Politique belge

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Posté par hal 27/02/2009 @ 09:37

Tags : politique belge, belgique, europe, international

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Front national (Belgique)

Front National de Belgique.jpg

Le Front national est un parti politique belge francophone d'extrême droite, fondé en 1985 par Daniel Féret, ancien président. Ce parti est issu de trois groupuscules : le Mouvement Social Nationaliste, l'Union pour une nouvelle Démocratie et le groupe Delta. Entre 1989 et 1991, il a été rejoint par la majorité des dirigeants du Front de la jeunesse (FJ) - Belgique et du Parti des forces nouvelles (PFN). Depuis le 1er décembre 2008, son président est Daniel Huygens.

Le programme électoral du Front National est principalement axé sur le thème de l'immigration maghrébine ou turque. L'idéologie du Front National est considérée, par ses adversaires en particulier, comme populiste, réactionnaire, et nationaliste. Depuis sa fondation, la progression de ce parti, en proie à d'incessantes luttes intestines, est plus ou moins limitée. Lors des dernières élections régionales de 2004, le Front National a obtenu 8,1 % des voix au parlement wallon.

Le FN belge dispose actuellement d'un élu à la Chambre (Patrick Cocriamont), d'un élu au Sénat, Michel Delacroix, de quatre élus au Parlement wallon (Charles Petitjean, Charles Pire, Daniel Huygens et Jean-Pierre Borbouse), de quatre élus au Parlement bruxellois (Patrick Sessler, Audrey Rorive, Paul Arku et Christiane Van Nieuwenhoven) et de quatre élus au Parlement de la Communauté française.

Parmi les anciens élus de ce parti, on peut compter Juan Lemmens, Georges Matagne (mort en 1997), Hugues Wailliez, Marguerite Bastien, Alain Sadaune, Guy Hance, Alain Michot, Thierry de Looz-Corswarem...

La notoriété du parti provient notamment de la publicité indirecte qui lui est faite à travers le Front national français. Le logo et le sigles sont des copies conformes du parti français homonyme qui lui dénie pourtant toute parenté.

Il existe de nombreuses associations qui ont pour vocation de combattre ce parti. D'ailleurs, tant les médias francophones que les partis politiques francophones appliquent envers le FN le procédé du « cordon sanitaire » : ainsi durant la campagne précédent les élections communales et provinciales (8 octobre 2006), le FN n'aura bénéficié d'aucune présence dans les médias.

En novembre 2008, La dotation du parti est suspendue pour plusieurs mois et la Commission de contrôle des dépenses électorales est saisie pour des défaillances constatées dans la gestion de la comptabilité du parti.

Daniel Féret, fondateur et président "à vie" ainsi que son entourage proche ont occupé longtemps plusieurs postes importants au sein du parti et contrôlaient celui-ci de manière étroite. Ce contrôle exclusif a souvent provoqué des problèmes et des tension qui provoquèrent, entre 1985 et 2005, plus de trente dissidences telles que celles de Marguerite Bastien (création du Front nouveau de Belgique en 1997, avec le soutien de Roger Nols) ou de Francis Detraux (création de Force Nationale en 2004, avec une bonne partie de la direction wallonne du FN).

En octobre 2007, tandis que les inculpations contre Daniel Féret et son entourage se multiplient, le président du FN doit faire face à une fronde du bureau politique du parti qui le destitue et désigne Michel Delacroix comme président faisant fonction, tandis que Féret affirme que l'action du bureau était illégale et dépose plainte.

Deux clans se disputent la tête du parti, l'un proche de l'ancien président - qui s'accroche aux statuts du parti qui lui assurent la présidence jusqu'en décembre 2009 - et l'autre du président faisant fonction, Michel Delacroix.

En novembre 2008, le clan Delacroix subit un coup sérieux lorsque les médias reçoivent, et diffusent, une vidéo montrant Delacroix chantant une chanson antisémite , probablement diffusée par des proches de Daniel Féret. Le scandale est tel que Michel Delacroix remet sa démission de sa fonction de président du FN et de l'ensemble de ses fonctions exécutives. Peu après, c'est le clan Feret qui fait la une, lorsque parait une interview du député Patrick Cocriamont, un proche de Daniel Féret, dans laquelle il tient des propos révisionnistes, antisémites et racistes qui entrainent une plainte du Mrax.

En décembre 2008, l'élection du nouveau président oppose deux candidats, Charles Petitjean et Daniel Huygens, un proche de Patrick Sessler. Daniel Huygens est élu président, et Charles Petitjean quitte le parti en annonçant la création d'une nouvelle dissidence .

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Ligue communiste révolutionnaire (Belgique)

Parti politique belge marxiste, la Ligue Communiste Révolutionnaire (LCR) est actif sous ce nom en Communauté française de Belgique et sous celui de Socialistische Arbeiderspartij (SAP, Parti ouvrier socialiste) en Communauté flamande. La LCR/SAP est la section belge de la IVe Internationale (Secrétariat unifié).

La LCR/SAP, appelée Parti ouvrier socialiste (POS) entre 1984 et 2006, est issue de la Ligue révolutionnaire des travailleurs (LRT/RAL), une importante organisation d'extrême gauche des années 1970. Elle a pour objectif de proposer et d'instaurer une alternative socialiste au système capitaliste et revendique pour cela l’auto-organisation de la classe ouvrière et celle des différents secteurs de lutte (jeunes, travailleurs, femmes, immigrés…).

La Ligue révolutionnaire des travailleurs (LRT), Revolutionnaire arbeidersliga (RAL) en néerlandais, nait à Liège en mai 1971. Ses fondateurs proviennent de la Confédération socialiste des travailleurs (CST), regroupant le Parti wallon des travailleurs (PWT) et l’Union de la gauche socialiste (UGS). Dès sa création, la LRT se veut être la section belge de la IVe Internationale.

Dans les années 1970, elle est devenue une des organisations marxistes les plus actives de Belgique. La Jeune garde socialiste (JGS), son organisation de jeunesse, est très présente au Limbourg, auprès des mineurs en grève. Les trotskistes jouent aussi un rôle primordial dans les autres « grèves sauvages » qui vont ensuite se multiplier dans la plupart des grandes entreprises du pays. La LRT a comme objectif d’unifier les étudiants et les travailleurs dans un large mouvement anticapitaliste. Elle est à la base des principales mobilisations lycéennes et étudiantes des années post-68.

A travers ces mobilisations, la LRT va réussir à renforcer sa structuration interne et se renforcer sur le plan militant. Son influence sur la gauche radicale belge et sa mouvance sympathisante est évidente. Plusieurs intellectuels et autres personnalités importantes de notre pays deviennent de véritables « compagnons de route » de la LRT. Cependant, elle va connaître plusieurs scissions au cours de son histoire, avec le départ, en 1973, de membres bruxellois qui vont ensuite fonder le Groupe Marxiste Internationaliste (GMI), notamment mené par Guy Desolre. L’année suivante, des militants de sa section de Mouscron fondent à leur tour une nouvelle organisation, Libération populaire. À Bruxelles, dix ans après Mai 68, la LRT se réunit lors de son quatrième congrès national et constate l’échec de la stratégie qui devait conduire à la révolution. La déception est importante auprès de beaucoup de militants issus de la génération 68, parmi lesquels se trouve un certain Frank Vandenbroucke, le futur ministre socialiste flamand au gouvernement fédéral et aujourd’hui au gouvernement de la Région flamande. Plusieurs militants arrêtent le militantisme révolutionnaire. La LRT adopte alors un « tournant ouvriériste ». Le retour dans les usines est préconisé pour participer aux combats syndicaux et recruter des ouvriers. Des établis de la LRT se font engager dans plusieurs grandes entreprises.

Sur le plan électoral, la LRT, dès les années 1970, a participé à des alliances avec d’autres forces politiques, comme le Parti communiste belge (PCB) ou le Groupe politique des travailleurs chrétiens (GPTC). Lors des élections législatives de 1981, la LRT s’y présente en cartel avec Pour le socialisme (PLS), une organisation qualifiée alors de « mao-centriste ».

En février 1984, lors de son septième congrès, organisé à Anvers, la Ligue révolutionnaire des travailleurs change de nom et devient le Parti ouvrier socialiste (POS) du côté francophone et le Socialistische arbeiderspartij (SAP) du côté néerlandophone.

À partir de 1991, le POS/SAP ne présente plus de listes sous ses propres couleurs aux élections mais est présent via des alliances électorales, notamment avec d'autres forces de gauche (Parti communiste, par exemple), d'extrême gauche ou écologistes. Aux élections communales de 2000, la LCR obtient plusieurs conseillers municipaux, dont notamment un à Anderlues (liste « Gauche ») et deux à Herzele. En octobre 2006, la LCR maintient tous ses élus.

Fin 2005, le POS/SAP décide de changer partiellement de nom : il s'appellera désormais Ligue Communiste Révolutionnaire du côté francophone du pays, en référence à sa consoeur française.

D'aspect beaucoup plus modeste que par le passé, la LCR/SAP conserve toutefois quelques particularités.

Contrairement aux partis communistes qui ne sont pas à majorité trotskiste, la LCR/SAP reconnaît le droit de tendance. Par ailleurs, elle encourage fortement ses membres à militer dans d'autres organisations : syndicats, associations, comités unitaires… Ainsi, si son audience électorale est très réduite, elle a une certaine influence sur le mouvement social en Belgique, et particulièrement sur le mouvement altermondialiste.

La LCR/SAP édite les mensuels La Gauche (en français) et Rood (Rouge, en néerlandais). La Gauche a été fondé en 1956 dans le but d'unir la gauche socialiste, à l'époque où la section belge de la IVe Internationale agissait clandestinement au sein du parti (PSB) et du syndicat (FGTB) socialistes.

