Nawaz Sharif

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Posté par rachel 18/04/2009 @ 17:09

Tags : nawaz sharif, pakistan, asie, international

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Mian Muhammad Nawaz Sharif

Mian Muhammad Nawaz Sharif, le 3 décembre 1998.

Mian Muhammad Nawaz Sharif (25 décembre 1949 à Lahore - ) est un homme politique pakistanais, qui a été Premier ministre de la république islamique du Pakistan à deux reprises, d'abord du 1er novembre 1990 au 18 juillet 1993, et ensuite du 17 février 1997 au 12 octobre 1999.

C'est à cette dernière date qu'il fut renversé par le coup d'Etat du général Pervez Musharraf.

Il fut envoyé en exil un an plus tard, en 2000, en Arabie saoudite pour un minimum de dix ans afin d'éviter une condamnation à la prison à vie pour détournement de fonds et corruption. Sa condamnation fut annulée par un arrêt de la Cour Suprême pakistanaise en août 2007. Comptant profiter des difficultés politiques qui agitent le pays, il est revenu d'exil le 10 septembre 2007, mais a aussitôt été réexpulsé en Arabie Saoudite.

Après l'assassinat de Benazir Bhutto, il annonce le boycott des élections législatives de janvier 2008 par son parti avant de revenir sur sa décision dans les jours suivants.

Nawaz Sharif est le leader de la Ligue Musulmane du Pakistan (N) (Pakistan Muslim League (N)).

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Histoire du Pakistan

Localisation de l'Asie sur Terre

Le Pakistan est l'un des deux États issus, avec l'Inde, de la disparition de l'Empire colonial britannique en Inde en 1947. Pour la période antérieure à 1885, voir l'histoire de l'Inde.

Le gouvernement britannique exerce directement le pouvoir en Inde à compter de la révolte des Cipayes de 1857 en révoquant les prérogatives de la Compagnie des Indes Orientales qui en était investie depuis 1756. Créé en 1885, le parti du Congrès représentait toutes les communautés religieuses, tant hindoues que musulmanes, selon un principe de laïcité. En réaction à ce principe de laïcité, la Ligue musulmane (All-India Muslim League) est créée en 1906 en vue de la préservation des intérêts des musulmans et d'un Etat réservé aux musulmans seuls.

Le nom Pakistan a une origine discutée. Il signifie « le pays des purs » en ourdou (pak, pur et stan, pays) mais pourrait aussi provenir de l'acronyme composé à partir du nom des provinces : Penjab, Afgania, Kashmir, Indus-Sind et BalouchisTAN.

Attribuée à Syed Ahmad Khan (1817-1898), homme politique musulman, ancien magistrat et créateur d'écoles et d'universités, l'idée d'un État séparé est formalisée par le poète et philosophe Allama Muhammad Iqbal (1877-1938) au cours d'un discours à la session annuelle de la Ligue musulmane en 1930 tenue à Allahabad. Le 23 mars 1940 à Lahore, la création d'un État séparé devient la position officielle de la Ligue musulmane, qui est présidée par Muhammad Ali Jinnah. Elle s'exprime dans ce qui sera appelée la déclaration de Lahore.

Décidés à quitter l'Inde depuis 1945, les Britanniques sont confrontés en 1946 à la multiplication de heurts sanglants entre la communauté musulmane, d'une part, et les communautés sikh et hindoue, d'autre part. La Ligue musulmane, qui continue de réclamer la création d'un État distinct dans les zones à majorité musulmane, remporte la plupart des circonscriptions musulmanes aux élections de 1946. Les Britanniques se décident en faveur de la partition du pays, malgré l'opposition de Nehru et de Gandhi. En vertu de l'Indian Independence Act voté par le parlement britannique et entré en vigueur le 15 août 1947, le transfert de souveraineté s'accomplit de manière séparée pour l'Inde et le nouvel État du Pakistan le 15 août 1947 à 00h00. Le Pakistan comme l'Inde deviennent des États indépendants, membres du Commonwealth.

Le nouvel État est immédiatement divisé en deux régions distinctes, distantes de 1 700 km : le Pakistan oriental, qui deviendra le Bangladesh, et le Pakistan occidental composé du Sind, du Panjâb occidental, du Baloutchistan, des provinces frontalières du Nord-Ouest et d'un certain nombre de petits États.

La partition avec l'Inde entraîne de gigantesques déplacements de population. Plus de six millions de musulmans indiens se réfugient dans le nouvel état pendant qu'un nombre approximativement égal d'hindous et de sikhs quittent le Panjâb pour l'Inde sur fond de violences et de massacres qui font plus de 500 000 victimes. La question communautaire ne sera d'ailleurs pas réglée par ces exodes, un tiers des musulmans continuant à vivre en Inde.

Muhammad Ali Jinnah, appelé Qaid-i-Azam (Lumière de la Nation), devient Gouverneur général du nouvel État, son Premier ministre est Liaquat Ali Khan. Le Pakistan démarre sa vie nationale sans fonctionnaires qualifiés et sans infrastructure administrative dans la capitale improvisée de Karachi. Il faut pourtant prendre en charge les réfugiés, mettre en route une économie autonome, instituer et entraîner une armée dans un pays géographiquement éclaté.

Parallèlement, le dirigeant hindou du Jammu-et-Cachemire, le mahârâja Hari Singh, de la dynastie Dogrâ, demande l'assistance de l'armée indienne : le petit État fait l'objet d'incursions de tribus pathanes venues du Pakistan et appuyées par une partie de la population locale. Le mahârâja décide, le 26 octobre 1947, de se rattacher à l'Inde alors que 78 % de ses sujets sont musulmans. Le Pakistan n'accepte pas cette décision qui marque le début d'un enchaînement de conflits indo-pakistanais alors que l'Inde occupe les deux-tiers du Cachemire. Un cessez-le feu est négocié sous l'égide de l'ONU, il entre en vigueur le 1er janvier 1949. La proposition de l'ONU d'organiser un référendum reste vaine. Une ligne de démarcation temporaire est adoptée, appelée « ligne de contrôle » ou LOC (Line of Control) : les deux-tiers du Cachemire forment l'État fédéré indien du Jammu-et-Cachemire (capitale Srinagar) ; le Pakistan administre le dernier tiers, qui prend le nom d'Azad Cachemire (« Cachemire libre », capitale Muzaffarabad) et les Territoires du Nord (capitale Gilgit).

