PC

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Posté par rachel 10/03/2009 @ 00:11

Tags : pc, jeux vidéo, loisirs, matériel, informatique, high-tech, pcf, partis politiques, politique

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Compatible PC

Vue éclatée d'un ordinateur personnel

Un compatible PC, ou simplement un PC, est un ordinateur compatible avec l'IBM PC apparu en 1981. En 2008, pratiquement tous les ordinateurs personnels sont des compatibles PC. Ils sont basés sur les microprocesseurs de la famille x86 inventée par Intel. Les systèmes d'exploitation MS-DOS, Windows, OS/2, GNU/Linux et Mac OS X ont notamment été créés pour les compatibles PC.

Au début des années 1980, un PC était une machine se comportant comme un IBM PC (PC pour Personal Computer littéralement « ordinateur personnel ») produit par IBM en 1981. On utilise alors le sigle PC par opposition aux autres ordinateurs personnels qui ne sont pas compatibles avec ce premier PC : Macintosh, Amiga, Commodore 64, Sinclair, Tandy, etc. Ainsi, la catégorie des ordinateurs personnels nommés PC n’est qu’un sous-ensemble des ordinateurs personnels.

Les PC sont construits sur les microprocesseurs d'architecture x86 d'Intel. Ils ont été principalement utilisé avec le système d'exploitation DOS, puis Microsoft Windows. On parle aussi depuis la fin des années 1990 de la plate-forme WinTel pour faire référence à Windows et Intel, les deux acteurs les plus importants du marché des PC depuis cette époque. Toutefois, de nombreux systèmes d'exploitation sont ou ont été disponibles pour les PC : CP/M, Xenix, SCO Unix, OS/2, BSD, Linux, Solaris, Mac OS, etc.

L'appellation PC est utilisée même en France, pays où pourtant le PC d’IBM avait été lancé (presque deux ans après sa sortie mondiale de 1981, en raison du volume de traduction à effectuer, puis des corrections nombreuses à y apporter) sous le nom d'Ordinateur personnel et non pas de Personal Computer.

Pour des raisons de vitesse de développement, mais aussi de demande du marché pour des secondes sources, IBM avait préféré créer son PC en assemblant des composants standards de constructeurs différents, plutôt que créer les siens comme le faisaient ses concurrents et, comme il le faisait pour ses autres ordinateurs.

Le listing du BIOS étant publié, il devenait très facile de cloner l’IBM PC : il suffisait en effet d’acheter les composants aux mêmes fabricants puis de recopier (avec quelque différence) la mémoire morte (ROM) du BIOS pour obtenir un micro-ordinateur dit « compatible PC ». À terme, IBM ayant perdu tout pouvoir d’influence sur les compatibles PC, on les a plus simplement appelés PC, et c’est un document publié chaque année par Intel et Microsoft qui définit quelle machine, selon les critères de cette année-là, est ou n’est déjà plus un PC (si ce que vous croyez être un de vos PC n’a pas de prises USB, par exemple, ce n’est stricto sensu plus un PC au sens d’Intel et Microsoft). Bref, le standard a simplement changé de propriétaire.

En 1987, IBM tenta de changer cette architecture en créant les modèles IBM PS/2 munis d’un nouveau bus plus rapide, appelé MCA pour Micro Channel Architecture (ouverts, mais cette fois-ci contre paiement d’une licence), et fonctionnant soit sous DOS, soit avec son système d’exploitation OS/2. Le matériel restant toutefois très proche des PC, les PS/2 pouvaient fonctionner avec d’autres systèmes d’exploitation.

Le bus devait toutefois être changé pour gérer de façon acceptable les nouvelles résolutions d’écran. On essaya tour a tour le VESA local bus, l’EISA, le PCI, qui fut un succès, l’AGP, et enfin le PCI Express. Quant à la mémoire vive (RAM), elle résida non plus sur des cartes enfichées à même le bus, mais sur la carte-mère qui l'accédait par un circuit dédié sans passer par le bus, idée déjà utilisée par Compaq avec l'architecture FLEX de son Deskpro386. La compatibilité peut aussi être testée afin de déterminer le bon fonctionnement d’une application avec d’autres logiciels ou systèmes d’exploitation.

La grande force de l’architecture PC est que la concurrence joue à tous les niveaux : on peut choisir la marque du microprocesseur, de la carte mère, de la carte vidéo, la compatibilité entre les composants étant souvent assurée, pour des composants d'une même époque.

À l’inverse, les premiers ordinateurs Macintosh vendus par la société Apple, ne l'étaient pas. Cette firme autorisa ensuite la fabrication contre paiement de droits de quelques séries de clones, mais résilia en 1997 les licences de son système d’exploitation concédées aux autres constructeurs.

On parle parfois de « la plate-forme Wintel », pour un ordinateur fonctionnant avec un microprocesseur de la famille x86/Pentium d’Intel et utilisant un système d’exploitation Windows de chez Microsoft. Le terme PC désigne bien le matériel, mais la confusion entre PC et PC/Windows est restée très courante. Les nouvelles versions des distributions GNU/Linux avec leurs Mozilla et OpenOffice bien rodés ainsi que le passage d'Apple à l'architecture x86 pourraient changer la donne.

Intel n’est pas le seul à fournir des microprocesseurs pour PC : AMD, Via et Transmeta produisent des microprocesseurs compatibles fonctionnellement (mais pas en brochage) avec ceux de la famille x86/Pentium.

Au milieu des années 1990, le fondeur (fabricant de puces électroniques) Cyrix proposait également des processeurs pour PC, mais ne s’est pas intéressé à l’implémentation d'un coprocesseur de calcul en virgule flottante (avec raison, techniquement, car même des produits graphiques comme CorelDraw n’en faisaient aucun usage). Sur le plan commercial, toutefois, cette lacune torpilla ses produits face au 80486 qui en était équipé en standard.

Le PC reste, depuis le milieu des années 80, la machine grand public par excellence, les autres architectures demeurant grandement l'apanage d'applications particulières, notamment grâce à ou à cause de la domination du système d'exploitation Windows qui n'est, fait remarquable, adapté qu'à ce type de machine, et rarement mis en concurrence par l'acheteur. La principale alternative aux PC fut pendant longtemps l’ordinateur Macintosh (ou Mac) de la société Apple. Mais depuis 2005, Apple vend ses ordinateurs munis de processeurs Intel, permettant l'installation de Windows en plus du système d'exploitation Mac OS X. Dû à ce fait, les Macintosh partagent la même architecture que tout autre ordinateur personnel, la différence restant le système d'exploitation.

Les principaux systèmes d'exploitation adaptés à cette architecture sont Windows et Linux (on peut aussi citer FreeBSD et Solaris). Depuis l'utilisation à partir de 2005 par Apple de processeurs Intel, il est techniquement possible d'installer Mac OS X sur certains ordinateurs non-Apple (bien que la licence d'utilisation de ce système l'interdise).

Contrairement à l'idée reçue, du point de vue de l’utilisateur, l’architecture de l'ordinateur ou même le système d'exploitation importent peu : ce sont les applications qui sont vues par les utilisateurs.

Une lutte commerciale est en cours pour le contrôle du marché informatique. C'est pourquoi la politique commerciale de telle ou telle société informatique, et des concepts juridiques tels que ceux liés à la propriété intellectuelle, peut influer sur les applications spécifiques disponibles sous telle ou telle configuration plus que de prétendues impossibilités techniques.

Toutefois, d'un point de vue pratique/technique, pour faire fonctionner les logiciels utilisateurs, tel que les logiciels de bureautique ou d'accès à internet, des logiciels systèmes sont nécessaires. Sur un PC, les logiciels système disponibles sont le BIOS et le système d'exploitation.

De manière simplifiée, on peut considérer que le logiciel est dépendant de sa compatibilité avec le système d'exploitation, et que le système d'exploitation est dépendant de sa compatibilité avec le matériel. Par exemple, le logiciel Microsoft Word ne fonctionne pas nativement sur un PC équipé de Linux, mais fonctionne sur un PC équipé de Windows. Linux peut fonctionner sur un PC ou une station Sun. Windows peut fonctionner sur un PC, mais pas sur une Sun. Word 2007 fonctionne sous Windows, mais pas sous Windows 98. Windows Vista fonctionne sur un PC récent, mais pas sur un PC ancien (et l'inverse ! Windows 95 ne fonctionne pas sur une machine récente (dû à du matériel non supporté) -- à nuancer quand même).

Le Bios permet principalement de régler certains paramètres système et de charger le système d'exploitation. Il est intégré au PC, et invisible de l'utilisateur.

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IBM PC

IBM PC 5150

L'IBM Personal Computer, l'IBM PC, moins connu sous les dénominations de PC/G ou IBM modèle 5150, est le premier ordinateur personnel produit par millions par IBM (à la différence de ses trois prédécesseurs IBM 5100 et 5110 et Système 23 Datamaster qui ne resta au catalogue que quelques semaines). Son architecture ouverte en a fait l'ancêtre de tous les compatibles PC. L'IBM-PC est présenté à New York, lors d'une conférence de presse dans l'hôtel Waldorf-Astoria, le 12 août 1981. Il comportait un microprocesseur Intel 8088 cadencé à 4,77 MHz et une mémoire vive de 16 Ko pouvant être portée à 256 Ko. Il disposait selon les modèles d'aucun, un ou deux lecteurs de disquettes de 160 ko, était équipé d'un interprète du langage BASIC Microsoft en mémoire morte et pouvait gérer une unité de cassette externe.

Comme la plupart des micro-ordinateurs de l'époque, il pouvait fonctionner sans charger de système d'exploitation : si lors de la mise sous tension aucune unité d'amorçage n'était identifiée, l'utilisateur se retrouvait directement dans une session du BASIC Microsoft présent en ROM. Les 26 mots-clés les plus courants du BASIC s'obtenaient par la touche Alt : Alt-F = FOR, Alt-I = IF, Alt-N = NEXT, etc. Cette possibilité permettait une saisie extrêmement rapide des programmes. Ce Basic disposait également, comme la plupart des autres de la possibilitité dite auto# qui numérotait automatiquement les lignes saisies (par défaut de 10 en 10).

En 1983, il fut suivi du PC/XT, ou modèle IBM 5160, qui acceptait un disque dur type ST-506 de 10 Mo. Une anomalie électrique rendait l'un des emplacements de cartes légèrement parasité, ce qui pouvait affecter le fonctionnement de cartes à débit rapide. Plutôt que de reconcevoir l'ensemble, IBM livra le PC/XT en standard avec une carte de connexion série RS232C montée à cet endroit. Celle-ci n'était en effet pas affectée par la fréquence parasite.

Peter Norton, qui n'en avait pas été informé, prit la présence de cette prise pour un message d'IBM incitant les utilisateurs de PC à en faire un outil de communication et le signala dans son livre Inside the IBM PC en ajoutant que c'était là que se jouerait l'avenir du PC. Les hypothèses de départ avaient beau être fausses, la conclusion se révéla exacte.

Il ne faut pas confondre le PC/G avec le 3270 PC/G, qui était une version de 3270 PC disposant d'un écran graphique et possédait une version de plus haute résolution nommée 3270 PC/GX.

En 1984, l'offre s'élargit avec le PC/AT, officiellement référencé comme modèle IBM 5170.

Muni d'un processeur Intel 80286 à la place du 8088 du premier PC, il voyait ses performances multipliées par environ 2,5 par rapport à celui-ci. Un nouveau bus 16 bits, le bus AT, fut conçu pour la circonstance. Le bus AT acceptait les cartes conçues pour le bus PC, mais pas l'inverse, puisque le nouveau avait davantage de broches.

Le PC/AT exista chez IBM en version 6 MHz et 8 MHz, le gain de performances devant davantage au vrai 16 bits qu'à l'augmentation de fréquence. Dans son laboratoire de Boca Raton, IBM se livra à une première de surcadencement et arriva à le faire fonctionner en 19 MHz sous condition de remplacer les ROM du BIOS par des RAM (plus rapides, et pouvant donc arriver à suivre la cadence), et de changer totalement son système de refroidissement. Cet essai juste destiné à trouver les limites de la technologie de l'époque, et donc à estimer les marges de sécurité, n'eut pas de suite commerciale.

La machine fut jugée suffisamment puissante - selon les critères de l'époque - pour être interdite à l'exportation vers les pays de l'Est, alors sous embargo technologique. IBM en refusa aussi pendant deux ans la vente à prix réduit au personnel, arguant qu'un particulier ne pouvait pas avoir besoin d'une telle puissance ni d'une telle capacité disque (30 Mo), qui la destinaient plutôt aux petites et moyennes entreprises.

Une question fréquemment posée sur le PC IBM est la raison pour laquelle son équipe de conception avait choisi d'utiliser des composants standards du marché (donc non-IBM), rompant ainsi avec toutes les habitudes des constructeurs.

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Parti socialiste (France)

La rose au poing, logo du parti socialiste

Le Parti socialiste (PS) est un parti politique français de gauche dont l'actuel premier secrétaire est le maire de Lille, Martine Aubry. Il est issu du courant de pensée socialiste, en particulier de la SFIO (1905). Sa création remonte à 1969, lors du congrès d'Alfortville, mais c'est surtout en 1971, au congrès d'Epinay, appelé « congrès d'unification des socialistes », que le PS s'élargit en intégrant toutes les forces politiques socialistes, fonde son action politique sur l'union de la gauche et l'élaboration d'un programme commun de gouvernement avec le PCF, et désigne comme premier secrétaire François Mitterrand.

Ses alliés traditionnels sont le Parti radical de gauche, le Parti communiste français, et plus récemment le Mouvement républicain et citoyen et les Verts. Il s'agit en 2007 du deuxième parti politique français en nombre d'adhérents revendiqués, ainsi qu'en nombre d'élus.

Le projet de la nouvelle déclaration de principes du PS a été élaboré par le Bureau national en avril 2008. Elle est adoptée à une très large majorité en juin.

Les courants structurent la vie interne du Parti socialiste. Héritiers des clubs et groupes politiques précédant la réunification d'Épinay, ils se sont largement modifiés au cours du temps. Officiellement, les courants se structurent autour des motions, c'est-à-dire des grands textes d'orientation rédigés à chaque congrès. Officieusement, chaque motion est subdivisée en multitudes de sensibilités, parfois liées à un leader charismatique, ou tout simplement à une manière de faire de la politique et d'analyser la société.

L'essentiel de la force du parti socialiste repose sur ses militants (bien que toutes les régions, sauf l'Alsace et la Corse, soient à gauche). De par une longue confrontation avec les communistes, les socialistes ont largement entretenu une tradition militante de terrain . Toujours à l'heure actuelle, le Parti socialiste reste un grand éditeur de tracts, mais aussi de journaux internes, de publications externes et d'autres brochures.

L'âge minimal d'adhésion est de 15 ans. L'adhésion au parti est libre et chaque adhérent y possède théoriquement les mêmes droits, que ce soit le premier secrétaire ou le militant de base. Le Parti socialiste revendique 280 000 adhérents en décembre 2006 ; en décembre 2005, il en revendiquait 150 000, mais le Canard enchaîné a révélé qu'il en comptait 133 831, puis 161 404 en mars 2008 (adhérents de l'année précédente). Le chiffre arrêté au 30 septembre 2008 pour le vote du Congrès de Reims, en novembre 2008, est de 232 511 militants. Le Parti socialiste est un parti qui pratique très largement la démocratie interne. Ce sont les militants qui désignent les responsables à tous les niveaux : au niveau de la section locale, de la fédération départementale et au niveau national. Les militants votent pour les textes d'orientation à chaque congrès et désignent aussi les candidats socialistes à chaque élection. Plus récemment, une procédure de consultation interne a été mise en place afin que les militants décident de la ligne politique du parti sur une question précise. D'autres innovations à l'adresse des sympathisants devaient permettre que ces derniers, sous l'appellation « adhérents du projet », puissent participer très concrètement à l'élaboration du projet socialiste. Ce processus a été mis en sommeil suite au 29 mai 2005. Aussi, des évènements traditionnels rythment la vie du Parti, comme l'Université d'été de la Rochelle doublée de quelques universités de rentrée départementales, comme la Galette républicaine au mois de janvier ou les multiples fêtes de la Rose qui ont lieu au début de l'été.

Le profil des adhérents socialistes, désignés comme au PCF, à LO ou la LCR par le sobriquet amical « camarades », a peu évolué au cours du temps. Le Parti socialiste n'a jamais été réellement un parti d'ouvriers. L'électorat socialiste s'est toujours situé parmi les classes moyennes, surtout les enseignants, parmi les cadres territoriaux et fonctionnaires, ainsi que les salariés de bas échelon et cadres du secteur privé. Il se situe surtout parmi la population active des villes, y compris les jeunes.

Par une longue tradition de synthèse entre un centre-gauche modéré et européen et une gauche protestataire, le PS a toujours su rassembler au-delà de son électorat, ce qui fait de lui le centre de gravité de la gauche parlementaire.

L'électorat réel socialiste se chiffre désormais entre 17 % et 26 % des suffrages exprimés. En 2002, Lionel Jospin obtenait 16,18 % des suffrages au premier tour de l'élection présidentielle. En 2004, le Parti socialiste remportait 29,4 % des suffrages.

La section est la structure de base du Parti Socialiste. Une section peut être locale ou thématique. En général, elle s'organise au sein d'un canton, d'une commune ou d'un quartier. Ce sont elles qui constituent le gros des bataillons du parti. Cependant, il existe également des sections organisées autour d'une entreprise, voire autour de thèmes comme les NTIC ou la culture au sein de la Fédération de Paris. Actuellement, les sections d'entreprise tendent à disparaître mais des sections universitaires (section ENS, section Sciences Po, section Sciences Po Lille et section Sorbonne), se constituent selon la même logique. D'autres encore, représentant des expatriés, sont organisées autour d'un pays.

Les réunions de section sont les moments privilégiés de la vie militante. Le cadre de la section permet le militantisme le plus direct. Ce sont les sections qui organisent les collages d'affiche, les distributions de tract, les porte-à-porte, etc. Ce sont elles également qui constituent le relai essentiel entre le « national » (direction nationale), la « fédé » (fédération départementale) et les militants. C'est également au niveau de la section que se pratique le débat interne, que ce soit dans le cadre d'un congrès ou d'une consultation interne. Lorsque la section comporte en son sein des élus, ces derniers peuvent partager avec les militants les solutions et perspectives à donner à une politique municipale par exemple.

