Secteur de la santé

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Posté par seb 11/03/2009 @ 08:13

Tags : secteur de la santé, economie

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Boston

Sceau de Boston

Boston est la capitale et la principale ville de l’État du Massachusetts, au nord-est des États-Unis d’Amérique. Elle constitue le centre économique et culturel de la Nouvelle-Angleterre. La commune, dirigée par le maire Thomas Menino, comptait 589 141 habitants en l’an 2000, alors que la zone métropolitaine concentrait environ 5,8 millions d’habitants.

Boston est connue pour son excellence culturelle mise en œuvre par ses universités, ses bibliothèques et ses festivals. Fondée en 1630 par des puritains anglais fuyant les persécutions religieuses de leur pays, elle s’est rapidement développée dès le XVIIe siècle sur un site particulier, dont elle a su tirer profit.

Son économie a longtemps reposé sur les activités portuaires et textiles, avant sa reconversion dans les industries de haute technologie. Aujourd’hui, les secteurs les plus dynamiques sont l’enseignement, la santé et la finance.

Enfin, la ville ne ressemble pas aux autres métropoles américaines : son centre a gardé de nombreux édifices de l’époque coloniale, ses rues ne sont pas rectilignes et la cité réserve de nombreux axes aux piétons ou aux vélos.

Avant l’arrivée des colons européens, les Amérindiens algonquins occupent la région de l’actuelle Boston. Fondée en 1630, la cité reprend le nom d’une ville anglaise du Lincolnshire (Nord-Est) dont sont originaires ses fondateurs anglais. Aux XVIIe et XVIIIe siècle, elle se développe et s’enrichit grâce à son port, par les relations commerciales maritimes avec la Grande-Bretagne et les Antilles. Boston devient le chef-lieu de la colonie de la baie du Massachusetts. Elle s’impose aussi comme la capitale intellectuelle de la Nouvelle-Angleterre, notamment avec l’ouverture d’Harvard en 1636 et la naissance de plusieurs journaux. La culture bostonienne est alors très influencée par les valeurs du puritanisme et la théologie. Mais la cité acquiert également une réputation d’intolérance religieuse lorsqu’elle condamne Mary Dyer, une quaker en 1660.

Vers 1750, Boston compte 15 000 habitants ; elle est alors la troisième ville la plus peuplée des treize colonies britanniques d’Amérique du Nord. L’activité industrielle est florissante (la construction navale, la métallurgie, le textile, la pêche et la distillerie) et le trafic transatlantique est placé sous le monopole britannique. Le port exporte du bois, de la farine, de l’huile de baleine, de la viande et du poisson ; les marchands bostoniens reviennent des Antilles avec du sucre, du rhum, des mélasses et du tafia. L’essor économique enrichit la bourgeoisie marchande qui contrôle les affaires de la cité.

Boston joue un rôle central avant et pendant la Révolution américaine contre la Grande-Bretagne. Lorsque Londres impose une série de taxes et renforce sa présence militaire dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle, les Bostoniens entrent en rébellion et réclament une représentation politique des colonies au Parlement britannique.

En 1770, le massacre de Boston alimente la rancœur des habitants. En 1773, ces derniers s’emparent de la cargaison de thé d’un navire britannique et la jettent par dessus bord : cet épisode, appelé la partie de thé de Boston (Boston Tea Party), est l’un des événements les plus célèbres de la Révolution américaine. L’année suivante, le gouvernement britannique fait bloquer le port et envoie des soldats.

La guerre d’indépendance commence en 1775 avec la bataille de Lexington et Concord qui se déroule à une trentaine de kilomètres de Boston. Le 17 juin 1775 s’engage la bataille de Bunker Hill (Charlestown) qui se solde par la défaite des insurgés américains. En 1776, George Washington conquiert Boston, tenue jusqu’ici par les troupes du général britannique William Howe. Pendant cette période, Paul Revere, le fils d’un huguenot (son nom de naissance était Paul Rivoire), fait sa fameuse chevauchée. Boston est surnommée le berceau de la Liberté et plusieurs de ses sites historiques restent des attractions touristiques populaires à ce jour. La guerre se termine en 1783 par le traité de Versailles et la création des États-Unis d’Amérique. Le Massachusetts devient un État fédéré de l’Union en 1788 et son gouverneur siège à Boston.

Après la Guerre d’indépendance, la ville continue à se développer en même temps que le port de commerce international, exportant du rhum, du poisson, du sel et du tabac. Une charte lui octroie son autonomie municipale en 1822, et au cours des années 1850 Boston devient l’un des plus grands centres manufacturiers des États-Unis, célèbre pour la confection, l’industrie du cuir, la construction navale et la fabrication de machines. La Guerre de Sécession stimule la production industrielle destinée au ravitaillement des troupes.

La ville reste longtemps dominée par de riches familles dont plusieurs sont toujours présentes à Boston. Leur généalogie remonte aux premiers colons et certaines sont surnommées les « brahmanes de Boston », en allusion au système de castes indien. À partir des années 1840, de nombreux immigrants Européens arrivent à Boston, en particulier des Irlandais, qui fuient la Grande Famine. Ils sont employés dans l’industrie textile. Avec les Italiens, ils forment une importante population catholique qui inquiète les WASPs.

Malgré la concurrence de New York, Boston reste un foyer intellectuel et culturel de premier ordre au XIXe siècle. La ville accueille de nombreux écrivains américains (Ralph Waldo Emerson, Nathaniel Hawthorne, Henry James, etc.).

L’Entre-Deux-Guerres est une période de crises pour la ville : en septembre 1919, une grande grève touche la police de Boston. Le 23 août 1927, les anarchistes italiens Nicola Sacco et Bartolomeo Vanzetti sont exécutés. Pendant la Seconde Guerre mondiale, Boston reconvertit son économie pour les besoins de l’industrie de guerre. Mais après le conflit, l’économie connaît une récession, qui touche en particulier le secteur halieutique. Les usines ferment et les entreprises vont s’établir dans le Sud du pays où la main-d’œuvre est meilleur marché. Les quelques atouts de Boston, d’excellentes banques, ses hôpitaux, ses universités, son savoir-faire technique, comptent alors peu à l’échelle de l’économie des États-Unis. La crise économique entraîne une crise sociale et urbaine. Dans les années 1960, 13 femmes sont assassinées par le tueur en série Albert Henry DeSalvo.

Boston connaît un renouveau économique depuis les années 1970. À ce moment, l’importance des institutions financières dans l’économie américaine s’accroît, beaucoup de particuliers plaçant leur épargne en bourse et Boston se développe dans le secteur financier. Alors que le poids des dépenses de santé augmente aux États-Unis, de nombreux hôpitaux de la ville dégagent des bénéfices. Les universités attirent des dizaines de milliers d’étudiants et des fonds très importants sont investis par le gouvernement dans la recherche. L’agglomération devient le deuxième pôle américain pour les hautes technologies (informatique, biotechnologies), derrière la Silicon Valley californienne. La construction de nouveaux gratte-ciel dans le quartier des affaires témoigne du réveil économique de Boston.

Boston se situe au nord de la mégalopole du Nord-est des États-Unis appelée BosWash. Elle est la ville la plus importante de la Nouvelle-Angleterre et se trouve sur la côte orientale de l’État du Massachusetts. Elle est entourée par les villes de Revere, Chelsea, Everett, Somerville, Cambridge, Watertown, Newton, et Quincy. Plusieurs autres villes en périphérie constituent le Grand Boston.

Boston a longtemps profité d’une situation très favorable sur la côte de l’Océan Atlantique : plus proche de l’Europe occidentale que sa rivale New York, elle a développé son trafic maritime et son industrie jusqu’au XIXe siècle. La baie du Massachusetts offrait un abri en eaux profondes pour les navires et son site péninsulaire lui donnait une défense naturelle. La ville du XVIIe siècle s’étalait sur la péninsule de Shawmut, reliée au continent par un isthme étroit. À l’ouest s’étendaient des marais envahis par la marée : de nos jours, cette partie correspond au quartier de Back Bay. Le centre de la Boston coloniale se trouvait autour de l’Old State House. Enfin, la ville était entourée à l’origine par trois collines, les Trimoutains, dont il ne reste aujourd’hui que celle de Beacon Hill ; les autres ont été rasées pour combler le port de Boston et le secteur de Back Bay. La physionomie de la ville a donc été considérablement transformée entre sa fondation et le XXe siècle (voir le paragraphe urbanisme plus bas). Tout comme San Francisco, Boston est aujourd’hui en grande partie implantée sur des terre-plein artificiels qui ont fait disparaître son caractère péninsulaire.

Les deux cours d’eau de la Charles River et de la Mystic River permettent une communication facile avec l’intérieur des terres. Avec le percement du canal Érié au début du XIXe siècle, Boston perd son avantage au profit de New York. La croissance du trafic dans le bassin du Mississippi et des Grands Lacs éclipse également l’influence de Boston. Aujourd’hui, la Charles River sépare Boston de Cambridge et Charlestown. À l’est de la ville se trouvent le port de Boston et ses îles. La rivière Neponset délimite la frontière entre Boston et les villes voisines de Quincy et Milton, au sud-est. Plus du quart du territoire de la commune est sous le niveau de la mer, qu’il s’agisse de la Charles River ou du quartier du port.

Le climat de Boston est à l’image de celui de la Nouvelle-Angleterre : il s’agit d’un climat tempéré de façade orientale, qui se caractérise par une amplitude thermique relativement importante (25°C). La Nouvelle-Angleterre ne bénéficie pas du rôle de régulateur thermique de l’Océan Atlantique, ni des effets du Gulf Stream. La position de Boston expose la ville aux flux méridiens froids en hiver et chauds en été, qui apportent des perturbations. Le total annuel des précipitations, sous forme de pluie ou de neige, est de 1 054 mm. La région est assez régulièrement arrosée tout au long de l’année, avec un maximum des précipitations en novembre. Les températures sont contrastées entre l’hiver et l’été, celui-ci se prolonge jusqu’en septembre et octobre : on désigne cette période par l’expression « été indien ». Lorsque les masses d’air tropical chaudes et humides remontent du golfe du Mexique, les Bostoniens connaissent alors des périodes de canicule, comme celle de l’été 2006. En leur temps, les colons anglais s’étaient trouvés désemparés lorsqu’ils virent leurs récoltes de céréales pourrir en juillet. Les hivers sont quant à eux froids et venteux, les tempêtes de neige sont fréquentes : par exemple, le blizzard de février 2006 a paralysé les infrastructures de transport de toute la région.

Tout au long de son histoire, l’urbanisme de Boston a connu d’importants bouleversements, liés à la croissance démographique et économique de la cité. Ces mutations peuvent être résumées en trois phases : poldérisation au XIXe siècle, suburbanisation et construction de gratte-ciel au XXe siècle. La capitale du Massachusetts a su préserver son patrimoine historique et s’adapter aux besoins de la modernité.

Boston est l’une des plus anciennes villes des États-Unis. Sa prospérité économique au XIXe siècle permet aux élites enrichies de se faire construire de belles demeures victoriennes à Beacon Hill. L’urbanisme des premières décennies du XIXe siècle est marqué par les réalisations de l’architecte Charles Bulfinch : celui-ci transforme la ville coloniale en une cité américaine moderne. Il dessine plusieurs maisons en briques, notamment à Louisburg Square, ainsi que la Massachusetts State House, en style néoclassique. De nouvelles rues sont percées comme la Commonwealth Avenue, large de 60 mètres.

Avec la croissance économique et l’immigration, la ville ne cesse de s’étendre : enserrée au nord d’une péninsule, la ville coloniale se trouve vite à l’étroit. Le comblement et l’assèchement des marécages tout au long du XIXe siècle permet d’aménager de nouveaux quartiers. À la fin du XIXe siècle, le quartier de Back Bay est complètement poldérisé ; la hauteur des maisons est limitée par une législation stricte. Entre 1630 et 1890, la superficie de Boston est multipliée par trois. La ville crée de nouveaux parcs et jardins publics : le Boston Common, acheté par la ville en 1634, est agrandi dans les années 1830. L’architecte-paysager Frederick Law Olmsted (1822-1903) fait aménager le Fenway Park à West Roxbury. Les magnats de l’industrie, de la finance et du commerce fondent les grandes institutions culturelles et sociales, ce qui entraîne le déplacement du centre de gravité de la ville vers l’ouest.

Tout au long du XIXe siècle, la ville se dote des infrastructures et des institutions d’une ville moderne : les premiers égouts sont aménagés à partir de 1823. Une police en uniforme est organisée en 1845. Le métro est mis en place en 1896, avant celui de New York et fut ainsi le premier métro d’Amérique du Nord. En 1910, l’achèvement d’un barrage crée le bassin de la Charles River, au nord-ouest. L’apparition de l’omnibus, du métro puis de l’automobile, entraîne un processus de périurbanisation. Une partie des classes moyennes quittent le centre pour s’installer en banlieue. Les quartiers dégradés sont laissés aux immigrants récents. L’étalement urbain s’accompagne de l’annexion de communes périphériques telles que Dorchester, Roxbury, West Roxbury, Brighton et Charlestown. Un organisme de coopération entre les municipalités de l’agglomération est mis en place : c’est la Metropolitan District Commission (1919).

Dans les années 1960, le code de l’urbanisme est modifié et autorise les tours de bureaux. Jusque là, Boston n’avait aucun édifice très élevé, à part les bâtiments administratifs et les clochers des églises. Dès lors, l’allure de la skyline se transforme avec l’apparition de gratte-ciel. Le premier est la Prudential Tower (1964, 229 mètres). D’autres buildings sortent de terre dans les années 1970 : le One Boston Place (183 m.), la John Hancock Tower (241 m.) ou encore le Federal Reserve Bank Building (196 m.). En 2006, 18 bâtiments dépassent les 150 mètres.

Au début du XVIIIe siècle, Boston était l’une des villes les plus peuplées des treize colonies britanniques. Malgré sa croissance démographique spectaculaire, elle n’a cessé de reculer dans le classement des villes américaines. Elle est notamment dépassée par New York dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle. En 1690, Boston compte 7 000 habitants, en 1742, environ 16 000. Dans les années 1830, la population augmente de 52 %, grâce à l’immigration.

