Karl Marx

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Posté par seb 26/03/2009 @ 09:07

Tags : karl marx, auteurs, littérature, culture

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Karl Marx

Karl Marx, 1875

Karl Heinrich Marx, né le 5 mai 1818 à Trèves en Rhénanie et mort le 14 mars 1883 à Londres, était un activiste politique, philosophe et théoricien allemand, célèbre pour sa critique du capitalisme et sa vision de l'histoire comme résultat de la lutte des classes, à l'origine du marxisme.

Karl Heinrich Marx est né à Trèves (aujourd'hui en Rhénanie-Palatinat) en 1818 alors sous domination prussienne. Il est le second des huit enfants que compte la famille. Son père, Heinrich Marx (1782–1838), avocat issu d’une famille de rabbins et de marchands, s’est converti au protestantisme en 1816 ou 1817 pour pouvoir exercer sa profession. Sa mère s'appelle Henriette née Pressburg (1788–1863). Karl Marx est baptisé dans le luthéranisme en 1824.

Il rentre au lycée Gymnasium Friedrich-Wilhelm de Trèves en 1830. Après avoir obtenu son Abitur (baccalauréat en Allemagne), Marx entre à l'université, d'abord à Bonn, en octobre 1835, pour y étudier le droit, puis à Berlin, à partir de mars 1836 où il se consacre davantage à l'histoire et à la philosophie. Il finit ses études en 1841 par la présentation d'une thèse de doctorat rédigée en grec ancien : Différence de la philosophie de la nature chez Démocrite et Épicure (Differenz der demokritischen und epikureischen Naturphilosophie). Marx est reçu docteur de la faculté de philosophie de l'université de Iéna le 15 avril 1841.

À Berlin, il appartient au cercle des « Hégéliens de gauche », dénommés aussi « Jeunes hégéliens » (avec Bruno Bauer et d'autres) qui cherchent à tirer des conclusions athées et révolutionnaires de la philosophie de Georg Hegel.

L'hégélien de gauche Ludwig Feuerbach s'était lancé dans une critique de la théologie à partir de 1836 et avait commencé à se tourner vers le matérialisme (par opposition à l'idéalisme hégélien). En 1841, cette orientation matérialiste prend le dessus dans sa philosophie (L'essence du Christianisme) et se combine avec la dialectique dite idéaliste de Hegel pour lui donner un caractère scientifique et historique saisissant le réel dans la logique de son évolution. Cette position se heurte à la politique du gouvernement prussien qui avait enlevé à Feuerbach sa chaire en 1832, puis lui avait interdit de revenir à l'université en 1836. Pour finir, les mêmes autorités interdisent à Bruno Bauer, autre grande figure de l'hégélianisme de gauche, d'enseigner à Bonn en 1841.

Marx, après avoir obtenu son diplôme universitaire, part pour Bonn avec l'espoir d'y devenir professeur. Mais face à cette politique du gouvernement, il abandonne l'idée d'une carrière universitaire.

Au début de 1842, certains bourgeois radicaux de Rhénanie, en contact avec les Hégéliens de gauche, créent à Cologne un journal d'opposition au gouvernement, la Rheinische Zeitung (Gazette Rhénane). Ils proposent à Marx et Bruno Bauer d'en devenir les principaux collaborateurs. En octobre 1842, Marx en devient le rédacteur en chef et s'installe à Cologne.

La tendance démocratique révolutionnaire du journal s'accentue sous la direction de Marx. Le gouvernement réagit en lui imposant une double, puis une triple censure. Puis, le 1er janvier 1843, il l'interdit. Marx avait été contraint de démissionner avant cette date, mais cela ne sauva pas le journal, qui suspendit sa publication en mars 1843.

L'un des principaux articles de Marx dans la Rheinische Zeitung est celui consacré aux conditions de vie des vignerons de la vallée de la Moselle. Ce reportage, ainsi que l'ensemble de ses activités journalistiques, lui fait prendre conscience de ses insuffisances en matière d'économie politique et le pousse à se lancer dans une étude en profondeur de celle-ci.

En 1843 à Bad Kreuznach, Marx épouse une amie d'enfance, Jenny von Westphalen, avec laquelle il s'était fiancé étudiant. Sa femme est issue de la noblesse prussienne, son frère aîné deviendra ministre de l'Intérieur de Prusse au cours d'une des périodes les plus réactionnaires que connut ce pays, de 1850 à 1858. Il a eu plusieurs enfants mais seules trois filles parviendront à l'âge adulte (Jenny Caroline (1840-1883) épouse Longuet, Laura (1845-1911) et Jenny Julia Éléanor (1855-1898). Laura épousera Paul Lafargue, socialiste français ayant laissé dans ses Souvenirs personnels sur Karl Marx une biographie intimiste du philosophe.

À l'automne 1843, Marx s'installe à Paris afin de publier un journal radical à l'étranger avec Arnold Ruge (1802-1880). Un seul numéro des Annales franco-allemandes est édité. La publication s'interrompt du fait des grosses difficultés dans la distribution clandestine du journal en Allemagne et aussi par suite de désaccords entre Marx et Arnold Ruge. Les articles de Marx montrent que celui-ci se positionne déjà comme un révolutionnaire défendant une « critique impitoyable de tout l'existant » (même si « l'arme de la critique ne peut pas remplacer la critique des armes ») comptant sur les masses et le prolétariat pour changer l'ordre des choses, et non plus sur quelques dirigeants éclairés.

En septembre 1844, Marx rencontre Friedrich Engels qui passe quelques jours à Paris ; c'est le début d'une profonde amitié. Engels avait dû à l'âge de 18 ans quitter le lycée pour devenir employé de commerce à Brême pour des raisons familiales. Étudiant par lui-même la philosophie, il était devenu partisan de Hegel tout en rejetant le soutien que celui-ci avait apporté à l'État prussien. En 1842, il avait quitté Brême pour prendre un poste dans une firme commerciale de Manchester dont son père était l'un des propriétaires. Là, il avait rencontré la misère prolétarienne dans toute son ampleur et en avait étudié systématiquement les conditions (La condition des classes laborieuses en Angleterre, 1845). Cette rencontre n'est donc pas le fruit du hasard.