Depuis 2005, la LCR/SAP participe à l'initiative Une Autre Gauche.

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Politique de la Belgique

Carte des Régions de BelgiqueRégion Bruxelles-Capitale (en bleu)Région wallonne (en rouge)Région flamande (en jaune)

Cet article fait partie de la série sur la politique de la Belgique, sous-série sur la politique.

La Belgique est un État fédéral ainsi qu'une monarchie constitutionnelle et parlementaire.

La Belgique est une monarchie constitutionnelle et parlementaire qui fonctionne sur le principe de la démocratie représentative. Le Parlement est élu par scrutin proportionnel plurinominal. Le vote est obligatoire, secret et ouvert (c'est-à-dire que beaucoup de non-citoyens peuvent mais ne doivent pas voter).

Ce système politique, dans lequel le gouvernement est responsable devant un parlement élu à la proportionnelle, a généralement pour conséquence que l'exécutif doit être formé par une coalition de partis qui dispose de la majorité au Parlement. L'influence des partis, et singulièrement des présidents de partis, est donc très grande (particratie). La politisation, mais aussi le pouvoir d'initiative du gouvernement et la grande cohésion des groupes parlementaires, font que la majorité parlementaire suit la plupart du temps les décisions de l'exécutif.

À l'origine (1831), la Belgique était un État unitaire dont la seule langue officielle était le français, mais dont la grande majorité de la population parlait des dialectes germaniques (flamand occidental, flamand oriental, brabançon, Limbourgeois dans la partie nord du pays, luxembourgeois dans l'extrême sud-est) et romans (wallon, picard, gaumais, champenois dans la partie sud). Suite à la généralisation de l'enseignement en néerlandais et en français, et au rattachement des Cantons de l'Est germanophones en 1919, la Belgique est devenue un État officiellement trilingue néerlandais, français et allemand. Le manque de séparation géographique claire entre les trois communautés linguistiques (principalement au niveau de Bruxelles) a conduit, via quatre réformes successives de la Constitution (1970, 1980, 1988-89, 1993), à un système fédéral complexe dont il est question dans cet article.

L'État fédéral englobe les Communautés et les Régions. Il est compétent dans de nombreux domaines comme, entre autres, les affaires étrangères, la défense nationale, la justice, les finances, la sécurité sociale, ainsi qu'une partie importante de la santé publique et des affaires intérieures. Cependant, en raison du principe de l'équipollence des normes et celui des compétences exclusives, il est possible de dire que l'État fédéral ne "dépasse" pas chaque Région ou Communauté, c'est ce qui rend le fédéralisme belge unique au monde. Toutefois, il reste que, malgré les principes de l'équipollence des normes et des compétences exclusives, le niveau fédéral a la prééminence constitutive, car les Régions et les Communautés et les rapports entre celles-ci et l'État fédéral sont organisées par la Constitution belge et des lois spéciales prises au niveau fédéral.

Au niveau de cet État fédéral, le pouvoir législatif est entre les mains du Parlement fédéral, qui se compose de la Chambre des Représentants et du Sénat. Le pouvoir exécutif est assuré par le gouvernement fédéral, composé du Roi, du Premier ministre et des autres Ministres. Constitutionnellement, le Roi dispose d'un grand pouvoir, mais ce pouvoir est en réalité exercé par le Gouvernement; en effet, la Constitution déclare: « Aucun acte du Roi ne peut avoir d'effet, s'il n'est contresigné par un ministre, qui, par cela seul, s'en rend responsable. » Le Gouvernement intervient également dans l'exercice du pouvoir législatif en ce qu'il a un droit d'initiative, un droit d'amendement et un pouvoir de sanction.

L'article premier de la Constitution déclare : « La Belgique est un État fédéral qui se compose des communautés et des régions. » Ainsi, le pays est divisé d'une part en trois Communautés, liées à la langue et à la culture, et d'autre part en trois Régions, qui ont chacune une plus grande autonomie économique. Les Régions et Communautés ont dès lors des compétences bien définies, elles disposent chacune d'un parlement et d'un gouvernement propres.

Les Flamands ont immédiatement fusionné leurs institutions régionales et communautaires, comme permis par la nouvelle constitution, et la Communauté flamande exerce de jure les compétences de la Région flamande.

Géographiquement, les frontières des Communautés et des Régions ne coïncident pas.

Le fédéralisme belge trouve l’essentiel de son originalité dans l’existence de cette double division : À côté des trois régions, la Belgique comprend trois Communautés qui se superposent à ces trois régions.

La Communauté germanophone, pour importante qu'elle soit, n'appelle que peu de commentaires : son territoire est formé par la « région de langue allemande » qui est constituée par la partie de la Région wallonne où se trouve concentrée la minorité germanophone.

La sphère de compétence territoriale des Communautés française et flamande est donc originale car, si leurs décrets s’appliquent aux institutions et aux personnes respectivement en région de langue néerlandaise et en région de langue française, ils s’appliquent aussi dans la région bilingue de Bruxelles-Capitale, mais uniquement aux institutions concernées et aux personnes qui y ont recours.

Les deux principales Communautés du pays agissent donc concomitamment dans cette région, mais de manière indépendante l’une vis-à-vis de l’autre. En pratique, les Bruxellois se voient appliquer les décrets de l’une ou de l’autre Communauté, en fonction de l’appartenance communautaire de l’institution à laquelle ils ont recours.

L’appartenance communautaire des Bruxellois n’est donc ni directe, ni exclusive, ni définitive. La juxtaposition du champ de compétence des deux grandes Communautés sur le territoire bruxellois est une des manifestation du fédéralisme personnel dans la structure institutionnelle belge.

En Belgique, les compétences de toutes les entités sont listées de façon restrictive.

L'État fédéral est compétent dans tous les domaines d'intérêt national, tels que la défense et les affaires internationales, toute la sécurité sociale, 95% de la fiscalité, l'économie, les télécommunications, les transports et d'importantes compétences moitié-fédéralisées, comme dans le domaine de la recherche scientifique, et même dans l'enseignement (âge de l'obligation scolaire, diplômes, …).

Les gouvernements de chaque Communauté - française, flamande, germanophone - sont responsables de la culture et de l'éducation (écoles, bibliothèques, théâtres, audiovisuel...) ainsi que de l'aide aux personnes. Les gouvernements régionaux - flamand, wallon, et bruxellois - s'occupent des problèmes territoriaux et économiques (transports, plan d'aménagement du territoire...) pour la région qui les concerne. Communautés et Régions maîtrisent, en outre, les relations internationales relevant des matières de leur compétence, à l'exception de l'aide au tiers-monde dans ces domaines.

Le statut officiel de Bruxelles est bilingue. Bruxellois francophones et Bruxellois flamands y ont leurs propres institutions politiques et administratives: COCOF, (Commission communautaire française) pour les Francophones et VGC (Vlaamse Gemeenschapscommissie) pour les Flamands. Les matières bicommunautaires, c'est-à-dire les matières qui ne peuvent être liées à une communauté linguistique particulière dans la région sont gérées par la CCC-GGC (Commission Communautaire Commune-Gemeenschappelijke Gemeenschapscommissie).

Sauf le cas particulier de Bruxelles, toutes ces entités (les trois communautés, les trois régions et l'état fédéral) sont sur un pied d'égalité et exercent souverainement leurs compétences exclusives sous le régime de l'équipollence des normes, en ce compris la coopération internationale et la conclusion de traités.

En cas de litige ou de contestation, toute personne morale (y compris les états fédérés donc) peut porter sa cause devant le conseil d'État ou la Cour Constitutionnelle (qui remplace depuis le 7 mai 2007 la Cour d'Arbitrage) , organes communs à toutes les entités et compétent, chacun pour ce qui le concerne, pour trancher des litiges concernant la législation émanant de toutes les entités fédérées.

Les liens entre des partis Francophones et Néerlandophones demeurent mais l'équivalence n'est pas évidente. Il y a quatre grandes familles politiques : socialistes (PS, SPa SPirit), libéraux - ou plutôt centre droit - (MR, VLD), centre-humaniste - anciens chrétiens - (CDH, CD&V) et, les nouveaux venus, écologistes (Ecolo, Groen). Les partis d'extrême droite indépendantistes font de bons scores en Flandre.

La mainmise des partis traditionnels sur la vie politique belge, qui se répercute à divers niveaux de la vie politique et sociale (pilarisation), s'est illustrée à travers plusieurs pactes (culturel, enseignement, ...) que les trois grandes familles politiques traditionnelles - Socialistes, libéraux et chrétiens - ont conclus début de la seconde moitié du XXe siècle.

Ces pactes établissent des clés de répartition du pouvoir et des subsides entre courants politiques.

Le système politique belge est parfois perçu comme particratique, les chefs des trois grandes familles politiques traditionnelles gardant une grande influence sur la gestion du pays et de ses entités fédérées (Régions et Communautés). Cependant ces trois grandes familles politiques sont divisées. Il n'existe plus de gros parti national belge, ils sont tous soit flamands, soit francophones, et n'ont plus de structures communes, mais seulement des affinités idéologiques. Selon qu'ils sont flamands ou francophones les gros partis s'adressent à la Région flamande et Bruxelles ou à la Région wallonne et Bruxelles, sauf exception (tel le FDF qui s'adresse quasi exclusivement à Bruxelles).

Les étrangers communautaires aussi bien que les extra-communautaires disposent du droit de vote au niveau communal.

À l'issue des élections, pour répartir les différents sièges entre les partis politiques, on ne tient compte dans les calculs que des votes valables. Les votes blancs et nuls sont écartés.

Le vote est obligatoire (comme en Grèce et en Australie) sous peine d'amende.

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Yves Leterme

Photo de campagne (2007)

Yves Leterme (Wervik, 6 octobre 1960) est un homme politique belge de langue néerlandaise, membre du CD&V. Marié et père de trois enfants, il est licencié en droit et en sciences politiques.

