Pédophilie

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Posté par marvin 26/02/2009 @ 00:44

Tags : pédophilie, délinquance sexuelle, criminalité, société

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Pédophilie

Martin Van Maele - La Grande Danse macabre des vifs - 33.jpg

La pédophilie est, en psychiatrie, l'attirance sexuelle d'un adulte envers les personnes impubères. Un pédophile est une personne éprouvant ce type d'attirance. La pédophilie est classée en tant que trouble de la préférence sexuelle selon la CMI et parmi les paraphilies selon le DSM.

En France, comme dans la plupart des sociétés modernes, ce type d'attirance est considéré comme une perversion sexuelle et les activités s'y rapportant sont condamnées par la loi. De ce fait, dans le langage courant, le terme pédophilie a une forte connotation péjorative et le terme pédophile est souvent utilisé par abus de langage pour désigner une personne condamnée par la justice pour des crimes ou délits en rapport avec l'abus sexuel sur mineur ou la pornographie infantile. Cet abus de langage peut même être considéré comme diffamatoire pendant que la pédophilie reste classée comme une maladie mentale par la OMS.

Le mot pédophilie est formé sur les radicaux grecs paidos de παις-παιδος, "enfant" et philia de φιλία, "amitié". Il est apparu en 1968 et dérive du nom commun « pédophile » (fin XIXe), qui lui-même provient du néologisme « pedophilia erotica » proposé par le psychiatre autrichien Richard von Krafft-Ebing en 1886 dans son ouvrage Psychopathia Sexualis pour qualifier une attirance sexuelle envers les personnes impubères ou en début de puberté qui domine la sexualité d'un individu sa vie durant.

Si le mot pédérastie existe depuis 2 500 ans, le mot pédophilie date des années 1970.

Il a été créé par un courant socio-politique post-soixante-huitard, proche de « l'éducation alternative », et qui réfléchissait sur la place de l'enfant dans la société et les relations adultes-enfants. On y trouvait des sociologues, des philosophes, des architectes, des écrivains, des éducateurs, des enseignants, des médecins, qui avaient en commun une curiosité pour les organisations sociales qui mettaient l'enfance au centre de leurs préoccupations.

Malgré une absence de tabous toute scientifique, ce courant intellectuel a voulu se démarquer de la pédérastie, et évacuer la dimension sexuelle des relations adultes-enfants. Il a donc inventé le mot « pédophilie » qui, comme dit dans la définition étymologique, vient du grec « paidos », « enfant » et « philein », « aimer ».

Ce petit cercle intellectuel ne pouvait maintenir longtemps le sens sémantique du mot pédophilie dans sa stricte étymologie. Dès que la langue vernaculaire a adopté ce mot, elle en a fait l'équivalent de « pédérastie », réintroduisant une dimension sexuelle que ses créateurs voulaient justement exclure. L'usage a rapidement adopté ce sens nouveau, qui avait l'avantage de ne plus faire référence à la pédérastie culturelle grecque, et qui faisait plus « moderne ».

Ainsi dévoyé et débarrassé du passé, le mot a eu un certain succès dans diverses publications savantes des années 1980, notamment auprès des psychiatres (qui voyaient ressurgir là la « pedophilia erotica » de la classification de Richard von Krafft-Ebing au XIXe siècle), en particulier dans la communauté scientifique québécoise, qui en a fait grand usage . Il permettait de parler des relations sexuelles adultes-enfants comme d'une perversité médicale contemporaine, coupée de toute antériorité culturelle .

Repassé dans le langage courant par ces publications, les médias s'emparaient du vocable dans les années 1990, pour qualifier de neuf les affaires judiciaires de mœurs entre adultes et enfants. À ce stade de diffusion publique incontrôlable, bien peu savaient ce qu'il signifiait exactement. Les médias utilisèrent largement la déclinaison « pédophile », pour qualifier les prévenus concernés.

Vu la gravité des affaires judiciaires de ces dernières années (entre autres les cas Dutroux, Fourniret...), le mot « pédophile » a aujourd'hui pris le sens sémantique courant de « violeur d'enfants », voire d'assassin. Il est largement usité par les médias, dont les titres font parfois des amalgames, certains « crimes pédophiles » contemporains ne concernant pas des mineurs. Quant à la « pédophilie », la compréhension courante du mot aujourd'hui associe le champ des relations adultes-enfants, et celui de la contrainte sexuelle sur autrui, qu'il s'agisse de sollicitation, de viol ou de meurtre.

Par ailleurs, des dérives dans l'emploi du terme tendent à s'appliquer à ce qui relève en fait de la pédérastie dans des affaires judiciaires ou médiatiques concernant des adolescents pubères.

Les deux termes sont également utilisés par des groupes de pression pour faire valoir leur point de vue dans un contexte émotionnel très fort. Cet écho renforce soit le sens de contrainte sexuelle sur l'enfant et souligne les aspects néfastes de la pratique pédosexuelle sur l'enfant. D'autres groupes plus libéraux voient au contraire un bienfait pour l'enfant et militent pour une reconnaissance de ce principe. Selon eux, le problème est mal étudié et relève de trop de présupposés moraux et sociaux discutables à leur goût. La sérénité du débat serait aveuglée par une législation aveugle et des comportements viscéraux. .

Certains voient dans la pédophilie un « quelque chose » qui relève de la maladie, de la déviance, de la perversité, en un mot de la psychiatrie, et peut-être du soin. Il s'agit de la thèse la plus reprise dans le discours psychiatrique sur le sujet.

D'autres y voient enfin une menace pour nos sociétés, et souhaitent s'en protéger activement, voire radicalement. Des associations diverses s'y emploient, par une prévention auprès des enfants, voire du « dépistage », en faisant pression auprès des législateurs pour intensifier « la lutte contre la pédophilie ».

La pédophilie rassemble en psychiatrie tout ce qui a trait aux relations sexuelles adultes-enfants. Elle peut être hétérosexuelle, homosexuelle, ou mixte. Elle concerne des hommes comme des femmes de tous âges. Elle peut coexister avec une sexualité par ailleurs normale de l'adulte en cause, ou s'associer à une impuissance, une anomalie anatomique. Elle peut s'exercer au sein des familles, souvent dans le cadre de relations incestueuses, ou dans le cadre d'une fréquentation usuelle des enfants, comme l'école, les mouvements de jeunes — ce que les psychiatres appellent des « structures facilitantes », mais aussi au hasard des rencontres.

Elle ne fait pas forcément l'objet d'un passage à l'acte, ou pas systématiquement. Le simple désir de relations sexuelles avec un enfant, même frustes, entre dans le cadre de la pédophilie. Elle peut aussi dépasser le cadre de relations purement sexuelles, et s'associer à des vexations, des atteintes à la personne, voire des meurtres. Elle peut être un acte isolé, ou une habitude.

En tous cas, elle se manifeste à la société par un désir ou un acte transgressif qui ne respecte pas la norme. L'adulte qui désire ou commet ce raptus social a en principe conscience de la gravité de son désir ou de son acte, du fossé creusé avec le reste de la société, du renvoi à sa marginalité, son isolement.

La conscience de cette transgression - potentielle ou réelle - est le plus souvent une culpabilité douloureuse, et entraîne chez l'adulte des mécanismes de résolution variés sur le mode névrotique.

Certains pédophiles peuvent fonder leurs fantasmes sur des images enfantines très diverses : cela peut aller de la simple photographie d'enfant classique à la pornographie, en passant par des photographies familiales à la plage parfois « naturiste », des photographies de catalogues pour vêtements d'enfants, des reportages sur des peuplades où les enfants vivent nus, ou encore des représentations artistiques parfois suggestives. Cette consommation d'images masturbatoires peut devenir une compulsion obsessionnelle et maladive.

Enfin, certains pédophiles peuvent chercher une sublimation de leurs désirs dans des dérivatifs sociaux, culturels, artistiques ou pédagogiques.

Certains adultes fourvoyés ainsi accidentellement et échaudés s'en tiendront là, et le silence retombera sur ce qui est probablement le cas le plus banal, le plus répandu et le plus discret de relations pédophiles, dont la publicité ne dépassera pas le cercle familial. Ces relations isolées ne sont pas systématiquement mises en évidence comme constitutives de traumatismes psychologiques graves pour l'enfant, elles sont souvent de découverte fortuite ultérieure.

L'acte commis, l'adulte peut aussi le nier à sa conscience, souvent par des constructions mentales qui visent à accréditer la thèse d'un désir de l'enfant ou d'un consentement supposé, visant à requalifier l'acte comme normal et naturel (« je n'avais pas conscience de faire du mal »). Ainsi justifié, l'acte pédophile peut se reproduire sans aucune mauvaise conscience, voire avec l'idée (assez fréquente) que cela « fait du bien à l'enfant ».

Il existe par ailleurs des structures de personnalité, notamment perverses (au sens psychiatrique), très différentes des cas ci-dessus. Il s'agit de sujets qui n'intègrent pas les interdits sociaux ou qui les contestent. L'acte pédophile peut être un moyen de transgression sociale, volontaire et délibérée, il est revendiqué.

Ces pédophiles ont souvent un discours parfaitement structuré, voire prosélyte, pour justifier leur conduite, présentée comme éducative et saine pour l'enfant. Le pervers pédophile recherche volontairement la relation sexuelle avec un ou des enfants, parfois de façon systématique en passant des uns aux autres au fil du temps ou en entretenant des relations avec plusieurs enfants en même temps.

Enfin, en dehors des pédophiles présentant une personnalité névrotique, psychotique ou perverse, il existe aussi des pervers sadiques, capables d'atteintes physiques graves envers les personnes, voire de meurtre. Peu d'entre eux s'attaquent aux enfants, même si les cas de ce genre provoquent une émotion considérable, ils restent en réalité exceptionnels. Les psychiatres les considèrent d'abord comme des psychopathes, auteurs de crimes sexuels (Marc Dutroux), pas comme des pédophiles comparables aux précédents, même quand les enfants sont leurs victimes préférentielles.

L'acte névrotique justifié, parfois répétitif, et l'acte pervers revendiqué ou systématique, représentent la cohorte principale des cas judiciarisés. En général, il y a plusieurs victimes successives, car l'absence de violences directes sur l'enfant fait longtemps ignorer la situation. De plus, il s'agit souvent de personnes qui organisent leur vie dans des « contextes facilitants » en fréquentant les structures de jeunes, qu'elles soient scolaires, sportives, etc. Les psychiatres s'accordent à reconnaître que de tels pédophiles usent rarement de violence mais plutôt de séduction, et qu'en tous cas ils ne tuent pas. C'est sans doute là qu'on peut parler de « pédomanie » (mot forgé par les mouvements de lutte contre la pédophilie), c’est-à-dire de consommation compulsive d'enfants, au sens psychiatrique d'une manie.

On a récemment évoqué comme étiologie de la pédophilie le fait que certains sujets ont pu être traumatisés dans leur enfance, en étant eux-mêmes l'objet de raptus pédophiliques. Si cela est souvent évoqué devant les tribunaux comme circonstance atténuante de la responsabilité, le peu d'études actuellement disponibles, souvent controversées, ne permet pas de trancher avec certitude.

La psychiatrie descriptive, dont Richard von Krafft-Ebing est le précurseur, n'apporte aucune réponse à la question. Même si le catalogue encyclopédique des perversions sexuelles, illustrées par des cas cliniques, s'est modifié depuis, la psychiatrie clinique descriptive n'explique pas la pédophilie, et ne prétend à aucune thérapie. La Classification internationale des maladies de l'OMS définit la pédophilie (code F65.4) comme une « préférence sexuelle pour les enfants, généralement d'âge prépubère ou au début de la puberté ».

Restent la psychiatrie comportementale et la psychiatrie biologique. Elles proposent des solutions, mais beaucoup de psychiatres restent dubitatifs sur le fondement des méthodes et les résultats. La psychiatrie comportementale propose le reconditionnement, auquel on reproche son côté « Orange mécanique » violant la personne sans limite éthique claire, et la psychiatrie biologique propose la castration chimique, difficile à maîtriser même avec l'accord de l'intéressé. Rappelons que la castration chirurgicale, proposée également, est illégale en France.

Dans les deux cas, il y a une sérieuse difficulté pour garantir durablement la « guérison », et surtout prévenir les récidives. Malgré l'arsenal de mesures d'accompagnement thérapeutique que le droit a créé récemment, la pratique carcérale consiste souvent à attendre 55-60 ans avant d'envisager des libérations conditionnelles, en se disant que la chute de la libido est la plus sûre garantie.

Du reste, les experts-psychiatres spécialisés dans ces affaires, souvent contestés par leurs confrères, qui leur reprochent leurs prises de positions sans nuances et dictées par l'institution judiciaire, partagent entre eux cette conviction : « pédophile un jour, pédophile toujours ».

La psychanalyse ne s'embarrasse pas des conventions de société pour discourir sur l'inconscient (Sigmund Freud, déjà, avait fait scandale). Elle a même tendance à mettre en cause ces conventions sociales dans son discours.

Cela ne manque pas avec le sujet de la pédophilie : le psychanalyste Serge André, dans une conférence princeps sur la pédophilie faite à Lausanne en 1999 (lire l'article) donne un certain nombre de réponses au sujet de la pédophilie, mais s'interroge longuement sur l'attitude de la société à ce propos, en particulier sur les manifestations monstres qui se sont produites sous le nom de « marches blanches ». On peut en rapprocher le fait, quand on tape « pédophilie » sur un moteur de recherche Internet, de récolter une écrasante majorité de réponses d'associations ou de particuliers qui tiennent des discours enflammés sur le sujet, pour une large minorité de réponse dans le champ de la psychiatrie ou de la psychanalyse.