Peu après celle-ci, Marx et Engels travaillent de concert à leur première œuvre commune : La sainte famille où ils s'attaquent à la philosophie critique de Bruno Bauer dont ils avaient été proches. Vient ensuite L'Idéologie Allemande (essentiellement rédigée par Marx) principalement axé autour d'une critique très virulente de Max Stirner intitulée 'Saint Max' et qui occupe près des deux tiers de l'ouvrage. Cet ouvrage défend une conception matérialiste de l'histoire qui dépassait la conception du matérialisme de Feuerbach. Par une critique sévère de Bruno Bauer et de Max Stirner, Marx et Engels marquent ainsi une rupture non seulement avec Feuerbach, mais aussi avec le socialisme utopique et l'idéalisme des jeunes hégéliens, et plus largement l'idéalisme de Hegel lui-même. Mais l’ouvrage ne trouve pas d’éditeur, et il ne sera publié que près d’un siècle plus tard. Dans les Thèses sur Feuerbach, court texte retrouvé dans le même manuscrit, Marx écrit (Thèse XI) : « Les philosophes n’ont fait qu’interpréter le monde de diverses manières ; ce qui importe, c'est de le transformer ».

Sur la demande insistante du gouvernement prussien, Marx, considéré comme un dangereux révolutionnaire, est chassé de Paris en 1845. Il arrive alors à Bruxelles. La maison qu'il occupe au 50 de la rue Jean d'Ardenne à Ixelles entre janvier 1847 et février 1848 sert de point de rencontre à tous les opposants politiques. Marx participe à l'Association Démocratique de Bruxelles, dont il est élu vice-président.

Au printemps 1847, Marx et Engels rejoignent un groupe politique clandestin, la Ligue des Communistes. Ils y prennent une place prépondérante lors de son second congrès à Londres en novembre 1847. À cette occasion, on leur demande de rédiger le Manifeste de la Ligue, connu sous le nom de Manifeste du Parti communiste, qui paraît en février 1848.

À l'éclatement de la Révolution de février 1848, Marx quitte la Belgique pour revenir à Paris. Avec l'extension de la révolution à l'Allemagne, il part pour Cologne pour y devenir rédacteur en chef de la Neue Rheinische Zeitung (La Nouvelle Gazette Rhénane) publiée du 1er juin 1848 au 19 mai 1849.

Avec la victoire de la contre-révolution, Marx est poursuivi devant les tribunaux, notamment pour avoir publié dans la Gazette une proclamation du révolutionnaire en exil Friedrich Hecker. Il se défend devant les jurés en déclarant : « Le premier devoir de la presse est donc de miner toutes les bases du système politique actuel ». Il est acquitté le 9 février 1849, mais le gouvernement l'expulse le 16 mai de la même année, bien qu'il soit citoyen prussien.

Il retourne alors à Paris dont il est de nouveau chassé après la manifestation du 13 juin 1849. Il part ensuite pour Londres où il résidera le restant de ses jours.

La vie de Marx en exil est extraordinairement difficile comme en témoigne sa correspondance. Malgré l'aide financière d’Engels, lui et sa famille doivent faire face à une extrême misère : « Ma femme est malade, la petite Jenny est malade, Léni a une sorte de fièvre nerveuse. Je ne peux et je ne pouvais appeler le médecin, faute d'argent pour les médicaments. Depuis huit jours, je nourris la famille avec du pain et des pommes de terre, mais je me demande si je pourrais encore me les procurer aujourd'hui » (à Engels, 4 septembre 1852). L'un de ses enfants, Edgar, mourra d'ailleurs de faim.

Il écrit alors une série de sept articles, rassemblés sous le titre Le 18 brumaire de Louis Bonaparte, décrivant les débuts de la deuxième République française et son évolution vers le coup d'état du 2 décembre 1851 aboutissant au Second Empire. Jusqu’à la fin de l'année 1862, alors qu'il vient d'entamer la rédaction du Capital, la situation reste critique malgré l'aide d'Engels, lui-même en difficulté financière en raison de la crise américaine, et de son oncle Lion Philips qui lui consent une avance sur héritage. En 1864 sa situation financière s'améliore grâce à l'héritage de sa mère, qui avait toujours refusé de lui verser la part qui lui revenait de celui de son père et ne lui aura fait grâce que de quelques dettes anciennes, mais le train de vie de la famille Marx reste d'un niveau modeste.

Il consacre toutes les années 1850 à rédiger des centaines d'articles « alimentaires » pour des journaux comme le New York Tribune tout en se livrant à des recherches approfondies en économie, histoire, politique, etc. Dans le même temps, il reste en correspondance avec les révolutionnaires du continent et rédige des brochures politiques en lien avec l'actualité. Il passe aux yeux des gouvernants prussiens comme le chef d'une organisation de conspirateurs, alors que la Ligue des Communistes n'existe plus depuis son auto-dissolution en 1852. Il est en fait isolé. Sa situation économiquement précaire ralentit son travail.

Ce n'est qu'en 1859 qu'il achève et publie la Contribution à la critique de l'économie politique. Y sont présents tous les éléments essentiels, en particulier la loi de la valeur, du Capital. Marx écrit à cette époque : « Je ne pense pas qu'on ait jamais écrit sur l'argent tout en en manquant à ce point ».

En 1859, il sort de son isolement politique pour prendre la direction du journal germanophone Das Volk en lien avec les regroupements qui s'opèrent dans le mouvement ouvrier allemand et qui vont déboucher sur la constitution par Ferdinand Lassalle du premier véritable parti ouvrier allemand (ancêtre du SPD).

En 1867 Marx publie enfin, après plus de 20 ans de travail, la première partie de son ouvrage Le Capital. Il continue son travail pour achever les deux tomes suivants mais, malade et manquant de temps, il ne laissera que des brouillons inachevés.

