Michel Rocard

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Posté par seb 26/02/2009 @ 00:45

Tags : michel rocard, ps, partis politiques, politique

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Michel Rocard

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Michel Rocard est un homme politique français, né le 23 août 1930 à Courbevoie (Seine).

Premier ministre entre 1988 et 1991 sous le président François Mitterand, il est, de 1994 à 2009, député au Parlement européen, membre du groupe parlementaire du Parti socialiste européen.

Il est licencié ès lettres, diplômé de l’Institut d'études politiques de Paris et ancien élève de l’École nationale d'administration (promotion 1958, surnommée 18 juin).

Michel Rocard est issu d'une famille de la bourgeoisie, protestant du côté de sa mère, catholique du côté de son père. Il est le fils d’Yves Rocard, membre de la Résistance, professeur et chercheur, et le père de Francis Rocard, astrophysicien au CNES, de Sylvie, Olivier et Loïc Rocard. Il est également apparenté à l'actrice Pascale Rocard.

Entré en 1947 à l'Institut d'études politiques de Paris, Michel Rocard adhère en 1949 aux Jeunesses socialistes. Entre 1953 et 1955, il est responsable des étudiants socialistes. Il entre à l’ENA en 1955. Alors que se déclare la guerre d'Algérie, il rejoint les socialistes en rupture avec Guy Mollet à propos de la politique algérienne. Il adhère au Parti socialiste autonome (PSA) dès sa création par Édouard Depreux et Alain Savary. « Pendant plus d'un siècle, la France a prétendu mener en Algérie la politique dite de l'assimilation, qui seule justifiait l'intégration de l'Algérie dans le territoire de la République. En fait, cette politique fut proclamée et jamais appliquée », écrivait Michel Rocard dans un rapport rédigé en 1957.

En 1960, il participe à la fondation du Parti socialiste unifié, fusion du PSA et de l’UGS (Chrétiens de gauche). Pierre Mendès France y adhère en 1961. Le PSU rassemble aussi d’anciens communistes.

Michel Rocard est nommé Inspecteur des Finances en 1958 puis secrétaire général de la Commission des comptes et des budgets économiques de la nation en 1965. Remarqué lors du congrès de Grenoble en 1966, il devient secrétaire général du PSU en 1967. Depuis 1953, Michel Rocard a pris le pseudonyme « Georges Servet » (du nom d'un hérétique protestant, Michel Servet) et c’est sous ce nom qu’il est connu au PSU avant 1967. Il partage également le nom de plume « Jacques Malterre » avec Hubert Prévot. En Mai 68, il joue un certain rôle car l’UNEF, le principal syndicat étudiant de l’époque, est contrôlée par les étudiants du PSU dont faisait notamment partie Jacques Sauvageot, dirigeant de l’UNEF.

Il se présente à l’élection présidentielle de 1969, où il recueille un score de 3,61 % des suffrages exprimés - le meilleur score obtenu par le PSU depuis sa création -, le candidat socialiste Gaston Defferre, allié à Pierre Mendès France, n’obtenant que 5%. Il se présente aux législatives dans la quatrième circonscription des Yvelines (Bougival, Louveciennes, La Celle Saint-Cloud, Marly-le-Roi) en 1969 et bat le premier ministre sortant Maurice Couve de Murville. Il perdra ce siège en 1973. Il soutient la campagne présidentielle de François Mitterrand en avril-mai 1974, mais en octobre, lorsqu’il propose au PSU de rejoindre le PS, il est mis en minorité (40%), quitte le PSU et participe aux Assises pour le Socialisme (12-13 octobre 1974) qui préparent l’entrée au PS des minoritaires du PSU et de certains militants proches de la CFDT comme Jacques Chérèque. Son entrée au Parti socialiste date de décembre 1974. Il devient membre du bureau exécutif en février 1975 et secrétaire national chargé du secteur public. Il est élu maire de Conflans-Sainte-Honorine en 1977, à la tête d’une liste d’union de la Gauche. Il deviendra député de la circonscription de Conflans aux législatives de 1978. Le 19 octobre 1980, il annonce sa candidature à la candidature pour la présidentielle de 1981, mais retire sa candidature le 8 novembre lorsque François Mitterrand annonce la sienne. L’antagonisme qui couvait entre les deux hommes depuis au moins 1977 durera jusqu'à la mort de Mitterrand en 1996.

La fin des années 1970 marque l’avènement du rocardisme, un courant au sein du Parti socialiste qui affiche une tendance décentralisatrice (congrès de Nantes, 1977), puis ouvertement hostile aux nationalisations intégrales (à 100%) préparées par les mitterrandistes (congrès de Metz, 1979). Il profite du procès contre des membres du FLB, durant lequel il témoigne en faveur des accusés, en novembre 1979, pour justifier ses appels à la décentralisation : « je sens profondément que ce mouvement centralisateur, commencé par Philippe le Bel, doit s'arrêter ». Michel Rocard, dont la cote a toujours été élevée dans les sondages, devient ainsi une figure incontournable du paysage politique français. En s’opposant aux « nationalisations à outrance » et en acceptant l’économie de marché, le rocardisme se retrouve à l’opposé des positions défendues par le parti communiste dans les négociations du Programme commun. Les rocardiens se réclament souvent de la pensée de Pierre Mendès France lorsqu’ils prônent une politique économique « réaliste » et une culture de gouvernement.

Maire de Conflans-Sainte-Honorine de 1977 à 1993, il devient ministre d'État, chargé du Plan et de l’Aménagement du territoire, dans le gouvernement Mauroy du 25 mai 1981, puis ministre de l’Agriculture le 22 mars 1983. Il conserve cette fonction dans le gouvernement de Laurent Fabius. Opposé à l’instauration du mode de scrutin proportionnel pour les élections législatives, il démissionne de son poste le 4 avril 1985.

Il est nommé Premier ministre, le 12 mai 1988, au début du second septennat de François Mitterrand : voir Gouvernement Michel Rocard (1). Les résultats des élections législatives entraînent la formation d’un second gouvernement Rocard le 26 juin 1988. Ce même jour, Michel Rocard fait signer les accords de Matignon entérinant les droits de la Nouvelle-Calédonie à l’autodétermination et mettant fin aux violences sur l’île. Cette action, souvent qualifiée de miraculeuse , pour la pacification de la Nouvelle-Calédonie est, selon lui, ce qu’il a fait de mieux en matière de gouvernement mais c’est aussi l’action pour laquelle il dit avoir subi les pires attaques (« haute trahison de la République », « digne de la cour martiale »). Il instaure également le revenu minimum d'insertion le 12 octobre 1988, qui constitue l’un des rares projets de loi votés à l'Assemblée sans une seule voix d’opposition. Il fait également adopter par l’assemblée (19 novembre 1990) la loi sur la CSG, nouveau prélèvement sur tous les revenus, annoncé comme provisoire, pour faire baisser le déficit de la sécurité sociale. La CSG est toujours en vigueur en 2009 et augmente régulièrement depuis sa création.

François Mitterrand avec qui sa mésentente est alors de notoriété publique (on a même parlé d’une cohabitation) lui demande de démissionner de sa fonction de Premier ministre le 15 mai 1991. En mars 1993, il est battu dans sa circonscription des Yvelines par Pierre Cardo (UDF), maire de Chanteloup-les-Vignes.

Il devient Premier secrétaire du Parti socialiste en 1993 après la déroute socialiste aux élections législatives. Il remanie profondément les institutions dirigeantes du Parti, donnant notamment son autonomie au MJS, et devient le premier Premier secrétaire du PS élu par les délégués au congrès national. Il choisit d’être tête de liste aux élections européennes de juin 1994 durant lesquelles il doit subir la concurrence de la liste radicale de Bernard Tapie. À la suite du mauvais score de sa liste (14%), une coalition Emmanuelli-Fabius le met en minorité au Conseil national du PS et il doit démissionner de son poste de Premier secrétaire le 19 juin 1994, remplacé par Henri Emmanuelli qui convoque dans l'urgence un congrès à Liévin. Michel Rocard est élu sénateur en 1995.

Il démissionne de son mandat de sénateur en 1997, car Lionel Jospin lui a demandé de choisir entre le sénat et le parlement européen, où il siège depuis 1994, et où il s’illustre par son opposition aux brevets logiciels dans l’Union européenne de 2003 à 2005. Il occupa plusieurs fonctions au parlement européen en présidant les commissions de la coopération et du développement (1997-1999), puis des affaires sociales et de l'emploi (1999-2002) et enfin de la culture (2002-2004) (discours).

En 2005, il conduit la délégation d’observateurs européens pour assurer le bon déroulement de l’élection présidentielle en Palestine.

Au lendemain de la victoire du Non au référendum européen du 29 mai 2005, alors que le parti socialiste est en crise, M. Rocard marque, à travers plusieurs entretiens, son opposition à Laurent Fabius et aux courants « gauche » du PS, en fustigeant notamment le « Nouveau Parti socialiste » d’Arnaud Montebourg. Il s'en prend également à l'association altermondialiste ATTAC (« monument de bêtise économique et politique » selon l’ancien premier-ministre). Il marque cependant sa curiosité pour le courant « Utopia » qui n’obtiendra qu'un peu plus de 1% des voix au congrès du Mans (novembre 2005).

Il est un fervent défenseur de l'entrée de la Turquie à l'Union européenne. Il a d'ailleurs écrit un plaidoyer concernant ce sujet. Selon lui « la Turquie est un enjeu stratégique » et « une vraie chance pour l'Europe », il met en avant les arguments liés à l'accès au routes énergétiques, une plateforme de paix dans le Caucase, les Balkans et le Proche-Orient, une économie de marché en plein essor et une nation démocratique et laïque "la Turquie représente une démocratie chrétienne à la mode musulmane à la fois économiquement libérale et conservatrice sur le plan des mœurs".

