Québec solidaire

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Posté par talos 08/03/2009 @ 13:10

Tags : québec solidaire, partis politiques, politique canadienne, canada, amérique, international

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Québec solidaire

Amir Khadir intervenant lors du congrès de fondation de Québec solidaire

Québec solidaire est un parti politique québécois créé le 4 février 2006 à Montréal. Il est né de la fusion de l'Union des forces progressistes et d'Option citoyenne, respectivement un parti politique et un mouvement politique. Depuis les élections générales du 8 décembre 2008, le parti compte un député à l'Assemblée nationale.

Françoise David et Amir Khadir sont les deux porte-parole. Lors d'un Conseil national qui s'est tenu du 29 septembre au 1er octobre 2006, les délégués de QS ont décidé officiellement de placer plus à l'avant Françoise David, en vue de la période électorale qui eut lieu en 2007, tout en conservant tout de même deux porte-parole. En 2007, Québec solidaire fut donc le premier parti de l'histoire du Québec à présenter une femme comme candidate au poste de première ministre.

Amir Khadir et Françoise David se sont respectivement dénommés «leader de l'aile parlementaire» et «leader de l'aile extraparlementaire» de Québec solidaire.

Le logo du parti (qui évoque celui de L'Organisation internationale de la francophonie) est un être humain stylisé. Il fut choisi lors du Conseil national qui eut lieu à Québec le 27 mai 2006. Le choix de ce logo vise à démontrer que, pour Québec solidaire, l'humain est au centre de tout choix politique.

Le 31 décembre 2008, le parti comptait environ 5 210 membres, ce qui est une chute d'un peu plus de 6% par rapport au 1er janvier de la même année (5 557 membres). Entre temps, le nombre de membres avait chuté à 3 457 en date du 23 août. Ces données incluent les «membres jusqu'à 15 mois», alors que le membership ne dure qu'un an à Québec solidaire.

Bien que le parti se réclame d'abord de la gauche social-démocrate et souhaite réformer le capitalisme dans le but de l'humaniser, Québec solidaire reconnaît en son sein des collectifs (Voir dans la section Structure ci-bas) de différentes tendances de la gauche plurielle passant de groupes modérés à des groupes plus radicaux, ce qui a attiré des critique à l'endroit du parti. Les collectifs n'ont cependant aucun droit de vote propre dans les instances du parti qui affirme: «Les collectifs participent aux débats qui mènent aux engagements électoraux, mais une fois qu’ils sont adoptés, ils s’y soumettent comme le reste des membres».

Se réclamant de la gauche, Québec solidaire est néanmoins associé par certains à l'extrême gauche. Richard Martineau du Journal de Montréal souligne le fait que cette formation politique ait laissé une place dans ses instances au Parti communiste du Québec, alors que Antoine Robitaille du journal Le Devoir affirme que Québec solidaire rassemble les cinq tendances de l'«extrême gauche plurielle» telles que définies par le livre du politologue français Philippe Raynaud, rappelant au passage que Françoise David fut autrefois une partisante de la révolution. QS se défend en les accusant de «se fier à des préjugés», indiquant que le collectif du PCQ «n’est pas plus stalinien que Québec solidaire» et qu'il respecte le programme électoral du parti. Très critique de Québec solidaire, l'ex-ministre Joseph Facal, associé à la droite du Parti québécois, affirme en parlant de Françoise David que «our la première fois, l’extrême gauche a une porte-parole qui ne fait pas trop peur au monde». André Parizeau, ancien chef du Parti communiste du Québec, estime que «Joseph Facal est vraiment un démagogue de bas étage».

Françoise David estime que «e n'est pas tout le monde qui nous prend pour des espèces de, je ne sais trop, gauchistes extraterrestres qui ne comprennent rien à rien». Quant à Amir Khadir, il a affirmé que «ous ne sommes ni gauche caviar ni gauche radicale».

Toutefois, le parti a toujours annoncé que le bien commun et leurs visées politiques et sociales sont au cœur de leur projet. Tout membre qui adhère à cet aspect est bienvenu dans le parti.

Il n'y a pas de « chef » à proprement parler dans ce jeune parti, qui compte plutôt deux porte-parole, comme c'était le cas dans Option citoyenne et dans l'Union de forces progressistes. Les tâches généralement dévolues au chef sont réparties entre la présidente, le secrétaire général et les porte-parole.

Régent Séguin fut élu secrétaire général du parti lors du congrès de fondation et a agit comme chef de parti au sens de la Loi électorale du Québec jusqu'au printemps 2008. Lors du congrès du printemps 2008, Benoît Renaud l'a remplacé à ce poste. Alexa Conradi est présidente depuis la fondation du parti. La direction du parti est assumée par le Comité de coordination national, composé de 16 personnes élues par le Congrès de fondation. Une personne de l'équipe des bénévoles de la permanence y siège également.

Les porte-parole nationaux de Québec solidaire disposent d'une plus grande visibilité que le secrétaire général et le président du parti et sont donc plus connus. Françoise David a été nommée Personnalité de l'année par Le Point et Amir Khadir est connu pour être devenu le premier député du parti lors des élections dans Mercier en 2008.

L'unité de base du parti est l'association locale. Il y a une association locale pour chacune des 125 circonscriptions électorales au Québec. Ces associations locales sont regroupées dans 19 associations régionales qui ont pour mandat premier de soutenir la fondation d'associations locales. En mars 2007, Québec solidaire compte 61 associations locales organisées. Les étudiant-e-s et le personnel des établissements d'enseignement supérieur sont regroupés au sein d'associations de campus qui participent aussi à la vie démocratique du parti. Deux commissions nationales font aussi partie de la structure de Québec solidaire: la Commission politique et la Commission nationale des femmes. La première est composée de 14 commissions thématiques et est chargée de proposer aux membres un programme. Elle a été responsable de la rédaction de la plate-forme électorale du parti aux élections générales de 2007. La Commission nationale des femmes est composée de déléguées de chacune des régions et est chargée de s'assurer que le féminisme soit une valeur transversale au sein du parti.

Il y a au sein de Québec solidaire ce que l'on nomme des collectifs. Un collectif est un ensemble de membres en règle du parti qui peuvent, en respect des exigences, faire la promotion de leurs idées politiques respectives à l'intérieur de Québec solidaire. Par contre, contrairement à ce qui existait à l'UFP, ces collectifs ne bénéficient pas d'une représentation formelle au Congrès, au Conseil national ou dans les autres instances du parti. Québec solidaire compte actuellement 4 collectifs aux principes plus radicaux que le parti lui-même. Il s'agit des collectifs du Parti communiste du Québec, de Gauche socialiste, de Masse critique et de Socialisme International.

Le Parti communiste du Québec est une organisation marxiste. Elle estime nécessaire de créer un parti révolutionnaire des travailleurs qui a pour objectif d’éliminer le capitalisme mondial. Le PCQ a comme priorité la construction du socialisme et l'indépendance du Québec tout en prônant la solidarité internationaliste. Dans son site Internet, il est affirmé que les opinions qui y sont exprimées «n'engagent que leurs auteurs et/ou le PCQ», selon le cas. Elles n'expriment pas forcément une position officielle de la part de Québec solidaire dans son ensemble. 4 «camarades candidats» du Parti communiste étaient candidats pour Québec solidaire lors de l'élection générale québécoise de 2008. Ce collectif, de part le parti qu'il représente, est historiquement associé à la IIIe Internationale.

Gauche Socialiste soulève « a réalité de l'oppression nationale du Québec » et critique « a domination de la bourgeoisie canadienne » qui agit en « complicité la bourgeoisie québécoise ». Il critique l'étapisme. Il rejette « l'indépendantisme interclassiste » ; pour Gauche socialiste, il faut « obiliser la majorité ouvrière dans un parti de classe ». En somme, Gauche Socialiste souhaite « un Québec socialiste et démocratique » dans « une perspective internationaliste ». Ce collectif est rattaché à la IVe Internationale. 1 des 16 membres du Comité de coordination national de Québec solidaire est membre de ce collectif. Il s'agit de Josée Larouche, responsable du Financement.

Masse critique est une organisation ayant une base anticapitaliste et indépendantiste. Elle estime que l'accession du Québec à la souveraineté politique doit passer par la formation d'une Assemblée constituante chargée de rédiger une constitution. Masse critique dit appuyer à la fois la politique des urnes et la politique de la rue. Ce collectif élabore plusieurs formations (éco-socialisme, éducation, économie participative, médias, etc.) dans le but de faire de l'éducation populaire au sein du parti et à l'extérieur. 3 des 16 membres du Comité de coordination national de Québec solidaire sont membres de Masse critique, ce qui en fait le collectif le plus fortement représenté au sein de l'exécutif du parti. 3 membres de Masse critique se sont d'ailleurs présentés comme candidats lors de l'élection générale québécoise de 2008.

Socialisme International se décrit comme étant « un réseau international de socialistes et de militantes et militants anticapitalistes. Nous participons aux luttes contre la mondialisation, l'impérialisme, la guerre, la brutalité policière, le racisme, le sexisme, l’homophobie, l’assaut contre les droits des travailleuses et travailleurs, bref contre tout ce qui nous divise et sape la solidarité ». Le coordinateur et secrétaire général de Québec solidaire, Benoît Renaud, est membre de Socialisme International.

Selon le quotidien La Tribune de Sherbrooke, le directeur général des élections du Québec ne reconnaîtrait pas la fusion entre l'Union des forces progressistes et l'Option citoyenne puisque cette dernière est un mouvement politique et non un parti politique enregistré. Selon le directeur général, la fusion des actifs de ces deux entités revient à un don financier d'une personne morale (Option citoyenne) à un parti politique (Union des forces progressistes), ce qui est illégal au Québec.

Le DGEQ considère que, légalement, Québec solidaire est le nouveau nom de l'Union des forces progressistes, tout comme Union des forces progressistes était le nouveau nom du Parti de la démocratie socialiste, lui-même le nom modifié du Nouveau Parti démocratique du Québec. De manière formelle, Québec solidaire est la continuation, sous une nouvelle identité, du NDP-Québec. Pour se fusionner officiellement à l'Union des forces progressistes/Québec solidaire, Option citoyenne aurait dû s'enregistrer comme parti politique. Le DGEQ a rencontré la direction de l'Union des forces progressistes et d'Option citoyenne à quelques reprises au cours de l'année 2005 afin d'élaborer les scénarios possibles pour assurer la fusion des deux entités.

Le 13 février 2006, le DGEQ a autorisé le changement de nom du parti de l'Union des forces progressistes qui est devenu Québec solidaire.

Fin juillet 2006 une controverse a éclaté quand un journal local a cité Ginette Lewis, candidate de Québec solidaire. Selon ce journal, dans une déclaration publique, madame Lewis disait son admiration pour l'organisation terroriste Hezbollaz disant lui donner un «appui inconditionnel», vantant sa «résistance féroce» et disant que l'organisation radicale musulmane était «un signe d'espoir».

Françoise David, le porte-parole officiel du parti, a dissocié le parti des déclarations de Lewis le jour suivant, soulignant que le QS est un parti pacifiste. Cependant, Ginette Lewis n'a pas renié ses déclarations, prétendant qu'elle avait été citée de façon inexacte : «je n'ai jamais soutenu le Hezbollah. J'ai dit que j'étais sur le côté de solidarité, la justice et la paix ».

En entrevue à La Presse en 2006, Amir Khadir a déclaré qu'il n'était pas convaincu de l'explication officielle des États-Unis concernant les attentats du 11 septembre 2001 et se disait en faveur d'une enquête internationale, au regard de la théorie du complot concernant ces attaques.

Le député nouvellement élu de Québec solidaire dans Mercier a également été critiqué pour avoir lancé des chaussures sur une effigie du président des États-Unis, George W. Bush, lors d'une manifestation tenue le 20 décembre 2008 à Montréal, en réaction au geste du journaliste irakien Muntadhar al-Zeidi, qui avait lancé des chaussures au président lors d'une visite de ce dernier en Irak, quelques jours plus tôt.

Québec solidaire espère s'attirer les électeurs écologistes, de gauche, féministes, altermondialistes, et les réformateurs démocratiques. Le parti pourrait atténuer l'appui au Parti québécois, qui est le principal véhicule politique des souverainistes au Québec. Mis à part le fait que Québec solidaire se situe à gauche sur l'échiquier politique, la principale différence entre les deux partis est la façon dont ils conçoivent le projet souverainiste. Selon le Parti québécois, la construction d'une société progressiste ne peut se réaliser tant et aussi longtemps que le Québec sera dans la fédération canadienne ; la souveraineté passe donc avant toute chose. De plus, le Parti Québécois unit des gens de gauche et de droite dans l'atteinte de son option fondamentale, la souveraineté politique du Québec. Pour Québec solidaire, la lutte nationale et la lutte pour la justice sociale vont de pair : la première est un outil pour mener à terme la deuxième. Québec solidaire croit que la souveraineté doit être autant politique, qu'économique, culturelle et sociale. De plus, Québec solidaire propose de créer une assemblée constituante élue par la population, chargée de rédiger une constitution pour un Québec souverain, qui serait soumise lors d'un référendum sur la souveraineté du Québec.

L'apparition de Québec solidaire fait réagir le Parti québécois, historiquement le principal parti souverainiste au Québec. Alors que certains, comme Jean-Pierre Charbonneau, encouragent à créer une forme d'alliance entre les deux partis pour ne pas diviser le vote souverainiste, d'autres ferment la porte sans hésiter, dont André Boisclair, chef du parti de novembre 2005 à mai 2007. Sa principale rivale lors de la course à la chefferie, Pauline Marois, qui appelait alors à une alliance quelconque entre le parti QS et le PQ, refuse maintenant de donner son avis sur la question. Cette dernière a quitté la vie politique le 20 mars 2006, mais est revenue à l'été 2007 lorsqu'elle a été couronnée chef du Parti Québécois.

Le 10 avril 2006, Québec solidaire participait à sa première élection partielle dans la circonscription de Sainte-Marie—Saint-Jacques. La candidate de Québec solidaire, Manon Massé, a remporté 22 % des voix, terminant ainsi troisième. Le Parti libéral du Québec a terminé deuxième avec quelques points de pourcentage de plus et le Parti québécois premier avec un peu plus de 40 % des voix. Le Parti vert du Québec, l'Action démocratique du Québec, ainsi que deux candidats indépendants participaient également à cette élection.

Le 14 août de la même année, Québec solidaire participa aux élections partielles dans les circonscriptions de Pointe-aux-Trembles et de Taillon. Le chef du PQ, André Boisclair, participait à l'élection dans cette première circonscription. Le PLQ et l'ADQ ne lui opposant pas de candidat, il a remporté l'élection haut la main. Québec solidaire a terminé troisième, derrière le Parti vert, avec 8 % des votes exprimés en sa faveur. Dans Taillon, Québec solidaire a terminé quatrième, derrière le PQ, le PLQ et l'ADQ, avec 7 % des voix. Malgré que les journalistes y ont perçu un recul par rapport au score de 22 % obtenu dans Sainte-Marie—Saint-Jacques. Françoise David y voit au contraire une progression, puisque l'UFP avait reçu un résultat bien moindre lors de l'élection générale de 2003 dans ces deux circonscriptions. De plus, ces deux circonscriptions n'ont pas le même profil socio-économique que Sainte-Marie-Saint-Jacques.

Au mois de mai 2008, QS a participé aux élections partielles dans Hull, Bourget et à nouveau dans Pointe-aux-Trembles. Dans la circonscription de Hull, Bill Clennett a recueilli 9,70 % des votes, terminant troisième. C'est la candidate libérale qui a remporté la victoire. Dans la circonscription de Bourget, le candidat solidaire a recueilli 4,33% des votes. Enfin, dans la circonscription de Pointe-aux-Trembles, la candidate de Québec solidaire , a obtenu 1,65% des votes. Il s'agit donc là d'un net recul par rapport à l'élection partielle qui s'était tenue dans cette même circonscription deux ans plus tôt.

Lors des élections de 2007, Québec solidaire souhaitait présenter des candidates et des candidats dans chacune des 125 circonscriptions québécoises. Le parti a finalement trouvé 123 candidats et candidates et plus de la moitié d'entre eux étaient des femmes, 65 pour être plus précis, une première pour un parti politique en Amérique du Nord. Françoise David était candidate dans la circonscription montréalaise de Gouin, alors qu'Amir Khadir était candidat dans la circonscription de Mercier.

En 2003, le Parti vert du Québec avait évité de présenter des candidats au scrutin là où se présentaient des candidats UFP, tout en se réservant le droit de contester n'importe quelle circonscription. Lors des élections de 2007, considérant le fait que leur parti récoltait maintenant selon les sondages plus d'intentions de vote que Québec solidaire, les Verts avaient la nette intention de faire cavalier seul et de présenter des candidats dans le plus de circonscriptions possible. Ils en ont finalement présenté 108.

Quant au Parti communiste du Québec qui fait partie de Québec solidaire en tant que collectif, celui-ci a décidé de ne pas présenter de candidats et de candidates lors de cette élection et de plutôt appuyer ceux et celles de Québec solidaire. Il faut préciser que le PCQ était l'un des partis fondateurs de l'UFP, ancêtre de Québec solidaire. Le parti a décidé de ne rester actif qu'afin d'éviter qu'une nouvelle formation politique prenne son nom. Le chef du parti, André Parizeau, Francis Gagnon-Bergmann, membre de l'exécutif central, et Jocelyn Parent ont d'ailleurs été candidats pour QS dans les circonscriptions de l'Acadie, de Blainville et de Mirabel.

Au cours de la campagne, Amir Khadir indiquait que « Québec solidaire pourrait livrer une chaude lutte aux partis traditionnels dans 10 à 15 » comtés électoraux. Selon un analyste du quotidien Le Devoir, « ur la base des résultats obtenus par l'UFP » lors des précédentes élections, « Québec solidaire a les meilleures chances dans Mercier, Taschereau, Joliette, Rosemont et Sainte-Marie-Saint-Jacques ». Amir Khadir estimait par ailleurs que sa collègue, Françoise David, avait de bonnes chances de percer dans la circonscription de Gouin.

Pendant la campagne, le parti de Françoise David et d'Amir Khadir a défendu la plate-forme adoptée l'automne précédent lors de son Congrès d'orientation et intitulée: 25 engagements électoraux pour les 1000 premiers jours d'un gouvernement solidaire. Le 2 mars, les deux porte-parole présentaient le cadre financier d'un gouvernement solidaire.

Le 10 février 2007, pendant la période préélectorale, Québec solidaire a pris position dans le débat entourant les accommodements raisonnables. Françoise David souhaite que cesse « la distinction entre « nous » et « eux », entre Québécois de souche et Néo-Québécois. De plus, le parti a critiqué le fait qu'aucune femme ne fut nommée par le premier ministre Jean Charest pour diriger la Commission sur les accommodements raisonnables, alors que la plupart des accommodements religieux déraisonnables exposés dernièrement s'attaquaient au principe de l'égalité entre les hommes et les femmes. Enfin, Amir Khadir a averti « les démagogues en mal de récolte électorale font fausse route en attisant les tensions », pointant explicitement du doigt Mario Dumont et son parti.

Par ailleurs, malgré ses multiples demandes, Québec solidaire n'a pas pu participer au Débat des chefs, qui a eu lieu pour la première fois à Québec.

QS a reçu de nombreux appuis au cours de la campagne électorale : Laure Waridel, écosociologue et ex-présidente d'Équiterre, Luck Mervil, Serge Mongeau, Richard Desjardins, Omar Aktouf, Nycole Turmel, Gaétan Breton, Louis Gill, professeur retraité en économie à l'UQAM, Jean-Marc Piotte, Paul Ahmarani, Richard Thériault, Anne Latendresse, professeure de géographie à l'UQAM, Yvon Deschamps, artiste, le groupe punk MAP...

Le 26 mars 2007, Québec solidaire a participé à sa première élection générale. Le parti n'a pas réussi à faire élire de député, mais a récolté 144 418 voix en sa faveur, soit 3,64 % des votes exprimés. Amir Khadir a recueilli plus de 29 % des votes dans Mercier, terminant ainsi deuxième derrière le péquiste Daniel Turp, qui a recueilli un peu plus du tiers des votes, et avec une avance de 10 points de pourcentage sur la candidate libérale Nathalie Rochefort. Mme Rochefort avait été élue dans la même circonscription lors d'une élection partielle en 2001 pour ensuite être défaite en 2003 par le candidat péquiste. Françoise David est elle aussi terminée deuxième dans sa circonscription de Gouin, recueillant plus de 26 % des suffrages, soit près de 8% de plus que la candidate libérale Nathalie Rivard.

Contrairement aux élections du 26 mars 2007, Québec solidaire a décidé de ne pas présenter de candidats dans la circonscription de Notre-Dame-de-Grâce, là où le Parti vert avait enregistré son meilleur score. Ce dernier avait alors obtenu 15,73% des voix, arrivant deuxième derrière le candidat du Parti libéral. Par ailleurs, Québec solidaire ne présente pas de candidat dans la circonscription de Gatineau et dans celle d'Abitibi-Ouest.

