Sepp Blatter

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Posté par rachel 30/04/2009 @ 16:17

Tags : sepp blatter, fifa, football, sport

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Sepp Blatter

Joseph « Sepp » Blatter, né le 10 mars 1936 à Viège, est le huitième président de la FIFA (nommé le 8 juin 1998).

Il fait ses études à Sion et à Saint-Maurice avant d'obtenir un diplôme de commerce et d'économie politique à HEC Lausanne. Footballeur de 1948 à 1971, il commence sa carrière professionnelle en tant que directeur des relations publiques à l'office du tourisme valaisan. En 1964, il devient secrétaire général de la Ligue suisse de hockey sur glace. Il s'intéresse entre temps au journalisme : en 1956, il adhère à l'Association des journalistes sportifs suisses.

Au début des années 1980, Sepp Blatter grimpe dans la hiérarchie de la FIFA. En 1981, il devient secrétaire général de l'association. En 1990, il est nommé directeur exécutif et s'occupe de plusieurs coupes du monde. Au printemps 1998, il se porte candidat à la présidence de la FIFA. Il accède à ce poste le 8 juin de la même année.

Depuis 1999, il est membre du CIO. Le 29 mai 2002, son mandat de président de la FIFA est prolongé.

La présidence de Sepp Blatter est également marquée par la publication de deux livres très critiques envers sa gestion de la FIFA. David Yallop publie ainsi en 1999 How they stole the game (comment ils ont volé le jeu). Il y dénonce la gestion de João Havelange. Dans la même veine, Andrew Jennings publie en 2006 Carton rouge !, où il dénonce la gestion de Sepp Blatter en reprenant nombre de données déjà publiées par Yallop (élections "truquées" en 1996 et 1998, par exemple), ainsi que des accusations de corruption liée à la société de marketing ISL (spécialisée dans les droits TV et commerciaux de la FIFA). ISL a été mise en faillite en 2001 puis liquidée judiciairement. La FIFA tenta, en vain dans les deux cas, de faire interdire la publication de ces ouvrages. Dès l'année 2001, le juge d'instruction du canton de Zoug Thomas Hildbrand, spécialisé dans les crimes et délits économiques, mène son enquête sur la société désormais en faillite ISL. Ses investigations l'ont amené à perquisitionner dans les bureaux de la FIFA à Zurich en novembre 2005, en raison de forts soupçons de détournement de fonds et de corruption. En mai 2002 déjà, le secrétaire général de la FIFA, Michel Zen-Ruffinen, avait publiquement dénoncé les dysfonctionnements au sein de l'association de football et critiqué le "système Blatter". Un mois plus tard, il était contraint de démissionner.

Intéressante aussi, sa position de négation sur le dopage dans le foot : interviewé par France Télévisions en septembre 2006, Blatter nie l'existence du dopage dans le foot, en soutenant que la pratique du dopage dans les sports collectifs en général "n'existe pratiquement pas" puisqu'elle ne serait d'aucune utilité. L'interview a été retransmise par exemple dans le Journal Télévisé "Soir 3" de France 3 du jeudi 7 décembre 2006.

La Bolivie, la Jordanie, la Tunisie, le Yémen, le Soudan, Djibouti, Saint-Marin et la République centrafricaine lui ont également décernés des ordres et des titres pour ses services.

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Football

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Le football /futbol/ ou soccer /sɔkœːʀ/ (en français québécois) est un sport collectif opposant deux équipes de onze joueurs dans un stade. L'objectif de chaque formation est de mettre un ballon sphérique dans le but adverse, sans utiliser les bras, et de le faire plus souvent que l'autre équipe.

Codifié par les Britanniques à la fin du XIXe siècle, le football s'est doté d'une fédération internationale, la FIFA, en 1904. Pratiqué en 2006 par environ 264 millions de joueurs à travers le monde, le football possède le statut de sport numéro un dans la majorité des pays. Certains continents, comme l'Afrique, l'Amérique du Sud et l'Europe, sont même presque entièrement dominés par cette discipline. La simplicité du jeu et le peu de moyens nécessaires à sa pratique expliquent en partie ce succès.

Le calendrier est dominé par deux types d'épreuves : celles concernant les clubs et celles des équipes nationales. La Coupe du monde est l'épreuve internationale la plus prestigieuse. Elle a lieu tous les quatre ans depuis 1930. Pour les clubs, championnats nationaux et autres coupes sont au programme des compétitions. La Ligue des champions de l'UEFA, qui est disputée en Europe mais qui possède des équivalents sur les autres continents, est le trophée le plus convoité de ce sport, malgré la mise en place récente d'une Coupe du monde des clubs, encore à la recherche d'une légitimité.

Les jeux de balle au pied existent dès l'Antiquité. Ce sont des jeux et non des sports. Les Grecs connaissent ainsi plusieurs jeux de balle se pratiquant avec les pieds : aporrhaxis et phéninde à Athènes et épiscyre à Sparte. La situation est identique chez les Romains où l'on pratique la pila paganica, la pila trigonalis, la follis et l'harpastum. Les soldats chinois accomplissent également des exercices avec un ballon qu'ils utilisent pour jongler et effectuer des passes ; cette activité pratiquée sans buts et en-dehors de toute compétition sert à l'entretien physique des militaires (促据, cuju). Les premiers textes concernant le Cuju datent de la fin du IIIe siècle av. J.-C. et sont considérés comme les textes les plus anciens liés au sport chinois. À la fin du XVe siècle, le calcio florentin apparaît en Italie. Il s'agit d'un lointain cousin du football, qui disparaît totalement en 1739.

Le Highway Act britannique de 1835 interdisant la pratique du folk football sur les routes le contraint à se replier sur des espaces clos. Des variantes de la soule se pratiquent déjà, de longue date, sur des terrains clos. C'est là, sur les terrains des écoles d'Eton, Harrow, Charterhouse, Rugby, Shrewsbury, Westminster et Winchester, notamment, que germe le football moderne. Les premiers codes de jeu écrits datent du milieu du XIXe siècle (1848 à Cambridge). Chaque équipe possède ses propres règles, rendant les matches problématiques. La Fédération anglaise de football (Football Association) est créée en 1863. Son premier objectif est d'unifier le règlement.

Les Britanniques codifient et organisent le football en s'inspirant des exemples du cricket et du baseball, ces deux sports collectifs étant déjà structurés avant l'émergence du football. Des ligues professionnelles aux championnats et autres coupes, le football n'innove pas. Le premier club non scolaire est fondé en 1857 : le Sheffield Football Club. Le Sheffield FC dispute le premier match interclub face au Hallam FC (fondé en 1860) le 26 décembre 1860 à seize contre seize. Ces deux clubs pionniers se retrouvent en décembre 1862 pour le premier match de charité. La Youdan Cup est la première compétition. Elle se tient en 1867 à Sheffield et Hallam FC remporte le trophée le 5 mars. La première épreuve à caractère national est la FA Challenge Cup 1872. Le professionnalisme est autorisé en 1885 et le premier championnat se dispute en 1888-1889. La Fédération anglaise tient un rôle prépondérant dans cette évolution, imposant notamment un règlement unique en créant la FA Cup, puis les clubs prennent l'ascendant. La création du championnat (League) n'est pas le fait de la Fédération mais une initiative des clubs cherchant à présenter un calendrier stable et cohérent. L'existence d'un réseau ferroviaire rend possible cette évolution initiée par William McGregor, président d'Aston Villa. Ce premier championnat est professionnel, et aucun club du Sud du pays n'y participe.

L'Angleterre est alors coupée en deux : le Nord acceptant pleinement le professionnalisme et le Sud le rejetant. Cette différence a des explications sociales. Le Sud de l'Angleterre est dominé par l'esprit classique des clubs sportifs réservés à une élite sociale. Dans le Nord dominé par l'industrie, le football professionnel est dirigé par des grands patrons n'hésitant pas à rémunérer leurs joueurs pour renforcer leur équipe, de la même façon qu'ils recrutent de meilleurs ingénieurs pour renforcer leurs entreprises. Pendant cinq saisons, le championnat se limite aux seuls clubs du Nord. Le club londonien d'Arsenal passe professionnel en 1891. La ligue de Londres exclut alors de ses compétitions les Gunners d'Arsenal qui rejoignent la League en 1893. La Southern League est créée en réaction (1894). Cette compétition s'ouvre progressivement au professionnalisme mais ne peut pas éviter les départs de nombreux clubs vers la League. Les meilleurs clubs encore en Southern League sont incorporés à la League en 1920.

Concernant le jeu, le passage du dribbling game au passing game est une évolution importante. À l'origine, le football est très individualiste : les joueurs, tous attaquants, se ruent vers le but balle au pied, c’est-à-dire en enchaînant les dribbles. C'est le dribbling. Comme Michel Platini aime à le rappeler, « le ballon ira toujours plus vite que le joueur ». C'est sur ce principe simple qu'est construit le passing game. Cette innovation apparaît à la fin des années 1860 et s'impose dans les années 1880. Dès la fin des années 1860, des matches entre Londres et Sheffield auraient introduit le passing au Nord. C'est la version de Charles Alcock, qui situe en 1883 la première vraie démonstration de passing à Londres par le Blackburn Olympic. Entre ces deux dates, la nouvelle façon de jouer trouve refuge en Écosse.

Sur le modèle de la Football Association, des fédérations nationales sont fondées en Écosse (1873), au Pays de Galles (1876) et en Irlande (1880). Des rencontres opposant les sélections des meilleurs joueurs de ces fédérations ont lieu dès le 30 novembre 1872 (Écosse-Angleterre), soit quelques mois avant la fondation officielle de la Fédération écossaise. Des matches annuels mettent aux prises ces différentes sélections, et à partir de 1884, ces matches amicaux se transforment en une première compétition internationale : le British Home Championship. En pratiquant le passing plutôt que le dribbling, les Écossais dominent les premières éditions.

Contrairement aux sports « nobles » comme le cricket, le tennis, le hockey sur gazon et le rugby, le football n'est pas très développé au sein des clubs sportifs installés dans l'Empire britannique. Ainsi, cette discipline est aujourd'hui encore peu prisée en Inde, au Pakistan, en Amérique du Nord ou en Australie, notamment. En Afrique du Sud, les colons britanniques y importent le football dès 1869 puis une coupe du Natal est organisée dès 1884, mais le football, sport roi dans les townships, reste très mal perçu par les tenants blancs de l'apartheid qui lui préfèrent le rugby, le tennis et le cricket. Le football fut, il est vrai, en pointe pour dénoncer l'apartheid et dès le 9 avril 1973, une équipe mêlant joueurs noirs et blancs représente l'Afrique du Sud lors d'un match international non officiel face à la Rhodésie.

Les Britanniques jouent pourtant un rôle important dans la diffusion du football, notamment grâce aux ouvriers dépêchés aux quatre coins du monde pour mener à bien des chantiers. Le football est par exemple introduit en Amérique du Sud par les ouvriers travaillant sur les chantiers des lignes ferroviaires. Ils montent des équipes et mettent en place des compétitions d'abord réservées aux seuls joueurs britanniques, et qui s'ouvrent progressivement aux joueurs puis aux clubs locaux. Le cas sud-américain est complexe. Il existe également des clubs britanniques qui pratiquent cette discipline et des étudiants originaires d'Angleterre jouent un rôle important dans l'introduction du football entre Montevideo et Buenos Aires. Ainsi, le football s'installe durablement dans des nations comme l'Uruguay ou l'Argentine dès les années 1870-80. En Amérique du Nord, des compétitions sont créées dans les années 1880 (1884 aux États-Unis sur la côte Est).

La Belgique, où les universités anglaises jouent un rôle moteur, les Pays-Bas (premier club fondé en 1879), la Suisse (introduction du football dès les années 1860 et premier club en 1879) et le Danemark (premier club en 1876) figurent parmi les premiers pays de l'Europe continentale touchés par le football.

L'expansion du football est également due à des voyageurs de diverses nationalités ayant effectué des séjours au Royaume-Uni où ils furent initiés au jeu. En France, l'introduction du football se fait ainsi principalement par l'action des professeurs d'anglais qui ramènent de leurs voyages linguistiques outre-Manche règles et ballons dans les cours d'écoles. Les Britanniques sont également déterminants dans l'introduction du football en France. L'action des clubs britanniques parisiens des White-Rovers et du Standard AC fait plier l'Union des sociétés françaises de sports athlétiques (USFSA) le 9 janvier 1894, qui, dans la droite ligne des clubs britanniques guindés, redoutait une expansion du football et de ses vices, comme le professionnalisme, les transferts et les paris et se refusait à reconnaître cette discipline. En Allemagne, le football est d'abord clairement perçu comme un corps étranger à la nation et est dédaigneusement surnommé le « sport des Anglais » par les nationalistes. Toutefois, le football prend racine dans les villes (premier club fondé en 1887 : SC Germania Hambourg) où ouvriers et cols blancs se rassemblent autour d'une passion commune. L'Europe du Nord est ainsi progressivement contaminée entre les années 1870 et le début des années 1890, puis l'Europe du Sud (Sud de la France inclus) connaît le même sort entre les années 1890 et le début du XXe siècle.

La Fédération internationale de football association (FIFA) est fondée à Paris en 1904 malgré le refus britannique de participer à une entreprise initiée par les dirigeants français de l'USFSA. Le but premier de l'Union est de réduire au silence les autres fédérations sportives françaises pratiquant le football, et elle impose dans les textes fondateurs de la FIFA qu'une seule fédération par nation soit reconnue par l'organisme international. Le piège se retourne contre l'USFSA en 1908. L'Union claque la porte de la FIFA, laissant à son principal concurrent, le Comité français interfédéral (ancêtre direct de l'actuelle Fédération française de football), son siège à la FIFA ; l'USFSA se retrouve isolée mais son état d'esprit contre le professionnalisme demeure la règle jusqu'à la fin des années 1920. Le racingman Frantz Reichel prophétise ainsi en 1922 que « le football professionnel anglais périra s'il reste cantonné sur le sol britannique ».

À la fin des années 1920 et au début des années 1930, plusieurs nations européennes et sud-américaines autorisent le professionnalisme afin de mettre un terme aux scandales de l'amateurisme marron qui touchent ces pays depuis les années 1910. Le gardien de but international français Pierre Chayriguès refuse ainsi un « pont d'or » du club anglais de Tottenham Hotspur en 1913 ; il admettra dans ses mémoires que les joueurs du Red Star étaient grassement rémunérés malgré leur statut officiel d'amateur. L'Autriche (1924), la Tchécoslovaquie et la Hongrie (avant 1930), l'Espagne (1929), l'Argentine (1931), la France (1932) et le Brésil (1933) sont les premières nations (hors du Royaume-Uni) à autoriser le professionnalisme dans le football. En Italie, la Carta di Viareggio, mise en place par le régime fasciste en 1926, assure la transition entre le statut amateur et professionnel, définitivement adopté en 1946.

Au niveau continental, des confédérations gèrent le football. La première confédération créée est celle d'Amérique du Sud, la CONMEBOL, fondée le 9 juillet 1916. Placées sous l'autorité hiérarchique de la FIFA, les confédérations veillent toutefois à préserver leur indépendance. Elles ont toutes libertés, par exemple, pour organiser à leur convenance les qualifications pour la Coupe du monde et pour mettre en place des calendriers spécifiques, malgré des tentatives d'harmonisation sans grande portée de la FIFA. Les cas africains et sud-américains sont significatifs. La Coupe d'Afrique des nations (CAN), par exemple, se dispute tous les deux ans en pleine saison européenne posant des problèmes pour les clubs employant des joueurs africains. La FIFA n'a pas autorité pour fixer ces calendriers, et seule la Confédération africaine maîtrise cette question.

Selon un comptage publié par la FIFA le 31 mai 2007, le football est pratiqué dans le monde par 270 millions de personnes dont 264,5 millions de joueurs (239,5 millions d'hommes et 26 millions de femmes). On compte environ 301 000 clubs pour 1 700 000 équipes et 840 000 arbitres. 113 000 joueurs évoluent sous statut professionnel. Ce dernier chiffre est à manier avec précaution car il existe des différences considérables entre les nations à propos de la définition d'un joueur professionnel. L'Allemagne est ainsi absente du classement des vingt premières nations à ce niveau tandis que d'autres nations, moins strictes dans la définition du statut professionnel, avancent des données artificiellement élevées.

Au niveau des nations, la Chine est en tête avec 26,166 millions de joueurs pratiquants. Derrière la Chine, on trouve les États-Unis (24,473 millions), l'Inde (20,588), l'Allemagne (16,309), le Brésil (13,198), le Mexique (8,480), l'Indonésie (7,094), le Nigeria (6,654), le Bangladesh (6,280), la Russie (5,803), l'Italie (4,980), le Japon (4,805), l'Afrique du Sud (4,540), la France (4,190) et l'Angleterre (4,164). Ces chiffres prennent en compte les licenciés et les pratiquants non licenciés. Concernant les joueurs licenciés, le tableau ci-dessous présente les données des douze fédérations nationales comptant le plus de joueurs licenciés. À noter qu'après la participation en finale de la Coupe du monde 2006 de l'équipe de France, le nombre des joueurs licenciés a dépassé le cap des 2 millions en France (2 020 634).

Le premier code de jeu date de 1848 : les Cambridge Rules. D'autres universités suivent l'exemple de Cambridge et édictent leurs propres règlements. Harrow met ainsi en place un code autorisant l'usage des mains qui donnera naissance au rugby et à ses déclinaisons, comme le football américain. Le football se base exclusivement sur les règles de Cambridge, qui s'imposent comme les plus simples. Cette notion de simplicité est fondatrice du football lui-même, comme l'indique clairement le sous-titre des règles de J.C. Thring qui affinent le règlement de Cambridge en 1862 : The Simplest Game (Le jeu le plus simple).

Quand la Football Association (FA) est fondée à Londres le 26 octobre 1863, John D. Cartwright est chargé de faire une synthèse des différentes règles en usage (Blackheath RC qui suivait les règles d'Harrow, était alors membre de la FA) . Le 9 janvier 1864, le premier match disputé sous ses nouvelles 14 lois du jeu est joué. Elles sont assez floues, notamment dans les domaines du nombre de joueurs et des dimensions du terrain ou des buts car un accord n'a pas pu être trouvé sur ces points. Les équipes comptent alors de treize à quinze joueurs puis passent à onze progressivement, malgré les résistances de nombre d'équipes à la fin des années 1860. En 1867, quand la Surrey FA propose un match à onze contre onze au Cambridge University FC, ce dernier répond par courrier : « nous jouons au minimum à quinze par équipe et nous ne pouvons pas jouer avec moins de treize joueurs par équipe ». La loi 11 précise que l'usage des mains est interdit. De fait, il s'agit dans les grandes lignes de la reprise des Cambridge Rules et des règles de J.C. Thring, saluées par tous comme les plus simples.

Le 1er décembre 1863, le Sheffield FC demande son affiliation à la FA. Les clubs de Sheffield suivent alors un code de jeu particulier mais proche des Cambridge Rules et qui se joue à onze contre onze. Pendant plus d'une décennie, les deux codes coexistent et s'influencent tandis que certains clubs édictent des règlements internes stipulant que seul leur règlement interne est applicable. Cette situation très hétérogène n'empêche pas la FA de peaufiner son règlement. Le poste du gardien de but est ainsi créé en 1870. De même, entre 1867 et 1870, les règles de Sheffield connaissent quelques modifications comme l'abandon en 1868 du rouge (forme de points semblable au football australien, avec deux poteaux supplémentaires situés à 4 yards des buts). Les clubs de la région de Nottingham, qui avaient également un règlement inspiré des Cambridge Rules, adoptent les règles de la FA en 1867.

La FA Cup est fondée en 1871 sur le principe « une coupe, deux codes ». L'espoir de la FA est de pousser les clubs de Sheffield à adopter ses règles. C'est presque l'inverse qui se produit. En fait, les deux codes fusionnent en 1877. Depuis lors, les règles sont unifiées puis confiées à la garde de l'International Board, créé le 6 décembre 1882.

Le football met aux prises deux équipes de onze joueurs sur un terrain rectangulaire de 90 à 120 mètres de long sur 45 à 90 mètres de large. L'objectif est de faire pénétrer un ballon sphérique de 68 à 70 cm de circonférence pour un poids de 410 à 450 grammes dans un but long de 7,32 m sur 2,44 m de hauteur. Le but est considéré marqué quand le ballon a entièrement franchi la ligne de but tracée au sol entre les deux poteaux.

Le seul joueur autorisé à utiliser ses mains est le gardien de but dans sa surface de réparation. Dans cette même surface, une faute générant habituellement un coup franc direct est sanctionnée par un coup de pied de réparation (penalty). Ce dernier s'exécute sur un point situé à 11 mètres de la ligne de but. Outre les fautes de mains, les autres fautes concernent essentiellement les comportements antisportifs et les contacts entre les joueurs. Le tacle est autorisé, mais réglementé. Un tacle par derrière est ainsi sanctionné d'un carton rouge synonyme d'expulsion. En cas de faute moins grave, un carton jaune peut être donné par l'arbitre au joueur fautif. Si ce joueur écope d'un second carton jaune au cours d'une même partie, il est expulsé.

La règle du hors-jeu force les attaquants à ne pas se contenter d'attendre des ballons derrière la défense. Pour qu'un joueur soit en jeu, il faut qu'il y ait toujours au moins deux joueurs (généralement le gardien et un défenseur) entre lui et la ligne de but adverse. L'arbitre assistant signale avec un drapeau le hors-jeu qui se juge au départ de la balle, c'est-à-dire au moment où le passeur effectue sa passe, et pas à l'arrivée du ballon dans les pieds de l'attaquant.

Le match dure 90 minutes en deux mi-temps de 45 minutes entrecoupées d'une pause d'un quart d'heure. Lors de certains matches de coupe devant désigner un vainqueur ou un qualifié (on peut se qualifier en matches aller-retour sans nécessairement remporter le match retour), une prolongation de deux fois quinze minutes est disputée. Au terme de cette période, en cas d'égalité, les tirs au but départagent les deux formations.

Le football compte dix-sept « lois du jeu » régies par l'International Board. Le règlement est le même pour les professionnels et les amateurs, en senior ou chez les jeunes. La FIFA veille à l'application uniforme des mêmes lois du jeu partout dans le monde.

Très conservateur, l'International Board modifie rarement le règlement contrairement à nombre d'autres disciplines sportives. Depuis la création du Board, la plus importante réforme fut celle de 1925 qui porte de trois à deux le nombre de joueurs adverses devant se situer entre la ligne de but et celui qui reçoit une passe pour ne pas être hors-jeu. Cette réforme a d'importantes implications en termes de tactique. Signalons également les réformes liées au gardien de but avec l'interdiction des passes en retrait (1992) et de la limitation à l'usage des mains dans la seule surface de réparation (1912). D'autres évolutions importantes ont lieu en 1891 : elles concernent l'arbitre.

