Moulins

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Posté par rachel 13/03/2009 @ 16:09

Tags : moulins, allier, auvergne, france

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Moulins (Allier)

Blason actuel de Moulins

La vieille ville depuis la rive gauche de l'Allier.

Moulins (la dénomination Moulins-sur-Allier est parfois utilisée, notamment par la SNCF) est une commune française, préfecture du département de l'Allier, dans la région Auvergne. Capitale historique du Bourbonnais, l'agglomération s'étend le long l'Allier.

Ses habitants sont appelés les Moulinois.

La ville de Moulins se situe dans le département de l'Allier, en région Auvergne. Situé essentiellement le long de la rive droite de l'Allier, l'une des dernières rivières sauvages d'Europe et affluent de la Loire, Moulins bénéficie d'un cadre environnemental agréable. La ville est placée sur les contreforts du Massif Central, mais le relief n'y est encore que très légèrement vallonné. Enfin, Moulins se trouve approximativement à la limite entre bocage bourbonnais à l'Ouest et Sologne bourbonnaise à l'Est.

Météo-France ne dispose que d'une seule station météorologique dans l'Allier, la station de Vichy-Charmeil. Vous pouvez alors consulter les données disponibles sur le climat vichyssois ou, plus globalement, sur celui de l'Allier.

Moulins est situé sur la RN 7 mais est aussi à l'origine de la RN 9. On rejoint facilement, à partir de la ville, la A77, par l'intermédiaire de la RN7, et la A71, via la RCEA (Route Centre Europe Atlantique -E62- ) Moulins dispose d'un contournement par l'Est.

Elles sont essentiellement localisées sur les bord de l'Allier, où une piste de trial est également accessible.

Aérodrome de Moulins-Montbeugny.

« D'argent à trois croix ancrées de sable ouvertes du champ en fer de moulin ; au chef d'azur chargé de trois fleurs de lis d'or. » tel que rapporté dans le Grand Larousse encyclopédique (1960).

« D'argent à trois croix ancrées de sable deux et un ; au chef d'azur, chargé de trois fleurs de lis d'or. » tel que rapporté par Malte-Brun, dans la France illustrée (1882).

D'après la banque du blason, les croix ancrées sont des déformations graphiques des anilles ou fers de moulin qui servaient à assujettir les meules. Il semble donc que les deux blasonnements soient identiques.

L’histoire de la ville de Moulins est étroitement liée à celle des Ducs de Bourbon, puisqu’elle devient la capitale du duché et de ses importantes dépendances en 1327. Cet état de fait perdurera jusqu’en 1523, avec la défection du connétable de Bourbon.

La tradition populaire raconte qu’un sire de Bourbon, perdu après une journée de chasse, aurait trouvé refuge dans un moulin sur les bords de l’Allier. Tombé amoureux de la meunière qui l’avait recueilli, pour justifier ses fréquentes venues, il fit bâtir à l’emplacement actuel du palais ducal un relais de chasse. Une ville se développera autour : ce sera Moulins,.

C’est en 990 qu’apparait la première mention de Moulins dans un document : à l’occasion de la donation d’une chapelle dédiée à Saint-Pierre à l’abbaye de Cluny par quatre religieux, les frères Vion, Lambert, Bérard et Guillaume, on apprend que celle-ci se trouve «in villa Molinis». Cependant, le peuplement des rives de l’Allier en cet endroit est bien antérieur au Xe siècle, mais jusqu’alors, il n’était question que d’Yzeure, tant dans les archives que sur le terrain. En 1097, toujours dans des actes de donation, on parle d’une «capellam de Molinis», puis en 1103, d’une «ecclesiam de Molinis». L’évolution des structures religieuses tend à indiquer que la ville prend rapidement de l’importance.

En 1232, comme précédemment pour d’autres ville du Bourbonnais, Archambaud VI, seigneur de Bourbon, accorde aux bourgeois de Moulins une charte de franchise, contre une rente annuelle de 200 livres . Cette charte n’est que la confirmation des droits déjà accordés par Archambaud V, beau-fils de Louis VI Le Gros, roi qui fut particulièrement libéral envers les diverses communes de son royaume. Les habitants de Moulins pourront à l’avenir administrer eux-mêmes leur cité : quatre consuls, présidés par un fonctionnaire ducal, seront élus tous les ans. Devenue ville franche, Moulins attire nombres d’étrangers, l’activité économique naît et prend un essor important. Dans le courant du XIIIe siècle, la cité compte quelques mille habitants. En 1244, la contribution annuelle de 200 livres est supprimée, remplacée par une «taxe de bourgeoisie» : tous les habitants sont dans l’obligation de s’acquitter d’un montant variant de 2 à 6 sols, selon leurs revenus.

En 1327, la seigneurie du Bourbonnais est érigée en duché par le roi de France Charles IV Le Bel. Louis Ier Le Grand, premier duc de Bourbon, réside peu à Moulins, de même que son fils et successeur, Pierre Ier . Le duché n'avait pas alors de capitale fixe : la famille, originaire de Bourbon-l'Archambault, résidait aléatoirement dans cette même ville, à Moulins, Souvigny ou Chantelle. Les travaux qu’ils entreprennent sont minimes : édification des soubassements de la Malcoiffée, le donjon du palais ducal, pour le premier ; autorisation de l’installation du couvent des Carmes, plus vieil établissement religieux de la ville, pour le second.

« Nostre ville de Molins en laquelle nous, nostre très chière et très aimée compaigne la duchesse et nos enfants vous acoustumés de faire notre demeure plus souvent et continuellement que autre part, nous ou eulx estans en notre païs de Bourbonnois ».

