Maghreb

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Posté par woody 18/03/2009 @ 00:14

Tags : maghreb, afrique, international

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Maghreb

Maghreb à l'époque de l'empire almohade (1190)

Le Maghreb (en arabe al-Maghrib, « le Couchant ») est la région d’Afrique du Nord comprise entre la mer Méditerranée, le Sahara et l’océan Atlantique. Ses habitants s'appellent les Maghrébins.

Les premiers Arabes arrivés dans la région ont appelé Djazirat al-Maghrib, c'est-à-dire « Île du Couchant », les pays occidentaux isolés du reste du monde par le contact, au fond de la grande Syrte, entre le Sahara et le rivage de la Méditerranée. Le Maghreb au sens strict regroupait, la Tunisie, l'Algérie et le Maroc. On y ajouta ensuite l'Espagne musulmane et on parla de Maghreb arabe. Aujourd'hui, afin d'éviter toute confusion, on appelle Petit Maghreb ou encore Maghreb central l'ensemble des trois pays occupant la péninsule atlassienne de l'Afrique du Nord. L'espace du Grand Maghreb rattache à cet ensemble la Mauritanie et l'ensemble de la Libye.

Le Maghreb couvre une superficie d'environ trois millions de km² partagés entre le bassin méditerranéen et les régions sahariennes. Le désert du Sahara recouvre la majeure partie de son territoire. La population d'environ 83 millions d’habitants est de ce fait très inégalement répartie et concentrée principalement sur les plaines littorales. La région dispose en outre d'importantes ressources naturelles minières (phosphates et fer) et énergétiques (gaz naturel et pétrole).

Le Maghreb forme depuis plus d’un millénaire une unité géographique, linguistique et religieuse. Il possède en effet une forte identité qui le distingue par rapport aux mondes arabo-musulman et africain du fait de son relatif isolement par rapport à celui-ci et de l'importance de l'élément berbère dans sa culture. Bien qu'éloignés l'un par rapport l'autre, le Maghreb et le Machrek sont toutefois particulièrement liés par la langue arabe et la culture islamique. Carrefour d'influences diverses, son histoire contemporaine est marquée par la colonisation française, espagnole et italienne mais aussi par sa proximité avec l'Europe de l'Ouest.

Son nom provient de l'arabe Al-Maghrib (المغرب) qui signifie « Le Couchant » ou « L'Occident » en raison de la position occidentale de cette région par rapport au reste du monde arabe. Il s'oppose au Machrek (« Le Levant ») qui désigne l'Orient arabe s'étendant de l'Égypte à l'Irak et à la péninsule arabique. Les Arabes utilisèrent d'abord le nom de Jezirat Al-Maghrib, qui signifie « Île de l'Occident », mettant alors en avant la situation de la région apparemment isolée entre une mer et un désert. Al-Maghrib en arabe désigne aussi le Maroc et, lorsqu'il y a ambiguïté, on appelle le Maroc Al-Maghrib Al-Aqsa, ce qui signifie « L'Occident lointain », on utilise le terme Al-Maghrib Al-Araby (littéralement « Le Couchant arabe » mais souvent traduit « Maghreb arabe ») pour désigner la région entière.

Certains autochtones de la région, qui s'appellent eux-mêmes Imazighen (pluriel de Amazigh signifiant « homme libre »), que les Européens appellent Berbères, la désignent par le nom de Tamazgha et non de Maghreb. Ils contestent cette dernière appellation, au motif qu'elle n'est pas le nom originel de la région mais une désignation par les Moyen-Orientaux au moment de la conquête musulmane du Maghreb, et ne l'appellent pas non plus Berbérie, terme qui vient de sa désignation par les Grecs et les Romains.

La région de l'actuel Maghreb est peuplée dès la préhistoire par les Berbères qui développent une culture originale. Ils sont les premiers habitants de la région et sont considérés comme étant les ancêtres des maghrébins modernes, arabophones comme berbérophones.

Les Phéniciens installent des comptoirs à partir du VIIIe siècle av. J.-C. dont le plus prospère est Carthage. Les guerres puniques opposent ensuite les Carthaginois aux Romains qui prennent possession du territoire à partir du IIe siècle av. J.-C. À son apogée, l'Afrique romaine s'urbanise et se christianise. Cette Église d'Afrique, composée de Berbères en majorité chrétiens, a été au fondement du christianisme européen.

Au Ve siècle, un peuple germanique de religion chrétienne et originaire de l'actuelle Pologne, les Vandales, traversent le détroit de Gibraltar et envahissent le Maghreb ; ils représentent environ 80.000 personnes. Ils y fondent un royaume éphémère qui sera détruit au VIe siècle à la suite de la défaite vandale face aux armées du général Bélisaire, qui réintègre ainsi l'Afrique du Nord dans l'Empire Romain, alors représenté par la civilisation byzantine.

À partir du VIIe siècle, la conquête arabe est fulgurante : elle fait entrer le Maghreb dans le monde arabo-musulman et en chasse les Romains qui l'avaient occupé depuis la chute de Carthage plus d'un millénaire plut tôt. En 711, commandé par Tariq Ibn Ziyad, un maghrébin converti à l'Islam, les forces arabo-berbères traversent le détroit de Gibraltar et attaquent la péninsule ibérique, alors dominée par les Wisigoths, un peuple d'origine germanique. S'en suivra une période fastueuse dans l'histoire de la péninsule, qui resta pendant plusieurs siècles une des régions les plus riches et les plus développées d'Europe dans tous les domaines, économique, scientifique, artistique, et technologique.

Après une période d'unité politique sous les Aghlabides (IXe siècle) autour de la ville de Kairouan, plusieurs dynasties se succèdent au Maghreb : les Fatimides, les Zirides (Xe siècle), etc. Après avoir détrôné les Almoravides au XIIe siècle, la dynastie des Almohades va réaliser l'unité politique de tout le Maghreb, leur état s'étendait de l'Ouest de la Libye au Maroc, et comprenait une grande partie de la péninsule Ibérique.

En 1236, les Hafsides, vassaux des Almohades, se déclarent indépendants et fondent une nouvelle dynastie à Tunis qui règne jusqu'en 1574. Le royaume de Tlemcen, fondé en 1282 est dirigé par la dynastie des Abdalwadides. À son apogée, cet État contrôle un territoire allant de l'Atlas à l'actuelle Tunisie au XVe siècle.

En 1553, le royaume passe sous la protection ottomane. Du XVIe au XIXe siècle, à l'exception du Maroc toute la partie Nord du Maghreb fait théoriquement partie de l'empire ottoman, mais l'Algérie et la Tunisie, alors vassaux de la Sublime Porte, sont en fait des états quasi-indépendants. C'est à cette époque que se fixent les limites des trois entités politiques actuelles et que les capitales s'installent sur le littoral.

En 1830, commence le début de la colonisation française au Maghreb. Elle commencera par l'invasion de l'Algérie, puis de la Tunisie, tous deux états vassaux de l'Empire ottoman, et se terminera par la conquête du Maroc en 1912.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, le Maghreb sert de champ de bataille entre les Alliés et les puissances de l'Axe, il est donc le théâtre de nombreuses interventions militaires, comme l'opération Torch. C'est à partir du Maghreb, qui servira de base stratégique aux Alliés et dont la ville d'Alger sera proclamée capitale provisoire de la France libre, que l'armée française sera reconstituée et que les contingents Alliés débarqueront en Italie en 1943, et lanceront en août 1944 le débarquement de Provence, qui libéra l'est de la France des troupes allemandes. Des centaines de milliers de maghrébins prendront part à ces opérations.

