Politique

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Posté par talos 03/03/2009 @ 20:15

Tags : politique, politique belge, belgique, europe, international, politique suisse, suisse, podcast

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Politique de la Belgique

Carte des Régions de BelgiqueRégion Bruxelles-Capitale (en bleu)Région wallonne (en rouge)Région flamande (en jaune)

Cet article fait partie de la série sur la politique de la Belgique, sous-série sur la politique.

La Belgique est un État fédéral ainsi qu'une monarchie constitutionnelle et parlementaire.

La Belgique est une monarchie constitutionnelle et parlementaire qui fonctionne sur le principe de la démocratie représentative. Le Parlement est élu par scrutin proportionnel plurinominal. Le vote est obligatoire, secret et ouvert (c'est-à-dire que beaucoup de non-citoyens peuvent mais ne doivent pas voter).

Ce système politique, dans lequel le gouvernement est responsable devant un parlement élu à la proportionnelle, a généralement pour conséquence que l'exécutif doit être formé par une coalition de partis qui dispose de la majorité au Parlement. L'influence des partis, et singulièrement des présidents de partis, est donc très grande (particratie). La politisation, mais aussi le pouvoir d'initiative du gouvernement et la grande cohésion des groupes parlementaires, font que la majorité parlementaire suit la plupart du temps les décisions de l'exécutif.

À l'origine (1831), la Belgique était un État unitaire dont la seule langue officielle était le français, mais dont la grande majorité de la population parlait des dialectes germaniques (flamand occidental, flamand oriental, brabançon, Limbourgeois dans la partie nord du pays, luxembourgeois dans l'extrême sud-est) et romans (wallon, picard, gaumais, champenois dans la partie sud). Suite à la généralisation de l'enseignement en néerlandais et en français, et au rattachement des Cantons de l'Est germanophones en 1919, la Belgique est devenue un État officiellement trilingue néerlandais, français et allemand. Le manque de séparation géographique claire entre les trois communautés linguistiques (principalement au niveau de Bruxelles) a conduit, via quatre réformes successives de la Constitution (1970, 1980, 1988-89, 1993), à un système fédéral complexe dont il est question dans cet article.

L'État fédéral englobe les Communautés et les Régions. Il est compétent dans de nombreux domaines comme, entre autres, les affaires étrangères, la défense nationale, la justice, les finances, la sécurité sociale, ainsi qu'une partie importante de la santé publique et des affaires intérieures. Cependant, en raison du principe de l'équipollence des normes et celui des compétences exclusives, il est possible de dire que l'État fédéral ne "dépasse" pas chaque Région ou Communauté, c'est ce qui rend le fédéralisme belge unique au monde. Toutefois, il reste que, malgré les principes de l'équipollence des normes et des compétences exclusives, le niveau fédéral a la prééminence constitutive, car les Régions et les Communautés et les rapports entre celles-ci et l'État fédéral sont organisées par la Constitution belge et des lois spéciales prises au niveau fédéral.

Au niveau de cet État fédéral, le pouvoir législatif est entre les mains du Parlement fédéral, qui se compose de la Chambre des Représentants et du Sénat. Le pouvoir exécutif est assuré par le gouvernement fédéral, composé du Roi, du Premier ministre et des autres Ministres. Constitutionnellement, le Roi dispose d'un grand pouvoir, mais ce pouvoir est en réalité exercé par le Gouvernement; en effet, la Constitution déclare: « Aucun acte du Roi ne peut avoir d'effet, s'il n'est contresigné par un ministre, qui, par cela seul, s'en rend responsable. » Le Gouvernement intervient également dans l'exercice du pouvoir législatif en ce qu'il a un droit d'initiative, un droit d'amendement et un pouvoir de sanction.

L'article premier de la Constitution déclare : « La Belgique est un État fédéral qui se compose des communautés et des régions. » Ainsi, le pays est divisé d'une part en trois Communautés, liées à la langue et à la culture, et d'autre part en trois Régions, qui ont chacune une plus grande autonomie économique. Les Régions et Communautés ont dès lors des compétences bien définies, elles disposent chacune d'un parlement et d'un gouvernement propres.

