Paternité

3.4036544850674 (1204)
Posté par seb 24/02/2009 @ 23:24

Tags : paternité, parentalité, famille, société

Dernières actualités
Le marché sauvage des test de paternité - Gènéthique
Le principe d'anonymat institué pour le don de gamètes et le besoin pour les enfants nés de ces techniques de connaître leurs origines biologiques ont entraîné l'expansion d'un marché illégal des tests de paternité. Il est donc étonnant que la question...
Les “rapports privilégiés” de Laporte et Yade - France Soir
A côté de lui, Roselyne Bachelot rigole franchement. « Non, non… Ne recommençons pas ! Pendant six mois, il a fallu que j'explique à ma femme que ce n'était pas vrai… », proteste-t-il. Allusion aux rumeurs qui lui attribuaient la paternité de l'enfant...
La paternité va-t-elle calmer Bigard? - 7sur7
Jean-Marie Bigard est papa. La femme de l'humoriste français ultra-controversé depuis ses propos sur le 11 Septembre a mis au monde un petit garçon ce vendredi. A 46 ans, Claudia, l'épouse de Jean-Marie Bigard (55 ans) a donné naissance à son premier...
Obama loue la paternité à l'occasion du Father's Day - La Presse Canadienne
Il a répété que l'absence du père, sort partagé aujourd'hui par 24 millions d'Américains, lui avait fait comprendre l'importance de la paternité. Né au Kenya sur les bords du Lac Victoria, Barack Hussein Obama Sr est passé de l'état de simple chevrier...
Mel Gibson exige un test de paternité - Voici
L'acteur a ordonné à Oksana de pratiquer un test de paternité sur l'enfant qu'elle porte. Il ya quelques semaines, nous apprenions que Mel Gibson demandait le divorce, après 28 ans de mariage et sept enfants. En cause ? Une autre femme, comme souvent...
Mgr Mauro Piacenza : comment les familles accompagnent les prêtres ... - Famillechretienne.fr
Sa paternité s'exerce à travers ce que l'Église appelle les Tria munera (ou encore le triplex munus). Pour simplifier, nous dirons qu'il s'agit des trois aspects du ministère sacerdotal : l'enseignement de la foi, la sanctification au moyen des...
« Ma paternité au sein de la maternité de Saint-Lô » - maville.com
Une des grandes réussites de ce pôle mère-enfant : la salle nature et son divan d'accouchement, qui permet à la future maman de changer facilement de position pendant le travail. : Archives La maternité toute neuve, du pavillon Nelson, accueille cette...
Je prends le temps d'être père - La Voix du Nord
En moyenne, ils sont sept sur dix à prendre les onze jours de pause que leur confère le congé de paternité instauré en France, en 2002. Ils étaient six sur dix en 2003. Mais il yad'énormes disparités entre les professions. Les plus nombreux à profiter...
Keanu Reeves refuse un test de paternité - Staragora
Karen espère tirer une pension alimentaire coquette, la mère demande un test de paternité et réclame 150 000 dollars mensuels pour ses enfants et 3 millions par mois pour elle. Complètement indécent ! L'agent de Keanu Reeves lui crie au scandale...
Pères à la maison: embûches au foyer? - La Presse Affaires
Une majorité de pères québécois utilisent leur congé de paternité. Une proportion importante profite du congé parental. Chez les jeunes familles à un seul revenu, le père est à la maison une fois sur 10. Quelles sont les conséquences financières?...

Paternité

La paternité est la reconnaissance sociale du lien de parenté entre un père et son enfant.

Le droit de paternité n'est plus aujourd'hui considéré comme spécifique, la loi parle maintenant des responsabilités des parents, sans distinction entre père et mère.

Les spécialistes le répètent : une « bonne mère » laisse le père « occuper pleinement sa place ».

Aujourd’hui, les femmes peuvent avoir un enfant « comme elles le veulent, si elles le veulent ».

Les enfants ont - aussi - besoin de leur père, qu’il soit vivant ou mort, présent ou absent, « compétent » ou non... « Ils se structurent dans la filiation à leurs deux parents », explique Florence N’Da-Konan, responsable « parentalité » à l’École des parents et des éducateurs (EPE) d’Île-de-France.