Bref, pour Serge André, comme pour les autres psychanalystes qui participent au débat (et dont certains appartiennent à l'institution carcérale), plus que la pédophilie en elle-même c'est l'attitude ambiguë de la société qui pose problème - celle-ci se manifestant par différents phénomènes d'idolâtrie sociale envers les enfants : jeunisme, adulescence mais aussi publicités équivoques, etc. Il leur semble que l'importance qu'a prise cette question dans la société en fait un des éléments-clefs d'une reconstruction du pacte social contemporain.

Beaucoup de psychanalystes expriment des réticences, voire un refus de traiter des pédophiles, ce en quoi Serge André constitue un cas à part.

Au-delà de ce recadrage — signifiant — du sujet, les psychanalystes s'accordent à considérer les pédophiles comme des pervers essentiellement (au sens psychanalytique), ni névrotiques, ni psychotiques, sans que cela soit pour autant pathologique. Il s'agit pour eux de structure de personnalité, et non de maladie. Ils n'excluent pas les actes pédophiles dans un cadre névrotique ou psychotique, mais la personnalité perverse leur semble par essence coïncider idéalement avec l'analyse qu'ils font des conduites pédophiles. Ils parlent de « perversion pédophile », sans rien y voir de péjoratif.

Si les psychanalystes trouvent compréhensible qu'on réprime l'abus sexuel et qu'on en enferme les auteurs, ils rechignent à apporter leur concours à l'institution judiciaire comme le font les psychiatres, car ils ne sont pas d'accord avec l'approche judiciaire, ni même psychiatrique, de la question.

Ils ne contestent pas, du moins pour les rares qui acceptent de prendre en charge de tels patients, comme Serge André et ses collègues, qu'ils puissent obtenir des résultats « thérapeutiques » intéressants. Mais ils se refusent à toute systématisation de « la pédophilie », qu'ils estiment illusoire, pour ne prendre en compte que l'auteur des faits (ou du désir), personne unique, dont l'histoire personnelle reste à dénouer, entre autres sur ce comportement qui fait problème à la société.

Il s'agit là de l'attitude du courant le plus récent de la psychanalyse, à savoir les lacaniens. Il est impossible de résumer ici l'ensemble des débats engendrés par cette conférence.

Il y est fait au passage référence à la violence symbolique des contes pour enfants, pain bénit de la psychanalyse. Sans évoquer ici la sexualité de Lewis Carroll (Alice au pays des merveilles), ou l'ouvrage de Bruno Bettelheim, Psychanalyse des contes de fées, on peut quand même citer quelques figures de l'inconscient collectif qui ont à voir avec le sujet : l'archétype de l'Ogre, dont Gilles de Rais, le sadique pédophile, tend la main au Roi des aulnes, version Michel Tournier, sans oublier Le Joueur de flûte de Hameln des frères Grimm.

Les études psychiques et physiologiques de l'enfance et de l'adolescence montrent que le désir sexuel chez l'enfant existe. Ces études montrent aussi que le passage du désir sexuel sous sa forme enfantine (charnel et global) à sa forme adulte (plus centré sur le génital) est progressif et dépend de la personnalité du mineur; chez certains il est très précoce, chez d'autres plus tardif. Les relations sexuelles chez les mineurs de moins de quinze ans (âge moyen de la majorité sexuelle) est aussi un phénomène avéré.

Du point de vue légal, il existe cependant une différenciation entre les relations sexuelles entre mineurs et celles entre un adulte et un enfant. En France, seules les dernières peuvent être condamnées par la loi.

La médecine contribue au débat en répondant à la question de la maturité biologique par rapport à la sexualité. Elle apporte la notion de puberté, laquelle recouvre l'ensemble des modifications du corps humain qui le rendent apte à la reproduction. Ces modifications sont de l'ordre de l'anatomie (développement des organes et des caractères sexuels), et de la physiologie (existence d'hormones induisant l'appétence pour les activités sexuelles, apparition des règles). L'âge d'apparition et de fin de la puberté est en fait très variable selon les individus, mais il y a consensus pour dire qu'elle commence rarement avant 10 ans, et qu'elle est généralement achevée à 15 ans, avec un âge médian vers 12-13 ans.

Ce qu'on peut en tout cas affirmer sur les deux alinéas précédents, c'est qu'ils sont très dépendants de l'éducation et des circonstances de vie de chacun. Il existe des familles unies et sans histoires, au sein desquels les enfants sont protégés et choyés, et qui considèrent l'éducation sexuelle comme un tabou qu'on remet régulièrement à plus tard. Il existe des mineurs à l'abandon, très tôt confrontés à de dures réalités d'adultes, voire à une simple survie dans la solitude, qui deviennent adultes par nécessité avant l'âge ordinaire dans nos sociétés. Entre ces deux tableaux extrêmes, tous les intermédiaires existent, et il n'y a que des cas particuliers.

Les approches explicitées ci-dessus forment l'essentiel des principes qui justifient la manière dont nos sociétés perçoivent la pédophilie et sa pratique.

Certaines fournissent des critères très clairs d'appréciation, et prennent le dessus, d'autres sont plus difficilement utilisables.

Elles reconnaissent les principes du droit à la protection de l'enfant qui ne peut pas avoir de libre arbitre et de capacité de choix devant son manque de maturité sexuelle et qui doit donc être protégé de certaines perversions. Le développement de sa sexualité doit se faire dans un milieu équilibré et sécurisé.

En cas de relations sexuelles adulte-enfant, il est victime, a subi un dol, a droit à réparation. L'adulte doit être puni, et mis hors d'état de nuire.

Ce sentiment très largement partagé fait de la pédophilie une transgression majeure et intolérable de la norme de nos sociétés, donc une déviation et plus généralement une perversion sexuelle.

La relation sexuelle effective entre adulte et enfant, que la pédophilie peut induire suite à un passage à l'acte, est très fortement condamnée dans la plupart des législations du monde, et reconnue comme un grave délit ou crime, une transgression majeure des droits fondamentaux de l'enfant sous le terme d'« abus sexuel sur mineur ». Il en va de même de la pornographie enfantine, aujourd'hui très largement condamnée y compris lorsqu'elle est d'imagination .

Si les abus sexuels sur mineurs sont longtemps restés méconnus ou sous-estimés dans les sociétés modernes, c'est à cause du silence qui les entourait. La nouveauté tient au fait que, de nos jours, on écoute les enfants parler des relations sexuelles qui peuvent leur être imposées par les adultes. Longtemps on crut que l'essentiel de ces récits relevaient du fantasme. Ainsi en était-il de Freud qui, dans le cas Bertha Pappenheim, crut discerner le fantasme quand elle lui parlait de son oncle attoucheur.

Dans la majorité des législations la simple attirance sexuelle ainsi que les fantasmes ne sont pas réprimés par la loi, car ils appartiennent au domaine de la pensée et du ressenti personnel.

En revanche, dans la plupart des législations du monde l'acte sexuel entre un adulte et un enfant est illégal et sévèrement réprimé vis à vis de l'adulte, considéré comme seul coupable et responsable. Contrairement aux lois sur l'agression sexuelle d'un adulte, l'absence de consentement de l'enfant n'est pas requis pour que l'infraction soit constituée : la relation sexuelle en elle-même est illégale. La séparation entre ces deux formes de traitement de l'infraction sexuelle dans la loi est généralement fondée sur une limite d'âge, appelée majorité sexuelle, qui diffèrent en fonction des pays et des orientations sexuelles (la relation homosexuelle est souvent autorisée plus tardivement que l'hétérosexuelle).

Il existe également des lois réprimant la simple incitation d'un enfant à un acte sexuel. Par ailleurs, la production, consommation, échange et simple détention de matériel pornographique impliquant des enfants sont souvent interdites. Dans certains pays, cette dernière loi s'applique également pour des œuvres d'imagination (dessins, images virtuelles, etc.) Par exemple, l'article 163.1 du code criminel canadien interdit « toute représentation photographique, filmée, vidéo ou autre, réalisée ou non par des moyens mécaniques ou électroniques ». D'autres législations sont plus floues ou sujettes à interprétation sur ce point, comme l'article 227-23 du Code Pénal français qui incrimine toute représentation d'un mineur lorsqu'elle possède un caractère pornographique : stricto sensus celà s'applique également à des images imaginaires, mais la jurisprudence reste floue. Voir l'article Lolicon pour plus de détails. En France, les textes pédopornographiques ne sont par contre pas interdits.

Eut égard à l'émotion importante que causent les affaire d'abus sexuels sur enfants dans la plupart des sociétés, certaines législations adoptent des lois d'exception parfois extrêmes pour réprimer avec plus de force les infractions sexuelles concernant des mineurs.

En droit français, le terme de pédophilie n'apparaît pas dans les codes et règlement du droit et de la justice : les termes utilisés pour décrire l'infraction de relations sexuelle entre un majeur et un mineur sont atteinte sexuelle pour une relation avec consentement de l'enfant, agression sexuelle ou viol lorsque le consentement n'est pas reconnu. Il existe également des infractions de corruption de mineur pour l'incitation de mineur à des actes sexuels. L'âge limite du mineur qui caractérise l'infraction sexuelle (âge de majorité sexuelle) est de 15 ans en général, 18 ans si le majeur est une personne ayant autorité sur le mineur (professeur, parent...).

La production, diffusion et détention d'images pornographiques impliquant des mineurs de moins de 18 ans est illégale en France. L'article de loi tel qu'il a été écrit en mai 2002 ne parle pas seulement de photographie, mais de tout type d'image : dessin, peinture, images virtuelles, etc. La jurisprudence a depuis fixé quelques exceptions, afin de protéger certains objets d'art ou historiques : peintures explicites datant de la Grèce antique, œuvres d'art, etc. Toutefois la loi reste floue et sujette à interprétation sur ce point, ce qui pourrait attirer des problèmes à certaines professions comme l'édition ou la conservation de musées, et de faire évoluer la jurisprudence.

Enfin, plusieurs lois d'exceptions existent pour les crimes ou délits de nature sexuels concernant les enfants : possibilité de poursuivre en France un citoyen Français pour des crimes ou délits sexuels sur mineurs commis à l'étranger (par exemple dans le cadre du tourisme sexuel), levée du secret professionnel en cas de connaissance d'une infraction, inscription spécifique dans un fichier d'empreintes génétiques sur condamnation ou simple mise en examen, prescription courant à partir de la majorité de la victime, obligation de soins une fois la peine de prison purgée, détention dans un centre socio-médico-judiciaire une fois la peine purgée, pour une durée d'un an reconductible, si la probable dangerosité du criminel est décrétée.

D'autres lois d'exception, souvent extrêmes, sont régulièrement proposées par des acteurs sociaux ou politiques au gré de l'émotion causée par l'actualité : annulation de toute prescription, inscription des crimes sexuels comme crimes contre l'humanité, rétablissement de la peine de mort, etc.

Tous les textes législatifs français peuvent être consultés sur ce site, plus particulièrement dans la section Code pénal.

Le viol est un crime, jugé en Cour d'Assises alors que les autres infractions citées sont des délits, jugés en tribunal correctionnel.

Prescription : La prescription pour viols, agressions sexuelles, atteintes sexuelles sur un mineur de moins de 15 ans par un ascendant ou par une personne ayant autorité est de 20 ans à partir de la majorité de la victime. Articles 7 et 8 du Code de procédure pénale.

Par ailleurs, l'âge légal à partir duquel le mariage est autorisé est de 18 ans pour filles et garçons depuis 2005 (il était de 15 ans pour les filles auparavant). La loi française n'établit aucune relation particulière entre les dispositions concernant la majorité sexuelle et celles concernant le mariage.

La législation a été nettement durcie par une loi d'avril 2002 intégrée dans l'article 197 du code pénal. Désormais le téléchargement sur un disque dur et la copie de clichés illicites, sur divers supports peuvent être assimilés à des cas de fabrication déjà réprimés sous l'ancien droit et s'ils sont obtenus depuis un site étranger, ils constituent également un acte d'importation pouvant être sanctionné. En revanche, une simple consultation non conservée ne serait pas directement sanctionnée. Sans compter que les navigateurs (comme Safari) offrent désormais une option permettant de ne pas laisser de trace.

Depuis la célèbre affaire Dutroux, les médias traitent de plus en plus souvent d'affaires dites de pédophilie, contrastant ainsi avec un certain désintérêt qui avait cours auparavant à ce sujet.

Aujourd'hui les médias sont souvent accusés de traiter ce thème de façon trop émotionnelle, imprécise et sans réel travail journalistique, surtout lors de certaines affaire très médiatiques - par exemple l'affaire ado 71 et l'affaire d'Outreau, où ils ont été accusés d'enfreindre régulièrement la présomption d'innocence et d'instaurer un climat hystérique peu propice à une justice sereine et équitable. Lors de ces affaires plusieurs prévenus se sont suicidés avant même leur jugement (dont certains qui se sont révélés innocents par la suite). Les médias ont été accusés par un certain nombre de personnes (dont la Ligue des Droits de l'Homme) d'avoir provoqué ces actes extrêmes par leur manque de précautions et leurs accusations sans fondement.

