Pologne

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Posté par rachel 14/03/2009 @ 19:11

Tags : pologne, europe, international

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Pologne

Drapeau de la Pologne

La Pologne (Polska en polonais), ou la République de Pologne pour les usages officiels (Rzeczpospolita Polska), est un pays d'Europe centrale peuplé par plus de 38 millions d'habitants. Il est bordé par la mer Baltique, l'enclave russe de Kaliningrad et la Lituanie au nord, la Biélorussie et l'Ukraine à l'est, la Slovaquie et la République tchèque au sud, et l'Allemagne à l'ouest. Le pays partage également des frontières maritimes avec le Danemark et la Suède.

Ancien État du bloc de l'Est durant la guerre froide, la Pologne est membre de l'ONU depuis le 24 octobre 1945, du Conseil de l'Europe depuis le 26 novembre 1991, de l'OTAN depuis 1999, de l'Union européenne depuis le 1er mai 2004, et fait partie de l'Espace Schengen depuis le 21 décembre 2007.

Fondée au Xe siècle sur le territoire des Polanes, la Pologne devient au Moyen Âge une puissance incontournable en Europe centrale. Son premier souverain est Mieszko Ier, fondateur de la Dynastie Piast, qui règne sur la Pologne de 966 à 1370. La capitale est alors Gniezno, à l'est de Poznań.

Poste avancé de l'Occident catholique romain et cible du Drang nach Osten, la poussée germanique vers l'est, elle fait face aux mondes orthodoxe (en Russie, Biélorussie et Ukraine), païen (les Baltes sont tardivement christianisés), et musulman avec la poussée turco-mongole. Située au carrefour de plusieurs mondes, et dépourvue de frontières naturelles, la Pologne est extrêmement exposée aux invasions. L'invasion de la Horde d'Or mongole de 1248 à 1275 ruine le pays. Casimir III le Grand, dernier roi de la dynastie des Piast, unifie la Pologne.

En 1386, la reine de Pologne, Hedwige d'Anjou et le grand-duc de Lituanie, Ladislas II Jagellon signent l’accord de l’Union de Krewo qui marque le commencement de l'Union de Pologne-Lituanie, sous la dynastie lituanienne des Jagellon. Casimir IV réunit pour une petite période les couronnes de Bohême (1471-1526) et de Hongrie (1490-1526) à celle de Pologne.

La République des Deux Nations (Rzeczpospolita Obojga Narodów), extension de l'Union de Pologne-Lituanie en existence depuis 1386, est concrétisée par la signature, en 1569, du traité de l'Union de Lublin qui unit le Royaume de Pologne et le Grand-duché de Lituanie en un seul État. Le royaume couvre alors un territoire qui va de la mer Baltique à la mer Noire et jusqu'aux portes de Moscou. La capitale est alors Cracovie, en Petite Pologne.

La Rzeczpospolita est un système politique inédit depuis la Rome antique, où l'aristocratie exerce une sorte de démocratie parlementaire. Le roi est en effet élu par ses pairs. C'est le principe de la monarchie élective. Cette « république » donne le droit de vote à la seule szlachta mais cette noblesse polonaise représente toutefois presque 10 % de la population et plus encore autour de Varsovie, devenue capitale en 1596. Les nobles obligent le roi à céder de ses prérogatives, notamment en ce qui concerne les impôts, l'armée et la justice. Ainsi, le monarque polonais, à l'époque où les monarchies européennes « s'absolutisent », est au contraire affaibli.

La tolérance religieuse est une autre caractéristique majeure de la Rzeczpospolita. Si la majeure partie des paysans est restée catholique (dans les années 1980, 9 polonais sur 10 sont baptisés), de nombreux nobles se sont convertis au protestantisme, luthéranisme mais surtout calvinisme. La Pologne a donné abri, en particulier dans la ville de Leszno, aux Frères tchèques qui veulent échapper à la re-catholicisation de la Bohême entreprise par les Habsbourg. Enfin, la Rzeczpospolita compte alors une très importante population juive (5 à 10 % de la population totale), en particulier dans les villes et surtout dans la partie orientale du pays.

Mais cette tolérance religieuse se réduit progressivement au XVIIe siècle, en particulier après 1655, quand la Suède protestante envahit la Pologne et est arrêtée à Częstochowa, devant le sanctuaire marial de Jasna Góra, dont le prieur, Augustyn Kordecki, est à la tête de troupes numériquement très inférieures.

Le règne de Jean III Sobieski (1674-1696) est marqué par la construction, à partir de 1677, du palais de Wilanów à Varsovie, et par la victoire de ses troupes en 1683, appelées en renfort par les puissances européennes et le Pape pour faire face à une offensive turque de grande ampleur sous les murs de Vienne. Cette victoire militaire a une conséquence politique importante, car les Habsbourgs, traditionnels rivaux des Polonais, sont sauvés et partagent plus tard le pays avec la Russie et la Prusse. Cette victoire est aussi à l'origine des croissants, les premières viennoiseries, dont la forme rappelle le symbole du drapeau ottoman.

La Rzeczpospolita est peu à peu victime d'un long déclin, du fait de son système politique anarchique, et des nombreuses invasions (suédoises, russes, turques, prussiennes). À la fin du XVIIIe siècle, la Pologne perd son indépendance, les partages de la Pologne se succèdent entre 1772, 1793 et 1795.

La première division de la Pologne, en 1772, conduit à un sursaut civique. Ce sursaut amène en 1791 à la proclamation d'une Constitution, nettement moins « révolutionnaire » que celle de la France, mais néanmoins perçue comme trop dangereuse pour ses voisins, d'où le second partage, qui provoque une révolte menée par un héros de la guerre d'indépendance américaine, Tadeusz Kościuszko. Cette révolte sert de prétexte au troisième partage quand le royaume de Pologne est rayé de la carte.

Tout au long du XIXe siècle, exception faite de la fin de la période napoléonienne avec le duché de Varsovie, la Pologne est écartelée, partagée entre la Russie, la Prusse (puis l'Allemagne), et l'Autriche (puis l'Autriche-Hongrie).

La Pologne ne recouvre son indépendance qu'en novembre 1918. Dès son indépendance la guerre polono-soviétique de 1919-1920 l'oppose à la Russie bolchévique. Comme la plupart des pays d'Europe du Centre-Est, à l'exception de la Tchécoslovaquie, les idéaux démocratiques des premiers temps durent peu. Le régime devient rapidement autoritaire, notamment sous l'influence du général Józef Piłsudski, qui prend le pouvoir en 1926.

L'invasion des forces allemandes et slovaques du 1er septembre 1939 met fin à la seconde république de Pologne et déclenche la Seconde Guerre mondiale. La Wehrmacht atteint Varsovie en 7 jours grâce à sa stratégie du « blitzkrieg » et à sa supériorité technologique (la ville capitule le 28 septembre 1939). À l'est, l'invasion soviétique du 17 septembre anéantit tout espoir de résistance. Le pays est rayé de la carte, disparaissant en tant qu'État, et la Pologne est partagée pour la quatrième fois de son histoire, cette fois-ci entre l'Allemagne nazie et l'Union Soviétique.

Tandis que Staline soviétise brutalement ses conquêtes en déportant plusieurs centaines de milliers d'habitants au Goulag ou encore en faisant assassiner à Katyn des milliers d'officiers capturés (le crime ne fut reconnu par Moscou que sous Gorbatchev puis Eltsine), les nazis entendent ouvertement réduire les Polonais à l'état de "sous-hommes" et de "peuple d'esclaves", et plongent le pays dans une terreur totale et meurtrière, responsable de la disparition en six ans de près de 20 % de la population totale.

Dès les premiers jours, les élites polonaises sont systématiquement exterminées par les Einsatzgruppen et le SD, entraînant la mort de plus de 50 000 membres du clergé, de l'aristocratie, du corps enseignant et universitaire. Les théâtres, les séminaires, les journaux, l'enseignement secondaire et supérieur sont fermés. Deux millions de civils sont raflés et envoyés au travail forcé dans le Reich, où ils subissent maltraitances et discriminations systématiques. Tortures, pendaisons de masse et massacres de villages entiers deviennent quotidiens.

La Pologne devient aussi le lieu principal de la mise en œuvre du génocide des Juifs d'Europe occupée. Spoliée, terrorisée et réduite à une misère inimaginable dans des ghettos surpeuplés et affamés(dont le ghetto de Varsovie, rasé après son insurrection du 19 avril 1943), la communauté juive de Pologne, jusque là la première du monde, est anéantie à 97 %, par les fusillades ou dans les chambres à gaz des camps d'extermination de Belzec, Sobibor, Treblinka, Maidanek, et surtout d'Auschwitz-Birkenau, où périrent au total un million de Juifs déportés de toute l'Europe, ainsi que 30 000 Tziganes et des résistants, notamment polonais catholiques.

En tout, la terreur nazie fit périr trois millions de Polonais catholiques et autant de Polonais juifs. Une puissante Résistance, autour de l'AK (Armija Krajova), parvint à mettre sur pied un véritable contre-État clandestin, disposant de ses ministres, de sa justice, de son administration et de son réseau d'enseignement secret. Du 1er août au 2 octobre 1944, l'insurrection de Varsovie fut châtiée par les nazis de la mort de 200 000 personnes et par la destruction à 90 % de la capitale polonaise, à laquelle l'Armée Rouge bloquée aux portes de la ville n'apporta aucune aide.

Le gouvernement polonais en exil quitte la Pologne en 1939 et vient se réfugier en France. Les divers ministères polonais s'installent au château de Pignerolle (Sud-Est d'Angers) ainsi qu'à Angers, qui devient de fait la capitale politique temporaire de la Pologne. Le gouvernement officiel polonais en exil officie jusqu'à l'invasion de la France par les troupes allemandes en juin 1940. Comme au XIXe siècle, où aucune révolution en Europe et en Amérique n'avait lieu sans une participation de Polonais, les armées polonaises luttent sur de nombreux fronts, en France en 1940, dans le ciel de Londres pendant le Blitz, ou de l'Afrique du Nord à l'Italie en passant par la Normandie. Elles constituent par ses effectifs la 5e armée alliée lors du conflit aux côtés des soldats soviétiques, américains, britanniques et français. Des exilés participèrent aussi à la Résistance intérieure française, notamment dans le réseau F2, intégralement polonais.

À la fin du second conflit mondial, les Soviétiques imposent le comité polonais de libération nationale comme gouvernement et conservent la partie orientale du pays, peuplée majoritairement de Biélorusses et d'Ukrainiens, annexée en 1939, et la Pologne « glisse » vers l'ouest, en absorbant le sud de la Prusse-Orientale, la Poméranie et la Silésie. Une raison utilisée par Moscou pour expulser les Allemands de ces territoires, qu'ils peuplent depuis déjà plusieurs siècles, est que ces territoires sont historiquement polonais. Elle devient une république populaire membre du Pacte de Varsovie.

En juin 1956, des émeutes ouvrières à Poznan annoncèrent les manifestations massives d'octobre 1956, qui obligèrent les Soviétiques à accepter l'arrivée au pouvoir de Gomulka, un communiste réputé réformateur (en partie à tort). Celui-ci fut évincé en 1970 au profit de Gierek lors de grèves ouvrières importantes contre la hausse des prix alimentaires. En 1967, après la guerre des six jours, le régime tenta de faire diversion par une campagne antisémite responsable du départ de la plupart des derniers Juifs de Pologne.

Dans les années 1970 et 80, de violentes révoltes éclatent à nouveau dans le pays. Dans ce climat, l'élection sur le trône de saint Pierre de l'archevêque de Cracovie, Karol Wojtyła (Jean-Paul II), en octobre 1978, est vécue par les autorités communistes comme une provocation.

