Semaine du développement durable

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Posté par woody 04/04/2009 @ 00:14

Tags : semaine du développement durable, développement durable, environnement

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Semaine du développement durable

La Semaine du développement durable est un événement organisé par les autorités publiques chaque année en France autour du thème du développement durable.

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Grenelle de l'environnement

Le Grenelle Environnement (appelé "Grenelle de l'environnement" par abus de langage) est un ensemble de rencontres politiques organisées en France en octobre 2008, visant à prendre des décisions à long terme en matière d'environnement et de développement durable. Le terme « Grenelle » renvoie aux accords de Grenelle de mai 1968, et désigne par analogie un débat multi-partie réunissant des représentants du gouvernement, d'associations professionnelles et d'ONG.

Le Grenelle de l'environnement a été annoncé le 18 mai 2007 par Alain Juppé, alors ministre de l'Écologie, du Développement et de l'Aménagement durables, un mois avant sa démission du premier gouvernement Fillon après sa défaite au second tour des élections législatives. Il fait suite au Pacte écologique précédemment proposé par Nicolas Hulot et a donné lieu à un projet de loi (dit «Grenelle I») adopté à la quasi-unanimité à l’Assemblée en octobre 2008, examiné à partir de janvier 2009 et validé le 11 février 2009 par le Sénat, qui devra ensuite examiner le « Grenelle II » avant son futur passage au Parlement.

Le débat a été organisé autour de six groupes de travail rassemblant chacun 40 membres répartis en 5 collèges. Ces collèges ont pour vocation de représenter les acteurs du développement durable : l’État, les collectivités locales, les ONG, les employeurs et les salariés.

Chaque groupe devait se réunir quatre fois, mais la complexité de certains sujets a obligé la majorité des groupes à organiser une ou deux réunions supplémentaires.

Deux ateliers intergroupes ont aussi été crées : l'atelier OGM et l'atelier Déchets.

Les groupes de travail ont tenu leur dernière réunion le 25 septembre 2007. Les synthèses et les rapports de chaque groupe ont été rendus publics le jeudi 27 septembre 2007 à 11h. Suite à cela, des réunions locales en régions et une consultation du public sur Internet ont eu lieu, avant d'arriver à la table ronde du Grenelle les 24 et 25 octobre 2007.

Pour la phase dite 4, 33 « chantiers opérationnels » sont mise en place.

Présidée par Nicolas Sarkozy, la table ronde du Grenelle de l'environnement a eu lieu les 24 et 25 octobre 2007 en présence de Wangari Maathaï, d'Al Gore, tous deux prix Nobel de la paix et de José Barroso, président de la Commission européenne, afin d'aboutir à la définition d'un certain nombre de propositions, mesures et annonces.

Le rapport général reprend le contenu consensuel issu des travaux préparatoires et se présente comme un « cadre de cohérence pour action publique » selon trois priorités que sont la lutte contre le réchauffement climatique, la protection de la biodiversité et la réduction des pollutions. Ce document est une synthèse des travaux, mais n'est pas un exposé d’un programme ni une sélection ou hiérarchisation de propositions, mais plutôt « le socle de ce qui pourrait être une stratégie de développement durable fondée sur le triple objectif de lutte contre le réchauffement climatique, de préservation de la biodiversité et de réduction des pollutions » et donc comme un « exposé des motifs de la future loi de programme dont s’accompagnera la mise en œuvre du Grenelle ».

Dans le discours, qu'il a donné en conclusion des journées de travail des 24 et 25 octobre 2007, le président de la république s'est prononcé sur les éléments qui ont été moins consensuels (ou non-consensuels) au cours des travaux et débats entamés l'été 2007 lors des ateliers, en annonçant ou confirmant un certain nombre de propositions, et en s'engageant à faire siennes et celles du gouvernement les propositions du Grenelle.

Sur le sujet de la taxe carbone, Nicolas Sarkozy a estimé qu'il fallait « que la révision générale des prélèvements obligatoires se penche sur la création d'une taxe « climat-énergie » en contrepartie d'un allègement de la taxation du travail pour préserver le pouvoir d'achat et la compétitivité ».

Il est envisagé la création d'un programme d'un milliard d'euros sur quatre ans pour les énergies et les moteurs du futur.

Fixation de nouveaux seuils dans le public et le privé. Promotion de l'écoconstruction.

Un « document d'orientation préliminaire » sur l'éducation au développement durable, a été rendu par le groupe de travail du Grenelle sur l'éducation au développement durable début janvier 2008. Il propose un cadre sur les questions de la pédagogie, de partenariat, de formation et de financement pour le champ scolaire (y compris enseignement supérieur, agricole, sportif, de la santé et de tous les publics « non-scolaires »). L'éducation au développement durable (EDD) y est jugée «  indispensable pour tous les types d'établissements d'enseignement, à tous les niveaux ». Un Comop (Comité opérationnel n° 34 : «Sensibiliser, informer et former le public aux questions d’environnement et de développement durable») a été mis en place sous la présidence de Hervé Brossard, président de l’Association des agences conseils en communication (AACC). Ce Comop n° 34 a rendu ses conclusions à Jean-Louis Borloo le 13/01/2009.

Elles visent à favoriser la mobilisation de tous pour passer de l’étape de la prise de conscience à celle d’une vraie modification de comportements individuels et collectifs. Leur objectif est de s’appuyer sur la richesse des initiatives existantes ou en développement, le plus souvent partenariales. A cette fin, le comité opérationnel a commencé par procéder à un repérage d’expériences et actions déjà réalisées, susceptibles d’être étendues ou partagées, et répondant à la question : «Comment agir ensemble, pour convaincre le public que le développement durable est désirable, et qu’il repose sur la mobilisation de tous, citoyens, consommateurs, salariés, décideurs et relais ?».

Principale proposition du Comité opérationnel  : le lancement avant mi-2009 d’un plan national d’engagements pour un développement durable, pour orchestrer, coordonner, mettre en valeur et développer les initiatives de nature à rendre le développement durable plus proche, plus concret et plus crédible pour le grand public. Construit autour d’un cahier des charges invitant les différents acteurs associatifs, privés et publics à s’associer et valoriser ensemble leurs actions, sa première étape serait un appel large à initiatives, relayé par un événement festif national. Le Comité opérationnel suggère que la semaine du Développement durable en avril prochain en soit une nouvelle démonstration.

D’autres propositions, dans les domaines de l’information, de la sensibilisation et de la formation professionnelle sont identifiées dans le rapport, pour développer les synergies, profiter des multiples voies de contact avec le public, agir ensemble et dans la durée.

Par ailleurs, la mise en place d'une Haute autorité indépendante a également été entérinée, ainsi qu'un triplement en cinq ans de l'agriculture biologique, qui devra bénéficier de 20% des commandes publiques en matière de restauration collective.

Un autre rendez-vous est prévu autour du 15 décembre pour la présentation des programmes.

Le gouvernement se donne 12 semaines supplémentaires pour arbitrer sur la gestion des déchets. Selon Jean-Louis Borloo, « on compte aujourd'hui 350 kg/an et par habitant, il faut au minimum réduire de 7 kilos par an ».

Un comité d'évaluation chargé de faire le point sur la mise en œuvre des mesures sera mis en place dans un an, « à la date anniversaire du Grenelle ».

Le jeudi 6 décembre, le parlement a voté la mise en place en 2008 d'un système de bonus et de malus à l'achat de voiture neuve, en conséquence du Grenelle de l'environnement.

Dans son discours du 24 octobre devant les participants au Grenelle, le 1er ministre François Fillon s’est « solennellement » engagé « à ce que toutes les conclusions précises, concrètes et consensuelles soient mises en œuvre ». « Pour ce qui est des divergences, le président de la République, le Gouvernement et le Parlement trancheront » a-t-il ajouté.

Dans son discours du 25 octobre le président de la République a globalement repris le contenu du rapporteur général, en précisant ce à quoi il s'engageait parmi les propositions qui n'avaient pas été tout à fait consensuelles durant les travaux du Grenelle.

Le 7 janvier 2009, L'Alliance pour la planète publie sur son site internet la liste des projets nationaux qu'elle juge « Grenello-incompatibles ».

La Caisse des dépôts et consignations a mis en place un fond de compensation pour la biodiversité via une filiale nouvelle nommée « CDC Biodiversité ». L'éligibilité sera contrôlée par un comité scientifique et par des représentants d'associations de défense de l’environnement, pour aider les acteurs économiques à restaurer ou de compenser les dommages créés par les infrastructures et aménagements.

De nombreuses associations françaises ont fustigé ou critiqué l'initiative gouvernementale du "Grenelle environnement" dès l'été 2007, appelant à animer un « Contre-Grenelle de l'environnement ». Le mensuel La Décroissance s'en fait l'écho et Jean-Luc Porquet note pour Le Canard enchaîné : « Et si le Grenelle de l'environnement constituait une pure et simple supercherie ? » Il rapporte que selon Stéphane Lhomme « les neuf ONG représentant officiellement l'écologie au Grenelle ont été désignées par le gouvernement, et d'autres carrément exclues, comme (…) Réseau Sortir du nucléaire ou Réseau Action Climat ».

Les linguistes, quant à eux, critiquent vivement l'incohérence étymologique et syntaxique de la locution "Grenelle environnement" et des néologismes qui en ont été tirés et sont promus sans clairvoyance lexicale par le ministère de tutelle de ces rencontres : "intranelle" (intranet du Grenelle) et "grenellocompatible" (compatible avec les orientations des rencontres sur l'environnement).

A l'opposé de ces critiques, Éric Le Boucher, rédacteur en chef du journal Le Monde chargé des questions économiques a critiqué le « malthusianisme » des associations écologistes, estimant que les mesures prônées par les associations écologistes menacaient et la croissance et l'environnement au nom d'un refus du progrès scientifique. Il écrit ainsi : « L’alliance objective entre un ministre incompétent en la matière, mais en mal d’exposition médiatique, et les militants écologistes professionnels du tam-tam » à « une vague de propositions destinées à montrer que la France est le phare vert de l’humanité polluée, bien symboliques, bien morales, mais plus antiéconomiques les unes que les autres »....

L’ADEME a été associée à 2 des 6 groupes de travail (sur le changement climatique et l’énergie, et sur la croissance écologique) de même qu'à l’intergroupe « Déchets ». L'Agence a ensuite été maître d’œuvre de 4 comités opérationnels en tant que chef de projet : sur les énergies renouvelables, la rénovation du bâti existant, l’agriculture et l’éco-fonctionnalité (Vendre un service ou l’usage d’un bien plutôt que ce bien lui-même).

L’Ademe travaillera aussi (appels à projet, évaluations) sur les bio ou agro-carburants, les véhicules plus efficients, le « captage et stockage du carbone » (CSC) et la réduction de la pollution lumineuse, avec un budget de soutien pour la communication. Par contre le domaine des sites et sols pollués verrait son budget diminuer (11 millions € en 2009 contre 15 millions en 2008).

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Développement durable

« Le développement durable est un mode de développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs ». Rapport Brundtland

Le développement durable s’est construit comme une réponse des institutions et des entreprises aux préoccupations de la société civile et de certaines organisations non gouvernementales, relatives aux impacts environnementaux et sociaux de l’activité des principaux agents économiques sur leurs parties prenantes.

Tous les secteurs d'activité sont concernés par le développement durable : l'agriculture, l'industrie, mais aussi les services qui, contrairement à une opinion quelquefois répandue, ne sont pas immatériels.

Création de la charte de l'environnement, insistant sur le principe de précaution.

La Révolution industrielle du XIXe siècle a introduit des critères de croissance essentiellement économiques, principal critère aisément mesurable : ainsi le produit intérieur brut dont l'origine remonte aux années 1930 est souvent vu comme l'indicateur de la bonne santé d'un pays. Des corrections ont été apportées dans la deuxième moitié du XIXe siècle sur le plan social, avec d'importantes avancées sociales. L'expression « économique et social » fait depuis partie du vocabulaire courant.

Au problème de viabilité, subsiste une pensée humaine à adapter. Ce qui s'ajoute à un problème d'équité : les pauvres subissent le plus la crise écologique et climatique, et il est à craindre que le souhait de croissance des pays sous-développés (souvent appelés pays du Sud) vers un état de prospérité similaire, édifié sur des principes équivalents, n'implique une dégradation encore plus importante et accélérée de l'habitat humain et possiblement de la biosphère. Ainsi, si tous les États de la planète adoptaient l'American Way Of Life (qui consomme près de 25% des ressources de la Terre pour 7% de la population) il faudrait 5 ou 6 planètes pour subvenir aux besoins de tous selon l'association écologiste WWF.

Le développement actuel étant consommateur de ressources non renouvelables et considéré par ces critiques comme inéquitable, une réflexion a été menée autour d'un nouveau mode de développement, appelé « développement durable ».

Ce qui est en cause, c'est le rôle du progrès technique dans le développement économique par rapport aux problèmes environnementaux (mais aussi sociaux), comme le soulignait le philosophe Hans Jonas dès 1979 dans Le Principe Responsabilité. Le modèle du capitalisme productiviste dans lequel les pays occidentaux se sont lancés au cours du XXe siècle est en crise. On le voit depuis les chocs pétroliers de 1973 et 1979, ainsi que dans la succession des crises économiques et le tassement de la croissance économique observés depuis les années 1970.

Les modèles qui décrivaient l'accroissement de la productivité des facteurs de production atteignent leurs limites. Alors que les physiocrates considéraient la terre comme le principal facteur créateur de valeur, l'école classique et l'école néoclassique n'ont retenu que les deux facteurs de production capital et travail. Le facteur terre (l'environnement) semble avoir été négligé dans les approches classique et néoclassique. Certes, dans certains courants néoclassiques, comme le modèle de Solow, la productivité globale des facteurs correspond à une augmentation de la productivité qui n'est pas due aux facteurs de production capital et travail, mais au progrès technique. Encore faut-il que celui-ci respecte les contraintes environnementales.

Il semblerait donc que les problèmes environnementaux que nous rencontrons soient dûs au fait que le facteur de production terre, qui existait bel et bien dans l'école classique, n'a pas été pris en compte correctement dans les approches économiques néoclassiques.

Nous sommes actuellement dans une époque où l'on cherche un modèle de développement qui permet de concilier progrès technique, productivité, et respect de l'environnement.

Les aspects essentiels du développement durable, sur les capacités de la planète et les inégalités d'accès aux ressources posent des questions philosophiques et éthiques.

Hans Jonas avança l'idée selon laquelle le modèle économique de l'Occident pourrait ne pas être viable sur le long terme s'il ne devenait pas plus respectueux de l'environnement. En effet Jonas posa l'idée d'un devoir vis-à-vis des êtres à venir, des vies potentielles et « vulnérables » que nous menaçons et il donne à l'homme une responsabilité. Depuis, l'un des thèmes de la philosophie qui interpelle le plus nos contemporains est celui de la philosophie de la nature, qui interroge sur la place de l'homme dans la nature. Ainsi, en 1987, Michel Serres décrit l'homme comme signataire d'un contrat avec la nature, reconnaissant les devoirs de l'humanité envers celle-ci. À l'inverse, le philosophe Luc Ferry souligne, dans Le Nouvel Ordre écologique, que l'homme ne peut pas passer de contrat avec la nature et estime que cette vision qui consiste à donner des droits à la nature participe d'une opposition radicale à l'Occident, de nature révolutionnaire et non réformiste, doublée d'un antihumanisme prononcé.

Jean Bastaire voit l'origine de la crise écologique chez Descartes selon qui l'homme devait se « rendre maître et possesseur de la nature ». Au contraire, la géographe Sylvie Brunel critique le développement durable car elle y voit une conception de l'homme comme un parasite, et la nature comme un idéal. Or, pour elle, l'homme est souvent celui qui protège la biodiversité, là où la nature est le règne de la loi du plus fort, dans lequel « tout milieu naturel livré à lui-même est colonisé par des espèces invasives ».

Sans en aborder tous les aspects philosophiques, le développement durable comporte également des enjeux très importants en matière d'éthique des affaires. André Comte-Sponville entre autres aborde les questions d'éthique dans Le capitalisme est-il moral ?. Paul Ricœur et Emmanuel Lévinas le firent aussi sous l'angle de l'altérité et Patrick Viveret et Jean-Baptiste de Foucauld sur celui de la justice sociale.

Le philosophe français Michel Foucault aborde ces questions sur le plan épistémologique. Il parle de changements de conception du monde, qui se produisent à différentes époques de l'Histoire. Il appelle ces conceptions du monde, avec les représentations qui les accompagnent, des épistémès. On pourrait sans doute affirmer que le développement durable, et son corollaire la mondialisation, correspondent au concept d'épistémè, qui, appliqué à notre époque, est appelé hypermodernité par Michel Foucault.

La formule « agir local, penser global », employée par René Dubos au sommet sur l'environnement de 1972, est souvent invoquée dans les problématiques de développement durableréf. à confirmer : . Elle montre que la prise en compte des enjeux environnementaux et sociaux nécessite de nouvelles heuristiques, qui intègrent le caractère global du développement durable. Elle fait penser à la philosophie de Pascal, plutôt qu'à celle de Descartes, celle-ci étant davantage analytique. En pratique, elle devrait se traduire par des approches systémiques.

L'objectif du développement durable est de définir des schémas viables qui concilient les trois aspects économique, social, et environnemental des activités humaines : « trois piliers » à prendre en compte par les collectivités comme par les entreprises et les individus. La finalité du développement durable est de trouver un équilibre cohérent et viable à long terme entre ces trois enjeux. À ces trois piliers s'ajoute un enjeu transversal, indispensable à la définition et à la mise en œuvre de politiques et d'actions relatives au développement durable : la gouvernance. La gouvernance consiste en la participation de tous les acteurs (citoyens, entreprises, associations, élus...) au processus de décision ; elle est de ce fait une forme de démocratie participative. Le développement durable n'est pas un état statique d'harmonie mais un processus de transformation dans lequel l'exploitation des ressources, le choix des investissements, l'orientation des changements technologiques et institutionnels sont rendus cohérents avec l'avenir comme avec les besoins du présent.

La définition classique du développement durable provient du rapport Brundtland de la Commission mondiale sur l’environnement et le développement. Ce rapport rappelle le propos prêté à Antoine de Saint-Exupéry  : « Nous n’héritons pas de la Terre de nos ancêtres, nous l’empruntons à nos enfants ». Ce rapport insiste sur la nécessité de protéger la diversité des gènes, des espèces et de l'ensemble des écosystèmes naturels terrestres et aquatiques, et ce, notamment, par des mesures de protection de la qualité de l'environnement, par la restauration, l'aménagement et le maintien des habitats essentiels aux espèces, ainsi que par une gestion durable de l'utilisation des populations animales et végétales exploitées.

Cette préservation de l'environnement doit être accompagnée de la « satisfaction des besoins essentiels en ce qui concerne l’emploi, l’alimentation, l’énergie, l’eau, la salubrité ». Cela étant, on se heurte à une difficulté, qui est de définir ce que sont les besoins des générations présentes, et ce que seront les besoins des générations futures. On pourrait retenir par exemple les besoins élémentaires pour se nourrir, se loger, et se déplacer.

Le patrimoine culturel ne doit pas être oublié : transmis de génération en génération et faisant preuve d'une grande diversité, l'UNESCO en souhaite la préservation.

Si les objectifs du développement durable font l'objet d'un relatif consensus, c'est son application qui demeure source d'oppositions. L'une des questions posée par le terme de « développement durable » est de savoir ce que l'on entend par « durable ». Or, la nature peut être vue de deux manières, complémentaires : il existe d'une part un "capital naturel", non-renouvelable à l'échelle humaine (la biodiversité par exemple), et d'autre part des ressources renouvelables (comme le bois, l'eau...). Cette distinction étant faite, deux conceptions sur la durabilité vont s'opposer.

La première réponse, majoritaire, à la question du développement durable, est de type technico-économiste,  : à chaque problème environnemental correspondrait une solution technique, solution disponible uniquement dans un monde économiquement prospère. Dans cette approche, aussi appelée « durabilité faible », le pilier économique occupe une place centrale et reste prépondérant, à tel point que le développement durable est parfois rebaptisé « croissance durable ». C'est ainsi que dans la revue de l'École polytechnique, Jacques Bourdillon implore les jeunes ingénieurs à : « ne pas renoncer à la croissance dont l'humanité a le plus grand besoin, même sous prétexte de soutenabilité ». L'une des réponses apportées du point de vue technologique consiste à rechercher la meilleure technologie disponible (MTD, en anglais best available technology, BAT) pour un besoin identifié, ou des attentes exprimées par un marché, qui concile les trois piliers du développement durable d'une façon transversale.

Ce discours est légitimé par la théorie économique néoclassique. En effet, Robert Solow et John Hartwick supposent le caractère substituable total du capital naturel en capital artificiel : si l'utilisation de ressources non-renouvelables conduit à la création d'un capital artificiel transmissible de générations en générations, elle peut être considérée comme légitime ,.

Certains acteurs, et notamment de nombreuses organisations non gouvernementales ou associations environnementales, ont un point de vue tout à fait opposé à l'approche technico-économiste : pour eux, « la sphère des activités économiques est incluse dans la sphère des activités humaines, elle-même incluse dans la biosphère  » : le "capital naturel" n'est dès lors pas substituable. Afin d'insister sur les contraintes de la biosphère, les tenants de cette approche préfèrent utiliser le terme de « développement soutenable » (traduction littérale de sustainable development).

