Mafia

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Posté par talos 01/03/2009 @ 13:41

Tags : mafia, italie, europe, international

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Mafia italo-américaine

Broadway en 1909.

L'existence de gangs plus ou moins organisés est avérée aux États-Unis depuis le début du XIXe siècle et leurs liens avec l'immigration sont, comme pour de nombreux éléments sociaux en ce pays, essentiels. L'identité d'un gang est à la fois territoriale (un quartier) et ethnique. Les immigrés récents étaient à la fois protégés et le plus souvent exploités par des compatriotes installés depuis plus longtemps tandis que les Américains de souche WASP rejetaient ces immigrants pauvres, non-anglophones et aux coutumes considérées comme « barbares ». Regroupés dans les quartiers les plus miséreux, ils tombaient plus facilement sous la coupe de ces gangs, qui embrigadaient leurs enfants peu désireux de devoir se contenter, comme leurs aînés, des emplois les plus ingrats. Ceux-ci apprenaient très tôt les leçons de la rue ; ils en tirèrent de la ruse et une grande dureté. Par ailleurs, l'essor économique et démographique rapide des États-Unis au cours du XIX ème offrait de nombreuses occasions de trafic ; et l'étendue du territoire et des libertés offraient une plus grande marge de manœuvre et de meilleures espoirs de gain que le Vieux continent. En ce sens, on peut considérer que l'essor du crime organisé aux États-Unis est indissociable de la construction de l'American dream.

Au début du XX ème, les plus importants de ces gangs opéraient dans les grandes villes telles que Chicago, La Nouvelle-Orléans et surtout New York. Ils étaient essentiellement composés d'immigrés ou fils d'immigrés italiens, irlandais ou juifs ashkénazes (d'Europe centrale ou orientale). Cependant, un gang est, selon la classification de la criminologie, une organisation de rang inférieur à celle d'une mafia, avec des activités plus réduites, des liens entre membres moins solides et une pérennité dépendant surtout de la personnalité du meneur.

Les vagues d'immigrants italiens, succédant à celles des anglo-écossais et contemporaines de celles des allemands, des irlandais et des scandinaves, débutèrent dès le milieu du XIXe siècle. Les Siciliens furent particulièrement nombreux dans l'État de Louisiane, une région traditionnellement rétive vis-à-vis des institutions centrales (du fait de la colonisation française au XVIIIe siècle), de corruption endémique, et parsemée de bayous, marécages habités par les Cajuns et riches de nombreuses cachettes.

Parmi ces Siciliens, certains étaient déjà affiliés à la Cosa Nostra et renouèrent, sur le sol américain, le même type de liens que ceux prévalant en Sicile. Dédaignés par les natives franco-anglais bien établis, ils ne tardèrent en effet pas à s'organiser en bandes et il est communément admis, bien que ce soit difficile à prouver, que ce fut à La Nouvelle-Orléans que la Mafia sicilienne s'implanta pour la première fois aux États-Unis, avant d'essaimer dans les autres grandes villes à la fin du XIXe siècle. La presse locale faisait état, dès 1869, de l'agissement de bandits, cambrioleurs ou faux-monnayeurs siciliens. Entre 1870 et 1890, la police de La Nouvelle-Orléans imputa plus d'une centaine de meurtres à la Mafia sicilienne. À la fin du XIXe siècle, celle-ci dominait les activités du port (rackettant les navires en transit) et le commerce des fruits et légumes, sous la férule des frères Matranga.

Les ressentiments xénophobes anti-italiens s'avivèrent avec le développement du crime organisé sicilien, ce qui aboutit, en 1891, à l'un des lynchages les plus sanglants de l'histoire des États-Unis. Onze Italiens furent tués par une foule en colère, suite à l'assassinat non résolu du chef de la police, David Hennessey. Toutefois, la communauté italienne était la première victime de la Mafia sicilienne dont certains membres pratiquaient l'extorsion à l'encontre de leurs compatriotes par des opérations connues sous le nom de la Mano Nera, dénomination rappelant la main noire dessinée sur les lettres de menaces adressées aux cibles du racket. Si la somme demandée n'était pas laissée sur le pas de la porte de la victime, celle-ci avait de grandes chances d'être assassinée.

Dès les années 1820, une zone au sud de Manhattan appelée Five Points (car cinq rues s'y rejoignaient), devint l'endroit le plus mal famé de New York, par sa concentration de repaires de brigands, de coupes-gorges et de maisons de passe. Au cours du XIXe siècle, les quartiers environnants étaient un assemblage de taudis reliés par des rues boueuses dans lesquels les enfants d'immigrés, au lieu de rester dans des appartements trop exigus, apprenaient la loi de la rue. Cet endroit compose le décor (à la sauce hollywoodienne) du film de Martin Scorsese, Gangs of New York, qui représente certains des gangs dominant Manhattan dans les années 1850 et 1860, tels que les Plug Uglies, les Roach Guards, les Dead Rabbits ou les Whyos, ces deux derniers étant majoritairement irlandais.

À partir des années 1870, les immigrants juifs et italiens arrivèrent en masse à New York et s'installèrent au sud de Manhattan, en particulier à Mulberry Street, qui devint plus tard le cœur du quartier italien appelé Little Italy, dans le Lower East Side. La physionomie des gangs se modifia en conséquence, les immigrés formant leurs propres gangs pour résister à ceux qui tenaient la place. Parallèlement, la Mafia sicilienne s'installa vers les années 1890, avec l'arrivée du parrain Antonio Morello. Il s'associa avec un Sicilien immigré en 1898, Ignazio Saietta, surnommé Lupo le Loup pour sa cruauté dans la pratique de l'extorsion envers ses concitoyens. On le soupçonna d'une soixantaine d'affaires de meurtres commis par la torture (souvent par la brûlure). La famille Morello devint le groupe criminel dominant dans les années 1910.

Entre-temps, au tournant du siècle, le gang de Monk Eastman (un juif massif et bardé de cicatrices né Edward Osterman en 1873 à Brooklyn) se disputait le territoire du Lower East Side avec un gang majoritairement composé d'Italiens connu sous le nom de Five Points Gang, création de Paul Kelly (un ancien boxeur très cultivé né Paolo Antonio Vaccarelli en 1875 en Sicile). Chaque gang comptait alors plus d'un millier de gangsters qui tiraient leurs revenus du jeu, de la prostitution, du pick-pocketing, du cambriolage ou de l'assassinat commandité. Ils étaient également en affaire avec les hommes politiques de Tammany Hall, l'organisation du Parti Démocrate à New York (au pouvoir dans la ville depuis les années 1850), pour bourrer les urnes lors des élections ou prêter main forte pour influencer une décision. En contrepartie, les politiciens faisaient jouer leurs relations dans les milieux judiciaires afin de réduire les effets des arrestations. La lutte entre le Monk Eastman's Gang et le Five Points Gang culmina en 1903 avec une véritable bataille rangée en pleine rue, que la police eut le plus grand mal à contenir.

Les règnes de ces gangs déclinèrent au cours des années 1910, notamment suite à plusieurs arrestations, en particulier celle de Monk Eastman. Le Five Points Gang a fait la transition entre les gangs du XIXe siècle et les organisations criminelles contemporaines nées de la Prohibition. De ses rangs furent notamment issus Johnny Torrio, Al Capone et Lucky Luciano. Quant à Monk Eastman (qui fut abattu en 1920 après être revenu de la guerre de 14-18), il avait parrainé la carrière d'Arnold Rothstein, grand joueur professionnel, ami des politiciens et financier de la pègre.

Un capitaine de police corrompu nommé Charles Becker, essaya, au début des années 1910, de reprendre à son compte les méthodes de la mafia pour régner sur le crime à New York. Le projet progressait bien jusqu'à ce qu'une affaire de meurtre qu'il avait commandité ne mette à jour son système et l'envoie sur la chaise électrique en 1915.

Au début du XXe siècle, Chicago, la porte du Far West et la ville des abattoirs, était une ville violente. Gangrenée par la corruption, elle était « réputée » pour ses bars et ses maisons closes|maisons de passe. Le premier grand organisateur du crime dans le Grand Chicago s'appelait James Colosimo, surnommé « Big Jim » ou « Diamond Jim », à cause de sa manie d'arborer des diamants sur ses doigts et vêtements. Né en 1877 en Calabre (Italie du Sud), il immigra en 1895 et commença sa carrière en tant qu'homme de main de conseillers municipaux corrompus. Il se maria en 1902 avec Victoria Moresco, une tenancière de maison close, et devint l'un des plus importants proxénètes du pays. À partir de sa base du Colosimo Cafe, un établissement de luxe, il régnait sur un empire de plus de 200 lupanars.

En 1909, Colosimo fut menacé par des membres de la Cosa Nostra, au cours d'une opération d'extorsion de la Mano Nera. Il fit appel au neveu de sa femme, Johnny Torrio, qui appartenait alors au milieu New-yorkais. Ce dernier, après l'avoir aidé à se débarrasser de la Mano Nera locale, resta à Chicago, devint son lieutenant, et l'aida à étendre son empire. De là naquirent les futures collaborations entre les « familles » criminelles de New York et Chicago. Mais « Big Jim » Colosimo, fut assassiné le 11 mai 1920, par un caïd de la mafia de New York bien connu du nom de Frankie Yale, vraisemblablement à l'instigation de Torrio parce que ce dernier avait découvert que Colosimo avait importé du Whisky du Canada sans l'en informer.

Au cours de la période de la prohibition de l'alcool aux États-Unis (entre 1920 et 1933), le crime organisé connut un essor sans précédent. L'augmentation fulgurante de ses revenus, sa structuration quasi-industrielle rendue nécessaire par le développement des activités ont façonné le visage de la mafia italo-américaine tel que nous le connaissons aujourd'hui et considérablement accru sa puissance et son influence.

Les abus d'alcool posaient de sérieux problèmes de troubles de l'ordre public aux États-Unis, comme dans d'autres pays qui ont également adopté la Prohibition (en Finlande de 1919 à 1932, en Norvège de 1916 à 1927, au Canada de 1900/1919 à 1920/1948 selon les provinces). Au début du XXe siècle, le Temperance movement (mouvement pour la tempérance, d'inspiration puritaine) militait aux États-Unis pour une interdiction totale de l'alcool. En 1916, 26 États de la Fédération l'avaient déjà rendue effective. La Prohibition fut établie au niveau fédéral par le 18e amendement de la Constitution des États-Unis (en janvier 1919), puis par le décret Volstead (Volstead Act en octobre 1919), et prit effet en janvier 1920. Tous les alcools, de la bière au whisky en passant par le vin, furent bannis des bars et restaurants, et les agents fédéraux (agents du fisc puis du bureau de la Prohibition), sous les flashs des reporters, montaient de spectaculaires opérations anti-alcool, éventrant les barriques à la hache et répandant leur contenu dans les caniveaux.