Après 1945, les revendications indépendantistes se font donc jour et aboutissent à l'indépendance des trois pays, de façon presque simultanée, mais selon des modalités différentes. Par des négociations pour le Maroc et la Tunisie, qui obtiennent l'indépendance dès 1956, et par une guerre pour l'Algérie, débutée le 1er novembre 1954, qui aboutit sur l'indépendance algérienne le 5 juillet 1962. Aujourd'hui, les gouvernements maghrébins sont très différents et doivent faire face aux oppositions démocratiques et islamistes.

L’invasion française de l’Algérie en 1830 marqua le début de la période coloniale. Pendant plus de cent ans, les Français tentèrent d’intégrer l’Algérie à la France, essentiellement en raison de l’abondance de ses ressources. L’armée française l’a soumise village après village, mais il faut préciser que ce qui caractérise la colonisation de l’Algérie et tient lieu de particularité est qu’il s’agit d’une colonie de peuplement. Alors que la France annexe officiellement l'Algérie, formant trois département français, les populations indigènes restent astreintes à un statut inférieur d'indigénat, et se forme ainsi au sein de la société algérienne deux communautés ; d'un côté les musulmans indigènes, juridiquement inférieur, et les colons, citoyens français (pieds-noirs), au niveau de vie supérieur. Ce qui exacerbait les tensions, et les revendications nationalistes algériennes, dont le point de paroxysme est atteint avec les manifestations d’Algériens de mai 1945, durement réprimés, qui font 10 à 25 000 morts, selon les historiens, et marque le début de la guerre d'indépendance.

Au XIXe siècle, les puissances européennes entrent en conflit pour le contrôle des territoires musulmans du Maghreb et du Moyen-Orient. La Tunisie est l'enjeu des rivalités entre la France et l'Italie. Cette dernière acceptera finalement la main-mise française sur la Tunisie à la condition d'avoir le champ libre en Libye, un pays que l'Italie convoite et dont elle s'emparera en 1911.

En 1881, l'armée française pénètre en Tunisie, alors en état d'extrême faiblesse, qui décide de ne pas opposer de résistance. Par le traité du Bardo, un protectorat est imposé à la Tunisie qui sera le second pays du Maghreb à être colonisé par la France.

Le Maroc restera indépendant jusqu'en 1912, date à laquelle l'Espagne et la France, alors alliés, contraignent le Sultan d'accepter lui aussi un protectorat. Le pays allait donc être occupé par la France, tandis que l'Espagne, déjà présente dans le Sahara Occidental, occuperait la partie de l'extrême Nord du Maroc. En 1921, éclate la Guerre du Rif, menée par les résistants marocains qui sont dirigés par Abdelkrim, alors en lutte contre l'occupation franco-espagnole de son pays. Après le succès de la bataille d'Anoual, à l'issue de laquelle 16 000 soldats espagnols sont tués par les armées marocaines, qui s'emparent de leur matériel militaire. L'Espagne, alors en pleine crise, demande l'aide de la France. Craignant pour la stabilité de ses colonies au Maghreb, celle-ci envoie plusieurs dizaines de milliers d'hommes pour soutenir les troupes espagnols. Après la défaite des marocains, un grand nombre de civils seront massacrés en guise de représailles, et ce malgré les promesses de l'administration coloniale de ne pas s'en prendre aux populations civiles si le chef de la rébellion, Abdelkrim, acceptait de se rendre aux autorités.

Le Maghreb possède une superficie totale de plus de six millions de kilomètres carrés avec de fortes disparités d’un pays à l’autre. Cette région est bordée au nord par la mer Méditerranée, à l'ouest par l'océan Atlantique et au sud par le désert du Sahara. Elle est traversée par la chaîne de l'Atlas sur plus de 2 000 kilomètres.

Le Maghreb subit un fort déséquilibre démographique et économique entre le littoral et l'intérieur des terres, particulièrement en Algérie où 90% de la population se concentre au nord du pays, dans les montagnes et sur les plaines côtières. Cette région, la partie fertile du pays, représente près de trois fois la superficie de l'Angleterre. Le Sahara algérien quant à lui s'étend sur deux millions de kilomètres carrés. Ainsi, si la part du désert dans l'étendue des pays maghrébins est importante (84 % de la surface de l'Algérie et 40 % de la superficie de la Tunisie), ces pays disposent en revanches d'importantes terres fertiles et abritent de vastes forêts à l'image du massif de la Kroumirie.

De Tobrouk à Agadir, le Maghreb possède une façade maritime qui s’étend sur près de cinq mille kilomètres en bordure de la mer Méditerranée, jusqu’à Tanger, et sur 700 km le long de l’océan Atlantique entre Tanger et Agadir. La côte devient ensuite désertique jusqu’à l’embouchure du fleuve Sénégal, 1 500 km plus au sud.

Les plaines littorales du Maghreb offrent les plus fortes densités humaines de la région et abritent les principales villes. C'est également sur les côtes qu'est pratiquée l'agriculture intensive, que s'est installée l'industrie en relation avec les ports et les infrastructures touristiques comme au Maroc et en Tunisie. Les côtes constituent une interface active avec l'Europe et reçoivent donc l'essentiel de ses investissements.

Le climat du littoral maghrébin est de type méditerranéen : il se caractérise par des hivers relativement doux et des étés secs et chauds. Il s'agit d'un atout pour attirer les touristes européens et permet aussi de cultiver des primeurs et des agrumes qui sont ensuite exportés vers l'Europe. Cependant, la sécheresse estivale pose des problèmes de gestion de l'eau et oppose des activités économiques différentes : l'industrie et l'agriculture, grandes consommatrices d'eau, se retrouvent alors en concurrence.

La région n'est pas épargnée par les tremblements de terre. Le séisme d'Agadir (Maroc) fait plus de 15 000 morts en 1960. Plus récemment, le 21 mai 2003, le séisme de Boumerdès (Algérie) provoqua la mort de 2 217 personnes alors que le séisme d'Al Hoceima (nord du Maroc) fit 629 morts et une centaines de blessées.

La chaîne de l'Atlas traverse le Maghreb d'est en ouest et forme une protection naturelle contre la progression du désert. Il s'élève à plus de 4 000 m d'altitude — son point culminant est le Jbel Toubkal au Maroc culminant à 4 167 m — et a longtemps servi de refuge aux populations berbères.

Aujourd'hui encore, les éleveurs et agriculteurs berbères vivent dans ces régions montagneuses en conservant leur identité culturelle. Le climat y est plus froid en altitude et peut parfois être franchement rigoureux en hiver. Durant cette saison, les sommets de l’Atlas sont recouverts de neige.

Le sud du Maghreb est occupé par le désert du Sahara dont la majeure partie est constitué de plaines rocailleuses, tandis que l'autre part est constituée par des immenses dunes de sable.

Les précipitations y sont faibles et la présence humaine inexistante ou discontinue. Certaines oasis jalonnent les pistes transsahariennes et la présence d'hydrocarbures (notamment en Algérie) ou de phosphates (notamment en Tunisie) a permis l'apparition de quelques villes (El-Oued, Ghardaïa, Tamanghasset, Laayoune, etc.).

L'irrigation, nécessaire à l'agriculture, est possible grâce à l'eau puisée dans les nappes phréatiques fossiles et dans les cours d'eau temporaire (appelés oueds).

