Naturalisme

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Posté par marvin 12/04/2009 @ 03:09

Tags : naturalisme, mouvements artistiques, arts plastiques, culture

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Naturalisme

Scène de Normandie, 1823, Bonington

Ne pas confondre avec le naturisme (nudité), le naturisme anthropologique (théorie sur l'origine des religions), le naturisme herméneutique (méthode d'interprétation des textes religieux), le naturisme religieux (culte de la nature)...

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Naturalisme (théâtre)

Série théâtre

Le Naturalisme correspond à un type de mise en scène et d'interprétation des acteurs, cherchant à reproduire la nature humaine au plus près de sa vérité scientifique. Le public se lassera vite des pièces naturalistes, mais la notion du rôle créateur du metteur en scène introduite par Antoine va marquer le siècle qui s'annonce.

Au théâtre, l'école naturaliste a conservé de nombreux représentants depuis la fondation du Théâtre-Libre en 1887 par André Antoine, qui fit découvrir en France Strindberg et Ibsen. Ce théâtre devient vite le refuge des auteurs rejetés par les grandes scènes parisiennes et, par conséquent, se transforme en laboratoire de ce type de dramaturgie expérimentale.

Le style de mise en scène ou d'interprétation naturaliste, qui s'oppose au jeu expressionniste, est devenu peu à peu un des plus fréquemment utilisé au théâtre et surtout depuis l'avènement du cinéma. La Méthode enseignée à l'Actor's Studio tient, quant à elle, plus à développer un jeu réaliste plus qu'un jeu naturaliste; l'objet n'étant plus de "singer" la vérité mais d'en tirer l'essence et donc le sens profond dans le cadre dramaturgique, ce dont le naturalisme tend à se passer.

Aujourd'hui cependant, le terme "naturaliste" au théâtre revêt parfois un certain aspect péjoratif : il signifie que l'on surjoue le naturel de telle manière qu'il finit par être déconnecté de toute réalité. Il devient un style de jeu "faussement naturel".

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Naturalisme (peinture)

Dans la Peinture, le naturalisme est un mouvement apparu au XIXe siècle, plus précisément vers 1870 en France, faisant suite au réalisme, et accordant une importance primordiale au motif du paysage, et du monde paysan ou ouvrier, plutôt qu'à des scènes historiques. Ce mouvement précède l'Impressionnisme.

Dans les pays communistes, le naturalisme s'attache à décrire le prolétariat et la révolte contre l’industrialisation, et à susciter une réflexion sur la vie des paysans.

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Naturalisme (philosophie)

Le naturalisme philosophique est la position selon laquelle rien n’existe en dehors de la nature : il n’y a rien de surnaturel. Le naturalisme peut prendre diverses teintes selon l'acceptation donnée au mot nature mais disons que, dans l'une de ses formulations les plus étendues, la nature est ici envisagée dans le sens de tout ce qui existe en devenir.

Les systèmes philosophiques panthéistes, comme celui des Stoïciens de l’Antiquité, celui de John Scot (Irlande, IXe siècle), de Giordano Bruno (Italie, XVIe siècle) et de Spinoza (Hollande, XVIIe siècle), sont naturalistes. Pour le panthéiste, Dieu est le monde.

En son sens le plus élémentaire, le naturalisme est tout simplement une forme de monisme dont les concurrents les plus directs sont les différentes variétés du dualisme, mais aussi les types de monisme alternatifs (comme le spiritualisme). Lucrèce et Spinoza sont, par excellence, les philosophes de ce monisme naturaliste que l'on peut définir comme la théorie selon laquelle un seul type d’entité existe, la Nature, celle-ci étant redevable d’un seul type d’explication : les explications naturelles ou causales.

Il ne faudrait pas croire cependant qu'un tel type de naturalisme soit spécifiquement récent. Il a pu se rencontrer en des époques reculées.

Le naturalisme peut être entendu en un sens plus étroit si l’on identifie la nature avec l’objet étudié par les sciences dites « naturelles. » C’est cette seconde acception du terme qui prévaut dans le débat philosophique contemporain, en particulier chez les philosophes d’inspiration analytique. Le naturalisme contemporain rejette la validité d'explications ou de théories faisant référence à des entités inaccessibles aux sciences dures. On appelle généralement "naturaliste" le partisan de la famille de théories pour lesquelles des entités métaphysiques ou normatives d’un type donné (principes logiques, mathématiques, éthiques ou cognitifs) sont entièrement réductibles aux genres d’objets étudiés dans les sciences naturelles (psychologie, biologie, physique…). Le psychologisme (c'est-à-dire le réductionnisme psychologique) qui fut combattu avec force par les pionniers de la philosophie analytique et de la phénoménologie (à savoir, respectivement Frege et Husserl), constitue le paradigme du naturalisme réductionniste.

