Laurent Fabius

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Posté par marvin 25/02/2009 @ 00:03

Tags : laurent fabius, ps, partis politiques, politique

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Laurent Fabius

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Laurent Fabius, né le 20 août 1946 dans le 16e arrondissement de Paris, est un homme politique français, Premier ministre socialiste de 1984 à 1986, député de la Seine-Maritime, 1er adjoint au maire du Grand-Quevilly et président de la Communauté d'agglomération rouennaise.

Laurent Fabius est le fils d’André Fabius (décédé en 1984), antiquaire, d'une famille d'origine juive ashkénaze, et de Louise Mortimer, américaine.

Il est élève au lycée Janson-de-Sailly, Paris 16e. Après le baccalauréat, il s’inscrit en hypokhâgne au lycée Louis-le-Grand. Il est admis à l’École normale supérieure, où il passe l’agrégation de lettres classiques et intègre parallèlement l’Institut d’études politiques de Paris.

Lors de ses études à Sciences-Po, il est responsable de la Conférence Olivaint. Élève de l’École nationale d’administration, promotion François Rabelais (1971-1973), il sort dans les trois premiers et devient auditeur au Conseil d’État. Il est nommé maître des requêtes en 1981.

En 1970, il participe à l’émission La Tête et les jambes où il se révèle un excellent cavalier et candidat.

Remarqué par des proches de François Mitterrand, c’est peu après sa sortie de l’ENA, en 1974, qu’il adhère au Parti socialiste et rencontre François Mitterrand dont il devient le directeur de cabinet en 1979. Il travaille à ses côtés jusqu’à sa victoire de 1981 : c’est ainsi qu’il le défendra vigoureusement au congrès de Metz en avril 1979, en affirmant contre Michel Rocard que : « entre le Plan et le marché, il y a le socialisme ».

Parallèlement, il est élu premier adjoint au maire du Grand-Quevilly en 1977, puis député de la quatrième circonscription de la Seine-Maritime (Elbeuf, Le Grand-Quevilly). Il pose ainsi les bases de ce qui deviendra son fief électoral.

À la suite de la victoire de François Mitterrand en 1981, il est nommé ministre du Budget, fonction lors de laquelle il instaure l’Impôt sur les grandes fortunes, aboli en 1987 par le gouvernement de Jacques Chirac et ancêtre de l’Impôt de solidarité sur la fortune. Les œuvres d’art étant exclues de l’assiette de recouvrement de l’impôt nouvellement créé, une polémique le visant débuta : en effet, la fortune familiale de ses parents est bâtie sur le commerce des œuvres d’art. Il conteste être à l’origine de cette mesure. Selon la biographie de Jean-Gabriel Fredet, c’est Jack Lang, alors ministre de la Culture, qui aurait obtenu cette exonération, contre l’avis de Fabius. En 1983, il plaide pour une application fidèle du programme de la gauche, soutenant un flottement du franc et le protectionnisme industriel. Toutefois, il se rallie finalement au « tournant de la rigueur » voulu par Pierre Mauroy et décidé par le président pour maintenir la France dans le Système monétaire européen.

Puis à partir de 1983, il devient ministre de l’Industrie et de la Recherche, puis ministre de la Modernisation industrielle du temps où les plus importantes entreprises industrielles étaient dans le giron de l'État. Dans cette fonction, il a entrepris de profondes restructurations qui l'ont fâchées avec le Parti communiste et la CGT, surtout après sa célèbre sortie sur les « canards boiteux », mais qui lui ont acquis l'estime de nombreux dirigeants d'entreprises. Deux anciens membres de son cabinet, Louis Schweitzer et Serge Weinberg, ont depuis fait carrière dans l'industrie.

À la suite de l’échec du projet de réforme de l’éducation mise en œuvre par Alain Savary, François Mitterrand décide de changer de Premier ministre, et remplace Pierre Mauroy par Laurent Fabius le 17 juillet 1984 à ce poste. À 37 ans, il est le plus jeune Premier ministre de la République. Arrivé dans une situation de crise, il poursuit la « politique de la rigueur » afin de maîtriser la dette de l’État et l’inflation. En conséquence, le Parti communiste refuse de participer à son gouvernement.

Sur le plan diplomatique, Laurent Fabius empiète parfois sur le domaine de François Mitterrand. Ainsi, en 1985, il prend fait et cause pour la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud : il rencontre l’évêque anglican Desmond Tutu lors d’une grande réunion à Paris en mai 1985 et obtient que la France impose des sanctions au régime de Pretoria : embargo commercial, suspension de tout nouvel investissement et rappel de l’ambassadeur de France. En juillet 1985, lors d'une interview donnée au quotidien Le Matin, il se définit ainsi : « Au jeu des définitions, je dirais que je suis un socialiste moderne, pragmatique et amoureux de la liberté ».

Au cours de cette même année 1985, en décembre, il s’oppose au président qui invite le général Jaruzelski, chef de la République populaire de Pologne, alors que ce dernier réprime la contestation du syndicat Solidarność, conduit par Lech Wałęsa. Il fait part de son trouble à la tribune de l’Assemblée nationale, puis à la télévision en déclarant "Lui c'est lui, moi c'est moi", ce qui provoque le mécontentement de Mitterrand.

Enfin, il dénonce les excès du régime de Fidel Castro alors même que les proches du président (Danielle Mitterrand et Jack Lang) sont régulièrement invités par le chef de l’État cubain.

Suite à la défaite de la gauche aux législatives de 1986, il quitte Matignon le 20 mars 1986. Il retrouve son siège de député lors de ces élections. Pendant le duel télévisé avec Jacques Chirac, celui-ci le rabroue sèchement en le traitant de « roquet ». Laurent Fabius le reprend en ces termes : « Vous parlez au Premier ministre de la France ».

Il devient président de l’Assemblée nationale en 1988 après la dissolution qui suit la réélection de François Mitterrand. Il conduit la liste socialiste lors des élections européennes du 18 juin 1989 : il est élu, mais réalise un très mauvais score. Le Canard enchaîné titrera même : « Pour Fabius, c’est la pelle du 18 juin » (en référence à l’appel du 18 juin 1940 du général de Gaulle).

Finalement, Laurent Fabius est élu premier secrétaire du Parti socialiste en janvier 1992, et le restera jusqu’au congrès du Bourget, qui suit la défaite de la gauche aux législatives de 1993. Cependant, il subit une perquisition menée par le juge Renaud Van Ruymbeke, le jour même de son installation au siège du parti, le 9 janvier 1992. En octobre 1993, la défaite de la gauche aux législatives l'oblige à céder la place à Michel Rocard.

Ne pouvant se présenter lui-même à l'élection présidentielle en raison de l'affaire du sang contaminé, il se range derrière Henri Emmanuelli contre Lionel Jospin. Élu maire du Grand-Quevilly en 1995, il obtient la présidence du groupe socialiste à l’Assemblée nationale la même année, poste qu’il quitte pour retrouver la présidence de l’Assemblée en 1997, suite à la victoire de la Gauche plurielle aux législatives et la nomination de Lionel Jospin au poste de Premier ministre.

Lors de cette nouvelle traversée du désert, il prend le temps de voyager et de mesurer les problèmes soulevés par la mondialisation, envisageant même de postuler au Fonds monétaire international. À l'époque, des rumeurs médiatiques annoncèrent effectivement son intention de prendre la direction de cette grande institution financière internationale. Loin de se vanter de ne pas posséder de Sicav et définitivement rallié sans arrière-pensée aux lois du marché, il s'est désormais efforcé d'incarner dans la gauche française une tendance plutôt libérale, proche des positions de Tony Blair et de Gerhard Schröder.

Dans un entretien accordé au quotidien Le Monde du 25 août 1999, il dénonce l'emballement de la machine fiscale responsable de la fameuse « cagnotte » et pronostique : « La gauche ne court pas beaucoup de risques d'être battue par la droite, mais elle peut l'être par les impôts et par les charges ». Le 3 février 2000, dans une entretien accordé au quotidien La Tribune, il déclare : « Nous devons aussi alléger l'impôt sur le revenu, à mon avis, pour l'ensemble du barème : en bas, afin d'éviter les « trappes d'inactivité », au milieu pour réduire la charge des classes moyennes, en haut, afin d'éviter la fuite ou la démotivation des contribuables aux revenus les plus élevés » précisant le 7 mars 2000 dans un entretien accordé aux Échos : « Nous devons pour 2002 ramener les prélèvements obligatoires, qui ont considérablement gonflé, à leur niveau de 1995 ».

