Rwanda

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Posté par seb 20/04/2009 @ 05:11

Tags : rwanda, afrique, international, environnement

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Rwanda

Drapeau du Rwanda

Le Rwanda (écrit Ruanda en français avant 1970), surnommé le pays des mille collines, est un pays d'Afrique centrale. Il partage des frontières avec, au nord, l'Ouganda, à l'est, la Tanzanie, au sud, le Burundi, et à l'ouest, la République démocratique du Congo.

Sa capitale Kigali est située au centre du pays. Les Rwandais – habitants du Rwanda – parlent le kinyarwanda, et vivent dans les collines qui constituent la localisation de référence des habitats. Le pays est l'un des plus densément peuplés au monde.

Le Rwanda est membre de l'Organisation des Nations unies (ONU), de l'Union africaine (UA) et, depuis juin 2007, de la Communauté d'Afrique de l'Est.

À leur arrivée, les colonisateurs allemands, puis belges cherchèrent à comprendre cette société extrêmement mobile qui ne correspondait pas aux critères européens. Ils cherchent à classifier les populations en fonction de leurs activités, de leur physique, etc. Ils sont très impressionnés par la monarchie rwandaise, et s'accordent à considérer cette catégorie, les "Tutsi", comme supérieure. Selon les colonisateurs, les "Tutsi" sont plus grands, plus clairs de peau, ce qui les rendrait plus aptes à diriger. Les colons vont donc s'appuyer sur les "Tutsi" pour mettre en place une administration coloniale. Il se crée ainsi une différenciation ethnique totalement artificielle issue du regard du colonisateur. Cette différenciation au départ théorique entre "Hutu" et "Tutsi" devient réelle dans l'organisation coloniale de la société. L'accès aux avantages, à l'enseignement, aux postes administratifs est réservé au "Tutsi". Peu à peu, les différenciations basées sur de prétendues analyses rationnelles sont intégrées par les populations. Les termes de "Hutu" et de "Tutsi" sont alors revendiqués par les Rwandais, et entraînent donc une différenciation effective de la société entre ces deux groupes. Selon l'histoire enseignée durant la colonisation, les Hutu majoritaires sont des fermiers d'origine bantou. Les Tutsi sont un peuple pastoral qui serait arrivé dans la région au XVe siècle depuis les hauts-plateaux éthiopiens. Un troisième groupe, les Twa, seraient les représentants des premiers colons de la région et plutôt proches des Pygmées.

Ces théories sont désormais fortement remises en cause et l'on tend aujourd'hui à considérer que les colonisateurs belges des années 1930, négligeant les références claniques, ont interprété de façon ethnique la structure socio-professionnelle de la population, et ont forgé une histoire pseudo-scientifique là où s'arrêtait la mémoire orale de la culture rwandaise.

Jusqu'en 1959, la « caste » dominante dans un système féodal basé sur la possession de troupeaux était majoritairement issue des Tutsi. Les décennies passant, la domination des Tutsi sur les Hutu est de plus en plus dénoncée par la majorité hutu, comme ce fut notamment le cas de neuf intellectuels hutu dans un texte publié le 24 mars 1957, le Manifeste des Bahutu. Puis, en 1959, les velléités d'indépendance des Tutsis incitent les Belges à renverser leur alliance au profit des Hutu, ce qui entraîne la chute de la royauté tutsie et la prise du pouvoir par les Hutu. Il s'ensuit une vague d'émeutes et de pogroms qui entraîne en exil des milliers de Tutsis.

La première république se met alors en place et Grégoire Kayibanda, un hutu, accède à la présidence de la République en 1961. Le nouveau régime dut affronter des attaques des exilés tutsi, qui seront le prétexte de violentes répressions sur les Tutsi de l'intérieur, notamment en décembre 1963 où plusieurs milliers de Tutsi furent massacrés .

Pour maintenir l'unité politique, Grégoire Kayibanda instrumentalise les massacres de masse dont furent victimes les Hutu du Burundi en 1972, il justifie la crainte d'une menace des Tutsi rwandais. Les Tutsi, élèves et professeurs, sont systématiquement expulsés de l'enseignement, quelques-uns massacrés dans les établissements scolaires. Ces événements provoquent une nouvelle vague d'exode des Tutsi. Exploitant ces événements, Juvénal Habyarimana renverse immédiatement Grégoire Kayibanda en juillet 1973, puis fonde un parti en 1975, le Mouvement révolutionnaire national pour le développement (MRND). La même année, le président français Giscard d'Estaing signe un Accord particulier d'Assistance Militaire avec le gouvernement rwandais. Entre 1987 et 1994, des livraisons régulières d’équipement militaire vers le Rwanda seront effectuées par la France pour une valeur de 591 millions de francs. En 1978, Habyarimana change la Constitution et fait adopter un régime à parti unique, le MRND, dont tous les rwandais sont membres d'office.

Les exilés tutsi s'organisent en Ouganda et créent le Front patriotique rwandais (FPR) en 1987. Le 1er octobre 1990, venant de l'Ouganda, le FPR entre en force au nord du Rwanda. La France dès le 4 octobre 1990, le Zaïre, dont les troupes combattront aussi le FPR, et la Belgique interviennent brièvement pour aider à évacuer des occidentaux. Le soutien militaire français sera maintenu sous la dénomination opération Noroît jusqu'à la mise en place des troupes de l'ONU (MINUAR commandée par le général Dallaire) en décembre 1993. La légalité de l'opération Noroît est contestable, comme le reconnaîtra le général Quesnot dans une note du 26 juin 1994 adressée au président Mitterrand . Le ministre de la coopération Robert Galley témoignera que l'armée française a bien été utilisée afin de stopper l'avancée du FPR. Le nombre officiel de militaires français participant à Noroît atteindra 688 personnes. Huit à dix mille Tutsis sont emprisonnés en octobre 1990. L'armée rwandaise massacre 1000 Bahimas (apparentés aux Tutsis) à Mutara, et 348 Tutsis dans la région de Kibilara. Le 15 octobre 1990, l'ambassadeur de France au Rwanda, Georges Martres, adresse un télégramme au chef d'état-major particulier du président Mitterrand, dans lequel il mentionne le risque d'un génocide contre les Tutsis. Malgré cet avertissement, le gouvernement français va continuer d'aider le régime d'Habyarimana. En 1991 divers groupes Tutsis sont exécutés par des extrémistes Hutu. Depuis ses bases arrières établies en Ouganda et avec l'appui en matériel et en hommes de l'armée ougandaise, le FPR établira progressivement une tête de pont au nord du Rwanda où des combats se poursuivront jusqu'en 1994. Ceux-ci sont la cause d'importants déplacements vers la capitale de la population hutu qui fuit les massacres et d'autres exactions attribuées au FPR dans la zone toujours plus vaste qu'il occupe dans le nord du pays.

A la suite du discours de La Baule de François Mitterrand, Juvénal Habyarimana fait changer la Constitution en 1991 pour donner naissance au multipartisme. Sous la pression de la communauté internationale, les accords successifs d'Arusha, négociés en Tanzanie avec le FPR et signés en août 1993, prévoient l'organisation du retour des exilés Tutsi et l'intégration politique et militaire des différentes composantes internes et externes de la nation rwandaise. Parallèlement l'entourage de Juvénal Habyarimana et de son épouse Agathe, qui contrôle aussi l'armée et l'économie du pays, créent en 1992 la Coalition pour la défense de la République (CDR), les milices Interahamwe et la radio des Mille Collines (RTLM) qui seront les principaux organes du génocide de 1994 et s'autoqualifieront de Hutu Power. Les médias gouvernementaux rwandais joueront un rôle significatif de propagande anti-Tutsie avant et durant le génocide. Ainsi, la RTLM appelle au meurtre des Tutsis dès 1992. L'ambassadeur belge Johan Swinnen a rapporté à Bruxelles que la RTLM diffuse ces appels à l’extermination des Tutsis. Le journal rwandais Kangura, un autre organe des « médias de la haine », publie le 10 décembre 1990 les « Dix commandements du Hutu », texte raciste qui appelle à la haine anti-Tutsi . Au cours de la période 1990-1993, des assassinats politiques , les massacres de certaines populations tutsi par les forces gouvernementales seront considérés par une commission d'enquête internationale conduite en 1993 comme des prémices d'un génocide.

Le soir du 6 avril 1994, les présidents rwandais et burundais et le chef d'État major rwandais meurent dans un attentat visant l'avion présidentiel rwandais. Le lendemain, le premier ministre, Madame Agathe Uwilingiyimana et d'autres personnalités politiques modérées, dix militaires belges de la Mission des nations unies (Minuar) ainsi que deux sous-officiers français, coopérants militaires, et l'épouse de l'un d'entre eux sont assassinés. La mort du président Habyarimana sera le fait initial du génocide rwandais. Le gouvernement intérimaire rwandais aussitôt constitué fait exécuter des hutus dits modérés, qui prônaient la concertation avec le FPR et qui pouvaient constituer un frein à l'exécution du génocide, puis s'ensuivit le génocide des tutsi. Des rwandais seront aussi victimes de la guerre civile entre les FAR gouvernementales et l'APR, bras armé des exilés tutsi du FPR. Enfin des Hutu, exécutés sans jugement comme génocidaires, et parfois leurs familles seront victimes de représailles de soldats du FPR.

Le gouvernement intérimaire est dirigé par l'ex-premier ministre Jean Kambanda, qui plaida coupable devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda et fut condamné en 1998 à la prison à vie pour génocide et crime contre l'Humanité. Le cerveau présumé du génocide, selon le procureur du TPIR, serait le Colonel Théoneste Bagosora, en cours de jugement en 2007. Au moins 800 000 Tutsi et Hutu modérés ont été massacrés selon l'ONU, plus d'un million selon les autorités rwandaises et plus encore selon certains auteurs qui font remarquer que la déclaration d'état civil à la naissance n'était pas obligatoire au Rwanda.