Parmi les candidats de Québec solidaire, on compte notamment André Parizeau dans l'Acadie et Francis Gagnon-Bergmann dans Blainville, respectivement l'ancien et le nouveau chef du Parti communiste du Québec, collectif reconnu au sein de Québec solidaire. Deux autres communistes étaient candidats : Sabrina Perreault, dans Terrebonne, de Jean-Nicolas Denis, dans Bellechasse.

Diverses personnalités publiques ont donné leur appui à Québec solidaire. Parmi celles-ci, on compte Michel Chartrand, Raymond Lévesque, Dany Laferrière, Julius Grey et Judi Richards. Par ailleurs, l'ex-ministre péquiste et ancien député de Mercier, Robert Perreault, a donné son appui à Amir Khadir.

À quelques jours du vote, Radio-Canada affirmait que la lutte était « féroce » dans la circonscription de Mercier entre le péquiste Daniel Turp et le porte-parole masculin de Québec solidaire Amir Khadir. Lors des élections de 2007, environ 1000 votes séparaient les deux candidats. Selon Amir Khadir, « Mercier est un terreau fertile pour son parti en raison de son profil sociodémographique. Ici, près de 30 % des électeurs oeuvrent dans le domaine des arts, de la culture, du loisir ou des sciences sociales ». Selon Michèle Ouimet, journaliste à La Presse, un bénévole du Parti québécois l'ayant rejoint par téléphone par hasard lui a affirmé que Québec solidaire était en avance dans la circonscription de Mercier. Amir Khadir deviendrait ainsi le premier député de ce parti à l'Assemblée nationale.

Dans la circonscription voisine de Gouin, on assiste plutôt à une lutte à trois entre le député péquiste sortant, Nicolas Girard, la porte-parole féminine de Québec solidaire, Françoise David, et la candidate libérale Édith Keays. Cette dernière pourrait être favorisée par la division du vote entre le PQ et QS.

Le 8 décembre 2008, Amir Khadir est devenu le premier député solidaire à l'Assemblée nationale en remportant circonscription de Mercier par 872 voix d'avance sur le député péquiste sortant Daniel Turp. Il a obtenu 8 861 votes (38,06%), contre 7 989 (34,32%) pour M. Turp. La libérale Catherine Emond est arrivé troisième avec 4 940 votes (21,22%). Le Parti vert du Québec, l'ADQ et le Parti indépendantiste sont arrivés respectivement en quatrième, cinquième et sixième places. À l'échelle nationale, Québec solidaire a reçu 3.79 % des votes (123 061), ce qui en pourcentage correspond essentiellement au score qu'il a obtenu lors des élections du 26 mars 2007 (3.6%). Le parti a néanmoins récolté 21 000 votes de moins qu'en 2007, alors que les libéraux et les péquistes recevaient respectivement 49 000 et 14 000 votes supplémentaires.

Quant à Françoise David, elle n'a pas remporté la circonscription de Gouin. Le péquiste sortant Nicolas Girard a remporté l'élection avec 10 276 votes (41,11%), soit une majorité de 2 289 votes sur la candidate de Québec solidaire qui a récolté 7 987 votes (31,95%). La candidate libérale a terminé troisième avec 19,90% des suffrages, suivie respectivement par la candidate adéquiste, le candidat du Parti vert et le candidat du Parti indépendantiste.

Outre Mercier et Gouin, Québec solidaire a obtenu ses meilleurs résultats dans Sainte-Marie-Saint-Jacques avec Manon Massé, dans Rosemont avec François Saillant, coordonnateur du FRAPRU, dans Hochelaga-Maisonneuve avec Serge Mongeau, dans Hull avec Bill Clennett, dans Taschereau (Québec) avec Serge Roy et dans Laurier-Dorion avec Rhuba Gazal. Ce sont toutes des circonscriptions établies dans des milieux urbains, principalement Montréal.

Économie verte et sociale QS souhaite développer le transport en commun et le transport de marchandises, nationaliser l'éolien et développer les énergies renouvelables. Les ports méthaniers seraient interdits. Un gouvernement solidaire prendrait des mesures pour rendre les bâtiments moins énergivores, favoriser le compostage et le recyclage et mettre en oeuvre une politique de souveraineté alimentaire. Le mandat de la Caisse de dépôt et placement serait révisé afin qu'elle mette l'accent sur le développement d'une économie respectant des valeurs vertes et sociales. Les CAAF et l'Agence des partenariats publics-privés seraient abolis. Les sociétés publiques et parapubliques seraient appelées à favoriser l'achat local. Par ailleurs, Québec solidaire souhaite augmenter l'impôt des entreprises et des particuliers.

Lutte contre la pauvreté QS souhaite augmenter le salaire minimum, demander au gouvernement fédéral d'hausser ses transferts et construire 50 000 logements sociaux. Québec solidaire souhaite protéger 12% du territoire québécois, donner trois semaines de congés par année à tous, abroger les « lois antisyndicales » du gouvernement Charest, aider les organismes communautaires et adopter une loi anti-SLAPP.

Défense du secteur public QS souhaite lutter contre l'ouverture au privé dans la santé et créer Pharma-Québec, un fabricant public de médicaments génériques afin de faire baisser les coûts reliés aux médicaments pour l'État. L'éducation serait gratuite, y compris à l'université. Un gouvernement solidaire cherchera à trouver des « alternatives à la judiciarisation et à l’incarcération de personnes ou de groupes vulnérables ».

Lutte contre la discrimination QS reconnaît l'égalité entre les hommes et les femmes et souhaiterait aider les groupes de défense des femmes. Un gouvernement formé par ce parti faciliterait l'intégration des immigrants notamment en misant sur la discrimination positive au sein des institutions publiques, renforcerait la Commission des droits de la personne et laisserait plus de place aux immigrants et aux femmes dans les cours d'histoire. QS opte pour la « laïcité interculturelle » et reconnaît les accommodements raisonnables. Enfin, un gouvernement solidaire laisserait plus de place aux handicapés.

Mise en place d'une politique familiale QS veut faire dont de plusieurs allocutions aux parents. 25 000 places en garderies seraient instituées. On aiderait les aînés.

Défense du français et de la culture québécoise QS veut étendre la portée de la Loi 101 aux entreprises de 25 à 50 employés et faciliter la francisation des immigrants. L'accès aux arts serait facilité et l'on instituerait « un véritable réseau de télédiffusion public ».

Faire du Québec un pays souverain QS fera la promotion de la souveraineté au Québec et sur la scène mondiale. S'il est porté au gouvernement, on procédera à l'élection d'une assemblée constituante chargée de rédiger une constitution et de statuer sur l'avenir du Québec. Le tout sera suivi d'un référendum. QS veut négocier d'égal à égal avec les autochtones. On remplacerait le mode de scrutin actuel par un mode de scrutin proportionnel mixte et compensatoire.

Développer une solidarité internationale QS reconnaîtra les droits des peuples autochtones et prendra les mesures nécessaires pour aider à leur développement. Un gouvernement solidaire développera des liens avec les « gouvernements progressistes » et s'opposera aux traités de l'ALÉNA, de la ZLÉA et du PSP. Enfin, QS prendra diverses mesures pour s'opposer à la guerre en général, dont celle en Afghanistan.

Toutes ces mesures seraient financées par une fiscalité plus progressiste, le retour de la taxe sur le capital et des mesures pour combattre l'évasion fiscale, principalement des entreprises.

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Manifeste pour un Québec solidaire

Pour un Québec solidaire est un manifeste à tendance progressiste publié le 1er novembre 2005 au Québec en guise de réponse au Manifeste pour un Québec lucide. Il remet en cause les conclusions jugées alarmistes du manifeste dit "lucide" notamment en ce qui a trait au fardeau de la dette, de la faible natalité, de la concurrence économique asiatique et du vieillissement de la population. Sans pour autant réfuter l'existence de ces problèmes, les signataires proposent une vision plus sociale, écologiste et altermondialiste des enjeux. Ils jugent que le problème est la mauvaise répartition de la richesse plutôt que sa création.

Les résultats de ce sondage ont visiblement déçu le président de la maison de sondage CROP, Alain Giguère, mais ont plutôt réjoui Françoise David, porte-parole femme de Québec solidaire et co-signataire du Manifeste pour un Québec solidaire.

Les québecois ont fait élire 41 députés adéquistes durant les élections générales de 2007 tandis que ceux de Québec solidaire n'ont obtenu qu'un très faible pourcentage des voix, ce qui laisse présager que les québecois ne sont pas nécessairement de gauche. Cependant, il faut tenir compte que Québec solidaire existe depuis 2006, tandis que l'Action démocratique du Québec existe depuis 1994.

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Québec

Le palais de justice de la Cour d'appel du Québec à Montréal.

Le Québec (API : /kebɛk/) est une province de l’est du Canada, bordée au nord par le Nunavut, à l’ouest par l’Ontario, au sud par les états américains du Maine, du New Hampshire, du Vermont et de New York, et à l’est par les provinces du Nouveau-Brunswick, de la Nouvelle-Écosse, de l’Île-du-Prince-Édouard et de Terre-Neuve-et-Labrador. Sa capitale est la ville de Québec et son agglomération principale est Montréal. Le Québec est la province ayant le plus grand territoire (1 667 441 km2) et il occupe le deuxième rang en population au Canada (7 744 530 habitants). Il était l'une des quatre provinces fondatrices de la Confédération canadienne en 1867. Il est aussi la province avec la deuxième plus grande économie, après l'Ontario.

La Chambre des communes du Canada et l’Assemblée nationale du Québec ont, chacune à leur façon, adopté une résolution déclarant que les Québécois forment une nation,.

Au Québec, le droit commun, en matière de droit privé, est établi par le Code civil du Québec, d’inspiration française, tandis qu’ailleurs au Canada, c’est le système de la common law qui est en vigueur.

Quelque 80 % des Québécois sont de langue maternelle française qui est la langue officielle de la province. L’anglais est la langue maternelle de près de 8 % de la population ; malgré leur déclin démographique, 71 % des Anglo-Québécois se considèrent bilingues, c’est-à-dire qu’ils ont une maîtrise suffisante du français pour soutenir une conversation. Quant aux allophones, ils comptent pour près de 12 % des Québécois ; la langue qu’ils utilisent le plus souvent à la maison est le français pour 51 % d’entre eux, et pour 71 % de ceux dont l'arrivée dans la province est plus récente (depuis 1971). On recense 159 905 autochtones au Québec, soit 2,2 % de la population, dont 9 600 Inuits vivant au Nunavik (le Grand Nord québécois).

L’aérospatiale, les biotechnologies, l’industrie pharmaceutique, le génie-conseil, la métallurgie, les technologies de l’information et l’industrie culturelle sont parmi les secteurs clés de l’économie post-industrielle diversifiée du Québec moderne. Étant donné leur grande disponibilité, les ressources naturelles demeurent un important facteur de création de richesse.

Au fil du temps, le nom connut plusieurs orthographes : Qvebecq, Quebeck, Kébec, Quebec et Kebbek.

Le Québec occupe une position dominante dans l’est du continent nord-américain. D’une superficie de 1 667 441 km2, le Québec pourrait contenir près de trois fois la France métropolitaine,, cinq fois l’Allemagne et le Japon, ou encore quarante fois la Suisse.

Du sud au nord, le Québec s’étend sur un peu plus de 17 degrés de latitude, et de l’est à l’ouest, sur plus de 22 degrés de longitude.

Il partage une frontière avec quatre États du nord-est des États-Unis – l’État de New York, le Vermont, le New Hampshire et le Maine – ; trois provinces canadiennes – Terre-Neuve-et-Labrador, le Nouveau-Brunswick et l’Ontario ; en plus d’une frontière maritime avec le territoire du Nunavut.

Vu de l’espace, le Québec se démarque par l’abondance de ses cours d’eau. En effet, le Québec dispose d’une des plus importantes réserves d’eau douce du monde, qui occupe 12 % de sa superficie totale. Il possède sur son territoire 3 % de l’eau douce renouvelable du globe, alors qu’il ne représente qu’un dixième de 1 % de la population. Pas moins d’un demi-million de lacs – dont 30 d’une superficie supérieure à 250 km2 – et 4 500 rivières déversent leurs torrents dans l’Atlantique, par le golfe du Saint-Laurent, et dans l’océan Arctique, par les baies James, d’Hudson et d’Ungava.

Quatre saisons très contrastées se succèdent au Québec, dont un printemps doux et bref et un automne frais et coloré. Les saisons les plus marquées restent l’été et l’hiver. Les étés sont chauds et souvent très humides. La période chaude dure environ 2 mois, et est témoin de nombreuses fêtes et festivals dans la ville. Les hivers sont froids, assez longs (neige au sol généralement de novembre à avril), très neigeux, et humides eux aussi. Les températures varient énormément, pouvant atteindre les 35 °C en été, et descendre jusque sous la barre des -40 °C en hiver. Ces données sont pour le sud du Québec, dans la vallée du Saint-Laurent, où la quasi-totalité de la population se concentre. Au nord de la ville de Québec, à l'exception du Saguenay–Lac-Saint-Jean, le climat devient de plus en plus rude, ce qui empêche notamment l'agriculture.

Ce climat et les conditions du sol sont propices à la croissance d’une forêt dense sur une grande partie du territoire. On estime que la forêt québécoise s’étend sur 750 300 km2. Au nord de la ville de Québec, cette forêt est composée de conifères comme le sapin, le pin et l’épinette. En se rapprochant du fleuve vers le sud, s’ajoutent graduellement le bouleau blanc, puis le bouleau jaune et d’autres feuillus. Le sud du Saint-Laurent possède une forêt mixte, composée d’essences comme l’érable, le bouleau jaune, le tilleul et le caryer cordiforme.

Si le Québec est vaste, il est néanmoins très faiblement peuplé (densité de 4,9 habitants par kilomètre carré) et la répartition de la population est très inégale. Le nord du Québec est très peu peuplé alors que 80 % de la population québécoise vit près des rives du fleuve Saint-Laurent. Ainsi, en 2006, pas moins de 1 873 971 personnes s’agglutinaient dans les 498 km2 de l’île de Montréal (pour une densité de 3 761,6 hab./km²). En revanche, seulement 40 637 Québécois habitaient la région du Nord-du-Québec, qui compte pourtant pour 43 % du territoire. Le territoire du Québec est par ailleurs constitué de terres publiques, officiellement nommées les terres du domaine de l'État, qui composent environ 92% de sa superficie totale à l'inverse des terres privées sur lesquelles vit la grande majorité de la population.

Les premiers occupants humains – ceux qui, dans la terminologie officielle datant de la fin du XXe siècle, sont nommés Amérindiens ou Premières nations – se seraient établis dans ce qu’on appelle aujourd’hui le Québec il y a 10 000 ou 11 000 ans, au terme d’un long périple qui a accompagné la fin de la dernière période glaciaire.

Ces nomades, partis de l’Asie il y a 20 000 ans, auraient, selon l’hypothèse encore acceptée en ce début de XXIe siècle, traversé le détroit de Béring, pour ensuite traverser l’Amérique du Nord et s’établir dans différentes régions du continent américain.

De cette colonisation progressive, des groupes ethnoculturels distincts ont émergé pour donner naissance à 3 groupes autochtones (les Iroquoiens, les Algonquiens et les Inuits), divisés en 11 nations amérindiennes et la nation inuit – reconnues officiellement par le gouvernement du Québec. Les dix nations amérindiennes incluent les Innus, les Micmacs, les Malécites, les Abénaquis, les Atikamekws, les Naskapis, les Algonquins, les Cris, les Hurons-Wendat et les Mohawks.

Il existe plusieurs familles autochtones, mais il faut distinguer les nations dites « nomades » (les Algonquiens, par exemple les Cris et les Innus) de celles plus « sédentaires » (les Iroquoiens, par exemple, les Mohawks et les Hurons-Wendat). Ces dernières ont une tradition d’organisation sociale plus importante. Les nations dites « nomades », quant à elles, suivent la migration des troupeaux d’animaux qui leur servent de proie, comme le bison, l’orignal ou le phoque.

Traditionnellement, les Algonquiens et les Inuits vivent en petits groupes de chasse et de pêche, alors que les Mohawks et les Hurons ont opté pour une organisation matriarcale basée sur la « cabane longue », ou « longue maison » (une traduction littérale de l’expression « longhouse »), qui regroupe plusieurs familles sous l’autorité d’une doyenne.

Avant l’arrivée des premiers Européens, les nations autochtones du Québec, comme celles du reste de l’Amérique du Nord, ne forment pas un front monolithique. Même lorsque plusieurs nations iroquoises sont alliées, comme c’est le cas des Cinq-Nations (une alliance Iroquoienne), la fin des hostilités avec un des membres de la confédération n’interrompt pas nécessairement le conflit avec les autres nations qui auraient pu être partie prenante au conflit.

L’historiographie contemporaine rapporte que le premier contact entre les nations autochtones et des explorateurs venus d’Europe remonte au Xe siècle. Il est maintenant admis que les Vikings furent les premiers à entrer en contact avec les Amérindiens et les Inuits, à Terre-Neuve, au Labrador, sur l’Île de Baffin et au Groenland. Cependant, les établissements scandinaves furent finalement abandonnés.

Il fallut la chute de Constantinople, le 29 mai 1453, pour pousser les monarchies européennes à considérer des alternatives pouvant faciliter la poursuite du commerce des épices avec l’Orient. La recherche de la route des Indes a autant motivé les Portugais et les Espagnols, au sud, que les Anglais et les Français, au nord. Mandaté par le monarque anglais, Jean Cabot aurait circulé dans le golfe du Saint-Laurent en 1497.

Contrairement aux autres puissances de l’époque, la France tarde à entreprendre un programme d’exploration, d’autant plus que les guerres d’Italie, au début du XVIe siècle, accaparent l’attention du souverain. Financé par des banquiers italiens de Lyon, et avec la permission de François Ier, Giovanni da Verrazano entreprend, en 1524, la quête d’un passage vers l’ouest entre la Floride et Terre-Neuve. Il ne trouvera pas le passage désiré, mais sa reconnaissance de la côte est américaine lui permettra de rapporter des cartes d’une terre alors inconnue.

Considéré comme le premier explorateur européen en terre canadienne, Jacques Cartier est parti de Saint-Malo le 20 avril 1534, avec 61 hommes sur deux navires. La même année, il planta une croix à Gaspé. Puis, en 1535, il navigua sur le fleuve Saint-Laurent lors d’un second périple. Cartier s’aventura jusqu’au village d’Hochelaga (aujourd’hui Montréal). L’équipage passa l’hiver à Stadaconé (aujourd’hui Québec) : 20 personnes moururent du scorbut avant que Cartier n’obtienne des Iroquoiens du Saint-Laurent une recette à base de feuilles de thuya (appelé cèdre au Québec) contre cette maladie.

En 1540, le Royaume de France, décidé à établir une colonie, donna le commandement d’une nouvelle expédition à Jean-François de La Rocque de Roberval. La nouvelle colonie connut un hiver difficile, qui coûta la vie à plus de 50 individus. Ayant d’autres préoccupations, en particulier les guerres européennes, la France cessa, durant le demi-siècle suivant, de s’intéresser au Canada. Certains auteurs-historiens font référence à la période de 1524 à 1603 comme en étant une de vaines tentatives, soit jusqu'à l'arrivée de Samuel de Champlain, trois ans après l'établissement du premier comptoir commercial à Tadoussac.

Les débuts de la Nouvelle-France, et, par le fait même, du Canada, province de cette colonie, remontent à 1600. De fait, cette date correspond à la fondation, par Pierre de Chauvin, Sieur de Tonnetuit, du comptoir de Tadoussac, soit du premier établissement français en Amérique du Nord.

En 1603, les premiers colons français, menés par Samuel de Champlain, s’allièrent aux tribus amérindiennes des Hurons-Wendats et des Algonquins contre les Iroquois. À cette époque, on comptait environ 30 000 Wendats et 15 000 Iroquois, mais une série d’épidémies abaissa la population des Wendats à 12 000, tandis que celle des Iroquois demeura inchangée. En 1608, le père de la Nouvelle-France, Samuel de Champlain, fondait la ville de Québec, alors utilisée comme simple comptoir de traite.

En 1627, la création, par le cardinal de Richelieu, de la Compagnie de la Nouvelle-France (ou Compagnie des Cent-Associés) permit à cent actionnaires de développer le Canada. L’année suivante, cette compagnie lançait sa première expédition. Celle-ci, qui comptait 400 personnes, ne parvint jamais à destination, tombant entre les mains des Britanniques.

De 1629 à 1632, suite à la capitulation de Québec face aux frères Kirke, les Anglais occupèrent le territoire de l’Acadie et de ce qui, aujourd’hui, constitue le Québec. Samuel de Champlain fut fait prisonnier et il s’ensuivit la faillite de la Compagnie des Cent-Associés. À la suite du traité de Saint-Germain-en-Laye, en 1632, le Royaume de France reprit toutefois possession de la colonie. Deux ans plus tard, la ville de Trois-Rivières était fondée.

En 1640, la Nouvelle-France ne comptait que 500 personnes. Les guerres iroquoises et les maladies étaient les principales causes de mortalité dans la colonie. En 1642, Paul de Chomedey de Maisonneuve fonda Ville-Marie (future Montréal). À l’époque, il ne s’agissait que d’un fort servant de protection contre les attaques des Iroquois (la première grande guerre iroquoise dura de 1642 à 1667).

