuel. Cheryl Gallant, députée ontarienne, compare l'avortement au terrorisme.

Les conservateurs de Harper émergent de l'élection avec un plus grand caucus parlementaire de 99 députés tandis que les libéraux sont réduits à un gouvernement minoritaire de 133 députés ; ceci oblige les libéraux à obtenir l'appui d'au moins 23 députés de l'opposition pour garantir l'adoption de leurs projets de loi. Les résultats du vote populaire, par contre, sont en fait en-dessous des résultats combinés de l'Alliance et du Parti PC à l'élection fédérale précédente.

En 2005, certains analystes politiques comme l'ancien sondeur progressiste-conservateur Allan Gregg et la journaliste du Toronto Star Chantal Hébert suggèrent que l'élection suivante pourrait élire un gouvernement conservateur si le parti émerge de leur congrès fondateur avec des politiques modérées et clairement définies.

Lors du congrès, le parti se défait de la plus grande partie des mesures socialement conservatrices de l'Alliance canadienne, ne retenant que l'opposition au mariage homosexuel. Il conserve toutefois son attrait populiste en prônant des réductions d'impôts, la réduction du rôle de l'État, la réforme démocratique et davantage de décentralisation vers les provinces.

En mai 2005, la députée conservatrice Belinda Stronach prend plusieurs par surprise en faisant défection vers le Parti libéral. Certains croient que son départ pourrait nuire aux efforts du parti pour attirer les électeurs progressistes, particulièrement en Ontario. D'autres ont commenté sur la nature suspecte et opportuniste de la décision de Stronach, notant sa nomination au conseil des ministres immédiatement après sa défection et le fait que celle-ci venait quelques jours seulement avant la tenue d'un vote de confiance crucial à la Chambre des communes. De plus, plusieurs conservateurs, comme le député à l'Assemblée législative de l'Ontario Bob Runciman, font des déclarations plutôt vitrioliques en réaction à l'évènement — traitant Stronach d'« épaisse » (dipstick), par exemple — qui leur valent des accusations de sexisme de la part de certaines personnes qui y voient une preuve que la modération du parti est une illusion. D'autres, par contre, considèrent que ces commentaires n'étaient nullement sexistes, mais simplement une réaction à ce qu'ils considéraient comme un trahison particulièrement répréhensible.

Fin août et début septembre 2005, les tories lancent des publicités télévisées sur toutes les télédiffuseurs majeurs en Ontario qui mettent en évidence leurs politiques sur des questions tels que la santé, l'éducation et la politique familiale. Les pubs montrent tous Stephen Harper discutant de ces politiques avec des membres éminents de son cabinet fantôme. Certains analystes prédisent à l'époque que les conservateurs se serviront de publicités similaires dans l'élection fédérale de 2006, au lieu de concentrer leurs attaques sur les libéraux comme ils l'avaient fait au printemps 2005.

Un sondage Ipsos-Reid effectué après le dépôt du premier rapport de la Commission Gomery montrait les tories pratiquement nez-à-nez avec les libéraux dans l'appui populaire. Un autre sondage, de Stragetic Counsel, suggéraient même une avance des conservateurs sur les libéraux. Toutefois, des sondages deux jours plus tard montraient les libéraux avec une avance de 8 points.

Le 24 novembre, le chef de l'opposition Stephen Harper dépose une motion de défiance qui est adoptée le 28 novembre avec l'appui des deux autres partis de l'opposition (le Nouveau Parti démocratique et le Bloc québécois.) La législature est automatiquement dissoute ; la date du scrutin est fixée au 23 janvier 2006, suivant une campagne électorale qui se déroule durant le temps des fêtes.

Les conservateurs débutent le premier mois de la campagne en faisant une série d'annonces, une par jour, incluant une réduction de la Taxe sur les produits et services (TPS) et une allocation pour la garde d'enfants. Cette stratégie surprend plusieurs dans les médias, qui avaient pris pour acquis que la campagne conservatrice serait négative et se concentreraient sur le scandale des commandites ; la stratégie du Parti conservateur consiste plutôt à laisser les électeurs réfléchir eux-même à cette question. Les libéraux choisissent de garder leurs promesses majeures pour la deuxième moitié de la campagne après le temps des fêtes ; en conséquence, Harper domine les manchettes pour les premières semaines de la campagne et a donc libre jeu de définir lui-même son image plutôt que de laisser ses adversaires le faire à sa place. Bien que son parti n'enregistre au début que de modestes mouvements dans les sondages, la popularité personnelle de Harper, qui avait toujours été plus basse que celle de son parti, se mettent à monter rapidement.

Le 27 décembre 2005, la Gendarmerie royale du Canada (GRC) annonce qu'elle lance une enquête sur une allégation de délit d'initié du département du ministre des Finances Ralph Goodale avant une annonce importante sur la taxation des fiducies de revenu. La révélation de l'enquête criminelle et le refus de Goodale de démissionner domine les manchettes pour la semaine suivante, et attire encore plus d'attention lorsque la Securities and Exchange Commission américaine annonce qu'elle lancera également son enquête. Le scandale des fiducies de revenue détourne l'attention du public des promesses politiques du Parti libéral et permet au Parti conservateur de réactualiser ses attaques sur la corruption au sein du Parti libéral. Au début janvier 2006, les tories mènent dans les sondages et effectuent une percée majeure au Québec où ils dépassent les libéraux en deuxième place dans les sondages (après le Bloc québécois).

En réponse à l'avance grandissante des conservateurs, les libéraux lancent une série de publicités électorales négatives accusant Harper d'avoir un agenda caché, semblables aux attaques faites dans l'élection de 2004. L'effet n'est toutefois pas le même cette fois, les conservateurs ayant un momentum beaucoup plus grand qu'en 2004 ; ils disposent à un moment d'une avance de 10 points. La popularité personnelle de Harper continue de monter et les sondages révèlent qu'il est considéré non seulement plus digne de confiance, mais également comme un meilleur premier ministre potentiel que Paul Martin. En plus de la discipline améliorée du Parti conservateur, et aussi à cause de cela, la couverture médiatique accordée aux conservateurs est beaucoup plus positive qu'en 2004. Quant à eux, les libéraux sont de plus en plus critiqués pour le mauvais déroulement de leur campagne et la multiplication des gaffes.

Le 23 janvier 2006, les conservateurs remportent 124 sièges, contre 103 pour les libéraux. Ces résultats font du Parti conservateur le premier parti en importance aux communes (qui compte 308 sièges) leur permettant de former un gouvernement minoritaire. Le 6 février, Stephen Harper est assermenté à titre de 22e premier ministre du Canada, ainsi que son conseil des ministres.