Les Flamands ont immédiatement fusionné leurs institutions régionales et communautaires, comme permis par la nouvelle constitution, et la Communauté flamande exerce de jure les compétences de la Région flamande.

Géographiquement, les frontières des Communautés et des Régions ne coïncident pas.

Le fédéralisme belge trouve l’essentiel de son originalité dans l’existence de cette double division : À côté des trois régions, la Belgique comprend trois Communautés qui se superposent à ces trois régions.

La Communauté germanophone, pour importante qu'elle soit, n'appelle que peu de commentaires : son territoire est formé par la « région de langue allemande » qui est constituée par la partie de la Région wallonne où se trouve concentrée la minorité germanophone.

La sphère de compétence territoriale des Communautés française et flamande est donc originale car, si leurs décrets s’appliquent aux institutions et aux personnes respectivement en région de langue néerlandaise et en région de langue française, ils s’appliquent aussi dans la région bilingue de Bruxelles-Capitale, mais uniquement aux institutions concernées et aux personnes qui y ont recours.

Les deux principales Communautés du pays agissent donc concomitamment dans cette région, mais de manière indépendante l’une vis-à-vis de l’autre. En pratique, les Bruxellois se voient appliquer les décrets de l’une ou de l’autre Communauté, en fonction de l’appartenance communautaire de l’institution à laquelle ils ont recours.

L’appartenance communautaire des Bruxellois n’est donc ni directe, ni exclusive, ni définitive. La juxtaposition du champ de compétence des deux grandes Communautés sur le territoire bruxellois est une des manifestation du fédéralisme personnel dans la structure institutionnelle belge.

En Belgique, les compétences de toutes les entités sont listées de façon restrictive.

L'État fédéral est compétent dans tous les domaines d'intérêt national, tels que la défense et les affaires internationales, toute la sécurité sociale, 95% de la fiscalité, l'économie, les télécommunications, les transports et d'importantes compétences moitié-fédéralisées, comme dans le domaine de la recherche scientifique, et même dans l'enseignement (âge de l'obligation scolaire, diplômes, …).

Les gouvernements de chaque Communauté - française, flamande, germanophone - sont responsables de la culture et de l'éducation (écoles, bibliothèques, théâtres, audiovisuel...) ainsi que de l'aide aux personnes. Les gouvernements régionaux - flamand, wallon, et bruxellois - s'occupent des problèmes territoriaux et économiques (transports, plan d'aménagement du territoire...) pour la région qui les concerne. Communautés et Régions maîtrisent, en outre, les relations internationales relevant des matières de leur compétence, à l'exception de l'aide au tiers-monde dans ces domaines.

Le statut officiel de Bruxelles est bilingue. Bruxellois francophones et Bruxellois flamands y ont leurs propres institutions politiques et administratives: COCOF, (Commission communautaire française) pour les Francophones et VGC (Vlaamse Gemeenschapscommissie) pour les Flamands. Les matières bicommunautaires, c'est-à-dire les matières qui ne peuvent être liées à une communauté linguistique particulière dans la région sont gérées par la CCC-GGC (Commission Communautaire Commune-Gemeenschappelijke Gemeenschapscommissie).

Sauf le cas particulier de Bruxelles, toutes ces entités (les trois communautés, les trois régions et l'état fédéral) sont sur un pied d'égalité et exercent souverainement leurs compétences exclusives sous le régime de l'équipollence des normes, en ce compris la coopération internationale et la conclusion de traités.

En cas de litige ou de contestation, toute personne morale (y compris les états fédérés donc) peut porter sa cause devant le conseil d'État ou la Cour Constitutionnelle (qui remplace depuis le 7 mai 2007 la Cour d'Arbitrage) , organes communs à toutes les entités et compétent, chacun pour ce qui le concerne, pour trancher des litiges concernant la législation émanant de toutes les entités fédérées.

