Peste

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Posté par rachel 27/04/2009 @ 22:20

Tags : peste, maladie, santé

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Peste

Protection des médecins contre la peste

La peste (du latin pestis, maladie contagieuse) est une maladie à multiples facettes qui est mortelle pour l'Homme. Elle est causée par le bacille Yersinia pestis, découvert par Alexandre Yersin de l'Institut Pasteur en 1894, qui est aussi responsable de pathologies pulmonaires de moindre gravité chez certains petits mammifères et animaux de compagnie (on parle dans ce cas de peste sauvage). Elle est principalement véhiculée par un rat, le Rattus rattus, qui la transmet à l’homme par l’intermédiaire de puces infectées (puce du rat Xenopsylla cheopsis, dans les pays chauds comme l’Inde, ou Nosopsyllus fasciatus en Europe.) Les rongeurs sauvages constituent le réservoir naturel de la maladie. Les lagomorphes (lapin, lièvre) et carnivores peuvent infecter l'humain par contact avec un animal infecté ou morsure d'un animal infecté.

En raison des ravages qu’elle a causés, surtout pendant le Moyen Âge, la peste a eu de nombreux impacts sur l'économie, la religion et les arts. La Peste noire est une épidémie de cette époque. Cependant, plusieurs épidémies de maladies inconnues à forte mortalité ont pu être qualifiées de peste par les chroniqueurs de l'époque. Par analogie, d'autres maladies à forte morbidité pour d'autres espèces sont également nommées peste, comme la peste aviaire, celle du canard, celle du porc, elles n'ont pour la plupart rien à voir avec la peste humaine.

Dans la famille des bactéries, Y. pestis est un coccobacille de 0,5 à 0,8 µm de largeur sur 1 à 3 µm de longueur, immobile, capsulé, Gram négatif, aéro-anaérobie facultatif, appartenant à la famille des Enterobacteriaceae. Il semble être une évolution de Yersinia pseudotuberculosis.

Il présente une coloration bipolaire en présence des colorants Wright, Giemsa et Wayson et se développe sur des milieux de culture standards en deux jours à 28 °C.

On note trois variétés de souches, l’orientale, la médiévale et l'antique. Ce germe est résistant, il reste virulent plusieurs jours dans un organisme en putréfaction. Des traces de protéines microbiennes peuvent être détectées même plusieurs siècles, puisque les archéologues sont dotés de tests.

Il possède plusieurs facteurs de virulence qui lui permettent de survivre chez l'humain en utilisant les nutriments des cellules hôtes et en empêchant la phagocytose et d'autres mécanismes de défense.

Le séquençage du génome de Y. pestis a été réalisé en 2001 par l'équipe de Julian Parkhill de l'institut Sanger à Cambridge et par B. Wren. Ils ont détecté 4012 gènes codant pour des protéines.

La peste est considérée par l’OMS comme une maladie réémergente.

De 1984 à 1992, 11 030 cas de peste humaine ayant causé 1 201 décès ont été notifiés à travers le monde (soit de 1 000 à 2 000 cas et de 100 à 200 décès par an), 95% des cas étant africains. Un foyer malgache est responsable de 40% des cas mondiaux. Il s’agissait essentiellement de peste bubonique (entre 80 et 95% des cas) avec une mortalité comprise entre 10 et 20%.

Le réservoir sauvage concerne les petits rongeurs et leur environnement. Des épizooties apparaissent lors des variations de population et des modification de l’environnement écologique de ces rongeurs. L’homme se contamine directement à leur contact, ou par le passage de l’épizootie aux rongeurs domestiques. Lors d’épidémie, le rat domestique devient le réservoir du germe.

En Europe, les rats sont la source principale de dissémination de la peste, aux États-Unis ce sont les écureuils Rock squirrels et California ground squirrels. Les animaux domestiques, chiens et chats, peuvent être des sources d’infection quand ils sont contaminés par les puces de rongeurs. Les puces demeurent infectieuses pendant des mois.