Le Parti conservateur, bien que n'ayant aucune aile provinciale officielle, travaille de près avec les anciens affiliés au Parti progressiste-conservateur.On a d'ailleurs demandé ici ou là que les branches locales prennent plutôt le nom de 'Parti conservateur'.Le Parti conservateur entretient de bons rapports avec d'autres organisations conservatrices, telles que le Parti saskatchewanais, l'Action démocratique du Québec, et dans une certaine mesure les membres les plus à droite des Libéraux de Colombie-Britannique (et cela malgré l'existence d'un Parti Conservateur de Colombie-Britannique). Les conservateurs fédéraux bénéficient de l'appui de plusieurs tories provinciaux. Plusieurs premier ministres provinciaux, tels que Ralph Klein de l'Alberta, Pat Binns de l'Île-du-Prince-Édouard, Danny Williams de Terre-Neuve-et-Labrador, John Hamm de la Nouvelle-Écosse et Bernard Lord du Nouveau-Brunswick ont exprimé leur appui de façon générale au nouveau parti. En Ontario, le chef du Parti progressiste-conservateur provincial John Tory et l'ancien chef de l'opposition provinciale intérimaire Bob Runciman ont tous deux ouvertement exprimé leur appui à Stephen Harper et au Parti conservateur du Canada, ainsi que Stuart Murray, chef de l'opposition et du Parti PC manitobains.

Bien qu'officiellement distincts des partis provinciaux, des documents du PCC, ainsi que des applications de membres, peuvent être obtenus aux bureaux de la plupart des Partis PC provinciaux. Plusieurs de ces partis tiennent ouvertement des liens vers le site du PCC sur leurs sites web. Aussi, Stephen Harper a été invité comme conférencier à plusieurs congrès des partis progressistes-conservateurs provinciaux, et il encourage tous les membres du parti fédéral à devenir membres de leurs partis conservateurs provinciaux respectifs.

L'Action démocratique du Québec (ADQ) et le Parti libéral du Québec (PLQ) n'entretiennent aucun lien avec un quelconque parti fédéral, même si l'ancien chef progressiste-conservateur Jean Charest est actuellement chef des libéraux. Depuis qu'il est chef du PLQ, Charest a amené beaucoup d'anciens tories de l'ère Mulroney à occuper des postes importants au sein du PLQ. Lors de l'élection fédérale canadienne de 2006, il donna un appui réservé au Parti conservateur, déclarant que les promesses de Stephen Harper sur le fédéralisme d'ouverture et le déséquilibre fiscal allaient dans le sens de ce que souhaitait le Québec. Plusieurs bénévoles et organisateurs du PLQ se mirent discrètement au service des conservateurs, qui n'avaient pas une grande organisation au Québec. L'élection d'un gouvernement conservateur fut bien accueillie par Jean Charest et le ministre de la santé Philippe Couillard.

L'ADQ, quant à lui, est le plus conservateur des trois partis provinciaux québécois, et bien que les politiques adéquistes sur des questions telles que les soins de santé sont très proches de celles du PCC, le chef adéquiste Mario Dumont a refusé de s'aligner formellement avec un parti fédéral. Toutefois, il a personnellement et publiquement appuyé le Parti conservateur lors des élections de 2006, puis de celles de 2008, appui qui n'a toutefois pas fait l'unanimité auprès des membres de son parti.

Le Parti saskatchewanais est né d'une fusion non-officielle du Parti progressiste-conservateur de la Saskatchewan avec des membres du Parti libéral de la Saskatchewan, et certains de ses membres appuient le PLC, d'autres le PCC. Les libéraux provinciaux présentent toujours des candidats aux élections. Suite à l'effondrement des progressistes-conservateurs suivant le gouvernement criblé de scandales de Grant Devine dans les années 1980, les progressistes-conservateurs se sont officiellement retirés de la politique, bien que retenant une organisation nominale et présentant des candidats-papier aux élections afin de maintenir les fonds du parti. Le Parti saskatchewanais est officiellement neutre quant à la politique fédérale, bien que son premier chef, Elwin Hermanson, ait eu des liens directs avec le Parti réformiste et l'Alliance canadienne.

Le Parti libéral de la Colombie-Britannique a déjà été une aile provinciale du Parti libéral du Canada, mais sous la direction de Gordon Campbell il s'est déplacé plus vers la droite et contient actuellement des membres appuyant les libéraux fédéraux et d'autres les conservateurs fédéraux. Le parti est maintenant officiellement neutre face à la politique fédérale.

Le Parti conservateur de la Colombie-Britannique existe toujours et présente encore des candidats aux élections, mais ne compte actuellement aucun représentant élu à la législature de la province. Plusieurs conservateurs fédéraux éminents militent au sein du Parti conservateur de la Colombie-Britannique. Wilf Hanni, ancien chef du Parti réformiste de la Colombie-Britannique, est actuellement chef du Parti conservateur. De par le passé plusieurs progressistes-conservateurs ont aussi entretenu des liens serrés avec le Parti Crédit social de la Colombie-Britannique.

Le Parti du Yukon (anciennement le Parti progressiste-conservateur du Yukon) changea de nom et a coupa tous ses liens au Parti PC fédéral pendant les années Mulroney. Son chef actuel, le premier ministre yukonnais Dennis Fentie, un ancien néo-démocrate qui fit défection pour diriger le Parti du Yukon, reste relativement ambigu sur la question de l'appui fédéral du parti territorial.

Certains des partis ci-dessus peuvent parfois s'affilier ou appuyer le nouveau Parti conservateur fédéral ou un de ses candidats régionaux. Les relations sont tendus, par comptes, entre le Parti conservateur et Ralph Klein, premier ministre progressiste-conservateur de l'Alberta, dû aux commentaires que ce dernier a faite en public au cours de la dernière élection fédérale concernant les soins de santé, ainsi que son appel à un référendum sur la question du mariage homosexuel. Rajoutant à la tension en Alberta : l'appui des militants du PCC est divisé entre le Alberta Alliance Party (droite) et les Progressistes-conservateurs (centre-droite).

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Le Parti progressiste-conservateur du Canada (PC) était un parti politique conservateur canadien de centre-droite qui a existé de 1867 à 2003. Bien que le parti cessa officiellement d'exister après 2003, plusieurs membres du Sénat canadien continuent de siéger en tant que membres du caucus progressiste-conservateur, et les partis conservateurs dans la plupart des provinces continuent d'utiliser le nom progressiste-conservateur. Les progressistes-conservateurs étaient aussi connus sous le nom de « Tories » (la plupart des Canadiens les nommaient simplement « les Conservateurs »).

Bien que le tout premier Premier ministre canadien, Sir John A. Macdonald, fut un conservateur, et bien que le parti fut au pouvoir pour quarante-et-une des soixante-dix premières années d'existence du pays, le parti fut pour la majeure partie de son histoire confinée à l'opposition en tant que deuxième parti fédéral national, derrière les libéraux. Le parti a souffert un déclin après l'élection canadienne de 1993. Il a été formellement dissous le 8 décembre 2003, lorsqu'il fusionna avec l'Alliance canadienne pour former le Parti conservateur du Canada.