Après la proclamation de l'indépendance des divers pays, dans les années 1960, les gouvernements respectifs optent pour la planification économique. Le PIB par habitant progresse mais l'économie du Maghreb doit faire face à de nouveaux défis. Aujourd'hui, elle est confrontée comme le reste du monde à la mondialisation. Cela conduit les gouvernements à privatiser de larges secteurs de leurs économies.

La crise affecte la croissance du PIB, accroît la dépendance alimentaire et favorise les émeutes à caractère social (comme les « émeutes du pain » tunisiennes en 1983-1984). Le développement économique a entraîné une transformation des paysages du littoral (stations touristiques, agriculture intensive et urbanisation accélérée). Face à la mondialisation, les pays du Maghreb ont tenté de timides rapprochements dans le cadre de l'Union du Maghreb arabe mais les réalisations communes apparaissent bien modestes en raison des différences politiques de ses membres.

L'agriculture au Maghreb a connu d'importantes mutations depuis les années 1970 : mécanisation, utilisation d'engrais et irrigation moderne ont entraîné une augmentation des productions agricoles. Le monde agricole n'échappe pourtant pas à la crise et l'essor des récoltes ne suit pas l'accroissement démographique.

Par son appartenance au bassin méditerranéen, les produits de l'agriculture maghrébine sont les céréales, l'élevage des ovins et des caprins, le maraîchage, les agrumes, la vigne, la pêche et l'huile d'olive. Le Maroc est aussi l'un des premiers exportateurs mondiaux de haschich,. Les principales ressources du sous-sol sont les hydrocarbures et les phosphates. Les principaux gisements de pétrole en exploitation se trouvent en Algérie (Hassi Messaoud et In Amenas).

L'industrialisation est un phénomène relativement récent dans la région (années 1970). L'intervention étatique a permis le développement d'usines alors que les investissements étrangers et la sous-traitance bénéficient aux régions littorales ouvertes vers l'extérieur. Les principaux secteurs de production sont l'agroalimentaire, les matériaux de construction (ciment et sidérurgie) surtout en Algérie, le textile et la pétrochimie.

Les grands centres industriels sont Alger, Arzew, Béjaia, Annaba, Casablanca, Bizerte, Tunis, Sousse, Gabès, Mohammédia et Tanger.

Une autoroute transmaghrébine de 3210 kilomètres est en cours de construction entre le littoral marocain et la Libye.

Le climat, les paysages et le patrimoine culturel du Maghreb sont autant d'atouts pour le développement touristique de la région. De plus, le Maghreb bénéficie en outre de la proximité géographique avec l'Europe et de l'usage courant de la langue française : Marrakech ou Djerba sont ainsi à deux heures d'avion de Paris.

Toutefois, la pression touristique suscite une nécessité de préservation du patrimoine et une gestion raisonnée des ressources en eau. Le Maghreb doit aussi faire face au danger terroriste (attentat de la Ghriba en 2002, attentats du 16 mai 2003 à Casablanca ou attentats d'Alger du 11 avril 2007).

Le secteur commercial s'inscrit dans le cadre de la mondialisation des échanges qui profite avant tout aux villes du littoral tournées vers l'extérieur. Arzew, Béjaïa, Skikda et Skhira sont les principaux ports industriels d'exportation vers l'Europe.

Le Maroc avec le Sahara Occidental compte 34.7 millions d'habitants soit 49 hab/km².

Le Maghreb compte environ 80 millions d'habitants très inégalement répartis et les plus fortes densités de population se rencontrent sur les plaines littorales de l'océan Atlantique et de la mer Méditerranée. C'est également au nord et à l'ouest de la région que se trouvent ses principales agglomérations (Alger, Casablanca, Rabat, Tunis, Tanger, Annaba, Tétouan et Oran).

En trente ans, la population du Maghreb a été multipliée par deux. Toutefois, la croissance démographique tend à ralentir à cause de la baisse du taux de fécondité : elle s'explique par l'efficacité du planning familial, la scolarisation des filles et la modernisation des modes de vie. Quant au taux de natalité, il a baissé dans les trois pays mais la proportion de moins de 15 ans demeure élevée. Cela pose des problèmes de scolarisation que les gouvernements ont relevés avec plus ou moins de succès.

Par ailleurs, l'exode rural pousse les jeunes des montagnes et des campagnes à migrer dans les villes du littoral où les salaires sont plus élevés et les conditions de vie meilleures. Au début du XXIe siècle, plus de la moitié des Maghrébins vivent en ville. Une partie d'entre eux tente ensuite sa chance en migrant vers Europe de l'Ouest.

Selon Gilbert Meynier, la population maghrébine serait principalement berbère. Cependant, la plupart des Maghrébins revendiquent une identité arabe. En effet, si l'apport des Moyen-Orientaux au Maghreb n'est pas aussi important sur le plan démographique qu'il n'est déterminant sur les plans linguistiques, culturels et religieux, les Arabes arrivés à partir du VIIe siècle avec les conquêtes musulmanes, ont contribué à convertir à l'islam le Maghreb. L'apport démographique arabe est beaucoup plus significatif à partir du XIe siècle, lorsque le pouvoir des Fatimides envoya, dans le but de réprimer des dynasties du Maghreb ayant proclamées leur indépendance, de nombreuses tribus guerrières. La plus importante d'entre elles est celle des Hilaliens accompagnée des Banu Sulaym et des Banu Maqtil.

Les estimations en termes de déplacement de population vont de 80 000 à 200 000 ou 250 000. Selon Charles-André Julien, les actuelles populations arabophones, majoritaires au Maghreb, seraient en grande partie berbère. Selon le défenseur de la cause berbère Gabriel Camps, les « invasions hilaliennes » on été « d'un poids insignifiant sur le plan démographique, mais déterminant sur le plan culturel et socio-économique. » De nos jours, l'arabe littéral est la langue officielle des pays du Maghreb, c'est-à-dire la langue des médias et de l'école.

Dans ce contexte, seule une minorité de la population maghrébine — de l'ordre de 40% au Maroc, 27,5% en Algérie et de 4 à 8% en Tunisie et en Libye — parle le berbère en plus de l'arabe. Ces groupes conservent une identité qui leur est propre en particulier dans les montagnes de l'Atlas. Certains sont nomades et d'autres sédentaires.

Par ailleurs, de petites communautés juives séfarades résident au Maghreb. Il y aurait 7 000 juifs au Maroc et 2 000 en Tunisie, et auraient pratiquement disparus en Algérie sauf dans quelques grandes villes. Si de nombreux Juifs sont présents au Maghreb dès l'Antiquité, notamment au travers de la conversion de certains Berbères, la plupart des Juifs maghrébins sont les descendants des réfugiés de la péninsule Ibérique chassés lors de l'avancée chrétienne et particulièrement lors de l'expulsion des Juifs d'Espagne par les souverains catholiques après la chute du royaume de Grenade qui marqua la fin de la Reconquista en 1492. Certains Juifs européens sont arrivés à l'époque moderne avec la colonisation française. Après les indépendances des trois pays, la plupart des Juifs ont quitté le Maghreb pour Israël et la France.