Michel Rocard compte également parmi les membres fondateurs du Collegium international éthique, politique et scientifique, association qui souhaite apporter des réponses intelligentes et appropriés qu'attendent les peuples du monde face aux nouveaux défis de notre temps.

Ségolène Royal confie à Michel Rocard dans le cadre de sa candidature à l'élection présidentielle une mission numérique en charge d'établir un rapport-programme. Michel Rocard avait joué un rôle déterminant dans la bataille au Parlement européen contre la brevetabilité du logiciel. Le rapport est publié sous le titre République 2.0 - Vers une société de la connaissance ouverte. Voir ci-dessous. Il révèle en juillet 2007 avoir tenté en vain de convaincre Ségolène Royal de se désister en sa faveur un mois avant le premier tour de l'élection présidentielle, estimant que ce changement de candidat aurait pu éviter à la gauche la défaite à venir.

Le 13 avril 2007, 9 jours seulement avant le premier tour, il se prononce dans Le Monde pour un accord Royal-Bayrou afin de battre la coalition de Nicolas Sarkozy et Jean-Marie Le Pen, sans toutefois préciser les modalités de cet éventuel accord. Il est suivi dans sa démarche par Bernard Kouchner le lendemain.

Le 30 juin 2007, en voyage en Inde, il a été victime d'une hémorragie cérébrale et transféré, dans un état grave, au sein du service de neurochirurgie de l'hôpital de Calcutta. Il sort de cet hôpital le 10 juillet 2007, visiblement remis de cet accident vasculaire cérébral, pour être rapatrié en France.

Dans la perspective du Congrès de Reims, il annonce en septembre 2008 soutenir Bertrand Delanoë. Ne pouvant supporter la personne de Ségolène Royal, il va jusqu'à menacer de quitter le Parti socialiste en cas de victoire de l'ex-candidate à l'élection présidentielle.

Toujours engagé dans la construction européenne, il publie en septembre 2008 Oui à la Turquie, et quelques jours plus tard Notre Europe avec Nicole Gnesotto.

Le 29 octobre 2008, il annonce qu'il ne se représentera pas aux élections européennes du 7 juin 2009, mettant ainsi un point final à sa carrière d'élu politique après 15 années au parlement européen et 40 ans après son premier mandat d'élu (député des Yvelines]). Le 14 janvier 2009, le porte-parole du groupe socialiste au parlement européen annonce la démission de Michel Rocard de son mandat de député pour la fin du mois de janvier et son retrait de la vie politique. Le lendemain, il est salué par une ovation des députés du parlement européen.

Il préside, depuis sa création en 2008, le conseil d'orientation scientifique de la fondation Terra Nova.

Michel Rocard fut membre de l'International Advisory Board du Council on Foreign Relations de 1999 à 2004. Il est, avec Dominique Strauss-Kahn, co-fondateur de l'association À gauche, en Europe. Et aussi administrateur du think tank Les Amis de l'Europe.

Féru d'aviation, il est pilote et a participé à de nombreuses compétitions de planeur.

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Gouvernement Michel Rocard (1)

Cet article présente la composition du gouvernement de la France sous le Premier ministre Michel Rocard du 10 mai 1988 au 28 juin 1988. Il s’agit du premier gouvernement de Michel Rocard.

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Gouvernement Michel Rocard (2)

Cet article présente la composition du gouvernement de la France sous le Premier ministre Michel Rocard du 29 juin 1988 au 15 mai 1991. Il s’agit du deuxième gouvernement de Michel Rocard.

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Dominique Strauss-Kahn

Dominique Strauss-Kahn au meeting socialiste organisé au Zénith, le 29 mai 2007.

Dominique Strauss-Kahn (dit DSK), né le 25 avril 1949 à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), est un économiste et un homme politique français, membre du Parti socialiste (PS).

Le 28 septembre 2007, il est nommé pour cinq ans au poste de directeur général du Fonds monétaire international (FMI).

Dominique Gaston André Strauss-Kahn est le fils de Gilbert Strauss-Kahn et de Jacqueline Fellus d'origine Tunisienne. Issu d'une famille juive, il grandit à Agadir au Maroc, où il arrive en 1955. Il quitte le Maroc définitivement à la suite du tremblement de terre d'Agadir de 1960 , pour Monaco, puis Paris, où il entre au lycée Carnot. Il étudie ensuite à HEC et à l'Institut d'études politiques de Paris. Il est licencié en droit public, docteur en sciences économiques et professeur agrégé de sciences économiques. Il devient professeur d'économie à l'Université de Nancy 2 (1977-1980) puis à l'université de Nanterre (à partir de 1981) et à l'École nationale d'administration. Après un passage comme professeur à HEC, il a aussi enseigné la microéconomie et la macroéconomie à l'Institut d'études politiques de Paris.

En 1971, il travaille au Centre de recherche sur l’épargne, où il se lie d’amitié avec Denis Kessler (futur vice-président du MEDEF et à l'époque membre de l'extrême gauche). Ce dernier devient son assistant à Nanterre et ils écrivent ensemble, en 1982, L’épargne et la retraite.

Après un court passage au CERES de Jean-Pierre Chevènement au milieu des années 1970, il lie son destin à celui de Lionel Jospin. Ministrable en 1981, il choisit de servir le nouveau premier secrétaire du PS.

Il est professeur d'économie à Nancy II puis à Paris X (1978-1982), et dans le même temps consultant de l'ONU.

En 1982, il entre au Commissariat au plan, dont il devient commissaire-adjoint et chef du service financement.

En 1986, il est élu pour la première fois député de Haute-Savoie et réélu en 1988, mais dans le Val-d'Oise cette fois-ci. Il devient alors président de la Commission des finances. C'est à cette époque qu'il rencontre Paul Hermelin (futur directeur de cabinet à l’Industrie en 1991). Il est secrétaire national du PS, chargé des études et du programme (1986-1988), puis de l'économie et des finances (1988-1989) et professeur d'économie à Paris X-Nanterre (1986-1991). En 1991, François Mitterrand le nomme ministre délégué à l'Industrie et au Commerce extérieur dans le gouvernement d'Édith Cresson. Il conserve ce poste dans le gouvernement de Pierre Bérégovoy, jusqu'aux élections législatives de 1993.

Les élections d'avril 1993 sont une grave défaite pour le Parti Socialiste, il perd son mandat de député, obtenant 48,78 % des voix obtenus au second tour contre Pierre Lellouche (51,21 %), dans la circonscription de Sarcelles et Garges-les-Gonesse.

En 1993, Michel Rocard décide de relancer le « groupe des experts du PS », créé par Claude Allègre, et lui en confie la présidence.

À la différence de nombre de députés désormais privés de mandat mais issus de la fonction publique (et pouvant y retourner), l'ancien ministre socialiste crée alors le cabinet DSK Consultants et exercera quelques temps le métier d'avocat d'affaires.

Il participe également au lancement du « Cercle de l’Industrie », créé en 1994, par Raymond Lévy, alors PDG de Renault. Il s'agit d'un cercle spécialisé dans la défense de l'industrie française à Bruxelles, dont il devient le vice-président et où il côtoie notamment des industriels comme Louis Schweitzer, ancien directeur de cabinet de Laurent Fabius et futur PDG de Renault, et Vincent Bolloré.

Élu maire de Sarcelles en juin 1995, il crée des emplois jeunes ou les zones franches, en vue de permettre un développement de l'emploi. C'est à partir de cette expérience, qu'il nourrira notamment le programme économique du Parti socialiste de Lionel Jospin, en remettant aussi au goût du jour l'idée portée par les syndicats CFDT et CGT de la réduction de la durée légale du travail à 35 heures.

Deux fois divorcé, il épouse en troisièmes noces Anne Sinclair, alors journaliste à TF1 et présentant l'émission politique dominicale Sept sur sept, et divorcée du journaliste Ivan Levaï. Elle renonce à son magazine hebdomadaire lorsque Dominique Strauss-Kahn est nommé ministre de l'Économie et des Finances, suite à la victoire de la gauche aux élections législatives de 1997. Il cède son mandat de maire à François Pupponi.

En 1997, Lionel Jospin, nouveau Premier ministre, le nomme ministre de l'Économie, des Finances et de l'Industrie et Dominique Strauss-Kahn devient une pièce maîtresse du gouvernement. Les bons résultats de l'économie française, le retour de la croissance (forte en France à la fin du XXe siècle) et la baisse du chômage (avec environ 300 000 créations d’emplois dans le secteur marchand, l'année 1998 a été la meilleure pour l’emploi depuis 1969), font que Dominique Strauss-Kahn devient un poids lourd du gouvernement et du parti socialiste.

Cette position centrale au sein du gouvernement lui vaut d'être le chef de file des socialistes aux élections régionales de 1998 en Île-de-France, que la gauche remporte. Cependant, au cours de la campagne, affirmant ne pas vouloir troquer son mandat ministériel contre l'exécutif régional, c'est Jean-Paul Huchon qui est mis en avant et qui devient président du conseil régional.

Alors qu'il était à l'origine du programme économique du PS qui prévoyait la mise en place des 35 heures et des emplois jeunes, c'est à sa collègue, Martine Aubry, que Lionel Jospin confiera la mise en route de ce dispositif auquel elle était initialement hostile. Il exprimera toutefois quelques réserves sur la méthode de mise en place des 35 heures.

Dominique Strauss-Kahn réussit à imposer une baisse de la TVA sur les travaux de rénovation dans le bâtiment, ramenée à 5,5 %, afin de relancer l'activité du secteur ; la conjoncture favorable en Europe permet un redressement partiel des comptes budgétaires (déficit au-delà de 3% sous le gouvernement Alain Juppé) et permet à la France de rejoindre la zone euro.