Les économistes systémiques, minoritaires, légitiment cette approche : plutôt que de se concentrer sur l'aspect purement économique des choses, ceux-ci souhaitent avoir une vision « systémique englobe la totalité des éléments du système étudié, ainsi que leurs interactions et leurs interdépendances  ». On peut citer Joël de Rosnay, E.F. Schumacher ou encore Nicholas Georgescu-Roegen.

Ces deux approches opposées ne sont bien entendu pas les seules : de nombreuses autres approches intermédiaires tentent de concilier vision technico-économiste et environnementaliste, à commencer par les acteurs publics. On pourra voir à ce sujet la typologie dressée par Aurélien Boutaud.

Le développement durable peut se décliner de manières complémentaires : au niveau politique, sur les territoires, dans les entreprises, voire dans sa vie personnelle. Le développement durable a d'abord été mis en application sur les territoires (lors du sommet de la Terre de Rio de Janeiro en 1992), puis au sein de l'entreprise et de leurs parties prenantes (lors du sommet de la Terre de Johannesburg).

Historiquement, le développement durable a émergé suite à une longue période de négociations à l'échelle mondiale .

La première conférence mondiale concernant le développement durable, a posteriori rebaptisée « Sommet de la Terre », a eu lieu à Stockholm en 1972.

En 2002, lors du sommet de la Terre de Johannesburg, les grandes entreprises ont pour la première fois été représentées.

Lors de ces rencontres, des représentants des parties prenantes (ONG, États, puis entreprises) ont discuté sur des grands enjeux mondiaux, mais aussi des modes de pilotage à mettre en place dans les collectivités et les entreprises pour décliner concrètement le concept de développement durable.

En plus de ces sommets « généralistes » ont lieu des sommets sur des sujets plus ciblés, comme les sommets mondiaux de l'eau, qui ont lieu à des échéances plus rapprochées.

L'impact de l'environnement sur des domaines aussi vitaux que l'eau, l'énergie, les services, l'agriculture, la chimie... est tel que l'Union européenne a capté certaines compétences des États membres, via la législation européenne (directives cadres, directives, règlements) qui s'impose aux États membres en vertu de la hiérarchie des normes juridiques. Ceci pose des questions de souveraineté qui peuvent être étudiées sous l'angle de la légitimité des actions à mener pour aboutir à un développement plus durable .

L'Union européenne a demandé à chacun des États-membres de définir et de mettre en œuvre une stratégie nationale de développement durable.

C'est vers les années 2001-2002 que le développement durable apparaît en France comme la nécessité pour les entreprises de rendre compte des conséquences sociales et environnementales de leurs activités, par rapport aux exigences de la société civile. Cela s'est traduit par une disposition législative sur la communication dans la loi sur les nouvelles régulations économiques (NRE), poussant à l'élaboration de rapports de développement durable.

Le président Jacques Chirac a poussé à la rédaction d'une charte de l'environnement en 2004, soulignant dans un discours que la France était le premier pays au monde à inclure l'environnement dans sa Constitution .

Dans le même temps, les entreprises anglo-saxonnes tissent des réseaux d'influence autour des institutions internationales, en s'appuyant sur les réseaux des organisations non gouvernementales. Ceci permet de collecter une quantité importante d'informations, qui sont structurées puis gérées dans les réseaux internationaux d'entreprises, d'universités, de centres de recherche (voir par exemple le World Business Council on Sustainable Development).

La stratégie américaine consiste aussi à tisser des liens avec les enceintes normatives privées comme la chambre de commerce internationale, située à Paris. La CCI rédige des "rules", règles types dans tous les domaines de la vie des affaires, reprises comme modèles dans les contrats financés par les organismes internationaux. La CCI a joué un rôle important au sommet de la Terre de Johannesburg à l'été 2002 en créant, conjointement avec le WBCSD, le Business Action for Sustainable Development.

Depuis le sommet de la Terre de Rio de Janeiro (1992) et la signature de la charte d'Aalborg (1994), les territoires sont au cœur du développement durable. À l'aide de l'agenda 21 - véritables plans d'actions de la politique de développement durable des collectivités - les réseaux de villes et les communautés urbaines sont à même d'exprimer les besoins et de mettre en œuvre des solutions. Pour cela, les collectivités territoriales peuvent coopérer avec les entreprises, les universités, les grandes écoles en France, ainsi qu'avec les centres de recherche, pour imaginer des solutions innovantes pour le futur.

L’OQADD, Outil de Questionnement et d’Aide au Développement Durable, est une grille de questionnement permettant de susciter des débats sur les problématiques relatives au développement durable, en mettant en avant les points-clefs des différents projets.

Ces points-clefs concernent un ou plusieurs des trois piliers du développement durable. Cet outil peut être soumis aux différents acteurs intervenant dans la mis en place d’un nouveau projet : des élus, des industriels, des associations de défense de l’environnement, des syndicats… la grille doit être accessible par tous et impartiale.

Pour le respect d'objectifs de développement durable par les entreprises, spécifiquement on parle de responsabilité sociale des entreprises (corporate social responsability) ou parfois plus précisément responsabilité sociétale des entreprises puisque le volet de responsabilité ne correspond pas uniquement au volet "social".

La responsabilité sociétale des entreprises est un concept par lequel les entreprises intègrent les préoccupations sociales, environnementales, voire de bonne gouvernance dans leurs activités et dans leur interaction avec leurs parties prenantes sur une base volontaire. En effet, à côté des obligations réglementaires et législatives, existe tout un champ d'actions possibles sur la base du volontariat et qui peuvent s'appuyer notamment sur des normes : à citer cependant en France, une loi relative aux nouvelles régulations économiques (NRE) qui incite les entreprises cotées en bourse à inclure dans leur rapport annuel une série d'informations relatives aux conséquences sociales et environnementales de leurs activités.

Au cours de ces dix dernières années, bon nombre d'entreprises se sont dotées de Directions du développement durable. Elles ont engagé des politiques souvent ambitieuses pour faire évoluer les comportements internes et incarner de manière tangible leurs responsabilités sociale et environnementale. Elles se préoccupent par exemple aujourd'hui de façon croissante de la problématique complexe des achats durables.

L'OCDE a effectué des travaux importants sur les indicateurs environnementaux, et a développé pour cela le modèle Pression État Réponse.

Les principales normes et certifications à appliquer sont la norme environnementale ISO 14001, la norme sur la qualité ISO 9001, la certification OHSAS 18001 sur la santé et la sécurité au travail, et le standard SA 8000 sur l'éthique et le social.

Il existe également un guide SD 21000 (en France) pour la prise en compte des enjeux du développement durable dans les entreprises.

Une nouvelle norme sur la responsabilité sociétale des entreprises est en cours de développement, l'ISO 26000, pour une mise en application en 2010. Cette norme intégrera la responsabilité sociale, la gouvernance et l'éthique d'une manière plus élargie.

Les instruments macroéconomiques classiques (PIB par exemple) s'avèrent déficients pour mesurer le développement durable : la croissance économique apparaît ainsi comme déconnectée, voire opposée aux objectifs du développement durable.

Tout indice est néanmoins sujet à caution : la manière d'agréger les données exprime un parti-pris. Qu'est-ce qu'un pays "avancé en développement durable" ? Est-ce un pays qui consomme peu de ressources (comme le Bangladesh), ou est-ce un pays avec de nombreux parcs nationaux protégés (comme les États-Unis) ?

Les entreprises sont notées par des agences de notation sociétale, qui se différencient des agences de notation classiques par le fait qu'elles prennent en compte dans leur notation des critères extra-financiers (environnementaux et sociaux). Les entreprises sont jugées par ces agences sur la base de leurs rapports de développement durable, ou de tout document permettant d'apprécier les performances économiques, environnementales et sociales.

La notation sociétale est ensuite utilisée par les investisseurs pour constituer des portefeuilles de valeurs appelés Investissements Socialement Responsables (ISR).

Le produit intérieur brut est un indice qui est largement employé dans la comptabilité nationale pour mesurer la croissance économique. Cet indice conditionne aujourd'hui pratiquement tous les raisonnements en matière économique. On dit que l'on est en croissance ou en récession selon que le PIB est en augmentation ou en diminution. Le PIB est censé mesurer la croissance économique sur le long terme. Cependant, il prend mal en compte la variation du stock de ressources naturelles qui est un effet de long terme. C'est l'une des raisons principales pour lesquelles le PIB est critiqué par certains auteurs, qui soulignent les limites du PIB à mesurer effectivement la richesse d'un pays.

Le PIB est calculé par agrégation de la valeur ajoutée des entreprises, qui est elle-même calculée en comptabilité nationale en fonction de la production et des consommations intermédiaires. Cependant, les indicateurs de développement durable tels que ceux qui figurent dans le Global Reporting Initiative ou les indicateurs demandés par la loi sur les nouvelles régulations économiques en France, ne sont pas intégrés dans ces calculs.

Ainsi, les mécanismes qui déterminent le PIB ne tiennent pas compte des indicateurs de développement durable.

En France, l'INSEE fait figurer le PIB comme l'un des onze indicateurs de la stratégie nationale de développement durable.

La question se pose donc de savoir si le PIB est vraiment une mesure fiable de développement durable. Les insuffisances du PIB comme mesure de la croissance sur le long terme seraient à l'origine du fait que l'on parle maintenant de PIB vert et de croissance verte.

La mise en œuvre d'une démarche de développement durable dans une organisation (collectivité ou entreprise) est un processus complexe, qui engage tous les domaines de l'entreprise. Il s'agit de mettre en place une véritable gestion de programme transverse, avec des correspondants dans les principales entités de l'organisation, en impliquant les parties prenantes dans un business model durable. Nous donnons ci-dessous quelques exemples de domaines d'application particulièrement concernés par la mise en œuvre d'une démarche de développement durable ou de responsabilité sociétale.

Il s'agit d'identifier les opportunités et les menaces dans le contexte d'une sensibilité accrue des consommateurs et du marché aux enjeux du développement durable, en accord avec les parties prenantes. Le marketing doit aussi véhiculer vers les autres domaines de l'entreprise les valeurs demandées par le marché. Le marketing doit éviter de construire des messages publicitaires vantant le développement durable si le fonctionnement de l'entreprise est inchangé.

La recherche et développement doit développer des produits selon les attentes définies par le marketing. Ces produits doivent satisfaire des critères de qualité environnementale et sociale, à des prix compatibles avec le marché. Cette recherche peut se faire dans des laboratoires internes à l'entreprise, ou en partenariat avec des laboratoires publics, par exemple dans le cadre de pôles de compétitivité. Elle s'organise nécessairement en réseaux de compétence.

La recherche et développement peut avoir besoin d'outils de gestion des connaissances pour améliorer l'efficacité de ses recherches. Elle doit procéder à une veille technologique orientée vers des objectifs de développement durable.

Sur le plan réglementaire, le développement durable se traduit par un ensemble de textes juridiques, qui peuvent être établis soit au niveau européen (en Europe), soit au niveau des États.

Quelques exemples de textes juridiques sont le règlement REACH sur les substances chimiques, ou la directive sur les déchets d'équipements électriques et électroniques (DEEE), pour ce qui concerne l'Europe et le pilier environnemental.

Au niveau des États, le droit environnemental et social s'applique sur chacun de ces piliers environnemental et social (en France le code de l'environnement et le code du travail).

De plus, en France, la loi sur les Nouvelles Régulations Économiques, dans son article 116, impose aux entreprises cotées en bourse de produire des rapports d'activité qui rendent compte des conséquences environnementales et sociales de leur activité.

Les services juridiques des entreprises doivent procéder à une veille juridique, éventuellement pour les PME avec l'aide des chambres de commerce et d'industrie.

Le respect de critères environnementaux, sociaux, et économiques dans l'élaboration des produits d'une entreprise dépend non seulement de ses processus internes, mais aussi de la qualité des produits achetés auprès des fournisseurs de l'entreprise, ainsi qu'en amont de ceux-ci. La performance en matière de développement durable dépend donc de l'intégration progressive de la chaîne d'approvisionnement dans le référentiel de responsabilité sociétale des entreprises concernées. Il est nécessaire de revoir la stratégie achats (respect de critères qualité, simplification des approvisionnements, révision des processus, ...), en faisant participer les partenaires fournisseurs de l'entreprise. Si l'entreprise veut s'affranchir des risques sociétaux, elle doit les anticiper en dictant ses conditions sur la base de ses propres référentiels.

La mise en œuvre d'une politique de développement durable dans les entreprises dépend largement de l'utilisation des ressources de l'entreprise. Ces ressources peuvent être des actifs physiques (immobilisations au sens classique du terme), mais aussi des actifs immatériels (immobilisations incorporelles).

L'atteinte des objectifs de développement durable dépend en grande partie de la façon dont les entreprises vont orienter l'action de l'ensemble de ces ressources (employés, parties prenantes, organisation, ...). Des réflexions apparaissent sur de nouvelles méthodes d'estimation de la valeur financière des entreprises à travers la notion de capital immatériel.

Les actifs financiers que sont les investissements socialement responsables permettent d'orienter les portefeuilles de valeurs financières vers des actifs qui respectent des critères à la fois environnementaux, sociaux et économiques. La performance financière de ces placements n'est généralement pas meilleure que celle des investissements classiques sur le court terme, mais ils seraient plus efficaces sur le long terme. On manque encore de mesure sur le long terme, étant donné la jeunesse de ce type d'investissement.

Il faut également signaler le développement de toute une branche de la finance, la finance du carbone, liée aux enjeux des gaz à effet de serre. Le projet BlueNext s'inscrit dans ce type d'activités.

La dématérialisation, qui consiste à faire passer les flux de documents entre organisations d'un support d'information papier à un support d'information électronique (ce terme est peu approprié car en réalité la dématérialisation ne supprime pas le fait qu'on utilise de la matière avec un support d'information électronique) est souvent présentée, y compris par les spécialistes du développement durable, comme un avantage du point de vue environnemental, car elle supprimerait la consommation de papier. En fait, on se rend compte que le « zéro papier » est un mythe. Une analyse qualitative des avantages et des inconvénients de la dématérialisation en termes de développement durable montre en effet que les choses ne sont pas si simples. En particulier, ce processus n'améliore pas la qualité environnementale des produits.

L'informatisation massive de l'économie depuis une cinquantaine d'années nous a fait passer dans une économie dite de l'immatériel, dans laquelle l'augmentation des flux de gestion pilotés par l'informatique s'est accompagnée d'une augmentation parallèle des flux de biens marchands, donc des quantités de ressources naturelles consommées.

Concilier développement durable et systèmes d'information n'est pas aisé, car les systèmes d'information ne sont généralement pas pensés pour le long terme. Tant les matériels que les logiciels sont généralement conçus pour une durée d'utilisation de quelques années. D'autre part, les systèmes d'information d'entreprise ont été conçus selon une logique essentiellement comptable et financière. Ils se sont structurés autour de la comptabilité générale, avec des progiciels de gestion intégrés, et ils ont longtemps ignoré les critères extra-financiers du développement durable. Les éditeurs de progiciels de gestion intégrés commencent à proposer des offres de mise en conformité réglementaire.

Les initiatives sur l'application des principes de développement durable en informatique concernent le plus souvent le recyclage du matériel informatique et la consommation électrique.

Mais le problème réellement posé par le développement durable est celui du partage de l'information environnementale et sociale entre les entreprises et administrations, ainsi qu'avec leurs parties prenantes. Les systèmes d'information actuels sont très hétérogènes et n'ont le plus souvent pas été conçus pour gérer une information à caractère sociétal. Ainsi, les exigences de développement durable nécessitent de structurer les informations utiles pour la gestion des programmes concernés, et plus particulièrement pour la gestion des données et la structuration de réseaux de compétence.

Le Royaume-Uni a mis en place une régulation publique de l'information environnementale. La France mise sur l'effet de la loi sur les nouvelles régulations économiques pour réguler l'économie.

Avec la mise en place de programmes de développement durable dans les entreprises et d’agendas 21 dans les collectivités territoriales, s’est posé, à partir de 2002, la question de la « communication sur le développement durable ». Autrement dit, comment sensibiliser l’opinion au développement durable, impliquer les professionnels, et parfois convaincre les décideurs ?

Le développement durable reste un concept pouvant être décliné selon de nombreux axes : ses fondements peuvent être vus comme étant philosophiques et/ou scientifiques, ses applications touchent tout autant le droit que les technologies de pointe ou la gouvernance . Le tableau ci-dessous présente les domaines dans lequel le développement durable est appliqué, ainsi qu'une liste des articles associés.

Comme tous les concepts, le développement durable trouve aussi ses limites. En effet, la société capitaliste, dans laquelle nous sommes, a su redistribuer les dividendes de la production à l'économie (sous la forme de ré-investissements) et au social (hausse du revenu des salariés) pendant toute son existence. La balance entre ces deux pôles s'est réalisée au gré de l'évolution économique, des équilibres économiques et des convictions politiques des dirigeants. Mais comment prendre en compte l'environnement dans cette balance ?

Une contestation sémantique sur le terme même de développement durable a existé depuis l'apparition du terme dans le rapport Brundtland, et certains préfèrent parler de développement soutenable : ainsi, lors de la première traduction en français du rapport Brundtland, c'est le terme « développement durable » qui est retenu, tandis que lors de la seconde traduction - par Les Éditions du Fleuve - c'est le terme « développement soutenable » (traduction littérale de l'anglais « sustainable development ») qui est utilisé, à la demande de la Commission mondiale sur l'environnement et le développement (note de l'éditeur, page IX). Les tenants du terme « durable » insistent quant à eux sur la notion de durabilité (cohérence entre les besoins et les ressources globales de la Terre sur le long terme) plutôt que sur l'idée d'une recherche de la limite jusqu'à laquelle la Terre sera capable de nourrir l'humanité.

Le terme de « développement durable » est également critiqué pour le flou qui l'entoure. Luc Ferry écrit ainsi : « Je sais que l'expression est de rigueur, mais je la trouve si absurde, ou plutôt si floue qu'elle ne dit rien de déterminé. » Et Luc Ferry d'ajouter que le terme est en fait l'évidence, en raisonnant par l'absurde : « qui voudrait plaider pour un « développement intenable » ! Évidemment personne ! L'expression chante plus qu'elle ne parle.».

Enfin, la définition classique du développement durable issue de la commission Brundtland (1987) peut apparaître à certains dépassée. En effet, il ne s'agit aujourd'hui plus de viser, comme il y a une vingtaine d'années, la satisfaction des besoins lointains de générations futures. C'est la satisfaction actuelle des besoins qui est maintenant compromise par les crises environnementales et sociales que connaît le XXIe siècle. Il ne s'agit plus d'anticiper les problèmes mais de les résoudre. Le développement durable pourrait alors laisser place à la notion de "développement désirable" qui regroupe l'ensemble des solutions économiquement viables aux problèmes environnementaux et sociaux que connaît la planète. Ce nouveau mode de développement, facteur de croissance économique et d'emplois, serait une véritable "économie verte", basée sur l'économie sociale et solidaire, l'éco-conception, le biodégradable, le bio, la dématérialisation, le réemploi-réparation-recyclage, les énergies renouvelables, le commerce équitable, la relocalisation...

Le concept rencontre des critiques à plusieurs niveaux. Ainsi, John Baden (en) considère que la notion de développement durable est dangereuse car débouchant sur des mesures aux effets inconnus et potentiellement néfastes. Il écrit ainsi : « en économie comme en écologie, c'est l'interdépendance qui règne. Les actions isolées sont impossibles. Une politique insuffisamment réfléchie entraînera une multiplicité d'effets pervers et indésirables, tant au plan de l'écologie qu'au plan strictement économique. ». À l'opposé de cette notion, il défend l'efficacité de la propriété privée pour inciter les producteurs et les consommateurs à économiser les ressources. Selon Baden, «l'amélioration de la qualité de l'environnement dépend de l'économie de marché et de la présence de droits de propriété légitimes et garantis ». Elle permet de maintenir l'exercice effectif de la responsabilité individuelle et de développer les mécanismes d'incitation à la protection de l'environnement. L'État peut dans ce contexte «créer un cadre qui encourage les individus à mieux préserver l'environnement», en facilitant la création de fondations dédiées à la protection de l'environnement.

Le développement durable est également critiqué en ce qu'il peut n'être qu'un outil des pays du Nord contre les pays en développement : La géographe et spécialiste du Tiers-Monde Sylvie Brunel estime que les idées de développement durable peuvent servir comme paravent aux idées protectionnistes des pays du Nord pour empêcher le développement par le commerce des pays du Sud. Pour Sylvie Brunel, le développement durable « légitime un certain nombre de barrières à l'entrée ». En offrant ainsi un prétexte au protectionnisme des pays développés, « le sentiment que donne le développement durable, c'est qu'il sert parfaitement le capitalisme ».

Enfin, les tenants de la décroissance considèrent que le terme de développement durable est un oxymore puisque les ressources naturelles sont finies et non infinies.

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Forum de l'agriculture raisonnée respectueuse de l'environnement

Le réseau Forum de l'agriculture raisonnée respectueuse de l'environnement (FARRE) est une association française interprofessionnelle sans but lucratif créée en 1993. Elle a pour vocation de faire connaître les avantages de l'agriculture raisonnée et de contribuer à sa généralisation. Farre est agréé association de protection de l'environnement (au titre des articles L. 141-1 et R. 252-1 à R. 252-29 du code de l'environnement). Farre est membre du réseau européen EISA (European initiative for sustainable development in agriculture).

Autour d’un réseau de fermes de rencontre, Farre regroupe près de 1000 membres représentant des domaines très divers (les agriculteurs, le développement et le syndicalisme agricole, l’agrofourniture, l’industrie agro-alimentaire et la distribution, les banques et assurances, l’environnement...).

