Sedan

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Posté par hal 11/03/2009 @ 15:12

Tags : sedan, ardennes, champagne-ardenne, france, cs sedan-ardennes, ligue 2, football, sport

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Sedan

Château de Sedan (Ardennes)

Sedan est une commune française, située dans le département des Ardennes et la région Champagne-Ardenne. L'ancien nom de la ville et nom latin de celle-ci est Sedensi.

Ses habitants sont les Sedanais.

La ville de Sedan se situe à une quinzaine de kilomètres de la frontière belge et à égale distance de Charleville-Mézières, sur la Meuse, dans le département des Ardennes françaises. En Belgique, la ville frontalière est Bouillon. Le château de Sedan est bâti sur un éperon rocheux au bord de la forêt.

La ville de Sedan se développe autour du château bâti par Évrard III de La Marck à partir de 1424. Le château ne cessera d'être perfectionné et agrandi au cours des siècles suivants et en particulier par Jean Errard. Les seigneurs de La Marck sont reconnus princes souverains de Sedan au cours du XVIe siècle, sous Henri-Robert de La Marck qui choisit la religion protestante. La devise de la ville de Sedan est UNDIQUE ROBUR, elle fut la devise des seigneurs de La Marck. Elle signifie « force de toute part ».

Pendant les guerres de Religion, de nombreux protestants sont accueillis dans la Principauté de Sedan, intellectuels, avocats, artisans, ils sont la source de la prospérité de la ville. L'académie de Sedan attire professeurs et élèves. le Prince de Sedan bat sa monnaie, contrôle une manufacture d’armes. En 1611 Jean Jannon, graveur de caractères, imprimeur-éditeur est actif à Sedan. Bernard Palissy invente le procédé de fabrication de ses émaux à Sedan. Les horlogers Forfaict participent à cette richesse. La dentelle point de Sedan est alors très recherchée. Henri de La Tour d'Auvergne devient duc de Bouillon en épousant la dernière héritière des La Marck, Charlotte de La Marck. Prince bâtisseur, il développe la ville et les fortifications urbaines. La principauté est rattachée à la France après la bataille de la Marfée et le complot de Cinq-Mars contre Richelieu. En effet, le prince Frédéric-Maurice de La Tour d'Auvergne a participé à ce complot. Il obtient la vie sauve en échange de la Principauté. Abraham de Fabert d'Esternay est nommé gouverneur de Sedan de 1642 à 1662. En 1641, Les filles de la Charité s'installent à Sedan pour la création d'un hôpital. La ville connaît alors un développement économique glorieux grâce à la création de manufactures royales de draps, comme le Dijonval en 1646. Le drap de Sedan est en laine, il sert à fabriquer des par-dessus, des tentures, peut-être à aménager les chaises à porteurs, en anglais sedanchair et au XXe siècle, les automobiles (d'où le nom d'un modèle américain). Depuis 1878, les tapis « Point de Sedan », tapis fabriqués mécaniquement, font perdurer cette tradition du textile qui employa des milliers de personnes dans le passé.

Dès l'avènement de la Principauté, de nombreux juifs ont toujours pu trouver refuge dans cette ville. Il en est de même pour les protestants d'Alsace-Lorraine voulant rester français après 1870 et qui sont venus en nombre dans les Ardennes, il y a aussi un temple à Charleville.

En 1870, Napoléon III fut encerclé et vaincu à Sedan par les troupes prussiennes et des Etats allemands coalisées. La bataille eut lieu aux abords de la citadelle de Sedan, particulièrement à Bazeilles où d'intenses combats de rues eurent lieu. Les troupes d'infanterie de marine françaises se défendirent âprement. Ces combats sont symbolisés par l'épisode de la "Maison de la dernière cartouche", des combattants réfugiés dans une maison ne se sont rendus qu'après avoir épuisé leur munitions et les armes à la main. Cette maison est un musée que l'on peut visiter de nos jours. La reddition de la ville de Sedan - signée au château de Bellevue, sur les collines qui entourent la ville - provoqua la fin du Second Empire le 4 septembre 1870. C'est aussi au cours de cette bataille, sur le plateau du calvaire d'Illy, que la 1e division de la cavalerie de réserve sous le commandement du général Margueritte se sacrifièrent pour tenter de rompre l'encerclement de l'armée française. La défaite précipita le déclassement de la place forte et permit l'extension de la ville. Le château de Sedan et les casernes militaires sont conservés. D'autres batailles eurent lieu ensuite lors de la première guerre mondiale en aout 1914 et en novembre 1918.

En mai 1940, l'armée allemande fit une percée décisive en traversant la Meuse aux abords de Sedan. La ville fut en partie détruite puis reconstruite après la seconde guerre mondiale sous la direction de l'architecte Jean de Mailly.

Sedan est le siège de la Chambre de commerce et d'industrie des Ardennes. Elle gère le port fluvial et l'aéroport de Belval.

Le château fort, le plus étendu d'Europe attire de nombreux touristes.

Sedan est classée ville d'art et d'histoire.

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Club Sportif Sedan Ardennes

Logo du club Sportif Sedan Ardennes

Le Club Sportif Sedan Ardennes est un club de football français fondé le 2 novembre 1919. Présidé par Pascal Urano et entraîné par Landry Chauvin, il évolue cette saison 2008-2009 en Ligue 2. Le club a terminé à la 4e place de Ligue 2.

Voici la liste des dix joueurs sedanais sélectionnés en équipe de France.

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Percée de Sedan

Depuis la déclaration de la guerre le 3 septembre 1939 par la France et le Royaume-Uni en réaction de l'invasion de la Pologne par les Allemands, aucune action d'envergure n'a été tentée par les belligérants. À part la timide offensive de la Sarre du 7 au 21 septembre 1939, les Français sont restés à l'abri sur leur frontière, les Allemands après leur expéditive victoire à l'est en Pologne se regroupent à l'ouest.

Du côté français et alliés sous l'autorité du général Gamelin, commandant en chef de la défense nationale, et du général Georges, commandant en chef du front Nord et Est, les forces sont réparties en trois groupes d'armées (GA) : au nord, le GA n° 1 du Gal Billotte, au nord-est derrière la ligne Maginot, le GA n° 2 du Gal Prételat et le GA n° 3 du général Besson au sud de l'Alsace face à la Suisse. En tout 130 divisions y compris les 9 divisions du corps expéditionnaire britannique du général Lord Gort intégrées au GA n° 1 et les forces belgo-hollandaises.

Du côté allemand, le maréchal von Brauchitsch est le commandant en chef et son chef d'état-major est le général Halder disposent de 136 divisions en 3 GA : le GA A au nord, le GA B au centre et le GA C au sud.

Le 10 mai 1940, à l'aube, la Wehrmacht déclenche une offensive avec le GA B du général Fedor von Bock en envahissant au nord les États neutres de Hollande et de Belgique. La violation de la neutralité belgo-hollandaise par ces deux armées allemandes constituant ce GA B (généraux Walther von Reichenau et von Klüchler respectivement 6e et 18e armées et fortes de 28 divisions dont 3 Panzerdivisionen, provoque la manœuvre dite Dyle-Breda de la part des Alliés. Cette manœuvre va engager une grande partie des forces du GA n° 1 du général Billotte à la rencontre des forces allemandes car, en croyant à la réédition du plan Schlieffen d'août 1914, le Chef d'état-major (EM) français Gamelin engage aussi dès le premier jour de la bataille son armée de réserve, la VIIe du général Giraud qui doit se positionner à la frontiére belgo-hollandaise prés de la Dyle. La 1re armée du général Blanchard ainsi qu'une partie du corps expéditionnaire anglais vont soutenir les armées belges. Une partie de la 9e armée du général Corap prend position du saillant des Ardennes jusqu'à la trouée de Gembloux. La manœuvre Dyle-Breda engage toutes les meilleures unités d'actives, constituées de divisions modernes, mobiles et bien équipées (3 divisions légères mécaniques, une division cuirassée et 5 divisions d'infanterie (DI) motorisée,.

Le reste du dispositif français au sud de la région de Givet jusque Longuyon est protégé par des éléments fixes d'une partie de la 9e armée et la 2e armée du général Huntziger constituée de divisions de série A ou B couvertes par des divisions mixtes à cheval et motorisées. Ce dispositif protège la jonction entre la ligne Maginot et la frontière belge. C'est le Xe corps d'armée (CA) du général Gransard qui se trouve sur le secteur de Sedan au petit ouvrage de la Ferté.

L'attaque au nord faisant croire au plan Schlieffen est un leurre car les stratèges allemands ont modifié leur plan au début de 1940 et vont faire porter sur ce secteur d'environ 150 km l'assaut principal au groupe d'armée du centre, le GA A du général Gerd von Rundstedt (la 4e de von Kluge, la 12e du général List, la 16e du général Busch et le groupement blindé général von Kleist) fort de 44 divisions dont 7 panzerdivisions.

Le 10 mai, alors que toute l'attention de l'état-major français est monopolisée par les combats en Belgique centrale (manœuvre Dyle-Bréda), d'importantes divisions blindées (DB) allemandes accompagnées de troupes d'élite motorisées traversent sans déclaration de guerre le Luxembourg et le sud de la Belgique orientale. En conséquence de la stratégie française, ce secteur charnière entre la ligne Maginot et la frontière est fort mal défendu par des troupes ayant une valeur combative inférieure aux armées françaises déployées en Belgique et surtout bien moins équipées en matériels modernes, notamment en DCA et canons anti-char. La stratégie est guidée par une doctrine erronée de l'EM français qui considère que le massif ardennais est infranchissable par des blindés, or ceux des Allemands le traverseront en deux jours. Selon le général Delmas dans son article "les trois premières semaines de guerre, 10 mai-3 juin 1940" c'est la conséquence d'une doctrine que résume cette phrase du Maréchal Pétain dans les années 1930," si des armées importantes s'aventurent dans le massif ardennais, on les pincera à la sortie,.

Dés l'aube du 10 mai 1940 au commencement du conflit, le Xe CA est mis en alerte, le général Huntzinger envoie des troupes soutenir les chasseurs ardennais belges qui tentent de résister à l'invasion allemande à Bodange. La 3e brigade de spahis, la 5e DLC et la 1re brigade de cavalerie pénètrent en Belgique mais, après avoir transpercé le maigre rideau des chasseurs ardennais, les Allemands sont déjà au contact et bousculent aisément les unités françaises par des unités blindées. Le 11 mai, La 1re Panzerdivision (PzD) repousse les troupes françaises sur l’autre rive de la rivière Semois.

