Oscar Niemeyer

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Posté par marvin 19/04/2009 @ 02:07

Tags : oscar niemeyer, architectes, architecture, culture

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Oscar Niemeyer

Oscar Niemeyer

Oscar Niemeyer, de son vrai nom Oscar Ribeiro de Almeida de Niemeyer Soares , né à Rio de Janeiro le 15 décembre 1907, est un des plus célèbres architectes brésiliens. Son œuvre, qui s'inscrit étroitement dans le mouvement du style international, tient une place majeure dans l'histoire de l'architecture moderne.

Oscar Niemeyer devient connu après avoir participé au groupe d'architectes responsables de la conception du nouveau siège du ministère de l'éducation et de la santé à Rio de Janeiro pour le gouvernement de Getúlio Vargas, en 1936.

Lucio Costa a gagné le concours public du plan d'urbanisme de la nouvelle capitale, organisé en 1956. Le président Juscelino Kubitschek fait alors appel à Niemeyer, qui a déjà participé avec Le Corbusier à la réalisation du siège de l'ONU à New York en 1952, pour concevoir les principaux équipements publics de la ville, dont la cathédrale, le Congrès national, les ministères, etc. Juscelino connaissait Niemeyer depuis son projet pour l'ensemble de Pampulha, Belo Horizonte, MG - Juscelino était à l'époque gouverneur de Minas Gerais.

Avec sa participation à la création de la nouvelle capitale administrative du Brésil, Brasilia, inaugurée le 21 avril 1960, la notoriété de l'architecte brésilien devient mondiale .

Avec l'arrivée au pouvoir de la dictature militaire au Brésil, Oscar Niemeyer part en France où il fut le concepteur de plusieurs édifices, tels que le siège du Parti communiste français, place du Colonel Fabien à Paris (1965-1980), le siège du journal L'Humanité à Saint-Denis (1989), ou encore la Bourse du travail à Bobigny.

Les lignes de ce dernier bâtiment reprennent le style de la Maison de la culture au Havre en de nombreux points. Construit entre 1976 et 1978, il se compose de deux ensembles distincts. On trouve un auditorium de 465 places entouré de salles de réunions et un bâtiment élevé sur pilotis comprenant quatre étages accueillant diverses organisations syndicales. Inaugurée le 2 mai 1978, cette structure compte en fait deux bâtiments différents qui ne font qu'un bloc que l'impression d'élévation et de légèreté soude durablement. La courbe, partie intégrante des œuvres de Niemeyer, est une fois de plus à l'honneur. Tantôt vague, tantôt montagne, elle trouve une finesse que seul le béton pouvait lui fournir.

Niemeyer n'a jamais caché son engagement politique pour le parti communiste. Ses nombreuses réalisations (siège de L'Humanité ou du PCF) sont d'ailleurs là pour en témoigner. En 2007, il a reçu les félicitations de Fidel Castro pour son engagement politique.

Entre 1991 et 1996, il réalise le musée d'art contemporain de Niterói (Museu de Arte Contemporânea de Niterói).

Il conçoit en 2003 l'auditorium de São Paulo, inauguré en 2005 et recouverte d'une toiture ondulante en béton de près de 27 000 m². Peu satisfait de cette dernière, il a demandé la destruction d'un fragment, ce qui a été refusé par la municipalité.

Début janvier 2007, après avoir rencontré Hugo Chavez à Rio de Janeiro, il a décidé de faire les plans d'un monument en hommage à Simón Bolivar, qui sera érigé à Caracas et mesurera 100 mètres de haut.

Niemeyer a une seule fille, cinq petits-enfants et plusieurs arrières-petits-enfants. Il y a même une cinquième génération.

En décembre 2006, il épouse en secondes noces sa secrétaire Vera Lucia Cabrera, âgée de 60 ans, et affirme se sentir à nouveau comme un jeune homme de 30 ans.

Le 12 décembre 2007, il est fait commandeur de la Légion d'honneur (la plus haute distinction civile et militaire française) à l’occasion de ses 100 ans, par l'ambassadeur de France au Brésil.

La ville du Havre a demandé à Oscar Niemeyer de modifier le forum de son ensemble culturel Le Volcan (1978-1982). Les abords des bâtiments, peu accessibles et mal entretenus, sont depuis longtemps désertés (les salles de spectacle du Volcan sont, elles, bien fréquentées en raison de la qualité de la programmation). En 2008, l'architecte poursuit sa réflexion sur le projet.

Les projets de la Ville du Havre incluent aussi la transformation de la salle de cinéma en salle de répétition et la salle polyvalente en médiathèque, ce qui suscite une forte contestation de l'association Maison de la Culture du Havre, locataire des lieux, qui n'a pas été consultée sur cet aspect des projets et qui estime que cela va dénaturer le sens de l'oeuvre d'Oscar Niemeyer.

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Centre culturel international Oscar Niemeyer

Avilés River

Le Centre culturel international Oscar Niemeyer , conçu par l'architecte brésilien Oscar Niemeyer, est en cours de construction à Avilés dans les Asturies en Espagne.

Ce centre sera la première réalisation d'Oscar Niemeyer en Espagne, et à son avis sa plus importante en Europe.

Le centre comprendra : un auditorium, des expositions d'architecture, de conception de tours à usages multiples d'utilisation, ainsi qu'un grand carré à ciel ouvert, où les activités culturelles auront lieu régulièrement.

En dehors de son contexte culturel, le Centre culturel d'Avilés est un important élément de l'environnement. Il est l'élément central d'un large processus de régénération urbaine qui va changer l'ensemble de la ville et de ses abords. Il va être situé sur une île créée sur la rivière Avilés, non loin de la zone industrielle. Cela aidera dans le processus de régénération de la ville. Les autorités sont maintenant en train de planifier un ensemble de changements, comme l'élimination du trafic lourd de la zone portuaire (où le centre sera situé) et en remplacement la création de sports et de loisirs. Des nouveaux projets sont maintenant rejetés car non compatibles avec la construction du Centre. Cette zone est appelée maintenant, L'île de l'innovation.

Le Centre sera un pôle d'attraction pour les talents, les érudits et les créateurs. Il est également destiné à la promotion de productions locales. Il aura un fort accent mis sur la collaboration avec les autres centres culturels. En décembre 2007, la fondation du Centre a organisé le premier concours mondial Forum international de centres culturels à Avilés, (également connu sous le nom de G8 de la Culture). Les participants : Lincoln Center de New York (États-Unis), Barbican Centre de Londres (Royaume-Uni), Opéra de Sydney, Centre Georges Pompidou de Paris (France), Bibliothèque d'Alexandrie, International Tokyo Forum (Japon) et Hong Kong Cultural Center (Chine) et le Centre culturel Oscar Niemeyer, des Asturies (Espagne).

Le Centre collaborera également avec les London School of Economics, Old Vic théâtre de Londres (actuellement dirigé par Kevin Spacey), María Cristina et Masaveu Fondation CaixaForum (La Caixa).

Le Président de la fondation est Natalio Grueso.

Parmi les membres du Conseil du Centre Niemeyer, nous trouvons : Woody Allen, Paulo Coelho...

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Centre-ville reconstruit du Havre

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Vue partielle du centre-ville reconstruit.

Inscrite sur la Liste du patrimoine mondial de l'Humanité par l'UNESCO en 2005, le Centre-ville reconstruit du Havre (1945-1964) est l'œuvre de l'architecte Auguste Perret qui se vit confier par le Ministère de la Reconstruction et de l'Urbanisme, la réédification de la ville du Havre après sa destruction à la fin de la Seconde Guerre mondiale. D’une superficie totale proche de 150 hectares, cet ensemble - comprenant plus de 12 000 logements et de nombreux bâtiments civils, commerciaux, administratifs ou religieux- est l’un des plus cohérents de l’architecture moderne du milieu du XXe siècle, suivant les principes de l’École classicisme structurel, terminologie de Joseph Abram désignant les théories portées par les membres de l’"Atelier de reconstruction du Havre" réunis autour de Auguste Perret.

Après une période d’oubli, ce centre moderne intègre désormais de nombreuses mesures patrimoniales : inventaire, protection (ZPPAUP) et sensibilisation (visites-conférences). Depuis 2002, des visites de la ville sont organisées par un service municipal spécifique (Ville d’art et d’histoire) qui met également à disposition une exposition et un appartement témoin Perret restauré à l’identique.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, le port du Havre fut utilisé par l'armée britannique pour ravitailler ses troupes. Les Allemands commencèrent donc à bombarder la ville en mai 1940 pour que les britanniques la quittent. Après le « traité de paix », elle fut occupée par les Allemands qui préparèrent une attaque contre le Royaume-Uni, ce qui donna lieu à de nouvelles destructions. Mais les dommages les plus importants survinrent les 5 et 6 septembre 1944, l'objectif étant de faciliter le ravitaillement et la progression des troupes alliées débarquées trois mois plus tôt en Normandie, lorsque les britanniques détruisirent presque complétement le centre-ville et le port pour affaiblir l'occupant nazi. La « Libération » eut un goût très amer pour les Havrais et marqua durablement la mémoire collective. Proie incessante des bombardements alliés jusqu'en septembre 1944, le bilan établi en 1945 s’avère extrêmement lourd : le centre-ville n’est plus qu’un gigantesque champ de ruines et la ville devient l'une des plus sinistrées d'Europe avec 5 000 morts, 80 000 sinistrés (dont 40 000 sans-abris) et 12 500 immeubles détruits.

Au printemps 1945, Raoul Dautry, ministre de la Reconstruction et de l'Urbanisme, confie le projet de reconstruction du centre-ville du Havre à l'atelier d'Auguste Perret, « seul architecte pouvant se prévaloir en France d'un atelier organisé ». En 1945, l'Atelier de Reconstruction du Havre est constitué et comprend, en plus de Auguste Perret, dix-huit architectes-collaborateurs. L’Atelier Perret ne songe pas à reconstituer la ville ancienne mais plutôt à appliquer à la lettre leurs théories pour édifier une ville neuve, symbole d’une France renaissante. Entièrement rebâtie en béton armé, Le Havre fait alors l'objet d'une expérience de reconstruction unique en son genre par son étendue, les procédés urbanistiques (remembrement, copropriété) , la cohérence constructive et les techniques de préfabrication (lourdes ou structurelles).

Si, au début du XXe siècle, Auguste Perret veut réaliser la « Ville Future » qu'il imagine « en bord de mer » ou le long « d'un grand fleuve », constituée de gratte-ciels et de jardins suspendus, son ambition pour Le Havre sera relativement différente, admettant en 1945 : « J’ai, étant jeune, préconisé, chanté la maison-tour. J’ai, depuis, changé d’avis. Quand on loge au 12ème ou au 15ème étage, on se sent d’abord exalté, puis accablé de solitude. On s’ennuie à mourir. L’homme a besoin de garder contact avec le sol. C’est pourquoi je ne bâtirais pas de maisons ayant plus de quatre étages. Quatre étages sans ascenseur, cela se monte très facilement ». Ces propos concernent le logement mais celui-ci n’exclut pas une seconde échelle, plus monumentale : « Je vois "un front de mer" qui regrouperait tous les monuments de la ville et escorterait les navires jusqu’à leur entrée au port. De hautes tours abriteraient les bureaux des grandes compagnies de navigation, des négociants, des industriels. Elles s’élèveraient bien au-dessus des maisons de la ville, qui ne dépasseraient pas 5 ou 6 étages. ». Si le frottement aux réalités va conduire son projet sur des conceptions plus souples, la ville n’en gardera pas moins les traces de ces premières idées. La majorité des habitations (les « maisons ») sont de faible hauteur, suivant des gabarits dictés par l’histoire (trois étages sur entresol, cf. Haussmann), offrant des perspectives humaines, « banales » pour reprendre le mot du maître. Sur un autre plan, elle va conserver une échelle monumentale faite de tours-repères servant de signaux urbains et dégageant quelques perspectives magistrales pour montrer aux voyageurs des grands paquebots que « nous avons toujours le sens de la grandeur et de la beauté ».

Si le centre-ville du Havre retrouve ses rues et ses monuments, il s’inscrit désormais dans un plan devenu orthogonal : une trame géométrique où les axes se coupent à angle droit, suivant un urbanisme « rationnel » que l’on peut également comparer aux villes de l'Antiquité (plan dit hippodamien) mais aussi aux centres-villes nord-américains. La trame du Havre est partiellement contrariée par les rares monuments ayant subsisté après les bombardements (cathédrale Notre-Dame, Muséum d'histoire naturelle) et par un quartier historique réédifié dans un style dit régionaliste (Saint-François).

