Ramallah

3.4772727272721 (748)
Posté par talos 24/02/2009 @ 17:36

Tags : ramallah, autorité palestinienne, asie, international

Dernières actualités
Mitchell réaffirme qu'un Etat palestinien est la seule solution - L'Express
RAMALLAH, Cisjordanie - Le représentant spécial de Barack Obama pour le Proche-Orient, George Mitchell, a réaffirmé à Ramallah l'engagement des Etats-Unis en faveur d'un Etat pour les Palestiniens, seule solution, à ses yeux, à leur conflit avec Israël...
Les services sécuritaires d'Abbas enlèvent 17 partisans du Hamas à ... - ISM
Les soldats du présidant sortant, Mahmoud Abbas, ont exécuté le mercredi soir 10/6, une irruption sauvage dans la faculté des instituteurs, alliée à l'agence internationale de secours, en enlevant 17 partisans du bloc islamique, à Ramallah....
Le discours de Barack Obama salué à Ramallah - L'Express
RAMALLAH, Cisjordanie - Le discours prononcé par Barack Obama à l'université du Caire est un "bon début" sur la voie de la réforme de la politique américaine au Proche-Orient, a jugé Nabil Abou Rdainah, proche conseiller du président de l'Autorité...
Solana exhorte Netanyahu à accepter un Etat palestinien - AFP
M. Solana devait s'entretenir avec M. Netanyahu jeudi avant de se rendre à Ramallah pour rencontrer le président palestinien Mahmoud Abbas. En novembre 2007, le Premier ministre israélien d'alors Ehud Olmert et M. Abbas avaient relancé aux Etats-Unis...
Bulletin juin 2009 - Palestine Solidarité
'Abeer Daghara, âgée de 30 ans, du district de Ramallah, mère de deux enfants, a été arrêtée le 11 mars 2009 et détenue au Centre de Détention du Russian Compound (Jérusalem). Après 27 jours, elle a été transférée à la Prison de Hasharon....
Bertrand Delanoë en déplacement dans les Territoires Palestiniens - Ville de Paris
Le maire sera ensuite l'invité d'honneur d'une réception au Consulat Général de France en présence d'une trentaine de représentants de la société civile de Jérusalem-Est. Le maire se rendra le 14 juin à Ramallah où il rencontrera Salam Fayyad,...
Les réalisateurs palestiniens tentent de séduire les investisseurs - La Croix
Dans une salle du centre culturel français de Ramallah, devant les représentants de 14 chaînes de télévision occidentales, Nahed Awwad, commence le "pitch" de son projet de documentaire. La présentation, courte et précise, doit accrocher l'attention de...
L'autorité de Ramallah poursuit son offensive contre la résistance ... - Info-Palestine
Une nouvelle confrontation ce jeudi entre l'Autorité palestinienne de Ramallah (AP) et des militants armés du mouvement Hamas s'est soldé par trois morts dans la ville de Qalqiliya en Cisjordanie. Les responsables des milices de l'AP ont dit être...
Cisjordanie : l'autorité de Ramallah fait le travail d'Israël - Info-Palestine
La police de l'autorité de Ramallah avait lancé une incursion à l'aube dans une maison de la ville de Qalqilya (au nord de la Cisjordanie) afin de capturer des résistants appartenant au mouvement Hamas, déclenchant ainsi une fusillade dans les rues....
À Ramallah, elle défend son frère et se bat pour la paix - Ouest-France
Jamela Zead, avocate palestienne, concourait avec trois autres consoeurs de Ramallah et de Jérusalem-Est. : Ouest-France L'université d'Al Quds, à Jérusalem-est, a organisé son premier concours de plaidoiries sous l'égide du Mémorial de Caen,...

Ramallah

centre ville de Ramallah

Ramallah رام الله est une ville située dans la zone de collines du centre de la Palestine, à environ 15 km au nord de Jérusalem. L'altitude moyenne de la ville est de 900 m.

La population, initialement composée principalement de Chrétiens, comprend depuis 1948 de nombreux réfugiés musulmans issus de toute la Palestine. La ville comprend environ 40 000 habitants, 220 000 en comptant ceux de l'agglomération formée par Ramallah et les 88 villes et villages qui l'entourent.

Yasser Arafat a été inhumé dans un terrain dépendant de la Mouqata'a, quartier général de l'Autorité palestinienne, situé dans la ville.

Un concert hautement symbolique a eu lieu en août 2005, à Ramallah : celui de l'Orchestre Divan occidental-oriental, dirigé par Daniel Barenboïm et cofondé par Edward Saïd (décédé en 2003), qui rassemble de jeunes musiciens israéliens, arabes et basques.

En haut



Hospitalisation et décès de Yasser Arafat

Sa tombe à Ramallah

Yasser Arafat (ياسر عرفات), né le 24 août 1929 et décédé le 11 novembre 2004 à Clamart, en France, était un homme politique palestinien, président de l'Autorité palestinienne de 1994 à sa mort.

Le 23 octobre 2004 et avec l'accord d'Israël, une équipe de médecins tunisiens se rend dans la soirée à Ramallah en Cisjordanie pour examiner Yasser Arafat. Son conseiller Nabil Abou Roudeina affirme que Yasser Arafat est « OK ». Le lendemain, un proche de Yasser Arafat déclare que les médecins tunisiens ont diagnostiqué une très forte grippe. Le 25 octobre, Arafat est autorisé par Israël à quitter Ramallah où il est confiné depuis fin 2001. Le Mercredi 27 octobre la radio israélienne publique indique Yasser Arafat a perdu connaissance . Les autorités israéliennes font savoir qu’elles autorisaient le président de l’OLP à "se rendre où il veut pour des traitements médicaux, y compris à l’étranger". Tout en précisant qu’elles ne garantissaient "pas son retour" .Le 29 octobre 2004, gravement malade, Yasser Arafat quitte Ramallah pour rejoindre la Jordanie, d’où il se rend en France, à bord d’un avion médicalisé, où il est hospitalisé dans l’hôpital d’instruction des armées Percy à Clamart suite à une demande de l'Autorité palestienne. Son évacuation de son QG de Ramallah a fait l'objet de plusieurs semaines de négociations conduites par son épouse Souha Arafat .

Le 4 novembre 2004, des communiqués de presse annoncent qu’il est tombé à plusieurs reprises dans le coma, malgré ses soins intensif , dans l’unité de soins intensifs où il était entré la veille. La deuxième chaîne de télévision israélienne ainsi que la radio militaire israélienne avaient tout d’abord annoncé que Yasser Arafat était mort citant des sources françaises . La correspondante de la radio militaire a précisé qu’elle avait obtenu « confirmation de la mort de Yasser Arafat de source française mais que l’annonce officielle du décès du président de l’Autorité palestinienne devrait être faite par les Palestiniens eux-mêmes » . Des sources françaises et palestinnes démentent le décès . Le docteur Christian Estripeau, porte-parole du service de santé des armées , déclare « M. Arafat n’est pas décédé ». Le Premier ministre palestinien à l'époque Ahmed Qoreï, démentent la mort clinique du raïs et Azzam Al-Ahmad, ministre palestinien des communications à l'époque, déclare pour sa part « C’est faux, si le président était mort, tout le monde le saurait, mais il est vrai qu’il est dans un état très critique » . Des officiels américains déclarent qu’Arafat était maintenu en vie par assistance technique jusqu’à ce que sa famille et les autorités françaises, israéliennes et égyptiennes se mettent d’accord sur un lieu de sépulture.

Le 9 novembre une confusion s'installe autour de l'état de santé de Arafat. Le service de santé des armées françaises a d’abord indiqué à l’AFP n’avoir « pas d’informations supplémentaires ». Quelques heures plus tard le médecin général Christian Estripeau déclarait que l’état de santé d’Arafat s’était « aggravé dans la nuit » et son coma devenu « plus profond » . Puis, l’agence Reuters annonce le même jour : « Il est mort » et à Ramallah, le ministre palestinien chargé des négociations, Saëb Erakat, affirme à l’AFP que Yasser Arafat était « dans un état critique mais encore vivant ». Un ministre palestinien, à Ramallah, déclare à son tour à l’AFP qu’Arafat était mort le jour même : « la question est de savoir comment et quand nous allons l’annoncer. Mais il est mort, c’est sûr » ce que dément catégoriquement la déléguée générale de Palestine en France à l'époque, Leïla Shahid en déclarant : « Son état est mauvais, mais il est toujours en vie » .

Le président de la République française Jacques Chirac se rend à son chevet et lui exprime « tous ses vœux » de rétablissement.

Il décède officiellement à Clamart le 11 novembre 2004, à 3 h 30, heure de Paris, dans la seconde partie du mois de Ramadan. L'annonce est faite par le médecin-général Christian Estripeau, chargé de la communication au service de santé des armées . Mahmoud Abbas est nommé chef de l’Organisation de Libération de la Palestine, Farouk Kaddoumi est élu chef du Fatah, et Ahmed Qoreï maintenu dans ses fonctions de chef du gouvernement. Après un hommage officiel à l’aérodrome militaire de Villacoublay en présence du Premier ministre français Jean-Pierre Raffarin et une cérémonie officielle au Caire, en présence de nombreux représentants politiques étrangers. Le 12 novembre, les funérailles de Yasser Arafat commencent à 8 h 50 au club militaire Al-Galaa, à Héliopolis, près de l'aéroport international du Caire, en présence de dirigeants arabes et étrangers, mais en l'absence du public. Yasser Arafat est inhumé le 12 novembre, dans la Mouqata’a, son dernier quartier général de Ramallah en Cisjordanie dans lequel il a vécu confiné durant trois ans, le gouvernement israélien ayant refusé qu’il soit enterré à Jérusalem. Yasser Arafat avait à plusieurs reprises exprimé le souhait d’y être inhumé. Des pressions sont excercés sur le gouvernemnt israélien pendant ses derniers jours pour qu’Arafat puisse y être. La journaliste Stéphanie Le Bars explique dans le quotidien Le Monde que « Politiquement, la présence de la tombe de M. Arafat sur ce site, âprement disputé depuis des décennies, équivaudrait à reconnaître une souveraineté palestinienne sur le lieu saint » « Les Israéliens craignent, en outre, que le tombeau ne devienne un lieu de pèlerinage et de rassemblements. Ils redoutent également le déferlement de centaines de milliers de Palestiniens en plein coeur de Jérusalem pour l’enterrement » . Une foule de près de 100 000 personnes est présente pour accueillir sa dépouille à son retour d’Égypte. L'Autorité palestinienne a décrété un deuil de quarante jours dans l'ensemble des territoires palestiniens. Les commerces ont été fermés pour trois jours et les administrations pour sept jours. Pendant les quarante jours qui ont suivi son décès les drapeaux sont en berne et toutes les manifestations de joie sont annulées . Dans la crainte de débordements, l'armée israélienne a entièrement bouclé la Bande de Gaza et la Cisjordanie.

Une nouvelle affaire éclate après la mort d’Arafat. Les certificats de décès attestent qu’il est né à Jérusalem. Israël envoie des documents à la municipalité de Clamart et à Dominique de Villepin, ministre de l’Intérieur à l’époque, attestant qu’Arafat est né au Caire. Israël demande également à la France de lui fournir des documents attestant qu’Arafat est né à Jérusalem. Des fonctionnaires à la municipalité de Clamart affirment que les documents fournis par sa famille, et émanant du ministère des affaires étrangères de la France après la naissance de sa fille Zahwa, témoignent qu’Arafat est né à Jérusalem..

