Saumur

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Posté par marvin 14/04/2009 @ 01:13

Tags : saumur, maine-et-loire, pays-de-la-loire, france, environnement, vins français, vin, gastronomie, loisirs

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Saumur

Localisation de Saumur dans l'Anjou de l'Ancien régime et tracé du nouveau département de Maine-et-Loire

Saumur est une commune française, sous-préfecture du département de Maine-et-Loire dans la région Pays de la Loire.

Villes proches :Thouars (Deux-Sèvres), Loudun (Vienne), Angers et Baugé (Maine-et-Loire), Chinon , Tours (Indre-et-Loire)et Vivy ( Maine et Loire ).

La municipalité de Saumur comprend cinq communes associées : Saumur-ville, Bagneux, Dampierre sur Loire, Saint-Hilaire - Saint-Florent, Saint-Lambert des Levées.

Saumur est située au coeur du Parc naturel régional Loire-Anjou-Touraine dont elle est la plus grande commune en nombre d'habitants.

Le département du Maine-et-Loire, terre de tuffeau et de falun, possède dans la région de Saumur près de 1200 kilomètres de galeries souterraines et troglodytes ainsi que et 14.000 cavités dont la moitié sont à l'abandon. De nombreuses galeries sont utilisées par les entreprises angevines de vins pétillants de Saumur et par les champignonnières produisant les fameux "champignons de Paris".

En 845, Saumur est pillée par le chef viking Hasting.

La ville fut prise en 1203 par Philippe-Auguste, qui l'incorpora au domaine royal. Saint-Louis y donna en 1241 une fête si fabuleuse qu'on l'appela la "Non pareille".

En 1343, le sel devient un monopole d'État par une ordonnance du roi Philippe VI de Valois, qui institue la gabelle, la taxe sur le sel. L'Anjou fait partie des pays de « grande gabelle » et comprend seize tribunaux spéciaux ou « greniers à sel », dont celui de Saumur.

Après que l'Assemblée Constituante eut décidé la création des départements, des réunions se tiennent aussitôt dans l'hôtel du duc Antoine-César de Choiseul-Praslin, député de la noblesse de la Sénéchaussée d'Angers. Une trentaine de députés (des trois provinces) présents envisagent de rétrocéder des territoires au Poitou et de subdiviser le domaine restant en quatre départements, d'environ 324 lieues carrées, soit 6 561 km² actuel, autour des capitales traditionnelles, Tours, Angers et le Mans, et autour de la ville de Laval, qui récupérerait des terres du Maine et de l'Anjou.

Le 12 novembre 1789, 25 députés (des trois provinces) approuvent ce partage, mais les deux représentants de Saumur, Jean-Etienne de Cigongne pour le tiers état et Charles-Élie de Ferrières pour la Noblesse, se dissocient de cette décision. Les Saumurois plaident en faveur d'un département de Saumur situé au carrefour des trois provinces de l'Anjou, de la Touraine et du Poitou, avec Loudun pour le partage des pouvoirs. Jean-Etienne de Cigongne et Charles-Elie de Ferrières accusent les représentants d'Angers de s'entendre avec leurs collègues du Maine et de Touraine pour le dépeçage de la sénéchaussée de Saumur. Ils les accusent également d'abandonner à la Touraine 24 paroisses anciennement angevines (autour de Château-la-Vallière et de Bourgueil). Le mécontentement grandit, la population de Bourgueil manifeste pour son maintien dans l'Anjou et se solidarise avec Saumur. Pendant ce temps, les représentants de Chinon, à l'instar de ceux de Saumur tentent également de créer leur propre département. Des dissensions apparaissent au sein du conseil municipal de Saumur. Certains représentants de la Noblesse et du Clergé approuvent le découpage proposé par Angers. En décembre de la même année, les Loudunais rompent leur accord avec Saumur.

Le 14 janvier 1790, l'Assemblée nationale décrète que "Saumur et le Saumurois feront partie du département de l'Anjou".

Intégré dans le département de "Mayenne-et-Loire" (futur "Maine-et-Loire"), Saumur tente de partager avec Angers la fonction de chef-lieu. Ayant perdu la partie, les représentants de Saumur proclament que l'alternat entre Angers et Saumur permet de déjouer les intrigues et les cabales qui naissent de la fixité… Le lundi 24 mai 1790, ils obtiennent 104 suffrages en faveur de l'alternat, mais 532 voix se prononcent en faveur d'un siège permanent à Angers. Le nouveau département est constitué. L'Assemblée constituante entérine cette structure le 22 juin 1790 et le Roi le 25 juin 1790.