Les artères principales redessinent les trois axes majeurs de la ville détruite (Triangle monumental). Cherchant à réintroduire leurs usages d’avant-guerre, Auguste Perret s’assure du fonctionnement de ses modèles avant d’en faire la transcription : il prend donc pour exemples les grandes réalisations nationales, adaptant chaque gabarit à une fonction précise, tout comme il va s’inspirer des grandes places royales pour dessiner celle de l’hôtel de ville.

D’orientation nord-sud, la rue de Paris relie l'hôtel de ville (au nord) au front de mer sud (ancien terminal de paquebots). Pour cette ancienne rue commerçante, Auguste Perret travaille dès 1945 sur une typologie d’immeubles qui devait définir l’ensemble de la reconstruction de la ville (suivant le modèle des I.S.A.I. édifiés dans sa section nord entre 1947 et 1950). Prenant pour modèle la rue de Rivoli à Paris, l'artère est bordée au rez-de-chaussée et à l'entresol par des commerces, protégés sous une galerie-portique semi-ouverte en retrait d’une colonnade, l’ensemble est rehaussé par trois étages d'habitations. Tout au long de cette rue, une quarantaine d'architectes participent à la réalisation des îlots dans les années 1950 en respectant les principes définis par Perret mais en apportant chacun quelques variations de « vocabulaire ».

D'orientation est-ouest, elle prolonge le boulevard de Strasbourg en partant de l’hôtel de ville (à l’est) pour arriver à la Porte Océane (à l’ouest). Comparable par ses dimensions aux Champs-Élysées à Paris, elle est l'une des avenues les plus larges d'Europe. Boulevard initialement créé sous le Second Empire à l’emplacement de la zone non constructible des fortifications, l’avenue Foch est aujourd’hui constituée d'un axe central et de deux doubles contre-allées longeant des commerces, des bureaux, un cinéma et de nombreux logements de haut standing. La majorité des immeubles qui la borde a été achevé en 1954 et comporte cinq à six étages. Les façades sont agrémentées de bas-relief rendant hommage aux personnages marquants du Havre d'avant-guerre (« gloires du Havre »).

Il relie obliquement la Porte Océane (au nord-ouest) au Front de mer sud (au sud-est). Exception à la règle orthonormée, le boulevard François Ier forme une diagonale séparant nettement le centre-ville du front de mer ouest alors consacré à la construction navale (emplacement actuel de la Résidence de France). Il est bordé sur un côté par des îlots où les bâtiments se positionnent en redent, laissant place à de petits jardins triangulaires. L’autre rive, construite plus tardivement, est constituée d’une barre quasi continue de logements à vocation sociale devant théoriquement isoler la ville des vents de mer dominants venant de l’ouest.

Si la rue conserve son statut historique, la reconstruction est également animée par l’esprit du progrès appliqué à la ville où les habitants réclament désormais « leur droit au calme, à l’air, au soleil, à l’espace ». Les outils mis en œuvre pour le confort des habitants suivront donc plusieurs logiques : celle de la modernisation (standardisation, préfabrication) mais aussi celle d’une cohérence paysagère dictée par l’utilisation d’une même méthode constructive (ossaturisme) suivant rigoureusement un trame et un vocabulaire architectural précis.

D'un point de vue d’ensemble, le plan en damier du Havre permet des alignements de façade, des tracés rectilignes aérés et lumineux, une organisation rationnelle de l'espace. Dans le projet dit définitif s’ajoute le choix d’un module harmonisant l’espace depuis l’échelle urbaine (trame) jusqu’au moindre parpaing (standard). L’utilisation symbolique de cette base de 6,24 m correspond à la portée optimale pour une poutre de béton armé à cette époque, elle est également aisément divisible ( 6 x 2 x 4 ) x 13). En générant des proportions précises (1/6 et 1/4, 1/3, 1/2), elle place l’harmonie au cœur même de la standardisation. Les architectes ne semblent pourtant pas avoir explicité les propriétés mathématiques et symboliques de ce nombre (comme l’harmonie 1/4+1/3+1/2 ou la division de 624 par 6x2x4), préférant mettre en avant des arguments pratiques : « La construction n’a pas été laissée au hasard, et l’adoption d’un module – ou trame – de 6,24 m qui se trouve dans toute la ville neuve assure son unité profonde . Cette trame dans laquelle peuvent être installées deux pièces d’habitation est non seulement en accord avec l’Économie au sens le plus élevé du mot, mais c’est aussi – et l’on s’en aperçoit sans cesse – un très réel facteur d’économie ».

Parallèlement à l’élaboration des aphorismes qu'il publie sous forme de traité-recueil en 1952, Auguste Perret creuse la notion même de langage au sein de la construction, élaborant un vocabulaire parfois traditionnel (porte-fenêtre) parfois nouveaux et exotique (claustra). Des mots imbriqués, neutralisés, qu’il inscrit dans une structure primaire : la charpente de béton armé.

La plupart des biens reconstruits dans le centre sont soit des propriétés publiques, soit des « copropriétés », un concept novateur pour l'époque qui va être étendu à l’ensemble de la ville reconstruite. Disposant de 20% de logements sociaux (proches ou intégrant les normes H.L.M.), la grande majorité des logements est conçue pour des classes moyennes, sans domestique. L'espace intérieur, très lumineux (les « fenêtres en hauteur » laissent pénétrer la lumière dans le salon, la cuisine et les chambres), est distribué de façon optimale. Ces immeubles sont équipés pour la majorité de chauffages collectifs (circuit d’eau ou air pulsé), placards encastrés, vide-ordures, garages à vélos et voitures d'enfant, caves en sous-sol, garages à automobiles, isolations thermique et phonique, ascenseurs au-delà de quatre étages...

Les Immeubles sans affectation individuelle (ou immédiate), I.S.A.I., préfinancés par l’État et dessiné d’après un concours interne dans l’Atelier Perret (1945-1946), servirent de modèle à l'ensemble de la reconstruction (définition de la trame, des méthodes constructives, des plans intérieurs, etc.). Réalisés entre 1947 et 1950, ces 350 logements s’agencent à la manière d’une grande place royale se déployant symétriquement autour de la place de l’hôtel de ville pour former des îlots ouverts constitués en réalité d’un agencement très rationnel de barres de quatre étages et de six tours de dix étages que l’on percevait alors comme les premiers « buildings » français. Situé dans les I.S.A.I. et ouvert en mars 2006, l’appartement témoin Perret est un musée de la Ville du Havre consacré à l’architecture intérieure, ainsi qu’à l’ameublement et à la vie quotidienne dans la première moitié des années 1950.

Exception faite de l’église Saint-Joseph - véritable phare au milieu de la ville - les ensembles monumentaux se situent aux extrémités du « triangle monumental » structurant le plan d’ensemble de la reconstruction. Leur dessin a fait l’objet d’une attention toute particulière d’Auguste Perret.

Considérée comme une architecture majeure du XXe siècle, l'Église Saint-Joseph est le dernier manifeste d'Auguste Perret. Imaginée sur la base du projet parisien de l’église Sainte-Jeanne-d’Arc (1924), l’église reconstruite - dessinée de sa main - fut conçue à la fois comme un sanctuaire dédié au culte et un monument honorant la mémoire des victimes de la Seconde Guerre mondiale. Les travaux débutèrent fin 1951 pour se terminer en décembre 1956 avec l'achèvement de la tour. La réalisation de l'édifice fut confiée à Raymond Audigier. À la mort de Auguste Perret, en 1954, l'église fut terminée par Georges Brochard qui tenta de traduire ce que désirait son maître pour la forme du clocher. Elle est inaugurée en juin 1957 et consacrée en 1964. L'église dispose d’une tour-clocher octogonale atteignant 110 mètres de hauteur et reposant sur un socle carré légèrement étendu vers l’avant (entrée ouest) et l’arrière (chapelle, sacristies). Le plan centré anticipe les réformes de Vatican II. Perceptible de l’extérieur, la structure se dévoile en entrant dans l’édifice : quatre pans de la tour octogonale sont déportés vers des bracons reposant sur une série de quatre fois quatre piliers maintenus par des croix de Saint-André. Le ceinturage de l’ensemble est assuré par un béton précontraint, première utilisation de cette technique en dehors des ouvrages d’arts (ponts). La tour-lanterne fait entrer la lumière dans l'édifice grâce à des vitraux multicolores conçus par la « spatiocoloriste » et maître verrier Marguerite Huré. Premier édifice moderne à faire l’objet d’une protection patrimoniale, l’église Saint-Joseph sera inscrite au titre de la loi sur les monuments historiques en 1965. En 1997, elle est parée d'un habillage lumineux, puis d'importants travaux de restauration sont entrepris entre 2003 et 2005. La tribune a été dotée d’un orgue à tuyaux, inauguré le 25 septembre 2005.

Œuvre des architectes Auguste Perret et Jacques Tournant, l'hôtel de ville est inauguré en 1958. Le premier pieu du corps central est coulé en 1953, la tour de 18 étages et 72 mètres de haut évoquant initialement un beffroi est commencée en 1954. Le théâtre attenant est inauguré en octobre 1967. L'extension sur la façade nord de l'édifice, indispensable mais esthétiquement discutable, date de 1987. Comme tous le édifices majeurs, l’hôtel de ville retrouve approximativement sa position d’avant-guerre. Situé dans la perspective d’une vaste place, le bâtiment établit une dialectique entre deux unités : une tour abritant les bureaux administratifs et un bâtiment en longueur rythmé par une imposante colonnade dans lequel se placent des fonctions de « réception » comme les grands salons. Un vaste escalier part du rez-de-chaussée pour se diviser en deux volées distribuant l’étage noble. Tel un « abri souverain » la colonnade soutient totalement la charge du toit terrasse qui abrite une structure secondaire supportant les planchers et de vastes baies vitrées. Le jardin de la partie sud de la place de l'hôtel de ville a été dessiné personnellement par Perret. Cette immense place a été transformée en 1990 : rétrécissement du boulevard qui la divisait en couloir de bus, création d'un parking souterrain, ajout de fontaines, d'arbres et de treillages en bois exotique, agrandissement des pelouses et des espaces fleuris.

Sortant des plans de l'Atelier de Reconstruction Perret en 1950, cette place s'inspire du projet de la Porte Maillot à Paris qu’Auguste Perret présente en 1930. La partie nord, construite par Jacques Poirrier de 1951 à 1953, a bénéficié de techniques de préfabrication étendue grâce à un usinage complet des structures et des remplissages (système Monod). La partie sud a été construite par André Hermant de 1951 à 1956 à l’aide de la technique plus traditionnelle du coffrage en bois pour les structures. Seul point de jonction entre la ville reconstruite et la mer, la Porte Océane forme un décor monumental et représente de manière symbolique la porte de la cité évoquée par Édouard Herriot, laissant entrevoir aux Havrais se promenant sur l’avenue Foch le passage des grands paquebots. Il s'agit d'un ensemble constitué de deux tours jumelles de 13 étages, hautes de 47,50 mètres, et de deux immeubles bas, situés à l'extrémité de l'avenue Foch. Inscrites sur cette prestigieuse avenue et disposant d’une vue sur mer, les 256 logements disposent de grandes surfaces et d’équipements soignés (par exemple, un chauffage collectif réglable individuellement).

La réalisation d’un front de mer sud monumental apparaît dans les premiers projets de 1945. Il a finalement été réalisé par une trentaine d’architectes proches de Perret dirigés par Pierre-Edouard Lambert, il est intégré au programme national de construction du « Secteur industrialisé » (24 mai 1951) et échappe ainsi aux exigences du permis de construire. Constitué de 1127 logements, situés en bas des normes H.L.M. (ainsi les plafonds sont abaissés sous 2,5 m), ce groupe d’habitations à été imaginé d’un seul tenant. Premier en France à dépasser les mille unités, il peut être considéré comme le premier grand ensemble, à condition de ne pas tenir compte de son inscription urbaine et de ses gabarits classiques. Outre des normes sociales spécifiques, l’ordre architectural choisi reste celui du monumental : situé sur un Front de mer attenant à l’entrée de port, il joue un rôle déterminant dans la perspective de la ville vue depuis les grands transatlantiques (les deux tours décalées et les bâtiments bas en redents figurent une anamorphose de la Porte Océane).

