Microcrédit

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Posté par seb 24/02/2009 @ 19:59

Tags : microcrédit, microfinance, finance, economie

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Microcrédit

L'activité de microcrédit consiste généralement en l'attribution de prêts de faible montant à des entrepreneurs ou des artisans qui ne peuvent accéder aux prêts bancaires classiques. Le microcrédit se développe surtout dans les pays en développement, où il permet de concrétiser des microprojets favorisant ainsi l'activité et la création de richesse mais se pratique aussi bien dans les pays développés ou en transition.

Les Nations unies ont décrété 2005 l'Année internationale du microcrédit. Le microcrédit s'inscrit dans une sphère plus complète qui comprend d'autres outils financiers tels que l'épargne, la micro-assurance et d'autres produits qui forment la microfinance.

Le 13 octobre 2006, la mise en place et le développement à grande échelle de ce système ont été récompensés par le prix Nobel de la paix attribué conjointement au Bangladeshi Muhammad Yunus et à la banque qu'il a créée, la Grameen Bank.

On peut trouver des antécédents au microcrédit dans la pratique de prêt sur gage à taux faibles ou nuls des Monts de Piété, dans les mutuelles de crédit agricole créées en Europe à la fin du XIXe siècle.

Le système a été développé par le professeur d'économie Muhammad Yunus au cours des 30 dernières années.

Lors d'une séance de travaux pratiques d'un cours d'investissement, Muhammad Yunus propose à ses étudiants d'interroger les fabricants de tabourets en bambou des plus proches villages. Les 42 femmes artisans ont besoin de 27 dollars au total pour développer leur activité. Or toutes les banques refusent de financer ce trop faible montant à des clients a priori insolvables. Yunus déclare avoir eu honte de cette situation et prête la somme de sa propre poche. En permettant aux producteurs d'acheter d'avance le bambou sans subir les variations importantes de prix, ils réussissent à créer des emplois et à rembourser intégralement Yunus.

Depuis 1999, la méthodologie de crédit adoptée par les institutions de microfinance prend de manière croissante la forme d'un produit individuel flexible, ressemblant plus aux produits bancaires classiques. La forme choisie à l'origine était basée sur la méthodologie de crédit collectif, utilisant les mécanismes d'épargne locale et de caution solidaire et la supervision des pairs pour couvrir le risque de crédit. Se sont rapidement ajoutés des financements extérieurs reposant sur un système de titrisation des portefeuilles de crédit.

La Banque mondiale a recensé 10 000 institutions de microfinance dans 85 pays, au service de 130 millions de personnes pour un encours de 30 milliards d'euro. En novembre 2002, a eu lieu un sommet à New York sur ce sujet qui a rassemblé 2000 délégués de plus de 100 pays.

En 1976, le Pr. Yunus crée la Grameen Bank, organisme qui propose des prêts aux plus pauvres du Bangladesh. La Grameen Bank a accordé environ 3 milliards d'euros de crédits à plus de 2,4 millions d'emprunteurs. Il a reçu le prix Nobel de la paix 2006.

Créé en 1979 le Centre International du Crédit Mutuel est une association qui créé et organise des réseaux coopératifs de microfinance en Afrique et en Asie. Il est notamment présent au Sénégal, au Niger, au Congo, en Centrafrique, au Cameroun, au Cambodge et aux Philippines.

Créée et présidée par Jacques Attali économiste et intellectuel français en 1998, PlaNet Finance est l'une des principales Organisations Internationales de développement du secteur de la microfinance. Elle propose des services d'assistance technique, de notation et de financement à l'ensemble des acteurs de la microfinance.

En France, le principal opérateur est l'Association pour le droit à l'initiative économique. Elle délivre 10 000 à 13 000 microcrédits par an à des chômeurs ou Rmistes créateurs de leur propre emploi, ou à des travailleurs pauvres. L'association compte plus de 130 agences sur toute la France.

En Belgique, deux institutions dominent cette sphère, le Fonds de participation et la coopérative CREDAL.

En Suisse, une des institutions la plus connue est l' Association solidarité et création d'entreprise (ASECE), fondée en 1998, par M. Georges Aegler, devenue le 15 juin 2000, la Fondation ASECE - Georges Aegler. Sur le plan international, la société ResponsAbility Social Investment Services a lancé un fond responsAbility Global Microfinance Fund dont le volume de ses investissements a atteint en 2008, 584 millions de dollars. Environ 2 millions de personnes dans 54 pays en profitent. Nous pouvons citer également l'Aga Khan Agency for Microfinance (AKAM), gérée selon le droit suisse, établie à Genève.

