Nick Drake

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Posté par marvin 05/03/2009 @ 05:08

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Nick Drake

La pierre tombale de Nick Drake porte l'épitaphe « Now we rise / And we are everywhere », extrait des paroles de From the Morning, la dernière chanson de Pink Moon, son dernier album.

Nick Drake (19 juin 1948 – 25 novembre 1974) est un auteur-compositeur-interprète et musicien britannique principalement connu pour ses chansons acoustiques et automnales. Son instrument principal est la guitare, mais il joue également du piano, de la clarinette et du saxophone. Si elles ne parviennent pas à toucher un public important de son vivant, les œuvres de Drake ont acquis une considération de plus en plus importante au fil des années, au point qu'il est aujourd'hui considéré comme l'un des auteurs-compositeurs les plus influents de la seconde moitié du XXe siècle,,.

Drake signe chez Island Records à l'âge de vingt ans. Son premier album, Five Leaves Left, sort en 1969, suivi de deux autres, mais leurs ventes sont très faibles, insuccès qu'accentue la réticence de Drake à jouer en concert ou à être interviewé. Malgré cela, plusieurs personnes enthousiastes se rassemblent autour de lui pour promouvoir sa musique, notamment son manager Joe Boyd.

Toute sa vie durant, Drake souffre de dépression et d'insomnie, des éléments qui se reflètent souvent dans ses paroles. Après son troisième album, Pink Moon (1972), il abandonne concerts et enregistrements et se retire chez ses parents, dans la campagne du Warwickshire. Le 25 novembre 1974, il meurt d'une surdose d'amitriptyline, un antidépresseur, à l'âge de 26 ans.

Un intérêt faible pour sa musique persiste durant le reste des années 1970, mais ce n'est qu'avec la parution du coffret Fruit Tree, en 1979, que sa musique commence à être redécouverte. Des musiciens comme Robert Smith et Peter Buck évoquent son influence dans les années 1980. En 1985, Life in a Northern Town de The Dream Academy, chanson dédiée à Drake, se classe en tête des hit-parades britannique et américain. Au début des années 1990, il commence à représenter l'archétype du musicien « romantique maudit » dans la presse musicale britannique, et il est fréquemment cité par des artistes comme Kate Bush, Paul Weller et The Black Crowes.

La première biographie de Nick Drake paraît en 1997, suivie du documentaire A Stranger Among Us l'année suivante. En 2000, Volkswagen utilise la chanson Pink Moon dans une publicité télévisée, et les ventes des albums de Drake connaissent une explosion remarquable.

Nicholas Rodney Drake naît le 19 juin 1948 dans une famille de la haute bourgeoisie britannique vivant à Rangoon, en Birmanie. Son père Rodney (1908-1988) s'y est installé dans les années 1930 pour travailler dans la Bombay Burmah Trading Corporation. En 1934, il rencontre la fille d'un vétéran de l'Indian Civil Service, Mary Lloyd (1916-1993), appelée « Molly » par sa famille. Rodney la demande en mariage en 1936, mais ils doivent attendre encore une année pour que sa famille autorise Molly à l'épouser. En 1950, ils rentrent dans le Warwickshire et s'installent dans le domaine de Far Leys.

Nick Drake a une sœur aînée, l'actrice Gabrielle Drake. Leurs parents apprécient la musique, et en écrivent tous deux. Des chansons écrites par Molly ont notamment fait surface après sa mort, et se sont révélées remarquablement proches des productions de son fils : tous deux partagent une voix fragile et un certain fatalisme dans leur musique, ressemblances notées par Gabrielle Drake et le biographe Trevor Dann,. Encouragé par sa mère, Drake apprend a jouer du piano très jeune et commence à composer ses propres chansons, qu'il enregistre sur un magnétophone à bandes conservé dans le salon familial.