Ce génocide fut l'un des quatre génocides du XXe siècle reconnus par les institutions internationales.

Le génocide au Rwanda est l'objet d'un négationnisme. Celui-ci conteste d'une part l'existence même du génocide, d'autre part celle de complicités lors des événements. En outre le négationnisme s'appuie sur la théorie du « double génocide », qui tend à mettre en avant l'aspect inter-ethnique de ce conflit.

Le 4 juillet 1994, le FPR prend la capitale, Kigali.

Le 19 juillet un gouvernement est constitué sur la base des accords d'Arusha. Une période de transition politique est décrétée.

Pasteur Bizimungu devient président de la République. Mais l'homme fort du Rwanda est le général major Paul Kagame, vice-président et ministre de la défense, co-fondateur du FPR, ancien exilé tutsi en Ouganda.

Le Tribunal pénal international pour le Rwanda est constitué par l'ONU fin 1994.

En 1996, pour venir à bout des génocidaires repliés au Zaïre, le Rwanda, allié à l'Ouganda et aux rebelles de l'Est du Zaïre, envahit le Zaïre et aide le front rebelle dirigé par Laurent Désiré Kabila qui renverse en 1997 le président du Zaïre Mobutu Sese Seko.

Pasteur Bizimungu démissionne en 2000. Paul Kagame est élu président de la République par l'Assemblée nationale.

Le Rwanda doit faire face à un besoin de justice qui engorge les tribunaux et amène à la réhabilitation de la justice traditionnelle Gacaca.

En 2002, l'ancien président de la république, Pasteur Bizimungu, est arrêté et mis en prison. Le parti MDR est dissous par les députés.

Le Rwanda développe une politique extérieure audacieuse. Il envoie des casques bleus rwandais au Darfour. Un Rwandais occupe des responsabilités au sein de l'Union africaine. En République démocratique du Congo, le problème des FDLR est pris au sérieux par la Communauté internationale. Le ministre de l'économie du Rwanda devient Président de la Banque africaine de développement en 2005. Le Rwanda fait partie des pays qui bénéficient d'une importante remise de dette en juillet 2005 par le G8. Le Rwanda bénéficie incontestablement d'un courant favorable au sein de la diplomatie internationale qui est sans doute dû à la pugnacité diplomatique convaincante de ses dirigeants.

Les Gacaca entrent dans leur phase opérationnelle en janvier 2005. Petit à petit, des Rwandais se rendent compte qu'ils doivent craindre cette justice populaire réorganisée et six mille d'entre eux s'enfuient au Burundi d'où ils sont renvoyés au Rwanda, en ayant vainement tenté d'apitoyer la communauté internationale et les ONG sur leur sort.

Fin novembre 2006, le juge français anti-terroriste lance des mandats d'arrêt internationaux contre 9 proches du président Kagamé qu'il soupçonne d'être impliqué dans la destruction de l'avion présidentiel en 1994. Ce juge étant chargé du dossier concernant la mort de l'équipage français qui pilotait l'appareil. En riposte, le gouvernement rwandais rompt ses relations diplomatiques avec la France, expulse Dominique Decherf l'ambassadeur de France à Kigali, ainsi que l'ensemble du personnel diplomatique et 25 000 personnes manifestent contre le gouvernement français dans la capitale africaine.

Le 6 avril 2007 l'ancien président de la République Pasteur Bizimungu est gracié par Paul Kagame et sort de prison.

Le Rwanda est une république de constitution démocratique. Le Président est élu au suffrage universel ; le parlement est constitué de deux chambres : l'Assemblée nationale et le Sénat. Les partis politiques, indépendamment de leurs activités habituelles, se réunissent dans un Forum de concertation, dont les décisions sont prises par consensus.

Le pouvoir judiciaire est constitué de la Cour Suprême, la Haute cour de la République, de Tribunaux de provinces, de Tribunaux de Districts et de Villes, et de juridictions spécialisées : Gacaca (justice traditionnelle villageoise), militaires, etc.

La politique du Rwanda est fortement imprégnée des conséquences du génocide des Tutsi de 1994, du contexte du mal-développement, et de l'instabilité de l'Afrique des grands lacs (Burundi, Ouganda, Est de la République démocratique du Congo).

Le 8 juin 2007, l'Assemblée Nationale du Rwanda abolit la peine de mort, pour tout type de condamnés. Cette mesure est entrée en vigueur le 25 juillet 2007, et aura pour effet direct de voir 600 condamnés à mort voir leur sentence transformée en prison à vie. L'abolition de la peine de mort était l'une des exigences de la communauté internationale pour que les procédures judiciaires à l'encontre des génocidaires dont le dossier est traité par le TPIR soient transférées à la juridiction nationale rwandaise en prévision de la dissolution du tribunal international pour le Rwanda en 2008. La présidence portugaise de l'Union européenne a salué l'abolition de la peine de mort comme "une étape fondamentale vers la promotion des droits de l'homme et traduit la détermination inébranlable d'assurer la justice et la réconciliation au Rwanda 13 ans après le génocide".

Selon le World Refugee Survey 2008 publié par le Comité américain pour les réfugiés et les immigrants (U.S. Committee for Refugees and Immigrants), le Rwanda abritait environ 54 200 réfugiés et demandeurs d'asile en 2007, dont 51 300 de la République démocratique du Congo (Congo-Kinshasa), plus de 2 900 du Burundi, et quelque uns d'autres pays.

L'économie du Rwanda est principalement marquée par sa forte dépendance de l'agriculture (40% du PIB), une croissance annuelle de plus de 6 %, un développement des services, une faible industrialisation et une très forte densité démographique (>300 hab./km²). L'inflation est d'environ 4 %, et, si le PIB par habitant est d'environ 200 € par an, le PIB-PPA annuel (pondéré par le pouvoir d'achat) moyen par habitant est de 945 dollars. Son indice de développement humain est de l'ordre de 0,40 en 2002, c’est-à-dire dans la moyenne des pays voisins.

En décembre 2004, un euro valait 740 francs rwandais. Il n'y a plus de change « au noir », le gouvernement a structuré la profession, après avoir emprisonné quelques récalcitrants. Un économiste dans une administration peut toucher 100 000 francs par mois, soit 135 euros. Un maître-assistant à l'université peut toucher environ 175 000 francs par mois, soit 235 euros. Les salaires de l'administration sont effectivement payés. À Kigali, un chauffeur pour une journée demande 5000 francs, soit 6,76 euros. Une course en taxi individuel pour environ 5 km à Kigali revient à 2000 francs, soit 2,70 euros, une coupe homme chez le coiffeur environ 700 francs, une heure d'Internet dans un cyber-centre 500 francs, une brique d'un demi-litre de lait UHT 450 francs, une bouteille de 33 cl d'eau de source 250 francs, une brochette de chèvre-frites environ 600 francs (variable), une heure de parking au centre de Kigali 100 francs.

Le Rwanda ne dispose pas de richesses minières, mis à part un peu de coltan. Hormis la question de l'eau courante qui manque à beaucoup, l'un des problèmes majeurs du Rwanda est celui de l'énergie. En 2005 moins de 4 % des Rwandais sont branchés au réseau d'électricité, et ce réseau est loin de couvrir les besoins de ses abonnés qui subissent de fréquentes et longues coupures. Les possibilités de développement local de la production d'énergie sont subordonnées à des accords avec les pays voisins, dans une région marquée par une grande instabilité politique qui plombe les projets possibles.

Le secteur du bâtiment se porte bien. Kigali est passé en vingt ans de quelques dizaines de milliers d'habitants à près d'un million.

Le gouvernement a une perspective globale qualifiée sous le nom de « Vision 2020 ». Ce projet directeur table sur une croissance de 7 %, un développement du secteur privé, une modernisation de l'agriculture et veut faire du Rwanda un centre régional de services pour l'Afrique des grands lacs.

Le régime rwandais s'est rapproché des initiateurs du projet du NEPAD et partage leur vision.

Le Rwanda fait partie de l'Afrique des grands lacs.

Appelé le Pays des mille collines, le Rwanda est bordé au nord par une chaîne de volcans élevés (3500 à 4500 mètres), à l'est par les marais de l'Akagera, au sud-est par les marais du Bugesera, au sud-ouest par le massif forestier de Nyungwe, écrin de la source du Nil, et à l'ouest par l'immense et magnifique lac Kivu. La capitale, Kigali, est à 1 400 mètres d'altitude et une grande partie du pays est au-dessus de ce niveau. Bien qu'étant situé juste sous l'équateur, du fait de l'altitude, le Rwanda a un climat très agréable et des températures moyennes de 18 à 20 degrés, parfois moins dans certaines régions montagneuses. Le pays ne manque ni de pluies, ni d'eau. Les forêts d'altitude (en diminution) maintiennent des réserves d'eau qui alimentent les rivières dans les périodes plus sèches (juin-août). Il arrive malgré tout qu'il y ait certaines années des périodes de sécheresse.

Les paysages sont très verdoyants, ondoyants, fréquemment couverts de bananeraies et les rivières abondantes. Dans les vallées et jusqu'au sommet des collines, les petites parcelles cultivées à la houe, quadrillent la campagne. Parfois quelques vaches aux grandes cornes sont veillées de loin par un gamin. De grands nuages lambinent dans le ciel bleu. Peu de villages. L'habitat est dispersé dans les collines. Les maisons sont en brique de terre ocre ou en brique cuite pour les plus cossues, toujours dans un jardin cloturé, sauf parfois en bordure de route. Les fenêtres grillagées. Les toits sont en tôle, parfois en tuiles.