L'association nationale Farre participe activement à la protection de l'environnement et au développement durable en agriculture. Farre est agréée association nationale de protection de l'environnement.

Elle est également un lieu de promotion et a pour objectif d’informer sur l’intérêt de la qualification agriculture raisonnée. Elle multiplie pour cela les actions à destination des agriculteurs, des consommateurs et des citoyens : participation aux salons agricoles, aux évènements environnementaux (Journée de la Terre, Journée de la Biodiversité, Semaine du développement durable...), et échanges avec les associations de consommateurs (programme mené conjointement en 1999 et 2000 avec UFC-Que Choisir sur "la sécurité sanitaire, les qualités et les modes de production de demain"). Farre collabore également avec d'autres associations de protection de l'environnement (France nature environnement, Ligue pour la protection des oiseaux...).

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Hydro-Québec

Logo de Hydro-Québec

Hydro-Québec est une société d'État québécoise fondée en 1944. Son unique actionnaire est le gouvernement du Québec. Elle est responsable de la production, du transport et de la distribution de l’électricité au Québec. Son siège social est situé à Montréal.

Avec ses 57 centrales hydroélectriques et une centrale nucléaire, Hydro-Québec est le principal producteur d'électricité au Canada. La puissance installée de ses installations s'établissait à 35 647 mégawatts (MW) en 2007.

Dans les années qui ont suivi la Grande Dépression des années 1930, des voix s'élèvent au Québec en faveur d'une intervention du gouvernement dans le secteur de l'électricité. Les reproches se multiplient à l'endroit du « trust de l'électricité » : leurs tarifs sont considérés abusifs et leurs profits excessifs. Inspirés par la nationalisation de la production et la municipalisation de la distribution menée en Ontario par Sir Adam Beck au début du XXe siècle, des personnalités, comme Philippe Hamel et T.-D. Bouchard, proposent d'imiter la province voisine. Porté au pouvoir en 1939, Adélard Godbout est favorable aux idées des partisans de la nationalisation. Il dénonce l'inefficacité du système, dominé par des intérêts anglophones, ainsi que la collusion entre les deux principaux acteurs, la Montreal Light, Heat and Power (MLH&P) et la Shawinigan Water and Power, qu'il qualifie de « dictature économique crapuleuse et vicieuse ».

Le gouvernement Godbout dépose un projet de loi afin de prendre le contrôle de la MLH&P, qui exerce un monopole dans la grande région de Montréal. Le 14 avril 1944, l'Assemblée législative du Québec adopte une loi créant une entreprise commerciale de propriété publique, la Commission hydroélectrique de Québec, abrégé en Hydro-Québec. Elle confie à la nouvelle société le mandat de desservir la métropole québécoise aux « taux les plus bas compatibles avec une saine gestion financière », de restaurer le réseau électrique, vétuste, et de développer l'électrification des régions rurales non desservies par les entreprises existantes.

La prise de contrôle de la MLH&P survient dès le lendemain, le 15 avril 1944. La nouvelle direction se rend vite compte qu'elle doit accroître rapidement sa capacité de production si elle veut faire face à l'augmentation de la demande. Dès 1948, Hydro-Québec met en chantier la deuxième phase de la centrale de Beauharnois. Une fois ce projet terminé, elle entreprend la construction de deux centrales sur la rivière Betsiamites sur la Côte-Nord, à 700 km de Montréal. Les centrales Bersimis-1 et Bersimis-2 sont construites entre 1953 et 1959. Elles constituent un banc d'essai technique et offrent un avant-goût du développement des prochaines décennies dans le nord du Québec.

La Révolution tranquille n'interrompt pas l'aménagement de nouveaux barrages. Au contraire, elle lui apporte une impulsion nouvelle sous la gouverne de René Lévesque, qui hérite du poste de ministre responsable d'Hydro-Québec après l'élection de « l'équipe du tonnerre » de Jean Lesage. Le ministre approuve la poursuite des projets et prépare le projet de nationaliser les 11 compagnies privées qui dominent la production et la distribution dans la plupart des régions du Québec.

Le 12 février 1962, Lévesque donne le coup d'envoi à sa campagne pour la nationalisation. Dans un discours prononcé devant les représentants de l'industrie, il dénonce un « fouillis invraisemblable et coûteux ». Le ministre fait ensuite le tour du Québec pour rassurer le public et réfuter les arguments de la Shawinigan Water & Power, le principal opposant au projet. Les 4 et 5 septembre 1962, il parvient à convaincre ses collègues du gouvernement libéral d'appuyer la nationalisation pendant une réunion secrète du conseil des ministres, au camp de pêche du lac à l'Épaule. La question sera l'enjeu d'une élection générale anticipée. Le thème choisi est « Maîtres chez nous ».

Le gouvernement Lesage est réélu en novembre 1962 et René Lévesque va de l'avant : Hydro-Québec lance une offre publique d'achat et achète toutes les actions des 11 compagnies privées pour la somme de 604 millions de dollars canadiens (CAD). Presque toutes les coopératives électriques et une partie des réseaux municipaux acceptent aussi l'offre d'achat et sont fusionnés. Hydro-Québec devient ainsi le plus grand fournisseur d'électricité québécois le 1er mai 1963.

Pendant que s'organise une vaste réorganisation administrative et la standardisation des réseaux — dont la conversion des clients de l'Abitibi à la fréquence standard de 60 hertz —, la construction du projet Manic-Outardes bat son plein sur la Côte-Nord. Des milliers d'ouvriers sont à l'œuvre afin de construire les sept centrales du complexe, dont le colossal barrage Daniel-Johnson est l'emblème. Large de 1 314 mètres, l'ouvrage en voûte et contreforts est le plus imposant au monde. La construction du complexe se terminera en 1978 avec la mise en service de la centrale Outardes-2.

Ces nouveaux grands ouvrages posent un problème qui divise les ingénieurs d'Hydro-Québec : comment transporter l'électricité, produite par des barrages situés à des centaines de kilomètres des grands centres urbains, de la manière la plus économique possible ? L'ingénieur Jean-Jacques Archambault propose de construire des lignes à 735 kilovolts (kV), une tension beaucoup plus élevée que celles qui sont généralement utilisées à cette époque. Archambault persiste et convainc ses collègues. Son projet inédit monopolise les efforts d'Hydro-Québec et de quelques-uns des plus grands fournisseurs internationaux de matériel à haute tension et la première ligne du réseau à 735 kV a été mise en service le 29 novembre 1965,.

Dès 1963, Hydro-Québec négocie la construction d'une centrale hydroélectrique aux chutes Churchill, au Labrador, avec la British Newfoundland Corporation Limited (Brinco), un consortium de banques et d'industriels. Hydro-Québec a acquis une participation minoritaire dans ce projet lors de la nationalisation de la Shawinigan Water & Power et de ses filiales. Après des années de négociations, les parties concluent une entente définitive le 12 mai 1969. En vertu de l'entente, Hydro-Québec achète la quasi-totalité de l'électricité produite pendant 65 ans à un quart de cent le kilowattheure (kWh) et partage les risques financiers du projet en échange d'une participation de 34,2 % dans le capital de la société propriétaire de l'ouvrage, la Churchill Falls (Labrador) Corporation Ltd (CF(L)Co.). La centrale de Churchill Falls, d'une puissance installée de 5 428 MW, effectue ses premières livraisons à Hydro-Québec le 6 décembre 1971 et la mise en service sera complétée en 1974. Au lendemain du premier choc pétrolier, le gouvernement de Terre-Neuve est scandalisé par les prix prévus au contrat. Il rachète la participation de Brinco dans CF(L)Co. en juin 1974 et insiste pour renégocier le contrat. S'amorce alors une bataille judiciaire qui se terminera à deux reprises devant la Cour suprême du Canada. La cour tranche en faveur d'Hydro-Québec les deux fois, en 1984 et en 1988,.

Un an après son élection en 1970, le nouveau premier ministre Robert Bourassa lance le projet qui lui permettra d'atteindre son objectif de création de 100 000 nouveaux emplois. Le 30 avril 1971, il annonce, devant les membres du Parti libéral du Québec, qu'il demandera à Hydro-Québec de construire un complexe hydroélectrique dans la Jamésie, région de la baie James. Après avoir évalué les options disponibles, le gouvernement et Hydro-Québec optent l'année suivante pour la construction de trois centrales sur la Grande Rivière : LG-2, LG-3 et LG-4.

En plus des difficultés techniques et logistiques que posent un projet de cette envergure dans une région sauvage et éloignée, le président de la Société d'énergie de la Baie James, Robert A. Boyd, doit faire face à l'opposition des 5 000 résidents cris du territoire, qui craignent les conséquences qu'auront le projet sur leur mode de vie traditionnel. En novembre 1973, les Cris obtiennent une injonction qui arrête temporairement les travaux. L'opposition des autochtones forcera le gouvernement Bourassa à négocier un compromis avec les résidents.

Après plus d'un an de négociations, les gouvernements du Québec et du Canada, Hydro-Québec, la Société d'énergie de la Baie James et le Grand Conseil des Cris signent la Convention de la Baie-James et du Nord québécois, le 11 novembre 1975. La convention accorde une compensation financière aux communautés cries touchées, leur concède la gestion des services de santé et d'éducation en échange de la poursuite des travaux.

À la pointe des travaux, plus de 18 000 travailleurs œuvrent sur les chantiers de la Baie-James. Inaugurée le 27 octobre 1979, la centrale souterraine LG-2, d'une puissance totale de 5 616 MW, est la plus puissante de son genre au monde. La centrale, le barrage et le réservoir seront renommés en l'honneur de Robert Bourassa quelques jours après le décès de ce dernier, en 1996. La construction de la première phase du projet est complétée par la mise en service de LG-3 en juin 1982 et de LG-4 au début de 1984,. Une seconde phase du projet, comprenant l'aménagement de quatre centrales supplémentaires, sera réalisée entre 1987 et 1996.

Après deux décennies de croissance soutenue, la fin des années 1980 et les années 1990 seront difficiles pour Hydro-Québec, qui doit faire face à plusieurs controverses environnementales. Un nouveau projet d'aménagement hydroélectrique et la construction d'une ligne à haute tension destinée à l'exportation vers la Nouvelle-Angleterre se heurtent à l'opposition de groupes autochtones et environnementaux canadiens et américains.

Afin d'exporter l'électricité de la Baie-James vers la Nouvelle-Angleterre, Hydro-Québec se propose de construire une ligne de transport d'électricité à courant continu de 450 kV, le « réseau multiterminal à courant continu ». La ligne, d'une capacité de 2 000 MW et longue de 1 200 km, doit relier les centrales de la Baie-James au Massachusetts. La construction de la ligne se déroule généralement sans incident, sauf à l'endroit où les câbles à haute tension doivent traverser le fleuve Saint-Laurent, entre Grondines et Lotbinière. Afin de contourner le problème, Hydro-Québec doit construire un tunnel de 4 km sous le fleuve, au coût de 144 millions CAD. Cette ligne sous-fluviale a nécessité de deux ans et demi de travail. Elle a été mise en service le 1er novembre 1992,.

Hydro-Québec et gouvernement Bourassa auront toutefois beaucoup plus de difficultés dans le Nord du Québec. Annoncé en 1986, le projet Grande-Baleine prévoit la construction de trois centrales hydroélectriques sur la Grande rivière de la Baleine. Ce projet de 12,6 milliards CAD aurait eu une puissance installée de 3 160 mégawatts et devait produire 16 300 kWh d’énergie annuellement à sa mise en service, en 1998-1999.

Le projet suscite immédiatement la controverse. Comme en 1973, les Cris du Nord du Québec s'opposent au projet. Ils intentent des recours judiciaires contre Hydro-Québec, au Québec, au Canada et dans plusieurs États américains, afin d'arrêter la construction ou de stopper les exportations d'électricité québécoise vers les États-Unis,. Les Cris obtiennent du gouvernement fédéral qu'il mène des processus d'évaluation environnementaux distincts, afin d'étudier la construction du complexe. Les dirigeants cris s'allient aussi à des groupes écologistes américains et lancent une campagne de relations publiques attaquant le projet Grande-Baleine, Hydro-Québec et le Québec en général. La campagne menée tambour battant aux États-Unis et en Europe, exaspère les groupes écologistes québécois, qui ont adopté une position plus nuancée,.

La campagne connaît cependant du succès dans l'État de New York et force la New York Power Authority à annuler un contrat de 5 milliards USD, signé avec Hydro-Québec en 1990. Deux mois après son élection, en 1994, le nouveau premier ministre Jacques Parizeau annonce la suspension du projet de Grande-Baleine, affirmant qu'il n'est pas nécessaire pour répondre aux besoins énergétiques du Québec.

Le moratoire imposé aux nouveaux projets hydroélectriques dans le Nord-du-Québec après l'abandon du projet Grande-Baleine force la direction d'Hydro-Québec à envisager d'autres solutions pour combler l'augmentation de la demande. En septembre 2001, Hydro-Québec annonce qu'elle veut construire une centrale thermique au gaz naturel à cycle combiné, le projet du Suroît. Hydro-Québec fait valoir cette nouvelle centrale est essentielle à la sécurité des approvisionnements québécois en raison des aléas de l'hydraulicité de ses réservoirs, qu'elle est rentable et qu'elle peut être construite en deux ans.

Cependant, le projet arrive au moment où s'engage le débat sur la ratification par le Canada du protocole de Kyoto. Avec des émissions prévues de 2,25 millions de tonnes de dioxyde de carbone par année, la centrale du Suroît aurait augmenté les émissions totales du Québec de près de 3 %. Face à l'impopularité du projet — un sondage mené en janvier 2004 indique que 67 % des personnes interrogées s'y opposent —, le gouvernement de Jean Charest abandonne le Suroît en novembre 2004.

Hydro-Québec doit aussi lutter sur un autre front. La nature s'acharne contre le réseau de transport de la société, qui subit trois grandes pannes en dix ans. Ces incidents mettent en relief le talon d'Achille du réseau électrique québécois : les grandes distances séparant ses installations de production des principaux centres de consommation.

Le 18 avril 1988 à 2 h 05, tout le Québec, une partie de la Nouvelle-Angleterre et du Nouveau-Brunswick, sont plongés dans le noir en raison d'un bris d'équipement dans un poste de transport sur la Côte-Nord, point de passage obligé de l'électricité qui transite entre les chutes Churchill, et Manicouagan. La panne, qui a duré jusqu'à huit heures par endroits, a été causée par une accumulation de glace sur les équipements du poste Arnaud.

Moins d'un an plus tard, le 13 mars 1989 à 2 h 44, une importante éruption solaire entraîne de brusques variations du champ magnétique terrestre, qui provoquent le déclenchement des mécanismes de protection des lignes de transport d'électricité, isolant le réseau de la Baie-James et entraînant une panne d'électricité générale, qui dure plus de neuf heures. Cette panne a forcé Hydro-Québec à prendre des mesures pour réduire les risques que posent les éruptions solaires.

En janvier 1998, cinq jours consécutifs de pluie verglaçante dans le sud du Québec provoquent la plus grave panne de courant de l'histoire d'Hydro-Québec. Le poids de la glace accumulé sur les lignes de transport et de distribution cause l'écroulement de 600 km de lignes de transport et de 3 000 km de lignes de distribution dans le sud du Québec et plonge 1,4 million d'abonnés dans le noir pour des périodes variant de quelques heures à près de cinq semaines.

Une partie de la Montérégie, surnommée le « triangle noir » par les médias et la population, est particulièrement affectée par la crise du verglas, en raison d'accumulations de glace dépassant les 100 mm. Les abonnés de l'île de Montréal et de l'Outaouais souffrent aussi de l'interruption de service qui prend une importance particulière puisque la majorité des ménages québécois se chauffent à l'électricité. Immédiatement, Hydro-Québec mobilise toutes ses équipes et demande des renforts des entreprises de service public de l'est du Canada et des États-Unis, auxquels s'ajoute un contingent des Forces armées canadiennes. Plus de 10 000 travailleurs rebâtissent le réseau, pylône par pylône. Au plus fort de la crise, le 9 janvier 1998, l'île de Montréal n'est plus alimentée que par une seule ligne à haute tension. Le gouvernement prend la décision de couper temporairement l'électricité au centre-ville de Montréal afin de maintenir l'approvisionnement en eau potable de la métropole.

Le service sera finalement rétabli le 7 février 1998. La tempête a entraîné des coûts directs de 725 millions CAD pour Hydro-Québec au cours de l'année 1998 et plus d'un milliard CAD ont été investis au cours des 10 années suivantes afin de renforcer le réseau contre des événements similaires. Toutefois, une partie des travaux de l'opération de « bouclage » du réseau à 735 kV, autorisée sans évaluation environnementale préalable pendant la crise, s'est rapidement heurtée à l'opposition des citoyens du Val Saint-François, en Estrie, qui obtiennent l'annulation des décrets autorisant la construction. Après l'adoption d'une loi et la tenue d'audiences publiques sur le projet, la construction de la ligne Hertel-Des Cantons sera finalement autorisée en juillet 2002 et mise en service l'année suivante.

Le 7 février 2002, le premier ministre Bernard Landry et le chef du Grand Conseil des Cris, Ted Moses, signent une entente qui permet la construction de nouveaux aménagements hydroélectriques dans le Nord québécois. La Paix des Braves précise les dispositions de la Convention de la Baie-James et du Nord québécois et prévoit le versement d'une compensation de 4,5 milliards CAD sur 50 ans à la nation crie, des régimes particuliers en matière de gestion de la faune et de la forêt, en plus de garantir que les entreprises et travailleurs cris pourront obtenir une partie des retombées économiques des projets à venir.

En échange, les Cris acceptent la relance des projets de construction dans la région La centrale Eastmain-1 — autorisée par le gouvernement dès mars 1993 — et la dérivation partielle de la rivière Rupert vers le réservoir Robert-Bourassa peuvent donc être aménagés, sous réserve de certaines dispositions en matière de protection de l'environnement et du milieu social.

Les travaux de construction de la première centrale, d'une puissance de 480 MW, ont débuté dès le printemps 2002 avec l'aménagement d'une route de 80 km reliant le chantier au poste de la Nemiscau. En plus de la centrale, construite sur la rive gauche de la rivière, le projet a nécessité l'érection d'un barrage de 890 m de longueur sur 70 m de hauteur, de 33 digues et d'un évacuateur de crues. Les trois groupes turbines-alternateurs de centrale Eastmain-1 ont été mis en service au printemps 2007. La centrale produit annuellement 2,7 TWh.

Ces projets s'inscrivent dans la stratégie énergétique 2006-2015 du gouvernement du Québec. Le document prévoit lancer 4 500 MW de nouveaux projets hydroélectriques, intégrer 4 000 MW d'énergie éolienne, augmenter les exportations d'électricité et les cibles des programmes d'efficacité énergétique.

Comme la plupart des entreprises d’électricité de même taille en Amérique du Nord, qui ont été fortement affectées par la déréglementation des marchés de l'électricité initiée aux États-Unis dans le milieu des années 1990, Hydro-Québec a adopté une séparation des fonctions de production, de transport et de la distribution électrique.

La division de transport d'électricité, TransÉnergie, a été la première à être restructurée dès 1997, en réponse à l'ordonnance 890 de la Federal Energy Regulatory Commission américaine. La restructuration a été complétée en 2000, par l'adoption du projet de loi 116, loi modifiant la Loi sur la Régie de l'énergie et d'autres dispositions législatives, qui consacrait la division fonctionnelle entre les activités de production, de transport et de distribution.

Cette séparation fonctionnelle et l'adoption d'un « tarif patrimonial » faisaient écho à une étude menée pour le compte du gouvernement Bouchard par la firme Merrill Lynch. L'étude, rendue publique en janvier 2000, avait pour objectif de « proposer des avenues de déréglementation de la production d'électricité », de manière compatible avec les tendances continentales, tout en respectant un « pacte social québécois », comprenant l'uniformité des tarifs sur l'ensemble du territoire, la stabilité des tarifs et le maintien « des bas tarifs d'électricité, notamment dans le secteur résidentiel ».

La nouvelle loi oblige la division Production d'Hydro-Québec — celle qui exploite les centrales électriques — à fournir un volume maximal annuel de 165 térawattheure (TWh) d'énergie et les services accessoires, comprenant une provision pour pertes de 13,9 TWh, et une puissance de pointe garantie de 34 342 MW — à un prix fixe de 2,79 cent le kWh, le tarif patrimonial. Hydro-Québec Distribution doit acheter l'électricité excédentaire, soit environ 8,2 TWh en 2007, auprès d'autres fournisseurs en se la procurant auprès des bourses d'énergie voisines, en signant des contrats de gré à gré avec des petits producteurs, par des appels d'offres privilégiant une source d'énergie particulière ou par des campagnes d'efficacité énergétique. Hydro-Québec Distribution a, par exemple, lancé deux appels d'offres pour acheter des blocs de 1 000 et 2 000 MW d'électricité produite par des éoliennes, en 2003 et 2005. Le début des livraisons de cette énergie a commencé en 2006 et s'étendra jusqu'en décembre 2015.

Les divisions TransÉnergie et Distribution sont soumises à la Régie de l'énergie du Québec, où elles doivent déposer et faire approuver leurs budgets, les dépenses d'immobilisation (dépassant 10 millions CAD) et les augmentations des tarifs de distribution résidentielle, commerciale et industrielle ainsi qu'au service de transport de gros.

La division Production de l'entreprise n'est pas soumise à la réglementation de la Régie de l'énergie. Elle doit cependant soumettre des études d'impact environnemental détaillées pour tous les projets de construction de nouvelles centrales électriques. Ces études sont suivies d'un processus d'audiences publiques dirigé par le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement, qui remet un rapport au gouvernement.