Yves Leterme a été le 47e Premier ministre du Royaume de Belgique du 20 mars 2008 au 30 décembre 2008.

Yves Camille Désiré Leterme, né de père francophone et de mère néerlandophone, a grandi dans un environnement bilingue, même s'il a admis quelques lacunes en français. Il a commencé sa carrière de 1987 à 1989 comme auditeur auprès de la Cour des comptes.

Chrétien-démocrate, il entame sa carrière politique dans sa province de Flandre-Occidentale, avant d'être élu au Parlement fédéral en 1999. Il siège alors dans l'opposition. Son parti y reste après les élections de 2003, et Yves Leterme en prend la direction. En 2004, après la victoire aux élections régionales, il devient ministre-président et ministre de l'Agriculture et de la Pêche de la Région flamande, menant une coalition qui regroupe aussi les socialistes, les libéraux et la Nieuw-Vlaamse alliantie, parti indépendantiste.

En 2003, président de parti et en 2004 ministre-président du Gouvernement flamand.

En juin 2007, il remporte les élections législatives fédérales avec plus de 796 521 voix. Le 21 décembre 2007 il devient vice-Premier ministre et ministre du Budget, de la Mobilité, des Réformes institutionnelles et de la Mer du Nord. Le 20 mars 2008, le gouvernement Leterme I prête serment. Yves Leterme présente le 23 mars en tant que Premier ministre le programme de gouvernement et obtient confiance de la Chambre. Suite à des pressions de la part, notamment, de son chef de cabinet sur la justice concernant l'affaire de la vente de Fortis à BNP Paribas, Yves Leterme a été obligé de présenter la démission de son gouvernement au roi Albert II le 19 décembre 2008, démission qui fut acceptée par le roi le 22 décembre 2008. Ainsi le 28 décembre 2008, Herman Van Rompuy a été nommé formateur par Albert II avant de prêter serment le 30 décembre 2008 devant le roi Albert II, succédant à Leterme comme 48e Premier ministre.

Le discours d'Yves Leterme séduit nombre d'électeurs et son parti, le CD&V, allié au parti indépendantiste flamand N-VA, gagne haut la main les élections, enlevant 30 sièges sur 150 à la Chambre et 9 (+ 5 cooptés/de communauté) sur 71 au Sénat. Yves Leterme, candidat au Sénat, a obtenu 796 521 voix de préférence.

Le 15 juillet 2007, le roi Albert II a chargé Yves Leterme de former un gouvernement.

Le 23 août 2007, il demande au roi d'être dessaisi de sa mission de formation du nouveau gouvernement belge, ce dernier accepte la démission.

Le 29 septembre 2007, après la mission d'Herman Van Rompuy comme explorateur et la remise de son rapport au roi, Yves Leterme reprend la mission de formateur, secondé dans un premier temps par Herman Van Rompuy qui s'était chargé d'explorer les pistes de solution institutionnelle, nœud à l'origine de la première démission du formateur.

Le 1er décembre 2007, Yves Leterme présente sa démission au roi de sa fonction de formateur suite au blocage des négociations. Le 21 décembre, il est nommé Vice-Premier ministre et ministre du Budget, de la Mobilité et des Réformes institutionnelles (il partage ce dernier dossier avec le francophone Didier Reynders) au sein du gouvernement Verhofstadt III, formé de manière transitoire en attendant qu'un accord de gouvernement soit trouvé entre les différents partis belges, et notamment entre francophones et néerlandophones.

Le 20 mars 2008, comme prévu, il devient le 47e Premier ministre belge et forme un gouvernement basé sur une coalition pentapartite — mais sans comprendre ses alliés indépendantistes de la NVA qui refusent de participer au gouvernement. Appelée coalition arménienne car reprenant les couleurs du drapeau arménien : l'orange (couleur de la famille chrétienne-humaniste du CD&V néerlandophone et du CDH francophone), le bleu (couleur de la famille libérale du VLD néerlandophone et du MR francophone) et le rouge (couleur de la famille socialiste ici uniquement représenté par le PS francophone). Cette composition vaut également à cette alliance le nom de « coalition lilas » (orange-bleu avec une nuance de rouge).

Suite à l'échec des négociations gouvernementales sur le volet institutionnel, il présente sa démission au roi Albert II le 14 juillet 2008. Le 17 juillet, un communiqué du palais royal annonce que le roi refuse cette démission et que trois émissaires royaux (Raymond Langendries, François-Xavier de Donnea et Karl-Heinz Lambertz) sont désignés pour « examiner de quelle manière des garanties peuvent être offertes pour entamer d'une manière crédible un dialogue institutionnel ».

Selon lui, les seules choses communes aux Belges sont « le Roi, l'équipe de foot, certaines bières… ».

Le président du Parti Socialiste Elio Di Rupo a estimé que ces propos étaient insultants pour les francophones de la périphérie bruxelloise et devaient probablement découler soit d'une erreur de traduction, soit d'une mauvaise utilisation de la langue française. De son côté, Isabelle Durant, la secrétaire fédérale du parti Ecolo estime qu'Yves Leterme « ne se distingue plus guère du Vlaams Belang ». Joëlle Milquet (cdH) trouve les propos vexatoires et s'étonne de la désinvolture affichée vis-à-vis du gouvernement fédéral.

Plusieurs hommes politiques bruxellois néerlandophones se sont insurgés contre ces déclarations, dont Pascal Smet (ministre du sp.a), Guy Vanhengel (ministre VLD) et également Georges De Smul et Lieve Lippens (du CD&V comme Yves Leterme).

L'hebdomadaire culturel français Les Inrockuptibles a élu la déclaration d'Yves Leterme à propos des francophones de la périphérie bruxelloise « la phrase la plus drôle/couillonne/brillante » de la semaine du 17 août 2006.

Le 20 août 2006, durant la cinquième édition de la Garde de l'Yser à Steenstrate (manifestation organisée par des nationalistes flamands), Johan Vanslambrouck, président de l'ASBL Ijzerwake a loué les déclarations d'Yves Leterme.

Le 21 août 2006, deux citoyens francophones membres du cdH (Jean-François Thayer, candidat aux élections communales de 2006 sur la liste Cap-Woluwe, et Yvan Verougstraete, ancien conseiller communal) ont déposé une plainte sur base de la loi contre le racisme et la xénophobie dite « loi Moureaux » à son encontre auprès de la police de Woluwe-Saint-Lambert. Cette plainte est surtout symbolique puisque Yves Leterme bénéficie d'une immunité en tant que ministre-président de la Région flamande.

Le 26 août 2006, Olivier Maingain, le président du FDF dépose une autre plainte contre Yves Leterme auprès du Parquet général. Olivier Maingain pense que quatre chefs d'inculpation possibles pourraient être retenus : incitation à la haine et à la discrimination, diffamation et calomnie, offense à la personne du roi et aussi racisme et discrimination.

Marianne Leterme, sa cousine, s'est en effet présentée comme tête de liste Ecolo à Mouscron et considère son nom comme un avantage tout en exprimant qu'Yves Leterme ne pense pas vraiment ce qu'il dit par rapport aux francophones. Pour elle, il n'est pas séparatiste et n'a pas réellement des idées si radicales.

Cependant, les craintes suscitées par ses propos et les négociations très difficiles en vue de former le prochain gouvernement sont à l'origine d'articles et de chroniques diffusés dans les médias français annonçant la fin imminente de la Belgique (Alexandre Adler sur France Culture : « Peut-être est-ce Leterme de la Belgique »).

Le 21 juillet 2007, un journaliste de la RTBF demande à Yves Leterme, alors occupé à essayer de former un gouvernement, pourquoi ce jour est la fête nationale de la Belgique. Il est incapable de répondre et entonne La Marseillaise lorsqu'on lui demande de chanter La Brabançonne, hymne national de la Belgique, suscitant de nombreuses réactions parmi la classe politique belge.

Le lendemain, Yves Leterme dans une réponse à une interview à la télévision VTM se défendait de la manière suivante : « Je ne veux pas réagir à ces bêtises. Je m’occupe de choses bien plus importantes. Je pense qu’ils veulent me faire du tort. Celui qui me fait du tort en subira les conséquences tôt ou tard ». Ces paroles de menace dans la bouche d'un pressenti Premier ministre et concernant la presse de son pays, ont été remarquées par la presse belge francophone.

Dans un entretien accordé aux quotidiens Het Belang van Limburg et Gazet van Antwerpen le 8 décembre 2007, Yves Leterme compare la RTBF à la Radio Télévision Libre des Mille Collines, radio ayant incité au Génocide au Rwanda entre 1993 et 1994, l'accusant par ailleurs d'être la « chaîne de propagande de Joëlle Milquet ».

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Histoire de la Belgique

Revendiquations territoriales de la Belgique (ici une affiche de 1919).

L'histoire de la Belgique est traditionnellement divisée en deux grandes parties. D'une part, celle des territoires qui formeront, après 1830 le territoire de la Belgique proprement dit. D'autre part, la Belgique d'après 1830, date de son indépendance politique et territoriale.

Cette histoire est liée aux autres États du Benelux. Petit à petit, les différents États entre la future France et l'Allemagne vont être rassemblés en un seul état par les ducs de Bourgogne. Cette unification commencera en 1384 et prendra fin en 1443. Ces territoires seront nommés Pays-Bas (Belgica en latin).

Il faut également distinguer la Principauté de Liège qui eut un destin totalement indépendant de celui des Pays-Bas (du Nord ou du Sud), jusqu'à leur intégration dans la République française en 1795.