Durant son règne, et sous ses ordres, s’élèvent l’hôpital Saint-Nicolas, qui vient s’ajouter à l’hôpital Saint-Julien, fondé au XIIIe siècle, la première collégiale Notre-Dame, la première enceinte, dont les cours actuels Anatole France et Jean Jaurès rappellent l’emplacement. En 1369, il crée à Moulins l’ordre de l'Écu d'or, et en 1370 celui de Notre-Dame du Chardon, dont Du Guesclin sera le récipiendaire le plus connu. Enfin, en 1374, il fonde la Chambre des Comptes de Moulins. En 1400, Moulins compte 5000 habitants. Le duc s’éteint en 1410 au château de Montluçon.

Jean Ier lui succède. En 1412, s’étant engagé aux côtés des Armagnac, Moulins est assiégée, sans succès, par les Bourguignons. En 1429, alors qu’il est prisonnier des Anglais —le duché est dirigé par son épouse Marie de Berry— Jeanne d’Arc vient séjourner à Moulins et se recueillir auprès de la Vierge Noire. En témoigne une plaque commémorative (récente) posée à l’angle de la rue d’Allier et de la rue de la Flèche.

De 1434 à 1456, le duc de Bourbon est Charles Ier.

Jean II, surnommé Le Bon, comme son aïeul, œuvra lui aussi pour sa capitale. A la fin de la Guerre de Cent Ans, il fait édifier une seconde collégiale, en remplacement de la première, un premier Jacquemart (beffroi). On peut encore observer des maisons de cette époque dans le vieux Moulins (Hôtel Demoret, rue Grenier et rue de Orfèvres). La cour ducale est brillante et réputée. Au nombre des artistes qui y séjournent, on compte Michel Colombe, Jean de Rouen, et même François Villon, en 1457. Mort en 1588, sans héritier légitime, ses successeurs sont ses frères : Charles II, cardinal archevêque-comte de Lyon, qui abdique rapidement, et Pierre II.

C’est à l’époque de Pierre II, sous les auspices d’Anne de France, son épouse et fille de Louis XI, que la renommée de Moulins et la puissance de la famille ducale atteignent leur apogée, même si la peste ronge la ville avec virulence dès la fin du XVe siècle, et ce jusqu’au milieu du XVIe siècle. On y peint le fameux triptyque du Maître de Moulins, la duchesse fait réaménager l’aile Nord du palais ducal (l’actuel pavillon Anne de Beaujeu), on y rédige Les enseignements d'Anne de France à sa fille Suzanne de Bourbon. L’administration ducale, réorganisée et modernisée, compte près de 1650 fonctionnaires, rien que dans Moulins. En 1494, Charles VIII projette d’envahir l’Italie, et pendant qu’il reste à l’étranger, il confie la famille royale et le gouvernement de la France au duc, qu’il nomme lieutenant-général du royaume. Pierre II ne va pas s’installer à Paris, mais, avec la famille royale, reste à Moulins, qui devient alors la véritable capitale du pays. Il restitue ses pouvoirs, en 1495, à Lyon, au roi. En 1503, le duc meurt. Sa fille, Suzanne, devient duchesse de Bourbon, jusqu’à son mariage avec Charles de Montpensier, en 1505, qui deviendra Charles III de Bourbon.

Pendant le règne de Charles III, Anne de France conserve une très grande influence sur les affaires du duché. En novembre 1518, les notables de Moulins, de leur propre chef, élisent un maire, Jean Chanteau, secrétaire de la duchesse douairière. L’habile choix de ce premier maire, et sa prestation immédiate de fidélité auprès du chancelier ducal conduisirent la duchesse Anne, au mois de décembre de la même année, à accorder une charte municipale qui entérine ce droit pour la ville,. Les maires, élus tous les deux ans, seront en charge du pavage, des ponts, de la surveillance du port, de la propreté des rues, de l’approvisionnement du marché, des impositions locales et du bon fonctionnement des assemblées.

En 1523, le connétable de Bourbon, Charles III, trahit le roi de France, François Ier , en se ralliant à Charles Quint. Tous ses domaines, le Bourbonnais, le Forez, la Marche, l’Auvergne, et bien d’autres sont mis sous séquestre. Son procès, commencé en 1527, aboutira, en 1531, à la confiscation de tous ses biens par la Couronne. Moulins est déchue de son statut de capitale. Sa Chambre des Comptes est supprimée en 1532, ses archives sont versées à celles de la Chambre des Comptes de Paris. Cependant, en raison des prétentions territoriales que sa mère avait eu sur le Bourbonnais, François Ier s’emploiera à faire de Moulins le centre administratif d’une province royale. Un gouverneur du Bourbonnais est nommé ; le premier sera Jean Stuart, duc d’Albany, en 1531. En 1548, c’est à Moulins qu’a lieu de mariage de Jeanne d’Albret, héritière de Navarre, et d’Antoine de Bourbon, duc de Vendôme. En 1551, la ville reçoit un Présidial, qui gagne en importance en 1657 avec la suppression de celui de Montluçon ; en 1587, elle devient le siège d’une généralité, qui regroupe le Bourbonnais, la Nivernais et la Marche. A la mort d’Henri II, en 1559, le Bourbonnais devient le douaire des reines de France, et ce jusqu’en 1659. En 1587, le roi Henri III, en récompense de la fidélité de Moulins pendant les troubles qui agitent le royaume, prévoit d’y installer un Parlement ; mais un pamphlet, Remontrances très humbles contre l’établissement demandé d’un Parlement à Moulins, fait avorter le projet.

Du 22 décembre 1565 au 23 mars 1566, le roi Charles IX, à l’occasion de son grand tour de France, séjourne, avec toute la cour, à Moulins. Le futur Henri III de France y est fait Duc de Moulins et l’Edit de Moulins est publié. L'édit de Moulins est une règlementation du domaine royal, parfois considérée comme une source historique du domaine public.