Les grandes routes qui relient Kigali et les « grandes » villes de province sont en bon état ou en cours de réfection, mais les autres routes, en terre rouge ravinée, sont souvent mauvaises. Quel que soit leur état, elles ne sont jamais désertes, et témoignent, selon les mouvements de la population, de la présence des marchés. Les marchandises achetées ou vendues sont transportées dans des pick-up japonais, sur la tête ou sur des vélos, parfois encore sur de massifs vélos en bois (igicugutu en langue locale) qui semblent n'avoir pas de limite de capacité de charge. De nombreux taxis de « 18 places » transportent les gens sur de plus longues distances. L'atmosphère générale donne une impression particulièrement paisible qui contraste avec l'histoire récente. De temps en temps une pluie torrentielle détrempe ce paysage, puis le soleil réapparaît.

Ces provinces sont subdivisées en 30 districts et ces derniers en 416 secteurs.

Le français ainsi que le kinyarwanda étaient les langues officielles du Rwanda depuis la présence belge au début du XXe siècle. Mais depuis le génocide de 1994, la complication des relations entre le nouveau gouvernement et la France, le retour de nombreux réfugiés tutsi qui ont grandi en Uganda (anglophone), ou encore le rapprochement avec les États-Unis, la pratique de l'anglais n'a cessé de progresser au sein de la population et de l'administration : il est devenu la langue officielle en 2008, remplaçant ainsi le français.

La culture traditionnelle rwandaise est liée à celle des populations de l'Afrique des grands lacs.

La croyance traditionnelle en un Dieu unique, Imana, sensible à leur condition, les récits oraux, la langue et les proverbes, les chants, les tambours et la danse tiennent une grande place dans cette culture fortement imprégnée des combats des guerriers et des activités agricoles : l'élevage et l'agriculture, et en moindre partie, la chasse et la pêche.

Depuis la colonisation, les vêtements occidentaux se sont répandus mais le pagne en coton reste un lien très important pour les femmes entre la tradition et la modernité.

La médecine rwandaise basée sur les plantes est toujours vivante, malgré l'intégration de la médecine occidentale.

La population est regroupée en clans familiaux et répartie, sur un autre plan, en 3 composantes (ou ethnies, selon une acception popularisée) : Hutu, Tutsi, et Twa. Un recensement de 1996 faisait également état de plusieurs minorités: les Banyenkombo (environ 57 000 individus), les Bagogwe (500 à 1500 personnes) et les Banyambo (environ 400 individus).

La culture traditionnelle rwandaise a été fortement marquée par la colonisation allemande puis belge (1894-1961), les Églises chrétiennes (90% des rwandais sont chrétiens) et par le génocide de 1994.

Le christianisme, l'écrit, l'automobile, le football, la radio et la télévision, le cinéma, l'informatique, le téléphone, la référence à la citoyenneté commencent à bouleverser profondément les attitudes.

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Génocide au Rwanda

Victimes du génocide au Rwanda

Le génocide au Rwanda est un génocide qui eut lieu du 6 avril au 4 juillet 1994 au Rwanda, un pays d'Afrique de l'Est.

Il fut commis dans le cadre d'une guerre civile opposant le gouvernement rwandais, qui s'était auto-proclamé Hutu Power avant le génocide, et le Front patriotique rwandais (FPR), accusé par les autorités d'être essentiellement « tutsi ».

Le 1er octobre 1990, des Rwandais exilés et regroupés au sein du FPR décidèrent de revenir au pays à partir de l'Ouganda et de prendre le pouvoir par les armes. En réponse, les autorités rwandaises menèrent une double stratégie : se défendre avec l'armée contre l'agression militaire du FPR et « liquider » tous les Tutsi de l'intérieur du Rwanda. Les autorités rwandaises perdirent la guerre civile au profit du FPR et par contre atteignirent leur objectif génocidaire contre les Tutsi.

L'ONU estime que quelques 800 000 Rwandais, en majorité Tutsi, ont trouvé la mort durant ces trois mois . Ceux qui parmi les Hutu se sont montrés solidaires des Tutsi ont été tués comme traîtres à la cause hutu. D'une durée de cent jours, ce fut le génocide le plus rapide de l'histoire et celui de plus grande ampleur en termes de nombre de morts par jours.

Mais il convient de souligner qu'un génocide n'est pas qualifié comme tel en raison du nombre de morts, mais sur une analyse juridique de critères définis à l'époque par la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide du 9 décembre 1948 de l'ONU. Cette convention définit qu'un génocide est commis dans l'intention de détruire, tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux comme tel.

La discrimination rwandaise entre Hutu et Tutsi, qui a atteint un point culminant en 1994, s'est construite dans un processus historique complexe entre la réalité de la population du Rwanda et la façon dont les colonisateurs, d'une part, et les divers Rwandais, d'autre part, l'ont perçue et expliquée. Dans cette Histoire du Rwanda, se sont surajoutés de façon déterminante les avantages politiques successifs que ces divers acteurs ont cru pouvoir tirer de cette discrimination, de 1894, (date des premiers contacts entre des européens et le roi issu des Tutsi du Rwanda) à 1962, (date de l'indépendance du Rwanda), puis jusqu'en 1994, période dominée par des Républiques dites hutu.

Au début du XXe siècle, les colonisateurs allemands, dans le sillage des préoccupations ethnologiques de l'époque, croient percevoir une supériorité génétique des Tutsi sur des bases raciales et morphologiques. Selon eux, les Tutsi se distingueraient par leur intelligence et la finesse de leurs traits contrairement aux Hutu, qu'ils considèrent comme inférieurs. Ils en déduisent que ces « nègres blancs » auraient une ascendance plus proche des européens et viendraient d'ailleurs. Les Belges qui héritèrent de cette colonie après la Première Guerre mondiale décident de se reposer sur les Tutsi pour leur administration coloniale, même dans le nord-ouest du Rwanda où régnait une monarchie dominée par des agriculteurs hutu, plus ou moins soumise à la dynastie royale d'éleveurs tutsi du reste du Rwanda.

Les Tutsi auront donc seuls accès aux études et à la gouvernance (à l'exception du séminaire, qui sera ensuite accessible aussi aux Hutu) tandis que les Hutu et la petite composante des artisans et « saltimbanques » Twa sont cantonnés aux activités subalternes habituelles d'une population africaine.

En 1931, une carte d'identité ethnique est mise en place par l'administration belge, indiquant le groupe auquel appartient le citoyen : tutsi, hutu ou twa.

La carte d'identité ethnique et la prétendue origine extérieure des Tutsi joueront un rôle essentiel à partir de 1959 pour discriminer les Tutsi et justifier leur élimination du pays.

Les articles de la série génocide au Rwanda permettent de mieux cerner l'autorité initiale de la monarchie tutsi qui régnait sur le pays au moment de l'arrivée des colonisateurs allemands, puis la façon dont leurs successeurs belges ont figé la structure de la société rwandaise en l'organisant sur des rapports hiérarchiques raciaux évoqués ci-dessus. Au moment de l'indépendance, un renversement d'alliance s'opère contre les Tutsi entre les colonisateurs et les Hutu. Ce contexte explique l'animosité entre Hutu et Tutsi, mais l'existence du terme « ethnie » pour qualifier les deux composantes est dénoncée par certains ethnologues comme une construction historique (voir Ethnisme au Rwanda). L'exil d'une partie des Tutsi vers les pays limitrophes en plusieurs vagues à partir de 1959 et leur désir de retour seront la source de la guerre civile qui éclatera en octobre 1990.

Le Manifeste des Bahutu rédigé en 1957 par Grégoire Kayibanda, secrétaire particulier de Monseigneur Perraudin, est considéré comme le texte fondateur de la politique ethniste qui marquera les premières décennies du Rwanda indépendant. Les Hutu créent leur propre parti politique en 1959 : le Parmehutu, pour la promotion du peuple hutu. Les Tutsi sont poursuivis, des assassinats et des massacres sporadiques ont lieu, des maisons sont incendiées et les Tutsi fuient par milliers en Ouganda, au Burundi et au Congo-Kinshasa.

Au cours des années soixante plusieurs tentatives peu organisées de retour armé des exilés sont repoussées par le Rwanda et toujours ponctuées par des massacres de Tutsi restés au pays. Le premier massacre important des Tutsi au Rwanda a lieu en décembre 1963. Entre 8 000 et 12 000 hommes, femmes et enfants sont massacrés. Le journal Le Monde évoque un génocide (édition du 4 février 1964) et Radio Vatican parle à ce moment-là du plus « terrible génocide jamais perpétré depuis celui des Juifs ». En 1972 au Burundi voisin, un très important massacre de masse des Hutu burundais par l'armée burundaise à majorité tutsi fait, selon les Hutu, environ 200 000 morts. Ce massacre impressionna vivement les Hutu rwandais. Le pouvoir du président Grégoire Kayibanda s'affaiblissait et en 1973, il tente de réactiver l'unité politique du Rwanda contre la menace tutsi. Les élèves et professeurs tutsi sont exclus des collèges rwandais. Quelques massacres ont lieu dans des établissements scolaires. Une nouvelle vague d'exil des Tutsi s'ensuit et Juvénal Habyarimana prend le pouvoir à la suite d'un coup d'État en juillet 1973.

Juvénal Habyarimana joue très habilement la carte de l'apaisement pour séduire les capitales européennes et notamment la France qui lui fournit un avion et un équipage dès 1974 et avec qui il passe des accords de coopération militaire pour la formation de la gendarmerie en 1975. Jusqu'à la fin des années 1980, le quota administratif qui limite l'accès des Tutsi aux services administratifs est cependant renforcé, mais certains hommes d'affaire tutsi bénéficient d'une certaine libéralité dans la mesure où le régime a besoin d'eux. Toutefois les assassinats sporadiques de Tutsi restent toujours impunis et cette impunité devient un passe droit dans l'esprit de la population.

Autres causes évoquées : Des sociologues et des journalistes avaient insisté sur la grave crise foncière, due à la surpopulation, que traversaient le Rwanda et le Burundi depuis de nombreuses années. Cette crise foncière dans des pays où la majorité de la population tire sa subsistance des produits de la terre aurait progressivement fait éclater les structures sociales et aurait transformé la région en une poudrière où n'importe quel évènement pouvait provoquer une explosion de violence contre le premier bouc émissaire venu. Ces causes, qui ont sans doute joué leur rôle sont à relativiser car aujourd'hui le problème foncier est tout aussi aigu et tend à s'accentuer, la population actuelle dépassant en nombre celle de 1994.