En 1980, naît le syndicat indépendant Solidarność (Solidarité), dirigé par Lech Wałęsa, d'abord reconnu à contre-cœur par les autorités, et qui regroupe vite plusieurs millions d'ouvriers soutenus par les intellectuels réformateurs. Le général Wojciech Jaruzelski déclare la loi martiale le 13 décembre 1981.

En 1989, ont lieu les « Tables rondes », réunion entre le gouvernement et Solidarność, qui permettront la naissance en douceur de la troisième république de Pologne, dirigée par Tadeusz Mazowiecki. À cette période, la Pologne est le deuxième pays du Pacte à se libérer de l'emprise soviétique, et à former un gouvernement non lié au bloc soviétique.

En 1990 Lech Wałęsa est élu Président de la République. Mais il est battu cinq ans plus tard par l'ancien communiste Aleksander Kwaśniewski (1995-2005).

Cette période permet à la Pologne d'intégrer, et ce depuis 1999, l'OTAN.

En 2003, les États-Unis lui attribuent le commandement d'une zone d'occupation en Irak.

Le 1er mai 2004, elle intègre l'Union européenne.

Le 23 octobre 2005, est élu le nouveau président : Lech Kaczyński.

La Pologne est une république démocratique. Le Premier ministre est le président du Conseil des ministres. Son gouvernement est responsable devant la chambre basse. Le Président, élu au suffrage universel direct pour 5 ans, est le chef de l'État. Il nomme le chef du gouvernement et dispose d'un droit de veto qui ne peut être levé par la chambre basse qu'à la majorité qualifiée des trois cinquièmes. Le parlement est composé de deux chambres : la Diète - en polonais Sejm composée de 460 sièges et le Sénat composé de 100 sièges.

Le 5 mai 2006, le gouvernement polonais voit l'entrée en charge de plusieurs ministres proches de l'extrême-droite Roman Giertych, dirigeant de la Ligue des familles polonaises (LPR - Liga Polskich Rodzin), est à la tête de l'Éducation nationale. Ce dernier a l'intention d'insister dans les programmes scolaires sur « les valeurs chrétiennes de la Pologne éternelle ». Quant à Andrzej Lepper, chef du Samoobrona (« Autodéfense »), il obtient le poste de vice-Premier ministre chargé de l'Agriculture. Les ministères du Travail et du Bâtiment tombent également aux mains de Samoobrona. Ce cabinet de coalition, négocié par Jarosław Kaczyński, provoque des manifestations organisées par l'opposition.

Le 21 octobre 2007, lors d'élections législatives anticipées, le parti libéral Plateforme civique (PO) de Donald Tusk, parti d'opposition à Lech Kaczyński et à Jarosław Kaczyński, remporte 41 % des voix et distance le parti conservateur Droit et Justice (PiS) au pouvoir depuis deux ans, qui arrive à la seconde position avec 33 % des suffrages exprimés.

Quelques jours plus tard, Donald Tusk annonce au quotidien Gazeta Wyborcza que la Pologne pourrait adopter l'euro vers 2012, après analyse sur l’influence de l’adhésion à la monnaie unique sur les revenus des Polonais.

Donald Tusk est officiellement désigné premier ministre le 9 novembre suivant, et forme ensuite un gouvernement de coalition (avec 209 députés sur 460, la PO ne dispose pas de la majorité absolue) en s'alliant avec le parti paysan centriste PSL de Waldemar Pawlak.

Le 17 novembre 2007, le nouveau ministre de la Défense, Bogdan Klich, annonce que la Pologne « achèvera en 2008 » la mission de ses soldats en Irak.

Ces voïvodies étaient au nombre de 49 entre 1975 et 1999.

Le paysage polonais consiste presque entièrement en terres constituant la Plaine européenne du Nord. Le sud est cependant marqué par le massif des Carpates qui forme une frontière naturelle avec la République tchèque et la Slovaquie. Le pays dispose d'une large ouverture sur la Baltique facilitant les exportations de produits agricoles ou manufacturés et de matières premières (charbon), et permettant la création de chantiers navals. La frontière avec l'Allemagne a été fixée sur la ligne Oder-Neisse, du nom du fleuve et de son affluent situés à l'ouest du pays.

La côte baltique polonaise est longue d'approximativement 528 kilomètres et s'étend de Świnoujście sur les îles d'Usedom et de Wolin dans l'ouest à Krynica Morska sur la presqu'île de la Vistule dans l'est. Pour la plupart, la Pologne a un littoral régulier, qui a été formé par le mouvement continuel du sable par des courants et des vents d'ouest en est. Ces érosions et dépôts continuels ont formés des falaises, des dunes, et des presqu'îles, dont beaucoup ce sont déplacées vers les terres pour former des lagunes, telles que le lac de Łebsko dans le parc national de Słowiński. Les plus grandes presqu'îles sont la presqu'île de Hel et la presqu'île de la Vistule. La plus grande île baltique polonaise est Wolin. Les plus grandes villes portiéres sont Gdynia, Gdańsk, Szczecin, et Świnoujście. Les principales stations balnéaires sont Sopot, Międzyzdroje, Kołobrzeg, Łeba, Władysławowo et la presqu'île de Hel.

La Pologne est parcourue par deux fleuves majeurs qui se jettent dans la mer Baltique. La Vistule, longue de 1 047 km, traverse plusieurs grandes villes polonaises dont Varsovie, la capitale. L'Oder, long de 854 km, délimite quant à lui une partie de la frontière entre l'Allemagne et la Pologne. Le pays compte aussi des rivières de première importance telles que la Warta, un affluent de l'Oder long de 808 km, le Bug, un affluent de la Vistule long de 772 km, ainsi que l'Alle et l'Angrapa.

La majorité des cours d'eau de Poméranie et des régions avoisinantes terminent leur course dans la mer Baltique, mais dans les Beskides prennent source certains ruisseaux qui se déversent indirectement dans la mer Noire, soit par l'intermédiaire du Dniestr, soit par l'intermédiaire de l'Orava, puis du Váh, et enfin du Danube.

Les cours d'eau polonais sont depuis longtemps utilisés pour la navigation. Les Vikings, par exemple, avaient l'habitude de remonter la Vistule et l'Oder. Au Moyen Âge et au début de l'ère moderne, lorsque la Pologne-Lituanie était le grenier de l'Europe, l'acheminement de céréales et d'autres produits agricoles le long de la Vistule vers Gdańsk puis l'Europe de l'Ouest devint particulièrement important.

Avec prés de dix mille lacs couvrant plus d'un hectare (2,47 acres) chacun, la Pologne a un des nombres les plus élevés de lacs dans le monde. En Europe, seulement la Finlande a une plus grande densité de lacs.

Les plus grands lacs, couvrant plus de 100 kilomètres carrés (38,6 milles carrés), sont le lac Śniardwy et lac Mamry en Mazurie, ainsi que le lac Łebsko et le lac Drawsko en Poméranie.

En plus de la région des lacs dans le nord (Mazurie, Poméranie, Kashubie, Lubuskie, et Grande-Pologne), il y a également un grand nombre de lacs de montagne dans le Tatras, duquel le Morskie Oko est le plus grand dans le secteur. Le lac avec la plus grande profondeur (plus de 100 mètres) est lac Hańcza dans la région des lac de Wigry, à l'est de la Mazurie en Voïvodie de Podlachie.

Les maisons sur pilotis de Biskupin, encore occupées par plus de mille résidents, furent construites à l'origine par les Lusaciens avant le septième siècle avant Jésus-Christ. Les ancêtres des Polonais d'aujourd'hui, les Polanes, construirent leurs premières forteresses sur des îles dans ces lacs. Le prince légendaire Popiel est censé avoir régné de Kruszwica sur le lac Gopło. Le premier dirigeant de la Pologne qui soit documenté, le duc Mieszko Ier de Pologne, avait son palais sur une île du fleuve de Warta à Poznań.

La structure géologique de la Pologne résulte de la collision des continents européens et africains durant les soixante derniers millions d'années d'une part, et de l'effet du Quaternaire au nord de l'Europe d'autre part, ces deux phénomènes ayant conduit à la formation des Sudètes et des Carpates. Les plaines du nord de la Pologne sont des moraines, (ce qui permet aux scientifiques de dire qu'il y avait avant des glaciers dans cette zone du globe (notamment lors de la glaciation de Würm)), qui comportent des sols essentiellement composés de sable ou de loam, tandis qu'au sud, les vallées creusées pendant l'ère glaciaire contiennent souvent du lœss. Les plateaux de la région Cracovie-Częstochowa, qui forment d'ailleurs l'un des plus anciens massifs de la planète, les Piénines, et les Tatras occidentales sont constitués de calcaire, tandis que les Hautes Tatras, les Beskides, et les Monts des Géants sont principalement composés de granite et de basalte.

La Pologne a 21 montagnes de plus de 2 000 mètres d'altitude, toutes des hautes Tatras. Le Tatras polonais, qui comprend les hautes Tatras et le Tatras occidental, est le groupe de montagne le plus élevé de Pologne et de toutes les Carpates. Dans les hautes Tatras se situe le point culminant de la Pologne, le mont Rysy (2 499, 6 mètres). À ses pieds se trouve le lac de montagne, le Morskie Oko. Le deuxième groupe de montagne le plus élevé de Pologne sont les Beskides, dont la crête la plus élevée est le Babia Góra (1 725 mètres). Le groupe de montagne le plus élevé qui suit sont les monts des Géants, appelés massif de Karkonosze en Pologne, dont le point le plus élevé est le Snezka (1 602 mètres). Les montagnes de Bieszczady, dans le sud-est de la Pologne, dont le point le plus élevé en Pologne est le Tarnica (1 346 mètres) sont parmi les montagnes les plus belles de ce pays. Les touristes fréquentent également les montagnes de Gorce dans le parc national de Gorce, avec des altitudes autour de 1 300 mètres, et le Pieniny dans le parc national de Pieniny, avec des altitudes autour de 1 000 mètres. Le point le plus bas en Pologne, à 2 mètres au-dessous du niveau de la mer, est Raczki Elbląskie, dans le delta de la Vistule, près d'Elbląg.

Le désert de Bledowska est un désert situé dans la Pologne méridionale dans le voïvodie de Silésie et s'étend au-dessus de la région de Zagłębie Dąbrowskie. Il a une surface totale du 32 km². C'est le seul désert polonais. Il est l'un de seulement cinq déserts naturels en Europe. C'est le désert le plus chaud qui apparaisse à cette latitude. Il fut créé par la fonte d'un glacier, il y a des milliers d'années. La structure géologique spécifique a été de grande importance (l'épaisseur moyenne de la couche de sable est d'environ 40 mètres (maximum 70 mètres), ce qui a rendu l'assèchement rapide et profond très facile. Ces dernières années le désert a commencé à se rétrécir. Le phénomène des mirages a été connu pour exister là.

Les forêts couvrent 28 % du territoire polonais. Plus de la moitié des terres sont consacrées à l'agriculture. Tandis que la surface totale sous culture diminue, les champs restants sont cultivés plus intensivement.

Plus de 1 % du territoire de la Pologne, (3 145 kilomètres carrés), est protégé par 23 parcs nationaux. À cet égard, la Pologne est au premier rang en Europe. Trois parcs nationaux de plus sont projetés pour la Masurie, la montagne de Cracovie-Częstochowa, et le Beskids oriental. La plupart des parcs nationaux polonais sont situés dans la partie méridionale du pays. En outre, les marécages le long des lacs et des fleuves du centre de la Pologne sont protégés légalement, de même que les secteurs côtiers dans le nord. Il y a également beaucoup de secteurs protégés pour leurs paysages, et de nombreuses réserves naturelles.