Bien que le programme économique du Parti Socialiste dont il avait la charge y fût opposé, la France a dû, au tournant des années 1990-2000, se mettre en conformité avec les règlements adoptés par la Commission, le Conseil et le Parlement européens en matière de concurrence. Au cœur de cette période, au titre du Ministère des Finance et de l'industrie, Dominique Strauss-Kahn, comme tous ses prédécesseurs et ses successeurs à la tête de son ministère a eu à superviser des ouvertures du capital engagées de longue date comme celle de France Telecom, ou certaines privatisations d'entreprises publiques qui n'avaient plus vocation à rester dans le giron de l'État, après que celui-ci les eut remises sur pied au cours des seize années passées, depuis la vague de nationalisation de 1982. Ses détracteurs, en particulier dans la gauche antilibérale et parfois par opportunisme dans son propre parti, lui imputeront la responsabilités de « privatisations massives » qui en réalité étaient programmées de longue date, et ne pouvaient plus être repoussées sous peines de sanctions.

Il abroge la loi Thomas sur les fonds de pension et pose les fondements du Conseil d'orientation des retraites (COR), lequel verra le jour en 2000 alors qu'il aura quitté le gouvernement.

Dominique Strauss-Kahn tente d'organiser son influence au sein de son parti, mais s'il réussit à fédérer jospiniens et rocardiens au sein d'un courant politique dénommé Socialisme et démocratie, il peine, dans un premier temps, à transformer l'attraction qu'il exerce en réseau militant efficace et structuré, lui préférant les réseaux informels.

En plein élan, alors qu'il aura inspiré quelques unes des mesures les plus à gauche de la politique économique du gouvernement Jospin, notamment en tournant définitivement la page de la rigueur entamée en 1982, et que les résultats de sa politique économique sont remarqués (réduction des déficits publics et sociaux, baisse du chômage…), Dominique Strauss-Kahn fait l'objet d'une campagne médiatique visant à mettre en cause son rôle en tant que consultant, à une époque où il n'exerçait aucun mandat exécutif ni parlementaire national, dans des affaires judiciaires liées à l'exercice de la profession d'avocat (affaire de la Générale des Eaux, affaire de la MNEF et affaire Elf) entre 1993 et 1995.

Pour pouvoir se défendre et ne pas porter atteinte au gouvernement Jospin, il choisit de démissionner de son poste ministériel en novembre 1999. Après deux ans d'instruction, il sera finalement mis hors de cause par la justice, qui prononcera un non-lieu en novembre 2001. Il se représente lors d'une élection législative partielle et est largement réélu dans sa circonscription du Val-d'Oise.

Il sera remplacé au Ministère des finances et de l'Industrie par Christian Sautter (du 2 novembre 1999 au 27 mars 2000) puis par Laurent Fabius, ancien premier ministre, qui du 27 mars 2000 au lendemain de la défaite de Lionel Jospin dès le premier tour de la présidentielles du 21 avril 2002 mettra en veille les réformes structurelles entamées par ses prédécesseurs au ministère des finances, et infléchira la politique économique du gouvernement socialiste, dans un sens plus social-libéral, procédant notamment à des réductions d'impôts.

Alors que Jacques Chirac remporte l'élection présidentielle et que l'UMP dispose d'une majorité à l'Assemblée nationale, Dominique Strauss-Kahn est réélu député le 16 juin 2002, pour la législature (2002-2007), dans la 8e circonscription du Val-d'Oise. Mais il choisit de ne pas prendre part à la nouvelle direction du PS au congrès de 2003. Il est secrétaire national du PS (2002-2003), membre du bureau national du PS (2003-2005) ; secrétaire national du PS, chargé des élus (novembre 2005-juin 2007).

À la fin de l'année 2004, il réintègre la direction du Parti socialiste en étant chargé, avec Martine Aubry et Jack Lang, du projet socialiste pour 2007.

En parallèle, il cofonde le club de réflexion À gauche en Europe avec Michel Rocard et dont Marisol Touraine est aujourd'hui la présidente.

Il préside également avec Jean-Christophe Cambadélis le courant Socialisme et démocratie dans le Parti socialiste.

Dominique Strauss-Kahn anime un des premiers blogs d'homme politique national ; il fait figure de référence (et l'un des plus visités) en la matière dans le monde politique, avec celui d’Alain Juppé.

En mai 2005, il sort un DVD en faveur du « oui » au projet de traité établissant une Constitution pour l'Europe. Dominique Strauss-Kahn s'investit de manière soutenue pour imposer le « oui de gauche ». À l'issue d'une campagne particulièrement animée, le « non » l'emporte en France à plus de 54%.

En 2006, le Parti socialiste organise des élections primaires pour choisir un candidat à l'élection présidentielle française de 2007. Dominique Strauss-Kahn se présente contre Laurent Fabius et Ségolène Royal. Il représente la sensibilité sociale-démocrate, et compte, parmi ses proches en politique, sur le soutien d'une équipe regroupant Pierre Moscovici, Jean-Christophe Cambadélis, Michel Destot, Catherine Trautmann, Alain Richard, Claude Evin, Jean-Paul Huchon, etc. Il bénéficie également du soutien de Michel Rocard et de Robert Badinter. Il est également soutenu par Socialisme et démocratie jeunes, la branche « jeunesse » de son courant également présente mais minoritaire (15 à 20 %) au sein du Mouvement des jeunes socialistes (MJS) ; la présence de ces jeunes socialistes à ses côtés lui a été bénéfique, puisque dans les départements où ils sont présents, le score de DSK a presque toujours été supérieur à la moyenne nationale. Le 16 novembre 2006, il termine deuxième du vote des militants, avec 20,83 % des voix, contre 60,60 % pour Ségolène Royal.

Dès les résultats parus, Dominique Strauss-Kahn appelle à une rénovation du PS, vers une voie sociale-démocrate, à l'image du tournant pris par beaucoup de partis socialistes européens.

Aux élections législatives de 2007, il remet son mandat de député en jeu, notamment face à Jean-Michel Cadiot (UDF-MoDem) et Sylvie Noachovitch (UMP) dans la huitième circonscription du Val d'Oise (Arnouville-lès-Gonesse, Bonneuil-en-France, Garges-lès-Gonesse, Sarcelles (Canton Nord-Est), Villiers-le-Bel). En 2001 et 2002, l'ancien ministre PS y avait été mis en ballottage par Sophie Jacquest, qui se présentait sous l'étiquette UDF et avait obtenu un score de 45% au second tour.

Il est arrivé deuxième au 1er tour de l'élection législative de 2007, devancé de 90 voix par Sylvie Noachovitch (UMP), mais est élu au second tour avec 55,5 % des voix, obtenant ainsi son meilleur score dans cette circonscription.

Au sortir des législatives de juin 2007, il est un concurrent crédible face à Ségolène Royal pour la tête du Parti socialiste, dont le congrès est prévu en 2008.

Proposé par Jean-Claude Juncker et Romano Prodi, et finalement soutenu par la France et Nicolas Sarkozy, Dominique Strauss-Kahn est durant l'été 2007, le candidat de la France puis de l'Union européenne, pour briguer la direction générale du Fonds monétaire international. Ce soutien européen provoque le renoncement de Marek Belka, candidat soutenu par la Pologne.

Après une tournée mondiale des principales capitales, les États-Unis, la Chine et une importante majorité des pays d'Afrique lui donnent leur soutien, tandis que la Russie tente de contrer cette candidature en proposant Josef Tošovský, ancien Premier ministre tchèque, à ce poste. De même, les pays émergents, à travers une déclaration du G24, demandent à ce que soit revue la règle tacite de la nomination d'un Européen à la tête du FMI et le Financial Times dénonce vertement dans son éditorial du 28 août 2007 une tradition qui n'a plus lieu d'être.

En France, la candidature de Dominique Strauss-Kahn est également analysée dans la perspective de la stratégie d'ouverture politique du président Nicolas Sarkozy, et la question de son avenir sur la scène politique nationale a été posée.

Le 28 septembre 2007, Dominique Strauss-Kahn est nommé à la tête de l'organisation mondiale. Il prend ses fonctions le 1er novembre 2007. Entre temps il a démissionné de son poste de député du Val-d'Oise, le 19 octobre 2007.

Selon le journal L'Express, la rémunération annuelle de Dominique Strauss-Kahn en tant que directeur général du Fonds monétaire international, à Washington, est de 420 930 $ (nets d'impôt), soit 267 400 € auxquels s'ajoute une allocation de frais de 75 350 $, soit 47 800 € (total : 315 200 €).

Dominique Strauss Kahn a annoncé le 17 mai 2008, lors d'un dîner avec ses proches, qu'il envisage d'être candidat à l'élection présidentielle de 2012 et qu'il s'y préparait.

Le 18 octobre 2008, le Wall Street Journal révèle qu'une enquête interne a été ouverte au FMI pour savoir si Dominique Strauss-Kahn a fait preuve de favoritisme au sein de l'organisation. Le FMI suspecte dans cette affaire un éventuel abus de pouvoir de DSK en faveur de sa maîtresse, Nagy Piroska, ancienne responsable du département Afrique du Fonds. Dominique Strauss-Kahn a présenté publiquement ses excuses à son épouse Anne Sinclair, ainsi qu’au personnel du Fonds monétaire international (FMI) pour avoir fait « une erreur de jugement » en ayant une liaison avec une subordonnée, mais a nié tout abus de pouvoir.

Le 21 octobre, le Wall Street Journal précise que le FMI s'interroge, de plus, sur l'influence qu'aurait pu avoir Dominique Strauss-Kahn lors du recrutement d'une stagiaire dans le département de recherche du fonds.

Le même jour, le FMI dément tout favoritisme de Dominique Strauss-Kahn dans l'octroi d'un stage à une Française.

Le 22 octobre, Dominique Strauss-Kahn a mandaté son avocat afin de poursuivre judiciairement ceux qui relaieraient des « rumeurs malveillantes » dont il fait l'objet.