La plupart des auteurs estiment que le génocide a pu être commis avec une telle rapidité parce que dans les années précédentes s'étaient mis en place à la fois un conditionnement des esprits et un encadrement serré du pays.

Depuis 1959, une série de massacres (« toussaint rwandaise ») dirigés contre les Tutsis s'était déjà déroulée. Des massacres à caractère génocidaire, furent dénoncés comme tel en 1993, comme les massacres des Bagogwe exécutés entre 1991 et 1992. En 1994, et ce depuis quelques années, une campagne médiatique stigmatisait les Tutsi.

Selon plusieurs historiens, Jean-Pierre Chrétien, Gérard Prunier, Claudine Vidal, des journalistes comme Colette Braeckman, Laure de Vulpian, Linda Melvern ou le professeur de Droit Filip Reyntjens, il y avait un projet génocidaire datant de plusieurs années, et finalement exécuté par les extrémistes hutu de l'entourage du président Habyarimana, constituant aussitôt après sa mort un gouvernement intérimaire sous l'instigation du colonel Théoneste Bagosora. Selon cette thèse, les « médias du génocide » tenus par les Hutu extrémistes furent un élément essentiel de la préparation et la mise en œuvre du génocide. Les missions parlementaires belge et française retiennent cette thèse, de même que ceux de l'ONU et de l'OUA. Le Hutu Power accusa la radio Muhabura du FPR d'avoir tenu le même discours de haine, « même si celui-ci n'a jamais eu la même consonance ethnique que le langage tenu par Radio des Mille Collines », selon le rapport du Sénat belge.

Le sociologue français André Guichaoua, expert auprès du TPIR depuis 1996, aurait pour sa part conclu de ses investigations que le génocide n'existait qu'à l'état de projet et n'était pas planifié à l'avance. Il aurait été organisé, notamment à l'échelon local, mais pas avant l'attentat du 6 avril 1994. Partisan de la thèse selon laquelle le FPR serait auteur de l'attentat du 6 avril 1994, il affirme : « Ceux qui ont mis en œuvre le génocide ne l’ont pas fait parce qu’il y a eu un attentat. Les dirigeants du FPR ont pris le risque du génocide, sans doute en connaissance de cause. Les extrémistes hutu ont eu besoin d’une semaine pour concrétiser leur projet génocidaire et en mettre en place les structures ».

Des organisations de défense des droits de l'homme notoires estiment que les théories qui contestent la préparation du génocide relèvent de la négation de nombreux faits constatés et de nombreux témoignages. Par exemple l'organisation Avocats sans frontières Belgique tient la préparation pour établie, en particulier sur la base des documents produits à l'audition d'Alphonse Higaniro devant la Cour d'Assises de Bruxelles et du témoignage de François-Xavier Nzanzuwera, procureur de Kigali jusqu'en 1995. Ces documents et témoignages commentés au cours du procès avec leurs auteurs parlent de « plan d'extermination », du rôle de la Radio des Mille Collines et des postes de radio distribués dans la population avant l'attentat, de la consigne de ne pas oublier le poste de radio quand on va sur les barrières, etc.

Le rapport publié en juillet 2000 par l'Organisation de l'unité africaine remarque qu'il est difficile de dater la mise en route de la préparation du génocide.

Différents auteurs et groupes continuent cependant de mettre en doute toute préparation du génocide.

Le 6 avril 1994, le président du Rwanda Juvénal Habyarimana est assassiné. Alors qu'il s'apprêtait à atterrir à Kigali, son avion est la cible de tirs et s'écrase. Il n'y a aucun survivant. L'avion transportait aussi le président burundais Cyprien Ntaryamira. Aucune enquête internationale n'a permis d'identifier les auteurs de cet attentat. Les deux principales hypothèses soupçonnent l'une le Hutu Power et l'autre le FPR, avec d'éventuels soutiens internationaux.

Pendant la nuit du 6 avril, l'attentat fut l'élément déclencheur du génocide réalisé par le Hutu Power. Sur les ondes de la Radio des Mille Collines, radio de propagande de l'Akazu, le signal du début du génocide fut, dit-on, la phrase entendue depuis quelques jours : « Abattez les grands arbres ».

Les massacres des opposants hutu dans les premières heures, puis de milliers de Tutsi commencèrent aussitôt et simultanément dans une grande partie du Rwanda, à l'exception notoire de la région de Butare dans le sud.

Le 7 avril 1994, la première ministre Agathe Uwilingiyimana fut assassinée le matin, puis les dix Para-Commando's belges, du 2e bataillon commando, qui avaient pour mission de la protéger, furent à leur tour assassinés dans le camp militaire des Forces armées rwandaises (FAR), où ils avaient été emmenés. Les corps n'ont été retrouvés que le lendemain. Ce commando était aussi composé de cinq casques bleus ghanéens qui furent aussi capturés avec les Belges, mais furent relâchés.

Un gouvernement intérimaire fut constitué en quelques jours sous la houlette du colonel Bagosora qui se révéla rapidement être l'homme fort du régime après la disparition du Président Juvénal Habyarimana.

Dès le 8 avril 1994 la France, par l'opération Amaryllis, puis la Belgique, par l'opération Silver Back et l'Italie évacuèrent leurs ressortissants et ceux d'autres pays occidentaux. Un convoi de ressortissants américains était parti dans les heures qui suivirent l'attentat vers le Burundi, où les attendaient des forces américaines en stationnement.

Pendant trois mois, la Radio Télévision Libre des Mille Collines encourage et guide jour après jour, heure par heure le génocide, dénonçant les Tutsi encore vivants à tel ou tel endroit. Les milices Interahamwe (issue du MRND, le parti présidentiel) et Impuzamugambi (issue de la Coalition pour la Défense de la République, organisation extrémiste composée de durs du régime Habyarimana), exécutent ce qu'elles appellent « le travail », parfois assistées par les FAR. Le « travail » consiste pour les extrémistes hutu à massacrer à travers tout le pays les Tutsi, ainsi que certains Hutu modérés réputés hostiles à ce projet et considérés comme des « traîtres ». La population utilise essentiellement des machettes, des houes et des gourdins cloutés.

Des barrières sont montées sur toutes les routes du Rwanda pour arrêter les fuyards qui sont massacrés sur place. Généralement les autorités locales, parfois sous la pression de hiérarchies parallèles organisées par les préfets, prétextent la mise en sécurité des Tutsi pour les regrouper dans des lieux publics comme les stades, les bâtiments communaux, les écoles et les églises. Ensuite des groupes de miliciens achèvent les personnes, parfois précédés par les FAR qui commencent « le travail » avec des armements adaptés, des grenades notamment. Enfin les maisons de Tutsi sont systématiquement visitées par les miliciens pour sortir ceux qui s'y cachent et les massacrer.

Les massacres atteindront des sommets dans l'horreur. L'ampleur du massacre (en trois mois, 1 million de personnes sont tuées selon les autorités rwandaises après recensement, 800 000 selon l'ONU et l'OUA), sa cruauté (des femmes enceintes sont éventrées pour tuer les fœtus, la violence sexuelle est fréquemment employée, des tueries ont lieu au sein de familles mixtes, le sadisme se manifeste dans de nombreux cas) et le nombre d'exécutants en font un des évènements les plus atroces du XXe siècle.

Des militaires des Forces armées rwandaises tentèrent de s'opposer au génocide le 12 avril 1994. Ils échouèrent.

À Butare, le seul préfet tutsi du Rwanda essaye de lutter contre le développement du génocide dans sa région. Il est destitué le 17 avril 1994. Le génocide démarre vraiment ensuite. Le 19 avril 1994 le Président du Gouvernement intérimaire vient sur place soutenir les autorités locales et la population par un appel « au travail ».

Dans la région de Kibuye, dans le massif montagneux de Bisesero, lieu réputé pour leur résistance à d'autres périodes, des Tutsi se sont regroupés et ont tenté de résister aux autorités locales et aux miliciens en se battant avec des armes qu'ils leur prenaient. 65 000 Tutsi y sont enterrés dans un mémorial. 800 survivants ont été dénombrés par les soldats de l'opération Turquoise.

Une exception à Giti, près de Kigali, aucun Tutsi n'a été tué, grâce aux autorités locales. Le bourgmestre de Giti a été félicité par le président Bizimungu après la victoire du FPR.

Le 30 avril 1994, le bureau politique du Front patriotique rwandais publie un communiqué selon lequel le génocide est presque terminé. Il « appelle le Conseil de sécurité des Nations unies à ne pas autoriser le déploiement de la force proposée, parce que l'intervention des Nations unies à ce stade ne peut plus servir un quelconque but en ce qui concerne l'arrêt des massacres ». Les massacres ne cesseront complètement que courant juillet, mais on estime que 80 % des massacres étaient accomplis à la mi-mai. Le médecin allemand Wolgang Blam qui se trouvait à Kibuye dans une région où les Tutsi étaient très nombreux (20 % de la population) et où les massacres durèrent jusqu'en juillet, témoigne dans un document qu'à partir du 16 mai 1994 les autorités locales ont normalisé la situation en ouvrant les services publics, les banques, les transports, etc. L'essentiel des massacres était alors accompli.

Cette observation du Docteur Blam se retrouve à l'échelon national. Il raconte d'ailleurs que des membres du gouvernement intérimaire se sont déplacés le 8 et le 16 mai à Kibuye pour lancer cette normalisation. À la mi-mai Alison Des Forges signale qu'il y eût débat sur la nécessité de massacrer les femmes et les enfants épargnés jusque là dans certaines régions et que le débat fut tranché par leur extermination effective.

