Michel Platini

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Posté par marvin 27/02/2009 @ 06:00

Tags : michel platini, uefa, football, sport

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Michel Platini

© Service photographique du Premier ministre

Michel Platini est un ancien footballeur français né à Jœuf (Meurthe-et-Moselle) en Lorraine le 21 juin 1955. Il est régulièrement cité parmi les plus grands joueurs de football de tous les temps, et est également considéré comme le plus grand footballeur français, aux côtés de Zinédine Zidane, Raymond Kopa ou Jean-Pierre Papin. Le magazine France football l'a désigné meilleur footballeur français du siècle. Tandis que la Juventus de Turin l'a élu meilleur Bianconero de tous les temps. Le 26 janvier 2007, il est élu président de l'UEFA succédant ainsi à Lennart Johansson. Il fut également sélectionneur de l'équipe de France de football de 1988 à 1992 et co-organisateur avec Fernand Sastre de la Coupe du monde de football de 1998 en France.

Michel est le fils d'Aldo Platini, joueur de football amateur puis entraîneur de l'équipe de division 3 de l'AS Nancy-Lorraine. Ce dernier laisse beaucoup de liberté à son fils dans sa progression. Michel apprend ainsi l'art du dribble dans la rue. C'est l'anti-thèse des joueurs passés par les centres de formation, alors tout juste naissants en France. C'est au petit club local de l'AS Jœuf qu'il fait ses classes. Il y signe sa première licence en pupille (10 septembre 1966). Aldo éclaire toutefois Michel très tôt sur quelques notions simples mais primordiales, l'anticipation au premier chef. Il faut déjà savoir à qui l'on va passer la balle avant de la recevoir.

Michel loupe totalement la finale du concours du jeune footballeur en 1969, mais parvient à se faire remarquer à l'occasion d'un match de Coupe Gambardella. Il n'a que seize ans, et il brille déjà de mille feux au sein de la formation junior de l'AS Jœuf qui affronte les juniors du FC Metz. Convoqué au stage de présélection du club messin, Platini, blessé, ne peut pas y participer. L'entraîneur messin change alors de club, et Michel Platini est rayé des listes. Il retrouve son équipe de Jœuf en Promotion d'Honneur.

Le FC Metz invite à nouveau Michel Platini à un stage de présélection, mais le fameux test de capacité respiratoire tourne mal. Après pas moins de dix essais au spiromètre, Michel s'évanouit. Le verdict du médecin est radical : très faible capacité respiratoire. Insuffisance cardiaque. Platini ne jouera pas pour le FC Metz, le club de cœur de son enfance. Il rejoint finalement l'équipe réserve de l'AS Nancy-Lorraine en septembre 1972. Il fait la connaissance de Jean-Michel Moutier, jeune portier de la réserve, qui devient rapidement son ami.

Dès ses débuts sous les couleurs de Nancy, Platini fait parler la poudre : il marque trois buts face à Wittelsheim en D3 avec la réserve. Multipliant les sorties de ce type, Michel se retrouve rapidement aux portes de l'équipe fanion. Son premier contact avec l'élite est pourtant pénible. Il est remplaçant face à Valenciennes et assiste, impuissant du banc de touche, à une véritable émeute en tribune. Il est atteint par plusieurs projectiles et des crachats... Quelques jours plus tard, il est descendu par un défenseur strasbourgeois à l'occasion d'un match de réserve : double fracture de la malléole de la jambe droite. Cette délicate saison s'achève bien avec ses grands débuts en Division 1. Platini est aligné d'entrée face à Nîmes au stade Marcel Picot le 2 mai 1973.

Repéré par les instances parisiennes après ses premiers coups d'éclats en Coupe Gambardella, Michel Platini n'a jamais pu honorer la moindre sélection en équipe de France junior en raison de blessures. Il effectue ainsi ses grands débuts avec le maillot bleu de l'équipe de France amateurs le 26 septembre 1973. Tout semble se dérouler parfaitement, mais une nouvelle blessure, en mars 1974, remet tout en question. À Nice, Michel est victime d'une double fracture du bras gauche. Il n'est pas présent sur le terrain en fin de saison, et reste totalement impuissant quand son club est relégué en D2 au terme de la saison.

En D2, Nancy se promène et retrouve rapidement l'élite. Platini devient au cours de cette belle saison le véritable patron de l'équipe. Il marque également 17 buts. Certains d'entre eux sont inscrits sur coup franc, dont il se fait une spécialité dès cette période. Même le grand Ivan Curkovic, gardien de l'AS Saint-Étienne, se laisse tromper deux fois en Coupe de France par ces premiers coups francs diaboliques qui contournaient le mur des défenseurs en suivant une courbe toujours imprévisible pour aller se loger dans la lucarne du gardien... et Nancy élimine les Verts. Platini travaille ses coups francs avec son ami Jean-Michel Moutier. Les mannequins de mousse qui forment le mur sont déjà là.

Les obligations militaires du soldat Platini lui font revêtir l'uniforme pendant l'été 1975. Comme tous les sportifs de haut niveau, il est affecté au bataillon de Joinville où il fait équipe avec une promotion de talent aux côtés de Maxime Bossis, Éric Pécout et autres Omar Sahnoun, sans oublier ses amis nancéiens : Olivier Rouyer et Jean-Michel Moutier. À l'occasion de son service militaire, Michel défend les couleurs de la France en militaire, en espoirs et en olympiques. Avec l'équipe olympique, Platini et ses amis éliminent, avec la manière, la redoutable formation de Roumanie, qui alignait pourtant son équipe A. Le match aller se tient le 3 décembre 1975 à Brest. Platini est brillant au cours de cette partie que les jeunes Français remportent par 4 à 0. Platini devient une vedette en France après ce match. Au match retour, malgré une defaite 1-0 à Bucarest, la France se qualifie pour les JO de Montréal auxquels participera Platini.

Trois jours après cette qualification, Platini est sélectionné avec l'équipe de France A. C'est également une première pour le nouveau sélectionneur des Bleus : Michel Hidalgo.

En parallèle à ses activités militaires, Michel rejoint, le plus souvent possible, son club qui évolue désormais à nouveau en D1. Lors d'un match joué à Laval, le public mayennais chambre Platini. Ce dernier, vexé, marque trois buts. Hélas, la soirée se termine mal, avec une nouvelle blessure. La presse titre alors : la saison de Platini est terminée, et d'annoncer une nouvelle opération du ménisque pour Michel. Il n'en est rien. Platini évite l'opération et retrouve les terrains deux semaines après l'incident de Laval. Ce retour tombe bien, car Nancy affronte dans la foulée l'Olympique de Marseille au Parc des Princes en demi-finale de la Coupe de France. Michel signe de la tête l'unique but lorrain, mais il est contraint de quitter le terrain sur blessure. L'ASNL s'incline finalement 4-1.

Le tournoi olympique 1976 débute pour les Bleus de Platini le 19 juillet face au Mexique, balayé 4-0. Même score face au Guatemala avec deux buts signés Platini. La phase de poules s'achève sur un match nul face à Israël ; Platini marque un but sur penalty. La France dispute alors les quarts de finale face à l'Allemagne de l'Est. Cette formation est en fait l'équipe A de la RDA. Avec un arbitrage plus que douteux, les Français terminent le match à neuf et les Allemands passent le tour…

De retour de Montréal, Platini signe son premier contrat professionnel avec Nancy pour deux saisons. C'est toutefois l'équipe de France qui occupe tous les esprits avec, en point de mire, la qualification au Mondial argentin. Le match décisif se tient le 16 novembre 1977 au Parc des Princes face à la Bulgarie. Platini est parfait dans son rôle de chef d'orchestre et les Bleus s'imposent 3-1. Ils disputeront la phase finale de la Coupe du monde 1978 après une attente de douze ans.

Divine surprise à l'occasion de la publication du classement du Ballon d'or fin décembre 1977 : le jeune Michel Platini pointe au troisième rang.

Lors des matches de préparation pour la Coupe du monde, il convient de signaler celui disputé à Naples face à l'Italie le 8 février 1978. Platini est éblouissant devant tous les recruteurs des clubs italiens venus superviser la nouvelle petite merveille française. Platini stupéfie tout le monde en trompant deux fois, coup sur coup, le légendaire gardien Dino Zoff, sur coup franc direct. La première tentative n'est pas validée par l'homme en noir qui n'avait pas sifflé... Zoff pense avoir évité le pire, car Platini trouve le mur lors de sa seconde tentative. Quelques minutes plus tard, nouveau coup franc aux abords de la surface italienne. Zoff prend alors bien garde de couvrir son angle droit, mais Platini le trompe par la gauche. Zoff reste pétrifié. Ses tête-à-tête avec Zoff et sa classe, au cours de cette partie retransmise par la télévision italienne, en font une vedette en Italie. Les plus grands clubs européens se battront désormais pour s'attacher ses services : le PSG et Saint-Étienne en France, la Juventus, l'Inter Milan et Naples en Italie, Barcelone et Valence en Espagne, Arsenal en Angleterre, pour n'en citer que quelques uns.

Avant de disputer la Coupe du monde en Argentine, Platini s'offre la Coupe de France 1978 avec Nancy. Michel signe l'unique but de la finale contre l'OGC Nice. Il reçoit, en tant que capitaine de l'ASNL, son premier trophée majeur des mains du Président de la république Valéry Giscard d'Estaing.

Entre la finale de la Coupe de France et le coup d'envoi du Mondial, quinze jours seulement ! Pas question de stage de préparation pour les Bleus. Dans le même groupe que l'Italie et l'Argentine, la France est trop tendre pour espérer sortir d'un tel groupe. Platini n'a pas grand chose à se reprocher à l'occasion de ce Mondial, mais à l'attaque de la saison 1978-1979, il est pris en grippe par le public, qui le juge responsable de l'échec en Argentine. Platini évolue sous les sifflets jusqu'au match de Geoffroy-Guichard. Galvanisé par les sifflets qui lui sont adressés, Platini met les bouchées doubles face aux Verts. Il dispute chaque ballon, et sur l'un des tacles qu'il tente, sa cheville se bloque : triple fracture de la malléole. Michel est ainsi absent lors des matches de Coupe d'Europe des vainqueurs de coupe de l'ASNL. Le contrat liant Platini et Nancy arrive à terme en juin 1979. Le président nancéien tente alors un coup de force pour conserver son joueur, mais Platini n'apprécie pas du tout cette intervention. Il quittera le club lorrain à la fin de son contrat. Trois clubs se détachent alors : l'Inter Milan, le PSG et Saint-Étienne. Les deux premiers clubs cités sont des leurres, car Saint-Étienne est l'objectif de Platini. Il signe chez les Verts un contrat de trois ans.

Malgré les blessures et les sifflets, l'humour reste un des traits principaux du caractère de Michel. Citons ici deux des nombreux gags qu'il signa lors de sa période lorraine. Lors des déplacements, Michel s'amusait à faire exploser un pétard à mèche dans un lieu public, puis à faire le mort, provoquant inévitablement un attroupement... Lors du séjour en Argentine pour la Coupe du monde, il s'amusa, comme un collégien, à vider des tubes de dentifrice dans les lits de ses coéquipiers...

Les trois années de Michel Platini à Saint-Étienne se soldent par un bilan mitigé. L'objectif du club en recrutant Platini était de remporter une Coupe d'Europe, mais malgré quelques coups d'éclat (notamment contre le PSV Eindhoven et contre Hambourg), les Verts ne se hisseront jamais à la hauteur de leurs glorieux aînés de 1976. Sur le plan national, Platini remporte son seul titre de Champion de France en 1981, le dernier des Verts, mais échoue à deux reprises en finale de la Coupe de France. Tout d'abord face à Bastia en 1981 puis contre le Paris Saint-Germain en 1982, son dernier match avec Saint-Étienne avant son départ pour la Juventus. Il aura alors joué sous le maillot vert 146 matches pour un total de 82 buts.

Durant sa période stéphanoise, il s'affirme en équipe de France, au sein de laquelle il devient sous le numéro 10 un capitaine indispensable. En 1981, Platini extirpe les Bleus de leur groupe de qualification pour la Coupe du monde 1982 grâce à un coup franc « platinien » marqué contre les Pays-Bas lors du match décisif pour la qualification.

Au Mondial espagnol de 1982, les Bleus se hissent jusqu'en demi-finale contre la RFA, pour une rencontre de légende perdue à l'issue de l'épreuve des tirs au but. Paradoxalement, Michel Platini considère aujourd'hui ce match comme le plus grand souvenir de sa carrière.

À la Juventus de Turin, au sein d'une équipe constituée quasi entièrement de joueurs champions du monde (l'Italie vient de s'imposer au Mundial), Platini connaît des débuts délicats en raison d'un placement sur le terrain qui l'indispose, imposé par son entraineur Giovanni Trapattoni, mais surtout d'une pubalgie qui le gène jusqu'en janvier 1983. Pris en grippe par une presse spécialisée extrêmement exigeante, il est même tout proche de quitter l'Italie durant l'hiver. Il convient de préciser que l'actionnaire principal du club, Giovanni Agnelli dit "l'Avvocato", a dès le début pris conscience du potentiel énorme de sa nouvelle recrue. Lors d'une interview, alors que Platini n'est au club que depuis quelques mois, le patron de la Juventus et de la Fiat lance sans hésitation : " Platini est le plus grand joueur de l'histoire de la Juventus, plus fort que Sivori". Plus de 20 ans après, dans un entretien accordé au journal l'Équipe pour le numéro exceptionnel de l'Équipe Magazine "100% Platini" de juin 2008, son coéquipier de l'époque et ami le polonais Zbigniew Boniek a apporté la confirmation de l'admiration que portait Giovanni Agnelli à son joueur vedette : "Quand Agnelli voyait Platini, il avait des frissons". Donc à la trêve, fort du soutien de "l'Avvocato", Michel et Zbigniew Boniek tapent du poing sur la table et obtiennent de l'entraineur une évolution tactique de l'équipe. La seconde partie de saison 1982-83 est beaucoup plus intéressante pour la Vieille Dame qui remporte la Coupe d'Italie 1983 contre Vérone ( 0-2/3-0 avec deux buts de Platini en match retour). La Juve vole alors de succès en succès.

Il remporte le championnat d'Italie en 1984 et 1986, la Coupe d'Europe des vainqueurs de coupe en 1984, la Supercoupe de l'UEFA en 1984 la Coupe d'Europe des Clubs Champions en 1985, et la Coupe Intercontinentale en 1985. De 1984 à 1986, il termine également trois fois consécutivement meilleur buteur du championnat d'Italie. Il est reconnu comme le meilleur joueur européen en recevant à trois reprises le Ballon d'Or de 1983 à 1985.

La finale européenne de 1985, disputée au Heysel contre Liverpool aurait dû être le sommet de sa carrière avec la Juventus. Mais le drame du Heysel constitue sans conteste le plus pénible souvenir de sa carrière. Auteur du seul but de la rencontre, Michel Platini se retrouve au centre d'une polémique médiatique dans les jours qui suivent le drame, certains lui reprochant son manque de retenue dans la célébration de la victoire. Mais Platini se défendra en soutenant que tout comme l'ensemble des joueurs de la rencontre, il avait été laissé dans l'ignorance de l'ampleur du drame.

L'état de grâce de Platini en club se répercute également en sélection nationale. En 1984, il remporte le Championnat d'Europe des nations organisé en France en marquant neuf buts (trois du pied droit, trois du gauche, trois de la tête) en seulement cinq rencontres. Il débloque notamment la finale contre l'Espagne grâce à un coup franc qui trompe le portier espagnol Luis Arconada et offre ainsi à la France son premier titre majeur en football.

Mais affaibli par une pubalgie tenace, jouant sous infiltration, Michel Platini n'est pas véritablement en mesure de justifier sa réputation de meilleur joueur du monde à l'occasion de la Coupe du monde de football 1986 au Mexique. Il se montre pourtant décisif en plusieurs occasions, notamment contre l'Italie en huitième de finale (ouverture du score) et contre le Brésil en quart de finale (égalisation). Ce but inscrit le jour de son anniversaire restera le dernier de sa carrière chez les Bleus. Après une nouvelle élimination en demi-finale contre la RFA, Michel Platini doit se contenter de la troisième place finale (il ne disputa pas les petites finales des tournois 1982 et 1986).

Usé physiquement, Platini dispute une ultime saison à la Juventus avant de prendre sa retraite sportive le 17 mai 1987. Participant en pointillé à la campagne (infructueuse) de qualification pour l'Euro 1988, Platini honore sa dernière sélection en bleu le 29 avril 1987 contre l'Islande. En équipe de France, de 1976 à 1987, il a marqué 41 buts en 72 sélections, ce qui restera le record chez les Bleus jusqu'en octobre 2007.

À peine plus d'un an après sa retraite en tant que joueur, il est nommé sélectionneur de l'équipe de France de football le 1er novembre 1988. Il remplace Henri Michel, poussé dehors suite à la mauvaise entame des Bleus dans les éliminatoires de la Coupe du Monde 1990. Mais l'arrivée de Platini ne change rien et la France est absente du Mondial italien. Il est alors temps de se concentrer sur les éliminatoires de l'Euro 1992, organisé en Suède. Les hommes de Platini se sortent avec brio de leur groupe de qualification en remportant leurs huit matchs (victoires notamment en Espagne et en Tchécoslovaquie) et, forts d'une série record de 19 matchs sans défaite, s'affirment parmi les favoris de la compétition. Mais une série médiocre de matchs amicaux préparatoires, puis surtout l'échec à l'Euro (élimination au premier tour, pas une seule victoire) le poussent à démissionner le 2 juillet 1992 après avoir dirigé les bleus 29 fois.

Il est le dernier porteur de la flamme olympique aux Jeux Olympiques d'hiver d'Albertville en 1992.

Co-Président du comité d'organisation du Mondial 1998 avec Fernand Sastre, puis conseiller spécial du président de la FIFA après l'élection de Joseph Blatter en 1998, il devient vice-président de la FFF en janvier 2001, et chargé depuis mars 2005 du département international.

Il était également consultant sur Canal+ lors des soirées de la Ligue des Champions.

Membre du comité exécutif de l'UEFA et membre du Comité exécutif de la FIFA depuis avril 2002, il devient Président de l'UEFA le 26 janvier 2007 pour une durée de 4 ans. Il est élu à la majorité absolue au premier tour du scrutin du Congrès de Düsseldorf en Allemagne par les 52 fédérations membres de l'UEFA (1 fédération vaut 1 voix), avec 27 voix contre 23 (2 votes étant nuls). Son adversaire, le Suédois Lennart Johansson, 77 ans, était président de l'UEFA depuis 1990.

Une fois élu, Michel Platini milite pour faire du football une exception culturelle protégée des règles économiques et des contraintes légales inhérentes à l'Union Européenne.

Le Bâton de Nasazzi est virtuellement transmis d'équipe à équipe nationale depuis 1930, date de la victoire uruguayenne lors de la 1re coupe du monde organisée dans son pays. L'équipe "détentrice" le "cède" à son adversaire lors d'une défaite en compétition reconnue par la FIFA, depuis maintenant plus de 75 ans. Michel Platini l'a détenu à 5 reprises.

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Football

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Le football /futbol/ ou soccer /sɔkœːʀ/ (en français québécois) est un sport collectif opposant deux équipes de onze joueurs dans un stade. L'objectif de chaque formation est de mettre un ballon sphérique dans le but adverse, sans utiliser les bras, et de le faire plus souvent que l'autre équipe.

Codifié par les Britanniques à la fin du XIXe siècle, le football s'est doté d'une fédération internationale, la FIFA, en 1904. Pratiqué en 2006 par environ 264 millions de joueurs à travers le monde, le football possède le statut de sport numéro un dans la majorité des pays. Certains continents, comme l'Afrique, l'Amérique du Sud et l'Europe, sont même presque entièrement dominés par cette discipline. La simplicité du jeu et le peu de moyens nécessaires à sa pratique expliquent en partie ce succès.

Le calendrier est dominé par deux types d'épreuves : celles concernant les clubs et celles des équipes nationales. La Coupe du monde est l'épreuve internationale la plus prestigieuse. Elle a lieu tous les quatre ans depuis 1930. Pour les clubs, championnats nationaux et autres coupes sont au programme des compétitions. La Ligue des champions de l'UEFA, qui est disputée en Europe mais qui possède des équivalents sur les autres continents, est le trophée le plus convoité de ce sport, malgré la mise en place récente d'une Coupe du monde des clubs, encore à la recherche d'une légitimité.

Les jeux de balle au pied existent dès l'Antiquité. Ce sont des jeux et non des sports. Les Grecs connaissent ainsi plusieurs jeux de balle se pratiquant avec les pieds : aporrhaxis et phéninde à Athènes et épiscyre à Sparte. La situation est identique chez les Romains où l'on pratique la pila paganica, la pila trigonalis, la follis et l'harpastum. Les soldats chinois accomplissent également des exercices avec un ballon qu'ils utilisent pour jongler et effectuer des passes ; cette activité pratiquée sans buts et en-dehors de toute compétition sert à l'entretien physique des militaires (促据, cuju). Les premiers textes concernant le Cuju datent de la fin du IIIe siècle av. J.-C. et sont considérés comme les textes les plus anciens liés au sport chinois. À la fin du XVe siècle, le calcio florentin apparaît en Italie. Il s'agit d'un lointain cousin du football, qui disparaît totalement en 1739.

Le Highway Act britannique de 1835 interdisant la pratique du folk football sur les routes le contraint à se replier sur des espaces clos. Des variantes de la soule se pratiquent déjà, de longue date, sur des terrains clos. C'est là, sur les terrains des écoles d'Eton, Harrow, Charterhouse, Rugby, Shrewsbury, Westminster et Winchester, notamment, que germe le football moderne. Les premiers codes de jeu écrits datent du milieu du XIXe siècle (1848 à Cambridge). Chaque équipe possède ses propres règles, rendant les matches problématiques. La Fédération anglaise de football (Football Association) est créée en 1863. Son premier objectif est d'unifier le règlement.