De 1627 à 1663, la population passa de 100 habitants à quelque 2 500. En 35 ans, environ 1 250 immigrants français vinrent se joindre à la colonie. Pour ce qui est de la natalité, elle doubla le contingent.

Durant cette période, les immigrants vinrent de l’Île-de-France et des provinces du nord-ouest, du centre-ouest et du sud-ouest de la France (la Normandie, l’Aunis, le comté du Perche, le Poitou, le Maine, la Saintonge, l’Anjou et la Bretagne). Les régions du Midi et des Alpes françaises, quant à elles, ne participèrent que très peu.

En 1663, le ministre français de la marine, Jean-Baptiste Colbert, et le roi Louis XIV, mirent en place un gouvernement royal en Nouvelle-France. Ainsi, le territoire devait être administré comme une province française, c’est-à-dire par un gouverneur.

Deux ans plus tard, le régiment de Carignan-Salières (régiment d’élite) arriva dans la colonie. Ce régiment, envoyé par le roi de France, devait vaincre les Iroquois.

En 1666, l’intendant de la Nouvelle-France, Jean Talon, organisa un premier recensement, dénombrant 3 215 habitants. Grâce aux politiques d’encouragement des naissances de Talon, ainsi qu’à l’envoi, par Louis XIV, d'environ 770 jeunes filles à marier entre 1663 et 1673 (les fameuses Filles du Roi), la population de la colonie passa, en 1672, à 6 700 habitants.

En 1684, encouragés par les Britanniques, les Iroquois dirigèrent une seconde série d’attaques contre les établissements français. Puis, en 1686, les Français s’emparèrent de trois forts anglais de la baie d’Hudson. Peu de temps après, soit en 1690, ils menèrent, sous la gouvernance de Frontenac, une série de raids contre des postes de la Nouvelle-Angleterre. Du même coup, ils chassèrent les Anglais de l’Acadie et de Terre-Neuve.

En 1697, la France et l’Angleterre signèrent le traité de Ryswick, mettant fin à la première guerre intercoloniale. Puis, à l’aube des années 1700, Français et Iroquois s’entendirent pour faire la paix. Enfin, avec la signature des traités d’Utrecht (1713), la France céda à la Grande-Bretagne l’Acadie (actuelle Nouvelle-Écosse), Terre-Neuve et la baie d’Hudson.

La guerre de Sept Ans (1756–1763), entre la Grande-Bretagne et la France, prit un tournant décisif en Amérique du Nord. En effet, les colonies britanniques s’unirent pour en finir avec la Nouvelle-France.

Dès 1755, les Britanniques déportèrent plus de 7 000 Acadiens, soit la plupart des Français établis en Nouvelle-Écosse. Craignant leur intervention dans le conflit, le lieutenant-gouverneur de cette province, Charles Lawrence, privilégia en effet cette mesure. De tous les exilés, bon nombre furent transportés plus au sud, vers la côte américaine.

En 1756, Louis-Joseph de Montcalm, général français, arriva en Nouvelle-France avec 3 000 hommes. Trois ans plus tard, James Wolfe, son homologue britannique, jetait l’ancre près de Québec.

Wolfe et son armée assiégèrent Québec pendant dix semaines. Puis, au terme d’une célèbre bataille, près de la ville (bataille des Plaines d’Abraham), les Français durent capituler. Quant à Wolfe et Montcalm, ils furent mortellement blessés durant le combat.

Le printemps suivant, le général Lévis, fort d’une nouvelle armée en provenance de Montréal, poussa les Britanniques à se retrancher, assiégés, dans Québec. Toutefois, cette victoire ne fut pas décisive : les Britanniques bénéficièrent eux aussi de renforts, puis s’emparèrent de Montréal et de Trois-Rivières, prenant pour de bon possession de la Nouvelle-France.

La Grande-Bretagne prit possession de la Nouvelle-France proclamée par le traité de Paris en 1763 qui mit fin à la guerre de Sept Ans. Celle-ci avait vu la destruction de parties importantes du Québec (Québec, Côte-du-Sud, Bas-du-Fleuve) et surtout le drame du Grand Dérangement. Un grand nombre d’Acadiens fuirent cette déportation qui sépara les familles à jamais et provoqua une forte mortalité, en se réfugiant au Québec. Il y aurait un million de Québécois aujourd’hui qui auraient en partie des origines acadiennes.

Au Traité de Paris de 1763, la France sauvait les meubles en Europe, mais perdait son premier empire colonial, aux Indes et en Amérique. Suite à ce traité, plusieurs colons français retournèrent en France, dont toute l’élite et la bourgeoisie canadienne française, abandonnant les 60 000 habitants et causant une blessure qui perdure dans le Québec moderne. Les habitants restants se tournèrent alors vers le clergé, au lieu de prêter allégeance à l’Angleterre.

Le roi Louis XV et ses conseillers tâchèrent de se consoler en conservant la Guadeloupe et les îles à sucre et en minimisant la perte du Canada, alors considéré comme une colonie coûteuse, un vaste territoire de glace sans grande importance pour le royaume de France. De plus, Louis XV considérait alors que la rivalité avec les britanniques se déciderait en Europe et que pour cette raison il ne fallait pas se disperser dans des guerres périphériques. Seules les îles de Saint-Pierre-et-Miquelon restèrent françaises (pour permettre aux Français de pêcher en Amérique). Mais la France ne tarda pas à vouloir prendre sa revanche en aidant les États-Unis dans la guerre d’Indépendance.

La Grande-Bretagne, alors souveraine, rédigea une constitution (la Proclamation Royale) pour la Nouvelle-France qui devint la « Province of Quebec » (qui se traduit en français par « Colonie de Québec », car le terme Province de Québec désignera plus tard la province dans le Canada). Cette constitution prévoyait l’assimilation à plus ou moins long terme des Canadiens français. Les catholiques étaient aussi dépourvus de droits que ceux d’Irlande : toutes les fonctions publiques étaient réservées à la très petite minorité de protestants. L’Armée britannique se partageait un grand nombre de seigneuries, tandis que le fonctionnement des écoles québécoises était compromis, notamment par la fermeture à l’Église catholique. Ainsi, pendant 200 ans, les Canadiens français furent privés de contact avec la France, et brimés dans leurs droits à la langue et la religion.

Jusqu’en 1766, les Britanniques luttèrent contre des tribus amérindiennes (tels que les Abénaquis) alliées à la France qui se révoltèrent sous la direction du chef Pontiac. Pour éviter que les troubles dans les colonies américaines ne se répandent jusqu’au Canada, le gouvernement britannique décida d’être plus ouvert face aux Canadiens (français) et révoqua la Proclamation Royale qui, entre autres, faisait de la religion protestante la seule religion officielle. En 1774, on rédigea l’Acte de Québec qui venait atténuer les velléités d’assimilation exprimées 11 ans plus tôt et établissait les droits du peuple canadien dont la langue française, le droit civil et la religion catholique et qui agrandissait le territoire de la province (elle engloba les Grands Lacs et s’étendit même jusqu’à Saint-Louis). Cette nouvelle constitution, rédigée suite à l’indépendance américaine, visait à réduire le mouvement indépendantiste au Canada, afin de conserver une colonie en Amérique.

Les Américains (avec à leur tête Montgomery et Arnold) décidèrent de rallier les Canadiens par la force à leur lutte pour l’indépendance. Ils commencèrent l’invasion de la province de Québec en 1774 (toute la région de Montréal passa entre leurs mains), mais, l’année suivante, ils échouèrent dans leur tentative de prendre la ville de Québec. Des renforts britanniques arrivèrent en grand nombre et les Américains furent forcés de quitter la province. Les Canadiens français restèrent plutôt neutres dans le conflit, suivant les recommandations de l’Église catholique qui prenait le parti des Britanniques. Suite à l’indépendance américaine, des Loyalistes américains s’installèrent au Québec. Insatisfaits des nombreux droits accordés aux Canadiens (français), les Anglais demandèrent des réformes et on leur répondit par l’Acte constitutionnel de 1791 qui divisait le territoire depuis la rivière des Outaouais, créant le Haut-Canada (l’Ontario d’aujourd’hui) et le Bas-Canada (le Québec d’aujourd’hui). Le parlementarisme britannique fut adopté, mais les limites du système colonial furent très vite critiquées et contestées.

En 1834, des membres du Parti Patriote (tels les Papineau, Elzéar Bédard et Augustin-Norbert Morin) rédigèrent et présentèrent, à titre de programme politique et de revendications, 92 résolutions qui exprimaient une véritable perte de confiance dans les institutions monarchiques britanniques. Pour contrer ce pouvoir monarchique abusif envers les Canadiens français, Papineau et son Parti réclamaient un gouvernement responsable élu qui contrôlerait les revenus et voterait les lois du Bas-Canada. En 1835, Lord Gosford arriva à Québec pour tenter de se lier rapidement avec les patriotes, ayant reçu le mandat de se concilier l’Assemblée. Mais en 1837, ayant épuisé toutes les stratégies pacifiques et devant un refus catégorique de Londres de considérer les 92 résolutions, le Parti Patriote tourna en faveur d’une rébellion armée. Simultanément, certains Britanniques rebelles du Haut-Canada aspiraient aux mêmes revendications, soit obtenir des gouvernements responsables (c’est-à-dire des gens élus qui prendraient les décisions à la place d’un gouverneur imposé par Londres). Le Bas-Canada prit les armes, avec à sa tête Louis-Joseph Papineau (député nationaliste et chef du Parti Patriote). Le Haut-Canada se révolta sous les ordres de William Mackenzie. Ces deux soulèvements furent écrasés par Londres.

La déroute des Patriotes marqua la fin de l’emprise des esprits libéraux sur la société québécoise, le clergé reprenant désormais les commandes et étendant son pouvoir. L’échec du soulèvement bas canadien ne permit pas au peuple d’échapper à l’étau du sous-développement : l’accès aux nouvelles terres demeurait problématique pour les Canadiens (français), puisqu’elles étaient monopolisées par le Family Compact tout comme le commerce avec la Métropole coloniale. C’est alors que commença le formidable mouvement d’émigration canadienne-française aux États-Unis qui marque le XIXe siècle : environ 1 million de Canadiens français émigrèrent vers les États-Unis pour refaire leur vie. On trouve aujourd’hui ainsi des Browns, White et Lavigne comme noms de famille d’origine française aux États-Unis.

Lord Durham fut envoyé par Londres pour faire enquête. Dans son célèbre rapport (le rapport Durham), il recommanda qu’il fallût procéder à l’assimilation intégrale de la collectivité canadienne-française par une unification des deux Canada et l’adoption d’un gouvernement responsable. Son rapport mentionnait entre autres que les Canadiens français étaient un peuple inférieur, sans histoire et sans culture. L’Acte d’Union de 1840 fut voté à Londres. Il donna au Haut-Canada le même nombre de députés qu’au Bas-Canada et fit de l’anglais la seule langue officielle. Le Canada-Uni comptait alors 500 000 anglophones et 600 000 francophones. Le Haut-Canada anglophone et peu peuplé devenait donc l’égal du Bas-Canada francophone fort peuplé, ce qui satisfaisait les intentions assimilationnistes des Britanniques. Lord Durham prévoyait que les anglophones seraient bientôt plus nombreux et qu’ils domineraient ainsi l’Assemblée. Graduellement, les anglophones adoptèrent le nom de « Canadians » (gentilé que les habitants d’origine française se réservaient depuis le XVIIe siècle). En réaction, ceux-ci commencèrent donc à s’appeler les « Canadiens français ».

Les troubles politiques continuèrent, atteignant un nouveau paroxysme en 1849, alors que des émeutiers incendièrent le parlement du Canada-Uni situé à Montréal depuis 1843. Le gouvernement avait voté une loi pour rétablir les droits du français et dédommager les victimes innocentes des troubles de 1837-1838, ce qui enragea des extrémistes britanniques. Le parlement migra alors entre Québec et Toronto jusqu’en 1867.

Ce n’est qu’en 1849 que s’établit le gouvernement responsable par le parti réformiste. Les Canadiens (français) n’étant plus majoritaires, le parti réformiste fut alors dirigé par Robert Baldwin dans le Haut-Canada et Louis-Hippolyte Lafontaine dans le Bas-Canada, ces deux divisions territoriales formant le Canada-Uni. Grâce à l’obtention du gouvernement responsable, un certain calme régna sur la scène politique canadienne. En 1864, les élites politiques entamèrent des discussions concernant une potentielle confédération canadienne. Londres donna alors son appui au projet d’union fédérale et fit même pression sur les gouverneurs en poste dans les colonies pour qu’ils l’acceptent.

Suite à un accord de principe conclu entre le parti conservateur de John Alexander MacDonald et le parti libéral de George Brown, appuyé par George-Étienne Cartier, l’Acte de l’Amérique du Nord britannique créa la confédération canadienne qui fut proclamée le 1er juillet 1867 et à laquelle se joignirent le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse. Elle aboutira en une seconde division administrative qui forma les provinces de Québec et de l’Ontario.

Cet Acte de l’Amérique du Nord britannique (la Loi constitutionnelle de 1867, de son nouveau nom) définit la répartition fondamentale des pouvoirs entre le gouvernement fédéral et les gouvernements provinciaux. Les fondateurs de la confédération canadienne étaient déterminés à créer un gouvernement central fort tout en attribuant d’importants pouvoirs aux assemblées législatives des provinces. Plus précisément, John A. MacDonald avait dû renoncer à ses velléités d’État unitaire entre autres à cause de la détermination de G.-É. Cartier à restaurer un État québécois, provincial certes, mais foyer national où les Canadiens français étaient assurés de conserver la majorité et ainsi une maîtrise de leur destin comme une forme de garantie contre l’assimilation. On attribua au parlement fédéral la responsabilité de la défense et de la politique étrangère, du commerce, des transports, des communications et des terres réservées aux Amérindiens ainsi que des pouvoirs extraordinaires, notamment les pouvoirs résiduaires (la responsabilité de tous les secteurs qui n’ont pas été expressément assignés aux assemblées législatives provinciales), le pouvoir de désaveu (qui lui permettait de désavouer des lois provinciales) ainsi qu’un pouvoir de taxation illimité (ne laissant aux provinces que le pouvoir de percevoir des impôts directs dans les limites du territoire provincial). Les assemblées législatives provinciales reçurent compétence dans les domaines tels que l’éducation, les hôpitaux, la propriété, les droits civils, les ressources naturelles et les « travaux et entreprises d’une nature locale ». Dans deux secteurs, l’immigration et l’agriculture, la compétence fut partagée entre les deux paliers de gouvernement.

La Loi constitutionnelle de 1867 renfermait des dispositions et des clauses spécialement conçues pour préserver et reconnaître le caractère distinct du Québec. Elle consacrait la reconnaissance du Code civil du Québec en ce qui a trait au droit privé comparativement à la Common law britannique en vigueur dans les autres provinces, prévoyait l’utilisation du français et de l’anglais au Parlement ainsi qu’au sein de la Législature et des tribunaux du Québec, et établissait des écoles séparées financées par les fonds publics pour les minorités protestantes et catholiques du Québec et du Canada.

Le 15 juillet 1867, Pierre-Joseph-Olivier Chauveau, du Parti conservateur, devint Premier ministre. Dès 1868, il créa le ministère de l’Instruction publique dont il devint titulaire. Mais ce ministère fut vite dénoncé par le clergé qui rejetait ainsi l’école neutre, gratuite et obligatoire, qu’il crût une menace maçonnique depuis que le Parti patriote en avait instauré le premier développement, anéanti par les conséquences de l’échec des Rébellions. Boucherville abolit le ministère en 1875 et le système de 1867 fut rétabli. En 1876, un candidat libéral de Charlevoix, qui fut défait aux élections à cause de la pression de l’Église sur les électeurs, réussit, à l’aide d’une nouvelle loi fédérale, à faire annuler l’élection. L’année suivante, le Pape envoya son représentant pour forcer l’Église québécoise à minimiser ses interventions dans le domaine électoral. En effet, en 1887, les religieux représentaient 48 % des instituteurs des écoles catholiques.

Après l’échec politique des réformes du républicain Mercier, qui allaient dans le sens du nationalisme économique et de l’instruction publique, son beau-fils et autre premier ministre, Lomer Gouin, entreprit une série de réformes plus modestes, mais également destinées à résoudre les défis du sous-développement canadien-français. C’est ainsi qu’il imposa la fondation d’une série d’écoles professionnelles sous l’égide de l’État provincial, dont les HEC (1905) fut l’une des plus notables, instrument inestimable au service du nationalisme économique au XXe siècle.

En 1910, le petit-fils de Louis-Joseph Papineau, Henri Bourassa, fonda le journal « Le Devoir », qu’il consacra à la défense des Canadiens français. Bourassa s’opposa vigoureusement à l’implication du Canada dans la guerre des Boers (1899). Puis, durant la Première Guerre mondiale, il s’éleva contre le recours à la conscription.

Dans l’ensemble, l’appui des Canadiens français à cette guerre fut assez mitigé. Alors que certains s’enrôlaient dans l’armée canadienne, en autres dans le 22e bataillon (canadien-français), l’ancêtre du Royal 22e Régiment, d’autres luttaient contre la conscription ou le règlement 17 adopté par l’Ontario, qui interdisait l’enseignement du français. Des 400 000 militaires canadiens envoyés outre-mer, plus de 60 000 Canadiens moururent au combat.

La génération Bourassa des nationalistes mit fin à son aventure politique après l’élection de 1911 qui, malgré son succès à renverser Laurier et à faire élire un grand nombre de députés, fut considérée un fiasco puisque la seule alternative était un gouvernement conservateur encore plus impérialiste et anti-français, dirigé par Borden, francophobe et orangiste reconnu. Cependant, elle pouvait mettre quelques réussites à l’actif de son militantisme politique, obtenu non pas à Ottawa, mais lorsque les mêmes, Armand Lavergne et Henri Bourassa notamment, se firent élire à Québec. Lavergne réussit à faire passer une loi en faveur des droits du français dans l’espace public, exigeant notamment des services publics bilingues des compagnies au Québec - à cette époque, le train, le téléphone, etc. ne reconnaissaient pas la langue majoritaire du Québec. Les nationalistes obtinrent également du gouvernement Gouin une loi obligeant à transformer sur place le bois et la pâte à papier du Québec : ce qui multiplia les centres industriels du type Shawinigan. L’espoir étant que le Québec exporterait désormais davantage ses produits finis que sa main d’œuvre aux États-Unis !

Le « successeur » de Bourassa en tant que défenseur des droits de la nation canadienne-française fut l’historien et chanoine Lionel Groulx, considéré par plusieurs comme le père spirituel des indépendantistes québécois. Il n’est pourtant nullement le père de cette aspiration puisqu’elle remonte aux Patriotes (Déclaration d’indépendance de 1838), a été ravivée par le Parti national d’Honoré Mercier au pouvoir de 1886 à 1893. Les préférences de Groulx allaient à l’action politique de LaFontaine et à l’ultramontanisme de Tardivel, dont le roman Pour la Patrie (1895) projetait l’indépendance du Québec en 1950. En 1931, il a obtenu une grande crédibilité en participant à la Première Guerre mondiale et aux négociations qui suivirent, le Canada se vit accorder par le Royaume-Uni une pleine autonomie par le Statut de Westminster (formation du Commonwealth).

En 1936, l’Union nationale, fondée en 1935, prit le pouvoir au Québec. Son chef, Maurice Duplessis, fut au pouvoir jusqu’en 1939, où le premier ministre Godbout gagna avec l'aide du premier ministre fédéral, Mackenzie King. Ce dernier dit à la province de Québec: « Votez pour Godbout et jamais le Canada n'adopteras la Conscription » (Loi obligeant les hommes valides à aller à la guerre). Mackenzie ne tint pas sa promesse et Maurice Duplessis reprît le contrôle du Québec de 1944 à 1959 (année de sa mort). Il se voulut autonomiste, protégeant son esprit conservateur sous le couvert du nationalisme. Duplessis maintint le Québec en retard sur le reste du Canada en matière d’éducation et dans les lois sociales. Le pouvoir religieux occupa une place prépondérante dans les affaires sociales, économiques et politiques du Québec. En effet, l’Église catholique, en étroite collaboration avec le gouvernement, usa de son influence pour convaincre les citoyens de la nécessité de préservation du gouvernement conservateur de Maurice Duplessis, qui prit, en outre, des mesures contre les réformes sociales et le syndicalisme. Après sa mort, le pouvoir de l’Église s’affaiblit rapidement sous le gouvernement libéral de Jean Lesage. Durant les années 1960, le Québec entra dans une grande phase de modernisation accélérée, grâce notamment à une série de réformes d’ordre économique entreprises par le gouvernement Lesage. D’ailleurs, au cours de son premier mandat, il se dota de plusieurs personnes qui formèrent l’équipe du tonnerre, dont René Lévesque, Paul Gérin-Lajoie et Georges-Émile Lapalme. Cette période est généralement qualifiée de Révolution tranquille. Certaines personnes remettent toutefois en question les idées reçues sur l'époque duplessiste.