Le 25 octobre, le FMI publie un communiqué disculpant Dominique Strauss-Kahn à l'issue de l'enquête diligentée. Toutefois, le doyen du Conseil d'administration souligne que DSK a commis des actes « regrettables et reflétant une grave erreur de jugement  ».

Son conseiller personnel dans cette crise médiatique, est Ramzy Khiroun ( d' Euro RSCG), qui est aussi « depuis fin 2007, attaché de presse et porte-parole d'Arnaud Lagardère » selon le Canard enchaîné.

Pour Dominique Strauss-Kahn, la mondialisation n'est pas une malédiction. Elle est une chance. Seulement, il faut se donner les moyens de rester en tête en matière d'innovation et de créativité, pour permettre de garantir à tous les Français un niveau de vie élevé.

Dominique Strauss-Kahn assume le fait que la mise en place de telles actions suppose un certain niveau de fiscalité, ainsi qu’une économie en croissance. Pour lui, l’État doit donc mener une politique de relance à court terme, et l'investissement dans la haute valeur ajoutée à long terme.

Pour expliquer les difficultés actuelles de l'économie française, il souligne qu'il s'agit en partie d'une crise de l'offre, notamment le fait que l'économie française est spécialisée sur des secteurs de moins en moins protégés de la concurrence des pays en développement. Le remède passe donc en particulier par un investissement massif dans les nouvelles technologies et l'éducation.

DSK ne fait pas de la propriété publique de certaines entreprises un principe, bien au contraire. Ayant privatisé nombre d'entreprises lors de son passage au gouvernement Jospin, il a envisagé dans La Flamme et la cendre (2002) l'ouverture de capital d'EDF pour permettre des partenariats industriels. Il s'est depuis opposé à la privatisation d'EDF et de GDF en estimant qu'elles ne s'inséraient pas dans des schémas industriels, mais considère qu'en l'état des finances publiques, la renationalisation d'EDF ne doit pas constituer une priorité d'un futur gouvernement socialiste.

À l'image de sa pensée sur la mondialisation, Dominique Strauss-Kahn voit en l'Europe une chance, et non un handicap. Elle doit permettre de défendre les Européens et donc les Français. Il s'est prononcé en faveur du « oui » au traité établissant une constitution pour l'UE. Toutefois, il a tenu compte du choix des Français et entend leur proposer de nouvelles solutions.

Dominique Strauss-Kahn estime que le pacte de stabilité doit être réformé afin de limiter les politiques budgétaires contracycliques. Le mandat de la Banque centrale européenne doit être élargi pour mieux prendre en compte les objectifs de croissance et d'emploi. Il s'agit de mettre en place un mélange de politiques (policy mix) budgétaire et monétaire plus efficace. Il souhaite l'augmentation du budget européen, pour conduire une véritable politique industrielle européenne et financer l'innovation. les règles communautaires en matière de concurrence devraient être repensées.

Il pense par ailleurs que l’Europe doit aller jusqu’à inclure l’ensemble du bassin méditerranéen, notamment la Turquie, le Maghreb et Israël. C'est en facilitant le développement du bassin méditerranéen qu'il sera notamment possible d'apporter des solutions aux problèmes liés à l'immigration.

Il s'est positionné en faveur d'une refonte profonde du système universitaire. Celle-ci doit s'accompagner d'une augmentation très significative des moyens consacrés à l'enseignement supérieur. Constatant que le pourcentage d'une classe d'âge diplômé du supérieur est de 30 % en France contre 80 % en Corée du Sud ou en Suède et de 50 % aux États-Unis, Dominique Strauss-Kahn insiste avec force sur l'ampleur des changements à entreprendre.

Dominique Strauss-Kahn est un soutien de l'Initiative de Genève, plan de paix alternatif prévoyant la création d'un Etat palestinien au côté d'Israël.

Lors du conflit israélo-libanais de 2006, DSK a fait l’analyse que si Israël était effectivement agressé à partir du Liban, le rôle particulier du Hezbollah au sein de la société libanaise et son intérêt à maintenir la tension internationale ne devaient pas être négligé, non plus que son contrôle par l’Iran et par la Syrie. Il a donc préconisé l’instauration d’un cessez-le-feu, sur la base pour le Liban de la libération des otages détenus par le Hezbollah et du désarmement des milices et pour Israël d’une retenue quant à ses actes militaires. Il estimait que ce message devait être transmis aux « différentes parties prenantes », visant ainsi les États soutenant le Hezbollah.

Il a cependant refusé de séparer cette analyse de celle du conflit israélo-palestinien. Dans ce cadre, il enjoignait à Israël de cesser son action militaire au sein de la bande de Gaza et au Hamas de reprendre le processus politique de reconnaissance d’Israël et de négociation pacifique.

A terme, DSK estime que l’établissement d’une paix durable au Proche-Orient doit sans doute être envisagé dans la perspective de son inclusion au sein de l’Europe, processus politique capable d’apporter la stabilité politique et le développement économique nécessaires à cette région.

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Deuxième gauche

La deuxième gauche est une culture politique caractéristique de la gauche française évoquée par Michel Rocard lors du Congrès de Nantes en 1977, en opposition avec la première gauche fondée exclusivement sur un marxisme à la française et l'héritage jacobin de la Révolution française. La deuxième gauche se distingue, dans la théorie, par l'absence de revendications idéologiques unilatérales et de structuration bureaucratique exacerbée et, dans la pratique, par des moyens d'action qui sortent du simple champ de l'action politique, en s'appuyant notamment sur le milieu associatif et syndical. La deuxième gauche présente l'originalité d'avoir des composantes (qui se sont retrouvées historiquement au sein du PSU) allant des catholiques sociaux-réformistes aux conseillistes en passant par les sociaux-démocrates ou les trotskistes.

La deuxième gauche est née en rupture en réaction au « totalitarisme » (la crise hongroise de 1956) et au colonialisme (la guerre d'Algérie), le premier partiellement cautionné par la gauche communiste de l'époque (le PCF), le second encore peu mis en débat par les partis socialistes démocratiques de la première gauche (la SFIO de Guy Mollet). La deuxième gauche a trouvé aussi ses fondements dans une contestation de la Constitution de la Ve République en 1958. Les personnages clefs de la deuxième gauche ont été notamment Michel Rocard, Alain Savary, Édouard Depreux, Pierre Mendès France (pour les socialistes), Jean Poperen et Gilles Martinet (pour les communistes), Edmond Maire pour la CFDT, ainsi que des intellectuels comme François Furet, Serge Mallet, Jacques Julliard et Pierre Rosanvallon.

En tant que telle la deuxième gauche ne gagnera son nom que vers la fin des années 1970 mais c'est véritablement entre 1954 et 1956 qu'elle prend naissance.

La naissance de la deuxième gauche résulte d’abord d’un refus de tout ce qui se rapproche de la gauche totalitaire. Précisément, depuis la mort de Staline, de nombreux groupes dissidents des grands partis sont nés afin de se détacher des anciennes bureaucraties accusées d’être trop proches du passé colonial (SFIO) ou de soutenir encore trop fortement les régimes totalitaires (PCF). Ces groupes dissidents se retrouvent en majorité dans l’opposition à la guerre d’Algérie.

Le PSA (Parti socialiste autonome) qui comporte les socialistes qui ont quitté la SFIO en 1956 du fait de leur désaccord avec la politique algérienne de Guy Mollet prend le nom de PSU (Parti socialiste unifié) en 1959 en rassemblant donc les sociaux-démocrates du PSA (notamment Rocard, Mendès-France, Savary, Martinet), les marxistes dissidents du PCF autour de Jean Poperen et François Furet du groupe Tribune du communisme, les chrétiens de gauche de l’Union de la gauche socialiste. De nombreux membres du PSU sont alors porteurs de valises pour le FLN et le PSU fournit des analyses sur la guerre d’Algérie qui attirent tous les progressistes de la gauche antitotalitaire. Michel Rocard a notamment été l’auteur, sous un pseudonyme lorsqu’il est administrateur sortant de l'ENA dans les bureaux de l’Armée française pendant son service militaire en Algérie, du Rapport sur les camps de regroupement en Algérie. Le PSU est le seul parti politique à clairement demander l’indépendance de l’Algérie tandis que le PCF reste sur des positions ambiguës et que la SFIO se referme sur elle-même. En 1962, le PSU fédère, à gauche, réformistes et révolutionnaires qui ne trouvent pas leur place dans une SFIO et un PCF jugés archaïques ni dans des formations telles que la FGDS de Mitterrand jugée trop électoraliste, voire jacobine selon Michel Rocard. Le PSU représente donc la deuxième gauche politique en pleine expansion au milieu des années 1960.

Au niveau du mouvement ouvrier, la deuxième gauche syndicale va apparaître lors de la déconfessionnalisation de la CFTC. Ce sont des chrétiens de gauche autour du courant Reconstruction représenté notamment par Eugène Descamps qui, dans leur rejet du monopole de la CGT sur le syndicalisme et dans leur volonté de faire un nouveau syndicat laïc, donnent naissance à la CFDT en 1964.

Le PSU, la deuxième gauche politique donc, va se rapprocher de la CFDT puisque le parti, lui aussi, adopte l’autogestion comme principe économique. En outre, les syndicalistes de la CFDT se trouvent dans l’analyse sociologique de Serge Mallet dans son ouvrage La nouvelle classe ouvrière. Néanmoins, le PSU, qui a une base ouvrière réunissant 19% des adhérents, a, certes en majorité des travailleurs cédétistes, mais aussi des travailleurs adhérents à FO et certains à la CGT.

