Patrimoine

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Posté par talos 25/03/2009 @ 12:08

Tags : patrimoine, culture

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Patrimoine (culture)

Oratoire

Le patrimoine est étymologiquement défini comme l'ensemble des biens hérités du père (de la famille, par extension). En effet, patrimonium signifie héritage du père en latin ; la notion est apparue au XIIe siècle.

En droit civil, le législateur l'entend comme l'ensemble des biens et des obligations d'une personne, envisagé comme une universalité de droit, c'est-à-dire comme une masse mouvante dont l'actif et le passif ne peuvent être dissociés.

Le patrimoine fait appel à l'idée d'un héritage légué par les générations qui nous ont précédées, et que nous devons transmettre intactes aux générations futures, ainsi qu'à la nécessité de constituer un patrimoine pour demain. On dépasse donc la simple propriété personnelle.

Dès le XVIIIe siècle, on commence à considérer le patrimoine. Lors d'un de ses rapports à la Convention, l'Abbé Grégoire (1750-1831), juriste et homme politique révolutionnaire, affirme que le respect public entoure particulièrement les objets nationaux qui, n'étant à personne, sont la propriété de tous (…) Tous les monuments de sciences et d'arts sont recommandés à la surveillance de tous les bons citoyens.

Mais cette protection du patrimoine ne se fera que progressivement. Les premiers éléments intégrés dans cette appréciation sont les œuvres d'art (tableaux et sculptures) conservées et parfois exposées dans les premiers musées. Les livres et plus généralement les bibliothèques sont aussi protégés au titre de l'instruction publique. Les œuvres architecturales, et notamment ecclésiastiques ou seigneuriales, ne bénéficient quant à elles lors de la Révolution française d'aucune protection et sont bien souvent vendues à des particuliers, libres de les démolir pour en revendre les matériaux de construction ou de les transformer en logements, usines, étables... En revanche, cette même Révolution s'attache à la protection des biens culturels confisqués aux émigrés, aux ordres religieux ainsi qu'aux institutions dissoutes : seuls parmi les biens nationaux, les objets d'art et le livres sont protégés de la vente et leur conservation est organisée : des dépôts révolutionnaires sont créés dans chaque département, des comités successifs sont chargés de s'assurer du traitement des livres qui font l'objet de circulaires et de conseils concernant leur conservation et leur catalogage.

Claude Henri de Rouvroy de Saint-Simon fut l'un des principaux « promoteurs » de ce type d'entreprise.

C'est en 1830, sous l'impulsion de François Guizot, alors ministre de l'Intérieur de Louis-Philippe Ier, qu'est instaurée en France l'Inspection générale des monuments historiques, chargée notamment de procéder à un inventaire du patrimoine architectural du pays. S'y succèdent en tant que premier inspecteur Ludovic Vitet (1830-1834) puis Prosper Mérimée (1834-1870). Ce dernier structure cet outil de connaissance et de sauvegarde et organise des visites dans les régions afin d'établir des rapports sur l'état des destructions dues à la Révolution.

La Commission supérieure des monuments historiques, créée en 1837, est chargée de dresser la liste des édifices méritant une protection et dont les travaux bénéficieront de subventions ministérielles. Une première liste paraît en 1840, suivie en 1841 de la première loi de protection des monuments historiques par le classement des bâtiments menacés.

À la même époque, les ministres de l'Instruction publique renforcent la pression sur les municipalités, à qui ont été confiés les livres confisqués pendant la Révolution, pour qu'elles assurent la conservation, le catalogage et la mise à disposition du public de ces livres. Cette surveillance ministérielle va peu à peu s'organiser avec la création des Inspecteurs généraux des bibliothèques.

C'est le philosophe Henri Bergson qui eut l'idée d'étendre la notion de patrimoine culturel en participant en 1921 à la naissance de la Commission internationale de la coopération intellectuelle, ancêtre de l'Unesco.

En 1945, l'Unesco, telle que nous la connaissons aujourd'hui, est créée, et a son siège international à Paris.

Au départ, l'expression patrimoine culturel désignait principalement le patrimoine matériel (sites, monuments historiques, œuvres d'art,...). L'Unesco a établi en 1972 une liste du patrimoine mondial, composée de plusieurs centaines de sites dans le monde.

