Poitiers

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Posté par marvin 26/03/2009 @ 06:07

Tags : poitiers, vienne, poitou-charentes, france

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Poitiers

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Poitiers, Potchiers en poitevin, est une commune française, chef-lieu (préfecture) du département de la Vienne et de la région Poitou-Charentes.

Ses habitants sont appelés les Poitevins (comme pour le Poitou) ; on utilise parfois Pictaviens, un gentilé savant formé au XIXe siècle, dérivé du nom du peuple gaulois des Pictons.

La ville de Poitiers est située sur le Seuil du Poitou, passage peu élevé entre le Massif armoricain à l'ouest et le Massif central à l'est. Il s'agit donc d'une voie de passage facile entre le Bassin parisien et le Bassin aquitain, à 340 km au sud-ouest de Paris, 180 km de Nantes et à 220 km de Bordeaux. Poitiers jouit donc d’une position favorable sur une route commerciale et militaire.

Le site de Poitiers est un vaste promontoire en spatule enserré entre les vallées de la Boivre et du Clain, qu'il domine d’une cinquantaine de mètres de haut. Les rivières ont creusé de profondes vallées. Ce promontoire est relié au plateau par un pédoncule étroit, au lieu-dit la Tranchée, qui tire son nom du fossé creusé pour couper ce passage et isoler ainsi Poitiers du pays environnant. Le premier creusement daterait de l’oppidum gaulois, et il fut maintenu jusqu'au XVIIIe siècle. L'aspect défensif du site est donc prépondérant, mais son intérêt provient également d'une vaste superficie (2,3 km sur 1,3 km, soit 250 ha) très facilement défendable, jusqu'à l'invention de l'artillerie du moins. Ces deux caractères, étendue et facilité de la défense, ont fait que le site de la ville n'a pas été déplacé à l'époque romaine, comme cela est souvent arrivé (Alésia, Lutèce). Ce vaste espace permettait de faire pâturer les troupeaux à l'abri, puis à partir du Moyen Âge, d'aménager des jardins potagers et des vignes.

Les rivières étaient franchies sur des gués entretenus, sur les sites des actuels pont Joubert et pont Saint-Cyprien. En cas de siège, les gués étaient démolis.

Actuellement, la ville de Poitiers s'étend sur le plateau de part et d'autre des vallées, notamment en direction de l'est (campus universitaire, centre hospitalier, zones commerciales et d'habitation) et du Nord (technopole du Futuroscope).

La ville existait déjà à l'arrivée de César, sous la forme d'un oppidum celte nommé Lemonum, terme qui serait issu du gaulois « Lemo- » orme. Les Romains l'aménagèrent au Ier siècle de notre ère, la dotant d’un amphithéâtre de grande taille (détruit presque entièrement en 1857), de plusieurs thermes, d'au moins trois aqueducs, le tout donnant un statut de premier plan à la ville (vestiges aux Arcs de Parigny). Il est possible qu'au second siècle de notre ère, la ville fut la capitale de la province d'Aquitaine.

Au IVe siècle, une épaisse muraille de six mètres d'épaisseur et dix de hauteur ceint la ville sur 2,5 kilomètres. Celle-ci est réduite au sommet et flanc est du promontoire. Saint Hilaire évangélise la ville au IVe siècle. Les fondations du baptistère Saint-Jean datent de cette époque. La cité prend ensuite le nom définitif de Poitiers, en rapport avec le peuple des Pictons.

À l'époque médiévale, Poitiers tire parti de son site défensif, et de sa situation géographique, loin du centre du pouvoir franc. Siège d'un évêché depuis le IVe siècle, la ville est également la capitale du comté du Poitou, dont les comtes dirigent une importante principauté regroupant le Poitou et l'Aquitaine.

Au IXe siècle, le nom de Grand-rue apparait dans les chartes. C'est la plus ancienne trace d'un nom de rue conservée en Europe. Cette rue correspond à la ligne de plus faible pente, et donc la moins fatigante, pour monter du gué (actuel pont) Saint-Joubert au plateau, et elle est un itinéraire remontant à l'Âge du Fer. Grossièrement orienté est-ouest, il servit d'axe decuman au quadrillage orthogonal des rues à l'époque romaine. C'est également au IXe siècle que l'abbé Mellebaude fait construire l'hypogée des Dunes.

Une première tentative de création de commune a lieu, de façon autonome par les habitants en 1138 (peut-être par la confrérie Saint-Hilaire), qui appellent les bourgs et villes voisins à former une ligue. La commune est rapidement supprimée par le roi de France. Aliénor d'Aquitaine fit construire une nouvelle muraille au XIIe siècle longue de 6 000 mètres, enserrant tout le promontoire.

Lors de la révolte des fils d’Henri II, la ville reste fidèle au roi d’Angleterre, ce qui lui permet d’obtenir une charte communale vers 1175,, sur le modèle des Établissements de Rouen. La charte est confirmée par Aliénor d’Aquitaine en 1199, puis par les rois de France. Aliénor d’Aquitaine fait également des travaux au palais des comtes-ducs et construire un nouveau marché. Elle meurt à Poitiers en avril 1204, et la ville est prise par Philippe Auguste en août de la même année.

La route de Saint-Jacques-de-Compostelle passant par Poitiers, la ville accueille de nombreux pèlerins, qui y font halte pour vénérer les reliques de sainte Radegonde ou de saint Hilaire.