Le microcrédit s’est révélé une arme efficace contre la misère et la faim » Extrait du message vidéo du secrétaire général, Kofi Annan, à l’occasion du lancement de l’Année internationale du microcrédit, le 18 novembre 2004</ref>. L'organisation a déclaré 2005 Année internationale du microcrédit, dans le cadre des Objectifs du Millénaire pour le Développement.

Le 24 janvier 2005, un rapport de la Banque mondiale a dressé un bilan positif. Le nombre de bénéficiaires y est estimé à 500 millions (sur les 3 milliards de personnes pauvres). L'Asie et le Pacifique totalisent 83% des comptes ouverts dans les pays en développement, ce qui représente 17 comptes pour 100 habitants. Au Cambodge, cela concerne 400 000 personnes, et 18 000 nouveaux comptes sont ouverts chaque année au Kenya. Toutefois c'est en Amérique latine et en particulier en Bolivie que le système connaît un essor formidable, ce pays apparaît comme un des pays les plus avancés et les plus compétitifs de la microfinance.

Le 13 octobre 2006, le prix Nobel de la paix a été conjointement attribué à Muhammad Yunus et à la Grameen Bank. "Une paix durable ne peut pas être obtenue sans qu'une partie importante de la population trouve les moyens de sortir de la pauvreté", a déclaré Ole Danbolt Mjoes, le président du comité Nobel. France : Maria Nowak, présidente de l’Adie et du Réseau européen de microfinance salue l’attribution du prix Nobel de la Paix à Muhammad Yunus et se réjouit ainsi de la reconnaissance portée au microcrédit.

L'activité de microcrédit encourage les microprojets au niveau local. Cela permet d'induire des mutations "à la base". Celles-ci sont souvent plus efficaces et ont un plus grand effet d'entraînement - en créant un maillage économique dans le pays - que certaines infrastructures ou certains gros projets industriels qui bénéficient rarement aux plus pauvres. Cet effet de levier permet d'agir efficacement auprès de ceux qui prennent des initiatives en s'engageant personnellement, c'est-à-dire les entrepreneurs ou les artisans.

Mais au-delà du simple aspect financier, les programmes de microcrédit ont aussi un impact sur le développement local. En effet, ils touchent des secteurs aussi divers que l'agriculture (groupements villageois, coopératives paysannes, organisations professionnelles agricoles), l'artisanat (groupements d'artisans, associations artisanales féminines), le financement de l'économie sociale (mutuelles d'épargne et de crédit, banques villageoises), la protection sociale (mutuelles de santé, caisses de santé primaire). Ainsi, ils contribuent à l'amélioration de l'accès aux services sociaux de base, aux soins de santé, aux services de planification familiale et à l'eau potable.

De plus, touchant des secteurs faiblement capitalisés employant souvent une main d'œuvre féminine, on peut considérer le microcrédit également comme un levier de revalorisation de la femme dans les pays en voie de développement, d'amélioration directe de leur sort (et de celui de leur famille) et comme un facteur d'évolution profonde des sociétés par le rééquilibrage qu'il induit entre les sexes (cf. l'argumentaire en ce sens sur le site www.planetfinance.org : ).

Une autre caractéristique de ce mouvement est qu'il s'appuie sur des réseaux d'assurance et de solidarité traditionnelle relativement efficaces qui favorisent le remboursement régulier des prêts. La mise en place de ces programmes offre également l'opportunité de conduire des actions de formation, notamment en matière de développement communautaire et de gestion d'entreprise.

Les adversaires du microcrédit lui opposent souvent les taux élevés de certains prêts (environ 20%). Ils regrettent aussi que ce mécanisme détourne les actions des autres programmes comme la santé, l'éducation ou l'eau. Une étude réalisée en 2004 estime que le microcrédit favorise des activités peu rentables et devrait s'accompagner de programmes sociaux. Certains acteurs du microcrédit dénoncent des organisations non gouvernementales qui utiliseraient le microcrédit comme source de financement.

Réponse à cette critique : les actifs qui font appel au microcrédit n'ont pas d'autre accès au crédit. En général, leurs seuls recours sont les usuriers qui appliquent des taux approchant les 1% par jour ! Avec des taux compris en général entre 10 et 30% par an, les organismes de microcrédit offrent un accès à des crédits maîtrisables aux entrepreneurs actifs des pays en voie de développement. Dans les institutions bien gérées, les taux de remboursement de ces crédits avoisinent 95%, preuve que les taux ne sont pas du tout insurmontables. Les taux élevés sont attribuables selon les cas aux coûts de la main d'œuvre importante (nécessaire pour la sélection et le suivi de clients vivant dans des zones parfois éloignées) et au coût de refinancement des institutions, renforcés par des taux d'inflation importants. Enfin, les besoins en matériel informatique et autres biens (matériel de bureau, véhicules), souvent importés, gonflent les coûts de fonctionnement. Les prêts consentis sont assortis d'un accompagnement psychologique, social et technique dont les frais sont comptabilisés dans la rubrique du fonctionnement.