En 1864, il rédige l’Adresse Inaugurale de l'Association Internationale des Travailleurs, qui se fonde alors. Cette adresse inaugurale devient l'âme de cette Première Internationale. Tout l'effort de Marx dans la rédaction de cette inauguration tend à unifier le mouvement ouvrier qui connaît toutes sortes de formes de regroupements se réclamant du socialisme sur des bases diverses et contradictoires (Mazzini en Italie, Proudhon en France, Michel Bakounine en Suisse, syndicalisme britannique libéral britannique, droite lassalienne en Allemagne, etc.).

La Commune de Paris est écrasée en 1871. Marx rédige un texte qui est adopté par l’Internationale : La Guerre civile en France. Karl Marx tire la conclusion que le prolétariat ne peut pas se contenter de s'emparer de la machine d'État pour la faire fonctionner à son profit : il devra la détruire de fond en comble. Marx salue la nouvelle démocratie apparue avec la Commune : le principe de l'éligibilité et la révocabilité des responsables à tous les niveaux de la société (exécutif, législatif, judiciaire). Ce texte fait grand bruit, et le nom de l’auteur est alors révélé : Karl Marx acquiert pour la première fois une certaine renommée, y compris au sein du mouvement ouvrier.

Des divergences importantes apparaissent au sein de l'Internationale. En 1872, les bakouniniens sont exclus, de par la constitution d’une fraction secrète mais aussi à cause de la dégradation des rapports entre Marx et Bakounine. S’y ajoutant la quasi-disparition du mouvement ouvrier en France du fait de la répression de la Commune, l'AIT cesse pratiquement d'exister en Europe (une partie importante des militants de l’Internationale ont préféré suivre les principes fédéralistes prônés notamment par Bakounine). Le Conseil général de l’AIT de Londres est transféré à New-York (les anarchistes y sont beaucoup moins présents qu'en Europe) et une internationale ouvrière fédéraliste réunissant des exclus se constitue la même année.

La santé de Marx est minée par son travail politique inlassable d'organisation de l'Internationale et la rédaction encore plus épuisante de son œuvre. Il laisse pour l’essentiel à Engels le soin de suivre les développements du SPD, même si en 1875 Marx écrit une critique très sévère du programme de Gotha du SPD. Karl Marx se consacre ensuite essentiellement à l'achèvement du Capital, pour lequel il collecte une masse considérable de nouveaux matériaux et, en plus des langues qu'il maîtrisait déjà (français, anglais, italien et allemand), apprend le russe. Toutefois, sa santé déclinante l'empêche d'achever les deux derniers volumes du Capital. Engels se chargera par la suite de rassembler et mettre en forme ses notes afin de publier des matériaux partiels.

Jenny, sa femme qui l'avait fidèlement soutenu, décède le 2 décembre 1881. Après un séjour en Algérie, Marx s'éteint paisiblement dans son fauteuil le 14 mars 1883. Il est enterré près de sa femme dans le cimetière de Highgate à Londres, Angleterre. Les deux époux avaient rompu avec leur milieu social et restèrent fidèles, dans l'adversité comme dans la misère, à un idéal d'émancipation humaine,,.

De façon assez étonnante, il n'existe aucune édition exhaustive des écrits de Karl Marx. L'édition la plus complète en allemand est la « MEGA » (Marx-Engels-Gesamtausgabe), initiée par David Riazanov. L'édition la plus complète en français est constituée des quatre tomes publiés dans la Bibliothèque de la Pléiade par Maximilien Rubel.

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Écrits de Karl Marx de 1844

Texte de Karl Marx écrit lors de son séjour parisien en 1844.

Le besoin d’argent est l’unique besoin produit par l’économie politique tant et si bien que l’on voit réapparaître les modes les plus primitifs du travail. L’ouvrier est victime de l’économie. Son salaire est réduit à la subsistance ce qui engendre une vie misérable. Le rôle de l’ouvrier est donc de produire et de se reproduire. Pour calculer le salaire, le patron va choisir le mode de vie le plus indigne. « Il fait de l’ouvrier un être insensible et dépourvut de besoin, comme il fait de son activité une pure abstraction de toute activité. » L’économie politique, qui est la science de la richesse est donc en même temps la science du renoncement. Mais le capitaliste est en aussi victime : « Moins tu manges, bois, achètes de livres ; moins tu vas au spectacle, au bal, au cabaret plus tu épargnes, plus tu augmente ton trésor que ne mangeront ni les mites ni la poussière, et plus s’accroît ton capital.» La capitaliste engendre donc son propre être aliéné. L'Économie politique apparaît paradoxalement comme la science qui peut combler mes besoins. Mais cette idéologie est d’autant plus absurde que les besoins grossiers de l’ouvrier sont une source bien plus grande de profit que le besoin raffinés du riche (ce qui préfigure en parti les analyses keynésiennes). C’est dans ce texte que Marx parle pour la première fois de valeur d’usage. Pour lui, l’usage détermine la valeur de la chose et la mode détermine l’usage. La valeur d’usage est donc subjective. (On retrouve dans ce texte des prémices du Capital.) L’économie politique pose l’unité du travail et du capital car (1) Le capital est du travail accumulé, (2) sa destination peut être de renforcer le travail, (3) l’ouvrier est un capital, (4) le travail fait partie des frais du capital.

L’ouvrier est dépossédé de son moyen de production, son moyen d’existence est celui d’autrui du fait de la puissance inhumaine qui règne universellement. Tout le monde est victime de cela. Le moyen, contrairement à l’idéologie bourgeoise ne peut accéder à ce qu’il y a en haut. Son déclassement est inéluctable. Le petit propriétaire doit devenir fermier dans sa terre pour continuer à vivre.

Dans la société capitaliste, une division du travail se met en place où chaque individu n’existe pour l’autre, et l’autre n’existe pour lui que dans la mesure où chacun devient un moyen pour autrui. Cette division du travail est source d’aliénation, elle est résultat de la propriété privée, tout comme l’échange. Le paradoxe de la division du travail repose sur le fait qu’elle accroît la richesse global mais diminue chaque homme pris individuellement.