Afin de calmer la susceptibilité des Saumurois, les 36 membres du nouveau conseil du département portent à leur présidence Gilles Blondé de Bagneux (ancien maire de Saumur). Ainsi jusqu'en novembre 1791, le premier président du conseil général de Maine-et-Loire, sera saumurois. Cigongne est désigné président du tribunal de commerce de Saumur.

En mai 1544, par l'Edit de Saint-Germain-en-Laye, François 1er crée « l'office de Sénéchal de Robe Longue à Saumur, pour exercer Justice en toutes causes civiles et criminelles ». L'acte est important, car il concrétise les anciennes subdivisions de l'Anjou et délimite le ressort judiciaire de la sénéchaussée de Saumur (très étendue par de longues excroissances vers l'Est et le Sud), pour deux siècles et demi (jusqu'à la Révolution française).

Durant la Seconde Guerre mondiale, dans le cadre de la campagne de France en 1940, les troupes allemandes arrivent aux portes de la ville. Les 786 élèves officiers de réserve de l’école de cavalerie, rejoints par les élèves sous-officiers de l’école de Saint-Maixent et une compagnie de tirailleurs nord-africains, soit environ 2200 hommes, tentent d'interdire le passage du pont à la première division de cavalerie allemande. Dépourvus de blindés et d'appui aérien, ils résisteront héroïquement à un ennemi supérieurement armé durant 36 heures. Le 20 juin, l'ordre de retraite sera donné par le général Pichon. La résistance des officiers et de leurs élèves avait impressionné le général Feldt, commandant la division allemande, raison pour laquelle il fit libérer les prisonniers français au début juillet..

Saumur a été considérablement endommagée lors des bombardements de 1940, seuls le château et la vieille ville sont restés intacts.

Née au pied d'une forteresse implantée sur la colline du château, abritée derrière une enceinte urbaine à partir du XIVe siècle, la ville contrôle un passage très disputé sur la Loire. Elle devient le siège d'un gouvernement militaire, commandé par Philippe Duplessis-Mornay de 1589 à 1621, et apparaît alors comme l'une des capitales politiques du protestantisme français.

Deux brigades et l'état-major d'un régiment de carabiniers y sont installés en 1763. Le célèbre manège des Écuyers sera achevé en 1767 (il sera reconstruit en 1863). L'École prendra successivement le nom d’École d'instruction des troupes à cheval en 1814, d’École royale de cavalerie en 1825, et enfin, après 1945, d'École d'application de l'arme blindée cavalerie.

Ses instructeurs d'équitation donnent des reprises publiques de haute école sous l'appellation de Cadre Noir. ille du cheval, Saumur devient, en 1972, le siège de l’École nationale d'équitation (E.N.E.). Le 20 juin 1828 eut lieu, sur la place du Chardon net, le premier "Carrousel", donné en l'honneur de la duchesse de Berry. Depuis 1831, ces "carrousels" auront lieu tous les ans.

Placée sous la dépendance de l'abbaye de Saint-Florent le Jeune, Saumur construit au Moyen Âge des églises de belle facture ; au total, elle compte seize édifices religieux classés parmi les monuments historiques. Des foules de pèlerins convergent vers la fontaine et la statue de Notre-Dame-des-Ardilliers ; une production de chapelets et d'objets de piété se développe dans le faubourg de Fenet.

À l'Académie protestante enseignent des professeurs réputés, comme Marc Duncan, Moïse Amyraut, Tanneguy Le Fèvre, Louis Cappel ou Josué de la Place. De nombreux étudiants étrangers (dont William Penn) la fréquentent jusqu'à sa fermeture en 1685. Face à cette nouvelle Genève, les catholiques se mobilisent et implantent dans la ville sept communautés religieuses, dont une d'oratoriens.

La nouvelle du massacre de la Saint-Barthélemy atteint Angers le 28 août : le comte de Montsoreau (mort en 1575) y fait impitoyablement massacrer les protestants..

La navigation sur la Loire et sur le Thouet, l'existence d'un pont dès 1162 favorisent des activités commerciales et financières qui rayonnent sur un pays saumurois étendu et qui expliquent une morphologie de ville-pont, l'agglomération s'étirant le long d'un axe routier perpendiculaire aux deux rivières. La construction du pont Cessart de 1756 à 1770 fait s'étendre cet axe urbain plus à l'ouest. À partir des années 1850, les nouvelles voies ferrées supplantent le trafic fluvial.