W. V. Quine est dans une large mesure responsable de la prééminence actuelle du naturalisme chez les philosophes anglo-saxons. Le naturalisme correspond chez lui à l’idée selon laquelle il n'existe pas de tribunal plus haut de la vérité que la science elle-même. Il n'y a par conséquent pas de meilleure méthode que la méthode scientifique pour juger des affirmations de la science, et il n'est nul besoin pour ce faire d'avoir recours à une « philosophie première » telle que la métaphysique ou l'épistémologie. Un tel naturalisme est à rapprocher du positivisme.

Bien que le naturalisme de Quine soit teinté de psychologisme behavioriste et de physicalisme, on peut, en prolongeant ses intuitions, élaborer une version du naturalisme très éloignée du scientisme, où l'idée de nature se dissout presque totalement. Pour Quine en effet, la science n’est ni totalement correcte ni infaillible : elle est simplement la meilleure explication des choses dont nous disposions lorsque nous tentons de nous mettre d'accord les uns avec les autres et de mettre nos croyances en « équilibre réflexif. » Il n'y a pas de moyens de juger d'une vérité au-delà de la manière que nous avons de nous mettre d'accord, collectivement, à son sujet. Pour les défenseurs de cette approche pragmatiste, tel Goodman, Hilary Putnam, et plus encore Richard Rorty, le juge suprême de la vérité est moins la science que les formes possibles du consensus au sein d'une communauté discursive donnée, idéale (Putnam) ou réelle (Rorty).

Pour Philippe Descola, le naturalisme entre dans un des quatre modes d'identification des existants, humains et non humains ; ceux-ci sont : le totémisme, l’animisme, l'analogisme et le naturalisme.

Pour plus de précision, le naturalisme est "simplement la croyance que la nature existe, autrement dit que certaines entités doivent leur existence et leur développement à un principe étranger aux effets de la volonté humaine. Typique des cosmologies occidentales depuis Platon et Aristote, le naturalisme produit un domaine ontologique spécifique, un lieu d’ordre ou de nécessité où rien n’advient sans une cause, que cette cause soit référée à l’instance transcendante ou qu’elle soit immanente à la texture du monde. Dans la mesure où le naturalisme est le principe directeur de notre propre cosmologie et qu’il imbibe notre sens commun et notre principe scientifique, il est devenu pour nous un présupposé en quelque sorte « naturel » qui structure notre épistémologie et en particulier notre perception des autres modes d’identification".

L’animisme qui est le propre des sociétés pour lesquelles les attributs sociaux des non-humains permettent de catégoriser des relations ; les non-humains sont les termes d’une relation.

Le totémisme qui caractérise les sociétés pour lesquelles les discontinuités entre non-humains permettent de penser celles entrent les humains ; pour ces sociétés les non-humains sont comme des signes.

L'analogisme qui s'exprime par une discontinuité des intériorités et des physicalités des humains et des non humains. Les sociétés où l'analogisme est présent, se caractériseront par des systèmes fortement dualistes.

Le naturalisme est donc la seule ontologie à créer une frontière entre soi et autrui au travers de l’idée de "nature", cette dernière ne relèvant pas de la culture. Distinction occidentale récente (fin du XVIème siècle), elle est le résultat d’une histoire particulière ; elle est quasiment ignorée dans d'autres sociétés comme celles de l'Extrême-Orient où l'analogisme domine.

On s'en rend compte : à travers ces glissements de sens successifs, ces acceptions plus ou moins étroites, le terme de « naturalisme » en vient à englober les positions les plus contradictoires. L'usage, en vogue, de l'étiquette naturaliste comme anathème ou point de ralliement ne facilite guère les choses.

