Paul Volcker

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Posté par woody 08/03/2009 @ 00:14

Tags : paul volcker, personnalités économiques, economie

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Stagflation

La stagflation est la situation d'une économie qui souffre simultanément d’une croissance faible ou nulle et d'une forte inflation (c’est-à-dire une croissance rapide des prix). Cette situation est souvent accompagnée d'un niveau élevé du taux de chômage.

Ce mot-valise, contraction de « stagnation » et d’« inflation », a été employé en premier par le Chancelier de l'Échiquier Iain Macleod en novembre 1965 pour décrire la situation économique du Royaume-Uni. Au cours des années 1960 et surtout 1970, les pays développés ont connu des situations de stagflation, provoquées par les multiples politiques de relance fiscales et monétaires mises en œuvre précédemment et simultanément par les gouvernements en application des préceptes du keynésianisme.

La situation des années 1970 a montré les limites de certaines politiques interventionnistes liées à un keynésianisme simplifié dit aussi hydraulique à assurer un fonctionnement optimal de l'économie. La situation de stagflation (forte inflation et sous-production) est impossible dans cette version de la théorie keynésienne, pour laquelle l'inflation n'est provoquée que par un niveau de production trop élevé et un taux de chômage trop faible (principe de la courbe de Phillips). Cette période a vu la montée en puissance du courant monétariste de Milton Friedman et également de l'Ordolibéralisme qui sont parus plus à même d'expliquer les mécanismes en jeu, à savoir le lien entre inflation et croissance de la masse monétaire et ont proposé les remèdes qui, mis en œuvre au début des années 1980, ont permis de vaincre l'inflation.

Le phénomène de stagflation a touché les pays développés à partir de la seconde moitié des années 1960 mais surtout au cours des années 1970 et du début des années 1980. Le Royaume-Uni a été le pays le plus touché ; la situation économique de plus en plus dégradée (chômage élevé, croissance atone) justifiait selon les économistes keynésiens, alors dominants, des politiques de relance, qui s'accompagnaient mécaniquement d'un fort déficit public.

Seul à même d'expliquer la situation économique, le courant monétariste, dont les modèles se révélaient alors les meilleurs pour prévoir les évolutions de l'activité et de l'inflation, a connu un succès progressif au cours des années 1970 malgré un scepticisme fort des acteurs et économistes dominants, comme alors les membres de la Réserve fédérale des États-Unis (Fed). Il faudra attendre le nouveau chairman Paul Volcker en 1979 pour que la Fed mette en place une politique monétariste et parvienne à juguler l'inflation, faisant repartir l'économie américaine sur des bases saines. Les taux directeur de la Fed sont maintenus à un niveau très élevé pendant plusieurs années.

Au Royaume-Uni, Margaret Thatcher est Premier ministre à partir de 1979 et met en place une politique monétariste qui permettra une décrue progressive de l'inflation. En France, il faudra attendre 1983 pour que le gouvernement socialiste de François Mitterrand imite les politiques des pays anglo-saxons et prenne le « tournant de la rigueur ».

Les pratiques et le fonctionnement des banques centrales en a subséquemment été modifié, avec un recentrage sur l'objectif de la maîtrise de l'inflation, un suivi des évolutions de la masse monétaire, et une indépendance plus ou moins prononcée vis-à-vis du gouvernement. En effet, les hommes politiques élus sont souvent réticents à privilégier la stabilité économique à moyen-terme et privilégient le court terme.

Les périodes de stagflation sont provoquées par le laxisme, précédemment et simultanément, des politiques économiques des gouvernements et de la politique monétaire des banques centrales.

En effet, la stimulation de l'activité par les politiques de relance ne fonctionne que provisoirement mais décourage l'activité sur le moyen terme en raison des effets de bouclage macroéconomiques, de l'incertitude juridique provoquées par les changements rapprochés et radicaux des lois, du niveau d'imposition élevé, ou encore de la nationalisation des principales entreprises. Ces politiques provoquent donc une dégradation de l'activité et un chômage élevé.

L'augmentation de la masse monétaire via des taux d'intérêt trop bas (des taux artificiellement trop bas provoquent une hausse non-soutenable de l'émission de crédits, et donc une hausse de la masse monétaire) ou via l'émission de titres de dette publique, engendre mécaniquement à plus ou moins court terme, si cette augmentation est plus forte que celle du PIB, une augmentation des prix, et donc une inflation plus élevée, même si les fluctuations de la vitesse de circulation de la monnaie peuvent rendre cet impact sur l'inflation parfois difficile à percevoir à très court terme.

En période de stagflation, qui n'est que la preuve des échecs des politiques menées, les banques centrales doivent réduire la masse monétaire et les gouvernements mener une politique de l'offre afin de favoriser une reprise durable de l'activité et une baisse du chômage. Ces politiques risquent à court terme de provoquer une dégradation supplémentaire de l'activité, comme au Royaume-Uni dans les années 1980. Le comportement électoraliste de la majorité des hommes politiques élus rend incertaine la réalisation de telles politiques et leur poursuite sur la durée, surtout lorsque les situations de stagflation provoquent un mécontentement de la population. Il est difficile pour un pays de sortir des périodes de stagflation.

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Milton Friedman

Richard Nixon, président américain dont Milton Friedman fut conseiller

Milton Friedman est un économiste américain né le 31 juillet 1912 à New York et décédé le 16 novembre 2006 à San Francisco, considéré comme l'un des économistes les plus influents du XXe siècle. Titulaire du prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d'Alfred Nobel de l'année 1976,, il a été un ardent défenseur du libéralisme. Il a travaillé sur des domaines de recherche aussi bien théorique qu'appliquée, il fut à l’origine du courant monétariste ainsi que le fondateur de l'École monétariste de Chicago. Il est également un commentateur politique et essayiste à succès.

Deux de ses œuvres ont particulièrement touché le grand public : d'abord son livre Capitalisme et liberté (1962) et ensuite sa série d'interventions télévisées réalisées en 1980 Free to Choose. Dans Capitalisme et liberté, il explique sa théorie selon laquelle la réduction du rôle de l'État dans une économie de marché est le seul moyen d'atteindre la liberté politique et économique. Plus tard, dans La liberté du choix, Friedman cherche à démontrer la supériorité du libéralisme sur les autres systèmes économiques.

Milton Friedman initia une pensée économique d'inspiration libérale dont les prescriptions s'opposent de front à celle du keynésianisme. En réponse à la fonction de consommation keynésienne, il développa la théorie du revenu permanent. Avec cette théorie et l'introduction du taux de chômage naturel, Friedman remet en cause le bien fondé des politiques de relance qui, pour lui, ne peuvent que provoquer de l'inflation contre laquelle il faut lutter. À cette fin, il proposa l'instauration d'un taux constant de croissance de la masse monétaire.

Ses idées se diffusèrent progressivement et devinrent populaires parmi les milieux politiques dans les années 1980, influençant profondément les mouvements conservateurs et libertariens américains. Ses idées économiques sur le monétarisme, la fiscalité, les privatisations et la dérèglementation ont inspiré les politiques économiques de nombreux gouvernements à travers le monde, notamment ceux de Ronald Reagan aux États-Unis, de Margaret Thatcher en Grande-Bretagne, d’Augusto Pinochet au Chili, ou de Brian Mulroney au Canada.

Milton Friedman naît à Brooklyn (New York), le 31 juillet 1912 dans une famille d'immigrants juifs venue de Transcarpathie, alors partie de la Hongrie ( dans l'actuelle Ukraine). Il est le premier enfant de Sarah Ethel Landau et de Jenő Saul Friedman, tous les deux petits commerçants. Alors que Friedman a un an, sa famille déménage à Rahway, dans le New Jersey, où il passe sa jeunesse. Son père meurt alors qu'il a 15 ans. Étudiant brillant, il finit ses études au lycée de Rahway en 1928, peu après son seizième anniversaire.

Il obtient alors une bourse pour aller étudier à l'université Rutgers dans le New Jersey, où il obtient son diplôme de Bachelor of Arts en 1932. Il se spécialise en mathématiques et se destine à la profession d'actuaire avant d'abandonner cette idée pour se tourner vers l'économie pure.

À sa sortie de Rutgers, toujours boursier, il étudie l'économie à l'université de Chicago où il obtient un master en 1933. Il y est influencé par les idées de Jacob Viner, Frank Knight et Henry Simons. C'est également à cette époque qu'il rencontre sa future épouse, Rose Director, sœur du professeur de droit Aaron Director.

Il étudie un an les statistiques à l'université Columbia sous la direction d'Harold Hotelling, où il sympathise avec George Stigler, co-fondateur avec lui de l'école de Chicago, avant de revenir l'année suivante à Chicago : il y est assistant de recherche auprès de l'économiste Henry Schultz, qui travaille sur son ouvrage Théorie et mesure de la demande.

En 1935, ne trouvant pas d'emploi dans une université, Friedman se rend à Washington où les programmes lancés par Roosevelt offrent un débouché pour les économistes. Dans Two lucky people, ses mémoires écrits avec sa femme Rose, il écrit qu'alors il jugeait les programmes de créations d'emplois publics adaptés pour une situation critique mais pas les systèmes de fixation des prix et des salaires. Quelques années plus tard il rédige un article avec George Stigler intitulé Roofs or Ceilings, dans lequel Stigler et Friedman attaquent avec vigueur le contrôle des loyers. En cela, on peut voir les prémices de ses futures idées sur les contrôles des prix qui fausse la fixation des prix par le mécanisme de la rencontre entre l'offre et la demande.

Il adopta par la suite une posture plus critique envers les mesures du New Deal, considérant que la Grande Dépression venait principalement d'une mauvaise gestion de la monnaie, dont l'offre aurait dû être augmentée et non réduite. Dans son Histoire monétaire des États-Unis parue en 1963, il développe cette thèse en expliquant cette grave crise économique par les politiques de contraction monétaire menées.