L'impact de la Prohibition sur le crime organisé a été fondamentale, car, d'une part, elle impliquait des profits beaucoup plus importants et la création de groupes mieux organisés, et d'autre part, elle a donné naissance à des carrières criminelles aux rôles prépondérants (voir chapitres suivants): Al Capone, Lucky Luciano, Frank Costello, Meyer Lansky, Bugsy Siegel, Dutch Schultz, Waxey Gordon, etc.

La guerre des Castellammarese est le nom donné à la lutte entre deux clans de la Cosa Nostra installée à New York et y dominant le crime, en 1930 et 1931. Il en a résulté une transformation du paysage criminel nord-américain, l'ordre des mafieux siciliens traditionnels étant remplacé par une nouvelle génération qui allait créer le Syndicat du crime.

L'un des deux clans était dirigé par Salvatore Maranzano, né en 1868. Ce Sicilien, fasciné par Jules César et aux mœurs très traditionnelles, avait été envoyé en Amérique en 1918 par le puissant parrain de Castellammare del Golfo (près de Palerme), don Vito Cascio Ferro, dont le projet était de bâtir un empire mafieux transatlantique. Ses projets avaient été contrariés par les poursuites du lieutenant de police Joseph Petrosimo qui le força à quitter le territoire américain (avant d'être assassiné lors d'une enquête en Sicile en 1909), puis par Mussolini, qui le fit emprisonner en 1929. L'équipe de Maranzano comprenait d'autres transfuges siciliens, tels que Joseph Bonanno et Joseph Profaci, futurs parrains de l'une des cinq familles new-yorkaises. Le clan adverse était celui de Joe Masseria dit the Boss, né en 1879, immigré en 1903 et héritier de la famille Morello en 1920, après une série d'assassinats. Ouverte à des non-siciliens, son équipe incluait notamment Al Capone, Lucky Luciano, Albert Anastasia, Vito Genovese, Willie Moretti, Joe Adonis et Frank Costello.

La rivalité entre les deux factions était exacerbée, à la fin des années 1920, par de fréquents braquages par l'une, de convois d'alcools destinés à l'autre. La guerre fut déclenchée en février 1930, lorsque Joe Masseria fit exécuter Tom Reina, un caïd qui songeait à faire allégeance à Maranzano, afin de s'emparer de son « entreprise » de racket des livreurs de glace (un commerce important à une époque où les réfrigérateurs n'existaient pas). Les hommes de Tom Reina, dont Gaetano Gagliano et Tommy Lucchese (qui devinrent eux aussi chefs d'une famille new-yorkaise), passèrent dans le camp de Maranzano, après avoir abattu le remplaçant de Reina placé par Masseria, un certain Pinzolo, considéré par les mafieux comme un « guignol ». Après plusieurs dizaines de meurtres de part et d'autre sur tout le territoire américain, la jeune génération était effrayée par ce conflit sans issue. Lucky Luciano et Vito Genovese organisèrent le meurtre de leur propre patron, Joe Masseria, dans le restaurant Scarpato à Coney Island, en avril 1931. À la fin d'un repas avec Luciano, Masseria fut abattu par Genovese, Bugsy Siegel, Albert Anastasia et Joe Adonis.

Fait unique dans l'histoire du crime organisé, Salvatore Maranzano devint alors l'unique chef de la Mafia sicilienne ou Cosa Nostra (ce terme, signifiant « notre chose » serait apparu à cette époque) aux États-Unis. Il prit le titre de capo di tutti capi (chef de tous les chefs), suivant la hiérarchie inspirée des légions romaines en vigueur dans la Mafia en Sicile (chef, sous-chef, capo ou capitaine et soldats). Maranzano était ainsi à la tête d'une armée de 600 soldats sur le territoire des États-Unis. Il nomma les chefs des cinq familles de New York: Lucky Luciano (future famille Genovese), Joe Profaci (future famille Colombo), Gaetano Gagliano (future famille Lucchese), Joseph Bonanno, et Vincent Mangano (future famille Gambino). Cette organisation est toujours en vigueur aujourd'hui.

Le règne de Maranzano fut bref. Son goût immodéré pour la tradition et son antisémitisme déplaisaient aux jeunes mafieux ambitieux menés par Lucky Luciano, se sentant davantage Américains que Siciliens et souhaitant travailler avec des comparses juifs tels que Meyer Lansky ou Bugsy Siegel. De plus, Luciano avait eu vent du projet de Maranzano de le faire assassiner, lui, ainsi que Vito Genovese et Al Capone, par le tueur à gages irlandais, Vincent « Mad Dog » Coll. En septembre 1931, Lucky Luciano prit donc les devants, avec l'agrément de ses associés, et envoya une équipe de gangsters juifs menée par Bo Weinberg (lieutenant de Dutch Schultz), déguisée en agents du fisc, l'égorger dans son propre bureau. Entre 40 et 90 de ses hommes furent tués le même jour (selon certains spécialistes, cet épisode serait une légende). Cet événement a été surnommé « les Vêpres siciliennes », en référence au massacre des Angevins en 1282 à Palerme.

Une fois les vieux don (surnommés Mustache Petes) éliminés, Lucky Luciano et son ami et conseiller Meyer Lansky avaient les mains libres pour imposer leur vision (inspirée par Arnold Rothstein) : le Syndicat national du crime. La base de cette Organisation avait déjà été décidée en mai 1929, à Atlantic City (cité balnéaire du New Jersey), lors d'une grande réunion de gangsters supervisée par Lucky Luciano et Johnny Torrio qui dura six jours. Siciliens, Napolitains, juifs, Irlandais ou Anglais, la plupart étaient bootleggers ou caïds de quartiers de New York ou des principales villes du Nord-Est. Étaient ainsi présents, outre l'organisateur Nucky Johnson, Longie Zwillman (de Long Island), Joe Adonis (Brooklyn), Owney Madden (patron du Cotton Club à Harlem), Willie Moretti (Newark), Al Capone (Chicago), Waxey Gordon (Philadelphie), Moe Dalitz (Cleveland), ainsi que Meyer Lansky, Frank Costello, Bugsy Siegel et Albert Anastasia. Le but de cette manœuvre était le partage des secteurs du crime américain en dehors de l'ordre des vieux don mafieux. La réunion servit également à négocier le partage des territoires et des profits respectifs, une pratique sporadiquement renouvelée par la suite, probablement jusqu'à nos jours.

Une nouvelle réunion eu lieu à Chicago, après la mort de Maranzano. Il fut convenu qu'aucun chef mafieux ne devait dominer l'ensemble du crime organisé, mais qu'il y aurait une forme de direction collective, tantôt appelé Syndicat national du crime ou Commission ou l'Organisation, une mafia moderne ouverte aux non-Siciliens. Les nouvelles règles impliquaient le respect de l'autonomie et du territoire de chaque groupe local ou la recherche de la collaboration plutôt que de l'affrontement, le règlement des litiges importants par le biais des responsables de l'Organisation. Cette organisation devait permettre pour « réguler » collégialement les activités les plus lucratives (jeux, trafics, prostitution, rackets). Par ailleurs, il fut mis en place un système de fonds communs (né de l'association entre Lucky Luciano, Meyer Lansky et Frank Costello) destiné à payer des pots-de-vin aux autorités et à financer les investissements spéciaux.

Dans le même temps, la Commission mettait en place une branche chargée de l'exécution, après délibération des chefs mafieux, des membres du crime organisé coupables de manquements ou considérés comme non fiables. Connue sous le nom de Murder Incorporated, cette équipe de tueurs opérationnelle sur tout le territoire américain fut dirigée par Lepke Buchalter, avec l'aide d'Albert Anastasia et Bugsy Siegel. Elle fut démasquée en 1940.

De nombreuses traces existent dans l'histoire d'arrangements entre hommes politiques et mafieux comme, par exemple, l'amitié de Joseph Kennedy avec Sam Giancana qui profita à son fils John Fitzgerald Kennedy qui devint président des États-Unis en 1960 ; Nixon fut lui aussi largement aidé par Santo Trafficante junior dans son ascension à la Maison Blanche tout comme Franklin D. Roosevelt par Lucky Luciano.

On a accusé J. Edgar Hoover, le directeur du FBI, de nier l'existence de la mafia afin qu'elle puisse lui servir contre le clan Kennedy ou parce qu'il lui semblait plus judicieux de concentrer tous ses moyens pour la lutte anticommuniste, ou parce que la mafia le faisait chanter.

La conférence d'Appalachin qui se tint en 1957 afin de couronner Vito Genovese capo di tutti capi fut un fiasco qui profita à son rival Carlo Gambino. Elle prouva cependant l'existence de la mafia, jusque-là niée par J.E. Hoover. Il est cependant avéré que le FBI avait ouvert une enquête sur les activités de la mafia au moins dès 1932.

Le 9 février 1942, le paquebot Normandie est incendié, probablement à l'instigation d'hommes de main d'Albert Anastasia, patron du syndicat des dockers. La mafia américaine, qui contrôle des docks de New York, démontre qu'elle est un acteur incontournable, et incite les autorités américaines à traiter avec le parrain Lucky Luciano, emprisonné à la prison de Dannemora. Luciano, en échange d'une remise de peine, garantit à l'US Navy la surveillance des docks de New York, par l'entremise d'Anastasia, contre d'éventuels saboteurs allemands. Luciano a également aidé le débarquement allié en Sicile en facilitant des contacts utiles entre l'armée américaine et la mafia locale, lors de l'opération Husky en juillet 1943.

Vito Genovese, exilé en Italie en 1937, après s'être rapproché de Mussolini qu'il fournissait en drogue, profita quant à lui de contacts avec certains militaires américains, pour développer son implication dans le marché noir.

La mafia a toujours tiré d'immenses profits et pouvoirs du contrôle de plusieurs syndicats. Le contrôle d'un syndicat est généralement obtenu par l'intimidation et la violence. Ils permettent ainsi de contrôler des pans de l'économie et d'en détourner des bénéfices, de maîtriser dans certains cas la gestion des caisses de retraite, et de posséder un moyen de pression par l'organisation ou la répression de grèves.

La figure la plus célèbre de cette collusion fut Jimmy Hoffa. Il présida le syndicat des Teamsters (syndicat des camionneurs) en 1957-1967 et fut l'une des principales cibles de l'Attorney general Robert Kennedy. Il accrut son influence par le racket et le chantage des entreprises, pour le bénéfice exclusif des membres du syndicat. Il permit à ceux-ci de détourner d'importantes sommes de la caisse des retraites des camionneurs. Les circonstances de la disparition en 1975 de Jimmy Hoffa restent inconnues et son corps n'a jamais été retrouvé.