Le PSU qui, au milieu des années 1960, est un laboratoire idéologique pour la gauche politique française et est alors à la pointe du progressisme sur de nombreux sujets qui seront repris plus tard par le futur PS de François Mitterrand (la décentralisation, par exemple). Le PSU refuse quelque temps le gaullisme avant de décider de rester un parti contestataire qui participera toutefois aux élections législatives et présidentielles. Le PSU a la particularité de réunir en son sein des sensibilités de toutes sortes. Ainsi à la veille de Mai 68 le PSU comprend 53% d’adhérents se réclamant du marxisme dont 3% se réclame du marxisme-léninisme (maoïsme), 1% du trotskisme, 1% du luxembourgisme (conseillisme), 1% du marxisme libertaire ; 20% des adhérents se réclament de l’humanisme laïque ; 18% du socialisme démocratique ; 7% du christianisme et 2% ne se rattachent à aucune idéologie. La droite du parti est représentée par les communistes traditionnels, le centre par les sociaux-démocrates, les modernistes et les catholiques sociaux (Michel Rocard) et la gauche par les groupes d’obédience trotskistes ou marxistes-léninistes (Marc Heurgon). Pierre Mendès France est la figure médiatique du PSU qui joue le rôle de tampon entre le parti et la Cinquième République.

L’avènement de la deuxième gauche se situe en Mai 68. La deuxième gauche concentre de nombreux atouts entre ces mains : la tolérance idéologique en son sein ; une centrale syndicale en pleine croissance, la CFDT ; la sympathie de nombreux clubs de réflexion proche de ses idées (club Jean Moulin) ; des journaux qui la soutienne comme L'Express et France Observateur (ancêtre de l'Observateur et du Nouvel Observateur) ; le contrôle de l’UNEF, donc de la principale centrale syndicale étudiante (Jacques Sauvageot, vice-président de l’UNEF, est membre des ESU -Etudiants Socialistes Unifiés- et du PSU). De Mai 68 au milieu des années 1970 c’est donc l’âge d’or de la deuxième gauche. Ainsi, lors des évènements de Mai 68, la deuxième gauche participe à plein à l’extraordinaire mouvement social que connaît la France pendant quelques mois.

Le rôle joué par la deuxième gauche pendant Mai 68 n’a pas été étudiée dans des publications historiques sérieuses comme le rappelle Jean-Pierre Le Goff, dans son ouvrage Mai 68, l’héritage impossible. Néanmoins, à côté de courant libertaire et du courant gauchiste qui sont des acteurs principaux des évènements de Mai 68, le courant de la deuxième gauche contribue pleinement au mouvement. En Mai 68, le service d’ordre des manifestations est tenu à côté des JCR par l’UNEF et le PSU ; les grèves sont en partie amorcée dans des usines tenus par la CFDT où des tentatives d’autogestion aboutiront partiellement ; la deuxième gauche politique et syndicale est celle qui porte le plus loin la revendication en soutenant toutes les initiatives du courant libertaire (l’UNEF soutient Daniel Cohn-Bendit et exige sa présence aux manifestations en dépit des protestations du PCF) ; la CFDT réussit à arracher, lors de la négociation des Accords de Grenelle, la création des sections syndicales d’entreprise tout en constatant que les Accords de Grenelle sont modestes et qu’ils signent la mort de la contestation de Mai ; enfin la deuxième gauche organise un meeting gigantesque regroupant tous les progressistes de Mai 68 au stade Charléty, sont notamment présent Edmond Maire, Jacques Chérèque, Pierre Mendès France, Marc Heurgon et Michel Rocard. La tentative de la deuxième gauche de propulser Mendès France au pouvoir n’aboutira pas à cause du refus de celui-ci.

Après Mai 68, la deuxième gauche est à l’heure du bilan. Même si elle rallie à elle des penseurs brillants (Cornelius Castoriadis et Claude Lefort, François Furet et Pierre Rosanvallon) et des sociologues reconnus (Serge Mallet, Alain Touraine). Il est clair qu’à présent il y a deux courants opposés dans la deuxième gauche politique, un courant réformiste modernisateur et un courant révolutionnaire proche de l’extrême-gauche. Avant la perte de puissance du PSU, deux évènements qui marquent l’histoire de la deuxième gauche ont lieu. En 1971, les manifestations sur le Larzac sont menées et organisée par le PSU contre l’extension du camp militaire. Cette mobilisation rassemble pendant quelques jours toute la gauche progressiste. En 1973, l’usine Lip où la CFDT est majoritaire se met en grève et signe la plus grande réussite du mouvement ouvrier français en pratiquant une autogestion complète.

Avec la montée en puissance du Nouveau Parti Socialiste puis du Parti socialiste et après la défaite de Savary (celui-ci a quitté le PSU au début des années 1960) face à Mitterrand, le PSU s'effrite et même si les courants d’extrême-gauche sont marginalisés au congrès de Toulouse de 1972, le parti est conduit petit à petit vers une impasse politique. Michel Rocard quitte le PSU et rejoint le PS aux Assises pour le Socialisme en octobre 1974. Des syndicalistes de la CFDT, notamment Jacques Chérèque et Jacques Delors, mais aussi les clubs et les associations (Témoignage Chrétien) proches de la deuxième gauche sont aussi présents.

La deuxième gauche politique a disparu en tant que tel et existe à présent au sein du Parti socialiste de François Mitterrand où Michel Rocard anime un courant social-démocrate réformiste avec les chrétiens de gauche dans la majorité mitterrandienne. L’histoire du PSU qui avait été une part de l’histoire de la deuxième gauche s’arrête en 1974. La CFDT envisage son recentrage à partir de cette même époque, recentrage qu’elle appliquera réellement dès 1978.

Le ralliement au PS ne veut pas dire la fin de la deuxième gauche politique. Elle existe toujours mais son indépendance n'est plus et elle doit vivre à côté d'autres formations politiques de gauche au sein du PS, comme le CERES de Jean-Pierre Chevènement. Le courant des Assises (les rocardiens) représente néanmoins 15% des militants du PS en 1975. Michel Rocard intègre d'ailleurs le bureau exécutif du PS à la même époque.

En juin 1977, au congrès de Nantes, Michel Rocard affirme l'autonomie de la deuxième gauche au sein du PS pour opposer deux cultures qui traverseraient aujourd'hui la gauche française : « la Deuxième gauche, décentralisatrice, régionaliste, héritière de la tradition autogestionnaire, qui prend en compte les démarches participatives des citoyens, en opposition à une Première gauche, jacobine, centralisatrice et étatique. » Ce discours fait que Michel Rocard et ses partisans se mettent à dos la gauche du PS menée par Jean-Pierre Chevènement ainsi qu'une partie des mitterrandiens.

Après la défaite des législatives de 1978, Michel Rocard constate qu’« un certain style de politique, un certain archaïsme sont condamnés ». Ces propos sont mal perçus par les mitterrandistes et lors du congrès de Metz en avril 1979, Michel Rocard allié à Pierre Mauroy est défait par François Mitterrand et Laurent Fabius allié au CERES de Jean-Pierre Chevènement. Dès lors, avec l'adoption d'un projet socialiste très chevènementiste et le renoncement de Michel Rocard à se présenter contre Francois Mitterrand lors des élections internes afin de désigner le candidat à la présidentielle, la deuxième gauche politique est marginalisée pour un temps au sein du PS.

Entre 1981 et 1988, la deuxième gauche politique vit à l'ombre du pouvoir de François Mitterrand. Cependant, Rocard, étant nommé Premier ministre en 1988, réussit à placer des hommes de la deuxième gauche au gouvernement. Plusieurs chantiers politiques sont alors marqués sous le signe de la deuxième gauche : la réconciliation en Nouvelle-Calédonie (dans la droite ligne des actions en faveur des Algériens dans les années 1950), la « revalorisation » de l'enseignement et de la pédagogie et la réforme administrative qui enclenche le processus de décentralisation.

Lors du Congrès de Rennes en mars 1990, la situation interne au PS conduit Michel Rocard à s'allier à Lionel Jospin contre Laurent Fabius. Ceci entraîne une dégradation avec le pouvoir exécutif élyséen. Michel Rocard est évincé de son poste de Premier ministre en mai 1991.

Malgré son appel à "un big-bang politique" en 1993 lors du discours de Montlouis-sur-Loire où il préconise une alliance qui fédère du centre aux socialistes et des écologistes aux communistes rénovateurs, il perd au soir du second tour son siège de député comme les quatre cinquièmes des députés sortants.

La démission collective du comité directeur du PS est votée le 3 avril et une direction provisoire est élue marginalisant les mitterrandistes historiques (Laurent Fabius). En octobre, Michel Rocard est élu premier secrétaire du PS, la deuxième gauche prend le contrôle du parti.

En juin 1994, la deuxième gauche et Michel Rocard subissent une contre-offensive mitterrandiste et Michel Rocard est renversé au conseil national pour être remplacé par Henri Emmanuelli. Michel Rocard s'éloigne de la vie politique et Jacques Delors récupère ce qui reste de la deuxième gauche et de ses réseaux politiques.

Jacques Delors refuse néanmoins de se présenter à l'élection présidentielle de 1995 et ouvre la voie à Lionel Jospin que Michel Rocard et la deuxième gauche soutiendront contre les mitterrandistes réunis notamment autour de Laurent Fabius par la suite.

L'arrivée au pouvoir en 1997 de la gauche plurielle menée par Lionel Jospin permet une union de la gauche solide pendant trois ans avant de se fissurer. La défaite d'avril 2002 est en partie mise sur le dos d'une politique jospiniste accusée d'avoir été trop "deuxième gauche" ou pas assez à gauche pendant 5 ans. Contre la deuxième gauche qui accepte à présent l'économie de marché et un certain libéralisme économique, s'oppose une gauche plus traditionnelle, étatiste et parfois antilibérale.

Le 29 mai 2005, les principaux représentants de la deuxième gauche politique appellent à voter oui au Traité constitutionnel européen.