En 1935, il rejoint le National Resources Committee qui travaille alors sur une large étude de la consommation. Il tirera de ce travail une partie des idées qu'il développa dans sa Théorie de la fonction de consommation. Deux ans plus tard, Milton Friedman rejoint le National Bureau of Economic Research où il assiste Simon Kuznets dans ses travaux. Il étudie plus particulièrement la répartition des revenus et dans un article alors controversé, il explique les hauts salaires des médecins par les barrières à l'entrée maintenues par le syndicat national des médecins. C'était le sujet de sa thèse et il reprendra ce sujet dans plusieurs écrits.

En 1940, il est nommé professeur assistant à l'université du Wisconsin-Madison, qu'il quitte après avoir rencontré des problèmes d'antisémitisme au sein du département d'économie.

De 1941 à 1943 il travaille comme conseiller auprès du Département du Trésor des États-Unis sur la question des taxes pour financer l'effort de guerre. Porte-parole du Trésor, il défend alors une politique keynésienne. Dans son autobiographie, il constate « à quel point était alors keynésien ».

En 1943, il rejoint l'université Columbia où il travailla pendant le reste de la guerre comme statisticien. En 1945, il rend à Columbia sa thèse de doctorat, un travail effectué sous la direction de Simon Kuznets et intitulé Incomes from Independent Professional Practice. Il obtient finalement son doctorat pour cette thèse l'année suivante, année où Keynes s'éteint.

La même année, nait son deuxième enfant, David Friedman, qui suivra lui aussi des études scientifiques avant de devenir économiste, membre du courant anarcho-capitaliste. En 1945 et 1946, Milton Friedman enseigne à l'université du Minnesota, aux côtés de George Stigler.

En 1946, Friedman accepte un poste de professeur d'économie à l'université de Chicago, poste libéré à la suite du départ de Jacob Viner pour l'université Princeton. Friedman y restera finalement trente ans et y développa une école économique : l'École monétariste de Chicago, avec des auteurs plusieurs fois récompensés de la plus haute distinction économique : George Stigler (« Nobel » 1982), Ronald Coase (« Nobel » 1991), Gary Becker (« Nobel » 1992), Robert E. Lucas (« Nobel » 1995).

A la même époque, il rejoint à nouveau le National Bureau of Economic Research, à l'invitation d'Arthur Burns ; il y restera jusqu'en 1981. Il y étudie le rôle de la monnaie dans les cycles économiques et y fonde en 1951 le Workshop in Money and Banking (Atelier sur la monnaie et la banque) qui participe à la renaissance de l'étude des phénomènes monétaires. Il commence également une collaboration avec Anna Schwartz, spécialiste d'histoire économique, qui débouche sur la publication en 1963 d'une Histoire monétaire des États-Unis, 1867-1960 dans laquelle s'expriment les prémices de la pensée monétariste.

Il passe une partie des années 1950 à Paris, où il assiste les administrateurs américains du Plan Marshall. Il se penche à cette occasion sur l'étude des taux de changes flottants, sur la base de laquelle il publiera un ouvrage The Case for Flexible Exchange Rates (les arguments en faveur des taux de change flottants).

Friedman passa l'année académique 1954-1955 comme professeur invité au Gonville and Caius College de Cambridge.

À la suite de la publication de son ouvrage Studies in the quantity theory of money (Etudes sur la théorie quantitative de la monnaie) en 1956, les idées monétaristes acquièrent plus d'importance dans le débat économique, mais restent minoritaires. Ainsi, en 1959, le comité Radcliffe, créé par le gouvernement britannique pour proposer des évolutions du système monétaire international, développe des idées radicalement opposées.

Il devient connu du grand public avec son ouvrage publié en 1962, Capitalisme et liberté, dans lequel il se livre à une défense du capitalisme, à une critique du New Deal et de l'État-providence qui émergeait. Bien qu'aucun des grands journaux américains n'en publient de critiques, le livre se diffuse progressivement et il s'en vendra plus de 400 000 exemplaires en dix-huit ans. Cela consacre l'engagement de Friedman comme intellectuel dans le débat public ; il devient par la suite conseiller économique du candidat républicain malheureux à la présidence en 1964, Barry Goldwater, très marqué par ses positions conservatrices.

Deux ans plus tard, il écrit pour la première fois une chronique économique dans le magazine Newsweek, prenant la suite d'Henry Hazlitt. Une semaine sur deux il écrivait dans le journal, en alternance avec Paul Samuelson. Par ces articles, il touchera largement la population américaine, jusqu'en 1983 où il y met fin. Sa célébrité croît et il devient en 1967 président de l'American Economic Association, association regroupant les économistes américains.

À la fin des années 1960 il devient conseiller du président Richard Nixon, qui ne suivra cependant que très partiellement ses conseils au cours de sa présidence. Nixon impose ainsi un contrôle des prix et des salaires, à l'encontre des idées de Friedman. En 1969 il est nommé dans la commission chargée de réfléchir sur l'avenir du service militaire, dans laquelle il prend fortement parti pour un service fondé uniquement sur le volontariat. Cela deviendra le cas en 1973. Friedman considérera ce résultat comme le plus satisfaisant dans son engagement intellectuel.

Depuis 1956, il donne des cours à l'université de Chicago à des étudiants en économie de l'Université pontificale catholique du Chili dans le cadre d'un accord signé entre les deux universités. Il exerce par là une influence importante sur ceux que l'on allait appeler les Chicago Boys. En 1975, il se rend à Santiago, au Chili, pour prononcer une conférence à l'université pontificale. Le 26 mars, il se rend au siège du gouvernement et rencontre Augusto Pinochet, ce qui lui sera reproché par la suite (cf. infra).

Dans le contexte de la stagflation anglaise à partir de 1968 et américaine dans les années 1970, ses idées monétaristes s'imposent alors que le keynésianisme dominant jusqu'alors perd sa domination.

Pendant cette période, il dirige les thèses de doctorat de Gary Becker ou de Thomas Sowell.

En 1976, Friedman reçut le « Prix Nobel » d'économie récompensant ses travaux sur « l'analyse de la consommation, l'histoire monétaire et la démonstration de la complexité des politiques de stabilisation ». Lors de la remise du prix, il est accueilli par des manifestants qui lui reprochent d’avoir rencontré les dirigeants de la dictature militaire lors sa visite au Chili. L'année suivante, âgé de 65 ans, il prend sa retraite de l'université de Chicago dans laquelle il avait enseigné trente ans. Il déménage alors avec sa femme à San Francisco et rejoint la Hoover Institution à l'université Stanford.

En 1977, à l'invitation du Palmer R. Chitester Fund, il commence à travailler sur le projet d'émission télévisée en dix parties pour présenter sa philosophie. Des trois ans de travail que cela nécessitera sortira Free to choose, d'abord comme émission puis comme livre, à chaque fois réalisé ou écrit avec sa femme Rose. L'ouvrage sera la meilleure vente de l'année 1980 en Non fiction avec 400 000 exemplaires vendus et il a été traduit en douze langues.

Dans les années 1980, il est conseiller officieux du candidat républicain Ronald Reagan puis rejoint son comité économique quand ce dernier est élu à la Maison Blanche. Il y restera jusqu'en 1988. Pendant les années 1980-1990, il continua à faire de nombreuses apparitions dans les médias ou des voyages en Europe de l'Est et en Chine pour promouvoir sa pensée.

En 1996, il installa avec sa femme une fondation en faveur de la liberté de choix pour l'éducation.

Milton Friedman est mort d'une crise cardiaque le 16 novembre 2006, à l'âge de 94 ans.

Cette équation de base de la théorie quantitativiste pose l'équivalence entre ; la production d'une économie pendant une période donnée (Q) corrigée par l'évolution des prix (P) ; et la quantité de d'argent qui a été échangée dans l'économie au cours de la période représentée par la quantité de monnaie en circulation (M) factorisée par sa vitesse de circulation (V).

Friedman pense, en effet, que les agents ont une demande de monnaie stable, car fonction de leur revenu permanent. Selon Friedman, pour les agents la monnaie est un bien patrimonial comme les autres, et ils la demandent en fonction de leur revenu permanent, c'est-à-dire du revenu actualisé qu'ils anticipent sur leur vie entière. Par conséquent, puisque la demande de monnaie est stable, toute augmentation de l'offre de monnaie ne modifie pas les encaisses réelles des agents. Ils utilisent, par conséquent, la monnaie supplémentaire dont ils disposent pour consommer, ce qui se traduit par une augmentation des prix.

L'actuel gouverneur de la Fed, Ben Bernanke, arriva aux mêmes conclusions et les approfondit en 2000 dans Essays on the Great Depression (Essais sur la Grande Dépression). Il ajouta dans un discours en 2002, à propos de Milton Friedman : « Vous avez raison . Nous sommes désolés. Mais grâce à vous nous ne referons pas cette erreur ».

Il défendit également le retrait du gouvernement du marché des changes et promut les taux de change flottants. Il écrivit en particulier en 1953 un article, The Case for Flexible Exchange Rates, qui théorisait des idées qu'il exprimait depuis plusieurs années. Il y justifie le recours aux changes flottants par l'ajustement que ce système permet entre les devises des pays inflationnistes et des pays non inflationnistes.

Ses théories concernant les anticipations adaptatives furent cependant assez rapidement dépassées par la théorie des anticipations rationnelles, développée par un autre économiste de Chicago, Robert E. Lucas. Les économistes de la Nouvelle économie classique se sont opposés à Friedman en défendant des hypothèses comportementales sensiblement différentes : Friedman et les monétaristes classiques supposaient des anticipations adaptatives, c’est-à-dire que les agents agissent en s'adaptant à la situation présente mais peuvent être trompés temporairement par une politique économique, laquelle sera alors efficace à court terme mais néfaste à long terme quand les agents se rendront compte de leurs erreurs. Pour les nouveaux classiques, les anticipations sont rationnelles. Les agents raisonnent en termes réels et ne peuvent être leurrés par une politique monétaire expansionniste, qui sera donc inefficace à court terme comme à long terme.