D'après l’OMS, l'Afrique est le continent le plus touché (hauts plateaux du centre de l'île de Madagascar, Mozambique, Tanzanie, République démocratique du Congo), suivie de l’Asie (Inde). Ces deux continents regroupent près de 99% des cas rapportés dans le monde en 1997.

L’Amérique du Sud et l'ouest des États-Unis ont répertorié quelques cas en 1997. La peste est actuellement inexistante en Europe.

L’homme est essentiellement contaminé par la piqûre de puce infectée, en particulier Xenopsylla cheopis (la puce du rat), très rarement par la morsure d’un rongeur infecté et encore plus rarement en en consommant. Le modèle de transmission le plus répandu passe par les puces de rongeurs qui transmettent la bactérie de la peste à l’homme lors d'un repas sanguin.

Lors d’une épidémie, la transmission peut se faire par voie respiratoire interhumaine si l'un des malades est atteint d’une lésion respiratoire ouverte. Dans ce cas, il s'agira de peste pulmonaire et non de peste bubonique.

Le germe contenu dans le sang est ingéré par une puce hématophage, il se multiplie et bloque la digestion de l'ectoparasite. Ce dernier est affamé, et doit à nouveau se nourrir. L'estomac plein, il vomit lors de la piqûre pour faire un nouveau repas.

Après morsure de la puce infectée, le germe se multiplie au point d'inoculation laissant une vésico-pustule puis gagne le système lymphatique et colonise le ou les ganglions satellites du point d'inoculation (le bubon). Une ou plusieurs adénites localisées et suppurées apparaissent. L'évolution de la dissémination par voie hématogène permet au germe d'atteindre l'ensemble des organes et les poumons où il développera une localisation pulmonaire secondaire. Le bacille se multiplie dans les macrophages et libère une toxine lorsqu'il est détruit.

Forme la plus fréquente en milieu naturel, la peste bubonique fait suite à la piqûre de la puce d'un rat ou d'un rongeur infecté. La peste se déclare d'abord chez les rongeurs qui meurent en grand nombre. Les puces perdant leur hôte recherchent d'autres sources de sang, et contaminent l'homme et les animaux domestiques par piqûre. Après une incubation de moins d’une semaine, apparait brutalement un état septique avec fièvre élevée sans dissociation de pouls, frissons, vertiges, sensation de malaise. L’examen clinique détecte le bubon au deuxième jour. Le bubon est une adénopathie (ou ganglion augmenté de volume) ou paquet ganglionnaire, satellite du territoire de drainage de la piqûre de l’ectoparasite, inflammatoire, suppuré et très œdémateux. Les aires ganglionnaires le plus souvent touchées sont l’aire inguinale (pli de l'aine) ou crurale (haut de la cuisse), plus rarement axillaire voire cervicale. Des signes de déshydratation et de défaillance neurologique vont accélérer l'évolution de la maladie vers une mort en moins de sept jours en l'absence de traitement efficace. On estime entre 20 et 40% le nombre de malades qui vont guérir spontanément après un temps de convalescence assez long.

Cette forme constitue 10 à 20% des pestes. La peste septicémique est la plupart du temps une complication de la peste bubonique, due à une multiplication très importante des bacilles dans la circulation sanguine. Cette variété de peste apparaît quand les défenses des ganglions lymphatiques et les autres types de défense sont dépassés. Le bubon peut n’être que peu apparent. Il s'agit d’une forme plus grave et très contagieuse.

Forme plus rare que la peste bubonique, mais nettement plus dangereuse et extrêmement contagieuse, la peste pneumonique ou pulmonaire survient lorsque le bacille pénètre directement dans l'organisme par les poumons (et non par la peau, après une piqûre de puce). Les humains sont contaminés par les projections d'expectorations purulentes et microscopiques contenant le germe. Après une incubation de quelques heures, s’installe une pneumopathie aiguë sévère avec état septique. Même avec un traitement antibiotique approprié, cette forme de peste est souvent mortelle en quelques jours par œdème pulmonaire aigu et défaillance respiratoire.