Le premier secrétaire de section est élu à bulletins secrets et au scrutin uninominal majoritaire à deux tours par la première assemblée générale des adhérents de la section suivant le congrès national. Il est l'animateur de la section dont il est le porte-parole. Il peut être secondé par un secrétaire adjoint et un secrétariat de section.

Les sections ont également réussi à s'ouvrir davantage au-delà des simples adhérents. Beaucoup de sections peuvent ainsi compter avec l'existence d'une association citoyenne, qui réunit bien souvent des citoyens sympathisants et qui demeure souvent très active lors des élections municipales. Les sections connaissent pourtant des difficultés récentes, car leur découpage et leur rapport au territoire a été très largement bouleversé par la nouvelle donne territoriale. Les sections socialistes devront ainsi s'adapter à la réalité des nouvelles communautés de commune et d'agglomération, et à quelques changements liés à la décentralisation ou aux évolutions des lieux de vie.

La fédération met en œuvre la politique du parti au niveau local. Il existe une fédération pour chaque département métropolitain, chaque département ou territoire d'outre-mer, plus une pour les français de l'étranger. Les instances de la fédération sont renouvelées à chaque congrès. Le conseil fédéral (CF) est l'instance de décision de la fédération. Il délègue certaines de ses prérogatives au bureau exécutif fédéral (BEF). Le secrétariat fédéral assure la gestion politique de la fédération, en liaison avec le secrétariat national du parti, et agit par délégation de la CF ou du BEF. Le secrétariat fédéral est constitué de membres choisis par le premier secrétaire fédéral, parmi la majorité politique de la fédération. Les secrétaires fédéraux ont la charge de le seconder dans la gestion courante de la fédération et dans l'application des décisions du CF. Les secrétaires fédéraux ont la charge d'un ou plusieurs secteurs d'activité ; ils peuvent être assistés d'un ou plusieurs délégués fédéraux.

Le premier secrétaire fédéral est élu au scrutin majoritaire à deux tours par les militants lors d'une deuxième session après la tenue du congrès national. Tout candidat au poste de premier secrétaire fédéral doit présenter un plan d'action fédéral. Le secrétaire fédéral est l'animateur politique de la fédération et son porte-parole. Il assure la liaison avec le secrétariat national aux fédérations. Il préside les réunions du secrétariat fédéral, du BEF ou du CF, devant lequel il rend compte de ses activités.

L'union régionale regroupe les fédérations d'une même région. Elle est dirigée par un comité régional du parti qui détermine la politique du parti concernant les problèmes propres à la région et veille à son application en liaison avec les élus. Le comité régional est élu par une convention régionale qui se réunit dans la quinzaine de jours suivant le congrès national. La convention régionale procède à l'élection du secrétaire régional au scrutin majoritaire à deux tours. Celui-ci ne peut cumuler sa fonction avec celle de premier secrétaire d'une fédération de sa région..

Les membres du conseil national sont désignés par les délégués au congrès national réunis en assemblées de motion, proportionnellement aux résultats obtenus par les différentes motions. Véritable parlement du parti, le conseil national est composé de 204 membres élus par le congrès national et de 102 premiers secrétaires fédéraux. Le conseil national exécute et fait exécuter la motion d'orientation adoptée par le congrès national. Il se réunit au moins quatre fois par an. Il constitue en quelque sorte le parlement interne du parti, car il est le reflet direct de la réalité des sensibilités et des courants du PS. Le président actuel du Conseil national est Michel Destot.

Le bureau national assure l'administration et la direction du parti dans le cadre des attributions que lui délègue le conseil national. Ses membres sont désignés selon les mêmes procédures que les membres du conseil national. Il comprend 54 membres sous la direction du premier secrétaire et se réunit tous les mardis en fin d'après-midi.

Les membres du secrétariat national sont élus par le conseil national, parmi les membres du bureau national, sur proposition du premier secrétaire. Ils ont la charge de la mise en œuvre des décisions prises par le conseil national et le bureau national. Le secrétariat national, dont les réunions ont lieu le mercredi matin, assure la gestion du parti. Chaque secrétaire national a en charge un secteur d'activité du parti et rend compte devant le conseil national de l'activité de son secteur. À l'occasion du congrès national, la direction nationale du parti rend compte de son activité dans un rapport statutaire soumis aux militants. Les secrétaires nationaux sont assistés par des délégués nationaux ayant en charge une partie du secteur de chaque secrétariat.

Les désignations des scrutins de liste se font par les militants concernés. Le vote peut être national (ex : européennes 99), régional (ex : élections régionales, européennes 2004), départemental (sénatoriales), municipal… On vote pour la liste présentée par la fédération ou une liste alternative. La procédure est comparable pour les élections au scrutin uninominal: cantonales et législatives. Les électeurs du secteur concerné votent pour le candidat de leur choix.

Tous les adhérents, ayant plus de six mois d'ancienneté, à jour de leur cotisation, électeurs dans la zone concernée (plus les étrangers privés du droit de vote), ont le droit de vote.

Depuis 1995, le candidat à l'élection présidentielle est désigné par un vote de tous les militants. Lionel Jospin est alors désigné candidat pour la présidentielle de 1995, l'emportant face à Henri Emmanuelli après le forfait de Jacques Delors. Mais le candidat de la droite, Jacques Chirac, l'emporte avec 52,64% des suffrages. Deux ans plus tard, suite à la dissolution de l'Assemblée nationale décidée par Chirac, la gauche plurielle remporte les élections législatives. Jospin est nommé Premier ministre, mettant en place un gouvernement de gauche plurielle. C'est la troisième cohabitation sous la Cinquième République.

Le Parti socialiste est membre de l'Internationale socialiste (IS), qui est l'organisation mondiale des partis socialistes, sociaux-démocrates et travaillistes.

Au niveau européen, le Parti socialiste, ainsi que l'ensemble des militants du PS adhèrent au Parti socialiste européen (PSE).

Le Parti socialiste travaille quotidiennement avec des organismes dont l'action participe à la réalisation de ses objectifs. Ils peuvent être liés organiquement au Parti socialiste ou en être partenaire.

Les théories développées dans la première partie du XIXe siècle par les premiers penseurs socialistes (Saint-Simon, Fourier, Cabet, Leroux) au sein d'une bourgeoisie éclairée influencent peu les milieux populaires. Ces théoriciens qualifiés d'utopistes par la suite se démarquent ainsi du socialisme historique, développé par la suite par Karl Marx avec son analyse de la société industrielle. Au-delà de l'utopie, la réalité est imprimée au fer chaud de la Révolution industrielle : les nouvelles conditions de travail engendrées par celle-ci entraînent des révoltes vite réprimées : révolte des canut lyonnais en 1831, journées de juin 1848, Commune de Paris en 1871… La “question sociale” est mise au premier plan, mais la révolution de 1848 fait déjà apparaître des divergences entre les démocrates socialistes réformistes (Ledru-Rollin, Louis Blanc) et les partisans de la révolution (Blanqui, Barbès), qui considèrent la violence comme le seul moyen permettant un changement profond du système économique et social. Le combat pour la république, contre la monarchie censitaire et contre le second Empire, se conjugue alors avec la lutte contre les nouvelles conditions de travail et de vie engendrées par la révolution industrielle. La gauche républicaine s'organise et cherche à effectuer une synthèse entre la tradition montagnarde de la révolution de 1789-1794 et les questions sociales que le mouvement ouvrier naissant fait surgir.

La Deuxième Internationale est constituée en 1889 à Paris et l'influence des idées de Karl Marx y est dominante. Cependant, les idées libertaires et anarcho-syndicalistes continuent à influencer une partie du mouvement ouvrier, qui manifeste sa méfiance à l'égard de la politique. Après la reconnaissance du droit syndical en 1884, la Confédération générale du travail (CGT) se constitue en 1895. En 1906, elle adopte la « Charte d'Amiens » qui consacre le principe de l'indépendance du syndicalisme par rapport aux partis politiques. De là découle l'absence de liens organiques entre partis et syndicats qui distingue fortement le socialisme français de la social-démocratie de l'Europe du Nord.

Le socialisme politique en France s'unifie en 1905 sur injonction de l'Internationale, au congrès du Globe avec la fusion des différents courants socialistes (« guesdistes », « blanquistes », « réformistes »…) dans la nouvelle Section française de l'internationale ouvrière (SFIO). Peu à peu, le député du Tarn Jean Jaurès s'impose comme la figure majeure du socialisme français, par son combat pour l'unité, par sa volonté de synthèse entre la république et le socialisme, entre le patriotisme et l'internationalisme, entre les idées marxistes et la tradition de la Révolution française libérale. La SFIO, qui se veut parti ouvrier, a acquis une large base électorale (en particulier avec le socialisme municipal) et militante : les paysans, les ouvriers, les artisans côtoient les intellectuels et les fonctionnaires.

Les principes de l'internationalisme et du pacifisme portés jusqu'alors par le mouvement ouvrier et la IIe Internationale sont remis en question par l'adhésion de la SFIO et de la majorité de la CGT à la politique d'union sacrée. Cependant, la durée de la guerre, les sacrifices et désillusions qu'elle entraîne, vont faire croître une opposition qui s'organise lors de la conférence de Zimmerwald en septembre 1915, autour de la minorité des dirigeants socialistes de différents pays ayant refusé l'union sacrée, qu'ils considèrent comme une trahison des idées socialistes et internationalistes. En 1917, la révolution russe accentue une poussée à gauche dans le parti et suscite de plus en plus de sympathie. La SFIO, profondément traumatisée et divisée, se trouve donc devant le choix de l'adhésion à la IIIe Internationale, dirigée par Lénine et les bolchéviques.

Le congrès de Tours de décembre 1920 survient après l'échec électoral de 1919 (chambre « bleu horizon ») et l'échec syndical des grandes grèves de 1920, mais également après la fin de la guerre qui avait vu la majorité des dirigeants socialistes soutenir le gouvernement au nom de l'union sacrée. Par ailleurs, les bolchéviques défendent la possibilité d'une révolution mondiale et tentent par les 21 conditions d'adhésion à la IIIe Internationale de se constituer une avant-garde révolutionnaire dans chaque pays.

Les conditions d'une scission sont réunies : le congrès voit l'opposition entre un socialisme réformiste (basé sur le parlementarisme), position défendue par Blum ; un courant plus révolutionnaire mais refusant de s’affilier à l’Internationale de Lénine, position défendue par Jean Longuet (qui, au niveau international, sera représentée par l’Union des partis socialistes pour l'action internationale) ; et une volonté révolutionnaire d’adhésion à la IIIe Internationale. Les trois-quarts des congressistes votent la motion d’adhésion à l’Internationale Communiste (mais les « 21 conditions » ne sont pas votées), puis créent la Section Française de l'Internationale Communiste (SFIC, puis Parti communiste). La « Vieille Maison » SFIO est maintenue autour de Léon Blum, Jean Longuet, et de quelques 20 000 adhérents…

Le cartel des gauches entre 1924 et 1926 signe une majorité de gauche à l'Assemblée autour de la SFIO et des Radicaux. Les socialistes pratiquent alors pour la première fois le soutien sans participation au gouvernement.

La stalinisation du PC s’accompagne de nombreuses exclusions et de départs de militants qui, pour certains, reviennent à la SFIO - laquelle redevient ainsi la principale organisation de gauche.

Le Front Populaire est constitué en 1935. Après les élections victorieuses de mai 1936, une grève générale spontanée permet d'obtenir un large ensemble de réformes sociales (augmentation des salaires, conventions collectives, congés payés, semaine de 40 heures au lieu de 48, etc.). Le gouvernement dirigé par Léon Blum se constitue en juin 1936. Les difficultés économiques et les rigidités de l'appareil de production amènent le gouvernement à pratiquer une « pause » dans les réformes sociales. La politique de non-intervention dans la guerre d'Espagne divise les socialistes, tandis que les premières réformes étant réalisées, le soutien des radicaux faiblit. Les derniers mois du gouvernement Blum voient une dégradation de la situation. Mis en minorité devant le Sénat en juin 1937, le gouvernement démissionne.

Les socialistes français restés fidèles à la République se ressaisissent et s'organisent dès 1940 sous l'impulsion, notamment, de Daniel Mayer dans des réseaux de résistance. Le parti socialiste SFIO est reconstitué dans la clandestinité entre mars 1941 et mars 1943. Léon Blum, avant d'être déporté, l'illustre par son comportement au cours du procès de Riom, obligeant Vichy à l'interrompre le 11 avril 1942. Sa prison est le point de ralliement des socialistes résistants, et il les exhorte inlassablement à l'action, jusqu’à ce qu'il soit déporté. Les socialistes sont un des courants politiques les plus surreprésentés dans la Résistance, formant, comme l'a remarqué Marc Sadoun (voir bibliographie) le premier groupe de la Résistance non communiste, mais, contrairement au Parti communiste, ils ne lient pas la reconstitution du parti et la formation des groupes de combat (sauf en Provence, avec le réseau Brutus et en Bretagne avec l'action de Tanguy Prigent), ce qui limite leur visibilité. Ils sont hégémoniques dès le début à Libération Nord, majoritaires à Libération-Sud et dans les MUR dès leur constitution, influents à Ceux de la Résistance, au sein l'Organisation civile et militaire et, à partir de 1942, dans le mouvement Combat. Seuls Brutus et Libération Nord sont des relais solides pour le Parti socialiste clandestin.

Des membres de la SFIO siègent au Conseil national de la résistance (CNR) mais aussi quelques-uns dans les arcanes de Vichy. La SFIO pratique une épuration interne sévère. Elle édicte des règles sévères quant à la réintégration des cadres du parti, mais l’application locale est plus délicate. Les fédérations sont plus indulgentes que les instances nationales du parti. Sur les 168 parlementaires (députés, sénateurs) d’avant guerre, 53 sont réintégrés sans conditions : les 32 députés encore vivants ayant voté non le 10 juillet 1940 (François Camel, Marx Dormoy, Georges Pézières, Léon Roche sont morts durant l’occupation), et 21 réintégrés en vertu de leur « attitude résistante indiscutable ». 84 élus sont définitivement exclus du parti, pour avoir votés les pleins pouvoirs au gouvernement dirigé par Pétain, pour s’être abstenus, ou pour manque de Résistance. L’épuration est l’occasion d’un renouvellement important des cadres : parlementaires, direction nationale, secrétaires fédéraux. De plus, elle coincide avec un rajeunissement des cadres. L'ascension rapide de Georges Brutelle, résistant de vingt-cinq ans à peine qui devient secrétaire général adjoint en 1947, en témoigne de manière spectaculaire. Certains exclus de la SFIO créent, avec l'ancien secrétaire général Paul Faure, Charles Spinasse et d'autres militants ayant, de près ou de loin, collaboré avec le régime de Vichy, un Parti socialiste démocratique qui rejoint le RGR.

Les socialistes participent au gouvernement avec de Gaulle jusqu'en janvier 1946 puis, selon la formule du tripartisme (SFIO, PCF, MRP), jusqu'en mai 1947. Les réformes de structure réalisées à la Libération et pendant le tripartisme continuent de modeler le visage de la France moderne : vote des femmes, nationalisations, Sécurité sociale, comités d'entreprise. La SFIO a joué un rôle essentiel dans la rédaction du programme du CNR.

La SFIO connaît une brève période d'euphorie dans l'immédiat après-guerre. En mai 1945, la plupart des maires socialistes élus lors des élections municipales précédentes (1935) sont réélus, et plusieurs grandes villes basculent dans le camp socialiste, comme Bordeaux, Grenoble, Cherbourg et même la très conservatrice Nice. En janvier 1946, c'est un socialiste, Félix Gouin, qui succède au général De Gaulle à la tête du gouvernement provisoire. Cette année-là, la SFIO compte environ 350 000 adhérents, record historique jamais égalé depuis.

Mais elle se trouve rapidement confrontée, à l'intérieur, au problème de la concurrence du PCF et, à l'extérieur, à la constitution des deux grands blocs antagonistes. Aux élections législatives de 1945, le PCF dépasse pour la première fois la SFIO (26 contre 24 %). Le congrès de septembre 1946 se tient alors que le parti traverse une grave crise d'identité. Guy Mollet anime une tendance de gauche composite qui met en minorité la direction sortante (Daniel Mayer) soutenue par Léon Blum. Guy Mollet affirme sa fidélité à la doctrine marxiste, à la lutte des classes, à l'unité d'action avec le PCF et condamne les « révisionnismes ».

Pour Léon Blum et les socialistes assurant des responsabilités gouvernementales, le souci majeur reste l'instauration du nouveau régime parlementaire sur le plan intérieur et, à l'extérieur, la recherche d'une troisième voie entre le protectorat américain et la dictature stalinienne. Ainsi se comprennent les efforts pour créer une Europe forte et indépendante. En mai 1947, le PCF quitte le gouvernement, refusant à la fois la politique indochinoise et le partage de responsabilités gouvernementales de plus en plus lourdes du fait de la grave situation économique et sociale. Dès l'automne 1947, le PCF mène une virulente campagne anti-socialiste et s'affirme toujours plus comme parti totalement stalinien.

La SFIO, engluée dans la 3e force (alliance avec les radicaux et le MRP en opposition à la fois aux gaullistes et aux communistes), connaît un effritement de ses positions électorales et un déclin militant. En 1954, c'est Pierre Mendès France, alors radical socialiste, qui paraît incarner le renouveau de la gauche non communiste. Les difficultés et les drames de la décolonisation amènent les socialistes à prendre la direction d'un gouvernement de Front républicain en janvier 1956, en ayant mené campagne contre la guerre d'Algérie. Outre le traité de Rome sur la CEE, la troisième semaine de congés payés…, l'action politique du gouvernement de Guy Mollet est marquée par la guerre d'Algérie. Mollet ne parvient pas à imposer ses idées à l'Assemblée et aux colons, très hostiles à toute idée de discussions avec le FLN et a fortiori d'indépendance, et il fait voter en 1956 par l'Assemblée les pouvoirs spéciaux à l'armée (loi adoptée par presque tous les groupes représentés au parlement, du Parti communiste au CNIP), ce qui va permettre en particulier une généralisation de la torture. Le service militaire est également porté à 27 mois, et le nombre de soldats français en Algérie passe de 100 000 en 1955 à 600 000 en septembre 1956. Le durcissement de la guerre qui s'ensuit conduisent Pierre Mendès France et Alain Savary à quitter le gouvernement. La SFIO sort profondément divisée et coupée de la jeunesse. Le « Molletisme » de la vieille S.F.I.O. est largement critiqué. La IVe République ne survit pas au coup de force des militaires qui, en mai 1958, ramène de Gaulle au pouvoir.