La Révolution tranquille fut lancée par l’élection du gouvernement Lesage, dont le slogan en 1960 était « Il est temps que ça change » et en 1962 : « Maîtres chez nous ». En 1960, le gouvernement Lesage entama une très vaste et ambitieuse série de réformes, dans les domaines de la politique sociale, de l’éducation, de la santé, du développement économique. René Lévesque convainquit Lesage de rallier Eric Kierans qui permit le développement financier du Québec au service de la majorité, notamment de la Caisse de dépôt. Il ne faut pas oublier non plus l’enjeu principal de la campagne de 1962, la nationalisation de la production électrique : celle-ci était entre les mains d’un oligopole anglais dont étaient exclus tous les non-White Anglo-Saxon Protestant(WASP), donc les Canadiens français. En nationalisant le secteur dans Hydro-Québec, l’initiative de Lévesque permit un essor formidable de l’économie québécoise, mais aussi d’accession des Québécois à des carrières qui leur étaient jusque-là presque inaccessibles.

La modernisation et l’émancipation du Québec ravivèrent l’idée de l’indépendance et le mouvement souverainiste prit corps. Ces revendications indépendantistes se firent plus nombreuses et une Maison Québécoise ouvrit ses portes à Paris en 1961, faisant office de Délégation officielle. Ce mouvement prit une ampleur sans précédent dans la seconde moitié des années 1960, les revendications indépendantistes se faisant largement entendre et s’organisant sous des formes diverses, comme le Rassemblement pour l’indépendance nationale qui lança le slogan : « le Québec libre ».

Le 23 juillet 1967, le général Charles de Gaulle débarqua à Québec en provenance d’un navire de guerre français pour un voyage de quelques jours au Québec. C’était la première visite officielle d’un chef d’État français dans l’ancienne colonie. Ces retrouvailles symboliques franco-québécoises étaient hautement importantes pour les deux pays, bien qu’avec de grandes réserves de la part du gouvernement anglophone canadien. De Gaulle prononça un discours dans la ville de Québec, dans lequel il insistait sur l’identité commune des Français et des Canadiens francophones. Le lendemain, il emprunta le Chemin du Roy qui relie la ville de Québec de celle de Montréal. À chaque étape, il fut salué comme un libérateur par une foule qui agitait des pancartes sur lesquelles était inscrit : « France libre », « Québec libre », « Vive le Canada français ! ». Arrivé à Montréal, il fut reçu par le maire, Jean Drapeau, et s’adressa du balcon de l’hôtel de ville à une foule débordante d’enthousiasme, terminant son discours par les mots célèbres : « Vive Montréal ! Vive le Québec ! Vive le Québec… libre ! Vive le Canada français et vive la France ! ». Selon l’anecdote, rapportée dans les mémoires de ses principaux collaborateurs, mais également de son fils (l’amiral Philippe de Gaulle), il n’était pas prévu par les autorités montréalaises que le Général s’adressât à la foule; au contraire le maire avait prévu une très conventionnelle adresse aux notables dans une simple salle de réception. Quelque peu étonné par le caractère étroit de ce programme, alors que la population réclamait que le Général puisse s’adresser à elle, De Gaulle vit un micro du balcon qui n’avait pas été débranché, et il prit alors l’initiative de s’adresser directement aux Montréalais rassemblés devant l’hôtel de ville, à la stupeur du maire qui aurait voulu « cantonner » le général à une petite réception mondaine … C’était mal connaître le général de Gaulle ! La célèbre phrase « Vive le Québec libre ! » prononcée à cette occasion par le général à la fin de son discours, n’était pas, contrairement à une lecture étroite qui en fut faite à l’époque, un appel au soulèvement du Québec ou à l’indépendance politique. Il s’agissait, de l’aveu même du général de Gaulle quelques mois plus tard, d’un geste plus destiné à saluer l’effort immense de modernisation économique et sociale entrepris à l’époque, par le gouvernement de l’Union nationale de son ami le premier ministre Daniel Johnson (et son prédécesseur du gouvernement libéral Jean Lesage) lors de la Révolution tranquille. D’autre part, le général de Gaulle, expert en politique internationale et fort de sa propre expérience, avait pleinement conscience du fait qu’un appel de ce genre contribuerait à faire connaître le Québec hors du Canada et en particulier le caractère francophone de cette province canadienne, négligé par les autorités fédérales de l’époque : « cela fit gagner 10 ans au Québec » écrivit-il plus tard. Au Québec même, personne ne s’y trompa, puisqu’autant les opposants que les soutiens de cette déclaration furent d’accord pour reconnaître son impact immense, à commencer par le rédacteur en chef fédéraliste du quotidien montréalais Le Devoir, Claude Ryan, qui dans un célèbre éditorial écrivait que le général de Gaulle venait d’inscrire le Québec sur la carte du monde. En revanche, les Canadiens anglophones et notamment le gouvernement fédéral d’Ottawa, furent choqués par cette déclaration prise au premier degré, pensant que le général de Gaulle appelait à l’indépendance du Québec. Le général n’allait pas s’abaisser à de telles polémiques, il décida de quitter directement le Québec après ce voyage triomphal, sans passer par Ottawa qui était normalement l’étape finale de son séjour canadien. Plus symboliquement, le général de Gaulle reconnut que cette déclaration, par son impact indéniable sur la reconnaissance internationale du Québec comme entité linguistique et sociologique distincte, venait effacer la dette de la France à l’égard du Québec qui était représentée par l’abandon de la Nouvelle-France par la mère patrie en 1760.

Un groupe extrémiste, le Front de libération du Québec (FLQ) avait eu recours depuis le début des années 1960 à des attentats terroristes sur le sol québécois contre plusieurs intérêts canadiens et symboles du Royaume-Uni. Le climat social de la fin des années 1960 dégénéra en fréquentes manifestations ouvrières et parfois en émeutes. En octobre 1970, le FLQ enleva un diplomate britannique, James Cross, puis un ministre du gouvernement québécois, Pierre Laporte, qui fut assassiné dans des circonstances nébuleuses. Cet assassinat survint au lendemain de l’intervention de l’armée canadienne dans les rues mêmes de Montréal, intervention à la demande du premier ministre provincial Robert Bourassa et du maire de Montréal Jean Drapeau prétextant une insurrection appréhendée. Plus de 500 leaders d’opinions québécois furent arrêtés, parmi lesquels des syndicalistes, des artistes et des étudiants. Le premier ministre fédéral Trudeau, qui avait tant critiqué Duplessis, ne se montrait guère plus démocrate que lui, et guère moins chef autoritaire. Des commissions d’enquête subséquentes (entreprises par la Gendarmerie royale du Canada et le juge Keable) conclurent que l’action du gouvernement fédéral, illégale sur le plan moral, visait essentiellement à rallier l’opinion publique et à abattre une opposition légitime plutôt qu’à réprimer une insurrection appréhendée. Ces événements marquèrent la fin de l’extrémisme au sein du mouvement indépendantiste, d’ailleurs vigoureusement rejeté par nul autre que René Lévesque (ami de Laporte qui perdit la vie dans cet épisode malheureux).

C’est en 1968 que se forma le Parti québécois, parti souverainiste dirigé par René Lévesque. Ce parti gagna les élections provinciales de 1976 et instaura une série de lois faisant la promotion et la défense de la langue française. C’est avec la mise en place de la Charte de la langue française dite Loi 101 que le français devint la langue officielle du Québec en 1977. Cela instaurait le français comme langue de l’école publique comme l’anglais dans les autres provinces du Dominion et instaurait le droit des travailleurs à travailler en français dans les entreprises de 50 employés et plus. Du côté polémique, l’opinion médiatique canadienne-anglaise retint surtout l’affichage français obligatoire, révolution visuelle qui concentra les antagonismes.

En 1980, le projet de René Lévesque de souveraineté-association fut appuyé par 40 % de la population lors d’un référendum. Le gouvernement canadien de Pierre Elliott Trudeau rapatria de façon autoritaire la constitution en 1982 avec, sur avis de la Cour suprême, l’accord d’une forte majorité des provinces, mais sans l’appui du Québec, le gouvernement du Québec ne devint donc pas partie à la constitution, suite aux événements controversés de la Nuit des longs couteaux. La Constitution canadienne fut ainsi modifiée selon les désirs de Trudeau, mais sans la moindre consultation de la population, ni du Québec, ni du Canada. Le Québec subit alors une diminution de l’autonomie provinciale et ne reconnaît toujours pas cette constitution, bien que ses gouvernements aient abandonné le geste de protestation du gouvernement Lévesque qui consistait à passer chacune des nouvelles lois québécoises en invoquant la clause dérogatoire (ou « nonobstant »). Lévesque se tourna toutefois vers un espoir de réforme dit du « beau risque » avec l’élection des conservateurs de l’irlando-québécois Mulroney à Ottawa en 1984.

De 1985 à 1994, le Parti libéral du Québec gouverna le Québec sous Robert Bourassa et Daniel Johnson. La problématique constitutionnelle fut une fois de plus discutée et un consensus fut approuvé avec l’accord du lac Meech en (1987). Cependant, celui-ci s’effondra en 1990 : l’opinion canadienne-anglaise, fortement attisée par Trudeau, rejetait la reconnaissance du Québec comme « société distincte ». Cette réaction émotive avait en partie été attisée par l’utilisation de la clause nonobstant par Robert Bourassa. Une troisième entente, l’Accord de Charlottetown, qui devait préciser juridiquement le statut du Québec dans le Canada, fut rejetée par un référendum pancanadien et un référendum québécois en 1992 pour des raisons opposées : pas assez d’autonomie au Québec, trop aux yeux des Canadiens des autres provinces.

Le Parti québécois, mené par Jacques Parizeau, revint au pouvoir en 1994 avec la promesse de tenir un nouveau référendum sur la souveraineté du Québec. Tenu le 30 octobre 1995, ce référendum vit la proposition souverainiste rejetée à 50,6 %. Jacques Parizeau quitta le poste de premier ministre le 29 janvier 1996 et fut remplacé par le chef du Bloc québécois fédéral, Lucien Bouchard. Bouchard et son successeur péquiste, Bernard Landry, laissèrent de côté l’accession à la souveraineté, privilégiant l’assainissement des finances publiques, la dette québécoise n’ayant cessé de croître au cours des dernières années. Il connut un certain succès sur ce front.

Le Québec est l’une des dix provinces du Canada. Elle fonctionne avec un régime parlementaire de type britannique basé sur le système de Westminster, tout comme l’ensemble des autres provinces du Canada. Le parlement est de type unicaméral, c'est-à-dire qu'il est régi seulement par la "chambre basse" nommée Assemblée nationale du Québec. En effet, le sénat du Québec a été aboli en 1968 léguant ainsi les pouvoirs législatifs à l’Assemblée nationale et au Lieutenant-gouverneur (le représentant de la reine au Québec). En raison de la vétusté du système monarchique, de nos jours, l’Assemblée nationale occupe pratiquement tous les pouvoirs législatifs. Le pouvoir exécutif est incarné par le Gouvernement du Québec. À la tête du gouvernement se trouve le premier ministre et son conseil des ministres.

L’Assemblée nationale est formée de 125 députés élus au suffrage universel par un vote par circonscription par le biais d’un scrutin uninominal majoritaire à un tour. L’Assemblée est dissoute par le lieutenant-gouverneur, à la demande du premier ministre, au maximum cinq ans après la dernière élection. La dernière élection a eu lieu en 2008.

La dynamique politique au Québec est relativement différente des pays du monde. Alors que dans plusieurs pays du monde, le clivage gauche/droite prend une grande importance, au Québec il s’agit de la question nationale (souveraineté du Québec / fédéralisme canadien) qui détermine en grande partie le vote des citoyens lors des élections .

Lors de l’élection générale du 14 avril 2003, le Parti québécois a été battu par le Parti libéral, dirigé par Jean Charest. Devenu premier ministre, Charest a mené une politique de désengagement de l’État, en favorisant notamment les partenariats public-privé, dans le but de contenir la dette publique du Québec qui s’élevait à l’époque à 108,6 milliards de dollars. Le gouvernement libéral a connu certaines difficultés au cours de son mandat, les taux d’insatisfaction s’élevant jusqu’à 78 %. En revanche, le taux d’insatisfaction baisse vers la fin de son mandat.

En 2004, le scandale des commandites rend le gouvernement fédéral de moins en moins populaire auprès des Québécois. En effet, la vérificatrice générale du Canada affirme qu’une caisse noire avait été utilisée à partir de 1995 pour promouvoir l’unité canadienne pendant et après le référendum sur la souveraineté du Québec. Elle révèle également que, malgré les lois référendaires québécoises, neuf fois plus d’argent avait été utilisé par le camp du « Non » (appuyé par le gouvernement fédéral), au détriment du camp du « Oui ». De plus, différents témoignages mirent en lumière que le gouvernement fédéral avait accéléré le processus de naturalisation des immigrants pour contrer le référendum. Ces révélations, ainsi que le scandale d’Option Canada révélé fin 2005, mettent en doute, aux yeux des souverainistes, les résultats du référendum de 1995 au Québec, remporté par une marge extrêmement mince par le camp du « Non ».

Le 15 novembre 2005, André Boisclair est élu chef du Parti québécois après une course à la chefferie du parti politique l’opposant, entre autres, à Pauline Marois. Après un court mandat controversé, André Boisclair démissionne et Pauline Marois est élue chef du parti.

En février 2006, un nouveau parti politique est fondé. Né de la fusion de l’Union des forces progressistes (UFP) et d’Option citoyenne, Québec solidaire est représenté par deux porte-paroles, une femme, Françoise David, et un homme, Amir Khadir. Le parti de gauche se dit écologiste, féministe, démocrate, altermondialiste et indépendantiste ; il compte plus de 7 000 membres et a un programme politique complet. Ce parti a obtenu un siège à l’Assemblée nationale le 8 décembre 2008 alors qu'Amir Khadir a été élu dans la circonscription de Mercier.

En 2003 et 2006, l’Assemblée nationale du Québec ainsi que la Chambre des communes du Canada ont respectivement reconnu les Québécois comme formant une nation, quoique sous une formulation et en des circonstances différentes,.

En novembre 2006, le premier ministre canadien Stephen Harper dépose une motion visant à reconnaître « que les Québécois forment une nation au sein d’un Canada uni ». Bien que cette notion n’ait aucune valeur juridique, elle est acceptée par 266 voix contre 16 le 27 novembre 2006. Cette motion vient en réponse à une motion bloquiste rejetée par 233 voix contre 48.

Suite à l’adoption de la motion, un sondage révèle que 70 % des Canadiens rejettent l’idée selon laquelle les Québécois forment une nation ; en excluant le Québec, cette proportion s’élève à 77 %. Cependant, les Québécois francophones sont majoritairement en accord avec la notion de nation québécoise avec 71 % d’approbation,,,.

Pendant la campagne électorale de l’élection fédérale canadienne de 2008, le premier ministre Stephen Harper a déclaré, à Chicoutimi (Saguenay–Lac-Saint-Jean, Québec), qu’il était normal d’être nationaliste lorsque l’on fait partie d’une nation. Il a aussi précisé que les Canadiens anglais devaient respecter ce fait historique et a aussi tenu à rappeler qu’il évoquait la nation québécoise dans ses discours, tant au Québec qu’ailleurs au Canada.

Le 17 octobre 2008, lors de la première allocution d'un président français en exercice à l'Assemblée nationale du Québec, Nicolas Sarkozy a utilisé l'expression « nation québécoise » pour désigner le Québec.

La campagne électorale débute le 21 février 2007 suite à la dissolution de l’Assemblée nationale par le Premier ministre Jean Charest. Pendant la campagne, il est pratiquement impossible de prédire l’issue du scrutin, trois partis possédant une chance de remporter les élections. Il s’agit de l’Action démocratique du Québec, du Parti québécois et du Parti libéral du Québec (le parti au pouvoir). Deux autres partis, le Parti Vert et Québec solidaire, bénéficient d’appuis négligeables. Le débat des chefs, le 13 mars 2007, et le dépôt d’un budget fédéral, le 19 mars 2007, auront une certaine influence sur le résultat de l’élection.

Le jour du scrutin, le 26 mars 2007 , le Parti libéral du Québec fait élire 48 députés, tandis que l’Action démocratique du Québec et le Parti québécois en font élire 41 et 36, respectivement. Ainsi, le Parti libéral se retrouve à la tête d’un gouvernement minoritaire, le premier au Québec depuis 1878 . Quant à l’Action démocratique du Québec, elle devient le premier parti d’opposition et forme donc l’Opposition officielle à l’Assemblée nationale, de façon tout à fait inattendue, du moins pour la classe politique et pour les médias.

Au lendemain de l’élection, il semble que les remous causés par les questions et malentendus sur les accommodements raisonnables (en 2006) ainsi que le sentiment des citoyens des régions d’être négligés et pris de haut par les politiciens et les médias ont trouvé un écho dans le message populiste de l’Action démocratique, porté par un chef considéré comme plus abordable, plus proche d’eux que ses rivaux par une partie des Québécois.

Suite aux élections, le Parti québécois s’est retrouvé à être le deuxième groupe d’opposition, ce qui a déplu à plusieurs militants, candidats et députés péquistes. André Boisclair, le chef du parti, a bien tenté de contenir la contestation et de continuer à assurer la direction de ce dernier, mais il n’a pas été en mesure de réussir. Il a donc remis sa démission à titre de chef du Parti québécois le jour de la rentrée parlementaire, soit le 8 mai 2007,. François Gendron, qui est le doyen non seulement du Parti québécois, mais de l’Assemblée nationale, a été élu par ses pairs pour être le chef intérimaire du Parti québécois, en attendant que la course à la chefferie donne un nouveau chef.

Le 12 mai 2007, coup de théâtre au sein du mouvement souverainiste : à peine 30 heures après avoir posé sa candidature, Gilles Duceppe se retire de la course à la direction du Parti québécois,. Du même coup, il donne son appui à Pauline Marois, qui a obtenu le plus grand nombre d’appuis depuis le dépôt de sa candidature. Le 26 juin 2007, Pauline Marois devient chef du Parti québécois,.

Prévue pour le 8 décembre 2008, la 39e législature sera élue au terme de la campagne électorale déclenchée le 5 novembre 2008. L'annonce du déclenchement des élections générales par le gouvernement s'effectue au lendemain de la date prévue de la publication de l'énoncé budgétaire par la présidente du Conseil du Trésor. Cette mise à jour avait pour but d'établir la stratégie du gouvernement pour faire face à la crise économique, résultat de la crise des prêts hypothécaires à haut risque. Depuis quelques semaines avant le déclenchement des élections, des accusations étaient par ailleurs portées à l'égard du gouvernement par les partis d'opposition concernant des pertes financières probables de la Caisse de dépôt et placement du Québec s'élevant à près de 30 milliards de dollars. La publication des résultats financiers réels de la Caisse est d'ailleurs prévue pour le début de l'année 2009.

Des rumeurs s'étaient déjà fait entendre dès le 27 octobre 2008 quant à l'intention du gouvernement de déclencher des élections. Ces rumeurs surviennent soit une semaine après que le gouvernement libéral, minoritaire à l'Assemblée nationale, eut affirmé son désaccord avec la nomination de l'ancien leader parlementaire du deuxième groupe d'opposition, François Gendron, élu par la majorité des députés, à titre de nouveau président de l'Assemblée nationale.

Historique en son genre, la crise politique au Parlement fédéral fait de l'ombre à la campagne électorale québécoise. Les trois majeurs partis politiques québécois se rallient derrière la coalition formée des partis d'opposition à la Chambre des communes afin de renverser le gouvernement conservateur. Plusieurs constitutionnalistes affirment que la coalition respecte les conventions constitutionnelles considérant qu'elle est formée des trois groupes parlementaires de l'opposition qui composent ensemble la majorité des députés élus. Cependant, la gouverneure générale proroge la Chambre des Communes, permettant ainsi au gouvernement de se protéger d'un vote de non-confiance envers son énoncé budgétaire et donc, son renversement. Alors que des mouvements de protestation sont soutenus à la grandeur du pays chez les partisans du gouvernement qui accusent un coup d'état (bien que la définition de cette expression se réfère à une action illégale et soutenue par la force), les opposants décrivent la prorogation comme étant un délit de démocratie parlementaire.

Le Parti Libéral du Québec a été élu majoritairement au terme de cette élection du 8 décembre 2008, récoltant 66 sièges (42.05 %), nécessitant au moins 63 sièges pour être majoritaire. Le Parti québécois, quant à lui, a connu une remontée sans précédent passant de 36 sièges en 2007 à 51 sièges (35.15 %) en 2008, reformant ainsi l’Opposition officielle, puisque que le Parti québécois avait été rétrogradé à la deuxième opposition lors de l’élection générale de 2007. D’ailleurs, la dernière présence forte du Parti québécois, à l’Assemblée nationale comme opposition officielle, de cette envergure remonte au temps de la Révolution tranquille. Du côté de l’Action démocratique du Québec (ADQ), le parti n’a récolté que 7 sièges (16.36 %), alors qu’il en comptait 39 à la dissolution de l’Assemblée. Lors d’un discours, le chef de l’ADQ, Mario Dumont, a annoncé qu’il se retirait de la vie politique. Par la suite, un nouveau parti politique fait son entrée à l’Assemblée nationale, le Québec solidaire, avec un député (3.79 %) : Amir Khadir.