Drake joue du piano au sein de l'orchestre de l'école, et apprend la clarinette et le saxophone. Avec quatre camarades, il monte un groupe, « The Perfumed Gardeners », en 1964 ou 1965. Le groupe joue des reprises d'artistes Pye et de standards du jazz, ainsi que des titres des Yardbirds ou de Manfred Mann ; Drake y joue du piano, et à l'occasion chante ou joue du saxophone. Chris de Burgh fait brièvement partie du groupe avant d'être exclu par les autres membres, qui jugent ses goûts « trop pop ». Les notes de Drake faiblissent : il avait sauté une classe à Eagle House, mais il commence à négliger ses études en faveur de la musique. En 1963, il passe sept GCE de niveau ordinaire, moins que ce à quoi s'attendaient ses professeurs, et il échoue en physique-chimie. En 1965, Drake achète 13 £ sa première guitare acoustique, et commence à expérimenter l'accord ouvert et le picking.

En 1966, Drake gagne une bourse pour étudier la littérature anglaise au Fitzwilliam College de l'université de Cambridge. Il retarde son entrée pour passer six mois à l'université d'Aix-Marseille à partir de février 1967. À Aix, il commence à pratiquer sérieusement la guitare, et il joue souvent en public dans le centre-ville avec des amis pour gagner de l'argent. Drake commence également à fumer du cannabis ; il se rend au Maroc au printemps parce que, d'après son compagnon de voyage Richard Charkin, « c'est là qu'on trouvait la meilleure herbe ». C'est probablement à Aix que Drake connaît son premier trip au LSD, et les paroles qu'il écrit à cette époque (notamment la chanson Clothes of Sand) suggèrent un intérêt pour les hallucinogènes.

À son retour en Angleterre, il emménage chez sa sœur, à Hampstead, avant d'entrer à Cambridge en octobre. Ses professeurs trouvent en lui un étudiant brillant, mais manquant d'enthousiasme et peu désireux de se forcer à étudier. Dann note qu'il a du mal à se lier avec le personnel enseignant comme avec ses camarades, et remarque que les photos officielles de l'époque montrent un étudiant maussade et détaché. Cambridge attache une grande importance à ses équipes de rugby et de cricket, mais Drake a déjà perdu tout intérêt pour le sport, préférant rester dans sa chambre à fumer du cannabis et à écouter et jouer de la musique. D'après son camarade Brian Wells, « ils étaient les connards du rugby, et nous étions les gars cools qui fumaient de l'herbe ». En septembre 1967, il rencontre Robert Kirby, un étudiant en musique qui s'occupera des orchestrations des instruments à cordes et à vent sur les deux premiers albums de Drake. Drake découvre à l'époque les scènes folk britannique et américaine, et subit l'influence de Bob Dylan, Josh White et Phil Ochs. Il commence à se produire dans les clubs du coin et les cafés londoniens, et en février 1968, lors d'un concert avec Country Joe and the Fish au Roundhouse de Camden Town, il est remarqué par Ashley Hutchings, bassiste de Fairport Convention. Hutchings se souvient avoir été impressionné par le talent de guitariste de Drake, mais surtout par « son image. Il avait l'air d'une vedette. Il avait l'air exceptionnel, on aurait dit qu'il mesurait 2 mètres 10 ».

Hutchings présente Drake à Joe Boyd, producteur américain de 25 ans, propriétaire de Witchseason Productions, une filiale d'Island Records. Boyd, qui a découvert Fairport Convention et popularisé John Martyn et The Incredible String Band, possède une réputation solide dans la scène folk britannique. Il se lie aussitôt avec Drake, et le producteur sera un mentor pour Drake durant toute sa carrière. Une démo de quatre titres, enregistrée par Drake dans sa chambre universitaire, incite Boyd à offrir un contrat de management, de publication et de production à Drake, et à le pousser à travailler sur un premier album. D'après Boyd : « À l'époque, il n'y avait pas de cassettes — il a amené une bande qu'il avait réalisée chez lui. À la moitié de la première chanson, j'ai senti que c'était quelque chose de particulier. Je l'ai appelé, il est rentré, et nous avons causé, et j'ai juste dit "J'aimerais faire un disque". Il a bégayé "Oh, ouais, ouais. D'accord." Nick ne parlait pas beaucoup. » Dans une interview de 2004, Paul Wheeler, ami de Drake, se rappelle l'excitation provoquée par cet événement, et se souvient que le chanteur avait d'ores et déjà décidé de ne pas terminer sa troisième année à Cambridge.