Mais la guerre civile évoluait en faveur du FPR et c'est à ce moment que la France perça le mur de la qualification du génocide au plan diplomatique, dans la perspective d'une intervention.

La plupart des rescapés trouveront refuge dans les régions du nord-est du Rwanda, là où le FPR avance rapidement au début du génocide. Quelques rescapés réussiront à se cacher dans des marais ou des zones forestières. Les autres rescapés seront sauvés par des Hutu qui prendront le risque de les cacher, jusqu'à ce que le FPR arrive. La zone protégée par l'Opération Turquoise, à l'ouest du Rwanda sera la dernière zone investie par le FPR et celle où les massacres continueront le plus longtemps, les français ayant comme la Minuar l'ordre de « rester neutre entre les factions rwandaises ». Les Français sauvèrent toutefois 8 000 rescapés du stade de Nyarushishi au sud-ouest du Rwanda et 800 autres à Bisesero, ainsi que des groupes isolés au gré des circonstances.

Le génocide constitue en outre un désastre économique avec les destructions de biens (notamment les troupeaux) et les pillages. Dans la volonté d'anéantir jusqu'au souvenir des Tutsi on détruisit aussi très souvent leurs maisons et leurs jardins, sans chercher à les utiliser autrement qu'en récupérant leurs matériaux.

Le génocide se déroule sur fond de guerre civile. Les FAR (Forces armées rwandaises, c’est-à-dire l'armée régulière rwandaise) combattent le FPR (Front patriotique rwandais, composé de Tutsi exilés et de quelques opposants hutu au régime Habyarimana, qui ont attaqué le Rwanda depuis l'Ouganda à partir de 1990).

À partir du 10 avril, partant du nord du Rwanda, une zone limitrophe de l'Ouganda qu’ils ont conquise de 1990 à 1993 contre les FAR, les rebelles du FPR de Paul Kagame occupent leur pays d'origine pour prendre le pouvoir. Cette progression s'accompagne d'exactions faisant de nombreuses victimes dans les deux camps. De 1990 à 1993 les FAR avaient été formées et réorganisées par l'armée française, précisément pour contrer les attaques du FPR, attaques qui étaient parfois accompagnées de massacres. De leur côté les responsables du FPR se sont appuyés sur l'armée ougandaise, dans laquelle certains étaient officiers depuis que le Président Yoweri Museveni avait conquis le pouvoir en Ouganda.

Malgré la progression rapide du FPR vers la capitale Kigali, qui est prise le 4 juillet 1994, le génocide coûtera la vie à des centaines de milliers de Tutsi et Hutu modérés. Les miliciens hutu et les FAR battent en retraite au Zaïre (actuelle République démocratique du Congo). Deux millions de réfugiés hutu partent également, redoutant les représailles et exactions du FPR. Le 19 juillet 1994, un gouvernement fondé sur les derniers accords d'Arusha, mais dominé par le FPR, prend les rênes du Rwanda. Le président de la République et le Premier ministre sont des Hutu dits modérés. Celui qui a conduit le FPR à la victoire, le général-major Paul Kagame, vice-président et ministre de la défense, devient l'homme fort du Rwanda.

Au fur et à mesure de son entrée au Rwanda, le FPR, tout en protégeant les Tutsi rescapés, s'est livré à des exactions, des exécutions sommaires sans jugement et des massacres de représailles, mais dont le bilan reste à définir.

Cette démission a été martelée par le Général canadien Roméo Dallaire qui commandait la Mission des Nations unies pour l'assistance au Rwanda (MINUAR), force de l'ONU destinée à soutenir les accords d'Arusha.

Il apparait que plusieurs États, en général à travers l'ONU, dont la France, particulièrement impliquée au Rwanda, ne semblent pas avoir su ou voulu adapter leurs actions en distinguant bien les massacres génocidaires de la guerre civile. Les États-Unis, marqués par le fiasco somalien récent, et l'ensemble du Conseil de sécurité des Nations Unies refusèrent de qualifier à temps les massacres de génocide, ce qui empêcha de faire jouer la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide qui obligeait les États signataires à intervenir. On emploie des périphrases comme « actes de génocide ». Toutes les pressions exercées sur les belligérants mirent sur le même plan l'arrêt des massacres et l'arrêt des combats entre le FPR et les FAR (Forces Armées Rwandaises). L'objectif était d'obtenir un cessez-le-feu et d'arrêter les massacres.

Pendant toute la durée du génocide, le général Roméo Dallaire est tenu par le DOMP, service du maintien de la Paix de l'ONU, de ne pas laisser la MINUAR intervenir par les armes pour empêcher les massacres et de tenter d'obtenir un cessez-le-feu entre le FPR et les FAR et un arrêt des massacres. Il avait déjà tenté, sans succès, d'obtenir des Nations unies l'autorisation de procéder à la saisie des caches d'armes en janvier 1994. Devant cette inaction de l'ONU, le général Dallaire n'avait aucune marge de manœuvre pour tenter de protéger le peuple rwandais. Après l'assassinat de dix casques bleus belges et devant le refus du Conseil de sécurité de l'ONU de renforcer immédiatement la MINUAR, la Belgique décida de retirer ses soldats, qui constituaient la colonne vertébrale et la moitié des effectifs de la mission. Le 21 avril 1994, le Conseil de sécurité entérine la décision belge et réduit les effectifs de la MINUAR à 270 observateurs, soit 10 % de ce qu'elle était sur le terrain et 5 % de ce qui avait été prévu initialement.

Mais à partir de la deuxième quinzaine de mai 1994, devant la gravité de la situation, elle met sur pied la MINUAR 2 qui se révèle dans l'impossibilité d'intervenir immédiatement. Devant ce retard, la France obtient des Nations unies l'organisation de l’opération Turquoise du 22 juin au 22 août 1994, date prévue de déploiement de la MINUAR 2. Elle obtient ensuite la création, dans le sud-ouest du Rwanda, d'une « zone humanitaire sûre » (ZHS), le 4 juillet 1994, après quelques accrochages avec le FPR. Cette opération française donna lieu à de vives controverses à travers le monde.

Le 17 juillet 1994, un convoi des FAR s'arrête dans une villa de Cyangugu, dans le sud de la ZHS contrôlée par les Français. Le commandant du secteur, le lieutenant-colonel Jacques Hogard, s'assure de l'identité des membres du convois, avec un groupe de commandos du 2e REP, et identifie deux génocidaires: le président de la République, Théodore Sindikubwabo, et le ministre des Affaires étrangères, Jérôme Bicamumpaka. Bien que la Convention de l'ONU sur le génocide permît leur arrestation, les militaires français leur donnent 24 heures pour « foutre le camp », et demande des ordres à Paris. Le lendemain, les ordres tombent, mais le convoi d'une centaine de personnes est déjà passé au Zaïre.

De plus, les militaires français ont localisé la Radio Mille Collines, qui appelait aux massacres, mais Paris leur a ordonné de ne rien faire.

Plusieurs rescapés de la diaspora rwandaise ont exprimé dans leurs livres la douleur et le traumatisme des rescapés. Leurs témoignages rappellent ceux de la Shoah au niveau psychologique. Jean Hatzfeld a décrit dans trois livres les conséquences vécues par la population rwandaise. La vie des rescapés, puis celle des tueurs qui montrent à quel point le travail génocidaire était vécu et organisé comme une sorte de service public, doublé de pillages et de répartition des butins. Enfin il a montré la difficulté de cohabiter à nouveau après le génocide entre tueurs et rescapés, la façon dont la volonté politique de réconciliation est ressentie par les uns et les autres.

À la fin du génocide, à partir de la deuxième quinzaine de juillet 1994, une épidémie de choléra éclate dans les camps de réfugiés hutu au Zaïre. Cet épisode, qui a été fortement médiatisé, a souvent été confondu avec le génocide et l'a même en grande partie occultée. Il a occupé une grande part de l'énergie des soldats de l'opération Turquoise.

Des éléments des forces génocidaires ont mené au Rwanda des incursions post-génocidaires avec les mêmes méthodes sanguinaires, de 1994 à 1996. La majorité des réfugiés hutu sont rentrés par vagues successives au Rwanda à partir de 1996. Une partie des FAR rentrée au Rwanda a été réintégrée dans l'APR (Armée patriotique rwandaise), les nouvelles forces gouvernementales rwandaises.

Mais un noyau dur d'anciens miliciens et soldats des FAR est restée au Zaïre. Dix ans après le génocide, les affrontements entre les forces génocidaires et le FPR au Zaïre constituent encore un des facteurs de l'instabilité de la République démocratique du Congo. Selon les gouvernements du Rwanda et du Burundi, les extrémistes hutu restent une menace permanente et justifient des interventions déstabilisatrices et souvent meurtrières vivement dénoncées par la RDC.

Ces interventions s'inscrivent dans la première guerre du Congo et la deuxième guerre du Congo dans laquelle une dizaine de pays africains se sont impliqués et qui ont coûté la vie d'au moins 3 à 4 millions de Congolais.

En 1996-1997 de nombreux réfugiés civils hutu, poursuivis dans les forêts du Congo, ont trouvé la mort, soit d'épuisement, de famine ou d'absence de soins et d'isolement dans la forêt zaïroise, soit massacrés par les forces alliées (armées du Rwanda, l'APR, et de l'Ouganda, et rebelles zaïrois.

Cette coalition a renversé le président du Zaïre Mobutu Sese Seko et porté Laurent Désiré Kabila à la tête de la nouvelle République démocratique du Congo en 1997.

Les FDLR, qui regroupent une partie des anciennes forces génocidaires, ont accepté d'être désarmées début avril 2005 et de rentrer au Rwanda. Ce problème reste encore l'objet de nombreuses opérations militaires en 2007 sous l'égide de la Monuc.

