Québec

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Posté par seb 25/03/2009 @ 11:07

Tags : québec, canada, amérique, international, politique canadienne, ville de québec

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Québec

Le palais de justice de la Cour d'appel du Québec à Montréal.

Le Québec (API : /kebɛk/) est une province de l’est du Canada, bordée au nord par le Nunavut, à l’ouest par l’Ontario, au sud par les états américains du Maine, du New Hampshire, du Vermont et de New York, et à l’est par les provinces du Nouveau-Brunswick, de la Nouvelle-Écosse, de l’Île-du-Prince-Édouard et de Terre-Neuve-et-Labrador. Sa capitale est la ville de Québec et son agglomération principale est Montréal. Le Québec est la province ayant le plus grand territoire (1 667 441 km2) et il occupe le deuxième rang en population au Canada (7 744 530 habitants). Il était l'une des quatre provinces fondatrices de la Confédération canadienne en 1867. Il est aussi la province avec la deuxième plus grande économie, après l'Ontario.

La Chambre des communes du Canada et l’Assemblée nationale du Québec ont, chacune à leur façon, adopté une résolution déclarant que les Québécois forment une nation,. La politique québécoise est fortement marquée par la place que doit occuper le Québec dans le Canada. Un certain degré de nationalisme québécois est présent, à différents niveaux, dans chacun des partis de l'Assemblée nationale du Québec.

Au Québec, le droit commun, en matière de droit privé, est établi par le Code civil du Québec, d’inspiration française, tandis qu’ailleurs au Canada, c’est le système de la common law qui est en vigueur.

Quelque 80 % des Québécois sont de langue maternelle française qui est la langue officielle de la province. L’anglais est la langue maternelle de près de 8 % de la population ; malgré leur déclin démographique, 71 % des Anglo-Québécois se considèrent bilingues, c’est-à-dire qu’ils ont une maîtrise suffisante du français pour soutenir une conversation. Quant aux allophones, ils comptent pour près de 12 % des Québécois ; la langue qu’ils utilisent le plus souvent à la maison est le français pour 51 % d’entre eux, et pour 71 % de ceux dont l'arrivée dans la province est plus récente (depuis 1971). On recense 159 905 autochtones au Québec, soit 2,2 % de la population, dont 9 600 Inuits vivant au Nunavik (le Grand Nord québécois).

L’aérospatiale, les biotechnologies, l’industrie pharmaceutique, le génie-conseil, la métallurgie, les technologies de l’information et l’industrie culturelle sont parmi les secteurs clés de l’économie post-industrielle diversifiée du Québec moderne. Étant donné leur grande disponibilité, les ressources naturelles demeurent un important facteur de création de richesse.

Au fil du temps, le nom connut plusieurs orthographes : Qvebecq, Quebeck, Kébec, Quebec et Kebbek.

Le Québec occupe une position dominante dans l’est du continent nord-américain. D’une superficie de 1 667 441 km2, le Québec pourrait contenir près de trois fois la France métropolitaine,, cinq fois l’Allemagne et le Japon, ou encore quarante fois la Suisse.

Du sud au nord, le Québec s’étend sur un peu plus de 17 degrés de latitude, et de l’est à l’ouest, sur plus de 22 degrés de longitude.

Il partage une frontière avec quatre États du nord-est des États-Unis – l’État de New York, le Vermont, le New Hampshire et le Maine – ; trois provinces canadiennes – Terre-Neuve-et-Labrador, le Nouveau-Brunswick et l’Ontario ; en plus d’une frontière maritime avec le territoire du Nunavut.

Vu de l’espace, le Québec se démarque par l’abondance de ses cours d’eau. En effet, le Québec dispose d’une des plus importantes réserves d’eau douce du monde, qui occupe 12 % de sa superficie totale. Il possède sur son territoire 3 % de l’eau douce renouvelable du globe, alors qu’il ne représente qu’un dixième de 1 % de la population. Pas moins d’un demi-million de lacs – dont 30 d’une superficie supérieure à 250 km2 – et 4 500 rivières déversent leurs torrents dans l’Atlantique, par le golfe du Saint-Laurent, et dans l’océan Arctique, par les baies James, d’Hudson et d’Ungava.

Quatre saisons très contrastées se succèdent au Québec, dont un printemps doux et bref et un automne frais et coloré. Les saisons les plus marquées restent l’été et l’hiver. Les étés sont chauds et souvent très humides. La période chaude dure environ 2 mois, et est témoin de nombreuses fêtes et festivals dans la ville. Les hivers sont froids, assez longs (neige au sol généralement de novembre à avril), très neigeux, et humides eux aussi. Les températures varient énormément, pouvant atteindre les 35 °C en été, et descendre jusque sous la barre des -40 °C en hiver. Ces données sont pour le sud du Québec, dans la vallée du Saint-Laurent, où la quasi-totalité de la population se concentre. Au nord de la ville de Québec, à l'exception du Saguenay–Lac-Saint-Jean, le climat devient de plus en plus rude, ce qui empêche notamment l'agriculture.

Ce climat et les conditions du sol sont propices à la croissance d’une forêt dense sur une grande partie du territoire. On estime que la forêt québécoise s’étend sur 750 300 km2. Au nord de la ville de Québec, cette forêt est composée de conifères comme le sapin, le pin et l’épinette. En se rapprochant du fleuve vers le sud, s’ajoutent graduellement le bouleau blanc, puis le bouleau jaune et d’autres feuillus. Le sud du Saint-Laurent possède une forêt mixte, composée d’essences comme l’érable, le bouleau jaune, le tilleul et le caryer cordiforme.

Si le Québec est vaste, il est néanmoins très faiblement peuplé (densité de 4,9 habitants par kilomètre carré) et la répartition de la population est très inégale. Le nord du Québec est très peu peuplé alors que 80 % de la population québécoise vit près des rives du fleuve Saint-Laurent. Ainsi, en 2006, pas moins de 1 873 971 personnes s’agglutinaient dans les 498 km2 de l’île de Montréal (pour une densité de 3 761,6 hab./km²). En revanche, seulement 40 637 Québécois habitaient la région du Nord-du-Québec, qui compte pourtant pour 43 % du territoire. Le territoire du Québec est par ailleurs constitué de terres publiques, officiellement nommées les terres du domaine de l'État, qui composent environ 92% de sa superficie totale à l'inverse des terres privées sur lesquelles vit la grande majorité de la population.

Les premiers occupants humains – ceux qui, dans la terminologie officielle datant de la fin du XXe siècle, sont nommés Amérindiens ou Premières nations – se seraient établis dans ce qu’on appelle aujourd’hui le Québec il y a 10 000 ou 11 000 ans, au terme d’un long périple qui a accompagné la fin de la dernière période glaciaire.

Ces nomades, partis de l’Asie il y a 20 000 ans, auraient, selon l’hypothèse encore acceptée en ce début de XXIe siècle, traversé le détroit de Béring, pour ensuite traverser l’Amérique du Nord et s’établir dans différentes régions du continent américain.

De cette colonisation progressive, des groupes ethnoculturels distincts ont émergé pour donner naissance à 3 groupes autochtones (les Iroquoiens, les Algonquiens et les Inuits), divisés en 11 nations amérindiennes et la nation inuit – reconnues officiellement par le gouvernement du Québec. Les dix nations amérindiennes incluent les Innus, les Micmacs, les Malécites, les Abénaquis, les Atikamekws, les Naskapis, les Algonquins, les Cris, les Hurons-Wendat et les Mohawks.

Il existe plusieurs familles autochtones, mais il faut distinguer les nations dites « nomades » (les Algonquiens, par exemple les Cris et les Innus) de celles plus « sédentaires » (les Iroquoiens, par exemple, les Mohawks et les Hurons-Wendat). Ces dernières ont une tradition d’organisation sociale plus importante. Les nations dites « nomades », quant à elles, suivent la migration des troupeaux d’animaux qui leur servent de proie, comme le bison, l’orignal ou le phoque.

Traditionnellement, les Algonquiens et les Inuits vivent en petits groupes de chasse et de pêche, alors que les Mohawks et les Hurons ont opté pour une organisation matriarcale basée sur la « cabane longue », ou « longue maison » (une traduction littérale de l’expression « longhouse »), qui regroupe plusieurs familles sous l’autorité d’une doyenne.

Avant l’arrivée des premiers Européens, les nations autochtones du Québec, comme celles du reste de l’Amérique du Nord, ne forment pas un front monolithique. Même lorsque plusieurs nations iroquoises sont alliées, comme c’est le cas des Cinq-Nations (une alliance Iroquoienne), la fin des hostilités avec un des membres de la confédération n’interrompt pas nécessairement le conflit avec les autres nations qui auraient pu être partie prenante au conflit.

L’historiographie contemporaine rapporte que le premier contact entre les nations autochtones et des explorateurs venus d’Europe remonte au Xe siècle. Il est maintenant admis que les Vikings furent les premiers à entrer en contact avec les Amérindiens et les Inuits, à Terre-Neuve, au Labrador, sur l’Île de Baffin et au Groenland. Cependant, les établissements scandinaves furent finalement abandonnés.

Il fallut la chute de Constantinople, le 29 mai 1453, pour pousser les monarchies européennes à considérer des alternatives pouvant faciliter la poursuite du commerce des épices avec l’Orient. La recherche de la route des Indes a autant motivé les Portugais et les Espagnols, au sud, que les Anglais et les Français, au nord. Mandaté par le monarque anglais, Jean Cabot aurait circulé dans le golfe du Saint-Laurent en 1497.

Contrairement aux autres puissances de l’époque, la France tarde à entreprendre un programme d’exploration, d’autant plus que les guerres d’Italie, au début du XVIe siècle, accaparent l’attention du souverain. Financé par des banquiers italiens de Lyon, et avec la permission de François Ier, Giovanni da Verrazano entreprend, en 1524, la quête d’un passage vers l’ouest entre la Floride et Terre-Neuve. Il ne trouvera pas le passage désiré, mais sa reconnaissance de la côte est américaine lui permettra de rapporter des cartes d’une terre alors inconnue.

Considéré comme le premier explorateur européen en terre canadienne, Jacques Cartier est parti de Saint-Malo le 20 avril 1534, avec 61 hommes sur deux navires. La même année, il planta une croix à Gaspé. Puis, en 1535, il navigua sur le fleuve Saint-Laurent lors d’un second périple. Cartier s’aventura jusqu’au village d’Hochelaga (aujourd’hui Montréal). L’équipage passa l’hiver à Stadaconé (aujourd’hui Québec) : 20 personnes moururent du scorbut avant que Cartier n’obtienne des Iroquoiens du Saint-Laurent une recette à base de feuilles de thuya (appelé cèdre au Québec) contre cette maladie.

En 1540, le Royaume de France, décidé à établir une colonie, donna le commandement d’une nouvelle expédition à Jean-François de La Rocque de Roberval. La nouvelle colonie connut un hiver difficile, qui coûta la vie à plus de 50 individus. Ayant d’autres préoccupations, en particulier les guerres européennes, la France cessa, durant le demi-siècle suivant, de s’intéresser au Canada. Certains auteurs-historiens font référence à la période de 1524 à 1603 comme en étant une de vaines tentatives, soit jusqu'à l'arrivée de Samuel de Champlain, trois ans après l'établissement du premier comptoir commercial à Tadoussac.

Les débuts de la Nouvelle-France, et, par le fait même, du Canada, province de cette colonie, remontent à 1600. De fait, cette date correspond à la fondation, par Pierre de Chauvin, Sieur de Tonnetuit, du comptoir de Tadoussac, soit du premier établissement français en Amérique du Nord.

En 1603, les premiers colons français, menés par Samuel de Champlain, s’allièrent aux tribus amérindiennes des Hurons-Wendats et des Algonquins contre les Iroquois. À cette époque, on comptait environ 30 000 Wendats et 15 000 Iroquois, mais une série d’épidémies abaissa la population des Wendats à 12 000, tandis que celle des Iroquois demeura inchangée. En 1608, le père de la Nouvelle-France, Samuel de Champlain, fondait la ville de Québec, alors utilisée comme simple comptoir de traite.

En 1627, la création, par le cardinal de Richelieu, de la Compagnie de la Nouvelle-France (ou Compagnie des Cent-Associés) permit à cent actionnaires de développer le Canada. L’année suivante, cette compagnie lançait sa première expédition. Celle-ci, qui comptait 400 personnes, ne parvint jamais à destination, tombant entre les mains des Britanniques.

De 1629 à 1632, suite à la capitulation de Québec face aux frères Kirke, les Anglais occupèrent le territoire de l’Acadie et de ce qui, aujourd’hui, constitue le Québec. Samuel de Champlain fut fait prisonnier et il s’ensuivit la faillite de la Compagnie des Cent-Associés. À la suite du traité de Saint-Germain-en-Laye, en 1632, le Royaume de France reprit toutefois possession de la colonie. Deux ans plus tard, la ville de Trois-Rivières était fondée.

En 1640, la Nouvelle-France ne comptait que 500 personnes. Les guerres iroquoises et les maladies étaient les principales causes de mortalité dans la colonie. En 1642, Paul de Chomedey de Maisonneuve fonda Ville-Marie (future Montréal). À l’époque, il ne s’agissait que d’un fort servant de protection contre les attaques des Iroquois (la première grande guerre iroquoise dura de 1642 à 1667).

De 1627 à 1663, la population passa de 100 habitants à quelque 2 500. En 35 ans, environ 1 250 immigrants français vinrent se joindre à la colonie. Pour ce qui est de la natalité, elle doubla le contingent.

Durant cette période, les immigrants vinrent de l’Île-de-France et des provinces du nord-ouest, du centre-ouest et du sud-ouest de la France (la Normandie, l’Aunis, le comté du Perche, le Poitou, le Maine, la Saintonge, l’Anjou et la Bretagne). Les régions du Midi et des Alpes françaises, quant à elles, ne participèrent que très peu.

En 1663, le ministre français de la marine, Jean-Baptiste Colbert, et le roi Louis XIV, mirent en place un gouvernement royal en Nouvelle-France. Ainsi, le territoire devait être administré comme une province française, c’est-à-dire par un gouverneur.

Deux ans plus tard, le régiment de Carignan-Salières (régiment d’élite) arriva dans la colonie. Ce régiment, envoyé par le roi de France, devait vaincre les Iroquois.

En 1666, l’intendant de la Nouvelle-France, Jean Talon, organisa un premier recensement, dénombrant 3 215 habitants. Grâce aux politiques d’encouragement des naissances de Talon, ainsi qu’à l’envoi, par Louis XIV, d'environ 770 jeunes filles à marier entre 1663 et 1673 (les fameuses Filles du Roi), la population de la colonie passa, en 1672, à 6 700 habitants.

En 1684, encouragés par les Britanniques, les Iroquois dirigèrent une seconde série d’attaques contre les établissements français. Puis, en 1686, les Français s’emparèrent de trois forts anglais de la baie d’Hudson. Peu de temps après, soit en 1690, ils menèrent, sous la gouvernance de Frontenac, une série de raids contre des postes de la Nouvelle-Angleterre. Du même coup, ils chassèrent les Anglais de l’Acadie et de Terre-Neuve.

En 1697, la France et l’Angleterre signèrent le traité de Ryswick, mettant fin à la première guerre intercoloniale. Puis, à l’aube des années 1700, Français et Iroquois s’entendirent pour faire la paix. Enfin, avec la signature des traités d’Utrecht (1713), la France céda à la Grande-Bretagne l’Acadie (actuelle Nouvelle-Écosse), Terre-Neuve et la baie d’Hudson.

La guerre de Sept Ans (1756–1763), entre la Grande-Bretagne et la France, prit un tournant décisif en Amérique du Nord. En effet, les colonies britanniques s’unirent pour en finir avec la Nouvelle-France.

Dès 1755, les Britanniques déportèrent plus de 7 000 Acadiens, soit la plupart des Français établis en Nouvelle-Écosse. Craignant leur intervention dans le conflit, le lieutenant-gouverneur de cette province, Charles Lawrence, privilégia en effet cette mesure. De tous les exilés, bon nombre furent transportés plus au sud, vers la côte américaine.

En 1756, Louis-Joseph de Montcalm, général français, arriva en Nouvelle-France avec 3 000 hommes. Trois ans plus tard, James Wolfe, son homologue britannique, jetait l’ancre près de Québec.

Wolfe et son armée assiégèrent Québec pendant dix semaines. Puis, au terme d’une célèbre bataille, près de la ville (bataille des Plaines d’Abraham), les Français durent capituler. Quant à Wolfe et Montcalm, ils furent mortellement blessés durant le combat.

Le printemps suivant, le général Lévis, fort d’une nouvelle armée en provenance de Montréal, poussa les Britanniques à se retrancher, assiégés, dans Québec. Toutefois, cette victoire ne fut pas décisive : les Britanniques bénéficièrent eux aussi de renforts, puis s’emparèrent de Montréal et de Trois-Rivières, prenant pour de bon possession de la Nouvelle-France.

La Grande-Bretagne prit possession de la Nouvelle-France proclamée par le traité de Paris en 1763 qui mit fin à la guerre de Sept Ans. Celle-ci avait vu la destruction de parties importantes du Québec (Québec, Côte-du-Sud, Bas-du-Fleuve) et surtout le drame du Grand Dérangement. Un grand nombre d’Acadiens fuirent cette déportation qui sépara les familles à jamais et provoqua une forte mortalité, en se réfugiant au Québec. Il y aurait un million de Québécois aujourd’hui qui auraient en partie des origines acadiennes.

Au Traité de Paris de 1763, la France sauvait les meubles en Europe, mais perdait son premier empire colonial, aux Indes et en Amérique. Suite à ce traité, plusieurs colons français retournèrent en France, dont toute l’élite et la bourgeoisie canadienne française, abandonnant les 60 000 habitants et causant une blessure qui perdure dans le Québec moderne. Les habitants restants se tournèrent alors vers le clergé, au lieu de prêter allégeance à l’Angleterre.

Le roi Louis XV et ses conseillers tâchèrent de se consoler en conservant la Guadeloupe et les îles à sucre et en minimisant la perte du Canada, alors considéré comme une colonie coûteuse, un vaste territoire de glace sans grande importance pour le royaume de France. De plus, Louis XV considérait alors que la rivalité avec les britanniques se déciderait en Europe et que pour cette raison il ne fallait pas se disperser dans des guerres périphériques. Seules les îles de Saint-Pierre-et-Miquelon restèrent françaises (pour permettre aux Français de pêcher en Amérique). Mais la France ne tarda pas à vouloir prendre sa revanche en aidant les États-Unis dans la guerre d’Indépendance.

La Grande-Bretagne, alors souveraine, rédigea une constitution (la Proclamation Royale) pour la Nouvelle-France qui devint la « Province of Quebec » (qui se traduit en français par « Colonie de Québec », car le terme Province de Québec désignera plus tard la province dans le Canada). Cette constitution prévoyait l’assimilation à plus ou moins long terme des Canadiens français. Les catholiques étaient aussi dépourvus de droits que ceux d’Irlande : toutes les fonctions publiques étaient réservées à la très petite minorité de protestants. L’Armée britannique se partageait un grand nombre de seigneuries, tandis que le fonctionnement des écoles québécoises était compromis, notamment par la fermeture à l’Église catholique. Ainsi, pendant 200 ans, les Canadiens français furent privés de contact avec la France, et brimés dans leurs droits à la langue et la religion.

Jusqu’en 1766, les Britanniques luttèrent contre des tribus amérindiennes (tels que les Abénaquis) alliées à la France qui se révoltèrent sous la direction du chef Pontiac. Pour éviter que les troubles dans les colonies américaines ne se répandent jusqu’au Canada, le gouvernement britannique décida d’être plus ouvert face aux Canadiens (français) et révoqua la Proclamation Royale qui, entre autres, faisait de la religion protestante la seule religion officielle. En 1774, on rédigea l’Acte de Québec qui venait atténuer les velléités d’assimilation exprimées 11 ans plus tôt et établissait les droits du peuple canadien dont la langue française, le droit civil et la religion catholique et qui agrandissait le territoire de la province (elle engloba les Grands Lacs et s’étendit même jusqu’à Saint-Louis). Cette nouvelle constitution, rédigée suite à l’indépendance américaine, visait à réduire le mouvement indépendantiste au Canada, afin de conserver une colonie en Amérique.

Les Américains (avec à leur tête Montgomery et Arnold) décidèrent de rallier les Canadiens par la force à leur lutte pour l’indépendance. Ils commencèrent l’invasion de la province de Québec en 1774 (toute la région de Montréal passa entre leurs mains), mais, l’année suivante, ils échouèrent dans leur tentative de prendre la ville de Québec. Des renforts britanniques arrivèrent en grand nombre et les Américains furent forcés de quitter la province. Les Canadiens français restèrent plutôt neutres dans le conflit, suivant les recommandations de l’Église catholique qui prenait le parti des Britanniques. Suite à l’indépendance américaine, des Loyalistes américains s’installèrent au Québec. Insatisfaits des nombreux droits accordés aux Canadiens (français), les Anglais demandèrent des réformes et on leur répondit par l’Acte constitutionnel de 1791 qui divisait le territoire depuis la rivière des Outaouais, créant le Haut-Canada (l’Ontario d’aujourd’hui) et le Bas-Canada (le Québec d’aujourd’hui). Le parlementarisme britannique fut adopté, mais les limites du système colonial furent très vite critiquées et contestées.