D'autre part, les actions de microcrédit ne détournent pas les autres programmes humanitaires qui répondent à des actions d'urgence ou de développement sous forme de dons. Les actions de microcrédit sont financées par l'épargne solidaire et ne « concurrencent » donc pas directement les autres types d'actions de développement durable. Il est souvent souhaitable de lier le microcrédit à d'autres mécanismes d'aides au développement, les deux outils étant davantage complémentaires que substituables.

Le microcrédit améliore peut-être la situation des plus pauvres. Toutefois, la mesure de l'impact demeure très difficile à effectuer. Aucune étude économétrique n'a encore suscité un large consensus. Si les exemples de réussites individuelles dues à la microfinance sont légion, il est difficile de généraliser l'efficacité de la microfinance pour plusieurs raisons: comment savoir si le bénéficiaire n'aurait pas pu avoir accès au marché du crédit localement sans l'aide d'une IMF ? (biais de sélection) Si tel est le cas, le succès n'est pas dû à la microfinance. Comment savoir si l'argent est investi dans des projets à valeur ajoutée ? Comment savoir s'il n'aurait pas eu lieu de toute façon via une épargne informelle ? (fongibilité de l'aide). Enfin, certains pensent que le microcrédit est plutôt un moyen d'épargne et d'assurance et pas une source d'investissement. Les ménages se constitueraient une cagnotte, un matelas de protection financière, lisseraient ainsi leurs revenus, et n'investiraient pas dans une activité génératrice de revenu. Cela n'enlève rien à l'utilité du microcrédit et à la microfinance, mais diminue sans doute le potentiel de création d'emplois et les effets collatéraux/"side effects" tant attendus par les partisans du microcrédit.

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Microfinance

Les services de microfinance consistent en la fourniture d’un ensemble de produits financiers à tous ceux qui sont exclus du système financier classique ou formel. Ils concernent en général les habitants pauvres des pays en développement.

D'une façon plus restrictive, la microfinance se réfère à un certain nombres d'institutions privées ou publiques qui se revendiquent de la microfinance.

Dans cet article, on désigne souvent les institutions de microfinance par « IMF ».

Normalement, les banques ne fournissent pas de services financiers à des clients dépourvus d'un minimum de revenus. Pour gérer un compte clients, ces mêmes banques doivent supporter un coût fixe assez substantiel qui ne dépend pas du montant des sommes d'argent mises en jeu. Par exemple, le total des profits dégagés par une centaine de crédits de 1 000 euros chacun est à peu près égal au profit dégagé par un crédit de 100 000 euros, alors que la gestion de cent crédits implique cent fois plus de travail et de diverses dépenses que la gestion d'un seul. La même équation de base régit l'économie d'autres services financiers. Il y a un seuil de rentabilité associé au crédit ou au dépôt qui veut dire que la banque perd de l'argent lorsqu'elle effectue une transaction au-dessous d'un certain montant. Les besoins financiers des pauvres se situent généralement au-dessous de ce seuil.

De plus les pauvres ne possèdent pas suffisamment de biens qui puisse être considérés comme un collatéral, c'est à dire qui puise servir de garantie. Même lorsqu'ils possèdent leurs terres, ils n'en n'ont souvent aucun titre de propriété. Cela a été particulièrement bien étudié par l'économiste Hernando de Soto . Cela implique que les banques n'ont pratiquement pas de recours contre les emprunteurs défaillants.

D'un point de vue plus général, on a longtemps accepté l'idée que le développement d'un système financier national prospère est un objectif intermédiaire important qui peut ensuite servir de catalyseur pour le développement économique national qui est l'objectif final (voir, par exemple Alexander Gerschenkron, Paul Rosenstein-Rodan, Joseph Schumpeter, Anne Krueger etc.). Cependant, tant les responsables de la planification des États concernés que les experts internationaux privilégient le développement du secteur bancaire commercial spécialisé dans les opérations mettant en jeu des sommes importantes et négligent souvent les institutions à même de fournir des services aux ménages disposant de moyens limités, alors que ces catégories de ménage représentent la plus grande partie de la population.

A cause de ces difficultés, lorsque les pauvres sont amenés à emprunter, ils doivent souvent faire appel à leur famille ou à des prêteurs locaux qui pratiquent des taux d'intérêts très élevés. Une synthèse de 28 études portant sur les taux d'intérêts des crédits informels de 14 pays d'Asie, d'Amérique latine et d'Afrique conclut que 76% des taux d'intérêt pratiqués par les prêteurs locaux sont supérieurs à 10% par mois, et parmi ceux-ci, 22% dépassent les 100% par mois. Ces prêteurs pratiquent généralement pour les plus pauvres des taux plus élevés que pour les moins pauvres. Alors que ces prêteurs sont souvent stigmatisés et traités d'usuriers, leurs services sont accessibles, rapides et très flexibles lorsque les emprunteurs doivent faire face à des problèmes. Les espoirs qu'on a pu caresser de les éliminer du circuit se sont avérés irréalistes même dans des contextes où les institutions de microfinance étaient très actives.