Le FPR est accusé par les opposants et dissidents rwandais, par le groupe d'expert de l'ONU chargé d'étudier cette question, l'ancien ministre congolais Honoré Ngbanda Nzambo d'utiliser la présence d'anciens génocidaires en RDC comme prétexte au pillage de cette région, se mêlant ainsi au nombreux autres pays limitrophes et entreprises multinationales qui pillent la RDC.

Par ailleurs, le gouvernement rwandais, estimant que la France refusait de reconnaître ses responsabilités dans le génocide, a rompu ses relations diplomatiques avec ce pays le 24 novembre 2006, suite à la recommandation du juge Jean-Louis Bruguière de poursuivre le président Paul Kagame devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) pour sa « participation présumée » à l’attentat contre l’avion du président rwandais Juvénal Habyarimana, et a mis en place une commission d'enquête.

Le Rwanda a toujours exprimé le souhait de juger tous les auteurs du génocide. La justice rwandaise étant complètement détruite en juillet 1994, le Rwanda a demandé aussitôt de l'aide à la communauté internationale pour reconstruire l'appareil judiciaire. En réponse l'ONU a crée le Tribunal pénal international pour le Rwanda. Seul le Rwanda a voté contre cette création qui ne correspondait pas à sa demande.

Le 8 novembre 1994, la résolution 955 du Conseil de sécurité de l'ONU crée le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) pour juger les principaux responsables du génocide.

La Cour pénale internationale est compétente pour tous les crimes commis après sa création le 1er juillet 2002. Elle n'est donc pas compétente pour juger des crimes commis au Rwanda pendant le génocide.

Le Premier ministre du gouvernement intérimaire, Jean Kambanda, a plaidé coupable et a été condamné pour génocide par le TPIR. Les trois quarts du gouvernement intérimaires ont été arrêtés. Plusieurs ministres de ce gouvernement ont été reconnus coupables de participation au génocide ou sont en cours de jugement, deux autres ont été relaxés.

Le Rwanda a du faire un effort politique considérable pour reconstruire cet appareil judiciaire. Des ONG comme Avocats sans frontières ont participé à cette reconstruction. Il a fallu former des juristes, faire revenir des juristes installés dans la diaspora, trouver des moyens matériels.

Le très grand nombre des auteurs du génocide, qui étaient loin d'être tous en prison, a posé au Rwanda un problème difficilement surmontable. En 1998, au rythme des procès, il aurait fallu deux cents ans pour juger seulement ceux qui étaient en prison. Une solution a été trouvée en s'appuyant sur les Gacaca, justice villageoise traditionnelle, pour les auteurs secondaires, les principaux auteurs étant jugés par la justice nationale rwandaise.

Le 15 janvier 2005, huit mille nouvelles juridictions gacaca (tribunaux populaires chargés de juger les auteurs présumés du génocide rwandais de 1994 — prononcer « gatchatcha ») ont entamé la phase administrative de leur travail. Elles s'ajoutent aux sept cent cinquante gacaca pilotes mises en place depuis 2001 dans certaines régions du pays. Les gacaca sont inspirées des anciennes assemblées villageoises. Elles ont été créés pour juger tous les présumés auteurs du génocide à l’exception des planificateurs et des personnes accusées de viols qui sont jugés par les tribunaux conventionnels ou par une juridiction de l'ONU. Plusieurs millions de personnes, les simples exécutants, sont donc concernés par cette juridiction. Le jeudi 10 mars, les premiers procès ont eu lieu à travers tout le pays. Malgré l'environnement social défavorable aux rescapés du génocide, qui demeurent très minoritaires au sein de la population, les gacaca sont craints par les anciens Interahamwe. Environ 6 000 personnes ont tenté d'échapper à la justice en fuyant vers le Burundi et ont été rapatriées de force en juin 2005 par les autorités rwandaises et burundaises.

Les gacaca ont été critiquées par Amnesty International et Reporters sans frontières. AI et RSF accusent ces tribunaux de ne pas respecter « les critères internationaux définissant un procès équitable, ni les principes de la non-discrimination », de procéder à des arrestations arbitraires, et de condamner parmi les génocidaires des personnes coupables d'opposition au gouvernement FPR, plutôt que de génocide.

La « compétence universelle » de certains tribunaux nationaux leur permet d'accepter les poursuites contre certains responsables du génocide.

Un jugement a eu lieu en Suisse, deux autres en Belgique, plusieurs jugements sont en cours en France contre un prêtre rwandais, un ancien préfet et un colonel des FAR selon les lois françaises qui adaptent l'application des prérogatives du TPIR dans ce pays. Plusieurs procès ont eu lieu aussi, ou sont en cours, au Canada.

La justice belge a prononcé quatre condamnations. La France a été condamnée, à la demande des parties civiles, par la Cour européenne des droits de l'homme pour la lenteur de sa procédure concernant la plainte déposée contre le prêtre rwandais.

Des rwandais ont déposé plainte en France contre des militaires français de l'opération Turquoise.

Trois plaintes ont été déposées pour viol en juin 2004. Six autres plaintes ont été déposées en février 2005 pour « complicité de génocide ou crime contre l'humanité » devant le tribunal militaire français. Ces plaintes visent éventuellement les responsables militaires et civils des militaires directement impliqués.

Le procureur de la République a, tour à tour, refusé d'ouvrir une instruction, puis rejeté quatre plaintes, jugeant celles-ci infondées (décembre 2005). Le juge d'instruction aux armées, s'opposant à cette décision, a déclaré recevables ces 4 plaintes (ordonnance du 16 février 2006). Le parquet fît alors appel de cette décision. Le 29 mai 2006, la cours d'appel de Paris confirmait la recevabilité des 4 plaintes litigieuses et le 3 juillet rejetait un nouveau recours du parquet en nullité qui concernait les auditions menées par le juge d'instruction en novembre 2005 au Rwanda pour entendre les plaignants.

En 2007, plusieurs Rwandais recherchés par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) ont été arrêtés en France.

Le 18 octobre 2007, Dominique Ntawukuriryayo a été arrêté à Carcassonne, dans l'Aude.

Le négationnisme du génocide a trois expressions différentes : la négation pure et simple, la théorie du double du génocide et la négation de diverses complicités.

La négation pure et simple considère qu'il n'y a eu au Rwanda que de simples massacres de masse, dont la quantité aurait été délibérément grossie par la propagande pro-FPR. Dans les procès devant le TPIR plusieurs accusés ont tenté de contester l'existence d'un génocide au Rwanda dans leur procédure. Conscient du temps perdu dans chaque procédure, le TPIR a fini par décréter que le génocide n'a plus besoin d'être prouvé .

La « théorie du double génocide » affirme l'existence d'un contre-génocide des Hutu, qui n'a pas été constaté par les instances internationales. Elle permettrait de parler de « combats inter-ethniques » afin de renvoyer dos à dos les victimes et les bourreaux. Cette théorie a été soutenue par plusieurs responsables français en réponse aux accusations de complicité exprimées contre la France. Aucun des quatre grands rapports internationaux (ONU, OUA, Sénat Belge et députés français) n'a parlé de génocide des Hutu. Les ONG qui ont fait également de volumineuses enquêtes, telles que Human Right Watch, la FIDH, Amnesty International, African Right, Survie et la commission d'enquête citoyenne française, combattent l'idée révisionniste d'un double génocide. Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères, déclarait en mars 2008, dans la revue Défense nationale et sécurité collective, dont le comité d'études est présidé par le général Christian Quesnot, ancien chef d’État-major particulier de François Mitterrand : « Je ne peux pas cautionner cette vision simpliste et infamante qui fait des Tutsis les responsables de leur propre malheur, pas plus que je ne peux supporter d’entendre certains défendre la thèse d’un double génocide Tutsi et Hutu. ».

La négation des complicités concerne les facilités politiques, diplomatiques, médiatiques et militaires, internationales et intérieures, qui ont pu être octroyées au régime qui a conduit le génocide. La négation des complicités est l'objet de vives controverses en France.

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Histoire du Rwanda

Cet article concerne l'histoire du Rwanda.

Lors de la colonisation, les ethnologues européens et les Pères Blancs de l'Église catholique contribuèrent à diffuser une histoire du Rwanda qui est aujourd'hui largement remise en cause. Les premiers habitants auraient été des Pygmées, certainement des ancêtres des Twa actuels.

Les premiers signes de présence humaine au Rwanda datent de 1000 ans av. J.-C. Des archéologues ont découvert les traces d'une civilisation maîtrisant le fer et la poterie. Les ethnologues et pères blancs affirment que cette population venait de l'actuelle République démocratique du Congo. C'est à cette époque-là qu'ils considèrent que les tous premiers Tutsi (originaires du Nord) et Hutu (originaires de l'Ouest) sont arrivés dans l'actuel Rwanda.

C'est vers le Xe siècle que le Rwanda commence à se transformer en une véritable nation.

Cette conception ethniste est aujourd'hui remise en cause au profit de la conception socio-professionnelle. L'ensemble de la population partage la même langue, la même religion et la même culture, critères employés habituellement pour définir l'ethnie. Les catégories hutu (agriculteurs), tutsi (éleveurs), twa (chasseurs cueillette) n'étaient pas figées et il était fréquent de passer d'une classe à l'autre selon les mariages ou la richesse. En kinyarwanda, kwituhura signifie à la fois devenir tutsi et s'enrichir.

Les premiers européens qui évoquèrent le Rwanda dans leurs récits indirects furent Richard Francis Burton et John Hanning Speke, au milieu du XIXe siècle. Ce pays est également évoqué en 1885 lors de la conférence de Berlin par Henry Morton Stanley.

Après la brève incursion de 4 jours en 1892 d'un explorateur autrichien, en 1894 le comte allemand Gustav Adolf von Götzen entre officiellement au Rwanda à la tête d'une troupe de 620 soldats. Le Rwanda est ainsi probablement le dernier pays découvert et colonisé en Afrique par les Européens.