La Société d'énergie de la Baie James (SEBJ), filiale fondée en 1971, a réalisé notamment le développement du complexe La Grande, dans le Nord du Québec, qui fournit près de la moitié de l’électricité produite au Québec. Pour sa part, l'Institut de recherche d'Hydro-Québec (IREQ) a acquis une réputation internationale depuis sa création en 1967, par des innovations en lien avec la complexité du réseau québécois ; ses laboratoires sont situés à Varennes et à Shawinigan.

En 2007, Hydro-Québec compte 23 369 employés. C'est le plus important employeur d'ingénieurs au Québec et en compte 2 060 dans ses rangs.

Au cours de l'exercice financier terminé le 31 décembre 2007, Hydro-Québec a enregistré un bénéfice net de 2 907 M CAD, en baisse de 22,3 % par rapport à l'exercice précédent. Il est à noter toutefois que le bénéfice de l'exercice 2006 avait été gonflé par la vente d'actifs détenus à l'étranger, dont la société Transelec au Chili qui a rapporté à elle seule un gain de 917 M CAD. L'entreprise a enregistré un rendement des capitaux propres de 15 % en 2007.

Les produits ont augmenté de 11 % en 2007, pour se chiffrer à 12 330 M CAD. Les charges se sont élevées à 6 936 M CAD, une hausse de 784 M CAD sur l'année précédente qui s'explique en partie par l'augmentation des achats de combustible et l'imposition, par le gouvernement du Québec, d'une nouvelle redevance sur les ressources hydrauliques.

L'entreprise gère des actifs de 64,852 milliards CAD, dont 53,228 milliards d'actifs corporels. Sa dette à long terme s'établit à 34,534 milliards, pour un taux de capitalisation de 37,5 % en 2007. Les emprunts et obligations d'Hydro-Québec sont garantis par le gouvernement du Québec ; les titres à long terme d'Hydro-Québec sont cotés Aa2 stable par Moody's, AA- stable par Fitch Ratings et A+ par Standard & Poor's.

En 2007, Hydro-Québec a versé un dividende de 2 095 M CAD à son seul actionnaire, le gouvernement du Québec. Au cours de la période 2003-2007, la somme des dividendes versés au gouvernement s'est élevé à 7,9 milliards CAD.

En 1981, le gouvernement du Parti québécois redéfinit le rôle social d'Hydro-Québec en modifiant les termes du pacte social de 1944. Le gouvernement s'émet 43 millions d'actions ordinaires d'une valeur de 100 dollars canadiens chacune et la nouvelle loi habilitante prévoit qu'Hydro-Québec devra désormais verser la moitié de son bénéfice net en dividendes.

Ce changement dans la loi lancera un débat sur l'opportunité de privatiser totalement ou partiellement Hydro-Québec, une idée qui revient sporadiquement dans l'actualité québécoise depuis les années 1980. Depuis quelques années, l'économiste Marcel Boyer et l'homme d'affaires Claude Garcia, tous deux associés à l'Institut économique de Montréal (IEDM), un think tank d'obédience néo-libérale, s'en font les champions, invoquant ce qu'ils considèrent être un manque de rigueur de la gestion de la société et la possibilité pour le Québec de payer une partie de la dette publique avec les produits de la vente de l'entreprise d'électricité,.

Sans aller aussi loin que l'IEDM, l'ancien chef de l'Action démocratique du Québec, Mario Dumont, a brièvement évoqué la vente d'une partie du capital-actions d'Hydro-Québec au public québécois, lors de la campagne électorale de 2008.

Les propositions des partisans de la privatisation reçoivent peu d'écho dans le public et le gouvernement a rappelé à plusieurs reprises qu'il n'était pas question de privatiser la société d'État.

Comme plusieurs économistes, Yvan Allaire de HEC Montréal croit plutôt qu'une augmentation marquée des tarifs d'électricité accroîtrait le dividende versé annuellement au gouvernement sans qu'il soit nécessaire de privatiser l'entreprise.

D'autres, comme le chroniqueur Bertrand Tremblay du Quotidien de Saguenay, considèrent que la privatisation serait une dérive vers l'époque où les ressources naturelles du Québec étaient exportées en vrac à bas prix. « Cette exploitation de notre potentiel hydraulique et forestier a fait, longtemps, du Québec, une république de bananes. De puissants intérêts étrangers, avec la complicité de rapaces locaux, exportaient ainsi les emplois rattachés à la mise en valeur de nos ressources naturelles ».

Des universitaires de gauche comme Léo-Paul Lauzon et Gabriel Sainte-Marie de l'UQAM prétendent, chiffres à l'appui, que la privatisation représenterait une perte nette pour les citoyens, qui paieraient des tarifs beaucoup plus élevés. Le gouvernement y perdrait aussi au change, en trahissant le pacte social qu'il a signé avec les Québécois lors de la nationalisation en plus de se priver d'un actif de premier choix contre une faible réduction de la dette publique,.

Le parc de centrales électriques d'Hydro-Québec Production comprenait, au 31 décembre 2007, quelque 56 centrales hydroélectriques — dont 12 d'une puissance de plus de 1 000 MW — et 26 grands réservoirs. Ces installations sont concentrées dans 13 des 430 bassins versants que compte le Québec, dont le fleuve Saint-Laurent et les rivières aux Outardes, Betsiamites, des Outaouais, La Grande, Manicouagan et Saint-Maurice. Ces unités de production fournissent l'essentiel de l'électricité produite par la société.

Une centrale nucléaire, quatre centrales thermiques et un parc éolien s'ajoutent au parc de centrales hydrauliques, pour une puissance installée totale de 35 500 MW en 2007.

La division Production achète également la majeure partie de la production de la centrale des Chutes Churchill au Labrador (5 428 MW), en vertu d'un contrat à long terme qui arrivera à échéance en 2041.

Le 13 mars 2009, Hydro-Québec s'est portée acquéreur de la participation de 60 % que détenait AbitibiBowater dans la centrale hydroélectrique McCormick (335 MW), située à l'embouchure de la rivière Manicouagan, près de Baie-Comeau, pour la somme de 615 millions CAD.

En 2007, les approvisionnements d'Hydro-Québec provenaient très largement de sources hydrauliques (92,33 %). Les émissions atmosphériques de dioxyde de carbone (21 390 tonnes/TWh) de dioxyde de soufre (74 tonnes/TWh) et d'oxyde d'azote (35 tonnes/TWh) étaient de 12 à 17 fois inférieures à la moyenne de l'industrie dans le nord-est de l'Amérique du Nord. L'énergie importée est responsable de la presque totalité de ces émissions.

Reconnue comme un chef de file mondial en matière de construction et d'exploitation de réseaux électriques à très haute tension,,, TransÉnergie exploite le plus grand réseau de transport d'électricité en Amérique du Nord. Elle gère les mouvements d'énergie sur le réseau et assure un accès non discriminatoire aux participants des marchés de gros,.

La politique d'accès non discriminatoire permet par exemple à Nalcor de vendre une partie de son bloc d'énergie de la centrale de Churchill Falls sur les marchés de l'État de New York depuis mars 2009, en utilisant les installations de transport d'Hydro-Québec TransÉnergie, moyennant le paiement d'un frais de transit,.

De plus, la direction Contrôle des mouvements d'énergie (CMÉ) de TransÉnergie a reçu le mandat de coordonner la fiabilité de l'ensemble des réseaux électriques sur le territoire du Québec, en vertu d'une entente bilatérale entre la Régie de l'énergie du Québec et la Federal Energy Regulatory Commission des États-Unis.

Son réseau de lignes à haute tension, d'une longueur de 33 008 km, dont 11 422 km à 765 et 735 kV, compte 509 postes de transformation. Il est relié aux réseaux voisins du Canada et des États-Unis par 18 interconnexions, d'une capacité maximale de 9 575 MW en importation et de 7 100 MW en exportation.

Le réseau de transport d'électricité de TransÉnergie fonctionne de manière asynchrone avec ses voisins. Même si le courant alternatif utilise la même fréquence au Québec que dans le reste de l'Amérique du Nord (60 hertz), il n'est pas en phase avec le reste du continent. TransÉnergie utilise donc des convertisseurs de type dos à dos pour exporter ou importer de l'électricité.

Cette particularité du réseau québécois a permis à Hydro-Québec de maintenir le service — à l'exception de cinq centrales de l'Outaouais qui étaient directement branchées sur le réseau ontarien — pendant la panne de courant nord-américaine du 14 août 2003 alors que 50 millions de personnes dans les réseaux voisins de l'Ontario et du nord-est des États-Unis étaient privées d'électricité.

Une nouvelle interconnexion, dotée de convertisseurs de type dos à dos de 1 250 MW, est présentement en construction au poste Outaouais à L'Ange-Gardien, près de la frontière de l'Ontario. L'interconnexion et une nouvelle ligne de transport à 315 kV construite dans le cadre du projet entreront en service au cours de l'année 2010.

Le réseau de transport de TransÉnergie se caractérise aussi par les longues distances qui séparent les centres de production des marchés de consommation. Par exemple, le poste Radisson achemine la production des centrales de la Baie-James vers Nicolet et la région de Montréal, à plus de 1 200 km au sud.

En 2007, TransÉnergie a investi la somme de 778 millions CAD dans des projets d'immobilisations, dont 338 millions au seul titre de l'expansion de son réseau. En plus de l'interconnexion avec l'Ontario, l'entreprise désire aussi construire une nouvelle liaison à courant continu d'une capacité de 1 200 MW entre le poste Des Cantons en Estrie et le New Hampshire. Cette ligne, qui sera construite en collaboration avec deux distributeurs d'électricité américains, NStar et Northeast Utilities, doit d'abord recevoir l'autorisation des autorités réglementaires du Québec et des États-Unis. Elle pourrait entrer en service en 2014.

La division Distribution d'Hydro-Québec est responsable de la vente au détail de l'électricité à la clientèle québécoise. Elle exploite un réseau de 109 618 km de lignes à moyenne et basse tension partout au Québec, à l'exception des territoires d'une dizaine de réseaux de distribution municipaux — Alma, Amos, Baie-Comeau, Coaticook, Joliette, Magog, Saguenay, Sherbrooke et Westmount — et d'une coopérative électrique, celle de Saint-Jean-Baptiste de Rouville.

Elle s'approvisionne principalement à partir du bloc d'électricité patrimoniale fourni par Hydro-Québec Production, les besoins excédentaires étant comblés par des contrats à long terme signés auprès de fournisseurs privés au terme de processus d'appel d'offres, des achats à court terme sur les marchés voisins. En dernier recours, Hydro-Québec Distribution peut recourir aux services d'Hydro-Québec Production en cas de besoins imprévus. Les différents contrats d'approvisionnement doivent être soumis pour approbation à la Régie de l'énergie du Québec, qui en tient compte lors de la fixation des tarifs.

Jusqu'à présent, Hydro-Québec a signé un contrat de cogénération au gaz naturel (507 MW en 2003), trois contrats de cogénération à la biomasse forestière (47,5 MW en 2004-2005), 10 contrats de production éolienne (2 994 MW en 2005 et 2008) ainsi qu'un contrat d'énergie cyclable et de base avec Hydro-Québec Production (600 MW en 2002).

Hydro-Québec Distribution est également responsable de produire l'électricité requise par les réseaux autonomes alimentant les communautés et villages nordiques qui ne sont pas reliés au réseau principal. Elle opère 24 centrales thermiques au diesel et une centrale hydroélectique sur la Basse-Côte-Nord, aux Îles de la Madeleine, en Haute-Mauricie et dans le Nunavik.

La division Hydro-Québec Équipement agit comme maître d'œuvre des chantiers de construction majeurs d'Hydro-Québec, à l'exception des travaux réalisés sur le territoire couvert par la Convention de la Baie-James et du Nord québécois de 1975, qui sont confiés à une autre filiale, la Société d'énergie de la Baie James.

Après une pause dans les années 1990, Hydro-Québec a relancé ses activités de construction de nouvelles centrales au début du XXIe siècle, avec les projets SM-3 en 2004 (884 MW), Toulnustouc en 2005 (526 MW), Eastmain-1 en 2007 (480 MW), Péribonka (385 MW) et Mercier en 2008 (50,5 MW), Rapides-des-Cœurs (76 MW) et Chute-Allard (62 MW) en 2009.

À la Baie-James, deux autres centrales, Eastmain-1-A (768 MW) et Sarcelle (125 MW), ainsi que la dérivation partielle de la rivière Rupert vers le réservoir Robert-Bourassa, sont en construction en 2009 et devraient entrer en service d'ici 2011.

La construction d'un complexe de quatre aménagements hydroélectriques sur la rivière Romaine (1 550 MW) devrait débuter à l'été 2009. Les centrales devraient être complétées et mises en service entre 2014 et 2020.

Dans son discours inaugural de mars 2009, le premier ministre du Québec, Jean Charest, a annoncé l'intention de son gouvernement de développer le potentiel hydroélectrique d'une autre rivière de la Côte-Nord, la Petit-Mécatina.

Depuis 1967, Hydro-Québec investit dans la recherche et le développement. En plus de financer la recherche universitaire, elle est la seule entreprise d'électricité en Amérique du Nord à s'être dotée de son propre centre de recherche, l'Institut de recherche d'Hydro-Québec (IREQ) de Varennes, sur la Rive-Sud de Montréal. Ce centre, fondé par l'ingénieur Lionel Boulet, se spécialise dans les domaines de la haute tension, de la mécanique et de la thermomécanique, la simulation de réseaux et de l'étalonnage.

Les recherches des scientifiques et ingénieurs de l'IREQ ont notamment permis de prolonger la vie des barrages, d'améliorer la performance des équipements, d'automatiser la conduite du réseau et d'augmenter la capacité de transport de certaines lignes à haute tension.

Un autre centre de recherche, le Laboratoire des technologies de l'énergie (LTE), de Shawinigan en Mauricie, a été inauguré en 1988 afin d'adapter et de développer de nouveaux produits et procédés améliorant l'efficacité énergétique de sa clientèle.

Certaines de ces inventions, dont le concept de moteur-roue électrique, ont frappé l'imaginaire des Québécois,. Hydro-Québec a été critiquée pour ne pas avoir tiré profit du modèle présenté par l'ingénieur et physicien Pierre Couture en 1994,. L'héritier du moteur-roue est commercialisé par une filiale, TM4, qui s'est associée au groupe Dassault et au manufacturier Heuliez dans le développement d'un véhicule électrique, la Cleanova. Des prototypes ont été construits en 2006.

La direction d'Hydro-Québec a annoncé en 2009 que son moteur avait été choisi par Tata Motors et la firme danoise Miljø pour équiper une version de démonstration de son modèle Indica Vista, qui sera testé en Norvège,.

Les chercheurs de l'IREQ travaillent également sur le développement de nouvelles technologies dans le domaine des batteries pour la voiture électrique. Les recherches sont orientées vers des technologies qui accroîtraient l'autonomie des véhicules, amélioreraient les performances par temps froid et réduiraient le temps de charge.

Hydro-Québec prend le tournant international en 1978. Avant cette date, l'entreprise avait pour seules missions le développement énergétique et le soutien du développement économique au Québec. Une nouvelle filiale, Hydro-Québec International, est créée avec le mandat d'offrir le savoir-faire de l'entreprise à l'étranger dans ses domaines de compétence — la distribution, la production et le transport de l'électricité. La nouvelle entité s'appuie sur l'expertise de la maison-mère, qu'elle soit technique, financière ou humaine.

Au cours des 25 années qui ont suivi, Hydro-Québec a été particulièrement active à l'extérieur de ses frontières avec des participations dans des réseaux de transport d'électricité et des centrales électriques : Transelec au Chili, Cross Sound Cable aux États-Unis, le réseau Consorcio Transmantaro au Pérou, Hidroelectrica Rio Lajas au Costa Rica, Murraylink en Australie et la centrale de Fortuna au Panama.

La société d'État québécoise a brièvement détenu une participation de 17 % dans le capital de la SENELEC, lorsque l'État sénégalais a décidé de la vendre à un consortium dirigé par la société française Elyo, filiale du Groupe Suez Lyonnaise des Eaux, en 1999. La transaction a été annulée l'année suivante.

La même année la filiale internationale d'Hydro-Québec faisait l’acquisition d’une participation de 20 % dans la Meiya Power Company en Chine pour la somme de 83 millions CAD, une participation qu'elle a détenue jusqu'en juillet 2004. Hydro-Québec a aussi participé à titre de consultant dans plusieurs développements hydroélectriques à travers le monde. Des représentants de la société ont été impliqués indirectement dans la construction du barrage des Trois-Gorges, offrant de la formation aux ingénieurs chinois dans les domaines de la gestion, les finances et l'hydraulicité des barrages.

La direction d'Hydro-Québec s'est graduellement retirée du marché international entre 2003 et 2006, réussissant à revendre à profit ses participations dans des entreprises étrangères. Les profits nets de ces transactions ont été versés au Fonds des générations.

Comme toutes les activités humaines, la construction d'installations de production, de transport et de distribution d'électricité a des impacts sur l'environnement. Les activités d'Hydro-Québec ont des impacts sur les milieux naturels où sont construites ses installations ainsi que sur les habitants de ces régions. En outre, la création de nouveaux réservoirs transforme le mercure présent dans les plantes en méthylmercure, qui remonte la chaîne alimentaire, augmente temporairement les émissions de gaz à effet de serre des étendues d'eau transformées en réservoirs et provoque l'érosion des berges.

De plus, la construction d'aménagements hydroélectrique a des conséquences sur le milieu humain dans lequel il est implanté, qu'il s'agisse des obstacles à la navigation, de la teneur en mercure de certaines espèces de poisson pêchées dans les réservoirs, de la perte potentielle d'artefacts permettant de retracer la présence humaine sur le territoire ou des conséquences sociales et culturelles du désenclavement des populations autochtones vivant près des installations.

La prise en compte graduelle des externalités environnementales a débuté à Hydro-Québec dès le début des années 1970. L'adoption de la Loi québécoise sur la qualité de l'environnement, en 1972, l'abandon du Projet Champigny, qui prévoyait la construction d'une centrale à réserve pompée dans la vallée de la Jacques-Cartier, en 1973 et le processus de négociation entre les gouvernements, Hydro-Québec et les populations cries qui a conduit à la signature de la Convention de la Baie-James et du Nord québécois en 1975, forcent l'entreprise à revoir ses façons de faire.

Afin de répondre aux préoccupations environnementales, Hydro-Québec se dote d'un comité de protection de l'environnement en 1970 et d'une Direction environnement le 1er septembre 1973. Elle a pour mandat d'étudier et de mesurer les impacts environnementaux des activités de l'entreprise, de préparer des études d'impact, de proposer des mesures d'atténuation sur les nouveaux projets et les aménagements existants ainsi que de mener des recherches dans ces domaines, en collaboration avec des chercheurs universitaires.

L'entreprise a mis en place un réseau de surveillance et de suivi environnemental des impacts du complexe La Grande qui, depuis 1978, fournit une multitude de données sur les milieux nordiques. Les 30 premières années de recherche dans la région de la Baie James ont permis de confirmer que la teneur en mercure dans la chair des poissons augmente de 3 à 6 fois pendant de 5 à 10 ans qui ont suivi la mise en eau des réservoirs, et qu'il redescend à un niveau normal après 20 à 30 ans. Ces résultats confirment des études similaires menées au Canada, aux États-Unis et en Finlande. Par ailleurs, il est possible de réduire l'exposition au mercure des populations qui consomment une alimentation riche en poissons par des programmes d'information sans pour autant changer radicalement leur régime alimentaire, mais en évitant certaines espèces.

Par ailleurs, les installations étudiées par Hydro-Québec indiquent que le milieu terrestre environnant n'a pas subi d'effet négatif, à l'exception de certaines espèces sédentaires noyées lors de la mise en eau. Les populations d'espèces migratrices ont profité du milieu stable qu'offrent les réservoirs, « au point qu’il a fallu accroître la chasse, notamment celle au caribou ».

L'étude des émissions de gaz à effet de serre (GES) a permis de déterminer qu'elles augmentent de manière significative durant les quatre années qui suivent la mise en eau d'un réservoir, pour ensuite se stabiliser à un niveau proche de la moyenne au bout de 10 ans. L'énergie produite dans les centrales du projet de la Baie-James est responsable d'émissions brutes de l'ordre de 33 000 tonnes équivalent CO2 par térawattheure. Hydro-Québec affirme que ses centrales hydroélectriques émettent 35 fois moins de GES que les centrales au gaz naturel et 70 fois moins que celles au charbon.

L'autre grand sujet de préoccupation environnementale concerne les résidants historiques des régions affectées par les développements hydroélectriques, les Innus de la Côte-Nord, et les Cris et Inuits dans le Nord-du-Québec. Les développements hydroélectriques des années 1972 à 1995 ont accéléré un mouvement de sédentarisation de la population autochtone qui était déjà amorcé. Les nouveaux services sociaux et d'éducation gérés par les communautés en vertu de la Convention de la Baie-James et du Nord québécois et le remplissage initial des réservoirs, qui a inondé certains territoires traditionnels de trappage ou de pêche, figurent parmi les principales raisons de l'accélération de cette sédentarité.

Le changement a été tellement rapide que les communautés autochtones, en particulier les Cris, « ont fini par s'apparenter de plus en plus à la société industrialisée du sud ». Un phénomène semblable a été observé après la construction de routes ou de centrales hydroélectriques près de communautés isolées du Canada et de la Scandinavie. On note cependant une certaine aggravation des problèmes sociaux entraînés par l'augmentation du chômage, consécutif à la fin des travaux de construction, dans les années 1990.