Anciennement Lycée de jeunes filles, Pierre-Edouard Lambert a édifié ici, entre 1950 et 1956, le premier établissement scolaire de la reconstruction. Architecturalement traité comme un monument évoquant même quelques grands chantiers d’Auguste Perret (Palais d’Iéna), il s’organise autour d’une vaste cour protégée des vents dominants par le bâtiment central abritant des salles de classe amplement éclairées (fenêtres à l’est). Il a bénéficié d'une restauration complète et, au nord, une extension récente a été intégrée au bâtiment d'origine (Pierre Dubus, 2004).

Situé entre le Bassin du commerce et la place Jules Ferry, l’ancien palais de la bourse puis chambre de commerce, est un bâtiment majestueux créé par l'architecte Othello Zavaroni (1953) et inauguré le 22 juillet 1957. Entièrement réhabilité en casino (depuis le 1er juin 2006), il a pratiquement conservé son aspect extérieur originel. Célèbre enseignant en architecture, Zavaroni décline ici un éclectisme « beaux-art » moderne au vocabulaire proche de Perret revisité suivant les critères modernistes (claustras) sur fond d’ordonnancement classique (colonnade, abri souverain) assez strict mais efficace. L'intérieur a été profondément modifié, les deux fresques monumentales (dont une visible depuis la place Jules Ferry) ont été conservées. Les 12 000 m² accueillent aujourd'hui un ensemble comprenant casino, restaurants, salle de spectacle modulable de 500 places, bars, centre de remise en forme avec patio à ciel ouvert, hôtel et salles de réception. La place Jules-Ferry, dotée à présent d'un bel aménagement paysager démode définitivement le square Erignac voisin. Vieillot et cloisonné, il bouche malheureusement la vue du casino depuis le boulevard de Strasbourg et forme une barrière sur le chemin du centre commercial Coty. L'accès depuis la zone piétonne semble à présent demander de sérieux aménagements.

Construit par Alexandre Franche, Henri Vernot et Noël Boucher, architectes havrais, le grand magasin « Le Printemps » diffère des autres bâtiments de la reconstruction car il a été dessiné en courbe. Il était à l'époque presque complètement vitré, ce qui le rendait transparent, lumineux et très esthétique. Il n'a malheureusement pas bénéficié d'une restauration extérieure digne de ce nom, les vitrages des étages étant occultés ainsi que certaines vitrines (également plus petites qu'à l'origine).

L’ E.S.C. est un bâtiment d'angle aux colonnes majestueuses fidèle à l'esprit de l'atelier Perret, il a été conçu par l'architecte Robert Royon (1954). L'immense quadrillage vitré laissait apparaître un imposant escalier hélicoïdal jusqu'en 1993, année où il fut sacrifié pour étendre la superficie des étages.

Le Musée des Beaux-Arts André Malraux, réalisé de 1959 à 1961 par Guy Lagneau, Michel Weill, Jean Dimitrijevic et Raymond Audigier. C’est le premier musée de France à être reconstruit après la Seconde Guerre mondiale. Le bâtiment se présente comme une élégante boîte de verre, d’aluminium et d’acier. La lumière, filtrée par des brise-soleil (paralumes de Jean Prouvé), pénètre de tous les côtés. Le musée des beaux arts, à l'intérieur totalement modulable, fut mis en service en 1961. Inauguré par André Malraux, le musée abritait la première Maison de la Culture de France (jusqu’en 1967 où celle-ci sera transférée au Théâtre de l'Hôtel de Ville puis au Volcan, espace Oscar Niemeyer, depuis sa construction).

Elle est formée de deux bâtiments perpendiculaires : les salles de lecture et les réserves. Le toit du bâtiment principal, à l'instar de l'église Saint-Michel, évoque un livre ouvert. Architectes : Jacques Tournant et Jacques Lamy (1963).

La reconstruction de l'église Saint-Michel (1960-1964) fut confiée à Henri Colboc, un des architectes locaux actifs dans la reconstruction du Havre. La forme de la toiture représente une bible ouverte et l’entrée est surmontée par une gigantesque croix en teck. Pas de clocher, mais un campanile de 42 mètres de haut, séparé de l'église, évoquant un cierge. La restauration de l'ensemble est entamée en 2007, le bâtiment est aujourd'hui mis en valeur la nuit par une lumière discrète et soignée. Intérieur : vaste halle carrée, l’église comprend des chapelles latérales hors-œuvre, un éclairage doux assuré par des bandeaux de vitraux aux tons marrons situés en hauteur et au-dessus du portail d’entrée. Mobilier : une vierge en métal galvanisé provenant de l’église détruite par les bombardements, une importante tapisserie réalisée par les paroissiens, un mobilier en teck massif très robuste.

Bâtie dans une parcelle de cinq hectares située sur l’ancien emplacement des chantiers navals à partir de 1966 (2ème tranche terminée en 1985), son architecture est due à Georges Candilis et à un architecte local (Jacques Lamy). L’ensemble forme une « mégastructure » directement inspirée par les dernières théories du Mouvement moderne pendant son dernier congrès. Georges Candilis reprend les plans déjà réalisés avec Alexis Josic et Shadrach Woods au Mirail à Toulouse (1961). Totalement indépendante du reste de la ville, la mégastructure définit une trame hexagonale (en nid d’abeille) avec des élévations en gradins de 6, 8, 10 et 12 étages, elle comprend des galeries internes et de nombreux passages entre les différents volumes. Intérieurs : l’immeuble est épais (14,70 mètres, balcons non compris) et les appartements (environ 1 200) sont traversants, leur distribution est déterminée par la position centrale des lieux d’hygiène et des dégagements qui séparent totalement les « espaces nuit » (chambres, salles de bains, WC) et les « espaces jour » (cuisine, séjour, salle).

Réalisé par Oscar Niemeyer entre 1978 et 1982, sur l'ancienne place Gambetta qui accueillait avant la Seconde Guerre mondiale le Grand Théâtre, l’espace culturel du Volcan comprend un théâtre (Scène nationale), une salle polyvalente (le Petit Volcan), un cinéma d’art et d’essai et diverses pièces (studios d'enregistrement, bureaux...). Suivant la voie du formalisme blanc de Le Corbusier, Oscar Niemeyer réalise au cœur de la ville une importante forme libre comprenant deux grands volumes hyperboliques - plus ou moins dissymétriques - plongés dans une agora et placée dans un creux accessible par un escalier ou des rampes , dont une est hélicoïdale. À l'intérieur, les murs sont en béton brut de décoffrage. L’accueil du théâtre, le grand foyer avec murs en pente et fenêtres en meurtrière, le foyer des artistes, ont conservé leur aménagement d’époque (banque d’accueil et bar en béton, moquette mauve, fauteuils et tables d’Oscar Niemeyer, luminaires globes en grappes). L'état de l'extérieur du bâtiment, des abords et des aménagements est assez mauvais.

Au sein même de l’histoire de l’architecture, il faut constater qu’à l’enthousiasme des premières publications suivant la réalisation de la ville succède une longue période d’oubli pendant laquelle son intérêt exceptionnel sera nié ou négligé. Il faut attendre les années 1990 pour qu’elle éveille l’intérêt, grâce au travail de Joseph Abram. Cette recherche novatrice est rapidement comprise par la Ville, elle sera suivie par les mesures de protection et de valorisation déjà citées. L'inscription sur la Liste du patrimoine mondial par l’UNESCO apparaît aussi comme le point d’orgue d’un long travail de réappropriation et de redécouverte, un demi-siècle après la reconstruction.

Il a reçu le soutien du conseil général de la Seine-Maritime. Présenté par le maire de la ville et Joseph Abram, le dossier a d'abord dû être sélectionné au niveau français et se trouvait alors en concurrence avec d'autres candidatures (Parc national des Cévennes, rives de la Gironde, barrière de corail de Nouvelle-Calédonie).

L'UNESCO a inscrit le centre-ville du Havre le 15 juillet 2005 au patrimoine mondial de l'humanité sur la base des deux critères précités, saluant l'« exploitation novatrice du potentiel du béton ». L'espace de 133 hectares représentant selon l'UNESCO "un exemple exceptionnel de l'architecture et de l'urbanisme de l'après-guerre" est un des rares sites contemporains inscrits en Europe, rejoignant le Parc Güell à Barcelone, les maisons Art nouveau de Victor Horta en Belgique ou encore les anciennes aciéries de Völklingen en Allemagne.

Citation du maire du Havre, Antoine Rufenacht après l'inscription : La modernité du Havre, insufflée par Auguste Perret au lendemain de la guerre, devient désormais une composante assumée de l'identité havraise. Elle doit constituer le socle du nouveau rayonnement de la ville.

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Le Havre

Le Havre sous la neige

Le Havre est une ville portuaire du nord-ouest de la France située sur la rive droite de l'estuaire de la Seine. Ses habitants s’appellent les Havrais. Le port du Havre est le deuxième de France derrière celui de Marseille.

Administrativement, cette commune, située dans la région de Haute-Normandie, est avec Dieppe l'une des deux sous-préfectures du département de la Seine-Maritime. Le Havre est également chef-lieu de canton et siège d'un évêché. Il s'agit de la commune la plus peuplée de la Normandie, la treizième au niveau national et la deuxième plus grande sous-préfecture française après Reims. Cependant, la ville perd des habitants depuis 1975 et l'agglomération havraise se situe derrière celle de Rouen en nombre d'habitants. Le taux de chômage est relativement élevé et la zone industrialo-portuaire fournit l'essentiel des emplois du secteur privé.

L'Unesco a inscrit le centre-ville du Havre le 15 juillet 2005 au patrimoine mondial de l'humanité en raison de l'« exploitation novatrice du potentiel du béton ». Ce sont ainsi centre trente trois hectares protégés qui constituent « un exemple exceptionnel de l'architecture et de l'urbanisme de l'après-guerre », rare site contemporain inscrits au patrimoine mondial en Europe. Le musée André Malraux est le deuxième de France pour le nombre de toiles impressionnistes. La ville entend diversifier son économie en développant des infrastructures comme la cité de la mer. Enfin, Le Havre possède les clubs de football et de rugby à XV les plus anciens de France ; la vie sportive est animée par plusieurs clubs d'envergure nationale (HAC, Saint-Thomas Basket et l'équipe féminine de handball).

Le Havre a ici le sens ancien de « port ». La ville s'est d'abord appelée Franciscopolis en hommage à François Ier qui prit l'initiative de sa construction, puis Le Havre (ou Le Hable) de Grâce, ce dernier terme venant de la chapelle Notre-Dame-de-Grâce qui existait sur le site avant la fondation de la ville. Sous la Révolution française, elle fut rebaptisée « Havre-Marat ». Le Havre est également surnommé la « Porte Océane », car la cité s'ouvre sur la Manche et s'est développée grâce aux activités portuaires.

Le Havre se trouve sur la pointe sud-ouest du Pays de Caux. La ville est enserrée entre le littoral de la Manche à l'ouest l'estuaire de la Seine au sud et la côte, au nord. La Seine a longtemps marqué une frontière naturelle entre la Haute et la Basse-Normandie. Ainsi, Honfleur est, selon l'expression des Havrais, « de l'autre côté de l'eau ». Pour faire face à cette situation d'enclavement relatif, les aménagements se sont multipliés : le plus prestigieux est le Pont de Normandie qui relie les deux rives de la Seine et place Honfleur à seulement un quart d'heure du Havre. Les géographes et les décideurs ont d'ailleurs créé une nouvelle entité autour des deux rives de l'estuaire, gérée par l'agence d'urbanisme de la région du Havre et de l'estuaire de la Seine.

Le plateau de la ville haute est entaillé par des vallées et des vallons tapissés d’alluvions et de sédiments : vallon sec d'Ignauval à l'ouest, vallée de la Lézarde à l'est.

En raison de sa situation sur le littoral de la Manche, le climat du Havre est tempéré océanique. Les jours sans le moindre vent sont rares. Ils apportent les influences maritimes toute l'année. D'après les relevés de la station météorologique du Cap de la Hève (1970-1999), pendant 24 jours par an, la température descend en dessous de 0 °C, et 14 où elle s'élève au-dessus de 25 °C. La durée moyenne de l'ensoleillement annuel est de 1788 à 1 878 heures par an. Les précipitations se répartissent tout au long de l’année, avec un maximum en automne et en hiver. Les mois de juin et juillet sont marqués par quelques orages. L’un des traits caractéristiques de la région est la grande variabilité du temps, même au cours d’une journée. Les vents dominants soufflent du sud et du sud-ouest ; les tempêtes arrivent en hiver, surtout en janvier. Le record absolu pour le Pays de Caux a été enregistré le 16 octobre 1987 au Cap de la Hève : 180 km/h.