Non intégré dans les premiers gouvernements Jospin, il rentre en grâce suite à la démission du successeur éphémère de Dominique Strauss-Kahn, Christian Sautter, victime d’une fronde des agents de son ministère, celui de l’économie, face à un projet de réforme interne dont le but était d'établir un lien « entre les rémunérations et la manière dont les tâches sont accomplies » et qui fut considéré comme une provocation par les syndicats. C'est la période du grand remaniement ministériel où Lionel Jospin nomme dans son gouvernement les principaux « éléphants » du PS, jusque là écartés. Il est nommé ministre de l’Économie, des Finances et de l’Industrie le 27 mars 2000. Cependant pour équilibrer politiquement sa présence, le premier ministre fait entrer au gouvernement Jean-Luc Mélenchon, Catherine Tasca, un représentant des verts Guy Hascoët et un communiste Michel Duffour.

Laurent Fabius enterre le projet de son prédécesseur et à Bercy, il met en œuvre la deuxième phase de la réforme des 35 heures, tente de poursuivre la politique de réduction de la fiscalité et de maîtrise des dépenses menée depuis 1997, prônant l'application du principe de sincérité dans les comptes de l'État à l'instar de ce qui se fait dans les entreprises, et tente une modification des pratiques de recrutement dans la fonction publique. Sa politique lui est immédiatement reprochée par ses adversaires plus à gauche, estimant qu’il sacrifie ainsi le social, ce qui renforce la critique de son libéralisme, souvent exercée à son encontre. Cependant, même si le Premier ministre donne l'impression d'écouter son ministre de l'économie en déclarant : « Je retiens donc l'idée avancée par Laurent Fabius et par quelques autres que nous devons poursuivre cette politique d'allègement des impôts. Et l'objectif que je fixe au gouvernement, c'est que d'ici à la fin de la législature nous revenions à un taux de prélèvement qui soit celui qui existait en 1995 », il refuse finalement de conditionner la baisse des impôts à celle des dépenses, et considère les cadeaux fiscaux comme des prélèvements sur les surplus dégagés par la croissance et non pas comme les vecteurs d'une réforme fiscale de fond. De plus, dans une logique d'efficacité électorale, il concentre la baisse des impôts sur les deux tranches les plus basses — les « trappes d'inactivité » évoquées par Laurent Fabius et rien pour les revenus moyens et les tranches les plus élevées — et autorise une large progression des dépenses portée par les investissements dans les hôpitaux, de nouveaux recrutements dans l'Éducation nationale et plus généralement dans toute la fonction publique, contrairement à son engagement sur le gel des effectifs dans la fonction publique.

Laurent Fabius est également le ministre du passage à l'euro, et fut partisan d'une taxation des flux de capitaux. Premier ministre de l'Économie à accepter de dialoguer avec les représentants de l'organisation anti-libérale ATTAC, il participe aussi au Forum social européen aux côtés de José Bové. En 2001, il supprima la vignette pour les véhicules particuliers.

Essayant d'amadouer les syndicats et de vaincre les réticences de la majorité plurielle, persuadée d'être reconduite aux affaires, Laurent Fabius reste en poste jusqu’à la défaite de Lionel Jospin à l’élection présidentielle d’avril-mai 2002. Quelques mois avant la nomination de ce dernier, Laurent Fabius avait pronostiqué : « Lionel Jospin aura deux haies à franchir. S'il perd les législatives, la présidentielle sera aussi perdue » et en décembre 1999 il déclara « Pour gagner, il faut un bilan, mais il faut aussi un projet ».

Lionel Jospin ayant annoncé au soir du premier tour de l'élection présidentielle, le 21 avril 2002, qu’il se retirait de la vie politique, Laurent Fabius est la principale tête d'affiche pour mener les élections législatives qui suivent, difficiles pour la gauche. Dès lors, il affiche ses ambitions présidentielles. C’est François Hollande qui est réélu premier secrétaire du Parti socialiste tandis que Laurent Fabius devient son second au Congrès de Dijon. Il affiche alors une ligne marquée à gauche et par le rejet du libéralisme : il estime que c’est le rejet massif du libéralisme qui explique la défaite socialiste aux élections de 2002. Il prône également ce qu’il nomme une « opposition frontale » à la droite, et exclut toute alliance future avec l’UDF qui, après la réélection de Jacques Chirac, commence à prendre son autonomie.

Au cours de l’année 2004, il se fait remarquer en devenant le plus important responsable socialiste à s’opposer au traité établissant une Constitution pour l’Europe. Dès fin 2003, il évoque son hésitation à l’égard du projet qui prend forme, évoluant ensuite d’un « non sauf si » en juin 2004 à un non définitif qu’il défend au sein du parti socialiste. Ce faisant, il déclenche une vive polémique au sein de l’ensemble des partis socialistes européens, dont la plupart sont acquis au « oui ». Par référendum interne, les militants socialistes décident toutefois le 2 décembre 2004 de soutenir le « oui » par 55 % des voix.

Contrairement à d’autres opposants au TCE au sein du parti socialiste, son courant décide néanmoins de faire campagne pour le « non ». Lors du référendum national du 29 mai 2005, le « non » l’emporte. Le « oui » est ratifié par 16 pays sur 25 (dont 14 par procédure parlementaire sans consultation de la population) et est rejeté par les 2 derniers scrutins directs en France et aux Pays-Bas, les autres scrutins directs prévus (dont celui de la Grande-Bretagne) étant alors annulés.

Son positionnement contre le Traité constitutionnel européen a fait l’objet de nombreuses critiques, particulièrement parmi les socialistes et une partie de la gauche. Il est accusé de manque de sincérité et de cohérence dans son rejet du libéralisme : celui-ci serait en contradiction avec la politique économique qu’il a menée, de 1984 à 1986 et de 2000 à 2002, qualifiée de social-libérale. Ses détracteurs voient dans cette décision une manœuvre opportuniste de positionnement en vue de la présidentielle de 2007. Selon ses partisans, elle est conforme à son évolution dès le lendemain de la défaite historique du PS le 21 avril 2002.

Le 4 juin 2005, le Conseil national vote son exclusion, ainsi que celle de ses amis ayant prône le « non », des instances du secrétariat national du PS (les autres instances étant représentées à la proportionnelle des voix du congrès et étant non touchées). Ce faisant, le Parti socialiste veut clarifier sa ligne politique, tout en prenant le risque de la division, en interne et avec son électorat.

Lors du congrès du Mans de novembre 2005, Laurent Fabius dépose une motion contre la majorité sortante, à laquelle il avait appartenu, avec le soutien de Jean-Luc Mélenchon, André Laignel, Alain Vidalies et Marie-Noëlle Lienemann. Avec le score de 21,21 %, elle arrive en troisième position derrière la motion défendue par la direction sortante (53,6 %) et celle du Nouveau Parti socialiste (23,6 %). Au congrès du Mans, il accepte de voter un texte destiné à faire la synthèse entre les motions, texte qui inclut certains de ses amendements. Il évite ainsi de faire partie d’une minorité du Parti socialiste. Il choisit cependant de ne pas réintégrer la direction du parti, laissant ce soin à d’autres membres de son courant.

Le 10 janvier 2006, Laurent Fabius se déclare candidat à l’investiture du Parti socialiste pour l’élection présidentielle de 2007. Sa candidature a été officialisée le 1er octobre 2006 lors d’un discours prononcé à Fleurance en marge d’un congrès de chercheurs. Étaient en lice pour l’investiture avec lui, Ségolène Royal et Dominique Strauss-Kahn. À l’issue des primaires du 16 novembre 2006, vainqueur dans son département de la Seine-Maritime, en Haute-Corse et à Mayotte, il arrive en troisième et dernière position avec 18,66 % des voix des militants et annonce dès le lendemain son soutien à Ségolène Royal, désignée candidate du Parti socialiste dès le premier tour avec 60,65 % des voix.

Pendant la campagne de 2007, alors qu'il avait auparavant durement critiqué Ségolène Royal, il a pris sa défense au moment où elle a rencontré les premières difficultés. Il démissionne du bureau national du PS en juin 2007.

Il est réélu député de la quatrième circonscription de la Seine-Maritime en juin 2007. Le 3 avril 2008, il prend la tête de la communauté d'agglomération de Rouen, qu'il avait déjà occupé entre 1989 et 2000, avec comme objectif de la faire évoluer en communauté urbaine.