Ce rôle commercial se renforce par la commercialisation des produits agricoles de sa périphérie rurale, notamment les vins, les céréales, les fruits et le chanvre. Plus tournée vers la tradition que vers la nouveauté, l'agglomération saumuroise aborde l'ère industrielle à partir de ses bases locales. L'ancien artisanat du chapelet est transformé en manufactures de médailles. Les carrières de tuffeau se révèlent propices à l'élaboration de vins effervescents selon la méthode champenoise, ainsi qu'à la culture des champignons de couche.

Sous l'Ancien Régime, la sénéchaussée de Saumur dirigée par un gouverneur, administre un territoire qui englobe Bourgueil jusqu'à Gizeux au Nord, s'étend au-delà de Loudun, vers le Sud-Est jusqu'à Mirebeau, à l'Est jusqu'à la ville de Richelieu, au Sud jusqu'à Bouillé-Loretz et à l'Ouest jusqu'au confins des Mauges.

Centre judiciaire sous l'Ancien Régime, la ville devient en 1800, le siège d'une sous-préfecture aux fonctions tertiaires dominantes. Outre les tribunaux, le centre hospitalier, les commerces, Saumur accueille de nombreux établissements scolaires. Un enseignement post-baccalauréat s'y développe, regroupant près de 800 étudiants à la rentrée de 2005.

Saumur est le siège de la Chambre de commerce et d'industrie de Saumur. Elle gère l’aérodrome de Saumur Saint-Florent.

Honoré de Balzac situe à Saumur , dans une période qui va de 1816 à 1827, son roman Eugénie Grandet, un des chefs-d'œuvre de la Comédie humaine publié en (1834).

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Communauté d'agglomération de Saumur Loire Développement

Saumur

La communauté d'agglomération de Saumur Loire Développement est une structure intercommunale française, située dans le département de Maine-et-Loire et la région Pays de la Loire.

Fait partie du Pays Saumurois.

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Arrondissement de Saumur

L'arrondissement de Saumur est une division administrative française, située dans le département de Maine-et-Loire et la région Pays de la Loire.

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Chambre de commerce et d'industrie de Saumur

La Chambre de commerce et d'industrie de Saumur est l'une des trois Chambre de commerce et d'industrie (CCI) du département de Maine-et-Loire. Son siège est à Saumur au 11 rue du Maréchal-Leclerc.

Elle fait partie de la Chambre régionale de commerce et d'industrie des Pays de la Loire.

A ce titre, elle est un organisme chargé de représenter les intérêts des entreprises commerciales, industrielles et de service de Maine-et-Loire et de leur apporter certains services. C'est un établissement public qui gère en outre des équipements au profit de ces entreprises.

Comme toutes les CCI, elle est placée sous la double tutelle du Ministère de l'Industrie et du Ministère des PME, du Commerce et de l'Artisanat.

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Château de Saumur

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Le château de Saumur, Maine-et-Loire, est bâti au confluent de la Loire et du Thouet, aux confins est de l'Anjou et à proximité de l'ouest de la Touraine.

Le château de Saumur a connu ses premières fortifications sous Thibaud, comte de Blois, au Xe siècle. En 1026, il devint propriété du comte d'Anjou, le célèbre Foulques Nerra qui le légua à ses héritiers Plantagenêt.

Philippe Auguste, roi de France et capétien, l'annexa à la couronne.

En 1227, Saint Louis fait rehausser le fort devenu français puis, à partir de 1367, Louis Ier d'Anjou, petit-fils de Philippe VI, fait remplacer les vieilles tours rondes par des tours octogonales.

Le roi René d'Anjou, « bon roi René », écrivain, homme cultivé et bâtisseur de forteresse (Tarascon) améliore sensiblement le confort de l'ensemble.

Au XVIe siècle, l'Italien Bartolomeo renforce les défenses du château. Précurseur, il fit construire autour du château médiéval des défenses basses, des fortins (bastions) et courtines suivant un plan en étoile étonnement moderne un siècle avant Vauban.

Moins glorieux, le château devint prison sous Louis XIV et Napoléon.

Au début du XXe siècle, la ville le rachète à l'État et le rénove progressivement.

Le château a été immortalisé dans le manuscrit des Très Riches Heures du duc de Berry dans le folio du mois de septembre qui représente les vendanges au pied du château.

Le 22 avril 2001, la partie ouest du rempart nord s'est effondrée et a endommagé une partie des habitations situées en contrebas. Il s'ensuivit un chantier de stabilisation du sous-sol et de reconstruction du rempart qui s'est achevé en 2007.

