Montmorency

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Posté par seb 18/03/2009 @ 06:08

Tags : montmorency, val d oise, île-de-france, france

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Forêt de Montmorency

Forêt de Montmorency - Carte de Cassini, vers 1780

La forêt de Montmorency est un massif forestier de 2 200 hectares dont 1 972 hectares de forêt domaniale, situé dans le Val-d'Oise. Elle forme avec les forêts de L'Isle-Adam et de Carnelle, au nord, l'un des trois principaux massifs forestiers domaniaux du Val-d'Oise. Située sur un ensemble de collines, elle domine Paris situé à quinze kilomètres au sud. Le massif est péri-urbain tant par sa position géographique que dans son rôle social : il est le cinquième plus fréquenté de la région Île-de-France avec quatre à cinq millions de visiteurs par an.

La forêt située entre la vallée de Montmorency et la plaine de France est profondément vallonnée et possède des bas-fonds très humides. Située sur une vaste butte-témoin de douze kilomètres de long et quatre kilomètres de large, elle est composée de trois collines atteignant 195 mètres d'altitude (près de la butte sableuse des Pins Brûlés). Plusieurs ruisseaux s'en échappent pour alimenter le lac d'Enghien ainsi que l'Oise. Cernée par l'urbanisation de l'agglomération parisienne, elle ne possède plus que quatre kilomètres de lisière naturelle sur sa limite septentrionale en contact avec l'espace rural.

En surface, la butte-témoin est couverte de pierre meulière. En profondeur, se trouve la plus grande réserve de gypse d'Europe. Celle-ci est actuellement exploitée en souterrain par Lafarge et Placoplatre (Ex SAMC, Société Anonyme de Matériel de Construction) et constitue la plus importante carrière souterraine de France, avec un million de tonnes exploitées par an. Cette exploitation ne va pas sans danger, ni sans contestation de la part d'associations environnementales, à cause des risques liés d'effondrements en surface. On estimait en 2005 à plus de dix millions de m3 le volume de galeries exploitées à remblayer sous la forêt. Le Val-d'Oise est en effet le premier département producteur de gypse avec 50 % de la production nationale française.

La SAMC a dû procéder à la construction d'un accès souterrain à grand gabarit à partir de la Francilienne à Baillet-en-France, qui en fait le plus long tunnel routier privé de France. La base aérienne et Centre de conduite des opérations aériennes (CCOA), QG des Forces Aériennes Stratégiques (FAS) de la dissuasion nucléaire aérienne française, est installé sous la forêt à Taverny depuis 1957 dans d'anciennes carrières de gypse.

Alors que la plupart des forêts d'Île-de-France étaient constituées de chênes à la fin du Moyen Âge, la forêt de Montmorency fut, elle, plantée de châtaigniers nécessaires à la confection d'échalas pour les nombreux vignobles des environs (le châtaignier fournit un bois quasi-imputrescible, idéal pour cet usage).

Le bois était également utilisé pour le chauffage ou encore la confection de cerclages de tonneaux. Au début du XXe siècle, des forestiers vivaient encore avec leurs familles dans des huttes aménagées. La forêt est restée entièrement privée jusqu'en 1933, et morcelée entre diverses propriétés de dimensions très variables. Elle est devenue presque entièrement forêt domaniale en 1980.

La forêt de Montmorency reçoit entre 3,7 et 6,0 millions de visiteurs annuels (chiffres 1998-99), ce qui la place au cinquième rang des forêt d'Île-de-France en termes de fréquentation.

Composée à 90 % de taillis de châtaigniers, plantés massivement au cours du XVIIIe siècle, surexploitée durant le XXe siècle, la forêt n'a été acquise par l'État qu'entre 1970 et 1980. Au vu du vieillissement général des peuplements, elle fait depuis cette date l'objet d'un vaste programme de réaménagement à très long terme (180 ans) par l'Office national des forêts (ONF) afin de créer une futaie plus propice à la promenade, et d'améliorer l'accueil d'un public très nombreux. Elle constitue en effet le premier massif boisé d'importance au nord de Paris.

On y retrouve les principales essences présentes en Île-de-France : le châtaignier (90 %), le chêne, le hêtre, le bouleau, le pin sylvestre et quelques autres résineux. Des essences spécifiques à certains milieux ont également été plantées par l'ONF : le merisier ou encore l'érable sycomore dans les bas-fonds humides. La forêt abrite également l'osmonde royale, fougère protégée pour sa rareté.

La forêt abrite de nombreux milieux humides. La tourbière de la Cailleuse a fait l'objet d'un inventaire écologique révélant de nombreuses espèces de coléoptères et lépidoptères remarquables, ce qui a entraîné sa préservation.

L'ONF procède au renouvellement progressif des peuplements par l'utilisation d'une technique sylvicole de régénération respectant les classes d'âge. elle permet de maintenir un équilibre entre arbres jeunes et âgés. Les châtaigniers, sur-représentés et avec une durée de vie moyenne de soixante-dix ans, sont en partie remplacés par des chênes, qui peuvent atteindre cent-cinquante à deux cents-cinquante ans.

La régénération des châtaigniers se déroule selon deux méthodes différentes. La première est celle de la régénération naturelle, par la germination des graines (châtaignes) puis par l'élimination des autres essences qui gêneraient les jeunes châtaigniers. La seconde consiste à couper les châtaigniers qui poussent par cépée, c'est-à-dire en taillis. Une cépée coupée repousse naturellement, fournissant un bois de grande qualité. Le nombre de chênes étant insuffisant, contrairement aux massifs de L'Isle-Adam et Carnelle, les jeunes chênes implantés proviennent de pépinières. Des coupes d'éclaircies sont également pratiquées ; elles permettent aux arbres les plus beaux de prospérer par l'élimination des moins beaux sujets alentours. Pour cela, la technique du martelage est utilisée. Elle consiste à marquer de coups de marteau les arbres à abattre. Certains arbres morts sont conservés pour favoriser des milieux écologiques spécifiques, présentant un intérêt en vue de l'habitat : ils accueillent de nombreux oiseaux et insectes.

La régénération du massif nécessite parfois des coupes importantes, qui restent incomprises du public par la nudité radicale de parcelles qu'elle entraîne. Ainsi début 2007, une coupe massive de seize hectares d'arbres vieillissants s'est déroulée à proximité du domaine de Bois-Corbon, entre la route de la Croix-Blanche et la route des Parquets. Cette superficie est replantée de quatre hectares de chênes tandis que six hectares sont dédiés à la régénération naturelle de châtaigniers et six autres à la repousse de cépées.

La faune est pour l'essentiel constituée de chevreuils, sangliers, renards et blaireaux. Le sanglier est en forte recrudescence ; il laboure chaque parcelle et se voit fréquemment hors de la forêt, provoquant de nombreux dégâts dans les terrains cultivés. Les divers petits massifs forestiers privés autour de la forêt domaniale seraient de véritables viviers à sangliers, car exempts de chasse. On l'aperçoit parfois même à proximité des zones habitées. À titre anecdotique, un sanglier est même entré dans un bar de Taverny au printemps 2007.

La forêt compte également des oiseaux endémiques en Île-de-France comme les bécasses et des batraciens.

La chasse en forêt est directement gérée par l'ONF. L'organisation de la chasse est placée sous la responsabilité d'un technicien qui doit mettre en œuvre d'importants dispositifs de sécurité. Une estimation du nombre d'animaux du massif est réalisée annuellement. Elle permet de réaliser un plan de chasse, qui doit ensuite être agréé par le ministère de tutelle. Douze jeudis de chasse ont eu lieu en 2007, permettant l'abattage d'environ cinquante chevreuils et deux-cents sangliers. Ce nombre ne fait que limiter l'accroissement de cette dernière espèce. Le renard est également en forte progression mais demeure peu chassé.

Les accotements sont régulièrement élagués afin de préserver la faune entomologique et de mieux sécuriser les lignes de tirs lors des chasses.

La gestion de la forêt par l'ONF s'inscrit dans un plan d'aménagement de 2004 à 2023, élaboré suite à une vaste étude qui a permis un état des lieux exhaustif des peuplements du massif. L'ONF a pour mission d'assurer la pérennité du massif grâce à son entretien tout en garantissant un développement durable. Elle se doit de concilier l'intérêt sylvicole avec l'intérêt du public. Son principal objectif est l'accueil du public, comme toutes les forêts dites périurbaines. Elle assure par ailleurs une mission de production de bois, dont la vente aux exploitants forestiers couvre partiellement le financement de l'entretien et de la préservation du massif.

Le plan d'aménagement de la forêt voisine de L'Isle-Adam s'est achevé en 2006, celui de Carnelle s'est achevé fin 2007.

La gestion forestière prend aujourd'hui en compte le développement durable, c'est-à-dire les enjeux biologiques et écologiques, ce qui n'était pas le cas il y a seulement trente ans. Plus spécifiquement dans le massif, les milieux écologiques spécifiques comme les tourbières sont protégées. Le débardage à cheval fait partie des méthodes naturelles employées pour l'entretien du massif, en partenariat avec les haras nationaux.

Seuls trois agents patrimoniaux de l'ONF sont basés en permanence en forêt, occupant des fonction plutôt transversales. Avec cinq autres fonctionnaires du département, ils assurent à la demande l'entretien des forêts privées ou dépendant de collectivités du Val-d'Oise. Ils interviennent par ailleurs sur trois massifs propriété de l'agence des espaces verts de la région, la forêt d'Écouen, la Butte-Pinson et le massif forestier des Buttes du Parisis.

Forêt domaniale, le massif est la propriété de l'État français, qui en délègue la gestion à l'office national des forêts. L'État assure le financement de l'entretien mais les collectivités locales sont également associées aux décisions : les communes limitrophes du massif ainsi que certaines communautés d'agglomération auxquelles elles appartiennent, la CAVAM et Val-et-Forêt. Le Conseil général du Val-d'Oise participe également à l'effort financier : en 2007, ce dernier a par exemple versé 225 000 euros à l'ONF au titre de l'exercice 2007 pour l'ensemble du massif des Trois forêts. Les subventions couvrent pour une large part les nécessaires équipements dédiés à l'accueil du public ainsi que les travaux d'aménagement et de réfection des routes forestières.