La possibilité de divers congés réellement paritaires autour de l’enfant et une campagne d’ amélioration de la culture d’entreprise reste un frein à la place effective du père dans sa famille ....

S’il existait un baccalauréat « filière Papa », trois candidats sur 4 auraient la mention « très bien ». Selon un sondage TNS-Sofres pour le magazine Parents, 77% des mères donnent une note comprise en 8 et 10 sur 10 au père de leur enfant. La moyenne générale s’établit à 8.4/10, et seuls 6% des pères n’ont pas la moyenne, et 16% entre 6 et 7.

En haut



Controverse sur la paternité de la relativité

Albert Einstein

La controverse sur la paternité de la relativité remet en cause l'attribution de la relativité restreinte, de la relativité générale et de l'équation E=mc² à Albert Einstein. Cette dernière est généralement admise, ce qui ne signifie pas que les savants qui ont travaillé sur ces sujets et ont apporté des avancées substantielles à la même époque soient pour autant ignorés dans les présentations sur ces théories. Comprendre l'importance du rôle de chacun est une question délicate d'histoire des sciences et qui fait souvent l'objet de débats. Dans le cas de la relativité, ils ont pris une tournure parfois très polémique et très médiatique au point de s'éloigner des débats scientifiques. Cette controverse n'est qu'un élément partiel de l'histoire plus large de la relativité.

L'approche de l'année 2005, sacrée année de la physique car année du centenaire de la relativité restreinte, a été l'occasion pour de nombreux historiens des sciences de rappeler le travail de prédécesseurs : Hendrik Antoon Lorentz et Henri Poincaré en ce qui concerne la relativité restreinte, ainsi que David Hilbert dans le domaine de la relativité générale (plus rarement, le travail de Poincaré est rapproché de la relativité générale).

Dans certains cas, les thèses allèrent jusqu'à l'accusation de plagiat contre Einstein, et de cabale des chercheurs allemands dans le cas de Jules Leveugle. Dans la Francophonie, la campagne a surtout été localisée en France (il s'agissait de retirer les lauriers à Einstein pour les attribuer à Poincaré), et plus spécifiquement on trouve plusieurs polytechniciens impliqués (Poincaré étant lui-même polytechnicien).

Les protagonistes de la découverte de la relativité restreinte (Lorentz, Poincaré, Einstein) ont parfois eu l'occasion d'exprimer leur point de vue (directement ou indirectement) à propos de la paternité de cette théorie. Ces témoignages de première main (pas nécessairement objectifs) peuvent toutefois mettre en perspective les exégèses actuelles.

La thèse E1/P1 est notamment défendue par Abraham Pais dans sa biographie d'Einstein.

La thèse E1/P2 est par exemple défendue par Gérard Holton dans son livre "L'imagination scientifique". Dans cette combinaison, la paternité est double.

La thèse E2/P1 est mentionnée dans le livre de Louis de Broglie, "Savants et découvertes".

Pour la thèse E2/P2 voir la bibliographie ci-dessous.

La thèse P3 est défendue par Sir Edmund Whittaker, Jules Leveugle, Jean-Paul Auffray, G. H. Keswani, et Jean Hladik.

Les défenseurs de ce point de vue, même s'ils reconnaissent que Poincaré a su prévoir E=mc², ou les formules de transformation de Lorentz, remettent en cause la compréhension et l'interprétation physique que Poincaré a données à ces formules.

Un point important souvent cité est que Poincaré n'aurait pas compris (ou voulu accepter pour les défenseurs de P2) que la Relativité est en fait une théorie de l'espace-temps.

Autrement dit, Poincaré ne voit pas que les transformations de Lorentz découlent logiquement des deux premiers principes alors qu'elles peuvent s'en déduire essentiellement si l'on considère que ce sont des transformations de l'espace et du temps.

D'après Pais, Poincaré maintient encore la nécessité de cette troisième hypothèse en 1909, d'où la conclusion de celui-ci : "il ne comprit donc pas l'une des caractéristiques les plus fondamentales de la relativité restreinte" .