En Pologne orientale, il y a un certain nombre de régions boisées, comme la forêt vierge de Białowieża, qui n'ont été jamais défrichées par les hommes. Il y a également de grands secteurs couverts de forêts dans les régions montagneuses, en Mazurie, en Poméranie, et en Basse-Silésie.

Beaucoup d'animaux qui se sont depuis éteints dans d'autres parties d'Europe survivent toujours en Pologne, telle que le bison d'Europe dans la forêt de Białowieża et en Podlachie. D'autres espèces incluent l'ours brun dans la forêt de Białowieża, dans le Tatras et dans les Beskids au sud du voïvodie des Basses-Carpates; le loup gris et le lynx d'Eurasie dans diverses forêts, les élans dans le Nord de la Pologne et le castor en Mazurie, en Poméranie et en Podlachie. Dans les forêts, on rencontre également des gibiers, tel que des cerfs élaphe, des chevreuils et des sangliers.

La Pologne est l'endroit de couvée le plus important pour les oiseaux migrateurs européens. Parmi tous les oiseaux migrateurs qui viennent en Europe pour l'été, un quart se reproduisent en Pologne, en particulier dans la région des lacs et dans les zones marécageuses le long du Biebrza, du Narew, et du Warta, qui font partie de réserves naturelles ou de parcs nationaux. En Mazurie, il y a des villages dans lesquels les cigognes dépassent le nombre de personnes.

Le climat est de type océanique au nord et à l'ouest et devient graduellement plus continental en allant vers le sud et l'est. Les étés sont tièdes, avec des températures moyennes variant entre 20°C et 27°C. Les hivers sont froids, avec des températures moyennes tournant autour de 3°C au nord-ouest et -8°C au nord-est. Bien que les précipitations restent régulières tout au long de l'année, l'hiver est plus sec que l'été, surtout à l'est.

Le 12 septembre 1989, l'ancien dirigeant de Solidarność Tadeusz Mazowiecki forme le premier gouvernement polonais non communiste depuis 1948.

Vice-Premier ministre et ministre des Finances au sein de ce gouvernement, Leszek Balcerowicz va mettre en œuvre une politique visant à assurer la transition de l'économie planifiée vers l'économie de marché. Ce plan - connu sous le nom de « thérapie de choc » - a permis la maîtrise de l'hyperinflation qui ruinait l'économie polonaise et une rapide transition vers une économie de marché.

Après une première phase difficile se caractérisant par une forte inflation, la dévaluation de la monnaie, des fermetures d'entreprises et une forte hausse du chômage, cette politique a permis le développement et la modernisation de l'économie polonaise. Elle a abouti au retour de la croissance dès 1993, à une amélioration sensible du niveau de vie de la population, permettant une augmentation de la consommation, une baisse de l'inflation, une stabilisation du zloty, une augmentation des échanges commerciaux et d'importants flux d'investissements directs étrangers.

Le 23 décembre 1991, après avoir initié cette politique, Leszek Balcerowicz, considéré comme le père des réformes économiques et le principal architecte de la profonde mutation de la Pologne au cours des années 1990, au sortir de quarante années de communisme, quitte son poste au ministère des Finances et est remplacé par Karol Lutkowski.

L'embellie de l'économie polonaise due à la « thérapie de choc » s'est poursuivie jusqu'en 1997, avec cette année-là un taux de chômage passant sous la barre des 10 %. Depuis, la Pologne connaît de nouveaux problèmes : après avoir dépassé le seuil des 20 % en 2004, le taux de chômage reste supérieur à 19 % au début de l'année 2005. En 2007, le taux de chômage est redescendu à 12 %.

Les centrales thermiques fonctionnant au charbon ou au lignite fournissent 94 % de la production d'électricité du pays. Malgré les efforts réalisés depuis la fin de l'ère communiste, la Pologne émet encore neuf tonnes de dioxyde de carbone par habitant, l'un des plus forts taux de l'Union européenne.

Le premier partenaire commercial de la Pologne est l'Allemagne. La France est le deuxième client et le quatrième fournisseur du pays. Les autres principaux partenaires sont l'Italie, la Russie, la Grande-Bretagne, la République tchèque, la Chine, les Pays-Bas.

Attention, ces chiffres sont très controversés.

Il y a environ 400 000 ressortissants étrangers en Pologne, majoritairement originaires d'autres pays d'Europe orientale (Russie, Biélorussie, Ukraine…) mais aussi d'Extrême-Orient (Chine et Viêt Nam). La communauté vietnamienne compte environ 60 000 personnes (3e en Europe après la France et l'Allemagne). Depuis 2000, 71 711 Allemands se sont installés en Pologne.

La diaspora polonaise (Polonia) compte 20 millions de personnes d'origine polonaise.

La musique remonte au XIIIe siècle en Pologne, mais ce n'est qu'au XIXe siècle, avec l'avènement de Frédéric Chopin, qu'elle acquiert une dimension nationale et internationale. Le pays devait alors connaître une succession de compositeurs reconnus, tels Szymanowski, Penderecki, Lutoslawski et Goreki au XXe siècle.

La musique traditionnelle n'est plus guère jouée que dans certaines régions touristiques, mais la musique actuelle connaît une expansion rapide depuis la chute du régime communiste en 1989.

Souvent réduit à tort aux simples prestations des ballets Śląsk et Mazowsze par une grande partie de la polonité, le folklore polonais reste cependant pratiqué assidûment par un grand nombre de Polonais de tous âges et de toutes classes sociales.

Ceci est en partie dû à la volonté et au travail exceptionnel de préservation de ce folklore. Artisan de cette préservation : Oskar Kolberg qui parcourut la Pologne au XIXe siècle afin de répertorier le maximum de mélodies, de poèmes et de danses, région par région. Ce travail de recherche est d’ailleurs disponible dans son chef-d’œuvre de plus de 50 tomes : LUD (le peuple).

Ainsi, de nombreux groupes se sont créés et revendiquent encore aujourd’hui leurs régions d’origine, teintées de mélodies typiques et de pas de danse très particuliers d’une région à l’autre. Notons néanmoins qu’il existe 5 danses nationales popularisées pour la plupart par Chopin : le krakowiak (danse de Cracovie), l’oberek, la polonaise, le mazur et le kujawiak.

L’exemple le plus frappant de cette préservation des traditions folkloriques reste la région des Podhale près de Zakopane ; cette région montagneuse conserve ses traditions dans la vie quotidienne et dans les comportements mais surtout continue à conserver sa musique grâce au développement touristique et aux karczma (taverne où l’on peut écouter de la musique montagnarde).

Enfin, depuis les années 1960 et l’apparition de la polonia (polonité : ensemble des personnes d’origine polonaise dans le monde), de nombreux groupes étrangers de folklore polonais sont apparus afin de perpétuer les traditions.

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Histoire des Juifs en Pologne

Principaux ghettos en Pologne et Europe de l’Est

L’histoire des Juifs en Pologne s’étale sur plus de mille ans. Elle passe par une longue période de tolérance religieuse et de prospérité de la communauté juive polonaise et se termine avec la destruction presque entière de la population juive par les nazis durant l’occupation allemande de la Pologne (1939 – 1945) : Holocauste ou Shoah.

Depuis la fondation du Royaume de Pologne au Xe siècle, puis dans l’Union polono-lituanienne (l’union du Royaume de Pologne et du Grand-duché de Lituanie, 1569), la Pologne a été un de pays les plus tolérants en Europe. Ce fait explique l’afflux des Juifs chassés ou persécutés dans l’Europe occidentale. La communauté juive en Pologne était en effet une des plus grandes et des plus actives au monde. Au XVIIe siècle, cette tolérance commence à faiblir, tout comme la force de la Pologne assiégée par des voisins expansionnistes, et exposée au chaos politique et aux idées de la Contre-Réforme. À la fin du XVIIIe siècle, la situation des Juifs sur les territoires polonais commence à ressembler à celle d’autres territoires d’Europe. En 1795, la Pologne est partagée au profit de ses voisins et elle disparaît de la carte de l’Europe. Les Juifs polonais deviennent citoyens des puissances qui dominent alors la zone, surtout de la Russie de plus en plus antisémite mais aussi de la Prusse et de l’Autriche-Hongrie. Quand la Pologne redevient indépendante en 1918, elle compte parmi ces citoyens environ 3 500 000 de Juifs, 10 % de sa population dans ses frontières de 1921. Néanmoins, l’antisémitisme est un des problèmes politiques du pays en construction. Environ 90 % de cette communauté périt, durant la Seconde Guerre mondiale, des mains des nazis dans les massacres et les camps d'extermination. Durant l’occupation allemande, à quelques tragiques exceptions près (par exemple le pogrom de Jedwabne), la population polonaise n’a pas collaboré avec les Allemands dans la destruction de ses compatriotes juifs. Dans la période de l’après-guerre, une grande partie des 180 à 240 000 survivants ont choisi d’immigrer vers Israël alors en construction.

La communauté juive en Pologne aujourd’hui ne compte qu’entre 8 000 et 12 000 personnes mais les estimations sont peu fiables (les Juifs qui sont restés en Pologne sont souvent les plus polonisés et ne s’identifient pas toujours à la communauté juive).

Les premiers Juifs arrivent sur les territoires de la Pologne au cours du Xe siècle. En longeant les routes commerciales vers Kiev et Boukhara, ils passent par la Silésie. L’un d’entre eux, Maurice, de la ville de Tortosa en Catalogne, connu par son nom arabe Ibrahim ibn Jakub, a été le premier chroniqueur qui mentionna l’État polonais et le prince Mieszko I. La première mention des Juifs dans les documents polonais apparaît au XIe siècle et concerne leur présence à Gniezno, la première capitale de Pologne (966-1385), fondée par les Piast. La première communauté juive établie sur le territoire est citée en 1085 par un savant juif Jehuda ha-Kohen dans la ville de Przemyśl.

La première vague d’émigration juive d’Europe occidentale date de la Première Croisade en 1098. Fuyant les exactions des Croisés à leur égard, les Juifs trouvent, dans le pays dirigé par Boleslas III (1102–1139), un accueil favorable et s’installent sur tout son territoire jusqu’à la Lituanie et Kiev. Boleslas III reconnaît l’utilité de cette immigration surtout pour le développement du commerce dans son pays. Les Juifs participent à la formation du système économique de la Pologne (sur les pièces polonaises de l’époque, on peut trouver des inscriptions et des signes hébraïques). Les Juifs connaissent alors une période de tranquillité dans le pays disloqué en duchés de plus en plus nombreux selon la loi féodale. Ils forment une sorte de « classe moyenne » entre la petite noblesse terrienne (szlachta) et les paysans.

Cette tolérance est toutefois rongée par la hiérarchie de l’Église catholique et les États voisins allemands. Néanmoins, dans les duchés, ils trouvent toujours des protecteurs. Ainsi, un des grands protecteurs des Juifs était Boleslas le Pieux, duc de la Grande-Pologne, qui a promulgué avec l’accord des notables de son duché, en 1264, la Charte de Kalisz donnant aux Juifs la liberté de travailler, de se déplacer et de faire du commerce (les distinguant ainsi nettement des paysans sans aucune liberté de ce type). Durant les cent ans qui suivent les gouvernants de la Pologne ont souvent protégé les Juifs, y compris de l’Église catholique.

En 1334, Casimir III le Grand (1303–1370) a élargi et augmenté les privilèges des Juifs à travers le Statut de Wiślica. Cette période est considérée comme l’une des plus prospères pour les Juifs en Pologne. Cependant, vers la fin du règne de Casimir III, des massacres de Juifs ont eu lieu suite aux accusations portées sur cette communauté après l’épidémie de la peste noire qui a touché le pays. Des massacres à Kalisz, Kraków, Głogów, et autres villes sur la frontière avec les comtés germaniques, ont fait environ 10 000 victimes. Toutefois, en comparaison avec les persécutions subies par les Juifs dans l’Europe occidentale, la Pologne était un havre de paix pour cette communauté, les émigrations de masse des pays de l’Allemagne en témoignent.