Les Britanniques codifient et organisent le football en s'inspirant des exemples du cricket et du baseball, ces deux sports collectifs étant déjà structurés avant l'émergence du football. Des ligues professionnelles aux championnats et autres coupes, le football n'innove pas. Le premier club non scolaire est fondé en 1857 : le Sheffield Football Club. Le Sheffield FC dispute le premier match interclub face au Hallam FC (fondé en 1860) le 26 décembre 1860 à seize contre seize. Ces deux clubs pionniers se retrouvent en décembre 1862 pour le premier match de charité. La Youdan Cup est la première compétition. Elle se tient en 1867 à Sheffield et Hallam FC remporte le trophée le 5 mars. La première épreuve à caractère national est la FA Challenge Cup 1872. Le professionnalisme est autorisé en 1885 et le premier championnat se dispute en 1888-1889. La Fédération anglaise tient un rôle prépondérant dans cette évolution, imposant notamment un règlement unique en créant la FA Cup, puis les clubs prennent l'ascendant. La création du championnat (League) n'est pas le fait de la Fédération mais une initiative des clubs cherchant à présenter un calendrier stable et cohérent. L'existence d'un réseau ferroviaire rend possible cette évolution initiée par William McGregor, président d'Aston Villa. Ce premier championnat est professionnel, et aucun club du Sud du pays n'y participe.

L'Angleterre est alors coupée en deux : le Nord acceptant pleinement le professionnalisme et le Sud le rejetant. Cette différence a des explications sociales. Le Sud de l'Angleterre est dominé par l'esprit classique des clubs sportifs réservés à une élite sociale. Dans le Nord dominé par l'industrie, le football professionnel est dirigé par des grands patrons n'hésitant pas à rémunérer leurs joueurs pour renforcer leur équipe, de la même façon qu'ils recrutent de meilleurs ingénieurs pour renforcer leurs entreprises. Pendant cinq saisons, le championnat se limite aux seuls clubs du Nord. Le club londonien d'Arsenal passe professionnel en 1891. La ligue de Londres exclut alors de ses compétitions les Gunners d'Arsenal qui rejoignent la League en 1893. La Southern League est créée en réaction (1894). Cette compétition s'ouvre progressivement au professionnalisme mais ne peut pas éviter les départs de nombreux clubs vers la League. Les meilleurs clubs encore en Southern League sont incorporés à la League en 1920.

Concernant le jeu, le passage du dribbling game au passing game est une évolution importante. À l'origine, le football est très individualiste : les joueurs, tous attaquants, se ruent vers le but balle au pied, c’est-à-dire en enchaînant les dribbles. C'est le dribbling. Comme Michel Platini aime à le rappeler, « le ballon ira toujours plus vite que le joueur ». C'est sur ce principe simple qu'est construit le passing game. Cette innovation apparaît à la fin des années 1860 et s'impose dans les années 1880. Dès la fin des années 1860, des matches entre Londres et Sheffield auraient introduit le passing au Nord. C'est la version de Charles Alcock, qui situe en 1883 la première vraie démonstration de passing à Londres par le Blackburn Olympic. Entre ces deux dates, la nouvelle façon de jouer trouve refuge en Écosse.

Sur le modèle de la Football Association, des fédérations nationales sont fondées en Écosse (1873), au Pays de Galles (1876) et en Irlande (1880). Des rencontres opposant les sélections des meilleurs joueurs de ces fédérations ont lieu dès le 30 novembre 1872 (Écosse-Angleterre), soit quelques mois avant la fondation officielle de la Fédération écossaise. Des matches annuels mettent aux prises ces différentes sélections, et à partir de 1884, ces matches amicaux se transforment en une première compétition internationale : le British Home Championship. En pratiquant le passing plutôt que le dribbling, les Écossais dominent les premières éditions.

Contrairement aux sports « nobles » comme le cricket, le tennis, le hockey sur gazon et le rugby, le football n'est pas très développé au sein des clubs sportifs installés dans l'Empire britannique. Ainsi, cette discipline est aujourd'hui encore peu prisée en Inde, au Pakistan, en Amérique du Nord ou en Australie, notamment. En Afrique du Sud, les colons britanniques y importent le football dès 1869 puis une coupe du Natal est organisée dès 1884, mais le football, sport roi dans les townships, reste très mal perçu par les tenants blancs de l'apartheid qui lui préfèrent le rugby, le tennis et le cricket. Le football fut, il est vrai, en pointe pour dénoncer l'apartheid et dès le 9 avril 1973, une équipe mêlant joueurs noirs et blancs représente l'Afrique du Sud lors d'un match international non officiel face à la Rhodésie.

Les Britanniques jouent pourtant un rôle important dans la diffusion du football, notamment grâce aux ouvriers dépêchés aux quatre coins du monde pour mener à bien des chantiers. Le football est par exemple introduit en Amérique du Sud par les ouvriers travaillant sur les chantiers des lignes ferroviaires. Ils montent des équipes et mettent en place des compétitions d'abord réservées aux seuls joueurs britanniques, et qui s'ouvrent progressivement aux joueurs puis aux clubs locaux. Le cas sud-américain est complexe. Il existe également des clubs britanniques qui pratiquent cette discipline et des étudiants originaires d'Angleterre jouent un rôle important dans l'introduction du football entre Montevideo et Buenos Aires. Ainsi, le football s'installe durablement dans des nations comme l'Uruguay ou l'Argentine dès les années 1870-80. En Amérique du Nord, des compétitions sont créées dans les années 1880 (1884 aux États-Unis sur la côte Est).

La Belgique, où les universités anglaises jouent un rôle moteur, les Pays-Bas (premier club fondé en 1879), la Suisse (introduction du football dès les années 1860 et premier club en 1879) et le Danemark (premier club en 1876) figurent parmi les premiers pays de l'Europe continentale touchés par le football.

L'expansion du football est également due à des voyageurs de diverses nationalités ayant effectué des séjours au Royaume-Uni où ils furent initiés au jeu. En France, l'introduction du football se fait ainsi principalement par l'action des professeurs d'anglais qui ramènent de leurs voyages linguistiques outre-Manche règles et ballons dans les cours d'écoles. Les Britanniques sont également déterminants dans l'introduction du football en France. L'action des clubs britanniques parisiens des White-Rovers et du Standard AC fait plier l'Union des sociétés françaises de sports athlétiques (USFSA) le 9 janvier 1894, qui, dans la droite ligne des clubs britanniques guindés, redoutait une expansion du football et de ses vices, comme le professionnalisme, les transferts et les paris et se refusait à reconnaître cette discipline. En Allemagne, le football est d'abord clairement perçu comme un corps étranger à la nation et est dédaigneusement surnommé le « sport des Anglais » par les nationalistes. Toutefois, le football prend racine dans les villes (premier club fondé en 1887 : SC Germania Hambourg) où ouvriers et cols blancs se rassemblent autour d'une passion commune. L'Europe du Nord est ainsi progressivement contaminée entre les années 1870 et le début des années 1890, puis l'Europe du Sud (Sud de la France inclus) connaît le même sort entre les années 1890 et le début du XXe siècle.

La Fédération internationale de football association (FIFA) est fondée à Paris en 1904 malgré le refus britannique de participer à une entreprise initiée par les dirigeants français de l'USFSA. Le but premier de l'Union est de réduire au silence les autres fédérations sportives françaises pratiquant le football, et elle impose dans les textes fondateurs de la FIFA qu'une seule fédération par nation soit reconnue par l'organisme international. Le piège se retourne contre l'USFSA en 1908. L'Union claque la porte de la FIFA, laissant à son principal concurrent, le Comité français interfédéral (ancêtre direct de l'actuelle Fédération française de football), son siège à la FIFA ; l'USFSA se retrouve isolée mais son état d'esprit contre le professionnalisme demeure la règle jusqu'à la fin des années 1920. Le racingman Frantz Reichel prophétise ainsi en 1922 que « le football professionnel anglais périra s'il reste cantonné sur le sol britannique ».

À la fin des années 1920 et au début des années 1930, plusieurs nations européennes et sud-américaines autorisent le professionnalisme afin de mettre un terme aux scandales de l'amateurisme marron qui touchent ces pays depuis les années 1910. Le gardien de but international français Pierre Chayriguès refuse ainsi un « pont d'or » du club anglais de Tottenham Hotspur en 1913 ; il admettra dans ses mémoires que les joueurs du Red Star étaient grassement rémunérés malgré leur statut officiel d'amateur. L'Autriche (1924), la Tchécoslovaquie et la Hongrie (avant 1930), l'Espagne (1929), l'Argentine (1931), la France (1932) et le Brésil (1933) sont les premières nations (hors du Royaume-Uni) à autoriser le professionnalisme dans le football. En Italie, la Carta di Viareggio, mise en place par le régime fasciste en 1926, assure la transition entre le statut amateur et professionnel, définitivement adopté en 1946.

Au niveau continental, des confédérations gèrent le football. La première confédération créée est celle d'Amérique du Sud, la CONMEBOL, fondée le 9 juillet 1916. Placées sous l'autorité hiérarchique de la FIFA, les confédérations veillent toutefois à préserver leur indépendance. Elles ont toutes libertés, par exemple, pour organiser à leur convenance les qualifications pour la Coupe du monde et pour mettre en place des calendriers spécifiques, malgré des tentatives d'harmonisation sans grande portée de la FIFA. Les cas africains et sud-américains sont significatifs. La Coupe d'Afrique des nations (CAN), par exemple, se dispute tous les deux ans en pleine saison européenne posant des problèmes pour les clubs employant des joueurs africains. La FIFA n'a pas autorité pour fixer ces calendriers, et seule la Confédération africaine maîtrise cette question.

Selon un comptage publié par la FIFA le 31 mai 2007, le football est pratiqué dans le monde par 270 millions de personnes dont 264,5 millions de joueurs (239,5 millions d'hommes et 26 millions de femmes). On compte environ 301 000 clubs pour 1 700 000 équipes et 840 000 arbitres. 113 000 joueurs évoluent sous statut professionnel. Ce dernier chiffre est à manier avec précaution car il existe des différences considérables entre les nations à propos de la définition d'un joueur professionnel. L'Allemagne est ainsi absente du classement des vingt premières nations à ce niveau tandis que d'autres nations, moins strictes dans la définition du statut professionnel, avancent des données artificiellement élevées.

Au niveau des nations, la Chine est en tête avec 26,166 millions de joueurs pratiquants. Derrière la Chine, on trouve les États-Unis (24,473 millions), l'Inde (20,588), l'Allemagne (16,309), le Brésil (13,198), le Mexique (8,480), l'Indonésie (7,094), le Nigeria (6,654), le Bangladesh (6,280), la Russie (5,803), l'Italie (4,980), le Japon (4,805), l'Afrique du Sud (4,540), la France (4,190) et l'Angleterre (4,164). Ces chiffres prennent en compte les licenciés et les pratiquants non licenciés. Concernant les joueurs licenciés, le tableau ci-dessous présente les données des douze fédérations nationales comptant le plus de joueurs licenciés. À noter qu'après la participation en finale de la Coupe du monde 2006 de l'équipe de France, le nombre des joueurs licenciés a dépassé le cap des 2 millions en France (2 020 634).

Le premier code de jeu date de 1848 : les Cambridge Rules. D'autres universités suivent l'exemple de Cambridge et édictent leurs propres règlements. Harrow met ainsi en place un code autorisant l'usage des mains qui donnera naissance au rugby et à ses déclinaisons, comme le football américain. Le football se base exclusivement sur les règles de Cambridge, qui s'imposent comme les plus simples. Cette notion de simplicité est fondatrice du football lui-même, comme l'indique clairement le sous-titre des règles de J.C. Thring qui affinent le règlement de Cambridge en 1862 : The Simplest Game (Le jeu le plus simple).

Quand la Football Association (FA) est fondée à Londres le 26 octobre 1863, John D. Cartwright est chargé de faire une synthèse des différentes règles en usage (Blackheath RC qui suivait les règles d'Harrow, était alors membre de la FA). Le 9 janvier 1864, le premier match disputé sous ses nouvelles 14 lois du jeu est joué. Elles sont assez floues, notamment dans les domaines du nombre de joueurs et des dimensions du terrain ou des buts car un accord n'a pas pu être trouvé sur ces points. Les équipes comptent alors de treize à quinze joueurs puis passent à onze progressivement, malgré les résistances de nombre d'équipes à la fin des années 1860. En 1867, quand la Surrey FA propose un match à onze contre onze au Cambridge University FC, ce dernier répond par courrier : « nous jouons au minimum à quinze par équipe et nous ne pouvons pas jouer avec moins de treize joueurs par équipe ». La loi 11 précise que l'usage des mains est interdit. De fait, il s'agit dans les grandes lignes de la reprise des Cambridge Rules et des règles de J.C. Thring, saluées par tous comme les plus simples.

Le 1er décembre 1863, le Sheffield FC demande son affiliation à la FA. Les clubs de Sheffield suivent alors un code de jeu particulier mais proche des Cambridge Rules et qui se joue à onze contre onze. Pendant plus d'une décennie, les deux codes coexistent et s'influencent tandis que certains clubs édictent des règlements internes stipulant que seul leur règlement interne est applicable. Cette situation très hétérogène n'empêche pas la FA de peaufiner son règlement. Le poste du gardien de but est ainsi créé en 1870. De même, entre 1867 et 1870, les règles de Sheffield connaissent quelques modifications comme l'abandon en 1868 du rouge (forme de points semblable au football australien, avec deux poteaux supplémentaires situés à 4 yards des buts). Les clubs de la région de Nottingham, qui avaient également un règlement inspiré des Cambridge Rules, adoptent les règles de la FA en 1867.

La FA Cup est fondée en 1871 sur le principe « une coupe, deux codes ». L'espoir de la FA est de pousser les clubs de Sheffield à adopter ses règles. C'est presque l'inverse qui se produit. En fait, les deux codes fusionnent en 1877. Depuis lors, les règles sont unifiées puis confiées à la garde de l'International Board, créé le 6 décembre 1882.

Le football met aux prises deux équipes de onze joueurs sur un terrain rectangulaire de 90 à 120 mètres de long sur 45 à 90 mètres de large. L'objectif est de faire pénétrer un ballon sphérique de 68 à 70 cm de circonférence pour un poids de 410 à 450 grammes dans un but long de 7,32 m sur 2,44 m de hauteur. Le but est considéré marqué quand le ballon a entièrement franchi la ligne de but tracée au sol entre les deux poteaux.

Le seul joueur autorisé à utiliser ses mains est le gardien de but dans sa surface de réparation. Dans cette même surface, une faute générant habituellement un coup franc direct est sanctionnée par un coup de pied de réparation (penalty). Ce dernier s'exécute sur un point situé à 11 mètres de la ligne de but. Outre les fautes de mains, les autres fautes concernent essentiellement les comportements antisportifs et les contacts entre les joueurs. Le tacle est autorisé, mais réglementé. Un tacle par derrière est ainsi sanctionné d'un carton rouge synonyme d'expulsion. En cas de faute moins grave, un carton jaune peut être donné par l'arbitre au joueur fautif. Si ce joueur écope d'un second carton jaune au cours d'une même partie, il est expulsé.

La règle du hors-jeu force les attaquants à ne pas se contenter d'attendre des ballons derrière la défense. Pour qu'un joueur soit en jeu, il faut qu'il y ait toujours au moins deux joueurs (généralement le gardien et un défenseur) entre lui et la ligne de but adverse. L'arbitre assistant signale avec un drapeau le hors-jeu qui se juge au départ de la balle, c'est-à-dire au moment où le passeur effectue sa passe, et pas à l'arrivée du ballon dans les pieds de l'attaquant.

Le match dure 90 minutes en deux mi-temps de 45 minutes entrecoupées d'une pause d'un quart d'heure. Lors de certains matches de coupe devant désigner un vainqueur ou un qualifié (on peut se qualifier en matches aller-retour sans nécessairement remporter le match retour), une prolongation de deux fois quinze minutes est disputée. Au terme de cette période, en cas d'égalité, les tirs au but départagent les deux formations.

Le football compte dix-sept « lois du jeu » régies par l'International Board. Le règlement est le même pour les professionnels et les amateurs, en senior ou chez les jeunes. La FIFA veille à l'application uniforme des mêmes lois du jeu partout dans le monde.

Très conservateur, l'International Board modifie rarement le règlement contrairement à nombre d'autres disciplines sportives. Depuis la création du Board, la plus importante réforme fut celle de 1925 qui porte de trois à deux le nombre de joueurs adverses devant se situer entre la ligne de but et celui qui reçoit une passe pour ne pas être hors-jeu. Cette réforme a d'importantes implications en termes de tactique. Signalons également les réformes liées au gardien de but avec l'interdiction des passes en retrait (1992) et de la limitation à l'usage des mains dans la seule surface de réparation (1912). D'autres évolutions importantes ont lieu en 1891 : elles concernent l'arbitre.

Sur le terrain, l'application du règlement est confiée à un corps arbitral qui se met en place définitivement en 1891. Un temps évoqué, le double arbitrage était en usage au début du jeu et un troisième arbitre, situé en tribune, prenait la décision en cas de conflit entre les deux arbitres principaux. Ce système s’avère inefficace et en 1891, le referee, jadis placé en tribune, est désormais positionné sur le terrain, tandis que la doublette d’arbitres (umpires) est mise sur les bords de touche (linesmen). L'arbitre central est rapidement doté de larges pouvoirs afin de diriger pleinement la partie. Avant ces réformes, les penalties n'existent pas et l'arbitre n'a pas le contrôle du temps de jeu. Depuis 1874, les umpires peuvent siffler des coups francs et expulser des joueurs. Avant cette date, les expulsions sont discutées avec les capitaines. Les cartons jaunes et rouges sont introduits en 1970 suite à un incident au cours du match de Coupe du monde Angleterre-Argentine en 1966. Expulsé, le capitaine argentin Antonio Rattín refuse de quitter le terrain prétextant ne pas comprendre l'arbitre allemand Rudolf Kreitlein ; l'affaire dure sept minutes. Pour éviter ce genre de problèmes, le Board met en place le système universel de cartons jaunes et rouges.

Le corps arbitral est aujourd'hui constitué d'un arbitre principal qui se déplace sur le terrain, ainsi que de deux arbitres assistants évoluant le long de chaque ligne de touche et munis de drapeaux. Dans le milieu professionnel, un quatrième arbitre est présent pour assurer un remplacement en cas de blessure de l'un des trois autres ; il sert également à signaler les changements de joueurs et à veiller au maintien de l'ordre dans les zones techniques (bancs des joueurs) et au bord du terrain. Au plus haut niveau, les arbitres subissent des tests physiques réguliers (test de Cooper, notamment).

Depuis la fin du XXe siècle, le recours à la vidéo est souvent évoqué pour remédier aux problèmes d’arbitrage. Ce système est toutefois très controversé, notamment car il n'est pas absolument fiable et n'est pas applicable à tous les niveaux du football, des juniors aux vétérans. Le 8 mars 2008, à l'occasion de sa 122e réunion annuelle, le Board suspend, jusqu'à nouvel ordre, les options technologiques après des essais peu concluants d'arbitrage vidéo testés au Japon et les difficultés techniques rencontrées par les équipes travaillant sur le contrôle de la ligne de but par des moyens électroniques. En revanche, le Board autorise la mise en place de tests avec deux arbitres assistants supplémentaires pour surveiller les surfaces de réparation.

Comme dans d'autres disciplines, l'arbitrage est confronté à des problèmes de corruption. Les derniers cas en date en Allemagne, en Belgique, en Italie et au Portugal ont notamment mis en lumière le rôle de certains clubs dans ces affaires mais aussi l'intervention de parieurs. Dans d'autres cas, des joueurs peuvent être également impliqués. Les sanctions (rétrogradation, titre annulé, points retirés et poursuites judiciaires des personnes impliquées) et les précautions (en Allemagne, l'arbitre est désormais désigné 48 heures avant la rencontre) n'empêchent pas la poursuite de ces pratiques. Aussi, de nombreuses voix appellent de leurs vœux la mise en place d'un véritable statut professionnel pour les arbitres.

Le statut des arbitres, professionnel ou pas, est un sujet récurrent des dernières années. La plupart des arbitres sont amateurs. La FIFA et son président Sepp Blatter militent pour l'arbitrage professionnel. Pour les matchs de haut niveau, les arbitres sont sous contrat avec leur fédération en Argentine, au Brésil, au Mexique et en France, liés à la Premier League en Angleterre, et sous une sorte de rapport contractuel en Italie.

La féminisation du corps arbitral débute avant la reconnaissance du football féminin. En France, on attend ainsi 1970 pour admettre des licenciées féminines à la FFF mais la première femme certifiée arbitre l'est dès le 10 novembre 1967 (Martine Giron, 21 ans). Depuis les années 1990, des femmes (Nelly Viénot, notamment, à partir du 23 avril 1996) accèdent au statut d'arbitre assistant en première division. En 2003, un premier match masculin de l'UEFA est arbitré par une femme, Nicole Petignat.

Réglementés par la Loi 4, les équipements des joueurs comprennent un maillot, un short, une paire de chaussettes, des protège-tibias et des chaussures. Le port des gants et des lunettes est autorisé. Les gardiens arborent parfois des casquettes quand ils font face au soleil. Ils doivent de plus porter un maillot de couleur différente.

Les équipes disposent de plusieurs jeux de maillots. Habituellement, une équipe évolue avec ses couleurs à domicile et doit s'adapter aux couleurs de l'adversaire en déplacement. L'échange des maillots en fin de partie est une tradition pour les matches importants.

Les premiers maillots sont des lainages assez épais. Ils s'allègent durant la première moitié du XXe siècle avec l'adoption de chemises en coton, puis, grâce aux fibres synthétiques à partir des années 1960, ils deviennent très légers. Polyester et polyamide sont principalement utilisés avec des systèmes d'évacuation de la transpiration.