Les liens entre des partis Francophones et Néerlandophones demeurent mais l'équivalence n'est pas évidente. Il y a quatre grandes familles politiques : socialistes (PS, SPa SPirit), libéraux - ou plutôt centre droit - (MR, VLD), centre-humaniste - anciens chrétiens - (CDH, CD&V) et, les nouveaux venus, écologistes (Ecolo, Groen). Les partis d'extrême droite indépendantistes font de bons scores en Flandre.

La mainmise des partis traditionnels sur la vie politique belge, qui se répercute à divers niveaux de la vie politique et sociale (pilarisation), s'est illustrée à travers plusieurs pactes (culturel, enseignement, ...) que les trois grandes familles politiques traditionnelles - Socialistes, libéraux et chrétiens - ont conclus début de la seconde moitié du XXe siècle.

Ces pactes établissent des clés de répartition du pouvoir et des subsides entre courants politiques.

Le système politique belge est parfois perçu comme particratique, les chefs des trois grandes familles politiques traditionnelles gardant une grande influence sur la gestion du pays et de ses entités fédérées (Régions et Communautés). Cependant ces trois grandes familles politiques sont divisées. Il n'existe plus de gros parti national belge, ils sont tous soit flamands, soit francophones, et n'ont plus de structures communes, mais seulement des affinités idéologiques. Selon qu'ils sont flamands ou francophones les gros partis s'adressent à la Région flamande et Bruxelles ou à la Région wallonne et Bruxelles, sauf exception (tel le FDF qui s'adresse quasi exclusivement à Bruxelles).

Les étrangers communautaires aussi bien que les extra-communautaires disposent du droit de vote au niveau communal.

À l'issue des élections, pour répartir les différents sièges entre les partis politiques, on ne tient compte dans les calculs que des votes valables. Les votes blancs et nuls sont écartés.

Le vote est obligatoire (comme en Grèce et en Australie) sous peine d'amende.

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Politique linguistique

On appelle politique linguistique, aménagement de la langue ou aménagement linguistique, toute politique conduite par un État ou une organisation internationale à propos d'une ou plusieurs langues parlées dans les territoires relevant de sa souveraineté, pour en modifier le corpus ou le statut, généralement pour en conforter l'usage, parfois pour en limiter l'expansion, ou même œuvrer à son éradication. L'emploi de la signalisation routière bilingue est sans doute le principal instrument symbolique de perception et d'institutionnalisation de la réalité bilingue d'un territoire.

Une politique linguistique peut consister à faire évoluer le corpus d'une langue en adoptant un système d'écriture, en fixant le vocabulaire par l'établissement de lexiques ou de dictionnaires, en arrêtant des règles grammaticales et orthographiques, en favorisant la création terminologique pour limiter les emprunts aux langues étrangères, etc.

Elle peut également consister à modifier le nom d'une langue, en le calquant sur le nom de la région ou de l'état que l'on veut distinguer (Bosnie, Macédoine, Moldavie, Monténégro...) ou sur des références historiques et culturelles différentes (Hindi/Ourdou, Malais/Indonésien). Dans l'ex-URSS les noms de la plupart des langues minoritaires avaient été changés (Toungouses = Evenki, Zyrianes = Komi...).

Elle peut encore consister à modifier le statut d'une langue, par exemple en la déclarant langue officielle ou en en faisant la langue unique de l'administration et de la justice, ou bien au contraire, en lui enlevant ces rôles.

Enfin elle peut même aller jusqu'à recréer une langue dont l'usage s'était perdu, c'est le cas de l'hébreu en Israël.

Tous les états ont une politique linguistique, déclarée ou non. Ceux qui ne déclarent pas de politique linguistique officielle, comme c'est le cas aux USA, favorisent en fait la langue majoritaire, celle de l'état et de son administration, aux dépens d'autres langues.

Les politiques linguistiques prennent une importance particulière dans les États multilingues, qui sont parfois amenés à légiférer parfois dans le moindre détail. C'est notamment le cas en Belgique pour le néerlandais et le français. C'est aussi un sujet sensible dans nombre de pays, dont la France, face à l'hégémonie grandissante de l'anglais.