À cette époque, la physique newtonienne avait une emprise très forte sur les physiciens. Plusieurs siècles de vérification des lois newtoniennes par l'expérience rendait sa remise en cause difficile. Poincaré, bien qu'ayant approché par les mathématiques bien des aspects de la relativité restreinte, ne put se résoudre à franchir le pas qu'imposait la relativité. Einstein, quant à lui, travaillant à l'office des brevets à Berne était assez coupé du monde de la recherche. De plus, il possédait un esprit critique qui lui faisait remettre en cause beaucoup de concepts. C'est sans doute ceci qui lui permit de franchir ce cap en premier.

Jules Leveugle a comparé le célèbre article d'Einstein du 26 septembre 1905 et l'article de Poincaré du 5 juin 1905. Leveugle affirme qu'Einstein a présenté exactement les mêmes équations sans aucune interprétation nouvelle par rapport à Poincaré. Leveugle décrit le facteur Epsilon de Poincaré (= v/c) qui prend correctement des valeurs inférieures à l'unité tout simplement parce que Poincaré a normalisé les équations, mettant c = 1. Leveugle souligne que Poincaré a appelé le principe de la relativité le point essentiel, critère d'où découlent les transformations correctes de Lorentz.

C'est Poincaré qui a donné à l'ensemble des formules de transformation le nom d'« équations de Lorentz ». Il indique dans son cours de 1898 que le temps local que Lorentz présentait comme un paramètre fictif n'avait pas de raison de ne pas être considéré comme le temps tout court, qui serait relatif et non pas absolu. En juin 1905, Poincaré signale également que l'ensemble des transformations en question forme une structure de groupe sur l'espace-temps, et que le terme (x² + y² + z² − c² t²) constitue un invariant du groupe. Dans un texte publié en 1915, Lorentz approuve le point de vue de Poincaré.

À cet égard, si l'on peut discuter le fait qu'Einstein ait lu ou non Poincaré avant juin 1905, il convient de se demander si Poincaré avait lu l'article de 1905 d'Einstein par la suite.

La synthèse que fait par exemple Stephen Hawking crédite Lorentz et Poincaré des transformations mathématiques et Einstein de l'interprétation physique. Hawking insiste d'ailleurs sur le fait que Poincaré mériterait une bien plus grande reconnaissance de son travail, mais qu'il n'est en aucun cas question de contester le mérite d'Einstein.

Mais d'autres physiciens, par exemple Michel Paty, soulignent qu'on pourrait parfaitement développer une autre physique, mathématiquement équivalente, à partir de l'interprétation de Poincaré des travaux de Lorentz. Christian Bracco et Jean-Pierre Provost soulignent qu'une relativité avec éther est parfaitement cohérente.

Même sans éther, on peut conserver le temps absolu de Poincaré en considérant la dilatation comme n'étant qu'une apparence ; c'est sur une telle interprétation de la relativité que s'appuie Elie During pour soutenir que le livre de Bergson Durée et simultanéité n'est pas faux d'un point de vue physique.

En 1999, Yves Pierseaux , formé à la philosophie et à la physique a publié un ouvrage qui rassemble toute une série d’indices, physiques, épistémologiques, historiques permettant de penser qu’il y a en vérité deux théories de la relativité restreinte, certes très proches, mais fondamentalement différentes (une « structure fine »).

Mais si les deux théories sont équivalentes expérimentalement, la théorie issue de Poincaré est en quelque sorte un sauvetage de l'univers pré-relativiste : l'éther y est doté de toutes les propriétés de contraction nécessaire pour que tout se passe comme dans la théorie d'Einstein, où il n'existe simplement pas. La conservation d'un temps absolu apparaît quand à elle comme une hypothèse inutile et alourdissant la structure : en effet, en postulant l'équivalence des référentiels, Einstein fait émerger spontanément les transformations, et l'univers de Poincaré est en comparaison une construction artificielle.

