Malnutrition

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Posté par talos 13/03/2009 @ 17:10

Tags : malnutrition, nutrition, santé, malnutrition, alimentation, environnement

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Malnutrition

Un enfant avec signes de Kwashiorkor et de marasme, au Nigeria. Notez l'abdomen balonné et les œdèmes des pieds, caractéristiques.

La malnutrition désigne un état pathologique causé par la déficience ou l'excès d’un ou plusieurs nutriments.

Un apport alimentaire inadapté peut provenir d'une nourriture en mauvaise quantité (apport calorique insuffisant ou, au contraire, excessif) ou de mauvaise qualité (carences nutritionnelles ou excès de graisses...) ; d'autres facteurs, notamment psychologiques et pathologiques, interviennent également.

Dans les pays en développement, le plus grand problème nutritionnel est la sous-alimentation, due à un apport calorique insuffisant, et pouvant déboucher par exemple sur le Kwashiorkor. Mais partout dans le monde, diverses formes de malnutrition existent, débouchant notamment sur l'obésité et sur de graves carences. La malnutrition a ainsi été appelée la « faim invisible » ou « faim cachée » (hidden hunger en anglais) par les Nations unies, affectant deux milliards de personnes souffrant de carences en sels minéraux et en vitamines, pouvant provoquer des maladies mortelles.

La malnutrition doit être définie comme une pathologie, et non comme un état. Il s'agit d'une pathologie systémique aux conséquences multiples et d'étiologies tout aussi variées. L'idée d'une séparation entre une approche quantitative et qualitative est à la fois obsolète et réductrice.

La malnutrition, que ce soit dans l'approche qu'en proposent l'Organisation mondiale de la santé, les organisations humanitaires d'urgence s'y consacrant, ou les différentes études effectuées sur le sujet, peut être la conséquence de plusieurs facteurs, le plus souvent associés. Les carences alimentaires, qu'elles soient quantitatives ou qualitatives (et elles sont les deux le plus souvent), sont une cause très fréquente conduisant à un état de malnutrition. Cependant, d'autres facteurs entrent très souvent en jeu.

Ces quelques exemples montrent qu'une approche purement alimentaire de la malnutrition ne saurait être suffisante, et la plupart des acteurs internationaux de lutte contre la malnutrition ont dû adapter leur prise en charge en développant des programmes parallèles, allant de la stimulation psycho-sociale des malnourris à leur prise en charge psychologique.

De la même manière, on pourra parler de malnutrition face au problème de l'obésité. Là encore, il serait réducteur de considérer un apport alimentaire inadapté comme sa seule étiologie. Il existe l'obésité liée à des facteurs génétiques conduisant à une surabsorption des nutriments, ou liée à une cause anatomique ou physiologique acquise (troubles acquis du fonctionnement des organes de la digestion, ou de la mobilité, par exemple). Mais l'inadaptation de l'apport alimentaire est ici souvent en elle-même une conséquence d'un trouble psychologique.

En 2006, plus de 3,5 milliards de personnes souffrent de carence en fer, 2 milliards sont en danger de carence en iode et 200 millions d'enfants d'âge préscolaire sont victimes d'insuffisance en vitamine A.

Dans les pays en développement, les insuffisances alimentaires causent des maladies comme le kwashiorkor, l'anémie (qui attaque le système sanguin et empêche la concentration), le rachitisme (qui empêche le développement normal des os de l'enfant) ou la cécité (causée par des carences en vitamine A). Le rapport de 2004 de l'Unicef et la Banque mondiale dresse un bilan terrifiant : les carences en fer parmi les bébés de 6 à 24 mois affectent le développement mental de 40 à 60 % des enfants des pays en développement ; les carences en iode ont fait reculer la capacité intellectuelle de ces pays de 10 à 15 %, et causent la naissance de 18 millions d'enfants handicapés mentaux par an ; le manque de vitamine A entraine la mort d'un million d'enfants chaque année.