D'emblée, le pays souffre d'instabilité au plan politique et est confronté à de grandes difficultés économiques. Jinnah meurt en 1948 et le Premier ministre Liaqat Ali Khan est assassiné le 16 octobre 1951 par un fanatique afghan. Le pays souffre d'une absence de leaders que ni les Premiers ministres Nazimuddin (1951-1953) et Muhammad Ali (1953-1955), ni le Gouverneur général Ghulam Muhammad (1951-55), ne parviennent à combler.

Un fort mécontentement gagne le Pakistan oriental, qui se sent peu pris en compte par un gouvernement fédéral géographiquement très éloigné. La Ligue musulmane y essuie des débâcles électorales, notamment en 1954 : de nouvelles élections sont organisées qui conduisent en 1955 à une nouvelle Assemblée nationale qui n'est plus dominée par la Ligue musulmane. Chaudhri Muhammad Ali devient Premier ministre et Iskander Mirza Gouverneur général du pays. L'Assemblée élabore une nouvelle Constitution.

Le Pakistan devient la première république islamique au monde après la promulgation de cette Constitution le 23 mars 1956 et Mirza est élu président à titre provisoire. Mais l'instabilité politique demeure en l'absence d'une majorité nette à l'Assemblée qui entraîne de fréquents changements de gouvernement, instabilité qui se nourrit également d'une corruption généralisée du milieu politique et de la persistance de conditions économiques précaires, en dépit de l'aide internationale.

Face à l'impossibilité de réduire l'agitation au Pakistan oriental, le président Mirza se tourne vers le général Muhammad Ayub Khan, commandant en chef des forces armées. Le 8 octobre 1958, Mirza abroge la Constitution et proclame la loi martiale.

Vingt jours plus tard, les militaires contraignent le président Mirza à l'exil et le général Muhammad Ayub Khan prend le contrôle de la dictature militaire. Un important train de réformes est engagé : réforme agraire (9 000 km² redistribués à 150 000 fermiers), plan de développement économique, restrictions sur la polygamie et le divorce et, en 1962, une nouvelle Constitution qui institue notamment deux langues officielles, le bengalî et l'ourdou. Islamabad devient la capitale nationale et Dhâkâ, au Pakistan oriental, la capitale législative.

Les troubles persistent au Pakistan oriental où la Ligue Awami fédère les mécontentements au détriment de la Ligue musulmane. En dépit de quelques avancées diplomatiques, les relations avec l'Inde sont toujours exécrables, en partie à cause de la question du Cachemire et en partie en raison des conflits communautaires qui continuent de déchirer l'Inde, notamment dans le Madhya Pradesh où plusieurs milliers de musulmans sont massacrés en 1961. Les relations avec l'Afghanistan se dégradent aussi entre 1961 et 1963 après une série d'incidents frontaliers, attisés par l'URSS qui souhaite la création d'un Pashtunistan indépendant.

Après un épisode de guerre ouverte en 1965 au Cachemire, le président Ayub Khan et le Premier ministre indien Lal Bahadur Shastri s'accordent en 1966 dans la Déclaration de Tachkent, sous les auspices de l'Union soviétique, quoique le problème du Cachemire ne soit pas résolu. Zulfikar Ali Bhutto démissionne de son poste de ministre des Affaires étrangères et s'oppose à Ayub Khan et à l'abandon du Cachemire. Il est à l'origine du « Pakistan Peoples Party » (Parti des peuples pakistanais), connu sous le nom de PPP et proche de la philosophie socialiste.

Le président Ayub Khan démissionne en mars 1969 après de terribles émeutes internes à la fin de l'année 1968 et transmet le pouvoir au général Muhammad Yahya Khan qui décrète à nouveau la loi martiale.

Aux élections de 1970, la Ligue Awami de Sheikh Mujib-ur-Rahman remporte un écrasant succès en s'emparant de 153 des 163 sièges attribués au Pakistan oriental, cependant que le PPP de Bhutto domine le reste de l'Assemblée. L'entrée en session de la nouvelle Assemblée Nationale est repoussée deux fois par Yahya qui finit par annuler les résultats des élections. La Ligue Awami est interdite et, accusée de trahison, Sheikh Mujib-ur-Rahman est incarcéré au Pakistan occidental.

Sous le nom de Bangladesh, le Pakistan oriental déclare alors son indépendance le 26 mars 1971. Il se voit imposer la loi martiale et est occupé par l'armée pakistanaise. La guerre civile éclate : 10 millions de réfugiés se précipitent en Inde, des centaines de milliers de civils sont tués. L'Inde soutient le Bangladesh et envoie des troupes le 3 décembre 1971. Après une guerre de quinze jours, qui est la Troisième Guerre indo-pakistanaise entre les deux pays, les troupes pakistanaises se rendent le 16 décembre 1971 et un cessez-le-feu est décrété sur tous les fronts. Un accord signé à Shimla en juillet 1972 permettra d'apaiser les tensions. Sheikh Mujib-ur-Rahman est libéré et autorisé à rentrer au Bangladesh. Le Pakistan reconnaîtra le Bangladesh en 1974.

À la suite de la défaite face à l'Inde, Yahya démissionne de ses fonctions de Président au bénéfice de Zulfikar Ali Bhutto. En 1973, une nouvelle Constitution est adoptée, de type fédéral. La fonction de président devient purement honorifique, l'essentiel des pouvoirs repose entre les mains du Premier ministre. L'Assemblée nationale élit Bhutto au poste de Premier ministre par 108 voix sur 146.

Dès 1972, Bhutto entame un vaste programme de nationalisations portant notamment sur les industries de base et met en œuvre une ambitieuse réforme agraire. Toutes les banques sont nationalisées le 1er janvier 1974. Les militaires sont retirés des postes décisionnaires politiques mais, en signe d'apaisement, le budget de la Défense est porté à 6 % du PIB. Les mécontentements surgissent pourtant : les chefs d'entreprises ressentent durement les nationalisations ; les religieux n'acceptent pas cette politique socialiste.

Neuf importants partis d'opposition font alliance contre le PPP sous le nom de « Pakistan National Alliance » (Alliance nationale du Pakistan) ou PNA. Aux élections générales de 1977, les secondes de l'histoire du Pakistan, le PPP l'emporte cependant largement, avec 150 sièges sur 200. Le PNA conteste violemment ces résultats marqués, selon lui, par la fraude et les pressions. Des manifestations et des émeutes sont déclenchées dans le pays.