La population ne cesse de croître, à tel point qu’à partir de 1536, une seconde enceinte est érigée, pour protéger tous les faubourgs qui s’étalaient au-delà de la première muraille de Louis II. En juin 1562, au début des guerres de religion, les huguenots tentent de s’emparer de la Moulins, pour densifier le réseau des forteresses qui sont en leurs mains. Commandés par François Poncenat et M. de Saint-Auban, ils assiègent la place, qui est défendue par Jean de Marconnay, seigneur de Montaret. Apprenant l’arrivée imminente de troupes envoyées par le Gouverneur de Nevers à celui de Moulins, et face à la résistance qu’oppose la ville au siège, les réformés battent en retraite. Cet évènement conduit à une violente réaction dans les campagnes avoisinantes : tous ceux qui auraient soutenus les Huguenots, ou qui en seraient, sont massacrés.

Après le Concile de Trente, et avec la Contre-Réforme catholique, un très grand nombre de couvents et monastères s'installent à Moulins. De trois établissements religieux avant 1600, on en compte treize à la fin de ce siècle : Carmes (1352), Jacobins (1515), Clarisses (1521), Capucins (1601), Augustins (1615), Ursulines (1616), Visitandines (1616), Minimes (1621), Chartreux (1622 et 1660), Carmélites (1628), Bernardines (1649), Filles de la Croix (1682). En 1604, par lettres patentes, le roi Henri IV autorise la fondation d'un collège jésuite. Enfin, en 1641 meurt à Moulins Jeanne de Chantal, fondatrice de l'ordre de la Visitation.

Dès le début du XVIIe siècle, les prémices de l'absolutisme se font sentir, et Moulins devient une terre d'exil. Le 18 novembre 1632, Marie-Félicie des Ursins, l'épouse du duc Henri II de Montmorency, qui vient d'être exécuté à Toulouse pour crime de lèse-majesté, arrive à Moulins pour être retenue captive dans l'ancien palais ducal. Rapidement, elle est rendue à la liberté, se retire en 1634 au couvent de la Visitation de Moulins, dont elle devient une religieuse en 1641. Elle fera construire un mausolée, à côté du couvent, où seront entreposés la dépouille mortelle de son mari et son propre corps, à sa mort. Après la disgrâce du surintendant des Finances Nicolas Fouquet, sa famille, dont son épouse, Marie-Madeleine de Castille, est envoyée en exil à Montluçon, puis à Moulins et enfin à Souvigny. En 1653, naît à Moulins Claude Louis Hector de Villars, qui deviendra en 1733 maréchal général des camps et armées du roi. Son père étant alors en exil (il était notamment haï de Louvois), sa mère se retire chez sa tante, Mme de Saint-Géran, épouse du gouverneur du Bourbonnais, à Moulins.

Un autre militaire naitra à Moulins, il s'agit de Jacques Fitz-James de Berwick, en 1670, qui deviendra maréchal de France.

Au XVIIe siècle, la population continue de croître et l'industrie se développe. Les rives de l'Allier sont urbanisées, avec l'expansion de la batellerie. La coutellerie de luxe et l'industrie armurière de Moulins connaissent leurs heures de gloire. La première s'éteindra avec la Révolution, et donc la fin de la haute noblesse, la seconde ne survivra pas à l'avènement des armes à feu. D'après le journal de Jean Héroard, médecin attaché à la personne du dauphin puis roi Louis XIII, on apprend qu'en 1603 la ville de Moulins offre au dauphin, qui est âgé de deux ans, sa première armure. Sous le règne d'Henri IV, on entreprend d'établir une industrie séricicole à Moulins, comme en beaucoup d'endroits du royaume. Enfin, durant la seconde moitié du siècle, des travaux d'embellissement de la ville sont effectués, avec notamment l'aménagement des cours de Bercy et d'Aquin.

Le 22 avril 1654, Louis XIV modifie les critères d'admission au sein du conseil municipal, « afin de remédier aux brigues, cabales et monopoles pratiqués, depuis quelques années, dans la ville de Moulins, pour l'élection du maire » : seuls des notables pourront y siéger. Par un édit d'août 1692, il crée les charges de maires perpétuels, non élus, qui doivent être achetées, dans le but de renflouer le Trésor et soutenir l'effort de guerre. En 1693, Bernard de Champfeu acquiert le poste de maire perpétuel de Moulins pour la somme de 44.000 livres. En 1705, le mandat électif pour les maires est rétabli, mais pour avoir l'insigne honneur d'élire leur maire, les villes doivent payer une taxe au Trésor et dédommager l'actuel maire perpétuel. En 1712, M. de Champfeu est totalement remboursé et est remplacé par un maire élu, M. Vernin.

Durant le XVIIIe siècle, les travaux d'embellissement de la ville se poursuivent, mais la grande réussite architecturale de ce siècle à Moulins est le pont que l'ingénieur Louis de Régemortes parvient à construire sur l'Allier. Au niveau de Moulins, l'Allier est relativement étroit, et c'est sans doute une des raisons qui poussa initialement des populations à s'installer ici. Longtemps des ponts en bois seront construits, tous emportés par des crues. En 1499, le duc Pierre II prévoit de faire construire un pont de pierre, mais son projet n'est pas réalisé. L'an 1532 marque un tournant, puisque l'on construit effectivement le premier pont de pierre de Moulins. Il sera emporté. En 1595, on le reconstruit. Las, il est emporté en 1676. C'est que le lit de la rivière est particulièrement sablonneux à Moulins, rendant les fondations de ces édifices très fragiles. Lorsque les ponts sont effondrés, on traverse à bac. En 1685, un nouveau pont est bâti, il s'effondre quatre ans plus tard. Au début du XVIIIe siècle, Jules Hardouin-Mansart conçoit les plans d'un futur pont, qui s'écroulera en 1710. Saint-Simon rapporte, dans ses Mémoires, l'annonce au roi et à l'architecte de cet évènement. Cependant, il faut ici constater que le mémorialiste affabule, puisque Hardouin-Mansart meurt en 1708. En 1750, Louis de Régemortes, Premier Ingénieur des Turcies et Levées de la Loire, s'emploie à résoudre ce problème, et achève en 1762, après force travaux, un ouvrage qui est resté, jusqu'à aujourd'hui, intact. Il fera publier en 1771 Description du nouveau pont de pierre construit sur la rivière d’Allier à Moulins, dans lequel il indique par quels moyens il est venu à bout des difficultés qui causaient la ruine de chacune des entreprises précédentes.