Friedman a aussi mené des travaux sur la fonction de consommation, qu'il considérait comme ses meilleurs travaux scientifiques. Alors que le keynésianisme dominait, il remit en cause la forme adoptée pour la fonction de consommation et en souligna les imperfections. À la place, il formula en particulier l'hypothèse de revenu permanent, qui postule que les choix de consommation sont guidés non par les revenus actuels mais par les anticipations que les consommateurs ont de leurs revenus. Ces anticipations étant plus stables, elles ont tendance à lisser la consommation, même quand le revenu disponible baisse ou augmente. Ces travaux furent particulièrement remarqués car ils remettaient en cause la validité des politiques conjoncturelles de relance de la demande et le multiplicateur d'investissement keynésien.

Il a également contribué à la remise en cause de la Courbe de Phillips et mit au point avec Edmund Phelps le concept de taux de chômage naturel. Ces travaux furent publiés en 1968 dans Inflation et systèmes monétaires. Ils s'opposent au taux de chômage sans accélération de l'inflation des keynésiens. Il considère en essence qu'il existe un taux de chômage naturel, lié aux imperfections du marché du travail dont l'intervention étatique qui bouleverse la libre fixation des salaires. Étant de nature structurelle, ce taux de chômage ne peut être réduit par des politiques conjoncturelles et l'injection de liquidités débouche fatalement sur l'inflation selon Friedman.

Il a également développé dans ses Essays un problème inhérent à toute politique conjoncturelle : l'action gouvernementale arrive toujours trop tard selon Friedman, en raison du temps nécessaire pour prendre la mesure de la situation et du temps nécessaire pour que les mesures aient des effets. L'action gouvernementale serait donc in fine nefaste, relançant l'économie alors qu'elle est déjà sortie de la crise et de ce fait favorisant la surchauffe ou, dans le cas inverse, précépitant l'économie dans la crise. Ces travaux remettaient donc en cause le bien-fondé des politiques de relance keynésiennes.

De façon générale, les conclusions des travaux économiques de Friedman sont opposées à celles de Keynes (Cf. supra), qui dominaient après la Seconde Guerre mondiale. Milton Friedman a souvent été ainsi défini comme l'« anti-Keynes ». Ses travaux reprennent cependant les outils d'analyse mis en place par le keynésianisme.

Néanmoins, certaines réformes qu'il a pu proposer comme le prélèvement à la source de l'impôt sur le revenu et l'impôt négatif ont été parfois critiquées au sein du mouvement libéral ou libertarien. Certains représentants de l'école autrichienne d'économie comme Roger Garrison posèrent la question de savoir si Milton Friedman n'était pas à certains égards keynésien. Murray Rothbard, anarcho-capitaliste, lui reprocha avec force son soutien au système de réserves fractionnaires comme système de création monétaire auquel il lui-même s’opposait.

Par un seul article, « The methodology of Positive Economics », publié en 1953, Milton Friedman a profondément influencé la réflexion des économistes sur la méthodologie de leur science, tout en suscitant un très important débat. Friedman, dans cet article, critique l'empirisme logique de Paul Samuelson, alors dominant en science économique. Pour Friedman, le but des théories scientifiques est d'offrir des prédictions valides, sans être triviales. Par conséquent, la question du réalisme des hypothèses qui les fondent ne se pose pas : les théories sont des instruments. Elles n'ont donc pas à être fondées sur des hypothèses « vraies » ou « réalistes », résultant d'une observation du réel, si elles parviennent à être prédictives. Ainsi, pour Friedman, la critique de l'absence de réalisme des postulats fondateurs de la science économique, comme la rationalité des acteurs, n'a pas de pertinence dans la mesure où seul compte la valeur instrumentale de ces hypothèses : si elles fondent des théories aux prédictions exactes, leur usage est justifié.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Milton Friedman travailla sur des sujets de statistiques, travaux qui, selon The New Palgrave, font encore référence aujourd'hui. En particulier, il travailla sur les arrangements et les problèmes de rang en théorie des ensembles. Il posa également les prémices de l'échantillonage séquentiel (Test de Friedman) et développa enfin les méthodes non paramétriques pour l'analyse de la variance sur les échantillons appariés.

Il place le début de son engagement dans le débat public en faveur du libéralisme en 1947, lorsqu'il participe en avril à la réunion fondatrice de la Société du Mont Pèlerin, réunie à l'initiative de Friedrich Hayek. Friedman fut de 1970 à 1972 le président de cette association internationale des intellectuels libéraux.

Son ouvrage le plus important fut probablement Capitalisme et liberté, édité en 1962 aux États-Unis. C'est principalement le résultat de conférences données en juin 1956 au Wabash College à l'invitation du William Volker Fund, disparu depuis. Il fut traduit dans 18 langues. S'adressant à un vaste public et non aux seuls économistes, il y défend le capitalisme comme unique moyen de construire une société libre. Il se place sur le terrain de la justification philosophique mais également pratique d'une économie libérale. Le livre est considéré par la National Review comme le dixième ouvrage de Non fiction le plus important du XXe siècle.

Cet ouvrage fut suivi d'un autre ouvrage majeur, Free to choose, traduit en français par La liberté du choix et écrit avec sa femme Rose en 1980. Ce livre exercera une grande influence (cf. infra), comme la série éponyme de dix émissions télévisées qui furent diffusés à partir de janvier 1980 sur la chaîne PBS et sur lesquelles était basé le livre. Ces émissions développaient les idées de Milton Friedman sur un certain nombre de sujets et les popularisèrent auprès du grand public. Cinq émissions remaniées suivirent en 1990.

En 1996, il établit avec Rose la Fondation Milton & Rose Friedman pour défendre le libre choix de l'éducation pour les parents (Schooling choice). En particulier, la fondation promeut l'utilisation du chèque éducation. Ce système reste cependant très marginal à l'heure actuelle.

Dans un contexte général de révolution conservatrice Milton Friedman prit part au renouveau du mouvement républicain et des idées libérales. Il soutient très tôt la « Proposition 13 » d'initiative populaire votée en Californie en 1978 et qui vise à limiter les impôts. Il conseilla Ronald Reagan dans sa campagne présidentielle et au cours de ses deux mandats. En partie à cause de cette influence, la politique économique que Reagan mit en place fut proche des idées défendues par Friedman. Les « Reaganomics » telles que les définit William A. Niskanen reposaient ainsi sur une réduction du poids du gouvernement, une baisse des taux marginaux d'imposition, la dérèglementation de l'économie et une politique monétariste pour réduire l'inflation. Cependant son influence est concurrencée par les partisans de l'économie de l'offre. Les importantes baisses d'impôts orchestrées par Ronald Reagan, l'Economic Recovery Tax Act de 1981 en particulier, doivent à son influence mais aussi à celle de Robert Mundell et Arthur Laffer.

Son influence se ressent fortement dans le domaine monétaire : quand il arrive à la tête de la Réserve fédérale des États-Unis le 6 août 1979, Paul Volcker est confronté à la stagflation américaine, mélange de stagnation et d'inflation élevée : l'indice des prix augmente de 11,3 % cette année et de 13,5 % l'année suivante. Malgré les oppositions nombreuses dont celle des agriculteurs, il mène avec succès une politique monétariste de modération de l'évolution de la masse monétaire, qui débouche sur une réduction de l'inflation : 6,2 % en 1982 puis 3,2 % en 1983. Les coûts d’un retour durable vers la croissance sont élevés à court terme et les États-Unis entrent en récession en 1982.

Plus récemment, Arnold Schwarzenegger se réclamait lui aussi de la pensée de Friedman et déclarait : « Les deux personnes qui ont le plus influencé ma pensée économique sont Milton Friedman et Adam Smith ».

Arrivée au pouvoir en 1979, Margaret Thatcher est confrontée à un contexte d'inflation élevée : de 1974 à 1981, l'inflation excéda chaque année 10 % à l'exception de l'année 1978. Fortement influencée par les idées de Friedrich Hayek, Margaret Thatcher s'attaque à l'inflation en menant une politique monétariste. Elle fait ainsi monter les taux d'intérêts de 12 à 17 %, entrainant une forte baisse de l'inflation qui revient à des niveaux inférieurs à 10 %. Les taux d'inflation remontèrent à la fin des années 1980, en bonne part sous l'influence des variations du marché immobilier. La pensée de Friedman ne fut qu'une des inspirations de cette politique monétaire thatcherienne et, si elle mentionne l'avoir lu dans ses Mémoires, elle accorde aux idées de Friedrich Hayek une part bien plus importante dans l'évolution de sa pensée. Cependant il influença davantage certains de ses conseillers directs comme Keith Joseph, l'éminence grise du thatchérisme qui poussa les idées monétaristes auprès de la Dame de fer. Friedman l'estimait et écrivit ainsi dans The Observer le 29 septembre 1982 : « Les gens ne réalisent pas que Margaret Thatcher n'est pas une conservatrice mais une authentique libérale ». Friedman et Thatcher se rencontrèrent très peu mais Margaret Thatcher rendit hommage à Friedman à sa mort et salua en lui « un combattant de la liberté ».

Dans le documentaire The commanding heights, diffusé en 2000 sur PBS, il nota par ailleurs que ces critiques étaient déplacées selon lui, puisque l'exemple chilien montrait justement que l'économie de marché débouchait sur la démocratie. Il insista également sur le fait qu'il avait donné des conférences similaires en République populaire de Chine et dans d'autres États socialistes. En outre, comme le souligne Johan Norberg, « Milton Friedman n'a jamais travaillé comme conseiller du gouvernement chilien et n'a jamais accepté le moindre centime du régime ».