Les chaussures sont à l'origine des chaussures montantes courantes auxquelles on fixait des crampons. Il faut attendre les années 1950, et les premières chaussures de football commercialisées par Adidas, pour voir l'apparition de chaussures modernes. Depuis les années 1990, les meilleures chaussures sont généralement en peau de kangourou avec semelle en plastique et crampons en aluminium.

Le ballon est codifié par la Loi 2. Ses dimensions sont fixées en 1872. Le ballon doit être sphérique, en cuir ou dans une autre matière adéquate, avoir une circonférence de 70 cm au plus et de 68 cm au moins, un poids de 450 g au plus et de 410 g au moins au début du match et une pression de 0,6 à 1,1 atmosphère (600 - 1 100 g/cm2). Ces dimensions sont plus réduites pour les ballons utilisés par les joueurs de moins de 13 ans. Depuis le 1er janvier 1996, seuls des ballons ayant passé les tests de la FIFA (Fifa Approved) sont utilisables en compétitions internationales organisées par la FIFA ou les confédérations continentales.

Les jeunes joueurs découvrent généralement le football dans la cour de récréation, dans la rue ou sur des terrains de fortune sur lesquels les buts sont simplement signalés par des cartables ou des blousons. L'étape de la découverte passée, l'intégration à un club de jeunes est nécessaire pour acquérir quelques fondamentaux. Dès cette période, les joueurs les plus prometteurs, techniquement ou physiquement, sont détectés et rejoignent des centres de formation (France), des Academy (Royaume-Uni) ou des clubs dits formateurs qui ont la charge de préparer les joueurs au métier de footballeur. Une minorité de joueurs atteint ce but et devient effectivement footballeur professionnel. La majorité n'est pas retenue pour passer pro et ces joueurs doivent se contenter d'évoluer au mieux en semi-professionnel.

Pratiquer le football implique une activité physique intense et prolongée. En 90 minutes, selon son poste, un joueur parcourt entre 6 et 11 km et perd en moyenne 2 kg. Les blessures, généralement aux chevilles et aux genoux, touchent tous les types de footballeurs, professionnels ou amateurs, jeunes ou vieux. La mort subite, en match ou à l'entraînement, est également un phénomène touchant tous les niveaux. Les cas sont rares mais posent la question des limites physiques des joueurs avec en toile de fond l'éternel débat sur le calendrier, trop chargé. Un sportif ne peut pas être à 100 % sur l'ensemble d'une saison, et la gestion du calendrier fait partie du jeu.

Le dopage est présent de longue date dans le football. De très forts soupçons planent ainsi sur l'équipe d'Allemagne de 1954 qui remporte la Coupe du monde. L'enquête lave finalement la Mannschaft qui n'aurait procédé qu'à des piqûres de glucose. La position des instances qui affichent en façade leur volonté de lutter contre ce fléau est assez ambiguë. La FIFA refuse ainsi longtemps de confier à l'Agence mondiale antidopage (AMA) la gestion de cette question. Un accord est trouvé en juin 2006 avec le CIO qui demandait à toutes les fédérations internationales de parapher le code mondial antidopage. La FIFA conserve toutefois son autorité en matière de suspension.

Mis à part le baseball, le football est le sport collectif le plus sujet à des surprises sur un match. De la victoire inattendue de West Bromwich Albion FC face à l'« Invincible » Preston North End en finale de la FA Cup 1888 à l'élimination de l'Olympique de Marseille par les amateurs de l'USJA Carquefou en Coupe de France 2007-08, l'histoire du football est marquée par de nombreux résultats étonnants. Comme le dit un adage sportif particulièrement adapté au football : « sur un match, tout est possible ». Cette possibilité laissée aux « petits » de triompher des « grands » est l'un des attraits du football.

Les premiers joueurs sont principalement des étudiants. Gentlemen et ouvriers constituent la deuxième vague. On retrouve cette même évolution en-dehors des îles Britanniques dans de nombreux pays. Les joueurs gardent le contrôle du jeu à ses débuts, puis les dirigeants prennent l'ascendant au niveau professionnel comme amateur. Commence alors la longue période de l'« esclavage » avec des joueurs liés à vie à leurs clubs et transférables selon le bon vouloir des dirigeants qui s'arrangent pour tirer les salaires vers le bas. Pour l'exemple, après quinze ans de carrière, l'international français Thadée Cisowski ne touche que 400 francs par mois en 1961, soit environ 30% de plus que le SMIC. Des syndicats de joueurs se forment pourtant dès le début du XXe siècle au Royaume-Uni, mais ces derniers ne parviennent pas à peser réellement sur ces problèmes. La situation change dans les années 1960 avec la constitution de syndicats modernes, comme l'Union nationale des footballeurs professionnels (UNFP) en France. Ces derniers militent pour une hausse des salaires, la mise en place du contrat à temps ne liant plus à vie le joueur et le club et une amélioration des conditions de retraite. Les clubs et autres organismes dirigeants ne prennent pas au sérieux ces revendications, puis doivent céder. Le contrat à temps est ainsi adopté en France en 1969. Le combat est mené conjointement en Angleterre depuis 1961. Le syndicat des joueurs anglais obtient quelques avantages financiers mais les clubs refusent d'accorder la formule du contrat à temps. Billy Bremner publie un texte fameux au début du printemps 1974 resté sous le nom de « L'esclave blanc » : « Il n'y a pas de raison de faire de discrimination entre les hommes et les footballeurs ». Le gouvernement anglais intervient dans la foulée (avril 1974) en dépêchant des observateurs à Paris auprès de la FFF, de la Ligue et de l'UNFP pour évaluer le système du contrat à temps. Il faut toutefois attendre 1978 pour voir l'Angleterre adopter le contrat à temps. Ce type de contrat se généralise ensuite. Les nations de l'Europe de l’Est conservent ainsi les droits sur leurs joueurs à vie jusqu'à la chute du système communiste. Des lois interdisaient même tous transferts de joueurs à l'étranger ou limitaient cette possibilité, comme en Yougoslavie pendant les années 1980, aux joueurs de plus de 27 ans.

Depuis les années 1970, les « esclaves » se sont progressivement transformés en « mercenaires ». Conseillés par des agents, ils jouent désormais avec les lois de l'offre et la demande pour tirer les salaires vers le haut. Au milieu des années 1980, les salaires des footballeurs restent encore en retrait par rapport à d'autres disciplines comme la Formule 1, le basket-ball américain, la boxe, le golf et le tennis notamment. Diego Maradona ne reçoit que l'équivalent de 7,5 millions de francs français par saison à Naples tandis que le boxeur Larry Holmes perçoit plus de 45 millions sur la seule année 1984. Au classement des sportifs les mieux rémunérés en 2006, Sports Illustrated place Ronaldinho en tête du classement des footballeurs avec 32,7 millions de dollars de revenus, au même niveau que le joueur de tennis Roger Federer (31,3 millions), mais loin derrière le golfeur Tiger Woods (111,9 millions).

La profession d'agent de joueur est réglementée en France depuis 1992 par la loi et au niveau mondial par la FIFA depuis 1995 après de nombreux abus constatés. Le mouvement s'amplifie avec l'adoption de l'arrêt Bosman du 15 décembre 1995 qui abolit les frontières dans la Communauté européenne. Avant cet arrêt, le nombre des joueurs étrangers évoluant en club est fixé par les ligues et les fédérations, entre zéro et trois, selon les pays et les époques. Début 2008, on comptait dans les principaux championnats de football : 351 joueurs étrangers en Premier League (62,7 % des effectifs professionnels), 263 en Bundesliga (53,2 %), 182 en Russie (46 %), 231 en Serie A (41,5 %), 213 en Ligue 1 (39 %) et 191 en Liga (37,1 %).

Les transferts ont toujours existé dans le football et leur prix augmente rapidement. Le Britannique Alf Common est le premier joueur transféré pour 1000£ (1905). Le record actuel est détenu par le transfert de Zinedine Zidane de la Juventus vers le Real Madrid en 2001 pour 76 millions d'euros. La période des transferts est harmonisée depuis 1997 à deux périodes dans l'année : l'intersaison (deux mois en Europe du 1er juillet au 31 août) et à mi-saison (du 1er janvier au 31 janvier). Le règlement de 1997 prévoit également de rémunérer les clubs formateurs, jusque-là totalement oubliés.

L'entraîneur apparaît vers la fin du XIXe siècle en Grande-Bretagne. Il remplace alors le capitaine dans nombre de ses fonctions, de la sélection des joueurs à la direction des séances d'entraînement. De nombreux joueurs deviennent entraîneur ; toutefois, le statut d'entraîneur est encadré dans certains pays par des obligations de diplômes. Ces diplômes et formations spécifiques apparaissent en France dès les années 1920, mais ils ne deviennent incontournables qu'au début des années 1970 sous la pression de Georges Boulogne, notamment. L'entraîneur peut de plus cumuler des fonctions sportives et administratives. On l'appelle alors manager. C'est le statut normal de la majorité des entraîneurs officiant en Angleterre tandis que dans les pays latins, les dirigeants gardent la main sur les aspects administratifs. Certains dirigeants n'hésitent d'ailleurs pas à intervenir dans les choix techniques, du recrutement à la composition d'équipe en passant par les options tactiques.

Après la demi-finale de Coupe du monde 1958 qui voit l'équipe de France terminer le match avec neuf joueurs valides face au Brésil, le remplacement d'un joueur est autorisé. Un second remplacement (1976) puis un troisième (1995) sont ensuite autorisés. À l'origine, un seul remplaçant polyvalent était disponible pour effectuer l'unique remplacement. On passe logiquement à deux joueurs sur le banc en 1976 puis à un maximum de sept (1996) dans les compétitions internationales et certaines compétitions nationales. Le nombre des remplacements est libre en match amical après accord entre les deux équipes, puis est limité à six maximum en 2005 pour les matches amicaux internationaux entre sélections nationales.

Des années 1880 à 1925, la pièce essentielle d'une équipe est son avant-centre qui constitue la pointe d'une formation où figurent cinq attaquants, trois milieux et deux défenseurs. Les attaquants doivent être puissants car le hors-jeu est signifié si moins de trois joueurs se trouvent entre la ligne de but adverse et celui qui reçoit une passe. Le passage de trois à deux joueurs pour un hors-jeu change en profondeur le jeu. On passe de 4 700 buts marqués par saison dans les deux divisions de League anglaise à 6 373 dès l'entrée en application de cette modification. L'entraîneur Herbert Chapman met au point une tactique innovante, dite en « WM », c'est-à-dire trois défenseurs, deux milieux, deux inters (milieux offensifs) et trois attaquants. Les quatre joueurs du milieu de terrain constituent le carré magique, marquant la montée en puissance du poste de milieu offensif (ou inter) dont le rôle est d'alimenter l'avant-centre en ballons.

Le WM règne en maître absolu jusqu'en 1953 et la fameuse défaite des Anglais à domicile face aux Hongrois, qui évoluent déjà en 4-2-4. Avant le triomphe des 4-2-4, 4-3-3 et autres 4-4-2, les Suisses, les Français et les Italiens mettent au point des tactiques basées sur la défense : le « verrou suisse » (ou « verrou Rappan » du nom de l'entraîneur-joueur autrichien qui met en place ce système au Servette de Genève en 1932), le « béton » (initié par Robert Accard au début des années 1930 au Stade français et pratiqué notamment par Charleville en 1936) et le « Catenaccio ». Ces tactiques sont notamment affinées après la Seconde Guerre mondiale par Helenio Herrera et déclinées dans de nombreux pays, donnant par exemple naissance au « Riegel » en Allemagne. L'innovation principale de ce dispositif tactique est la création du poste de libéro nommé verrouilleur ou bétonneur à l'origine. Il se place derrière la ligne de défense, généralement de trois puis quatre joueurs, et a pour tâche de colmater les brèches.

En 1958, l'équipe du Brésil remporte sa première Coupe du monde en s'appuyant sur un effectif hors norme et un dispositif tactique en 4-2-4. C'est une forme de compromis entre les stratégies offensives et défensives. Nouvelle évolution tactique des Brésiliens en 1962, avec un dispositif en 4-3-3, où l'ailier gauche, Mario Zagallo, est reconverti en milieu de terrain. Ces tactiques plutôt offensives se retrouvent toutefois à la peine face à des formations très rigoureuses, telles que l'Inter Milan en Europe ou le Peñarol en Amérique du Sud. L'Allemagne échoue aussi de peu en Coupes du monde 1966 et 1970 en pratiquant un béton très strict.

La disposition tactique n'est rien sans animation du jeu. La vitesse tient ici un rôle prépondérant. Sur le principe du passing, Bill Shankly à Liverpool FC et José Arribas au FC Nantes (jeu à la nantaise) développent une animation de jeu très rapide dès le début des années 1960, générant d'inévitables erreurs. Ces dernières doivent être compensées par un collectif soudé, ne rechignant pas à effectuer des tâches défensives ou offensives, selon les besoins de l'équipe. C'est le « football total » prôné par Rinus Michels à l'Ajax Amsterdam au début des années 1970.

Par convention, on attribue un style physique au football du Nord de l'Europe et un style plus technique aux Latins. C'est un cliché, mais cette opposition presque philosophique entre le réalisme et le spectacle marque durablement les débats stratégiques. Ainsi, le jeu du Stade de Reims développé dès la fin des années 1940 et qui enchante les foules françaises et européennes jusqu'à la fin des années 1950, est taxé de « latin » car il est axé sur la technique et le jeu de passes. Gabriel Hanot détestait le « petit jeu » des Rémois lui préférant un jeu plus physique, « à la Britannique ». La presse spécialisée française se déchire dans ces débats jusqu'au début des années 1970. L'Équipe et France Football étaient partisans de l'efficacité ; Miroir du football défendait le football spectacle.

Le football moderne est plutôt réaliste en s'appuyant avant tout sur une solide assise défensive. On assiste à la mise en place de dispositifs en 5-3-2, 4-5-1 et 5-4-1 avec des joueurs de couloirs remplaçant les ailiers d'autrefois.

Tout au long de son histoire, le football a compté un grand nombre de joueurs d’exception. Il n’est pas possible de les citer tous ici, on se reportera à Catégorie:Footballeur par nationalité pour en avoir une liste plus complète. Parmi ces joueurs emblématiques, ce chapitre distingue quelques joueurs qui possèdent le meilleur palmarès en termes de nombre de sélections et de titres remportés en club ou avec une sélection nationale. Par leur activité, ils couvrent la période 1894-2008. Le football possède ses héros depuis la fin du XIXe siècle. Certains de ces joueurs sont aujourd'hui tombés dans l'oubli, mais ils furent pourtant salués en leurs temps comme les plus brillants pratiquants du jeu. Le FIFA 100, liste des 125 plus grands footballeurs vivants dressée par l'ancien international brésilien Pelé, ne s'intéresse pas à ces grands anciens. Certaines nations honorent leurs anciens, comme l'Angleterre qui a mis en place en 2002 l'English Football Hall of Fame.

Chez les gardiens de but, l'Espagnol Ricardo Zamora (1901-1978) et l'Autrichien Rudi Hiden (1909-1973) sont considérés comme les meilleurs portiers des années 1930. Le Russe Lev Yachine (1929-1990), l'Anglais Gordon Banks (1937-) et l'Italien Dino Zoff (1942-) s'imposent après la Seconde Guerre mondiale.

L'Autrichien Gerhard Hanappi (1929-1980), l'Allemand Franz Beckenbauer (1945-) et l'Italien Franco Baresi (1960-) sont emblématiques des systèmes défensifs qu'ils pratiquèrent avec intelligence, tandis qu'au milieu de terrain l'Uruguayen José Andrade (1901-1957), l'Italien Giovanni Rivera (1943-), le Néerlandais Johan Cruijff (1947-), l'Argentin Diego Maradona (1960-) et les Français Raymond Kopa (1931-), Michel Platini (1955-) et Zinedine Zidane (1972-) allièrent au mieux créativité, technique et efficacité.

Chez les attaquants, le Gallois Billy Meredith (1874-1958), l'Autrichien Matthias Sindelar (1903-1939), l'Uruguayen Pedro Petrone (1905-1964), les Italiens Giuseppe Meazza (1910-1979) et Silvio Piola (1913-1996), les Brésiliens Leônidas da Silva (1913-2004), Garrincha (1933-1983) et Pelé (1940-), les Français Larbi Benbarek (années 1910-1992) et Just Fontaine (1933-), l'Anglais Stanley Matthews (1915-2000), les Argentins Ángel Labruna (1918-1983) et Alfredo Di Stefano (1926-), les Hongrois Ferenc Puskás (1927-2006) et Sándor Kocsis (1929-1979), les Allemands Uwe Seeler (1936-) et Gerd Müller (1945-), le Portugais Eusébio (1942-) et le Néerlandais Marco van Basten (1964-) furent parmi les plus efficaces. Le joueur ayant inscrit le plus grand nombre de buts en match officiel est l'Autrichien Josef Bican (1913-2001) (804) devant les Brésiliens Romário (1966-) (771) et Pelé (765). Les deux joueurs brésiliens fêtèrent pourtant en grande pompe leur 1000e but, en prenant aussi en compte les buts inscrits en match amical en club.

Chaque année, plusieurs titres de meilleurs joueurs sont décernés. Les plus prestigieux de ces honneurs sont le Ballon d'or France Football, créé en 1956, le Joueur FIFA de l'année (depuis 1991), le Ballon d'or africain (depuis 1970) et le Meilleur joueur sud-américain de l'année (depuis 1971).

Avant l'émergence des premières compétitions officielles, le calendrier des clubs est uniquement constitué de matches amicaux. Aujourd'hui ce type de rencontres encore très prisé jusqu'aux années 1960 est devenu anecdotique. Elles ont dû s'effacer devant la multiplication des épreuves. Pourtant, en 1871, certains clubs anglais furent dans l'impossibilité de s'inscrire à la première édition de la FA Cup ; leurs calendriers étaient déjà complets. À la recherche de stabilité, les clubs anglais mettent en place un premier championnat en 1888-1889. Les deux éléments de base du calendrier sont en place : le championnat et la coupe.

La plupart des pays comptent en effet deux types de compétitions : le championnat national, qui constitue la compétition nationale majeure, et la ou les coupes nationales dont le nombre varie suivant les pays. En Angleterre, Espagne et France, notamment, la Coupe nationale a vu le jour avant le championnat. Aussi, la FA Cup, la Copa del Rey ou la Coupe Charles Simon, possèdent une aura particulière. En revanche, la Coppa Italia qui est créée après l'émergence du championnat de Série A n'est pas une compétition très prisée par les tifosi et les clubs italiens. En Amérique du Sud, l'idée de coupes nationales est très peu répandue. Il existe également des coupes dites de la Ligue, rassemblant dans certains pays les seuls clubs professionnels. C'est l'Écosse qui introduit cette innovation en 1947 (Scotland League Cup).

Les championnats restent les juges de paix car ils permettent d'évaluer la valeur d'un club sur une saison complète. Certains clubs irréguliers qui peuvent exceller en coupes remportent difficilement des titres de champion, et inversement. Des clubs réguliers peuvent peiner face aux joutes particulières qu'impliquent des matches de coupe, au terme desquels un des deux protagonistes est définitivement écarté de la compétition.

Le champion est généralement désigné à la fin de la saison en additionnant les points remportés tout au long de la saison. Jadis, une victoire rapportait deux points, un match nul un point et une défaite aucun point. Depuis les années 1980, les championnats ont progressivement adopté le système de la victoire à trois points pour donner une prime à la prise de risque. Certains championnats ne s'achèvent pas au terme de la saison dite régulière. Le champion est alors désigné après des play-offs impliquant les clubs les mieux classés. Ce système typique des sports américains est rare en football, mais il est par exemple en usage aux États-Unis. En 2008-2009, le championnat de Belgique adopte le système des play-offs avec une élite passant de 18 à 16 clubs.

Autre différence majeure avec le système classique américain, la possibilité de monter et de descendre de division. Quand la Division 2 anglaise est créée en 1892, les clubs de l'élite refusent tout d'abord de renoncer au privilège d'évoluer en Division 1. Small Heath, champion de D2 en 1892-93, n'est ainsi pas promu en D1. Le système dit de promotion/relégation automatique est mis en place en 1899 après une période de transition avec match de barrages entre les premiers de D2 et les derniers de D1. La League reste toutefois longtemps hostile à toutes promotions automatiques avec les ligues dites « Non-League » (en-dehors de la League). Un vote des clubs professionnels détermine alors le sort du dernier de la dernière division de la League et décide de le remplacer ou pas par le champion du championnat semi-professionnel. En 1986, la League accepte la création d'un système de promotion/relégation automatique avec la Conférence (niveau D5). La France effectue cette évolution dès 1970 avec la mise en place d'un système pyramidal des championnats après avoir utilisé le système de ligue professionnelle fermée de 1932 à 1970. Quelques clubs amateurs deviennent professionnels au cours de cette période, mais ces promotions n'avaient rien à voir avec les résultats enregistrés sur le terrain. À la recherche de grandes villes pour héberger des clubs professionnels, la Ligue essuya même des refus de certains clubs et municipalités, Dijon au premier chef. Dans quelques rares pays comme les États-Unis, il n'existe pas de système de promotion/relégation (automatique ou pas) entre les différents niveaux.

Contrairement au modèle anglais, les championnats sont généralement créés sur des bases régionales avec des play-offs opposant les différents champions régionaux en fin de saison afin de désigner un champion national. Ce système reste notamment en usage en France de 1894 à 1919, aux Pays-Bas de 1897 à 1956, en Italie de 1898 à 1929, et en Allemagne jusqu'en 1963, date de création de la Bundesliga.

Dans nombre de pays d'Amérique latine, les championnats se tiennent selon la formule d'ouverture et de clôture sacrant deux champions chaque année. Au Brésil, en revanche, les compétitions se tiennent sans ce doublon. Le championnat national est relativement récent (1971) et les championnats d'État qui se disputent durant les premiers mois de l'année gardent une aura importante. Contrairement aux pays sud-américains, le Brésil dispose d'une coupe nationale, la Copa do Brasil, créée en 1989.