Le résultat du mariage de Ladislas II Jagellon, roi de Pologne, avec Hedwige, fille de Louis Ier de Hongrie, est la réunion de la Lituanie et du royaume de Pologne. Bien qu’en 1388 les droits soient également étendus aux Juifs lituaniens, c’est sous le règne de Ladislas II Jagellon et de ses successeurs que les premières persécutions à grande échelle des Juifs de Pologne commencent, et le roi n’agit pas pour les faire cesser. Des accusations de sacrifices humains et de persécutions sont dirigées contre les Juifs, alors que les persécutions officielles augmentent graduellement, particulièrement depuis que le clergé pousse à moins de tolérance. Vers la fin du Moyen Âge, il y avait environ 18 000 Juifs en Pologne et 6 000 en Lituanie, soit 0,6% de la population totale.

Le déclin du statut des Juifs est momentanément enrayé par Casimir IV (1447–1492) mais, pour se concilier la noblesse, il accorde à celle-ci le statut de Nieszawa qui abolit entre autres choses, sous la pression de l’Église, certains privilèges des Juifs reconnus comme « contraires au droit divin et à la loi du pays. » La politique du gouvernement envers les Juifs de Pologne n’est guère plus tolérante sous le règne des fils et successeurs de Casimir IV, Jean Ier Albert (1492–1501) et Alexandre Ier (1501–1506), qui expulse les Juifs du Grand-Duché de Lituanie en 1495. À la fin du XVe siècle, il y avait moins de 30 000 Juifs dans le royaume de Pologne et le grand-duché de Lituanie.

Alexandre change d’avis en 1503, au moment où les Juifs sont expulsés d’Espagne (en 1492), ainsi que d’Autriche, de Bohême et d’Allemagne, alimentant l’émigration juive vers une Pologne nettement plus tolérante. En effet, avec l’expulsion des Juifs d’Espagne, la Pologne devient un refuge pour les exilés d’Europe occidentale qui viennent grossir les rangs de la communauté juive polonaise, alors le centre culturel et spirituel du peuple juif.

La période la plus prospère pour les Juifs de Pologne suit ce nouvel afflux de Juifs avec le règne de Sigismond Ier le Vieux (Zygmunt I Stary) (1506–1548) qui les protège. En 1532 les Juifs reçoivent le droit de commerce dans tout le royaume, en 1534 le roi annule l’obligation de porter des signes distinctifs. Cette même année est fondée la première imprimerie juive à Cracovie, publiant des livres en hébreu et en yiddish. Son fils, Sigismond II Auguste (Zygmunt II August) (1548–1572), suit dans ses grandes lignes la politique tolérante de son père, accorde l’autonomie aux Juifs en matière d’administration communautaire, et jette les bases du pouvoir du Kahal (communauté autonome juive). C’est cette période qui est à l’origine du proverbe selon lequel la Pologne serait « un paradis pour les Juifs » . Au milieu du XVIe siècle, il y avait 150 000 Juifs dans le royaume (2% de la population totale), au début du siècle suivant, ils étaient 300 000 (3% de la population totale).

Après la mort sans descendance de Zygmunt II, le dernier roi de la dynastie de Jagellon, la noblesse polonaise et lituanienne (szlachta) se rassemble à Varsovie en 1573 et signe une déclaration de la tolérance et respect mutuel entre les religions du royaume.

Après Sigismond, Étienne Bathory (1576–1586) fut élu roi de Pologne; et s’il se montra à la fois tolérant pour son peuple et ami des Juifs, le peuple devint de plus en plus antisémite. Les événements politiques et économiques au cours du XVIe siècle obligèrent les Juifs à établir une organisation communautaire plus compacte, ce qui les rendit suffisamment isolés de leurs voisins chrétiens pour être considérés comme des étrangers. Ils résidaient dans les grands centres urbains mais se mêlaient peu d’administration municipale, leurs besoins et litiges étant réglés par les rabbins, les anciens et les dayanim (juges religieux). Les conflits et disputes devinrent cependant fréquents, et entraînèrent la tenue de congrès rabbiniques périodiques, qui furent le noyau de l’institution centrale connue en Pologne, du milieu du XVIe siècle au milieu du XVIIIe siècle, comme le Conseil des Quatre Terres. Sous Sigismond III Vasa (1587–1632) et son fils Ladislas IV Vasa (1632–1648), la position des Juifs fut graduellement réduite, à mesure que le nombre d’accusations de meurtre rituel augmentait.

En 1648, la République polono-lituanienne est dévastée par plusieurs conflits dans lesquels elle perd un tiers de sa population (environ 3 millions de personnes dont plusieurs centaines de milliers de Juifs). Le soulèvement des Cosaques conduit par Bohdan Chmielnicki contre les Polonais dans l’Est de la République (actuelle Ukraine) coûte la vie à des dizaines de milliers des Juifs et de Polonais. Chmelnicki accusa les Polonais d’avoir vendu les Ukrainiens aux Juifs. Le nombre exact des victimes juives n’est pas connu mais leur population a diminué durant cette période d’environ 100 000 à 200 000 – ce chiffre inclut les migrations et les envois en jasyr (la captivité dans l’Empire ottoman). Dans la seule ville de Nemirov (Sud-Est Pologne) et dans la seule journée du 10 juin 1648, 6 000 Juifs sont massacrés (avec l’accord des défenseurs polonais de la ville).

Par la suite, les politiques successives mises en place par les rois élus de la dynastie de Vasa amenèrent peu à peu le pays à la ruine jusqu’à son invasion par la Suède qui fut nommée en Pologne « le déluge ».

Le Royaume de Pologne, qui avait su jusque là résister au soulèvement des cosaques de Chmielnicki ou aux invasions répétées des Russes ou de l’Empire ottoman, plongea dans une période de chaos (1655-1658). Charles X de Suède, à la tête de ses armées victorieuses, occupa bientôt toute la Pologne y compris les villes de Cracovie et Varsovie.

Les Juifs de la Grande-Pologne comme ceux de la Petite-Pologne se trouvèrent pris entre deux feux : ceux qui étaient épargnés par les Suédois étaient attaqués par les Polonais les accusant d’avoir collaboré avec l’ennemi. Le général polonais, Stefan Czarniecki, dans son trajet vers la Suède, dévasta les territoires traversés et n’eut aucune pitié pour les Juifs. Les groupes de partisans polonais traitaient les résidents non polonais avec la même sévérité. Les horreurs de cette guerre furent aggravées par des épidémies et les habitants (dont de nombreux Juifs) des régions de Kalisz, Cracovie, Poznań, Piotrków, et Lublin périrent en masse.

À peine cette période trouble terminée, les Juifs se réinstallèrent et entamèrent la reconstruction de leurs habitations. Bien qu’il soit vrai que la population juive de Pologne ait diminué et se soit appauvrie, elle restait bien plus importante que dans les autres implantations juives d’Europe occidentale et la Pologne demeura le centre spirituel du judaïsme. Jusqu’en 1698, les rois successifs de Pologne resteront bienveillants envers la communauté, malgré une noblesse et un clergé hostiles. Il est aussi à noter que, tandis que la communauté juive subissait de grosses pertes (estimées par certains historiens à près de 500 000 personnes), l’ensemble du pays perdit près du tiers de sa population, soit approximativement trois millions de personnes.

Avec l’accession au trône de la Dynastie de Saxe, les juifs perdent tout soutien du gouvernement. Les szlachta et habitants des villes deviennent de plus en plus hostiles à leur égard et la tolérance religieuse qui avait été celle des générations précédentes s’efface peu à peu pour s’approcher du 'standard' existant à l’époque dans la majorité des pays d’Europe. De nombreux juifs se sentirent trahis par ce pays qu’ils avaient longtemps considéré comme leur 'paradis'. Dans les grandes villes comme Poznań et Cracovie les altercations entre chrétiens et juifs se multiplient. Les attaques d’étudiants contre leur collègues juifs (Schüler-Gelauf) deviennent quotidiennes sous le regard indifférent de la police.

Le désordre et l’anarchie règnent en maîtres en Pologne durant la seconde moitié du XVIIIe siècle, à partir du couronnement de son dernier roi Stanislas II de Pologne (1764–1795).

En 1772, avec la Confédération de Bar, les provinces périphériques de Pologne sont partagées entre trois états : la Russie, l’Autriche et la Prusse. Les Juifs étaient plus nombreux dans les territoires annexés par les Russes et les Autrichiens.

Le Conseil Permanent établi à la demande du gouvernement russe (1773–1788) fonctionna comme un tribunal administratif et s’occupa d’élaborer un plan de réorganisation de la Pologne sur des bases rationnelles. Les éléments apparaissant comme urgents étaient la mise en place d’un système éducatif, nécessaire à la réforme. La fameuse "Commission de l’Éducation nationale" Komisja Edukacji Narodowej - premier ministère de l’Éducation au monde - fut créé en 1773 et construisit de nouvelles écoles tout en rénovant les plus anciennes. Un des membres de la commission Andrzej Zamoyski, avec d’autres, proposa le respect des juifs et de leurs biens et une certaine tolérance religieuse à leur égard. Il insista cependant pour que les juifs vivant en ville soient séparés des chrétiens, que ceux n’exerçant pas de métier précis soient bannis du royaume et que ceux pratiquant l’agriculture ne soient pas autorisés à posséder des terres. D’un autre côté, certains nobles et intellectuels proposèrent un système de gouvernement garantissant l’égalité civique et politique pour les juifs. C’est le seul exemple d’une telle tolérance et d’une telle ouverture d’esprit sur la « question juive » en Europe jusqu’à la Révolution française. Mais toutes ces réformes vinrent trop tard : l’armée russe envahit la Pologne suivie de près par l’armée prussienne.

Une seconde partition de la Pologne se déroula en juillet 1793. Les juifs, dans un régiment juif emmené par Berek Joselewicz, ont pris part à la révolte de Kościuszko l’année suivante, lorsque les Polonais tentèrent de regagner l’indépendance. Elle fut brutalement réprimée par les Russes. À la suite de cette révolte, la troisième et dernière partition de la Pologne a eu lieu en 1795. Le gros de la population juive polonaise se retrouva alors en Russie, devenant assujetti à cet empire (avec un interlude du Royaume du Congrès (1815–1831)).

La production culturelle et intellectuelle de la communauté Juive de Pologne eut un impact profond sur l’ensemble du monde juif. Certains historiens juifs relatent que le mot Pologne se prononce Polania ou Polin en hébreu, ce qui peut si on applique une translittération se traduire par "bons présages" car Polonia peut être fragmenté en po (ici), lan (résidence), ya (Dieu en hébreu) ; s’agissant de la prononciation Polin en : po (ici) lin ( résider). Le « message » était donc interprété comme quoi la Pologne était un lieu d’élection pour les Juifs. Et de fait, de la promulgation des lois de Sigismond Vasa à l’arrivée des nazis, la Pologne fut au centre de la vie religieuse de la communauté juive.

Des Yeshivot (centres d’étude de la Torah) étaient établis, sous la direction des rabbins dans les plus importantes communautés. Ces établissements étaient officiellement nommés gymnasiums et leurs rabbins "recteurs". Des Yeshivot de grande taille étaient implantés à Cracovie, Poznań et dans d’autres villes d’importance.