Au XIVe siècle, la ville échoit en apanage au troisième fils de Jean II le Bon, le duc de Berry (commanditaire des Très riches heures du duc de Berry). Il embellit le palais médiéval des comtes de Poitiers, en y aménageant notamment le donjon (dit tour Maubergeon). De même il embellit l'ancien château triangulaire, visible dans le manuscrit des Très riches heures, au mois de juillet. En 1385 il fait construire un des premiers beffrois, le "Gros horloge", aujourd'hui disparu..

Pendant les heures les plus noires de la guerre de Cent Ans, la ville accueillit le Parlement royal en 1418. C'est également à Poitiers que Jeanne d'Arc fut examinée en 1429 avant de recevoir le commandement de l'ost royal. Profitant de la faveur royale et de la présence de nombreux érudits parisiens exilés, Poitiers obtient la création d'une Université en 1431. Celle-ci compte 4 000 étudiants à la fin du XVe siècle.

La ville s'assoupit à la Renaissance. De fait, peu de changements ont lieu dans le tissu urbain, à part le percement de la rue de la Tranchée, et la construction de ponts qui remplacent les anciens gués. Quelques hôtels particuliers datent de cette époque : hôtels Jean Baucé, Fumé, Berthelot, notamment.

Les poètes Joachim du Bellay et Pierre Ronsard sympathisent à l'Université de Poitiers, avant de monter à Paris.

La ville tire sa prospérité essentiellement de ses fonctions administratives : justice royale, évêché, monastères, et l'intendance de la généralité du Poitou. C'est d'ailleurs de l'intendance que viennent quelques évolutions à la fin du XVIIIe siècle : le vicomte de Blossac, intendant de 1750 à 1784, fait aménager un jardin à la française (voir espaces verts de Poitiers). Il fait également abattre la muraille d'Aliénor d'Aquitaine et aménager des boulevards sur leur emplacement.

Au XIXe siècle, de nombreuses casernes sont construites, faisant de Poitiers une ville de garnison. La gare est construite dans les années 1850 et sera bombardée lors de la Seconde Guerre mondiale, le 13 juin 1944.

Après la fin de la Seconde Guerre mondiale, la ville se vit victime de l'exode rural jusqu'au milieu des années 1980. La ville de Poitiers s'étend considérablement depuis les années 1960, avec la création de la ZUP des Couronneries et du quartier des Trois-Cités, et la création de grands axes routiers en périphérie (avenue John F Kennedy puis avenue du 11 Novembre) et en pénétration (voie André Malraux), au delà desquelles se développent dans les années 1970 d'autres quartiers (la Gibauderie, Beaulieu ...), puis un nouveau contournement nord-est de la ville (RN147) à la fin des années 1980. L'urbanisation de la ville se poursuit encore vers l'est avec la ZAC de Saint-Éloi depuis les années 1990.

L'activité de la ville bénéficie de la décentralisation industrielle depuis les années 1970, avec notamment l’implantation d’une usine Michelin (fermée en 2006), compagnie des compteurs Schlumberger (compteurs industriels et résidentiels).

Le projet du Futuroscope, construit en 1986-1987 sur une idée de René Monory, a propulsé la ville au rang de centre touristique et a ouvert la cité à l'ère technologique et touristique. Aujourd'hui, Poitiers se visite en complément du parc et bénéficie d'une clientèle de plus en plus européenne notamment anglaise avec l'ouverture d'une ligne aérienne directe entre Poitiers et Londres Stansted.

Le chiffre de 2008 est une estimation de l'INSEE. Le chiffre de population légale est celui de 2006.

Poitiers est le siège de la Chambre de commerce et d'industrie de la Vienne. Elle gère l’Aéroport de Poitiers-Biard.

La ville est desservie par le réseau de bus de la communauté d'agglomération. Les 13 lignes, parcourues par 110 bus, sont exploitées par la régie des transports poitevins (RTP) sous la marque Vitalis. Un projet de transport en commun en site propre a été proposé par plusieurs candidats aux élections municipales de 2008.

Poitiers est classée ville d'art et d'histoire.

La ville de Poitiers, aujourd'hui encore surnommée la « ville aux cent clochers », compte de nombreuses églises.

Poitiers compte deux musées, ils sont ouverts tous les jours et proposent une tarification avantageuse permettant de visiter les deux musées à moindres frais et dans une période d'une année. L'actuel directeur est Yves Bourel, conservateur et ancien directeur du musée de l’Hôtel Sandelin à Saint-Omer. Il dirige la restructuration des musées de Poitiers et le lancement du projet Pôle Muséal de la ville de Poitiers.

C'est le plus grand musée de la ville. Construit en 1974 sur les plan de l'architecte poitevin Jean Monge, le musée Sainte-Croix se dresse à la place de l'ancienne abbaye Sainte-Croix. C'est une vaste structure de béton et de verre, dans le plus pur style des années 1970. actuellement en travaux. Il accueille en exposition permanente les époques de la préhistoire à l'art contemporain, en passant par la période médiévale et les Beaux-Arts. Il possède notamment plusieurs sculptures majeures de Camille Claudel.

Deuxième musée de la ville de Poitiers, le musée Rupert de Chièvres est un ancien hôtel particulier situé en plein centre-ville, entre la préfecture et l'hotel de ville. Le musée tient son nom de François-Marie Rupert de Chièvres, un gentilhomme du XIXe siècle qui y habitait. Rentier, Rupert de Chièvres a constitué une collection de peintures des écoles hollandaises et flamandes, mais aussi de mobiliers et de faïences. Le musée couvre les périodes inexplorées par le musée Sainte-Croix, du XVIe siècle au XVIIIe siècle. L'ambiance y est celle d'une maison de collectionneur, le musée, en mai 2007, est sorti d'une période de fermeture pour travaux destinés à améliorer l'éclairage des oeuvres, à ouvrir un cabinet de faïences (plus de 120 pièces présentées !) et à réaménager les collections. Ainsi, la chaise à porteurs, le billard français et le lit ne sont plus présentés aux visiteurs, au grand dam des enfants, mais le musée ne perd rien de son charme, au contraire puisque, aussi bien quantitativement que qualitativement, les collections visibles se sont enrichies.