Après le fort mouvement d'opposition populaire au projet de construction de la centrale thermique du Suroît et l'abandon définitif du projet en novembre 2004, Hydro-Québec, sous la gouverne de son nouveau PDG, Thierry Vandal a réaffirmé l'engagement de l'entreprise en faveur de l'efficacité énergétique, de l'hydroélectricité et du développement de nouvelles technologies électriques, dès son entrée en fonction en 2005. Depuis cette époque, Hydro-Québec communique régulièrement ses trois critères de décision pour ses nouveaux développements hydroélectriques : la rentabilité, l'acceptabilité environnementale et l'accueil favorable des collectivités concernées.

Enfin, Hydro-Québec adhère à différentes initiatives de développement durable depuis la fin des années 1980. Son approche dans ce domaine repose sur trois principes : le développement économique, le développement social et la protection de l'environnement. Depuis 2007, elle participe au système Global Reporting Initiative, qui encadre la diffusion de la performance en matière de développement durable au niveau international. L'entreprise emploie 250 spécialistes et gestionnaires dans le domaine de l'environnement et elle a mis en place un système de gestion environnemental répondant à la norme ISO 14001.

À la fin de l'année 2007, Hydro-Québec comptait 3 868 972 clients regroupés en trois grandes catégories : résidentiel et agricole (tarif D), commercial et institutionnel (tarif G) et industriel (tarifs M et L). La catégorie Autres regroupe notamment les systèmes d'éclairage public.

La dizaine de tarifs de distribution sont établis annuellement par la Régie de l'énergie après des audiences publiques. La tarification est basée sur les coûts de fourniture du service, qui incluent l'amortissement sur les immobilisations, une provision pour l'entretien des installations, la croissance de la clientèle et un profit économique.

Les tarifs sont uniformes sur l'ensemble du territoire québécois et sont établis en fonction du type de consommateur et du volume de consommation. Tous ces tarifs varient en bloc, afin de protéger l’interfinancement qui s’opère notamment entre les clients résidentiels, commerciaux et industriels.

Après une période de gel tarifaire du 1er mai 1998 au 1er janvier 2004, les tarifs ont augmenté à 7 reprises entre 2004 et 2009. Les tarifs d'Hydro-Québec figurent néanmoins parmi les plus bas en Amérique du Nord.

La consommation moyenne des abonnés résidentiels et agricoles de la société, qui s'établit à 17 019 kWh par année, est relativement élevée en raison de l'utilisation de l'électricité pour le chauffage dans 68 % des résidences. Hydro-Québec estime que le chauffage est responsable de plus de la moitié de la consommation électrique d'une résidence au Québec.

Cette préférence pour le chauffage électrique rend la demande d'électricité plus imprévisible, mais offre aussi certains avantages environnementaux. Malgré le climat très froid en hiver, les résidences québécoises ne sont responsables que de 5,5 % (4,65 Mt éq. CO2) des émissions de gaz à effet de serre au Québec en 2006. Durant la période allant de 1990 et 2006, les émissions du secteur résidentiel au Québec ont chuté de 30 %.

La consommation d'électricité des résidences fluctue d'une année à l'autre en fonction des aléas du climat. Toutefois, les pointes de consommation sur le réseau d'Hydro-Québec surviennent toujours l'hiver. Le record de consommation a été battu le 16 janvier 2009 à 7 heures du matin, avec une demande en puissance de 37 220 MW. La température enregistrée à Québec lors de la pointe record était de -31,8 °C.. Le record précédent avait été établi le 15 janvier 2004, en raison d'une autre vague de froid. Le réseau d'Hydro-Québec avait alors enregistré une pointe de puissance de 36 268 MW.

Le tarif d'électricité résidentiel et agricole en vigueur le 1er avril 2009 comprend une redevance d'abonnement, fixée à 40,64 cent par jour, et deux niveaux de prix, en fonction de la consommation. Les 30 premiers kilowatts-heure quotidiens sont facturés à 5,45 cent/kWh, tandis que le reste de la consommation est vendue à 7,46 cent/kWh. La facture moyenne d'un abonné résidentiel s'établissait à environ 100 CAD par mois en 2008.

Le relevé des compteurs électriques s'effectue généralement tous les deux mois et les factures sont bimensuelles. L'entreprise offre à ses clients résidentiels la possibilité de répartir le montant de la facture annuelle estimée d'électricité en 12 versements égaux. L'estimation se base sur la consommation passée du domicile du client.

Depuis un siècle, le développement industriel du Québec a été stimulé par l'abondance de ressources hydrauliques. L'énergie représente une part importante des dépenses des secteurs des pâtes et papiers et de l'aluminium, deux industries établies de longue date au Québec. En 2007, les clients industriels ont consommé 73 TWh, soit 42 % de toute l'électricité vendue au Québec.

La grande industrie jouit d'un tarif plus bas que les clients domestiques et commerciaux en raison des coûts de distribution moindres. En 2008, les abonnés du tarif grande puissance, le tarif L, paient en moyenne 4,57 cent/kWh.

Le gouvernement du Québec utilise les bas tarifs d'électricité afin d'attirer de nouvelles entreprises et de consolider les emplois existants. Depuis 1974, le gouvernement se réserve le droit d'accorder ou non des nouveaux blocs de grande puissance aux entreprises qui en font la demande. Le seuil, qui était fixé à 175 MW de 1987 à 2006 a été ramené à 50 MW dans la stratégie énergétique 2006-2015 du Québec.

En 1987, les producteurs d'aluminium Alcan et Alcoa ont conclu des ententes controversées avec Hydro-Québec et le gouvernement. Ces ententes confidentielles, dites « à partage de risques », faisaient varier le prix de l'électricité en fonction de différents facteurs, dont les prix mondiaux de l'aluminium et le cours du dollar canadien. Ces ententes sont graduellement remplacées par des conventions basées sur le tarif de grande puissance.

Le 10 mai 2007, le gouvernement du Québec rendait publique une entente avec Alcan. Cet accord, qui est toujours en vigueur malgré la vente du groupe à Rio Tinto, prévoit le renouvellement des concessions hydrauliques sur les rivières Saguenay et Péribonka, le maintien des investissements, du siège social montréalais et des emplois au Québec.

Le 19 décembre 2008, Hydro-Québec et Alcoa ont signé une entente portant sur des contrats d'énergie. Cette entente, qui durera jusqu'en 2040, assure le maintien de la fourniture d'électricité aux trois alumineries d'Alcoa au Québec, situées à Baie-Comeau, à Bécancour et à Deschambault-Grondines. De plus, elle permet à Alcoa de procéder à la modernisation de son usine à Baie-Comeau et d'en augmenter sa capacité de production de 110 000 tonnes par année, pour atteindre 548 000 tonnes.

Plusieurs économistes, comme Jean-Thomas Bernard et Gérard Bélanger de l'Université Laval, contestent la stratégie gouvernementale et soutiennent que les ventes aux grands consommateurs industriels d'électricité représentent un coût trop élevé pour l'économie québécoise. Dans un article publié en 2008, les chercheurs calculent qu'un emploi dans une nouvelle aluminerie ou dans un projet d'expansion coûte entre 255 357 et 729 653 CAD par année par rapport à l'alternative qui consisterait à vendre l'électricité excédentaire sur les marchés d'exportation.

Il s'agit cependant d'un calcul contesté par l'Association des consommateurs industriels d'électricité du Québec, qui réplique en affirmant que les données de 2000 à 2006 tendent à démontrer que les prix obtenus par Hydro-Québec pour l'électricité exportée sont plus bas lorsque les quantités augmentent, et inversement. « On constate que plus on exporte, moins c'est payant », ajoute le directeur général de l'organisme, Luc Boulanger, qui explique ce phénomène par la grande volatilité des prix d'une heure à l'autre sur les marchés voisins du Québec et par les limites physiques des infrastructures de transport qui réduit la quantité maximale pouvant être exportée lors des périodes où les prix sont le plus élevés.

Hydro-Québec exporte une partie de ses surplus d'électricité vers les réseaux voisins, au Canada et aux États-Unis, en vertu de contrats à long terme et de transaction sur les bourses énergétiques de la Nouvelle-Angleterre, de l'État de New York et de l'Ontario. Deux filiales spécialisées dans le courtage d'énergie, Marketing d'énergie HQ et HQ Energy Services (U.S.), sont responsables de cette activité pour le compte de la société. En 2007, le volume des exportations s'est chiffré à 19,6 TWh et elles ont rapporté des recettes de 1,6 milliard CAD à la société publique québécoise.

Bien que la plupart des ventes soient, en 2009, des transactions à court terme, Hydro-Québec honore toujours deux contrats à plus long terme. La première entente, signée en 1990 avec un groupe de 13 réseaux électriques de l'État du Vermont, porte sur la vente ferme de 328 MW. Le contrat arrivera à échéance en 2015 et des négociations sont en cours afin de le renouveler. Les exportations d'Hydro-Québec constituent 28 % de la consommation de cet état voisin du Québec. Le second, avec le distributeur Cornwall Electric, une filiale de Fortis Inc. qui dessert 23 000 clients de la région de Cornwall en Ontario, sera en vigueur jusqu'à la fin de 2019.

La société dispose de plusieurs avantages dans ses transactions sur les marchés d'exportation. D'abord, les centrales hydrauliques avec réservoirs ne nécessitent pas de combustible, dont les coûts fluctuent régulièrement. Hydro-Québec peut donc ajuster la production en fonction de la demande, ce qui permet de vendre l'électricité à prix plus élevés le jour et d'importer la nuit, lorsque les prix sont plus faibles. Enfin, le réseau électrique québécois enregistre sa pointe annuelle en hiver à cause du chauffage, contrairement à la plupart des réseaux voisins qui connaissent une hausse marquée de la consommation l'été, en raison des besoins de climatisation des résidences et bureaux.

L'élection du président Barack Obama aux États-Unis, qui milite en faveur des énergies renouvelables, de l'instauration d'un système de droits d'émission échangeables et le développement des automobiles électriques, aura un impact sur la stratégie d'exportation d'Hydro-Québec. Malgré le succès de la stratégie actuelle de vente sur les marchés de court terme, le ministre responsable d'Hydro-Québec, Claude Béchard, a demandé, le 3 février 2009, la préparation d'un nouveau plan stratégique qui devra comprendre la ratification d'ententes fermes à long terme avec les États-Unis, comme c'était le cas lors de la mise en service du complexe de la Baie-James.

De 1944 à 1978, la haute direction d'Hydro-Québec était composée de cinq commissaires, l'un d'entre eux agissait comme président.

Suivi des modifications de l'article depuis la proposition.

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400e anniversaire de Québec

Bannières du 400e anniversaire

Le 400e anniversaire de Québec a commémoré en 2008 la fondation de la ville de Québec par Samuel de Champlain. Datant de 1608, il s'agit de la ville francophone la plus ancienne d'Amérique du Nord. Elle représente, avec l'Acadie, le berceau de l'Amérique française.

L'organisation chargée de la préparation des festivités, la Société du 400e de Québec, est présidée par Daniel Gélinas. Il succède à Roland Arpin, Raymond Garneau et Pierre Boulanger.

Les événements et les nouvelles infrastructures réalisées pour cet anniversaire mobilisent des investissements importants de la part des trois paliers de gouvernements, soit environ 155 millions de dollars canadiens. Des administrations de l'extérieur du Canada, en particulier des villes de Bordeaux et de Paris, en France (jumelées à Québec) et du gouvernement français lui-même, ont confirmé qu'ils participeraient à l'événement ; le 20 mars 2006, Jean-Pierre Raffarin est nommé président du Comité d’organisation chargé de coordonner les initiatives françaises relatives aux célébrations de 2008.

Des célébrations ont eu lieu un peu partout dans l’hémisphère nord. Au Canada : Victoria, Vancouver, Edmonton, Calgary, Winnipeg, Régina, Toronto, Ottawa, Gatineau, Montréal, Fredericton, Halifax, Charlottetown, St. John's, Whitehorse, Yellowknife, Iqaluit, en France : Paris, Bordeaux, Lyon, Reims, La Rochelle, Brouage, où est né Samuel de Champlain. Aux États-Unis : Washington, Jamestown, New York, Atlanta, Boston, Chicago, Fort Lauderdale, Lafayette, Miami. En Belgique : La Flandre, la région de Bruxelles-Capitale, la Wallonie, Namur. En Italie : Turin, Rome et Milan. Ainsi qu'à Londres et Cordoba, au Brésil, etc.

Le 300e anniversaire de Québec en 1908 avait fait l'objet de fêtes dont le niveau n'avait jamais été égalé jusqu'alors dans la ville. Les célébrations, surtout centrées sur l'histoire militaire de Québec, ont alors obtenues la visite du Prince de Galles, le futur roi Georges V., L'un des principaux legs durables fut l'aménagement des Plaines d'Abraham en vaste parc urbain.

Le 1er décembre 1998, au moment d'un second échec à la candidature de Québec pour l'organisation des Jeux olympiques d'hiver en 2010 (après celle de 2002), le maire de Québec Jean-Paul L'Allier propose de tourner les efforts de la ville vers l'organisation de grandes fêtes pour célébrer son 400e anniversaire de fondation en 2008.

La Société du 400e anniversaire de Québec est l'organisme en charge de l'organisation des fêtes et événements entourant le 400e anniversaire de fondation de la ville de Québec.

En 2007, la société compte 70 employés et 14 membres de son conseil d'administration. Jean Leclerc est le président du conseil d'administration. Daniel Gélinas, à la tête du Festival d'été de Québec, est devenu le 2 janvier 2008 le président directeur général de la Société du 400e.

Le premier président directeur général de la société du 400e anniversaire de Québec est Roland Arpin . Celui-ci démissionne en janvier 2004 pour être remplacé par Raymond Garneau. Il démissionne à son tour en novembre 2005 et cède sa place à Pierre Boulanger. Ce dernier sera congédié le 2 janvier 2008 et remplacé par Daniel Gélinas . Bien que la société du 400e anniversaire ait été critiquée à la fin de 2007 et au début de 2008 pour le spectacle du Coup d'envoi des fêtes et des allégations de conflit d'intérêt à l'organisation de l'Opéra Urbain, ce sont plutôt les relations difficiles de Pierre Boulanger avec les médias qui justifient son remplacement ,.

En quelques semaines, entre la nomination de Daniel Gélinas et la fin janvier, plusieurs responsables de la Société du 400e sont congédiés lors d'une restructuration: le directeur de la commercialisation, Jean-Louis Nadeau; le directeur de la commandite, François Côté ainsi que le producteur exécutif, Danny Pelchat. Paul Sabourin, chargé du Coup d'envoi des fêtes du 400e et du Parcours 400 ans chrono, quitte la société à la fin janvier, pour être remplacé par Jean Marois, directeur technique de la salle J.-Antonio-Thomson de Trois-Rivières et du Festival international de l'art vocal de Trois-Rivières,. Entre sa création et la fin de janvier 2008, 11 directeurs auront quitté l'organisation. Régis Labeaume, maire de Québec, Josée Verner, ministre fédérale responsable de la région et Philippe Couillard, ministre provincial responsable de la région, réitèrent alors leur support à Daniel Gélinas et affirment que l'on doit « commencer à parler positivement de cet événement ».

Les événements et les nouvelles infrastructures annoncés pour cet anniversaire mobilisent des investissements importants de la part des gouvernements : des investissements de 110 millions de dollars du gouvernement du Québec, de 40 millions de dollars du gouvernement du Canada et de 5 millions de la ville de Québec.

Le gouvernement fédéral canadien a versé environs 40 millions de dollars au budget de la Société du 400e, dont 10 millions consacrées au marketing des fêtes. De cette somme, 9 millions ont été prévus pour l'aménagement de l'Espace 400e; 6,6 millions afin de financer les fêtes du 3 au 6 juillet lors de l'anniversaire de Québec; 2,8 millions afin de financer des activités liées aux célébrations de la francophonie; 2,6 millions pour le Moulin à Images; 2,5 millions pour le spectacle du Coup d'envoi du 31 décembre 2007, 1 million pour le spectacle Le Chemin qui marche et 1 million pour d'autres spectacles.

L'organisation du 400e anniversaire avait pour objectif d'obtenir 5 millions de dollars en commandites. En novembre 2007, une somme de 3 millions de dollars avait été atteinte. Par ailleurs, un important retard est constaté dans la disponibilité d'objets souvenirs en vente dans les commerces de Québec au début janvier 2008. Seuls des t-shirts sont disponibles à cette époque dans plusieurs boutiques du Vieux-Québec; par contre, au même moment, les lignes de vêtements et de vaisselle officielle du 400e font leur apparition dans les grands magasins La Baie, Zellers et Sears de la capitale québécoise.

Dans le même esprit que le leg des Plaines d'Abraham en 1908, plusieurs aménagements majeurs et durables ont été réalisés pour 2008 à Québec.

Au Bassin Louise du Port de Québec, on aménage le point focal des fêtes du 400e anniversaire de Québec, l'Espace 400e où sont présentés des spectacles, des jardins et des expositions du 3 juin 2008 au 19 octobre 2008 . Le Centre d'interprétation du Vieux-Port de Parcs Canada est également complètement réaménagé pour devenir un centre de découverte des sites de Parcs Canada et du fleuve Saint-Laurent, pour un budget total de 24 millions de dollars canadiens,.

Durant la saion estivale, le site fait l'objet d'une animation continue. L'historien Bernard Arcand y présente ou anime 34 conférences sur différents thèmes liés à l'histoire de Québec. La scène de la Grande Place accueille des prestations d'artistes québécois et internationaux tels Ima, Marco Calliari, Les Zapartistes, We are wolves, Jérôme Minière, Tokyo police club, Maurane, Philippe Lafontaine, Michel Faubert, Daran, Bob Walsh et Yves Lambert. 2000 prestations d'artistes des arts de la rue sont programmés sur le site. Des activités quotidiennes préparées par La boîte à science et Rêves en stock sont consacrés aux enfants. Les premières nations présentent aussi des activités liés à leur culture.

Parmi les activités majeures présentées sur le site, on compte l'exposition Passagers/Passengers réalisée par Patrice Sauvé sur le thème des gens qui sont passés par Québec ou qui s'y sont établis tout au long de son histoire; la présentation de la méga-projection architecturale Le Moulin à images de Robert Lepage tous les soirs sur les silos à grain de l'entreprise Bungee ainsi que les Jardins éphémères, onze jardins thématiques conçus et réalisés par des artistes du Québec, du reste du Canada, de France, des États-Unis et du Royaume-Uni.

La France a formé un comité français du 400e de Québec, présidé par Jean-Pierre Raffarin, Premier ministre français de 2002 à 2005. Les célébrations, qualifiées de rendez-vous mondial par celui-ci, commandent des investissements chiffrées entre 12 et 24 millions de dollars canadiens. Il s'agit de l'engagement le plus important de la France pour un événement célébré à l'extérieur de son territoire.

La teneur de la contribution française fera l'objet d'une longue réflexion. Dès 2003, le maire de Québec Jean-Paul L'Allier expose un projet architectural monumental, la Place de France, qui aurait été proposé à la France comme leg pour le 400e anniversaire de la ville. Ce projet aurait constitué en un grand escalier reliant la basse-ville et la haute-ville de Québec en passant par quatre paliers, représentant chacun cent ans d'histoire de la ville. À la base, un grand parc aurait été aménagé, et l'escalier aurait été surplombé par un monument haut de 45 mètres constitué de 4 tiges de métal évoquant à la fois la tour Eiffel et un tipi amérindien, au sommet duquel aurait été formé une fleur de lys. Sis près de l'autoroute Dufferin-Montmorency et de l'Assemblée nationale du Québec, le coût du projet était évalué à 23 millions de dollars canadiens.

Ce projet est cependant mal reçu par une partie de la population et par l'opposition au conseil municipal de Québec; refusant d'agir sans un consensus qui ne viendra pas au conseil, le premier ministre québécois Jean Charest et le ministre responsable de la région de Québec au gouvernement provincial, Sam Hamad, ne l'appuieront pas financièrement. Le 16 septembre 2004, Jean-Paul L'Allier renonce au projet.

Des rencontres préliminaires furent également effectuées afin d'évaluer la possibilité que le départ du Tour de France cycliste se fasse à Québec en 2008. Le projet, mené par l'ex-cycliste et homme d'affaire Louis Garneau, représentait cependant une logistique difficile et des coûts importants. Cette idée est donc abandonnée à la fin 2004. Cependant, la présentation d'un critérium international de 3 jours à Québec par le Tour est envisagée.

Un autre événement programmé pour le 14 juillet 2008, un spectacle extérieur de 2008 choristes, 1004 québécois et 1004 français, sera abandonné faute d'un financement adéquat.

D'autres contributions françaises aux fêtes sont cependant retenues. La première, estimée à 2,4 millions de dollars canadiens, est un réaménagement des espaces d'accueil (rez-de-chaussée et mezzanine) du Musée de l'Amérique française. Ces nouveaux espaces sont partagés avec le Centre de la francophonie des Amériques. Franklin Azzi et Paul-Armand Grether en sont les architectes. . La mise en lumière de l'extérieur du bâtiment a été confiée à Patrick Rimoux, sculpteur-lumière. Le programme de la participation française comporte également une grande exposition venue de Paris, présentée au Musée de la Civilisation, en collaboration avec l'Organisation internationale de la Francophonie "le musée du quai Branly à Québec. Regards sur la diversité culturelle".

