Martinique

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Posté par rachel 16/03/2009 @ 00:07

Tags : martinique, territoires d outre-mer, france

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Martinique

Écusson de la Martinique

La Martinique est à la fois une région d'outre-mer et un département d'outre-mer (numéro 972) français. Elle devrait son nom à Christophe Colomb qui la découvre en 1502. L’île est alors appelée « Iouanacaëra-Matinino », habitée par les Kalinas, qui aurait désigné une île mythique chez les Taïnos d’Hispaniola. Le nom a évolué selon les prononciations en Madinina, « l’île aux fleurs », Madiana, Matinite et enfin, par influence de l'île voisine La Dominique, le nom est devenu Martinique. Selon l’historien Sydney Daney, l’île aurait été appelée « Jouanacaëra », par les Caraïbes, ce qui signifierait « l’île aux iguanes ». Elle est devenue française en 1635. Faisant partie de l'archipel des Antilles, elle est située dans la mer des Caraïbes, à environ 450 km au nord-est des côtes de l'Amérique du Sud, et environ 700 km au sud-est de la République dominicaine.

Le peuplement de la Martinique est relativement récent. Son histoire est largement marquée par celle de la colonisation de l’Amérique, l'esclavage, les guerres d’influence entre les anciens empires coloniaux européens, l’évolution des activités agricoles, l’éruption de la Montagne Pelée de 1902 et les calamités climatiques, ainsi que des revendications indépendantistes modernes.

La Martinique est une région monodépartementale (Région et Département à la fois). L'île est divisée en 4 arrondissements, 34 communes et 45 cantons.

La Martinique constitue avec la Guadeloupe, située à environ 150 km plus au nord, et la Guyane située sur le continent Américain au nord de l’Amérique du Sud, les départements français d’Amérique (DFA). La région de la Martinique est également une des régions ultrapériphériques de l’Union européenne.

La préfecture de la Martinique est Fort-de-France. Les trois sous-préfectures sont Le Marin, Saint-Pierre et La Trinité.

Les deux exécutifs de la Martinique sont le président du conseil régional, Alfred Marie-Jeanne et le président du conseil général Claude Lise.

La Martinique est représentée à l'Assemblée nationale par 4 députés (Alfred Almont, Serge Letchimy, Louis-Joseph Manscour et Alfred Marie-Jeanne) et au Sénat par deux sénateurs (Serge Larcher et Claude Lise).

Elle est aussi depuis 2007 représentée au Parlement européen par deux députés européens, Madeleine de Grandmaison et Catherine Néris.

D'une superficie totale de 1 100 km², la place au troisième rang après Trinidad et la Guadeloupe dans le chapelet d'îles qui constituent les Petites Antilles, la Martinique s'étire sur environ 65 km de longueur, pour 27 km de largeur. Le point culminant est le volcan de la montagne Pelée (1 397 m). Comme le reste des petites Antilles, la Martinique est soumise au risque sismique : ainsi, le 29 novembre 2007 à 15 heures, heure locale, un séisme de magnitude 7,3 sur l'échelle de Richter a eu lieu au large de l'île.

On sépare généralement la Martinique en deux zones distinctes. D'une part, une zone située au nord d'un axe Fort-de-France - Le Robert, zone À la suite de phénomènes d'érosion toujours violents en Martinique à cause de la forte pluviosité due à l'évaporation océanique apportée par les alizés, les hauts volcans de formation récente situés au nord de l'île (mont Pelé et pitons du Carbet (1196 mètres)) font place, dans le sud, à des « mornes » aux sommets arrondis ou plats et aux fortes pentes d'une altitude généralement comprise entre 100 et 300 mètres.

Au sud, on trouve une zone aux reliefs moins importants, à la végétation moins abondante, au climat plus sec et qui comporte la majorité des installations touristiques de l'île.

Le relief est accidenté sur cette île d'origine volcanique. Les zones volcaniques anciennes correspondent à l'extrême sud de l'île (Savane des pétrifications) et à la presqu'île de la Caravelle à l'est. L'île s'est développée dans les derniers 20 millions d'années par une suite d'éruptions et de déplacements de l'activité volcanique vers le nord. Le dernier volcan en date, toujours actif, est la Montagne Pelée, qui occupe tout le nord actuel de l'île et culmine à 1 397 m, dont la dernière eruption remonte au 8 mai 1902 : 29 000 morts en 2 minutes.

À la suite de phénomènes d'érosion toujours violents en Martinique à cause de la forte pluviosité due à l'évaporation océanique apportée par les alizés, les hauts volcans de formation récente situés au nord de l'île (mont Pelé et pitons du Carbet (1196 mètres)) font place, dans le sud, à des « mornes » aux sommets arrondis ou plats et aux fortes pentes d'une altitude généralement comprise entre 100 et 300 mètres.

La montagne du Vauclin, point culminant du sud de l'île, atteint 504 m d'altitude. Les plaines situées au Centre et en bordure côtière, les « fonds », sont séparées par des escarpements et sont généralement de petite dimension.

La côte est, ou côte au vent des îles, portait traditionnellement dans les Antilles le nom de Cabesterre ou Capesterre. Le terme cabesterre en Martinique désigne plus spécifiquement la zone de la presqu'île de la Caravelle. Cette côte au vent, bordée par l'océan atlantique, est exposée directement aux vents Alizés et à la houle atlantique venant du large.

La partie nord allant de Grand-Rivière à Sainte-Marie est essentiellement bordée de falaises avec très peu de mouillages et d'accès à la mer. La navigation y est limité à la pêche côtière avec les petites embarcations traditionnelles de la Martinique. Entre Sainte-Marie et La Trinité la côte devient moins abrupte et la rade de la Trinité, bien qu'exposée aux Alizés et relativement peu profonde, est une des meilleures de la Martinique. Au large de cette zone les fonds atteignent rapidement la profondeur de 60 mètres formant un grand plateau s'étendant à plusieurs milles au large.

La Presqu'île de la Caravelle sépare nettement la côte nord atlantique et la côte sud atlantique. Elle marque aussi un net changement de la nature des fonds. Une ligne de récifs frangeants suit la côte depuis la pointe de la Caravelle jusqu'à l'extrême sud de l'île se rapprochant peu à peu de la côte jusqu'à se fondre avec elle. Ces restes d'un paléolittoral constituent un danger majeur pour la navigation.

Ces récifs ou cayes comme on les appelle dans les Antilles, dont certains émergent et d'autres ne sont couverts que de quelques mètres d'eau (à cause du danger qu'ils représentent ils portent aux îles le nom évocateur de "loup", loup bordelais, loup ministre etc. dont le nom vient souvent d'un navire qui y a sombré) ont causé dans l'histoire le naufrage de nombreux navires.

Contrairement à la côte atlantique, la côte caraïbe est accore, et ne présente que peu de dangers pour la navigation (quelques cayes bordent la côte sur le littoral sud entre le Diamant et Le Marin).

Dans le secteur de Saint-Pierre, au pied de la montagne Pelée, les fonds de 100 mètres sont parfois à seulement 400 mètres de la côte.

La rivière Lézarde, longue de 30 km, est le plus long cours d'eau de l'île.

La Côte Atlantique est bordée par un récif corallien pratiquement ininterrompu, où circulent les poissons du large et où s'abrite la faune sédentaire.

Le milieu aquatique s'est fortement dégradé au cours des vingt dernières années. La pollution d'origine industrielle, notamment les distilleries, le manque de structures d'assainissement des eaux usées, le remblaiement intensif des zones de mangrove, véritables nurseries pour de nombreuses espèces de poissons, ainsi que la pêche sont à l'origine d'une régression considérable de la surface des récifs et d'une diminution importante du nombre et de la variété des poissons.

Côté ciel, la Martinique est le pays des hérons garde-bœufs, des colibris (4 espèces en Martinique: le colibri madère, le colibri huppé, le colibri à falle vert et le colibri à tête bleue) et des sucriers (reconnaissables à leur ventre jaune).

Côté terre, les mangoustes importées pour faire diminuer la population de serpents ‘fer de lance’ (ou trigonocéphale). Malheureusement, les conséquences furent graves, puisque les mangoustes détruisirent également de nombreuses espèces endémiques d’oiseaux aujourd’hui complètement disparues. De nos jours, on rencontre plus facilement de nombreux petits lézards verts inoffensifs, les anolis ainsi que les mabouyas, plutôt marrons translucides, ils sont très craintifs et sortent la nuit.