Parmi les injustices que cet emballement médiatique et politique a provoqué, on note l'affaire Alain Hodique, époux de la directrice de l'école de Bucquoy est accusé en 2001 d'attouchement sur des élèves de son épouse et incarcéré un an. En 2007, la cour de cassation l'innocente. Cette affaire a eu d'autant plus de répercussions que le ministre de l'Education d'alors, Jack Lang , avait repris à son compte les accusations d'une partie des villageois contre Alain Hodique.

La stigmatisation sociale de la pédophilie, et la gravité des peines encourues en justice, en font parfois un moteur de chantage ou d'instrumentalisation.

Depuis longtemps, les ballets roses ou bleus, expression désignant des orgies au cours desquelles des adultes se livrent à des jeux sexuels avec des mineurs, filles (ballets roses) ou garçons (ballets bleus), ont formé la trame d'affaire réelles, comme l'affaire des ballets roses en France en 1959, ou fantasmées, telle que l'affaire des ballets roses en Belgique dans les années 1970.

On a constaté des cas d'instrumentalisation judiciaire de la pédophilie par des parents en instance de divorce. De la même, il est arrivé que des enfants « règlent leur comptes » à un enseignant (comme décrit dans le livre Les Risques du métier). Il arrive aussi que de jeunes délinquants, arrêtés pour de petits délits, accusent des adultes de pédophilie ou de recours à la prostitution de mineurs, pour se transformer en victimes.

En France, l'affaire d'Outreau a défrayé la chronique pour des charges abandonnées au bout de plusieurs années de prison préventive . Sans oublier néanmoins que des enfants furent bien victimes et que leurs tortionnaires furent condamnés.

L'instrumentalisation peut aussi être politique : Daniel Cohn-Bendit, en évoquant son passé soixante-huitard dans un livre, a été accusé de pédophilie des années plus tard (voir cet article).

Certains artistes évoquent la pédophilie dans leurs œuvres, ce qui provoque souvent des scandales. Des écrivains comme Gabriel Matzneff (Les Moins de seize ans) ou Tony Duvert (Prix Médicis en 1973 pour Paysage de fantaisie) ont régulièrement été accusés de faire l'apologie de la pédophilie dans leurs œuvres. Le Bon Sexe illustré, écrit par ce dernier, se veut une critique féroce du carcan normatif de l'éducation sexuelle contemporaine. Plus récemment, en septembre 2002, la sortie du roman Rose Bonbon de Nicolas Jones-Gorlin a provoqué une polémique suite à la plainte déposée par une association de protection de l'enfance. D'autres auteurs, qui ont provoqué des scandales à leur époque, ont été absouts par leur célébrité ou leur décès : par exemple Vladimir Nabokov (Lolita), Roger Peyrefitte (Les Amitiés particulières), André Gide (L'Immoraliste) ou encore Henry de Montherlant (La Ville dont le prince est un enfant).

Sur le plan de l'image, certains artistes dépeignent la figure de l'enfant sous un jour teinté d'érotisme ou de sensualité : on peut citer en matière de photographie les travaux de Bernard Faucon, Sally Mann ou Mike Tedder. Beaucoup d'artistes ont élu l'enfant pour sujet principal ou occasionnel de leurs œuvres, sans pour autant qu'il faille nécessairement parler d'art à caractère pédophile dès que de la sensualité se dégage. L'intention de l'artiste et les circonstances de la création d'une œuvre sont des données difficiles à établir. Une œuvre d'art n'existe toutefois pas que par son auteur, et peut se transformer parfois de façon spectaculaire, entre autres par catharsis chez le pédophile amateur d'art.

En 2001, Emmanuelle Bercot écrit et réalise le film Clément dans lequel elle s'attribue le rôle principal, celui de Marion, une trentenaire qui s'éprend d'amour pour un ami de son filleul de treize ans, Clément.

En 2006, Yann Queffélec publie Mineure (ISBN 2846281378), un roman dans lequel Sibylle, une jeune fille de treize ans, tente de séduire Michel, un homme de cinquante-cinq ans, marié et père de jumelles du même âge. Il ne veut pas céder, mais finira progressivement par succomber à son charme.

Depuis quelque années l'abus sexuel sur mineur, qui peut être une conséquence de la pédophilie, bénéficie d'une attention sociale intensive. De nombreuses associations se sont créées dans le but proclamé de protéger les enfants et de lutter contre l'abus sexuel. L'expression lutte contre la pédophilie est souvent évoquée, bien que la pédophilie soit une attirance sexuelle : l'action sociale peut lutter contre des actes d'abus sexuel, mais seule une approche médicale ou psychologique peut éventuellement travailler à la disparition ou l'évolution d'attirances pédophiles chez un être humain.

Le sujet est traité plus en détail dans l'article abus sexuel sur mineur.

Certaines personnes, s'appuyant entre autres sur les travaux du psychanalyste Serge André, dénoncent la hantise sociale qu'on observe actuellement à l'encontre de la pédophilie dans la société occidentale sous une forme qu'ils qualifient d'hystérique et de passionnelle. Ils dénoncent une sorte de lutte des âges succédant à la lutte des classe, qui instrumentaliserait la peur de la pédophilie en mettant entre les mains des jeunes de redoutables armes judiciaires comme moyen de chantages contre des adultes. Cela s'observerait particulièrement dans les rapports entre élèves et professeur et cela aurait largement participé au phénomène récent de dénigrement de l'autorité.

Cette thèse a notamment été reprise par des milieux proches de l'extrême-droite dans les années 1980 et 1990, entre autres dans les colonnes de la revue Gaie France Magazine qui s'était mise en tête de remettre en honneur la pédérastie du temps de Platon. Ces écrits explosifs ont suscité beaucoup de passions et des réactions judiciaires fortes (nombreuses arrestations et mises en examen parfois arbitraires, qui ont mené à des suicides) avec pour effet de diaboliser le magazine, ce qui accéléra sa chute jusqu'à son interdiction de publication en 1993.

Elle a également été à l'origine de l'imagerie populaire pédo-nazie longtemps restée attachée au sujet et qui a ressurgi lors de l'avènement d'Internet comme expression d'un fantasme relayant et amplifiant la peur de ce nouveau mode de communication.

Cette association de la pédophilie avec l'extrême-droite, ainsi que la confusion entre pédophilie et pédérastie, ont également accéléré la séparation politique entre le mouvement de revendication des homosexuels, généralement plutôt situé à gauche, et un restant de pédérastie endémique et non structuré - cette dernière étant souvent associée à l'image originelle d'une structure hiérarchisée et initiatique, associée aux castes guerrière. On pourra se reporter à l'article pédérastie pour de plus amples détails.

Enfin, certaines personnes dénoncent le caractère démagogique et la récupération politique pour des visées électoralistes des prétentions de la société à protéger l'enfance. Ils observent que cette protection vise la sexualité avec une intensité qu'ils jugent disproportionnée alors que l'enfant est aujourd'hui exposé à des violences physiques et morales souvent beaucoup plus graves, et plus subtiles ou pernicieuses auxquelles la société s'intéresse beaucoup moins - sans doute parce que moins fantasmatiques et par là même moins médiatiques.

Dans les années 1970, certains mouvements de militantisme pro-pédophile ont vu le jour en Europe du Nord et aux États-Unis. D'abord très actifs, ils ont subi un certain nombre de revers dans diverses affaires judiciaires et médiatiques, au point de quasiment disparaître dans les années 1990. À partir de la fin du XXe siècle, l'avènement d'Internet leur a donné une nouvelle force. Aux Pays-Bas existe un parti favorable à la pédophilie, le PNVD., fondé par Ad Van den Berg : il demande l'abaissement de la majorité sexuelle à 12 ans, et, à terme, son abolition, ainsi que la légalisation de la pornographie enfantine dans un contexte bien précis et encadré.

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Traitement de la pédophilie chez les Témoins de Jéhovah

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Les Témoins de Jéhovah ont été confrontés en leur sein à des affaires de pédophilie. Le traitement en interne de ces cas de pédophilie, sans en référer aux autorités judiciaires, leur a valu de vives critiques, et des condamnations en justice contre des ministres du culte concernés.

La pédophilie est contraire aux valeurs morales des Témoins de Jéhovah. Ils pensent que cette pratique relève de ce que la Bible appelle la pornéia en grec, c'est-à-dire une relation sexuelle hors du cadre du mariage. Ils considèrent cette pratique un péché grave susceptible de tomber sous le coup d'une excommunication de la part de celui qui s'y adonne.

Dans ses publications, le mouvement religieux explique que la pédophilie constitue un « vieux fléau qui a pris aujourd'hui d'énormes proportions effets peuvent être dévastateurs », et précise qu'on « ne peut excuser la mauvaise conduite » des personnes qui abusent sexuellement des enfants. Elle déplore aussi le silence auquel les victimes sont souvent contraintes par leur bourreau et recommande aux parents d'éduquer leurs enfants dans ce domaine dans le but de prévenir les agressions. Il est préconisé notamment de leur apprendre à repousser les marques d'affection qui sont déplacées ou qui les mettent mal à l'aise, et à encourager l'enfant à montrer ce qu'il ferait, cela en le mettant mentalement, sous forme de jeu, dans la situation. Même les ouvrages destinées aux enfants évoquent la question des abus sexuels sur mineurs dans une optique préventive.

Officiellement, les Témoins de Jéhovah encourageaient dès 1985 dans leurs publications de tout mettre en œuvre pour protéger l'enfant victime d'agression sexuelle, quelles qu'en soient les conséquences notamment pour le criminel. Dans un article de 1997, Réveillez-vous ! recommandait même aux parents de « dénoncer le coupable aux autorités ». Quant à La Tour de Garde, elle rappelait que la congrégation chrétienne ne devait pas chercher à soustraire l'agresseur des sanctions pénales prévues par la loi du pays.

Les Témoins de Jéhovah ont cependant pendant longtemps traité en interne les affaires de pédophilie, sans en avertir les autorités judiciaires de ces pays, pour « ne pas jeter l'opprobre sur l'Organisation de Jéhovah ».

En se basant sur le passage biblique de 1 Corinthiens 6:1-8, l'Église recommandait en 1975 de ne pas porter plainte auprès d'un de ses coreligionnaires, et même lorsque ce dernier est excommunié, de s'abstenir de le faire si cela risque de « jeter le discrédit sur la congrégation ». La non-dénonciation à la justice étant encouragée par l'organisation, des règles internes étaient mises en place, tant pour l'établissement des preuves de ces crimes, que pour la punition des pédophiles.

Deux témoins des actes pédophiles, ou des aveux, sont nécessaires pour l'établissement des faits, sur la base des versets bibliques tels que Deutéronome 19:15 qui déclaré : « Un seul témoin ne pourra se dresser contre un homme à propos d’une faute ou d’un péché quelconque, pour un péché quelconque qu’il peut commettre. Ce n’est que sur le dire de deux témoins ou sur le dire de trois témoins que l’affaire tiendra. » Quand on ne trouve pas deux témoins oculaires, ce qui arrive souvent dans une affaire de pédophilie, une confrontation entre la victime et le supposé coupable est nécessaire pour avérer les faits. Elle pose cependant le problème des séquelles psychologiques que cette confrontation peut produire sur la victime. À ce propos, la Société Watchtower a été condamnée récemment au Canada pour avoir imposé cette confrontation. Si malgré la confrontation, l’accusé ne reconnaît pas les faits, l’affaire est classée. Ce fait est illustré par le cas d'une jeune bruxelloise appartenant à une famille Témoin de Jéhovah, qui avait été abusée pendant un an et demi par l'un d'eux, lorsqu'elle avait 9 ans. Les anciens, avertis, avaient organisé une confrontation entre l’abuseur et sa victime, mais comme il n’y avait pas deux témoins de l’affaire, celle-ci avait été étouffée. En 2003, cette jeune femme est allée déposer plainte à la police contre son bourreau, juste avant la prescription.

Les pédophiles reconnus coupables par les comités de discipline religieuse et ne montrant pas de repentance étaient excommuniés du mouvement ; les anciens considérant avoir ainsi rendu la justice de Dieu. Toutefois, ceux-ci ne les ayant pas dénoncé aux autorités pour ne pas jeter l'opprobre sur l'organisation de Jéhovah, il est arrivé que certains d'entre eux continuent à abuser d'enfants jusqu'à ce qu'ils soient dénoncés aux autorités par d'autres personnes. Dans une affaire jugée en Norvège, un pédophile qui avait maltraité sexuellement des enfants de sa congrégation pendant 23 ans, a fini par être excommunié des Témoins de Jéhovah après une enquête interne au mouvement, mais n'a jamais été dénoncé aux autorités. Il a continué à abuser d'enfants, après la révélation de ses abus sexuels et son exclusion du mouvement religieux. Il a par la suite été dénoncé par les parents d'un garçon de neuf ans et condamné sur cinq faits d'action obscène, mais ses anciens crimes, prescrits, n'ont pas pu être considérés pour la sentence.

Les pédophiles reconnus coupables, mais repentants, ne sont pas identifiés auprès des fidèles, ce qui a entraîné des récidives. Si certains dangers existent, les anciens sont tenus de prendre les mesures préventives nécessaires : ces mesures préventives consisteraient à conseiller aux pédophiles repentants de ne plus se trouver en contact avec des enfants. À titre comparatif, un pédophile jugé comme tel par un vrai tribunal est bien évidemment connu de tous sauf s'il a déménagé pour une autre région, il est mis hors d'état de nuire pendant un temps par une peine de prison et il lui est parfois demandé de suivre un traitement médical. D'anciens pédophiles Témoins de Jéhovah peuvent encore faire du porte-à-porte si les anciens considèrent qu'ils ont démontré leur amendement.