Nous pouvons néanmoins nuancer le rôle négatif de la mafia dans les année 1930 (sans pour autant cautionner ses agissements) dans la mesure où elle a permis le développement des syndicats dans les entreprises américaines. Elle défendait leurs intérêts contre les milices patronales privées qui intimidaient les employés (allant jusqu'à la mort) pour enrayer leur développement.

La mafia américaine a aidé plusieurs hommes politiques, soit en faisant pression sur une partie de la population (immigrés italiens, syndicalistes) pour l'obliger à voter selon son souhait, soit en octroyant des sommes d'argent élevées pour leurs campagnes.

Don Balsamo fut l'un des premiers à aider un homme politique, Antonio Marinella, qui devint maire de New York en 1905. Plus tard, Luciano aida Roosevelt pour la présidence américaine en 1932 et Giancana, en contact avec Joe Kennedy, aida son fils John pour les primaires démocrates de l'élection présidentielle américaine en 1960.

Les liens entre la Mafia et la CIA (Central Intelligence Agency) sont anciens. Ils remontent à Lucky Luciano et à la Seconde Guerre mondiale. Dans les années 1950, la CIA a protégé et blanchi au nom de la lutte anticommuniste d'anciens nazis mais aussi des trafiquants de drogue, en particulier le Français d'origine corse Étienne Leandri, ancien collaborateur réfugié en Italie et lié à Lucky Luciano. Étienne Leandri représenta ce dernier auprès de l'Agence et rencontra plusieurs fois son directeur Allen Dulles, obtenant ainsi l'annulation de la condamnation à 20 ans de travaux forcés qui avait été prononcée contre lui à la Libération, ce qui lui permit de revenir en France où il devint jusqu'à sa mort un intermédiaire incontournable pour les ventes d'armes et les contrats pétroliers.

Ces liens se sont perpétués, entre autres, avec Samuel Mooney « Momo » Giancana durant la tentative de putsch contre Fidel Castro en 1962 et enfin avec Santo Traficante junior qui participa au démantèlement de la French Connection.

Eliot Ness et ses Incorruptibles furent longtemps les ennemis d'Al Capone, ils réussirent à déstabiliser Capone et à le faire chuter pour fraude fiscale en 1931.

Grâce à leur travail, Al Capone fut emprisonné 10 ans, tout comme Lucky Luciano, deux proies de choix, auxquelles nous pouvons ajouter Vito Genovese, exilé en Italie.

La Commission spéciale du Sénat pour l'investigation sur le crime interétatique est mise en place le 28 mai 1950. Elle est présidée par le sénateur démocrate du Tennessee Estes Kefauver. Les sénateurs entendent de nombreux mafieux de premier rang, dont Willie Moretti, Joe Adonis, Sam Giancana et surtout le « premier ministre du crime » Frank Costello. Les auditions sont retransmises à la télévision et révèlent au grand public américain l'existence d'une mafia puissante et hiérarchisée. Au total, les auditions sont tenues dans 40 villes et font défiler plus de 600 témoins. Les chefs mafieux font prévaloir le 5e Amendement de la Constitution américaine, garantissant le droit de ne pas produire de témoignage pouvant se retourner contre soi, pour ne pas parler. Le témoignage maladroit de Willie Moretti lui vaudra d'être condamné à mort par ses congénères. Joe Adonis doit s'exiler en Italie pour éviter la prison. Le pouvoir de Costello en sort diminué au profit de son rival Vito Genovese. Les compromissions de plusieurs politiciens, dont l'ancien maire de New York William O'Dwyer, avec la mafia sont apparues au grand jour. Estes Kefauver tira profit du prestige de son rôle à la tête de la commission pour briguer la candidature démocrate lors des élections présidentielles de 1952 et 1956.

Joe Valachi fut le premier repenti en 1963. C'était un soldat de la famille Genovese qui avait eu peur de la génération montante.

Tommaso don Masino Buscetta est un autre repenti célèbre, boss mafieux sicilien qui, après la défaite des Palermitains dans la guerre de 1981-1982, décida de collaborer avec la justice. Ses chefs Tano Badalamenti et Stefano Bontate étant morts ainsi que ses deux frères, son fils et plusieurs de ses amis.

Sammy The bull Gravano était le consigliere de John Gotti de 1985 à 1990, date à laquelle il balança son boss qui fut condamné pour le meurtre de Paul Pauli Castellano en 1985.

Grâce à Lucky Luciano et à ses relations avec le président Fulgencio Batista, la mafia italo-américaine put développer des casinos à La Havane jusqu'en 1959, date de la prise de pouvoir par Fidel Castro. Ce développement se réalisa essentiellement à partir des années 1930, lorsque la manne du trafic d'alcool se tarit avec la fin de la Prohibition. La maître d'œuvre de cette implantation fut Meyer Lansky. Les revenus étaient générés par les touristes américains qui dépensaient leur argent dans les jeux de hasard, des soirées arrosées avec ou sans spectacles, ainsi que dans les nombreux hôtels de passe également contrôlés en grande partie par la mafia italo-américaine.

Ces revenus disparurent donc avec l'arrivée au pouvoir des guérilleros de Castro, qui considéraient ces casinos et la prostitution comme les exemple les plus évidents de la corruption de l'impérialisme américain. Ce fut l'origine des collusions entre la mafia et la CIA pour tenter de renverser Fidel Castro, au début des années 60.

Grâce à l'argent prêté par ses amis de la Cosa Nostra, Bugsy Siegel a pu créer le premier casino de Las Vegas, la ville du jeu, dans les années 1940. Situé en plein milieu du désert, le site fut choisi en raison de la législation très laxiste de l'État du Nevada concernant le jeu. Son premier casino fut le Flamingo. Le succès tarda à venir et, incapable de rembourser ses emprunts, Siegel fut assassiné. Quelques années plus tard, Las Vegas attira de plus en plus de touristes, grâce aussi à ses spectacles, comme ceux de Frank Sinatra, grand ami de Lucky Luciano. La ville était ouverte à toutes les familles mafieuses, mais certaines, comme celles de Chicago ou Kansas City, y investirent particulièrement, en puisant notamment dans les caisses de retraites des Teamsters.

De nombreux syndicats ont été rackettés par différentes familles mafieuses. Albert Anastasia tenait ainsi le syndicat des dockers, et Lepke Buchalter celui de l'industrie du prêt-à-porter. Le cas le plus célèbre concerne les Teamsters, très vaste syndicat de camionneurs, notamment par l'intermédiaire de son président Jimmy Hoffa. Les caisses de retraites de ce syndicat étaient allègrement détournées et pouvaient servir à divers investissements. Hoffa fut poursuivi avec acharnement par Robert Kennedy avant d'aller en prison.

La mainmise sur des syndicats permettait aussi aux familles mafieuses de faire pression sur les entrepreneurs pour les racketter en menaçant de paralyser la production ou les transports, et inversement, briser des grèves par l'emploi de « gros bras » était un service rémunéré fréquemment proposé.

Le contrôle d'Hollywood fut instauré par Benjamin Bugsy Siegel à partir de la fin des années 1930. Il fut introduit dans le milieu du cinéma par des acteurs dont il devint l'ami, tels que George Raft, Jean Harlow, Clark Gable ou Cary Grant. Siegel mit en place un système de racket des producteurs, en prenant le contrôle des syndicats des figurants et des techniciens (décorateurs, preneurs de son, monteurs, etc.), qui pouvaient à tout moment bloquer la production d'un film. Après son assassinat en 1947, ce fut Mickey Cohen qui lui succéda.

Les Mafieux Siciliens ne vendaient pas de drogue.

La Pizza Connection est l'héritière de la French Connection. Ses principaux dirigeants étaient Santo Traficante junior, chef de la famille de Floride, don Gaetano Badalamenti, leader palermitain de Cinisi, les Frères Caruana-Cuntrera, meneurs de Siculiana, don Stefano Bontate, chef palermitain de Santa Maria di Gesu, et enfin don Masino Buscetta, chef des mondes mafieux et politiques. Ce dernier se repentit et dévoila l'exacte organisation de la Cosa Nostra au juge Giovanni Falcone.

Deux activités au départ proscrites aux mafieux en Sicile. Elles se sont largement développées aux États-Unis, notamment le porno blue one. Après la mise sous contrôle d'Hollywood, la mafia sut que l'industrie du sexe par ses films et ses filles est un business plus que lucratif. La prostitution connut son apogée sous Big Jim Colosimo qui avait une centaine de bordels à Chicago entre 1910 et 1920: résultat, des millions de dollars de bénéfices. Aujourd'hui, certains chefs mafieux dans un souci de discrétion dirigent par le biais d'intermédiaires des agences de prostitution de luxe, où coucher avec une fille coûte au minimum 5000 dollars.

La mafia a également investi le marché de la pornographie. L'un des premiers films pornos à grand public, Gorge profonde, fut financé par des membres de la famille Colombo.

Michele Sindona, banquier de la Cosa Nostra et du Vatican, membre de la loge maçonnique dirigée par Lilo Gelli, incarne les rapports troubles entre la mafia et les banques italiennes.

Les liens entre les deux mafias cousines sont très forts, tout d'abord grâce aux relations entre les Siciliens et les Siciliens émigrés aux États-Unis comme les familles Balsamo et Ferro ou Luciano et Vizzini. En 1957, sous la présidence de Luciano, est organisée la conférence à l'hôtel des Palmes à Palerme, où se réunissent les chefs des deux mafias : Luciano, Costello, Bonnano, Genovese pour les Américains, Genco Russo, Badalamenti, Greco pour les Siciliens.

Ces liens existent toujours, et, avec le trafic de drogue, ils se sont même renforcés en des associations puissantes comme Gaetano Badalamenti avec Carlo Gambino et Santo Trafficante junior, Stefano Bontate avec Paul Castellano et Anthony tony ducks Corallo ou encore Salvatore Catalano, chef des zips siciliens à New York avec John Gotti et Aniello Dellacroce.

L'Amérique du Nord est une terre d'implantation pour plusieurs mafias étrangères telles que la mafia russe, les yakuzas, les triades chinoises, les cartels de la drogue colombiens ou mexicains, les maras d'Amérique centrale, les yardies jamaïcains, la mafia albanaise, etc.

