Noyade

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Posté par hal 02/04/2009 @ 16:16

Tags : noyade, maladie, santé

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Noyade

Scène de noyade, extraite de la Chronique de Nuremberg

Lorsqu'on pense à une noyade, on imagine généralement que les poumons de la victime se sont remplis d'eau, ce qui a empeché la circulation du dioxygène. Pourtant, chez certains noyés, on ne retrouve pas une goutte d'eau dans les poumons.

La pénétration d'eau, même en infime quantité, dans les voies respiratoires, provoque une apnée réflexe : l'épiglotte se ferme pour protéger les voies respiratoires, empêchant de respirer même lorsque la tête se retrouve hors de l'eau. Par conséquent, l'oxygène disponible dans l'organisme diminue : on parle d'hypoxie. Les séquelles persistantes après la noyade de la victime sont fonction de l'importance de l'hypoxie et de sa durée, mais l'éventuelle présence d'eau dans les poumons cause un œdème pulmonaire traumatique. Cet œdème, ainsi que l'eau ayant pénétré, gênent les échanges gazeux au niveau de la paroi alvéolaire et maintiennent le déficit d'oxygène même si la personne respire spontanément.

Typiquement, on distingue quatre stades de la noyade (par ordre croissant de gravité) : l'aquastress, la petite hypoxie, la grande hypoxie et la noyade anoxique.

Lors d'une noyade la victime passe par 4 phases.

La 1ère phase appelée aquastress. La victime va paniquer, avoir des gestes désordonnés, et faire ce qu'on appel le bouchon. C'est à dire s'enfoncer dans l'eau puis remonter successivement.

La 2ème phase, appelée petite hypoxie. La victime commence à être épuisée, elle est toujours à la surface de l'eau, toujours consciente mais elle a déjà inhalé et/ou bu plusieurs fois de l'eau.

La 3ème phase, appelée grande hypoxie. La victime ne se maintient plus à la surface, elle est complètement épuisée. Elle a déjà inhalé beaucoup d'eau et elle est de moins en moins consciente.

Finalement la 4ème phase, appelée anoxie. La noyade dure depuis un certain moment. La victime n'est plus conscience, ne respire plus, et ne montre plus de signe d'activité cardiaque.

Les victimes ne passe pas forcément par toutes ces étapes, dans des cas extrêmes d'hydrocution, d'arrêt cardiaque ou autre, l'inconscience, l'absence de respiration et de circulation sont immédiates.

Les chutes accidentelles à l'eau (piscines privées, etc.), la surestimation de ses capacités (en mer souvent), la sous-estimation des risques sur le lieu de baignade, suite d'un accident syncopal, d'un exercice d'apnée, etc.

Apporter une vigilance constante pour les piscines privées, ne pas se surestimer, prévenir un responsable de la sécurité du lieu de baignade lors d'apnées ou bien pour les personnes sujettes à crises de spasmophilie ou d'épilepsie. Nager dans de bonnes conditions (pas de coups de pompes, etc.) ne pas jouer avec les jeunes enfants dans une eau trop profonde. Un nageur solitaire peut prévoir un sucre dans une pochette plastique, pour faire passer une crampe éventuelle.

Le sauveteur d'une personne en proie à la panique risque de se faire agripper et entraîner sous l'eau. Quand c'est possible, il vaut mieux tendre une perche, lancer une corde ou une bouée que de s'exposer soi-même.

Les personnes qualifiées pour la pratique des gestes de premiers secours pourront commencer par les appliquer. Pour tous, prévenir les secours au plus tôt (en France : sapeur-pompiers, SAMU, secours en mer). Voir aussi le personnel qualifié en mer, en piscine ou sur des plans d'eau surveillés (BNSSA, BEESAN).