En France, le décret du 10 février 1976 a officialisé la Convention pour la protection du patrimoine mondial, culturel et naturel adoptée par la 17e conférence de l’Unesco le 16 novembre 1972.

Les politiques de « conservation intégrée » ont, elles, été définies le 3 octobre 1985 : la Convention pour la sauvegarde du patrimoine architectural de l’Europe dite « Convention de Grenade » conclue à cette occasion est entrée en vigueur le premier décembre 1987 et a fait l’objet du décret n° 88-206 du 29 février 1988 (JO du 4). Elle établit les structures de la coopération européenne pour la protection du patrimoine architectural.

À l'occasion de la constitution du Réseau européen du patrimoine le thésaurus a fourni une large définition du Patrimoine architectural Cette conception du patrimoine culturel a évolué depuis une quinzaine d'années. On lui a d'abord adjoint une liste Mémoire du monde (1992), qui recense les collections documentaires d'intérêt universel (déclaration des droits de l'homme et du citoyen, instauration du système métrique, mémoire du canal de Suez,...).

En 1997, la notion de patrimoine oral et immatériel de l'humanité a été définie par l'Unesco.

On s'oriente donc progressivement vers une conception du patrimoine qui inclut à la fois un patrimoine matériel, mais aussi un patrimoine culturel immatériel (PCI). Les traditions vivantes (carnaval de Binche par exemple) et documentaires sont reconnues au même titre que les monuments et œuvres d'art du passé.

C’est un programme réalisé sous l’égide du Conseil de l’Europe avec le soutien de l’Union européenne et d’un consortium de partenaires publics et privés.

Origine du programme : La 4e conférence européenne des ministres responsables du patrimoine culturel organisée à Helsinki par le Conseil de l’Europe en mai 1996 a recommandé : « …d’étudier la mise en place d’un système permanent d’information (Réseau européen d’information sur le patrimoine) à la disposition des administrations, des professionnels, des chercheurs et des spécialistes de la formation pour connaître l’évolution du patrimoine dans les divers pays, en utilisant l’acquis du rapport sur les politiques du patrimoine architectural en Europe précédemment établi par le Conseil de l’Europe… ».

Les thèmes présentés : Les systèmes de protection en vigueur ; Les inventaires établis ou en cours d’établissement ; La protection proprement dite ; Le financement public/privé ; Les modalités de réalisation des travaux de restauration ; Les savoir-faire impliqués ; Les politiques menées en matière d’information et de communication vis-à-vis du public ; Diverses remarques sur la mise en œuvre de la politique de « conservation intégrée », couvrant son application pratique comme ses perspectives.

Depuis les années 1970, le sens du patrimoine a été largement étendu. Il ne se limite plus au cadre strict des éléments architecturaux remarquables et au patrimoine écrit et graphique, mais se consacre également aux éléments faunistiques et floristiques, paysagers, mais aussi aux langues locales ou encore aux ouvrages anciens.

L'article L 110 du Code de l'urbanisme affirme que Le territoire français est le patrimoine commun de la Nation, et intègre ainsi dans le droit la notion élargie de patrimoine.

La loi Malraux du 4 août 1962 permet de protéger un secteur urbain caractéristique lorsqu'il présente un caractère historique, esthétique ou de nature à justifier la conservation, la restauration ou la mise en valeur de tout ou une partie d'un ensemble d'immeubles bâtis ou non. (la mention ou non ayant été ajoutée par la loi SRU du 13 décembre 2000). Il peut être instauré à l'initiative d'une commune ou de l'État, par l'intermédiaire de la commission nationale des secteurs sauvegardés. Il comprend un plan de sauvegarde et de mise en valeur (PSMV), qui est un document de planification et qui a le statut de document d'urbanisme. Ce dernier permet principalement de présenter le site et de fixer les conditions de conservation des immeubles et du cadre urbain.