Dans l’ouvrier, le capital c’est l’ouvrier vidé de sa substance humaine. Mais la particularité de ce capital est qu’il est vivant. Si il ne travail pas, ce capital n’a plus d’intérêt. « L’ouvrier produit le capital, le capital le produit ; il se produit donc lui-même, et, en tant qu’ouvrier, en tant que marchandise. » L’économie politique ne voit dans les besoins de l’ouvrier que e qui est nécessaire à son entretien afin que la race des ouvriers ne s’éteigne pas. (Salaire de subsistance) Le salaire est donc comme l’huile qui maintient les rouages en bon état : c’est une partie des frais nécessaires du capital. Le travail devient source de richesse.(C’est une nouveauté introduite par le capital) Mais le travail est secondaire dans la production en ce sens que ce qui importe c’est la somme des intérêts, le total des profits. L’ouvrier devient le mercenaire d’un maître d’industrie.

« L’argent est l’entremetteur entre le besoin et l’objet ». L’argent permet l’appropriation. Ce que je peux payer devient ma possession. Ce que je suis n’est donc pas du ressort de mon individualité. Je suis laid mais peut m’acheter une belle femme et ainsi la laideur est effacée par l’argent. L’argent rend fort : puisque je peut tout obtenir avec mon argent, je possède tous les pouvoirs humains. L’argent a deux propriétés : (1) Il harmonise les incompatibilités (en ce sens qu’il permet l’échange de choses incompatibles) (2) il est la prostitution universelle.

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Karl Marx ou l'esprit du monde

Karl Marx ou l'esprit du monde est un ouvrage de Jacques Attali paru en 2005 revisitant la vie et l'œuvre du philosophe allemand en tentant de lui rendre toute son actualité dans le contexte contemporain de mondialisation qu'il avait prévu.

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Karl Marx Hof

Le Karl Marx Hof, situé dans le quartier de Heiligenstadt à Vienne (Heiligenstädltler Strasse, 82-92), est un ensemble de logements sociaux d’un kilomètre de long réalisé entre 1927 et 1930 par l'architecte autrichien Karl Ehn. Il s’agit d’un vaste bloc de béton de mille trois cent quatre-vingt deux appartements qui mêle fonctionnalité et audace architecturale. L’ensemble est composé de trois cours intérieures et d’une vaste place autour desquelles s’organisent des bâtiments de couleur ocre art déco.

L’édifice connut une histoire particulièrement mouvementée. Ainsi, lors de la guerre civile de février 1934, il servit de quartier général aux résistants qui luttaient contre la montée du nazisme. Puis, il fut bombardé aussi bien pour vaincre l’ennemi communiste que pour détruire son symbole. Le Karl Marx Hof changea de nom et devint un quartier « plus huppé ». En 1977, il est classé monument historique par le gouvernement autrichien.

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Lokomotivbau Karl Marx

Lokomotivbau Karl Marx est une usine de construction de matériel ferroviaire située à Babelsberg entre Berlin et Potsdam. C'est une usine du constructeur Orenstein & Koppel, nationalisée par le régime à l'épqoue de l'ancienne RDA.

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Pensée de Karl Marx

Marxisme

Cet article présente un résumé succinct de la pensée de Karl Marx.

Karl Marx est aujourd'hui surtout connu pour ses écrits politiques et économiques, mais c'était avant tout un philosophe et un historien, qui a essayé de comprendre, interpréter et surtout changer le monde. Nous essayons ici d'expliquer la « pensée » de Karl Marx. Cet article ne recouvre pas l'article marxisme, qui est propre à ceux qui se revendiquent de ce « courant politique » multiforme.

Avertissement : La plupart des liens de cette page ne permettront pas d'éclairer le lecteur. Les notions de capital, praxis, production, échange, dialectique, distribution, etc. sont bien spécifiques chez Marx, et ne sont souvent pas décrites dans ces articles.

S'inspirant du matérialisme antique (sa thèse d'admission au doctorat portait sur l'atomisme de Démocrite et Épicure et sa théorie du clinamen, qui lui permettait de préserver la liberté de la volonté humaine au sein d'une théorie physique déterministe) et se voulant une critique de l'économie politique, la pensée de Karl Marx est résolument matérialiste : « L'histoire de toute société jusqu'à nos jours est l'histoire de luttes de classes » écrit-il ainsi dans le Manifeste communiste, rédigé peu avant les Révolutions de 1848. Comme Marx le remarque dans les Thèses sur Feuerbach, « les philosophes n'ont jusqu'ici qu'interprété le monde, il s'agit maintenant de le transformer. » C'est en cela que le marxisme peut être vu comme un dépassement de la philosophie.

Marx veut remettre « la dialectique hégélienne sur ses pieds », et estime donc que c’est la matière qui est première, et non l’esprit, c'est-à-dire que « le mouvement de la pensée n’est que le reflet du mouvement réel, transporté et transposé dans le cerveau de l’homme » (Le Capital). Il rompt ainsi avec l’idéalisme de la Phénoménologie de l'Esprit de Hegel, ainsi qu'avec l'Idéalisme allemand, pour lequel les objets sont de simples copies de « l’Idée » et pour lequel le « mouvement réel » de l'Esprit Absolu dans l'Histoire (Hegel) ne prend conscience de lui-même que dans la conscience du philosophe.

Selon Ellul, il n'existe pas pour Marx une "nature humaine", mais une "condition humaine", qui varie selon les époques. Marx parle de "Gattungwesen".

Cependant, Marx reproche à l’ancien matérialisme le fait qu’il conçoive l’être humain comme une abstraction, et non comme le produit de l’ensemble de tous ses rapports sociaux, le fait qu’il ne serait pas historique, etc. ce qu’il qualifie de matérialisme « vulgaire » par son aspect mécaniste.

La dialectique hégélienne (essentiellement formulée sur une base idéaliste) implique l’idée selon laquelle le monde ne peut être considéré que comme « un complexe de choses achevées » (Engels), une succession de processus complexes où les choses (y compris les reflets qui s'y impriment dans le cerveau de celui qui pense) sont en constant développement alternant entre l'être et le devenir quant à une finalité (Dieu). Selon Hegel, ce développement est une évolution discontinue, faite de bonds, de catastrophes, mue d'impulsions internes, de contradictions, etc., allant vers une finalité prédéterminée : l'Absolu.