Plusieurs manifestations culturelles seront réalisées en collaboration entre les comité québécois et français du 400e. Le Salon international du livre de Québec aura pour thème la littérature française et francophone, avec la participation particulière d'éditeurs et d'auteurs de l'hexagone. Du 5 juin au 26 octobre, le Musée du Louvre a prêté 276 de ses œuvres au Musée national des beaux-arts du Québec, dans une exposition intitulée "Le Louvre à Québec - Les arts et la vie". Elle a reçu plus de 460 000 visiteurs. Un "Festival du film français" a permis de présenter de mars à juillet 2008 en collaboration avec Unifrance et la SODEC 9 films en avant-premières, avec la présence d'acteurs et de réalisateurs. Des collaborations avec des événements établis auront lieu: le Festival d'été international de Québec présentera de nouveaux artistes français et l'un des pavillons internationaux d'Expo Québec sera dédié à la France. Des spectacles du Cirque Plume, du Ballet de Lorraine ainsi que des Solistes de Lyon avec Bernard Tétu sont aussi prévus.

Un forum international du développement des entreprises, Futurallia, rassemblant au-delà de 1000 PME principalement canadiennes et françaises se tiendra en mai au Centre des congrès de Québec.

Par ailleurs, la ville de La Rochelle participera de façon particulière aux fêtes, en étant le point de départ de la Grande Traversée, où des dizaines de plaisanciers referont la trajectoire de Samuel de Champlain entre cette ville et Québec, après une fête le 8 mai 2008. La ville offre également une représentation géante du Livre de Champlain relatant les voyages de ce dernier. Le 8 mai, entre 50 000 et 80 000 personnes (d'après le journal Sud Ouest) se sont massées sur les bords du chenal pour dire au revoir aux 45 bateaux de la Grande Traversée et au Belem qui leur a ouvert le chemin. Rappelons que La Rochelle compte 80 000 habitants…

Selon le délégué général du Québec à Paris, Wilfrid-Guy Licari, le nombre de touristes français au Québec en 2008 devrait atteindre les 500 000 visiteurs, comparativement à une moyenne annuelle habituelle de 275 000. Au printemps 2008, les agences de voyages parisiennes ne semblent cependant pas noter un engouement particulier.

Outre la France, des événements seront organisés dans d'autres pays ou d'autres régions du Canada. La Grande-Bretagne participera aux Jardins Éphémères (des jardins à thème ne durant qu'un temps sur l'Espace du 400e) et des échanges culturels entre artistes et musées de Liverpool, capitale européenne de la culture en 2008. L'Irlande prévoit participer aux manifestations culturelles de l'Espace 400e et la communauté irlando-québécoise envisage l'érection d'un monument aux immigrés près du fleuve Saint-Laurent. Les États-Unis seront impliqués via la communauté franco-américaine de Nouvelle-Angleterre, au 400e anniversaire de Jamestown en Virginie, par la présence de la goélette Lois McClure au port de Québec et la réalisation d'un Festival Québec au Smithsonian museum de Washington. Au Canada anglais, on prévoit des prestations de l'Orchestre symphonique de Québec à Toronto et Ottawa et des événements à Calgary, Toronto et Ottawa. À Edmonton, un concert gratuit en l'honneur du 400e a déjà eu lieu le 23 juin dernier au centre Winspear où la Chorale Saint-Jean a chanté "Je te retrouve" de France-Levasseur Ouimet et d'Allan Bevan avec l'orchestre symphonique d'Edmonton.

Parmi les événements importants présentés à Québec pour son 400e anniversaire, on compte des "présentations spéciales et enrichies" du Carnaval de Québec, du Spectacle aérien international de Québec, du Red Bull Crashed Ice et du Festival d'été de Québec ainsi que le championnat mondial de hockey sur glace, le congrès eucharistique mondial, le triathlon des neiges, le rendez-vous naval de Québec et le sommet de la Francophonie. Plusieurs artistes de renom présentent des spectacles gratuits, dont Céline Dion, Paul McCartney, le Cirque du Soleil et de nombreux artistes québécois.

La semaine du 3 juillet, plusieurs spectacles commémoratifs ont lieu à Québec, dont Rencontres face au Parlement de Québec et Québec plein la rue, auquel participe plusieurs troupes internationales d'amuseurs publics.

Enfin, des manifestations particulières ont lieu dans la capitale québécoise: le Potager des visionnaires créé par Franco Dragone sur les toits du Musée de la civilisation de Québec, l'exposition Passagers/Passengers crée à l'Espace 400e dans le Port de Québec par Patrice Sauvé, l'exposition Le Louvre à Québec au Musée national des beaux-arts du Québec et, le soir du 3 juillet, le plus important feu d'artifice jamais présenté au Canada.

L'année 2008 a débuté par le spectacle d'inauguration majeur des fêtes du 400e, mis en scène par Denis Bouchard et intitulé Coup d'envoi. Le spectacle, présenté en plein-air à la place d'Youville, s'est déroulé en 45 minutes à partir de 23h15 le 31 décembre 2007. La scène est décrite comme «la plus grande scène jamais montée» par l'organisation des fêtes. Elle mesure 60 mètres (180 pieds) de long par 7,60 mètres (25 pieds) de haut sur plusieurs niveaux. De nombreux effets pyrotechniques et lasers sont utilisés; des images sont projetées sur de la neige soufflée par un canon à neige. Denis Bouchard devait aborder les thèmes de la pérennité de la langue française et de la population malgré la météo rigoureuse, de la rencontre de différents peuples à Québec et des bombardements que la ville avait encaissée.

Le spectacle compte finalement sept «mouvements». L'ouverture a été réalisée en un numéro conjoint des groupes de musique traditionnelle québécoise Les Batinses et La Bottine souriante, accompagnés par 400 «tapeux de pieds».. Les chanteuses Claire Pelletier, Florence K et Jessica Vignault interprètent par la suite plusieurs chansons ayant trait à la ville de Québec. Un chanson de rap sur les noms de rues de Québec dédiées à des saints catholiques suit. Gregory Charles, en spectacle à la salle du Théâtre Capitole, fait une participation au spectacle en traversant la place d'Youville et en interprétant la pièce Si j'avais les ailes d'un ange de Robert Charlebois. Des cracheurs de feu et des acrobates occupent la scène puis l'humoriste Stéphane Rousseau interprète un numéro avec son personnage séducteur de Rico sur le caractère latin de la ville. Bruno Pelletier, accompagné par le Chœur de Québec et Les Violons du Roy installés au Palais Montcalm, est l'interprète de la chanson 400 ans de rêves créée pour l'occasion par le parolier Marc Chabot et le compositeur Jean-Fernand Girard. Un feu d'artifice accompagne le décompte du nouvel an. Pascale Picard complète le spectacle.

On reprochera lors de la préparation cependant aux organisateurs de dévoiler trop tard le contenu du spectacle puisque moins d'un mois avant sa présentation, l'annonce officielle n'avait pas encore été effectuée. Un «kit de survie» devait être remis aux spectateurs en début de spectacle afin de participer activement au spectacle, et de l'animation devait avoir lieu sur les lieux avant 23h00.

Une foule considérablement plus importante que celle prévue par les organisateurs se présente: alors que l'on attendait 15 000 personnes, soit la capacité d'accueil de la Place d'Youville, plus de 50 000 personnes voudront assister au spectacle , ce qui entraîne des problèmes d'accès au site et le refoulement devant l'Assemblée nationale du Québec de milliers de fêtards. Malgré ce succès de foule indéniable, plusieurs reproches sont faits au spectacle (le spectacle sera rétrospectivement qualifié de « raté » après les célébrations de 2008.): une certaine désorganisation, retard de quelques minutes du décompte de fin d'année, manque d'effectifs de sécurité et de contrôle de foule, systèmes de son et visuels déficients, choix musicaux du spectacle douteux et manque de fil conducteur entre les tableaux. ,, Présenté comme un succès par les intervenants du 400e et le maire Régis Labeaume, le spectacle est tout de même apprécié de nombreux participants. L'arrivée de Daniel Gélinas à la tête du 400e est associée à une volonté d'insuffler une "énergie nouvelle" aux fêtes suite à ce demi-succès. Malgré ces critiques, le budget de 2,5 millions de dollars est respecté.

Début janvier, 150 artistes de Québec, dirigés par la directrice artistique Nancy Bernier, créent le Parcours 400 ans chrono, un parcours à grand déploiement de 0,9 km à travers la ville les 5 et 6 janvier en soirée, qui constitue la première activité du 400e en 2008. Les spectateurs peuvent circuler entre treize différents plateaux racontant, par thème, l'histoire de Québec : de la place de l'Assemblée nationale du Québec, les visiteurs traverseront le parc de l'Esplanade, la porte Kent, la maison Dauphine, l'ancien bar d'Auteuil, la porte Saint-Jean et le parc de l'Artillerie. Une allée présentent des comédiens déclamant les œuvres de poètes originaires de la ville; une autre, les citations de personnalités historiques sur Québec; des cracheurs de feu animent une station où l'on projette des images d'incendies ayant affligé Québec; une tranchée rappelant les événements ayant trait à la guerre à Québec; une projection sur la neige battue démontre les résultats du génie québécois et, finalement, une glissade vers le parc de l'Artillerie mène à une piste de danse et un bar de glace. Le parcours a un budget de 800 000 dollars canadiens, qui sera respecté ,.

Le parcours est le premier véritable succès des fêtes; 20 000 personnes l'empruntent, attendant parfois jusqu'à trois heures pour ce faire.

Le Championnat du monde de hockey sur glace est organisé au Canada pour la première fois en 2008 et présenté en collaboration par les villes de Québec et Halifax. L'événement est qualifié à la fois de succès financier, de foule, d'organisation et médiatique.

L'exposition Le Louvre à Québec - Les arts et la vie a été présentée au Musée national des beaux-arts du Québec du 5 juin au 26 octobre 2008. , Pour l'occasion, 275 œuvres du musée parisien, provenant de ses huit départements et pour la plupart normalement en expositions dans ses galeries, sont déplacées à Québec. Fait d'exception, plutôt que de seulement emprunter des œuvres au Musée du Louvre, le concept de l'exposition est d'abord imaginé par le musée national des beaux-arts du Québec. De plus, il est très rare qu'autant d'œuvres du Louvres, provenant de tous ses départements, soient déplacées pour une exposition unique.

Une exposition ayant eu lieu en 1967 à l'exposition universelle Terre des Hommes à Montréal traitait de la relation de l'homme avec l'univers, l'amour et la mort inspira le directeur du musée québécois, John R. Porter sur le thème « Les arts et la vie ». Le thème fut ensuite développé par la directrice des expositions du musée, Line Ouellet en collaboration avec les conservateurs des huit départements du Musée du Louvre.

L'exposition a reçu plus de 464 000 visiteurs en 145 jours.

Le Moulin à images est une immense projection extérieure sur la plus grande surface de l'histoire, créée par Robert Lepage et Ex Machina, sur l'histoire de Québec. Il s'agit d'un spectacle gratuit projeté au Bassin Louise du Port de Québec, projection sur les silos à grains de la Bunge offrant un écran extérieur de 30 m de haut sur 600 m de long. Il est projeté tous les soirs de 22 h à 22 h 40 du 20 juin au 24 août 2008 et de 21 h 30 à 22 h 10 du 25 août au 7 septembre 2008. Il est estimé que 600 000 spectateurs y auront assisté en 2008.

Le réalisateur Jean-Claude Labrecque a conçu et réalisé le film documentaire Infiniment Québec, qui présente des images de Québec accompagné de la musique de Jorane. Le film est coproduit par Les Productions Thalie et l'Office national du film du Canada. D'abord prévu pour durer 75 minutes et être distribué commercialement en salles, les difficultés de Christal Films obligeront Labrecque à revoir ses plans, à raccourcir le film à une durée de 52 minutes et à plutôt présenter son œuvre à la télévision de Radio-Canada et à ARTV ains que dans les salles québécoises de cinéma d'auteur, en plus de viser les festivals internationaux de cinéma. Le film est présenté en avant-première gratuitement au public dans le cadre de la journée anniversaire de la ville les 2 et 3 juillets 2008 à l'Agora du Vieux-Port avec les prestations musicales de Jorane et de l'Orchestre symphonique de Québec ainsi que la narration de Gilbert Sicotte.

Un spectacle de chant choral, organisé par l'Alliance des Chorales du Québec avec un soutien de la France, a été présenté le 18 juillet 2008 au Colisée de Québec. Intitulé Et si Québec m'était chantée..., il devait originellement rassembler 2008 choristes mais divers déboires forceront les organisateurs à ramener à la baisse ce nombre à 1400 chanteurs. 70 chorales de France, du Québec et de l'Alberta ainsi que des États-Unis unissent leurs voix pour présenter 21 chansons dont ToTEm de Martin Gravel sous la direction de David Rompré et Mon clair de lune de France Levasseur-Ouimet sous la direction de Laurier Fagnan, ainsi que des chansons comme "La basse-ville" de Sylvain Lelièvre ou "J'ai refais le plus beau voyage" que Claude Gauthier a modifié pour l'occasion.Le spectacle a lieu devant un public de 9 300 personnes. Plusieurs de ces chorales présentent en outre des prestations à l'Espace 400 e comme la Chorale Saint-Jean d'Edmonton qui, en tournée dans la province, y présentait "Elles s'appelaient Marie", une suite pour chœur originale de France Levasseur-Ouimet parlant des pionnières qui, au tournant du XXe siècle, ont quitté le Québec pour s'établir dans l'ouest canadien.

Paul McCartney présente le 20 juillet 2008 un spectacle en plein-air sur les Plaines d'Abraham. La foule est estimée à 270 000 spectateurs.

Le Carnaval de Québec présente une édition spéciale pour 2008; en particulier, le défilé de nuit a été bonifié avec des projections et marionnette géantes. Si le premier défilé dans les rues de Charlesbourg n'a pas été à la hauteur des attentes puisque le trajet ne permettait pas de présenter certaines composantes du spectacle, la deuxième édition dans la Haute-ville de Québec a finalement permis au défilé « de se retrouver dans son élément ».

Futurallia est un rendez-vous économique annuel basé à Poitiers en France. En 2008, à l'occasion des fêtes du 400e, celui-ci a eu lieu à Québec; il avait déjà été présenté dans cette ville en 2003. Dans les deux cas, PÔLE Québec Chaudière-Appalaches a été mandatée pour assurer son organisation. Plus de mille participants, soit un nombre record, sont de cette édition, dont 50 américains et 200 français. La collaboration de l'Office franco-québécois pour la jeunesse permet la présence notée d'un nombre important de jeunes entrepreneurs québécois et français de moins de 35 ans, oeuvrant surtout dans le domaine du développement durable et de l'environnement. En particulier, le symposium Québec-France, rassemblant 200 participants provenant d'entreprises, d'institutions d'enseignement et de centres de recherche, s'est concentré sur cinq thèmes (transport terrestre avancé, environnement et développement durable, aéronautique, santé et biotechnologies et technologies de la mer).

Par ailleurs, une semaine d'activités à saveur économique se sont greffées à Futurallia entre le 16 et 23 mai 2008. Ainsi se sont également tenus à Québec dans le cadre du 400e la Rencontre internationale de la francophonie économique, le déjeuner d'affaires Québec-Bordeaux, le Symposium franco-québécois sur les créneaux d'excellence et pôles de compétitivité ainsi que le Sommet Québec-New York, avec au total 2000 participants.

L'édition 2008 du spectacle aérien international de Québec a lieu les 13, 14 et 15 juin 2008. Il s'agit d'une édition spéciale du festival participant aux célébration du 400e anniversaire de Québec. L'objectif annoncé était de réunir des représentants des nations ayant marqué l'histoire de la ville : les Red Arrows de la Royal Air Force (Grande-Bretagne), les Snowbirds de la Force aérienne du Canada, les Blue Angels de la US Navy et les Thunderbirds de la US Air Force (États-Unis) ainsi que la Patrouille de France. Si le Secrétaire à la Défense des États-Unis a donné une dérogation spéciale permettant aux deux équipes acrobatiques américaines d'être présentes en même temps au même évènement aérien, la Patrouille de France a fait défection à quelques mois des événements.

Les Grands Feux Loto-Québec sont une compétition internationale d'art pyrotechnique qui a lieu annuellement au Parc de la Chute-Montmorency. En 2008, les cinq équipes nationales (Canada, États-Unis, Chine, Angleterre et Australie) en compétition doivent, avant leur programme principal, présenter une prestation de six minutes sur le thème du 400e anniversaire de Québec. De plus, le spectacle de la finale, plutôt que de présenter les meilleurs moments des spectacles des équipes nationales comme par le passé, est consacré à une prestation sur le thème de l'histoire de la ville.

Le Salon international du livre de Québec a profité du 400e anniversaire de Québec pour ajouter à son programme des activités spéciales: sa présidente d'honneur, Marie Laberge, est originaire de Québec; de nombreux autres auteurs de la ville ont été invités (André-Philippe Côté, Esther Croft, Henri Dorion, Jacques Lacoursière, Martine Latulippe, Michel Lessard, Claire Martin, Pierre Morency, Paul Ohl, Jean O'Neil, Gilles Pellerin, André Richard et Denis Vaugeois); une série de 15 spectacles littéraires sur le thème de Québec rassemblés sous le titre de Québec la muse sont présentés en différents endroits de la ville . La Festival de la BD francophone, qui est hébergée par le Salon depuis 2005, présente également des activités spéciales, dont l'exposition Québec en bande dessinée répertoriant les apparitions de la ville dans des BD .

Le 8 mai, les prémisses de l'Opéra Urbain devaient débuter à La Rochelle en France. Un enfant nommé IRO, personnage représentant les découvreurs de l'Amérique, prendrait les eaux pour aboutir à Québec le 2 juillet. Du 2 au 6 juillet, ce spectacle en plein-air présentera Québec à travers ses quatre saisons en différents lieux de la ville, particulièrement le quadrilatère du Parlement s'il est retenu, par 1500 figurants, chanteurs, comédiens et danseurs, ainsi que par des troupes d'amuseurs publics. La conceptrice de l'événement est Danielle Roy. Ce concept fut abandonné pour être remplacé par trois spectacles d'amuseurs et de chant face au Parlement de Québec.

La ville de Québec profite des fêtes pour remettre gratuitement à la population 3200 ormes, soit 400 par arrondissements, puisque l'orme est presque devenu l'arbre emblématique de la ville avec 15 000 spécimens dans les secteurs urbanisés de la ville.

La région de la Côte-de-Beaupré, située à l'est de Québec sur la rive nord du fleuve Saint-Laurent, a eu une histoire très liée à celle de Québec dès l'époque de la Nouvelle-France. Une fête champêtre dont une partie du financement était assuré par la société des fêtes du 400e était en organisation lorsqu'en février 2007 cette dernière affecta son budget au Championnat mondial de hockey afin d'éviter un déficit éventuel. Ce retrait de budget fut alors dénoncé publiquement par Henri Cloutier, préfet de la MRC. Une entente interviendra cependant en mai 2007 afin que la société finance les fêtes pour 150 000$ sur un budget total de 600 000$.

Les activités débutent le 29 août 2008 par un feu d'artifice lancé à proximité de la Basilique Sainte-Anne de Beaupré. Gregory Charles et 15 choristes présentent un spectacle à la basilique le lendemain le 30 août, tandis que le groupe Kaïn fait de même à Saint-Joachim le 31. Parmi les autres activités présentés, on compte des reconstitutions historiques et un marché agricole à la réserve nationale de faune du Cap-Tourmente ainsi que des expéditions sur le fleuve sur un navire des Croisières Le Coudrier.

La dictée du 400e de l'Université Laval est un défi lancé à la population, dont le principal mécène et le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport. Cette dictée comporte plusieurs pièges orthographiques et exceptions grammaticales. Ce n'est pas la première fois que l'Université tente de réveiller le sens orthographique des populations francophones d'Amérique. Elle s'était déjà associée, en 2007, à la « Dictée des Amériques », à laquelle s'étaient inscrits 42 872 élèves de 4e et 5e secondaire de plus de 197 écoles du Québec.

La première dictée a été composée par Jean-Marie De Koninck et porte le sujet de Pi. Elle s'est tenue le 24 janvier 2008 et elle s'intitule «Qui suis-je?». Elle a rassemblé plus de 300 personnes dans l'agora du pavillon Alphonse-Desjardins de l'Université Laval Pour la première dictée, les personnes s'étant le plus démarquées sont Micheline Bélisle, étudiante au doctorat en communication publique, avec aucune faute; Dany Roberge, étudiant au doctorat doctorat en études littéraires, avec une faute ainsi qu'Adrien Yergeau et Alexandre Morin, respectivement étudiant au baccalauréat en architecture et à la maîtrise en études internationales, avec chacun deux fautes.

La deuxième dictée a été composée par Normand Voyer, professeur, et porte le sujet de la Saint-Valentin. Elle s'est tenue le 14 février 2008 et s'est intitulé «La chimie de l'amour».

L'Office national du film du Canada (ONF) présente une programmation particulière tournée vers Québec pour son 400e anniversaire, puisque selon son président Tom Perlmutter, il s'agit de l'événement historique et culturel le plus important des dernières années au Canada. Quatre films sont présentés ayant un lien avec la ville.

L'Autre 400e est un regroupement contestataire d'individus qui aborde d'autres thèmes que ceux présentés par la société du 400e. Ils ont pour objectif de mettre de l’avant une vision populaire et critique de l’histoire de la ville de Québec en solidarité avec les peuples autochtones ; d'occuper l’espace public pour diverses activités de formation et de diffusion et de favoriser la convergence des acteurs intéressés à arrimer leurs actions et activités.

Les fêtes dans leur ensemble sont saluées comme un "énorme succès de foule et d'estime". En novembre 2008, on estimait à 8 millions le nombre total de participants aux 290 activités des festivités.

