Parentalité

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Posté par hal 27/02/2009 @ 12:00

Tags : parentalité, famille, société

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Parentalité

La parentalité est devenu un mot du vocabulaire usuel depuis la fin du XXe siècle sans que soit interrogée la substance qu'il recouvre. Il ne bénéficie à ce jour d’aucune définition reconnue dans les dictionnaires de langage courant.

Ce terme prend ses assises dans une sphère médico-psycho-sociale élargie et tente de définir la fonction « d’être parent » en tenant également compte des aspects juridiques, politiques, socio-économiques, culturels et institutionnels. L’exercice de la parentalité devient de plus en plus complexe. Familles recomposées, familles pluri-parentales, foyers monoparentaux, beau-parentalité, parentalité adoptive, homoparentalité, procréation médicalement assistée, évolution juridique et nouveaux droits, etc., interrogent nos coutumes en tant que parents, futurs parents, professionnels de l'enfance.

La parentalité n'est donc pas un terme qui définisse seulement l'attachement parents enfants.

Selon une définition donnée en 2004 par le Centre « Recherche en systèmes de santé » de l'Ecole de santé Publique de Huy-Waremme, la parentalité est «l’ensemble des savoir-être et savoir-faire qui se déclinent au fil des situations quotidiennes en paroles, actes, partages, émotions et plaisirs, en reconnaissance de l’enfant, mais également, en autorité, exigence, cohérence et continuité».

Cette définition décrit fort bien l’ampleur de la tâche et les difficultés auxquelles les parents et futurs parents devront faire face. On ne naît pas parent mais on le devient …

L'article 18 de la Convention Internationale des Droits de l'enfant conforte le principe selon lequel les deux parents ont la responsabilité commune d'assurer l'éducation et le développement de l'enfant. Le père et la mère d’un enfant seraient ceux qui s’engagent à assumer prioritairement et principalement ces responsabilités, celles attachées à la parenté et dans le lien de filiation. Le droit ne permet pas de passer de la parenté à la parentalité, mais le concept de parentalité est étendu à toute personne ayant charge d'enfant, y compris les structures de prévention et de promotion de la santé afin d’améliorer «l’environnement» des familles et les actions de la parenté au bénéfice de l’enfant.

La Parentalité base documentaire de l'association Les Papas = Les Mamans.

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Homoparentalité

Famille homoparentale.

L'homoparentalité désigne le lien de droit ou de fait qui lie un ou des enfants à un couple homosexuel.

L’homoparentalité partage avec la parentalité hétérosexuelle les notions de couple et de procréation. Comme dans la famille recomposée, elle connait la coexistence des parents biologiques et des parents sociaux, qui n’ont pas conçu l’enfant mais tiennent le rôle de parents. La vie sexuelle, là comme ailleurs, ne préjuge pas des compétences parentales.

L'homoparentalité soulève de nombreuses questions, notamment dues au regard que porte la société : la transparence sur les origines biologiques de l'enfant, la coexistence de parents biologiques et de parents sociaux et la place de ces derniers. La plupart de ces questions sont celles qui traversent également d'autres formes familiales telles que la famille adoptive, famille monoparentales, famille recomposées.

Aujourd'hui 13 pays sur 226 ont donné le droit d'adopter aux couples de personnes de même sexe. Ce nombre augmente d’année en année.

Même si l'accroissement du nombre de familles monoparentales ou recomposées a fortement changé le schéma classique de la famille nucléaire composée d'un père, d'une mère et des enfants, les familles homoparentales présentent des schémas plus complexes que les familles hétérosexuelles. Le concept de famille nucléaire est, en tant que modèle sociologique dominant, relativement récent, datant du XIXe siècle. Il a progressivement remplacé le modèle de la famille élargie qui comprend aussi les grands-parents, parfois les oncles, les tantes et leurs descendants. En Grèce antique, la famille élargie en une « maisonnée » regroupe aussi les esclaves devant obéir au pater familias.

Afin d'obtenir une reconnaissance légale des familles homoparentales, les associations ont créé ou repris des notions pour définir l'ensemble des acteurs qui composent la famille et qui profitent également à tous les schémas familiaux contemporains où procréation, parentalité et relation de couple ne se superposent pas nécessairement.

Le parent biologique, dit parfois parent génétique, est le parent dont le génome a été utilisé lors de la procréation.

Le parent légal est le parent, biologique ou non, qui a reconnu (ou pu reconnaitre) l’enfant. Il exerce ou non l’autorité parentale. Le Code civil français se garde bien de s’aventurer sur le terrain « biologique » et définit la filiation de manière pragmantique comme étant liée au fait d’avoir porté le nom du ou des parents, d’être considéré comme leur enfant par ceux-là, par la famille, par la société et que l’état-civil l’ait reconnu comme tel. Un parent adoptif sera ainsi un parent légal non-biologique.

La mère pour autrui ou mère porteuse est la femme qui a assuré la gestation de l’enfant. Elle peut ne pas être la mère biologique.

Dans le cadre de la famille recomposée, le beau-parent est l’époux du parent légal se conduisant comme un parent vis-à-vis de l'enfant.

À ces schémas plus ou moins anciens, les homosexuel(le)s cherchant à fonder une famille, ont ajouté celui de la coparentalité où, sur deux parents biologiques, l'un au moins est homosexuel. Ce schéma pouvant réunir deux couples et une géométrie variable quant à la définition de ceux qui assurent le projet parental, la notion de parent social a été créée pour définir la personne qui se comporte comme parent sans avoir le statut de parent légal ni avoir été le parent biologique. En règle générale, on parle de second parent lorsqu’il s’agit de la ou du partenaire qui participe à l'éducation de l'enfant aux côtés du parent légal homosexuel.

L'homoparentalité, qui implique la présence d’au moins un parent homosexuel, regroupe plusieurs situations familiales différentes et que l'on classe selon l'origine des enfants.

Il arrive que l’un des parents légaux de l’enfant vive avec une personne du même sexe qui agit comme un parent social, en s’investissant dans l’éducation et les soins portés à l’enfant, et qu’il l’aime comme si c’était son propre enfant, indépendamment de la filiation.

Ce parent social, avec lequel les parents légaux peuvent éventuellement partager l’autorité parentale, est, la plupart du temps, dénué de droits.

Chez les couples hétérosexuels, dans ce même contexte, la reconnaissance de l’enfant pourrait se faire grâce à un acte de notoriété au moyen de preuves et témoignages devant un notaire ou le tribunal d’instance (possession d’état) ou bien un jugement, une déclaration devant un officier d'état-civil ou un notaire (acte authentique).

Une personne vivant en couple peut adopter des enfants dont la filiation légale reste unique alors qu’ils sont élevés, dans les faits, par deux parents. Les enfants peuvent être privés des liens qu’ils ont tissés avec la personne qui n’est pas leur parent légal, en cas de décès de celui-ci ou de séparation des partenaires. Cette situation concerne aussi les concubins hétérosexuels.

Dans les cas où l'homoparentalité n'est pas reconnue, l'adoption par un seul des membres du couple est parfois possible (c'est le cas en France, où l'adoption par un « célibataire » est possible mais pas par un couple lié par un PACS). Cette solution est toutefois souvent rendue difficile par les services d'adoption pour les personnes affichant leur homosexualité et nécessite, si l'on veut dissimuler son homosexualité, de mentir sur son orientation sexuelle voire de nier l'existence d'un compagnon ou d'une compagne dans le cas d'un célibataire déclaré comme tel (auprès des services des impôts, par exemple) mais vivant, de fait, en couple.

Exceptionnellement, l'adoption simple a pu être utilisée en France, afin de créer des liens de filiation entre un enfant et le partenaire de même sexe d'un parent sans mettre fin au lien de parenté légal avec ce parent. L'adoptant exerce alors seul l'autorité parentale. Toutefois un arrêt rendu par la Cour de cassation le 24 février 2006 modifie l'état de la jurisprudence et reconnaît pour la première fois à deux femmes qui vivent une relation stable et harmonieuse le droit d'exercer en commun l'autorité parentale sur deux enfants qu'elles élèvent ensemble depuis leur naissance. La mère titulaire de l'autorité parentale délègue alors tout ou partie de l'exercice de cette autorité à sa partenaire.

Le 20 février 2007, la Cour de Cassation en cassant un arrêt de la cour d'appel de Bourges a rendu impossible l'adoption homoparentale par l'autre conjoint.