En 1834, des membres du Parti Patriote (tels les Papineau, Elzéar Bédard et Augustin-Norbert Morin) rédigèrent et présentèrent, à titre de programme politique et de revendications, 92 résolutions qui exprimaient une véritable perte de confiance dans les institutions monarchiques britanniques. Pour contrer ce pouvoir monarchique abusif envers les Canadiens français, Papineau et son Parti réclamaient un gouvernement responsable élu qui contrôlerait les revenus et voterait les lois du Bas-Canada. En 1835, Lord Gosford arriva à Québec pour tenter de se lier rapidement avec les patriotes, ayant reçu le mandat de se concilier l’Assemblée. Mais en 1837, ayant épuisé toutes les stratégies pacifiques et devant un refus catégorique de Londres de considérer les 92 résolutions, le Parti Patriote tourna en faveur d’une rébellion armée. Simultanément, certains Britanniques rebelles du Haut-Canada aspiraient aux mêmes revendications, soit obtenir des gouvernements responsables (c’est-à-dire des gens élus qui prendraient les décisions à la place d’un gouverneur imposé par Londres). Le Bas-Canada prit les armes, avec à sa tête Louis-Joseph Papineau (député nationaliste et chef du Parti Patriote). Le Haut-Canada se révolta sous les ordres de William Mackenzie. Ces deux soulèvements furent écrasés par Londres.

La déroute des Patriotes marqua la fin de l’emprise des esprits libéraux sur la société québécoise, le clergé reprenant désormais les commandes et étendant son pouvoir. L’échec du soulèvement bas canadien ne permit pas au peuple d’échapper à l’étau du sous-développement : l’accès aux nouvelles terres demeurait problématique pour les Canadiens (français), puisqu’elles étaient monopolisées par le Family Compact tout comme le commerce avec la Métropole coloniale. C’est alors que commença le formidable mouvement d’émigration canadienne-française aux États-Unis qui marque le XIXe siècle : environ 1 million de Canadiens français émigrèrent vers les États-Unis pour refaire leur vie. On trouve aujourd’hui ainsi des Browns, White et Lavigne comme noms de famille d’origine française aux États-Unis.

Lord Durham fut envoyé par Londres pour faire enquête. Dans son célèbre rapport (le rapport Durham), il recommanda qu’il fallût procéder à l’assimilation intégrale de la collectivité canadienne-française par une unification des deux Canada et l’adoption d’un gouvernement responsable. Son rapport mentionnait entre autres que les Canadiens français étaient un peuple inférieur, sans histoire et sans culture. L’Acte d’Union de 1840 fut voté à Londres. Il donna au Haut-Canada le même nombre de députés qu’au Bas-Canada et fit de l’anglais la seule langue officielle. Le Canada-Uni comptait alors 500 000 anglophones et 600 000 francophones. Le Haut-Canada anglophone et peu peuplé devenait donc l’égal du Bas-Canada francophone fort peuplé, ce qui satisfaisait les intentions assimilationnistes des Britanniques. Lord Durham prévoyait que les anglophones seraient bientôt plus nombreux et qu’ils domineraient ainsi l’Assemblée. Graduellement, les anglophones adoptèrent le nom de « Canadians » (gentilé que les habitants d’origine française se réservaient depuis le XVIIe siècle). En réaction, ceux-ci commencèrent donc à s’appeler les « Canadiens français ».

Les troubles politiques continuèrent, atteignant un nouveau paroxysme en 1849, alors que des émeutiers incendièrent le parlement du Canada-Uni situé à Montréal depuis 1843. Le gouvernement avait voté une loi pour rétablir les droits du français et dédommager les victimes innocentes des troubles de 1837-1838, ce qui enragea des extrémistes britanniques. Le parlement migra alors entre Québec et Toronto jusqu’en 1867.

Ce n’est qu’en 1849 que s’établit le gouvernement responsable par le parti réformiste. Les Canadiens (français) n’étant plus majoritaires, le parti réformiste fut alors dirigé par Robert Baldwin dans le Haut-Canada et Louis-Hippolyte Lafontaine dans le Bas-Canada, ces deux divisions territoriales formant le Canada-Uni. Grâce à l’obtention du gouvernement responsable, un certain calme régna sur la scène politique canadienne. En 1864, les élites politiques entamèrent des discussions concernant une potentielle confédération canadienne. Londres donna alors son appui au projet d’union fédérale et fit même pression sur les gouverneurs en poste dans les colonies pour qu’ils l’acceptent.

Suite à un accord de principe conclu entre le parti conservateur de John Alexander MacDonald et le parti libéral de George Brown, appuyé par George-Étienne Cartier, l’Acte de l’Amérique du Nord britannique créa la confédération canadienne qui fut proclamée le 1er juillet 1867 et à laquelle se joignirent le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse. Elle aboutira en une seconde division administrative qui forma les provinces de Québec et de l’Ontario.

Cet Acte de l’Amérique du Nord britannique (la Loi constitutionnelle de 1867, de son nouveau nom) définit la répartition fondamentale des pouvoirs entre le gouvernement fédéral et les gouvernements provinciaux. Les fondateurs de la confédération canadienne étaient déterminés à créer un gouvernement central fort tout en attribuant d’importants pouvoirs aux assemblées législatives des provinces. Plus précisément, John A. MacDonald avait dû renoncer à ses velléités d’État unitaire entre autres à cause de la détermination de G.-É. Cartier à restaurer un État québécois, provincial certes, mais foyer national où les Canadiens français étaient assurés de conserver la majorité et ainsi une maîtrise de leur destin comme une forme de garantie contre l’assimilation. On attribua au parlement fédéral la responsabilité de la défense et de la politique étrangère, du commerce, des transports, des communications et des terres réservées aux Amérindiens ainsi que des pouvoirs extraordinaires, notamment les pouvoirs résiduaires (la responsabilité de tous les secteurs qui n’ont pas été expressément assignés aux assemblées législatives provinciales), le pouvoir de désaveu (qui lui permettait de désavouer des lois provinciales) ainsi qu’un pouvoir de taxation illimité (ne laissant aux provinces que le pouvoir de percevoir des impôts directs dans les limites du territoire provincial). Les assemblées législatives provinciales reçurent compétence dans les domaines tels que l’éducation, les hôpitaux, la propriété, les droits civils, les ressources naturelles et les « travaux et entreprises d’une nature locale ». Dans deux secteurs, l’immigration et l’agriculture, la compétence fut partagée entre les deux paliers de gouvernement.

La Loi constitutionnelle de 1867 renfermait des dispositions et des clauses spécialement conçues pour préserver et reconnaître le caractère distinct du Québec. Elle consacrait la reconnaissance du Code civil du Québec en ce qui a trait au droit privé comparativement à la Common law britannique en vigueur dans les autres provinces, prévoyait l’utilisation du français et de l’anglais au Parlement ainsi qu’au sein de la Législature et des tribunaux du Québec, et établissait des écoles séparées financées par les fonds publics pour les minorités protestantes et catholiques du Québec et du Canada.

Le 15 juillet 1867, Pierre-Joseph-Olivier Chauveau, du Parti conservateur, devint Premier ministre. Dès 1868, il créa le ministère de l’Instruction publique dont il devint titulaire. Mais ce ministère fut vite dénoncé par le clergé qui rejetait ainsi l’école neutre, gratuite et obligatoire, qu’il crût une menace maçonnique depuis que le Parti patriote en avait instauré le premier développement, anéanti par les conséquences de l’échec des Rébellions. Boucherville abolit le ministère en 1875 et le système de 1867 fut rétabli. En 1876, un candidat libéral de Charlevoix, qui fut défait aux élections à cause de la pression de l’Église sur les électeurs, réussit, à l’aide d’une nouvelle loi fédérale, à faire annuler l’élection. L’année suivante, le Pape envoya son représentant pour forcer l’Église québécoise à minimiser ses interventions dans le domaine électoral. En effet, en 1887, les religieux représentaient 48 % des instituteurs des écoles catholiques.

Après l’échec politique des réformes du républicain Mercier, qui allaient dans le sens du nationalisme économique et de l’instruction publique, son beau-fils et autre premier ministre, Lomer Gouin, entreprit une série de réformes plus modestes, mais également destinées à résoudre les défis du sous-développement canadien-français. C’est ainsi qu’il imposa la fondation d’une série d’écoles professionnelles sous l’égide de l’État provincial, dont les HEC (1905) fut l’une des plus notables, instrument inestimable au service du nationalisme économique au XXe siècle.

En 1910, le petit-fils de Louis-Joseph Papineau, Henri Bourassa, fonda le journal « Le Devoir », qu’il consacra à la défense des Canadiens français. Bourassa s’opposa vigoureusement à l’implication du Canada dans la guerre des Boers (1899). Puis, durant la Première Guerre mondiale, il s’éleva contre le recours à la conscription.

Dans l’ensemble, l’appui des Canadiens français à cette guerre fut assez mitigé. Alors que certains s’enrôlaient dans l’armée canadienne, en autres dans le 22e bataillon (canadien-français), l’ancêtre du Royal 22e Régiment, d’autres luttaient contre la conscription ou le règlement 17 adopté par l’Ontario, qui interdisait l’enseignement du français. Des 400 000 militaires canadiens envoyés outre-mer, plus de 60 000 Canadiens moururent au combat.

La génération Bourassa des nationalistes mit fin à son aventure politique après l’élection de 1911 qui, malgré son succès à renverser Laurier et à faire élire un grand nombre de députés, fut considérée un fiasco puisque la seule alternative était un gouvernement conservateur encore plus impérialiste et anti-français, dirigé par Borden, francophobe et orangiste reconnu. Cependant, elle pouvait mettre quelques réussites à l’actif de son militantisme politique, obtenu non pas à Ottawa, mais lorsque les mêmes, Armand Lavergne et Henri Bourassa notamment, se firent élire à Québec. Lavergne réussit à faire passer une loi en faveur des droits du français dans l’espace public, exigeant notamment des services publics bilingues des compagnies au Québec - à cette époque, le train, le téléphone, etc. ne reconnaissaient pas la langue majoritaire du Québec. Les nationalistes obtinrent également du gouvernement Gouin une loi obligeant à transformer sur place le bois et la pâte à papier du Québec : ce qui multiplia les centres industriels du type Shawinigan. L’espoir étant que le Québec exporterait désormais davantage ses produits finis que sa main d’œuvre aux États-Unis !

Le « successeur » de Bourassa en tant que défenseur des droits de la nation canadienne-française fut l’historien et chanoine Lionel Groulx, considéré par plusieurs comme le père spirituel des indépendantistes québécois. Il n’est pourtant nullement le père de cette aspiration puisqu’elle remonte aux Patriotes (Déclaration d’indépendance de 1838), a été ravivée par le Parti national d’Honoré Mercier au pouvoir de 1886 à 1893. Les préférences de Groulx allaient à l’action politique de LaFontaine et à l’ultramontanisme de Tardivel, dont le roman Pour la Patrie (1895) projetait l’indépendance du Québec en 1950. En 1931, il a obtenu une grande crédibilité en participant à la Première Guerre mondiale et aux négociations qui suivirent, le Canada se vit accorder par le Royaume-Uni une pleine autonomie par le Statut de Westminster (formation du Commonwealth).

En 1936, l’Union nationale, fondée en 1935, prit le pouvoir au Québec. Son chef, Maurice Duplessis, fut au pouvoir jusqu’en 1939, où le premier ministre Godbout gagna avec l'aide du premier ministre fédéral, Mackenzie King. Ce dernier dit à la province de Québec: « Votez pour Godbout et jamais le Canada n'adopteras la Conscription » (Loi obligeant les hommes valides à aller à la guerre). Mackenzie ne tint pas sa promesse et Maurice Duplessis reprît le contrôle du Québec de 1944 à 1959 (année de sa mort). Il se voulut autonomiste, protégeant son esprit conservateur sous le couvert du nationalisme. Duplessis maintint le Québec en retard sur le reste du Canada en matière d’éducation et dans les lois sociales. Le pouvoir religieux occupa une place prépondérante dans les affaires sociales, économiques et politiques du Québec. En effet, l’Église catholique, en étroite collaboration avec le gouvernement, usa de son influence pour convaincre les citoyens de la nécessité de préservation du gouvernement conservateur de Maurice Duplessis, qui prit, en outre, des mesures contre les réformes sociales et le syndicalisme. Après sa mort, le pouvoir de l’Église s’affaiblit rapidement sous le gouvernement libéral de Jean Lesage. Durant les années 1960, le Québec entra dans une grande phase de modernisation accélérée, grâce notamment à une série de réformes d’ordre économique entreprises par le gouvernement Lesage. D’ailleurs, au cours de son premier mandat, il se dota de plusieurs personnes qui formèrent l’équipe du tonnerre, dont René Lévesque, Paul Gérin-Lajoie et Georges-Émile Lapalme. Cette période est généralement qualifiée de Révolution tranquille. Certaines personnes remettent toutefois en question les idées reçues sur l'époque duplessiste.

La Révolution tranquille fut lancée par l’élection du gouvernement Lesage, dont le slogan en 1960 était « Il est temps que ça change » et en 1962 : « Maîtres chez nous ». En 1960, le gouvernement Lesage entama une très vaste et ambitieuse série de réformes, dans les domaines de la politique sociale, de l’éducation, de la santé, du développement économique. René Lévesque convainquit Lesage de rallier Eric Kierans qui permit le développement financier du Québec au service de la majorité, notamment de la Caisse de dépôt. Il ne faut pas oublier non plus l’enjeu principal de la campagne de 1962, la nationalisation de la production électrique : celle-ci était entre les mains d’un oligopole anglais dont étaient exclus tous les non-White Anglo-Saxon Protestant (WASP), donc les Canadiens français. En nationalisant le secteur dans Hydro-Québec, l’initiative de Lévesque permit un essor formidable de l’économie québécoise, mais aussi d’accession des Québécois à des carrières qui leur étaient jusque-là presque inaccessibles.

La modernisation et l’émancipation du Québec ravivèrent l’idée de l’indépendance et le mouvement souverainiste prit corps. Ces revendications indépendantistes se firent plus nombreuses et une Maison Québécoise ouvrit ses portes à Paris en 1961, faisant office de Délégation officielle. Ce mouvement prit une ampleur sans précédent dans la seconde moitié des années 1960, les revendications indépendantistes se faisant largement entendre et s’organisant sous des formes diverses, comme le Rassemblement pour l’indépendance nationale qui lança le slogan : « le Québec libre ».

Le 23 juillet 1967, le général Charles de Gaulle débarqua à Québec en provenance d’un navire de guerre français, le Colbert, pour un voyage de quelques jours au Québec. C’était la première visite officielle d’un chef d’État français dans l’ancienne colonie. Ces retrouvailles symboliques franco-québécoises étaient hautement importantes pour les deux pays, bien qu’avec de grandes réserves de la part du gouvernement anglophone canadien. De Gaulle prononça un discours dans la ville de Québec, dans lequel il insistait sur l’identité commune des Français et des Canadiens francophones. Le lendemain, il emprunta le Chemin du Roy qui relie la ville de Québec de celle de Montréal. À chaque étape, il fut salué comme un libérateur par une foule qui agitait des pancartes sur lesquelles était inscrit : « France libre », « Québec libre », « Vive le Canada français ! ». Arrivé à Montréal, il fut reçu par le maire, Jean Drapeau, et s’adressa du balcon de l’hôtel de ville à une foule débordante d’enthousiasme, terminant son discours par les mots célèbres : « Vive Montréal ! Vive le Québec ! Vive le Québec… libre ! Vive le Canada français et vive la France ! ». Selon l’anecdote, rapportée dans les mémoires de ses principaux collaborateurs, mais également de son fils (l’amiral Philippe de Gaulle), il n’était pas prévu par les autorités montréalaises que le Général s’adressât à la foule; au contraire le maire avait prévu une très conventionnelle adresse aux notables dans une simple salle de réception. Quelque peu étonné par le caractère étroit de ce programme, alors que la population réclamait que le Général puisse s’adresser à elle, De Gaulle vit un micro du balcon qui n’avait pas été débranché, et il prit alors l’initiative de s’adresser directement aux Montréalais rassemblés devant l’hôtel de ville, à la stupeur du maire qui aurait voulu « cantonner » le général à une petite réception mondaine … C’était mal connaître le général de Gaulle ! La célèbre phrase « Vive le Québec libre ! » prononcée à cette occasion par le général à la fin de son discours, n’était pas, contrairement à une lecture étroite qui en fut faite à l’époque, un appel au soulèvement du Québec ou à l’indépendance politique. Il s’agissait, de l’aveu même du général de Gaulle quelques mois plus tard, d’un geste plus destiné à saluer l’effort immense de modernisation économique et sociale entrepris à l’époque, par le gouvernement de l’Union nationale de son ami le premier ministre Daniel Johnson (et son prédécesseur du gouvernement libéral Jean Lesage) lors de la Révolution tranquille. D’autre part, le général de Gaulle, expert en politique internationale et fort de sa propre expérience, avait pleinement conscience du fait qu’un appel de ce genre contribuerait à faire connaître le Québec hors du Canada et en particulier le caractère francophone de cette province canadienne, négligé par les autorités fédérales de l’époque : « cela fit gagner 10 ans au Québec » écrivit-il plus tard. Au Québec même, personne ne s’y trompa, puisqu’autant les opposants que les soutiens de cette déclaration furent d’accord pour reconnaître son impact immense, à commencer par le rédacteur en chef fédéraliste du quotidien montréalais Le Devoir, Claude Ryan, qui dans un célèbre éditorial écrivait que le général de Gaulle venait d’inscrire le Québec sur la carte du monde. En revanche, les Canadiens anglophones et notamment le gouvernement fédéral d’Ottawa, furent choqués par cette déclaration prise au premier degré, pensant que le général de Gaulle appelait à l’indépendance du Québec. Le général n’allait pas s’abaisser à de telles polémiques, il décida de quitter directement le Québec après ce voyage triomphal, sans passer par Ottawa qui était normalement l’étape finale de son séjour canadien. Plus symboliquement, le général de Gaulle reconnut que cette déclaration, par son impact indéniable sur la reconnaissance internationale du Québec comme entité linguistique et sociologique distincte, venait effacer la dette de la France à l’égard du Québec qui était représentée par l’abandon de la Nouvelle-France par la mère patrie en 1760.

Un groupe extrémiste, le Front de libération du Québec (FLQ) avait eu recours depuis le début des années 1960 à des attentats terroristes sur le sol québécois contre plusieurs intérêts canadiens et symboles du Royaume-Uni. Le climat social de la fin des années 1960 dégénéra en fréquentes manifestations ouvrières et parfois en émeutes. En octobre 1970, le FLQ enleva un diplomate britannique, James Cross, puis un ministre du gouvernement québécois, Pierre Laporte, qui fut assassiné dans des circonstances nébuleuses. Cet assassinat survint au lendemain de l’intervention de l’armée canadienne dans les rues mêmes de Montréal, intervention à la demande du premier ministre provincial Robert Bourassa et du maire de Montréal Jean Drapeau prétextant une insurrection appréhendée. Plus de 500 leaders d’opinions québécois furent arrêtés, parmi lesquels des syndicalistes, des artistes et des étudiants. Le premier ministre fédéral Trudeau, qui avait tant critiqué Duplessis, ne se montrait guère plus démocrate que lui, et guère moins chef autoritaire. Des commissions d’enquête subséquentes (entreprises par la Gendarmerie royale du Canada et le juge Keable) conclurent que l’action du gouvernement fédéral, illégale sur le plan moral, visait essentiellement à rallier l’opinion publique et à abattre une opposition légitime plutôt qu’à réprimer une insurrection appréhendée. Ces événements marquèrent la fin de l’extrémisme au sein du mouvement indépendantiste, d’ailleurs vigoureusement rejeté par nul autre que René Lévesque (ami de Laporte qui perdit la vie dans cet épisode malheureux).

C’est en 1968 que se forma le Parti québécois, parti souverainiste dirigé par René Lévesque. Ce parti gagna les élections provinciales de 1976 et instaura une série de lois faisant la promotion et la défense de la langue française. C’est avec la mise en place de la Charte de la langue française dite Loi 101 que le français devint la langue officielle du Québec en 1977. Cela instaurait le français comme langue de l’école publique comme l’anglais dans les autres provinces du Dominion et instaurait le droit des travailleurs à travailler en français dans les entreprises de 50 employés et plus. Du côté polémique, l’opinion médiatique canadienne-anglaise retint surtout l’affichage français obligatoire, révolution visuelle qui concentra les antagonismes.