Outre les retombées économiques, les chroniqueurs notent que le succès des fêtes ont pour principale conséquence une estime et une fierté renouvelée de la population de Québec qui aurait perdu ses complexes, entre autre face à Montréal. En particulier, les échecs de deux candidatures aux Jeux olympiques d'hiver de 2002 et 2010 et le succès mitigé en 1984 des célébrations du 450e anniversaire de l'arrivée de Jacques Cartier au Québec, Québec 84, sont remplacés par la confiance des Québécois dans leur capacité d'organiser de grands événements.

Les conséquences des fêtes du 400e de Québec sur le tourisme dans les autres régions du Québec sont contradictoires. Des intervenants touristiques attribuent le lent départ de la saison touristique estivale en 2008 au déplacement des touristes vers Québec plutôt que dans les autres régions du Québec. D'autres, par contre, soulignent que les voyageurs étrangers qui vont visiter Québec en profitent pour également faire du tourisme dans le reste du Québec, ce qui permet par exemple à l'Estrie de profiter de la manne.

31 décembre 2007 : Coup d'envoi des festivité au carré d'Youville.

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Productivité

Productivité, en science économique, rapport de la production de biens ou de services à la quantité de facteurs de production ou intrants (en autres, le capital et le travail) utilisés pour produire ces biens ou services. La productivité du capital est le rapport de la valeur ajoutée au capital fixe productif en volume. La productivité du travail, le rapport de la valeur ajoutée au nombre d'heures travaillées. La productivité globale des facteurs, enfin, est le rapport de la valeur ajoutée au volume des deux facteurs capital et travail. De façon plus générale il est possible de définir la productivité comme rapport entre un extrant et un intrant (intensité énergétique du PIB, rendement par hectare d'une production agricole etc). Il s'agit donc d'une mesure de rendement.

La productivité a un rôle clef dans la compréhension de la croissance économique. Cette idée, dont sont emblématiques les thèses d'Adam Smith sur la richesse des nations (sous la forme particulière de la division sociale du travail), a un aspect tautologique, puisque le revenu par tête et le niveau de productivité dans une économie sont, a peu de choses prés, deux manières d'écrire la même chose (fraction entre la production et le nombre d'habitants). Cet aspect tautologique ne doit pas induire en erreur, il montre simplement que la productivité est immanente à la croissance.

De nombreux débats ont remis en cause les effets pervers des gains de productivité, notamment en termes d'emplois. Au XIXe siècle ces positions ont donné lieu à des mouvements de protestations allant jusqu'à des destructions de machines (le luddisme). Toutefois l'effet des gains de productivité sur l'emploi est plus complexe à évaluer. Pour s'en rendre compte il suffit de considérer que la productivité en France a été multipliée par un facteur égal à 20 au cours du XXe siècle : si les gains de productivité avaient des effets négatifs sur l'emploi, la situation de l'emploi à la fin du siècle aurait été beaucoup plus détériorée que celle effectivement constatée. En outre la corrélation entre périodes de gains de productivité et situation de l'emploi supporte plutôt la thèse d'un effet bénéfique des gains de productivité. Ce point de vue est cependant contrebalancé par l'observation d'une tendance historique à la réduction de la durée du temps de travail annuel par individu employé (de 3100 heures par an en 1835 à 1650 heures de nos jours en France) ou au long de la vie (interdiction du travail des enfants, études longues et systèmes de retraite). Ainsi si "l'emploi" (nombre de personnes en activité ayant un emploi) est maintenu la quantité d'heures travaillées par personne au long de la vie a très fortement diminué en même temps que l'augmentation de sa productivité.

La recherche de la productivité par action sur l’efficience relève de l’analyse de la valeur et de la gestion de la qualité, et de l’utilisation intelligente du temps travaillé..

La productivité est un ratio obtenu en divisant la production par l'un des facteurs de production employé pour l'obtenir. On peut ainsi calculer la productivité du travail, la productivité du capital, des investissements, des matières premières, etc. Le terme productivité employé seul sous-entend le plus souvent « productivité du travail ».

Il existe également une notion de productivité globale des facteurs (PGF), qui vise a synthétiser la productivité d'ensemble du processus de production. Cette variable mesure approximativement le progrès technique.

On peut mesurer également la productivité par quantité d'énergie utilisée ou la productivité d'une unité de production ou d'une chaîne de production.

La productivité du travail est définie comme la production (en termes de quantité de biens ou de services produits) obtenue pour chaque unité du facteur de production « travail » utilisé.

Par exemple, si le travail est mesuré en nombre d’heures travaillées, la productivité sera égale au ratio entre la quantité produite sur une période temporelle (un jour, une semaine, une année) et le nombre total d’heures travaillées par les employés pendant cette période.

Le gain de productivité se mesure comme la différence entre deux productivités à deux dates données. Ce gain peut être évalué en valeur absolue (gain absolu par travailleur) ou en valeur relative (taux de variation exprimé en pourcentage). Le gain de productivité est un surplus qui peut être distribué aux salariés (hausse des salaires, prime, promotion, baisse de la durée du travail...), à l'entreprise (augmentation des fonds propres, financement des investissements), aux actionnaires (hausse des dividendes) ou aux consommateurs (baisse des prix). La hausse de la productivité est due à plusieurs facteurs : l'organisation du travail, la motivation, la performance du matériel, l'environnement de l'entreprise, le climat social, l'expérience et la qualification, la responsabilité et la confiance...Pour les économistes, le terme "technologie" est souvent utilisé, dans un sens large, pour englober tout ce qui détermine la productivité.

Traditionnellement, on considère que les gains de productivité possibles ne sont pas aussi importants selon les secteurs. En particulier ils sont faibles dans certains services. Ce qu'avait déjà constaté Adam Smith en donnant l'exemple des coiffeurs, et qu'a généralisé l'économiste William Baumol, sous l'appellation « maladie de Baumol ». Certains services sont toutefois susceptibles de connaître des gains de productivité importants notamment du fait de l'informatisation.

On considère que la productivité est un concept qui s'applique bien aux produits standardisés à qualité constante (blé, acier, container) et moins biens aux produits où l'innovation est constante (informatique). La productivité s'applique mieux à l'agriculture et l'industrie qu'aux services et ce pour deux raisons. Le service rendu n'est pas assimilable à un nombre d'actes (nombre de visites médicales, de cours donnés) et la productivité physique est difficile à évaluer. Le coût des services est fonction du coût salarial et toute augmentation du coût salarial transmise dans les prix apparaît comme une augmentation de la productivité en valeur.

Les effets d'un gain de productivité en termes de développement durable sont très difficiles à évaluer.

Notons tout d'abord que, dans une approche économique néoclassique, la productivité est évaluée par rapport aux seuls facteurs de production capital et travail, mais qu'elle ignore la quantité de ressource naturelle employée pour la production des biens ou des services. Ceci est la conséquence de modèles économiques qui ont été élaborés à l'origine au XIXe siècle (école néoclassique), alors qu'on ne connaissait pas de limite à l'exploitation des ressources naturelles. Aujourd'hui, la situation est bien différente, puisque nous savons que nous allons vers un épuisement des énergies fossiles et de diverses matières premières, ce qui se traduit par le fait que l'empreinte écologique globale de l'humanité dépasse la capacité de la Terre à renouveler les ressources naturelles.

Ainsi, lorsque la productivité augmente, en général, pour une même quantité de capital et de travail, la quantité de ressource naturelle utilisée pour la production des biens ou des services augmente, ce qui peut avoir des effets négatifs en termes de développement durable sur le pilier environnemental, sauf si l'entreprise fait appel au recyclage.

Si la productivité du travail augmente, le nombre d'heures travaillées pour une même quantité de production diminue, ce qui signifie que, soit la durée du travail diminue, sans impact social négatif, soit le nombre d'emplois diminue dans l'entreprise, ce qui peut avoir des effets négatifs en matière sociale (chômage), soit la production augmente et la consommation de ressource naturelle s'accroît avec un effet négatif sur le pilier environnemental du développement durable (sauf en cas de recyclage). Un autre cas peut se produire, si l'entreprise choisit de délocaliser la production dans une région à faibles salaires, mais la multiplication de telles opérations conduit à exporter le modèle occidental dans les pays dits émergents, avec des conséquences négatives sur le plan du développement durable.

Donc un gain de productivité peut avoir des conséquences négatives en termes de développement durable, ces conséquences pouvant être modérées par la généralisation du recyclage, ou le remplacement des emplois de production de biens dans l'industrie par des emplois dans le secteur tertiaire moins consommateurs de ressources naturelles.

Les concepts de DPO et de ProMES ont été développés.

La motivation des employés est importante pour augmenter leur productivité.

L’amélioration de la productivité, certes liée au progrès technique, dépend aussi du processus de production du système considéré, et des procédés de fabrication.

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Publicité

Cet autobus témoigne du caractère envahissant mais aussi créatif et joyeux de la publicité dans notre environnement quotidien.

La publicité est une forme de communication, dont le but est de fixer l'attention d’une cible visée (consommateur, utilisateur, usager, électeur, etc.) pour l'inciter à adopter un comportement souhaité : achat d'un produit, élection d'une personnalité politique, incitation à l'économie d'énergie, etc.

La publicité, « action de rendre public » ou « état de ce qui est public » a pris le sens moderne d'« ensemble des moyens utilisés pour faire connaître au public un produit, une entreprise industrielle ou commerciale » vers 1830. Cette date lie donc le développement de la publicité à celui de l'industrialisation et à l'essor des marchés de grande consommation.

La « pub » (l'apocope est devenue un synonyme à part entière) n'est pas limitée aux biens de consommations ou aux services. Elle peut aussi promouvoir des hommes ou des femmes, vanter un lieu touristique, une organisation gouvernementale ainsi que des événements sportifs ou culturels. La publicité peut viser des changements de comportement ou la promotion de valeurs considérées comme positives ou bénéfiques au niveau de la société, mettre en garde contre les drogues, inciter au respect de l'environnement, ou encore promouvoir la prévention routière.

« Ni science ni art », la publicité est une technique largement empirique qui emprunte à l'économie, à la sociologie et à la psychologie, qui teste ses intuitions via des panels et des études de marché. La créativité en est le cœur mais elle n'est pas un art. La gratuité et l'objectivité lui font défaut. Si elle peut le devenir, ça n'est pas le but premier de son commanditaire qui cherche, lui, en premier lieu, à faire passer un message (vendre, inciter, faire agir...).

La majorité des auteurs rapprochent ou assimilent la publicité à un phénomène de propagande propre aux sociétés contemporaines,,,,,,,. Au sein de la société, elle augmente les échanges et accélère la diffusion des nouveaux produits ou des innovations technologiques et elle représente un poids économique très important. De nombreuses législations nationales préviennent ses dérives potentielles. Les produits toxiques ou dangereux pour la santé se voient interdire de publicité dans certains pays (le tabac, par exemple) alors que parallèlement la réglementation protège certaines catégories de personnes, les enfants en particulier, en interdisant la publicité pornographique et en encadrant rigoureusement la publicité qui leur est destinée.

La publicité est une activité aussi vieille que le commerce, sous la forme des enseignes et des annonces sur le champ de foire. La Révolution industrielle change le monde du commerce. Le 16 juin 1836, Émile de Girardin fait insérer pour la première fois dans son journal, la Presse, des annonces commerciales, ce qui lui permet d’en abaisser le prix, étendre le lectorat et optimiser la rentabilité. La formule, révolutionnaire est immédiatement copiée. La publicité média est née.

L'affiche, donne au début du XXe siècle des réalisations qui atteignent l'état d'œuvre d'art avec Jules Chéret, Henri de Toulouse-Lautrec, Cassandre, Leonetto Cappiello, etc.

Avec la radio, la publicité exploite le répertoire de la chanson et met au point l'association entre un slogan oral et un visuel (comme le célèbre « Dubo, Dubon, Dubonnet »). Le XXe siècle ouvre également l'ère de campagnes publicitaires coûteuses, que seuls des groupes importants peuvent se payer (spots radios puis, surtout, spots télé) et qui leur donne un avantage important sur des concurrents plus petits (car, même si son coût est très élevé, la publicité de masse est infiniment moins chère par contact avec le consommateur). La publicité devient un élément crucial de la compétitivité ; une bonne publicité peut assurer la fortune de l'entreprise tandis qu'une campagne ratée met en jeu sa survie.

Jusque dans les années 1970, le marketing est peu impliqué dans la stratégie publicitaire, laissant libre cours à la création, avec parfois des dérives. C'est dans cette décennie que se recentre la publicité autour du produit ou service qu'elle promeut, avec le développement d'idées comme le positionnement ou la notoriété et l'apparition d'outils fiables pour mesurer les retombées publicitaires.

En France, la loi Sapin votée en décembre 1992 entame une grave crise dans le monde de la communication. Les agences publicitaires avaient pour habitude de réaliser de très fortes marges à l'insu de leurs clients sur les achats d'espace qu'ils réalisaient. La loi Sapin met au grand jour cette méthode pernicieuse, les clients découvrent jusqu'à quel point ils ont été trompés, la relation de confiance agence publicitaire-annonceur s'effondre en même temps que les revenus des agences.

Le shockvertising est une pratique publicitaire de plus en plus utilisée, tandis que les campagnes deviennent parfois mondiales.

Outre les annonceurs, les agences et les « consommateurs » de la publicité, divers acteurs interviennent comme les instituts de sondage pour affiner, via des études de marché la compréhension du marché, pour valider le positionnement du produit et tester l'efficacité de la publicité en phase de finalisation. L'investissement de sommes parfois colossales incite à s'assurer de l'adéquation et de la perception du message publicitaire avant sa diffusion.

Typiquement, la réalisation des spots publicitaire est le fait de sociétés de production qui réalisent les films, l'impression des affiches ou des dépliants, le fait d'imprimeurs, etc.

L'annonceur, dans le langage publicitaire désigne l'entreprise qui cherche à promouvoir son produit. Les dépenses de publicité sont très concentrées. En France, en 1987, mille annonceurs représentaient 90% des dépenses totales de publicité et vingt annonceurs seulement 15% de ce même total au premier rangs desquels les constructeurs automobiles Renault et Peugeot, suivis de Procter & Gamble qui était alors le premier annonceur au niveau mondial.

La très grande majorité des annonceurs sont des entreprises commerciales cherchant à accroitre la notoriété de leur marque et la vente de leurs produits. Mais la publicité sert aussi à lever des fonds pour financer les activités des associations caritatives, aux musées et autres institutions culturelles afin d'augmenter leur fréquentation. Elle sert aussi aux gouvernements pour promouvoir des thèmes ardus dont les médias parlent mal ou peu, protection routière, promotion du patrimoine, promotion de l'égalité professionnelle entre les hommes et les femmes, etc.

Moins visibles au grand public, l'industrie et les sociétés de service qui vendent à des sociétés tierces, ont elles aussi besoin de se promouvoir et de faire connaître à leurs clients l'avantage compétitif dont ils disposent. C'est l'objet de la publicité business to business.

Une agence est un organisme composé de spécialistes chargés, pour le compte des annonceurs, de la conception, de l'exécution et du contrôle des actions publicitaires.

Le secteur des agences-conseils est oligopolistique et dominé par cinq acteurs de poids au niveau mondial. Dans son édition de 1993, Le Publicitor notait : « les cinq premiers groupes d'agences ont aujourd'hui une part de marché qui correspond à 2/3 du marché mondial. Les vingt premières enseignes représentent 90% du marché mondial. » Suite au mouvement de concentration du secteur, dans les années 1990 et 2000, la tendance n'a fait que se renforcer, Saatchi and Saatchi, alors numéro deux mondial a été racheté par Publicis Groupe qui a aussi absorbé le numéro douze d'alors, Leo Burnett Worldwide ; Young and Rubicam, alors septième fait désormais partie de WPP Group, tout comme Grey Global Group, alors numéro neuf.

Omnicom Group est le leader avec 12,7 milliards de dollars US de marge commerciale, talonné par WPP Group, avec 6,2 milliards de livres sterling. Ces deux leaders sont suivis de loin par Interpublic Group qui affiche 6,55 milliards de dollars de marge, Publicis Groupe qui communique 4,7 milliards d'euros de marge , Dentsu, peu présente à l'international et néanmoins cinquième mondiale avec 348 milliards de yen et Havas avec 1,5 milliard d'euros de marge.

L'agence fait intervenir ses différents départements dans le processus de création et d'exécution d'une campagne publicitaire : le département commercial, en contact avec le client, le planning stratégique, qui recherche la meilleure adéquation entre la marque et les cibles visées par l'annonceur, le département créatif, en charge de la conception graphique ou audiovisuelle des annonces, et le département média, notamment pour l'achat d'espace.

Le département média ou l'agence média, quant à lui, achète soit directement aux différents médias soit par l'intermédiaire de centrales d'achat d'espace.

L'omniprésence de la publicité dans la civilisation moderne a suscité l'intérêt d'un public de plus en plus nombreux. Cette attirance pour les « pubs » cultes est due à la nostalgie provoquée par les publicités anciennes, reflet d'une époque (les amateurs de réclames antérieures aux années 1960 sont connus depuis longtemps, mais le phénomène s'observe désormais pour des publicités plus récentes, celles des années 1980 en particulier) ; à la participation d'artistes réputés (Emir Kusturica, David Lynch, Blanca Li...) à la réalisation de publicités ; au star system, les célébrités du sport et du spectacle qui posent pour des publicités ; à la séduction publicitaire par l'humour ou l'érotisme de certaines publicités (Aubade, Pirelli...) ; à un intérêt sociologique, décrypter le fonctionnement des publicités étant apprécié de certains (notamment de leurs détracteurs) ; à l'intérêt pour le caractère informatif de la publicité. Le développement de l'informatique et d'Internet permet de stocker, et de mettre en ligne des publicités numérisées. Elles peuvent être consultées ou téléchargées par tous sur des sites spécialisés.

Des émissions télévisées comme Culture Pub et des périodiques sont consacrés à la publicité ; leur succès a été notable à la fin des années 1990 et au début des années 2000. Des manifestations collectives comme La Nuit des Publivores diffusent les publicités cultes ou insolites de tous pays et de toutes époques.

Les supports de la publicité sont multiples, de l'antique enseigne de magasin à la bannière internet en passant par la télévision, l'affichage, les spots radiophoniques, les dépliants, le publipostage, le mobilier urbain, l'encart dans la presse, les petites annonces, les écrans de télévision placés sur les lieux de vente, un homme-sandwich dans la rue, la publicité mobile, le placement de produit dans les films ou les séries télévisées, le spam en allant jusqu'à se glisser dans des applications offertes par des sites internet de sociabilisation et enfin ; dans le domaine de la PLV interactive et de la communication ; les stations interactives intelligentes de nouvelle génération comprenant un système d'interface Homme-machine évolué.

On distingue deux grandes catégories de supports publicitaires : les médias et le hors-média. Une campagne panachera typiquement différents types de médias et ira chercher dans le hors-média un soutien tactique.

La publicité média recouvre les formes de communication interactive utilisant un support publicitaire payant mis en place pour le compte d'un émetteur en tant que tel. Pour être perçue, comprise et mémorisée, la publicité a généralement très peu de temps. Il lui faut simultanément capter l'attention, la retenir, et faire passer son message. En ce sens, la publicité pourrait être classée dans la catégorie des techniques de manipulation mentale.

La publicité à la télévision, sous forme de courts-métrages publicitaires, de sponsoring d'émissions ou de téléshopping, représente le premier poste dans la répartition du budget média. Suivent la radio (spots publicitaires (slogan), la presse écrite (annonces-presse), l'affichage fixe ou mobile, le mobilier urbain (colonne Morris), abribus, station velo'v, autocollants), le cinéma (spots publicitaires avant la séance ou placements de produit au sein des films) la téléphonie mobile (spots publicitaires sous forme de textos ou MMS). Le publireportage télévisé ou publié dans la presse, vise à promouvoir un produit, sous la forme d'information objective tout en étant payé par l'annonceur.

La publicité en ligne utilise l’internet via des bannières publicitaires, des moteurs de recherche, le marketing viral, des publiciels.

Le marketing direct dit aussi « mercatique directe », consiste à diffuser un message personnalisé et instantané vers une cible d'individus ou d'entreprises, dans le but d'obtenir une réaction immédiate et mesurable. Il comprend, entre autres, le télémarketing et le publipostage.

Les relations publiques, dites aussi « relations presse », consistent à contacter des journalistes pour qu'ils relaient le message à leur lectorat au sein de leurs articles.

La publicité sur le lieu de vente sert de soutien à la promotion des ventes.

Le parrainage consiste à rémunérer un client existant (le « parrain ») pour tout client qu'il apporte.

Le mécénat consiste à financer une association, une organisation non gouvernementale, etc., pour assurer une visibilité et asseoir un positionnement. Il recoupe une stratégie institutionnelle de valorisation sociale de l'entreprise qui se veut perçue comme acteur civique.

Le street marketing consiste à communiquer via des hommes-sandwich par exemple, dans les zones de chalandise.

La communication évènementielle organise un évènement (salon, congrès, festival, convention, soirée festive, cocktail, remise de prix ou rallye) pour communiquer sur l'entreprise ou ses marques.

Les jeux vidéo intègrent parfois de la publicité (affiches, etc.), c'est l'advertainment.

Le sport possède une image très positive dans l'opinion, malgré une certaine contestation du modèle olympique dont les publicitaires savent tenir compte. Il porte à la fois les valeurs de l'individualisme et celles de l'entreprise : bien-être, forme, dynamisme, esprit de compétition et dépassement de soi (toujours plus de productivité et de stress), mais aussi d'équipe, prouesse technologique dans certains cas. Il relie donc les deux pôles des sociétés modernes : le loisir et le travail. Aussi, l'image du sportif en pleine action est-elle souvent utilisée dans la publicité. Les publicitaires entendent également profiter de l'impact médiatique des grands événements sportifs.