Le taux de participation de cette élection a été le plus faible de toute l’histoire du Québec. Seulement 57.33 % des citoyennes et des citoyens du Québec sont allés voter lors de cette journée d’élection générale.

Le droit québécois se réfère à tous principes légaux du Québec relevant des compétences législatives de l'Assemblée nationale du Québec. Il constitue un système juridique mixte à codification partielle, jumelant essentiellement les principes du droit civiliste (ou romano-germanique) à ceux du droit commun (en latin, jus commune), dans le droit privé, dont les origines remontent au droit coutumier en vigueur en Nouvelle-France, lui-même issu de la combinaison des droits romain et canonique.

Cependant, alors que les systèmes de droits civiliste et commun sont privilégiés dans le droit privé, le système légal de la common law prévaut dans le droit public, faisant ainsi du Québec un État bijuridique. De plus, avec le droit québécois cohabite le droit canadien dont le patrimoine juridique est issu essentiellement de la tradition britannique qu'est la common law. Ainsi, le droit constitutionnel canadien et les compétences législatives du Parlement du Canada dont les dispositions sont en vigueur au Québec sont prescrits selon les seuls principes de cette tradition. Il en est ainsi, par exemple, du droit criminel applicable au Québec. Une différenciation des branches du droit et des compétences législatives s'avère donc nécessaire afin de distinguer les principes juridiques qui s'appliquent dans chaque situation.

Alors que la Loi sur l'Assemblée nationale est le principal texte de loi instituant la hiérarchie des pouvoirs et des règles impératives (droit public), le Code civil du Québec régit les relations entre personnes morales et physiques à l'aide de normes pour la plupart facultatives ou supplétives de volonté (droit privé). Chacune des deux catégories de droit étant complétées par des précédents ou d'autres lois de l'Assemblée nationale, le cas échéant, ceux-ci sont tous édictés à l'intérieur du cadre juridictionnel des compétences législatives ainsi que des droits et privilèges constitutionnels conférés au Québec par les lois constitutionnelles, les conventions non écrites et les arrêts de la Cour suprême.

Comme indiqué ci-dessus, bien que les principes juridiques du Québec soient principalement fondés sur le système de droit civiliste dans le droit privé, la Constitution soumet les normes légales relevant du droit public aux seuls principes de la common law et de l’equity. Celles-ci sont toutefois adaptées de façon naturelle au contexte québécois en étant subordonnées à la culture populaire et aux usages de l'ensemble du Québec et de chaque région, le cas échéant. Les usages ne peuvent donc être outrepassés par aucune disposition légale relative aux matières de droit public et prévalent ainsi dans les jugements des tribunaux. Par conséquent, les lois et règlements des organisations de droit public (Assemblée nationale, gouvernement, conseils municipaux, etc.) ne constituent que des compléments aux usages en vigueur et n'ont aucune valeur impérative si elles leur contreviennent à quelque moment. Les tribunaux peuvent donc invalider en tout temps les normes légales qui sont rejetées par les usages en vigueur. Par exemple, il en est ainsi pour les normes relatives à la fiscalité et aux finances publiques et, d'une manière générale, à toutes matières touchant l'intérêt général de la société, l'organisation gouvernementale, judiciaire et législative ainsi que les relations des gens avec la puissance publique de l'État. Ces matières s'appliquent concrètement et notamment aux règles relatives à l'organisation des systèmes de santé et d'éducation, à la conduite automobile dans le Code de la sécurité routière, à la procédure pénale dans le Code de procédure pénale, etc.

À l'inverse, le droit québécois reflète à plusieurs égards ses traditions civilistes dans le droit privé, et ce, en privilégiant des notions typiquement de droit romano-germanique, telles que la profession de notaire - inexistante ailleurs en Amérique du Nord - la hiérarchie des normes juridiques et l'approche judiciaire basée sur la seule interprétation des codes et lois. Bien que la hiérarchie des normes juridiques soient privilégiée, les législateurs font du droit privé québécois un ensemble de dispositions légales qui sont pour la plupart facultatives ou supplétives de volonté, sauf pour celles dont le non-respect contreviendrait à l'ordre public. Ainsi, dans les relations privées, l'application stricte de ces règles est subordonnée à la volonté d'au moins une partie dans une poursuite civile s'il y a mésentente, contrairement aux règles impératives où la puissance publique oblige toute personne à s'y conformer inconditionnellement sous peine de sanction dans une poursuite pénale. Les principes du droit romano-germanique s'appliquent, par exemple, aux notions relatives à la propriété, aux contrats, aux affaires, au travail et, d'une manière générale, aux matières touchant les relations privées entre individus ou groupes de personnes. Par ces notions générales, les traditions civilistes s'appliquent donc concrètement et notamment à la règlementation des services financiers, des marchés des capitaux, des opérations de commerce, etc. Par contre, certains concepts prenant leur origine de la common law sont parfois préférés et repris volontairement dans le droit privé par les législateurs, tels que les principes de la procédure accusatoire dans le Code de procédure civile.

Par ailleurs, malgré le principe de la hiérarchie des normes du système de droit civiliste, les législateurs délèguent parfois aux tribunaux une liberté qui va au-delà de la seule interprétation juridique lorsque ceux-ci expriment leurs volontés, de façon expresse ou tacite, en des termes généraux dans les dispositions législatives tombant dans la catégorie du droit privé. Ainsi, ils donnent cours à la « loi de la nation » tout en privilégiant le droit jurisprudentiel. Certains principes du droit coutumier sont donc favorisés dans les rapports entre personnes morales et physiques, par exemple, en matière de responsabilité civile et professionnelle. Par conséquent, une force légale est prescrite à certains usages, ou normes socio-culturelles, qui sont en vigueur dans l'ensemble du Québec, lesquels sont traduits conséquemment en précédents dans la jurisprudence des tribunaux.

L’administration du système de justice et le maintien de la primauté du droit au Québec est assurée par le Ministère de la Justice. Ce dernier répond à sa mission notamment en assurant l'accessibilité des services de la justice à la majorité de la population par le maintien de districts judiciaires. Le procureur général et ses substituts, les procureurs aux poursuites pénales et criminelles, sont quant à eux responsables d’ester en justice au nom de l’État dans les matières de droit public, en vertu du Code de procédure pénale et du Code criminel. De son côté, le Ministère de la sécurité publique a, entres autres, le rôle d’administrer l’intervention policière et les services correctionnels, notamment par l’intermédiaire de la Sûreté du Québec (SQ), afin de soutenir le procureur général et ses substituts dans l’exécution de leur tâches. Dans les matières de droit privé, l’exécution des brefs ou ordres de la Cour, le suivi des actes de procédure, les transactions de saisies et la gestion de la trésorerie des ventes judiciaires sont pour leur part assignés au shérif, lequel peut s'adjoindre des substituts, les huissiers de justice. Le shérif peut aussi être affecté aux affaires pénales, à l'assignation et la surveillance des jurés.

Les tribunaux judiciaires sont organisés en une pyramide dont le sommet est comblé par la Cour d'appel du Québec, une cour supérieure qui entend toutes causes dont les jugements de première instance sont pourvus en appel. La Cour du Québec, les cours municipales, le Tribunal des droits de la personne et le Tribunal des professions, tous des tribunaux de première instance, sont de leur côté des cours inférieures, c'est-à-dire dont les compétences sont limitées aux pouvoirs qui leur sont expressément dévolus par la législation. De plus, la Cour du Québec est constituée de trois chambres : la Chambre de la jeunesse, la Chambre criminelle et pénale ainsi que la Chambre civile. Cette dernière comprend en plus la Division des petites créances (communément appelé, la Cour des petites créances). D’autre part, la Cour supérieure du Québec possède quant à elle le pouvoir inhérent de statuer sur toutes causes dont les compétences ne sont pas assignées exclusivement aux cours inférieures. Elle possède donc le pouvoir résiduaire comme la Cour d’appel, mais dans la juridiction de première instance. Dans ce pouvoir résiduaire, la Cour supérieure du Québec possède entre autre le pouvoir traditionnel de surveillance sur la légitimité des jugements des autres cours, abstraction faite des pourvois en appel, alors que la Cour d'appel du Québec possède celui de conseiller le gouvernement sur ses projets de lois. Pour sa part, le Conseil de la magistrature est responsable de la déontologie et du bon fonctionnement des tribunaux judiciaires dont les membres sont nommés par le Québec, à savoir les cours inférieures à l'inverse des cours supérieures où la magistrature est nommée par le gouverneur général en conseil. Ultimement, toute cause peut être portée en appel devant la Cour suprême.

En outre, le Québec se définit comme un état de droit, libre et démocratique.

Sur le plan linguistique, le Québec se distingue de ses voisins immédiats principalement par le fait que le français y est la seule langue officielle. Le français y est aussi la langue commune, comprise et parlée (au moins de façon minimale) par 94,6 % de la population.

Les Québécois défendent la francophonie face à la prépondérance de la langue anglaise. Dans cette optique, ils défendent également une « norme québécoise », dont le régulateur est l’Office québécois de la langue française. La Charte de la langue française, communément appelée loi 101, stipule que le français est la langue officielle du Québec. L’éducation primaire et secondaire y est obligatoirement française, sauf pour les enfants dont les parents ont étudié au Canada en anglais. La Charte règlemente aussi l’affichage commercial qui doit être en français. Par ailleurs, la Charte tient compte de certaines obligations linguistiques anglophones, surtout de natures juridiques, assurées par l’Acte de l’Amérique du Nord Britannique (1867).

Les Québécois s’expriment, s’ils ne sont pas anglophones ou allophones, en français québécois, une variante du français parlée sur l’ensemble du territoire québécois.

Les colons français qui vinrent coloniser la Nouvelle-France provenaient en grande partie des régions de l’Ouest et du Nord de la France. Ils parlaient généralement des langues régionales de la famille des langues d’oïl (à différencier des langues d’oc, parlées au Sud). Ainsi, la nécessité de se comprendre entre eux amena les colons à « unifier leurs patois » si bien que le français québécois devint en quelque sorte un nouveau patois particulièrement proche du normand, du picard, du poitevin et du saintongeais.

L'apport des différents dialectes amérindiens au lexique des colons de la Nouvelle-France doit également être souligné: la géographie, la température, la faune et la flore du Nouveau Monde présentaient de nombreuses particularités que la France ne connaissait pas. Les Européens s'approprièrent donc les termes amérindiens pour désigner ces réalités, et plusieurs de ces mots subsistent dans le français québécois encore aujourd'hui. Le nom Québec provient d'ailleurs d'un dialecte algonquin, dans lequel le mot signifie, selon les différentes traductions, « là où le fleuve s'étrécit », « passage étroit » ou « détroit ».

Ce français québécois évolua ensuite sur les bases du français de la cour du roi de France de l’époque, du fait de l’arrivée des filles du roy en Nouvelle-France, majoritairement orphelines et éduquées dans des orphelinats et couvents qui inculquaient le français du roy.

La conquête britannique de 1759 bouleversa l’évolution du français parlé au Québec et en Amérique du Nord. En coupant les liens avec la France, le français parlé au Québec se sépara définitivement du français parlé en métropole. Le français québécois naissait véritablement, conservant les archaïsmes des anciennes langues presque éteintes en France d’une part, créant de nouveaux mots d’autre part, influencé et menacé par la langue des nouveaux conquérants anglais.

Deuxième langue en importance dans la province, l’anglais est la langue maternelle de 572 085 personnes (7,9 % de la population). Aussi, le Québec compte 50 060 personnes (0,7 % de la population) qui considèrent à la fois le français et l’anglais comme leur langue maternelle,.

Les anglophones du Québec résident principalement dans l’ouest de l’île de Montréal et en Outaouais. Aussi, ils sont, pour plusieurs, d’ascendance britannique et celtique, provenant d’Irlande et de Grande-Bretagne (Angleterre, Écosse, Pays de Galles).

L’anglais fit son apparition sur le territoire québécois à partir de 1760, date de la conquête britannique. C’est à cette époque que les premiers marchands, écossais et anglais pour la majorité, viendront s’installer dans les villes de Québec et de Montréal. À partir de 1784, l’arrivée des Loyalistes fuyant les États-Unis fit augmenter considérablement le nombre d’anglophones dans la province. Ces Loyalistes, évitant la campagne francophone et catholique, s’établirent principalement dans ce qui, aujourd’hui, constitue les Cantons de l’Est et l’Outaouais.

Il est aussi intéressant de constater que dans le milieu urbain québécois du XIXe siècle, la troisième langue européenne la plus parlée après le français et l’anglais, était le gaélique. Bien que de nombreux immigrants venant des pays celtiques des îles britanniques, principalement des Irlandais et des Écossais (immigrés au XVIIIe et au XIXe siècle), passèrent du gaélique au français, sans apprendre l’anglais, plusieurs d’entre eux optèrent pour celle-ci (en particulier les Écossais). Aujourd’hui, le gaélique n’est plus parlé dans la province, mais certains résidants de descendance écossaise de la ville de Compton, en Estrie, continuent à utiliser le gaélique écossais. Leur proportion est cependant très faible. Une autre population de langue gaélique se trouve aux Îles de la Madeleine, sur l’île d’Entrée.

Selon le recensement de 2006, le Québec comprend 886 280 allophones (dont la langue maternelle n’est ni le français, ni l’anglais, mais qui souvent parlent ou comprennent au moins une de ces deux langues, toutes deux langues officielles du Canada), soit 11,9 % de la population. Il faut aussi ajouter que ce 11,9 % inclus 159 905 Autochtones, soit 2,2 % des Québécois, vivant un peu partout dans la province et qui ne doivent pas être confondus avec les immigrants. Le gouvernement du Québec a négocié auprès du gouvernement fédéral pour pouvoir choisir lui-même ses immigrants dans le but de favoriser l’immigration francophone. Jusqu’aux années 1960, les immigrants provenaient surtout de pays européens (notamment des Italiens, des Juifs d’Europe centrale, puis des Grecs). À partir des années 1960-1970, l’immigration s’est toutefois diversifiée, entre autres avec l’arrivée importante d’Haïtiens, de Latino-Américains, de Vietnamiens, etc. Les immigrants actuels proviennent surtout de France, de Chine, de Belgique, d’Europe de l’Est, et de différents pays en développement, spécialement les pays d’Afrique du Nord francophone, mais aussi d’Amérique latine.

Le Québec est la principale société d’expression française en Amérique du Nord, et la seule ayant une majorité de citoyens communiquant en français. Le Québec nourrit un attachement profond à sa culture. Symbole même de son identité nationale, la culture québécoise jumelle des racines françaises à un héritage autochtone, tout en étant quelque peu influencée par son passé sous le régime britannique. Elle intègre divers récits tels la légende de La Corriveau, celle du Cheval noir des Trois-Pistoles et celle du Bonhomme sept-heures ou, encore, le conte de la La Chasse-galerie d'Honoré Beaugrand.

La chanson québécoise est très variée. Depuis La Bolduc dans les années 1920-1930 jusqu’aux artistes de la relève, elle a su apporter de grands auteurs-compositeurs-interprètes : Alys Robi, Félix Leclerc, Willie Lamothe, Jean-Pierre Ferland, Raymond Lévesque, Robert Charlebois, Gilles Vigneault, Claude Léveillée, Michel Rivard, Richard Desjardins, Lynda Lemay, Jean Leloup, Daniel Bélanger, Pierre Lapointe, ainsi que plusieurs groupes : Beau Dommage, Harmonium, Les Cowboys Fringants, Loco Locass, Les Colocs, Mes Aïeux et Simple Plan.

Elle a aussi des auteurs de renom : Stéphane Venne, Luc Plamondon et Pierre Létourneau, ainsi que des compositeurs : André Mathieu, André Gagnon, François Dompierre et Paul Baillargeon.

Elle a ses interprètes et groupes reconnus internationalement : Ginette Reno, Diane Dufresne, Renée Claude, Nicole Martin, Fabienne Thibeault, Bruno Pelletier, Luc De Larochellière, Céline Dion, Garou, Isabelle Boulay, Leonard Cohen, Simple Plan, Arcade Fire, April Wine, entre autres. Ceux-ci ont fait ou font carrière en France, en Belgique, en Suisse, aux États-Unis, au Liban, en Afrique francophone, etc.

Certains interprètes sont également considérés comme québécois, bien qu’originaires d’ailleurs. Leur carrière se déroule au Québec, s’y est déroulée ou y a démarré. Ils sont souvent déjà francophones, ou ont adopté (sauf exceptions) le français dans leurs chansons (mais, en plus du français, chantent parfois aussi en d’autres langues : anglais, italien, espagnol, arabe, etc.) On peut citer entre autres Nanette Workman (États-Unis), Corneille (Rwanda), le rappeur K-Maro (Liban), Lara Fabian (Belgique), Luck Mervil (Haïti). Ces artistes participent à l’image internationale d’un Québec ouvert sur le monde et sont l’exemple d’une culture capable d’inclure des origines multiples : on parle souvent d’un « rêve québécois » pour de nombreux francophones du monde entier, comme il existe parfois un « rêve américain » chez les Anglo-saxons. Ces chanteurs francophones « néo-québécois » incarnent souvent ce rêve de réussite .

Comme partout ailleurs au Canada, le hockey sur glace occupe une place privilégiée dans la vie des Québécois. Le Canadien de Montréal est un club de hockey sur glace professionnel faisant partie de la Ligue nationale de hockey (LNH). Ce club, qui fut fondé en 1909, fut l’un des principaux clubs fondateurs de la LNH, en 1917. Cinq autres clubs du Québec ont fait partie de ligues majeures de hockey, soit les Bulldogs de Québec (Association nationale de hockey 1911-1917 et LNH 1919-1920), les Nordiques de Québec (AMH 1972-1979 et LNH 1979-1995), les Shamrocks de Montréal (ANH 1909-1910), les Wanderers de Montréal (ANH 1909-1917 et LNH 1917) et les Maroons de Montréal (LNH 1924-1938).

Le Canadien profite d’une patinoire à domicile, le Centre Bell, dont la capacité est la plus grande de la LNH avec 21 273 sièges. Le club a participé 34 fois à une finale de la Coupe Stanley, et l'a remportée 24 fois, ce qui constitue un record de la Ligue.

De leur côté, les Nordiques de Québec (jouant au Colisée de Québec dont la capacité est de 15 399 sièges) sont un ancien club de la LNH. Cette équipe a marqué l’histoire et la culture sportive du Québec et du Canada, étant donné la rivalité naturelle Québec-Montréal. Les Nordiques ont déménagé en 1995 au Colorado, aux États-Unis.

Depuis 1996, les Alouettes de Montréal évoluent dans la ligue canadienne de football (LCF). Le club fut fondé en 1946, mais après plusieurs années difficiles, l’équipe fut dissoute en 1987. En 1996, les Stallions de Baltimore furent déménagés à Montréal et renommés Alouettes.

Jusqu’en 2004, les Expos de Montréal évoluaient au sein de la Ligue majeure de baseball. Créée en 1968, l’équipe avait élu domicile au stade olympique de Montréal (capacité de 43 739 places en mode baseball). Franchisée le 27 mai 1968, elle devait son nom à l’Exposition universelle de Montréal (Terre des Hommes), qui avait eu lieu l’année précédente. Au terme de la saison 2004, l’équipe fut déménagée à Washington.

Le Grand Prix du Canada, une ancienne course de Formule 1, eut lieu au Québec de 1978 à 2008. L’un des gagnants de ce Grand Prix fut un pilote d’origine québécoise, Gilles Villeneuve, qui mourut en 1982, aux suites d’un accident, au dernier tour de qualification pour le Grand Prix de Belgique, sans avoir pu emporter un titre de Champion de Monde. C'est son fils Jacques qui réalisera ce rêve en 1997.

L'Impact de Montréal est l'équipe de soccer la plus importante de la province. Fondé en 1992, cette équipe remporta le titre de la première division de la USL en 1994 et en 2004. Évoluant au Stade Saputo(13 034 sièges), l'équipe représenta le Canada à la ligue des champions de la CONCACAF en 2008 en surpassant le Toronto FC qui jouait pourtant dans une ligue de plus haut niveau. Le soccer est maintenant plus pratiqué que le hockey sur glace au Québec.

Le Québec offre une saison hivernale qui s’étend sur près de la moitié de l’année, de novembre à avril, avec des conditions de neige exceptionnelles (de 3 à 15 mètres de neige par hiver selon les régions). Les principaux centres de ski du Québec sont situés en Estrie, dans les Laurentides, dans la Capitale-Nationale et en Gaspésie.

La motoneige est une autre activité hivernale extrêmement prisée des Québécois. En décembre 2006, la Fédération des clubs de motoneigistes du Québec regroupait 84 611 adhérents. Ils empruntent 33 085 km de sentiers aménagés et patrouillés par la police et des bénévoles provenant des 225 clubs locaux.