Certains auteurs, de plus, citent Poincaré de manière biaisée. Par exemple, en réponse à Yves Pierseaux qui affirme « Il y a non pas une mais deux RR, écrit-il : la RR avec éther de Poincaré et la RR sans éther d’Einstein-Planck-Minkowski. », les partisans de Poincaré opposent la citation de La Science et l'hypothèse « Peu nous importe que l'éther existe réellement, c'est l'affaire des métaphysiciens ... un jour viendra sans doute où l'éther sera rejeté comme inutile ». Or la citation non tronquée est « Peu nous importe que l'éther existe réellement, c'est l'affaire des métaphysiciens ; l'essentiel pour nous c'est que tout se passe comme s'il existait et que cette hypothèse est commode pour l'explication des phénomènes. Après tout, avons-nous d'autre raison de croire à l'existence des objets matériels. Ce n'est là aussi qu'une hypothèse commode ; seulement elle ne cessera jamais de l'être, tandis qu'un jour viendra sans doute ou l'éther sera rejeté comme inutile. » Ainsi Poincaré n'était pas réellement allé aussi loin qu'Einstein, et son questionnement sur l'éther était une question sur la philosophie des sciences en général. Par contre, Poincaré prophétisait sans le savoir le travail d'Einstein.

L'article d'Einstein considéré comme fondateur de la relativité ne comporte aucune référence à d'autres auteurs. Cette omission est employée comme argument contre Einstein. Mais il s'agit d'un trait assez général chez le physicien allemand. Quand il dut définir en quelques phrases les deux théories de la relativité, dans une lettre à Robert Amiet, il ne cita que les noms de Lorentz et James Clerk Maxwell pour la relativité restreinte (et employa l'adjectif newtonien), et aucun nom pour la relativité générale. Il n'employa pas non plus la première personne. En 1929 Einstein dit écrire un article sur le Fernparallelismus ne se référant à aucun travail antérieur, même les siens.

Il arriva à Einstein d'être sollicité par des auteurs réclamant qu'Einstein fasse mention de leurs propres travaux. Gustave Le Bon écrivit à Einstein en 1922 pour lui demander de signaler qu'il avait trouvé 20 ans plus tôt l'équivalence énergie-matière (E=mc²), en lui donnant des références. Einstein répondit qu'il l'aurait mentionné s'il en avait eu connaissance, et demanda à Le Bon de lui en dire plus sur sa démarche. Le Bon lui donna des références parlant de lui, mais aucune ne mentionnait de démonstration de son équivalence énergie-matière, avec un facteur selon Le Bon de « 510 milliards de kilogramme-mètre par gramme ». Einstein ne pouvait donner suite à la requête, ce facteur étant 18 fois inférieur à c², facteur démontré par la relativité restreinte. Face aux accusations de Le Bon « Je crois bien que vous ne lisez que vos propres travaux » « J'ai le regret de constater qu'une fois de plus les Germains ont conservé l'habitude d'ignorer totalement les travaux des étrangers. » Einstein donna deux réponses applicables à l'ensemble des polémiques: « Il est juste que ma connaissance de la litérature (sic) est relativement faible, mais j'ai toujours cherché à rendre justice à tous les auteurs, dont je connaissais les traveaux (sic). » « Finalement je vous assure, que les crimes contre la propriété intellectuelle sont des affaires personnelles et non nationales. » Les biographes de Le Bon jugent sa démarche plutôt orgueilleuse.

Élie Cartan écrivit lui aussi à Einstein pour lui demander de signaler que la notion de Fernparallelismus (parallélisme absolu) qu'il employait dans ses articles de 1929 était un cas particulier d'une notion développée par Cartan: l'espace à connexion euclidienne. Einstein, qui respecte fortement Cartan, lui propose de rédiger un historique de la notion qu'Einstein fera publier en complément de son prochain article sur le sujet, ce que Cartan accepte volontiers.

Si la campagne a été particulièrement virulente au début du XXIe siècle, elle n'est pas vraiment nouvelle, et ce n'est pas non plus la première campagne en ce sens contre Einstein puisque Philipp Lenard avait attribué l'équation E=mc² à Friedrich Hasenöhrl, pour en faire une création aryenne. La campagne en faveur de Poincaré trouve ses racines dans les années 1920: Lucien Fabre, à l'issue d'un différend avec Einstein, publie un article attribuant les découvertes à Poincaré en 1921.