Les Zones de Protection du Patrimoine Architectural Urbain et Paysager permettent d'assurer la protection du patrimoine architectural et urbain. Instituées par la loi du 7 janvier 1983, complétée par la loi du 8 janvier 1993 pour l'aspect paysager (elles sont aujourd'hui codifiées dans le code du patrimoine), elles visent à protéger et mettre en valeur les sites pour des motifs d'ordre esthétique, historique ou culturel. Ces zones permettent d'adapter la protection à l'espace à protéger et leur procédure associe étroitement les communes. Le périmètre de 500m aux abords des monuments historiques n'a donc plus lieu ; les ZPPAUP se constituent sur mesure par rapport au monument. Elle constitue une servitude d'utilité publique annexée au Plan local d'urbanisme (PLU). Tous les travaux, dans ces zones, de construction, démolition, déboisement, transformation ou modification des immeubles existants requièrent une autorisation donnée par la commune après avis du SDAP et de l'Architecte des bâtiments de France (ABF). En cas de désaccord entre la mairie et l'architecte, le préfet tranchera. Si cette procédure n'est logiquement applicable que dans les espaces qui n'ont pas encore fait l'objet d'une mesure de protection, elle peut néanmoins concerner des espaces protégés au titre des lois de 1913, relatif aux monuments historiques et de 1930, sur la législation des sites.

Le patrimoine culturel est géré de plus en plus localement depuis la loi de décentralisation de 1983. Le ministère de la Culture et de la Communication maintient cependant des Directions régionales des affaires culturelles, dont se sont détachés récemment divers services concernant le patrimoine bâti. Au niveau départemental (services déconcentrés de l'État), une partie des missions est assurée par les Sdap, Services départementaux de l'architecture et du patrimoine dirigés par un Architecte des Bâtiments de France.

La restauration des édifices historiques est décidée à l'échelon des États fédérés, par le State Historic Preservation Office. La préservation du patrimoine historique a également lieu dans le cadre des municipalités : par exemple, la ville de New York veille à la conservation de 23 000 bâtiments et 82 secteurs, soumis à une réglementation draconienne.

Un élargissement au patrimoine culturel immatériel (PCI) s'est fait jour avec le développement de l'informatique.

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Patrimoine industriel

Destruction en avril 2007 d'une partie de la voie aérienne de l'aérotrain de l'ingénieur Jean Bertin.

À partir du XIXe siècle, l'industrialisation a façonné les paysages des pays de l'hémisphère nord. Le patrimoine industriel est dès lors devenu une composante indissociable de notre environnement. Durant ces deux derniers siècles, la révolution industrielle a extrait, transformé, transporté et négocié comme jamais auparavant. Elle a laissé dans son berceau, l'Europe du nord, un patrimoine technique, formel et culturel exceptionnel.

Créée à l'initiative du Royaume-uni, des Pays-bas et de l'Allemagne, cette association, soutenue par l'Europe, a entrepris de relier, de coordonner et de promouvoir les vestiges, musées et sites remarquables du patrimoine industriel.

Si l'Angleterre a entrepris d'étudier et de rénover son patrimoine industriel dans les années 1940, la France n'a commencé à s'y intéresser qu'à partir des années 1990. Les régions industrielles les plus anciennes (Lorraine, Nord-Pas-de-Calais, etc.), touchées en priorité par la dés industrialisation, ont pris conscience de l'attrait touristique des vestiges de leurs industries.

L'Inventaire général a mis en œuvre, depuis 1986, un programme de repérage national du patrimoine industriel qui recense et étudie tous les lieux de production qu'ils soient en activité ou non. La complexité des différents services du ministère de la culture n’est sans doute pas étrangère au retard constaté dans l’inventaire systématique.

D’un côté, les conservations régionales de l’inventaire privilégient, pour des raisons de cohérence et d’efficacité, des « inventaires par cantons », mais elles ont tout de même réalisé des études thématiques telles – par exemple – les caves coopératives viticoles de Provence – Alpes - Côte d’Azur, mais aussi des revues comme « Les images du patrimoine ».

De l’autre, les conservations régionales des monuments historiques ont, elles, vocation à recenser les éléments patrimoniaux les plus représentatifs pour proposer aux collèges régionaux du patrimoine et des sites des protection au titre de la loi du 31 décembre 1913 sur les monuments historiques.

Le regroupement, un temps effectif, des documentalistes recenseurs des conservations régionales des Monuments historiques avec les services régionaux de l’inventaire a certes été abandonné car il n’a pas donné les résultat escomptés, mais il a permis de renforcer, là ou ce n’était pas suffisamment le cas, la coordination et les actions communes des services.