Il existe d'autres systèmes qui se disent dialectiques : chez Proudhon, chez qui la troisième étape aurait été la classe ouvrière accède à la propriété privée. Marx, énonce au contraire que la notion d'abolition de la notion même de propriété privée (différente de la propriété "intime") est le sens de l'Histoire.

La technologie, dit Marx, met à nu le mode d'action de l'homme vis-à-vis de la nature, le procès de production de sa vie matérielle, et, par conséquent, l'origine des rapports sociaux et des idées ou conceptions intellectuelles qui en découlent (Le Capital, livre I). Pour les marxiens, une telle conception permet de ne pas expliquer l’histoire uniquement par les désirs et volontés des hommes, mais de rechercher dans les rapports sociaux les causes de ces désirs. Elle permet également de ne pas négliger l’action des masses de la population, en étudiant les conditions de vie de la population et leur évolution. Ainsi, quelles que soient les conditions données qu'ils réalisent dans l'histoire, les hommes sont les artisans de leur propre histoire, de ce qu'ils sont.

Ainsi, l'Histoire, selon Marx, est avant tout la transformation de la Nature par le travail de l'Homme qui, en retour, transforme l'homme lui-même (la "praxis"). Selon une interprétation particulière de la dialectique du Maître et de l'Esclave exposée par Hegel dans La Phénoménologie de l'Esprit, l'esclave est l'être qui, transformant la Nature, accède immédiatement à l'objet dans son côté passif et actif. Le maître, qui pour sa part ne travaille pas mais fait réaliser vit immédiatement dans la jouissance de l'objet consommable : il ne connaît que son aspect passif. Il apparaît que l'esclave, travaillant (réalisant) à transformer le monde humain, se transforme lui-même et revendique son autonomie au monde naturel dans sa transformation humaine du monde, tandis que le maître se rend étranger à son monde, qu'il ne reconnaît plus dans la reconnaissance qu'en fait l'esclave du monde. En effet, celui-ci, à jamais, le produit de son travail il peut renverser le rapport de domination pour se retrouver dans l'accomplissement du monde humain : l'égalité.

En acquérant de nouvelles forces productives, les hommes changent leur mode de production, et en changeant le mode de production, la manière de gagner leur vie, ils changent tous leurs rapports sociaux. Le moulin à bras vous donnera la société avec le suzerain; le moulin à vapeur, la société avec le capitalisme industriel.

Au cours de l'Histoire, les progrès techniques permettent d'accroître la production. Après un certain temps, un conflit naît au sein de la société, où les rapports sociaux changent : la classe sociale qui détient les nouvelles techniques prend de l'importance sur la classe sociale dominante, fondée sur l'ancien modèle de production. Exemple : du système féodal où le suzerain possédait les terres et ceux qui la travaillait, et le rôle du clergé sur la société, on est passé à une société dominée par la bourgeoisie au cours de la révolution industrielle du XVIIIeme siècle. Ainsi selon Marx est née une nouvelle forme de l'économie : le capitalisme, qui suppose une nouvelle forme de propriété privée, garantie par une institution juridique nouvelle.

Marx pense que le sens de l'Histoire est à terme inéluctable, et qu'elle aboutit toujours à cette troisième étape, critique, de restructuration sociale. Les rapports de production finissent tôt ou tard par être contestés, par ne plus être adaptés au développement, par être insupportables pour une part importante de la population : les structures de la société, qui paraissaient immuables, doivent alors changer.

L’idée que la société n’est pas homogène, mais que ses membres ont des aspirations divergentes, et parfois contradictoires, n’est pas nouvelle. Mais Marx a pour la première fois avancé l’idée que les oppositions entre ces différentes classes sociales constituent le fil conducteur qui permet de comprendre la succession des sociétés et des périodes historiques. La théorie de la lutte des classes avance qu'exceptées les communautés primitives, toutes les sociétés sont composées de classes (homme libre et esclave, patricien et plébéien, seigneur et serf, patrons et ouvriers) en opposition constante et que cette opposition est le moteur de l’histoire.

Marx étudie la manière dont la bourgeoisie moderne est née au sein même de la société féodale, a grandi jusqu’à représenter une force sociale qui est entrée en conflit avec l’ancienne classe dominante des nobles. Après avoir renversé le régime féodal, la bourgeoisie a bouleversé le monde, modifié les rapports sociaux, les valeurs, l’idéologie dominante, et développé les sciences et les techniques à un point inimaginable auparavant.

Toutefois, selon Marx, elle a également fait surgir une nouvelle classe sociale, le prolétariat moderne, c'est-à-dire la classe de tous ceux qui n’ont que leur force de travail à vendre, et dont les intérêts entrent directement en conflit avec ceux de la bourgeoisie. Marx estime que de toutes les classes existantes dans la société moderne, seule la classe ouvrière est réellement capable de transformer la société.

Il naît du développement de l'artisanat dans le régime féodal et de l'apparition de la classe bourgeoise. Le développement de la technique demande de plus en plus à l'artisan de faire appel à de nouveaux travailleurs, qui sont alors sous l'égide du seigneur (les serfs, paysans).

Le régime capitaliste se caractérise ensuite par le développement continu des techniques, qui permettent de produire de plus en plus. Les prix diminuent alors et font disparaître les entreprises les moins rentables, augmentant la classe prolétarienne. Cette classe a de plus en plus de mal à acheter les marchandises produites par le système, qui entre en contradiction. Une autre contradiction est la concentration du capital dans un petit nombre de mains, situation qui ne peut durer face à l'organisation de la classe prolétarienne.

Marx ne s’est pas contenté de dénoncer les méfaits du capitalisme naissant de l’époque (comme l’extrême misère des ouvriers anglais d’alors), mais il a cherché à analyser les conditions qui ont permis la naissance du capitalisme, et les lois qui guident la production de marchandises. Pour cela, il s'est appuyé sur les travaux des économistes de son temps, et reconnaissait la valeur de certaines de leurs observations, mais les trouvait incomplètes.