Souvent, les victimes d'abus sexuels n'ayant pas déclaré l'affaire aux autorités n'ont pas bénéficié d'un soutien psychologique par de spécialistes de la santé.

Les premières affaires concernant le traitement de la pédophilie chez les Témoins de Jéhovah ont fait surface à la fin des années 1990 quand Bill Bowen, ancien d'une congrégation américaine et scandalisé de la réponse du Béthel suite à une de ses demandes concernant une affaire de pédophilie qu'il traitait au sein de sa congrégation , a alerté la presse, et monté un site Web baptisé Silentlambs, qui a récolté des dizaines de témoignages allant dans le même sens en peu de temps. Cette mobilisation a entrainé plusieurs émissions de télévisions tant aux États-Unis, qu'en Australie, en Angleterre, au Danemark et en Suède. Toutefois, d'après Barbara Anderson, ancienne chercheuse pour le compte du Comité de Rédaction du siège mondial, le débat a pris place au plus haut niveau dans le début des années 1990.

D'après Bill Bowen, le siège de l'Église possèderait dans ses fichiers les cas de pédophilie réels ou présumés dont le nombre atteindrait 23 720 ; cette liste n'étant pas communiquée aux autorités. Pour cette raison, il a qualifié l'Église de « paradis pour pédophiles ».

Dans un reportage télévisé, l'ex-membre Alain Berrou a expliqué que la procédure en cas d'abus sexuel sur mineur n'était pas définie de manière dactylographiée dans le livre destiné aux anciens Prenez garde à vous-même et à tout le troupeau, mais que chaque surveillant devait écrire dans les marges du livre au mot à mot les recommandations de l'organisation lors de réunions destinées aux anciens. Il était préconisé en premier de contacter le service juridique interne et de se retrancher derrière le secret confessionnel. En finalité, les anciens jugeraient la situation en prenant en compte les intérêts de l'organisation. Bill Bowen a pour sa part déclaré que son association a reçu 7 000 signalements d'actes pédophiles lors des sept dernières années, et que 300 d'entre eux ont été rapportés à la police. Il a expliqué qu'un mois auparavant, des négociations à l'amiable avaient été conclues entre la Société Watchtower et 16 victimes qui avaient été indemnisées, et auxquelles le mouvement demandait de se taire et d'abandonner les poursuites.

Il semble qu'en ce qui concerne la non-dénonciation aux autorités judiciaires, le mouvement ait pris conscience de ses erreurs en 1998, tout en continuant à nier publiquement avoir couvert sciemment des actes de pédophilie. En France, selon les Témoins de Jéhovah, depuis la création en 1994 d'un bureau des affaires religieuses, les ministres du culte sont obligés de prendre en charge les dénonciations à la justice de faits graves, au cas où celles-ci ne seraient pas faites par les parents. Toutefois, dans l'affaire de Pézenas (Hérault), les faits de pédophilie incriminés avaient eu lieu de 1985 à 1996 ; les anciens qui avaient excommunié le coupable avaient argué du « secret de la confession » pour n'avoir pas dénoncé les faits et avaient été condamnés à 3 000 francs d'amende par la cour d'appel de Montpellier. De plus, dans le cas d'une autre affaire jugée par le tribunal correctionnel de Dijon, les anciens ayant appris en mai 1995 qu'un membre de leur congrégation imposait des relations sexuelles à sa fille l'avaient jugé en interne sans le dénoncer aux autorités. Ils avaient expliqué devant le tribunal qu'étant ministres du culte des Témoins de Jéhovah, ils estimaient être tenus au secret en raison de leur état ; ils avaient été condamnés pour non-dénonciation de crime à trois mois de prison avec sursis. On peut néanmoins trouver surprenant qu'un mouvement qui ne pratique pas la confession avance justement l'argument du secret de celle-ci pour justifier la non-dénonciation à la police.

A l'époque où ces affaires mettant en cause le déroulement interne des comités de discipline religieuse ont éclaté, des publications destinées à être diffusées auprès d'un large public, incitaient pourtant les parents à dénoncer ce genre de crime aux autorités. Barbara Anderson, ex-chercheuse pour le compte du Comité de Rédaction du siège mondial des Témoins de Jéhovah, évoque un combat interne opposant certains membres rigoristes du Collège Central (le corps dirigeant des Témoins de Jéhovah) et du Comité de Service (chargé de régler les affaires internes aux congrégations dont les problèmes de pédophilie) à des membres plus ouverts du Comité de Rédaction, chargé d'écrire les articles des revues des Témoins de Jéhovah où sont parus aux fil des ans plusieurs articles pour la défense des victimes des actes pédophiles.

Du point de vue légal, précisons que la législation française n'impose pas à un ministre du culte tenu par le secret professionnel de dénoncer des faits constitutifs d'infractions pénales appris dans le cadre d'une confession ou toute autre confidence venue à leur connaissance dans le cadre de leur fonction. En principe, la révélation d'une information à caractère secret par une personne qui en est dépositaire est passible d'une condamnation pénale. Or, la jurisprudence a depuis longtemps estimé que les ministres du culte sont soumis à l'obligation du secret professionnel. Mais dans les cas particuliers des atteintes ou sévices graves infligés à un mineur ou à une personne particulièrement vulnérable, le dénonciateur n'encourrait aucune poursuite pour violation du secret professionnel. D'autre part, les articles du code pénal qui sanctionnent la non dénonciation de tels crimes prévoient expressément que cette obligation ne s'applique pas aux personnes astreintes au secret professionnel. En conséquence, les ministres des divers cultes sont en droit de dénoncer de tels crimes aux autorités compétentes malgré le secret professionnel, mais ils n'ont aucune obligation de le faire quand cela leur est révélé par confession ou tout autre confidence spontanée.

Suite à ces affaires opposant la nécessité de dénoncer des actes criminels au secret professionnel auquel sont tenus les ministres du culte, qui ne se limitent pas aux Témoins de Jéhovah, une députée a interrogé le ministre de la Justice en 2002 sur l'opportunité de « rapidement proposer au Parlement une réforme de la notion du secret professionnel reconnu aux ministres des cultes dans un sens qui permettrait de contraindre les autorités religieuses (quelles qu'elles soient) à collaborer pleinement avec la justice de la République dans le cadre d'affaires de viols ou d'affaires criminelles dans le sens le plus large du terme ». En réponse, la garde des sceaux a confirmé qu'une jurisprudence traditionnelle consacre le secret professionnel des ministres du culte, en mentionnant les limites mentionnées précédemment.

En tout état de cause, une personne astreinte au secret professionnel est soumise à l'article 223-6 du code pénal sur la non-assistance à personne en danger, bien que l'obligation de porter assistance n'entraine pas nécessairement comme mesure de protection la dénonciation aux autorités judiciaires, elle ne l'exclue pas quand il n'y a pas d'autres solutions.

Avant cette récente remise en cause du secret professionnel auquel sont tenus les ministres du culte, les responsables locaux qui ont eu a traiter des affaires de pédophilie dans le cadre de leur œuvre pastorale n'ont pas dénoncé ces faits aux autorités compétentes, en se considérant astreints au secret confessionnel. Or, dans les affaires précitées, il a été jugé que le secret professionnel n'était pas applicable. Désormais, selon les Témoins de Jéhovah français, depuis la création en 1994 d'un Bureau des Affaires Religieuses chargé des les assister dans leur œuvre pastorale, les ministres du culte qui ont à traiter une affaire de pédophilie ont pour consigne de signaler systématiquement les faits criminels aux autorités, après avoir encouragé la victime ou ses proches à déposer plainte.

Cette reconnaissance médiatique récente, circonstanciée, et uniquement sur leur site Web en anglais, n'a pour l'instant pas été suivie d'actes au niveau judiciaire : chaque victime ayant demandé des comptes à la Société Watchtower pour sa gestion des affaires de pédophilie a été vigoureusement combattue judiciairement et spirituellement (excommunication) par le mouvement.

De plus, dans un courrier daté du 10 octobre 2006 et adressé au Premier ministre en France, les Témoins de Jéhovah apportent une réponse aux accusations publiées dans le rapport 2005 de la MIVILUDES à ce sujet. Après avoir rappelé qu'ils condamnent vigoureusement toutes sortes d'agressions contre les mineurs et qu'ils favorisent la prévention depuis plus de trente ans, ils expliquent qu'ils ont pour éthique de signaler de tels faits et de protéger les enfants qui en sont victimes. Ils signalent notamment « la création en 1994 d'un Bureau des Affaires Religieuses ainsi que les instructions de leur Institution religieuses bien avant que ce douloureux problème de société n'attire l'attention des médias ». En comparaison, ce n'est qu'en août 1997 que l'Éducation nationale a donné des consignes pour gérer ce genre d'affaires. Ils font également remarquer que le législateur n'a rajouté le cas des atteintes sexuelles infligées à un mineur de quinze ans dans le code pénal parmi les omissions de dénonciation qu'en 1998. Enfin, ils considèrent que les ministres du culte n'interviennent que dans le cadre de l'œuvre pastorale, comme d'autres religions, mais qu'ils n'entendent pas se substituer à la justice des tribunaux.

Les exemples relatés ci-dessous ne constituent pas une liste exhaustive des cas de pédophilie au sein des Témoins de Jéhovah, mais permettent d'illustrer la politique de l'Église dans ce genre de situation ainsi que les conséquences judiciaires qui en ont découlé.

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Affaires de pédophilie de prêtres catholiques

L'histoire de la pédophilie dans l'Église est mal connue, faute de documentation avérée sur ce sujet. Avant la fin du XXe siècle, le sujet était occulté par un double tabou. D'une part, le vœu de célibat interdit naturellement aux prêtres toute relation sexuelle, et d'autre part, les rapports sexuels avec un mineur d'âge inférieur à celui de la majorité sexuelle dans le pays, sont fortement réprouvés.

Le thème avait été abordé par Henry de Montherlant dans Les Garçons (roman) puis La ville dont le prince est un enfant (théâtre), ainsi que par Roger Peyrefitte dans Les Amitiés particulières et par quelques autres auteurs de fiction. Mais aucun scandale public n'est constaté avant la fin du XXe siècle.

Le ministre nazi des cultes a avancé que 7000 ecclésiastiques avaient été condamnés pour crimes sexuels entre 1933 et 1937, « le chiffre réel semble avoir été 170 cas, dont une bonne part avait quitté l'état religieux avant les faits ». Ces accusations faisaient partie d'une campagne de désinformation conduite par les hauts responsables du parti (dont notamment Joseph Goebbels), pour réduire l'influence de l'Église dans l'Allemagne hitlerienne durant les années 1930.

En Espagne, ce sujet est traité par Pedro Almodóvar dans son film La Mala Educación (La Mauvaise Éducation), présentée en mai 2004 au festival de Cannes.

Les premières affaires déclarées de pédophilie dans l'Église éclatent aux États-Unis à la fin des années 1980. Des procès retentissants, comme celui, en 1993, d'Edward Pipala - un prêtre poursuivi pour des viols commis sur une dizaine de jeunes garçons - font sortir du silence des centaines de victimes.

Ces premières affaires agissent comme un révélateur. Elles incitent les victimes à sortir du silence, permettent une meilleure appréhension de l'étendue du problème, et conduisent la hiérarchie de l'Église à prendre des sanctions et adopter une position ferme sur le sujet.

La connaissance de la pédophilie dans l'Église est à présent un sujet d'enquête non tabou, et son ampleur dans le monde peut être mieux évaluée. En 2004, une étude du John Jay College of Criminal Justice de New York établit à 4 400 le nombre de prêtres pédophiles aux États-Unis entre 1950 et 2002 et, à 11 000 celui des enfants victimes.

Au Canada, des milliers d'Amérindiens ayant séjourné dans des pensionnats religieux attaquent l'Église Catholique en justice pour « abus sexuels », maltraitance physique et « génocide culturel ». Pour la période 1880-1984, figurent aussi au banc des accusés le Gouvernement du Canada et les Églises Anglicane, Unie et Presbytérienne, celui-là ayant donné pour mission à celles-ci l'assimilation des Indiens (Église Catholique = 60 pour cent des pensionnats). Les parents autochtones étaient tenus d'envoyer leurs enfants dans ces pensionnats (residential schools) sous peine d'emprisonnement. Dans certaines écoles, les mauvaises conditions et la surpopulation ont causé des décès par tuberculose allant jusqu'à 69 pour cent des élèves. En raison d'allégations de meurtres en grand nombre ainsi que d'expériences médicales, certains emploient l'expression « Holocauste canadien ». En février 2000, on compte plus de 10 000 poursuites intentées contre le Gouvernement du Canada et les Églises. Au total, les dédommagements atteindront 1 milliard de dollars canadiens.

En Irlande, près de 3 000 adultes affirment avoir subi des sévices sexuels de la part de membres de leur Église.

En Espagne, plus d'une centaine de cas d'abus sexuels de la part de prêtres ont été recensés.

En France, plusieurs scandales ont éclaté, et des prêtres ont été condamnés, jusqu'à 18 ans de réclusion criminelle.

Le 13 décembre 2002, le plus haut dignitaire catholique américain, le cardinal Law, archevêque de Boston (Massachusetts), démissionne. Démission acceptée par le Pape Jean-Paul II. Il lui est en effet reproché d'avoir couvert pendant des années des centaines, voire des milliers de prêtres accusés d'actes pédophiles. En réaction, son successeur a dit prier pour la « guérison de l'Église ».