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Académie de Saumur

L’Académie de Saumur est une université protestante fondée à Saumur en mars 1593 par Philippe Duplessis-Mornay, gouverneur de la ville, et supprimée le 8 janvier 1685.

En 1565, les habitants de Saumur commençaient à se lasser du joug que l’Église faisait peser sur eux depuis cinq cents ans : ils ne pouvaient faire un pas sans être froissés soit par la crosse de l’abbé de Saint-Florent, soit par celle de l’abbesse de Fontevrault.

Les fiefs des deux abbayes se croisaient jusque dans la ville, et leurs agents avaient contracté l’habitude d’exercer sur les citoyens des vexations continuelles; une foule de droits seigneuriaux, souvent inconnus, étaient la source de procès sans nombre. Les Saumurois n’attendaient qu’une occasion favorable pour sortir de cette dépendance de l’autorité monacale, si gênante, si onéreuse et surtout humiliante. La réforme ne pouvait trouver nulle part un meilleur accueil que dans un pays animé de telles dispositions; l’occasion si impatiemment désirée s’offrait enfin, et la doctrine de Calvin se répandit sans difficulté sur un sol merveilleusement préparé pour la recevoir et la faire fructifier.

Les principaux de la ville se convertirent les premiers, et une grande partie du peuple suivit. L’avènement de la religion nouvelle à Saumur déclencha un zèle iconoclaste : l’abbaye de Saint-Florent fut mise à sac, les autels dépouillés, les statues brisées, les reliquaires d’or et d’argent enlevés, ce qui suscita des rancunes laissaient augurer de représailles pour l’avenir.

Pendant les guerres de religion, Saumur fut souvent convoité par les deux partis. C’était un passage important sur la Loire, aux confins de la Touraine, du Poitou et de l’Anjou, et la possession de cette place pouvait être d’un grand avantage. Les protestants y tenaient extrêmement, et Duplessis-Mornay, le gouverneur protestant, qui obtint ce gouvernement de Henri de Navarre en 1588, la considérait comme un des boulevards de la Réforme.

Le roi approuva fort ce projet, mais cette idée se développa dans le cerveau de Mornay et devint plus féconde. « Particulièrement pour l’instruction de la jeunesse et surtout de la noblesse de la religion, mit en avant de dresser une académie à Saumur, composée des gens doctes nécessaires, et douée de revenu suffisant dont il proposerait les expédients au roi. » Celui qu’on surnommait « le pape des huguenots » avait assez de clairvoyance pour envisager déjà comme un fait certain la prochaine apostasie du roi, car, s’il était trop bon politique pour partager toutes les illusions ou manifester toutes les exigences des plus exaltés de ses coreligionnaires. Il était également trop attaché à son Église et à sa foi pour approuver la légèreté de conscience d’Henri IV.

À Saumur, l’organisation de l’Académie ne se fit pas dans les mêmes conditions que celle des autres établissements du même type comme les académies de Montauban, de Sedan, etc. Dans cette ville où la Réforme ne triompha jamais assez pour absorber ses adversaires, comme elle le fit à Montauban, à Nîmes et ailleurs, la cause protestante resta nettement distinguée de la cause catholique et il n’y eut, à l’origine, aucun mélange entre les deux religions qui vécurent chacune à part.

Ainsi les catholiques avaient un collège communal. La licence d’enseigner et de tenir écoles, élémentaires ou secondaires. Venu à Saumur en 1593, Henri IV fut à même d’apprécier tous les avantages de situation, de climat et autres d’un ordre plus élevé que présentait la ville de Saumur pour l’installation d’une académie. Il fut loin de décourager son fidèle et loyal serviteur, avec lequel il discuta longuement, « des moyens de fonder dans cette ville un centre d’études solides et complètes, pour les enfants de l’Église réformée. » Des lettres d’érection pour un collège à Saumur «  garny de professeurs ès trois langues, et ès artz et sciences, promettant de pourvoir, quand la nécessité de ses affaires le permettoit, au bastiment et entretenement d’iceluy » octroyées par Henri furent à l’origine de cette académie, qui devait fournir de grands hommes aux lettres et à l’État.

L’académie fut ouverte en 1599 ou 1600. Le premier subside annuel de 43 000 écus fut reçu du roi lorsque parut l’édit de Nantes, ce qui leva toutes les difficultés. À partir de ce moment, on n’eut qu’à procéder à la formation de l’académie de Saumur. La première pensée de Mornay avait été de provoquer la réunion de docteurs protestants pour l’étude préparatoire des conférences et des discussions solennelles. Mais il l’abandonna rapidement ; puis son but principal fut évidemment de former les jeunes gens, surtout les futurs ministres, à l’étude des lettres et de la théologie, afin de les préparer à toutes les éventualités de la carrière qu’ils allaient embrasser, et en particulier aux controverses : telle était la grande préoccupation du protestantisme contemporain.