Par ailleurs, plusieurs sources, indiquent que plus d'un million d'Européens furent capturés comme esclaves entre 1530 et 1780 et que bon nombre d'entre eux firent par la suite souche au Maghreb. Ces chrétiens furent capturés pendant la période corsaire. Il s'agissait de guerres, exacerbées de part et d'autre par le fait religieux, où l'esclavage était pratiqué par les deux camps. Cet esclavagisme, pratiqué aussi bien par les chrétiens que par les musulmans, terrorisait les populations côtières du bassin méditerranéen. Ainsi, un grand nombre d’esclaves musulmans se trouvait à Malte du fait des nombreuses prises effectuées par les galères de l’Ordre de Malte qui était en guerre perpétuelle contre les « infidèles » ou par des corsaires qui razziaient les côtes maghrébines et moyen-orientales pour en capturer les habitants,. Dès le XIIIe siècle, bien avant le début de cette période, les navires chrétiens européens débarquent aux Îles Canaries, alors habitées par les Guanches, s'y installèrent et y pratiquèrent l'esclavage, si bien que cette population est aujourd'hui éteinte.

Le Maghreb appartient au bassin méditerranéen et au monde arabo-musulman. Sa culture est donc issue d'un mélange d'influences diverses. Englobé dans la République romaine puis l'Empire romain, du IIe siècle av. J.-C. au Ve siècle, le Maghreb conserve de cette période le même type de vestiges que dans le reste du bassin méditerranéen : temples romains (Dougga), théâtres romains (Timgad), amphithéâtres (Thysdrus), arcs de triomphe (Volubilis), thermes (Carthage) et mosaïques (Musée du Bardo à Tunis).

Au Moyen Âge, les Arabes du Moyen-Orient imposent progressivement leur langue et leur religion qui imprègnent de nombreux domaines de la vie sociale. La civilisation islamique contribue au renouveau du paysage urbain (mosquées, souks, hammams, médinas et kasbahs) dans un contexte de fondation de villes nouvelles (comme Kairouan en 670, Fès en 809 ou Oran au Xe siècle).

Toutefois, l'arabisation du Maghreb se heurte aux résistances des populations berbères qui tentent de préserver leur identité. Ainsi, le printemps berbère de 1980 permet l'expression de demandes d'officialisation du berbère en Kabylie puis d'autres régions d'Algérie (Aurès, Mzab, etc.). Finalement, le gouvernement algérien reconnaîtra le berbère comme une langue nationale mais refusera son officialisation, ce qui contribue à maintenir la tension sur la question linguistique et identitaire en Algérie.

Aux XIXe et XXe siècles, la colonisation française réintroduit le christianisme — déjà présent durant l'Antiquité et dont saint Augustin était une grande figure — construit une cathédrale (d'abord à Constantine en 1838), des bâtiments officiels, des infrastructures de transport modernes, etc. Toutefois, la domination européenne a fortement troublé la société maghrébine en apportant la modernité et les valeurs occidentales et s'est soldée par le rejet de cette influence au travers du nationalisme puis de l'islamisme. Aujourd'hui, le français reste utilisé dans les affaires et l'enseignement et une grande partie des Maghrébins ont accès à la culture occidentale, notamment grâce aux émissions télévisées captées par les paraboles. Mais les mouvements culturels locaux expérimentent de plus en plus des formes d'expression jadis réprimées par les régimes nés de l'indépendance, notamment dans les domaines de la musique, de la danse et des arts visuels.

La Transmaghrébine est une autoroute maghrébine qui doit traverser la Mauritanie, le Maroc, l'Algérie, la Tunisie et la Libye. Elle est composée d'un axe atlantique de Nouakchott à Rabat et d'un axe méditerrannéen de Rabat à Tripoli passant par Alger et Tunis.

La première portion située le long de l'océan Atlantique (axe Nord-Sud) débutera à Nouakchott (Mauritanie) pour rallier le réseau autoroutier marocain en passant par Agadir, Marrakech, Casablanca et Rabat. Cette dernière constitue le point d'orgue entre les axes Nord-Sud et Est-Ouest maghrébins (appelé également axe méditerranéen). Ce dernier prenant naissance à Rabat traversera Fès jusqu’à la ville d'Oujda, située sur la frontière maroco-algérienne. La portion algérienne reliera les principales villes côtières au départ de la frontière marocaine. Elle traversera Tlemcen, Oran et Chlef à l’ouest, Alger, Sétif, Constantine jusqu’à Annaba, à l'est, et rejoindra ainsi la frontière tunisienne. La portion tunisienne traversera Jendouba, Béja, Tunis, Hammamet, Sousse, Sfax et Gabès pour arriver à Ras Jedir (à la frontière tuniso-libyenne). La dernière portion de la Transmaghrébine se terminera par l'autoroute libyenne qui reliera la frontière tuniso-libyenne à Tripoli pour traverser Benghazi jusqu'à Tobrouk. A court terme, il est prévu que ce projet reliera la ville d'Agadir (Maroc) à la ville de Sfax (Tunisie). La fin des travaux est prévu pour 2010. Cette autoroute sera d'une longueur supérieure à 2 500 kilomètres.

Pour l'instant et faute de financement le réseau mauritanien semble très en retard sur celui de ses voisins maghrébins.

Au Maroc, l'autoroute est déjà opérationnelle entre Marrakech-Casablanca-Rabat-Fès et les travaux sont bien avancés pour le tronçon reliant Fès à Oujda située à la frontière algéro-marocaine (prévue pour 2010) et celui reliant Marrakech et Agadir (prévue en 2009).

En Algérie, l'axe autoroutier Est-Ouest, devant relier la frontière marocaine à la frontière tunisienne, constitue la partie la plus longue dans ce projet (1 216 km) à court terme, doit être également mis en service en 2009.

En Tunisie, étant donné que le tronçon Oued Zarga-Tunis-Sousse-Sfax de 310 km est déjà opérationnel, c'est la future réalisation de la partie reliant la frontière algérienne à Oued Zarga (Tunisie), longue de 140 km, qui pourrait assurer la continuité du tracé Agadir-Sfax via Rabat, Alger et Tunis, capitales des trois principaux pays maghrébins. L'absence de financement et la conjoncture économique actuelle sont les causes du retard du démarrage des travaux de cette partie tunisienne restante.

Par son tracé, la Transmaghrébine dessert 55 villes d’une population totale de plus de 50 millions d’habitants (des 83 millions de Maghrébins), 22 aéroports internationaux, les principaux ports, les terminaux ferroviaires, les principales universités, les plus grands hôpitaux et polycliniques ainsi que les principales zones industrielles et touristiques.

Ainsi, Cette autoroute constituera le nerf essentiel pour l'économie de la région permettant d'intensifier les échanges intermaghrébins dans tous les domaines, de relier l'Europe au Maghreb (grâce au tronçon autoroutier déjà existant entre Rabat et Tanger) et de faciliter les transports routiers et les échanges commerciaux entre les rives nord et sud de la Méditerranée.

D'autre part, la réalisation du tunnel du détroit de Gibraltar entre le Maroc et l'Espagne, actuellement en cours d'étude, donnera toute l'importance à ce projet d'échange nord-sud.

Le détroit de Gibraltar, large de 14 km, relie plus qu'il ne sépare les deux continents. Le détroit de Sicile est plus étendu (environ 100 km) et constitue également une voie d'accès maritime. De ce fait, les relations économiques entre le Maghreb et l'Europe sont anciennes. Dès l'Antiquité, la Maurétanie envoie des denrées méditerranéennes (olives, blé, vin, etc.) ou de l'Afrique sub-saharienne (or, ivoire, esclaves, etc).