À l’occasion de la désignation du candidat PS pour la présidentielle de 2007, de nouveaux militants, issus notamment du courant Nouveau Parti socialiste se rallient à Laurent Fabius, comme le groupe Nouvelle Gauche de Benoît Hamon et une partie des anciens soutiens d’Arnaud Montebourg. Ces rapprochements se concrétiseront ultérieurement dans l'initiative des "Reconstructeurs" puis de la motion D du Congrès de Reims, dont la première signataire Martine Aubry est élue première secrétaire : les fabiusiens se retrouvent, pour la première fois depuis des années, dans l'axe central de la majorité. A l'occasion de la composition du secrétariat national, il reproche à Claude Bartolone de ne pas avoir obtenu suffisamment de représentants pour son courant, ce qui affaiblit la réputation de complicité entre les deux hommes.

Au sein du Parti socialiste, Laurent Fabius dispose d'un courant et de nombreux soutiens attachés à sa personne. Les proches de Laurent Fabius ou ceux partageant ses idées politiques sont appelés « fabiusiens » ; ses principaux « lieutenants » sont Claude Bartolone, député de Seine-Saint-Denis et Alain Claeys, député de la Vienne.

Historiquement, les fabiusiens se sont opposés aux « rocardiens », puis aux « jospinistes », et plus récemment aux « hollandais » et encore plus récemment à Ségolène Royal.

Lors du référendum sur le Traité constitutionnel européen de 2005, le courant des fabiusiens a défendu le « non », malgré le vote des militants du PS en faveur de ce texte. Des fabiusiens comme Jack Lang ont à cette occasion rompu avec Laurent Fabius.

Les fabiusiens et les proches de Jean-Christophe Cambadélis sont les initiateurs de l'initiative des "Reconstructeurs" qui fédérera des courants épars, caricaturés d'abord comme « l'alliance de la carpe et du lapin », mais qui trouveront une cohérence aboutissant à la la motion D du Congrès de Reims, dont la première signataire Martine Aubry est élue première secrétaire , replaçant les fabiusiens dans l'axe central de la majorité.

Il est membre de la Commission trilatérale depuis 1998, du club Le Siècle, et participe, en 1994, à la réunion du groupe Bilderberg. Il a été élu administrateur de l'Institut François-Mitterrand.

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Gouvernement Laurent Fabius

Cet article présente la composition du gouvernement de la France sous le Premier ministre Laurent Fabius du 17 juillet 1984 au 20 mars 1986.

Laurent Fabius présenta la démission du gouvernement le 20 mars 1986. Le président de la République, François Mitterrand nomma aussitôt Jacques Chirac comme nouveau Premier ministre.

Les ministres du nouveau gouvernement furent nommés le jour même, les ministres délégués et secrétaires d'État le 25 mars.

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Dominique Strauss-Kahn

Dominique Strauss-Kahn au meeting socialiste organisé au Zénith, le 29 mai 2007.

Dominique Strauss-Kahn (dit DSK), né le 25 avril 1949 à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), est un économiste et un homme politique français, membre du Parti socialiste (PS).

Le 28 septembre 2007, il est nommé pour cinq ans au poste de directeur général du Fonds monétaire international (FMI).

Dominique Gaston André Strauss-Kahn est le fils de Gilbert Strauss-Kahn et de Jacqueline Fellus d'origine Tunisienne. Issu d'une famille juive, il grandit à Agadir au Maroc, où il arrive en 1955. Il quitte le Maroc définitivement à la suite du tremblement de terre d'Agadir de 1960 , pour Monaco, puis Paris, où il entre au lycée Carnot. Il étudie ensuite à HEC et à l'Institut d'études politiques de Paris. Il est licencié en droit public, docteur en sciences économiques et professeur agrégé de sciences économiques. Il devient professeur d'économie à l'Université de Nancy 2 (1977-1980) puis à l'université de Nanterre (à partir de 1981) et à l'École nationale d'administration. Après un passage comme professeur à HEC, il a aussi enseigné la microéconomie et la macroéconomie à l'Institut d'études politiques de Paris.

En 1971, il travaille au Centre de recherche sur l’épargne, où il se lie d’amitié avec Denis Kessler (futur vice-président du MEDEF et à l'époque membre de l'extrême gauche). Ce dernier devient son assistant à Nanterre et ils écrivent ensemble, en 1982, L’épargne et la retraite.

Après un court passage au CERES de Jean-Pierre Chevènement au milieu des années 1970, il lie son destin à celui de Lionel Jospin. Ministrable en 1981, il choisit de servir le nouveau premier secrétaire du PS.

Il est professeur d'économie à Nancy II puis à Paris X (1978-1982), et dans le même temps consultant de l'ONU.

En 1982, il entre au Commissariat au plan, dont il devient commissaire-adjoint et chef du service financement.

En 1986, il est élu pour la première fois député de Haute-Savoie et réélu en 1988, mais dans le Val-d'Oise cette fois-ci. Il devient alors président de la Commission des finances. C'est à cette époque qu'il rencontre Paul Hermelin (futur directeur de cabinet à l’Industrie en 1991). Il est secrétaire national du PS, chargé des études et du programme (1986-1988), puis de l'économie et des finances (1988-1989) et professeur d'économie à Paris X-Nanterre (1986-1991). En 1991, François Mitterrand le nomme ministre délégué à l'Industrie et au Commerce extérieur dans le gouvernement d'Édith Cresson. Il conserve ce poste dans le gouvernement de Pierre Bérégovoy, jusqu'aux élections législatives de 1993.

Les élections d'avril 1993 sont une grave défaite pour le Parti Socialiste, il perd son mandat de député, obtenant 48,78 % des voix obtenus au second tour contre Pierre Lellouche (51,21 %), dans la circonscription de Sarcelles et Garges-les-Gonesse.

En 1993, Michel Rocard décide de relancer le « groupe des experts du PS », créé par Claude Allègre, et lui en confie la présidence.

À la différence de nombre de députés désormais privés de mandat mais issus de la fonction publique (et pouvant y retourner), l'ancien ministre socialiste crée alors le cabinet DSK Consultants et exercera quelques temps le métier d'avocat d'affaires.

Il participe également au lancement du « Cercle de l’Industrie », créé en 1994, par Raymond Lévy, alors PDG de Renault. Il s'agit d'un cercle spécialisé dans la défense de l'industrie française à Bruxelles, dont il devient le vice-président et où il côtoie notamment des industriels comme Louis Schweitzer, ancien directeur de cabinet de Laurent Fabius et futur PDG de Renault, et Vincent Bolloré.

Élu maire de Sarcelles en juin 1995, il crée des emplois jeunes ou les zones franches, en vue de permettre un développement de l'emploi. C'est à partir de cette expérience, qu'il nourrira notamment le programme économique du Parti socialiste de Lionel Jospin, en remettant aussi au goût du jour l'idée portée par les syndicats CFDT et CGT de la réduction de la durée légale du travail à 35 heures.

Deux fois divorcé, il épouse en troisièmes noces Anne Sinclair, alors journaliste à TF1 et présentant l'émission politique dominicale Sept sur sept, et divorcée du journaliste Ivan Levaï. Elle renonce à son magazine hebdomadaire lorsque Dominique Strauss-Kahn est nommé ministre de l'Économie et des Finances, suite à la victoire de la gauche aux élections législatives de 1997. Il cède son mandat de maire à François Pupponi.

En 1997, Lionel Jospin, nouveau Premier ministre, le nomme ministre de l'Économie, des Finances et de l'Industrie et Dominique Strauss-Kahn devient une pièce maîtresse du gouvernement. Les bons résultats de l'économie française, le retour de la croissance (forte en France à la fin du XXe siècle) et la baisse du chômage (avec environ 300 000 créations d’emplois dans le secteur marchand, l'année 1998 a été la meilleure pour l’emploi depuis 1969), font que Dominique Strauss-Kahn devient un poids lourd du gouvernement et du parti socialiste.

Cette position centrale au sein du gouvernement lui vaut d'être le chef de file des socialistes aux élections régionales de 1998 en Île-de-France, que la gauche remporte. Cependant, au cours de la campagne, affirmant ne pas vouloir troquer son mandat ministériel contre l'exécutif régional, c'est Jean-Paul Huchon qui est mis en avant et qui devient président du conseil régional.