Les premières imprimeries juives firent leur apparition dans le premier quart du XVIe siècle. En 1530 une Torah en hébreu était imprimée à Cracovie et à la fin du siècle. les imprimeries juives de Lublin éditaient de nombreux livres, en majorité religieux. Le développement du Talmud en Pologne à coïncidé avec la prospérité des Juifs et leur système d’éducation étant autonome, celle-ci se faisait selon les lignes directrices du Talmud. Il y eut cependant quelques exceptions où les jeunes juifs recevaient une éducation séculaire dans les universités européennes. Les rabbins lettrés ne s’occupaient pas que de diffusion du message sacré, mais exerçaient aussi les rôles de directeurs de conscience, professeurs, juges ou encore législateurs. Leur autorité a poussé les dirigeants des communautés à se familiariser avec les questions parfois absconses du droit rabbinique (Halakha). La communauté Juive polonaise fonda sa vision de société sur le Talmud et la littérature rabbinique, qui avaient leurs influences sur la vie privée, l’éducation et bien sûr la religion.

Dans la première moitié du XVIe siècle, les graines du talmudisme furent implantées en Pologne depuis la Bohême, en particulier depuis l’école de Jacob Pollak, inventeur du Pilpoul ("litt : raisonnement aiguisé"). Shalom Shachna (1500–1558), un disciple de Pollak, est connu pour être l’un des pionniers du talmudisme en Pologne. Il vécut et mourut à Lublin, où il était à la tête d’une yeshiva célèbre qui produisit les rabbins les plus connus de cette époque. Le fils de Shachna, Israel devint rabbin de Lublin à la mort de son père et le disciple de Sachna, Moshe Isserles (surnommé le ReMA) (1520–1572) s’assura une réputation internationale parmi les juifs en tant que co-auteur du Shoulhan Aroukh, (code des lois juives). Son contemporain et correspondant, Salomon Luria (1510–1573) de Lublin bénéficia également d’une bonne réputation et leur autorité commune était reconnue dans toute l’Europe. Les débats religieux étaient très nombreux et les étudiants juifs y participaient activement.

Au même moment, la Kabbale s’établit sous la protection du judaïsme rabbinique et des étudiants comme Mordecai Jaffe et Yoel Sirkis se consacrèrent à ces études. Cette période de développement de l’éducation rabbinique prit fin avec la rébellion de Chmielnicki et le "Déluge".

La période allant de la rébellion des cosaques de Chmielnicki jusqu’après "le déluge", soit de 1648 à 1658, laissa une marque profonde sur la communauté juive de Pologne et de Lituanie, sur leur quotidien mais aussi dans leur vie spirituelle. Le rayonnement de la communauté juive polonaise avait diminué. L’enseignement talmudique, autrefois accessibles à tous ne l’était plus que pour un nombre limité d’étudiants. Les thèmes d’études se formalisèrent : discussions sans fin sur les lois ou sur les commentaires du Talmud. Au même moment beaucoup de faiseurs de miracles firent leur apparition en Pologne, phénomène qui culmina avec le développement de toute une série de mouvements messianiques, dont le plus fameux fut le sabbatéisme, auquel succéda le frankisme fondé par Jacob Frank.

Pendant cette période de mysticisme, apparu l’enseignement de Israel ben Eliezer, surnommé Baal Shem Tov (maître du Bon Nom), ou par son acronyme BeShT, (1698–1760), qui eut un impact profond sur les Juifs d’Europe de l'Est et de Pologne en particulier. Ses disciples (dont Dov Beer de Meziritch dit le "Maggid") propagèrent et encouragèrent une nouvelle forme de Judaïsme orthodoxe, basé sur la Kabbale, l’extase religieuse, la dévotion et la joie dans la prière et dénommé Hassidisme. La nomination par Rabbi Dov Beer de représentants de son courant à travers toute la Pologne mais aussi en Ukraine et en Lituanie permet un large développement du hassidisme en Europe orientale puis le développement de la communauté des Haredim partout dans le monde. Cette influence peut se sentir depuis la fondation du mouvement et en particulier à travers ses rabbins illustres comme Aleksander, Bobov, Ger, Nadvorna et Sassov. Unique à l’origine, ce courant va se diviser en de nombreuses « écoles », comme celle de Shnéour Zalman (Loubavitch) ou celle de Nahman de Breslav (Breslav).

Dès ses premiers pas, le hassidisme se heurte à l’opposition d’une partie de l’école rabbinique traditionnelle qui considère les hassidim comme de dangereux innovateurs. À la tête de ces Mitnagdim (= opposants) se tient un grand érudit lituanien : Elie de Vilnius (dit le « Ga’on de Vilna » 1720-1797). Le combat est sans ménagement et va jusqu’à l’excommunication mutuelle. À Vilnius se déroule même une véritable guerre religieuse, chaque partie essayant de gagner le pouvoir à sa cause. Après la mort du « Ga’on de Vilna », les frères ennemis finissent par se résoudre à l’existence de l’autre.

La politique officielle russe se montrera substantiellement plus dure concernant les Juifs que les lois de la Pologne indépendante. Les terres qui recouvraient ce qui avait été la Pologne restèrent le territoire de nombreux Juifs jusqu’à ce qu’en 1772, Catherine II de Russie, institue la « zone de colonisation » circonscrivant ainsi les Juifs aux provinces ouest de l’Empire. Cette zone, bien qu’incluant la majorité du territoire polonais excluait cependant certaines zones traditionnellement occupées par des Juifs. À la fin du XVIIIe siècle, plus de 4 millions de Juifs vivront dans cette zone de colonisation.

Au départ, la politique concernant les Juifs de Pologne reste floue, alternant entre des règles particulièrement dures et des actions plus éclairées. En 1802, le Tsar crée le Comité pour le progrès des Juifs dans le but de mettre au point une approche cohérente pour l’ensemble des nouvelles populations juives de l’empire. En 1804 ce comité proposa plusieurs actions ayant pour but d’encourager les Juifs à s’intégrer, mais sans qu’il s’agisse de mesures obligatoires ou imposées. Il proposa ainsi que les Juifs soient autorisés à bénéficier de l’enseignement et même à posséder des biens fonciers. D’autres mesures étaient moins positives comme l’interdiction d’entrer en Russie ou l’interdiction de brasser de la bière ainsi que d’autres restrictions. Les parties les plus ouvertes de cette politique ne furent cependant jamais mises en œuvres et les conditions des Juifs dans la zone de colonisation se dégradèrent progressivement. Dans les années 1820, les Lois Cantonales instaurées par Nicolas Ier de Russie conservèrent la traditionnelle double taxation des Juifs (qui remplaçait le service militaire), tout en demandant à toutes les communautés juives de fournir à l’armée des jeunes hommes qui étaient alors souvent convertis de force. Bien que les Juifs se virent accorder quelques libertés avec la Réforme de 1861, ils étaient toujours cantonnés à la zone d’occupation et soumis à des restrictions concernant la propriété et la profession. Ce statu quo prit fin avec l’assassinat du tsar Alexandre II en 1881, dont furent à tort accusés les Juifs.

L’assassinat du tsar entraîna une vague de manifestations anti-juives appelées pogroms, sur une période allant de 1881 à 1884. Lors des événements de 1881, les pogroms étaient uniquement limités à la Russie, bien qu’une émeute à Varsovie ait fait 12 morts juifs, beaucoup d’autres furent blessés, des femmes violées et pour plus de 2 millions de roubles de biens détruits. Le nouveau tsar, Alexandre III de Russie, accusa les Juifs d’avoir occasionné ces révoltes et promulgua une série de restrictions particulièrement sévères pour les mouvements juifs. Les pogroms se poursuivirent de façon intensive jusqu’en 1884, avec finalement l’accord tacite du gouvernement. Ces évènements mettent en évidence un tournant dans l’histoire des Juifs de Pologne et à travers le monde. Ces persécutions entraînèrent une importante vague d’immigration juive aux États-Unis et près de 2 millions de Juifs ont quitté la zone de colonisation à la fin des années 1920. On considère que les pogroms sont un des facteurs déterminants de l’émergence du sionisme.

Un mouvement encore plus violent de pogroms se développe de 1903 à 1906, et il est parfois sous-entendu que certains d’entre eux furent organisés ou au moins appuyés par les services secrets russe, l’Okhrana. Les pires d’entre eux se déroulèrent sur le territoire polonais où la majorité des Juifs russes vivaient, en particulier le pogrom de Białystok en 1906 durant lequel plus de 100 Juifs furent massacrés et de nombreux autres blessés.

L’éveil juif ou Haskala, prit racine dans les années 1800, mettant l’accent sur des idées et des valeurs laïques. Les leaders du Haskalah, les Maskilim, militèrent pour l’assimilation et l’intégration des Juifs à la culture russe. Au même moment, une autre doctrine juive, le mouvement du Mussar préconise quant à elle la mise en avant des études traditionnelles et une réponse juive au problème ethnique de l’antisémitisme. Les politiciens juifs étaient globalement peu influencés par l’Haskala et préconisaient une poursuite stricte de la vie religieuse basée sur l’Halakha (Loi juive) suivant ainsi les mouvements juifs orthodoxes, le hassidisme, puis se tournant vers le Sionisme du Mizrahi dans les années 1800.

À la fin des années 1800, le Haskalah et le débat qu’il généra, entraîna l’apparition de nombreux mouvements politiques au sein de la communauté juive, développant de nombreux points de vue et de vives rivalités lors des élections régionales. Le sionisme devint très populaire avec l’avènement du parti socialiste Poale Zion et la branche polonaise du Mizrahi ainsi que par la renommée grandissante du General Zionists. Des Juifs adoptent également les idées socialistes, et créent l’Union générale des travailleurs juifs (souvent connue sous son abréviation de Bund) qui prône l’assimilation et milite pour les droits du travail. Le Folkspartei (Parti du Peuple) quant à lui défendra l’autonomie culturelle et s’opposera à l’assimilation. En 1912, Agoudat Israel, un parti religieux, voit le jour.

Il n’est pas surprenant, étant donné les conditions imposées par la Russie impériale, que les Juifs aient participé à des insurrections polonaises contre les Russes, en particulier la révolte de Kościuszko (voir plus bas), l’insurrection de janvier (en 1863), ainsi qu’au mouvement révolutionnaire russe de 1905.

Les Juifs jouèrent également un rôle dans les combats pour l’indépendance en 1918, certains rejoignant Józef Piłsudski, alors que beaucoup d’autres communautés restèrent neutres. Dans la suite de la Première Guerre mondiale et des nombreux conflits qui virent le jour en Europe de l’Est (Révolution russe, guerre polono-ukrainienne et la guerre russo-polonaise), de nombreux pogroms eurent lieu. Comme de nombreux Juifs étaient accusés d’avoir supporté le bolchevisme en Russie, ils devinrent la cible des ennemis du régime bolchevique.

Ils identifièrent néanmoins huit incidents majeurs pour 1918–1919 et estimèrent le nombre de victimes à 200–300 Juifs. Quatre de ces pogroms furent attribués aux exactions de déserteurs ou de soldats indisciplinés et aucun ne fut inquiété par la police gouvernementale. Parmi ces incidents, un officier de l’armée polonaise accusa un groupe de sionistes de Pińsk de comploter contre les Polonais et abattit 35 d’entre eux. À Lwów (actuellement Lviv), en 1918, des centaines de personnes, dont 72 Juifs furent tués dans le chaos consécutif à la prise de la ville par l’armée polonaise. À Varsovie, des soldats de l’armée bleue (unités de l’armée polonaise formées en France) attaquèrent des Juifs dans les rues, mais furent condamnés par les autorités militaires. D’autres incidents en Pologne se révélèrent avoir été exagérés par la suite, en particulier par les journaux de l’époque comme le New York Times, alors que des exactions contre les Juifs, dont de nombreux pogroms, se déroulaient dans d’autres régions comme l’Ukraine. Le résultat de cette communication du sort réservé aux Juifs de Pologne déboucha sur une série de clauses particulièrement claires dans le traité de Versailles, protégeant les droits des minorités polonaises. En 1921, la constitution polonaise (connue sous le nom de Constitution de Mars) accorde aux Juifs les mêmes droits qu’aux autres citoyens et leur garantit la liberté de culte.