L'économie politique part de fait de la propriété privée. Elle ne vous l'explique pas. Elle exprime le processus matériel que décrit en réalité la propriété privée, en formules générales et abstraites, qui ont ensuite pour elle valeur de lois. Elle ne saisit pas ces lois, c’est-à-dire qu'elle ne montre pas comment elles résultent de l'essence de la propriété privée.

Dans sa conception philosophique, selon Marx, le travail est le prolongement de l'Homme, c'est une partie de son existence individuelle, et il aboutit à une reconnaissance par les autres hommes, et il créé une solidarité entre individus. Il lie intimement le travailleur et celui qui bénéficie de ce travail. C'est aussi un moyen de subsistance, directe dans les systèmes pré-capitalistes (sociétés paysannes), indirecte dans le système capitaliste.

Dans la société capitaliste, le travail a changé de nature : il est devenu aliénant, il subordonne l'individu aux moyens de production privée. Il est dépourvu de ses valeurs humaines. Il n'a d'autres finalités qu'une production de marchandises vénales, destinées à des échanges économiques. Le producteur devient un anonyme aux yeux de l'acheteur. Le travail devient alors abstrait.

Marx différencie la propriété des objets (propriété objective) qui existent indépendamment du travail humain (une terre, un arbre, un cheval), de la propriété subjective induite par le système capitaliste.

La propriété subjective existe lorsque intervient le travail humain dans la production d'un objet. Une marchandise contient du travail humain. La propriété privée subjective (subjective, parce qu'elle contient l'idée qu'un sujet - l'homme - l'a produite) est une appropriation du travail humain. Posséder une marchandise (une maison, une entreprise, une machine), c'est détenir du travail humain, donc cela crée une domination de l'homme par lui-même. N'oublions pas que le travail est, chez Marx, une partie et un prolongement de l'homme.

Ces concepts sont intimement liés chez Marx. La consommation, chez Marx, n'a pas le sens commun des économistes. Elle regroupe à la fois la consommation d'objets (matières premières, produits manufacturés, etc) et la consommation du travail de l'homme. L'homme est toujours présent dans la réflexion de Marx, cela fait partie de son originalité par rapport aux économistes classiques. La production, c'est notamment la consommation du travail. Réciproquement, l'acte de consommer (au sens commun) un objet, c'est l'étape finale de la production. Il y a une identité entre les deux notions.

Dans la société capitaliste, il n'y a plus rapport direct entre le producteur d'un bien, et celui qui va le consommer. La distribution, fonction intermédiaire, dépend de la structure sociale (rapports de domination sociale, salaires, etc.).

Dans sa notion de distribution, Marx, encore une fois, inclut aussi la distribution sociale, à comprendre au sens de proportions de personnes dans les différentes classes sociales.

L'échange final du bien, qui s'opère avec de l'argent dans la société capitaliste, finalise le cycle.

Le capitalisme nécessite la libération du travail. Qu'est ce qu'un travailleur "libre" selon Marx ? C'est un travailleur disponible pour être utilisé comme moyen de production, à la différence des sociétés paysannes, où les individus étaient la propriété du seigneur, et donc indisponible pour des activités industrielles. Une personne "non libre" selon Marx sera par exemple une femme au foyer, ou une personne âgée retraitée et étant empêchée de travailler, ou encore un mineur que des lois protègent. Les institutions (par exemple les États, par les lois) peuvent jouer un rôle empêchant ou diminuant cette "libération". Les coutumes et les religions aussi (refus du travail des femmes, par exemple).

Une autre condition pour que le système capitaliste existe, c'est que les moyens de la production soient également "libérés", c’est-à-dire disponible pour les capitalistes. Il ne faut pas qu'ils soient détenus de façon constante par des personnes. Les personnes ne doivent pas être intimement liés à ces moyens de production, comme pouvaient l'être les serfs vis-à-vis de la terre du seigneur au Moyen-âge, ou les esclaves dans l'Antiquité ou dans les empires coloniaux. Un esclave est directement un objet pour la production. Dans la même idée, il ne faut pas que le travailleur possède ses instruments de travail (sinon, il pourrait subvenir lui-même à ses besoins, sans intermédiation).

Lorsque ces conditions sont réunies, les hommes sont disponibles, le travail peut alors être acheté.

Il regroupe plusieurs formes : le capital-objet (les machines, les produits), le capital-travail (les hommes à qui on peut acheter le travail), le capital-argent.

La formation des richesses avait plusieurs origines avant Marx: les physiocrates y voyaient la productivité de la terre (cultures, élevages), les socialistes de l'époque y voyaient une exploitation des ouvriers par les patrons, et les libéraux y voyaient un prélèvement sur le prix de ventes des marchandises.

Marx nie tout cela. L'enrichissement vient de la création de la richesse. Cette création de la richesse vient du travail (la valeur-travail). L'employé vend sa force de travail à un patron qui utilise celle-ci à sa guise. Le prix de la force de travail est le salaire. Le travail permet de dégager une valeur supplémentaire, qui sera récupéré par le patron, c'est la plus-value. Ce n'est pas à proprement parler un vol : le salaire sert à couvrir les moyens de subsistance de l'employé, pour lui permettre de régénérer sa force de travail.

Ce mécanisme de production de capital va se concentrer par la circulation du capital : Les patrons dans leur ensemble dégagent un bénéfice, peuvent réinvestir et bénéficie ainsi d'une croissance infinie en capital. Cependant, certains feront faillite, réduisant le nombre de capitalistes. Ils rejoindront la classe ouvrière et permettront d'augmenter la force de travail employable pour les capitalistes. Ce phénomène de concentration du capital est constant, et a nécessairement une limite, au-delà de laquelle la société capitaliste disparaîtra.