Face à ce blocage et affirmant ne pouvoir choisir une autre solution, le général Muhammad Zia-ul-Haq décide d'imposer la loi martiale au pays le 5 juillet 1977.

Bhutto est arrêté, jugé et condamné à mort pour le prétendu meurtre du père d'un des dissidents du PPP. Après avoir promis des élections pendant plusieurs mois, le général Zia annonce finalement en 1979 la dissolution des partis politiques. Bhutto est exécuté par pendaison le 4 avril 1979.

Zia entame une véritable islamisation du pays. Progressivement, différentes taxes d'origine religieuse sont introduites, à l'exemple de la zakât (zakāʰ, زَكَاة), aumône obligatoire instituée par le Coran. Une cour fédérale de la Chariah est créée pour statuer sur les affaires selon les préceptes du Coran et de la Sunna. Les blasphèmes contre Mahomet sont punis de mort et non plus de la prison à vie. Une Majlis-i-Shoora remplace l'Assemblée Nationale en 1980, perdant ses fonctions législatives pour devenir une assemblée de conseil du Président. L'arabe et les études islamiques deviennent des matières obligatoires dans la plupart des enseignements supérieurs. Les médias sont également visés par ce processus avec l'instauration de journaux télévisés en arabe, des présentatrices contraintes de couvrir leur tête, et la diffusion de l'Adhan à la radio et à la télévision pour appeler aux prières. Dans l'armée, les théologiens obtiennent le grade d'officier afin d'attirer les meilleurs éléments des universités et des institutions religieuses. Ces initiatives de Zia en faveur d'une islamisation du pays ont un impact à long terme. La taxe zakat est toujours en vigueur ainsi qu'un grand nombre d'autres textes.

Les partis du centre et de gauche, sous l'impulsion du PPP, créent le Mouvement pour la restauration de la démocratie (« Movement for Restoration of Democracy »), ou MRD, le 6 février 1981. Le MRD réclame la fin de la loi martiale, de nouvelles élections et le retour à la Constitution de 1973. En 1984, Zia lance un référendum national sur la question de l'islamisation du pays en posant une question juridiquement complexe : elle revient en fait à demander s'il est souhaitable que le Pakistan soit un état islamique, et en cas de vote affirmatif place Zia en position de président de la République du Pakistan pour 5 ans. Le mécanisme est donc proche d'un véritable plébiscite. Le référendum se tient en décembre 1984 et, boycotté par le MRD, voit la victoire du oui.

Les élections de 1985, également boycottées par le MRD, permettent la restauration d'une Assemblée nationale dotée de pouvoirs législatifs, le président Zia-ul-Haq nomme Muhammad Khan Junejo Premier ministre le 20 mars 1985. La loi martiale est levée. En dépit d'efforts sensibles, Junejo ne parvient pas à réformer la conduite de l'État compte tenu de l'emprise de Zia dont il tente vainement de se détacher. Passé au Sénat le 14 novembre 1985, le 8e amendement à la Constitution donne en effet au président le droit de nommer le Premier ministre, les gouverneurs de provinces, les hauts magistrats. Il peut demander au Premier ministre d'obtenir un vote de confiance de l'Assemblée et nommer un gouvernement par intérim. Le pouvoir le plus controversé du président est celui discrétionnaire de dissoudre l'Assemblée nationale. Ces modifications changent radicalement la nature du régime ; de nature parlementaire, il devient présidentiel.

Les tensions sur la question afghane s'accumulent entre le président Zia et le Premier ministre Junejo. En 1979, quand les forces soviétiques avaient envahi l'Afghanistan, Zia s'était posé en rempart contre le communisme et le pays fit face à un afflux massif de réfugiés afghans. Les États-Unis avaient répondu à l'invasion soviétique en accordant d'énormes aides, financières et matérielles, au régime anti-communiste afghan et aux moudjahidinnes mais aussi au bénéfice du Pakistan lui-même, profitant du statut de « Most Favored Nation », dont l'armée devient mieux équipée.Parallèlement la constitution d'un axe Chine-Pakistan inquiète et Moscou et Washington . L'évolution démocratique du régime s'explique d'ailleurs sans doute par les pressions américaines accompagnant le versement des aides. Cependant, l'exode massif des civils afghans au Pakistan entraîne de terribles difficultés pour un pays à l'économie précaire et à l'organisation politique instable. Junejo tente de dégager un consensus national, en consultant l'ensemble des forces politiques pakistanaises, y compris Benazir Bhutto qui a succédé à son père à la tête du PPP. Cette démarche est désapprouvée par Zia. Le gouvernement Junejo chute au premier prétexte, après avoir essayé de lancer une enquête sur le fiasco militaire de Camp Ojheri près d'Islamabad du 10 avril 1988, qui entraîna la mort d'un très grand nombre de civils. Le général Zia utilise son pouvoir constitutionnel au motif que le gouvernement Junejo ne peut plus fonctionner conformément à la Constitution compte tenu du degré des désordres judiciaires et publics. L'ensemble des assemblées fédérales et provinciales sont également dissoutes, avec leurs directions.

Un coup de théâtre bouleverse cependant le paysage politique : le 17 août 1988, l'avion transportant le président Zia, l'ambassadeur américain Arnold Raphael, le général américain Herbert Wassom et vingt-huit officiers pakistanais s'écrase après une visite sur une base militaire. Conformément à la Constitution, le président du Sénat, Ghulam Ishaq Khan, est investi des pouvoirs par intérim et annonce la tenue d'élections pour novembre 1988.

Le PPP remporte les élections de novembre 1988, sans bénéficier cependant d'une majorité absolue. Grâce à l'appui de petits partis, Benazir Bhutto est nommée Premier ministre. C'est la première femme d'un État islamique à exercer cette responsabilité. En dépit d'une forte légitimité populaire, Bhutto est confrontée à de nombreuses difficultés : troubles violents inter-ethniques dans les régions, persistance des problèmes liées à l'occupation soviétique en Afghanistan, tensions continues avec l'Inde qui peinent à se résoudre diplomatiquement. Les militaires hésitent à soutenir un régime qui a toute l'apparence de la corruption et de l'inefficacité. La coalition gouvernementale se délite, les petits partis votent une motion de défiance, et un conflit éclate entre le président Ghulam Ishaq Khan et son Premier ministre au sujet des nominations des militaires de haut rang et des hauts magistrats. Le 6 août 1990, le président Khan limoge Bhutto et ses ministres, dissout l'Assemblée nationale et les assemblées de province.