Enfin l’intervention des services d’ethnologie doit également être soulignée à travers des actions parfois très opérationnelles, associant recherche, restauration et promotion touristique : Créer un « réseau de sites liés au patrimoine industriel » a été une initiative très originale de l'ethnologue de la Direction régionale des affaires culturelles de Franche-Comté ; les thèmes en étaient : forges, tuilerie, salines, fromagerie, distillation... Jean-Louis Perrier (Le Monde du 20 août 1995) relevait que : « La logique, au début (en 1978), est celle de la préservation de monuments historiques. Il s'agit d'inventorier et d'étudier un territoire que quelques hauts fonctionnaires éclairés s'alarment de voir s'altérer ». Contrairement à d'autres régions où le mouvement est issu de la volonté d'érudits locaux ou d'anciens ouvriers d'un site, nous étions ici dans une logique de pouvoirs publics, qui, rationnellement, définissent une politique du patrimoine industriel et s'appuient immédiatement sur l'université pour entreprendre un inventaire, commente le Directeur des musées, Philippe Mairot. On a confié par exemple à des étudiants un repérage de toutes les tuileries sur le terrain et dans les archives, et une fois que l'ensemble a été répertorié, on a pu dire : « il faut conserver celle-ci plutôt que telle autre ». En prenant en main son patrimoine industriel, la Franche-Comté s'est engagée bien au-delà de la simple conservation de bâtiments et de machines. Elle a ouvert des voies originales de mise en valeur, qui replacent l'homme au cœur du site. Dix lieux, intégrant des entreprises en activité, ont été ainsi mis en réseau par les Musées des Techniques et Cultures Comtoises, apportant une dimension élargie à la notion de patrimoine industriel » Cette impression de complexité des structures administratives et services de recherches, due à la partition des missions des services, est toutefois corrigée dans la pratique car tous les services cités relèvent d’une seule structure : la direction régionale des affaires culturelles. De nombreuses initiatives peuvent déboucher sur une nouvelle vie du patrimoine industriel grâce au tourisme très friand du mode de vie des salariés de l’industrie minière, de la sidérurgie,… Même des films comme « Les grandes gueules » dont l’action se situe dans les scieries Vosgiennes dont certaines sont aujourd’hui modernisées dans le cadre des politiques sur fond de développement durable ont apporté leur lot de sensibilisation à ces vestiges industriels.

Les exemples d’intégration réussies ne manquent pas : l’action concertée de l’Association pour les Musées des Sciences de Strasbourg (AMUSS), des Amis du Vieux Strasbourg, des Services de l’État, du maître d’œuvre de l’opération - l'atelier Maechel - et du propriétaire des lieux ont permis l’intégration des anciennes glacières de Strasbourg dans le projet d’aménagement d’un hôtel de luxe au cœur de la Petite France, dans le quartier des Moulins, sur les canaux de l’Ill. Ce type d’action montre que la cohabitation est non seulement possible mais qu’elle contribue au développement économique d’un site commercial . On a ainsi pu maintenir d’anciennes glacières, témoins du premier processus de fabrication industrielle de glace, à l'intérieur d'un luxueux hôtel de soixante-douze chambres disposées dans les étages et des équipements et services généraux au rez-de-chaussée. Ont été protégés au titre des monuments historiques : 3 turbines à pales, 2 grandes roues de transmission avec leurs courroies en cordes, l'axe principal souterrain, 4 manomètres, 2 alternateurs, 4 compresseurs avec leur volant, 4 condensateurs, 3 tableaux de commande électrique.

Les Journées du patrimoine 1997 portaient pour la première fois un éclairage spécifique sur le patrimoine industriel français : usines, fabriques, mines, fours à chaux, locomotives et voitures. Les habitants ont découvert à cette occasion l'extraordinaire diversité de ce patrimoine technique: paysages, bâtiments, machines, outillages, savoir-faire, mais aussi le fabuleux capital humain qu'il recouvre.

Cette prise de conscience reste cependant très partielle, cantonnée à certaines régions ou à certaines typologies de bâtiments (architectures métalliques ou de briques). De nombreux édifices restent négligés ou voués à la destruction, handicapés par une esthétique du béton ou par l'image négative du monde industriel dans la société française.