Dès 1778, des tentatives de réformes sont engagées par Jacques Necker, notamment de décentralisation, avec la mise en place d’assemblées provinciales, compétentes pour répartir et lever les impôts, diriger la construction des routes et faire au Roi des représentations en vue du bien de la province. D'abord établies en Berry et Haute-Guyenne, ces assemblées sont autorisées en Bourbonnais par lettres-patentes de 1780, confirmées en 1781. Mais cette tentative n’est qu’éphémère, puisqu’elle prend fin, pour le Bourbonnais, dans le courant de 1781. Elle est cependant rééditée en 1788. Le 27 septembre de la même année, le Parlement de Paris enregistre l’édit de convocation des États Généraux. A partir du 16 mars 1789, les trois ordres sont réunis à Moulins pour élire leurs représentants et rédiger les cahiers de doléances. Le 21 mars, Moulins connaît une nuit du 4 août anticipée : la noblesse fait savoir aux clergé et Tiers-état qu’elle renonce à tous ses privilèges : « la noblesse fait, avec plaisir, au tiers-état le sacrifice de tous ses privilèges pécuniaires, ne demandant à se réserver, franc de toutes impositions réelles, que le manoir seigneurial, avec sa cour et son jardin, pourvu que le tout n’excédât pas la valeur de deux arpents royaux, assurant que ladite noblesse se bornait à cette distinction purement honorifique ». Le clergé, à son exemple, se dit alors « prêt, de son côté, à faire le sacrifice de tous ses droits sans aucune réserve ».

Dès 1787, une société philosophique, La Société de Moulins, est fondée dans la ville. On peut penser que c’est des idées qu’elle diffuse que découle l’engagement de la noblesse et du clergé bourbonnais de renoncer à leurs privilèges. C’est un club de notables. En 1791, elle fait place à la Société des Amis de la Constitution, affiliée au Club des Jacobins, qui réunit la haute bourgeoisie moulinoise, instruite et modérée. Elle siège, à partir de 1792, en l’église Saint-Jean. Enfin lui succède La Société populaire, dont la plupart des membres fait partie du petit peuple. Les élections municipales de décembre 1792 mettent à la tête de la ville des citoyens "plus républicains", qui commencent à prendre des mesures fortes, avec le soutien de la Société populaire. C’est bientôt l’avènement de la Terreur. Du 17 avril au 1e octobre 1793, avec l’accord du Conseil Général du département, dont Moulins est devenue la préfecture en 1790, un Comité central de sûreté publique est formé. Le 10 juin 1793, Jacques-Pierre Brissot, l’un des chefs des Girondins à la Convention, est arrêté à Moulins. La guillotine est dressée place Brutus (place d’Allier). En septembre, Joseph Fouché, envoyé de la Convention, arrive à Moulins. Il n’y reste que quelques jours, mais y laissera des marques certaines : à son instigation est formée une armée révolutionnaire pour l’Allier, qui sera sous les ordres du Comité de surveillance départemental, il remplace des fonctionnaires, procède à des levées de fonds auprès des « riches », accentue la Terreur. Le 31 décembre 1793, trente-deux moulinois, envoyés par le Comité de surveillance à Lyon, sont exécutés. Succédant à Fouché, Noël Pointe, représentant du peuple près les départements de la Nièvre, le Cher et l’Allier, s’emploie à modérer les mesures prises par son prédécesseur. Les représentants du peuple qui suivront Pointe œuvreront tous dans le même sens.

Durant la Révolution, à Moulins, suite à la loi du 19 juillet 1792, une manufacture d’armes est instituée, qui fonctionnera concurremment avec une fonderie de canons. La ville compte de très nombreux clochers car elle abrite un grand nombre d’établissements religieux. Ces clochers seront rasés. Le 5 vendémiaire, an V, l’Ecole centrale de Moulins est inaugurée, succédant au collège qui avait été fondé par les jésuites.

En 1804, l’Ecole centrale de Moulins est remplacée par un lycée, l’un des premiers de France. Il deviendra le lycée Théodore de Banville. Sous l’impulsion de Napoléon III, la cathédrale est agrandie par la construction d’une nef. Dans le même temps, l’église du Sacré-Cœur est élevée. C’est la première église consacrée au Sacré-Cœur de Jésus-Christ en France.

Moulins est la préfecture de l'Allier, bien qu'il ne s'agisse pas de la plus importante ville en termes de population. La fonction de Maire existe à Moulins depuis 1518.

Moulins relève de l'académie de Clermont-Ferrand. Celle-ci évolue sous la supervision de l'inspection départementale de l'Éducation nationale.

L'Association Sportive Moulinoise (ASM) a été l'un des clubs évoluant en National lors de la saison 2005-2006. Il s'agit de l'unique fois où l'équipe avait atteint un tel niveau. Le club a été relégué en Championnat de France amateur en mai 2006.