La crise des années 1950-1970 a fait partir une partie des Bostoniens. Mais depuis les années 1990, l’agglomération gagne à nouveau des habitants, notamment grâce aux rénovations urbaines, aux reconversions industrielles et à la gentrification. Le retournement de situation reste fragile car, entre 2000 et 2005, la commune de Boston a perdu 30 107 résidents. Cependant, trois quartiers se distinguent par leur croissance démographique : il s'agit de Central Boston, East Boston et North Dorchester. L’aire métropolitaine de Boston, soit un territoire allant jusqu’à Lawrence, Salem, Nashua et Worcester, compte aujourd’hui près de six millions d’habitants.

L’originalité de la commune vient de sa petite taille (232 km²) comparée à celle de villes américaines d’importance semblable. La densité y est relativement élevée (4 696 hab./km² contre 3 127 hab./km² à Washington DC par exemple), ce qui la rapproche des villes européennes.

Boston est devenue une ville cosmopolite au XIXe siècle. Elle est alors avec New York l’une des portes d’entrée aux États-Unis pour de nombreux Européens (Irlandais, Italiens, Allemands et Russes). Une partie des immigrants ne reste pas à Boston, comme le montre le film Horizons Lointains : ils deviennent les pionniers de la conquête de l’Ouest. Après la Guerre de Sécession, de nombreux Noirs migrent vers les cités industrielles du Nord-Est des États-Unis. À Boston, ils s’établissent dans le quartier de Roxbury, au sud du centre-ville ainsi qu'à Mattapan et North Dorchester. De nos jours, la part de la population afro-américaine est relativement importante : elle représente environ 1/4 des habitants. Les minorités de Latinos les plus nombreuses sont dans le quartier de Roxbury.

En 1900, près de la moitié des Bostoniens est d’origine irlandaise. Aujourd’hui, les descendants d'Irlandais ne représentent plus que 16 % de la population et se concentrent essentiellement dans le quartier de South Boston. La plus célèbre famille d’origine irlandaise, les Kennedy, vient d’ailleurs de l’agglomération de Boston.

Le revenu moyen des ménages bostoniens s’élève à 55 183 $ en 2004 : il est inférieur à celui de San Francisco mais plus élevé que celui de New York. Les dépenses affectées au logement sont importantes, en partie à cause de la gentrification. Le taux de chômage s’établit à environ 5 % et se situe dans la moyenne nationale. La part des actifs est supérieure à la moyenne de l'État et du pays. Boston souffre des mêmes maux que les autres villes-centres américaines : certains quartiers connaissent une grande pauvreté, en particulier dans la communauté afro-américaine de Roxbury. L'importante présence d'étudiants (Allston et Brighton) et de populations défavorisées peuvent expliquer en partie la relative faiblesse du revenu moyen par foyer.

Chaque année plusieurs festivals de cinéma se tiennent à Boston : le plus important est le festival du film de Boston (Boston Film Festival) qui dure une semaine, en général au début du mois de septembre. Le festival du film français (Boston French Film Festival) est organisé chaque année depuis 1996 : il a lieu en juillet en coopération avec les services culturels de l’ambassade française. Le festival du film juif (Boston Jewish Film Festival) a été mis en place en 1989. Enfin, le festival du film underground (Boston Underground Film Festival) et celui du film gay et lesbien (Boston Gay & Lesbian Film/Video Festival) existent depuis quelques années et représentent le cinéma indépendant.

Dans le domaine de la musique, Boston organise un festival de musique baroque (The Boston Early Music Festival) depuis 1980 qui attire les spécialistes du monde entier.

Tout au long de l’année, de nombreuses parades défilent dans les rues de la ville et témoignent de sa diversité culturelle : Gay pride et parade haïtienne en juin, fête porto-ricaine en juillet, dominicaine en août, etc.

Boston a inspiré de nombreux réalisateurs de cinéma : plusieurs films reprennent les caractères originaux de la ville. Ainsi, les personnages principaux de Mystic River, réalisé par Clint Eastwood (2003), ont été élevés dans la communauté irlandaise. The Departed (Martin Scorsese, 2006) évoque le quartier irlandais de South End. Will Hunting (Gus Van Sant, 1997) met en valeur l’importance de l’enseignement supérieur et de la recherche dans l’agglomération. Dans Terrain d’entente des Frères Farrelly (2005), l’héroïne tombe amoureuse d’un fan des Red Sox de Boston. Récemment, dans Gone Baby Gone, réalisé par Ben Affleck avec son frère cadet Casey dans le rôle principal, on retrouve les mêmes quartiers "durs" de Boston que dans Mystic River : pas de hasard, l'auteur est le même Dennis Lehane.

Par ailleurs, Boston a été rendue célèbre dans le monde grâce à la télévision. Trois séries judiciaires créées par David Edward Kelley ont pour cadre Boston : The Practice : Bobby Donnell & Associés, Boston Justice et Ally McBeal. Cette dernière montre à chaque épisode des plans de la skyline et du palais de justice. La série Cheers raconte le quotidien d’un bar de Boston. La Vie de palace de Zack et Cody a pour décor un palace de la ville. Les intrigues de deux séries policières, Preuve à l’appui et Banacek se déroulent également dans les rues de Boston. La série Sabrina, l’apprentie sorcière joue sur la proximité de Salem.

L’évolution de la littérature à Boston est le reflet de l’histoire de la ville. Les premières formes de littérature se manifestent dans les écrits des pasteurs de la colonie de la baie du Massachusetts. Cotton Mather (1663-1728) est représentatif de ces premiers auteurs : il laissa une œuvre écrite de plus de 450 livres et pamphlets.

Le mouvement des Lumières inspire les écrits politiques du Bostonien Samuel Adams et la presse de la ville (Independant Advertiser, Boston Gazette, Massachusetts Spy, etc.) se fait l’écho des revendications des patriotes. The Power of Sympathy (en français : Le Pouvoir des affinités, Boston, 1789), écrit par William Hill Brown (1756 - 1793) est considéré comme le premier roman américain. Il fit d’ailleurs scandale dans la bonne société bostonienne et dut être publié anonymement pendant plusieurs années.

Le courant abolitionniste se développe parmi les auteurs résidant à Boston : Samuel Sewall (1652 - 1730) ou William Ellery Channing (1780 –1842) ont écrit contre l’esclavage.

Phyllis Wheatley, (1753-1784) a vécu à Boston ; elle est considérée comme la première poétesse afro-américaine des États-Unis. En 1770, elle écrivit un hommage poétique au calviniste George Whitefield, qui eut une large audience à Boston. Dans les années 1830, Boston est l’un des foyers du transcendantalisme : la ville est en effet le berceau du Transcendental Club qui entendait s'opposer à l’intellectualisme de Harvard. La première réunion, auquel assistait notamment Ralph Waldo Emerson, eut lieu à la maison de George Ripley, le 8 septembre 1836.

Au XIXe siècle, de nombreux écrivains américains (Ralph Waldo Emerson, Nathaniel Hawthorne, Henry James, etc.) habitent dans l’agglomération de Boston. Le poète et romancier Edgar Allan Poe (1809-1849) est né à Boston. Au XXe siècle, la ville accueille des écrivains européens réfugiés comme le Libanais Khalil Gibran (1883-1931), l’Espagnol Pedro Salinas (1891-1951) ou le Roumain Elie Wiesel (né en 1928).

En 1850, Nathaniel Hawthorne (1804 - 1864), publie La lettre écarlate qui raconte le sort d’Hester Prynne, une jeune femme vivant dans une communauté puritaine à Boston. L'action du livre se situe entre 1642 et 1649. The Bostonians, un roman d'Henry James (1843-1916), aborde le thème du rôle des femmes dans la société de la fin du XIXe siècle. Dans l’une des nouvelles de Jacques Futrelle (1875-1912) la ville de Boston est le lieu de résidence de la Machine à Penser et accueille des championnats du monde d'échecs. Une partie du roman Le Bruit et la fureur (1929) de William Faulkner (1897-1962), se déroule à Boston. Stephen King choisit la capitale du Massachusetts pour faire évoluer les personnages de son roman Cellulaire (2006). Enfin, l'ensemble des romans policiers de Dennis Lehane, dont Mystic River adapté au cinéma par Clint Eastwood, et Gone Baby Gone réalisé par Ben Affleck avec son frère cadet Casey dans le rôle principal, se déroulent à Boston.

L’académie de musique de Boston (The Boston Academy of Music) est la compagnie d’opéra la plus célèbre de la ville. Le conservatoire de musique de Boston (The Boston Conservatory of Music) est un lieu important de la vie culturelle. Il programme des spectacles de danse, de théâtre ou de musique. L’orchestre symphonique de Boston (The Boston Symphony Orchestra) est une autre institution dynamique de l’agglomération. Il est considéré comme l’un des dix meilleurs du monde. La société Handel et Hayden (The Handel and Hayden Society) propose depuis 1815 des concerts de musique classique. Depuis 1996, le Boston Modern Orchestra Project organise des concerts dans différents endroits de la ville, tout comme le Berklee College. En été des orchestres de rue se produisent à Faneuil Hall, Copley Square ou sur l’esplanade de la Charles River.

Le premier mouvement des Three places in New-England composé par Charles Ives, et intitulé The "Saint-Gaudens" in Boston Common, fait référence à un bas-relief situé au nord-est du parc Boston-Common, sculpté par Augustus Saint-Gaudens qui rend hommage au colonel nordiste Robert Gould Shaw et à son bataillon de soldats noirs volontaires.

Plusieurs groupes musicaux viennent de Boston : Extreme, avec Gary Cherone et Nuno Bettencourt notamment, un groupe de Funk metal des années 1980-1990, Dropkick Murphys (punk celtique), les Dresden Dolls, The Unseen (punk). Aerosmith, Boston et The Cars popularisés au courant des années 1980 par leur mélodies électro-pop accrocheuses. Enfin, le groupe précurseur du grunge les pixies vient également de la capitale du Massachusetts.

Le bâtiment du Huntington Theatre abrite depuis 1925 le premier théâtre public américain. Les Bostoniens le connaissent sous le nom de Boston University Theatre. Le Majestic Theatre propose des spectacles divers (opéra, danse, théâtre ...) dans un bâtiment du début du XXe siècle en style Beaux-Arts. La ville compte de nombreux autres lieux de représentation comme le Boston Center for the Arts, le Virginia Wimberly Theatre, le Nancy and Edward Roberts Studio Theatre, le Shubert Theater (1910) ou encore le Wang Theater (1925), l’Orpheum, etc.

La Bibliothèque publique de Boston conserve environ 14,9 millions de livres, et des centaines de milliers d’autres documents (photographies, cartes anciennes, manuscrits, dessins …) couvrant tous les domaines du savoir. En 1895, l’architecte Charles Follen McKim, se voit confier le projet de la bibliothèque sur le Copley Square. À cette époque, la première bibliothèque de Mason Street, ouverte en 1854, était devenue trop petite. En 1972, le site est encore agrandi grâce aux travaux de Philip Johnson. Aujourd’hui, l’institution compte 27 bibliothèques de quartier dans toute l’agglomération. L’intérieur est décoré par les fresques du Français Pierre Puvis de Chavannes et de l’Américain John Singer Sargent. Le Boston Athenæum sert de lieu d’exposition et de bibliothèque : elle conserve plus de 500 000 documents, parmi lesquels de vieux livres, des manuscrits et des photographies. L’édifice, construit au milieu du XIXe siècle et agrandi en 1913-1914, a été classé monument historique. Il est l’un des hauts lieux de la culture et de la recherche bostonienne. Les bibliothèques universitaires, la Massachusetts Historical Society, la bibliothèque d’État (State Library) participent également au prestige culturel de la ville.

Musées d’art et d’histoire, vieux bateaux, ateliers d’artistes, les musées de Boston réunissent des collections exceptionnelles et variées. Certains organisent chaque année des expositions prestigieuses.

Fondé en 1870 et ouvert au public en 1876, le Musée des Beaux-Arts de Boston est le principal musée de la ville. Il présente un large choix d’œuvres (peintures, objets d’art, photographies) provenant de tous les continents. Situé dans un petit palais de style renaissance vénitienne, le musée Gardner a été inauguré en 1903. Ses collections, riches de plus de 2 500 œuvres et objets, illustrent différentes époques de l’art, de l’Antiquité au XIXe siècle. L’Institut d’Art Contemporain de Boston propose des expositions temporaires dans une ancienne station de police et de pompier.

D’autres musées reflètent l’intérêt des Bostoniens pour l’histoire (musée et bateau de la Boston Tea Party, musée d’Histoire afro-américaine, Bibliothèque Kennedy, Boston Historical Society and Museum), la mer et les activités portuaires (aquarium de Nouvelle-Angleterre, Boston National Historical Park, Charlestown Navy Yard, USS Constitution) ou les sciences et techniques (musée de la science, musée des transports). Le Boston Children’s Museum propose des activités ludiques et pédagogiques. D’autres musées attendent les visiteurs sur le Freedom Trail.

La forte concentration d’établissements d’enseignement supérieur et de recherche explique le surnom de Boston, l’ « Athènes de l’Amérique ». L’agglomération compte une centaine d’institutions publiques ou privées qui concourent à sa réputation d’excellence depuis la période coloniale. Parmi elles, les 65 colleges et universités font de Boston une ville étudiante. Cependant, le Massachusetts Institute of Technology (MIT) et Harvard ne se trouvent pas dans les limites de la commune, mais sont installés à Cambridge, sur l’autre rive de la Charles River.

Le Boston College fut créé en 1827 dans le South End avant de déménager à Chestnut Hill. L’université de Boston, fondée en 1869, est aujourd’hui la quatrième plus grande université du pays avec environ 30 000 étudiants et le second employeur de la ville. L’université du Massachusetts est un établissement d’enseignement supérieur public situé dans le quartier de Dorchester. Le collège Emerson (3 700 étudiants) est situé non loin du Boston Common et propose des formations dans les arts et la communication. La Northeastern University dispose d’un grand campus sur l’avenue Huntington dans le quartier de Fenway. Le Wentworth Institute of Technology propose plusieurs formations de haut niveau en architecture ou en informatique par exemple. L’université Suffolk (4 600 étudiants) est une école de droit qui garde un campus sur Beacon Hill. Il existe bien d’autres établissements d’enseignement supérieur : le Simmons College (1899), l’Emmanuel College (1919)… Boston compte également de nombreux lieux de formation aux arts du spectacle, à la musique (New England Conservatory of Music, Boston Conservatory, Berklee College of Music).