En 1916, pendant la Première Guerre mondiale, les Belges chassent les Allemands du Rwanda et occupent à leur tour le pays. En 1919, le Traité de Versailles attribue le Rwanda à la Belgique, et en 1924 la Société des Nations confie à la Belgique un mandat de tutelle. Le gouvernement colonial s'appuie sur les autorités locales en place, le Mwami Yuhi Musinga et l'aristocratie tutsi.

En 1931, Yuhi Musinga, qui refuse de se faire baptiser, est obligé de partir en exil dans l'actuelle République démocratique du Congo. La Belgique confie le pouvoir à son fils le Mwami Mutara Rudahigwa, converti au catholicisme. La Carte d'identité ethnique est instituée.

Les missions catholiques prennent de plus en plus d'importance dans le pays. Elles se chargent de l'éducation sur tout le territoire.

En 1956, Mutara Rudahigwa commence à revendiquer l'indépendance du pays auprès de l'ONU.

C'est également dans les années cinquante que la question de « l'ethnie », est devenue « raciale » (pour la genèse de cette idéologie voir Gobineau, Vacher de Lapouge) avec l'idéologie et la propagande politique diffusées par l'Église et les hommes politiques.

Le 25 juillet 1959, Mutara Rudahigwa meurt dans des conditions mystérieuses. Kigeli V Ndahindurwa est alors placé au pouvoir par les conseillers de Mutara Rudahigwa. Avec le soutien de l'Église, les Hutu refusent cette succession. Ils veulent être intégrés au nouveau gouvernement. Des manifestations dégénèrent en révoltes après l'assassinat d'un homme politique hutu. Les Tutsi étant en minorité, ils sont pourchassés et massacrés, le pays plonge alors en pleine guerre civile.

En 1960, l'ancien gouvernement de Kigeli Ndahindurwa quitte le pays pour l'Ouganda, ainsi que plus de 200'000 Tutsi.

En janvier 1961, un référendum est organisé, 80% des votants se prononcent pour la mise en place d'une république. En septembre de la même année, le parti politique hutu Parmehutu, obtient 78% des sièges de l'Assemblée nationale du Rwanda. Le 26 octobre, Grégoire Kayibanda devient le premier président de la République du Rwanda.

Le Conseil de tutelle des Nations unies insiste pour que la Belgique accorde l'indépendance au Rwanda. C'est chose faite le 1er juillet 1962.

Les Tutsi exilés essayent de revenir sur le territoire rwandais par la force en 1963 : ils échouent. De nouveaux massacres sont commis contre les Tutsi vivant au Rwanda.

À la suite d'une violente campagne anti-tutsi dans les institutions scolaires, en juillet 1973, Grégoire Kayibanda est destitué par son ministre de la défense, le général Juvénal Habyarimana. Une nouvelle vague de Tutsi prendront le chemin de l'exil à la suite de ces événements.

Grégoire Kayibanda et une grande partie de son dernier gouvernement mourront en prison, faute de soins.

Après son coup d'État, le général Juvénal Habyarimana semble ne plus vouloir pratiquer la politique de discrimination ethnique de Grégoire Kayibanda, empêchant les Tutsi d'accéder à des postes de responsabilité politique mais applique tout de même un système de quotas. Seuls 10% des Tutsi seront admis dans les écoles, les universités et les emplois et presque aucun Tutsi n'accèdera à un poste de maire ou de préfet. Si quelques Tutsi réussirent à se développer économiquement en sachant prendre de l'ascendant sur le pouvoir, comme Valens Kajeguhakwa (ami de Pasteur Bizimungu qui deviendra membre de l'Akasu), d'autres payèrent leur succès en subissant emprisonnements arbitraires et confiscation de leurs biens. Valens Kajeguhakwa finira par subir le même sort avant de s'enfuir rejoindre le FPR avec Pasteur Bizimungu en 1990.

En 1975, Juvénal Habyarimana fonde son parti, le Mouvement révolutionnaire national pour le développement (MRND). En 1978, il change la Constitution et fait adopter un régime à parti unique.

Les travaux collectifs « umuganda », service civique imposé le samedi, sont utilisés pour stimuler des actions de développement. De nombreux projets de développement, facilités par des jumelages avec des collectivités locales européennes (Belgique, France, Allemagne, Suisse, etc.) soulignent ces bonnes relations entre l'Europe est le Rwanda.

Les Églises sont très actives aussi dans ces projets. Le pape se rendra au Rwanda très catholique en septembre 1990.

Sous la pression de la « communauté internationale », notamment du discours de La Baule de François Mitterrand le 20 juin 1990, Juvénal Habyarimana abandonne le 5 juillet 1990 la présidence de son parti unique et décide de changer la Constitution pour donner naissance à une démocratie en autorisant la création de partis politiques.

Les tutsi et opposants hutu exilés en Ouganda fondent le Front patriotique rwandais en 1987. L'Armée patriotique rwandaise, branche armée du FPR, lance une attaque depuis l'Ouganda sur le nord du Rwanda le 1er octobre 1990, bénéficiant d'un large appui de l'armée ougandaise – le chef de l'APR, Fred Rwigema est alors le numéro deux de l'armée ougandaise.

Le président Habyarimana appelle ses alliés à le soutenir. La France envoie des troupes le 4 octobre 1990 dans le cadre de l'opération Noroît. Des troupes belges arrivent le lendemain ainsi que des troupes zaïroises. Ces dernières seront les seules à être engagées au combat tandis que troupes belges et françaises se contenteront de sécuriser la capitale où se trouvent la grande majorité des expatriés.

La France conditionne la poursuite de son appui militaire à la démocratisation du pays. Conjugué à l'affaiblissement du parti présidentiel et à l'opposition croissante, cela eut pour effet d'accélérer le processus de réforme entamé en juillet 1990. Le 10 juin 1991, un amendement constitutionnel légalisant le multipartisme entre en vigueur. Le Mouvement Démocratique Républicain est légitimé et une quinzaine d'autres partis seront fondés dans les mois qui suivent. . Les fonctions de chef de l'État et de chef de gouvernement sont séparées, un poste de Premier ministre est créé, des opposants sont libérés de prison, les fonctionnaires reçoivent le droit de grève.

Des manifestations publiques sont menées par les nouveaux partis de l'opposition. On verra jusqu'à cent mille manifestants dans les rues de Kigali en janvier 1992. Des manifestations auront aussi lieu dans d'autres villes. Des manifestations ont lieu dans le sud du pays. Les participants souhaitent que le FPR ne soit pas considéré comme un ennemi de l'extérieur. Ils demandent un gouvernement de transition pour redistribuer le pouvoir dans le pays et poursuivre des négociations véritables avec le FPR.

Des massacres de Tutsi sont commis dans le Bugesera au sud-est du Rwanda. Les durs du régime créent la Coalition de défense de la République (CDR), et en même temps une milice nommée « Impuzamugambi » (ceux qui poursuivent le même but). Les milices Interahamwe, qui assimileront les autres milices pendant le génocide, sont aussi créées pendant cette période par le MRND, le parti du président.

Mais la ministre de l'Education nationale, Agathe Uwilingiyimana, une enseignante du sud du Rwanda, imposera un contrôle policier de la bonne tenue des examens. Beaucoup moins de jeunes hutu du Nord (la région du président) seront cette année là reçus aux examens. Un commando agressera Agathe Uwilingiyimana. Des milliers de Rwandaises braveront les menaces armées des Interahamwe dans la rue, se regroupant dans une manifestation par solidarité avec Agathe Uwilingiyimana à la fin de l'été 1992.

En 1992, les partis d'opposition remportent les élections. Le président Habyarimana perd progressivement une grande partie de ses pouvoirs (dans une situation assez comparable avec celle de la cohabitation en France), en même temps qu'il doit faire face au durcissement de ses partisans les plus extrémistes.

À partir de 1992, les négociations d'Arusha, conduites en Tanzanie avec le FPR et dont les accords sont signés en août 1993, prévoient à terme l'intégration politique et militaire des différentes composantes internes et externes de la nation rwandaise. Ces négociations sont retardées notamment par la grande attaque du FPR, en février 1993, encore une fois accompagnée de massacres de civils. Selon le ministre de la Défense James Gasana, les troupes de l'APR tuent quarante mille personnes et provoquent le déplacement d'un million d'autres, fuyant les tueries.

L'armée française se retire fin 1993, conformément aux négociations d'Arusha, pour laisser l'ONU déployer au Rwanda une mission de paix, la Minuar. Selon le lieutenant Ruzibiza, l'unité Charlie Mobile de la branche armée du FPR se livre à un massacre dans la nuit du 29 au 30 novembre 1993, dans la commune de Mutura. Pour faire croire à un massacre d'extrémistes hutues, une partie des victimes sont des tutsis.

Un détachement de six cents soldats du FPR est autorisé par les négociations d'Arusha à s'installer au CND (parlement rwandais). À la stupeur de la Minuar qui craignait le pire lors de ce transfert, ce détachement est acclamé par la foule à son arrivée à Kigali le 28 décembre 1993. Cet accueil chaleureux est sans doute un écho des manifestations de 1992 dans les rues de Kigali.

La mise en œuvre de ces accords est partiellement retardée par le président Habyarimana, dont les alliés extrémistes de la CDR (Coalition de Défense de la République) n'acceptent pas les termes. Madame Agathe Uwilingiyimana est choisie comme Premier ministre pendant les négociations d'Arusha, mais en vertu des accords aurait du être remplacée depuis plusieurs mois par Faustin Twagiramungu.

Le 6 avril 1994, l'avion du président Habyarimana est abattu alors qu'il s'apprêtait à atterrir à Kigali. Les membres dissidents du gouvernement, dont la première ministre Agathe Uwilingiyimana, ainsi que des opposants, sont éliminés dès le lendemain et un gouvernement intérimaire est mis en place, avec Jean Kambanda pour premier ministre. Le génocide durera jusqu'au 4 juillet 1994. Il fera 800 000 morts selon l'ONU et plus d'un million selon les autorités rwandaises.