La noyade fut utilisée comme moyen rapide et économique pour tuer les condamnés. Le cas le plus fréquemment cité est celui des noyades de Nantes, ordonnées par Jean-Baptiste Carrier, pour vider les prisons des Vendéens qui s'y trouvaient. Ceux-ci étaient conduits au bord de la Loire, et, après avoir été dépouillés de leurs vêtements, étaient embarqués dans des barges que les bourreaux remorquaient avec des barques jusqu'au centre du fleuve. Là, les barges étaient coulées avec les condamnés, et les bourreaux achevaient à coup de sabre ceux qui cherchaient à nager.

Parfois, pour s'amuser, les bourreaux pratiquaient le « mariage républicain », où un homme et une femme, attachés ensemble face à face, étaient ainsi précipités dans le fleuve.

Carrier avait baptisé la Loire la « baignoire républicaine ».

La noyade était également un mode d'exécution classique à Venise, où elle se pratiquait le plus souvent de nuit, les condamnés étant transférés déjà à l'intérieur d'un sac lesté des prisons à une embarcation qui allait les jeter à l'eau dans le Rio degli Orfani, canal où la péche était strictement interdite.

Ce supplice se pratiquait aussi à Constantinople sous la période ottomane pendant laquelle notamment les femmes adultères du harem étaient jetée à l'eau dans le Bosphore une pierre autour du cou.

La noyade fut aussi utilisée dans les procès de sorcellerie. Une sorcière étant plus légère que l'eau, selon la légende, on lui attachait les pieds et les mains ensemble, puis on la précipitait dans l'eau. Si elle flottait, on avait affaire à une sorcière, qui était aussitôt conduite au bûcher. Si elle se noyait, elle mourait.

La noyade fut aussi naturellement le moyen utilisé par les pirates pour se débarrasser des survivants des navires arraisonnés, lorsqu'ils ne présentaient aucune valeur d'otage. Soit ils étaient précipités à la mer, lorsque le navire était conservé par les pirates, soit ils étaient noyés avec leur bâtiment.

Ajoutons enfin la brasse sicilienne, mode d'exécution extrajudiciaire de la "mafia" et qui consiste à jeter à la mer les condamnés les pieds prisonniers dans un seau de ciment à prise rapide.

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Noyades de Nantes

Les noyades de Nantes en 1793, peinture de Joseph Aubert, 1882

Les noyades à Nantes sont un épisode de la Terreur qui a eu lieu entre novembre 1793 et janvier 1794 à Nantes. Pendant cette brève période, des milliers de personnes, suspects aux yeux de la République, notamment des personnes d'Église, ont été noyées dans la Loire sur ordre de Jean-Baptiste Carrier. Des milliers d'hommes, de femmes, d’enfants meurent ainsi dans ce que Carrier appelle la « baignoire nationale ».

Nantes était assiégée par tous les fléaux qu'une guerre civile entraîne. Les menaces épidémiques et les difficultés alimentaires ne sont pas niables. Nourrir plus de dix mille prisonniers représente une charge presque insupportable pour Nantes. Jean-Baptiste Carrier voulait ravitailler d'abord l'armée et ensuite pourvoir la ville.

La crainte de l'épidémie a beaucoup joué dans la décision d'isoler les détenus à la prison de l'Entrepôt des cafés puis sur des navires mouillés dans le port ; elle a incité à vider les prisons du centre-ville. Les pertes enregistrées dans le personnel de surveillance, le corps médical, les infirmiers, les juges même, ont pu semer l'effroi chez les responsables nantais et les inciter à tout faire plutôt que de périr de la maladie répandue par les vaincus quitte à les massacrer.

Le 4 décembre 1793 au soir, Jean-Baptiste Carrier, les membres principaux du Comité révolutionnaire de Nantes, François Louis Phelippes-Tronjolly et ses collègues, Julien Minée pour le département, Renard pour la municipalité, des représentants de Vincent-la-montagne, se réunissent. Ils décident de constituer un jury chargé de dresser une liste de proscrits. Le 5 décembre 1793 plus de trois cents noms seront couchés sur le papier. Il ne reste plus qu'à ordonner l'exécution. Pour cela, Carrier imagine un procédé radical qu’il appelle la déportation verticale : au lieu de les envoyer vers des îles lointaines, il fait embarquer les condamnés sur des barques à fond plat qui sont coulées au milieu de la Loire, au niveau de Chantenay. Les exécutions ont lieu de nuit pour plus de discrétion, mais les corps flottent ensuite en surface pendant des jours. Ce ne sont plus exécutions mais massacres qui laissèrent des traces d'horreur dans la mémoire de tous à l'époque.