Cependant, la multiplicité des décisionnaires rend la gestion difficile ; cette situation a poussé le Conseil général à proposer en 2002 la mise en place d'un comité de gestion patrimoniale de la forêt de Montmorency, destiné à proposer des aménagements et études répondant aux attentes du public. Composé d'élus, d'associations naturalistes et d'usagers, il se réunit deux à trois fois par an sous la présidence de Jean-Pierre Enjalbert, maire de Saint-Prix, au siège de l'unité départementale de l'ONF au domaine de Bois-Corbon, en forêt.

Avec cinq millions de visiteurs par an, avec en moyenne deux-mille visites annuelles à l'hectare, l'accueil d'un public important doit se faire sans mettre en péril l'intégrité du massif. Le comité se doit donc de mettre en œuvre des aménagements spécifiques afin de préserver les milieux les plus sauvages, mieux canaliser les flux de visiteurs et éviter la dérive de la forêt en vaste parc public.

Les massifs forestiers franciliens sont soumis à d'intenses pressions foncières et urbaines. Cette situation a poussé les élus de la région à favoriser le classement des principaux massifs boisés en « forêts de protection », statut qui améliore la gestion et la préservation des massifs contre l'implantation d'infrastructures routières ou lignes à haute tension par exemple. Une procédure de classement de la forêt de Montmorency a été lancée sur l'initiative du maire de Saint-Prix ; mais cette procédure peut nécessiter plusieurs années.

En attendant, des négociations se sont déroulées au sein du Conseil général du Val-d'Oise afin de limiter au maximum l'impact de voies routières nouvelles. La déviation de la route départementale 909 à Montlignon se réalisera par exemple au prix de l'abattage de deux hectares environ de bois, de plus classés d'intérêt communautaire au titre de la directive européenne « Habitats ». Ceux-ci seront remplacés par six hectares, avec pour objectif à moyen termes de reverser cinq hectares pour chaque hectare abattu.

Afin de mieux gérer les inévitables conflits d'intérêt entre usagers de la forêt, une brigade équestre de deux cavaliers formés par l'ONF a été créée en 2002. Elle a pour mission l'information, la prévention et la surveillance du massif. Circulant six mois par an, elle est financée par le département du Val-d'Oise, et pour une petite part, par les communes voisines du massif.

La forêt est sillonnée de divers sentiers thématiques.

Le sentier des lisières d'une longueur de vingt-sept kilomètres a vu sa signalétique achevée fin 2007. Proposé par des élus de Saint-Leu-la-Forêt et approuvé par le comité de gestion patrimoniale, il fait le tour du massif et met en lumière les spécificités environnementales et urbaines de la forêt, présentant la diversité du patrimoine des communes frontalières.

Un sentier du philosophe avec un parcours en onze sites a été aménagé en 2006 autour du château de la Chasse. Il incite les randonneurs à la réflexion sur les richesses historiques, littéraires, spirituelles et botaniques de ce secteur de la forêt.

Le massif a vu également des projets plus innovants mis en œuvre : un parcours accessible aux personnes à mobilité réduite a été créé sur les territoires des communes de Bouffémont et Chauvry, le premier du département, sur une idée originale d'une association de randonneurs, « la galoche bouffémontoise ». D'une longueur de cinq kilomètres à terme, doté d'un balisage et d'aires de repos adaptés, il dispose de places de stationnement adaptées à proximité. Le sentier a été pour partie financé par l'agence régionale des espaces verts et l'Union européenne.

Au cœur de la forêt, le château de la Chasse est un petit château féodal (il s'inscrit dans un carré de vingt mètres de côté) édifié au XIIe siècle par Mathieu de Montmorency. Flanqué de quatre tours rondes de six mètres de diamètre, curieusement tronquées, il constitue un tableau pittoresque entre ses deux étangs souvent embrumés.

Eginhard, chroniqueur de Charlemagne, décrit déjà à cet emplacement un château fort imprenable et dénommé « Castellum de Chassia » (du mot gaulois cassanos, le chêne).

Propriété de la famille des Montmorency, placé au cœur d'un domaine giboyeux, le château fut le rendez-vous de chasse de personnages illustres : Louis X le Hutin, Philippe VI de Valois, Jean le Bon, Charles V, Louis XI, François Ier et Henri II. En 1728 le petit fils du Grand Condé fit couper les tours et recouvrir de tuiles. Classé monument historique en 1933, le château est devenu la propriété de l'ONF en 1973.

Le château constitue aujourd'hui le pôle majeur d'animation de la forêt. Il ne se visite pas, mais le rez-de-chaussée a été aménagé pour recevoir les groupes scolaires ou organiser des expositions thématiques temporaires. En 2007, une cinquantaine de journées ont été consacrées au public scolaire. Une grande fête de la forêt avec diverses animations est par ailleurs organisée mi-septembre. Des sorties à thème sont également organisées ; en 2007, trois dimanches de pêche ont été initiés dans les étangs environnants.

Deux sentiers pédagogiques sont aménagés au départ du château, l’un sur l’écologie forestière, l’autre sur les techniques sylvicoles. Une mise en valeur du site grâce à des panneaux, une remise en état du chemin de ronde de l'étang avec revégétalisation du site est partiellement financée par le groupe Ikea.

Située dans le domaine du château de la Chasse, la fontaine Sainte-Radegonde est la plus célèbre des sources de la forêt. Son eau était censée guérir la stérilité. Rien ne prouve néanmoins la venue de la reine Radegonde en ce lieu. La forêt de Montmorency, et tout particulièrement les abords du château de la Chasse et de la fontaine Sainte-Radegonde, était au XVIIIe siècle une destination de promenade favorite de Jean-Jacques Rousseau qui venait y herboriser.

À peu de distance du château, on peut voir un émouvant petit cimetière noyé dans la végétation. Louis-Augustin Bosc d'Antic (1759-1828) était un passionné d’histoire naturelle, élève du Jardin royal des plantes où il suivait les cours de Jussieu, et ami des Girondins durant la Révolution française.

Il accueillit plusieurs Girondins au prieuré de la fontaine Sainte-Radegonde en 1793, dont les Roland qui connaîtront une fin tragique (madame Roland fut guillotinée en novembre 1793 et son mari se donna la mort). Bosc se fera inhumer en 1828 dans ce vallon de la forêt auquel il était particulièrement attaché et y repose avec sa femme, sa fille et plusieurs parents.

Cette tour, qui date de 1863, est l'œuvre du baron Joseph Louis Léopold Double. Elle fut restaurée au début des années 2000 par France Télécom, opérateur de téléphonie mobile, suite à l'installation d'un relais à son sommet.

Au cœur de la forêt, cet étang porte le nom de la famille du célèbre musicien du XIXe siècle Benjamin Godard. c'est le lieu de convergence de nombreux sentiers, formant le rond-point du Camp de César, au départ de Taverny ou de Saint-Leu-la-Forêt. Il est une halte et un point de repère pour les amateurs de jogging ou de promenade.

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Montmorency (Val-d'Oise)

Donjon du vieux château de Montmorency en 1708

Montmorency est une commune française, chef-lieu de canton du Val-d’Oise, située à environ treize kilomètres au nord des portes de Paris, et vingt et un kilomètres par la route de l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle. Montmorency a une population d'environ vingt et un mille habitants (estimation 2005). Les habitants sont les Montmorencéens.

D’un relief très accidenté, Montmorency est devenue dès le XVIIe siècle un lieu de villégiature recherché qui a attiré de nombreuses célébrités. Le séjour de Jean-Jacques Rousseau d’avril 1756 à juin 1762 a durablement marqué la ville et en a fait un lieu de pèlerinage littéraire.

La ville occupe un escarpement rocheux situé à l’extrémité méridionale de la butte-témoin qui porte la forêt de Montmorency, lieu stratégique contrôlant la vallée de Montmorency et la plaine de France. Il domine l’« étang de Montmorenci », devenu le lac d’Enghien, au débouché de la vallée, à quatre kilomètres de la vallée de la Seine. La ville s’étire sur une longueur de cinq kilomètres et une largeur moyenne de huit cent cinquante mètres.

La commune est entourée par les villes d’Enghien-les-Bains au sud ; Soisy-sous-Montmorency et Andilly à l'ouest ; Domont au nord ; Saint-Brice-sous-Forêt, Groslay et Deuil-la-Barre à l'est.

Le site, très accidenté, est constitué de trois plateaux, qui s’élèvent de quarante-deux à soixante mètres au sud dans le « bas-Montmorency » (à la limite d’Enghien-les-Bains), à cent trente mètres environ dans le centre-ville, et jusqu’à cent soixante-seize mètres sur le plateau des Champeaux, au Nord, à l’orée de la forêt.

La situation géographique de Montmorency rend la commune vulnérable à des risques naturels liés à la nature de son sous-sol. Située sur plusieurs masses de gypse, la commune est soumise à un risque de mouvement de terrain lié à la dissolution du gypse, risque courant dans le Val-d'Oise. Ce risque concerne essentiellement un vaste secteur au sud du centre-ville (entre les rues du Montlouis et du Marché), au côté sud du boulevard de l'Orangerie, et aux deux carrières du Trou-du-Loup et du Chat en limite de Soisy-sous-Montmorency. En revanche, la faiblesse du réseau hydrographique explique la quasi absence de risque majeur d'inondation par débordement ou ruissellement.

Le territoire communal est traversé par deux petits cours d'eau : le ru des Haras et le ru Saint-Valéry. Le ru des Haras d'une longueur de 6,3 kilomètres naît dans le vallon des Haras à l'est de la commune et se jette dans la Seine après avoir traversé, en souterrain pour l'essentiel, les territoires de Groslay, Montmagny et Villetaneuse. Le ru Saint-Valéry naît en haut du boulevard de l'Orangerie, longe la rue de la Fosse-aux-Moines avant de rejoindre à Soisy le ruisseau des Trois-Communes (ou ruisseau d'Andilly), qui alimente le lac d'Enghien.

