Roberto Benigni

3.454610951033 (1388)
Posté par seb 30/04/2009 @ 04:07

Tags : roberto benigni, acteurs, culture, réalisateurs, cinéma

Dernières actualités
Après Montréal, Roberto Benigni se pointe à Québec pour faire ... - La Presse Canadienne
MONTREAL — Après Montréal, c'est à Québec que se pointe le comédien et humoriste Roberto Benigni qui donnera mercredi soir le coup d'envoi du Festival Grand Rire avec son spectacle "Tutto Dante" au Grand Théâtre. Ce spectacle du rigolo personnage...
Roberto Benigni se retrouve sur scène à Montréal pour 'Tutto Dante' - La Presse Canadienne
MONTREAL — L'acteur et réalisateur italien Roberto Benigni a soutenu que l'une des choses les plus audacieuses qu'il ait faite jusqu'ici était de se produire en français, comme il le fera à Montréal cette semaine. Benigni, qui s'est fait connaître sur...
Roberto Benigni - Voir.ca
Pour louanger la beauté et parler de la vie, Roberto Benigni a invité Dante à lui donner la réplique. Avec Tutto Dante, présenté chez nous grâce à Juste pour rire, l'Italien souhaite émouvoir sans réserve. Le comédien Roberto Benigni s'impose,...
Benigni honore la femme et Dante - Cyberpresse
Le regard illuminé et le geste vif, l'humoriste et réalisateur italien oscarisé Roberto Benigni était sur la scène du théâtre Saint-Denis hier soir. Roberto Benigni aime les femmes. Ou plutôt, la femme. Cet amour traverse ses films La vie est belle et...
Benigni pour le rire, Dante pour l'âme - Cyberpresse
Il ne faudrait toutefois pas croire que là se trouve tout Roberto Benigni. C'est ce que prouve Tutto Dante. «On dit qu'il n'y a pas d'amour, que des preuves d'amour. Que je vienne vous présenter mon spectacle en français en est toute une....
La vie est belle - ÉcranLarge.com
... mais que l'on jugera quand même un peu trop longue et, malgré quelques instants de poésie burlesque, qui met en scène l'aspect fatiguant du personnage de Roberto Benigni, car extrêmement bavard et « grande gueule », le film prend son envol avec la...
Destination Nor'Ouest II: toute une odyssée! - Canoë
Mardi, l'illustre Roberto Benigni a charmé tout le monde sur le plateau, incluant Ima et France Beaudoin, qui se pâmaient à force de se faire chanter la pomme en italien. Même l'invité de la semaine, Louis Morissette, a craqué pour l'acteur et...
Le charme est-il dans soluble dans la beauté ? - La boîte à sorties
En Angleterre, ils ont leur Hugh Grant, Robert Pattisson, Ewan McGregor, Clive Owen, Daniel Craig, Pierce Brosman… des hommes virils et pleins d'esprit. En Italie ils ont Roberto Benigni En France, qui est notre sex symbol ? Qui ? Vincent Cassel ?...
Stéphanie Lapointe, rédactrice en chef d'un soir - Métro Montréal
Ce qui est bien, c'est qu'avec Roberto Benigni on peut faire les deux en même temps. Cet homme possède le plus beau des dons qui soit à mon sens. Il voit avec ses yeux des choses que d'autres ne voient pas. C'est sans doute le rôle d'un poète : briser...
Une pléiade d'humoristes au Grand Rire de Québec - Rue Frontenac
Alors qu'une grosse délégation de Juste pour rire célébrait en grande pompe la présence à Montréal de sa vedette italienne Roberto Benigni, le Grand Rire de Québec tentait de recruter des amateurs d'humour montréalais, lors d'une petite conférence...

Roberto Benigni

Roberto Benigni (2006)

Roberto Benigni, né le 27 octobre 1952 à Castiglion Fiorentino, en Toscane, est un acteur et réalisateur de cinéma et de télévision italien de renommée mondiale.

Quatrième enfant de Luigi Benigni (1918-2004) et Isolina Papini (1918-2004), Roberto Benigni est né dans une famille toscane modeste. Fils unique après trois sœurs avec un caractère enjoué et expansif, il déménage avec toute sa famille à Vergaio où vit toute sa famille d'origine. Inscrit dans un séminaire qu'il abandonne après les inondations de Florence du 4 novembre 1966, il suit ses études à l'institut technico-commercial Datini di Prato. Mais sa plus grande passion reste le spectacle.

Après s'être fait connaître en Italie comme chanteur et musicien, grâce à une chanson paillarde qu'il interpréta dans la sulfureuse émission Televacca, il monta sur scène pour la première fois en 1972, et à peine vingt jours après, il est au théâtre Mitastasio di Prato avec le spectacle Le roi nu de Eugenij Schwarz, dirigé par Paolo Magelli. Il fait la connaissance à Florence de Donato Sannini et de Carlo Monni, qui l'engagent pour interpréter une forme de spectacles de rue. En automne 1972, il part pour Rome et se consacre pendant trois ans au théâtre expérimental en collaborant principalement avec Lucia Poli dans la compagnie Beat'72 au théâtre des satires, et en participant à divers spectacles.

En 1975, il fait la rencontre, fondamentale pour sa carrière, de Giuseppe Bertolucci qui lui écrit un monologueCioni Mario di Gaspare fu Giulia : il obtient un grand succès, d'abord au théâtre Alberico de Rome puis sur toutes les scènes italiennes. Ce personnage d'un paysan toscan, en grande partie autobiographique, renferme déjà l'ambivalence qui caractérisera par la suite ses interprétations : d'un côté une irrésistible exubérance gestuelle et surtout verbale, de l'autre une candeur ingénue presque infantile qui laisse souvent transparaître une veine de surréaliste et de poésie mélancolique.

L'image du premier Benigni se forme donc sur un personnage peu commode et rebelle, craint d'un côté mais aimé de l'autre, imprévisible et capable en permanence de surprendre et même parfois de choquer. Apparu à une manifestation du Parti Communiste Italien, il prit dans ses bras le secrétaire général Enrico Berlinguer, geste surprenant à une époque où les hommes politiques italiens étaient réputés pour leur sérieux et leur formalisme. Il poursuit son activité cinématographique par des rôles de second plan, sauf dans le rôle d'un maître d'école bizarre dans le film Chiedo asilo de Marco Ferreri, et en 1978, il participe au programme télévisé de Renzo Arbore L'altra domenica, dans les vêtements d'un critique cinématographique lunaire et improbable.

Il collaborera une nouvelle fois avec Bertolucci en 1986 avec une anthologie de spectacles comiques tenus dans les rues et les théâtres de toute l'Italie, Tuttobenigni. C'est par l'intermédiaire de Bertolucci que Benigni entre en contact avec le metteur en scène Vincenzo Cerami avec lequel il poursuivra sa carrière.

Benigni s'illustre dans plusieurs films comiques, comme Night on Earth de Jim Jarmusch (1991) dans lequel son personnage chauffeur de taxi confesse à un client, prêtre catholique, ses expériences sexuelles. En 1983, il commence sa carrière de réalisateur cinématographique avec Tu mi turbi film en quatre épisodes. Le film fut apprécié par le public et les critiques. C'est sur ce film qu'il rencontre Nicoletta Braschi qui deviendra sa femme le 26 décembre 1991. À partir de ce moment, elle sera présente dans quasiment tous les films de son mari. Puis il obtient un succès avec Non ci resta che piangere en 1984 où on retrouve beaucoup de gags.

En 1997, il rejoint la consécration internationale avec La Vie est belle, qui raconte la tragédie de l'Holocauste. Ce film raconte l'histoire d'une famille juive italienne séparée par les nazis. Une fois dans le camp de concentration, le personnage de Benigni parvient à sauver son fils en lui faisant croire qu'ils jouent à un jeu, et pour gagner, le fils doit en respecter toutes les règles. Benigni, fils d'un ex-déporté défendra son choix pour ce thème si délicat mais avec une approche différente : le tragi-comique ne fait rien d'autre qu'accentuer l'intensité dramatique et l'émotion de certaines scènes. Le film est nommé sept fois aux Oscars 1998 et remporte trois oscars : celui de la meilleure bande son pour Nicola Piovani, celui du meilleur film étranger et celui du meilleur acteur principal. Benigni est le premier non anglo-saxon à gagner dans cette catégorie, et il est le second acteur, après Laurence Olivier pour Hamlet en 1948, à avoir gagné un tel prix en étant réalisateur de celui-ci.

Le moment où Benigni a reçu son prix est resté mémorable, de par l'explosion de sa joie, qui, à l'annonce de son nom sauta sur les sièges avant de monter sur scène. Ce gag improvisé ainsi que son discours de remerciement en anglais le rendirent particulièrement sympathique aux yeux des américains. En plus des Oscars, le film s'attira des éloges : cinq rubans d'argent, neuf David de Donatello et le prestigieux Grand Prix du Jury du Festival de Cannes où le déchaîné Benigni se prosterna aux pieds du président de la cérémonie Martin Scorsese. Tout de suite après ce succès colossal, on le retrouva dans Astérix et Obélix contre César de Claude Zidi, dans le rôle de Détritus le conseiller de César, au côté de Gérard Depardieu et Laeticia Casta entre autres.

En 2001, il commença la réalisation de Pinocchio sortit l'année suivante. Il s'agit du film le plus coûteux de toute l'histoire du cinéma italien.

En 2004, il produit, écrit et dirige son huitième film Le Tigre et la neige sorti en 2005. Il s'agit ici encore de thèmes que l'on retrouve dans La Vie est belle (un homme quelconque, jovial qui tombe amoureux d'une femme), mais cette fois-ci, l'histoire se passe pendant la guerre d'Irak après la chute du régime de Saddam Hussein. Ce film est une fois de plus un hymne à la vie et à la joie de vivre.

Il a obtenu en 2008 un César d'honneur remis par Fanny Ardant pour l'ensemble de sa carrière.

TuttoDante est un «one man show» basé sur la Divine Comédie de Dante Alighieri met en scène Roberto Benigni pendant environ une heure et demi avec un mélange d'instants d'actualité et de souvenirs de racontés de manière ironique, pour ensuite entreprendre un voyage plein de poésie et de passion dans le monde de la Divine Comédie.

Le spectacle a débuté en juin 2006 dans le splendide théâtre Romain de Patrasso en Grèce où, devant un public extasié, Benigni a déclamé et expliqué le chant d'Ulysse, le XXVI Chant de l'enfer.

En Juillet 2006, le spectacle a fait une halte pour 13 soirs sur la magnifique Piazza de Santa Croce à Florence où, à côté de la statue de Dante et face à la basilique, a été montée la scène sur laquelle chaque soir Benigni récitait un chant différent. Après la parenthèse fiorentine, le spectacle TuttoDante est devenu itinérant et a été représenté sur les places et dans les stades italiens pour un total de 130 spectacles avec un afflux de public estimé autour du million de spectateurs, dont 120.000 à Rome. A ceux-ci ils doivent être ajoutés plus de 10 millions de téléspectateurs qui ont vu le spectacle télévisé « le V° de l'Enfer » diffusé sur la RAI le 29 novembre 2007, avec des rediffusions sur RAI International les jours suivants.

Le spectacle TuttoDante s’apprête maintenant à dépasser les frontières nationales pour entreprendre un voyage qui portera Roberto Benigni et Dante en tournée en Europe, aux États-Unis, au Canada et en Amérique du Sud.