La classe ouvrière selon Marx est la classe des personnes qui travaillent pour un capitaliste. On dirait aujourd'hui que cela représente l'ensemble des salariés. Un cadre en informatique est un "ouvrier" selon Marx, un dirigeant salarié d'une entreprise en est un aussi : il travaille pour les actionnaires, qui sont eux les capitalistes. Un employé d'une boulangerie n'est pas un capitaliste, mais son patron en est un. Selon l'analyse marxiste, le capital lié à l'activité des boulangeries, comme tout capital, se concentre. On pourrait ainsi estimer que l'apparition des réseaux de distribution de pains moderne (comme l'entreprise Banette (entreprise)) fait partie du sens de l'Histoire. Les anciens boulangers propriétaires disparaissent, et rejoignent la classe ouvrière, alors que le capital se concentre.

La théorie de la valeur consiste en l'idée que la valeur d'une marchandise vient du travail nécessaire pour la produire et l'amener au marché.

La plus-value est la valeur prise par les capitalistes sur le prix de la marchandise, après avoir payé les frais des matières premières, et les salaires des travailleurs.

La monnaie (à comprendre au sens de pièces de monnaie) est la forme objective de l'argent.

Dans le système de pensée de Marx, l'argent (concept) occupe une place importante.

D'abord, l'argent apparaît lors des échanges (achat-vente de marchandises). Ensuite, il est la substance de la richesse. La richesse et l'argent sont avant tout des abstractions. La monnaie, elle, est sa forme objective.

Chez Marx, tout est marchandise en système capitaliste (objet manufacturé, comme travail humain). Dans le système capitaliste, toute marchandise a donc un équivalent-argent.

Or, dans la conception philosophique de Marx, le travail est intimement lié à l'Homme. Le travail est une caractéristique essentielle de l'homme, et est ce qui forme les relations entre eux. Le consommateur est lié au producteur, et vice-versa.

Comme ce travail peut s'acheter avec l'argent (abstraction), dans le système capitaliste, les relations entre les hommes tendent à être suboordonnées aux relations basées sur l'argent. L'argent détruit la réalité de l'homme en détruisant les médiations entre eux. C'est l'argent qui devient la médiation entre les hommes (par le salaire, et les échanges économiques).

Marx pense même que les relations entre les serfs et les seigneurs au Moyen-Âge étaient de ce point de vue beaucoup plus humaines que celle des ouvriers de l'ère industrielle.

L'argent comporte également plusieurs contradictions dont en voici une importante : l'argent n'est au début qu'un moyen d'échange de marchandises. Mais, dans le système capitaliste, il va devenir le but du capitaliste.

L'homme a une dépendance vis-à-vis de l'argent : L'homme ne peut rien, par contre l'argent peut tout : il est le pouvoir, il est l'équivalent des marchandises. L'homme a donc inventé une abstraction qu'il vénère et qui le surpasse.

L'argent a également un effet sur la moralité des hommes. Comme on peut échanger toute marchandise contre toute autre (dont le travail humain, c’est-à-dire l'homme), la forme ultime du capitalisme est la prostitution généralisée de l'homme.

Chez Marx, la monnaie permet de tromper le salarié. L'esclave est payé par les subsistances vitales que lui procure son maître, tandis que le salarié croit obtenir un salaire monétaire qui lui offre une liberté de choix dans sa consommation. Mais cette liberté n'est qu'une illusion qui vient tromper le salarié sur sa situation réelle : en fait son salaire monétaire ne lui permet que d'acheter le minimum vital que le maître procurait directement à l'esclave. Cette illusion est l'apport essentiel de la monnaie dans les rapports sociaux du système de production capitaliste.

Pour Marx, les idéologies sont des théories produites par les hommes, de façon consciente. Mais ce sont en même temps des mystifications, des illusions collectives, que les hommes se font d'eux-mêmes, car elles sont déterminées par les rapports que l'homme a avec le monde, elles sont déterminées par le contexte social dans lequel vit l'homme. Si le théoricien ne fait pas un travail d'auto-analyse, il ne pourra pas construire des idées et des concepts pertinents, décrivant véritablement la réalité.

Pourquoi les hommes construisent-ils des idéologies, selon Marx ? Essentiellement pour se justifier, et se donner bonne conscience.

Par exemple, un monde où la classe dominante exploite la classe dominée va produire une idéologie qui va non pas mettre en évidence l'exploitation, mais bien au contraire justifier les rapports entre les classes (avec des principes, des institutions, des lois, des coutumes, etc. qui sont des produits de l'idéologie de justification des inégalités de classe).

Si l'idéologie est surtout produite par la classe dominante, il est nécessaire que l'ensemble des hommes croient en l'idéologie ainsi mise en place, aussi bien la classe dominante que la dominée. Elle doit être universellement admise. La classe dominée ne doit pas voir le produit de l'idéologie comme une manipulation, mais plutôt comme le destin, le produit de l'histoire.

C’est ainsi que Marx considère que « les idées dominantes d'une époque n'ont jamais été que les idées de la classe dominante » (Manifeste du parti communiste). Contre les idéologies aliénantes issues des classes dominantes au fil du temps, Marx estime que l’Humanité doit instaurer une société sans division en classes sociales, empêchant ainsi la domination d’une classe dominante.

Marx critique fortement le rôle de la religion. Il critique les aspects philosophiques et sociaux de la religion. Marx est athée et s’en revendique, sans faire de l'athéisme une nouvelle « religion ».

Marx s'intéresse surtout à la religion à cause du rôle qu'elle exerce sur la société. Pour Marx, la religion est une structure créée par la société de classes, et qui évolue selon ses besoins. La religion et les hommes qui la font (prêtres, évêques, etc) sont des alliés objectifs de la classe dominante (et, pour ce qui est du haut clergé, en est directement membre).

Il analyse l'évolution de la religion en Europe : des structures religieuses païennes, qui permettaient aux hommes de justifier des phénomènes climatiques qu'ils ne comprenaient pas. Les dieux étaient des dieux locaux, chaque peuples avaient les siens, ils étaient souvent liés à des phénomènes de la nature.

Ensuite, l'expansion romaine à travers l'Europe a fait naître une conscience géographique plus étendue, et les religions locales ont disparu au profit du christianisme. Pendant le Moyen-Âge, la transition au catholicisme a structuré l'Église : des hiérarchies structurées sont apparues (Pape, évêques, curés), avec qui le pouvoir (les rois et la noblesse) ont dialogué de façon constante pour le partage du pouvoir sur les peuples. La dîme, prélevée au peuple au profit de l'Église, a été instaurée. L'éducation des enfants étaient prise en charge directement par l'Église.