Jacques Chirac est le premier chef d'État à réagir. Il déclare « Âgé de 75 ans, Abou Amar, de son nom de guerre, a pendant un demi-siècle incarné la Palestine, donnant une crédibilité internationale à l’espoir d’un État palestinien, mais sans jamais parvenir à concrétiser cette ambition ni accomplir son rêve de prier à Jérusalem » . Le Pape Jean-Paul II, qui a rencontré huit fois le leader palestinien a prié pour que « Dieu dans sa miséricorde accueille l’âme de l’illustre défunt et concède la paix à la Terre Sainte, avec deux États indépendants et souverains, pleinement réconciliés entre eux », selon le porte-parole du Vatican. Le secrétaire général de l’ONU Kofi Annan, « profondément ému », a exhorté à une relance des efforts de paix israélo-palestiniens. Pour la Ligue arabe, c’est également une « grande perte »., à l’instar de ce que ressent le continent africain. Au Salvador, un parc au centre ville de la capitale a été rebaptisé à son nom pour lui rendre hommage. Aux États-Unis, les réactions sont partagées. Si le Christian Science Monitor, le Los Angeles Times ou le Washington Post voient en Arafat un leader palestinien, d’autres journaux conservateurs décrivent Arafat comme « un mafioso corrompu et brutal » . Le président américain, George W. Bush, qui a présenté Arafat comme un obstacle à la paix, déclare "Nous espérons que l'avenir apportera la paix et la réalisation des aspirations à une Palestine indépendante et démocratique, en paix avec ses voisins" .

Coté israélien deux types de discours ont été prononcés. Tandis que Shimon Pérès, qui avait participé aux accords d’Oslo avec Arafat, a employé un discours assez compatissant avec le peuple palestinien et qui insiste sur l'image du père : « les Palestiniens voient dans Arafat le père de leur nation. Comme un père, il a fait beaucoup pour ses enfants, mais il les a aussi protégés de façon excessive. Ses efforts incessants ont porté la cause palestinienne au premier rang des préoccupations mondiales (...). La mort d’un père crée toujours une profonde douleur, mais c’est aussi l’occasion pour les Palestiniens de se comporter comme un adulte en pleine maturité ». Ariel Sharon, Premier ministre israélien de l'époque, déclare que « Les récents évènements pourraient constituer un tournant historique au Proche-Orient. Israël est un pays qui cherche la paix et qui poursuivra ses efforts pour aboutir à un accord de paix avec les Palestiniens sans retard » . Le ministre de la Justice Yossef Lapid et l'ancien Premier ministre ont insisté sur l’image du terroriste. Yossef déclare « Je l’ai haï pour la mort d’Israéliens. Je l’ai haï pour n’avoir pas laissé le processus de paix (...) aller de l’avant. C’est l’une des tragédies du monde qu’il n’ait pas compris que le terrorisme qui a commencé ici s’est répandu au monde entier » et Barak « le règne d’Arafat était une tragédie pour son peuple et pour nous. Son but n’était pas de parvenir à la paix, mais d’entretenir le terrorisme et la violence. Il était et demeurera un dirigeant terroriste et corrompu » .

La question de la succession de Yasser Arafat était l'un des thème récurrent durant les deux semaines de son hospitalisation. Le quotidien israélien Maariv annonçait que Yasser Arafat avait rédigé un testament dans lequel il désignait comme successeur Farouk Kaddoumi, chef du département politique (affaires étrangères) de l’OLP de l’époque . Les médias français voient en Marouane Barghouti, secrétaire général du Fatah en Cisjordanie et emprisonné en Israël, comme un successeur potentiel à la tête de l’Autorité palestinienne. Des noms comme Mohammed Dahlan et de Mahmoud Abbas circulent également. L’élection présidentielle palestinienne de 2005 se déroule le 9 janvier suivant la mort d’Arafat et désigne Mahmoud Abbas comme nouveau Président de l’Autorité palestinienne. Comme stipulé dans la Constitution palestinienne, le président du Parlement Rawhi Fattuh assure l'intérim.

La mort d'Arafat provoque un changement important dans l'équilibre des forces entre le Fatah et le Hamas . Ce dernier remporte les élection municipales de 2005 organisé par Mahmoud Abbas puis les élections législatives de 2006.

De nombreuses rumeurs circulent sur la cause du décès de Yasser Arafat. Certains de ses partisans accusent les autorités israéliennes d’avoir provoqué la mort de leur leader par empoisonnement prétextant que le poison est l'arme favorite du Mossad , ce que nie Israël. D’autres rumeurs disent qu’Arafat est atteint du VIH et ses détracteurs lui reprochent d’être un homosexuel. D'autres affirment qu'Arafat a été la victime de son propre camp désireux de tourner rapidement une nouvelle page de l'histoire palestinienne . Souha Arafat accuse Mahmoud Abbas et Ahmed Qoreï de vouloir l'« enterrer vivant » pour hériter de son pouvoir, dans une déclaration à Al-Jazira.

Selon son neveu, Nasser Al-Qidwa qui a reçu le dossier médical composé de 558 pages du document (plus des radiographies), l’hypothèse d’un empoisonnement n’est pas exclue bien qu’« aucun poison connu » n’ait été décelé. Le médecin jordanien Ashraf Al-Kourdi, médecin des différents rois jordaniens et qui suivait également le président palestinien, avait examiné Arafat durant la phase critique de sa maladie, avant son transfert en France et il a déclaré avoir perçu des indices d’empoisonnement peu après le décès de Arafat Certaines sources affirment que Souha Arafat a saisi la justice pour qu’aucune information de son dossier médical ne soit transmise et aurait refusé une offre de 2 millions de dollars en échange de l’accès au dossier médical d’Arafat. L'autopsie pratiquée par les médecins militaires français ne révèle aucune trace de poison connue .

Un an après la mort d’Arafat, Ahmed Qoreï, le premier ministre à l’époque, a annoncé que les raisons de la mort de Yasser Arafat restaient toujours mystérieuses. Selon lui, aucune trace de virus, de germe, du VIH ou de bactérie n’a été trouvée. En effet, les médecins tunisiens qui ont examiné Arafat ont procédé à un test VIH qui s’est révélé négatif. Selon un expert israélien « Il est inconcevable qu’une maladie qui a duré deux semaines, avec de terribles diarrhées, des vomissements violents, de graves problèmes du système digestif, et qui a produit de sérieux phénomènes de coagulation ait été provoquée par le sida ».

D’autres experts, consultés par le quotidien israélien Ha'aretz, qui s’est également procuré le rapport médical, tiennent cependant un discours différent. Selon ce journal, les thèses de l’empoisonnement ou du sida sont à privilégier au vu du rapport. Mais, dans leur article, les journalistes Amos Harel et Avi Isacharoff, citant un expert israélien, qualifient de « très petite » la possibilité qu’Arafat ait contracté le sida. Ces experts israéliens concluent que l’hypothèse la plus vraisemblable est que Yasser Arafat aurait été empoisonné lors d’un dîner le 12 octobre 2004.

Le Canard enchaîné dans son édition du 17 novembre 2004 citant des médecins « ayant eu accès au patient Arafat et à son dossier » affirme que « les causes de son décès sont multiples ». Le journal affirme qu'Arafat était atteint d'une « cirrhose » du foie, bien qu'il ait été « un vrai buveur d'eau ». Dès son admission à l'hôpital militaire Percy de Clamart, écrit l'hebdomadaire, les médecins « suspectent de graves lésions hépatiques » susceptibles de perturber la formule sanguine, d'où son placement en hématologie. Si le diagnostic de leucémie est « vite écarté, poursuit le Canard enchaîné, le foie est effectivement en mauvais état ». « Pour un public non averti, cirrhose, ça veut dire alcoolo. Et dans le contexte, ça n'était pas possible », explique un médecin de Percy, cité par le journal. Le Canard enchaîné souligne encore que, selon les médecins, « les conditions de vie qui ont été faites ces trois dernières années n'ont pas arrangé les choses » et qu'il « n'a pu bénéficier de soins adaptés à son état ».

En haut



Mahmoud Darwich

Mahmoud Darwich

Mahmoud Darwich (en arabe : محمود درويش), né le 13 mars 1941 à Al-Birwah en Galilée (Palestine sous mandat britannique) et mort le 9 août 2008 à Houston (Texas, États-Unis), est une des figures de proue de la poésie palestinienne.

Profondément engagé dans la lutte de son peuple, il n'a pour autant jamais cessé d'espérer la paix et sa renommée dépasse largement les frontières de son pays. Il est le président de l'Union des écrivains palestiniens. Il a publié plus de vingt volumes de poésie, sept livres en prose et a été rédacteur de plusieurs publications, comme Al-jadid - (الجديد - Le nouveau), Al-fajr (الفجر - L'aube), Shu'un filistiniyya (شؤون فلسطينية - Affaires palestiniennes) et Al-Karmel (الكرمل) . Il est reconnu internationalement pour sa poésie qui se concentre sur sa nostalgie de la patrie perdue. Ses œuvres lui ont valu de multiples récompenses et il a été publié dans au moins vingt-deux langues.

Dans les années 1960, Darwich a rejoint le Parti Communiste d'Israël, la Rakah, mais il est plus connu pour son engagement au sein de l'Organisation de Libération de la Palestine (OLP). Élu membre du comité exécutif de l'OLP en 1987, il quitte l'organisation en 1993 pour protester contre les accords d'Oslo. Après plus de 30 ans de vie en exil, il peut rentrer sous conditions en Palestine, où il s'installe à Ramallah.

Mahmoud Darwich est né en 1941 à Al-Birwah, en Galilée, à 9 kilomètres à l'Est de Saint-Jean-d'Acre en Palestine sous mandat britannique, aujourd'hui Israël. Il est le deuxième enfant d'une famille musulmane sunnite de propriétaires terriens, avec quatre frères et trois sœurs. Après l'établissement d'Israël en 1948, le village fut rasé entièrement et la famille Darwich s'enfuit au Liban, où elle resta un an, avant de rentrer clandestinement en Israël où elle découvre que leur village a été remplacé par une colonie juive. La famille s'installe alors à Dair Al-Assad.

Darwish a commencé ses études primaires à Dair Al-Assad, tout en vivant sous la menace constante d'être découvert et exilé par les autorités israéliennes. Plus tard, il finit ses études secondaires à Kufur Yasif, deux kilomètres au Nord de Jdeideh. Enfin, il part pour Haïfa. Son premier recueil de poésie fut publié quand il avait dix-neuf ans (Asafir bila ajniha, Oiseaux sans ailes, 1960). En 1964, il sera reconnu nationalement et même internationalement comme une voix de la résistance palestinienne grâce à Awraq Al-zaytun (Feuilles d'olives). Ce recueil deviendra très populaire notamment avec le poème Carte d'Identité.

À la fin de ses études, Mahmoud Darwich commence à publier des poèmes et des articles dans des journaux et magazines comme Al-Itihad et Al-Jadid, pour lequel il deviendra plus tard rédacteur. En 1961, il rejoint secrètement le Parti Communiste d'Israël, le Maki, et commence à travailler comme rédacteur adjoint de Al-fajr.

Il sera plusieurs fois arrêté et emprisonné pour ses écrits et activités politiques entre 1961 et 1967. Pendant cette période, Darwich rêve de révolution et chante la patrie, la défense de l'identité niée des siens et la solidarité internationaliste. Le poème Identité (Inscris : Je suis arabe), le plus célèbre de son recueil Rameaux d'olivier publié en 1964, dépassent rapidement les frontières palestiniennes pour devenir un hymne chanté dans tout le monde arabe.