Les premières compétitions internationales inter-clubs sont des tournois se tenant généralement pendant les fêtes de Pâques ou de fin d'année. Citons ici l'un des plus anciens, le Challenge international du Nord qui oppose chaque année des clubs français et belges principalement entre 1898 et 1914. Les tournois de ce type sont très nombreux. Certains d'entre eux restent dans les mémoires en raison du plateau d'équipes présentes. C'est notamment le cas de la Coupe des Nations 1930 jouée à Genève (Suisse) et le Tournoi international de l'Exposition Universelle de Paris 1937 qui rassemblent les principaux clubs du Vieux Continent.

Le lien entre ces tournois et les compétitions continentales actuelles est assuré en Europe par la mise en place d'épreuves internationales régionales. Les clubs de l'Europe centrale s'affrontent ainsi chaque année depuis 1927 dans la Coupe Mitropa tandis que la Coupe Latine (1949-1957) implique les champions d'Italie, d'Espagne, du Portugal et de France.

Le développement du transport aérien et l'installation de systèmes d'éclairage pour les matches en nocturne, joués en semaine, rendent possible la création des compétitions continentales modernes. La Coupe des Clubs Champions Européens (actuelle Ligue des Champions de l'UEFA) est initiée à Paris par le quotidien sportif L'Équipe. La première édition a lieu en 1955-56. Jadis réservée aux seuls champions nationaux, la « C1 » connaît une mutation progressive durant les années 1990 pour s'ouvrir à certains vice-champions et même les troisièmes et quatrièmes des meilleures nations. Les Coefficients UEFA qui prennent en compte les résultats cumulés sur les cinq dernières saisons servent à établir une hiérarchie objective attribuant aux nations un certain nombre de clubs participants. Outre la Ligue des Champions, la Coupe d'Europe des vainqueurs de coupe (ex C2), la Coupe UEFA (ex-Coupe des villes de foires) (C3), la Coupe Intertoto et la Supercoupe de l'UEFA sont les autres épreuves organisées par l'UEFA.

Sur le modèle européen, les autres confédérations se dotent de compétitions similaires telles la Copa Libertadores (depuis 1960) en Amérique du Sud, la Ligue des Champions de la CAF (depuis 1964) en Afrique ou la Ligue des Champions de l'AFC (depuis 1967) en Asie. Les vainqueurs de la C1 européenne et de la Copa Libertadores se rencontrent entre 1960 et 2004 pour la Coupe Intercontinentale. Afin d'ouvrir les autres continents à ces épreuves inter-clubs du plus haut-niveau, la FIFA met en place, non sans mal, une Coupe du monde des clubs. Une première édition se tient en 2000, puis l'épreuve devient annuelle en 2005.

Le British Home Championship (1883-1984) est la première compétition opposant des équipes nationales. Le projet d'une Coupe du monde figure dans les projets de la FIFA depuis sa création en 1904. Elle voit finalement le jour en 1930, sous la pression de la montée en puissance du tournoi olympique de football. Avec la professionnalisation du football en-dehors des îles Britanniques dès les années 1920-1930, les équipes nationales présentes aux Jeux ne sont plus les équipes A, mais des sélections olympiques comptant uniquement des joueurs amateurs. Les nations de l'est, officiellement amateurs, dominent les tournois olympiques après la Seconde Guerre mondiale. En 1992 le CIO autorise les professionnels à s'aligner aux Jeux mais la FIFA refuse d'y envoyer les équipes A. Les équipes en présence sont les espoirs (moins de 21 ans au début de la phase éliminatoire, plus d'un an avant les JO ; le CIO nomme ces formations de « moins de 23 ans ») renforcés par trois joueurs de plus de 23 ans. Certaines sélections n'utilisent pas cette dernière option et se contentent d'envoyer aux Jeux leurs équipes espoirs.

La Coupe du monde, qui se tient tous les quatre ans, est la compétition phare du calendrier. Elle est créée par Jules Rimet, alors président de la FIFA. 32 sélections nationales prennent part à la phase finale dont la prochaine édition est programmée en 2010 en Afrique du Sud. Elles sont qualifiées au terme de phases qualificatives du ressort des confédérations qui se tiennent durant les deux saisons précédant la phase finale. Avant l'édition de 2010, sept sélections ont remporté au moins une fois la Coupe du monde : le Brésil (5 fois), l'Italie (4), l'Allemagne (3), l'Argentine (2), l'Uruguay (2), l'Angleterre (1) et la France (1).

Les confédérations organisent également des épreuves continentales : Championnat d'Europe des nations, Coupe d'Afrique des nations, Gold Cup, Coupe d'Asie des nations et Copa América.

Créée en 1992, la Coupe des Confédérations a lieu tous les quatre ans depuis 2005. Elle oppose le vainqueur de la Coupe du monde en titre et le vainqueur de la Coupe continentale de chaque confédération.

Ce schéma est valable pour les seniors masculins, mais il existe le même type d'organisation pour les catégories de jeunes (coupe du monde de football des moins de 20 ans, notamment) et les féminines.

Les femmes jouent au football depuis la fin du XIXe siècle en Angleterre et en Écosse. La France met en place le premier championnat national juste après la Première Guerre mondiale. Les recettes sont telles que les joueuses sont rémunérées via la pratique de l'amateurisme marron. Le tir de barrage contre la pratique du football par les femmes s'intensifie et le décès d'une joueuse, Miss C.V. Richards, en plein match en 1926 renforce les tenants de l'interdiction. Henri Desgranges (L'Auto) est plus radical encore dès 1925 : « Que les jeunes filles fassent du sport entre elles, dans un terrain rigoureusement clos, inaccessible au public : oui d'accord. Mais qu'elles se donnent en spectacle, à certains jours de fêtes, où sera convié le public, qu'elles osent même courir après un ballon dans une prairie qui n'est pas entourée de murs épais, voilà qui est intolérable ! ». Les instances masculines refusent déjà d'admettre depuis le début des années 1920 des licenciées féminines et elles doivent s'organiser en fédération indépendante des deux côtés de la Manche. Le championnat de France de football féminin, où brilla notamment le Fémina Sport, s'arrête en 1933. Pourtant favorable au sport féminin, le Régime de Vichy « interdit rigoureusement » la pratique dans l'Hexagone en 1941. Le football est jugé « nocif pour les femmes ».

Presque anecdotique, la pratique perdure après la Seconde Guerre mondiale mais il faut attendre la seconde moitié des années 1960 pour assister au renouveau du football féminin : en 1969-1970, les fédérations anglaise, française et allemande reconnaissent ainsi le football féminin. On recense 2 170 licenciées à la FFF pour la saison 1970-71, puis 4 900 la saison suivante.

Au niveau international, une première Coupe d'Europe est organisée en 1969. Elle met aux prises l'Angleterre, le Danemark, la France et l'Italie. Le football féminin n'étant pas reconnu officiellement par la FIFA et l'UEFA, cette compétition est « non officielle ».

Au niveau mondial, la première Coupe du monde est jouée dès juillet 1970. C'est encore une compétition « non officielle ». Après de multiples organisations de ce type, l'UEFA (1984) puis la FIFA (1991) conviennent qu'il faut mettre en place des compétitions « officielles », Coupe du monde de football féminin et Championnat d'Europe de football féminin notamment.

Suite au renouveau du football féminin qui débute à la fin des années 1960, cette discipline peut organiser des compétitions calquées sur le modèle masculin avec des championnats nationaux, des épreuves internationales de clubs et d'équipes nationales. En Europe, ce mouvement est encadré par les fédérations nationales tandis qu'aux États-Unis, c'est le sport scolaire et universitaire qui rend possible cette évolution. L'adoption le 23 juin 1972 du Title IX permettant de financer le sport féminin scolaire et universitaire américain est déterminant ; le football féminin en profite pleinement même si la pratique à haut niveau se limite seulement à quelques universités, North Carolina Tar Heels au premier chef. Disposant d'une base de joueuses considérable de plusieurs millions de pratiquantes (plus que toutes les nations de l'UEFA réunies), il est logique de voir émerger une équipe nationale américaine de premier plan qui remporte deux Coupes du monde en 1991 et 1999 et deux médailles d'or et une d'argent lors des trois tournois olympiques (1996-2004). Contrairement à sa version masculine, le tournoi olympique féminin met en présence les meilleures formations, sans conditions d'âge et s'impose dès sa première édition en 1996 comme l'un des rendez-vous majeurs du calendrier.

L'Europe et l'Amérique du Sud ne restent pas inactives, mais décident d'appliquer les mêmes schémas que ceux suivis par les pratiquants masculins. Les fédérations mettent ainsi en place des compétitions nationales dont le niveau s'élève progressivement, puis intègrent à leurs sélections nationales une composante féminine. La Norvège, vainqueur de la Coupe du monde 1995 et deux fois championne d'Europe en 1987 et 1993, et l'Allemagne, quatre fois championne d'Europe de 1989 à 1997, en s'appuyant sur des bases de joueuses plus nombreuses, dominent la fin du XXe siècle. La Norvège connaît ensuite un net recul dans la hiérarchie suite à la montée en puissance d'autres nations comme l'Angleterre, la Suède ou la France en Europe, le Brésil en Amérique du Sud et la Chine en Asie, tandis que l'Allemagne s'impose comme référence mondiale en remportant les Coupes du monde 2003 et 2007 et deux nouveaux titres européens en 2001 et 2005. La FIFA publie quatre fois par an un classement des meilleures équipes nationales de football féminin, et ce classement est dominé par les États-Unis et l'Allemagne.

Au niveau des clubs, des intérêts privés américains organisent le premier championnat professionnel féminin en 2001 : la Women's United Soccer Association (WUSA). Huit franchises rassemblant les meilleures joueuses du monde, et pas seulement américaines, s'affrontent pendant trois saisons. À la fin de l'édition 2003, la Ligue cesse ses activités en raison d'importants déficits financiers. Depuis lors, les meilleures compétitions de clubs se disputent en Allemagne, en Suède ou en Angleterre, où les joueuses évoluent comme semi-professionnelles. En France, le statut de joueur fédéral (semi-professionnel), pourtant possible pour des joueurs masculins évoluant jusqu'en Division d'Honneur (D6), n'est pas autorisé pour les joueuses, mêmes internationales. L'Olympique lyonnais a toutefois mis sur pieds une équipe féminine fanion semi-professionnelle depuis l'incorporation de la section féminine du FC Lyon au sein de l'OL en 2004. De même, les médias français ne donnent que peu d'espace au football féminin, tandis que les clubs de l'Hexagone traînent des pieds pour mettre en place des équipes féminines. En Allemagne, la situation est toute différente. La Fédération allemande annonce ainsi en avril 2008 avoir dépassé le cap du million de licenciées féminines ; en France, on ne compte que 60 521 licenciées féminines au 1er juillet 2007. Sur les 301 000 clubs recensés dans le monde par la FIFA, 26 000 comptent au moins une équipe féminine.

Les meilleurs clubs européens se rencontrent chaque saison depuis la saison 2001-2002 en Coupe UEFA féminine. Les clubs allemands et suédois dominent les palmarès, mais la section féminine d'Arsenal FC (Angleterre) est tenante du trophée. Il existe également des tournois internationaux mettant en présence les meilleures sélections nationales comme l'Algarve Cup qui se dispute chaque année au Portugal depuis 1994.

Les terrains de cricket restant déserts pendant l'hiver, ils sont utilisés au début de l'histoire du jeu. Ceux qui peuvent disposer d'installations de cricket comprenant également des vestiaires et des tribunes sont toutefois minoritaires. Il faut le plus souvent se contenter de jouer sur un terrain plus ou moins bien tracé et de se changer au café du coin. Certains matches drainent toutefois très vite une affluence certaine, et les premières tentatives d'entrées payantes se font en Angleterre dès les années 1860. Sur le continent européen, les vélodromes jouent le rôle des terrains de cricket au Royaume-Uni.

Passé l'étape du simple pavillon destiné à accueillir les membres du bureau et leurs invités puis l'installation de praticables couverts ou pas autour du terrain pour les autres spectateurs, les premiers stades sont principalement en bois, mais les dimensions des tribunes, toujours plus imposantes, nécessitent bien vite le recours à une armature métallique. Parmi les principaux architectes initiant cette évolution, citons l'emblématique Archibald Leitch qui opère de 1904 à 1939.

Après la Seconde Guerre mondiale, les stades connaissent de nombreuses révolutions, du toit cantilever (sans poteaux de soutien au milieu des tribunes) à la construction de systèmes d'éclairage pour les matches en nocturne. Les premières expériences de matches joués à la lumière des projecteurs datent de 1878, mais ce type de rencontres, interdit en Angleterre de 1930 à 1950, reste marginal jusqu'après la Seconde Guerre mondiale. L'éclairage est seulement de quelques centaines de lux, mais la télévision exige au moins 800 lux pour filmer correctement les rencontres. Cette demande pressante de la télévision et les progrès réalisés au niveau des systèmes d'éclairage permettent désormais aux meilleurs stades de disposer d'au moins 1 500 lux.

Le terrain de jeu connaît également des changements avec la mise en place de systèmes de chauffage pour éviter le gel du terrain ou même l'adoption de surfaces de jeu plus ou moins artificielles. La pelouse naturelle reste toujours la plus courante. Quelques clubs anglais installent des revêtements totalement artificiels comme QPR, Luton, Preston et Oldham dans les années 1980, mais la FA freine ces expériences sans toutefois parvenir à les interdire. Même remarque au niveau de la FIFA qui ne recommande pas cette surface mais qui ne l'interdit pas. En revanche, ce type de revêtement reste longtemps proscrit par la FIFA en phase finale de Coupe du monde. Lors de la Coupe du monde 1994 disputée aux États-Unis, les stades ont dû tous être dotés de pelouse naturelle, Pontiac Silverdome à Détroit (Michigan) et Giants Stadium (New Jersey) au premier chef. Suite aux modifications des tests de certification de la FIFA (2001), il est désormais possible d'utiliser un terrain artificiel en phase finale de Coupe du monde. Toutefois, jamais le cas ne s'est produit. Pourtant équipé depuis 2002 d'une pelouse artificielle certifiée par la FIFA, le Stade Loujniki de Moscou est équipé d'une pelouse naturelle pour accueillir la finale de la Ligue des Champions de l'UEFA 2007-2008.

Le confort et la sécurité des spectateurs restent longtemps une notion anecdotique pour les architectes et les dirigeants, qui cherchent seulement à rentabiliser au maximum leurs enceintes. Malgré la multiplication des drames et accidents, les autorités prennent tardivement conscience de ce problème. L'UEFA réagit après le drame du Heysel (1985), mais le football anglais, pourtant concerné au premier chef par les morts du Heysel, ne modifie sa politique qu'après le drame de Sheffield (1989) avec la mise en application du « Rapport Taylor », bannissant notamment les places debout en Angleterre. L'Allemagne, qui s'était refusée à diffuser en direct les événements du Heysel, lance une réflexion de fond sur ces problèmes à cette période. Elle donne ses fruits à l'occasion de la Coupe du monde 2006, avec des enceintes intégrant pleinement les besoins de confort et de sécurité. À noter le maintien d'une tribune avec des places debout au Signal Iduna Park de Dortmund : la fameuse Südtribüne qui, avec ses 25 000 places debout, est la plus importante tribune d'Europe. Ce maintien fut négocié par les supporters. Le fameux « Kop » d'Anfield (Liverpool) n'eut pas cette chance. Conçue en 1906 pour accueillir 30 000 spectateurs, la capacité de cette tribune est réduite une première fois en 1970 à 25 000 places suite à un incident lors d'un match européen entre Liverpool FC et l'Ajax Amsterdam en décembre 1966 : les secours avaient été incapables de se déplacer en tribune. La dernière partie avec des spectateurs debout se joue le 1er mai 1994 devant 16 480 kopites. Depuis lors, le Kop compte 12 277 places assises.

Les pays latins restent étrangement à l'écart de ces débats. Même le drame de Furiani (1992) ne provoque pas en France de prise de conscience, et aujourd'hui encore, nombre d'enceintes utilisées par les professionnels ne répondent pas aux critères minimum de sécurité. Les troubles de la saison 2006-2007 en Italie ont ainsi mis en lumière le grave déficit dans ce domaine des stades italiens. De très lourds investissements sont nécessaires pour mettre ces stades à niveau et certaines nations n'ont pas jugé utile d'engager ces travaux. La France avait pourtant l'occasion de le faire en 1998 en organisant la Coupe du monde, mais elle a préféré concentrer ses efforts sur le seul Stade de France plutôt que de profiter de cette opportunité pour s'équiper. La Ligue a bien tenté de mettre en place dans les années 1990 des critères minimum en matière de stades pour évoluer en professionnel, mais elle est déboutée le 20 novembre 2003 par le Conseil d'État, sollicité par le Ministère des sports, hostile aux critères : il est impossible à la Ligue française de ne pas admettre un club en professionnel en raisons d'installations non conformes.

Ainsi, l'Angleterre et l'Allemagne proposent aujourd'hui aux spectateurs de prendre place dans des stades modernes, et les moyennes de spectateurs y atteignent des sommets historiques. En France et en Italie, les enceintes ont au moins une génération de retard, et les affluences stagnent en France et plongent en Italie (deux fois moins de spectateurs dans les stades qu'au milieu des années 1980).

Parmi les stades les plus emblématiques, citons en Amérique le Maracanã à Rio de Janeiro, La Bombonera à Buenos Aires, le Stade Azteca à Mexico et en Europe, Wembley à Londres, récemment reconstruit, le Stade Santiago Bernabéu à Madrid, le Camp Nou à Barcelone et San Siro à Milan. D'autres enceintes plus modernes, mais à l'histoire encore jeune, méritent également une mention comme l'Amsterdam ArenA, l'Allianz Arena à Munich et l'Emirates Stadium à Londres.

Les chants tiennent une place importante dans la culture football. Clubs et équipes nationales génèrent des chansons dont certaines sont d'authentiques succès commerciaux, d'Allez les Verts ! de Jacques Monty en France au milieu des années 1970 aux multiples chants de clubs anglais édités à partir de 1971. Citons Leeds United (Leeds Utd), N°10 dans les charts anglais en avril 1971, Good old Arsenal (Arsenal) N°16 en mai 1971, The blue is our colour (Chelsea) N°5 en mars 1972, I'm forever blowing bubbles (West Ham) N°31 en mai 1975, We can do it (Liverpool FC) N°15 en mai 1977, et Glory glory Man United (Manchester United) N°13 en mai 1983. Toutefois, les supporters préfèrent généralement recycler des chants n'ayant aucun rapport avec le football. Ainsi, l'hymne emblématique des supporters est You'll Never Walk Alone depuis 1965 et son adoption par les fans de Liverpool FC et du Celtic Glasgow. Ce chant fut créé pour une comédie musicale américaine sans rapport avec le football. Certains artistes, en revanche, s'inspirent directement du phénomène football. Le groupe Queen exploite ainsi cette influence dans ses titres We Will Rock You et We Are the Champions.

Dans le domaine du cinéma, tous les aspects du jeu ont été explorés depuis 1911 et le premier film du genre, Harry The Footballer du Britannique Lewin Fitzhamon : de la folie de certains supporters dans À mort l'arbitre de Jean-Pierre Mocky (1984, un an avant le Drame du Heysel) à la satire sociale avec Coup de tête de Jean-Jacques Annaud (1979) en passant notamment par la fresque historique avec Le Miracle de Berne (Das Wunder von Bern) de Sönke Wortmann (2003) et l'exotisme avec La Coupe (The Cup), film australo-bhoutanais de Khyentse Norbu (1999) nous racontant les aventures de deux jeunes tibétains réfugiés dans un monastère bouddhiste, qui tentent de suivre la Coupe du monde 1998 à la télévision, exemples qui illustrent encore et toujours l'universalité du ballon rond.

Dans le domaine de la peinture, on citera Les footballeurs abstraits de Nicolas de Staël, série de 25 toiles et nombre d'esquisses peintes par l'artiste au cours d'un match France-Suède en 1952 au Parc des Princes.

En littérature, Nick Hornby publie Fever Pitch en 1992 qui fait évoluer la perception du phénomène supporter par les Britanniques. Citons également des auteurs comme Pierre Bourgeade (Le Football, c'est la guerre poursuivie par d'autres moyens chez Gallimard en 1981) ou le plus léger René Fallet (Le Triporteur chez Denoël en 1951) sans oublier les pionniers Henry de Montherlant (1895-1972), Jean Giraudoux (1882-1944) et Albert Camus (1913-1960) qui introduisent le football dans la littérature. En Allemagne, on monte des pièces de théâtre axées sur le football : la pièce burlesque Un footballeur et un indien d'Amérique (Fussballspieler und Indianer, écrite en 1924 et montée en 1926), satire pointant déjà la place des médias dans le sport, Sous le maillot rouge et blanc (Stimmung Rot-Weiss, 1971) et La Guerre des États (Länderkampf, 1971), dénonçant les passions nationalistes engendrées par le football. La radio allemande diffuse des pièces conçues pour ce média tel Le Match (Das Fussballspiel, 1967-1969), La Balle (1974 ; brèves de comptoirs de supporters) ou Der syntetische Seler (1973).

Ludique à la base, le football se décline également dans une gamme de jeux de plein air, de plateaux ou vidéo. Les plus emblématiques sont le Baby-foot et le Subbuteo. Depuis l'avènement du jeu vidéo, le football figure parmi les thèmes les plus porteurs. Le jeu vidéo de football Pro Evolution Soccer est le produit culturel le plus vendu en France en 2006.