En haut



Festival de Cannes

Francis Ford Coppola au Festival de Cannes 2001 qui remporta en 1979 la Palme d'or avec Volker Schlöndorff

Le Festival de Cannes, fondé en 1946 sous l'égide de Jean Zay et appelé jusqu’en 2002 le Festival international du film, est devenu au fil des années le festival de cinéma le plus médiatisé au monde, et son influence n'a cessé de grandir grâce aux médias et sponsors présents pour l'évènement, notamment lors de la cérémonie d'ouverture et de la traditionnelle montée des marches : le fameux tapis rouge et ses vingt quatre « marches de la gloire ». Malgré ce prestige, le Festival a souvent été critiqué, et il fut à l'origine de plusieurs scandales ou controverses que relayèrent magazines et journaux, français et étrangers.

Chaque année, durant la seconde quinzaine de mai, la ville de Cannes (Alpes-Maritimes) est envahie par des cinéastes et prise d'assaut par des milliers de photographes. C'est au Palais des Festivals et des Congrès, situé sur le boulevard de la Croisette, que les principales projections ont lieu.

Parallèlement au Festival, plusieurs sections ont été créées au fil des ans. Parmi elles, on retrouve la Quinzaine, la Cinéfondation, la Semaine de la critique, Un Certain Regard, et surtout le Marché du film de Cannes, le premier au monde, en importance. Durant ces festivités, l'occasion est donnée aux nombreux producteurs et distributeurs présents sur place de trouver des partenaires pour le financement de leurs projets de films, ou de vendre les œuvres déjà tournées aux distributeurs et télévisions du monde entier.

Bien qu'il fît initialement figure de manifestation touristique et mondaine, le Festival a été créé pour récompenser le meilleur film, le meilleur réalisateur ou le meilleur acteur et la meilleure actrice. Pourtant, au fil des années, d'autres prix sont apparus et sont venus se rajouter au prestige cannois, comme le prix du jury, et surtout la Palme d'or.

À la fin des années 1930, choqués par l’ingérence des gouvernements fascistes allemand et italien dans la sélection des films de la Mostra de Venise — inaugurée en août par le docteur Joseph Goebbels —, Émile Vuillermoz et René Jeanne soumettent à Jean Zay, ministre de l’Instruction publique et des Beaux-Arts, l'idée d'un festival international du cinéma en France. Jean Zay est fortement intéressé par la proposition, les Américains et les Britanniques l'encouragent dans ce sens. Plusieurs villes sont alors candidates, notamment Vichy, Biarritz et Alger mais c'est Cannes qui remporta les suffrages. Philippe Erlanger, associé à l'entreprise sera le premier délégué général du Festival.

Le peintre Jean-Gabriel Domergue, cannois par adoption, crée l'affiche du 1er Festival, qui est d'ailleurs devenue célèbre aujourd'hui.

Dès le mois d'août, les vedettes commencent à affluer, la Metro-Goldwyn-Mayer affrète un paquebot transatlantique pour amener les stars d'Hollywood : Tyrone Power, Gary Cooper, Annabella, Norma Shearer ou encore George Raft. On prévoit des fêtes mémorables ; inspirés par le film Quasimodo les Américains ont même dans l'idée de construire une réplique de Notre-Dame de Paris sur la plage de Cannes. Le 1er septembre, jour de l'ouverture officielle, les troupes allemandes pénètrent en Pologne, mettant du même coup fin à cette première édition d'un Festival mort-né, et le 3 septembre, c'est la déclaration de guerre de la France et du Royaume-Uni à l'Allemagne.

La première véritable édition du Festival se déroule après la guerre, du 20 septembre au 5 octobre 1946 dans l'ancien casino de Cannes grâce, entre autres, à la volonté de la confédération générale du travail, dont le réalisateur Louis Daquin est alors membre. La première édition du Festival est financée par le Ministère des Affaires étrangères et la ville de Cannes,,. À l'origine le Festival devait concurrencer la Mostra de Venise mais l'Italie et la France étant redevenues des nations amies, il fut un temps pressenti que le Festival de Cannes et la Mostra de Venise aient lieu chaque année en alternance.

Ce contrat ne fut pas annoncé au départ. La France et les professionnels du cinéma n'étaient donc pas au courant. En 1946, le Festival avait eu un succès considérable et les cinéastes attendaient avec impatience l'édition suivante de 1947... Lorsque cet accord sera dévoilé, il sera très critiqué, certains parleront d'« une capitulation de la France », ainsi que l'annoncera le magazine La Technique Française.

L'édition suivante, en 1947, se fera de justesse, le Palais des Festivals étant construit par le syndicat dans la précipitation, le gouvernement de l'époque refusant de financer un Festival annuel. C'est pour cela que la Fédération CGT des syndicats du spectacle siège au conseil d'administration du Festival encore aujourd'hui. D'ailleurs, cette année-là, sera instauré le principe d'égalité. C'est-à-dire que les organisateurs du Festival avaient décidé que le jury ne devait être composé que d'un représentant par pays.

Ainsi, en 1947, a lieu l'inauguration du Palais des Festivals (également appelé Palais Croisette) qui sera remplacé par un nouveau palais en 1983. L'inauguration du Palais Croisette se fera le soir du 11 septembre 1947 (et le Festival du 12 au 25). C'est grâce au Docteur Picaud, Maire de Cannes, que ce nouveau palais voit le jour. Seule la toiture n'est pas terminée et elle s'envolera lors d'un violent orage en fin de Festival. C'est le Casino municipal qui servira de relais pour le bal de clôture et la remise des prix.

C'est aussi en 1947 que Robert Favre Le Bret rejoint la direction du Festival de Cannes. Il instaurera alors la Commission de sélection. Le principe était simple : le Centre national de la cinématographie devait donner à la commission de sélection les dates et règlements des autres festivals internationaux en précisant les délais de l'envoi des films. Les producteurs étaient ensuite informés et pouvaient ainsi envoyer leur(s) film(s) à la Commission. Celle-ci établissait ensuite la sélection. Ces films devaient être conformes aux règles de censure de l'époque. Malgré ce choix libre, la liste devait tout de même être validée par le Ministère qui s'occupait de la Cinématographie, et celui des Affaires étrangères, du moins durant la période de la Guerre froide. Ainsi, durant l'année 1947, le Festival s'institutionnalise, s'organise, et trouve ses marques au sein de l'Europe, dont les festivals de cinéma se multiplient, même s'il n'aura pas lieu en 1948 et en 1950 officiellement en raison de problèmes budgétaires, ou peut-être officieusement à cause du contrat avec la Mostra de Venise, qui visait à les faire se dérouler en alternance un an sur deux.

À la fin de l'accord avec le Mostra de Venise, en 1951, le Festival aura enfin lieu durant le printemps, et n'aura plus à subir la concurrence de la Mostra de Venise et du Festival de Locarno qui se déroulaient sensiblement à la même date. Quatre ans plus tard, en 1955, est créée la Palme d'or, à l'initiative de Robert Favre Le Bret. Jusque là, c'était le Grand prix qui était remis. Le Délégué Général avait alors réuni tout le Conseil d'Administration du Festival et invité des joailliers de toutes l'Europe pour présenter leur modèle de la Palme d'or. C'est le dessin de Lucienne Lazon qui remporte l'approbation du Conseil. C'est cette même année que Delbert Mann se voit remettre la première Palme de l'histoire, pour Marty. Mais, de 1964 à 1974, le Grand prix reprend sa place, pour finalement disparaître à jamais.

En 1959, le Marché du film est fondé. Il va alors donner au Festival une dimension commerciale, il rendra aussi plus facile les échanges entre vendeurs et acheteurs de l'industrie du film. Depuis bientôt cinquante ans d'activité, le Marché du film est devenu la première plate-forme mondiale pour le commerce international du film. En 2007, il a accueilli plus de 10 000 participants provenant de 91 pays différents.

On remarquera en 1962 la première Semaine Internationale de la Critique, alors créée dans le but « de mettre à l’honneur les premières et deuxièmes œuvres des cinéastes du monde entier ». Depuis un certain temps, on parle, dans les rues de Cannes, de projections privées, à propos de la Semaine Internationale de la Critique. Effectivement, des projections du Miramar, une salle de cinéma de Cannes, ont tendance à être réservées aux célébrités du cinéma, comme avec l'entrée de Alejandro González Iñárritu, Walter Salles, Guillermo del Toro, Javier Bardem, Carlos Reygadas et Harmony Korine, qui eux n'ont pas pris la file d'attente, contrairement à des cinéphiles qui ont dû attendre deux heures et s'entendre dire que la salle était pleine. D'autre part, la Semaine internationale de la critique accueille sept courts et sept longs métrages en compétition mais visionne plusieurs autres films hors compétition. Ainsi François Ozon, Alejandro González Iñárritu, Julie Bertuccelli, Eleonore Faucher, ... y ont été découverts. Deux ans plus tard, en 1965, le Festival rend hommage à Jean Cocteau, décédé le 11 octobre 1963, en le nommant président d'honneur du Festival à vie. L'année d'après, le président du jury est une femme, c'est Olivia de Havilland ; c'était la première fois qu'une femme occupait ce poste.

Mais, malgré ce développement considérable, le Festival de Cannes 1968 sera interrompu le 19 mai. Alors que des universités se ferment, les séances de projection officielle du Festival sont souvent annulées à cause de manifestants étudiants. Dès le 13 mai, ces étudiants avaient commencé à envahir le Palais des Festivals. Le 18 mai, François Truffaut, Jean-Luc Godard, Claude Lelouch, Richard Berry, Roman Polanski, Louis Malle et Jean-Pierre Léaud se mêlent au mouvement étudiant qui agite Cannes. Ils se révolteront aussi contre le ministre de la culture André Malraux qui avait alors démis Henri Langlois de son poste de directeur de la Cinémathèque française. Pour aider ces célébrités, Alain Resnais, Carlos Saura et Miloš Forman retirent leur film en compétition de la sélection cannoise. Le Festival est pris d'assaut, et devient un lieu politique. C'est ainsi que le 19 mai, les organisateurs décident d'annuler le Festival, ce qui constitua une première dans l'histoire du cinéma.

En 1969, Pierre-Henri Deleau créa la Quinzaine des réalisateurs et la dirigera durant trente ans. Ce nouvel évènement avait alors été créé pour présenter des films étrangers réalisés par des cinéastes encore peu connus du public, et qui ne faisaient pas partie de la sélection. Le maxime de la Quinzaine était alors « Cinéma en liberté ». Pour sa première édition, l'évènement est organisé en à peine deux mois, ce qui n'a pas laissé le temps à une sélection de films : soixante deux longs métrages, et 26 courts métrages sont donc projetés gratuitement : le public est libre d'y entrer. Le premier film à faire l'ouverture de la Quinzaine est celui du cubain Manuel Octavio Gómez : La Première charge. Ce long métrage recevra directement après sa projection un distributeur japonais. La Quinzaine des réalisateurs rendra, en 1977, un hommage à Henri Langlois, décédé le 13 janvier 1977, en le mettant au premier plan sur l'affiche du Festival. Puis, de 1981 à 1983, la Quinzaine créera la section Super 8, mais qui n'eut pas un grand succès.