Sur le terrain, l'application du règlement est confiée à un corps arbitral qui se met en place définitivement en 1891. Un temps évoqué, le double arbitrage était en usage au début du jeu et un troisième arbitre, situé en tribune, prenait la décision en cas de conflit entre les deux arbitres principaux. Ce système s’avère inefficace et en 1891, le referee, jadis placé en tribune, est désormais positionné sur le terrain, tandis que la doublette d’arbitres (umpires) est mise sur les bords de touche (linesmen). L'arbitre central est rapidement doté de larges pouvoirs afin de diriger pleinement la partie. Avant ces réformes, les penalties n'existent pas et l'arbitre n'a pas le contrôle du temps de jeu. Depuis 1874, les umpires peuvent siffler des coups francs et expulser des joueurs. Avant cette date, les expulsions sont discutées avec les capitaines. Les cartons jaunes et rouges sont introduits en 1970 suite à un incident au cours du match de Coupe du monde Angleterre-Argentine en 1966. Expulsé, le capitaine argentin Antonio Rattín refuse de quitter le terrain prétextant ne pas comprendre l'arbitre allemand Rudolf Kreitlein ; l'affaire dure sept minutes. Pour éviter ce genre de problèmes, le Board met en place le système universel de cartons jaunes et rouges.

Le corps arbitral est aujourd'hui constitué d'un arbitre principal qui se déplace sur le terrain, ainsi que de deux arbitres assistants évoluant le long de chaque ligne de touche et munis de drapeaux. Dans le milieu professionnel, un quatrième arbitre est présent pour assurer un remplacement en cas de blessure de l'un des trois autres ; il sert également à signaler les changements de joueurs et à veiller au maintien de l'ordre dans les zones techniques (bancs des joueurs) et au bord du terrain. Au plus haut niveau, les arbitres subissent des tests physiques réguliers (test de Cooper, notamment).

Depuis la fin du XXe siècle, le recours à la vidéo est souvent évoqué pour remédier aux problèmes d’arbitrage. Ce système est toutefois très controversé, notamment car il n'est pas absolument fiable et n'est pas applicable à tous les niveaux du football, des juniors aux vétérans. Le 8 mars 2008, à l'occasion de sa 122e réunion annuelle, le Board suspend, jusqu'à nouvel ordre, les options technologiques après des essais peu concluants d'arbitrage vidéo testés au Japon et les difficultés techniques rencontrées par les équipes travaillant sur le contrôle de la ligne de but par des moyens électroniques. En revanche, le Board autorise la mise en place de tests avec deux arbitres assistants supplémentaires pour surveiller les surfaces de réparation.

Comme dans d'autres disciplines, l'arbitrage est confronté à des problèmes de corruption. Les derniers cas en date en Allemagne, en Belgique, en Italie et au Portugal ont notamment mis en lumière le rôle de certains clubs dans ces affaires mais aussi l'intervention de parieurs. Dans d'autres cas, des joueurs peuvent être également impliqués. Les sanctions (rétrogradation, titre annulé, points retirés et poursuites judiciaires des personnes impliquées) et les précautions (en Allemagne, l'arbitre est désormais désigné 48 heures avant la rencontre) n'empêchent pas la poursuite de ces pratiques. Aussi, de nombreuses voix appellent de leurs vœux la mise en place d'un véritable statut professionnel pour les arbitres.

Le statut des arbitres, professionnel ou pas, est un sujet récurrent des dernières années. La plupart des arbitres sont amateurs. La FIFA et son président Sepp Blatter militent pour l'arbitrage professionnel. Pour les matchs de haut niveau, les arbitres sont sous contrat avec leur fédération en Argentine, au Brésil, au Mexique et en France, liés à la Premier League en Angleterre, et sous une sorte de rapport contractuel en Italie.

La féminisation du corps arbitral débute avant la reconnaissance du football féminin. En France, on attend ainsi 1970 pour admettre des licenciées féminines à la FFF mais la première femme certifiée arbitre l'est dès le 10 novembre 1967 (Martine Giron, 21 ans). Depuis les années 1990, des femmes (Nelly Viénot, notamment, à partir du 23 avril 1996) accèdent au statut d'arbitre assistant en première division. En 2003, un premier match masculin de l'UEFA est arbitré par une femme, Nicole Petignat.

Réglementés par la Loi 4, les équipements des joueurs comprennent un maillot, un short, une paire de chaussettes, des protège-tibias et des chaussures. Le port des gants et des lunettes est autorisé. Les gardiens arborent parfois des casquettes quand ils font face au soleil. Ils doivent de plus porter un maillot de couleur différente.

Les équipes disposent de plusieurs jeux de maillots. Habituellement, une équipe évolue avec ses couleurs à domicile et doit s'adapter aux couleurs de l'adversaire en déplacement. L'échange des maillots en fin de partie est une tradition pour les matches importants.

Les premiers maillots sont des lainages assez épais. Ils s'allègent durant la première moitié du XXe siècle avec l'adoption de chemises en coton, puis, grâce aux fibres synthétiques à partir des années 1960, ils deviennent très légers. Polyester et polyamide sont principalement utilisés avec des systèmes d'évacuation de la transpiration.

Les chaussures sont à l'origine des chaussures montantes courantes auxquelles on fixait des crampons. Il faut attendre les années 1950, et les premières chaussures de football commercialisées par Adidas, pour voir l'apparition de chaussures modernes. Depuis les années 1990, les meilleures chaussures sont généralement en peau de kangourou avec semelle en plastique et crampons en aluminium.

Le ballon est codifié par la Loi 2. Ses dimensions sont fixées en 1872. Le ballon doit être sphérique, en cuir ou dans une autre matière adéquate, avoir une circonférence de 70 cm au plus et de 68 cm au moins, un poids de 450 g au plus et de 410 g au moins au début du match et une pression de 0,6 à 1,1 atmosphère (600 - 1 100 g/cm2). Ces dimensions sont plus réduites pour les ballons utilisés par les joueurs de moins de 13 ans. Depuis le 1er janvier 1996, seuls des ballons ayant passé les tests de la FIFA (Fifa Approved) sont utilisables en compétitions internationales organisées par la FIFA ou les confédérations continentales.

Les jeunes joueurs découvrent généralement le football dans la cour de récréation, dans la rue ou sur des terrains de fortune sur lesquels les buts sont simplement signalés par des cartables ou des blousons. L'étape de la découverte passée, l'intégration à un club de jeunes est nécessaire pour acquérir quelques fondamentaux. Dès cette période, les joueurs les plus prometteurs, techniquement ou physiquement, sont détectés et rejoignent des centres de formation (France), des Academy (Royaume-Uni) ou des clubs dits formateurs qui ont la charge de préparer les joueurs au métier de footballeur. Une minorité de joueurs atteint ce but et devient effectivement footballeur professionnel. La majorité n'est pas retenue pour passer pro et ces joueurs doivent se contenter d'évoluer au mieux en semi-professionnel.

Pratiquer le football implique une activité physique intense et prolongée. En 90 minutes, selon son poste, un joueur parcourt entre 6 et 11 km et perd en moyenne 2 kg. Les blessures, généralement aux chevilles et aux genoux, touchent tous les types de footballeurs, professionnels ou amateurs, jeunes ou vieux. La mort subite, en match ou à l'entraînement, est également un phénomène touchant tous les niveaux. Les cas sont rares mais posent la question des limites physiques des joueurs avec en toile de fond l'éternel débat sur le calendrier, trop chargé. Un sportif ne peut pas être à 100 % sur l'ensemble d'une saison, et la gestion du calendrier fait partie du jeu.

Le dopage est présent de longue date dans le football. De très forts soupçons planent ainsi sur l'équipe d'Allemagne de 1954 qui remporte la Coupe du monde. L'enquête lave finalement la Mannschaft qui n'aurait procédé qu'à des piqûres de glucose. La position des instances qui affichent en façade leur volonté de lutter contre ce fléau est assez ambiguë. La FIFA refuse ainsi longtemps de confier à l'Agence mondiale antidopage (AMA) la gestion de cette question. Un accord est trouvé en juin 2006 avec le CIO qui demandait à toutes les fédérations internationales de parapher le code mondial antidopage. La FIFA conserve toutefois son autorité en matière de suspension.

Mis à part le baseball, le football est le sport collectif le plus sujet à des surprises sur un match. De la victoire inattendue de West Bromwich Albion FC face à l'« Invincible » Preston North End en finale de la FA Cup 1888 à l'élimination de l'Olympique de Marseille par les amateurs de l'USJA Carquefou en Coupe de France 2007-08, l'histoire du football est marquée par de nombreux résultats étonnants. Comme le dit un adage sportif particulièrement adapté au football : « sur un match, tout est possible ». Cette possibilité laissée aux « petits » de triompher des « grands » est l'un des attraits du football.

Les premiers joueurs sont principalement des étudiants. Gentlemen et ouvriers constituent la deuxième vague. On retrouve cette même évolution en-dehors des îles Britanniques dans de nombreux pays. Les joueurs gardent le contrôle du jeu à ses débuts, puis les dirigeants prennent l'ascendant au niveau professionnel comme amateur. Commence alors la longue période de l'« esclavage » avec des joueurs liés à vie à leurs clubs et transférables selon le bon vouloir des dirigeants qui s'arrangent pour tirer les salaires vers le bas. Pour l'exemple, après quinze ans de carrière, l'international français Thadée Cisowski ne touche que 400 francs par mois en 1961, soit environ 30% de plus que le SMIC. Des syndicats de joueurs se forment pourtant dès le début du XXe siècle au Royaume-Uni, mais ces derniers ne parviennent pas à peser réellement sur ces problèmes. La situation change dans les années 1960 avec la constitution de syndicats modernes, comme l'Union nationale des footballeurs professionnels (UNFP) en France. Ces derniers militent pour une hausse des salaires, la mise en place du contrat à temps ne liant plus à vie le joueur et le club et une amélioration des conditions de retraite. Les clubs et autres organismes dirigeants ne prennent pas au sérieux ces revendications, puis doivent céder. Le contrat à temps est ainsi adopté en France en 1969. Le combat est mené conjointement en Angleterre depuis 1961. Le syndicat des joueurs anglais obtient quelques avantages financiers mais les clubs refusent d'accorder la formule du contrat à temps. Billy Bremner publie un texte fameux au début du printemps 1974 resté sous le nom de « L'esclave blanc » : « Il n'y a pas de raison de faire de discrimination entre les hommes et les footballeurs ». Le gouvernement anglais intervient dans la foulée (avril 1974) en dépêchant des observateurs à Paris auprès de la FFF, de la Ligue et de l'UNFP pour évaluer le système du contrat à temps. Il faut toutefois attendre 1978 pour voir l'Angleterre adopter le contrat à temps. Ce type de contrat se généralise ensuite. Les nations de l'Europe de l’Est conservent ainsi les droits sur leurs joueurs à vie jusqu'à la chute du système communiste. Des lois interdisaient même tous transferts de joueurs à l'étranger ou limitaient cette possibilité, comme en Yougoslavie pendant les années 1980, aux joueurs de plus de 27 ans.

Depuis les années 1970, les « esclaves » se sont progressivement transformés en « mercenaires ». Conseillés par des agents, ils jouent désormais avec les lois de l'offre et la demande pour tirer les salaires vers le haut. Au milieu des années 1980, les salaires des footballeurs restent encore en retrait par rapport à d'autres disciplines comme la Formule 1, le basket-ball américain, la boxe, le golf et le tennis notamment. Diego Maradona ne reçoit que l'équivalent de 7,5 millions de francs français par saison à Naples tandis que le boxeur Larry Holmes perçoit plus de 45 millions sur la seule année 1984. Au classement des sportifs les mieux rémunérés en 2006, Sports Illustrated place Ronaldinho en tête du classement des footballeurs avec 32,7 millions de dollars de revenus, au même niveau que le joueur de tennis Roger Federer (31,3 millions), mais loin derrière le golfeur Tiger Woods (111,9 millions).

La profession d'agent de joueur est réglementée en France depuis 1992 par la loi et au niveau mondial par la FIFA depuis 1995 après de nombreux abus constatés. Le mouvement s'amplifie avec l'adoption de l'arrêt Bosman du 15 décembre 1995 qui abolit les frontières dans la Communauté européenne. Avant cet arrêt, le nombre des joueurs étrangers évoluant en club est fixé par les ligues et les fédérations, entre zéro et trois, selon les pays et les époques. Début 2008, on comptait dans les principaux championnats de football : 351 joueurs étrangers en Premier League (62,7 % des effectifs professionnels), 263 en Bundesliga (53,2 %), 182 en Russie (46 %), 231 en Serie A (41,5 %), 213 en Ligue 1 (39 %) et 191 en Liga (37,1 %).

Les transferts ont toujours existé dans le football et leur prix augmente rapidement. Le Britannique Alf Common est le premier joueur transféré pour 1000£ (1905). Le record actuel est détenu par le transfert de Zinedine Zidane de la Juventus vers le Real Madrid en 2001 pour 76 millions d'euros. La période des transferts est harmonisée depuis 1997 à deux périodes dans l'année : l'intersaison (deux mois en Europe du 1er juillet au 31 août) et à mi-saison (du 1er janvier au 31 janvier). Le règlement de 1997 prévoit également de rémunérer les clubs formateurs, jusque-là totalement oubliés.

L'entraîneur apparaît vers la fin du XIXe siècle en Grande-Bretagne. Il remplace alors le capitaine dans nombre de ses fonctions, de la sélection des joueurs à la direction des séances d'entraînement. De nombreux joueurs deviennent entraîneur ; toutefois, le statut d'entraîneur est encadré dans certains pays par des obligations de diplômes. Ces diplômes et formations spécifiques apparaissent en France dès les années 1920, mais ils ne deviennent incontournables qu'au début des années 1970 sous la pression de Georges Boulogne, notamment. L'entraîneur peut de plus cumuler des fonctions sportives et administratives. On l'appelle alors manager. C'est le statut normal de la majorité des entraîneurs officiant en Angleterre tandis que dans les pays latins, les dirigeants gardent la main sur les aspects administratifs. Certains dirigeants n'hésitent d'ailleurs pas à intervenir dans les choix techniques, du recrutement à la composition d'équipe en passant par les options tactiques.

Après la demi-finale de Coupe du monde 1958 qui voit l'équipe de France terminer le match avec neuf joueurs valides face au Brésil, le remplacement d'un joueur est autorisé. Un second remplacement (1976) puis un troisième (1995) sont ensuite autorisés. À l'origine, un seul remplaçant polyvalent était disponible pour effectuer l'unique remplacement. On passe logiquement à deux joueurs sur le banc en 1976 puis à un maximum de sept (1996) dans les compétitions internationales et certaines compétitions nationales. Le nombre des remplacements est libre en match amical après accord entre les deux équipes, puis est limité à six maximum en 2005 pour les matches amicaux internationaux entre sélections nationales.

Des années 1880 à 1925, la pièce essentielle d'une équipe est son avant-centre qui constitue la pointe d'une formation où figurent cinq attaquants, trois milieux et deux défenseurs. Les attaquants doivent être puissants car le hors-jeu est signifié si moins de trois joueurs se trouvent entre la ligne de but adverse et celui qui reçoit une passe. Le passage de trois à deux joueurs pour un hors-jeu change en profondeur le jeu. On passe de 4 700 buts marqués par saison dans les deux divisions de League anglaise à 6 373 dès l'entrée en application de cette modification. L'entraîneur Herbert Chapman met au point une tactique innovante, dite en « WM », c'est-à-dire trois défenseurs, deux milieux, deux inters (milieux offensifs) et trois attaquants. Les quatre joueurs du milieu de terrain constituent le carré magique, marquant la montée en puissance du poste de milieu offensif (ou inter) dont le rôle est d'alimenter l'avant-centre en ballons.

Le WM règne en maître absolu jusqu'en 1953 et la fameuse défaite des Anglais à domicile face aux Hongrois, qui évoluent déjà en 4-2-4. Avant le triomphe des 4-2-4, 4-3-3 et autres 4-4-2, les Suisses, les Français et les Italiens mettent au point des tactiques basées sur la défense : le « verrou suisse » (ou « verrou Rappan » du nom de l'entraîneur-joueur autrichien qui met en place ce système au Servette de Genève en 1932), le « béton » (initié par Robert Accard au début des années 1930 au Stade français et pratiqué notamment par Charleville en 1936) et le « Catenaccio ». Ces tactiques sont notamment affinées après la Seconde Guerre mondiale par Helenio Herrera et déclinées dans de nombreux pays, donnant par exemple naissance au « Riegel » en Allemagne. L'innovation principale de ce dispositif tactique est la création du poste de libéro nommé verrouilleur ou bétonneur à l'origine. Il se place derrière la ligne de défense, généralement de trois puis quatre joueurs, et a pour tâche de colmater les brèches.

En 1958, l'équipe du Brésil remporte sa première Coupe du monde en s'appuyant sur un effectif hors norme et un dispositif tactique en 4-2-4. C'est une forme de compromis entre les stratégies offensives et défensives. Nouvelle évolution tactique des Brésiliens en 1962, avec un dispositif en 4-3-3, où l'ailier gauche, Mario Zagallo, est reconverti en milieu de terrain. Ces tactiques plutôt offensives se retrouvent toutefois à la peine face à des formations très rigoureuses, telles que l'Inter Milan en Europe ou le Peñarol en Amérique du Sud. L'Allemagne échoue aussi de peu en Coupes du monde 1966 et 1970 en pratiquant un béton très strict.

La disposition tactique n'est rien sans animation du jeu. La vitesse tient ici un rôle prépondérant. Sur le principe du passing, Bill Shankly à Liverpool FC et José Arribas au FC Nantes (jeu à la nantaise) développent une animation de jeu très rapide dès le début des années 1960, générant d'inévitables erreurs. Ces dernières doivent être compensées par un collectif soudé, ne rechignant pas à effectuer des tâches défensives ou offensives, selon les besoins de l'équipe. C'est le « football total » prôné par Rinus Michels à l'Ajax Amsterdam au début des années 1970.

Par convention, on attribue un style physique au football du Nord de l'Europe et un style plus technique aux Latins. C'est un cliché, mais cette opposition presque philosophique entre le réalisme et le spectacle marque durablement les débats stratégiques. Ainsi, le jeu du Stade de Reims développé dès la fin des années 1940 et qui enchante les foules françaises et européennes jusqu'à la fin des années 1950, est taxé de « latin » car il est axé sur la technique et le jeu de passes. Gabriel Hanot détestait le « petit jeu » des Rémois lui préférant un jeu plus physique, « à la Britannique ». La presse spécialisée française se déchire dans ces débats jusqu'au début des années 1970. L'Équipe et France Football étaient partisans de l'efficacité ; Miroir du football défendait le football spectacle.

Le football moderne est plutôt réaliste en s'appuyant avant tout sur une solide assise défensive. On assiste à la mise en place de dispositifs en 5-3-2, 4-5-1 et 5-4-1 avec des joueurs de couloirs remplaçant les ailiers d'autrefois.

Tout au long de son histoire, le football a compté un grand nombre de joueurs d’exception. Il n’est pas possible de les citer tous ici, on se reportera à Catégorie:Footballeur par nationalité pour en avoir une liste plus complète. Parmi ces joueurs emblématiques, ce chapitre distingue quelques joueurs qui possèdent le meilleur palmarès en termes de nombre de sélections et de titres remportés en club ou avec une sélection nationale. Par leur activité, ils couvrent la période 1894-2008. Le football possède ses héros depuis la fin du XIXe siècle. Certains de ces joueurs sont aujourd'hui tombés dans l'oubli, mais ils furent pourtant salués en leurs temps comme les plus brillants pratiquants du jeu. Le FIFA 100, liste des 125 plus grands footballeurs vivants dressée par l'ancien international brésilien Pelé, ne s'intéresse pas à ces grands anciens. Certaines nations honorent leurs anciens, comme l'Angleterre qui a mis en place en 2002 l'English Football Hall of Fame.

Chez les gardiens de but, l'Espagnol Ricardo Zamora (1901-1978) et l'Autrichien Rudi Hiden (1909-1973) sont considérés comme les meilleurs portiers des années 1930. Le Russe Lev Yachine (1929-1990), l'Anglais Gordon Banks (1937-) et l'Italien Dino Zoff (1942-) s'imposent après la Seconde Guerre mondiale.

L'Autrichien Gerhard Hanappi (1929-1980), l'Allemand Franz Beckenbauer (1945-) et l'Italien Franco Baresi (1960-) sont emblématiques des systèmes défensifs qu'ils pratiquèrent avec intelligence, tandis qu'au milieu de terrain l'Uruguayen José Andrade (1901-1957), l'Italien Giovanni Rivera (1943-), le Néerlandais Johan Cruijff (1947-), l'Argentin Diego Maradona (1960-) et les Français Raymond Kopa (1931-), Michel Platini (1955-) et Zinedine Zidane (1972-) allièrent au mieux créativité, technique et efficacité.

Chez les attaquants, le Gallois Billy Meredith (1874-1958), l'Autrichien Matthias Sindelar (1903-1939), l'Uruguayen Pedro Petrone (1905-1964), les Italiens Giuseppe Meazza (1910-1979) et Silvio Piola (1913-1996), les Brésiliens Leônidas da Silva (1913-2004), Garrincha (1933-1983) et Pelé (1940-), les Français Larbi Benbarek (années 1910-1992) et Just Fontaine (1933-), l'Anglais Stanley Matthews (1915-2000), les Argentins Ángel Labruna (1918-1983) et Alfredo Di Stefano (1926-), les Hongrois Ferenc Puskás (1927-2006) et Sándor Kocsis (1929-1979), les Allemands Uwe Seeler (1936-) et Gerd Müller (1945-), le Portugais Eusébio (1942-) et le Néerlandais Marco van Basten (1964-) furent parmi les plus efficaces. Le joueur ayant inscrit le plus grand nombre de buts en match officiel est l'Autrichien Josef Bican (1913-2001) (804) devant les Brésiliens Romário (1966-) (771) et Pelé (765). Les deux joueurs brésiliens fêtèrent pourtant en grande pompe leur 1000e but, en prenant aussi en compte les buts inscrits en match amical en club.

Chaque année, plusieurs titres de meilleurs joueurs sont décernés. Les plus prestigieux de ces honneurs sont le Ballon d'or France Football, créé en 1956, le Joueur FIFA de l'année (depuis 1991), le Ballon d'or africain (depuis 1970) et le Meilleur joueur sud-américain de l'année (depuis 1971).

Avant l'émergence des premières compétitions officielles, le calendrier des clubs est uniquement constitué de matches amicaux. Aujourd'hui ce type de rencontres encore très prisé jusqu'aux années 1960 est devenu anecdotique. Elles ont dû s'effacer devant la multiplication des épreuves. Pourtant, en 1871, certains clubs anglais furent dans l'impossibilité de s'inscrire à la première édition de la FA Cup ; leurs calendriers étaient déjà complets. À la recherche de stabilité, les clubs anglais mettent en place un premier championnat en 1888-1889. Les deux éléments de base du calendrier sont en place : le championnat et la coupe.

La plupart des pays comptent en effet deux types de compétitions : le championnat national, qui constitue la compétition nationale majeure, et la ou les coupes nationales dont le nombre varie suivant les pays. En Angleterre, Espagne et France, notamment, la Coupe nationale a vu le jour avant le championnat. Aussi, la FA Cup, la Copa del Rey ou la Coupe Charles Simon, possèdent une aura particulière. En revanche, la Coppa Italia qui est créée après l'émergence du championnat de Série A n'est pas une compétition très prisée par les tifosi et les clubs italiens. En Amérique du Sud, l'idée de coupes nationales est très peu répandue. Il existe également des coupes dites de la Ligue, rassemblant dans certains pays les seuls clubs professionnels. C'est l'Écosse qui introduit cette innovation en 1947 (Scotland League Cup).

Les championnats restent les juges de paix car ils permettent d'évaluer la valeur d'un club sur une saison complète. Certains clubs irréguliers qui peuvent exceller en coupes remportent difficilement des titres de champion, et inversement. Des clubs réguliers peuvent peiner face aux joutes particulières qu'impliquent des matches de coupe, au terme desquels un des deux protagonistes est définitivement écarté de la compétition.