Les publications médicales de Boston sont deux fois plus nombreuses que celles de la France entière. La ville dispose d’une importante concentration de laboratoires et de lieu de formation en relation avec la santé : les écoles de médecine de Harvard et de l’Université de Tufts ne sont pas à Cambridge mais bien à Boston. C’est à Boston qu’eut lieu, en 1954, la première greffe de rein.

L’histoire de l’immigration à Boston permet d’expliquer la diversité des confessions présentes dans la ville. Depuis le XIXe siècle, la capitale du Massachusetts est un centre majeur du catholicisme aux États-Unis : le Boisi Center for Religion and American Public Life, qui fait partie du Boston College, demeure la plus ancienne université jésuite du pays. Boston est le siège d’un archevêché catholique. L’archidiocèse métropolitain rassemble six diocèses. L’archevêque de Boston porte le titre de cardinal, ce qui l’autorise à participer aux élections pontificales. En 2002, la ville est secouée par le scandale des abus sexuels dans le clergé catholique, qui a mené à la destitution de l’archevêque Bernard Law. Les descendants des migrants d’Europe de l’Est forment une communauté orthodoxe importante encadrée par deux métropolites (Mgr Ephraim et Mgr Moses). Le judaïsme est également bien représenté. Par ailleurs, la ville a été le lieu de création de plusieurs Églises au rayonnement mondial, notamment la Science chrétienne et le Mouvement de Boston devenu par la suite les Églises du Christ internationales.

Les institutions municipales de Boston sont réglementées par une charte. La municipalité a un système de « maire fort » : celui-ci dispose d’un droit de veto et de prérogatives importantes. Le maire est élu pour quatre ans au suffrage universel. Il est secondé par un administrateur en chef pour la gestion des affaires courantes.

Le conseil municipal est élu tous les deux ans dans le cadre des neuf arrondissements. Les habitants de chaque arrondissement élisent un conseiller. Il y a quatre sièges pour les conseillers qui représentent la ville entière. Le Comité des écoles est nommé par le maire, de même que les chefs de service de la ville.

L'élite du BPD est le Boston Police Department Special Operations Unit assurant la police routière et le maintien de l'ordre et opérant aussi comme une SWAT Team. Enfin le BPD apparaît dans les polars de Dennis Lehane et de Robert B. Parker mais aussi dans Blown Away et dans En quête de preuves ou L'Étrangleur de Boston.

Dans le passé, Boston a montré à la fois son attachement aux valeurs conservatrices des puritains, mais aussi sa capacité d’ouverture et de non-conformisme : pendant la guerre de Sécession, Boston fut le foyer le plus actif de la lutte antiesclavagiste. La ville a souvent été le lieu de la contestation pacifique, pendant la guerre du Viêt Nam ou la guerre en Irak. La tradition démocrate est importante, surtout depuis le mandat présidentiel de John F. Kennedy. Depuis 1929, tous les maires de Boston sont de cette tendance politique. En 2004 a eu lieu la convention démocrate pour l’élection présidentielle du candidat John Kerry. Ce dernier possède une maison dans le quartier de Beacon Hill.

Boston est un centre de décision : elle est le chef-lieu du comté de Suffolk, le centre de l’administration américaine pour la Nouvelle-Angleterre et le siège du premier district de la réserve fédérale des États-Unis. En tant que chef-lieu du Massachusetts, la ville est le siège du pouvoir législatif de l’État : la Chambre des Représentants et le Sénat se réunissent dans la Massachusetts State House et possèdent des services près du Government Center. La cité fait partie du Metropolitan Area Planning Council, une institution d’urbanisme qui regroupe 101 communes autour de Boston. Enfin, Boston est le quartier général du premier district naval. On y trouve plusieurs représentations diplomatiques comme les consulats français, belge, suisse et canadien.

L’économie de Boston a d’abord reposé sur le commerce transatlantique et le cabotage. Pendant la période coloniale, le port reçoit des produits venant d’Angleterre. Il expédie les productions des colonies du sud et du centre (riz, tabac et indigo). Le trafic des marchandises avec les Antilles est important : au XVIIIe siècle, Boston exporte du bois, de la farine, de l’huile de baleine, de la viande et du poisson ; ses marchands reviennent avec du sucre, du rhum, des mélasses et du tafia). Dès le XVIIe siècle, ces activités portuaires stimulent la construction navale, la métallurgie, le textile, la pêche et la distillerie. L’essor économique colonial enrichit la classe de marchands. Au milieu du XIXe siècle, Boston accueille des milliers d’Irlandais qui fuient la famine dans leur pays. Ils sont employés dans l’industrie textile. La confection et l’habillement connaissent une expansion considérable. En 1906, New Balance voit le jour à Boston. Le secteur secondaire a connu une crise importante après la Seconde Guerre mondiale et a vu fondre ses effectifs.

Le secteur industriel emploie 12 339 personnes soit 2,3 % de la population active. Les industries de haute technologie se sont développées en liaison avec les centres de recherche et les grandes universités. Elles ont permis la reconversion industrielle de l’agglomération de Boston dans les années 1980 et ont fourni de nombreux emplois. L’industrie pharmaceutique est représentée par les groupes Millennium Pharmaceuticals, Millipore Corp. ou Biogen Idec. Le secteur de la santé se développe en liaison avec les instituts de recherche et le principal hôpital de la ville (Massachusetts General) : Boston Scientific est l’un des géants de l’appareillage médical. Plusieurs entreprises informatiques (DEC, Data General ...) se sont implantées le long de la Route 495 et de la Route 128, qui traverse une trentaine de communes de l’agglomération et est connue mondialement pour longer une grande concentration de haute technologie. Les parcs technologiques symbolisent la reconversion industrielle de la métropole. La ville reste également l’un des principaux foyers d’édition et d’imprimerie d’Amérique du Nord (voir le paragraphe sur les médias ci-dessous). Les usines de confection, d’agro-alimentaire et de fabrication de machines complètent le tissu industriel de la commune.

Le secteur tertiaire salarie des milliers de personnes. L’enseignement supérieur reste l’un des employeurs principaux de l’agglomération. Les services bancaires et financiers se concentrent dans le quartier des affaires avec Fidelity Investments ou le siège régional de Bank of America. La ville de Boston dispose également d'un des plus grands marchés de gestions d'actifs au monde. La compagnie Gilette a installé son siège social à Boston, de même que les cabinets du Boston Consulting Group et du Boston Globe Consulting. Le secteur de la santé et les services sociaux constituent le premier employeur de la commune.

Boston possède une vieille tradition dans le secteur de l’édition et de la presse : dès 1690 paraît un premier journal imprimé, Publick occurrences, suivi en 1704 du Boston News-Letter. En 1765, le Stamp Act provoque le mécontentement des imprimeurs contre la métropole anglaise. Au début du XIXe siècle, plusieurs journaux défendent l'abolition de l'esclavage : en 1828, le journaliste William Lloyd Garrison (1805-1879) devient le directeur du National Philanthropist à Boston ; il fut aussi l'éditeur du journal abolitionniste, The Liberator, et comme l'un des fondateurs de l'American Anti-Slavery Society. The Atlantic Monthly est un magazine fondé à Boston en 1857 et par l'essayiste et poète Ralph Waldo Emerson : l'écrivain William Dean Howells y écrit plusieurs articles. Le nombre de journaux se multiplie après la Guerre de Sécession : le Boston Globe est fondé en 1872 par des hommes d’affaires.

Aujourd’hui, l’offre de journaux et de magazines reste importante ; cela témoigne du dynamisme de la vie culturelle bostonienne : le mensuel Boston Magazine, diffusé à 70 000 exemplaires, est entièrement tourné vers Boston. Le bimestriel littéraire Boston Review, diffusé à 10 000 exemplaires, est destiné aux écrivains et aux universitaires ; il expose les débats d’idées des campus bostoniens. Fondée en 1975, la Boston Review est rédigée par le bureau du département de sciences politiques du Massachusetts Institute of Technology. La revue doit son renom à des écrivains tels que Noam Chomsky, Ralph Nader ou Tom Paine. The Boston Globe, diffusé à 435 000 exemplaires, représente le grand quotidien de la Nouvelle-Angleterre. En 1993, il a été racheté par le New York Times. Les quotidiens The Boston Herald, The Boston Phoenix et The Christian Science Monitor sont aussi basés dans la ville.

Sept principales radios émettent sur la région de Boston : WRKO 680 AM, WEEI 850 AM, WBZ 1030 AM, NPR, WBUR, WGBH. Des radios universitaires complètent l’offre avec WZBC (Boston College), WERS (Emerson), WUMB (UMass Boston) et WMFO (Tufts University).

Si Boston bénéficie surtout d’une réputation de ville intellectuelle, cela ne l’empêche pas d’avoir aussi de grandes équipes sportives. En base-ball, la rivalité est exacerbée entre les Red Sox et les Yankees de New York. En moins acharnée, la rivalité en basket entre les Celtics et les Lakers de Los Angeles, personnifiée par l'opposition entre un Larry Bird aux racines irlandaises et campagnardes et l'urbain Noir Magic Johnson, a passionné l'Amérique dans les années 1980. Les Celtics ont le record historique de titres NBA (17) dont celui de 2008 en finale, une fois de plus contre les Los Angeles Lakers. L’équipe de football américain, les Patriots de la Nouvelle-Angleterre a vu le jour en 1960 et a remporté la finale du Super Bowl en 2002, 2004 et 2005.

La ville compte de nombreux équipements sportifs : le TD Banknorth Garden reçoit les deux grandes équipes des Bruins de Boston et des Celtics de Boston. Le Fenway Park, construit en 1912 dans le Fenway Kenmore, est l’un des plus vieux stades en activité du pays. Il est le domicile des Red Sox de Boston et peut accueillir un peu plus de 38 000 spectateurs. Le Gillette Stadium, inauguré en 2002, ne se trouve pas à Boston même, mais à Foxboro. Il accueille les grands matches de soccer et de football américain.

Signalons que le sport universitaire contribue au dynamisme et au rayonnement national de Boston. Les équipes de hockey des quatre grands établissements supérieurs se rencontrent lors d’un tournoi appelé The Beanpot.

Le Marathon de Boston est organisé chaque année depuis 1897 : la course part de Hopkinton et se termine dans le quartier de Back Bay. Plus de 5 000 coureurs viennent du monde entier pour y participer. Depuis 1969, il a lieu le troisième lundi d’avril. Il s’agit du premier marathon ouvert aux femmes en 1972.

Sur mer, The Transat est une course transatlantique en solitaire reliant Plymouth en Angleterre à Boston.

Dès le XVIIe siècle, Boston est rattachée au reste du monde par des liaisons transatlantiques et un système de ferrys constitue les premiers transports en commun. En 1826 est construit le premier chemin de fer du pays. Les transports se sont développés en parallèle avec l’industrialisation et l’urbanisation de la région.

Dans les années 1960, le Massachusetts Bay Transportation Authority (MBTA) est fondé pour s’occuper du réseau de transport en commun.

L’ aéroport international Logan connecte Boston au reste du pays. Il se trouve à quelques kilomètres dans le quartier d’East Boston. Il se place au 35e rang des aéroports américains et au 39e rang mondial pour le nombre de passagers (22,6 millions en 2002). Il s’agit surtout d’un aéroport d’importance nationale ou régionale. Des navettes gratuites de bus relient l’aéroport au réseau du métro.

Depuis les attentats du 11 septembre 2001, la sécurité a été particulièrement renforcée : le vol 11 d’American Airlines et le vol 175 United Airlines qui effectuaient ce jour-ci la liaison Boston-Los Angeles, se sont écrasés dans les tours du World Trade Center, à New York.

En 2002, 162 236 tonnes de courrier et de marchandises sont passées par l’aéroport.

Les trains de banlieue, exploités par Veolia Transportation, desservent la région de Boston sur environ 2 700 km² et concernent 175 communes regroupant 2,6 millions d’habitants.

Le réseau est géré par la Massachusetts Bay Transportation Authority (MBTA) et il comprend 13 lignes sur près de 750 km de voies ; il est utilisé chaque jour par 140 000 personnes en moyenne.

Il existe deux grandes gares ferroviaires : South Station est l’une des plus importantes de la ville, avec ses 13 quais et ses liaisons avec le bus et le métro. North Station permet de prend le train vers Concord.

Les transports urbains sont gérés par la Massachusetts Bay Transit Authority (MBTA). Un tiers des Bostoniens prennent les transports en commun pour aller travailler.

Il existe cinq lignes principales de métro - en fait 3 lignes de métro et 2 lignes de tramway représentant environ 100 km de voies - qui desservent l’ensemble de l’agglomération ; chacun de ces lignes est identifiée par une couleur. Les Bostoniens désignent leur métro par la lettre "T".

Il existe 159 lignes de bus dans toute l’agglomération et le parc a été récemment remplacé par des véhicules plus modernes et moins polluants. Des liaisons en car sont disponibles au terminal de South Station : plusieurs compagnies proposent des dessertes vers les états voisins et le Canada.

Water Shuttle Boat : des navettes par bateau relient l’aéroport au Long Wharf, à deux pas du centre ville, et à la rive sud de la ville (Quincy et Hull).

Boston est le terminus est de l’I-90, aussi appelée « Mass Pike ». La Route 128 représente un tronçon de l’I-95, qui ceinture la ville à l’ouest. La route 1 et l’I-93 parcourent l’agglomération du nord au sud. Face aux problèmes d’embouteillages, l’artère centrale (« Central Artery ») qui traverse le centre-ville a été remplacée par un tunnel appelé Big Dig.

Les personnages historiques les plus célèbres nés à Boston sont l'écrivain, physicien et diplomate Benjamin Franklin (1706-1790), le poète Ralph Waldo Emerson (1803-1882) et enfin l'écrivain Edgar Allan Poe (1809-1849). Leur point commun est d'avoir connu une renommée nationale et un rayonnement international. Boston est également le berceau de nombreux hommes politiques tels que Samuel Adams (1722-1803) ou Robert Francis Kennedy (1925-1968). D'autres politiciens sont originaires de l'agglomération ou apparentés aux grandes familles bostoniennes : le président américain Franklin Delano Roosevelt descend de la famille Delano par sa mère ; John Fitzgerald Kennedy est né dans la banlieue sud de Boston. Les peintres John Singleton Copley (1738-1815), Winslow Homer (1836-1910) et Childe Hassam (1859-1935), l'architecte Louis Sullivan (1856-1924) sont également natifs de la cité. Actuellement, plusieurs Bostoniens font une belle carrière au cinéma (Edward Norton (né en 1969), Uma Thurman (née en 1970) et Eliza Dushku (née en 1980)); les frères Affleck, Ben (né en 1972) et Casey (né en 1975) ont passé leur jeunesse à Boston.