En 1970, il part pour Moscou étudier l'économie politique. En 1971, il est au Caire, où il travaille pour le quotidien Al-Ahram. À Beyrouth, en 1973, il dirige le mensuel Shu'un Filistiniyya (Les affaires palestiniennes) et travaille comme rédacteur en chef au Centre de Recherche Palestinien de l'OLP et rejoint l'organisation. En 1981, il crée et devient rédacteur en chef du journal littéraire Al-Karmel.

Assigné à résidence à Haïfa où il travaille comme journaliste, il s'exile au Liban de 1971 à 1982, rejoignant Beyrouth.

Pendant l'été 1982, Beyrouth est l'objet de bombardements du 13 juin au 12 août, l'armée israélienne cherchant à faire fuir l'OLP de la ville. Darwich relatera la résistance palestinienne au siège israélien dans Qasidat Bayrut (1982) et Madih al-xill al'ali (1983). Le poète repart en exil, au Caire, à Tunis puis à Paris. En 1987, il est élu au comité exécutif de l'OLP.

Membre du comité exécutif de l'OLP, président de l'Union des écrivains palestiniens, Mahmoud Darwich est le fondateur et le directeur de l'une des principales revues littéraires arabes, Al-Karmel, qui a cessé de paraître en 1993. La même année, après les accords d'Oslo, Mahmoud Darwish quitte l'OLP, protestant contre l'attitude conciliante de l'Organisation dans les négociations et préférant une paix mais une paix juste.

Il continue à être rédacteur en chef du magasine Al-Karmel, et vit à Paris avant de retourner en Palestine en 1995, ayant reçu un visa pour voir sa mère. Il eut ainsi la permission de retourner en Palestine pour les funérailles de son ami l'écrivain Emile Habibi et de visiter la ville où il a vécu mais pour quelques jours seulement. Il reçoit une autorisation de séjour des autorités israéliennes et s'installe dans une ville de Cisjordanie, Ramallah, ville où Yasser Arafat avait ses quartiers. La ville deviendra un champ de bataille en 2002.

Il est décédé le 9 août 2008 aux États-Unis dans un hôpital de Houston, où il avait subi une intervention chirurgicale et se trouvait dans un état critique suite à des complications liées à l'opération. Il avait déjà subi deux opérations du cœur en 1984 et 1998.

Après avoir reçu les honneurs à Amman en Jordanie où sa dépouille était arrivée des États-Unis, il a eu des obsèques nationales à Ramallah en présence de nombreux dignitaires palestiniens dont le président de l'autorité palestinienne Mahmoud Abbas. Il est enterré dans un lopin de terre près du palais de la Culture de Ramallah.

L'œuvre de Darwich, essentiellement poétique, est une véritable défense et illustration d'une terre, d'un peuple, d'une culture en même temps qu'une entreprise hardie de genèse littéraire. Elle est hantée d'un bout à l'autre par une seule idée, une seule référence, un seul corps : la Palestine. La solitude et le désarroi de l'exil exprimés côtoient l'acceptation noble et courageuse où le désespoir profond devient générateur de création, porteur d'une charge poétique intense.

L'œuvre en prose de Darwich comprend un récit, Une mémoire pour l'oubli, qui restitue un jour de la vie d'un homme, le poète lui-même, pendant le siège de Beyrouth en 1982 par les troupes israéliennes.

Beaucoup des poèmes de Mahmoud Darwich ont été interprétés par des chanteurs tels que Marcel Khalifé, Magida El Roumi, et Ahmed Qa'abour. En 1984, Marcel Khalifé compose et dirige Ahmad al Arabi, un opéra poétique écrit par Mahmoud Darwich. Les chanteurs sont Marcel Khalifé et Oumayma el-Khalil, les chœurs sont assurés par l'ensemble al-Mayadine. Un disque a été enregistré au Pass Studios, à Beyrouth (Liban) et est disponible dans tous les magasins en France. Le livret traduit de l’arabe (Palestine) par Etel Adnan peut-être consulté ici. En 1996, 1999 et 2003, le célèbre musicien Marcel Khalifé a été trainé en justice pour blasphème et insulte aux valeurs religieuses, à cause d'une chanson intitulée Je suis Joseph, oh père, qui a été écrit par Darwish et citait un verset du Coran. Dans ce poème, Darwich partageait la peine de Joseph, rejeté voir haï par ses frères car trop honnête et bon. "Oh mon père, Je suis Joseph, et mes frères ni ne m'aiment ni ne me veulent parmi les leurs." Mais certains chefs religieux prennent sa défense comme Youssef al Qaradawi ce qui calma les tensions. Les frères Joubran Le Trio Joubran ont accompagné à plusieurs reprises au son du Oud des récitals de Mahmoud Darwish, dont le tout dernier à Arles en juillet 2008. En 2002, la chanteuse comédienne Dominique Devals et la Mini Compagnie Laccarrière ont mis en musique "Onze astres sur l'épilogue andalou" (suite de onze poèmes évoquant le départ des Arabes de l'Andalousie), traduits en français par Elias Sanbar aux éditions Actes Sud. La musique est signée par Philippe Laccarrière, contrebassiste de Jazz, et l'oeuvre a été enregistrée en 2006 sur CD. Les mêmes ont également mis en musique, cette fois pour un big band de Jazz "le dernier discours de l'homme rouge", poème en hommage aux Indiens d'Amérique, interprété pour la première fois en présence de Mahmoud Darwich en novembre 2006 à l'Unesco.

En haut



Mouqata'a

La Mouquata'a

La Mouqata'a désigne, depuis les Accords d'Oslo de 1993, les bureaux gouvernementaux de l'Autorité palestinienne et le quartier général de l'administration locale palestinienne. Le terme vient de l'arabe et est plus généralement utilisé pour désigner un quartier-général gouvernemental. Principalement deux "Mouqata'as" ont été utilisées par le pouvoir palestinien, à Ramallah en Cisjordanie et dans la ville de Gaza. Ces bâtiments furent construits à l'époque du mandat britannique sur la Palestine et étaient utilisés par le pouvoir colonial.

À partir de janvier 1996, Yasser Arafat, nouvellement élu Président de l'Autorité palestinienne, occupa un bureau à la Mouqata'a. Durant l'Opération Rempart en avril 2002, Tsahal détruisit la plupart des Mouqata'a de Cisjordanie, notamment celle de Hébron. La Mouqata'a de Ramallah ne fut que partiellement détruite, au bulldozer, avant d'établir un siège du quartier-général occupé par Arafat. Le gouvernement israélien accusait Arafat d'etre impliqué dans les actions terroristes de la seconde Intifada et dans un trafic d'armes illégales. Il fut assiégé et maintenu à la Mouqata'a de Ramallah pendant deux ans avant son départ vers un hôpital de la région parisienne en octobre 2004.

À la mort de l'ancien président palestinien en France le 11 novembre 2004, le lieu de son enterrement fut discuté. Le gouvernement israélien d'Ariel Sharon refusa que cela se fasse à Jérusalem. Les dirigeants palestiniens firent donc le choix de l'enterrer à la Mouqata'a de Ramallah, en attendant l'établissement d'un État palestinien. Il y a à présent des projets de construction de mausolée sur le site.

En haut



Yasser Arafat

Yitzhak Rabin, Bill Clinton et Yasser Arafat durant les accords d’Oslo le 13 septembre 1993

Yasser Arafat (ياسر عرفات), né le 24 août 1929 dans la ville du Caire et décédé le 11 novembre 2004 à Clamart en France, de son vrai nom Mohamed Abdel Raouf Arafat al-Qudwa al-Husseini (محمد عبد الرؤوف القدوة الحسيني) et connu aussi sous son kounya Abou Ammar (ابو عمّار), a été un activiste puis homme d’État palestinien.

Dirigeant du Fatah puis également de l’Organisation de libération de la Palestine, longtemps considéré comme un terroriste notamment par Israël en raison de son implication dans de nombreuses opérations qui ont coûté la vie à des civils et à des militaires israéliens, Yasser Arafat est resté pendant plusieurs décennies une figure controversée de l’expression par la violence des aspirations nationales palestiniennes avant d’apparaître pour Israël comme un partenaire de discussions dans le cadre du processus de paix israélo-palestinien dans les années 1990.

Yasser Arafat représente alors le peuple palestinien dans les différentes négociations de paix et signe les accords d’Oslo en 1993. Il devient le premier président de la nouvelle Autorité palestinienne et reçoit le prix Nobel de la Paix 1994 en compagnie de Shimon Peres et Yitzhak Rabin.

À partir de 2001, après l’échec du sommet de Taba et le déclenchement de la Seconde Intifada, il perd progressivement de son crédit auprès d’une partie de son peuple qui lui reproche la corruption de son autorité. Il se retrouve isolé sur la scène internationale tandis que les Israéliens élisent Ariel Sharon au poste de Premier ministre de l’État d’Israël, amenant un durcissement de la position israélienne vis-à-vis du dirigeant palestinien contraint à ne plus quitter Ramallah. Cet isolement n’est rompu qu’à la veille de sa mort, quand il est emmené d’urgence à Clamart en région parisienne où il décède en 2004.

Son nom officiel est Mohammed Abdel Rahman Abdel Raouf Arafat al-Qudua al-Husseini. Son biographe palestinien, Saïd K. Aburish, précise que « Mohammed Abdel Rahman était son prénom ; Abdel Raouf, le nom de son père ; Arafat, son grand-père ; al-Qudua est le nom de sa famille et al-Husseini est le nom du clan dont font partie les al-Qudua ».

Arafat se revendiquait comme le neveu du célèbre grand mufti de Jérusalem Hadj Amin al-Husseini.

Yasser Arafat est né au Caire en Égypte, le 4 août 1929. Un biographe de Yasser Arafat, Alan Hart, rapporte que des documents découverts à l’université du Caire ont permis de conclure qu’il était bien né dans la capitale égyptienne. Sixième d’une famille de sept enfants, son père est un commerçant originaire de Gaza et sa mère est originaire de Jérusalem.

Cependant, lui-même déclarait être né à Jérusalem le 4 août 1929. Sa mère aurait ainsi quitté le Caire durant sa grossesse suite à une dispute avec son époux, pour se rendre chez ses parents dans la ville sainte où elle aurait donné naissance à Yasser. Arafat aurait insisté sur le fait qu’il était né à Jérusalem pour préserver son existence mythique et ainsi accroître sa crédibilité en tant que dirigeant palestinien.

Enregistré par son père comme né au Caire, il bénéficie de l’enseignement gratuit, il y passe la plus grande partie de son enfance et de son adolescence avec ses six frères et sœurs. Après le décès de sa mère, alors qu’il a cinq ans, il passe avec son frère, Fathi Arafat — qui devient plus tard le président du Croissant-Rouge palestinien —, quatre ans à Jérusalem chez un de ses oncles maternels, Salim Abou Saoud, avant que son père, lorsqu’il se marie pour la deuxième fois, le fasse rentrer au Caire où sa sœur aînée s’occupe de lui.

Au Caire, Arafat fréquente les Macchabées, des clubs sportifs juifs pour « étudier leur mentalité ». Il se met également à lire les textes de penseurs sionistes comme Theodor Herzl et Vladimir Jabotinsky. « Il faut que je comprenne mon ennemi », déclare-t-il.

Arafat est secrètement entraîné avec d’autres jeunes aux opérations de commando par un officier allemand. Il dénonce également à la police égyptienne les membres de certains mouvements sionistes qui opéraient au Caire comme, par exemple, un groupe de jeunes filles juives de son voisinage, membres de la Jeunesse sioniste, qui effectuaient des transmissions radio pour encourager les juifs égyptiens à rejoindre le mouvement sioniste en Palestine.