Dans le passé, les pratiques visionnaires de certains moines franciscains qui avaient fondé au XVe siècle des monts de piété présentaient des orientations communautaires. Toujours en Europe, en 1849, un bourgmestre prussien Friedrich Wilhelm Raiffeisen, fonde en Rhénanie la première société coopératives d'épargne et de crédit, une institution qui offre des services d'épargne aux populations ouvrières pauvres et exclues des banques classiques. L'épargne collectée permet de consentir des crédits à d'autres clients. Ces organismes sont dits mutualistes. Le mutualisme y compris financier connaît à partir de 1941, un développement assez exceptionnel au Pays basque espagnol autour des coopératives de Mondragón. Mis à part le cas de Mondragón, les organismes et institutions qui se développent sur cette base en Europe et en Amérique du Nord, puis, après la Seconde Guerre mondiale dans les pays du Sud se focalisent sur l'épargne et offrent peu de services de crédit.

Dans les années 1970, avec la Grameen Bank, Muhammad Yunus développe le microcrédit au Bangladesh ouvre la voie à de nombreuses autres expériences menées dans le monde entier. Des institutions sont créées pour fournir aux pauvres des moyens de créer leur gagne-pain et les outils pour gérer le risque associé, c'est-à-dire les services financiers normaux qui sont proposées aux catégories plus riches. Le succès de la Grameen Bank qui compte maintenant comme clients plus de 7 millions de Bangladaises pauvres a connu un écho dans le monde entier, dans la pratique, il s'est avéré difficile de recopier cette expérience. Dans les pays où les densités de population sont plus faibles, il est beaucoup plus problématique de réunir les conditions de rentabilité pour créer des services et commerces de proximité. Il n'empêche que la Grameen a démontré que non seulement les pauvres remboursent leurs crédits, mais qu'ils peuvent payer des intérêts élevés et que l'institution peut donc couvrir ses propres coûts.

A la fin des années 1980, les initiatives se multiplient. En Amérique latine, des institutions accordant des crédits en milieu urbain commencent à couvrir leur frais sans subvention. L'ONG bolivienne PRODEM créée en 1986 décide de « filialiser » ses activités de microfinance sous forme de banque en créant la Banco Solario SA, plus connue sous le nom de BancoSol. C'est l'émergence d'une « industrie de la microfinance ».

Beaucoup de progrès ont été effectués, mais tous les problèmes n'ont pas été résolus, et la grande majorité de la population qui gagne moins d'un euro par jour, spécialement dans les zones rurales, ne bénéficie toujours d'aucun accès au secteur financier normal. Le secteur de la microfinance a connu une croissance régulière jusqu'à atteindre en 2007 25 milliards de dollars pour l'ensemble des crédits relevant de la microfinance. Il en faudrait dix fois plus pour fournir aux populations pauvres le capital dont elles ont besoin. Le secteur de la microfinance a connu une forte croissance, au point qu'on a pu se demander s'il n'y avait pas un risque potentiel à laisser filer autant de capitaux vers un secteur qui n'était pas forcément géré correctement.

En principe, la microfinance peut recouvrir toutes les démarches ayant pour but d'accroître les accès ou d'améliorer la qualité des services financiers auxquels les plus pauvres peuvent recourir où qui peuvent leur être d'une quelconque utilité. Par exemple, les pauvres empruntent à des prêteurs locaux et placent de la même façon leurs économies dans l'économie informelle. Autre exemple, ils ont recours à des associations caritatives pour contracter des crédits ou bénéficier d'une garantie. Ils peuvent aussi profiter de l'assurance que leur offre une société nationalisée. Ils transfèrent des sommes d'argent à travers des réseaux traditionnels comme Hawala. Ou bien encore, ils enterrent leurs bijoux dans une cache secrète, demandent à quelqu'un de leur famille de s'occuper de leurs finances et élèvent des poulets pour économiser en vue de leur mariage.

Il est bien difficile de tracer une frontière bien nette qui distinguerait la microfinance d'activités similaires. On peut défendre la position selon laquelle un gouvernement qui mandate une banque d'État d'ouvrir des comptes pour les consommateurs à faible revenus, un prêteur qui pratiquent l'usure, ou une association comme Heifer International qui permet aux plus pauvres de pratiquer l'élevage et le jardinage en vue de leur subsistance, tous ces différents acteurs participent à la microfinance. Cependant, il est généralement admis que la microfinance consiste non pas à distribuer, mais à donner aux plus pauvres des moyens de gagner leur vie en leur donnant accès à des services financiers. Il est également admis que l'on règle d'autant mieux ce problème d'accès en adaptant autant qu'il le faut ces institutions financières à ses bénéficiaires et en développant la capacité de ces institutions. Ces dernières années, l'accent a particulièrement été mis sur la nécessaire diversité des institutions de microfinance pour subvenir aux besoins les plus divers.