La localisation exacte des œuvres, peut être modifiée entre les deux musées.

La ville de Poitiers a une ancienne tradition universitaire. L'Université de Poitiers a été fondée en 1431 et a formé plusieurs penseurs renommés.

Poitiers est actuellement la ville la plus étudiante de France (avec plus de 27 000 étudiants), en considérant la proportion d'étudiants à la population totale (très légèrement en-dessous de 20 %).

L'Université de Poitiers accueille 14 composantes : 7 Unités de formation et de recherche, dites facultés, (Droit et Sciences sociales, Médecine et pharmacie, Sciences humaines et arts, Lettres et langues, Sciences du sport, Sciences fondamentales appliquées, Sciences économiques) ; 6 instituts (IUT d'Angoulême, IUT de Poitiers, Institut d’administration des entreprises, Institut de préparation à l’administration générale, Instituts des risques industriels assurantiels et financiers, Institut universitaire de formation des maîtres) ; 1 école d'ingénieur (École supérieure d'ingénieurs de Poitiers. Indépendamment de l'Université l’ENSMA (École nationale supérieure de mécanique et d'aérotechnique de Poitiers) est présente à Poitiers, ainsi que l'ESCEM (École supérieure de commerce et de management). Elle accueille également en grand nombre de centres de formation privés, comme l'Isfac.

Depuis 1991, l’ENSMA et une partie de la faculté des sciences (le SP2MI) ont été déplacés sur la technopole du Futuroscope. Le CESCM (Centre d'études supérieures de civilisation médiévale) est un pôle de recherche de référence dans son domaine, il est hébergé dans l'hôtel Berthelot du XVe siècle.

Depuis 2001, la ville de Poitiers accueille le "Premier cycle Amérique Latine, Espagne et Portugal" de l'Institut d'études politiques de Paris (Sciences Po Paris).

Le plus célèbre est le parc de Blossac siège d'un petit parc animalier. La communauté d'agglomération de Poitiers mène un effort d'extension des espaces verts, notamment le long des vallées du Clain et de ses affluents. Ces terrains autrefois construits sont souvent en zone inondable. Ces nouveaux espaces verts s'ajoutent aux squares et jardins publics plus anciens.

Actuellement, sont présents à Poitiers le RICM (Régiment d'infanterie-chars de marine) et le 9e BMAT (9e bataillon du matériel).

Poitiers fait partie de la Communauté d'agglomération de Poitiers (CAP) qui regroupe les communes de Biard, Buxerolles, Chasseneuil-du-Poitou, Fontaine-le-Comte, Mignaloux-Beauvoir, Migné-Auxances, Montamisé, Poitiers, Saint-Benoit et Vouneuil-sous-Biard. Au 1er janvier 2005, les communes de Béruges et Croutelle sont entrées dans l'agglomération, qui, en 2006, totalise 130 710 habitants.

C'est le blasonnement qu'on trouve dans le Grand Larousse encyclopédique en 10 volumes.

Le chef de France (d'azur à trois fleur de lys d'or) surcharge la partie haute de la bordure et ses trois besants lorsque la ville est rattachée au royaume de France. Elle le conserve sous domination anglaise. Le blasonnement actuel sous-entend une bordure chargées de 8 besants (valeur défaut pour le besanté) contre les 12 de Malte-Brun. De fait, les représentations les plus fréquentes présentent 9 besants visibles, ce qui, avec les trois cachées pas le chef brochant, conforte les 12 besants de Malte-Brun.

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Ligne Poitiers - Limoges

La ligne Poitiers - Limoges-Bénédictins est une ligne de chemin de fer française ; orientée globalement nord-ouest - sud-est, elle constitue une liaison d'ordre régional entre la Vienne (Poitou-Charentes) et la Haute-Vienne (Limousin).

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Poitiers pendant la Seconde Guerre mondiale

Au début de la Seconde Guerre mondiale, Poitiers accueille quelque temps le gouvernement belge en fuite devant l'avance allemande.

Ville de garnison, Poitiers devient, à la déclaration de guerre, centre de mobilisation. Mais dès l'agitation de la déclaration de guerre passée, la ville retombe dans son calme, loin des zones de front, jusqu'au mois de juin 1940.

Lors de la bataille de France, le gouvernement belge se retrouve obligé de s’installer précipitamment en France : c’est Poitiers qui est choisi et qui accueille les ministres et leurs administrations en fuite le 23 mai. Le gouvernement belge décide le 26 de poursuivre la lutte « quoiqu’il advienne », soutenu par les parlementaires à Limoges, qui votent le 31 la motion refusant la capitulation du roi (intervenue le 28 mai). Un repli sur l’Angleterre est évoqué dès le 14 juin, et a lieu le 18 juin. Poitiers a donc été « capitale de la Belgique » pendant moins d’un mois.

Le 19 juin, le bombardement par la Luftwaffe fait 150 morts, avant que la Wehrmacht ne pénètre dans la ville le 23.

Poitiers devient une ville de garnison importante, à proximité de la zone libre et sur un carrefour routier et ferroviaire.