L'attitude vis-à-vis du régime de Charles de Gaulle divise encore. Une minorité de la SFIO ainsi que d'autres élus de la gauche non communiste comme François Mitterrand et Pierre Mendès France, se dressent contre le « coup d'État ». Certains minoritaires de la SFIO quittent le parti et fondent le Parti socialiste autonome, dirigé par Édouard Depreux et Alain Savary. En 1960, le PSA fusionne avec de petits mouvements de chrétiens de gauche et de dissidents communistes, l'Union de la gauche socialiste (Gilles Martinet, Claude Bourdet), Tribune du Communisme (Jean Poperen) pour former le Parti socialiste unifié (PSU).

François Mitterrand crée la Convention des institutions républicaines (CIR) avec Charles Hernu et Louis Mermaz en 1964, alors que la même année le mouvement syndical annonce son renouvellement : la CFTC se divise, aboutissant à la création de la CFDT sous l'impulsion d'Eugène Descamps. Cette période voit naître un grand nombre de clubs politiques de gauche, Club Jean-Moulin, Vie Nouvelle (Jacques Delors)…

À l'approche de l'élection présidentielle de 1965, Gaston Defferre, soutenu par le centre et le centre gauche, songe un moment à être candidat : la candidature de Monsieur X et son idée de « grande fédération » socialisto-centriste échouent du double fait du MRP et de la SFIO. Dès 1965, François Mitterrand et la CIR proposent une candidature de gauche non communiste. Un rassemblement s'opère avec la Fédération de la gauche démocrate et socialiste (FGDS) qui aboutit à la candidature de François Mitterrand. Il sera soutenu par le PCF, puis, à un degré moindre, par le PSU.

François Mitterrand obtient 32 % des voix au premier tour, mettant ainsi de Gaulle en ballotage à la surprise générale, et 45 % des voix au second tour. En 1966, la FGDS publie son programme et passe avec le PCF un accord électoral de désistement au profit du candidat de gauche le mieux placé. Cet accord est efficace puisqu'il amène l'opposition à un siège de la majorité lors des élections législatives de 1967. C'est même un succès en voix, puisque la gauche obtient 46 % des suffrages exprimés, contre 42,6 % pour les gaullistes et leurs alliés, qui ne gardent le contrôle de l'Assemblée nationale que grâce au découpage des circonscriptions électorales. En février 1968, l'accord entre FGDS et PCF est élargi et laisse supposer une véritable union de la gauche lors des élections suivantes.

Mais les mouvements de mai 1968 affaiblissent la FGDS, qui, surprise, n'a pas pu prendre en charge les interrogations du moment. Après l'échec du référendum et le départ de De Gaulle en 1969, le nouveau Parti socialiste, fondé au Congrès d'Alfortville le 4 mai 1969, désigne Gaston Defferre comme candidat à la présidence de la République. L'échec du tandem formé par Gaston Defferre et Pierre Mendès France (un peu plus de 5 % des voix, tandis que Michel Rocard, alors candidat du PSU obtient 3,6 % des voix) précipite la recomposition du parti. Le PS s'élargit au Congrès d'Issy-les-Moulineaux du 11 au 13 juillet 1969 : formé de la SFIO (Guy Mollet, Pierre Mauroy, Gaston Defferre, Jean-Pierre Chevènement) de l'UCRG (Alain Savary) de l'UCGS (Jean Poperen), il fait de l'unité de la gauche un axe politique.

C'est le congrès d'Épinay, en 1971, qui marque l'étape la plus importante de l'unité et de la rénovation du socialisme. Au PS s'agrègent désormais la CIR et une partie du « courant chrétien ». Le congrès d'Épinay élit François Mitterrand comme premier secrétaire et donne mandat à sa direction de préparer un accord de gouvernement avec le PCF. En mars 1972, le congrès de Suresnes adopte le programme « changer la vie ». Le 27 juin, le « programme commun de gouvernement » est signé avec le PCF et contresigné par les radicaux de gauche peu après. En mars 1973, les élections donnent plus de 48 % des voix à la gauche et le PS rattrape le PCF pour la première fois de l'après-guerre. En 1974, après la mort de Georges Pompidou, François Mitterrand est à nouveau le candidat unique de la gauche. Il échoue de peu face à Valéry Giscard d'Estaing (49,6 % des voix au second tour) et ce résultat marque la progression des socialistes et de la gauche dans le pays.

Les élections cantonales de 1976 et de 1979, ainsi que les élections municipales de 1977, sont un succès pour la gauche et surtout pour les socialistes, qui devancent nettement les communistes : en mars 1976, le PS obtient 26 % des suffrages exprimés contre 23 % au PCF, quatorze présidences de conseils généraux basculent à gauche, dont neuf pour les socialistes, trois pour les radicaux de gauche et deux pour les communistes ; un an plus tard, la gauche remporte 157 des 221 villes de plus de 30 000 habitants, dont 81 pour le parti socialiste (44 en 1971) ; en 1979, la gauche enregistre un gain net de deux conseils généraux.

Cette dynamique précipite le rassemblement des courants socialistes, qui se concrétise aux « Assises du socialisme », en octobre 1974, avec l'entrée d'une partie d'adhérents du PSU (Michel Rocard, Robert Chapuis), de membres de la CFDT (Jacques Chérèque, Jacques Delors) et de la 3e composante (Vie nouvelle, groupes d'action municipale, objectif socialiste…) qui rejoignent, pour l'essentiel, la majorité du parti.

Au congrès de Pau, en 1975, le CERES de Jean-Pierre Chevènement cesse de faire partie de la majorité du parti et constitue désormais la minorité.

Le 10 mai 1981, l'élection de François Mitterrand à la présidence de la République ouvre une période nouvelle dans l'histoire du socialisme français. C'est la première alternance politique entre la gauche et la droite sous la Ve République. Les élections législatives de juin sont un triomphe pour les socialistes : pour la première fois de son histoire, il obtient la majorité absolue à l'Assemblée nationale et devance nettement le PCF qui enregistre un recul certain. Pierre Mauroy forme un gouvernement auquel participent quatre ministres communistes.

Lionel Jospin succède à François Mitterrand à la direction du parti. Dans un premier temps, le gouvernement Pierre Mauroy mène une politique de relance et profondes réformes, conforme aux 110 Propositions du candidat Mitterrand (abolition de la peine de mort, augmentation sensible du SMIC, du minimum vieillesse et des allocations familiales, réduction du temps de travail à 39 heures, possibilité de prendre sa retraite à 60 ans, nationalisations, décentralisation, nouveaux droits des travailleurs, dépénalisation de l'homosexualité, libération des médias, radios libres, Fête de la Musique etc.).

Mais rapidement, la crise économique internationale, le refus opposé par Ronald Reagan et Margaret Thatcher de soutenir une politique de relance coordonnée et les faiblesses persistantes des entreprises françaises conduisent le gouvernement de Pierre Mauroy à opter dès 1982, et surtout en 1983, pour une politique de « rigueur économique ». Ces décisions découlent certes du choix fondamental de l'économie ouverte et de la construction européenne, mais aussi indéniablement des profondes réformes de 1981. Dans le domaine européen, les socialistes français jouent un rôle très important, sous l'impulsion du président Mitterrand, comme leurs prédécesseurs l'avaient fait sous la IVe République.

L'inflation est maîtrisée, l'économie française modernisée, mais les effets positifs de cette politique sont sérieusement limités sur le front du chômage. Le PS perd du terrain aux élections municipales de 1983 et surtout aux élections cantonales de 1985. Aux européennes de 1984, si la baisse est assez limitée, le parti communiste voit son score réduit de moitié. En juillet 1984, Laurent Fabius remplace Pierre Mauroy comme Premier ministre et forme un gouvernement auquel les communistes refusent de participer.

En politique intérieure, les socialistes achèvent la décentralisation, réforment la formation professionnelle et infléchissent la politique d'aménagement du territoire (loi Montagne et loi Littoral).

Le congrès de Toulouse, en 1985, traduit l'évolution idéologique et politique du parti en particulier vers la culture de gouvernement. Jacques Delors parle d'« un petit Bad Godesberg ». Les socialistes perdent les élections législatives de 1986 mais obtiennent un score honorable : 31,2 % (contre 22,8 % en 1978). François Mitterrand demeure président de la République et nomme Jacques Chirac à la tête du gouvernement. De 1986 à 1988 c'est la « cohabitation ». Le Parti socialiste est dans l'opposition.

En 1988, François Mitterrand est largement réélu avec 54 % des voix. Le candidat socialiste, qui a fait campagne sur le thème de la « France unie », se prononce pour une certaine ouverture de la majorité. Les élections législatives donnent une majorité relative au PS. Michel Rocard est nommé Premier ministre. En intégrant des personnalités dites d'ouverture, issues de la « société civile » et du centre, son gouvernement reflète la réalité de la majorité présidentielle, mais le PS est le seul grand parti à le soutenir. Dans le parti, le départ de Lionel Jospin du premier secrétariat provoque des tensions au sein du courant majoritaire mitterrandiste. Pierre Mauroy est élu premier secrétaire contre Laurent Fabius. Deux ans plus tard, le congrès de Rennes voit s'opposer durement les partisans de la motion 1 (Mauroy-Mermaz-Jospin) et ceux de la motion 5 (Laurent Fabius). Finalement, Pierre Mauroy est réélu à l'unanimité après une synthèse générale qui associe à la direction du parti l'ensemble des courants qui s'étaient exprimés à travers la présentation de sept motions différentes.

En 1990, François Mitterrand engage la France dans la guerre du Golfe. Ce choix est contesté par les amis de Jean-Pierre Chevènement, qui quittent le PS pour fonder le Mouvement des citoyens (MDC). Au-delà de cette petite scission, le Parti socialiste est de plus en plus sévèrement critiqué à sa gauche, notamment pour avoir défendu le traité de Maastricht, ratifié par un referendum positif en 1991, à 51 %. Les nouvelles formations comme le MDC, ainsi que les organisations protestataires - notamment altermondialistes - ne pardonnent pas aux socialistes de soutenir une Europe qualifiée de trop peu politique et sociale, servant seulement à soutenir une économie libérale. Les années Mitterrand sont également marquées par de trop nombreuses affaires, mais qui causent, avec l'échec de la lutte contre le chômage, la déroute électorale de 1993. Édouard Balladur accède au poste de Premier ministre.

En décembre 1994, le retrait de Jacques Delors de l'élection présidentielle ouvre une période incertaine. Pour la première fois dans l'histoire du parti socialiste, deux candidats à la candidature se confrontent : Henri Emmanuelli et Lionel Jospin qui sont départagés par un vote direct et secret des militants. Le vote avantage largement Lionel Jospin. Ce dernier se trouve investi lors d'une convention de désignation le 5 février 1995, qui marque le lancement de la campagne présidentielle. Réclamant un « droit d'inventaire » sur le bilan socialiste, Lionel Jospin réussit à être en tête des candidats du premier tour, avec plus de 23 % des voix et à regrouper 47,3 % des suffrages au second tour. Ce succès relatif permet de mettre en place les conditions d'un renouvellement pour le Parti socialiste. Quittant la présidence de la République, François Mitterrand encourage les socialistes à affronter le cycle politique qui s'ouvre. Il décède quelques mois plus tard, le 8 janvier 1996.

Après la dissolution de 1997, le premier secrétaire et député Lionel Jospin, devient le Premier ministre d'un gouvernement de Gauche plurielle (alliance PS-PCF-Les Verts-PRG-MDC). La conjoncture économique est très bonne: près d'un million d'emplois sont créés. Des mesures comme la réduction du temps de travail sont prises pour aider à la reprise de l'emploi (35 heures mises en place par Martine Aubry), même si celle-ci demeure encore contestée, y compris par des économistes qui mettent en doute la pertinence d'une telle mesure. Le Ministre de l'Intérieur Jean-Pierre Chevènement démissionne le 29 août 2000 pour protester contre la mise en place des Accords de Matignon concernant la Corse.

Au bout d'une cohabitation difficile de 5 ans avec Jacques Chirac, Lionel Jospin se présente contre lui à l'élection présidentielle de 2002. Avec seulement 16 % des suffrages exprimés, le candidat socialiste est éliminé dès le premier tour. Ce « 21 avril » reste un traumatisme pour les socialistes, qui appellent à voter par défaut au second tour pour Jacques Chirac contre le candidat du Front national Jean-Marie Le Pen. Lionel Jospin énonce dans un discours son intention de se retirer de la vie politique dès la fin effective de la législature. Cette décision est vécue comme un second traumatisme par les militants socialistes qui se retrouvent sans leader. Par les élections législatives qui suivent la présidentielle, les Français confirment la défaite des socialistes et placent le PS dans l'opposition. Dans le courant de l'été, le premier secrétaire François Hollande intègre Laurent Fabius et ses partisans au sein de la direction. Cette nouvelle configuration préfigure de futurs affrontements entre les jospiniens et les fabiusiens.

Le Congrès de Dijon de mai 2003 se déroule dans un profond mouvement d'introspection marqué par l'échec de 2002 et les inquiétudes face au score de l'extrême gauche — véritable gagnante de ces élections, le score du Front national demeurant par ailleurs stable de 1995 à 2002 mais aussi par le rejet des candidats issus des partis de gouvernement (qui rallient moins de 50 % des suffrages). François Hollande y pose la question de la pratique gouvernementale sur le long terme et ses alliés le pressent d'adopter une ligne clairement « réformiste de gauche », tandis que des pôles de rénovation se créent autour du Nouveau Parti socialiste (NPS), constitué suite à un appel lancé en octobre 2002 par Benoît Hamon, Julien Dray, Christian Paul, Arnaud Montebourg, alors président de la Convention pour la sixième République, et Vincent Peillon, qui critiquent le « social-libéralisme » et qui revendiquent une VIe République — celle-ci verrait la France évoluer du régime semi-présidentiel actuel vers un régime parlementaire plus conventionnel. Une autre partie de l'aile gauche, représentée par l'ex-Gauche socialiste et le courant « Démocratie - Égalité » — qui rassemblait les amis d'Henri Emmanuelli et les ex-poperénistes, dont le député des Landes Alain Vidalies, membre du Bureau national du PS —, fusionne en 2002 au sein du courant « Nouveau Monde », fondé par Emmanuelli et Jean-Luc Mélenchon.

Les clivages persistent sur l'analyse de la défaite lors du second tour de la présidentielle, le 21 avril 2002. Pour la direction, elle ne s'est pas faite franchement sur un bilan plutôt jugé par tous comme positif, mais surtout sur un manque de souffle et de perspectives. Il s'agirait alors de définir une plate-forme programmatique pour esquisser le concept d'une « gauche durable », c'est-à-dire capable de gagner les élections successivement, mettant ainsi un terme aux mécaniques de balanciers ou d'alternance, qui empêchent l'installation d'un projet politique sur le long terme. Pour les courants de gauche, le gouvernement Jospin a été sanctionné à cause d'une politique qualifiée de social-libérale.

Aux élections régionales et cantonales de 2004, la gauche remporte 24 régions sur 26 (20 régions sur les 22 de la métropole, et les quatre régions d'outre-mer) ainsi que la majorité des conseils généraux (pour la première fois depuis 1946). Cette tendance est confirmée aux élections européennes de juin 2004, où le PS emporte 31 sièges (contre 22 sortants) avec 28,9 % des suffrages exprimés (record pour lui, record pour un parti se présentant seul à cette élection en France) et devient la plus forte délégation au sein même du groupe socialiste européen.

Au niveau européen, les chefs d'État signent après modification par la Conférence intergouvernementale le Traité constitutionnel européen (TCE) proposé par la Convention sur l'avenir de l'Europe présidée par Giscard. Le Parti socialiste demande auprès du président Jacques Chirac la tenue d'un référendum national sur le sujet. Afin de dégager une ligne officielle, François Hollande convoque une consultation interne le 1er décembre 2004 où les adhérents du PS se prononcent à plus de 58 % en faveur de sa ratification. Ce résultat ne suffit toutefois pas à rassembler. Certains partisans du non comme Laurent Fabius, Jean-Luc Mélenchon, Marc Dolez ou Henri Emmanuelli décident de mener campagne contre l'adoption du traité, en dépit du vote des militants. Certains (comme l'hebdomadaire Marianne) évoquent des malversations lors de ce vote , notamment dans les fédérations du Nord et des Bouches-du-Rhône. Ces accusations n'ont pas à ce jour reçu un début de preuve.

Le référendum du 29 mai 2005 se conclut par la victoire du non à presque 55 %. Selon les sondages, la majorité des électeurs socialistes qui se sont rendus aux urnes ce jour-là ont voté non.

Lors du Conseil national du 4 juin 2005, Laurent Fabius et ses proches (bien que membres de la motion majoritaire) sont exclus du secrétariat national, pour ne pas avoir respecté le vote interne. Les partisans du « non » sont maintenus tant qu'ils n'ont pas ouvertement fait campagne contre la ligne du parti.

Afin de se voir renouvelée la confiance des militants, le premier secrétaire François Hollande convoque un congrès anticipé pour le 18 novembre 2005 au Mans.

Dans la perspective de l'élection présidentielle de 2007, l'ouverture à l'investiture du candidat ou de la candidate socialiste à eu lieu en novembre 2006. Le 9 mars 2006, le Parti Socialiste lance dans ce but une vaste campagne d'adhésion par internet, en réduisant jusqu'au 1er juin 2006 le montant de l'adhésion à 20 euros. Pour la première fois, la démarche d'adhésion peut se faire en ligne sur le site du Parti Socialiste, ce qui porte début juin ses troupes à un niveau jamais atteint depuis les années 1980 : 202 000 militants. Paris serait devenue la première fédération du Parti socialiste en nombre d'adhérents, ce qui serait une première dans l'histoire du parti (cette place était détenue avant-guerre par la fédération de la Seine, puis du Nord, et du Pas-de-Calais depuis 1945).