Pour l'adoption de l'enfant du conjoint, la différence d'âge exigée entre l'enfant et le parent adoptif n'est plus que de 10 ans . Comme dans l’adoption par une seule personne, les enfants n’ont ici qu’un seul parent légal et leurs liens avec le « second parent » ne sont pas protégés, en particulier en cas de séparation, de décès ou d’invalidité.

La loi française interdit l’insémination avec donneur aux personnes seules ou homosexuelles et interdit le recours à la gestation pour autrui (mère porteuse).

Il y a là de deux à quatre personnes autour du berceau de l’enfant : les parents naturels c’est-à-dire une mère lesbienne et/ou un père gay, et leurs éventuels partenaires, ce qui permet la présence conjointe de figures paternelle et maternelle.

À la différence des beaux-parents qui arrivent dans un second temps, les partenaires sont des co-parents, car ils sont prêts à s’engager vis-à-vis de l’enfant dès sa conception. Ils assurent le quotidien comme les parents naturels et se sentent des parents à part entière même s’ils n’en ont pas le statut légal.

La controverse entre les partisans et les opposants de la famille homoparentale est vive. Le sujet est neuf et cette nouveauté inquiète ou donne espoir, selon le camp où l’on se place. En 1991, le groupe « Sociologie de la famille », créé en 1989 au sein du CNRS, publie La Famille, état des savoirs qui ne consacre pas une ligne au couple homosexuel. « À l'époque, personne n'en a fait la critique », note François de Singly qui avait dirigé l'ouvrage.

Certains défenseurs de l’égalité devant la loi considèrent le refus d'accepter et de reconnaître l'homoparentalité comme une forme d'homophobie. Daniel Borrillo pense que le fait de reléguer l'homosexualité dans le domaine de l'intime, du privé, et de réserver la reconnaissance de droits conjugaux et familiaux aux seuls couples hétérosexuels relève de l'homophobie libérale. Didier Eribon considère le mariage et le droit comme des moyens d'« instaurer et reproduire la distance infranchissable (…) entre la norme et l'homosexualité. » Il ajoute que l'argument comme quoi il faudrait défendre « le-droit-des-enfants-à-avoir-un-père-et-une-mère » comme « ridicule (…) dans le monde contemporain ou tant d'enfants sont élevés par un seul parent – mais aussi par des parents de même sexe. » Cet argument exprime selon lui « l'horreur éprouvée par les homophobes de tous horizons politiques ou philosophiques devant ce qu'ils pressentent de la forme d'innovation et d'invention dont est porteuse l'homosexualité. » « Il est bien évident qu'il existe un racisme spécifiquement sexuel, qui refuse de considérer l'amour pour le même sexe comme équivalent à l'amour pour l'autre sexe. (…) ce qui est rejeté ou infériorisé, c'est tout simplement "l'amour pour le même". Pour s'opposer au droit au mariage, à l'adoption, à la procréation médicalement assistée ou, plus simplement, à toute forme de reconnaissance juridique des couples de même sexe, il suffit de faire appel à l'idée ou au présupposé qu'il y aurait une supériorité naturelle, biologique, culturelle ou éthique  ».

D’autres avancent qu’il faut assurer la protection juridique des enfants quel que soit leur environnement familial. En cas de décès du parent légal ou de séparation du couple, le lien tissé entre un enfant et le parent social n'est pas protégé par la loi.

L'adoption pour les couples homosexuels est un argument spécieux pour justifier le rejet de l’homoparentalité puisque ces couples peuvent devenir parent de diverses manières (voir ci-dessus). Il s'agit davantage d'accorder les mêmes droits aux enfants issus de couples hétéros ou homos (parentalité, succession…).

Un vide juridique existe et il doit être comblé : il existe entre 15 000 et 20 000 familles dont les parents sont un couple homosexuel.

Aucune étude n'a pu démontrer que les enfants élevés dans des familles homoparentales sont moins heureux que les autres et connaissent des difficultés à s'adapter socialement, ce qui contredit l'argument des opposants à l'homoparentalité, pour qui les enfants auraient besoin d'un père et d'une mère pour se structurer psychologiquement. Il y a plusieurs centaines d'études dont certaines dès les années 1970. Dans les pays où l'homoparentalité a pu se développer du fait d'une législation favorable, les enfants devenus adultes sont maintenant parents eux-mêmes.

La parentalité biologique complète n'est pas nécessaire au développement psycho-social du jeune. Que les parents sociaux soient les parents biologiques ou non a moins d'influence que les types d'autorités utilisés dans l'éducation (démocratique, autoritaire ou permissif) ou la dynamique familiale. Nombre de familles dans différentes cultures confient "à vie" leurs enfants à d'autres.

De même, rien ne montre que les enfants de parents homosexuels deviendraient plus souvent homosexuels que les enfants de parents hétérosexuels. Ni même que cela influe sur leur acceptation de l'homosexualité dans leur future vie sociale. Bien des problèmes évoqués sont uniquement liés au caractère "inavouable" du statut de leurs parents face à une société qui serait encore intolérante. Toutefois les modèles sociaux de famille évoluent.

Des problèmes psychologiques peuvent survenir à l'adolescence, mais certains estiment qu'ils ne sont pas différents de ceux vécus par les autres enfants quand s'opère le développement de l'identité personnelle indépendante de celle des parents. Les problèmes d'identité des adolescents ne sont pas inhérents au statut des parents, cette phase se passant de façon tout à fait normale par un rejet affiché des parents, et une prise d'autonomie transgressive destinée à tester les degrés de liberté dont les enfants disposent pour former leur propre personnalité de futur adulte. Ces périodes de conflits sont aussi délicates ou difficiles pour l'adolescent de parents homosexuels que pour les enfants de parents hétérosexuels.

La loi française donne la possibilité à un couple hétérosexuel stérile d’adopter un enfant, elle donne cette même possibilité à un ou une célibataire d’adopter un enfant mais considère qu’un couple, une ou un célibataire homosexuel ne doit pas, ne peut pas assumer cette fonction parentale.

Cette notion est un renversement de perspective, car elle fait passer le droit à l'enfant pour tout adulte, avant le droit pour tout enfant d'avoir une famille "quelconque", c'est-à-dire que la personne prioritaire n'est plus l'enfant, mais l'adulte qui souhaite avoir un enfant, quitte à prendre certains risques au détriment éventuel de ce dernier.

Les personnes contre l'homoparentalité ne denient pas pour la plupart l'amour sincère que peuvent avoir deux personnes de même sexe pour un enfant. Mais un enfant a aussi besoin de repères psychiques et sociaux qui ne lui seraient pas ou moins apportés, selon eux, par un couple homosexuel.

En 2004, il y avait en France 23 000 couples en attente d’adoption et cinq fois moins d’enfants, environ 5 000, en attente d’être adopté. Certains, devant ces chiffres, pensent que les couples hétérosexuels sont prioritaires. Les députés Jean-Marc Nesme, Bernadette Dupont et Pierre-Christophe Baguet fondent, à ce titre, en 2006, une Entente parlementaire pour pour la défense du droit fondamental de l'enfant d'être accueilli et de s'épanouir dans une famille composée d'un père et d'une mère qui produit un manifeste homonyme signé par 316 parlementaires de droite.

Les études faites sur le sujet ont une faible valeur car elles n'ont pas le recul nécessaire (au moins une génération), concernent un très petit nombre de 'foyers' (non représentatifs statistiquement) et ne sont pas reproductibles.

Tous les homosexuels ou lesbiennes ne soutiennent pas le mariage gay et l'homoparentalité. Se qualifiant par ailleurs de « premier académicien ouvertement gay », Dominique Fernandez, en 1999, ironise : « à quand les pantoufles, le caniche, le pot-au-feu ? », au sujet des revendications très « ordre moral » des nouveaux militants LGBT.

Pour certains penseurs contemporains, ces nouvelles revendications égalitaires font partie d'une forme de dérégulation néo-libérale, celle-ci ayant intérêt à favoriser partout l'individu au détriment de structures sociales plus larges et historiquement éprouvées. La volonté de conforter l'individu dans son désir de toute puissance, et dans le cas présent avoir des enfants en dehors des contraintes biologiques propres à l'espèce humaine, serait l'équivalent de celle de faire circuler les capitaux sans contrainte.

