Judaïsme

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Posté par marvin 06/03/2009 @ 02:11

Tags : judaïsme, religion, société

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Conversion au judaïsme

Juifs de Chine, vers le début du XXe siècle.

La conversion au judaïsme représente l'adoption par un Gentil des rites et croyances juives, et l'abandon de ses propres usages religieux. Elle implique aussi, au-delà de la religion, le fait de se considérer comme partie intégrante du peuple juif.

Historiquement, la conversion signifiait l'accueil de l'« étranger vivant dans tes murs » et se limitait à l'adoption des signes particuliers aux Juifs, comme la circoncision pour les hommes ou le culte du Dieu Un et sans image.

Avec l'apparition de fois monothéistes dérivées des textes Juifs, comme le christianisme, ou des mêmes traditions, comme l'islam, mais fortement divergentes, la conversion devint de nature plus religieuse. L'accent se déplaça sur ce que ces religions ne partageaient pas avec le judaïsme, c'est-à-dire de nombreuses croyances, dont celle selon laquelle le Messie reste à venir, et de nombreuses pratiques, rites et coutumes comme la cacheroute. L'adhésion plus ou moins stricte à ces rites et croyances ne fit pas l'unanimité au sein de tous les courants du judaïsme, de sorte que les modalités de la conversion ont beaucoup varié dans le temps, ainsi que l'approche vis-à-vis d'elle.

Un converti au judaïsme est appelé guer tzedek (hébreu: « prosélyte juste » ou « de justice ») ou simplement guer (prosélyte).

Les termes Gery et Gerami sont employés en russe pour les Subbotniks, une frange de chrétiens sabbatariens ayant finalement adopté tous les aspects du judaïsme.

La Bible a très tôt défini les Israélites en tant que « peuple d'Israël », et ce dès le Deutéronome, livre que la majorité de la critique bibliste pense avoir été le premier mis en forme, vers la fin du VIIe siècle av. J.-C.. Les références y désignent un groupe endogame (ne se mariant pas avec des membres d'autres peuples) « Tu ne contracteras point de mariage avec ces peuples, tu ne donneras point tes filles à leurs fils, et tu ne prendras point leurs filles pour tes fils », ayant une relation directe avec Dieu « Pardonne, ô Éternel ! à ton peuple d’Israël, que tu as racheté », et occupant un territoire, « le pays dont l’Éternel, ton Dieu, te donne la possession ».

Bien que la Bible indique « Tu ne contracteras point de mariage avec ces peuples », la question de l'interprétation de ce commandement a été posée assez tôt. Le mariage contracté avec des non-Juifs a été généralement rejeté, mais l'entrée dans la communauté de non-Juifs convertis a fait l'objet de positions diverses.

Selon la Bible, les conversions sont anciennes, puisqu'elle évoque la conversion de la moabite Ruth, ancêtre du roi David ainsi que celle des Jébuséens sous son règne. Le Midrash affirme aussi que Jethro aurait été le premier prosélyte juif.

Dans l'Antiquité, le judaïsme était éclaté en un grand nombre de sectes, chaque secte ayant sa vision de l'attitude à adopter à l'égard des conversions. C'est ainsi que certains groupes, comme les sadducéens, étaient opposés aux conversions, quand les pharisiens les acceptaient dans une certaine mesure. Les Juifs d'éléphantine (Égypte) pratiquaient régulièrement des mariages mixtes, et leur attitude vis-à-vis de la conversion devait donc être assez souple.

Vers -100 avant l'ère commune, les conquérants Hasmonéens convertirent la tribu iduméenne des Hérode.

Les estimations selon lesquelles 10% de la population de l'empire romain était juive (surtout dans la partie orientale de l'empire) ne peuvent s'expliquer sans conversions, et à cette époque celles-ci semblent effectivement assez nombreuses. Ainsi l'historien romain Dion Cassius indique à propos des Juifs « d'autres hommes ont adopté les institutions de ce peuple, quoiqu'ils lui soient étrangers. Il y a des Juifs même parmi les Romains : souvent arrêtés dans leur développement, ils se sont néanmoins accrus au point qu'ils ont obtenu la liberté de vivre d'après leurs lois ».

Les États chrétiens puis musulmans, contrairement aux États précédents, firent de la conversion à une autre religion un crime (l'apostasie), rendant en pratique quasiment impossible toute conversion au judaïsme. Celles-ci se prolongèrent cependant en-dehors de ces deux aires culturelles, comme le montre l'apparence physique des anciens Juifs de Chine, des Juifs des Indes ou des Juifs d'Éthiopie.