Moulins n'est pas une ville de grande tradition industrielle. Elle a donc souffert du départ de ses principales industries au cours des années 1980-1990: fermeture de l'usine Thomson, des chaussures Bally, ... Moulins est l'un des 2 sièges de la Chambre de commerce et d'industrie de Moulins-Vichy. Elle gère l’Aérodrome de Moulins-Montbeugny.

L'économie de la cité est très liée à ses fonctions administratives et de chef-lieu de département. Or les réformes en cours vont pénaliser la ville en recentrant les différentes administrations au niveau régional. La fermeture du Tribunal de Grande Instance en est la première illustration.

Moulins présente un intéressant centre-ville, dominé par les hauts clochers de la Cathédrale Notre-Dame et du Sacré-Cœur. Mélant les styles de différentes époques, avec, néanmoins une dominante médiévale et Renaissance, Moulins est classée ville d'art et d'histoire depuis 1997.

Dotée du statut de Bibliothèque Municipale Classée, la médiathèque municipale comprend des collections de manuscrits, des incunables, des livres et périodiques anciens, et permet la consultation sur place et le prêt de livres, revues et CD musicaux.

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Diocèse de Moulins

Image de de Moulins

Le diocèse de Moulins (en latin de curie : Diœcesis Molinensis) est une circonscription ecclésiastique de l'Église catholique appartenant à la province de Clermont. Jusqu'au remaniement du 8 décembre 2002, il était suffragant de l'archevêché métropolitain de Sens.

L’évêque actuel est Pascal Roland, nommé par le pape Jean-Paul II en 2003.

Le diocèse a été érigé le 27 juillet 1817. Il correspond aux limites administratives du département de l'Allier.

Jusqu'à la réorganisation territoriale décidée en juillet 2007 par Mgr Roland, le diocèse était articulé en 3 zones pastorales (Moulins, Vichy et Montluçon), chacune sous la responsabilité d'un vicaire épiscopal, 11 doyennés, et 58 paroisses.

Actuellement le diocèse compte 18 paroisses pour les 320 communes de son territoire, réparties en 5 doyennés. Trois sont établis autour de chacune des agglomérations de Moulins, Montluçon et Vichy et deux autres regroupent les paroisses du milieu rural, l’un à l’ouest, l’autre à l’est.

Avant la création du diocèse, Moulins, qui pourtant avait été la capitale du duché de Bourbon, au détriment de Souvigny, à partir de l'accession au duché, en 1488, de Pierre II (1438-1503), dont la cour était l'une des plus brillantes d'Europe, n'était même pas une paroisse. Ses églises étaient des succursales des paroisses voisines de Saint-Jean et de Saint-Bonnet, qui forment depuis 1794 la commume d'Yzeure.

Sous le rapport religieux, le Bourbonnais n'avait pas plus d'unité que sous le rapport judiciaire, civil et militaire; ses paroisses se partageaient entre 5 diocèses : archidiocèse de Bourges, diocèses de Limoges, Clermont, Autun et Nevers. Cette division se perpétua après le retour de la province à la Couronne de France, en 1532. Ainsi, en 1569, Nicolas de Nicolay dénombre, pour la seule châtellenie de Moulins, 46 paroisses relevant -en tout ou partie- de Clermont, 13 de Nevers et 24 d'Autun.

Le diocèse de Clermont était représenté en Bourbonnais par les archiprêtrés de Souvigny, de Cusset et une partie de celui de Limagne. Marcillat, Saint-Marcel et Saint-Farjol, ainsi que Montaigut-en-Combraille, dépendaient de l'archiprêtré de Menat. Le diocèse de Bourges formait, en Bourbonnais, les archiprêtrés de Montluçon, Huriel, Hérisson, Bourbon, Chantelle, Charenton ; une partie de ceux de Dun-le-Roi, de La Châtre et de Montfaucon. Le diocèse de Limoges n'y comptait que Gouzon et deux petits villages dans l'archiprêtré de Combraille. Le diocèse d'Autun y était représenté par les archiprêtrés de Moulins , de Pierrelatte et une partie de celui de Bourbon-Lancy. L'évêque d'Autun entretenait un official à Moulins. Les quelques paroisses dépendantes du diocèse de Nevers, étaient situées dans les archiprêtrés de Saint-Pierre-le-Moûtier et de Decize.

L'administration ecclésiastique n'était pas à l'abri des singularités qui distinguaient toutes les branches de l'administration séculière. Le village des Écherolles était une année de la paroisse de Saint-Gérand-de-Vaux et une autre de celle de Saint-Loup. À Bruyère en Berry, la ville et les faubourgs n'avaient pas de paroisse : une partie était de la paroisse de Bruyère-Campagne, et l'autre, de celle d'Alichamps. Les habitants de la paroisse de Saint-Bonnet-de-Four étaient alternativement de Saint-Bonnet et de Montvicq. En 1789, Moulins, capitale du Bourbonnais, faisait encore partie des paroisses Saint-Jean d'Izeure et de Saint-Bonnet. Le curé de Saint-Bonnet avait la succursale de Saint-Jean, et le curé d'Izeure, curé primitif de Moulins, avait la succursale de Saint-Pierre-des-Ménétréaux. En outre, la collégiale dépendait du prieuré de Souvigny. Les annales de Moulins sont remplies des discussions et des scandales occasionnés par les prétentions et les querelles de préséance des parties intéressées.

Le Bourbonnais possédait 7 chapitres de chanoines, 3 abbayes, 23 prieurés et 30 couvents : 18 de religieux et 12 de religieuses.

Dès les premières années du règne de Louis XVI, les démarches les plus actives furent faites par l'administration locale pour obtenir que la ville de Moulins fût érigée en siège épiscopal. Il fallut pourtant négocier longtemps avec les autorités ecclésiastiques pour les amener à laisser détacher de leurs diocèses respectifs quelques paroisses les plus rapprochées de Moulins, qui devaient être comprises dans le nouvel évêché à établir. On fit une enquête de commodo et incommodo , où comparurent les parties intéressées. L'archevêque de Bourges et l'évêque de Clermont donnèrent leur consentement. L'évêque d'Autun , qui perdait un des plus beaux fleurons de son diocèse et qui entretenait un official à Moulins, fut le seul opposant.