Le 12 mai, la 10e PzD traverse la rivière Semois dans le secteur de Cugnon/Herbeumont et rejoint la Meuse au sud de Sedan dans la soirée. La 1re PzD établi une tête de pont dans la nuit du 11 au 12 à Mouzaive en suivant le repli de la 3e brigade de Spahis et traverse la Semois à 6 h du matin, prenant de flanc la 5e DLC qui ignore le retrait des Spahis. Les forces aériennes françaises attaquent le pont de Bouillon dans la matinée sans parvenir à le détruire. L'artillerie lourde située sur le secteur de Sedan intervient aussi pour essayer de stopper la progression des troupes allemandes et protéger la retraite des troupes françaises intervenues en Belgique. Ces derniéres repassent la Meuse le 12 mai sous le pilonnage incessant de l'aviation allemande. Les Allemands poursuivent leur avancée. Le Kampfgruppe Krüger, formé des Panzer-Regiment (PzR) 1, I/SR 1, III/SR 1 et II/AR 73 traverse la Semois à Bouillon. Il sera attaqué, sans succès, à plusieurs reprises et parviendra finalement à maintenir ses positions à la maison fortifiée "La Hatrelle" Le Kampfgruppe (KG) Keltsch, formé des II/PzR 2, II/SR 1, I/AR 73 et Kradschtz btl 1 rencontre des fortifications françaises (maisons fortes) au nord de Saint-Menges qui se rendent après un rapide combat. A 14h30 Saint-Menges est pris et les premiers éléments du KG Keltsch fondent sur Sedan via Floing. Lorsque les premiers éléments rejoignent la Meuse, l’artillerie lourde française ouvre le feu et les ponts sur la Meuse sont détruits. En fin de soirée, tous les éléments de la division se trouvent à Sedan. Fleigneux est sécurisé avant la nuit. Pendant la nuit, les forces allemandes préparent la traversée de la Meuse. La 2e PzD traverse la Semois à Vresse-sur-Semois mais prends du retard et n’arrivera à Sedan qu’après les deux autres divisions.

Près de 300 chars, 3 000 véhicules et 10 000 hommes se dirigent droit sur Sedan. Ils sont suivis de forces bien plus importantes encore et destinées à déferler sur la France, une fois la percée accomplie.

Toute la population civile du secteur de Sedan reçoit l'ordre d'évacuer dans les villes de replis en-dessous de la Loire selon les plans d'évacuation prévus.

Le 12 mai, le haut commandement français commence à se rendre compte que l'attaque principale est dirigée sur Sedan et non vers la Belgique du nord comme en août 1914 avec le plan Schlieffen. Il estime cependant qu'il faudra plusieurs jours aux Allemands pour concentrer les troupes et surtout l'artillerie nécessaires pour forcer le passage de la tranchée de la Meuse selon les méthodes traditionnelles de la guerre précédente. Le plan de bataille allemand, dit Fall Gelb (plan jaune), est le résultat d'une réflexion du général von Manstein soumis à Hitler en février 1940. Ce dernier, qui avait envisagé une stratégie similaire, adopte l'idée et la fait mettre en œuvre par son EM. Ce plan, dit aussi Sichelschitt (coup de faucille en allemand), prévoit de leurrer l'EM français en simulant l'attaque principale par les Pays-Bas et la Belgique, d'y attirer les meilleures unités françaises et britanniques et de les prendre ensuite à revers en les enfermant en Belgique. Ce plan très audacieux est à l'origine d'un des plus grands désastres militaires de la France,.

La région de Sedan se trouve pratiquement à la charnière de deux secteurs, le secteur fortifié de Montmédy et le secteur défensif des Ardennes.

En 1933 lors de l'avènement au pouvoir d'Hitler, les forces allemandes sont quasi inexistantes. Dans les années suivantes, elles ont grandi trop vite et, malgré l'équipement moderne des unités d'élite, le gros des troupes est à l'unisson des armées françaises. Cependant, les stratèges allemands vont utiliser le défaut de la cuirasse française, les forces attaquant le 10 et le 13 mai 1940 agissent dans une tactique d'ensemble et sont bien équipées et soutenues par une forte concentration aérienne. Face à eux à Sedan, les Français vont leur opposer des troupes à la combativité incertaine. Certaines montreront beaucoup de valeur, d'autres se débanderont presque sans combattre.

Côté français, la région est défendue par la 2e Armée (secteur de Longuyon jusqu'aux environs de Donchery) commandée par le général Huntziger et la 9e armée (secteur de Donchery jusqu'à Dinant en Belgique) du général André Georges Corap. La vallée de la Bar, un petit affluent de la Meuse, matérialise la limite des deux secteurs, l'attaque allemande va se concentrer quasiment à la jonction de ces deux armées composées essentiellement d'unités d'infanterie de faible valeur militaire. En arrière, dans la région de Chalons-sur-Marne la 3e division cuirassée (équipée principalement de chars B1) est disposée en réserve.

Le secteur de Sedan (Dom-le-Mesnil, Remilly-Aillicourt) en suivant le cours de la Meuse rive gauche est défendu par la 55e DI du général Lafontaine, formée essentiellement de troupes d'infanterie de 2e réserve dont beaucoup de soldats sont originaires de la région. La 55e DI est composée de réservistes de classes anciennes, très mal instruits, et de 4 % d'officiers d'active. Leur armement est incomplet, il n'y a pas de canon de 25 dans les régiments d'infanterie (RI), on déplore aussi des déficits en matériel de topographie et d'observation, en matériel d'habillement et les approvisionnements sont incomplets. Malgré quelques efforts pour améliorer l'instruction (envoi des régiments dans la zone arrière du CA), celle-ci reste rudimentaire. Au 10 mai 1940, les unités sont à 80 ou 85 % de leur effectif théorique (nombreux permissionnaires). La dotation en mines antichar n'est pas réalisée. L'armement en canons antichars de 25 mm est incomplet au 147e régiment d'infanterie de forteresse (RIF) et au 11e BM et inexistant dans les régiments organiques de la division.

La trouée de Sedan, véritable terre d'invasion notamment en 1870 et 1914, est pourtant assez négligée. Pour les Allemands, Sedan est une ville symbole de victoire. En outre, beaucoup de stratèges allemands comme Guderian ont séjourné à Sedan pendant la Première Guerre mondiale, c'était une zone d'instruction allemande derrière le front, ils connaissent bien cette contrée et Guderian plus particulièrement encore.

Le secteur de Sedan est divisé en trois sous-secteurs : Villers-sur-Bar, Frénois et Angecourt. Le 10 mai, des unités françaises accomplissent un ordre du général Huntziger qui modifie le dispositif de défense en place, ce qui engendre de nombreux bouleversements et des mouvements de troupes et de leur matériel. En effet, la médiocre 71e DI auparavant postée en réserve vient s'intercaler entre la tout aussi médiocre 55e DI et l'excellente 3e division d'infanterie nord-africaine (DINA) dans le secteur Noyers-Pont-Maugis, au Nord de Mouzon, rive gauche de la Meuse et de son affluent la Chiers. La 3e DINA se repositionne sur le secteur restant jusqu'à l'ouvrage de la Ferté.

Beaucoup d'unités changent de position et de cantonnement, elles doivent aussi remettre en place les postes de tir et aussi se réadapter au nouveau terrain. La 71e DI en particulier, qui vient s'intercaler entre la 55e DIet La 3e DINA, doit s'accoutumer au terrain et aux positions. Le mouvement des troupes se termine le 12 mai mais encombre les routes et s'effectue dans la confusion suscitée par l'évacuation des populations civiles belges puis sedanaises. Cela ne facilite pas une mise en place rapide des régiments. En outre, l'attaque allemande se passe en fin de semaine pendant le week-end de Pentecôte et il y a de nombreux permissionnaires, en particulier dans la 71e DI, qui n'ont pas tous rallié leurs unités. Les militaires qui rejoignent leurs compagnies doivent souvent rechercher où elles se trouvent.

Le long du cours de la Meuse, des ouvrages fortifiés, casemates et fortins en béton armé ont été construits dès 1938 et surtout lors de la drôle de guerre. Ces ouvrages sont en quelque sorte une prolongation du secteur fortifié de Montmédy, là où s'arrête matériellement la ligne Maginot, mais les ouvrages fortifiés sont construits par de la main-d'œuvre militaire, c'est-à-dire la troupe en garnison à Sedan, et sont mal conçus : ils n'ont aucune couverture mutuelle et leur face arrière n'a pas de meurtrière. En tout, 62 ouvrages ont été construits entre Donchery et Noyers-Pont-Maugis sur la rive gauche de la Meuse mais si le gros-œuvre est achevé, beaucoup ne sont pas totalement terminés. La construction de nombreuses casemates en béton armé a été entreprise dès la déclaration de guerre mais l'hiver rude de 1939-1940 a retardé les travaux. Le 13 mai, certaines sont tout juste décoffrées et encore remplies de gravats. L'équipement et les finitions sont aussi disparates : peu d'ouvrages sont équipés correctement et ils n'ont pas leur livrée de camouflage, le béton est d'une clarté étincelante et aisément repérable sur les coteaux et les vertes prairies. Certains n'ont même pas de portes blindées, aucun bloc ne possède d'armement adapté, ceux en place en mai 1940 sont fournis par les unités affectées aux blocs.

Les lignes de défense manquent de profondeur et de cohérence, des fossés anti-chars aménagés par les troupes se sont pratiquement rebouchés lors des intempéries automnales, les berges de Meuse ne sont pas protégées par des fils barbelés, les tranchées ne sont pas reliées entre elles. Mais la plus grande lacune réside sans doute dans l'absence de tout champ de mines. Les troupes n'en disposent que de peu mais même ce peu ne sera pas utilisé. Les fantassins sont cependant soutenus par une importante artillerie (canons de 75, 105 et 155 mm) soit un peu plus de 200 pièces qui se trouvent sur un secteur au sud de Sedan entre les villages de Frénois et Bulson dans la forêt de la Marfée, et sur Cheveuges, Chéhéry et Chémery-sur-Bar. Toutes les transmissions se font par lignes téléphoniques enterrées et non par radio.

Malgré de nombreuses interrogations du rapporteur de la commission de la défense nationale à la chambre des députés, M. Pierre Taittinger sur la défense de ce secteur, les autorités militaires ont négligé cet endroit stratégique. Dès le 10 mai 1940, les observations aériennes des alliés indiquent que de nombreux blindés et des troupes allemandes s'acheminent en direction du massif ardennais mais l'état-major français ne renforce pas le secteur de Sedan.

Les Allemands ont compris l'importance stratégique de ce secteur : des troupes d'élite de haute valeur militaire, très aguerries et entrainées, vont se concentrer sur le sous-secteur de Frénois entre Donchery et Wadelincourt. En fer de lance suivies de troupes d'assaut, les 1re, 2e et 10e PzD du général Guderian se dirigent vers Sedan. Le plan d'attaque va se focaliser sur une zone de 5 km à vol d'oiseau (10 km en suivant le cours de la Meuse) entre les villages de Donchery et de Wadelincourt situés de part et d'autre de la ville de Sedan. Sur les sept DB du GA A, trois sont concentrées sur le secteur de Sedan, la 1re DB, renforcée du régiment Grossdeutschland, passera à l'ouest de Sedan entre Glaire et Torcy, la 2e à Donchery, et la 10e à Wadelincourt,.