Le judaïsme orthodoxe, tel qu'il s'est structuré autour du Talmud, a codifié dans une certaine mesure le processus de conversion.

Les motifs de l'impétrant doivent être testés afin de refuser les candidats qui souhaitent se convertir par intérêt.

Le candidat doit prouver sa connaissance de la Torah et s'engager à pratiquer toutes les Mitzvot devant un Beth din.

Après acceptation, le candidat doit être soumis à la Brit milah puis se tremper au Mikvé en présence du tribunal. Il prend alors un nom juif et sera ensuite désigné par ce nom suivi de la mention Ben Avraham Avinou dans le rituel.

De nos jours, le candidat à la conversion doit suivre un programme d'étude du Judaïsme et s'intégrer à une Synagogue. Le processus prend de une à plusieurs années en fonction de la “qualité” du candidat et de l'exigence du ou des rabbins qui animent la conversion.

Le converti possède alors exactement les mêmes devoirs et droits qu'un Juif de naissance, sauf l'interdiction pour une convertie d'épouser un Cohen. La Halakha interdit formellement la discrimination des convertis.

Le judaïsme réformé a fortement assoupli les exigences en matière de conversion, et celles-ci ne sont donc pas reconnues par les orthodoxes. Elles le sont cependant par l'État d'Israël.

Israël autorise deux types de conversions, ayant entraîné de nombreux conflits religieux et politiques.

Les conversions pratiquées à l'étranger sont reconnues comme valables au titre de la loi du retour, quel que soit le rabbin qui les a pratiquées, que celui-ci soit un réformé ou un orthodoxe. Les orthodoxes demandent d'ailleurs depuis longtemps à avoir le monopole des conversions, et ne reconnaissent pas celles des réformés. Les partis ultra-orthodoxes ont ainsi régulièrement demandés une modification de la loi du retour interdisant de reconnaître comme juifs les personnes convertis par des réformés, une exigence qui a toujours été refusée par l'État, lequel ne veux pas se couper du puissant judaïsme américain, à dominante réformée.

Les conversions pratiquées en Israël sont par contre le monopole des tribunaux religieux du grand rabbinat israélien (orthodoxe), lequel a la réputation, même dans les milieux orthodoxes, d'être d'une extrême sévérité. Le journal Haaretz parle ainsi « d'une perception de longue date que l'establishment rabbinique est l'esclave de la tradition ultra-orthodoxe rendant la conversion difficile . Les conversions elles-même restent dans les mains de tribunaux spéciaux, dont les juges sont nommés par le Rabbinat, lequel fixe également les conditions pour la conversion. La plupart des juges sont sous l'influence de l'ultra-orthodoxe Conseil des Sages de la Torah, qui s'oppose aux conversions à grande échelle, et exige que les convertis, ainsi que leurs enfants et leurs familles, adoptent un style de vie religieux ». Depuis les années 2000, les tribunaux religieux du rabbinat israélien ont même refusés de reconnaître les conversions pratiquées à l'étranger par certaines organisations orthodoxes, considérées comme trop souples. C'est le cas du « Rabbinical Council of America (RCA) la plus grande organisation de rabbins orthodoxes en Amérique du Nord. Ces dernières années, les conseils locaux ont refusé de reconnaître les conversions du RCA , et ont refusé de permettre à ces convertis de se marier en Israël. Cette nouvelle politique a été dictée par Amar, qui a également fourni aux conseils une liste limitée de rabbins américains qui étaient les seuls autorisés à effectuer les conversions acceptables ». Le RCA a finalement cédé. En octobre 2007, « l'accord conclu entre le RCA et Amar donne au grand rabbinat israélien le contrôle concret sur le processus de conversion aux États-Unis ». Cet accord ne concerne cependant que le RCA, et pas les autres groupes orthodoxes américains, à fortiori les organisations de réformés. Et l'état d'Israël lui même ne reprend pas à son compte ces visions très strictes des conversions.

Le problème pour les convertis (orthodoxes ou réformés) acceptés par l'état et refusés par le rabbinat est surtout celui du statut personnel : difficulté pour se marier en Israël, refus d'enterrement dans les cimetières religieux,etc...

Cette perception de la sévérité du rabbinat a mené à des contestations politiques ou religieuses en Israël même.