D'autres produits sont liés directement au football telles les vignettes Panini que les enfants collectionnent, ou les programmes de match, qui jouent un rôle important dans les relations entre clubs et supporters au Royaume-Uni, notamment. De même, les paris sur les matches de football tiennent une place de choix dans le domaine des paris sportifs. Le Totocalcio italien (créé le 5 mai 1946) et la Quiniela espagnole (saison 1946-1947) sont de véritables institutions, sans même parler des Britanniques qui pratiquent les paris depuis l'origine du jeu et de manière plus encadrée depuis 1923. La France est la dernière nation en Europe à autoriser les paris sur des matches de football (17 avril 1985). Une taxe, plus ou moins lourde selon les pays, est généralement prélevée sur ces paris pour financer le mouvement sportif.

L'étude historique du football constitue un élément important de la culture foot. Tout supporter digne de ce nom est incollable sur l'histoire de « son » club. Longtemps abandonnée aux seuls journalistes qui se laissent souvent aller à l'emphase, l'histoire du football passe progressivement dans le champ des historiens. Les Anglo-Saxons sont en pointe dans ce domaine tandis que les nations latines préfèrent encore laisser la plume aux journalistes. À la fin des années 1980, l'historien français Alfred Wahl appelle de ses vœux une évolution, mais les travaux d'historiens ne pèsent rien face à la communication souvent légendaire des clubs relayée par les médias.

Pendant la partie, il passe à la fois par toutes les angoisses et par les manifestations de joie les plus débordantes. Il est atterré pendant dix minutes et radieux pendant quinze autres. Les goals marqués contre son équipe sont toujours off-side. L'arbitre est un cochon et les linesmen sont des vendus. Et c'est fourbu, démoli, le visage décomposé qu'il se rend après le match au siège de son club, où il s'affale, plus fatigué que les joueurs eux-mêmes. Là, l'œil terne et brumeux, un ami lui fait bien le récit de ses récentes escapades, mais il ne daigne même pas sourire au passage le plus gai du récit. Mais voilà qu'incidemment l'ami a prononcé le nom de son club. Son œil s'allume, sa main s'énerve, sa bouche, jusqu'alors dédaigneusement close, s'ouvre. Il va parler. Il parle. Et alors, il est magnifique le supporter. Il décrit ses joies, les beautés de son club. Les mots abondent, les métaphores se précipitent, c'est un fleuve d'éloquence qui vous culbute, vous immerge et vous entraîne dans un torrent tumultueux.

Le football génère un vaste mouvement de soutien populaire, parfois inconditionnel : le phénomène des supporters. Les fans d'un même club peuvent s'organiser en mouvements appelés groupes ou associations de supporters. Certains groupes versent dans le hooliganisme.

Le phénomène des supporters existe depuis l'Antiquité, et avant même la codification du football, tous les bénéfices et travers de ce mouvement sont déjà bien connus. Le cricket anglais est ainsi durement touché par une vague de violence de ses supporters des années 1770 au début du XIXe siècle. L'écrasante majorité des supporters sportifs sont pacifiques et festifs, il est donc réducteur de traiter uniquement ce thème sous l'angle de la violence. De même, réduire le supporter à un simple consommateur de produits de merchandising est également un lieu commun. Les autorités sportives, elles-mêmes, n'ont d'ailleurs toujours pas intégré de plein droit les supporters au sein de la « famille du foot ». Michel Platini, président de l'UEFA, a prévu de corriger cet oubli.

Les supporters ont pourtant un rôle déterminant dans le financement des clubs, l'animation des stades et permettent aux joueurs de donner le meilleur d'eux-mêmes sur le terrain. Le surnom de « douzième homme » n'est pas usurpé. Ils représentent également une forme de contre-pouvoir face aux dirigeants. Ainsi, en Angleterre et en France, des déménagements de clubs, à l'américaine, sont tentés par certains dirigeants à la recherche de meilleurs « marchés ». La pression des supporters est telle que ces déménagements purement mercantiles sont désormais interdits en France après la fusion controversée du Toulouse FC première version avec le Red Star en 1967 et exceptionnels en Angleterre : cas isolé du Wimbledon FC qui déménage à Milton Keynes en 2003 devenant le Milton Keynes Dons Football Club. En réponse à ce déménagement, les fans de Wimbledon ont créé leur propre club : AFC Wimbledon.

Les rivalités dans le football touchent principalement les supporters. Les derbies et autres affiches de gala constituent des rendez-vous importants pour les fans qui rivalisent alors dans les domaines du chant ou de l'animation des tribunes (et parfois de la violence) pour prendre un ascendant sur les supporters rivaux. Les rivalités les plus spectaculaires sont en Europe celles opposant Celtic et Rangers à Glasgow, tandis qu'en Amérique du Sud le Super-Clasico Boca-River atteint des sommets dans le genre.

Les supporters se regroupent rapidement au sein de fan-clubs. Dès la fin du XIXe siècle, de tels groupes existent déjà au Royaume-Uni. Ils sont généralement sous l'autorité directe du club. Ce sont des clubs de supporters dits « officiels ». L'un des principaux buts de ces associations est de collecter de l'argent pour leur club. Depuis la création du mouvement des Torcida au Brésil dans les années 1940, certains groupes de supporters deviennent indépendants du club et prétendent même mériter des subventions de sa part. C'est la base du mouvement dit « ultra ». La culture ultra est très développée en Amérique latine et commence à toucher l'ex-Yougoslavie en Europe à partir de 1950. Ce mouvement se propage via l'Italie à partir des années 1960. La vague ultra atteint la France au milieu des années 1980. Si la majorité de ces groupes affiche un pacifisme réel, la violence n'est pas étrangère au mouvement ultra. Les codes utilisés ne sont toutefois pas les mêmes que ceux en usage chez les hooligans britanniques, plus individualistes, et donc totalement étrangers aux rivalités opposant certains groupes au sein de mêmes clubs. Après le drame du Heysel, le terme de hooligan devient synonyme de barbare. Un mouvement plus radical d'inspiration britannico-allemando-néerlandaise, les hools, prend pourtant le relais. Ces derniers, un peu à la manière des ultras, ont un lien moins fort avec leur club, et utilisent la violence à des fins purement privées, sans liens réels avec le club. Certains auteurs désignent du terme de hooligan tous les supporters violents, alors qu'il existe plus qu'une nuance entre un supporter lambda devenant subitement violent et une prise de tribune adverse.

Exclue des compétitions européennes suite au drame du Heysel, l'Angleterre est la première nation à édicter des règles strictes pour lutter contre le fléau de la violence. Malgré cette volonté et l'arsenal juridique qui l'accompagne, le problème perdure en Angleterre en marge des rencontres et dans les divisions inférieures. Après avoir testé la bunkérisation des stades avec la mise en place de grillages et autres herses pour canaliser la foule, les autorités préfèrent aujourd'hui traiter le problème en amont en interdisant de stade les supporters violents permettant l'abandon d'une attitude défensive et très agressive, encore de rigueur dans de nombreuses nations, qui donnent à certains stades l'apparence de zones de guerre. Malgré des déclarations convenues sur ces thèmes, la France, qui reste relativement peu touchée par ces phénomènes violents, n'a jamais vraiment traité efficacement le problème. Clubs, police, justice et autorités politiques se renvoient la balle. En Italie, où le mouvement ultra violent est très actif, les autorités apparaissent très mal armées pour faire face au phénomène. Idem en Espagne, notamment. En Amérique du Sud, où est né le mouvement ultra, on assiste depuis plusieurs décennies à une radicalisation des supporters. La répression est aussi féroce qu'inefficace avec des groupes de Barra Bravas ultra violents.

De même, les actions racistes de certains supporters perdurent principalement en raison du laxisme de certains dirigeants. Multiplier les opérations à base de banderoles dénonçant le racisme est une chose ; exclure durablement des stades les supporters racistes est une autre histoire. Au début du XXIe siècle, on remarque ainsi qu'une grande partie des supporters interdits de stade en France ou en Belgique, par exemple, le sont pour des tentatives d'introduction de fumigènes dans les enceintes. Si le joueur de Valenciennes Abdeslam Ouaddou n'avait pas attiré l'attention sur le supporter messin faisant usage répété d'insultes racistes à son encontre le 16 février 2008, celui-ci n'aurait jamais été inquiété. Il est finalement interpellé à la sortie du stade.

Le plus souvent pacifiques et festives, les invasions de terrains à la fin de certains matches donnant notamment un titre sont également très spectaculaires. Pour des raisons de sécurité, ce type de manifestation devient rare. D'autres invasions de terrains, bien moins festives, se produisent exceptionnellement à l'occasion de certaines rencontres, en plein match. Ce fut notamment le cas lors du match France-Algérie du 6 octobre 2001 au Stade de France. Le match fut définitivement arrêté à un quart d'heure de la fin.

Après avoir compté parmi les plus violents supporters, les fans écossais ont connu une évolution positive dans les années 1970 et font figure, depuis plus de deux décennies, de supporters sympathiques, festifs et fair-play même dans la défaite, sauf peut-être face aux voisins anglais. Être capable d'ovationner ses joueurs alors qu'ils viennent d'être sévèrement battus est presque un tour de force pour la quasi totalité des supporters du monde entier, sauf pour les Écossais et quelques autres, comme les Danois. Des études ont montré une importante différence d'âge entre les fans violents et ceux qui sont festifs : 23 ans en moyenne pour les fans anglais lors de l'Euro 1988 contre 31 ans aux Danois. 15 % des supporters danois étaient des femmes contre seulement 2 % chez les Anglais. Certains clubs disposent également de publics d'une fidélité à toute épreuve malgré des résultats médiocres depuis plusieurs générations. On citera pour l'exemple Newcastle UFC en Angleterre.

Le football entre dans la presse généraliste puis la presse omnisports dès le XIXe siècle. Certains titres refusent toutefois de traiter de ce sport aux racines trop populaires ; The Field (créé en 1853) qui traite principalement de sports « nobles » comme le tennis, le golf, le sport hippique et la chasse n'ouvre ainsi ses colonnes au football que pour le dénigrer. Même son de cloche en France avec le quotidien L'Auto qui multiplie les unes sur le rugby mais refuse d'accorder au football sa première page jusqu'à la Grande Guerre.

Une presse sportive moins guindée voit le jour à l'extrême fin du siècle, et ces titres accordent une large place au football. Cette presse enregistre toujours de solides tirages au début du XXIe siècle avec des périodicités quotidiennes, hebdomadaires ou mensuelles. Parmi les grands titres de la presse omnisports quotidienne, citons A Bola, O Jogo et Record au Portugal, La Gazzetta dello Sport, Tuttosport et Corriere dello Sport - Stadio en Italie, Marca et As en Espagne, Olé en Argentine et L'Équipe en France. Il faut attendre l'entre-deux-guerres pour assister à l'apparition d'une presse spécialisée. Ainsi, en France, outre l'hebdomadaire Le Football Association, organe officiel de la FFFA créé le 4 octobre 1919, le premier titre dédié exclusivement au football est l'hebdomadaire Football (1929-1944) qui affiche fièrement en en-tête « Le plus fort tirage des hebdomadaires de football du monde entier ». Ce titre fait office de référence jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. France football lui succède après la Libération.

La presse écrite joue un rôle majeur dans la médiatisation du jeu, mais également dans l'organisation de compétitions, notamment en France. Hachette est ainsi le « soutien indispensable » de la fédération française lors des dix premières éditions de la Coupe de France. Le quotidien Le Petit Parisien prend le relais pour les dernières éditions de la Coupe avant la Seconde Guerre mondiale et devient également le partenaire des premières éditions du championnat de France professionnel. La Coupe des clubs champions européens est créée par le quotidien français L'Équipe en 1955. Dans un premier temps, la jeune UEFA (fondée en 1954) ne s'oppose pas à cette organisation privée, mais la FIFA, redoutant la privatisation des organisations, pousse l'UEFA à prendre à son compte une épreuve dont le tirage au sort du premier tour avait déjà eu lieu.

Les clubs possèdent des médias écrits de longue date, programme de match au premier chef. The Celtic View, hebdomadaire traitant uniquement de l'actualité du club écossais du Celtic FC est édité depuis 1965. Nombre d'autres clubs se dotent ensuite d'hebdomadaires ou de mensuels ou sont traités par des titres de presse plus ou moins indépendants des clubs. L'AS Roma est à ce jour le seul club traité par un quotidien spécialisé : Il Romanista, dont le numéro un sort le 10 septembre 2004. Ce titre est diffusé à 10 000 exemplaires.

La radio couvre le football dès les années 1920. En Italie, la première retransmission d'un match à la radio a lieu le 6 octobre 1924. En Belgique, Adrien Milecamp assure en 1927 le commentaire du premier match radiodiffusé dans le royaume (Belgique-Angleterre du 11 mai). Georges Briquet, le « roi des radio-reporters » qui débute sa carrière en 1931, est la grande voix française des sports et du football jusqu'aux années 1950. C'est lui qui crée le concept des dimanches après-midi « sport et musique » juste après la Seconde Guerre mondiale. L'arrivée de la télévision modifie la donne, mais ne condamne pas la radio qui s'adapte et met en place des multiplex et des émissions de débats à propos de l'actualité du jeu.

Le 16 septembre 1937, la BBC diffuse un match d'entraînement entre Arsenal et sa réserve. Arsenal est choisi en raison de sa proximité avec les studios de télévision de l'Alexandra Palace. Mis à part des tentatives allemandes à l'occasion des Jeux olympiques durant l'été 1936 puis du match Allemagne - Italie le 15 novembre 1936, c'est une première.

Les relations entre le football et la télévision restent longtemps conflictuelles. Matt Busby, entraîneur de Manchester United, réclame ainsi en 1957 pour ses joueurs les mêmes égards qu'ont les vedettes de cinéma : « Les footballeurs doivent être payés sur leur valeur. Pas de rétribution, pas de télévision ». Cette position est adoptée en Angleterre et en France, et malgré quelques tentatives de diffusions et de crises retentissantes, les stades de football restent généralement inaccessibles aux caméras de télévision. Ceci concerne exclusivement les clubs, qui remportent finalement ce bras de fer avec la télévision durant les années 1980 (1983 en Angleterre et 1984 en France) quand les diffuseurs acceptent d'abandonner la politique du dédommagement et acceptent de payer le « spectacle football » à son juste prix. Les équipes nationales ne sont pas concernées par ce débat car les matches sont généralement retransmis depuis le début des années 1950. La Coupe du monde 1954 est la première édition couverte par la télévision.

Payant désormais fort cher les droits de retransmission des rencontres, certains diffuseurs deviennent exigeants en matière de calendrier notamment pour l'étalement des journées de championnat pour permettre la diffusion de plusieurs rencontres. Mais le football devient également un enjeu majeur en matière de concurrence. Les chaînes qui possèdent ces droits s'imposent comme des leaders : Sky au Royaume-Uni, TF1 et Canal+ en France.

Les prix des droits sont élevés, mais les taux d'audience atteignent des records. Ainsi, sur les onze meilleures audiences de la télévision française depuis 1989 (création de Médiamat), on compte dix matches de football et un de rugby à XV. De même, au niveau international, la Coupe du monde 2006 est diffusée par 376 chaînes de télévision à travers le monde pour une audience cumulée de 26,29 milliards de téléspectateurs pour 52 matches, soit une audience moyenne par match de 506 millions de téléspectateurs.

L'arrivée de la télévision n'a pas que des conséquences financières. La diffusion de rencontres engendre des problèmes au niveau du jeu lui-même et de sa perception par les médias et le public, en pointant notamment les erreurs d'arbitrage. Ce phénomène n'est pas nouveau. Dès les années 1950, déjà, certains matches déclenchent des vagues de protestations importantes. Le 2 mars 1960, la chaîne unique française diffuse le match retour de la Coupe des clubs champions européens : Real Madrid - OGC Nice, dont l'arbitrage douteux à l'avantage des Espagnols choque de très nombreux téléspectateurs. Au lieu de jouer un rôle de médiateur, les médias français jettent de l'huile sur le feu, hier comme aujourd'hui, plaçant les arbitres dans des situations compliquées. Et du « Monsieur Foote, vous êtes un salaud ! Quel scandale cet arbitrage, c’est invraisemblable ! Jamais vu un individu pareil, il devrait être en prison et pas sur un terrain de football » lancé par Thierry Roland lors du match Bulgarie-France de 1976 à l'encontre de l'arbitre, aux campagnes de dénigrement systématique marquant les premières années du XXIe siècle, la télévision française s'est particulièrement illustrée par son manque de fair-play, qui englobe également le respect des décisions de l'arbitre.

Quelques clubs possèdent leurs propres chaînes de télévision. Middlesbrough FC est le premier club anglais à se doter d'un tel outil. Boro TV opère de 2001 à 2005. Parmi les autres chaînes de télévision de clubs, citons OM TV, OL TV, Inter Channel, Milan Channel, Roma Channel, Manchester United TV, Real Madrid TV et Barça TV notamment. D'autres clubs se contentent de diffuser matches, résumés et reportages via leurs sites internet.

Le football se transforme en business dès le milieu des années 1880 au Royaume-Uni. Les importantes recettes enregistrées aux guichets permettent de financer la professionnalisation des championnats et la construction de stades. Si les maillots restent longtemps vierges de toute publicité, le stade est très vite doté de panneaux publicitaires tandis que les produits dérivés, des programmes de matches aux gadgets aux couleurs des clubs, apparaissent également dès la fin du XIXe siècle en Grande-Bretagne. Au niveau des affluences, la première saison du championnat d'Angleterre (1888-1889) affiche 4 639 spectateurs de moyenne par match. La barre des 10 000 spectateurs de moyenne est franchie avant la fin du XIXe siècle, celle des 20 000 avant la Première Guerre mondiale.

Les recettes aux guichets restent l'élément essentiel du budget des clubs jusqu'aux années 1990. Les droits payés par la télévision représentent depuis lors entre un tiers et deux tiers des budgets des clubs. La publicité constitue également un poste important des recettes, notamment depuis la fin des années 1960. La publicité sur les maillots est autorisée en France en octobre 1969 après une tentative avortée en 1968 : la Ligue voulait imposer à tous les clubs le même partenaire. Le Nîmes Olympique et l'Olympique de Marseille sont les premiers clubs professionnels français à arborer une publicité sur leurs maillots. L'UEFA autorise les publicités sur les maillots en coupes d'Europe des clubs à partir de 1982, sauf pour les finales où l'interdit est levé en 1995. La FIFA interdit en revanche les publicités sur les maillots des équipes nationales.

Les clubs générant le plus de revenus (2006-2007) sont le Real Madrid (Espagne) avec 351 millions d'euros, Manchester United (Angleterre) 315,2, FC Barcelone (Espagne) 290,1, Chelsea FC (Angleterre) 283 et Arsenal FC (Angleterre) 263,9.

Les montants financiers sont importants et les déficits de certains clubs peuvent également atteindre des montants records. La santé financière des clubs constitue un double enjeu : assurer leur pérennité et éviter le dopage financier, c'est-à-dire acheter une équipe à crédit. La France a mis en place au milieu des années 1990 la DNCG qui a pour mission de contrôler les comptes financiers des clubs professionnels avec le pouvoir de les reléguer, d'interdire un club de promotion ou de limiter leur masse salariale. Longtemps en déficit chronique, les clubs de Ligue 1 présentent des comptes bénéficiaires depuis 2006 : plus de 42 millions d'euros de bénéfice net en 2006-2007 sur les 20 clubs de L1. Souvent évoquée, une DNCG européenne reste à créer afin d'éviter certaines dérives. L'introduction des clubs en bourse est une évolution récente ne touchant que quelques rares clubs. À la fin de la saison 2006-2007, 11 clubs anglais, 5 Danois, 4 Turcs, 4 Italiens, 3 Portugais, 2 Français, 1 Écossais, 1 Néerlandais, 1 Suédois et 1 Allemand étaient côtés en bourse.

Les clubs ou collectivités propriétaires des stades ne pouvant pas faire face à certains travaux louent le nom du stade à un sponsor. Cette forme de publicité existe déjà en France avant la Première Guerre mondiale avec le Stade du Matin, futur stade olympique de Colombes, qui porte le nom du journal quotidien parisien Le Matin de 1907 à 1919. En 1996, cette pratique est réintroduite par les Américains, et elle touche l'Europe à partir de 1997 avec le nouveau stade des Bolton Wanderers baptisé Reebok Stadium. La FIFA admet mal cette innovation, et à l'occasion de la Coupe du monde 2006 en Allemagne, les noms des stades ne comprenaient officiellement aucun nom de sponsor alors que leur construction fut en partie financée par cette voie.

L'organisation de rencontres génère également toutes sortes de retombées économiques ne concernant pas directement le club ni même le monde du football. Auxerre, petite ville moyenne française, doit en grande partie sa notoriété, en France comme à l'étranger, à son équipe de football. L'AJ Auxerre est un véritable ambassadeur de la ville, qui profite de plus de retombées directes en matière d'hôtellerie et d'activités accrues pour les cafés-restaurants. De même, l'organisation d'une Coupe du monde ou d'un Euro, permet à une nation (ou un binôme comme c'est le cas en Suisse-Autriche pour l'Euro 2008) de procéder à une efficace campagne de promotion et de s'équiper en stades mais aussi en moyens de transports ou en hôtels. Les conséquences sur la hausse du PNB restent discutées, mais l'Organisation mondiale du tourisme met en avant la Coupe du monde pour expliquer la hausse importante du tourisme international en Allemagne en 2006 (+9,6 %).

Comme l'annonce clairement Alfred Wahl : « Au niveau le plus modeste, celui du village, l'association sportive constitue un champ d'affrontement entre notables car elle peut devenir un marchepied pour l'accession au pouvoir ». Le match de football opposant le Dynamo de Peppone à La Gaillarde de Don Camillo dans le film Le Petit monde de Don Camillo (1951) illustre sur le ton de l'humour cette situation. L'existence de plusieurs clubs rivaux dans la même ville appartient en général au passé, notamment dans les villes moyennes. Certaines grandes cités sont parvenues à conserver plusieurs clubs de même niveau, sauf en France, où les autorités ont veillé, dès les années 1930, à appliquer la règle : « un club, une ville ».