Dans le cadre de la réorganisation administrative opérée par Vichy, Poitiers devient la capitale de la « région de Poitiers », qui comprend les départements de la Vienne, la Vendée, les Deux-Sèvres, la Charente et la Charente-Maritime. Les arrondissements de Montmorillon (Vienne) et Confolens (Charente) sont situés en zone libre, et donc hors de sa juridiction, alors que la partie occupée de la Dordogne en relève. Une école régionale d'administration est créée.

La collaboration compte peu de personnalités marquantes à Poitiers, d’où finalement un faible engagement des Poitevins. Le 30 avril 1942, Doriot s’adresse à un public de 650 personnes, ce qui est le plus important rassemblement collaborationniste de la guerre. Les effectifs de la police augmentent fortement : toutes branches confondues (police municipale devenue nationale, Intendance de police relevant de la préfecture de région, 22e brigade régionale de Sûreté, et Groupe mobile de réserve), elle compte 482 hommes. Poitiers accueille encore, à la caserne des Dunes, l’école des francs-gardes qui forme les Miliciens de toute la France (200 élèves en 1944). La Milice de Poitiers compte 264 membres, dont 233 hommes, dirigés par Louis Aussenac. Elle garde les lieux les plus importants et participe aux opérations de répression. Marcel Bordes, chef du RNP, suit le gouvernement de Vichy à Sigmaringen et y est sous-chef de cabinet en novembre 1944.

Le 31 janvier 1944 a lieu une rafle de tous les Juifs de Poitiers, au nombre de 481, avec le concours de la Préfecture.

Comme partout en France, elle débute très tôt par des actes isolés, avant de s’organiser. En juin et juillet 1940, les chefs de la gare de Poitiers déroutent vers la zone libre des trains de munitions. Des fils électriques ou téléphoniques sont coupés ; des manifestations patriotiques (hymnes français ou anglais entonnés en présence de l’occupant, V de la victoire ou croix de Lorraine peints sur les murs, drapeaux nazis coupés, défilé au pas de l’oie singé) ont lieu. Le 13 mai 1943, cinq étudiants assassinent Michel Guérin, médecin, et principale figure de la Collaboration. Les étudiants, recrutés par les FTP, sont capturés par la police française mais acquittés par le tribunal d'État de Paris ; rejugés par un tribunal de guerre allemand, Roger Rieckert, Jacques Massias, Jacques Delaunay et Marc Delaunaysont condamnés à mort et fusillés au Mont-Valérien le 6 octobre 1943. Jean Gautier est condamné aux travaux forcés à perpétuité et incarcéré.

Le réseau Louis Renard publie le le Libre Poitou d’octobre 1940 à août 1942, avant d’être démantelé par les Allemands, aidés par la police française et le préfet Louis Bourgain. Le PCF entre en Résistance en 1941 et fonde des groupes FTP, qui s’intègrent dans les FFI en juillet 1944. L’Anglaise Lise de Baissac met sur pied le réseau Artist, qui exfiltre les pilotes anglais et récupère les largages d’armes de la RAF. Parmi les principaux résistants poitevins, Renaud de Corta, Paul Guillon et René Poitevin sont faits compagnon de la Libération.

La reddition de la colonne allemande emmenée par le général Botho Henning Elster, fait important dans l’histoire de la libération, s’est déroulée en parti à Issoudun et à Arçay.

En tant que nœud ferroviaire, Poitiers a été bombardé deux fois, en mai 1944 et le 13 juin, faisant 239 morts chez les civils. La gare construite au milieu du XIXe siècle, ainsi que tout le quartier environnant (en fait, toute la vallée de la Boivre) furent détruits. Le cinéma Majestic y fut écrasé également. Quelques bombes tombèrent également sur le quartier du palais de justice. La division SS Das Reich fut ainsi ralentie dans sa remontée vers la Normandie (elle passe à Poitiers les 12 et 13 juin).

Devant l'avance alliée, les Allemands quittent la ville à partir du 23 août, évacuation qui s'achève par le passage de la colonne Elster, comptant 18 000 hommes, par la nationale 10, du 2 au 4 septembre. La Feldgendarmerie (Hôtel Jean Beaucé) est restée plus longtemps pour orienter les troupes allemandes en mouvement.

De Kurzenne, chef des FFI, et le capitaine «François» rencontrent le général Elster, qui après les exécutions sommaire de Bondilly et de Saint-Maurice-la-Clouère, et le massacre du Vigeant promet de ne plus commettre d'exactions.

Poitiers est libéré le mardi 5 septembre 1944  : en fait les Résistants occupent la ville abandonnée des troupes allemandes. Le groupe FTP Noël notamment, venant de Lusignan et de ses environs, commandés par le «colonel» Bernard (de son vrai nom Chêne), entre sous le crachin. Des FFI arrivent de l'Est du département. Au départ, les Poitevins sont peu nombreux à venir les acclamer place d'Armes : une centaine tout au plus. Poitiers connait les mêmes excès que dans le reste du pays : non seulement les bureaux allemands sont pillés et leurs archives brûlées, mais deux miliciennes sont tondues dans les rues, et des employées de l'État dans la cour de la Préfecture. L'hôtel de ville est occupé par le chef du Comité départemental de libération (CDL) René Savatier .

Toutefois, les drapeaux français sont retirés dès l'après-midi, une colonne SS en repli passant par Poitiers.

Les Hindous et les Sikhs du 950e régiment ont pillé, violé et brûlé à Poitiers, Archigny, Chauvigny, Bonnes. Dix-neuf Allemands, faits prisonniers par les Résistants du camp de Bourg-Archambault au camp de la Chauvinerie, ont été mitraillés place d'Armes à Poitiers ; cinq d'entre eux meurent sur le coup, plusieurs autres quelques jours plus tard. Pour mettre fin à ces excès de la fin de la guerre, les FFI sont incorporés dans l’armée régulière : le 125e régiment d'infanterie, qui est envoyé réduire les poches de l’Atlantique.