Au plan politique, le gouvernement a régulièrement fait pression, sans grand succès, pour assouplir la position du rabbinat. En effet « Plus de 300 000 immigrants de l'ex-Union soviétique ne sont pas juifs selon la halakha », même s'ils sont au moins partiellement d'origine juive. Beaucoup veulent se convertir, une position soutenue par le gouvernement, mais freinée par la position très stricte du rabbinat. Le problème concerne aussi les Falash mura, groupe d'éthiopiens partiellement ou totalement d'origine juive, dont beaucoup vivent en Israël. Beaucoup de partis sionistes israéliens craignent à terme l'effritement de la majorité juive, et la constitution d'une importante population partiellement juive mais rejetée par le rabbinat, potentiellement en rupture avec l'État. « En dépit de plusieurs décisions du Cabinet appelant à l'établissement d'un processus rapide de conversion pour accélérer l'intégration dans la société israélienne de immigrants non-juifs, seules 2000 personnes sont convertis chaque année en moyenne . Environ 40% des immigrés non juifs manifestaient de l'intérêt avant qu'ils aient immigrés, alors que, après une période d'un an en Israël, le nombre a chuté à moins de 20% ». Et moins encore sont effectivement convertis, après un processus durant des années.

Au plan religieux, certains rabbins orthodoxes, en particulier du courant sioniste religieux, envisagent donc d'établir des instances de conversions alternatives, plus souples, une option nécessitant cependant une reconnaissance gouvernementale. Alors que les sionistes religieux sont historiquement très liés au grand rabbinat israéliens, ils s'en sont éloignés au cours des années 1990, au fur et à mesure du rapprochement du grand rabbinat avec les haredim. La création d'instances autonomes de conversion « représenterait une autre étape dans l'éloignement des rabbins sionistes religieux vis-à-vis du Rabbinat, qui feraient suite aux luttes des derniers mois sur le mariage, la cacheroute et la shmita ».

Des œuvres de fiction traitent de la conversion au judaïsme. C'est notamment le cas du film Le Tango des Rashevski (2003), dans lequel un personnage interprété par Hippolyte Girardot, amoureux d'une Juive, rencontre un rabbin libéral pour se renseigner sur cette conversion. Dans la série télévisée Sex and the City (derniers épisodes, de 2004), une des quatre héroïnes, Charlotte York, incarnation de la WASP, veut se marier avec un Juif qui a promis à sa mère sur son lit de mort qu'il épouserait une Juive. Pour cela, elle se convertit, non sans quelques péripéties.

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Judaïsme reconstructionniste

Le judaïsme reconstructionniste est le courant judaïste progressiste le plus tardivement individualisé et aussi celui qui compte le moins d'adhérents officiels. Il fut fondé en 1968 aux États-Unis par le rabbin Mordechai Kaplan et Ira Eisenstein, sur une base idéologique élaborée entre les années 1920 et les années 1940. Il est essentiellement présent aux États-Unis et dans une moindre mesure au Canada.

Le fondateur du mouvement est le rabbin Mordecai Menahem Kaplan (11 juin 1881- 8 novembre 1983). Né en Lituanie, il fut ordonné rabbin en 1902 au séminaire conservateur de New York (Jewish Theological Seminary of America - JTS). Il obtint son premier poste dans la synagogue orthodoxe Kehillath Jeshrun à New York. En 1909, il commença à enseigner au JTS et ne quittera le séminaire qu'en 1959. En 1912, il prit part avec Israel Friedlander à la fondation du mouvement orthodoxe moderne Young Israel, ainsi qu'à l'établissement de centres communautaires, deux types d'institution visant à permettre aux immigrants juifs de maintenir une pratique religieuse tout en travaillant dans un milieu non-juif.

Il développa progressivement à partir des années 20 une théologie naturaliste proche de la pensée de John Dewey , explicitée dans deux ouvrages : The Meaning of God in Modern Jewish Religion et Judaism as a Civilization. Pour lui, Dieu n'est pas personnalisé et ne fait pas de miracles, il se manifeste dans l'ensemble des processus naturels qui permettent d'aboutir au développement spirituel et moral, visant en particulier à améliorer la société, à limiter la violence et l'exploitation. Cette position l'a fait accuser d'athéisme, mais il semble qu'il ait tout de même cru en l'existence d'une divinité ontologique, il serait donc plutôt théiste, et certains aspects de son Dieu rappellent le kabbalisme. L'importance qu'il accorde à l'influence du groupe sur la pratique religieuse individuelle répond à l'idée du sacré comme solidarité sociale d'Émile Durkheim. Il rejetait l'idée du peuple élu et voyait dans la halakha et la Torah des produits de la sagesse humaine et non d'une révélation divine. Il promouvait l'égalité religieuse entre les sexes ; en 1922, sa fille Judith fut la première jeune fille juive à faire sa Bat Mitzvah à la Société pour l'avancement du judaïsme qu'il avait contribué à créer, et qui deviendra la première synagogue reconstructionniste.