La plus ancienne trace de présence humaine dans les territoires qui forment actuellement la Belgique a été trouvée à Hallembaye, aux environs de la montagne Saint-Pierre (province de Liège), elle date d'environ 800 000 ans. Ensuite, aux environs de 400 000 av. J.-C. des hommes s’installent en bord de Meuse. De 250 000 à 35 000 av. J.-C., ces territoires sont peuplés de Néandertaliens surtout dans la province de Liège et dans la province de Namur (homme de Spy). À partir de 30 000 av. J.-C., l’homme de Néandertal fait place à l’homme moderne. Il ne faut pas oublier qu'au cours des maximums glaciaires, le niveau de la mer était beaucoup plus bas et on pouvait aller de la Belgique vers la future Angleterre à pied sec. Des vestiges de l’époque néolithique existent à Spiennes où se trouvait une mine préhistorique de silex.

Les premiers signes de l’Âge du bronze datent de 1750 av. J.-C.. En 500 av. J.-C., habitées par des Celtes, ces régions subissent les influences et commercent avec le monde méditerranéen. Dès 150 av. J.-C., les premières monnaies celtes font leur apparition. Les diverses tribus celtes vivant sur ces territoires à cette époque étaient les Éburons, les Aduatiques, les Nerviens, les Ménapiens, les Morins et les Trévires.

Les écrits de Jules César De Bello Gallico (I et II) forment le début de l’histoire écrite. « De tous les peuples de la Gaule, les Belges sont les plus braves ». Ainsi parlait Jules César des tribus qui ont donné tant de fil à retordre à ses légions. Cette citation est toujours présente dans les manuels scolaires actuels. Jules César justifiait ainsi les cinq années (à compter de 57 av J.C.) dont il avait eu besoin pour faire plier ces féroces guerriers. Ajoutées à la Gaule par ce même conquérant, les régions septentrionales de la Gaule seront séparées en tant que Gaule belgique lors de sa réorganisation par l’empereur Auguste. Cette province impériale est beaucoup plus importante que la Belgique actuelle. Elle recouvre tout le nord-est de la France actuelle, de la Picardie à la Franche-Comté, ainsi que tout l’ouest de la Suisse.

La présence romaine apporte quatre siècles de prospérité à la région. La sécurité des frontières face aux Germains est assurée par les légions et les premières voies de communication sont créées d’une part entre Boulogne et Cologne, d'autre part entre Reims et Trèves. Plusieurs bourgs sont créés à l’intersection de ces axes, tels par exemple Arlon et Bavay, ou encore Tongres et Tournai. Le latin, utilisé par les fonctionnaires romains, les marchands et les militaires, devient la langue véhiculaire et s’impose face aux dialectes celtes. Le christianisme s'impose rapidement au IIIe siècle après la fondation d’un évêché à Tongres.

Après les grandes invasions du Ve siècle, la région devient le cœur du premier royaume franc, dont la capitale est Tournai. Vers l'an 500, Clovis, roi des Francs, reçoit le baptême, et abandonne Tournai pour Paris. La christianisation massive débute en 630, avec le soutien des moines celtes.

Sous l'impulsion de Charlemagne, la vallée de la Meuse devient le centre politique et économique de l'empire carolingien. Lors du partage de l'empire de Charlemagne au traité de Verdun en 843, la region est partagée entre les royaumes de Charles II (comté de Flandre, déjà partagé par la frontière linguistique entre parlers romans et germains) et de Lothaire. L'Escaut sert de frontière.

A l'ouest du futur territoire de la Belgique, la Flandre qui prête hommage au roi de France échappe cependant petit à petit à son autorité .

A l'est, la vaste Lotharingie est divisée à plusieurs reprises et rattachée au Saint Empire romain germanique. A la fin du Xe siècle, la Basse-Lotharingie s'étend de l'Escaut jusqu'à la Saxe et la Hesse. Au nord, elle est bordé par la Frise. Sur ce duché se développent des fiefs, comtés et seigneuries quasi indépendants, tels les duchés de Brabant, de Limbourg, de Luxembourg, les comtés de Hainaut et de Namur, la Principauté de Liège.

À partir du Xe siècle, les villes commencent à se développer, principalement dans le comté de Flandre et en pays mosan. L'industrie de la laine se développe elle aussi, et plus tard, le commerce maritime, avec la ligue hanséatique. La région devient l'un des cœurs de l'économie européenne, avec l'Italie. Les laines sont importées d'Angleterre, avec laquelle se tissent des liens qui compteront pendant les conflits entre Capétiens et Plantagenêt.

Les principales villes sont alors, à l'ouest, Bruges, Gand, Ypres et Tournai, et en pays mosan, Huy, Namur, Dinant et Liège. L'urbanisation de la future moyenne Belgique est plus lente, seule Nivelles présente au Xe siècle un caractère urbain. Situées plus à l'intérieur du pays, les autres villes brabançonnes comme Bruxelles, Louvain et Malines, attendent la fin du Xe siècle pour s'étendre. À cette époque, les affluents de l'Escaut sont navigables et le trafic commercial entre la Meuse et le Rhin augmente.

Jusqu'en 1300, l'essor des villes est alimenté par une conjoncture économique favorable. Une deuxième enceinte s'avère souvent nécessaire. Cette expansion est freinée au XIVe siècle par de nombreuses crises et épidémies de peste. Le nombre de citadins stagne ou recule. La plupart des villes ne retrouvent leur niveau de population de l'an 1300 qu'au XIXe siècle.

À partir de la fin du XIIIe siècle plusieurs batailles ont lieu entre le roi de France et les communes de Flandre, les comtes étant tantôt d'un côté, tantôt de l'autre. La garnison française à Bruges est massacrée lors de la révolte des Mâtines de Bruges le 18 mai 1302, et l'ost royal est écrasé par les milices communales à la bataille de Courtrai, dite des éperons d'or le 11 juillet de la même année. Cette bataille est aujourd'hui considérée comme la naissance de la nation flamande, bien que la Flandre actuelle et le comté de Flandre de l'époque ne se recouvrent que partiellement. Philippe Le Bel obtiendra sa revanche à la bataille de Mons-en-Pévèle le 18 août 1304.

À l'issue de la guerre de Cent Ans, les territoires de la future Belgique (à l'exception de la principauté de Liège) et les Pays-Bas actuels sont aux mains des ducs de Bourgogne, vassaux des rois de France. La Bourgogne est démembrée après la mort de Charles le Téméraire en 1477, les Pays-Bas bourguignons échoient aux Habsbourg. Charles Quint naît en 1500 à Gand, héritier à la fois des Habsbourg et de l'Espagne. Il se considère comme flamand et bourguignon. Quand il partage ses domaines entre son frère et son fils, les Dix-sept Provinces des Pays-Bas échoient à l'Espagne de Philippe II, et sont dès lors appelées Pays-Bas espagnols.

Au XVe siècle, suite à l'ensablement du Zwin, mais aussi pour des raisons économiques et politiques, Anvers supplante Bruges en tant que principal port de transit d'Europe occidentale. Anvers devient alors une des capitales économique et financière du nord-ouest de l'Europe.

Sous Philippe II, les Pays-Bas du Nord, convertis au calvinisme, se révoltent et obtiennent finalement leur indépendance sous le nom de Provinces-Unies. Les territoires qui formeront plus tard la Belgique et certaines provinces du Sud des Pays-Bas restent possessions espagnoles, après de nombreux troubles et l'extermination des anabaptistes (voir par exemple David Joris).

Ces troubles privent Anvers de sa prépondérance économique. La ville se vide de la majorité de sa population qui fuit vers les Provinces-Unies ou le Saint Empire romain germanique. C'est un peu plus tard qu'Amsterdam prendra sa place.

Au cours du XVIIe siècle les guerres opposant la France à l'Espagne et aux Provinces-Unies dessinent à peu près la frontière actuelle entre France et Belgique. Suite à des opérations militaires comme la bataille de la Peene à Noordpeene en 1677, le traité de Nimègue en 1678 vient entériner notamment le rattachement à la France des châtellenies de Cassel, Bailleul et Ypres. Cette dernière sera rendue avec Furnes et Tournai au traité d'Utrecht, en 1713.

Lors de ce même traité, la couronne d'Espagne passe aux Capétiens, avec Philippe V d'Espagne, petit-fils de Louis XIV. Les Pays-Bas du Sud , à ce moment sous le contrôle de l'armée néerlandaise, reviennent aux Habsbourg d'Autriche et deviennent les Pays-Bas autrichiens.

Lode Wils, dans son "Histoire des nations belges" présente les Pays-Bas espagnols/autrichiens comme un état fédéral catholique, gouverné par des rois étrangers. Ce sentiment d'appartenir à un état-nation conduira notamment à l'émergence d'une "historiographie nationale des Pays-Bas méridionaux", portant sur l'histoire des "Belges" (Des Roches en 1782, puis Dewez en 1805 et De Smet en 1822).

Ce sentiment "belge" est d'ailleurs confirmé lorsque, en 1757 à Vienne, le "Conseil suprême des Pays-Bas" est supprimé (pour des motifs, il est vrai, tout autres), et remplacé par un "Bureau belge" au sein de la chancellerie autrichienne.

Il faut toutefois rappeler que ce mot "belge" fait référence aux Pays-Bas du Sud, à l'exclusion donc de la Principauté de Liège. Ainsi, en 1792, les patriotes liégeois et belges réfugiés à Paris vont se réunir en un "Comité des Belges et Liégeois Unis" (sous la direction de Walckiers). Mais les Liégeois vont toutefois rapidement se considérer comme Belges au fil des révolutions.

Jusqu'en 1795, le territoire actuel de la Belgique était principalement divisé en deux pays distincts : les Pays-Bas du Sud et la principauté de Liège.

La principauté épiscopale de Liège était un État du Saint Empire romain germanique. C'est en l'an 985 que naît la principauté épiscopale. C'est à cette date que Notger, déjà évêque de Liège depuis 972, devient prince-évêque en recevant le Comté de Huy.