D'autres évêchés américains, notamment ceux de l'Oregon et de l'État de New York, sont aussi concernés par des accusations du même ordre.

En septembre 2001, la condamnation de l'évêque de Bayeux et de Lisieux, Mgr Pierre Pican, à 3 mois de prison avec sursis pour non-dénonciation aux autorités des actes pédophiles commis par un prêtre de son diocèse, est une première en Europe.

Les accusations d'actes pédophiles s'adressent également à des prêtres qui se sont élevés dans la hiérarchie de l'Église. En Autriche, à la suite des accusations d'anciens séminaristes, l'archevêque de Vienne, le cardinal Hans Herman Groër, est contraint de démissionner en 1995. En Pologne, l'archevêque de Poznań doit lui aussi démissionner en 2002.

Suite au scandale suscité par ces affaires, au moins 330 prêtres de l'Église américaine ont dû démissionner.

La Grande-Bretagne sanctionne 21 religieux entre 1995 et 1999, et la Belgique à peu près autant.

Les procès et le scandale associé conduisent, pour la première fois, la hiérarchie catholique à prendre position sur le problème et à formuler des excuses publiques.

En Irlande, en janvier 2002, l'Église s'entend avec l'État pour indemniser les victimes, en échange de l'abandon des poursuites judiciaires.

En avril 2002, Jean-Paul II convoque onze cardinaux, tous venus des États-Unis. À cette occasion, il déclare : « les gens ont besoin de savoir, qu’il n’y a pas de place dans la prêtrise et, dans la vie religieuse pour ceux qui font ou feraient du mal aux jeunes gens ». Il ajoute être « profondément peiné » et tient à exprimer sa « solidarité aux victimes des violences sexuelles et à leurs familles où qu’elles soient ».

Au début du XXIè siècle, l'Église a décidé de réagir au problème de pédophilie d'une manière très claire, en condamnant ces actes et en prenant des mesures pour que cela soit définitivement écarté. Exemple de cette volonté de l'Église de condamner sans ambiguïté de tels agissements: en octobre 2006, l'évêque de Meaux est partie civile dans le procès d'un prêtre de son diocèse accusé d'atteinte sexuelle sur un jeune garçon.

Récemment, l'archidiocèse de Los Angeles a déboursé la somme de 660 millions de dollars en dommages et intérêts à 508 personnes ayant été victimes d'attouchements. L'Église aurait déjà déboursé plus de 2 milliards de dollars suite à diverses affaires pédophiles.

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Controverses liées aux Témoins de Jéhovah

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Plusieurs commissions d'enquête parlementaire, différents organismes de luttes contre les sectes, d'anciens fidèles et d'autres religions formulent des critiques à l'encontre du mouvement des Témoins de Jéhovah. Cette page recense quelques-uns des aspects polémiques ayant trait à cette confession.

Du point de vue étymologique, ils peuvent correspondre à l'origine latine du mot (sectare) en tant que groupe schismatique se séparant sur le plan doctrinal d'un mouvement bien établi, à savoir le second adventisme, lui-même issu du protestantisme.

Le sens sociologique conforme à la typologie webero-troeltschienne de secte protestante repliée sur elle-même, en opposition à l'Église coextensive à la société, semble le plus approprié. Dans une analyse plus fine, des sociologues comme Régis Dericquebourg ou Nathalie Luca relèvent des évolutions qui montreraient que les Témoins de Jéhovah se routiniseraient en perdant une certaine radicalité et correspondraient de plus en plus à la dénomination, étape de passage de la secte vers l'Église. D'un autre côté, Bernard Blandre, historien spécialisé sur ce mouvement, analysant la dernière résolution adoptée aux assemblées d'été de 2006, se demande « s'ils franchiront un jour ce pas ».

En dehors de ces définitions non péjoratives, la classification des Témoins de Jéhovah en tant que secte au sens moderne de groupe spirituel dangereux reste très polémique. Depuis des années, ils sont dénoncés comme mouvement sectaire par les principaux organismes de lutte contre les sectes, notamment par des acteurs de la lutte anti-sectes en France, tels que Didier Pachoud ou Jean-Pierre Brard qui dénoncent la dangerosité de l'organisation des Témoins de Jéhovah en évoquant leur refus dogmatique de la transfusion sanguine.

Dans la continuité de ce rapport, l'ancien président de l'ex-MILS Alain Vivien a indiqué que les Témoins de Jéhovah n’appartiennent pas à la catégorie des « sectes absolues », c'est-à-dire des « mouvements qui visent à substituer aux valeurs universelles des contre-valeurs qui remettent en cause les principes fondateurs de toute démocratie et les droits de la personne consacrés par l'ensemble des Déclarations », mais à une « association religieuse qui a des aspects de dérive sectaire ».

Les Témoins de Jéhovah, quant à eux, refusent cette appellation sous toutes ses formes. En 1983, La Tour de Garde s'opposait à ce que ce terme soit appliqué aux Témoins « car ils ne sont pas les disciples d’un enseignant ou d’un maître humain, ni la ramification d’une Église ou d’une autre confession » sans toutefois que l'article s'interroge particulièrement sur les origines historiques du mouvement. Puis le numéro du 15 février 1994 affirme que les Témoins ne sont pas une secte parce qu'ils sont « une religion connue », « se consacrent à leur prochain », suivent « fidèlement la Bible » et n'ont « pas de chefs humains » mais c'est en son sens de groupe dangereux que le terme de secte est alors rejeté.

Face au phénomène mondial que représente la lutte anti-sectes depuis le milieu des années 80, le mouvement a contre-attaqué.

Bien qu'en elle-même l'activité de lobbying est courante, elle est étonnante dans le cas des Témoins de Jéhovah qui déclarent publiquement s'être toujours tenus à l'écart de la politique, contrairement aux autres religions qui elles commettraient la « fornication spirituelle » qui est sanctionnée par la destruction venant de Dieu, selon la doctrine du mouvement.

En 1933, les Témoins de Jéhovah envoyèrent une Déclaration de faits au Chancelier allemand. Ce document est généralement considéré comme étant une recherche de conciliation idéologique maladroite de la part des Témoins de Jéhovah qui, de leur côté, récusent cette interprétation. Dans cette déclaration, les auteurs déclarent qu'« il n'y a jamais eu le moindre argent juif qui a contribué à notre œuvre », « les juifs ont complètement rejeté Jésus Christ et nient avec emphase qu'il est le Sauveur du monde envoyé par Dieu pour le bien de l'humanité » et que « cela est une preuve suffisante pour montrer que nous ne recevons pas de soutien des juifs », puis stigmatisent pêle-mêle l'empire Anglo-américain, la Société des Nations, le Big-business, les catholiques et les juifs de New York et déclarent être d'« ardents défenseurs » des « buts et idéaux moraux élevés promulgués par le gouvernement national du Reich allemand », en ce qui concerne les injustices commises envers le Peuple allemand et la relation sainte et élevée avec Dieu.

L'attitude des dirigeants du mouvement envers l'Organisation des Nations unies (ONU) a provoqué un violent débat interne comme externe. L'ONU, qualifiée par leur doctrine de « contrefaçon du Royaume de Dieu » instaurée par Satan pour égarer les humains, a été l'enjeu d'un scandale quand a été découverte l'affiliation de la Société Watchtower Bible and Tract Society, organisation-mère des Témoins de Jéhovah de par le monde, en tant qu'ONG auprès du Bureau DPI de l'ONU à partir de 1989. Cette polémique a été d'autant plus vive que les fidèles de base doivent garder une stricte neutralité politique, qui parfois leur a coûté très cher (comme pour les Témoins de Jéhovah du Malawi qui, sur ordre de la Société Watchtower, ne devaient pas acheter la carte obligatoire d'un parti politique dans les années 70, subissant ainsi de terribles persécutions, voire la mort). Alors que dans certains écrits des Témoins de Jéhovah, il est déclaré « qu'aucun chrétien ne doit soutenir cette organisation », le bureau mondial a accepté de « soutenir l'ONU et ses actions » et de « mobiliser l'opinion en faveur des Nations Unies » pour pouvoir « obtenir l'accès à la vaste bibliothèque des Nations unies » (selon le porte-parole britannique du mouvement), et pour « distribuer l'aide humanitaire et de défendre les droits de l'homme dans plusieurs pays du monde » (selon le porte-parole portugais du mouvement). De ce fait, certains ont trouvé l'attitude de l'organisation hypocrite, d'autant que cette affiliation était inconnue de la majorité des Témoins de Jéhovah. Des opposants ont démontré que l'accès aux documents de cette librairie pouvait se faire sans s'affilier au bureau DPI de l'ONU. La Société Watchtower a décidé dans la précipitation de démissionner, seulement trois jours après que la presse, notamment le journal britannique The Guardian, ait diffusé le scandale. De nombreux Témoins de Jéhovah, ne sachant pas s'il s'agissait d'une rumeur ou pas, ont demandé des explications à l'ONU, ce qui a poussé cette dernière à publier sur son site officiel une lettre en date du 4 mars 2004 récapitulant cette affaire.

Certains sites de Témoins de Jéhovah avancent depuis peu l'argument que les conditions de collaboration des ONG avec le bureau DPI de l'ONU auraient changé et qu'au départ, il n'était pas nécessaire de soutenir l'ONU et ses activités en s'associant avec le bureau DPI. Outre que ces deux sites ne s'accordent pas sur la date de changement (1999 pour l'un, 1994 pour l'autre), ils oublient ou critiquent les déclarations même du responsable de ce bureau, Paul Hoeffel, et ne mentionnent pas les documents du bureau DPI, présentés par les critiques dès le début de la controverse en 2001 et qui datent de 1992, confirmant les propos de Hoeffel, à savoir que le but d'une ONG en s'associant avec le bureau DPI est de faire de la publicité positive pour les activités de l'ONU, de la soutenir.

Cette association avec l'ONU relève néanmoins d'une stratégie de lobbying qui est loin d'être unique dans l'histoire des Témoins de Jéhovah.

Les avocats et médecins Témoins de Jéhovah constituent les éléments les plus efficaces du lobbying des Témoins de Jéhovah. On les trouve là où ils peuvent être utiles à la Société Watchtower, pour défendre ses intérêts (notamment faire valoir sa position sur la transfusion sanguine). Ces métiers peuvent sembler incompatibles avec certains dogmes des Témoins de Jéhovah, comme le refus de la transfusion sanguine. Cependant, comme ils sont très utiles à l'organisation, ils disposent d'un 'régime particulier', que ce soit pour en faciliter la pratique ou pour apporter des informations confidentielles utiles à l'organisation et donc d'une manière plus générale, pour mener à bien sa guerre théocratique.

Selon Raymond Franz, ancien membre du Collège Central des Témoins de Jéhovah, ces professions disposent d'un traitement de faveur leur permettant d'accomplir des actes qui peuvent sembler incompatibles avec les croyances des Témoins de Jéhovah, comme procéder à des transfusions sanguines sur des patients qui ne sont pas Témoins. Il précise qu'aux États-Unis et en Europe, les médecins et les avocats qui sont Témoins de Jéhovah se rencontrent annuellement afin de débattre de questions telles que "confidentialité et privilège", ce thème étant abordé par rapport à leurs relations avec leurs compagnons Témoins, ce qui tend à montrer qu'ils ne sont pas soumis aux même obligations que le Témoin de Jéhovah de base.

En outre, par le biais d'associations comme l'Association Médico-Scientifique d'information et d'assistance aux malades (AMS), montée par les juristes Témoins de Jéhovah Alain Garay et Philippe Goni domiciliés à l'époque dans les bureaux des Témoins de Jéhovah de Boulogne-Billancourt, chargée de diffuser des informations médicales et juridiques concernant le refus des transfusions sanguines, le mouvement a tenté de faire entendre sa voix au Conseil de l'Europe, où cette association a demandé le statut consultatif en 1997 et 1999.

En 2001, la Mission interministérielle de lutte contre les sectes (MILS) estimait qu'il n'était pas infondé de craindre que certains aspects du débat public sur les droits des malades ne se soient développés sur la base de notions tronquées, « sachant l'aptitude des mouvements sectaires à pratiquer la désinformation, leur habileté à s'introduire dans les instances et publications officielles ». À cet égard, elle citait l'ouvrage Consentement éclairé et transfusion sanguine, publié en 1996 par les éditions de l'École Nationale de la santé publique, sous la direction de Sophie Gromb et Alain Garay (Témoin de Jéhovah lui-même et avocat des Témoins de Jéhovah).

De plus, l'avocat Alain Garay est maintenant est l'un des trois experts choisis par le ministère des Affaires étrangères pour représenter la France sur les questions de liberté religieuse à l'Organisation pour la sécurité et la coopération européenne (OSCE). Ce panel est chargé, entre autres, de proposer des modèles de lois sur la liberté religieuse aux pays de l'OSCE. Toutefois, selon Le Canard enchaîné de novembre 2006, « ce maître du barreau assure qu'il n'a plus aucun lien avec la secte depuis cinq ans ».

En France, les Témoins de Jéhovah disent subir toutes sortes de traitements discriminatoires directement liés à leurs croyances : retrait d'agrément à des assistantes maternelles, refus de location de salles communales, opposition à la construction de lieux de culte, actes de vandalisme contre des édifices cultuels (par exemple, leur salle de réunion à Villefranche a été incendiée et entièrement détruite le 20 octobre 2006 par un acte criminel suivant les premières constatations). Régulièrement depuis dix ans, des procès sont engagés par les Témoins de Jéhovah pour défendre leurs libertés de conscience et de culte. Une part de ces procès ont été remportés.