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Mafia albanaise

La mafia albanaise ou le crime organisé albanais est le terme général utilisé pour désigner diverses organisations criminelles basées en Albanie ou composé d'Albanais. Des criminels albanais sont implantés aux États-Unis et dans les pays de l'Union européenne et participent à divers trafics d'armes et de stupéfiants. Bien que le terme de Mafia soit souvent utilisé, cela ne signifie pas que les activités criminelles albanaises soit coordonnées ou régulées par une organisation hiérarchique dirigeante basé en Albanie au Kosovo en République de Macédoine ou dans un autre lieu.

La mafia albanaise a un chiffre d'affaires de plusieurs milliards de dollars par an. C'est une mafia constituée essentiellement de jeunes qui se basent sur la loi du Kanun du XVe siècle. Elle opère dans le monde entier et est spécialisée dans les domaines du proxénétisme, du trafic de stupéfiants et du trafic d'armes.

Pour Interpol et Europol la mafia albanaise qui sévit en Albanie, Macédoine et au Kosovo, est l'une des plus actives et des plus violentes au monde. C'est d'abord une réelle mafia au sens où ce sont des familles qui sont à la base de l'organisation. Chaque membre est ainsi lié aux autres par une indéfectible loi du silence. Au sommet de chaque famille on retrouve un parrain. Les fiefs mafieux sont à Tirana, Elbasan, Shkodra, Shëngjin, Vlora, Durrës ou Fier. On retrouve aussi des gangs albanais en France, Autriche, Grande-Bretagne, Espagne, Italie ou Luxembourg... Chaque gang compte 15 à 20 membres âgés de 20 à 25 ans qui pratiquent une polycriminalité "physique" : cambriolages, proxénétisme, narcotrafic, vol.

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Mafia russe

La Mafia russe est une organisation criminelle appelée aussi Organizatsiya (en cyrillique, Организация) ou « Mafia Rouge ». C'est un terme donné à beaucoup d'organisations criminelles d'origines ethniques différentes et qui sont apparues après la dislocation de l'ex-Union Soviétique. Parmi ces dernières, on trouve des mafiosi Tchétchènes, Géorgiens, Ukrainien, Arméniens, Juifs ashkenazes, Azéris, Russes et d'autres issus des diverses Républiques de l'ex-URSS. Au travers de ces différents groupes, on trouve différentes organisations criminelles comme par exemple en Russie les branches moscovites Dolgoprudnenskaya, Izmailovskaya et Solntsevskaya.

En réalité, en Russie, il a toujours existé un réseau d'organisations illégales qui, à la différence de la Mafia sicilienne, n'a pas une structure verticale qui coordonne ses activités. Elles ne sont pas commandées par une seule et même tête. Elles sont divisées en plusieurs groupes plus ou moins puissants sur des bases locales (elles peuvent néanmoins embrasser facilement des provinces entières voire des Républiques).

Pour chaque organisation on trouve au sommet un parrain. Il contrôle un adjoint que l'on appelait anciennement "le brigadier" et qui se nommerait aujourd’hui le "Premier Loyal" (Первый Верный). Il serait étroitement surveillé et contrôlé afin qu'il ne prenne trop d'importance et qu'il ne représente une menace directe pour le parrain. Il doit être marié (parfois avec une femme ou une proche de la famille du Parrain) et ne doit pas pas succomber aux charmes des entraîneuses.

Pour intégrer ces organisations, les candidats doivent se soumettre à des rites initiatiques. A l'instar des Yakuzas au Japon ou d'autres organisations criminelles étrangères, ils peuvent avoir des tatouages qui permettent de les distinguer et de signifier leur appartenance à un groupe précis.

Ces mafia, orthographiées aussi "mafya", sont organisées de façon plutôt politique et sont liées aux crimes et aux actions illégales les plus divers tels que, le racket, les enlèvements et les assassinats, la corruption de fonctionnaires et personnalités politiques (dans son rapport pour 2005, Transparency International place la Russie à la 128ème place sur 146, alors qu’elle y figurait à la 90ème en 2004), le trafic de drogue et d'armes, le blanchiment d'argent, la prostitution, le proxénétisme, la traite des femmes, le passage de clandestins, les enlèvements, les extorsions, l'infiltration d'entreprises légales et le "cyber-crime", notamment l'utilisation frauduleuse de cartes de crédit et le vol d'informations confidentielles.

En dépit du fait que le crime organisé semble surgir au moment de la chute de l'URSS, il est en fait profondément enraciné dans l'histoire et la culture russes. Il a en réalité toujours existé sous forme de rebellions ouvertes contre le système, notamment durant la période impériale et communiste.

Dans la société tsariste de la Russie d'avant la Révolution russe 1917, une caste de voleurs régnait sur le monde du crime organisé. Structurée autour d'une organisation fortement hiérarchisée, dominée par les « voleurs dans la loi » (vori v zakone - en cyrillique: Вор в законе, terminologie employée à partir des années 1930) les catégories de criminels les plus respectées exerçaient des activités illégales "techniques", chacune spécialisée dans un domaine précis tel que, pickpockets, cambrioleurs, escrocs... Les auteurs de crimes de sang ne faisaient alors pas partie des catégories respectées. Les organisations criminelles régionales et locales avaient leur propre caisse commune. Calculée en fonction d'un pourcentage relatif au butin réalisé, chaque voleur contribuait à l'alimenter. Les fonds étaient utilisés pour développer les activités criminelles de l'association mais aussi pour aider les prisonniers et parfois leur famille. Ceux qui protégeaient la caisse commune étaient élus. Leurs règles de vie et leurs coutumes strictes procédaient du fait qu'ils considéraient qu'ils appartenaient à la classe aristocratique russe. Ils obéissaient à un code d'éthique qui envisageait le crime comme une façon de vivre et non pas comme un moyen de s'enrichir. Les règles ou « lois », devaient être rigoureusement observées par ceux qui se considéraient comme des criminels authentiques et respectables : Aussi, dans leur code d'honneur on pouvait trouver une multitude de règles telles que le refus de collaborer avec les représentants de l'Etat, le refus de prendre part à des organisations politiques, syndicales ou militaires, le refus du prosélytisme, l'engagement dans une activité criminelle de manière permanente, avoir séjourné de façon durable en prison, le mépris de la richesse. Les criminels « traditionnels » sont caractérisés par une volonté explicite de vivre en marge de la société. Les tatouages sont des signes de reconnaissance fréquents et constituent une sorte de "curriculum vitae" du voleur. Le non respect de ces règles conduisait obligatoirement à un jugement devant le tribunal des voleurs et à des sentences graduées et parfois sévères (sanctions pécuniaires, étranglement, poignardage).

Durant la Seconde Guerre mondiale, de nombreux voleurs, malgré les principes imposés par leur code d'honneur et sans doute à cause des menaces du peloton d’exécution, s'enrôlèrent dans les régiments de l'armée rouge. Ces engagements eurent pour conséquence de provoquer en 1947 un conflit particulièrement meurtrier entre les tenants du strict respect du code d'éthique et les scabs (aussi appelés les "autres") engagés dans l'armée soviétique. Vu la violence du conflit, les autorités crurent à l'autodestruction du monde du crime organisé. Cette lutte persista jusqu'en 1953 mais ne fit pas disparaître le banditisme du paysage soviétique ; au contraire, il favorisera l'émergence d'un nouveau type de criminels qui considéraient le "code" comme obsolète. Ces derniers amassèrent des fortunes et renforcèrent leur pouvoir sans cesse grandissant. Cet épisode est connu sous le nom de Guerre des sukas.

Ces deux catégories fonctionnaient et agissaient aussi bien dans les structures officielles de surface que souterraines notamment au sein des usines clandestines, du monde du vol des voitures, de la prostitution ou du trafic d'antiquités. Bien avant la perestroïka engagée par Gorbatchev et destinée, entre autres, à assainir le régime, des rumeurs font ouvertement état de la cohabitation des deux systèmes.

Les « criminels économiques » étaient et sont toujours étroitement liés à l'évolution de la société soviétique. Selon certains chercheurs, ils seraient apparus, dans les années 1960, au moment où l'économie souterraine s'est structurée en Union soviétique. Les tsekhoviki , élite du banditisme économique, à côté de l'économie légale vendaient des biens de consommation frappés par la pénurie. Ces producteurs clandestins, jouaient un rôle considérable dans le développement du crime organisé. La plupart des biens de consommation courante soi-disant étrangers, en particulier les vêtements « importés », étaient en réalité des contrefaçons alors produites à Leningrad et sa région. Des teneviki, hommes d'affaires peu scrupuleux, recouraient à des pratiques illicites telles que la corruption, les abus, la falsification de documents, les atteintes à la propriété ou la spéculation. Ces derniers se basaient sur des liens de parenté associant, famille, appartenance territoriale commune, connaissance de l'autre, existence de contacts privilégiés avec la nomenklatura du Parti ou l'administration. Les relations avec le milieu criminel étaient indispensables. Les teneviki qui étaient souvent eux-mêmes victimes d'extorsions et autres malveillances, devaient obligatoirement solliciter la protection de la pègre et en échange contribuer financièrement à la caisse commune. Lors d'une réunion du milieu criminel dans les années 70, cette participation financière aurait été fixée à 10% des bénéfices réalisés.

Lors de la perestroïka, des hommes avertis et efficaces, connaissant les rouages du système et associés aux hommes de « l'anti-système » constituèrent en occident ce que l'on va appeler plus tard la « mafia russe ». Elle se traduit par la fusion logique du pouvoir et des organisations mafieuses. Au début des années 1980, la criminalité économique aurait commencé à s'organiser à partir d'un ensemble stable et structuré d'interactions donnant une certaine impulsion au développement relationnel du monde des affaires. Au cours des années 1980, les autorités de l'ex-URSS relâchèrent les contrôles dans le domaine économique et social. Les différents groupes criminels ethniques furent les premiers à en profiter pour accroître leur influence et agrandir leur territoire, comme par exemple dans les régions du Caucase (Géorgie, Tchétchénie et Azerbaïdjan), en Ouzbékistan, au Kazakhstan, ou même en Crimée. Tous les groupes originaires de ces régions installèrent des têtes de pont à Moscou afin d'y faire transiter et investir des capitaux illicites. Les « criminels économiques » qui avaient développé un important réseau relationnel avec les élites dirigeantes et le milieu criminel, élaborèrent des stratégies complexes de production clandestine, de commerce et d'écoulement de marchandises. Ce jeu des interactions va conduire à la constitution solide d'un « crime organisé » russe dès la fin des années 1980. En mai 1988 la "loi soviétique sur la coopération" favorisa l'émergence d'un milieu d'affaires et en même temps les activités économiques criminelles et les mafias. Cette nouvelle classe d'affaires, souvent jeune, à la souplesse et à la rapidité d'adaptation, participa activement à ce processus économique. Dans les premiers temps, des luttes sans merci ont éclaté pour des questions de conflits d'intérêts, mais très rapidement les différents belligérants s'entendirent sur une démarche commune. Le milieu traditionnel assouplit son fonctionnement à l'égard du monde des affaires, et établirent des contacts plus étroits avec les institutions politiques et administratives. Parallèlement, on observa une contagion des modes de fonctionnement mafieux au sein même du monde des affaires et politique russes tels que l'usage de la violence, du chantage, de la tromperie, de la corruption, et de l'emploi d'un certain argot. Face aux carences de l'Etat pour mettre en place un système de régulation des activités sociales, des règles informelles de comportement se substituèrent aux lois formelles alors inexistantes et imprécises. Le contrôle social échappant à un Etat démissionnaire, des institutions sociales alternatives inspirées des codes criminels traditionnels remplacèrent les institutions inopérantes dans la fiscalité, la justice ou bien encore les contentieux. Il n'y a donc rien d'étonnant à ce que le pays tout entier ait été par la suite l'objet d'un véritable "hold-up" économique.