Friedman se rendit en Islande à l'automne 1984 et donna une conférence à l'université d'Islande à la suite de laquelle il rencontra des intellectuels socialistes dont le futur Président Olafur Ragnar Grimsson au cours d'un débat télévisé. Au cours de ce débat il lui fut reproché le fait que sa conférence soit payante, ce à quoi il répondit qu'il y avait des coûts pour toute conférence et qu'il préférait que ceux qui les payent soient ceux qui en profitent directement plutôt que l'ensemble de la population. L'idée reprend celle développée dans le titre d'un de ses ouvrages publié en 1975 : « There's no such thing as a free lunch », c'est à dire « il n'y a pas de repas gratuit », les coûts sont toujours payés par quelqu'un.

Friedman eut une grande influence sur un groupe d'intellectuels du Parti de l'indépendance, en particulier Davíð Oddsson qui devint Premier ministre en 1991 et mit en place un programme radical reprenant nombre d'idées de Milton Fridman : stabilisation fiscale et monétaire, privatisations importantes, forte réduction de la pression fiscale (l'imposition sur les bénéfices des entreprises passa de 45 % à 18 %), libéralisation des marchés de capitaux et de devises. Il resta au pouvoir pendant treize ans, jusqu'en 2004. Geir Haarde, qui l'a remplacé comme premier ministre, mène des politiques situées dans la continuité de son prédécesseur. Entre 1975 et 2004, l'Islande est passée du 53e rang au 9e rang au classement des économies les plus libres selon l'Economic Freedom Index de l'Institut Fraser. Selon l'indice de l'Heritage Foundation, l'Islande est désormais la 5e économie la plus libre au monde. Cependant, depuis 2008, l'Islande est le pays le plus touche par la crise, "étant près de devenir le premier cas de banqueroute nationale de l'effondrement financier" (voir Crise financière de 2008 en Islande).

Bien que Friedman ne se soit jamais rendu en Estonie, il a exercé par son ouvrage Free to choose une influence importante sur celui qui allait devenir à deux reprises le Premier ministre du pays, Mart Laar. Ce dernier affirme que c'est le seul ouvrage d'économie qu'il ait lu avant de prendre ses fonctions et lui attribue la paternité des réformes qui ont fait de l'Estonie un des « tigres baltiques ». Laar mit en place en particulier la flat tax, fit des privatisations importantes et lutta contre la corruption.

Pour les réformes libérales qu'il mit en place, Laar reçut en 2006 le prix Milton Friedman pour l'avancement des libertés, décerné par le Cato Institute. A la suite des réformes de Laar, l'Estonie était 12e au classement de l'Heritage Foundation distinguant les économies les plus libres du monde en 2007.

Milton Friedman a reçu de nombreux prix récompensant son travail : en 1951, la Médaille John Bates Clark, un prix qui récompense tout les deux ans un économiste américain de moins de quarante ans « qui a apporté une contribution significative à la pensée et à la connaissance économique ». Elle fut suivie en 1976 du « prix Nobel » d'économie pour ses travaux sur « l'analyse de la consommation, l'histoire monétaire et la démonstration de la complexité des politiques de stabilisation ». En 1988, il reçut la Presidential Medal of Freedom et la même année la National Medal of Science.

Selon l'hebdomadaire britannique The Economist, Friedman « fut l'économiste le plus influent de la seconde moitié du XXe siècle et peut être de tout le XXe siècle ». Le directeur de la Fed, Alan Greenspan, affirma pour sa part qu'« il y a très peu de personnes dont les idées sont suffisamment originales pour changer la direction d'une civilisation. Milton Friedman était l'un d'eux ».

Le Cato Institute a donné avec son accord son nom à un prix en 2001 ; il est décerné tous les deux ans à une personnalité qui a fait avancer les libertés dans le monde et a récompensé l'économiste britannique Peter Thomas Bauer en 2002, l'économiste péruvien Hernando de Soto en 2004 et l'ancien premier ministre estonien Mart Laar en 2006.

Le 29 janvier 2007 a été déclaré Milton Friedman Day par Arnold Schwarzenegger, gouverneur de Californie pour honorer sa vie, ses travaux et réalisations comme son influence sur l'économie contemporaine et les politiques publiques,.

Il a reçu de nombreux titres de docteur honoris causa, par l'université Rutgers en 1968, l'université hébraïque de Jérusalem en 1977, l'université Francisco-Marroquin en 1978, l'université Harvard en 1979 ou encore l'École supérieure d'économie de Prague en 1997.

Milton Friedman est le créateur de l’École de Chicago et il fait figure de père fondateur des politiques monétaires contemporaines. Il est, en effet, un des principaux acteurs de la reconquête par l'école néoclassique libérale de la place qui était la sienne avant la révolution keynésienne . Toutefois, même si son héritage est vaste, la théorie économique a continué à évoluer depuis Friedman, et la génération des économistes de Chicago qui lui a fait suite a prolongé son œuvre, tout en abandonnant des points, parfois importants, de ses théories. Son héritage est toutefois très controversé. Raymond Barre écrit, par exemple, que « le monétarisme apparaît aujourd'hui comme étant trop simpliste. » Les controverses viennent principalement des héritiers de Keynes, à la fois les néo-keynésiens, les nouveaux keynésiens et, surtout, les post-keynésiens.

Par ailleurs, les banques centrales ont abandonné pour l'essentiel la doctrine monétariste, selon laquelle la masse monétaire doit suivre une règle fixe de croissance. Ainsi, la politique monétaire récente de la Banque centrale américaine a été décrite par Michel Aglietta comme reflétant le « triomphe de la politique discrétionnaire » . Néanmoins, la pensée de Friedman a profondément marqué la politique monétaire en imposant l'idée qu'il n'y a pas d'arbitrage possible entre inflation et chômage, faisant ainsi de la lutte contre l'inflation le but premier de la politique monétaire. Par ailleurs, même si Friedman critiquait le principe de l'indépendance des banques centrales, en ce que cela conférait pour lui un pouvoir étendu à des individus qui ne sont pas soumis au contrôle des électeurs, défendant là des principes qu’il estimait libéraux, il en est en partie à l'origine car il a insisté sur la nécessité d'une politique non discrétionnaire, qui ne serait pas confiée aux hommes politiques.

La théorie monétariste a été radicalisée et, in fine, reformulée par la génération qui a suivi Friedman à Chicago, que l'on regroupe sous le terme de nouveaux classiques. Ceux-ci ont remis en cause la théorie des anticipations adaptatives de Friedman : pour celui-ci, les agents pouvaient être victimes à court terme d'une illusion monétaire, ne mesurant pas immédiatement les effets supposés inflationnistes des politiques économiques expansives ; ces politiques pouvaient donc être efficaces à court terme. Pour les néo-classiques, qui défendent l'idée que les agents ont des anticipations rationnelles, la monnaie n'est plus qu'un pur voile. Les agents savent immédiatement que toute politique de relance est inflationniste, puisqu'ils sont rationnels et parfaitement informés, c’est-à-dire qu’ils agissent de manière parfaite, conformément à leur intérêt selon le modèle de l'économie tel que celui-ci est conçu par les nouveaux classiques. Il n'y a donc pas d’illusion monétaire, même à court terme.

La critique autrichienne porte d'abord sur la méthodologie, l'axiome de l'action n'est pas pris en compte par les monétaristes, qui préfèrent confronter les données économiques aux théories, sans a priori. Il est ensuite reproché à Friedman de préconiser l'interventionnisme étatique : la Grande Dépression des années 30 aurait pu être évitée, selon lui, si la Réserve fédérale avait injecté suffisamment de liquidités dans le système. Pour les économistes "autrichiens", Friedman est un étatiste du point de vue monétaire, partisan du contrôle de la monnaie par une banque centrale et d'une augmentation régulière de la masse monétaire par voie étatique. Certains se demandent même dans quelle mesure Friedman ne pourrait pas être considéré comme keynésien.

Quoique moins critiques que les post-keynésiens, les néo-keynésiens, qui avaient synthétisé la théorie de Keynes et celle de l'école néo-classique, et qui dominaient la discipline au moment où le monétarisme se développa, adressèrent des objections fortes à la doctrine de Friedman. Ainsi, James Tobin contesta la réalité de la causalité, que Friedman met en avant dans son Histoire monétaire, entre les fluctuations de la masse monétaire et les cycles économiques aux États-Unis. Pour Tobin, l'existence d'une corrélation ne signifie pas qu'il existe pour autant un lien de causalité : les fluctuations de la masse monétaire peuvent être le produit du cycle, plutôt que l'inverse.

Toutefois, Franco Modigliani considère qu'« il n’y a pas en réalité de divergences analytiques sérieuses entre les principaux monétaristes et les principaux non monétaristes . En réalité, le trait distinctif de l'école monétariste et le véritable sujet de désaccord avec les non-monétaristes n'est pas le monétarisme, mais plutôt le rôle qu'on devrait probablement assigner aux politiques de stabilisation. ». Don Patinkin considère pour sa part que Friedman n'a fait que reformuler avec plus de sophistication la théorie monétaire de Keynes.

Les auteurs post-keynésiens des années 1980 se sont montrés encore plus critiques envers le monétarisme. La théorie quantitative de la monnaie reformulée par Milton Friedman a suscité les critiques des partisans de la théorie de la monnaie endogène. Selon eux, la monnaie ne doit pas être pensée comme une variable exogène aux processus de production et dont la quantité est contrôlée par une institution extérieure (« jetée d'un hélicoptère » selon la métaphore de Milton Friedman), mais comme la résultante de la demande de crédit du système économique.