Le champion est généralement désigné à la fin de la saison en additionnant les points remportés tout au long de la saison. Jadis, une victoire rapportait deux points, un match nul un point et une défaite aucun point. Depuis les années 1980, les championnats ont progressivement adopté le système de la victoire à trois points pour donner une prime à la prise de risque. Certains championnats ne s'achèvent pas au terme de la saison dite régulière. Le champion est alors désigné après des play-offs impliquant les clubs les mieux classés. Ce système typique des sports américains est rare en football, mais il est par exemple en usage aux États-Unis. En 2008-2009, le championnat de Belgique adopte le système des play-offs avec une élite passant de 18 à 16 clubs.

Autre différence majeure avec le système classique américain, la possibilité de monter et de descendre de division. Quand la Division 2 anglaise est créée en 1892, les clubs de l'élite refusent tout d'abord de renoncer au privilège d'évoluer en Division 1. Small Heath, champion de D2 en 1892-93, n'est ainsi pas promu en D1. Le système dit de promotion/relégation automatique est mis en place en 1899 après une période de transition avec match de barrages entre les premiers de D2 et les derniers de D1. La League reste toutefois longtemps hostile à toutes promotions automatiques avec les ligues dites « Non-League » (en-dehors de la League). Un vote des clubs professionnels détermine alors le sort du dernier de la dernière division de la League et décide de le remplacer ou pas par le champion du championnat semi-professionnel. En 1986, la League accepte la création d'un système de promotion/relégation automatique avec la Conférence (niveau D5). La France effectue cette évolution dès 1970 avec la mise en place d'un système pyramidal des championnats après avoir utilisé le système de ligue professionnelle fermée de 1932 à 1970. Quelques clubs amateurs deviennent professionnels au cours de cette période, mais ces promotions n'avaient rien à voir avec les résultats enregistrés sur le terrain. À la recherche de grandes villes pour héberger des clubs professionnels, la Ligue essuya même des refus de certains clubs et municipalités, Dijon au premier chef. Dans quelques rares pays comme les États-Unis, il n'existe pas de système de promotion/relégation (automatique ou pas) entre les différents niveaux.

Contrairement au modèle anglais, les championnats sont généralement créés sur des bases régionales avec des play-offs opposant les différents champions régionaux en fin de saison afin de désigner un champion national. Ce système reste notamment en usage en France de 1894 à 1919, aux Pays-Bas de 1897 à 1956, en Italie de 1898 à 1929, et en Allemagne jusqu'en 1963, date de création de la Bundesliga.

Dans nombre de pays d'Amérique latine, les championnats se tiennent selon la formule d'ouverture et de clôture sacrant deux champions chaque année. Au Brésil, en revanche, les compétitions se tiennent sans ce doublon. Le championnat national est relativement récent (1971) et les championnats d'État qui se disputent durant les premiers mois de l'année gardent une aura importante. Contrairement aux pays sud-américains, le Brésil dispose d'une coupe nationale, la Copa do Brasil, créée en 1989.

Les premières compétitions internationales inter-clubs sont des tournois se tenant généralement pendant les fêtes de Pâques ou de fin d'année. Citons ici l'un des plus anciens, le Challenge international du Nord qui oppose chaque année des clubs français et belges principalement entre 1898 et 1914. Les tournois de ce type sont très nombreux. Certains d'entre eux restent dans les mémoires en raison du plateau d'équipes présentes. C'est notamment le cas de la Coupe des Nations 1930 jouée à Genève (Suisse) et le Tournoi international de l'Exposition Universelle de Paris 1937 qui rassemblent les principaux clubs du Vieux Continent.

Le lien entre ces tournois et les compétitions continentales actuelles est assuré en Europe par la mise en place d'épreuves internationales régionales. Les clubs de l'Europe centrale s'affrontent ainsi chaque année depuis 1927 dans la Coupe Mitropa tandis que la Coupe Latine (1949-1957) implique les champions d'Italie, d'Espagne, du Portugal et de France.

Le développement du transport aérien et l'installation de systèmes d'éclairage pour les matches en nocturne, joués en semaine, rendent possible la création des compétitions continentales modernes. La Coupe des Clubs Champions Européens (actuelle Ligue des Champions de l'UEFA) est initiée à Paris par le quotidien sportif L'Équipe. La première édition a lieu en 1955-56. Jadis réservée aux seuls champions nationaux, la « C1 » connaît une mutation progressive durant les années 1990 pour s'ouvrir à certains vice-champions et même les troisièmes et quatrièmes des meilleures nations. Les Coefficients UEFA qui prennent en compte les résultats cumulés sur les cinq dernières saisons servent à établir une hiérarchie objective attribuant aux nations un certain nombre de clubs participants. Outre la Ligue des Champions, la Coupe d'Europe des vainqueurs de coupe (ex C2), la Coupe UEFA (ex-Coupe des villes de foires) (C3), la Coupe Intertoto et la Supercoupe de l'UEFA sont les autres épreuves organisées par l'UEFA.

Sur le modèle européen, les autres confédérations se dotent de compétitions similaires telles la Copa Libertadores (depuis 1960) en Amérique du Sud, la Ligue des Champions de la CAF (depuis 1964) en Afrique ou la Ligue des Champions de l'AFC (depuis 1967) en Asie. Les vainqueurs de la C1 européenne et de la Copa Libertadores se rencontrent entre 1960 et 2004 pour la Coupe Intercontinentale. Afin d'ouvrir les autres continents à ces épreuves inter-clubs du plus haut-niveau, la FIFA met en place, non sans mal, une Coupe du monde des clubs. Une première édition se tient en 2000, puis l'épreuve devient annuelle en 2005.

Le British Home Championship (1883-1984) est la première compétition opposant des équipes nationales. Le projet d'une Coupe du monde figure dans les projets de la FIFA depuis sa création en 1904. Elle voit finalement le jour en 1930, sous la pression de la montée en puissance du tournoi olympique de football. Avec la professionnalisation du football en-dehors des îles Britanniques dès les années 1920-1930, les équipes nationales présentes aux Jeux ne sont plus les équipes A, mais des sélections olympiques comptant uniquement des joueurs amateurs. Les nations de l'est, officiellement amateurs, dominent les tournois olympiques après la Seconde Guerre mondiale. En 1992 le CIO autorise les professionnels à s'aligner aux Jeux mais la FIFA refuse d'y envoyer les équipes A. Les équipes en présence sont les espoirs (moins de 21 ans au début de la phase éliminatoire, plus d'un an avant les JO ; le CIO nomme ces formations de « moins de 23 ans ») renforcés par trois joueurs de plus de 23 ans. Certaines sélections n'utilisent pas cette dernière option et se contentent d'envoyer aux Jeux leurs équipes espoirs.

La Coupe du monde, qui se tient tous les quatre ans, est la compétition phare du calendrier. Elle est créée par Jules Rimet, alors président de la FIFA. 32 sélections nationales prennent part à la phase finale dont la prochaine édition est programmée en 2010 en Afrique du Sud. Elles sont qualifiées au terme de phases qualificatives du ressort des confédérations qui se tiennent durant les deux saisons précédant la phase finale. Avant l'édition de 2010, sept sélections ont remporté au moins une fois la Coupe du monde : le Brésil (5 fois), l'Italie (4), l'Allemagne (3), l'Argentine (2), l'Uruguay (2), l'Angleterre (1) et la France (1).

Les confédérations organisent également des épreuves continentales : Championnat d'Europe des nations, Coupe d'Afrique des nations, Gold Cup, Coupe d'Asie des nations et Copa América.

Créée en 1992, la Coupe des Confédérations a lieu tous les quatre ans depuis 2005. Elle oppose le vainqueur de la Coupe du monde en titre et le vainqueur de la Coupe continentale de chaque confédération.

Ce schéma est valable pour les seniors masculins, mais il existe le même type d'organisation pour les catégories de jeunes (coupe du monde de football des moins de 20 ans, notamment) et les féminines.

Les femmes jouent au football depuis la fin du XIXe siècle en Angleterre et en Écosse. La France met en place le premier championnat national juste après la Première Guerre mondiale. Les recettes sont telles que les joueuses sont rémunérées via la pratique de l'amateurisme marron. Le tir de barrage contre la pratique du football par les femmes s'intensifie et le décès d'une joueuse, Miss C.V. Richards, en plein match en 1926 renforce les tenants de l'interdiction. Henri Desgranges (L'Auto) est plus radical encore dès 1925 : « Que les jeunes filles fassent du sport entre elles, dans un terrain rigoureusement clos, inaccessible au public : oui d'accord. Mais qu'elles se donnent en spectacle, à certains jours de fêtes, où sera convié le public, qu'elles osent même courir après un ballon dans une prairie qui n'est pas entourée de murs épais, voilà qui est intolérable ! ». Les instances masculines refusent déjà d'admettre depuis le début des années 1920 des licenciées féminines et elles doivent s'organiser en fédération indépendante des deux côtés de la Manche. Le championnat de France de football féminin, où brilla notamment le Fémina Sport, s'arrête en 1933. Pourtant favorable au sport féminin, le Régime de Vichy « interdit rigoureusement » la pratique dans l'Hexagone en 1941. Le football est jugé « nocif pour les femmes ».

Presque anecdotique, la pratique perdure après la Seconde Guerre mondiale mais il faut attendre la seconde moitié des années 1960 pour assister au renouveau du football féminin : en 1969-1970, les fédérations anglaise, française et allemande reconnaissent ainsi le football féminin. On recense 2 170 licenciées à la FFF pour la saison 1970-71, puis 4 900 la saison suivante.

Au niveau international, une première Coupe d'Europe est organisée en 1969. Elle met aux prises l'Angleterre, le Danemark, la France et l'Italie. Le football féminin n'étant pas reconnu officiellement par la FIFA et l'UEFA, cette compétition est « non officielle ».

Au niveau mondial, la première Coupe du monde est jouée dès juillet 1970. C'est encore une compétition « non officielle ». Après de multiples organisations de ce type, l'UEFA (1984) puis la FIFA (1991) conviennent qu'il faut mettre en place des compétitions « officielles », Coupe du monde de football féminin et Championnat d'Europe de football féminin notamment.

Suite au renouveau du football féminin qui débute à la fin des années 1960, cette discipline peut organiser des compétitions calquées sur le modèle masculin avec des championnats nationaux, des épreuves internationales de clubs et d'équipes nationales. En Europe, ce mouvement est encadré par les fédérations nationales tandis qu'aux États-Unis, c'est le sport scolaire et universitaire qui rend possible cette évolution. L'adoption le 23 juin 1972 du Title IX permettant de financer le sport féminin scolaire et universitaire américain est déterminant ; le football féminin en profite pleinement même si la pratique à haut niveau se limite seulement à quelques universités, North Carolina Tar Heels au premier chef. Disposant d'une base de joueuses considérable de plusieurs millions de pratiquantes (plus que toutes les nations de l'UEFA réunies), il est logique de voir émerger une équipe nationale américaine de premier plan qui remporte deux Coupes du monde en 1991 et 1999 et deux médailles d'or et une d'argent lors des trois tournois olympiques (1996-2004). Contrairement à sa version masculine, le tournoi olympique féminin met en présence les meilleures formations, sans conditions d'âge et s'impose dès sa première édition en 1996 comme l'un des rendez-vous majeurs du calendrier.

L'Europe et l'Amérique du Sud ne restent pas inactives, mais décident d'appliquer les mêmes schémas que ceux suivis par les pratiquants masculins. Les fédérations mettent ainsi en place des compétitions nationales dont le niveau s'élève progressivement, puis intègrent à leurs sélections nationales une composante féminine. La Norvège, vainqueur de la Coupe du monde 1995 et deux fois championne d'Europe en 1987 et 1993, et l'Allemagne, quatre fois championne d'Europe de 1989 à 1997, en s'appuyant sur des bases de joueuses plus nombreuses, dominent la fin du XXe siècle. La Norvège connaît ensuite un net recul dans la hiérarchie suite à la montée en puissance d'autres nations comme l'Angleterre, la Suède ou la France en Europe, le Brésil en Amérique du Sud et la Chine en Asie, tandis que l'Allemagne s'impose comme référence mondiale en remportant les Coupes du monde 2003 et 2007 et deux nouveaux titres européens en 2001 et 2005. La FIFA publie quatre fois par an un classement des meilleures équipes nationales de football féminin, et ce classement est dominé par les États-Unis et l'Allemagne.

Au niveau des clubs, des intérêts privés américains organisent le premier championnat professionnel féminin en 2001 : la Women's United Soccer Association (WUSA). Huit franchises rassemblant les meilleures joueuses du monde, et pas seulement américaines, s'affrontent pendant trois saisons. À la fin de l'édition 2003, la Ligue cesse ses activités en raison d'importants déficits financiers. Depuis lors, les meilleures compétitions de clubs se disputent en Allemagne, en Suède ou en Angleterre, où les joueuses évoluent comme semi-professionnelles. En France, le statut de joueur fédéral (semi-professionnel), pourtant possible pour des joueurs masculins évoluant jusqu'en Division d'Honneur (D6), n'est pas autorisé pour les joueuses, mêmes internationales. L'Olympique lyonnais a toutefois mis sur pieds une équipe féminine fanion semi-professionnelle depuis l'incorporation de la section féminine du FC Lyon au sein de l'OL en 2004. De même, les médias français ne donnent que peu d'espace au football féminin, tandis que les clubs de l'Hexagone traînent des pieds pour mettre en place des équipes féminines. En Allemagne, la situation est toute différente. La Fédération allemande annonce ainsi en avril 2008 avoir dépassé le cap du million de licenciées féminines ; en France, on ne compte que 60 521 licenciées féminines au 1er juillet 2007. Sur les 301 000 clubs recensés dans le monde par la FIFA, 26 000 comptent au moins une équipe féminine.

Les meilleurs clubs européens se rencontrent chaque saison depuis la saison 2001-2002 en Coupe UEFA féminine. Les clubs allemands et suédois dominent les palmarès, mais la section féminine d'Arsenal FC (Angleterre) est tenante du trophée. Il existe également des tournois internationaux mettant en présence les meilleures sélections nationales comme l'Algarve Cup qui se dispute chaque année au Portugal depuis 1994.

Les terrains de cricket restant déserts pendant l'hiver, ils sont utilisés au début de l'histoire du jeu. Ceux qui peuvent disposer d'installations de cricket comprenant également des vestiaires et des tribunes sont toutefois minoritaires. Il faut le plus souvent se contenter de jouer sur un terrain plus ou moins bien tracé et de se changer au café du coin. Certains matches drainent toutefois très vite une affluence certaine, et les premières tentatives d'entrées payantes se font en Angleterre dès les années 1860. Sur le continent européen, les vélodromes jouent le rôle des terrains de cricket au Royaume-Uni.

Passé l'étape du simple pavillon destiné à accueillir les membres du bureau et leurs invités puis l'installation de praticables couverts ou pas autour du terrain pour les autres spectateurs, les premiers stades sont principalement en bois, mais les dimensions des tribunes, toujours plus imposantes, nécessitent bien vite le recours à une armature métallique. Parmi les principaux architectes initiant cette évolution, citons l'emblématique Archibald Leitch qui opère de 1904 à 1939.

Après la Seconde Guerre mondiale, les stades connaissent de nombreuses révolutions, du toit cantilever (sans poteaux de soutien au milieu des tribunes) à la construction de systèmes d'éclairage pour les matches en nocturne. Les premières expériences de matches joués à la lumière des projecteurs datent de 1878, mais ce type de rencontres, interdit en Angleterre de 1930 à 1950, reste marginal jusqu'après la Seconde Guerre mondiale. L'éclairage est seulement de quelques centaines de lux, mais la télévision exige au moins 800 lux pour filmer correctement les rencontres. Cette demande pressante de la télévision et les progrès réalisés au niveau des systèmes d'éclairage permettent désormais aux meilleurs stades de disposer d'au moins 1 500 lux.

Le terrain de jeu connaît également des changements avec la mise en place de systèmes de chauffage pour éviter le gel du terrain ou même l'adoption de surfaces de jeu plus ou moins artificielles. La pelouse naturelle reste toujours la plus courante. Quelques clubs anglais installent des revêtements totalement artificiels comme QPR, Luton, Preston et Oldham dans les années 1980, mais la FA freine ces expériences sans toutefois parvenir à les interdire. Même remarque au niveau de la FIFA qui ne recommande pas cette surface mais qui ne l'interdit pas. En revanche, ce type de revêtement reste longtemps proscrit par la FIFA en phase finale de Coupe du monde. Lors de la Coupe du monde 1994 disputée aux États-Unis, les stades ont dû tous être dotés de pelouse naturelle, Pontiac Silverdome à Détroit (Michigan) et Giants Stadium (New Jersey) au premier chef. Suite aux modifications des tests de certification de la FIFA (2001), il est désormais possible d'utiliser un terrain artificiel en phase finale de Coupe du monde. Toutefois, jamais le cas ne s'est produit. Pourtant équipé depuis 2002 d'une pelouse artificielle certifiée par la FIFA, le Stade Loujniki de Moscou est équipé d'une pelouse naturelle pour accueillir la finale de la Ligue des Champions de l'UEFA 2007-2008.

Le confort et la sécurité des spectateurs restent longtemps une notion anecdotique pour les architectes et les dirigeants, qui cherchent seulement à rentabiliser au maximum leurs enceintes. Malgré la multiplication des drames et accidents, les autorités prennent tardivement conscience de ce problème. L'UEFA réagit après le drame du Heysel (1985), mais le football anglais, pourtant concerné au premier chef par les morts du Heysel, ne modifie sa politique qu'après le drame de Sheffield (1989) avec la mise en application du « Rapport Taylor », bannissant notamment les places debout en Angleterre. L'Allemagne, qui s'était refusée à diffuser en direct les événements du Heysel, lance une réflexion de fond sur ces problèmes à cette période. Elle donne ses fruits à l'occasion de la Coupe du monde 2006, avec des enceintes intégrant pleinement les besoins de confort et de sécurité. À noter le maintien d'une tribune avec des places debout au Signal Iduna Park de Dortmund : la fameuse Südtribüne qui, avec ses 25 000 places debout, est la plus importante tribune d'Europe. Ce maintien fut négocié par les supporters. Le fameux « Kop » d'Anfield (Liverpool) n'eut pas cette chance. Conçue en 1906 pour accueillir 30 000 spectateurs, la capacité de cette tribune est réduite une première fois en 1970 à 25 000 places suite à un incident lors d'un match européen entre Liverpool FC et l'Ajax Amsterdam en décembre 1966 : les secours avaient été incapables de se déplacer en tribune. La dernière partie avec des spectateurs debout se joue le 1er mai 1994 devant 16 480 kopites. Depuis lors, le Kop compte 12 277 places assises.

Les pays latins restent étrangement à l'écart de ces débats. Même le drame de Furiani (1992) ne provoque pas en France de prise de conscience, et aujourd'hui encore, nombre d'enceintes utilisées par les professionnels ne répondent pas aux critères minimum de sécurité. Les troubles de la saison 2006-2007 en Italie ont ainsi mis en lumière le grave déficit dans ce domaine des stades italiens. De très lourds investissements sont nécessaires pour mettre ces stades à niveau et certaines nations n'ont pas jugé utile d'engager ces travaux. La France avait pourtant l'occasion de le faire en 1998 en organisant la Coupe du monde, mais elle a préféré concentrer ses efforts sur le seul Stade de France plutôt que de profiter de cette opportunité pour s'équiper. La Ligue a bien tenté de mettre en place dans les années 1990 des critères minimum en matière de stades pour évoluer en professionnel, mais elle est déboutée le 20 novembre 2003 par le Conseil d'État, sollicité par le Ministère des sports, hostile aux critères : il est impossible à la Ligue française de ne pas admettre un club en professionnel en raisons d'installations non conformes.

Ainsi, l'Angleterre et l'Allemagne proposent aujourd'hui aux spectateurs de prendre place dans des stades modernes, et les moyennes de spectateurs y atteignent des sommets historiques. En France et en Italie, les enceintes ont au moins une génération de retard, et les affluences stagnent en France et plongent en Italie (deux fois moins de spectateurs dans les stades qu'au milieu des années 1980).

Parmi les stades les plus emblématiques, citons en Amérique le Maracanã à Rio de Janeiro, La Bombonera à Buenos Aires, le Stade Azteca à Mexico et en Europe, Wembley à Londres, récemment reconstruit, le Stade Santiago Bernabéu à Madrid, le Camp Nou à Barcelone et San Siro à Milan. D'autres enceintes plus modernes, mais à l'histoire encore jeune, méritent également une mention comme l'Amsterdam ArenA, l'Allianz Arena à Munich et l'Emirates Stadium à Londres.

Les chants tiennent une place importante dans la culture football. Clubs et équipes nationales génèrent des chansons dont certaines sont d'authentiques succès commerciaux, d'Allez les Verts ! de Jacques Monty en France au milieu des années 1970 aux multiples chants de clubs anglais édités à partir de 1971. Citons Leeds United (Leeds Utd), N°10 dans les charts anglais en avril 1971, Good old Arsenal (Arsenal) N°16 en mai 1971, The blue is our colour (Chelsea) N°5 en mars 1972, I'm forever blowing bubbles (West Ham) N°31 en mai 1975, We can do it (Liverpool FC) N°15 en mai 1977, et Glory glory Man United (Manchester United) N°13 en mai 1983. Toutefois, les supporters préfèrent généralement recycler des chants n'ayant aucun rapport avec le football. Ainsi, l'hymne emblématique des supporters est You'll Never Walk Alone depuis 1965 et son adoption par les fans de Liverpool FC et du Celtic Glasgow. Ce chant fut créé pour une comédie musicale américaine sans rapport avec le football. Certains artistes, en revanche, s'inspirent directement du phénomène football. Le groupe Queen exploite ainsi cette influence dans ses titres We Will Rock You et We Are the Champions.

Dans le domaine du cinéma, tous les aspects du jeu ont été explorés depuis 1911 et le premier film du genre, Harry The Footballer du Britannique Lewin Fitzhamon : de la folie de certains supporters dans À mort l'arbitre de Jean-Pierre Mocky (1984, un an avant le Drame du Heysel) à la satire sociale avec Coup de tête de Jean-Jacques Annaud (1979) en passant notamment par la fresque historique avec Le Miracle de Berne (Das Wunder von Bern) de Sönke Wortmann (2003) et l'exotisme avec La Coupe (The Cup), film australo-bhoutanais de Khyentse Norbu (1999) nous racontant les aventures de deux jeunes tibétains réfugiés dans un monastère bouddhiste, qui tentent de suivre la Coupe du monde 1998 à la télévision, exemples qui illustrent encore et toujours l'universalité du ballon rond.

Dans le domaine de la peinture, on citera Les footballeurs abstraits de Nicolas de Staël, série de 25 toiles et nombre d'esquisses peintes par l'artiste au cours d'un match France-Suède en 1952 au Parc des Princes.