Les premières noyades commises sont celles des prêtres réfractaires, cent soixante environ, condamnés à la déportation. Dans la nuit du 16-17 novembre 1793 (26-27 brumaire an II), Guillaume Lamberty et ses hommes passent à l'exécution, quatre-vingt-dix prêtres sont noyés. En réalité, ce carnage compte trois survivants. Repêchés par les marins d'un navire de guerre, l' Imposant, ils sont remis aux autorités de la ville. Ramenés sur la galiote, ils périssent lors de la seconde noyade de prêtres. Plusieurs cadavres de prêtres viennent s'échouer sur les berges du fleuve.

Un seul prêtre survécut à ce massacre, l'abbé Landeau. Excellent nageur, il réussit à s'enfuir du bateau et nagea entre deux eaux jusqu'à la rive de la Loire.

La seconde noyade de prêtres est encore le fait de Guillaume Lamberty. Plusieurs hommes de la compagnie Marat conduits par Foucauld détroussent méthodiquement les cinquante huit prêtres arrivés d'Angers. Les prêtres sont transférés sur une gabare spécialement aménagée et emmenés loin du port, à l'entrée de l'estuaire où il est procédé à leur submersion. Cette fois il n'y a aucun survivant.

La troisième noyade, dite du Bouffay, est aussi bien connue, sinon mieux, que les deux précédentes. Elle a coûté la vie à cent vingt-neuf détenus, dans la nuit du 14-15 décembre 1793 (24-25 frimaire an II). Menés par Jean-Jacques Goullin et Michel Moreau-Grandmaison, les "Marat" gagnent la prison du Bouffay, la plupart sont ivres. Ils ne sont plus tout à fait en état de consulter leurs listes, et procèdent au hasard, raflant les prisonniers dans leurs cellules, puis les attachant deux par deux à une pierre après les avoir dépouillés de leurs objets personnels et de leur argent. Embarqués sur une sapine, les suppliciés sont dirigés vers l'aval et l'embarcation coulée un peu plus loin que Trentemoult, au bout de l'île Cheviré.

Les noyades suivantes posent plus de problèmes à l'historien. Leur nombre, leur importance, les circonstances exactes, tout prête à controverse. C'est à propos de ces noyades qu'ont circulé diverses affabulations, dont celles des "navires à soupapes", des "mariages républicains" et des noyades systématiques d'enfants. Jean-Baptiste Carrier aurait ordonné d'accoupler homme et femme, curé et sœur surtout, et de les ligoter dans des postures obscènes avant de les jeter dans la Loire. Il aurait qualifié ces atrocités de "mariages républicains".

La noyade du 23 décembre 1793 (3 nivôse an II) est attestée de trois façons, au moins, deux témoignages très sûrs et confirmés. Pierre Robin, Fouquet et d'autres chargèrent environ huit cents individus de tout âge et de tout sexe sur deux bateaux, qui furent conduits vis-à-vis de Chantenay et furent noyés.

Du 29 décembre 1793 (9 nivôse an II) au 18 janvier 1794 (29 nivôse an II) ce furent les "noyades des galiotes", des navires hollandais restés à Nantes par suite du blocus et qu'on déplaça pour la circonstance vers la prison de l'Entrepôt des cafés. Impossible de dire s'il y eut deux ou trois expéditions. À chaque fois, deux cents à trois cents victimes, hommes, femmes et enfants mêlés. Il semble que l'ultime noyade organisée sous la direction de Carrier, destinée à vider la prison de l'Entrepôt des cafés, ait été perpétrée dans la nuit du 29 au 30 janvier 1794 (10-11 nivôse an II) et ait concerné quatre cents détenus environ.