De nombreuses études scientifiques et sociologiques ont été réalisées depuis une trentaine d’années sur l’homoparentalité et le développement de l’enfant élevé par des couples homosexuels (gays ou lesbiens). Une interrogation systématique des bases de données bibliographiques scientifiques sur ce sujet ramène près d'un millier de références. Sur ce millier de références bibliographiques, quelques centaines de travaux sont des études scientifiques. Le guide bibliographique 2007 de l'Association des parents gays et lesbiens a été constitué à partir d'une interrogation systématique des bases de données universitaires et du CNRS, les sites commerciaux de librairie en ligne ayant constitué un deuxième type de source. Ce guide bibliographique mentionne les quelques études défavorables. Elles sont moins d'une dizaine d'études à conclure que les enfants élevés par des couples homosexuels auraient plus de chances de développer des troubles psychiques au cours de leur adolescence ou que les homosexuels sont moins aptes à élever un enfant que les couples hétérosexuels. Ces études négatives, telles No es igual sont le fait de militants catholiques ou de chercheurs critiqués par le reste de la communauté scientifique, tel Cameron qui a été radié de l'American psychological association pour violation des principes éthiques des psychologues. Toutes les autres études concluent qu’il n’y a pas de différences (au niveau de la qualité de l’éducation donnée et des risques de troubles psychologiques) entre les enfants élevés par des homosexuels et ceux élevés par des hétérosexuels. Quant à l’orientation sexuelle des enfants, les conclusions des études de Golombok (1995) et du Dr Williams conduisent à 9% d’enfants avec une orientation homosexuelle.

Les conférences sur l’homoparentalité et les rapports d’études sur le sujet se multiplient depuis quelques années en Europe et en Amérique du Nord. Actuellement, ces conférences et ces travaux tendent majoritairement à confirmer les arguments des défenseurs de l’homoparentalité.

De nombreux doutes sont régulièrement exprimés quant à la validité des études réalisées essentiellement par les opposants à l'homoparentalité. En particulier, les critiques portent sur les mauvais échantillonnages réalisés (couples choisis pour les études et non sélectionnés aléatoirement, sélection de groupes de contrôle – couples hétérosexuels – inadéquats…) et sur l’absence de suivi des enfants sur la durée (difficultés à suivre le développement de l’enfant de sa naissance ou de son adoption jusqu’à l’âge adulte). Les adversaires de l’homoparentalité arguent que les études ne sont pas fiables parce qu’elles présenteraient trop de biais.

Il est pratiquement impossible de transformer une relation sociale complexe telle que la relation parent-enfant en éléments complètement quantifiables et ceci est vrai quelle que soit la population étudiée. Les études basées sur une méthode qualitative par entretiens ne prétendent pas avoir une représentativité statistique.

Du fait de l’« invisibilité » des gays et des lesbiennes à cause de l’homophobie et du regard social, on ne peut pas savoir si les participants d’une étude sont représentatifs de tous les homosexuels. Les échantillons statistiques seraient trop petits, constitués de quelques dizaines à quelques centaines et ne pourraient être représentatifs. Lorsqu'on sait que mille personnes suffisent à représenter la population française dans son ensemble, la taille des échantillons pour étudier les familles homoparentales ne semble pas ridicule compte tenu du fait que cette population est également petite (entre 4 à 10% de la population générale).

Si les effectifs apparaissent quelquefois assez faibles, le cumul des études est suffisant pour la prise en compte des résultats. Certaines études portent sur des centaines de participants. L'étude sur les familles homoparentales de Suzanne M. Johnson et Elizabeth O.Connor, réalisée en 2001, porte sur un échantillon de 415 personnes. En France, Martine Gross, sociologue au CNRS, a réalisé plusieurs études portant sur plusieurs centaines de parents, qui confirment la banalité des familles homoparentales, confrontées aux mêmes joies et peines que les familles plus traditionnelles. En tant que sociologue, elle ne se penche pas sur le développement psychologique des enfants élevés par des parents homosexuels.

Les couples homosexuels ne seraient pas sélectionnés de façon aléatoire, et seraient choisis par d’autres personnes sélectionnées ou par des associations de défense des droits des personnes homosexuelles. Les participants ne sont pas choisis. Les chercheurs, pour étudier une population qui n'est pas particulièrement visible, du fait de la non-désirabilité sociale de l'homosexualité, n'ont pas d'autre choix que de s'adresser au réseau associatif gay et lesbien ou à la presse spécialisée. Les associations homosexuelles sont certes militantes mais leurs adhérents sont pour 90% d’entre eux des gens qui veulent rencontrer d’autres personnes comme eux et qui ne sont pas particulièrement militants.

Il est extrêmement difficile de contacter des gens hors association et même en passant par voie de presse, il n’est pas exclu de retomber sur des membres d’associations ou des personnes encore plus militantes que celles appartenant à une association de parents homosexuels.

Ensuite la méthode « boule de neige » pour recruter des personnes est bien connue des sociologues : il s’agit de demander à une personne qui a accepté de se soumettre à l’enquête si elle peut indiquer au chercheur d’autres personnes qui d’après elle, pourraient accepter de répondre. C’est une méthode largement utilisée en sciences sociales.

Les études qui se sont penchées sur les familles homoparentales et leurs enfants sont aussi fiables que peuvent l’être les études dans d’autres domaines du développement de l’enfant et de la psychologie.

Les études en question ont été publiées dans des périodiques à comité scientifique très sélectifs, dont les standards représentent un consensus d’experts sur les standards scientifiques pour la recherche sur le développement de l’enfant. Ces périodiques incluent Child Development et Developmental Psychology, deux journaux reconnus pour leur sérieux dans le champ disciplinaire du développement de l’enfant.

Sans rentrer dans les batailles de méthodes entre les tenants de la quantification et ceux des approches qualitatives, les tenants de la psychanalyse et ceux des théories cognitives, les centaines d’études présentées dans le « guide bibliographique de l’homoparentalité 2007 » de l'APGL sont le reflet de la diversité des approches. Les protocoles utilisés sont validés par la communauté scientifique des différentes écoles de la discipline concernée.

Les critiques de ces études sont donc des attaques « biaisées » de méthodes validées en sciences sociales. Elles ne soulèvent par ailleurs aucune objection sur des études pourtant moins rigoureuses et généralisables portant par exemple sur l’impact du divorce sur les enfants. Ces critiques concernent les études sur l’homoparentalité non pas à cause des méthodologies qu’elles utilisent et qui seraient différentes ou inférieures à celles utilisées dans la plupart des études sur les relations familiales, mais parce qu’il s’agit de s’opposer politiquement à l’égalité des droits en matière de famille pour les gays et les lesbiennes.

Les textes cités par les détracteurs de l'homoparentalité tels que ceux de P. Morgan en Grande Bretagne ou celui de Joy Holloway ou encore de Fontana, Martinez et Romeu en Espagne, ne sont pas des études scientifiques, mais des compilations critiques de textes épars. Leurs auteurs n’ont procédé à aucune étude sur le terrain, ils n’ont vu aucun parent gay ou lesbien, ni aucun de leurs enfants.

Ils dénoncent l’orientation sexuelle supposée de certains auteurs (de l’American Psychological Association), la partialité ou le « politiquement correct » d’autres auteurs (de l’Association américaine de pédiatrie), qui concluent à l’absence de dommages pour les enfants (2002). Cette méthode consistant à mettre en avant une supposée partialité des auteurs peut tout à fait se retourner contre les détracteurs de l'homoparentalité. Ces auteurs critiques sont eux-mêmes des membres du Christian Institute (Grande Bretagne) ou des militants des milieux catholiques conservateurs ayant tenté en vain de s’opposer à la modification de la législation espagnole en 2005. Le texte de Fontana, Martinez et Romeu a été décrédibilisé lors des travaux parlementaires ayant donné lieu à la nouvelle législation espagnole sur l’adoption. Ces auteurs s’étaient vus opposés un contre-argumentaire pertinent de la part de la Fundacion Triangulo por la igualdad social de gais y lesbianas lors de l’audition parlementaire du 6 juin 2005, intitulé : « no es verdad « no es igual » (« ce n’est pas pareil ne dit pas la vérité »).

Ces militants conservateurs se sont emparés de l’étude de Golombok ou de celle de Stacey et Biblarz pour mettre en avant et exagérer les résultats qui pouvaient accréditer leurs thèses. Stacey et Biblarz indiquent en effet dans leur synthèse des études (2001), qu’il existerait quelques (rares) différences entre les enfants élevés dans un foyer homoparental et les autres.