En 1972, le Festival de Cannes changera de figure : Robert Favre Le Bret est nommé président et Maurice Bessy est élu délégué général. Ce changement majeur a donné un renouveau à la cérémonie. Avant cette date, les États choisissaient les films qui les représenteraient au Festival. Désormais, le nouveau délégué général instaura les deux comités de sélection, un pour la France, et un autre pour le cinéma international. Ce renouveau amènera quelques problèmes pour la sélection du Festival de Cannes 1972. L'année suivante, une nouvelle section est inaugurée, Perspectives du cinéma français (aujourd'hui disparue). C'est en 1978 que les plus grandes modifications eurent lieu. Gilles Jacob arrive alors au poste de délégué général du Festival et crée la Caméra d'or qui récompense le meilleur premier film de toutes les sections par l'intermédiaire d'un jury indépendant et la section Un Certain Regard. Cette section a été créée pour aider les films en marge à la distribution. Un film ressort gagnant d'une sélection de vingt films. Le Cinéma de genre est souvent mis à l'honneur dans cette section. De plus, Gilles Jacob en profitera pour réduire la durée du Festival à treize jours (elle était auparavant de deux semaines), ce qui diminuera en même temps le nombre de films sélectionnés. En outre, alors que depuis ses débuts le jury est en grande partie composé d'Académiciens, il sera désormais composé essentiellement de célébrités de l'industrie du cinéma. On remarque aussi la présence du Festival sur les écrans télé par l'intermédiaire d'Antenne 2.

Le Palais des Festivals et des Congrès de Cannes devait être agrandi. L'ancien palais méditerranéen se transforme alors en « bunker ». Ce nouveau palace est plus confortable et spacieux. Mais il ne fera pas l'unanimité au départ. Les travaux ayant été pris en charge trop tard, la remise des prix de l'édition 1983 se fera dans la poussière ... Ce qui avait failli faire arrêter le Festival. L'architecture du nouveau palais est assez monumentale et présente 10 000 m², les festivaliers le surnommeront alors « Le Bunker ». On remarquera aussi cette année la montée des marches d'Isabelle Adjani qui avait provoqué la grève des journalistes. En 1984, on remarquera l'élection de Pierre Viot au statut de Président du Festival, en remplacement de Robert Favre Le Bret.

Puis, en 1998, Gilles Jacob créé la Cinéfondation pour soutenir la création d'œuvres de cinéma dans le monde et aider à l'entrée des nouveaux cinéastes dans le cercle des célébrités. C'est chaque année une dizaine de réalisateurs ayant réalisé un ou deux courts métrages de fiction qui est accueillie à Cannes. Depuis sa création, c'est une quarantaine de pays et soixante-dix cinéastes qui se sont rassemblés pour les treize jours de Festival. La Cinéfondation met à disposition des réalisateurs une résidence à Paris et une aide à l'écriture d'un scénario. De plus, elle leur offre 800 € par mois, et un accès gratuit à plusieurs salles parisiennes. On remarque depuis les années 2000 la projection de plus de mille films d'étudiants, qui sont témoins de la diversité et du dynamisme de la jeunesse des cinéastes. En 2005, l'Atelier est créé. L'Atelier est une section de la Cinéfondation. Il a été prévu pour mettre en contact les jeunes réalisateurs avec des célébrités pour la production ou la distribution de leur film.

En 2002, le Festival international du film prend officiellement le nom de Festival de Cannes, qui le désignait couramment.

En 2007, le Festival fête ses soixante ans, ce qui peut prêter à confusion puisque sa première édition a eu lieu en 1946 et qu'il aurait donc dû les fêter en 2006. Il s'agit par ailleurs de la 59e édition du Festival (il n'y a pas eu de Festival en 1948 ni en 1950). Cette édition est marquée par l'histoire du Festival, ce qui conduit ce dernier à inviter Bernard Thibault, qui salue la volonté de « marquer sa fidélité à l'histoire d'un Festival où la CGT est presque chez elle, même s'il a beaucoup changé ».

Le Festival bat à cette occasion son record de la projection du film le plus long. Précédemment détenu par Parsifal (4 h 40), et Nos meilleures années (6 h), c'est le film de Ken Burns nommé La Guerre (The War), un documentaire sur la Seconde Guerre mondiale durant 14 heures, qui établit un nouveau record.

Pour le 60e anniversaire du Festival de Cannes, Luc Besson, président du Festival de Cannes 2000, a créé le Festival Cannes et Banlieues, dont le slogan est : Si tu ne peux pas aller à Cannes, c'est Cannes qui viendra à toi !. Ce Festival a pour but d'organiser dans plusieurs villes de la banlieue parisienne des projections de films de la sélection officielle, accompagnées d'un court métrage qui retracera les 60 ans du Festival de Cannes.

Depuis soixante ans, le Festival de Cannes a toujours innové et mis en lumière des réalisateurs ou des cinématographies. De La Bataille du rail à Indigènes, de Michèle Morgan à Penélope Cruz, l'histoire du cinéma a été écrite sur un tapis rouge. Il innove aussi avec la récente installation du numérique dans les salles cannoises, et l'entrée du cinéma de genre dans la sélection.

Être sélectionné dans la célèbre compétition cannoise est un privilège et un enjeu crucial pour un cinéaste comme pour les producteurs qui souhaitent envoyer souvent des films encore en tournage. Les œuvres parvenues au comité de sélection subissent une longue file d'attente. D'ailleurs le public et les cinéphiles ne découvrent la sélection finale qu'un mois avant son annonce : certains films sont effectivement sélectionnés tardivement, mais d'autres sont réservés officieusement depuis plusieurs mois, pour que le Festival ait l'exclusivité de l'œuvre. Le délégué du Festival, Gilles Jacob, instaure, dès sa première année à ce poste, le principe du film surprise avec L'Homme de marbre de Andrzej Wajda alors que le film était interdit en Pologne. Les bobines sont cachées dans des boîtes sur lesquelles est inscrit un faux titre, ce qui permet au film de passer la frontière et de concourir au Festival de Cannes. L'Homme de fer, de Andrzej Wajda toujours, a même été sélectionné alors que la compétition avait déjà commencé. De l'aveu de Gilles Jacob dans une interview au magazine Studio, « c'est le seul cas de figure où un autre candidat aurait pu protester ». Au départ, les films étaient sélectionnés par leurs États qui tentaient ensuite de faire pression sur le jury. Cela durera jusqu’à la création de la Détente, comité de sélection, en 1972.

Ces comités visionnent six films par jour. De plus, avec l'arrivée des documentaires, films d'animation, ou des films de genre, le comité a dû visionner quelques 3 200 long métrage en 2005, et 4 000 en 2007.

De plus, pour qu'un film soit sélectionné, son tournage doit avoir été achevé moins de douze mois avant le Festival et il ne doit avoir été exploité que dans son pays d'origine. Il ne doit pas non plus avoir été présenté dans un autre Festival international. Pour les courts métrages, la durée maximum est quinze minutes.

Alors qu'en 1946, un Grand Prix était remis à un seul film, en 1947, les prix sont attribués par catégories : on retrouve celle des films d’aventures et policiers, des dessins animés, des films psychologiques et d’amour, des films sociaux, et des comédies musicales. C'est d'ailleurs la seule année où ce système de récompenses sera utilisé.

Dans les années 1950, et particulièrement sous la présidence de Jean Cocteau, certains prix à l'appellation un peu fantaisiste sont décernés tels que le Prix du film lyrique (1952), le Prix International du film de la bonne humeur (1953), le Prix International du film le mieux raconté par l'image (1953), entre autres.

Avec l'arrivée de la Palme d'or, le titre des prix octroyés s'homogénise même si l'on trouve encore un Prix de l'humour poétique en 1957. Il sera toutefois créé par la suite des prix pour récompenser certains films n'ayant pas obtenus de prix « officiels » mais méritant tout de même, selon le jury, d'être mentionné au palmarès. Ainsi furent distribués des prix tels que le prix de la meilleure évocation d’une épopée révolutionnaire en 1963 à La Tragédie optimiste de Samsonov, ou le Grand prix du cinéma de création en 1983 remis à Bresson et Tarkovski car le jury ne pouvait les départager.

Ces prix ont la plupart du temps été créés pour l'occasion. Ainsi, pour que Mort à Venise de Luchino Visconti, ne reparte pas bredouille en 1971, on lui attribue le prix du 25e anniversaire. Le réalisateur dira : « celui-là, au moins, personne d'autre ne l'aura ! ».

À noter qu'après que le Jury ait attribué à Barton Fink trois prix importants en 1991, le règlement a été modifié : le jury n’a en effet plus le droit de donner plusieurs prix à un même film. Seul un prix d’interprétation peut s’ajouter à un autre prix.

Depuis 1955, le plus prestigieux des prix décernés à Cannes est la Palme d'or, remise au meilleur film. Le deuxième prix le plus prestigieux est le Grand Prix.

Le Festival de Cannes est le festival de cinéma le plus médiatique en France et dans le Monde. Le cinéma français n'est pas pour autant privilégié. En effet les lauréats français de la Palme d'or sont rares : on remarque Claude Lelouch (avec Un homme et une femme) en 1966 et Maurice Pialat (avec Sous le soleil de satan) en 1987, mais, plus récemment, Laurent Cantet (avec Entre les murs), Palme d'or en 2008. En 2007, trois films français sur vingt-deux étaient en compétition. Depuis 1966, c'est donc tous les vingt ans qu'un français est récompensé par le prix suprême. Les organisateurs se justifient en disant que le Festival n'est pas seulement national mais international. D'ailleurs la France est le quatrième pays dans le classement du nombre de lauréats de la palme. En 2007, la France devra se contenter du Prix du Jury pour Persépolis de Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud, la Palme d'or ayant été remise à Cristian Mungiu pour 4 mois, 3 semaines, 2 jours.

Par ailleurs, le cinéma français, est soumis à un comité de sélection spécifique, et fournit généralement trois des vingt deux candidats de la sélection officielle. Jusque dans les années 1980, le Comité de sélection française, composé de quatre à vingt personnes selon les années, était nommé par le ministre de la Culture. En 1983, Daniel Toscan du Plantier et Alain Terzian persuadèrent le ministre de laisser le Festival sélectionner les films français. Pour éviter une surcharge de travail, Gilles Jacob créera la même année un comité de sélection dédié aux films français dont il choisit lui-même les conseillers et dont le nombre n’est pas prédéfini. Les lauréats français de la Palme d'or sont au nombre de huit, avec notamment Claude Lelouch (avec Un homme et une femme) en 1966 et, dernier à ce jour, Laurent Cantet (avec Entre les murs) en 2008, ce qui place la France au quatrième rang du classement des pays en nombre de lauréats de la palme, après notamment les États-Unis.

Depuis 1946, les lauréats français du Grand prix ou de la Palme d'or, le prix principal du Festival, selon la date, sont Jean Delannoy avec La symphonie pastorale en 1946, Henri-Georges Clouzot avec Le Salaire de la peur en 1953, Jacques-Yves Cousteau et Louis Malle avec Le Monde du silence en 1956, Henri Colpi avec Une aussi longue absence en 1961, Jacques Demy avec Les Parapluies de Cherbourg en 1964, Claude Lelouch avec Un homme et une femme en 1966, Maurice Pialat avec Sous le soleil de Satan en 1987 et en 2008, Laurent Cantet avec Entre les murs.