Drake commence à enregistrer son premier album, Five Leaves Left, fin 1968, avec Boyd comme producteur. Les sessions d'enregistrement ont lieu au studio Sound Techniques de Londres, et Drake sèche ses cours pour se rendre à la capitale en train. Inspiré par la production du premier album de Leonard Cohen, Boyd trouve que la voix de Drake devrait être enregistrée d'une même façon, intime, « sans aucune réverb pop luisante ». Il veut également inclure des cordes proches de celles de l'album de Cohen, « sans être envahissantes ou ringardes ». Boyd recrute ses musiciens de studio dans la scène folk londonienne, parmi lesquels Richard Thompson (guitariste de Fairport Convention) et Danny Thompson (bassiste de Pentangle). Il embauche John Wood comme ingénieur du son, et choisit Richard Hewson pour l'arrangement des instruments à cordes.

Les premières sessions sont difficiles, irrégulières et hâtives, prenant place sur le temps laissé libre par l'enregistrement de l'album de Fairport Convention Unhalfbricking. Le chanteur et le producteur s'oppposent sur la direction que doit prendre l'album : Boyd préconise l'approche de George Martin selon laquelle le studio doit être un instrument à part entière, tandis que Drake préfère un son plus organique. Dann observe que Drake paraît « tendu et anxieux » sur les enregistrements pirates de ces sessions, et note les nombreuses tentatives ratées d'orchestration de Boyd. Tous deux sont insatisfaits du travail de Hewson, qu'ils trouvent trop conventionnel pour les chansons de Drake, et celui-ci suggère de le remplacer par son ami Robert Kirby. Boyd, peu convaincu à l'idée d'embaucher un étudiant en musique dépourvu d'expérience, est cependant impressionné par l'assurance inhabituelle de Drake sur ce point, et accepte un essai. Kirby avait déjà présenté des arrangements pour ses chansons à Drake, et produit une musique de chambre qui devient inséparable du son de l'album final. Il manque encore toutefois de confiance en lui pour oser s'occuper de la pièce maîtresse de l'album, River Man, et Boyd se voit contraint d'allonger le budget de Witchseason pour embaucher le compositeur vétéran Harry Robinson, qui se voit demander de s'inspirer du son de Delius et Ravel.

Drake met un terme à ses études à Cambridge neuf mois avant les examens, et part pour Londres à l'automne 1969 pour se concentrer sur sa carrière musicale. Son père se souvient « lui avoir écrit de longues lettres, indiquant les inconvénients à quitter Cambridge un diplôme est un filet de sécurité, et si l'on parvient à en obtenir un, on a au moins quelque chose pour se rattraper ; sa réponse fut qu'un filet de sécurité était justement une chose dont il ne voulait pas ». Drake passe ses premiers mois dans la capitale sans domicile fixe, dormant parfois dans l'appartement de sa sœur à Kensington, mais le plus souvent chez des amis, dans un sofa ou à terre. Finalement, afin d'apporter un peu de stabilité (et un téléphone) dans la vie de Drake, Boyd lui loue une chambre à Belsize Park, dans le district de Camden.