La CFDT ralliée au début des années 1970 au socialisme autogestionnaire rejette le principe selon lequel une organisation syndicale dirige la revendication sociale et considère le syndicalisme comme un instrument au service des travailleurs. Jusqu'en 1978, la CFDT affirme son identité révolutionnaire et sa théorie du spontanéisme. Ces thèmes entraînent un certain entrisme dans la centrale de la part de militants trotskistes ou maoïstes.

Cependant à partir de 1974 avec les Assises pour le socialisme où sont présents des cédétistes, la centrale syndicale redéfinit sa ligne. Au début des années 1980, elle développe la thèse de la défense des travailleurs en fonction des réalités économiques ainsi que la théorie de la contractualisation qui vise d'abord à des négociations directes entre patrons et syndicats sans passer par l’État. Le contractualisme de la CFDT devient alors avec le réformisme une de ses particularités. La CFDT se dissocie alors pleinement d'une CGT restée particulièrement étatiste, son soutien au syndicat polonais Solidarnosc à la fin des années 1980 constitue un des exemples de cette opposition.

Néanmoins, le contractualisme prôné par Nicole Notat et le courant clairement réformiste majoritaire au début des années 1990 entraînent l'exclusion de certaines fédérations cédétistes qui forment le syndicat SUD. La CFDT rejoint totalement sur les grandes questions sociales, à la fin du XXe siècle, la deuxième gauche politique. Dans la ligne réformiste, en mai 2002, le syndicalisme ouvrier de la deuxième gauche est alors représenté par François Chérèque, secrétaire général de la CFDT qui a remplacé Nicole Notat au dernier congrès.

Dans le milieu étudiant, la deuxième gauche avait massivement investi dans l'UNEF. Mais à partir de 1970, à cause de la dérive révolutionnaire de l'UNEF qui est devenue le jouet des groupuscules, celle-ci est délaissée par le PSU lui-même qui depuis 1962 avait pourtant énormément investi dans la centrale. En 1971, les ESU quittent définitivement le bureau national de l'UNEF. S'en suit une scission avec d'un côté l'UNEF-Renouveau contrôlée par les Union des étudiants communistes (UEC) qui souhaitent participer aux élections étudiantes, d'un autre côté l'UNEF-Unité syndicale regroupant le courant trotskiste (majoritaire) ainsi que les étudiants proches du PSU et de la CFDT.

En 1980 est crée l'UNEF-ID (Indépendante et démocratique) regroupant trotskistes, étudiants du Mouvement d'action syndicale (anciens étudiants du MARC, Mouvement d'action et de recherche critique) et les mitterrandiens évincés de l'UNEF-Renouveau. L'UNEF-ID devient rapidement contrôlée par des étudiants proches des différents courants du PS et organisent les tendances de l'UNEF en fonction des tendances socialistes. En 1986, pendant le mouvement étudiant contre le projet de loi Devaquet, la deuxième gauche étudiante est également représenté par le syndicat, soutenu par la CFDT, PSA (Pour un syndicalisme autogestionnaire). Entre la fin des années 1980 et 1995, la deuxième gauche étudiante de l'UNEF (la Tendance Avenir, puis la Tendance Reconstruire, proches de la tendance rocardienne du PS) participe pleinement à la guerre des courants en nouant des alliances en fonction des situations. Une partie minoritaire de la tendance Reconstruire se transforme en Tendance pour une alternative syndicale (TPAS) avant de prendre le nom de Tendance syndicale.

En 2001, l'UNEF-ID et l'UNEF-SE(Solidarité étudiante, nouveau nom de l'UNEF-Renouveau) optent pour la réunification. La Tendance syndicale menée par Julie Coudry rompt avec la direction de l'UNEF accusée de se radicaliser et d'abandonner le réformisme depuis la réunification. La deuxième gauche étudiante provoque une scission de l'UNEF en 2001. Le départ de la tendance TS conduit à la création de la Confédération étudiante en 2003, création soutenue par la CFDT.

La deuxième gauche aujourd'hui n'existe que de manière diffuse au niveau politique (une minorité au PS à travers d'une part, sur "la gauche" le courant Utopia qui dénonce "le culte de la croissance pour la croissance" et d'autre part, sur "la droite", des socialistes modernistes, parfois qualifiés de libéraux) mais reste très forte au niveau syndical ( CFDT pour les salariés, Confédération étudiante pour les étudiants) et associatif (la République des idées de Pierre Rosanvallon, le mouvement Sauvons l'Europe). Chez les intellectuels, le courant historiographique lancé par François Furet dans les années 1980 est très proche d'une lecture de l'histoire propre à la deuxième gauche. Les publications qui proposent encore les idées de la deuxième gauche se retrouve dans les brochures de la revue Esprit et les écrits de Joël Roman. Aujourd'hui la composante héritière officielle issue du PSU sont Les Alternatifs, un parti politique autogestionnaire d'extrême gauche. Enfin dans le paysage politique français, le parti qui se rapproche le plus des idées de la deuxième gauche sont les Verts bien que certaines personnalités du PS et de la gauche européenne soient considérées comme appartenant à la deuxième gauche (Dominique Strauss-Kahn, Zaki Laïdi, Dominique Méda). En octobre-novembre 2006, Ségolène Royal emprunte certains thèmes de sa campagne interne pour l'investiture socialiste à la Deuxième gauche (l'idée de démocratie participative sous la forme de "jurys de citoyens", la préoccupation environnementale, les questions de décentralisation, etc.) mais tout en se situant, non sans ambiguïté, dans l'héritage du mitterrandisme.

Fin août 2007, se réunissent au théâtre de la Vilette, les Gracques, groupe initialement composé de hauts fonctionnaires et de personnalités socialistes issus de la deuxièmes gauche. L'université d'été des Gracques, grand rendez-vous des personnalités de la deuxième gauche d'aujourd'hui (François Chérèque, Julie Coudry, Michel Rocard, Jean Daniel, etc.) se fixe comme objectif durant trois jours de donner des pistes, résumées à travers un Manifeste de la gauche moderne, pour refonder la gauche française et le PS plus particulièrement. Prenant appui sur les expériences réformistes étrangères (notamment britannique avec A. Giddens et italienne avec W. Veltroni), les Gracques à travers une association propose de mener jusqu'au prochain congrès du PS le travail de refondation que le premier secrétaire du PS, François Hollande, et la candidate battue à la présidentielle de 2007, Ségolène Royal, ont appelé de leurs voeux après la défaite face à la droite, le 6 mai 2007.

Génération, T1 et T2, Les années de rêve ; Les années de poudre, Patrick Rotamn et Hervé Hamon.

Histoire du PSU T1 - La fondation et la Guerre d'Algérie (1958 - 1962), Marc Heurgon, La Découverte, TEXTES A L'APPUI / HISTOIRE CONTEMPORAINE.

La préhistoire du Parti socialiste unifié. La longue marche, 1947-1960, Jean-François Kesler, 1986.

De la gauche dissidente au nouveau Parti socialiste : les minorités qui ont rénové le PS, Jean-François Kesler, Toulouse, Privat, Collection, Bibliothèque historique Privat, 1990.

Pierre Mendès France, Jean Lacouture, Paris, Seuil, 1981.

Le cœur à l'ouvrage, Michel Rocard, Paris, O. Jacob, 1990.

Si la gauche savait : entretiens avec Georges-Marc Benamou, Michel Rocard, Paris, R. Laffont, 2005.

La deuxième gauche, une histoire inachevée. Entretien avec Michel Rocard, Esprit, février 2006, p. 140-147.

La deuxième gauche, histoire intellectuelle et politique de la CFDT, Patrick Rotman, Hervé Hamon, Le Seuil, POINTS POLITIQUE T1, T2.

De la CFTC à la CFDT : syndicalisme et socialisme : "Reconstruction", 1946-1972, Paul Vignaux, Paris, Ed. ouvrières, 1980.

Un Syndicat face à la guerre d'Algérie : la CFTC qui deviendra CFDT, Michel Branciard, Paris, Syros, 1984.

F.Georgi, L'invention de la CFDT, 1957-1970, CNRS éditions/Editions de l'Atelier, PAris, 1995.

Histoire du mouvement ouvrier français… 3 La Lutte des classes aujourd'hui : 1950-1972, Jean Bron, Paris, Éditions ouvrières, 1973.

La nouvelle classe ouvrière, Serge Mallet, Paris, Ed. du Seuil, Collection Points. Politique, 1963.

G.Candar, JJ-BEcker, Histoire des gauches en France, Paris, La Découverte, 2004, Deux tomes.

Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, Editions de l'Atelier.

Histoire de l'UNEF : de 1956 à 1968, Alain Monchablon, Paris, Presses universitaires de France, 1983.

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Bernard Kouchner

Bernard Kouchner et le président de la Fédération de Russie, Dmitri Medvedev, le 21 mai 2008

Bernard Kouchner, né le 1er novembre 1939 à Avignon, est un médecin et homme politique français, cofondateur de Médecins sans frontières et de Médecins du monde, ancien haut fonctionnaire de l'ONU.

Médecin de formation, Bernard Kouchner a connu une vie militante, qui l'a conduit de Union des étudiants communistes, au début des années 1960, au PS, au PRG, puis à nouveau au Parti socialiste avant de devenir ministre de Nicolas Sarkozy.

Il est ministre et secrétaire d'État en charge de la santé sous les gouvernements socialistes de Michel Rocard, Pierre Beregovoy, Édith Cresson et Lionel Jospin. Depuis le 18 mai 2007, il est ministre des Affaires étrangères et européennes dans le gouvernement François Fillon (reconduit dans le gouvernement Fillon II, le 19 juin 2007).

Né le 1er novembre 1939 à Avignon, d'un père juif, Georges Kouchner, médecin de gauche, et d'une mère protestante, Léone Mauric, Bernard Kouchner suit des études de mèdecine dans les années soixante tout en menant des activités militantes intenses à la rédaction du journal des étudiants communistes. Il est père de Julie, Camille et Antoine, trois enfants issus de sa première union avec Évelyne Pisier, professeur de droit. De sa compagne Christine Ockrent, journaliste, il eut Alexandre.