La commune est alimentée en eau par la station de traitement de Méry-sur-Oise, gérée par la société Veolia Environnement. L'eau potable à Montmorency est de très bonne qualité bactériologique, contenant peu de nitrates, étant peu fluorée et devenue relativement peu calcaire depuis la mise en place de la nanofiltration en 1999 à l'usine de distribution. L'eau distribuée est d'origine superficielle, provenant de la filtration des eaux de l'Oise,.

Les voies les plus importantes qui traversent la commune sont quatre routes départementales.

La route départementale 928 relie Saint-Denis à Hérouville, sur le plateau du Vexin français. Elle suit en permanence une direction nord-ouest et traverse successivement Villetaneuse et Deuil-la-Barre avant de former la limite communale entre Montmorency et Enghien-les-Bains au sud, puis traverse Soisy-sous-Montmorency, Eaubonne et plusieurs autres communes de la vallée de Montmorency avant de traverser l'Oise entre Méry-sur-Oise et Auvers-sur-Oise.

La route départementale 144 relie Montmorency à Saint-Leu-la-Forêt. Elle en contourne le centre-ville par l'est avant de prendre une direction plein ouest au nord du centre-ville et de se poursuivre à travers le nord de la vallée de Montmorency.

La route départementale 124 relie Montmorency à Ézanville où elle rejoint la D 11 et la route nationale 1. Elle traverse le quartier des Champeaux puis Domont.

La route départementale 125 relie Montmorency à Garges-lès-Gonesse. Elle traverse Saint-Brice-sous-Forêt et Sarcelles.

Montmorency n'est en revanche plus traversée par aucune ligne de chemin de fer depuis la disparition du Refoulons en 1954.

Ces différentes infrastructures terrestres ont un impact relativement limité en termes de pollution sonore selon la réglementation. Les principales voie routière sont classée de catégorie 3 ou 4, de niveau modéré.

En revanche deux infrastructures sont classées de catégorie 2 (élevée). La première est la voie ferrée Paris-Pontoise qui passe à proximité des limites sud de la commune, mais sur le territoire d'Enghien-les-Bains. L'impact sonore reste pourtant modéré vu la construction en déblai sur cette section et le trafic exclusivement de banlieue (aucun train de grandes lignes ni de marchandises en situation normale). La seconde est le boulevard intercommunal du Parisis, en projet, dont la réalisation devrait commencer en 2010. Cette voie urbaine à deux fois deux voies qui coupera la ville en deux aura, une fois construite, un impact élevé en matière de pollution sonore et atmosphérique. Elle provoque par ailleurs un effet de coupure dans la trame urbaine de la ville.

Le territoire communal de Montmorency possède la particularité peu courante en milieu urbain de conserver un réseau dense de sentiers de randonnées entretenus et balisés par les services municipaux.

L’habitat pavillonnaire prédomine à Montmorency, mais le type d’urbanisation varie selon les quartiers. Le bas-Montmorency, au sud, est majoritairement pavillonnaire, seule l’avenue de la Division-Leclerc le séparant de la commune voisine d’Enghien-les-Bains est constituée de grands immeubles de haut standing. Le centre, plutôt dense, est constitué de maisons de ville pour l’essentiel du XIXe siècle d’une part, et d'autre part de petits immeubles (cinq étages au maximum) issus de la rénovation, contestée, du centre-ville dans les années 1970 et 1980. Autour du centre, on trouve un habitat de type discontinu constitué de propriétés bourgeoises du XIXe siècle entourées de leur parc ou jardin, ou de petites résidences de standing (quatre étages au maximum) qui ont remplacé certaines d’entre elles. Le quartier des Champeaux, au nord, est situé sur un plateau de cent soixante-cinq à cent soixante-seize mètres d’altitude dominant la ville. Il est accessible par des voies en forte déclivité traversant des quartiers exclusivement pavillonnaires. Le quartier des Champeaux fut urbanisé en majorité durant les années 1960 et 1970 et est constitué d’un important quartier pavillonnaire et de quelques immeubles d’habitation à caractère social de hauteur limitée (quatre étages au maximum) à son extrémité septentrionale. L’essentiel des installations sportives de la commune s’y situent également, à l’emplacement d’anciennes briqueteries disparues.

Les logements à Montmorency sont globalement plus grands et présentent plus de confort que la moyenne régionale francilienne. L'âge moyen du parc immobilier est conforme aux tendances régionales, cependant les constructions neuves sont deux fois moins présentes que dans la région : en 1999, seulement 5,1% des résidences principales dataient de 1990 ou après contre 9,1% en Île-de-France. Les logements d'une à deux pièces sont sous-représentés à Montmorency, avec 7,3% et 12,3% du total des logements contre une moyenne de 11,8% et 20,4% dans la région. Si les trois pièces, 25% du parc, suivent la tendance moyenne, a contrario, les surfaces plus élevées sont beaucoup plus présentes à Montmorency qu'ailleurs en Île-de-France : les 4 pièces et plus représentent en effet 55,2% du parc immobilier montmorencéen contre seulement 41,4% dans la région.

Les résidences principales ne possédant ni baignoire, ni douche représentent 2,6% du parc régional, mais seulement 1% à Montmorency. Les logements de la commune possèdent également plus de garages et de boxes qu'ailleurs, avec 64% de logements équipés contre 49,8% en moyenne régionale,.

En 1999, 54,5 % des Montmorencéens étaient propriétaires de leur résidence principale contre 44,3 % en moyenne régionale ; 41,0 % étaient locataires contre 51,1 % en Île-de-France. La commune comptait alors 1 259 logements de type HLM, soit 15,6 % du parc de la commune, contre une moyenne régionale de 23,4 %,.

Montmorency comme toute l'Île-de-France est soumis à un climat océanique dégradé. La localisation de la commune à la marge septentrionale de l'agglomération parisienne provoque une très légère élévation de la température d'un ou deux degrés en fonction des conditions climatiques par rapport aux zones rurales d'Île-de-France. Cet écart est particulièrement notable au lever du jour, et a tendance à s'accentuer au fil des années. De plus, la différence d'altitude et de densité urbaine entre le nord et le sud de la commune ne rend pas rare un écart de plusieurs degrés par temps calme et anticyclonique. On constate parfois au nord sur le plateau des Champeaux une couche de plusieurs centimètres de neige l'hiver tandis que le sud en est totalement dépourvu. La température moyenne annuelle est de 11°C, le mois le plus le froid est janvier avec +4°C ; les mois les plus chauds sont juillet et août avec +19°C (moyenne journalière). Le nombre moyen de jours où la température dépasse 25°C est de 40, dont 8 au-delà de 30°C. Dans le sud du Val-d'Oise, depuis 1955, la durée moyenne annuelle d'ensoleillement est de 1719 heures.

Le nom de la ville provient du latin mons suivi de l’anthroponyme Maurentius.

Le lieu est occupé, au moins saisonnièrement, durant l’époque néolithique comme l’attestent les découvertes d’outils en grès taillé réalisées dans la forêt de Montmorency.

Située sur un éperon rocheux qui constitue un lieu stratégique, verrouillant la route de Rouen (chaussée Jules-César) et la plaine de France, le lieu est dès le IXe siècle occupé par un château en bois, plusieurs fois incendié aux IXe et Xe siècles. En 997, le château est confié par le roi de France Robert II à Bouchard le Barbu, petit baron installé à l'origine sur l’île-Saint-Denis, et qui tirait des revenus des droits de péage qu’il faisait acquitter aux bateliers naviguant sur la Seine… et de ses incursions déprédatrices sur les terres de l’abbaye de Saint-Denis. Il est le fondateur d’une lignée qui donne au pays six connétables, douze maréchaux et quatre amiraux et est l’une des plus illustres de l’histoire de France. Elle prend au XIIe siècle le nom de Montmorency et s’attribue le titre de « Premiers barons chrétiens ».

L’origine de la maison des Montmorency se perd dans la nuit des temps. Le nom de Montmorency viendrait, selon une sorte de légende familiale qui ne dédaignait pas le recours au calembour, de ce que Gui-le-Blond, supposé ancêtre de cette maison et compagnon d’armes de Charles Martel, tua dans une bataille un roi maure. Le voyant tomber, il se serait écrié « Voilà mon Maure occis ! ». En mémoire de cette victoire, il aurait fait bâtir un château qu’il appela Mon-Maure-occis, d’où serait venu par déformation et corruption linguistique le nom de Montmorency.

Le château féodal est reconstruit en pierre au XIIe siècle, ainsi qu’une enceinte de quatre-vingt-dix mètres qui ceint la petite ville. Le rempart possède quatre portes : la porte Bague, dite également porte saint Jacques ou des Feuillants, située au débouché de l'actuelle rue Jean-Jacques-Rousseau sur la place des cerisiers, et démolie en 1833 ; la porte Jonvelle, donnant sur la place du Château-Gaillard et démolie en 1810 ; la porte de la geôle, à l'angle des rues du Temple et du docteur-Millet ; la porte Notre-Dame à l'angle des rues le Laboureur et Notre-Dame. Montmorency est alors la seule bourgade de la région à être fortifiée. La ville est alors renommée pour son marché et sa vie économique est florissante. Pourtant située sur une colline, hors de toute voie de communication d’importance, son marché attire les marchands et populations de toute la contrée. Les bourgeois de Pontoise ou d’Argenteuil s’y rendent chaque mercredi. En effet, malgré son accès difficile, il offre une variété de produits et services exceptionnelle : on y trouve toutes les denrées alimentaires de l’époque – porcs, ovins, bovins ou encore poisson (provenant de la côte normande) – des vêtements, des instruments agricoles, ainsi que de nombreux artisans – tonneliers, maçons, forgerons – qui font de Montmorency une ville prospère. Une Maison-Dieu, c’est-à-dire un hôpital, est fondée en 1207. Les templiers s’implantent dans la paroisse en 1257 en achetant une grande maison (rue de l’Étang, qui devient ainsi la rue du Temple) et des parcelles de vigne (au lieu-dit « la Fosse-aux-moines »).