La microfinance ne doit pas être confondue avec certaines formes d'actions humanitaires. Il est préférable de donner des subsides aux familles dans la misère dans la mesure où elles sont vraisemblablement dans l'incapacité de générer les ressources nécessaire pour rembourser un crédit. C'est une situation que l'on trouve, par exemple dans des régions dévastées par la guerre ou par une catastrophe naturelle.

Les militants de la microfinance, professionnels et donateurs, défendent souvent le point de vue selon lequel il faudrait restreindre l'usage du microcrédit à la production de biens ou de services, typiquement, la création ou le développement de micro-entreprise. Ce à quoi les acteurs du secteur privé répondent que la "fongilbilité" de l'argent rend illusoire cette restriction, et qu'en tout état de cause, ce n'est pas à des riches de déterminer comment les pauvres doivent utiliser leur argent.

Peut-être à cause des préjugés occidentaux vis-à-vis de l'usure , le rôle des prêteurs locaux traditionnels a été dénoncé, surtout à l'époque balbutiante de la microfinance moderne. Au fur et à mesure que de plus en plus de gens avaient accès aux services des institutions de microcrédit, il est apparu de plus en plus clairement que les services des prêteurs traditionnels gardaient leur utilité. Les emprunteurs étaient prêts à payer un taux d'intérêt élevé pour des services tels que le déblocage rapide des crédits, la confidentialité et la flexibilité des échéances de remboursement. Ils ne voyaient aucune évidence aux avantages résultant de taux d'intérêt plus bas s'il fallait en payer le prix par la participation à des réunions où des stages nécessaires pour être bénéficiaire d'un crédit où par des cotisations mensuelles. Ils trouvaient également déplaisant qu'on les force à endosser le statut d'emprunteur pour démarrer une entreprise, alors qu'ils avaient souvent déjà emprunté pour d'autres raisons comme le paiement de frais de scolarité et de santé ou l'achat de nourriture . La tendance récente est d'accorder plus de légitimité aux prêteurs en vertu du principe selon lequel, plus il y aura de compétition parmi les offres, plus grande sera la diversité des services offerts aux pauvres.

Dans les années 1970 a émergé une microfinance moderne qui recherchait des solutions en priorité dans le secteur privé. Ceci découlait de l'évidence que dans les pays en voie de développement, la constitution de banques d'état pour le financement du secteur agricole a été un échec complet. La thèse qui ressort de la compilation classique d'Adams, Graham et Von Pischke est que ces banques sont en fait allées à l'encontre des objectifs de développement qu'elles étaient censées servir. Par ailleurs, les administrations de nombreux pays peuvent avoir des points de vue différents et continuent à intervenir directement dans le marché de la microfinance.

Il y a eu un long débat portant sur le compromis délicat entre la « proximité » c'est-à-dire la capacité des institutions de la microfinance à atteindre réellement les plus pauvres et les plus exclus et la « viabilité », c'est-à-dire leur capacité à couvrir de façon autonome leurs coûts opérationnels pour leur clientèle à un moment donné, et si possible, les coûts nécessités par l'élargissement de leur clientèle ).. Bien qu'il soit généralement admis que les praticiens de la microfinance devraient rechercher à atteindre ces deux objectifs, on assiste à une gamme très ouverte de stratégies, depuis la BancoSol en Bolivie qui s'inscrit dans une logique de recherche du profit, certes minimaliste, jusqu'à la BRAC (Bangladesh Rural Advancement Committee) au Bangladesh qui exclut le profit. Ce débat entre deux orientations ne touchent pas seulement chacune des institutions de microfinance, mais également les gouvernements engagés dans le développement de systèmes de microfinance au niveau national.

Les pays dits développés ont aussi besoin de services de microfinance. Toutefois, dans les économies développées, la concurrence au sein du secteur financier classique, combinée à la diversité des institutions financières assure l'accès à des services financiers à la grande majorité de la population. Selon Cheryl Frankiewicz, les tentatives de transférer dans les pays riches les innovations de la microfinance des pays pauvres comme les groupes de solidarité n'auraient rencontré qu'un modeste succès. En France des associations comme Association pour le droit à l'initiative économique (ADIE) s'inscrivent dans cette mouvance.