En août, Drake enregistre seul trois chansons pour l'émission de John Peel sur la BBC. Deux mois plus tard, il joue en première partie de Fairport Convention au Royal Festival Hall de Londres, puis fait des apparitions dans des clubs folk de Birmingham et Hull. Le chanteur folk Michael Chapman se souvient de son concert à Hull : « Les folkies ne lui parlaient pas ; voulaient des chansons avec des refrains. Ils sont complètement passés à côté. Il n'a pas pipé mot de toute la soirée. C'était assez douloureux à voir, en fait. Je ne sais pas ce qu'attendait le public, je veux dire, ils devaient bien se douter qu'ils n'allaient pas avoir des chansons de marins et des refrains à reprendre en chœur à un concert de Nick Drake ! » Cette expérience conforte Drake dans sa décision d'arrêter de jouer en public : les rares concerts qu'il donna à cette période sont le plus souvent brefs et maladroits, avec un faible public. Drake paraît peu désireux de « jouer », et ne s'adresse que rarement à son public. Comme la plupart de ses compositions sont jouées sur des accords différents, il s'arrête souvent entre deux chansons pour raccorder sa guitare.

La publicité générée par Five Leaves Left est faible, mais Boyd désire bâtir sur cet élan, aussi petit soit-il. Bryter Layter (1970), toujours produit par Boyd avec Wood comme ingénieur du son, présente un son plus enjoué et jazzy. Déçu par les faibles ventes de son premier album, Drake cherche à s'éloigner de son image pastorale, et accepte la suggestion de son producteur d'inclure basse et batterie sur ses enregistrements. « Le son était plus pop, je présume, déclarera par la suite Boyd, ce que j'imaginais être plus commercial. » Comme sur Five Leaves Left, des musiciens de Fairport Convention participent à l'enregistrement, ainsi que John Cale sur les titres Northern Sky et Fly. Trevord Dann note que, si Northern Sky sonne en partie comme étant plus l'œuvre de Cale que de Drake, il s'agit problablement de celle de ses chansons qui avait le plus de potentiel pour devenir un hit. Dans son autobiographie (1999), Cale admet avoir pris de l'héroïne à cette époque, et Brian Wells, vieil ami de Drake, commence à soupçonner que celui-ci en consomme également. Boyd et Wood sont persuadés que l'album sera un succès commercial, mais il ne se vend qu'à moins de trois mille exemplaires. Une nouvelle fois, les critiques sont mitigées : Record Mirror loue le « magnifique guitariste » qu'est Drake, « net et avec un sens parfait du timing, accompagné d'arrangements doux et élégants », tandis que Melody Maker décrit l'album comme « un mélange maladroit de folk et de cocktail jazz ».

Peu après la sortie de l'album, Boyd vend Witchseason à Island Records et part pour Los Angeles pour travailler sur des bandes originales de films pour Warner Bros. La perte de cette figure-clé de mentor, additionnée aux ventes médiocres de l'album, fait se retrancher Drake plus avant encore dans la dépression. Son attitude se modifie : il en a assez de vivre seul, et paraît clairement nerveux et mal à l'aise dans la série de concerts qu'il donne début 1970. En juin a lieu l'une de ses dernières apparitions en concert, au collège technique d'Ewell, à Londres. Ralph McTell, également présent ce même soir, se rappelle que « Nick était monosyllabique. Il était particulièrement timide lors de ce concert-là. Il a fait la première partie, et quelque chose d'horrible a dû se produire. Il jouait sa chanson Fruit Tree, et il est parti en plein milieu. Quitté la scène, comme ça. Sa frustration tourne à la dépression, et en 1971, sa famille le convainc d'aller voir un psychiatre au St. Thomas's Hospital de Londres. Il se voit prescrire des antidépresseurs, mais devoir les prendre l'embarrasse, et il tente de le cacher à ses amis. Il en sait suffisamment sur la drogue pour s'inquiéter des effets secondaires, et se demande comment ils réagiront à sa consommation habituelle de cannabis.