La forêt tropicale humide est composée de fougères et d'arbres tels que l'acajou (en anglais: mahogany), le courbaril, qui servent à la fabrication de meubles. Certains peuvent atteindre 45 mètres de haut.

Dans sa forme dégradée ou dans des conditions de sol extrême la végétation peut prendre la forme de savane, où les cactées et les plantes grasses se partagent le sol avec les herbes folles.

Les palmiers dont l'arbre du voyageur ont été importés d’Amérique du Sud et de l’océan Indien. De nombreux arbres fruitiers sont également présents sur l’île (avocatier, arbre à pain, tamarinier, prune de cythère).

Les instructions nautiques modernes distinguent deux saisons marquées, liées aux précipitations : la saison humide, de mai à novembre, et la saison sèche de février à avril. Cette saison sèche, correspond normalement à une période de grosses chaleurs et de sécheresse. Comme elle commence normalement après le carnaval elle est appelée carême. En pratique, les fluctuations sont nombreuses. Il y a des hivernages plus longs ou plus courts selon les années ou bien des hivernages tardifs ou précoces, des carêmes très secs ou pluvieux. Il tombe en moyenne 80 mm d'eau en mars au Lamentin (plaine centrale située au niveau de la baie de Fort-de-France) et 260 mm d'eau en octobre.

Les alizés soufflent du nord-est à l'est pendant la majeure partie de l'année, croissant pendant la matinée et décroissant pendant l'après-midi pour tomber le soir. C'est le régime de vent de la saison sèche durant laquelle les passages du vent au SE ou au S sont toujours de très courte durée (quelques heures).

Le climat de la Martinique est directement réglé par les positions de l'anticyclone des Açores qui dirige l'alizé de nord-est, et de la zone de basses pressions équatoriales où les alizés de l'hémisphère nord rencontrent ceux de l'hémisphère sud, le long de la zone de convergence intertropicale.

Pendant le temps de l'hivernage, le régime des vents est beaucoup plus instable. Ils varient de l'ENE à l'ouest en passant par le sud. Pendant cette période, le vent peut rester pendant plusieurs jours de secteur sud. Ce secteur sud était d'autant plus redouté au temps de la colonie, qu'une grande partie des baies étaient frangées de mangrove et que le vent repoussait alors sur l'île les émanations de ces marécages, réputées malsaines et dangereuses pour les Européens récemment installés.

La zone des Antilles est sujette au développement de cyclones. Suivant les moments de l'année ces dépressions viennent de l'Atlantique (Cap-Vert) ou du centre de la mer des Antilles et du golfe du Mexique (à l'ouest du méridien 80°). Sur la Martinique la trajectoire des cyclones est le plus souvent E-O ou SO-NE.

La courbe de fréquence des cyclones montre qu'ils traversent la Caraïbe entre les mois de juin et novembre et passent préférentiellement en Martinique, en août et septembre.

Les cyclones constituent un danger majeur pour les populations et les installations, comme l'ouragan Dean qui a causé de gros dégâts en août 2007, en particulier sur les plantations de bananes et de canne à sucre. Les Martiniquais ont attendu l'aide financière de la métropole et le soutien national; surtout de la part des représentants comme le premier ministre et le ministre de l'Outre-Mer . Plus de 5000 habitations détruites et il faut alors compter sur les subventions du gouvernement.

Les principales villes de la Martinique sont : Fort de France (100 000 hab), Le Lamentin (40 000 hab), Le Robert (25 000 hab), Schoelcher, Sainte-Marie, et Le François.

La banane est le premier produit agricole d’exportation (57,8 % de la production agricole de l'île) tout en n'occupant que 27,1 % de la surface agricole utile. Elle occupe près de la moitié des actifs agricoles. Le rhum agricole représente 23% de la valeur ajoutée agroalimentaire en 2005 et occupe 380 actifs sur l'ile (y compris le rhum traditionnel). La production de l'île se situe autour des 80 000 hl d'alcool pur. La canne à sucre occupe en 2005 3600 ha, soit 13.7% des surfaces agricoles. Cette production évolue vers une concentration de plus en plus forte avec des exploitations de plus de 50 ha qui représentent 6.2% des exploitations pour 73.4% de la surface exploitée.

Les ananas constituaient autrefois une part importante de la production agricole, mais ne représentaient en 2005, selon l'IEDOM, que 1% de la production agricole en valeur (2,5 millions d'euros contre 7,9 millions en 2000).

Le recensement de 2006 comptabilise 397 732 habitants, pour 1 128 km², soit une densité de population de 353 habitants au km², contre 106 au niveau national Comme dans la plupart des îles, cette densité augmente : 255 hab/km2 en 1961, 319 en 1990, 353 en 2006, malgré une baisse récente de la fécondité. En 2007, la population était estimée à 401 000 habitants.

90% de La population est majoritairement composée de noirs et métis (nègre, câpre, mulâtre, chabin, bata-syrien etc.), d'Afro-Indiens nommés "coolies et chapé-coolie" à 15% et de 5% d'Européens appelés Zorey. Il y a d'autres populations venues du continent asiatique, notamment de la région tamoule en Inde, et de la Chine vers la fin du XIXe siècle et du Moyen-Orient (Syrie, Liban) au XXe siècle. La Martinique connaît un fort métissage, donnant une population de type "créole". Il y a aussi environs 5000 personnes de 115 pays différents présentes en Martinique.

Les familles martiniquaises se caractérisent par une proportion non négligeable de foyers monoparentaux, 18% des familles (INSEE 1999). Ce sont ce qu'on appelle des familles matrifocales.

Roger Bastide a particulièrement étudié les familles noires américaines, présentes dans toutes les régions de ce continent où a existé la traite négrière. Jean Benoît a décrit très finement les types de familles martiniquaises dans les années 1960. Cette typologie demeure tout à fait d'actualité.

L'histoire de ces familles peut s'expliquer par la coexistence de trois phénomènes : l'apport culturel de l'Afrique et des modèles familiaux africains (théorie de Herskovits), les conséquences de l'esclavage et les dislocations familiales (théorie de Frazier).

Dans les chansons, les traditions, les proverbes, il est fait mention de la mère, femme "poto mitan", poutre maîtresse dans le foyer. Cependant, les familles contemporaines sont majoritairement des familles où les deux parents sont présents (INSEE Martinique).

Au XVIIe siècle, Madame Scarron, devenue Madame de Maintenon lorsqu'elle fut veuve de son mari l'écrivain Paul Scarron, passa son enfance en Martinique, et fut surnommé la belle indienne.

En tant que département et région d'outre-mer (DROM), le français constitue la langue officielle de l'île comme sur l'ensemble du territoire de la République française. La population utilise aussi couramment le créole martiniquais qui ne connait en aucun cas un déclin de sa pratique comme peuvent le connaître bien d'autre langues régionales en Métropole.

La langue créole n'est pas un simple code de communication. C'est aussi l'expression de tout un peuple et le véhicule privilégié d'une culture, voire d'un état d'esprit. Le créole est facilement parlé dans la rue, en famille, entre amis, sur les ondes, dans les églises, il s'agit véritablement d'une deuxième langue.

Le statut du Créole a changé depuis la création en 2000 d'un Capes en Langue et Culture Régionale Option Créole. Autrefois langue méprisée, aujourd'hui la langue Créole est enseignée dans le secondaire et à l'Université des Antilles et la Guyane. En effet, Une Licence, un Master et un Doctorat en Langue et Culture Régionale option Créole existent depuis une dizaine d'années sur le Campus de Schoelcher. Autre avancée positive, en 2007, l'écrivain Raphaël Confiant publie aux Éditions Ibis Rouge, le premier Dictionnaire Créole martiniquais - français.

Le G.E.R.E.C (Groupe d'Études et de Recherches en Espace Créolophone) fondé en 1975 par le Pr Jean Bernabé, tente depuis plus de 30 ans de codifier le Créole martiniquais. C'est la graphie du G.E.R.E.C, qui fait référence en Martinique. Les défenseurs de la langue Créole en Martinique sont incontestablement les écrivains du mouvement littéraire la créolité, Raphaël Confiant, Patrick Chamoiseau, et Jean Bernabé.

De grands écrivains, penseurs et intellectuels ont marqué la littérature martiniquaise, notamment Édouard Glissant, Frantz Fanon, Raphaël Confiant, Patrick Chamoiseau et Aimé Césaire, père du concept de négritude et personnalité très influente au sein de l'île.