Chez les adultes, les plus affectés sont souvent les femmes : l'anémie causée par le manque de fer entraine la mort de 60 000 jeunes femmes pendant leur grossesse ou leur accouchement ; le manque d'acide folique cause un décès par maladie cardiaque sur dix. Les carences s'additionnent et rendent l'organisme plus vulnérable à d'autres maladies. L'impact économique est énorme, la baisse d'énergie associée aux carences causant une chute de 2 % du PNB dans les pays les plus affectés.

La sous-alimentation affecte quelques 800 millions de personnes dans le monde, tandis que l'obésité affecte plus de 300 millions de personnes (voir ces articles pour les détails).

La lutte contre la malnutrition est par ailleurs l'un des huit Objectifs du Millénaire pour le Développement, initiés en 2000 par l'ONU. La troisième cible de cet objectif vise à réduire de moitié le nombre de personnes souffrant de malnutrition entre 1990 et 2015.

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Sous-alimentation

Prisonniers affamés du camp de concentration d'Ebensee.

La sous-alimentation ou sous-nutrition est un état de manque important de nourriture caractérisé par un apport alimentaire insuffisant pour combler les dépenses énergétiques journalières d'un individu et entraînant des carences nutritionnelles. Chez l'être humain, la sous-nutrition prolongée entraîne des dommages irréversibles aux organes et, au final, la mort.

Il convient de distinguer la sous-nutrition de la malnutrition, qui associe également une forte dimension qualitative.

D'après l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), plus de 25 000 personnes meurent chaque jour de sous-nutrition, et plus de 800 millions de personnes sont chroniquement en sous-nutrition. La plupart de ces personnes se trouvent dans les pays en développement.

Les individus sous-alimentés perdent une grande partie de leur graisse ainsi que de la masse musculaire, le corps utilisant ces tissus pour produire de l'énergie par catabolisme, ce qui permet aux fonctions vitales de rester actives (le système nerveux et les muscles du cœur, notamment). La catabolisme ne se déclenche que si les sources d'énergie entrant dans le corps sont épuisées.

Les carences en vitamines sont aussi une conséquence habituelle de la sous-nutrition, entraînant l'anémie, le béribéri, la pellagre et le scorbut. Ces maladies peuvent elles-mêmes causer des diarrhées, des exanthèmes, des œdèmes et des insuffisances cardiaques. Les individus sous-alimentés deviennent irritables, fatigués et souffrent de léthargie, ce qui peut mener à l'inanition.

Le corps humain dispose de réserves d'énergie sous forme de glucides et de lipides. Les glucides sont utilisés pour le fonctionnement des organes, et les lipides sont transformés en glucides pour être mis à disposition des organes. Ce phénomène provoque la maigreur et la perte de masse corporelle.

Lorsque les réserves en lipides sont toutes consommées, le corps commence à dégrader les protides (protéines), et notamment les cellules des muscles. Pour les dénutritions sévères, il y a donc une perte de masse musculaire. Lorsque les muscles abdominaux ne peuvent plus supporter le poids des viscères, cela provoque un gonflement du ventre, associé à l'ascite, due à la fuite d'eau du secteur vasculaire vers la cavité péritonéale consécutive au manque de protéines dans le sang.

Lorsque la sous-nutrition se produit au stade de l'enfance, elle a des effets graves sur la croissance du cerveau humain, et nuit de façon parfois irréversible à ses capacités.

L'état des petits enfants maigres à gros ventre est décrit sous le nom de Kwashiorkor.

En plus de ses effets physiologiques, la sous-alimentation a des effets psychologiques non négligeables, confirmés par plusieurs études. L'étude la plus riche dans ce domaine est la Minnesota Starvation-Rehabilitation Experiment, effectuée entre 1944 et 1946, à laquelle prirent part 32 objecteurs de conscience âgés de 20 à 33 ans. Ils furent soumis à trois phases : douze semaines de contrôle, vingt-quatre semaines de « malnutrition » (semistarvation), et douze semaines de rétablissement. Pendant la période contrôle, les sujets recevaient un apport de 3 492 calories par jour, réduites à 1 570 calories pendant la deuxième phase, puis ramenées à un niveau normal pendant la période de rétablissement. Pendant la deuxième phase, la nourriture était similaire à celle consommée en Europe pendant les famines.