Les avant-gardes allemandes sont tout près de la frontière belgo/française (à environ 15 km de Sedan) quand tous les ponts du secteur de Sedan sont détruits le 12 mai en fin d'après-midi. L'armée française repliée attend l'assaut allemand sur la rive gauche de la Meuse.

Le lundi 13 mai à l'aube, les observateurs français voient de nombreuses colonnes allemandes apparaître à la lisière des forêts au nord de Sedan. L'artillerie française intervient et tire efficacement, gênant un instant la progression des troupes allemandes.

La riposte allemande ne vient pas d'un duel d'artillerie comme lors de la Première Guerre mondiale mais d'un bombardement aérien nettement plus massif que les jours précédents. Plus de 1 500 avions du Ier et IIe Fliegerkorps vont supporter cet assaut durant la journée. On comptera 600 bombardiers (He 111 , Do 17, Ju 88), 250 Ju 87 Stukas, 500 chasseurs Me 109 et 120 chasseurs Me 110, réalisant 1 215 sorties d’attaque au sol. A 7 h, des Dornier 17 préparent l’attaque allemande pour traverser la Meuse à Sedan. La préparation par bombardement va durer plusieurs heures, causant une nette diminution des tirs d’artillerie français. Les hommes doivent se mettre à l’abri, le fracas des explosions continues est terrible, les hurlements des sirènes des Stukas mettent les nerfs à rude épreuve. Le pilonnage va être terrible et va avoir une part prépondérante dans la réussite du franchissement de la Meuse.

Des Dornier, Heinkel et Junkers envahissent le ciel et s'acharnent méthodiquement et avec brutalité sur tous les dispositifs de défense français, les bombardiers sont protégés de la chasse aérienne française et anglaise par des Messerschmitt Bf 109. L'aviation alliée, engagée sur tous les autres secteurs, semble absente du ciel selon des témoignages oculaires mais, en réalité, le peu de chasseurs qui ont échappé aux Allemands se sacrifie sans résultat positif.

Par vagues de 40 à 50, les Heinkel et Dornier bombardent pendant des heures la ville de Sedan puis s'archarnent sur les abords des casemates, fortins situés sur les coteaux de Meuse. De Dom-le-Mesnil à Frénois jusque Noyers-Pont-Maugis, toutes les fortifications et lignes de défense sont attaquées par des groupes de 9 bombardiers guidés par des avions de reconnaissance Fieseler Fi 156. Les points les plus visés sont Wadelincourt, Frénois et le lieu-dit Bellevue ainsi que les 4e et 6e batteries avancées du 99e régiment d'artillerie (RA) du village de Frénois, du mont de la Croix-Piot, de Cheveuges, les batteries d'artillerie lourde de la Marfée et celles situées en arrière du front. Les pièces de 75 mm situées à Frénois et sur le mont Piot sont détruites dès les premières minutes du bombardement,.

Aussitôt délestés de leurs bombes, les bombardiers repartent et sont remplacés par d'autres. Les pilonnages sont exécutés méthodiquement par tranche de terrain sur tous les ouvrages de défense, points d'appui, observatoires, postes de combat et batteries d'artillerie avancées. Le lieutenant-colonel Laffont, commandant le sous-secteur de Villers-sur-Bar reçoit selon son témoignage plusieurs centaines de bombes à proximité de son PC de Moulin-Mauru.

De courts répits entre les vagues ne permettent pas aux Français de se réorganiser ni de réagir efficacement. Car aussi s'alternent par vagues quelque 200 bombardiers en piqué Stukas Ju 87 qui ajoutent avec leurs sirènes hurlantes un effet démoralisateur et angoissant pour les défenseurs. Dès qu'un objectif est repéré par les avions de reconnaissance, il est systématiquement attaqué par les Stukas de plus en plus nombreux. Selon de nombreux témoignages, chaque combattant avait l'impression d'être visé personnellement par l'avion qui piquait sur sa position. L'artillerie anti-aérienne française tente d'intervenir mais la dotation en petites quantités sur ce secteur et surtout inadaptée à tirer sur les bombardiers en piqué ne réussit pas à libérer le ciel. En outre, les batteries de DCA françaises sont tout de suite attaquées par des nuées de Stukas dès qu'elles sont repérées par les avions de reconnaissance.

La maîtrise des airs permet aux chars et canons autotractés allemands d'arriver pratiquement sans pertes en bordure de la Meuse. Malgré l’ampleur des bombardements, aucune casemate n'est complètement détruite et on ne déplore que peu de victimes. Cependant, beaucoup d'ouvrages bétonnés sont recouverts de terre, les créneaux sont obstrués, les armes faussées, de nombreux abris de fantassins sont touchés, parfois pulvérisés, les batteries de 75 sont soit détruites soit bouleversées.

L'effet moral du pilonnage sur les troupes se terrant est considérable. Le système défensif est désorganisé, les lignes téléphoniques enterrées sont arrachées, les installations radio détruites. Durant l'attaque des avions, les blindés allemands sur la rive droite de la Meuse commencent à harceler les embrasures des casemates par des tirs directs qui aveuglent les défenseurs ; toutefois, la plupart de celles-ci résistent bien sous les bombardements aériens et terrestres,.

Les objectifs arrière sont aussi visés : les batteries d'artillerie lourde afin d’éviter qu'elles n’immobilisent les assauts par leurs tirs. Ni le PC de CA du général Grandsard à La Berliére, ni ceux de l'artillerie de CA à Flaba près de Raucourt et de la 55e division à Font-Dagot près de Bulson ne sont épargnés. Pas plus que les quartiers généraux (QG) de la 55e division à Raucourt, de la 71e à Beaumont. Tous les PC régimentaires sont aussi attaqués par des Stukas ainsi que l'arrière immédiat du front, empêchant la progression de troupes de soutien. Seul le PC de la IIe armée à Senuc est épargné.

De Flize à Bazeilles en suivant la Meuse soit sur environ 15 km et sur une profondeur de 30 km, les appareils allemands se sont acharnés méthodiquement sur le dispositif de défense.

L'artillerie allemande vient renforcer ce maelström en tirant des collines du versant droit de la Meuse. Pendant le bombardement, onze bataillons d'assaut arrivent et s'amassent sur la rive droite de la Meuse et se préparent à passer à l'offensive,.

Depuis plusieurs heures, à l'orée de la Marfée sur les hauteurs du village de Frénois, le PC de combat du 147e RIF où se trouve le lieutenant Michard est soumis à un martelage effrayant et est complétement isolé, plus de lignes téléphoniques pour pouvoir coordonner la riposte des casemates et dans cet enfer pas de possibilité d'envoyer des liaisons à pied. Dans les abris, tous les hommes sont hagards et ne semblent plus réagir, de plus en plus hébétés. Puis peu à peu, les explosions s'espacent et les avions disparaissent. Selon Michard, il a l'impression de sortir d'un rêve, souffrant d'accouphéne et, malgré le soleil de mai, il ne voit plus rien car les fumées noirâtres et denses couvrent tout le sous-secteur de Frénois. La plupart des défenseurs sont comme Michard et ses hommes et une nouvelle phase de la bataille va commencer.

Pendant l'attaque aérienne, une concentration immense de véhicules allemands de toute sorte s'est réalisée dans Sedan, Donchery, Saint-Menges, Floing. Des camions chargés d'hommes et de matériel s'amassent et se préparent à l'assaut.

Vers 16 heures (heure allemande), sous le couvert d'obus fumigènes et des fumées d'incendies, les fantassins d'assaut allemands par groupe de quatre à six hommes traversent le fleuve à bord de radeaux, de bateaux gonflables dans les trois secteurs prédéfinis (Bellevue, Floing, Wadelincourt).

La tâche de traverser la Meuse est allouée aux trois PzD et leurs fantassins et plus particulièrement au régiment d'élite Grossdeutchland ainsi qu’au Schtz Rgt 1 et Sturmpionier Btl 43 (de la 10e PzD).

Les troupes d'assaut de la Ire PzD sur le secteur de Floing se préparent à traverser le fleuve mais, malgré les bombardements massifs, quasiment toutes les casemates françaises sont toujours opérationnelles et empêchent la première vague d’assaut de traverser la Meuse. Des canons de 88 sont installés afin de faire taire les blockhaus français (le 211 sera détruit). Les Sturmpioniers tentent une nouvelle fois la traversée mais échouent. La mort du Lt Graf von Medem permet d’identifier la position d’une mitrailleuse, de l’éliminer et d'enfin pouvoir effectuer la traversée. La 7e Cie du II/GD, suivie de la 6e Cie va ainsi pouvoir attaquer les positions Pont-Neuf et Cimetière de Torcy. Les unités suivent la direction Sedan-Donchery où elles seront à nouveau stoppées par l'artillerie française. Mais beaucoup de batteries de soutien sont soit détruites, soit désorganisées et nécessitent leur redéploiement. C'est sur ce secteur de Glaire que le dispositif français va craquer. Entre deux casemates, la 305 de Glaire et la 211 de Torcy soit environ un vide de 1 8OO m, il aurait fallu une réponse plus énergique de l'artillerie or les groupes d'assaut allemands du 2e bataillon Grossdeutschland progressent rapidement. Sans ordre, le IIIe Bn (Olt Korthals) attaque les blockhaus sur l’axe Sedan-Donchery et se déplace dans la zone d’attaque de la 2e PzD. Korthals décide alors de prendre à revers les casemates françaises afin de faciliter la traversée des troupes de la 2e PzD puis pousse vers Donchery.

Dans l’après-midi, la IIe PzD parvient à Donchery mais, lorsque les premiers chars s’approchent de la Meuse, l’artillerie lourde française les stoppe. Des tirs de contre-batterie sont impossibles car l’artillerie divisionnaire est affectée à la 1re PzD et les 24 obusiers arrivant vers 16 h sont à court de munitions. Cependant vers 16 h 30, quelques volontaires traversent à la nage la Meuse mais sont repoussés par les bunkers français situés à Frénois sur les coteaux de Meuse qui contiennent les assaillants allemands de la IIe PzD sur le secteur de Donchery-Bellevue. Assez rapidement, ces unités allemandes ayant traversé la Meuse entre Glaire et Torcy neutralisent les casemates en les prenant à revers. A 19 h, les bunkers 104 et 7 bis sont pris, ce qui permet à la 2e PzD de traverser la Meuse. Avec la 8e Cie, les Allemands attaquent la colline 247 et la prennent vers 20 h. Epuisées, les troupes du II/GD ne peuvent poursuivre vers le Bois de la Marfée, pendant que le III/GD est empêtré dans des furieux combats de rue à Torcy, au sud de Sedan.