Aussitôt, les nouveaux cadres de la République sont nommés : Jean Schuhler comme commissaire du gouvernement pour la région Poitou-Charentes, et Marcel Foy comme secrétaire général pour la Vienne. Le défilé de la Libération a lieu le 10 septembre.

Le journal Libre Poitou (ancêtre de Centre Presse) paraît dès le 5 septembre, et devient rapidement l'organe officiel du CDL. Successeur du Libre Poitou organe de presse du réseau de résistance Renard, il réquisitionne les installations du Centre-et-Ouest, qui a paru sous l'Occupation. Il n'est pas le seul journal à paraître : La Nouvelle République du Centre-Ouest reprend les locaux de l'ancienne Dépêche du Centre, tandis que Hebdo Maquis devient Hebdo-Poitou, et l'hebdomadaire communiste Le patriote poitevin continuent leur carrière.

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Bataille de Poitiers (732)

Charles de Steuben, Bataille de Poitiers, en octobre 732

La bataille de Poitiers appelée aussi « bataille de Tours », et « bataille du Pavé des martyrs » (en arabe بلاط الشهداء : balāṭ aš-šuhadāʾ) par les historiens arabes, est une victoire de Charles Martel, maire du palais du royaume franc, sur les musulmans d’Abd el Rahman.

Cette victoire importante a un retentissement immédiat, tant du côté chrétien que du côté musulman ; elle est devenue à partir du XVIe siècle un symbole de la lutte de l’Europe chrétienne face aux conquêtes musulmanes.

Du côté des auteurs latins des VIIIe et IXe siècles, les sources sont assez nombreuses, proches de l’évènement, et exceptionnellement détaillées pour l’époque. Ceci signale que, dès le VIIIe siècle, la bataille a du être considérée comme importante. On peut citer Bède le Vénérable en 735, la chronique de Moissac ainsi que les Annales de Metz qui mentionnent l'événement, en des termes brefs et similaires, rappelant que « Charles combattit les Sarrasins un samedi du mois d'octobre ». Le seul récit détaillé se lit dans la Chronique mozarabe, au milieu du VIIIe siècle, dans lequel l’auteur, un anonyme chrétien de Cordoue, raconte la bataille de 732 et donne pour cause de la défaite, des dissensions au sein des Maures. Le récit de la bataille de Poitiers se situe entre les défaites arabes de Toulouse (721) et de Narbonne (737).

Quelques chroniques arabes mentionnent l’évènement, la principale étant celle d’Abd al-Hakam, en 861, et des chroniques andalouses. Les trois expéditions de 721 devant Toulouse, 732 (ou 733) et 737 devant Narbonne apparaissent comme des défaites. Les allusions arabes à cette bataille sont très sèches et précisent simplement que Abd er-Rahman et ses compagnons « ont connu le martyre ».

Au début du VIIIe siècle, les musulmans d’Afrique du Nord, majoritairement des Berbères islamisés, ont envahi en 711 l’Espagne, puis la Septimanie, partie du royaume wisigothique qui avait échappé aux conquêtes des fils de Clovis, y compris Narbonne. Les Maures d’Afrique du Nord sont en pleine période d’expansion : outre l’Espagne et la Septimanie, ils débarquent en Sicile, conquise en 720, la Sardaigne, la Corse et les Baléares suivent en 724.

Les gouverneurs à la tête de la Septimanie lancent alors des expéditions ponctuelles — ghazwa — en Gaule pour s'emparer de butin. Le duc franc d'Aquitaine Eudes se retrouve en première ligne. En 721, il parvient à leur faire lever le siège de Toulouse. Mais quelques années plus tard, il s'allie à un chef musulman, un certain Munuza. Celui-ci tente de se constituer une principauté indépendante en Cerdagne mais son maître 'Abd el Rahman, nommé gouverneur de Cordoue en 730, ne l'entend pas ainsi. Il dirige une expédition punitive contre Munuza, qui est battu et tué. Le gouverneur omeyyade de l'Espagne s'attaque aussi à Eudes d'Aquitaine, le soutien du rebelle. Il s'enfonce donc à l'intérieur des terres franques.

Au nord de la Loire, le maire du palais Charles Martel rassemble sous son autorité les royaumes francs, et bat Rainfroy, allié d’Eudes. Il lance également une expédition pour soumettre l’Aquitaine l’année précédant la bataille de Poitiers : Eudes se retrouve donc pris entre deux feux.

Menée par le gouverneur arabe Abd al-Rahman ibn Abd Allah al-Rhafiqi, l’expédition lancée sur la Gaule est constituée de Maures, Berbères, ainsi que de contingents recrutés dans la péninsule ibérique. Tous tendent au même objectif, la propagation de la nouvelle religion. Les chroniques mozarabes distinguent entre Sarrasins, Arabes venus d’Arabie et Syriens, plus anciennement islamisés, et Maures, venus d’Afrique du Nord (antique Maurétanie). Le nombre élevé de Berbères parmi les conquérants musulmans explique que ces derniers furent aussi globalement désignés sous le terme de Maures. Cette armée était donc très disparate certains pensent que ce fut une des causes de sa défaite. De plus, ces soldats (probablement au nombre de 15 000) avaient avec eux leurs familles.