La biguine, la mazurka créole ou mazouk, la valse créole, le kompa, le quadrille, le Bèlè et le zouk.

Emanation de l'Agence de promotion des activités rurales et touristiques (Apart), Tak Tak Martinique réunit des entreprises, communes, associations, restaurants et musées dans le but de développer un tourisme solidaire et durable dans le nord de l'île.

971 Guadeloupe · 972 Martinique · 973 Guyane · 974 La Réunion Les départements d’outre-mer ont également le statut de région (à département unique).

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Schoelcher (Martinique)

Schoelcher est une commune française, située dans le département de la Martinique et la région Martinique. Ses habitants sont appelés les Schoelcherois et les Schoelcheroises. Schoelcher est la 4e commune la plus peuplée de la Martinique après Fort-de-France, Le Lamentin et Le Robert. Schoelcher était nommée Case Navire jusqu'en 1988.

La commune se situe sur l'île de la Martinique au sein de l'Océan Atlantique, dans l'agglomération de Fort-de-France. Le climat y est de type tropical.

D'abord nommée Case-Navire, elle est rebaptisée Schœlcher en 1888 en hommage à Victor Schoelcher initiateur de l'abolition de l'esclavage en France et dans ses colonies. Schoelcher est typographiée avec e dans l'o par le Code officiel géographique de l'IGN qui l'écrit Schœlcher.

Schoelcher est jumelée avec  Fessenheim (France) depuis 1980, ville d'où sont originaires les parents de Victor Schoelcher. Chaque année depuis 1980, les écoliers alsaciens viennent à Schoelcher et des écoliers schoelchérois se rendent en Alsace.

Schoelcher s'est aussi jumelée, en 1998, avec  Houilles (France), car Victor Schoelcher y a fini ses jours le 25 décembre 1893.

Le taux de chômage, en 1999, pour la commune fut de 20,3 %.

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Histoire de la Martinique

Le peuplement de la Martinique est récent. Son histoire, tout comme l'histoire de la Guadeloupe et l'histoire de la Jamaïque est marquée à partir des années 1670 par l'immigration massive d'esclaves noirs africains, qui a marqué dès 1640 l'histoire de la Barbade puis vers 1700 l'histoire de Saint-Domingue, les guerres d’influence entre empires coloniaux européens, l’évolution des activités agricoles, l’éruption de la Montagne Pelée de 1902 et les calamités climatiques, puis des revendications indépendantistes modernes.

Les premiers, amérindiens, ont été archéologiquement attestés du Ier siècle. Aucune donnée fiable ne permet d'en faire remonter le peuplement à une période plus ancienne.

Les premiers habitants sont de culture saladoïde, du nom du site éponyme vénézuélien de Saladero. Ils viennent de la forêt amazonienne. Le nom d'arawaks qui leur est donné désigne plus largement une famille linguistique à laquelle se rattachent de nombreuses populations amérindiennes d'Amazonie dont les populations Kalina ou caraïbe.

Cette population produisait une céramique extrêmement décorée. Elle a occupé surtout les contreforts de la Montagne Pelée. Il s'agit d'une population pratiquant l'agriculture et la pêche-cueillette. Le site archéologique de Vivé, sur la commune du Lorrain, illustre parfaitement cette première occupation. Ce site d'habitat sur le bord de mer a fait l'objet de fouilles entre 1996 et 2001.

Le niveau d'occupation saladoïde est scellé par une couche éruptive de la Pelée datée du troisième siècle de l'ère chrétienne. La campagne de 1999 a fait apparaître une couche d'abandon en place recouverte par la cendre d'une éruption du volcan. Les populations les plus récentes semblent par contre s'installer préférentiellement dans la zone sud de la Martinique.

Dans leur phase la plus récente, elles se rattachent à la culture suazoïde, du nom du site éponyme vénézuélien de Suazeï, et ont été pendant longtemps désignées sous l'appellation de "caraïbe". Le site archéologique de la plage de l'Anse Trabaud, sur le littoral atlantique de la commune de Sainte-Anne, qui a été en partie fouillé par Louis Allaire, archéologue canadien, est un site de cette période finale, peut-être pratiquement contemporain de l'arrivée des premiers européens aux Antilles. Le site de la plage de Dizac au Diamant est lui daté du IXe siècle.

Ces populations ne sont pas des populations radicalement différentes des populations saladoïdes, comme on a souvent voulu le faire croire en suivant de trop près le témoignage de "chroniqueurs", premiers auteurs d'écrits sur les nouveaux territoires de l'Amérique. Ces chroniqueurs, souvent religieux, sont notre seule source écrite sur les premiers temps de la colonisation, les populations amérindiennes des Antilles ne possédant pas d'écriture.

Pour l'instant, on ne possède que peu de données sur les populations ayant occupé l'île entre le site de Vivé (vers 300) et l'occupation du Diamant (vers 800). La connaissance du néolithique antillais est encore très lacunaire, les études et les fouilles répondant aux critères modernes étant encore rares. Cependant, une thèse de doctorat a été soutenue en 2003 sur les premières occupations amérindiennes de la Martinique.

Il était, jusqu'à très récemment, couramment admis que les Arawaks avaient été exterminés par les Caraïbes. Cependant, il semble que cette affirmation ne soit plus aussi nettement acceptée (voir Peuple Caraïbe).

Christophe Colomb découvre la Martinique le 15 juin 1502, au cours de son quatrième voyage vers les « Indes ». Des versions contradictoires attribuent la paternité du nom à Christophe Colomb, au cours de son deuxième voyage, en 1493. Celui-ci aurait aperçu de loin seulement les fleurs de l'île le 11 novembre 1493, jour de la Saint-Martin : de ce fait, il lui aurait donné le nom de Martinica, ou Madinina (Ile aux fleurs). Il n'y débarqua finalement que neuf ans plus tard, lors de son quatrième voyage dans la région. C'est en 1635, que Pierre Belain d'Esnambuc y installe la première colonie (Saint-Pierre), pour le compte de la couronne de France et de la Compagnie des Îles de l'Amérique.

Entre le quatrième voyage de Colomb et la prise de possession par les Français, la Martinique ne reste cependant pas sans contact avec les Européens. Si les Espagnols délaissent ces îles qu'ils jugent trop petites et peuplées d'Indiens dangereux, les Hollandais, les Français et les Anglais y font souvent relâche pour faire aiguade (ravitaillement en eau), s'approvisionner en vivres, et commercer avec les Amérindiens . Les premiers établissements français en Martinique sont Le Fort Saint-Pierre (actuelle ville de Saint-Pierre) fondé par d'Esnambuc, et la ville du Fort-Royal (actuellement Fort-de-France) fondée par les Gouverneurs De Baas et Blenac.

La Guerre de 1658 contre les indiens caraïbes, menée par plus de 600 hommes avec la bénédiction des prêtres de l'île va jouer un rôle important dans les progrès de la colonisation française et se traduire par l'installation de colons plus à l'est, comme Pierre Dubuc de Rivery, qui fonde une dynastie de planteurs de sucre.

Durant les premières décennies de l'occupation française, l'île est productrice de denrées coloniales fournissant de forts profits : tabac (petun), roucou, indigo, cacao, le tabac de la Martinique étant alors très apprécié. La crise du tabac de la seconde moitié du XVIIe siècle ruine les premiers planteurs qui se tournent vers la production de sucre. La monoculture de la canne à sucre va bientôt modeler le paysage et devenir partie intégrante de la culture créole. Elle dominera l'économie du pays jusqu'à la seconde moitié du XXe siècle.

La culture de la canne à sucre telle qu'elle est pratiquée dans l'habitation sucrière demande une importante main-d'œuvre que la métropole n'est pas susceptible de fournir. Si la culture du tabac ou de l'indigo avait pu se faire avec les "engagés", la traite d'esclaves noirs provenant des côtes de l'Afrique est avancée comme unique solution susceptible de fournir les effectifs nécessaires à la culture de la canne à sucre.

Les engagés venaient sous contrat avec un planteur pour une durée de trois ans (d'où leur surnom de "trente-six mois"). Le planteur couvrait les frais du voyage et exigeait ensuite de l'engagé un travail semblable à celui de la main d'œuvre servile. Mais, à la différence de l'esclave, s'il réussissait à survivre aux terribles conditions de vie et de travail qui lui étaient imposées, l'engagé recouvrait sa liberté à l'issue des trois années de son contrat et se voyait allouer une terre lui permettant de devenir à son tour planteur.