Dans les économies en voie de développement, et en particulier dans les zones rurales, beaucoup d'activités qui seraient considérées dans le monde développé comme relevant du secteur financier, ne sont pas monétisées, c'est-à-dire que ces activités peuvent être menées à bien sans recours à l'argent. Par définition, les pauvres ont très peu d'argent. Mais il arrive souvent que dans leurs vies se font jour des circonstances dans lesquelles ils auraient besoin d'argent ou de ce que l'argent peut acheter.

Les pauvres savent faire preuve d'imagination pour subvenir à ces besoins, principalement à travers la création et l'échange de différentes formes de biens non monétaires. Les substituts à l'argent varient d'un pays à l'autre, mais il s'agit typiquement de bétail, de grains, de bijoux et de métaux précieux.

Souvent, les gens empruntent pour satisfaire un besoin qu'ils n'ont pas les moyens de financer. Une famille pauvre pourrait emprunter à des parents pour acheter une terre ou à un prêteur pour acheter du riz ou à une IMF pour acheter une machine à coudre. Comme ces crédits doivent être remboursée en économisant après avoir engagé la dépense, on parle d'épargne a posteriori. La position de Rutherford est que le microcrédit n'adresse que la moitié du problème, et, pense-t-il, la moitié la moins importante: Les pauvres empruntent pour se donner les moyens d'épargner et de se constituer un patrimoine. Les IMF devraient financer leurs crédit à travers des compte d'épargne pour aider les pauvres à faire face à tous les risques qui les menacent.

La plupart des besoins sont satisfaits en mélangeant l'épargne et le crédit. Une étude conjointe de la Grameen Bank et de deux autres grandes IMF du Bangladesh a montré que pour chaque euro prêté à des clients pour financer des micro-entreprises du secteur rural non agricole, il y en avait 2,5 provenant d'autres sources, essentiellement l'épargne de leurs clients En fait, on retrouve la même tendance qu'en Occident où les petites entreprises familiales sont financées essentiellement par l'épargne, surtout pendant la phase de démarrage.

Les travaux comme ceux de Rutherford, Wright ont conduit les praticiens à remettre en question le paradigme traditionnel du microcrédit, Les pauvres sortent de la pauvreté en empruntant, créant leur micro-entreprise et accroissant leurs revenus. Le nouveau paradigme attache plus d'importance aux efforts des pauvres pour réduire leurs nombreuses vulnérabilités en augmentant la part de leurs revenus qu'ils gardent pour se constituer un patrimoine. Alors qu'ils ont besoin de crédit, ils peuvent trouver aussi utile d'emprunter pour leur consommation que pour la micro-entreprise. Un endroit sûr et flexible pour placer son argent et le dépenser au moment opportun est aussi important pour gérer sa maisonnée et ses risques familiaux.

Une étude de 2004 a tenté de recenser les institutions financières alternatives dans le monde en voie de développement.. Les auteurs, Christen, Rosenberg et Jayadeva dénombrent 665 millions de comptes clients répartis dans 3000 institutions qui proposent leurs services à des populations plus pauvres que celles désservies par les banques commerciales. En réalité, seuls 120 million de ces comptes ressortent de ce que l'on entend normalement par IMF. Parmi les autres, 318 millions sont gérés par des caisses d'épargne, intégrées aux services postaux, 172 millions par des institutions bancaires étatiques orientées vers l'agriculture ou le développement et 35 millions par des coopératives financières ou des coopérative de crédit. Les 19 millions de comptes restant sont gérés par des banques rurales.

C'est en Inde que l'on retrouve la plus grande concentration avec 188 millions de comptes représentant 18% de la population totale. L'Amérique latine et les Caraïbes sont particulièrement mal desservies, tout au moins si l'on s'en tient à l'étude de Christen, Rosenberg et Jayadeva qui n'y relèvent que 14 millions de comptes correspondant à 3% de la population. L'Afrique est à un niveau presque équivalent avec 27 millions de comptes correspondant à 4% de la population. Si l'on considère que la plupart des clients du monde développé ont recours à plusieurs comptes pour gérer leurs affaires, ces chiffres montrent que beaucoup de chemin reste à faire pour le mouvement de la microfinance. D'une façon générale, et quelque soit la zone géographique considérée, dans le décompte de Christen, lorsqu'on considère le type de services fournis, les Compte d'épargne sont quatre fois plus nombreux que les crédits”.

On trouve une foultitude de données détaillées sur les IMF dans le MicroBanking Bulletin. Ainsi, à la fin 2006, cette revue donnait un panorama de 704 IMFs qui desservaient 52 millions d'emprunteurs avec un montant total des crédits en cours de 23,3 milliards de dollars et 56 millions d'épargnants avec un total des dépôts de 15,4 milliards de dollars. 70% de ces clients étaient en Asie et 20% en Amérique latine..