La 10e PzD est divisée en deux KG. Le KG 1 avec le Schtz Rgt 86 sur la droite attaque du sud de Sedan jusqu'à Balan. Le KG 2 avec le Schtz Rgt 69 attaque de Bazeilles à Pont-Maugis, ce régiment sera stoppé dans sa tentative par l’artillerie française coulant une cinquantaine de canots. Cependant, un petit groupe de sapeurs du 49e Bn (Fw. Rubarth, 2e Cie) parvient a traverser la Meuse. Sous un feu très nourri, la première ligne de bunkers est prise. Une contre-attaque française cause de lourdes pertes a ce groupe. Un deuxième groupe d’assaut (Lt. Hanbauer) vient renforcer le premier. Rubarth parvient ainsi à conquérir la seule tête de pont sur la rive ouest de la Meuse entre Wadelincourt et Pont-Maugis. Hanbauer prends la casemate 220 de Wadelincourt et tente de prendre le plateau de la Prayelle.

Les Allemands ont subi quelques pertes sous la riposte française mais, après avoir subi les bombardements, les lignes de défense françaises sont complètement désorganisées et ne réagissent pas toutes avec suffisamment de vigueur. Les groupes d'assaut allemands atteignent rapidement les fortins, les casemates, et tranchées qu'ils contournent si ceux-ci résistent trop. Beaucoup de défenseurs français sont hagards et abasourdis, des casemates et points d'appui sont vite mis hors d'état de nuire, d'autres se défendent héroïquement mais ont souvent manqué de soutien. Les demandes de tirs de barrage de certaines sont vaines car beaucoup de liaisons téléphoniques sont coupées et, quand ce n'est pas le cas, les tirs d'artilleries de couvertures, à défaut de renseignements précis, sont peu efficaces. Pour pallier la destruction des lignes téléphoniques, les fusées éclairantes demandant du soutien d'artillerie soit sont mal interprétées soit passent inaperçues.

La confusion est quasi générale du côté français, les tranchées reliant les casemates sont détruites, beaucoup de fantassins sont tués et blessés, les survivants tentent de combattre mais de nombreuses unités en arrière du front se sont débandées et de nombreux soldats sont fait prisonniers pendant que d'autres se défendent héroïquement,,.

Le 13 mai, un mouvement de panique engendré par suite au rapport du capitaine Daumont a affecté, peu après 18 heures (heure française), une batterie du 404e RA DCA dont les véhicules passent à toute allure devant le PC de la 55e DI (Casemate de Font-Dagot). « Des grappes d’hommes accrochées aux véhicules, ces gens affolés, hurlent que l’ennemi, avec des chars, vient d’atteindre Bulson ». Il semblerait que le mouvement de panique ait pris son origine au 169e RAP. Le Capitaine Fouques, observant des explosions d’obus à quelques centaines de mètres au nord de la position des 7e et 8e batteries du régiment (Plateau de la Renardière) supposa qu’il s’agissait d’impacts de projectiles de chars. Cette information qu’il transmit par radio se répandit bien vite comme une traînée de poudre mais sous une forme tronquée. Les impacts d’obus devinrent des éclairs sortant des canons de chars allemands qui semblaient venir du plateau de la Renardière pour attaquer Bulson, en passant par Chaumon. Puis partout couraient des rumeurs : « les chars sont à Bulson », « les chars sont là », « tout le monde se replie », « les Boches arrivent ». Ces rumeurs engendrées par les unités débandées ont aussi affecté les troupes françaises placées en retrait de la ligne de front qui ne se sont pas repliées en ordre, à tel point que deux PC de division et deux PC d'artillerie lourde sont abandonnés. Des batteries d'artillerie n'ayant pas eu à subir de gros dégâts sont détruites et abandonnées par leurs servants qui s'enfuient. Peu se replient en bon ordre et quand elles le font, elles sont gênées par les unités débandées, ce qui ajoute à la confusion,,.

En quelques heures de combat, tous les ouvrages de défense entre Donchery et Wadelincourt sont tombés. Dès 16 h 30, des camions de pionniers allemands ont commencé à débarquer leur matériel dans la cour d'une usine située à Floing. Des pontons sont assemblés et, à minuit, un premier pont flottant est construit à l'ouest de Sedan, près du village de Floing au bord de la Meuse, au lieu dit Gaulier. Il peut permettre le passage de véhicules légers et de l'artillerie sur l’autre rive. Les panzers se rassemblent dans la cour de l'usine de l'Espérance,.

A 20 h 10, le Schtz Rgt 1 a sécurisé le Frenois et, après de sévères combats jusqu'à 22 h 40 environ, la colline 301 est prise au sud du Frénois avec des troupes exténuées. Durant la soirée, la 1re PzD va établir une forte tête de pont avec 6 bataillons sur une large part des hauteurs de la Marfée. À minuit, des unités d'assaut allemandes sont déjà au col de la Boulette à 3 km au sud de Sedan, une poche s'est créée. Quelques troupes françaises résistent dans la Marfée mais il n'y a plus de cohésion dans les lignes de défense qui sont réduites peu à peu.

Les Allemands ont établi une solide tête de pont sur la rive gauche de la Meuse en moins d'une journée. Toutefois le 13 mai au soir, aucun char allemand n'a encore traversé la Meuse mais le sous-secteur de Frénois est enfoncé.

Il n'y a pas trois jours que les véritables combats ont débuté et la débâcle commence à faire son œuvre.

Au Grand Quartier Général de Vincennes, les combats de Sedan sont analysés comme un incident local, la manœuvre Dyle-Breda occupe toujours toute l'attention. Le P.C du Général Gamelin apprend avec plusieurs heures de retard les événements dans le secteur de Sedan. Lorsque le généralissime se rend vers 10h00 à la Ferté au P.C du Général Georges, il ignore que les Allemands font subir au secteur de Sedan un bombardement aérien massif et méthodique. Même le P.C de de la 2e armée du général Huntzinger ne l'apprendra que dans le courant de l'après-midi, alors que les premiers fusiliers allemands franchissent la Meuse et réduisent les casemates françaises au silence. Ce n'est que vers 21 heures que la G.Q.G Français apprend qu'il y a "un pépin assez sérieux" au sud de Sedan. De Chalons, la 3e D.C.R est appelée en renfort car le commandement français vient de se rendre compte de l'importance de "l'incident local"  : si le front est percé dans le secteur de Sedan, la manœuvre Dyle-Breda devient un piège. Gamelin va s'apercevoir de l'ineptie de la stratégie qu'il a mise au point avec son état-major durant la Drôle de guerre, la manœuvre de rencontre qui se fait avec ses meilleures unités combattantes n'est pas encore terminée, il est tombé dans le piège de ce que d'aucuns nomment la muleta du toréro : les Allemands ont agité un chiffon rouge au nord mais le danger venait du sud.

À Sedan, la situation est gravissime, les réserves sont quasi inexistantes, des officiers essaient de réorganiser des unités avec les fuyards. À 21 heures les nouvelles du front sont confuses, même au P.C de la 2e armée les bruits les plus affolants sont colportés, certains voient déjà les chars sur la rive gauche alors qu'il ne passeront la Meuse qu'à six heures du matin. Une contre-attaque est décidée à l'aube du 14 mai, mais pendant ce temps les blindés de Guderian commencent à passer sur la rive gauche de la Meuse. Solidement implantés sur la rive gauche de la Meuse, les Allemands ont disloqué le dispositif français à la jonction des armées Corap et Huntziger et l'ont enfoncé de plusieurs km. Le général Huntziger va prendre une décision surprenante, en effet, en plein combat dans la nuit du 13 au 14 mai, il va déménager son P.C. De Senuc au fort de Landrecourt au sud de Verdun.

À part quelques résistances éparses et héroïques, la 55e division n'a plus de cohésion ayant subi beaucoup de pertes humaines tant au combat que par défection. La 71e division n'est guère en meilleur état et les unités d'infanterie, démoralisées, refluent dans un désordre qui ne permet pas de reformer des unités sur une seconde ligne de résistance solide. Seules quelques sections voire des compagnies reprises en main par des chefs valeureux s'apprêtent à résister, mais le combat face aux unités allemandes aguerries est une mission de sacrifice,.

Toute l'aviation de bombardement française est, dès le début de la matinée du 14, mobilisée pour détruire les ponts de bateaux établis dans la nuit par l'ennemi sur la Meuse de Sedan : à Gaulier où passent déjà depuis l'aube les chars de la Ire Panzer, à Donchery et Wadelincourt où s'achèvent les ponts de bateaux où passeront la IIe et Xe Panzer. Neuf Breguet d'assaut du II/54 partent à 9 h 30 bombarder le « quadrilatère Bazeilles, Sedan et la voie ferrée au sud de la Meuse ». Puis vers 12 h 30 cinq Léo 45 des GB I/12 et II/12 effectuent la mission et perdent un appareil. Au même moment les quatre Groupes de Bombardement de nuit I/34, II/34, I/38 et II/38, équipé des vieux Amiot 143 peint en marron foncé, font partir dix-huit équipages, là encore non pas bombarder les ponts de bateaux comme prévu le matin, mais « la zone Sedan, Givonne, Bazeilles » par suite d'une information affirmant que « les ponts de bateaux étaient démolis ». Seuls les quatre Amiot des GB I/34 et II/34 effectueront complètement la mission ; l'appareil du Commandant de Laubier, chef du GB II/34, sera abattu par la flak postée aux abords du pont de Gaulier. Cette « mission de sacrifice » ne servira à rien par suite de ce malencontreux changement de l'objectif à atteindre et du comportement non conforme aux ordres donnés dans la plupart des unités. Le total des pertes d'aviateurs français ce jour-là est de deux officiers et de trois sous-officiers. Enfin, à la nuit tombée, six Farman des GB I/15 et II/15 lachent leur bombes au-dessus de Sedan.

Les Français tentent de se regrouper aux abords du village de Chéhéry dans la vallée de la Bar. A 7 h, une reconnaissance aérienne allemande identifie des chars français au sud de Chéhéry qui monte en ligne, traversant la vallée de la Bar, via les hauteurs de Bulson, vers le bois de la Marfée. Immédiatement, Guderian envoie la seule formation de char disponible (4/PzRgt 2, Olt.Krajewski) reçoit l’ordre d’attaquer en direction de Bulson, et repousser les chars français. La contre-attaque est menée par un bataillon de chars de reconnaissance français, en majorité des FCM 36. A 8 h 45, la compagnie de chars allemande parvient aux hauteurs de Bulson, opposée à une faible résistance. Lorsque les Français aperçoivent les chars allemands, ils se retirent de Bulson. Krajewski traverse Bulson et, lorsqu’il parvient aux hauteurs au sud-ouest, ses chars sont pris à partie par des canons antichars français. La 4/pzRgt 2 rencontre en fait deux compagnies de chars françaises et de l’infanterie équipée de canons antichar. Les chars allemands se positionnent entre les collines 320 et 322 et commencent a ouvrir le feu sur les FCM36 français. Mais l’artillerie française ouvre le feu et détruit tous les chars allemands sauf un. Vers 9 h 15, la 2/PzRgt 2 (V.Grolman) arrive et stoppe la contre-attaque française.