À cette époque, les étudiants communistes de l'UEC sont plus ou moins en conflit avec la direction du PCF et se sentent plus proches des positions du parti communiste italien qui s'est engouffré dans la critique de Staline amorcée par Khrouchtchev au moment où, le parti français dirigé par Maurice Thorez restait beaucoup plus timoré sur ce point. Kouchner fait partie des « Italiens ». La reprise en main définitive de l'UEC et l'éviction des Italiens de la direction ne sera chose faite qu'en 1965. Entre temps, Jean Schalit aura pu mettre sur pied Clarté-voyage et organiser un voyage à Cuba dont font partie une bonne partie des dirigeants de l'UEC. Ce sera l'occasion pour Kouchner d'interviewer Fidel Castro.

Kouchner qui n'avait jamais adhéré au PCF, mais seulement à l'UEC, quitte la mouvance communiste en 1965, lorsque les « Italiens » sont écartés de la direction de l'UEC. Toujours aux côtés de Jean Schalit et Michel-Antoine Burnier, il siège à la direction du Comité Vietnam national qui pourfend l'impérialisme américain qui s'englue dans la Guerre du Viêt Nam. Il poursuit également des activités journalistiques en participant toujours avec Michel-Antoine Burnier à la création du journal L’Événement d'Emmanuel d'Astier de la Vigerie.

Pendant les événements de mai 68, Bernard Kouchner participe activement à la rédaction d'un « Livre blanc » de la faculté de médecine.

Après l'accession au pouvoir de François Mitterand en 1981, on trouve un certain nombre d'anciens « Italiens » de l'UEC dans les cercles du pouvoir. Parmi eux, Roland Castro qui présente Kouchner à Mitterand . Kouchner mène alors campagne dans les institutions internationales pour la reconnaissance du droit d'ingérence, notion développée à l'origine par Jean-François Revel. En 1987, le président Mitterand et son premier ministre Jacques Chirac honorent de leurs présences un colloque organisé par Kouchner sur le thème du « Droit et morale humanitaire ». Les deux hommes soutiennent l'idée du devoir d'ingérence défendu par Kouchner. « J'ai noté une belle formule, une belle expression du docteur Kouchner: la morale de l'extrême urgence... » aurait glissé le mrésident Mitterand.

Malgré cet échec électoral local, Kouchner fera partie de presque tous les gouvernements socialistes de 1988 à 2001: secrétaire d'État chargé de l'Action humanitaire dans le deuxième gouvernement Rocard, secrétaire d'État auprès du ministre d'État, chargé de l'Action humanitaire dans le gouvernement Cresson, ministre de la Santé et de l’Action humanitaire dans le gouvernement Pierre Bérégovoy, secrétaire d'État puis ministre délégué chargé de la Santé dans le gouvernement Jospin.

Il a créé, en 1993, la Fondation pour l’action humanitaire. Bien que n’étant pas membre du PS, il est élu en 1994 sur la liste européenne de Michel Rocard et adhère, sur les traces de Bernard Tapie, en 1995 au Parti radical de gauche (PRG) dont il devient porte-parole. Il s’est prononcé, à titre personnel, en faveur de la réforme Juppé de la Sécurité sociale. Il préside l'association Réunir et est à la fois proche de Michel Rocard et de Lionel Jospin. Il subit de nouveaux échec à l'élection législative de 1994 en Moselle et en 1996, à l'élection législative partielle de Gardanne. Il adhère au PS le 6 octobre 1998.

Le 28 juin 1992, Kouchner, alors ministre de la santé et de l'action humanitaire accompagne le président Mitterand à Sarajevo. Pierre Péan a écrit que c'est à cette occasion qu'il a gagner la confiance de Mitterand et qu'il a bénéficié dans les huit derniers mois du gouvernement Beregovoy d'un statut de « ministre-bis des Affaires Étrangères ». Péan ajoute qu'il avait pris le pas sur le ministre en titre Roland Dumas et aussi sur le ministre de la défense, Pierre Joxe. Ainsi, c'est contre l'avis de Joxe qu'il aurait engager la France dans l'intervention militaro-humanitaire de Somalie en décembre 1992. Kouchner avait inspiré une campagne de collecte de riz dans les écoles le 20 octobre 1992 et le 5 décembre, il est présent sur les plages somaliennes devant les caméras de télévision et son image, sac de riz à l'épaule fera le tour des médias.

Bernard Kouchner a administré le Kosovo en tant que haut représentant de l'ONU de juillet 1999 à janvier 2001. Cette mission faisait suite au vote de la résolution 1244 du conseil de sécurité qui autorisait l'établissement d'une autorité « administrative internationale civile », la mission d'administration intérimaire des Nations Unies au Kosovo. Pendant dix-huit mois, il applique la politique de l'ONU consistant à créer une administration et un système politique pour combler les lacunes laissées par la séparation de la Serbie et à remettre sur pied une économie anéantie par les trois ans de la Guerre du Kosovo. Cette politique aboutit à des élections municipales à la fin de l'an 2000. Pendant son mandat, 200 000 Serbes ont dû fuir les représailles des groupes armés de l'UCK.

Bernard Kouchner a par la suite été un candidat malheureux à différents postes à hautes responsabilités au sein des Nations unies : haut commissaire aux Réfugiés (HCR) en 2005 et directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) en 2006.

Bernard Kouchner est longtemps resté à l'écart de la vie politique d'appareil du Parti socialiste et s'autorise des prises de position publiques non orthodoxes vis-à-vis de son propre camp politique : militant socialiste, il est favorable à certaines mesures conduites par la droite comme le contrat nouvelle embauche, ou l'ouverture du capital d'EDF. Il se décrit lui-même comme un militant de gauche de tendance sociale-démocrate.

Le 11 janvier 2006, il se dit « candidat à des primaires à l'italienne » pour l'élection présidentielle de 2007.

En décembre 2006, Bernard Kouchner a indiqué qu'il se verrait bien ou pourquoi pas dans un gouvernement d'union nationale si Nicolas Sarkozy était élu, tout en réaffirmant sa fidélité au Parti socialiste.

En février 2007, il rejoint l'équipe de campagne de la candidate socialiste Ségolène Royal tout en prônant l'ouverture politique comme la propose François Bayrou. Dans cette logique, et suite à l'appel de Michel Rocard pour un accord PS-UDF, il prend position pour un rapprochement avant le premier tour entre Ségolène Royal et François Bayrou, dans une interview accordée au Journal du dimanche du 15 avril 2007.

Le 18 mai 2007, bien que membre du Parti socialiste, il accepte finalement de participer au gouvernement François Fillon en tant que ministre des Affaires étrangères et européennes. Le PS, par la voix de son premier secrétaire, a aussitôt précisé qu'une procédure d’exclusion à son encontre sera enclenchée rapidement. François Hollande s'est exprimé en ces termes: Bernard Kouchner « est exclu de fait aujourd'hui. C'est automatique, comme lorsqu'on se présente contre un candidat désigné par son parti. Bernard Kouchner va être solidaire de ce gouvernement. Il va donc soutenir la droite contre les candidats socialistes aux législatives. » .

Bernard Kouchner a signé un article intitulé « Pourquoi j'ai accepté » et publié dans l'édition datée du 20 mai 2007 du journal Le Monde, où il s'explique sur son ralliement à un gouvernement de droite en se revendiquant social-démocrate .

À 67 ans, il est le doyen de ce gouvernement dont la moyenne d'âge est de 53 ans.

Le 19 août 2007, il se rend en Irak pour un voyage officiel de trois jours. Le ministre est le premier haut responsable français à y aller depuis l'invasion américaine de mars 2003, à laquelle la France s'était opposée. Il y rencontre des représentants de toutes les communautés, y compris celle des catholiques chaldéens, et suggère une piste de travail pourrait être un partenariat entre trois "piliers" : "Les Américains parce qu'ils sont là, un gouvernement irakien peut-être un peu plus habile que celui qui existe actuellement et les Nations unies avec une présence élargie". À cette occasion, il formulera des excuses au gouvernement irakien pour avoir proclamé dans le pays qui l'invitait : Beaucoup de gens pensent que le premier ministre devrait être changé. Mais je ne sais pas si cela va se produire, parce qu'il semble que le président (George W.) Bush est attaché à M. Maliki. Mais le gouvernement ne fonctionne pas. .

Bernard Kouchner déclare le 16 septembre 2007 que la crise du nucléaire iranien impose de « se préparer au pire » qui est « la guerre ».

Dans le cadre de ses fonctions, en novembre 2007, Bernard Kouchner accompagne la politique étrangère de la France vis-à-vis de l'Allemagne, en enregistrant avec Frank-Walter Steinmeier, le ministre des Affaires étrangères et vice-chancelier allemand, dont il partage la spiritualité, et le chanteur allemand Muhabbet une chanson dont l'objectif est de promouvoir la compréhension et l'amitié des Allemands envers la communauté germano-turque. Cet acte inhabituel, quoiqu'officiel, est accompli en parallèle de la visite du président français dans le pays.

Bernard Kouchner se bat pour aider les réfugiés du Darfour, lors de son arrivée à ses fonctions de ministre des Affaires étrangères, il dit vouloir y ouvrir un couloir humanitaire. La guerre civile du Darfour, région riche en ressources naturelles, a fait 200 000 morts et 2 millions de déplacés. Le docteur Denis Lemasson, de Médecins sans frontières, voit cela comme un mélange entre approches militaire et humanitaire, qui pourrait nuire à la sécurité des acteurs humanitaires sur le terrain. ,.