Si Island ne désire ni ne s'attend à un troisième album, Drake rentre en contact avec Wood en octobre 1971 pour commencer à travailler sur ce qui sera son dernier album. Les sessions se déroulent sur deux nuits, avec Drake et son ingénieur du son seuls dans le studio. Les chansons de Pink Moon sont brèves et sombres, et ses onze titres ne s'étalent que sur 28 minutes, une durée que Wood décrit comme « juste ce qu'il faut. On ne voudrait vraiment pas que ça dure plus longtemps ». Drake, insatisfait du son de Bryter Layter, qu'il trouve « trop plein, trop élaboré », apparaît sans accompagnement sur Pink Moon, hormis un overdub de piano sur la chanson-titre. « Il était bien décidé à faire ce disque très aride, nu, se souvient Wood. Il voulait définitivement qu'il lui ressemble plus que tout autre chose. Et je crois que d'une certaine façon, Pink Moon ressemble plus à Nick que les deux autres disques.

Chris Blackwell, fondateur d'Island Records, a le sentiment que Pink Moon pourrait faire découvrir Drake au grand public, mais son équipe est déçue par le peu de bonne volonté de l'artiste à l'égard de toute activité promotionnelle. Muff Winwood, manager d'A&R, se rappelle s'être « arraché les cheveux » de frustration, et admet que sans l'enthousiasme de Blackwell, « nous lui aurions plutôt botté les fesses. Toutefois, après avoir été harcelé par Boyd, Drake accepte un entretien avec Jerry Gilbert, de Sounds Magazine. Dans cette unique interview de Drake jamais publiée, le « chanteur folk timide et introverti » évoque son dégoût des concerts, guère plus. « Il n'y avait aucun lien d'aucune sorte, a déclaré Gilbert. Je ne crois pas que nos regards se sont croisés une seule fois. Si l'on voulait être méchant, on aurait pu dire que ce n'était qu'un gamin pourri avec une cuiller en argent dans la bouche qui ne faisait que se lamenter sur son sort. » Démoralisé et convaincu qu'il ne pourra plus jamais écrire, Drake décide d'abandonner la musique. Il joue avec l'idée de se lancer dans autre chose, envisageant même de s'engager dans l'armée.

En parlant de cette période, John Martyn (qui, en 1973, écrit la chanson-titre de son album Solid Air pour et en référence à Drake) le décrit comme la personne la plus renfermée qu'il ait jamais rencontrée. Il lui arrive d'emprunter la voiture de sa mère et de rouler pendant des heures, sans but, jusqu'à ce qu'il n'ait plus d'essence et doive appeler ses parents pour qu'ils viennent le chercher. Ses amis se rappellent à quel point son apparence a changé à cette époque. Lorsque sa maladie se fait particulièrement forte, il refuse de se laver les cheveux ou de se couper les ongles. Début 1972, Drake, victime d'une dépression nerveuse, est hospitalisé pendant cinq semaines.

À l'automne 1974, Island ne verse plus d'argent à Drake, et sa maladie l'a coupé de tous, hormis quelques amis proches. Il a essayé de rester en contact avec Sophia Ryde, qu'il avait rencontré pour la première fois à Londres en 1968. Les biographes de Drake ont décrit Ryde comme « la plus proche » d'avoir été sa petite amie, mais elle préfère parler de « meilleure amie ». En 2005, Ryde a révélé dans une interview qu'une semaine avant sa mort, elle avait tenté de mettre un terme à leur relation : « Je ne pouvais plus le supporter. Je lui ai demandé un peu de temps. Et je ne l'ai plus jamais revu. » De la même façon que la relation entretenue avec sa consœur, la chanteuse folk Linda Thompson, la relation de Drake avec Ryde ne sera jamais consommée.

Nick Drake meurt dans la nuit du 24 au 25 novembre 1974, à Far Leys, d'une surdose d'amitriptyline, un antidépresseur. Il était allé se coucher tôt, après être allé rendre visite à un ami dans l'après-midi. Sa mère affirme qu'il se rendit dans la cuisine vers l'aube, probablement pour manger un bol de céréales. Il agissait souvent ainsi, mais cette fois-ci, personne ne l'entendit. Il retourna dans sa chambre un peu plus tard et prit quelques pilules « pour l'aider à dormir ». Drake avait l'habitude d'avoir ses propres heures ; il avait souvent du mal à dormir, et restait souvent éveillé tard dans la nuit pour écouter ou jouer de la musique, se levant tard le matin suivant. Drake ne laisse pas de note de suicide, mais une lettre adressée à Ryde est trouvée près de son lit.