Les résultats furent exploités de diverses manières. Pour Josef Brozek, les études incluaient « des tests d'intelligence et de personnalité, des évaluations ainsi que des observations externes par les expérimentateurs ». D'après les sujets de l'expérience, la fatigue était le pire effet de l'apport insuffisant de calories, suivie par la faim, les douleurs musculaires, l'irritabilité, l'apathie, la sensibilité au bruit, et les douleurs liées à la faim (notamment à l'estomac). Les tests de personnalité révélèrent que les individus affamés éprouvaient une forte poussée de la « triade névrotique » (hypocondrie, dépression, hystérie), et les sujets notèrent une baisse notable dans leur volonté d'activité et une baisse spectaculaire de l'appétit sexuel. Les revues successives de cette expérience montrèrent que d'autres sujets subissaient de grandes déviations de leur personnalité durant la période de sous-nutrition. Tous ces troubles s'estompèrent puis disparurent durant la période de rétablissement, quand les sujets reprirent un apport calorique normal, démontrant l'impact psychologique de la sous-nutrition.

La partie de l'humanité qui, faute de nourriture suffisante, ne parvient pas à se nourrir correctement (sous-nutrition et malnutrition) ne pourra pas facilement non plus apporter sa contribution à la marche du progrès, ce qui peut fort bien avoir des effets sur tous les autres. Le paléontologue Stephen Jay Gould se disait au moins autant préoccupé par ce problème d'efficacité que par le problème moral qui était posé.

Le professeur Richard Bellman se disait persuadé, en 1970 qu'il était d'ores et déjà possible de nourrir toute la planète à sa faim en adoptant une organisation adéquate. Bien que la population du globe ait pratiquement doublé depuis, les disponibilités alimentaires journalières moyennes par habitant dans le monde sont estimées à 2800 calories en 2003, chiffre légèrement supérieur aux 2700 calories recommandées par la FAO. Ces données masquent néanmoins des contrastes parfois considérables.

La sous-nutrition peut être due à une famine, à une situation accidentelle (par exemple personne accidentée hors d'atteinte des secours), à une situation volontaire (grève de la faim) / pathologique (anorexie mentale), ou à une maltraitance.

La ration calorique moyenne per capita dans les pays sous-développés est aujourd'hui voisine de ce qu'elle était dans les pays développés en 1950, mais la nutrition équilibrée ne se résume toutefois pas à un bilan calorique correct, et en particulier les taux de protéines animales y sont encore éloignés de ce que recommande la diététique. Il n'y a donc plus de problème structurel de sous-nutrition (hors événements exceptionnels comme les famines), mais plutôt de malnutrition. Des îlots graves de malnutrition subsistent par ailleurs — et parfois se développent — en Afrique subsaharienne.

Les expressions « souffrir de la faim » ou « mourir de faim » sont couramment employées pour parler de l'état de sous-nutrition.

En 2005, quelque 854 millions de personnes souffraient de la faim dans le monde. En valeur relative, la part des victimes de la faim a baissé de trois points depuis 1990-1992, pour s'établir à 17 % de la population mondiale. Les régions les plus en difficultés sont l'Afrique et le Proche-Orient. En Afrique subsaharienne, le nombre des mal nourris (206 millions de personnes) a augmenté de 37 millions de personnes sur les dix dernières années. Les pays les plus touchées par la faim sont ceux qui sont en guerre ou qui sortent d'un conflit.

Cependant, l'énorme problème de la sous-alimentation ne doit pas masquer la « faim cachée » ou « faim invisible », c'est-à-dire la malnutrition et plus précisément les carences en vitamines et en nutriments, affaiblissant l'organisme et causant de nombreuses maladies. Le rapport de 2004 de l'Unicef et la Banque mondiale en dresse un bilan terrifiant : les carences en fer parmi les bébés de 6 à 24 mois affectent le développement mental de 40 à 60 % des enfants des pays en développement ; les carences en iode ont fait reculer la capacité intellectuelle de ces pays de 10 à 15 %, et causent la naissance de 18 millions d'enfants handicapés mentaux par an ; le manque de vitamine A entraine la mort d'un million d'enfants chaque année.