La toute récente seconde République polonaise abrite la plus forte population juive d’Europe lorsque la Seconde Guerre mondiale commence. Selon le recensement de 1931, 3 130 581 personnes se déclaraient juives. En tenant compte de l’accroissement de la population et de la forte émigration de Pologne entre 1931 et 1939, on peut estimer que la Pologne comptait 3 474 000 Juifs (soit 10 % de la population totale) le premier septembre 1939, jour du début de la campagne allemande contre la Pologne.

Les Juifs étaient au départ regroupés dans les grandes et moyennes villes (77% de citadins). Durant l’année scolaire 1937–1938 on comptait 226 écoles primaires et 12 lycées où l’enseignement était dispensé en yiddish ou en hébreu. Les partis politiques juifs aussi bien socialistes (Bund : Union générale des travailleurs juifs) que les tenants du sionisme (qu’ils soient de droite ou de gauche) ou les partis religieux conservateurs étaient représentés aussi bien au Sejm (le parlement polonais) que dans les assemblées régionales.

La scène culturelle juive était particulièrement active. On comptait de nombreuses publications juives et plus de 116 périodiques. Les auteurs yiddish, dont un des plus connus, Isaac Bashevis Singer, se virent attribuer une renommée internationale et classés parmi les auteurs classiques juifs, avec pour Singer la consécration par le Prix Nobel en 1978. D’autres auteurs juifs de cette période, comme Bruno Schulz, Julian Tuwim, Jan Brzechwa et Bolesław Leśmian étaient moins connus sur le plan international mais apportèrent une importante contribution à la littérature polonaise. Le théâtre yiddish était également florissant : la Pologne comptait 15 théâtres yiddish. Varsovie était le fief de la plus importante troupe yiddish de l’époque, la Troupe Vilna qui joua la première de Dybbuk en 1920 à l’Elyseum Théatre.

Alors que la seconde République s’affirmait, les persécutions envers les Juifs augmentèrent en Pologne. Ceux-ci n’étaient souvent pas assimilés à des Polonais de souche, vision générée à la fois par le nationalisme polonais et par le fait que la majorité des Juifs vivaient séparément du reste de la population polonaise. Par exemple, 85 % des Juifs polonais déclaraient comme langue maternelle le yiddish ou l’hébreu. Bien que la situation s’améliore un peu sous le gouvernement de Józef Piłsudski (1926–1935), qui s’opposa à l’antisémitisme, les conditions se détériorèrent à sa mort. Augmentation des vexations dans l’enseignement, émeutes anti-juives, quotas (semi-officiels ou officieux) appliqués à partir de 1937 dans certaines universités, réduisent de moitié le nombre de juifs inscrits entre l’indépendance et la fin des années 1930. En 1937, le syndicat professionnel des médecins et avocats polonais n’accepta plus que les chrétiens polonais, alors que de nombreux emplois gouvernementaux restaient fermés aux Juifs pendant toute cette période.

Cette discrimination s’accompagnait de violences physiques, et entre 1935 et 1937, 79 Juifs furent tués et 500 blessés dans des incidents anti-juifs. Les magasins juifs étaient également la cible de ces attaques et beaucoup d’entre eux furent pillés. À la même époque, des boycotts d’ordre économique et des attaques contre les biens, combinés aux effets de la grande dépression qui avaient été particulièrement forts dans les pays agricoles comme la Pologne réduisirent le niveau de vie des Juifs polonais à un point tel qu’ils devinrent une des plus pauvres communautés du monde. Le résultat de cette situation est qu’au début de la Seconde Guerre mondiale, la communauté juive bien que forte numériquement et riche de sa vie culturelle intense était aussi significativement (à l’exception de quelques professionnels) plus pauvre et moins bien intégrée que les Juifs d’Europe de l’Ouest.

Durant la campagne polonaise de septembre 1939, près de 120 000 citoyens polonais d’origine juive prirent part aux combats contre les Allemands en tant que membres des forces armées polonaises. On estime qu’au cours de la Seconde Guerre mondiale, 32 216 soldats et officiers juifs ont péri et 61 000 furent faits prisonniers par les Allemands, et dont la très grande majorité n’a pas survécu. Les soldats et officiers qui furent relâchés se retrouvèrent dans les ghettos ou les camps et subirent le même sort que les civils juifs.

Selon la nouvelle répartition de la Pologne, correspondant au Pacte germano-soviétique, 61.2 % de Juifs polonais résidaient dans la zone de Pologne annexée par l’Allemagne nazie selon les chiffres du recensement de 1931, alors que les 38,8 % se trouvaient sur le territoire polonais annexé par les soviétiques. Cependant, si l’on se base sur les flux migratoires est-ouest observés après la campagne polonaise de septembre, le nombre de Juifs présents dans la zone d’occupation soviétique était probablement supérieur aux chiffres du recensement de 1931. Ainsi entre 1939 et 1941 198 000 juifs polonais se sont réfugiés dans la zone d’occupation soviétique. Les communistes polonais d’origine juive comme Jakub Berman se sont eux aussi réfugiés dans la zone d’occupation soviétique. Parmi les officiers polonais abattus par le NKVD en 1940 lors du massacre de Katyń on comptait 500 à 600 Juifs.

L’Union soviétique intégra la partie orientale de la Pologne dans la république socialiste soviétique d'Ukraine et la République socialiste soviétique de Biélorussie et en organisa la soviétisation. Quatre vagues de déportations vers la Sibérie furent organisées par le NKVD entre l’hiver 1939-1940 et l’été 1941. La première concerne l’intelligentsia et les fonctionnaires polonais, la seconde leurs familles et les Polonais en général, la troisième de juin-juillet 1940 concerna les réfugiés venant de la zone d’occupation nazie et « les spéculateurs », dans les deux cas en majorité des Juifs. Les républiques baltes occupées par l’Armée rouge subirent la même soviétisation. En Lituanie occupée par les Soviétiques des Juifs polonais qui s’était réfugiés dans ce pays furent arrêtés et déportés vers les goulags de Sibérie.

La quatrième en juin 1941 les Polonais et Juifs habitant la province de Vilnius, Un petit nombre de Juifs polonais (6 000) furent autorisés à quitter les camps de l’Union soviétique en 1942 avec l’armée de Władysław Anders, dont le futur premier ministre d’Israël, Menahem Begin. Alors que la seconde armée polonaise stationnait dans la zone du mandat anglais en Palestine, 2 972 personnes) soit 67 % des soldats juifs désertèrent et rejoignirent l’Irgoun.

La communauté juive polonaise souffrit énormément de l’Holocauste. Environs 6 millions de Polonais moururent pendant la guerre, la moitié d’entre eux étaient d’origine juive. Ils furent tués en particuliers dans les camps d’extermination nazis d’Auschwitz, Treblinka, Majdanek, Belzec, Sobibór, Chełmno ou moururent de faim dans les ghettos. Beaucoup de Juifs, dans l’est de l’ancien territoire polonais furent également victimes de groupes d’extermination nazis baptisés Einsatzgruppen qui furent particulièrement actifs en 1941.

Certains des massacres perpétrés par les nazis après l’invasion de l’Union soviétique furent menés avec l’appui, voire la participation active, des habitants comme lors du massacre de Jedwabne au cours duquel entre 300 (selon l’Institut national du souvenir et 1 600 (selon Jan T. Gross) Juifs furent torturés et mis à mort par une partie des habitants de Jedwabne. L’étendue de l’implication des Polonais dans le massacre des Juifs reste un sujet controversé, mais l’Institut national du souvenir recense 32 autres villes où des pogroms se déroulèrent. Les raisons de ces massacres font elles aussi débat mais on y trouve l’antisémitisme, des accusations (avérées ou non) de coopération avec l’envahisseur soviétique lors de la guerre russo-polonaise en 1920 et après l’invasion de 1939 des régions de l’Est par l’Armée rouge, ou simplement la volonté de s’accaparer des biens des Juifs.

Les Allemands créent de nombreux ghettos où les Juifs sont confinés et parfois tués. Le ghetto de Varsovie était le plus important avec 380 000 résidents, le second était le ghetto de Łódź qui comptait 160 000 personnes. Il y avait aussi d’autres ghettos dans d’autres villes polonaises comme à Białystok, Częstochowa, Kielce, Cracovie, Lublin, Lwów et Radom.

Le ghetto de Varsovie fut créé par le gouverneur général Hans Frank le 16 octobre 1940. À cette date, alors que la population du ghetto était estimée à près de 30 % de la population de Varsovie, sa superficie représentait seulement 2,4% de la ville. Les Allemands isolèrent ensuite le ghetto du reste du monde le 16 novembre de cette même année en construisant un mur. L’année et demi qui suivit, les Juifs des petites villes ou villages voisins furent conduits dans le ghetto de Varsovie. Les maladies (en particulier la typhoïde) et la manque de nourriture sévissant, le nombre d’habitants du ghetto n’augmenta pas. La ration alimentaire moyenne des Juifs en 1941 à Varsovie représentait à peine 235 kcal contre 669 kcal pour les autres Polonais et 2 613 kcal pour les Allemands. Le 22 juillet 1942 l’évacuation massive du ghetto de Varsovie commence. Elle se poursuivra 52 jours jusqu’au 12 septembre 1942, le temps pour 300 000 personnes d’être déportées en train jusqu’au camp d’extermination de Treblinka. Les déportations furent organisées par 50 soldats SS, 200 soldats de Lituanie du bataillon Schutzmannschaften, 200 ukrainiens et 2 500 juifs de la police interne du ghetto. Les employés du Judenrat, incluant la police du ghetto, et leurs familles et proches furent épargnés par les déportations en échange de leur coopération. En août 1942, des policiers juifs du ghetto, sous peine d’être eux-mêmes déportés, durent « livrer » 5 habitants du ghetto à la gare de Umschlagplatz. Le 18 juillet 1943, quelques habitants du ghetto dont les membres de la ŻZW (Żydowski Związek Wojskowy, Union militaire juive) et du ŻOB (Żydowska Organizacja Bojowa, Organisation des combattants juifs) résistèrent, parfois par les armes à de nouvelles déportations vers Treblinka. La destruction définitive du ghetto de Varsovie, eu lieu 4 mois après la répression de l’insurrection du ghetto de Varsovie. Quelques-uns des survivants de cette révolte furent libérés un an plus tard au cours de l’insurrection de Varsovie menée par le mouvement de résistance polonais Armia Krajowa.

Les autres ghettos subirent un destin similaire à celui du ghetto de Varsovie. Avec la décision des nazis de lancer la Solution finale, la destruction des Juifs d’Europe, l’Aktion Reinhardt débuta en 1942 avec l’ouverture des camps d’extermination de Belzec, Sobibór, et Treblinka suivie d’une seconde vague avec Auschwitz Birkenau. Avec la déportation massive des Juifs des ghettos vers ces camps, près de 1,7 million de Juifs vont mourir pendant le seul mois d’octobre 1943.

Il faut observer que la Pologne était le seul pays occupé par l’Allemagne où les nazis vont appliquer la peine de mort pour toute personne abritant ou aidant des Juifs. Malgré ces mesures draconiennes, la Pologne est le pays qui compte le plus grand nombre de Justes parmi les Nations, récompense décernée par le musée de Yad Vashem. Le gouvernement polonais en exil fut également le premier à diffuser (en novembre 1942) des information sur les camps d’extermination nazis suite aux rapports de Jan Karski et de Witold Pilecki, membres d’Armia Krajowa. Le gouvernement polonais en exil est aussi le seul gouvernement à avoir mis en place une cellule de résistance (Żegota) dont l’objectif unique a été d’aider les Juifs en Pologne occupée.