Les premiers colons, majoritairement paysans, préparaient des repas consistants pour mieux affronter les rigueurs du climat et du labeur quotidien. Une cuisine familiale, basée sur la tradition française, s’est développée au fil des siècles, intégrant poisson, gibier, légumes et fruits frais. La tourtière, le cipaille, les fèves au lard, la soupe aux pois, le rôti de porc, les cretons, la tarte au sucre et les galettes de sarrasin sont quelques exemples de ces mets traditionnels. Certains demeurent au menu de restaurants alors que d’autres sont servis en de grandes occasions, comme les repas traditionnels de la période des Fêtes. Au printemps, ces plats peuvent être servis dans les cabanes à sucre. Les recettes traditionnelles sont également réinterprétées au goût du jour par les chefs des grands restaurants québécois, qui proposent également une foule de produits fins du Québec, comme le foie gras, le magret de canard, le caviar de corégone (un poisson des eaux de l’Abitibi), le cidre de glace et le vin de glace.

Ces produits régionaux confèrent à la gastronomie québécoise une identité propre. En Montérégie, dont le territoire est recouvert à 30 % de vergers, on fabrique une grande variété de cidres qui cumulent les honneurs dans les concours internationaux. Dans le Bas-Saint-Laurent, qui borde le fleuve, on maîtrise l’art ancien de fumer le saumon, la truite, l’esturgeon et l’anguille. Aux Îles de la Madeleine, on concocte un savoureux pot-en-pot (une préparation de fruits de mer ou de poissons et de pommes de terre en croûte). Au Saguenay–Lac-Saint-Jean, on prépare une tourtière du Lac (pâté très épais avec de la viande et des pommes de terre en cube) et une soupe aux gourganes renommées. La région de Charlevoix produit des fromages d’excellente qualité. Une tourtière typique de Charlevoix est faite d’éperlans répartis sur plusieurs couches successives de pâte plus fine. La Gaspésie est reconnue, quant à elle, pour son pâté au saumon et ses boulettes de morue. Sur la Côte-Nord, la plupart des mets mettent en valeur les poissons, mollusques et crustacés qui y sont pêchés, comme la crevette nordique, le crabe des neiges et le pétoncle. On avait coutume également d’y apprêter les langues de morues et des produits locaux, comme les œufs d’oiseaux marins. En Mauricie, on apprête la viande de bison et d’autruche, animaux qui sont élevés sur place. La ville de Québec, comme Montréal, est reconnue internationalement pour sa fine cuisine. Au Nouveau-Québec (Nunavik), dans la région du Nord-du-Québec, les influences inuits offrent un éventail de mets à base de poissons tels que l'Uujuk, ainsi que de viandes de gibier tels le Nikku et le Puanaasi. Les nations amérindiennes de toutes les régions préparent quant à elles un excellent pain banique.

En matière de restauration rapide, la poutine est un mets typiquement québécois, inventé à Drummondville dans les années 1950, à l’époque de l’irruption du fast-food à l’américaine. La poutine « classique » se compose de frites, de fromage en grains frais ainsi que d’une sauce chaude et onctueuse (dite « sauce brune », du fait de sa couleur brunâtre). La présentation de la poutine est variable et diverse. On peut goûter à des poutines « à l’italienne » (avec sauce à spaghettis), « barbecue » ou « garnie ». Elle a aussi donné lieu à de nombreuses variantes comme la galvaude (avec des petits pois verts et du poulet en cube), la bourguignonne (sauce au vin rouge et aux oignons), etc. La poutine est cependant très grasse et ne fait pas partie d’un régime équilibré.

Le Québec compte également pour 80 % de la production mondiale de sirop d’érable,. Issue de traditions amérindiennes adaptées et modifiées par les Français, l’acériculture consiste en un premier temps à entailler les érables à sucre au moment du dégel printanier. La sève recueillie est ensuite réduite par évaporation jusqu’à l’obtention d’un délicieux sirop sucré, idéal pour accompagner crêpes, gaufres, pain perdu (dit pain doré), ainsi qu’une multitude de plats variés.

Les Autochtones habitent le Québec depuis plusieurs millénaires. Chacun des peuples a une structure sociale, un territoire et une culture qui lui est unique. En 2003, la population amérindienne et inuite du Québec comptait 159 905 personnes. Cependant, comme la loi n’a reconnu que les enfants de père autochtone jusque dans les années 1980, leur nombre est en principe beaucoup plus élevé, sans compter tous les Métis. En fait, presque tous les Québécois ont des ancêtres autochtones. Bien qu’ils représentent aujourd’hui officiellement seulement 2,2 % de la population québécoise, les Autochtones ont beaucoup apportés à la société québécoise. Par exemple, les remèdes contre les maladies à l'arrivée des colons (concoctions d'anneda), les vêtements d'hiver (tannage de la fourrure), la construction des habitations (isolation contre le froid), les moyens de transport sur neige (raquette à neige et traîneau à chiens) et sur l'eau (canots d'écorce et kayaks), la toponymie, l'acériculture, les sports (crosse et pêche blanche), les techniques de chasse à l'orignal et au caribou, la découverte du territoire en général ainsi que l'exploitation de ses ressources naturelles, etc.

Lors de l'arrivée des Européens en Amérique au XVIe siècle, les peuples de langues algonquiennes et les Iroquoiens du Saint-Laurent se firent alliés des colons français dans un but de commerce. D'autre part, bien que les guerres intermittentes entre Hurons et Iroquois commencèrent avant l'arrivée des Européens, les relations de la Nouvelle-France avec les Hurons opposèrent de fait les Iroquois et permirent l'alliance stratégique des Anglais avec ceux-ci. En 1701, le gouverneur de la Nouvelle-France conclut la Grande paix de Montréal qui mit fin aux guerres entre peuples autochtones et où la confédération iroquoise adopta une attitude de non agression envers les colons français et les autres nations autochtones. Les bouleversements de la conquête britannique de 1760 amena une dynamique où toutes les nations autochtones s'élevèrent contre les conquérants anglais. Lors de la guerre d'indépendance américaine, les Iroquois du Québec s'allièrent les Américains contre les Anglais, mais furent envahis et pillés par ceux-ci après leur victoire. Depuis la révolution tranquille, le gouvernement du Québec est en mesure de développer les relations d'avant-conquête et de concentrer des efforts, indépendamment du gouvernement du Canada, pour préserver la culture et défendre les droits ancestraux des Amérindiens via le Secrétariat aux affaires autochtones créés en 1978.

En droit constitutionnel canadien, les expressions « temps immémoriaux » et « droits ancestraux » se réfèrent à l'histoire des nations autochtones avant l'arrivée des explorateurs européens en Amérique. Plus précisément, une loi de l'Angleterre de 1276, rapatriée par la common law en 1867, en fixa implicitement le début au 3 septembre 1189, date du couronnement du roi Richard 1er (dit, Cœur de lion). Tous territoires donnés dont les droits existants ancestraux n'ont pas été disposés, selon les règles de la common law, depuis lors peuvent faire l'objet de revendications sans qu'il ne soit nécessaire de démontrer l'usage qui en était fait avant cette date. Cependant, selon un décret de 1832, après cette date, tous droits existants - ancestraux ou issus de traités passés ou futurs - demeurent à condition, notamment, que la jouissance des droits de propriété sur les terres revendiquées aient continué pendant au moins vingt ans consécutifs au moment de leur revendication. Depuis, les usages québécois (pratiques sociales) se sont développés dans ce domaine et requièrent maintenant que l'usage (emploi) de ces terres soit en plus démontré. À l'inverse de ces droits constitutionnels, la propriété est une compétence législative du Québec sur tous les autres aspects. Les autres revendications territoriales s'effectuent donc selon les dispositions du Code civil.

Tous les peuples dont les territoires sont principalement situés au sud du 55e parallèle sont collectivement appelés « Amérindiens », « Indiens », « Premières nations » ou, de façon obsolète, « Peaux rouges ». Les dix nations amérindiennes du Québec se rattachent à deux groupes linguistiques. La famille algonquienne comprend huit nations, à savoir les Abénaquis, les Algonquins, les Attikameks, les Cris, les Malécites, les Micmacs, les Montagnais et les Naskapis. Ces deux derniers peuples formaient jusqu'en 1978 une seule et même nation : les Innus. La famille iroquoienne est composée des Hurons-Wendat et des Mohawks. Cependant, seuls ces derniers composent la confédération iroquoise (Haudenosaunee) avec cinq autres nations autochtones de l'État de New York et de l'Ontario. La onzième nation autochtone du Québec, les Inuits (de façon obsolète, les Esquimaux), appartient quant à elle à la famille inuit-aléoute.

Les Inuits vivent principalement au Nouveau-Québec (Nunavik) et composent la majorité de la population vivant au nord du 55e parallèle, région dont l'administration leur est par conséquent conférée de fait par la Convention de la Baie-James et du Nord québécois signée avec le gouvernement du Québec en 1975. La nation crie possède une autonomie similaire à celle des Inuits en vertu de la même convention et de la création de l'administration régionale crie. En 1978, lors de la signature de la Convention du Nord-Est québécois, les Innus de Kawawachikamach ont créés une scission au sein de leur peuple en formant un groupe distinct, les Naskapis, et se sont joints à l'administration régionale Kativik du Nouveau-Québec. Ils se sont ainsi détachés de leur assujettissement à la Loi sur les Indiens du Parlement fédéral. Les Innus-Montagnais ainsi que les sept autres nations n'ayant convenu d'aucune entente avec le gouvernement du Québec demeurent quant à eux, encore aujourd'hui, assujettis à la loi fédérale créant les réserves indiennes. Des pourparlers sont toutefois en cours depuis quelques années avec les Montagnais de la Côte-Nord et du Saguenay-Lac-Saint-Jean pour la création d'une autonomie similaire à celle des Cris, Inuits et Naskapis par la formation de deux territoires distincts, l'Innu Assi et le Nitassinan, jouissant de pouvoirs et privilèges différents. Une forte opposition est toutefois présente dans les deux régions opposant notamment droits ancestraux et droits acquis sur les matières concernées dans les négociations.

L’Église catholique a joué un rôle prépondérant dans le développement culturel et politique de la société québécoise. Néanmoins, les religions amérindiennes et inuits précédèrent le catholicisme en sol québécois. Aujourd’hui, ces religions ont survécu et certaines manifestations persistent.

À l’époque de la Nouvelle-France, les premiers colons qui s’établirent étaient tous catholiques. Dès le début de la colonie, l’évangélisation des Amérindiens précéda la fondation des paroisses. En 1627, le cardinal de Richelieu fit décréter une proclamation royale, suivant laquelle Louis XIII bannissait tous les non catholiques de la Nouvelle-France. Cet édit visait à exclure les Juifs et les Huguenots de la colonisation.

La puissance extraordinaire qu’avait autrefois l’Église catholique est reflétée dans tous les domaines culturels, de la langue jusqu’aux beaux-arts, en passant par le théâtre, la littérature et le cinéma. L’âge d’or pour les ecclésiastiques arrivera au milieu du XIXe siècle (vers 1840), période pendant laquelle l’Église, devenue très hiérarchisée, concrétise son influence. Mais son influence s’essoufflera cent ans plus tard, au moment où la société québécoise sera traversée, et profondément transformée, par la Révolution tranquille (conscience nationale, etc.).

Pendant le régime britannique, des anglophones protestants vinrent s’établir dans certaines régions du Québec. Dès 1777, la première synagogue s’implanta sur le territoire de l’actuelle Montréal, mais c’est surtout à partir du XIXe siècle que des groupes relativement importants de Juifs vinrent joindre la communauté montréalaise. En 1835, la Suissesse Henriette Feller fonda au Québec la première église protestante francophone en Amérique. Elle était alors assistée du révérend Louis Moussy, un jeune pasteur de 23 ans, Suisse lui aussi. Au XXe siècle, des vagues successives d’immigrants venant d’Irlande, d’Italie, de Grèce, d’Asie et d’Afrique s’établirent à Montréal, apportant leurs coutumes culturelles et religieuses. Certains d’entre eux créèrent des communautés religieuses qui firent bâtir des établissements. Selon certains organismes religieux, ce pluralisme traduit un véritable bouleversement culturel.

De nos jours, cette diversité religieuse, et, jusqu’à un certain point, culturelle, entraîne plusieurs réactions au sein de la société québécoise, notamment après la fameuse affaire des accommodements raisonnables vis-à-vis des minorités immigrantes ou religieuses. Par ailleurs, même si les églises du Québec sont de plus en plus désertes, les Québécois revendiquent toujours leur appartenance au catholicisme. C’est ce qui ressort de l’une des plus importantes études jamais réalisées sur la foi et les pratiques religieuses des Canadiens, The Bibby Report on Catholicism in Quebec, en 2007. En fait, près de 85 % des Québécois revendiquent leur appartenance au catholicisme. Étonnamment, ce chiffre est quasi similaire aux données de 1961, alors que 88 % des Québécois affirmaient appartenir à cette religion. Aujourd'hui en 2008, la culture et non le catholicisme distingue énormément le Québec par rapport au reste du Canada.

La plus ancienne église paroissiale de la plus vieille paroisse d'Amérique du Nord est la basilique-cathédrale de Québec, construite en 1647. D’abord nommée église Notre-Dame-de-la-Paix, elle fut érigée tout près de l’endroit même de la première chapelle construite par Samuel de Champlain. Elle obtint le statut de cathédrale en 1674, lorsque Monseigneur de Laval devint Évêque de Québec, et son statut de basilique mineure en 1874. Cette cathédrale est le siège du primat catholique du Canada. Elle a été reconstruite à deux reprises après le siège de Québec de 1759 et l’incendie de 1922.

Le lieu de culte le plus fréquenté du Québec est la basilique Sainte-Anne-de-Beaupré, dans la municipalité du même nom, près de Québec. Cette basilique accueille des millions de visiteurs chaque année, et surtout pendant la neuvaine de Sainte-Anne, le 26 juillet. Elle est reconnue pour ses miracles (les milliers de béquilles à l’entrée en faisant foi) et par le fait que la statue de Sainte-Anne a survécu à deux incendies majeurs., Cette basilique a été construite en 1876, Sainte-Anne étant la Sainte patronne du Québec..

L’oratoire Saint-Joseph, à Montréal, est le seul lieu de culte au monde dédié à Saint-Joseph. Situé sur le flanc du Mont Royal, on le connaît pour ses 283 marches, que les pèlerins viennent chaque année monter à genoux, récitant une prière sur chacune des marches. Tout comme dans la basilique Sainte-Anne, l’intérieur de la cathédrale contient des centaines de béquilles, laissées en ex-voto pour chacune des guérisons miraculeuses attribuées à Saint-Joseph ou au frère André, fondateur de l’oratoire. Les reliques du frère André sont d’ailleurs conservées à l’intérieur de l’édifice.

L’économie du Québec peut être qualifiée de post-industrielle diversifiée. Bien que la province possède de gigantesques ressources naturelles, sa croissance repose surtout sur les nouvelles technologies. L’industrie aérospatiale est très importante, surtout à Montréal, avec la présence de constructeurs comme Bombardier, Pratt & Whitney Canada et CAE. Montréal est considérée comme le deuxième centre aérospatial au monde, après Seattle et devant Toulouse. Cela fait du Québec le quatrième plus gros joueur mondial sur ce marché. L’industrie du jeu vidéo connaît depuis quelques années un essor fulgurant, avec la présence d’entreprises comme Electronic Arts, Ubisoft, Softimage et Eidos. Elle emploie près de 10 000 personnes et des investissements de plusieurs centaines de millions de dollars sont prévus dans ce domaine au cours des prochaines années.

De plus, étant donné qu’elle produit de l’énergie en grande quantité et à un bas coût, la province produit près de 10 % de l’aluminium sur la planète, grâce au géant canadien Alcan (racheté par le groupe Britanno-Australien Rio Tinto en 2007) et à son concurrent américain, Alcoa. Récemment, l’économie québécoise a dû faire face à plusieurs embûches : hausse fulgurante du dollar canadien, féroce concurrence étrangère (Asie), hausse du prix de l’énergie, crise dans le secteur forestier et, dernièrement, ralentissement de l’économie américaine. La croissance a été de 2,2 % en 2006, inférieure à la moyenne canadienne de 3 %. Pour 2007, la croissance sera sous les 2 %. Cependant, une reprise est prédite pour 2008. Le PIB de la province est de 230,6 milliards $US en parité de pouvoir d’achat (PPA), et celui par habitant est de 30 143 dollars américains (en PPA), un montant qui se compare à celui de la France ou de l’Italie. Cependant, l’écart entre le PIB/Habitant avec la riche Ontario et la moyenne canadienne est d’environ de 15-20 %, la moyenne nationale se situant à 35 875 $US (en PPA). De par sa taille, l’économie du Québec se compare à celle de la Norvège.

Soixante-dix pourcent de son PIB est généré par le secteur des services et le taux de chômage est de 7 % (décembre 2007), supérieur à la moyenne nationale qui est de 6 %.

Le Québec compte aussi plusieurs entreprises qui rayonnent internationalement : Bombardier, le Cirque du Soleil, Quebecor, Couche-Tard, Saputo, Garda, etc.

La science et la technologie sont des facteurs déterminants dans le positionnement économique du Québec. Étant l’un des chefs de file mondiaux dans des secteurs de pointe tels que l’aérospatiale, les technologies de l’information, les biotechnologies et l’industrie pharmaceutique, le Québec joue un rôle significatif dans la communauté scientifique et technologique. De plus, on dit de Montréal qu’elle est maintenant une plaque tournante de l’industrie du jeu vidéo. D’ailleurs, une revue britannique spécialisée en la matière (Develop, octobre 2006) affirme que la métropole est l’endroit qui a connu le plus grand essor dans ce domaine au cours des 10 dernières années. On attribue ce phénomène à une culture du jeu vidéo avant-gardiste, notamment grâce à Soft Image (fondée par Daniel Langlois en 1986) et l’arrivée d’Ubisoft, à Montréal, en 1997. On dit aussi de Montréal qu'elle pourrait être le prochain "Hollywood du jeu vidéo".

Grâce à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et à l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA), le Québec connaît une augmentation de sa capacité à concurrencer le marché international. À la suite de ces accords, ses relations commerciales avec les autres pays se sont dynamisées. Par conséquent, le Québec a vu ses exportations s’accroître de manière importante. Ces échanges internationaux contribuent à la vigueur de l’économie québécoise, notamment en matière d’emploi. Près des deux tiers de ses exportations sont réalisées ailleurs qu’au Canada. En 2003, les exportations québécoises internationales totalisaient 133 640 millions de dollars canadiens (soit 35 % de son PIB) et étaient destinées aux États-Unis d’Amérique (83,2 %), à l’Europe (9,6 %), à l’Asie (4,4 %) et à l’Amérique latine (1,5 %). En 2003, le Québec importait pour 130 691 millions de dollars canadiens de biens et de services. Ils provenaient principalement des États-Unis (37,4 %), de l’Europe (29,3 %), de l’Asie (18,6 %), de l’Amérique latine (7,4 %) ainsi que de l’Afrique et du Moyen-Orient (6,0 %). La proximité géographique du Québec avec les États-Unis explique le fait qu’une partie non négligeable de ses exportations soit destinée au territoire américain.

L’industrie touristique est un pilier économique majeur au Québec. En 2005, l’industrie touristique procurait des emplois directs à 133 271 travailleurs. Ces employés œuvrent dans plus de 29 000 entreprises touristiques québécoises. On estime qu’en 2005, le Québec a accueilli 28,3 millions de touristes. De ce nombre 75,7 % provenaient du Québec, 13 % du Canada, 7,6 % des États-Unis et 3,7 % d’autres pays. Annuellement, les touristes dépensent plus de 7,5 milliards de dollars dans les différentes sphères de l’industrie touristique québécoise.

Eu égard au tourisme, le Québec compte 21 régions différentes (à ne pas confondre avec les régions administratives). Quelle que soit la saison, une panoplie d’activités s’offre aux visiteurs. Quant aux attraits, les musées, casinos, lieux de culte et du patrimoine, parcs, réserves et jardins, sont particulièrement courus des touristes. Enfin, le Québec est le théâtre de nombreux événements d’envergure internationale, qu’il s’agisse de compétitions sportives (Grand Prix automobile du Canada, Coupe Rogers), de festivals (Festival International de Jazz de Montréal, Festival d’été international de Québec) ou du célèbre Carnaval de Québec, plus important carnaval d’hiver au monde.

Le réseau routier québécois comprend environ 185 000 km d’autoroutes, de routes nationales et régionales, de rues et de chemins locaux. En outre, il compte près de 12 000 ponts, tunnels, murs de soutènement, ponceaux et autres constructions.

On trouve au Québec huit ports en eau profonde destinés au transbordement des marchandises. En 2003, 3 886 cargos et 9,7 millions de tonnes de marchandises ont transité par la portion québécoise de la Voie maritime du Saint-Laurent. Plusieurs traversiers permettent de se déplacer, principalement sur le fleuve Saint-Laurent.

Quant au transport ferroviaire, la province dispose de 6 678 km de voies ferrées qui s’intègrent au grand réseau nord-américain. Bien que principalement destiné au transport des marchandises, le réseau ferroviaire québécois joue tout de même un rôle dans le transport des passagers par l'intermédiaire de Via Rail Canada.

On trouve au Québec deux types de réseau aérien : le réseau supérieur et le réseau local. Le réseau supérieur comprend 43 aéroports qui offrent des services réguliers sur une base quotidienne.