Aucune de ces différences ne s’applique cependant à l’estime de soi, au bien-être, au développement psychologique ou à l’ajustement social des enfants. Ces différences de plus, ne sont pas des déficits mais plutôt des avantages. Par exemple, de nombreuses études montrent que les co-mères partagent de manière plus équitable que les couples hétérosexuels les tâches domestiques et parentales et les résultats indiquent que les enfants tirent un bénéfice de ce partage égalitaire.

Quelques études montrent que les lesbiennes s’inquiètent moins que les parents hétérosexuels de la conformité aux normes de genres pour leurs enfants. Aux yeux des auteurs « conservateurs », ces différences sont préoccupantes.

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Médiation familiale

La médiation familiale est un outil au service des familles en vue de restaurer ou préserver les liens familiaux et/ou à prévenir les conséquences d'une éventuelle dissociation du groupe familial.

Elle repose sur une démarche volontaire des familles qui la sollicitent afin de répondre à des aménagements du quotidien qui leur paraissent nécessaires mais dont les modalités d'élaboration restent difficiles.

Proposée initialement aux parents désireux de maintenir leurs rôles parentaux au-delà de la séparation, la médiation familiale s'adresse aujourd'hui à la famille dans sa diversité : parents, enfants, grands-parents, fratries, familles recomposées... concernant la séparation, la succession, la prise en charge d'une personne âgée et/ou dépendante...

Le médiateur familial, tiers impartial, non jugeant, offre, au cours d'entretiens confidentiels, un espace transitionnel de dialogue, d'écoute, de respect mutuel et de concertation. La médiation familiale constitue un moyen pour chacun d'être acteur des décisions qui y seront prises, de connaître ses droits, devoirs et responsabilités, afin d'élaborer ensemble des solutions et des accords qui répondent aux besoins de la famille.

La médiation familiale participe d'une préoccupation interprofessionnelle de soutien et d'accompagnement à la parentalité, notamment en ce qui concerne pour l'enfant le maintien des liens avec ses deux parents, au-delà de leur séparation.

La médiation familiale s'est construite avec des instances nationales telles que l'Association Pour la Médiation Familiale (APMF),et la Fédération Nationale de la Médiation Familiale (FENAMEF) qui fédère les activités des promoteurs de médiation familiale telle que l'association Parents-Enfants-Médiation à Montpellier déclarée parmi les toutes premières en début début 1989. Cette association avait déposé une pétition sur le Parlement européen en décembre 1988, dans la mouvance de SOS Enfants du divorce qui est à l'origine, avec l'appui de la Fédération des Mouvements de la Condition Paternelle (FMCP), de la suppression de mot "garde" dans le code civil français en juillet 1987.

La pétition de SOS Enfants du divorce, en accord avec les demandes de nombreuses associations en France, revendiquait l'établissement de l'autorité parentale conjointe au bénéfice de tous les enfants, quel que soit le statut matrimonial des parents. Elle proposait notamment qu'une étude soit effectuée en faveur de l'élargissement des recours à la médiation familiale sur tous les territoires de la Communauté européenne.

Des associations de médiation familiale ont demandé une reconnaissance par l'Etat français de leur spécialité. Les médiateurs familiaux diplômés par l'Etat exercent principalement au sein des structures liées à l'Etat (associations subventionnées, CAF, UDAF...). Le diplôme d'État de médiateur familial (DEMF) - Niv. II. - Décret n° 2003-1166 du 2 décembre 2003 a été créé et a fait l'objet de contestations, notamment par la Chambre professionnelle de la médiation et de la négociation, en raison de la segmentation qu'elle implique, alors que la médiation nécessite des compétences transversales et de la connotation induite de préférence culturelle et juridique.

L'APMF comme la FENAMEF soutiennent que la spécificité de la médiation familiale se justifie du fait qu'au sein de la famille se jouent des relations où l'affectif joue un rôle décisif, qui a peu à voir avec ce qui se passe entre deux voisins ou encore plus, entre deux institutions. Il est donc nécessaire d'avoir une formation qui tienne compte de cette dimension très spécifiques entre les médiés.

Des universités agréées ont mis en place des formations initiales et des formations continues (D.U. de médiation, Master...) soit généralistes soit spécialisées en matière familiale. La Chambre professionnelle de la médiation et de la négociation recommande les formations généralistes et comportementalistes sur la médiation. En ce sens, elle propose un diplôme, le certificat d'aptitude à la profession de médiateur, CAP'M, ouvert à la diversité, promouvant une approche philosophique et comportementaliste des personnes physiques et morales.

Pour obtenir un diplôme d'état de médiation familiale, il est possible de s'adresser à des centres agréés tels que l'Institut des Sciences de la Famille (Lyon), ou l'Association Française des Centres de Consultation Conjugale - (Paris).

La démarche est avant tout volontaire et les participants doivent être d'accord sur le processus qui les implique dans la recherche d'un dialogue positif excluant toute stratégie gagnant-perdant.

La Loi sur le divorce (2004) encourage la médiation familiale, et autorise le juge, après accord des parties, à ordonner à un couple de rencontrer un médiateur pour un entretien gratuit (art 373-2-10 du Code Civil).

Le médiateur familial doit assurer la neutralité et l'impartialité de la médiation familiale. Dès le début un contrat est passé entre les protagonistes et le médiateur familial, par lequel ils s'engagent mutuellement à respecter durant tout le processus un certain nombre d'attitudes : pas d'agression verbale, confidentialité totale, écouter l'autre, respecter l'autre...

Le médiateur familial accompagne la famille dans des moments d'exacerbation de conflits, pour rétablir un dialogue, trouver des accords acceptables pour elle-même, prenant en compte l'intérêt de chacun -- parents et enfants. Lorsque les conflits familiaux envahissent toute la famille, parents, enfants et entourage proche, la distance nécessaire pour accomplir les différents rôles familiaux peut s’avérer être inaccessible. Il devient alors difficile de concilier les besoins affectifs, psychologiques et économiques de chacun. En qualité de tiers, neutre car non engagé dans le conflit, le médiateur familial ouvre un espace préalable à la prise de distance, qui facilite une réflexion commune concernant l’élaboration de nouvelles modalités d’une organisation familiale en mutation.

Le conflit est généralement ce qui amène les personnes en médiation familiale. Il est le reflet de l'émergence de nouveaux intérêts que les personnes expriment à travers des positions (je refuse que, je veux que etc.) Si ces positions servent a priori au mieux les intérêts de la personne qui les énonce, elles cachent les craintes, besoins et désirs sous-jacents, difficiles à exprimer. C'est à ce travail de décryptage des positions, qu'une grande partie du processus de médiation familiale sera consacré.

À l'issue du processus de médiation, les décisions prises pourront être consignées dans un protocole d'accord ou bien rester orales. Cela dépendra des choix faits par les protagonistes. Si ce protocole ou convention est rédigé en vue d'une homologation par le JAF, il devra cependant être écrit et co-signé par les médiés. Remarque : cette demande d'homologation auprès du JAF peut être saisie en dehors de toute procédure.

Le médiateur peut les accueillir au cours d'une ou plusieurs séances, après en avoir évalué la pertinence et s'être assuré de l'accord des deux médiés.

Parce que c'est un outil d'autodétermination le recours à la médiation familiale n'est pas toujours possible, voire pertinent, comme dans le cas de déséquilibres de pouvoir entre les parties, lorsque la séparation n'a pas encore été élaborée, dans un contexte de fragilité psychique (dépression, violences psychologiques ou physiques).

Cependant, si la médiation familiale ne peut avoir lieu maintenant, son recours peut être envisagé ultérieurement.

Deux cas de figure se présentent : le médiateur est salarié d'une association subventionnée par la CAF ou il est indépendant et ses services sont payés par les parties qui font appel à lui.

La médiation familiale ouvre aux parents en conflits un espace au sein duquel ils pourront trouver ensemble des aménagements de l'exercice de l'autorité parentale conjointe qui répondent au mieux des intérêts de tous.

Les couples (mariés ou non, pacsés) en situation de rupture ou de séparation, les familles recomposées. La médiation familiale peut être entreprise, à tout moment : avant, pendant ou après une rupture ou un divorce. En cours de procédure judiciaire, lors d'une rupture (mariage ou non), le juge peut proposer une médiation lorsque les parents ne communiquent plus ou ne parviennent pas à s’entendre sur les conséquences de la séparation : modalités de l'exercice de l’autorité parentale conjointe, contribution à l'entretien et à l'éducation, lieu de résidence des enfants, droits de visite et d’hébergement, liquidation du patrimoine etc.