En littérature, Nick Hornby publie Fever Pitch en 1992 qui fait évoluer la perception du phénomène supporter par les Britanniques. Citons également des auteurs comme Pierre Bourgeade (Le Football, c'est la guerre poursuivie par d'autres moyens chez Gallimard en 1981) ou le plus léger René Fallet (Le Triporteur chez Denoël en 1951) sans oublier les pionniers Henry de Montherlant (1895-1972), Jean Giraudoux (1882-1944) et Albert Camus (1913-1960) qui introduisent le football dans la littérature. En Allemagne, on monte des pièces de théâtre axées sur le football : la pièce burlesque Un footballeur et un indien d'Amérique (Fussballspieler und Indianer, écrite en 1924 et montée en 1926), satire pointant déjà la place des médias dans le sport, Sous le maillot rouge et blanc (Stimmung Rot-Weiss, 1971) et La Guerre des États (Länderkampf, 1971), dénonçant les passions nationalistes engendrées par le football. La radio allemande diffuse des pièces conçues pour ce média tel Le Match (Das Fussballspiel, 1967-1969), La Balle (1974 ; brèves de comptoirs de supporters) ou Der syntetische Seler (1973).

Ludique à la base, le football se décline également dans une gamme de jeux de plein air, de plateaux ou vidéo. Les plus emblématiques sont le Baby-foot et le Subbuteo. Depuis l'avènement du jeu vidéo, le football figure parmi les thèmes les plus porteurs. Le jeu vidéo de football Pro Evolution Soccer est le produit culturel le plus vendu en France en 2006.

D'autres produits sont liés directement au football telles les vignettes Panini que les enfants collectionnent, ou les programmes de match, qui jouent un rôle important dans les relations entre clubs et supporters au Royaume-Uni, notamment. De même, les paris sur les matches de football tiennent une place de choix dans le domaine des paris sportifs. Le Totocalcio italien (créé le 5 mai 1946) et la Quiniela espagnole (saison 1946-1947) sont de véritables institutions, sans même parler des Britanniques qui pratiquent les paris depuis l'origine du jeu et de manière plus encadrée depuis 1923. La France est la dernière nation en Europe à autoriser les paris sur des matches de football (17 avril 1985). Une taxe, plus ou moins lourde selon les pays, est généralement prélevée sur ces paris pour financer le mouvement sportif.

L'étude historique du football constitue un élément important de la culture foot. Tout supporter digne de ce nom est incollable sur l'histoire de « son » club. Longtemps abandonnée aux seuls journalistes qui se laissent souvent aller à l'emphase, l'histoire du football passe progressivement dans le champ des historiens. Les Anglo-Saxons sont en pointe dans ce domaine tandis que les nations latines préfèrent encore laisser la plume aux journalistes. À la fin des années 1980, l'historien français Alfred Wahl appelle de ses vœux une évolution, mais les travaux d'historiens ne pèsent rien face à la communication souvent légendaire des clubs relayée par les médias.

Pendant la partie, il passe à la fois par toutes les angoisses et par les manifestations de joie les plus débordantes. Il est atterré pendant dix minutes et radieux pendant quinze autres. Les goals marqués contre son équipe sont toujours off-side. L'arbitre est un cochon et les linesmen sont des vendus. Et c'est fourbu, démoli, le visage décomposé qu'il se rend après le match au siège de son club, où il s'affale, plus fatigué que les joueurs eux-mêmes. Là, l'œil terne et brumeux, un ami lui fait bien le récit de ses récentes escapades, mais il ne daigne même pas sourire au passage le plus gai du récit. Mais voilà qu'incidemment l'ami a prononcé le nom de son club. Son œil s'allume, sa main s'énerve, sa bouche, jusqu'alors dédaigneusement close, s'ouvre. Il va parler. Il parle. Et alors, il est magnifique le supporter. Il décrit ses joies, les beautés de son club. Les mots abondent, les métaphores se précipitent, c'est un fleuve d'éloquence qui vous culbute, vous immerge et vous entraîne dans un torrent tumultueux.

Le football génère un vaste mouvement de soutien populaire, parfois inconditionnel : le phénomène des supporters. Les fans d'un même club peuvent s'organiser en mouvements appelés groupes ou associations de supporters. Certains groupes versent dans le hooliganisme.

Le phénomène des supporters existe depuis l'Antiquité, et avant même la codification du football, tous les bénéfices et travers de ce mouvement sont déjà bien connus. Le cricket anglais est ainsi durement touché par une vague de violence de ses supporters des années 1770 au début du XIXe siècle. L'écrasante majorité des supporters sportifs sont pacifiques et festifs, il est donc réducteur de traiter uniquement ce thème sous l'angle de la violence. De même, réduire le supporter à un simple consommateur de produits de merchandising est également un lieu commun. Les autorités sportives, elles-mêmes, n'ont d'ailleurs toujours pas intégré de plein droit les supporters au sein de la « famille du foot ». Michel Platini, président de l'UEFA, a prévu de corriger cet oubli.

Les supporters ont pourtant un rôle déterminant dans le financement des clubs, l'animation des stades et permettent aux joueurs de donner le meilleur d'eux-mêmes sur le terrain. Le surnom de « douzième homme » n'est pas usurpé. Ils représentent également une forme de contre-pouvoir face aux dirigeants. Ainsi, en Angleterre et en France, des déménagements de clubs, à l'américaine, sont tentés par certains dirigeants à la recherche de meilleurs « marchés ». La pression des supporters est telle que ces déménagements purement mercantiles sont désormais interdits en France après la fusion controversée du Toulouse FC première version avec le Red Star en 1967 et exceptionnels en Angleterre : cas isolé du Wimbledon FC qui déménage à Milton Keynes en 2003 devenant le Milton Keynes Dons Football Club. En réponse à ce déménagement, les fans de Wimbledon ont créé leur propre club : AFC Wimbledon.

Les rivalités dans le football touchent principalement les supporters. Les derbies et autres affiches de gala constituent des rendez-vous importants pour les fans qui rivalisent alors dans les domaines du chant ou de l'animation des tribunes (et parfois de la violence) pour prendre un ascendant sur les supporters rivaux. Les rivalités les plus spectaculaires sont en Europe celles opposant Celtic et Rangers à Glasgow, tandis qu'en Amérique du Sud le Super-Clasico Boca-River atteint des sommets dans le genre.

Les supporters se regroupent rapidement au sein de fan-clubs. Dès la fin du XIXe siècle, de tels groupes existent déjà au Royaume-Uni. Ils sont généralement sous l'autorité directe du club. Ce sont des clubs de supporters dits « officiels ». L'un des principaux buts de ces associations est de collecter de l'argent pour leur club. Depuis la création du mouvement des Torcida au Brésil dans les années 1940, certains groupes de supporters deviennent indépendants du club et prétendent même mériter des subventions de sa part. C'est la base du mouvement dit « ultra ». La culture ultra est très développée en Amérique latine et commence à toucher l'ex-Yougoslavie en Europe à partir de 1950. Ce mouvement se propage via l'Italie à partir des années 1960. La vague ultra atteint la France au milieu des années 1980. Si la majorité de ces groupes affiche un pacifisme réel, la violence n'est pas étrangère au mouvement ultra. Les codes utilisés ne sont toutefois pas les mêmes que ceux en usage chez les hooligans britanniques, plus individualistes, et donc totalement étrangers aux rivalités opposant certains groupes au sein de mêmes clubs. Après le drame du Heysel, le terme de hooligan devient synonyme de barbare. Un mouvement plus radical d'inspiration britannico-allemando-néerlandaise, les hools, prend pourtant le relais. Ces derniers, un peu à la manière des ultras, ont un lien moins fort avec leur club, et utilisent la violence à des fins purement privées, sans liens réels avec le club. Certains auteurs désignent du terme de hooligan tous les supporters violents, alors qu'il existe plus qu'une nuance entre un supporter lambda devenant subitement violent et une prise de tribune adverse.

Exclue des compétitions européennes suite au drame du Heysel, l'Angleterre est la première nation à édicter des règles strictes pour lutter contre le fléau de la violence. Malgré cette volonté et l'arsenal juridique qui l'accompagne, le problème perdure en Angleterre en marge des rencontres et dans les divisions inférieures. Après avoir testé la bunkérisation des stades avec la mise en place de grillages et autres herses pour canaliser la foule, les autorités préfèrent aujourd'hui traiter le problème en amont en interdisant de stade les supporters violents permettant l'abandon d'une attitude défensive et très agressive, encore de rigueur dans de nombreuses nations, qui donnent à certains stades l'apparence de zones de guerre. Malgré des déclarations convenues sur ces thèmes, la France, qui reste relativement peu touchée par ces phénomènes violents, n'a jamais vraiment traité efficacement le problème. Clubs, police, justice et autorités politiques se renvoient la balle. En Italie, où le mouvement ultra violent est très actif, les autorités apparaissent très mal armées pour faire face au phénomène. Idem en Espagne, notamment. En Amérique du Sud, où est né le mouvement ultra, on assiste depuis plusieurs décennies à une radicalisation des supporters. La répression est aussi féroce qu'inefficace avec des groupes de Barra Bravas ultra violents.

De même, les actions racistes de certains supporters perdurent principalement en raison du laxisme de certains dirigeants. Multiplier les opérations à base de banderoles dénonçant le racisme est une chose ; exclure durablement des stades les supporters racistes est une autre histoire. Au début du XXIe siècle, on remarque ainsi qu'une grande partie des supporters interdits de stade en France ou en Belgique, par exemple, le sont pour des tentatives d'introduction de fumigènes dans les enceintes. Si le joueur de Valenciennes Abdeslam Ouaddou n'avait pas attiré l'attention sur le supporter messin faisant usage répété d'insultes racistes à son encontre le 16 février 2008, celui-ci n'aurait jamais été inquiété. Il est finalement interpellé à la sortie du stade.

Le plus souvent pacifiques et festives, les invasions de terrains à la fin de certains matches donnant notamment un titre sont également très spectaculaires. Pour des raisons de sécurité, ce type de manifestation devient rare. D'autres invasions de terrains, bien moins festives, se produisent exceptionnellement à l'occasion de certaines rencontres, en plein match. Ce fut notamment le cas lors du match France-Algérie du 6 octobre 2001 au Stade de France. Le match fut définitivement arrêté à un quart d'heure de la fin.

Après avoir compté parmi les plus violents supporters, les fans écossais ont connu une évolution positive dans les années 1970 et font figure, depuis plus de deux décennies, de supporters sympathiques, festifs et fair-play même dans la défaite, sauf peut-être face aux voisins anglais. Être capable d'ovationner ses joueurs alors qu'ils viennent d'être sévèrement battus est presque un tour de force pour la quasi totalité des supporters du monde entier, sauf pour les Écossais et quelques autres, comme les Danois. Des études ont montré une importante différence d'âge entre les fans violents et ceux qui sont festifs : 23 ans en moyenne pour les fans anglais lors de l'Euro 1988 contre 31 ans aux Danois. 15 % des supporters danois étaient des femmes contre seulement 2 % chez les Anglais. Certains clubs disposent également de publics d'une fidélité à toute épreuve malgré des résultats médiocres depuis plusieurs générations. On citera pour l'exemple Newcastle UFC en Angleterre.

Le football entre dans la presse généraliste puis la presse omnisports dès le XIXe siècle. Certains titres refusent toutefois de traiter de ce sport aux racines trop populaires ; The Field (créé en 1853) qui traite principalement de sports « nobles » comme le tennis, le golf, le sport hippique et la chasse n'ouvre ainsi ses colonnes au football que pour le dénigrer. Même son de cloche en France avec le quotidien L'Auto qui multiplie les unes sur le rugby mais refuse d'accorder au football sa première page jusqu'à la Grande Guerre.

Une presse sportive moins guindée voit le jour à l'extrême fin du siècle, et ces titres accordent une large place au football. Cette presse enregistre toujours de solides tirages au début du XXIe siècle avec des périodicités quotidiennes, hebdomadaires ou mensuelles. Parmi les grands titres de la presse omnisports quotidienne, citons A Bola, O Jogo et Record au Portugal, La Gazzetta dello Sport, Tuttosport et Corriere dello Sport - Stadio en Italie, Marca et As en Espagne, Olé en Argentine et L'Équipe en France. Il faut attendre l'entre-deux-guerres pour assister à l'apparition d'une presse spécialisée. Ainsi, en France, outre l'hebdomadaire Le Football Association, organe officiel de la FFFA créé le 4 octobre 1919, le premier titre dédié exclusivement au football est l'hebdomadaire Football (1929-1944) qui affiche fièrement en en-tête « Le plus fort tirage des hebdomadaires de football du monde entier ». Ce titre fait office de référence jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. France football lui succède après la Libération.

La presse écrite joue un rôle majeur dans la médiatisation du jeu, mais également dans l'organisation de compétitions, notamment en France. Hachette est ainsi le « soutien indispensable » de la fédération française lors des dix premières éditions de la Coupe de France. Le quotidien Le Petit Parisien prend le relais pour les dernières éditions de la Coupe avant la Seconde Guerre mondiale et devient également le partenaire des premières éditions du championnat de France professionnel. La Coupe des clubs champions européens est créée par le quotidien français L'Équipe en 1955. Dans un premier temps, la jeune UEFA (fondée en 1954) ne s'oppose pas à cette organisation privée, mais la FIFA, redoutant la privatisation des organisations, pousse l'UEFA à prendre à son compte une épreuve dont le tirage au sort du premier tour avait déjà eu lieu.

Les clubs possèdent des médias écrits de longue date, programme de match au premier chef. The Celtic View, hebdomadaire traitant uniquement de l'actualité du club écossais du Celtic FC est édité depuis 1965. Nombre d'autres clubs se dotent ensuite d'hebdomadaires ou de mensuels ou sont traités par des titres de presse plus ou moins indépendants des clubs. L'AS Roma est à ce jour le seul club traité par un quotidien spécialisé : Il Romanista, dont le numéro un sort le 10 septembre 2004. Ce titre est diffusé à 10 000 exemplaires.

La radio couvre le football dès les années 1920. En Italie, la première retransmission d'un match à la radio a lieu le 6 octobre 1924. En Belgique, Adrien Milecamp assure en 1927 le commentaire du premier match radiodiffusé dans le royaume (Belgique-Angleterre du 11 mai). Georges Briquet, le « roi des radio-reporters » qui débute sa carrière en 1931, est la grande voix française des sports et du football jusqu'aux années 1950. C'est lui qui crée le concept des dimanches après-midi « sport et musique » juste après la Seconde Guerre mondiale. L'arrivée de la télévision modifie la donne, mais ne condamne pas la radio qui s'adapte et met en place des multiplex et des émissions de débats à propos de l'actualité du jeu.

Le 16 septembre 1937, la BBC diffuse un match d'entraînement entre Arsenal et sa réserve. Arsenal est choisi en raison de sa proximité avec les studios de télévision de l'Alexandra Palace. Mis à part des tentatives allemandes à l'occasion des Jeux olympiques durant l'été 1936 puis du match Allemagne - Italie le 15 novembre 1936, c'est une première.

Les relations entre le football et la télévision restent longtemps conflictuelles. Matt Busby, entraîneur de Manchester United, réclame ainsi en 1957 pour ses joueurs les mêmes égards qu'ont les vedettes de cinéma : « Les footballeurs doivent être payés sur leur valeur. Pas de rétribution, pas de télévision ». Cette position est adoptée en Angleterre et en France, et malgré quelques tentatives de diffusions et de crises retentissantes, les stades de football restent généralement inaccessibles aux caméras de télévision. Ceci concerne exclusivement les clubs, qui remportent finalement ce bras de fer avec la télévision durant les années 1980 (1983 en Angleterre et 1984 en France) quand les diffuseurs acceptent d'abandonner la politique du dédommagement et acceptent de payer le « spectacle football » à son juste prix. Les équipes nationales ne sont pas concernées par ce débat car les matches sont généralement retransmis depuis le début des années 1950. La Coupe du monde 1954 est la première édition couverte par la télévision.

Payant désormais fort cher les droits de retransmission des rencontres, certains diffuseurs deviennent exigeants en matière de calendrier notamment pour l'étalement des journées de championnat pour permettre la diffusion de plusieurs rencontres. Mais le football devient également un enjeu majeur en matière de concurrence. Les chaînes qui possèdent ces droits s'imposent comme des leaders : Sky au Royaume-Uni, TF1 et Canal+ en France.

Les prix des droits sont élevés, mais les taux d'audience atteignent des records. Ainsi, sur les onze meilleures audiences de la télévision française depuis 1989 (création de Médiamat), on compte dix matches de football et un de rugby à XV. De même, au niveau international, la Coupe du monde 2006 est diffusée par 376 chaînes de télévision à travers le monde pour une audience cumulée de 26,29 milliards de téléspectateurs pour 52 matches, soit une audience moyenne par match de 506 millions de téléspectateurs.

L'arrivée de la télévision n'a pas que des conséquences financières. La diffusion de rencontres engendre des problèmes au niveau du jeu lui-même et de sa perception par les médias et le public, en pointant notamment les erreurs d'arbitrage. Ce phénomène n'est pas nouveau. Dès les années 1950, déjà, certains matches déclenchent des vagues de protestations importantes. Le 2 mars 1960, la chaîne unique française diffuse le match retour de la Coupe des clubs champions européens : Real Madrid - OGC Nice, dont l'arbitrage douteux à l'avantage des Espagnols choque de très nombreux téléspectateurs. Au lieu de jouer un rôle de médiateur, les médias français jettent de l'huile sur le feu, hier comme aujourd'hui, plaçant les arbitres dans des situations compliquées. Et du « Monsieur Foote, vous êtes un salaud ! Quel scandale cet arbitrage, c’est invraisemblable ! Jamais vu un individu pareil, il devrait être en prison et pas sur un terrain de football » lancé par Thierry Roland lors du match Bulgarie-France de 1976 à l'encontre de l'arbitre, aux campagnes de dénigrement systématique marquant les premières années du XXIe siècle, la télévision française s'est particulièrement illustrée par son manque de fair-play, qui englobe également le respect des décisions de l'arbitre.

Quelques clubs possèdent leurs propres chaînes de télévision. Middlesbrough FC est le premier club anglais à se doter d'un tel outil. Boro TV opère de 2001 à 2005. Parmi les autres chaînes de télévision de clubs, citons OM TV, OL TV, Inter Channel, Milan Channel, Roma Channel, Manchester United TV, Real Madrid TV et Barça TV notamment. D'autres clubs se contentent de diffuser matches, résumés et reportages via leurs sites internet.

Le football se transforme en business dès le milieu des années 1880 au Royaume-Uni. Les importantes recettes enregistrées aux guichets permettent de financer la professionnalisation des championnats et la construction de stades. Si les maillots restent longtemps vierges de toute publicité, le stade est très vite doté de panneaux publicitaires tandis que les produits dérivés, des programmes de matches aux gadgets aux couleurs des clubs, apparaissent également dès la fin du XIXe siècle en Grande-Bretagne. Au niveau des affluences, la première saison du championnat d'Angleterre (1888-1889) affiche 4 639 spectateurs de moyenne par match. La barre des 10 000 spectateurs de moyenne est franchie avant la fin du XIXe siècle, celle des 20 000 avant la Première Guerre mondiale.

Les recettes aux guichets restent l'élément essentiel du budget des clubs jusqu'aux années 1990. Les droits payés par la télévision représentent depuis lors entre un tiers et deux tiers des budgets des clubs. La publicité constitue également un poste important des recettes, notamment depuis la fin des années 1960. La publicité sur les maillots est autorisée en France en octobre 1969 après une tentative avortée en 1968 : la Ligue voulait imposer à tous les clubs le même partenaire. Le Nîmes Olympique et l'Olympique de Marseille sont les premiers clubs professionnels français à arborer une publicité sur leurs maillots. L'UEFA autorise les publicités sur les maillots en coupes d'Europe des clubs à partir de 1982, sauf pour les finales où l'interdit est levé en 1995. La FIFA interdit en revanche les publicités sur les maillots des équipes nationales.

Les clubs générant le plus de revenus (2006-2007) sont le Real Madrid (Espagne) avec 351 millions d'euros, Manchester United (Angleterre) 315,2, FC Barcelone (Espagne) 290,1, Chelsea FC (Angleterre) 283 et Arsenal FC (Angleterre) 263,9.

Les montants financiers sont importants et les déficits de certains clubs peuvent également atteindre des montants records. La santé financière des clubs constitue un double enjeu : assurer leur pérennité et éviter le dopage financier, c'est-à-dire acheter une équipe à crédit. La France a mis en place au milieu des années 1990 la DNCG qui a pour mission de contrôler les comptes financiers des clubs professionnels avec le pouvoir de les reléguer, d'interdire un club de promotion ou de limiter leur masse salariale. Longtemps en déficit chronique, les clubs de Ligue 1 présentent des comptes bénéficiaires depuis 2006 : plus de 42 millions d'euros de bénéfice net en 2006-2007 sur les 20 clubs de L1. Souvent évoquée, une DNCG européenne reste à créer afin d'éviter certaines dérives. L'introduction des clubs en bourse est une évolution récente ne touchant que quelques rares clubs. À la fin de la saison 2006-2007, 11 clubs anglais, 5 Danois, 4 Turcs, 4 Italiens, 3 Portugais, 2 Français, 1 Écossais, 1 Néerlandais, 1 Suédois et 1 Allemand étaient côtés en bourse.

Les clubs ou collectivités propriétaires des stades ne pouvant pas faire face à certains travaux louent le nom du stade à un sponsor. Cette forme de publicité existe déjà en France avant la Première Guerre mondiale avec le Stade du Matin, futur stade olympique de Colombes, qui porte le nom du journal quotidien parisien Le Matin de 1907 à 1919. En 1996, cette pratique est réintroduite par les Américains, et elle touche l'Europe à partir de 1997 avec le nouveau stade des Bolton Wanderers baptisé Reebok Stadium. La FIFA admet mal cette innovation, et à l'occasion de la Coupe du monde 2006 en Allemagne, les noms des stades ne comprenaient officiellement aucun nom de sponsor alors que leur construction fut en partie financée par cette voie.

L'organisation de rencontres génère également toutes sortes de retombées économiques ne concernant pas directement le club ni même le monde du football. Auxerre, petite ville moyenne française, doit en grande partie sa notoriété, en France comme à l'étranger, à son équipe de football. L'AJ Auxerre est un véritable ambassadeur de la ville, qui profite de plus de retombées directes en matière d'hôtellerie et d'activités accrues pour les cafés-restaurants. De même, l'organisation d'une Coupe du monde ou d'un Euro, permet à une nation (ou un binôme comme c'est le cas en Suisse-Autriche pour l'Euro 2008) de procéder à une efficace campagne de promotion et de s'équiper en stades mais aussi en moyens de transports ou en hôtels. Les conséquences sur la hausse du PNB restent discutées, mais l'Organisation mondiale du tourisme met en avant la Coupe du monde pour expliquer la hausse importante du tourisme international en Allemagne en 2006 (+9,6 %).

Comme l'annonce clairement Alfred Wahl : « Au niveau le plus modeste, celui du village, l'association sportive constitue un champ d'affrontement entre notables car elle peut devenir un marchepied pour l'accession au pouvoir ». Le match de football opposant le Dynamo de Peppone à La Gaillarde de Don Camillo dans le film Le Petit monde de Don Camillo (1951) illustre sur le ton de l'humour cette situation. L'existence de plusieurs clubs rivaux dans la même ville appartient en général au passé, notamment dans les villes moyennes. Certaines grandes cités sont parvenues à conserver plusieurs clubs de même niveau, sauf en France, où les autorités ont veillé, dès les années 1930, à appliquer la règle : « un club, une ville ».