Entre la fondation du parti en 1867, et l'adoption du nom progressiste-conservateur en 1942, le parti changea de nom plusieurs fois. Il a communément été appelé le Parti conservateur.

Plusieurs partis progressistes-conservateurs provinciaux continuent d'exister en Alberta, en Saskatchewan, au Manitoba, en Ontario, au Nouveau-Brunswick, en Nouvelle-Écosse, à l'Île-du-Prince-Édouard et à Terre-Neuve-et-Labrador. Aussi, un petit groupe de sénateurs et des loyalistes du parti, opposés à la fusion, continuèrent de siéger au parlement sous le nom de progressistes-conservateurs. Le parti yukonnais de ce nom changea son nom en 1990 pour devenir le Parti du Yukon. Le Parti progressiste-conservateur de la Colombie-Britannique devint le Parti conservateur de la Colombie-Britannique en 1991.

Le parti adopta l'appellation progressiste-conservateur en 1942 quand le Premier ministre manitobain de l'époque, John Bracken, qui fut longtemps chef du Parti progressiste de cette province, accepta de devenir chef des conservateurs sous la condition que ceux-ci ajoutent le mot progressiste au nom conservateur. Malgré le changement de nom, la plupart des anciens progressistes continuèrent de soutenir le Parti libéral ou encore le Co-operative Commonwealth Federation. Bracken quitta le parti en 1948.

Une faiblesse majeure du parti depuis 1885 fut son incapacité à gagner l'appui du Québec, aliéné par l'exécution de Louis Riel cette même année. Ce problème ne fit que s'amplifier durant la crise de la conscription de 1917. Bien que le Parti conservateur du Québec domina la scène politique pour les trente premières années de la Confédération, autant au niveau fédéral que provincial, au XXe siècle le parti ne parvint plus à être une force majeure en politique provinciale. Il fut exclu du pouvoir à partir de 1897, et fut enfin dissous en 1935 dans l'Union nationale, qui prit le pouvoir en 1936 sous Maurice Duplessis.

Le parti ne se remit jamais complètement de l'éclatement de la coalition de Brian Mulroney, éclatement qui résultait de l'échec de l'accord du lac Meech. Avant la fusion avec l'Alliance canadienne, il ne détenait que quinze sièges à la Chambre des communes, et n'a jamais détenu plus qu'une vingtaine de sièges au parlement entre 1994 et 2003.

Le Parti progressiste-conservateur était généralement de centre-droite dans son idéologie politique.

Le conservatisme canadien, historiquement, a davantage ressemblé a celui pratiqué au Royaume-Uni et en Europe qu'à celui pratiqué aux États-Unis. À l'instar des autres mouvements conservateurs en vogue au XIXe siècle, les tories canadiens s'opposaient à l'idée de restreindre l'interventionnisme gouvernemental en matière sociale et économique, comme le réclamait les libéraux de l'époque. En contraste avec les conservateurs Américains, toutefois, ils n'ont pas opéré un virage idéologique aussi drastique dans la première moitié du 20e siècle en poursuivant le mercantilisme et des notions naissantes de l'État-providence.

Comme leur rival libéral, le parti se définissait comme une "grande tente", où une grande variété de membres pourchassant des buts et des idéaux assez librement définis étaient les bienvenus. Contrairement au Parti libéral, par contre, il y avait une longue histoire de factionnalisme dans cette tente. Ceci était en partie dû au manque de succès électoral du parti, mais aussi du fait que le parti courtisait souvent des groupes politiques particuliers pour former une base de soutien assez large pour défaire les Libéraux. Ces groupes existaient souvent en tant que blocs semi-autonomes au sein du parti, tels les nationalistes québécois et les réformistes de l'Ouest canadien dans les années 1980. Plus tard, les observateurs externes classeront généralement le membership du parti en deux camps, les Red Tories (tories rouges) et les Blue Tories (tories bleus).

Les Red Tories avaient tendance à épouser le libéralisme au plan social, mais restaient conservateurs dans leur politique économique. Historiquement, ils formaient le bloc dominant du Parti conservateur original. Sir John A. Macdonald, John Diefenbaker, Robert Stanfield, Dalton Camp, W.L. Morton, William Davis, Joe Clark, et Flora MacDonald étaient tous des Red Tories.

Les Blue Tories étaient conservateurs à la fois sur les plans économique et social. De 1957 à 2003, les Red Tories dominaient toute la haute hiérarchie du parti. Les Blue Tories ont vu leur nombre se réduire de manière significative vers les années 1980 et plusieurs Blue Tories, désillusionnés, se déplacèrent vers le néo-conservatisme, personnifié dans l'ascension de Margaret Thatcher et Ronald Reagan, et d'autres alternatives de droite. Lorsque le parti était au pouvoir au niveau fédéral, il n'a jamais vraiment épousé les politiques économiques de Reagan et la croisade contre l'interventionnisme gouvernemental au même point qu'hors-Canada. Les néo-conservateurs penchent vers le conservatisme social et le libéralisme économique. Ce groupe consituaient la principale base de soutien de l'Alliance canadienne et son prédécesseur, le Parti réformiste, et ce soutien se transféra ensuite vers le nouveau Parti conservateur du Canada. Le succès qu'a eu le mouvement néo-conservateur à s'approprier le terme conservateur a mené à un débat sur la définition même du conservatisme au Canada aujourd'hui. Même s'ils adhèrent à une philosophie économique semblable à celle originalement avancée par les libéraux du XIXe siècle (connue à la fois aujourd'hui, de façon confuse, sous le nom de néo-libéralisme et de néo-conservatisme), l'Alliance canadienne accepta le nom de Parti conservateur du Canada afin de se vendre plus efficacement aux électeurs.

À l'aube de la Confédération canadienne, le parti prônait une approche mercantiliste au développement économique : une croissance soutenue par l'exportation, avec des tarifs d'importation élevés afin de protéger les industries locales. Le parti était résolument monarchiste et souhaitait que le Canada joue un rôle important au sein de l'Empire britannique. Certains canadiens-français eurent l'impression qu'ils prônait une politique d'assimilation culturelle.

Le Parti conservateur domina la politique canadienne pour les premières soixante-dix années d'existence de la nouvelle nation. En général, l'histoire politique du Canada consiste en une alternance de pouvoir entre les libéraux et les Tories, quoique souvent avec des gouvernements minoritaires soutenus par des plus petits partis.