On ne dispose pas encore d'études qui indiqueraient comment se répartissent les institutions de microfinance informelles comme les tontines et les associations informelles qui aident les gens à faire face aux dépenses comme les mariages, les funérailles et les maladies. De nombreuses études de cas ont quand même été publiées qui montrent que ces structures qui sont généralement mises sur pied et gérées par les populations pauvres avec un minimum de soutiens externes opèrent dans la plupart des pays du monde en voie de développement.

L'ère du microcrédit qui a commencé dans les années 1970 a laissé la place à une approche moins restrictive de systèmes financiers. Alors que le microcrédit a connu un certain succès pour les projets d'entreprises familiales de zones urbaines ou péri-urbaines, son développement a été relativement plus faible dans les zones de moindre densité. Par ailleurs, il semble douteux que le mouvement du microcrédit ait atteint l'un de ses objectifs majeurs qui était d'évincer les prêteurs traditionnels qui pratiquent couramment des taux d'intérêts de 10% par mois.

La nouvelle approche des systèmes financiers reconnaît davantage la richesse des siècles d'histoire de la microfinance et l'immense diversité des institutions au service des pauvres dans le monde en voie de développement d'aujourd'hui. L'approche nouvelle s'enracine aussi dans une prise de conscience croissante de la diversité des besoins des populations les plus pauvres en matière de services financiers et de la diversité également de leurs conditions de vie et de travail.

Dans son livre La création de secteurs financiers accessibles à tous, Brigitte Helms distingue quatre catégories de prestataires de microfinance et plaide pour une stratégie pro-active impliquant chacune de ces catégories pour les mobiliser au service des idéaux du mouvement de la microfinance.

On inclut dans cette catégorie les prêteurs traditionnels, les prêteurs sur gage, les collecteurs d'épargne, les garde-monnaie, les tontines, les "ASCAs" et "input supply shop". Parce qu'ils connaissent bien les gens de leur communauté ou par ailleurs ils vivent, ces prestataires informels comprennent bien le contexte financier de leurs interlocuteurs et peuvent leur offrir des services flexibles, rapides et personnalisés. Ces services peuvent aussi être coûteux et le choix des produits financiers limités et à très court terme. Quant à l'épargne, elle est très risquée et beaucoup d'épargnants y perdent leur argent.

Il s'agit des Groupes d'entraide, des Coopératives de crédit, ainsi qu'une variété hybride de structures comme les associations de services financiers et les CVECAs (Caisse Villageoise d'Epargne et de Crédit Autogérée). Comme les prestataires informels, ces associations mutualistes sont généralement de petites structures bien implantées au niveau local, ce qui implique qu'elles auront une bonne connaissance du contexte financier des uns et des autres et pourront offrir des services personnalisés et flexibles. Comme leurs gestionnaires sont pauvres, les coûts d'opérations seront bas. Par contre, ces amateurs ne sont pas toujours très compétents dans le domaine financier et peuvent paniquer lorsque la situation économique s'obscurcit ou que les opérations deviennent trop complexes. Comme ils sont effectivement encadrés, ils peuvent être sous l'emprise d'un ou deux leaders influents et les membres peuvent perdre leur argent.

Le Microcredit Summit Campaign a recensé 3 133 ONG en contact avec 113 million de clients à la fin de 2005. Les plus grosses de ces ONG sont la Grameen Bank et la BRAC au Bangladesh, Prodem en Bolivie, et FINCA International, dont le siège est à Washington. Ces ONG qui se sont développées à travers le mode depuis 1975 se sont montées très innovantes dans des formules bancaires comme le crédit solidaire, la banques villageoises. et les services bancaires mobiles. Elles ont réussi à casser les barrières qui pouvaient leur interdire d'accéder aux populations les plus pauvres. Néanmoins, avec des conseils d'administration qui ne représentent pas nécessairement le capital ou les clients, elles peuvent souffrir d'une gouvernance fragile et risquent de devenir excessivement dépendantes des donateurs externes.

Avec une gestion adéquate et un bon encadrement, chacune de ces structures internationales peut résoudre certains problèmes de la microfinance. Par exemple, des tentatives ont été faites pour mettre en relation des self-help groups avec des banques commerciales et des réseaux mutualistes en vue d'effectuer des économies d'échelle et d'encourager les efforts des banques commerciales d'aller au devant des petits clients en intégrant dans leurs réseaux la banque mobile et les technologies de paiement électronique.