Mais les liens entre la publicité et le sport ne s'arrêtent pas là. D'abord, le produit peut avoir un rapport direct avec l'activité physique : articles et vêtements de sport, boissons rafraîchissantes, aliments. Les champions font partie intégrante de l'image de la marque, de ce que les économistes appellent son « actif immatériel ». La performance sportive ne sert donc pas seulement de banc d'essai à la technologie intégrée dans le produit. Elle est une dimension de la politique de communication de l'entreprise, un aspect de sa « communication événementielle ». Mais la pratique du parrainage (commandite) ne se cantonne pas aux seuls articles et vêtements de sport. En 1989, le parrainage représentait 5 % des dépenses publicitaires en France (17 % en Italie). Ajoutons qu'en France les fabricants de cigarettes ou de boissons alcoolisées cherchent à détourner les restrictions à la publicité concernant leurs produits en s'affichant dans les stades, abus que la loi Évin de 1991 entend réprimer.

La publicité est un aspect essentiel de la société de consommation. Quel est son poids économique ? Son efficacité ? Cette dernière n'est pas si facile à mesurer.

En 2006, dans un rapport intitulé Prévisions 2006-2010 pour le secteur des loisirs et des médias PricewaterhouseCoopers, estime les dépenses publicitaires mondiales à 385 milliards de dollars US. Ce cabinet comptable évalue à 500 milliards de dollars US son poids pour 2010. En 2000, année faste en raison de l'avènement de nouveaux produits technologiques, les investissements de communication réalisés dans le monde par les entreprises avaient franchi la barre des 300 milliards de dollars. C'est, on le voit, un secteur en forte augmentation avec un taux de croissance annuel moyen de 6,5%.

Ce secteur économique est sensible aux variations de la conjoncture. Les annonceurs, en cas de récession économique, réduisent les dépenses de communication, les plus faciles à diminuer. Au contraire, en phase de croissance économique, l'idée qu'il faille gagner des parts de marché « coûte que coûte » fait que la croissance du secteur est alors plus élevée que le reste de l'économie.

En 2006, la répartition des investissements publicitaires donne, par ordre d'importance, 43% pour la presse (dont 30% pour les journaux et 13% pour les magazines), 38% pour la télévision, 8% pour la radio, 4% pour internet, moins de 1% pour le cinéma et 6% pour l'affichage (hors-média). La publicité média représente désormais 1 % du PIB mondial. De leur côté, le marketing direct et les opérations de promotion pèsent 120 milliards de dollars.

En 1990, le secteur publicitaire représentait 0,76 % du P.I.B. français et employait 50 000 personnes. En France, pour 2006, on estime la dépense publicitaire globale (toutes activités et secteurs confondus) à 21,3 milliards d'euros. L'internet, en tant que média, pèse déjà plus que le cinéma, mais 25 fois moins que la télévision avec, en 2000, 122 millions d'euros d'investissements publicitaires en France.

On accuse la publicité de favoriser la concentration des marchés et de fausser la concurrence. L'expérience a montré qu'il n'en est rien. En 1967, le gouvernement britannique oblige les lessiviers leaders sur le marché à vendre un produit générique, sans soutien publicitaire, ni promotion, à des prix inférieurs de 20% au prix du marché (estimation gouvernementale de l'impact du marketing en termes de couts). L'expérience fut peu concluante. En France, l'interdiction de la publicité à la télévision faite aux réseaux de grande distribution, justifiée par des aspects économiques de protection de la concurrence, avait autant à voir avec les intérêts de la presse régionale, grande bénéficiaire de cette mesure, qu'avec la défense du petit commerce.

En faveur de cet argument, le fait que les achats d'espaces-médias sont fortement régressifs : le coût unitaire est bien moindre quand on achète mille spots qu'un. Cela avantage les géants (de l'agroalimentaire par exemple) au détriment des petits producteurs. En contre-exemple de cet argument, si la publicité favorise la concentration, alors les secteurs de l'économie qui ont fait le plus de publicité devraient être fortement oligopolistiques et les secteurs interdits de publicité fortement atomisés. L'économie fourmille d'exceptions. De plus, les parts de marché ont tendance à être plus instables (donc la concurrence plus active) dans un secteur qui fait plus de publicité.

Comment mesurer l'efficacité de la publicité ? Une boutade, couramment véhiculée dans la profession dit « la moitié de mes investissements publicitaires est dépensé en pure perte. Le problème, c'est que je ne sais pas laquelle. » Bill Bernbach, pour sa part, affirme sans fausse modestie : « Don't measure opinion, make it! ». Entre ces deux attitudes, se pose la question de comment évaluer l'efficacité de la publicité, sa contribution à la demande globale, son influence sur la demande. Stimule-t-elle la concurrence ? Favorise-t-elle la concentration de la demande sur un petit nombre de marques ?

Mesurer l'efficacité d'une campagne, est quasiment impossible pour l'annonceur. Idéalement, l'investissement publicitaire est inférieur à l'augmentation des ventes. Mais on ne peut isoler l'effet - variable et dilué dans le temps - de la publicité dans l'ensemble des facteurs qui agissent sur le comportement des consommateurs. Faut il pour autant renoncer à en mesurer l'impact ? Des méthodes statistiques multivariables existent utilisant la régression, l'analyse de la variance, etc. On peut aussi utiliser la méthode du marché test : ne lancer une campagne que sur une partie du territoire et comparer son effet sur les ventes par rapport au secteur sans campagne. Cette méthode, coûteuse en temps a le désavantage d'alerter la concurrence.

Si l'effet d'une campagne-produit donnée sur les ventes est difficile, on sait mieux mesurer la perception globale de l'image de marque en mesurant la notoriété spontanée (pourcentage de personnes citant la marque dans un univers concurrentiel donné), en particulier le top of mind, c'est-à-dire la première marque citée, en évaluant la notoriété assistée (la marque est-elle citée comme connue dans une liste donnée ?). Pour mesurer l'impact d'une campagne, un institut de sondage peut demander, en passant plusieurs spots où les noms des annonceurs sont masqués, d'identifier correctement la marque et le produit.

La publicité est loin de la toute puissance qu'on lui attribue parfois comme en témoignent les échecs récurrents de produits lancés avec des efforts publicitaires considérables. En témoignent le lancement de la Ford Edsel, les échecs retentissants de produits comme la cigarette Zen de la Seita, le soda Mr Pibb par Coca-Cola ou le détergent Ala.

La publicité ne garantit pas à elle seule le succès. L'histoire publicitaire a connu des campagnes brillantes pour des produits médiocres vite dépassés par la concurrence et, à contrario, de budgets publicitaires dépensés dans une campagne peu convaincante, peu marquante, pour des produits qui se sont néanmoins bien vendus. La différentiation d'un produit par rapport à sa concurrence, basée sur la seule publicité a peu de chance de réussir. « La réceptivité la plus élevée est toujours observée vis-à-vis des arguments les plus tangibles du marketing. ». Il s'agit donc avant tout de faire connaître un nouveau produit et de le vendre; d'accroître la consommation d'un produit existant, de fidéliser la clientèle ou de débaucher celle de la concurrence, de diminuer le caractère saisonnier des ventes. Le message lui-même a moins pour objet d'informer sur la nature de la marchandise ou de l'entreprise que de séduire, d'amener le client potentiel, convenablement ciblé, à voir dans le produit et surtout dans la marque la promesse de la satisfaction d'un désir, ou d'un besoin ; voire un élément de son identité propre. Ainsi, la publicité doit se conformer aux attentes du consommateur, aux normes de la société, même quand elle fait mine de les bousculer. Elle ne crée pas, elle amplifie et diffuse, note Dayan. Les créatifs s'interrogent sur le comportement des consommateurs, la modification de leurs styles de vie. Ils usent et abusent des sondages. Ils ne négligent ni les apports de la sociologie ni ceux de la psychologie.

Toute campagne publicitaire commence par un briefing, document dans lequel l'annonceur définit pour l'agence la ou les cibles, les objectifs, décrit son produit ou sa marque dans le détail, énumère les contraintes de marché. Ces informations, quasi-contractuelles, serviront de base pour l'élaboration de la création et du plan média.

La copy-strategy est la base sur laquelle les créatifs vont élaborer, de maniére tactique pourrait-on dire en filant la métaphore militaire, les messages de la campagne publicitaire pour conquérir l’Homo oeconomicus, le consommateur rationnel.

Un message publicitaire est conçu comme un argumentaire qui doit comporter trois éléments : un argument cognitif ou informatif : le consommateur doit savoir de quoi il s'agit, qu'est ce qui fait le plus-produit ; une part affective qui doit éveiller l'intérêt du consommateur, l'intéresser, le séduire ; une étape conative (qui engage à l'action) : le consommateur est invité à acheter le produit, à appeler un numéro de téléphone, visiter les magasins.

Pour sa part affective, la publicité joue le plus facilement avec l'humour ou le décalage mais un argumentaire sérieux, à la limite de l'ennuyeux peut parfois être plus percutant. Une approche négative peut se montrer payante, culpabiliser les parents afin qu'ils donnent le meilleur à leurs enfants est courant. Choquer, surtout depuis les célèbrissimes (et efficaces) campagnes d'Oliviero Toscani pour Benetton, se fait de plus en plus et donne lieu au néologisme shockvertising.

L'annonce publicitaire se compose de plusieurs éléments qui peuvent être visuels, écrits ou sonores. Les principaux éléments sont : l'accroche (jingle qui annonce la pub), le visuel, le texte informatif (body copy), le slogan, la marque, le logo et la signature de l'agence de publicité (baseline).

Le plan média recherche la combinaison optimale des supports médiatiques qui, compte tenu des moments de passage des messages, permettra d'atteindre la majeure partie de la cible visée au moindre coût, avec une dose de répétition par individu.

Le choix des supports comprend plusieurs étapes. Tout d'abord, on doit éliminer les médias indisponibles (médias interdits, médias saturés ou médias inadaptés), ensuite évaluer les médias disponibles et choisir les mieux adaptés au produit, aux habitudes de la cible en matière de consommation médiatique et croiser cette information avec le coût unitaire des messages. Enfin, on évalue les différentes combinaisons possibles entre le média de base et d'autres médias.

Le choix des supports s'effectue selon différents critères qualitatifs et quantitatifs… Le plan des supports doit préciser : la combinaison des supports sélectionnés, le nombre d'insertions ou de passages dans chaque support, le rythme de passage et le déroulement dans le temps, le budget, les personnes visées.

Ces choix se doivent d'être rationnellement établis, en fonction d'études de l'audience des médias qu'ils soient imprimés, audiovisuels ou interactifs. Les écueils sont nombreux qui amènent une campagne publicitaire à s'orienter vers un média inadapté à la cible visée en fonction du budget. L'effet cliché (« il faut être présent sur internet », n'est pas forcément un choix valide si la cible est plus âgée), l'effet prestige (« ma campagne doit passer en prime time », alors qu'une couverture en presse régionale aurait mieux value, et pour moins cher, toucher une cible nationale), l'effet nombril fait que l'on juge la consommation des médias en fonction de sa propre expérience (« pendant les vacances, on ne lit plus la presse nationale mais on écoute la radio sur la plage »). Il arrive que l'on vise une cible autre que celle « affichée » et faire passer le message auprès de la concurrence ou des réseaux de distribution, partenaires essentiel de la grande consommation, que l'on est présent.

Quelques individus et mouvements antipubs s’inquiètent de l’influence de l'omniprésence et du matraquage publicitaire et militent contre celui-ci. Ils critiquent le contenu et le contenant, dénoncent les abus et vont jusqu'à en questionner l'existence.

Comme toute activité, la publicité est soumise à une réglementation et à une déontologie. Des organes publics ou privés se chargent de faire respecter les règles (la situation dépendant des pays). Il existe ainsi des organes de labélisation (publicité pour tout public, par exemple), des organes de contrôle (dans les pays libres, ce contrôle s'exerce a posteriori pour ne pas prendre la forme d'une censure), et les tribunaux peuvent être saisis. Ce contrôle s'exerce sur le fond (interdiction de la publicité mensongère ou cachée, comme un publireportage qui ne dit pas son nom) ou sur la forme (pas trop de sexe ou de violence, par exemple).

Il arrive aussi que la réglementation ne soit pas appliquée et que les autorités dont c'est le rôle ne fassent pas preuve d'un grand zèle pour y remédier. Des associations comme Paysages de France cherchent à limiter l’extension de la publicité au-delà de ce qui est permis par la loi, soit par le lobbying auprès des autorités, soit en passant directement en justice. Des actions sont menées par des groupes comme Résistance à l’agression publicitaire, avec le lobbying, ou Paysages de France avec des poursuites en justice, qui visent à modifier les comportements ou la législation.

Ayant peu de temps pour faire passer une idée, elle s'appuiera souvent sur un cliché, une idée reçue. La publicité utilise souvent les stéréotypes traditionnels : la femme (blonde) est à la cuisine, l'homme (blanc) au travail, et les enfants (joyeux) dans une maison confortable, avec juste une pincée d'exotisme sympathique. Si elle utilise des contre rôles, c'est pour susciter l'attention du consommateur. Au-delà des clichés, la publicité cherche à séduire à travers une image « politiquement correcte » telle que l'enfant et plus généralement le bébé que l'on retrouve aussi bien pour l'automobile (Opel) que pour la restauration rapide (Mc Donald).

Il n'est pas facile de se faire remarquer au milieu de milliers de messages publicitaires. La publicité va donc essayer de provoquer pour mieux se graver dans les esprits. Cherchant l'efficacité, elle utilisera chaque fois que possible des sentiments ou instincts forts, en court-circuitant la réflexion. La publicité verra donc fleurir des pin-up offertes, ainsi que des mâles avantageux. Georges Bernanos va encore plus loin dans cette vision en affirmant que les moteurs de choix de la publicité sont tout simplement les sept péchés capitaux, pour la raison qu'il est « beaucoup plus facile de s'appuyer sur les vices de l'homme que sur ses besoins ».

La publicité, par définition, insiste sur les qualités d'un produit sans en souligner les défauts laissant le public juge de la véracité du message et maitre de l'acte d'achat. Une étude de la Harvard Business Review a confirmé que l'impact de la publicité était grand pour les produits envers lesquels le consommateur est indifférent, comme les lessives, et nul pour ceux qui lui tiennent à cœur, comme la religion.

Pour Friedman, la publicité ne déforme pas l'esprit critique mais ce sont les goûts des consommateurs qui sont jugés mauvais par certains critiques. Il écrit ainsi en 1980 dans La liberté du choix : « Le fond du problème posé par la plupart des critiques de la publicité n'est pas le fait que la publicité manipule les goûts mais le fait que le grand public a des goûts détestables - c'est à dire différents des goûts des critiques. ». Il y reprend la thèse qu'il développait dans Capitalisme et liberté en 1962 : « Une objection majeure contre une économie libre est précisément qu'elle apporte aux gens ce qu'ils veulent au lieu de ce qu'un certain groupe pense qu'ils devraient vouloir ».

Les écologistes reprochent à la publicité d'inciter à la consommation sans prendre en compte les impacts environnementaux qu'elle génère. Pour limiter la production de papier publicitaire, le Ministère de l'Écologie et du Développement durable a ainsi édité un autocollant « Pas de publicité S.V.P. » pour les boîtes aux lettres. Aucune règlementation ne protège encore (2008) le consommateur contre le matraquage d'un même message plusieurs dizaines de fois dans la semaine. La répétition à ce rythme de messages inchangés au téléphone ou dans la rue ouvrirait le droit à une plainte pour harcèlement.

Les publicitaires et les médias citent souvent le développement durable, mais semblent peu conscient de leurs impacts environnementaux, refusant même le plus souvent de les prendre en compte. Une étude, publiée en mars 2008, du ministère de l'Écologie français a montré que sur 57 grandes entreprises interrogées, seules 13 (22%) respectaient les Nouvelles régulations économiques dans leur bilan 2006, alors que ces régulations, adoptées en 2001, leur imposaient depuis ans de publier des informations environnementales. « Les sociétés de publicité sont particulièrement peu exemplaires ». Havas et Publicis n’ont, en 2006, pas rempli une seule des trente-cinq rubriques environnementales concernant la consommation d’énergie, d’eau, la production de déchets, émissions de polluants, etc.

Des ONG dont la coalition Alliance pour la planète, lors du Grenelle de l’environnement, ont pointé en 2007 que les contenus des messages publicitaires ne font pas l’objet d’analyses de leurs impacts par le système d’autorégulation du Bureau de vérification de la publicité, même si les bonnes pratiques qu’il promeut refusent l'argumentation trompeuse et les fausses raisons environnementales de vendre, ou les représentations contraires aux objectifs du développement durable. La publicité a sciemment contourné la loi Lalonde de 1991 qui interdisait de présenter des véhicules circulant en pleine nature française, en allant les photographier ou filmer dans les paysages sauvages d'Islande, de Nouvelle-Zélande ou dans les déserts américains. Le BVP a, en octobre 2007, dans le cadre du Grenelle encouragé les publicistes à renoncer à ces pratiques et devrait, début avril 2008, proposer une Charte d'engagement des publicistes, appuyée sur un organisme de veille incluant des professionnels et représentants d'ONG environnementales, d'associations de défenses des consommateurs pour co-réguler le marché publicitaire.

En France, en 2008, la fédération France Nature Environnement (FNE) craint « une concertation vaseline » et demande que la publicité incitant à la « délinquance environnementale » et le greenwashing soient contrés par plus de transparence et des critères socio-environnementaux dans la vérification, ainsi que par une certification environnementale crédible et reconnue, avec des sanctions pour les contrevenants.

Des mouvements antipub, dont les militants d'Adbusters, considèrent que la publicité est néfaste en tant que telle. La publicité est dans cette optique une distraction au sens pascalien du terme, c'est-à-dire qu’elle fait perdre de vue des choses plus importantes, au profit du futile. Pour Jacques Ellul, la publicité est le principal moyen de faire définitivement entrer l'homme dans le « système technicien » de la société moderne, que d'« agent annexe de la vente, elle est devenue le moteur de tout le système », et qu'elle apparaît finalement comme « la dictature invisible de notre société » en modifiant radicalement les comportements des individus. C'est également la position de Jean-Claude Michéa qui affirme que le « dressage capitaliste des humains resterait un vain mot » sans « cette omniprésente propagande publicitaire ». Martelant des messages d'importance mineure, elle conduit inconsciemment à percevoir comme mineurs les sujets qui ne sont pas martelés. La publicité participe selon eux d'un système économique vicieux, érigeant en norme sociale la consommation de biens inutiles, et des comportements compulsifs et sédentaires nuisibles en général à la santé physique et mentale des populations (qui doit être ensuite prise en charge par de nouveaux produits ou par des services sociaux).

La publicité cherche à manipuler l’esprit de celui qui la regarde ou l’écoute. Le dessinateur de presse Willem emploie l’expression « coloniser notre cerveau ». Cet argument est tout particulièrement dirigé contre les campagnes de positionnement des marques, dont le but est de graver une marque dans l'esprit du consommateur, plutôt que de décrire les qualités du produit. De fait, il est établi qu'une ménagère de moins de 50 ans peut avoir en tête trois marques de lessive seulement. Il faut pour un lessivier faire partie des trois ou disparaître.

Le propos de Patrick Le Lay, PDG de la chaîne privée française TF1, fera date : « Mon travail est de vendre du temps de cerveau disponible à Coca-Cola ».

La publicité donne l'avantage au commanditaire sur le consommateur : le consommateur reçoit passivement une information biaisée (la publicité), qui peut flatter ses intérêts et ses goûts, mais qui le fait en fonction des intérêts du commanditaire, alors que grâce à des sondages et études de marché (ou par son expérience), le vendeur détient une information claire et objective sur le comportement du consommateur, ses désirs, ses critères de choix, etc.

Afin de faire passer leur message antipub, ces mouvements utilisent des méthodes publicitaires classiques : usage de stéréotypes et slogans, affichage, mobilisation par internet (publicité « virale »), propos et actions provocantes visant à obtenir du temps média offert gratuitement par des journalistes à la recherche de sensationnel, etc. Il apparaît donc que leur cible n'est pas la publicité au sens large (la propagande) mais seulement la publicité au sens strict (commerciale), ce qui, a contrario, implique au moins une tolérance pour la propagande non commerciale ou contrôlée par une instance à leur convenance. Ces mouvements sont suivis avec intérêt par les agences de publicité elles-mêmes, toujours promptes à récupérer ce qui permet de véhiculer une image de fronde et de liberté. On a vu ainsi apparaître des affiches pré-recouvertes de faux graffiti antipub afin de solliciter l'attention.

La critique selon laquelle la publicité provoque peu à peu des modifications irrationnelles de la vision du monde se voit opposer par eux la critique inverse : modifier la vision spectateur est également l'ambition normale de tout artiste. Mais comme il est bien souvent répété aux étudiants en école de publicité, la publicité n'est pas un art et le publicitaire n'est pas un artiste.

Des actions illégales, conduisant à des poursuites et des procès, ont lieu. Il s’agit principalement de la destruction d’affiches et du détournement des messages publicitaires, dans le métro à Paris à la manière des membres de l'Internationale situationniste dans les années 1960). De telles actions ont également lieu en France à Marseille, Montpellier, Grenoble, Lyon, Clermont-Ferrand et Toulouse, mais aussi en Belgique.

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Source : Wikipedia