En 1980, le projet de René Lévesque de souveraineté-association fut appuyé par 40 % de la population lors d’un référendum. Le gouvernement canadien de Pierre Elliott Trudeau rapatria de façon autoritaire la constitution en 1982 avec, sur avis de la Cour suprême, l’accord d’une forte majorité des provinces, mais sans l’appui du Québec, le gouvernement du Québec ne devint donc pas partie à la constitution, suite aux événements controversés de la Nuit des longs couteaux. La Constitution canadienne fut ainsi modifiée selon les désirs de Trudeau, mais sans la moindre consultation de la population, ni du Québec, ni du Canada. Le Québec subit alors une diminution de l’autonomie provinciale et ne reconnaît toujours pas cette constitution, bien que ses gouvernements aient abandonné le geste de protestation du gouvernement Lévesque qui consistait à passer chacune des nouvelles lois québécoises en invoquant la clause dérogatoire (ou « nonobstant »). Lévesque se tourna toutefois vers un espoir de réforme dit du « beau risque » avec l’élection des conservateurs de l’irlando-québécois Mulroney à Ottawa en 1984.

De 1985 à 1994, le Parti libéral du Québec gouverna le Québec sous Robert Bourassa et Daniel Johnson. La problématique constitutionnelle fut une fois de plus discutée et un consensus fut approuvé avec l’accord du lac Meech en (1987). Cependant, celui-ci s’effondra en 1990 : l’opinion canadienne-anglaise, fortement attisée par Trudeau, rejetait la reconnaissance du Québec comme « société distincte ». Cette réaction émotive avait en partie été attisée par l’utilisation de la clause nonobstant par Robert Bourassa. Une troisième entente, l’Accord de Charlottetown, qui devait préciser juridiquement le statut du Québec dans le Canada, fut rejetée par un référendum pancanadien et un référendum québécois en 1992 pour des raisons opposées : pas assez d’autonomie au Québec, trop aux yeux des Canadiens des autres provinces.

Le Parti québécois, mené par Jacques Parizeau, revint au pouvoir en 1994 avec la promesse de tenir un nouveau référendum sur la souveraineté du Québec. Tenu le 30 octobre 1995, ce référendum vit la proposition souverainiste rejetée à 50,6 %. Jacques Parizeau quitta le poste de premier ministre le 29 janvier 1996 et fut remplacé par le chef du Bloc québécois fédéral, Lucien Bouchard. Bouchard et son successeur péquiste, Bernard Landry, laissèrent de côté l’accession à la souveraineté, privilégiant l’assainissement des finances publiques, la dette québécoise n’ayant cessé de croître au cours des dernières années. Il connut un certain succès sur ce front.

Le Québec est l’une des dix provinces du Canada. Elle fonctionne avec un régime parlementaire de type britannique basé sur le système de Westminster, tout comme l’ensemble des autres provinces du Canada. Le parlement est de type unicaméral, c'est-à-dire qu'il est régi seulement par la "chambre basse" nommée Assemblée nationale du Québec. En effet, le sénat du Québec a été aboli en 1968 léguant ainsi les pouvoirs législatifs à l’Assemblée nationale et au Lieutenant-gouverneur (le représentant de la reine au Québec). En raison de la vétusté du système monarchique, de nos jours, l’Assemblée nationale occupe pratiquement tous les pouvoirs législatifs. Le pouvoir exécutif est incarné par le Gouvernement du Québec. À la tête du gouvernement se trouve le premier ministre et son conseil des ministres.

L’Assemblée nationale est formée de 125 députés élus au suffrage universel par un vote par circonscription par le biais d’un scrutin uninominal majoritaire à un tour. L’Assemblée est dissoute par le lieutenant-gouverneur, à la demande du premier ministre, au maximum cinq ans après la dernière élection. La dernière élection a eu lieu en 2008.

La dynamique politique au Québec est relativement différente des pays du monde. Alors que dans plusieurs pays du monde, le clivage gauche/droite prend une grande importance, au Québec il s’agit de la question nationale (souveraineté du Québec / fédéralisme canadien) qui détermine en grande partie le vote des citoyens lors des élections .

Lors de l’élection générale du 14 avril 2003, le Parti québécois a été battu par le Parti libéral, dirigé par Jean Charest. Devenu premier ministre, Charest a mené une politique de désengagement de l’État, en favorisant notamment les partenariats public-privé, dans le but de contenir la dette publique du Québec qui s’élevait à l’époque à 108,6 milliards de dollars. Le gouvernement libéral a connu certaines difficultés au cours de son mandat, les taux d’insatisfaction s’élevant jusqu’à 78 %. En revanche, le taux d’insatisfaction baisse vers la fin de son mandat.

En 2004, le scandale des commandites rend le gouvernement fédéral de moins en moins populaire auprès des Québécois. En effet, la vérificatrice générale du Canada affirme qu’une caisse noire avait été utilisée à partir de 1995 pour promouvoir l’unité canadienne pendant et après le référendum sur la souveraineté du Québec. Elle révèle également que, malgré les lois référendaires québécoises, neuf fois plus d’argent avait été utilisé par le camp du « Non » (appuyé par le gouvernement fédéral), au détriment du camp du « Oui ». De plus, différents témoignages mirent en lumière que le gouvernement fédéral avait accéléré le processus de naturalisation des immigrants pour contrer le référendum. Ces révélations, ainsi que le scandale d’Option Canada révélé fin 2005, mettent en doute, aux yeux des souverainistes, les résultats du référendum de 1995 au Québec, remporté par une marge extrêmement mince par le camp du « Non ».

Le 15 novembre 2005, André Boisclair est élu chef du Parti québécois après une course à la chefferie du parti politique l’opposant, entre autres, à Pauline Marois. Après un court mandat controversé, André Boisclair démissionne et Pauline Marois est élue chef du parti.

En février 2006, un nouveau parti politique est fondé. Né de la fusion de l’Union des forces progressistes (UFP) et d’Option citoyenne, Québec solidaire est représenté par deux porte-paroles, une femme, Françoise David, et un homme, Amir Khadir. Le parti de gauche se dit écologiste, féministe, démocrate, altermondialiste et indépendantiste ; il compte plus de 7 000 membres et a un programme politique complet. Ce parti a obtenu un siège à l’Assemblée nationale le 8 décembre 2008 alors qu'Amir Khadir a été élu dans la circonscription de Mercier.

En 2003 et 2006, l’Assemblée nationale du Québec ainsi que la Chambre des communes du Canada ont respectivement reconnu les Québécois comme formant une nation, quoique sous une formulation et en des circonstances différentes,.

En novembre 2006, le premier ministre canadien Stephen Harper dépose une motion visant à reconnaître « que les Québécois forment une nation au sein d’un Canada uni ». Bien que cette notion n’ait aucune valeur juridique, elle est acceptée par 266 voix contre 16 le 27 novembre 2006. Cette motion vient en réponse à une motion bloquiste rejetée par 233 voix contre 48.

Suite à l’adoption de la motion, un sondage révèle que 70 % des Canadiens rejettent l’idée selon laquelle les Québécois forment une nation ; en excluant le Québec, cette proportion s’élève à 77 %. Cependant, les Québécois francophones sont majoritairement en accord avec la notion de nation québécoise avec 71 % d’approbation,,,.

Pendant la campagne électorale de l’élection fédérale canadienne de 2008, le premier ministre Stephen Harper a déclaré, à Chicoutimi (Saguenay–Lac-Saint-Jean, Québec), qu’il était normal d’être nationaliste lorsque l’on fait partie d’une nation. Il a aussi précisé que les Canadiens anglais devaient respecter ce fait historique et a aussi tenu à rappeler qu’il évoquait la nation québécoise dans ses discours, tant au Québec qu’ailleurs au Canada.

Le 17 octobre 2008, lors de la première allocution d'un président français en exercice à l'Assemblée nationale du Québec, Nicolas Sarkozy a utilisé l'expression « nation québécoise » pour désigner le Québec.

Dans l'optique de l'avancement continuel vers la souveraineté, certains acteurs du mouvement ont, depuis peu, avancé l'idée de la gouvernance souverainiste pour contrer les inconvénients des référendums populaires à court terme. Dans cette stratégie, l'indépendance du Québec est perçue comme une question de fait à tous les niveaux alors qu'un référendum est une formalité administrative. Par conséquent, un gouvernement souverainiste élu du Québec, notamment du Parti québécois, sera porté à concentrer des efforts dans la création d'institutions et politiques (constitution, citoyenneté, indépendance politique régionale, relations internationales, etc.) répondant à cette vision d'un Québec indépendant, avant même l'atteinte de sa souveraineté, tout en conservant à l'esprit les exigences constitutionnelles canadiennes.

La campagne électorale débute le 21 février 2007 suite à la dissolution de l’Assemblée nationale par le Premier ministre Jean Charest. Pendant la campagne, il est pratiquement impossible de prédire l’issue du scrutin, trois partis possédant une chance de remporter les élections. Il s’agit de l’Action démocratique du Québec, du Parti québécois et du Parti libéral du Québec (le parti au pouvoir). Deux autres partis, le Parti Vert et Québec solidaire, bénéficient d’appuis négligeables. Le débat des chefs, le 13 mars 2007, et le dépôt d’un budget fédéral, le 19 mars 2007, auront une certaine influence sur le résultat de l’élection.

Le jour du scrutin, le 26 mars 2007 , le Parti libéral du Québec fait élire 48 députés, tandis que l’Action démocratique du Québec et le Parti québécois en font élire 41 et 36, respectivement. Ainsi, le Parti libéral se retrouve à la tête d’un gouvernement minoritaire, le premier au Québec depuis 1878 . Quant à l’Action démocratique du Québec, elle devient le premier parti d’opposition et forme donc l’Opposition officielle à l’Assemblée nationale, de façon tout à fait inattendue, du moins pour la classe politique et pour les médias.

Au lendemain de l’élection, il semble que les remous causés par les questions et malentendus sur les accommodements raisonnables (en 2006) ainsi que le sentiment des citoyens des régions d’être négligés et pris de haut par les politiciens et les médias ont trouvé un écho dans le message populiste de l’Action démocratique, porté par un chef considéré comme plus abordable, plus proche d’eux que ses rivaux par une partie des Québécois.

Suite aux élections, le Parti québécois s’est retrouvé à être le deuxième groupe d’opposition, ce qui a déplu à plusieurs militants, candidats et députés péquistes. André Boisclair, le chef du parti, a bien tenté de contenir la contestation et de continuer à assurer la direction de ce dernier, mais il n’a pas été en mesure de réussir. Il a donc remis sa démission à titre de chef du Parti québécois le jour de la rentrée parlementaire, soit le 8 mai 2007,. François Gendron, qui est le doyen non seulement du Parti québécois, mais de l’Assemblée nationale, a été élu par ses pairs pour être le chef intérimaire du Parti québécois, en attendant que la course à la chefferie donne un nouveau chef.

Le 12 mai 2007, coup de théâtre au sein du mouvement souverainiste : à peine 30 heures après avoir posé sa candidature, Gilles Duceppe se retire de la course à la direction du Parti québécois,. Du même coup, il donne son appui à Pauline Marois, qui a obtenu le plus grand nombre d’appuis depuis le dépôt de sa candidature. Le 26 juin 2007, Pauline Marois devient chef du Parti québécois,.

Prévue pour le 8 décembre 2008, la 39e législature sera élue au terme de la campagne électorale déclenchée le 5 novembre 2008. L'annonce du déclenchement des élections générales par le gouvernement s'effectue au lendemain de la date prévue de la publication de l'énoncé budgétaire par la présidente du Conseil du Trésor. Cette mise à jour avait pour but d'établir la stratégie du gouvernement pour faire face à la crise économique, résultat de la crise des prêts hypothécaires à haut risque. Depuis quelques semaines avant le déclenchement des élections, des accusations étaient par ailleurs portées à l'égard du gouvernement par les partis d'opposition concernant des pertes financières probables de la Caisse de dépôt et placement du Québec s'élevant à près de 30 milliards de dollars. La publication des résultats financiers réels de la Caisse est d'ailleurs prévue pour le début de l'année 2009.

Des rumeurs s'étaient déjà fait entendre dès le 27 octobre 2008 quant à l'intention du gouvernement de déclencher des élections. Ces rumeurs surviennent soit une semaine après que le gouvernement libéral, minoritaire à l'Assemblée nationale, eut affirmé son désaccord avec la nomination de l'ancien leader parlementaire du deuxième groupe d'opposition, François Gendron, élu par la majorité des députés, à titre de nouveau président de l'Assemblée nationale.

Historique en son genre, la crise politique au Parlement fédéral fait de l'ombre à la campagne électorale québécoise. Les trois majeurs partis politiques québécois se rallient derrière la coalition formée des partis d'opposition à la Chambre des communes afin de renverser le gouvernement conservateur. Plusieurs constitutionnalistes affirment que la coalition respecte les conventions constitutionnelles considérant qu'elle est formée des trois groupes parlementaires de l'opposition qui composent ensemble la majorité des députés élus. Cependant, la gouverneure générale proroge la Chambre des Communes, permettant ainsi au gouvernement de se protéger d'un vote de non-confiance envers son énoncé budgétaire et donc, son renversement. Alors que des mouvements de protestation sont soutenus à la grandeur du pays chez les partisans du gouvernement qui accusent un coup d'état (bien que la définition de cette expression se réfère à une action illégale et soutenue par la force), les opposants décrivent la prorogation comme étant un délit de démocratie parlementaire.

Le Parti Libéral du Québec a été élu majoritairement au terme de cette élection du 8 décembre 2008, récoltant 66 sièges (42.05 %), nécessitant au moins 63 sièges pour être majoritaire. Le Parti québécois, quant à lui, a connu une remontée sans précédent passant de 36 sièges en 2007 à 51 sièges (35.15 %) en 2008, reformant ainsi l’Opposition officielle, puisque que le Parti québécois avait été rétrogradé à la deuxième opposition lors de l’élection générale de 2007. D’ailleurs, la dernière présence forte du Parti québécois, à l’Assemblée nationale comme opposition officielle, de cette envergure remonte au temps de la Révolution tranquille. Du côté de l’Action démocratique du Québec (ADQ), le parti n’a récolté que 7 sièges (16.36 %), alors qu’il en comptait 39 à la dissolution de l’Assemblée. Lors d’un discours, le chef de l’ADQ, Mario Dumont, a annoncé qu’il se retirait de la vie politique. Par la suite, un nouveau parti politique fait son entrée à l’Assemblée nationale, le Québec solidaire, avec un député (3.79 %) : Amir Khadir.

Le taux de participation de cette élection a été le plus faible de toute l’histoire du Québec. Seulement 57.33 % des citoyennes et des citoyens du Québec sont allés voter lors de cette journée d’élection générale.

Le droit québécois se réfère à tous principes légaux du Québec relevant des compétences législatives de l'Assemblée nationale du Québec. Il constitue un système juridique mixte à codification partielle, jumelant essentiellement les principes du droit civiliste (ou romano-germanique) à ceux du droit commun (en latin, jus commune), dans le droit privé, dont les origines remontent au droit coutumier en vigueur en Nouvelle-France, lui-même issu de la combinaison des droits romain et canonique au droit des peuples germaniques, puis à celui du Saint-Empire romain germanique. Alors que ces principes sont adoptés par la France, celle-ci élabore en outre le concept de la codification des lois via le Code Napoléon. L'Assemblée législative du Canada-Uni reprend ce concept en 1866 lorsqu'elle développe le Code civil du Bas-Canada pour le compte du Canada-Est, le Québec dès 1867. Alors que le Code civil du Québec régit les relations entre personnes morales et physiques à l'aide de normes pour la plupart facultatives ou supplétives de volonté (droit privé), la Loi sur l'Assemblée nationale est le principal texte de loi instituant la hiérarchie des pouvoirs et des règles impératives (droit public). Chacune des deux catégories de droit étant complétées par des précédents ou d'autres lois de l'Assemblée nationale, le cas échéant, ceux-ci sont tous édictés à l'intérieur du cadre juridictionnel des compétences législatives ainsi que des droits et privilèges constitutionnels conférés au Québec par les lois constitutionnelles, les conventions non écrites et les arrêts de la Cour suprême.

D'autre part, alors que les systèmes de droits civiliste et commun sont privilégiés dans le droit privé, le système légal de la common law prévaut dans le droit public, faisant ainsi du Québec un État bijuridique. De plus, avec le droit québécois cohabite le droit canadien dont le patrimoine juridique est issu essentiellement de la tradition britannique qu'est la common law. Le droit constitutionnel canadien et les compétences législatives du Parlement du Canada dont les dispositions sont en vigueur au Québec sont prescrits selon les seuls principes de cette tradition. Il en est ainsi, par exemple, du droit criminel applicable au Québec. Une différenciation des branches du droit et des compétences législatives s'avère donc nécessaire afin de distinguer les principes juridiques qui s'appliquent dans chaque situation. Le manifeste « Commentaries on the Laws of England » du jurisconsulte britannique, William Blackstone, est par ailleurs la principale analyse servant à la compréhension des normes juridiques de la common law. Par conséquent, lorsque des lacunes interprétatives ou jurisprudentielles se présentent, les jugements des tribunaux des autres pays de common law peuvent aider à l'élaboration des précédents québécois. L'expression common law est intraduisible en français, mais se réfère historiquement et littéralement au « droit égalitaire des gens et collectivités du bas-peuple » par lequel ceux-ci s'auto-gouvernent, de façon coutumière, individuellement ou par l'intermédiaire de groupes auxquels ils adhérent librement et volontairement. Ce droit a préséance sur l'autorité de la Couronne et de la noblesse anglaise. C'est un système juridique a part entière qui s'est développé depuis plus d'un millénaire avec des principes dont l'origine remonte aux peuples germaniques tels la procédure accusatoire devant les tribunaux et des textes constitutionnels d'origine anglaise tels la Grande Charte de la Liberté (Magna Carta Libertatum) de 1215 et les Dispositions d'Oxford (Provisions of Oxford) de 1258 qui introduisent, entre autre, le principe de la sécurité juridique contre l'État et établissent le contrôle parlementaire et la responsabilité ministérielle telles que connues, aujourd'hui, dans le droit public québécois.

Comme indiqué ci-dessus, bien que les principes juridiques du Québec soient principalement fondés sur le système de droit civiliste dans le droit privé, la Constitution soumet les normes légales relevant du droit public aux seuls principes de la common law et de l’equity. Celles-ci sont toutefois adaptées de façon naturelle au contexte québécois en étant subordonnées à la culture populaire et aux usages de l'ensemble du Québec et de chaque groupe (géographiques, sociaux, économiques, etc.), le cas échéant. Dans cette philosophie juridique, au Québec, l'Assemblée nationale et toutes autres instances publiques (gouvernement, conseils municipaux, commissions scolaires, etc.) ne sont, ici, que des compléments au droit de chacun de s'auto-gouverner individuellement ou collectivement, sans contrainte d'une hiérarchie étatique à l'intérieur de la société. Autrement dit, chaque personne ou groupe de personnes a le droit de s'auto-gouverner individuellement et indépendamment des autres groupes de la société dans les domaines dont la portée typique de la règlementation et des modifications relatives à celle-ci n'ont d'effet direct que sur ce groupe uniquement (ex.: les syndicats d'employés et patronaux sont les seuls habilités à accepter une modification législative concernant les conventions collectives entre employeurs et employés, nonobstant la volonté de la majorité nationale, etc.). Un règlement ou loi d'une instance publique n'est donc qu'une tendance à refléter, du moins partiellement, les usages qui, selon le législateur, devraient être adoptés par chacun des groupes de personnes concernés par la portée de la règlementation. Pour avoir force légale et valeur impérative dans une région ou localité, les lois et règlements des instances publiques doivent donc obtenir et conserver l'acceptation, expresse ou tacite, d'une majorité populaire suffisante parmi chacun des groupes de personnes auxquels s'appliquent la portée de la règlementation. Autrement dit, les usages dans un domaine de règlementation ne peuvent être outrepassés par aucune disposition légale relative aux matières de droit public dont les normes sont établies par des groupes autres que le groupe concerné directement. Par exemple, la majorité nationale, par l'entremise de représentants politiques élus à l'Assemblée nationale, pourrait imposer sa volonté à tous en matière de budget national, car celui-ci est considéré avoir une portée directe sur l'ensemble du Québec. Cependant, elle ne pourrait, par exemple, imposer ses idéologies dans les groupes sur des sujets dont la portée directe de la règlementation ne s'applique qu'à ces groupes individuellement (ex.: Les usages relatifs au respect de la signalisation routière appartiennent aux localités, voire aux tronçons de route et coins de rue, bien que le Code de la sécurité routière soit établi par l'État. Ses dispositions peuvent donc être invalidées là où il est d'usage, par exemple, de rouler à 130km/h dans une zone marquée à 90km/h. Une contravention d'un agent de la paix à cet effet pourrait donc être contestée devant un tribunal si le défendeur est en mesure de développer une crédibilité démontrant les usages généralement acceptés dans cette zone. Un plaidoyer de culpabilité, une non-contestation, fournirait un argument supplémentaire aux instances publiques afin de défaire les usages en vigueur et donc, de rétablir implicitement des usages tendant vers les dispositions du code.). Les tribunaux peuvent donc invalider en tout temps les règles juridiques, dans tout groupe, qui sont rejetées par les usages en vigueur auprès des membres de ce groupe. Cependant, lorsque ces usages sont reconnus à la majorité par le groupe concerné, ceux-ci sont uniformément appliqués à l'ensemble de la population qui compose le groupe concerné jusqu'à ce qu'une modification en conséquence soit généralement reconnue après la réussite de l'implantation de nouvelles pratiques sociales généralement acceptées par la majorité du groupe concerné. Le mouvement naturel des gens et l'influence médiatique, entre autre, fait que les groupes et, par le fait même, les usages sont continuellement en changement (ex.: une personne déménage d'une région à une autre, le gouvernement promouvoit sans arrêt son projet de loi pour le faire accepter par les groupes concernés, etc.). Comme le système juridique de la common law s'étend aux champs du droit public, celui-ci s'applique par exemple aux normes relatives à la fiscalité et aux finances publiques et, d'une manière générale, à toutes matières touchant l'intérêt général de la société, l'organisation gouvernementale, judiciaire et législative ainsi que les rapports hiérarchiques (relations verticales) des gens avec la puissance publique de l'État. Ces matières s'appliquent concrètement et notamment aux règles relatives à l'organisation des systèmes de santé et d'éducation, à la conduite automobile dans le Code de la sécurité routière, à la procédure pénale dans le Code de procédure pénale, etc. Étant des organismes de droit public, la Société de l'assurance automobile du Québec (SAAQ), la Régie de l'assurance-maladie du Québec (RAMQ) et la Sûreté du Québec (SQ) sont d'autres exemples d'institutions entièrement soumises aux pratiques sociales (usages).