Conformément aux engagements pris lors du congrès du Mans (2005), la direction nationale du Parti socialiste a entrepris un vaste programme de rénovation interne. Inédit au PS, ce plan a concerné à la fois la rénovation des pratiques politiques en honorant l'objectif de la parité dans les investitures pour les élections législatives de 2007, un effort sur la diversité, la refonte des outils de communication et de campagne (fichier centralisé, mise à niveau des outils internet) ainsi que la facilitation de l'adhésion.

Le projet socialiste, adopté le 22 juin par les adhérents (85% des suffrages exprimés) et ratifié le 30 juin 2006 lors d'une convention nationale de ratification, est présenté comme étant celui des candidats socialistes pour les élections législatives tout comme celui dont devra largement s'inspirer la personne investie par le parti pour porter les couleurs socialistes à l'élection présidentielle de 2007.

Après une campagne promotionnelle d'adhésion axée sur le vote sur le projet socialiste et la désignation du candidat soutenu par le parti à l’élection présidentielle, le PS a accueilli près de 100 000 nouveaux membres, dépassant ainsi la barre des 200 000 adhérents (218 000 adhérents à jour de cotisation et présentés à la section au jour du vote). Leur arrivée a modifié la sociologie du parti et certainement renforcé la base de Ségolène Royal. Selon une étude de Frédéric Sawicki et Rémi Lefebvre dans la fédération du Nord, seuls 10% des adhésions seraient celles d'anciens compagnons de route, contre 90% sans lien avec le parti jusque là. L'âge moyen a baissé de 55 à 43 ans (15% de retraités, contre 40%) ; la féminisation a progressé tout en restant assez loin de la parité ; le nombre d'adhérents titulaires d'un bac+3 est passé de 30 à 54 % ; une ouverture aux salariés du privé a réduit la place occupée par les fonctionnaires et militants syndicaux. Ces évolutions pourraient bouleverser la répartition des responsabilités locales et fédérales lors d'un prochain congrès.

À la tête des réseaux les mieux structurés au sein du PS, les « présidentiables » Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn ne réussissent pas à s'imposer selon les sondages et les médias. D'autres figures du Parti, comme Lionel Jospin ou Jack Lang, sans parler de Bernard Kouchner, ont dû renoncer à leur candidature faute d'écho de celle-ci. Fabius a même vu quelques-uns de ses soutiens s'éroder au profit de Ségolène Royal, présidente de la région Poitou-Charentes et largement pressentie comme favorite au vu des sondages d'opinion. Ralliée sans condition par Arnaud Montebourg, elle a rencontré la défiance des partisans de Lionel Jospin.

Le style et les circonstances de la candidature de Ségolène Royal sont inédits pour un parti comme le PS. Jouissant d'une forte sympathie dans l'opinion, elle ne fait partie d'aucun courant et défend des thèmes, commentés comme polémiques ou audacieux pour la famille socialiste, comme la famille ou la sécurité. Pourtant, elle parvient à donner quelques accents « alters » à ses prises de position, notamment en faveur de la démocratie participative ou contre les OGM. De plus, son compagnon n'est d'autre que le premier secrétaire François Hollande. Le 16 novembre 2006, lors du vote interne pour la désignation de la candidature socialiste à la présidentielle, Ségolène Royal est plébiscitée par les adhérents (176 230 adhérents ont voté) avec 60,62 % des suffrages, devançant largement Dominique Strauss-Kahn (20,83 %) et Laurent Fabius (18,54 %).

Elle présente son programme présidentiel le 11 février 2007. « Le programme de Ségolène Royal est vraiment socialiste » assure François Hollande, premier secrétaire du parti socialiste. Cette observation vient en réponse aux inquiétudes suscitées par la pré-campagne, où la candidate se posait souvent en rupture par rapport aux discours traditionnels de la gauche.

Le 22 avril 2007, lors du premier tour de la présidentielle, Ségolène Royal accède au second tour de la présidentielle avec 25,87 % des voix. Le soir même, Dominique Voynet, Olivier Besancenot, Arlette Laguiller, José Bové et Marie-George Buffet appellent à voter Royal lors du second tour du 6 mai. En revanche, elle ne bénéficie pas du soutien du candidat UDF, François Bayrou.

Le 6 mai 2007, la candidate du Parti socialiste Ségolène Royal réunit 46,94 % des votants (soit 16 790 611 voix), contre 53,06 % à son adversaire Nicolas Sarkozy, qui est donc élu Président de la République.

La défaite lors du second tour de la présidentielle, en avril 2007, bien qu'annoncée par de nombreux sondages avant les dates de scrutin, amène à nouveau le parti et la gauche en général à se remettre en question : Laurent Fabius et DSK appellent dès les résultats à une refonte de la pensée socialiste, tandis que Olivier Besancenot, candidat de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), appelle à la création d'un Nouveau Parti anticapitaliste qui s'opposerait à la ligne social-libérale représentée par le PS.

De plus, le gouvernement François Fillon débauche, dans le cadre d'une « ouverture », trois membres du PS. Le fondateur de Médecins du Monde, Bernard Kouchner, est ainsi nommé Ministre des Affaires étrangères, tandis que l'ex-directeur adjoint du cabinet de Jospin, Jean-Pierre Jouyet, signataire de l’appel « des Gracques » (club social-libéral) à une alliance PS-UDF pendant la campagne présidentielle de 2007, est nommé secrétaire d'Etat aux Affaires européennes auprès de Kouchner. Enfin, Éric Besson, qui avait quitté le PS, le 21 février 2007, pour rejoindre l'équipe de Sarkozy, est nommé secrétaire d'État auprès du Premier ministre, chargé de la Prospective et de l'évaluation des politiques publiques. Tous ces transfuges sont exclus du PS.

Enfin, Sarkozy écarte Dominique Strauss-Kahn de la scène nationale en le soutenant comme candidat de la France à la présidence du Fonds monétaire international (FMI), poste qu'il obtient le 28 septembre 2007, après le renoncement de son rival au sein de l'UE, l'ex-Premier ministre polonais Marek Belka.

A l'issue de la présidentielle, François Hollande déclare ainsi vouloir rester à la tête du PS jusqu'au prochain congrès, à Reims, qui devait avoir lieu après les élections municipales de mars 2008.

Dans son livre L'Impasse, publié en septembre 2007, Lionel Jospin estimait que Ségolène Royal «  pas les qualités humaines ni les capacités politiques » nécessaires pour remettre le Parti socialiste en ordre de marche et « espérer gagner la prochaine présidentielle » Affirmant que Royal s'était imposée lors de la campagne « parce qu'elle était différente », mais que ses propositions « n'étaient pas dans la culture de la gauche et du socialisme » , Jospin apportait son soutien à Delanoë contre Royal .

Le PS a donc décidé de se « rénover » : le premier « Forum de la rénovation » a eu lieu le 24 novembre 2007, à Avignon.

Les difficultés rencontrées par le gouvernement de François Fillon et l'impopularité grandissante de Nicolas Sarkozy permettent à la gauche parlementaire, et au PS en particulier, de remporter haut la main les élections municipales et cantonales des 9 et 16 mars 2008. Critique envers le « paquet fiscal » voté par la majorité UMP le 1er août 2007 , le PS contrôle désormais une écrasante majorité de grandes villes et 51 des 58 conseils généraux (sur 100) présidés par la gauche. Outre un « bouclier fiscal » impopulaire et privilégiant les hauts revenus, la loi TEPA prévoit aussi une réduction de l'impôt sur la fortune, doté d'un fort coefficient symbolique, pour les investissements en PME et la défiscalisation des heures supplémentaires.

A l'issue des élections sénatoriales de septembre 2008, la droite garde la présidence du Sénat, Gérard Larcher (UMP) est élu président de la haute assemblée par 173 voix contre 134 pour le sénateur de l'Ariège et président du groupe socialiste au Sénat, Jean-Pierre Bel. Le PS a néanmoins remporté 21 sièges ; cette progression permet d'envisager une éventuelle majorité de gauche au Sénat lors du prochain renouvellement d'un tiers des sièges en 2011, ce qui serait une première dans la Cinquième République.

Ce vote a rassemblé 131 860 votants, soit une participation de 56,61 % des militants.

Quelques jours avant le vote des motions, Ségolène Royal déclare que « le modèle de la social-démocratie » est un « modèle périmé », ce qui lui vaut une réplique de Bertrand Delanoë. Et Benoît Hamon se distingue de Ségolène Royal en affirmant notamment que le Revenu de solidarité active (RSA), « par son financement et son objet », n'est « pas une mesure de gauche » et en critiquant le Grenelle de l'environnement.

Avant même d'avoir commencé, le congrès de Reims, à l'issue duquel le nouveau premier secrétaire du PS devait être élu, marque ainsi une large victoire de la majorité sortante — et en son sein de la ligne sociale-libérale et centriste de Ségolène Royal, autour de laquelle doit désormais se constituer la nouvelle majorité — sur la gauche du parti incarnée par Benoît Hamon ou par le mouvement Utopia. C'est, en tout cas, la conclusion du sénateur de l'Essonne Jean-Luc Mélenchon et du député du Nord Marc Dolez, signataires de la motion C, qui décident, à la suite de l'annonce des résultats, de quitter le parti, s'opposant notamment à l'idée de son recentrage sur l'échiquier politique et à une alliance avec le Mouvement démocrate de François Bayrou, prônée par les signataires de la motion E. Ils créent une scission en annonçant la formation d'un nouveau parti plus ancré à gauche, le Parti de gauche.

A l'issue du congrès, la motion E arrivée en tête ne réussit pas à rassembler une majorité, les motions A, C et D ne parviennent pas davantage à un accord entre elles. Faute de synthèse, c'est le vote des militants qui est décisif. Martine Aubry, Benoît Hamon et Ségolène Royal se déclarent candidats au poste de Premier secrétaire dont l'élection est prévue le 20 novembre. Bertrand Delanoë décide de ne pas se présenter ; la motion A ne présente aucun candidat ni ne donne aucune consigne de vote, mais dès le lendemain, dans une lettre ouverte aux militants, Bertrand Delanoë appelle ceux-ci à "voter massivement" pour Martine Aubry.

Le 20 novembre, au premier tour de scrutin pour l'élection du premier secrétaire, Ségolène Royal recueille 42,9% des voix, Martine Aubry 34,5% et Benoît Hamon 22,6%. Ce dernier appelle alors les militants à voter massivement pour Martine Aubry au second tour qui doit avoir lieu le lendemain.

Le 21 novembre 2008, selon les résultats officiels mais encore non validés, Martine Aubry arrive en tête du second tour du vote des militants pour le poste de premier secrétaire, en l'emportant face à Ségolène Royal de 42 voix, soit 50,02 % contre 49,98 %. Le camp de Ségolène Royal conteste ce résultat en émettant des soupçons d'erreurs voire de fraude dans le comptage des voix. La commission de récolement se réunit les 24 et 25 novembre ; à l'issue de ses travaux elle communique les résultats définitifs du scrutin, soit 50,04 % des voix (67 451 voix) pour Martine Aubry et 49,96 % des voix (67 349 voix) pour Ségolène Royal, ce qui fait 102 voix d'écart en faveur de Martine Aubry. Le soir même, le Conseil national, réuni à la Mutualité à Paris, valide l'élection de Martine Aubry comme premier secrétaire par 159 voix contre 76 et 2 abstentions.

Les leaders du parti socialiste sont parfois appelés des éléphants.

Le secrétariat national est constitué de 19 femmes et de 19 hommes. Sa composition, renouvelée à l'issue du congrès de Reims et de l'élection du premier secrétaire, a été approuvée par le Conseil national le 6 décembre 2008.

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Parti communiste français

Logo du PCF

Le Parti communiste français (PCF) est un parti politique français de gauche, qui se fixe comme objectif l’émancipation de tous par la maîtrise sociale, le partage des richesses, des connaissances et des pouvoirs. Il a été fondé en décembre 1920 au Congrès de Tours, lors de la scission de la SFIO. L'organe officiel du Parti a longtemps été le journal L'Humanité qui en est désormais structurellement indépendant. Son siège est situé place du Colonel-Fabien à Paris, dans un bâtiment de béton réalisé par le célèbre architecte brésilien Oscar Niemeyer.

Le 30 décembre 1920, une majorité des militants socialistes de la SFIO réunis en congrès à Tours décident de s'affilier à l’Internationale communiste (également connue sous l’appellation « Komintern »), fondée en 1919 par Lénine à la suite de la Révolution russe. Le Parti communiste français, qu'on appelle alors Section Française de l'Internationale Communiste (SFIC), qui est ainsi créé accepte par conséquent de se soumettre aux conditions explicitement formulées par l'IC. Il s'engage à construire un parti révolutionnaire, qui peut utiliser des moyens légaux, mais qui aussi doit se doter d'un appareil clandestin et ne doit pas exclure l'action illégale. Le parti constitué doit être discipliné, suivant les règles du centralisme démocratique : les minoritaires doivent suivre la ligne décidée majoritairement, et n'ont pas le droit de s'organiser pour défendre leur tendance. Internationaliste, enfin, un parti national, comme le Parti Communiste français (PC) est d'abord une section de la troisième internationale. Le PC français ne s'appelle pas PCF mais SFIC (Section Française de l'Internationale Communiste). Ces principes de base vont sous-tendre toute la vie du PCF jusqu'à la dissolution officielle de l'IC en 1943, et même bien au-delà.

Les premières années du jeune parti sont marquées à la fois par de nombreuses exclusions de membres fondateurs du parti (comme Boris Souvarine, Alfred Rosmer, Pierre Monatte, Albert Treint…), par la stalinisation du parti, ainsi que par un activisme militant illustré, par exemple, par des manifestations contre la guerre du Rif, en 1925, et plus généralement par l'antimilitarisme. L'arrestation et l'incarcération de courte durée est très fréquente, tant pour les militants que pour les dirigeants.

En 1927, sur ordre de la direction du Komintern, la politique du parti se sectarise. On appelle cette politique "Classe contre Classe", elle exclut toute entente avec les partis dits « bourgeois », SFIO comprise. Le Parti qui avait obtenu 26 sièges aux élections de 1924 en perd la moitié aux élections de 1928.

Des organisations communistes dissidentes, d'extrême gauche, se créent pour défendre un communisme opposé au stalinisme : le Cercle communiste démocratique, la Ligue communiste, L'Union communiste, entre autres.

Après la prise du pouvoir par Hitler, et les événements de 1934 en France, l’Internationale communiste recommande une nouvelle ligne, moins sectaire. La lutte pour la direction du parti entre Jacques Doriot et un jeune rival, Maurice Thorez, aboutit en 1934 à l'éviction du premier qui crée son propre parti (le Parti Populaire Français). Maurice Thorez, qui avait accédé à la direction dans la période précédente mettra en œuvre cette nouvelle ligne. Thorez est entouré d'une équipe constituée de Jacques Duclos, Benoit Frachon et du délégué du Komintern, Eugen Fried. L'équipe Thorez-Duclos-Frachon connaîtra une longévité exceptionnelle et dirigera pratiquement le parti français pendant une trentaine d'année.

Le 10 janvier 1936, socialistes, communistes et radicaux se mettent d'accord sur un « programme commun ». Au printemps, le Front populaire gagne les élections et le PC remporte 72 sièges avec 15% des voix. Le PC soutient le gouvernement Blum sans y participer. Début juin 1936, la direction du PC appelle à l’arrêt de la grève générale spontanée qui s’est déclenchée peu avant, et qui permettra l’obtention des congés payés. Sur le plan syndical, la CGTU, communiste, et la CGT dont elle avait fait scission après le congrès de Tours, fusionnent à nouveau.

Les instances dirigeantes sont totalement subordonnées à l'IC, elle même complètement dominée par Staline et les autres dirigeants de l’État soviétique, mais cette subordination pose peu de problèmes à l'intérieur du parti français, tant est grand le prestige de l'URSS, et du fait que le libre débat y est empêché. Toute opposition à la ligne stalinienne entraîne l’exclusion (c’est le cas d’André Ferrat, ancien rédacteur en chef de L'Humanité).

De 1936 à 1939, le soutien aux républicains espagnols représente une composante majeure du parti communiste français, tant par l'envoi de volontaires dans les Brigades internationales que par la mise sur pied de puissants moyens matériels.

En septembre 1939, le parti français approuve la signature du Pacte germano-soviétique : l'alliance entre l'Allemagne nazie et l'URSS. Daladier impose la mise hors la loi du PC. Il s'en suivra une scission au sein des élus du parti et une période de clandestinité : l'essentiel de la direction du parti est alors regroupée en Belgique, et, sur un ordre de Dimitrov, Maurice Thorez déserte et rejoint Moscou. Suivant les consignes du Parti, « Une heure de moins pour la production, c'est une heure de plus pour la révolution », certains militants commettent des sabotages dans les usines d'armements françaises pendant la Drôle de guerre.

La clandestinité sera brièvement interrompue durant l'été 1940, pour demander en vain, via l'avocat communiste Robert Foissin, l'autorisation de faire reparaître L'Humanité aux autorités allemandes, puis se prolongera jusqu'à la Libération, en été 1944. Une partie des élus du PC fonde le Parti ouvrier et paysan français (POPF) qui regroupait les anciens du PC partisans de la Collaboration (plus d'élus que de militants).

Bien préparé à la résistance par la pratique de la clandestinité, le PC français n'engagera la lutte contre l'occupant qu'à partir de juin 1941 lorsque les troupes d'Hitler envahissent l'URSS. Cependant, bien des militants ou des groupes locaux communistes, qui n'avaient pas tous cessé subitement en 1939 ou 1940 d'être antifascistes, s'étaient spontanément engagés dans la résistance, sans demander la permission du parti. On citera par exemple Auguste Havez et Marcel Paul dans l'ouest de la France, la grève des mines du Nord, en mai 1941, cf. Auguste Lecœur), et plusieurs exemples locaux.