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Hamilton (Ontario)

Vue de Hamilton

Hamilton est une ville canadienne située dans la province de l'Ontario. Elle est actuellement la 8e ville en importance au Canada, avec une population estimée à 714 900 dans la région métropolitaine. À l'intérieur des limites de la ville la population était de 490 268 selon le recensement de 2001.

Elle porte plusieurs surnoms — se rapportant tous à son statut déclinant de centre industriel majeur — dont « Ambitious City » (ville ambitieuse), « Steeltown » (ville d'acier), « the Hammer » (le marteau), « Lunchbucket City » (ville de la boîte à lunch) et « Scumilton » (parodie dérogatoire du nom de la ville, scum voulant dire racaille en français). Toutefois, le secteur de la santé a déjà remplacé l'industrie lourde — exemplifiée par les deux géants de la sidérurgie, Stelco et Dofasco — en tant que plus grand fournisseur d'emplois. De plus, les secteurs de l'éducation, du gouvernement, des services et de la technologie se sont tous développés de façon dramatique tandis que le secteur industriel poursuit son déclin.

Faisant mentir sa réputation infondée de désert culturel, Hamilton a construit sur son héritage historique et social. Des attractions tant inhabituelles qu'intéressantes comprennent un musée volant (Canadian Warplane Heritage Museum), une résidence d'état d'un premier ministre du Haut-Canada (le Château Dundurn), un réacteur nucléaire fonctionnant à l'Université McMaster, un hâvre d'horticulture (les Jardins Botaniques Royaux) et le Temple de la renommée du football canadien.

La confédération iroquoise (ou les Cinq (plus tard Six) Nations) sont les premiers à occuper le territoire actuel de Hamilton. Des explorateurs français visitent la région en passant, mais la colonisation européenne ne débute que lorsque les loyalistes arrivent durant la Guerre d'indépendance américaine et la Guerre de 1812. Lors de ce dernier conflit, les britanniques défont les envahisseurs américains à la bataille de Stoney Creek dans ce qui est aujourd'hui Hamilton.

Immédiatement après la guerre, en 1815, George Hamilton fonde une ville dans la comté de Barton qui dépasse éventuellement des rivaux comme Dundas. Hamilton est incorporée comme village partiellement autonome en 1833 et comme ville en 1846.

Hamilton fait partie et est chef-lieu du comté de Wentworth depuis sa création en 1816. En 1851, le comté obtient sa composition finale de municipalités : Ancaster, Barton, Beverly, Binbrook, East Flambourough, West Flambourough, Glanford et Saltfleet.

Dans la deuxième moitié du XIXe siècle, Hamilton vient à être identifié (et à s'auto-identifier) à l'industrie lourde, se surnommant la Ville Ambitieuse et le Birmingham du Canada. Elle devient un foyer du militantisme ouvrier, et en 1872 elle est le berceau du Nine Hour Movement, mouvement qui, comme son nom l'indique, revendique la limitation universelle de la journée de travail à neuf heures.

L'accès facile au calcaire en provenance de l'escarpement de Niagara, au charbon de la région des Appalaches, au minerai de fer du bouclier canadien et la proximité des marchés d'exportation à travers le système des Grands Lacs et du Saint-Laurent fait de Hamilton une ville importante pour la production du fer et de l'acier. Plusieurs aciéries fusionnent pour former la Steel Company of Canada en 1910 et la Dominion Steel Casting Company en 1912.

Les Hamiltoniens participent à la Première Guerre mondiale en tant que combattants, mais à cause des plans de mobilisation du Colonel Sir Sam Hughes pour la Force expéditionnaire canadienne, il n'y a pas de batailles majeures associées purement aux Hamiltoniens. Vu les demandes croissantes (motivés par la guerre) des gouvernements canadien et britannique en acier, armes, munitions et textiles, le secteur industriel connaît un essor. Certains manufacturiers profitent de la situation, mais en général les Hamiltoniens sont solidaires.

Après la Grande Guerre, c'est la construction des écoles qui monte en flèche, dont le Memorial School, Allenby School et Earl Kitchener School. Durant les années 1920, des centaines de blocs à appartements de trois ou quatre étages et de 6 à 10 unités poussent un peu partout dans la ville, surtout dans l'est de la ville. La Grande Dépression des années 1930 frappe dur à Hamilton, avec le déclin simultané et prolongé de la consommation domestique et du commerce international en biens industriels finis et en matériaux de construction.

Lorsque se déclare la Seconde Guerre mondiale, les Hamiltoniens — comme la plupart des Canadiens — accueillent la montée de la demande économique mais pas sa cause. Dans cette guerre, l'Armée canadienne mobilise ses unités militaires recrutés territorialement. En conséquence, Hamilton perd des centaines de jeunes hommes en un seul jour en 1942, lorsque le Régiment royal d’infanterie légère d’Hamilton est anéanti à Dieppe.

Hamilton est située à l'extrémité occidentale de la péninsule de Niagara et du lac Ontario ; la plus grande partie de la ville, incluant le centre-ville, sont sur la rive sud. Se trouvant au centre géographique du Golden Horseshoe, la ville est approximativement à mi-chemin entre Toronto et Buffalo. Les deux caractéristiques majeures sont la Baie de Burlington, marquant la limite septentrionale de la ville, et l'escarpement de Niagara qui traverse toute la largeur de la ville, séparant la ville en deux sections, la haute-ville et la basse-ville.

La baie de Burlington (Hamilton Harbour) est un port naturel avec une grande barre de sable appelé le Beachstrip. Cette barre de sable a été déposé durant une période ou les niveau de l'eau des lacs était plus élevé au cours de la dernière ère de glace, et s'étend vers le sud-est à travers le centre de la basse-ville vers l'escarpement. Le port de mer de Hamilton est accessible par navire à travers le Beachstrip dans le port et est traversé par deux ponts, le Skyway Bridge et le Canal Lift Bridge, plus bas. Le port de Hamilton est l'un des ports maritimes les plus importants au Canada. L'autorité du Port de Hamilton gère ce port industriel.

L'escarpement est, à plusieurs endroits, un mur vertical de marne calcaire de 100 mètres de hauteur avec plusieurs chutes et ruisseaux qui en tombent, incluant Stoney Creek, Red Hill Creek, Grindstone Creek, Spencer Gorge Waterfall et Chedoke Creek, qui s'écoulent par-dessus l'escarpement et dans la baie. Les nombreuses cascades d'eau à l'intérieur des limites de la ville de Hamilton ont récemment inspiré l'industrie touristique locale à publiciser la ville comme la "Ville des Cascades" (City of Waterfalls). Au moins 20 chutes et cascades coulent sur le Mont Hamilton sur le territoire municipal. En moyenne, la montagne est à 4 à 5 km de la côte du lac Ontario et fournit des vues spectaculaires de la ville et du port. À l'extérieur de la ville cette particularité géographique est appelée Hamilton Mountain ; les résidants locaux l'appellent simplement "la montagne". La "montagne" est en fait un escarpement. La portion de Hamilton fait partie de l'escarpement de Niagara, qui s'étend de l'ouest de l'État de New York à la baie Georgienne. Il s'agit du plus long escarpement au monde.

Le climat de Hamilton est de type continental humide et relativement tempéré en comparaison avec le reste du Canada. La température moyenne en janvier est de -3,6C, mais se tient souvent juste au-dessus du point de congélation, créant des conditions de neige fondue lorsqu'il neige. Il tombe en moyenne 113 cm de neige par hiver, mais les quantités varient énormément d'année en année. La température moyenne en juillet (la moyenne du jour et de la nuit) est de 22,5C et le taux d'humidité est habituellement élevé au milieu de l'été. Les températures s'élevant à plus de 30 degrés avec une valeur humide bien au-delà de 40 sont la norme du mois de mai jusqu'en octobre.

On peut noter que le climat de la basse-ville est en général beaucoup plus abrité et tempéré que sur "la montagne" (la haute-ville), où la saison agricole est plus courte et où on est plus vulnérables aux bourrasques de neige en hiver. Ce n'est guère inhabituel pour les résidents de la basse-ville de quitter leurs quartiers sans neige et de se faire surprendre, en arrivant en haute-ville, par une épaisse couche de neige fraîche. L'escarpement affecte également la météo estivale ; des inversions de température peuvent rendre le centre ville beaucoup plus chaud, et souvent une inversion se combinera à la barrière physique de l'escarpement pour retenir le smog dans la région du centre-ville, réduisant parfois la visibilité à moins de 2km.

Les pluies estivales peuvent être abondantes mais de façon générale, les phénomènes météorologiques sévères sont rare. Une exception à noter arriva le 9 novembre 2005 ; une tornade endommagea des centaines de maisons et souleva le toit du gymnase du Lawfield Middle School, blessant deux écoliers et compromettant l'intégrité structurelle de l'école. Environnement Canada a par la suite confirmé qu'une tornade F1 avait frappé a région ; c'est la date la plus tardive dans l'année qu'une tornade confirmée s'est produite au Canada.

Selon le recensement de 2001, près du quart de la population de la région métropolitaine d'Hamilton était née à l'étranger, faisant de Hamilton la ville canadienne avec la troisième plus grande proportion de citoyens nés à l'étranger après Toronto (44%) et Vancouver (38%).

Hamilton est surtout peuplée de personnes d'origine ethnique blanche : 90,7% ont des origines britanniques, et il y a bon nombre d'habitants d'origine italienne, allemande, roumaine, française, hongroise, polonaise, portugaise, européenne orientale (surtout serbe) qui s'y sont établis durant l'essor industriel du début du XXe siècle. La partie est de la ville contient une communauté signifiante et toujours grandissante d'origine indienne.

Les pays d'origines les plus communs pour les nouveaux immigrants à Hamilton en 2001 étaient : la Yougoslavie, la Pologne, l'Inde, la République populaire de Chine, les Philippines, l'Irak, et la Bosnie-Herzégovine. Environ 8 % des immigrants des années 1990 ont déclaré la Yougoslavie comme pays de naissance.

Les estimations de 2001 donnaient une population de 714 900 personnes résidant à Hamilton, dont 48,8 % d'hommes et 51,3 % de femmes. Les enfants de cinq ans et moins comptaient pour 5,8 % de la population résidante de Hamilton, pour 5,8 % de l'ensemble de la population ontarienne et 5,5 % pour l'ensemble de la population canadienne.

En 2001, 14,2 % de la population d'Hamilton avait atteint l'âge de la retraite (65 ans et plus), en comparaison avec 13,2 % pour tout le Canada ; donc, l'âge moyen est de 37,8 années pour 37,6 pour tout le Canada.

De 1996 à 2001, la population de Hamilton à crû de 6,1 %, une croissance identique à celle de l'ensemble de la population de l'Ontario. La densité de population de Hamilton était de 482,9 personnes par kilomètre carré, pour 12,6 pour tout l'Ontario.

À l'époque du recensement de 2001, la population de la ville de Hamilton comptait 490 268 personnes, et la région métropolitaine de Hamilton en comptait 662 401. La population totale de l'Ontario était de 11 410 050 personnes.

Le Christianisme est la religion dominante à Hamilton. Le protestantisme devance de justesse le catholicisme ; toutefois, le catholicisme romain s'est renforcé principalement à cause de la croissance des populations de l'Europe de l'est et des Philippines.

Le centre-ville s'est développé (et se trouve toujours aujourd'hui) autour du Parc Gore et l'intersection des rues King et James. Le centre-ville de Hamilton s'étend de la base de la montagne vers le nord jusqu'à la rue Barton, à l'ouest jusqu'à la rue Dundurn, et à l'est jusqu'à approximativement rue Wentworth ou l'avenue Sherman. Hamilton-ouest (c'est-à-dire, le secteur occidental de la ville) commence à la rue Dundurn. Hamilton-est (secteur oriental) commence approximativement à la rue Ottawa ou l'avenue Kenilworth. Hamilton-nord (secteur septentrional) commence à la rue Barton, où la voie ferrée du Chemin de fer Canadien National (CN).

Comme les limites de la ville prenaient de l'expansion pour inclure la Montagne, le rétronyme pour la partie de la ville sous l'escarpement est devenu la Basse-Ville (souvent simplement appelé downtown). La ligne de division est/ouest pour la montagne est la rue Upper James, et la ligne de division est/ouest pour la basse-ville est la rue James. Le secteur méridional de la montagne commence approximativement au chemin Limeridge ou l'autoroute Lincoln M. Alexander.

Les anciens quartiers de Hamilton-Wentworth Region sont : Stoney Creek, Dundas, Flamborough, Ancaster et Canton de Glanbrook. Ils ont gardé leurs noms sous le nouveau gouvernement municipal de la ville fusionnée de Hamilton. Localement, on appelle ces quartiers les "banlieues" de Hamilton.

Sur la scène politique, Hamilton est connue pour avoir produite des personnalités politiques de gauche très colorés — par exemple, la carrière polarisante et erratique de Sheila Copps. Sur le plan local, les plus grand événements politiques comprennent la fusion controversée de Hamilton avec ses banlieues en 2001 et la destruction d'espaces verts autour de la vallée Red Hill pour laisser la place à l'autoroute Red Hill Creek.

Hamilton est dotée d'une charte de ville depuis 1846. En 1974, Hamilton se combine avec le comté de Wentworth et les autres municipalités et cantons de ce dernier pour former la fédération municipale à deux paliers appelée Municipalité régionale de Hamilton-Wentworth. Certaines parties de l'ancien comté ont été rattachées à Burlington et Cambridge.

L'ancienne ville de Hamilton était représentée au conseil régional par un conseiller pour chacun de ses districts ; les autres municipalités l'étaient par leurs maires et un conseiller régional additionnel chacune. Le président régional était nommé par le gouvernement de l'Ontario plutôt que par les résidents ou les conseillers régionaux. Après une campagne réussie pour rendre le poste électif, le débat est devenu caduc à cause de la fusion municipale en 2001.