Après la défaite devant Toulouse, Abd el Rahman lance un nouveau raid, mais en passant à l’ouest des Pyrénées : il envahit l’Aquitaine et razzie le pays. Eudes réunit une armée pour le contrer mais est battu entre la Dordogne et la Garonne (bataille parfois dite de Bordeaux). Abd el Rahman continue son avancée, marche sur Poitiers, pille et incendie l’abbaye Saint-Hilaire. Il se dirige ensuite vers Tours, dans l'intention de piller l’abbaye Saint-Martin-de-Tours. Cependant, Charles Martel, à qui Eudes a fait appel après sa défaite, marche vers Tours après avoir réuni une armée de fantassins francs. Pour les historiens chrétiens, c’est pour défendre le sanctuaire de Tours que Charles Martel entre en guerre, c’est pourquoi, à partir du XVIe siècle, cette bataille est aussi appelée bataille de Tours. Il décide d'attendre que les Sarrasins soient lourdement chargés de butin pour les attaquer.

Les sources concordent pour placer la rencontre sur le territoire de la cité de Poitiers, donc dans le Nord du Poitou. Le nom arabe de la bataille, d’après une source du XIe siècle, Chaussée ou Pavé des Martyrs, permet de la préciser et de la situer sur l’ancienne voie romaine entre Poitiers et Tours, et donc sur la rive droite du Clain. Tous les historiens sont d’accord pour ne pas la situer à proximité immédiate de Poitiers, car la forêt de Moulière aurait gêné les cavaliers arabes. Une partie des historiens place l’emplacement de la bataille à proximité du hameau de Moussais (renommé Moussais-la-Bataille), sur l'actuelle commune de Vouneuil-sur-Vienne, entre Châtellerault et Poitiers. D’autres historiens préfèrent placer à Cenon-sur-Vienne, situé au confluent de la Vienne et du Clain. D'autres encore comme André-Roger Voisin préfèrent la situer près de Ballan-Miré sur les landes de Charlemagne en raison des armes qui y ont été retrouvées.

Les nombreux détails donnés par les chroniqueurs permettent de la dater avec précision : selon les chroniqueurs européens, elle a eu lieu un samedi du mois d’octobre. Selon les chroniqueurs arabes, elle a eu lieu au début du mois de ramadan 114 de l’Hégire, soit après le 23 octobre 732. Le premier samedi est le 25, ce qui place donc la bataille le 25 octobre 732.

Quelques historiens préfèrent placer la bataille de Poitiers l’année suivant le pillage de Bordeaux, l’étendue de territoire à conquérir depuis les Pyrénées leur semblant trop vaste : cependant, actuellement, on considère qu’il s’agit d’expéditions de razzia, et couvrir la distance entre les Pyrénées et la Vienne en moins de quatre mois semble raisonnable.

Ivan Gobry, dans son Charlemagne, fondateur de l’Europe, affirme que la victoire eut lieu le 17 octobre 733. Selon lui, seule la chronique de Moissac, rédigée un siècle après l’évènement, donne 732. Le continuateur de Frédégaire, contemporain de la bataille, et le chroniqueur espagnol Roderic Ximenes (1170-1247), archevêque de Tolède du XIIIe siècle, avancent eux aussi la date de 733. Cette date de 733 est confirmée par les auteurs arabes de l'époque qui fixent l'évènement à l'année 115 de l’Hégire. Dans un manuscrit des annales d'Hildesheim, l’abbé Joseph-Épiphane Darras (1825-1878) a lu que la bataille eut lieu un samedi, donnant pour quantième un jour d'octobre dont la première lettre est effacée, mais dont la suite est VII. Il se trouve qu'aucun samedi d'octobre de l'année 732 ne fut le 17 ou le 27, mais le 17 octobre 733 fut bien un samedi.

Pendant une semaine, des escarmouches ont lieu, aux confins du Poitou et de la Touraine. Après ces escarmouches, l’affrontement décisif a lieu, sur deux jours. Abd el Rahman lance sa cavalerie sur les Francs. Ceux-ci, formés en palissade « comme un mur immobile, l'épée au poing et tel un rempart de glace », les lances pointées en avant des boucliers, attendent le choc. Il semble que l'image ait quelque chose de juste dans la mesure où c'est bien la solidité des lignes franques qui impressionna les troupes arabo-berbères. La mêlée s'engage et les Francs parviennent à faire refluer leurs opposants. Mais ceux-ci n'ont pas l'occasion d'attaquer une seconde fois car de son coté Eudes prend l'ennemi à revers et se jette sur le camp musulman. Croyant leur butin et leurs familles menacés, les combattants Maures regagnent leur campement. Ils subissent de lourdes pertes et 'Abd el Rahman est tué.

Le lendemain, au point du jour, Charles donne l'ordre d'attaquer, mais le camp est vide, les musulmans se sont enfuis dans la nuit. Selon une légende locale à la région du Haut Quercy, Abd el Rahman n'aurait pas été tué à la bataille de Poitiers mais aurait simplement reflué vers ses bases arrières de Narbonne. Poursuivi par les troupes franques de Charles Martel, il aurait été tué et son armée exterminée lors d'une bataille livrée à Loupchat au pied de la falaise du Sangou, dans le Lot, en 733. L'Hôtel de ville de la commune de Martel aurait été construit sur le lieu même de la bataille. Charles fut alors acclamé sous le nom de Martel : « marteau des infidèles ».

Selon l'historien André Clot, une des raisons de la défaite réside dans l'éloignement des musulmans de leurs bases. Une autre raison est que l'armée musulmane était composée en majorité de Berbères d'Afrique du Nord venus avec leur famille ce qui gênait les manœuvres de l'armée et retardait son avance, les hommes ayant souci de protéger leurs femmes et leurs enfants. D'autre part, toujours selon André Clot, lors du combat final, le duc d'Aquitaine aurait attaqué le camp où étaient rassemblées les familles entrainant la débandade des musulmans.