Après une longue période de dominance Libérale qui suivit le mandat conservateur durant la Grande dépression (1930 à 1935), John Diefenbaker remporta une victoire massive pour les conservateurs en 1958. Diefenbaker réussit à remporter la plupart des circonscriptions dans l'Ouest canadien, une grande part en Ontario, et (avec l'aide du gouvernement de l'Union nationale) un grand nombre au Québec. Diefenbaker tenta une politique de distance vis-à-vis les États-Unis. Son cabinet fut divisé par le refus de Diefenbaker face au demandes américaines, qui réclamaient que le Canada accepte des ogives nucléaires pour les missiles Bomarc basées à North Bay, Ontario, et La Macaza, Québec. Cette division contribua à la défaite du gouvernement par les libéraux de Lester B. Pearson lors de l'élection de 1963.

Diefenbaker demeura à la tête du parti progressiste-conservateur jusqu'en 1967, quand un malaise grandissant face à ses politiques réactionnaires, son style autoritaire et son inélectabilité perçue mena à la course à la chefferie de 1967. Le premier ministre néo-écossais Robert Stanfield fut élu parmi les onze candidats, qui incluaient Diefenbaker et le premier ministre manitobain Duff Roblin.

À la fin des années 1960, suite à la révolution tranquille québécoise, les progressistes-conservateurs reconnurent le besoin d'augmenter leur attrait pour la population francophone canadienne. Au même moment, les tories entamèrent finalement un éloignement face au mercantilisme et une approche plus néo-libérale de l'économie, notamment en ce qui concerne le libre-échange. Les deux mouvements connurent leur apogée lorsque Brian Mulroney devint premier ministre suite à l'élection de 1984.

Mulroney s'était déclaré opposé au libre-échange avec les États-Unis lors de la course à la chefferie de 1983. Toutefois, un sentiment grandissant de continentalisme parmi les gens d'affaires canadiens, ainsi que l'impact qu'eut la révolution Reagan sur la pensée conservatrice canadienne, mena Mulroney à un revirement en faveur du libre-échange. Son gouvernement endossa la recommandation de 1985 de la Commission royale sur l'union économique et les perspectives de développement pour le Canada de poursuivre un accord de libre-échange avec les États-Unis.

Traditionnellement, c'était le Parti libéral qui tenait un discours continentaliste et les conservateurs qui s'opposaient au libre-échange avec les États-Unis, préférant des liens économiques plus étroits avec la Grande-Bretagne. Suivant la dissolution de l'Empire britannique et le nationalisme économique des libéraux sous Pierre Trudeau, les positions traditionnelles des deux partis se trouva inversé.

C'est sur ce fond historique que Mulroney fit campagne et remporta l'élection de 1988 sur le thème de l'Accord de libre-échange canado-américain.

Le deuxième facteur majeur qui mena à la défaite du gouvernement de Mulroney provenait du fait que la base de soutien du parti au Québec était constitué de nationalistes québécois, qui retirèrent leur soutien suivant l'échec de l'Accord du lac Meech et de l'Accord de Charlottetown. Plusieurs tories québécois, incluant plusieurs députés et membres du cabinet, quittèrent le parti pour former le Bloc québécois avec des membres du Parti libéral.

Le troisième facteur majeur fut un sentiment grandissant d'aliénation dans les quatre provinces de l'Ouest canadien, résultant des tentatives des deux grands partis nationaux de séduire le Québec. Les canadiens occidentaux donnèrent plutôt leur soutien au Parti réformiste du Canada, et son successeur, l'Alliance canadienne.

Suivant la démission de Mulroney, son successeur aux postes de chef des progressistes-conservateurs et de premier ministre fut Kim Campbell, qui mena le parti à une défaite électorale désastreuse en 1993. La chute en popularité du parti, combiné à l'impact du mode de scrutin uninominal majoritaire à un tour utilisé au Canada, eu pour resultat l'effondrement du caucus parlementaire conservateur. Les conservateurs passèrent d'un gouvernement majoritaire à seulement deux députés à la Chambre des communes, ce qui n'était pas suffisant pour retenir le statut de parti officiel, malgré avoir réussi à récolter 16% du vote populaire. Le parti retrouva son statut de parti officiel sous la direction de Jean Charest après l'élection de 1997, avec un soutien d'environ 20% des électeurs canadiens, mais les progressistes-conservateurs ne sont jamais parvenus à faire élire plus de 20 députés à la Chambre des communes entre 1994 et 2003.

La montée de l'Alliance canadienne était sans doute dommageable pour les tories, mais il n'y a pas de consensus sur le degré précis auquel cela est vrai. Plusieurs observateurs soutiennent que, de 1993 à 2003, le vote conservateur était divisé entre les deux partis, permettant à des candidats libéraux de remporter des circonscriptions qui furent traditionnellement des forteresses conservatrices. Cette analyse mena à la montée du mouvement Alternative unie dans la deuxième moitié des années 1990. Par contre, d'autres insistent qu'il existait un gouffre idéologique légitime entre les alliancistes, plus idéologiques, et les progressistes-conservateurs, dominés par les Red Tories plus modérés. Certains sondages, indiquant que plusieurs anciens voteurs PC préféreraient les libéraux comme deuxième choix plutôt que l'Alliance canadienne, tendent à souligner cette thèse.

Suite au départ de Jean Charest vers le Parti libéral du Québec, Joe Clark réapparut sur la scène politique fédérale pour diriger le parti, et fit mentir les prédictions d'anéantissement du parti à l'élection féderale de 2000. Le parti remporta les 12 circonscriptions nécessaires pour préserver leur statut de parti officiel à la Chambre des communes, mais sans plus. Par contre, en 2002, le caucus s'enrichit de 3 membres supplémentaires et devint le quatrième parti en importance à la chambre, grâces à deux élections complémentaires et l'intégration du caucus par le député du Caucus démocratique représentatif, Inky Mark.

Peter MacKay, successeur de Joe Clark, négocia une fusion avec l'Alliance canadienne qui fut annoncée le 15 octobre 2003. Les deux partis s'unirent pour former un nouveau parti connu sous le nom de Parti conservateur du Canada. L'union fut ratifiée les 5 et 6 décembre par les deux partis, et le nouveau Parti conservateur fut formellement enregistré le 8 décembre. Le 20 mars 2004, l'ancien chef allianciste Stephen Harper fut élu chef du nouveau parti.

Suivant la fusion, un caucus de députés progressistes-conservateurs continua de sièger aux communes, constitué d'individus qui refusèrent de se joindre au nouveau Parti conservateur. Joe Clark, André Bachand et John Herron continuèrent à s'identifier comme progressistes-conservateurs.

Dans l'élection de 2004, Bachand et Clark ne se présentèrent pas candidats, et Herron brigue les suffrages sous la bannière Libérale ; il fut défait par le conservateur Rob Moore dans la circonscription de Fundy—Royal. Scott Brison, qui s'était joint aux Libéraux immédiatement après son départ du Parti conservateur, fut réélu sous la bannière libérale en 2004.