Les derniers exemples français de clubs de même niveau localisés dans la même ville sont ceux de Vannes (Vannes OC est le résultat de la fusion des deux clubs historiques de la ville en 1998) et La Roche-sur-Yon (idem pour La Roche VF en 1989). Dans ces cas, il s'agit de fusion entre un club issu d'un patronage catholique et d'un club s'affichant comme laïc. Cette opposition née en France au début du XXe siècle a masqué les oppositions classiques droite/gauche que l'on retrouve dans le reste de l'Europe continentale. En France, quand les « Rouges » affrontaient les « Blancs », il s'agissait d'un match opposant laïcs et catholiques ; ailleurs, comme dans l'exemple de Don Camillo, il était plutôt question d'une opposition gauche/droite, même si l'Église était le plus souvent derrière les clubs « Blancs ». Le seul club professionnel français issu d'un patronage catholique est l'AJ Auxerre. Son rival local, le laïc Stade auxerrois existe toujours, mais évolue en championnat de Bourgogne.

La présence d'un seul club dans une ville pose d'autres problèmes, comme la municipalisation du club, avec toutes les dérives possibles à ce niveau. Les communes possèdent généralement les installations sportives et ont longtemps eu droit de vie ou de mort sur les clubs en accordant ou en refusant des subventions. La montée en puissance des droits versés par la télévision permet aux clubs professionnels de s'émanciper un peu, mais le problème reste entier au niveau amateur.

Certains clubs sont emblématiques de revendications. Le FC Barcelone ou l'Athletic Bilbao sont ainsi des symboles forts du régionalisme catalan et basque. Aujourd'hui encore, il faut avoir des ancêtres basques sur plusieurs générations pour pouvoir jouer à l'Athletic Bilbao.

Les revendications religieuses ont aussi leur droit de cité dans le football. En Irlande du Nord, le principal club de Belfast, Linfield FC est composé exclusivement de joueurs protestants. Pendant longtemps, ses matches contre Cliftonville FC, club situé en plein quartier catholique, se jouaient pour raison de sécurité sur terrain neutre à Windsor Park. Suite à la multiplication des incidents à domicile et à l'extérieur, le club catholique de Derry City FC joue désormais dans le championnat d'Irlande. La situation est également tendue à Glasgow entre les protestants du Glasgow Rangers et les catholiques du Celtic FC.

À l'inverse, le football peut servir d'élément de rassemblement symbolique comme ce fut le cas en France après la victoire en Coupe du monde 1998 ou en Irak en 2007 après le gain de la Coupe d'Asie des nations. « Les Irakiens ne vivent que pour le football, et c'est leur secret pour faire face aux difficultés », déclare Hussein Saeed, ancien joueur emblématique des années 1980 et président de la fédération irakienne.

En raison de sa visibilité médiatique, le football est souvent exploité par les nationalistes de tous genres. Aucun régime totalitaire ou autoritaire n'a négligé ce moyen de propagande. Benito Mussolini a ainsi promu l'équipe d'Italie au rang de « soldats de la cause nationale ». Les fascistes italiens sont pourtant clairement hostiles au football, trop anglais, à leur arrivée au pouvoir. Ils tentent ainsi de lui substituer le jeu local de la Volata ; sans succès. Les dirigeants soviétiques, à l'image de Mussolini, ne sont pas franchement férus de football, mais exploitent le filon à partir des années 1950 après avoir mis la main via l'armée, la police et le KGB sur les principaux clubs de la capitale dès les années 1920-1930.

En ex-Yougoslavie, le football sert également de vecteur aux revendications nationalistes. La structuration des groupes ultras dès les années 1950 favorise cette dérive et la mutation en groupes para-militaires actifs (comme les Tigres d'Arkan, notamment, ultras de l'Étoile rouge de Belgrade à la base) pendant la guerre civile des années 1990.

Quand le nationalisme prend le pas sur un certain « chauvinisme » sympathique, des problèmes graves peuvent apparaître dans les relations entre nations.

En 1969, un match de football marque ainsi le coup d'envoi d'une guerre qui reste sous le nom de Guerre du football ou guerre de Cent Heures. En match de barrage pour accéder à la phase finale de la Coupe du monde 1970, le Salvador s'impose 3-2 face au Honduras. Dans la foulée de cette victoire, le Salvador envahit le Honduras afin de régler un ancien conflit frontalier. Cette courte guerre fait plus de 2 000 morts et ne règle pas le problème entre les voisins.

Des incidents frontaliers sont également signalés après la finale de la Coupe du monde 1930 entre l'Uruguay et l'Argentine, tandis que 320 morts sont recensés lors d'émeutes après un match Pérou-Argentine le 23 mai 1964.

Le football est utilisé comme arme de propagande par le FLN durant la Guerre d'Algérie. Entre avril 1958 et mars 1962, l'Équipe de football du FLN est un puissant ambassadeur de la cause algérienne, malgré l'interdiction par la FIFA d'affronter cette formation .

Le football peut également servir de médiateur diplomatique comme ce fut notamment le cas en 1998 lors de la Coupe du monde en France à l'occasion du match du groupe F opposant l'équipe des États-Unis à celle d'Iran — match remporté 2-1 par l'Iran — ou en 2002 quand la Coupe du monde se tient conjointement en Corée du Sud et au Japon. Ne voulant pas trancher entre ces deux nations historiquement rivales, la FIFA a en effet décidé, contre toute logique sportive, de leur confier l'organisation de cette Coupe du monde afin de favoriser leur réconciliation.

En favorisant le dialogue entre les peuples, le sport, et le football en particulier, joue un rôle non négligeable au niveau de l'évolution des mentalités et de la progression des droits de l'homme. De la parité homme-femme, à la lutte contre le racisme et l'intolérance en passant par la liberté d'expression, le football offre un champ d'expérience mettant en lumière tantôt des avancées innovantes, tantôt des retards étranges.

Les dates de sélection des premiers joueurs noirs en équipe nationale européenne sont significatives : 1881 en Écosse (cas isolé), 1931 en France et au Pays de Galles, 1937 au Portugal, 1951 en Suisse, 1960 aux Pays-Bas, 1974 en Allemagne, 1978 en Angleterre, 1987 en Belgique, 1998 en Espagne, 2000 en Pologne et 2001 en Italie. De plus, les réactions à certaines de ces premières sont difficiles pour nombre de joueurs. Viv Anderson, sélectionné en 1978 pour porter le maillot de l'équipe d'Angleterre, reçoit non seulement des menaces de mort, mais doit aussi subir tout au long de sa carrière des chants racistes descendant des tribunes. Ces derniers, tel « Everton are White », restent courants dans les stades anglais jusqu'à la fin des années 1980. La situation est clairement plus paisible en France pour les Raoul Diagne et autres Larbi Ben Barek dans les années 1930.

Sous le régime communiste, le stade de football reste l'un des rares espaces où peut s'exprimer la contestation contre le régime. En effet, se déclarer supporter de tel ou tel club a alors une signification politique majeure tandis que les chants des supporters contre les clubs dirigés par le parti communiste et ses divers organes politico-militaro-industriels étaient autant de cris d'opposition au régime. Certains joueurs refusent même de jouer pour ces clubs. Eduard Streltsov, le « Pelé russe », refuse de quitter le populaire Torpedo Moscou pour le CSKA ou le Dynamo. Il effectue alors sept années de détention dans les goulags. À sa sortie, il remporte le titre de champion d'URSS 1965 avec le Torpedo en forme de pied de nez au régime.

Le football suscite de violentes oppositions. À l'époque de la soule, nombre de clercs menacent ceux qui pratiquent cette discipline d'excommunication. Comme déjà indiqué, la bonne société anglaise n'a jamais vraiment admis cette discipline trop populaire. Le football est aussi attaqué au niveau de ses principes de jeu et est longtemps surnommé « sport de paralytiques » en France par ses opposants. Nombre de pays refusent de reconnaître cette discipline à ses débuts, lui préférant le rugby et le cyclisme (France) ou la gymnastique (Allemagne). Dès 1905, pourtant, le football compte en France plus de clubs et de licenciés que le rugby, défendu par les élites. L'USFSA multiplie ainsi les vexations contre le football, et programme en 1911 le match international de football France-Angleterre en lever de rideau d'un match du championnat de France de rugby.

L'attaque la plus courante contre le football est la professionnalisation. Cette critique fait son apparition dès 1885 et l'adoption du professionnalisme en Angleterre. Les réticences sont importantes notamment en France, aujourd'hui encore, et en Allemagne jusqu'aux années 1960. Pour mémoire, le cyclisme, professionnel depuis les années 1880, n'a jamais subi ce type d'attaques en France. La FFF, elle-même, n'est pas très à l'aise avec cette situation, et refuse de reconnaître l'existence du semi-professionnalisme. Elle préfère ainsi nommer ses championnats nationaux semi-professionnels (du National au CFA2) d'« amateurs ».

Renouant avec les procès en diabolisation qui avaient cours au Moyen Âge à propos de la soule, nombre d'auteurs mettent en avant le fait que « le football est une maladie ». Des auteurs comme le sociologue Jean-Marie Brohm et l'architecte-philosophe Marc Perelman perpétuent cette école avec des ouvrages aux titres évocateurs : Le football, une peste émotionnelle : Planète des singes, fête des animaux (1998), Les intellectuels et le football. Montée de tous les maux et recul de la pensée (2000) ou Le football, une peste émotionnelle : La barbarie des stades (2006).

La Football Association, fédération anglaise de football fondée à Londres en 1863, prend à son compte le terme générique de football. Elle comprend, il est vrai, en son sein des clubs suivant des règles très différentes ; Blackheath RC, notamment, qui milite pour l'usage des mains et l'autorisation du placage. L'unification des règles menée par la FA, qui marque la période allant de 1863 à 1870 place Blackheath dans une position isolée. Le club londonien quitte alors la FA et part créer en 1871 la Football Rugby Union. Le nom de cette fédération est clair : fédération du football selon les règles dites de rugby. Ainsi, dès 1871, deux formes de football sont codifiées et disposent d’instances dirigeantes. Ces deux sports essaiment dans le monde entier et donnent naissance à des variantes américaine, australienne, gaélique ou canadienne. Débute alors un débat sur les noms à donner à ces différents sports.

Ces débats touchent essentiellement les anglophones, qui utilisent deux termes pour nommer le jeu : football et soccer. Soccer n'est officiellement en usage que dans trois pays : États-Unis, Canada et Samoa, les trois seules fédérations nationales anglophones qui reprennent le terme de soccer et non de football dans leur nom. Ce terme argotique pour les autres anglophones est toutefois parfois employé, notamment dans la presse. Il est ainsi d'emploi très courant en Afrique du Sud et plus rare au Royaume-Uni. À noter qu'aux États-Unis, le terme soccer remplace progressivement celui de football association dans le nom de la fédération nationale. De 1913, date de sa fondation, à 1945, la fédération américaine a pour nom United States Football Association, puis jusqu'en 1974 elle porte le nom de United States Soccer Football Association. Elle adopte alors le nom de United States Soccer Federation.

Ces débats, qui ne devraient pas toucher les francophones comme le confirme le dictionnaire quadrilingue de la FIFA qui donne football comme seule dénomination officielle du jeu en français, sont de mise en raison de l'adoption du terme soccer par les francophones canadiens.

Ces problèmes de dénominations ne touchent pas exclusivement les pays donnant naissance à des football locaux. Ainsi, en France, la peur panique des paris, du professionnalisme et de la montée en puissance des pouvoirs des clubs provoquent un boycott de cette discipline par l'USFSA. Pour cette dernière, le seul football qu'elle reconnaît est celui de la variante de rugby car les instances anglaises de cette discipline étaient parvenues à interdire l’adoption du professionnalisme. Aussi, le terme football fait plutôt référence en France au rugby jusqu'au début du XXe siècle. Pour le football, on utilise depuis 1894, et la reconnaissance tardive de cette discipline par l'USFSA, les termes de « Football Association » ou plus simplement « Association ». On joue ainsi à l'« Assoce » en France à la Belle Époque. On retrouve dans certains journaux de province le terme « Association » jusque dans les années 1920. Du côté fédéral, la Fédération française adopte le nom de Fédération française de football association à sa création en 1919 suite à l'éclatement de la structure omnisports de l'USFSA. Dans le milieu du football, pourtant, le terme de football est utilisé seul pour nommer le jeu. Le magazine spécialisé Football, créé en 1929, puis la FFFA qui devient FFF à la Libération ne font que suivre cette évolution. Le rugby a, il est vrai, éclaté en deux sports différents, à XV ou à XIII, tandis que les autres variantes sont perçues comme exotiques en Europe et dans les pays francophones, Canada excepté. Elles sont donc nommées selon leur origine : football américain, football australien, football gaélique et football canadien.

Le français, comme c'est le cas en général dans le domaine sportif, a conservé le terme d'origine. Ce n'est pas le cas dans les autres langues où ont été forgés des termes à consonances locales, du Fussball allemand, au Fútbol espagnol en passant par le Voetbal néerlandais ou le Futebol portugais. En Italie, on adopte en 1909 le terme de calcio en référence à l'ancien jeu du calcio florentin.

Le futsal ou football en salle est un sport collectif dérivé du football avec des règles adaptées. Cette discipline est créée en 1930 en Uruguay et passe progressivement sous le giron de la FIFA à partir de la fin des années 1980.

Les nations sud-américaines dominent longtemps cette discipline, puis l'Europe met en place des structures spécifiques permettant l'émergence d'une élite qui s'impose au plus haut niveau. La dernière finale de la Coupe du monde FIFA en 2004 oppose ainsi l'Espagne et l'Italie tandis que le Brésil et l'Argentine doivent se contenter de s'affronter en finale pour la troisième place.

Le football de plage ou beach soccer est un sport qui s'apparente au football et qui se pratique sur du sable de plage. Il met aux prises deux équipes de cinq joueurs, pouvant être remplacés à tout moment, en trois tiers-temps de douze minutes sur un terrain de 28 x 37 mètres. La première Coupe du monde a lieu en 1995. Cette épreuve et cette discipline dépendent de la FIFA depuis 2005.

Sur le modèle du futsal, les Sud-américains, Brésiliens au premier chef, restent longtemps dominateurs en beach soccer. Guidée par Éric Cantona, la France, remporte toutefois la première Coupe du monde FIFA en 2005 puis le Brésil enlève les éditions 2006 et 2007.

Le football possède deux déclinaisons handisports, le foot fauteuil (ou football à sept) et le cécifoot (ou football à cinq). Depuis 2005, le foot fauteuil est géré par l'International PowerChair Football Association tandis que le cécifoot est une discipline des Jeux paralympiques depuis 2004. Le Brésil remporte le championnat du monde en 1998 et 2000, puis l'Argentine s'impose en 2002 et 2006.

Le Jorkyball et le Tennis-ballon sont d'autres variantes ayant un rapport plus ou moins lointain avec le football.

Cette bibliographie présente quelques ouvrages de référence de base, tous utilisés pour la rédaction de cet article comme l'indique la présence du symbole . Se référer aux articles thématiques traitant des différents aspects du jeu pour avoir des bibliographies plus complètes.

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Championnat d'Europe de football

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Le Championnat d'Europe de football est la plus importante compétition masculine européenne de football entre nations. Créé en 1960, il est organisé par l'UEFA tous les quatre ans, lors des années paires durant lesquelles il n'y a pas de Coupe du monde (ce sont par ailleurs les années bissextiles). À ses débuts, cette compétition s'appelait « Coupe d'Europe des nations » avant d'être rebaptisée « Championnat d'Europe des Nations » à partir de 1968. Le surnom Euro suivi de l'année où elle a lieu lui est souvent préféré. Certains l'appellent également mais plus rarement « Coupe Henri-Delaunay », du nom de son créateur.

Sur le plan sportif, beaucoup considèrent cette compétition comme la deuxième plus importante compétition de football entre nations après la coupe du monde, en raison de sa difficulté et de la qualité des nations européennes.

Il existe une compétition équivalente pour les femmes : le Championnat d'Europe de football féminin. Il existe aussi des compétitions équivalentes dans les cinq autres unions continentales de football.

La 13e édition, dernière compétition en date, a eu lieu du 7 au 29 juin 2008 en Suisse et en Autriche, et a été remportée par l'Espagne.

En 1927, le secrétaire général de la Fédération française de football Henri Delaunay émet l'idée d'organiser une compétition continentale sur le territoire européen, mais l'idée n'aboutit en l'absence d'une organisation européenne. En 1954, l'UEFA voit le jour et décide d'étudier ce projet. Elle annonce que la première édition aura lieu en 1960.

La première Coupe d'Europe des nations débute dans un format original où les équipes s'affrontent par tours et par matchs aller-retour et ceci jusqu'en demi-finale où les quatre demi-finalistes décident d'un pays hôte pour y disputer leurs demi-finales (sur un match cette fois-ci), le match de la troisième place (entre les deux demi-finalistes éliminés) et la finale.

En 1960, la première édition s'achève en France. 17 nations seulement prennent part aux qualifications (aucune nation britannique n'y prit part). La finale, jouée à Paris, est remportée 2-1 par l'URSS emmené par Lev Yachine face à la Yougoslavie durant les prolongations. L'URSS devient ainsi la première nation à inscrire son nom sur le trophée. On note qu'un quart de finale fut controversé entre l'Espagne et l'URSS où les Espagnols par l'intermédiaire de Franco refusèrent de laisser entrer leurs adversaires sur leur territoire. De ce fait, l'URSS remporta ce match sur tapis vert.

Lors de l'édition suivante, en 1964, la compétition est de nouveau perturbée par des enjeux politiques, en effet, la Grèce refuse d'affronter l'Albanie en raison d'un conflit entre les deux nations. La phase finale a lieu en Espagne où la sélection ibérique bat les tenants du titre soviétiques 2-1 à Madrid devant 125 000 spectateurs.

Pour l'édition 1968, l'UEFA renomme sa compétition en Championnat d'Europe des Nations et décide de modifier le format. En effet, les qualifications pour la phase finale sont réparties en huit groupes, les nations arrivant en tête de chaque groupe s'affrontant en quarts de finale (par matchs aller-retour) pour déterminer les quatre nations qui disputent les demi-finales en Italie. C'est le pays organisateur, qui remporte l'épreuve 2-0 contre la Yougoslavie, après un match rejoué suite à un premier match nul 1-1. Cette victoire permet aux Italiens d'oublier leur surprenante élimination à la coupe du monde 1966 contre la Corée du Nord. La Squadra Azzura passa néanmoins à un côté de pièce de l'élimination puisqu'elle se qualifia lors de sa demi-finale face à l'URSS par ... tirage au sort ! Les deux équipes ayant fait nul, la séance de tirs au but n'existant pas encore (elle ne sera instaurée que pour la coupe du monde 1970, deux ans plus tard) et les délais ne pemettant pas de rejouer le match, l'arbitre procèda à un « pile ou face » à l'ssue de la prolongation qui tourna à l'avantage des italiens.

Pour l'épreuve de 1972, le même schéma est retenu, et c'est au tour de la Belgique d'organiser la phase finale. L'Allemagne de l'Ouest avec Gerd Müller remporte l'édition en battant l'URSS 3-0.

Au cours de l'édition de 1976, le format est de nouveau reconduit, la phase finale ayant lieu en Yougoslavie. La compétition est remportée par la Tchécoslovaquie contre l'Allemagne de l'Ouest aux tirs aux buts, à l'issue d'un match au cours duquel le tchécoslovaque Antonin Panenka réussit son penalty avec une pichenette en plein centre de la cage tenue par Sepp Maier, geste qui depuis porte son nom.

Pour l'édition de 1980, l'UEFA décide de modifier le format de la phase finale, tout d'abord en permettant à huit équipes d'y participer. Les équipes sont réparties en deux groupes de quatre équipes, et le vainqueur de chaque groupe se qualifie pour la finale. L'Allemagne de l'Ouest remporte la compétition pour la seconde fois, cette fois-ci contre la Belgique 2-1 grâce à un doublé de Horst Hrubesch.

Pour l'Euro 1984 qui se déroule en France, le format est à nouveau modifié : les deux premiers de chaque groupe disputeront une demi-finale pour pouvoir accéder à la finale. La France remporte l'épreuve à domicile en s'imposant 2-0 en finale contre l'Espagne, grâce à des buts de Michel Platini et de Bruno Bellone. Lors de la compétition, Platini réalise un total record de neuf buts, trois du pied gauche, trois du pied droit et trois de la tête. Ce record n'a toujours pas été battu, la deuxième meilleure performance d'un buteur au cours d'un Euro étant de 6 buts. Enfin, l'UEFA décide de ne plus faire jouer le match pour la troisième place comme c'était le cas auparavant.

Pour l'édition de 1988 qui se déroule en Allemagne de l'Ouest, c'est au tour de Marco van Basten de devenir l'homme du tournoi en permettant aux Pays-Bas de s'imposer en finale contre l'URSS grâce à un but qui sera désigné le plus beau du tournoi.

Le même format est reconduit pour l'Euro 1992 qui se déroule en Suède. La Yougoslavie est exclue de la phase finale en raison de la guerre civile qui s'y déroule, et est remplacée par le Danemark qui remporte le tournoi à la surprise générale en s'imposant 2-0 en finale face à l'Allemagne réunifiée.

Après l'éclatement de l'Union soviétique, un nombre important de nouvelles nations adhèrent à l'UEFA à partir de 1992. Israël décide également de rejoindre l'UEFA en raison de sa mauvaise entente avec les nations arabes. Avec des qualifications concernant 48 nations au lieu des 32 pour les précédentes campagnes, l'UEFA décide d'élargir le nombre de participants à la phase finale de huit à seize équipes à partir de l'Euro 1996 qui se déroule en Angleterre. Le format de la phase finale change avec l'instauration de quatre poules de quatre équipes, les deux meilleurs de chaque poule se qualifient pour les quarts de finale. Il est également décidé de mettre en pratique le but en or. C'est d'ailleurs par ce système que l'Allemagne remporte la compétition contre la République tchèque, grâce à un but d'Oliver Bierhoff dans les prolongations.