Ainsi, au milieu du chaos politique qui a touché l'ex-Union soviétique ces deux dernières décennies, après la chute du communisme et la fin de la Guerre froide, le crime organisé, loin d'être réprimé, se développa et se propagea rapidement, infiltrant les institutions politiques, le monde économique et freinant les nouvelles réformes démocratiques dans les 15 Républiques. Au début des années 1990, le monde des affaires et les fonctionnaires corrompus surveillaient les opportunités. Au sein du KGB (Comité de sécurité de l'État), quantité d"agents aux solides connaissances et expérimentés, avaient occupé des postes de gestionnaires, d'administrateurs et d'industriels, atout majeur dans un monde à l'aube de la mondialisation. Ces derniers attendirent naturellement de s'emparer des différents secteurs clés de l'économie soviétique. Dans un contexte de crise économique et de réductions des effectifs publics, beaucoup de gradés et hauts-gradés de l'armée soviétique et du KGB furent congédiés, aussi, ils devinrent les chefs des différentes organisations mafieuses. De plus, tombés dans le dénuement le plus total, nombre d'anciens agents du gouvernement et militaires se sont tournés logiquement vers ces organisations criminelles. On pense en particulier que beaucoup de soldats issus des forces spéciales de l'ex-union soviétique (les Spetsnaz) et renommés pour leur brutalité rejoignirent les organisations criminelles russes. De même, les parrains de la mafia russes recrutèrent des sportifs divers, notamment ceux qui pratiquaient des arts martiaux et des athlètes olympiques. Dans certains cas, la mafia russe a pu employer des tireurs olympiques d'élite afin d'éliminer des personnes indésirables. Ainsi, la chute du régime soviétique en 1991 fut une véritable aubaine pour les mafias locales. Ceux qui disposaient de capitaux pour investir étaient les mêmes que ceux qui s'étaient enrichis et qui avaient le pouvoir durant la période communiste. Ils confisquèrent pour leur intérêt personnel les richesses nationales et les biens stratégiques tels que le pétrole, le gaz, les métaux rares et précieux. Enfin, l'ouverture des frontières leur permit de placer à l'abri des fortunes colossales et acquises illégalement dans des pays sûrs notamment des paradis fiscaux.

Ainsi, au début des années 90, on voit de nombreux groupes criminels slaves se développer. Si leurs actions sont d'ailleurs à l'époque dénoncées par les instances internationales l'attention de ces dernières se porta préférentiellement sur les évènements et la guerre en Tchétchénie entre 1994 et 1996. Ce conflit favorisa et coïncida avec la prolifération du crime organisé dans les grandes villes de Russie, en particulier par la prise de contrôle par les gangs Tchétchènes des agglomérations de Moscou et Saint-Petersbourg. Pour contrecarrer cette prise de contrôle (en particulier la zone sud ouest de Moscou appelée aussi Yougo-Zapadnovo), le maire de Moscou (suite à la pression des services secrets) dû faire appel à des groupes criminels slaves de Sibérie afin de briser l'hégémonie Tchétchène dans la capitale. Après les évènements du 11 septembre 2001, les caucasiens musulmans eurent du mal à contrôler leur territoire. Pour conserver leurs prérogatives et se maintenir à Moscou, ils furent obligés de verser des pots de vin importants aux autorités en place.

Le fonctionnement de la Mafia russe est comparable à la légendaire Mafia italienne dont elle s'inspire beaucoup avec des confrontations internes, des règlements de compte et des meurtres qui sont souvent d'une grande violence. La Mafia Russe est réputée pour avoir l'habitude de pratiquer des actions brutales et de commanditer des exécutions à l'encontre des "balances", des traîtres et de ceux qui se sont retournés contre eux. Régulièrement, elle n'hésite pas à tuer l'individu qui a "vendu la mèche" mais également à faire massacrer sa famille. De même, elle élimine les concurrents trop gênants.

En Russie, pour réussir à passer au travers de la crise, l’économie souterraine est une activité obligatoire pour survivre. On trouve de tout sur le marché noir russe. Les hommes d’affaires sont sollicités par l’état afin de rechercher dans le monde les biens de consommation courants en carence dans le pays afin de les revendre et ce, sans payer les droits de douanes. Le gouvernement ferme les yeux sur leurs activités tout en espérant que ces derniers contribueront grâce à leurs bénéfices à investir dans l'économie du pays. Ainsi, la situation que connaît la Russie depuis l'effondrement du communisme a favorisé le développement des pratiques illicites en particulier parce que prendre le contrôle d'une entreprise nouvellement privatisée y est simple. Face au dysfonctionnement du système bancaire du pays, entre 1992 et 1994, la Mafia Russe a cherché à s'emparer des secteurs clés de l'économie et de la finance. Au début, les organisations criminelles ont pu apprécier de placer leur argent sale dans des "holding" légitimes, mais très rapidement elle s'aperçurent qu'elles pouvaient prendre elles-mêmes le contrôle des principaux groupes bancaires et privés du pays. Ainsi, la mafia russe, organisée autour de "Bratva" (confréries), est connue pour ses actions souterraines masquées derrière des transactions dites propres.

En effet, elles apprirent toutes les techniques de détournement des richesses, qu'elles soient matérielles ou immatérielles. Les actionnaires sont obligés de reverser 80 % de leurs profits à l'administration, aussi, beaucoup d'entreprises ne déclarent que 20 % de leur production. Mais ce n'est pas sans risques, car la mafia infiltre l'entreprise afin d'évaluer le vrai volume de production, généralement connu de la plupart des salariés. Par la suite, ils menacent les patrons de les dénoncer dans le but qu’ils acceptent de verser la moitié de leurs dividendes. Beaucoup de chefs d’entreprise considèrent encore que ce type de racket est préférable à l'imposition de leurs bénéfices à hauteur de 80 % par le fisc. De même, une bonne partie d’entreprises non reconnues essaie de ne pas payer de taxes et tente d'échapper à la pression fiscale afin de réussir à survivre. Elles sont donc illégales et nécessitent la protection de la mafia contre les instances gouvernementales Ainsi les entreprises doivent payer le « krysha » (ce qui veut dire en russe "toit" et qui désigne un impôt offrant en échange une protection forcée) à la mafia qui s'est emparée du contrôle d'une importante partie du marché économique russe..

Aujourd’hui, ces organisations criminelles sont réputées pour pratiquer le prêt à usure, le vol et le trafic de véhicules volés, le meurtre, le détournement de richesses nationales, le trafic d'armes et d'autres spécialités comme la fraude aux télécommunications par clonage des données numériques d'un téléphone cellulaire, au détriment de la compagnie de téléphone, plus généralement le cyber-crime, l'escroquerie aux assurances, les extorsions de fonds, la prostitution, le trafic de passagers clandestins…

La pratique du blanchiment par la mafia russe est une spécialité. Elle brasse des milliards de dollars qu’elle blanchit grâce à ses compagnies offshore mais aussi aux banques nombreuses qu'elle possède. Les ramifications de la mafia russe sont nombreuses et étendues jusqu'au plus haut sommet de l'état. En témoigne l’affaire de corruption touchant la famille de Boris Eltsine et particulièrement sa fille (voir affaire instruite par Carla Del Ponte). En mars 1996, le ministère russe de l'Intérieur chiffrait entre 60 et 70 000 milliards de roubles les sommes accumulées et contrôlées par le crime organisé de son pays. Ces dernières années, une cinquantaine de responsables ou d'employés de banques ou d'entreprises russes ont été victimes d’attentats. D’après certains rapports, des banques ont été spécialement créées pour recevoir des aides destinées aux régions en difficultés avant que ces fonds ne s’évanouissent dans la nature. L'infiltration du système bancaire russe permet à la mafia d’accéder librement à la communauté bancaire internationale lui donnant de ce fait l'opportunité de blanchir les profits illégaux accumulés. Dans la mesure où le crime organisé a infiltré le système financier, les fraudes bancaires se sont généralisées. L'ampleur de la corruption est telle que de nombreux salariés de banques sont eux-mêmes liés à la mafia, ce qui facilite les fraudes informatiques. En effet, les opérations, en apparence normales, sont en fait destinées à détourner de l'argent au profit d'entreprises russes ou vers des banques étrangères. On estime que les différents groupes criminels contrôlent 60 % des 3 000 banques en activité en Russie. En 1997, on évaluait à 100 milliards de dollars l’évasion monétaire du pays depuis l’effondrement du régime soviétique. Parmi ces sommes sorties du pays, le Centre américain d'études stratégiques et internationales a estimé à 1 milliard de dollars par mois les sommes douteuses transférées de Russie vers l'île de Chypre. En 1996, ce sont environ 100 millions de dollars US en espèces qui auraient été rapatriés quotidiennement des États-Unis vers la Russie. L’évasion et le détournement des capitaux provenant de l'aide et des crédits internationaux en direction de centres offshore comme Nauru seraient en grande partie responsable de la crise économique de 1998.

Les organisations criminelles russes ont fait fuir de nombreux investisseurs étrangers. Traditionnellement spécialisés dans le commerce des armes, de la drogue et de la prostitution, ils ont maintenant pris place dans de nombreux secteurs de l’économie tels que l'extraction de pétrole, de minerais précieux, la distribution, le négoce, les transports, le secteur financier et l'immobilier . Après le départ de nombreuses sociétés étrangères qui ont laissé libre les marchés qu'elles exploitaient, la mafia les reconquit en s’appuyant sur des sociétés fictives implantées dans des paradis fiscaux. En 2000, le fruit de ces acquisitions a débouché sur un certain nombre de monopoles, permettant ainsi aux organisations criminelles d’enregistrer des profits astronomiques reversés en partie aux fonctionnaires pour acheter leur silence. Les exportations illégales annuelles de pétrole représenteraient pour les groupes mafieux russes qui les contrôlent un chiffre d'affaires de 15 milliards de dollars.