Sa vision du judaïsme comme civilisation et non seulement religion fut bien acceptée de ses collègues et élèves du séminaire, mais son idée du divin et ses autres positions, beaucoup moins. Les orthodoxes le considérèrent comme hérétique ; Young Israel le renia et l'effaça de la liste de ses fondateurs. Encouragé par ses partisans, il se décida à fonder son propre mouvement en 1968, en créant le Séminaire reconstructionniste (Reconstructionist Rabbinical College - RRC).

Le mouvement reconstructionniste définit le judaïsme comme la culture religieuse en constante évolution du peuple juif. En effet, il accorde une grande importance à tous les aspects de la culture juive. La langue, l'histoire, la philosophie, la littérature sont aussi importantes que la religion au sens strict. Cette culture est néanmoins définie comme religieuse car le divin est considéré comme central. Toujours présent dans le cœur humain, il est à l'origine du désir d'accomplissement spirituel et moral et se concrétise dans les processus qui y mènent. Le judaïsme reconstructionniste considère comme aussi importantes que la prière et l'étude les actions en faveur de la justice et de l'harmonie sociale, ainsi que de la protection du globe et de l'environnement. Au-delà de ces principes de base, différentes représentations de la divinité sont acceptables, et les fidèles sont encouragés à explorer divers attributs et formes du divin, sans se limiter à la figure traditionnelle du maître de l'univers personnifié et plutôt masculin. Kaplan lui-même soutenait que la représentation anthropomorphique de Dieu en était une approximation imparfaite.

Le qualificatif de "reconstructionniste" exprime une vision du judaïsme comme voie de recherche du sens de la vie, un chemin de questionnement et d'étude d'où les moments de doute ne sont pas absents, et où chaque individu ou communauté doit le reconstruire constamment. Ainsi, la halakha n'est pas une loi immuable dictée par Dieu, mais une tradition humaine. Elle est de grande valeur et mérite d'être étudiée, mais en tant qu'expression de la culture juive, de la sagesse avec laquelle les juifs d'autrefois ont réagi aux circonstances de leur temps. Elle peut être adoptée "par défaut" si l'on n'y trouve rien à redire, mais doit être modifiée sans hésitation, reconstruite dans ses formes ou son sens par quiconque ne la trouve plus adaptée. Selon la formule du rabbin Kaplan : « La tradition a un droit de vote, mais pas de véto ». La transmission d'un ensemble d'obligations est remplacée par l'encouragement à célébrer, créer et transmettre la tradition à travers la culture et les pratiques juives, comme l'observance des fêtes traditionnelles, l'étude de la Torah, l'usage de l'hébreu et le port de la kippa, du tallit (châle de prière) et du teffilin (phylactères) pendant les services.

Le reconstructionnisme accorde une grande importance à la vie religieuse et culturelle de groupe et aux pratiques en commun. Il considère en effet qu'elles jouent un rôle capital dans le renforcement de la pratique individuelle. Ce groupe est égalitaire, hommes et femmes ayant les mêmes possibilités, et les laïques participant aux décisions de concert avec les rabbins et les spécialistes. Le rabbin Kaplan rejetait l'idée que les Juifs étaient le peuple élu, y voyant une position arrogante, fermée au monde. Le reconstructionnisme actuel affirme néanmoins l'aspect exceptionnel et la place spéciale du judaïsme, mais sans connotation de supériorité, et ouvert aux conversions. Les membres non-juifs des familles des fidèles, dans la mesure où ils soutiennent son engagement dans le judaïsme, peuvent être à un certain degré inclus dans la communauté, selon des modalités spécifiées par chaque congrégation. Les enfants qui reçoivent une éducation juive y sont admis quel que soit le sexe de leur parent juif.

Le reconstructionisme est sioniste depuis sa fondation, l'aliyah est encouragé, mais la diaspora joue un rôle aussi important dans la civilisation juive qu'Israël . Le mouvement est affilié à l'Union Mondiale du Judaïsme Progressiste dont il soutient l'action pour la liberté religieuse en Israël.