La ville est prise plusieurs fois et ravagée, comme toute la région, durant la guerre de Cent Ans, en particulier en 1358 avec la Jacquerie et en 1381. Le château est également détruit par les Anglais. Il ne sera jamais reconstruit et tombe progressivement en ruines, les successeurs de Bouchard le Barbu préférant leurs résidences plus confortables de Chantilly puis d’Écouen. Il conserve néanmoins ses attributs de symbole seigneurial jusqu’à la Révolution. Au XVIIIe siècle, il ne reste que deux tours et quelques pans de mur de ce château qui disparaît finalement après la Révolution française. Les murailles de la ville, élevées au XIe siècle disparaissent également avec le temps, seuls restent de nos jours les vestiges des fortifications du XVe siècle.

Au XVIe siècle, Montmorency continue à se densifier et possède deux moulins à vent (moulins de Jaigny et de Clairvaux). On y cultive alors la vigne et les arbres fruitiers tandis que la vallée est couverte de céréales. Mais les guerres de Religion provoquent également de nombreuses destructions dans la ville et ses alentours, en particulier du fait des Ligueurs en 1589. À la fin du XIXe siècle, on retrouva lors du réaménagement de la place du marché plusieurs centaines de corps : ceux des Montmorencéens massacrés par les Ligueurs.

La ville fut la propriété de la famille de Montmorency depuis 997 et jusqu’en 1632, date à laquelle on décapita Henri II de Montmorency sur ordre de Richelieu et de l’autorité royale. N’ayant pas de descendance, ses biens furent remis à Henri de Bourbon, prince de Condé, époux de Charlotte Marguerite de Montmorency. Les Condé ayant pris partie pour la Fronde, la ville et ses environs sont de nouveau livrés aux pillages et aux destructions. Malgré tout, le développement de la ville se poursuit au début du XVIIe siècle avec l’agrandissement de l’Hôtel-Dieu et l’aménagement du cimetière des Champeaux au nord de la ville.

Le calme revient au milieu du XVIIe siècle. La ville compte alors environ mille cinq cents âmes. Les fameuses cerises, acidulées à queue courte, sont cultivées à partir de cette époque. Madame de Sévigné, en les décrivant dans ses lettres, les élève à la postérité. Montmorency devient un lieu de villégiature très prisé des financiers et artistes de cour. Le peintre Charles Le Brun y acquiert une terre en 1673 et s’y fait construire un superbe domaine en contrebas de la collégiale, avec de splendides jardins et de grandes pièces d’eau alimentés par la fontaine Saint-Valéry. Le château, resté dans l’histoire sous le nom de « petit château », et le parc ont totalement disparu.

La congrégation des Oratoriens s’installe à Montmorency en 1617. Elle fait édifier un séminaire au Nord de la collégiale, qui devient au siècle suivant un immense bâtiment de quatre étages et de plus de cent pièces. Ce dernier fut détruit durant la Révolution.

En 1702, un riche financier, Pierre Crozat le Jeune (dit curieusement « le pauvre » car son frère, Antoine Crozat, disposait d’une fortune plus considérable encore), rachète la propriété de Charles Le Brun, inoccupée depuis 1689. Il fait remettre en état le château du célèbre décorateur de Versailles, mais ambitieux, il décide d’édifier un magnifique château à l’est du parc d’une vingtaine d'hectares où il réside jusqu’en 1740. De 1754 à 1764, il est habité par le maréchal de Montmorency-Luxembourg, protecteur de Rousseau. Bien qu’ayant échappé aux destructions révolutionnaires, le grand château se dégrade faute d’entretien. Il est racheté en 1810 et remis en état par un nouveau propriétaire, le comte Aldini. Mais le propriétaire qui lui succède, un marchand de bien, le fait démolir en 1817 afin d’en récupérer les matériaux. Il ne reste alors plus rien des châteaux de Montmorency ; seule subsiste l’orangerie semi-circulaire du domaine, édifiée en 1719 sur des plans d’Oppenord et aujourd’hui restaurée.

Un autre château de style néoclassique est édifié vers 1788 par Nicolas-Louis Goix ; il est devenu en 1906 l’hôtel de ville de Montmorency.

Mais l’hôte le plus illustre du XVIIIe siècle est le philosophe Jean-Jacques Rousseau, qui trouva refuge à Montmorency, tout d’abord à l’Ermitage, chez Madame d'Épinay, d’avril 1756 à décembre 1757 puis au Mont-Louis, ainsi que chez le Maréchal de Montmorency-Luxembourg, jusqu’au 8 juin 1762.

Le célèbre philosophe fréquente à cette époque le salon littéraire de Madame d’Épinay au château de la Chevrette à Deuil-la-Barre. En compagnie de celle-ci, il découvre au cours d’une promenade une propriété qui abritait les réservoirs d’eau du domaine. Une petite demeure s’y trouve, dans un lieu perdu à un kilomètre environ du bourg de Montmorency. Jean-Jacques Rousseau confie alors à son hôtesse : « Ah, Madame, quelle habitation délicieuse. Voici un asile fait pour moi. » Sa protectrice du moment lui fait la surprise de remettre la maison en état, et lui met à disposition. L’écrivain emménage en avril 1756 ; mais pris de passion pour Madame d’Houdetot, la jeune belle-sœur de Madame d’Épinay, il se brouille avec son hôtesse et doit quitter précipitamment les lieux en décembre 1757. Un de ses amis, M. Mathas, procureur fiscal du prince de Condé, lui propose alors une petite maison rustique située au « Petit Montlouis », dans le bourg même de Montmorency. La maison, en piteux état, demande de sérieux travaux d’aménagement. Entre mai et août 1759, le maréchal de Montmorency-Luxembourg, voisin de Rousseau, met à sa disposition le petit château de Le Brun pour lui permettre d’être plus à son aise pendant le plus gros des travaux. Rousseau écrivit au Montlouis ses plus grandes œuvres, Julie ou la Nouvelle Héloïse, Du contrat social et L’Émile et y demeura jusqu’au 8 juin 1762.

Cette année-là, la publication de son dernier ouvrage intitulé Émile ou De l'éducation provoque des remous et Rousseau est finalement décrété de « prise de corps » par le Parlement de Paris et doit quitter la France. Il s’enfuit vers la Suisse la nuit du 8 juin 1762 avec la complicité de son ami le maréchal de Montmorency-Luxembourg qui lui fournit sa chaise de poste et ne revint jamais de son vivant à Montmorency.

Pendant la période révolutionnaire, Montmorency retrouve provisoirement son nom en 1791 mais fut rebaptisée « Émile » en 1793 par décision de la Convention en hommage au grand philosophe. En 1794, le cercueil de Jean-Jacques Rousseau reste exposé une nuit sur la place du marché (rebaptisée à cette époque « place de la loi ») durant le transfert de ses cendres du parc d’Ermenonville où il fut d'abord inhumé, vers le Panthéon à Paris. Cet événement donne lieu à de nombreuses manifestations de ferveur envers l’écrivain.

Montmorency devient une villégiature pour Parisiens aisés et de nombreuses célébrités d’alors fréquentent le lieu : la duchesse de Berry, la famille impériale, Boïeldieu, Rachel, Louis Blanc, l’historien Michelet, Richard Wagner, etc. On y vient à l’auberge du Cheval blanc sur la place du Marché et se promener à dos d’âne dans la forêt ou parmi les vergers pour y cueillir en saison les fameuses cerises.

La ville, longtemps difficile d’accès, est finalement reliée de 1866 à 1954 à la gare d’Enghien-les-Bains par une ligne de chemin de fer aujourd'hui disparue, « Le Refoulons ».

La cité changea de nom pas moins de neuf fois au cours de son histoire. Rebaptisée Anguien (devenu plus tard Enghien) en 1689, à la demande du prince de Condé, elle conserve cette identité jusqu’à la période révolutionnaire, même si l’usage conserva le nom de Montmorency. C'est d’ailleurs ce nom qu’utilise Rousseau dans ses œuvres.

Elle redevient Montmorency en 1790, mais perd à nouveau son nom pour être appelée Émile sur décision de la Convention en hommage à Jean-Jacques Rousseau en 1793. Napoléon autorise la ville à reprendre son nom originel en 1813. Mais elle est de nouveau rebaptisée Enghien au retour de Louis XVIII en 1814, puis Montmorency durant les Cent-Jours puis de nouveau Enghien à la Restauration en 1815. Montmorency retrouve définitivement son nom en 1832, Enghien désignant alors la station thermale naissante au bord de l’étang dit de Montmorency (ou de Saint-Gratien) qui devient à la création de la commune d’Enghien-les-Bains en 1850 le lac d’Enghien. Le développement de la ville thermale constitue rapidement le nouveau pôle économique de la vallée au détriment de Montmorency, qui n'est plus alors qu'essentiellement vouée à l'habitat résidentiel.

Dans les années qui suivirent l’insurrection polonaise ratée de 1830–1831, écrasée par le tsar Nicolas Ier, de nombreux notables polonais trouvent refuge à Montmorency, sans doute attirés par le souvenir de Jean-Jacques Rousseau. Plusieurs monuments dans la collégiale évoquent leur présence ainsi qu’un important carré du cimetière des Champeaux, où est enterré en 1855 parmi tant d’autres compatriotes Adam Mickiewicz, poète, écrivain et héros national en Pologne, avant le transfert de ses cendres à Cracovie en 1890.

La guerre de 1870 reste une période sombre de l’histoire de la ville qui est occupée près d’un an par les Prussiens. Cette occupation s’accompagne de nombreuses déprédations et restrictions pour la population qui doit s’affranchir d’une contribution de quatre cent mille francs de l’époque avant le retrait des troupes ennemies.