Le Festival de Cannes inaugurera en 1991 La leçon de cinéma. Cette leçon est dirigée par un célèbre cinéaste. On remarque notamment Nanni Moretti, Oliver Stone, Stephen Frears, Francesco Rosi, Wong Kar-wai et Sydney Pollack ... Ainsi, de par leur style, ils illustrent leurs moments forts, leur parcours d'artiste dans le monde du cinéma et leurs visions du film idéal. Ces leçons ont été conçues pour faire aimer et découvrir le cinéma dans un esprit de dialogue créatif et ouvert. Les admirateurs de célébrités pourront ainsi les découvrir plus concrètement qu'à la montée des marches, par exemple. Le public pourra aussi apprendre à connaître le métier de réalisateur, et découvrir la cinématographie. Des leçons de cinéma de cette envergure n'ont jamais été présentées dans des festivals internationaux auparavant, comme la Mostra de Venise ou le Berlinale, il aura fallu attendre l'idée de Gilles Jacob pour pouvoir y participer.

En 2003, La leçon de musique est créée sur le modèle des Leçons de cinéma. C'est ici qu'un grand compositeur de musiques de film partagera sa carrière musicale avec le public. Se sont succédé Nicola Piovani et Alexandre Desplat par exemple.

Puis, en 2004, c'est au tour de la Leçon d'acteur d'être innovée. On a déjà retrouvé Catherine Deneuve, Max Von Sydow et Gena Rowlands.

Le public, qui a rarement accès aux projections officielles, peut alors avoir un contact direct avec les célébrités devenues « professeurs ». C'est sur le ton de la confession intime qu'un échange unique dans le monde a été mis en place par Gilles Jacob. C'est un partage concret où chaque professionnel se livre aux questions des plus curieux, en racontant ses expériences vécues.

Pendant une dizaine de jours, la ville de Cannes est entièrement chamboulée par le Festival. La Croisette est envahie par plus de 4 500 journalistes. Durant les deux premières semaines de mai, les foules du cinéma affluent. Ainsi, un protocole s'est instauré dans ce Festival International. Quelques Cannois évoquent le Festival d'antan avec nostalgie. D'ailleurs, Marina Vlady avouera dans le documentaire Cannes, 60 ans d'histoire qu'avant les starlettes venaient à Cannes pour un rendez-vous d'amour et d'amitié, que les célébrités pouvaient parler aux passants dans la rue. Tandis que maintenant, elle blâme les voitures blindées, les gardes du corps, ... L'actrice dira que le Festival de Cannes vient de perdre un rapport social.

Chaque soir durant le Festival, est projeté un film de la compétition. La presse est conviée la veille pour la projection de ce même film ou bien aux séances du matin ouvertes aux personnes possédant une invitation officielle, et aux médias. Effectivement, les projections officielles du soir se font en présence de l'équipe du film visionné, après la célèbre montée des marches. Des invités sont aussi présents, comme des notables, et certains grands organismes dont l'influence est importante. On voit tout de même quelques festivaliers amateurs, n'ayant pas d'invitation, attendre au pied des marches qu'on leur en donne une, mais rares sont ces privilégiés. De plus, il existe une priorité d'entrée aux projections pour la presse. Les accréditations des milliers de journalistes, photographes ou rédacteurs présents sont réparties selon cinq niveaux stricts qui déterminent l'ordre d'entrée dans la salle. L'attribution des niveaux d'accréditation est décidée par le service du presse, qui tranche en fonction de l'importance des tirages, de l'ampleur de la couverture par le titre, de la fréquence de parution et du nombre d'accréditations demandées.

Une tenue stricte est exigée lors de la montée des marches. Les hommes sont tenus traditionnellement au smoking et les femmes à une robe de soirée, souvent signées par des couturiers de renommée mondiale, ce qui n'a pas empêché Pablo Picasso de monter les marches avec une veste en peau de mouton lors du Festival 1953. Mais, depuis le début des années 2000, le Festival a tendance à s'ouvrir plus largement au public, les dirigeants ont créé des soirées de projections de longs métrages divers hors-compétition gratuites, où tout le monde peut entrer.

Rendez-vous annuel depuis 2004, « Cannes fait le mur » est une exposition de diverses photographies grandeur nature de cinéastes, exposées entre les maisons, ou sur des monuments. Ces photos sont imprimées sur des kakémonos, de grandes baches perforées pour ne pas se balancer avec la pression du vent. Attaché au projet, c'est Denis Rouvre, photographe professionnel, qui s'occupe du choix des images, et des lieux où elles seront suspendues. On les retrouve notamment sur l'espace Ranguin, l'immeuble Alexandra à la Bocca, sur le lycée Jules Ferry, la mairie, ou encore sur l'hôtel Renoir.

Pour ce faire, Corbis-Outline place ses œuvres dans le domaine public et Multiplast fourni gratuitement les baches. Malgré ce volontariat, ce sont 40 000 € dépensés pour le montage, et le démontage des toiles. Cet évènement est organisé en collaboration entre la mairie de Cannes, et le Festival de Cannes.

Loin des photographes et des touristes, le studio montable n'est en fait qu'un photomaton, et seul, le cinéaste photographié est totalement libre de faire ses photographies, comme il l'entend. Dévoilés au cannois, sept artistes sont exposés durant le Festival de Cannes dans toute la ville.

Parmi les célébrités exposées, on retrouve Samuel L. Jackson, Elijah Wood, Rossy de Palma, Kevin Bacon ou encore Maïwenn Le Besco.

Créé en 1959, le Marché du film est une des facettes commerciales du Festival international du film de Cannes. Il est l'un des rendez-vous les plus importants au monde en ce qui concerne les rencontres, négociations et transactions de l'industrie du cinéma. Il sert aussi à faire découvrir des projets aux distributeurs. Chaque année, il offre un aperçu de la production internationale actuelle en projetant plus de quatre mille films, du cinéma d'auteur aux grosses productions. Le Marché est devenu très important, il comptait dix mille participants de quatre-vingt-onze pays en 2000. Il se déroule sur douze jours pendant le Festival de Cannes. Pour les producteurs, ce marché est très significatif, puisque porter son badge revient à pouvoir participer à toutes les projections officielles. Ce marché se démarque des projets parallèles en étant le premier et le seul à proposer trente salles équipées en matériel numérique.

En 2004, le Marché crée le Producers Network, sous-section de ce dernier, qui aura un succès dès sa première édition. Cette section est réservée aux producteurs d'au moins un film sorti en salles au cours des trois années précédentes. Le Producers Network aide à la coproduction internationale, par le biais de dialogues entre professionnels. Pour se faire, les producteurs possèdent chacun vingt minutes pour présenter leur projet à d'autres producteurs plus importants. Chaque année, il accueille cinq cents producteurs étrangers.

Pour faciliter ces échanges de vingt minutes, et la production, le Producers Network a inauguré en 2004 une salle où sont disposées des tables rondes, où tous les matins, pendant le Festival, les producteurs viendront déjeuner, et discuter de leurs projets. Le Producers Network se déroule au cœur du Village International. Il a aussi créé en 2007 le Speed dating, soirée thématique, réalisé en collaboration avec la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC) et le Centre national de la cinématographie (CNC).

Si le Festival de Cannes est le deuxième évènement le plus médiatisé au monde, c'est grâce aux trois cents chaînes de télévision présentes sur place, comme Canal+ qui a déboursé six millions et demi d'euros pour l'édition 2007, et aux multiples parraineurs. On remarque en particulier Kerry Washington, Gong Li et Andie MacDowell lors de la montée des marches 2007, représentant L'Oréal, groupe industriel français spécialisé dans les cosmétiques et la beauté. D'ailleurs, Penélope Cruz qui avait remporté le Prix d'interprétation féminine pour Volver avait été critiquée pour son parrainage avec ce groupe industriel. La collaboration entre le Festival et L'Oréal a fêté ses dix ans en 2007. De multiples journaux de presse écrite sont aussi présent sur la Croisette, comme Paris Match, ou Le Monde. On retrouve de même des magazines de cinéma avec Première, ou Ciné Live.

Le transport des célébrités dans Cannes est très prisé. Renault, transporteur officiel des célébrités jusqu'au Palais des Festivals et des Congrès de Cannes, et sa Vel Satis, qui, en 2007, fêtaient leurs vingt cinq ans de collaboration, mais aussi Audi, qui a d'ailleurs signé un contrat avec Jean Roch, directeur du VIP Room, pour trois ans.

Aussi, les maîtres de cérémonie sont habillés par des « grands de la mode », qui en profitent pour être vus du public : Diane Kruger, maîtresse de cérémonie de l'édition 2007, a porté une robe drapée en satin bleu nuit de Chanel, firme de la haute couture. Cette robe avait été spécialement créée pour elle par Karl Lagerfeld. C'est ici une autre manière de se faire remarquer par les foules.

Des cinéphiles critiqueront d'ailleurs la présence imposante des médias. Ils remarqueront le fait que les prix remis soient aussi touchés par les sponsors : la Palme d'or qui a été refondue par le joaillier suisse Chopard, lui a aussi été décernée en tant que producteur de cinéma. Mercedes-Benz s'occupe de la remise du prix de la Semaine internationale de la critique, et la Fondation Gan sponsorise le prix de la section Un Certain regard.

Le Festival cherche ainsi à être sponsorisé, les médias retransmettent l'évènement dans le monde entier, et les sponsors en font de la publicité. Ceci attire les foules. Mais, ce phénomène évènement mondial marche aussi à l'inverse : les publicitaires se battent pour devenir partenaire officiel du Festival et ainsi être vus de tous. Voici les propos du groupe Maxell : « Ce sponsoring est une excellente opportunité pour Maxell, le Festival de Cannes est un évènement planétaire, diffusé dans le monde entier, et qui jouit d’une reconnaissance importante ».

Le Festival de Cannes est devenu au long des années l'une des plus importantes cérémonies de cinéma au monde. Ce même Festival qui a été reconnu d'utilité publique et Première grande manifestation culturelle internationale de l'Après-guerre en 1972 par le Ministère de la Culture. Dans le livre European Cinema : An Introduction (ISBN 0333752104), Jill Forbes et Sarah Street affirment que « Cannes est devenue extrêmement important pour les intérêts de la critique et du commerce, de plus les cinéastes peuvent y promouvoir leurs films, ... ».

Le Festival a acquis une notoriété qui se fonde sur l'équilibre entre la qualité artistique des films et leur impact commercial. De nombreuses célébrités mondiales du cinéma souhaitent venir pour la célèbre montée des marches, et se créer ainsi une image de marque auprès des nombreux médias présents pour l'évènement. La presse attaque parfois le Festival, mais celui-ci garde son image, de plus son influence tend à augmenter d'année en année, avec un nombre toujours plus grand de visiteurs venus de l'étranger .

Le Festival a aussi un impact local : durant les deux semaines de Festival, la ville de Cannes voit sa population tripler, de 70 000 à 210 000 habitants, le chiffre d'affaire des commerces, hôtels, restaurants de Cannes augmente énormément. Dans les heures précédant l'ouverture du Festival, l'aéroport et la gare de Cannes sont bouleversés. La ville est entièrement rénovée pour le Festival international du film qui rend Cannes rayonnante.

Parmi tous les cinéastes en compétition à Cannes, quelques uns d'entre eux ont été privilégiés pour leur art, leur style, ou leur genre. Leur cinéma leur a valu d'être récompensé plusieurs fois. D'ailleurs, sur l'affiche officielle du Festival de Cannes 2007, mémoire des 60 ans du Festival, ont été rassemblé neuf célébrités chouchous du Festival. On retrouve Souleymane Cissé, Penélope Cruz, Wong Kar-Wai, Juliette Binoche, Jane Campion, Gérard Depardieu, Bruce Willis, Samuel L. Jackson, et Pedro Almodóvar.