Chez les adultes, les plus affectés sont souvent les femmes : l'anémie causée par le manque de fer entraine la mort de 60 000 jeunes femmes pendant leur grossesse ou leur accouchement ; le manque d'acide folique cause un décès par maladie cardiaque sur dix. Les carences s'additionnent et rendent l'organisme plus vulnérable à d'autres maladies. L'impact économique est énorme, la baisse d'énergie associée aux carences causant une chute de 2 % du PNB dans les pays les plus affectés.

Selon Jean Ziegler (rapporteur spécial pour le droit à l'alimentation du Conseil des droits de l’homme de l’Organisation des Nations unies de 2000 à mars 2008), la mortalité due à la sous-alimentation représentait 58 % de la mortalité totale en 2006: "Dans le monde, environ 62 millions de personnes, toutes causes de décès confondues, meurent chaque année. En 2006, plus de 36 millions sont mortes de faim ou de maladies dues aux carences en micro-nutriments".

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Kwashiorkor

Un enfant avec signes de kwashiorkor et de marasme, au Nigeria. Notez l'abdomen ballonné et les œdèmes des pieds, caractéristiques.

Le kwashiorkor est un syndrome de malnutrition protéino-calorique sévère de la première enfance. Le terme, qui signifie enfant (kwashi) rouge (orkor) dans la langue des Ashanti du Ghana, se réfère à la rougeur de peau des enfants qui en sont frappés. Le kwashiorkor touche principalement le jeune enfant qui, âgé de 18 mois à trois ans, à l'arrivée d'un second enfant, est brutalement sevré et passe à une alimentation trop pauvre en protéines.

Lieurade élimine une cause parasitaire mais ne retrouve pas l'étiologie de ce tableau. Il est le premier à donner la description clinique parfaite d’une maladie qui sera décrite plus tard au Ghana sous le nom de « kwashiorkor ».

Cette origine carentielle fut déjà évoquée en 1925 par Normet, en Indochine, chez les enfants atteints de la « bouffissure d’Annam », décrite par Guillon en 1913.

L’origine alimentaire et pluricarentielle de ces troubles est éclaircie en 1950 par des missions en Afrique (Brock et Autret) et en Amérique centrale (Autret et Béhar). Raoult et Bergeret mettent au point des procédés cliniques et biochimiques de détection précoce de ces malnutritions. Rapidement entrepris, le traitement approprié fait chuter la mortalité de 80 à 20 %.

Le kwashiorkor fait partie des malnutritions protéino-caloriques et touche annuellement des millions d'enfants, essentiellement africains.

Cette pathologie résulte d'une alimentation hypoprotéique — n'apportant pas les quelque 50 grammes par jour recommandés — alors même que l'apport calorique global peut être suffisant. Le régime alimentaire équilibré doit comporter, en joules, environ 55 % de glucides, 33 % de lipides et 12 % de protéines).

Le kwashiorkor touche les enfants de deux ou trois ans, quelques mois après un sevrage brutal. Contrairement au lait maternel, riche en protéines, le régime adulte ne couvre plus les besoins en protéines de l'enfant.

En effet, dans les pays touchés, l'alimentation des jeunes enfants est essentiellement constituée de bouillie de céréales comme le manioc, le mil, le maïs ou le riz. Ces repas sont insuffisamment riches en protéine, surtout par rapport aux besoins importants de l'enfant à cet âge.

Le kwashiorkor n'est pas uniquement dû au seul déficit protidique. On a également constaté une baisse des taux sanguins de magnésium, de potassium, de fer, de zinc, des vitamines.

En fait, la maladie est due à une insuffisance de certains acides aminés dont la lysine, la méthionine et le tryptophane. Cette carence en acides aminés peut être traitée par une alimentation riche en produits laitiers. Malgré les traitements, le taux de mortalité des enfants atteints de formes avancées de la maladie reste important.