Depuis le début du XXe siècle, la population de la commune a été multipliée par quatre. Pourtant, la ville n’a pas connu une densification importante de son tissu urbain ou la construction de grands ensembles comme de nombreuses villes des alentours. L’urbanisation s’est faite assez progressivement par la construction de résidences le plus souvent de grand standing à la place d’anciennes propriétés bourgeoises du XIXe siècle. Le centre-ville a été en partie reconstruit, mais a conservé globalement sa physionomie du passé avec sa place du Marché et ses petites rues escarpées et tortueuses. Seul le plateau des Champeaux, relativement isolé au nord de la commune, a connu une véritable urbanisation massive durant les années 1960 et 1970, par la construction d’immeubles de dimension néanmoins raisonnable et surtout par l’édification d’un important quartier pavillonnaire. La ville a conservé malgré la proximité de Paris un aspect villageois, largement renforcé par son relief escarpé, son relatif enclavement et les jardins et vergers qui l’entourent. Malgré les nuisances aériennes en augmentation provoquées par les survols à destination de l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle (situé à quinze kilomètres à l’Est), qui concernent de fait tout le Sud du Val-d’Oise en particulier, et la construction projetée du Boulevard intercommunal du Parisis (BIP), route destinée à « désenclaver » la ville et les communes voisines, Montmorency reste une des villes les plus agréables de l’agglomération parisienne qui en fait, à l’image des siècles passés, un lieu de résidence très recherché où le niveau de l’immobilier reste le plus élevé du département avec sa voisine Enghien-les-Bains.

Après avoir connu une forte augmentation depuis le début du XXe siècle, et plus particulièrement entre 1946 et 1968 où la population est passée de onze mille à dix-neuf mille habitants environ, le nombre d’habitants s’est stabilisé depuis plus de trente ans, et ce malgré les quelques nouvelles constructions. La stabilisation constatée est due à l’occupation de la quasi-totalité des espaces libres de la commune qui limitent l’urbanisation nouvelle et à la diminution globale en France du nombre de personnes par foyer.

La pyramide des âges de la commune suit globalement la tendance régionale, avec cependant quelques nuances. La ville, comme la région Île-de-France dans son ensemble, voit la part des jeunes régresser entre les deux recensements de 1990 et 1999. Si la part des moins de 15 ans recule d'un demi point en moyenne régionale, on constate que cette tendance existe au niveau local uniquement pour les filles, le nombre de garçons à Montmorency ayant augmenté de 0,6%. Bien plus significatif, la part d'hommes de 15 à 29 ans recule de deux points dans la région mais de quatre dans la commune. La part des femmes suit la moyenne régionale avec un recul de deux points. Dans la tranche des 30 à 44 ans, ce recul atteint 0,7% pour les femmes et 1,3% pour les hommes dans la région, mais respectivement 1,9 et 2,3% à Montmorency. Au-delà d'un recul national de la part des moins de 45 ans, les populations jeunes trouvent de plus en plus difficilement à se loger dans une ville où le niveau de l'immobilier est élevé et en forte augmentation et le nombre de logements sociaux limité.

Pour les plus de 45 ans, la tendance n'a rien de significative à l'échelle communale. Cependant, le nombre important de maisons de retraites explique probablement la surreprésentation des plus de 60 ans, qui dépasse d'1,3% pour les hommes à 1,9% pour les femmes la moyenne régionale entre 60 à 74 ans, mais dépasse cette moyenne de 2 points pour les hommes et près de quatre points pour les femmes de 75 à 94 ans, et le double du nombre moyen régional d'hommes de plus de 95 ans et le triple de femmes de la même tranche d'âge.

Ainsi Montmorency est à peu près conforme à la moyenne régionale pour la part des moins de 15 ans, mais connaît un léger déficit dans la tranche des 15 à 44 ans, et une surreprésentation des plus de 45 ans, qui ne fait que s'accroître avec l'âge,.

Chef-lieu d’arrondissement du Val-d’Oise depuis 1968, la ville a retrouvé son rôle de chef-lieu de canton depuis le transfert de la sous-préfecture à Sarcelles, décidé par le décret du 3 mars 2000 et effectif en avril 2004. La ville forme avec Groslay le canton de Montmorency. La ville est membre de la communauté d’agglomération de la Vallée de Montmorency, créée le 26 novembre 2001 et totalisant 101 862 habitants (1999).

Montmorency abrite plusieurs administrations et juridictions sur son territoire : un tribunal d’instance, un conseil de prud’hommes, une agence nationale pour l’emploi (ANPE), une trésorerie, un centre de Sécurité sociale.

Le tribunal d’instance et le conseil des prud’hommes de Montmorency sont ainsi logés dans deux bâtiments communaux offrant des surfaces inadaptées au bon fonctionnement des juridictions ce qui a motivé le schéma directeur de restructuration du patrimoine immobilier judiciaire du Val-d’Oise à rassembler les deux structures dans un nouveau bâtiment. Le nouvel édifice bâti par l'architecte Dominique Coulon et d’une superficie de 2 100m² inclura une salle des pas perdus et deux salles d’audiences. Il accueillera à terme dans le quartier de l'esplanade de l'Europe, les 93 magistrats et conseillers et les 36 fonctionnaires des deux juridictions concernées. Le début des travaux est prévu fin 2008 et la livraison du bâtiment est prévue pour la fin de l’année 2009.

Politiquement, Montmorency est une ville fortement ancrée à droite, les électeurs ayant continuellement voté très majoritairement à droite à toutes les consultations électorales depuis plusieurs décennies. Néanmoins, la municipalité a basculé à gauche, après des décennies de gestion de droite, lors des élections municipales de 2008.

À l’élection présidentielle de 2002, le premier tour a vu arriver en tête Jacques Chirac avec 24,95%, suivi de Jean-Marie Le Pen avec 15,61%, Lionel Jospin avec 14,65%, puis François Bayrou avec 8,95%, Alain Madelin avec 7,31% et Jean-Pierre Chevènement avec 6,99%, et enfin Noël Mamère avec 5,05%, aucun autre candidat ne dépassant le seuil des 5%.

Au second tour, les électeurs ont voté à 84,85% pour Jacques Chirac contre 15,15% pour Jean-Marie Le Pen avec un taux d’abstention de 16,85%, résultat similaire aux tendances nationales (respectivement 82,21% et 17,79% ; abstention 20,29%) avec cependant deux points et demi supplémentaires en faveur de Jacques Chirac.

À l’élection présidentielle de 2007, le premier tour a vu se démarquer nettement en tête Nicolas Sarkozy avec 42,54%, suivi loin derrière par puis Ségolène Royal avec 21,83%, François Bayrou avec 20,78%, et Jean-Marie Le Pen avec 6,90%, aucun autre candidat ne dépassant le seuil des 2,5%. Le second tour a vu arriver largement en tête Nicolas Sarkozy avec 62,3% (résultat national : 53,06 %) contre 37,7% pour Ségolène Royal (national : 46,94 %).

Cependant, au second tour des élections municipales de 2008, la mairie de Montmorency bascule à gauche, la liste menée par François Detton, divers gauche soutenu par le PS, arrivant en tête avec 42,41 % devant la liste du maire sortant François Longchambon, soutenu par l'UMP, avec 41,72%, soit 52 voix d'avance. Le maintien au second tour d'une liste centriste et d'une liste divers droite ont permis à la liste soutenu par le PS de remporter la majorité relative des suffrages. Cette élection constitue une énorme surprise dans le Val-d'Oise pour une ville bourgeoise fortement marquée à droite depuis au moins la Seconde Guerre mondiale, et le seul cas départemental en 2008 d'une ville gérée de longue date par la droite qui bascule politiquement à gauche.

Le conseil municipal est composé de trente-cinq élus.

Celui élu en 2001 était constitué de : vingt-cinq élus pour la liste « Bien vivre à Montmorency » (UMP), six élus pour la liste « L’Avenir ensemble » (apparentée PS), trois élus pour la liste « Montmorency le vrai défi » (UDF) et un élu pour la liste « Montmorency pour vous autrement » (DVD).

Le nouveau conseil municipal élu en mars 2008 compte vingt-six membres pour la liste « L’Avenir ensemble » (apparentée PS), sept pour la liste « Bien vivre à Montmorency » (UMP) et deux pour la liste « Union Montmorency le réveil » (soutenue par le Modem et Cap 21).

La fiscalité directe locale est située dans la moyenne haute du département pour les communes de population équivalente. La taxe d’habitation en 2004 s’élevait à un taux de 15,95 % pour la part communale, 0,84 % pour le syndicat de communes et 5,88 % pour la part départementale. En 2005, ces taux étaient de 16,27 % pour la part communale (0 % pour le syndicat de communes) et 5,88 % pour la part départementale, respectivement 19,26 % et 6,65 % pour le foncier bâti, et 87,04 % et 18,50 % pour le foncier non bâti. La taxe professionnelle est dorénavant versée directement à la communauté d’agglomération à un taux de 19,34 % auquel il faut ajouter les parts départementale (6,45 %) et régionale (1,38 %).

La ville est la 23e de France de plus de 20 000 habitants (sur 401), et la première du département du Val-d'Oise devant Eaubonne puis Deuil-la-Barre, pour la proportion d'assujettis à l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF), soit 455 foyers fiscaux déclarant un patrimoine moyen de 1 662 468 € en 2006,.

Montmorency est une des communes du département du Val-d'Oise qui investit le plus : 314 € par habitant contre 191 € en moyenne départementale. Les investissements d'un montant de 4 700 000 € en 2005 se portaient à hauteur de 52% sur l'aménagement urbain et l'environnement, à 20% sur l'enseignement et la formation et à 13% sur les sports et la jeunesse. L'épargne nette s'élevait à 2 300 000 € en 2004. La charge de la dette en 2005 représentait 76 € par habitant contre 117 € par habitant pour la moyenne départementale, mais celle-ci a connu une hausse importante de plus de 20% en 2007.