L'ultime noyade eut lieu le 9 ventôse de l'an II (27 février 1794). Selon des pièces officielles lues à la Convention, le 21 vendémiaire de l'an III (12 octobre 1794), cette dernière noyade fut ordonnée par l'Adjudant-Général Lefebvre et aurait provoqué la mort de 41 personnes: 2 hommes, dont un vieillard aveugle de 78 ans, 12 femmes, 12 filles et 15 enfants, dont 10 de 6 à 10 ans et 5 enfants à la mamelle. L'opération eut lieu dans la baie de Bourgneuf.

Il est impossible de déterminer le nombre exact des victimes des noyades collectives. Pour Alfred Lallie, elles furent 4 860 (ce chiffre fut repris par Hippolyte Taine et Reynald Secher), pour Jean-Clément Martin environ 4000, pour Gaston Martin environ 1 800 , pour Fouquet 9 000, pour Mellinet 3 500.

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Opération Condor

L'opération Condor (en espagnol : Operación Cóndor) est le nom donné à une campagne d'assassinats et de lutte anti-guerilla conduite conjointement par les services secrets du Chili, de l'Argentine, de la Bolivie, du Brésil, du Paraguay et de l'Uruguay au milieu des années 1970. Les dictatures militaires alors en place en Amérique latine — dirigées à Santiago par Pinochet, à Asunción par Stroessner, à Buenos Aires par Videla, à Montevideo par Bordaberry, à Sucre par Banzer et à Brasilia par Geisel —, ont envoyé des agents secrets poursuivre et assassiner les dissidents politiques jusqu'en Europe (France, Italie, Portugal, Espagne...) et aux États-Unis (phase 3 de l'opération Condor, qui culmina avec l'assassinat de l'ancien ministre d'Allende, Orlando Letelier, en septembre 1976 en plein Washington D.C.). Diverses techniques de terreur étaient employées par les services secrets, allant de la noyade jusqu'à la transmission d'enregistrements sonores de cris de proches torturés aux « vols de la mort » au-dessus du Rio de la Plata. La terreur d'État visait explicitement les « guérilleros terroristes gauchistes » (Tupamaros en Uruguay, Mouvement de la gauche révolutionnaire (MIR) au Chili, Montoneros en Argentine, etc.) au nom de la dite « doctrine de sécurité nationale », bien qu'elle ait en réalité touché n'importe quel « dissident potentiel » ainsi que leurs proches (famille et amis). L'État argentin a d'ailleurs cherché à justifier les actes de terrorisme commis au début des années 1980 en invoquant la « théorie des deux démons », qui mettait sur un pied d'équivalence les crimes commis par les juntes militaires et leurs escadrons de la mort et l'action révolutionnaire des groupes armés de gauche.

Au début des années 1970, la Bolivie, le Chili, l'Uruguay, et l'Argentine deviennent des dictatures militaires, alors que le Brésil et le Paraguay subissent déjà des régimes autoritaires depuis des années.

À la même époque, les théories marxistes reçoivent un écho de plus en plus favorable dans le sous-continent.

Le plan a d'abord concerné le Chili, l'Argentine, l'Uruguay, le Paraguay, la Bolivie et le Brésil. La première grande opération a lieu le 16 mai 1975 avec l'arrestation au Paraguay de deux membres de la Junte de coordination révolutionnaire : Amilcar Santucho et Jorge Fuentes. Durant l'été, 119 militants chiliens du MIR sont tués par un escadron de la mort : l'« Alliance Anticommuniste Argentine » (ou Triple A). La presse de l'époque présente le massacre comme un affrontement entre des factions d'extrême gauche, en réalité les exécutions étaient planifiées depuis le mois de mai sous le nom d'« Opération Colombo ». Quelques années avant ces vastes opérations, la répression organisée avait déjà permis au gouvernement brésilien, en 1972, de démonter une organisation révolutionnaire : le MR-8 (Mouvement révolutionnaire du 8 octobre) dont la plupart des membres ont disparu. Ceux ayant pu s'enfuir ont ensuite été traqués dans toute l'Amérique latine.