À l'inverse, le droit québécois reflète à plusieurs égards ses traditions civilistes dans le droit privé, et ce, en privilégiant des notions typiquement de droit romano-germanique, telles que la profession de notaire - inexistante ailleurs en Amérique du Nord - la hiérarchie des normes juridiques et l'approche judiciaire basée sur la seule interprétation des codes et lois. Bien que la hiérarchie des normes juridiques soient privilégiée dès l'entrée en vigueur des lois relevant du droit privé, les législateurs sont avant tout subordonnées aux pratiques sociales (usages) dans l'élaboration et la modification de ces lois puisque leur écriture relève du droit public (relations verticales avec l'État). Autrement dit, une loi du droit privé pourrait être invalidée si elle est contraire aux usages du groupe concerné lors de son entrée en vigueur. Toutefois, si des changements aux usages surviennent par la suite, ceux-ci nécessitent obligatoirement une modification législative en conséquence pour avoir force légale, contrairement aux matières de droit public où ils prévalent en tout temps nonobstant la législation en vigueur. De plus, ces mêmes lois constituent un ensemble de dispositions légales qui sont pour la plupart facultatives ou supplétives de volonté, sauf pour celles dont le non-respect contreviendrait à l'ordre public. Ainsi, dans les relations privées, l'application stricte de ces règles est subordonnée à la volonté d'au moins une partie dans une poursuite civile s'il y a mésentente, contrairement aux règles impératives où la puissance publique oblige toute personne à s'y conformer inconditionnellement sous peine de sanction dans une poursuite pénale. Les principes du droit romano-germanique s'appliquent, par exemple, aux notions relatives à la propriété, aux contrats, aux affaires, au travail et, d'une manière générale, aux matières touchant les relations privées (relations horizontales, ou égalitaires) entre individus, groupes de personnes et entreprises privées. Par ces notions générales, les traditions civilistes s'appliquent donc concrètement et notamment à la règlementation des services financiers, des opérations de commerce, des conditions de travail, etc. Bien que constituées par l'Assemblée nationale, étant des sociétés de droit privé, des institutions telles Hydro-Québec, la Caisse de dépôt et placement du Québec et la Société des alcools du Québec (SAQ) sont soumises à ces principes. De plus, dans la mesure où les pratiques sociales permettent aux organismes de droit public d'entreprendre certaines actions, leurs relations contractuelles, avec des individus ou entreprises privées, relèvent de ces mêmes principes du droit civil (ex.: les partenariats publics-privés et les dispositions de biens publics, tels les terres du domaine de l'État). Dans la même optique, certains concepts prenant leur origine de la common law sont parfois préférés dans les usages et donc, repris volontairement dans le droit privé par les législateurs, tels que les principes de la procédure accusatoire dans le Code de procédure civile. Par ailleurs, malgré le principe de la hiérarchie des normes du système de droit civiliste, les législateurs délèguent parfois aux tribunaux une liberté qui va au-delà de la seule interprétation juridique lorsque ceux-ci expriment leurs volontés, de façon expresse ou tacite, en des termes généraux dans les dispositions législatives tombant dans la catégorie du droit privé. Ainsi, ils donnent cours à la « loi de la nation » tout en privilégiant le droit jurisprudentiel. Certains principes du droit coutumier sont donc favorisés dans les rapports entre personnes morales et physiques, par exemple, en matière de responsabilité civile et professionnelle. Par conséquent, une force légale est prescrite à certains usages, ou normes socio-culturelles, qui sont en vigueur dans l'ensemble du Québec, lesquels sont traduits conséquemment en précédents dans la jurisprudence des tribunaux.

Les règles juridiques (précédents, lois, contrats et usages) s'interprètent par ailleurs selon leur esprit (ce que la norme englobe implicitement), lettre (ce que la norme stipule expressément) et objet (ce pour quoi la norme existe). L'interprétation des règles s'effectue en l'occurence sur la base des travaux juridiques et parlementaires, au-delà des jugements judiciaires et des textes législatifs. Les clauses contractuelles s'interprètent quant à elles les unes par rapport aux autres en ayant le sens que l'ensemble du contrat leur confère (plutôt que le sens de chacune prise individuellement) et selon la commune intention des parties (de façon entièrement libre et éclairée), dans les circonstances et les usages. Les pratiques sociales (usages) sont pour leur part interprétées selon ce qui est généralement observé et reconnu comme tel par l'ensemble de la population du Québec, d'une région, d'une localité ou de tout autre groupe, le cas échéant. Dans cette optique, en droit privé comme en droit public, la crédibilité des parties est donc l'élément essentiel à développer dans un processus judiciaire afin de démontrer les pratiques sociales généralement reconnues, le cas échéant, dans chacun des groupes de personnes du Québec.

En l'occurence, le système juridique de la common law appliqué à la branche du droit public tend à protéger tout citoyen contre la tyrannie et l'entêtement des instances publiques à leur égard à défaut d'obtenir l'appui, exprès ou tacite, d'une majorité suffisante de l'ensemble des membres d'un groupe, le cas échéant, pour chaque décision. En plus des recours judiciaires possibles, il constitue donc, pour les citoyens, une méthode de surveillance continue entre deux élections en subordonnant les décisions de tous représentants politiques à l'autorité populaire. Alors que le système juridique du droit romano-germanique appliqué à la branche du droit privé tend à protéger tout citoyen contre les guerres de pouvoir entre eux-mêmes (individus, groupes de personnes et entreprises privées) à défaut d'une modification législative, au préalable, et acceptée par le consensus populaire de chaque groupe concerné. Sans quoi chacun pourrait continuellement tenter de modifier individuellement, sournoisement et sans limite, tous les usages qui régissent leurs relations égalitaires et ainsi, donner une force légale, par exemple, aux situations constituant de l'exploitation envers autrui. Dans leur champ respectif, les deux systèmes tendent ainsi à protéger la culture de chaque groupe (géographique, social, économique, politique, etc.) contre l'ingérence d'autres groupes plus nombreux, à créer l'équité dans les relations entre personnes et à équilibrer les rapports de forces entre tout individu, entreprise privée et organisation gouvernementale et législative.

L’administration du système de justice et le maintien de la primauté du droit au Québec est assurée par le Ministère de la Justice. Ce dernier répond à sa mission notamment en assurant l'accessibilité des services de la justice à la majorité de la population par le maintien de districts judiciaires. Le procureur général, avec ses substituts les procureurs aux poursuites pénales et criminelles, est quant à lui mandataire de l'État et responsable d’ester en justice en son nom dans les matières de droit public, en vertu du Code de procédure pénale et du Code criminel. De son côté, le Ministère de la sécurité publique a, entre autres, le rôle d’administrer l’intervention policière et les services correctionnels, notamment par l’intermédiaire de la Sûreté du Québec (SQ) et des corps policiers municipaux, afin de soutenir le procureur général dans l’exécution de ses tâches. Dans les matières de droit privé, l’exécution des brefs ou ordres de la Cour, le suivi des actes de procédure, les transactions de saisies et la gestion de la trésorerie des ventes judiciaires sont pour leur part assignés aux shérifs (un par district judiciaire), lesquels peuvent s'adjoindre des substituts, les huissiers de justice. Les shérifs peuvent aussi être affectés aux affaires pénales, à l'assignation et la surveillance des jurés.

Les tribunaux judiciaires sont organisés en une pyramide dont le sommet est comblé par la Cour d'appel du Québec, une cour supérieure qui entend toutes causes dont les jugements de première instance sont pourvus en appel. La Cour du Québec, les cours municipales, le Tribunal des droits de la personne et le Tribunal des professions, tous des tribunaux de première instance, sont de leur côté des cours inférieures, c'est-à-dire dont les compétences sont limitées aux pouvoirs qui leur sont expressément dévolus par la législation. De plus, la Cour du Québec est constituée de trois chambres : la Chambre de la jeunesse, la Chambre criminelle et pénale ainsi que la Chambre civile. Cette dernière comprend en plus la Division des petites créances (communément appelé, la Cour des petites créances). D’autre part, la Cour supérieure du Québec possède quant à elle le pouvoir inhérent de statuer sur toutes causes dont les compétences ne sont pas assignées exclusivement aux cours inférieures. Elle possède donc le pouvoir résiduaire comme la Cour d’appel, mais dans la juridiction de première instance. Dans ce pouvoir résiduaire, la Cour supérieure du Québec possède entre autre le pouvoir traditionnel de surveillance sur la légitimité des jugements des autres cours, abstraction faite des pourvois en appel, alors que la Cour d'appel du Québec possède celui de conseiller le gouvernement sur ses projets de lois. Pour sa part, le Conseil de la magistrature est responsable de la déontologie et du bon fonctionnement des tribunaux judiciaires dont les membres (juges de paix magistrats) sont nommés par le Québec, à savoir les cours inférieures à l'inverse des cours supérieures où la magistrature est nommée par le gouverneur général en conseil. La magistrature de tout tribunal judiciaire peut être assistée par un personnel (juges de paix fonctionnaires) nommé par le ministère de la justice. Ultimement, toute cause peut être portée en appel devant la Cour suprême.

D'autre part, bien que toute personne, sauf restrictions, puisse agir à titre de procureur (mandataire), seul un juriste (personne versée en droit) peut agir à titre de jurisconsulte (conseiller) alors que seul un parajuriste (technicien juridique) formé en conséquence peut prétendre aux titres de greffier, huissier de justice et shérif. De plus, seul un juriste membre du Barreau du Québec ou de la Chambres des notaires du Québec peut agir à titre de légiste (spécialiste de la rédaction des projets de loi de l'Assemblée nationale) ou, respectivement, à titre d'avocat (représentant d'une partie) dans un procès ou de notaire dans la rédaction d'actes juridiques volontaires. Alors que les enquêteurs judiciaires et les coroners sont assistés des corps policiers et des médecins légistes, les législateurs doivent pour leur part être élus, au préalable, au suffrage universel par un scrutin uninominal majoritaire à un tour dans leur circonscription électorale respective. D'ordre général, lorsque la loi le requiert, peuvent agir à titre de commissaire à l'assermentation les avocats, notaires, juges de paix, greffiers d'une cours de justice, secrétaires de l'Assemblée nationale, maires, greffiers et secrétaires-trésoriers de toutes municipalités.

Les tribunaux administratifs sont pour leur part des compléments aux tribunaux judiciaires. Ce sont des organismes gouvernementaux (ex.: Commission des normes du travail, Office québécois de la langue française, Société de l'assurance automobile du Québec, Autorité des marchés financiers, etc.) qui mettent en œuvre la politique gouvernementale et qui agissent à titre de conciliateur sur certains litiges qui relèvent de leurs compétences, mais dont les jugements n'ont pas force légale sans un recours devant un tribunal judiciaire. Dans la même optique, le Protecteur du citoyen agit comme ombudsman de l'Assemblée nationale lorsqu'il a raison de croire qu'un citoyen a été lésé par une décision d'un employé d'une fonction administrative relevant d'un ministère ou d'un organisme gouvernemental (ex.: hôpital, commission scolaire, etc.). Alors que les ordres professionnels créés par l'Assemblée nationale (ex.: Collège des médecins du Québec, Ordre des ingénieurs du Québec, Chambre de la sécurité financière, etc.) constituent des organismes d'auto-règlementation responsables de veiller au respect de la déontologie au sein de leurs membres, certaines organisations privées (ex.: Institut québécois de planification financière (IQPF), Concessionnaires en vérification mécanique de la SAAQ, etc.) sont pour leur part accréditées par le gouvernement ou l'Assemblée nationale afin d'assurer certaines fonctions dans leur domaine respectif.

En outre, le Québec se définit comme un état de droit, libre et démocratique.

Sur le plan linguistique, le Québec se distingue de ses voisins immédiats principalement par le fait que le français y est la seule langue officielle. Le français y est aussi la langue commune, comprise et parlée (au moins de façon minimale) par 94,6 % de la population.

Les Québécois défendent la francophonie face à la prépondérance de la langue anglaise. Dans cette optique, ils défendent également une « norme québécoise », dont le régulateur est l’Office québécois de la langue française. La Charte de la langue française, communément appelée loi 101, stipule que le français est la langue officielle du Québec. L’éducation primaire et secondaire y est obligatoirement française, sauf pour les enfants dont les parents ont étudié au Canada en anglais. La Charte règlemente aussi l’affichage commercial qui doit être en français. Par ailleurs, la Charte tient compte de certaines obligations linguistiques anglophones, surtout de natures juridiques, assurées par l’Acte de l’Amérique du Nord Britannique (1867).

Les Québécois s’expriment, s’ils ne sont pas anglophones ou allophones, en français québécois, une variante du français parlée sur l’ensemble du territoire québécois.

Les colons français qui vinrent coloniser la Nouvelle-France provenaient en grande partie des régions de l’Ouest et du Nord de la France. Ils parlaient généralement des langues régionales de la famille des langues d’oïl (à différencier des langues d’oc, parlées au Sud). Ainsi, la nécessité de se comprendre entre eux amena les colons à « unifier leurs patois » si bien que le français québécois devint en quelque sorte un nouveau patois particulièrement proche du normand, du picard, du poitevin et du saintongeais.

L'apport des différents dialectes amérindiens au lexique des colons de la Nouvelle-France doit également être souligné: la géographie, la température, la faune et la flore du Nouveau Monde présentaient de nombreuses particularités que la France ne connaissait pas. Les Européens s'approprièrent donc les termes amérindiens pour désigner ces réalités, et plusieurs de ces mots subsistent dans le français québécois encore aujourd'hui. Le nom Québec provient d'ailleurs d'un dialecte algonquin, dans lequel le mot signifie, selon les différentes traductions, « là où le fleuve s'étrécit », « passage étroit » ou « détroit ».

Ce français québécois évolua ensuite sur les bases du français de la cour du roi de France de l’époque, du fait de l’arrivée des filles du roy en Nouvelle-France, majoritairement orphelines et éduquées dans des orphelinats et couvents qui inculquaient le français du roy.

La conquête britannique de 1759 bouleversa l’évolution du français parlé au Québec et en Amérique du Nord. En coupant les liens avec la France, le français parlé au Québec se sépara définitivement du français parlé en métropole. Le français québécois naissait véritablement, conservant les archaïsmes des anciennes langues presque éteintes en France d’une part, créant de nouveaux mots d’autre part, influencé et menacé par la langue des nouveaux conquérants anglais.

Deuxième langue en importance dans la province, l’anglais est la langue maternelle de 572 085 personnes (7,9 % de la population). Aussi, le Québec compte 50 060 personnes (0,7 % de la population) qui considèrent à la fois le français et l’anglais comme leur langue maternelle,.

Les anglophones du Québec résident principalement dans l’ouest de l’île de Montréal et en Outaouais. Aussi, ils sont, pour plusieurs, d’ascendance britannique et celtique, provenant d’Irlande et de Grande-Bretagne (Angleterre, Écosse, Pays de Galles).

L’anglais fit son apparition sur le territoire québécois à partir de 1760, date de la conquête britannique. C’est à cette époque que les premiers marchands, écossais et anglais pour la majorité, viendront s’installer dans les villes de Québec et de Montréal. À partir de 1784, l’arrivée des Loyalistes fuyant les États-Unis fit augmenter considérablement le nombre d’anglophones dans la province. Ces Loyalistes, évitant la campagne francophone et catholique, s’établirent principalement dans ce qui, aujourd’hui, constitue les Cantons de l’Est et l’Outaouais.

Il est aussi intéressant de constater que dans le milieu urbain québécois du XIXe siècle, la troisième langue européenne la plus parlée après le français et l’anglais, était le gaélique. Bien que de nombreux immigrants venant des pays celtiques des îles britanniques, principalement des Irlandais et des Écossais (immigrés au XVIIIe et au XIXe siècle), passèrent du gaélique au français, sans apprendre l’anglais, plusieurs d’entre eux optèrent pour celle-ci (en particulier les Écossais). Aujourd’hui, le gaélique n’est plus parlé dans la province, mais certains résidants de descendance écossaise de la ville de Compton, en Estrie, continuent à utiliser le gaélique écossais. Leur proportion est cependant très faible. Une autre population de langue gaélique se trouve aux Îles de la Madeleine, sur l’île d’Entrée.

Selon le recensement de 2006, le Québec comprend 886 280 allophones (dont la langue maternelle n’est ni le français, ni l’anglais, mais qui souvent parlent ou comprennent au moins une de ces deux langues, toutes deux langues officielles du Canada), soit 11,9 % de la population. Il faut aussi ajouter que ce 11,9 % inclus 159 905 Autochtones, soit 2,2 % des Québécois, vivant un peu partout dans la province et qui ne doivent pas être confondus avec les immigrants. Le gouvernement du Québec a négocié auprès du gouvernement fédéral pour pouvoir choisir lui-même ses immigrants dans le but de favoriser l’immigration francophone. Jusqu’aux années 1960, les immigrants provenaient surtout de pays européens (notamment des Italiens, des Juifs d’Europe centrale, puis des Grecs). À partir des années 1960-1970, l’immigration s’est toutefois diversifiée, entre autres avec l’arrivée importante d’Haïtiens, de Latino-Américains, de Vietnamiens, etc. Les immigrants actuels proviennent surtout de France, de Chine, de Belgique, d’Europe de l’Est, et de différents pays en développement, spécialement les pays d’Afrique du Nord francophone, mais aussi d’Amérique latine.

Le Québec est la principale société d’expression française en Amérique du Nord, et la seule ayant une majorité de citoyens communiquant en français. Le Québec nourrit un attachement profond à sa culture. Symbole même de son identité nationale, la culture québécoise jumelle des racines françaises à un héritage autochtone, tout en étant quelque peu influencée par son passé sous le régime britannique. Elle intègre divers récits tels la légende de La Corriveau, celle du Cheval noir des Trois-Pistoles et celle du Bonhomme sept-heures ou, encore, le conte de la La Chasse-galerie d'Honoré Beaugrand.

La chanson québécoise est très variée. Depuis La Bolduc dans les années 1920-1930 jusqu’aux artistes de la relève, elle a su apporter de grands auteurs-compositeurs-interprètes : Alys Robi, Félix Leclerc, Willie Lamothe, Jean-Pierre Ferland, Raymond Lévesque, Robert Charlebois, Gilles Vigneault, Claude Léveillée, Michel Rivard, Richard Desjardins, Lynda Lemay, Jean Leloup, Daniel Bélanger, Pierre Lapointe, ainsi que plusieurs groupes : Beau Dommage, Harmonium, Les Cowboys Fringants, Loco Locass, Les Colocs, Mes Aïeux et Simple Plan.

Elle a aussi des auteurs de renom : Stéphane Venne, Luc Plamondon et Pierre Létourneau, ainsi que des compositeurs : André Mathieu, André Gagnon, François Dompierre et Paul Baillargeon.

Elle a ses interprètes et groupes reconnus internationalement : Ginette Reno, Diane Dufresne, Renée Claude, Nicole Martin, Fabienne Thibeault, Bruno Pelletier, Luc De Larochellière, Céline Dion, Garou, Isabelle Boulay, Leonard Cohen, Simple Plan, Arcade Fire, April Wine, entre autres. Ceux-ci ont fait ou font carrière en France, en Belgique, en Suisse, aux États-Unis, au Liban, en Afrique francophone, etc.