Le taux de criminalité à Montmorency est de 52,24 actes pour 1000 habitants (crimes et délits, chiffres 2005, incluant Soisy-sous-Montmorency, Andilly et Margency dépendant de la même circonscription de police), ce qui en fait le plus faible du département du Val-d'Oise, très largement inférieur aux moyennes nationale (83/1000) et départementale (88,15/1000). Le taux de résolution des affaires par les services de police est de 28,18%, très légèrement inférieur quant à lui à la moyenne départementale. À titre de comparaison, le taux de délinquance dans les circonscriptions de police voisines atteint 66,26/1000 à Ermont, 81,11/1000 à Deuil-la-Barre, 107,37/1000 à Sarcelles et 137,75/1000 à Enghien-les-Bains, ce dernier étant le plus élevé du Val-d'Oise.

Néanmoins la municipalité a fait le choix, dans le cadre d'une initiative de la communauté d'agglomération (CAVAM), de mettre en place des caméras de vidéo-surveillance. Sur les quatre-vingt-quatorze prévues sur le territoire des huit communes, onze sont installées à Montmorency à divers emplacements stratégiques de la ville : sur la place Roger-Lavanneur, le parking du marché, devant les collèges et lycées, rond-point de la Chênée... La mise en œuvre d'un tel dispositif à l'échelle d'une communauté d'agglomération est une première en France. L'ensemble est visionné à partir d'un local implanté au sein du commissariat de la ville. L'investissement représente cinq millions d'euros auxquels il faut ajouter un coût de fonctionnement de cinq-cent-cinquante-mille euros par an.

Montmorency était célèbre à l’époque médiévale pour son marché hebdomadaire très connu dans l’ensemble de la région. Ce marché existe toujours sur la place Roger-Levanneur, et est devenu bihebdomadaire (mercredis et dimanches matins). Mais il a perdu son rayonnement d’antan.

Ville à caractère résidentiel dès le XVIIe siècle, Montmorency possède peu d’activités économiques. Plusieurs briqueteries exploitaient l’argile du plateau des Champeaux à la fin du XIXe siècle, mais l’exploitation a rapidement cessé. La fabrication de tuiles qui s’est poursuivie sur le site a totalement cessée dans les années 1980. Néanmoins, une zone artisanale de trois hectares environ a été aménagée et accueille de petites entreprises au parc d’activités de la Butte-aux-Pères, sur le plateau des Champeaux, au Nord de la commune. La ville cherche modestement à y promouvoir l’installation d’entreprises liées aux services ou à la haute technologie. On peut citer BALT Extrusion, spécialisée dans la fabrication de cathéters et sondes vasculaires. Cette entreprise s’est distinguée récemment parmi les entreprises françaises les plus dynamiques à l’exportation en y réalisant 80 % de son chiffre d’affaire et en devenant leader mondial sur ce segment.

L’hôpital avec ses deux mille sept cents salariés (incluant le site d’Eaubonne) reste néanmoins le premier employeur de la ville. Onze maisons de retraite ainsi que deux cliniques générales et psychiatriques ont élu domicile sur son territoire. La Maison de santé de l’Ermitage (clinique psychiatrique) employait quatre-vingt-neuf salariés pour un chiffre d'affaires de 4 382 000 euros en 2002.

En 1999, seuls 18,6 % des actifs Montmorencéens ayant un emploi travaillaient dans la commune. La plupart des actifs travaillent hors de la vallée de Montmorency, qui connaît un déficit d’emplois, soit dans l’agglomération de Cergy-Pontoise, ou pour la plupart dans le département des Hauts-de-Seine ou à Paris.

L’activité commerciale est elle-même très limitée, la commune ne possédant pas de grands centres commerciaux. Seule une moyenne surface commerciale (Intermarché) existe à l’extrémité septentrionale de la commune (avenue de Domont), et une petite surface (Franprix) dans le centre, rue de Pontoise. Le commerce se concentre essentiellement autour du centre historique : place Roger-Levanneur (place du Marché), rue Carnot et rue Saint-Jacques essentiellement.

Le taux de chômage est d’environ 9 % (estimation 2005), soit légèrement inférieur à la moyenne nationale, et le revenu moyen par ménage est d'environ 36 900 € par an (moyenne nationale : 20 363 € par an).

Les cadres et professions intellectuelles sont surreprésentés avec un taux de 27,7 % (contre 13,1 % en moyenne en France). Les professions intermédiaires représentent 29,2 % des actifs Montmorencéens (23,1 % en moyenne nationale). A contrario, les ouvriers ne représentent que 10,9 % des actifs de la commune (25,6 % en France). Le taux de Montmorencéens ayant suivi des études supérieures est de 32,4 %, contre 18,1 % en moyenne en France métropolitaine. La population de la ville est ainsi dans sa globalité plus formée et plus aisée que la moyenne nationale et régionale.

Montmorency n’est plus desservie par aucune gare depuis 1954.

Connue au XIXe siècle pour ses difficultés d’accès, elle était reliée à la gare d'Enghien-les-Bains par un chemin de fer de trois kilomètres, le Refoulons, de 1866 à 1954. Il exista également un tramway Montmorency - Enghien-les-Bains - Paris (Église de la Trinité), qui circula du 28 octobre 1897 jusqu'en 1935.

La desserte de la ville est assez médiocre, de par la faiblesse de la fréquence des bus et le nombre limité de lignes. Le bas de Montmorency, limitrophe d’Enghien-les-Bains, ne se situe qu’à quelques minutes à pied de la gare principale de cette ville.

La ville est en outre accessible à partir de l’autoroute A 15 à l’Ouest en empruntant la N 170 (BIP) ainsi que de la RN 1 à l’Est.

On peut y ajouter le jardin du musée Jean-Jacques-Rousseau et le parc du château du duc de Dino (propriété de la ville mais non accessible au public). Le réseau de sept parcours balisés parmi les sentes de la commune s’ajoute à cette liste. Mais le principal espace vert de la ville et de toute la région est la forêt de Montmorency, au Nord de la ville.

Montmorency compte trois monuments historiques classés ou inscrits et pas moins de douze sites classés : le parc de l'hôtel de ville, la châtaigneraie et le mont Olympe en sont les principaux.

Le musée Jean-Jacques-Rousseau est installé dans la petite maison du Montlouis où Rousseau séjourna de 1757 à 1762 après son départ de l’Hermitage. Au fond du jardin, « le donjon », petit pavillon mansardé, était le cabinet de travail de l’écrivain.

La maison des Commères reçut son nom de la bouche même de Thérèse Levasseur, compagne de Rousseau. Cette maison de deux étages, datant du XVIIe siècle, accueillait durant le séjour de Rousseau deux jansénistes qui pouvaient facilement épier le philosophe, assez inquiet voire paranoïaque de nature. La maison, acquise par la ville en 1974 puis restaurée, accueille de nos jours un centre d’études consacré au XVIIIe siècle et à Rousseau et conserve quarante mille volumes environ concernant l’auteur mais également l’histoire de la ville. L'ensemble formé par le musée, le jardin, le donjon et la maison des Commères est classé monument historique depuis le 21 Décembre 1984.

La collégiale Saint-Martin (ci-contre) a été bâtie de 1515 à 1563 en style flamboyant à l’emplacement d’un édifice du XIIe siècle. Elle fut jusqu’à la Révolution française la nécropole des ducs de Montmorency et devint, en partie, église paroissiale en 1630. Elle est remarquable pour son ensemble de vitraux de la Renaissance. L'édifice est classé en intégralité monument historique depuis le 1er Janvier 1840.

La place Roger-Levanneur, ou place du Marché, est le cœur de la ville entouré de maisons pour la plupart du XIXe siècle. Sa vocation commerciale remonte au XIIIe siècle. En 1789, un arrangement entre les commerçants et le prince de Condé permit d’y édifier une halle en bois. Détruite en 1834, elle fut remplacée par une halle en maçonnerie, qui disparut à son tour en 1884. Cette halle était appelée le « porche aux ânes ». C'est en effet ici qu’on trouvait ces montures pittoresques dont raffolaient les parisiens au XIXe siècle pour la découverte de la forêt. La place du Marché devint la place de la Loi durant la Révolution. En 1794, une veillée funèbre y eut lieu à l’occasion du transfert des cendres de Jean-Jacques Rousseau d’Ermenonville au Panthéon à Paris. Elle doit son nom actuel à un jeune patriote de vingt-et-un ans en août 1944, fils d’un commerçant de la ville, en liaison avec la Résistance locale, qui fut arrêté par les SS et torturé à mort. Il reçut à titre posthume la Médaille militaire et la Croix de guerre.

L’auberge du Cheval blanc, lieu de rendez-vous des célébrités sous la Restauration, est établie sur un des côtés de la place du Marché. Elle fut fondée en 1739 par Nicolas Leduc, géomètre du prince de Condé. Dénommée à l'époque « La Fleur de lis », elle changea naturellement de nom à la Révolution et prit le nom de « Cheval blanc ». Son enseigne a été réalisée par les peintres Isabey et Gérard afin de s’acquitter de leur dette auprès de l’aubergiste.

Les remparts du XVe siècle, jardins de l’observance, ont longtemps été caché derrière les maisons de l’îlot central de la ville. Apparus lors des démolitions et projets de constructions des années 1970, ils ont été dégagés et mis en valeur par la municipalité à partir de 1985.

Le pont de la rue Saint-Victor, petit pont de pierre édifié par le bailli Louis Le Laboureur, servait à relier le fief de Châteaumont, sa propriété, à la motte féodale qui lui fut vendue par le prince de Condé en 1675 à l’exception du donjon s’y trouvant qui conserve son statut de château féodal. Le bailli s’empressa de rejoindre les deux parties de sa propriété par ce pont.

La statue de Jean-Jacques Rousseau, sur le rond-point de l’avenue Émile, fut érigée en 1907. Œuvre de Louis Carrier-Belleuse, elle fut envoyée à la fonte en 1942 par les Allemands. En 1960, la municipalité fait appel à Hélène Guastalla (1903–1983) afin d’édifier une nouvelle statue. Celle-ci, réalisée en pierre, sera détruite en 1994 par un automobiliste. Une nouvelle statue, copie d’un bronze d’Albert Carrier-Belleuse, père du premier sculpteur, l’a finalement remplacée en 1998.