A 13 h, une troisième compagnie de chars et des éléments de la Grossdeutchland arrivent et débutent une contre-attaque dans le bois Rond-Caillau, appuyés par des éléments du Pz.Jg.Abt 37. Au même moment, le Kpfgr Beck-Broichsitter avance en direction de Chéhéry et entre en contact avec les troupes française 3 km avant Chéhéry. 13 chars français et de l’infanterie sont identifiés. Une barriere de 6 canons antichar de 37 mm est formée et parvient a stopper, au début, les Français. Mais les canons allemands de 37 mm sont assez peu efficaces face aux chars FCM 36 et ces derniers tentent de déborder leurs positions. Certains chars entrent dans Connage pendant que de l’infanterie attaque du sud-est. A 9 h 15, deux compagnies du Sturmpionnier Btl 43 arrivent et s’opposent à l’infanterie française. Enfin, à 9 h 45, la 8e Cie du pzRgt 2 (Olt. von Kleist) arrive et repousse les chars français pendant que les sturmpioniers font reculer l’infanterie française vers Chéhéry, dans la forêt de Naumont. Les renforts arrivent unités après unités. Les canons antichars allemands s’installent sur les hauteurs de Bulson avec des canons de 88 et ouvrent le feu sur les cibles françaises. Vers 12 h, 30 chars français sont détruits et Chéhéry est prise.

A 12 h 30, des éléments du PzRgt 2 se tournent vers l’ouest et rejoignent le canal des Ardennes à Malmy . A 14 h 30 le GD arrive à la bordure sud du bois et avance en direction de Maisoncille-et-Villers. Le régiment s’installe en fin de journée au sud et à l’ouest d’Artaise. Il doit rejeter une éventuelle autre attaque blindée française. Le PzRgt 1 traverse la Meuse vers 10 h et va sur Vendresse (ouest de Malmy). Il sera stoppé par de l’artillerie antichar française de 25 mm. Plusieurs contre-attaques avec chars sont rejetées.

La tête de pont allemande prend désormais forme, des unités de reconnaissance allemandes trouvent deux ponts intacts sur le canal des Ardennes, près d'Omicourt et de Malmy. Guderian envoie immédiatement des chars et des unités motorisées qui filent plein ouest vers la mer du Nord.

La progression allemande n'est pas stoppée. Les troupes françaises reculent, la contre-attaque est avortée. Le front se perce à la limite des 2e et 9e armée.

La percée de Sedan va totalement déstabliser le front ; en effet, le général Corap n'ayant plus de liaison vers Sedan, débordé au nord et menacé au centre, ordonne un repli précipité sur la frontière française. l'ordre de repli va dégarnir la 1re armée qui résiste en Belgique et oblige celle-ci à abandonner ses positions sur la trouée de Gembloux le 15 mai pour se replier sur la rive gauche de l'Escaut,. A partir de ce moment, la percée du secteur de Sedan est patente, le front du GA n°1 se disloque,.

Dans des sursauts d'agonie, quelques unités vont essayer de stopper l'avance des troupes allemandes à La Horgne et Bouvellemont. Le 15 mai, au sud de Sedan dans le secteur de Stonne, Tannay, Sy des chars lourds B1 montent en ligne ainsi que des fantassins français, dont beaucoup de troupes coloniales. Le but est de reprendre Stonne et de là entamer une contre-attaque vers le nord sur le flanc gauche des unités allemandes. Stonne changera dix-sept fois de main mais la véritable contre-attaque ne sera jamais réellement lancée. Les blindés de la 3e D.C.R affrontent d'abord la 10e Panzer et le régiment Grossdeutschland mais ne parviennent pas à repousser les Allemands sur la Meuse et la trouée reste ouverte. Les troupes françaises réussissent cependant à stabiliser la partie sud du front pendant 10 jours au prix de furieux combats. Engagée par petits paquets, la 3e D.C.R perd graduellement toute valeur stratégique malgré le courage de ses soldats.

La débâcle fait son œuvre et va continuer à s'amplifier.

Du 10 au 14 mai, en 4 jours de combats après avoir combiné les actions aéroportées, blindées et de bombardement, le G.A de von Bock contraint les forces hollandaises à déposer les armes. La 7e armée de Giraud n'a même pas pu leur porter secours et se retrouve engagée à la frontière hollandaise. Dans le même temps l'armée belge subit les combats le long du canal Albert et de la Meuse, le fort d'Ében-Émael est pris par des commandos aéroportés. Dans le même temps les corps blindées du général Hoeppner (2 pzd) s'emparent de Maastricht et des rives de la Meuse. En moins de 24 heures la situation est compromise alors que les unités françaises et anglaises ne sont pas encore installées solidement. Dés le 11 mai les corps de cavalerie du général René Prioux 2e et 3e DLM sont déjà au contact des allemands, il en fait part au général Billotte, malgré cela la manœuvre continue. Les anglais se positionnent sur la Dyle et la 1ère armée dans la trouée de Gembloux.

La percée du front le 15 mai dans le secteur de Sedan va faire éclater tout le dispositif allié tout d'abord, le Gal Corap décroche de son secteur entrainant l'abandon de la trouée de Gembloux par le général Blanchard. Le groupement d'armée N°1 et notamment toute ces meilleures unités sont engagées au nord en Belgique et la percée de Sedan va les prendre au piége. Le plus grave c'est qu'il y a pas vraiment d'armée de réserve car Gamelin l'a engagée dès le 10 mai dans la manoeuvre Dyle et elle se trouve prés de la frontiére hollandaise quand la percée de Sedan est patente. Elle se replie sur la Somme, mais cette retraite prcipitée va largement entamer ses forces.

Pendant ce temps une partie des unités blindées ayant percé le front à Sedan se dirigent vers l'estuaire de la Somme avec une progression foudroyante qui effraie même l'état-major allemand qui s'attend à des contre-attaques sur le flanc gauche, car un long couloir large de 100 km à 40 km s'étend de Sedan en direction de l'estuaire de la Somme. Mais Guderian profite de la surprise et de la confusion créées par sa tactique et ne s'arrête pas. Le 17 mai, une contre-attaque limitée à Montcornet est lancée par la 4e division cuirassée de réserve commandée par le colonel Charles de Gaulle, toutefois ce succès localisé, répété ensuite à proximité d'Abbeville, n'est pas suffisant pour contrarier les plans allemands.

Un miracle comme celui de la Bataille de la Marne en 1914 n'aura pas lieu, c'est plutôt l'esprit de la Bataille de Sedan en 1870 qui a prévalu durant ces trois semaines de batailles. Ensuite, exécutant le plan Fall Rot les Allemands vont déferler sur la France bousculant la ligne de défense mis en place par Weygand qui va de l'embouchure de la Somme jusqu’à Vouziers dans les Ardennes. Le mal était patent depuis la percée de Sedan car aucune contre-attaque d'envergure n'avait tentée depuis le percement du front à Sedan. Les alliés n'ont réagit que sporadiquement et dans de nombreuses situations les combattants ont combattu vaillamment et stoppant parfois les allemands mais la débâcle avait déjà fait son œuvre, tout va s'effondrer non seulement militairement mais aussi toute les autorités administratives et sociales qui précèdent parfois leurs administrés dans leur fuite. Pour la France, la guerre va encore continuer quelques semaines, mais le pays est complètement désorganisé, quasiment 8 millions de réfugiés errent sur les routes, dans les gares. Des divisions constituées en hâte vont être balayées par la Werhmacht. C'est non seulement une défaite mais le délitement d'une nation.

La percée allemande, dite "percée de Sedan", s'est effectuée en fait sur un front qui va de Sedan au sud à Dinant au nord, avec notamment comme points de passage principaux Dinant et Monthermé. Toutefois c'est sur le secteur de Sedan que les allemands ont concentré leur forces de pénétration. Cette opération n'était que l'élément essentiel d'un plan d'ensemble qui a remarquablement fonctionné et, surtout a créé une confusion et un manque de réaction rapide des alliés. Cette défaite s'explique aussi par la faute stratégique de l'état-major français (généraux Gamelin et Georges), d'avancer les meilleures troupes en Belgique et aux Pays-Bas à la rencontre supposée du gros des forces allemandes. L'essentiel de l'offensive allemande se concentre sur le point le plus faible du dispositif français, bien plus au sud, dans le secteur des Ardennes, tenu par de faibles troupes d'infanterie à la valeur combative incertaine et surtout très mal équipées qui vont faire face aux meilleures unités allemandes concentrées sur ce point de gravité du front. Des reconnaissances aériennes alliées avaient pourtant repéré les importants mouvements des unités allemandes à travers l'Eifel et le Luxembourg dès le 10 mai.

La surprise de la percée de Sedan, le manque de réaction rapide et l'usage dispersé des divisions cuirassées françaises mal soutenues par l'aviation lors des contre-attaques, expliquent que les effets de la faute stratégique initiale n'aient pas pu être corrigée et la brèche « colmatée ». La doctrine de l'état-major français était fondée sur la défensive et aucune leçon n'avait été tirée du début du conflit en Pologne en septembre 1939. Pendant plusieurs mois, les belligérants se sont regardés l'arme au pied, permettant aux Allemands de reconstituer leurs stocks divers. Toutefois les Français ont eux aussi profité de cette période pour compléter leur armement et constituer quelques divisions blindées mais ne fera pas évoluer sa stratégie. Cette période, appelée la « drôle de guerre », va brutalement cesser le 10 mai 1940. Car les allemands vont utiliser une tactique brutale qui vont leur apporter un avantage décisif. C'est par l'utilisation combinée des chars de combat et de l'aviation comme fer de lance dans un secteur et ensuite d'exploiter la confusion et la surprise créées par cette tactique dite Blitzkrieg pour remporter la décision. Cette tactique était vitale pour les allemands selon K.J Müller car l'offensive en Pologne a largement entamée les réserves, et certains généraux allemands se méfient de la France qui est à l'époque une des premières puissances militaires mondiales. Les équipements des divisions attaquant le 1O mai sont remarquables mais le gros des troupes est à l'instar des divisions de série B françaises, mal équipés et utilisant largement la traction hippomobile. La drôle de de guerre a aussi permis aux divisions de panzer de se réorganiser et de gommer les erreurs tactiques.