À partir de juin 1941, les différentes organisations rattachées de près ou de loin au PC sont alors à même d'attirer un nombre important d'hommes et de femmes désireux de participer à la lutte contre l'occupant (en particulier le Front national et sa branche armée des Francs-tireurs et partisans (FTP)). La mouvance du PC devient importante au sein du Conseil national de la Résistance (CNR).

À noter qu'en 1943, Staline dissout le Komintern, et le parti français est désormais appelé PCF.

À la Libération, celui-ci est devenu une des principales forces politiques françaises qui recueillera jusqu'à 29 % des suffrages et qui a largement débordé ses bastions ouvriers pour être présent dans pratiquement tous les départements. De 1944 à 1947, des ministres PCF participent aux différents gouvernements.

C'est en 1947 que sur un fond de guerre froide entre les deux blocs et de guerres coloniales dans l'empire français, les communistes français retourneront dans une opposition que certains qualifieront de ghetto, puisqu'au cours des dix années qui suivent, le PCF est le seul parti à rester à l'écart du pouvoir. Maurice Thorez, atteint d'hémiplégie, passe, entre 1950 et 1953 de longs séjours en URSS pour se faire soigner. Pendant ce temps, l'enthousiasme d'après-guerre qui avait rassemblé des Français d'horizons différents au sein du PCF se dissipe, créant des désaccords idéologiques au sein des militants ; les exclusions sont alors nombreuses, menées principalement par Jacques Duclos (Tillon, Lecoeur, Marty…). Après la mort de Staline, en 1953, les dirigeants français renâclent à s'engager à la suite du parti soviétique dans la dénonciation des crimes de Staline. Le PCF reste entièrement stalinien, et demeure directement lié à l'URSS dont il soutient en 1956 l'intervention militaire contre la révolte populaire en Hongrie.

En 1956, le PCF suit une ligne d'« unité nationale » et vote, avec d'autres partis, les pouvoirs spéciaux à Guy Mollet — ce dernier ayant (sans succès) tenté d'établir une majorité parlementaire pour obtenir, d'après ses dires, une ligne plus libérale en Algérie. Cependant, Guy Mollet applique par la suite une politique très dure de répression durant la Guerre d'Algérie, ce qui poussera le PCF à mener des actions clandestines de sabotage au sein de l'armée française, et à soutenir publiquement le FLN.

Dans les années 1960, le maoïsme commence à séduire différents français ; le PCF est alors marqué par le départ ou l'exclusion d'une partie de ses militants. En 1963, les maoïstes français se regroupent dans l'Association des amitiés franco-chinoises (AAFC) puis l'année suivante dans la Fédération des cercles marxistes-léninistes de France (FCMLF).

Maurice Thorez décède en 1964, mais 3 ans auparavant, il avait fait rentrer au Bureau Politique Georges Marchais qui devait devenir l'homme fort du Parti à partir de 1970. La période entre 1964 et 1970 peut être qualifiée de transition, avec un nouveau secrétaire Waldeck Rochet affaibli par la maladie.

Durant les événements de Mai 68, le PCF est d'abord hostile au mouvement étudiant : Marchais écrit dans L'Humanité du 3 mai un article violent intitulé De faux révolutionnaires à démasquer, où il s'en prend par exemple à « l'anarchiste allemand Cohn-Bendit ». Waldeck Rochet refuse de participer au meeting de Charléty du 27 mai, et le PCF y est totalement absent. Lorsque le monde ouvrier, en particulier les métallurgistes, s'engagera dans la grève générale, soutenue par les syndicats dont la CGT), le PCF rejoindra ce mouvement.

La répression par l'URSS du Printemps de Prague voit le PCF se démarquer de la politique soviétique. Le parti désapprouve, en effet, l'intervention sans pour autant la condamner fermement. Cette ambiguïté l'éloigne d'un certain nombre de militants, en particulier des cercles intellectuels qui lui étaient restés favorables.

À l'élection présidentielle de 1969, Jacques Duclos, que l'on croyait à la retraite, récolte 21,5% des voix, score considéré comme excellent.

Les dirigeants du PCF pensaient que la signature d'un programme commun de gouvernement avec le Parti socialiste (1972) allait accroître leur audience dans l'opinion, mais il n'en a rien été : l'alliance profite aux socialistes, tandis que l'érosion du vote communiste devient inquiétante. Le PCF abandonnera le programme commun en 1978.

En 1974 la parution en France de L'Archipel du Goulag d'Alexandre Soljenitsyne, qui provoque un véritable séisme dans l'opinion publique, participe fortement à la dégradation de l'image du Parti.

En 1976, le PCF abandonne la référence au modèle soviétique pour s'orienter vers une ligne de type eurocommuniste. Il abandonne la référence à la doctrine de la « dictature du prolétariat » (XXIIeme congrès), affirme son indépendance vis-à-vis de Moscou et son attachement aux libertés publiques : « C’est la voie démocratique et révolutionnaire que nous proposons à notre peuple pour aller au socialisme tenant compte des conditions de notre époque en faveur des forces de progrès, de liberté, de paix ». Le but du PCF, « parti national et internationaliste », est « la transformation de la société capitaliste en une société collectiviste ou communiste, société fraternelle sans exploiteurs ni exploités » (L’Humanité, 20 janvier 1976).

Cela n'empêche pas le parti d'exclure Nina et Jean Kéhayan, qui venaient de publier un ouvrage de témoignage critique sur l'Union soviétique en 1978, Rue du prolétaire rouge, ni Georges Marchais, alors premier secrétaire du Parti, de soutenir en 1979 l'invasion soviétique en Afghanistan, en direct depuis un studio de la télévision russe. En 1979 encore, au XXIIIeme congrès,, le P.C.F abandonne la référence au « marxisme-léninisme », ce qui se conclut notamment par la disparition du Centre d'études et de recherches marxistes (CERM) et son remplacement par l'Institut de Recherches Marxistes, qui sera lui-même remplacé en 1995 par l'association Espaces Marx.

En 1981, au premier tour de l'élection présidentielle, Georges Marchais, secrétaire général, obtient 15%, alors que Jacques Duclos en obtenait 22 en 1969. Considéré par certains comme le début du déclin, il n'en est que l'apparition dans les urnes. En effet, dans un monde changeant, avec la disparition progressive des grandes concentrations ouvrières où il avait la mainmise, le parti communiste ne changea pas ses positions. François Mitterrand l'utilisa à son profit tout en le détruisant.

Après la victoire de François Mitterrand, le PCF participe au gouvernement de Pierre Mauroy avec les ministres Charles Fiterman (Transports), Anicet Le Pors (Fonction publique), Jack Ralite (Santé) et Marcel Rigout (Formation professionnelle). De juin 1982 à mars 1983, Jacques Delors, alors ministre de l'Économie, pilote une transition vers une politique de « rigueur économique ».

En effet, après trois dévaluations successives, des milliards de francs de fuite de capitaux et une augmentation du chômage, les socialistes choisissent de renoncer à leur projet économique et social, de peur d'isoler l'économie française dans une Europe où l'austérité est de rigueur. En 1984, les communistes décident de quitter le gouvernement pour protester contre la nouvelle orientation libérale du Parti socialiste.

En 1984, aux élections européennes, la liste Marchais obtient 11,2% et ne dépasse la liste du Front national de Jean-Marie Le Pen que d'un cheveu, cette dernière ayant totalisée 11,0%.

En 1988, au premier tour de l'élection présidentielle, M. André Lajoinie obtient 6,8%, et M. Pierre Juquin, candidat dissident, 2,1%.

En 1989, aux élections européennes, la liste de M. Philippe Herzog, professeur agrégé d'économie à l'Université de Paris X à Nanterre, obtient 7,7%.

L'URSS a, depuis les années 1920, aidé financièrement et matériellement, les divers partis communistes à travers le monde.

Durant la guerre froide, par année fiscale, environ 2 millions de dollars US étaient transférés à la demande du Politburo de la Gosbank (banque d'État soviétique) au PCF, ce sont des agents du KGB qui livraient les sommes demandées aux dirigeants des partis concernés.

Le 13 novembre 1979, alors que la guerre d'Afghanistan va s'engager, le Politburo, à la demande de Boris Ponomarev, dégage, « étant donné la situation extrêmement difficile du Parti », six millions de dollars pour le PCF pour lui permettre de payer ses dettes.

L'aide apportée par le PCUS était aussi matérielle : le 10 juillet 1987, le Politburo approuve, « suivant la demande du PCF », la livraison de 1 300 tonnes de papier par an pour les années 1987 et 1988.

Pour la seule période de 1971 à 1990, le PCF encaissera cinquante millions de dollars (Parti communiste italien : 47 millions, Parti communiste des États-Unis d'Amérique : 42 millions).

De 27 députés élus en 1988, le Parti n'en obtint plus que 20 en 1993, puis 35 en 1997. Si Georges Marchais est réélu dans le Val-de-Marne, M. André Lajoinie, le Président sortant du groupe à l'Assemblée est battu dans l'Allier. M. Alain Bocquet, député-maire de Saint-Amand-les-Eaux, lui succède.

En 1994, Robert Hue remplace Georges Marchais à la tête du parti. Peu avant la chute du mur de Berlin, le PCF obtient 6,76% à la présidentielle de 1988. En juin 1994, aux élections européennes, la liste de M. Francis Wurtz obtient 6,5%, et 8-10% obtenus aux cantonales.

En avril 1995, au premier tour de l'élection présidentielle, M. Robert Hue, secrétaire national, obtient 8,64%.

Aux municipales de juin 1995, le Havre (Seine-Maritime) et Garges-lès-Gonesse (Val-d'Oise), jusqu'ici communistes, basculent à droite.

En 1997, après les législatives, le Parti remonte à trente-six sièges à l'Assemblée nationale. M. André Lajoinie retrouve son siège de député de l'Allier et se fait élire Président de la Commission de la Production. Georges Marchais, qui ne s'était pas représenté, décède au début de l'hiver.

Malgré l'échec du socialisme réel, l'influence du Parti reste pourtant loin d'être négligeable. Il tente alors, par une stratégie d'alliance dans la gauche plurielle, une mutation plus profonde. Malgré de fortes dissensions internes, dues aux remises en cause du passé, cette stratégie voulue par Robert Hue a d'abord semblé positive, puisqu'il maintient son électorat et que plusieurs ministres entrent au gouvernement en 1997 : Jean-Claude Gayssot au ministère de l'Equipement, des Transports et du Logement, Marie-George Buffet au ministère des Sports, Michelle Demessine (puis Jacques Brunhes à partir de septembre 2001) au secrétariat d'État au Tourisme et en 2000, Michel Duffour au secrétariat d'Etat au patrimoine et à la décentralisation culturelle.

La politique de ce gouvernement arrivé aux affaires à la faveur de la dissolution de l'assemblée nationale par le Président Jacques Chirac, sera d'abord très populaire (croissance économique, diminution du nombre de chômeurs de 3,2 à 2,2 millions, emplois-jeunes, réduction du temps de travail, etc...) avant de décevoir de nombreux électeurs de gauche et certains militants. Jean-Claude Gayssot fit voter la loi solidarité et renouvellement urbains (SRU) fixant notamment l'objectif de 20 % de logements sociaux dans les villes qui en manquaient et généralisant la régionalisation des services TER de la SNCF. Tout en permettant l'ouverture du capital d'Air France aux capitaux privés et à ses salariés pour relancer l'entreprise mal en point, il préserva la SNCF de la privatisation sans toutefois revenir sur l'existence de Réseau ferré de France créé en février 1997 par Bernard Pons ministre des transports du gouvernement d'Alain Juppé. Il relança le projet de TGV-Est et de nombreux investissements ferroviaires et routiers comme le viaduc de Millau. Au plan européen, il fit avancer la réglementation du transport maritime et la législation sociale dans le transport routier de marchandises. Il donna un élan décisif à la réalisation du projet d'avion Airbus A 380 et autorisa l'accroissemnt des capacités de l'aéroport de Roissy-Charles de Gaulle tout en limitant les nuisances sonores aéroportuaires par une nouvelle définition des couloirs aériens en Ile de France. Son ministère fut également le principal créateur d'emplois-jeunes. Marie-George Buffet fit progresser la lutte contre le dopage dans le sport. Michelle Demessine généralisa le chèque vacances aux PME et fut très active pour que la france reste la première destination touristique mondiale.

Malgré le bilan de ses ministres, le PCF ne pu échapper au sort de la gauche plurielle mise en échec sur la question de la sécurité et en raison de l'incapacité du gouvernement à s'opposer aux licenciements boursiers et à la toute puissance des marchés financiers.

Aux élections européennes de juin 1999, M. Robert Hue, secrétaire national et député-maire de Montigny-lès-Cormeilles, présente une liste à double parité, entre femmes et hommes, et entre communistes et membres de la société civile. Il n'obtient que 6,5% et six élus sur 87.

Aux municipales de mars 2001, beaucoup de communes communistes basculent à droite, comme Argenteuil, Colombes, Fos-sur-Mer, Sète, Nîmes et la Seyne-sur-Mer.

Suite au 31e congrès, en octobre 2001, Robert Hue est remplacé au secrétariat national par Marie-George Buffet. Les résultats désastreux de l'élection présidentielle et législatives de 2002 (moins de 4%, le second plus bas score de son histoire) mettent les finances du parti gravement en péril. Mais une souscription nationale couvre rapidement le déficit. De plus, aux élections suivantes, il semble localement retrouver son score d'avant 2002. M. Robert Hue, battu aux législatives de 2002, se fait élire Sénateur du Val-d'Oise en septembre 2004.

En juin 2004, aux élections européennes, le PCF n'obtient plus que deux élus, et ne dépasse les 5% des suffrages que dans les circonscriptions Île-de-France, Picardie - Nord-Pas-de-Calais. La liste de Mme Marie-George Buffet, députée de la Seine-Saint-Denis et Maire-adjoint du Blanc-Mesnil, obtient 7%.

À l'extrême gauche du spectre politique, le Parti communiste est aujourd'hui concurrencé par des partis trotskistes comme Lutte ouvrière (depuis les années 80, en réalité) et la Ligue communiste révolutionnaire, sans qu'il semble en mesure de prendre dans la gauche gouvernementale la place du Parti socialiste.

Sur le plan interne, le parti s'enrichit d'une diversité d'opinions et comprend plusieurs courants, même si les tendances ne sont pas reconnues par les statuts. Un courant conservateur (les orthodoxes), surtout implanté dans le Nord de la France (Pas-de-Calais), revendiquant le marxisme-léninisme comme doctrine, un courant refondateur (avec notamment Patrick Braouezec ou Lucien Sève) qui prône une réorganisation totale du parti et le courant majoritaire, derrière Marie-George Buffet qui prône l'ouverture aux mouvements sociaux et aux autres organisations de gauche, tout en n'excluant pas une participation gouvernementale.

Le PCF doit enfin faire face à un nouvel adversaire inattendu, à l'autre bout de l'échiquier politique : le Front national qui trouve une partie de ses électeurs dans la classe ouvrière.

Les résultats catastrophiques du PCF enregistrés lors de l'élection présidentielle (1,93 % en 2007 avec Marie-George Buffet, 3,37 % en 2002 avec Robert Hue) et aux élections législatives (4,82 %, son pire score auparavant étant de 9,1 % en 1993, puis 4,29 % en 2007) et la chute subséquente du nombre de militants entraînent de nombreuses remises en cause au sein du PCF, notamment sur la stratégie d'alliance avec le Parti socialiste et de participation gouvernementale prônée par Robert Hue. Ce dernier quitte sa fonction de président au 32e congrès , et le parti s'engage sur un retour critique sur l'expérience de la gauche plurielle.

Si le constat de la nécessité d'une nouvelle stratégie d'alliance est partagé par la plupart des courants, la définition de la stratégie est loin de faire l'unanimité : ainsi, les orthodoxes voient là une justification de pousser vers une stratégie d'autonomie du parti, les refondateurs pour avancer l'ouverture du PCF sur le mouvement social. Les élections régionales de 2004 voient ainsi diverses stratégies s'affirmer sur le territoire : dans le Nord-Pas-de-Calais et en Picardie, les communistes présentent des listes seuls au premier tour, respectivement menées par Alain Bocquet et Maxime Gremetz ; en Île-de-France, Marie-George Buffet et Claire Villiers mènent une liste d'ouverture, sur la base de contenus adoptés en commun par le PCF et ses partenaires (Alternative citoyenne, Les Alternatifs, le MARS…) et regroupant de nombreuses personnalités du mouvement social ; dans 14 autres régions en revanche, le PCF fait liste commune avec le PS dès le premier tour.

Les résultats des régionales marquent un net redressement : plus sensible dans le Nord-Pas-de-Calais et en Picardie, où les listes « autonomes » obtiennent 10,7 et 10,9% (contre 5,1 et 3,9%) qu'en Île-de-France et en Auvergne, où les listes d'union obtiennent respectivement 7,2 et 9,2 % (Robert Hue, en 2002, avait obtenu 3,6 et 4,5 % dans ces régions). Les cantonales marquent elles aussi un redressement, mais il ne s'agit là que d'une chute ralentie : les cantons des villes conquises par la droite en 2001 passent, pour la plupart, à leur tour à droite tandis que les passages de relai échouent dans un nombre important de cantons.

La direction du PCF tente d'impulser la logique d'ouverture illustrée par les régionales en Île-de-France lors des élections européennes, mais s'oppose souvent aux résistances des fédérations locales : ainsi, deux des six listes sont conduites par des syndicalistes par ailleurs proches du PCF. Le résultat est en demi-teinte, puisqu'il est largement au dessus des résultats de 2002 mais ne parvient pas au niveau des élections européennes de 1999 avec 5,24 % contre 6,78 %. Du fait du nouveau mode de scrutin, le PCF n'obtient que trois élus (dont un PCR : Paul Vergès) contre six précédemment.

En 2004, le PCF participe à la fondation du Parti de la gauche européenne, parti politique européen créé afin de coordonner les actions de partis anticapitalistes (mais pas automatiquement « communistes »). Le PCF avait participé en tant qu'observateur à son congrès constitutif, tenu à Rome en mai 2004, qui avait élu Fausto Bertinotti à sa tête. L'adhésion du PCF au nouveau parti est confirmée par une consultation interne, où 75 % des militants s'y déclarent favorables : le courant conservateur du PCF avait mené campagne contre cette adhésion, estimant d'une part que le PGE regroupait des partis trop éloignés du PCF, et d'autre part que la création d'un parti européen entraînait le PCF vers la participation, et l'acceptation de l'« Europe libérale ».