Les politiques linguistiques prônent souvent la protection d'une ou de plusieurs langues. On est parfois proche du protectionnisme linguistique pour ce qui est de certaines mesures qui en France tendent à juguler la domination de l'anglais dans l'Hexagone (quota de chansons francophones de 40 % à la radio, loi Toubon, etc.).

La France ne mène officiellement aucune politique linguistique contre les langues autochtones autres que le français, ni aucune en leur faveur: elle refuse simplement de les "reconnaître" et de leur donner un statut officiel. L'attitude de l'administration est cependant souvent hostile ou à tout le moins sujette à caution.

L'usage des langues régionales et de leur place face à une langue officielle dominante est un sujet parfois très sensible. Dans ce cas, la politique linguistique reflète souvent le rapport de force politique entre le pouvoir central et le pouvoir local : volonté de domination et d'assimilation en France, ou bien, à l'inverse, tendances à une autonomie de plus en plus large, comme en Catalogne.

De nombreux pays mènent une politique linguistique, qu'elle soit officielle ou implicite.

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Libéralisme politique

Le libéralisme politique désigne l'ensemble des thèses libérales portant sur le domaine de la politique, qui ont en commun de fixer des limites à l'action de l'État. Elles se différencient par leurs positions relatives à ses finalités, à l'étendue des prérogatives qu'il doit posséder et à son organisation.

Pour le libéralisme classique ou minarchisme, le seul rôle légitime de l'État est la protection des libertés individuelles. L'État doit donc être réduit aux fonctions dites « régaliennes » de police, de justice et de défense.

La variante extrême en est le libertarianisme ou anarcho-capitalisme, qui affirme l'illégitimité de l'État et prône sa disparition complète. L'usage de ce dernier terme n'est cependant pas bien fixé. Certains utilisent au contraire le terme libertarianisme pour désigner à la fois le minarchisme et l'anarcho-capitalisme.

Le libéralisme s'est historiquement construit contre l'absolutisme. Au moment de la division droite/gauche et pendant une longue partie du XIXe siècle, il constitue la principale tendance progressiste, inspirateur de la Révolution française, formant l'opposition contre Napoléon puis les Ultras, siégeant à gauche, triomphant avec la monarchie libérale de Louis-Philippe puis retournant dans l'opposition contre le futur Napoléon III. L'importance croissante des mouvements marxistes ou socialistes à gauche a graduellement fait évoluer le positionnement des libéraux en France et dans d'autres pays (Royaume-Uni notamment). Le libéralisme s'oppose au conservatisme et au socialisme. Les libéraux cherchent fréquemment à se démarquer du clivage droite/gauche et se réclament alors d'un troisième axe politique.

La réflexion libérale au XIXe s'enrichit avec l'apport de deux penseurs, Benjamin Constant, philosophe suisse dans ses Principes de politique (1806), et Alexis de Tocqueville, dans son De la démocratie en Amérique (1835). Ils s'expriment dans un contexte marqué par les dérives sanglantes de la révolution française et de l'empire napoléonien. Les inquiétudes sur la démocratie comme « dictature de la majorité » apparaissent alors, tandis que certains penseurs arguent que l'égalité de tous menace la liberté de chacun.

Cette méfiance envers la démocratie vue comme un moyen et non comme une fin en soi reste depuis un des fils conducteurs des penseurs du libéralisme politique. Tocqueville oppose ainsi la « démocratie jacobine » avec un Etat tout puissant à la « démocratie libérale » dans laquelle le pouvoir est encadré et les individus respectés. Hayek reprendra plus tard cette réflexion, en particulier dans La Constitution de la liberté. Dans le chapitre neuf, La règle majoritaire, il s'attache à montrer ce qui relie le libéralisme et la démocratie, tout en soulignant les dangers d'une démocratie qui écraserait les individus. Il écrit ainsi : « Les traditions démocratique et libérale sont cependant d'accord pour dire que, chaque fois que l'action de l'État est requise, et particulièrement si des règles coercitives sont à établir, la décision doit être prise à la majorité. Elles divergent néanmoins sur le champ ouvert à l'action politique censée guidée par la décision démocratique. Alors que le démocrate dogmatique considère qu'il est souhaitable que le plus grand nombre possible de problèmes soient résolus par un vote majoritaire, le libéral estime qu'il y a des limites précises au domaine des questions à résoudre ainsi ». Pour dépasser ces limites, il propose dans Droit, législation et liberté un nouveau système qu'il appelle démarchie et qui s'apparente au régime de démocratie libérale, système politique qui caractérise les démocraties qui fondent leur légitimité sur la défense des libertés individuelles.