Alors qu'il était à l'origine du programme économique du PS qui prévoyait la mise en place des 35 heures et des emplois jeunes, c'est à sa collègue, Martine Aubry, que Lionel Jospin confiera la mise en route de ce dispositif auquel elle était initialement hostile. Il exprimera toutefois quelques réserves sur la méthode de mise en place des 35 heures.

Dominique Strauss-Kahn réussit à imposer une baisse de la TVA sur les travaux de rénovation dans le bâtiment, ramenée à 5,5 %, afin de relancer l'activité du secteur ; la conjoncture favorable en Europe permet un redressement partiel des comptes budgétaires (déficit au-delà de 3% sous le gouvernement Alain Juppé) et permet à la France de rejoindre la zone euro.

Bien que le programme économique du Parti Socialiste dont il avait la charge y fût opposé, la France a dû, au tournant des années 1990-2000, se mettre en conformité avec les règlements adoptés par la Commission, le Conseil et le Parlement européens en matière de concurrence. Au cœur de cette période, au titre du Ministère des Finance et de l'industrie, Dominique Strauss-Kahn, comme tous ses prédécesseurs et ses successeurs à la tête de son ministère a eu à superviser des ouvertures du capital engagées de longue date comme celle de France Telecom, ou certaines privatisations d'entreprises publiques qui n'avaient plus vocation à rester dans le giron de l'État, après que celui-ci les eut remises sur pied au cours des seize années passées, depuis la vague de nationalisation de 1982. Ses détracteurs, en particulier dans la gauche antilibérale et parfois par opportunisme dans son propre parti, lui imputeront la responsabilités de « privatisations massives » qui en réalité étaient programmées de longue date, et ne pouvaient plus être repoussées sous peines de sanctions.

Il abroge la loi Thomas sur les fonds de pension et pose les fondements du Conseil d'orientation des retraites (COR), lequel verra le jour en 2000 alors qu'il aura quitté le gouvernement.

Dominique Strauss-Kahn tente d'organiser son influence au sein de son parti, mais s'il réussit à fédérer jospiniens et rocardiens au sein d'un courant politique dénommé Socialisme et démocratie, il peine, dans un premier temps, à transformer l'attraction qu'il exerce en réseau militant efficace et structuré, lui préférant les réseaux informels.

En plein élan, alors qu'il aura inspiré quelques unes des mesures les plus à gauche de la politique économique du gouvernement Jospin, notamment en tournant définitivement la page de la rigueur entamée en 1982, et que les résultats de sa politique économique sont remarqués (réduction des déficits publics et sociaux, baisse du chômage…), Dominique Strauss-Kahn fait l'objet d'une campagne médiatique visant à mettre en cause son rôle en tant que consultant, à une époque où il n'exerçait aucun mandat exécutif ni parlementaire national, dans des affaires judiciaires liées à l'exercice de la profession d'avocat (affaire de la Générale des Eaux, affaire de la MNEF et affaire Elf) entre 1993 et 1995.

Pour pouvoir se défendre et ne pas porter atteinte au gouvernement Jospin, il choisit de démissionner de son poste ministériel en novembre 1999. Après deux ans d'instruction, il sera finalement mis hors de cause par la justice, qui prononcera un non-lieu en novembre 2001. Il se représente lors d'une élection législative partielle et est largement réélu dans sa circonscription du Val-d'Oise.

Il sera remplacé au Ministère des finances et de l'Industrie par Christian Sautter (du 2 novembre 1999 au 27 mars 2000) puis par Laurent Fabius, ancien premier ministre, qui du 27 mars 2000 au lendemain de la défaite de Lionel Jospin dès le premier tour de la présidentielles du 21 avril 2002 mettra en veille les réformes structurelles entamées par ses prédécesseurs au ministère des finances, et infléchira la politique économique du gouvernement socialiste, dans un sens plus social-libéral, procédant notamment à des réductions d'impôts.

Alors que Jacques Chirac remporte l'élection présidentielle et que l'UMP dispose d'une majorité à l'Assemblée nationale, Dominique Strauss-Kahn est réélu député le 16 juin 2002, pour la législature (2002-2007), dans la 8e circonscription du Val-d'Oise. Mais il choisit de ne pas prendre part à la nouvelle direction du PS au congrès de 2003. Il est secrétaire national du PS (2002-2003), membre du bureau national du PS (2003-2005) ; secrétaire national du PS, chargé des élus (novembre 2005-juin 2007).

À la fin de l'année 2004, il réintègre la direction du Parti socialiste en étant chargé, avec Martine Aubry et Jack Lang, du projet socialiste pour 2007.

En parallèle, il cofonde le club de réflexion À gauche en Europe avec Michel Rocard et dont Marisol Touraine est aujourd'hui la présidente.

Il préside également avec Jean-Christophe Cambadélis le courant Socialisme et démocratie dans le Parti socialiste.

Dominique Strauss-Kahn anime un des premiers blogs d'homme politique national ; il fait figure de référence (et l'un des plus visités) en la matière dans le monde politique, avec celui d’Alain Juppé.

En mai 2005, il sort un DVD en faveur du « oui » au projet de traité établissant une Constitution pour l'Europe. Dominique Strauss-Kahn s'investit de manière soutenue pour imposer le « oui de gauche ». À l'issue d'une campagne particulièrement animée, le « non » l'emporte en France à plus de 54%.

En 2006, le Parti socialiste organise des élections primaires pour choisir un candidat à l'élection présidentielle française de 2007. Dominique Strauss-Kahn se présente contre Laurent Fabius et Ségolène Royal. Il représente la sensibilité sociale-démocrate, et compte, parmi ses proches en politique, sur le soutien d'une équipe regroupant Pierre Moscovici, Jean-Christophe Cambadélis, Michel Destot, Catherine Trautmann, Alain Richard, Claude Evin, Jean-Paul Huchon, etc. Il bénéficie également du soutien de Michel Rocard et de Robert Badinter. Il est également soutenu par Socialisme et démocratie jeunes, la branche « jeunesse » de son courant également présente mais minoritaire (15 à 20 %) au sein du Mouvement des jeunes socialistes (MJS) ; la présence de ces jeunes socialistes à ses côtés lui a été bénéfique, puisque dans les départements où ils sont présents, le score de DSK a presque toujours été supérieur à la moyenne nationale. Le 16 novembre 2006, il termine deuxième du vote des militants, avec 20,83 % des voix, contre 60,60 % pour Ségolène Royal.

Dès les résultats parus, Dominique Strauss-Kahn appelle à une rénovation du PS, vers une voie sociale-démocrate, à l'image du tournant pris par beaucoup de partis socialistes européens.

Aux élections législatives de 2007, il remet son mandat de député en jeu, notamment face à Jean-Michel Cadiot (UDF-MoDem) et Sylvie Noachovitch (UMP) dans la huitième circonscription du Val d'Oise (Arnouville-lès-Gonesse, Bonneuil-en-France, Garges-lès-Gonesse, Sarcelles (Canton Nord-Est), Villiers-le-Bel). En 2001 et 2002, l'ancien ministre PS y avait été mis en ballottage par Sophie Jacquest, qui se présentait sous l'étiquette UDF et avait obtenu un score de 45% au second tour.

Il est arrivé deuxième au 1er tour de l'élection législative de 2007, devancé de 90 voix par Sylvie Noachovitch (UMP), mais est élu au second tour avec 55,5 % des voix, obtenant ainsi son meilleur score dans cette circonscription.

Au sortir des législatives de juin 2007, il est un concurrent crédible face à Ségolène Royal pour la tête du Parti socialiste, dont le congrès est prévu en 2008.

Proposé par Jean-Claude Juncker et Romano Prodi, et finalement soutenu par la France et Nicolas Sarkozy, Dominique Strauss-Kahn est durant l'été 2007, le candidat de la France puis de l'Union européenne, pour briguer la direction générale du Fonds monétaire international. Ce soutien européen provoque le renoncement de Marek Belka, candidat soutenu par la Pologne.

Après une tournée mondiale des principales capitales, les États-Unis, la Chine et une importante majorité des pays d'Afrique lui donnent leur soutien, tandis que la Russie tente de contrer cette candidature en proposant Josef Tošovský, ancien Premier ministre tchèque, à ce poste. De même, les pays émergents, à travers une déclaration du G24, demandent à ce que soit revue la règle tacite de la nomination d'un Européen à la tête du FMI et le Financial Times dénonce vertement dans son éditorial du 28 août 2007 une tradition qui n'a plus lieu d'être.