La ville a su garder des espaces verts étendus (727 hectares, soit 35 m2 par habitant) : outre plusieurs parcs en ville basse, la forêt de Montgeon est le véritable poumon de la ville. On y trouve des lacs, une serre tropicale, une volière... Elle est constituée des restes de la grande forêt qui recouvrait tout le pays de Caux pendant la Préhistoire. Elle a été acquise par la municipalité en 1902 et aménagée par Michel Bejot entre 1966 et 1971.

Le Havre est la plus grande ville du Pays de Caux et de l'estuaire de la Seine. De nombreuses personnes des communes limitrophes de Sainte-Adresse, Octeville-sur-Mer, Fontaine-la-Mallet, Montivilliers, Harfleur et Gonfreville L'Orcher viennent travailler quotidiennement au Havre. Le week-end, les Havrais fréquentent les stations balnéaires de la Côte d'Albâtre ou empruntent le Pont de Normandie pour passer quelques heures à Honfleur dans le Calvados. Les Honfleurais et les Cauchois viennent faire leurs courses dans les centres commerciaux du Havre.

En grande partie détruit pendant la Seconde Guerre mondiale, le centre ville a été reconstruit d'après les plans de l'atelier Perret, dirigé par l'architecte français Auguste Perret. Seuls l'hôtel de ville (1952-1958) et l'église Saint-Joseph (1951-1957) (107 m de hauteur) ont été conçus personnellement par Auguste Perret. Venant féliciter ce travail de reconstruction, l'UNESCO a inscrit le centre-ville du Havre le 15 juillet 2005 au patrimoine mondial de l'humanité en saluant l'« exploitation novatrice du potentiel du béton ». L'espace de 133 hectares représentant selon l'UNESCO « un exemple exceptionnel de l'architecture et de l'urbanisme de l'après-guerre » est un des rares sites contemporains inscrits en Europe, rejoignant ainsi le Parc Güell à Barcelone, les maisons Art nouveau de Victor Horta en Belgique ou encore les anciennes aciéries de Völklingen en Allemagne.

Une autre œuvre architecturale intéressante du centre-ville est celle de l'Espace Oscar Niemeyer, la Maison de la Culture du Havre, réalisée en 1982 par ce même architecte, et surnommée le Volcan, en raison de la forme du bâtiment.

Les quartiers Notre-Dame et du Perrey sont essentiellement résidentiels. Celui des Halles est l'un des pôles commerciaux de la ville. Quant au quartier Saint-François, il a été également reconstruit après 1945 mais dans un style architectural radicalement différent : les immeubles sont en briques et possèdent un toit à double pente en ardoise. C'est le quartier des restaurants.

À l'est et au nord du centre-ville reconstruit s'étendent des quartiers anciens : l'habitat, généralement en briques, date du XIXe et de la première moitié du XXe siècle et les commerces se concentrent le long de quelques rues ou sur le rond-point.

À la fin du XXe et au début du XXIe siècle, la municipalité a réorganisé le quartier des gares et l'entrée de la ville. Ainsi, la gare routière (bus, cars, taxis) a été réaménagée, elle se situe près de la gare ferroviaire (certifiée NF depuis 2005). Côté investissement privé, la société SPB a construit son siège, Novotel y a implanté un hôtel dessiné par l'architecte Jean-Paul Viguier en 2005 et Matmut a terminé la même année l'immeuble de bureaux qu'il occupera en partie. De l'autre côté du bassin se trouvent des établissements d'enseignement supérieur, les Docks Océanes et la Chambre de Commerce et d'Industrie. C'est ainsi toute l'entrée du Havre qui s'est vue transformée.

Les quartiers du sud sont liés aux activités industrielles et portuaires. On y trouve des quartiers du XIXe siècle siècle, des grands ensembles (Chicago, Les Neiges), des cités ouvrières, des PME, des entrepôts, des installations portuaires, des bassins et des infrastructures de transport. Dans les années 1990, la municipalité développe et reconvertit les quartiers sud du Havre, avec les aides européennes : transformation des docks en salle de concert (Docks Océane), d'exposition (Docks Café), en musée (ancien Musée Maritime et Portuaire, qui a fermé pour préparer son déménagement au sein de la Cité de la Mer), en casino provisoire (qui occupe définitivement depuis le 1er juin 2006 l'ancien Palais de la Bourse). La nouvelle Chambre de Commerce et d'Industrie, ainsi que le nouveau pôle médical autour de la nouvelle clinique des Ormeaux se trouvent aussi dans ces quartiers. La construction de nouveaux logements devraient favoriser la mixité sociale.

Les quartiers situés sur la côte (la falaise morte) sont résidentiels, plutôt aisés dans la partie ouest (Les Ormeaux, Rue Félix Faure) qu'à l'est (Aplemont). C'est aussi sur la côte que l'on trouve les deux forts de la ville (forts de Sainte-Adresse et de Tourneville) et le principal cimetière. Le tunnel de Jenner passe sous la côte et permet de relier la ville haute et la ville basse.

Les quartiers périphériques de la commune se sont développés dans l'après-guerre : les grands ensembles de Caucriauville, du Bois de Bléville, du Mont-Gaillard et de la Mare-rouge où se concentre une population défavorisée. En octobre 2004, l'Agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU) a signé avec la municipalité du Havre la première convention afin de financer la réhabilitation des quartiers de la banlieue. Cette convention financera plus de 340 millions d'euros pour les grands ensembles des quartiers nord, où résident environ 41 000 habitants. Cette enveloppe prolonge le budget du Grand projet de ville (GPV). Elle permettra de démolir et de reconstruire plus de 1 700 logements.

Les autres grands projets pour le IIIe millénaire : le pôle universitaire est en cours d'extension, avec la construction de logements étudiants, d'une nouvelle bibliothèque universitaire et d'un nouveau restaurant universitaire. Un casino s'est installé dans l'ancien Palais de la Bourse le 1er juin 2006. Les anciens docks doivent être transformés en lieu de commerce et de loisirs (cinémas, bowling, piscine, fosse de plongée). Dans le même quartier, la Cité de la Mer et du Développement Durable s'organisera dans la tour Jean Nouvel. Les quartiers portuaires du sud sont progressivement désenclavés et réhabilités (notamment par le Pont des Docks, enjambant le bassin Paul Vatine). Des projets de protection de l'environnement des falaises sont en cours ainsi que l'aménagement du fort de Sainte-Adresse en un jardin dans lequel les plantations de tous les continents seront présentées (notamment par le biais d'une serre tropicale).

Voici ci-dessous, l'évolution démographique de la ville du Havre classée par date de recensement de 1793 à 2007.

Le Havre a connu un essor démographique dans la seconde moitié du XIXe siècle. La saignée démographique de la Première Guerre mondiale a été compensée par l'annexion de la commune de Graville (la ville gagne 27 215 habitants entre 1911 et 1921). Pendant la Seconde Guerre mondiale, la population baisse fortement (perte de 57 149 habitants entre 1936 et 1946) en raison de l'exode et des bombardements. Puis la commune voit sa population augmenter dans l'après-guerre jusqu'en 1975. Depuis cette date, elle connaît à nouveau une baisse, particulièrement importante entre 1975 et 1982 : pendant ces années de crise industrielle, la population a en effet diminué de 18 494 personnes. La tendance s'est poursuivie dans les années 1980, quoique à un rythme moins soutenu. La politique actuelle de la municipalité, qui consiste à construire de nouveaux logements, vise à attirer de nouveaux résidents avec pour objectif de dépasser des 200 000 habitants, barre qui avait été atteinte dans les années 1960. La population de la commune du Havre était de 190 905 habitants en 1999, ce qui plaçait la ville au 12e rang des villes les plus peuplées de France et à la première place en Normandie. En 2007, l'Insee recensait 183 600 habitants pour la commune du Havre. L'unité urbaine du Havre rassemblait 248 547 habitants en 1999 (25e rang national) et l'aire urbaine du Havre rassemblait 296 773 habitants.

Avec 27 % de moins de 20 ans, la ville du Havre est relativement jeune, même si cette catégorie de la population baisse. La population étrangère est estimée à 8 208 personnes soit 4,3 % de la population, avec une tendance à la baisse. Avec les mutations économiques qui ont affecté la ville, les CSP ont fortement évolué depuis les années 1980 : entre 1982 et 1999, le nombre d'ouvriers a diminué d'environ un tiers (-10 593) ; leur part dans la population active était de 16 % en 1982, et de 12,5 % en 1999. Dans le même temps, le nombre de cadres et de professions intellectuelles a augmenté de 24,5%, ce qui s'explique en partie par la création et le développement de l'université du Havre.

La ville du Havre est une création relativement récente (elle fut fondée le 8 octobre 1517 par François Ier). Elle connut un fort essor démographique grâce au dynamisme de son port. Les bombardements de 1944 marquent une césure importante dans l'histoire de la ville et dans l'esprit de ses habitants. Aujourd'hui, les projets urbains et portuaires se multiplient pour faire face aux défis économiques et sociaux du XXIe siècle.

Quelques vestiges préhistoriques ont été exhumés dans le territoire de l'estuaire et dans la forêt de Montgeon.

Dès l'Antiquité, le trafic fluvial sur la Seine était en relation avec le dynamisme des cités de l'estuaire (port de Caracotinum, ancêtre d'Harfleur). Une voie romaine reliait sans doute Lillebonne (Juliobona) à Sainte-Adresse (Chef de Caux) et passait par le territoire actuel de la commune du Havre. Plusieurs sites archéologiques de la période romaine ont été fouillés par les archéologues dans l'agglomération actuelle. Dans une chapelle de l'abbaye de Graville, le sarcophage de sainte Honorine a été redécouvert en 1867.

Pendant le Haut Moyen Âge, le port de l'Eure (ou Leurre) existait au sud-ouest d'Harfleur, sur la rive maritime de la Seine. Il servait d'abri aux navires qui attendaient la marée permettant d'entrer dans le port d'Harfleur. Le port du Havre, quant à lui, n'existe pas encore. Au XIe siècle, le port de Honfleur est créé, sur la rive sud de l'estuaire de la Seine. Les navires trop chargés ne pouvant pas remonter la Seine, on utilise les avant-ports de Chef-de-Caux, au nord-ouest du Havre actuel, Harfleur et Leurre. L'estuaire ne compte alors que quelques hameaux de pêcheurs et d'agriculteurs : Graville, Ingouville, hameau du Lieu-de-Grâce, Saint-Denis-Chef-de-Caux (ancêtre de Sainte-Adresse), Harfleur. C'est aussi à cette époque que s'organisent les premières paroisses ( voir paroisse).

Après la guerre de Cent Ans, le renouveau économique et la croissance des échanges transatlantiques font germer le projet d'un nouveau port sur la rive nord de l'estuaire de la Seine. L'ensablement du port d'Harfleur et la crainte d'un débarquement anglais poussent le roi François Ier à fonder le port du Havre et avec lui la ville.

Valentin de Pardieu gouverneur de Gravelines, fait construire à la fin du XVIe siècle, en 1598, un fort entre Gravelines et Le Havre et fait entrer des troupes espagnoles dans la région. Une rue du Havre porte le nom « De Pardieu ».

Malgré les difficultés liées au terrain (marécages) et aux tempêtes, le port du Havre accueille ses premiers navires en octobre 1518. Le 8 octobre 1517, François Ier signe la charte de fondation de la ville dont les plans sont confiés d'abord au vice-amiral Guyon le Roy. La « grosse tour » en défend l'entrée. Les armes de la ville sont celles de François Ier : une salamandre. Le roi se déplace lui-même en août 1520 et rend perpétuels les privilèges des Havrais. La fonction militaire est aussi encouragée : Le Havre est un des points de rassemblement de la flotte française pendant les guerres. Les arsenaux se développent et des navires partent pêcher la morue à Terre-Neuve.

Le Nouveau Monde attire les aventuriers et quelques-uns partent du Havre : ainsi, Villegagnon part du Havre pour fonder une colonie au Brésil (Fort-Coligny) en 1555. Aujourd'hui encore, une place des cannibales rappelle ces liens anciens avec le Nouveau Monde. À la fin du XVIe siècle, la contrebande prend son essor et Le Havre voit arriver des produits américains comme des cuirs, du sucre et du tabac. Un des principaux acteurs de ce trafic interlope est un Havrais explorateur et cartographe, Guillaume Le Testu (1509-1573) : un quai au Havre porte toujours son nom.