Certains réalisateurs ont obtenu deux Palmes : Francis Ford Coppola (avec Conversation secrète et Apocalypse Now —partagé avec un autre film dans le deuxième cas) ; Bille August (avec Pelle le conquérant et Les Meilleures Intentions) ; Shōhei Imamura (avec La Ballade de Narayama et L'Anguille —partagé avec un autre film dans le deuxième cas) ; Emir Kusturica avec (Papa est en voyage d'affaires et Underground) ; Luc et Jean-Pierre Dardenne avec (Rosetta et L'Enfant). Notons qu'en plus de ses deux Palmes d'or, Emir Kusturica a également obtenu à Cannes le Prix de la mise en scène (meilleur réalisateur) pour Le Temps des Gitans et le prix de l'Education Nationale pour La vie est un miracle.

Peu d'acteurs ont obtenu deux Prix d'interprétation masculine : Marcello Mastroianni (pour son rôle dans Drame de la jalousie et Les Yeux noirs) ; Dean Stockwell (pour son rôle dans Le Génie du mal et Long voyage vers la nuit —à chaque fois partagé avec deux autres acteurs) ; Jack Lemmon (pour son rôle dans Missing et Le Syndrome chinois).

Des actrices ont également obtenu deux Prix d'interprétation féminine : Isabelle Huppert (pour son rôle dans Violette Nozière et La Pianiste — partagé avec une autre actrice dans le premier cas) ; Helen Mirren (pour son rôle dans Cal et La Folie du roi George) ; Barbara Hershey (pour son rôle dans Le Bayou et Un monde à part —partagé avec deux autres actrices dans le deuxième cas) ; Vanessa Redgrave (pour son rôle dans Morgan et Isadora).

Certains cinéastes ont souvent vu leurs films sélectionnés par le Festival de Cannes. On peut citer Federico Fellini et Carlos Saura (avec 11 films sélectionnés) ; Ingmar Bergman et André Téchiné (avec 10 films sélectionnés) ; Wim Wenders, Luis Buñuel, Michael Cacoyannis, Ettore Scola et Andrzej Wajda (avec 9 films sélectionnés) et enfin Claude Lelouch (avec 7 films sélectionnés).

Évoquer Cannes dans le monde revient à parler du Festival international du Film de Cannes . Cannes évoque les célébrités du monde du cinéma et la montée des marches, représentant simplement la cérémonie. Il est étonnant que les cannois ne se plaignent pas de la réduction de leur ville à quelques mètres de tapis rouge.

Le Festival de Venise ou le Festival de Berlin interpellent le public pour d'autres éléments que les films en compétition. D'ailleurs évoquer les noms de ces capitales ne revient pas à parler de leurs cérémonies internationales. Des chansons existent sur ces villes, contrairement à Cannes, qui ne connaît que Cannes la braguette de Léo Ferré, d'ailleurs assez péjorative.

C'est ainsi que certains diront que le Festival profite de sa popularité sans pour autant être populaire. Ils utiliseront le fait que le public n'a pas l'accessibilité aux sélections officielles contrairement aux professionnels.

À ses débuts, le Festival était surtout un événement mondain et les films n'étaient en fait qu'un prétexte pour se rencontrer. Ce qui comptait vraiment c'était les réceptions et les fêtes dans les villas de la Côte d'Azur. Ces fêtes organisées pour la plupart par La Begum, la femme de l'Agha Khan, dans sa villa Yakimour ont fait la réputation de Cannes.

Aujourd'hui, le Festival est considéré comme un lieu de promotion unique à l'international pour les films et les acteurs. En dehors des conférences de presse habituelles, la tradition s'est imposée de donner une fête pour les grosses productions. Ces fêtes ont un thème qui est lié aux films, et leur organisation donne lieu à une surenchère de moyens pour marquer les esprits. Il est aussi difficile d'y entrer que dans les projections de la compétition officielle. Par ailleurs, tous les soirs, dans les discothèques au VIP Room, sur la plage du Palm Beach, les stars se mêlent au public pour danser toute la nuit. De nombreuses célébrités s'y présentent, avec aux platines des Discs jockey internationaux. C'est l'occasion pour beaucoup de se montrer.

Depuis 1995, la Caisse centrale d'activités sociales des électriciens et gaziers s'installe sur l'Esplanade Pantiero située à Cannes, lors du Festival de Cannes. Sur une superficie de 3 000 m², l'espace offre près de 300 places aux cannois et touristes. L'entrée est libre et gratuite. Les films projetés proviennent de pays peu présentés pendant la cérémonie. En 1998, le cinéma algérien avait été présenté. Puis en 1999, c'est le cinéma africain qui a été présenté ainsi que le cinéma noir américain. On y a projeté le film de Jacques Kébadian sur les Sans papiers, celui de Paul Vecchiali sur Victor Schoelcher et l'abolition de l'esclavage. Le but de ce projet était à la base de se ré-approprier ce qui, au départ, leur appartenait, la CGT et le mouvement ouvrier ayant joué un rôle prépondérant lors de la création du Festival en 1946.

Lors de ce rendez-vous, le Soleil d'or est remis par les organisateurs de la CCAS à un film de la Quinzaine des réalisateurs.

Le Festival de Cannes a souvent été attaqué par la presse .

Certains réalisateurs n'ont jamais remporté la palme d'or, malgré le talent dont ils ont pu faire preuve par ailleurs. On peut citer le cas d'Ingmar Bergman, qui n'a jamais remporté de Palme d'or mais qui se voit cependant attribuer la Palme des palmes pour le cinquantenaire du Festival. On peut aussi citer Woody Allen, Alfred Hitchcock, Stanley Kubrick, Steven Spielberg, Claude Sautet, Bertrand Tavernier, André Téchiné, François Truffaut. Quant à Jean-Luc Godard, il n'a été sélectionné en compétition officielle qu'à partir de 1980 avec Sauve qui peut (la vie).

Ce n'est qu'en 1993 qu'une femme obtient la Palme d'or, en la personne de Jane Campion avec La Leçon de piano.

Certains notent aussi que les films de genre sont très peu représentés à Cannes : peu ou pas de films d'horreur, de kung-fu, etc. ont été sélectionnés en compétition officielle. Depuis quelque temps, le cinéma de genre est entré dans le cercle fermé des projections officielles. Un journal écrira même : « Où va le Festival de Cannes ? » à propos de ce nouveau style. Les organisateurs répondront qu'« il va là où va le Cinéma ». Avec l'émergence du cinéma d'animation, ou du film documentaire, le Festival de Cannes devait se mettre à jour.

Cannes donne avant tout aux auteurs une crédibilité artistique. À l'étranger, Cannes est idéalisée. Apichatpong Weerasethakul, réalisateur thaïlandais, a été connu grâce, en partie, au Festival de Cannes, il déclare d'ailleurs : « une sélection donnait un bol d'air à toute la production nationale pendant deux ans » à Thierry Frémaux.

La presse est un pilier central du Festival de Cannes et elle s'attend à voir les chefs d'œuvre qui font vibrer le monde. Si Cannes la déçoit, elle attaque.

Depuis les années 2000, certains reprochent au Festival de Cannes de n'inviter que des auteurs internationaux, dont la renommée est acquise . La presse lui donnera même le nom de Festival désuet, et le comparera aux grandes marques, dont la nécessité n'est pas évidente, mais dont l'intérêt commercial est mis en valeur. Certains lui accorderont le rang de publicitaire aux Blockbusters, par exemple avec la fin de la saga Star Wars : épisode III - La Revanche des Sith. Ou en 2006, avec le Da Vinci Code, qui après sa projection à Cannes est sorti dans 20 000 salles. Au box-office, il a alors généré 24 000 000 de dollars en un week-end ... Second meilleur démarrage financier de l'histoire du cinéma. Pourtant, lors de l'ouverture du Festival, ce film a reçu un accueil des moins chaleureux des 2 000 journalistes, par des rires glacials ou des critiques poignantes, à l'inverse du public.

L'intérêt pour les super-productions des journalistes est aussi déçu par le nombre d'entrée des films ayant reçu la Palme d'or : depuis vingt ans, seuls cinq lauréats de la palme ont dépassé le million d'entrées en France.

D'après certains journalistes, être sélectionné dans la compétition cannoise signifie une sortie dans les salles françaises. En ce qui concerne les autres sections, les films bénéficieront d'une vente prononcée à l'étranger. Effectivement, la présence de plus de 4 000 distributeurs offre une perspective formidable pour les producteurs.

Cannes est devenu depuis quelques années un festival pour les grands auteurs. En compétition, on retrouve beaucoup de célébrités du monde du cinéma, qui ont déjà concouru en sélection officielle. David Lynch, Clint Eastwood ou David Cronenberg sont des habitués du Festival. Mais l'on remarque, en 2007 que treize films sur vingt-deux sont de réalisateurs encore jamais venus à Cannes .

On lui reproche ainsi de n'inviter que des stars confirmées. Pourtant, lorsque des amateurs sont récompensés, la salle les siffle. Effectivement, en 1999, le prix d'interprétation masculine revient à Emmanuel Schotte, celui de l'interprétation féminine à Séverine Caneele et Emilie Dequenne. Lors de leur montée, les deux jeunes femmes sont sifflées par le public. Certains confieront à des journalistes : « On veut du strass et des paillettes ».

Le journal Le Monde diplomatique écrira que des réalisateurs ne réalisent des films que pour être sélectionnés au Festival et utilisent ainsi cette sélection officielle comme une justification de leur travail dans leur pays, malgré le peu de succès commercial qu’il y rencontrent.

Les organisateurs du Festival international seront aussi accablés d'avoir oublié que le cinéma était un art populaire plutôt qu'une industrie.

Le Festival de Cannes a souvent été animé par des scandales et des controverses, impliquants indifféremment des journalistes, des célébrités ou le monde politique. D'autres festivals internationaux comme la Mostra de Venise semblent moins exposés à ce phénomène, peut-être en partie parce qu'ils sont moins médiatisés. En effet, si certains professionnels du cinéma essaient ostensiblement d'éviter les photographes, il n'est pas impensable que d'autres cherchent à faire évènement, sinon scandale, pour tirer profit de la grande concentration de médias durant le Festival de Cannes.

Le public s'est quelquefois manifesté contre les professionnels du cinéma durant la remise des prix. En 1960, le long métrage L'Avventura, premier volet d'une trilogie aussi composée de L'Éclipse et La Nuit, de Michelangelo Antonioni reçut un accueil très froid à Cannes. Ce film fut hué par le public lors de sa projection car l'absence d'éclaircissement sur la disparition d'Anna avait été mal comprise. De plus, le public lança des tomates sur le réalisateur et l'actrice lors de la remise du prix du jury. Une réaction plus isolée mais non moins radicale eut lieu durant le Festival de 1987. Cette année-là, le film Yeelen de Souleymane Cissé représentait le cinéma africain à Cannes — pour la première fois depuis 1946 — et remporta le prix du jury. Lors de la remise du prix, un homme s'empara du micro et cria : « Alors, sale nègre, quel effet ça te fait d’avoir un prix ? ». Le réalisateur lui arracha le micro et lui lança au visage. Maurice Pialat, qui avait été encouragé par Souleymane Cissé lorsque le public huait son film, s'interposa. Ce fut la première fois que deux réalisateurs présents au Festival de Cannes s'unissaient contre un membre du public. Les séances de remises de Palmes d'or ne furent pas épargnées par les réactions hostiles du public, notamment durant l'édition 1987, lorsque Maurice Pialat fut récompensé pour Sous le soleil de Satan, ou encore en 1994 lors de la remise du prix à Quentin Tarantino pour son Pulp Fiction. Les deux réalisateurs réagirent vivement : Pialat répondit au public « Si vous ne m'aimez pas, sachez que je ne vous aime pas non plus ! », et leva le poing au ciel ; Tarantino répondit par un doigt d'honneur. Plus récemment, le même Quentin Tarantino, président du jury en 2004, fut soupçonné de partialité pour avoir attribué la Palme d'or à Michael Moore et son Fahrenheit 9/11.