En France, la candidature de Dominique Strauss-Kahn est également analysée dans la perspective de la stratégie d'ouverture politique du président Nicolas Sarkozy, et la question de son avenir sur la scène politique nationale a été posée.

Le 28 septembre 2007, Dominique Strauss-Kahn est nommé à la tête de l'organisation mondiale. Il prend ses fonctions le 1er novembre 2007. Entre temps il a démissionné de son poste de député du Val-d'Oise, le 19 octobre 2007.

Selon le journal L'Express, la rémunération annuelle de Dominique Strauss-Kahn en tant que directeur général du Fonds monétaire international, à Washington, est de 420 930 $ (nets d'impôt), soit 267 400 € auxquels s'ajoute une allocation de frais de 75 350 $, soit 47 800 € (total : 315 200 €).

Dominique Strauss Kahn a annoncé le 17 mai 2008, lors d'un dîner avec ses proches, qu'il envisage d'être candidat à l'élection présidentielle de 2012 et qu'il s'y préparait.

Le 18 octobre 2008, le Wall Street Journal révèle qu'une enquête interne a été ouverte au FMI pour savoir si Dominique Strauss-Kahn a fait preuve de favoritisme au sein de l'organisation. Le FMI suspecte dans cette affaire un éventuel abus de pouvoir de DSK en faveur de sa maîtresse, Nagy Piroska, ancienne responsable du département Afrique du Fonds. Dominique Strauss-Kahn a présenté publiquement ses excuses à son épouse Anne Sinclair, ainsi qu’au personnel du Fonds monétaire international (FMI) pour avoir fait « une erreur de jugement » en ayant une liaison avec une subordonnée, mais a nié tout abus de pouvoir.

Le 21 octobre, le Wall Street Journal précise que le FMI s'interroge, de plus, sur l'influence qu'aurait pu avoir Dominique Strauss-Kahn lors du recrutement d'une stagiaire dans le département de recherche du fonds.

Le même jour, le FMI dément tout favoritisme de Dominique Strauss-Kahn dans l'octroi d'un stage à une Française.

Le 22 octobre, Dominique Strauss-Kahn a mandaté son avocat afin de poursuivre judiciairement ceux qui relaieraient des « rumeurs malveillantes » dont il fait l'objet.

Le 25 octobre, le FMI publie un communiqué disculpant Dominique Strauss-Kahn à l'issue de l'enquête diligentée. Toutefois, le doyen du Conseil d'administration souligne que DSK a commis des actes « regrettables et reflétant une grave erreur de jugement  ».

Son conseiller personnel dans cette crise médiatique, est Ramzy Khiroun ( d' Euro RSCG), qui est aussi « depuis fin 2007, attaché de presse et porte-parole d'Arnaud Lagardère » selon le Canard enchaîné.

Pour Dominique Strauss-Kahn, la mondialisation n'est pas une malédiction. Elle est une chance. Seulement, il faut se donner les moyens de rester en tête en matière d'innovation et de créativité, pour permettre de garantir à tous les Français un niveau de vie élevé.

Dominique Strauss-Kahn assume le fait que la mise en place de telles actions suppose un certain niveau de fiscalité, ainsi qu’une économie en croissance. Pour lui, l’État doit donc mener une politique de relance à court terme, et l'investissement dans la haute valeur ajoutée à long terme.

Pour expliquer les difficultés actuelles de l'économie française, il souligne qu'il s'agit en partie d'une crise de l'offre, notamment le fait que l'économie française est spécialisée sur des secteurs de moins en moins protégés de la concurrence des pays en développement. Le remède passe donc en particulier par un investissement massif dans les nouvelles technologies et l'éducation.

DSK ne fait pas de la propriété publique de certaines entreprises un principe, bien au contraire. Ayant privatisé nombre d'entreprises lors de son passage au gouvernement Jospin, il a envisagé dans La Flamme et la cendre (2002) l'ouverture de capital d'EDF pour permettre des partenariats industriels. Il s'est depuis opposé à la privatisation d'EDF et de GDF en estimant qu'elles ne s'inséraient pas dans des schémas industriels, mais considère qu'en l'état des finances publiques, la renationalisation d'EDF ne doit pas constituer une priorité d'un futur gouvernement socialiste.

À l'image de sa pensée sur la mondialisation, Dominique Strauss-Kahn voit en l'Europe une chance, et non un handicap. Elle doit permettre de défendre les Européens et donc les Français. Il s'est prononcé en faveur du « oui » au traité établissant une constitution pour l'UE. Toutefois, il a tenu compte du choix des Français et entend leur proposer de nouvelles solutions.

Dominique Strauss-Kahn estime que le pacte de stabilité doit être réformé afin de limiter les politiques budgétaires contracycliques. Le mandat de la Banque centrale européenne doit être élargi pour mieux prendre en compte les objectifs de croissance et d'emploi. Il s'agit de mettre en place un mélange de politiques (policy mix) budgétaire et monétaire plus efficace. Il souhaite l'augmentation du budget européen, pour conduire une véritable politique industrielle européenne et financer l'innovation. les règles communautaires en matière de concurrence devraient être repensées.

Il pense par ailleurs que l’Europe doit aller jusqu’à inclure l’ensemble du bassin méditerranéen, notamment la Turquie, le Maghreb et Israël. C'est en facilitant le développement du bassin méditerranéen qu'il sera notamment possible d'apporter des solutions aux problèmes liés à l'immigration.

Il s'est positionné en faveur d'une refonte profonde du système universitaire. Celle-ci doit s'accompagner d'une augmentation très significative des moyens consacrés à l'enseignement supérieur. Constatant que le pourcentage d'une classe d'âge diplômé du supérieur est de 30 % en France contre 80 % en Corée du Sud ou en Suède et de 50 % aux États-Unis, Dominique Strauss-Kahn insiste avec force sur l'ampleur des changements à entreprendre.

Dominique Strauss-Kahn est un soutien de l'Initiative de Genève, plan de paix alternatif prévoyant la création d'un Etat palestinien au côté d'Israël.

Lors du conflit israélo-libanais de 2006, DSK a fait l’analyse que si Israël était effectivement agressé à partir du Liban, le rôle particulier du Hezbollah au sein de la société libanaise et son intérêt à maintenir la tension internationale ne devaient pas être négligé, non plus que son contrôle par l’Iran et par la Syrie. Il a donc préconisé l’instauration d’un cessez-le-feu, sur la base pour le Liban de la libération des otages détenus par le Hezbollah et du désarmement des milices et pour Israël d’une retenue quant à ses actes militaires. Il estimait que ce message devait être transmis aux « différentes parties prenantes », visant ainsi les États soutenant le Hezbollah.

Il a cependant refusé de séparer cette analyse de celle du conflit israélo-palestinien. Dans ce cadre, il enjoignait à Israël de cesser son action militaire au sein de la bande de Gaza et au Hamas de reprendre le processus politique de reconnaissance d’Israël et de négociation pacifique.

A terme, DSK estime que l’établissement d’une paix durable au Proche-Orient doit sans doute être envisagé dans la perspective de son inclusion au sein de l’Europe, processus politique capable d’apporter la stabilité politique et le développement économique nécessaires à cette région.

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Arnaud Montebourg

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Arnaud Montebourg, né le 30 octobre 1962 à Clamecy (Nièvre), est un homme politique français, membre du Parti socialiste. Il est député de la sixième circonscription de Saône-et-Loire (Louhans). Il est également président du conseil général de Saône-et-Loire depuis le 20 mars 2008 et, depuis le Congrès de Reims, Secrétaire National du Parti Socialiste à la Rénovation.

Fils de Michel Montebourg, fonctionnaire des Impôts, et de Leïla Ould Cadi, universitaire, professeur d'espagnol et essayiste issue d'une famille de walis de l'Algérie coloniale.

Arnaud Montebourg a épousé le 31 mai 1997, la veille du second tour des élections législatives qui le virent devenir député, en l'abbaye cistercienne de Valmagne, Hortense de Labriffe, née en 1968, fille du Comte Antoine de Labriffe et d'Anne de Lacretelle et petite-fille par son père du Comte Pierre de Labriffe – propriétaire du Château de Gambais, dans les Yvelines – et par sa mère de l'académicien Jacques de Lacretelle (1888-1985). Elle a été collaboratrice d'Édouard Balladur et de Philippe Douste-Blazy. Elle est aujourd'hui déléguée générale de l'API (Association des producteurs indépendants du cinéma français) et secrétaire générale de Unicine (Union des Cinémas - France).