Sa sœur raconte aussi qu’Arafat « participait à toutes les manifestations. J’ai souvent dû courir derrière lui et le ramener à la maison ». Sa sœur lui supprime son argent de poche pour le contraindre à lui obéir mais cela n’empêche pas Arafat de poursuivre ses activités.

À 17 ans, il participe au transport vers la Palestine d’armes devant être employées contre les Britanniques et les Juifs. À 18 ans, il abandonne ses études à l’université pour participer aux combats en Palestine où il sert, selon certains, comme secrétaire d’Abdel Kader al-Husseini, le leader militaire arabe palestinien. Lors de la défaite, il se sent trahi car les armées arabes désarment les étudiants palestiniens venus pour combattre. Yasser, qui se réfugie à Gaza, comprend que les Palestiniens ne peuvent compter sur personne et qu’ils doivent être indépendants des gouvernements arabes.

Il envisage de partir s’installer aux États-Unis pour suivre une formation en ingénierie du pétrole à l’université du Texas, mais le visa lui est refusé. Il entre alors en 1949 à l’école d’ingénieurs de l’Université Roi Fouad Ier du Caire, où il obtient un diplôme d’ingénieur civil.

Au cours de ses études universitaires, il fait la connaissance de Khaled Moheidine, professeur d’art militaire chargé de la formation des officiers de réserve. On rapporte que Yasser ne manque pas une seule fois son cours et obtient ainsi le certificat d’officier de réserve. Cette formation lui permet de côtoyer des fonctionnaires du gouvernement égyptien, mais le temps qu’il y consacre fait qu’il n’obtient son diplôme d’ingénieur qu’un peu tard par rapport à ses camarades.

Il se rapproche, sans toutefois en devenir membre, de la confrérie des Frères musulmans, qui militent en faveur de la cause palestinienne. Il participe avec eux à des opérations contre les Britanniques. De 1952 à 1956, il devient président de l’Union des étudiants palestiniens. Il édite le magazine La Voix de la Palestine.

Le père d’Arafat meurt en 1952, mais Yasser n’assiste pas à ses funérailles : la sévérité de ce dernier avec ses enfants, ses mariages répétés et son expulsion à Gaza ont en effet contribué à l’éloigner de son fils.

Arafat, qui considère que la monarchie égyptienne est corrompue, s’éloigne bientôt des « Frères » pour se rapprocher des « officiers libres » égyptiens (Naguib, Nasser, Sadate) qui préparent en secret le renversement de celle-ci, et qui accèdent au pouvoir en juillet 1952. L’année suivante, Arafat présente à Mohammed Naguib, alors président, une pétition au nom des étudiants palestiniens rédigée en lettres de sang avec 3 mots en arabe signifiant : « N’oubliez pas la Palestine ».

En octobre 1955, Arafat est arrêté pendant quelques jours lors de la liquidation par le président Gamal Abdel Nasser de l’organisation des Frères musulmans qui s’opposent à son programme, considéré par eux comme étant « nationaliste athée ».

Durant la crise du canal de Suez, il sert dans l’armée égyptienne avec le grade de sous-lieutenant. Mais avec la défaite des armées arabes, il s’éloigne peu à peu des dirigeants arabes qu’il estime incapables de libérer la Palestine.

Au Caire, il rencontre également ceux qui fonderont le Fatah avec lui, et deviendront ses adjoints à la direction de l’OLP.

Après plusieurs arrestations pour ses activités politiques en Égypte — avec les Frères musulmans — Yasser Arafat s’installe dans l’émirat du Koweït où de nombreux Palestiniens travaillent et résident.

Le Koweït est à l’époque un protectorat britannique et les visas de travail sont délivrés par les ambassades anglaises au Caire, qui examinent avec soin les dossiers des demandeurs. Des compétences professionnelles solides sont exigées, et les activités politiques sont très mal vues. L’obtention du visa par Yasser Arafat malgré son profil reste difficile à expliquer. L’auteur palestinien Audeh Butus Audeh estime que les Britanniques lui ont néanmoins accordé un visa, parce qu’il était opposé à Nasser.

Arafat travaille comme ingénieur au département des travaux publics puis à la municipalité de Koweït City, avant de développer sa propre affaire. Les revenus générés par cette activité lui permettent en 1958 de financer la création du Fatah, son parti politique.

Yasser Arafat est le seul parmi les fondateurs du mouvement à ne pas avoir d’enfants, et contrairement aux autres fondateurs, il ne prend pas le nom de l’enfant aîné. Il adopte le nom de guerre de Abou Ammar, en hommage à Ammar Ben Yasser, un compagnon du prophète Mahomet et premier martyr de l’islam. Abou signifie père de en arabe.

Il crée le Mouvement de libération de la Palestine (Harakat Tahrir Filastin حركة تحرير فلسطين) avec Salah Khalaf, Khalil al-Wazir et Farouk Kaddoumi, rebaptisé rapidement Fatah (la conquête). Cette nouvelle organisation a pour premier but l’établissement d’un État palestinien de la Méditerranée au Jourdain, recouvrant notamment les territoires d’Israël. Elle met en avant l’idée que la libération de la Palestine est avant tout l’affaire des Palestiniens, et ne saurait être confiée aux régimes arabes ou rapportée à une problématique d’unité arabe. Cette doctrine est, à l’époque de Nasser et du panarabisme triomphant, quasiment hérétique. En 1959, Arafat fonde avec Salah Khalaf le journal Filistinuna (Notre Palestine) qui préconise la lutte armée contre Israël.

Arafat, qui cherche à donner une certaine légitimité à son organisation, contacte les gouvernements arabes. En 1965, il réussit à ouvrir un bureau à Alger.

En avril 1964, à Jérusalem-Est alors sous contrôle jordanien, le Conseil national palestinien se réunit à l’hôtel Intercontinental, situé en haut du mont des Oliviers et adopte la Charte de l’OLP qui définit les objectifs nationalistes palestiniens. Un mois plus tard, la Ligue arabe se réunit à l’instigation de Nasser pour créer l’Organisation de libération de la Palestine. Celle-ci a pour but de combattre l’État israélien. Sa branche politique est le Fatah. Quant à son bras militaire, l’Armée de libération de la Palestine, il est placé sous le commandement des différentes armées arabes.

Nasser s’inquiète en effet de la présence sur son sol de commandos palestiniens incontrôlés qui pourraient saboter l’armistice de 1957, en même temps qu’il doit montrer son soutien aux Palestiniens : d’où l’idée de créer une organisation qui sera sous son autorité.

La même année, Yasser Arafat rencontre le pape Paul VI : le Vatican ne reconnaissait pas encore l’État d’Israël à cette époque.

Le mois de décembre 1964 marque un tournant dans le parcours de l’organisation, lorsqu’un groupe du Fatah mène sa première opération militaire — la destruction d’une pompe à eau israélienne. Arafat envoie en personne un communiqué qui revendique l’opération au journal libanais An Nahar. Toutefois, cette attaque est un échec et le Fatah est condamné par la quasi-totalité des gouvernements arabes. Le Fatah poursuit toutefois ses opérations contre des cibles civiles avec notamment les attaques à l’explosif de juillet 1965 contre Beit Guvrin, et une voie ferrée près de Kfar Battir.

Jusqu’à la guerre des Six Jours, la branche armée du Fatah mène une « centaine de raids ». « Le début de lutte armée et plus particulièrement à Arafat, le soutien croissant de la diaspora palestinienne, lui permettant de prendre (…) les rennes de l’OLP ».

La guerre des Six Jours change la donne géopolitique au Proche-Orient et constitue le véritable point de départ de la carrière de Yasser Arafat.

L’Égypte, la Syrie et la Jordanie sont défaites par Israël qui conquiert Jérusalem-Est et la Cisjordanie (qui étaient passés depuis le mandat britannique sous l’autorité de la Transjordanie depuis 1948), ainsi que la bande de Gaza et le Sinaï alors égyptiens et le Golan syrien.

Les organisations palestiniennes se réorganisent. Deux jours après la fin des combats, un congrès du Fatah tenu à Damas décide, sous l’impulsion de Yasser Arafat, d’accentuer la lutte armée. L’attention d’Israël se détourne alors des gouvernements arabes pour se concentrer sur les diverses organisations palestiniennes, dont le Fatah.

Entre la guerre des six jours et le début de l’année 1968, le Fatah organise la lutte intérieure en Cisjordanie en établissant des cellules et en perpétrant sabotages et attentats. Arafat se rend successivement à Qabatiya, Naplouse puis Ramallah où il est à deux doigts de se faire arrêter par le Shin Beth. La répression israélienne est « implacable » et fait plus de 200 tués parmi les Palestiniens. Devant l’échec, Arafat et le Fatah décident alors de changer de tactique. Ils établissent leur quartier général à Karameh et lancent, depuis la Jordanie, des opérations pour lesquelles ils obtiennent le soutien de la Légion arabe. En réponse, Israël établit des systèmes de surveillance renforcés et mène des raids au-delà du Jourdain.

En mars 1968, en représailles à l’explosion d’un bus de ramassage scolaire sur une mine déposée par les fedayins, l’armée israélienne lance une opération d’envergure visant à détruire le camp palestinien de Karameh. 300 Palestiniens, auxquels Yasser Arafat a ordonné de « tenir tête à l’ennemi » et épaulés par une centaine de Jordaniens, font face pendant plusieurs heures à une incursion d’envergure menée par près de 6 500 hommes soutenus par l’aviation, les blindés et l’artillerie. Le camp est finalement rasé et les Israéliens se retirent. 128 soldats jordaniens, 97 combattants palestiniens et 29 soldats israéliens sont tués. Malgré le nombre élevé de morts côté arabe et la destruction du camp, la bataille est considérée comme une victoire par le Fatah car les Israéliens se sont finalement retirés après dix heures de combat. Arafat annonce la victoire à la radio et organise à Amman des funérailles officielles pour les fedayins qui ont été tués.

Cette nouvelle situation permet au Fatah de s’émanciper totalement de la tutelle des Moukhabarat, et de prendre la même année le contrôle de l’OLP, Organisation de Libération de la Palestine, organisme représentatif créé lors du sommet de la Ligue arabe quatre ans auparavant. Nasser reconnaît le Fatah et son chef, qu’il avait cherché à circonvenir par tous les moyens.

Le 17 juillet 1968, la charte de l’OLP est modifiée avec l’ajout de 7 nouveaux articles suite à la guerre de 1967 et devient la Charte nationale palestinienne, adoptée au Caire qui déclare le territoire de la Palestine mandataire comme indivisible et comme la patrie du peuple arabe palestinien. Cette charte est considérée par les Israéliens comme une véritable déclaration de guerre, car elle définit le but de l’organisation dans l’anéantissement de l’État d’Israël par la lutte armée en lui niant toute légitimité d’existence.

Grâce aux différentes distinctions données par Nasser à Arafat, ce dernier est promu à la tête du Fatah. Même ses détracteurs au sein de l’organisation le suivent, ce qui lui permet de disposer d’une base solide. Arafat prend également de l’importance sur la scène internationale : à l’occasion de la bataille de Karameh, la couverture de Time offre les premières images publiques de cet homme qui est présenté comme le chef de la guérilla palestinienne. Une délégation du Fatah est acceptée en France, qui devient ainsi le premier pays non arabe à accepter une représentation permanente du mouvement.

La direction de l’OLP est plus que jamais à sa portée. Le 4 février 1969, durant le Congrès national palestinien, il en est nommé président du comité exécutif, en remplacement de Yahya Hammouda.