Édouard Guillaume, cousin de Charles Edouard Guillaume et éditeur de Poincaré, fut un des premiers à contester le travail de découvreur d'Einstein. Angelo Genovesi, dans son livre Il Carteggio tra Albert Einstein ed Edouard Guillaume. « Tempo universale » e teoria della relatività ristretta nella filosofia francese contemporanea, présente même Guillaume comme celui sur lequel s'appuyèrent tous les opposants d'Einstein, que ce soit ceux qui contestaient qu'Einstein fût le réel découvreur de la relativité (Lucien Fabre) ou les opposants pour des raisons philosophiques (Henri Bergson). C'est effectivement encore sur Guillaume que s'appuient Jules Leveugle et, par l'intermédiaire de ce dernier, Maurice Allais.

Ni Einstein ni Poincaré n'ont revendiqué une quelconque paternité de la relativité restreinte. La controverse a donc été déclenchée et entretenue par les historiens des sciences et non par les intéressés eux-mêmes. De la même manière, Hilbert, passionné par l'exposé que lui avait fait Einstein sur la relativité restreinte, et les problèmes liés à la gravitation, se pencha sur les calculs de l'équation d'Einstein, et la trouva avec quelques jours d'avance sur Einstein, car il était plus rompu aux mathématiques complexes qu'Einstein. Cependant, Hilbert n'a jamais revendiqué quoi que ce soit de son vivant, et la dénomination « équation d'Einstein » a tout de suite été acceptée par la communauté scientifique de l'époque.

Contrairement à la triste histoire du calcul infinitésimal qui vit Isaac Newton et Gottfried Wilhelm von Leibniz se disputer les honneurs de la découverte, la relativité a vu le jour dans un contexte de très bonnes relations entre les intéressés. Au contraire, loin d'être brouillés, Einstein et Lorentz ont échangé des lettres bien après la publication de la relativité restreinte.

Einstein, de plus, a toujours entretenu d'excellentes relations avec le monde scientifique français. Certains partisans de Poincaré affirment que Paul Langevin aurait pu contribuer à la reconnaissance de Poincaré. Mais Langevin n'aurait certainement pas accusé son ami Einstein de plagiat. Einstein a été, après la Première Guerre mondiale, un pilier pour ceux qui refusaient la « mise en quarantaine » de l'Allemagne réclamée par les intellectuels français.

Le fait que la théorie de la relativité n'a été récompensée par aucun prix Nobel est assez lié à la controverse: en effet, la controverse fournit une explication à l'absence de Nobel, et finalement cette absence devient un argument contre Einstein.

Une des hypothèses est en effet que le comité Nobel aurait souhaité co-décerner le prix à Einstein, Lorentz et Poincaré. Ce qui aurait constitué une officialisation de la thèse du partage des rôles sans plagiat. Mais Poincaré est mort peu de temps après la publication de la théorie, bien avant que son importance n'apparaisse vraiment.

Or, cette reconnaissance de l'importance de la théorie de la relativité ne vint que bien après. Immédiatement après son exposé, la relativité, même en la supposant juste, apparaissait comme monstrueusement compliquée mathématiquement alors qu'elle ne donnait qu'exceptionnellement des résultats ayant des différences significatives avec ceux qu'on obtenait par la physique newtonnienne. À la limite, il semblait même à l'époque que la relativité bénéficiait de bien plus d'attention qu'elle n'en méritait. La physique des particules réfuta cette idée initiale, mais bien trop tard pour récompenser les découvreurs de la relativité.

Un dernier motif est une répugnance du comité Nobel à récompenser les travaux trop théoriques. Or il fallut attendre longtemps pour voir des effets expérimentaux exclusifs à la théorie de la relativité (pas seulement des variations de mesures) testés, comme le paradoxe des jumeaux (les décalages d'horloge ont depuis été effectivement mesurés).

D'autres auteurs se voient parfois attribuer certains pans de la théorie de la relativité. L'équation E=mc² est parfois attribuée à Friedrich Hasenöhrl ainsi qu'à Wilhelm Wien, Olinto De Pretto, S. Tolver Preston.

Quant à la théorie de la relativité en général, certains auteurs en attribuent également des pans à Marcel Grossmann ou Mileva Einstein (née Marić). Ici il est impossible de trancher puisque tout deux ont volontairement aidé Einstein. En ce qui concerne Mileva, les historiens lui attribuant un rôle sérieux sont marginaux, quoique les biographes serbes soient particulièrement en pointe sur ce sujet. Leurs opposants rétorquent que Mileva n'a publié aucun travail de physique majeur à son nom, y compris après leur séparation, alors qu'Albert fut un physicien tout aussi prolifique après leur séparation. Ils ne croient donc pas qu'elle ait jamais été une grande physicienne.