Ils ont deux enfants, Paul et Adèle.

Originaire de Fixin (Côte-d'Or), Arnaud Montebourg étudie au collège Marcelle-Pardé à Dijon, puis au lycée Stephen-Liégeard à Brochon (Côte-d'Or) avant d'étudier le droit en 1980 à l'Université de Dijon. C'est à cette époque qu'il milite au sein de l'Union nationale des étudiants de France et adhère au Parti socialiste. Il poursuit ses études à l'Université Paris I Panthéon-Sorbonne où il obtient sa licence de droit, puis entre à l'Institut d'études politiques de Paris ; il y tente le concours de l'ENA, auquel il échoue. Un peu avant son service national, il adhère au club fabiusien « Espace 89 », animé par Thierry Mandon.

Arnaud Montebourg fait son service militaire au sein de la classe 85/12 du 120e régiment du train à Fontainebleau, de décembre 1985 à décembre 1986. Ce régiment était réputé pour être un vivier de recrutement pour le ministère en main-d'œuvre diplômée et gratuite. En effet au bout de deux mois, Montebourg est affecté à un standard téléphonique du XIXe arrondissement de Paris puis est employé dans un ministère pour rédiger les discours de remise de médaille et autres cérémonies d'un ministre.

Il commence sa carrière professionnelle comme avocat à la Cour d'appel de Paris (en 1990). En 1993 il devient Premier secrétaire de la Conférence du stage des avocats de Paris.

Le 1er juin 1997, il est élu député de Saône-et-Loire pour le groupe socialiste. Avec Vincent Peillon, il anime la mission parlementaire d'information sur le blanchiment en Europe.

Farouche opposant à l'immunité du Président de la République (en particulier vis-à-vis des affaires de malversation, affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris, financement occulte du RPR, affaire des marchés publics d'Île-de-France, affaire des HLM de Paris, etc.), il propose en 2001 une résolution du Parlement tendant au renvoi de Jacques Chirac, Président de la République, devant la commission d'instruction de la Haute Cour de Justice, commission qui ne sera pas formée, entre autres après le refus du premier ministre d'alors, Lionel Jospin.

Il a été rapporteur de la Commission d'enquête sur les Tribunaux de commerce présidée par François Colcombet, député de l'Allier et rapporteur de la mission anti-blanchiment de l'Assemblée nationale qui enquêta contre les paradis fiscaux en Europe présidée par Vincent Peillon.

Réélu député en 2002, il a été vice-Président de la Commission des lois pendant 5 ans.

Depuis quelques années, il milite pour la rédaction d'une nouvelle constitution au sein de l'association Convention pour la sixième République (C6R), qu'il a fondée officiellement le 2 mai 2001, avec notamment l'éditeur et politiste Guy Birenbaum. Dans cette constitution, les pouvoirs du Président de la République seraient limités à des pouvoirs d'arbitrage, les pouvoirs de décision revenant à un Premier ministre mieux contrôlé par un Parlement aux pouvoirs renforcés. Dans cette idée, il a célébré en août 2004 à Jarnac le quarantième anniversaire de la parution du livre de François Mitterrand Le Coup d'État permanent. Il a publié, en septembre 2005, en collaboration avec le professeur de science politique Bastien François, La Constitution de la Sixième République, réconcilier les Français avec la démocratie.

Pendant la campagne du référendum sur le « projet de traité établissant une Constitution pour l'Europe » (2004-2005), pourtant partisan du « non », il ne prendra pas part à la campagne comme d'autres dirigeants socialistes (Laurent Fabius, Jean-Luc Mélenchon), se soumettant au résultat du référendum interne du parti socialiste.

Partisan de l'entrée de la Turquie à l'Union européenne, il a exprimé le souhait de voir la Turquie intégrer l'Union européenne sous condition de respecter les critères de Copenhague lors d'un entretien paru dans le quotidien Le Parisien daté du 10 avril 2004. Il en est de même pour certains pays des Balkans comme la Bosnie ou l'Albanie.

En 2002 et 2003, il co-fonde avec Vincent Peillon, Julien Dray et Benoît Hamon le courant Nouveau Parti Socialiste qui recueillera 17% voix au Congrès de Dijon du Parti socialiste. À l'occasion de ce congrès, il est élu premier secrétaire fédéral de la fédération PS de Saône-et-Loire.

Lors du Congrès du Parti socialiste au Mans le 20 novembre 2005, il refuse la synthèse générale car selon lui, elle était effectuée à vil prix, et qu'en outre elle ne comporte pas l'idée de VIe République qui lui est chère. En désaccord sur le fond avec ses anciens camarades du NPS, notamment Vincent Peillon et Henri Emmanuelli, il décide de quitter le mouvement du NPS.

Le samedi 10 décembre 2005 à Paris, Arnaud Montebourg et ses amis qui se sont séparés du Nouveau Parti socialiste (NPS), ont créé au cours d'une réunion en présence de quelque deux cents personnes, dont près d'une centaine de correspondants du nouveau mouvement, un courant d'idées au sein du PS nommé Rénover maintenant.

Fin février 2006, il est la seule personnalité du Parti socialiste avec Laurent Fabius à réclamer clairement l'exclusion de Georges Frêche après les propos de ce dernier qualifiant des harkis de « sous-hommes ». De plus, il relie les dérives de M. Frêche à ce qu'il considère comme les effets pervers de la Ve République (aucun contre-pouvoir, barons locaux depuis des décennies).

Électron libre au sein des majorités internes successives du Parti socialiste, il rejoint néanmoins la motion majoritaire à chaque congrès jusqu'en 2002. S'étant abstenu lors de l'adoption en bureau national du projet des socialistes pour 2007, il renonce le 13 juillet 2006 à présenter sa candidature à l'investiture socialiste pour la candidature à l'élection présidentielle de 2007, faute d'obtenir les trente signatures nécessaires de membres du conseil national du PS.

Pour le Congrès de Reims en Novembre 2008, il fait contribution commune avec Pierre Moscovici et Jean Christophe Cambadélis sur la base du refus de la présidentialisation du parti et fusionne son courant Rénover maintenant avec Socialisme et démocratie. Lors du dépôt des Motions le 23 septembre, il apporte son soutien à Martine Aubry au côté de Jean-Christophe Cambadélis, pendant que Pierre Moscovici choisit de soutenir la motion de de Bertrand Delanoë.

Le 24 juillet 2006, il apporte officiellement son soutien à la candidature de Ségolène Royal à l'investiture du Parti socialiste pour la présidentielle de 2007.

Le 2 janvier 2007, Arnaud Montebourg fait paraître dans le journal Libération un article sur l'installation de Johnny Hallyday à Gstaad et, plus largement, sur le statut supposé de paradis fiscal de la Suisse et certains pays de l'Union européenne, avec l'approbation de Ségolène Royal. Le porte-parole de la candidate se refuse ensuite à tout commentaire à la presse suisse (notamment La Liberté), mais donne une interview en podcast sur Betapolitique, où il réaffirme sa position et la radicalise. L'attaque génère une forte émotion en Suisse et dans les pays incriminés, notamment au Luxembourg qui, par le biais de Luc Frieden, réaffirme sa politique bancaire et sa solidarité avec la Suisse. Le 4 janvier 2007, Micheline Calmy-Rey, Présidente de la Confédération Helvétique, rappelle l'apport de la Suisse à la France et exige qu'on fasse preuve de respect pour sa souveraineté et son mode de taxation des résidents. L'affaire est certes comprise dans son contexte électoral, mais prend une résonance particulière si elle est mise en perspective avec les débats intervenant entre la Suisse et l'Union européenne au sujet des accords bilatéraux (fiscalité).

Porte-parole de Ségolène Royal, il présente sa démission le 18 janvier 2007 après avoir lancé une plaisanterie sur François Hollande ("Ségolène Royal n'a qu'un seul défaut. C'est son compagnon") mal perçue par Ségolène Royal. Royal préfère le suspendre symboliquement de sa fonction pendant un mois.

En difficulté à l'issue du premier tour le 10 juin, récoltant 41,3% des voix contre 44% pour l'ancien agent de la DGSE Arnaud Danjean, il est réélu avec 50,37% des suffrages le 17 juin.