Soit un exemple simple : C. Rosset qualifie de « naturaliste » toute forme de philosophie fondée sur une conception forte de la nature, de la nécessité ou de l'ordre naturel. Dans cette perspective, la "nature" des choses n'est guère éloignée de leur Essence, et tout naturalisme, pour Rosset, tend donc vers l'essentialisme : naturaliser une chose, c'est la fixer dans son essence, déterminée par telle ou telle science de la nature. Dans le domaine politique, le philosophe élabore ainsi les catégories de naturalisme « conservateur » ou « révolutionnaire » afin de désigner les doctrines pour lesquelles la tâche première de la politique est de rétablir dans ses droits une Nature originelle soit perdue, soit réprimée. À cette approche des choses, Rosset oppose l'antinaturalisme des philosophies centrées sur les idées de contingence et d'artifice. Dans son ouvrage l'Antinature, il s'efforce de réhabiliter les philosophes artificialistes, tels les sophistes. C'est là une source d'inspiration qui n'est guère éloignée de celle de Rorty. Ce dernier défend une philosophie politique dont le principal objectif est la création de consensus par le biais de la discussion. Rorty, dont on a vu plus haut qu'il était un ardent défenseur d'une forme de relativisme pragmatique, n'a de cesse de vilipender les philosophies de l'authenticité, les doctrines universalistes ou essentialistes en quête d'une vérité ultime. Or ,on voit que, selon les catégories propres à Rosset, et qui sont tout à fait cohérentes, le naturalisme pragmatiste de Rorty est tout simplement... un antinaturalisme.

Le naturalisme en tant que doctrine a été condamné par le pape Pie IX dans son fameux syllabus. Le rationalisme, le panthéisme et le monisme ont aussi été critiqués par l'Église.

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Naturalisme (littérature)

Le naturalisme est une école littéraire qui, dans les dernières décennies du XIXe siècle, cherche à introduire dans l'art la méthode des sciences expérimentales appliquées à la biologie par Claude Bernard.

Émile Zola, chef de file du naturalisme, expose cette théorie dans le Roman expérimental (1880). De la France, le naturalisme s'étend à toute l'Europe au cours des vingt années suivantes, fixant les recherches analogues qui existent déjà dans les différentes littératures nationales.

Selon la théorie littéraire, le réalisme constitue la notion élargie, tandis que le naturalisme est la notion plus restreinte, puisqu'il utilise et accepte comme prémisses tous les principes fondamentaux et la thématique du réalisme. Cependant, l'école naturaliste exige, si l'on s'en tient à la théorie de Zola, que l'écrivain applique une méthode strictement scientifique qui se rapproche de celles mises en œuvre par les sciences naturelles, et qui avait été utilisée pour la première fois dans la critique positiviste des phénomènes littéraires par Charles Augustin Sainte-Beuve et Hippolyte Taine. Auguste Comte avait, en effet, affirmé, dans son Cours de philosophie positive (1830-1842), que l'art, parvenu au stade « positif », obéissait aux mêmes lois que la science. Suivant le positivisme, Taine va alors s'attacher à découvrir les lois qui régissent la littérature. C'est ainsi qu'il soutient que la race, le milieu naturel, social et politique et le moment au cours duquel est créée une œuvre littéraire définissent ses traits spécifiques et son évolution (Introduction à l'histoire de la littérature anglaise, 1863-1864).

Pour rendre sa théorie plus accessible aux lecteurs, Zola se met lui même en scène, dans l'Œuvre sous le patronyme transparent de Sandoz, dans le personnage de l'écrivain. Sandoz est visiblement composé de la réunion du nom de Sand (l'écrivain que dans sa jeunesse Zola disait admirer le plus) et de oz (le début de "Zola", retourné). Il fait dire à Sandoz :"...J'en sais dont le crâne est trop différent du mien, pour qu'ils acceptent jamais ma formule littéraire, mes audaces de langue, mes bonhommes physiologiques, évoluant sous l'influence des milieux...".

Le naturalisme français semble se limiter, en dehors de Zola, à Guy de Maupassant, à Vallès, aux frères Goncourt et peut-être à Alphonse Daudet (1840-1897). Les autres membres du groupe de Médan, Paul Alexis (1847-1901), Henri Céard (1851-1924), Léon Hennique (1851-1935) sont presque oubliés. Quant à Octave Mirbeau, qu'on a souvent rangé parmi les naturalistes à son corps défendant, il a toujours vivement critiqué la doctrine zolienne. Ainsi, le naturalisme a vite été éventé dans son propre pays et a rapidement été abandonné par ses partisans littéraires. Huysmans, dans À rebours (1884), rompt avec l'école de Zola et se tourne vers un spiritualisme teinté de surnaturel (Là-bas, 1891). En 1887, Maupassant, dans la préface de son roman Pierre et Jean (1888), souligne que l'objectivité est impossible en littérature. La même année, le Figaro publie le Manifeste des cinq qui protestent contre l'extrémisme de Zola dans La Terre. En 1891, tous les hommes de lettres s'accordent pour dire que le naturalisme est mort.