Pour les économistes post-keynésiens, les problèmes théoriques de la théorie quantitative de la monnaie expliqueraient les difficultés croissantes que les banques centrales rencontreraient dans le contrôle des agrégats monétaires aux États-Unis et en Grande-Bretagne au cours des années 1980.

Pour Friedman, le rôle des autorités monétaire est de suivre une règle d'accroissement de la masse monétaire stricte, parallèle au taux de croissance de l'économie : cela doit permettre de donner à l'économie les liquidités nécessaires aux transactions, sans provoquer ni de bulle inflationniste (trop grande création monétaire), ni de récession (trop faible création monétaire). Cette politique monétariste a été mise en œuvre par la Réserve fédérale américaine à partir de la fin des années 1970. Elle a permis une réduction importante puis une maîtrise de l'inflation, après les envolées inflationnistes des deux chocs pétroliers et l’inefficacité des politiques traditionnelles de « stop-and-go ».

Les monétaristes considèrent ce contrôle rapide de l'inflation comme un grand succès et ils y voient l’origine de la croissance stable et élevée des décennies 1980 et 1990 aux États-Unis. Les nouveaux classiques, héritiers de Friedman, pensent quant à eux que la politique monétariste a avant tout permis d’ancrer les anticipations d’inflation à un niveau faible, ce qui a ensuite permis le relâchement des taux d'intérêt par la Fed.

Toutefois, à court terme, la conséquence de la stabilisation de l’inflation fut un ralentissement économique, avec un accroissement temporaire du taux de chômage qui monta à 10 % en 1982 contre 6 % en 1978 aux États-Unis, avant de redescendre à partir de 1982.

Les critiques estiment ainsi que les politiques monétaristes n'ont pas donné tous les résultats escomptés, et qu'elles ne les ont pas obtenu conformément à la doctrine de Friedman. Michel Aglietta écrit notamment que si l'inflation fut brisée « au-delà de toutes les espérances les coûts exorbitants en termes de pertes de production et d'emploi dans le monde entier, le déclenchement de la crise de la dette souveraine des pays du tiers monde, les changements structurels induits dans la finance furent des conséquences sans commune mesure avec les ajustements bénins qui étaient prédits par les monétaristes. » Pour les économistes néo-keynésiens, cette baisse de l'inflation et la hausse du taux de chômage étaient d'ailleurs directement liées, non pas au contrôle de la masse monétaire (qui n'a jamais été véritablement réalisée par la Fed, cf. infra), mais seulement aux effets sur l'économie réelle des taux d'intérêt extrêmement élevés de la Fed au début des années 1980. John Kenneth Galbraith affirme : « finalement, l'inflation fut maîtrisée. La monnaie n'est pas liée aux prix grâce à la magie cachée de l'équation de Fisher, ou grâce à la foi de Friedman, mais à cause des taux d'intérêt élevés qui permettent de contrôler les prêts bancaires (et les autres) et la création de dépôt. » En d'autres termes, la politique monétaire de taux élevés qui décourage les investissements les moins rentables en renchérissant les prêts aurait provoqué le ralentissement économique, responsable de la baisse de l'inflation. Le contrôle et la réduction de la masse monétaire n'en seraient donc pas la cause.

Toutefois, si la lutte contre l'inflation est au cœur de l'action des banques centrales aujourd'hui, celles-ci ont abandonné l'essentiel de la doctrine monétariste en la matière. Pour Friedman, les banques centrales devaient, en effet, maitriser l'inflation en contrôlant la croissance de la masse monétaire.

Or, si les banques centrales ont, à la fin des années 1970, suivi ces recommandations, elles ont rapidement cessé de le faire. La croissance de la masse monétaire n'est plus, aujourd'hui, pour elles qu'un des indicateurs des tensions inflationnistes futures. En effet, comme le notent, Olivier Blanchard et Daniel Cohen, « la conduite de la politique monétaire à partir de la croissance monétaire postule l'existence d'une relation étroite à moyen terme entre l'inflation et la création monétaire nominale. Le problème est que cette relation n'est pas très étroite en réalité ». L'instabilité et la faiblesse du lien entre création monétaire et inflation peuvent s'expliquer par plusieurs raisons.

En premier lieu, les innovations financières des années 1980-1990, en accroissant la liquidité des actifs, ont rendu la distinction entre monnaie et actifs non monétaires difficile à opérer : un agent peut, à la place de la monnaie au sens strict, thésauriser au moyen d’autres actifs comme des SICAV, inclus dans M2. Ces actifs sont donc très proches de la monnaie et ils en constituent un substitut. Par conséquent, les agents arbitrent entre ces actifs, ce qui a pour implication que le stock de monnaie connait d'importantes et brusques variations, alors que M. Friedman le considérait stable. Or la relation entre inflation et masse monétaire n'est étroite que si la vitesse de circulation de la monnaie est constante. Ainsi, la croissance des agrégats monétaires, surtout M1 et M2, n'a plus depuis la fin des années 1970 de relation stable avec l'inflation. La Fed suivait initialement la masse monétaire M1, conformément aux recommandations monétaristes, puis elle utilisa M2 comme indicateur de référence, mais il tendit également à ne pas fournir de bonnes indications sur les évolutions des prix.

De fait, aujourd'hui, les banques centrales ont choisi comme objectif premier et parfois unique de rester à proximité d’une cible d’inflation à court et moyen terme (par exemple, un taux d'inflation inférieur ou égal à 2 % pour la BCE), en fixant le niveau de leurs taux directeurs de façon à avoir un impact sur l'activité réelle ; le but est que la croissance soit proche de la croissance potentielle pour éviter des variations cycliques trop fortes. Pour ce faire, les banques centrales utilisent souvent une règle de Taylor qui fixe un cadre à l'évolution des taux d'intérêt, en fonction de l'inflation et du taux de chômage. La variation de la masse monétaire est donc passée au second plan : elle ne constitue plus qu'un indicateur des risques inflationnistes à moyen et long terme. Les banques centrales ne mettent donc plus en œuvre des politiques monétaristes fondées sur la gestion directe de la masse monétaire. Ainsi, selon Paul Krugman, la Fed cessa de se conformer à une politique monétaire fondé sur la gestion de la masse monétaire dès 1982, et y renonça officiellement en 1984. Depuis 2000, elle ne se fixe plus de cible de croissance de M2 et depuis 2006, elle ne publie plus de données sur M3. Depuis, elle mène des politiques monétaires discrétionnaires, fondée sur un objectif d'arbitrage entre croissance et inflation.

Le bilan de la politique monétaire américaine depuis l'abandon du monétarisme, notamment lors de la période pendant laquelle la réserve fédérale était dirigée par Alan Greenspan entre 1987 et 2006, fait l'objet de débats intenses. Certains économistes considèrent qu'elle a contribué à empêcher le développement de crises systémiques majeures dans les pays développés et à maintenir le plein-emploi au sein de l'économie américaine. D'autres auteurs jugent que cette politique discrétionnaire est à l’origine de la formation de bulles spéculatives à répétition, dont la plus importante est la bulle immobilière américaine des années 2000 à l’origine de la crise des subprimes.

Pour la zone euro, la Banque centrale européenne, héritière de la doctrine monétaire de la Bundesbank, définit son « second pilier » comme celui de la surveillance de l’indicateur monétaire M3, à coté d'autres indicateurs, et l'utilise pour ses prévisions d'inflation. Toutefois, depuis 2003, elle a cessé d'en faire l'instrument de sa politique monétaire : elle ne considère plus depuis 2003 ces agrégats monétaires que comme « principalement un élément de recoupement, dans une perspective à moyen et à long terme, des indications à court et à moyen terme ressortant de l'analyse économique. » De 1998 à 2003, le taux de croissance de cet agrégat choisi en référence par la BCE était de 4,5 %, niveau au-delà duquel elle considère qu'il existe un risque d'inflation supérieur à 2 %. En fait, la BCE n'est jamais parvenu à respecter son objectif de croissance de la masse monétaire . Avant même son abandon officiel, il n'était donc qu'informatif. La BCE prend en compte les évolutions conjoncturelles et suit, dans les faits, la règle de Taylor.

Toutefois, malgré les échecs des politiques monétaires ayant appliqué strictement la doctrine monétariste, l'héritage de Friedman en matière de politique monétaire est important. Il a, en effet, imposé un certain nombre d'idées qui demeurent structurantes en matière de politique monétaire. Par sa critique de la courbe de Phillips, et le développement de l’idée de taux de chômage naturel, il a soutenu l'idée qu'il n'y avait pas d'arbitrage possible entre inflation et chômage et que, par conséquent, la mission de la politique monétaire est la stabilité des prix. La politique monétaire n'a donc pas à chercher à relancer l'activité, puisqu'elle ne provoque que de l'inflation. La lutte contre l'inflation est aujourd'hui, conformément au message de Friedman, au centre de la politique monétaire. Par ailleurs, le monétarisme a réhabilité les politiques monétaires par rapport aux politiques budgétaires, privilégiées par le keynésianisme.

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Réserve fédérale des États-Unis

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La Réserve fédérale (Federal Reserve System), appelée souvent Federal Reserve ou, plus court encore, Fed, est la banque centrale des États-Unis. Elle a été créée le 23 décembre 1913 par le Federal Reserve Act dit aussi Owen-Glass Act. Il est à noter que la Réserve fédérale est privée.

En 1791, le gouvernement américain crée la First Bank of the United States chargée de l'émission de la nouvelle monnaie américaine et de la régulation du crédit. En 1816, après la seconde guerre contre les Britanniques, elle est remplacée par la Second Bank of the United States surtout pour stopper l'inflation galopante consécutive à la guerre. Mais, en 1830, elle est dissoute par le président Andrew Jackson qui est hostile aux banquiers, non responsables devant le peuple américain. Les États-Unis ont eu à faire face à un système monétaire très complexe qui reposait sur un troc entre différentes monnaies régionales, les greenpapers, qui rendait toute régulation impossible.