Au Sénat, William Doody, Lowell Murray et Norman Atkins ont aussi refusé de se joindre au nouveau parti, et continuent actuellement de sièger en tant que sénateurs progressistes-conservateurs. Le 24 mars 2005, le premier ministre Paul Martin désigna neuf nouveau sénateurs, desquels deux, Nancy Ruth et Elaine McCoy, furent désignées progressistes-conservateurs. Ainsi il se pourrait qu'il y ait des sénateurs progressistes-conservateurs jusqu'en 2021, date à laquelle McCoy, la plus jeune des cinq, atteint l'age de retraite obligatoire de 75 ans, ou même plus tard si des sénateurs futurs se désignent comme progressistes-conservateurs.

Le 9 janvier 2004, un groupe se proclamant loyal au Parti progressiste-conservateur, et farouchement opposé à la fusion, qu'ils caractérisaient comme une annexion allianciste, soumirent une application pour enregistrer un parti nommé le Parti progressiste-conservateur du Canada. Leur demande fut rejetée, la raison étant que ce nom ne pouvait plus être utilisé. Le groupe fit une autre application sous le nom du Parti progressiste canadien, et un nouveau parti PC fut reconnu par Élections Canada le 26 mars. Il trouva un soutien suffisant pour être reconnu comme parti officiel le 29 mai.

Le Parti progressiste canadien vise à être reconnu comme le parti successeur au Parti progressiste-conservateur. Toutefois, ce n'est pas clair à quel point ce parti est soutenu par les anciens progressistes-conservateurs. Spécifiquement, aucun anti-fusionniste éminent, tel que Joe Clark ou David Orchard ne sont associés au Parti progressiste canadien. Il n'y a pas non plus de députés ou de sénateurs siègeant actuellement. Le membre le plus éminent à s'y joindre est l'ancient député et membre du cabinet Heward Grafftey, qui arriva juste derrière Craig Chandler au cours de la dernière course à la chefferie du Parti PC.

1 Créé 1er vicompte Bennett suivant sa retraite.

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Brian Mulroney

Martin Brian Mulroney, C.P., C.C., G.O.Q. B.A., LL.L., (né le 20 mars 1939) est un avocat et un politicien canadien. Il a été le 18e Premier ministre du Canada, du 17 septembre 1984 au 25 juin 1993. Il est demeuré député de Charlevoix jusqu'en septembre 1993.

Né à Baie-Comeau (Québec), Brian Mulroney devint premier ministre après que son Parti progressiste-conservateur eut remporté le plus grand nombre de sièges parlementaires dans l'histoire du Canada. À l'époque, Mulroney était un cas unique en politique canadienne, n'ayant jamais été un politicien de carrière. Homme d'affaires de longue date, il se lança dans la course à la direction du Parti progressiste-conservateur comme un outsider, sans aucune expérience politique, et remporta la victoire. Il laissa un héritage ambigu et complexe, mais il est indéniable que sa période au pouvoir fut une période de changement drastique.

Né d'un électricien de papeterie, il fit ses études secondaires dans un pensionnat catholique à Chatham, au Nouveau-Brunswick, gérée par l'université St. Thomas. Il obtint un diplôme de l'université Saint Francis Xavier à Antigonish, en Nouvelle-Écosse. Il obtint alors un diplôme en droit de l'université Laval, à Québec. Après sa graduation, il se joint à une firme d'avocat montréalaise. Le 26 mai 1973, il épousa Mila Pivnicki, fille d'immigrants yougoslaves (serbes). Les Mulroney ont quatre enfants : Nicolas, Mark, Ben et Caroline.

Brian Mulroney n'avait jamais été élu ; toutefois, il travailla pour le Parti progressiste-conservateur pendant des années. En 1976, il se lança dans la course à la direction, mais fut vaincu par Joe Clark. Suite à cette défaite, Mulroney accepta le poste de vice-président exécutif de la Iron Ore Company of Canada, une filiale de trois aciéries majeures américaines. En 1977, il fut nommé président de la compagnie.

En 1983, le leadership de Joe Clark commença à être remis en question. Mulroney organisa la défaite de Clark à un vote de confiance ; lorsque Clark reçut l'appui de moins de 67% des délégués au congrès du parti, il démissionna de la direction, lançant ainsi une course à la chefferie. Brian Mulroney se porta de nouveau candidat, et fit campagne plus astucieusement qu'en 1976. Il fut élu chef du parti le 11 juin 1983, défaisant Clark au quatrième tour. Il attira des appuis de plusieurs factions différentes du parti, particulièrement parmi les délégués du Québec, sa province natale. Après avoir remporté une élection partielle dans la circonscription néo-écossaise de Central Nova, Mulroney fit son entrée à la Chambre des communes du Canada, à Ottawa, le 26 août 1983.

Lorsque le premier ministre Pierre Trudeau prit sa retraite en juin 1984, le Parti libéral du Canada choisit John Turner comme nouveau chef. Turner déclencha des élections générales en septembre. Mulroney marqua des points durant le débat télévisé lorsqu'il attaqua Turner pour les désignations de patronage qu'il avait faites pour Trudeau. Ironiquement, Turner avait prévu d'attaquer Mulroney pour la machine de patronage que ce dernier avait planifiée en vue de la victoire, mais Mulroney réussit à braquer l'attention sur les nominations de Turner. Bien des observateurs reconnurent que ce fut un point tournant de la campagne électoral.

Les progressistes-conservateurs remportèrent la plus forte majorité parlementaire dans l'histoire du Canada, gagnant 211 sièges sur 282. De plus, ils étaient en avance dans toutes les provinces, émergeant comme un parti national pour la première fois depuis l'élection de 1958.

Une des tâches majeures auxquelles s'est attaquées le gouvernement de Mulroney fut une tentative de résoudre la question épineuse de l'unité nationale. Mulroney voulait inclure le Québec dans une nouvelle entente avec le reste du Canada. Le Québec était la seule province à ne pas avoir signé la nouvelle Constitution canadienne négociée par Pierre Trudeau en 1982. De plus, bon nombre de Québécois croyaient depuis des années qu'ils méritaient un statut distinct du reste du Canada en vertu de leur culture, de leur langue et de leur histoire, et un mouvement indépendantiste s'était grandement développé durant les années 1960 et 1970.

En 1987, Mulroney négocia l'accord du lac Meech, une série d'amendements constitutionnels visant à satisfaire les exigences québécoises pour leur reconnaissance en tant que "société distincte" à l'intérieur du Canada, avec les premiers ministres provinciaux. Toutefois, bon nombre de Canadiens anglais s'opposaient à l'accord, et il ne fut pas ratifié par les gouvernements provinciaux du Manitoba et de Terre-Neuve à temps pour l'échéance de 1990.

Cet échec contribua à une remontée du mouvement souverainiste au Québec, et mena à une nouvelle ronde de négociations à Charlottetown, à l'Île-du-Prince-Édouard, en 1991 et 1992. Ces négociations accouchèrent de l'accord de Charlottetown, qui apportait d'importants changements à la constitution, incluant la reconnaissance du Québec comme une société distincte. Toutefois, l'accord fut défait dans un référendum national en octobre 1992.