Les mafias russes tireraient aussi chaque année des profits considérables, chiffrés en milliards de dollars, du trafic de stupéfiants. La Russie est devenue un consommateur colossal des drogues. Selon les statistiques officielles, près de 269 000 toxicomanes seraient enregistrés aujourd'hui mais les chiffres réels sont probablement largement en deçà. D'après les estimations des Nations unies, les bénéfices tirés du marché intérieur sont évalués à environ sept milliards de dollars. La structure du marché change. On voit se développer les drogues de haute concentration comme l'héroïne afghane. La production des stupéfiants dans le pays augmente y compris des drogues synthétiques bon marché aboutissant à une dépendance immédiate. Le nombre de narco-laboratoires en Russie s'est accru, ces dernières années, d'une façon considérable.

Le trafic d'armes a contribué aussi largement à enrichir la mafia Russe. Suite à la chute du communisme, l’Etat n’a pas été capable de contrôler et surveiller les stocks de l’Armée rouge. Beaucoup d’armes ont été retrouvées sur le marché noir. Vendues par des militaires nécessiteux ou avides, elles devinrent un objet de la violence quotidienne en Russie et plus spécialement dans les grandes villes comme Moscou. La vente d’armes ne s’est pas limitée au pays mais a très rapidement été l’objet d’un vaste trafic international et très lucratif.

Les femmes russes sont aussi largement utilisées par le crime organisé. La prostitution et le trafic de femmes sont des activités importantes de la mafia russe. Elle n'hésite pas à "recruter" dans l'arrière pays, souvent dans les régions les plus misérables de Russie, de jeunes femmes naïves et dans le besoin pour les plonger de force dans la prostitution. Ces organisations criminelles leur fait miroiter les joies d'une vie meilleure dans les pays occidentaux. On leur fait croire qu'elles travailleront en qualité de serveuse, de femme de chambre, de cuisinière ou d'autres métiers de services. En échange on leur assure la possibilité de suivre des études. Mais la réalité est bien éloignée de ces fausses promesses. De même, les jeunes femmes russes sont aussi utilisées par les groupes criminels pour soutirer de l'argent aux hommes de l'Ouest en échec sentimental. En effet, la beauté slave est particulièrement recherchée par les occidentaux. Ces jeunes femmes s'inscrivent sur des sites de rencontres et commence à échanger des messages et des photos avec différents hommes en mal d'amour. Ces derniers ne tardent pas à tomber rapidement dans le panneau et tombent amoureux d'une personne souvent virtuelle. Après un certain nombre d'échanges la jeune femme met en avant une série d'arguments (mère malade, père mort, conditions de vie difficiles, alcoolisme et violence des hommes en Russie, chômage…) très ingénieux et profitent de la faiblesse psychologique du prétendant épris pour lui soutirer de l'argent qu'il envoie par mandat cash. Cet argent est censé l’aider à mieux supporter la misère en Russie, à constituer les papiers pour quitter le pays et à payer le voyage. Après avoir progressivement soutiré certaines sommes d’argent et assez importantes, la douce et jeune promise n’est déjà plus qu’un souvenir et son adresse internet n’est plus active. En réalité, cette pratique n’est qu’une vaste escroquerie souvent orchestrée par les organisations criminelles et dont sont victimes un grand nombre d’occidentaux.

Le racket représenterait 10% du produit national brut de la Russie. Elle fait partie d’un système plus ou moins rentré dans les mœurs de la vie économique du pays. La protection est à la fois morale et physique. En effet, généralement le domaine de la sécurité est exclusivement géré et contrôlée par l'Etat, c'est-à-dire par l’autorité publique, et ce dans l’intérêt public. Ce domaine ne relève donc pas en théorie de la sphère privée. En Russie, alors que l'entreprise privée se développait, que les transactions augmentaient et s’intensifiaient, l’Etat n’a pas été en mesure d’assurer pleinement la sécurité morale et physique des sociétés et des individus. Les fonctions du « partenariat imposé » se sont donc généralisées Lorsqu’un marché était passé entre deux partenaires, on a vu apparaître des « groupes de protection privée » dont le but était de participer activement aux négociations d'affaires en garantissant de façon informelle les transactions. Ces fonctions ont été assurées aussi bien par des groupes criminels organisés que par la police d'Etat ou par des employés de sécurité agissant de façon informelle. En 2000, les observateurs estimaient que la majorité des grosses transactions d'affaires ne pouvaient être conclues qu'avec la participation de partenaires imposés et grâce aux garanties mutuelles qu'ils offraient. En dehors de la sécurité, du contrôle du risque, du recouvrement des dettes et du règlement des conflits, ces intervenants forcés interviennent aussi en qualité de médiateurs entre les entreprises privées et les bureaucraties d'Etats. Elles permettent aux hommes d’affaires d’obtenir des autorisations, des licences, des recommandations, des exemptions fiscales. De même elles peuvent solliciter les institutions gouvernementales (police, services d'inspection ou contrôle sanitaire) pour causer du tort aux compagnies concurrentes.

Mais les premiers groupes de racketteurs ont été surtout utilisés pour offrir une protection physique contre d'autres organisations criminelles et pour recouvrir les dettes. Les racketteurs soutirent des sommes importantes aux entreprises en leur offrant une protection, le « krysha » (ce qui veut dire en russe "toit" et qui désigne en fait la protection forcée), contre d'autres organisations criminelles. On peut considérer qu’un groupe mafieux « contrôle » une entreprise lorsque, en plus de la protection physique, il y introduit un comptable ou un vérificateur membre de son organisation. A ce niveau, le crime n’est plus considéré comme du racket mais comme du partenariat forcé. Enfin lorsque un groupe criminel met un terme par la violence aux problèmes d'une entreprise protégée, il rentre dans le capital de cette entreprise et introduit certains de ses membres dans le conseil de direction. En devenant actionnaire, il diversifie et accroît ainsi ses sources de revenus. Pour l'entreprise cliente, ces paiements constituent des coûts de transaction. De nombreuses petites et moyennes sociétés russes sont sous le contrôle des organisations criminelles, soit parce qu’elles sont l’émanation elles mêmes de ces groupes, soit en raison d’activités parallèles, ou bien parce qu’elles ont cédé aux menaces et aux intimidations. Il est un fait avéré que le crime organisé en Russie constitue une meilleure garantie de protection et est plus efficace que les organes d'Etat dans la résolution des difficultés auxquelles sont confrontés quotidiennement les hommes d’affaires russes. D’après une étude de 1996 - 1997, 11% des entrepreneurs auraient reconnu avoir usé de la force pour résoudre leurs problèmes. Parmi ces derniers, 42 % étaient déjà expérimentés dans l'usage de ces méthodes et 53% admettaient verser régulièrement des sommes aux services de protection. Plus d'un tiers d'entre eux avouaient que le niveau de ces paiements était important.

Depuis la mise en place d’un dispositif législatif de protection (la loi fédérale sur "les activités de protection"), les anciens agents et officiers du KGB ont pu légalement entrer sur le marché de la protection privée et des services de surveillance. En 2000, certains spécialistes évaluaient à 20%, les anciens cadres de la sécurité d’Etat engagés dans le commerce informel de la protection. Cette légalisation du commerce de la protection privée a de ce fait offert de nouvelles occasions de développement aux groupes criminels. Ces derniers ont pu créer leurs propres compagnies en embauchant du personnel de compagnies instituées à l’origine par la police qui leur déléguait alors une partie du travail. Ainsi, ces sept dernières années, ce sont 25.000 sociétés de sécurité qui ont vu le jour, employant environ 600.000 à 800.000 personnes. La Mafia en contrôle approximativement le sixième. Les deux-tiers ne payent pas d'impôts à l'Etat.

Des directeurs de banque, des hommes d'affaires et même des journalistes d'investigation, ont été victimes d'assassinats ou d'enlèvements. En 1993, les huit organisations criminelles qui commandent les "enfers de Moscou" ont assassiné à elles seules, 10 banquiers locaux. Reprenant la tradition et se donnant eux-mêmes le surnom de « voleurs dans loi » (vori v zakone), les bandits russes ont assassiné 95 banquiers dans les cinq dernières années. Cette attitude qui cherche à légitimer leurs actions est en fait assez paradoxale quand on voit comment étaient considérés les criminels de sang par les « voleurs dans loi » durant la période tsariste. Ces assassinats en disent long sur la puissance du crime organisé en Russie, capable de frapper au plus haut niveau en toute impunité. La plupart des grandes affaires criminelles de ces dernières années, comme l'assassinat de la député Galina Starovoïtova en 1998 et la tentative de meurtre contre Anatoli Tchoubaïs (le patron du monopole russe de l'électricité en 2005...), n'ont jamais été résolues. Il arrive parfois que les exécutants soient jugés mais les commanditaires courent toujours. Les derniers assassinats en date de banquiers eurent lieu le 16 octobre 2005 et le 13 septembre 2006. Alexandre Saveliev, président de deux petites banques fermées par Andrei Kozlov, a été tué par balles avec sa femme, sa fille et sa belle mère, alors que leur véhicule roulait sur une route des environs de Moscou. La police a attribué le meurtre à l'incapacité du banquier à faire face à ses créances après la fermeture de sa banque. En septembre 2006, Andrei Kozlov, numéro deux de la Banque centrale russe est lui même victime (son chauffeur aussi), dans un parc de Moscou, d'un assassinat commandité. Il s'agit de la plus haute personnalité assassinée depuis l'arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine, en 2000. Démoralisée, sous-payée et parfois corrompue, la police est mal équipée pour combattre une violence galopante et les coups de feu nocturnes incessants. En 1993, les rapports de police de Moscou signalent que ce sont plus de 5.000 meurtres et 20.000 incidents liés à des crimes violents qui ont été comptabilisés dans la capitale. Depuis, les conditions ne se sont toujours pas arrangées, on évalue à 10 000 environ, le nombre de personnes décédées des suites de violences par armes à feu, et à 600 celles qui ont été tuées suite à un contrat mis sur leur tête.

La puissance économique de la mafia russe se double d'une réelle influence politique. Des liens étroits uniraient les services secrets (le FSB), la mafia, et plusieurs dizaines de députés de la Douma compromis dans des affaires d'évasion fiscale et de corruption.