Le 25 novembre 1975, une réunion des responsables de la police secrète des différents pays officialise le Plan Condor.

L'ancien sénateur Zelmar Michellini et l'ancien président de la chambre des députés d'Uruguay Hector Jose Gutierrez sont retrouvés morts le 22 mai 1976 à Buenos Aires, le corps de l'ex-président de la Bolivie Juan José Torres est retrouvé quatre jours plus tard dans les environs. Le 21 septembre 1976, Orlando Letelier, ancien ministre de Salvador Allende est assassiné à Washington lors d'un attentat à la bombe commis par Michael Townley. En décembre 1976, c'est l'abandon des missions d'assassinat à l'extérieur du sous-continent sud-américain, dites également de « phase trois ».

Après le massacre de Ezeiza le jour du retour du général Peron en Argentine puis le coup d'État militaire, la junte de Buenos Aires, d'abord dirigée par Isabel Peron puis par Jorge Videla, participe aux opérations avec Santiago. Selon un câble de la DINA publié par les National Security Archive lors de la commémoration des trente ans de la dictature, le bataillon secret de police 601 comptait « 22 000 personnes mortes ou disparues, depuis 1975 à la date présente  ». Comme des milliers d'autres « desaparecidos », les Uruguayens Jorge Zaffaroni et Maria Emilia Islas de Zaffaroni, peut-être membres des Tupamaros, disparaissaient à Buenos Aires le 29 septembre 1976, kidnappés par le bataillon 601 qui les remet à l'OCOAS (Organismo Coordinador de Operaciones Anti-Subversivas, l'Organe de coordination des opérations anti-subversives) uruguayen. D'autres rapports rendus publics à la même occasion prouvent l'existence d'opérations visant à anéantir le groupe de résistants uruguayens OPR-33 à travers l'Opération Condor. Ils montrent que depuis mai 1976, la police secrète de Montevideo surveille des douzaines de guerilleros membres de l'OPR-33 et basés à Buenos Aires. Selon un câble de la DIA états-unienne de la mi-septembre 1976, une délégation de généraux argentins se rend alors à Montevideo pour coordonner les opérations entre les deux régimes. Un autre câble de la DIA, daté d'octobre 1976, signale que par une opération conjointe la SIDE argentine et la police uruguayenne ont détruit l'OPR-33.

En 1978, l'Équateur et le Pérou se joignent à la coalition. En juin 1980 a lieu la dernière opération connue du plan Condor avec l'arrestation de militants Montoneros au Pérou.

Le plan Condor a été une étape très importante dans l'évolution des méthodes de répression et de lutte anti-subversion. L'un des aspects les plus novateurs est le secret entourant l'opération : la répression s'est organisée dans une discrétion absolue, aucune information ne devait filtrer des camps de rétention ou des lieux de tortures, les victimes étaient le plus souvent achevées et leurs dépouilles éliminées, par exemple en les jetant à la mer ou en les brûlant. On parle de desaparición forzada (disparition forcée).

Un autre aspect important de l'opération est la coopération régionale entre plusieurs États et la mise en place d'actions extérieures jusqu'en Europe. Environ cinq cents enfants, généralement nés en captivité, ont été enlevés à leurs parents pour être confiés à des couples stériles, politiquement proches du pouvoir.

La question de l'implication d'États non sud-américains dans cette opération fait l'objet de controverses. Elles touchent notamment la question du niveau d'implication des États-Unis, et de la France.