Mais la vraie raison, c'est l'utilisation par la cavalerie franque de l'étrier, invention qui n'était pas encore parvenue jusqu'à l'envahisseur. Alors que les cavaliers francs étaient cuirassés et solidement harnachés sur leurs montures, les cavaliers musulmans montaient encore à la bride, sans équipement lourd. Ils furent donc aisément battus. Les fantassins, saisis d'épouvante, s'enfuyèrent. Le prestige des vainqueurs fut donc en partie usurpé, tant la bataille avait été inégale, grâce à cette simple supériorité technologique de l'étrier.

Cette défaite marque le terme de l’expansion musulmane médiévale en Occident et a d’importantes conséquences. En répondant à l’appel à l’aide du duc Eudes d'Aquitaine, Charles Martel a profité de l’avancée des troupes musulmanes pour intervenir dans une région qui refusait de se soumettre à son autorité. Fort de sa victoire, Charles s’empare de Bordeaux et met un pied en Aquitaine, sans la soumettre immédiatement : à la mort d’Eudes, ce sont ses fils qui lui succèdent. Cependant, son appui est indispensable à la lutte contre les Sarrasins : il intervient dans la vallée du Rhône et en Provence les années suivantes, où il soumet le patrice Mauronte (737), allié des Sarrasins. Il bat à nouveau ceux-ci au sud de Narbonne, sur les bords de la Berre, en 737. Ainsi, la victoire de Poitiers entraîne non pas le départ définitif des musulmans, comme en témoigne l’échec du siège de Narbonne, dirigée par un gouverneur omeyyade jusqu’en 759, mais l’intervention systématique des Francs, seuls capables de s’opposer à eux. En définitive Eudes d'Aquitaine, comme a pu l'écrire Michel Rouche, reste le véritable vaincu de Poitiers. La victoire de Poitiers justifie également en partie, quelques années plus tard, l’éviction politique des Mérovingiens.

Selon l'historien allemand Karl Ferdinand Werner, la Provence fut bouleversée par les exactions de Charles Martel. Karl Werner écrit que le surnom « Martel-Marteau » pourrait venir de là et non de la victoire contre les musulmans.

Si l’expansion musulmane est stoppée, les raids musulmans continuent pendant plusieurs décennies. Ainsi, Charlemagne bat vers 800, à la bataille du bois des Héros (en Saintonge), une troupe musulmane qui razziait le pays. Des forteresses provençales servent de base à des incursions dans le pays jusqu’à la fin du Xe siècle (cf. bataille de Tourtour).

Le débat historique sur l’importance réelle de la bataille est apparu à la fin du XIXe siècle, au moment où elle connaissait une grande popularité. Les historiens qui tendent à augmenter son importance ont mis en avant une série d’arguments.

Les incertitudes quant au lieu et à la date de la bataille ont poussé certains à douter de l'existence de cette bataille. Les progrès de la critique historique ont levé ces doutes.

Cependant, encore actuellement, certains tirent arguments de la faible quantité de sources (par rapport aux sources pour l’Antiquité, ou aux périodes postérieures) pour nier son existence (voir plus bas, partie Le symbole historique).

Selon la médiéviste Françoise Micheau, spécialiste de l'histoire du Proche-Orient arabe, professeur d'histoire médiévale du monde musulman à l'Université Paris-I et directrice de l'UMR Islam médiéval, il faut diminuer l'importance de l'événement en précisant que l'expédition d’Abd el Rahman avait pour but essentiel le butin, et non la conquête. « Il s'agissait pour les Arabes de Cordoue d'une expédition (en arabe « ghazwa ») visant à piller les richesses de la Gaule, mais non d'une « invasion » ». Les sources des VIIIe et IXe siècles ne fournissent en effet que cette explication, et ce n’est qu’à partir du XIIe siècle que l'argument de la conquête est avancée.

L'historien Jean Deviosse et Élisabeth Carpentier, professeur honoraire d’histoire du Moyen Âge à l’Université de Poitiers, nuancent cet argument en rappelant que les razzias étaient à la fois un moyen de connaître le terrain, et que plusieurs années de razzias réussies aboutissaient toujours à une conquête définitive : ce fut le cas de la conquête espagnole (711-720), mais aussi de la Perse auparavant. En 721, lors du siège de Toulouse, les envahisseurs sont équipés de catapultes, preuve qu'ils entendent conquérir la ville.

De plus, Deviosse fait remarquer l'organisation tactique de l'expédition de 732. Il s’agit d’une opération combinée entre la marine et la cavalerie arabes. Une flotte débarque une armée arabe en Camargue, qui remonte la vallée du Rhône et va jusqu’à assiéger et prendre Sens, pendant que d’un autre côté, Abd el Rahman passe les Pyrénées du côté le plus éloigné. Il compte ainsi obliger ses adversaires à se diviser et parcourir de longues distances pour l’arrêter. Il rappelle également qu’Abd el Rahman a demandé à ses hommes d’abandonner une partie du butin pour être plus efficaces lors de la bataille (demande rejetée par ses hommes), et surtout, qu’il a accepté la bataille, ce qu'il aurait pu refuser s’il ne venait que pour le butin, qui était déjà considérable. On objectera que le gouverneur n'avait sûrement d'autre choix que l'affrontement s'il voulait rentrer tranquillement en Espagne.