Lors d'une campagne mouvementée, il qualifie son adversaire de « barbouze en goguette » pendant un meeting à Saint-Rémy en présence de Ségolène Royal. Le soir de sa réélection, il fait cette déclaration : « Rien ne sera plus jamais comme avant au parti socialiste ! Fini le temps des éléphants révolus et place aux jeunes lions ! » .

Il confirme ainsi sa volonté d'apparaitre comme leader du pôle des rénovateurs du Parti socialiste, et réussit à gagner son troisième mandat dans une circonscription plutôt portée à droite avant sa première élection et qui a voté majoritairement (53 %) pour Nicolas Sarkozy aux élections présidentielles.

Le 27 juin 2007, il est nommé par Jean-Marc Ayrault 1er vice-président du groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche (SRC) de l'Assemblée Nationale, chargé de la commission "prospective", directement chargé de répondre à Éric Besson, secrétaire d'État en charge de cette question. En juillet 2008, il est de nouveau candidat au poste de président de groupe.

Farouche opposant au projet de réforme de la carte judiciaire, il met en difficulté le garde des sceaux Rachida Dati lors des séances de questions au gouvernement de l'assemblée nationale, allant même jusqu'à la qualifier d'« aussi stupide que sa réforme » et « d'incompétente ». Virulent, il accuse Bernard Kouchner de ne jouer qu'un « tout petit rôle de figurant ».

Farouche partisan, et praticien pendant 11 ans, du mandat unique, il décide fin 2007, après avoir consulté sur son blog ses administrés, de se présenter à l'élection cantonale de 2008 dans le canton de Montret, et ainsi de céder à la pratique du cumul des fonctions de député et de conseiller général.

Il est élu le 9 mars 2008 au premier tour, avec 54,59% de suffrages exprimés puis président du conseil général de Saône-et-Loire.

Ses prises de positions tranchées (notamment envers la corruption, le statut pénal du chef de l'État, la Ve République) lui valurent de nombreux surnoms, souvent attachés aux articles.

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Jean-Luc Mélenchon

Jean-Luc Mélenchon en compagnie d'Olivier Besancenot et de José Bové lors d’un meeting pour le non au référendum sur la Constitution européenne.

Jean-Luc Mélenchon, né le 19 août 1951 à Tanger (Maroc), est un homme politique français de gauche.

Titulaire d’un DEUG de lettres modernes, d’une licence de philosophie et d’une maîtrise dans cette discipline, il a été professeur dans l’enseignement technique, correcteur dans l’imprimerie, ouvrier d’entretien, journaliste, puis directeur de cabinet municipal en banlieue parisienne.

Adjoint au maire de Massy en 1983, il est élu conseiller général à partir de mars 1985, président délégué du conseil général de l'Essonne en 1998 et sénateur de l'Essonne le 28 septembre 1986 (réélu en 1995 et 2004).

C'est une figure historique de l'aile gauche du Parti socialiste jusqu'en novembre 2008, date à laquelle il quitte ce parti pour fonder le Parti de gauche (PG).

Leader du mouvement lycéen lors de Mai 68 dans sa ville de Lons-le-Saunier, il rejoint l’Union nationale des étudiants de France dès son entrée en faculté en septembre 1969. À l'issue des événements de mai-juin 1968 à Besançon, la Ligue communiste et le PSU, majoritaires dans l'AGEC-UNEF, appuient une prise en main du syndicat par les partisans de sa mutation en « mouvement politique de masse ». En s’y opposant, Jean-Luc Mélenchon rejoint l'Organisation communiste internationaliste, courant trotskiste d'obédience lambertiste, qui tente de contrer cette politique. Après la scission de l’UNEF en 1970, Jean-Luc Mélenchon participe au combat pour reconstruire l'UNEF locale comme syndicat défendant les intérêts matériels et moraux des étudiants, à la fois contre le courant syndical issu de l'UEC, animant l'UNEF-Renouveau, liant le syndicat aux conseils de gestion de la loi Faure, et contre les courants gauchistes qui visent sa transformation en mouvement politique. C'est à ce titre qu'il devient président de l’union locale étudiante, puis intègre le bureau national de l'Unef-Unité syndicale en 1974. Sa liste aux élections du CROUS en 1975 obtient 60 % des suffrages exprimés.

De 1972 à 1975, il devient le dirigeant de l'OCI à Besançon et joue un rôle important dans l'implantation régionale de cette organisation à Dole et Lons-le-Saunier (Jura). Sa pratique de leader syndical de masse — animation des luttes étudiantes et ouvrières des années 1969-1974, en particulier la grève des Lip, importante industrie horlogère bisontine démantelée quelques années plus tard — l'amène progressivement à prendre ses distances avec la conception léniniste du parti. C'est l'époque où le Parti socialiste de François Mitterrand reconstitué au congrès d'Épinay en 1971, occupe progressivement à gauche tout l'espace du socialisme démocratique, mettant le PCF en difficultés électorales.

Jean-Luc Mélenchon quitte Besançon pour entrer dans l'activité professionnelle à Lons-le-Saunier et adhère au PS en 1977. Il y occupe très vite des responsabilités départementales et développe un journal fédéral qui combat pour l'union PS-PCF; c'est l'époque où le second rompt les accords d'union de la gauche sur un programme commun de gouvernement. Remarqué lors d'une fête jurassienne du Poing et la Rose par Claude Germon, maire de Massy et membre du bureau exécutif du PS en charge du secteur entreprise du parti socialiste, il part en région parisienne et devient directeur de cabinet de ce responsable politique.

Il devient un des principaux dirigeants mitterrandistes de la fédération de l'Essonne, ce qui le conduit au poste de premier secrétaire de cette fédération au congrès de Valence en 1981. S'opposant à la fois à la Deuxième gauche rocardienne et au CERES de Chevènement, il travaille à l'organisation du courant mitterrandiste, en Essonne d'abord puis à travers une publication « Données et Arguments », qui sera le creuset d'un courant ancré à la gauche du parti.

Fondateur avec Julien Dray de la Gauche socialiste en 1988, il s'oppose à l'entrée de la France dans la première Guerre du Golfe contre la majorité de son parti. La Gauche socialiste présentera sa propre motion lors de trois congrès du PS jusqu'à sa disparition en 2002. Elle obtient des scores oscillant entre 7,3 % et 13,3 % des suffrages exprimés. Lors du dramatique Congrès de Rennes (aucune motion n'atteindra les 30 %), dans le cadre duquel l'aile gauche du parti part divisée en quatre, Jean-Luc Mélenchon conduit sa propre motion, qui obtient 1,35 % des voix. Lors du Congrès de Brest en 1997, il se présente au poste de Premier secrétaire du PS : seul concurrent face à François Hollande, il obtient 8,81 % des voix. En mars 2000, il accepte de participer au gouvernement de Lionel Jospin comme ministre délégué à l’enseignement professionnel.

Tirant le bilan de la défaite électorale d’avril 2002, lorsque la composante animée par Julien Dray fait le choix de passer dans l’équipe de François Hollande, Jean-Luc Mélenchon cofonde le courant Nouveau Monde avec Henri Emmanuelli. Leur motion obtiendra 16,3 % des voix lors du Congrès de Dijon, un score équivalent à celui du Nouveau parti socialiste (NPS), l'autre principale formation de l'aile gauche du parti.

Après le référendum interne au Parti socialiste sur le projet de traité établissant une Constitution pour l'Europe et la victoire du oui, il enfreint les consignes de son parti et fait campagne aux côtés de Marie-George Buffet (PCF), Olivier Besancenot (LCR) et José Bové (Confédération paysanne) lors de meetings communs pour un non de gauche.

La campagne du non amène l'éclatement de Nouveau Monde et la recomposition de l'aile gauche du Parti socialiste. Alors qu'Henri Emmanuelli crée un nouveau courant, Alternative socialiste, Jean-Luc Mélenchon créé de son côté Trait d'union. Il fonde dans le même temps l’association PRS (Pour la république sociale), en dehors et indépendamment du Parti socialiste, dans le but de formuler et de faire vivre une orientation clairement républicaine et antilibérale dans la gauche française. PRS se prononce pour une force politique nouvelle qui prenne en compte à la fois l'échec de ce qui fut le modèle soviétique et l'impasse d'une social-démocratie européenne qui accompagne les « réformes » du néo-libéralisme,. Selon PRS, une autre voie est possible, c'est ce que traduirait l'émergence d'un parti comme Die Linke en Allemagne.