Pour l'Euro 2000, l'UEFA décide d'accorder l'organisation de la phase finale à deux nations : la Belgique et les Pays-Bas. C'est de nouveau par un but en or que le vainqueur est désigné en cas de prolongation ; en effet la France championne du monde en titre remporte le tournoi contre l'Italie, David Trezeguet marquant le but de la victoire.

L'Euro 2004 est organisé au Portugal, le but en or est abandonné au profit du but en argent. La Grèce s'impose 1-0 contre le pays organisateur.

L'Euro 2008 se déroule en Suisse et en Autriche avec un format similaire au précédent Euro, mais sans le but en argent, abandonné au profit de prolongations classiques. C'est l'Espagne qui remporte cette édition devant l'Allemagne sur le score de 1 à 0.

Pour l'Euro 2012 qui se déroulera en Pologne et en Ukraine, l'UEFA déclare qu'il y aura 16 qualifiés. En revanche, pour l'Euro 2016, la compétition se déroulera avec 24 nations pour la phase finale. Ce projet en question a été adopté pendant une réunion qui s'est tenue le 26 septembre 2008 pour le confirmer.

Organisée tous les quatre ans les années paires en décalage de deux ans avec la coupe du monde pour être complémentaire et la mise en place d'une grande compétition tous les deux ans concernant les nations européennes l'UEFA supervise toute l'organisation que cela soit sur le plan sportif, réglementaire, commercial et financier. Le choix du pays ou des pays organisateurs s'effectue après déposition des candidatures cinq ans au moins avant le tournoi final par un vote au sein du comité exécutif de l'UEFA.

De 1960 à 1976, le choix du pays organisateur s'effectue par un accord entre les quatre demi-finalistes, avant qu'en 1980 l'UEFA décide de mettre en place un véritable tournoi final avec des matchs de poules et une phase finale. Trois pays ont déjà organisé la compétition à deux reprises : la France (1960 et 1984), la Belgique (1972 et 2000) et l'Italie (en 1968 et 1980), mais en général l'UEFA privilégie la diversité sur son choix, c'est ainsi que l'on a pu voir de nombreux pays organiser ce tournoi (Espagne, Yougoslavie, Allemagne, Suède, Angleterre, Pays-Bas, Portugal) et les championnats d'Europe suivants ne dérogent pas à la règle puisque qu'en 2008 ça a été au tour du tandem Suisse-Autriche et en 2012 ce sera au tour du tandem Pologne-Ukraine.

À chaque phase finale, plusieurs stades sont retenus pour permettre au pays-hôte de mieux répartir ses efforts et que le pays tout entier puisse profiter de l'événement qui rejaillit sur le plan économique et social. Pour l'Euro 2008, huit stades (quatre en Suisse et quatre en Autriche) sont concernés.

Depuis ses débuts, le tournoi comprend des phases qualificatives et un tournoi final. Petit à petit le nombre de nations au sein de l'UEFA augmenta ce qui a permis d'augmenter le nombre de places en phase finale (quatre de 1960 à 1976, huit de 1980 à 1992 puis seize de 1996 à 2008). Depuis 1980, le pays organisateur de la phase finale (ou les deux pays co-organisateurs) y est directement qualifié sans avoir à passer les phases qualificatives.

Dix-sept nations prirent part à la phase qualificative en 1960 pour quatre places au tournoi final. Cette phase qualificative était une succession de tour par match aller-retour à élimination directe, schéma reproduit en 1964. En 1968, l'UEFA décida de mettre en place des groupes de qualification (huit au total) où chaque équipe à l'intérieur de son groupe dispute un mini-championnat avec match aller-retour et où seul le premier accéda aux quarts de finale qui détermina les quatre participants au tournoi final, formule reconduite jusqu'en 1976. En 1980 avec la mise en place d'un véritable tournoi final avec désignation du pays-hôte (qui se retrouvait ainsi qualifié d'office) et en raison de l'augmentation des nations affiliées à l'UEFA (33 nations), chaque vainqueur de son groupe de qualification est qualifié pour le tournoi final.

Un véritable bouleversement a lieu pour l'Euro 1996 avec l'explosion de l'Union soviétique et de la Yougoslavie entre autres, 47 nations sont alors affiliées à l'UEFA, par conséquent quinze places sont mises en jeu pour la phase finale (l'Angleterre étant qualifié d'office en tant que pays-hôte). Les sept groupes qualificatifs qui concernaient quatre à cinq nations passent à huit groupes de cinq à six nations. Pour l'Euro 2004, il y a la mise en place de dix groupes de cinq nations, tous les premiers se qualifient et les deuxièmes s'affrontent en barrages pour pour les six places restantes. Enfin pour l'Euro 2008, l'UEFA met en place sept groupes de sept à huit nations, les deux premiers de chaque groupe se qualifient pour la phase finale.

De 1960 à 1976, la phase finale comprenait seulement des demi-finales, un match pour la troisième place et la finale, concernant seulement quatre nations. À partir de 1980, huit nations avaient la possibilité de participer à la phase finale, elles étaient réparties en deux poules avec un seul match contre chaque adversaire, le premier de chaque poule disputait la finale, les seconds le match pour la troisième place. l'Euro 1984 se dispute sur le même schéma sauf que les deux premiers de chaque poule se qualifiaient pour les demi-finales qui détermina les deux finalistes, mais on abandonna le match pour la troisième place.

En 1996, le tournoi final s'agrandit à seize équipes, réparties en quatre poules de quatre équipes, les deux premiers se qualifient pour les quarts de finale, viennent ensuite les demi-finales et la finale et c'est ainsi depuis ce tournoi en Angleterre puisque pour l'Euro 2008, de nouveau seize équipes seront concernées par la phase finale.

Ce tableau montre, à chaque édition de la compétition, le nombre de nations participantes (Total), le nombre de nations prenant part à la phase finale (Phase finale), le nombre de nations qualifiées d'office en tant que pays-hôtes (Qualifiés d'office) et le nombre de nations ayant pris part aux qualifications et parvenant à se qualifier pour la phase finale (Qualifiés).

Le « Trophée Henri Delaunay », qui récompense le vainqueur du championnat d'Europe, a été nommé ainsi en hommage à Henri Delaunay qui avait émis l'idée d'organiser cette compétition, mais est décédé cinq ans avant la première édition en 1960. Ce trophée a été créé par Arthur Bertrand à Paris en 1960. Dessus sont inscrits les noms des vainqueurs, qui reçoivent une réplique réduite.

Dans le cas où une nation remporte le trophée trois fois consécutivement ou à cinq reprises, elle se voit remettre une réplique identique du trophée. Toutefois, aucune nation n'y est encore parvenue.

Chiffres actualisés après l'Euro 2008. Phase finale uniquement.

Légende : Pts : Point(s) J : Matchs joués V : Victoire(s) N : Match(s) nuls(s) D : Défaite(s) BP : But(s) Marqué(s) BC : But(s) encaissé(s) Dif : Différence de but % : Pourcentage points/matchs.

Un titre de meilleur buteur est en jeu à chaque phase finale de l'Euro. Il était peu significatif entre 1960 et 1976 étant donné que les nations qualifiées ne disputaient que deux matchs en phase finale, mais cela n'a pas empêché de grands buteurs d'inscrire leur nom au palmarès, notamment les Allemands Gerd Müller (1972) et Dieter Müller (1976), les Yougoslaves Drazan Jerkovic (1960) et Dragan Dzadic (1968), le Soviétique Valentin Ivanov (1960) ou encore le Hongrois Ferenc Bene (1964).

À partir de l'Euro 1980, la phase finale se dispute sur plus de deux matchs, ce qui permet au titre de meilleur buteur de prendre de l'importance. En 1980 un autre Allemand inscrit son nom : Klaus Allofs avec trois buts. Lors de l'Euro 1984, le Français Michel Platini bat le record pour s'emparer du titre avec neuf buts (record actuel) en cinq matchs, d'autant plus qu'il marqua trois fois du pied gauche, trois fois du pied droit et trois fois de la tête. En 1988, le Néerlandais Marco van Basten permet à son équipe de remporter le titre avec ses cinq buts. En 1992, quatre joueurs arrivent à égalité avec trois buts chacun : Denis Bergkamp, Tomas Brolin, Henrik Larsen et Karl-Heinz Riedle.

En 1996, la phase finale est modifiée pour seize équipes. Les deux nations qui parviennent jusqu'en finale disputent ainsi six matchs au total. L'Anglais Alan Shearer s'empare du titre avec cinq buts. À l'Euro 2000, le Yougoslave Savo Milosevic et le Néerlandais Patrick Kluivert avec six buts décrochent ce trophée.

Enfin, lors de l'Euro 2004, c'est le Tchèque Milan Baros qui termine meilleur buteur avec cinq buts.

Plusieurs joueurs ont réussi un triplé en phase finale : Dieter Müller contre la Yougoslavie en 1976, Klaus Allofs contre les Pays-Bas en 1980, Michel Platini contre la Yougoslavie et la Belgique en 1984, Marco van Basten contre l'Angleterre en 1988, Patrick Kluivert contre la Yougoslavie en 2000 et David Villa contre la Russie en 2008.

Les statistiques présentées ici sont tirées de l’analyse des résultats des poules de l’Euro depuis 1984. C’est en 1984 que les poules ont donné lieu pour la première fois à des demi-finales croisées (en 1980, il y avait aussi deux poules de quatre mais la finale opposait directement chaque premier). L’analyse est donc faite sur les résultats de dix-huit poules (un échantillon relativement modeste).

L’Allemagne a réussi le doublé (Euro 1972 et Mondial 1974). La France a réalisé le doublé dans l’ordre inverse (Mondial 1998 et Euro 2000).

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Championnat de France de football

Logo de la Ligue 1 (2008).svg

Le championnat de France de football, dénommé Ligue 1 depuis 2002, est une compétition annuelle mettant aux prises les vingt meilleurs clubs de football en France. La première journée de l'édition inaugurale s'est tenue le 11 septembre 1932. Nommé « National » en 1932-1933, le championnat prend le nom de « Division 1 » de 1933 à 2002 avant d'être rebaptisé « Ligue 1 » durant l'été 2002. L'Olympique lyonnais est le tenant du titre depuis 2002 ce qui est un record (7 titres consécutifs). L'AS Saint-Étienne reste toutefois le club le plus couronné avec dix titres de champion de France professionnel.

Le football français résiste au professionnalisme jusqu'en 1930. En juillet de cette année, le Conseil national de la Fédération française de football se prononce par 128 voix contre 20 (Paris, Alsace et Auvergne) et 1 abstention (le président Jules Rimet) pour la mise en place du professionnalisme en France. Les pères fondateurs du professionnalisme français sont Georges Bayrou, Emmanuel Gambardella et Gabriel Hanot. Il est mis en application en 1932.

La Fédération décide de limiter le statut professionnel à une élite restreinte. Elle met alors en place un championnat national à vingt clubs. Eux seuls pourront évoluer sous statut professionnel en 1932-1933. La Fédération édicte trois règles pour limiter le nombre des candidatures au statut professionnel : avoir eu des résultats probants par le passé, avoir des recettes guichets suffisamment importantes pour équilibrer les finances et recruter au moins huit joueurs sous statut professionnel. Certains clubs refusent par principe le statut professionnel : les trois clubs strasbourgeois, le RC Roubaix, Amiens SC et de nombreux clubs parisiens dont le Stade français refusent ainsi de se porter candidat. Dans d'autres clubs, la tension est telle que l'on doit jouer sur des artifices pour permettre a certains clubs d'accéder à ce statut. Au Racing Club de France, historiquement hostile au statut pro, il n'est ainsi pas question de se fourvoyer. L'équipe fanion du RCF est alors rebaptisée Racing Club de Paris, et pose sa candidature au statut professionnel sous ce nom. L'Olympique Lillois est également en pointe dans le refus au statut pro, mais pas pour des raisons de morale. La hantise de président Henri Jooris, également président de la puissante Ligue du Nord, est le passage de sa Ligue au rang d'une sorte de Division 2. Les voisins lillois du SC Fives n'ont pas ces scrupules et furent candidats. Certains joueurs lillois commencent même à signer des contrats professionnels avec Fives. Pour stopper l'hémorragie, Jooris est contraint de présenter Lille au statut professionnel. Même le Stade rennais hésite à franchir le pas du professionnalisme alors que le club fait figure de club en pointe à ce sujet. À la surprise générale, le comité directeur repoussa cette possibilité par vote par 73 voix contre 20. Il faut que les supporters promettent de renflouer les caisses en cas de déficit pour que le club rennais s'engage finalement chez les pros. Si les dirigeants des clubs du Nord du pays apparaissent globalement hostiles à cette évolution, ce n'est pas le cas dans le Sud et de très nombreux clubs n'hésitent pas à poser leur candidature. Le Sud-est hérite ainsi à lui seul de près de la moitié des autorisations (neuf sur vingt). Un an plus tard, une Division 2 est mise en place et quelques clubs réticents en 1932 acceptent de franchir le Rubicon, Strasbourg, Amiens et le RC Roubaix notamment.

Cinq clubs se partagent les sept premiers titres attribués : le FC Sochaux et le FC Sète en gagnent deux chacun tandis le RC Paris, l'Olympique de Marseille et l'Olympique Lillois doivent se contenter d'un seul. Ces cinq formations constituent de 1932 à 1939 la colonne vertébrale du championnat.

Les joueurs britanniques, bien sûr, mais aussi ceux originaires d'Europe centrale (Autriche au premier chef) sont nombreux à rejoindre les clubs français désormais professionnels qui comptent ainsi dans leurs rangs quelques-uns des meilleurs joueurs de la planète. Citons ici Rodolphe Hiden, André Abegglen et Larbi Ben Barek. Côté français, Roger Courtois et Jean Nicolas sont les joueurs les plus en vue.

Miné par des problèmes financiers inhérents au passage au professionnalisme et à la multiplication des longs déplacements, la guerre fauche le football professionnel alors seulement âgé de 7 ans. Un « effet Coupe du Monde » avait même été noté depuis le mondial français de 1938, laissant présager d'un avenir radieux.

Les championnats de 1939 à 1945 sont dits « Championnats de guerre ». Par convention, ces titres ne figurent pas au palmarès des clubs. En effet, entre 1939 et 1945, la France du football fut entravée par la guerre : les combats, le gouvernement de Vichy, les bombardements puis le désordre des premiers mois de la Libération furent d'authentiques freins à la mise en place d'un championnat digne de ce nom. Il est vrai que le championnat de la « drôle de guerre » ne fut jamais achevé, tandis que ceux de 1941, 1942 et 1943 couronnèrent un champion au Nord, un autre au Sud. En 1944, les équipes régionales du régime de Vichy sont à l'œuvre. La confusion de la saison de la Libération et l'impossibilité pour les clubs de l'Est d'y prendre part (combats obligent) expliquent le reclassement de cette compétition comme le dernier des « championnats de guerre ».

La refonte de la Division 1 est le sujet numéro 1 de l'été 1945. Qui repart ? Et à quel titre ? Certains clubs ont fusionné pendant la guerre : Lille et Fives d'une part, les deux Roubaix et Tourcoing d'autre part. Des places se libèrent, d'autant que l'élite passe de 16 à 18 clubs. On se réfère ainsi aux résultats du dernier championnat pour admettre directement en D1 les clubs de Lyon, Bordeaux et Reims. Reims (4e du groupe Nord) est préféré à Clermont (4e du groupe sud) en raison de ses bons résultats durant les saisons de guerre.

Le LOSC du président Louis Henno est le grand club de l'immédiate après-guerre. Les Lillois enlèvent deux titres et collectionnent les deuxièmes places. L'équipe surprise est également originaire du Nord. Le CORT Roubaix remporte en effet à la surprise générale le titre en 1947 avec quatre points d'avance sur une valeur montante du football français : le Stade de Reims.

Les autres clubs titrés sont les Girondins de Bordeaux qui s'appuient sur une défense imprenable en 1950, et l'Olympique de Marseille qui s'impose au « finish » devant Lille et Reims en 1948. Emmené par le brillant Brésilien Yeso Amalfi en 1950-51, l'OGC Nice est le premier club a remporter deux titres consécutifs. Yeso part pour l'Italie après le premier titre, mais les Aiglons signent un doublé coupe-championnat en 1951-52.

Sous la conduite d'Albert Batteux depuis 1950, le Stade de Reims s'impose comme l'équipe vedette du championnat en s'appuyant sur des joueurs comme Raymond Kopa (1951-56), Robert Jonquet (1942-60), Armand Penverne (1947-1959) et Just Fontaine (1956-62) notamment. Face à l'armada rémoise, Nice, Saint-Étienne et Monaco parviennent à s'imposer. Le premier titre stéphanois est acquis en 1957 avec quatre points d'avance sur le RC Lens. Les meilleurs Verts de cette époque étaient Claude Abbes, Kees Rijvers, Rachid Mekloufi et Eugène N'Jo Léa sous la direction de Jean Snella. Parmi les grands de cette époque il y a aussi le Nîmes Olympique, mené par le buteur Hassan Akesbi et l'entraîneur Kader Firoud, qui échouera régulièrement dans le trio de tête sans jamais arriver à décrocher le graal.

Nice et Monaco signent deux titres chacun durant cette époque. Les principaux artisans de ce succès furent les entraineurs Luis Carniglia puis Jean Luciano à Nice et Lucien Leduc à Monaco.

Le départ de Raymond Kopa pour le Real Madrid en juin 1956 est un crèvecoeur pour les supporters français. Il ne fut toutefois le premier à opter pour l'étranger et son exemple resta isolé. Just Fontaine aurait pu partir jouer au Brésil en fin de carrière, mais une blessure mis fin à ses exploits sur les terrains plus tôt que prévu.

Le FC Nantes accède en D1 en 1963 et remporte le titre dès sa deuxième saison parmi l'élite. Le jeu à la nantaise prôné par José Arribas qui s'appuie avant tout sur la vitesse et le collectif est un digne héritier du football champagne du grand Stade de Reims. Saint-Étienne s'avère le seul club capable de rivaliser avec les canaris nantais et les matchs Nantes-Sainté seront, vingt ans durant, les sommets de la saison. Entre 1963 et 1983, les Verts enlèvent neuf titres et Nantes six, ne laissant que des miettes aux autres clubs. L'OM du président Marcel Leclerc parvient a connaitre deux sacres consécutifs (1971 et 1972) et le RC Strasbourg de l'entraîneur Gilbert Gress accroche le titre en 1979. L'AS Monaco enlève deux titres en 1978 et 1982. Outre ces clubs couronnés, Bordeaux collectionna les deuxièmes places.

La course au titre de meilleur buteur de la saison 1970-1971 fut l'un des grands moments de cette période. Le Marseillais Josip Skoblar remporte finalement le titre avec 44 buts inscrits en 38 matchs devant le Stéphanois Salif Keita, 42 buts. À l'image des 13 buts inscrits en phase finale de Coupe du monde par Just Fontaine en 1958, ce record de 44 buts sur une saison apparait comme inaccessible, même pour des buteurs en série comme l'Argentin Carlos Bianchi qui plafonne à 37 buts en 38 matchs en 1977-78. Autres grands buteurs de ces années : Philippe Gondet (36 buts en 1965-66), Bernard Lacombe (255 buts de 1970 à 1987), Hervé Revelli (216 buts de 1966 à 1975) et Delio Onnis (299 buts de 1972 à 1986), notamment.

Deux générations de joueurs se succèdent sur ces vingt saisons. Robert Herbin, Jean-Claude Suaudeau et Gilbert Gress réussissent ainsi comme joueur avant de devenir des entraîneurs de talent. Côté joueurs chez les Verts on notera Rachid Mekloufi et Robert Herbin puis Jean-Michel Larqué, Christian Lopez, Dominique Bathenay, Georges Bereta, Hervé Revelli et Dominique Rocheteau sans oublier le gardien yougoslave Ivan Curkovic et le stoppeur Oswaldo Piazza. À Nantes, on citera Henri Michel, Maxime Bossis, Jean-Paul Bertrand-Demanes, Philippe Gondet, Bernard Blanchet et José Touré. Côté entraîneurs à Nantes, José Arribas, Jean Vincent et Jean-Claude Suaudeau inscrivent le club de Loire-Atlantique dans une continuité. Michel Platini, Alain Giresse, Jean-Marc Guillou, Jean-Michel Larqué et Safet Susic brillèrent particulièrement au poste de milieu de terrain offensif tandis que Luis Fernandez et Jean Tigana s'illustrèrent en milieu défensif. À l'arrière, outre les défenseurs stéphanois et nantais déjà nommés dans ce chapitre, on citera Marius Trésor, Roger Lemerre, Jean Djorkaeff, Bernard Bosquier et Manuel Amoros. Chez les gardiens de but, citons Georges Carnus, Dominique Baratelli, André Rey, Jean-Luc Ettori, Joël Bats et Bruno Martini.

Contrairement à la D2 qui devient « open » de 1970 à 1993, la D1 reste réservée aux seuls clubs à statut professionnel. Cas unique dans les annales, le club amateur du FC Gueugnon, champion de D2 en 1979 refusa de passer professionnel, repoussant ainsi un ticket pour l'élite. Le club passe finalement professionnel en 1987 et décroche sa promotion en D1 en 1994.

Cette période est marquée par la montée en puissance de clubs comme les Girondins de Bordeaux, l'Olympique de Marseille et le Paris Saint-Germain qui s'appuient sur des moyens financiers conséquents et pas toujours très clairs. Les affaires se multiplient et on atteint des sommets à l'occasion de l'affaire VA-OM et le titre de champion de France 1992-93 reste « non attribué ». Les hommes forts de cette période sont quatre dirigeants : Claude Bez, président des Girondins de Bordeaux de 1977 à 1990, qui transforme ce bon club en grand club ; Jean-Luc Lagardère, propriétaire du Paris FC puis du Matra-Racing, est responsable de la crise inflationniste de la seconde moitié des années 1980 ; Bernard Tapie, président de l'Olympique de Marseille, qui alterne le meilleur et le pire, et Canal+, propriétaire du Paris SG de 1991 à 2006, qui, à l'image de Bernard Tapie à Marseille, passe du meilleur (présidence de Michel Denisot), au pire après 1998.