En 1536, les premiers travaux de construction de la future cathédrale Notre-Dame sont entrepris par Guillaume de Marceilles. En 1541, François Ier confie le projet d'urbanisme et de fortification à l'architecte italien Girolamo Bellarmato. Celui-ci a les pleins pouvoirs et organise le quartier Saint-François selon des normes précises (plan orthogonal, hauteur des maisons limitée…).

La Réforme connaît un relatif succès en Normandie. Dès 1557, Jean Venable, libraire colporteur de Dieppe, diffuse en Pays de Caux et en Basse-Normandie, les écrits de Martin Luther et de Jean Calvin. Les premiers cultes protestants sont célébrés à partir de 1561 au Manoir de Bévilliers, résidence du seigneur de Harfleur, puis 1571 au manoir de Vitanval, résidence de Guillaume du Voesin, seigneur d'Octeville, dans la cour basse du château fort (ces deux édifices existent toujours sur les communes de Harfleur et Sainte-Adresse). Un premier temple est construit au Havre en 1600, dans le quartier de Sanvic, sur un terrain donné par la famille Godin. Il est détruit en 1685, à la révocation de l'édit de Nantes par Louis XIV, sur ordre du parlement de Rouen. La chapelle de la cour du manoir de Bévilliers est détruite en 1679 sur ordre du parlement de Paris. Il faut attendre 1787 et l'Édit de tolérance du roi Louis XVI, pour que les protestants du Havre ouvrent à nouveau une chapelle rue Percanville, dans le quartier Saint-François, dans une dépendance de la famille Eichhoff, raffineurs de sucre.

La ville est touchée par les guerres de religion : le 8 mai 1562, les réformés investissent Le Havre. Redoutant une contre-attaque des armées royales, ils se tournent vers les Anglais qui envoient des troupes : 6 000 fantassins et 300 cavaliers commandés par le comte de Warwick. Les occupants construisent le fort Warwick et quatre bastions en vertu du traité d'Hampton Court. Les troupes de Charles IX, commandées par le connétable de Montmorency, attaquent Le Havre et les Anglais sont finalement chassés (juillet 1563). Le fort Warwick est détruit sur les ordres du roi de France.

La fonction de défense du Havre est réaffirmée et la modernisation du port débute au XVIIe siècle, sur ordre du cardinal de Richelieu, gouverneur de la ville : un arsenal est aménagé, les remparts sont renforcés et une forteresse est construite : c'est ici que Mazarin fait emprisonner les princes frondeurs, Longueville, Conti et Condé. À la fin du XVIIIe siècle, la citadelle est abandonnée et n'était plus qu'une simple caserne.

Mais surtout, Le Havre affirme sa vocation maritime et internationale au cours du XVIIe siècle : la compagnie des Indes s'y installe dès 1642. On importe des produits exotiques (sucre, coton, tabac, café, et diverses épices). La traite des Noirs enrichit les négociants havrais, surtout au XVIIIe siècle. Avec 441 expéditions négrières aux 17 et 18e siècles Le Havre figure au 3ème rang des ports français ayant pratiqué le commerce triangulaire, après Nantes (1 714) et La Rochelle (449). . Cependant le commerce maritime est soumis aux relations internationales et au contexte européen : les guerres de Louis XIV et de Louis XV interrompent momentanément l'essor du Havre. Les Anglais bombardent la ville à plusieurs reprises, notamment en 1694.

En 1749, Madame de Pompadour veut voir la mer : Louis XV choisit Le Havre pour satisfaire le désir de sa maîtresse. C'est une visite ruineuse pour les finances de la ville. L'essor économique du Havre se traduit par un accroissement de sa population (20 000 habitants en 1789) mais aussi par des transformations dans le port et la ville : installation d'une manufacture de tabac dans le quartier Saint-François, expansion des chantiers navals. Lors d'une visite en 1786, Louis XVI approuve le projet d'extension de la ville : c'est François Laurent Lamandé qui se charge de multiplier par quatre la surface de la ville.

Entre 1789 et 1793, le port du Havre est le deuxième en France, après celui de Nantes. Le commerce triangulaire se poursuit jusqu'à la guerre et l'abolition de la traite. Le port reste toujours un enjeu stratégique à cause du commerce des céréales (ravitaillement de Paris) et de sa proximité avec l'ennemi britannique. L'année 1793 fut difficile pour la France comme pour Le Havre à cause de la guerre, des insurrections fédéralistes et du marasme économique. La Terreur religieuse transforme la cathédrale Notre-Dame en temple de la Raison. La ville acquiert le statut de sous-préfecture par la réforme administrative de l'An VIII. Sous l'empire, Napoléon Ier vient au Havre et ordonne la construction de forts. À cause de la guerre contre la Grande-Bretagne et du blocus continental, l'activité du port se réduit et celle des corsaires s'accroît. La population du Havre diminue jusqu'à 16 000 habitants.

L'arrêt des guerres révolutionnaires et napoléoniennes permet au commerce de reprendre normalement à mesure que s'éloigne la menace britannique. Le contexte de paix retrouvée et d'essor économique entraîne un afflux important de population. Les Havrais sont vite à l'étroit dans les murailles et de nouveaux quartiers apparaissent. Mais beaucoup d'indigents s'entassent dans le quartier insalubre de Saint-François. Les épidémies de choléra, de typhoïde et de « fièvres » font plusieurs centaines de morts dans les années 1830-1850. L'alcoolisme et la mortalité infantile font des ravages dans les classes les plus pauvres. Quant aux riches négociants havrais, ils sont très minoritaires mais leur nombre augmente ; ils se font construire de belles résidences en dehors des remparts, sur la « Côte ». Mais les fortunes construites rapidement peuvent disparaître aussi vite et provoquer des ruines retentissantes. Tout au long du XIXe siècle, l'aspect cosmopolite de la cité portuaire ne fait que se renforcer : dans les temps de prospérité maritime, la main d'œuvre du Pays de Caux est poussée vers Le Havre à cause de la crise du tissage. L'implantation d'une large communauté bretonne (10 % de la population havraise à la fin du XIXe siècle) modifie la vie culturelle du Havre. La réussite économique de la ville attire des entrepreneurs anglo-saxons et nordiques. On rencontre des Italiens, des Polonais puis des Maghrébins sur les quais et dans les usines.

La ville et son port se transforment grâce à de grands travaux d'aménagement, en partie financés par l'État, qui s'étalent tout au long du XIXe siècle, parfois interrompus par les crises politiques ou économiques. Ainsi plusieurs projets sont menés à bien comme la construction d'une bourse et du bassin du commerce dès la première moitié du siècle. L'installation progressive de l'éclairage au gaz à partir de 1836, de l'enlèvement des ordures (1844) et des égouts dénote un souci de modernisation urbaine. Au milieu du siècle, les vieux remparts sont rasés et les communes limitrophes sont annexées : par conséquent, la population de la ville du Havre augmente brusquement.

La période 1850-1914 constitue l'âge d'or du Havre ; en effet, si l'on met de côté quelques années de dépression (guerre de Sécession, guerre franco-prussienne), le commerce explose et la ville s'embellit de constructions édilitaires (grands boulevards, hôtel-de-ville, palais de justice, nouvelle bourse).

Les effets de la révolution industrielle sont de plus en plus visibles au Havre : la première drague à vapeur est utilisée en 1831. Les chantiers de construction navale se développent. Frédéric Sauvage met au point ses premières hélices au Havre en 1833. Le chemin de fer arrive en 1848 et permet de désenclaver Le Havre. Les docks sont construits à la même époque, de même que des magasins généraux. À la veille de la Première Guerre mondiale, Le Havre est le premier port européen pour le café ; il importe quelques 250 000 tonnes de coton et 100 000 tonnes de pétrole.

Le secteur industriel existe, mais reste minoritaire au XIXe siècle : les usines sont en relation avec le trafic portuaire (chantiers navals, raffineries de sucre, fabriques de cordes, etc.). Le secteur bancaire se développe, même s'il demeure largement tributaire de l'extérieur. La ville compte peu de professions libérales et de fonctionnaires. Le nombre d'écoles reste insuffisant jusque dans les années 1870.

Le port est toujours la porte de l'Amérique : il reçoit des produits tropicaux (café, coton). Le cabotage européen apporte du bois, de la houille et du blé d'Europe du Nord, du vin et de l'huile de Méditerranée. L'abolition de la traite des Noirs entraîne peu à peu une modification des trafics. Le Havre reste un point de passage pour les candidats à l'émigration vers les États-Unis. Les voyages transatlantiques deviennent importants dans la deuxième moitié du XIXe siècle. En 1913, sur les 741 000 passagers qui transitent par Le Havre, 150 000 voyagent vers les États-Unis. C'est le début de l'ère des paquebots qui feront la fierté des Havrais.

Depuis les années 1830, Le Havre est une station balnéaire fréquentée par les Parisiens. La création des bains maritimes remonte à cette époque. C'est en 1890 que le boulevard maritime est construit, dominé par la villa maritime. Le casino Marie-Christine (1912) et le palais des Régates (1906) rassemblent la bourgeoisie. La fin du XIXe siècle et la Belle époque annoncent cependant des tensions sociales exacerbées par l'inflation et le chômage. À partir de 1886, l'agitation ouvrière, que soutiennent les socialistes de plus en plus influents, secoue la ville. L'affaire Jules Durand est symptomatique de ce contexte.

Le bilan humain de la Première Guerre mondiale est lourd pour la cité : environ 6 000 morts havrais, pour la plupart des soldats partis au combat. La ville a été épargnée par les destructions massives, car le front se situait beaucoup plus au nord. Plusieurs navires ont néanmoins été torpillés par les sous-marins allemands, dans la rade du Havre. Un des faits notables de la guerre a été l'installation du gouvernement belge à Sainte-Adresse, dans la banlieue du Havre, contraint de fuir l'occupation allemande. La ville servit de base arrière pour l'Entente, notamment pour les navires de guerre britanniques.

L'entre-deux-guerres est marqué par l'arrêt de la croissance démographique, l'agitation sociale et la crise économique. Au sortir de la guerre, l'inflation ruine de nombreux rentiers. La ville est devenue largement ouvrière. Les pénuries et la vie chère provoquent la grande grève de 1922 au cours de laquelle l'état de siège est proclamé. En 1936, l'usine Bréguet du Havre est occupée par les grévistes : c'est le début du mouvement ouvrier sous le Front Populaire. Sur le plan économique, la forte croissance de la deuxième moitié du XIXe siècle semble révolue. Les ports du nord de l'Europe concurrencent sérieusement Le Havre et les grands travaux d'aménagement portuaire sont ralentis. Cependant, les importations de pétrole continuent d'augmenter et des raffineries voient le jour à l'est du Havre. La crise mondiale de 1929 et les mesures protectionnistes n'encouragent pas le développement du commerce. Seul le secteur du voyage se porte relativement bien, avec 500 000 voyageurs transportés en 1930. Le paquebot Le Normandie part pour New York en 1935. Mais rapidement se profilent les menaces de guerre et le danger nazi.

Les Allemands ont occupé Le Havre à partir du printemps 1940, avec une garnison qui a compté jusqu'à 40 000 soldats. Ils l'ont transformé en base militaire et aménagé la Festung Le Havre, ligne de casemates, blockhaus et batteries d'artillerie. Ce dispositif était intégré au mur de l'Atlantique. La rade ainsi que l'estuaire étaient minés. Les batteries des fortifications du Mont Canisy, ouvrage du Mur de l'Atlantique, étaient pointées sur le port du Havre. Pour les Havrais, la vie quotidienne fut difficile à cause des pénuries, de la censure, des bombardements et de la politique antisémite : ainsi, le maire Léon Meyer est contraint de quitter son poste à cause de ses origines juives ; de nombreux Havrais partent. La résistance havraise s'est constituée autour de plusieurs noyaux comme le groupe du lycée du Havre ou encore celui du Vagabond Bien-Aimé. Ces groupes ont participé au renseignement des Britanniques et à des actions de sabotage en vue du débarquement du 6 juin. Pendant la Seconde Guerre mondiale, Le Havre subit 132 bombardements planifiés par les Alliés ; les nazis ont également détruit les infrastructures portuaires et coulé des navires avant de quitter la ville. Mais les destructions les plus importantes surviennent les 5 et 6 septembre 1944 lorsque les Alliés bombardent le centre-ville et le port pour affaiblir l'occupant (opération Astonia). L'objectif était de faciliter le ravitaillement et la progression des troupes alliées, qui débarquées trois mois plus tôt en Basse-Normandie, se trouvaient en Belgique à cours d'approvisionnements. Le bilan des bombardements est lourd : 5 000 morts, 80 000 sinistrés, 150 hectares rasés, 12 500 immeubles détruits. Le port est détruit et quelques 350 épaves gisent au fond de l'eau.