La Cour européenne des droits de l'homme en particulier est intervenue plusieurs fois pour protéger les libertés religieuses des Témoins de Jéhovah dans plusieurs autres pays européens notamment la Grèce. En décembre 2003, dans l'affaire Palau-Martinez contre France, la France a également été condamnée pour atteinte au droit de la requérante au respect de sa vie familiale (art. 8 de la Convention) et discrimination en raison de ses convictions religieuses (art. 9), suite au retrait de la résidence des enfants à la mère Témoin de Jéhovah pour les confier au père. Pour justifier ce changement de résidence, la cour avait motivé sa décision sur des généralités d'ordre éducatif sur les Témoins de Jéhovah et en se basant sur les déclarations écrites des enfants réclamant vouloir vivre avec le père, ainsi que sur le rapport d'un psychiatre pour un des deux enfants, documents tous produits par le père, mais elle avait rejeté la requête de la mère qu'une enquête sociale soit menée pour préciser la valeur de ces documents. La cour a estimé que « la cour d'appel s'est prononcée in abstracto et en fonction de considérations de caractère général, sans établir de lien entre les conditions de vie des enfants auprès de leur mère et leur intérêt réel ».

Néanmoins, d'autres décisions de justice concernant les gardes d'enfants ne font pas, de la part des Témoins de Jéhovah, l'objet de recours devant des juridictions supérieures, et ne bénéficient pas de la même communication des porte-paroles des Témoins de Jéhovah, comme par exemple, celle du 19 décembre 2000, où le TGI de Niort a supprimé le droit de visite d'un père Témoin de Jéhovah tant que ses enfants ne veulent plus lui rendre visite, en raison de son refus des transfusions sanguines et de 'l'embrigadement' subi par les enfants.

Les juridictions administratives ont confirmé que la présence dans le rapport parlementaire sur les sectes ne peut justifier toute entrave à la pratique d'un culte. C'est ainsi que le Tribunal administratif de Rennes a annulé en 2002 le refus du maire de Lorient de mettre à la disposition d'une association locale de Témoins de Jéhovah une salle municipale. Dans le cadre du référé-liberté, le Président du tribunal a estimé " que le refus présentement opposé à la demande de ladite association est exclusivement fondé sur l'appréciation portée par le maire sur son activité, qualifiée par lui de sectaire ; qu'une telle décision, qui refuse par principe à une association tout accès aux salles municipales ordinairement mises à leur disposition, porte une atteinte grave aux libertés d'association et de réunion ; qu'en l'absence de toute invocation de faits précis dont il ressortirait que les activités réelles de l'association porteraient atteinte à l'ordre public, la décision prise par le maire de Lorient, qui ne saurait trouver un fondement dans un rapport parlementaire dépourvu de valeur normative, est manifestement illégale ". Pareillement, le Tribunal administratif de Poitiers a annulé la même année un autre refus communal parce que " la ville de La Rochelle s'est fondée non sur un motif tiré de l'ordre public, mais sur le caractère de secte attribué aux Témoins de Jéhovah par le rapport d'enquête de l'Assemblée Nationale du 22 décembre 1995 ; que ce rapport, dénué de valeur juridique, ne pouvait servir de fondement légal à la décision attaquée ".

En niant le statut cultuel des Témoins de Jéhovah, Catherine Picard, la présidente de l'UNADFI, a été condamnée en appel pour diffamation publique au motif qu'elle « était une personne parfaitement informée du fonctionnement du mouvement des Témoins de Jéhovah, et ne méconnaissait pas le statut cultuel des associations utilisées par ces derniers ». Elle les accusait également dans une interview à l'hebdomadaire La Dépêche « d'être structurés de manière pyramidale comme tous les mouvements mafieux ». L'arrêt du 18 juillet 2007 de la Cour d'appel de Rouen a conclu qu'« en assimilant le mouvement des témoins de Jéhovah à un mouvement mafieux, en lui imputant des détournements de legs et de dons, en l’accusant de mettre en place sous couvert d’une adhésion spirituelle de ses membres “un travail déguisé” évocateur d’un travail dissimulé, à l’origine d’un procès pénal, a de façon outrancière et par une présentation tendancieuse jeté le discrédit sur les témoins de Jéhovah et ce faisant tenus des propos excessifs dépassant les limites admissibles de la libre opinion et exclusifs de toute bonne foi ».

Par exemple, Charline Delporte et le député Jean-Pierre Brard, deux militants antisectes opposés aux Témoins de Jéhovah, sont régulièrement attaqués par ce mouvement. Selon Mme Delporte, sa défense lui aurait déjà coûté plusieurs dizaines de milliers d'euros rien qu'avec les procédures intentées contre elle, par les Témoins de Jéhovah.

Bien que le mouvement privilégie toujours l'information au public par le démarchage, comme l'ont montré les distributions dans la rue de plusieurs tracts en rapport avec leur redressement fiscal et la large diffusion d'une pétition par ce moyen, chaque congrégation ou regroupement de congrégations a maintenant son chargé de communication avec la presse. Les responsables locaux sont aussi entraînés à proscrire différents termes de leur vocabulaire quand ils sont en relation avec la presse. Régulièrement, le service de presse national des Témoins de Jéhovah diffuse des communiqués (comme celui de janvier 2006 en rapport avec certaines victoires juridiques) disponibles sur leur site officiel.

Précisons au passage que, contrairement à ce qui est affirmé ici, les Témoins de Jéhovah ont apporté une réponse aux accusations publiées dans le rapport 2005 de la MIVILUDES dans un courrier daté du 10 octobre 2006 et adressé au Premier ministre en France.

Le point le plus notable de la nouvelle stratégie de communication des Témoins de Jéhovah réside dans la création du Cercle européen des Témoins de Jéhovah anciens déportés et internés (CETJAD) qui, comme le stipule sa déclaration en sous-préfecture de Boulogne-Billancourt en 1995, a notamment pour but de « faire connaitre par tout moyen le témoignage de foi et de courage laissé par ces 'Bibelforscher' ».

Un des aspects de la Société Watchtower ignoré du grand public et des Témoins actuels est le soutien qu'elle a apporté autrefois à des traitements médicaux faisant référence à la pseudo-science. En effet, l'organisation a présenté favorablement certains charlatans médicaux très connus du XXe siècle, et a soutenu un nombre important de traitements ou remèdes très douteux, ainsi que l'invention, la promotion et la vente de gadgets relevant de la pseudo-science.

Déjà dans La Tour de Garde du 15 janvier 1912, Russell préconisait un traitement contre l'appendicite et la fièvre typhoïde, maladies causées selon lui par « des vers agressifs », et en 1915, il recommandait le traitement du docteur Park contre la pneumonie déclarant « qu’il semble efficace à chaque fois ». Mais c'est surtout à partir de 1919 et jusqu'aux années 1960 que la Société Watchtower a énoncé clairement ses positions dans le domaine médical.

Au travers de son périodique L'Âge d'or (devenu Réveillez-vous ! par la suite), la Société Watchtower s'est d'une manière générale montrée hostile à la médecine traditionnelle, en affichant à son égard un regard ouvertement réprobateur. Elle a notamment affirmé que la médecine scientifique était basée sur la magie noire égyptienne et avait un caractère démoniaque. L’Association Américaine des Médecins (AMA) et ses médecins renommés ont d'ailleurs été vigoureusement critiqués. Dans le même temps, elle a également énergiquement promu des thérapies et des procédures médicales dites alternatives excluant médicaments et sérums. D'ailleurs, de 1919 aux environs de 1960, les articles médicaux de ses publications étaient écrits principalement par des homéopathes, ostéopathes, naturopathes, ou chiropracteurs.

Par ailleurs, certaines déclarations médicales jugées inexactes scientifiquement de la part de la Société Watchtower sont critiquées par des opposants, qui lui reprochent en outre d'avoir très certainement provoqué la mort de ceux qui ont suivi ses conseils.

Actuellement, la Société Watchtower continue de publier des articles ayant trait à la médecine, mais alors elle précise fréquemment dans une note qu'elle ne préconise aucun traitement en particulier, et que c'est à chaque chrétien de choisir en conscience ses propres soins médicaux (dès lors qu'il ne s'agit pas de transfusions sanguines ni de techniques faisant appel au spiritisme).

Le refus des transfusions sanguines est actuellement l'un des plus grands sujets de controverse concernant les Témoins de Jéhovah. Si les techniques ne faisant pas appel à la transfusion de sang sont de plus en plus fiables et courantes, il reste néanmoins encore de nombreuses situations où une transfusion est la seule solution thérapeutique. La Société Watchtower interdit les transfusions de sang totales ainsi que certaines fractions de celui-ci comme le plasma, les plaquettes ou les leucocytes, mais laisse à la conscience de ses adeptes la décision d’en accepter d’autres, comme l’albumine, les immunoglobulines ou les préparations pour hémophiles incluant le facteur VIII, dont la production nécessite des milliers de dons de sang. Divers sites de la toile accusent les Témoins de Jéhovah de s'être engagés par écrit devant le secrétaire de la Commission Européenne des Droits de l'Homme à ne plus exclure les membres qui accepteraient les transfusions sanguines, ceci dans le but d'obtenir le statut de religion qui leur aurait autrement été refusé, et ensuite d'avoir envoyé une lettre pour les Témoins bulgares stipulant le contraire.

En France, le droit a évolué ces dernières années à propos de la relation médecin-patient. En particulier, la loi du 4 mars 2002 relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé (dite « loi Kouchner ») établit clairement le respect de la volonté du patient : « Le médecin doit respecter la volonté de la personne après l'avoir informée des conséquences de ses choix ». Cependant, la jurisprudence reste constante pour ce qui est d'autoriser le médecin à transfuser un patient contre son gré, si le pronostic vital le justifie . Dans le cas des mineurs, le médecin doit prendre les décisions qu'il juge nécessaires à la santé de l'enfant, même contre l'avis des parents. Le médecin se trouve donc devant un problème de conscience : doit-il respecter le choix thérapeutique du patient quitte à le laisser mourir (autonomie du patient), ou bien passer outre sa volonté pour lui sauver la vie (obligation de soin). Le droit français lui laisse la responsabilité de choisir. En effet, un médecin qui effectue un acte médical indispensable à la survie du patient, malgré son refus exprimé, reste dans son droit selon la jurisprudence, et aucun praticien ayant respecté le refus obstiné d'un patient après avoir tout mis en œuvre pour le convaincre d'accepter la thérapeutique préconisée et l'avoir averti des conséquences vitales de son choix n'a été condamné pour « non-assistance à personne en danger ».

En ce qui concerne 'le paternalisme médical' et 'le consentement éclairé', une controverse récente déclenchée aux États-Unis par la publication d'un article dans la revue The Journal of Church and State, par une avocate dont la mère Témoin de Jéhovah est décédée d'anémie sévère en 2004 suite à un refus des transfusions sanguines, prétend que le mouvement pourrait être tenu responsable juridiquement des informations médicales « imprécises voire malhonnêtes » qu'il donne à ses fidèles. En effet, il ne faudrait pas remplacer un 'paternalisme' médical, par un 'paternalisme' religieux : l'autonomie du patient ne doit pas être entravée non plus par un mouvement prétendant parler au nom de Dieu, menaçant le contrevenant d'excommunication et donc de destruction éternelle par Dieu, et fournissant des données médicales incomplètes ou erronées.

L'éducation de l'enfant en leur sein est critiquée par des opposants qui reprochent le conditionnement et la culpabilisation, l'emploi du temps chargé de ces enfants, le prosélytisme indirect à l'école , les troubles psychologiques qu'engendrerait « la séparation d'avec le monde », l'incapacité du développement de l'autonomie, les risques de non-dénonciation d'abus sexuels sur mineurs, les difficultés psychologiques de la sortie du mouvement, et le problème des transfusions sanguines.

D'autre part, selon des critiques du mouvement religieux, la femme est peu valorisée au sein du mouvement religieux : elle est soumise en tout à son époux et ne peut pas accéder à une fonction de surveillance dans la congrégation.

Par ailleurs, les Témoins de Jéhovah rejettent catégoriquement l'homosexualité, ce qui entraîne l'excommunication des fidèles ayant des rapports homosexuels, et une vie de solitude pour ceux qui souhaitent rester Témoins de Jéhovah et s'en abstiennent.

Leur pratique de l'excommunication est un sujet de controverses majeures actuellement. Chez eux, elle consiste à ne plus fréquenter une personne démissionnaire ou excommuniée, à ne pas engager de conversation amicale avec elle, ni même, en principe, à la saluer, ce qui rend les contacts des ex-fidèles avec leur famille Témoin de Jéhovah souvent très difficiles.

Les Témoins de Jéhovah rejettent plusieurs pratiques sociales : les fêtes traditionnelles (Noël, Pâques, anniversaires de naissance...), le vote pour un parti humain, le service militaire et le service civil (jusqu'en 1995), les causes humanitaires en dehors de l'aide accordée à leurs coreligionnaires (jusqu'à il y a peu), les professions dans l'industrie d'armement, du tabac, du sexe ou de la fausse religion. En outre, ils sont vivement encouragés à renoncer à une carrière profane ainsi qu'à la poursuite des études supérieures, doivent limiter leur fréquentation des personnes non-Témoins aux rapports dans le travail ou à la prédication, être très sélectifs dans le choix de leurs divertissements (tout ce qui a trait à l'occultisme, au sexe, à la fausse religion, à la violence, ou qui pourrait introduire des doutes comme la philosophie doit être proscrit) et limiter l'utilisation d'Internet. Selon les critiques des Témoins de Jéhovah, cette rupture sociale est accentuée par les activités qu'un fidèle est censé accomplir à minima : cinq heures de réunions, deux à trois heures en moyenne de prédication par semaine, la préparation de toutes les réunions, etc. En plus des 'activités profanes' classiques (travail, ménage, etc.), un Témoin de Jéhovah a donc peu de temps pour autre chose.