Certains interprètes sont également considérés comme québécois, bien qu’originaires d’ailleurs. Leur carrière se déroule au Québec, s’y est déroulée ou y a démarré. Ils sont souvent déjà francophones, ou ont adopté (sauf exceptions) le français dans leurs chansons (mais, en plus du français, chantent parfois aussi en d’autres langues : anglais, italien, espagnol, arabe, etc.) On peut citer entre autres Nanette Workman (États-Unis), Corneille (Rwanda), le rappeur K-Maro (Liban), Lara Fabian (Belgique), Luck Mervil (Haïti). Ces artistes participent à l’image internationale d’un Québec ouvert sur le monde et sont l’exemple d’une culture capable d’inclure des origines multiples : on parle souvent d’un « rêve québécois » pour de nombreux francophones du monde entier, comme il existe parfois un « rêve américain » chez les Anglo-saxons. Ces chanteurs francophones « néo-québécois » incarnent souvent ce rêve de réussite .

Comme partout ailleurs au Canada, le hockey sur glace occupe une place privilégiée dans la vie des Québécois. Le Canadien de Montréal est un club de hockey sur glace professionnel faisant partie de la Ligue nationale de hockey (LNH). Ce club, qui fut fondé en 1909, fut l’un des principaux clubs fondateurs de la LNH, en 1917. Cinq autres clubs du Québec ont fait partie de ligues majeures de hockey, soit les Bulldogs de Québec (Association nationale de hockey 1911-1917 et LNH 1919-1920), les Nordiques de Québec (AMH 1972-1979 et LNH 1979-1995), les Shamrocks de Montréal (ANH 1909-1910), les Wanderers de Montréal (ANH 1909-1917 et LNH 1917) et les Maroons de Montréal (LNH 1924-1938).

Le Canadien profite d’une patinoire à domicile, le Centre Bell, dont la capacité est la plus grande de la LNH avec 21 273 sièges. Le club a participé 34 fois à une finale de la Coupe Stanley, et l'a remportée 24 fois, ce qui constitue un record de la Ligue.

De leur côté, les Nordiques de Québec (jouant au Colisée de Québec dont la capacité est de 15 399 sièges) sont un ancien club de la LNH. Cette équipe a marqué l’histoire et la culture sportive du Québec et du Canada, étant donné la rivalité naturelle Québec-Montréal. Les Nordiques ont déménagé en 1995 au Colorado, aux États-Unis.

Depuis 1996, les Alouettes de Montréal évoluent dans la ligue canadienne de football (LCF). Le club fut fondé en 1946, mais après plusieurs années difficiles, l’équipe fut dissoute en 1987. En 1996, les Stallions de Baltimore furent déménagés à Montréal et renommés Alouettes.

Jusqu’en 2004, les Expos de Montréal évoluaient au sein de la Ligue majeure de baseball. Créée en 1968, l’équipe avait élu domicile au stade olympique de Montréal (capacité de 43 739 places en mode baseball). Franchisée le 27 mai 1968, elle devait son nom à l’Exposition universelle de Montréal (Terre des Hommes), qui avait eu lieu l’année précédente. Au terme de la saison 2004, l’équipe fut déménagée à Washington.

Le Grand Prix du Canada, une ancienne course de Formule 1, eut lieu au Québec de 1978 à 2008. L’un des gagnants de ce Grand Prix fut un pilote d’origine québécoise, Gilles Villeneuve, qui mourut en 1982, aux suites d’un accident, au dernier tour de qualification pour le Grand Prix de Belgique, sans avoir pu emporter un titre de Champion de Monde. C'est son fils Jacques qui réalisera ce rêve en 1997.

L'Impact de Montréal est l'équipe de soccer la plus importante de la province. Fondé en 1992, cette équipe remporta le titre de la première division de la USL en 1994 et en 2004. Évoluant au Stade Saputo(13 034 sièges), l'équipe représenta le Canada à la ligue des champions de la CONCACAF en 2008 en surpassant le Toronto FC qui jouait pourtant dans une ligue de plus haut niveau. Le soccer est maintenant plus pratiqué que le hockey sur glace au Québec.

Le Québec offre une saison hivernale qui s’étend sur près de la moitié de l’année, de novembre à avril, avec des conditions de neige exceptionnelles (de 3 à 15 mètres de neige par hiver selon les régions). Les principaux centres de ski du Québec sont situés en Estrie, dans les Laurentides, dans la Capitale-Nationale et en Gaspésie.

La motoneige est une autre activité hivernale extrêmement prisée des Québécois. En décembre 2006, la Fédération des clubs de motoneigistes du Québec regroupait 84 611 adhérents. Ils empruntent 33 085 km de sentiers aménagés et patrouillés par la police et des bénévoles provenant des 225 clubs locaux.

Les premiers colons, majoritairement paysans, préparaient des repas consistants pour mieux affronter les rigueurs du climat et du labeur quotidien. Une cuisine familiale, basée sur la tradition française, s’est développée au fil des siècles, intégrant poisson, gibier, légumes et fruits frais. La tourtière, le cipaille, les fèves au lard, la soupe aux pois, le rôti de porc, les cretons, la tarte au sucre et les galettes de sarrasin sont quelques exemples de ces mets traditionnels. Certains demeurent au menu de restaurants alors que d’autres sont servis en de grandes occasions, comme les repas traditionnels de la période des Fêtes. Au printemps, ces plats peuvent être servis dans les cabanes à sucre. Les recettes traditionnelles sont également réinterprétées au goût du jour par les chefs des grands restaurants québécois, qui proposent également une foule de produits fins du Québec, comme le foie gras, le magret de canard, le caviar de corégone (un poisson des eaux de l’Abitibi), le cidre de glace et le vin de glace.

Ces produits régionaux confèrent à la gastronomie québécoise une identité propre. En Montérégie, dont le territoire est recouvert à 30 % de vergers, on fabrique une grande variété de cidres qui cumulent les honneurs dans les concours internationaux. Dans le Bas-Saint-Laurent, qui borde le fleuve, on maîtrise l’art ancien de fumer le saumon, la truite, l’esturgeon et l’anguille. Aux Îles de la Madeleine, on concocte un savoureux pot-en-pot (une préparation de fruits de mer ou de poissons et de pommes de terre en croûte). Au Saguenay–Lac-Saint-Jean, on prépare une tourtière du Lac (pâté très épais avec de la viande et des pommes de terre en cube) et une soupe aux gourganes renommées. La région de Charlevoix produit des fromages d’excellente qualité. Une tourtière typique de Charlevoix est faite d’éperlans répartis sur plusieurs couches successives de pâte plus fine. La Gaspésie est reconnue, quant à elle, pour son pâté au saumon et ses boulettes de morue. Sur la Côte-Nord, la plupart des mets mettent en valeur les poissons, mollusques et crustacés qui y sont pêchés, comme la crevette nordique, le crabe des neiges et le pétoncle. On avait coutume également d’y apprêter les langues de morues et des produits locaux, comme les œufs d’oiseaux marins. En Mauricie, on apprête la viande de bison et d’autruche, animaux qui sont élevés sur place. La ville de Québec, comme Montréal, est reconnue internationalement pour sa fine cuisine. Au Nouveau-Québec (Nunavik), dans la région du Nord-du-Québec, les influences inuits offrent un éventail de mets à base de poissons tels que l'Uujuk, ainsi que de viandes de gibier tels le Nikku et le Puanaasi. Les nations amérindiennes de toutes les régions préparent quant à elles un excellent pain banique.

En matière de restauration rapide, la poutine est un mets typiquement québécois, inventé à Drummondville dans les années 1950, à l’époque de l’irruption du fast-food à l’américaine. La poutine « classique » se compose de frites, de fromage en grains frais ainsi que d’une sauce chaude et onctueuse (dite « sauce brune », du fait de sa couleur brunâtre). La présentation de la poutine est variable et diverse. On peut goûter à des poutines « à l’italienne » (avec sauce à spaghettis), « barbecue » ou « garnie ». Elle a aussi donné lieu à de nombreuses variantes comme la galvaude (avec des petits pois verts et du poulet en cube), la bourguignonne (sauce au vin rouge et aux oignons), etc. La poutine est cependant très grasse et ne fait pas partie d’un régime équilibré.

Le Québec compte également pour 80 % de la production mondiale de sirop d’érable,. Issue de traditions amérindiennes adaptées et modifiées par les Français, l’acériculture consiste en un premier temps à entailler les érables à sucre au moment du dégel printanier. La sève recueillie est ensuite réduite par évaporation jusqu’à l’obtention d’un délicieux sirop sucré, idéal pour accompagner crêpes, gaufres, pain perdu (dit pain doré), ainsi qu’une multitude de plats variés.

Les Autochtones habitent le Québec depuis plusieurs millénaires. Chacun des peuples a une structure sociale, un territoire et une culture qui lui est unique. En 2003, la population amérindienne et inuite du Québec comptait 159 905 personnes. Cependant, comme la loi n’a reconnu que les enfants de père autochtone jusque dans les années 1980, leur nombre est en principe beaucoup plus élevé, sans compter tous les Métis. En fait, presque tous les Québécois ont des ancêtres autochtones. Bien qu’ils représentent aujourd’hui officiellement seulement 2,2 % de la population québécoise, les Autochtones ont beaucoup apportés à la société québécoise. Par exemple, les remèdes contre les maladies à l'arrivée des colons (concoctions d'anneda), les vêtements d'hiver (tannage de la fourrure), la construction des habitations (isolation contre le froid), les moyens de transport sur neige (raquette à neige et traîneau à chiens) et sur l'eau (canots d'écorce et kayaks), la toponymie, l'acériculture, les sports (crosse et pêche blanche), les techniques de chasse à l'orignal et au caribou, la découverte du territoire en général ainsi que l'exploitation de ses ressources naturelles, etc.

Lors de l'arrivée des Européens en Amérique au XVIe siècle, les peuples de langues algonquiennes et les Iroquoiens du Saint-Laurent se firent alliés des colons français dans un but de commerce. D'autre part, bien que les guerres intermittentes entre Hurons et Iroquois commencèrent avant l'arrivée des Européens, les relations de la Nouvelle-France avec les Hurons opposèrent de fait les Iroquois et permirent l'alliance stratégique des Anglais avec ceux-ci. En 1701, le gouverneur de la Nouvelle-France conclut la Grande paix de Montréal qui mit fin aux guerres entre peuples autochtones et où la confédération iroquoise adopta une attitude de non agression envers les colons français et les autres nations autochtones. Elle fut par ailleurs commémorée lors de son tricentenaire, en 2001, à l'occasion de la signature de la Paix des Braves entre le gouvernement du Québec et le Grand Conseil des Cris par suite de la Convention de la Baie-James et du Nord québécois de 1975. Les bouleversements de la conquête britannique de 1760 amena une dynamique où toutes les nations autochtones s'élevèrent contre les conquérants anglais. Lors de la guerre d'indépendance américaine, les Iroquois du Québec s'allièrent les Américains contre les Anglais, mais furent envahis et pillés par ceux-ci après leur victoire. Depuis la révolution tranquille, le gouvernement du Québec est en mesure de développer les relations d'avant-conquête et de concentrer des efforts, indépendamment du gouvernement du Canada, pour préserver la culture et défendre les droits ancestraux des Amérindiens via le Secrétariat aux affaires autochtones créé en 1978.

En droit constitutionnel canadien, les expressions « temps immémoriaux » et « droits ancestraux » se réfèrent à l'histoire des nations autochtones avant l'arrivée des explorateurs européens en Amérique. Plus précisément, une loi de l'Angleterre de 1276, rapatriée par la common law en 1867, en fixa implicitement le début au 3 septembre 1189, date du couronnement du roi Richard 1er (dit, Cœur de lion). Tous territoires donnés dont les droits existants ancestraux n'ont pas été disposés, selon les règles de la common law, depuis lors peuvent faire l'objet de revendications sans qu'il ne soit nécessaire de démontrer l'usage qui en était fait avant cette date. Cependant, selon un décret de 1832, après cette date, tous droits existants - ancestraux ou issus de traités passés ou futurs - demeurent à condition, notamment, que la jouissance des droits de propriété sur les terres revendiquées aient continué pendant au moins vingt ans consécutifs au moment de leur revendication. Depuis, les usages québécois (pratiques sociales) se sont développés dans ce domaine et requièrent maintenant que l'usage (emploi) de ces terres soit en plus démontré. À l'inverse de ces droits constitutionnels, la propriété est une compétence législative du Québec sur tous les autres aspects. Les autres revendications territoriales s'effectuent donc selon les dispositions du Code civil.

Tous les peuples dont les territoires sont principalement situés au sud du 55e parallèle sont collectivement appelés « Amérindiens », « Indiens », « Premières nations » ou, de façon obsolète, « Peaux rouges ». Les dix nations amérindiennes du Québec se rattachent à deux groupes linguistiques. La famille algonquienne comprend huit nations, à savoir les Abénaquis, les Algonquins, les Attikameks, les Cris, les Malécites, les Micmacs, les Montagnais et les Naskapis. Ces deux derniers peuples formaient jusqu'en 1978 une seule et même nation : les Innus. La famille iroquoienne est composée des Hurons-Wendat et des Mohawks. Cependant, seuls ces derniers composent la confédération iroquoise (Haudenosaunee) avec cinq autres nations autochtones de l'État de New York et de l'Ontario. La onzième nation autochtone du Québec, les Inuits (de façon obsolète, les Esquimaux), appartient quant à elle à la famille inuit-aléoute.

Les Inuits vivent principalement au Nouveau-Québec (Nunavik) et composent la majorité de la population vivant au nord du 55e parallèle, région dont l'administration leur est par conséquent conférée de fait par la Convention de la Baie-James et du Nord québécois signée avec le gouvernement du Québec en 1975. La nation crie possède une autonomie similaire à celle des Inuits en vertu de la même convention et de la création de l'administration régionale crie. En 1978, lors de la signature de la Convention du Nord-Est québécois, les Innus de Kawawachikamach ont créés une scission au sein de leur peuple en formant un groupe distinct, les Naskapis, et se sont joints à l'administration régionale Kativik du Nouveau-Québec. Ils se sont ainsi détachés de leur assujettissement à la Loi sur les Indiens du Parlement fédéral. Les Innus-Montagnais ainsi que les sept autres nations n'ayant convenu d'aucune entente avec le gouvernement du Québec demeurent quant à eux, encore aujourd'hui, assujettis à la loi fédérale créant les réserves indiennes. Des pourparlers sont toutefois en cours depuis quelques années avec les Montagnais de la Côte-Nord et du Saguenay-Lac-Saint-Jean pour la création d'une autonomie similaire à celle des Cris, Inuits et Naskapis par la formation de deux territoires distincts, l'Innu Assi et le Nitassinan, jouissant de pouvoirs et privilèges différents. Une forte opposition est toutefois présente dans les deux régions opposant notamment droits ancestraux et droits acquis sur les matières concernées dans les négociations.

L’Église catholique a joué un rôle prépondérant dans le développement culturel et politique de la société québécoise. Néanmoins, les religions amérindiennes et inuits précédèrent le catholicisme en sol québécois. Aujourd’hui, ces religions ont survécu et certaines manifestations persistent.

À l’époque de la Nouvelle-France, les premiers colons qui s’établirent étaient tous catholiques. Dès le début de la colonie, l’évangélisation des Amérindiens précéda la fondation des paroisses. En 1627, le cardinal de Richelieu fit décréter une proclamation royale, suivant laquelle Louis XIII bannissait tous les non catholiques de la Nouvelle-France. Cet édit visait à exclure les Juifs et les Huguenots de la colonisation.

La puissance extraordinaire qu’avait autrefois l’Église catholique est reflétée dans tous les domaines culturels, de la langue jusqu’aux beaux-arts, en passant par le théâtre, la littérature et le cinéma. L’âge d’or pour les ecclésiastiques arrivera au milieu du XIXe siècle (vers 1840), période pendant laquelle l’Église, devenue très hiérarchisée, concrétise son influence. Mais son influence s’essoufflera cent ans plus tard, au moment où la société québécoise sera traversée, et profondément transformée, par la Révolution tranquille (conscience nationale, etc.).

Pendant le régime britannique, des anglophones protestants vinrent s’établir dans certaines régions du Québec. Dès 1777, la première synagogue s’implanta sur le territoire de l’actuelle Montréal, mais c’est surtout à partir du XIXe siècle que des groupes relativement importants de Juifs vinrent joindre la communauté montréalaise. En 1835, la Suissesse Henriette Feller fonda au Québec la première église protestante francophone en Amérique. Elle était alors assistée du révérend Louis Moussy, un jeune pasteur de 23 ans, Suisse lui aussi. Au XXe siècle, des vagues successives d’immigrants venant d’Irlande, d’Italie, de Grèce, d’Asie et d’Afrique s’établirent à Montréal, apportant leurs coutumes culturelles et religieuses. Certains d’entre eux créèrent des communautés religieuses qui firent bâtir des établissements. Selon certains organismes religieux, ce pluralisme traduit un véritable bouleversement culturel.

De nos jours, cette diversité religieuse, et, jusqu’à un certain point, culturelle, entraîne plusieurs réactions au sein de la société québécoise, notamment après la fameuse affaire des accommodements raisonnables vis-à-vis des minorités immigrantes ou religieuses. Par ailleurs, même si les églises du Québec sont de plus en plus désertes, les Québécois revendiquent toujours leur appartenance au catholicisme. C’est ce qui ressort de l’une des plus importantes études jamais réalisées sur la foi et les pratiques religieuses des Canadiens, The Bibby Report on Catholicism in Quebec, en 2007. En fait, près de 85 % des Québécois revendiquent leur appartenance au catholicisme. Étonnamment, ce chiffre est quasi similaire aux données de 1961, alors que 88 % des Québécois affirmaient appartenir à cette religion. Aujourd'hui en 2008, la culture et non le catholicisme distingue énormément le Québec par rapport au reste du Canada.

La plus ancienne église paroissiale de la plus vieille paroisse d'Amérique du Nord est la basilique-cathédrale de Québec, construite en 1647. D’abord nommée église Notre-Dame-de-la-Paix, elle fut érigée tout près de l’endroit même de la première chapelle construite par Samuel de Champlain. Elle obtint le statut de cathédrale en 1674, lorsque Monseigneur de Laval devint Évêque de Québec, et son statut de basilique mineure en 1874. Cette cathédrale est le siège du primat catholique du Canada. Elle a été reconstruite à deux reprises après le siège de Québec de 1759 et l’incendie de 1922.

Le lieu de culte le plus fréquenté du Québec est la basilique Sainte-Anne-de-Beaupré, dans la municipalité du même nom, près de Québec. Cette basilique accueille des millions de visiteurs chaque année, et surtout pendant la neuvaine de Sainte-Anne, le 26 juillet. Elle est reconnue pour ses miracles (les milliers de béquilles à l’entrée en faisant foi) et par le fait que la statue de Sainte-Anne a survécu à deux incendies majeurs., Cette basilique a été construite en 1876, Sainte-Anne étant la Sainte patronne du Québec..

L’oratoire Saint-Joseph, à Montréal, est le seul lieu de culte au monde dédié à Saint-Joseph. Situé sur le flanc du Mont Royal, on le connaît pour ses 283 marches, que les pèlerins viennent chaque année monter à genoux, récitant une prière sur chacune des marches. Tout comme dans la basilique Sainte-Anne, l’intérieur de la cathédrale contient des centaines de béquilles, laissées en ex-voto pour chacune des guérisons miraculeuses attribuées à Saint-Joseph ou au frère André, fondateur de l’oratoire. Les reliques du frère André sont d’ailleurs conservées à l’intérieur de l’édifice.

L’économie du Québec peut être qualifiée de post-industrielle diversifiée. Bien que la province possède de gigantesques ressources naturelles, sa croissance repose surtout sur les nouvelles technologies. L’industrie aérospatiale est très importante, surtout à Montréal, avec la présence de constructeurs comme Bombardier, Pratt & Whitney Canada et CAE. Montréal est considérée comme le deuxième centre aérospatial au monde, après Seattle et devant Toulouse. Cela fait du Québec le quatrième plus gros joueur mondial sur ce marché. L’industrie du jeu vidéo connaît depuis quelques années un essor fulgurant, avec la présence d’entreprises comme Electronic Arts, Ubisoft, Softimage et Eidos. Elle emploie près de 10 000 personnes et des investissements de plusieurs centaines de millions de dollars sont prévus dans ce domaine au cours des prochaines années.