Avec la colonisation européenne au XIXe siècle, elles se doublent d'échanges humains. Un grand nombre d'Européens s'installe au Maghreb, apportant avec eux leur langue et leur religion. Toutefois, au terme de la guerre d'Algérie (1954-1962), les Pieds-Noirs sont contraints de migrer vers la France.

Au début du XXIe siècle, environ 70 % du commerce extérieur du Maghreb est réalisé avec l'Union européenne. Les échanges concernent les matières premières et les minerais (exportations d'hydrocarbures et de phosphates) mais aussi les productions agricoles (agrumes et primeurs). La Tunisie exporte aussi du textile. Les pays du Maghreb importent essentiellement des produits industriels et agricoles (céréales et lait). Depuis quelques années, des entreprises européennes délocalisent leurs unités au Maghreb pour profiter du faible coût de la main d'œuvre, ce qui est encouragé par la signature d'accords bilatéraux de libre-échange notamment dans le cas tunisien.

Enfin, les flux migratoires demeurent importants entre le Maghreb et l'Europe,. Après la fin de la Seconde Guerre mondiale, un certain nombre de Maghrébins ont quitté leurs pays pour travailler en Europe. La France, en raison des liens historiques et culturels qu'elle entretient avec le Maghreb, reste la première destination des migrations économiques. Depuis 1974, l'immigration légale est fortement restreinte par les gouvernements européens. Le Maghreb est dès lors le point de départ d'une immigration clandestine qui passe par le détroit de Gibraltar, par les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla, ainsi que par le détroit de Sicile et l'île italienne de Lampedusa).

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Fantasia (Maghreb)

Fantasia marocaine photographiée au début du XXe siècle par Gabriel Veyre

Le terme fantasia serait d'origine européenne ou latine signifiant « divertissement ».

Le terme fantasia entre dans le langage courant ou populaire marocain (la darija) où elle prend le sens d'ostentation ; en effet, au cours de la fantasia, les tribus marocaines ajouteront, selon les régions, des touches personnelles : des jeux avec le fusil, des acrobaties, des tenues de couleurs vives habillant le cheval. Toutes ces touches, jugées osées par le public marocain, feront passer le terme fantasia dans la darija pour qualifier une personne ostentatoire, exhibitionniste ou insolente.

An sens large, La fantasia désigne les différentes formes de manifestations équestres dont certaines sont d'origine berbère et remonteraient aux cavaliers de Numidie ; elles sont visibles dans diverses régions d'Afrique du Nord.

Au sens strict, les européens utiliseront la première fois le terme fantasia pour désigner la charge de groupes de cavaliers marocains munis de fusil maure qu'ils découvrent suite au passage au Maroc d'Eugène Delacroix au cours de son voyage diplomatique pour Napoléon III en Afrique du Nord (Algérie, Maroc).Ce peintre orientaliste l'a peinte et décrite en 1832 lors de son escale à Meknès ville royale de l'Empire chérifien (ancien nom du royaume du Maroc).Dans ses carnets de voyage, le peintre précisera avoir assisté au Maroc à ce type de Fantasia à Sidi Kacem et à Ksar el Kébir. D'autres peintres orientalistes du 19ème tel que Fromentin, Chénier ou Loti en voyage en Afrique du Nord décriront des fantasias au Maroc seulement (voir liens externes).

Les différentes formes de Fantasia ne seraient sans le cheval berbère, le Barbe ou l'arabo-barbe.

En consultant des archives militaires relatant la campagne de Napoléon 1er en Égypte, le Docteur-Vétérinaire Azzedine Sedrati ancien professeur à I'Institut agronomique et vétérinaire Hassan II (Maroc) émet une hypothèse arabo-musulmane sur l'origine de la Fantasia de groupe : cette charge en groupes et de tirs de flèches ou de lances par vagues ou en aller-retour serait une stratégie militaire arabe trouvant son fondement dans le Coran.(voir liens externes).

Le long fusil maure (mokahla) vient plus tardivement et semble faire son apparition dans la fantasia que vers le début du XIXe siècle. en effet, le premier récit de fantasia de groupe et au fusil nous vient d’Ali Ben Hodeil à Mogador (actuelle Essaouira) en 1818. Elle y est semblable à celle d’aujourd’hui puisque les cavaliers portaient déjà le burnous et utilisaient la mokahla (voir liens externes).

En somme, La Fantasia de groupe et de tirs à distance serait au départ une technique martiale d'assaut héritée de l'Islam puis une démonstration (ou exercice) militaire pratiquée dans certaines régions et enfin une tradition chez certaines tribus guerrières rurales.

Dans tout le Maghreb, des chevauchées guerrières ont eu lieu , comme d'ailleurs dans l'histoire de très nombreuses nations à forte tradition équestre : chevauchées mongoles, tartares, napoléoniennes.......aux sabres, à l'arc, au javelot, aux fusils ou aux pistolets.

A l'évidence, ce point ne suffira pas à l'établissement d'une tradition ancestrale de Fantasia de groupe et au fusil dans un pays ou une région vu qu'il n'existe pas ou plus de Fantasia dans de nombreux pays arabo-musulmans où pourtant la place du cheval et des chevauchées revêtent un caractère historique, symbolique et culturel prépondérant.

Si, aujourd'hui, cette forme de fantasia au fusil ( de type spectacle) est pratiquée dans de nombreux pays du Maghreb (avec notamment des portées politico-symboliques et/ou touristiques), il est difficile de savoir si elle était pratiquée de manière traditionnelle en dehors du Maroc.

À ce jour, les seules archives probantes (picturales, manuscrites, cinématographiques ou photographiques) montrant une pratique séculaire et continue de la fantasia de groupe et au fusil maure mentionnent le Maroc. Néanmoins, puisqu'il s'agit d'une tradition portant sur plusieurs siècles, il devrait être aisé pour les chercheurs des pays ( en particulier ceux revendiquant cette tradition ) de trouver des pièces historiques . En effet, le terme tradition implique une continuité temporelle et périodique d'une pratique.

Le récit ponctuel d'une fantasia organisée en 1860 en Algérie pour Napoléon III (désireux de voir une fantasia suite au récit fascinant fait par Delacroix) ne permet pas de conclure d'une pratique traditionnelle de Fantasia de groupe et au fusil dans ce pays. Il s'agit là davantage d'un spectacle organisé ou d'un show (célébrant les 30 ans de l'entrée de la France en Algérie) que de tradition . Toutefois, ce récit confirme, ce que de nombreuses archives attestent, à savoir la présence de cavaliers dans tout le monde arabo-musulman de l'époque. En Libye, en 1968 une fantasia-spectacle avait été organisé en l'honneur du roi déchu libyen Driss Ier.

La technique militaire de fantasia de groupe a donné lieu à des exercices (ou démonstrations) militaires tribaux de tirs (à l'arbalète, à l'arc ou au javelot) avant l'avènement de la mokahla ; Cet exercice a peut-être existé et s'est perdu dans différents pays ou régions du monde arabo-musulman tel qu'en Égypte par exemple.

Cet exercice de charge et de tirs à distance par vagues (ou en aller-retour) de cavaliers tiendrait son origine d'une technique de charges militaires préconisées par les musulmans (voir liens externes). Cette technique de charges héritée de l'Islam se serait répandue dans les pays du Maghreb et même, semblerait-t-il, au Tchad (voir liens externes). Selon les histoires spécifiques à ces pays, toutes ces nations n'en feront pas une tradition.