Le Parti communiste a joué, lors du premier semestre de l'année 2005, un rôle de coordination dans la campagne de la gauche pour le « non » au référendum sur le Traité établissant une Constitution pour l'Europe, notamment en poussant et aidant à la création de collectifs unitaires locaux pour le « non », et en organisation au niveau national réunions et rassemblements unitaires, allant de la LCR aux « socialistes du non ». La stratégie de la direction du PCF sort considérablement renforcée par la victoire du « non », et le PCF s'attache alors à la constitution d'un rassemblement de la gauche antilibérale, à la gauche du PS, formé notamment de socialistes, des trotskistes de la LCR et de personnalités et forces issues du mouvement social (altermondialistes, syndicalistes, associatifs, …).

Le 33e congrès du PCF a approuvé à plus de 70 % la stratégie du PCF de rassemblement antilibéral, qui s'incarne par le « collectif national d’initiative pour un rassemblement anti-libéral de gauche et des candidatures communes », continuation des « collectifs du non » dans lesquels la LCR ne s'est engagée que prudemment. Le congrès du PCF a toutefois souhaité que le candidat de rassemblement pour l'élection présidentielle de 2007 soit Marie-George Buffet, et sa direction propose qu'elle soit entourée d'un collectif unitaire de porte-paroles, tandis que la LCR a décidé de présenter Olivier Besancenot tant que ses points de désaccord avec les collectifs ne seraient pas réglés (voir le paragraphe détaillé sur l'article Élection présidentielle française de 2007).

En 2006, le PCF est le troisième parti de France par le nombre de ses militants (134 000 en février 2006, dont 99 281 cotisants - les statuts adoptés en 2001 prévoient que l’exercice des droits attachés à la qualité d’adhérent-e est ouvert par le paiement de la cotisation fixée par le Congrès, dont le droit de vote et d'être élu) et le quatrième en nombre de parlementaires. La victoire du « non » au référendum aurait entraîné un certain regain d'adhésions (environ 7 000 selon le PCF).

Au sein du PCF, la candidature présidentielle de 2007 a suscité de nouvelles divisions à l'automne 2006 : outre l'aile orthodoxe du parti, qui souhaite toujours une candidature communiste, les refondateurs souhaitent que le PCF soutienne le candidat de rassemblement qui sera décidé par les collectifs, même s'il ne s'agit pas de Marie-George Buffet, voire ne soutiennent pas sa candidature (Patrick Braouezec, refondateur, a également présenté sa candidature à l'investiture par les collectifs).

Face à l'incapacité des collectifs, et notamment du collectif national, d'aboutir à un consensus sur une des candidatures, les militants du PCF ont décidé, par vote interne, de confirmer la candidature de Marie-George Buffet comme candidate « de rassemblement » à l'élection présidentielle. Le PCF se fonde sur la légitimité des collectifs, estimant que sa candidature est le « choix le plus partagé » dans ceux-ci lors des deux consultations (la première ayant placé Marie-George Buffet en premier choix, à plus de 55%), ainsi que sur la légitimité au sein du PCF (dont les militants ont voté à 80% pour sa candidature). Le reste du collectif national lui refuse cependant le droit de se revendiquer des collectifs puisque les termes du vote de ceux-ci sur les candidatures n'étaient ni identiques ni précis. Marie-George Buffet s'est mise en congé de la direction du PCF le 4 janvier 2007, afin de « se mettre au service du rassemblement ».

Le 22 avril 2007 au premier tour de l'élection présidentielle Marie-Georges Buffet, candidate de la « gauche populaire et antilibérale soutenue par le Parti communiste français » , obtient le score le plus bas de toute l'histoire du PCF au niveau national : 707 327 voix, soit 1,93% des suffrages exprimés, arrivant en septième position, et décide le 24 avril 2007 de convoquer une assemblée extraordinaire en décembre 2007.

Les résultats du premier tour des élections législatives de 2007 organisées le mois suivant sont meilleurs pour le PCF : les candidats présentés ou soutenus par le PCF rassemblent sur leurs noms 4,70 % des suffrages exprimés (les candidats appartenant au PCF totalisent 1 115 719 de voix, soit 4,29 %), soit 0,19 point de moins qu'en 2002.

Lors du second tour des élections législatives, les candidats présentés ou soutenus par le PCF obtiennent 18 députés (13 réélus, 4 successions et 1 nouvel élu) en métropole, tandis que le Parti communiste réunionnais obtient un siège (Huguette Bello, soutenue par le PCF). Ce résultat le plaçait en position de conserver un groupe à l'Assemblée nationale, à condition d'être rejoint soit par un député non inscrit), soit par les quatre députés Verts ; c'est cette dernière option qui est retenue et le PCF constitue avec les Verts le groupe de la Gauche démocrate et républicaine.

Lors des élections municipales et cantonales de 2008, le PCF adopte une double stratégie d'union aux municipales et se présente sous ses propres couleurs aux cantonales. Le Parti socialiste décide d'imposer des primaires aux maires communistes sortants dans une dizaine de villes de la banlieue rouge et de dans nombreuses autres en France. Le PCF ne perd qu'une de ces primaires (à Pierrefitte-sur-Seine), ce qui constituait un succès important pour le PCF. Il gagne également plusieurs villes, dont Saint-Claude, Dieppe et Vierzon.

Il perd néanmoins plusieurs villes au second tour, dont Calais (grâce au désistement de la liste du FN au second tour, alors qu'il pouvait s'y maintenir, au profit de la liste de rassemblement UMP, Modem et une partie du PS, sans accord préalable entre les 2 listes.), Montreuil (les communistes perdent face à la liste "Montreuil vraiment" associant Verts et dissidents socialistes, et qui réalise un très bon score face à la liste de Jean-Pierre Brard) et ne re-gagne pas des villes comme Le Havre, Sète ou Nîmes. Il l'emporte en revanche à Villeneuve-Saint-Georges, Firminy, Aubière, Villerupt… maintenant ainsi un niveau similaire à celui de 2001.

Pour le scrutin cantonal, le PCF présentait 1 271 candidats (le PS en présentait 1 430, le FN 1035, la LCR 55). Il réalise un score de 8,8 %. Le léger recul par rapport à 2001 (9,8 %) s'explique par un moins grand nombre de candidats présentés (sur les cantons où il est présent dans les deux scrutins il gagne 1,2 % de 11,1 à 12,3 %). Ce scrutin voit l'élection de 118 conseillers généraux communistes. Suite au scrutin, le PCF perd la direction de la Seine-Saint-Denis au profit du Parti socialiste, conserve celle du Val-de-Marne et gagne celle de l'Allier au détriment de la droite.

Ces deux scrutins semblent donc montrer un ralentissement de l'érosion de l'influence du PCF qui retrouve de meilleurs résultats dans ces scrutins locaux qu'il pouvait le craindre après une élection présidentielle catastrophique (1,93 %).

Le PCF, pour les élections européennes de 2009, se présentera au sein du Front de gauche, alliance électorale initiée par le Parti de Gauche et le PCF.

L'organisation en tendances n'existe pas au sein du PCF. À l'origine, ceci était lié à la conception dite « centraliste démocratique » du Parti. Cependant, cette interdiction est demeurée après le 28e congrès qui, en 1994, a officiellement rompu avec le centralisme démocratique. Les nouveaux statuts du PCF, issus du 31e congrès, stipulent : « Ainsi, nous faisons le choix de faire du pluralisme de droit un principe de notre mode de fonctionnement. Pour autant, les communistes ne veulent pas que cela se traduise par un fonctionnement en tendances. ». Cependant, on peut identifier au sein du PCF des courants ainsi que des groupes politiques, qui s'affirment notamment lors des votes internes (textes d'orientation, élection des directions, consultations internes…).

La fonction de secrétaire général est créée en 1924 et supprimée en 1928, puis rétablie officiellement en 1935. Elle est remplacée par la fonction de secrétaire national au 28e congrès, en 1994.

Le 31e congrès, en 2001, a également créé la fonction de président, instaurant un exécutif à deux têtes. Elle a cessé d'exister en 2002, au 32e congrès, quand Robert Hue décide de ne pas se représenter .

Le 4 janvier 2007, le Conseil national a voté la mise en congé de la direction du PCF de Marie-George Buffet, remplacée par un collectif de direction composé de cinq personnes : Brigitte Dionnet, Jean-François Gau, Joëlle Greder, Michel Laurent et Jean-Louis Lemoing le temps de la campagne présidentielle.

Lors de sa réunion le 24 avril 2007, le Conseil national décide la reconduite de Marie-George Buffet dans ses fonctions de secrétaire nationale.

Avant 1958, le président de la République était élu par les députés et sénateurs, réunis en « Assemblée nationale » (IIIe République) ou en « Parlement » (IVe République). Le 21 décembre 1958, il a été élu par un collège de 80 000 grands électeurs. La révision de 1962 de la Constitution a instauré l'élection du président de la République au suffrage universel direct.

Seize députés sont membres du PCF (dont Maxime Gremetz, dissident non soutenu par le PCF), un y est apparenté (Jean-Pierre Brard) et une membre du Parti communiste réunionnais, (Huguette Bello). Ils sont membres du groupe de la Gauche démocrate et républicaine, avec les deux députés du Parti de gauche et les quatre des Verts. Son président est Jean-Claude Sandrier.

Le PCF compte également 21 sénateurs, qui forment, conjointement avec Gélita Hoarau (Parti communiste réunionnais) et les deux sénateurs du Parti de gauche le groupe communiste, républicain, citoyen et des sénateurs du Parti de gauche. Le groupe est présidé par Nicole Borvo.

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Internationale communiste

Staline, Lénine et Kalinine au VIIIe congrès du Parti communiste russe, mars 1919

L'Internationale communiste (IC ou Komintern d'après son nom russe Коммунистический Интернационал, Kommunisticheskiy Internatsional) ou Troisième Internationale est née d'une scission de l'Internationale ouvrière, scission réalisée le 2 mars 1919 à Moscou sous l'impulsion de Lénine et des bolcheviks : l'Internationale communiste regroupa les partis communistes qui avaient rompu avec les partis socialistes de la IIe Internationale. La Troisième Internationale était dirigée par le Parti communiste de l'Union soviétique, bien que ce dernier entretînt toujours la fiction qu'il n'en était qu'une section parmi d'autres. Elle était théoriquement sans rapports avec l'État soviétique, bien qu'elle fut de plus en plus mise par Staline au service des intérêts de ce dernier. Si les directives étaient élaborées à Moscou, la plaque tournante du Komintern était Berlin jusqu'à l'avènement de Hitler en 1933, puis Paris.

Le 4 août 1914, alors que la Grande Guerre vient d'éclater et qu'elle embrase le Vieux Continent, les députés du SPD votent les crédits de guerre au Reichstag. Exilé à Zurich, Lénine apprend avec stupeur et incrédulité le ralliement des socialistes allemands à l'Union Sacrée, allant jusqu'à croire dans un premier temps à une fausse nouvelle de journaliste.

Le plus ancien et le plus puissant parti social-démocrate d'Europe, leader de la IIe Internationale, n'est pas le seul à abandonner du jour au lendemain des années de militantisme pacifiste, au nom de la défense de la patrie "agressée". Dans tous les pays belligérants, socialistes et syndicalistes marxistes font de même, à l'exception d'individualités et de groupes très minoritaires, ainsi que du petit parti socialiste serbe et des cinq députés sociaux-démocrates du POSDR russe, qui refusent de voter les crédits à la Douma, mais annoncent qu'ils ne tenteront pas de saboter l'effort de guerre. Partout les ouvriers (et les paysans) répondent comme un seul homme à la mobilisation générale. Le sentiment national forgé par des siècles d'histoire l'emporte sans grand mal sur la lutte des classes théorisée au XIXe siècle, démentant toutes les prévisions. C'est la faillite spectaculaire de la IIe Internationale. Ses partis-membres, impuissants à empêcher la guerre, sont maintenant divisés, et ses militants se retrouvent face-à-face dans les tranchées.

Lénine ne pardonnera jamais au SPD et aux sociaux-démocrates ce qu'il considère comme leur "trahison". Dès la conférence de Zimmerwald (1915) et celle de Kienthal (1916), où il retrouve divers militants européens hostiles à la poursuite de la guerre, il proclame que l'Internationale de 1889 est morte à jamais, et qu'il faut donc en reconstruire une troisième. Il prône également le défaitisme révolutionnaire, et "la transformation de la guerre civile inter-impérialiste en guerre révolutionnaire mondiale". Tous les participants sont cependant loin de le suivre alors sur ces points, et en Russie, Lénine est minoritaire même parmi ses camarades du parti bolchevik.

Toutefois, rentré en Russie à la suite de la révolution de février, Lénine conduit en quelques mois les bolcheviks au pouvoir à la surprise générale (révolution d'Octobre). Il s'adresse en vain à tous les belligérants pour obtenir une "paix blanche", puis conclut avec les seuls Allemands le très coûteux traité de Brest-Litovsk (mars 1918).

A l'été 1918, Lénine fait prendre à sa formation le nom de "parti communiste", pour accentuer la rupture catégorique avec la social-démocratie.

Internationalistes convaincus, Lénine et Trotski considèrent d'emblée que la révolution russe n'a de sens que comme premier acte d'une révolution générale dans le monde entier, et qu'elle ne survivra qu'à condition de recevoir l'aide d'autres pays socialistes. Ils comptent particulièrement sur une révolution en Allemagne, pays au potentiel économique le plus élevé d'Europe, et où la classe ouvrière est une des mieux organisées. Seuls Zinoviev et Kamenev s'étaient opposés au coup de force d'Octobre en prévenant que les travailleurs européens ne bougeraient pas pour étendre la révolution russe.

De fait, les appels des Bolcheviks à ces derniers reçoivent dans l'immédiat peu d'échos concrets : grèves, mutineries et révoltes s'accroissent mais restent minoritaires jusqu'à la fin du conflit. En dépit du volontarisme léninien, la contagion révolutionnaire existe mais ne débouche pas sur un embrasement général ni en 1918 ni même après.

Cependant, dans une Europe ruinée et traumatisée par l'immense carnage, Lénine gagne un prestige considérable auprès de nombreux ouvriers, paysans, intellectuels et militants. Il s'est en effet toujours résolument opposé au conflit mondial, et pour la première fois une révolution dite « marxiste » et « prolétarienne » est parvenue au pouvoir. Dès l'été 1917, des inscriptions "Vive Lénine!" apparaissent sur des murs d'Italie ou d'Espagne, où les troubles sociaux des années 1917-1919 recevront le surnom significatif de "bienno bolchevik".

Fascinés par « la grande lueur à l'Est » (Jules Romains), beaucoup de sympathisants de la révolution russe accordent alors peu d'importance au programme réel de la révolution d'Octobre (collectivisme agraire, régime de parti unique), ni à la dictature impitoyable que les Bolcheviks instaurent bien avant même le début de la guerre civile russe, alors qu'elle n'épargne pas les autres partis révolutionnaires ni de nombreux hommes du peuple, paysans en tête. Mais partout se diffusent les mêmes mots d'ordre très porteurs qu'en Russie, prônant la paix, la "terre aux paysans", les "usines aux ouvriers", le "pouvoir aux soviets". Enfin, l'intervention militaire des Occidentaux, qui finissent par aider les armées blanches, choque profondément tous ceux qui refusent de voir la jeune révolution écrasée par les forces contre-révolutionnaires. Dès mars 1919, ainsi, André Marty et Charles Tillon mènent une mutinerie à bord de plusieurs navires français stationnés en Mer Noire.

Des hommes, des groupes, des partis sont donc d'emblée prêts à répondre à l'appel de Lénine à constituer une IIIe Internationale. Le premier congrès se tient dès mars 1919 à Moscou, en pleine guerre civile. Mais le vrai congrès de fondation sera le deuxième, tenu à l'été 1920, en pleine euphorie de la marche sur Varsovie (guerre russo-polonaise).

Un tournant autoritaire apparaît dès 1921 avec l'exclusion de nombreux militants de la gauche de l'Internationale (Anton Pannekoek, Herman Gorter…), dont certains pouvaient se retrouver dans les positions défendues par Rosa Luxemburg (assassinée en 1919).

Les années 1919-1923 sont remplies d'espoir. Mais toutes les insurrections armées en Europe échouent et sont réprimées : révolte spartakiste de Berlin en janvier 1919, Commune de Budapest qui voit la Hongrie dirigée 133 jours par Bela Kun au printemps 1919, reflux des grèves insurrectionnelles de 1919-1920 en Italie, suivies de la prise du pouvoir par Mussolini (1922), nouvelles tentatives en Allemagne en octobre 1923, dont l'échec rapide cause une immense déception... De plus, la défaite russe dans la guerre russo-polonaise brise tout espoir de l'Armée rouge d'atteindre Varsovie et Berlin et d'accélérer ainsi la propagation de la révolution. Au milieu des années 1920, la plupart des Partis communistes en Europe et dans le monde sont réduits à la clandestinité, ou sont l'objet de surveillance et de répression régulière, comme le PCF. Enfin, les scissions entre socialistes et communistes, comme en France lors du congrès de Tours (Noël 1920) ou en Italie lors du congrès de Livourne (1921), ont dans l'immédiat affaibli et durablement divisé les forces de gauche face à la montée des forces conservatrices ou fascistes.

Beaucoup de communistes, mais aussi de militants venus de l'anarcho-syndicalisme ou de la gauche républicaine radicale, ont adhéré en pensant qu'ils pourraient toujours garder une certaine autonomie - c'était le cas de bien des participants français du Congrès de Tours (1920), où les 21 conditions ne furent d’ailleurs pas adoptées.

Mais Moscou entend aligner fermement les partis sur le modèle russe. Elle les encadre et les soumet de plus en plus étroitement par le biais d'agents délégués par le centre (Jules Humbert-Droz ou Eugen Fried en France). Dès 1921, ainsi, Trotski se plaint qu'il reste des Francs-Maçons au PCF, et exige leur exclusion, une première en France dans un parti de gauche.