Les élections de novembre 1990 voient la victoire de la coalition menée par Mian Muhammad Nawaz Sharif, ancien ministre en chef du Panjâb et leader de l'Islamic Democratic Alliance, ou IJI (Alliance démocratique islamique). L'IJI dispose d'une majorité des trois-quarts à l'Assemblée nationale, contrôle les quatre parlements de province et bénéficie à la fois du soutien des militaires et du président Ghulam Ishaq Khan.

Sharif met en œuvre un programme de privatisation, de dérégulation et d'encouragement au secteur privé et à l'investissement étranger pour stimuler la croissance. Les effets de ce programme sont cependant diminués par la réduction drastique de l'aide américaine en vertu du Pressler Amendment, qui a pour objet d'empêcher la poursuite du projet d'armement nucléaire pakistanais. Parallèlement à l'action gouvernementale de modernisation de l'économie, le parlement approuve en mai 1991 un projet de loi renforçant le statut de la charia (šarīʿaʰ, charî‘a شَرِيعَة) dans le pays.

La coalition gouvernementale ne parvient cependant pas à concilier les objectifs contradictoires des partis qui la composent, des accusations de corruption sont lancées contre le premier ministre Sharif. Celui-ci est limogé par le président Ghulam Ishaq Khan en avril 1993 pour mauvaise administration, corruption et népotisme. La cour suprême casse cette décision en mai 1993 et rétablit Sharif et son gouvernement. La crise se résout par la démission des deux hommes le 18 juillet 1993.

Le pays connaît un court intérim avec le gouvernement de Moin Qureshi, ancien vice-président de la Banque mondiale, qui réussit à adopter en très peu de temps un train de réformes économiques et sociales qui font l'admiration de la communauté internationale et sont fortement soutenues au plan interne.

Les élections de l'automne ramènent Benazir Bhutto au poste de Premier ministre le 19 octobre 1993 avec le soutien d'une nouvelle coalition gouvernementale, plus fragile encore que la précédente en raison du nécessaire soutien de plusieurs petits partis indépendants. Ce retour du PPP au premier rang est encore renforcé par l'élection de Farooq Leghari, proche de Bhutto, au poste de président. Cette majorité est cependant puissamment combattue par le parti de Nawaz Sharif - qui lance plusieurs grèves générales dans le pays - et rapidement discréditée par une administration provinciale incertaine. En 1995, une quarantaine d'officiers sont arrêtés, accusés de préparer une révolution islamique. Au plan international, Bhutto parvient à se rapprocher des États-Unis mais la poursuite du programme d'expérimentation nucléaire avive les tensions avec l'Inde. Bhutto est à nouveau limogée en 1996 : le président Leghari lui reproche des faits de corruption et une mauvaise gestion économique.

Le parti de Nawaz Sharif remporte largement les élections de février 1997, il obtient une majorité des deux-tiers à l'Assemblée nationale. Sharif s'attache dès mars 1997 à amoindrir le 8e amendement de la Constitution, arme formidable du président lui permettant de démettre des gouvernements élus et de nommer aux hauts postes des militaires. La cour suprême bloque ces initiatives, elle relance une enquête pour corruption contre le Premier ministre. La réforme provoque finalement la chute du président Leghari, qui démissionne en décembre 1997, et la révocation du président de la cour suprême. Muhammad Rafiq Tarar, proche de Sharif, est élu président en 1998. L'expression des droits politiques est progressivement restreinte. Une campagne de dénigrement est lancée contre les opposants au régime, la presse est muselée, des journalistes réputés sont arrêtés et battus. Sur le plan international, l'Inde procède à cinq explosions nucléaires souterraines en mai 1998 qui provoque en réponse une série de tests nucléaires au Pakistan, dans le Baloutchistan. Les États-Unis imposent des sanctions économiques aux deux États. Un nouveau conflit avec l'Inde au sujet du Cachemire éclate à l'été 1999. Des combattants cashmiris, appuyé par les troupes pakistaises, lancent une série de raids victorieux près de la ville de Kargil. Après des semaines de combats, les combattants finissent par se retirer du territoire sous contrôle indien en août 1999. Le 12 octobre 1999, après que Sharif tente de limoger le général Pervez Musharraf, chef d'état-major des armées, un coup d'État militaire mené par ce dernier chasse le Premier ministre et suspend la Constitution : le terme loi martiale n'est pas employé mais c'est bien une nouvelle période de domination militaire qui commence.

Nawaz Sharif est accusé de trahison puis condamné en avril 2000 à la prison à vie. La peine sera commuée en décembre 2000 et Sharif exilé en Arabie saoudite. Musharraf se proclame président en juin 2001. Après l'attaque terroriste du 11 septembre 2001 aux États-Unis, organisée par le mouvement islamique Al-Qaida, on s'attendait à ce que le gouvernement américain lève les sanctions économiques contre le Pakistan, mais il ne fera qu'échelonner le remboursement de la dette. Il l'incite pourtant à la coopération pour lutter contre Ben Laden et le régime Taliban en Afghanistan.

Le rattachement du Pakistan aux intérêts américains provoque des émeutes islamistes sévèrement réprimées, notamment en bordure de frontière afghane, où vit une forte communauté de réfugiés. En janvier 2002, Musharraf critique l'extrémisme religieux et ses effets sur la société pakistanaise ; il décide de ne plus tolérer aucun groupe « engagé dans le terrorisme ». Un plébiscite tenu en avril 2002 légitime sa position pour 9 ans à la tête du pays, quoique la sincérité du scrutin ait été sérieusement mise en doute. Musharraf impose en août 2002 près d'une trentaine d'amendements à la Constitution qui renforcent son pouvoir et participent à un affaiblissement de l'opposition.

Les élections d'octobre 2002 sont un succès pour l'opposition, le PPP de Benazir Bhutto ; le PMLQ (Pakistan Muslim League-Qaid) qui soutient Musharraf n'arrive qu'en deuxième position cependant qu'une coalition islamiste anti-américaine occupe une forte troisième place. Musharraf fait l'objet de deux tentatives d'assassinats en décembre 2003, mois au cours duquel il passe un accord avec les partis islamiques pour revenir partiellement sur les amendements à la Constitution.