Au Maroc, pays fortement agricole et resté longtemps tribal (et cela même après l'indépendance en 1956 du pays), cette démonstration va perdurer en devenant une tradition tribale, rurale et religieuse : les tribus guerrières rurales l'associeront , avec la collaboration active de la population masculine et féminine, aux Moussem (fête des semailles, de la moisson) et à la fête d'un saint de la tribu (ou reconnu par la tribu) et cela de façon annuelle et séculaire.

La fantasia n'existe pas dans toutes les régions de l'actuel Maroc ; ainsi certaines localités marocaines, n'ayant traditionnellement pas de Fantasia, fêtent leur Moussem avec d'autres rites ( rite berbère de Bou Jloud, récitation de prières, procession de bougies.... ).

De 1818 ( date du premier récit écrit de ce type fantasia : voir liens externes) à aujourd'hui la fantasia de groupe et au fusil maure( en Arabe mokahla : fusil traditionnel à poudre noire , à un coup et à long canon) appelée par les arabo-berbères « jeu de la poudre », est, au vu des archives actuelles, une tradition inscrite dans le patrimoine séculaire marocain .

La fantasia au Maroc, continue à se faire à la mokahla et répond aujourd'hui à des normes , à des codes et nécessite la participation de la population ; il serait réducteur de penser qu'elle consiste, devant une caméra, à faire courir et tirer ensemble des cavaliers munis d'un fusil quelconque et sans participation de la population. Les mokahla, comme toutes les armes, étaient relativement chères ; elles se transmettaient donc, dans la mesure du possible, de génération en génération.

La fantasia traditionnelle et plus récemment la fantasia spectacle dû au tourisme sont aujourd'hui les principales activités permettant encore la fabrication et la persistance de la mokahla . La disparition de la Fantasia dans une région va donc forcément entraîner la disparition régionale de la fabrication de cette arme.

L'utilisation d'armes européennes contemporaines (de type carabine ou fusil de chasse) dans certaines localités ou régions du Maghreb révèlent donc souvent une ré-introduction (ou une introduction) récente de ce type de fantasia.

Répandue dans une large majorité des régions du Royaume , elle est pratiquée pour fêter la mousson (Moussem) et souvent en parallèle un saint bienveillant, protecteur ou guérisseur, parfois d'origine chérifienne : Sidi en arabe (voir liens externes). Elle est organisée spontanément par les habitants (principalement de simples agriculteurs ou de riches propriétaires terriens ) et les cavaliers de la tribu pour lesquels il est honorable de montrer la maîtrise de sa monture et son habileté dans le maniement particulier et ritualisé de la mokahla ainsi que son sang froid (signe d'une bonne éducation et de courage).

Cette tradition consiste à simuler un assaut militaire de cavalerie. Ces courses brèves font concourir principalement des chevaux barbes, légers et aériens, portant un harnachement d'apparat souvent très coloré. Il s'agit de groupes de cavaliers munis de longs fusils à poudre (baroud en arabe) à un coup. La course commence au son du cri « Hadar l’khayle ! » (les chevaux sont prêts !). Le but de l'épreuve est de terminer la course en tirant un coup de fusil en l'air au même moment. Pour synchroniser les tirs et n'entendre qu'une seule détonation, ces cavaliers sont "dirigés" par un chef (estimé de la tribu) qui leur indique à quel moment tirer en l'air en criant « Hadar Lamkahal ! » (A vos fusils !). C'est ensuite l'intensité des « youyous » des femmes qui détermine les vainqueurs.

De nos jours, cette tradition équestre pacifique relate plusieurs points de l'histoire tumultueuse de l'Empire chérifien : les guerres entre les diverses tribus (souvent chérifiennes ou puissantes) qui donneront les différentes dynasties marocaines (ainsi que de nombreuses villes et villages fortifiés) ou le soulèvement des tribus marocaines contre les colonisateurs espagnols, portugais, ottomans et français, du nord au sud du royaume. Ceci explique, en partie, sa présence actuelle dans de nombreuses régions du pays.

On peut secondairement, voir ce type de manifestation au moment d'événements politico-culturels locaux ou de fêtes importantes. De nos jours, elle est surtout pratiquée dans un but touristique ou pour entretenir le folklore.

Ces dernières années, les autorités culturelles marocaines organisent des concours de Fantasia entre les différentes localités du royaume où participent nouvellement des cavalières. Sur ce point, il est important de signaler que dans certaines tribus marocaines riches et puissantes ABDA (comme celle des Chorfa Hadriyines de Sidi Chrif Denoune ) les femmes se déguisaient en cavaliers armés en compagnie de leurs esclaves lorsque les hommes partaient en guerre loin de leur région ou de leur village fortifié.

Au Maroc, certaines associations et passionnés de chevaux voudraient voir renaître cette fantasia dans tous les pays arabo-musulmans afin d'en faire une discipline sportive.

Une variante de la fantasia, sans coup de fusil mais avec des figures acrobatiques, clôture traditionnellement le mariage berbère.

En Mauritanie et en Tunisie, il s'agit le plus souvent d'une course de deux ou trois cavaliers sans arme à feu, parfois accompagnée de positions acrobatiques.

Fantasia lors d'un mariage berbère en Tunisie.

Acrobatie lors d'une fantasia tunisienne.

Course à trois.

En Libye, les fantasias sont rares ; en général, la fantasia de groupe et au fusil est orchestrée par le pouvoir lors de visites officielles.Il existerait dans ce pays des fantasia à dos de chameaux.

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Maghreb Confidentiel

Maghreb Confidentiel est une lettre confidentielle consacrée à l'actualité politique et économique du Maghreb.

Editée depuis Paris par le groupe Indigo Publications, Maghreb Confidentiel offre chaque semaine à ses lecteurs des informations recueillies en toute indépendance sur l'actualité politique, diplomatique et économique en Afrique du Nord.

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Christianisme au Maghreb

Basilique Notre-Dame d'Afrique vue du ciel, Alger

Le christianisme s'est implanté au Maghreb vers le IIIe siècle et a été supplanté par l'islam au VIIe siècle. Bien que la proportion de chrétiens soit faible en Afrique du Nord, il s'y trouve des églises.

De nos jours, l'islam est la religion d'État de tous les pays maghrebins. La liberté religieuse varie selon les législations nationales.

Selon Claude Lepelley, le christianisme occidental latin est né en Afrique du Nord. Au milieu du IIe siècle, les communautés chrétiennes y étaient déjà très nombreuses et dynamiques. Au IVe siècle, l'Afrique vit la naissance de Augustin d'Hippone, père de l'Église dont la pensée devait avoir une influence déterminante sur le christianisme au Moyen-Âge et à l'époque moderne.

Faute de documentation assez complète, il est difficile de reconstituer les étapes et les lieux de diffusion qui ont précédé l’arrivée des chrétiens dans les provinces africaines. De plus, ce sont essentiellement les sources chrétiennes – notamment celles de Tertullien - qui permettent de retracer l’histoire de l'Église africaine au IIIe siècle, ceci posant évidemment un problème d’objectivité. Au-delà, la majorité de sources de l'époque sont carthaginoises .

On situe l’apparition en Afrique des premiers chrétiens avant l’an 180. Le premier document qui nous permet d'appréhender le christianisme en Afrique sont les Actes des martyrs scillitains. Il s'agit du procès-verbal de la comparution, le 17 juillet 180, d'une dizaine de chrétiens d'une bourgade de Proconsulaire non-localisée devant le proconsul d'Afrique. Largement minoritaires, les chrétiens adoptent dès le départ une attitude offensive pour propager leur foi et se dirigent sans trop d’appréhension vers un conflit ouvert avec le pouvoir impérial païen.