Voir la série Génocide au Rwanda.

Le 4 juillet 1994, le FPR prend la capitale, Kigali, et constitue le 19 juillet un gouvernement sur la base des accords d'Arusha, première étape de la reconstruction de l'État rwandais. Une période de transition politique est décrétée.

Le président de la République est un Hutu ayant rejoint le FPR, Pasteur Bizimungu. Homme d'affaire, administrateur de banque, il a occupé le poste de président directeur général de l'entreprise publique « Électro-Gaz » jusqu'au moment de sa fuite du Rwanda en 1990. Le Premier ministre est également d'origine Hutu, ainsi que plusieurs autres ministres, dont celui de la justice. Mais « l'homme fort » du Rwanda est le général major Paul Kagame, vice-président et ministre de la défense, cofondateur du FPR, ancien exilé Tutsi en Ouganda.

En 1995, le Premier ministre Faustin Twagiramungu démissionne. En 1998 il accusera le FPR d'avoir massacré 250 000 personnes.

L'un des problèmes les plus aigus après le génocide est de rendre la justice. Très vite ce sont 130 000 présumés génocidaires qui sont emprisonnés. Selon des associations humanitaires comme Amnesty international, les charges qui pèsent sur la majorité de ces détenus n'ont pas pu être vérifiées, les tribunaux étant débordés, et les droits de la défense ne peuvent être respectés dans ce contexte. Dans certains cas des avocats eux-même génocidaires ont été inculpés.Erreur de citation : Clôture </ref> manquante pour la balise <ref>.. La question de la réconciliation est souvent mise en avant comme solution politique, très mal acceptée par les rescapés.

Le Tribunal pénal international pour le Rwanda est constitué par l'ONU fin 1994 par la résolution 955 du Conseil de sécurité.

Les forces génocidaires qui se sont repliées au Zaïre, anciennes FAR et milices interahamwe, se livrent à des infiltrations violentes dans le nord-ouest du Rwanda. En 1996, le Rwanda s'allie avec l'Ouganda et les rebelles de l'Est du Zaïre. Selon les opposants, les dissidents, le groupe d'expert de l'ONU chargé d'étudier cette question, des universitaires, l'ancien ministre congolais Honoré Ngbada Nzambo , Pierre Péan et Stephen Smith, l'argument sécuritaire n'est qu'un prétexte pour contrôler l'Est du Congo, où vivent les banyamulenge, congolais rwandophones, et dont une partie a été une province rwandaise avant la fixation des frontières, en 1896.

La coalition militaire conquiert le Zaïre, quatre-vingt-dix fois plus grand que le Rwanda, et renverse en 1997 son président, Mobutu Sese Seko (voir les articles Première guerre du Congo puis Deuxième guerre du Congo).

Après la prolongation de la période de transition, plusieurs changements de premiers ministres, la démission du président de l'assemblée nationale, Pasteur Bizimungu démissionne en 2000. Paul Kagame est élu président de la République par l'assemblée nationale de transition.

En 2002, l'armée rwandaise quitte officiellement la République démocratique du Congo, (ex-Zaïre depuis 1997). Toutefois, dès le début de 2003, le troupes rwandaises envahissent de nouveau l'est de la RDC, et ne commencent à être évacuées que six mois plus tard, après l'envoi de casques bleus. Le 1er juin 2004, les troupes rwandaises et leur alliés rwandophones occupent la ville de Bukavu, dans le sud du Kivu, mais, dès le 8 juin, les pressions de l'ONU contraignent les troupes à se retirer. Le mouvement RDC-Goma reste armé et soutenu par Kigali.

Malgré les immenses difficultés pour reconstruire le pays qui ont marqué la période de transition, la pression de la communauté internationale aidant, le pouvoir rwandais prépare une constitution et des élections au suffrage universel pour 2003. À tort ou à raison, la crainte manifestée par certains rescapés tutsi de voir le pouvoir à nouveau entre les mains de supposés proches des génocidaires est réveillée. Des intimidations de candidats et d'électeurs, afin qu'ils votent pour le pouvoir en place, sont remarquées.

En 2002, accusé de corruption, l'ancien président de la république, Pasteur Bizimungu, est arrêté et mis en prison. Il est accusé d'avoir constitué un parti politique d'opposition non autorisé par les accords d'Arusha (qui limitaient les partis à ceux qui les avaient signés), des malversations financières et d'avoir publié un article où il manipule les concepts « hutu/tutsi ». Il est condamné à quinze ans de prison. Des associations de défense des droits de l'homme, comme Amnesty International, voient en M. Bizimungu un « prisonnier d'opinion », incarcéré pour son opposition au président Kagame plutôt que pour les motifs officiellement invoqués. Le MDR, signataire des accords d'Arusha, accusé d'abriter en son sein un courant idéologique génocidaire, est dissout par les députés. Une association des droits de l'homme est aussi menacée pour les mêmes raisons.

C'est dans ce climat de suspicion de « division » que se déroulent les élections en 2003.

Inspirée des principales constitutions occidentales, elle laisse néanmoins une large place aux problèmes spécifiques du Rwanda post-génocidaire, inscrivant notamment dans la constitution le refus de l'ethnisme hérité du colonialisme et ayant conduit au génocide. Des opposants au FPR, des courants liés à l'ancien régime génocidaire, et des observateurs occidentaux y voient une hypocrisie visant à renforcer un pouvoir politique disposant d'une faible base ethnique et voulant de ce fait forcer la marche ves l'apparence d'une nation composée de citoyens débarrassés du concept ethnique . Elle crée aussi des outils juridiques pour favoriser la place des femmes dans la vie politique (art. 185 et 187). Selon Human Rights Watch, certaines dispositions de la Constitution de 2003 violent « le droit d'association, de libre expression et de représentation politique assurée par des élections libres ».

Paul Kagame est élu président de la République contre son principal opposant, Faustin Twagiramungu , du MDR dissous. Le score de Paul Kagame, 95 %, suggère un manque de liberté dans le processus électoral. Des membres du comité de soutien à Faustin Twagiramungu ont été arrêtés la veille du scrutin. Certains ont subi des violences avant d'être relachés. Les observateurs de la communauté européenne ont émis des critiques, regrettant des pressions exercées sur le corps électoral, et ont constaté des fraudes, mais estiment qu'un pas important vers la démocratie a été franchi. Amnesty International et Human Rights Watch ont en revanche manifesté un grand scepticisme sur la démocratisation du Rwanda.

Les députés favorables à Paul Kagame obtiennent la majorité des sièges.

49% des députés sont des femmes, ainsi qu'une très forte proportion de sénateurs et de ministres.

Pour résoudre la difficulté de juger les nombreux prisonniers, qui croupissent dans les prisons rwandaises l'idée germe d'adapter les gacaca, structures de justice traditionnelle (de agacaca, « petite herbe » ou « gazon » en kinyarwanda . On forme rapidement des personnes intègres pour présider ces tribunaux populaires. Pour désengorger les prisons, des prisonniers de certaines catégories sont relâchés, sans être amnistiés, avant de passer devant les gacaca. Ces décisions ravivent, dans la société rwandaise et la diaspora, les inquiétudes des rescapés qui craignent pour leur vie et le débat controversé sur la réconciliation, politiquement souhaitée, entre tueurs et rescapés.

Après plusieurs années de réflexions et de mises au point, le 15 janvier 2005, huit mille nouvelles juridictions « gacaca », (tribunaux populaires chargés de juger les auteurs présumés du génocide de 1994), ont entamé la phase administrative de leur travail. Elles viennent se rajouter aux 750 « gacaca » pilotes mises en place depuis 2001. L'expérience des « gacaca » pilotes laisse penser qu'il y aurait au moins sept cent cinquante mille personnes, soit un quart de la population adulte, dénoncées et jugées par ces assemblées populaires.

Amnesty international estime que « cette volonté de traiter les affaires aussi rapidement que possible a accru la suspicion régnant sur l’équité du système. Certaines décisions rendues par les tribunaux gacaca faisaient douter de leur impartialité . » L'association souligne également que « Le 7 septembre 2005, Jean Léonard Ruganbage, du journal indépendant Umuco, a été arrêté à la suite de l’enquête qu’il avait menée sur l’appareil judiciaire et le gacaca ». Les autorités rwandaises estiment que ces critiques sont déplacées en rappelant que l'aide qu'elles avaient demandée à la communauté internationale pour juger les génocidaires a été gaspillée dans la mise en place d'un Tribunal pénal international, qui fut sa réponse à la demande rwandaise et qui n'a achevé en 2007 qu'une trentaine de jugements.

Plusieurs éléments montrent que le Rwanda a retrouvé après le génocide une ouverture sur la vie internationale. Outre la particpation aux instances régionales, parmi ces éléments, le Rwanda est partie prenante des forces de l'Union Africaine qui interviennent au Darfour et Donald Kaberuka, ancien ministre des finances rwandais, a été élu Président de la Banque africaine de développement.

La veille de la commémoration du 7 avril 2007, l'ancien Président de la République, Pasteur Bizimungu, a été grâcié par le Président Paul Kagame. Cette incarcération était vivement contestée par des ONG . Pasteur Bizimungu avait en effet symbolisé une réconciliation possible entre Tutsi et Hutu après le génocide. Les éléments retenus pour son incarcération semblaient légers au regard de ce qui apparaissait à la quasi totalité des observateurs non rwandais comme l'évident intérêt pour Paul Kagame d'écarter ainsi son principal concurrent à l’élection présidentielle de 2003.

La peine de mort a été abolie au Rwanda le 25 juillet 2007 . Cette abolition était exigée par le Tribunal pénal international pour le Rwanda afin que, dans le cadre de sa cessation de ses activités, prévue dans ses statuts en 2008 et 2010 pour la cour d'appel, il puisse transférer des détenus et des dossiers de présumés génocidaires au Rwanda .

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Source : Wikipedia