Parallèlement, l'économie pakistanaise jouit d'un fort dynamisme. Le Pakistan se trouve parmi les trois premières économies à croissance les plus rapides. Par ailleurs, l'indice boursier KSE (Karachi Stock Exchange) a été déclaré l'indice boursier le plus performant en 2005.

Le 6 septembre 2008,Asif Ali Zardari devient le président de la république islamique du Pakistan après la victoire du Parti du Peuple.Son fils étant trop jeune,c'est lui qui prend le pouvoir dans une démocratie à peine restaurée après l'échec de Pervez Musharraf dans son aide aux Américains dans la Guerre en Afghanistan et de sa difficulté à juguler la mouvance islamiste au Pakistan.

Le Pakistan n'a jusqu'à aujourd'hui jamais réussi à établir un régime démocratique stable pour la bonne et simple raison qu'aucune institution démocratique n'a été laissée au Pakistan au départ des britanniques. Depuis la partition en 1947, l'oligarchie militaire a régulièrement imposé sa volonté (en répondant aux appels pressants des membres de l'opposition) en s'appuyant, parfois de manière obscure, sur une tendance islamique fondamentaliste, quand cette tendance n'était pas ouvertement encouragée, pendant le régime Zia par exemple.

Le différend concernant le Cachemire oppose l'Inde et le Pakistan depuis la partition. L'Inde, qui refuse tout référendum local, revendique le Cachemire dans son entier en faisant valoir que le caractère fondamentalement fédéral et laïque de son organisation lui permet d'accueillir toute population musulmane. Le Pakistan est accusé de mener une guerre en sous-main en incitant les combattants islamistes et en les aidant par l'intermédiaire de ses services secrets, l'Interservices Intelligence Agency (ISI). De son côté, le Pakistan considère que la population à très forte majorité musulmane lui donne une légitimité naturelle sur ce territoire.

Deux des trois guerres que se sont menées les deux État étaient motivées par la question du Cachemire. En outre, comme il a été dit plus haut, la course à l'armement nucléaire s'explique essentiellement par l'existence de ce différend : moyen de dissuasion permettant à chaque pays d'adopter une posture arrogante, l'arme nucléaire constitue aussi une menace majeure pour l'ensemble du sous-continent et l'équilibre mondial. Un épisode armé majeur a été évité de justesse entre décembre 2001 et octobre 2002 après que l'Inde a mobilisé des troupes le long de sa frontière avec le Pakistan à la suite de l'attaque terroriste sur son parlement à New Delhi.

Pour la première fois en octobre 2002, des élections libres se sont tenues au Jammu-et-Cachemire, donnant le pouvoir aux autonomistes. Le taux moyen de participation ne s'est cependant élevé qu'à 44 %, de sorte que la valeur de ce scrutin a donné lieu à débats. Le Pakistan a annoncé le 23 novembre 2003 un cessez-le-feu unilatéral sur la ligne de contrôle (LOC), immédiatement accepté par l'Inde. En décembre 2003, Pervez Musharraf se déclare prêt à abandonner provisoirement une des plus anciennes revendications pakistanaises, la tenue d'un référendum au Cachemire, si cet abandon est de nature à favoriser un règlement pacifique du conflit. À la suite, l'Inde a laissé entendre qu'il existait bien un problème concernant le territoire du Cachemire, ce qui pourrait signifier qu'elle est prête à admettre que celui-ci ne faisait pas nécessairement partie intégrante de ses frontières.

Le tremblement de terre du 8 octobre 2005 a fait, selon un bilan encore provisoire au 1er novembre 2005 73 276 morts et 69 260 blessés en Azad Cachemire. Le pays a demandé l'aide internationale et son voisin indien, qui compterait environ 1 500 tués, a ouvert la frontière et envoyé des secours : 25 tonnes de matériel de secours (notamment nourriture, couvertures et médicaments) d'abord par expédition aérienne, puis au moyen de deux autres expéditions par train, franchissant la frontière commune. L'Inde a également promis une aide de 25 millions de dollars au Pakistan. Ces actions de coopération humanitaire auront peut-être une influence positive sur l'avenir des relations bilatérales de ces pays.

La situation du Pakistan sur le plan international a radicalement changé depuis les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis. Réputé être le berceau de divers fondamentalismes, le pays devient alors l'objet de toutes les attentions et dispose d'une aide financière d'un niveau jamais atteint : pour un pays dont 43 % des dépenses publiques sont consacrées au paiement de la dette extérieure, le choix de la coopération avec les États-Unis sur le front de la lutte contre Al-Qaida et les Talibans afghans est impossible à refuser, même si le Pakistan a largement soutenu le régime taliban. Le Pakistan apparaît être pour de nombreux observateurs une base privilégiée, financière et opérationnelle, des mouvements terroristes islamistes dans le monde. L'état a aussi petit à petit abandonné sa mainmise sur l'éducation au profit d'écoles coraniques privées dont de nombreuses enseigne aux plus jeunes les bases du fondamentalisme.

Dès janvier 2002, Pervez Musharraf exprime son souhait de voir le pays revenir à une attitude plus distante avec l'Islam, dans le cadre d'un compromis social avec la religion, sans remise en cause de cette appartenance fondatrice. République islamique, le Pakistan est en effet profondément partagé entre son attachement à l'Islam et sa tolérance vis à vis du fondamentalisme islamique d'une part, et les nécessités économiques et financières qui le conduisent à se présenter en allié fidèle des États-Unis et à participer à la traque des dirigeants d'Al-Qaida et des terroristes sur son territoire.

Le Pakistan est régulièrement l'objet d'attentats attribués aux islamistes : l'armée et la police sont la cible d'attaques dans le nord-ouest, près de la frontière avec l'Afghanistan. Les 17 et 27 juillet 2007, deux attentats-suicide à Islamabad ont fait 27 morts au total. Le 4 septembre 2007 au moins 24 personnes sont tuées dans deux explosions dans la banlieue de la capitale. Le 21 décembre 2007, le jour de l'Aïd al-Adha, un kamikaze se fait exploser dans une mosquée du nord-ouest du pays, faisant au moins 54 victimes. Plus de 760 personnes sont mortes dans des attentats au Pakistan au cours de l'année 2007, quasi-exclusivement par des kamikazes. Le 20 septembre 2008 un camion bourré d'explosifs fonce sur l'hôtel Marriott d'Islamabad, un des plus luxueux de la ville, et fait au moins 60 morts.