En 1907, suite à une panique bancaire, le Congrès élabore un nouveau projet de banque centrale. Le Federal Reserve Bank Act est voté et est promulgué par le président des États-Unis Woodrow Wilson le 29 décembre 1913. Si l'organisation (banques régionales + bureau des gouverneurs) est la même que celle d'aujourd'hui, le gouvernement place la nouvelle institution sous son autorité en y nommant comme membres le Secrétaire au Trésor et le « Comptroller of the Currency » ("Contrôleur de la monnaie"). Son but est alors de favoriser la gestion de la monnaie et l'économie du pays, de permettre l'escompte des effets de commerce et, de manière plus générale, de surveiller le bon fonctionnement des banques américaines.

La crise de 1929 montre les limites de ce système, même si à l'époque la solution envisagée par la réserve fédérale new-yorkaise, une relance monétaire, aurait permis de sortir de la crise. Cette solution fut d'ailleurs refusée par les autres membres, de peur de voir cette dernière devenir trop puissante. En 1935, le Federal Reserve Board devient le Gouvernors Board et, par le Banking Act, acquiert un pouvoir de contrôle sur les banques régionales. Est créé également le Federal Open Market Committee (FOMC), un comité de politique monétaire qui veille à la réglementation et au contrôle des taux d'intérêt. Avec le retrait du secrétaire d'État au Trésor et du Contrôleur de la monnaie, la banque devient théoriquement indépendante pour la politique monétaire. Mais, dans la pratique, elle continue à subir des pressions politiques dont elle va se défaire progressivement après la Seconde Guerre mondiale, d'abord pendant la longue présidence de McChesnet Martin (1951-1970), puis définitivement sous les présidences de Paul Volcker (1979-1987) et d'Alan Greenspan (1987-2006).

La banque centrale est aussi indépendante financièrement, ne recevant aucun budget ni du gouvernement, ni du congrès américain. Elle se finance via les intérêts des emprunts publics auxquels elle souscrit sur les marchés, les commissions perçues pour les prestations aux banques de dépôts et les intérêts sur les changes de monnaies étrangères. En 2005, elle a ainsi versé près de 600 millions USD à ses actionnaires et plus de 18 milliards USD d'excédent au Trésor américain.

En janvier 2008, la Réserve fédérale américaine (Fed) a baissé drastiquement son taux directeur à 2,25 %. Une décision prise en urgence face aux risques accrus pour la croissance et à la panique des marchés boursiers, qui craignent une récession aux États-Unis. La Fed a réduit son taux de référence pour les prêts interbancaires de trois quarts de point, pour la première fois depuis la mise en place du système des taux actuel au début des années 1990. Fait inhabituel, la Réserve fédérale a pris sa décision en dehors de la réunion habituelle de son comité de politique monétaire, prévue les 29 et 30 janvier. Il faut remonter à 2001, après les attaques du 11 septembre, pour retrouver une baisse d'urgence du taux directeur.

Alors que la situation s'aggrave, le 16 décembre 2008 la Fed décide de baisser son taux directeur à 0% (marge de fluctuation entre 0 et un 0,25%), ce qui provoque une rapide chute du dollar contre toutes les autres devises et une ruée vers l'or physique. De plus, la Fed a désormais officiellement "carte blanche" pour intervenir sur les marchés afin de maintenir un système agonisant.

Le bureau est l'organe dirigeant de la Réserve fédérale, dont le siège est à Washington, D.C.. Il compte sept membres nommés par le président des États-Unis et confirmés par le Sénat américain. Leur mandat est de quatorze ans non renouvelable. Celui du président est de quatre ans renouvelable sans limite. Malgré ce processus de désignation, l'institution est en pratique quasiment indépendante du pouvoir politique. Le gouverneur dépose néanmoins régulièrement devant les commissions des affaires monétaires et financières du Congrès.

Le président actuel du Bureau des gouverneurs (donc de la Réserve fédérale) est Ben Bernanke, qui a pris ses fonctions le 1er février 2006, nommé à ce poste par le président George W. Bush le 24 octobre 2005. Il succède à Alan Greenspan qui a été gouverneur pendant près de dix-neuf ans.

Alan Greenspan, économiste né en 1926, était depuis le 11 août 1987 « gouverneur » (plus exactement : président du Conseil des gouverneurs), poste auquel il a été nommé initialement par Ronald Reagan et confirmé par tous les successeurs de ce dernier. Son mandat a pris fin le 31 janvier 2006.

Sous sa direction, la Réserve fédérale, après un début plutôt rigoriste, aura finalement eu une politique globalement très accommodante, n'hésitant pas à ajouter à chaque choc important des liquidités dans le système bancaire et à maintenir longtemps des taux extrêmement bas pour faciliter la reprise économique, au risque d'alimenter des « bulles » spéculatives (actions technologiques en 2000, immobilier et obligations en 2004-2005) et le déséquilibre des comptes extérieurs des États-Unis. La hantise d'une répétition des erreurs de 1929, où la Réserve fédérale avait eu une politique restrictive catastrophique, a manifestement été un thème majeur de son mandat.

Alan Greenspan avait lui-même succédé à Paul Volcker qui avait, en 1979-1981, et au prix d'une sévère récession, mis fin à l'inflation des années 1970 en faisant monter les taux au jour-le-jour du marché monétaire, les Fed Funds, à plus de 20 %.

La Réserve fédérale est détenue par douze Regional Federal Reserve Banks, et est donc à ce titre, une institution privée. Ce statut est censé lui assurer l'indépendance de ses choix vis-a-vis du gouvernement. La Réserve fédérale ne reçoit pas de subsides du congrès pour son fonctionnement.

En revanche, les parts détenues par les banques régionales dans la Réserve fédérale ne sont ni échangeables ni vendables, et ne peuvent être mises en gage pour dégager des fonds. De plus, ces parts rapportent un coupon fixe de 6 % annuel. Et finalement, l'excédent de capital généré par les activités de la Réserve fédérale peut être cédé au budget fédéral, mais en aucun cas aux banques régionales actionnaires. Ceci exclut donc le risque d'une instrumentalisation pure et simple des capacités de la Réserve fédérale par ses actionnaires. En 2006 par exemple, la Réserve fédérale a contribué positivement au budget fédéral à hauteur de 29 milliards de dollars.

Chacunes des douze Regional Federal Reserve Bank possède sa propre zone de chalandise (« District Reserve Banks ») regroupant plusieurs états ou portion d'état, parfois représentée au niveau local par l'une des 25 succursales du réseau. Chaques banques commerciales se trouvant dans la zone géographique de l'une des « Regional Federal Reserve Banks  » est obligatoirement actionnaire de celle-ci. Les sièges de chaques banques régionales sont respectivement situées, par ordre d'importance, dans les villes de : New York, San Francisco (qui couvre les sept états de l'Ouest + Hawaï et l'Alaska), Chicago, Richmond, Atlanta, Boston (pour la Nouvelle Angleterre), Dallas, Cleveland, Philadelphie, Kansas City, Saint-Louis et Minneapolis.

La Federal Reserve Bank of New York est donc la plus importante des douze banques du réseau, car c'est à elle qu'échoit la supervision de l'une des plus importantes places bancaires mondiales (que certains situent en deuxième place). Elle concentre plus de 40 % des actifs des banques régionales, et constitue aussi la plus grande réserve d'or du monde avec 9 000 tonnes en dépôt en 2006 dont seulement 2 % appartiennent aux États-Unis, mais dont les principaux propriétaires sont une cinquantaine d'états étrangers, des organismes internationaux et quelques particuliers. Elle joue également un rôle majeur puisque que c'est elle qui exécute les opérations de marché décidées par le comité de politique monétaire pour faire varier les fonds fédéraux. Elle peut aussi intervenir sur le marché des changes à la demande du Trésor américain. Son président est membre permanent du Comité de politique monétaire.

La Réserve fédérale décide de manière définitive de la politique monétaire américaine, l'organe décisionnaire étant le Federal Open Market Committee ou FOMC, ce qu'on peut traduire par « Comité fédéral pour les interventions publiques sur les marchés de taux d'intérêt » équivalent d'un « Comité de politique monétaire ». Il siège au moins huit fois par an. Il est composé des membres du bureau des gouverneurs, du président de la Federal Reserve Bank of New York et, par rotation, de quatre autres représentants des Regional Federal Reserve Bank. Un compte-rendu de la réunion est rendu public au bout de trois semaines.

En revanche, la valeur externe du dollar américain (USD) est, elle, du strict ressort du gouvernement fédéral, et la Réserve fédérale se garde bien de la commenter sauf, éventuellement, et avec de sérieuses précautions oratoires, quant aux effets inflationnistes ou déflationnistes de son évolution.

La FED n'utilise pas d'objectifs intermédiaires clairement déterminés pour guider sa politique monétaire ; elle a abandonné la politique de suivi strict des agrégats monétaires (M3 notamment). Elle pratique une politique de fine tuning (réglage fin), ajustant ses taux plus fréquemment que ses homologues, ce qui la rend plus réactive.

La banque centrale américaine se situe à Washington D.C., sur l’avenue de la Constitution (Constitution Avenue). Elle a été construite en 1935, selon les plans de Paul Philippe Cret. Un autre bâtiment édifié en 1974, (le Martin Building) se trouve sur C Street et abrite d'autres services de la Réserve fédérale.

En 1942, la Federal Reserve Bank de New York fut le lieu des réunions secrètes entre les états-majors britannique, soviétique et américain, afin de mener la guerre contre l'Allemagne nazie et l'Italie. En mai 1943, le Premier ministre britannique Winston Churchill et le Président américain Roosevelt s'y sont retrouvés.