De plus, étant donné qu’elle produit de l’énergie en grande quantité et à un bas coût, la province produit près de 10 % de l’aluminium sur la planète, grâce au géant canadien Alcan (racheté par le groupe Britanno-Australien Rio Tinto en 2007) et à son concurrent américain, Alcoa. Récemment, l’économie québécoise a dû faire face à plusieurs embûches : hausse fulgurante du dollar canadien, féroce concurrence étrangère (Asie), hausse du prix de l’énergie, crise dans le secteur forestier et, dernièrement, ralentissement de l’économie américaine. La croissance a été de 2,2 % en 2006, inférieure à la moyenne canadienne de 3 %. Pour 2007, la croissance sera sous les 2 %. Cependant, une reprise est prédite pour 2008. Le PIB de la province est de 230,6 milliards $US en parité de pouvoir d’achat (PPA), et celui par habitant est de 30 143 dollars américains (en PPA), un montant qui se compare à celui de la France ou de l’Italie. Cependant, l’écart entre le PIB/Habitant avec la riche Ontario et la moyenne canadienne est d’environ de 15-20 %, la moyenne nationale se situant à 35 875 $US (en PPA). De par sa taille, l’économie du Québec se compare à celle de la Norvège.

Soixante-dix pourcent de son PIB est généré par le secteur des services et le taux de chômage est de 7 % (décembre 2007), supérieur à la moyenne nationale qui est de 6 %.

Le Québec compte aussi plusieurs entreprises qui rayonnent internationalement : Bombardier, le Cirque du Soleil, Quebecor, Couche-Tard, Saputo, Garda, etc.

La science et la technologie sont des facteurs déterminants dans le positionnement économique du Québec. Étant l’un des chefs de file mondiaux dans des secteurs de pointe tels que l’aérospatiale, les technologies de l’information, les biotechnologies et l’industrie pharmaceutique, le Québec joue un rôle significatif dans la communauté scientifique et technologique. De plus, on dit de Montréal qu’elle est maintenant une plaque tournante de l’industrie du jeu vidéo. D’ailleurs, une revue britannique spécialisée en la matière (Develop, octobre 2006) affirme que la métropole est l’endroit qui a connu le plus grand essor dans ce domaine au cours des 10 dernières années. On attribue ce phénomène à une culture du jeu vidéo avant-gardiste, notamment grâce à Soft Image (fondée par Daniel Langlois en 1986) et l’arrivée d’Ubisoft, à Montréal, en 1997. On dit aussi de Montréal qu'elle pourrait être le prochain "Hollywood du jeu vidéo".

Grâce à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et à l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA), le Québec connaît une augmentation de sa capacité à concurrencer le marché international. À la suite de ces accords, ses relations commerciales avec les autres pays se sont dynamisées. Par conséquent, le Québec a vu ses exportations s’accroître de manière importante. Ces échanges internationaux contribuent à la vigueur de l’économie québécoise, notamment en matière d’emploi. Près des deux tiers de ses exportations sont réalisées ailleurs qu’au Canada. En 2003, les exportations québécoises internationales totalisaient 133 640 millions de dollars canadiens (soit 35 % de son PIB) et étaient destinées aux États-Unis d’Amérique (83,2 %), à l’Europe (9,6 %), à l’Asie (4,4 %) et à l’Amérique latine (1,5 %). En 2003, le Québec importait pour 130 691 millions de dollars canadiens de biens et de services. Ils provenaient principalement des États-Unis (37,4 %), de l’Europe (29,3 %), de l’Asie (18,6 %), de l’Amérique latine (7,4 %) ainsi que de l’Afrique et du Moyen-Orient (6,0 %). La proximité géographique du Québec avec les États-Unis explique le fait qu’une partie non négligeable de ses exportations soit destinée au territoire américain.

L’industrie touristique est un pilier économique majeur au Québec. En 2005, l’industrie touristique procurait des emplois directs à 133 271 travailleurs. Ces employés œuvrent dans plus de 29 000 entreprises touristiques québécoises. On estime qu’en 2005, le Québec a accueilli 28,3 millions de touristes. De ce nombre 75,7 % provenaient du Québec, 13 % du Canada, 7,6 % des États-Unis et 3,7 % d’autres pays. Annuellement, les touristes dépensent plus de 7,5 milliards de dollars dans les différentes sphères de l’industrie touristique québécoise.

Eu égard au tourisme, le Québec compte 21 régions différentes (à ne pas confondre avec les régions administratives). Quelle que soit la saison, une panoplie d’activités s’offre aux visiteurs. Quant aux attraits, les musées, casinos, lieux de culte et du patrimoine, parcs, réserves et jardins, sont particulièrement courus des touristes. Enfin, le Québec est le théâtre de nombreux événements d’envergure internationale, qu’il s’agisse de compétitions sportives (Grand Prix automobile du Canada, Coupe Rogers), de festivals (Festival International de Jazz de Montréal, Festival d’été international de Québec) ou du célèbre Carnaval de Québec, plus important carnaval d’hiver au monde.

Le réseau routier québécois comprend environ 185 000 km d’autoroutes, de routes nationales et régionales, de rues et de chemins locaux. En outre, il compte près de 12 000 ponts, tunnels, murs de soutènement, ponceaux et autres constructions.

On trouve au Québec huit ports en eau profonde destinés au transbordement des marchandises. En 2003, 3 886 cargos et 9,7 millions de tonnes de marchandises ont transité par la portion québécoise de la Voie maritime du Saint-Laurent. Plusieurs traversiers permettent de se déplacer, principalement sur le fleuve Saint-Laurent.

Quant au transport ferroviaire, la province dispose de 6 678 km de voies ferrées qui s’intègrent au grand réseau nord-américain. Bien que principalement destiné au transport des marchandises, le réseau ferroviaire québécois joue tout de même un rôle dans le transport des passagers par l'intermédiaire de Via Rail Canada.

On trouve au Québec deux types de réseau aérien : le réseau supérieur et le réseau local. Le réseau supérieur comprend 43 aéroports qui offrent des services réguliers sur une base quotidienne.

Au Québec, on trouve plusieurs compagnies de transport par autobus qui, chaque jour, parcourent des centaines de kilomètres à travers la province: Orléans Express, Intercar, Autocars La Chaudière, Autobus Maheux, Limocar, Autocars ADS, Autobus A1 et Acadian Lines.

L’abondance de ses ressources naturelles confère au Québec une position avantageuse sur le plan mondial. Le Québec se distingue notamment dans le secteur minier en se classant parmi les dix principaux producteurs mondiaux. Il se démarque également par l’exploitation de ses ressources forestières.

Le Québec est remarquable par la richesse de son vaste territoire, encore peu exploité. Il compte environ 30 mines, 158 entreprises d’exploration et une quinzaine d’industries de première transformation. Une trentaine de substances diverses y sont exploitées, dont les plus importantes sont l’or, le fer, le titane, l’amiante, le cuivre, le zinc et l’argent.

À peine 40 % du potentiel minéral du sous-sol québécois est actuellement connu. En 2003, la valeur des expéditions minérales du Québec a atteint 3,656 milliards de dollars. L’immense majorité (90,5 %) des forêts du Québec sont de propriété publique. Les forêts recouvrent plus de la moitié du territoire québécois, soit 761 100 km2. Le domaine forestier québécois s’étend sur sept degrés de latitude.

Le bilan énergétique du Québec a connu de grands bouleversements en 20 ans. L’électricité occupe maintenant au Québec le premier rang parmi les formes d’énergie, suivie du pétrole et du gaz naturel. Elle est presque entièrement produite par Hydro-Québec, une société de la Couronne provinciale qui gère 83 centrales réparties sur tout le territoire québécois. En 2000, le Québec était le quatrième producteur mondial d’hydroélectricité, derrière les États-Unis, le Brésil et la Russie.

Le Québec demeure un importateur de pétrole brut. Dans ce secteur, les activités d’exploration ayant cours au Québec demeurent limitées. Plus des trois cinquièmes du pétrole brut acheté par le Québec proviennent des gisements de la Mer du Nord (Royaume-Uni et Norvège). Le reste est acheté au Venezuela, en Algérie, au Mexique et au Moyen-Orient.

Quant au gaz naturel, des activités d’exploration se déroulent également au Québec. Aussi, des efforts visent la mise en valeur des structures géologiques à des fins de stockage de la ressource.

Le Québec importe de l’Alberta la quasi-totalité du gaz qu’il consomme. Au cours des 30 dernières années, deux gisements ont été exploités au Québec, soit à Pointe-du-Lac, près de Trois-Rivières, et à Saint-Flavien, au sud de Québec. Depuis 1980, le Québec a considérablement étendu son réseau gazier.

Le Québec s’est doté d’un plan vert dans le but d’atteindre les objectifs de Kyoto. Un de ces objectifs est de réduire les gaz à effet de serre (GES) de 6 % sous les niveaux de 1990, d’ici 2012. Malgré le fait que les GES ont augmenté au Canada de 30 % depuis la signature du protocole, le Québec fait bien meilleure figure puisqu’ils n’y ont augmenté que de 6 6 % entre 1990 et 2003. D’ailleurs, une des raisons pour laquelle le Québec a un avantage considérable sur les autres provinces canadiennes, c’est qu'il a comme principale source d’énergie l’hydroélectricité, renouvelable et peu polluante.

Le drapeau national, tel qu’on le connaît aujourd’hui, est couramment surnommé le fleurdelisé. Il fut institué par le gouvernement de Maurice Duplessis, le 21 janvier 1948. La composition héraldique du drapeau est « d’azur à la croix d’argent cantonnée de quatre fleurs de lis du même ». L’argent est représenté par la couleur blanche du tissu du drapeau. La croix blanche, quant à elle, est le symbole d’une nation catholique et tire son origine du Moyen Âge. Pour sa part, le bleu azur est apparu vers l’an mil comme marque de l’autorité française. Enfin, pour ce qui est des fleurs de lis blanches (ou argentées), elles rappellent la fondation d’une France nouvelle en Amérique, ce symbole, lorsque doré, ayant vite été associé à la monarchie française.

Les premières armoiries du Québec lui furent accordées par mandat de la reine Victoria, le 26 mai 1868. En 1939, le gouvernement québécois adopte les armoiries actuelles de la province, suite à une étude de l’héraldiste Maurice Brodeur. Ce changement répond au désir de les rendre plus conformes aux réalités historiques du Québec. Le nouveau blason représente « Tiercé en fasce d’azur, à trois fleurs de lis d’or ; de gueules, à un léopard d’or armé et lampassé d’azur ; d’or, à une branche d’érable à sucre à triple feuille de sinople, aux nervures du champ timbré de la couronne royale ; sous l’écu, un listel d’argent bordé d’azur portant la devise "Je me souviens" du même ». Le chef de l’écu, d’azur à trois fleurs de lis d’or, symbolise la naissance du Canada et son premier régime politique (français). Au centre, les armoiries représentent le second régime politique (britannique), avec le léopard associé aux armoiries britanniques. La pointe de l’écu montre les feuilles d’érable à sucre qui rappellent la terre canadienne. Elles sont l’emblème particulier du Québec, où l’industrie du sucre d’érable représente environ 80 % de la production mondiale,. La couronne héraldique de la Grande-Bretagne apparaît au-dessus de l’écu. Selon les Acte de l’Amérique du Nord britannique, toujours en vigueur, le souverain britannique est le défenseur des droits des Canadiens de langue française.

La devise du Québec, qui figure officiellement au bas des armoiries de la province depuis 1939, fut le fruit de l’imagination et de l’initiative du concepteur de l’Hôtel du Parlement du Québec, Eugène-Étienne Taché. En effet, Taché avait prévu de placer les armes de la province au-dessus de la porte principale de l’Hôtel du Parlement et d’y inscrire une devise de son cru : « Je me souviens ». Il prépara des plans à cette fin et ils furent annexés au contrat de construction passé en 1883 sous l’autorité d’un arrêté du Conseil exécutif. C’est ainsi que la devise imaginée par Taché a été ratifiée par le gouvernement québécois. Plusieurs auteurs ont cherché le sens de cette devise, Taché ne s’étant jamais exprimé sur cette question. André Duval y voit la réponse d’un sujet canadien-français à la devise du marquis de Lorne, gouverneur général du Canada, qui se trouve dans le vestibule de l’Hôtel du Parlement : « Ne obliviscaris » (Gardez-vous d’oublier). Conrad Laforte croit, pour sa part, que Taché s’est inspiré du Canadien errant d’Antoine Gérin-Lajoie : « Va, dis à mes amis, que je me souviens d’eux ».

Ces interprétations récentes ne semblent pourtant pas correspondre à celles qui circulaient au tournant du siècle, chez des contemporains du concepteur de la devise. Étant donné l’époque à laquelle elles furent suggérées, ces interprétations risquaient d’être plus justes. Ainsi, dans un discours de 1890, le juge Jetté évoquait les sentiments des Canadiens lorsque le drapeau français réapparut sur le fleuve en 1855 : « Oui, je me souviens, ce sont nos gens ». D’après Pierre-Georges Roy, la devise québécoise affirme « clairement le passé, le présent et le futur de la seule province française de la Confédération canadienne ». Ernest Gagnon, ancien secrétaire du département des Travaux publics ayant bien connu Taché, écrivit que cette devise résumait admirablement « la raison d’être du Canada de Champlain et de Maisonneuve comme province distincte dans la Confédération ». Selon lui, en concevant la décoration de l’Hôtel du Parlement, Taché voulait rendre hommage aux hommes et aux femmes qui avaient marqué l’histoire du Québec.

En 1987, le harfang des neiges (Bubo scandiacus), rappelant la blancheur des hivers québécois, l’enracinement dans un climat semi-nordique et l’extension sur un très vaste territoire, devint l’emblème aviaire du Québec,.

Le bouleau jaune (Betula alleghaniensis), communément appelé merisier, fut choisi comme arbre emblématique de la province, pour sa présence dans les forêts du Québec et son usage à la fois artisanal et commercial,.

En 1999, l’iris versicolore (Iris versicolor) fut choisi comme fleur-emblème du Québec, en remplacement du lys blanc, qui n’est pas indigène au Québec. Outre sa ressemblance au fleurdelisé du drapeau québécois, il symbolise, par l’harmonie de ses couleurs, la diversité de la société québécoise et, par son habitat, l’importance des milieux humides dans la province. De plus, sa floraison se produit vers le 24 juin, le jour de la Fête nationale du Québec,.

Enfin, en octobre 1998, un insecte-emblème a été choisi par vote populaire lors d’un scrutin parrainé par l’Insectarium de Montréal : le papillon amiral blanc (Limenitis arthemis). Cet insecte était en compétition avec quatre candidats : la coccinelle maculée, la demoiselle bistrée, le bourdon fébrile et la cicindèle à six points. Le ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs du Québec soutient et finance actuellement des actions pour faire reconnaître officiellement le papillon amiral comme insecte emblématique.

Le 24 juin est la date officielle de la Fête nationale du Québec, jour férié et chômé,, marqué par diverses manifestations officielles et populaires (défilés, concerts, etc.). Coïncidant avec la Saint-Jean-Baptiste, traditionnellement et historiquement associée aux Canadiens français, cette fête est devenue, depuis plusieurs années, un événement plus familial et rassembleur des Québécois de toutes origines. Cet ensemble de festivités se veut un événement officiellement apolitique. Néanmoins, il est parfois l’occasion, pour les nationalistes québécois, de manifester leur allégeance politique.

Le Québec est divisé en 17 régions administratives à la tête desquelles se trouve une Conférence régionale des élus (CRÉ). Ces régions ne sont pas des divisions politiques du Québec. Elles servent à organiser l’administration publique et constituent généralement les unités de division pour les différents services gouvernementaux. Les CRÉ agissent normalement en tant qu'interlocuteurs privilégiés pour leur région respective auprès du Conseil des ministres.

Ces régions ne doivent pas être confondues avec les 21 régions touristiques du Québec. Bien que les deux découpages correspondent, des différences peuvent être notées. Ainsi, les régions administratives de la Capitale-Nationale, de la Côte-Nord et du Nord-du-Québec sont divisées, eu égard au tourisme, en Québec et Charlevoix, Duplessis et Manicouagan, et Baie-James et Nunavik, respectivement. Aussi, la région administrative de l’Estrie est nommée Cantons de l’Est, lorsqu’il est question de tourisme.

Chaque région administrative est divisée en municipalités régionales de comté (MRC) ou en territoires équivalents, lesquels comprennent les villes et agglomérations qui détiennent à elles seules des pouvoirs de MRC, l'administration régionale crie et Kativik ainsi que la Jamésie et la Basse-Côte-Nord. Celles-ci constituent des régions d'appartenance créées par l'État au début des années 1980, en remplacement des anciens comtés, et dans lesquelles il est réputé que la plupart des citoyens y vivent leur vie quotidienne. Elles ont donc pour rôle de fournir aux municipalités locales les services nécessaires au maintien et au développement du bien-être des résidants de leur région. Dans les régions du Grand Montréal et du Grand Québec, les réalités quotidiennes sont toutefois différentes relativement à l'emploi et au mouvement quotidien de la main-d'œuvre. Par conséquent, lors des réorganisations municipales de 2002, l'État créa la Communauté métropolitaine de Montréal et la Communauté métropolitaine de Québec afin de pourvoir à ce phénomène en complémentarité avec les municipalités régionales de comté.

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Québec (ville)

L'Hôtel de ville de Québec et l'Édifice Price

Québec est la capitale du Québec, une des provinces de l’est du Canada, et chef-lieu de la région administrative de la Capitale-Nationale. Le Parlement du Québec y siège avec la plupart des institutions provinciales. L’arrondissement historique du Vieux-Québec figure depuis 1985 sur la liste du patrimoine mondial établie par l’UNESCO.

Québec est la principale agglomération urbaine de l’est du Québec. Située au milieu de la zone habitée du Québec, sur les rives du fleuve Saint-Laurent, elle est la première ville proprement fondée en Amérique du Nord. Ayant été la capitale de la Nouvelle-France, du Bas-Canada et, pendant une courte période, la capitale du Canada, la ville est surnommée « la Vieille Capitale ».

Depuis 2001, Québec est l’une des villes canadiennes les plus prospères économiquement derrière Calgary, Edmonton et Saskatoon. Elle possède le troisième plus bas taux de chômage au pays. Les secteurs en croissance sont les biotechnologies, la manufacture, le tourisme, les sciences de la vie, santé et nutrition, des assurances et des technologies appliquées. Québec est aussi un centre portuaire important, il est le troisième en importance au pays en termes de tonnages. De plus, il reçoit près de 70 000 croisiéristes et 30 000 membres d’équipages par année.

Québec est connue pour son histoire visible, ses nombreux musées et institutions culturelles et le Château Frontenac. On surnomme Québec, ville de théâtre. D’ailleurs, son quartier historique, le Vieux-Québec, dont les fortifications qui l’entourent subsistent toujours, font de Québec la seule ville fortifiée d’Amérique au nord du Mexique.

On dit à Québec et de Québec pour parler de la ville et au Québec et du Québec pour parler de la province ou du peuple québécois.

En 2007, la population de Québec était de 500 691 habitants, répartis dans huit arrondissements : La Cité, Les Rivières, Sainte-Foy–Sillery, Charlesbourg, Beauport, Limoilou, La Haute-Saint-Charles et Laurentien. Sa région métropolitaine comprend 725 000 habitants.

En 2008, Québec célébrait son 400e anniversaire en grandes pompes, soulignant ainsi sa position de berceau de la civilisation française en Amérique. Des célébrations ont eu lieu un peu partout dans l’hémisphère nord.

Le resserrement du fleuve entre les villes de Québec et de Lévis, sur la rive opposée, aurait donné le nom à la ville, Kebec étant un mot algonquin signifiant « là où le fleuve se rétrécit ». Une autre théorie, bien que moins répandue que la précédente, est aussi avancée pour expliquer l’origine du nom de la ville. Ainsi, Samuel de Champlain aurait pu prendre l’invitation des Amérindiens à descendre (Kepec) pour la désignation de leur région. Une telle confusion ne serait pas unique puisque le nom du pays, Canada, serait issu de ce même genre d’incompréhension linguistique. Une autre hypothèse est que la ville porte simplement le nom des autochtones habitant près de cette région, les "kebik", aujourd'hui connus sous l'appellation "Montagnais".

Deux autres noms ont été considérés, au cours des années, pour nommer la ville. Champlain lui-même envisagea, quelques années après la fondation, le nom de Ludovica, pour nommer la nouvelle cité en l’honneur du roi Louis XIII, souverain français à cette époque. Aussi, lors de la création de la confédération canadienne en 1867, on considéra de revenir au nom amérindien, sous la forme de Stadacona, afin d’éviter toute ambiguïté avec le nom de la nouvelle province.

Premières orthographes : Quebecq (Levasseur, 1601); Kébec (Lescarbot, 1609), Quebec (Champlain, 1613). Similairement, le gentilé a, historiquement, pris diverses formes : Kébécois (1935), Québeccois (1835), Quebecois (1754), Québecois (1775), Québecquois (1825), Québécuois (1910), Quebequois (1754), Québéquois, et même Stadaconien, qui renvoie au nom amérindien de Québec, Stadaconé.

Le site de la ville de Québec, il y a 14 000 ans, était littéralement sous une calotte glacière. 2 000 ans plus tard, ce même site se retrouva submergé par l’eau, à la suite de la fonte des glaciers, qui formera la mer de Champlain, devenue avec le temps un simple fleuve. Seule la colline de Québec était visible à ce moment-là. Ainsi, 6 000 ans plus tard, l’emplacement de Québec se montre fièrement.