Le terrorisme est devenue la plaie du pays qui peine à s'en défaire tant l'état a abandonné du terrain dans la vie quotidienne des pakistanais.

Richard Labévière, Les coulisses de la terreur, Paris : Grasset, 2003.

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Benazir Bhutto

Benazir Bhutto en 2004

Benazir Bhutto (en ourdou : بینظیر بھٹو - /beːnəziːr bɦʊʈːoː/), née à Karachi le 21 juin 1953 et morte dans un attentat à Rawalpindi le 27 décembre 2007, était une femme politique pakistanaise.

Première femme élue démocratiquement à la tête d'un pays à majorité musulmane, elle exerce deux mandats de Premier ministre à la tête du Pakistan de 1988 à 1990 puis de 1993 à 1996, se terminant l'un et l'autre par un ordre de destitution du président (Ghulam Ishaq Khan en 1990 et Farooq Leghari en 1996), sur la base d'accusations de corruption. Afin d'échapper à la justice, elle s'exile à Dubaï et à Londres en 1998.

Ayant obtenu du président Pervez Musharraf une amnistie et un accord de partage du pouvoir après les élections prévues pour janvier 2008, elle rentre au pays le 18 octobre 2007.

Elle est en campagne pour le Parti du peuple pakistanais, affilié à l'Internationale socialiste, lorsqu'elle meurt, victime d'un attentat-suicide.

Benazir Bhutto est née à Karachi le 21 juin 1953 dans une grande famille de politiciens et propriétaires terriens du Sind où la famille Bhutto possède de vastes terres . Elle est la fille ainée de l'ancien président, puis Premier ministre Zulfikar Alî Bhutto, pakistanais d'origine sindhi, et de la Bégum Nusrat Ispahani Bhutto, iranienne d'origine kurde ainsi que la sœur de Murtaza Bhutto.

Son éducation commence dans des pensionnats d'anciennes missions catholiques. Elle fréquente les écoles de la Congrégation de Jésus et Marie à Karachi puis à Murree (Pendjab) et de nouveau à Karachi où elle obtient son O-level à l'âge de 15 ans. Elle passe ensuite son A-level à la Karachi Grammar School.

En 1969, à 16 ans, après ses études secondaires, elle part pour les États-Unis où elle étudie à Radcliffe College, un collège de l'université Harvard. Elle obtient un Bachelor of Arts en gouvernement comparé en 1973 avec la mention cum laude . Elle est membre de la sororité Phi Beta Kappa. Elle poursuit son cursus au Royaume-Uni, au collège Lady Margaret Hall (Oxford), où elle étudie la philosophie, la politique et l'économie en parallèle avec le droit international et la diplomatie. En décembre 1976, elle devient la première femme originaire d'Asie à être élue présidente de l'Oxford Union.

En 1977, une fois diplômée, elle rentre au Pakistan pour entamer une carrière diplomatique. Quelques jours après son retour, son père Zulfikar Ali Bhutto, qui est alors Premier ministre, est démis de ses fonctions après un coup d'État militaire, dirigé par l'ancien chef militaire, le général Muhammad Zia-ul-Haq, qui impose la loi martiale, mais promet de tenir des élections générales dans les trois mois. Mais au lieu de tenir sa promesse, le général Zia fait passer en cour martiale l'ancien Premier ministre pour conspiration dans l'assassinat d'Ahmed Raza Kasuri et celle-ci le condamne à mort. En dépit d'un motif considéré comme douteux et malgré de nombreux appels à la clémence de dirigeants étrangers, Bhutto est pendu le 4 avril 1979. Benazir Bhutto et sa mère sont détenues dans un camp jusqu'en mai 1979 et finalement chassée vers l'exil au Royaume-Uni en janvier 1984.

En 1985, son frère Shahnawaz Bhutto meurt dans des circonstances suspectes en France.

Le 18 décembre 1987, elle épouse à Karachi, Asif Ali Zardari dont elle aura trois enfants Bilawal, né en 1988, Bakhtawar et Aseefa, nées en 1990 et 1993.

L'assassinat d'un autre de ses frères, Murtaza Bhutto, en 1996, a contribué à déstabiliser son deuxième mandat de Premier ministre. De nombreux proches de Murtaza accusent Benazir d'avoir commandité son assassinat, les deux étant en concurrence et Murtaza voyant sa popularité augmenter.,.

Ayant achevé ses études, elle rentre au Pakistan en 1977, l'année du coup d'État du général Zia. Elle est emprisonnée puis assignée à résidence surveillée en 1979 et finalement chassée vers l'exil au Royaume-Uni en janvier 1984. Elle devient leader du Parti du peuple pakistanais qu'avait fondé son père et dont sa mère avait repris la direction. Soutenue par cette dernière qui reste co-présidente, Bénazir Bhutto exercera de façon autoritaire jusqu'à sa mort une fonction de présidente à vie du PPP, au sein duquel aucune élection ne sera organisée.

Elle revient au pays en 1986 et y est accueillie triomphalement. De nouveau emprisonnée quelques jours après une manifestation interdite contre le général Zia, elle échappe à un attentat en janvier 1987.

Le 17 août 1988, Zia ul-Haq meurt dans un mystérieux accident d'avion et le 16 novembre 1988, dans le premier scrutin ouvert depuis plus d'une décennie, son parti remporte d'une faible majorité les élections législatives. Elle prête serment en tant que Premier ministre d'un gouvernement de coalition, le 2 décembre, à l'âge de 35 ans et devient la plus jeune personne et la première femme élue démocratiquement à la tête d'un pays à majorité musulmane.

En 1989, elle reçoit le Prix pour la liberté de l'Internationale libérale.

Son gouvernement est démis par le président Ghulam Ishaq Khan sous l'accusation de corruption et d'abus de pouvoir en août 1990, elle comparaît devant des tribunaux spéciaux de septembre 1990 à mai 1991 pour abus de pouvoir, malversations et détournement de fonds public, accusations dont elle sera innocentée en 1994. Son époux, Asif Alî Zadari, est maintenu en détention de 1990 à 1993, puis est acquitté, mais le parti de Bhutto perd les élections de 1990.