Le 2 décembre 1974, après une messe à l'Église de Sainte-Marie-Madeleine de Tamworth-in-Arden, le corps de Drake est incinéré au crématorium de Solihull. Ses cendres sont ensuite enterrées sous un chêne dans le cimetière de l'église. Une cinquantaine de personnes assistent aux funérailles, parmi lesquelles des amis de Marlborough, Aix, Cambridge, Londres, Witchseason et Tamworth. Brian Wells a par la suite remarqué que beaucoup d'entre eux se rencontrèrent pour la première fois ce matin-là, en référence à la tendance de Drake à compartimentaliser sa vie. Molly se souvient que « beaucoup de ses jeunes amis vinrent, et il y en avait beaucoup que nous n'avions jamais rencontrés ».

La mort de Drake n'est pas immédiatement suivie de nécrologies, de documentaires ou de compilations. Il reste méconnu durant le reste des années 1970, même si son nom apparaît ponctuellement dans la presse musicale. Island Records ne voit guère d'intérêt dans sa discographie, et après un article de Nick Kent paru dans NME en 1975, précise : « ... nous n'avons aucune intention de rééditer les trois albums de Nick, ni à présent, ni dans un futur proche. » Durant cette période, les parents de Drake reçoivent de plus en plus d'admirateurs à leur demeure de Far Leys. En 1979, Rob Partridge devient attaché de presse chez Island Records, et commande la parution du coffret Fruit Tree. Partridge est un fan de Drake, et il l'a vu jouer en 1969 : « La première chose que j'ai faite en arrivant chez Island, c'est de suggérer que nous montions une rétrospective : les albums, plus tout ce que l'on pouvait trouver d'autre. Je n'espérais pas vraiment des millions de chansons surgies des archives, de concerts ou de quoi que ce soit d'autre, mais il n'y avait vraiment pas grand-chose... » Le coffret rassemble les trois albums de Drake, ainsi que les quatre titres enregistrés avec Wood en 1974. Il s'accompagne d'une biographie détaillée rédigée par le journaliste américain Arthur Lubow. Toutefois, Fruit Tree se vend très mal, et passe largement inaperçu de la presse musicale : Island le supprime de son catalogue en 1983.

Au milieu des années 1980, des musiciens comme Peter Buck, de R.E.M., ou Robert Smith, de The Cure, citent Drake comme une de leurs influences. Smith indique que le nom de son groupe provient d'un vers de la chanson de Drake Time Has Told Me (« a troubled cure for a troubled mind », « un remède troublé pour un esprit troublé »). Drake acquiert une notoriété accrue en 1985 avec la sortie du single de The Dream Academy Life in a Northern Town, qui lui est dédié. Sa réputation ne cesse de croître, et à la fin des années 1980, son nom apparaît fréquemment dans les journaux et magazines musicaux britanniques ; s'il reste en majeure partie une icône confidentielle, il n'est plus un parfait inconnu. Pour beaucoup, il représente l'archétype du héros romantique maudit, une « énigme enveloppée dans un mystère ».

Début 1999, BBC2 diffuse un documentaire de 40 minutes, A Stranger Among Us — In Search of Nick Drake dans le cadre de sa série Picture This. L'année suivante, le réalisateur néerlandais Jeroen Berkvens sort un documentaire intitulé A Skin Too Few: The Days of Nick Drake, dans lequel figurent des entretiens avec Joe Boyd, Gabrielle Drake, John Wood et Robert Kirby. Toujours en 2000, The Guardian place Bryter Layter en tête de sa liste des « 100 meilleurs albums alternatifs ». En 2000, Volkswagen utilise la chanson-titre de l'album Pink Moon pour une publicité aux États-Unis, entraînant une augmentation nette des ventes de ses disques : Pink Moon se place dans les cinq disques les plus vendus sur Amazon.com.