Au Québec, on trouve plusieurs compagnies de transport par autobus qui, chaque jour, parcourent des centaines de kilomètres à travers la province: Orléans Express, Intercar, Autocars La Chaudière, Autobus Maheux, Limocar, Autocars ADS, Autobus A1 et Acadian Lines.

L’abondance de ses ressources naturelles confère au Québec une position avantageuse sur le plan mondial. Le Québec se distingue notamment dans le secteur minier en se classant parmi les dix principaux producteurs mondiaux. Il se démarque également par l’exploitation de ses ressources forestières.

Le Québec est remarquable par la richesse de son vaste territoire, encore peu exploité. Il compte environ 30 mines, 158 entreprises d’exploration et une quinzaine d’industries de première transformation. Une trentaine de substances diverses y sont exploitées, dont les plus importantes sont l’or, le fer, le titane, l’amiante, le cuivre, le zinc et l’argent.

À peine 40 % du potentiel minéral du sous-sol québécois est actuellement connu. En 2003, la valeur des expéditions minérales du Québec a atteint 3,656 milliards de dollars. L’immense majorité (90,5 %) des forêts du Québec sont de propriété publique. Les forêts recouvrent plus de la moitié du territoire québécois, soit 761 100 km2. Le domaine forestier québécois s’étend sur sept degrés de latitude.

Le bilan énergétique du Québec a connu de grands bouleversements en 20 ans. L’électricité occupe maintenant au Québec le premier rang parmi les formes d’énergie, suivie du pétrole et du gaz naturel. Elle est presque entièrement produite par Hydro-Québec, une société de la Couronne provinciale qui gère 83 centrales réparties sur tout le territoire québécois. En 2000, le Québec était le quatrième producteur mondial d’hydroélectricité, derrière les États-Unis, le Brésil et la Russie.

Le Québec demeure un importateur de pétrole brut. Dans ce secteur, les activités d’exploration ayant cours au Québec demeurent limitées. Plus des trois cinquièmes du pétrole brut acheté par le Québec proviennent des gisements de la Mer du Nord (Royaume-Uni et Norvège). Le reste est acheté au Venezuela, en Algérie, au Mexique et au Moyen-Orient.

Quant au gaz naturel, des activités d’exploration se déroulent également au Québec. Aussi, des efforts visent la mise en valeur des structures géologiques à des fins de stockage de la ressource.

Le Québec importe de l’Alberta la quasi-totalité du gaz qu’il consomme. Au cours des 30 dernières années, deux gisements ont été exploités au Québec, soit à Pointe-du-Lac, près de Trois-Rivières, et à Saint-Flavien, au sud de Québec. Depuis 1980, le Québec a considérablement étendu son réseau gazier.

Le Québec s’est doté d’un plan vert dans le but d’atteindre les objectifs de Kyoto. Un de ces objectifs est de réduire les gaz à effet de serre (GES) de 6 % sous les niveaux de 1990, d’ici 2012. Malgré le fait que les GES ont augmenté au Canada de 30 % depuis la signature du protocole, le Québec fait bien meilleure figure puisqu’ils n’y ont augmenté que de 6 6 % entre 1990 et 2003. D’ailleurs, une des raisons pour laquelle le Québec a un avantage considérable sur les autres provinces canadiennes, c’est qu'il a comme principale source d’énergie l’hydroélectricité, renouvelable et peu polluante.

Le drapeau national, tel qu’on le connaît aujourd’hui, est couramment surnommé le fleurdelisé. Il fut institué par le gouvernement de Maurice Duplessis, le 21 janvier 1948. La composition héraldique du drapeau est « d’azur à la croix d’argent cantonnée de quatre fleurs de lis du même ». L’argent est représenté par la couleur blanche du tissu du drapeau. La croix blanche, quant à elle, est le symbole d’une nation catholique et tire son origine du Moyen Âge. Pour sa part, le bleu azur est apparu vers l’an mil comme marque de l’autorité française. Enfin, pour ce qui est des fleurs de lis blanches (ou argentées), elles rappellent la fondation d’une France nouvelle en Amérique, ce symbole, lorsque doré, ayant vite été associé à la monarchie française.

Les premières armoiries du Québec lui furent accordées par mandat de la reine Victoria, le 26 mai 1868. En 1939, le gouvernement québécois adopte les armoiries actuelles de la province, suite à une étude de l’héraldiste Maurice Brodeur. Ce changement répond au désir de les rendre plus conformes aux réalités historiques du Québec. Le nouveau blason représente « Tiercé en fasce d’azur, à trois fleurs de lis d’or ; de gueules, à un léopard d’or armé et lampassé d’azur ; d’or, à une branche d’érable à sucre à triple feuille de sinople, aux nervures du champ timbré de la couronne royale ; sous l’écu, un listel d’argent bordé d’azur portant la devise "Je me souviens" du même ». Le chef de l’écu, d’azur à trois fleurs de lis d’or, symbolise la naissance du Canada et son premier régime politique (français). Au centre, les armoiries représentent le second régime politique (britannique), avec le léopard associé aux armoiries britanniques. La pointe de l’écu montre les feuilles d’érable à sucre qui rappellent la terre canadienne. Elles sont l’emblème particulier du Québec, où l’industrie du sucre d’érable représente environ 80 % de la production mondiale,. La couronne héraldique de la Grande-Bretagne apparaît au-dessus de l’écu. Selon les Acte de l’Amérique du Nord britannique, toujours en vigueur, le souverain britannique est le défenseur des droits des Canadiens de langue française.

La devise du Québec, qui figure officiellement au bas des armoiries de la province depuis 1939, fut le fruit de l’imagination et de l’initiative du concepteur de l’Hôtel du Parlement du Québec, Eugène-Étienne Taché. En effet, Taché avait prévu de placer les armes de la province au-dessus de la porte principale de l’Hôtel du Parlement et d’y inscrire une devise de son cru : « Je me souviens ». Il prépara des plans à cette fin et ils furent annexés au contrat de construction passé en 1883 sous l’autorité d’un arrêté du Conseil exécutif. C’est ainsi que la devise imaginée par Taché a été ratifiée par le gouvernement québécois. Plusieurs auteurs ont cherché le sens de cette devise, Taché ne s’étant jamais exprimé sur cette question. André Duval y voit la réponse d’un sujet canadien-français à la devise du marquis de Lorne, gouverneur général du Canada, qui se trouve dans le vestibule de l’Hôtel du Parlement : « Ne obliviscaris » (Gardez-vous d’oublier). Conrad Laforte croit, pour sa part, que Taché s’est inspiré du Canadien errant d’Antoine Gérin-Lajoie : « Va, dis à mes amis, que je me souviens d’eux ».

Ces interprétations récentes ne semblent pourtant pas correspondre à celles qui circulaient au tournant du siècle, chez des contemporains du concepteur de la devise. Étant donné l’époque à laquelle elles furent suggérées, ces interprétations risquaient d’être plus justes. Ainsi, dans un discours de 1890, le juge Jetté évoquait les sentiments des Canadiens lorsque le drapeau français réapparut sur le fleuve en 1855 : « Oui, je me souviens, ce sont nos gens ». D’après Pierre-Georges Roy, la devise québécoise affirme « clairement le passé, le présent et le futur de la seule province française de la Confédération canadienne ». Ernest Gagnon, ancien secrétaire du département des Travaux publics ayant bien connu Taché, écrivit que cette devise résumait admirablement « la raison d’être du Canada de Champlain et de Maisonneuve comme province distincte dans la Confédération ». Selon lui, en concevant la décoration de l’Hôtel du Parlement, Taché voulait rendre hommage aux hommes et aux femmes qui avaient marqué l’histoire du Québec.

En 1987, le harfang des neiges (Bubo scandiacus), rappelant la blancheur des hivers québécois, l’enracinement dans un climat semi-nordique et l’extension sur un très vaste territoire, devint l’emblème aviaire du Québec,.

Le bouleau jaune (Betula alleghaniensis), communément appelé merisier, fut choisi comme arbre emblématique de la province, pour sa présence dans les forêts du Québec et son usage à la fois artisanal et commercial,.

En 1999, l’iris versicolore (Iris versicolor) fut choisi comme fleur-emblème du Québec, en remplacement du lys blanc, qui n’est pas indigène au Québec. Outre sa ressemblance au fleurdelisé du drapeau québécois, il symbolise, par l’harmonie de ses couleurs, la diversité de la société québécoise et, par son habitat, l’importance des milieux humides dans la province. De plus, sa floraison se produit vers le 24 juin, le jour de la Fête nationale du Québec,.

Enfin, en octobre 1998, un insecte-emblème a été choisi par vote populaire lors d’un scrutin parrainé par l’Insectarium de Montréal : le papillon amiral blanc (Limenitis arthemis). Cet insecte était en compétition avec quatre candidats : la coccinelle maculée, la demoiselle bistrée, le bourdon fébrile et la cicindèle à six points. Le ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs du Québec soutient et finance actuellement des actions pour faire reconnaître officiellement le papillon amiral comme insecte emblématique.

Le 24 juin est la date officielle de la Fête nationale du Québec, jour férié et chômé,, marqué par diverses manifestations officielles et populaires (défilés, concerts, etc.). Coïncidant avec la Saint-Jean-Baptiste, traditionnellement et historiquement associée aux Canadiens français, cette fête est devenue, depuis plusieurs années, un événement plus familial et rassembleur des Québécois de toutes origines. Cet ensemble de festivités se veut un événement officiellement apolitique. Néanmoins, il est parfois l’occasion, pour les nationalistes québécois, de manifester leur allégeance politique.

Le Québec est divisé en 17 régions administratives à la tête desquelles se trouve une Conférence régionale des élus (CRÉ). Ces régions ne sont pas des divisions politiques du Québec. Elles servent à organiser l’administration publique et constituent généralement les unités de division pour les différents services gouvernementaux. Les CRÉ agissent normalement en tant qu'interlocuteurs privilégiés pour leur région respective auprès du Conseil des ministres.

Ces régions ne doivent pas être confondues avec les 21 régions touristiques du Québec. Bien que les deux découpages correspondent, des différences peuvent être notées. Ainsi, les régions administratives de la Capitale-Nationale, de la Côte-Nord et du Nord-du-Québec sont divisées, eu égard au tourisme, en Québec et Charlevoix, Duplessis et Manicouagan, et Baie-James et Nunavik, respectivement. Aussi, la région administrative de l’Estrie est nommée Cantons de l’Est, lorsqu’il est question de tourisme.

Chaque région administrative est divisée en municipalités régionales de comté (MRC) ou en territoires équivalents, lesquels comprennent les villes et agglomérations qui détiennent à elles seules des pouvoirs de MRC, l'administration régionale crie et Kativik ainsi que la Jamésie et la Basse-Côte-Nord. Celles-ci constituent des régions d'appartenance créées par l'État au début des années 1980, en remplacement des anciens comtés, et dans lesquelles il est réputé que la plupart des citoyens y vivent leur vie quotidienne. Elles ont donc pour rôle de fournir aux municipalités locales les services nécessaires au maintien et au développement du bien-être des résidants de leur région. Dans les régions du Grand Montréal et du Grand Québec, les réalités quotidiennes sont toutefois différentes relativement à l'emploi et au mouvement quotidien de la main-d'œuvre. Par conséquent, lors des réorganisations municipales de 2002, l'État créa la Communauté métropolitaine de Montréal et la Communauté métropolitaine de Québec afin de pourvoir à ce phénomène en complémentarité avec les municipalités régionales de comté.

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Mouvement souverainiste du Québec

Armoiries du Québec

Cet article fait partie de la série sur la politique du Québec, sous-série sur la politique.

Le mouvement souverainiste du Québec est un mouvement politique dont l'objectif est de faire du Québec, province de la fédération canadienne depuis 1867, un État souverain. Les souverainistes proposent aux Québécois de faire usage de leur droit à l'autodétermination — principe qui comporte la possibilité de choisir entre intégrations à un État tiers, l'association politique à un autre État ou l'indépendance — afin qu'ils se donnent, par des moyens démocratiques, leur premier État constitutionnel indépendant.

Ultimement, le but du mouvement souverainiste du Québec est de faire en sorte que le Québec devienne un pays lui-même en se séparant du Canada. Cependant, il propose d'établir divers partenariats futurs avec le Canada. En pratique, les termes "indépendantiste", "souverainiste" et "séparatiste" sont utilisés pour qualifier les personnes suivant ce mouvement, bien que ce dernier terme soit perçu comme étant péjoratif par les personnes concernées. De plus, la plupart des discours politiques du premier ministre du Canada utilisent le terme « souverainiste » en français afin de modérer les propos auprès de l'électorat québécois et le terme « separatist » (séparatiste) en anglais afin d'accentuer la connotation de mépris et le sentiment d'aversion au Canada anglais.

Les souverainistes québécois sont d'avis qu'avec un État souverain, les Québécois francophones seront mieux outillés pour promouvoir leur propre développement économique, social et culturel. De façon générale, les souverainistes ne sont pas opposés aux principes du fédéralisme, cependant ils s'opposent au fonctionnement actuel du système fédéral canadien, et croient que ce système ne peut être réformé de manière à répondre à ce qu'ils considèrent être le désir légitime d'une partie de la population québécoise de se gouverner sans lien fédéral avec le reste du Canada.

Les souverainistes croient que l'aboutissement normal de l'aventure collective des Québécois est l'atteinte de l'indépendance politique, chose qu'ils entrevoient comme possible uniquement si le Québec devient un État souverain et si ses habitants se gouvernent eux-mêmes par le biais d'institutions politiques démocratiques indépendantes, et sont libres d'établir des relations extérieures sur la base de traités.

Par le biais du parlementarisme, les Québécois exercent actuellement un certain contrôle démocratique sur l'État québécois, cependant au sein de la fédération canadienne telle qu'elle est actuellement constituée, cet État n'a pas tous les pouvoirs constitutionnels lui permettant d'agir en tant que véritable gouvernement national. Au sein du Canada, les politiques poursuivies par le Québec et celles du gouvernement fédéral entrent parfois en conflit. Jusqu'à présent, diverses tentatives de réforme du système fédéral canadien ont échoué (notamment les défunts accords du Lac Meech et de Charlottetown), du fait des intérêts conflictuels entre les élites souverainistes du Québec et les élites fédéralistes du Québec et du reste du Canada (voir Débat constitutionnel au Canada).

Bien que ce soit avant tout une question d'ordre politique, des préoccupations d'ordre culturel et social sont également à la base du désir d'émancipation par la voie indépendantiste d'une partie de la population québécoise, lequel est beaucoup plus vieux que le mouvement souverainiste. L'argument culturel principal des souverainistes soutient que seule une citoyenneté nationale québécoise permettrait de résoudre le problème de l'identité culturelle québécoise dans le contexte nord-américain. En assoyant la future nationalité québécoise sur des assises juridiques, les souverainistes croient que l'identité culturelle des Québécois et ainsi que leur mémoire collective, telle que définie par leurs élites intellectuelles, sera adéquatement protégée. Une citoyenneté nationale viendrait résoudre de manière adéquate et définitive la délicate question de la langue française au Québec, langue de la majorité québécoise, cependant langue d'une minorité nationale au sein du Canada.

Il est généralement admis que le mouvement souverainiste est né dans les années 1960, avec la Révolution tranquille. L'utilisation du terme souveraineté, ainsi que la plupart des idées du mouvement, est issue du Mouvement Souveraineté-Association (MSA) fondé par René Lévesque en 1967. C'est de ce mouvement qu'est issu le Parti québécois, qui fut fondé en 1968. Avant le MSA, on parlait plutôt du mouvement indépendantiste québécois, lequel s'inspirait grandement du mouvement planétaire en faveur de la décolonisation.

Ces idées furent présentées pour la première fois dans le manifeste politique de René Lévesque intitulé Option Québec.

Le Parti québécois définit la souveraineté comme étant « le pouvoir d'un État de faire ses lois, de prélever ses impôts et d'établir ses relations extérieures » (extrait du discours sur la souveraineté lors du référendum de 1980).

Le type d'association souhaité entre un Québec indépendant et le reste du Canada fut décrit comme une union monétaire et douanière de même que des institutions communes servant à administrer les relations entre les deux pays. La principale source d'inspiration de ce concept était la Communauté européenne alors naissante.

L'importance du trait d'union entre les mots « souveraineté » et « association » était souvent notée par René Lévesque et les autres membres du Parti québécois, pour bien faire comprendre que les deux étaient inséparables. La raison qu'on évoquait était que si le Canada décidait de boycotter les exportations d'un Québec devenu indépendant, le nouveau pays aurait à subir des temps économiques très difficiles, étant donné qu'à l'époque les barrières tarifaires entre le Canada (y compris le Québec) et les États-Unis étaient très élevées. Le Québec et ses 7 millions d'habitants se seraient donc retrouvés coincés entre deux pays dont le protectionnisme économique était impénétrable.

Après la signature de l'accord de libre-échange entre les États-Unis et le Canada, les partisans de la « Souveraineté-Association » ont révisé leur thèse, et la nécessité de l'association économique et politique avec le Canada est devenue optionnelle. Cette association est toujours souhaitée par beaucoup de souverainistes, mais advenant l'échec des négociations entre le Québec et le Canada, les souverainistes jugent que la souveraineté serait tout de même économiquement viable, car le Québec pourrait, comme c'est le cas actuellement, exporter librement vers le marché américain. Depuis lors, les membres du Parti québécois et leurs sympathisants font souvent référence à la « souveraineté » uniquement.

Ceux en faveur de l'indépendance hésitent entre parler de « souveraineté » ou d'« indépendance », même si les deux termes sont considérés comme des synonymes par beaucoup. Une partie de la gauche souverainiste préfère utiliser le mot « indépendance » et ils sont souvent stigmatisés pour ce choix. Aujourd'hui, le terme de « Souveraineté-Association » est beaucoup moins utilisé, bien que parfois entendu (cf. la partie modernisation ci-dessous).

Les nationalistes-fédéralistes québécois pensent que le peuple du Québec devrait être reconnu de facto comme une nation par le gouvernement fédéral canadien, et engager les réformes constitutionnelles qu'implique une telle reconnaissance. Leur position est parfois tellement proche de celle de certains souverainistes modérés que nombreux sont ceux qui ont changé de parti, et ce, dans les deux sens (l'ancien premier ministre du Québec Lucien Bouchard et l'avocat québécois Guy Bertrand en sont des exemples bien connus). Une grande partie des politiciens souverainistes actuels est en fait passée par le camp autonomiste réformiste de la grande famille libérale avant de rejoindre le MSA, ou plus tard le Parti québécois.

Le souverainisme et la souveraineté sont des termes issus du mouvement moderne en faveur de l'indépendance politique du Québec. Cependant, les racines du désir d'autonomie politique des Québécois sont beaucoup plus vieilles. On peut songer à l'Alliance laurentienne de 1957, aux écrits de Lionel Groulx dans les années 1920, à la Motion Francœur de 1918, au Mouvement patriote du XIXe siècle, et même à l'apparition d'une conscience et d'une identité nationale canadienne à l'époque de la Nouvelle-France.

La Révolution tranquille québécoise a entraîné des changements considérables dans les années 1960. Par exemple, le soutien à l'indépendance du Québec commença à se répandre dans certains milieux. La première organisation dédiée à l'indépendance du Québec était l'Alliance laurentienne fondée par Raymond Barbeau le 25 janvier 1957.

Le Rassemblement pour l'indépendance nationale (RIN) est fondé le 10 septembre 1960. Le 9 août de la même année, Raoul Roy créait l'Action socialiste pour l'indépendance du Québec (ASIQ). Le 31 octobre 1962, le Comité de libération nationale, puis en novembre le Réseau de Résistance, deux groupes composés de membres du RIN, furent créés pour organiser des actions illégales, mais non violentes, telles que le vandalisme ou la désobéissance civile. Peu après l'élection générale du Québec du 14 novembre 1962, le membre du RIN Marcel Chaput fonda le Parti républicain du Québec, qui ne dura pas longtemps.

En 1964, le RIN devient un parti politique de province. En 1965, le Ralliement national (RN), plus conservateur, devient à son tour un parti.

Le contexte historique de l'époque était celui de la décolonisation. Beaucoup d'anciennes colonies européennes telles que le Cameroun, le Congo, le Sénégal, l'Algérie, la Jamaïque, etc. sont devenues indépendantes. Certains partisans de l'indépendance du Québec voyaient là une similitude de situation. De nombreux activistes furent influencés par les écrits d'auteurs tels que Frantz Fanon, Albert Memmi ou Karl Marx, et pour la plupart, Cuba était le nouvel idéal.

Le 24 juillet 1967, le président français Charles de Gaulle prononce un discours à Montréal lors de l'exposition universelle de Montréal. Juché au haut de l'Hôtel de Ville, il en surprendra plusieurs en déclarant : « Vive le Québec libre !». Il quittera immédiatement après ce coup d'éclat, acclamé par la foule.

Finalement, en octobre 1967, l'ancien directeur de cabinet, le libéral René Levesque quitta le parti quand celui-ci refusa de discuter de la souveraineté à l'une de ses conventions. Lévesque fonda alors le Mouvement Souveraineté-Association (MSA) et tenta d'unir les divers partisans de la souveraineté.