Entre 40 000 et 100 000 Juifs polonais survécurent à l’Holocauste en se cachant ou en rejoignant des groupes de résistants polonais et soviétiques. 50 000 à 170 000 autres furent rapatriés d’Union soviétique et 20 000 à 40 000 d’Allemagne et des pays voisins. On estime qu’à cette période le maximum de Juifs en Pologne à atteint 180 000 à 240 000 individus, principalement dans les villes : Varsovie, Łódź, Cracovie et Wrocław.

Juste après la fin de la seconde guerre mondiale, les Juifs commencèrent à émigrer de Pologne. Ce phénomène fut encore accéléré par le renouveau de violences dirigées contre les Juifs, en particulier le Pogrom de Kielce en 1946, le refus du régime communiste de restituer les biens confisqués aux Juifs avant guerre et le souhait de quitter les communautés détruites par l’Holocauste pour entamer une nouvelle vie en Palestine mandataire. 100 000 à 120 000 Juifs quittent ainsi la Pologne entre 1945 et 1948. Leur départ était en grande partie organisé par des activistes sionistes en Pologne comme Adolf Berman et Icchak Cukierman avec la protection d’une organisation semi-clandestine Berihah. Cette dernière était également impliquée dans l’organisation de l’ émigration des Juifs de Roumanie, Hongrie, Tchécoslovaquie et de Yougoslavie estimée au total (Pologne incluse) à 250 000 personnes. Une seconde vague d’émigration aura lieu entre 1957 et 1959 lors de la libéralisation du régime communiste et concernera environs 50 000 personnes.

Pour ceux qui décidèrent de rester en Pologne, la reconstruction d’une vie juive en Pologne sera organisée entre 1944 et 1950 par le Comité central des juifs polonais (Centralny Komitet Żydów Polskich, CKŻP) dirigé par un ancien activiste du Bund, Szloma Herszenhorn. Le CKŻP fournissait des services dans les domaines légal, de l’éducation, social, culturel et de la propagande. Une communauté religieuse juive, couvrant le pays entier et menée par Dawid Kahane, qui faisait office de grand rabbin des forces armées polonaises, fonctionna de 1945 à 1948 avant d’être intégrée par le CKŻP. Onze partis juifs indépendants (dont huit déclarés) existèrent en Pologne jusqu’à leur dissolution en 1949.

Un certain nombre de Juifs polonais participèrent à la mise en place du régime communiste amenant à la création de la République populaire de Pologne. beaucoup d’entre eux occupèrent des postes importants au politburo du Parti ouvrier unifié polonais (comme Jakub Berman - responsable de la sécurité ou Hilary Minc – responsable de l’établissement d’une économie de type communiste) ainsi que de l’appareil de sécurité Urząd Bezpieczeństwa (UB) et dans les domaines de la diplomatie/espionnage (comme Marcel Reich-Ranicki). Après 1956, pendant la déstalinisation en Pologne sous le régime de Władysław Gomułka certains officiers de l’Urząd Bezpieczeństwa (UB) dont Roman Romkowski (alias Natan Grunsapau-Kikiel), Jacek Różański (alias Jozef Goldberg), et Anatol Fejgin seront poursuivis pour "abus de pouvoir" comportant des actes de torture sur des Polonais anti-communistes (dont Witold Pilecki). Ils furent condamnés à de lourdes peines de prison. Un agent de l’UB, Józef Światło, (alias Izak Fleichfarb), après être passé à l’Ouest en 1953 communiqua sur Radio Free Europe les méthodes employées par l’UB, ce qui entraînera sa dissolution en 1954.

Quelques institutions culturelles juives sont créées à cette période dont le Théâtre national yiddish en 1950 et dirigé par Ida Kamińska, l’Institut de l’histoire juive, une académie spécialisée dans la recherche historique et culturelle sur les Juifs de Pologne ou le journal yiddish Folks-Shtime (La Voix du peuple).

Le 10 Juin 1967, jour de la fin de la guerre des Six Jours entre Israël et les pays arabes, la Pologne rompt ses relations diplomatiques avec Israël. Mais, les états arabes étant considérés par beaucoup de juifs polonais comme des États satellites du régime de Leonid Brejnev, beaucoup de juifs Polonais soutiendront les Israéliens. En 1967, la très grande majorité des 40 000 Juifs résidents en Pologne sont parfaitement assimilés dans la société polonaise. Malgré cela ils furent l’année suivante la cible d’une campagne menée par le pouvoir central assimilant des origines juives à des sympathies sionistes et donc à une trahison envers la Pologne.

En mars 1968, des manifestations d'étudiants à Varsovie (Mars 1968) fournissent une excuse au gouvernement Gomułka pour canaliser les sentiments anti-gouvernementaux sur une autre cible. Ainsi, le chef de la sécurité Mieczysław Moczar, utilisa la situation comme prétexte pour lancer une campagne de presse antisémite (bien qu’officiellement, seul le sionisme soit attaqué). La campagne "antisémite soutenue par le gouvernement entraînera l’éviction des Juifs du Parti ouvrier unifié polonais et des postes d’enseignants dans les écoles et universités. À cause de la pression, politique et policière, quelque 25 000 Juifs vont émigrer entre 1968 et 1970. La campagne qui visait plus particulièrement les Juifs ayant exercé de hautes fonctions pendant la période stalinienne, atteignit l’ensemble des Juifs polonais, quel que soit leur milieu.

Il y eut de graves conséquences suite aux évènement de mars 1968. La campagne antisémite laissa une très mauvaise image de la Pologne à l’étranger, en particulier aux États-Unis. Certains intellectuels polonais révoltés à l’idée d’une campagne antisémite menée par l’État s’opposèrent. Certaines des personnes étant passées à l’Ouest à cette période fondèrent des mouvements anti-communistes qui encouragèrent l’opposition en Pologne.

À la fin des années 1970, certains activistes juifs étaient engagés dans des groupes anti-communistes. Le plus connu d’entre eux, Adam Michnik (fondateur de la Gazeta Wyborcza) était également membre fondateur du KOR (Comité de défense des ouvriers). À la chute du communisme en Pologne en 1989, seuls 5 000 à 10 000 Juifs résidaient encore dans le pays et la grande majorité ne préférait pas révéler ses origines juives.

Avec la chute du communisme en Pologne, la vie culturelle, sociale et religieuse juive voit un renouveau. Certains évènements historiques, datant en particulier de la seconde guerre mondiale et de la période 1944–89 resté cachés suite à la censure communiste ont été réévalués et publiquement débattus (comme le massacre de Jedwabne, le massacre de Koniuchy, le pogrom de Kielce ou la croix d'Auschwitz et plus généralement des relations juifs-chrétiens en Pologne pendant la guerre). Les cas de complicités de Juifs dans des crimes contre des Polonais, juste après la guerre ont également été rendus publics.

Le Forum de coordination de la lutte contre l'antisémitisme dénombre dix-huit incidents antisémites en Pologne entre janvier 2001 et novembre 2005. La moitié d'entre eux concernent des actes de propagande, huit des incidents violents, du vandalisme ou des profanations (dont le dernier eut lieu en 2003) et un concernait des violences verbales. Il n'est pas relevé d'attaques armées antisémites . D'après un sondage datant de 2005, la part de la population se déclarant antisémite est légèrement supérieur à la moyenne des autres pays européens.. Selon un autre sondage de CBOS publié en janvier 2005 dans lequel les Polonais étaient interrogés sur leur point de vue envers d'autres populations, 45 % déclarent une antipathie envers les Juifs, 18 % de la sympathie, 29 % de l'indifférence et 8 % ne se prononcent pas. Les personnes interrogées devaient donner leurs sentiments en attribuant une note allant de -3 (forte antipathie) à +3 (forte sympathie). Le résultat final concernant les Juifs donnait - 0,67.

Dans le même temps, la vie religieuse juive connaît un renouveau avec l'aide de la Fondation Ronald Lauder qui permet l'emploi de deux rabbins, la mise en place d'un petit réseau d'écoles et de colonies de vacances ainsi que le soutien à de nombreux périodiques et à l'édition de livres juifs. En 1993, l'Union des communautés religieuses juives de Pologne est créée avec comme objectif l'organisation de la vie religieuse et culturelle des communautés polonaises. En février 2008, s'est tenue la première assemblée de rabbins de Pologne en présence du grand rabbin ashkénaze d'Israël, Yona Metzger. De plus des centaines de Polonais retrouvent leurs origines juives. Certains sont les descendants d'"enfants cachés" qui ont survécu à la Shoah. D'autres découvrent qu'ils sont issus d'une famille juive assimilée, qui, sous le coup des campagnes antisémites du régime communiste, avait tiré un trait sur son identité.

Un programme d'études juives a été créé à l'université de Varsovie ainsi qu'à l'université jagellonne de Cracovie. Cracovie abrite aussi la fondation Judaica qui soutient un grand nombre de programmes culturels ou éducatifs sur des thématiques juives à destination des polonais. Le gouvernement polonais devrait aussi financer la construction d'un musée de l'histoire de Juifs polonais à Varsovie. Lors d'une cérémonie en novembre 2007, l'Allemagne a offert cinq millions d'euros pour la construction de ce musée, prévu pour 2009 ou 2010. L'ambassadeur allemand Michael H. Gerdts a déclaré à cette occasion que « le gouvernement fédéral veut ainsi apporter une nouvelle contribution aux réparations des souffrances incommensurables infligées dans ce pays aux Juifs, et donc à la Pologne en général, au nom des Allemands ». Ce musée sera construit dans l'ancien quartier juif de Varsovie, site du ghetto pendant la Shoah.

La Pologne fut le premier pays du bloc communiste à reconnaître de nouveau l'existence de l'État d'Israël en 1986 et à reprendre les relations diplomatiques en 1990. Les relations gouvernementales entre la Pologne et Israël se renforcent suite aux visites mutuelles entre les présidents des deux états ou les ministres des affaires étrangères.

On recense de nombreuses commémorations de l'Holocauste en Pologne ces dernières années. En septembre 2000, des dignitaires de Pologne, d'Israël, des États-Unis d'Amérique et d'autres pays (dont le prince Hassan de Jordanie) se sont retrouvés dans la ville d'Oświęcim (site du camp d'Auschwitz) pour célébrer la rénovation de la synagogue Chevra Lomdei Mishnayot et l'ouverture du Centre Juif d'Auschwitz. La synagogue (la seule de la ville à être restée debout après la guerre) et le centre culturel et éducatif adjacent permettent aux visiteurs de prier et d'en apprendre plus sur la communauté juive d'Oświęcim avant et pendant la seconde guerre mondiale. Cette synagogue est également le premier bien communal du pays à avoir été restitué à la communauté juive selon une loi de 1997. De plus, tous les ans en avril, se déroule la Marche des Vivants, reliant Auschwitz à Birkenau à la mémoire des victimes de l'Holocauste qui attire des marcheurs de Pologne, d'Israël et de bien d'autres pays. On peut également citer d'autres activités, moins centrées sur l'Holocauste comme le Festival de la culture juive de Cracovie.

On estime que la population juive de Pologne a atteint 8 000 à 12 000 personnes en 2000, implantées à Varsovie, Wrocław et Bielsko-Biała, bien qu'aucun chiffre exact ne soit disponible. Selon le centre Moses Schorr et d’autres sources polonaises, ce chiffre est sous-estimé par rapport à l’ensemble de la communauté d’origine juive en Pologne car il ne prend en compte que les personnes pratiquantes. Ce centre estime en effet que la communauté juive de Pologne s’élève à 100 000 personnes dont 30 000 à 40 000 sont actifs dans les milieux religieux ou culturels.