Tout au long de son mandat, Mulroney tenta de couper dans le déficit budgétaire qui atteignait les milliards de dollars. Toutefois, il ne réussit jamais à l'éliminer, et la dette nationale augmenta de façon significative durant ses années au pouvoir. Ses tentatives de couper dans les dépenses de l'État limitaient sa capacité de respecter bien des promesses électorales.

La récession mondiale au début des années 1990 contribua à empirer la situation financière du gouvernement. Son incapacité à améliorer les finances du gouvernement, ainsi que son usage d'augmentations d'impôts et de taxes pour remédier à la situation contribuèrent à lui aliéner une grande partie de sa base d'appuis parmi les conservateurs de l'ouest.

Mulroney tenta de se réconcilier avec les provinces de l'ouest, qui avaient été cruciales à son succès électoral. Il annula le Programme énergétique national et inclua une forte représentation de l'ouest dans son cabinet. Toutefois, il n'y réussit pas complètement, même sans tenir compte de ses politiques économiques et constitutionnelles.

Une autre priorité du gouvernement Mulroney était la privatisation des nombreuses sociétés d'État canadiennes. En 1984 le gouvernement canadien détenait 61 sociétés d'État différentes. Il en vendit 23 dans les 10 années suivantes. Certaines étaient très grandes, comme Air Canada, la Compagnie des chemins de fer nationaux du Canada et Petro-Canada.

Air Canada avait été complètement privatisé en 1989, quoique la Loi sur la participation publique au capital d'Air Canada continua de soumettre la compagnie aérienne à certaines exigences. Par exemple, la compagnie doit garder son siège social à Montréal, la participation d'intérêts étrangers est limitée, et il doit continuer de fournir ses services en anglais et en français. Au même moment, les réglementations aériennes furent libéralisées, permettant entre autres un plus grand accès au marché américain.

En 1990, le gouvernement annonça ses plans pour la privatisation de Petro-Canada. Le projet de loi sur la privatisation passa, et le 3 juillet 1991, les premières actions furent vendues au public. Certaines règles continuaient de s'appliquer à la compagnie : aucun autre actionnaire ne pouvait contrôler plus de 10% de la compagnie, et le pourcentage de la compagnie pouvant être détenu par des intérêts étrangers était limité à 25%. Durant la décennie qui suivit, le gouvernement vendit progressivement sa propre part de la compagnie ; les dernières actions furent vendues en 2004 sous Paul Martin.

La privatisation finale de Canadien National ne fut complétée qu'en 1995, lorsque le gouvernement de Jean Chrétien vota le dernier projet de loi. Le gouvernement de Mulroney tint un référendum dans les Territoires du Nord-Ouest sur la question de la création d'un nouveau territoire appelé Nunavut, formé de la portion orientale des Territoires du Nord-Ouest. Le Nunavut donne une certaine autonomie au peuple Inuit, majoritaires dans ce territoire. La population des Territoires du Nord-Ouest vota "oui", et le Nunavut fut créé en 1999.

Le gouvernement conservateur proposa la création d'une taxe nationale sur les ventes, la Taxe sur les produits et services, en 1989. Quand elle fut introduite en 1991, elle remplaçait la Taxe sur les ventes manufacturières qui auparavant était appliquée au niveau du gros sur tous les produits fabriqués au Canada. Bien que le gouvernement insista que ce n'était pas une augmentation de taxes, mais seulement un déplacement de celles-ci, la nature hautement visible de la taxe fut extrêmement impopulaire.

En 1990, Mulroney nomma un ancien ministre de son cabinet, Ray Hnatyshyn, au poste de gouverneur général.

Le déclin des stocks de morue au Canada atlantique mena le gouvernement Mulroney à imposer un moratoire sur la pêche de la morue, mettant fin à une grande partie de l'industrie de la pêche terre-neuvienne, ce qui créa des temps très difficiles pour l'économie de la région. Le gouvernement instaura plusieurs programmes dans le but de diminuer ces effets néfastes, mais perdit énormément de popularité dans les provinces maritimes.

De confession catholique, Brian Mulroney a exprimé son parti pris en faveur du mouvement pro-choix.

Durant son mandat de premier ministre, la relation étroite qu'entretenait Brian Mulroney avec le président des États-Unis Ronald Reagan lui fut d'une aide immense pour mener à bien la ratification d'un accord de libre-échange avec les États-Unis, selon lequel tous les tarifs douaniers entre les deux pays seraient éliminés pour 1998. Certains critiques notèrent que Mulroney avait déclaré son opposition au libre-échange durant la course à la direction du parti de 1983. L'accord fut très controversé, et fut l'enjeu principal de l'élection de 1988, au cours duquel le parti de Mulroney fut réélu avec une deuxième forte majorité parlementaire (avec, toutefois, seulement 43% du suffrage populaire). Cette libéralisation des échanges commerciales prit de l'expansion en 1992 avec l'Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA), signé par le Canada, les États-Unis et le Mexique.

Le gouvernement de Mulroney s'opposa activement au régime de l'apartheid en Afrique du Sud. Cette politique de Mulroney le mit en conflit avec les gouvernements américain et britannique, mais lui assura un grand respect ailleurs.

Mulroney appuya la coalition durant la guerre du golfe de 1991, envoyant des jets canadiens pour y participer. En août, il envoya deux destroyers, le HMCS Terra Nova et le HMCS Athabaskan pour imposer l'embargo contre l'Irak. Le navire de ravitaillement HMCS Protecteur fut aussi envoyé pour aider les forces de la coalition. Lorsque l'ONU autorisa pleinement l'usage de la force dans l'opération, le Canada envoya une escadrille de CF-18 avec du personnel de support. Le Canada envoya également un navire-hôpital pour soigner les victimes sur le terrain.

Lorsque la guerre débuta, les avions canadiens furent intégrés aux forces de la coalition et fournirent une couverture aérienne, ainsi que d'attaquer des cibles au sol. Ce fut la première fois depuis la Guerre de Corée que les forces canadiennes participèrent à des opérations de combat.

Une autre initiative majeure fut la signature d'un accord sur les pluies acides avec les États-Unis.

Sous le gouvernement de Mulroney, le ministre des affaires externes, Joe Clark, fut le premier ministre des affaires étrangères à atterrir en Éthiopie, auparavant isolée, pour mener la réponse occidentale à la famine éthiopienne de 1984 - 1985. Clark se rendit à Addis-Abeba si rapidement qu'il n'avait même pas vu le reportage de la CBC qui avait causé la forte réaction publique initiale ; la réponse canadienne fut énorme et amena les États-Unis et la Grande-Bretagne à suivre le pas presque immédiatement — une situation sans précédent à l'époque, étant donné que l'Éthiopie avait auparavant été un État unitaire marxiste et avait été complètement isolée par les gouvernements occidentaux.