En fait, la bataille de Poitiers semble s'inscrire dans un contexte général d'essoufflement de la conquête arabe, après un siècle de victoires. En effet, si les Arabes parviennent à conquérir les grandes îles de Méditerranée occidentale en 720-724, ils échouent dans leur troisième siège de Constantinople (717-718), et sont vaincus en Orient également. La taille même de l’Empire pose des difficultés pour le gouverner : des révoltes kharidjistes éclatent en Mésopotamie et en Syrie (724-743), qui provoquent l’abandon de Damas par le calife pour Rusafa, ou encore en 740 au Maroc. Les Omeyyades sont renversés en 750 par les Abbassides. Cordoue devient le centre d'un émirat autonome dont le pouvoir se limite à la péninsule ibérique. « Ces crises du milieu du VIIIe siècle scellent la fin des conquêtes arabes en Gaule, comme dans l'Empire byzantin et en Asie centrale ».

Enfin, et peut-être surtout, pour Élisabeth Carpentier, la victoire est importante pour les Francs du Nord de la Gaule. Vu d’Occident, la progression de la conquête musulmane est inexorable. Or, le premier combat des Francs contre les Arabes est une victoire (Eudes commande les Aquitains), suivie d’autres victoires, et empêche toute nouvelle attaque par la suite. Cette victoire n'est donc pas le mythe qu’on en a fait, et si Charles Martel ne sauve pas la France qui n’existe pas encore, il change le destin de la Gaule, et donc de la France qui lui succède. Cette bataille n’est pas un mythe, mais un symbole historique.

La bataille a tout de suite un retentissement très important. Elle justifie l’élimination des Mérovingiens et légitime donc la famille de Charles Martel, les Carolingiens. Bède le Vénérable, moine d'Angleterre, la mentionne comme un châtiment de Dieu, ce qui est un autre aspect de son aura : pour l’Église cette guerre est légitime, c’est aussi une guerre pour la défense de la chrétienté, et elle éclipse la bataille de Toulouse, qui à l’époque avait eu un écho important, affaibli par la défaite d’Eudes en 732 et son ambiguïté (allié aux musulmans). De l’autre côté, la bataille revêt également une grande importance : l’Anonyme de Cordoue (un chrétien sujet des Ommeyades), qui écrit vers 750, la présente ainsi comme un affrontement entre Nord et Sud, entre Orient et Occident.

Cependant, si la bataille reste célèbre tout au long du Moyen Âge, elle n’acquiert pas immédiatement le statut de symbole. L’Espagne musulmane n’est pas une menace pour les Francs des IXe aux XIe siècles. De plus, la figure de Charles Martel s’efface derrière celle de Charlemagne, qui a lui même combattu les Maures. Enfin, l’Église, principale productrice de livres, ne cherche pas à mettre en avant un bâtard qui a mis la main sur de nombreux biens d’Église.

Au XIXe siècle, le nationalisme français voit en la bataille de Poitiers un évènement fondateur de la nation, et les anticléricaux préfèrent Charles Martel à Clovis, moins compromis avec l’Église. La conquête des colonies en terres musulmanes popularise également la victoire contre des musulmans. Enfin, à l’heure des théories raciales, cette victoire d’Européens blancs sur des Africains musulmans est aussi revendiquée par les Anglais et les Allemands, ces derniers rappelant que les Francs étaient un peuple germanique.

Au XXe siècle, Anatole France écrit que « le jour le plus funeste de l'Histoire de France » fut « le jour de la bataille de Poitiers, quand, en 732, la science, l'art et la civilisation arabes reculèrent devant la barbarie franque ».

En 1942, Adolf Hitler déclare : « Si à Poitiers Charles Martel avait été battu, le monde aurait changé de face. Puisque le monde était déjà condamné à l'influence judaïque (et son sous-produit le christianisme est une chose si insipide !), il aurait mieux valu que l'islam triomphe. Cette religion récompense l'héroïsme, promet au guerrier les joies du septième ciel… Animé d'un esprit semblable, les Germains auraient conquis le monde. Ils en ont été empêchés par le christianisme».

En France, l’image de l’arrêt d’une invasion à Poitiers reste populaire : on peut citer, pendant la Seconde Guerre mondiale, les résistants qui créent la brigade Charles Martel en Indre et Indre-et-Loire (brigade devenue ensuite la 25e DI des FFI), et l’affaire de la douane de Poitiers contre les magnétoscopes japonais. Durant la guerre d’Algérie, les commandos de l’Organisation de l’armée secrète (OAS) prirent également le nom de Charles Martel. De nos jours, l’importance de ce symbole reste fort, car la confrontation entre l’Occident et l’islam perdure (voir par exemple le titre de l’affiche « Martel 732, Le Pen 2002 » choisi par le Front national lors de l'élection présidentielle française de 2002).

L’importance de la bataille est, encore de nos jours, telle dans l’imaginaire des peuples européens et arabes, qu’un historien va jusqu’à nier son existence, attribuant son invention aux chroniqueurs français de la fin du Moyen Âge, qui auraient ainsi cherché à masquer la défaite de Nouaillé (1356).

Selon Françoise Micheau et Philippe Sénac « bien des voix se sont élevées pour tenter de ramener la bataille à sa juste place. En vain, car, érigé en symbole, l'événement est passé à la postérité et avec lui son héros Charles Martel. Il appartient à ce fonds idéologique commun qui fonde la nation française, la civilisation chrétienne, l'identité européenne sur la mise en scène du choc des civilisations et l'exclusion de l'Autre ». L'historienne Suzanne Citron souligne le rôle de la bataille dans l'« inconscient des pulsions racistes anti-arabes et dans l'illusion d'une supériorité de la civilisation catholique et blanche ».

Le rappeur Salif fait référence à cette bataille dans une de ses chansons : .

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Source : Wikipedia