La culture de la canne est donc à l'origine de la mise en place du commerce triangulaire (Europe, Afrique, Amérique) qui entraîne rapidement l'afflux d'une population africaine réduite en esclavage vers les possessions françaises de l'Amérique, population qui dès la fin du XVIIe siècle dépasse rapidement et de beaucoup la population blanche des origines.

Les Amérindiens, constituant probablement une population à la densité relativement faible, sont peu à peu repoussés vers la côte atlantique avant d'en être finalement chassés, dans les années 1670. Cependant, une frange de cette population "caraïbe" demeure sur place dans un fort état d'acculturation se fondant petit à petit dans le reste de la population.

Le commerce du sucre entraîne une intense activité maritime à la Martinique au cours du XVIIIe siècle. Si le circuit effectué par certains navires passe par l'Afrique pour y charger une cargaison d'esclaves avant de l'échanger en Martinique contre des denrées coloniales, d'autres, encore plus nombreux, font le voyage directement, en "droiture", entre les ports français (Bordeaux, Nantes) et la colonie. Les profits de la vente d'une cargaison d'esclaves sont tels qu'il faut le plus souvent plusieurs voyages en droiture pour acheminer la contre-valeur en denrées coloniales des esclaves vendus. Le manque chronique d'espèces métalliques dans les îles se faisant ressentir pendant toute la période coloniale, la plupart des échanges se font sur le mode du troc. Cette navigation commerciale suscite la convoitise des autres grandes nations européennes, essentiellement les Hollandais et les Anglais. Un état de guerre permanent caractérise l'époque coloniale, et la course et la piraterie maintiendront le danger, même au cours des périodes de paix.

Les Hollandais rapidement évincés dès la seconde moitié du XVIIe siècle, la lutte se concentre entre les Français et les Anglais (et, après 1707, date de la fondation du Royaume-Uni, les Britanniques). Tous les grands conflits européens ont leur composante caraïbe. C'est notamment le cas de la guerre de Sept Ans qui vaudra à la France la perte de nombreuses possessions au profit de la Grande-Bretagne. La Martinique deviendra ainsi, par deux fois, possession britannique, mais pour d'assez courtes périodes. Elle restera définitivement française après 1816.

Au XIXe siècle, l’activité économique de la Martinique bénéficie de la perte par la France de Saint-Domingue (aujourd’hui Haïti et la République dominicaine), principale colonie française des Antilles au XVIIIe siècle. Saint-Pierre, capitale de la Martinique et principale ville des Antilles au XIXe siècle, connaît alors une prospérité que seule l’éruption volcanique catastrophique de la Montagne Pelée du 8 mai 1902 viendra interrompre, et dont elle ne se remettra jamais complètement.

Le Père Labat décrit dans ses ouvrages la société esclavagiste du 17ème siècle. Les pratiques religieuses et militaires européennes y sont jugées plus ritualisées et ordonnancées que celle des amérindiens. Des "engagés" blancs de 36 mois sont utilisés pour la fortification de l'île. Une fois affranchis, ils obtiennent des lopins de terre. Les plus riches planteurs recherchent alors une nouvelle main d'œuvre meilleur marché, en s'inspirant du succès des planteurs de sucre de la Barbade, où une élite militaire proche de la dynastie Stuart a importé des esclaves noirs en masse.

La culture du sucre fut tentée en Martinique dès les années 1640, en s'inspirant de la réussite de la Barbade, mais sans succès. Il faut attendre les années 1650 pour qu'elle s'implante, et plus lentement qu'ailleurs. Les indiens Caraïbes résistent plus longtemps qu'à la Guadeloupe où un traité fut signé dès 1641 par Charles Liènard de l'Olive pour les déporter à la Dominique. Mais les esclaves noirs n'arrivent pas assez vite, faute de filière pour la traite négrière, alors pratiquée, à petite échelle, par les seuls hollandais. Le sucre est une culture violente, qui nécessite de grandes propriétés et consomme des esclaves jeunes, rapidement épuisés au travail intensif de la coupe et du transport des cannes, effectué sous la menace du fouet. Leur espérance de vie étant ainsi dérisoire, il faut régulièrement les remplacer par de nouvelles recrues..

Le martiniquais Pierre Dubuc de Rivery organisa en 1658 une milice dans le bourg de Trinité pour repousser les indiens caraïbes. En récompense il reçut en 1671 des terres à défricher, allant de la presqu'île de la Caravelle au bourg de Trinité. La famille Dubuc y construisit 7 sucreries. En 1671, la canne à sucre est encore peu dévelloppée en Martinique: elle occupe deux fois moins de terre que la culture du tabac, pratiquée par de nombreux petits colons blancs, sur des plantations nécessitant très peu de capitaux.

L'explosion du nombre d'esclaves correspond aux décisions prises à Versailles par Louis XIV entre 1671 et 1674 pour favoriser la culture du sucre au détriment de celle du tabac. Entre 1674 et 1680, en six ans, le nombre d'esclaves en Martinique double. En 1700, il a déjà sextuplé.

En 1673, les planteurs martiniquais ne possédaient toujours que 2400 esclaves, contre 2700 dix ans plus tôt en 1664, au moment la création par Colbert de la Compagnie des Indes occidentales. Le Roi et les grands planteurs reprochent à cette compagnie "fourre-tout" de se disperser au Québec et d'être peu efficace dans la traite négrière. Les planteurs de sucre se plaignent aussi en Guadeloupe, où la population d'esclaves a diminué encore plus, passant de 6323 personnes en 1664 à seulement 4627 personnes en 1671.

C'est la raison pour laquelle Louis XIV abolit en 1671 le monopole de la Compagnie des Indes occidentales. La traite négrière est alors ouverte à tous les ports français, pour que cette concurrence la rende plus efficace. Résultat, la Compagnie des Indes occidentales est en faillite, puis dissoute en 1674. La Guadeloupe et la Martinique passent sous l'autorité directe du roi Louis XIV, qui pousse la culture de la canne à sucre, plus gourmande en capitaux mais beaucoup plus rentable, en donnant des terres à des officiers supérieurs pour les encourager à y importer toujours plus d'esclaves.

Louis XIV avait croisé dès 1669 la veuve Scarron, Marquise de Maintenon, dite la belle indienne car elle a passé son enfance en Martinique. Le roi prête aussi l'oreille à son ministre de la Défense: Louvois dirige la coûteuse guerre de Hollande (1672-1676), contre les Pays-Bas, jusqu'alors détenteurs de l'asiento, le monopole d'importation d'africains vers le Nouveau-Monde. Le Traité de Tordesillas interdit en effet aux espagnols de s'aventurer en Afrique, réservée par la papauté aux Portugais.

L'augmentation rapide de la population d'esclaves en Martinique correspond aussi à la création en 1673 par Louis XIV de la Compagnie du Sénégal, ancêtre de la Compagnie de Guinée, dans le sillage de la Compagnie Royale d'Afrique, fondée en 1672 par le Duc d'York Jacques II, cousin et allié de Louis XIV, qui deviendra roi d'Angleterre en 1685.

L'investissement massif des français et des anglais dans le commerce triangulaire fait flamber le prix des esclaves, alimentant de nouvelles filières en Afrique et entraînant la construction d'une multitude de forts sur le littoral. Mais le coût du transport des esclaves baisse fortement, au profit des planteurs de sucre. Ceux-ci rachètent alors des terres en Guadeloupe et en Martinique.

Au cours des sept années qui suivent la création de la Compagnie du Sénégal, le nombre d'esclaves double en Martinique pour atteindre 4900 en 1680. Leur nombre est multiplié par six en un quart de siècle, pour atteindre 15000 en 1700. La Guadeloupe est rattrapée et largement dépassée. Le succès du sucre créent une spéculation immobilière. Les blancs moins fortunés quittent les deux îles. Le nombre de petits planteurs de tabac diminue d'autant plus rapidement que la création de la ferme du tabac en 1674 par Louis XIV vise à entraîner la ruine rapide du tabac français. Moins taxé, moins cher, le tabac produit en Virginie par les grands planteurs jacobite installés par Jacques II profite de la contrebande et prend son essor.