Au printemps 1945, le Ministère de la Reconstruction et de l'Urbanisme confie le projet de reconstruction du centre-ville du Havre à l'atelier Perret. Il souhaite faire table rase des anciennes structures et appliquer les théories du classicisme structurel. Le matériau retenu pour l'édification des bâtiments est le béton et le plan général est une trame orthogonale. La ville du Havre a reçu la Légion d'honneur le 18 juillet 1949.

À partir des années 1970, les difficultés économiques sont dues à la désindustrialisation marquée par la fermeture des ACH en 1999 par exemple et aux transformations du commerce portuaire. La crise pétrolière explique aussi le marasme industriel. Le Havre est d'ailleurs resté un bastion communiste jusque dans les années 1990. Depuis, la ville s'est engagée dans un processus de reconversion et la municipalité a œuvré pour la renaissance du Havre en renforçant son image (voir les paragraphes sur l'urbanisme et l'économie).

Ces localités gardent aujourd'hui des mairies annexes.

En 2008, le conseil municipal compte 18 adjoints.

Depuis le 25 juin 1995, Antoine Rufenacht est maire du Havre, ainsi que président de la CODAH depuis 2001.

A l'élection présidentielle de 2007, la ville a porté la candidate socialiste Ségolène Royal devant son homologue UMP Nicolas Sarkozy avec respectivement 50,31% contre 49,69% des votes lors du second tour . La ville du Havre a été pendant longtemps le plus grand bastion communiste de France, qui l'a dirigée jusqu'en 1995. En 2007, la ville a élu le député communiste Daniel Paul pour un troisième mandat consécutif.

Lors du vote du budget primitif principal 2007, la section de fonctionnement présentée se montait à la somme de 257 310 000 € et la section investissement présentée se montait à 65 560 000 € (les deux équilibrés en dépenses et recettes). Entre 1995 et 2006, la taxe d'habitation a augmenté de 5,4 %, celle sur le foncier a baissé de 2,1 %.

La ville compte vingt collèges, cinq lycées d'enseignement général et dix lycées professionnels ,.

L'Université du Havre comptait 6 498 étudiants inscrits à la rentrée 2006 ; elle propose environ 120 diplômes d'État préparés par l'UFR des Sciences et Techniques, la Faculté des Affaires Internationales, l'UFR des Lettres et Sciences Humaines.

L'Institut universitaire de technologie comprend 10 départements qui préparent les étudiants à 13 licences professionnelles. Il existe en outre une antenne de l'IUFM de Rouen pour deux concours de l'enseignement (capet de technologie, CRPE professeur des écoles).

L'Institut supérieur d'études logistiques (ISEL) est une école d'ingénieurs.

L'École supérieure de commerce du Havre a été fondée en 1871 et comptait 791 étudiants en 2003-2004.

L'Institut d'études politiques de Paris a ouvert un cycle Euro-Asie depuis la rentrée 2007 au Havre.

L'École nationale de la Marine marchande (ou Hydro) forme des Officiers de Première Classe de la Marine Marchande.

Le Conservatoire à Rayonnement Départemental Arthur Honegger est fréquenté par 1 550 élèves (musique, danse et art dramatique).

L'École supérieure d'art du Havre (ESAH) propose plusieurs diplômes et prépare aux concours.

L'École nationale supérieure du pétrole et des moteurs (ENSPM) est une école d'ingénieurs spécialistes pétroliers, pétrochimistes et motoristes.

L'ITIP (Institut National des Transports Internationaux et des Ports) prépare aux métiers du transport multimodal (route, fer, air, fleuve et mer) sous toutes ses formes et aux métiers portuaires.

Saint Jo Sup est une école privée qui forme aux métiers de l'informatique, de la communication d'entreprise et au concours national de la marine marchande.

En 1974, Mgr Pailler, alors archevêque de Rouen crée le diocèse du Havre. Mgr Michel Saudreau en est le premier évêque. L'église Notre-Dame est promue cathédrale. Aujourd'hui, la commune du Havre est découpée en huit paroisses et 24 lieux de culte (églises et chapelles). Il existe plusieurs établissements monastiques (Carmel de la Transfiguration, Couvent des Franciscains, Petites Sœurs des pauvres, etc.).

Le temple protestant est bâti dans le centre-ville en 1857 par l'architecte Deconchy. Bombardé en 1941, il perd son fronton, son clocher et sa toiture. Reconstruit en 1953 par les architectes Jacques Lamy et Gérard Dupasquier, travaillant dans le cabinet Auguste Perret, c'est le seul édifice du Havre réunissant en un même bâtiment l'architecture XIXe siècle et l'architecture de l'école Perret.

Le Havre compte par ailleurs 7 églises protestantes évangéliques: l'Armée du Salut, l'Église Adventiste, l'Église Apostolique, l'Église des Assemblée de Dieu,l'Église Baptiste, l'Église de la Bonne Nouvelle et l'Église du Havre ainsi que plusieurs Églises protestantes d'origine africaine.

La ville compte également 7 lieux de culte musulman: l'association socio-culturelle des musulmans de Haute-Normandie, la mosquée En-Nour rue Paul Claudel, mosquée El Fath rue Victor Hugo, mosquée de Bellevue rue Gustave Brindeau ainsi que 3 autres salles de prières situées rue Audran, bd Jules Durant et rue Lodi.

La synagogue, située dans le centre reconstruit, avait reçu la visite du Président de la République Jacques Chirac en avril 2002.

Quant au port du Havre, il est jumelé avec celui d'Ōsaka (Japon).

Le Havre a obtenu le label « Ville d'Art et d'Histoire » en 2001.

Le Havre possède deux fleurs pour le label du Comité National des Villes et Villages Fleuris, la Clef verte pour le camping de la forêt de Montgeon (mais qui a été fermé depuis) attribuée par l'Office Française de la Fondation pour l'Éducation à l'Environnement en Europe (OFFEEE) et a été désigné en 2003 et 2004 « meilleur site Internet de France » pour le site de la ville avec le label Ville Internet @@@@@.

En 2006, Le Havre accueille la première Biennale d'Art contemporain et invite le sculpteur Jean-Pierre Raynault.

Il existe deux grands pôles culturels au Havre : l'Espace Oscar Niemeyer réunit le Grand Volcan, scène nationale de 1093 places et qui abrite le Centre chorégraphique national du Havre Haute-Normandie dirigé par Hervé Robbe ; le Petit Volcan, une salle polyvalente de 250 places qui présente des spectacles vivants ; le cinéma l'Eden de 300 places ; le Cabaret Electric un café-musiques, scène des musiques actuelles, également dans l'Espace Oscar Niemeyer. Le deuxième pôle culturel de la ville se trouve près du bassin Vauban : Docks Océane est une salle polyvalente (concerts, compétitions sportives), qui peut accueillir jusqu’à 4700 spectateurs sur 1 800 m2 ; les Docks Café sont un parc des expositions de 17 500 m2 qui sert aux salons, aux foires et aux expositions. Le théâtre de l'Hôtel de Ville est le plus grand de la ville avec 700 places. Le Petit Théâtre (450 places), le Théâtre des Bains Douches (94 places), le Théâtre Akté (60 places) ou encore Le Poulailler (salle de théâtre associative de 50 places) accueillent de nombreuses pièces chaque année. Le Centre Chorégraphique National du Havre Haute-Normandie est spécialisé dans la création et la production de spectacles de danse. D'autres spectacles et représentations sont données à la gare maritime ou au Conservatoire Arthur Honegger.

Le musée des Beaux-Arts André Malraux, construit à partir de 1955 par l'Atelier Lagneau-Weill-Dimitrijevic, a été inauguré par André Malraux en 1961 ; il a bénéficié d'une rénovation en 1998. Le bâtiment abrite des collections d'œuvres allant de la fin du Moyen Âge jusqu'au XXe siècle. Le musée est connu pour son importante collection d'impressionnistes (Eugène Boudin, Pierre-Auguste Renoir, Claude Monet) et ses toiles de Raoul Dufy. La Maison de l'armateur a été transformée en musée depuis 1990 qui présente divers objets de l'Ancien Régime et du XIXe siècle : meubles, cartes anciennes, statues, peintures. Fondé en 1881, le Muséum d'histoire naturelle siège dans un bâtiment du XVIIIe siècle. Il abrite notamment près de 8000 dessins et manuscrits naturalistes qui forment la collection Lesueur, du nom de Charles-Alexandre Lesueur. Le musée de l'abbaye de Graville donne à voir des objets du Moyen Âge et des chapiteaux. Il est également possible de visiter l'appartement-témoin, caractéristique de l'architecture Perret (1947-1950), en face de l'hôtel-de-ville. Le musée maritime et le musée de l'Ancien Havre ont fermé leurs portes en 2004-2005. Il existe enfin de nombreux lieux d'exposition dans la ville comme le SPOT, un centre d'art contemporain, des galeries d'art ; la bibliothèque municipale organise régulièrement des expositions.

La principale bibliothèque, située en centre-ville, porte le nom de l'écrivain Armand Salacrou. Elle possède des antennes de quartier. Plusieurs milliers de références sont disponibles dans les bibliothèques spécialisées de l'École Supérieure d'Art, du Musée André Malraux et du Muséum d'histoire naturelle. Des manuscrits médiévaux et des incunables sont conservés à la bibliothèque municipale. Les archives de la ville, au fort de Tourneville, possèdent des documents allant du XVIe au XXe siècle.

Quatre journaux couvrent l'agglomération havraise : Le Havre Libre, Le Havre Presse, Paris-Normandie dans son édition havraise, en collaboration avec Le Havre Presse, et Liberté-Dimanche (édition dominicale commune des trois précédents). Plusieurs magazines donnent des informations locales : Océanes (magazine municipal) et Terres d'Agglo (magazine de l'agglomération), auxquels il faut ajouter plusieurs magazines gratuits : Aux Arts (informations culturelles), Bazart (actualités culturelles), HAC Magazine (actualités du HAC). Plusieurs journaux sont également disponibles sur internet : actualités et revue de presse de la ville du Havre, Infocéane : Le Havre sur Internet, Le Havre-éclair et le portail normand de l'information économique : Drakkar On Line.

Une édition télévisée locale de France 3, France 3 Baie de Seine, est diffusée chaque soir, repris ensuite sur France 3 haute Normandie. Radio Albatros est une station locale installée dans le quartier Sanvic du Havre, émettant en FM sur la fréquence 88.2. Radio Apple Pie, Radio Vallée de la Lézarde, Résonance et RCF Le Havre sont les autres radios locales. Plusieurs radios nationales ou régionales font des décrochages pour Le Havre : informations locales sur France Bleu Haute Normandie, décrochage local de 12 à 16 heures sur Virgin radio Normandie 101,8 FM, décrochage local de 12 à 20 heures sur Nrj Le Havre 92.5 FM.

Le port du Havre et la lumière de l'estuaire de la Seine ont inspiré de nombreux peintres : dès le XVIIIe siècle, Louis-Philippe Crépin peint Le Havre, vu de la mer (musée André Malraux). Gustave Courbet (1819-1877) réalise dans la région l'une des ses premières toiles en 1841, L'Embouchure de la Seine (musée des Beaux-Arts de Lille). Parmi les pré-impressionnistes, Jean-Baptiste Corot (1796-1875) exécute Le Havre. La mer vue du haut des falaises (musée du Louvre) et Le Havre (collection Moreau-Nélaton). Adolphe-Félix Cals (1810-1880), peint une Vue du Havre. Paysage normand (musée des Beaux-Arts de Caen). Mais c'est à Eugène Boudin (1824-1898) que l'on doit de nombreuses représentations du Havre au XIXe siècle (Ciel d’orage sur l’estuaire du Havre, Crépuscule sur le Bassin du Commerce au Havre, Entrée des jetées du Havre par gros temps, Les régates au Havre, Le port du Havre, Coup de vent à Frascatti, Le Havre, Le Havre, sortie du port, etc.).