Yasser Arafat, en faisant monter l’OLP en première ligne, amène la nature du combat des Palestiniens sur un terrain plus politique. Il modifie alors le cap de l’OLP, d’un mouvement panarabe, pour en faire un mouvement qui se consacre à la cause nationale palestinienne. La lutte armée contre Israël a été acceptée par les accords du Caire en 1969. À l’aube des années 1970, l’OLP qu’il préside recourt à la violence dans sa lutte contre Israël. Ses militants n’hésitent pas à détourner des avions, à prendre des otages, à commettre des actions armées contre des civils, opérations qu’Arafat dirige et planifie.

Suite à la guerre des six jours, des milliers de nouveaux réfugiés et des fedayins palestiniens se sont installés en Jordanie. Après Karameh, l’OLP déplace son quartier général de Damas à Amman. Suite au prestige croissant de l’OLP, les combattants palestiniens commencent à parcourir en arme les rues des villes jordaniennes ce qui provoque des heurts avec les forces jordaniennes. Petit à petit, le pays devient la base de la lutte armée palestinienne, les bases et les camps palestiniens deviennent un « État dans l’État ».

À la suite du détournement de trois avions par quatre Palestiniens du FPLP et de leur destruction sur le sol jordanien à Zarqa, ainsi que de la tentative d’assassinat raté à son encontre, le roi Hussein ordonne, le 17 septembre 1970, le massacre de dizaines de milliers de Palestiniens, qu’ils soient fedayins ou civils. La Syrie envoie deux cents tanks sur le sol jordanien pour aider les forces armées de l’OLP. Cet épisode dramatique est connu sous le nom de Septembre noir.

Le 27 septembre au Caire, Nasser obtient, vingt-quatre heures avant sa mort, la fin de la tuerie en imposant un accord entre le roi Hussein et Yasser Arafat. Après plusieurs tentatives infructueuses de négociations avec le roi Hussein, Munib Masri, le Palestinien le plus haut placé dans le cabinet de Wasfi Tal, réussit à emmener avec lui Arafat pour rencontrer le roi.

Après avoir atteint la ville de Jarash, il se dirige vers la Syrie, d’où il prend la route du Liban avec deux mille de ses combattants. Chassés du pays, Arafat et le Fatah s’installent au Liban. Arafat devient le commandant en chef des forces révolutionnaires palestiniennes deux ans plus tard, puis, en 1973, le dirigeant du département politique de l’OLP.

La nouvelle charte définie à Beyrouth prévoit de « s’attaquer aux intérêts sionistes partout dans le monde » et de « soulever la base libanaise aux côtés des Palestiniens ».

En septembre 1970, chassé de Jordanie par les troupes du roi Hussein de Jordanie, Arafat s’établit au Liban. Le gouvernement central du Liban, fragilisé, ne peut empêcher l’OLP d’opérer presque comme un État indépendant, surnommé parfois Fatah land. Les camps de réfugiés servent de bases d’entrainement militaire, et L’OLP commence alors des attaques d’artillerie et des infiltrations commando contre la frontière nord d’Israël, ou même des actions terroristes à l’étranger.

Au Liban, Yasser Arafat contrôle les rentrées de fonds pour l’OLP. Le ministre syrien de la Défense, Moustafa Tlas, raconte qu’un jour une délégation d’hommes d’affaires koweïtiens a remis à Arafat un chèque de 800 000 dollars rédigé à l’ordre de l’OLP. Arafat l’a fait refaire à son nom. Tlas ajoute « Chaque fois qu’un chef d’État arabe veut lui remettre un chèque, il insiste pour qu’il soit rédigé à son ordre. Ainsi personne ne peut rien faire » .

L’armée libanaise tente en 1969 de reprendre le contrôle des camps, mais elle est trop faible. Un compromis est trouvé avec la signature au Caire sous l’égide de Nasser, en 1969, d’un accord entre Yasser Arafat — commandant de l’OLP — et le commandant en chef de l’armée reconnaissant l’extraterritorialité des camps des fedayins.

En septembre 1972, huit Palestiniens du groupe Septembre noir pénètrent dans le village olympique, abattent deux membres de l’équipe israélienne et kidnappent neuf athlètes israéliens au cours des jeux Olympiques de Munich. Le commando palestinien réclame la libération de 200 de leurs compatriotes emprisonnés en Israël. Lors d’une tentative de libération des otages par la police allemande, une fusillade éclate, et tous les athlètes sont tués, la plupart par les preneurs d’otage, parfois à la grenade, mais quelques-uns également par les tireurs d’élite de la police.

Selon Benny Morris, le Fatah avait pris la décision de créer le groupe Septembre noir lors d’un congrès du Fatah qui s’était tenu d’août à septembre 1971 à Damas.

La condamnation internationale de l’attaque ainsi que d’autres opérations du groupe Septembre noir a pour conséquence la distanciation du Fatah d’avec l’organisation. Arafat ordonne même l’assassinat de deux de ses membres qui ont refusé d’arrêter leurs activités. Mohammed Daoud Odeh, leader du commando qui a mené l’opération, indique dans un livre qu’il a publié en 1999 qu’Arafat avait été informé des plans de l’opération mais ajoute que l’intention n’avait jamais été de tuer les athlètes israéliens. Selon Said Aburich, on ne dispose d’aucune preuve qu’Arafat ait été personnellement impliqué dans les actions du groupe Septembre noir mais il aurait eu les moyens de les faire cesser et ne l’a pas fait.

Le sommet arabe organisé à Alger en novembre 1973 admet implicitement l’idée d’une démarche progressive vis-à-vis d’Israël, en évoquant la libération prioritaire des territoires occupés en 1967. L’OLP est désignée par le même sommet comme seul représentant des Palestiniens dans le but de faire adhérer Arafat à cette idée, ce qu’il accepte.

Arafat réunit la douzième conférence du Conseil national palestinien dans le but de faire accepter aux Palestiniens cette démarche par étape que certains craignent de voir devenir une reconnaissance d’Israël. Pour faire face aux oppositions internes à l’OLP, il ajoute au comité exécutif quatre nouveaux membres de la Cisjordanie et de la bande de Gaza. Les habitants des territoires occupés, et notamment les Cisjordaniens, sont en effet favorables à un règlement politique du conflit.

Dans le même temps, Arafat essaie de prendre contact avec les États-Unis pour inciter Israël à reconnaître l’OLP. Il propose ainsi la protection par l’OLP des ressortissants et intérêts américains dans ses régions d’influence. Inquiet de ces développements, Israël prend alors contact avec la Jordanie qu’elle souhaite voir représenter les Palestiniens en lieu et place de l’OLP.

La nouvelle orientation d’Arafat divise l’OLP. Le FPLP gèle son adhésion, suivi par le FPLP-CG, le Front de libération arabe. Certains groupes palestiniens, comme l’Union générale des étudiants palestiniens et d’autres opposants d’Arafat, recourent à la violence pour affaiblir sa tentative de rapprochement avec les États-Unis. En 1974, le FPLP-CG mène plusieurs raids sur les villes du nord d’Israël : le 11 avril, 18 personnes (dont 9 enfants) sont tués dans un appartement de Kiryat Shmona et le 15 mai, 21 enfants sont tués lors une prise d’otages dans une école élémentaire à Ma’alot,. Le 5 mars 1975, un commando de l’OLP arrivant à Tel Aviv par la mer s’introduit dans l’hôtel Savoy et prennent des otages. Huit de ces otages sont tués et 11 blessés par les Palestiniens qui finissent par se faire exploser dans leur retraite lors de l’opération de sauvetage israélienne qui fait 3 morts parmi les soldats. Suite à ces attaques, le gouvernement d’Israël renforce son refus de toutes discussions avec l’OLP, malgré les dénégations d’Arafat qui tente en vain de faire admettre que ni lui, ni l’OLP, ne sont responsables de ces attaques.

L’année 1974 constitue, pour Yasser Arafat, une année importante d’avancées en faveur d’un règlement politique.

Le 14 mai, l’ONU reconnaît l’OLP par 105 voix contre 4 comme représentant du peuple palestinien.

Le 21 octobre à Beyrouth, il rencontre Jean Sauvagnargues, ministre français des Affaires étrangères, qui devient ainsi le premier chef de la diplomatie occidentale à recevoir Arafat.

Le 13 novembre 1974, Yasser Arafat fait un discours devant l’Assemblée générale des Nations unies. Il y définit le sionisme comme une idéologie raciste, impérialiste et colonialiste, il y justifie la cause palestinienne en la comparant aux luttes nationalistes d’autres peuples du monde, et il y défend l’idée d’un État unique démocratique où vivraient chrétiens, juifs et musulmans.

Le 22 novembre 1974, l’Organisation est admise comme membre observateur à l’ONU, faisant d’Arafat le premier représentant d’une organisation non gouvernementale à participer à une session plénière de l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies.

Au mois de juin, l’OLP adopte le principe de création d’un État palestinien sur les territoires qui seront libérés.

Arafat déclare ne pas vouloir « que soit versée une seule goutte de sang, juif ou arabe », et ne pas vouloir « que les combats se poursuivent » mais n’abroge pas la partie de la charte de l’OLP visant la fin du sionisme étatique.

Le 26 octobre 1976, lors du 8e sommet arabe à Rabat, les chefs d’États arabes admettent l’OLP comme membre à part entière de la Ligue arabe. Cette résolution implique également « l’obligation de tous les pays arabes de préserver l’unité palestinienne et de s’abstenir de toute ingérence dans les affaires palestiniennes. ».

En 1976, le massacre de Damour, commis principalement par les milices palestiniennes, marque le déclenchement de la guerre civile libanaise.

Le président libanais et le chef de l’OLP sont convoqués à Riyad et sont invités par l’Arabie saoudite et l’Égypte à reconnaître la légitimité de la présence des troupes syriennes au Liban, et l’officialisent par la mise en place de la Force arabe de dissuasion (FAD).

D’autre part, des attaques palestiniennes contre le territoire israélien sont organisées depuis le Liban. Le 11 mars 1978, un commando palestinien parti de Damour débarque au sud de Haïfa et prend les passagers d’un autobus en otage. Le commando mitraille tout ce que rencontre l’autobus. Le bus est finalement arrêté par une unité militaire israélienne au nord de Tel Aviv et les membres du commando palestinien sont tués. Le lourd bilan est au total de 35 morts et 74 blessés graves dont de nombreux civils.

Israël attend du Liban qu’il assure sa sécurité en contrôlant l’activité des Palestiniens sur son territoire, mais le Liban est trop faible pour résoudre le problème. Menahem Begin lance l’Opération Litani en 1978, au terme de laquelle l’armée israélienne et l’armée du Sud Liban (des chrétiens libanais alliés aux Israéliens) prennent le contrôle d’une étroite bande de terre, dite la zone de sécurité, qui sera évacuée en 1985.

En 1982, un attentat est commis à Londres par Abou Nidal (qui avait aussi tenté auparavant d’assassiner Arafat), contre un diplomate israélien, Shlomo Argov, et laisse ce dernier paralysé. Israël accuse l’OLP, qui envoie en continu depuis 1981 des roquettes du Liban sur son territoire mais qui nie toute implication dans l’affaire, et une seconde opération militaire, dite opération Paix en Galilée, voit s’affronter 15 000 Palestiniens dirigés par Arafat et 85 000 soldats israéliens. La structure de commandement qu’il avait imaginée sur le terrain s’effondre, les officiers sur lesquels il comptait prennent la fuite. Said Aburich décrit cette situation comme suit : « La légendaire tendance d’Arafat à s’entourer d’incapables flagorneurs et son manque d’organisation coutaient cher aux Palestiniens ».