Les derniers exemples français de clubs de même niveau localisés dans la même ville sont ceux de Vannes (Vannes OC est le résultat de la fusion des deux clubs historiques de la ville en 1998) et La Roche-sur-Yon (idem pour La Roche VF en 1989). Dans ces cas, il s'agit de fusion entre un club issu d'un patronage catholique et d'un club s'affichant comme laïc. Cette opposition née en France au début du XXe siècle a masqué les oppositions classiques droite/gauche que l'on retrouve dans le reste de l'Europe continentale. En France, quand les « Rouges » affrontaient les « Blancs », il s'agissait d'un match opposant laïcs et catholiques ; ailleurs, comme dans l'exemple de Don Camillo, il était plutôt question d'une opposition gauche/droite, même si l'Église était le plus souvent derrière les clubs « Blancs ». Le seul club professionnel français issu d'un patronage catholique est l'AJ Auxerre. Son rival local, le laïc Stade auxerrois existe toujours, mais évolue en championnat de Bourgogne.

La présence d'un seul club dans une ville pose d'autres problèmes, comme la municipalisation du club, avec toutes les dérives possibles à ce niveau. Les communes possèdent généralement les installations sportives et ont longtemps eu droit de vie ou de mort sur les clubs en accordant ou en refusant des subventions. La montée en puissance des droits versés par la télévision permet aux clubs professionnels de s'émanciper un peu, mais le problème reste entier au niveau amateur.

Certains clubs sont emblématiques de revendications. Le FC Barcelone ou l'Athletic Bilbao sont ainsi des symboles forts du régionalisme catalan et basque. Aujourd'hui encore, il faut avoir des ancêtres basques sur plusieurs générations pour pouvoir jouer à l'Athletic Bilbao.

Les revendications religieuses ont aussi leur droit de cité dans le football. En Irlande du Nord, le principal club de Belfast, Linfield FC est composé exclusivement de joueurs protestants. Pendant longtemps, ses matches contre Cliftonville FC, club situé en plein quartier catholique, se jouaient pour raison de sécurité sur terrain neutre à Windsor Park. Suite à la multiplication des incidents à domicile et à l'extérieur, le club catholique de Derry City FC joue désormais dans le championnat d'Irlande. La situation est également tendue à Glasgow entre les protestants du Glasgow Rangers et les catholiques du Celtic FC.

À l'inverse, le football peut servir d'élément de rassemblement symbolique comme ce fut le cas en France après la victoire en Coupe du monde 1998 ou en Irak en 2007 après le gain de la Coupe d'Asie des nations. « Les Irakiens ne vivent que pour le football, et c'est leur secret pour faire face aux difficultés », déclare Hussein Saeed, ancien joueur emblématique des années 1980 et président de la fédération irakienne.

En raison de sa visibilité médiatique, le football est souvent exploité par les nationalistes de tous genres. Aucun régime totalitaire ou autoritaire n'a négligé ce moyen de propagande. Benito Mussolini a ainsi promu l'équipe d'Italie au rang de « soldats de la cause nationale ». Les fascistes italiens sont pourtant clairement hostiles au football, trop anglais, à leur arrivée au pouvoir. Ils tentent ainsi de lui substituer le jeu local de la Volata ; sans succès. Les dirigeants soviétiques, à l'image de Mussolini, ne sont pas franchement férus de football, mais exploitent le filon à partir des années 1950 après avoir mis la main via l'armée, la police et le KGB sur les principaux clubs de la capitale dès les années 1920-1930.

En ex-Yougoslavie, le football sert également de vecteur aux revendications nationalistes. La structuration des groupes ultras dès les années 1950 favorise cette dérive et la mutation en groupes para-militaires actifs (comme les Tigres d'Arkan, notamment, ultras de l'Étoile rouge de Belgrade à la base) pendant la guerre civile des années 1990.

Quand le nationalisme prend le pas sur un certain « chauvinisme » sympathique, des problèmes graves peuvent apparaître dans les relations entre nations.

En 1969, un match de football marque ainsi le coup d'envoi d'une guerre qui reste sous le nom de Guerre du football ou guerre de Cent Heures. En match de barrage pour accéder à la phase finale de la Coupe du monde 1970, le Salvador s'impose 3-2 face au Honduras. Dans la foulée de cette victoire, le Salvador envahit le Honduras afin de régler un ancien conflit frontalier. Cette courte guerre fait plus de 2 000 morts et ne règle pas le problème entre les voisins.

Des incidents frontaliers sont également signalés après la finale de la Coupe du monde 1930 entre l'Uruguay et l'Argentine, tandis que 320 morts sont recensés lors d'émeutes après un match Pérou-Argentine le 23 mai 1964.

Le football est utilisé comme arme de propagande par le FLN durant la Guerre d'Algérie. Entre avril 1958 et mars 1962, l'Équipe de football du FLN est un puissant ambassadeur de la cause algérienne, malgré l'interdiction par la FIFA d'affronter cette formation .

Le football peut également servir de médiateur diplomatique comme ce fut notamment le cas en 1998 lors de la Coupe du monde en France à l'occasion du match du groupe F opposant l'équipe des États-Unis à celle d'Iran — match remporté 2-1 par l'Iran — ou en 2002 quand la Coupe du monde se tient conjointement en Corée du Sud et au Japon. Ne voulant pas trancher entre ces deux nations historiquement rivales, la FIFA a en effet décidé, contre toute logique sportive, de leur confier l'organisation de cette Coupe du monde afin de favoriser leur réconciliation.

En favorisant le dialogue entre les peuples, le sport, et le football en particulier, joue un rôle non négligeable au niveau de l'évolution des mentalités et de la progression des droits de l'homme. De la parité homme-femme, à la lutte contre le racisme et l'intolérance en passant par la liberté d'expression, le football offre un champ d'expérience mettant en lumière tantôt des avancées innovantes, tantôt des retards étranges.

Les dates de sélection des premiers joueurs noirs en équipe nationale européenne sont significatives : 1881 en Écosse (cas isolé), 1931 en France et au Pays de Galles, 1937 au Portugal, 1951 en Suisse, 1960 aux Pays-Bas, 1974 en Allemagne, 1978 en Angleterre, 1987 en Belgique, 1998 en Espagne, 2000 en Pologne et 2001 en Italie. De plus, les réactions à certaines de ces premières sont difficiles pour nombre de joueurs. Viv Anderson, sélectionné en 1978 pour porter le maillot de l'équipe d'Angleterre, reçoit non seulement des menaces de mort, mais doit aussi subir tout au long de sa carrière des chants racistes descendant des tribunes. Ces derniers, tel « Everton are White », restent courants dans les stades anglais jusqu'à la fin des années 1980. La situation est clairement plus paisible en France pour les Raoul Diagne et autres Larbi Ben Barek dans les années 1930.

Sous le régime communiste, le stade de football reste l'un des rares espaces où peut s'exprimer la contestation contre le régime. En effet, se déclarer supporter de tel ou tel club a alors une signification politique majeure tandis que les chants des supporters contre les clubs dirigés par le parti communiste et ses divers organes politico-militaro-industriels étaient autant de cris d'opposition au régime. Certains joueurs refusent même de jouer pour ces clubs. Eduard Streltsov, le « Pelé russe », refuse de quitter le populaire Torpedo Moscou pour le CSKA ou le Dynamo. Il effectue alors sept années de détention dans les goulags. À sa sortie, il remporte le titre de champion d'URSS 1965 avec le Torpedo en forme de pied de nez au régime.

Le football suscite de violentes oppositions. À l'époque de la soule, nombre de clercs menacent ceux qui pratiquent cette discipline d'excommunication. Comme déjà indiqué, la bonne société anglaise n'a jamais vraiment admis cette discipline trop populaire. Le football est aussi attaqué au niveau de ses principes de jeu et est longtemps surnommé « sport de paralytiques » en France par ses opposants. Nombre de pays refusent de reconnaître cette discipline à ses débuts, lui préférant le rugby et le cyclisme (France) ou la gymnastique (Allemagne). Dès 1905, pourtant, le football compte en France plus de clubs et de licenciés que le rugby, défendu par les élites. L'USFSA multiplie ainsi les vexations contre le football, et programme en 1911 le match international de football France-Angleterre en lever de rideau d'un match du championnat de France de rugby.

L'attaque la plus courante contre le football est la professionnalisation. Cette critique fait son apparition dès 1885 et l'adoption du professionnalisme en Angleterre. Les réticences sont importantes notamment en France, aujourd'hui encore, et en Allemagne jusqu'aux années 1960. Pour mémoire, le cyclisme, professionnel depuis les années 1880, n'a jamais subi ce type d'attaques en France. La FFF, elle-même, n'est pas très à l'aise avec cette situation, et refuse de reconnaître l'existence du semi-professionnalisme. Elle préfère ainsi nommer ses championnats nationaux semi-professionnels (du National au CFA2) d'« amateurs ».

Renouant avec les procès en diabolisation qui avaient cours au Moyen Âge à propos de la soule, nombre d'auteurs mettent en avant le fait que « le football est une maladie ». Des auteurs comme le sociologue Jean-Marie Brohm et l'architecte-philosophe Marc Perelman perpétuent cette école avec des ouvrages aux titres évocateurs : Le football, une peste émotionnelle : Planète des singes, fête des animaux (1998), Les intellectuels et le football. Montée de tous les maux et recul de la pensée (2000) ou Le football, une peste émotionnelle : La barbarie des stades (2006).

La Football Association, fédération anglaise de football fondée à Londres en 1863, prend à son compte le terme générique de football. Elle comprend, il est vrai, en son sein des clubs suivant des règles très différentes ; Blackheath RC, notamment, qui milite pour l'usage des mains et l'autorisation du placage. L'unification des règles menée par la FA, qui marque la période allant de 1863 à 1870 place Blackheath dans une position isolée. Le club londonien quitte alors la FA et part créer en 1871 la Football Rugby Union. Le nom de cette fédération est clair : fédération du football selon les règles dites de rugby. Ainsi, dès 1871, deux formes de football sont codifiées et disposent d’instances dirigeantes. Ces deux sports essaiment dans le monde entier et donnent naissance à des variantes américaine, australienne, gaélique ou canadienne. Débute alors un débat sur les noms à donner à ces différents sports.

Ces débats touchent essentiellement les anglophones, qui utilisent deux termes pour nommer le jeu : football et soccer. Soccer n'est officiellement en usage que dans trois pays : États-Unis, Canada et Samoa, les trois seules fédérations nationales anglophones qui reprennent le terme de soccer et non de football dans leur nom. Ce terme argotique pour les autres anglophones est toutefois parfois employé, notamment dans la presse. Il est ainsi d'emploi très courant en Afrique du Sud et plus rare au Royaume-Uni. À noter qu'aux États-Unis, le terme soccer remplace progressivement celui de football association dans le nom de la fédération nationale. De 1913, date de sa fondation, à 1945, la fédération américaine a pour nom United States Football Association, puis jusqu'en 1974 elle porte le nom de United States Soccer Football Association. Elle adopte alors le nom de United States Soccer Federation.

Ces débats, qui ne devraient pas toucher les francophones comme le confirme le dictionnaire quadrilingue de la FIFA qui donne football comme seule dénomination officielle du jeu en français, sont de mise en raison de l'adoption du terme soccer par les francophones canadiens.

Ces problèmes de dénominations ne touchent pas exclusivement les pays donnant naissance à des football locaux. Ainsi, en France, la peur panique des paris, du professionnalisme et de la montée en puissance des pouvoirs des clubs provoquent un boycott de cette discipline par l'USFSA. Pour cette dernière, le seul football qu'elle reconnaît est celui de la variante de rugby car les instances anglaises de cette discipline étaient parvenues à interdire l’adoption du professionnalisme. Aussi, le terme football fait plutôt référence en France au rugby jusqu'au début du XXe siècle. Pour le football, on utilise depuis 1894, et la reconnaissance tardive de cette discipline par l'USFSA, les termes de « Football Association » ou plus simplement « Association ». On joue ainsi à l'« Assoce » en France à la Belle Époque. On retrouve dans certains journaux de province le terme « Association » jusque dans les années 1920. Du côté fédéral, la Fédération française adopte le nom de Fédération française de football association à sa création en 1919 suite à l'éclatement de la structure omnisports de l'USFSA. Dans le milieu du football, pourtant, le terme de football est utilisé seul pour nommer le jeu. Le magazine spécialisé Football, créé en 1929, puis la FFFA qui devient FFF à la Libération ne font que suivre cette évolution. Le rugby a, il est vrai, éclaté en deux sports différents, à XV ou à XIII, tandis que les autres variantes sont perçues comme exotiques en Europe et dans les pays francophones, Canada excepté. Elles sont donc nommées selon leur origine : football américain, football australien, football gaélique et football canadien.

Le français, comme c'est le cas en général dans le domaine sportif, a conservé le terme d'origine. Ce n'est pas le cas dans les autres langues où ont été forgés des termes à consonances locales, du Fussball allemand, au Fútbol espagnol en passant par le Voetbal néerlandais ou le Futebol portugais. En Italie, on adopte en 1909 le terme de calcio en référence à l'ancien jeu du calcio florentin.

Le futsal ou football en salle est un sport collectif dérivé du football avec des règles adaptées. Cette discipline est créée en 1930 en Uruguay et passe progressivement sous le giron de la FIFA à partir de la fin des années 1980.

Les nations sud-américaines dominent longtemps cette discipline, puis l'Europe met en place des structures spécifiques permettant l'émergence d'une élite qui s'impose au plus haut niveau. La dernière finale de la Coupe du monde FIFA en 2004 oppose ainsi l'Espagne et l'Italie tandis que le Brésil et l'Argentine doivent se contenter de s'affronter en finale pour la troisième place.

Le football de plage ou beach soccer est un sport qui s'apparente au football et qui se pratique sur du sable de plage. Il met aux prises deux équipes de cinq joueurs, pouvant être remplacés à tout moment, en trois tiers-temps de douze minutes sur un terrain de 28 x 37 mètres. La première Coupe du monde a lieu en 1995. Cette épreuve et cette discipline dépendent de la FIFA depuis 2005.

Sur le modèle du futsal, les Sud-américains, Brésiliens au premier chef, restent longtemps dominateurs en beach soccer. Guidée par Éric Cantona, la France, remporte toutefois la première Coupe du monde FIFA en 2005 puis le Brésil enlève les éditions 2006 et 2007.

Le football possède deux déclinaisons handisports, le foot fauteuil (ou football à sept) et le cécifoot (ou football à cinq). Depuis 2005, le foot fauteuil est géré par l'International PowerChair Football Association tandis que le cécifoot est une discipline des Jeux paralympiques depuis 2004. Le Brésil remporte le championnat du monde en 1998 et 2000, puis l'Argentine s'impose en 2002 et 2006.

Le Jorkyball et le Tennis-ballon sont d'autres variantes ayant un rapport plus ou moins lointain avec le football.

Cette bibliographie présente quelques ouvrages de référence de base, tous utilisés pour la rédaction de cet article comme l'indique la présence du symbole . Se référer aux articles thématiques traitant des différents aspects du jeu pour avoir des bibliographies plus complètes.

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Coupe du monde de football de 2006

Environ 1,38 milliards d'euros ont été investi dans les nouveaux stades, dont 280 millions d'euros pour le Stade du Mondial FIFA à Munich

La coupe du monde de football de 2006 est la 18e édition de la coupe du monde de football, une compétition organisée par la Fédération internationale de football association et mettant aux prises les meilleures équipes nationales masculines de football. Elle fut remportée par l'Italie, qui a battu en finale la France aux tirs au but. Il s'agit du quatrième titre de champion du monde de l'équipe italienne.

L'édition 2006 de la coupe du monde s'est déroulée du 9 juin au 9 juillet en Allemagne, qui avait été choisie en juin 2000 pour organiser l'évènement. De décembre 2003 à novembre 2005, les sélections nationales de 198 pays ont participé à une phase de qualification dans le but de désigner les 32 équipes pouvant prendre part au tournoi final en Allemagne.

La volonté de la fédération allemande de football, ou Deutscher Fußball-Bund (DFB), d'organiser la Coupe du monde en Allemagne remonte à novembre 1992. À cette date, la fédération et son président Egidius Braun entament la promotion dans le pays d'une telle candidature. Fin 1996 Franz Beckenbauer donne son accord pour devenir ambassadeur de la candidature allemande. Il prend en 1998 la présidence du comité de candidature et c'est en cette qualité qu'il transmet au président de la FIFA Sepp Blatter, le 26 novembre 1998, la déclaration d'intentions officielle de la fédération allemande pour l'organisation de la Coupe du monde 2006.

Aux cotés du DFB, quatre autres fédérations prétendent à l'organisation de l'évènement. Il s'agit des fédérations de l'Afrique du Sud, de l'Angleterre, du Brésil et du Maroc. L'Egypte, le Ghana et le Nigeria, initialement candidats à l'organisation du tournoi, ce sont retirés du processus d'attribution pour ne pas diluer les candidatures africaines.

Le 6 juillet 2000, le comité exécutif de la FIFA se réunit à Zurich pour désigner le pays hôte de la Coupe du monde 2006. Le Brésil se retire trois jours avant le vote. Pour la première fois, il faut plus d'un tour de scrutin pour désigner le pays hôte. Le Maroc et l'Angleterre sont éliminés lors du premier et du deuxième tour respectivement. L'Allemagne, qui termine première à chaque tour, est finalement choisie aux dépens de l'Afrique du Sud au troisième tour de scrutin par douze voix contre onze et une abstention.

Cette nomination de l'Allemagne comme pays hôte de la phase finale 2006 face à l'Afrique du Sud favorite fera naître une polémique. Charles Dempsey, un membre néo-zélandais du comité exécutif de la FIFA, avait en effet donné aux deux premiers tours de scrutin son vote à l'Afrique du Sud, conformément aux instructions de la Confédération du football d'Océanie. Puis il s'était abstenu lors du troisième tour décisif, entraînant la victoire allemande par une voix d'écart. S'il avait voté pour l'Afrique du Sud au dernier tour, les deux derniers pays se seraient ainsi retrouvés à égalité avec douze voix chacun. Et dans un tel cas de figure une victoire de l'Afrique du Sud aurait été probable puisque la désignation du vainqueur serait revenue au président de la FIFA, Sepp Blatter, qui était favorable à la candidature africaine,,. Tout comme huit autres membres du comité exécutif, Dempsey avait reçu la veille du vote un fax lui promettant une pendule à coucou et du jambon de la Forêt-Noire. Le magazine allemand Titanic s'était par la suite dénoncé comme étant l'auteur de cette mauvaise blague. Dempsey expliquera son abstention par la pression insupportable à laquelle il fut soumit lors du vote.

À la suite de cet incident, la FIFA décidera que l'organisation de la compétition se ferait dorénavant par rotation entre les continents. Ainsi il fut décidé que la Coupe du monde 2010 serait organisé par un pays africain, en l'occurrence l'Afrique du Sud. La FIFA reviendra par la suite sur ce mode de désignation par rotation et décidera en octobre 2007 que seules seront exclues de l'organisation d'une Coupe du monde les confédérations ayant accueilli les deux dernières éditions de la compétition.

La coupe du monde 2006 est une compétition de la FIFA organisée sous l'égide d'une de ses commissions nommée Commission d'organisation de la coupe du monde de la FIFA, Allemagne 2006. Cette commission était présidée par l'ancien président de l'UEFA Lennart Johansson. Son vice-président était Julio Grondona. L'organisation du tournoi 2006 était confiée par la FIFA à la fédération allemande de football (DFB) et à son Comité d'organisation de la coupe du monde de la FIFA, Allemagne 2006.

Le président du comité d'organisation était Franz Beckenbauer, qui occupait les fonctions de responsable du projet, représentant de l'évènement et responsable des relations avec la FIFA.

Le comité d'organisation comportait trois vice-présidents exécutifs. Le premier vice-président Horst R. Schmidt était en charge de l'hébergement des équipes, du tourisme, des cérémonies d'ouverture et de clôture, de l'organisation du tournoi et des questions organisationnelles relatives à la sécurité et aux transports. Le vice-président Wolfgang Niersbach s'occupait du marketing, du tirage au sort, des relations avec la presse, de la communication et de l'accréditation. Les domaines de compétences du troisième vice-président, Theo Zwanziger le président de la fédération allemande de football, se concentraient sur les affaires juridiques, les finances, la gestion du personnel de la coupe du monde et diverses questions d'organisation.

Les activités du comité d'organisation étaient contrôlées par un conseil de surveillance de dix membres. Le comité était aussi conseillé par la commission des sports du Bundestag, notamment sur les questions de commercialisation touristique du tournoi.

Le champion du monde 1990 et sélectionneur de l'équipe d'Allemagne Jürgen Klinsmann occupait la fonction d'ambassadeur international de la coupe du monde en compagnie de Rudi Völler, champion du monde 1990 et directeur sportif du Bayer Leverkusen, Oliver Bierhoff, champion d'Europe 1996 et manager de l'équipe d'Allemagne, et Karl-Heinz Rummenigge, champion d'Europe 1980 et président du Bayern de Munich.

Douze villes allemandes et douze stades ont été sélectionnés pour accueillir les matches de la Coupe du monde 2006. Les villes de Brême, Mönchengladbach, Düsseldorf et Leverkusen ont vu leur candidature rejetée. Dix stades ont été construit ou reconstruit pour l'occasion.

Parmi les stades retenus, seul le Zentralstadion de Leipzig se situe dans l'ancienne RDA, l'Olympiastadion de Berlin étant situé dans la partie ouest de la ville anciennement en RFA. Une raison de cet état de fait est que très peu de clubs de l'ex-RDA disputent régulièrement la Bundesliga, le championnat de première division allemand, condition essentielle pour pouvoir rentabiliser un investissement dans un grand équipement tel qu'un stade de football. L'investissement nécessaire pour avoir un stade apte à accueillir une Coupe du monde est en effet important au regard des critères sévères imposés par la FIFA en matière de sécurité, de technique et d'infrastructures.

Une autre raison est le mode de financement des stades de la Coupe du monde qui était essentiellement un financement privé. Les grandes entreprises allemandes capables de soutenir la création ou la rénovation d'un stade étant principalement implantées dans les anciens Länder, il est alors logique que les rencontres du tournoi se disputent principalement dans cette région. Pour qu'au moins une ville de l'ex-RDA puissent disposer d'un stade aux normes de la Coupe du monde, ce sont l'état fédéral et le Land de Saxe qui ont pris en charge presque exclusivement le financement du Zentralstadion de Leipzig, l'état fédéral y participant à hauteur de 51,1 millions d'euros.

Après la fin des travaux, certains nouveaux stades ont été nommés ou renommés selon la pratique du naming d'après une société sponsor, comme par exemple le RheinEnergieStadion de Cologne ou le Signal Iduna Park de Dortmund. Ces stades ont été rebaptisés de manière neutre pour la durée de la Coupe du monde car la FIFA interdisait toute mention de sponsors autres que les sponsors officiels de la compétition. Ces noms neutres étaient du type FIFA World Cup Stadium en anglais, ou FIFA WM Stadion en allemand, suivi du nom de la ville.

Les stades ne comportaient que des places assises et leur capacité a été réduite pour les matchs du tournoi. Le nombre de places a été réduit pour pouvoir disposer d'une réserve de sécurité et pour ne pas avoir à utiliser des sièges offrant une visibilité réduite.

Le Stade olympique de Berlin, Olympiastadion en allemand, a été reconstruit pour un coût total de 242 millions d'euros avec un financement public à hauteur de 196 millions d'euros. La décision de renover le stade plutôt que de le détruire fut prise le 26 mai 1998 par le sénat allemand. Le chancelier Gerhard Schröder lança officiellement les travaux de rénovation le 3 juillet 2000. La pelouse fut abaissé de 2,65 mètres et 76 loges furent créés. Le match d'inauguration eu lieu le 8 septembre 2004 entre l'Allemagne et le Brésil. Le club résidant est le Hertha Berlin. La capacité totale du stade a été réduite de 74 176 à 72 000 pour les quatre matchs de poules et le quart de finale qu'il a accueilli. La capacité a même été limitée à 69 000 à l'occasion de la finale. La moyenne de spectateurs sur ces six rencontres a été de 71 500.