Le premier client de la Compagnie du Sénégal est le plus riche planteur de sucre de la Martinique: Charles François d'Angennes, officier de marine, ex-marquis de Maintenon, gouverneur de Marie-Galante depuis 1678, qui lui commande 1600 esclaves en 1679 et à qui Louis XIV donne en 1682 le monopole du commerce sucrier avec le Venezuela espagnol. A la Jamaïque, l'ex-pirate Henry Morgan devient aussi un riche planteur et gouverneur.

Dès 1676, d'autres officiers sont devenus planteurs en Martinique, comme le capitaine de milice Antoine Cornette, anobli par le Roi. La promotion du sucre et de l'esclavage se poursuit par le don de terres et de titres de noblesse à tout planteur qui accepte d'installer sur ses terres plus de cent esclaves, décision prise en 1680 par intendant Jean-Baptiste Patoulet.

La taille des plantations de sucre augmente ainsi très vite: dès 1680, on en recense 99 dans lesquelles travaillent plus de 20 esclaves. Dix ans plus tôt, en 1669, elles étaient cinq fois moins nombreuses..

Entre 1674 et 1692, le nombre de sucreries a doublé. Saint-Pierre de la Martinique est devenue la capitale des Antilles françaises, où se retrouve une élite de grands planteurs nobles qui se marient entre eux. On réserve à leurs grandes plantations les esclaves les plus jeunes et les plus résistants.. La Guadeloupe s'enrichit aussi, mais l'aristocratie des planteurs y est moins puissante. Cette différence entre les deux îles explique aussi qu'un siècle plus tard, en 1794, Victor Hugues ait pû se rendre maître de la Guadeloupe pour le compte de la Révolution française alors que la Martinique est restée sous la domination des grands planteurs de sucre alliés aux anglais dans le cadre du Traité de Whitehall.

En France, en 1788, à la veille de la Révolution française, Brissot crée la Société des amis des Noirs, mais malgré les efforts de ses membres les plus éminents comme l'abbé Grégoire ou Condorcet, il ne peut obtenir l'abolition de l'esclavage auprès de la Constituante. Ce n'est que le 4 février 1794 que la Convention abolit l'esclavage. Mais cette mesure ne sera pas appliquée - loin s'en faut- dans toutes les possessions françaises de l'époque.

À la Martinique, elle demeurera lettre morte, contrairement à la Guadeloupe, car un groupe de colons royalistes mené par Paul-Louis Dubuc va pactiser avec les Britanniques qui occuperont l'île de 1794 à 1802.

Dès le 19 février, deux semaines après l'abolition, les grands planteurs de l'île signent avec les anglais le Traité de Whitehall: en échange de la domination de l'île et de la très lucrative fiscalité sur le sucre, ces derniers s'engagent à maintenir l'esclavage.

Une fois l'île récupérée par le traité d’Amiens, Napoléon y maintiendra l'esclavage par la Loi du 20 mai 1802. Les mariages mixtes sont entravés du fait d'une réapplication progressive du Code noir par Richepance, notamment à partir de son arrêté du 17 juillet 1802 retirant la nationalité française aux noirs et "gens de couleurs" . Ce n'est que le 27 avril 1848 que Victor Schoelcher, alors sous-secrétaire d'État à la Marine et aux Colonies de la Seconde République, appose sa signature au bas du décret mettant officiellement fin à l'esclavage. Avant même que la nouvelle n'arrive, les esclaves martiniquais se sont révoltés et ont obtenu l'abolition de fait le 22 mai 1848.

En 1848, la population de Martinique comptait à la veille de l'abolition 121 130 habitants, répartis comme suit : 9542 Blancs, 38 729 affranchis et 72 859 esclaves.

Dans la seconde moitié du XIXe siècle, la Martinique fut concernée par de nouvelles immigrations. La plantocratie locale, soucieuse de renouveler la main d'œuvre après l'abolition de l'esclavage, suscita l'arrivée dans l'île de 37 008 engagés sous contrat : 25 509 Indiens venant de Pondichéry, Madras et Calcutta, 10 521 Congos et 978 Chinois en provenance de Shanghai et Guangzhou.

Aux chiffres de l'immigration officielle, il faut rajouter 119 Indiens arrivés de la Caraïbe anglaise, et 6 Chinois en provenance vraisemblablement des mêmes îles. Il convient enfin de mentionner pour mémoire, la venue à la même période de quelques centaines de Madériens et d'Européens.

En ce qui concerne les mariages mixtes pour les Chinois, il y a eu entre 1858 et 1902 à Fort-de-France : 12 Chinois avec des Chinoises, 15 Chinois avec des Créoles, deux Chinois avec des Congos, et deux Chinois avec des Indiennes. Les couples mixtes entre Indiens et Martiniquaises durant cette période sont rare mais ont débutés dés leur arrivé en 1853 dû au manque flagrant de femme du côté de leur communauté. En 1900, il restait 4665 Indiens, 5371 Congos et 432 Chinois.

Il y a eu en Martinique des tensions ethniques entre Congos et Indiens durant les importantes grèves agricole qui secoua l'île à cette époque car ces deux groupes travaillaient ensemble mais avait du mal à s'entendre du fait que les Béké favorisaient les Indiens au détriment des Congos. De plus, les Indiens parlaient leur propre langue (le Tamoul) et avaient leur propre religion considérée comme une forme de sorcellerie vis à vis de la population locale. Malgré cette situation, les couples mixtes Congos/Indien ont toujours existés et se sont intensifiés dés le début du XXe siécles. Les Indiens eurent la nationalité Française qu'en 1923 aprés un long combat qui dura une vingtaine d'années pour l'obtenir.

Les Chinois, quant à eux, se sont rapidement intégrés à la population locale en abandonnant rapidement les champs de cannes pour se tourner vers le commerce.

Sur 10 521 Congos, il n'y eut en effet que deux à retourner en Afrique. Au 31 décembre 1900, secondes générations comprises, il restait 5 345 Congos, soit près de treize fois plus que les 432 Chinois, qui n'eurent qu'un rapatrié. Les Indiens comptèrent 11 951 rapatriés.

La Martinique n'a alors jamais connue de graves tensions inter-ethnique malgré son passé trés mouvementé et les différentes communautés vivent en relative harmonie.

L'accueil plutôt aimable des nouveaux arrivants à la Martinique par la population locale s'explique en partie par un contexte socio-historique : les gens de couleurs voulaient à tout prix trouver quelqu'un soyant clair de peau avec des traits fins afin de se rapprocher le plus possible du physique Européens non pas spécialement pour des critéres de beauté mais pour grimper dans l'échelon social car, en effet, la société colonialiste était basé sur la couleur de peau qui définissait le statut social de l'individu. Les Indiens (traits fins) et les Chinois (peau clair) n'ont donc pas trop eu de probléme pour se mélanger avec le reste de la population pour ceux qui le désiraient. Par contre, les Congos eurent plus de soucis car ils étaient les plus foncés de peau.

L'éruption de la Montagne Pelée en 1902 a durablement marqué les esprits. Le 8 mai 1902, une terrible éruption provoquant la formation d'une nuée ardente tue tous les habitants de Saint-Pierre (à l'exception d'un prisonnier du nom de Louis-Auguste Cyparis, ou Sylbaris, sauvé par l'épaisseur des murs de son cachot) et des environs de la ville (30 000 morts). Le 30 août suivant, alors qu'un géologue s'était déplacé de Paris et avait prévenu du danger d'une nouvelle éruption, une nuée ardente tua encore 1300 personnes au Morne Rouge.

Les ruines de Saint-Pierre et ses épaves sont en train d'être classées au patrimoine mondial de l'UNESCO.

De nombreuses épaves sont depuis la catastrophe au fond de la rade, notamment le Roréma, le Dalia, le Diamant, le Tamaya, ... Ces sites archéologiques sous-marins font partie des plus beaux sites de plongée de la Caraïbe.

En ce début mai 1902, le Belem arrive en rade de Saint-Pierre mais sa place est prise par le voilier Tamaya (capitaine Mahéo) de l’armement Rozier de Nantes. Ce petit incident va sauver le Belem.

130 après J.C : Apparition des premiers habitants de la Martinique: les Arawaks originaire d'Amérique du Sud.

295 après J.C : Les Arawaks sont décimés suite à l'éruption de la Montagne Pelée.

400 après J.C : Retour des Arawaks et repeuplement de l'île.

600 après J.C : Une autre civilisation, les Caraïbes, originaire d'Amérique du Sud, exterminent les Arawaks et s'installent sur l'île pendant plusieurs siècles.