La création du diocèse de Moulins fut enfin décidée en 1788 et l'abbé Étienne Jean-Baptiste des Gallois de La Tour, vicaire général de l'évêque d'Autun et doyen du chapitre de la collégiale, en fut nommé évêque, au moment où éclata la révolution française. L'érection du diocèse de Moulins fut suspendue, et l'investiture canonique et la consécration de l'abbé de La Tour, évêque nommé, furent retardées indéfiniment et ne purent avoir lieu. Pour éviter de prêter serment à la Constitution civile du clergé, il se retira d'abord au château de la Tour, sur la commune actuelle de Saint-Pierre-Laval puis émigra en 1790. Il mourut archevêque de Bourges, en 1820.

Les limites du diocèse formé en 1789 n'étaient pas, à beaucoup près, celles du département actuel, encore moins celles de l'ancienne province : il prenait dans le Berry une partie des archiprêtrés de Bourbon et d'Hérisson et tout celui de Chantelle ; en Auvergne, il prenait la partie de l'archiprêtré de Souvigny au-dessus de la Bouble, laissait l'archiprêtré de Limagne à droite, et descendait par Varennes et Lapalisse jusqu'à la Besbre, dans l'archiprêtré de Cusset. Puis il prenait sur Autun tout ce qui formait les deux archiprêtrés de Moulins et de Pierrefitte.

En 1790, François-Xavier Laurent, curé d'Huillaux, fut nommé évêque constitutionnel de l'Allier.

Député par le clergé de la sénéchaussée de Bourbonnais aux états-généraux, le curé Laurent était l'un des premiers de l'ordre du Clergé à être passé à la chambre des communes lors de sa constitution en assemblée nationale le 16 juin 1789 ; il avait appuyé la suppression de la dîme et des salaires du Clergé, et, le 17 décembre suivant, prêté serment à la nouvelle Constitution civile du clergé. Proclamé évêque, il se fît sacrer a Paris par son collègue à l'assemblée constituante, l'abbé Grégoire, évêque de Blois. La constitution civile du Clergé dispensait les nouveaux évêques d'avoir recours au Saint-Siège pour en être approuvés et en recevoir l'autorisation d'exercer leurs fonctions ; l'évêque constitutionnel Laurent se hâta donc de prendre possession, en grande pompe, de son siège dans l'église collégiale de Notre-Dame devenue la cathédrale du diocèse de l'Allier. Les chanoines qui l'avaient desservie jusqu'alors en avaient été éloignés pour cause de refus du serment. Ils furent remplacés par seize vicaires épiscopaux à la nomination de l'évêque.

L'évêque Laurent ne jouit pas longtemps de son siège. Les persécutions dirigées d'abord contre les ecclésiastiques insermentés qu'on qualifiait de réfractaires s'étendirent rapidement à ceux qui avaient prêté serment à la Constitution civile du clergé mais qui étaient suspects de modérantisme. Pour s'y soustraire, les uns apostasièrent, les autres se marièrent, d'autres se jetèrent dans les excès de la révolution ; dans les faits, tous quittèrent l'habit ecclésiastique qui était proscrit, et rentrèrent dans la vie laïque. L'évêque Laurent se réfugia à Clermont-Ferrand, où il finit ses jours et où lui furent rendus des honneurs funèbres conformes à la dignité qu'il avait occupée.

Il eut pourtant un successeur. Au milieu même de la tourmente révolutionnaire et avant que le culte ne fût complètement interrompu, l'ancien curé de la paroisse d'Iseure, l'abbé Buteaux-Dupoux, prêtre assermenté , qui avait suivi le siège de sa paroisse transféré à l'église des Carmes de Moulins, ambitionna à son tour l'épiscopat. Il se rendit à Paris, et se fit, comme son prédécesseur, sacrer évêque par Henri Grégoire ; il revint à Moulins pour prendre possession de l'évêché, revêtit le costume épiscopal, et officia à la cathédrale. Mais sa juridiction , rejetée par le clergé, ne s'étendit pas au-delà de l'enceinte de cette église. Peu après, le culte catholique fut aboli. L'évêque rejoint Paris où il mourut après le rétablissement du culte en 1803 et fut honoré de funérailles épiscopales par décision du gouvernement.

L'église Notre-Dame de Moulins devint, grâce à Fouché, le temple de la Raison.

Quand la persécution contre les prêtres assermentés ou insermentés se calma, quelques ecclésiastiques se hasardèrent à reprendre leur ministère dans les églises dévastées, tolérés par les autorités et appelés par les fidèles. Sans grands moyens d'existence, ces prêtres paraient aux besoins les plus pressants du culte. Des ecclésiastiques se groupèrent alors à Moulins pour y exercer leur ministère. En 1797, à la demande de l'administrateur du diocèse d'Autun, dont la ville de Moulins et un grand nombre de paroisses du département de l'Allier faisaient encore partie aux yeux de ceux qui ne reconnaissaient pas la constitution civile du Clergé, d'ailleurs emportée par le mouvement révolutionnaire, l'abbé Roux, rentrant d'exil, s'installa à Moulins. Établi chef de mission, il étendit ses travaux à toutes les paroisses de l'ancien archiprêtré. Soutenu par des fidèles, il restaura l'église Notre-Dame, rouvrit les principales églises et en bannit le culte de la Raison et les théophilantropes.