L’orangerie du château de Charles Le Brun, rue du Temple, édifiée en 1719 dans une forme semi-circulaire, est l’unique vestige du domaine du décorateur de Versailles. Longtemps abandonnée, elle fut transformée en habitation au XIXe siècle et totalement défigurée par sa surélévation et la destruction de ses motifs sculptés. Acquise par la commune en 1984, elle a été réhabilitée de 1987 à 1992 par les Bâtiments de France et est devenue l’école de musique et de danse de la ville. L'édifice est inscrit à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques depuis le 7 Septembre 1977.

L’hôtel de ville est installé dans un petit château néo-classique édifié de 1788 à 1791 par Nicolas-Louis Goix, riche bourgeois de Paris, qui conserva le domaine jusqu’en 1825. Il fut racheté par Émilien Rey de Foresta en 1859, qui entreprit de lotir le domaine de treize hectares. Les initiales « RF » figurant sur les grilles du parc ne sont pas, contrairement à l'idée commune, la signification de « République française » mais tout simplement les initiales de ce propriétaire qui fut par ailleurs maire de Montmorency de 1865 à 1880. L’édifice est devenu la mairie en 1906. Le château, construit sur un plan carré de 19,5 m de côté, comporte deux niveaux surmontés d’un étage en attique, et accessibles par un escalier à double révolution. Le beau parc de 2,2 hectares qui l’entoure, ouvert au public, possédait un magnifique cèdre du Liban planté à la fin du XVIIIe siècle, classé monument naturel, mais qui fut malheureusement détruit, déstabilisé par une pluie de glace le 2 janvier 1982. La conciergerie du domaine, avenue Foch, abrite l’office de tourisme et les services culturels de la ville.

La Châtaigneraie, petite forêt de châtaigniers aux arbres séculaires est classée monument historique. Elle constituait un des lieux de promenade favoris de Rousseau, à proximité immédiate de l’Hermitage. Durant le XIXe siècle, le lieu devint à la mode avec la création de L’Ermitage de Jean-Jacques-Rousseau, auberge tenue par Augustin Homo (on disait aussi l’auberge Homo) qui accueillait les parisiens promeneurs du dimanche. On y dansait le dimanche et rencontrait alors des peintres et écrivains connus. En 1866 est créé le Casino de Montmorency, lieu plus familial. Un peu plus loin, et un peu moins onéreux, Les Ruines de Grétry attirait les visiteurs préférant plus de discrétion. La mode de la bicyclette fera progressivement déserter l’endroit et la Châtaigneraie est finalement acquise par la ville en 1920 et ouverte au public après la démolition des bâtiments parasites.

La maison Jean-Bertheroy, au nº 5 de la rue de l’Hermitage, est une villa édifiée en 1891 dans le style italien en face de l’Hermitage de Rousseau par Berthe-Corinne Le Barillier (1858–1917), romancière à succès qui produisit de 1887 à 1927 une cinquantaine de romans « antiquisants », historiques, mais aussi modernes, sous le nom de Jean Bertheroy. Première présidente du jury Femina en 1904, elle milita pour l’amélioration de la condition féminine et reçut la Légion d’honneur. Son œuvre, d’un style démodé, ampoulé et pompeux, tomba complètement en désaffection.

Le château du duc de Dino a été édifié entre 1879 et 1884 par le banquier Isaac Léopold Sée à l’emplacement du grand château, magnifique propriété du maréchal de Montmorency-Luxembourg qui hantait Rousseau, et qui disparut en 1817. Construit en brique rouge et pierre, son style est fortement inspiré par la Renaissance. Racheté par la ville en 1991, il est affecté à l'association M.A.R.S. 95 pour la réinsertion d’enfants en difficulté.

Le pont de la rue des Granges est un curieux pont de pierre édifié en 1782 et destiné à relier les deux parties séparées du parc du château. La rue des Granges conserve un charme particulier, n’étant bordée pour l’essentiel que par deux hauts murs du XVIIIe siècle d’où retombent des branchages et diverses plantes vivaces.

Le fort de Montmorency, édifié entre 1875 et 1879, est aujourd’hui l’un des derniers forts de Paris à être occupé par l’armée. Il accueille depuis 1992 le Centre d’initiation aux techniques commando de Montmorency (CITCM).

La forêt de Montmorency s'étend sur deux mille deux-cents hectares particulièrement vallonnés et constitue l’un des principaux lieux de promenade au nord de Paris. Elle est la cinquième forêt la plus visitée d'Île-de-France.

Le réseau de sentes. La ville conserve un réseau important et rare de sentes qui serpentent parmi les vergers et quartiers résidentiels de la ville. Entretenus et balisés en sept parcours différents, ils permettent de découvrir les aspects verdoyants de Montmorency et de nombreux panoramas sur la vallée de Montmorency, la plaine de France et Paris. Un plan est disponible gratuitement à l'office du tourisme de la ville.

Une partie des bâtiments du lycée professionnel Turgot, situé place au pain, ont été construits dans les années 1950 sur l'emplacement du château médiéval.

La ville possède un musée, une riche bibliothèque historique, une société savante et plusieurs équipements culturels ; néanmoins son animation et son rayonnement demeurent faibles et peu dynamiques comparativement à son potentiel.

Le musée Jean-Jacques-Rousseau (5, rue Jean-Jacques-Rousseau) a été ouvert en 1952. Installé dans la maison du Montlouis où le philosophe vécut de 1757 à 1762, il présente le modeste logis de Rousseau et plusieurs salles d'exposition dans l'extension de la maison bâtie au XIXe siècle. À côté, la Bibliothèque d’études rousseauistes (Maison des Commères - 4, rue du Mont-Louis), spécialisée sur le philosophe et plus globalement sur le XVIIIe siècle, conserve un fond de plus de quarante mille volumes ainsi que les archives de la ville. Elle accueille par ailleurs le siège de la société d'histoire de Montmorency et de sa région, fondée en 1981 et qui comptait 186 adhérents en 2002, qui a pour objectif de rechercher et promouvoir l’histoire et le patrimoine local.

La bibliothèque municipale met à la disposition du public trente-cinq mille volumes dont plus de dix mille pour la section jeunesse. Des expositions y sont régulièrement organisées. La ville dispose également d'un conservatoire de musique et de danse (située dans l’orangerie du domaine de Charles Le Brun), d'une salle de conférences (salle de l’Eden - rue de Pontoise), où se déroulent régulièrement des conférences sur l’histoire de Montmorency et sa vallée et d'une maison des loisirs et de la culture (6, avenue de Domont), qui propose de nombreux cours, langues, arts plastiques, etc., et organise des expositions.

La commune ne possède qu’un média écrit spécifiquement montmorencéen, le magazine municipal Vivre Montmorency à parution bimestrielle en alternance avec la lettre du maire.

La vie locale est animée de quelques évènements annuels. On peut citer la foire aux produits régionaux en mars (salle des fêtes et parc de la mairie), Montmartre à Montmorency sur la place Roger-Levanneur en juin, où des artistes peignent en plein air, et la corrida pédestre dans les rues de la ville en septembre (course pédestre sur les sentes de la ville).

Plusieurs écrivains ont fréquenté Montmorency, en particulier au XIXe siècle. Mais l’écrivain qui a le plus évoqué la ville dans son œuvre est Jean-Jacques Rousseau.

La ville compte cinq écoles maternelles, cinq écoles primaires, deux collèges, un lycée d’enseignement général et un lycée professionnel.

La commune relève de l'académie de Versailles. Les écoles de la ville sont gérées par l’inspection générale de l'inspection départementale de l’Education nationale de Montmorency (103, avenue du Général-De-Gaulle). La circonscription de Montmorency fait partie du bassin d'éducation et de formation d'Enghien-les-Bains.

Les deux collèges, Charles-Le-Brun (3, rue Le Laboureur) et Pierre-de-Ronsard (4, chemin du Mont-Griffard), sont situés respectivement dans le centre et au nord, dans le quartier des Champeaux. Les deux lycées sont situés au centre de la ville : le lycée d’enseignement général Jean-Jacques-Rousseau (20, rue de Jaigny) et le lycée professionnel Turgot (3, place au pain).

Montmorency compte dix-huit associations et clubs sportifs.

On peut citer les principaux clubs : le FC Montmorency (football), l’Olympique Groslay Enghien Montmorency (OGEM) (rugby) , ou encore le Cercle de boxe française de Montmorency.

Le Montmorency FC est classé en première division des championnats du DVOF 2006/2007 pour toutes les catégories.

Les installations sportives à Montmorency occupent une quinzaine d’hectares de superficie.

Le Centre nautique intercommunal (1–5, rue Henri-Dunant) compte 700 m² de plan d’eau répartis sur deux bassins (25 x 15 m ; 15 x 15 m) ainsi que 1000 m² de terrasses.

Le stade de la Butte-aux-Pères (chemin de la Butte-aux-Pères) fut créé à partir de 1977 et comporte un gymnase, une salle multisports (dojo, boulodrome, salle multi activités), des terrains extérieurs, trois en herbe et deux consolidés (football, rugby), des courts de tennis, un skatepark et un pas de tir à l’arc.

Le complexe sportif des Gallerands (rue des Gallerands) comporte des courts de tennis, un pas de tir à l'arc et un gymnase.

Le gymnase Ferdinand-Buisson (avenue de la Ire-Armée-Française) est plus spécialisé dans les arts martiaux et la gymnastique.

Le stade du Fort est spécialisé dans le rugby.

La présence d’un hôpital à Montmorency remonte à 1207, date à laquelle une Maison-Dieu de douze lits fut créée. La Maison-Dieu de Montmorency était une fondation sous gestion laïque, créée par Matthieu II de Montmorency. Au XVe siècle, la Maison-Dieu devient Hôtel-Dieu. Devenu hôpital, il fut reconstruit pour l’essentiel pendant les années 1970. Rebaptisé récemment Simone-Veil depuis la fusion des établissement d’Eaubonne et de Montmorency, il comptait une capacité d’accueil de quatre cent cinquante-neuf lits en 1992. Il regroupe aujourd’hui, depuis la fusion des deux établissements, plus de deux mille sept cents salariés.