Arafat lance des appels dans les médias pour demander de l’aide aux pays arabes qui ne bougent pas. La Ligue arabe ne juge même pas utile de se réunir. Même la Syrie avec laquelle Arafat a mis un plan d’urgence en cas d’invasion israélienne signe une trêve unilatérale avec Israël qui occupe le Liban Sud au terme de l’opération.

C’est au cours de cette seconde opération, lors du siège de Beyrouth par l’armée israélienne, que des civils palestiniens (entre 800 et 3 500 selon les sources) sont massacrés dans les camps de réfugiés de Sabra et Chatila par les milices chrétiennes. L’implication supposée d’Ariel Sharon, alors ministre de la Défense d’Israël, dans cette opération aura plus tard un impact négatif sur les pourparlers de paix lorsqu’il accèdera aux fonctions de Premier ministre, le 17 février 2001.

Pendant la période libanaise, les camps palestiniens deviennent de plus en plus indépendants. De sa base de Beyrouth, l’OLP prend en charge les services sociaux aux réfugiés palestiniens. Mais dans le même temps, elle arme et organise les groupes de fedayins qui lancent des attaques contre Israël et ses intérêts.

En 1982, en pleine guerre du Liban, Arafat échappe à la mort en quittant de justesse un immeuble réduit à terre par une bombe israélienne. Il est forcé de quitter Beyrouth, assiégée par l’armée israélienne, le 30 août 1982, à bord d’un navire vers la Grèce puis la Tunisie, ce qui désorganise en partie ses rentrées financières. Le président tunisien, Habib Bourguiba, est peu enclin à héberger Arafat mais finit par accepter après les pressions de la Ligue arabe et de sa femme.

Un an après, Arafat revient à Tripoli au Liban. Dès le mois de septembre, les partisans d’Arafat sont repoussés par des dissidents de l’OLP dirigés par Abou Moussa épaulés par des troupes syriennes vers les camps de réfugiés de Tripoli. Yasser Arafat est contraint à l’exil. Farouk Kaddoumi demande à l’URSS de protéger les navires quittant le port de la ville pour assurer le départ d’Arafat mais les Soviétiques refusent. Farouk Kaddoumi demande alors l’aide des Français qui acceptent. L’URSS justifie son refus par la volonté d’éviter tout conflit avec les États-Unis.

Arafat et 4 000 de ses partisans quittent Tripoli sur des bâtiments grecs protégés par la marine française. Il installe son quartier général dans la ville de Borj Cédria tout près de Tunis où il vit constamment sur ses gardes. Il n’a pas de domicile fixe et ne dort jamais plus d’une nuit au même endroit. Il accepte la dispersion de ses forces combattantes.

Arafat évite la mort le 1er octobre 1985 lorsqu’un avion de chasse israélien F-15 bombarde le siège de l’OLP à Tunis où devait se tenir un meeting entre les dirigeants du mouvement, meeting auquel Arafat arrive en retard. Cette opération intervient en réponse à l’assassinat de trois Israéliens à Chypre. Le 5 octobre, un navire de croisière italien, le Achille Lauro, est détourné par 4 membres de l’OLP. Le 28 décembre 1985, d’autres commandos palestiniens attaquent les comptoirs aériens de El Al dans les aéroports de Rome et de Vienne, faisant 15 morts civils.

Malgré le renoncement au terrorisme de l’OLP en novembre 1985 au Caire, l’organisation est impliquée dans plus de 100 actes lors des deux années suivantes.

En 1988, la première Intifada, ou « révolte des pierres », éclate en Cisjordanie et sur la bande de Gaza. Bien que l’OLP ait été grandement impliquée dans cette révolte, celle-ci a principalement été menée par le Commandement unifié de l’Intifada, et non par la faction tunisienne d’Arafat.

L’éclatement de l’Intifada précipite la proclamation depuis Alger d’un État palestinien dans la nuit du 14 au 15 novembre 1988 et Arafat est élu par le Conseil national palestinien, président de ce nouvel État. Dans le même temps, l’OLP reconnaît la résolution 181 de l’ONU de 1947 qui partage la Palestine en deux États, l’un juif, l’autre arabe, reconnaissant de facto l’existence de l’État israélien, et elle réaffirme sa condamnation du terrorisme.

Le président américain Ronald Reagan met fin aux 13 années d’interdiction de discuter avec l’OLP en officialisant l’ouverture du dialogue avec l’organisation, lors d’une conférence de presse le 14 décembre.

Arafat rencontre le pape Jean-Paul II au Vatican, le 23 décembre 1988, et affiche par exemple sa dévotion envers « Notre Seigneur Jésus-Christ » (« palestinien puisque né à Bethléem, qui est un mot hébraïque qui veut dire "maison du pain" »), pour rallier à lui la minorité chrétienne palestinienne qui, bien souvent, est persécutée par les intégristes musulmans et obligée de fuir.

Dès cette époque, il assiste à toutes les messes de Noël à Bethléem, sauf lorsque l’accès lui en est interdit par Israël à la fin de sa vie.

Le 2 mai 1989, en visite officielle, pour la première fois à Paris, Arafat déclare « caduque » la charte de l’OLP qui affirmait que « la lutte armée est la seule voie pour la libération de la Palestine ». C’est la condition qu’avait mise François Mitterrand pour accepter de rencontrer le leader de l’OLP. Arafat fait état d’une « correspondance avec le général de Gaulle en 1968 » et montre la croix de Lorraine que ce dernier lui aurait envoyée, ce que niera le fils du général.

Le 22 décembre 1989, plus de 60 sénateurs américains envoient une lettre au secrétaire d’État James Baker, pour s’opposer au visa d’entrée d’Arafat en visite au siège de l’ONU aux États-Unis.

En 1989, la désintégration de l’empire soviétique et la fin de la guerre froide entraînent une redistribution des alliances diplomatiques qui marginalise Arafat sur la scène internationale. De plus, le gouvernement russe autorise l’émigration vers Israël de plusieurs centaines de milliers de ses ressortissants de confession juive.

Cherchant une issue à son isolement, Yasser Arafat s’allie avec Saddam Hussein, de qui il aurait reçu de l’aide financière, et ne condamne pas l’invasion du Koweït par l’Irak, ce qui est perçu comme une trahison par le Koweït.

Dans les jours qui précèdent l’invasion, Yasser Arafat fait la navette entre Bagdad et Koweït City pour tenter d’imposer sa médiation. Mais ses interlocuteurs koweïtiens ont remarqué qu’il semblait être étrangement réceptif aux arguments de Saddam Hussein et la communauté palestinienne, très importante (300 000 personnes) dans le petit émirat du Koweït, favorise la prise de cet État par l’armée irakienne en 1990. Sa décision mènera à la faillite de l’OLP, puisque plusieurs États, comme l’Arabie saoudite et le Koweït, lui retirent alors leur soutien financier.

Cette alliance vaut à Yasser Arafat, après la deuxième guerre du Golfe et la défaite des armées irakiennes, le ressentiment et la colère des monarchies pétrolières et des Américains.

Il est paradoxalement sauvé par le nouveau gouvernement israélien, où la gauche arrive au pouvoir en 1992 avec Yitzhak Rabin et Shimon Peres, qui estiment que Yasser Arafat ne peut plus refuser de leur donner toutes les garanties nécessaires en matière de sécurité, en vue de la création d’un État autonome palestinien en Cisjordanie et dans la bande de Gaza.

En 1992, Arafat échappe à la mort lorsque son avion, un Antonov 26, s’écrase en Libye alors qu’il effectue la liaison Khartoum-Tripoli. Dès la disparition de l’appareil, les autorités palestiniennes ont fait appel à l’aide internationale. À la suite d’une intervention de l’ex-président américain Jimmy Carter, George Bush autorise la fourniture d’informations enregistrées par les satellites américains. De leur côté, les autorités françaises envoient deux appareils, l’un basé au Tchad, l’autre à Djibouti, pour participer aux recherches.

Les deux pilotes de l’avion du leader palestinien ainsi qu’un ingénieur trouvent la mort et Arafat ne souffre que de quelques contusions. Quelques semaines plus tard, il est hospitalisé d’urgence à Amman, en Jordanie, pour être opéré d’un caillot au cerveau.

Alors que le processus de paix entamé à la Conférence de Madrid de 1991 ne donnait aucun résultat, des négociations secrètes sont menées à Oslo entre des membres de l’OLP et du gouvernement israélien pour trouver un accord de paix.

Le 13 septembre 1993, la Déclaration de Principes dite « accords d’Oslo », est signée à la Maison Blanche sous l’égide du président Bill Clinton. Le monde entier retient la poignée de main historique échangée entre le premier ministre israélien Yitzhak Rabin et Yasser Arafat.

Arafat est alors invité par le Parlement européen en décembre 1993 (après avoir été reçu à titre non officiel au sein du Parlement en octobre 1988), et il insiste sur le rôle que l’Union européenne doit jouer dans le processus de paix.

Dans une lettre adressée à Yitzhak Rabin le 9 septembre 1993, Arafat déclare que l’OLP renonce officiellement à la lutte armée contre Israël en même temps qu’elle reconnaît la légitimité de cet État : « L’OLP reconnaît le droit de l’État d’Israël à vivre en paix et dans la sécurité. Ainsi, l’OLP renonce à recourir au terrorisme et à tout autre acte de violence ».

En 1994, Yasser Arafat, Shimon Peres et Yitzhak Rabin reçoivent le prix Nobel de la paix pour leurs efforts en faveur de la paix dans cette région. L’un des cinq jurés du comité Nobel démissionne pour protester contre l’attribution du prix à Yasser Arafat. Arafat et Yitzhak Rabin partagent également la même année le prix du prince d’Asturies de la coopération internationale « en reconnaissance de leurs efforts résolus pour créer des conditions de paix dans la région ».

Yasser Arafat prend ses quartiers à Gaza à partir de juillet 1994 et reçoit un accueil triomphal. L’accord dit « Oslo II », conclu en septembre 1995, permet la tenue d’élections générales en janvier 1996 qui opposent Arafat à Samiha Khalil. Arafat est élu sous le contrôle d’observateurs internationaux, avec 87,1 % des suffrages exprimés, président de la nouvelle Autorité palestinienne, née des accords d’Oslo.

Le 4 novembre 1995, Yitzhak Rabin est assassiné lors d’une assemblée pour la paix à Tel Aviv. Nabil Shaath raconte « Je ne l’avais jamais vu comme ça. Quand Rabin est mort, j’ai vu tant de tristesse et de désespoir dans ses yeux ». Les journalistes John et Janet Wallah estiment qu’« Arafat a sûrement craint de subir le même sort ». On conseille à Arafat de ne pas assister aux obsèques. Il envoie alors des représentants du gouvernement et va quelques jours plus tard présenter ses condoléances à Leah Rabin.

Le 19 novembre, l’armée israélienne se retire de Jénine. Il s’agit du premier retrait israélien et l’autonomie est étendue. Mais l’assassinat de Yahia Ayache par le Shin Beth met un terme aux efforts de Yasser Arafat de convaincre le mouvement islamiste Hamas de présenter des candidats aux élections législatives.

Le Hamas répond par quatre attentats-suicides faisant plus de 60 victimes israéliennes. Arafat fait alors arrêter des centaines d’activistes islamistes, exige la fermeture de l’université islamique de Gaza et interpelle cinq des treize « terroristes » les plus recherchés par Israël.

Le 21 avril 1996, le 21e Conseil national palestinien modifie les articles de la charte nationale palestinienne refusant l’existence de l’État d’Israël.