Lorsque le premier Consul rétablit en France le culte catholique, le nouveau concordat, signé à Paris, le 26 messidor an IX, supprima l'évêché de l'Allier, dont il réunit le diocèse à celui de Clermont. Moulins fut alors la résidence d'un vicaire général, comme avant la révolution.

Après le rétablissement des Bourbons sur le trône, le premier soin de l'abbé Roux fut de rappeler au roi Louis XVIII le vœu de Louis XVI}}, qui, de concert avec Pie VI, avait érigé le diocèse de Moulins. Le nouveau roi de France ne tarda pas à s'occuper des modifications au Concordat de 1801, sous le rapport du nombre et de la circonscription des évêchés ; il voulait notamment faire cesser le schisme qui naissait en France à la suite des protestations de Pie VII contre le concordat signé à Fontainebleau le 13 février 1813. Des relations diplomatiques entamées déjà en 1814 auprès de la cour de Rome, furent poussées par le comte de Blacas d'Aulps. Le 11 juin 1817, ces négociations se terminèrent par une convention entre Pie VII et Louis XVIII, qui rétablissait le concordat de Bologne, passé entre François Ier et Léon X, modifiait les circonscriptions de plusieurs diocèses, et créait en France quarante nouveaux sièges épiscopaux. Le département de l'Allier fut alors désigné pour former la circonscription d'un évêché qui ferait partie de la province ecclésiastique de Sens et dont le siège serait fixé à Moulins. Six années s'écoulèrent cependant encore avant que cette décision ne fût mise à exécution.

Le diocèse rétabli par le concordat de 1817 fut formé de portions des diocèses d'Autun, de Bourges, et de Clermont, pour correspondre aux limites administratives du département de l'Allier. Par suite des difficultés qu'entraînait le concordat, la bulle d'érection du siège fut publiée seulement le 16 octobre 1822 et rendue exécutoire le 30 du même mois. M. Antoine de La Grange de Pons y était nommé évêque de Moulins et la « collégiale des Bourbons » à Moulins établie comme cathédrale. Sacré à Notre-Dame de Paris le 13 juillet 1823, le nouvel évêque prit possession de son siège le 5 septembre. Il fut reçu en grande pompe par les autorités municipales. Le 7 septembre, Mgr de Pons installa son chapitre cathédral, formé de 2 vicaires généraux, de 9 chanoines et de 3 chanoines honoraires et, le 8 septembre, il célébra pontificalement pour la première fois dans sa cathédrale. À cette occasion, il consacra sa personne, son église et son diocèse à Notre-Dame, établissant ainsi la Nativité de la Vierge comme patronne du diocèse.

Chacun des diocèses à partir desquels celui de Moulins avait été formé avait une liturgie (néo-gallicane) propre. Afin que toutes ses paroisses et communautés non-exemptes célébrassent la même liturgie, Mgr de Pons adopta le rituel et le missel de Clermont pour l'ensemble de son diocèse. Pour régler le chant liturgique, il publia, en 1826, un bréviaire (Breviarium Molinense), un graduel (Graduale Molinense) et un antiphonaire (Antiphonarium Molinense).

Le nouvel évêque ne tarda pas à parcourir son diocèse et à le visiter dans les plus petits détails. 80 paroisses manquaient de prêtres et un grand nombre d'églises étaient fermées ou abandonnées. Il s'occupa des moyens de remplir ces vides en encourageant les vocations ecclésiastiques et en sollicitant du clergé aux diocèses voisins. Il obtint ensuite du gouvernement l'érection d'une grand nombre de paroisses. Le petit séminaire étant déjà établi, il ouvrit, en 1826, un grand séminaire diocésain qu'il confiera aux pères maristes en 1843. On lui doit aussi la création d'une caisse de prévoyance pour les prêtres invalides et sans ressources ainsi que de nombreux autres établissements.

Le pontificat du deuxième évêque de Moulins, Pierre Simon de Dreux-Brézé, marqua durablement le diocèse. À sa prise de fonctions à Moulins le 30 avril 1850, il était le plus jeune évêque de France, âgé de 38 ans seulement. Il restera en poste près de 43 ans, jusqu’à son décès survenu le 5 janvier 1893. Il était alors le doyen des évêques français.

L'œuvre accomplie par ce prélat d’esprit légitimiste et ultramontain durant son long pontificat, qui couvrit tout le Second Empire et les 22 premières années de la IIIe République, fut considérable : on lui doit la création de multiples congrégations religieuses et le retour de l'ordre de la Visitation à Moulins où était morte sa fondatrice, Jeanne de Chantal, ainsi que la mise en place de l’enseignement libre sur le diocèse par la fondation de collèges comme l’Institution du Sacré-Cœur de Moulins en 1880. Il entreprit la construction et rénovation d'une quarantaine d’églises entre 1850 et 1870, inaugurant notamment l’église Saint-Louis de Vichy le 2 juillet 1865 et l’église Saint-Saturnin de Cusset le 16 mai 1868. Mgr de Dreux-Brézé mis en œuvre d'importants travaux à la cathédrale de Moulins, devenue trop exigüe : il doubla la surface de la nef et bâtit les deux collatéraux et la façade harmonique avec ses deux flèches hautes de 81 mètres. Ces ajouts architecturaux furent réalisés en style néogothique, sous l'influence de Viollet-Le-Duc. L'architecte parisien Lassus - auquel on doit la restauration de la cathédrale Notre-Dame de Chartres, de la Sainte Chapelle et de Notre-Dame de Paris dont il construisit la sacristie - commença les travaux qui furent continués par Millet et Selmersheim après sa mort, en 1857.