Les pouvoirs municipaux étaient distribuées ou partagées en alternance par la ville et le comté. Par exemple, la ville et le comté ont gardé leurs conseils scolaires distincts, tandis que les services de police et les services sociaux sont devenues des responsabilités régionales, et le service de pompiers et l'octroi de licences aux entreprises sont demeurées des responsabilités de second palier.

En 2001, l'ancienne région de Hamilton-Wentworth à deux paliers fut fusionnée dans une ville à palier unique appelée Hamilton, d'après le nom de la plus grande ville de la région. Les nouvelles limites des districts coïncident presque exactement avec les limites des anciens districts de l'ancien Hamilton et des anciennes limites municipales de ses banlieues.

Comme dans la plupart des villes ontariennes, les maires et conseillers municipaux sortants ont tendance à se faire réélire lors d'élections municipales marquées par de faibles taux de participation. Dans les années 1940, le conseil municipal de Hamilton fut présidé par Sam Lawrence, un ouvrier syndiqué qu'on surnommait le "maire ouvrier". Toutefois, la plupart du temps, des modérés de centre-droit ou de centre-gauche — tels que Lloyd D. Jackson dans les années 1960 et Robert Morrow dans les années 1980 — président au conseil.

Victor (Vic) Copps était un maire populaire de centre-gauche dans les années 1970. En participant à la course Around the Bay Race en 1976, il fut victime d'une attaque cérébrale qui le laissa handicapé en permanence. Son épouse Geraldine Copps a servi en tant que conseillère municipale après cet évènement malheureux. Le Copps Coliseum est ainsi nommé en son honneur plutôt qu'en celui de sa fille, Sheila Copps.

Hamilton a traditionnellement été représenté par quatre à six députés provinciaux à l'Assemblée législative de l'Ontario. Le Vieux-Hamilton a toujours été soupçonneux de son plus grand voisin et la capitale provinciale, Toronto, et est réputé pour son haut taux de syndicalisation. Ces facteurs se sont combinés pour faire élire des députés de gauche et issus de la classe ouvrière, souvent du Nouveau Parti démocratique ou du Parti libéral, dont plusieurs ont acquis une certaine notoriété (à défaut d'obtenir le pouvoir) à l'extérieur de Hamilton.

La député libérale Lily Munro fut impliquée dans le scandale Patti Star qui a contribué à la défaite électorale du premier ministre David Peterson en 1990. Habituée à être sous-représentée à Queen's Park, la vieille ville de Hamilton s'enorgueillait du fait que chacun de ses trois députés étaient ministres dans le gouvernement néo-démocrate de Bob Rae dans les années 1990.

Faisant contraste, les anciennes banlieues et secteurs ruraux du vieux Hamilton votent le plus souvent pour des représentants moins radicaux (et moins notoires) du Parti progressiste-conservateur, incluant des députés d'arrière-banc dans le gouvernement de Mike Harris. La fusion forcée de Hamilton imposée par le gouvernement Harris était hautement controversée parmi les électeurs urbains et des banlieues de Hamilton. Le gouvernement a également modifié la carte électorale provinciale pour que les limites et les noms des circonscriptions provinciales coïncident avec les circonscriptions fédérales, réduisant le nombre de représentants de Hamilton à Queen's Park par un député.

Le premier ministre progressiste-conservateur John Diefenbaker a nommé Ellen Fairclough au poste de secrétaire d'État en 1957, faisant d'elle la première femme nommée au Cabinet du Canada. Un édifice du gouvernement provincial au centre-ville est nommé en son honneur.

John Munro, un ministre libéral de l'ère Trudeau et, pour un temps, époux de Lily Munro, fut le sujet d'insinuations politiques et d'allégations criminelles qui furent finalement rejetés après une enquête de la Gendarmerie royale du Canada (GRC). Il est arrivé quatrième lors de la première élection à la mairie de la nouvelle ville fusionnée de Hamilton. L'aéroport international de Hamilton a été rebaptisé en son honneur.

Le premier ministre progressiste-conservateur Joe Clark a nommé Lincoln Alexander, le premier député canadien de race noire, au poste de ministre du Travail dans son gouvernement éphémère. Alexander est plus tard devenu lieutenant-gouverneur de l'Ontario, une autre première pour les noirs en Ontario et au Canada. Ironiquement pour un homme qui n'a jamais appris à conduire, l'autoroute Mountain est-ouest fut nommée en son honneur.

Sheila Copps, fille de Victor et Geraldine, fut candidate libérale, d'abord pour la législature ontarienne et puis pour la Chambre des communes, où elle a représenté Hamilton East de 1984 à 2004. Elle fut une des membres dirigeantes du fameux "Rat Pack" lorsque les libéraux étaient en opposition jusqu'en 1993. Elle était une partisane convaincue de Jean Chrétien et a occupé plusieurs postes lorsqu'il était premier ministre, dont celui de Vice-premier ministre du Canada. Lorsque Paul Martin succéda à Chrétien, elle fut exclue du cabinet et fut défaite dans la campagne à la nomination par Tony Valeri lorsque sa circonscription fut redessinée.

Dans l'élection fédérale canadienne de 2006, les trois principales circonscriptions urbaines furent remportées par les candidats néo-démocrates Wayne Marston, David Christopherson et Chris Charlton. Les deux circonscriptions à prédominance rurale furent toutes deux remportées par les candidats conservateurs David Sweet et Dean Allison.

Dans les années 1940, le coût écologique de la pollution avait causé beaucoup de tort à Hamilton : des métaux lourds rendaient les poissons de la baie immangeables, la pollution de l'air rendait la respiration difficile et les décharges industrielles contaminaient les terres. Les gens reconnaissaient l'existence du problème, mais deux décennies de dépression économique et de guerre leur avaient laissé peu d'appétit pour faire face aux investissements coûteux et aux changements sociaux nécessaires pour y remédier.

Après la guerre, les anciens combattants reviennent dans les usines juste à temps pour voir la grève qui a vu la fondation du Local 1005 des Métallos chez Stelco, une de quatre grèves majeures en 1946. La paix ouvrière garantie par la Formule Rand, établie par le juge Ivan Rand lorsqu'il a réglé la grève chez Ford à Windsor, permit à l'économie industrielle de croître. Studebaker s'établit à Hamilton en 1940, fermant ses portes en 1966 alors qu'il était la dernière usine d'automobiles en ville.

Malgré la perspective optimiste que laissait entrevoir le boom économique des années 1960, des signes de trouble était à l'horizon. Le fiasco de curage de la baie (avec scandale politique assorti) et des rapports faits par la Commission mixte internationale révèlent que quelques décennies de pollution supplémentaire avaient pratiquement anéantis l'environnement marin.

Au début des années 1980, Hamilton entre dans la récession économique que connaît alors la plupart des villes d'acier des pays développés (comme Bethlehem (Pennsylvanie) mais survit assez bien. Toutefois, quelques grèves chez Stelco marqués par l'amertume n'aident en rien les affaires. Les jours de l'industrie lourde étaient désormais comptés.

Au cours de la dernière décennie, l'industrie lourde de Hamilton a atteint un niveau stable ; Stelco a retrouvé sa rentabilité récemment, et Dofasco (non-syndiqué) est l'aciérie la plus rentable au monde. La Hamilton Harbour Commission continue à rapporter une croissance du commerce marin. La décroissance de l'activité industrielle et des meilleurs mesures de contrôle de la pollution ont eu pour effet d'accroître la qualité de l'eau et de l'air et de permettre à Hamilton de mieux mettre en valeur ses attributs naturels. Toutefois, pour ceux qui dépendent du secteur industriel, les perspectives sont moins bonnes.

Hamilton demeure toujours la capitale canadienne de l'industrie lourde. Le nord et l'est de Hamilton (connectés par la rue Burlington) constituent la plus grande concentration industrielle dans une même province — l'Ontario, qui est également le plus grand centre manufacturier du pays.

À mesure que l'économie industrielle s'affaiblit, l'économie locale s'est beaucoup diversifiée par la force de la nécessité. Toutefois, ce processus fut rendu possible grâce à des décisions prises aussi tôt que les années 1930.

Les tentatives d'établir des activités économiques culturelles furent couronnées de succès.

La croissance de l'éducation post-secondaire — annoncée par l'arrivée de l'Université McMaster en 1930 et la fondation du Mohawk College en 1967 — a mené à la création directe et indirecte de nombreux emplois en éducation et recherche. L'ajout d'une école médicale à McMaster à la fin des années 1960 s'appuyait à tel point sur le système de santé local que le secteur de la santé a dépassé le secteur industriel comme premier employeur de la région. Un campus de recherche massif pour l'Université McMaster, appelé le Innovation Centre, est en développement près de Westdale.

Une collaboration entre un joueur canadien de hockey sur glace et un policier à la retraite voit discrètement le jour en 1964 au 64 rue Ottawa Nord. Après la mort prématurée du hockeyeur en 1974, un plan d'expansion ambitieux du retraité fait de Tim Hortons un succès énorme en vendant des beignes et du café. Le fondateur Ron Joyce vend éventuellement l'entreprise à l'empire du fast food Wendy's.

Hamilton n'est pas épargné par l'enthousiasme pour le renouveau urbain qui prend possession de la plupart des villes de l'Amérique du nord dans les années 1960 et 1970. Des édifices historiques, incluant l'ancien hôtel de ville et le marché des fermiers, sont détruits pour faire place à des rues plus larges, davantage de stationnements et de grands centres d'achats. La prépondérance des rues à sens unique et des feux de circulation synchronisés, récemment revu et légèrement modifié, a vu le jour juste avant cette période.

Hors du secteur industriel, un récession brutale, de la fin des années 1980 jusqu'au milieu des années 1990, combiné à la tendance accélérée à la relocalisation de l'activité commerciale vers les banlieues moins dispendieuses, ont dévasté le noyau du centre-ville, ainsi que bien des petites et moyennes entreprises. Parmi les tentatives plus où moins réussies de faire revivre le district central des affaires, notons la restauration de la fontaine de Gore Park, la conversion proposée des immeubles à bureaux vacants en condominiums et l'ouverture à la circulation dans les deux sens sur certaines rues de centre-ville pour la première fois en un demi-siècle.

Les projets verts de Hamilton, entreprises depuis les années 1990, ont connu un plus grand succès et ont eu un impact plus dramatique sur la ville : les "Lax Lands" sur Bay Street North ont été transformés en un parc pittoresque, la rémédiation environnementale a débuté dans les marais de Cootes Paradise dans l'ouest de Hamilton, un sentier reliant ces deux endroits fut construit, et des voies de chemin de fer abandonnés furent convertis en sentiers à usage multiple.

Hamilton possède une équipe de football canadien, les Tiger-Cats de Hamilton, qui évoluent au sein de la Ligue canadienne de football. La ville a également une équipe de hockey sur glace qui fait partie de la Ligue américaine de hockey, les Bulldogs de Hamilton.

Dans les années récentes, Hamilton a souvent désiré et appliqué pour obtenir un club de la LNH. Ces tentatives se sont toutes terminées en déception ; les villes voisines de Buffalo et Toronto ont toujours voté contre, car ils perdraient de leurs revenus si Hamilton obtenait un club de la LNH. C'était en 1990 que Hamilton a été le plus près d'obtenir son club de la LNH, mais fut bloquée par Seymour Knox III (le propriétaire des Sabres de Buffalo à l'époque) et la LNH a plutôt donné des nouvelles équipes à Tampa Bay (Floride) et Ottawa (Ontario). Les Tigers de Hamilton ont joué dans la LNH au début des années 1920 mais ont alors déménagé à New York et l'équipe fut rebaptisée les New York Americans, devenant la première équipe professionnelle de hockey sur glace à jouer au tout nouveau Madison Square Garden.

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Bernard Kouchner

Bernard Kouchner et le président de la Fédération de Russie, Dmitri Medvedev, le 21 mai 2008

Bernard Kouchner, né le 1er novembre 1939 à Avignon, est un médecin humanitaire et homme politique français, cofondateur de Médecins sans frontières et de Médecins du monde, ministre des gouvernements de gauche et de droite, haut représentant du secrétariat général de l'ONU au Kossovo.

Médecin de formation, Bernard Kouchner a connu une vie militante, qui l'a conduit à adhérer à l'Union des étudiants communistes, au début des années 1960, au PS, au PRG, puis à nouveau au Parti socialiste, mais il est surtout connu comme militant de l'action humanitaire et du droit d'ingérence.

Il est secrétaire d'État et ministre en charge de l'action humanitaire ou de la santé sous les gouvernements socialistes de Michel Rocard, Pierre Beregovoy, Édith Cresson et Lionel Jospin. Depuis le 18 mai 2007, il est ministre des Affaires étrangères et européennes dans le gouvernement François Fillon (reconduit dans le gouvernement Fillon II, le 19 juin 2007).

Né le 1er novembre 1939 à Avignon, d'un père juif, Georges Kouchner, médecin de gauche, et d'une mère, Léone Mauric, infirmière bénévole de la Croix-Rouge issue d'une famille protestante aisée. Samuel, le père de Georges avait quitté la Lettonie pour la France en 1908 et avait fait venir son épouse Rachel l'année suivante. Pendant la Seconde Guerre mondiale Samuel et Rachel ont été arrêtés en 1944 et déportés à Auschwitz. Ils font partie du convoi No 76 en date du 30 juin 1944.

Bernard Kouchner suit des études de médecine dans les années soixante tout en menant des activités militantes intenses à la rédaction du journal des étudiants communistes. Il est père de Julien, né en 1970 Camille et Antoine, jumeaux nés en 1975, trois enfants issus de sa première union avec Évelyne Pisier, professeur de droit. De sa compagne Christine Ockrent, journaliste, il eut Alexandre.