Cette maladie se rencontre presque toujours chez des enfants habitant des pays pauvres ou en voie de développement, dans lesquels les conditions de vie sont précaires, les populations sous-alimentées et le niveau d'éducation très bas : Afrique, Amérique du Sud, Inde ainsi que la Corée du Nord. L'Afrique tropicale et équatoriale est particulièrement touchée.

Tous les ans, plus de 12 millions d'enfants vivant dans des pays en voie de développement meurent à cause de pathologies infectieuses, bactériennes ou parasitaires.

Sur ces 12 millions, 56 % - soit 6,7 millions d'enfants - décèdent de la malnutrition, en raison d'une plus grande fragilité aux infections. Au Gabon, la malnutrition est la première cause de décès chez les enfants de un à quatre ans. Dans certaines régions défavorisées, le kwashiorkor est responsable de la mort de 30 % des enfants de moins de 5 ans.

Les symptômes précoces sont très généraux : anémie, apathie, fatigue, irritabilité, léthargie.

À un état avancé, les fonctions vitales sont atteintes, ce qui entraîne un état de choc, le coma puis la mort.

Les troubles disparaissent habituellement après un traitement précoce. Si le traitement est tardif, la santé générale de l'enfant est améliorée mais des séquelles physiques (taille réduite) et intellectuelles (incapacités mentales) sont à craindre. Sans traitement ou si le traitement survient trop tard, la mort est inévitable.

Un haut risque de décès est identifié par un périmètre brachial < 11 cm ou par un seuil de l’indice poids-taille < à –3 écart type. En pratique les enfants malnutris avec des œdèmes sont atteints de malnutrition grave potentiellement mortelle.

Afin d'éviter des problèmes, l’organisme doit être réadapté avec de rations petites mais fréquentes, données toutes les deux à quatre heures. Durant une semaine, l'alimentation, hyperglucidique, est progressivement enrichie en protéines ainsi qu'en éléments essentiels : lait sucré avec sels minéraux et vitamines. Le régime peut comporter des lactases — pour que les enfants ayant développé une intolérance au lactose puissent ingérer des produits laitiers — et des antibiotiques — pour compenser l'immunodéficience. Après deux à trois semaines, le lait est remplacé par des bouillies de céréales enrichies en minéraux et vitamines, jusqu'à ce que sa masse atteigne au moins 80 % de la masse normale. La nourriture traditionnelle peut alors être réintroduite. L’enfant est considéré guéri lorsque sa masse atteint 85 % de la normale.

L’éducation et l’alphabétisation peuvent éviter le kwashiorkor.

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Projet Misola

Le projet Misola est un projet de santé publique, qui a pour objectif de contribuer à lutter contre la malnutrition dans les pays tropicaux en particulier africains, en lien avec les structures de santé des pays. Misola est une abréviation qui reprend les initiales de MIl, SOja, Lait maternel, Arachide. Le Projet Misola est né en octobre 1982 en Haute-Volta, devenu Burkina Faso, de la collaboration entre la Direction Départementale de la Santé Publique de l’Est et de l’association Frères des Hommes, sous l'impulsion du Dr François Laurent et du Dr Jean-Marie Sawadogo. Actuellement, le projet Misola est actif au Burkina Faso, au Mali, au Tchad, au Cameroun, au Niger, au Sénégal et au Bénin.

Le projet Misola se concrétise par la fabrication d’une farine diététique infantile conçue pour préparer des bouillies amylasées de haute valeur protéino-énergétique. La farine Misola entre dans la catégorie des aliments de complément à l’allaitement maternel destinés à la prise en charge thérapeutique et préventive de la malnutrition infantile. La farine Misola se compose de céréales cultivées localement (mil ou maïs, soja et arachide) et préparées selon des procédés artisanaux. Le projet Misola s’appuie sur un réseau d’associations féminines locales qui développent des activités génératrices de revenus et constitue un projet de développement durable.

Le projet Misola est géré par l’Association Burkinabé des Unités Misola (ABUM) et par l’Association Misola. Lorsqu’une Unité de Production Artisanale souhaite vendre de la farine sous le nom déposé Misola®, elle doit signer la charte Misola auprès d’une de ces associations.