Un diagnostic biologique doit pouvoir confirmer le diagnostic clinique.

La ponction des ganglions fluctionnaires (bubon) avec examen au microscope après coloration (examen direct) peut parfois suffire. La mise en culture (nécessitant un délai de 48 h) permet également de déterminer le germe en cause si l'examen direct est insuffisant. Dans la peste pulmonaire, le diagnostic est confirmé par la culture des crachats ou de l’aspiration bronchique. Les hémocultures (mise en culture du sang du patient) sont l'examen-clef d'une forme septicémique.

La détection de Y. pestis se fait par la mise en évidence de bactéries gram-négatives de forme ovoïde, d’une taille comprise entre 0,5 à 0,8 µm de largeur sur 1 à 3 µm de longueur, à coloration bipolaire. Les tests aux anticorps fluorescents ou ELISA sont trop tardifs et incertains puisqu’il existe des réactions croisées avec des germes de la famille des yersinioses.

Des examens autopsiques peuvent être réalisés puisque le germe est particulièrement résistant dans un corps en putréfaction.

La recherche d’antigènes du Yersinia (dit F1) permet de faire également un dépistage rapide.

À noter que tous les prélèvements d’un sujet contaminé sont hautement contagieux et que leur gestion nécessite des précautions renforcées.

Un traitement réel contre la peste n’a été disponible qu’à partir des dernières années du XIXe siècle, après la découverte du bacille par Alexandre Yersin.

À partir du XVIe siècle, les mesures d’isolement apparaissent, avec désinfection et fumigation des maisons, isolement des malades, désinfection du courrier et des monnaies, création d’hôpitaux hors les murs, incinération des morts. La mise en quarantaine systématique des navires suspects s’avère efficace pour éviter de nouvelles épidémies, chaque relâchement de l’attention rappelant sans tarder les conséquences possibles (voir Peste de Marseille (1720)).

Le masque au bec de canard (voir photo) a été imaginé par De Lorme, médecin de Louis XIII ; on y plaçait des plantes aromatiques aux propriétés désinfectantes, notamment de la girofle et du romarin. On citera également le vinaigre des quatre voleurs (vinaigre blanc, absinthe, genièvre, marjolaine, sauge, clou de girofle, romarin et camphre) imprégnant une éponge que l'on portait devant la bouche, et qui était censé protéger de la contagion.

La tradition signale que trois professions sont épargnées : les chevriers et palefreniers (car l'odeur des chèvres et des chevaux repousserait les puces du rat), et les porteurs d’huile car l’huile qui les oint repousserait elle aussi les puces.

Le traitement par antibiotiques en reste la clé.

Y. pestis est naturellement résistant aux bêta-lactamines mais reste sensible aux aminosides (streptomycine, gentamicine et à la kanamycine (pour les nouveau-nés)), aux cyclines, au chloramphénicol (dans les cas de méningite), aux quinolones, au triméthoprime-sulfaméthoxale (TMP-SMX), à la rifampicine.

La voie d’administration peut être orale ou parentérale et l’antibiothérapie doit être prescrite au stade précoce (8 à 24 h après le début de la peste pulmonaire) pour obtenir un maximum d’efficacité.

Il a été décrit de rares souches résistantes à plusieurs de ces antibiotiques. Cette situation reste, pour l’instant, exceptionnelle.

Il peut être nécessaire d’inciser le bubon et de faire un drainage.

La peste est une maladie à potentiel épidémique qui justifie un diagnostic précoce et exige une déclaration aux autorités sanitaires nationales et internationales.

La désinsectisation et la lutte contre les réservoirs animaux sont déterminantes dans la prévention d’une épidémie.