Même critiqué, le naturalisme suscite partout l'intérêt. D'un côté, des protestations s'élèvent contre le matérialisme du naturalisme, le déterminisme de l'hérédité et de l'environnement, tandis que l'assimilation de l'homme à l'animal soulève un véritable tollé. La critique polonaise constate que « si les naturalistes ont observé qu'il y a toute la bête dans l'homme », ils n'ont pas su distinguer que « dans la bête il n'y avait pas tout l'homme ». D'un autre côté, le naturalisme reçoit un accueil très positif, car il enrichit la thématique du genre romanesque par l'introduction de sujets nouveaux tels que l'influence de l'environnement sur le comportement humain ou encore l'injustice sociale, et il renouvelle l'écriture romanesque par la vivacité picturale et colorée des descriptions.

Les campagnes en faveur de l'Assommoir, puis de Germinal, coïncident avec les découvertes des réalités sociales : l'écart entre la bourgeoisie, qui accumule les richesses et la classe ouvrière, poussée vers une pauvreté extrême, ne cesse de se creuser. Le lancement d'une Europe à deux vitesses, conforme au schéma actuel Nord-Sud, Est-Ouest, remonte à cette époque. La classe ouvrière prend conscience de sa situation et revendique activement par la grève et par une syndicalisation croissante (Première Internationale ouvrière, 1864), la protection de ses droits et de ses intérêts. Ces débats sociaux vont permettre au naturalisme belge de prendre son essor autour de l'œuvre de Camille Lemonnier (1844-1913). Il donne Happe chair (1886), dédié à Zola, roman de la classe ouvrière dans les usines sidérurgiques du Centre, et la Fin des bourgeois (1893), qui trace une épopée familiale à la manière des Rougon-Macquart. De même, Georges Eekhoud (1856-1927) s'est intéressé à tous les milieux déclassés. Sa Nouvelle Carthage (1888) est une véritable fresque sociale et une critique audacieuse du capitalisme triomphant. L'auteur le plus important du naturalisme en Flandre est Cyriel Buysse (1859-1932). Il débute en 1894 avec la nouvelle De biezenstekker (Le Bâtard), dans laquelle il applique la méthode expérimentale de Zola. Il traite du sort des pauvres à la campagne, dont la condition humaine sordide, bestiale et sans espoir est attribuée à l'injustice sociale. Une imagination visionnaire et un sens du détail typique caractérisent ses œuvres les plus connues, dont Het recht van den sterkste (Le Droit du plus fort, 1893). Enfin, le tardif Jours de famine et de détresse de Neel Doff (1911) livre la description sans concession de la misère sociale vécue de l'intérieur.

Le vérisme italien s'inspire également du naturalisme français. Giovanni Verga, (1840-1922), situe l'intrigue des deux tomes I Vinti (Les Vaincus) - I Malavoglia (Les Malavoglia, 1881) et Mastro Don Gesualdo (Maître Don Gesualdo, 1889) - en Sicile, parmi les pêcheurs et les paysans pauvres d'un côté, la bourgeoisie ascendante et la noblesse décadente de l'autre. Le déterminisme du milieu y joue un rôle important et se manifeste surtout dans le caractère des ruraux siciliens.

Le nudisme allemand, désigné sous le terme « naturalisme conséquent », est le plus extrémiste d'Europe. Les jeunes écrivains, sous l'influence d'auteurs étrangers (Émile Zola, Charles Darwin, écrivains scandinaves et russes), se révoltent devant le réalisme tempéré de la bourgeoisie et finissent par créer un art beaucoup plus radical que celui de Zola. Réunis autour des frères Heinrich (1855-1906) et Julius Hart (1859-1930), Holz, Gerhart Hauptmann (1862-1945) et Hermann Sudermann(1857-1928), ils élargissent progressivement la théorie naturaliste dans une série de textes théoriques. Holz et Johannes Schlaf (1862-1941) créent une écriture connue sous le terme « Sekundenstil » (style seconde-par-seconde), grâce à laquelle la distance entre les choses et le récit est abolie et où le temps du récit coïncide avec le temps de l'histoire. Influencé par les modèles des deux grands Scandinaves Henrik Ibsen et August Strindberg, le théâtre allemand sera la contribution la plus importante de ce pays au naturalisme européen. Le premier grand succès de Hauptmann est la pièce Vor Sonnenaufgang (Avant l'aube, 1889). Die Weber (Les Tisserands, 1892) du même Hauptmann met en scène la révolte des ouvriers silésiens en 1844, condamnés au chômage par l'industrialisation. À la classe des ouvriers réduits à la misère, Hauptmann oppose celle des oppresseurs et des riches.

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Source : Wikipedia