Drake est obsédé par la pratique de la guitare : il reste souvent éveillé tard la nuit pour essayer des accords et travailler ses chansons. Sa mère se rappelle l'avoir entendu « debout à toute heure. Je crois qu'il écrivait ses plus belles mélodies au point du jour. » Guitariste autodidacte, le style de Drake est caractérisé par son usage des clusters. Ces accords sont généralement difficiles à réaliser avec une guitare, mais Drake parvient à contourner la difficulté en faisant usage de réglages différents, qui permettent de jouer des clusters en utilisant des accords simples. Dans beaucoup de ses chansons, ses mélodies vocales accentuent l'effet dissonant de ces réglages peu orthodoxes.

À Cambridge, Drake étudie la littérature anglaise, et il est particulièrement attiré par les œuvres de William Blake, William Butler Yeats et Henry Vaughan. Ses paroles ne présentent toutefois pas les métaphores et l'imageries typiques de ces influences. Drake utilise plutôt des codes et symboles élémentaires, tirés en majeure partie de la nature. La lune, les étoiles, la mer, la pluie, les arbres, le ciel, la brume et les saisons apparaissent souvent chez Drake, influencé par son enfance à la campagne. Ses premiers textes présentent des images tournant essentiellement autour de l'été, mais à partir de Bryter Layter, son langage devient plus automnal, une saison que l'on associe communément à la perte et au chagrin. Drake écrit toujours avec détachement, se plaçant en observateur plutôt qu'en acteur ; pour Anthony DeCurtis, c'est « comme s'il contemplait sa vie depuis une distance incommensurable et infranchissable ». Cette incapacité apparente à se lier à entraîné de nombreuses spéculations sur la sexualité de Drake. Boyd a déclaré percevoir une qualité virginale dans ses paroles et sa musique, et note n'avoir jamais vu ou entendu le chanteur agir d'une façon sexuelle avec quiconque, homme ou femme. Kirby a décrit les paroles de Drake comme « une série d'observation très vives et complètes, comme une série de proverbes épigrammatiques », même s'il doute que Drake se soit jamais considéré comme un poète. Il croit plutôt que Drake conçoit ses paroles pour « compléter et composer une ambiance dictée en premier lieu par la mélodie ».

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Way to Blue: An Introduction to Nick Drake

Way to Blue: An Introduction to Nick Drake est une compilation de Nick Drake sortie en 1994.

Toutes les chansons sont de Nick Drake.

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Heaven in a Wild Flower: An Exploration of Nick Drake

Heaven in a Wild Flower: An Exploration of Nick Drake est une compilation de Nick Drake sortie en 1986, qui se base uniquement sur les trois albums parus de son vivant : Five Leaves Left (titres 1-3, 5 et 14), Bryter Layter (titres 4 et 6-9) et Pink Moon (titres 10-13).

To see a World in a Grain of Sand And a Heaven in a Wild Flower, Hold Infinity in the palm of your hand And Eternity in an hour.

Toutes les chansons sont de Nick Drake.

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Family Tree (Nick Drake)

Family Tree est un album de Nick Drake sorti en 2007. Il rassemble des enregistrements personnels de Drake, réalisés avant la sortie de son premier album, Five Leaves Left, en 1969. Il inclut également deux chansons chantées par sa mère, Molly Drake. La sœur de Drake, Gabrielle, chante sur All My Trials.

L'album existe en différentes versions : Betty and Dupree n'apparaît que sur les version vinyle et téléchargement iTunes, et My Baby So Sweet est absente de la version destinée à l'Europe.

Toutes les chansons sont de Nick Drake, sauf indication contraire.

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Source : Wikipedia