L’histoire des débuts du christianisme en Afrique est étroitement liée à la personne de Tertullien. Né de parents païens, il entre dans la communauté chrétienne de Carthage vers 195 et devient proche de l’élite municipale, qui saura le protéger contre la répression des autorités. Ayant reçu la prêtrise, il s’emploie dans ses premiers écrits à lutter pour que l'Église chrétienne soit reconnue officiellement par l’Empire.

On peut parler, à la suite de Tertullien, de « christianisme africain » tant ce dernier adopte un caractère spécifique, se faisant remarquer par son intransigeance. Afin de progresser en nombre d’adeptes et de s’ancrer dans la vie populaire africaine, la doctrine chrétienne à travers les écrits de Tertullien cherche à s’émanciper de toutes les institutions païennes qui structurent la société romaine de l’époque. Il faut voir dans ce travail d’écriture plus une transcription et une mise en valeur des problèmes spécifiques d’une nouvelle communauté que la volonté d’un homme d’imposer à de fervents croyants une doctrine qui ne leur convient pas.

Les chrétiens refusent donc de participer aux nombreuses cérémonies fondant la vie civique. Dans son œuvre De l’idolâtrie, Tertullien précise la nature des activités déconseillées aux chrétiens : ils doivent, pour les plus riches, refuser de participer à la vie politique de la cité en tenant un quelconque poste, refuser tout métier agricole qui pourrait fournir des produits et animaux aux séances de sacrifices. Les chrétiens ne doivent pas non plus exercer le professorat qui les obligerait à enseigner les mythes et cultes païens .

Mais ce qui sépare et oppose le plus les autorités romaines et la communauté de chrétiens, c’est sans aucun doute le fait que ces derniers refusent de servir l’armée de l’Empire. Tertullien souligne la difficulté de concilier le serment militaire avec celui prononcé lors du baptême . Outre l’omniprésence des rites païens dans la vie militaire, le plus grand dilemme pour les chrétiens est la probabilité de tuer des adversaires pendant les combats, chose incompatible avec le message de la vie du Christ : c’est une transgression du sixième commandement.

Ce choix politico-religieux a été à l’origine de conflits parfois violents, les chrétiens étant accusés de mettre en péril la cité quand leur refus de service militaire se faisait pendant une période qui nécessitait un besoin accru de soldats. Il a amené des sanctions qui ont parfois été jusqu’à la mise à mort, créant la situation de martyr très spécifique à la religion chrétienne. La multiplication des martyrs, de leurs cultes et de leurs récits, comme le martyre de Perpétue et Félicité, fut l'un des traits marquants du christianisme africain . Tertullien lui-même prône la souffrance et le martyre comme issue vers le salut , amenant des choix assez éloquents de la part des chrétiens : certains choisissaient des mort « héroïques », en combattant par exemple contre des lutteurs égyptiens . Le martyre devenait un acte de résistance et de mémoire, inscrit dans un calendrier commémoratif, base du calendrier chrétien.

À travers cette base doctrinale extrêmement stricte et difficile à défendre devant une population qui ne comprend pas la plupart du temps les choix des chrétiens, Tertullien cherche à éviter à sa communauté de se mélanger aux rites et coutumes païens afin de garder toute sa spécificité et de préserver ses chances d’éclosion. Pour autant, il ne veut pas s’éloigner de la vie de la cité, encore moins de celle de l’Empire . Il aime l’Empire et est convaincu de ses bienfaits dans les provinces africaines.

Les chrétiens ont cependant aidé, via leur intransigeant besoin à la fois de démarcation et d’affirmation au sein de la société africaine, à instaurer un climat de tension entre eux et le reste de la population, mais surtout avec le pouvoir impérial qui devant cette menace de division, ne tarde pas à réagir.

La doctrine chrétienne qui a pris pied en premier lieu sur les côtes africaines s’est développée par la suite à l’intérieur des terres. Si l'on ne situe pas précisément la ville dont sont originaires les martyrs scillitains (Scillium, Scillitium ? dans la région de Carthage), ceux de Madaure, Miggin et Namphamo, sont attestés à la même époque : les chrétiens connaissent leurs premiers martyrs dans un contexte politico-religieux en constante évolution.

Le IIIe siècle connait une fragilisation importante des fondements religieux du pouvoir impérial. Censé être protégé des dieux, le mythe de l’empereur qui se situe au dessus des hommes est remis en doute par les païens, en particulier après la mort de Dèce au combat, en 251. Les coupables sont vite trouvés : par leur impiété, les chrétiens sont accusés d’avoir provoqué la colère des dieux.

Dèce lui-même avait déjà instauré cette notion de « bouc émissaire » pendant ce qu’on appelle la « persécution de Dèce », de 249 à 251. La persécution romaine, la première attaque officielle contre l'Église africaine, est entérinée par un édit promulgué dès 249 qui oblige les chrétiens à prier pour le salut de l’empereur, et à procéder en suivant à des sacrifices ou des libations.

Cette nouvelle donne force les chrétiens à un choix. Plusieurs attitudes sont relevées : certains suivent les consignes des autorités relayées par les cités africaines et se plient à l’édit, allant jusqu’aux sacrifices d’animaux - chose formellement interdite par leur dogme - ; d’autres pour qui il est inconcevable de renier l’Évangile préfèrent fuir ; d’autres encore choisissent de déclarer ouvertement leur mécontentement à la population, mettant leur vie en péril.

Après une brève période de calme, les persécutions recommencent en 257 sous l’impulsion de Valérien. Ce sénateur romain, proche des élites hostiles au christianisme, emploie une nouvelle tactique pour affaiblir les chrétiens. Il décide de couper l’élite chrétienne de sa base. Les gouverneurs de province ont pour ordre d’exiler tout évêque ou clerc qui refuserait de s’adonner aux rites sacrificatoires. Ainsi Cyprien de Carthage, grande figure du christianisme africain est mis en exil ; d’autres sont condamnés aux mines. La persécution devient sanglante un an plus tard quand Cyprien et d’autres clercs, victimes des nouvelles mesures romaines, sont condamnés à mort et décapités.

Il faut attendre la mort de Valérien en 260 pour que le calme règne à nouveau en Afrique. Son fils Gallien se montre beaucoup plus conciliant : il arrête les poursuites contre les chrétiens et promulgue un édit de tolérance : "La petite paix de l’Église". Cette cohabitation pacifique permet à l’Église africaine de se développer dans les provinces et d’augmenter le nombre de ses fidèles.

Dans le nouvel ordre musulman, les chrétiens et les juifs ont un rang de dhimmi. Cet état de fait peut les pousser à se convertir à l'islam ou à émigrer, conduisant au cours des siècles à l'érosion, voire à l'extinction, de la présence du christianisme dans les pays d'Afrique du Nord.

Toutefois il semble s'être maintenu jusque vers les années 1050, comme en témoignent les historiens arabes Ibn abd al-Hakam, au IXe siècle, Al Bakri, qui mentionne l'existence au XIe siècle, d'une église à Tlemcen et les ruines d'une autre à Alger, et plus tard Ibn Khaldûn attestent la présence de chrétiens parmi les Berbères. La présence d'un nombre important de stèles funéraires chrétiennes datés du XIe siècle, l'existence d'une basilique consacrée à saint Pierre à Sicca Veneria, l'usage par les Berbères d'un dialecte roman (al latini al afariqui) à la même époque, la persistance des pèlerinages sur le tombeau de saint Cyprien corrobore leur témoignage. C'est après 1050 et les invasions hilaliennes que le processus d'extinction du christianisme en Afrique du Nord s'accélère.