L'association Arche de Zoé, tente d'emmener en France des enfants du Tchad, les présentant comme orphelins du Darfour. Les membres de l'association sont arrêtés et inculpés par la justice tchadienne d'« enlèvement de mineurs en vue de compromettre leur état civil » et d'« escroquerie ». Éric Breteau, un des principaux organisateurs de l'association, accuse Bernard Kouchner, alors ministre des Affaires étrangères, d'être impliqué dans l'affaire .

Arnaud Montebourg l'accuse de ne jouer qu'un « tout petit rôle de figurant » après que le ministre a été plusieurs fois contraint de s'effacer derrière la cellule diplomatique de l'Elysée. Selon le député UMP, Claude Goasguen, le ministère n'est pas dirigé par Kouchner, mais par Nicolas Sarkozy.

En décembre 2008, Bernard Kouchner estime avoir eu tort de demander un secrétariat d'État aux Droits de l'Homme : « Je pense que j'ai eu tort de demander un secrétariat d'État aux Droits de l'Homme. C'est une erreur. Car il y a contradiction permanente entre les droits de l'homme et la politique étrangère d'un état, même en France ». A contre-courant de son image d'humanitaire, ces déclarations lui font perdre aussitôt 10 points d'opinions positives.

Dans la préface de l'ouvrage collectif Tibet, l'envers du décor (1993), il écrivait « D’abord, il convient d’affirmer que le Tibet est un pays, avec un passé et un présent, comme le prouve le livre riche et passionnant qui suit. En 1950, la Chine a envahi puis annexé le Tibet. » Il dénonce alors le bilan catastrophique de l'occupation chinoise du Tibet : plus d'un million de Tibétains seraient morts, imposition par la politique de l'enfant unique entraînant avortements et stérilisations forcées, devastations écologiques, stockage de déchets radioactifs et expériences nucléaires, mortalité infantile élevée, transfert massif de population chinoise au Tibet, suppression de la religion, pillage des monastères et du patrimoine. Il conclut en affirmant : « En ces temps de certitudes brisées et de triomphe apparent de la Démocratie, alors que partout exclusions et nationalismes se renforcent, nos enfants nous jugeront sur notre attitude face aux malheurs des Tibétains. » Il a rencontré le 14e Dalaï Lama dès 1989 et à plusieurs reprises depuis. Il devait le rencontrer à Nantes, mais il le rencontrera le 22 août, en compagnie de Carla Bruni-Sarkozy, lors de l'inauguration de temple de Lerab Ling de Sogyal Rinpoché à Roqueredonde près de Lodève.

En mai 1994, un mois après le début du génocide au Rwanda, alors que Kouchner n'est plus ministre, il se rend au Rwanda avec Renaud Girard, alors grand reporter au Figaro dans le but d'évacuer des orphelins tutsis retenus à l'hôtel des mille-collines de Kigali. Sur place, le général Dallaire, commandant de la force de l'ONU, la Minuar qui contrôle l'hôtel des mille-collines, est hostile à ce projet « d'exporter des enfants rwandais... pour que quelques Français bien-pensants se sentent un peu moins coupables du génocide. » . Kouchner obtient cependant l'accord de toutes les parties le 16 mai, mais rentre à Paris le 18 mai avant la réalisation du projet. L'évacuation pourra commencer le 4 juin.

Kouchner effectuera deux autres voyages au Rwanda, à la mi-juin et fin juillet. Lors du voyage de mi-juin, il discute avec le leader tutsi Paul Kagame d'une possible intervention française. C'est en tant que député européen qu'il effectue le voyage de juillet alors que Kagame est devenu le vice-président du nouveau gouvernement rwandais. Dans son livre polémique Le monde selon K. paru en 2009, Pierre Péan a défendu l'idée que Kouchner radicalisera désormais son discours, devenant un militant de la cause tutsie, dénonçant à la fois la responsabilité exclusive des Hutus et le rôle néfaste de la France.

Le 4 février 2003, il publie un éditorial avec Antoine Veil dans le Le Monde intitulé « Ni la guerre ni Saddam » où il se déclare opposé à l'imminente guerre en Irak, Saddam Hussein devant être contraint à abandonner le pouvoir par la pression diplomatique, via l'ONU,.

Toutefois, la perspective d'un départ négocié du dictateur irakien s'éloignant, et devant le raidissement des positions entre les partisans de la guerre, groupés autour des États-Unis et du Royaume-Uni, et leurs opposants, emmenés par la France, la Russie et la Chine, sa position évolue, et il dénonce l'éventualité d'un veto de la France au Conseil de sécurité de l'ONU,,. Au printemps 2003, il est, avec André Glucksmann, Pascal Bruckner, Alexandre Adler, Romain Goupil, Alain Madelin, Pierre Lellouche, Hervé Mariton, l'une des rares personnalités françaises à ne pas désapprouver la guerre engagée par les États-Unis et leurs alliés contre l'Irak.

Il ira soutenir en personne l'Initiative de Genève, plan de paix alternatif prévoyant la création d'un État palestinien aux côtés d'Israël et prend part au « groupe de contact » soutenant l'initiative.

Bernard Kouchner se bat pour aider les réfugiés du Darfour, lors de son arrivée à ses fonctions de ministre des Affaires étrangères, il affirme vouloir y ouvrir un couloir humanitaire.

Un de ses anciens collègues de Médecins sans frontières, le docteur Denis Lemasson, voit cela comme un mélange entre approches militaire et humanitaire, et y voit un rapport récent entre le rejet par les gouvernement soudanais et tchadiens de l'exploitation du pétrole par le groupe Total dans la région,.

L'association Arche de Zoé, tente d'emmener en France des enfants du Tchad, les présentant comme orphelins du Darfour. Les membres de l'association sont arrêtés et inculpés par la justice tchadienne d'« enlèvement de mineurs en vue de compromettre leur état civil » et d'« escroquerie ». Éric Breteau, un des principaux organisateurs de l'association, accuse Bernard Kouchner, alors ministre des Affaires étrangères, d'être impliqué dans l'affaire .

Bernard Kouchner est régulièrement cité depuis les années 2000 dans les sondages d'opinion comme une des personnalités publiques (a fortiori politiques) les plus populaires des Français, ce qui est souvent expliqué par sa présence médiatique, ses engagements humanitaires suscitant une large adhésion, ainsi que par son éloignement des combats « politiciens » (luttes d'appareil, désaccord systématique avec le camp adverse).

Sa décision de rejoindre un gouvernement de droite malgré son passé de gauche, lui ont valu de nombreuses animosités à gauche, notamment dans les rangs du Parti socialiste.

Kouchner rend en 2003, un rapport pour Total, payé 25 000 € par Total, où il affirme notamment que « le recours au travail forcé est une coutume ancienne... Ayant été prévenue de cette violation des droits de l'homme, la compagnie Total exigea que ces exactions cessent. Elle s'en ouvrit à Rangoon aux dirigeants qui promirent d'intervenir et le firent... Sur place, les responsables de la compagnie française allèrent jusqu'à payer le salaire habituel aux villageois qui avaient été raflés et forcés de travailler. ». Les liaisons entre les groupes pétroliers français Total et américain Unocal avec la junte birmane, pratiquant l’esclavage et les viols sur la population, est dénoncé par les associations de défense des droits de l'homme comme la FIDH, ERI et la CISL,,. Ce rapport de 19 pages, réalisé par la société BK conseils créée pour l'occasion, sera utilisé pour défendre Total contre des victimes birmanes ayant porté plainte contre le groupe .

En 2008 et 2009, deux livres ont été publiés dressant chacun un portrait de Bernard Kouchner. L'un à décharge, Les 7 vies du Docteur K, de Michel-Antoine Burnier (XO éditeur). L'autre, à charge, Le Monde selon K, de Pierre Péan (Fayard).

Dans son livre publié le 4 février 2009 aux Éditions Fayard, Pierre Péan met Bernard Kouchner en cause pour des activités de conseil qu'il a eues auprès des autorités du Gabon et de la République du Congo, dans le cadre de la réforme du secteur de la santé de ces pays, et notamment pour une intervention dans le recouvrement de factures pour deux sociétés de conseil, Africa Steps et Imeda, alors qu'il était déjà nommé au Quai d'Orsay. Après des déclarations de Jean-Marie Bockel condamnant la Françafrique, Omar Bongo aurait révélé à Nicolas Sarkozy les affaires de Bernard Kouchner et obtenu la mutation de Jean-Marie Bockel dont le ministre de tutelle était Bernard Kouchner. Suite à ces révélations, le ministre a évoqué des « allégations inexactes, ». À la suite du livre de P. Péan, Le Monde selon K, Arrêt sur images souligne le silence des médias sur ces affaires de conflits d'intérêts, et Arnaud Montebourg, dans un communiqué, dénonce un « ex-French doctor » qui se retrouve « dans une pénible dérive affairiste où l'argent de la Françafrique rémunère grassement le faux idéal de Bernard Kouchner », ce qui, selon lui, « achève de déconsidérer l'intéressé, en confirmant sa préférence pour l'argent et l'affairisme, plutôt que la défense de l'idéal des droits de l'homme ». Le ministre a réagi dans Le Nouvel Observateur, ce qui a déclenché une polémique médiatique Pour Le Monde, « l'ouvrage est principalement une attaque en règle de la politique de Bernard Kouchner, sur fond de désaccord idéologique majeur exprimé par l'écrivain, en particulier sur le génocide rwandais » qui occupe en effet une grande partie du livre - mais pas autant que ce qui concerne les relations de Kouchner avec des dictateurs africains. À l'étranger, de grands journaux ont favorablement rendu compte du livre de Pierre Péan (The Guardian, The Independent, The Washington Post). Sur l'échiquier politique, la droite prend le parti du ministre des Affaires étrangères tandis que la gauche hésite après les explications de Bernard Kouchner devant les députés.

Il a fait et renouvelé, avec son ami Alain Minc, le serment de ne jamais accepter de distinction honorifique sauf militaire.

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Source : Wikipedia