C’est à cette époque qu’eut lieu le renversement de l’Ancien-Régime dans les différentes régions qui composent aujourd’hui la Belgique. Cette époque marque également le début de leur unification politique.

Durant tout l’Ancien Régime, chacune des principautés avait sa législation propre, ses pratiques juridiques, sa fiscalité, Etc. A cela s’ajoutaient la bigarrure linguistique de ces différentes contrées.

Il faut ajouter à cela de très nombreuses principautés romanes indépendantes ou autonomes, tel que la Principauté de Stavelot-Malmedy (600km²), le Duché de Bouillon (230km²), la principauté de Fagnolle (correspondant à un village mais battant néanmoins sa propre monnaie), quelques enclaves françaises (Mariembourg, Philippeville…)… Cet inventaire n’est pas exhaustif.

Ces multiples frontières furent balayées lors de la période française (1795). Les révolutionnaires firent table rase de l'ancienne organisation politique et des différentes dénominations géographiques. Ils divisèrent le territoire en neuf départements : le Duché de Brabant sera divisé entre les départements de la Dyle et des Deux-Nèthes, Le département de l'Ourthe correspondra à la partie centrale de l'ancienne principauté de Liège, le comté de Hainaut deviendra le département de Jemmapes, etc.

Cette division administrative perdurera sous les régimes hollandais et belge, bien que la dénomination des provinces changeât.

La Révolution liégeoise (en wallon Revolucion lidjwesse ou Binamêye revolucion) est la période qui va de 1789 à 1795, et qui entraînera la disparition de la principauté de Liège après 8 siècles d'existence.

Selon certains historiens, la Révolution liégeoise était un miroir de la Révolution française ou en était même une partie. La Révolution en France commença simultanément en 1789 et dans cette interprétation la révolution à Liège continuait après le retour temporaire du prince; elle connut une deuxième phase avec l'entrée des troupes révolutionnaires en 1792, et une troisième phase en 1794 avec le deuxième retour des Français. Alors, la révolution finît en 1795 par la disparition de la principauté et son incorporation à la République française. Pendant cette phase la révolution a montré des épisodes extrêmes, par exemple la démolition de la cathédrale Saint-Lambert par les révolutionnaires liégeois mais également des épisodes prometteurs : Les Liégeois purent, pour la première fois, exprimer leur volonté à travers des élections au suffrage universel masculin et un référendum pour la réunion de la Principauté à la France.

Selon d'autres, la révolution se déroula pendant la période où le prince-évêque était absent, dès son départ pendant la nuit du 26 au 27 août 1789 jusqu'à son retour le 12 février 1791. Dans cette interprétation, la Révolution liégeoise était la contrepartie de la Révolution brabançonne dans les Pays-Bas autrichiens, qui a échoué. Cependant, on remarquera que la Révolution liégeoise, à l'instar de la Révolution française, a pour but une remise en question profondément progressiste de l'ordre politique et social, à l'opposé de la Révolution brabançonne qui s'inscrit dans la contestation et le rejet des réformes progressistes de Joseph II.

En 1789, les réformes politiques et religieuses que veut imposer l'empereur Joseph II provoquent une insurrection réactonnaire et cléricale qui annéantit les principales réformes du despote éclairé, notamment l'Edit de Tolérance (1781) qui avait tenté d'éradiquer les discriminations dont souffraient les protestants.

Les États généraux ne reconnaissent plus l'autorité du souverain. Ce soulèvement est accompagné par la désintégration de l'armée impériale après sa défaite à Turnhout le 24 octobre 1789.

Cette révolution brabançonne donne lieu à des proclamations d'indépendance des différents « États », et la création, le 11 janvier 1790, de la confédération des États belgiques unis. La discorde entre les partis catholique et libéral gêne cependant considérablement la défense du pays et favorise le retour des troupes autrichiennes qui rétablissent leur autorité dès octobre de la même année.

À cette époque, Louis de Potter, un journaliste belge frondeur du "Courrier des Pays-Bas", était emprisonné à Lille pour ses écrits relativement anti-cléricaux et républicains. Durant plusieurs années, depuis sa geôle, il écrivit de nombreux ouvrages diffusés secrètement dans les provinces belges. Corollaire de la Révolution Brabançonne, le professeur Paul Harsin de l'université de Liège constata qu'une brève révolution flamande survint et permit la libération de Louis de Potter des barreaux hollando-espagnols en France, sous le nez des Autrichiens.

Poussé par les gens de Courtrai, Roubaix et alentours, Louis de Potter fut alors emmené en chariot vers Bruxelles et, l'histoire décrite par le prof. Harsin décrit que, depuis Gand, la population détacha les chevaux et tira le chariot jusqu'à Bruxelles. Alors porté sur les épaules des révolutionnaires et ovationné comme le "vrai chef de la révolution belge", Louis de Potter prononça la phrase qui devint la devise des Belges : "L'Union fait la force".

Louis de Potter n'eut de cesse que de critiquer le pouvoir imposé par des tiers pour les provinces belges réunies. Il fut en quelque sorte l'inventeur du "Mouvement libéral social" et, nommé par ses pairs à la tête du gouvernement provisoire (pour cause de doyenneté), devint ainsi le tout premier "premier ministre/ président" belge. Lorsque les nations décidèrent, avec l'appui des "grandes familles", de nommer une famille royale régnante, Louis de Potter fut déchu de ses pouvoirs populaires et fuit en exil en Italie où il mourut.

A la suite de la révolution brabançonne, un premier état indépendant voit le jour. Son drapeau consistait en trois bandes horizontales composées des couleurs du Brabant : rouge-noir-jaune. Ce drapeau sera repris lors de la révolution belge de 1830, mais avec les couleurs disposées dans un autre ordre.

Les États-belgiques-unis ne durèrent qu'une année, néanmoins le qualificatif belgique s'imposa définitivement pour désigner les Pays-Bas autrichiens pendant la période française. L'adjectif belge fut désormais utilisé par les Français pour qualifier les habitants des anciens Pays-Bas autrichiens, par opposition aux citoyens de la Principauté de Liège.

Si la France unifia politiquement, pour la première fois, la Principauté de Liège et les Pays-Bas méridionaux dans le vaste ensemble que formait l'Empire; à la fin du régime français, on distinguait encore régulièrement les Belges des Liégeois. Ce n'est que sous la période hollandaise que la distinction disparu : en effet, le nouveau royaume des Pays-Bas était divisé en deux camps, d'un côté les Hollandais protestants et de l'autre les Belges catholiques. Les Liégeois s'allièrent naturellement aux Belges et c'est dans ce contexte que la fusion « psychologique » entre principautaires liégeois et Belges s'opéra.

À partir de décembre 1790, les États belgiques unis et la république liégeoise s’effondrent devant les armées autrichiennes. La Contre-révolution brabançonne avait été dominée par les courants les plus réactionnaires et cléricaux du pays ; dans l’espoir de leur plaire, Joseph II sacrifia, dans un esprit d’apaisement, la plupart de ses réformes progressistes à la restauration de l’ordre intérieur, sans toutefois parvenir à endiguer la contestation.

Dans la Principauté de Liège, au contraire, le prince-évêque Constantin-François de Hoensbroeck poursuit une politique revancharde et réprime durement les Liégeois en promulguant un Édit fondamental (10 août 1791) qui poussa les démocrates liégeois à rechercher un changement dans la France révolutionnaire.

Après l’échec de leurs révolutions, les restaurations, tant dans les Pays-Bas du sud que dans la principauté de Liège, furent de courte duré. En effet, depuis le printemps de 1792, la France est en guerre contre toute l’Europe conservatrice et les armées trouvent leur premier terrain de bataille dans les Pays-Bas méridionaux.

Les exilés liégeois et belges se rassemblent à Paris où ils constituent un Comité des Belges et Liégeois unis. Les Liégeois soutiennent la réunion de la principauté à la France, tandis que les Belges espèrent mettre en place une seconde tentative d'indépendance après l'infructueux essai de 1790.

Dans cette guerre proclamée défensive, libératrice et non-conquérante prendrons place deux Légions belges et liégeoises.

Le 6 novembre 1792, l'armée menée par Dumouriez bat l'armée autrichienne lors de la bataille de Jemmapes. L'indépendance de la Belgique est déclaré le 8 novembre et les troupes autrichiennes quittent les provinces belges : Bruxelles le 14 novembre, Anvers le 30 novembre. Le 19 novembre, la Convention confirme sa doctrine de propagande et non d'annexion. Les Français sont accueillis en libérateurs.

Très vite, les français changent de doctrine lorsque Brissot, qui parlait encore le 21 novembre « d'une ceinture de républiques » autour de la France, exhorte le 26 devant la Convention de reculer « nos barrières jusqu'au Rhin ». L'annexion de la Belgique est réclamée par Danton le 31 janvier 1793 dans une déclaration à la Convention où il précise la doctrine des frontières naturelles de la France.

Les Français organisent la Belgique sous la direction de Louis-Ghislain de Bouteville du Metz qui engage d'importants prélèvements financiers dans le pays, notamment pour remettre à flot les finances de la jeune république attaquée de toute part par les monarchies européennes. Ces mesures provoquent un mécontentement dans une partie de la population, surtout dans les provinces flamandes ainsi que dans les campagnes namuroises et luxembourgeoises. Tandis que les révolutionnaires enthousiastes se trouvaient principalement dans les principautés de Liège et de Stavelot ; ainsi qu’à Charleroi et dans le pays de Herve ; et dans plusieurs villes du comté de Hainaut. C’est de ces régions que partirent les vœux de réunion à la République que la Convention entérinera entre le 2 mai et le 8 mai 1793.