Le RheinEnergieStadion de Cologne a été reconstruit pour un montant de 119 millions d'euros, la ville de Cologne payant 25,7 millions d'euros et le reste étant financer par le propriétaire. Le club évoluant dans cette enceinte est le FC Cologne. Pendant la Coupe du monde, il a été renommé en FIFA WM Stadion, Cologne et sa capacité de 46 134 a été réduite à 45 000. Le stade a fait le plein pour les cinq matchs qu'il a accueilli.

Le stade du Borussia Dortmund, le Signal Iduna Park, a été reconstruit pour un coût de 46 millions d'euros dont 5 millions d'euros provenait d'un programme fédéral de modernisation. Pendant le tournoi, le nom a été modifié en FIFA WM Stadion, Dortmund et la capacité initiale de 67 000 a été limitée à 65 000. Une moyenne de spectateurs de 64 660 a assisté aux six rencontres, dont une demi-finale, qui se sont jouées à Dortmund.

La Commerzbank-Arena, le stade localisé à Francfort, a été entièrement reconstruit pour 126 millions d'euros. Le club rédidant est l'Eintracht Francfort. Le stade, renommé FIFA WM Stadion, Francfort, a accuilli quatre rencontres de groupe et un quart de finale. La capacité est passée de 48 132 à 48 000 pour ces matchs, qui ont été suivis par une moyenne de 48 000 spectateurs.

La Veltins-Arena, club de Schalke 04 et localisé à Gelsenkirchen, a été construit à partir de 1998 pour 191 millions d'euros, dont 10 millions de la ville et 5 millions provenant des supporters. La capacité en configuration Coupe du monde était réduite de 53 804 à 50 000. Le stade, renommé FIFA WM Stadion, Gelsenkirchen, était plein pour les cinq matchs du tournoi.

L'AOL Arena, renommé en 2008 HSH Nordbank Arena, est le club du Hambourg SV. Il a été entièrement construit à neuf pour 97 millions d'euros. La capacité de 51 055 a été réduite à 50 000. 49 896 spectateurs ont assisté en moyenne aux cinq matchs du tournoi qui se sont déroulé dans ce stade, renommé pour l'occasion FIFA WM Stadion, Hambourg.

La AWD-Arena est le stade situé à Hanovre utilisé par le club du Hanovre 96. Il a été reconstruit pour 64 millions d'euros. Pour les cinq rencontres de Coupe du monde qui s'y sont disputés, le stade a été renommé FIFA WM Stadion, Hanovre et sa capacité réduite de 44 652 à 43 000, qui est aussi l'affluence moyenne.

Le Fritz-Walter-Stadion, stade du FC Kaiserslautern, a été rénové et agrandi à 48 500 places pour la somme de 49 millions d'euros. Sa capacité a été réduite à 46 000 pour accueillir cinq matchs du tournoi qui ont tous fait le plein de spectateurs.

Le Zentralstadion de Leipzig, stade du FC Sachsen Leipzig, a été entièrement remis à neuf pour 91 millions d'euros. Sa capacité a été réduite de 44 199 à 43 000 pour les cinq matchs du tournoi qui s'y sont disputés devant 42 000 spectateurs de moyenne.

L'Allianz Arena a été construit par les deux clubs du Bayern de Munich et de Munich 1860 qui se sont partagés le coût de 280 millions d'euros. D'une capacité de 66 016, il offrait 66 000 places pendant les six matchs de Coupe du monde dont la demi-finale France-Portugal. Le stade, qui était toujours plein, a été renommé en FIFA WM Stadion, Munich pendant la compétition.

Le stade du FC Nuremberg, le Frankenstadion, a été reconstruit pour 56 millions d'euros pour pouvoir accueillir cinq matchs de la compétition. Il présentait une moyenne maximale de 41 000 spectateurs après réduction de la capacité de 41 926 à 41 000.

Le Gottlieb-Daimler-Stadion, renommé en 2008 Mercedes-Benz Arena, est le stade du VfB Stuttgart. Il a été modernisé pour la somme de 52 millions d'euros. Le stade a accueilli six matchs dont la finale pour la troisième place. Sa capacité était passée de 54 267 à 52 000 pour une moyenne de 52 000 spectateurs.

La Coupe des confédérations 2005 qui s'est tenue en Allemagne du 15 au 29 juin 2005 a servi de préparation grandeur nature pour l'organisation de la Coupe du monde 2006. Huit équipes participent à cette coupe, parmi lesquelles l'Allemagne en tant que nation hôte, le Brésil champion du monde, l'Argentine finaliste de la Copa América 2004 et l'Australie, la Grèce, le Japon, le Mexique et la Tunisie, vainqueurs respectivement de la Coupe d'Océanie 2004, l'Euro 2004, la Coupe d'Asie des nations 2004, la Gold Cup 2003 et la Coupe d'Afrique des nations 2004. Le Brésil bat en finale l'Argentine sur le score de 4-1 et empoche la prime de 2,3 millions d'euros attribuée au vainqueur.

La compétition s'est déroulée dans les stades rénovés ou reconstruits de Cologne, Francfort, Hanovre, Leipzig et Nuremberg, qui ont tous été retenus pour le mondial. Les rencontres de la Coupe des confédérations ont permis de tester et vérifier le fonctionnement des installations et des infrastructures au cours d'une compétition internationale. Les dispositifs d'alerte et de sécurité de la Coupe du monde ainsi que la coopération entre les services de l'état fédéral, des Länder, et des agences Interpol, Eurojust et Europol ont également pu être testés grandeur nature.

Les billets d'entrée dans les stades étaient équipés pour la première fois de puces de radio-identification. Le contrôle des données enregistrées sur ces puces a été testé au stade du Waldstadion de Francfort, inauguré après rénovation à l'occasion du match d'ouverture de la Coupe des confédérations et renommé Commerzbank-Arena le 1er juillet 2005. Cette technique sera utilisée pendant la Coupe du monde 2006 pour vérifier l'identité des personnes et empêcher les reventes de billets au marché noir.

Pour la première fois, l'équipe championne du monde en titre n'était pas qualifiée d'office pour la phase finale. Le Brésil a donc dû passer par les phases qualificatives de la zone sud-américaine.

L'Australie est membre de la Confédération asiatique de football depuis le 1er janvier 2006 mais représente la Confédération d'Océanie car elle s'est qualifiée via les éliminatoires de la zone océanienne.

Le pays de la Serbie-et-Monténégro n'existe plus depuis l'indépendance du Monténégro qui a été proclamée le 3 juin 2006. L'équipe de Serbie-et-Monténégro dispute néanmoins la compétition avec des joueurs des deux républiques car ce sont les fédérations nationales membres des confédérations continentales, et non les pays, qui présentent les équipes nationales en Coupe du monde. L'hymne du « pays » jouée pendant la Coupe du monde est Hej Sloveni, l'hymne de la Serbie-et-Monténégro (et auparavant celui de l'ex-Yougoslavie). Pour son dernier match de préparation, le 27 mai 2006 à Belgrade, face à l'Uruguay, seul l'hymne uruguayen avait été joué.

Sept équipes participent pour la première fois à une phase finale de la Coupe du monde : l'Angola, la Côte d'Ivoire, le Ghana, la République tchèque, le Togo, Trinité-et-Tobago et l'Ukraine. Le record de débutants étant détenu par la Coupe du monde 1934 avec dix nouvelles équipes.

Les équipes arrivèrent en Allemagne entre le 15 mai (Togo) et le 9 juin (Ukraine) mais beaucoup d'équipes arrivèrent avant en Europe pour disputer des matchs amicaux : le Paraguay s'installa pendant deux semaines à Flachau en Autriche. Le Brésil effectua un stage en Suisse dans la ville de Weggis. Le Mexique qui disputa un match de préparation face à la France, séjourna pendant une semaine à Saint-Étienne, bénéficiant des installations de l'AS Saint-Étienne.

Les équipes séjournent dans des hôtels qu'elles occupent généralement en exclusivité : ainsi l'équipe de France a pris ses quartiers au Schlosshotel Munchhausen à Aerzen, un château du 16e siècle transformé en hôtel 5 étoiles et disposant d'un spa, d'une piscine et de deux terrains de golf. Les villes accueillant les équipes se mirent donc à l'heure du mondial. La ville de Walldorf qui accueillait le Costa Rica fit coïncider sa traditionnelle « fête de l'asperge » (Spargelfest) avec l'arrivée de l'équipe du Costa Rica en ville. Afin de s'acclimater au mieux à l'Allemagne les équipes mirent au point toute un logisitique. Les Equatoriens firent appel à un chef cuisinier allemand qui officiait à Quito. Le Paraguay emporta dans ses valises 150 kilos d'herbe de maté pour préparer des infusions. La délégation italienne était composée de 70 personnes : les 23 joueurs, 27 membres du staff et 20 personnes chargées de l'organisation générale. L'Arabie saoudite se déplaca avec onze princes et un cuisinier ainsi qu'une tonne et demie de matériel. Elle reserva en exclusivité un hôtel de 87 chambres. Pour approvisionner l'Angleterre, deux camions partirent d'Angleterre puis voyagèrent sur bateaux avant de rallier l'Allemagne. Ils contenaient entre autre 250 boîtes de céréales, 200 muffins, 108 paquets de biscuits fourrés à l'orange, 120 cartons de sirop de cassis, 1000 sachets de thé, autant de sucre, 24 tubes de mousse coiffante, 48 tubes de crème solaire, 23 écrans LDC, 122 paires de chaussettes et 100 cônes d'entraînement. Les Brésiliens pour leur part avaient embarqués près de 5 tonnes de matériel. Les Auriverde apportèrent les éléments indispensable à la préparation de la feijoada : farine de manioc, riz brésilien, haricot noirs. Les produits frais et la viande étaient achetés sur place.

Chaque équipe a emmené un groupe de 23 joueurs en Allemagne, ce qui fait un total de 736 footballeurs.

Le plus jeune d'entre eux était l'attaquant anglais Theo Walcott, 17 ans au début de la compétition. Il passera la totalité des cinq rencontres de son équipe sur le banc des remplaçants. Le plus âgé était le gardien tunisien Ali Boumnijel, 40 ans au début de la compétition, qui lui disputera les trois matchs de son équipe. L'âge moyen des joueurs présents était de 27 ans et 5 mois. L'équipe la plus jeune était le celle du Ghana avec 25 ans et 2 mois, devant celles de Suisse, du Togo et de l'Angleterre qui avaient respectivement 6, 7 et 8 mois de plus. Trinité-et-Tobago et la France présentaient les groupes de joueurs les plus âgés avec respectivement 29 ans 5 mois et 29 ans 2 mois de moyenne.

Le joueur le plus lourd était l'attaquant tchèque Jan Koller avec 100 kg. Il faisait également partie des joueurs les plus grands de la compétition en compagnie d'un autre attaquant Nikola Žigić de l'équipe de Serbie-et-Monténégro, et du gardien australien Željko Kalac qui tous les trois mesuraient 202 cm. Le plus petit gabarit était le milieu Mohammad Al-Shalhoub, 59 kg, au sein d'une équipe saoudienne qui était la poids plume de la compétition avec 70 kg de moyenne par joueur.

Le club d'Arsenal est celui qui compte le plus de joueurs sélectionnés pour la Coupe du monde avec quinze joueurs devant Chelsea avec quatorze joueurs. Dans les autres principaux championnats européens, ce sont les clubs du Milan AC, du FC Barcelone, du Bayern Munich et de l'Olympique lyonnais qui envoient le plus de joueurs au mondial 2006.

Le 31 mars 2006, la commission des arbitres de la FIFA a nominé, parmi une pré-sélection de 44 noms, 23 arbitres de nationalité différente pour participer à la Coupe du monde 2006. Sept autres arbitres sont également sélectionnés au sein d'un groupe dit « de soutien et de développement », ce groupe ayant pour but de pouvoir suppléer un arbitre titulaire en cas de blessure ou maladie par exemple.

Trois des 23 arbitres initialement sélectionnés ont été par la suite remplacés par trois membres du groupe de soutien et développement. Le Guatémaltèque Carlos Batres a été remplacé par le Mexicain Marco Rodriguez en raison d'une blessure insuffisamment guérie. L'arbitre grec Kýros Vassáras et l'Espagnol Manuel Mejuto Gonzalez ont eux été retirés de la liste initiale parce que certains de leurs assistants n'ont pas satisfait à des tests physiques. Ils ont été remplacés par Roberto Rosetti et Luis Medina Cantalejo. La nouvelle liste, dévoilée le 8 mai 2006, comprenait 23 arbitres de 21 nationalités différentes dont deux Italiens et deux Mexicains. Le groupe de soutien et développement, amputé de trois membres, a alors été renforcé par l'arbitre américain Kevin Stott.

Peu avant le début du tournoi, le 13 mai 2006, l'Italien Massimo De Santis était retiré de la liste des nominés en raison de son implication dans l'affaire des matches truqués du Calcio pour laquelle il sera suspendu quatre ans et demi,. Un autre nominé, le Jamaïcain Peter Prendergast, ne participa pas non plus à la compétition en raison d'une blessure au genou. Ces deux arbitres n'ont pas été remplacés pour la Coupe du monde.

Ce sont ainsi 21 arbitres qui ont dirigé les 64 matchs du tournoi. La fédération mexicaine était la seule dont deux arbitres ont dirigé des matchs du tournoi.

Le tableau suivant liste les 21 arbitres titulaires, leurs deux assistants respectifs et le nombre de matchs dirigés pendant la compétition. La nationalité des assistants n'est indiquée que si elle diffère de celle de l'arbitre principal.

Pendant le tournoi, ce groupe était constitué de cinq arbitres de champs et de dix assistants destinés à entrer en jeu au cas où un arbitre titulaire serait blessé ou malade. Ces arbitres remplaçants n'ont pas dirigé de rencontres du tournoi. Des membres du groupe de soutien ont néanmoins participer à des rencontres de la Coupe du monde en tant qu'assistant ou quatrième arbitre.

Afin de garantir de bonnes conditions de jeu, les pelouses des douze stades furent changées quelques semaines avant le début de la Coupe du monde. 96 000 m² de pelouse furent posés par deux sociétés spécialisées (une allemande et une néerlandaise) ayant reçu l'aval du comité d'organisation.

Avant le début de la compétition, une vague de froid s'abattit sur l'Allemagne. Les Pays-Bas qui séjournaient à Hinterzarten firent face à la neige tandis que plusieurs des joueurs équatoriens installés à Bad Kissingen s'enrhumèrent,.

Après la vague de froid une vague de chaleur sévit sur l'Allemagne. Les sélectionneurs Raymond Domenech et Marco Van Basten se plaignirent de l'état des pelouses qu'ils jugeaient trop sèches. La FIFA fit alors savoir que les pelouses étaient en bon état et que leur arrosage et leur tonte étaient parfaits. La chaleur ne fut pas sans conséquence pour les joueurs. Lors du match Angleterre-Paraguay les joueurs anglais burent 70 bouteilles d'eau contre une vingtaine habituellement. Des voix réclamèrent alors que les toits des stades en disposant soient fermés en cas de chaleur. La FIFA répondit qu'il fallait fermer les toits uniquement pour gagner en visibilité. Sur les douze stades de la Coupe du monde, deux sont équipés d'un toit : le FIFA WM Stadion de Gelsenkirchen et le FIFA WM Stadion de Francfort.

Les rencontres de la coupe du monde se disputent selon les lois du jeu, qui sont les règles du football définies par l'International Football Association Board (IFAB).

La compétition se dispute sur deux tours. Le premier tour se joue par groupe de quatre équipes, la répartition des équipes dans les différents groupes ayant été déterminée au cours d'un tirage au sort. Le deuxième tour est une phase à élimination directe.

Préalablement au tirage au sort des groupes le 9 décembre 2005, les trente-deux équipes ont été réparties le 6 décembre dans quatre chapeaux en fonction de critères sportifs, pour que les meilleures nations ne se rencontrent pas au premier tour, et de critères géographiques, pour éviter de concentrer des équipes d'une même confédération dans un groupe. Le premier chapeau comprend huit têtes de série, dont l'Allemagne en tant que pays hôte de la compétition. Les sept autres têtes de série sont choisies selon un classement combinant le classement mondial de la FIFA des trois années précédant le tirage au sort et les résultats dans les deux dernières Coupes du monde 1998 et 2002.

Les trois autres chapeaux sont principalement définis par des critères géographiques. Le deuxième chapeau comprend ainsi les équipes des confédérations africaine, sud-américaine et océanienne. L’Australie a été placée dans ce chapeau numéro deux car elle concourt pour l’Océanie bien qu'elle ait rejoint l'AFC le 1er janvier 2006. Le troisième chapeau comprend huit nations européennes membres de l'UEFA. Le quatrième chapeau regroupe les sélections des confédérations d'Amérique du Nord et d'Asie. La Serbie-et-Monténégro, dernière des neuf équipes européennes non têtes de série selon les critères sportifs, est placée dans un chapeau spécial.

Le tirage au sort de la phase finale de la Coupe du monde a été effectué le 9 décembre 2005 à Leipzig. L'Allemagne et le Brésil ont été affectés directement dans les groupes A et F respectivement. Le tirage a été effectué de telle façon que deux équipes du même continent, trois pour l'Europe, ne peuvent se rencontrer au premier tour.

Ainsi, pour s'assurer qu'au maximum deux équipes européennes se retrouvent dans le même groupe, la Serbie-et-Monténégro a été placée dans un groupe ayant une tête de série non européenne parmi le Brésil, l'Argentine et le Mexique.

Au cas où la Serbie-et-Monténégro tombait sur le Mexique, aucune restriction supplémentaire n'était nécessaire. Comme le cas contraire s'est produit, c'est une équipe asiatique du quatrième chapeau qui a été mis dans le groupe du Mexique pour ne pas qu'une autre sélection nord-américaine ait à affronter le Mexique en phase de groupe.

De plus le Paraguay et l’Équateur ne pouvaient être dans le même groupe que les têtes de série brésilienne argentine pour éviter une confrontation sud-américaine dans un groupe du premier tour.

Après le tirage au sort, les médias allemands, anglais, français et espagnols se félicitent des adversaires obtenus et voient déjà leur équipe en huitième de finale. Le groupe C est qualifié de « relevé » par le sélectionneur des Pays-Bas Marco van Basten et de « groupe de la mort » par les médias de Serbie-et-Monténégro.

Le Suédois Marcus Allbäck a inscrit le 20 juin 2006 à la 51e minute face à l'Angleterre à Cologne le 2 000e but de l'histoire de la Coupe du monde.

L'Argentine devance les Pays-Bas grâce à une meilleure différence de buts.

Le deuxième tour est disputé sur élimination directe et comprend des huitièmes de finale, des quarts de finale, des demi-finales, un match pour la troisième place et une finale. Les vainqueurs sont qualifiés pour le tour suivant, les perdants des demi-finales disputant le match pour la troisième place.

Si les deux équipes sont à égalité à la fin du temps règlementaire de 90 minutes, une prolongation de deux fois 15 minutes est jouée. Une pause de 5 minutes est observée entre le temps règlementaire et la prolongation. Aucune pause n'est observée entre les deux périodes de la prolongation. Si les deux équipes sont toujours à égalité à la fin de la prolongation, le vainqueur est désigné par l'épreuve des tirs au but. Les règles dites du but en or ou du but en argent, qui arrêtent le match pendant la prolongation, ne s'appliquent pas.

Quatre matchs de la phase à élimination directe se terminent par des tirs au but. Les quatre équipes qui s'inclinent au cours de ces séances de tirs au but - Suisse, Argentine, Angleterre et France - sont éliminées du tournoi en restant invaincues, la cinquième équipe invaincue étant le vainqueur italien.

Dans le tableau suivant, une victoire après prolongation est indiquée par (a.p.) et une séance de tirs au but par (t.a.b.).

Le huitième de finale opposant le Portugal aux Pays-Bas vit l'arbitre du match Valentin Ivanov distribuer pas moins de 20 cartons : 16 jaunes (9 pour le Portugal, 7 pour les Pays-Bas) et 4 rouges (2 pour chacune des deux équipes) : c'est le nouveau record de la coupe.

Battue en huitième de finale par l'Ukraine aux tirs au but (0-0 a.p. 0-3 aux t.a.b), la Suisse devient la première équipe de l'histoire de la coupe du monde à être éliminée sans encaisser le moindre but. Avec deux victoires et un match nul en phase de poule, elle est aussi la 14e équipe de l'histoire à rentrer chez elle prématurément sans aucune défaite et la seule à avoir manqué tous ses tirs au but.

Parmi les 8 équipes qualifiées pour les quarts de finale, on retrouve tous les anciens vainqueurs à l'exception de l'Uruguay (deux fois vainqueur en 1930 et 1950) ; le Portugal et l'Ukraine sont les deux équipes qui font exception en n'ayant jamais gagné de Coupe du monde. L'entraîneur du Portugal, Luiz Felipe Scolari élimine une troisième fois l'Angleterre de Sven-Göran Eriksson lors d'une phase finale : en 2002, il avait éliminé l'Angleterre avec le Brésil, puis lors de l'Euro 2004, ce fut avec le Portugal,.

Le jour de la demi-finale Allemagne-Italie, le procureur italien en charge de l'affaire des matches truqués du Calcio prononce son réquisitoire : rétrogradation en série C pour la Juventus, en Série B pour le Milan AC, la Lazio de Rome, et la Fiorentina. 13 des 23 joueurs italiens appartiennent alors à ces clubs mais cela n'eut pas d'influence sur leur prestation. Avec son but à la 120e minute de jeu en 1/2 finale contre l’Allemagne, l'Italien Alessandro Del Piero a inscrit le but le plus tardif de l'histoire de la coupe du monde. C'est la première fois de son histoire que l'Allemagne s'incline à Dortmund. En 14 matchs dans l'ex-Westfalenstadion, la Mannschaft comptablisait 13 victoires et un nul.

Seules des équipes européennes parviennent à se qualifier en demi-finales, chose qui n'était pas arrivée depuis la Coupe du monde 1982, l'année où l'Italie fut sacrée. À l'époque, les demi-finalistes étaient l'Italie, la RFA, la Pologne et la France.

L'Allemagne bat le Portugal 3 buts à 1 dans la petite finale. Lors de la remise des médailles, des «Allez les Bleus» furent scandé par les supporters allemands. A l'issue du match, les Portugais Luís Figo et Pedro Miguel Pauleta ainsi le gardien allemand Oliver Kahn mettent un terme à leur carrière internationale,.

Avant la finale les supporters français croient beaucoup en la victoire de leur équipe. Un sondage de l'institut CSA pour Le Parisien-Aujourd'hui en France et i-télé, réalisé le 6 juillet montre que 86 % des Français pensent que la France va battre l'Italie en finale (5 % pensant qu'elle va perdre). Un sondage IFOP réalisé le 6 et 7 juillet pour le quotidien L'Équipe dévoile que 87 % des Français croient en la victoire des Bleus (11 % pensant le contraire).

La finale, jouée à Berlin le 9 juillet 2006, a vu la victoire de l'Italie face à la France. À la fin du temps réglementaire, le score était de un partout, et aucun but ne fut marqué lors de la prolongation. L'Italie a gagné grâce à une séance de tirs au but remportée 5-3.