L'expansion de la "pieuvre russe" hors des frontières est un exemple significatif de la volonté de domination mondiale des groupes criminels organisés. Environ 200 grandes organisations criminelles opèrent dans 50 pays avec des représentants dans chaque ville importante (26 villes rien qu'aux États-Unis). Par exemple, le refuge de la mafia Russe aux États-Unis est le quartier de Brighton Beach (surnommé par les Russes "Little Odessa") dans le district de Brooklyn à New York. En Europe, les organisations criminelles russes semblent avoir choisi les pays d'Europe centrale (ancienne Allemagne de l'Est, République tchèque, Hongrie,pays baltes) comme base de repli et comme centres privilégiés de blanchiement d'argent. Elles sont également actives à des degrés divers dans tous les grands pays d'Europe occidentale. Depuis ces dernières années, le FBI et les services de sécurité se sont attachés à démanteler la mafia russe mais les résultats restent à relativiser. Beaucoup de mafiosi russes se sont enrichis considérablement en Amérique et ont commencé à imiter la Mafia italienne dans leur style de vie. Il semble ainsi qu'il ait eu un ramollissement apparent de la Mafia, mais en réalité elle n'a jamais été aussi dangereuse.

Ainsi, moins de cinq ans après l'effondrement de l'URSS, la mafia locale était parvenue à contrôler les trois quarts de l'économie du pays, et dix ans après à s'exporter sur les cinq continents.

Après la chute du communisme et l'ouverture du pays au libre marché, un nombre inconnu d'hommes d'affaires étrangers, probablement des milliers, arrivèrent en Russie au début des années 1990. Ils débarquèrent de tous les coins du monde dans le but de faire fortune. Beaucoup de ces hommes d'affaires donnèrent à cette période le surnom de "deuxième ruée vers l'or". Durant cette période, on a pu distinguer deux types d'hommes d'affaires étrangers, les uns heureux et les autres malchanceux. Pour les premiers il constituèrent des fortunes colossales et retournèrent dans leur pays d'origine avec leur famille, leur argent et surtout vivant. Ces hommes d'affaires étrangers astucieux et opportunistes firent des profits énormes très rapidement et au bon moment, principalement en faisant l'acquisition de produits à prix très bas alors que le Rouble était sans valeur. Ils stockèrent un temps ces marchandises afin de spéculer et de les revendre plus chers, notamment en dollars américains, après que la monnaie ait repris de la valeur et que l'économie de marché se soit développée. Beaucoup sont devenus littéralement, du jour au lendemain, millionnaires. Durant cette période, certains profitèrent des taux d'intérêts très élevés payés par les banques russes qui recevaient en dépôt leur argent. Si certaines banques firent faillite et les dépositaires perdirent leurs avoirs, ce réseau d'hommes d'affaires étrangers avaient l'habitude et connaissait ce type d'incident. Juste avant que la banque ne fasse faillite, ils transféraient leur argent vers des banques étrangères, le plus souvent vers des comptes secrets et numérotés de grandes banques suisses.

D'autres "businessmen" étrangers, plus malchanceux, connurent des situations difficiles et souvent des fins tragiques. Ils étaient menacés, rackettés, enlevés et même exécutés. La Mafia locale, voire même les officiers corrompus du gouvernement russe leur volaient leur fortune.

Durant cette période, ces hommes d'affaires étrangers, maîtres de la "nouvelle économie" étaient admirés en Russie. Comparé au Russe moyen, ils menaient un train de vie élevé notamment dans les grandes villes de Moscou et Saint-Pétersbourg. Ils vivaient en compagnie de femmes somptueuses au milieu du luxe, dans de magnifiques demeures, notamment des villas de campagnes, parfois véritables palais, appelées "datcha". De même, ils se pavanaient dans les rues et conduisaient des voitures étrangères de prestige. Véritables modèles, ils préparaient la voie aux russes ambitieux, notamment aux hommes d'affaires locaux qui commençaient à les imiter. Les Russes assimilèrent dans leur langage des anglicismes pour qualifier des hommes ou des façons de faire comme par exemple "biznesmen" (au pluriel : « Biznesmeni »).

Ainsi, les années 1990 étaient une période sauvage et instable pour la plupart des hommes d'affaires étrangers qui fonctionnaient en Russie. Très vite, des conflits éclatèrent avec les truands russes et beaucoup furent assassinés ou blessés. La mafia russe a vu dans les hommes d'affaires une source de revenu et de profit considérable dans un contexte économique nouveau et difficile. En effet, beaucoup de groupes criminels, en échange d'une certaine somme d'argent, offrirent une protection forcée aux hommes d'affaires. L'homme d'affaires n'avait pas à se soucier de sa sécurité. Beaucoup quittèrent la Russie après avoir été victimes de menaces ou d'agressions. Aujourd'hui la situation n'a pas vraiment évolué.

En Russie, pour faire des affaires, les compagnies étrangères sont systématiquement rackettées et doivent verser jusqu'à 20% de leurs bénéfices. Ignorer les menaces de la mafia russe conduit irrémédiablement à la tragédie. Devant la passivité de l’Etat, les sociétés étrangères sont forcées de payer le « krysha » aux différents groupes mafieux.

De plus en plus de sociétés américaines et occidentales sont donc contraintes d’engager des gardes du corps pour protéger les patrons ainsi que les cadres contre les menaces d'extorsion, les enlèvements et les assassinats sauvages.

Vu les risques encourus, Les compagnies occidentales ont aussi logiquement cherché à réaliser des opérations conjointes ou à s'associer avec les nouvelles compagnies de l'ex-Union Soviétique.

Il existe des exemples célèbres d'hommes d'affaires étrangers victimes de la mafia russe.

Tatum était entouré par ses gardes du corps quand il fut attaqué, cependant ils ne firent rien pour le protéger et laissèrent l'agresseur s'échapper. Tatum avait quelques semaines auparavant, imprudemment dénoncé dans un journal local son associé Tchétchène,Umar Dzhabrailov afin de l'évincer de sa participation dans l'hôtel. Tatum, était un multimillionnaire qui entretenait des relations étroites avec l'ex-Président des États-Unis Bill Clinton, ainsi que beaucoup de hautes personnalités politiques moscovites. Son meurtre n'a pas été résolu.

Depuis le milieu des années 90, la mafia Russe essaye d'étendre son influence dans toutes les parties du monde, plus spécifiquement sur le continent américain, le plus souvent en faisant du trafic de drogue et du trafic d'armes. Son arrivée à provoqué des conflits violents avec les organisations criminelles déjà en place telles que la mafia italienne ou bien encore les Yakuzas mais elle a su rapidement s'imposer et a créé des alliances avec ses homologues criminels. Par ailleurs, le marché mondial de la drogue, très attractif financièrement, intéresse de plus en plus le crime organisé russe. Ils ont pénétré en force le marché aux États-Unis notamment grâce au trafic d’héroïne et de cocaïne. D'après les estimations des Nations unies, les bénéfices tirés du marché intérieur sont évalués à environ sept milliards de dollars. C’est ce qui explique pourquoi les Colombiens se sont alliés avec les Russes pour importer de la cocaïne. Alors qu’autrefois le trafic de drogue était en République tchèque l'affaire des organisations des pays balkaniques, aujourd'hui, c'est la mafia russe qui contrôle ce marché. Les groupes criminels russes ont reconnu dans la pervitine (une drogue typiquement Tchèque fabriquée à partir de divers médicaments), l’intérêt d’un stupéfiant lucratif. C’est pourquoi ils ont mis la main sur les réseaux de fabrication et de distribution. La mafia russe a regroupé par la force et de façon brutale les fabricants de pervitine en République tchèque afin de les obliger à produire de la drogue de bonne qualité, destinée à l'exportation vers les pays développés, vers l' Allemagne. principalement. De même ils ont délocalisés leurs sites de production des grandes villes vers des lieux isolés ou des communes de moindre importance. La guerre en Afghanistan a provoqué une crise dans la production d’héroïne. La pervitine est ainsi devenue une drogue de substitution et très recherchée sur le marché occidental. La mafia Russe a également des liens actifs avec les réseaux africains.

Dans le cadre des exportations de pétrole, des fraudes aux taxes sur les carburants ont été mises en place en Californie et à New York. Les organisations criminelles russes sont parvenues à détourner à leur profit des sommes colossales qui auraient dues en réalité revenir à l'État et estimé à environ 5 milliards de dollars par an. De nombreux et complexes montages financiers ont été élaborés afin de faire ces bénéfices. Le plus en vogue consiste à créer une série de sociétés fictives qui se revendent entre elles le carburant. Au moment de déterminer celui qui devait payer la taxe, il était impossible de reconnaître le débiteur. Le niveau élaboré de ces fraudes a forcé l’état américain à mettre en place un dispositif législatif destiné à faire payer la taxe le plus en amont possible.

Le trafic d'armes est aussi une source importante de revenus. L'effondrement du régime soviétique et l'absence de contrôle de l’Etat dans de nombreux domaines ont donné la possibilité aux militaires peu scrupuleux ou dans le besoin de vendre les stocks de l’Armée rouge. Ainsi s’est retrouvé sur le marché mondial de l’armement, du matériel militaire conventionnel, nucléaire et même spatial (AK-47, chars, hélicoptères, missiles téléguidés, plutonium pour armes nucléaires et de l'armement conventionnel) racheté par le organisations criminelles russes. Elles en auraient possédé le quasi monopole. Souvent, ce sont les pays les plus pauvres et les plus instables politiquement (dictatures, seigneurs de guerre), situés dans les zones les plus conflictuelles de la planète, qui ont fait l’acquisition de ces armements.

La mafia est aussi particulièrement active dans le proxénétisme et la prostitution. Pour la plupart les jeunes femmes arrivent dans la clandestinité grâce à des réseaux bien organisés. Les Albano-kosovars font partie des spécialistes dans ce domaine. On les retrouve contraintes et forcées de vendre leurs corps dans les grandes villes occidentales. Continuellement surveillées par un proxénète, elles doivent remettre la quasi-totalité de l'argent tiré de leurs "passes". Afin d'éviter qu'elles ne s'échappent et qu'elles ne livrent des informations à la police, ces jeunes femmes dont l'âge moyen se situe autour de 17 ans, sont régulièrement menacées (on les menace de tuer les membres de leur famille dans leur pays d'origine). Elles ont été et sont violées, violentées et destituées de leurs passeports. Plus d’un demi-million de prostituées opèreraient en Europe occidentale sous le contrôle de proxénètes russes et albano-kosovars. Elles rapporteraient 100 millions de dollars chaque jour.

Certains pensent ainsi que la mafia russe est aussi au cœur d'un vaste trafic de passagers clandestins qui souhaitent gagner l'Europe de l'Ouest, plus spécialement la Grande-Bretagne ; aucune preuve n'a pu confirmer ces soupçons.