En haut



Droit de paternité

La droit de paternité permet à l’auteur d’être identifié et proclamer la filiation de son œuvre.

Selon l'article L 113-1 du CPI, « La qualité d’auteur appartient, sauf preuve contraire, à celui ou à ceux sous le nom de qui l’œuvre est divulgée. » Si l'auteur souhaite se cacher sous un pseudonyme, le CPI précise qu'il faut respecter ce souhait d’anonymat en sachant que l'auteur peut toujours le relever si un tiers s'arroge la paternité de son œuvre.

Il faut aussi envisager l'hypothèse où l’auteur véritable écrit de façon cachée, c'est-à-dire, en matière littéraire quand on utilise un "nègre". En général ces écrivains de l'ombre sont engagés parce que l’auteur du livre est incapable d’écrire couramment.

Ces affaires ont été jugées dès le XVIIe siècle. Ainsi, le 3 février 1958, le TGI de la Seine a ainsi rendu l'arrêt Maquet célèbre puisqu'il s'agissait d'une affaire concernant le nègre d'Alexandre Dumas. Il y décidait que la convention de ghostwriter est licite, mais qu'au regard du droit moral, le nègre peut faire savoir au public qu’il est l’auteur réel.

Quand quelqu’un prétend être l'auteur alors qu'il a simplement dérobé le travail d’un autre, l’auteur véritable peut faire condamner l'usurpateur et obtenir la publication de l'arrêt.

Précisons que cette question de droit moral existe dans les régimes de droit d'auteur (exemple : France), mais qu'elle est absente des régimes de copyright (USA...), où l'ayant-droit possède tous les droits, sauf si a été établi un contrat explicite en disposant autrement. Un certain nombre de pays possèdent cependant des systèmes intermédiaires où un certain droit moral est reconnu aux auteurs sans pour autant l'être de façon aussi claire (Japon...).

En haut



Paternité des œuvres de Molière

Molière

La paternité des œuvres de Molière est l’objet de débats depuis qu’en 1919 Pierre Louÿs, dans un article « Molière est un chef-d'œuvre de Corneille » publié dans la revue littéraire Comédia, a annoncé avoir mis au jour une supercherie littéraire. Selon lui, Molière n'aurait pas écrit ses pièces et Pierre Corneille serait son nègre.

Avant qu'un peu de terre, obtenu par prière, Pour jamais sous la tombe eût enfermé Molière Mille de ses beaux traits, aujourd'hui si vantés, Furent des sots esprits à nos yeux rebutés.

Depuis, cependant, cette idée très décriée a refait plusieurs fois surface. Elle fut reprise dans les années 1950 par le romancier Henry Poulaille puis, en 1990, par un avocat belge, Hippolyte Wouters. Frédéric Lenormand est l’auteur d’un roman fondé sur cette idée, L'Ami du genre humain, paru en 1993. Le dramaturge Pascal Bancou développe également cette thèse dans sa pièce L'Imposture comique en 2000 (créée au théâtre de la Huchette). En 2003, Dominique Labbé annonce avoir résolu cette énigme littéraire à l'aide de nouveaux outils statistiques. Aujourd'hui encore, les arguments et méthodes employés par Labbé continuent de soulever de fortes objections. Puis en 2004, Denis Boissier relance la polémique sous un angle biographique et littéraire, avec son livre L'Affaire Molière. En 2008 enfin, Franck Ferrand évoque l'affaire dans son livre "L’Histoire interdite, révélation sur l’histoire de France"(ed.Tallandier), se rangeant aux côtés des partisans de la paternité de Corneille.

La polémique commença lorsque le poète Pierre Louÿs trouva dans Amphitryon une versification proche de celle de Corneille. Les tenants de la supercherie argumenteront cette thèse par la ressemblance lexicale entre les pièces de Molière et celles de Corneille, ainsi qu'en s'appuyant sur quelques faits historiques. Parmi ceux-ci, les détracteurs de Molière notent qu'il n'a laissé aucun manuscrit, pas une ébauche de pièce, pas un brouillon, pas une note. Les détracteurs doutent aussi qu'un comédien puisse se transformer subitement, à trente-sept ans, en un auteur de la dimension de Molière. Selon Wouters, ce serait le seul cas « où un auteur médiocre jusqu'à quarante ans devient non seulement profond, mais surtout une des plus belles plumes de son temps ».