Il existe un vaccin mais il est uniquement utilisé pour protéger les personnes fortement exposées à la maladie, comme le personnel militaire dans certaines circonstances opérationnelles, ou celles qui travaillent avec des animaux dans des régions endémiques de la peste. Pour qu’il soit très efficace, il doit être injecté à doses multiples et des injections de rappel doivent être effectuées régulièrement (faible durée d'action) ce qui entraîne des effets secondaires importants. Il n'est pas disponible au public.

L’ancien vaccin n’est plus fabriqué et n’était efficace que contre la peste bubonique. De nouveaux essais de vaccins sont en cours depuis 2005 au Canada.

Dans l'Antiquité, le terme de « peste », ou ses équivalents, ne désigne pas nécessairement la maladie aujourd'hui nommée peste, ni même une autre maladie spécifique. Il s'appliquait à toute épidémie importante, toute maladie frappant une communauté – phénomène difficile à expliquer sans le concept de contagion – et rapportées plus souvent à des superstitions qu'à des causes matérielles. La première épidémie où l'on peut reconnaître avec certitude la maladie que nous nommons peste est la Peste de Justinien (seconde moitié du VIe siècle). Toutefois, la maladie existait certainement avant cette date. Ses origines sont cependant mal connues ; si on les situe souvent en Asie centrale, l’idée a été récemment avancée que la peste était présente dans l’Égypte pharaonique. Les sociétés antiques étaient régulièrement frappées par des maladies épidémiques et ne pouvaient que difficilement les différencier. De nombreuses sources relatent de tels fléaux.

La peste est évoquée dans l'Ancien Testament comme un fléau envoyé par Dieu aux Hébreux. Le roi David est châtié par Dieu et doit faire le choix entre subir la guerre, la famine ou la peste ; il choisit la peste (Livre II Samuel 24).

24.12 Va dire à David : Ainsi parle l'Éternel : Je te propose trois fléaux ; choisis-en un, et je t'en frapperai. 24.13 Gad alla vers David et lui fit connaître la chose, en disant : Veux-tu sept années de famine dans ton pays, ou bien trois mois de fuite devant tes ennemis qui te poursuivront, ou bien trois jours de peste dans ton pays ? Maintenant choisis, et vois ce que je dois répondre à celui qui m'envoie. 24.14 David répondit à Gad : Je suis dans une grande angoisse ! Oh ! tombons entre les mains de l'Éternel, car ses compassions sont immenses ; mais que je ne tombe pas entre les mains des hommes ! 24.15 L'Éternel envoya la peste en Israël, depuis le matin jusqu'au temps fixé ; et, de Dan à Beer Schéba, il mourut soixante-dix mille hommes parmi le peuple.

L’Empire romain connut d’importantes épidémies, en particulier à partir du deuxième siècle de notre ère, la mieux connue étant la peste antonine qui sévit à Rome en l'an 166. Galien nous en a laissé une description qui laisse souvent penser que la maladie en question était en fait la variole.

Après la peste dite de Cyprien (vers 250), l'Antiquité fut marquée par la Peste de Justinien (seconde moitié du VIe siècle) identifiée avec une grande certitude à la peste bubonique. Par la suite la peste semble disparaître de l'Occident au début du Moyen Âge.

En 1347, des navires infectés abordent en Europe et déclenchent une épidémie dont mourra un quart de la population occidentale en quelques années.

Jusqu'au XVIIIe siècle, des épisodes majeurs de peste sont encore signalés régulièrement en Europe, comme à Londres en 1665-1666 et à Marseille en 1720.

La dernière pandémie, qui commença en 1894, permit de découvrir le bacille responsable de la peste.

Aujourd'hui, la peste touche à 99% les continents africain et asiatique. Dans les années 1990, on a relevé quelques cas en Amérique du Nord et en Amérique du Sud. Le dernier cas de peste en France (Corse) date de 1946.

La peste a été utilisée comme arme par l’armée impériale japonaise lors de l’invasion de la Chine, notamment dans la région de Changde. Ces armes étaient utilisées à la suite d'essais menés par des unités de recherche bactériologiques comme l'unité 731 qui pratiquaient des expérimentations sur des humains.