Le recours à la médiation familiale est possible dans tous les types de divorce, les séparations de fait et les ruptures de concubinage avec enfants.

La médiation familiale telle qu'elle est souvent pratiquée, sous les obédiences confessionnelles et la psychologie, n'est pas neutre. Elle propose une orientation a priori de la solution, centrée sur l'enfant. Elle cherche à maintenir les liens familiaux et dans un contexte de séparation conjugale, à favoriser la parentalité au delà de la rupture conjugale, en donnant la priorité à l'intérêt de l'enfant.

Le Juge aux affaires familiales (JAF) peut, après avoir recueilli l'accord des parties, la proposer en cas de désaccords concernant les modalités d'exercice de l'autorité parentale et de l'obligation d'entretien et d'éducation.

Une convention, accord écrit passé entre les protagonistes au cours de la médiation, vient concrétiser les accords mutuels réglant les rapports familiaux. Elle ne produira un effet de droit qu'après homologation du JAF, la convention aura alors force exécutoire. Pour autant seul le JAF attribue le droit en matière familiale, les conventions ne concernent que les modalités d'exercice du droit en matière d'autorité parentale, c'est le principe d'indisponibilité de l'autorité parentale et de l'obligation d'entretien et d'éducation.

Ce qui caractérise la médiation familiale internationale c'est, comme en médiation familiale lors de séparations conjugales, des parents en conflits quant à l'exercice de l'autorité parentale, avec ici la particularité relative à la nationalité des parents (parfois des enfants) et dans certains cas, le risque de déplacement illicite d'enfants transfrontières. Dans ce contexte particulier de différences interculturelles, le médiateur facilite la construction du sens autour du conjugal et de la trajectoire migratoire.

Voir la Mission d'aide à la médiation internationale pour les familles (MAMIF) et les accords internationaux qui sont mentionnés sur sa page de présentation.

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Homosexualité dans le christianisme

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La position du christianisme sur l'homosexualité renvoie à la lecture spirituelle du rapport entre l'Homme et sa sexualité.

Le christianisme, à l'instar des autres religions monothéistes, a toujours considéré l'homosexualité comme un acte contre nature, un péché. Est péché tout ce qui éloigne de Dieu, et l'homosexualité est ainsi affichée comme une « voie sans issue », une démarche qui ne peut pas mener à l'épanouissement spirituel.

L'autre dimension de la condamnation est que l'homosexualité est montrée comme un « objet de scandale » vis-à-vis des autres. L'éducation et la discipline étant nécessaires pour que l'homme ne s'égare pas spirituellement, il est souhaitable que la morale et l'ordre social les favorisent. De ce point de vue, atténuer la condamnation de l'homosexualité risque de mettre en danger la vie spirituelle communautaire.

Aujourd'hui les positions des différentes églises tendent à évoluer de diverses manières. D'une part, la distinction est mieux faite entre l'acte homosexuel (condamnable pour la plupart d'entre elles) et la personne présentant des tendances homosexuelles, appelée homophile, plus facilement accueillie dans sa complexité. D'autre part, la libéralisation des mœurs modernes conduit à s'appuyer plus sur une pratique communautaire locale que sur un ordre social global pour défendre et propager les valeurs morales nécessaires. Ce changement de portage relativise l'enjeu social de la condamnation traditionnelle.

La condamnation de l'homosexualité par les deux Testaments est généralement claire. Cependant, la manière de comprendre certains passages est discutée (voir plus bas, « Le débat actuel dans les Églises chrétiennes »).

Dans le livre du Lévitique de l'Ancien Testament un passage est considéré, par les orthodoxes, comme une condamnation relativement explicite de l'homosexualité.

Dans la référence législative à la pratique de l'homosexualité, c'est sans doute la première acception du terme abomination qu'il faut retenir.

Les défenseurs chrétiens de l'homosexualité retiennent souvent cette interprétation. Elle signifie que la condamnation biblique de l'acte homosexuel est conditionnée, à cette époque ponctuelle, par la situation d'Israël, qui devait ainsi se démarquer des pratiques des peuples réprouvés par Dieu. Cette condamnation est donc, pour les libéraux, maintenant désuète, dans la mesure où le contexte qui l'expliquait a cessé d'exister.

On notera enfin l'expression « ils seront punis de mort : leur sang est sur eux ». Cet extrait a été pris comme argument par des religieux lors de la découverte du Sida pour dire que le Sida était infligée par Dieu aux homosexuels comme punition.

L'épisode concernant Lot à Sodome (Genèse 18–19) est souvent cité comme une condamnation de l'homosexualité par la Bible.

Dieu, alerté par « le cri contre Sodome », dont le « péché est énorme », est résolu à détruire la ville pour punir ses habitants (Génèse 18:20-21). Après un épisode de marchandage où Dieu finit par promettre à Abraham d'épargner la ville s'il reste au moins dix justes (Genèse 18:22), il envoie alors deux anges vérifier si le péché est avéré. Ces anges arrivent à Sodome et Lot, le neveu d'Abraham, les invite à loger chez lui. Tous les hommes de la ville entourent la maison de Lot en demandant qu'il leur livre les deux étrangers pour qu'ils les « connaissent » (Genèse 19:5). Convaincu de leur crime, Dieu détruit la ville.

Dans ce passage, les habitants de Sodome disent à Lot : Où sont les hommes qui sont venus chez vous cette nuit ? Amenez-les nous pour que nous les connaissions.

Une autre lecture de ce passage existe : Sodome serait une ville où l'on n'aime pas les étrangers. Deux étrangers viennent chez Lot. Une foule vient chez lui pour exiger des rapports homosexuels forcés, ce qui serait le sort ordinaire des prisonniers de guerre. C'est parce que ces gens sont ses hôtes et non ses prisonniers que Lot les refuse aux manifestants et propose le pucelage de ses filles en rançon.

Ainsi, pour certains, le récit concernant Lot ne traiterait pas en premier lieu d'homosexualité mais d'une faute contre l'hospitalité dans une ville où les pratiques sexuelles sont particulièrement libres.

Une autre partie du problème est l'interprétation de la traduction du mot « hommes » qui serait mieux traduit par « gens » ou « personnes », alors pour certaines personnes il n'y a pas de vrai fondement pour indiquer qu'il s'agisse d'homosexuels.

Cependant le Nouveau Testament précise plusieurs fois, en ce qui concerne cet épisode, qu'il s'agissait vraiment d'homosexualité.

Dans ces versets, les expressions comme « l'impudicité et à des vices contre nature » et « la chair dans un désir d'impureté » montrent clairement qu'il était question d'homosexualité dans le cas de Sodome.

Ce passage a très longtemps été cité comme référence emblématique à l'homosexualité et à la réprobation de laquelle elle fait l'objet. Cette lecture est tellement ancrée dans l'histoire et la culture de la civilisation occidentale que ce récit a donné son nom à la pénétration anale (sodomie), et engendré le terme « sodomite », longtemps le plus populaire désignant les homosexuels de manière péjorative.

De nos jours, la charge et l'importance de ce récit dans les opinions chrétiennes sur l'homosexualité n'a pas vraiment diminué. Il est très souvent repris dans sa lecture traditionnelle comme figure emblématique de ce que l'homosexualité est un péché, surtout lorsque l'on considère le caractère violent du comportement des habitants de Sodome et de Gomorrhe. Ce point précis, à savoir la violence des habitants des villes maudites, fait pareillement pencher l'avis des modérés sur le côté mauvais de l'homosexualité.