Le premier français à avoir découvert le site de Québec est Jacques Cartier le 7 septembre 1535. Lui et ses hommes découvrirent un village nommé Stadaconé, et furent accueillis par Donnacona, le chef indien de ce village (que Cartier avait déjà rencontré lors de son premier voyage en 1534). Malgré cet accueil chaleureux et l'interdiction de Donnacona, Cartier décida après deux jours de continuer son chemin sur le fleuve, où finalement, le scorbut emportera son équipe et décida de retourner à Stadaconé.

À son retour, il constate que des hommes sont en train de construire un fort, à Sainte-Croix, lieu actuel près des ponts de Québec et Pierre-Laporte.

Les relations se sont un peu tendues avec les Amérindiens. Ils affrontent aussi la rigueur de l’hiver québécois. En effet, 110 des 145 hommes de Cartier contractèrent le scorbut mais finalement il découvre un remède pour les sauver : une infusion faite d’annedda (cèdre blanc), mais 25 hommes mourront quand même.

Une fois le printemps revenu, Cartier se sent prêt à revenir en France tout en renforçant sa position dans la vallée du Saint-Laurent.

Par contre, Agona, un Amérindien, aspire aux pouvoirs face à Donnacona. Cartier décidera de retourner en France avec ce dernier et ses enfants, pour les protéger, le 3 mai 1536 en promettant de revenir d’ici un an. Il abandonnera son bateau, la Petite-Hermine, faute d’hommes. Il quittera avec une dizaine d’Iroquois et 4 enfants qui lui ont été donnés à l’automne précèdent. Il arrivera à Saint-Malo, en France, le 16 juillet 1536.

Le 23 août 1541, Jacques Cartier est de retour à Québec pour s’y réinstaller. En effet, il construira un nouveau bâtiment à l’embouchure de la rivière Cap-Rouge, qu’il nommera Charlesbourg-Royal, puisque l’ancienne, à Sainte-Croix, n’était plus sûre. Le chef de Stadaconé est maintenant Achelacy. Cartier lui confiera ses enfants pour qu’ils puissent apprendre la langue iroquoise.

Quelque temps plus tard, Jacques Cartier et ses hommes découvrirent des petites pierres blanches qu’ils croient être des diamants, sur l’actuel site Cap-aux-Diamants. Mais en réalité, ce n’est que du quartz.

Durant l’hiver 1541-1542, une nouvelle vague de scorbut frappa son équipe, en plus les Iroquois assassinent des membres de l’équipe de Cartier, ce qui en résulte la mort de 35 personnes. Cartier décida de retourner en France à nouveau.

La ville de Québec a officiellement été fondée par Samuel de Champlain le 3 juillet 1608, sous l’aile de Pierre Dugua de Mons, sur un site situé à proximité d’un ancien village iroquoien autrefois appelé Stadaconé dont le chef était Donnacona. L’emplacement, connu aujourd’hui sous le nom de place Royale, devient le berceau de la francophonie en Amérique du Nord. À l’aube du XVIIe siècle, le site actuel de la ville de Québec n’était alors plus visité que par quelques nomades algonquins. Puisque c’est là où le fleuve rétrécit, le lieu semblait propice à l’établissement d’une colonie permanente.

Après la tentative manquée de l’amiral William Phips de prendre Québec en 1690, le gouverneur Frontenac fit ériger des remparts à l’ouest de la ville. Une cinquantaine d’années plus tard, sous la menace d’une nouvelle guerre avec les Anglais, on édifia d’autres remparts un peu plus à l’ouest.

À la fin du Régime français, le territoire de l’actuelle ville de Québec est contrasté. Bois, villages, champs en culture et pâturages entourent la ville de 8 000 habitants. Celle-ci se démarque par son architecture monumentale, ses fortifications, ses rues boueuses et insalubres, ses riches maisons de maçonnerie et ses bicoques des faubourgs Saint-Jean et Saint-Roch. Malgré son urbanité et son statut de capitale, Québec reste une petite ville coloniale étroitement liée à l’arrière-pays. Les habitants viennent s’y procurer des marchandises de France et vendre leurs surplus agricoles et du bois de chauffage aux deux marchés de la ville.

En 1759, le siège de Québec, puis la bataille des Plaines d’Abraham livrèrent la capitale de la Nouvelle-France aux troupes britanniques et furent un événement majeur de la guerre de Sept Ans. La ville en ressort dévastée.

En avril 1760, le maréchal de Lévis remporte la bataille de Sainte-Foy. Cependant, l’arrivée de renforts britanniques oblige l’armée française à se replier vers Ville-Marie, qui capitule à son tour, en septembre 1760. Trois ans plus tard, la plupart des possessions françaises d’Amérique du Nord sont cédées à la Grande-Bretagne. L’ancienne capitale de la Nouvelle-France devient celle de la « Province of Quebec ».

En 1775, à la suite du deuxième congrès continental, avant la révolution américaine, la garnison britannique de la ville de Québec est attaquée sans succès par les troupes américaines de Benedict Arnold lors de la Bataille de Québec (1775). Le général américain Richard Montgomery y trouvera la mort. Quant au major general britannique Isaac Brock, il fortifiera la ville en renforçant ses murs et en élevant une batterie d’artillerie juste avant la guerre de 1812.

Tout au long des XIXe et XXe siècles, la ville de Québec fut la principale destination d’un nombre croissant d’immigrants, qui quittèrent annuellement les îles Britanniques pour venir s’établir en Amérique du Nord, en raison de sa situation sur le fleuve Saint-Laurent, principale voie navigable en Amérique du Nord. Ainsi, vers les années 1830, la ville de Québec accueillit une moyenne annuelle de 30 000 nouveaux immigrants, dont les deux tiers furent des Irlandais.

Québec a été la capitale du Canada de 1859 à 1865, l’avant-dernière ville à l’être avant son transfert définitif vers Ottawa. La « Conférence de Québec » de 1864 sur la Fédération canadienne y a été tenue.

En 1917, la construction du pont de Québec, reliant Québec sur la rive nord du fleuve Saint-Laurent à Lévis sur la rive sud, est achevée. Il est, depuis ce jour, le plus long pont à structure cantilever au monde. Pendant sa construction, deux effondrements de la partie centrale du pont coûteront la vie à plus de 80 ouvriers.

En 1920, le Royal 22e Régiment emménage à la Citadelle. Pour la première fois depuis 1759, des troupes francophones assument la garde du Gibraltar d’Amérique.

Lors de la Seconde Guerre mondiale, deux conférences inter-alliées furent tenues à Québec. La première rassembla en 1943 Franklin Delano Roosevelt, président des États-Unis ; Winston Churchill, premier ministre britannique ; William Lyon Mackenzie King, premier ministre du Canada et T.V. Soong, ministre des affaires étrangères de la Chine. La seconde fut tenue en 1944 et Churchill ainsi que Roosevelt y participèrent. Elles furent tenues à la Citadelle de Québec et au Château Frontenac.

L’arrondissement historique de Québec, le Vieux-Québec, est classé patrimoine mondial par l’UNESCO en 1985. Québec demeure la seule ville en Amérique du Nord à avoir conservé ses remparts qui regroupent de nombreux bastions, portes et ouvrages défensifs ceinturant toujours le Vieux-Québec. La Haute-Ville, située au sommet de la falaise, centre social et administratif, avec ses églises, ses couvents et autres monuments comme la redoute Dauphine, la Citadelle et le Château Frontenac, et la Basse-Ville, avec ses quartiers anciens, forment un ensemble urbain qui est un des meilleurs exemples de ville coloniale fortifiée.

En 1997, le Gouvernement du Québec décide de créer un organisme d’État, la Commission de la capitale nationale du Québec, ayant comme but d’embellir la capitale, conseiller et promouvoir cette dernière.

En avril 2001, Québec fut l’hôte du Sommet des Amériques pour discuter de l’accord de libre-échange des Amériques (ZLEA). La conférence fut marquée par des affrontements importants entre les forces policières et des groupes altermondialistes ainsi que par la décision de murer une partie de la ville autour des lieux de la conférence pour des raisons de sécurité.

Aujourd’hui, elle est toujours la capitale nationale du Québec. Elle est le chef-lieu de l’agglomération de Québec, de la Communauté métropolitaine de Québec et de la région administrative de la Capitale-Nationale. Elle est aussi la principale agglomération de l’est du Québec.

Ces arrondissements sont à leur tour subdivisés en quartiers.

La topographie particulière de la ville, constituée d’une part de la colline de Québec où se trouvent les arrondissements Sainte-Foy–Sillery et La Cité (en partie), et d’autre part du coteau de Beauport, a fortement influencé l’occupation du territoire.

La colline de Québec et le coteau ont connu des développements successifs très diversifiés depuis le début de la colonisation jusqu’aux temps récents. Sur le plateau de la colline, la succession des quartiers depuis le Vieux-Québec vers l’ouest traduit non seulement des époques d’urbanisation différentes, mais permet aussi de comprendre la constitution progressive de la Haute-Ville. Cette dénomination trouve toute sa force et sa signification par opposition à la Basse-Ville, qui s’est développée au pied du cap Diamant et au contact direct du fleuve Saint-Laurent et de la rivière Saint-Charles.

La démarcation entre la haute-ville et la basse-ville fut de tout temps aussi sociologique que topographique, le plateau accueillant les familles les plus riches (mis à part le quartier ouvrier de Saint-Jean-Baptiste) alors que les classes laborieuses et défavorisées habitaient principalement le bas de la ville, tant du côté sud (Cap-Blanc) que du côté nord (Saint-Roch, Saint-Sauveur et Limoilou).

Plusieurs cours d’eau touchent le territoire de Québec. La vie de la ville a été en premier lieu façonnée par la présence du fleuve Saint-Laurent, particulièrement au niveau économique puisqu’il permettait l’établissement d’un port commercial et touristique important. L’aménagement des berges du fleuve pour y permettre un accès et un usage récréotouristique aux citoyens fait l’objet d’investissements majeurs et doit être complété pour le 400e anniversaire de la ville en 2008.

L’origine historique de la ville de Québec se situe au confluent du fleuve et de la rivière Saint-Charles, dont le bassin hydrographique couvre une bonne partie du territoire. Le bassin versant de la rivière Saint-Charles est d’ailleurs le plus densément peuplé au Québec. De nombreux autres ruisseaux, petits lacs et rivières complètent l’irrigation de la ville, dont les trois plus importantes sont la rivière Beauport, la rivière du Cap-Rouge et la rivière Montmorency. Cette dernière forme les chutes Montmorency, les plus importantes chutes québécoises, juste avant son embouchure dans le fleuve.

Québec possède de nombreux parcs et jardins sur son territoire. Il en existe plus d’une centaine, entre autres, les Plaines d’Abraham, le Bois-de-Coulonge, les berges de la rivière Saint-Charles, le parc de la Chute-Montmorency, et la Promenade Samuel-De Champlain sur les rives du fleuve Saint-Laurent inaugurée en juin 2008. Elle est le don du Gouvernement du Québec à sa Capitale-Nationale pour son 400e anniversaire de fondation.

La ville de Québec comptait, en 2007, environ 500 000 habitants.

Les renseignements démographiques suivants concernent l'agglomération de Québec et sont les plus récents disponibles auprès de l’Institut de la statistique du Québec.

L’information suivante est la plus récente disponible auprès de Statistique Canada et provient de données du dernier recensement en 2006 à Québec. Le prochain recensement aura lieu en 2011.

La population de Québec a constamment changé depuis des années. Lors des derniers recensements (2006), les habitants se définissaient eux-mêmes comme non-immigrants à 95 % (22 775 membres de minorités visibles sur 516 015 répondants), de langue maternelle française à moins de 96 % (498 645 sur 516 010 répondants). De plus, la proportion d’immigrants est la deuxième plus élevé au Québec,.

Québec est considéré comme une ville sécuritaire; il s'y commet en moyenne six meurtres par année, une moyenne inférieure à celle des autres villes canadiennes de population comparable. Alors que les années 1990 voient un pic d'occurences de meurtres causé par les affrontements entre bandes de « motards criminalisés » au Québec, en 2007, aucun homicide n'est enregistré sur le territoire de la ville.

La ville de Québec se situe dans la zone climatique continental humide de la province et jouit en conséquence d'un climat tempéré. Ce climat se caractérise par quatre saisons. Des étés chauds, avec des maximums pouvant atteindre 35°C et des hivers froids, avec des minimums sous les -30°C et d'abondantes précipitations. Les météorologues décrivent souvent les températures ressenties à Québec en tenant compte des indices de refroidissement éolien et humidex. Entre les deux, l'automne, avec des précipitations abondantes et le spectacle fascinant du changement de couleur, la chute des feuilles des arbres, les heures d'ensoleillement qui passent progressivement de 16 à 8 heures par jour et la température qui va en refroidissant. Au printemps, c'est l'effet inverse, les journées rallongent, se font plus douces et la vie renaît à nouveau.

Les changements climatiques ont des effets sur la météo de Québec. Les épisodes de température et de précipitations extrêmes sont plus fréquents. En été, les journées sont de plus en plus chaudes et humides, ce qui occasionne quelquefois des orages violents. Les premières neiges de l'hiver arrivent en général en octobre ou novembre, mais pendant l'hiver 2006-2007, Québec a connu des périodes de températures au dessus des moyennes et n'a reçu de la neige qu'à la mi-janvier. Par contre, l'hiver 2007-2008 a vu l'augmentation du nombre de tempêtes de neige et le record de précipitations de neige a été fracassé, avec plus de 550 cm reçus. Cet hiver là, la neige a débuté en octobre et les quantités furent suffisantes pour qu'elle persiste tout l'hiver. La neige est demeurée au sol jusqu'aux premières journées chaudes du mois de mai, créant parfois des débordements de rivières et des inondations.

Le Réseau de transport de la Capitale est l'organisme qui est en charge du transport en commun de l'agglomération de Québec. Il offre plus d'une centaine de parcours, transigeant par huit terminus, avec plus de 500 autobus, dont huit électriques pour desservir le Vieux-Québec. Il est le deuxième réseau de transport en commun en importance au Québec. Le RTC possède le plus grand garage d'autobus en Amérique du Nord.

Plusieurs projets animent le réseau, dont l'ajout de la carte à puce comme perception monétaire à l'automne 2008 et la mise en place progressive de 62 autobus articulés sur les parcours à haute fréquence qui s'étalera jusqu'en 2011.

Québec fait partie du corridor Québec-Windsor du service de train assuré par Via Rail, une société du gouvernement fédéral. La Gare du Palais sert de terminus central et est présentée comme une œuvre architecturale. De plus, un projet de train à grande vitesse entre Québec et Windsor en Ontario, passant par Montréal et Toronto, est à l'étude. Les premiers ministres des provinces concernées, Jean Charest et Dalton McGuinty, ont alloué chacun la somme de un million de dollars afin de financer celle-ci.

La ville de Québec est desservie par l’aéroport international Jean-Lesage, nommé en l'honneur de l'ancien Premier Ministre du Québec, Jean Lesage. Les compagnies aériennes telles que Westjet, Air Canada Jazz, Porter Airlines, United Airlines, Continental Airlines, Air Transat, Sunwing, Canjet, Northwest Airlines (filiale de Delta), Aeromexico et Corsairfly y sont présentes. Cet aéroport sert également de base pour les avions-ambulances qui desservent l'Est et le Nord du Québec.

L'aérogare a subi des transformations majeures, grâce aux subventions de 65 millions $ accordées en 2006. Depuis, de nombreuses liaisons et de nouvelles compagnies aériennes se sont ajoutées. En 2008, l'aéroport a atteint le cap du million de passagers.

Le port de Québec est l'un des plus importants du Canada, pour ses nombreuses croisières qui y accostent et le transport de produits finis et en vrac. Environs 1,5 millions de passagers, incluant les membres d'équipage, transitent par le port. Aussi, ce dernier possède des installations à vocation de divertissement, telles que la salle de spectacle en plein air, l'Agora de Québec, et la Baie de Beauport. Il est le troisième port le plus sollicité au Canada après ceux de Vancouver, en Colombie-Britannique et de Saint-Jean, à Terre-Neuve-et-Labrador.

Le maire de Québec est Régis Labeaume, élu comme indépendant. Il est en poste depuis le 8 décembre 2007.

Quant au chef du Renouveau municipal de Québec, parti d'opposition au conseil municipal, il s’agit de Alain Loubier.

Les prochaines élections municipales générales auront lieu le 8 novembre 2009. Elles opposeront le nouveau parti de M. Labeaume, l'Équipe Labeaume, au Renouveau municipal de Québec.

Le Ministre responsable de la région de la Capitale-Nationale est occupé, depuis le 25 juin 2008, par le Premier Ministre du Québec, Jean Charest.

Québec compte plusieurs acteurs économiques dont la Chambre de commerce des entrepreneurs de Québec, la Chambre de commerce de Québec, la Chambre de commerce italienne de Québec, le Conseil régional de concertation et développement de la région de Québec, la Chambre de commerce française au Canada, section Québec, la Jeune chambre de commerce de Québec, etc.

La région de Québec possède un indice boursier qui rassemble 20 entreprises de la région qui a pour nom « Indice boursier régional de Québec », abrégé en IBR-Q. Il est principalement commandité par l’organisme de promotion économique PÔLE Québec Chaudière-Appalaches.

Le taux d’assistance-emploi est très faible à Québec. Il se situe à 4,5 %. C’est le quatrième plus bas taux du pays.

Chez les immigrants de la capitale nationale, 65 % d’entre eux arrivés il y a moins de 5 ans, de 2001 à 2006, occupent un emploi, et ceux arrivés il y a 5 à 10 ans, 1996 à 2001, leur occupation atteint 80 %.

Québec compte plusieurs centres commerciaux importants dont les Galeries de la capitale (280 boutiques et un centre d'attraction intérieur), Laurier Québec (350 boutiques et services; le plus important centre commercial de l'est du Canada et la 2ème attraction touristique en importance à Québec, après le Vieux-Québec), Place Sainte-Foy (135 boutiques et magasins) et Place Fleur-de-lys (220 boutiques et grands magasins).

Québec offre un réseau des vingt-cinq bibliothèques réparties dans les huit arrondissements de la ville. La Bibliothèque Gabrielle-Roy est la principale bibliothèque du réseau.

Québec, fondée en 1608 et capitale de la province de Québec, est l'un des berceaux de la culture francophone en Amérique, on y retrouve un grand nombre de musées, de centres d'exposition et d'interprétation et de sites historiques à visiter.

Québec est connu pour être une ville vivante au niveau théâtral. En ce sens, Québec est surnommé « Québec, ville de Théâtre ».

Le premier lieu d'expression théâtral est le Grand Théâtre de Québec avec le Théâtre du Trident. Ce dernier présente des pièces de style plutôt classique et de répertoire. Le Théâtre du Périscope est le lieu de création par excellence avec le Théâtre du Premier-Acte, situé un en face de l'autre. Pour les élèves du conservatoire, ils possèdent leur propre lieu de diffusion, soit le Théâtre du Conservatoire d'art dramatique de Québec. Le Théâtre de la Bordée présente plutôt des pièces contemporaines, mais penche quelques fois vers le classique. Puis, il y a le Théâtre du Gros Mécano qui se spécialise dans le théâtre jeune public.

Le Palais Montcalm est la salle la plus connue du public ayant place sur la Place d'Youville. Cette salle est la plus moderne au Canada en termes de sonorisation et est siège de l'organisation orchestrale des Violons du Roy. La salle Octave-Crémazie, du Grand Théâtre de Québec, est le lieu de l'Orchestre symphonique de Québec et de l'Opéra de Québec. On y retrouve aussi les principaux spectacles du Grand Rire de Québec, un festival d'humour. La salle Albert-Rousseau présente aussi régulièrement des spectacles d'humour et des spectacles intimistes.

L'Impérial de Québec est la salle qui diffuse généralement de la musique indépendante et dites « underground » qui rejoint ainsi les jeunes. Le Théâtre du Capitole de Québec est la salle fétiche de bien des artistes. L'aménagement intérieur lui donne un esprit de grandeur. Le Théâtre du Petit-Champlain, qui sis dans le quartier du Petit-Champlain, est une salle de spectacle très intimiste habituellement fréquenté par des artistes recherchant cet effet.

Le projet Diamant, qui sera situé dans le tunnel non-terminé sous l'avenue Honoré-Mercier, dans le promontoire entre le haut et la basse ville, aura lieu, si le projet se concrétise, la création de deux salles de spectacles. Le premier sera le Théâtre des Gros-becs, un théâtre pour enfants, et une salle pour les projets de Robert Lepage, maître d'œuvre de ce projet.

Québec compte de nombreux festivals et événements se déroulant tout au cours de l’année et qui permettent aux habitants et aux visiteurs d’assister à des spectacles de musique de toutes sortes, de faire connaissance avec des cultures de différents peuples et époques, ou tout simplement de s’amuser entre amis ou en famille.