1502, Le 15 juin, Christophe Colomb découvre la Martinique. Il est le premier européen à découvrir officiellement l'île.

1635, Le 17 septembre, prise de possession de la Martinique par Pierre Belain d'Esnambuc, sous la protection de Richelieu, au nom de la "Compagnie des Isles d'Amérique". Début de la colonisation française. P.Belain d'Esnambuc fonde la ville de Saint-Pierre.

1642, Louis XIII autorise la déportation d'esclaves africains dans les colonies : début de la Traite des Noirs.

1669, Le Gouverneur de Baas fonde la ville de Fort-Royal (aujourd'hui Fort de France).

1674, décembre : la Martinique est rattachée au Domaine du roi.

1766, Le 2 août naissance à Saint-Pierre de Louis Delgrès, chef de la résistance contre les troupes du général Richepance envoyées par Napoléon 1er pour rétablir l'esclavage en Guadeloupe.

1793, Le 4 février, Jean Baptiste Dubuc signe les accords de Whithall à Londres soumettant la Martinique aux Britanniques tant que la royauté ne sera pas rétablie en France. Cela garantit notamment le maintien de l'esclavage.

1794, La Convention vote l'abolition de l'esclavage.

De 1794 à 1802, la Martinique est sous occupation anglaise, suite au Traité de Whitehall du 19 février 1974, signé à Londres entre la Couronne britannique et les grands planteurs de l'île, de la Guadeloupe et de Saint-Domingue, qui leur permet d'échapper à la Révolution française et de bloquer l'abolition de l'esclavage voté le mois précédent par la Convention.

1800, Le sainte-lucien Jean Kina, colonel dans l'armée d'occupation anglaise, est arrêté alors qu'il tente de se joindre à des esclaves insurgés. Le gouverneur de la colonie le sanctionne en l'expulsant vers les États-Unis.

1802, à la suite du traité d’Amiens Napoléon Bonaparte maintient l'esclavage à la Martinique par la Loi du 20 mai 1802.

1822, Insurrection d'esclaves au Carbet faisant 2 morts et 7 blessés. La répression fut impitoyable, 19 esclaves condamnés à mort, 10 condamnés aux galères, 6 au fouet, 8 à assister aux exécutions.

1823, Arrestation de Cyrille Bissette, Fabien et Volny pour la diffusion de l'opuscule "De la situation des gens de couleur libres". Lors du procès en première instance Bissette est condamné au bannissement à perpétuité du territoire français, il fait appel et la Cour Royal le condamne à la marque et aux galères perpétuelles.

1848, Signature le 27 avril par le gouvernement provisoire du décret d'abolition de l'esclavage dans toutes les colonies françaises.

1848, Les 22 et 23 mai, Révolution antiesclavagiste à Saint-Pierre et signature sous la pression des esclaves insurgés du décret d'abolition de l'esclavage par le Gouverneur Claude Rostoland.

Aux XIXe siècle, les principaux défenseurs de l'abolition de l'esclavage en Martinique furent Victor Schoelcher, Cyrille Bissette, Auguste-François Perrinon et Pierre-Marie Pory-Papy.

1870, Insurrection du sud de la Martinique suite à une altercation entre le béké Codé et l'artisan Lubin. Codé est lynché par la foule et de nombreuses usines à sucre sont incendiées dans le sud de l'île. La répression fut impitoyable, 74 condamnés dont 12 fusillés, les autres ont été déportés aux bagnes de Guyane et de Nouvelle Calédonie. Les leaders de cette insurrection sont Louis Telga, Eugène Lacaille et une femme, Lumina Sophie dite "Surprise".

1881, Le 21 juillet 1881, inauguration du lycée de Saint-Pierre, premier lycée laïque de l'histoire de la Martinique. À partir de 1882, ouverture de nombreuses écoles laïques sur toute l'île grâce à l'acharnement du député Marius Hurard, le père de l'école laïque en Martinique.

1900, Lors d'une grève à l'usine du François, la répression policière occasionne la mort de 10 ouvriers agricoles.

1902, Le 8 mai, l'éruption de la Montagne Pelée détruit entièrement la ville de Saint-Pierre faisant 30 000 morts.

Le 25 juin 1913, Aimé Césaire naît à Basse-Pointe.

Le 20 juillet 1925, Frantz Fanon naît à Fort-de-France.

Le 21 septembre 1928, Edouard Glissant naît à Sainte-Marie.

1945, le 27 mai, Aimé Césaire est élu Maire de Fort de France puis député.

Le 19 mars 1946, la Martinique devient un Département d'Outre-Mer. Le premier Préfet de l'île est Pierre Trouillé. Georges Gratiant est élu en 1946 premier Président du Conseil Général du nouveau département.

1948, "L'affaire des 16 de Basse-Pointe". Le béké Guy de Fabrique est assassiné sur l'habitation Desmares à Basse-Pointe. 16 ouvriers agricoles sont accusés du meurtre. Lors du procès qui s'est déroulé à Bordeaux, les 16 ouvriers ont été acquittés faute de preuve.

1959, 3 jours d'émeute à Fort de France suite à une altercation raciste sur la place de la Savane. La répression des CRS fait 3 morts, Marajo, Rosile et Betzi.

1962, Première revendication indépendantiste en Martinique. Il s'agit de l'affaire autour du Manifeste de l'O.J.A.M (Organisation de la Jeunesse Anticolonialiste de la Martinique). Les auteurs de ce manifeste sont 18 jeunes étudiants Martiniquais. Ils ont été condamnés pour atteinte à la sûreté de l'État et emprisonnés à Fresnes. Puis ils ont été acquittés après 2 ans de procès.

1974, au mois de février, grève agricole dans le secteur de la banane. La répression policière fait 2 morts, Georges Marie-Louise et Rénor Ilmany.

En 1983, la Martinique devient une région à part entière avec la création d'une nouvelle collectivité, le Conseil Régional. Aimé Césaire est élu premier Président du Conseil Régional.

1996, L'égalité sociale entre la France et les D.O.M est réalisée sous la présidence de Jacques Chirac. Alignement du S.M.I.C des D.O.M sur celui de la France.

1997, L'indépendantiste Alfred Marie-Jeanne est élu député de la Martinique puis en 1998 il est élu Président du Conseil Régional. C'est une première dans l'histoire de la Martinique.

2003, Une évolution institutionnelle été envisagée, dans laquelle le Conseil Régional et le Conseil Général fusionneraient en une institution unique. Cette proposition a été rejetée à 50,48% par le referendum du 7 décembre 2003.

2005, le 16 août, Crash d'un vol charter de la compagnie colombienne West Caribbean entre le Panama et la Martinique. L'avion un MD80 avec à son bord 160 passagers dont 152 martiniquais s'écrasait après quelques heures de vol à proximité de la ville de Machiques au Venezuela. Cet accident d'avion avait provoqué une grande émotion au sein de la population martiniquaise.

2008, Aimé Césaire meurt le 17 avril à l'âge de 94 ans, il fut député et maire de Fort de France durant 56 ans. Des obsèques nationales lui ont été rendues le 20 avril 2008 à Fort-de-France, en présence du chef de l'État et devant plusieurs milliers de personnes réunies au stade Pierre Aliker.

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Politique de la Martinique

Écusson de la Martinique

La Martinique est un département d'outre-mer, mais aussi une des régions ultrapériphériques de l'Union européenne. Elle constitue avec la Guadeloupe, située à environ 150 km plus au nord, et la Guyane située au nord de l'Amérique du Sud, les départements français d'Amérique (DFA).

Mais la Constitution française précise dans l'article 72-4 « Aucun changement, pour tout ou partie de l'une des collectivités mentionnées au deuxième alinéa de l'article 72-3, de l'un vers l'autre des régimes prévus par les articles 73 et 74, ne peut intervenir sans que le consentement des électeurs de la collectivité ou de la partie de collectivité intéressée ait été préalablement recueilli dans les conditions prévues à l'alinéa suivant ».

En 2003, une nouvelle organisation a été envisagée, dans laquelle l'institution régionale et l'institution départementale fusionneraient en une institution unique. Cette proposition a été rejetée en Martinique (mais aussi en Guadeloupe) à 50.48% lors d'un référendum le 7 décembre 2003.