Cette détermination n'a donc pas engendré beaucoup de variété dans l'argumentation sur la lecture réformatrice. Selon les conservateurs, l'argument de l'inhospitalité est surdimensionné pour occulter la dimension sexuelle de la violence et du péché des Sodomites et des Gomorrhéens. Leur argumentation porte principalement, primo sur le fait que le péché de Sodome était très clairement sexuel : d'un côté l'utilisation du verbe « connaître » qui en tout état de cause n'indique pas un manque d'hospitalité, mais plutôt un intérêt éventuellement sexuel, et de l'autre côté la proposition de Lot de donner ses filles vierges en échange des étrangers visiteurs, qui est une claire indication que l'intérêt des habitants était sexuel. Secundo, le fait que les « hommes » réunis devant la demeure de Lot pourraient inclure des femmes, argument jugé plausible, n'exclut pas du tout qu'il y ait eu des hommes parmi, d'autant que le texte mentionne que « les gens de la ville, les gens de Sodome, entourèrent la maison, depuis les enfants jusqu'aux vieillards » (19:4, selon la version Segond révisée, 1978). De nouveau, le fait que Lot aie proposé ses filles en échange joue de toutes les façons en faveur d'une accusation d'homosexualité (ç'eurent été des femmes, qu'elles étaient de toute façon en mesure de coucher avec des hommes aussi bien qu'avec des femmes). Avec cela, il faut voir également que la mention du fait que toute la ville était présente (et non seulement des hommes homosexuels, comme la lecture traditionnelle a pu le laisser entendre) se comprend beaucoup plus comme indication qu'il n'y avait aucun juste, ni même les enfants, ni même les vieillards, en référence au marchandage entre Abraham et Dieu, et à la promesse de Dieu d'épargner la ville s'il s'y trouvait dix justes au moins.

Les plus rigoristes considèrent que la qualification de l'homosexualité d'abomination suffit à saisir l'horreur des croyants et la réprobation divine dans lesquelles ce comportement doit être tenu. Ils privilégient donc une compréhension très générique (englobant les rites cultuels et les nourritures et habitudes impures) de ce qu'est l'abomination dans la Bible, en assimilant l'homosexualité à tous les types d'abomination presque sans nuance ; mais est aussi privilégié le sens commun de la signification du terme « abomination », ce qui est assez fréquent chez les fondamentalistes protestants. Les conservateurs modérés, par contre, acceptent généralement le peu de force argumentative que possèdent ces références à ces versets lorsqu'on les analyse, allant jusqu'à dire qu'il n'indique pas grand-chose sur l'homosexualité d'un point de vue biblique. Si tous les conservateurs, modérés y compris, maintiennent l'accent clairement réprobateur de ces passages du Lévitique, seuls les modérés se rapprochent de l'analyse littéraire historique des libéraux en étant peu favorables sur la pertinence de ce texte sur la question de l'homosexualité, vue de façon plus large.

On trouve dans le livre des Juges un épisode peu connu, très semblable à celui de Lot à Sodome. Un couple de voyageurs arrivent dans la ville de Guibea et sont accueillis par un vieillard qui leur offre l'hospitalité. Dans la nuit, des habitants entourent la maisons et demandent à ce qu'on leur livre l'homme afin qu'ils le « connaissent ». Le vieillard refuse mais propose en échange d'abord sa fille puis la femme du voyageur, qui meurt après une nuit de viol.

Il s'ensuit une guerre entre Israël et Guibea qui se termine par la destruction de la ville.

On retrouve le verbe « connaître », utilisé dans le sens d'« avoir une relation sexuelle avec ». Différentes interprétations considèrent que la condamnation ne s'applique qu'à la sodomie. D'autres encore pensent qu'il ne s'agirait que de condamner des viols ou encore le manque d'hospitalité vis-à-vis des étrangers. Ce texte n'est pas beaucoup utilisé dans les débats entre tenants et opposants à la pratique de l'homosexualité. Il contribue néanmoins, chez les conservateurs, à l'association entre violence, abus et viol, et « péché sexuel » dans sa globalité, et homosexualité ; et du côté libéral, à l'emphase sur la dimension de violence plutôt que sur la dimension homosexuelle.

Par ailleurs, l'Ancien Testament décrit des relations amicales ou fraternelles entre hommes en milieu de cour. C'est le cas pour Jonathan, fils du roi Saül et ami intime de David, alors courtisan, et futur roi illustre dans la Bible. Dans la lamentation de David sur la mort de Jonathan, on emploie le même mot aimer que celui qui décrit la relation du Bien-Aimé et de la Bien-Aimée du Cantique des Cantiques, texte qualifié de sensuel, tant au niveau littéral qu'au niveau symbolique. Quantité d'expressions décrivant l'introduction de David à la cour de Saül sont celles qui décrivent l'accueil de la jeune mariée, tout cela donnant à certaines personnes l'idée de relations homosexuelles ,ce qui expliquerait pour eux la fureur de Saül (complétant un tableau symptomatique typiquement dépressif) lorsque il est abandonné par David au profit de Jonathan.

Des adeptes de la cause homosexuelle souhaitent faire de ce passage de la Bible, la seule allusion à l'homosexualité qui ne soit pas assortie d'une condamnation. Mais, c'est une affirmation fragile. Toutes les amitiés fraternelles masculines, telles que celle décrite entre Jonathan et David, sont-elles des relations homosexuelles ? Le texte ne donne aucun indice d'une relation sexuelle, qui aurait été sans doute sévèrement condamnée comme dans le reste de la Bible.

David fait par ailleurs preuve d'un grand attrait constant pour les femmes ce qui l'amènera à commettre l'adultère avec Bath-Shéba la femme d'Ouriya. La « peine » de Saül est en fait liée à la jalousie de Saül face à la popularité et la gloire grandissante de David qui les opposera jusqu'à la mort de Saül, auquel David succèdera.

Indépendamment de son interprétation, c'est en référence à ces passages bibliques que l'association David et Jonathan, mouvement chrétien d'accueil des personnes homosexuelles, a choisi son nom et agit déjà depuis plus de trente ans.

Le « premier pape » a pu être qualifié de mœurs indécises au vu du passage de Matthieu « Peu après, ceux qui se tenaient là s'approchèrent et dirent à Pierre : "Sûrement, toi aussi, tu en es : et d'ailleurs ta manière de parler te trahit." » (Mt 26:73) En réalité, l'exégèse précise que l'allusion portait sur l'accent galiléen de Pierre, qui était par ailleurs marié (voir Mt 8:14).

Note: "Sûrement, toi aussi, tu en es" ! Un disciple de Jésus, pas un "quelqu'un" aux mœurs indécises !

Dans ses épîtres, Paul de Tarse lance une condamnation claire et qui reprend celle de l'Ancien Testament.

Dans l'épître aux Romains (1:26-31), Paul fait une première condamnation de l'homosexualité.

Note : Dans certaines versions expurgées, on trouve à la place de « pédérastes » les termes « outrageux » ou « infâmes ».

La ville de Corinthe était réputée dans l'Empire romain pour la démesure de son immoralité. L'apôtre Paul y fonda une Église. La pression de la corruption ambiante atteignait ces chrétiens de Corinthe. Nombre d'entre eux n'avaient pas réellement coupé avec leur vie de débauche. Paul hausse le ton dans cette épître et fait comprendre qu'un chrétien ne doit pas jouer avec les dérèglements mentionnés.

Deux mots ont un rapport avec les troubles homosexuels. Le premier : « efféminés » ("malakos" en grec), signifiait : « doux, précieux au toucher », et par extension « efféminé » ou, dans un sens négatif, ce mot désignait « la prostitution masculine » ou « le fait de se soumettre à des obscénités contre nature ». Le deuxième mot traduit par : « homosexuels » ou « infâmes », est « arsenokoites » ("arsèn" : mâle ; « koitès » : lit) et il signifie : « un homme qui couche avec un autre homme » et aussi tout comportement homosexuel. Ce texte de Paul le met au même niveau que l'ivrognerie, les adultères, les voleurs, les idolâtres... En persistant dans ces déviations, Paul explique aux Corinthiens qu'ils ne pourront avoir part au Royaume de Dieu.

De même, dans la Première épître à Timothée, Paul stigmatise les homosexuels (abominables, contre-nature ou qui abusent d'eux-mêmes avec des hommes selon la traduction).

Alors que dans de rares sociétés pré-chrétiennes (l'exemple galvaudé Grèce antique), certaines formes d'homosexualité codifiées (la pédérastie) étaient acceptées, voire rarement valorisées dans certains cas, l'arrivée du christianisme en Occident comme religion d'État au IVe siècle en fait un crime. Au VIe siècle de notre ère, de crime contre la dignité, l'homosexualité devient un crime contre l'ordre naturel défini par Dieu et pouvant mener jusqu'au bûcher. Ce n'est pourtant comme le soulignait l'historien américain John Boswell que vers le XIIIe siècle que la répression de l'homosexualité se fait sentir. Elle est à replacer dans le contexte d'une répression de toutes les formes de déviance : hérétiques, pauvres, infidèles... L'homosexualité, considérée comme une hérésie, fut combattue, notamment par l'Inquisition, sous le nom de bougrerie ; réciproquement, certains hérétiques, tels les cathares sont accusés de bougrerie, au prétexte que leurs prêcheurs vont par deux de même sexe. Pour être totalement juste, il faut préciser, avec Jean Claude Guillebaud, dans La tyrannie du plaisir, que dans le plus grand nombre de cas de condamnation pour sodomie ou pédérastie, ceux-ci étaient doublé de pédophilie. La répression de l'homosexualité en France au XVIIIe siècle se fit de plus en plus par le biais de la répression policière et les condamnations au bûcher ne concernèrent que quelques cas dont certains étaient accusés d'autres crimes. Finalement c'est en 1790 que le crime de sodomie fut aboli avec la Révolution française et la séparation de l'Église et de l'État. Ainsi prit fin la répression de l'homosexualité en tant que telle.