Plus tard, les Américains, qui avaient gracié les criminels de guerre de l'équipe de Shiro Ishii, et les Russes, qui avaient condamné pour crimes de guerre douze Japonais lors du procès de Khabarovsk, ont travaillé sur des aérosols de Yersinia pestis.

Les mystères entourant l'épidémie, la mort et l'influence des récits antiques et bibliques sur les croyances populaires ont largement inspiré les auteurs et artistes jusqu'à la renaissance. À partir des textes bibliques, Nicolas Poussin représente dans La Peste d’Ashdod (1630) les Philistins frappés par la peste en transformant l'anecdote en mythe. Le châtiment de David (retraçant le choix du roi entre la guerre, la famine et la peste dans 'Livre II Samuel'), est figuré dans la peinture classique du XVIIe siècle. Sébastien Bourdon réalise une gravure intitulée Peste de David. Castiglione grave Les Trois Jours de peste.

Les « danses macabres » constituaient des représentations d’épisodes de peste, notamment celle de l'église de Lübeck (1460), aujourd'hui disparue.

Autrefois trois mots résumaient les précautions à prendre contre la peste : « cito, longe, tarde », sous-entendant que dès l’apparition des premiers signes de la maladie dans un lieu, il fallait partir vite, aller loin et y rester longtemps.

Le mot peste est devenu au fil du temps un qualificatif pour toutes épidémies infectieuses surtout dans l’antiquité et au Moyen Âge. Il est entré dans le langage populaire pour désigner une chose ou une personne pernicieuse, malicieuse, mauvaise ou espiègle puis dans des expressions telle que « fuir quelque chose comme la peste », marquant la volonté d'éviter quelqu'un ou une chose de manière absolue.

Pour Michel Foucault dans les Anormaux, la peste est une technique de pouvoir spécifique. Il lui oppose la Lèpre. Ainsi, au Moyen Age, on excommuniait le lépreux : on allait même à lui prononcer une oraison funèbre, puis on l'expulsait des villes. Stratégie ancienne du pouvoir, qui consiste à extérioriser la maladie. Avec la Peste, tout est différent. On quadrille les villes : les villes sont sous l'autorité d'un préfet, qui les subdivise en quartiers, les quartiers en districts, les districts en blocs, etc., imposant des hiérarchies et des contrôles à tous les échelons. Un responsable de rue passe et vérifie chaque maison à intervalle régulier, invitant les appelés à se présenter à une fenêtre désignée. "Si un ne se présentait pas, c'est qu’il était couché. S’il était couché, c’est qu’il était malade. S’il était malade, c'est qu’il était dangereux." Michel Foucault généralise ensuite cette idée de peste : de la conception de la lèpre qui excluait les lépreux en masse, le pouvoir préfère à présent, dit Foucault, quadriller, afin d'appliquer sa puissance normative sur les individus. Le but, pour Foucault, n’est plus de purifier la population, mais de produire une population saine.

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Peste antonine

Vue actuelle du site de Claros, d'où furent donnés plusieurs oracles contre des épidémies au IIe siècle

On appelle peste antonine l’épidémie pestilentielle qui frappa l’empire romain à la fin de la dynastie antonine, durant les règnes de Marc Aurèle et Commode, entre 165 et 190. Elle doit son surnom « antonine » à la dynastie qui dirigeait alors l'Empire romain : les Antonins. Les historiens anglais la nomment parfois aussi Galenic plague du nom de Galien le célèbre médecin de l'époque.