Les décisions du jury ont à plusieurs reprises suscité des polémiques, et furent parfois fraîchement accueillies par le public. Les présidents du jury, en particulier, furent souvent impliqués dans ces controverses. L'écrivain Françoise Sagan fut l'actrice d'un tel scandale. Sept mois après avoir présidé l'édition 1979, elle dénonça le fonctionnement de l'institution dans Le Matin de Paris. Selon Sagan, la direction du Festival aurait tenté d'influencer le jury (qui penchait plutôt pour Le Tambour de Volker Schlöndorff) en faveur de Apocalypse Now de Francis Ford Coppola. Normalement, les membres du jury sont tenus de garder le secret sur les délibérations conduisant au choix des gagnants. Françoise Sagan ne tint donc pas sa promesse de garder silence. Finalement, les deux films partagèrent la Palme d'or, ex æquo. Cette révélation provoqua un mouvement de révolte dans les magazines qui critiquèrent largement le Festival, mais ce dernier ne répondit pas à ces provocations. Il arriva que les controverses prennent origine de désaccords ou de coups d'éclats au sein du jury. Lors du Festival de Cannes 1987, le long métrage Les Yeux noirs de Nikita Mikhalkov était favori. Mais Elem Klimov, alors membre du jury, aurait déclaré « Si cette ordure, ce salopard de Mikhalkov est récompensé, je me retire du jury et ferai connaître ma décision avec éclats ». Le jury aurait alors cédé à cette exigence impérieuse, et décerna la Palme d'or à Maurice Pialat, le réalisateur de Sous le soleil de Satan. En 1999, Sophie Marceau, alors remettante de la Palme d'or, suscita les huées et sifflets du public pour ses hésitations et achoppements verbaux durant son discours sur scène. Kristin Scott-Thomas, maîtresse de cérémonie, dut intervenir. Coupant la parole à Sophie Marceau, elle demanda directement à David Cronenberg, président du jury, d'annoncer le nom des deux gagnants (Jean-Pierre et Luc Dardenne, pour Rosetta). Le discours erratique de Sophie Marceau pourrait être transcrit ainsi : « Plutôt que de faire la guerre, on fait du cinéma et je vous dis que ça fait rêver les gens, et ça leur donne un… un but, un projet, euh… à court terme et quelque chose qui reste pour toujours, euh… ». L'incident ne mit pas fin à la carrière de l'actrice (qui tourna sept films depuis lors), et le Festival se poursuivit normalement par un discours des frères Dardenne. Les célébrités elles-mêmes initièrent parfois volontairement des polémiques durant les cérémonies, en dépit de la pression médiatique, sinon contre elle. En 2007, pour les 60 ans du Festival, trente-cinq réalisateurs avaient participé au film à sketches Chacun son cinéma. L'un d'entre eux, Roman Polanski, critiqua les journalistes lors de la conférence de presse qui les réunissaient après la projection officielle, jugeant que les questions posées n'étaient pas à la hauteur. Il a évoqué, pour la presse, « une occasion unique d'avoir une assemblée de metteurs en scène importants », gâchée selon lui par « des questions tellement pauvres ». Le réalisateur polonais décida ensuite qu'il était temps d'aller manger et quitta la salle ,.

La sélection des films au Festival, qui impliquait initialement la participation des États fut parfois l'objet de rapports de force diplomatiques et politiques pouvant, dans un cas extrême, conduire à la censure d'un film. Le règlement du Festival stipulait que les films projetés ne devaient pas heurter la sensibilité des autres pays présents à Cannes (article 5 du règlement). Ainsi en 1956 la France accéda à la demande de l'Allemagne (Jacques Mandelbaum montre que la France anticipa cette demande), qui souhaitait le retrait de la sélection officielle d'un film documentaire d'Alain Resnais, Nuit et brouillard, qui traitait de la Shoah, des camps de concentration et des camps d’extermination. Cette censure suscita de vives protestations en France et Outre-Rhin. Ce mouvement ne restera pas sans effet, car depuis cette édition du Festival, aucun film n'a été retiré d'une sélection déjà communiquée au public pour des motifs similaires. En 2007, la Fondation du cinéma Farabi, rattachée au ministère de la culture iranien, adressa une critique par courrier à l'attaché culturel de l'ambassade de France de Téhéran, estimant que la sélection du film Persépolis de Marjane Satrapi était « un acte politique ou même anticulturel » qui présentait « un tableau irréel des conséquences et des réussites de la révolution islamique »,. Le Festival de Cannes a donc beaucoup évolué depuis 1956, la censure ayant apparemment disparue bien que les pressions diplomatiques demeurent. Et d'autres fois, malgré une pression de l'État, des acteurs, ou réalisateurs, viendront présenter leurs films à Cannes. On remarque notamment Wen Jiang qui, pour Guizi lai le en sélection officielle, a été interdite de tournage durant cinq ans en Chine .

Il est rare que l'Église s'immisce dans le monde du cinéma et celui du Festival de Cannes. Il lui est toutefois arrivé de condamner certains films. En 1960, l'Osservatore Romano, journal du Vatican, publia sept virulents articles contre le film italien La Dolce Vita de Federico Fellini qui venait d'obtenir la Palme d'or. Les catholiques étaient menacés d'excommunication s'ils voyaient le film, et ce n'est qu'en 1994, quelques mois après la mort du réalisateur Federico Fellini, que l'Église leva son interdiction. En revanche, les Jésuites défendirent le film. Le Ministère de la Culture censurera des parties du film.

En 1961, le film Viridiana de Luis Buñuel fut interdit dans son pays, l'Espagne, alors sous dictature franquiste et condamné fermement par l'Église catholique qui le jugeait blasphématoire. Cela n'empêcha pas le jury du Festival de lui décerner la Palme d'or.

Les différends entre Cannes et l'Église catholique se poursuivent de nos jours, par exemple en 2006, pour le Da Vinci Code de Ron Howard. Ce long métrage ouvrit le Festival de Cannes 2006, bien qu'il fut critiqué dans le monde religieux. Des associations catholiques menèrent plusieurs campagnes contre ce film en détériorant par exemple les affiches publicitaires, même si le Vatican condamnait tout boycott et action contre ce long métrage : il disait qu'« il y avait plus important à faire dans le monde, que les faits du film étaient faux, et qu'il ne servait donc à rien de se défendre ».

Lors de la montée des marches, quelquefois, les célébrités féminines auront des problèmes avec leur robe, et d'autres fois, ce seront les photographes qui feront grève à cause du comportement des stars. Lors du Festival de Cannes 1954, alors que le festival n'en était qu'à sa 8e édition, Simone Sylva posait avec Robert Mitchum pour des photographes. Le soleil chauffait, et les photographes encourageaient les deux célébrités. Ainsi, l'actrice finira par enlever son soutien-gorge, et l'acteur lui posera les mains dessus. Le cliché fera le tour du monde, provocant un scandale énorme autour du Festival et de l'actrice. Simone Sylva devra alors quitter la cérémonie. Pour faire oublier cette journée, elle essayera de tourner quelques films, mais sombrera dans la dépression, et se suicidera en 1957. Puis, en 1983, alors qu'elle avait refusé de participer à la conférence de presse du film L'Été meurtrier, Isabelle Adjani provoqua la première, et unique, grêve des photographes : ils déposèrent leur appareil au pied des marches pour protester contre l'attitude de la star. Un autre évènement fit le tour du monde : c'est en 2005, alors qu'elle montait les marches, une bretelle de la robe de Sophie Marceau se détacha, et un de ses seins fut mis à nu. Sans le vouloir, elle deviendra l'évènement du Festival de Cannes 2005.

Le Festival de Cannes a souvent été critiqué. Mais, il n'est pas le seul à avoir été touché, quelques films ont aussi dû subir les dires de certains magazines. Lors du Festival de Cannes 1973, une partie des critiques présents, acompagnés par le public, se déchaîneront contre le long métrage La Grande Bouffe de Marco Ferreri : Immonde et scatologique pour Télé 7 Jours, cinéma de pot de chambre pour Minute, l'enfer et l'ordure, le cauchemar et la complaisance, l'ennui et les latrines pour Jean Cau dans Paris Match. Mais, l'équipe du film n'en tiendra pas compte, et ripostera : Philippe Noiret dira : « Nous tendions un miroir aux gens et ils n'ont pas aimé se voir dedans. C'est révélateur d'une grande connerie » . On verra aussi le réalisateur, Marco Ferreri, du haut d'un balcon, envoyer des baisers aux gens, avec la braguette ouverte. Cette même année, La Maman et la putain de Jean Eustache provoque également une forte polémique du fait de ses dialogues crus. En 1985 ce n'est pas la critique qui se déchaînera, mais un journaliste belge qui avait alors décidé d'entarter Jean-Luc Godard venu présenter son film Détective.

Malgré de nombreux scandales qui ont fait le tour du monde, le Festival de Cannes est aussi reconnu pour ses moments émouvants, voir inoubliables. En 1955, le Prince Rainier de Monaco venait voir La Main au collet d'Alfred Hitchcock en projection officielle. C'est à ce moment qu'il rencontrera la jeune Grace Kelly. Ils se marieront ensuite en 1956, et auront trois enfants. De la même manière, en 1980, c'est Kirk Douglas qui rencontrera sa future épouse Anne Buydens, avec qui il aura d'ailleurs deux enfants. Peu de temps après la mort de François Truffaut, lors du Festival de Cannes 1985, ses comédiens principaux se réunissent sur scène pour un dernier hommage et une photo de famille. Quelques années plus tard, en 1989, les enfants et petits enfants de Charlie Chaplin montent sur scène et célèbrent ainsi le centenaire de sa naissance. On remarque aussi la prestation de Vanessa Paradis avec Le Tourbillon de la vie, alors chanson du film Jules et Jim. La chanteuse et actrice avait fait ce geste en honneur à Jeanne Moreau, présidente du jury de cette édition. Dans le même esprit, on retrouve les cinq acteurs principaux du film Indigènes : Samy Naceri, Jamel Debbouze, Roschdy Zem, Sami Bouajila et Bernard Blancan qui chanteront Le Chant des tirailleurs lors de la remise du Prix d'interprétation masculine. Autre beau moment du Festival de Cannes : la remise de la Palme d'or, avec des larmes, et un discours raffiné du gagnant. En 1998, Roberto Benigni est en sélection officielle avec son long métrage La Vie est belle. Lors de la remise des prix, il ne s'attendait pas à recevoir un prix. Mais, des mains du président de cérémonie, Martin Scorsese, il se voit remettre le Grand Prix du jury. Étonné, il sursautera sur son siège en entendant son nom, et fera un numéro tout en excès, à l'italienne lors de l'obtention du prix : il baisera les pieds du président.