Il semble qu'en ce qui concerne la non-dénonciation aux autorités judiciaires, le mouvement ait pris conscience de ses erreurs en 1998, tout en continuant à nier publiquement avoir couvert sciemment des actes de pédophilie. En France, selon les Témoins de Jéhovah, depuis la création en 1994 d'un bureau des affaires religieuses, les ministres du culte sont obligés de prendre en charge les dénonciations à la justice de faits graves, au cas où celles-ci ne seraient pas faites par les parents. Toutefois, dans l'affaire de Pézenas (Hérault), les faits de pédophilie incriminés avaient eu lieu de 1985 à 1996 ; les anciens qui avaient excommunié le coupable avaient argué du « secret de la confession » pour n'avoir pas dénoncé les faits et avaient été condamnés à 3 000 francs d'amende par la cour d'appel de Montpellier. De plus, dans le cas d'une autre affaire jugée par le tribunal correctionnel de Dijon, les anciens ayant appris en mai 1995 qu'un membre de leur congrégation imposait des relations sexuelles à sa fille l'avaient jugé en interne sans le dénoncer aux autorités. Ils avaient expliqué devant le tribunal qu'étant ministres du culte des Témoins de Jéhovah, ils estimaient être tenus au secret en raison de leur état ; ils avaient été condamnés pour non-dénonciation de crime à trois mois de prison avec sursis. On peut néanmoins trouver surprenant qu'un mouvement qui ne pratique pas la confession avance justement l'argument du secret de celle-ci pour justifier la non-dénonciation à la police.

Les Témoins de Jéhovah reconnaissent à la suite d'une émission américaine appelée Dateline, dévoilant leur politique en matière de pédophilie, que leur traitement de ces affaires n'est pas parfait et a dû être affiné avec le temps, mais ils pensent s'être toujours appuyés de leur mieux sur la Bible. Cette reconnaissance médiatique récente, circonstanciée, et uniquement sur leur site Web en anglais, n'a pour l'instant pas été suivie d'actes au niveau judiciaire : chaque victime ayant demandé des comptes à la Société Watchtower pour sa gestion des affaires de pédophilie a été vigoureusement combattue judiciairement et spirituellement (excommunication) par le mouvement.

Les Témoins de Jéhovah pensent vivre dans un monde mauvais, immoral et corrompu, dominé par Satan, alors qu’eux, reconnaissent une théocratie dont Jésus Christ est le roi, intronisé de manière invisible en 1914, . Ils pensent recevoir directement les directives de celui-ci par l’intermédiaire du Collège Central, l’'esclave fidèle et avisé', qui est pour eux son unique représentant sur terre. Pour survivre dans un monde aussi hostile, ils doivent adopter une stratégie qui est appelée dans les milieux dirigeants du mouvement la « stratégie de guerre théocratique » (dans les années 1940, « la stratégie de Rahab », Rahab étant dans la Bible une prostituée de Jéricho ayant menti pour faire fuir les espions israélites qu'elle avait cachés). Celle-ci n’est pas une guerre dans le sens courant du terme, elle consiste à continuer de faire tout ce qui est possible pour promouvoir l’œuvre d’évangélisation des Témoins de Jéhovah, et ceci même lorsque qu’une opposition officielle se présente.

En conséquence, selon les opposants du mouvement, ce qui est dévoilé à l’extérieur par les Témoins de Jéhovah n’est pas forcément le reflet exact de ce qui se passe dans leur organisation. D'après eux, la connaissance de cet enseignement permet de comprendre que la version des faits révélée au public non-Témoin de Jéhovah, par les membres appartenant à ce mouvement, dans des sujets sensibles touchant leur organisation, voile parfois une partie de la réalité. Ils font cependant remarquer que, dans l'organisation, seule la Société Watchtower et ses représentants ont le droit de s'approprier cette dérogation, le fidèle au niveau individuel ne devant pas avoir recours à cette méthode pour protéger ses intérêts personnels.

Ces quatre exemples montrent que ce sont surtout dans un but de reconnaissance officielle, pour des raisons financières ou pour étouffer certaines de ses activités peu reluisantes que le mouvement a recours à ce genre de tactiques.

On peut noter qu'à l'inverse, les Témoins de Jéhovah pratiquant des métiers où le secret professionnel est de mise (médecins, avocats), doivent passer outre ce secret pour dénoncer auprès de la hiérarchie du mouvement, leurs frères qui commettraient des fautes selon l'enseignement des Témoins de Jéhovah.

Des opposants à l'organisation remarquent que les Témoins de Jéhovah célèbres ou ayant un statut important ne seraient pas soumis aux mêmes règles que les fidèles de base. Selon eux, le but de cette attitude relèverait de la stratégie de la 'guerre spirituelle' et viserait à montrer au public que les Témoins de Jéhovah sont des gens comme tout le monde.

En se basant sur différents versets bibliques, la Société Watchtower encourage vivement ses membres à mener une vie simple, une vie d'abnégation consistant à ne pas rechercher l'argent ou les biens matériels, mais à être dévoués au sein du mouvement. D'ailleurs, la Société Watchtower n'hésite pas à critiquer sévèrement les organisations religieuses dont les leaders vivent dans l'opulence, affirmant que ce train de vie luxueux les discréditent en tant que fidèles disciples du Christ.

Pourtant, des détracteurs de l'organisation (dont Raymond Franz, ancien membre du Collège Central), font remarquer que les dirigeants internationaux des Témoins de Jéhovah - qui déclarent avoir fait vœu de pauvreté - mènent un train de vie très confortable, bénéficiant de nombreux avantages matériels qui contrastent avec le style de vie de renoncement prôné dans les publications du mouvement et d'usage chez de nombreux Témoins de Jéhovah y compris de la plupart des dirigeants.

Il semble que le début de ce comportement soit à attribuer au premier président du mouvement Charles Taze Russell. En effet, face au succès de sa campagne de sermons par voie de presse, les éditeurs et syndicats de presse lui ont demandé de soigner son image médiatique : il devrait s'habiller plus aristocratiquement, faire des voyages autour du monde, et séjourner dans de luxueux hôtels. Certains des lecteurs de La Tour de Garde lui en ont fait le reproche, mais Russell a argumenté que tout devait être fait pour que ses sermons soient le plus lu possible.

Joseph Franklin Rutherford, le deuxième Président de la Société Watchtower a suivi le mouvement bien que la campagne de sermons par les journaux ait été abandonnée depuis. Il profitait de somptueux appartements : il vivait dans un étage complet au Béthel de Brooklyn avec cuisinier et secrétaire particulier, logeait dans la suite d'un hôtel dont le loyer annuel s'élevait à 10.000 $, était bénificiaire d'appartements privés à Staten Island, ainsi qu'à la Ferme de Royaume, au Sud Lansing (New York), et sur la fin de sa vie, vécu dans une villa spacieuse nommée Bethsarim en Californie (villa qui a été construite avec l'argent des fidèles), et possédait deux Cadillacs en pleine crise économique des années 1930. Il disposait en outre de fournitures pour son confort aux succursales de la Société au Royaume-Uni, en France et en Allemagne, et consommait de grandes quantités de spiritueux qu'il recevait du directeur canadien de la Société Watchtower malgré la prohibition aux États-Unis ; d'ailleurs, il encourageait vivement la consommation d'alcool au Béthel et aimait les plaisanteries vulgaires et le langage obscène lors des repas. Il conseillait par ailleurs tous les membres du Collège Central à voyager en première classe lors de leurs déplacements. Ce comportement a attiré les critiques de Olyn R. Moyle en 1939, avocat des Témoins de Jéhovah dans les années 1930 qui a démissioné de ses fonctions au Béthel, ainsi que de William Salter en 1937, alors dirigeant du mouvement au Canada. Par ailleurs, dans une lettre du 27 avril 1926, Georges H. Fischer, rédacteur du livre Le Mystère accompli et membre du Collège Central, intentera une action disciplinaire contre Rutherford, car il aurait été vu au bras d'une jeune femme au Al Jolson's winter Show, spectacle des années 1920 célèbre pour ses femmes dénudées, par un portier membre des Témoins de Jéhovah. Un proche de Rutherford niera ce fait dans la revue Golden Age du 4 mai 1927. L'action sera sans suite en raison du décès trois mois plus tard de Fischer. Selon Alexander Hugh Macmillan, Rutherford avait l'habitude d'assister à ces spectacles dénudés, surtout lorsqu'il était hors du pays.

Nathan H. Knorr, le Président suivant, ne changea pas les habitudes prises. Quant à Milton G. Henschel, il est attesté qu'il a à plusieurs reprises logé dans un hôtel cinq étoiles.

L'article 206-5 du code des impôts impose aux associations non soumises à l'impôt sur les sociétés, de déclarer leur revenus financiers et d'être imposées sur leurs revenus de capitaux mobiliers.

Comme elle ne se conformait pas à cette disposition, l'association Les Témoins de Jéhovah (ATJ), déclarée le 1er septembre 1947 (association à but non lucratif, loi du 1er juillet 1901) a subi un rappel d'impôts pour les produits perçus sur la période de septembre 1992 à août 1996 d'un montant de 7,3 millions de francs qu'elle a payé.

Jusqu'en 1996, les bénévoles à plein temps du Béthel des Témoins de Jéhovah ne cotisaient pas à la Sécurité Sociale, le mouvement préférant pratiquer l'auto-assurance. Néanmoins, suite à un contrôle de l'URSSAF de l'Eure diligenté en mai et Juin 1996 sur "La Communauté Chrétienne des Béthelites", l'activité sur le site a été assimilée à du travail, puisque les travailleurs recevaient une rémunération de 475 francs par mois, et des avantages en nature (hébergement, nourriture). Dès lors, l'association en question a été redressée de 10,3 millions de francs, somme qui a été réglée.

L'association nationale dénommée Association Les Témoins de Jéhovah, associations à but non lucratif (loi du 1er juillet 1901) qui gérait les activités d'impression, d'expédition et de livraison en France et à l'étranger de publications religieuses, notait chacun des dons de ses fidèles dans sa comptabilité. Sur la base des documents présentés lors d'un contrôle fiscal d'une durée de 18 mois sur 1996-97, les services fiscaux ont établi un relevé administratif des opérations incriminées qui recouvraient les sommes recueillies par l'association de ses fidèles et que celle-ci enregistrait dans un compte de produits intitulé « offrandes ». La loi stipule que, dès lors que les dons manuels sont « révélés » à l'administration fiscale, ils sont soumis à des droits de donation (60% s'il n'y a pas de lien de parenté entre le donateur et le donataire). L'Association Les Témoins de Jéhovah (ATJ), dont le siège était 11 rue de seine à Boulogne Billancourt, étant une associations à but non lucratif (loi du 1er juillet 1901), ne pouvait bénéficier des avantages fiscaux accordés aux associations cultuelles prévus par la loi de 1905, et " n’avait pas été en mesure de justifier personnellement au jour du fait générateur, d’une autorisation préfectorale d’exonération de l’imposition sur les dons et legs ". Le Fisc l'a donc condamnée à payer à l'administration fiscale les droits d'enregistrement sur les donations reçues entre 1993 et 1996. Les sommes dues à l’État, telles qu’elles figurent dans l’arrêt de la Cour d’appel de Versailles du 28 février 2002, confirmé par la Cour de cassation le 5 octobre 2004, sont de 22 920 382,10 euros à titre principal, et de 22 418 484,48 euros au titre des pénalités et intérêts de retard.

L'association a contesté cette décision et porté l’affaire devant le Tribunal de grande instance de Nanterre, qui a débouté l'association de sa demande. Cette décision a été confirmée en appel, puis en cassation. Les voies de recours en droit interne étant épuisées, les Témoins de Jéhovah ont déposé un recours devant la Cour européenne des droits de l'homme le 25 février 2005, en invoquant la violation de la liberté de religion (article 9 de la Convention européenne des droits de l'homme) et la discrimination (article 14).

Les Témoins de Jéhovah ont lancé consécutivement une campagne de sensibilisation de l'opinion au fichage des fidèles qui font des dons (pourtant la majorité des dons des fidèles Témoins de Jéhovah sont anonymes), à la taxation des dons aux cultes et à la discrimination dont les Témoins de Jéhovah pensent être victimes dans cette affaire. Cette pétition nationale a recueilli 874 130 signatures de personnes exprimant leur indignation. Toutefois, ce n'est pas l’Association cultuelle les Témoins de Jéhovah de France (ACTJF - Déclarée le 7 mai 1991 comme Association cultuelle, loi du 9 décembre 1905, mais non reconnue comme telle à l'époque) sur laquelle porte le redressement fiscal, mais sur l’Association Les Témoins de Jéhovah (ATJ - Déclarée le 1er septembre 1947 comme association à but non lucratif, loi du 1er juillet 1901), qui gérait les activités d'édition des Témoins de Jéhovah.