En 1996, l'arrêt Bosman ouvre les frontières européennes et on assiste depuis cette date à un véritable pillage des meilleurs joueurs français par les clubs étrangers (voir Liste de footballeurs français expatriés depuis l'arrêt Bosman). 1996 est également l'année choisie par l'AJ Auxerre, modèle de centre de formation à la française, pour accrocher son seul titre de champion de France. Deux ans plus tard, c'est le Racing Club de Lens qui vit son premier sacre, juste devant le FC Metz, autre grand ancien jamais encore couronné.

Le meilleurs joueurs de cette époque furent principalement des Bordelais (Alain Giresse et Jean Tigana), des Marseillais (Jean-Pierre Papin, Chris Waddle, et Basile Boli), des monégasques (Jürgen Klinsmann, Sonny Anderson, Glenn Hoddle ou Victor Ikpeba), et des Parisiens (David Ginola, Raí, Valdo et George Weah), mais modifications du marché des transferts oblige, le championnat se contente le plus souvent depuis le milieu des années 1990 de voir éclore des talents avant un départ sous d'autres cieux. Michel Platini faisait figure d'exception en début de période, aujourd'hui, c'est par dizaines que l'on compte les anciens joueurs du championnat de France évoluant au plus haut niveau à l'étranger. On citera ici pour mémoire Eric Cantona, Laurent Blanc, Didier Deschamps, Marcel Desailly, Zinedine Zidane, Lilian Thuram, Thierry Henry, Bixente Lizarazu, Patrick Vieira ou David Trézéguet.

L'Olympique lyonnais domine le championnat du début du XXIe siècle en remportant sept titres consécutifs depuis la saison 2001-2002, un record. Le président lyonnais Jean-Michel Aulas est à la base de la réussite du club qui n'avait jamais connu cet honneur précédemment. L'OL appuie son succès sportif sur des joueurs comme Sonny Anderson, puis Grégory Coupet, Juninho, Cris, Sidney Govou ainsi que de jeunes talents comme Karim Benzema. La concurrence des Lyonnais est hétérogène. Lors des six premiers titres remportés, ils héritent chaque année d'un dauphin différent : RC Lens (2001-2002), AS Monaco (2002-2003), Paris SG (2003-2004), Lille OSC (2004-2005), Girondins de Bordeaux (2005-2006) et Olympique de Marseille (2006-2007). En 2007-08, les Girondins de Bordeaux parviennent de nouveau à accrocher la place de dauphin.

La promotion/relégation est désormais très simple. Les trois derniers du classement général final sont relégués tandis que les trois premiers de D2 sont promus. Cette méthode est en usage depuis 1993. Avant cette date, certains clubs étaient directement relégués (généralement deux) tandis qu'un système de barrages entre clubs mal classés de D1 et ceux classés juste après ceux promus de D2 avait lieu. Ces barrages eurent de multiples variantes. La plus simple consistait à opposer le 18e (ou le 16e en cas de championnat à 18 clubs) de la Division 1 contre le 3e de D2. Il exista également de véritables petits championnats d'après saison impliquant jusqu'à quatre clubs (deux de D1 et deux de D2). À l'époque du championnat à deux groupes, un premier match de pré-barrage, sec, opposait les deuxièmes d'un groupe qui recevaient les troisièmes de l'autre groupe. Les deux vainqueurs s'affrontaient ensuite en matches aller/retour et le vainqueur de cette confrontation disputait alors les barrages d'accesion contre le 18e de D1, également en match aller/retour, la première rencontre étant toujours sur le terrain de l'équipe de D2.

Afin de relancer le spectacle, la Ligue met en place plusieurs systèmes de bonifications. Le bonus des années 1970 est le plus fameux. On accorde un point supplémentaire aux équipes marquant trois buts en 1973-1974. Ainsi, un match nul 3-3 est récompensé d’un point supplémentaire pour chaque équipe, générant quelques matchs douteux. La Ligue rectifie le tir la saison suivante en accordant seulement un point supplémentaire à une équipe qui s'impose par au moins trois buts d'avance, puis abandonne cette formule qui prêta à controverses (1976). La Ligue joua également sur le nombre de points attribués pour une victoire. Dès la saison 1988-1989, le système de la victoire à trois points est testé. Il est finalement adopté en 1994.

En 1932-33, la D1 compte 113 joueurs étrangers sur 387, soit 29,2%. On monte à 35% en 1933-34. Leur nombre est ensuite limité à trois puis à deux sur le terrain dès 1938. Malgré ces restrictions, les clubs de D1 conservent en moyenne plus de cinq joueurs étrangers dans leurs effectifs jusqu'à la guerre. De 1945 à 1955, le nombre moyen des joueurs étrangers par club de D1 passe de 1 à 3,45. Paul Nicolas, président du Groupement ferme les portes du championnat aux joueurs étrangers le 27 avril 1955. Ceux déjà sous contrat peuvent rester (ils ne seront plus que 16 en D1 en 1960), mais aucun joueur étranger ne peut être recruté. Le but de Nicolas est de favoriser la formation au sein des clubs. Entre 1961 et 1963, les clubs peuvent recruter un joueur étranger, mais la frontière est ensuite de nouveau fermée jusqu'en 1966. De nombreux joueurs africains profitent de la période de fermeture du marché étranger pour faire leur entrée en masse en D1. Ces footballeurs africains et les clubs jouent en effet sur la double-nationalité des joueurs tous nés sous autorité française, empire colonial oblige. Après 1966, le marché étranger reste toujours accessible aux clubs français. Le nombre des joueurs étrangers par club est d'abord limité à deux, puis à trois. L'arrêt Bosman modifie la donne en profondeur en créant de fait un marché européen ouvert à partir de la saison 1996-1997. Cette nouvelle réglementation est néfaste au championnat de France qui perd nombre de ses meilleurs joueurs.

Le contrôle financier des clubs par la Direction Nationale de Contrôle de Gestion est la conséquence de dérives observées durant les années 1980. Elle a une fonction de contrôle et dispose des moyens de sanctionner, notamment le pouvoir de rétrograder des clubs ou les interdire de promotions. La DNCG délivre ses premières sanctions de rétrogradation administrative en 1991. Le président de la Ligue Noël Le Graët tenta également d'imposer des critères pour accéder en D1 en matière de capacité d'accueil des stades. Cette règle ne fut jamais vraiment respectée, et jamais un club ne fut relégué ou interdit d'accéder à l'élite pour cette raison. Les cas de stades vétustes ou loin des minima imposés ne manquent pourtant pas, aujourd’hui encore.

L'Olympique Lillois, et son capitaine Georges Beaucourt, reçoivent à l'issue de la finale du 14 mai 1933, des mains du sous-sécrétaire d'état à l'éducation nationale M. Ducos, la coupe récompensant le champion de France professionnel. Il s'agit d'ailleurs plus d'un vase (pas d'anse) que d'une coupe. Ce trophée est offert par le journal Le Petit Parisien. Lille conserve définitivement ce premier trophée et Le Petit Parisien finance un nouveau trophée, différent du premier, mais toujours sans anse, qui reste en activité jusqu'en 2002. On remplace juste la plaque mentionnant Le Petit Parisien après la Seconde Guerre mondiale par une autre au nom du Parisien Libéré. Toutefois, il n'exista que très rarement de véritables cérémonies de remise officielle. Au milieu des années 1980, la ligue tente pourtant de rétablir cet usage. On se souvient ainsi de la remise du trophée aux Girondins de Bordeaux à domicile contre AS Monaco en 1985. Pour récompenser l'AS Saint-Etienne de ses dix titres, un « super trophée » est remis ; Il s'agit du trophée remis tous les ans au champion, mais à une échelle 1,5.

Avec le changement de nom du championnat, un nouveau trophée est créé : le Trophée de Ligue 1. Une cérémonie de remise calquée sur le modèle anglais est également mise en place. Représentant de manière stylisée un torse, il est présenté pour la première fois au public le 6 mai 2003. Pour honorer l'Olympique lyonnais, cinq fois champion consécutivement, il fut décidé que le club le conserverait définitivement après le titre de 2006. Le nouveau trophée — baptisé Hexagoal — est remis pour la première fois à l'Olympique lyonnais à l'issue de la saison 2006-2007.

Depuis la mise en place d'un championnat en 1894, certaines rivalités ont généré des affiches focalisant l'intérêt des supporters et des médias. Depuis le début des années 1990, l'affiche PSG-OM se dégage ainsi clairement du reste du calendrier. La première affiche du championnat remonte à la fin du XIXe siècle et opposa, de 1894 aux premières années du XXe siècle, les clubs parisiens du Standard AC et du Club français. L'effectif du Standard était principalement composé de joueurs britanniques tandis que les Clubistes étaient majoritairement français. Durant les dix années précédant la Première Guerre mondiale, c'est l'âge d'or des derbies avec la multiplication d'affiches mettant aux prises des clubs de la même ville. L'Olympique de Marseille avait ainsi fort à faire au niveau local face au Stade Helvétique de Marseille. De 1919 à 1932, la Coupe de France est la compétition de référence et initie les premières rivalités régionales. La création du championnat professionnel en 1932 accentue cette tendance. La politique « un club, une ville », illustrée notamment par la fusion forcée des trois clubs professionnels de Bordeaux en 1937 élimine ainsi du calendrier les derbies interne à une même ville, et même Paris, ne dispose depuis 1990, date de la relégation du Matra Racing, que d'un seul club parmi l'élite, malgré des discours convenus sur l'intérêt de mettre en place un deuxième grand club à Paris.

Déjà initiés avant la Seconde Guerre mondiale, les derbies régionaux s'imposent comme des rendez-vous incontournables du calendrier après le conflit. Il est vrai que les rencontres entre Lyon et Saint-Etienne ou Lens et Lille avaient été rares au plus haut niveau avant 1945. À l'image la rivalité entre le Standard et le Club Français de la fin du XIXe siècle, des chocs émergent également du calendrier. Ainsi, les rencontres entre le RC Paris et le Lille OSC entre 1945 et 1955, furent l'équivalent des PSG-OM d'aujourd'hui. Dans la même veine, le Stade de Reims remplace Lille comme rival du Racing du milieu des années 1950 au milieu des années 1960. Puis ces deux phares du football français se trouvent éclipsés par deux valeurs montantes : Nantes et Saint-Étienne. Du milieu des années 1960 au début des années 1980, le choc, c'était Nantes-Sainté. On signalera la micro-rivalité entre Saint-Étienne et Marseille entre 1969 et 1972, mais malgré une brillante mise en scène médiatique (Leclerc, président de l'OM était directeur du journal But!), l'opposition Nantes-Sainté restait l'affiche principale. Sous la direction de Claude Bez, les Girondins de Bordeaux s'imposent comme la meilleure formation française des années 1980 et l'opposition face à l'OM de Bernard Tapie, dans la seconde moitié des années 1980, constituait un choc à la mesure des présidents des deux clubs. Depuis les déboires du président Bez, le PSG version canal+ est parvenu à se glisser dans la brèche, et en jouant sur la vieille rivalité Paris/Province, le choc PSG-OM fut mis au monde. Certains journalistes de la chaîne cryptée ont baptisé au début des années 2000 ce choc du terme de classico, avec deux S contrairement au modèle espagnol.

Selon le dernier rapport financier publié par la DNCG, le budget cumulé des vingt clubs de Ligue 1 était de 910 millions d'euros en 2005-2006, soit une hausse de 39% par rapport à la saison 2002-2003 . Grâce à cette solide croissance qui repose essentiellement sur une hausse importante des droits télé, les clubs français ont pu sortir de la crise financière quasi permanente depuis les débuts du championnat. Mis à part le PSG, tous les clubs de l'élite présentent désormais des comptes équilibrés ou bénéficiaires. La saison 2005-2006 est même marquée par un bénéfice global pour l'ensemble des clubs de Ligue 1 de 27,708 millions d'euros. En comparaison, le déficit cumulé des clubs de l'élite était de 151,176 millions d'euros sur la seule saison 2002-2003.

Cette dernière grave crise financière qui débute au milieu des années 1980 avec la hausse des salaires imposée par des clubs comme le Matra-Racing fait suite à une autre période difficile qui débute au début des années 1960 et qui s'achève au milieu des années 1970. Au pire de la crise, la moyenne des spectateurs plonge à moins 7000 par match en 1968-69. Nombre de clubs prestigieux furent d'ailleurs contraints de stopper leurs activités en professionnel : le FC Sète (1960), le CA Paris (1963), le CORT Roubaix (1963), l'AS Troyes (1963), l'US Forbach (1966), le Racing Club de Paris (1966), le Stade français (1967), le SO Montpellier (1969), l'AS Béziers (1969), le RC Lens (1969) et le Lille OSC (1969), notamment. Après cette hécatombe, la Fédération et la Ligue, toujours en froid depuis 1944, trouvèrent un terrain d'entente afin de sauver le football français de haut niveau : c'est la réforme des compétitions qui entre en application en 1970. Depuis 1932, le championnat était fermé, et aucune équipe ne pouvait descendre de D2 en CFA. À partir de 1970, ce dispositif n'est plus, permettant l'émergence de nouveaux clubs professionnels comme Auxerre et Guingamp, parmi d'autres.

Jusqu'aux années 1970, la quasi totalité des recettes des clubs provenait des guichets. En 2005-2006, les recettes des vingt clubs de Ligue 1 proviennent à 57% des droits télé et seulement à 15% des guichets. La publicité fut toujours présente autour des stades mais apparait sur les maillots des joueurs en octobre 1969 . Ce type de recettes pèse en 2005-2006 pour 18% dans les budgets des clubs de l'élite. Le merchandising et les subventions des collectivités locales (3%) complètent les budgets. Ces mêmes subventions représentaient un quart des recettes au début des années 1980. Elles sont désormais sévèrement encadrées par la réglementation européenne.

Avant la Seconde Guerre mondiale, les clubs n'autorisent pas les radios à retransmettre les rencontres en direct. Quelques rares matches sont toutefois diffusés. À partir de la saison 1935-36, la Fédération autorise la diffusion de matches du championnat en différé, une demi-heure après le coup de sifflet final avec des commentaires gravés sur disques.

Pendant la guerre, deux matches sont diffusés en direct le dimanche, aussi, après la Libération, les radios opèrent sans contraintes. Radio Luxembourg met en place à partir du 1er novembre 1953 un multiplex en direct permettant de suivre tous les matches d'une même journée de championnat. Le Groupement interdit la diffusion en direct pendant la première mi-temps en mars 1954 au prétexte que cela encouragerait les spectateurs à aller au stade. Les stations s'adaptent en meublant pendant la première période en attendant la fin de la première période pour en faire le résumé et enchainer avec la diffusion en direct de la seconde période.

En octobre 1975, France Inter lance le multiplex moderne sans demander d'autorisation aux autorités du football au nom du droit à l'information. Europe 1, RTL et RMC adoptent rapidement la même formule, toujours d'actualité au début du XXIe siècle.

La première retransmission d'un match du Championnat de France en direct remonte au 29 décembre 1956. La rencontre Stade de Reims-FC Metz est diffusée par l'ORTF contre le versement d'une compensation financière au Stade de Reims couvrant la différence entre la recette du jour et la moyenne des recettes du club. Le parc est alors estimé à 700 000 téléviseurs en France.

Le 12 novembre 1959, une crise éclate entre le football et TV suite à la diffusion sur la chaîne unique française du match Hongrie-Allemagne. La FFF qui n'avait pas donné son feu vert à cette diffusion bloque désormais toutes diffusions. Georges Briquet est alors nommé en 1960 comme médiateur afin de dénouer la crise qui s'enlise. Les accords signés le 4 février 1961 entre la fédération et l'ORTF ne concernent pas le championnat, qui reste absent des antennes pendant quatre autres années.

En 1965-1966, quatre matchs de championnat de D1 sont diffusés en direct par l'ORTF : Sedan - Bordeaux, Sochaux - Nantes, Angers - Valenciennes et Stade Français – Sochaux. Red Star - Nantes et Sedan - Marseille en 1967-1968, puis sept matchs en 1968-1969, AC Ajaccio - Sedan, Lyon - St-Étienne, Rouen - Nantes, Nancy - Reims, Sedan - Metz, Bordeaux - St-Étienne et Angers - Angoulême, sont également diffusés en direct. Le 10 novembre 1968, la rencontre Red Star - Saint-Étienne est déprogrammée à la dernière minute par l'ORTF. Les clubs peuvent désormais arborer de la publicité sur leurs maillots, mais cette innovation déplait à la télé qui se refuse à diffuser des rencontres d'hommes-sandwiches. C'est le coup d'envoi d'une nouvelle période crise entre football et télévision en France. Le 6 mars 1969, signature d'accords entre la FFF et l'ORTF sous la haute autorité du ministère de l'information fixant les diffusions de matchs de football. Les téléspectateurs français pourront voir notamment 15 secondes périodes de matchs de D1 en différé pendant la saison 1969-1970. Les clubs repoussent cet accord et suite à l'affaire Vittel (la Ligue voulait imposer un sponsor unique à tous les clubs) récupèrent leurs droits de négocier directement avec l'ORTF. Le prix minimum d'un match de D1 est fixé à 120.000 F. Le 8 novembre 1969, diffusion en direct par l'ORTF du match de championnat de D1 Lyon - Rennes devant seulement 894 spectateurs payants. Cette affluence famélique signe l'arrêt de mort des retransmissions en direct des matchs de championnat.

Suivant l'exemple de l'Angleterre qui diffuse à partir du 2 octobre 1983 des rencontres de championnat en direct, la France renoue avec ce type de diffusions le 9 novembre 1984. Cinq jours après ses débuts, Canal+ diffuse le match Nantes - Monaco. Canal verse 250 000 F par match pour ses 200 000 abonnés. Le prix monte à environ 320 000 F par match dès la saison 1984-85 après la signature d'un premier contrat de trois ans pour 25 matches par saison. En fait, le montant des droits est indexé sur le nombre d'abonnés : plus la chaine a d'abonnés, plus les matches coûtent cher.

Après avoir plafonné durant sa première année d'existence, le nombre d'abonnés augmente très rapidement les années suivantes, permettant aux clubs professionnels de dégager des revenus toujours à la hausse en provenance des télévisions. Les droits pour un match passent ainsi de 250 000 à 2 millions de francs en cinq ans. L'inflation touche également le magazine Téléfoot : en 1987, chaque numéro du magazine dominical est facturé un millions de francs à TF1. Estimé en 1980 à moins de 1 % dans le budget des clubs de football professionnels français, les droits TV pèsent 23 % en 1990.

Canal+ n'utilise pas toutes ses possibilités en matière de diffusion lors de la période 1985-1993. Ainsi, en 1985-86, seulement 15 matches sont diffusés dont 9 en différé. Depuis 1993, Canal+ diffuse à l'occasion de chaque journée de championnat au moins un match en direct. Le 3 septembre 1996 une filiale de Canal+ propose la diffusion de la première journée de championnat de France en mode pay per view. Depuis cette date, tous les matchs de championnat de France de Division 1 sont diffusés en direct par la télévision française. En profitant de la mise en place d'appel d'offres, TPS parvient à briser le monopole de Canal+ en obtenant les droits pour diffuser un match en direct lors de chaque journée. Les revenus TV couvrent en 2000 50 % des budgets des clubs professionnels français. Billetterie, merchandising et publicité génèrent les 50 % restants.

L'appel d'offres de 2002 pour la période 2004-2007 génère un conflit. Canal+ fait main basse sur la D1 en mettant en avant une offre élevée (480 millions d'euros par an), mais aussi son antériorité. Tous les matchs sont concernés par des diffusions cryptées (trois matches par journée) ou en pay per view (les sept autres matchs de la journée). TF1 conserve Téléfoot mais perd la possibilité de diffuser un match en direct lors de chaque journée. À la surprise générale, les montants financiers en jeu (530 millions d'euros par an) sont en hausse de 40 % par rapport au contrat précédent (380 millions par an). TF1 n'admet pas cette défaite et contre-attaque. À sa demande, le Conseil de la concurrence suspend le contrat le 23 janvier 2003 puis autorise finalement en août 2004 une situation de monopole. Le 10 décembre 2004, Canal+ enlève l’exclusivité sur le championnat pour un montant record de 600 millions d'euros par saison en moyenne sur trois saisons, soit une hausse de 62 % par rapport au contrat précédent. Ceci signe l'arrêt de mort de TPS qui est ensuite absorbé par le groupe Canal+.

Le 30 mars 2007, la LFP donne les droits du magazine dominical pour une année à France 2 qui crée alors France 2 foot. TF1 continue Téléfoot, désormais consacrée au football étranger. Cette même année, un appel d'offre pour quatre saisons est lancé par la Ligue. Malgré des protestations de Canal+ qui assigne même la LFP en justice, et les augures de chute importante des droits, ces derniers se maintiennent globalement au même niveau. Canal+ laisse partir chez Orange l'une des trois affiches par journée comme ce fut le cas avec TPS, mais récupère les droits pour le magazine dominical. France 2 foot disparait, Canal Football Club apparait. Orange débourse 203 millions d'euros par saison, Canal+ 465.

Répartition : en 2006, sur ces 600 millions, 430 reviennent aux clubs de L1, 101 aux clubs de L2, 30 millions à la taxe Buffet pour le sport amateur, 20 à la LFP, 12 à la FFF et 7 à l'UNFP.

Le record d'audience télévisée est détenu par le match OM-PSG du 26 octobre 2008 (2-4), vu par 2,45 millions de téléspectateurs.

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Source : Wikipedia