Dans les années qui suivent, l’économie palestinienne croît à un rythme de 9,28 % par an, selon un rapport du FMI, et les investissements de 150 %, ce qui en fait l’un des taux de développement les plus rapides au monde au cours de cette période.

Après les élections de 1996, Arafat prend officiellement le titre de Raïs (tête) de l’Autorité palestinienne.

L’évolution du processus de paix se ralentit et en octobre 1998, le président américain Bill Clinton doit persuader Arafat et le nouveau Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, pour les amener à signer le mémorandum de Wye Plantation prévoyant de nouvelles étapes à entreprendre pour parvenir à la paix entre les deux partis.

Sur la scène palestinienne, Arafat entretient de mauvaises relations avec le Hamas. Celui-ci a semblé lui déclarer la guerre dès son retour dans les territoires palestiniens. Il a cherché à l’affaiblir en soutenant un parti islamique fondé en 1995, soit un an après son retour dans les territoires. Des membres du Hamas ont été également arrêtés : 170 sympathisants sont ainsi arrêtés en 1995, lors de sa première année dans les territoires occupés.

Depuis sa création, le Hamas rejette la coopération avec l’OLP et à plusieurs reprises, ses militants se heurtent, sur le terrain, aux militants de Yasser Arafat. Celui-ci considère le Hamas comme une création du Mossad, le service secret israélien.

Lorsqu’Arafat déclare la fin de la lutte armée contre Israël le 24 avril 1996, des voix s’élèvent contre sa décision et les relations avec le Hamas se dégradent encore. L’Autorité palestinienne déclare avoir déjoué une tentative d’assassiner Arafat par le mouvement islamiste et arrête 7 personnes qui devaient l’assassiner pendant Aïd el-Adha.

Aussi, Arafat assigne à résidence Ahmed Yassine, le chef spirituel du Hamas. (Toutefois, lors de son assassinat par Israël, le 22 mars 2004, Yasser Arafat dénoncera comme un « crime barbare » l’assassinat de Ahmed Yassine et décrètera trois jours de deuil dans les territoires palestiniens).

Si, sur le plan extérieur, son régime doit faire face à de nombreuses accusations de corruption et de violation des règles démocratiques — certains accusent Arafat d’être corrompu et des chiffres circulent sur les sommes détournées vers un compte personnel de Yasser Arafat (le rapport du FMI les estime à 800 millions de dollars, d’autres sources à plusieurs milliards) —, sur le plan intérieur, le leadership de Yasser Arafat, qui muselle toute tentative d’opposition, ne paraît que rarement être remis en cause. Selon Amnesty International, les prisonniers politiques sont souvent torturés, avec son aval. Bassam Eid, journaliste palestinien et directeur de Palestinian Human Rights Monitor Group, confirme qu’« il est à l’origine de chacun des actes de ses services de sécurité il les libère après une enquête bidon ».

Le 28 novembre 1999, 20 intellectuels et hommes politiques palestiniens signent une pétition traitant le gouvernement palestinien de « corrompu, non juste et manipulateur ». Arafat ordonne l’arrêt de 11 d’entre eux. Les 9 restants sont protégés par loi et ne sont pas arrêtés, mais deux d’entre eux disent avoir été attaqués par la police palestinienne.

Il est aussi accusé de participer au conditionnement de la population palestinienne à la guerre contre Israël, à l’école, à la mosquée, par la presse et la télévision.

Les critiques ne viennent pas seulement des opposants à un État palestinien. Ainsi, par exemple, le « Centre palestinien pour les droits humains » accuse l’Autorité palestinienne de procéder à des arrestations politiques de militants islamistes. Mohammed Dahlan, ex-ministre de l’intérieur, accuse Arafat d’avoir gaspillé 5 milliards de dollars ce qui pousse Arafat à essayer à plusieurs reprises d’écarter Dahlan après ces accusations portées contre lui.

En juillet 2000, le sommet de Camp David entre Yasser Arafat et Ehud Barak évoque la reconnaissance d’un État palestinien. Il butte néanmoins sur de nombreux points. À l’issue du sommet, chacune des deux parties rejette la responsabilité de l’échec des discussions sur l’autre partie. Les Palestiniens considèrent qu’Israël ne leur a pas proposé assez, tandis que les Israéliens clament qu’ils ne peuvent raisonnablement pas offrir davantage. Aux États-Unis comme en Israël, l’échec est largement attribué à Yasser Arafat qui, pour eux, avait quitté la table des négociations sans faire de contre-proposition.

La seconde Intifada est initiée en septembre 2000, à la suite de l’échec des discussions israélo-palestiniennes ; elle tourne rapidement à la guerre ouverte avec Israël. La visite du parlementaire du Likoud, Ariel Sharon, sur l’Esplanade des mosquées/Mont du Temple est vécue par eux comme une provocation. La veille, Arafat demande au Premier ministre israélien, Ehud Barak, d’annuler cette visite car selon lui, elle risque de provoquer de nouvelles émeutes sanglantes. Barak ne peut interdire cet acte politique de Sharon.

Cette visite est le point de départ de mois de violence qu’Arafat n’arrive pas à maitriser. Des attentats-suicides, visant la population civile, sont perpétrés en Israël. Impuissant à calmer la révolte, y compris parmi les Faucons du Fatah, Arafat décide de se joindre à l’Intifada en diffusant un appel dans lequel il exhorte les Palestiniens à se soulever contre « l’usurpateur israélien ». Mais c’est la faction du Fatah dirigée par Marouan Barghouti, qui ne reçoit aucun ordre d’Arafat, qui dirige cette deuxième intifada.

Dans un rapport établi à ce sujet, Human Rights Watch déclare ne pas avoir trouvé de preuves que Yasser Arafat ou l’Autorité palestinienne aient jamais participé à la mise en œuvre de ces attaques, mais souligne que cette dernière n’a pas fait suffisamment pour poursuivre les organisateurs et n’a pas pris de mesures préventives. Aussi Kenneth Roath, directeur exécutif de Human rights watch, déclare que Arafat et l’Autorité palestinienne portent un degré de responsabilité politique élevé dans les atrocités qui se sont produites. Selon les sources officielles israéliennes, 506 personnes ont trouvé la mort dans les attentats-suicides entre 2000 et 2004 et elles accusent les dirigeants palestiniens de n’avoir rien fait pour arrêter les kamikazes voire même de les avoir encouragés.

Des négociations de paix sont engagées dans l’urgence en janvier 2001 au cours du Sommet de Taba alors que les violences sur le terrain se multiplient. Elles n’aboutissent pas, à la veille d’élections anticipées en Israël.

D’après al-Jazeera, Arafat refuse également les propositions du Président américain Bill Clinton de renoncer au droit au retour des réfugiés palestiniens en échange du statut de Jérusalem comme capitale de la Palestine et d’Israël. Selon un de ses gardes de corps, Arafat aurait dit à Clinton que s’il acceptait cette offre, il serait tué des mains de son propre peuple. Des personnalités arabes, comme le président égyptien Hosni Moubarak, pressent Arafat d’accepter cette offre mais celui-ci répond que cela est impossible.

Les pourparlers de Taba sont interrompus, le 27 janvier 2001, après six jours de négociations intenses suite à la mise en terme aux discussions par Shlomo Ben-Ami, ministre des Affaires étrangères et chef de la délégation israélienne à la demande expresse d’Ehoud Barak.

En février 2001, Ariel Sharon est élu Premier ministre tandis qu’aux États-Unis, George W. Bush est élu président.

Ariel Sharon ne cherche pas à poursuivre les négociations avec Yasser Arafat qu’il ne juge pas comme un interlocuteur valable.

Les attentats du 11 septembre 2001 précipitent les États-Unis dans la « guerre contre le terrorisme » à partir de décembre 2001, alors qu’au même moment, Yasser Arafat conclut une trêve avec le Hamas et le Jihad islamique palestinien.

Considéré comme responsable du déclenchement de la seconde Intifada et des attentats-suicides par le gouvernement israélien, boycotté par le gouvernement américain, Yasser Arafat va passer les dernières années de sa vie enfermé dans la Mouqata’a, son QG de Ramallah, encerclée par les forces israéliennes. Interdit de voyage aussi bien en Palestine qu’à l’étranger, il va perdre toute prise sur les évènements, gardant toutefois le contrôle de l’Autorité palestinienne et de l’OLP.

Pour les responsables israéliens, le président de l’Autorité palestinienne n’est plus un interlocuteur valable. Un crédo partagé par Washington, qui fait de son départ une condition préalable à la création d’un État palestinien indépendant. Bush décrit Sharon comme un homme de paix et refuse de recevoir Arafat. Selon certains observateurs politiques, Yasser Arafat était « diabolisé » et était devenu « infréquentable ». « Enfermé sans que les opinions publiques internationales ne s’en indignent réellement », il semblait être ressenti comme un « gêneur », le peuple palestinien ne « le voyant presque plus » et s’étant « habitué à vivre et à combattre sans lui ».

L’assassinat ciblé de Raed Karmi, membre du Tanzim, de la région de Toulkarem, par les forces israéliennes, change la nature des attentats en Israël. Ceux-ci sont dorénavant perpétrés en Cisjordanie et à Gaza. De son côté, Ariel Sharon lance une série de représailles à grande échelle avec l’accord de George W. Bush et de Donald Rumsfeld. George W. Bush déclare qu’Arafat est inapte à gouverner et appelle les « Palestiniens à élire de nouveaux dirigeants qui ne soient pas compromis dans le terrorisme ».

L’Union européenne exige de Yasser Arafat une dénonciation catégorique et « en langue arabe » du terrorisme, ce qu’il fait le 16 décembre 2001 et, en février 2002, il publie une « vision de la paix ». En 2002, l’« Affaire du Karine A » met directement en cause Yasser Arafat : un bateau transportant 50 tonnes d’armement est arraisonné par l’armée israélienne : selon cette dernière la cargaison est destinée aux Palestiniens. Des documents montreront que le bateau était possédé par l’Irakien Ali Mohamed Abbas. Certains officiels américains ont suggéré par la suite que le bateau n’était pas destiné à l’Autorité palestinienne mais au Hezbollah.

En vertu des réformes exigées par Israël et les États-Unis, Yasser Arafat doit toutefois se résigner, en février 2003, à nommer un premier ministre qui sera Mahmoud Abbas. Deux ans et demi après le début de la seconde Intifada, le poste de premier ministre, qui n’était pas prévu à la création de l’Autorité palestinienne, est imposé à Arafat par les occidentaux, notamment par les Américains, qui y voient une façon de contourner l’obstacle à la paix qu’est devenu pour eux Arafat gouvernant seul. Pour eux, il faut un nouvel interlocuteur. Washington fait alors pression pour que soit créé ce poste de premier ministre au sein de l’Autorité palestinienne.

Un bras de fer oppose rapidement Arafat à son premier ministre Mahmoud Abbas. Au centre des divergences, la feuille de route pour la paix et la proposition de Mahmoud Abbas de nommer Mohammed Dahlan au poste de ministre de l’Intérieur. Suite à un conflit de pouvoir avec Yasser Arafat autour de la question du contrôle des forces de sécurité, Mahmoud Abbas renonce à son poste le 7 septembre 2003. Le refus d’Arafat de lui conférer des pouvoirs essentiels, ainsi que son maintien du contrôle de certains services de sécurité, ont limité la capacité d’agir de l’ex-Premier Ministre. Ahmed Qoreï est alors nommé à sa place.