Le journaliste Christopher Hitchens soutient seul que les États-Unis ont été complices de l'Opération Condor. Pour la journaliste Marie-Monique Robin, Kissinger savait et n'a rien fait . Dans le cadre d'une politique internationale anti-communiste, Henry Kissinger, secrétaire d'État dans l'administration Nixon, a été étroitement impliqué dans les relations diplomatiques avec les gouvernements de l'époque. Le New York Times a publié le 6 mars 2001 un câble de la CIA daté de 1978, envoyé par l'ambassadeur américain au Paraguay, Robert White, qui révèle la mise à disposition de facilités de communications aux chefs de services d'espionnage d'Amérique latine, qui se trouvaient collaborer sur Condor. Selon la National Security Archive, la communication publiée par le NYT « suggère » un rôle des États-Unis dans le plan Condor. Pour les historiens Peter Kornbluh et J. Patrice McSherry, qui essaient d'établir depuis longtemps l'implication américaine, le document soulève des questions sur la connaissance et le rôle des États-Unis dans Condor, et offre un nouvel indice d'une collaboration secrète des États-Unis à Condor. J. Patrice McSherry soutient que Kissinger a donné en 1976, au cours d'une série de rencontres avec les pays concernés par l'Opération Condor, « carte blanche » à leurs équipes dirigeantes.

Le chef de la DINA, Manuel Contreras, a reçu de l'argent en au moins une occasion de la part de la CIA, laquelle prétend que ce versement était une erreur. D'autre part, dans un cas au moins, des fonctionnaires américains en poste en Argentine ont aidé les services argentins à interroger des opposants au Paraguay, aidés par la police paraguayenne. Ils ont transmis ensuite les informations recueillies lors de l'interrogatoire aux services chiliens.

La France pourrait également avoir une responsabilité dans l'exportation des techniques de guerre subversive utilisées pendant la guerre d'Algérie. De nombreux anciens membres de l'OAS ont trouvé refuge en Amérique latine. Comme l'a reconnu Pierre Messmer alors ministre des Armées, le gouvernement français a mis en place de 1959 à 1981 une mission militaire française permanente à Buenos Aires qui fournissait des conseillers aux troupes argentines. Des contacts ont également pu exister avec d'autres pays : le général Paul Aussaresses a ainsi été attaché militaire au Brésil en 1973.

Lors de son voyage au Chili en février 2004, Dominique de Villepin, alors ministre des Affaires étrangères, nie toute coopération entre la France et les dictatures latino-américaines .

S'appuyant sur ce même documentaire, l’amiral argentin Luis Maria Mendia, idéologue des « vols de la mort » lors de la « sale guerre » menée par la dictature argentine de 1976 à 1983, a demandé en janvier 2007, au cours de son procès pour crimes contre l’humanité, à l'ex-président Valéry Giscard d’Estaing, à l’ancien premier ministre Pierre Messmer, à l’ex-ambassadrice à Buenos Aires François de la Gorce et à tous les officiels en place à l’ambassade de Buenos Aires entre 1976 et 1983 de comparaître devant la cour en tant que témoins. Alfredo Astiz, l’ « ange de la mort », avait émis une requête similaire lors de son procès ,,.

En Argentine, le mouvement des mères de la place de Mai manifeste tous les jeudis à Buenos Aires depuis 1977 pour obtenir justice.

Excepté en Argentine et au Paraguay, lors du retour de ces pays à la démocratie, dans les années 1980 les anciens militaires ont fait voter des lois d'amnistie. L'amnistie d'Augusto Pinochet a été annulée le 2 décembre 2004 par la cour suprême du Chili, qui a finalement mis fin aux poursuites engagées le 15 septembre 2005. Pinochet a été ensuite mis en examen pour évasion fiscale, enrichissement illicite, malversation de fonds publics et falsification de documents, mais les poursuites contre lui se sont éteintes avec sa mort, le 10 décembre 2006.

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Pavel Urysohn

Le mathématicien Urysohn, décédé prématurément.

Pavel Samouilovitch Urysohn (en russe : Павел Самуилович Урысон), né le 3 février 1898 à Odessa (Ukraine actuelle) et mort le 17 août 1924 à Batz-sur-Mer (France), est un mathématicien russe connu pour ses travaux sur les dimensions et sur la topologie. L'essentiel de ses travaux a été publié à titre posthume, grâce aux efforts de son ami Pavel Aleksandrov et de Luitzen Egbertus Jan Brouwer (qu'il avait rencontré peu avant sa mort).