En 1993, cependant, elle devient à nouveau Première ministre. Elle agit maintenant en politicienne plus chevronnée, fait des alliances, y compris avec des militaires, ce qui lui permet de traiter certains des problèmes de façon plus efficace que lors de son premier mandat, mais elle doit faire face à la montée du fondamentalisme musulman. En 1994, elle s'allie pourtant aux islamistes du Jamiat Ulema-e-lslami (JUI), qui dirige la plupart des madrassas où seront formés les futurs talibans. En 1996 son frère Murtaza est tué dans une fusillade avec la police à Karachi. Elle accuse le président Farooq Leghari d'être impliqué dans sa mort et ce dernier la chasse du pouvoir au milieu d'allégations de dysfonctionnements. De nombreux proches de Murtaza accusent Benazir d'avoir commandité son assassinat, les deux étant en concurrence et Murtaza voyant sa popularité augmenter. En novembre 1996, son parti perd à nouveau les élections au profit de la Ligue musulmane.

Lors de son arrivée au pouvoir en 1993, elle confie la politique afghane à son ministre de l'intérieur, le général Nasrullah Babar. En novembre 1994, les talibans libèrent un convoi pakistanais qui traversait l'Afghanistan pour se rendre au Turkménistan, révélant l'existence d'une alliance stratégique entre les talibans et le Pakistan, ce dernier souhaitant avoir à sa frontière un Afghanistan stable pour pouvoir développer ses relations avec les anciennes républiques soviétiques d'Asie centrale. Les talibans prennent Kaboul en septembre 1996. Des documents déclassifiés datés du 22 octobre 1996 ont montré que les services secrets des États-Unis disposaient d'informations sur des fournitures pakistanaises de nourriture, de carburant et de munitions destinées aux Talibans.

Afin d'échapper à la justice, elle s'est exilée à Dubaï en 1998. Les poursuites judiciaires restent pour l'essentiel en suspens le temps de son exil et jusqu'à l'amnistie décrétée par Musharraf en octobre 2007.

En 1999, Bhutto et Zadari sont condamnés pour corruption ; Bhutto, en exil en Angleterre et aux Émirats arabes unis, conteste ce jugement. En 2002, ne s'étant pas présentée au procès en appel, elle est condamnée à ne plus pouvoir pénétrer sur le territoire pakistanais. De plus, le président pakistanais Pervez Musharraf fait voter cette même année un amendement à la constitution interdisant de faire plus de deux mandats de Premier ministre, ce qui lui interdit tout retour au pouvoir. Cette décision est largement considérée comme une attaque directe contre les anciens Premiers ministres Bhutto et Nawaz Sharif.

Le 5 août 2003, elle devient membre du Minhaj ul Quran International, une organisation d'obédience soufie fondée par le professeur Muhammad Tahir-ul-Qadri.

Elle voyage beaucoup et participe à de nombreuses conférences dans plusieurs pays.

Le 27 janvier 2007, elle est invitée par les États-Unis à prendre la parole devant le président George W. Bush, le Congrès et les responsables du Département d'État.

Durant l'été 2007, de longues transactions ont lieu avec le président Musharraf, pour un partage du pouvoir.

Le 5 octobre 2007 Musharraf signe l'ordonnance sur la réconciliation nationale, en accordant l'amnistie à Bhutto et Zadari dans toutes les affaires judiciaires à leurs encontres, y compris toutes les charges de corruption. D'autres dirigeants politiques comme l'ancien premier ministre en exil Nawaz Sharif sont exclus de cette amnistie. En retour, Bhutto et son parti, ont convenu de ne pas boycotter l'élection présidentielle. Bhutto est alors fortement critiquée par sa famille politique et certains membres du parti pour avoir signé un accord avec le chef de la junte. Le 6 octobre 2007 Pervez Musharraf remporte l'élection présidentielle, toutefois, la Cour suprême a statué que le vainqueur ne peut être officiellement proclamé jusqu'à la décision de savoir s'il peut être président tout en restant général de l'armée.

Après huit années d'exil à Londres, Benazir Bhutto est de retour à Karachi, le 18 octobre 2007 afin de préparer les élections législatives de 2008. En larmes, elle est accueillie par de nombreux sympathisants dès sa descente d'avion à l'aéroport international Jinnah. En route pour un rassemblement dans la capitale, deux explosions se produisent. Elle est la cible d'un attentat-suicide, dont elle sort indemne mais 136 personnes sont tuées dont au moins 50 des gardes de sécurité de son parti et 6 policiers (qui formaient une chaîne humaine autour de son camion pour la protéger d'éventuelles attaques) et de nombreux sympathisants.

Le 3 novembre alors qu'elle est à Dubaï depuis le 1er novembre pour voir ses enfants, elle rentre après que le président Musharraf a décrété l'état d'urgence pour lutter contre l'augmentation des attentats-suicides et l'ingérence de la justice dans le domaine politique. Il annonce également le report des élections législatives prévues pour la mi-janvier. Le 7 novembre, elle appelle à manifester en masse contre l'état d'urgence. 400 de ses partisans sont arrêtés. Le 8 novembre, Pervez Musharraf annonce la tenue des élections législatives avant le 15 février 2008 et promet de démissionner de son poste de chef des armées avant de prêter serment pour son deuxième mandat en tant que chef de l'État. Le 9 novembre, elle est assignée à résidence pour lui éviter de participer au meeting de son parti interdit par l'état d'urgence et par crainte d'attentats-suicides. Malgré l'interdiction, elle réussit à passer deux barrages de police avant d'être stoppée. Dans la nuit son assignation est levée, le lendemain, elle participe à une manifestation organisée par des journalistes. Dans une déclaration, elle lance un appel à une « longue marche » le 13 novembre entre Lahore et la capitale Islamabad pour exiger du pouvoir la fin de l'état d'urgence et le maintien des législatives mi-janvier. Alors qu'elle souhaite rencontrer l'ancien président de la Cour suprême et leader de l'opposition à Musharraf, le juge Iftikhar Muhammad Chaudhry assigné à résidence, elle est bloquée par la police. Le 10 novembre, elle part pour Lahore, d'où elle compte mener une « longue marche » de protestation vers la capitale.

Le 11 novembre, Musharraf annonce la dissolution du Parlement pour le 15 novembre, la tenue d'élections législatives avant le 9 janvier 2008 et l'abandon de son uniforme de général si sa réélection est validée par la Cour suprême.