En haut



Martin Scorsese

Martin Scorsese en 2007

Martin Scorsese est un réalisateur américain. Né le 17 novembre 1942 à Flushing (New York City, États-Unis), de parents d'origine sicilienne, il passe son enfance dans le quartier Little Italy de New York, qui lui inspira largement sa carrière. En 2007, à sa sixième nomination, il remporte finalement l'Oscar du meilleur réalisateur, pour Les Infiltrés, qui a également été gratifié de celui du meilleur film.

Enfant asthmatique et frêle, le jeune Martin Scorsese ne peut pratiquer de sport et ses parents l'emmènent fréquemment au cinéma. Il se destine d'abord à une vie religieuse et entre au séminaire en 1956. Renvoyé au bout d'un an, il termine ses études à la Cardinal Hays School (dans le Bronx) puis intègre l'Université de New York en 1960 où il fréquente les cours de cinéma et décroche une maîtrise en 1966. Il fut d'ailleurs professeur dans cette même université entre 1968 et 1970.

Il réalise plusieurs courts métrages qui remportent de nombreux prix. Ses films de jeunesse sont fortement influencés par la Nouvelle vague française et par le nouveau cinéma américain représenté par John Cassavetes. Puis il réalise son premier long métrage, Who's that knocking at my door ?, sorti en 1969, soit cinq ans après le premier tour de manivelle. Ce film marque la rencontre avec l'un de ses acteurs fétiches, Harvey Keitel. Il participe en tant que monteur et assistant réalisateur au film Woodstock sur le festival de Woodstock en 1969. Au début des années 1970, Martin Scorsese déménage à Hollywood et obtient un emploi de monteur à la Warner Bros. Pictures. Il rencontre alors le producteur Roger Corman qui lui offre la possibilité de tourner son premier film hollywoodien : Bertha Boxcar (Boxcar Bertha) avec Barbara Hershey et David Carradine.

Encouragé par John Cassavetes à poursuivre un style de réalisation plus personnel, Scorsese commence à travailler sur le film Mean Streets. Première œuvre du réalisateur, acclamée par la critique, ce film est aussi le théâtre de la rencontre la plus importante de sa carrière, celle avec l'acteur Robert De Niro, qui deviendra désormais l'alter ego du cinéaste à l'écran. L'année suivante, Francis Ford Coppola lui ouvre les portes des studios Warner Bros. Pictures. Il rencontre son premier succès public avec Alice n'est plus ici qui permettra à Ellen Burstyn d'obtenir l'Oscar de la meilleure actrice en 1974. Dès son film suivant, il obtient la Palme d'or au Festival de Cannes de 1976 pour Taxi Driver avec Robert De Niro, Jodie Foster et Harvey Keitel. Ce même film lui vaut aussi quatre nominations aux Oscars.

Fort de ce nouveau succès, l’année suivante, Scorsese et De Niro se retrouvent une nouvelle fois pour New York, New York, avec Liza Minelli. Malheureusement, le film est un cuisant échec commercial. En 1977, Liza Minnelli lui propose de mettre en scène un spectacle à Broadway, The Act, mais il abandonne au bout de quelques semaines car cette expérience lui déplaît. Scorsese vit alors avec Robbie Robertson, ex-guitariste et leader du groupe The Band, avec lequel il passe des nuits blanches à regarder des films, fréquenter des cocktails et discuter musique et cinéma. Scorsese est alors sérieusement accro à la cocaïne.

En 1978 sort le documentaire The Last Waltz consacré au dernier concert du Band.

Scorsese avait en effet filmé ce dernier concert le jour de Thanksgiving 1976 au Winterland de San Francisco. Parmi les invités du Band pour ce tout dernier concert figurent Neil Young, Joni Mitchell, Ringo Starr, Van Morrison, Eric Clapton et Bob Dylan. Fan du Band, Scorsese a storyboardé toutes les chansons avant le concert.

Il a fallu deux années avant que The Last Waltz sorte enfin dans les salles obscures. Scorsese tourna des interviews et des morceaux supplémentaires tout au long des années 1977 et 1978. Il en ressort fatigué intellectuellement et physiquement surtout à cause de sa consommation de cocaïne.

C'est dans un état physique et psychologique épouvantable qu'il se remet à l'ouvrage, bien épaulé par Robert De Niro, pour réaliser l'un de ses chefs-d'œuvres, Raging Bull. Pour sa performance mémorable dans le rôle du boxeur Jake La Motta, Robert De Niro recevra l'Oscar du meilleur acteur. Désormais considéré comme l'un des plus grands cinéastes de sa génération, Scorsese va enchaîner les films, La Valse des pantins en 1983, After Hours en 1985, puis La Couleur de l'argent en 1986, qui vaudra à Paul Newman l'unique Oscar du meilleur acteur de sa brillante carrière.

Martin Scorsese réalise son rêve d'enfant en 1988 en réalisant un film sur le Christ, La Dernière Tentation du Christ (The Last Temptation of Christ) adapté du roman de Níkos Kazantzákis. Le film bouscule le dogme religieux et fait scandale. Des manifestations ont lieu un peu partout où le film sort et le cinéma Saint-Michel à Paris est incendié. Pour autant, le film concourt aux Oscars, avec notamment la seconde nomination du réalisateur. Parallèlement à sa carrière et en grand amoureux de l'histoire du cinéma, il crée The Film Foundation en 1990 avec sept de ses amis. Cette fondation a pour but d'encourager la restauration et la préservation du patrimoine cinématographique mondial.

S'ensuivent, Les Affranchis en 1990, et Les Nerfs à vif en 1991, deux succès, avec de nouveau Robert De Niro. La même année, il est récompensé par la Cinémathèque américaine pour l'ensemble de son œuvre. En 1992, il crée Martin Scorsese Presents, une fondation qui restaure et exploite les grands classiques du cinéma, puis réalise son premier film en costumes, Le Temps de l'innocence. Nouveau succès critique, plusieurs nominations aux Oscars, mais toujours aucune statuette pour le cinéaste. Avec Casino en 1995, Scorsese retrouve le monde des gangsters dans une grandiose épopée sur l’ascension et la chute d’un patron d’un grand hôtel de Las Vegas dans les années 1970. Il retrouve pour la huitième fois (et dernière à ce jour) Robert De Niro, mais aussi Joe Pesci, et Sharon Stone (qui remportera un Golden Globe pour sa composition). Après Casino, il termine son fameux documentaire de quatre heures sur le cinéma américain avec Michael Henry Wilson, Un voyage avec Martin Scorsese à travers le cinéma américain, commandé par le British Film Institute pour célébrer le centenaire de la naissance du cinéma. Puis, Martin Scorsese est honoré par l'AFI (American Film Institute) du Life Achievement Award en 1997, récompense très prestigieuse aux USA, pour l'ensemble de sa carrière.

Entre deux films, Kundun en 1997, et À tombeau ouvert en 1999, il préside le Festival de Cannes de 1998 qui décerne la Palme d'Or à L'Éternité et un jour de Theo Angelopoulos. Mais l'image forte de cette édition reste la remise du grand prix à Roberto Benigni pour La vie est belle au cours de laquelle l'acteur-réalisateur italien se jettera aux pieds de Scorsese.

2002 marque une nouvelle date essentielle dans la carrière du réalisateur, puisqu'à l'occasion du film Gangs of New York, Scorsese rencontre Leonardo DiCaprio avec lequel il tournera deux autres films consécutivement, Aviator en 2005, puis Les Infiltrés en 2006. Grâce à ce dernier film, il obtient le plus grand succès public de sa carrière. Il remporte le Golden Globe Award du meilleur réalisateur avant de triompher aux Academy Awards. Les Infiltrés obtient quatre Oscars : meilleur film de l'année, meilleur réalisation, meilleur scénario adapté (William Monahan, d'après Infernal Affairs de Siu Fai Mak et Felix Chong) et meilleur montage (Thelma Schoonmaker dont c'est le troisième Oscar remporté avec Martin Scorsese après Raging Bull et Aviator).

En haut



Vincenzo Cerami

Vincenzo Cerami (né le 2 novembre 1940 à Rome) est un écrivain italien. Romancier, nouvelliste, dramaturge, journaliste, et scénariste, il a réçu le prix Vittorio de Sica 2004 pour l’ensemble de son oeuvre. Doté d'un insatiable appétit pour les mots et pour la création sous des aspects différents, il est considéré comme l'un des plus brillants auteurs italiens contemporains.

Vincenzo Cerami a embrassé dès très tôt la carrière d'écrivain. La rencontre avec Pier Paolo Pasolini, son professeur de lettres au collège de Ciampino a eu une influence fondamentale sur lui. Pasolini l'introduit à la littérature et à la poésie pour lesquelles le jeune Cerami a un penchant naturel. Plus tard, Vincenzo Cerami débuta sa carrière dans le cinéma comme assistant de Pasolini pour le tournage de Uccellacci e uccellini (Des oiseaux petits et grands). A la fin des années soixante, il travaille aux États-Unis et au Japon comme "gagman". Il adapte en 1975 pour le «Teatro di Roma», le roman de Paolo Volponi, Sipario ducale (traduit en français sous le titre Le Duc et l’anarchiste). La vie est belle, l'un des films que Vincenzo Cerami a écrit avec Roberto Benigni, a remporté les plus prestigieux prix internationaux de cinéma.

Il publie chez Garzanti, en 1976, Un borghese piccolo piccolo (traduit en français sous le titre Un bourgeois tout petit petit, Éditions du Seuil), son premier roman, pour lequel Italo Calvino écrivit la présentation. Le livre sera adapté pour le cinéma: le film, signé Mario Monicelli, avec Alberto Sordi comme interprète, connaîtra un immense succès. En 1978 sort un second roman: Amorosa presenza (Amoureuse présence). En 1981 sont publiés, toujours par Garzanti, Addio Lenin (Adieu Lénine), un poème narratif, et Tutti cattivi (Tous méchants, un roman. En 1983 et en 1988, Garzanti édite deux romans Ragazzo di vetro (Garçon de verre) et La lepre (traduit en français sous le titre Le mal d’amour, ed. Payot). Au printemps 1991 un livre de nouvelles intitulé L’ipocrita (L’hypocrite) sort aux éditions Einaudi. En 1985 ses traductions en italien des Fiabe di Roma e del Lazio (Fables de Rome et du Latium) entrent dans la collection des Oscar Mondadori. A la fin mai 1993, sort La gente (Les gens), un recueil de "mini-romans", édité par la maison d’édition Einaudi. Un long essai de Cerami dédié à Le ceneri di Gramsci (Les cendres de Gramsci) de Pier Paolo Pasolini est présent dans le dernier volume de la Littérature Italienne Einaudi (collection dirigée par Alberto Asor Rosa). Toujours chez Einaudi, un "manuel" d’écriture créative intitulé Consigli a un giovane scrittore (letteratura-teatro-cinema-radio) (Conseils à un jeune écrivain (littérature-théâtre-cinéma-radio)) sort en 1996; en 1997 Fattacci, récit de quatre célèbres crimes italiens; en 1998 le scénario du film La vita è bella (plus tard, le livre avec la cassette vidéo incluse) qui a eu un grand succès en Italie et à l’étranger; en 1999 le texte théâtral de Canti di scena (avec le cd), les récits en bandes dessinées de Olimpo S.p.a. (2000) et Olimpo S.p.a. Caccia grossa (Olimpo S.p.a. Grosse chasse) (2002) réalisés avec la dessinatrice Silvia Ziche et en 2001 le roman Fantasmi (traduit en français sous le titre Fantasmes, éd. Du Rocher, 2003). En 2001 Cerami a écrit pour les Meridiani Mondadori La trascrizione dello sguardo (La transcription du regard), essai introductif au volume qui réunit les sujets et les scénarios de Pier Paolo Pasolini, intitulé Per il cinema. En 2002, Cerami retourne chez Garzanti, la maison d’édition de ses premiers livres. Un borghese piccolo piccolo, Consigli a un giovane scrittore (nouvelle édition élargie) et Pensieri così (Des pensées comme ça) sortent dans une collection personnelle, avec les couvertures illustrées par Danijel Zezelj. Pour la collection «i grandi libri» de la même maison d’édition, une édition de Pinocchio de Collodi avec une préface signée Cerami a été publiée. Ses derniers romans ont été édité en Italie chez Mondadori (Vite bugiarde. Romanzo d'appendice, 2007 et L'incontro, 2005) et chez Garzanti (La sindrome di Tourette, 2005 - traduit en français aux Editions du Rocher Le syndrome de Tourette en 2007).