En mars 1793, l'armée française est vaincue à Neerwinden : les Autrichiens réoccupent, avec l'assentiment du peuple belge, les "Etats belgiques" et replacent le prince-évêque de Liège sur son trône.

Les Français vont donc mettre en œuvre les préparatifs nécessaires au pillage des pays conquis : le 13 mai 1794, le Comité de salut public crée quatre « Agence de commerce » attachées aux armées devant opérer en Belgique, Espagne, « Rhin » et « Alpes ». Ces agences sont chargées de préparer l'enlèvement de tout ce qui pouvait intéresser la République. Quinze jours plus tard, le 28 mai, le Comité de salut public ordonne aux Représentants du Peuple et aux Généraux « d'évacuer en France toutes les richesses des pays conquis entre Sambre et Meuse, et dans les contrées voisines » ; et, le 14 juin, on charge expressément l'Agence prévue pour la Belgique de « veiller à l'extraction des objets d'approvisionnement, de commerce, d'art et de science ».

Les principautés belges sont réorganisées en neuf départments correspondant à peu près aux anciens États des Pays-Bas autrichiens, même si certains furent créés ex nihilo (comme ceux de la Meuse-Inférieure et de l'Ourthe, conséquences du démembrement de l'ancienne Principauté de Liège). Cette division administrative sera conservée jusqu'à aujourd'hui.

Pendant la période française, le bassin houiller wallon fait sa révolution industrielle et devient une des régions les plus prospères d'Europe : l'industrie belge et liégeoise souffrait jusque-là du protectionnisme des Provinces-Unies, de l'Angleterre et de la France ; mais aussi des multiples barrières douanières entre les petites principautés belges. L'intégration à la France fera disparaître ces frontières intérieures et ouvrit la production wallonne à l'énorme marché intérieur français. L'éradication, sur le continent européen, des produits britanniques provoquera également un fort enrichissement des industries belges. Le reste de la Belgique, particulièrement la Flandre, demeure peu industrialisé, à l’exception notable du port d’Anvers qui bénéficiera de manière prodigieuse du blocus continental et du désenclavement des bouches de l’Escaut..

La Belgique connaît à ce moment l'ensemble des institutions de la Révolution française : administration, Code Napoléon, imposition, justice reformée…

Cependant, le peuple français, dont Belges et Liégeois font désormais partie, souffre ; notamment à cause des guerres de la Révolution et de l'Empire. Ainsi, sur l'actuelle province de Liège, 6% de la population meurt sur les champs de bataille (6500 hommes).

De nombreux Belges et Liégeois remplirent d’importantes fonction dans l’armée. Parmi les généraux de la République et de l’Empire, 25 étaient belges ou liégeois, majoritairement d’origine wallonne, comme Jean-Joseph Fyon, ancien bourgmestre de Verviers; trois d’entre eux ont leur nom gravé sur l’Arc de Triomphe : Dumonceau, Lahure et Jardon.

Les Wallons étaient généralement plus prompts à endosser l’uniforme que leurs homologues flamands. Mais parfois, la population se révolte, particulièrement dans les régions flamandes, notamment à propos de la Conscription obligatoire et sur le plan religieux. L'usage des langues locales, comme les parlers flamands, est réprimé et les publications dans cette langue sont interdites avec l'instauration du décret du 2 thermidor an II.

La période française prend fin en 1815 avec la défaite de Napoléon à Waterloo.

L’intégration des terres wallonnes fut incontestablement mieux réussie que l’incorporation des populations de langue flamande ou allemande, où l’anticléricalisme du pouvoir français suscitait des oppositions bien plus vives.

La conquête de la France par les troupes russes, prussiennes, autrichiennes et britanniques fait suite à la chute de Napoléon. Un régime d'occupation très dur se met en place en Belgique. Les Russes et les Prussiens administrent ces régions, souvent de manière brutale et écrasante.

Dans ce contexte, les acteurs se positionnent : L’aristocratie belge et liégeoise se montre généralement favorable au retour aux anciens Pays-Bas autrichiens et au rétablissement de la Principauté de Liège. Quant à la bourgeoisie, elle reste nettement francophile mais, compte tenu de la situation politique qui prévoyait le démembrement de la France par la Sainte-Alliance, cette option semblait irréalisable. Nombre d’entre eux se tournèrent dès lors vers l’orangisme qui avait l'avantage de compenser les effets de la grave crise économique qui résultait de la perte du marché intérieur français, par le commerce avec les colonies hollandaises. Quant à la population, plongée dans la crise économique et le chômage depuis sa séparation d'avec la France, elle regrettait certainement le régime précédent.

Á propos du sentiment national belge, on peut d’emblée en exclure l’existence dans le pays liégeois qui se sentait nettement plus proche du reste de la France que des autres territoires formant aujourd’hui la Belgique. Mais dans le reste du pays, vingt-cinq ans après la révolution brabançonne et seize ans avant la révolution belge, s’il y eut des partisans de l’indépendance nationale, ils restèrent extrêmement silencieux, très peu nombreux et isolés.

Au niveau des psychologies collectives, l’amalgame entre principautaires liégeois et Belges n’était certainement pas réalisé en 1815 ; ce fut cependant chose faite, sous la période hollandaise. De larges couches de la Bourgeoisie n’étaient pas satisfaites de cette réunion avec les Pays-Bas et l’amalgame entre Belges et Néerlandais ne prit jamais.

Au congrès de Vienne en 1815, les trois grands vainqueurs se divisent l'Europe sans tenir compte des sentiments nationaux naissants, et sans consultation des populations. C'est ainsi que les territoires de la future Belgique sont réunis à ceux des Pays-Bas pour former un État tampon au nord de la France. À la tête de ce Royaume-Uni des Pays-Bas, Guillaume Ier d'Orange.

Le 18 juillet 1815, le roi publie une constitution en vue de la fusion des 2 Pays-Bas. Au nord, les Etats Généraux l'acceptent à l'unanimité. Au sud, elle est soumise à 1603 notables belges. 527 vont voter "pour" et 796 "contre" (dont 126 pour des motifs religieux). Le résultat était donc "contre" à 60%. Toutefois, dans le décompte des voix, les 280 abstentions seront considérées comme des votes "pour", et il en ira de même pour les 126 votes "contre" à motifs religieux. Le résultat devint alors 933 "pour" et 670 "contre". Et c'est ainsi que, le 24 août, le gouvernement proclama l'acceptation de la constitution à 58%.

L’opposition aux "Hollandais" était pourtant déjà patente. Ainsi, le 6 mars 1814, plus d'un an avant la naissance du Royaume-Uni, un agent britannique rapportait qu'en Belgique "la quasi-totalité des classes de la société (…) rejettent de façon très nette la Hollande et la Maison d'Orange".

Dans les faits, la population assiste donc au rétablissement des Pays-Bas d'avant 1581, mais cette fois sous la forme d'un État protestant.

Le premier antagonisme est donc logiquement religieux, et la situation inversée par rapport à 1581. Les 3.5 millions de Belges des provinces du sud sont catholiques et intégrés dans un état dirigé par les 2 millions de protestants des provinces du nord et leur roi. De plus, l'égalité des religions est décrétée : le clergé catholique se sent alors menacé et soutient l'opposition dans les campagnes. Cette opposition est surtout marquée en Flandre, et menée par l'évêque de Gand (de Broglie). Ainsi, comme en 1581, la religion sera une cause directe de la scission des Pays-Bas.

Le second antagonisme est économique : les libéraux n'ont plus accès au marché français, tandis qu'ils doivent faire face au libre-échange avec l'Angleterre, et son industrie fort avancée. De plus, le gouvernement favorisait les investissements dans le nord et le roi ira même jusqu'à freiner le développement du port d'Anvers pour favoriser les ports du nord. Pour ces raisons, en 1816, les ambassadeurs d'Autriche, de Russie et de Prusse ont déjà perdu toute confiance en la réunion des 2 Pays-Bas.

Parallèlement à ces deux antagonismes, le gouvernement devenait de plus en plus autoritaire, vis-à-vis de la liberté de la presse (sous couvert de troubles de l'ordre public) et du clergé catholique. Ainsi, les opposants à ce despotisme se rassemblent, réclamant la responsabilité ministérielle devant le Parlement et la liberté d'enseignement.

Le soulèvement des Belges est alors inévitable, et l'élément déclencheur sera la seconde vague des révolutions en Europe (en 1830). La bourgeoisie prendra alors le pouvoir en août 1830 et, face au souverain absolutiste étranger, sera soutenue par toutes les couches de la société (de la noblesse aux paysans).

Pour conclure sur cette période, précisons encore que si aujourd'hui la question linguistique est prépondérante, il n'en était rien à l'époque. Dans les faits, l'arrêté royal du 15 septembre 1819 établissait le néerlandais comme langue officielle (dans les provinces néerlandophones) pour la justice et l'administration, et les langues populaires n'étaient pas protégées (ainsi en ira-t-il de l'allemand au Luxembourg). De plus, les Wallons ne se sentent pas menacés pour autant, et pour cause : Guillaume Ier lui-même, bien que roi des Pays-Bas, était francophone (tout comme une bonne partie de la bourgeoise européenne de l'époque).

L'établissement d'une politique linguistique pro-néerlandais a été si graduelle, qu'il existait d'ailleurs très peu de liens culturels entre la Flandre et les Pays-Bas proprement dit. Et les griefs linguistiques accusant le roi d'imposer l'usage du néerlandais aux élites et à toute l'administration (justice, police…) n'apparaîtront véritablement qu'en 1829. Il faut dire qu'à cette date, on ne pouvait même pas rédiger son testament en français…

Le 25 août 1830, peu après la Révolution de Juillet en France, Bruxelles se soulève. Les troubles se propagent dans tout le pays et le 27 septembre les troupes gouvernementales évacuent l'essentiel des provinces du Sud (seules les citadelles d'Anvers, de Maastricht et de Luxembourg restent aux mains de troupes loyalistes).