Après la victoire du non dans le pays au référendum du 29 mai 2005, il se présente lui-même comme le « trait d'union » au sein du Parti socialiste et des partenaires de gauche, d'où le nom de son nouveau courant. Il défend l'idée selon laquelle le candidat socialiste pour l'élection présidentielle de 2007 doit être une personne qui a défendu le non au référendum sur la Constitution européenne, car cette échéance coïnciderait selon lui avec la calendrier européen pour une renégociation du traité constitutionnel qui devrait s'appliquer à partir de 2009. Dans cet esprit, pour Jean-Luc Mélenchon, Laurent Fabius serait le rassembleur au sein du PS.

Lors du Congrès du Mans, en novembre 2005, Trait d'union (TU) dépose une contribution. L'aile gauche du PS, malgré le consensus de ses leader sur la question européenne, partira à nouveau divisée, TU rejoignant la motion conduite par Laurent Fabius et soutenue par Marie-Noëlle Lienemann, tandis que les autres leader de l'aile gauche se rassemblent derrière la motion présentée par le NPS. La première obtiendra 21,2 %, la seconde 23,6 %, tandis que les militants reconduisent la majorité sortante de François Hollande (53 %). Dans le cadre de l'élection primaire organisée un an plus tard au PS pour départager les candidats à la candidature socialiste à l'élection présidentielle, Jean-Luc Mélenchon apporte à nouveau son soutien à Laurent Fabius.

À ce titre, il déclarait le lundi 22 août 2005 : « Il n'y a pas cinquante candidats pour l'élection présidentielle de 2007 au PS, au point où nous en sommes, il n'en reste que deux : Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn. Ce sont deux hommes intelligents, qui ont bonne mine, mais il faut bien les démarquer sur quelque chose donc sur leurs idées et leurs engagements. Je souhaite que le PS ne fasse pas l'erreur d'aller présenter un candidat qui aurait été partisan du oui . Par raisonnement, je déduis que c'est Laurent Fabius qui doit être candidat. Fabius a été ministre, il est capable de diriger le pays. Je vais le soutenir, mais pas de chèque en blanc ». Le surlendemain de l'investiture de Ségolène Royal par le Parti socialiste, il assistait à un meeting de la gauche antilibérale, laissant planer le doute sur son éventuel soutien à sa candidature à l'élection présidentielle.

Après l'échec du Collectif national pour un rassemblement antilibéral à apporter son soutiens à une candidature, il écrit sur son blog : « Une partie de l'électorat politisé de la gauche se démobilise. Il ne se sent pas représenté. Une partie de la population électorale parmi les désemparés (par la dureté de la vie) - désorientés (par l'absence d'alternative politique radicale intelligible) va continuer à flotter entre l'indifférence écœurée et les poussées de colère électorale aveugle. Enfin, la centralité de la candidature socialiste à gauche est désormais totale, que cela plaise ou pas, parce qu'elle paraît la seule efficace pour atteindre le programme commun le plus élémentaire : être présent au deuxième tour et battre la droite », affirmant donc son soutien à Ségolène Royal. La défaite de cette dernière au second tour du scrutin présidentiel, face au candidat de l'UMP Nicolas Sarkozy, l'amènera à critiquer de manière très vive la stratégie de l'ex-candidate, notamment par le biais de son livre « En quête de gauche ».

À l'occasion du Congrès de Reims en septembre 2008, Trait d'union dépose une nouvelle contribution. Appelant à l'union de toutes les tendances de l'aile gauche du PS, Jean-Luc Mélenchon parvient très tôt à un accord avec le courant Forces militantes animé par le député nordiste Marc Dolez. Mais les autres tendances, rassemblées autour du Nouveau parti socialiste de Benoît Hamon et Henri Emmanuelli, hésitent longtemps entre cette stratégie et un soutien à la motion conduite par Martine Aubry et Laurent Fabius. La veille du dépôt des motions, un accord est finalement convenu entre les sept contributions de l'aile gauche du PS, et Jean-Luc Mélenchon fait partie des signataires de la motion C intitulée « Un monde d'avance », conduite par Benoît Hamon. Il a qualifié ce rassemblement d'« évènement historique » : cette motion rassemble en effet pour la première fois toutes les sensibilités de l'aile gauche du PS, avec des personnalités emblématiques de cette tendance comme Gérard Filoche, Marie-Noëlle Lienemann ou Paul Quilès.

Le 7 novembre 2008 a lieu le vote des militants socialistes pour départager les différentes motions. La motion soutenue par Ségolène Royal arrive en tête avec environ 29 % des suffrages exprimés, tandis que celle conduite par Benoît Hamon arrive en quatrième position avec moins de 19 %. Pour Jean-Luc Mélenchon, c'est une victoire de la majorité sortante, qui emporte 80 % des suffrages et, parmi elles, de celle prônant l'alliance au centre. S'estimant trop éloignés de cette tendance au point qu'il ne soit pas utile de prendre part au Congrès, lui et Marc Dolez font part de leur décision, « par fidélité à leurs engagements » et dans un soucis d'indépendance d'action, de quitter le Parti socialiste, pour créer un nouveau mouvement « sans concession face à la droite ». Ils ont annoncé « la construction d'un nouveau parti de gauche », simplement intitulé "le Parti de gauche" (sur le modèle allemand de Die Linke), et appelé « à la constitution d'un front de forces de gauche pour les élections européennes ». Le 18 novembre, à l'occasion d'une rencontre avec le Parti communiste français, les deux partis ont annoncé leur alliance sous forme de « partenariat », dans le cadre d'un « front de gauche pour une autre Europe démocratique et sociale, contre la ratification du Traité de Lisbonne et les traités européens actuels ». Le meeting de lancement du Parti de gauche a eu lieu le 29 novembre à Saint-Ouen, en présence du co-président de Die Linke Oskar Lafontaine.

Les propos et prises de positions de Jean-Luc Mélenchon suscitent les réactions de divers mouvements et personnalités.

Suite à sa sortie sur la « majorité gouvernementale nationale-catholique anti-européenne depuis ralliée par l’extrême droite » de Lech et Jarosław Kaczyński en Pologne et sur les Lituaniens au cours de la campagne de 2005, le journaliste Jean Quatremer l'a qualifié de « social-souverainiste » et l'a accusé de « flirter avec la xénophobie ».

Opposé « à ce que des groupes de locuteurs aient des droits particuliers », mais non, selon ses propos, « à la pratique des langues régionales », ses prises de position sur l'enseignement de la langue bretonne par les écoles Diwan - ainsi que le financement par l'État de ces dernières - ou sur certains régionalistes bretons qualifiés d'« identitaires ethnicistes », il s'est attiré l'opposition d'autonomistes bretons, de linguistes, de la commission culture du PCF, etc. Ses propos ont également suscité des critiques parmi les socialistes de la région Bretagne, qu'il avait accusés de favoriser les « autonomistes », lors de l'organisation de la Breizh Touch, en septembre 2007 à Paris. À cette occasion, Jean-Yves Le Drian, président socialiste de la région Bretagne, répondant à ses accusations de « manipulation », le qualifie de « paon sectaire d'avant guerre ». Quant à Jean-Jacques Urvoas, député de Quimper, il dénonce « l'irrationalité » de l'« idéologie nationaliste » de Jean-Luc Mélenchon, de même que ses « propos diffamatoires », à propos d'une intervention au Sénat hostile à la langue bretonne.

En avril 2008, il se prononce contre « le boycott des jeux de Pékin et la propagande anti-chinoise », jugeant dans cette attitude une « morgue ressemblant à du racisme » et « l’écho du mépris des colons qui ont imposé en leur temps les armes à la main l’obligation pour les Chinois de faire le commerce de l’opium ». Selon lui, « le dossier du Tibet tel que présenté par ses partisans est un facteur de violences, de guerres et de déstabilisation aussi considérable que celui des Balkans. ». Ces positions polémiques génèrent des critiques l'accusant de « reprendre fidèlement l'historiographie officielle de Pékin »,. Face à ses détracteurs, Jean-Luc Mélenchon publie de nouveau un long article sur la question du Tibet le 24 avril 2008.

Cofondateur du courant « Gauche socialiste » au PS, membre du conseil national du PS, membre du bureau national du PS, directeur de la rédaction du bulletin hebdomadaire À Gauche, co-fondateur et président du courant socialiste « Nouveau Monde », jusqu'à son départ du PS en novembre 2008.

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Source : Wikipedia