L'homosexualité masculine est spécialement stigmatisée car c'est surtout l'acte de sodomie (pénétration anale) qui était condamné par l'Église. En effet, l'acte de sodomie, même entre un homme et une femme, était considéré comme dégradant et impur. Cette aversion du christianisme pour cette pratique est justifiée dans le christianisme en référence aux péchés qu'il impute aux villes de Sodome et Gomorrhe.

C'est l'idée que la sexualité humaine ne peut pas être dissociée de la possibilité de la reproduction ou du devoir conjugal qui préside à la condamnation. La sodomie, et par extension l'homosexualité masculine, ont ainsi longtemps été les symboles de la perversion humaine. L'homosexualité est aussi condamnée car elle porte atteinte à l'altérité des sexes et à leur différence. Elle est vue comme une non reconnaissance de la différence des sexes et de l'altérité divine. L'homosexualité est vue également comme une menace pour la collectivité. Cette accusation se nourrit de l’épisode de Sodome que Dieu détruisit car dans cette cité on y pratiquait le vice infâme. La pratique de l’homosexualité fait courir un danger à la collectivité toute entière. Celui qui pratique l’homosexualité fait ainsi courir à la collectivité auquel il appartient un danger et c’est pourquoi il faut être implacable contre celui qui pratique un tel acte : en 1497, lors de l’épidémie de peste à Venise, les Dix qualifient la sodomie de crime le plus fou, le plus infâme péché, un désir diabolique. La sodomie aussi présente un danger pour l’humanité car en soi elle menace la survie de l’espèce humaine et donc elle est d’une gravité équivalente au meurtre. Le philosophe Philon d'Alexandrie qui vécu au Ier siècle de notre ère affirmait déjà : « Non seulement ils efféminaient leurs corps à force de mollesse et de sensualité, mais ils faisaient des âmes dégénérées et pour la part qui les concernaient, ils travaillaient à la ruine de tout le genre humain où ils provoquent la dépopulation des villes, la raréfaction de l’élite de la race humaine.» Dans la tradition biblique, la stérilité au plan symbolique est associée à la malédiction divine.

Malgré une forte tradition de condamnation dans le christianisme, certaines Églises chrétiennes ont aujourd'hui des positions très différentes en ce qui concerne l'acceptation de l'homosexualité.

Bien que le Vatican précise que les personnes homosexuelles doivent être « accueillies avec respect et délicatesse », le Saint-siège considère que la pratique elle-même est une dérive du comportement humain. À ce sujet, le cardinal Zenon Grocholewski a déclaré à Radio Vatican : « Beaucoup de gens défendent l'idée selon laquelle l'homosexualité serait une condition normale de la personne humaine. Au contraire, elle contredit absolument l'anthropologie humaine et la loi naturelle ».

Il faut aussi rappeler que l'Église catholique considère l'Homme (au sens général, hommes et femmes) comme le temple du Christ, et que donc sa condamnation des actes homosexuels procède de cette logique : le corps ne doit pas être soumis à des actes jugés "dégradants".

L'Église catholique ne condamne pas les tendances homosexuelles ni les personnes, mais condamne les « actes homosexuels », dans la perspective du jugement, non de l'individu mais de ce qu'il fait de sa vie, de ses choix, et de sa capacité à dominer les tentations de ce monde. Tout en considérant ces actes comme désordonnés, l'Église appelle les hommes et les femmes au respect des personnes homosexuelles et condamne l'homophobie.

Selon l'ordre moral objectif, les relations homosexuelles sont des actes dépourvus de leur règle essentielle et indispensable. Elles sont condamnées dans la Sainte Écriture, comme de graves dépravations et présentées même comme la triste conséquence d'un refus de Dieu. Ce jugement de l'Écriture ne permet pas de conclure que tous ceux qui souffrent de cette anomalie en sont personnellement responsables, mais il atteste que les actes d'homosexualité sont intrinsèquement désordonnés et qu'ils ne peuvent en aucun cas recevoir quelque approbation.

Cette position a été répétée sous le pontificat de Jean-Paul II dans des documents comme « Homosexualitatis Problema » (1986) et « Catéchisme de l'Église catholique » (1992).

L’homosexualité désigne les relations entre des hommes ou des femmes qui éprouvent une attirance sexuelle, exclusive ou prédominante, envers des personnes du même sexe. Elle revêt des formes très variables à travers les siècles et les cultures. Sa genèse psychique reste largement inexpliquée. S’appuyant sur la Sainte Écriture, qui les présente comme des dépravations graves (cf. Gn 19, 1-29 ; Rm 1, 24-27 ; 1 Co 6, 10 ; 1 Tm 1, 10), la Tradition a toujours déclaré que « les actes d’homosexualité sont intrinsèquement désordonnés » (CDF, décl. « Persona humana » 8). Ils sont contraires à la loi naturelle. Ils ferment l’acte sexuel au don de la vie. Ils ne procèdent pas d’une complémentarité affective et sexuelle véritable. Ils ne sauraient recevoir d’approbation en aucun cas.

2358 Un nombre non négligeable d’hommes et de femmes présente des tendances homosexuelles foncières. Cette propension, objectivement désordonnée, constitue pour la plupart d’entre eux une épreuve. Ils doivent être accueillis avec respect, compassion et délicatesse. On évitera à leur égard toute marque de discrimination injuste. Ces personnes sont appelées à réaliser la volonté de Dieu dans leur vie, et si elles sont chrétiennes, à unir au sacrifice de la croix du Seigneur les difficultés qu’elles peuvent rencontrer du fait de leur condition.

Pour le Catéchisme de l'Église Catholique, 2359 Les personnes homosexuelles sont appelées à la chasteté. Par les vertus de maîtrise, éducatrices de la liberté intérieure, quelquefois par le soutien d’une amitié désintéressée, par la prière et la grâce sacramentelle, elles peuvent et doivent se rapprocher, graduellement et résolument, de la perfection chrétienne.

Il faut garder en mémoire que les règles affichées par l'église catholique sont celles d'une conduite digne d'un saint. C'est une exigence d'un très haut niveau, et que peu parviennent à satisfaire totalement. Le terme "chasteté" peut être trompeur: Tout catholique est appelé à vivre sa sexualité dans la chasteté, c’est-à-dire en évitant les pratiques sexuelles non compatibles avec la dignité de l'Homme, considéré comme image de Dieu. La chasteté est avant tout une manière de vivre sa relation à son corps et à l'autre, dans le respect et la dignité, et une primauté de l'esprit qui n'exclut pas l'épanouissement sexuel. La chasteté est compatible avec une activité sexuelle dans le mariage (qui peut être épanouie), ou l'abstinence dans le célibat. Un catholique qui "pêche contre la chasteté" peut le faire plus ou moins gravement, suivant la nature de la pratique "non chaste" (petites pratiques solitaires? perverses dans le couple?), le statut des partenaires (est-ce un adultère? double? sur mineur?) et bien sûr leur sexe (activité "contre nature"?), sans parler d'excès ultérieurs. La condamnation de l'acte homosexuel doit être replacée dans son contexte, où être hétérosexuel est loin d'être une "garantie" suffisante de sainteté.

La tendance homosexuelle n'est pas considérée comme une faute, dans l'Église catholique, dès lors qu'elle ne se traduit pas en actes. Une personne pour laquelle l'hétérosexualité est impossible et qui cherche à vivre un idéal chrétien est alors, par sa nature, "appelée à la chasteté" dans le célibat.