Dès le 26 septembre, un gouvernement provisoire est formé, qui élabore une Constitution,le 7 février 1830. Il recherche un roi, adresse une demande au duc de Nemours, fils de Louis-Philippe, qui refuse par prudence. Une union personnelle entre les pays autour du roi des Pays-Bas est un temps envisagée, mais rejetée par le gouvernement (le 27 octobre, une force hollandaise dans la forteresse d'Anvers bombardait encore la ville).

Le 4 octobre 1830, l'indépendance est proclamée par le gouvernement provisoire formé le 26 septembre 1830, et le 3 novembre un Congrès national est élu par 30 000 électeurs et s'ouvre le 10 novembre 1830. Le 18 novembre, le congrès national belge confirmera en quelque sorte le décret du 4 octobre au sujet de l'indépendance de la Belgique. Le 7 février 1831 il approuve une constitution. La majorité de ces électeurs provenant de la bourgeoisie, le français est choisi comme seule langue officielle. L'opinion commune était qu'il y avait une majorité de francophones en Belgique, puisque le français était, à l'époque, la langue des élites, celle de la classe dominante qui s'empara du pouvoir en 1830. En Flandre comme en Wallonie et à Bruxelles, le peuple use de langues régionales.

Le 4 novembre 1830 une conférence s'ouvre à Londres sur l'avenir de la Belgique : les grandes puissances décident finalement de reconnaître la Belgique indépendante le 20 janvier 1831. Un royaume est fondé dont le trône est offert, tout d'abord au duc de Nemours, dont le père déclinera l'offre, puis ensuite, le 4 juin 1831 par défaut au prince allemand Léopold de Saxe-Cobourg-Gotha (oncle de la reine Victoria), qui deviendra Léopold Ier, premier roi des Belges, le 21 juillet 1831. La Belgique est déclarée neutre. Entre-temps, de février 1831 au 21 juillet 1831, la Belgique sera régentée par le baron Érasme-Louis Surlet de Chokier.

Les frontières ne furent définitivement fixées qu'en 1919, lors de la signature du Traité de Versailles qui accorda le territoire des Cantons de l'Est à la Belgique.

Au XIXe siècle, disposant de charbon et de fer, la Belgique connaît la révolution industrielle et fut même un temps la deuxième puissance industrielle mondiale, derrière l'Angleterre.

L'essentiel de la puissance industrielle du pays se trouvait toutefois en Wallonie, où existait déjà une tradition séculaire du travail du fer et de l'extraction du charbon. La région devint ainsi le deuxième producteur mondial d'acier et de charbon.

Le roi Léopold II (successeur et fils de Léopold Ier, 1865) dirige à titre privé la colonisation du Congo dans le but d'assurer une colonie à la Belgique. L'actuelle République démocratique du Congo (Congo Kinshasa, ex-Zaïre) devient son domaine personnel. En 1885 Léopold II devient officiellement chef de l'État indépendant du Congo, il ne cédera celui-ci à la Belgique qu'en 1908, sous la pression de l'opinion publique internationale.

L'exploitation des richesses du Congo sera alors confiée à des agents de l'État indépendant ou à des concessionnaires dont les exactions deviendront tristement célèbres. Pour fournir le caoutchouc, les rubis, l'or, les diamants et l'ivoire en grandes quantités, les indigènes sont soumis au travail forcé et à un régime de terreur (massacres de villages entiers). Le nombre de victimes indigènes ne peut faire que l'objet d'estimations (voir les Fantômes du roi Léopold, voir aussi l'avis de Jean Stengers ). Les morts comptabilisés dans ces estimations englobent tant les victimes directes des massacres que ceux qui sont provoqués par la déstabilisation profonde de l'agriculture vivrière, les fuites de populations entières etc. Les estimations varient entre 6 à 10 millions.

En 1908, sous la pression internationale, la Belgique hérite du Congo. La constitution belge interdit à la Belgique de dépenser de l’argent pour ses colonies. Toutes les réalisations doivent donc être financées par des fonds privés ou par la colonie elle-même. En 75 ans la Belgique va faire du Congo un géant agricole et minier source de matières premières et de devises. Les populations congolaises sont cependant exclues de la croissance économique. Leurs salaires sont faibles, le système de formation traditionnel est remplacé par des écoles primaires, tandis qu'il n'y a pas d'universitaires. La manière dont s'organise la coexistence entre Noirs et Blancs les sépare de fait fortement, mais cette séparation est moins rigoureuse qu'en Afrique du Sud et n'est pas soutenue par une claire idéologie sacrifiant au racisme comme dans l'apartheid. En outre, dans le monde chrétien entre autres, de vives critiques s'élèvent contre ce système de fait, notamment dans La Revue nouvelle. Enfin ce sont certains Blancs et certains Noirs qui, ensemble, ont posé des gestes prônant pour l'avenir l'indépendance du Congo, notamment le Manifeste de Conscience africaine, rédigé par le cardinal Joseph-Albert Malula.

En Belgique va régner pendant longtemps une propagande coloniale paternaliste (Tintin au Congo), glorifiant la « mission civilisatrice » de la Belgique. Cette vision « paternaliste » fut très répandue en Europe, jusque dans les années 1930.

En 1914, en application du plan Schlieffen, l'Allemagne, en guerre contre la France envahit la Belgique pour contourner les armées françaises par le nord. La violation de la neutralité belge déclenche l'entrée en guerre du Royaume-Uni. Contrairement à ce qu'escomptaient les militaires allemands, la résistance de l'armée belge est forte : dans un premier temps l'armée d'invasion doit même reculer. Or la condition de réussite du Plan Schlieffen, c'était la rapidité. Il faudra quinze jours à une armée de 100.000 hommes pour réduire les forts de Liège. L'armée belge commandée par le roi Albert Ier recule en combattant, et même en contre-attaquant à partir d'Anvers en septembre sur le flanc allemand. Cette résistance imprévue contrecarre gravement le plan des Allemands, leur semble illégitime (objectivement elle sert les Français), va très vite faire naître dans leur esprit le mécanisme qui les amènera à la fausse croyance sincère selon laquelle des francs-tireurs assailleraient leurs troupes comme durant la guerre franco-allemande en 1870 et finalement provoquer les fameuses atrocités allemandes d'août et septembre 1914.

Le pays sera finalement entièrement occupé pendant toute la guerre sauf derrière la ligne de front de l'Yser. Le gouvernement est contraint de se réfugier à Sainte-Adresse, dans la banlieue du Havre. Cependant la force publique du Congo, l'armée coloniale remporte aux prix de lourds sacrifices d'éclatantes victoires sous commandement belge contre les colonies allemandes au Cameroun et en Afrique orientale avec l'aide des colonies françaises, britanniques et portugaises.

En 1918, le statut de neutralité de la Belgique fut réduit à néant. La Belgique s’empressa alors de quitter le rôle d’État tampon qu'on lui avait accordé lors de son indépendance, pour une politique nettement plus agressive ; c’est pourquoi elle fit pression sur les grandes puissances pour obtenir des compensations monétaires et territoriales très importantes. Les Belges voyaient dans un territoire agrandi aux dépens de ses voisins, allemands et néerlandais, l’assurance de ne plus être envahis.

Bien que d'importantes compensations monétaires et que les villes de Saint-Vith, Eupen, Moresnet et Malmédy leur aient été accordées par la Société des Nations, ainsi qu’un protectorat sur les anciennes colonies allemandes du Ruanda-Urundi, les Belges, et Albert Ier en particulier, considérèrent que les réparations financières n'étaient pas assez élevées et vécurent le rejet de leurs visées expansionnistes vers la Flandre zélandaise et le grand-duché du Luxembourg comme une véritable humiliation.

Parallèlement, le vote plural fut aboli et remplacé par le suffrage universel masculin qui permit d’une part aux socialistes d’accéder aux rênes du pouvoirs pour la première fois, mais aussi aux Flamands d’être majoritaires au Parlement. Les revendications autonomistes flamandes, excitées durant l’occupation allemande de 1914-1918, prirent donc de plus en plus d’importance, ce qui força le roi à autoriser la néerlandisation de l’université de Gand en 1930.

La neutralité de l’État belge ayant été abandonnée, la Belgique signa un accord d’entraide militaire avec la France en 1920. Cette coopération culmina avec l’occupation conjointe de la Ruhr par les troupes franco-belges.

Après le Jeudi noir, la Belgique comme le reste de l'Europe est atteinte par une crise économique majeure. Cette crise favorisa l’émergence de partis fascistes comme le Verdinaso ou le parti rexiste de Léon Degrelle.

Le pays était déchiré entre les factions flamandes et wallonnes : lorsqu’il fallut voter un budget militaire face à la menace nazie, les députés flamands boudèrent ce vote, ce qui empêcha la modernisation à temps de l’armée belge à la veille de la Seconde Guerre mondiale. Mais l’objectif principal des Flamands était de rompre l’accord militaire franco-belge de 1920 qu’ils considéraient comme un symbole de la domination francophone. Léopold III accéda au mot d'ordre flamand Los van frankrijk ! (Larguons la France !) et demanda au gouvernement d’adopter une politique d’indépendance face à la montée des tensions internationales dans l'espoir d'échapper à la guerre.

En toute discrétion, le gouvernement dénonça unilatérallement, en 1936, l’accord franco-belge, pour reprendre la politique d'État tampon abandonné dix-sept ans plus tôt. À la veille de l'invasion allemande, le roi divisa ses troupes en envoyant la moitié d’entre elles face à la France. Cette attitude vaudra au roi de vives réprobations de la part des Alliés et d’une partie de la population wallonne.