Plusieurs arguments sont avancés pour expliquer pourquoi l'orgueilleux Corneille, un des plus grands dramaturges de son époque, aurait accepté d'être le nègre d'un comédien de farces. Il aurait fait tout cela par besoin d'argent, puisque, à l'époque des premières pièces écrites de Molière, il n'aurait rien écrit depuis plusieurs années. Ensuite, il y a peut-être le désir d'être connu comme un auteur de tragédies, le plus grand style qui soit, et ne pas dégrader son image par l'écriture de farces. Enfin, écrire ces comédies sous le nom d'un autre lui aurait permis de régler ses comptes avec la bourgeoisie parisienne sous couvert d'anonymat. Des termes normands, que Corneille aurait été plus susceptible d’utiliser, apparaissent dans les textes de Molière. Ces coïncidences poussent Poulaille, Louÿs et Wouters à penser qu'un accord aurait été conclu entre les deux auteurs en 1658, lors de la venue de Molière à Rouen, la ville de Corneille. Cette date constituerait un tournant dans l'œuvre de Molière, puisque son premier succès vient en 1659 avec Les Précieuses ridicules.

La collaboration entre Corneille et Molière était une chose connue, qu'ils ne cachaient pas, puisque Corneille a achevé la versification de Psyché, ce que note Molière dans la préface de cette œuvre.

En 2004, Denis Boissier publie une étude sur la question, L'Affaire Molière. La grande supercherie littéraire. Hippolyte Wouters a tiré de cette affaire une pièce de théâtre, Le Destin de Pierre, jouée en 1997 à l'hôtel Astoria de Bruxelles.

Dominique Labbé, chercheur au Centre de recherche sur le politique, l'administration, la ville et le territoire (CERTA) et à l'institut d'études politiques de Grenoble, spécialisé dans les statistiques appliquées aux langages, a utilisé des outils statistiques pour étudier la question.

Sa méthode consiste à mesurer la distance intertextuelle entre deux textes. Cette distance est « la somme des différences entre les fréquences de tous les vocables du plus petit texte comparé à ceux de tous les échantillons aléatoires possibles à la taille du plus petit que l'on peut extraire du plus grand ».

La distance relative permet d'obtenir une mesure entre 0 et 1. Si tous les mots sont employés dans deux textes à la même fréquence, la distance relative est 0. Si les textes ne partagent aucun mot en commun, la distance est de 1. Cette distance mesure la ressemblance entre deux textes. De nombreuses précautions sont nécessaires, il faut notamment respecter une taille de texte supérieure à 5 000 mots, et lemmatiser (différencier les homonymes, repérer tous les genres d'un même mot...) les deux textes. Après un étalonnage sur de nombreux textes de tout type, Labbé conclut que deux textes dont la distance intertextuelle est inférieure ou égale à 0,20 sont forcément du même auteur. Entre 0,20 et 0,25 ils sont probablement du même auteur, ou écrits à la même époque, dans un même genre, sur un sujet identique, avec des arguments comparables. Entre 0,25 et 0,40 il est difficile de définir la paternité d'un texte anonyme, et au-dessus de 0,40 les deux auteurs sont certainement différents, ou d'un genre très éloigné.

Labbé a donc utilisé son algorithme sur les textes de Molière et de Corneille. Ses conclusions sont que 16 à 18 comédies attribuées à Molière sont en fait des écrits de Corneille, leur distance interlexicale avec les textes de Corneille étant inférieure à 0,25.

Suite aux critiques de ses détracteurs, Labbé a utilisé la technique des collocations, qui compare le sens que l'on donne à un mot, c'est-à-dire qui prend en compte « le vocabulaire entourant le mot pivot dans un espace limité - généralement celui de la phrase - sans prendre en considération l'ordre des mots ». La méthode consiste à observer quels mots reviennent dans une phrase où réside un mot donné - amour, par exemple - et à calculer leur fréquence d'apparition. En comparant les collocations des mots cœur, amour, aimer, madame et monsieur, dans les textes de Molière, de Corneille et de Racine, Labbé arrive aux mêmes conclusions qu'avec la distance interlexicale.