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BNP Paribas

Agence BNP Paribas Paris Opéra

BNP Paribas est le premier groupe bancaire de la zone euro, né le 23 mai 2000 de la fusion de la Banque nationale de Paris (BNP) et de Paribas. Elle dispose d'une filiale de gestion de fortune très importante : BNP Paribas Banque Privée. Elle est cotée au Premier Marché d'Euronext Paris et fait partie de l'indice CAC 40. C'est la première banque de la zone euro par la capitalisation boursière.

La BNP est née en 1966 de la fusion de la BNCI (Banque nationale du commerce et de l'industrie) et du CNEP (Comptoir national d'escompte de Paris). Elle est privatisée en 1993.

À l'origine, on trouve la Banque de Paris et des Pays-Bas créée en 1872. En 1968, une holding, la Compagnie Financière de Paris et des Pays-Bas, est créée.

En 1982, la Compagnie Financière de Paris et des Pays-Bas est nationalisée. Le nom Paribas apparaît. Ce nom était l'adresse télégraphique de la banque depuis le début du siècle.

À l'origine Compagnie Financière de Paris et des Pays-Bas, la Compagnie Financière de Paribas devient Paribas en 1998 après absorption de la Compagnie Bancaire.

En 1999, une bataille boursière oppose la BNP et la Société générale pour la fusion avec Paribas. La réussite de l'opération de la BNP, grâce au soutien d'Axa, conduira à la création du groupe BNP Paribas.

En mai 2001, BNP Paribas acquiert les 55% de BancWest qu'elle ne possédait pas encore. BancWest devient alors une filiale à 100%. En 2005, BNP Paribas poursuit sa stratégie de croissance ciblée et annonce l'acquisition, via sa filiale BancWest, de la banque américaine Commercial Federal Corporation. En 2006, BNP Paribas acquiert la banque italienne Banca Nazionale del Lavoro (BNL).

Le 5 octobre 2008, BNP Paribas acquiert 75% de Fortis Belgique et 66% de Fortis Luxembourg. L'état belge acquiert 11,6% du capital de BNP Paribas et devient de fait le plus gros actionnaire. L'état luxembourgeois acquiert pour sa part 1,1% de BNP Paribas.

À l’emplacement de la Maison Dorée, s’élevait autrefois l’hôtel Choiseul-Stainville où vécu Madame Tallien. Démoli, l’hôtel fut remplacé par le café Hardi, célèbre sous l’Empire, puis par la Maison Dorée, célébre restaurant parisien pendant près d’un demi-siècle. Même si la date de 1839 figure sur la façade de l’immeuble, on ignore quand fut construit exactement le bâtiment actuel de la Maison Dorée, ainsi appelée à cause des balcons qui ornent toujours sa façade. En 1853, Alexandre Dumas installa au rez-de-chaussée la rédaction de son journal « Le Mousquetaire ». C’est aussi à la Maison Dorée que se tint la dernière exposition des Impressionnistes en 1886. À la fin du Second Empire, l’établissement déclina et un bureau de poste vint prendre la place du luxueux restaurant. En 1976 la BNP entreprit la restauration de la façade de l’immeuble et y installa sa division internationale. La Maison Dorée abrite aujourd’hui des bureaux, un auditorium et une salle de marché de BNP Paribas.

La rue d’Antin est tracée en 1717 et la construction des Hôtels qui constituent aujourd’hui le Siège de BNP Paribas s’est échelonnée de 1715 à 1725. L’hôtel principal du 3 rue d’Antin, où se trouve l’Orangerie, doit son existence à un parlementaire, Étienne Bourgeois de Boynes, trésorier général de la Banque Royale. Son fils, qui fut ministre de la Marine, demeura longtemps en ces lieux. Vendu en 1754, l’hôtel échoit en héritage aux Gallet de Mondragon et devient alors Hôtel de Mondragon. Pendant la Révolution, l’immeuble est saisi comme « bien national » et la mairie du II° arrondissement de Paris en devient locataire. C’est dans la salle des mariages, à quelques mètres de l’Orangerie, que fut célébrée en 1796 l’union de Bonaparte et Joséphine de Beauharnais. Les Mondragon cédèrent l’Hôtel à la Banque de Paris en 1869. Née de la fusion de la Banque de Paris et de la Banque de Crédit et de Dépôt des Pays-Bas, la Banque de Paris et des Pays-Bas, aujourd’hui BNP Paribas, y établit son siège dès sa création en 1872. Dans les années 1960, l’Orangerie fut édifiée sur l’emplacement de la cour de l’hôtel de Mondragon pour accueillir les visiteurs de la Banque, et est devenue le cœur, voire le symbole de BNP Paribas.

En 1613, sur l’actuelle place du Marché Saint Honoré, Marie de Médicis inaugurait un couvent monumental pour des dominicains dits « jacobins ». Pendant la Révolution, le couvent fut fermé et remplacé par le club des Jacobins où se réunissaient les révolutionnaires autour de Robespierre. Après la démolition des bâtiments, on construisit au XIXe siècle quatre pavillons destinés à accueillir un marché qu’ornait une fontaine alimentée par la pompe de Chaillot. Dans les années 1960, cet ensemble fut détruit pour être remplacé par un parking. À la fin de la concession du parking, la mairie de Paris confia un nouveau projet à Ricardo Bofill, architecte catalan dont l’atelier est implanté à Barcelone, Paris et New York. Paribas saisit cette opportunité de rationaliser son implantation dans le quartier de l’Opéra et s’associe au projet. En 1997 s’achève la construction d’un bâtiment de verre clair qui, renouant avec la tradition du XIXe siècle des passages couverts bordés de boutiques. Le Marché Saint Honoré abrite actuellement les bureaux de la Banque de Financement et d’Investissement (CIB) de BNP Paribas.

Créée en 1994 sous le nom d’Association pour l’Histoire de Paribas, l'Association pour l’Histoire de BNP Paribas s’est donnée pour objectif, entre autres, de développer des actions de communication. A l’heure de la « culture d’entreprise » et du développement de la « Business History », l’Association, dans la mouvance des comités d’histoire, s’applique à valoriser ainsi ses initiatives en matière historique.

Le Siège social de BNP Paribas (16 boulevard des Italiens Paris 9e) est un immeuble monumental Art déco réalisé en 1931 de l'architecte Joseph Marrast.

La banque BNP Paribas, riche d’un patrimoine archivistique, monumental et artistique, présente en effet un corpus qu’il est essentiel d’exploiter et de valoriser au bénéfice de l’histoire et de la communication du groupe. Les différentes missions de l’Association se résument autour de quatre activités principales : encourager la recherche historique et la publication d’ouvrages ou articles relatifs à l’histoire du groupe; utiliser le patrimoine comme vecteur de communication interne et externe; accueillir des étudiants et historiens afin de les orienter dans leurs recherches (fonds d’archives et bibliothèque de l’Association); et enfin regrouper tous ceux qui s’intéressent à BNP Paribas et à l’histoire de ce groupe.

BNP Paribas est la première banque de la zone euro par sa capitalisation boursière et ses résultats. Fin juin 2006, elle emploie 138 000 collaborateurs (hors effectifs Cofinoga), dont 70 000 en Europe (suite à l'acquisition de Banca Nazionale del Lavoro), réparties sur 85 pays.

En France, BNP Paribas est une banque de réseau avec 2 200 agences.

D'après le magazine américain Fortune 2007, BNP Paribas est la sixième banque mondiale par son chiffre d'affaire et la huitième par ses bénéfices. Elle a généré un chiffre d'affaire de 109 milliards de USD.

Et selon le magazine Forbes (magazine) 2006, celle-ci serait la 14e entreprise mondiale et la 1re entreprise française.

La banque Paribas devenue BNP Paribas est traditionnellement très impliquée dans les marchés pétroliers.

Pétrole contre nourriture - BNP-Paribas fut la principale source de financement des échanges pétrole contre nourriture de l'ONU qui donneront lieu à l'affaire pétrole contre nourriture. Elle fut à ce titre citée dans le rapport de Paul Volcker (rapport Volcker), dans lequel elle fut accusée d'utiliser des sociétés écrans (sociétés offshore) pour cacher l'identité réelle des interlocuteurs du dictateur irakien Saddam Hussein dans ce trafic.

La société Kensington International a porté plainte pour racket au tribunal de New York, en accusant la banque française BNP-Paribas de complicité avec les dirigeants congolais pour la dissimulation des revenus pétroliers du Congo. BNP-Paribas a nié les allégations de Kensington International.

BNP Paribas est présente dans 88 pays (juin 2006). 6e rang par les fonds propres en Europe.

Le Conseil d’administration est composé de 13 administrateurs élus par les actionnaires et de deux administrateurs élus par les salariés. La durée des mandats des administrateurs est fixée à trois années pour les administrateurs dont le mandat vient à renouvellement, en application des recommandations de place.

Le Comité exécutif est dirigé depuis juin 2005 par Baudoin Prot.

Le Conseil d'administration est présidé depuis juin 2003 par Michel Pébéreau, date à laquelle les fonctions de président et de directeur général sont séparées.

2006 : Investisseurs institutionnels 69.30 % Axa 5.50 %, salariés 5.20 %.

2008 : Une fois le rachat de certaines activités du bancassureur Fortis, par BNP Paribas, opérationnel, les États belge et luxembourgeois détiendront respectivement 11.7% et 1.1% du capital de la banque française.

Placée sous l'égide de la Fondation de France, la Fondation BNP Paribas a pour but de favoriser le dialogue entre le monde bancaire et son environnement culturel ou social.

Les projets sont présélectionnés par le secrétariat général de la fondation BNP Paribas et soumis au Comité de mécénat. Le comité décide de la suite à donner aux projets et du montant de l'aide allouée. Le Secrétariat général assure la mise en œuvre et le suivi des actions.