Le 12 novembre, elle annonce que les négociations pour un éventuel partage du pouvoir avec Musharraf sont rompues. Elle menace le président de boycotter les législatives s'il ne met pas fin à l'état d'urgence. Elle est à nouveau assignée à résidence dans la nuit du 12 novembre au 13 novembre pour une période de 7 jours dans le but notamment de l'empêcher de participer à une manifestation interdite prévue le 12 novembre et contre son opposition au président. 20 000 policiers sont déployés à Lahore, dont 4 000 aux abords de la maison où elle séjourne. Le 13 novembre, dans une interview, elle demande à la communauté internationale de cesser de soutenir le président Musharraf et réclame sa démission. Elle exclut également de devenir premier ministre tant qu'il sera au pouvoir. Elle propose à son ancien rival et ancien Premier ministre en exil Nawaz Sharif de former ensemble une alliance. Celui-ci s'est dit favorable à cette proposition. 1 500 de ses sympathisants ont été arrêtés alors qu'ils essayaient de mener la « longue marche » prévue.

Le 16 novembre, son assignation est levée quelques heures avant la visite du numéro deux américain des Affaires étrangères John Negroponte. Elle tient une conférence de presse dans laquelle elle affirme que le gouvernement de transition mis en place aujourd'hui avec à sa tête le président du Sénat Mohammedmian Soomro, nouveau Premier ministre et qui est chargé d'organiser, sous l'état d'urgence, les élections législatives et provinciales qui doivent se tenir avant le 9 janvier 2008, n'est pas acceptable.

Le 25 novembre, elle annonce sa candidature dans la circonscription sud de Karachi pour les élections législatives du 8 janvier. Alors qu'elle essaye de fédérer l'ensemble de l'opposition face à Musharraf et contrairement à certains partis qui ont appelé au boycott du scrutin, elle n'a pas encore décidé si elle le boycotterait.

Le 28 novembre, elle accueille favorablement la démission du président Musharraf de la tête de l'armée mais s'est dite peu pressée de le reconnaitre comme un président civil légitime. Le lendemain, Musharraf prête serment pour un second mandat et annonce la levée de l'état d'urgence pour le 16 décembre. Le même jour, Bhutto annonce que son parti participera aux élections législatives et provinciales du 8 janvier mais se réserve le droit de décider plus tard de les boycotter. Le président Musharraf lève l'état d'urgence le 15 décembre, et annonce que les élections prévues le 8 janvier 2008 seront équitables et transparentes.

Le 27 décembre 2007, Benazir Bhutto se rend à une réunion du Parti du peuple du Pakistan dans un parc public de Rawalpindi, dans la banlieue sud d'Islamabad. En quittant les lieux, elle salue la foule à travers le toit ouvrant de son véhicule blindé lorsqu'un homme présent à moins de deux mètres tire trois coups de feu dans sa direction tandis qu'un autre homme situé non loin déclenche la ceinture d'explosifs qu'il porte sur lui, tuant 20 personnes et en blessant plusieurs dizaines d'autres. Grièvement blessée à la tête et ayant perdu beaucoup de sang, Benazir Bhutto est transportée au Rawalpindi General Hospital à 17h35. Après une demi-heure de massage cardiaque et respiration artificielle, les médecins prononcent son décès à 18h16.

Transféré dans la nuit à Larkana, le cercueil de Benazir Bhutto est transporté jusque dans sa ville natale de Garhi Khuda Bakhsh, accompagné de centaines de milliers de personnes. Sa dépouille est enterrée aux côtés de son père, dans le mausolée familial.

Les causes exactes de la mort de Benazir Bhutto font dans les jours qui suivent l'objet d'une controverse. Le gouvernement affirme qu'elle est morte à la suite d'un choc à la tête contre le levier du toit ouvrant de sa voiture alors qu'elle tentait d'éviter les balles tirées par le kamikaze mais la porte-parole de Benazir Bhutto affirme que l'ancien Premier ministre a été touchée par une balle et déclare « J'ai vu qu'elle avait une blessure par balle à l'arrière de la tête et une autre, causée par la sortie de la balle, de l'autre côté de la tête » . Javed Cheema, porte-parole du ministère de l'Intérieur, s'est déclaré « prêt à exhumer le corps de Benazir Bhutto pour enquête si son parti le souhaite » mais son mari a refusé d'exhumer le corps afin d'effectuer une autopsie.

Sa mort donne lieu à plusieurs manifestations et à des émeutes dans tout le pays ayant fait au moins 32 morts et suscite de nombreuses réactions politiques dans le monde entier. Le président décrète trois jours de deuil national.

Un responsable d'Al-Qaida, le chef de guerre Mustafa Abu Al-Yazid, a revendiqué l'attentat et déclaré de Benazir Bhutto qu'« elle était une fidèle de l'Amérique et promettait d'écraser les moudjahidins, et elle a été liquidée » mais, le même jour, le chef supposé d'Al-Qaida au Pakistan, Baïtullah Mehsud dément l'avoir fait tuer.

Dès l'annonce de la mort de Benazir Bhutto, la communauté internationale a fermement condamné cet assassinat.

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Conflit de Kargil

Localisation de Kargil.

Le conflit de Kargil — aussi appelé la guerre des glaciers — est un conflit qui opposa l'Inde et le Pakistan en 1999. Ce conflit à pour particularité d'être disputé à une très grande altitude, sur des hauteurs atteignant plus de cinq mille mètres et souvent dans des températures inférieures à 0°C. En mai 1999, des centaines de combattants islamistes soutenus par le Pakistan s'infiltrent et s'installent sur les hauteurs de Kargil puis contrôlent la route stratégique Srinagar-Leh. Prenant conscience du problème, l'Inde réagit et son armée lance une vaste offensive pour reprendre les zones investies.

Cette nouvelle guerre entre l'Inde et le Pakistan dure du 9 mai au 12 juillet. Les forces armées indiennes se lancent dans une stratégie de reconquête . La Chine reste neutre et Bill Clinton appelle le 4 juillet 1999 les combattants pakistanais à se retirer. Après ce désaveu de deux de ses alliés traditionnels, le Pakistan se retire de cette zone.

Cette défaite pakistanaise débouche sur un coup d'État militaire au Pakistan le 12 octobre 1999. L'armée renverse le gouvernement civil de Nawaz Sharif remplacé par le général Pervez Musharraf.

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Source : Wikipedia