Selon lui, la parenté des textes de Molière, à partir de 1659, avec ceux de Corneille ne ferait plus de doute, ceux-ci seraient en fait de ce dernier.

La publication de l'article dans une revue scientifique anglo-saxonne en 2001, et la sortie du livre grand public de 2003, ont suscité une vive polémique. Plusieurs statisticiens et utilisateurs experts des statistiques lexicales critiquent la méthode même de Labbé, invoquant le manque de précaution dans la construction de l'indice et de l'échelle d'interprétation. D'autres mettent en avant des objections discutant le contexte historique qui aurait pu conduire à cette forme de collaboration.

Les statisticiens Valérie Beaudouin et François Yvon ont nuancé, à partir de l'analyse au métromètre des 58 pièces de Corneille, Molière et Racine, le propos de Labbé, distinguant notamment des différences dans le traitement du vers entre Corneille et Molière, où il est « plus relâché et moins cohérent ».

Pour Jean-Marie Viprey, de l'Université de Franche-Comté, les statistiques lexicales ne constituent pas une preuve suffisante, Corneille étant intervenu « dans un même champ littéraire, à des dates proches, dans un genre très contraignant, la comédie (voire la comédie en vers). Corneille a mis la main à Psyché. Molière a écrit Dom Garcie de Navarre sous l'influence de la comédie héroïque cornélienne. » Il indique particulièrement que ce mode d'analyse ignore les collocations et les configurations plus complexes. Ainsi, l'emploi d'interjections influencées par la Commedia dell'Arte ne se retrouve que dans les pièces de Molière.

Georges Forestier, titulaire de la chaire des études théâtrales du XVIIe siècle à la Sorbonne, a publié une réponse aux travaux de Labbé où il passe au crible les arguments historiques qui tendent à étayer la thèse d'une supercherie . Forestier observe, dans un premier temps que, du vivant de Molière, on lui a reproché tous les maux : de plagier les auteurs italiens et espagnols, de puiser dans des mémoires fournis par les contemporains, d'être cocu, sans oublier d'avoir épousé sa propre fille. Cependant, même ses pires ennemis ne lui ont pas contesté la paternité de ses succès.

Sur le fait qu'aucun manuscrit de Molière ne soit arrivé jusqu'à nous, il précise qu'il en est en fait de même pour Corneille et pour Racine, excepté quelques notes conservées par des descendants et, qu'à cette époque, il n'était pas d'usage de conserver les manuscrits après publication.

Concernant le fait que Molière soit devenu subitement un auteur de génie à un âge avancé, Forestier pense qu'au contraire, l'évolution de l'œuvre de Molière montre une vraie progression avant sa première grande comédie L'École des femmes. Il donne aussi l'exemple d'Umberto Eco qui écrivit son premier roman Le Nom de la rose à quarante-huit ans. Quant au séjour à Rouen, les pièces qu'il a jouées à son retour, pendant quatre ans, sont des pièces antérieures à cet épisode. Ainsi, il faudra attendre ces quatre années pour voir apparaître L'École des femmes, comédie en cinq actes et en vers.

Enfin, selon Forestier, la thèse selon laquelle Corneille aurait eu des problèmes financiers est une légende. En effet, il est mort riche et sa venue à Paris en 1662 est le couronnement du succès.

En plus de ces contre-arguments, Forestier rappelle que les frères Corneille ont organisé une cabale contre L'École des femmes, pièce où Molière se moque ouvertement des titres de noblesse des Corneille. Il est donc peu probable, selon Forestier, que Corneille ait écrit, puis critiqué une œuvre dans laquelle il se moque de son frère et de lui-même.

Il note enfin que, durant la période où Corneille est censé avoir écrit pour Molière, il publiait L'Office de la Sainte Vierge, une œuvre qui a dû demander un énorme travail de traduction et de versification, et il aurait eu donc difficilement le temps d'écrire en même temps pour Molière.

En haut



Source : Wikipedia