Il s’agit d’une des épidémies les mieux documentées de l’Antiquité. Toutes les sources ne sont pas cependant d’égale valeur. L’Histoire Auguste nous décrit l’apparition de l’épidémie – ainsi qu’Ammien Marcellin – et ses ravages dans les armées romaines. Lucien raconte comment Alexandre le prophète de Glycon émit un oracle sur la peste. Aelius Aristide décrit la maladie. Orose mentionne aussi l’épidémie. Mais la description la plus intéressante se trouve dans les nombreux écrits médicaux de Galien, même si nous ne possédons plus le livre qu’il avait consacré à la peste. Dion Cassius et Hérodien décrivent une épidémie similaire qui frappa Rome sous Commode et qui est souvent considérée comme le retour de la première.

Des sources épigraphiques ont aussi été rattachées à l’épidémie. Une inscription d’Antioche a conservé le texte de l’oracle d’Alexandre. En revanche il est difficile d’assurer que tout ou partie des oracles de Claros mentionnant une épidémie se rapportent bien à la peste antonine et non à une épidémie locale moins importante antérieure ou postérieure. Il est encore plus difficile d’associer d’autres inscriptions à cette épidémie.

On peut aussi espérer retrouver des traces archéologiques de l'épidémie et de ses effets notamment à travers les sépultures, les changements importants dans la densité de l'occupation humaine ou dans la production des artefacts (révélant une baisse démographique importante), il est toutefois difficile dans ces cas d'arriver à des certitudes.

D’après les sources, l’épidémie se déclara lors de la prise de Séleucie du Tigre par les troupes de Lucius Verus menées par Avidius Cassius en 165. L’historiographie antique a insisté sur cet événement, et a été souvent reprise par les historiens modernes et contemporains, l’idée étant parfois avancée que le déclenchement de l’épidémie entraîna le retrait romain. Cependant celui-ci s’explique mieux par la situation militaire, et l’impossibilité d’occuper une ville pillée. Les difficultés rencontrées au retour par l’armée romaine s’expliquent aussi par des problèmes de ravitaillement. Il est certain en revanche que les importants déplacements de troupes qui eurent lieu durant ces années purent diffuser l’épidémie avec une plus grande ampleur.

D’Orient la peste se diffusa donc dans de nombreuses provinces. En Égypte les papyrus ont conservé la trace de ses ravages : le village de Soknopaiou Nessos est presque entièrement dépeuplé. Comme en témoigne le papyrus Thmouis, la peste s’ajoutait à des difficultés agraires, économiques et sociales. Des brigands ravageaient la région, les paysans fuyaient des impôts trop lourds. Les années 160 marquèrent durablement la démographie égyptienne.

En Asie, c’est sans doute l’épidémie qu’Aelius Aristide décrit à Éphèse vers 165. Des oracles du sanctuaire de Claros vers Colophon mentionnant des pestes ont été mis en rapport avec l’épidémie, mais leur datation est incertaine, et si certains se réfèrent probablement à l’épidémie antonine, d’autres ne peuvent concerner qu’une épidémie locale antérieure ou postérieure. On a parfois interprété ces oracles comme le signe d’un âge d’angoisse, d’un tournant dans les « mentalités ». Il faut fortement relativiser de tels jugements ainsi que l’a montré Peter Brown, les oracles attestent plutôt de la vitalité de la religiosité traditionnelle.

Alexandre d’Abonotichos et son dieu Glycon ont aussi donné un oracle contre la peste, dont le texte a été retrouvé à Antioche. Cet oracle illustre les liens qu’Alexandre entretenait avec la religiosité ordinaire de son temps, mais participe aussi sans doute de sa stratégie d’approche des cercles de la vie politique de l’empire : l’épidémie avait alors touché son centre, Rome et l’Italie.

L’arrivée et l’extension de l’épidémie en Italie sont bien connues grâce aux ouvrages de Galien. Il est fort possible que le départ précipité de ce dernier, en 166, s’explique par le désir de fuir l’épidémie. Mais Galien fut rappelé de Pergame par les empereurs et dut rentrer en Italie. Les deux empereurs, Marc Aurèle et Lucius Verus avaient en effet massé d’importantes troupes dans le nord de l’Italie à Aquilée pour faire face aux menaces barbares dans les régions danubiennes. Les troupes furent sévèrement touchées par l’épidémie dans l’hiver 168-169, et les empereurs firent appel à de nombreux médecins, dont Galien. Ce dernier put ensuite rester en Italie et fut un des médecins les plus importants de la cour impériale. La violence de l’épidémie contraignit alors les empereurs à retourner à Rome, Verus trouvant la mort sur le chemin du retour, mais par apoplexie et non par la maladie.