L’explosion, ces dernières années, du tourisme industriel prouve l’intérêt manifeste des Français pour leur patrimoine et pour le monde du travail, celui des entreprises. Les trois types de sites les plus visités par les Français se concentrent cependant sur les activités traditionnelles qui font une large part au patrimoine rural et artisanal. La frontière entre patrimoine industriel et patrimoine ethnologique ne peut manquer, parfois, d’être indécise, mais on peut considérer que le patrimoine industriel illustre l’évolution des techniques. D’autre part, les concepts de « mécanisme » et « d’outil » sont, ici, fondamentaux. On retiendra, par exemple, les mécanismes d’horlogerie à l’exclusion des pendules, les armes à l’exception des armes blanches.

La notion de monument peut-elle être appliquée au patrimoine industriel? C’est la question que posait Pierre-Antoine Gatier aux Entretiens du patrimoine en novembre 1998 en indiquant qu« Il s’agit là d’une interrogation portant sur la légitimité du service des monuments historiques à intervenir sur le patrimoine industriel, et sans doute sur les nouvelles formes patrimoniales identifiées par le mouvement actuel « d’extension de patrimoine » (patrimoine du XXe siècle, jardins…). Cette intervention est légitime, car elle vaut reconnaissance du caractère public de cet héritage ; elle est également nécessaire, car le service des monuments historiques, à l’écoute de l’air du temps, doit confronter son expérience aux formes les plus hétérogènes du patrimoine. Au-delà du caractère technologique, c’est sans doute sa dimension humaine qui confère au patrimoine industriel sa forme propre. L’héritage industriel est riche, parce qu’il intègre dans une chaîne patrimoniale un site, une architecture, des machines et des procédés, des productions… dont la cohérence doit être maintenue, lors de son intervention, par le service des monuments historiques. Mais est-ce possible lorsque l’usine « vivante », est naturellement soumise à une logique du progrès technologique, et du remplacement?

Une chocolaterie et des sites miniers classés monuments historiques, des hauts-fourneaux éteints en cours de sauvetage, des fours à chaux préservés avec autant de soin que des châteaux forts, d’anciennes salines placées sur la liste du Patrimoine mondial de l’humanité de l’Unesco, ce sont quelques exemples de l’important effort de sauvetage du patrimoine industriel de la France mené avec succès ces dernières année ».

La question reste cependant posée de l'adéquation de la notion française de Monument Historique avec le patrimoine industriel. Les rigidités du principe de conservation proné par les MH pour les monuments classés sont très éloignées des réalités du patrimoine industriel. L'industrie évolue et s'adapte en continu pour faire face aux nouveaux défis techniques et sociaux. Figer un édifice industriel dans un état idéal équivaut alors à nier ce principe. Cette question reste débattue dans le milieu des Monuments Historiques. « Le choix du transfert dans un musée ou la conservation sur place touche à une problématique très compliquée où le sens des musées de plein air, les possibilités limitées de la conservation sur place, la nature des bâtiments et des opérations, les problèmes éthiques par rapport au patrimoine (muséification ou rénovation) et les méthodologies de la conservation sont en jeu ». Un débat important mais dont la durée occulte malheureusement la disparition rapide d'éléments importants du patrimoine industriel.

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Journées européennes du patrimoine

Pays participants aux Journées européennes du Patrimoine en 2007[1]

Les Journées européennes du Patrimoine sont une manifestation européenne annuelle, instaurée en 1991 par le Conseil de l'Europe (avec le soutien de l'Union européenne) sur le modèle des « Journées Portes ouvertes des monuments historiques » crées en 1983 par le ministère de la Culture français.

Organisées aujourd'hui dans plus d'une quarantaine de pays et régions d'Europe, les manifestations locales dont les dates s'étalent de fin août à début novembre, permettent la découverte de nombreux édifices et autres lieux souvent ouverts exceptionnellement au public, ou de musées dont l'accès est gratuit ou à prix réduit.

Ces journées sont l’occasion d’entrevoir l’unité et la diversité du patrimoine culturel commun à l’Europe.

Elles furent lancées en 1984 en France par le ministère de la Culture français à l'initiative de Jack Lang, ministre de l'époque, sous le nom de Journée portes ouvertes dans les monuments historiques, le troisième dimanche de septembre.

Suite au succès des Journées du patrimoine organisées par la France, plusieurs pays européens décident d’organiser leurs journées du patrimoine dès l’année suivante.

En 1991, le Conseil de l’Europe institue officiellement les Journées européennes du patrimoine (suite à la proposition de Jack Lang de donner une dimension européenne à cette initiative), auxquelles l’Union européenne s’associe en soutenant le bureau de coordination dans sa mission de promotion internationale dont la création fut confiée aux Pays-Bas.