Église catholique. Les fidèles sont accueillis à la collégiale Saint-Martin. L’église Saint-François-d’Assise a été édifiée pour les fidèles des Champeaux en 1971 (20, avenue des Tilleuls). Les deux paroisses de Montmorency, appartenant au doyenné d'Enghien-Montmorency, relèvent du diocèse de Pontoise. En 2008, le père Kurowski en est le curé. Montmorency est également le lieux de résidence de différentes congrégations religieuses : les sœurs franciscaines Notre-Dame des Douleurs, les sœurs Franciscaines Réparatrices de Jésus-Hostie et les pères Pallotins.

Église protestante. Les paroissiens se retrouvent au temple d’Enghien-les-Bains, situé à la limite de Montmorency (155, avenue de la Division-Leclerc).

Culte israélite. Un centre communautaire est installé à Montmorency (9, rue de Pontoise). Une synagogue est située rue de Malleville à Enghien, derrière l’établissement thermal.

La cerise de Montmorency. La ville est célèbre depuis le XVIIe siècle pour ses fameuses cerises aigrelettes dont la couleur varie du rose orangé au rouge clair. Elles sont rendues célèbres par Madame de Sévigné.

Les amarelles (Prunus cerasus) sont des cerises acides qui sont essentiellement destinées à la préparation d’eaux de vie. On distingue notamment dans cette catégorie la cerise de Montmorency. On venait jadis à dos d’âne les cueillir dans les vergers environnant la ville. Mais avec la pression urbaine et la raréfaction des cultures, elles deviennent très difficiles à trouver localement.

Les cerises Montmorency sont très populaires en Amérique du Nord, notamment en Ontario au Canada, pour la production de jus, de tartes. etc. Des recherches récentes indiquent qu'elles seraient riches en mélatonine.

Le nom de la ville se retrouve dans plusieurs endroits de France et ailleurs dans le monde.

Un village de l’Aube porte le nom de Montmorency-Beaufort, il était le fief de François de Montmorency, seigneur de Bouteville. En Bourgogne, on trouve également une aire de repos de Montmorency sur l’autoroute A6. Un hameau porte le nom de Montmorency à proximité d’Arcachon en Gironde. Un cru de ce département s’appelle d'ailleurs le « petit clos de Monmorency » – mais le t a disparu. Un faubourg de Mondeville, dans la banlieue de Caen porte également le nom de Montmorency.

Au Canada, la chute Montmorency, est située entre la ville de Québec et la municipalité de Boischatel. Cette chute, d'une hauteur de quatre-vingt-trois mètres, est la plus haute dans la province de Québec. Elle est plus haute de trente mètres que les fameuses chutes du Niagara. Située à l'embouchure de la rivière Montmorency, elle devient l'hiver un site d’escalade sur glace populaire. La forêt Montmorency s'étend au Nord de la ville de Québec. Dans la région de Montréal, une ligne de métro se termine à la station Montmorency.

Le comté de Montmorency existe aux États-Unis, dans l’État du Michigan, et une ville de la banlieue de Melbourne en Australie porte aussi ce nom.

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François de Montmorency

François de Montmorency

François de Montmorency (1530 † 1579) fut duc de Montmorency, comte de Dammartin, baron de Châteaubriant et seigneur de L'Isle-Adam, Grand Maître de France et Pair de France.

François était le fils aîné d'Anne de Montmorency, pair et connétable de France. Il fit ses premières armes au siège de Lenz en Piémont, en 1551. Il accompagna le roi Henri II sur la frontière d'Allemagne, assista à la prise de Damvillers et d'Ivoy, servit au siège de Metz, en 1552. Il participa à l'héroïque résistance de la ville de Thérouanne contre les assauts des troupes de Charles Quint : finalement, il dut se rendre et fut fait prisonnier le 30 mai 1553.

À son retour de captivité, il fut fait chevalier de l'Ordre de Saint-Michel et pourvu du Gouvernement de Paris et de l'Île-de-France (1556). Il fut envoyé en Italie au secours du pape Paul IV et reprit aux Espagnols le port d'Ostie et quelques autres places aux environs de Rome. Il prit part à la malheureuse journée de Saint-Quentin le 10 août 1557, défendit la Picardie contre les Espagnols et assista au siège de Calais, en 1558. Le roi l'envoya en ambassade auprès de la reine Élisabeth Ire d'Angleterre pour recevoir d'elle l'engagement d'observer le traité de paix du Cateau-Cambrésis. À la mort du roi Henri II, il dut céder la charge de Grand-maître, héritée de son père, au duc de Guise. Le roi lui donna alors le bâton de Maréchal de France en 1559.

Il est marié contre son gré en 1557 à Diane de France, fille illégitime d'Henri II. François de Montmorency avait auparavant contracté un mariage demeuré secret, mais après avoir subi les foudres de la colère paternelle, il se soumit et épousa la princesse.

Il assista en 1560 aux États Généraux tenus à Orléans. Les troubles des guerres de religion étant survenus, il prit part du coté catholique à la bataille de Dreux le 19 décembre 1562, et à la prise du Havre. Il participa également le 10 novembre 1567 à la bataille de Saint-Denis où mourut son père.

En devenant duc, François poursuivit la politique paternelle consistant à ériger la maison de Montmorency en rivale de celle des Guise. Cette rivalité ne cessa d'aller en s'accroissant, François ayant déjà eu maille à partir avec le cardinal de Lorraine lors d'une bataille de rue en 1565. En 1570, il a la tâche très difficile de faire respecter à Paris la Paix de Saint-Germain-en-Laye. En 1572, il se trouve auprès de la reine Élisabeth Ire d'Angleterre pour faire signer le traité d'alliance avec la France. C'est à cette occasion qu'il reçoit l'Ordre de la Jarretière. De retour en France, François est plus que jamais impopulaire. Son incapacité à maîtriser les mutins parisiens, le poussent finalement à abandonner son poste de gouverneur de la ville. Il quitte la ville quelques jours avant le massacre de la Saint-Barthélemy, laissant ainsi le champ libre au Guise et aux massacreurs. On dit que François faisait lui-même partie de la liste des chefs à exécuter durant le massacre. C'est lui qui vint discrètement faire décrocher le cadavre de Coligny, son cousin, du gibet de Montfaucon où il était suspendu.

En 1574, Charles IX le laisse revenir à la cour, mais un incident impliquant le duc de Guise le contraint de quitter à nouveau la cour. François de Montmorency est ensuite impliqué dans le complot des Malcontents, le « Tiers Parti » du duc d'Alençon. Arrêté et enfermé à la Bastille avec le maréchal Artus de Cossé-Brissac, François de Montmorency est libéré en avril 1575. Le roi reconnaît son innocence par lettres patentes enregistrées au Parlement. François meurt au Château d'Écouen le 6 mai 1579 et est inhumé en l’église de Saint-Martin de Montmorency.

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Maison de Montmorency

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La maison de Montmorency comptait parmi les plus anciennes et les plus prestigieuses familles de la noblesse française. Elle tire son nom de la ville de Montmorency, dans l'actuel département du Val-d'Oise.

Apparentée à la famille royale, elle a donné à la France six connétables, douze maréchaux et quatre amiraux de France. Elle s'est éteinte au XIXe siècle.

Les Montmorency sont connus dès le Xe siècle. Il s'agit alors d'une famille châtelaine d'Île-de-France, dont la maîtrise des routes menant à Paris dut être patiemment combattue par des rois de France soucieux d'étendre le domaine royal.

En 997, le château de Montmorency, situé sur une butte dominant Paris, fut confié par le roi de France Robert II à Bouchard le Barbu, petit baron installé à l'origine sur l’île-Saint-Denis, et qui tirait des revenus des droits de péage qu’il faisait acquitter aux bateliers naviguant sur la Seine… et de ses incursions déprédatrices sur les terres de l’abbaye de Saint-Denis.

La légende rapporte que son premier ancêtre, compagnon de Clovis, fut le premier guerrier franc à se faire baptiser par saint Rémi. En référence à cette légende, la maison de Montmorency adopta la devise « Dieu aide au premier baron chrétien » et revendiqua le titre de « premier baron chrétien » ou « premier baron de France » (c'est-à-dire d'Île-de-France). Ce titre, jamais reconnu par le pouvoir royal, symbolisait les ambitions des Montmorency.

De nombreux membres de cette famille, divisée en plusieurs branches, jouèrent un grand rôle dans l'histoire de France.

Parmi les autres illustrations de cette maison, on trouve pêle-mêle le tristement célèbre Gilles de Rais, compagnon de Jeanne d'Arc, maréchal de France (plus connu sous le surnom de Barbe-Bleue), Mgr François de Montmorency-Laval, premier évêque de la Nouvelle-France et béatifié par Jean-Paul II, ou encore Mathieu, vicomte de Montmorency, qui la nuit du 4 août 1789 fit voter l'abolition des privilèges tandis qu'un cousin Louis Joseph de Montmorency-Laval était Cardinal-évêque de Metz et grand aumônier de France.

Après l'exécution du dernier duc de Montmorency, Henri II de Montmorency, en 1632, le domaine de Montmorency passe à la maison de Condé (1633). En 1689, Henri Jules de Bourbon-Condé fait renommer le duché de Montmorency en duché d'Enghien, pour donner plus de légitimité au titre de duc d'Enghien, porté par la maison de Condé depuis le XVIe siècle. Peu de temps après, c'est le duché de Beaufort, revendu par Louis-Joseph de Vendôme à Charles Ier Frédéric de Montmorency-Luxembourg qui fut rebaptisé duché de Montmorency.

Des trois branches principales existant encore au XVIIIe siècle (Montmorency, Montmorency-Laval, Montmorency-Luxembourg), aucune ne survécut réellement à la Révolution, et, faute de descendants mâles, la maison de Montmorency s'éteignit en 1878 en la personne d'Anne-Édouard-Louis-Joseph de Montmorency-Beaumont-Luxembourg, prince de Luxembourg, duc de Beaumont, pair de France, le dernier Montmorency.

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Source : Wikipedia