Certains historiens pensent que la France était plus préparée pour une guerre longue, les effectifs en hommes étaient équilibrés et de valeur égale, les matériels étaient de valeurs équivalentes. Mais, mal employées face à des allemands qui ont exploité à merveille la ruse du plan jaune, les armées françaises vont subir la plus grande défaite de leur histoire et un effrondrement sans précedent. Les pertes humaines françaises sont considérables, car en un peu plus d'un mois de guerre effective plus de 90 000 combattants seront tués ou portés disparus et plus de 200 000 blessés. Cela démontre que malgré la débâcle les français se sont défendus et battus avec acharnement. En effet, ces chiffres dépassent les pertes mensuelles les plus sanglantes pendant la première guerre. Les allemands ne perdront que 27 000 hommes. Cependant, certains vont douter que l'armée française et l'Etat aient pu sombrer aussi facilement. L'éminent historien Marc Bloch professeur à la Sorbonne, mobilisé pendant ces heures sombres va même parler de l'étrange défaite dans son ouvrage éponyme. À travers son expérience personnelle, il y dénonce la sclérose des élites militaires et civiles.. Il décrit de façon lucide, dès juillet 1940, dans un procès-verbal les raisons de la défaite. Toutes les institutions de la nation y sont critiquées et en particulier l'institution militaire.

Toutefois il faut aussi noter que la France, bien qu'ayant été victorieuse lors de la première Guerre Mondiale, a subi l'essentiel des dégâts de la guerre sur ses territoires du nord et de l'est. Les pertes humaines l'ont privé quasiment d'une génération d'hommes en perdant 18OOOOO combattants (tués ou disparus), soit 10% de sa population active masculine. En outre, Les bassins industriels, miniers du nord et de l'est ont subi beaucoup de destructions. Pendant l'entre-deux-guerres, le pays est traumatisé et sort très affaibli de la grande guerre, l'opinion générale se dit plus jamais cela, le sentiment pacifiste est quasi-général. Les politiques comme Aristide Briand suivent l'opinion, les militaires se souviennent aussi des pertes humaines et adoptent plutôt une doctrine défensive et la tactique militaire n'évolue pas assez, bien que l'industrie lui fournisse des armements modernes. En résumé la France est entrée en guerre avec des outils de la 2e guerre mais avec la tactique de la 1ère guerre. Par contre l'Allemagne n'a pas accepté la défaite et surtout les conséquences du Traité de Versailles qui va engendrer un sentiment de revanche. Les allemands n'ont subi aucun dégât sur leur sol et n'ont pas été envahis, les troupes rentrent avec leur armement, la défaite est surtout due aux remous politiques interne et aussi à l'affaiblissement économique qui entrainèrent la demande d'armistice militaire. L'après-guerre en Allemagne sera incertain politiquement et économiquement, cela va engendrer un régime politique totalitaire.

Pratiquement 70 ans auparavant, Sedan avait été le théâtre d'opérations militaires décisives pour les Allemands. Lors de la bataille de Sedan du 31 août au 1er septembre 1870, une coalition des États allemands avait mis en déroute l'armée française précipitant la chute du Second Empire et l'avènement de la Troisième République. Ce 13 mai 1940, bien que le front fut plus étendu, l'effort principal de l'armée allemande s'est concentré sur le secteur de Sedan. Cette bataille fut aussi décisive et est restée dans l'histoire comme la percée de Sedan. Le seul nom de la ville va être synonyme de défaite et de honte pour beaucoup de français de cette époque. Une nouvelle fois, la ville de Sedan va être à l'origine de l'agonie d'un régime politique qui sera aboli de fait le 10 juillet 1940 par l'Assemblée nationale (Chambre des députés et Sénat réunis) qui donna les pleins pouvoirs au maréchal Pétain. Ce dernier demande un armistice qui est signé le 22 juin 1940 dans la clairière de Rethondes et donne naissance au régime de Vichy.

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Bataille de Sedan

Karte zur Schlacht bei Sedan (01.09.1870).jpg

La bataille de Sedan eut lieu le 31 août et le 1er septembre 1870 pendant la guerre franco-allemande, à Sedan. Avec la capitulation des troupes françaises et la capture de Napoléon III le 2 septembre, elle fut décisive pour l'issue de la guerre.

Les troupes françaises comptent une armée d'environ 120 000 hommes répartis en quatre corps d'armée ( 1er, 5e, 7e et 12e ), relativement liés entre eux dans l'espace de Sedan. Le commandement des troupes françaises dépend d'abord du maréchal Mac-Mahon. Mais celui-ci est blessé dès le début de la bataille sur une colline du village de Balan, alors qu'il observait le déroulement des combats sur Bazeilles. Le général Ducrot le remplace, mais il est obligé de s'effacer devant le général de Wimpffen, plus ancien en grade et muni d'un ordre du ministre le désignant en cas d'empêchement de Mac-Mahon. Cette succession de commandants en chef est à l'origine d'ordres, de contrordres et de tergiversations sur la stratégie. Napoléon III est avec l'armée Mac-Mahon à Sedan, mais ne se mêle pas des opérations militaires.

Les troupes de la confédération allemande sont divisées en deux armées : la IIIe armée (environ 130 000 hommes) sous les ordres du prince héritier Frédéric-Guillaume de Prusse et la IVe armée (environ 110 000 hommes) sous les ordres du prince héritier Albert de Saxe. À von Moltke revient le commandement suprême des deux armées des États Allemands Coalisés. Le roi Guillaume de Prusse et son état-major ainsi que son ministre Otto von Bismarck sont présents, ils vont assister à la bataille depuis une colline près de Frénois, un village au sud-ouest de Sedan.

Après les défaites subies en Alsace le 4 août 1870 à Wissembourg et à Woerth-Froeschwiller le 6 août, le maréchal de Mac-Mahon reconstitue une armée (dite armée du camp de Châlons) pour protéger Paris. Le 20 août Bazaine est enfermé par les troupes prussiennes à Metz. Le 21 août, Mac-Mahon se dirige vers Reims, le camp de Châlons est incendié pour éviter qu'il ne tombe aux mains des allemands. A Reims au camp de Courcelles, Mac-Mahon complète ses effectifs, réorganise son armée et se prépare à défendre la capitale, mais il reçoit l'ordre de secourir l'armée du maréchal Bazaine, assiégée à Metz par la I e et IIe armée allemande.

Le 23 août, la régente et le conseil des ministres ordonnent à Mac-Mahon d'aller secourir Bazaine. Mais renseigné de l'objectif de Mac-Mahon par la presse, Von Moltke dispose de plus de 200 000 hommes (IIIe et IVe armée), envoie la IIIe armée à marche forcée au devant des troupes françaises en direction de Châlons. Pour éviter les Prussiens de la IIIe armée, Mac-Mahon décide alors de remonter au nord vers le département des Ardennes pour ensuite se diriger sur Metz. Cependant Mac-Mahon a sous-estimé l'importance des forces allemandes et leur rapidité. Car outre la IIIe arméee prussienne, la IVe armée du prince royal de Saxe s'est postée sur la rive droite de la Meuse. La stratégie de Mac-Mahon est alors compromise, car la route directe de Metz par Montmédy est bloquée par les troupes saxonnes. Les options pour Mac-Mahon sont celles-ci: soit il prend la direction de Metz, avec la perspective de se voir couper la route par les saxons et voir aussi l'armée prussienne remonter des environs de Châlons en le prenant à revers, soit il renonce et viens défendre Paris. Mac-Mahon tergiverse, ses corps d'armée piétinent entre le 25 et 28 août entre le secteur de Rethel et de Vouziers. Pendant ce temps l'armée du prince royal de Prusse se dirige vers lui.

Le 27 août Mac-Mahon décide de renoncer à sauver Bazaine. Mais à Paris la régente et le conseil des ministres lui ordonnent encore de secourir Bazaine, en lui affirmant que les troupes prussiennes sont à 48 heures de marche, or celles-ci talonnent l'armée Mac-Mahon. Ce dernier reprend l'option d'aller sur Metz et de passer la Meuse vers le secteur de Stenay, mais à force de tergiverser sous la pression des autorités et sous l'action combinée des deux armées des princes allemands, la situation de Mac-Mahon paraît compromise. En effet l'armée de Chalons commence par être harcelée par les avants gardes de la IIIe armée prussienne à Buzancy le 27, à Nouart et Belval-Bois-des-Dames ainsi que Stonne le 29.

Le 30 août, les troupes françaises (Ve corps) chargées de protéger le flanc droit de l'armée de Mac-Mahon sont défaites par une partie de la IVe armée allemande le 30 août 1870, à la bataille de Beaumont (au sud-est de Sedan). Poursuivi et harcelé par la IIIe armée et la IVe Mac-Mahon décide alors de de se réfugier aux alentours de la ville de Sedan, ville citadelle située non loin de la frontière belge. Sedan est situé dans une gigantesque cuvette entourée de collines avec deux défilés vers Mézières (ouest) et Carignan (est), ce qui réduit fortement les possibilités de s'en échapper. Mac-Mahon a le choix entre la retraite sur Mézières, située à 20 km de Sedan, ou l'offensive en forçant le passage vers Carignan où se trouve la IVe armée du prince de saxe pour se diriger vers Metz.

Le 30 août en soirée, sous la menace de la IIIe armée du prince de Prusse, Mac-Mahon réussit à faire passer la Meuse à une partie de son armée (1er et 7e corps et une partie du 5e corps défait à Beaumont). Le même jour, le reste du 5e corps défait à Beaumont et le 12e corps l'ont passé à Mouzon et se dirigent vers Sedan sous la menace de la IVe armée allemande. La bataille va débuter, l'armée du camp de Châlons va faire face à des troupes nettement supérieures en nombre car les deux armées allemandes font faire jonction autour de Sedan.

Mac-Mahon décrète placidement : « Repos pour toute l’armée demain 1er septembre. » Sans se donner la peine de couper les ponts sur la Meuse, il se borne à concentrer son armée sur une hauteur boisée, juste au nord-est de Sedan, dans le triangle Floing-Illy-Bazeilles, entre la Meuse élargie par les inondations et deux ruisseaux, le Floing et la Givonne. Les corps d'armée français se positionnent: le 1er entre Givonne et la Moncelle, le 5e éprouvé par la bataille de Beaumont prés de la citadelle de Sedan au fond de Fond-de-Givonne, le 7e entre Floing et Givonne enfin le 12e sur La Moncelle, Bazeilles et Balan.

L’après-midi du 31 août, les Allemands commencent à encercler Sedan ; l’armée du prince héritier de Prusse occupe Frénois et Donchéry à l’ouest ; celle du prince royal de Saxe attaque par Daigny pour déboucher sur le plateau d'Illy et le bois de la Garenne. Le général Ducrot conseille au maréchal de concentrer toutes les troupes au nord de Sedan, sur le plateau d’Illy, puis de filer sur Mézières sans attendre que les Prussiens ne viennent couper le passage. Mac-Mahon l’écoute d’une oreille distraite : « Nous ne sommes pas ici pour nous éterniser. » L’Empereur pourrait aussi se retirer sur Mézières tant que la route est libre ; il y serait en sûreté et pourrait revenir activer la défense de Paris ou traiter de la paix avec l’ennemi.