Urysohn étudie à l'Université de Moscou de 1915 à 1921, puis en tant que professeur assistant de 1921 à 1924. Il meurt par noyade le long des côtes de Bretagne en France.

Un résultat important de topologie, le lemme d'Urysohn, porte son nom.

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Caribou des bois

Un caribou

Le caribou des bois (Rangifer tarandus caribou) est une sous-espèce du caribou vivant dans des forêts boréale de l'est de l'Amérique du Nord. Le caribou des bois se présente en trois écotypes, forestier, toundrique et montagnard. La population toundrique est la seule à présenter un comportement migratoire.

L'écotype toundrique du Nord du Québec et du Labrador vivent dans deux grandes hardes, celle de la rivière aux Feuilles, de 628 000 individus et celle de la rivière George, de 385 000 individus. Les caribous traversent plus de 2 000 km par année dans une zone d’environ un million de kilomètres carrés s’étendant de la Baie James jusqu’aux monts Torngat, du Labrador. Certains caribous peuvent parcourir 6 000 km dans une seule année.

La population de ces caribous migratoires subit des variations importantes, pour des raisons inconnues, et elle a atteint des sommets vers la fin de chacun des 18e, 19e et 20e siècles. Le dernier déclin, qui a commencé vers 1900, a entraîné dans la misère les Inuits et Cris du Nunavik, Québec, qui dépendaient de la chasse pour leur subsistance. Vers 1955, il y avait à peine 5 000 caribous des bois dans le Nord du Québec et au Labrador.

La harde de la rivière George, forte d’environ 800 000 membres en 1991, avait 385 000 individus en 2001. Pendant la même période, la harde de la rivière aux Feuilles est passée de 270 000 membres à 628 000. Une petite population de caribous des bois à comportement migratoire vit dans le Nord de l’Ontario, sur les plaines allongeant la baie d’Hudson.

Les 29 et 30 septembre 1984, à 150 km au sud du village inuit de Kuujjuaq, Québec, environ 10 000 caribous (1,5 pour cent de la harde de la rivière George) se noient lors d’une traversée à la chute du Calcaire de la rivière Caniapiscau, un affluent du fleuve Koksoak. Bien que les caribous traversent les rivières et lacs septentrionaux et peuvent nager jusqu’à 10 km, les eaux glaciales de la région font régulièrement des victimes pendant la période des migrations, entraînant jusqu'à 200 caribous dans la mort lors de certains évènements. Dès l’annonce de l’accident, des observateurs questionnaient la gestion du nouveau réservoir sur le cours supérieur de la rivière Canisapiscau, à quelque 450 km en amont, et spécifiquement les décisions prises dans les jours suivant les pluies diluviennes à la fin de septembre 1984. Le réservoir Caniapiscau, qui fait partie du Complexe La Grande, sert à détourner les eaux de la Caniapiscau, qui coulent vers le Nord, vers le bassin versant de la Grande Rivière de la baie James.

Après une enquête, le ministère québécois des Loisirs, de la Chasse et des Pêches, qui employait le biologiste qui a découvert les caribous noyés le 30 septembre, a conclu qu’un plus grand nombre de caribous auraient péri en l'absence du nouveau réservoir car le débit à la chute du Calcaire aurait été encore plus important.

Mais dans une courte et percutante analyse de l’accident, le Secrétariat des activités gouvernementales en milieu amérindien et inuit (SIGMAI) a suggéré que la harde de la rivière George, alors en pleine expansion démographique, se serait habituée à une rivière Caniapiscau amputée depuis 1981 d’environ 40% de son débit naturel, c’est-à-dire depuis le début du remplissage du réservoir. Le SIGMAI suggère que les caribous auraient été surpris par le débit accru de la Caniapiscau après l’ouverture du déversoir Duplanter et la restauration partielle de son débit naturel vers la mi-septembre 1984, après le remplissage complet du réservoir. Étant donné que le Complexe La Grande ne pouvait turbiner de l’eau additionnelle, le trop-plein du réservoir était retourné dans le lit de la rivière Caniapiscau. Selon Hydro-Québec, tout apport supplémentaire d’eau dans le Complexe La Grande aurait été dirigée vers les déversoirs d’urgence des réservoirs pendant plusieurs mois, endommageant des équipements conçus pour une utilisation de courte durée lors des événements climatiques exceptionnels.