Le gouvernement adopta une politique fortement opposée à l'intervention au Nicaragua sous Reagan, et accepta des réfugiés en provenance du Salvador et du Guatemala, ainsi que d'autres pays avec des régimes directement soutenus par l'administration Reagan.

Les cercles bosniens en Amérique reprochent à Brian Mulroney, marié le 26 mai 1973 à Mila Pivnički, fille du psychiatre nationaliste serbe Dimitrije Pivnički, d'avoir en 1992 choisi pour diriger les Casques Bleus à Sarajevo le général Lewis McKenzie, aujourd'hui propagandiste bien payé de la Grande Serbie et accusé de viol contre des prisonnières bosniaques dans les camps serbes.

Même si Mulroney avait réussi à conserver sa majorité parlementaire en 1988, le ressentiment très répandu du public causé par la TPS, la scission de sa coalition politique, la récession économique et son échec à résoudre la situation constitutionnelle du Québec furent autant de facteurs qui expliquent le déclin marqué de sa popularité. Il annonça sa démission des postes de chef du Parti progressiste-conservateur et Premier ministre du Canada en février 1993, et fut remplacé par Kim Campbell en juin de cette même année. Mulroney fut fortement critiqué pendant ses derniers jours en poste pour avoir entrepris une luxueuse « tournée d'adieu », principalement aux frais des contribuables. Mulroney demeura en poste presque jusqu'à la fin du mandat maximal de cinq ans permis par la constitution, signifiant que son successeur devait faire face à une élection générale en quelques mois seulement. Ceci accorda peu de temps à Campbell pour tenter de sauver la réputation en lambeaux des progressistes-conservateurs.

Le mécontentement du public envers le gouvernement Mulroney fut manifesté en 1993 par les électeurs dans un verdict autant dévastateur qu'incontestable: le plus ancien parti politique au Canada fut réduit à seulement deux sièges, la pire défaite électorale dans l'histoire du Canada. Les progressistes-conservateurs continuèrent d'exister faiblement pendant quelques années avec une poignée de membres, retrouvant leur statut de parti officiel, mais fusionnant ultimement avec l'Alliance canadienne pour former le nouveau Parti conservateur du Canada.

Depuis son départ de la politique, Mulroney a eu une carrière très lucrative en tant qu'avocat chez Ogilvy Renault et consultant d'affaires internationales. Ses expériences en tant que premier ministre, comme ses tentatives de réconciliation entre les provinces de l'Ouest et le Québec ainsi que sa relation étroite avec l'ancien président américain George H.W. Bush, lui ont bien servi.

En janvier 2004, Mulroney livra un discours programme à Washington DC, à l'occasion du dixième anniversaire de l'Accord de libre-échange nord-américain.

En février 2005, on diagnostiqua sur lui une lésion à un poumon. Dans sa jeunesse, il avait été un très grand fumeur. Il subit une chirurgie réussie et se rétablit suffisamment pour enregistrer un discours pour les 2900 délégués au congrès inaugural du nouveau Parti conservateur du Canada à Montréal, en mars 2005, bien qu'il ne fût pas en état d'y assister en personne. Bien qu'on affirmât initialement que sa chirurgie s'était déroulée sans complications, il souffrit plus tard d'une pancréatite et fut hospitalisé pour plusieurs semaines. Ce n'est que le 19 avril que son fils, Ben Mulroney, annonça qu'il était en voie de rétablissement et qu'il quitterait bientôt l'hôpital.

Mulroney joua un rôle mineur dans le scandale qui se déclara lorsque Belinda Stronach, députée conservatrice de la circonscription de Newmarket—Aurora, fit défection vers le Parti libéral du Canada et fut immédiatement nommée ministre des Ressources humaines. Stronach prétendait que Mulroney l'avait appuyée dans sa démarche. Toutefois, la sénatrice Marjory LeBreton, parlant au nom de Mulroney, indiqua que Mulroney avait refusé initialement de prendre les appels de Stronach. Quand il consentit finalement à lui parler, l'ancien premier ministre exprima sa gratitude pour l'amitié de Stronach, mais condamna sa défection sans appel.

Le 12 septembre 2005, l'écrivain célèbre et ancien confident de Mulroney, Peter C. Newman, publia The Secret Mulroney Tapes: Unguarded Confessions of a Prime Minister. Basé majoritairement sur des conversations avec l'ancien premier ministre qu'il avait enregistrées avec le consentement de ce dernier, le livre déclencha une controverse nationale. Newman avait décidé de publier les enregistrements suivant le refus de Mulroney de respecter un accord antérieur avec Newman, selon lequel ce dernier écrirait un grand volume sur ses années au pouvoir, ce qui mena à un refroidissement des relations entre les deux hommes ; Mulroney avait projeté d'écrire lui-même son autobiographie, sans l'aide de Newman. Mulroney lui-même a déclaré qu'il avait fait preuve de mauvais jugement en s'exprimant si ouvertement devant le journaliste, mais il dit qu'il devra désormais vivre avec.

Mulroney siège actuellement sur le conseil d'administration de plusieurs entreprises, incluant Barrick Gold et Quebecor Inc..

En 1997, Mulroney régla à l'amiable un procès pour diffamation qu'il avait intenté au gouvernement du Canada, originalement pour 50 millions $. Il contestait les allégations qu'il avait accepté des pots-de-vin dans "l'affaire Airbus" concernant des contrats du gouvernement. Mulroney fut remboursé pour 2 millions $ en frais d'avocat. Le gouvernement déclara que les allégations ne pouvaient être confirmées.

William Kaplan, historien et ancien professeur de droit, parle de sommes versées à Mulroney par l'homme d'affaires canado-allemand Karlheinz Schreiber, président de la filiale canadienne de l'allemande Thyssen, dans son livre A Secret Trial, publié en 2004 par la presse universitaire de McGill-Queens. Shreiber aurait versé 100 000 $ à Brian Mulroney en argent liquide peu de temps après que ce dernier eut démissionné du poste de premier ministre, et 200 000 $ de plus au cours des deux années suivantes. Schreiber lui-même toucha pour plusieurs millions de dollars en commissions reliées à la vente des jets Airbus à Air Canada, ce qui déclencha un des plus gros scandales dans l'histoire politique allemande. Schreiber se bat actuellement contre son extradition en Allemagne pour y faire face à des accusations de fraude. Il prétend qu'il pourrait déclencher un immense scandale politique au Canada s'il devait un jour révéler ce qu'il sait.