En 1924, le président du Komintern, Zinoviev, réputé et critiqué pour son autoritarisme, lance le mot d'ordre de bolchevisation des PC au Ve Congrès du Komintern. C'est un durcissement autoritaire qui provoque une crise et des exclusions dans la plupart des partis-membres. Au même moment, de surcroît, Staline, Zinoviev et Kamenev lancent une violente campagne pour mettre sur la touche les trotskistes en URSS comme à l'étranger.

À partir de 1926, la Troisième Internationale passe totalement sous la domination de Staline. Dans les années 1930, Staline élabore une nouvelle idéologie qu'il nomme le marxisme-léninisme et qui repose sur la théorie dite du socialisme dans un seul pays. C'est en réalité l'accompagnement de la dictature stalinienne.

Presque jamais sorti de Russie, ignorant les langues étrangères, souvent peu au fait des réalités de pays extérieurs qu'il ne connaît pas, Staline se montre méprisant envers le Komintern ("la boutique"). Il ne croît pas à une révolution mondiale qui n'en finit pas de se faire attendre, redoute les phénomènes insurrectionnels qu'il ne maîtriserait pas lui-même et qui attirerait des complications diplomatiques à l'URSS. À ses yeux, l'extension de la révolution passera par les conquêtes de l'Armée rouge - ce qui se produit en 1939-1941 lors du Pacte germano-soviétique, puis en Europe de l'Est après la victoire de 1945. En attendant, l'Internationale doit surtout servir les intérêts nationaux de l'Union soviétique, assimilés hâtivement à ceux du prolétariat mondial.

Après avoir été exclu du Parti communiste d'Union soviétique par Staline, Léon Trotsky espère encore quelque temps une régénération possible de la IIIe Internationale, puis déclare en 1933 que l'Internationale est irrémédiablement morte. Il fonde en 1938 la IVe Internationale. D'autres opposants, souvent exclus, créent ou participent à l'Opposition communiste internationale, ou encore au Centre marxiste révolutionnaire international.

Pendant la Grande Terreur de 1937-1939 (Grandes Purges), l'Internationale est une cible de choix de l'épuration. C'est l'époque où les témoins entendent chaque nuit le NKVD entrer à l'Hôtel Lux, quartier général du Komintern à Moscou, et où le lendemain matin, de nouveaux scellés ont été apposés sur les portes des employés et des militants arrêtés dans la nuit.

Des vétérans du Komintern tels que le Hongrois Bela Kun ou le Russe Piatnitski disparaissent en prison, vraisemblablement exécutés. Réfugiés à Moscou, plus de dirigeants du KPD sont victimes de la répression stalinienne que de la terreur hitlérienne, dont Hugo Eberlein ou Heinz Neumann. La femme de ce dernier, Margarete Buber-Neumann, déportée au Goulag à Karaganda, est livrée à la Gestapo en 1940 et envoyée à Ravensbrück. Tout l'état-major en exil du parti polonais est décimé, et la formation elle-même dissoute. Le parti palestinien et le parti yougoslave sont également dissouts, mais Staline épargne le futur maréchal Tito, non sans avoir fait fusiller sa femme. Jaan Anvelt est chargé des purges au sein du parti communiste estonien avant d'être lui-même éliminé.

La répression s'étend aux militants qui se sont battus dans la guerre d'Espagne, tels Antonov-Ovseenko, aux vétérans des Brigades Internationales ou aux républicains espagnols réfugiés après la victoire de Franco. Si l'on épargne le chef du Komintern, le Bulgare Dimitrov, héros du procès de Leipzig intenté par les nazis aux prétendus "incendiaires du Reichstag" (1933), ses deux coaccusés, Popov et Tanev, finissent au Goulag.

Le chef du NKVD, Nikolaï Iejov, proposa même à Staline d'organiser un procès de Moscou spécifiquement consacré à l'Internationale. Sans doute parce que trop compliqué à exécuter, ce projet n'eut pas de suite.

Enfin, de nombreux agents moins illustres du Komintern furent rappelés à Moscou et arrêtés à leur arrivée, comme le Français Jacques Rossi. Ceux qui refusèrent de rentrer furent parfois retrouvés assassinés à l'étranger, comme le maître-d'œuvre de la propagande du Komintern, Willy Münzenberg.

Sortie exsangue des Grandes Purges, l'Internationale se vit ordonner, après l'entrevue Staline-Dimitrov du 7 septembre 1939, de faire l'apologie du Pacte germano-soviétique et de dénoncer la Seconde Guerre mondiale commençante comme un conflit "inter-impérialiste". Ces consignes eurent pour résultat une véritable "liquidation d'influence" (François Furet): le PCF fut discrédité et interdit, le chef du PC britannique Harry Pollitt annonça sa rupture avec le Komintern, de nombreux militants quittèrent leurs Partis, ou se gardèrent de suivre réellement les consignes de Moscou (Charles Tillon, Georges Guingouin). En juillet 1940, dans le désarroi de l'invasion et en l'absence de liaisons régulières avec Moscou, une poignée de dirigeants clandestins du PCF avec Jacques Duclos et Maurice Tréand sondèrent même la Kommandantur de Paris pour obtenir la reparution légale de l'Humanité, et firent manifester inconsidérément les sympathisants communistes de région parisienne pour obtenir le retour des municipalités PCF déchues en 1939. Moscou, avertie, ordonna de mettre fin immédiatement aux démarches.

Au printemps 1941, le Komintern infléchit sa ligne et ordonna aux partis communistes d'Europe occupée de conclure des ententes avec des forces non-communistes pour lutter contre les Allemands. Le 15 mai 1941, le PCF fonda ainsi le Front National de Lutte pour l'Indépendance de la France. Le 22 juin 1941, avec l'agression de l'URSS par Hitler, le basculement dans la résistance à outrance fut totalement achevé. Le lourd tribut payé par les communistes restaura en bonne partie le prestige entamé par le Pacte, tout comme les victoires soviétiques.

Sur ordre de Moscou, qui espérait voir plus de troupes allemandes fixées dans les pays occupés, les PC durent pratiquer une stratégie d'action immédiate et d'attaques frontales de l'occupant allemand, exposant ainsi les militants, les otages et les populations civiles à de terrifiantes répressions coûteuses en hommes. Cela tendit souvent les relations avec les autres formations de la Résistance en France, en Yougoslavie ou en Pologne, qui critiquaient l'inutilité et le danger des attentats individuels contre les soldats allemands ainsi que le lourd coût des sabotages spectaculaires et des combats de guerilla prématurés. Beaucoup cependant admirèrent la détermination et le courage des communistes, qui leur semblaient les plus décidés à se battre tout de suite et les plus riches en martyrs. Voir Colonel Fabien et otages de Châteaubriant.

Dès 1940 Staline songe à dissoudre le Komintern, mais diffère l'annonce pour ne pas sembler le sacrifier à l'entente avec Hitler. La IIIe Internationale est finalement dissoute au cours de la Seconde Guerre mondiale, le 15 mai 1943, afin de détendre les relations avec les alliés. La création du Kominform par Staline en octobre 1947 s'inscrit dans la continuité de la Troisième Internationale, mais il ne s'agit plus, comme son nom l'indique, que d'un "bureau d'information". Cependant, dans les faits, les partis communistes occidentaux restèrent dominés comme avant par Moscou jusqu'à la déstalinisation de 1956, voire au-delà. Voir eurocommunisme.

Staline meurt en 1953. À partir de 1956, l'URSS rompt, du moins officiellement, avec le stalinisme. Le Kominform est dissous le 17 avril 1956. À partir des années 1960 et de la rupture sino-soviétique, Mao Zedong et la République populaire de Chine se revendiquent de Staline. Ce n'est pas sans paradoxe, si l'on songe que Staline s'est toujours méfié de Mao du moment que ce chef de guérilla très indépendant n'était pas passé par les écoles du Komintern et échappait au contrôle direct de Moscou.

Vingt-neuf partis et groupes ont déclaré avoir "reconstitué" la Troisième Internationale le 5 novembre 1995 à Sofia, mais son existence est purement anecdotique.

La IIIe Internationale n'a jamais mené à bien aucune révolution victorieuse. Mais elle reste un champ d'études historiques important. Elle continue aussi à fasciner comme remarquable organisation semi-secrète active dans tant de pays, et par la vie souvent romanesque de nombre de ses représentants clandestins. Elle a surtout été un vivier de cadres très importants. C'est là que se sont recrutés la plupart des dirigeants que Staline a placés ensuite à des responsabilités-clés dans les partis communistes (Togliatti, Duclos, Marty, Artur London, la Passionaria...) ou dans les gouvernements des démocraties populaires : Tito, Ernö Gero, Rakosi, Wilhelm Pieck, Ana Pauker...

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Parti conservateur du Canada

Logo du Parti conservateur du Canada

Le Parti conservateur du Canada (PCC) (anglais : Conservative Party of Canada) est un parti politique canadien, créé en décembre 2003 par la fusion de l'Alliance canadienne et du Parti progressiste-conservateur du Canada. Le parti forme actuellement un gouvernement minoritaire à la Chambre des communes depuis l'élection générale de 2008. Stephen Harper est le chef du parti et le Premier ministre du Canada.

Bien qu'en existence depuis moins de trois ans, le Parti conservateur est l'hériter politique de plusieurs partis conservateurs ayant existé au Canada, à commencer par le Parti libéral-conservateur fondé en 1854 par John A. Macdonald et George-Étienne Cartier (ce parti est devenu le Parti conservateur au cours des années 1880). À l'instar de ce parti (et du Parti conservateur du Royaume-Uni) il porte le surnom de « Parti Tory » et ses membres sont également surnommé les « tories » (quoique beaucoup plus courants dans les médias anglophones, ces surnoms sont également utilisés dans les médias francophones). Il est également l'héritier légal des anciens partis en vertu du fait qu'il ait assumé les biens et responsabilités de l'ancien Parti progressiste-conservateur.

Peter MacKay et beaucoup d'autres anciens députés, incluant Brian Mulroney, voient le PCC comme une évolution naturelle du mouvement politique conservateur au Canada. MacKay a exprimé l'opinion que le PCC incarne la réunification des diverses idéologies conservatrices sous une « grande tente ». MacKay a souvent dit que les divisions font partie du mouvement conservateur canadien depuis les années 1890, et que la fusion était réellement une reconstitution d'un mouvement qui existe depuis l'union du Haut-Canada et du Bas-Canada.

Le nouveau Parti conservateur est un amalgame de deux visions différentes du conservatisme au Canada. Pour la majeure partie de son histoire, le Parti progressiste-conservateur prônait la philosophie traditionnelle Red Tory (comme les programmes sociaux subventionnés par l'État), rejetait des liens étroits avec les États-Unis et tentait plutôt de façonner le Canada en suivant le modèle des institutions britanniques. Le conservatisme de l'Ouest canadien, incarné par l'Alliance canadienne, s'inspirait davantage du conservatisme américain ; il prônait des liens plus rapprochés avec les États-Unis, la philosophie Blue Tory, la privatisation, la réduction du rôle de l'État ainsi qu'une réforme des institutions politiques (sur un modèle inspiré de l'Australie et des États-Unis) ainsi qu'un fédéralisme plus décentralisé (un gouvernement plus limité à Ottawa avec des provinces plus autonomes, une position également prônée par Brian Mulroney). Le nouveau parti prône généralement une approche économique basée sur l'économie de marché.

Le parti est très fort dans l'Ouest canadien ; un nombre important de députés et de militants du parti proviennent des prairies canadiennes, et l'influence de ces régions qui a façonné le Parti réformiste du Canada se retrouve dans une certaine mesure dans le nouveau Parti, même si celui-ci a abandonné la plupart des mesures socialement conservatrices et populistes de son prédécesseur. Il se concentre plutôt sur les questions économiques, militaires, la « loi et l'ordre » et les questions de réforme démocratique et d'éthique gouvernementale. Contrairement aux anciens progressistes-conservateurs, le parti reflète davantage une influence Blue Tory. Le premier ministre Stephen Harper est un grand défenseur du conservatisme fiscal et prône l'expansion et la modernisation des Forces armées canadiennes. Il a également défendu certaines positions socialement conservatrices, comme l'opposition au mariage homosexuel.

La fusion symbolise l'étape la plus récente de l'évolution du conservatisme au Canada ; le Parti conservateur historique, fondé par les loyalistes, s'opposait fortement au libre-échange et à l'intégration avec les États-Unis, préférant imiter les institutions politiques britanniques. Sous la direction de Brian Mulroney, le parti choisit de mettre l'accent sur les forces de l'économie de marché et signe un accord de libre-échange historique avec les États-Unis.

La politique canadienne se situant globalement au centre-droite, le Parti conservateur du Canada tout comme plusieurs politiciens indépendants sont parfois décrits à tort comme étant d'extrême droite, bien qu'ils ne supportent aucunement les idéologies de l'extrême droite, ni dans leurs programmes, ni dans leurs rangs pas plus que dans leurs valeurs. Le parti est parfois considéré par ses détracteurs comme une simple copie canadienne du Parti républicain aux États-Unis et du Parti conservateur au Royaume-Uni. En réalité, des différences marquées existent sur bien des questions et les partis ne sont alignés que par leur appartenance au forum international de partis politiques conservateurs, l'Union démocratique internationale.

Le 15 octobre 2003, après la tenue de réunions secrètes entre l'Alliance canadienne et le Parti progressiste-conservateur, Stephen Harper (chef de l'Alliance canadienne) et Peter MacKay (chef du Parti progressiste-conservateur) annoncent un accord de principe pour fusionner leurs partis respectifs pour créer le nouveau Parti conservateur du Canada. L'entente avait été conclue après plusieurs mois de négociations entre les représentants progressistes-conservateurs Don Mazankowski, Bill Davis et Loyola Hearn, et les représentants alliancistes Ray Speaker et le sénateur Gerry St. Germain.

Le 5 décembre, l'accord de principe est ratifié par les membres de l'Alliance canadienne par une marge de 96 % contre 4 % lors d'un référendum où les membres étaient appelés à voter par la poste. Le 6 décembre le Parti progressiste-conservateur organise une série de congrès régionaux, lors desquels les délégués votent en faveur de l'accord à 90 % contre 10 %. Le 7 décembre 2003, le nouveau parti est officiellement enregistré avec Élections Canada. Le 20 mars 2004, Stephen Harper est élu à la direction du nouveau parti.

La fusion est une culmination du mouvement canadien pour unir la droite, poussé par le désir de présenter une opposition efficace et une alternative crédible au Parti libéral du Canada ; il s'agit de créer un nouveau parti qui s'assurerait l'appui de l'électorat de droite de toutes les régions du Canada et qui ne diviserait pas le vote. Cette division de l'électorat a contribué, du moins en partie, aux victoires libérales aux élections de 1997 et de 2000.

Le processus de fusion soulève la controverse. Lors du congrès d'investiture du Parti progressiste-conservateur du Canada en 2003, Peter MacKay signe une entente écrite avec son rival David Orchard, excluant toute fusion avec le parti allianciste ; Orchard conteste d'ailleurs la fusion devant les tribunaux, sans succès. Sous les règles d'élection du chef du Parti PC, le nouveau Parti conservateur fusionné serait endetté d'au moins 70 000 $ envers Orchard. Cette dette a été reconnue comme légitime par les avocats du CPC, toutefois le remboursement de cette somme est en attente de la résolution des disputes légales entre le parti et Orchard.

Après la fusion, quatre députés progressistes-conservateurs — André Bachand, John Herron, Scott Brison (un ancien candidat à l'investiture du Parti PC) et l'ancien premier ministre Joe Clark — refusent de se joindre au nouveau caucus fusionné, ainsi que le président sortant du Parti PC, Bruck Easton, qui déclare son intention de voter libéral aux élections à cause de ses craintes face au leadership de Harper. Brison fait défection vers les libéraux ; peu après, il obtient le poste de secrétaire parlementaire au sein du gouvernement de Paul Martin, et il est nommé au conseil des ministres après l'élection fédérale de 2004. Herron se présente lui aussi comme candidat libéral à l'élection, mais il n'intègre pas le caucus libéral auparavant ; il est défait dans sa circonscription par le candidat conservateur Rob Moore. Bachand et Clark quittent tous deux la Chambre des communes à la fin de la session. Lors de l'élection de 2004, Joe Clark accorda son appui, avec réticence, à Paul Martin plutôt qu'à Stephen Harper. Clark préfère appuyer des candidats de différentes formations politiques à titre individuel, tels le néo-démocrate Ed Broadbent, la libérale Anne McLellan et le conservateur Jim Prentice.

Un ancien député allianciste, Keith Martin (un ancien candidat à l'investiture de l'Alliance canadienne) quitte également le parti le 14 janvier. Il conserve son siège lors de l'élection de 2004, se faisant réélire sous la bannière du Parti libéral. Dans la 38e législature (2004-2005) il sert à titre de secrétaire parlementaire de Bill Graham, le ministre de la Défense nationale. Il est réélu en 2006.

De plus, trois sénateurs — William Doody, Norman Atkins et Lowell Murray — décident de ne pas se joindre au nouveau parti et continuent de siéger à la chambre haute en tant que progressistes-conservateurs.

Dans les premiers mois d'existence du PCC, deux députés conservateurs expriment publiquement leur mécontentement face à la direction, aux politiques et aux procédures du nouveau parti. Rick Borotsik, ancien progressiste-conservateur, critique ouvertement la direction du parti et se retire officiellement de la politique à la fin de la session parlementaire du printemps 2004.

Chuck Cadman, ancien député allianciste, rejette les procédures de mise en nomination de candidats lorsqu'il perd la course à l'investiture conservatrice dans sa circonscription (qu'il avait représenté sous les bannières réformistes et alliancistes) au profit d'un candidat venu de l'extérieur. Il est éjecté du Parti conservateur à la fin du mois de mai. Cadman se représente quand même aux élections de 2004 comme candidat indépendant. Il est réélu, le seul indépendant à siéger au parlement minoritaire, jusqu'à ce que Carolyn Parrish soit éjectée du caucus libéral en novembre 2004. Cadman meurt du cancer en juillet 2005.

Finalement, peu après l'élection fédérale de 2004, le sénateur conservateur Jean-Claude Rivest quitte le PCC pour sièger au Sénat à titre d'indépendant, jugeant le nouveau parti trop à droite et trop insensible aux besoins et aux intérêts du Québec.