Le projet Misola est soutenu par de nombreux partenaires du Nord, associations et collectivités locales qui viennent en appui aux associations du Sud.

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Gingivite ulcéro-nécrotique

La gingivite ulcéro-nécrotique (GUN) est une inflammation destructrice des tissus mous parodontaux, elle fait partie du groupe des maladies parodontales nécrosantes qui comporte également la parodontite ulcéro-nécrotique (PUN). C'est une urgence parodontale souvent associée à une altération de l’état général. Elle se rencontre dans tous les groupes d'âge mais rarement chez l'enfant dans les pays occidentaux et fréquemment dans les pays en voie de développement; elle est alors associée à des maladies comme le paludisme, la rougeole, la malnutrition.

La GUN est une conséquence de l’association de facteurs généraux, bactériens et psychologiques. Les facteurs favorisants sont l'accumulation de plaque dentaire, le tabagisme, le stress psychologique, la malnutrition et l'immunodépression sévère.

Au début, une seule papille est touchée mais l'atteinte peut s'étendre aux autres papilles avec un lien nécrotique. La nécrose peut s'étendre sur toutes les faces vestibulaires, plus rarement sur les faces linguales ou palatines.

Zones de nécrose recouvertes d'une pseudo membrane blanc jaunâtre de consistance molle faite de leucocytes et de bactéries (zone ulcéreuse est sous-jacente). Il y a un saignement des gencives (gingivorragie) spontanée, une halitose fréquente et parfois des adénopathies. Tant que l'inflammation concerne la gencive, c'est une gingivite ulcéro-nécrotique mais quand l'os est touché, on parle de parodontite ulcéro-nécrotique.

Chez les patients ayant le Virus de l'immunodéficience humaine, la parodontite ulcéro-necrotique peut être un premier signe.

Il est urgent car le patient a du mal à s'alimenter. Anesthésie locale puis détartrage ultrasonique assez doux pour enlever plaque et tartre. Eau oxygénée (compresse) sur la zone nécrosée. Efficace contre les bactéries : la pseudo membrane va se décoller. Puis revoir le patient toutes les semaines pour le traitement de fond. Bain de bouche a l'eau tiède a base d'eau oxygénée puis de chlorexidine 2 fois par jour pendant 15 jours.

Antibiotique : le métronidazole est efficace contre les bactéries.

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Anorexie

L’anorexie (du grec : ἀνορεξία / anorexía, « absence d’appétit ») est, du point de vue strictement médical, un symptôme qui correspond à une perte de l'appétit. Ce symptôme peut s'observer dans de très nombreuses maladies organiques et psychiatriques. Quelle qu'en soit la cause, il peut conduire à la malnutrition et à ses complications. Dans les faits, le terme est abusivement utilisé pour désigner l'anorexie mentale qui est un trouble psychopathologique complexe et spécifique, au cours duquel il n'y a pas de perte de l'appétit mais au contraire une lutte active contre la faim.

L'anorexie accompagne les altérations de l'état général. On peut observer une anorexie dans un grand nombre de maladies, comme par exemple les cancers.( cancer de l'utérus , du sein )...

En psychiatrie, l'anorexie est un des symptômes principaux du syndrome dépressif.

L’anorexie mentale est un trouble psychopathologique complexe et spécifique.

L'anorexie, en tant que symptôme, peut être corrigée par le traitement de la cause. Dans la dépression, par exemple, un appétit normal ré-apparaît lorsque l'humeur se normalise. Dans le cas des maladies cancéreuses, un traitement anti-cancéreux efficace et bien conduit, comme une chimiothérapie ou une radiothérapie, peut conduire à l'amélioration de l'état général du patient. On observe une reprise de l'appétit, une diminution de la fatigue et une prise de poids.

Les glucocorticoïdes et la progestérone peuvent être utilisés en situation palliatives pour leur action orexigène.

Le traitement de l'anorexie mentale relève d'une prise en charge en milieu psychiatrique. Un isolement du milieu familial s'avère souvent nécessaire.

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Source : Wikipedia