Le Cardinal Ratzinger, dans une lettre adressée en 1986 aux évêques de l’Église catholique, décrit l’homosexualité comme un « mal moral », « un désordre objectif qui est contraire à la sagesse créatrice de Dieu ». Selon Mgr Ratzinger, un « souci spécial devrait être porté sur les personnes de cette condition, de peur qu’elles soient menées à croire que l’activité homosexuelle est une option moralement acceptable ». Il conclut sa lettre en souhaitant que soit retiré « tout appui envers un organisme qui cherche à contredire ces enseignements ».

En juillet 1992, le Vatican envoie une lettre aux évêques américains, signée par le cardinal Ratzinger, dans laquelle les discriminations envers les homosexuels sont justifiées dans certains domaines : le droit à l’adoption, les homosexuels dans l’armée, l’homosexualité des enseignants. Mgr Ratzinger soutient que tenir compte de l’orientation sexuelle n’est pas injuste. Poursuivant le raisonnement, il n’hésite pas à affirmer qu’en demandant des droits, les gays et les lesbiennes encourageraient les violences homophobes. « Ni l’Église ni la société ne devraient être étonnées quand les réactions irrationnelles et violentes augmentent ».

En 2003, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, dirigée par Joseph Ratzinger, publie des « Considérations à propos des projets de reconnaissance juridique des unions entre personnes homosexuelles » dans lesquelles elle affirme que « reconnaître légalement les unions homosexuelles ou les assimiler au mariage, signifierait non seulement approuver un comportement déviant, et par conséquent en faire un modèle dans la société actuelle, mais aussi masquer des valeurs fondamentales qui appartiennent au patrimoine commun de l’humanité». En fait, l'Église rappelle ainsi que la reconnaissance juridique de l’union entre des personnes de même sexe vient contredire un principe universel pour elle : c'est par l'union d'un homme et d'une femme qu'a été fondée la société. Ainsi, pour l'Église catholique, considérer que chaque orientation sexuelle est un modèle social comme un autre est une idéologie dangereuse pour le bien commun.

Le Catéchisme met également en garde contre le déni de la différence sexuelle aux fins d'assouvir le désir d'être parent. La revendication de l'homoparentalité porterait un danger anthropologique, car une loi universelle incontestable détermine que seuls un homme et une femme peuvent concevoir un enfant naturellement. L'exigence de parentalité homosexuelle entraîne donc une désincarnation de la sexualité et une objectivation de l'enfant (l'enfant devient l'objet de l'assouvissement du désir de parentalité) . Dans le cas des homosexuels masculins notamment, la conception se médicalise et le corps de l'autre est parfois considéré comme un simple réceptacle. Les liens enfant-mère, enfant-père qui se développent avec le temps de la "gestation", période de mise en place de l'attachement si important pour le développement harmonieux de l'enfant sont gravement remis en cause.

L'Église considère que ce problème est suffisamment grave pour refuser la communion aux hommes politiques qui défendent le mariage homoparental, dans la mesure où ils s'excluent d'eux-même de l'enseignement de l'Église.

Dès lors que l'état de célibat est assumé, rien sur le plan dogmatique ne s'oppose à ce qu'une personne soit ordonnée prêtre, indépendamment d'une attirance homosexuelle initiale, qui cesse d'être pertinente.

Sous l'autorité de Benoît XVI, en novembre 2005 dans un document, le Vatican recommande de refuser l'ordination aux séminaristes (personnes voulant devenir prêtres) qui ont des pratiques homosexuelles, mais aussi à ceux qui présentent « des tendances homosexuelles profondément enracinées » et manifestée en acte, ou qui, simplement, soutiennent « la culture gay », quand ces actes restent trop récents pour que la crainte de désordres manifestes ne puisse être exclue. Une période de deux ans de conduite sans "défaillance" est par conséquent demandée.

La période de probation demandée reflète simplement la nécessité d'éprouver la réalité et la permanence de cet engagement au célibat, qui doit être pris pour toute une vie. Cette période de probation est applicable à tous, elle n'est que rappelée ici dans le cas des homosexuels, de même qu'elle serait par exemple applicable à des séminaristes ayant précédemment vécu en concubinage.

Le fond de la doctrine veut que toute sexualité non orientée vers la procréation serait fautive et ce point n'a pas changé en dépit d'une certaine tolérance. Celle manifestée par la licéité du recours à la contraception lorsque la méthode en serait "naturelle".

Premièrement, la contraception hormonale ne saurait être chose "naturelle" puisqu'elle nécessite le recours à des artifices. Les méthodes chimiques ne posant, à cet égard, qu'un problème "écologique" de santé. Ce n'est pas le cas dans les méthodes qui promeuvent une observation précise des cycles de la femme. La question est plutôt de savoir pourquoi la contraception est faite, en vue de quoi pour les deux partenaires ? Pouvoir avoir des relations avec le premier venu ou construire une relation durable et saine au sein d'un couple ?

Secondo, à partir du moment où la contraception devient, si peu que ce soit, licite, cela signifie l'acceptation de la recherche du plaisir sexuel pour lui-même a été admise. Le plaisir sexuel pour lui-même a toujours été admis (cf. Cantiques des Cantiques). Il suffit de regarder le droit canon en ce qui concerne le mariage. Un mariage peut être annulé pour impuissance mais pas pour infertilité. Autrement dit, le couple existe car il peut avoir du plaisir, mais pas forcément pour avoir des enfants. De plus, la religion chrétienne est par excellence, celle de l'incarnation (il n'y a pas de Dieu incarné dans les autres grandes religions, c'est "l'innovation" principale du Christ). C’est-à-dire celle des corps, en parfaite continuité avec l'idée que l'homme est une créature divine (cf. Genèse). Et si Dieu a créé l'homme avec la sexualité, c'est bien parce que c'est ce qu'il souhaitait pour l'homme.

Dès lors que ce cap est franchi, en bonne logique aristotélicienne, toute barrière a sauté. N'étant plus dans le domaine procréatif, le couple dit "hétérosexuel" perd toute valeur de norme. Une tolérance envers l'homosexualité s'impose. La seule vraie ligne de démarcation de la morale ne peut passer qu'entre la mesure et les excès (hybris des Anciens).

Au sein des églises protestantes, l'acceptation de l'homosexualité fait débat. Certaines églises, comme la Fraternité remonstrante, acceptent le mariage homosexuel. Au sein de la Communion anglicane, des évêques ouvertement homosexuels ont été nommés. Mais à l'intérieur même de ces courants, des contestations ont encore cours.

Les Églises Africaines de toutes confessions, sont opposées à l'homosexualité de façon unanimes, comme l'ensemble des cultures d'Afrique noire qui identifient souvent l'homosexualité comme une « pratique des blancs ».

L'Église vieille-catholique a une position libérale et "accepte" les bénédictions de couples homosexuels (très très localement, cette position n'est pas majoritaire, mais elle existe).

On ne saurait parler de "christianisme et homosexualité" sans évoquer pour mémoire l'ouvrage de l'historien John Boswell qui prétend que l'église latine jusqu'au XIIIe siècle et les églises orientales plus tard encore auraient pratiqué des bénédictions de couples d'hommes et de femmes après leur avoir assigné comme modèle des couples de saints dont St Serge et St Bacchus dans le cas des messieurs.

Cependant, l'historien étant lui-même homosexuel, des doutes subsistent sur l'objectivité de ses recherches. Il se pourrait que son livre soit une interprétation moderne et partiale de faits historiques ayant, à l'époque, une toute autre signification que le message d'acceptation que l'historien en fait.

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Geneviève Delaisi de Parseval

Geneviève Delaisi de Parseval, née en 1940, est psychanalyste et chercheuse en sciences humaines, spécialiste de bioéthique.

Elle est la petite-fille de Francis Delaisi. Après des études de psychologie, sociologie, ethnologie, linguistique, archéologie préhistorique, de droit et d'économie politique et d'anthropologie culturelle et sociale, Geneviève Delaisi de Parseval est devenue psychanalyste et s'est attachée dans ses travaux à situer la psychanalyse dans sa relation avec les autres disciplines étudiées au cours de son cursus. Installée en libéral, elle mène de nombreux travaux de recherche, notamment autour de la parentalité et de ses avatars, et de la petite enfance. Elle a publié plusieurs ouvrages, de nombreux articles scientifiques, elle enseigne, a de nombreuses activités éditoriales, elle est chroniqueuse pour le cahier littéraire du journal Libération en ce qui concerne les ouvrages de psychanalyse. Elle est également membre associée des principaux centres de bioéthique dans le monde.

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Source : Wikipedia