Parmi les autres événements d’envergure, on compte les Grands Feux Loto-Québec (compétition de feux d’artifice), Expo Québec (fête foraine, exposition agricole et commerciale), le Grand Rire (festival d’humour), le Festival de cinéma des 3 Amériques, la Manif d’art, la Biennale de Québec (arts visuels actuels), le Spectacle aérien international de Québec, le Salon international du livre de Québec, le Salon de l'auto de Québec et le Festival international de musiques militaires de Québec.

La ville possède le deuxième plus grand pôle de studios de télévision au Québec ainsi que les grands réseaux de diffusion francophones tels que Radio-Canada, RDI, TQS et TVA. Le réseau régional est Télémag.

Plusieurs ligues d’improvisation présentent des spectacles dans la capitale nationale. L’implantation de l’impro dans la ville comme activité culturelle remonte à 1981, année où fut fondée la Ligue Universitaire d’Improvisation (LUI) par Réjean Labrie.

Pendant l’été, plusieurs spectacles ont également lieu comme les Improphiles et la LIBIDO. Le Sékoïa offre également des spectacles à longueur d’année.

Dû à la présence de la Citadelle de Québec, de la Garnison Valcartier et du Complexe naval de la Pointe-à-Carcy, les militaires possèdent un droit de cité à Québec. Un droit de cité est en quelque sorte le droit, acquis, de parader dans les rues de Québec quand ils veulent, où ils veulent et pour toujours. Cela arrive d’ailleurs plusieurs fois durant l’été et on peut alors les voir et les entendre, soit en musique ou soit en marche militaire, habituellement dans le Vieux-Québec.

Les origines de la cérémonie du droit de cité remontent au XVIe siècle, alors que les artisans de l’époque se regroupent en corporations, forment des villes et en restreignent le droit de résidence à leurs membres. D’origine britannique, le droit de cité est accordé pour la première fois en 1748. Civil au départ, ce droit d’usage est ensuite accordé aux unités militaires, qui le conservent ad vitam æternam.

L’ex-mairesse de Québec, Andrée P. Boucher était la marraine des soldats du Royal 22e Régiment basés à la Citadelle et à la Garnison Valcartier, à la limite nord-ouest de la ville de Québec.

Depuis plusieurs années, la mosaïque se dessine peu à peu. En effet, comparativement aux autres grandes villes canadiennes, Québec a eu du retard par rapport aux communautés culturelles. Par contre, elles commencent à s’organiser. La grande majorité d’entre elles proviennent de pays francophones.

Ainsi, par exemple, la communauté musulmane de Québec possède plusieurs branches : le Conseil de la femme musulmane de Québec, le Centre culturel islamique de Québec (CCIQ), les scouts musulmans de Québec, etc. Ils sont actuellement en achat d’un bâtiment au centre-ville de Québec pour y construire une grande mosquée.

Du côté de la communauté asiatique de Québec, maintenant identifiée au quartier Saint-Sauveur, celle-ci est en progression. Jocelyn Toy, homme d’affaires de Québec, s’est donné comme mission de redorer le blason de la communauté, puisqu’au début des années 1970, Québec possédait son propre quartier chinois. Par contre, la construction des bretelles de l’autoroute Dufferin-Montmorency a obligé la destruction de ce dernier. La majorité des Asiatiques à cette époque ont donc déménagé à Montréal. Plusieurs initiatives ont été créées, dont le Festival chinois de Québec et le Festival du film asiatique de Québec. Un projet de quartier chinois à Québec est toujours d’actualité.

Québec a la chance d’avoir plusieurs coopératives, compagnies et organismes de création et diffusion artistique.

Québec a déjà possédé une équipe professionnelle de hockey, les Nordiques de Québec, qui firent partie de l'Association mondiale de hockey à partir de 1971, puis de la Ligue nationale de hockey à partir de 1978, avant d'être vendus en 1995 pour devenir l'Avalanche du Colorado et déménager à Denver.

En 2008, la United Soccer Leagues accorde à Québec deux équipes de soccer. La première, une équipe féminine, débutera ses activités dans la division Nord de la W-League à l'été 2009. La seconde, une équipe masculine de la Premier Development League, débutera ses activités également en 2009 à condition d'obtenir l'accord de l'Impact de Montréal qui a l'exclusivité de la USL pour le Québec.

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Fête nationale du Québec

Célébrations de la Fête nationale du Québec au parc Maisonneuve, à Montréal, le 24 juin 2006

La Fête nationale du Québec est la fête officielle du Québec. Elle a lieu le 24 juin. Au Québec, ce jour est férié et chômé en vertu de la Loi sur la fête nationale. La fête est souvent appelée la Saint-Jean-Baptiste ou la Saint-Jean pour des raisons historiques.

Depuis 1984, le Mouvement national des Québécoises et Québécois est officiellement responsable de la coordination des festivités qui se déroulent les 23 et 24 juin de chaque année.

Les origines des célébrations du 24 juin sont immémorielles. Chez les païens, le solstice d'été était célébré par des feux de nuit (voir le Collier des Brísingar).

Pour lutter contre le paganisme, les évêques implantent des sanctuaires de Saint Jean Baptiste dont la fête doit se substituer au culte des divinités barbares (par exemple Koupalo chez les Slaves) qui, avec les invasions successives des Saxons puis des Vikings, durera jusqu'à la fin de la dynastie des Carolingiens.

Ainsi, l'un des sanctuaires les plus caractéristiques concernant cette lutte d'influence est celui de Saint Jean Baptiste d'Audresselles, en France, à quinze milles de l'Angleterre. Ce sanctuaire surélevé, d'où l'on voit le soleil se coucher dans la mer, est entouré par ceux des dieux germaniques dont les villages entourant Audresselles portent toujours le nom: Audinghen (Odin, Wotan ou Wedne), Raventhun (le corbeau accompagnait Odin), Ambleteuse, auparavant Amel Thuys (dieu Thuys ou Tues ), Tardinghen (dieu Thar, Thor ou Thurst ), Loquinghen (dieu Loki), Bazinghen (déesse Basine) etc.

Encore aujourd'hui, c'est à Saint-Jean-Baptiste-d'Audresselles que se réunissent tous les catholiques de la région pour les grandes fêtes religieuses. Parmi eux se trouvent des familles d'Acadiens revenus dans le Boulonnais après la perte du Canada par la France.

Officielle sous l'Ancien Régime, la fête de la Saint-Jean-Baptiste reste une fête très populaire dans les zones catholiques de la France actuelle.

La fête débarque en Amérique avec les premiers colons français. Les premières célébrations de cette fête chrétienne en Nouvelle-France auraient eu lieu vers 1636 selon les Relations des Jésuites.

Les célébrations de la Saint-Jean-Baptiste prennent une tournure très patriotique au Bas-Canada grâce, entre autres, aux actions de Ludger Duvernay, qui deviendra le premier président de la Société Saint-Jean-Baptiste.

C'est le 24 juin 1834 qu'est chanté pour la première fois le « Ô Canada! mon pays, mes amours » de George-Étienne Cartier lors d'un grand banquet patriotique regroupant une soixantaine de francophones et d'anglophones de Montréal dans les jardins de l'avocat John McDonnell, près de l'ancienne gare de Windsor. Plusieurs hommes politiques réformistes dont Edmund Bailey O'Callaghan, Louis Perrault, Thomas Storrow Brown, Édouard-Étienne Rodier, Louis-Hippolyte Lafontaine et le maire de Montréal Jacques Viger sont présents lors de ce banquet.

Suite à cette première célébration, le journal La Minerve conclut, que « Cette fête dont le but est de cimenter l'union des Canadiens ne sera pas sans fruit. Elle sera célébrée annuellement comme fête nationale et ne pourra manquer de produire les plus heureux résultats. » C'est à partir de cette date que la fête nationale des anciens Canadiens en vient à correspondre avec la fête catholique de Saint-Jean-Baptiste, déjà bien ancrée dans la tradition.

Suite aux soulèvements des Patriotes de 1837 et 1838 et aux répressions militaires qui suivirent, la fête ne fut plus célébrée pendant plusieurs années. Lorsqu'elle réapparaît, c'est sous la forme d'une célébration essentiellement religieuse, bien que les feux soient toujours présents. À Québec en 1842, elle donne lieu à une grande procession religieuse, inaugurant ainsi la tradition du défilé de la St-Jean-Baptiste, promis à une longue postérité. En 1843, Duvernay établit l'Association Saint-Jean-Baptiste, une société charitable et patriotique, en vue de la célébration de la fête de cette année-là à Montréal en 1843.

Le 24 juin 1880, les citoyens de la ville de Québec participant aux festivités de la St-Jean-Baptiste se font chanter un autre « Ô Canada », aujourd'hui fort célèbre. Il devient populaire très rapidement et on le désigne même comme "hymne national" des Canadiens-Français. Les paroles sont d'Adolphe-Basile Routhier et la musique de Calixa Lavallée.

En 1908, le pape Pie X fait de Saint Jean-Baptiste le patron spécifique des Canadiens français. La procession de chars allégoriques est introduite en 1874. De 1914 à 1923, les défilés n'ont pas lieu.

En 1925, le Québec fait du 24 juin un jour férié.

Après la Révolution tranquille, le 24 juin devient très politique, les générations les plus jeunes rejetant la symbolique religieuse associée aux festivités. Durant cet époque, le Gouverneur-Général Georges Vanier lui trouvait à la cible des souverainistes québecoises à Montréal. C'est le 24 juin 1964 que Vanier se montrait à la défile de Jean-Baptiste, alors qu'une groupe de séparatistes qui tenaient placards que lisés Vanier vendu et Vanier fou de la Reine.

En 1969, on détruisit la petite icône de Saint-Jean-le-Baptiste durant une émeute. Cet incident causa une interruption du défilé, qui n'eut pas lieu l'année suivante non plus.

C'est le 11 mai 1977, que, par un arrêté ministériel du gouvernement de René Lévesque, le 24 juin devient officiellement le jour de la Fête nationale du Québec. L'année suivante, le comité organisateur de la Fête nationale du Québec est créé. Le comité confia d'abord l'organisation des événements à la Société Saint-Jean-Baptiste. En 1984, l'organisation est confiée au Mouvement national des Québécoises et des Québécois dont fait partie la Société Saint-Jean-Baptiste.

La Saint-Jean devient donc la fête de tous les Québécois et non plus uniquement celle des Québécois d'origine canadienne-française et catholique. Par les actions de la Société Saint-Jean-Baptiste et du Mouvement national des Québécois principalement, la fête s'est graduellement laïcisée.

Malgré tout, la fête demeure toujours l'occasion d'un grand festival culturel dont les Québécois profitent pour manifester leur existence au monde et leur sentiment d'appartenance au Québec. La tradition d'allumer des feux durant la nuit est toujours vivante.

La plus grande manifestation se déroule dans la Ville de Québec (qui est la Capitale Nationale) sur les Plaines d'Abraham, qui réunit chaque année plus de 80 000 personnes .

Depuis le 8 juin 1978, la Commission des normes du travail du Québec veille à l'application de Loi sur la fête nationale, qui fait du 24 juin un jour de congé férié et chômé. Si elle tombe un autre jour de congé, un autre congé doit être ajouté. Si en raison de la nature de l'emploi, le travailleur ne peut s'absenter de son travail, il doit recevoir une indemnité.

Aujourd'hui, la fête de la Saint-Jean-Baptiste est célébrée par plusieurs communautés catholiques à travers le monde, entre autres au Danemark, en Espagne et en France. Pour l'Église catholique romaine, le 24 juin est un jour de fête religieuse en l'honneur de saint Jean-Baptiste. La fête nationale est d'ailleurs encore très souvent appelée « la Saint-Jean » par la population québécoise.

La fête est toujours célébrée par de nombreux francophones, majoritairement issus de la diaspora québécoise, de la Nouvelle-Angleterre, de l'Ontario, des Provinces Maritimes et l'Ouest canadien. Les plus importantes célébrations de la Saint-Jean-Baptiste dans le Canada hors Québec ont lieu dans le cadre du Festival Franco-Ontarien, qui se tient chaque année à Ottawa. Bien que la célébration de la Saint-Jean-Baptiste par les Acadiens en tant que fête catholique ne soit pas inconnue, elle est largement surpassée par la Fête nationale de l'Acadie le 15 août, instituée en 1881 lors d'une convention acadienne, alors que cette date était en compétition avec le 24 juin.

Depuis plusieurs années, un défilé de la Fête nationale du Québec est organisé en France par la Délégation générale du Québec à Paris. Les délégations de New York, Londres, Bruxelles, Mexico, et Tôkyô soutiennent aussi des activités pour souligner le 24 juin.

Certaines personnes au sein des communautés francophones du Canada regrettent que le Québec se soit « approprié » cette fête, puisque de leur point de vue, la fête avait comme but d'unir tous les francophones du Canada, mais pas ceux des États-Unis. D'un autre point de vue, les dirigeants de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal accusent toujours Ottawa d'avoir usurpé les symboles nationaux historiques des Québécois en s'appropriant la feuille d'érable et l'hymne Ô Canada.

Selon Jean-Claude Germain, le sens de la fête a été récupéré par les franc-maçons.

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Pont de Québec

Pont de Québec vu du Parc aquarium du Québec.JPG

Le pont de Québec est un pont mixte ferroviaire et routier qui traverse le fleuve Saint-Laurent de l'ouest de la ville de Québec (rive nord) jusqu'à Lévis (quartier Saint-Nicolas) sur la rive sud. C'est une structure rivetée d'acier-botte de 987 m de long, 28,7 m de large et 104 m de haut. Chaque envergure en porte-à-faux est de 178 m. C'est le pont de type cantilever ayant la plus longue portée libre au monde, avec 549 mètres entre ses piliers principaux et sa travée centrale longue de 576 mètres. Il est encore considéré aujourd'hui comme une œuvre majeure d'ingénierie.

Le pont de Québec est la propriété de la compagnie ferroviaire Canadien National (CN).

Avant la construction du pont de Québec, la seule façon de traverser de Québec à Lévis et vice-versa était de prendre un traversier. L'hiver, un pont de glace permettait de joindre les deux rives. Vers les années 1890, il devint évident qu'un pont ferroviaire était nécessaire.

Le pont fut construit par la Quebec Bridge and Railway Company, de propriété fédérale puisque faisant partie du National Transcontinental Railway. La construction fut confiée à la Phoenix Bridge Company de Pennsylvanie et débuta en 1903 sous la direction de l'ingénieur américain Theodore Copper après que le gouvernement fédéral eut alloué les fonds nécessaires au début des travaux. Le pont avait été conçu pour mesurer 26,5 mètres de large, et comporter deux voies ferrées, deux voies de tramway et deux voies pour la circulation automobile.

L'endroit choisi constitue le point le plus étroit du fleuve entre Québec et Montréal (Kebec en algonquin signifie là où le fleuve se rétrécit). À cet endroit le fleuve a une profondeur moyenne de 45 mètres avec une faille atteignant 58 mètres. L'opinion publique locale, ainsi que des journaux tel le The Quebec Chronicle-Telegraph de Québec, auraient en 1897 préféré avoir un pont piétonnier, routier et ferroviaire plus près du centre ville de chaque rive afin d'encourager les échanges locaux. Les coûts supplémentaires d'un pont plus large et la vocation uniquement ferroviaire choisie firent porter le choix du site à l'emplacement actuel.

Vers 1904, la structure prenait graduellement forme. Cependant, à cause d'erreurs de calcul faites durant la phase de planification du pont, le poids réel du pont excédait de beaucoup sa capacité portante. Lorsque le pont fut presque terminé, certains problèmes structurels furent remarqués par l'équipe locale d'ingénieurs, mais personne ne tint compte de la gravité de la situation à l'époque. Les travaux continuèrent malgré le fait qu'un ingénieur responsable ait ordonné l'arrêt complet des travaux le 27 août 1907.

Le 29 août 1907 à 17h37, après quatre années de construction, la partie sud du pont s'effondra dans le fleuve St-Laurent en à peine 15 secondes, et à peine 20 minutes avant la fin de la journée de travail. Des 100 travailleurs qui s'y trouvaient, 76 furent tués, et les autres furent blessés, 33 des victimes étaient des travailleurs Mohawks de la réserve de Kahnawake, qui furent enterrés à Kahnawake sous des croix faites de poutres d'acier. Dix-sept autres victimes étaient originaires des États-Unis, et vingt-six étaient des Québécois en majorité de Saint-Romuald ou de New Liverpool, maintenant des quartiers de Lévis. La tradition orale des Hurons-Wendat de Wendake fait également état de six ou sept victimes provenant de leurs rangs. Depuis les années 2000, on peut apercevoir des pièces de ferraille provenant de cet effondrement à marée basse sur la rive du fleuve. En effet, bien que la compagnie Charles Koenig de Québec ait effectué à l'époque le nettoyage de toutes les pièces qui étaient visibles, les marées basses actuelles atteignent un niveau inférieur à celles du début des années 1900.

Un monument dédié aux victimes, construit lui aussi à partir du métal du pont effondré, a été érigé dans le cimetière de Saint-Romuald par la Société historique de Saint-Romuald.

Après une commission royale d'enquête sur le désastre de 1907, la construction d'un deuxième pont suivant le même design commença, cette fois avec Ralph Modjeski comme ingénieur en chef. Le malheur frappa à nouveau le 11 septembre 1916 lorsque la partie centrale préfabriquée était en train d'être élevée en place entre les deux sections rebâties. L'effondrement tua treize personnes. La travée repose toujours au fond du fleuve.

La construction fut finalement achevée en août 1917, au coût total de 25 millions de dollars. La St Lawrence Bridge Company, qui avait procédé aux travaux, comptait au sein de ses employés, l'ingénieur allemand Joachim von Ribbentrop, futur ministre des Affaires étrangères d'Adolf Hitler sous le troisième Reich. Le 3 décembre 1917, le pont de Québec fut ouvert au trafic ferroviaire après avoir été en construction durant presque deux décennies.

Le 22 août 1919, il fut inauguré officiellement par le Prince Édouard de Galles.

Le pont avait été conçu et construit principalement pour servir de pont ferroviaire, mais les voies de tramway et l'une des deux voies ferroviaires furent transformées en voies pour l'automobile et en voie pédestre et cyclable durant les années suivantes. Les premières voitures purent traverser le pont le 22 septembre 1929 sur une voie de 4,27 mètres de large. Cette largeur n'étant pas suffisante, cependant, pour que des véhicules lourds comme des camions ou des autobus puissent se rencontrer sur le pont, des gardiens communiquant par téléphone devaient stopper la circulation à une extrémité du pont lorsqu'un véhicule lourd s'engageait à partir de l'autre rive. La vitesse sur le pont était alors limitée à 15 milles à l'heure, soit environ 24 kilomètres/heure.

Jusqu'au 1er avril 1942, les véhicules devaient acquitter un péage pour traverser le pont (50 ¢ par véhicule et 10 ¢ par passager, gratuit pour les piétons). Le bâtiment des percepteurs est toujours debout, sur le terrain du Parc-aquarium du Québec.

Au Canada et dans plusieurs autres pays, les effondrements du pont de Québec ont démontré les dangers de l'autorité absolue d'un ingénieur sur un projet, amenant plusieurs commentateurs à reconsidérer l'exercice de cette autorité. Les ingénieurs ont précédé une possible intervention gouvernementale en créant de multiples associations d'ingénieurs indépendantes.

Ces groupes se sont finalement rassemblés dans leurs domaines respectifs en créant des ordres professionnels tel l'Ordre des Ingénieurs du Québec (OIQ) dont le rôle principal est la protection du public d'abord, et la préservation de la crédibilité des ingénieurs ensuite. Les exigences générales de ce type d'ordre professionnel incluent un code de déontologie, une standardisation de la formation et un système de mentorat avec des ingénieurs certifiés.

En 1970, un deuxième pont a été ouvert juste en amont du pont de Québec, le pont Pierre-Laporte, pour permettre le passage du trafic autoroutier de l'autoroute 73.

Le premier pont fut déclaré Monument historique international le 23 mai 1987 par les Sociétés canadienne et américaine des ingénieurs civils (CSCE et ACSE), et fut le quatrième ouvrage de génie civil à recevoir cet honneur. Le 24 janvier 1996, le pont fut inclus dans la liste des lieux historiques nationaux du Canada.

Le pont est toujours la propriété du transporteur ferroviaire Canadien National (CN), qui fut privatisé durant les années 1990 . Il reçoit cependant des fonds des gouvernements fédéral et provincial pour les réparations et l'entretien de la structure. Depuis les années 1990, une controverse est en cours sur le partage des coûts de l'entretien du pont entre le CN, le gouvernement du Canada et le gouvernement du Québec ; on estime à 140 millions de dollars canadiens la facture totale de la réfection du pont. Les travaux de réfection ont été stoppés en 2005 par le CN après qu'ils ont été effectués à 40% pour un coût de 60 millions de dollars canadiens, dont 36 millions défrayés par l'entreprise de transport . Le montant nécessaire au complément des travaux est estimé entre 65 et 80 millions de dollars . L'affaire est devant les tribunaux .

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Source : Wikipedia