L’épidémie semble avoir encore duré un certain temps. Rien de certain cependant ne permet d’assurer que c’est bien elle qui tua Marc Aurèle en 180. L'authenticité de l’inscription qui la mentionnait en Norique en 182 a récemment été remise en cause : l'allusion à la peste aurait été le résultat d’une falsification moderne selon W. Hameter, mais l'examen d'un estampage de l'inscription en question a infirmé cette thèse : la peste sévissait encore au Norique en 182. selon M.G. Schmidt, il faut donc bien aussi lui attribuer les victimes mentionnées sur l'album du culte de Mithra de Virunum.

Des fouilles archéologiques effectuées récemment à Gloucester, dans le cimetière romain de Wooton, ont révélé une fosse commune datant de la seconde moitié du IIe siècle et contenant 91 corps. Les squelettes ne présentant pas de traumatisme mais ayant été inhumés de manière peu organisée, on se trouve sans doute en présence d'une sépulture de catastrophe liée à une épidémie : il est donc fort possible qu'il s'agisse de victimes de la peste antonine.

En général ce sont les sources les plus tardives comme Orose, Eutrope ou l’Histoire Auguste qui insistent sur les dégâts occasionnés par la peste.

Durant le règne de Commode une épidémie semblable toucha la ville de Rome vers 190, et Dion Cassius et Hérodien assurent qu’elle se répandit dans tout l’empire. Cet épisode, qui prend place dans un contexte de disette et qui peut être un retour de la peste antonine, est cependant bien moins connu.

La peste antonine a suscité de nombreux travaux historiques. La nature exacte de la maladie a été discutée. Le terme de peste ne doit pas induire en erreur, il ne renvoie pas en effet à la maladie aujourd’hui connue sous ce nom et qui frappa durement l’Europe au Moyen Âge. Le terme de peste n’est ici qu’une traduction des termes latin lues ou pestis ou encore du grec loimos. L’usage du terme pestilence en place de peste est d’ailleurs aujourd’hui recommandé par certains chercheurs. Depuis les recherches de R.J. et M.L. Littman (1973), on considère le plus souvent qu’il s’agissait d’une importante épidémie de variole. Il est cependant difficile d’atteindre une certitude absolue concernant ce paléodiagnostic, la médecine antique ignorant les micro-organismes et l’idée de contagion ne considérait pas les symptômes comme les médecins contemporains, à savoir comme les signes d’une infection par un agent infectieux invariant, mais comme les indices d’un déséquilibre interne spécifique à chaque patient. Pour C. Haas et D. Gourevitch les témoignages laissent penser à la variole ou à une maladie proche.

La question est aussi posée de savoir si cette épidémie est le signe d’un changement dans le régime des maladies de l’empire et dans son équilibre microbien, ce que l’on appelle la pathocénose depuis Mirko Grmek. Là encore les données étant très parcellaires il est difficile de se prononcer avec une certitude absolue.

Le paléodiagnostic est cependant important car il entraîne des conséquences quant au bilan de l’épidémie. Ce dernier a été fort discuté. Pendant longtemps l’impact de l’épidémie fut jugé très important, certains y voyant même le début, ou la cause, de la fin de l’Empire romain, affaibli par la dépopulation. De telles évaluations concordaient avec une historiographie qui dévalorisait l’antiquité tardive et voyait dans le règne de Marc Aurèle une césure immense.