Il n’a jamais été question de chaires de médecine et de jurisprudence à Saumur. S’il y eut des leçons de médecine, ce qui est possible, elles furent données en dehors de l’Académie. En revanche, il y eut constamment des professeurs recrutés avec un soin extrême pour occuper les deux chaires de théologie, celle d’hébreu, celle de grec et les deux de philosophie. Le collège, dirigé par un principal, était divisé en six classes, dont la plus élevée s’appelait la rhétorique. Le recteur était assisté par un conseil académique. Les deux premiers professeurs de théologie que Mornay songea à faire venir pour illustrer l’Académie naissante sont des personnages bien connus, François du Jon et Bucanus.

Du Jon ou Junius, écrivain fécond à la vie agitée, qui a laissé quarante-neuf ouvrages de prix et à qui on en attribue une vingtaine en sus, était alors professeur à Leyde, depuis 1592. En 1597, malgré les supplications de l’assemblée de Châtellerault, il refusa la place de pasteur à La Rochelle ; mais il accepta les offres qu’on lui faisait pour Saumur. Il allait se rendre à son poste, lorsque la peste l’emporta subitement, le 13 octobre 1602, à l’âge de cinquante-sept ans. Mornay le regretta beaucoup ; c’était en effet un érudit et un lettré, à la fois jurisconsulte, philosophe, exégète, critique, théologien et philologue ; il avait enseigné à Leyde avec éclat ; il eût brillamment inauguré l’École de Saumur.

Quant à Guillaume Du Buc, dit Bucanus, il était professeur à Lausanne ; en 1590, il avait répondu à l’ouvrage de Charon, l’ami de Montaigne, intitulé Les trois vérités. Lui aussi mourut au moment de partir pour Saumur, où il avait accepté la chaire qu’on lui offrait. Il en résulta que les premiers professeurs en théologie furent des hommes moins connus, Antoine Renaud (1603) et Robert Boyd of Trochredg (1606). Le premier professeur de grec fut Jean Benoist ; celui d’hébreu s’appelait Birgam, sieur du Bignon ; William Craig y enseigna la philosophie.

Les registres de l’Académie commençant seulement à la date de 1613, mais le gouvernement Duplessis-Mornay insuffla un nouvel accroissement à Saumur, dit où un grand nombre de familles protestantes étaient venues s’établir pour jouir en paix de l’exercice public de la religion réformée. Mais c’est la fondation de l’Académie, établissement pour lequel Duplessis n’épargna ni ses soins ni sa fortune, qui contribua le plus à l’accroissement et à la prospérité de la ville. Aussitôt que l’on fut instruit de ses intentions dans les universités protestantes de la France et des États voisins, les plus habiles professeurs briguèrent l’honneur d’obtenir une chaire dans celle de Saumur, dont le fondateur s’était déjà rendu célèbre par un grand nombre d’ouvrages relatifs à la nouvelle religion et par son zèle à la propager.

Les bâtiments de l’académie de Saumur s’élevèrent dès l’origine dans la rue Saint-Jean et étaient contigus à l’hôtel de ville, où Mornay résidait dans les premières années de son gouvernement. Ce voisinage est important à noter, parce qu’il devint dans la suite un prétexte de querelle et de vexation.

Héritière de la réforme de la pédagogie initiée par l’Humanisme, l’Académie était largement tournée vers l’étude des langues anciennes (latin et grec), ainsi que vers celle de la philosophie et de la théologie.

Au cours des années 1640-1660, l’académie de Saumur devient un haut lieu de la culture protestante, connue de toute l’Europe calviniste. Cette célébrité est essentiellement due à la présence dans le corps enseignant des professeurs de théologie Louis Cappel, Moïse Amyraut et Josué de la Place, qui élaborent une nouvelle doctrine théologique, connue sous le nom de « doctrine de Saumur », mais aussi d’hellénisants tels que Tanneguy Le Fèvre.

À partir de la fin des années 1660, les tensions se multiplient entre catholiques et réformés et l’établissement est supprimé, par arrêt du Conseil d’état, le 8 janvier 1685, peu avant la promulgation, en octobre 1685, de l’Édit de Fontainebleau révoquant l’Édit de Nantes.

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Source : Wikipedia