La vie politique martiniquaise s'articule, pour l'essentiel, autour de formations politiques martiniquaises et de fédérations locales des partis nationaux (PS et UMP). La classification ci-dessous tient compte de leur positionnement par rapport à l'évolution statutaire de l'île. Il y a les assimilationnistes et départementalistes (partisans de l'actuel statut de département d'outre-mer avec quelques aménagements et adaptations, article 73 de la Constitution), les autonomistes (favorables à une évolution statutaire basée sur l'article 74 de la Constitution), et les indépendantistes (certains sont favorables à un statut transitoire d'autonomie avant l'étape ultime l'indépendance). Le 18 décembre 2008, lors du congrès des élus départementaux et régionaux de la Martinique, les 33 élus indépendantistes (MIM/CNCP/MODEMAS/PALIMA) des 2 assemblées ont voté à l'unanimité pour une évolution statutaire de l'île fondée sur l'article 74 de la Constitution française qui permet l'accès à l'autonomie.

Selon le philosophe René Ménil, « les assimilationnistes sont partisans de l'absorption, de la dilution de la conscience et de la société antillaise dans "l'intérêt général" français. Pour eux il n'y a pas d'homme martiniquais, il n'y a pas de réalité martiniquaise ». Pour l'ancien député assimilationniste Victor Sablé, « les Antilles ne peuvent être, ne veulent être que françaises. Elles le sont par l'esprit, par le coeur, par le sang ».

Sur le plan théorique, l'idéologie assimilationniste tire ses origines des idées des philosophes des Lumières et de la Révolution Française de 1789. Ces idées nouvelles basées sur les principes de liberté et d'égalité faisaient leur chemin non seulement dans toute la France mais également aux Antilles. Sous la Convention, Boissy d'Anglas, le rapporteur de la loi qui fît des colonies des départements français en 1794 déclarait à la Convention ce qui suit: « Que les colonies soient toujours françaises, qu'elles soient libres sans être indépendantes; que leurs députés, appelés dans cette enceinte, y soient confondus avec ceux du peuple entier... il ne peut y avoir qu'une bonne manière d'administrer ». Selon le professeur d'histoire Dominique Chathuant auteur de « l'assimilationnisme: une structure mentale à origine de la départementalisation », le terme « assimilationnisme » semble devoir désigner un cadre de pensée, une structure mentale de l'histoire antillaise en particulier et de celle des « vieilles colonies » en général.

Les principaux défenseurs de l'idéologie assimilationniste en Martinique à la fin du XIXe et début du XXe siècle, sont l'abolitionniste Victor Schoelcher, le député républicain Ernest Deproge, les sénateurs Vincent Allègre, Henri Lémery et le député socialiste Joseph Lagrosillière. Les communistes martiniquais prirent le relais entre 1920 et 1955 et donnèrent à l'assimilation une dimension beaucoup plus sociale en y associant les masses populaires.

La loi du 19 mars 1946 dont le rapporteur fut le député communiste Aimé Césaire va ériger la Martinique en Département d'outre-mer. L'adoption de la loi du 19 mars 1946 marqua le triomphe de l'idéologie assimilationniste.

Le Parti Communiste Martiniquais va officiellement rejeter l'assimilation en août 1955 lors de sa 11e conférence fédérale. La fédération UNR de la Martinique créée en 1958 défendra désormais avec acharnement l'assimilation complète de la Martinique à la France ainsi que le statut de Département d'outre-mer. A partir des années 60, les députés gaullistes Camille Petit, Victor Sablé, Michel Renard, les sénateurs, Georges Marie-Anne, Edmond Valcin, Roger Lise et le président du Conseil Général Emile Maurice seront les plus farouches défenseurs de l'assimilation en Martinique.

Les autonomistes affirment à l'inverse des assimilationnistes que les martiniquais ont une personnalité, une culture, une langue, une histoire et qu'ils constituent un peuple différent du peuple français. L'ancien universitaire Alain-Philippe Blérald déclarait « par leur mode de vie, leurs traits ethno-culturels, leurs croyances, martiniquais et guadeloupéens expriment, volens nolens, une identité irréductible autorisant à les considérer comme des peuples, c'est à dire comme des collectivités distinctes de l'entité française, pouvant en cette qualité prétendre à une existence nationale ».

En 1941, Aimé Césaire, René Ménil, Georges Gratiant, Suzanne Césaire et Aristide Maugée publient la revue Tropiques. Cette revue jugée subversive par le régime de Vichy est interdite.

Les pères et théoriciens de l'autonomie martiniquaise sont incontestablement le philosophe René Ménil et le poète et homme politique Aimé Césaire. Mais c'est le député Marius Hurard qui à la fin du XIXe siècle, fonde le premier parti a avoir revendiqué dans son programme l'autonomie pour la Martinique, le Parti Républicain Progressiste ou Parti Nouveau. Puis, le 14 février 1960 le PCM (Parti Communiste Martiniquais) adopta un nouveau projet de statut pour la Martinique. Son mot d'ordre est l'autonomie, autrement dit la Martinique doit devenir un territoire fédéré à la République Française. Les pouvoirs du territoire seraient exercés par une Assemblée Législative et par un Conseil de Gouvernement. En 1967 le PPM d'Aimé Césaire lançait à son tour comme mot d'odre : l'autonomie pour la Martinique. C'est à dire la transformation des départements d'outre-mer en régions fédérales dans le cadre d'une union française fédérée.

En 1967, Aimé Césaire déclarait au sujet de l'autonomie : « Cette indispensable conquête du pouvoir politique par le peuple martiniquais, nous, le PPM, nous pensons qu'elle ne peut se faire par l'accession de la Martinique à l'autonomie dans l'ensemble français...tout en restant dans le cadre français, nous entendons pouvoir prendre librement les décisions qui nous concernent au premier chef en tant que martiniquais et exécuter nous-mêmes ces décisions...par conséquent nous préconisons dès maintenant l'institution d'une assemblée délibérante martiniquaise souveraine dans un certain nombre de domaines lesquels sont à délimiter, et d'un exécutif martiniquais ».

Le philosophe René Ménil déclarait : « l'action idéologique et pratique doit viser la triple opération de rétablir la conscience des antillais dans la vérité de la vie, de procéder à l'appropriation de notre économie qui est une partie de nous-mêmes, de nous approprier le pouvoir politique sans lequel nous sommes des jouets aux mains des autres... Enfin, une troisième condition sans laquelle la culture ne peut pas exister, c'est la reprise, la récupération du pouvoir politique dans la société antillaise par les antillais eux-mêmes, ce qu'aujourd'hui nous appelons l'autonomie ».

Création en avril 1961 à Paris du F.A.G.A (Front Antillo-Guyanais pour l'Autonomie) autour des martiniquais Edouard Glissant, Marcel Manville, Ephraïm Marie-Joseph, du guyanais Justin Catayée et du guadeloupéen Albert Béville (Paul Niger). En juillet 1961, dissolution du F.A.G.A par le général De Gaulle et saisie de la brochure Les Antilles et la Guyane à l’heure de la décolonisation rédigée par Albert Béville.

Lors de la « Convention du Morne-Rouge », les 16, 17 et 18 août 1971, les partis et organisations autonomistes de la Réunion, de la Guyane, de la Guadeloupe et de la Martinique, réunis en convention, réclament dans une déclaration finale l'autonomie pour les 4 départements d'outre-mer.

En 1974, l'autonomiste Camille Darsières publie un essai intitulé Des origines de la nation martiniquaise.

En 1981, l'écrivain Édouard Glissant publie Le discours antillais.

En 1992, le philosophe autonomiste René Ménil publie un essai de référence intitulé Tracées, identité, négritude, esthétique aux Antilles.

La « Déclaration de Basse-Terre », signée le 1er décembre 1999. Les Présidents des trois Régions (Guyane, Guadeloupe et Martinique) proposent au Président de la République et au Gouvernement, une modification législative voire constitutionnelle, visant à créer un statut nouveau de Région d'Outre-mer doté d'un régime fiscal et social spécial pour la Guadeloupe, la Guyane et la Martinique, dans le cadre de la République Française d'une part, et de l'Union Européenne d'autre part (article 299-2 du Traité d'Amsterdam).

Le 18 décembre 2008, lors du congrès des élus départementaux et régionaux de la Martinique, les élus des 2 assemblées ont voté pour une évolution statutaire de l'île fondée sur l'article 74 de la Constitution française qui permet l'accès à l'autonomie. Cette proposition a été adoptée par 64 voix sur 86 soit 74,41% des suffrages. Les 8 élus de la droite se sont abstenus.