BNP Paribas sponsorise divers tournois de tennis, dont le tournoi de Roland Garros, le Masters de Bercy (BNP Paribas Masters), la Coupe Davis, la Fed Cup, etc. Mis à part le tennis, BNP Paribas se tourne également vers les échecs ; elle est partenaire de la FFE (Fédération française des échecs).

En 1977, la BNP a été paralysée durant deux mois par une grève des informaticiens qui ont obtenu un réaménagement de leur rythme de travail. Parmi ces grévistes, Nathalie Ménigon quittera la BNP en 1978 avant de participer l'année suivante à la création du groupe Action Directe.

Des entités de BNP Paribas sont certifiées respectant la norme ISO 14001.

Le salaire de son dirigeant représente 137 fois le salaire médian français, ce qui ne lui permet pas l'obtention de l'agrément "entreprise solidaire".

Les quatre étoiles du logo symbolisent les valeurs de BNP Paribas, qui sont l'engagement, la réactivité, l'ambition et la créativité.

Au printemps 1973 Publicis fit une campagne de publicité cynique pour la BNP : sur une affiche un cadre énonçait cette phrase : « Pour parler franchement, votre argent m'intéresse ». L'impact de cette campagne fut important, la presse se fit écho de plaintes des clients qui exprimaient leur souhait de changer de banque.

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Glencore

Glencore est une compagnie de courtage en matières premières, basé en Suisse à Baar, dans le canton de Zoug. Elle fut fondée par Marc Rich, un sulfureux homme d'affaires américain condamné aux États-Unis pour violation d'embargo.

Dans ses activités de courtage pétrolier, Glencore fut une initiatrice du mécanisme des préfinancements pétroliers qui permet à un pays africain de s'endetter sur ses revenus pétroliers à venir, souvent au bénéfice des dirigeants (voir kleptocratie et pétrole).

Glencore racheta et liquida la société française Metaleurop SA et sa filiale Metaleurop Nord.

Dans l'affaire Pétrole contre nourriture, Glencore a été citée dans le rapport de Paul Volcker (Rapport Volcker) pour avoir versé des commissions occultes à Saddam Hussein, l'ancien président irakien.

Glencore et Xstrata (société appartenant partiellement à Glencore) ont, en Colombie sur le site des mines de charbon de Cerrejon, rasé des villages entiers et exproprié leurs habitants de force avec la complicité des autorités et de l'armée. Les deux sociétés sont aussi dans le collimateur du syndicat des mineurs pour corruption et violations graves des droits de l'être humain. Il y a aussi cette sombre affaire du peuple indien Wayùu qui a été chassé de ses terres ancestrales par, entre autres, une unité de l'armée habituellement "employée" par la mine pour surveiller ses installations...

Ces faits ont été révélés par un reportage diffusé sur la Télévision suisse romande le 29 juin 2006.

Glencore est classée 6e entreprise européenne en 2005.

Les sociétés russes Rusal et Sual créent le numéro un mondial de l'aluminium en fusionnant avec Glencore.

Les producteurs russes d'aluminium Rusal et Sual ont annoncé leur fusion, à laquelle Glencore apporte une grande part de ses actifs, donnant naissance au numéro un mondial du secteur. « C'est un évenement historique, a déclaré le président du conseil d'administration de Sual, Viktor Vekselberg. » Il a précisé que le nouveau groupe ainsi créé entrerait en bourse d'ici 18 mois.

La valeur potentielle du groupe est estimée entre 25 et 40 milliards de francs. Le milliardaire russe Oleg Deripaska, dont la fortune est estimée à 14 milliards de dollars, deviendra le principal actionnaire de la nouvelle compagnie.

Le nouveau géant aura une capacité de production de plus de 4 millions de tonnes d'aluminium primaire par an, a indiqué M. Vekselberg. Il dépassera ainsi l'actuel numéro un du secteur, l'américain Alcoa, qui produit 3,6 millions de tonnes d'aluminium par an, tout comme le canadien Alcan.

La création de ce nouveau géant a été préalablement approuvée par le président russe Vladimir Poutine qui avait encouragé M. Vekselberg en ce sens lorsque celui-ci lui avait présenté le projet de fusion le 13 septembre devant les caméras de télévisions.

Avant même ce projet de fusion, Rusal, la plus grande des trois compagnies, avait déjà affiché son ambition de devenir le numéro un mondial de l'aluminium, avec un objectif de production de 5 millions de tonnes d'aluminium primaire en 2013.

La direction de Rusal a également indiqué que son appétit pourrait toucher d'autres métaux, comme le cuivre ou le nickel, suggérant une transformation possible du groupe en un géant minier diversifié du type du groupe minier BHP Billiton.

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Denis Gokana

Denis Gokana est le président de la SNPC, la Société nationale des pétroles du Congo. Conseiller spécial du Président Denis Sassou-Nguesso pour les affaires pétrolières, il a tissé un réseau de sociétés offshore, installés dans des paradis fiscaux, comme les Îles Caïmans, et confiés à des membres du clan Sassou-Nguesso.

Depuis 2002, des sociétés appartenant à Denis Gokana ont acheté du pétrole à la SNPC pour un montant au moins égal à 472 millions de dollars US à des prix considérablement inférieurs au prix du marché, pour ensuite le revendre à profit à des négociateurs indépendants.

Les sociétés Sphynx UK, Sphynx Bermuda et l’Africa Oil and Gas Corporation (AOGC) ont été établis par Denis Gokana en 2002 et en 2003 alors que celui-ci occupait le poste de conseiller spécial du Président congolais, Denis Sassou Nguesso. Ces sociétés ont continué d’acheter du pétrole à la SNPC jusqu’en 2005, après la promotion de Denis Gokana au poste de responsable de la compagnie, en infraction avec les statuts de la SNPC.

Denis Christel Sassou Nguesso, le fils du Président Denis Sassou Nguesso, a également supervisé les transactions en sa qualité d'administrateur général de la COTRADE (branche commerciale de la SNPC).

Par ailleurs, sur une seule vente effectuée en 2005, une autre société de Gokana a gagné plus de 3 millions de dollars. Les bénéfices ont été virés dans les comptes de l’AOGC, une société enregistrée en République du Congo, dont les relevés bancaires n’ont jamais été divulgués.

La société Kensington International a également porté plainte pour racket au tribunal de New York, en accusant la banque française BNP Paribas de complicité avec les dirigeants congolais pour la dissimulation des revenus pétroliers du Congo (Congo-Brazzaville). BNP Paribas a vivement nié les allégations de Kensington International. La banque Paribas devenue BNP Paribas est traditionnellement très impliquée dans les marchés pétroliers. BNP-Paribas fut la principale source de financement des échanges "pétrole contre nourriture" de l'ONU qui donneront lieu à l'affaire pétrole contre nourriture. Elle fut à ce titre largement citée dans le rapport de Paul Volcker (rapport Volcker), dans lequel elle fut accusé d'utiliser des sociétés écrans pour cacher l'identité réelle des interlocuteurs du président irakien Saddam Hussein dans ce trafic.

Ce réseau était destiné à tenir les revenus pétroliers hors de portée des créanciers qui tentent de saisir les actifs de la Société nationale de pétrole congolais (SNPC). Les tribunaux britanniques ont jugé que ce « voile corporatif » servait principalement à cacher les actifs aux créanciers du Congo, mais rien ne permet de penser que ces bénéfices aient été transférés par la suite dans les caisses du trésor congolais.

La perte de revenus potentiels subie par l'État congolais en raison des ventes effectuées par Sphynx UK, Sphynx Bermuda à des prix inférieurs au prix du marché représente environ 20 millions de dollars US pour l’exercice 2003.

Bien que les recettes du pétrole aient rapporté un milliard de dollars en 2004, la République du Congo reste un des pays les plus pauvres et les plus endettés du monde. Tout le problème repose sur la gestion opaque des revenus pétroliers, qui représentent plus de 70 % du budget du Congo.

L’AOGC, une des sociétés de Denis Gokana a acquis un dixième d'un champ pétrolier prometteur, appelé Marine XI, à un prix non communiqué. L'investisseur principal de ce champ est la société Soco International, dirigé par l'homme d'affaire Patrick Maugein, corrézien réputé proche de Jacques Chirac, déjà cité dans le rapport de Paul Volcker (rapport Volcker) à propos de l'affaire Pétrole contre nourriture. Selon plusieurs sources, l'offre de Soco International était considérablement plus faible que l'offre faite par son rival canadien Energem.

Le processus d’appel d’offres était supervisé par la SNPC et dirigé par Denis Gokana lui-même. Le contrat est contesté par Energem, qui avait signé un contrat relatif à l’exploitation du bloc avant l’arrivée de Denis Gokana à son poste à la SNPC.

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Paul Volcker

Paul Volcker

Paul Adolph Volcker (né le 5 septembre 1927) est un économiste américain, directeur de la Réserve fédérale des États-Unis (Federal Reserve Board) de 1979 à 1987.

Il doit sa notoriété à sa victoire sur la stagflation des années 1970 aux États-Unis, qu'il a obtenue par la limitation de la croissance de la masse monétaire et la hausse des taux d'intérêt, conformément aux prescriptions monétaristes. L'inflation, qui atteint un point haut à 13,5 % en 1981, est ramenée à 3,2 % en 1983 et maintenue par la suite à un niveau bas, au prix d'une lourde récession en 1982-1983.

Plus récemment, il a été chargé par l'ONU d'enquêter sur les manipulations du programme « Pétrole contre nourriture » de l'ONU (Affaire Pétrole contre nourriture). À l'issue de ses travaux, la commission d'enquête qu'il préside rédige un rapport de 623 pages appelé « rapport Volcker ».

Le 26 novembre 2008, le président-élu Barack Obama annonce sa nomination en tant que directeur du Conseil pour la reconstruction économique, nouvellement créé.

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Source : Wikipedia