Certains penseurs contestent la primauté de la liberté comme valeur devant organiser la société, en opposant qu'il existe des situations où la liberté n'est pas le point le plus fondamental et où d'autres valeurs seront prédominantes (égalité, dignité humaine, lutte contre l'exclusion, promotion sociale...). Pour eux, la liberté totale des individus conduirait à la loi du plus fort : « Entre le fort et le faible, entre le riche et le pauvre, entre le Maître et le serviteur, c'est la liberté qui opprime et la loi qui affranchit. » (Henri Lacordaire).

La réponse libérale est que c’est justement le rôle de l’État de protéger les faibles contre les forts, et qu’il ne peut le faire qu’en se consacrant exclusivement à cette tâche. « N’attendre de l’État que deux choses : liberté, sécurité. Et bien voir que l’on ne saurait, au risque de les perdre toutes deux, en demander une troisième » (Frédéric Bastiat). Le libéralisme n'exclut en rien, et même encourage, les libres initiatives reposant sur la coopération et la promotion sociale (coopératives, microcrédit, organisations humanitaires...). Cela dit l'exercice de la liberté au sein de la société suppose que les agents sociaux possèdent tous les mêmes capacités d'agir dans le milieu qui est le leur. Se pose ainsi la question de l'exercice social de la liberté et non plus la question de la liberté comme simple valeur idéologique. Le sociologue Pierre Bourdieu a par exemple proposé une théorie de l'habitus qui tend à montrer que les inégalités sociales sont reconduites. Selon cette conception sociologique, les individus ne partent jamais sur un pied d'égalité et la concurrence ou la coopération entre agents sociaux est toujours faussée.

Sur un plan strictement matériel, les individus sont des agents sociaux qui, selon les conditions d'existence qui sont les leurs, sont rarement en position de choisir ce qu'ils estiment le meilleur pour eux. On peut par exemple se demander dans quelle mesure une personne devant se prostituer pour pouvoir manger est libre. Certains libéraux ont pris acte de ce problème, et proposent l'instauration d'un revenu citoyen, par exemple sous la forme d'un capital initial (versé à la majorité de la personne) tel que l'individu puisse l'investir pour se garantir un revenu minimal sans risque. Cette solution ne permet cependant pas de s'affranchir de la question du patrimoine transmis par héritage.

La controverse concernant la démocratie part de l'idée que la volonté collective, quand elle est exprimée démocratiquement, doit s’imposer aux individus et peut limiter leur liberté : l’économique doit être subordonné au politique. La démocratie, qui repose sur le principe « un homme, une voix », doit primer sur le marché, qui repose sur le principe « un dollar (ou un euro), une voix ».

Pour les libéraux, ni le gouvernement ni les lois, même démocratiques, ne peuvent être l’instrument de l’oppression des minorités et des individus. Le gouvernement doit être soumis aux mêmes limitations de ses pouvoirs quel que soit son mode de désignation. Le soutien d’une majorité ne donne pas tous les droits. Ils rappellent que Hitler a été démocratiquement élu (ce qui constitue une critique de la démocratie représentative, et non de la démocratie en soi).

Par ailleurs, ils considèrent que le mécanisme de décision doit dépendre de la nature de la décision à prendre. Il existe selon eux des décisions, par exemple le choix d’un président, où la règle de la majorité peut s’imposer. Au contraire, en matière économique, les mécanismes du marché permettent selon eux un ajustement beaucoup plus fin et rapide des actions de tous aux désirs de chacun que ceux de la décision politique.