Bernard avait rencontré sa première femme Évelyne en 1964 lors du voyage à Cuba organisé pour les dirigeants de l'UEC. Pour Évelyne, ce voyage a d'abord été à l'origine d'une liaison avec Fidel Castro. Après mai 1968, alors que Bernard transformait son engagement politique en engagement humanitaire, Évelyne restait sur des positions révolutionnaires. En 1975, lors d'une mission au Vietnam, il écrivait à sa femme « ...C'est dans ces bois que se cachent les VC (Viêt-Congs). Toi, tu ris, car tu les aimes, les VC. Moi, je ne les hais pas ». Mais, en 1980 la rupture du couple, d'ailleurs mal vécue par Bernard, ne résulte pas d'un différent politique. D'après Burnier, biographe et ami de Kouchner, Évelyne ne supportait pas le style de vie imposée par les missions incessantes de Bernard « Je venais de passer quelques années avec un héros, Fidel Castro, et j'en avais marre des héros », déclare-t-elle à propos d'une première rupture survenue dés la fin des années 1970. Évelyne a pris comme second mari un professeur de droit, Olivier Duhamel, socialiste rocardien.

Christine Ockrent, compagne de Bernard à partir du début des années 1980 avait un parcours à l'écart de tout mouvement révolutionnaire: Fille d'un diplomate belge proche d'Paul-Henri Spaak, elle avait effectué son début de carrière de journaliste aux États-Unis. Elle avait acquis la célébrité en 1981 en devenant la présentatrice du journal de 20 heures sur Antenne 2. Elle n'est pas rebuté par les escapades humanitaires d'où son compagnon revient barbu, amaigri et insupportable « C'est ça qui m'intéresse a-t-elle déclaré à Michel-Antoine Burnier. Bernard n'est sûrement pas un mec qui revient à six heures et demie du soir avec sa petite serviette. Je n'ai pas choisi ce genre de vie et je n'ai pas choisi ce genre d'homme ». Christine et Bernard se font construire une maison près de Bonifacio en Corse.

« Je suis communiste et Rastignac. Paradoxe ? Détrompez-vous; le mélange n'est pas détonnant. Il est même étonnament efficace. Vous riez ? Je vous attends... ».

À cette époque, les étudiants communistes de l'UEC sont plus ou moins en conflit avec la direction du PCF et se sentent plus proches des positions du parti communiste italien qui s'est engouffré dans la critique de Staline amorcée par Khrouchtchev au moment où, le parti français dirigé par Maurice Thorez restait beaucoup plus timoré sur ce point. Kouchner fait partie des « Italiens ». La reprise en main définitive de l'UEC et l'éviction des Italiens de la direction ne sera chose faite qu'en 1965. Entre temps, Jean Schalit aura pu mettre sur pied Clarté-voyage et organiser un voyage à Cuba dont font partie une bonne partie des dirigeants de l'UEC. Ce sera l'occasion pour Kouchner d'interviewer Fidel Castro.

Kouchner qui n'avait jamais adhéré au PCF, mais seulement à l'UEC, quitte la mouvance communiste en 1965, lorsque les « Italiens » sont écartés de la direction de l'UEC. Toujours aux côtés de Jean Schalit et Michel-Antoine Burnier, il siège à la direction du Comité Vietnam national qui pourfend l'impérialisme américain qui s'englue dans la Guerre du Viêt Nam. Il poursuit également des activités journalistiques en participant toujours avec Michel-Antoine Burnier à la création du journal L’Événement d'Emmanuel d'Astier de la Vigerie.

Pendant les événements de mai 68, Bernard Kouchner participe activement à la rédaction d'un « Livre blanc » de la faculté de médecine.

Après mai 68 dans lequel il ne s'est que modérément impliqué Bernard Kouchner qui a terminé ses études de gastro-entérologie mais n'a pas encore passé sa thèse, apprend par un de ses amis, Marek Halter que la Croix-Rouge française recrute des médecins pour faire face aux problèmes humanitaires consécutifs à la guerre du Biafra. Le docteur Bernard Kouchner séjournera au Biafra à trois reprises, de septembre à octobre 1969, en décembre 1968 et d'octobre à novembre 1969. Le responsable de la mission, Max Récamier, et Kouchner rompent le devoir de réserve imposé par le CICR et témoignent dans les colonnes du Monde daté du 28 octobre 1968, prenant fait et cause pour les rebelles biafrais. Plus tard, dans Le Nouvel Observateur du 19 janvier 1970, sous le titre « Un médecin accuse », Kouchner écrira ceci : « Comment peut-on être de gauche et laisser massacrer deux millions d’individus ? Le massacre des Biafrais est le plus grand massacre de l’histoire moderne après celui des juifs, ne l’oublions pas. Est-ce que cela veut dire que le massacre de millions d’hommes n’a pas de dimension politique ? La gauche, s’il en existe une, a fermé les yeux Sa préoccupation est simple : les gens qui meurent sont-ils de gauche ? ».

En décembre 1971 Bernard Kouchner participe à la création de Médecins sans frontières aux côtés d'hommes de terrain comme Max Récamier, Xavier Emmanuelli et de membres de l'équipe du journal médical Tonus, Raymond Borel et Philippe Bernier ». Kouchner revendique avoir proposé et dédendu le nom de « médecins sans frontières » alors que d'autres fondateurs avaient proposé « Secours Médical Français ». Dans la charte de MSF, Philippe Bernier a introduit une règle inspirée de la Croix-Rouge stipulant que les membres « respectent le secret professionel et s'abstiennent de porter un jugement ou d'exprimer une opinion à l'égard des évènements, des forces, et des dirigeants qui ont accepté leur concours ». Kouchner a tenté, en vain, de s'opposer à cette règle en expliquant qu'en rendant publics les crimes de masse, on pourrait contribuer à arrêter les massacres.

En mission à Saïgon, au Vietnam, en 1975, au moment de l'offensive finale Nord-Vietnamienne, Kouchner aura l'occasion de s'intéresser à nouveau au Vietnam, 4 années plus tard. En 1979, il participe à l'opération « Un bateau pour le Vietnam » qui aboutira à affréter un bateau, l' Ile de Lumière, censé venir en aide aux Vietnamiens qui fuient le Vietnam communiste sur de frêles embarcations et que l'on appelle les « Boat people ». En fait, l' Ile de Lumière servira surtout de bâteau hôpital, au large de l'île malaise de Poulo Bidong où s'entassent des dizaines de milliers de réfugiés. L' Ile de Lumière bénéficie d'une ample couverture médiatique qui fait connaître Kouchner au grand public.

C'est à cette occasion que Kouchner sera mis en minorité au cogrès annuel de MSF qui se tient à Paris en juin 1979. Le président sortant Claude Malhuret ne cite pas l' Ile de Lumière dans son rapport moral, met en avant le succés des opérations à long terme en Thaïlande ou en Ogaden et s'en prend à l'indiscipline des kouchnériens « On ne peut pas faire des coups spectaculaires seuls ». Malhuret réclame aussi l'anonymat dans les missions. Kouchner se défend en dénonçant « les bureaucrates de la charité, les technocrates de l'assistance ». Le rapport de Malhuret est approuvé par 80 voix contre trente et une vingtaine d'abstentions. Kouchner quitte définitivement MSF pour fonder Médecins du monde en 1980 .

Après l'accession au pouvoir de François Mitterrand en 1981, on trouve un certain nombre d'anciens « Italiens » de l'UEC dans les cercles du pouvoir. Parmi eux, Roland Castro qui présente Kouchner à Mitterrand . Kouchner mène alors campagne dans les institutions internationales pour la reconnaissance du droit d'ingérence, notion développée à l'origine par Jean-François Revel. En 1987, le président Mitterrand et son premier ministre Jacques Chirac honorent de leurs présences un colloque organisé par Kouchner sur le thème du « Droit et morale humanitaire ». Les deux hommes soutiennent l'idée du devoir d'ingérence défendu par Kouchner. « J'ai noté une belle formule, une belle expression du docteur Kouchner: la morale de l'extrême urgence... » aurait glissé le président Mitterrand. A cette époque, Chirac, premier ministre s'affiche beaucoup plus favorable au droit d'ingérence que Mitterrand, président. Il a créé dans son gouvernement un poste de « secrétaire d'état aux droits de l'homme » confié à Claude Malhuret que Kouchner considère toujours comme un usurpateur depuis sa prise de pouvoir de MSF en 1979.

A la veille des élections présidentielles de 1988, deux jours avant le premier tour, dans un texte cosigné par Bernard-Henri Lévy paru dans Le Monde, Kouchner prnd position pour le candidat Mitterrand tout en exprimant une vision politique moderniste qui n'est pas forcémment celle qui domine au sein du Parti Socialiste.

Bernard Kouchner qui caracole dans le peloton de tête des sondages de popularité des personnalités françaises est nommé secrétaire d'état chargé de l'insertion sociale dans le premier gouvernement Rocard. Ceci ne le met pas à l'abri d'un échec électoral cuisant auquel il doit faire face dans la 20eme circonscription du Nord aux législatives de 1988 qui suivent les présidentielles de moins de deux mois. Il est parachuté par le parti socialiste dans un bastion communiste. Il arrive loin derrière son adversaire communiste Alain Bocquet et son score est bien inférieur à la moyenne socialiste dans le département . Alors qu'il hésite à se maintenir au deuxième tour en tentant de rallier les voix centristes pour battre le candidat communiste, il est contraint, lâché par son suppléant socialiste, d'accepter la discipline de parti et de se retirer.

Malgré cet échec électoral local, Kouchner fera partie de presque tous les gouvernements socialistes de 1988 à 2001. secrétaire d'État chargé de l'Action humanitaire dans le deuxième gouvernement Rocard, secrétaire d'État auprès du ministre d'État, chargé de l'Action humanitaire dans le gouvernement Cresson, ministre de la Santé et de l’Action humanitaire dans le gouvernement Pierre Bérégovoy, secrétaire d'État puis ministre délégué chargé de la Santé dans le gouvernement Jospin. En 1988, il est considéré comme trop incontrôlable par Mitterrand pour prendre en charge le ministère de la santé. Il se constitue un cabinet pléthorique dans lequel des anciens copains d'Actuel comme Patrick Rambaud cotoient le juriste Mario Bettati qui a donné des bases juridiques théoriques au droit d'ingérence et des grands profeseurs de médecine comme Alexandre Minkowski.

Avec ses fonctions de secrétaire d'état à l'action humanitaire, la vie de Bernard Kouchner reste ponctuée de déplacements dans les régions du monde troublées. En 1989, il a ainsi l'occasion de se rendre au Soudan où il franchit la frontière sans l'autorisation du gouvernement de Khartoum en vertu de la résolution 43/131 portant «droit d'accès aux victimes des catastrophes naturelles et des situations d'urgence du même ordre» qui avait été votée par l'Assemblée générale de l'ONU en décembre 88 sur proposition de Kouchner au nom de la France. Il s 'embarque également avec un hôpital mobile au Salvador où une guerre civile à éclaté, . Il est également en Roumanie au moment de la chute de Ceaucescu et au Libéria, à Monrovia complétement anéantie par la guerre civile.

Le 28 juin 1992, Kouchner, alors ministre de la santé et de l'action humanitaire accompagne le président Mitterrand à Sarajevo. Pierre Péan a écrit que c'est à cette occasion qu'il a gagner la confiance de Mitterrand et qu'il a bénéficié dans les huit derniers mois du gouvernement Beregovoy d'un statut de « ministre-bis des Affaires Étrangères ». Péan ajoute qu'il avait pris le pas sur le ministre en titre Roland Dumas et aussi sur le ministre de la défense, Pierre Joxe. Ainsi, c'est contre l'avis de Joxe qu'il aurait engager la France dans l'intervention militaro-humanitaire de Somalie en décembre 1992. Kouchner avait inspiré une campagne de collecte de riz dans les écoles le 20 octobre 1992 et le 5 décembre, il est présent sur les plages somaliennes devant les caméras de télévision et son image, sac de riz à l'épaule fera le tour des médias.

Ministre à part entière, à la Santé, en 1992 dans le gouvernement Beregovoy, Kouchner consacre une partie de son énergie à répandre les traitements antidouleur dans les établissements hospitaliers français. Il met également en route une loi sur la bioéthique que feront aboutir les responsables de la Santé dans le Gouvernement Balladur, Simone Veil et Philippe Douste-Blazy . En 1997, Kouchner supportera mal la tutelle de Martine Aubry, alors qu'il n'est plus que secrétaire d'État chargé de la Santé dans le gouvernement Jospin. Martin Hirsch est alors son directeur de cabinet. Il quitte le gouvernement en 1999 pour accomplir sa mission d'administrateur de l'ONU au Kossovo. Lorsqu'il reprend son poste en 2001, il devra faire face à la Crise de la vache folle. Il pourra également faire voter la loi qui porte son nom sur le Droit des malades.

En 1993, après la victoire de la droite aux élections législatives. Kouchner crée, la Fondation pour l’action humanitaire qui s'investit notamment dans la lutte contre le SIDA, l'installation de boutiques d'accueil pour les SDF. Bien que n’étant pas membre du PS, il est élu en 1994 sur la liste européenne du parti socialiste conduite par Michel Rocard après avoir annoncé le 3 octobre 1993 la constitution d'une liste indépendante. Selon Michel-Antoine Burnier, il commet alors une gaffe et une erreur politique. La gaffe consiste à se vanter, au soir des élections, de n'avoir pas voté pour sa propre liste. L'erreur politique consiste à adhèrer en 1996 au Parti radical de gauche rebaptisé « Radical », sur les traces de Bernard Tapie. Il y prend le titre de « président délégué à l'innovation politique » . Il s’est prononcé, à titre personnel, en faveur de la réforme Juppé de la Sécurité sociale. Il préside l'association Réunir et est à la fois proche de Michel Rocard et de Lionel Jospin. Il subit de nouveaux échec à l'élection législative de 1994 en Moselle et en 1996, à l'élection législative partielle de Gardanne. Il adhère au PS le 6 octobre 1998.

Il faut attendre le 10 juin pour que Milošević cède et retire ses troupes du Kosovo. 45000 soldats de l'OTAN s'installent alors au Kosovo. Le ministre français des Affaires étrangères de l'époque, Hubert Védrine, ne partage pas les idées de Kouchner sur le droit d'ingérence mais a l'idée de proposer Kouchner pour diriger la Mission d'administration intérimaire des Nations Unies au Kosovo (MINUK). Finalement, le 2 juillet, Kofi Annan, Secrétaire général des Nations Unies, annonce la nomination de Bernard Kouchner comme Haut-représentant du Sercrétariat général des Nations unies au Kosovo.