James Gilliam en 1961, dans un article de synthèse fondateur et encore incontournable, revint nettement sur ces exagérations des conséquences de la peste, appuyé en cela quelques années plus tard par les travaux de Littman. Cependant son travail très souvent cité ne voit pas ses conclusions toujours suivies. Ainsi E. Lo Cascio considère que la peste antonine est une rupture forte dans l’histoire de la démographie de l’Italie antique. Il est cependant très difficile de confirmer un tel jugement sur le terrain et dans l’archéologie. La pratique archéologique de prospection au sol à grande échelle (survey) permet de mieux connaître les rythmes d’occupation du sol, et donc d’une certaine manière la démographie, mais d’une part ne peut pas réellement retrouver un évènement aussi ponctuel et d’autre part a du mal à différencier une dépopulation absolue d’une transformation du mode d’habitat et de sa répartition.

Plus récemment de nombreux articles ont été consacrés à l’épidémie à la suite d’un travail de Richard P. Duncan-Jones (1996). Ce dernier a choisi une approche statistique pour évaluer les conséquences de l’épidémie. Il mit en évidence les perturbations – lacunes marquées – dans les séries quantitatives des sources pour les années correspondant à l’épidémie : ainsi la production monétaire romaine chute très fortement en 167, ainsi que le nombre d’inscriptions datées de ces années et conservées. Cette chute serait la conséquences des effets destructeurs de l’épidémie et de la perturbation qu’elle occasionna dans la démographie et l’économie romaine. R.P. Duncan-Jones plaidait alors pour une évaluation très forte de l’impact de la peste.

Son travail, dont l’originalité et l’apport ont été amplement reconnus, a depuis reçu plusieurs critiques qui modèrent considérablement ses conclusions. D’une part un certain nombre de travaux ont corrigé certaines des statistiques avancées, diminuant les lacunes et donc l’impact présumé de l’épidémie, ou mettant en avant des séries ne reflétant pas ces lacunes. D’autre part des travaux ont attiré l’attention sur la rapidité de la reprise après la perturbation, signe que ses conséquences dans le temps furent limitées, la prospérité étant retrouvée sous les Sévères. Enfin il a été observé que les lacunes dans ces séries ne sont pas attribuables qu’à la peste mais qu’il faut aussi tenir compte des autres difficultés du règne de Marc Aurèle : famines, guerres, pression fiscale accrue... . De ces derniers travaux, qui plaident pour un bilan modéré, le tableau d’une épidémie importante ressort sans pour autant en faire une rupture absolue. Si R.P. Duncan Jones et Y. Zelener proposent une mortalité très forte, de l’ordre de 25 à 33 %, l’estimation proposée par Littman est donc plutôt retenue, soit une mortalité moyenne de 7 à 10 % avec des pics supérieurs à 15 % en zone urbaine, avec un total de peut-être 7 à 10 millions de morts supplémentaires entre 166 et 189 pour une population totale de l'empire estimée actuellement à 64 millions d'habitants en 164. La question est donc posée du rôle de la peste antonine dans les difficultés de l'Empire romain après le deuxième siècle,.

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Peste septicémique

La peste septicémique est la plupart du temps une complication de la peste bubonique, due à à une multiplication très importante des bacilles dans la circulation sanguine.

Lorsque la maladie atteint ce stade, le pronostic demeure extrêmement réservé, même avec les moyens thérapeutiques actuels de réanimation des pays développés.

Les patients atteints de peste septicémique présentent également des manifestations telles que des nausées, des vomissements, des diarrhées et des douleurs abdominales. Se surajoute une hypotension (chute de la tension artérielle) réfractaire (que l'on arrive difficilement à récupérer) et une gangrène (destruction des tissus) des extrémités. La méningite est une manifestation inhabituelle de la peste.

La peste pharyngée se présente avec de la fièvre, une toux sèche, une lymphadénite (inflammation des ganglions du cou), des maux de tête. Le plus souvent il est difficile de faire la différence entre une pharyngite secondaire à la peste et une pharyngite « classique ».

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Source : Wikipedia