Pour beaucoup de partisans de la microfinance, l'évidence que la microfinance est un outil efficace de lutte contre la pauvreté va de soi. Cette croyance a été l'objet d'un certain nombre de critiques. Le sociologue Jon Westover a trouvé que l'essentiel de l'évidence de l'efficacité de la microfinance à réduire la pauvreté reposait sur des études de cas anecdotiques. Il a passé au crible 100 articles sur le sujet. Six articles seulement prenaient appui sur des données assez quantitatives pour être représentatives. Parmi ces 6 publications, l'une d'entre elles trouvait que la microfinance réduisait la pauvreté. Deux autres étaient dans l'incapacité de conclure que la microfinance réduisait la pauvreté bien que les auteurs attribuassent quelque effet positif au programme considéré. Les 3 autres études parvenaient, en gros, à la même conclusion : une majorité des participants avaient le sentiment que leurs affaires financières avaient évolué favorablement mais certains avaient le sentiment inverse.

Le guide de la Microfinance de Boyé, Hajdenberg et Poursat, s'il reconnaît que certaines études ont conclu à l'absence d'impact ou à un impact négatif, ne leur donne guère de signification en raison de la fréquence trop faible de ces résultats. Les auteurs du guide retiennent que plusieurs études menées à des années d'écart et sur différents continents ont montré que l'action des IMF recueillait des résultats impressionnants,tant sur le plan économique avec des impact sur le niveau de revenu et la capacité à épargner que sur le plan social avec des effets sur la scolarisation des enfants, l'accès aux soins et l'amélioration de l'habitat.

Des critiques se sont également élévées sur les taux d'intérêt élevés auxquels devaient consentir les emprunteurs. En 2006, la moyenne des taux d'intérêt annuels se situait à 23,3% pour un échantillon de 704 IMF ayant accepté de soumettre leurs bilans au MicroBanking Bulletin.. Muhammad Yunus s'est exprimé sur ce point dans l'édition 2007 d'Un Monde sans Pauvreté. Pour le fondateur de la Grameen Bank, les IMF qui proposent des taux d'intérêt supérieurs à 15% pour des crédits à long terme, devraient être pénalisées.

On a aussi reproché aux animateurs des IMF de ne pas porter assez d'attention aux conditions de travail des ménages pauvres, particulièrement lorsque les emprunteurs deviennent des quasi-salariés des IMF à qui ils vendent de l'artisanat ou des produits agricoles qui ils travaillent. La détermination des IMF à aider les emprunteurs à diversifier et à accroître leurs revenus a induit ce type de relations dans plusieurs pays, notamment au Bangladesh, où des centaines de milliers d'emprunteurs travaillent effectivement comme salariés pour des filiales commerciales de la Grameen Bank ou de la BRAC. Selon ces critiques, les horaires, les vacances, les conditions de travail ainsi que la sécurité ne seraient pas soumises à une quelconque réglementation et les contrôles pour débusquer les abus seraient exceptionnels..

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Année internationale du microcrédit

L'année 2005 a été déclarée « Année internationale du microcrédit » par l'Assemblée générale des Organisation des Nations Unies pour « éliminer les obstacles qui excluent une part de la population d'une pleine participation au secteur financier ».

Le microcrédit est considéré par cette instance comme un outil majeur du développement.

2005 est aussi l'Année internationale du sport et de l'éducation civique.

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Maria Nowak

Maria Nowak est une économiste, née en 1935, spécialiste du microcrédit, présidente de l'Association pour le droit à l'initiative économique.

Maria Nowak est née en Pologne en 1935. En 1943, elle fuit la Pologne qui est occupée par l'armée nazie, laquelle incendie sa maison, fusille ou déporte sa famille. Elle s’installe en France en 1946 avec une partie de sa famille.

Diplômée de l'Institut d'études politiques de Paris (1956) et de la London School of Economics (1959), elle réalise un voyage d’études en Guinée et soutient une thèse sur l’économie rurale.

Elle entre à la Caisse centrale de coopération économique, qui deviendra l’Agence française de développement, où elle se spécialise sur l’Afrique. Elle devient directrice des politiques et études.

En 1985, Maria Nowak rencontre un économiste bangladeshi, le Pr. Yunus, fondateur de la Grameen Bank et futur prix Nobel de la Paix (2006). Elle décide de transposer en France ce modèle de microcrédit pour « donner une chance aux exclus ». En 1989, elle fonde, avec le soutien moral de Muhammad Yunus, l'Association pour le droit à l'initiative économique (Adie) dont elle devient présidente.

En 1991, elle est détachée à la Banque mondiale à Washington pour participer au développement des programmes de microcrédit en Europe centrale. Elle devient également co-fondatrice du Centre de la microfinance de l'Europe centrale et orientale.

Entre 2000 et 2002, elle est conseillère spéciale de Laurent Fabius, ministre socialiste de l'économie des finances et de l'industrie.

En 2003, elle constitue le Réseau européen de la microfinance (REM) et en devient également la présidente.

Maria Nowak est chevalière de l'ordre du Mérite (1994) et de la Légion d'honneur (1998).

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Source : Wikipedia