Cerami a toujours accompagné son activité littéraire de celle cinématographique et théâtrale. Il a collaboré aux scénarios de Casotto (La cabine des amoureux) et Il minestrone de Sergio Citti, de Salto nel vuoto (Le saut dans le vide) et Gli occhi, la bocca (Les yeux, la bouche) de Marco Bellocchio, de Segreti segreti et I cammelli de Giuseppe Bertolucci, de Tutta colpa del paradiso de Francesco Nuti, de Uomo d’acqua dolce et La fame e la sete de Antonio Albanese. Il a écrit avec Gianni Amelio les films Colpire al cuore, I ragazzi di via Panisperna et Porte aperte (Portes ouvertes), ce dernier, vainqueur de l’Oscar européen, a été nominé pour l’Oscar américain 1991 comme meilleur film étranger. Il est l’auteur avec Roberto Benigni de Il piccolo diavolo (Le petit diable), Johnny Stecchino (dont le scénario est également sorti auprès de la maison d’édition Theoria), Il mostro (Le monstre), sorti sous forme de roman chez Longanesi, et La vita è bella (traduit en français sous le titre La vie est belle, ed. Gallimard), ce dernier a gagné entre autre, cinq Nastri d’Argento, neuf David di Donatello, le Prix de la Ville de Jérusalem, le Grand Prix spécial du Jury au Festival de Cannes, deux Oscar européens, sept fois nominé et trois prix Oscar de l’Academy of Motion Picture Arts and Sciences. En 2002 Pinocchio est sorti dans les salles, scénario de Benigni et Cerami, mise en scène de Roberto Benigni; ce film a obtenu un grand succès de la part du public en Italie, en Autriche, en Allemagne et au Japon. Son dernier film, La tigre e la neve (Le tigre et la neige), écrit toujours avec Roberto Benigni est sorti en 2005.

Pour ce qui concerne le théâtre, Cerami a écrit en 1984, pour le groupe florentin «Pupi e fresedde», la comédie L’amore delle tre melarance (L'Amour des trois oranges), un succès européen. Par la suite, il a travaillé en France pour les compagnies «Le Théâtre du Campagnol» et «Le Teatre de la Carriera (théâtre populaire occitan)». Il a écrit pour Jean-Claude Penchenat L’enclave des Papes. Il publie en 1986 une autre comédie auprès de la maison d’édition Theoria, Sua Maestà (Sa Majesté), donnée en représentation la même année avec l’interprétation de Mario Scaccia, reprise en France par le «Teatre de la Carriera» avec Paul Crauchet. Aussitôt après, Cerami écrit pour le « Centro di Drammaturgia di Fiesole » un texte-exercice destiné à une école d’acteurs : Casa fondata nel 1878. Il écrit Hello George ! pour le «Teatro del Buratto» de Milan, comédie sur Gershwin et sa musique. Cerami collabore depuis plusieurs années avec le musicien Nicola Piovani: ils ont écrit ensemble Le Cantate del Fiore e del Buffo (Les Cantates de la Fleur et du Bouffon) qui, après un début triomphal au «Festival delle Ville Vesuviane» en août 1990 et après le succès de la représentation au théâtre Sistina de Rome l’année suivante, a fait une longue tournée dans toute l’Italie. Durant la saison 1990/91, La casa al mare (La maison au bord de mer), comédie écrite par Cerami et interprétée par Luca De Filippo a été présentée, reprise par la suite durant la saison théâtrale 1997/98 avec Massimo Wertmüller, Angelo Orlando, Tosca d’Aquino et la mise en scène de Attilio Corsini. Pendant la saison 1992/93, le récit musical Il signor Novecento a été présenté, avec des textes de Cerami et des musiques de Nicola Piovani, interprété par Lello Arena, Norma Martelli et les chanteuses Francesca Breschi et Donatella Pandimiglio. Piovani en personne a dirigé les solistes de l’Orchestra Aracoeli. Il a écrit pour Maurizio Scaparro la comédie Teatro Excelsior, qui a été présenté au théâtre Eliseo de Rome en novembre 1993, le protagoniste étant Massimo Ranieri. A la fin de cette même année, Cerami a débuté au théâtre dei Satiri de Rome avec un récit musical à lui, Canti di scena, où il est également récitant avec Norma Martelli. Les musiques sont de Nicola Piovani. En 1981, une première édition embryonnaire de Canti di scena avait été présentée au festival de Eraclion en Grèce avec des éléments de l’orchestre national d’Athènes, avec un résultat enthousiasmant. Pendant la saison 1994/95, alors que Canti di scena fait le tour des théâtres italiens (et continuera sa programmation, avec des changements continuels, jusqu’en 2000), une comédie intitulée Borderò (Bordereau) débute au théâtre «La Cometa» de Rome, avec les musiques de Nicola Piovani et l’interprétation de Lello Arena e Nicola Di Pinto. En avril 1998, le spectacle Romanzo musicale, dont Cerami est l’interprète avec Ninetto Davoli et Norma Martelli, débute au théâtre Mancinelli d’Orvieto. Les musiques sont de Nicola Piovani et les chansons sont interprétées par Pino Ingrosso, Donatella Pandimiglio et Simona Patitucci. En novembre 1998, toujours pour le théâtre d’Orvieto, Cerami et Piovani ont écrit l’opéra théâtral La Pietà, un «Stabat Mater» concertant pour deux voix féminines (Rita Cammarano et Amii Stewart), une voix récitante (Gigi Proietti) et vingt-deux éléments de l’orchestra Aracoeli dirigés par Nicola Piovani lui même. L’opéra a été également présenté avec beaucoup de succès à Betheléem le Vendredi Saint 1999 (à cette occasion, Cerami est devenu citoyen d’honneur de la ville de Betheléem). En mars 2002, dans la salle Magna de l’Université «La Sapienza», l’Istituzione Universitaria dei Concerti a introduit La Pietà dans son programme. Durant l’année 1998, Cerami lit l’Ecclesiaste, dans la version de Guido Ceronetti, dans les synagogues et les églises de la Lombardie et de l’Emilie-Romagne pour le «Teatro Stabile di Parma» sous la direction du metteur en scène Franco Però. En mars 2000, le spectacle Ring, toujours mis en scène par Franco Però, débute au «Teatro Stabile di Parma». En mai de cette même année, deux autres opéras théâtraux de Cerami ont été portés à la scène: Socrate, une tragédie dirigée et interprétée par Gigi Proietti, écrite pour le Piccolo Teatro de Milan, et Francesco, il musical, spectacle musical sur la vie de Saint-François, en scène au Lyrick Theatre d’Assises. La Compagnia della luna et le Teatro Mancinelli d’Orvieto ont produit en 2001 Concerto fotogramma, musique de Nicola Piovani, vers de Vincenzo Cerami. Ce spectacle a été présenté en janvier 2003 au Théâtre National de Chaillot à Paris où il a obtenu un succès extraordinaire. Dans le cadre du Festival de la Littérature de Mantoue, Cerami a présenté en septembre 2002 pendant cinq soirées, un spectacle intitulé Lettere al metronomo (Lettres au métronome), correspondance en vers lu par l’auteur lui-même. Sur scène, la voix chantante de Aisha Cerami et au clavier, Aidan Zammit. Les musiques ont été écrites par Nicola Piovani. Ce spectacle sera repris en 2004 au théâtre Ambra Jovinelli de Rome, avec des nouvelles lettres. Cerami a commencé à écrire comme journaliste depuis le milieu des années quatre-vingts. Ses articles et ses récits sont sortis sur «Il Messaggero», «Il Giornale» de Montanelli, «l’Unità», «la Repubblica», «La Stampa» et «Il Secolo XIX». Durant les années universitaires 1996/97 et 1997/98, Vincenzo Cerami a réalisé un cycle de leçons intitulé Introduzione allo scrivere (letteratura, cinema, teatro, radio) (Introduction à l’écriture (littérature, cinéma, théatre, radio)) comme cours complémentaire à Filologia Romanza, dans le cadre de la faculté de Lettre et de Philosophie de l’Université «La Sapienza» de Rome. Durant l’année universitaire 2000/2001, il s’est vu confié un cours hebdomadaire d’écriture créative auprès du Centre interdisciplinaire sur la communication sociale, à la Pontificia Università Gregoriana. En avril 2001, Cerami a participé à Tokyo à une rencontre d’écrivains italiens avec le milieu littéraire japonais et avec les étudiants des universités, organisé par le Prix Grinzane Cavour et par l’Institut Italien de la Culture de Tokyo. Durant l’année universitaire 2001/2002, Cerami a obtenu un contrat pour l’enseignement de Teoria e tecniche della scrittura creativa (Théorie et techniques de l’écriture créative), rattaché au cours d’Etude des Lettres à la Faculté de Sciences Humanistes de l’Université «La Sapienza» de Rome. Ce même cours s’est également tenu en 2002/2003 et 2003/2004 en enregistrant une adhésion toujours plus grande de la part des étudiants provenant d’autres facultés. Comme professeur, Cerami a participé à un séminaire intitulé «La boutique de l’écriture», qui s’est tenu du 15 au 18 avril 2002 et organisé par la Faculté de Philosophie et Lettres de l’Université Catholique de Louvain. Le 9 octobre 2002, Cerami a tenu une conférence à l’Institut italien de la Culture à Paris, intitulée Raccontare con tutti i linguaggi (Raconter avec tous les langages).

En haut



Nicoletta Braschi

Nicoletta Braschi ( prononcer braski ) est une actrice et productrice italienne, née le 10 août 1960 à Césène, dans la province de Forlì-Césène en Émilie-Romagne, Italie. Elle est l'épouse de l'acteur et réalisateur italien Roberto Benigni depuis le 26 décembre 1991.

Nicoletta Braschi est élève de l'Académie d'Art Dramatique de Rome avant de débuter au cinéma dans Tu mi turbi de Roberto Benigni. Elle deviendra son épouse huit ans plus tard. Puis elle est à l'affiche de Down by Law de Jim Jarmush en 1986. Celui-ci fait de nouveau appel à elle en 1989 pour incarner une jeune italienne perdue à Memphis dans Mystery Train. Elle tourne ensuite dans la plupart des films de son mari : Le Petit Diable, Johnny Stecchino, Le Monstre, La vie est belle. Puis elle incarne une comptable d'une entreprise en restructuration, victime d'une forme de harcèlement moral dans J'aime travailler de Francesca Comencini en 2004.

En haut



Source : Wikipedia