Bernard Kouchner a ainsi administré le Kosovo en tant que Haut représentant de l'ONU de juillet 1999 à janvier 2001. Cette mission faisait suite au vote de la résolution 1244 du conseil de sécurité qui autorisait l'établissement d'une autorité « administrative internationale civile », autrement dit la MINUK.

Pendant dix-huit mois, il applique la politique de l'ONU consistant à créer une administration et un système politique pour combler les lacunes laissées par la séparation de la Serbie et à remettre sur pied une économie anéantie par les trois ans de la guerre. Cette politique aboutit à des élections municipales à la fin de l'an 2000.

Bernard Kouchner a par la suite été un candidat malheureux à différents postes à hautes responsabilités au sein des Nations unies : Haut commissaire aux réfugiés (HCR) en 2005, et directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) en 2006.

« Que faire et comment gagner sa vie quand on n'est plu ministre, ni député ni fonctionnaire ? » C'est la question que pose Michel-Antoine Burnier en évoquant la situation de Bernard Kouchner en 1993 après la victoire électorale de la droite. La même question se posera à nouveau après la défaite de Jospin aux présidentielles de 2002. Et Burnier d'expliquer qu'en 1993, la candidature de Kouchner à un poste de professeur de médecine humanitaire à l'hôpital Cochin a été bloquée par le professeur Bernard Debré qui déclara qu'il ne suffisait pas d'avoir sa carte au PS pour devenir professeur, qu'en 2002 il est parti enseigner six mois à l'école de santé publique d'Harvard et qu'à son retour à Paris, en 2003, il devient titulaire de la chaire Santé et Développement au CNAM. Burnier souligne que Kouchner est alors beaucoup plus disponible pour s'occuper de ses enfants dont les aînés sont déjà engagés dans la vie active et dont le dernier va paser le bac. En 2009, un pamphlet de Pierre Péan portera à la connaissance du grand public que Kouchner a également exercé une activité de consultant rémunérée en proposant ses services auprès de grands groupes comme Pfizer ou Total ou auprès de gouvernements africains comme celui du Gabon ou du Congo. En fait, son rapport sur les activités de Total en Birmanie avaient déjà fait l'objet d'une controverse publique en 2003.

Bernard Kouchner est longtemps resté à l'écart de la vie politique d'appareil du Parti socialiste et s'autorise des prises de position publiques non orthodoxes vis-à-vis de son propre camp politique : militant socialiste, il est favorable à certaines mesures conduites par la droite comme le contrat nouvelle embauche, ou l'ouverture du capital d'EDF. Il se décrit lui-même comme un militant de gauche de tendance sociale-démocrate.

Le 11 janvier 2006, il se dit « candidat à des primaires à l'italienne » pour l'élection présidentielle de 2007.

En 2004, François Hollande, premier secrétaire du parti socialiste nomme Kouchner « secrétaire national pour l'innovation sociale et politique », plus pour l'attacher que pour l'écouter, précise Burnier. Dans un sondage de popularité IPSOS Le Point d'octobre 2005, Kouchner arrive en tête des personalités pour lesquelles les Français aimeraient voter, juste devant Sarkozy. Dés lors, Kouchner va se mettre en posture pour devenir candidat aux présidentielles de 2007, mais à la fin de l'été 2006, devancé dans les sondages par Ségolène Royal, il doit se faire à l'idée de renoncer à sa candidature. En décembre 2006, Bernard Kouchner a indiqué qu'il se verrait bien ou pourquoi pas dans un gouvernement d'union nationale si Nicolas Sarkozy était élu, tout en réaffirmant sa fidélité au Parti socialiste.

En février 2007, il rejoint l'équipe de campagne de la candidate socialiste Ségolène Royal tout en prônant l'ouverture politique comme la propose François Bayrou. Dans cette logique, et suite à l'appel de Michel Rocard pour un accord PS-UDF, il prend position pour un rapprochement avant le premier tour entre Ségolène Royal et François Bayrou, dans une interview accordée au Journal du dimanche du 15 avril 2007.

Le 18 mai 2007, bien que membre du Parti socialiste, il accepte finalement de participer au gouvernement François Fillon en tant que ministre des Affaires étrangères et européennes. Le PS, par la voix de son premier secrétaire, a aussitôt précisé qu'une procédure d’exclusion à son encontre sera enclenchée rapidement. François Hollande s'est exprimé en ces termes: Bernard Kouchner « est exclu de fait aujourd'hui. C'est automatique, comme lorsqu'on se présente contre un candidat désigné par son parti. Bernard Kouchner va être solidaire de ce gouvernement. Il va donc soutenir la droite contre les candidats socialistes aux législatives. » .

Bernard Kouchner a signé un article intitulé « Pourquoi j'ai accepté » et publié dans l'édition datée du 20 mai 2007 du journal Le Monde, où il s'explique sur son ralliement à un gouvernement de droite en se revendiquant social-démocrate .

À 67 ans, il est le doyen de ce gouvernement dont la moyenne d'âge est de 53 ans.

Le 19 août 2007, il se rend en Irak pour un voyage officiel de trois jours. Le ministre est le premier haut responsable français à y aller depuis l'invasion américaine de mars 2003, à laquelle la France s'était opposée. Il y rencontre des représentants de toutes les communautés, y compris celle des catholiques chaldéens, et suggère une piste de travail pourrait être un partenariat entre trois "piliers" : "Les Américains parce qu'ils sont là, un gouvernement irakien peut-être un peu plus habile que celui qui existe actuellement et les Nations unies avec une présence élargie". À cette occasion, il formulera des excuses au gouvernement irakien pour avoir proclamé dans le pays qui l'invitait : Beaucoup de gens pensent que le premier ministre devrait être changé. Mais je ne sais pas si cela va se produire, parce qu'il semble que le président (George W.) Bush est attaché à M. Maliki. Mais le gouvernement ne fonctionne pas. .

Bernard Kouchner déclare le 16 septembre 2007 que la crise du nucléaire iranien impose de « se préparer au pire » qui est « la guerre ».

Dans le cadre de ses fonctions, en novembre 2007, Bernard Kouchner accompagne la politique étrangère de la France vis-à-vis de l'Allemagne, en enregistrant avec Frank-Walter Steinmeier, le ministre des Affaires étrangères et vice-chancelier allemand, dont il partage la spiritualité, et le chanteur allemand Muhabbet une chanson dont l'objectif est de promouvoir la compréhension et l'amitié des Allemands envers la communauté germano-turque. Cet acte inhabituel, quoiqu'officiel, est accompli en parallèle de la visite du président français dans le pays.

Bernard Kouchner se bat pour aider les réfugiés du Darfour, lors de son arrivée à ses fonctions de ministre des Affaires étrangères, il dit vouloir y ouvrir un couloir humanitaire. La guerre civile du Darfour, région riche en ressources naturelles, a fait 200 000 morts et 2 millions de déplacés. Le docteur Denis Lemasson, de Médecins sans frontières, voit cela comme un mélange entre approches militaire et humanitaire, qui pourrait nuire à la sécurité des acteurs humanitaires sur le terrain. ,.

L'association Arche de Zoé, tente d'emmener en France des enfants du Tchad, les présentant comme orphelins du Darfour. Les membres de l'association sont arrêtés et inculpés par la justice tchadienne d'« enlèvement de mineurs en vue de compromettre leur état civil » et d'« escroquerie ». Éric Breteau, un des principaux organisateurs de l'association, accuse Bernard Kouchner, alors ministre des Affaires étrangères, d'être impliqué dans l'affaire .

Arnaud Montebourg l'accuse de ne jouer qu'un « tout petit rôle de figurant » après que le ministre a été plusieurs fois contraint de s'effacer derrière la cellule diplomatique de l'Elysée. Selon le député UMP, Claude Goasguen, le ministère n'est pas dirigé par Kouchner, mais par Nicolas Sarkozy.

En décembre 2008, Bernard Kouchner estime avoir eu tort de demander un secrétariat d'État aux Droits de l'Homme : « Je pense que j'ai eu tort de demander un secrétariat d'État aux Droits de l'Homme. C'est une erreur. Car il y a contradiction permanente entre les droits de l'homme et la politique étrangère d'un état, même en France ». A contre-courant de son image d'humanitaire, ces déclarations lui font perdre aussitôt 10 points d'opinions positives.

Dans la préface de l'ouvrage collectif Tibet, l'envers du décor (1993), il écrivait « D’abord, il convient d’affirmer que le Tibet est un pays, avec un passé et un présent, comme le prouve le livre riche et passionnant qui suit. En 1950, la Chine a envahi puis annexé le Tibet. » Il dénonce alors le bilan catastrophique de l'occupation chinoise du Tibet : plus d'un million de Tibétains seraient morts, imposition par la politique de l'enfant unique entraînant avortements et stérilisations forcées, devastations écologiques, stockage de déchets radioactifs et expériences nucléaires, mortalité infantile élevée, transfert massif de population chinoise au Tibet, suppression de la religion, pillage des monastères et du patrimoine. Il conclut en affirmant : « En ces temps de certitudes brisées et de triomphe apparent de la Démocratie, alors que partout exclusions et nationalismes se renforcent, nos enfants nous jugeront sur notre attitude face aux malheurs des Tibétains. » Il a rencontré le 14e Dalaï Lama dès 1989 et à plusieurs reprises depuis. Il devait le rencontrer à Nantes, mais il le rencontrera le 22 août, en compagnie de Carla Bruni-Sarkozy, lors de l'inauguration de temple de Lerab Ling de Sogyal Rinpoché à Roqueredonde près de Lodève.

En mai 1994, un mois après le début du génocide au Rwanda, alors que Kouchner n'est plus ministre, il se rend au Rwanda avec Renaud Girard, alors grand reporter au Figaro dans le but d'évacuer des orphelins tutsis retenus à l'hôtel des mille-collines de Kigali. Sur place, le général Dallaire, commandant de la force de l'ONU, la Minuar qui contrôle l'hôtel des mille-collines, est hostile à ce projet « d'exporter des enfants rwandais... pour que quelques Français bien-pensants se sentent un peu moins coupables du génocide. » . Kouchner obtient cependant l'accord de toutes les parties le 16 mai, mais rentre à Paris le 18 mai avant la réalisation du projet. L'évacuation pourra commencer le 4 juin.

Kouchner effectuera deux autres voyages au Rwanda, à la mi-juin et fin juillet. Lors du voyage de mi-juin, il discute avec le leader tutsi Paul Kagame d'une possible intervention française qui sera l'Opération Turquoise. C'est en tant que député européen qu'il effectue le voyage de juillet alors que Kagame est devenu le vice-président du nouveau gouvernement rwandais. Dans son livre polémique Le monde selon K. paru en 2009, Pierre Péan a défendu l'idée que Kouchner radicalisera désormais son discours, devenant un militant de la cause tutsie, dénonçant à la fois la responsabilité exclusive des Hutus et le rôle néfaste de la France.

Kouchner s'est rendu pour la première fois au Kurdistan irakien en septembre 1974, accompagné de ses collègues de MSF Max Récamier et Jacques Bérès. Il reste une quinzaine de jours dans le réduit contrôlé par Moustafa Barzani où vivent environ deux millions de personnes. Il y rencontre Idriss, le fils de Moustafa et constate que les Kurdes manquent plus de médicaments que de mèdecins. En France, le régime irakien de Saddam est soutenu aussi bien par Jacques Chirac que par une frange du PS où l'on trouve Jean-Pierre Chevènement. L'aide aux Kurdes crée également un clivage au sein de MSF, qui voient dans l'aide aux Kurdes un alignement sur des positions américaine et israélienne. Philippe Bernier, pro-irakien, est mis en minorité, mais Kouchner n'obtient pas l'autorisation de publier un article dans Le Monde . Par la suite, Kouchner a toujours gardé des rapports avec les Kurdes. Il effectue plusieurs autres voyages clandestins au Kurdistan. En 1983, en pleine Guerre Iran-Irak, il rencontre Jalal Talabani, un leader kurde qui s'oppose plus ou moins aux Barzani et deviendra président d'Irak en 2005.

En 1991, à l'issue de la défaite militaire de Saddam Hussein dans Guerre du Golfe, Kouchner, alors secrétaire d'état chargé de l'action humanitaire, réclame dans Le Monde que les armées de coalition poussent jusqu'à Bagdad pour renverser le tyran. Pendant la guerre du Golfe, les Kurdes et les chiites s'étaient révoltés, et le cessez-le-feu permettait à l'armée de Saddam d'aller mâter les révoltes. Un groupe de pression formé autour de Kouchner, André Glucksman, Yves Montand, Danielle Mitterrand obtient que la France fasse voter au Conseil de sécurité des Nations unies la résolution 688 qui ouvrait la voie à une opération militaire pour protéger les populations civiles. Il effectue ensuite plusieurs voyages en Turquie et en Iran d'où sont organisés des parachutages sur le Kurdistan irakien. Ensuite, en vertu de la résolution 688, les aviations américaine et britannique assurent la sécurité d'un sanctuaire kurde, en territoire irakien. C'est dans ce sanctuaire que Kouchner se rend en compagnie de Danièle Mitterrand en juillet 1992. En 1994, alors que les partisans de Barzani et ceux de Talabani s'entredéchirent, il convainc François Mitterrand d'inviter les deux factions kurdes à Rambouillet, ce qui n'empêche la guerre entre Kurdes de durer encore deux ans.

Kouchner se rend une dernière fois au Kurdistan en octobre 2002, alors que la gerre civile kurde a pris fin et que les les Américains de George W. Bush sont en train de préparer la Guerre d'Irak. Il y rencontre Talabani qui l'assure que les Kurdes souhaitent la guerre américaine.

Le 4 février 2003, il publie un éditorial avec Antoine Veil dans le Le Monde intitulé « Ni la guerre ni Saddam » où il se déclare opposé à l'imminente guerre en Irak, Saddam Hussein devant être contraint à abandonner le pouvoir par la pression diplomatique, via l'ONU,.

Toutefois, la perspective d'un départ négocié du dictateur irakien s'éloignant, et devant le raidissement des positions entre les partisans de la guerre, groupés autour des États-Unis et du Royaume-Uni, et leurs opposants, emmenés par la France, la Russie et la Chine, sa position évolue, et il dénonce l'éventualité d'un veto de la France au Conseil de sécurité de l'ONU,,. Au printemps 2003, il est, avec André Glucksmann, Pascal Bruckner, Alexandre Adler, Romain Goupil, Alain Madelin, Pierre Lellouche, Hervé Mariton, l'une des rares personnalités françaises à ne pas désapprouver la guerre engagée par les États-Unis et leurs alliés contre l'Irak.