Le 21 novembre 2007, Luc Lavoie, le porte-parole de M. Mulroney, indique dans le journal Ottawa Citizen que ce dernier a effectivement accepté 100 000$ en argent liquide alors qu'il demeurait député de Charlevoix. Selon M. Lavoie, M. Mulroney, qui reconnait cette erreur qu'il qualifie lui-même de colossale en privée, aurait accepté cet argent parce qu'il avait une famille à faire vivre et qu'il n'était pas un homme riche, pourtant «ce même père de famille a acheté une superbe maison dans Westmount-en-haut-de-la-montagne de 1,6 million à la même époque» et, toujours en 1993, il est devenu associé principal au sein du cabinet d'avocats Ogilvy Renault. Aucune question relative à ces paiements n'ayant été posé à M. Mulroney par les policiers lors de leur enquête, il n'aurait rien révélé à ce sujet à ce moment.

Quels services Mulroney aurait-il rendus à Schreiber pour mériter l'argent? Mulroney prétend que c'était pour des introductions pour la compagnie de pâtes de Schreiber. L'argent reçu en billets de banque, plutôt que d'être placé en fiducie, est laissé dans des coffrets de sûreté. Trois ans après le début de son mandat, il rompt sa relation d'affaires avec Schreiber mais ne lui fait aucun rapport d'activités. Quant aux dépenses engagées pour aller présenter à plusieurs chefs de gouvernement étranger le projet de la firme Thyssen, il ne les déduit pas de la portion des revenus en honoraires professionnels qu'il déclare au fisc en 1999.

Le 11 janvier 2008, le premier ministre Stephen Harper annonce la mise en place d'une commission d'enquête.

À l'instar de plusieurs anciens leaders nationaux, Mulroney semble être très préoccupé par la façon dont l'histoire le percevra. Il plaide que ses politiques sur l'économie et le libre-échange, autrefois jugées radicales, ne furent jamais renversées par les gouvernements qui lui ont succédé. Mulroney considère ceci comme la preuve qu'elles étaient justifiées.

Deux de ses décisions les plus controversées étaient l'accord de libre-échange canado-américain en 1989 et l'introduction de la Taxe sur les produits et services. Bien que les tories furent réélus en 1988 suite à une campagne axée sur le libre-échange (principalement grâce aux appuis du Québec et de l'Ouest canadien), ils ne récoltèrent que 43% du vote populaire, comparé à 56% qui allèrent au Parti libéral du Canada et au Nouveau Parti démocratique qui firent campagne contre le libre-échange. (Le libre-échange ne fut pas le seul enjeu de la campagne ; les sondages de l'époque montraient que la majorité des Canadiens appuyaient le libre-échange).

Plusieurs environnementalistes, activistes sociaux, nationalistes, chefs syndicaux et membres des communautés culturelles continuent de se plaindre des injustices alléguées auxquelles le Canada fait face à cause du libre-échange. Le libre-échange n'est pas un sujet mort, mais à été relégué au plan secondaire derrière d'autres enjeux comme les soins de santé, le protocole de Kyoto, le registre des armes à feu, les soins aux enfants, les impôts, le déséquilibre fiscal et l'Accord atlantique.

La nature provocatrice de la taxe sur les produits et services fut très impopulaire. La TPS fut créée pour deux raisons : aider à éliminer le déficit grandissant, et remplacer la taxe sur les ventes manufacturières, une taxe cachée qui, selon Mulroney, blessait l'économie.

L'impopularité intense de Mulroney à l'époque de sa démission mena plusieurs politiciens conservateurs à se distancer de lui pendant plusieurs années. Mulroney commença à se positionner, à la fin des années 1990, comme un elder statesman, mais cette perception n'est pas partagée universellement. L'ancien premier ministre libéral ontarien David Peterson, qui se tint aux côtés de Mulroney tout au long des débats sur l'Accord du lac Meech, a déclaré qu'il ne ferait jamais confiance à l'ancien premier ministre. "Il est un menteur pathologique, dit Peterson. En toute justice, je ne crois pas qu'il sache qu'il ment ... on ne peut rien prendre de ce qu'il dit pour de l'argent. Son talon d'achille essentiel, c'est les balivernes qu'il raconte." (He is a pathological liar. In fairness, I don't believe he knows he's lying ... you couldn't take anything he said at face value. His essential Achilles heel is his baloney.) Bien des canadiens le voient encore comme un élément de division.

Les conservateurs sociaux reprochaient aussi bien des choses à Mulroney. Entre autres, ils lui reprochent son opposition à la peine capitale, à l'interdiction de l'avortement, ses augmentations d'impôts et son inaction pour restreindre l'expansion des tendances étatistes du gouvernement, ainsi que son patronage politique. À cause de ses positions sur ces questions, Mulroney était aux yeux des conservateurs un Red Tory (bien que la plupart des red tories ne soient pas en accord avec ce point de vue) ; pour la plus grande partie de sa carrière, il fut assez modéré pour être électable à la grandeur du Canada. Les chefs des partis réformistes et alliancistes sont plus souvent associés au Blue Tories sur les questions sociales et fiscales, ce qui solidifia leur appuis en Alberta et dans l'Ouest, mais jusqu'à ce jour les a empêché de faire des gains significatifs en Ontario, au Québec et dans les provinces maritimes (jadis des forteresses conservatrices).

La vision négative de l'héritage Mulroney commença lorsqu'il fut remplacé en tant que premier ministre et chef des progressistes-conservateurs par la ministre de la défense, Kim Campbell. Elle essuya une défaite électorale spectaculaire aux élections de 1993. Beaucoup rejetaient le blâme sur Mulroney, pas seulement à causes de ses politiques impopulaires, mais aussi parce qu'il est resté en poste presque jusqu'à la limite de son mandat, démissionnant à la dernière minute en 1993 quand une élection devrait être déclenchée dans les plus brefs délais, laissant peu de temps à Campbell pour consolider le parti. La droite politique canadienne s'était fragmentée durant les années Mulroney. Plusieurs vétérans du cabinet et du caucus renoncèrent à se présenter à nouveau aux élections. Les conservateurs de l'Ouest quittèrent le Parti progressiste-conservateur pour se joindre au nouveau Parti réformiste, et les tories québécois quittèrent pour rejoindre le Bloc québécois et le Parti libéral. Cette fragmentation contribua à la défaite du Parti progressiste-conservateur, faisant de lui un acteur marginal à la Chambre des communes. La droite canadienne ne fut réunifiée qu'en décembre 2003, lors de la fusion des progressistes-conservateurs avec l'Alliance canadienne (successeur du Parti réformiste) pour former le Parti conservateur du Canada.

Mulroney joua un rôle influent en appuyant la fusion ; à l'époque, les anciens leaders progressistes-conservateurs comme Joe Clark et Kim Campbell y étaient soit opposés, soit ambivalents.

Mulroney a aussi été attaqué pour sa relation avec les États-Unis par Jean Chrétien, qui entretenait pourtant des relations étroites avec Bill Clinton. Chrétien critiquait Mulroney pour ses relations amicales avec Ronald Reagan et George H.W. Bush. Il est membre de Bilderberg.

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Source : Wikipedia