Des Églises chrétiennes primitives, seule l'Église copte orthodoxe. Elle représente la majorité des 6% et 10% de Coptes que compte la population égyptienne actuelle.

Cependant, de nombreux missionnaires ont l'occasion, grâce à elle, de se rendre en Afrique du Nord. Charles de Foucauld en est une figure emblématique. De plus, la colonisation entraîne l'édification de quelques églises (comme Notre-Dame d'Afrique à Alger ou Saint-Vincent-de-Paul à Tunis) qui sont destinées à l'usage des colons français.

Depuis une vingtaine d'années, on assiste dans les pays d'Afrique du Nord à un regain d'intérêt à l'égard du christianisme, non pas au profit du catholicisme ou de l'orthodoxie mais plutôt au profit des Églises évangéliques. Ces conversions ne concerneraient tout au plus que quelques milliers de personnes dans des pays où la population se compte en dizaine de millions. Pourtant, il inspire des controverses au sein des sociétés marocaines, algériennes et tunisiennes.

Les conversions au christianisme semblent accompagnées de persécutions, ou du moins de rejet, parce qu'elles sont considérées comme des trahisons à plusieurs égards. Certains y voient le fruit de manipulations des États-Unis : selon eux, l'émergence d'une minorité chrétienne (encore toute hypothétique) légitimerait l'ingérence des États-Unis dans la politique de leur pays. D'autres pensent que c'est l'ignorance ou l'attrait d'un visa qui poussent à se convertir.

Quelles que soient les motivations de ces conversions, certains aspects des modèles socio-religieux des pays d'Afrique du Nord sont mis en question : en particulier, la place des autres religions et leur relation avec l'islam. En outre, on peut voir dans ces conversions un effet de la mondialisation et de l'ouverture du monde qui alimente les échanges marchands mais également culturels.

Le pourcentage de chrétiens en Algérie est une question qui fait débat. Il était officiellement de 0.06% en 2002 selon le gouvernement algérien. Il serait aujourd'hui d'environ 0.07% de la population totale algérienne (d'après l'ONU et des organismes chrétiens), soit jusqu'à 11,000 chrétiens, surtout des catholiques vivant à l'ouest et à Alger. Ces chiffres sont sujets à caution, les Églises protestantes d'Algérie avançant le chiffre de 50 000 fidèles en 2008, mais le ministère des Affaires religieuse ne reconnait que 11 000 chrétiens dans le pays, essentiellement catholiques. D'autre part, en 2002 l'ONU dénombrait 10 000 catholiques et de 5 000 à 20 000 protestants dans le pays. Quant au Factbook de la CIA, il estime dans sa mise à jour de décembre 2008 qu'il y aurait 1% de chrétiens et de juifs en Algérie.

Le diocèse catholique d'Algérie est établi en 1838 avec la colonisation de l'Algérie par les troupes françaises. Tout prosélytisme auprès des musulmans est prohibé pendant longtemps et le rôle de l'Église catholique est cantonné à des actions de charité (voir l'article concernant les Missions catholiques au XIXe et au XXe siècles).

Au début du XXe siècle, on estime à environ un million le nombre de catholiques en Algérie : essentiellement des colons d'origine européenne, ainsi que quelques personnes d'origine berbère ou arabe, comme l'écrivain Jean Amrouche, né en Kabylie. Elle a été, en effet, une des rares régions où une politique d’évangélisation ait été menée durant la colonisation, surtout à la fin du XIXe siècle, à l’initiative de Charles Martial Lavigerie, archevêque d’Alger de 1867 à 1892. Cependant elle a connue un échec relatif.

Malgré le nombre important de musulmans, on y compterait entre 0.3% et 0.9% de chrétiens. En mars 2008, le gouvernement algérien a ordonné la fermeture de 13 chapelles protestantes dans le pays, toutes situées en Kabylie, 11 d'entre elles se trouvant à Tizi-Ouzou..

La constitution algérienne garantit à tous les citoyens une liberté du culte, et l'État en assure la protection. Les imams, prêtres et rabbins dépendent du ministère des Cultes et sont rémunérés par l’État algérien. Le gouvernement contribue au financement des mosquées, des imams et de l'étude de l'islam dans les établissements scolaires. L’enseignement de la charia (les lois de la religion islamique) est devenu depuis septembre 2005 obligatoire dans toutes les filières du secondaire. En outre, le gouvernement a intensifié le contrôle de l'enseignement religieux scolaire, des prêches dans les établissements religieux et l'interdiction de la distribution d'ouvrages religieux faisant la promotion de la violence.

La liberté de culte, pleinement applicable au culte musulman, s'accompagne de certaines restrictions pour les autres cultes, comme la prohibition du prosélytisme ou encore l'obligation d'une autorisation de prêcher par l'autorité religieuse agréée par les autorités algériennes. Ces restrictions apportées par la loi de 2006 ont conduit à de nombreux procès et condamnations: prêtre condamné pour avoir célébré une messe en février 2008 (procès en appel), une condamnation pour transporter des Bibles en mars, des peines de prison et d'amendes pour « pratique illégale d'un culte non-musulman » en juin.. Le terme de « persécution » a été évoqué par certains commentateurs. Le ministre des Affaires religieuses et l'Association des oulémas musulmans algériens accusent des évangélistes étrangers d'avoir contribué à ces conversions et de leur promettre de l'argent ou un visa d'émigration à des jeunes gens, en échange de leur conversion au christianisme. Ainsi, le gouvernement justifie ces actions comme une lutte contre la coercition et le chantage. D'ailleurs, ces mêmes restrictions s'appliquent à l'islam ajoute-t-il.

La population du Maroc est estimée à 31 432 511 habitants en 2005. La religion majoritaire y est l'islam (avec 98,63% des Marocains s'en réclamant).

D'après la World Christian Database du Centre pour l'étude du christianisme mondial, en comparaison aux chiffres de 1985, le christianisme est la religion dont le taux de croissance au Maroc est le plus élevé. En son sein, le catholicisme (-0,28%), l'orthodoxie (-0,94%) mais surtout l'anglicanisme (-1,71%) baissent en nombre d'adhésions. Ces confessions sont surtout le fait d'étrangers. Par contre, les chrétiens indépendants (protestants évangéliques en général) connaissent une croissance (environ 84 000 adhérents soit une augmentation de 3% en 2005) vis-à-vis des autres dénominations suivies par les protestants plus classiques (+1,41%). Ils représentent ainsi 73,11% du christianisme marocain. Ce phénomène d'augmentation s'explique partiellement par une recrudescence de l'immigration venue d'Afrique sub-saharienne, à laquelle s'ajoute un certain nombre de conversions, entre 2000 à 2500 convertis en 2005.

Les chrétiens dits « marginaux » (Témoins de Jéhovah ou mormons) connaissent un faible taux de croissance (+0,41%), mais globalement on remarque que les chrétiens indépendants augmentent le plus vite en nombre sur toutes les affiliations spirituelles, religieuses ou philosophiques au Maroc, pour être suivis par les athées (+2,51%), les bahaïs (+2,26%), les « non-religieux » (+1,75%) et enfin les musulmans classiques (+1,72%).

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Source : Wikipedia