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Histoire politique

L’histoire politique est une des principales branches de la recherche en histoire. Elle traite des faits politiques, notamment de l’histoire des États. Méprisée en France dans les années 1930 par l’école des Annales, elle connaît une nouvelle vigueur. Dans un sens plus général, on adjoint à ce champ l’histoire militaire, l’histoire administrative et l’histoire diplomatique.

On peut avancer que l’histoire politique fut longtemps, avec l’histoire religieuse, l’unique champ historique. De la Guerre du Péloponnèse de Thucydide au Ve siècle av. J.-C. à l’Histoire de France d’Ernest Lavisse à la fin du XIXe siècle, les œuvres d’historiens traitaient principalement de faits politiques. Augustin Thierry, Jules Michelet, François Guizot, s’ils avaient une vision plus sociale de l'histoire, ne remettaient pas en cause ce primat.

Avant le XXe siècle, en France, l’histoire était vue comme une succession d’événements et il ne pouvait y avoir aux yeux des historiens que des événements politiques. Les avènements et les décès royaux, les victoires et les défaites militaires, les décisions prises au sommet de l’État, l’action des grands hommes (parfois de femmes), les interventions de l’Église suffisaient à expliquer l’émergence et l’affirmation de la France.

Au Moyen Âge et sous l’Ancien Régime, cette histoire était souvent une histoire officielle. Elle répondait à la commande d’un puissant. Les rois, mais aussi les aristocrates, s’entouraient d’historiographes chargés de glorifier leur règne et celui de leurs ancêtres. Aussi, les faits présentés étaient politiques.

Cet angle de vue rendait d’ailleurs l’apprentissage de l’histoire indispensable pour les princes. La lecture de La Guerre des Gaules devait aiguiser leur sens stratégique. Les Vies de Plutarque ou de Suétone devaient fournir des modèles de conduite et de vertu à l’apprenti-prince. L’histoire politique avait donc cet avantage d’être conseillère des gouvernants par les leçons de morale et de politique qu’on pouvait en tirer.

À partir des Lumières, l’histoire se libéra de la tutelle des rois, mais aussi de celle de l’Église. Elle prit alors un tour plus polémique. Après 1789, les débats se cristallisaient autour de l’interprétation de la Révolution française. Simple accident dans l’histoire de France selon les conservateurs, rupture irréversible et inévitable selon les libéraux, l’histoire de France devint l’objet de lectures partisanes qui ont dynamisé l’histoire politique.

La charge contre l’histoire politique sonne dès le début du XXe siècle. En 1903, le sociologue François Simiand dénonce la faible scientificité de l’histoire telle qu’elle est pratiquée à son époque. Il constate que les historiens ont trois idoles : la chronologie, l’individuel et le politique. En somme, Simiand reproche à l’histoire de ne pas prêter attention aux faits sociaux, contrairement à la sociologie.

Bientôt, l’hégémonie de l’histoire politique est critiquée au sein même de la communauté historienne : l’école des Annales, animée par Lucien Febvre et Marc Bloch, méprise ce champ de recherche. Fernand Braudel considère les événements politiques comme l’« écume » de l’histoire.