En 1994, la Fondation Roi Baudoin (Belgique) prend en charge le bureau de coordination. Cette même année, ce sont 24 pays qui participent aux Journées européennes du patrimoine.

L'année suivante (1995), 34 pays européens s'associent à la manifestation et 13 millions d'Européens visitent les 26 000 monuments ouverts.

En 1996, six pays supplémentaires - Principauté d'Andorre, Principauté de Monaco, Islande, Saint-Siège, l'Ancienne République yougoslave de Macédoine, Ukraine - ouvrent les portes de leur patrimoine.

Deux ans plus tard (1998), la Turquie rejoint les 44 pays européens participants.

En 2001, Taïwan se lie aux 47 pays déjà associés à la manifestation.

Ainsi en 2003, dans 48 pays, 19,8 millions de visiteurs partent à la découverte de leur patrimoine.

Ces journées sont un moment privilégié permettant aux Français de visiter gratuitement leur patrimoine national, monuments, églises, théatres, châteaux, mais aussi des demeures privées, des banques, des tribunaux, des préfectures, palais de justice, hôtels de ville, chambres de commerce, etc., toutes sortes de bâtiments qui, habituellement, sont fermés au public ou peu fréquentés par lui.

Ces journées du patrimoine sont lancées chaque année le 3e week-end du mois de septembre.

Les monuments les plus visités sont ceux de la capitale et en particulier tous les lieux officiels du gouvernement (palais de l'Élysée, ministères, palais Bourbon, palais du Luxembourg), mais des sites scientifiques et industriels font également découvrir leurs secrets.

Les villes de province ne sont pas en reste pour présenter au public leur patrimoine culturel, industriel, architectural et historique ayant participé à l'histoire de la commune. De plus en plus de propriétaires privés se lancent dans cette opération pour présenter leur patrimoine.

En 1992, la manifestation change de nom en France et devient les Journées nationales du patrimoine (précédemment Journée portes ouvertes dans les monuments historiques) et sa durée passe de un à deux jours.

L’appellation Journées européennes du patrimoine devient officielle en France en 2000.

En raison des attentats du 11 septembre 2001 intervenus aux États-Unis, la manifestation initialement programmée les samedi 15 et dimanche 16 septembre est annulée.

Lors de l'édition 2005, plus de 12 millions de visiteurs ont investi 15 480 sites et profité des 20 000 animations proposées dont 1 000 sites ouverts pour la première fois cette année-là et 3 129 lieux ouverts exceptionnellement.

Depuis 1995, un thème général est proposé mettant en avant un aspect (ou plusieurs aspects) du patrimoine.

Depuis 1989, les journées du patrimoine sont organisées séparément par les trois régions du pays, compétentes pour la gestion du patrimoine. Chaque région fixe la thématique et les dates de l’événement, le deuxième ou troisième week-end de septembre.

L'organisation des Journées du patrimoine en Région de Bruxelles-capitale est dirigée par la direction des Monuments et sites régionale. Les Journées bruxelloises du patrimoine ne se déroulent pas aux mêmes dates que celles organisées dans les deux autres régions du pays.

Depuis 2005, les Journées du Patrimoine sont suivies du Lundi du Patrimoine, spécialement destiné aux écoles bruxelloises primaires (5e et 6e primaires) et secondaires, à qui sont proposé à des visites de lieux ou à des activités en lien avec le thème des Journées.

Albanie, Andorre, Arménie, Autriche, Azerbaïdjan, Biélorussie, Belgique, Bosnie-Herzégovine, Bulgarie, Croatie, Chypre, République tchèque, Danemark, Estonie, Finlande, France, Géorgie, Allemagne, Grèce, Saint-Siège, Hongrie, Islande, Irlande, Italie, Lettonie, Liechtenstein, Lituanie, Luxembourg, Malte, Moldova, Monaco, Monténégro, Pays-Bas, Norvège, Pologne, Portugal, Roumanie, Fédération de Russie, Saint-Marin, Serbie, Slovaquie, Slovénie, Espagne, Suède, Suisse, «l’ex-République yougoslave de Macédoine», Turquie, Ukraine, Royaume-Uni.

Note : Les sites suivants sont des sites institutionnels entièrement consacrées aux journées du patrimoine.

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Source : Wikipedia