Les fraudes touchent également les opérateurs de services de télécommunications. Des spécialistes du piratage informatique appartenant à la mafia ou bien sollicité (parfois magré eux) entrent dans leur système informatique et téléchargent des informations confidentielles (tels que des secrets de fabrication, des bases de données de clients, des informations sur des cartes de crédit). Ensuite, ces gangs d'un nouveau genre procèdent à du cyber-racket ou vendent des secrets de fabrication d'une société à ses concurrents directs. Ils peuvent exiger de l'argent pour "patcher" le système contre les autres pirates informatiques. De même, c'est plus de 1 million de numéros de carte de crédit qui a été volé par les "cyber-criminels" russes. La police russe a arrêté un gang de présumés pirates informatiques dirigé par un homme de 63 ans. Le chef de l'unité criminalité informatique de la police de Moscou à révélé que ces pirates informatiques ont utilisé un cybercafé moscovite pour subtiliser environ 300 numéros de cartes de crédit d’habitants de pays occidentaux. De même, un cyber-voleur russe connu sous le nom de Maxus a volé des numéros de cartes de crédit de "l'Univers du CD" (un détaillant du Web) en exigeant en contre partie une rançon de 100.000 dollars. Quand il se la vit refuser, il diffusa 25.000 de ces numéros sur un site internet. Maxus n'a jamais été retrouvé. La législation russe à mis en place un dispositif législatif rendant illégal le piratage des systèmes informatiques. Le gouvernement condamne les "cyber-bandits" à des amendes et des peines de prison pouvant aller jusqu'à 10 ans. Elle a établi un département spécial du crime technologique mais peu d'affaires sont instruites.

La mafia russe ne se limite pas uniquement au peuple russe, mais comprend une multitude de nationalités issues de l'ex-Union soviétique. Aussi, par extension on englobe aussi les pays devenus indépendants mais qui appartenaient à l'ex-URSS.

Il y ainsi plusieurs types de mafia russes constituées en particulier de juifs et de tchétchènes.

Ils composent (par rapport à la taille de leur population) une quantité disproportionnée et importante par rapport au nombre total de membres de la mafia à l'intérieur de la Russie (la plupart du temps on les trouve dans de grandes villes comme Moscou et Saint-Petersburg) de l'Ukraine, et (plus discutable) de la Biélorussie. Cependant, ils sont beaucoup moins présents dans d'autres pays tels que les États-Unis et Israël.

Ainsi, si les Tchétchènes ont un pouvoir important en Russie, ils jouent un rôle limité en dehors des frontières.

Ils sont également présents dans l'organisation criminelle russe. Néanmoins, le sujet est complexe pour plusieurs raisons.

En premier lieu, les Juifs sont aussi présents hors des frontières qu'à l'intérieur même de la Russie car l'URSS leur accordait plus facilement le droit d'émigrer en raison de leur statut de réfugié politique.

En second lieu, malgré la loi israélienne empêchant à tout immigré (indépendamment de la religion) ayant eu des implications criminelles de recevoir la citoyenneté, les bandits juifs russes arrivaient par de multiples moyens à contourner ce règlement et à bénéficier de la citoyenneté israélienne. De plus, beaucoup de truands non-juifs prétendaient de façon frauduleuse avoir une ascendance juive afin de quitter l'URSS pour gagner Israël (où la Mafia russe avait établi une grande base de fonctionnement) et y circuler facilement. Réciproquement, quelques juifs dans la Mafia cachent activement ou ne reconnaissent pas leur origine juive pour différentes raisons.

En conséquence, quelques membres de la mafia Russe ont partiellement une ascendance juive, qu'ils le reconnaissent ou non. En raison de ces facteurs, il est difficile d'évaluer le nombre de juifs dans la Mafia russe. S'ils ne dominent nullement en nombre, ils constituent un effectif significatif au sein de la population totale.

La Mafia russe comprend également une multitude d'autres nationalités telles que des Ukrainiens, des Biélorusses, des Arméniens, des Moldaves, des Kazakhs, des Uzbeks, des Géorgiens, des Daguestanais, des Azéris... De plus, des pays tels que l'Arménie, La Géorgie, L'Ukraine, L'Estonie, La Lituanie, la Biélorussie, la Pologne et la Moldavie possèdent leurs propres organisations criminelles, ces dernières entretenant des liens étroits avec la mafia russe.

NOTE : Depuis la chute de l'Union Soviétique la majorité des organisations criminelles et leurs membres en Russie sont Russes. En outre, la majorité des violences perpétrées par les différents groupes criminels à l'intérieur des frontières et leurs membres sont également Russes.

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Mafia K'1 Fry

La Mafia K'1 Fry est un collectif de rappeurs français majoritairement issus du Val-de-Marne (Orly-Choisy-Vitry) et fondé aux alentours de 1995. C'est Douma le Parrain, de Choisy-le-Roi qui a trouvé le nom de « Mafia K'1 Fry » lors d'un freestyle improvisé à Orly à la “Demi-Lune” : « Tu peux pas test avec la Mafia K'1 Fry ».

Auparavant baptisé L'Union, ce collectif qui a été fondé autour de Kery James (d'Ideal J) et Manu Key (de Different Teep) est généralement composé de rappeurs de Vitry (des quartiers “Camille Groult”, “Robespierre” ou de la “cité Balzac”), Choisy (“Jacques Cartier”, “Henri Barbusse”) ou encore Orly (“Les Saules” & la “Demi-Lune”) voire Ivry et Joinville-le-Pont (“Barbusse”) d'où est originaire le breakeur Selim du 94, SIN-YA du bsm(bonneil(les tour)). De l'aveu des membres du groupe, Las Montana était un des leaders du groupe. Ce collectif est surtout reconnu pour son authenticité, en atteste les nombreux aller-retours en prison et les décès qui touchent le groupe Intouchable ainsi que les nombreux rappeurs qui arrêtèrent le rap pour retourner à d'autres occupations, mais cette authenticité se ressent encore plus a travers les sons. Beaucoup ignorent que ce collectif était très Hip-Hop, en effet, beaucoup de breakeurs composent ce clan (Mokobé, Selim du 94, Teddy Corona), de graffeurs (OGB, Douma), de backeurs sur scène (Las Montana, Mamad, Rocco), de beatboxeurs (Mista Flo) et DJ (DJ Medhi, DJ Mosko).

Cependant, Kery James a tenu à préciser que de nombreuses personnes, encore inconnues du grand public, font partie du collectif et ce depuis la première heure.

En dehors des projets solos de ses membres, le collectif a réalisé deux mini-albums: "Les Liens Sacrés" et "Légendaire" avant de subir le départ de Rohff en 2003 (même si celui-ci a continué à collaborer très souvent avec ses anciens camarades avant de revenir en 2007), ou le décès de plusieurs membres ou proches du collectif comme Las Montana à la fin des années 90. Beaucoup par la suite quittèrent le collectif ou du moins s'en éloignèrent comme Titi l'ancien (La Sexion) ou MS (Mansa Konate), disparu depuis. Yezi L'escroc se lança en solo, avec "Les Choses de la vie", qui n'a pas très bien marché au niveau commercial, lui aussi s'éloigna de l'Africaine Mafia. Mokem arrêta du jour au lendemain ses prestations avec Intouchable et Lil Jahson, quand à lui arrêta de rapper après l'album de Manu Key, "Regarde Moi Bien Toi".

Mais la Mafia K'1 Fry continue d'aller de l'avant et arrive le succès commercial du 113 et de Rohff qui a par la suite permis aux autres membres de se faire connaître du grand public et de sortir leurs albums solos; en effet Intouchable sort "Les Points Sur Les I" en 2000 avec pour MC à ce moment Dry, Demon One et Mamad. Cet album est un classique du Rap francais. En 2004, la majeure partie des membres du collectif s'est rassemblée pour réaliser l'album La Cerise Sur Le Ghetto, qui marquera notamment les esprits avec le clip du morceau Pour Ceux. Un documentaire retraçant l'histoire du crew a suivi. Baptisé Si Tu Roules Avec la Mafia K'1 Fry, il a obtenu un très grand succès, commercial et critique, DVD de platine. Malheureusement quelque mois avant la sortie de l'album, on apprend la mort de Mamad, originaire du 20e, qui est mort de manière tragique; coup dur pour la Mafia K'1 Fry, il assurait les back d'Intouchable et rappait peu souvent.

Par la suite Popa et Rohff quittent le collectif, invoquant des désaccords humains, dont on ne connait pas trop les causes (Si Tu Roules Avec la Mafia K'1 Fry, DVD de La Cerise Sur Le Ghetto). Il reste cependant très proche de beaucoup de membres de la Mafia K'1 Fry. Kery James a notamment parlé lors d'une interview dans le magazine R.A.P d'une possibilité de featuring de la Mafia K'1 Fry avec Rohff pour la réédition de l'album et lors de l'"Année du Hip-Hop 2007" sur Europe 2 TV, la Mafia K'1 Fry rappent le son "Guerre" et Rohff monte sur scène et prend Kery James dans ses bras, geste symbolique. Finalement, durant sa semaine Planète Rap sur Skyrock pour présenter "Au Delà de Mes Limites Classics", Rohff annoncera officiellement son retour dans la Mafia K'1 Fry, il sera effectivement présent sur la réédition de l'album de la Mafia K'1 Fry, et il a également affirmé que Kery James réalisera son Code De L'Horreur, prochain album de Monsieur Housni prévu pour la fin de l'année 2007 -mais finalement repoussé- et que lui même réalisera le prochain album de Kery.

Le nouvel album de la Mafia K'1 Fry est enfin sorti le 29 janvier 2007 avec 2 mois de retard dûs à des désaccords musicaux avec les maisons de disques. Cet album est la première bombe de l'année niveau Rap, le CD contient des titres émouvants comme "Thug Life", "Mama" ou "Au bon vieux temps", des titres Hardcore comme "Guerre", "Tu Vois", "Microbes", "Val 2 meurtre" ou "Survivor", des titres delires Mafia K'1 Fry comme "Tout est possible "ou "K'1 Fry club". Il est entré directement à la 7e place des meilleures ventes d'albums en France.

Le collectif est également lié à une marque de vêtement : MAFIA K1 FRY Clothing.

Si tu roules avec la Mafia k'1 fry : document écrit par Mokobé, Teddy Coronna et Philippe Roizès et réalisé par ce dernier retrace la création du collectif et la réalisation de l'album "La Cerise Sur Le Ghetto". Au delà de l'aspect commercial d'une telle démarche, ce DVD offre aux supporters une présentation des membres de la Mafia k'1 fry.

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Source : Wikipedia