En 1872, Claude Monet (1840-1926) peint Impression, Soleil Levant au Havre, un tableau qui donna son nom au mouvement Impressionniste. En 1867-68, il réalise de nombreuses marines dans la région havraise, comme à Sainte-Adresse. Plusieurs de ses œuvres prennent pour cadre le port (Le grand quai au Havre). Camille Pissarro (1830-1903) a également marqué l'impressionnisme en Normandie avec L’anse des pilotes au Havre et l'avant-port du Havre, tous deux conservé au musée André Malraux. Maxime Maufra (1861-1918), l'un des représentants de l'école de Pont-Aven et de l'impressionnisme, figure un Transatlantique sortant du port (musée André Malraux) ou encore Le port du Havre (Maier & Co. Fine Art).

Puis vient l'école du fauvisme, dont plusieurs artistes ont fait leur formation au Havre : Othon Friesz (1879-1949), Henri de Saint-Delis (1876-1958), Raoul Dufy (1877-1953), Georges Braque (1882-1963), Raimond Lecourt (1882-1946), Albert Copieux (1885-1956), ont suivi les cours de l’École des Beaux-Arts du Havre du temps de Charles Lhuillier. Ils ont laissé de nombreuses toiles ayant pour thème la ville et le port : Raoul Dufy (Fête maritime et visite officielle au Havre, Le Casino Marie-Christine, Le yacht pavoisé au Havre, La plage du Havre, etc.), Othon Friesz (Avant-Port du Havre avec darses et l'Ile de France sortant, Le Havre - Bassin du Roy), Raimond Lecourt (Marine du Havre-Bassin du Roi). Dans la première moitié du XXe siècle, Albert Marquet (1875-1947) peint l'Avant-port du Havre, l’anse des pilotes (musée André Malraux) et une Fête foraine au Havre (musée des Beaux-Arts de Bordeaux).

Parmi les autres peintres qui ont peint Le Havre et/ou ses environs proches comme Sainte-Adresse, on peut plus particulièrement citer Bazille, Bonington, Couture, Dubuffet (école d'art de la ville), Garneray, Géricault (qui y a fait ses esquisses pour la mer du Radeau de la Méduse), Isabey, Jongkind, Millet, Picasso, Pignon, Signac, les Saint-Delis (E.A.), Stevens, Toulouse-Lautrec, Turner, Vlaminck.

Avec près de 70 films, Le Havre est l'une des villes de province les plus représentées au cinéma. Plusieurs réalisateurs ont choisi les installations portuaires pour cadre de leur film : L'Atalante de Jean Vigo (1934), Quai des Brumes de Marcel Carné (1938) ou encore Ce qu'ils imaginent d'Anne Théron (2004). Un homme marche dans la ville de Marcello Pagliero se déroule dans le port et le quartier Saint-François de l'après Seconde Guerre mondiale. La cité a également accueilli le tournage de plusieurs commédies comme Le Cerveau de Gérard Oury (1968), La Beuze de François Desagnat et de Thomas Sorriaux (2002) ou encore de Disco de Fabien Onteniente (2008). Le film de Sophie Marceau, La Disparue de Deauville sorti en 2007, comporte plusieurs scènes tournées sur le port du Havre, au centre commercial Coty et dans les rues du centre-ville.

Le Havre apparaît dans plusieurs œuvres littéraires comme un lieu de départ vers l'Amérique : au XVIIIe siècle, l'abbé Prévost fait s'embarquer Manon Lescaut et Des Grieux pour la Louisiane française. Fanny Loviot raconte son départ du Havre en 1852 comme émigrante en Californie de la Loterie des lingots d'or dans Les pirates chinois.

Au XIXe siècle, Le Havre sert de cadre à plusieurs Roman (littérature)s français : Honoré de Balzac décrit dans Modeste Mignon la faillite d'une famille de négociants havrais. Plus tard, Guy de Maupassant situe plusieurs de ses récits au Havre. Plusieurs dizaines de contes d'Alphonse Allais se déroulent au Havre ou font allusion à la ville.

Au XXe siècle, Bouville, ville où vit l'écrivain qui écrit son journal dans La Nausée (1938) de Jean-Paul Sartre s'inspire de la cité havraise où il a écrit ce premier roman. On peut lire aussi les témoignages de Raymond Queneau, né au Havre, ville servant par ailleurs de cadre à son roman Un Rude hiver (1939). L'intrigue d'Une maison soufflée aux vents d'Émile Danoën, Prix du roman populiste en 1951, se situe au Havre pendant la Seconde Guerre mondiale. Michel Leiris écrit De la littérature considérée comme une tauromachie, au Havre en décembre 1945. Sous le nom de « Port de Brume » c'est aussi Le Havre qui sert de décor à trois autres romans de cet auteur : Cerfs-volants, L'Aventure de Noël et La Queue à la pègre.

Deux romans policiers se déroulent au Havre : Le bilan Maletras de Georges Simenon et Le Crime de Rouletabille de Gaston Leroux. Dans Rouge Brésil Prix Goncourt 2001, Jean-Christophe Rufin décrit Le Havre du XVIe siècle, port de départ des expéditions françaises vers le Nouveau Monde : le héros Villegagnon part du port normand pour conquérir de nouvelles terres pour la couronne française, dans ce qui deviendra le Brésil. Martine-Marie Muller raconte la saga d'un clan de dockers du Havre des années 1950 aux années 1970 dans Quai des Amériques, (2006).

Le Havre apparaît également dans la bande dessinée : ainsi, dans L'Oreille Cassée (1937), Tintin embarque sur le Ville de Lyon au Havre, en direction de l'Amérique du Sud. La rencontre entre Tintin et le Général Alcazar dans Les 7 Boules de Cristal (1948) se fait au Havre, selon les notes d'Hergé sur les marges du Soir, premier support de parution de cette aventure. La première aventure de Ric Hochet (1963), du dessinateur Tibet et André-Paul Duchâteau, Traquenard au Havre présente le bord de mer et le port. De même, en 1967, pour l'album Rapt sur le France, le héros passe par Le Havre. Frank Le Gall, dans Novembre toute l'année (2000), fait embarquer Théodore Poussin au Havre, sur le Cap Padaran.

Le Havre a longtemps été considéré comme un berceau du rock et du blues. En effet, dans les années 1980, de nombreux groupes se sont multipliés, après un premier développement dynamique dans les années 60 et 70. L'exemple à suivre est bien évidemment Little Bob. La tradition portuaire faisait que beaucoup de ces formations répétaient dans des hangars inutilisés du port, par exemple le fameux hall Bovis qui pouvait contenir 20 000 spectateurs. Un festival de blues, impulsé par Jean-François Skrobek, Blues à Gogo a existé durant huit ans, de 1995 à 2002. Plusieurs artistes s'y sont produits comme Youssou N'Dour, Popa Chubby, Shemekia Copeland, Amadou & Mariam, Patrick Verbeke, Smokey Wilson... Il était organisé par l'association Coup d'Bleu, dont l'ancien président fut à la tête du Café-musiques L'Agora où se produisait, entre autres, la nouvelle scène havraise.

Durant ces mêmes années, la Fête de l'Humanité attirait un public nombreux, tandis que dans le même temps, la municipalité organisait « Juin dans la rue ». Il s'agissait d'une sorte festival de la musique qui animait les rues de la ville durant tout le mois de juin. On a pû voir de célèbres artistes comme Michel Fugain, Jimmy Cliff, Gilberto Gil, Johnny Clegg, le groupe Urban Sax, Eddy Mitchell, etc.

Un festival de musique électronique a eu lieu, mais n'a pas eu le succès espéré. Il n'y eut qu'une édition. En revanche, tous les étés, la tournée du plateau Ricard passe par la plage du Havre.

Actuellement, la tradition musicale se perpétue dans des écoles de musique telles que le Centre d'Expression Vocale Et Musicale (rock) ou le JUPO (dominante jazz), les associations ou des labels comme Papa's Production (la Folie Ordinaire, Mob's et Travaux, Dominique Comont...). L'organisation par le label Papa's Production du festival Ouest Park (deux éditions en 2004 et 2005 avec la venue de la Phaze, The Toasters ou encore les Caméléons), à Harfleur, en est une démonstration.

Le rap a lui aussi fait son apparition sur les scènes havraises. Après le succès de Ness&Cité, primé découverte du Printemps de Bourges 2000, d'autres formations se sont constituées : Bouchées Doubles, Médine ou encore La Boussole, collectif regroupant les membres de ces formations. La majorité de la scène rap havraise est regroupée au sein du label Din Records.

Comme toutes les villes de cette importance, Le Havre voit tourner de nombreux groupes aux styles allant du punk au rock, en passant par le metal, comme par exemple un groupe appelé tout simplement Les Havrais. Constitués de jeunes musiciens, ils sont souvent éphémères. Ils ont toutefois la possibilité de s'exprimer sur scène dans de petits endroits comme la Cafet', le Music Bar ou le pub McDaid's.

Le Havre abrite deux orchestres : l'Orchestre Symphonique Municipal, dont l'activité ne cesse de décroître depuis quelques années et l'Orchestre des Concerts André Caplet, le plus ancien orchestre havrais. Fondé en 1948, il contribua grandement à la renaissance des activités musicales du Havre d'après-guerre. Il participa le 25 septembre 2005 au concert inaugural de l'orgue à tuyaux de l'église Saint-Joseph et à sa réouverture après l'achèvement des considérables travaux de restauration de l'édifice.

Plusieurs ensembles vocaux participent à la vie musicale locale et régionale.

Enfin, à l'échelle régionale, le festival Automne en Normandie, organisé par les départements de la Seine-Maritime et de l'Eure et par la Région Haute-Normandie, propose de septembre à novembre, de nombreux concerts dans toute la région, en plus de ses représentations de théâtre et de danse. C'est le festival de tous les arts de la scène.

Bien que développée et diversifiée l'économie locale est essentiellement constituée de sites industriels de groupes internationaux et de PME sous-traitantes de ceux-ci. L'économie havraise est donc éloignée des centres de décisions qui sont localisés pour l'essentiel en région parisienne et dans les grandes métropoles économiques européennes. Cela implique une faible représentation des sièges sociaux dans la ville à l'exception de quelque réussites économiques locales comme le groupe Sidel (devenue filiale de Tetra Pak), du distributeur de Meuble Interior's et de l'armateur Delmas (racheté récemment par le groupe CMA-CGM).

Le port du Havre se place en deuxième position derrière le port de Marseille pour le volume total de marchandises, mais en première place en termes de valeur des marchandises traitées. En ce qui concerne le trafic de conteneurs, Le Havre est le premier port français et le 7e port européen avec 2 158 000 evp en 2004 (2 130 000 evp en 2006). Marseille est 17e, Rouen 40e, Nantes-Saint-Nazaire 44e. Le port a également accueilli 359 987 passagers en 2006. Le port a été développé dès le XVIe siècle (voir l'article sur l'histoire du Havre) et dispose de nombreux atouts géographiques : c'est le port le plus à l'ouest sur la Manche, la mer la plus fréquentée du globe. Port d'estuaire, il a derrière lui un hinterland peuplé et riche (agglomérations de Rouen et de Paris). Il est bien relié par un réseau dense de voies de communication : autoroutes, voie ferrée, canal, fleuve. (voir l'article transport). Le projet « Port 2000 » développe la capacité d'accueil des navires en créant de nouveaux quais dans l'estuaire de la Seine. La digue de 3,5 km est achevée depuis 2005. L'objectif est de réduire les délais d'attente des porte-conteneurs. En outre, Le Havre est le fondateur de l'Association Internationale Ville & Port qui regroupe désormais une centaine de ports sur les cinq continents. Le port reçoit plus de 34 millions de tonnes de pétrole brut chaque année et peut accueillir des super-tankers de 550 000 tpl. De plus, au milieu des années 1970, le port du Havre a été complété par celui du Havre-Antifer, situé à une trentaine de kilomètres au nord. Ce port devait accueillir les supertankers sur ses terminaux pétroliers. La Chine est le premier partenaire commercial du port ; en décembre 2006 s'est tenue la convention d'affaires industrielles « China Europa 2006 » : elle a accueilli au Havre 300 patrons européens et 200 chefs d'entreprises chinois.

Le bassin de la Citadelle abrite un petit port de pêche.

La plupart des industries se situent dans la zone industrialo-portuaire, au nord de l'estuaire et à l'est de la ville du Havre.

Le premier employeur industriel (6 300 salariés) de la région havraise est la régie Renault sur la commune de Sandouville. En 2001, elle a produit 271 267 véhicules.