Faute de réponse des ministres Nicolas Sarkozy et Thierry Breton aux questions des parlementaires à propos du recouvrement de cette créance, le député Jean-Pierre Brard a déposé en octobre 2005 un amendement au projet de loi de finances 2006 demandant que cette organisation paie ses dettes. Les Témoins de Jéhovah ont protesté, voyant dans cette manœuvre un déni des libertés religieuses. Selon le compte-rendu de l’Assemblée nationale, le ministre délégué a répondu que ce dossier faisait l’objet d'un traitement normal en matière de recouvrement des sommes dues, que toutes les garanties immobilières avaient été prises, et que plusieurs versements avaient déjà eu lieu, mais que la règle légale du secret fiscal lui interdisait d'en dire davantage. Mis aux voix, l'amendement n'a pas été adopté.

Des informations récemment publiée dans la presse française ont révélé que l'État français prévoie de trouver une solution amiable dans cette affaire qui l'oppose aux Témoins de Jéhovah. En effet, le 23 octobre 2006, le ministère des Affaires étrangères a écrit à la Cour européenne des Droits de l'Homme : " Le gouvernement français a l’honneur de vous informer qu’il est favorable au principe d’un règlement amiable de cette affaire, ainsi qu’à toute offre de médiation de la Cour (…) afin de favoriser la recherche d’un accord entre les parties ".

Suite à cette affaire qui avait provoqué l'inquiétude du monde associatif, sur lequel pesait un risque de taxation arbitraire et rétroactive, l'amendement de l'article 2 de la loi du 1er août 2003 relative au mécénat a introduit une exception à la règle de taxation d'office des dons manuels révélés lors d’une vérification de la comptabilité, au profit des organismes d'intérêt général mentionnés à l'article 200 du Code Général des Impôts, dont font partie les associations cultuelles reconnues par la loi de 1905.Cependant, l'Association "Les Témoins de Jéhovah" sur laquelle porte le redressement fiscal (taxation des dons manuels), n'est pas une association cultuelle au sens de la loi du 9 décembre 1905, mais simplement une association à but non lucratif (loi du 1er juillet 1901).

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Sexualité selon les Témoins de Jéhovah

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Le point de vue de l'organisation des Témoins de Jéhovah sur la sexualité est typique d'une église chrétienne conservatrice. La Société Watchtower enseigne à ses membres que ceux-ci doivent s'abstenir de toute relation sexuelle en dehors et avant le mariage ; par ailleurs, l'homosexualité et la masturbation sont considérées comme étant des péchés. De plus, les membres doivent également être moralement purs dans leurs pensées, dans leurs paroles et dans leurs actes, notamment en rejetant les propos licencieux et la pornographie. Ils ne peuvent pas non plus travailler dans des entreprises liées à l'exploitation commerciale du sexe.

L'attitude des quatre premiers présidents de la Société Watchtower sur les questions sexuelles ont grandement influencé l'ensemble de des fidèles de la communauté sur ce sujet.

Ainsi, Charles Taze Russell, le fondateur du mouvement religieux, semblait comprendre les besoins sexuels des fidèles membres des Étudiants de la Bible. Il considérait toutefois que le sexe était de nature non-spirituelle et plutôt animale. Du fait de ses problèmes conjugaux (il a été séparé légalement de son épouse), il est devenu très sensible aux relations hommes-femmes, mais la plupart de ses disciples vivant en couple n'avaient pas de relations sexuelles.

Sous la présidence de Joseph Franklin Rutherford, les rapports sexuels ont été condamnés avec une grande sévérité dans les publications de la Société Watchtower, en conséquence de quoi les rapports sexuels des fidèles mariés ont été affectés de façon défavorable.

Nathan Homer Knorr, le troisième président, a été affecté par le point de vue de son prédécesseur sur les questions sexuelles ; aussi, il a adopté un point de vue très différent sur celles-ci. L'amour romantique a été réhabilité, mais les rapports sexuels ont été soumis à une stricte moralité.

Selon un témoin anonyme, Frederick Franz, le quatrième président, avait même précisé où il était possible d'embrasser son/sa compagnon/compagne et où il ne fallait pas ; cette attitude a été considérée par des critiques du mouvement comme une volonté de régenter chaque détail de la vie des fidèles.

De 1972 à 1978, la direction des Témoins de Jéhovah a souhaité régenter les relations sexuelles au sein des couples mariés : seule la copulation vaginale était désormais autorisée, à l'exception de toute autre forme de comportement sexuel (copulation anale ou buccale) qui était dès lors considéré comme étant contre nature et de ce fait passible d'excommunication. De nombreux courriers de fidèles ont afflué au siège mondial afin de savoir si tel ou tel comportement amoureux à l'intérieur du couple était convenable ou pas. Selon Raymond Franz, un ex-membre du Collège Central, cette situation a engendré de nombreuses auditions judiciaires et bien de l'embarras chez les fidèles obligés de raconter en détails leurs ébats amoureux, et a conduit à des divorces. Dans les couples mixtes sur le plan religieux, le conjoint non-Témoin de Jéhovah a souvent considéré cette disposition comme une « intrusion injustifiée dans leur intimité ». Cette règle fut néanmoins abandonnée en 1978, considérant que les pratiques sexuelles d'un couple marié relèvent de son intimité.

Toutefois, cette règle fut rétablie en 1983. Dans La Tour de Garde du 15 mars 1983 (anglais), la Société Watchtower a considéré ce revirement comme étant un « ajustement dans la compréhension » et a déclaré à nouveau que les membres ayant une activité sexuelle jugée immorale dans le cadre du mariage pourraient être excommuniés. Toutefois, selon Raymond Franz, le retour de cette prérogative n'engendra pas beaucoup d’auditions judiciaires, contrairement à ce qui se passa entre 1972 et 1978.

Depuis, les publications du mouvement religieux continuent de promouvoir le puritanisme sexuel. Par exemple, il est préconisé aux couples mariés de « modérer leurs ardeurs » dans leur vie sexuelle et de faire preuve de maîtrise d'eux-mêmes. Ils ne peuvent pas « imiter des pratiques homosexuelles dans leur intimité conjugale ». Les relations bucco-génitales sont en principe proscrites, et des critiques du mouvement considèrent que cette mesure « demande un sacrifice, crée une frustration, exige une soumission » de la part des fidèles. La pratique continuelle de ces formes de sexualité de façon notoire, récente, et sans manifestation de remords, peut conduire à la perte de privilèges de service à l'intérieur de la congrégation.

Selon Emmanuel Jancovici, chargé de mission pour la coordination, la prévention et le traitement des dérives sectaires, il existe une tension très forte dans le mouvement, entre la fermeture du groupe et la répression sexuelle. Il explique que des adultes lui ont dit qu’il y a un tel contrôle de l’intimité que, la plupart du temps, les couples n’ont plus de vie sexuelle. D'après lui, cela peut entraîner des dérives et peut expliquer le nombre de cas de pédophilie qu'il estime important dans le mouvement .

Selon les Témoins de Jéhovah, le mot grec pornéïa utilisé dans la Bible pour condamner la fornication, désigne des « relations sexuelles entre personnes qui ne sont pas mari et femme, incluant les relations sexuelles bucco-génitales, la sodomie et le fait de masturber un partenaire ». De ce fait, tout comportement sexuel en dehors du mariage est explicitement condamné par ce mouvement.

Les relations sexuelles ne sont autorisées qu'entre fidèles mariés et le flirt n'est pas autorisé. Des personnes se fréquentant en vue du mariage sont autorisés à passer du temps ensemble, mais à la seule condition d'être chaperonnés, afin qu'elles ne commettent pas un acte sexuel. Il est considéré comme inconvenant de s'embrasser avant les fiançailles.

Dans le terme de 'fornication', les Témoins de Jéhovah englobent toute utilisation du sexe avec un partenaire qui n'est pas son conjoint, même s'il n'y a pas pénétration (masturbation mutuelle, caresses sur les parties génitales...). Un fidèle commettant la fornication sans se repentir est excommunié du mouvement.

L'adultère, qui désigne un rapport sexuel volontaire d’une personne mariée avec quelqu’un de l’autre sexe qui n’est pas son conjoint, est condamné de façon explicite au sein des Témoins de Jéhovah. C'est d'ailleurs le seul motif de divorce que le mouvement religieux reconnaît, conformément au passage de Matthieu 19:9 qui déclare : « Quiconque divorce avec sa femme, sauf pour motif de fornication, et se marie avec une autre, commet un adultère ».

Les Témoins de Jéhovah pensent donc, comme l'indique le passage de l'apôtre Paul cité ci-dessus, que l'homosexualité est une pratique contre nature et que ceux qui s'y adonnent « méritent la mort ». Il est toutefois également précisé que, s'il faut haïr l'homosexualité, il ne faut pas en revanche détester les homosexuels. Pratiquer des actes sexuels entre personnes de même sexe revient selon eux à se rabaisser au niveau de la bête, et un fidèle qui s'y adonnerait risque l'excommunication s'il ne se repent pas.

Ainsi, le fidèle Témoin de Jéhovah qui éprouve une attirance homosexuelle ne peut que rester célibataire ou bien se marier avec une personne du sexe opposé. Cette situation pouvant être mal vécue, des sites de soutien ont été créés sur Internet afin de venir en aide aux gays, lesbiennes, bisexuels et transsexuels fidèles ou ex-fidèles du mouvement.

Selon les Témoins de Jéhovah, les rapports sexuels entre un homme ou une femme et un animal sont considérés comme étant contre nature. Ils remarquent que la Loi mosaïque réprouvait expressément cette pratique en condamnant à mort la personne coupable et la bête. De ce fait, ils déclarent : « Cette pratique dépravée, la bestialité, est concernée par le mot grec pornéïa qui est rendu par “ fornication ”. (...) Quiconque se livre à cette pratique immonde est moralement impur, et si un membre de la congrégation chrétienne le faisait, il serait passible de l’exclusion. — Ép 5:3 ; Col 3:5, 6 ».

La pédophilie est contraire aux valeurs morales des Témoins de Jéhovah. Ils pensent que cette pratique relève de ce que la Bible appelle la pornéia en grec, c'est-à-dire une relation sexuelle hors du cadre du mariage. Ils considèrent cette pratique un péché grave susceptible de tomber sous le coup d'une excommunication de la part de celui qui s'y adonne.

Néanmoins, les critiques sur le traitement de la pédophilie chez les Témoins de Jéhovah sont apparues il y a quelques années. L'affaire a fait surface principalement à la fin des années 1990 quand Bill Bowen, ancien d'une congrégation américaine et scandalisé de la réponse du Béthel suite à une de ses demandes concernant une affaire de pédophilie qu'il traîtait au sein de sa congrégation, a alerté la presse, et monté un site Web baptisé Silentlambs, qui a récolté des dizaines de témoignages allant dans le même sens en peu de temps. Cette mobilisation a entrainé plusieurs émissions de télévisions tant aux États-Unis, qu'en Australie, en Angleterre, au Danemark et en Suède. Toutefois, d'après Barbara Anderson, ancienne chercheuse pour le compte du Comité de Rédaction du siège mondial, le débat a pris place au plus haut niveau dans le début des années 1990. Il leur est reproché d'avoir pendant longtemps traité en interne les affaires de pédophilie, sans en avoir averti les autorités judiciaires de ces pays, pour « ne pas jeter l'opprobre sur l'Organisation de Jéhovah ».

Les publications des Témoins de Jéhovah définissent le viol comme un « rapport sexuel illicite sans consentement de la femme, imposé par la force, la violence, l’intimidation ou la tromperie quant à la nature de l’acte ».

De 1964 à 1993, la Société Watchtower a enseigné que si une femme (ou un homme) ne criait pas, ne se débattait pas, ou ne fuyait pas lors d'une tentative de viol, elle devenait en réalité complice de son agresseur. Ainsi, une femme qui ne criait pas commettait la fornication et était donc passible de l'excommunication. Ce point de vue a été critiqué par des opposants au mouvement religieux qui lui reproche d'avoir causé la mort de nombreuses jeunes femmes violées (en Afrique notamment) qui avaient suivi les consignes données par la Société Watchtower, .

Depuis 1993, un(e) Témoin de Jéhovah violé(e) et qui n'a pas crié n'est plus coupable de fornication et en conséquence n'est plus passible d'excommunication.

La masturbation, bien que ne faisant pas partie des péchés passibles d'excommunication, est prohibée au sein des Témoins de Jéhovah. Il est recommandé aux jeunes de combattre cette pratique, notamment en étant bien occupés dans les activités cultuelles proposées par le mouvement religieux (prédication, prière...) et en demandant conseil auprès d'un ancien, ou surveillant local. Selon les publications des Témoins de Jéhovah, la masturbation peut être nuisible à un mariage ultérieur (la personne se masturbant risquant de ne pas chercher à satisfaire les besoins de son conjoint) et peut contribuer à des fantasmes de nature homosexuelle. L'idée mise en évidence par le mouvement religieux pour interdire la masturbation est que « le corps est un temple de Dieu » et doit par conséquent être exempt de tout contamination morale.

Les raisons que le mouvement religieux présente pour rejeter la masturbation sont critiquées par des opposants, . De plus, d'après le témoignage de l'ancien membre Nicolas Jacquette, la condamnation de cette pratique par le mouvement a entraîné chez lui une forte culpabilisation, qui l'a amené à se confesser à ses parents Témoins de Jéhovah, ceci en vue de recevoir une aide spirituelle et de mettre un terme à cette pratique.

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Source : Wikipedia