Le maître-autel de Notre-Dame, surmonté d'un ciborium, fut disposé, comme il l'est de nos jours, « à la romaine » : contrairement à l'usage le plus répandu à l'époque, il fut installé en avant du chœur et non pas au fond de l'abside. L'évêque et les chanoines y célébraient la messe tournés vers la nef. A partir de 1937, le maître autel était disposé au fond du choeur : l'évêque et les chanoines célébraient vers l'Orient symbolisant le Christ, tournés dans la même direction que les fidèles (et donc leur "tournant le dos").

C'est tout particulièrement dans ce domaine de la liturgie que Mgr de Dreux-Brézé laissa son empreinte. Sous l'influence de Dom Prosper Guéranger, initiateur du mouvement liturgique, très critique, selon la mode de l'époque, envers les rits des diocèses de France, il imposa le rite romain à son diocèse par le mandement du 21 novembre 1853. Moulins fut ainsi un des premiers diocèses français à substituer ce rite à son rite propre. Mgr de Conny, doyen du chapitre cathédral, publia un cérémonial romain qui fit longtemps référence. C'est par son truchement que les chanoines de Notre-Dame de Moulins obtinrent le privilège de porter au chœur la cappa magna d'été et d'hiver. Le deuxième évêque de Moulins fut également un des promoteur du chant grégorien et fera utiliser sur son territoire les graduel et antiphonaire publiés par les diocèses de Reims et Cambrai.

L'évêque introduisit dans son diocèse une forme d'ornements liturgiques inspirée d'anciennes chasubles et dalmatiques romaines qui existaient avant la mode « baroque », telles qu'on peut en voir sur les illustrations du liturgiste Bartholomée Gavantus au XVIe siècle. Retrouvant une forme ovale, souvent ornée d'une croix latine dans le dos et d'une simple bande à l'avant, elle était un peu moins ample que celle qui lui succédera en France quelques décennies plus tard.

Jusqu'aux années qui ont précédé le concile Vatican II, la liturgie à la cathédrale restera très solennelle. Les antiques usages romains y étaient parfaitement observés. Ainsi, aux fonctions pontificales majeures, le chapitre assistait paré, c'est-à-dire que les chanoines revêtaient, par dessus la soutane et le rochet, l'amict et l'ornement correspondant à leur rang : chape pour les dignitaires, dalmatique pour les chanoines-« diacres », tunique pour les chanoines - « sous-diacres ». Cet usage antique remémorait, sinon la concélébration, mais la participation active de chaque ordre du clergé à l'action du pontife.

Les comptes de l'Œuvre des séminaires du diocèse, publiés entre 1852 et 1902, tout en montrant la fragilité des finances de l'Église à cette époque et l'impact limité qu'une telle œuvre a eu sur la bourgeoisie et la noblesse, reflètent l'engagement de Mgr de Dreux-Brézé en faveur des vocations sacerdotales pour lesquelles il hypothéqua sa fortune personnelle.

En 1908, le diocèse comptait, pour 390 812 habitants, 31 paroisses, 281 succursales et 55 vicariats.

On trouve sur le territoire du diocèse une forte concentration d'églises romanes, dont les caractères architecturaux sont marqués par les types de construction utilisés sur les diocèses desquels elles dépendaient avant la création de Moulins. Cette triple influence -auvergnate, berrichonne et bourguignonne- se retrouve dans l'église prieurale Saint-Pierre et Saint-Paul de Souvigny, qui a marqué de son empreinte les églises voisines. De nombreuses petites églises bourbonnaises d'origine romane, de style très simple, ont été remaniées au cours des siècles qui ont suivi.

Au XVe siècle, les ducs de Bourbon entreprennent de grands chantiers. L'architecture gothique se développe aussi dans les constructions religieuses. Les parties hautes de l'église de Souvigny et de son cloître sont reconstruites et la première pierre de la collégiale du château ducal est posée en 1468 par Agnès de Bourgogne. Les travaux de cet édifice, qui deviendra en 1822 la cathédrale de l'évêque de Moulins, continuent sous le duc Pierre II de Bourbon et sa femme, la duchesse Anne de France, fille de Louis XI. Ils se terminent vers 1540 par un simple mur de façade orné d'une rose.

Sous l'épiscopat de Mgr de Dreux-Brézé, on restaure et on construit de nombreuses églises en style néogothique. La cathédrale est agrandie de 1852 à 1888, l'ancienne collégiale devenant le chœur du bâtiment, par l'architecte parisien Lassus qui édifie également l'église du Sacré-Coeur de Moulins entre 1844 et 1881. La dernière église construite dans ce style est Notre-Dame de Villeneuve-sur-Allier, en 1904.

En 2004, le diocèse comptait 293.012 baptisés sur les 344.721 habitants du département de l'Allier.

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Arrondissement de Moulins

L'arrondissement de Moulins est une division administrative française, située dans le département de l'Allier et la région Auvergne. Préfet: M. Pierrard; sous-prefet: M. Hazoumé.

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Ordonnance de Moulins

L'ordonnance de Moulins (Ordonnance sur la réforme de la justice) est un document signé à Moulins en février 1566 par le roi de France Charles IX, lors du grand tour de France de 1564-1566.

Elle doit être distinguée de l'Édit de Moulins (Règlement général sur le domaine du Roi) de 1566 ainsi que de l'ordonnance de Moulins de 1490 de Charles VIII qui demande, entre autres, à ce que les dépositions soient rédigées en "language françois ou maternel".

L'ordonnance de Charles IX de 1556 diminue notamment les pouvoirs des Parlements en limitant leur droit de remontrance, des gouverneurs en supprimant leur droit de grâce.

Elle a été rédigée par le chancelier Michel de L'Hospital.

L'ordonnance De Moulins a inspiré le régime actuel du Code Civil : article 1341 : “il doit être passé acte devant notaire ou sous seing privé de toute chose excédant une somme ou valeur fixée par décret”. “Le tout sans préjudice de ce qui est préscrit dans les lois du commerce”.

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Source : Wikipedia