Le deuxième secteur important de la zone industrielle est la pétrochimie. En effet, la région havraise concentre plus du tiers de la capacité française de raffinage. Elle assure environ 50 % de la production de plastiques de base et 80 % des additifs et des huiles ; plus de 3 500 chercheurs y travaillent en laboratoires privés et publiques. Les grandes firmes multinationales de l'industrie chimique sont présentes en Basse-Seine. Dans l'agglomération havraise, elles se situent essentiellement sur la commune de Gonfreville L'Orcher : Exxon Mobil, Total, Esso, Hoechst, Chevron Oronite SA ; mais aussi à Sandouville tel Goodyear Chemicals Europe. Au total, 28 établissements industriels fabriquent des plastiques dans la zone d'emploi du Havre.

D'autres industries sont dispersée dans l'agglomération : on peut citer la brûlerie du Havre, qui appartient à Legal-Legoût, située dans le quartier de Dollemard, qui torréfie du café.

L'entreprise Aircelle-Groupe Safran est un sous-traitant d'Airbus qui s'occupe des inverseurs de poussée et qui emploie 1 200 personnes au Havre.

Sidel, implanté à la fois dans la zone industrielle du port du Havre et à Octeville-sur-Mer conçoit et fabrique des machines de soufflage et ligne complète de remplissage de bouteille plastique.

Enfin, Dresser-Rand SA, EDF et Areva y sont présentes.

La ville a depuis longtemps de nombreuses entreprises tertiaires dont l'activité est en relation avec les activités portuaires : en premier lieu les sociétés d'armateur mais aussi les sociétés d'assurance maritime. Les sièges sociaux de Delmas (entreprise de transports et de communication, 1 200 employés) et de SPB (assurance, 500 collaborateurs) sont venus s'installer récemment à l'entrée de la ville (quai Colbert). Le secteur du transport constitue le premier secteur économique du Havre avec 15,5 % des emplois. L'activité logistique concerne une grande part de la population et l'ISEL forme des ingénieurs dans ce domaine.Depuis septembre 2007, la CCI accueille dans ces locaux les étudiants en première année du campus délocalisé Europe-Asie de l'Institut d'études politiques de Paris. Enfin, l'université du Havre accueille 6 498 étudiants et emploie 470 enseignants-chercheurs en 2006 .

Pour accompagner la reconversion industrielle, les pouvoirs locaux misent sur le développement des activités touristiques. Ainsi, Le Havre a accueilli 54 paquebots en 2004. La plage a reçu de nouveau le pavillon bleu en 2007 et le classement du centre-ville sur la liste du patrimoine de l'Humanité devrait avoir des retombées en termes de fréquentation. Au début de l'année 2007, la ville comptait 26 hôtels soit un total de 1105 chambres. Le seul camping de la ville propose 199 emplacements. Le Havre est le siège de la Chambre de commerce et d'industrie du Havre. Elle gère l'Aéroport du Havre-Octeville.

Depuis longtemps, Le Havre a exploité les atouts de sa situation littorale, mais a aussi souffert de son relatif enclavement (voir le paragraphe sur la situation en début d'article). C'est pourquoi les décideurs locaux (et parmi eux la Chambre de Commerce et d'Industrie) ont amélioré l'accessibilité de l'agglomération et du port : l'autoroute A131 (E05) relie Le Havre à l'autoroute de Normandie par le pont de Tancarville. Ainsi la ville se trouve à une heure de Rouen et deux heures de Paris. Plus récemment, l'autoroute A29 (E44) relie l'agglomération havraise au nord de la France et aboutit au Pont de Normandie.

Le réseau de chemin de fer est aussi développé : les trains Corail de la ligne Paris-Le Havre desservent les gares de Bréauté-Beuzeville, Yvetot, Rouen, Oissel, Val-de-Reuil, Gaillon-Aubevoye, Vernon, Mantes-la-Jolie et Paris Saint-Lazare. Les TER ont été modernisés. Depuis décembre 2004, une ligne TGV Duplex relie Le Havre à Marseille et dessert les gares de Rouen, Mantes-la-Jolie, Versailles-Chantiers, Massy, et Lyon Part-Dieu.

Aucune liaison ferroviaire directe ne relie Le Havre et Caen, pourtant de nombreux projets - connus sous le nom de Ligne du Sud-Ouest - consistant à relier Le Havre à la rive gauche de la Seine en aval de Rouen, près de l'estuaire du fleuve, ont été étudiés dans la deuxième moitié du XIXe siècle et au début du XXe siècle, mais aucun ne fut réalisé par manque de volonté politique et à la suite de la forte opposition des autorités portuaires rouennaises. Il faut donc passer par Rouen ou utiliser la ligne n°20 des Bus Verts ; Pont de Normandie, Honfleur, Trouville-sur-Mer, Deauville et Caen et à partir de cette dernière, tout le Calvados). Les Autocars Gris vers Étretat et Fécamp et, VTNI pour les destinations vers la vallée de la Seine et Rouen assurent la desserte inter-urbaine pour le compte du Département de la Seine-Maritime. Enfin, la compagnie AirPlus assure des navettes vers les gares et les aéroports de Paris.

Pour le transport aérien, l'agglomération dispose de l'aéroport du Havre-Octeville. Situé à 5 km au nord-ouest du Havre sur la commune d'Octeville-sur-Mer, il est géré par la CODAH. En 2007, le nombre de passagers commerciaux, les mouvements d'avions commerciaux et non commerciaux ont augmenté. Les principales destinations sont le hub de Lyon, Amsterdam et Brighton. De nombreuses destinations de vacances sont proposées chaque année (Tunisie, Baléares, Portugal, Grèce, Bulgarie etc ...) grâce aux agences de voyages locales qui affretent les avions. À Octeville se trouve également l'aéroclub Jean Maridor.

Les liaisons maritimes transmanches avec Portsmouth dans le sud de l'Angleterre grâce à P&O Ferries se sont arrêtées le 30 septembre 2005 pour être reprises par LD Lines qui en a changé la configuration. Ainsi, il n'y a plus qu'une seule rotation quotidienne, contre trois antérieurement. Une nouvelle liaison journalière pour Newhaven est en service en 2007, uniquement en été.

La ville et l'agglomération ont un réseau de transports assez dense. Ce dernier répond à une problématique de rupture entre la ville basse et la ville haute, les deux parties de la ville étant reliées par de longs boulevards, de petites routes sinueuses, de nombreux escaliers, un funiculaire et enfin le tunnel Jenner. Pendant plus de 75 ans, le Havre disposa d'un réseau de tramways parmi les plus étendus et les plus modernes de France.

Le Havre reste une des dernières grandes villes de France où la circulation automobile est relativement fluide. Les premiers problèmes apparaissent désormais aux heures de bureau car une forte proportion de travailleurs vit en dehors du Havre. Dès lors, de la sortie de la ville à la Breque (gigantesque nœud routier), le ralentissement est fort.

Un autre projet va commencer après l'installation du tramway en 2012, il s'agit de l'entrée de ville où les bouchons sont les plus fréquents. La suppression des 2 tunnels et la réalisation de carrefours à feux permettra une entrée de ville bien plus pratique. Début des travaux mi-2012 .

Il est à noter que les principaux axes de circulation sont payants pour le stationnement. Jusqu'aux débuts des années 2000, Le Havre était une ville épargnée dans ce domaine mais trois vagues successives (la dernière en janvier 2009) ont changé la donne. La municipalité possède aussi de nombreux parkings couverts, tandis que la société VINCI en possède un.

Ces infrastructures sont particulièrement fréquentées aux heures de pointe et restent incomplets voir inexistants en soirée. Les premiers problèmes de saturation commencent donc à apparaître.

La communauté d'agglomération cherche à développer l'offre de transport urbain. La solution du tramway sur rails a été retenue. Il sera en service en 2012.

Une première ligne reliera la plage à la gare, montant à la ville haute par un nouveau tunnel, proche du tunnel Jenner, pour se couper en deux : une direction vers Mont-Gaillard, une autre vers Caucriauville. Des prolongements sont déjà envisagés.

Une seconde ligne est à l'étude pour résoudre le problème de saturation de la ligne d'autobus 2 et pour une desserte des quartiers sud en plein développement.

Le Havre a longtemps été en retard au niveau des pistes cyclables. C'est l'association SABINE qui a permis de faire évoluer les mentalités au sein de la municipalité. Ce fut dans la douleur car des expériences se sont révélées être des échecs, telle celle d'une piste cyclable à double sens mal indiquée dans une rue à sens unique. Pourtant, la municipalité semble désormais réconciliée avec les deux-roues : l'été 2005 a vu fleurir de nombreux travaux d'aménagement de pistes cyclables, avec notamment un raccordement à la Voie Verte, promettant un réseau important et de qualité. Cependant nombre de kilomètres sont implantés au sein même des trottoirs et aboutissent parfois à une quasi-absence de passage pour les piétons !

Le calendrier festif de la ville du Havre est rythmé par divers événements. Au mois d'avril, un festival du livre jeunesse a été récemment créé. Au mois de mai a lieu la Fest Yves, une fête bretonne, dans le quartier Saint-François. Sur la plage du Havre et de Sainte-Adresse, se déroule un festival de jazz nommé Dixie Days en juin. En juillet, le roman policier est à l'honneur dans le salon Polar à la Plage. Ce dernier entre d'ailleurs dans le cadre des Z'Estivales, manifestation proposant de nombreux spectacles d'art de rue tout l'été. En août, c'est un corso fleuri qui défile dans les rues du centre-ville. Le premier week-end de septembre, c'est l'élément marin qui est mis en valeur lors de la Fête de la Mer. Tous les deux ans, la Transat Jacques Vabre réunit les plus grands navigateurs dans village autour du bassin Paul Vatine. La course relie Le Havre à Bahia au Brésil. Toujours en novembre est organisée la foire du Havre qui se tient dans les Docks Café. Du point de vue musical, de septembre à novembre se déroule dans toute la Normandie le festival Automne en Normandie. Depuis le 1er juin 2006, Biennale d'art contemporain organisée par le groupe Partouche.

Un nombre important de personnalités ont vu le jour au Havre : parmi les plus renommées, on trouve le naturaliste Charles Alexandre Lesueur (1778-1846), l’écrivain Raymond Queneau (1903-1976), ou plus récemment le journaliste et animateur de télévision Laurent Ruquier (né en 1963). De nombreux artistes ont participé au rayonnement du Havre et de sa région : Raoul Dufy (1877-1953), Othon Friesz (1879-1949), Raimond Lecourt (1882-1946)et Jean Dubuffet (1901-1985) sont les principaux. Le Havre est également le berceau de nombreux musiciens et compositeurs tels que Henri Woollett (1864-1936), André Caplet (1878-1925) ou Arthur Honegger (1892-1955). Deux historiens célèbres, Gabriel Monod (1844-1912) et André Siegfried (1875-1959), sont originaires de la ville. Plusieurs édifices de la Porte Océane et lieux publics rendent hommage à d’autres Havrais célèbres : l’écrivain Casimir Delavigne (1793-1843) possède une rue à son nom et une statue devant le palais du justice, aux côtés d’un autre homme de lettres, Bernardin de Saint-Pierre (1737-1814). Un centre commercial et une avenue portent le nom du Havrais René Coty (président de la République française de 1954 à 1959). Un bassin a été baptisé en l’honneur du navigateur havrais disparu en mer Paul Vatine (1957-1999). Enfin, plusieurs sportifs natifs du Havre font actuellement une carrière internationale : Jérôme Le Banner dans le kickboxing ou encore Julien Faubert dans le football.

De nombreux peintres ont vécu au Havre : Eugène Boudin (1824-1898) et Claude Monet (1840-1926) sont parmi les plus connus. Ce dernier est né à Paris puis a résidé au Havre à partir de l'âge de cinq ans. Ensuite, l’École des Beaux-Arts du Havre a formé des peintres fauves parmi lesquels Othon Friesz, Henri de Saint-Delis, Raoul Dufy, Georges Braque, Raimond Lecourt et Albert Copieux. C'est au lycée François Ier du Havre que les philosophes Jean-Paul Sartre (1905-1980) et Raymond Aron (1905-1983) ont enseigné. Quant à l'écrivain Armand Salacrou (1899-1989), il étudia dans cet établissement. Le Havre a accueilli des écrivains comme Emile Danoën (1920-1999), qui a grandi dans le quartier Saint-François, Yoland Simon (1941) ou encore Philippe Huet (1955). Enfin, plusieurs hommes politiques ont passé une partie de leur existence dans la ville : Jules Lecesne (1818-1878), Jules Siegfried (1837-1922), Augustin Normand (1839-1905), ou encore Christine Lagarde (1956), l'actuelle ministre de l'économie.

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Source : Wikipedia