Le 31 août 1870, une avant-garde du quatrième bataillon de chasseur bavarois(IIIe armée) réussit à occuper le pont de chemin de fer de Remilly-Aillicourt avant que les troupes françaises n'aient le temps de le faire sauter. Les éléments les plus avancés du bataillon peuvent ainsi traverser la Meuse et atteindre Bazeilles, à environ 5 km au sud-est de Sedan. Les troupes de marine de la division dite bleue commandée par le général de Vassoigne reçoivent l'ordre de reprendre le village, la 2e brigade du général Martin des Pallières engage une contre-attaque, appuyée par la 1re brigade du général de Reboul. Les combats sont acharnés. Les « marsouins » reprennent le village dès la tombée de la nuit et repoussent même les Bavarois jusqu'au pont, tant la contre-attaque est énergique. Mais sur le soir, le premier, le deuxième et le quatrième corps bavarois passent le pont.

Le 1er septembre avant l’aube, la bataille commence. Les deux armées allemandes se déploient vers le nord, celle du prince héritier de Prusse par le flanc ouest, celle du prince de Saxe par le flanc est, pour ensuite converger vers Illy. À sept heures, Mac-Mahon, blessé à la fesse par un éclat d’obus, abandonne son commandement. Pour le remplacer, il désigne Ducrot, qui ordonne aussitôt la retraite en direction d’Illy et de Mézières. Mais le mouvement est à peine commencé que de Wimpffen, exhibant une lettre du ministre Palikao lui confiant l’intérim de Mac-Mahon en cas d’empêchement, revendique le commandement et annule les instructions de Ducrot. En trois heures, les troupes française auront eu trois commandants en chef, chacun avec un plan différent.

Le 1er septembre à 4 heures du matin, une partie du premier corps bavarois s'infiltre dans Bazeilles sur le flanc est du château de Sedan. Une forte résistance des troupes de marine françaises force les Bavarois à y faire pénétrer le 1er corps tout entier. La bataille commence à tourner en faveur des Français. Ayant remplacé Mac-Mahon blessé, le général Ducrot, partisan de la retraite sur Mézières, ordonne le repli pour réorganiser les forces et se concentrer sur le flanc ouest, seule possibilité de sortir de Sedan sans trop combattre. Finalement commandant en chef en place de Mac-Mahon, De Wimpffen réfute la stratégie de la retraite et ordonne de réoccuper Bazeilles. Vers une heure de l’après-midi, Wimpffen donne ses ordres : contre-attaquer vigoureusement du côté de Bazeilles, en direction de Metz. Et, pour s’en donner les moyens, il prélève les réserves de Douay et de Ducrot, les obligeant à dégarnir le front nord. Cela ne va pas sans mal : des commandants, faute de cartes, se trompent de direction, des régiments hésitent à se déplacer sous les tirs d’artillerie, d’autres trouvent la route bloquée par des chariots. Les Bavarois, nettement plus nombreux et surtout appuyés par une artillerie moderne et très efficace, ont repris le village. Néanmoins les marsouins excellent dans le combat de rues : ils repoussent par deux fois les Bavarois du village. Un bataillon du 4e corps bavarois progresse jusqu'au village de Balan, coupant ainsi Bazeilles de Sedan.

Dans le village se déroulent alors des combats acharnés, maison par maison. Se battant à un contre dix, les marsouins commencent à être submergés. Ils manquent de munitions, plient sous les obus percutants et la chaleur des incendies. De nombreux civils prennent part aux combats. Désormais coupés de leurs lignes, les troupes françaises cèdent peu à peu le village qui est presque complètement détruit. Des maisons ont servi de bases de défense ; ces combats épiques et acharnés seront plus tard symbolisés par l'épisode de la résistance héroïque dans la Maison de la dernière cartouche.

La bataille tourne au désastre, car l'armée prussienne du prince héritier Frédéric de Prusse traverse la Meuse à Donchery, au sud-ouest de Sedan, afin de réaliser la jonction avec les corps armées du prince Albert de Saxe venus de Beaumont après la bataille. Malgré tout, Wimpffen a réussi à avancer de quelques kilomètres lorsque, sur ses arrières, déferle une marée humaine. À deux heures, sur le plateau d'Illy, sur le flanc nord-ouest de la citadelle de Sedan, les deux armées allemandes ont effectué leur jonction: la boucle est bouclée. Non seulement l'hypothétique fuite vers Mézières ou la Belgique initiée par Ducrot avant l’arrivée intempestive de Wimpffen n’est plus possible, mais l’ennemi a enfoncé un coin entre le corps d’armée de Douay et celui de Ducrot. Privés de leurs réserves, les deux chefs de corps tentent de jeter dans la brèche, pêle-mêle, tout ce qu’ils ont pu rallier, mais en vain. Malgré des charges désespérées et courageuses des cavaliers du général Margueritte, les forces françaises ne peuvent rompre l'encerclement sur le plateau d'Illy. Là était la seule possibilité pour l'armée française de pouvoir s'échapper et de rejoindre Mézières. Le roi de Prusse observant les charges des chasseurs d'Afrique depuis son point de vue du village de Frénois se serait exclamé : « Ah, les braves gens ! » (en allemand, Ach ! Die tapferen Leute).

Encerclée et complètement désorganisée, l'armée française reflue en désordre à l'intérieur de la ville citadelle de Sedan. Alors, de toutes parts, c’est un flot épouvanté d’hommes, de chevaux, de charriots, de canons, qui reflue vers Sedan, comme si, derrière les vieux remparts se trouvait le salut. Fantassins, cavaliers, équipages du train, voitures d’ambulance, fourgons de toute sorte se mettent à converger vers le centre de Sedan, se mêlant, s’étouffant, s’écrasant sur les ponts-levis. C’est une tempête de gémissements et de malédictions. Les obus allemands tombent, éclatent et font des vides. En sept ou huit endroits, la ville se met à flamber. Les soldats se disputent les abris et menacent les officiers. La plupart des généraux se regroupent autour de l’Empereur à la sous-préfecture. Leurs soldats, exténués, ne sont plus en état de résister. Tous lui disent que la lutte est devenue sans espoir. Tous, sauf un, Wimpffen, toujours en train de rallier des hommes sur la route de Bazeilles. Alors Napoléon III se ressaisit. Sans doute a-t-il abdiqué ses pouvoirs, mais il n’en reste pas moins l’Empereur. Et il est peut-être le seul à pouvoir jouer une dernière carte : rencontrer en tête-à-tête le roi Guillaume de Prusse – qu’il a reçu trois ans auparavant aux Tuileries à l’occasion de l’Exposition universelle -, tenter de le fléchir, d’arrêter l’effusion de sang et d’épargner l’honneur de ses généraux. Peut-être, en se constituant lui-même prisonnier, obtiendra-t-il un sauf-conduit pour ses troupes en France ou en Belgique après avoir déposé les armes ? Et l’Empereur donne l’ordre de hisser le drapeau blanc sur la citadelle pour demander un armistice. Le général Faure, chef d’état-major, estimant n’avoir à obéir qu’à Wimpffen, fait retirer le drapeau. L’Empereur insiste et le fait hisser à nouveau, cette fois pour de bon.

À 16 heures 30, le roi de Prusse envoie un officier à l'entrée sud de la citadelle (porte de Torcy). Ce dernier est conduit à la sous-préfecture de Sedan et présenté à l'empereur qui écrit une lettre au roi de Prusse: « Monsieur mon frère, n’ayant pu mourir au milieu de mes troupes, il ne me reste qu’à remettre mon épée entre vos mains. » À 18 heures, le général Reille remet la lettre de l'empereur à Guillaume qui se trouve toujours sur les hauteurs de Frénois. Après délibération, les vainqueurs acceptent la reddition de l'armée française et demandent à l'empereur de désigner un de ses officiers pour traiter de la capitulation. Le roi de Prusse désigne son commandant en chef von Moltke, puis se retire sur le village de Vendresse, au sud de Sedan.

En début de soirée, le général de Wimpffen, plénipotentiaire désigné par l'empereur, se rend à l'état-major allemand à Donchery au sud-ouest de Sedan. Il veut négocier mais von Moltke, accompagné du chancelier Otto von Bismarck, exige une capitulation sans condition.

Le 2 septembre, vers 8 heures, l'empereur quitte Sedan car il veut s'entretenir avec le roi de Prusse. Il se rend au bourg de Donchery, par la route impériale menant à Mézières, pensant que le Roi Guillaume s'y trouve. Prévenu, Bismarck vient à sa rencontre à l'entrée du village. Une entrevue a lieu dans la maison d'un tisserand sur le bord de la route. Se doutant que l'empereur veut tenter d'adoucir les conditions de la capitulation, le ministre du roi de Prusse refuse que Napoléon III rencontre Guillaume à Vendresse. Bismarck lui indique en outre que le roi ne le verra qu'après la signature de l'acte de reddition.

A 10 heures 30, l'empereur est conduit à Frénois au château de Bellevue qui domine la Meuse et la ville de Sedan. C'est en ce lieu que les généraux en chef des deux camps signent une heure plus tard l'acte de reddition de l'armée française, en présence des deux souverains. Cet acte précise que la place forte ainsi qu'armes, munitions, matériels, chevaux et drapeaux seront remis aux vainqueurs et que l'armée prisonnière sera conduite sur la presqu'île d'Iges à l'ouest de Sedan.

Cet endroit bordé par une boucle du fleuve Meuse et un canal et d'une superficie de plusieurs centaines d'hectares sera une véritable prison à ciel ouvert, pouvant être facilement gardé par les armées des États allemands. Il est aussi prévu dans l'acte de reddition que les officiers et employés civils ayant rang d'officier ont la possibilité de ne pas être faits prisonniers, sous réserve de déclarer sur l'honneur de ne pas se battre ultérieurement.