En 1940, la Belgique est à nouveau occupée par l'Allemagne, et placée sous administration militaire dirigée par le général Alexander von Falkenhausen.

Après avoir mené un combat très dur, mais non nécessairement désespéré, notamment à la bataille de la Lys où périrent en trois jours la moitié des victimes militaires de la "campagne des 18 jours", le roi Léopold III décide seul la capitulation, contre l'avis du Parlement et du gouvernement, qui se réfugie à Londres. Cette décision du roi sera considérée par certains comme une trahison ou tout au moins une faute stratégique prématurée, par d'autres comme une volonté de se solidariser avec ses troupes capturées par l'envahisseur.

Le roi reste en Belgique comme prisonnier de guerre, refusant d'exercer des fonctions officielles, même s'il rencontrera discrètement le chancelier Adolf Hitler fin 1940. Il ne protestera contre aucune des exactions allemandes et ne manifestera aucun signe de solidarité ni avec les Alliés, ni avec le gouvernement en exil. Considérant que la Belgique s'est retirée de la guerre, il demande en 1940 aux diplomates belges de se montrer partout dans le monde courtois avec les diplomates allemands, et exigera en vain le retour à la neutralité du Congo belge, l'atout essentiel du gouvernement en exil dans la lutte aux côtés des Alliés ("instructions de Berne"). Le Roi demeure également en contact avec les secrétaires généraux qui ont été chargés par le gouvernement d'Hubert Pierlot, de maintenir en ordre de marche la machine administrative même en pays occupé, mais dont certains, par conviction ou par souci de maintenir une fiction de souveraineté belge, finissent par mettre le doigt dans l'engrenage de la collaboration. Fin 1941, Léopold III, qui avait gardé une certaine popularité en restant au milieu de son peuple, choque profondément l'opinion en épousant Lilian Baels (sans respecter les règles légales) - une décision mal perçue, alors que ses soldats wallons resteront en captivité coupés de leur familles jusqu'à la fin de la guerre (les prisonniers flamands ont, quant à eux, été presque tous libérés très rapidement, Hitler cherchant à jouer les Flamands contre les Wallons pour mieux favoriser la soumission de la Belgique).

Pendant l'occupation, les Allemands procèdent à la déportation de 25 000 Juifs de Belgiques dont à peine 1 200 reviendront vivants d'Auschwitz-Birkenau. La communauté sera ainsi exterminée à 44 %, de nombreux Belges se dévouant pour soustraire des milliers de personnes à un sort tragique. A Anvers, la municipalité accepte de distribuer les étoiles jaunes et prête sa police à l'organisation des rafles, au contraire de la mairie de Bruxelles. En conséquence, cette dernière cité verra en proportion deux fois moins de déportations. 351 Tziganes sont également envoyés à la mort.

Les résistants arrêtés sont souvent torturés, notamment au siège de la Gestapo bruxelloise avenue Louise, ou encore au sinistre fort de Breendonk. De ce dernier, lieu de supplices et d'exécutions et antichambre de la déportation, des milliers de Belges partiront souvent sans retour pour les camps de concentration nazis. L'occupant procède également à l'exécution de près de 300 otages entre 1941 et 1944.

Alors que la faim, la pénurie et l'inflation sévissent dans tout le pays, de nombreux Belges acceptent d'aller travailler volontairement en Allemagne. A partir de 1942, l'occupant passe à la coercition : des centaines de milliers d'ouvriers et de jeunes gens de toutes conditions sont contraints de rejoindre les usines de guerre du Reich outre-Rhin. Certains désobéissent et se cachent avec l'aide de la Résistance.

Dès avant-guerre le courant rexiste a perdu son influence en Wallonie (il passe de 15,6% des voix en 1936 à 6,19% en 1939) et à Bruxelles (il passe de 18,5 % des voix en 1936 à 8,5% en 1939), tandis que le VNV (nationalistes flamands avec des courants proches du fascisme), a progressé encore en Flandre (il passe de 13,56% des voix en 1936 à 15,05 % en 1939). Pendant la guerre, ces formations fournissent les gros bataillons de la collaboration.

Si la collaboration militaire s'illustre par la division SS Wallonie, la collaboration politique ou intellectuelle est au total un peu plus importante en Flandre qu'en Wallonie, où la Résistance semble plus forte, au vu du nombre de sabotages enregistrés (80 % du total national), de la concentration de la presse clandestine (70 %), du nombre d'arrestations et de déportations. Il est vrai que, en Flandre, certains idéalistes tablent sur la collaboration pour faire avancer les objectifs du mouvement flamand : 62 des condamnés pour collaboration seront flamands. Il est également vrai que la Résistance a plus vocation à se développer dans une Wallonie plus industrialisée qui concentre les objectifs stratégiques d'actions militaires. Il est clair aussi que la configuration politique et idéologique de la Flandre (plus conservatrice, influencée par le nationalisme flamand) la dispose moins à combattre les Allemands, alors que c'est l'inverse en Wallonie marquée par le militantisme antifasciste des années 1930. Il est sûr enfin que le maintien des prisonniers wallons en Allemagne et la libération des prisonniers flamands par Hitler crée des états d'esprit différents au Nord et au Sud. Voyez pour ceci Histoire de Belgique de 1914 à 1945.

Le Congo belge fournira des troupes et des matières premières aux Alliés pendant toute la Seconde Guerre mondiale et notamment l´uranium indispensable à la fabrication des bombes atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki, qui mettront fin à la guerre.

Après la deuxième guerre, la Belgique devient membre fondateur de l'OTAN et de la Communauté économique européenne, aujourd'hui Union européenne.

En 1950, un référendum sur la question du retour du roi donne une majorité pour le retour sur l'ensemble de la Belgique, mais en Wallonie une majorité s'est prononcée contre le retour, plus précisément dans les provinces de Liège et du Hainaut. La décision de Léopold III de rentrer malgré tout provoque des troubles insurrectionnels en Wallonie. L'abdication de Léopold III en faveur de son fils Baudouin permet de sauver l'unité belge et le retour au calme, mais ce qu'on appela la question royale marquera définitivement une rupture dans l'unitarisme.

Après quatre années d'effervescence nationaliste et l'émeute du 4 janvier 1959 le gouvernement belge annonce vouloir accorder l'indépendance au Congo et fixe la date au 30 juin 1960 après les négociations de la Table ronde de Bruxelles. Les partis les plus anticoloniaux gagnent les élections législative et présidentielles. Joseph Kasa-Vubu est élu Président et Patrice Lumumba Premier ministre. Le 30 juin 1960, la colonie du Congo belge accède à l'indépendance après seulement six mois de préparation hâtive.

Dans les troubles qui suivent, la Belgique craignant une nationalisation des ressources naturelles va soutenir les sécessions de deux provinces minières le Katanga et le Sud-Kasai. Joseph-Désiré Mobutu s'emparera du pouvoir, et enverra Lumumba en prison au Katanga, où il sera assassiné avec la complicité des services secrets belges. À partir de 1980 la corruption et la mauvaise gestion du régime de Mobutu va plonger le Congo dans la misère et la guerre civile. Depuis 2005 la Belgique s'efforce d'aider la République démocratique du Congo dans sa marche vers une réelle démocratie.

Les années 60 et 70 ont été marquées par un changement de fortune économique. La Flandre est devenue graduellement la région la plus productive et puis la plus riche du pays. Dans cette période, l'anglais a tendance à remplacer le français comme première langue étrangère en Flandre.

Du côté wallon, l'on note, parmi les causes du déclin wallon, un désinvestissement relatif par les grand holdings du secteur privé, un syndicalisme qui effraya maintes entreprises et des pouvoirs publics peu dynamiques et fort interventionnistes malgré le déclin.

Sous la pression conjointe du mouvement flamand et des régionalistes wallons, la Belgique évolue progressivement vers un État de plus en plus fédéralisé. Plusieurs réformes institutionnelles sont réalisées transformant le vieil État unitaire en une structure de plus en plus fédéraliste, voir même confédéraliste. Ce sont d'abord les lois linguistiques votées en 1963 qui vont définir le cadre d'emploi des trois langues officielles du pays. La Constitution de 1994 va compléter ces réformes par une nouvelle structure de l'État fédéral. Dix ans plus tard, la Flandre marqua son souhait de, déjà, modifier cette constitution en vue de l'établissement d'un état confédéral.

Le 31 juillet 1993, survint le décès inopiné du roi Baudouin Ier à Motril, au sud de l'Espagne. Tout le pays en subit un choc profond : on estime à 500 000 le nombre de personnes qui ont fait la file durant de nombreuses heures pour s'incliner devant son cercueil au palais de Bruxelles. Ses funérailles rassemblent de très nombreux chefs d'État et de gouvernement, ainsi que des membres du Gotha. Pour la première fois, la reine Élisabeth II d'Angleterre et l'empereur Akihito du Japon assistent à des funérailles à l'étranger ! Selon la volonté de la reine Fabiola, on a célébré une messe d'espérance et la Reine portait une robe blanche qui a marqué les observateurs. On retiendra aussi le témoignage d'une prostituée d'Anvers rencontrée par le roi Baudouin lors de sa visite à l'asbl Payoke. Suite au décès de Baudouin, son frère cadet devient roi des Belges sous le nom d'Albert II. Avec son épouse la reine Paola, ils ont eu trois enfants : le prince Philippe, la princesse Astrid et le prince Laurent. Si le roi Albert II a conservé les mêmes valeurs et les mêmes combats que son prédécesseur, il a considérablement modernisé et rafraîchi l'image de la monarchie, qui était jugée terne et austère sous Baudouin et Fabiola. Avec ses enfants, beaux-enfants et petits-enfants, il lui a également donné une touche plus familiale.

Le comté d'Artois et le comté de Zutphen faisaient également partie des Pays-Bas du Sud.

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Source : Wikipedia