Les attaques de Jacques Julliard sont toutefois exagérées car l’histoire politique avait depuis une vingtaine d’années amorcé sa mutation. Les historiens ont renouvelé leurs sujets et revu la façon d’organiser leur récit. Peut-on dire que l’histoire politique reste accrochée à l’événement ? Non, plusieurs travaux historiques ont développé des analyses autour de concepts (le totalitarisme, la nation, l’absolutisme, la violence, etc.) qui ne requièrent pas un traitement uniquement événementiel. L’histoire politique reste-elle alors une histoire élitiste, donnant la primauté aux grands hommes ? Là encore, la critique est dépassée. Les historiens du politique analysent aussi les masses. Maurice Agulhon s’est notamment intéressé à l’acculturation politique des campagnes varoises au XIXe siècle. L’histoire politique ne peut être méprisée non plus pour son inadéquation aux méthodes sérielles ou quantitatives. En effet, les statistiques font désormais partie des outils d’analyse de tout historien. Nathalie Petiteau au sujet de la noblesse impériale sous Napoléon Ier et ses successeurs, Bernard Guenée à propos des serviteurs de l’État capétien, Claude Nicolet sur les citoyens de la Rome antique n’ont-ils pas utilisé la prosopographie dans leurs recherches. L’histoire politique n’est pas plus une histoire superficielle, ignorant la longue durée. René Rémond a choisi par exemple de suivre l’évolution des trois familles de pensée sur environ cent cinquante ans . La réhabilitation de l’histoire politique doit beaucoup à cet historien, notamment à travers son rôle à l’institut d’études politiques de Paris. Il dirige en 1988 la publication d'un premier bilan de ce renouveau disciplinaire.

Surtout, l’histoire politique est secouée par les autres branches de l’histoire. L’histoire culturelle a particulièrement fécondé l’analyse des faits politiques. Dans L’Invention d’Athènes, Nicole Loraux s’est attachée à comprendre l’idéologie de la démocratie athénienne à travers la lecture des discours, des oraisons funèbres et des ouvrages historiques sur la ville grecque. L’heureuse conjonction entre « culturel » et « politique » s’incarne dans plusieurs articles des Lieux de mémoires (le Panthéon, le 14 juillet, l’opposition entre droite et gauche). Des disciplines en dehors de l’histoire ont également beaucoup apporté. L’archéologie, en particulier, a enrichi la connaissance des lieux de pouvoirs.

Ces thèmes originaux et souvent transversaux ne doivent pas occulter la permanence de sujets traditionnels, comme l’histoire de tel État. Leur nouveauté tient alors à des éclairages particuliers issus de l’histoire culturelle ou sociale.

Enfin, l’histoire politique retrouve un dynamisme à travers le développement de l’histoire du temps présent. Poussés par une demande de la société, les historiens n’hésitent pas à se pencher sur la vie politique récente. Quitte à provoquer quelques remous avec des sujets portant sur le régime de Vichy ou la chute du communisme en Europe de l’Est.

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Science politique

La science politique est la science qui étudie les phénomènes politiques. Plus précisément, elle consiste à étudier les processus politiques mettant en jeu des rapports de pouvoir entre les individus, les groupes, et surtout au sein de l'État.

La science politique est une discipline relativement récente, dont certains datent l'émergence (du moins en ce qui concerne la science politique moderne), au XVIe siècle avec Nicolas Machiavel (séparation de la morale et de la politique). Déjà, dans l'Antiquité, il existe des formes d'organisations politiques : la polis (dont est issu le mot politique, qui signifie cité) dans la démocratie grecque, la Res Publica (chose publique) qui instaure l'égalité de tous quant aux droits politiques dans la Rome antique, à l'exception des esclaves. Une curiosité hexagonale, dans le grand public, est que Nicolas Machiavel, inventeur du genre littéraire du "récit de voyage", soit connu comme homme politique et que Michel de Montaigne, homme politique, soit connu comme inventeur du genre littéraire des Essais.

Dans la Pensée chinoise de Marcel Granet, l'art politique datait des « écoles confucéennes ». L'Administration publique chinoise est la plus ancienne, le « mandarinat », a commencé à cette époque. En Europe, la politologie est à la conjonction du Droit, de la Sociologie et de la Psychologie.

L'anglophonie distingue political scientist et political analyst. Le premier analyse la politique (politics), le second élabore les politiques publiques (policies). Auparavant la formation en science politique se faisait dans une Faculté de Droit. Un État commence par des articles de Droit constitutionnel. La formation en "Économie politique" était également proposée par les facultés de droit, là où Võ Nguyên Giáp avait eu son doctorat en économie politique, avant de devenir Général, sur le terrain, après avoir gagné des batailles. La science politique se ramifie en trois grandes branches administration publique, relations internationales, études militaires et stratégiques.