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Histoire de la Pologne

La Pologne et l'Europe centrale en 1838

L’Histoire de la Pologne commence officiellement au Xe siècle avant même la fondation du Royaume de Pologne par les premiers Piasts, sur le territoire des Polanes. On sait peu de choses sur l'histoire du territoire qui allait devenir la Pologne au Haut Moyen Âge, car il se situait en dehors de l'Empire romain. La Pologne devient, par la suite, au Moyen Âge une puissance incontournable en Europe centrale.

La Pologne ne se forme que dans le contexte de l'histoire médiévale. Auparavant, les archéologues de l'antiquité tardive avaient identifié la zone sous le nom de culture de Wielbark.

Avant la fondation du Royaume des premiers Piasts, des fouilles archéologiques ont permis de mettre au jour des castra (pluriel de castrum), au VIIIe siècle qui attestent de l'existence d'une société organisée des Polanes (Pola, « ceux qui cultivent les champs »). Le lieu de cette implantation est le bassin de la Warta, foyer originel de Grande-Pologne. S'il y a une « capitale », c'est précisément là qu'elle se trouve : Gniezno.

Cette période est relativement calme pour les Polanes, qui peuvent se développer loin des conflits telluriques qui agitent le reste du monde connu (Mérovingiens, Byzance, Expansion de l'islam, Vikings). On note juste le passage des Varègues en bateau : les Polanes ont le temps de se structurer tranquillement, sans armées à leurs portes.

Autour de Cracovie, sont implantés les Vislanes, des tribus cousines, qui s'étendent et entrent en contact avec les habitants de Grande-Moravie, auprès desquels ils trouvent une opposition ferme. Ce sont les Moraves qui l'emportent.

En 863, les missions chrétiennes arrivent dans la région : Cyrille et Méthode parlent de concepts christiques et écrivent l'histoire autochtone (c'est comme cela qu'elle nous parvient).

Au IXe siècle, les Magyars absorbent la Grande-Moravie, les Vislanes se sauvent et, peut-être, fusionnent avec les Polanes.

Quelques figures fondatrices de ces potentats : Siemovit ; Lestko ; Siemomysł.

Poste avancé de l'Occident chrétien face aux mondes orthodoxe (russe, biélorusse, ukrainien), païen (balte), et musulman (turco-mongol), elle est aussi confrontée au Drang nach Osten (poussée germanique vers l'est), qu'il vienne du Saint Empire ou des Chevaliers teutoniques. La dureté des croisades baltes amena les Lituaniens à s'allier aux Polonais en 1385 (Union de Krewo) face à cette menace germanique. Située au carrefour de plusieurs mondes, et dépourvue de frontières naturelles, la Pologne est extrêmement exposée aux invasions.

Unifiée par Casimir III le Grand, dernier roi de la dynastie des Piast, elle atteint son apogée aux XVe et XVIe siècles, sous la dynastie lituanienne des Jagellons, avec Ladislas II. La Rzeczpospolita Obojga Narodów - la République des Deux Nations - (l'Union de Lublin - 1569), résultant de l'union du Royaume de Pologne et du Grand-Duché de Lituanie, couvre alors un territoire « allant de la mer Baltique à la mer Noire » et jusqu'aux portes de Moscou. Casimir IV de Pologne réunit même brièvement les couronnes de Bohême (1471) et de Hongrie (1490). La Rzeczpospolita Obojga Narodów était dirigée par le roi de Pologne.

En 1683, le roi de Pologne Jean III Sobieski, arrête la dernière grande offensive terrestre turque contre la chrétienté sous les murs de Vienne. En dépit de cet exploit qui sauve l'Europe, la « Rzeczpospolita » est peu à peu victime d'un long déclin, du fait de son système politique paralysant qui donne le droit de veto (liberum veto) à chaque membre de la Sejm (Diète), et des nombreuses invasions (suédoises, russes, turques, prussiennes).

La Pologne perd son indépendance à la fin du XVIIIe siècle au cours de la partition de la Pologne, malgré la Constitution du 3 mai 1791, et l'insurrection de Tadeusz Kościuszko en 1794.

En 1798, le dernier Roi de Pologne, Stanislas II de Pologne décède. Son neveu le prince Józef Antoni Poniatowski, fut fait maréchal d'Empire par Napoléon Ier.

Les Légions polonaises formées en Italie par Jean Henri Dombrowski et Bonaparte, d'abord traitées avec désinvolture par le Directoire et le Consulat, finissent par constituer une élite au sein des troupes du Premier Empire. Napoléon Bonaparte ressuscite un État polonais : c'est le petit et éphémère Duché de Varsovie (1807 à 1813) qui ne survit pas à la chute de l'Aigle, mais où le Code Napoléon s'applique jusqu'en 1940.

Tout au long du XIXe siècle, la Pologne vit écartelée, partagée entre la Russie, la Prusse (puis l'Allemagne), et l'Autriche, malgré deux insurrections importantes, en 1830 et 1863 (voir Insurrection polonaise de 1861/1864). Les nationalistes polonais fuient leur pays et se réfugient en France, aux États-Unis ou en Turquie où ils fondent Polonezköy sur les rives du Bosphore.

Elle ne recouvre son indépendance qu'en novembre 1918 sous l'impulsion de Józef Piłsudski. mais la paix fut de courte durée, en effet, la guerre polono-soviétique de 1919-1920 opposa la Russie bolchévique aux polonais, qui combattaient pour défendre leur indépendance, perdue en 1795.

En septembre 1939, l'invasion allemande du 1er septembre déclenche la Seconde Guerre mondiale. La Pologne est à nouveau partagée entre l'Allemagne nazie et son alliée de circonstance : l'Union soviétique (l'invasion soviétique du 17 août 1939).

Auschwitz (environ 1,3 million de morts) et Katyń (environ 20 000 morts) seront respectivement les plus noirs symboles des persécutions nazies et soviétiques. La Pologne subira la politique d'extermination nazie de 1939 à 1945, le pays perd 20% de sa population, victime des purges, massacres et déportations. Les Juifs assassinés par les nazis constituent la moitié des pertes polonaises. Tout cela n'empêche pas les soldats polonais en exil d'apporter leur pierre à la victoire des Alliés, notamment pendant la bataille d'Angleterre, et la campagne d'Italie.

Officiellement classée parmi les vainqueurs, la Pologne ne retrouve pas pour autant la liberté - elle passe d'un régime totalitaire à un autre, avec la bénédiction de l'Occident. Les Soviétiques conservent la partie orientale du pays, peuplée majoritairement de Biélorusses et d'Ukrainiens, annexée en 1939, et le territoire polonais « glisse » vers l'ouest, en absorbant le sud de la Prusse-Orientale, la Poméranie et la Silésie, allemandes depuis plusieurs siècles. Le pays devient une « démocratie populaire » sous la tutelle de Moscou, et membre du Pacte de Varsovie. Il en sera néanmoins un membre atypique, avec un clergé puissant, le maintien de la petite propriété rurale, et une relative liberté d'expression, notamment dans le cinéma.

La période communiste est jalonnée de révoltes ouvrières. Le soulèvement de Poznań en 1956 forcent Khrouchtchev, premier secrétaire du PCUS, à accepter la nomination de Gomulka à la tête du Parti Ouvrier Unifié Polonais. Celui-ci mène, avec l'appui du peuple et de l'armée, une révolution en douceur (décollectivisations massives dans l'agriculture, légalisation des conseils ouvriers, abolition de la censure…). L'intervention de l'Armée rouge visant à réprimer une telle dissidence est évitée lorsque Gomulka déclare que le gouvernement multipartiste qu'il a mis en place n'est ni anti-soviétique, ni anti-communiste. La plus grande des révoltes ouvrières reste celle menée en 1980 par Lech Wałęsa au sein du syndicat non-communiste Solidarność, qui ébranle le bloc soviétique à cause de la réelle opposition au régime qu'il constitue, tout comme l'élection de l'évêque de Cracovie Karol Wojtyła au trône papal en 1978. Le général Wojciech Jaruzelski assure l'ultime reprise en main communiste en proclamant l'état de guerre en 1981 (il déclarera plus tard que cette décision a empêché une intervention de l'Armée soviétique).

En 1989, le pluralisme syndical est enfin autorisé et les élections législatives de juin entérinent la victoire de Solidarność. La même année, la Pologne sera l'un des premiers pays du Pacte de Varsovie à se retirer du traité et à former un gouvernement non communiste. Elle adhère, en 1999, à l'OTAN, et en 2003, les É.-U. lui attribuent le commandement d'une zone d'occupation en Irak. Elle intègre l'Union européenne le 1er mai 2004.

À la fin de la même année, le gouvernement polonais par son implication et son soutien apporté à Viktor Iouchtchenko, redonne de l'éclat à la diplomatie polonaise dans les ex-pays de l'est.

Le terme « Rzeczpospolita » peut prêter à confusion. En effet si le mot signifie « la république » - traduction littérale du latin (res publica) vers le polonais - le royaume polonais n'était pas une république au sens d'hier, mais une « république nobiliaire » (théoriquement tous les nobles étaient égaux). La noblesse était un état complexe et nombreux - environ 25 % de la population totale.

L'époque de la Pologne sous domination politique de l'URSS (1944 - 1989) est appelée la PRL - République populaire de Pologne, bien que l'adjectif « populaire » n'ait été ajouté qu'en 1952.

L'Union de Lublin constitue un organisme politique où le terme « Rzeczpospolita » associé à « Obojga Narodów' » souligne l'égalité des Deux Nations, Nation voulant dire nobles les deux faisant allusion aux nations polonaise et lituanienne.

L’effondrement du régime communiste en Pologne commence en 1989 avec la Table Ronde du printemps.

En juin, le syndicat Solidarność sort vainqueur des élections législatives, le Parti ouvrier unifié polonais (POUP) n'obtenant qu'une majorité relative, la décision historique est entre les mains de deux petits partis minoritaires — le parti paysan (ZSL) et le parti démocrate (SD) — qui jusque là avaient servi de faire valoir aux ordres du pouvoir.

Le 16 août, ils décident de se rapprocher de Solidarność pour former une coalition. Le général Czesław Kiszczak, premier ministre délégué par le POUP, ancien ministre de l'Intérieur et membre du bureau politique du parti communiste est mis en minorité.

Le 19 août Tadeusz Mazowiecki, un des proches conseillers de Lech Walesa, est désigné au poste de premier ministre.

Le 21 août, suite à un long entretien téléphonique entre Gorbatchev et Mieczysław Rakowski, le chef du parti communiste au pouvoir, le POUP prend un certain nombre de décisions historiques : participation des communistes au gouvernement du premier ministre catholique Tadeusz Mazowiecki et investiture du gouvernement avec l’apport des 150 voix des parlementaires communistes.

Prudent, Mazowiecki accepte de laisser aux communistes deux ministères-clés : l'Intérieur et la Défense. Lech Walesa déclare que « Gorbatchev est un homme admirable » et que Solidarność ne souhaite pas « renverser » l'ordre établi, ce à quoi le Kremlin répond que « cela ne serait pas dans l'intérêt de la stabilité en Europe ». Mazowiecki, de son côté, déclare : « Nous comprenons l’importance du Pacte de Varsovie, et nous le respecterons ». Cependant, une des premières décisions prises par la Diète polonaise est de condamner le Pacte germano-soviétique.

Avec ce nouveau gouvernement, la Pologne renoue avec la situation de 1945 lorsque les communistes avaient accepté de participer à un gouvernement démocratique en se réservant les mêmes ministères de l'Intérieur et de la Défense, qu'ils utilisèrent pour s'emparer de la totalité du pouvoir et établir leur dictature.

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Source : Wikipedia