C’est en 2003 également que des membres du gouvernement Sharon vont jusqu’à proposer publiquement de « l’éliminer ». La très forte réaction de la communauté internationale force le gouvernement Sharon à se rétracter. En 2004, Ariel Sharon franchit une étape supplémentaire en déclarant, le 2 avril, que son adversaire n’a « aucune assurance » sur la vie. Le journaliste israélien Uri Dan rapporte, dans son livre Ariel Sharon : Entretiens intimes avec Uri Dan, une conversation téléphonique qui se serait alors tenue entre Ariel Sharon et George W. Bush, Sharon informant Bush qu’il ne se sentait plus tenu par la promesse qu’il lui avait faite en mars 2001 de ne pas toucher à la vie d’Arafat. Bush lui aurait répondu qu’il fallait laisser le destin de Arafat entre les mains de Dieu, ce à quoi Sharon avait répondu que parfois, Dieu a besoin d’une aide.

Suite à ces menaces, le pacifiste israélien, Uri Avnery, déclare dans son éditorial pour le Gush Shalom, être prêt à servir comme bouclier humain pour protéger Arafat. Il se rend avec un groupe de pacifistes à la Mouqata’a où Arafat les invite à dîner. Au cours du diner, Arafat déclare « J’étais alors et je reste aujourd’hui engagé dans l’espérance d’un avenir pacifié, un avenir dans lequel les enfants de nos deux peuples pourront grandir sans la peur ».

Dans la foulée, Sharon confirme que, si Arafat quitte Ramallah et les territoires autonomes pour se rendre à l’étranger, il ne sera pas autorisé à revenir.

Yasser Arafat est accusé d’avoir détourné au profit de son organisation plusieurs centaines de millions de dollars qui étaient destinés au peuple palestinien, et un conflit d’intérêts financiers sur les sommes disparues a persisté entre sa femme résidant à Paris en France et à Gammarth en Tunisie, et l’OLP. La question est d’autant plus complexe qu’en l’absence d’État palestinien, les sommes destinées au peuple palestinien ne pouvaient être encaissées que sur les comptes de l’OLP qui était seul juge des dépenses.

Des magazines comme Forbes estiment que Arafat était riche de 300 millions de dollars alors que des officiels américains estiment sa fortune haute de 1 milliard de dollars. Sa femme aurait reçu alors qu’elle vivait à Paris 100 000 dollars chaque mois de la part de l’autorité palestinienne.

Arafat est également accusé de financer le terrorisme palestinien et d’utiliser les aides internationales pour acheter des armes. Certains groupes auteurs d’attentats-suicides en Israël sont liés directement au Raïs palestinien. Maslama Thabet, l’un des leaders du groupe, s’exprimant dans le quotidien USA Today, affirme : « nous recevons nos instructions du Fatah. Notre chef est Yasser Arafat lui-même ».

Israël publie des documents trouvés dans les dossiers d’Arafat, prouvant que celui-ci avait tacitement approuvé les attentats perpétrés par les Brigades des martyrs d’Al-Aqsa. De son côté, l’Union européenne enquête sur les allégations de détournement de ses aides par l’Autorité palestinienne. L’Anti-Fraud Office of the European Union (OLAF) conclut qu’il n’existe aucune preuve que des aides aient été détournées pour financer des activités illégales. Mais elle ajoute que l’UE est convaincue que l’Autorité doit réformer ses institutions financières pour lutter contre la corruption et les détournements de fonds.

Lorsqu’il s’est installé au Koweït, Arafat fait fortune et mène une vie luxueuse.

Sa vie amoureuse a été longtemps un sujet de discussion chez ses amis. Bassam Abou Charif, un de ses compagnons d’université, raconte qu’Arafat avait fait la connaissance d’une jeune égyptienne, dont il était tombé amoureux. Il l’a demandée en mariage mais ses parents ont refusé, ce qui aurait affecté Arafat, au point de ne plus penser au mariage de 1955 à 1967, raconte Salah Khalaf. En 1967, il tombe amoureux d’une jeune jordanienne, mais leur relation n’aboutit pas à cause de ses activités. La journaliste uruguayenne Isabel Pisano, qui lui a consacré une biographie intime, déclare qu’elle aurait vécu une relation intime avec lui. Elle déclare aussi que le premier amour d’Arafat fut Nada Yasruti qui, selon elle, était une ancienne miss Liban. Pourtant, aucune femme portant ce nom n’a gagné la compétition.

Finalement, au début des années 1990, Arafat épouse secrètement à Tunis sa secrétaire, Souha Tawil, une palestinienne de 34 ans sa cadette, fille d’une importante famille chrétienne. Souha Arafat se convertira peu après à l’islam et ils auront une fille ensemble, Zahwa, née le 24 juillet 1995 à Paris.

En octobre 2004, Arafat se plaint de douleurs à l’estomac et de vomissements. Malgré une première intervention chirurgicale dans son quartier général de la Mouqata’a à Ramallah, en Cisjordanie, le 25 octobre, sa santé continue à se dégrader. Le 29 octobre 2004, gravement malade, Yasser Arafat quitte Ramallah pour rejoindre la Jordanie, d’où il se rend en France, à bord d’un avion médicalisé. Il est hospitalisé dans l’hôpital d’instruction des armées Percy à Clamart.

Il décède officiellement à Clamart le 11 novembre 2004, à 3 h 30, heure de Paris, dans la seconde partie du mois de Ramadan. Mahmoud Abbas est nommé chef de l’Organisation de Libération de la Palestine, Farouk Kaddoumi est élu chef du Fatah, et Ahmed Qoreï maintenu dans ses fonctions de chef du gouvernement. Après un hommage officiel à l’aérodrome militaire de Villacoublay en présence du Premier ministre français Jean-Pierre Raffarin et une cérémonie officielle au Caire, en présence de nombreux représentants politiques étrangers, Yasser Arafat est inhumé le 12 novembre, dans la Mouqata’a, son dernier quartier général de Ramallah, en Cisjordanie, le gouvernement israélien ayant refusé qu’il soit enterré à Jérusalem (Yasser Arafat avait à plusieurs reprises exprimé le souhait d’y être inhumé). Une foule de près de 100 000 personnes est présente pour accueillir sa dépouille à son retour d’Égypte.

L’élection présidentielle palestinienne de 2005 se déroule le 9 janvier suivant la mort d’Arafat et désigne Mahmoud Abbas comme nouveau président de l’Autorité palestinienne. L’intérim est assuré par Rawhi Fattuh.

Arafat était souvent considéré comme l’ennemi numéro un par Israël. Il a été qualifié de « chef terroriste » et de « menteur congénital », voire de « réincarnation d’Hitler ».

Les Israéliens ne prêtent attention à Arafat qu’après 1965, lorsqu’il se lance dans la lutte armée.

Il devient une cible après les événements de Karameh. Moshe Dayan tente discrètement de prendre contact avec lui, en vain, pour le sonder sur ses intentions mais Golda Meir adopte une position tranchée qui restera celle des autorités israéliennes pendant deux décennies : « Yasser Arafat, déclare-t-elle, est le chef d’une bande d’assassins ».

Après le départ d’Arafat de Beyrouth, des députés de la gauche israélienne comme Uri Avnery commencent à rencontrer Arafat. La Knesset vote alors en 1986 une loi interdisant aux Israéliens de rencontrer des membres de l’OLP, sous peine de prison.

En 1991, le soutien d’Arafat à Saddam Hussein est perçu par les Israéliens comme une alliance avec l’homme qui bombarde leur pays de missiles SCUD.

Shimon Peres, chef de file de l’opposition travailliste israélienne et qui a partagé le prix Nobel de la paix avec Arafat en 1994 à la suite des accords d’Oslo, a dit : « Arafat a commis sa plus grande erreur lorsqu’il s’est tourné vers le terrorisme. Il a enregistré ses plus grands succès lorsqu’il a tenté de se tourner vers la paix ». Après la signature des accords d’Oslo, la gauche adopte une position plus souple comparée à celle de la droite israélienne.

Lors des accords de Wye Plantation en octobre 1998, seul Ariel Sharon, homme de droite et ministre des Affaires étrangères, refuse de serrer la main d’Arafat car, selon lui, il a « du sang juif sur les mains ».

Après le 11 septembre 2001, Sharon, qui avait juré en 1982 de le tuer, déclare : « Nous aussi avons notre Ben Laden : Arafat ». Les relations entre les deux nations se dégradent d’autant plus que Sharon refuse de le rencontrer. Mais des personnalités de gauche, comme Peres, refusent une telle comparaison.

Arafat est considéré comme le premier responsable de l’échec du sommet de Camp David II et du Sommet de Taba par les Américains et les Israéliens, pour avoir refusé ce qu’ils considèrent comme des offres généreuses des Israéliens. Pour Shlomo Ben-Ami, ancien ministre des Affaires étrangères, « Arafat s’est montré tout à fait incapable d’accepter un compromis et d’orienter les négociations vers la paix ».

Suite au déclenchement de la seconde Intifada et l’élection de Sharon, les discussions de paix sont interrompues et Yasser Arafat redevient, pour la plupart des Israéliens, un « assassin ». Les Israéliens, notamment les membres du Likoud, pensent alors qu’il faut changer la direction palestinienne pour faire avancer les choses.

Les dirigeants arabes dans leur ensemble n’ont jamais porté Yasser Arafat dans leur cœur. Quatre d’entre eux en particulier : Nasser, Hussein de Jordanie, Anouar el-Sadate et Hafez el-Assad aujourd’hui décédés, ont entretenu avec lui des relations difficiles, complexes et ambivalentes. En effet, les dirigeants arabes voulaient instrumentaliser la cause palestinienne pour étendre leur influence régionale et considéraient que l’émergence d’une direction palestinienne incontrôlable, perturberait leurs plans.

C’est pour cette raison que Nasser a créé l’OLP. Nasser, d’abord opposé à Arafat, finit par devenir son allié, parfois décevant. Arafat a connu à plusieurs reprises la prison sous son régime, surtout lorsqu’il était proche des Frères musulmans.

Le Syrien Hafez El-Assad, qui a emprisonné Arafat en mai 1966, n’a pas cessé de chercher à affaiblir le président de l’OLP pour contrôler lui-même le mouvement, n’hésitant pas à susciter des scissions au sein même du Fatah et à intervenir militairement au Liban, dès 1976, contre les forces « palestino-progressistes ».

En Jordanie, Arafat s’est constitué un État dans l’État qui représentait une menace pour le pouvoir en place. L’armée israélienne attaqua les villages jordaniens où se trouvaient les bases du Fatah, ce qui rendit le roi Hussein, qui cherchait un accord avec Israël, méfiant à son égard après la découverte d’un complot et déclencha le Septembre noir.

Anouar el-Sadate est le premier chef d’un État arabe à avoir signé un traité de paix avec Israël. Suite à cette signature, les contacts entre l’OLP et l’Égypte sont interrompus et ne reprennent que 6 ans plus tard, c’est-à-dire après l’assassinat de Sadate et l’arrivée de Moubarak au pouvoir.

Après la signature des accords d’Oslo, Arafat est autorisé à revenir dans les territoires pour la première fois depuis 1967. Il effectue un retour triomphal. Des millions de Palestiniens accueillent « le héros de l’OLP » à Gaza.

L’image d’Arafat se dégrade au cours des années qui suivent à cause du blocage du processus de paix et de la dégradation de la situation des Palestiniens, mais le siège de sa résidence à Ramallah ne fait qu’augmenter sa popularité auprès de ces derniers.

Arafat a été notamment critiqué par l’un de ses proches, le ministre palestinien Nabil Amr, pour l’échec du Sommet de Camp David II.

En haut



Source : Wikipedia