Stephen Harper est élu chef du parti le 20 mars 2004, défaisant Tony Clement, ancien membre conservateur du cabinet ontarien, et Belinda Stronach, ancienne PDG de Magna International, au premier tour.

Certains militants conservateurs avaient espéré recruter l'ancien premier ministre ontarien Mike Harris pour briguer la direction du parti, mais il décline l'offre, comme l'a fait aussi le premier ministre du Nouveau-Brunswick Bernard Lord et le premier ministre albertain Ralph Klein. Le chef progressiste-conservateur sortant, Peter MacKay, et l'ancien député allianciste et chef du Caucus démocratique représentatif Chuck Strahl, avait également annoncé qu'ils ne participeraient pas à la course. Jim Prentice, qui était arrivé deuxième dans la course à la direction de l'ancien Parti PC en 2003, entre dans la course à la mi-décembre, mais il se retire à la mi-janvier à cause de la difficulté à récolter des fonds si tôt après un premier échec dans une course à la direction.

Deux mois après l'élection de Harper à la tête du parti, le premier ministre libéral Paul Martin déclenche une élection, fixant la date du scrutin au 28 juin 2004. Toutefois, entre la fusion des deux anciens partis conservateurs et l'élection du chef pour le nouveau, des disputes internes et des enquêtes dans le scandale des commandites réduit sérieusement la popularité du Parti libéral au pouvoir. Ceci permet aux conservateurs d'être mieux préparés à la course, contrairement à l'élection de 2000 quand peu de gens avaient prédit le déclenchement du scrutin au début octobre. Pour la première fois depuis l'élection de 1984, un gouvernement libéral fait face à un front conservateur uni.

Les conservateurs dépassent les attentes pendant la campagne, les sondages montrant une montée de popularité pour le nouveau Parti ; certains sondeurs prédisent l'élection d'un gouvernement minoritaire conservateur. Toutefois, même à l'apogée de sa popularité, le nouveau parti ne réussit pas à récolter autant de soutien que les résultats électoraux combinés de ses deux prédécesseurs. De plus, certains commentaires controversés de membres influents au sein du PCC entravent les efforts de Harper pour projeter l'image d'un parti modéré et raisonnable qui serait une alternative acceptable aux libéraux.

Plusieurs commentaires controversés exprimés par des députés conservateurs sont notables. Tôt dans la campagne, le député ontarien Scott Reid exprime son opinion, en tant que porte-parole conservateur en matière de langues officielles, que la politique du bilinguisme officiel est irréaliste et a besoin de réformes. Le député albertain Rob Merrifield, porte-parole du parti en matière de santé, estime que les femmes devraient obligatoirement suivre une thérapie familiale avant d'avoir accès à un avortement. Le député britanno-colombien Randy White, vers la fin de la campagne, exprime sa volonté d'avoir recours à la clause dérogatoire de la constitution canadienne pour passer outre la Charte des droits et libertés sur la question du mariage homosexuel. Cheryl Gallant, députée ontarienne, compare l'avortement au terrorisme.

Les conservateurs de Harper émergent de l'élection avec un plus grand caucus parlementaire de 99 députés tandis que les libéraux sont réduits à un gouvernement minoritaire de 133 députés ; ceci oblige les libéraux à obtenir l'appui d'au moins 23 députés de l'opposition pour garantir l'adoption de leurs projets de loi. Les résultats du vote populaire, par contre, sont en fait en-dessous des résultats combinés de l'Alliance et du Parti PC à l'élection fédérale précédente.

En 2005, certains analystes politiques comme l'ancien sondeur progressiste-conservateur Allan Gregg et la journaliste du Toronto Star Chantal Hébert suggèrent que l'élection suivante pourrait élire un gouvernement conservateur si le parti émerge de leur congrès fondateur avec des politiques modérées et clairement définies.

Lors du congrès, le parti se défait de la plus grande partie des mesures socialement conservatrices de l'Alliance canadienne, ne retenant que l'opposition au mariage homosexuel. Il conserve toutefois son attrait populiste en prônant des réductions d'impôts, la réduction du rôle de l'État, la réforme démocratique et davantage de décentralisation vers les provinces.

En mai 2005, la députée conservatrice Belinda Stronach prend plusieurs par surprise en faisant défection vers le Parti libéral. Certains croient que son départ pourrait nuire aux efforts du parti pour attirer les électeurs progressistes, particulièrement en Ontario. D'autres ont commenté sur la nature suspecte et opportuniste de la décision de Stronach, notant sa nomination au conseil des ministres immédiatement après sa défection et le fait que celle-ci venait quelques jours seulement avant la tenue d'un vote de confiance crucial à la Chambre des communes. De plus, plusieurs conservateurs, comme le député à l'Assemblée législative de l'Ontario Bob Runciman, font des déclarations plutôt vitrioliques en réaction à l'évènement — traitant Stronach d'« épaisse » (dipstick), par exemple — qui leur valent des accusations de sexisme de la part de certaines personnes qui y voient une preuve que la modération du parti est une illusion. D'autres, par contre, considèrent que ces commentaires n'étaient nullement sexistes, mais simplement une réaction à ce qu'ils considéraient comme un trahison particulièrement répréhensible.

Fin août et début septembre 2005, les tories lancent des publicités télévisées sur toutes les télédiffuseurs majeurs en Ontario qui mettent en évidence leurs politiques sur des questions tels que la santé, l'éducation et la politique familiale. Les pubs montrent tous Stephen Harper discutant de ces politiques avec des membres éminents de son cabinet fantôme. Certains analystes prédisent à l'époque que les conservateurs se serviront de publicités similaires dans l'élection fédérale de 2006, au lieu de concentrer leurs attaques sur les libéraux comme ils l'avaient fait au printemps 2005.

Un sondage Ipsos-Reid effectué après le dépôt du premier rapport de la Commission Gomery montrait les tories pratiquement nez-à-nez avec les libéraux dans l'appui populaire. Un autre sondage, de Stragetic Counsel, suggéraient même une avance des conservateurs sur les libéraux. Toutefois, des sondages deux jours plus tard montraient les libéraux avec une avance de 8 points.

Le 24 novembre, le chef de l'opposition Stephen Harper dépose une motion de défiance qui est adoptée le 28 novembre avec l'appui des deux autres partis de l'opposition (le Nouveau Parti démocratique et le Bloc québécois.) La législature est automatiquement dissoute ; la date du scrutin est fixée au 23 janvier 2006, suivant une campagne électorale qui se déroule durant le temps des fêtes.

Les conservateurs débutent le premier mois de la campagne en faisant une série d'annonces, une par jour, incluant une réduction de la Taxe sur les produits et services (TPS) et une allocation pour la garde d'enfants. Cette stratégie surprend plusieurs dans les médias, qui avaient pris pour acquis que la campagne conservatrice serait négative et se concentreraient sur le scandale des commandites ; la stratégie du Parti conservateur consiste plutôt à laisser les électeurs réfléchir eux-même à cette question. Les libéraux choisissent de garder leurs promesses majeures pour la deuxième moitié de la campagne après le temps des fêtes ; en conséquence, Harper domine les manchettes pour les premières semaines de la campagne et a donc libre jeu de définir lui-même son image plutôt que de laisser ses adversaires le faire à sa place. Bien que son parti n'enregistre au début que de modestes mouvements dans les sondages, la popularité personnelle de Harper, qui avait toujours été plus basse que celle de son parti, se mettent à monter rapidement.

Le 27 décembre 2005, la Gendarmerie royale du Canada (GRC) annonce qu'elle lance une enquête sur une allégation de délit d'initié du département du ministre des Finances Ralph Goodale avant une annonce importante sur la taxation des fiducies de revenu. La révélation de l'enquête criminelle et le refus de Goodale de démissionner domine les manchettes pour la semaine suivante, et attire encore plus d'attention lorsque la Securities and Exchange Commission américaine annonce qu'elle lancera également son enquête. Le scandale des fiducies de revenue détourne l'attention du public des promesses politiques du Parti libéral et permet au Parti conservateur de réactualiser ses attaques sur la corruption au sein du Parti libéral. Au début janvier 2006, les tories mènent dans les sondages et effectuent une percée majeure au Québec où ils dépassent les libéraux en deuxième place dans les sondages (après le Bloc québécois).

En réponse à l'avance grandissante des conservateurs, les libéraux lancent une série de publicités électorales négatives accusant Harper d'avoir un agenda caché, semblables aux attaques faites dans l'élection de 2004. L'effet n'est toutefois pas le même cette fois, les conservateurs ayant un momentum beaucoup plus grand qu'en 2004 ; ils disposent à un moment d'une avance de 10 points. La popularité personnelle de Harper continue de monter et les sondages révèlent qu'il est considéré non seulement plus digne de confiance, mais également comme un meilleur premier ministre potentiel que Paul Martin. En plus de la discipline améliorée du Parti conservateur, et aussi à cause de cela, la couverture médiatique accordée aux conservateurs est beaucoup plus positive qu'en 2004. Quant à eux, les libéraux sont de plus en plus critiqués pour le mauvais déroulement de leur campagne et la multiplication des gaffes.

Le 23 janvier 2006, les conservateurs remportent 124 sièges, contre 103 pour les libéraux. Ces résultats font du Parti conservateur le premier parti en importance aux communes (qui compte 308 sièges) leur permettant de former un gouvernement minoritaire. Le 6 février, Stephen Harper est assermenté à titre de 22e premier ministre du Canada, ainsi que son conseil des ministres.

Le Parti conservateur, bien que n'ayant aucune aile provinciale officielle, travaille de près avec les anciens affiliés au Parti progressiste-conservateur.On a d'ailleurs demandé ici ou là que les branches locales prennent plutôt le nom de 'Parti conservateur'.Le Parti conservateur entretient de bons rapports avec d'autres organisations conservatrices, telles que le Parti saskatchewanais, l'Action démocratique du Québec, et dans une certaine mesure les membres les plus à droite des Libéraux de Colombie-Britannique (et cela malgré l'existence d'un Parti Conservateur de Colombie-Britannique). Les conservateurs fédéraux bénéficient de l'appui de plusieurs tories provinciaux. Plusieurs premier ministres provinciaux, tels que Ralph Klein de l'Alberta, Pat Binns de l'Île-du-Prince-Édouard, Danny Williams de Terre-Neuve-et-Labrador, John Hamm de la Nouvelle-Écosse et Bernard Lord du Nouveau-Brunswick ont exprimé leur appui de façon générale au nouveau parti. En Ontario, le chef du Parti progressiste-conservateur provincial John Tory et l'ancien chef de l'opposition provinciale intérimaire Bob Runciman ont tous deux ouvertement exprimé leur appui à Stephen Harper et au Parti conservateur du Canada, ainsi que Stuart Murray, chef de l'opposition et du Parti PC manitobains.

Bien qu'officiellement distincts des partis provinciaux, des documents du PCC, ainsi que des applications de membres, peuvent être obtenus aux bureaux de la plupart des Partis PC provinciaux. Plusieurs de ces partis tiennent ouvertement des liens vers le site du PCC sur leurs sites web. Aussi, Stephen Harper a été invité comme conférencier à plusieurs congrès des partis progressistes-conservateurs provinciaux, et il encourage tous les membres du parti fédéral à devenir membres de leurs partis conservateurs provinciaux respectifs.

L'Action démocratique du Québec (ADQ) et le Parti libéral du Québec (PLQ) n'entretiennent aucun lien avec un quelconque parti fédéral, même si l'ancien chef progressiste-conservateur Jean Charest est actuellement chef des libéraux. Depuis qu'il est chef du PLQ, Charest a amené beaucoup d'anciens tories de l'ère Mulroney à occuper des postes importants au sein du PLQ. Lors de l'élection fédérale canadienne de 2006, il donna un appui réservé au Parti conservateur, déclarant que les promesses de Stephen Harper sur le fédéralisme d'ouverture et le déséquilibre fiscal allaient dans le sens de ce que souhaitait le Québec. Plusieurs bénévoles et organisateurs du PLQ se mirent discrètement au service des conservateurs, qui n'avaient pas une grande organisation au Québec. L'élection d'un gouvernement conservateur fut bien accueillie par Jean Charest et le ministre de la santé Philippe Couillard.

L'ADQ, quant à lui, est le plus conservateur des trois partis provinciaux québécois, et bien que les politiques adéquistes sur des questions telles que les soins de santé sont très proches de celles du PCC, le chef adéquiste Mario Dumont a refusé de s'aligner formellement avec un parti fédéral. Toutefois, il a personnellement et publiquement appuyé le Parti conservateur lors des élections de 2006, puis de celles de 2008, appui qui n'a toutefois pas fait l'unanimité auprès des membres de son parti.

Le Parti saskatchewanais est né d'une fusion non-officielle du Parti progressiste-conservateur de la Saskatchewan avec des membres du Parti libéral de la Saskatchewan, et certains de ses membres appuient le PLC, d'autres le PCC. Les libéraux provinciaux présentent toujours des candidats aux élections. Suite à l'effondrement des progressistes-conservateurs suivant le gouvernement criblé de scandales de Grant Devine dans les années 1980, les progressistes-conservateurs se sont officiellement retirés de la politique, bien que retenant une organisation nominale et présentant des candidats-papier aux élections afin de maintenir les fonds du parti. Le Parti saskatchewanais est officiellement neutre quant à la politique fédérale, bien que son premier chef, Elwin Hermanson, ait eu des liens directs avec le Parti réformiste et l'Alliance canadienne.

Le Parti libéral de la Colombie-Britannique a déjà été une aile provinciale du Parti libéral du Canada, mais sous la direction de Gordon Campbell il s'est déplacé plus vers la droite et contient actuellement des membres appuyant les libéraux fédéraux et d'autres les conservateurs fédéraux. Le parti est maintenant officiellement neutre face à la politique fédérale.

Le Parti conservateur de la Colombie-Britannique existe toujours et présente encore des candidats aux élections, mais ne compte actuellement aucun représentant élu à la législature de la province. Plusieurs conservateurs fédéraux éminents militent au sein du Parti conservateur de la Colombie-Britannique. Wilf Hanni, ancien chef du Parti réformiste de la Colombie-Britannique, est actuellement chef du Parti conservateur. De par le passé plusieurs progressistes-conservateurs ont aussi entretenu des liens serrés avec le Parti Crédit social de la Colombie-Britannique.

Le Parti du Yukon (anciennement le Parti progressiste-conservateur du Yukon) changea de nom et a coupa tous ses liens au Parti PC fédéral pendant les années Mulroney. Son chef actuel, le premier ministre yukonnais Dennis Fentie, un ancien néo-démocrate qui fit défection pour diriger le Parti du Yukon, reste relativement ambigu sur la question de l'appui fédéral du parti territorial.

Certains des partis ci-dessus peuvent parfois s'affilier ou appuyer le nouveau Parti conservateur fédéral ou un de ses candidats régionaux. Les relations sont tendus, par comptes, entre le Parti conservateur et Ralph Klein, premier ministre progressiste-conservateur de l'Alberta, dû aux commentaires que ce dernier a faite en public au cours de la dernière élection fédérale concernant les soins de santé, ainsi que son appel à un référendum sur la question du mariage homosexuel. Rajoutant à la tension en Alberta : l'appui des militants du PCC est divisé entre le Alberta Alliance Party (droite) et les Progressistes-conservateurs (centre-droite).

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Ordinateur personnel

Un ordinateur personnel produit au milieu des années 1980 avec clavier, souris et écran.

Un ordinateur personnel, encore appelé micro-ordinateur ou ordinateur individuel, est un ordinateur destiné à l'usage d'une personne et dont les dimensions sont assez réduites pour tenir sur un bureau.

Un ordinateur est composé d'une carte mère à laquelle sont reliés différents périphériques par l'intermédiaire d'interfaces d'entrée-sortie soudées sur la carte mère (circuits et connecteurs associés) ou enfichés dans des connecteurs d'extension (cartes).La carte mère est la carte principale de l'ordinateur. Elle reçoit le microprocesseur, les barrettes mémoires et les connecteurs d'extension.

Le micro-ordinateur est un système de traitement automatisé de l'information, qui reçoit des informations en entrée (périphériques d'entrée), en permet la mémorisation temporaire et le traitement (unité centrale), la sauvegarde et l'archivage (périphériques de stockage et de sauvegarde), la communication (périphériques d'entrée/sortie), l'affichage et l'impression (périphériques de sortie).

Les ordinateurs personnels sont apparus lorsque le coût et la dimension des ordinateurs ont pu être suffisamment réduits pour être vendus au grand public. Avant cela, les ordinateurs produits par l'industrie étaient des machines centrales partagées entre de nombreux utilisateurs qui y accédaient au moyen de terminaux numériques.

L'histoire des ordinateurs personnels se confond en partie avec celle des microprocesseurs. Un micro-ordinateur, avant d'être un ordinateur petit est un ordinateur à (un) microprocesseur : Les premières machines sont apparues en kit dans les années 1970 après la création du premier microprocesseur, l'Intel 4004. La question de savoir qui a créé le premier micro-ordinateur est source de controverse.

En 1981 IBM a produit l'IBM PC. Cet ordinateur personnel et ses descendants, les compatibles PC, ont progressivement dominé le marché, approchant les 100 %. Le dernier ordinateur personnel à occuper une place non négligeable dans le marché est le Macintosh d'Apple. Toutefois, la convergence croissante entre le matériel utilisé dans les Macintosh et celui utilisé dans les PC — allant jusqu'à l'adoption, à partir de 2006, de processeurs Intel par Apple — minimisent le fossé traditionnel entre les deux mondes. Les différences principales entre micro-ordinateurs porteront désormais essentiellement sur leurs systèmes d'exploitation.

Le prix des ordinateurs portables a beaucoup diminué au cours des dernières années et l’ordinateur portable est devenu une alternative alléchante au traditionnel ordinateur de bureau.

L’ordinateur portable possède des avantages indéniables pour les travailleurs mobiles qui doivent transporter leurs ordinateurs, par exemple les vendeurs qui visitent leurs clients. Cependant, l’ordinateur de bureau est encore l’alternative la plus avantageuse pour les travailleurs sédentaires et les utilisateurs résidentiels.

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Source : Wikipedia