La France prend l'avantage dès la 7e minute de jeu sur un penalty de Zidane obtenu à la suite d'un contact entre Materazzi et Malouda, lequel était parvenu à percer la défense italienne. Le penalty est marqué sur une panenka qui touche la barre transversale et rebondit derrière la ligne de but du gardien italien Buffon. L'égalisation italienne intervient par Materazzi qui reprend victorieusement un corner de Pirlo à la 19e minute. Après cette égalisation, les deux équipes jouent de manière prudente autour de blocs défensifs de sept ou huit joueurs, les occasions dangereuses faisant essentiellement suite à des coups de pied arrêtés. Pendant la prolongation, Buffon parvient à détourner une tête de Zidane qui se dirigeait sous la barre. Aux tirs au but, le deuxième tireur français David Trezeguet manque sa tentative : son ballon frappe la transversale et retombe quelques centimètres devant la ligne de but. Le cinquième tireur italien Fabio Grosso marque face au gardien français Fabien Barthez et donne la victoire à l'Italie sur le score de 5-3 aux tirs au but. L'Italien Andrea Pirlo est désigné homme du match de la finale.

Un moment très discuté de la finale est la réaction de colère de Zinedine Zidane suite à des insultes du défenseur italien Marco Materazzi. À quelques minutes de la fin du match et de la fin de sa carrière, le Français a donné un coup de tête dans la poitrine de son adversaire. L'arbitre n'a pas vu la confrontation mais a exclu Zinedine Zidane après avoir parlé au quatrième arbitre, ce qui fait de Zidane le quatrième joueur dans l'histoire des finales de Coupe du monde à être expulsé.

Ce fut la première finale entre pays européens depuis le succès de l'Italie en 1982 et la seconde finale gagnée aux tirs au but après celle de 1994. C'est la première fois depuis la finale de la Coupe du monde 1978 qui avait opposé l'Argentine aux Pays-Bas qu'il n'y avait ni l'Allemagne ni le Brésil en finale de la Coupe du monde. C'est la deuxième fois que ce cas de figure se produit depuis la Coupe du monde 1950,. La cérémonie de clôture qui précède la finale est animée par la chanteuse colombienne Shakira et a duré onze minutes.

Depuis 1966, la FIFA dispose du « Technical Study Group », un groupe d'étude chargé d'étudier les évolutions techniques et tactiques du jeu. Pour la Coupe du monde 2006, le TSG est composé de douze membres : Holger Osieck, Andy Roxburgh, Jozef Vengloš, György Mezey, Francisco Maturana, Teófilo Cubillas, Jim Selby, Rodrigo Kenton, Alvin Corneal, Lim Kim Chong, Kwok Ka Ming, Kalusha Bwalya. Le TSG détermine l'équipe all-star, le prix du meilleur gardien du tournoi et le prix du meilleur jeune.

La coupe du monde 2006 est remportée par l'équipe d'Italie de football devant la France et l'Allemagne. Il s'agit du quatrième titre de champion du monde des italiens après ceux obtenus en 1934, 1938 et 1982. Depuis 1962, le titre de champion du monde est gagné en alternance par un pays sud-américain et par un pays européen. Après cette édition 2006, l'Europe et l'Amérique du Sud sont à égalité en ce qui concerne le nombre de titres de champion du monde avec neuf titres.

Parmi les huit premiers, se trouvent six équipes européennes et deux sud-américaines. La bonne tenue d'ensemble des sélections européennee se traduit aussi par le fait que seules quatre d'entre elles sur quatorze qualifiés sont dans la deuxième moitié du classement.

Le Ghana, qui se classe 13e, est la meilleure équipe africaine de cette coupe du monde et la seule à avoir dépassé le premier tour. La meilleure sélection représentant l'Asie est la Corée du Sud qui prend la 17e position. Les sélections sud- et nord-américaine les mieux classées sont respectivement celles du Brésil, 5e, et du Mexique, 15e. Le représentant de l'Océanie, Australie, termine la compétition à la 16e place.

La ballon d'or est la récompense attribuée au meilleur joueur de la Coupe du monde 2006. Ce trophée, décerné par les médias accrédités à la Coupe du monde, est remporté par Zinedine Zidane. Après l'expulsion de Zidane en finale pour un coup de tête à Marco Materazzi, le président de la FIFA Joseph Blatter suggère de lui enlever cette distinction. La commission de discipline de la FIFA, organisatrice de l'évènement, se réunit quelques jours après et décide de ne pas lui retirer son titre de meilleur joueur de la Coupe du monde 2006. Le ballon d'argent et le ballon de bronze désignant respectivement les deuxième et troisième meilleurs joueurs de la compétitions sont attribués aux Italiens Fabio Cannavaro et Andrea Pirlo.

La soulier d'or, attribué au meilleur buteur de la compétition, est remporté par Miroslav Klose avec cinq buts inscrits en sept rencontres. Il devance Hernán Crespo et Ronaldo, tous les deux auteurs de trois buts, qui reçoivent respectivement les souliers d'argent et de bronze désignant les deuxième et troisième meilleurs marqueurs de la compétitions,. Ce total de cinq buts du meilleur buteur est le plus faible depuis les cinq buts inscrits par le yougoslave Dražan Jerković au cours de la coupe de monde 1962 au Chili.

Le classement du soulier d'or est établi selon le nombre de buts marqués puis, en cas d'égalité entre plusieurs joueurs, selon le nombre de passes décisives délivrées. En cas de nouvelle égalité, le buteur le mieux classé est celui ayant le plus faible temps de jeu pendant la coupe du monde.

Dans les éditions précédentes de la compétition, le Brésilien Ronaldo avait déjà inscrit quatre buts en 1998 et huit buts en 2002, terminant meilleur buteur. Ses trois buts lors de cette édition lui permettent de devenir en 2006 le meilleur buteur de toute l'histoire de la coupe du monde avec quinze buts. Le précédent record appartenait à l'Allemand Gerd Müller, qui avait marqué quatorze buts lors des éditions de 1970 et 1974. Quant à Klose, il passe en septième position à ce classement en totalisant dix buts marqués en coupe du monde.

Les meilleurs joueurs de la Coupe du monde font partie d'une équipe dite all-star sélectionnée par la FIFA. La composition de cette équipe a été arrêtée entre les demi-finales et la finale. L'Italie est la mieux représentée avec sept joueurs devant la France et les deux demi-finalistes, l'Allemagne et le Portugal, avec chacun quatre joueurs distingués,.

Lors de cette coupe du monde, deux autres trophées sont décernés à titre individuel et deux autres à titre collectif.

Le premier des deux trophées individuels est le prix Lev Yachine du meilleur gardien. Le lauréat, sélectionné par le groupe d'étude technique (Technical Study Group) de la FIFA, est Gianluigi Buffon. Il remporte ce prix après n'avoir encaissé que deux buts pendant tout le tournoi,. Il succède à Oliver Kahn qui avait été désigné meilleur joueur et meilleur gardien du tournoi 2002.

L'autre trophée individuel est celui du meilleur jeune joueur. Ce prix, attribué pour la première fois de l'histoire de la coupe du monde, est décerné à Lukas Podolski, 21 ans. Le joueur reçoit son trophée le dimanche 9 juillet (le jour de la finale) lors d'une conférence de presse à l'Olympiastadion de Berlin. C'est son compatriote Lothar Matthäus qui lui a remis son trophée. Le groupe d'étude technique de la FIFA a justifié le choix de l'attaquant allemand par sa maturité et son envie ainsi que par ses statistiques (grand temps de jeu, trois buts inscrits, vingt-et-un tirs, quinze fautes subies).

Le prix du fair-play 2006 est attribué par la FIFA conjointement à l'Espagne et au Brésil devant l'Allemagne. Ce prix est attribué selon un système de points établit par le comité d'éthique et de fair-play de la FIFA.

Un vote sur le site internet de la FIFA a désigné le Portugal comme étant l'équipe la plus spectaculaire de la Coupe du monde,.

Malgré le bon départ d'équipes comme l'Australie ou le Ghana qui parviennent à se qualifier pour le deuxième tour, le tournoi a surtout été marqué par le retour à une domination des « grandes équipes européennes et sud-américaines ». En effet, quatre ans après la Coupe du monde 2002 qui vit des équipes d'Amérique du Nord (États-Unis en quart de finale), d'Afrique (Sénégal en quart de finale) et d'Asie (Corée du Sud en demi-finale) aller relativement loin dans la compétition, tous les quart-de-finalistes de l'édition 2006 étaient européens ou sud-américains et tous les anciens vainqueurs de la compétition sauf l'Uruguay étaient présents en quart de finale.

Avant le début de la compétition, le Brésil était presque unanimement reconnu comme le favori du tournoi par les spécialistes, dont le président du comité d'organisation Franz Beckenbauer. La sélection brésilienne était en effet championne du monde en titre et menait le classement mondial de la FIFA depuis 2002 de façon ininterrompue. Elle venait aussi de gagner la Copa América 2004 et la Coupe des Confédérations 2005, épreuve où elle a impressionné tous les observateurs. Le Brésil s'appuyait cette fois sur son quatuor composé des deux créateurs Ronaldinho et Kaká et des deux finisseurs Ronaldo et Adriano. Usé par une saison très chargée, Ronaldinho est cependant loin de sa meilleure forme. La Seleção a tout d'abord évolué dans un schéma tactique en 4-4-2 avec deux milieux récupérateurs axiaux. Contre la France en quart de finale, le Brésil met en place un jeu très défensif à trois milieux récupérateurs qui ne lui permet pas de porter le danger. La défaite logique sur le score de 1-0 attise de nombreuses critiques.

Les matches de préparation de l'équipe d'Allemagne s'étaient soldés par des résultats irréguliers et par une qualité de jeu insuffisante, notamment lors de la défaite 4-1 contre l'Italie en mars 2006 et lors du match nul 2-2 contre le Japon 10 jours avant le début de la compétition. La Mannschaft a fait taire les critiques et a donné raison au sélectionneur Jürgen Klinsmann, dont l'objectif était la conquête du titre, en pratiquant un football « dynamique et offensif » et en terminant troisième. L'Allemagne a construit ses succés dans un système de jeu en 4-4-2 avec deux milieux évoluant sur les côtés, notamment Schweinsteiger qui animait le jeu à gauche, et deux milieux axiaux, Ballack et Frings qui protégeaient la défense et parvenaient à alerter rapidement les attaquants.

La victoire italienne ne repose sur aucun joueur en particulier. Les 12 buts ont notamment été inscrits par 10 joueurs différents. La défense italienne si réputée, organisée par le capitaine Fabio Cannavaro, a largement contribué à la victoire finale de l'équipe, n' ayant encaissé que 2 buts tout au long de la compétition (un contre son camp et un sur penalty).

La France, malgré un départ poussif dans la phase de groupe, a atteint la finale galvanisée par une grosse performance de son capitaine Zinédine Zidane, qui avait annoncé qu'il prendrait sa retraite après la Coupe du Monde, et qui fut élu meilleur joueur du tournoi, devant les Italiens Fabio Cannavaro et Andrea Pirlo.

Après un début de compétition marqué par des scènes de fraternisation entre supporters portugais et angolais ou anglais et trinidadiens par exemple, les premiers incidents violents ont eu lieu, comme attendu, à l'occasion du match Allemagne-Pologne le 14 juin 2006. Ces affrontements ont eu lieu dans les rues de Dortmund avant et après le match et la police a procédé à 300 arrestations. Ce match constituait l'affiche la plus sulfureuse du calendrier du premier tour. Avant le match Angleterre-Suède du 20 juin, des incidents eurent lieu entre hooligans anglais et hooligans allemands. 45 allemands furent interpellés. Après le match, ce sont 378 anglais qui furent arrêtés. Lors du week-end précédant le huitième de finale Angleterre-Équateur la police procéda à de nombreuses arrestations. Il y eu 122 arrestations dans la nuit du vendredi au samedi puis le jour du match, le dimanche 25 juin, plusieurs centaines de supporters anglais furent arrêtés.

Les fans de toutes les équipes furent massivement présents en tribune et l'ambiance des matches était excellente. Nombre de spectateurs normalement neutres prirent ainsi les couleurs d'une des deux équipes qu'ils allaient voir jouer, pour ajouter à la fête. Si les Anglais furent, par leur nombre, les plus impressionnants, ceux de Corée du Sud, Suisse, Croatie et des pays nordiques Suède et Pays-bas furent particulièrement nombreux et actifs.

Les supporters des sélections espagnole, française, italienne et portugaise sont restés plus discrets, comme attendu. Ainsi, les titres de champions du monde 1998 et de champion d'Europe 2000 ont renforcé le soutien populaire autour de l'équipe de France mais celle-ci ne bénéficiait pas d'une « base de supporters actifs fidèles ». Ceci se vérifiait notamment lors du match France-Suisse, où on comptait trois supporters suisses pour un supporter français dans un stade de Stuttgart pourtant aussi proche de la frontière française que de la frontière suisse.

Lors de la rencontre entre Argentine et Serbie-Monténégro, les hymnes ont été sifflés. L’hymne français a lui aussi été sifflé par les supporters espagnols lors du huitième de finale Espagne-France. On a pu noter aussi beaucoup de sifflets lors de la demi-finale Allemagne-Italie lorsque les joueurs italiens étaient en possession du ballon.

Lors de la demi-finale du 5 juillet Portugal-France, le joueur portugais Cristiano Ronaldo a été l'objet de sifflets à chaque fois qu'il était en possession du ballon. Cela peut s'expliquer par son attitude lors du quart de finale face à l'Angleterre, pendant lequel il aurait provoqué le carton rouge de l'attaquant anglais Wayne Rooney, son coéquipier de club à Manchester United.

Un supporter français est décédé à cause de la chaleur quelques heures avant le match France-Suisse.

On assista dans les rues en Allemagne à un fort soutien apparent à l'équipe nationale : de nombreux drapeaux allemands ornaient voitures et fenêtres. Il y eu même une pénurie de drapeaux, puisque les 100 000 drapeaux mis en vente par la société FIG furent vendus avant le début de la Coupe du monde.

En 2002 le président de la FIFA Sepp Blatter envisageait de réformer le mode d'arbitrage d'un match de football pour diminuer le nombre d'erreurs d'arbitrage, la FIFA reconnaissant elle-même que des fautes d'arbitrage avaient été commises pendant la Coupe du monde 2002. Il préconisait « une meilleure formation des arbitres assistants » et « l'apparition de deux nouveaux arbitres qui seraient placés derrière les buts » de manière à mieux juger les actions se déroulant dans la surface de réparation.

Cette proposition n'a pas été retenue pour la Coupe du monde 2006 mais d'autres changements ont eu lieu. Pour la première fois dans l'histoire de la Coupe du monde, les arbitrent officiaient avec deux juges de touche du même pays ou au moins de la même confédération. Ces équipes de trois étaient plus habitués à diriger un match ensemble et pouvaient plus facilement se concerter, ce qui leur a permis de fournir des prestations meilleures qu'au cours des éditions précédentes.

Durant le mondial, le chef du comité d'organisation Franz Beckenbauer et Joseph Blatter ont néanmoins estimé que l'arbitrage n'était pas à la hauteur. Les prestations de plusieurs hommes en noir ont ainsi été critiquées, notamment celle de l'arbitre russe Valentin Ivanov qui a distribué un record de seize cartons jaunes et quatre rouges dans le huitième de finale opposant Portugal et Pays-Bas qu'il n'a pas su maîtriser.

L'Anglais Graham Poll quant à lui a donné, au cours du match Croatie-Australie, trois cartons jaunes au défenseur Josip Simunic avant de l'expulser, alors qu'un joueur doit être exclus du terrain après deux cartons jaunes. Déjà averti à la 61e minute du match, Simunic reçoit en effet un deuxième avertissement à la 90e minute dans une tension extrême entre joueurs, entraîneurs, arbitres et spectateurs. L'arbitre Graham Poll oublie de sortir le carton rouge et ne le sort qu'après un troisième avertissement du joueur à la 93e minute, soit après le coup de sifflet final, quand celui-ci s'en prend verbalement à l'arbitre.

Une autre polémique naît après l'expulsion de Zidane dans la prolongation de la finale. Le camp français et le sélectionneur Raymond Domenech reprochent à l'arbitre d'avoir brandi le carton sur la base des images, alors que l'utilisation de la vidéo est interdite. Le quatrième arbitre aurait vu les images du coup de tête de Zidane sur son écran de contrôle et aurait rapporté ensuite le mauvais geste aux trois arbitres sur le terrain qui n'avaient rien vu. La FIFA démentira tout usage de la vidéo au cours de cet incident en expliquant deux jours après la finale que le quatrième arbitre avait vu le geste de Zidane en direct sur la pelouse sans avoir recours à la vidéo,.

Le tournoi fut marqué par le nombre important de cartons distribués par les arbitres. Les joueurs se virent adresser le nombre record de 345 cartons jaunes et 28 cartons rouges. Ces chiffres sont à comparer aux 272 cartons jaunes et 17 cartons rouges de la précédente Coupe du monde de 2002, soit une augmentation de 27 % et 65 % respectivement.

En conséquence la fédération internationale de football a décidé d'économiser le coût du contrôle antidopage sanguin et de se contenter de tests d'urine pour la coupe du monde 2006. Les contrôles urinaires utilisés ne permettent pas, contrairement aux tests sanguins, de détecter une transfusion homologue ou une utilisation d'hormone de croissance ou d'hémoglobines de synthèse.

Pendant la compétition, des contrôles antidopage urinaires ont été effectués à l'occasion de chaque match sur deux joueurs de chaque équipe. Ces examens ont lieu en coopération avec l'agence allemande antidopage (NADA) en qualité d'observateur. Tous ces tests antidopage se sont révélés négatifs.

En amont de la compétition, la FIFA a également effectué des examens urinaires. Des tests ont eu lieu à l'occasion de vingt-quatre matchs amicaux de préparation à la coupe du monde, deux joueurs de chaque équipe tirés au sort devant se soumettre au contrôle à l'issue de chaque rencontre. Ces 96 contrôles se sont révélés négatifs. D'autres tests ont été réalisés de façon inopinée dans les camps d'entraînement des équipes devant participer à la coupe du monde. Quatre joueurs de chaque équipe ont subi le test urinaire et la présence d'érythropoïétine (EPO) a été contrôlée un sus chez un de ces quatre joueurs. Là encore, aucun des 128 contrôles n'était positif.

Pendant la Coupe de nombreux pays ont modifié leur quotidien pour suivre la Coupe du monde. Au Costa Rica, afin de pouvoir suivre le match d'ouverture, diffusé à 10 heures du matin pour cause de décalage horaire, les écoles ont donné congé aux élèves afin de pouvoir suivre la rencontre. Pour les deux autres matchs du premier tour, diffusés à 7 heures et 8 heures du matin, les écoliers ont pu suivre les matchs dans leur école avant le début des cours. En Équateur, le secrétariat général du Congrès a décidé à l'unanimité de fermer l'hémicycle les jours des matchs de la sélection équatorienne afin de permettre à ses députés de pouvoir suivre les matchs. Au Guatemala, les autorités autorisèrent les dix-huit centres pénitenciers du pays à s'équiper de télévisions pendant la durée de la Coupe du monde afin de satisfaire les détenus. Dans le reste de l'Amérique latine, en raison du décalage horaire, la plupart des entreprises ont installés des téléviseurs pour permettre à leur employés de suivre les matchs et de lutter contre l'absentéisme.

De nombreuses manifestations culturelles ont été organisé pendant la Coupe du monde. Le mercredi 7 juin, le Brésilien Pelé inaugura une exposition retraçant sa carrière de joueur. De plus pendant toute la durée de la Coupe du monde, la station de métro Potsdamer Platz qui accueillait l'expo fut rebaptisé « Gare Pelé ».

Selon la FIFA, la Coupe du monde a été suivi par 32,5 milliards de télespectateurs cumulée dans plus de 215 pays, contre 28,2 milliards en 2002. Les droits de diffusion ont été vendu par la FIFA par l'intermédiaire de la société Infront pour la somme de 1 milliard d'euros (1,3 milliard de dollars) à 240 télédiffuseurs, 220 stations de radio et plus de 50 diffuseurs via téléphonie mobile et Internet,.

Les droits télévisuels ont été vendus pays par pays. Au Japon, toutes les chaînes diffusent la compétition grâce à un consortium japonais. En France, TF1, M6, Canal + et Eurosport se partagent la diffusion des matchs proposant ainsi des diffusions en doublon. TF1 a déboursé 168 millions d'euros pour les 24 meilleures affiches. M6 a payé 27 millions d'euros pour les 31 matchs. Canal + a versé 4,5 millions d'euros à TF1 pour que la chaîne lui rétrocède ses droits. Enfin Eurosport a payé 4 millions d'euros pour tous les matchs mais seulement 23 en direct. En Italie, pour la première fois de son histoire, la Rai ne possédait pas en exclusivité les droits de diffusions. L'achat de l'exclusivité des droits (ou en partie) pose parfois des problèmes : en Espagne, les parlementaires espagnols protestèrent contre la chaine de télévision La Sexta qui avait acheté les droits du mondial en étant seulement disponible sur 30 % du territoire.

Afin de suivre la Coupe du monde des écrans géants étaient installés un peu partout en Allemagne. La chaîne de télévision allemande ZDF mis en place la ZDF Arena dans le Sony Center de Berlin d'une capacité de 5000 places pour retransmettre les matchs en public. Il était également possible à Berlin de suivre les macths sur des écrans géants installé sur l'avenue du 17-juin. Pour le match Allemagne-Equateur, 700 000 personnes regardèrent le match sur l'avenue Berlinoise.

Après les quarts de finale, l'agence Media Initiative publia les chiffres des équipes les plus suivies à partir de 20 pays dont elle avait les audiences. La France se classait en tête des nations les plus regardés alors qu'elle occupait la 9e place à l'issue du premier tour.

La Coupe du monde fut l'occasion d'audience record. Lors du premier tour, le match Allemagne-Equateur diffusé en Allemagne sur la chaîne ARD attira 23 millions de télespectateurs (82 % de part de marché). Le quart de finale entre l'Allemagne et l'Argentine, toujours diffusé en Allemagne sur la chaîne ARD attira plus de 25 millions de télespectateurs (avec un pic à 28,5 millions) soit une audience de 90 % de part de marché.

En Italie, le match du premier tour entre l'Italie et le Ghana fut suivi par 23 413 000 italiens répartis entre les chaînes Rai et SKY Italia.

En France, TF1 qui avait les droits de diffusion de l'équipe de France réalisa des records d'audience : France-Suisse : 14 687 720 télespectateurs (73 % d'audience). France-Corée du Sud : 18 051 320 télespectateurs. France-Togo : 18 331 620 télespectateurs (70 % de part d'audience). France-Espagne : 19 564 940 (67,9 % d'audience). France-Brésil : 17 939 200. La demi-finale France-Portugal fut suivie par 22 199 760 télespectateurs (76,7 % d'audience) soit le record historique de la télévision française. La finale entre la France et l'Italie fut regardée par 22 143 700 télespectateurs avec un pic de 25 002 700 à 22h28 pour une audience de 80,3 % de part de marché selon Médiamat-Médiamétrie. Les sept matchs de l'équipe de France sont les 7 meilleurs audience pour l'année 2006 en France.