C'est le 21 avril 1968 que près de 4500 personnes se sont déplacées à l’Aréna Maurice Richard pour entendre René Lévesque et François Aquin qui venaient de quitter le Parti libéral du Québec de Jean Lesage, avec en tête de nouvelles directions politiques complètement différentes.

L’objectif de ce congrès fut de greffer à la scène politique québécoise un nouveau parti dont l’idéologie graviterait autour du principe d’un Québec souverain maintenant des liens amicaux avec le Canada.

Dans le programme du parti en gestation, il reste un aspect qui divise l’assemblée et oppose messieurs Lévesque et Aquin ; celui des droits linguistiques et scolaires des minorités. L’amendement prévoit que les droits acquis seront maintenus, mais seulement durant une période transitoire. René Lévesque est en parfait désaccord, il juge cette loi discriminatoire et contraire aux principes de justice, confiance et bon sens politique.

Cet amendement sera finalement rejeté par les membres et la tenue d’un congrès de fondation d’un nouveau parti politique se mit en branle dès ce débat réglé.

Finalement, en octobre 1968, le MSA fusionna avec le Ralliement national (RN) de Gilles Grégoire pour former le Parti québécois. Plus tard dans le mois, Pierre Bourgault, chef du RIN, dissout son parti afin de rejoindre le PQ et ainsi permettre l'union des indépendantistes au sein d'un même parti. Il dira néanmoins quelques années plus tard que ce geste représenta la plus grave erreur de sa vie.

Le Parti québécois est un parti social-démocrate et nationaliste qui se revendique comme tel. Il est d'ailleurs reconnu pour être fortement interventionniste en favorisant la participation de l'État dans le secteur de l'économie, ce que lui reprochent plusieurs de ses adversaires de droite.

Le Parti québécois a tenu deux référendums pour enclencher les négociations menant à la souveraineté du Québec. Il a déposé à l'Assemblée nationale le Livre blanc sur le projet de souveraineté-association, le 1er novembre 1979 et le 20 mai 1980 a lieu le référendum sur la souveraineté-association de Québec. Ce référendum fut une défaite pour le Parti québécois, le « non » recueillant près de 60 % des voix. Le Parti québécois fut néanmoins réélu aux élections générales suivantes, le 13 avril 1981, avec un fort appui populaire de 49,26 %.

Un second référendum sur la souveraineté eut lieu le 30 octobre 1995 : le « non » fut majoritaire avec seulement 1.48 % d'écart. Jacques Parizeau, alors chef du Parti québécois et premier ministre, avait déclaré lors d'une émission avec Stéphane Bureau, enregistrée le jour du référendum, que si l'option n'était pas acceptée, il démissionnerait - ce qu'il fit.

Le Bloc québécois est un parti politique fédéral, implanté exclusivement au Québec, qui représente les Québécois et les Québécoises sur la scène politique fédérale.

Fondé par Lucien Bouchard en 1990, il est dirigé depuis 1997 par Gilles Duceppe (jusqu'à aujourd'hui, 2009). La mission première de ce parti est de mettre en place les conditions nécessaires à la réalisation de la souveraineté du Québec, tout en assurant la défense des intérêts de la population québécoise au parlement canadien.

Le Bloc québécois fonde ses actions sur la conviction que les Québécois et les Québécoises forment une nation différente de la nation canadienne, qui est prête à exprimer cette différence dans un pays souverain. Le Bloc québécois affirme que la souveraineté du Québec, la naissance d’un nouvel État en Amérique du Nord, serait bénéfique pour le Canada.

Pour ses partisans souverainistes, la présence du Bloc québécois rétablit la concordance et la légitimité entre la vision d'un peuple et celle de ses représentantes et représentants élus sur la scène fédérale. Le Bloc québécois affirme l'existence de la nation québécoise, exige sa reconnaissance et défend les intérêts de ses citoyens et de ses citoyennes ainsi que leur droit de choisir librement leur avenir.

Cependant, certains observateurs mettent en doute l'utilité du parti à la cause souverainiste et avancent même que les différents accords réalisés avec les autres partis du Canada depuis sa création prouveraient la possibilité de trouver un terrain d'entente entre le Québec et le Canada. Pour eux, le Bloc nuirait ainsi à la cause souverainiste.

Québec solidaire est un parti politique de gauche fondé dans la première moitié de 2006 par l'union de l'Union des forces progressistes, parti dirigé par Amir Khadir, et de L'Option citoyenne, mouvement politique dirigé par Françoise David. Il prône la souveraineté du Québec comme moyen d'accéder plus facilement à ses principes progressistes plutôt que comme une finalité. Plusieurs analystes et observateurs de la scène politique québécoise considèrent que Québec solidaire est une menace pour le Parti québécois, parti auquel Québec solidaire pourrait aller gruger des votes lors des prochaines élections. Encore selon des observateurs, le nouveau parti, quoique souverainiste, pourrait nuire à l'accession du Québec à la souveraineté, en plus de faire en sorte de reporter au pouvoir le Parti libéral du Québec qui se trouve à l'opposé du spectre idéologique. Dans les faits, Québec Solidaire demeure un parti marginal avec seulement un député à l'Assemblée nationale du Québec.

Le Parti communiste du Québec est issu du Parti communiste du Canada fondé en 1921.

Le Parti communiste fut connu sous le nom de Parti ouvrier-progressiste de 1941 à 1959, à la suite de son bannissement par les autorités fédérales. En 1965, le Parti communiste du Québec fut constitué définitivement en parti politique sous les lois québécoises, sous la présidence de Samuel Walsh.

En 2002, le Parti communiste du Québec fusionna avec le Parti de la démocratie socialiste (PDS) et le Rassemblement pour l'alternative progressiste (RAP) afin de former l'Union des forces progressistes (UFP). L'UFP fusionna à son tour avec le mouvement politique Option citoyenne en 2006 afin de former le parti Québec solidaire (QS). Le Parti communiste du Québec constitua néanmoins, jusqu'en 2005, la branche québécoise du Parti communiste du Canada, un schisme étant survenu entre les deux entités sur la question nationale en mai 2005.

Le Parti communiste du Québec a décidé de ne pas présenter de candidats et de candidates lors de cette élection et de plutôt appuyer ceux et celles de Québec solidaire. Il faut préciser que le PCQ était l'un des partis-fondateurs de l'UFP, ancêtre de Québec solidaire. Le parti a décidé de ne rester actif qu'afin d'éviter qu'une nouvelle formation politique prenne son nom. Le chef du parti André Parizeau, Francis Gagnon-Bergmann membre de l'exécutif central et Jocelyn Parent membre du comité cental, ont d'ailleurs été candidats pour QS dans les circonscriptions de l'Acadie Blainville et Mirabel.

Suite à l'élection du 26 mars 2007, un nouveau parti souverainiste a vu le jour : le Parti République du Québec. Il est dirigé par Gilles Paquette, qui avait tenté de participer à la course à la chefferie du PQ en 2005.

Suite à l'élection du 26 mars 2007, germe l'idée de créer un parti réellement indépendantiste pour contrebalancer la décision de la direction péquiste de mettre le projet de souveraineté en veilleuse.

Puisqu'il n'a pas encore tenu de congrès, le nouveau parti n'a pas de programme officiel. Il existe néanmoins un consensus au sein des membres sur ceci : « nous voulons faire l'indépendance SANS RÉFÉRENDUM ». Une version préliminaire du programme nous indique plus précisément que ce parti défendra la méthode Parizeau-Laplante. Ce même document souligne que le Parti indépendantiste veut un renforcement de la Loi 101, s'oppose à la création d'un centre universitaire anglophone à Montréal, veut augmenter le financement accordé aux réseaux francophones d'enseignement collégial et universitaire, veut implanter au primaire un cours d'histoire nationale et y renforcer les cours de français, veut imposer le cégep français à tous, etc.

Le PI est dirigé actuellement par Éric Tremblay et Richard Gervais.

En plus du PQ et de QS, il existe de nombreux autres partis politiques souverainistes actuellement reconnus par le Directeur général des élections du Québec : le Parti marxiste-léniniste du Québec, un parti d'extrême gauche, et le Parti unitaire du Québec. Le Parti communiste du Québec, qui a appuyé Québec solidaire lors de l'élection du 26 mars 2007, est aussi souverainiste.

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Parti communiste du Québec

Parti communiste du Québec

Le Parti communiste du Québec fut fondé dans en 1921. Il est aujourd'hui un des partis politiques constituants le parti Québec solidaire au sein duquel il détient le statut de collectif.

Le Parti communiste du Québec fut connu sous le nom de Parti ouvrier progressiste de 1941 à 1959, à la suite de son interdiction par les autorités provinciales voir Loi du cadenas. Le PCQ était au départ la branche québécoise du Parti communiste canadien.

1923 : Albert Saint-Martin tente de mettre sur pied une section Canadienne-française de l'nternationale communiste: cette dernière refuse sa demande, n'acceptant qu'un seul parti par pays.

1927 : Le P.C. fonde le Club éducationnel canadien-français dans le but de former des cadres francophones pour le Parti. Évariste Dubé. président de l'université ouvrière, demande la dissolution de celle-ci et l'adhésion de ses membres au pc. Saint-Martin refuse et Dubé fonde la première section communiste canadienne-française au sein du P.C. avec le "vieux" Paquette. Léo Lebrun, Charles Ouimet, E.Simard et M. M. Galarneau et Bélanger.

1928: Georges Dubois adhère au Parti et devient l'organisateur du groupe canadien-français ; Sidney Sarkin et Michael Buhay dirigent alors le Parti.

Juillet 1930: E. Simard, forgeron, se présente comme candidat communiste à l'élection fédérale dans Montréal-Maisonneuve. Son organisateur, Georges Dubois, est arrêté par la police. Le parti organise une manifestation contre cette arrestation : au Carré Viger, la police disperse brutalement la centaine d'ouvriers qui manifestent.

1934 : Mort de Paul Delisle, leader de la section canadienne-française du parti. Funérailles "rouges" à Montréal. Assemblée de la Ligue contre guerre et le fascisme à Montréal; 600 personnes y entendent Lilian Mendelssohn, J. S. Wallace, Fred Rose, Maurice Armstrong et Stanley Ryerson. (Novembre) Assemblée contre la section 98 du Code criminel 3 000 à 4 000 personnes se rassemblent au marché Saint-Jacques pour y entendre J. S. Wallace, John Boychuck, Becky Buhay, Paul et Tom McEwen.

1935: Le Journal Clarté devient un hebdomadaire il sera publié jusqu'en 1939. Évariste Dubé ce rendu à Moscou. Norman Bethune adhère au parti communiste a montréal. Participation des communistes à la création des Clubs de sans-travail à montréal. S. Larkin, J. Bédard, C. A. Perry, L. Dufour et Mme Lebrun militent divers clubs tels que : l'assemblée des ouvriers Unis de Lorimier, Ligue des Chômeurs de Saint-Henri, etc.

Oct. 1935: (le 14) Élection fédérale: Fred Rose obtient 3378 voix dans Mtl-Cartier ; C.A. Perry en obtient 1 012 dans Saint-Denis.

1936: Stanley Bréhaut Ryerson est nommé secrétaire du PC au Québec. Lucien Dufour président du "Front Populaire", signale que 56 organisations en font parti au Québec. Le thème central organisation et luttes des sans-travail. Mise sur pied du premier comité exécutif de la section québécoise du P.C.: Évariste Dubé (président), S. B. Ryerson (secrétaire), Fred Rose, Emile Godin Alec Rosenberg, Emery Samuel. Alex Gauld, Mme Léo Lebrun, Willie Fortin. Jean Bourget et Sydney Sarkin en font partie.

Août 1936: (le 27) Élection provinciale: Fred Rose obtient 578 voix dans Saint-Louis, Évariste Dubé 185 voix dans Saint-Jacques et Emile Godin 288 voix dans Sainte-Marie.

1937: La loi du cadenas fut créé par le premier ministre du Québec Maurice Duplessis.

Juin 1937: Manifestation de 300 à 400 femmes au Champ-de-mars organisée par Solidarité féminine : 5 femmes sont arretés après la charge policière, (le 18) Norman Bethune revient a montréal après un voyage de plusieurs mois en Espagne. Des milliers de personnes l'attendent à la vienne gare Bonaventure et organisent une parade dans les rues de Montréal en son honneur, (le 20) Plus de 15 000 personnes se ramassent à l'aréna Mont-Royal pour entendre Bethune raconter ce qu'il vue en Espagne et déclarer: "L'Espagne peut être le tombeau du fascisme" - Bethune effectuera ensuite une tournée de sept mois au pays pour recueillir des fonds pour la République espagnole.

Novembre 1937: Le journal Clarté est interdit par le gouvernement Duplessis.

Mai 1938: (le 1er) Environ 4 000 personnes participent à une assem­blée unitaire du P.C. et de la Coopérative Commonwealth Fédération à l'aréna Mont-Royal à Montréal: les princi­paux orateurs sont Eugène Forsey, de la C.C.F. et Stanley B. Ryerson pour le P.C.

1941: Assemblée à Montréal: Gui Caron, du P.C. et Jean-Charles Harvey. du journal Le Jour, prennent la parole devant 6 000 personnes pour soutenir l'effort de guerre contre les fascistes.

Août 1943 : (Le 9) Fred Rose est élu député de Montréal-Cartier au cours d'une élection fédérale partielle. Il recueille 5767 voix.

Nov. 1943 : Premier congrès du Parti ouvrier-progressiste du Québec à montréal ; 172 déléguées représentant 40 clubs du parti.

Janv. 1944: (le 26) Fred Rose tait sont entrée à la Chambre des communes comme député de Montréal-Cartier.

Août 1944: Election provinciale: le candidat du P.O.P. dans Mtl-Saint-Louis, Michael Buhay obtient 6 512 votes.

Juin 1945: Élection fédérale: Fred Rose est réélu député de Montréal-Cartier.

Le 14 mars 1946, Fred Rose est arrêté et accusé d'espionnage pour le compte de l'Union soviétique à la suite des révélations d’Igor Gouzenko. Il sera libéré après six ans de prison et déporté en Pologne où il finira ses jours. Le gouvernement canadien ne lui donnera jamais le droit de revenir au pays.

1946: Gui Caron est nommé chef provincial du P.O.P.

Avril 1946: Henri Gagnon et d'autres communistes tondent la Ligue des Vétérans sans logis: Gagnon en est le président. La Ligue regroupe des «squatters» qui occupent des logements que les vétérans ne peu­vent payer, ou des logements inoccupés, pour les leur remettre.

1948: La police effectue une saisie au local du journal du Combat (fondé en 1946), en vertu de la loi du Cadenas.

1951: Libération de Fred Rose après six années de prison. Suite au harcèlement de la police il décide de quitter le Canada pour la Tchécoslovaquie puis la Pologne.

Oct. 1956: (le 14) Assemblée publique à Montréal suite au XXe Congrès du PCUS: Tim Buck et J.B. Salsberg, de retour d'U.R.S.S., rendent compte des résultats de leurs entretiens avec des dirigeants soviétiques, (le 15) Insatisfaits des expli­cations fournies par Buck, Gui Caron démissionne du P.O.P. en com­pagnie de cinq autres membres du comité provincial: Ken Perry, Harry Gulkin, Norman Nerenberg, Frank Arnold et Pierre Gélinas.

Fevrier 1957: Dans un article publié dans Clarté, Henri Gagnon estime que 200 membres ont quitté le Parti depuis les révélations de Khrouchtchev.

Mars 1957: La loi du Cadenas est déclarée anticonstitutionnelle.

En 1965, le Parti communiste du Québec fut constitué définitivement en parti politique sous les lois québécoises, sous la présidence de Samuel Walsh.

1973 : Le PCQ publie une brochure appelant à la création d’un Parti fédéré de masse au Québec et appellent les syndicats à prendre le devant dans cette démarche. Le Québec vit alors une montée sans précédent de luttes. Nous sommes au lendemain de la grande grève de 1972 dans le secteur public, qui fut ensuite suivi de l’emprisonnement des dirigeants syndicaux et le déclenchement d’une grève générale sans précédent au Québec.

L’idée reçoit un accueil plutôt favorable dans plusieurs organisations syndicales, en particulier à Montréal. Le projet de créer un parti de masse des travailleurs, à partir des syndicats, fait même l’objet d’un débat serré sur le plancher du congrès de la FTQ en 1975. Mais la proposition sera finalement battu. Ailleurs, en particulier à la CSN et à la CEQ, c’est le même constat; l’enthousiasme cède tranquillement le terrain à un certain désintéressement. Le problème réside dans le fait que les appuis du PQ montent en flèche, y compris au sein des syndicats, à mesure que les gens réalisent que le PQ pourrait prendre le pouvoir. Il faut dire que le PQ courtise les syndicats comme jamais il ne le fera par la suite. Nous sommes à la veille de sa victoire de novembre 1976 où il prendra effectivement le pouvoir pour la première fois.

Face au manque d’entrain de la part des syndicats pour faire la promotion d’un tel projet, lequel est de plus en plus vue comme pouvant nuire aux chances du PQ de pouvoir enfin battre les Libéraux, et devant les difficultés au sein des groupes de gauche de pouvoir s’entendre à cause du sectarisme extrême qui existe alors, l’idée va mourir de sa belle mort.

1980 : Le PCQ donna son appui à la campagne du OUI, lors du tout premier référendum sur la souveraineté du Québec, en 1980.

Mars 1983: Le décès de Fred Rose en Pologne.

1991 : Le Parti communiste traverse à son tour une très grave crise qui sera en fait sa plus grave jusqu’ici. Elle entraînera quasiment sa liquidation complète. Au même moment, l’URSS implose.

Nous sommes alors en novembre, un mois seulement avant que le gouvernement du PQ ne déclenche les élections de 1998. Cet événement marque alors le retour officiel du PCQ au sein du PCC. Cette unité ne durera pas cependant très longtemps; comme cela était déjà mentionné plus haut, depuis 2005, le PCQ n'est plus du tout associé au PC canadien.

Fait intéressant, même si le PCQ vient tout juste de repartir sur de nouvelles bases, il est d’ores et déjà actif pour promouvoir la recherche d’une plus grande unité au sein des forces de gauche. Dès le mois de septembre, des membres du PCC au Québec avaient en effet entrepris de rencontrer certains membres du Parti de la démocratie socialiste (PDS), notamment dans la région de Québec, pour discuter d’une possible coopération.

Lors des élections de 1998, le Parti communiste du Québec poursuit l’approche et suggère (un peu tard il est vrai) au PDS de faire une alliance pour éviter de trop se piler sur les pieds durant les élections. L’offre reste alors sans réponse du côté du PDS mais les démarches restent néanmoins utiles.

Quelques mois plus tard, dans un geste plutôt inattendu, le PDS invite en effet le PCQ à venir, en tant qu’invité spécial, participer à leur prochain congrès, de manière à faire valoir sa vision de l’unité des forces de gauche.

En 2002, le Parti communiste du Québec fusionna avec le Parti de la démocratie socialiste (PDS) et le Rassemblement pour l'alternative progressiste (RAP) afin de former l'Union des forces progressistes (UFP). L'UFP fusionna à son tour avec le mouvement politique Option citoyenne en 2006 afin de former le parti Québec solidaire (QS).

Le Parti communiste du Québec constitua, jusqu'en mai 2005, la branche québécoise du PCC. un schisme étant survenu entre les deux entités sur la question nationale. Ce schisme incita les autorités de l'ex-Parti communiste du Québec à lui faire octroyer à nouveau le statut de parti politique autorisé afin de préserver leurs droits sur le nom du parti. Malgré la refondation du Parti communiste du Québec sur papier, les dirigeants du parti ont indiqué leur intention de ne pas présenter de candidats lors d'élections, préférant appuyer les candidats de Québec solidaire. Cette modeste mais active organisation possède également une branche jeunesse dans son parti pour les jeunes de 16 à 25 ans.

Le Parti communiste du Québec a décidé de ne pas présenter de candidats et de candidates lors de cette élection et de plutôt appuyer ceux et celles de Québec solidaire. Il faut préciser que le PCQ était l'un des partis-fondateurs de l'UFP, ancêtre de Québec solidaire. Le parti a décidé de ne rester actif qu'afin d'éviter qu'une nouvelle formation politique prenne son nom. Le chef du parti, André Parizeau, Francis Gagnon-Bergmann (membre de l'exécutif central) et Jocelyn Parent (membre du comité central), ont d'ailleurs été candidats pour QS dans les circonscriptions de l'Acadie, Blainville et Mirabel.

Le Parti communiste du Québec a décidé de ne pas présenter de candidats et de candidates lors de cette élection et de plutôt appuyer ceux et celles de Québec solidaire comme à l'élection précédente. Quatre membres du PCQ ce sont présenté candidats aux élections sous la bannière de Québec solidaire soit ; Francis Gagnon-Bergmann, Chef du PCQ dans Blainville, André Parizeau Porte-parole du PCQ dans l'Acadie, Sabrina Perreault Responsable à la mobilisation dans Terrebonne et Jean-Nicolas Denis dans Bellechasse.

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Source : Wikipedia