Les indépendantistes considèrent que les martiniquais constituent un peuple, que la Martinique est une nation et revendiquent pour elle le droit à l'autodétermination. Qui plus est, ils sont contre l'intégration de la Martinique à l'Union Européenne et envisagent avec elle des relations basées sur la coopération.

Cette révolte paysanne contre le système colonial dura 6 jours et toucha 15 communes de l'île notamment dans le sud. 15 habitations sucrières avaient été incendiées par les insurgés. Les principaux leaders de l'insurrection de 1870 furent, Louis Telga, Eugène Lacaille, Daniel Bolivard, Auguste Villard, Lumina sophie et Rosalie Soleil. L'historien Armand Nicolas déclare dans le tome 2 de « Histoire de la Martinique » (page 102) que « certains chefs de l'insurrection ont songé à l'indépendance, à la rupture avec la France. C'est que l'oppression coloniale, raciste, sous le Second Empire avait provoqué la naissance d'un sentiment national exprimant l'aspiration de l'homme noir martiniquais à la dignité...pour eux, chasser les blancs, c'était suivre l'exemple de Saint-Domingue, créer une république martiniquaise dirigée par des hommes de couleur ».

Le Parti Communiste Martiniquais (PCM) est en 1957 le premier parti politique de l'île à évoquer l'idée de la « nation martiniquaise ». Lors du congrès constitutif du PCM, son secrétaire général Camille Sylvestre déclarait dans son discours : « Nous pensons que notre pays répond à la définition de la nation : communauté stable, historiquement constituée de langue, de territoire, de vie économique et de formation psychique qui se traduit dans la communauté de culture ». Mais pour Alfred Marie-Jeanne, le peuple martiniquais forme une nation depuis le 22 mai 1848, date de l'abolition de l'esclavage. Il déclare que « c'est en 1848, que nous sommes reconnus comme un peuple, comme des être humains »".

Suite à un banal accident de la circulation entre un martiniquais et un français, la ville de Fort de France va connaître 3 jours d'émeutes, du 20 au 22 décembre 1959 sur fond de crise sociale et économique. Les CRS vont tués 3 jeunes martiniquais, Betzi, Rosile et Marajo. Lors d'une session extraordinaire le 24 décembre 1959, le Conseil Général de la Martinique présidé à l'époque par le socialiste Tertulien Robinel va voté à une large majorité une motion dans laquelle il reclame une évolution statutaire de l'île en vue d'obtenir une plus grande participation à la gestion des affaires martiniquaises. Autrement dit un statut proche de celui de l'autonomie.

La première revendication indépendantiste en Martinique date de 1962 : Il s'agit de l'affaire autour du « Manifeste de l'O.J.A.M » (Organisation de la Jeunesse Anticolonialiste de la Martinique). Les 23 et 24 décembre 1962, le manisfeste de l'O.J.A.M est placardé dans toute la Martinique. Les auteurs de ce manifeste sont 18 jeunes étudiants Martiniquais. Ils ont été condamnés pour atteinte à la sûreté de l'État et emprisonnés à Fresnes. Puis ils ont été acquittés après 2 ans de procès. Le manifeste de l'O.J.A.M critiquait violemment le statut départemental et affirmait que le moment était venu de « libérer » la Martinique du « carcan colonial ». Il proclamait également le droit des martiniquais de diriger leurs propres affaires politiques et se terminait par un slogan choc « La Martinique aux martiniquais ».

Le 20 février 2002, lors du 2ème congrès des élus départementaux et régionaux de la Martinique, les élus martiniquais ont votés une motion tendant à la reconnaissance de l'existence d'un "peuple martiniquais". 45 élus sur 73 soit 61,64 % ont votés pour la reconnaissance de l'existence d'un "peuple martiniquais". La deuxième motion portait sur la reconnaissance d'une "nation martiniquaise". 23 élus sur 74 soit 31 % ont votés pour la reconnaissance d'une "nation martiniquaise". Les élus autonomistes et indépendantistes ont votés majoritairement en faveur de ces 2 motions.

Les couleurs "rouge vert noir" sont apparues lors de l'insurrection du Sud de 1870. Elles ont été brandies par les insurgés durant les manifestations populaires. Il faut attendre 1963 pour une association officielle de ces trois couleurs par Victor Lessort l'un des militants de l'O.J.A.M (Organisation de la Jeunesse Anticolonialiste de la Martinique). Mais le drapeau nationaliste "Rouge Vert Noir" dans sa présentation actuelle c'est à dire (le triangle rouge et les quadrilatères vert et noir) a été conçu et réalisé en 1968 par l'écrivain indépendantiste Guy Cabort-Masson et Alex Ferdinand. Ce drapeau a été popularisé grâce aux initiatives de Garcin Malsa, maire nationaliste de Sainte-Anne.

En 1955, le poète et essayiste Aimé Césaire publie Le discours sur le colonialisme.

En 1961, l'écrivain anticolonialiste Frantz Fanon publie Les damnés de la Terre.

Le premier parti indépendantiste de la Martinique est créé en 1968 par l'écrivain nationaliste Guy Cabort-Masson, il s'agit du M.N.L.M.(Mouvement National pour la Libération de la Martinique). Guy Cabort-Masson et Alex Ferdinand réalisent la même année le drapeau nationaliste Rouge Vert Noir.

En 1978, l'écrivain Guy Cabort-Masson publie un essai intitulé Les indépendantistes face à eux-mêmes. En 1980, il publie avec Camille Chauvet un essai incendiaire intitulé La face cachée de la France aux Antilles : pour une histoire des forces armées coloniales françaises. Le Ministre de la défense de l'époque Yvon Bourges poursuivait en justice les auteurs de cette brochure.

Durant les années 80 et début 90, le mouvement nationaliste se radicalise après l'élection du président François Mitterrand. Les indépendantistes condamnent les lois de décentralisation qui ne répondent pas à leurs attentes. En conséquence, des groupuscules terroristes (le Groupe de Libération Armée de la Martinique, l'Armée Révolutionnaire Martiniquaise, le groupe 22 mai 1848, Yich Telga) vont commettre en signe de contestation de nombreux attentats contre les symboles de l'Etat français en Martinique (palais de justice, cour d'appel, préfecture, station de RFO, EDF, France Télécom etc...).

Au début des années 90, les indépendantistes changent de stratégie politique en renonçant à la force pour conquérir le pouvoir politique. Désormais la conquête du pouvoir se fera dans les urnes ou par la voie démocratique. Ce changement de stratégie s'avérera payant dès les élections régionales de 1990 (9 sièges en 1990 et 1992, 13 sièges en 1998 et 28 sièges en 2004). Les indépendantistes représentent aujourd'hui une force politique non négligeable en Martinique. Avec à leur tête un leader charismatique, Alfred Marie-Jeanne, ils dirigent le Conseil Régional avec une majorité de 28 élus indépendantistes (MIM-CNCP). Il y a 5 élus indépendantistes au Conseil Général, 3 maires indépendantistes (Garcin Malsa, Lucien Veilleur et Marcellin Nadeau).

Les indépendantistes martiniquais réalisent lors des élections municipales des 9 et 16 mars 2008, un score historique. En effet, les 19 listes soutenues par le MIM/CNCP/PALIMA/MODEMAS recueillent 28 681 voix sur l'ensemble de la Martinique.

Depuis les élections municipales des 9 et 16 mars 2008, l'alliance des patriotes MIM/CNCP a 44 conseillers municipaux d'opposition dans 13 communes de la Martinique : Fort de France:2 ; Le Lamentin:4 ; Sainte-Luce:6 ; Le François:5 ; Rivière-Salée:7  ; Saint-Esprit:5  ; Les Trois-Ilets:6  ; Trinité:3 ; Le Vauclin:2 ; Le Robert:1 ; Le Morne-Rouge:1 ; Le Marin:1 ; Gros-Morne:1.

Le 18 décembre 2008, lors du congrès des élus départementaux et régionaux de la Martinique, les 33 élus indépendantistes (MIM/CNCP/MODEMAS/PALIMA) ont voté à l'unanimité pour une évolution statutaire de l'île fondée sur l'article 74 de la Constitution française qui permet l'accès à l'autonomie. Les élus indépendantistes sont au nombre de 33 sur 86 et représentent 38% des élus des 2 assemblées, Conseil Général et Conseil Régional.

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Source : Wikipedia