Les premières prises de position de Kouchner vis à vis de l'État d'Israël et des Palestiniens date de la Guerre des Six Jours, alors qu'il collabore avec Emmanuel d'Astier de La Vigerie à l'éphémère mensuel L'Évènement. Ce sera d'ailleurs un motif de rupture entre les deux hommes, Kouchner ne supportant pas les reportages complaisants que D'Astier avaient faits sur des dirigeants arabes comme Nasser ou le roi Hussein de Jordanie. La position que Kouchner avait exprimée dans un dossier de L'Évènement (« La volonté nationale du peuple palestinien est légitime et rien n'interdit sa coexistence avec le peuple d'Israël ») étant proche de celle de Marek Halter, il rejoint ce dernier au Comité international de la gauche pour la paix au Proche-Orient mais se démarque du soutien inconditionnel aux Palestiniens contre le l'État sioniste, fréquente chez les jeunes juifs gauchistes de son entourage (voir Antisionisme).

Dans les années qui suivent, marquées par les répercussions du problème palestinien en Jordanie et au Liban, Kouchner effectue de fréquentes missions humanitaires dans cette région du monde. Avant le création de MSF, en septembre 1970 que l'on appelle Septembre noir, Kouchner répond à un appel du Comité international de la Croix-Rouge et se rend avec Max Récamier et deux autres médecins en Jordanie où l'affrontement entre les Palestiniens de Yasser Arafat et le roi Hussein de Jordanie a tourné au désavantage des Palestiniens, massacrés par dizaines de milliers. Les quatre médecins français montent un dispensaire en collaboration avec le service de santé palestinien.

Quelques années plus tard, en 1976, sa présence au Liban se situe dans le cadre de Médecins sans frontières dont il est l'une des figures de proue. À l'invitation du Croissant Rouge palestinien, MSF installe un hôpital de fortune dans la banlieue de Beyrouth, à Nabaa, enclave chiite dans un quartier tenu par les phalanges chrétiennes. Kouchner qui avait participé à l'installation s'y rend pratiquement chaque mois pour accompagner les nouvelles équipes. Il se rend aussi à Saïda, ravagé par les bombardements israéliens où MSF s'était installé dans un hôpital, puis, en 1978, dans le quartier chrétien de Beyrouth bombardé par les Syriens. Dans les années 1980, alors qu'il a quitté MSF, Kouchner retourne fréquemment au Liban. En 1989, lors de l'offensive syrienne, Kouchner, chargé de l'action humanitaire dans le gouvernement Rocard, obtient qu'un bateau militaire, La Rance soit mise à sa disposition pour l'évacuation des blessés.

Il ira soutenir en personne l'Initiative de Genève, plan de paix alternatif prévoyant la création d'un État palestinien aux côtés d'Israël, et prend part au « groupe de contact » soutenant l'initiative. Kouchner est reçu Docteur honoris causa de l'Université hébraïque de Jérusalem (UHJ) en 2005. En 2007, sa nomination comme ministre des Affaires étrangères après l'élection de Sarkozy est vue de manière très positive par les milieux gouvernementaux israéliens qui s'étaient inquiétés de la possible nomination d'Hubert Védrine à ce poste.

Bernard Kouchner se bat pour aider les réfugiés du Darfour et, lors de son arrivée à ses fonctions de ministre des Affaires étrangères, il affirme vouloir y ouvrir un couloir humanitaire.

Un de ses anciens collègues de Médecins sans frontières, le docteur Denis Lemasson, considère cela comme un mélange entre approches militaire et humanitaire, et y voit un rapport récent entre le rejet par les gouvernement soudanais et tchadien de l'exploitation du pétrole par le groupe français Total dans la région,.

Lorsque l'association Arche de Zoé tente d'emmener en France des enfants du Tchad, les présentant comme orphelins du Darfour, et que ses membres sont arrêtés et inculpés par la justice tchadienne d'« enlèvement de mineurs en vue de compromettre leur état civil » et d'« escroquerie », Éric Breteau, un des principaux organisateurs de l'association, accuse Bernard Kouchner, alors ministre des Affaires étrangères, d'être impliqué dans l'affaire.

Bernard Kouchner est régulièrement cité depuis les années 2000 dans les sondages d'opinion comme une des personnalités publiques (a fortiori politiques) les plus populaires des Français, ce qui est souvent expliqué par sa présence médiatique, ses engagements humanitaires suscitant une large adhésion, ainsi que par son éloignement des combats « politiciens » (luttes d'appareil, désaccord systématique avec le camp adverse).

Sa décision de rejoindre un gouvernement de droite malgré son passé de gauche, lui ont valu de nombreuses animosités à gauche, notamment dans les rangs du Parti socialiste.

Kouchner rend en 2003, un rapport pour Total, payé 25 000 € par Total, où il affirme notamment que « le recours au travail forcé est une coutume ancienne... Ayant été prévenue de cette violation des droits de l'homme, la compagnie Total exigea que ces exactions cessent. Elle s'en ouvrit à Rangoon aux dirigeants qui promirent d'intervenir et le firent... Sur place, les responsables de la compagnie française allèrent jusqu'à payer le salaire habituel aux villageois qui avaient été raflés et forcés de travailler. ». Les liaisons entre les groupes pétroliers français Total et américain Unocal avec la junte birmane, pratiquant l’esclavage et les viols sur la population, est dénoncé par les associations de défense des droits de l'homme comme la FIDH, ERI et la CISL,,. Ce rapport de 19 pages, réalisé par la société BK conseils créée pour l'occasion, sera utilisé pour défendre Total contre des victimes birmanes ayant porté plainte contre le groupe .

En 2008 et 2009, deux livres ont été publiés dressant chacun un portrait de Bernard Kouchner. L'un à décharge, Les 7 vies du Docteur K, de Michel-Antoine Burnier (XO éditeur). L'autre, à charge, Le Monde selon K, de Pierre Péan (Fayard).

Dans son livre publié le 4 février 2009 aux Éditions Fayard, Pierre Péan met Bernard Kouchner en cause pour des activités de conseil qu'il a eues auprès des autorités du Gabon et de la République du Congo, dans le cadre de la réforme du secteur de la santé de ces pays, et notamment pour une intervention dans le recouvrement de factures pour deux sociétés de conseil, Africa Steps et Imeda, alors qu'il était déjà nommé au Quai d'Orsay. Après des déclarations de Jean-Marie Bockel condamnant la Françafrique, Omar Bongo aurait révélé à Nicolas Sarkozy les affaires de Bernard Kouchner et obtenu la mutation de Jean-Marie Bockel dont le ministre de tutelle était Bernard Kouchner. Suite à ces révélations, le ministre a évoqué des « allégations inexactes, ». À la suite du livre de P. Péan, Le Monde selon K, Arrêt sur images souligne le silence des médias sur ces affaires de conflits d'intérêts, et Arnaud Montebourg, dans un communiqué, dénonce un « ex-French doctor » qui se retrouve « dans une pénible dérive affairiste où l'argent de la Françafrique rémunère grassement le faux idéal de Bernard Kouchner », ce qui, selon lui, « achève de déconsidérer l'intéressé, en confirmant sa préférence pour l'argent et l'affairisme, plutôt que la défense de l'idéal des droits de l'homme ». Le ministre a réagi dans Le Nouvel Observateur, ce qui a déclenché une polémique médiatique Pour Le Monde, « l'ouvrage est principalement une attaque en règle de la politique de Bernard Kouchner, sur fond de désaccord idéologique majeur exprimé par l'écrivain, en particulier sur le génocide rwandais » qui occupe en effet une grande partie du livre - mais pas autant que ce qui concerne les relations de Kouchner avec des dictateurs africains. À l'étranger, de grands journaux ont favorablement rendu compte du livre de Pierre Péan (The Guardian, The Independent, The Washington Post). Sur l'échiquier politique, la droite prend le parti du ministre des Affaires étrangères tandis que la gauche hésite après les explications de Bernard Kouchner devant les députés.

Le 25 février 2009, France Inter met en ligne sur son site l'intégralité des rapports sur les systèmes de santé gabonais et congolais effectués par Bernard Kouchner en 2004 et 2007, pour des sociétés privées tenues par ses proches. D'après France Inter, ces rapports n'ont connu aucune suite.

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Santé publique

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La santé publique est définie par un rapport sur l'Institut de santé publique du Québec (1997) comme l'étude d'une part des déterminants physiques, psychosociaux et socioculturels de la santé de la population et d'autre part des actions en vue d'améliorer la santé de la population.

La santé publique a en Europe d'abord relevé des oeuvres charitables d'individus ou établissements et congrégations religieuses. Au XVIIème siècle, les états ont commencé à l'encadrer, et suite à l’épidémie de choléra qui a touché Londres en 1848, le Royaume-uni a créé le premier Ministère de la santé publique. Quelques décennies plus tard, suite à la pandémie de grippe espagnole de 1918, la société des nation a décidé de créer l'OMS. Au cours du XXème siècle, l'environnement a pris une importance croissante, qui s'est traduite par le développement de l'écotoxicologie et de l'écoépidémiologie.

Une telle définition fait d'emblée de la santé publique une entreprise multidisciplinaire complexe et centrée sur l'application. Cette définition se situe dans le paradigme de la «nouvelle santé publique». La science et la pratique de la santé publique, qui souligne le rôle des systèmes sociaux, du partenariat multidisciplinaire et trans-sectoriel, de l’orientation positive de la santé, et pas simplement (comme l'«ancienne santé publique») une orientation biologique où l’accent serait mis sur la prévention et le contrôle à partir d’une unique profession. La nouvelle santé publique repose sur une meilleure compréhension de la façon dont les styles de vie et les conditions de vie (dont facteurs sociologiques et environnementaux) déterminent la santé. L'importance d’autres secteurs en dehors du secteur de la santé et la nécessité de mobiliser les ressources et les appuis politiques sont également soulignées. Les problèmes sont définis dans un contexte plus global, conduisant à des préoccupations plus environnementales. Comme avec tout ce qui est labellisé «nouveau», cette expression a été introduite pour marquer une renaissance de la santé publique en contraste avec une tradition stéréotypée et une évolution. L’expression sera peut-être bientôt obsolète (On parle beaucoup aujourd'hui de promotion de la santé, mais cette dernière ne couvre pas tout le champ occupé autrefois par la santé publique: il faudrait y ajouter la prévention des acccidents et des maladies, ainsi que les soins).

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Claude Castonguay

L'honorable Claude Castonguay C.C., O.Q., LL.D., F.S.A., F.I.C.A. (8 mai 1929 à Québec - ) est un homme politique québécois. Il est surnommé le « père de l'assurance maladie », ainsi que le père du Code des professions québécois.

Claude Castonguay fait des études en sciences à l'Université Laval et en actuariat à l'Université du Manitoba. Il exerce les métiers de chargé de cours à l'Université Laval et d'actuaire.

En 1966, en pleine Révolution tranquille, le gouvernement de Jean Lesage donne à Castonguay le mandat de présider la Commission d'enquête Castonguay-Nepveu, dont le but est de produire un rapport sur la situation des soins de santé et les services sociaux, qui à l'époque étaient sous le contrôle du clergé. Dans le rapport qu'il rédige en collaboration avec Gerard Nepveu, il recommande l'instauration d'une nouvelle politique d'assurance-maladie, un nouveau réseau de santé ainsi qu'un nouveau réseau de cliniques de services sociaux (aujourd'hui connus sous le nom de CLSC). Le but était de fournir un meilleur accès aux soins de santé et aux soins psychologiques à la population québécoise. Des changements importants sont adoptés suite au rapport.

Il est élu député du Parti libéral du Québec (PLQ) dans la circonscription de Louis-Hébert lors de l'élection générale de 1970, pour ensuite être nommé ministre de la Santé et ministre de la Famille et du Bien-être social au sein du premier gouvernement de Robert Bourassa. En tant que ministre de la Santé, il fut à l'origine de la carte d'assurance maladie dans la province de Québec. Il occupera ces fonctions du 12 mai 1970 au 22 décembre 1970. Il fut ensuite ministre des Affaires sociales du 22 décembre 1970 au 13 novembre 1973.

Après trois ans au sein du gouvernement, il a choisi de ne pas se présenter aux élections générales de 1973. Par la suite, il a occupé divers sièges de responsabilité au sein d'institutions publiques québécoises, de fondations et de grandes entreprises québécoises, telle la Banque Laurentienne.

Le 23 septembre 1990, Castonguay est nommé au Sénat du Canada par le Premier ministre Brian Mulroney, où il siège sous la bannière du Parti progressiste-conservateur du Canada, mais il démissionne le 9 décembre 1992.

En 2006, il propose au gouvernement du Québec l'adoption d'un ticket modérateur, qui limiterait la fréquence des visites chez le médecin. Il affirme que le Québec n'a plus les moyens de s'offrir le système de soins de santé universel qu'il a contribué à mettre en place.

Claude Castonguay est souvent qualifié de « père de l'assurance maladie ». Cette affirmation a été contestée en 2006 par Lucie Dagenais, qui avait siégé à la fin des années 1960 sur le conseil de la Régie de l'assurance maladie du Québec (RAMQ). Dagenais affirme que le Parti libéral du Québec n'a fait que reprendre en 1970 le projet de loi 8, soumis en 1969 par le gouvernement de l'Union nationale et défait par les libéraux, alors parti d'opposition.

En février 2008, il a publié un nouveau rapport qui recommande la collaboration du secteur public et du secteur privé dans le domaine de la santé pour réduire la pression financière sur le modèle de gestion de santé publique.

Le comité Castonguay reconnaissait dans la préface de son rapport qu'il avait reçu un mandat de la ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget, de rendre le secteur de la santé conforme aux nouvelles règles de libéralisation des échanges commerciaux.

Les conclusions du rapport ont suscité un tollé de la part d'une majorité de la population québécoise et des associations de défense du droit aux soins de santé, y voyant une apologie d'une privatisation "à l'américaine" du secteur de la santé.

Les principaux points du rapport ont également été rejetés par le ministre québécois de la santé, Philippe Couillard.

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Source : Wikipedia