Le 3 septembre, environ 80 000 hommes sont conduits sur la presqu'île d'Iges et parqués pratiquement sans abris et sans vivres. Beaucoup de soldats vont mourir de faim ou de maladies, tant les conditions sont épouvantables. Selon le témoignage du général Lebrun les Bavarois durement éprouvés à Bazeilles se distinguent par leur cruauté et les humiliations qu'ils imposent aux soldats français. Les conditions climatiques sont aussi exécrables, la pluie tombent à torrents pendant plusieurs jours et engendre un véritable bourbier qui éprouve physiquement et psychiquement les prisonniers. Le manque de vivres est à l'origine de nombreux cas d'indiscipline et d'évasions parmi les prisonniers. Les soldats sont déguenillés, couverts de boue ils errent par bandes à la recherche de nourriture, se disputant avec forces la moindre pitance qui leur parvient. Les sentinelles allemandes postées autour de la boucle de la Meuse exhibent cyniquement leurs vivres et tirent sans pitiés sur les prisonniers qui tentent de s'évader, mais beaucoup réussissent néanmoins à s'échapper et la plupart vont se réfugier en Belgique toute proche. Aux averses, succède un soleil de plomb, la chaleur accablante n'arrange pas les conditions des prisonniers. Tous les matins jusqu'à l'évacuation de ce camp de détention improvisé, les morts se ramassent par centaines, beaucoup d'hommes tombent malades de dysenterie en buvant l'eau de la Meuse chargée de cadavres en putréfaction. Les chevaux parqués avec les prisonniers souffrent eux aussi de la faim et sont détachés, leurs instincts grégaires les font se regrouper par bandes à la recherche du moindre brin d'herbe et de feuillages. Livrés à eux-même comme les soldats, les équidés errent en hennissant et les galopades sont de véritables tempêtes équestres qui, parfois se ruent sur les endroits où se regroupent les détenus, ce qui donne à ce lieu une vision encore plus apocalyptique. Des prisonniers capturent des chevaux pour les dépecer, se servant des caissons et des charriots, voire de selles en cuir, pour faire du feu. Certains se servent de cuirasses pour ustensiles de cuisine, mais le manque de sel et l'eau impure rend la viande infecte. Progressivement le camp est évacué, les prisonniers sont internés en Allemagne, les blessés et les malades évacués dans les hôpitaux. Le 12 septembre le camp est évacué laissant un paysage de désolation. Ce lieu sera baptisé par la suite le « camp de la misère » et fit l'objet de reportages de journaux et de témoignages de prisonniers. Quant à l'empereur, prisonnier, il a été conduit sous escorte en Belgique dès le 3 septembre ; il a pris le train à Libramont pour se rendre à Kassel, site de son internement en Allemagne.

En dépit de leur bravoure et du fusil Chassepot, les troupes françaises étaient commandées par des chefs qui manquaient de stratégie d'ensemble. Les Français, qui ont déclaré la guerre à la suite de la Dépêche d'Ems, étaient très mal préparés à la faire, malgré les déclarations bravaches du ministre le maréchal Edmond Le Bœuf : « Nous sommes prêts, archi-prêts. La guerre dût-elle durer deux ans, il ne manquerait pas un bouton de guêtre à nos soldats. » Or, au début du conflit, l'armée ne disposait que de 270 000 hommes opérationnels. La France à la différence des Etats allemands n'a pas de véritable conscription, celle-ci se fait par le tirage au sort et beaucoup d'hommes en échappent. A la déclaration de la guerre, la mobilisation et le recrutement s'est fait dans le désordre selon le général Canrobert.

Beaucoup de responsables militaires n'avaient même pas de cartes d'état-major du territoire français. L'artillerie et les mitrailleuses sur affût ont été mal utilisées. Les canons obsolètes, en bronze, se chargeaient par la gueule. Les pièces, lourdes et lentes à manier, étaient de très courte portée et utilisaient des obus à fusées chronométriques qui explosaient souvent trop tôt. La stratégie de Mac-Mahon fut très confuse. Cette armée qui devait protéger Paris va, à la suite d'ordres venus de Paris, se voir confier la mission de délivrer Metz. À cause de ces divergences et de l'indécision de Mac-Mahon, l'armée de Châlons va quasiment errer jusqu'à Sedan, s'épuisant en marches et contre-marches pour échouer dans la cuvette fatale.

Les armées des états allemands coalisés étaient très organisées et commandées par des chefs ayant une stratégie d'ensemble. Les troupes étaient d'une valeur militaire remarquable, plus nombreuses (550 000 hommes) que celles de la France et bien équipées, à part le fusil Dreyse qui était nettement moins performant que le Chassepot. Utilisant la conscription intégrale et mobilisées plus rapidement, les troupes des états allemands se sont déplacées rapidement jusqu'à la frontière grâce au chemin de fer. La supériorité des effectifs fut en outre appuyée par une artillerie plus fournie et d'une plus grande portée, composée de pièces en acier se chargeant par la culasse avec des obus à fusées percutantes plus efficaces. von Moltke, véritable stratège moderne, tacticien hors pair, méthodique, conçut la guerre de façon quasi scientifique. Mac-Mahon, naguère victorieux en Crimée et en Italie, a adopté une stratégie indécise et confuse. Il a utilisé et manœuvré ses troupes comme au début du siècle. En somme, il était en retard d'une guerre.

Le 4 septembre, malgré l'opposition du corps législatif et sous la pression des Parisiens en colère, Léon Gambetta annonce la déchéance de l'empereur. Un peu plus tard, à l'Hôtel de Ville, en compagnie de Jules Ferry, de Jules Favre et d'autres députés, il proclame la République. Un gouvernement de défense nationale est instauré, composé de 11 députés de Paris. Malgré le désastre de Sedan, et alors que Bazaine est enfermé dans Metz, le gouvernement refuse la défaite et reconstitue une armée mais dès le 20 septembre, Paris est assiégé. Quelques batailles victorieuses de l'armée d'Orléans viennent donner raison au gouvernement, mais Bazaine se rend, libérant des troupes allemandes qui s'ajoutent aux forces ayant vaincu à Sedan. Les Français sont définitivement battus après la fin du Siège de Paris, le 28 janvier 1871. Un armistice général est signé au château de Versailles. Guillaume est proclamé Empereur du deuxième Reich allemand. Otto von Bismarck a pu réaliser l'union des états allemands comme il le souhaitait avant les hostilités.

La défaite humiliante de Sedan a donc pour conséquence la fin d'un empire et la naissance d'une nation qui va dominer durablement l'Europe. Un traité de paix, signé à Francfort le 10 mai 1871, ampute la France de l'Alsace sauf Belfort, d'une partie de la Lorraine et des Vosges. Une somme de cinq milliards de francs or est demandée à titre de dommages de guerre. Les armées allemandes se retirent progressivement des 21 départements qu'elles occupaient au fur et à mesure des versements. En septembre 1873, les Allemands évacuent complètement le territoire après versement du solde de la dette. Ce traité engendrera un désir de revanche chez les Français, qui n'auront de cesse de vouloir récupérer les territoires perdus. Une émission de la chaîne de télévision franco-allemande Arte, le 22 novembre 2006, émit l'hypothèse que cette guerre fut la « mère » des deux guerres mondiales du XXe siècle.

La défaite de Sedan a été un révélateur. La France a certes réalisé la révolution industrielle, mais les stratèges militaires n'ont pas su intégrer les évolutions du modernisme. Trop sûrs d'eux, les officiers se reposaient sur les succès passés : Conquête de l'Algérie, Sébastopol, Solférino, Magenta. Ils n'ont pas retenu les enseignements de la victoire des états allemands sur l'Autriche à Sadowa. Certes, les armées françaises ont enregistré quelques succès avant Sedan, mais ils ont été mal exploités. Si quelques autres suivront Sedan, la capitulation de Bazaine va permettre le déferlement allemand sur tout le nord de la France. La défaite, en précipitant le changement de régime et en plongeant le pays dans une quasi guerre civile (La Commune), va servir d'électrochoc : la IIIe République va réorganiser son armée, la moderniser, imposer le service militaire obligatoire et stabiliser ses institutions.

Le 2 septembre, jour de la capitulation française, devint fête nationale (jour de Sedan, "Sedan Tag") dans l'Empire allemand et fut célébré jusqu'en 1918. Aujourd'hui, dans de nombreuses villes allemandes, des rues de Sedan (Sedan Strasse) rappellent cette victoire.

Au cours des deux guerres suivantes, Sedan sera encore siège de batailles : en aout 1914 avec la bataille des frontières, mais surtout le 13 mai 1940, quand la Wehrmacht réussit la décisive Percée de Sedan, prélude d'une défaite française encore plus humiliante. Cette ville, qui engendra la IIIe République, fut aussi 70 ans plus tard à l'origine de son agonie.

Outre les nombreux lieux de mémoire disséminés autour de Sedan, les conséquences vont être très importantes pour l'ancienne Principauté de Sedan, protestante et indépendante, à cette époque très prospère économiquement mais engoncée dans ses remparts. Sur 110 hectares de superficie communale, les 14 à 15 000 habitants et les industries que comptait Sedan devaient se serrer sur 18 hectares. La défaite va précipiter le déclassement de la place forte. Dés le 31 mars 1871, en pleine occupation allemande, le conseil municipal fait la demande de déclassement pour permettre l'extension de la ville. Le 3 août 1875, la place forte de Sedan est déclassée par les députés au vu du rapport du maire de Sedan. Seul le château de Sedan et les casernes militaires sont conservés. L'État cède à la ville de nombreux bastions et bâtiments militaires et apporte son aide matérielle et financière. Le 27 avril 1877, le conseil municipal adopte le plan d'agrandissement et le chantier d'extension démarre.

Des travaux herculéens vont être entrepris : démolition de bastions monumentaux, comblement de canaux, déviation du cours de la Meuse, construction de bâtiments (lycée, gare, marché couvert), d'un pont, ouverture d'avenues et de de places. La ville va s'étendre de façon significative, pour en quelque sorte effacer les stigmates de la honte de Sedan.

Les travaux se termineront sept ans plus tard. Le 18 août 1884 a lieu l'inauguration de la ville nouvelle. Un photographe, François Willème, a pris des clichés des travaux à la demande d'Auguste Philippoteaux, député-maire de Sedan, et de l'architecte Édouard Depaquit. Sedan ville nouvelle, un ouvrage de Jacques Rousseau, reprend ces photos qui témoignent de travaux gigantesques entrepris avec une technologie qui n'est plus la nôtre.

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Tapis Point de Sedan

Le Point de Sedan est à l'origine l'appellation d'un point de dentelle, produite aux XVIe siècle et XVIIe siècles à Sedan.

Désigne un type de tapis réalisé à Sedan (Ardennes) depuis la fin du XIXe siècle.

Réalisé en laine et en fil de lin, il se caractérise par une grande densité de points (75000 par mètre carré) ce qui lui donne une brillance particulière. Le "Point" est une double fixation de la laine en forme de 8.

En 1889, Adrien Duquesne, un industriel parisien, s'associe à Henri Grosselin, un ingénieur sedanais, pour produire d'une manière industrielle des tapis à partir d'une technique nouvelle décrite pour la première fois en 1886. L'entreprise connait un succès immédiat. En 1900, la fabrique de Sedan compte 24 métiers mécaniques et produit environ 32000 mètres carrés de tapis par an.

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Gare de Sedan

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La gare de Sedan est une gare ferroviaire située sur la commune française de Sedan (département des Ardennes).

La gare est desservie par des TGV en provenance ou a déstination de Paris-Est, les trains des réseaux ter Champagne-Ardenne et ter Lorraine (lignes de Reims à Longwy et à Metz-Ville et de Charleville-Mézières à Longwy) et les autocars du réseau ter Champagne-Ardenne (ligne de Sedan à La Ferté-sur-Chiers qui correspond à la desserte omnibus de la précédente).

Sedan était également reliée à Verdun par Pont-Maugis et à Bouillon par une ligne secondaire.

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Source : Wikipedia