Le SIGMAI a donc critiqué la Société d'énergie de la Baie James, une filière d’Hydro-Québec, qui venait de construire le réservoir, pour ne pas avoir préparé un plan de gestion qui aurait protégé les caribous des crues lors des pluies exceptionnelles ou du dégel printanier, notamment au cas où le trop plein du réservoir devait être retourné dans la rivière Caniapiscau dans les années suivant sa construction. C’était une idée innovatrice à l’époque, car aucun spécialiste de la faune n’avait envisagé un tel accident. Le plan de gestion du réservoir tenait compte de plusieurs facteurs environnementaux, mais les caribous n’y figuraient pas.

Le ministère des Loisirs, de la Chasse et de la Faune du Québec indiquait qu’une meilleure gestion du niveau d'eau du réservoir et des deux déversoirs, qui acheminent les eaux vers les bassins versants de la Grande Rivière et de la Caniapiscau, aurait pu éviter ou atténuer l’accident. Le SIGMAI a donc recommandé que le niveau d'eau du réservoir soit abaissé d’environ 50 cm à la fin de l’été afin d’éviter tout besoin d'ouvrir le déversoir vers la rivière Caniapiscau lors des pluies exceptionnelles pendant la saison des migrations des caribous. Évidemment, cela est aujourd'hui une question théorique car les eaux de la Caniapiscau sont complètement détournées vers la Grande Rivière depuis 1985. De plus, une clôture a été installée près de la chute du Calcaire dans le but d’éloigner les caribous de la zone la plus dangereuse.

Dans son roman de 1989, Le Royaume du Nord: Maudits Sauvages, l'écrivain français Bernard Clavel fait référence à une noyade de 20 000 caribous dans un Nord du Québec habité par une nation amérindienne fictive, les Wabamahigans.

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Toboggan aquatique

Toboggan aquatique en Allemagne.

Un toboggan aquatique, appelé glissade d'eau au Canada, est un type de toboggan dont la forme est conçue pour être utilisée avec de l'eau. Le parcours est constamment alimenté par un système de pompe, permettant de simplement humidifier la surface ou de créer un réel courant. Les personnes peuvent l'utiliser comme un toboggan classique, ou avec des éléments servant d'embarcations (bouées, canots, tapis, etc.) Les frottements étant réduits par la poussée de l'eau, de tels éléments glissent sans accrocs.

Les toboggans aquatiques sont placés, le plus souvent, de manière à ce que la fin du parcours se fasse dans un bassin. Certains ont une plateforme de freinage plate et droite en fin de parcours (ce type d'arrivée est de plus en plus utilisé car évitant les risques d'accident par noyade).

Ces toboggans prennent la forme de tubes, comme leur nom l'indique. Ils peuvent également se présenter sous forme de demis-tubes, ou encore, alterner les deux éléments durant le parcours. Ces toboggans ont la particularité de pouvoir aisément accueillir plusieurs courbes, et ce sans risque de voir les personnes passer par dessus les glissières. Selon leurs tracés, ces toboggans peuvent s'avérer aussi doux et familiaux qu'intenses et rapides. Pour des raisons de sécurité, ces toboggans sont généralement utilisés en position allongée sur le dos, avec les bras croisés sur le torse.

Certains toboggans sont conçus pour être descendus en radeau. Ce sont généralement des attractions très familiales, permettant notamment de faire descendre en même temps plusieurs personnes. Certaines bouées peuvent contenir jusqu'à 8 personnes.

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Source : Wikipedia