Mais ce n'est véritablement qu'au milieu du XIXe siècle que naissent les sciences sociales et parmi elles la science politique, surtout grâce aux changements engendrés par l'ère industrielle et l'industrialisation. Cette industrialisation influe sur les sciences sociales (nouvelles classes sociales, patronat, travailleurs) et le développement de moyens de communication et de transport. C'est aussi la fin des grandes explorations, on cherche davantage à comprendre le monde et son fonctionnement. On assiste à l'essor de l'individualisme, et par réaction à celui-ci, à la montée des nationalismes. Changement important : la main divine est supplantée par le scientisme. Jusque lors, les hommes de science, à l'image du Pic de la Mirandole, se devaient de connaître toutes les sciences. Au XIXe siècle, ils se spécialisent dans des domaines particuliers.

Il s'opère une scission de l'économie et de la politique. L'État se développe et acquiert au fil du temps de nouvelles compétences, d'où un développement de l'administration. Sa complexification va de pair avec sa bureaucratisation. Sur ce point, voir Max Weber, Economie et société.

Dans une société connaissant de profondes transformations, la science politique, à l'image des autres sciences sociales, pense l'organisation des sociétés et des gouvernements.

Plus sur Genèse de la science politique.

Pendant que la science politique évolue aux États-Unis, il y a stagnation en Europe durant l'entre-deux guerres, notamment en raison de la présence de régimes autoritaires. Le développement aux États-Unis est stimulé par l'absence de contraintes et par la venue d'un certain nombre de scientifiques réfugiés (allemands, anglais, italiens, autrichiens). Les travaux de cette époque sont illustrés par de grandes figures telles que Seymour Martin Lipset ou Reinhard Bendix. Ils ont pour principal objet la stratification sociale.

Dès 1945, la science politique entre dans une nouvelle phase de son développement, il y a accord sur toute une série d'objets d'étude qui forment le champ de la science politique, il y a une revendication commune de l'expression « Science Politique », émergence de vecteurs de distribution des résultats des recherches.

Selon Philippe Braud, la science politique recouvre la théorie politique, la sociologie politique, la science administrative, les relations internationales. D'autres y ajoutent les études stratégiques.

Selon Maurice Duverger, la science politique n'est constituée que par la sociologie politique.

Les méthodes utilisées par la science politique sont principalement celles des sciences sociales. Les enquêtes de terrain ou recherches d'archives fondent les théories avancées par les auteurs. Dans les autres cas, le registre est celui de l'essai ou du commentaire politique.

La méthode qualitative consiste à réaliser des entretiens semi-directifs avec des acteurs de terrain concernés par le sujet étudiés. L'avantage de cette méthode est qu'elle permet de recueillir un matériau riche en informations (plus fines que dans les questionnaires). L'écueil à éviter est la reproduction du discours des acteurs dans ce qui sera dit plus tard sur le sujet en question (exemple: une étude sur élections tient les mêmes propos que tel ou tel membre d'un parti politique). La méthode qualitative est plutôt utilisée par les chercheurs français et européens.

Les méthodes quantitatives mobilisent l'usage du questionnaire (écrit, par téléphone) et des statistiques. Elles permettent de recueillir des données en grand nombre et donc d'appréhender les phénomènes selon un point de vue global. Le chiffrage de grandes tendance donne une certaine représentativité aux résultats produits. La constitution d'un échantillon représentatif (ayant les mêmes proportions de catégories de personnes que dans la réalité) est pour cela nécessaire. Les données sont ensuite traités par des logiciels statistiques tels que SPSS ou MODALISA. Les méthodes quantitatives demandent une plus grande maîtrise technique des outils statistiques, et sont aussi plus coûteuses. Ces grandes enquêtes nécessitent des équipes et des moyens solides. Elles sont surtout utilisées aux États-Unis.

La méthode historique ne consiste ni en une collection de dates et une succession d'évènements ni en une histoire quantitative mais à retracer l'"histoire longue du politique" afin de mettre en lumière "les logiques sociales à l'oeuvre dans la vie politique" sur le long terme.

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Source : Wikipedia