Le premier match de l'équipe du Brésil a été vu par 60,5 millions de téléspectateurs de la région. En Corée du Sud, près d'un quart des téléspectateurs ont regardé la rencontre entre la Corée du Sud et la France à quatre heures du matin heure locale.

La Coupe du monde a connu une audience record en Chine malgré l'absence de l'équipe chinoise de football et les diffusions tardives en raison du décalage horaire. Parmi les matchs du premier tour, le match Angleterre-Paraguay a réalisé 8,68 % de l'audience totale du réseau de télévision publique CCTV. Le match d'ouverture Allemagne-Costa-Rica a réalisé 5,67 % d'audience (équivalent à une part de marché de 20,86 %), soit « dix fois plus que pour les programmes diffusés à la même heure entre janvier et mai » selon l'institut chinois de mesure d'audience CSM.

Dès l'année 2001, l'Allemagne se trouve dans une crise économique. En organisant le deuxième plus grand événement (jugé d'après le nombre de téléspectateurs) du monde, le gouvernement allemand espère pouvoir fortifier son économie. Pour atteindre ce but, on a lancé, ensemble avec la fédération de l'industrie allemande, une campagne publicitaire avec le titre 1. FC Deutschland 06, qui est soutenu par le conseil de sport du parlement allemand. Lancé au printemps 2005, elle dura jusqu'au début de l'année 2006. Le but est de représenter l'Allemagne dans le monde entier comme pays de vacances, mais aussi comme place économique et scientifique. Pendant la période législative, où les socialistes et les verts étaient au pouvoir, elle était considéré comme campagne électorale socialiste.

Le ministre de l'économie de ce temps-là, Wolfgang Clement, prédisait à long terme une augmentation du produit intérieur brut de 8 milliards d'euros, surtout grâce aux 5 millions d'hébergements supplémentaires. Le comité d'organisation du mondial s'attend à 3.2 millions de spéctateurs, dont un millions de l'étranger. Cependant, il est très difficile de prévoir les effets à long terme sur le développement économique en raison des pronostics peu fiables. Malgré le bénéfice supplémentaire d'impôts, le mondial pourrait également provoquer des coûts très élevés à cause de problèmes de trafic et de sécurité, mais aussi à cause de la pollution.

Selon une analyse de la banque postale allemande publiée en janvier 2005, le mondial devait apporter une croissance supplémentaire de 0.5% au pays hôte. La consommation devrait augmenter de deux à trois milliards d'euros.

D'après une étude de la chambre de commerce et d'industrie de Munich publiée en mai 2005, la coupe du monde permettra de créer des dizaines de milliers de nouvelles places de travail, dont 20 000 en Bavière. Comme le centre international des médias se trouve à Munich, c'est surtout la capitale bavaroise qui profitera des nouvelles places de travail. Non seulement la gastronomie et les hôtels, mais aussi d'autres branches de service auront des bénéfices supplémentaire grâce à cet évènement.

Dans toutes les douze villes de match se trouvent des stades modernes, qui ont été modernisés ou bâtis. Pour cela, le gouvernement allemand et les organisateurs ont dû payé entre 48 et 280 millions d'euros, soit 1.38 milliards globalement. Pour comparer: lors du mondial de 1974, également en Allemagne, on avait investi 242 millions de DM, soit 124 mio. d'euros.

Le ministère de l'économie a annoncé investir 3.7 milliards d'euros dans la construction de routes et 500 millions dans la vente de billets. La représentation avant le mondial avait déjà coûté 400 millions d'euros. Les ministres allemands veulent ainsi accorder 24 millions de plus à la Fédération Allemande de Football DFB. Néanmoins, l'industrie du bâtiment ne profitera pas beaucoup, puisque ce secteur est l'un des moins productifs.

Ceux qui profiteront le plus d'un point de vue économique seront la FIFA avec ses fédérations membres ainsi que les grandes marques d'article de sport en tant qu'équipementiers. La FIFA peut s'attendre à des bénéfices bruts records grâce à la vente des places, à la publicité et aux droits de télévision et de marketing.

La Coupe du monde met également en concurrence les équipementiers sportifs. La marque allemande Puma est la plus représentée avec douze équipes dont les cinq sélections africaines. Nike et Adidas suivent en fournissant l'équipement de respectivement huit et six équipes nationales présentes en Allemagne. Puma a pour ambassadeur l'ancien joueur brésilien Pelé. Adidas et Puma, les deux équipementiers allemands jouant à domicile, s'opposent pour la première fois en finale du tournoi par l'intermédiaire de la France et de l'Italie.

Le Coq Sportif, sans être équipementier d'une équipe participante, était néanmoins présent à la Coupe du monde allemande en bénéficiant de l'appui de Diego Maradona, qui portait pendant la compétition un maillot argentin siglé de cette marque.

La plupart du mondial est financé par des sponsors liés à la FIFA et au comité d'organisation. On distingue des sponsors internationaux et des sponsors nationaux, qui ne peuvent faire de la publicité pour leur engagement qu'en Allemagne, alors que les sponsors internationaux ont le droit de le faire dans le monde entier. Les sponsors ont payé une somme estimée à 700 millions d'euros, soit 840 millions de dollars,.

Les sponsors internationaux sont au nombre de 15. Ils versent une somme estimée à 600 millions d'euros, soit une moyenne de 40 millions d'euros par entreprise, cette somme incluant des prestations en nature et des prestations de service. Les 15 partenaires officiels de la FIFA sont Adidas, Anheuser-Busch, Avaya, Coca-Cola, Continental Airlines, Deutsche Telekom, Emirates, Fujifilm, Gillette, Hyundai, MasterCard, McDonalds, Philips, Toshiba et Yahoo!.

Une somme supplémentaire de 100 millions d'euros est payée par les six sponsors nationaux du comité d'organisation allemand : Deutsche Bahn (les chemins de fer allemands), Deutsche Postbank (banque postale allemande), EnBW (fournisseur d'électricité), Hamburg-Mannheimer (assurance), Obi (magasin de bricolage), et Oddset (paris sportifs).

Tous ces sponsors avaient le droit d'utiliser les marques et emblèmes de la Coupe du monde dans leurs communication et de participer à diverses activités marketing organisées dans le cadre du tournoi et autour de celui-ci. Par exemple, Adidas avait construit un stade d'une capacité de 15 000 places en face du palais du Reichstag à Berlin. Ce stade, appelé World of football, permettait aux spectateurs d'y regarder un match de la Coupe du monde sur écran géant. Un autre sponsor, Coca-Cola, avait organisé un tour du monde du trophée de la compétition à travers 29 étapes dans autant de pays.

La FIFA a activement protéger ses droits et ceux de ses sponsors. Avant même le début de la Coupe du monde 2006, la FIFA avait déjà engagé 2 500 procédures contre des entreprises accusées de porter atteinte à ses droits.

Les sponsors officiels bénéficiaient aussi de la part de la FIFA d'une protection contre l'ambush marketing. Ainsi la marque de bière Bavaria a été accusée par la FIFA d'ambush marketing aux dépens de la marque Budweiser du sponsor officiel Anheuser-Busch, et de vouloir associer son image à la Coupe du monde sans y être autorisée puisque Bavaria n'avait pas payer de droits de parrainage. À l'occasion du match du premier tour opposant les Pays-Bas à la Côte d'Ivoire, un millier de supporters hollandais qui portait des Lederhosen mentionnant la marque de bière Bavaria ne fut pas autorisé à rentrer dans le stade avec ce vêtement et dut assister à la rencontre en sous-vêtements.

La FIFA voulait se réserver les droits de marque relatifs aux dénominations allemandes Fussball WM 2006 et WM 2006, WM étant l'abréviation allemande courante du terme Weltmeisterschaft qui signifie coupe du monde. La Cour fédérale allemande (Bundesgerichtshof, BGH) a refusé ces droits à la FIFA en jugeant que ces dénominations n'ont pas de caractère distinctif et désignent simplement un évènement.

La FIFA a versé une somme de 332 millions de francs suisse aux équipes participantes, soit 214,3 millions d'euros. Chaque équipe participante reçoit 1 million de francs suisse pour financer sa préparation de la compétition. Le montant restant est réparti en fonction du classement des équipes. Les équipes classées de la 17e à la 32e perçoivent 6 millions de francs suisse chacun. La prime des équipes atteignant les huitièmes et les quarts de finale s'élève respectivement à 8,5 et 11,5 millions de francs suisse. Les montants sont quasiment doublés pour les quatre premiers de la Coupe du monde qui se voient attribués respectivement 24,5 (soit 15,8 millions d'euros), 22,5 (soit 14,5 millions d'euros) et 21,5 millions de francs suisse (soit 13,8 millions d'euros) pour les demi-finalistes. La FIFA prend en charge les frais de voyage des délégations composées de 45 personnes chacune ainsi qu'une partie des frais d'hébergement,.

Selon le comité d'organisation, environ 1,12 millions des 3,2 millions de billets étaient disponibles en ligne à la vente publique. Une majorité de billets d'entrée étaient initialement réservés aux sponsors et partenaires de la compétition (555 000 billets soit 18,9%), à la fédération allemande de football DFB (389 000 billets soit 13,3%), aux autres fédérations participantes (468 000 billets soit 16%), à la FIFA (191 000 billets soit 6,5%) et aux clients du service « programme d'hospitalité » qui comprend un ticket en catégorie 1 avec siège VIP et loge, un service de restauration et une place de parking réservée. Un nombre de 64 000 tickets (soit 2,2%) est en outre réservé aux chaînes de télévisions détenteurs des droits de retransmission et 440 000 billets (soit 15,1%) sont alloués aux médias et servent de réserve de sécurité. Les billets des différents contingents qui n'ont pas été vendus ont été redistribués à la vente publique notamment.

La première phase de la vente internationale des billets d'entrée a eu lieu du 1er février au 31 mars 2005. Un peu plus d'un million de personnes de 195 pays ont concouru pour 812 000 billets pendant cette première phase de vente. La FIFA a reçu 8,7 millions de commandes de billets valables, dont 6,25 millions en provenance d'Allemagne. 2,3 millions de commandes issues d'une tentative de manipulation aux États-Unis n'ont pas été acceptées, ainsi que 1,3 millions de commandes de gens ayant déjà commandé des billets. Cela faisait un billet pour dix candidats. Déjà après 48 heures de vente publique, le nombre de demandes avait dépassé celui des billets disponibles. Au cours de la deuxième phase, du 2 mai au 15 november 2005, des lots permettant de voir tous les matchs d'une équipe ont été vendus. Ensuite 300 000 billets ont été mis en vente dans la troisième phase du 1er décembre 2005 au 15 janvier 2006. La quatrième et dernière phase de vente fut mise en place sur internet à partir du 15 février 2006 : 592 000 billets furent réparties entre les 32 fédérations des pays qualifiés.

Pour la première fois, les billets d'entrée étaient personnalisés. Pour des raisons de sécurité, les billets étaient intransmissibles et les acheteurs devaient s'enregistrer. Exclus de cette règle étaient les quelques 100 000 spectateurs "VIP". En plus un billet permettait, pour la première fois pendant une Coupe du monde, d'utiliser gratuitement les moyens de transport publics. Des billets furent également prévus pour les non-voyants. Chaque groupe de dix spectateurs non-voyants étaient accompagnés de deux commentateurs durant les matchs et disposaient d'oreillettes pour les commentaires et l'ambiance du stade.

Dans les stades, il n'y avait que des places assises. Elles étaient réparties en quatre catégories. Un billet pour la catégorie 4, la plus abordable, pour les 47 matchs du tour préliminaire (hors match d'ouverture) coûtait 35 euros. Ce prix était 16 euros en dessous du prix minimal lors de la Coupe du monde de football 2002 en Corée du Sud et au Japon. Des places offrant une visibilité réduite étaient mise en vente à 60% du prix nominal. Les prix pour les billets de la finale à Berlin se chiffraient à 600 euros en 1re catégorie.

Le 19 novembre 2002, le slogan et le logo officiels de la Coupe du monde ont été présentés au FIFA WM Stadion Gelsenkirchen.

En plus des slogans du tournoi en différentes langues, chaque équipes participant à la compétition avait un slogan spécifique pour le tournoi. Ces devises ont été choisies par les supporters et étaient visibles sur les bus des équipes,.

Le logo officiel de la compétition, appelé Celebrating Faces of Football, comporte deux smileys de même taille et symbolisant les chiffres zéro et six pour l'année 2006. Celui de gauche symbolisant le chiffre zéro est de couleur bleue et ses yeux sont deux flèches pointant l'une vers l'autre. Le smiley de droite est vert et a des yeux en forme de croissant de lune.

Le troisième smiley, plus petit et de couleur orange, est positionné au-dessus des deux autres. Il a trois cheveux et les yeux ronds. Une représentation stylisée du trophée de la Coupe du monde est placée sous les deux grands smileys. Les trois couleurs de l'Allemagne noir-rouge-or sont entourent le logo sur la gauche.

Comme pour l'édition précédente, le logo de cette coupe du monde a été créé par l'agence de publicité londonienne Whitestone. Certains éléments de l'ancien logo de 2002 et la représentation du trophée devaient se retrouver dans ce logo et se retrouveront dans les suivants pour maintenir l'identité graphique du tournoi.

La mascotte officielle de cette coupe du monde est un lion anthropomorphique baptisé Goleo VI. Ce lion porte un maillot blanc frappé du numéro 06 en référence à l'année de l'évènement. Il est accompagné du ballon parlant Pille.

Le ballon officiel de cette coupe du monde a été fabriqué par l'équipementier allemand Adidas et s'appelle Teamgeist, ce qui signifie en allemand esprit d'équipe. Il a été présenté à l'occasion du tirage au sort de la phase finale à Leipzig. Ce ballon a une structure différente des ballons de football traditionnels : il est composé de 14 éléments alors que les ballons traditionnels sont constitués de 26 ou 32 polygones. Le nombre de raccords entre les éléments du Teamgeist est ainsi diminué ce qui, selon Adidas, en fait un ballon plus rond et plus lisse qui peut être manié avec « une plus grande précision et un meilleur contrôle ». Certains gardiens de but ont néanmoins critiqué le fait que le Teamgeist était « trop imprévisible ».

En août 2006 le ballon officiel s'était déjà vendu à 15 millions d'exemplaires, soit plus du double des ventes réalisées par le Federnova, ballon officiel de la Coupe du monde 2002 vendu à 6 millions d'exemplaires,.

Adidas préparait un ballon muni d'une puce électronique capable d'envoyer un signal lorsqu'il traverse la ligne de but ou sort du terrain. Ce ballon qui devait faciliter les prises de décision de l'arbitre n'a pas été retenu parce que son utilisation n'avait pas été validé.

L'hymne officiel de la Coupe du monde s'intitule Celebrate The Day et est interprété par le chanteur allemand Herbert Grönemeyer. Le jour de la cérémonie d'ouverture il interprête l'hymne en duo avec Amadou et Mariam.

Avant et pendant la Coupe du monde, les antifoot firent entendre leur voix. A Berlin la Neue Gesellschaft für Bildene Kunst (Société nouvelle pour l'art pictural) déploya une banderole avec l'inscription « A time to make money » détournant le slogan officiel de la Coupe du monde, « A time to make friend ».

La prositution étant légale en Allemagne, des associations dénoncèrent cette Coupe du monde comme un marché du sexe. en:Artemis (brothel), un bordel de Berlin avait ses installations sur 3000 m² non loin du stade olympique. Cologne avait pour sa part des performance boxes équipés de douches et de distributeurs de préservatifs.

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Désignation du pays organisateur de la Coupe du monde de football

La désignation du pays organisateur de la Coupe du monde de football se fait par le vote du Comité Exécutif de la FIFA. Ce choix a souvent été critiqué. La première édition en Uruguay n'a vu la participation de seulement quatre équipes européennes. Les deux secondes éditions se déroulèrent en Europe. Cette fois-ci les voix s'élevèrent d'Amérique. L'Argentine et l'Uruguay boycottèrent la Coupe du monde 1938 en France.

Après la Seconde Guerre mondiale, la FIFA décida d'alterner l'organisation de la compétition entre le continent américain et le continent européen afin d'éviter tout nouveau boycott.

Le système de désignation évolue pour l'édition 2002 où ce sont les membres de la Fédération Internationale qui votent six ans avant le tournoi.

Avant même le vote de la FIFA, beaucoup de pays candidats se retirèrent pour mener au choix de l'Uruguay. Dans un premier temps, les Pays-Bas et la Hongrie se retirèrent avant d'être suivis par la Suède en faveur de la candidature italienne. Par la suite l'Italie et l'Espagne se retirèrent en faveur du dernier pays restant, l'Uruguay. Le Congrès de la FIFA se réunit le 18 mai 1929 pour officialiser la désignation de l'Uruguay comme pays hôte de la première Coupe du monde de football, puisqu'elle ne se fit sans aucun vote.

La Suède se retira avant le vote permettant à l'Italie d'accueillir la seconde édition de la compétition.

Pour la première fois aucune nation ne retira sa candidature avant le vote du Congrès de la FIFA. Le vote eut donc lieu le 13 août 1936 à Berlin. La France fut choisie à l'issue du premier tour.

En pleine Seconde Guerre mondiale les éditions 1942 et 1946 furent annulées. Cependant le Brésil et l'Allemagne s'étaient présentés à la candidature du tournoi de 1942.

La Coupe du monde 1950 devait initialement se dérouler en 1949 mais au lendemain de la désignation du Brésil, le 26 juillet 1946 à Luxembourg, la Coupe du monde fut repoussée à l'année 1950. Le Brésil avait été choisi pour la Coupe du monde 1942, il a donc accueilli la première édition d'après-guerre.

La désignation du pays hôte de la Coupe du monde 1954 s'est faite le 26 juillet 1946, le même jour que la désignation du Brésil pour la Coupe du monde 1950. Cette édition fut elle aussi repoussée d'une année.

La candidature de la Suède fut lancée très tôt, tout comme sa désignation par le Congrès de la FIFA le 23 juin 1950 à Rio de Janeiro, soit huit ans avant la compétition.

Malgré le retrait de la candidature ouest-allemande, le vote eut lieu le 10 juin 1956 à Lisbonne entre les deux pays restants. Le Chili fut choisi dès le premier tour.

L'Espagne retira sa candidature avant le vote qui eut lieu à Rome le 22 août 1960. Cette fois encore la désignation se fit en un seul tour voyant la victoire de la candidature anglaise.

Le Congrès de la FIFA se réunit le 8 octobre 1964 à Tokyo. Le Mexique fut choisit dès le premier tour des votes.

Les trois pays hôtes des trois prochaines compétitions furent choisis le 6 juillet 1966 à Londres par le Congrès de la FIFA. L'Espagne et l'Allemagne de l'ouest, tous deux candidats pour les Coupes du monde 1974 et 1982 se mirent d'accord pour organiser chacun une compétition. L'Allemagne retira sa candidature de 1982 et l'Espagne sa candidature de 1974. Le Mexique, qui avait obtenu l'organisation de la Coupe du monde 1970 deux ans plus tôt aux dépens de l'Argentine, retira sa candidature pour l'édition de 1978 en faveur des Argentins.

Le 20 mai 1983 à Zurich, la candidature mexicaine fut votée à l'unanimité par la Comité Exécutif de la FIFA pour la première fois de l'histoire de la Coupe du monde.

L'Angleterre et la Grèce se retirèrent avant le vote, ce qui conduisit le Comité Exécutif a désigner le 19 mai 1984 à Zurich, dès le premier tour, l'Italie.

Malgré la présence de trois candidats, la désignation du pays hôte se déroula en un tour. Pour la troisième fois le vote eut lieu à Zurich, le 4 juillet 1988. Les États-Unis gagnèrent de trois voix sur le Maroc.

À l'issue du premier tour, la France fut désignée le 1er juillet 1992 à Zurich, siège de la FIFA.

Le 31 mai 1996, le jour du vote, une candidature conjointe du Japon et de la Corée du Sud fut proposée et votée à main levée par le Comité Exécutif de la FIFA. Ce fut la première candidature conjointe de l'histoire de la Coupe du Monde.

La Coupe du monde 2002 fut la première Coupe du monde organisée hors des trois traditionnels continents, donc la première organisée en Asie. À l'origine les deux pays avaient chacun présenté leur candidature mais juste avant le vote ils s'accordèrent avec la FIFA sur une co-organisation. Cependant la rivalité et la distance géographique entre les deux pays causa des problèmes d'organisation et de logistique. À la suite de ça, la FIFA a annoncé qu'elle n'autoriserait plus de double candidature, cette interdiction fut officialisée en 2004 dans le règlement de l'organisation.

Le 7 juillet 2000, le Comité Exécutif se réunit à Zurich pour désigner le pays hôte en 2006. Le Brésil se retira trois jours avant le vote. Pour la première fois, il fallut plus d'un tour pour désigner le pays hôte. Après trois tours, l'Allemagne, qui termina à chaque fois première, fut choisie au dernier tour aux dépens de l'Afrique du Sud.

La polémique naît de la nomination de l'Allemagne comme pays hôte résulta à un changement de pratique dans la désignation du pays organisateur de la Coupe du monde. Au troisième et dernier tour l'Allemagne l'emporta sur l'Afrique du Sud avec 12 voix contre 11 alors que les sud africains étaient favoris. Charles Dempsey, un membre néo-zélandais du Comité Exécutif de la FIFA, qui avait jusque là donné son vote à l'Afrique du Sud, selon les instructions de la Confédération du football d'Océanie, s'est, lors du dernier tour, abstenu. Et s'il avait voté pour l'Afrique du Sud au dernier tour, les deux derniers pays se seraient retrouvés avec 12 voix chacun. Dans ce cas la désignation revient au président de la FIFA et l'on sait que Sepp Blatter était favorable à la candidature africaine. Tout comme huit autres membres du Comité, Dempsey avait reçu un fax la veille du vote lui promettant une montre et du jambon allemand. Le magazine allemand Titanic s'était par la suite dénoncé comme auteur de cette mauvaise blague.

À la suite de cet incident, la FIFA décida que l'organisation de la compétition serait rotative entre les continents jusqu'en 2014. Ainsi en 2010 l'organisation sera attribuée à un pays africain.

La première Coupe du monde organisée sous le régime de la rotation entra en vigueur pour l'édition 2010. Elle sera la première Coupe du monde de football organisée en Afrique et le premier évènement sportif majeur sur le continent puisque les Jeux olympiques ne s'y sont jamais déroulés. Après la confirmation que les candidatures conjointes n'étaient plus autorisées par la FIFA, la Libye et la Tunisie durent se retirer. Le 15 mai 2004, l'Afrique du Sud, après son refus en 2006, fut désignée juste devant le Maroc.

L'Amérique du Sud est le continent qui accueillera la Coupe du monde 2014 selon le système de rotation de la FIFA. Le 30 octobre 2007, le Brésil a été désigné. La Colombie, L'Argentine et le Chili étaient aussi sur les rangs avant de se retirer.

La politique de rotation était à l'origine prévue jusqu'en 2014 ainsi les pays de tous les continents sont appelés à se présenter pour l'organisation de la compétition. On parle ainsi des candidatures de l'Angleterre, de l'Australie, de la Chine, du Canada, du Mexique et l'idée d'une candidature commune du Portugal et de l'Espagne fait son chemin dans la péninsule. Le Benelux s'est aussi dit intéressé par une candidature commune. Cependant Sepp Blatter n'a pas encore confirmé la fin de la politique de rotation et selon lui dans ce cas la Coupe du monde 2018 reviendra à l'Amérique du Nord c'est-à-dire les États-Unis, le Canada et le Mexique.

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Source : Wikipedia