La naissance du capitalisme a fait apparaître une volonté de réforme du catholicisme à travers le protestantisme et le « capitalisme judaïque ». Ce terme a valu des critiques à Marx et un débat sur son éventuel antisémitisme, bien que Marx soit juif d’origine, mais athée. Dans les faits, Marx s'oppose au judaïsme en tant que religion, car elle est une oppression comme selon lui toutes les autres religions. Il rappelle également que la plupart des juifs étaient pauvres et exploités. Il critique donc le judaïsme, comme d'une manière générale le christianisme, pour avoir aidé le système capitaliste à apparaître. En revanche il milite et pétitionne auprès de son Assemblée provinciale pour obtenir l'émancipation politique des juifs sans que ceux-ci n'aient à renier leur religion.

Selon Marx, la religion permet de justifier les inégalités sociales, et permet au prolétariat de mieux les supporter. Elle laisse le peuple dans l'illusion que sa condition n'est pas si terrible, en lui donnant des exemples de morales religieuses, des bienfaits de la souffrance, etc.

Marx pense que si on élimine la religion, la classe ouvrière prendra conscience de sa misère, la refusera, et permettra la naissance d'une société socialiste.

Ce que récuse avant tout Marx, c'est l’effet anesthésiant, aliénant et mystifiant des religions sur la mentalité collective. De là son expression célèbre : « La religion est l'opium du peuple ».

Dans le Manifeste communiste, Marx considère que la première nécessité pour le prolétariat est « la conquête de la démocratie » (chapitre 2).

La démocratie réelle est selon Marx un des buts et des moyens essentiels de l’action du prolétariat. Cela est illustré par sa célèbre formule de 1864 : « L’émancipation des travailleurs doit être l’œuvre des travailleurs eux-mêmes ».

L'aliénation a des sens différents selon ses applications.

Le travail est dans le système capitaliste une simple marchandise vendue. Le travail tue l'homme en tuant son temps de vie.

L'argent, dans la société capitaliste, est le seul signe de puissance, et le seul besoin. Les hommes luttent pour l'argent. Il est l'objet de toutes les convoitises. Or l'argent est une pure abstraction. L'argent coupe de la réalité du monde, et en même temps devient l'unique vecteur pour pouvoir agir sur lui. La société de l’argent est une aliénation surtout pour ceux qui en manquent, mais aussi pour ceux qui en ont beaucoup (grâce à la pauvreté d’autres êtres humains).

L'aliénation morale est l'aliénation par l'État et la religion. L'État entretient le mythe des "citoyens" égaux (alors que les inégalités demeurent), et la religion créé une morale artificielle qui sert les intérêts de certains êtres humains (en général : de sexe masculin, riches, âgés, etc).

Pour sortir de ce système, Marx préconise la destruction des objets de l'aliénation, c'est-à-dire la destruction de l'État, de la religion, de l'argent, du travail.

Cette destruction est en partie idéologique : aucune violence n'est à craindre. Il suffit d'une prise de conscience. Un jour, les hommes peuvent décider d'arrêter de croire à l'état, ils peuvent décider de ne plus croire à la religion, ils peuvent décider que la monnaie n'a plus de valeur et refuser de s'en servir comme moyen d'échange, et ils peuvent décider d'arrêter de travailler en tant que marchandise. Cela ne signifie pas l'arrêt du travail, bien sûr, mais l'arrêt de l'idée qu'il faut le faire contre un salaire. A cette prise de conscience doit s’associer un changement radical des institutions et structures de la société, pour dépasser le stade capitaliste et créer le communisme.

Chez Marx, les prolétaires ne sont pas que les pauvres.

Les prolétaires sont le résultat de la dynamique du système capitaliste, et d'un mouvement historique irréversible.

La prolétarisation est la double conjonction de la transformation de l'homme en prolétaire et de l'augmentation de leurs nombres.

Qu'est ce qu'un prolétaire ? C'est un individu qui ne possède que sa seule force de travail, et pas les moyens de la production. Il est par conséquent obligé de vendre sa force de travail au capitaliste sous forme de salaire pour subvenir à ses besoins. Tout travailleur salarié est un prolétaire.

Marx avait très bien anticipé le développement du taylorisme à ce sujet. La division du travail est en effet un mouvement constant du capitalisme. Il est dû à l'amélioration des techniques et notamment des machines, qui ont fait apparaître les ouvriers spécialisés. Il est également la conséquence d'une recherche de rentabilité accrue.

Chaque salarié du système capitaliste ne devient capable que d'assurer une infime partie de la production. Son travail n'a pas de sens en lui-même. Il n'est qu'un rouage d'un immense mécanisme. Il ne peut plus avoir de vie individuelle.

De plus, grâce à cette division continue du travail, et le développement des techniques, le chômage est appelé à se développer. C'est l'« armée de réserve », et celle-ci, par sa simple présence, exerce une pression sur les salariés, qui ont peur de se retrouver au chômage. Le chômage empêche les travailleurs de se révolter. Les salaires ont donc une tendance continue à la baisse à long terme relativement aux possibilités qu'offre l'époque dans laquelle vivent les travailleurs, et la concentration du capital est aussi inéluctable.

La prolétarisation est donc la « corrélation entre l'accumulation de richesses et l'accumulation de misères ».

Le prolétaire possède également d'autres caractéristiques, telle que l'absence de propriété.

Comment sortir de cette misère (parfois matérielle, mais aussi surtout psychologique) ? Il faut, selon Marx, que la société se libère du capitalisme par la révolution. Cette révolution doit libérer le prolétariat, mais aussi toutes les classes sociales, notamment les classes dominantes, qui sont également aliénées (par l'argent notamment, comme on l'a vu plus haut). C'est donc une révolution pour toutes les classes visant à abolir les divisions de classes. Cette révolution doit être globale.

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Source : Wikipedia