En conformité avec ses principes, il reconnait les autres formes de judaïsme : orthodoxe, masorti, libéral. Par contre, ses positions le font rejeter par les orthodoxes, la majorité des masortis et une partie des libéraux.

Né et implanté essentiellement aux États-Unis, le reconstructionnisme estime se situer dans la ligne de ce qu'il considère comme le meilleur de la civilisation américaine : la religion et la morale comme moteur de l'action en vue de la justice sociale.

Les principes de base du mouvement, établis par le RRA et la Fédération des congrégations reconstructionnistes ont été publiés en 1986 en tant que recommandations sur le bulletin de la fédération.

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Judaïsme orthodoxe

Les juifs orthodoxes considèrent comme centrale la fidélité à une chaîne de transmission de la halakha depuis l'époque de Moïse jusqu'à aujourd'hui en passant par les rédacteurs du Talmud et les commentateurs ultérieurs. Est juif orthodoxe celui qui reconnaît devoir se conduire selon la Halakha (corpus de règles établies par la tradition orale, depuis le Talmud jusqu'à aujourd'hui). Au fur et à mesure du temps, la Halakha a été codifiée dans des codes de lois faisant autorité pour les générations futures. Exemple : le Rambam (Maïmonide) écrivit un code de Lois appelé Michné Torah, qui fut, avec les œuvres du Roch (Rabbénou Acher) et du Rif (Rabbi Itzhak Elfassi), un des piliers du Choulkhan Aroukh. Le Choulkhan Aroukh, écrit par Rabbi Yosef Caro au XVIe siècle marque un jalon important dans l'élaboration de la halakha. En effet, après le Choulkhan Aroukh, il devient difficile d'aller à l'encontre de décisions considérées comme les synthèses ultimes en matière de halakha. Difficile ne veut pas dire impossible : il existe de nombreux cas dans lesquels de grands maîtres de la Tradition juive (Gaon de Vilna, Hafets Hayim) ont tout de même tranché différemment du Choulkhan Aroukh.

Cependant, un juif orthodoxe reconnaît cette chaîne de transmission de la halakha dans son intégralité, au contraire des libéraux (qui ne lui accordent pas d'importance majeure) et des Massorti (qui s'autoriseront à remonter à une décision du Talmud remise ensuite en cause par la chaîne des Maîtres de la tradition orale pour justifier une pratique plus conforme aux mœurs de l'époque contemporaine).

Le judaïsme orthodoxe met donc particulièrement l'accent sur l'adhésion à la Loi, de la Torah à la Halakha, et au respect des traditions établies.

Les orthodoxes considèrent comme non valables les décisions prises par les autres courants, les conversions au judaïsme qu'ils réalisent et l'autorité de leurs rabbins.

Si le respect dû à la Halakha est primordial pour les orthodoxes, le monde juif orthodoxe est cependant très coloré en fonction de l'importance donnée à l'étude, à la vie communautaire, aux études profanes ou à l'importance de la terre d'Israël.

Les Hassidim, les sionistes-religieux, les modern-orthodox aux États-Unis ou les Haredim en Israël sont tous des Juifs orthodoxes.

On trouve donc des orthodoxes partout où il y a des juifs, les populations les plus importantes se trouvant en Israël, aux États-Unis, en Belgique, en Angleterre, au Canada et en France.

Au XIXe siècle vivait en Allemagne une importante population juive tenue à l'écart de la société chrétienne par les restrictions légales dues à l'intolérance religieuse. L'apparition, particulièrement avec le gouvernement de Bismarck, de réformes tendant à diminuer le pouvoir des Églises et à émanciper les juifs, entraîna en leur sein la création d'un nouveau mouvement voulant concilier identité juive et émancipation totale du juif au sein de la société : il s'agit du judaïsme réformé. Le judaïsme traditionnel, tel qu'il continuait d'être vécu en Pologne, Russie ou même en Afrique du Nord a été appelé à partir de cette date judaïsme orthodoxe.

Certains accueillirent avec joie la possibilité de faire partie en tant que juifs de la société et préconisèrent des modes de vie proches de ceux des non-juifs, tout en pratiquant leur religion en privé, idéal exprimé par Yehuda Leib Gordon: "être Juif chez soi et mentsch (être humain) dans le monde". Ils adoptèrent également des attitudes théologiques divergentes de celles des communautés traditionnelles : conception de la halakha comme intrinsèquement dynamique, susceptible de nouvelles interprétations répondant aux nouveaux contextes socioculturels (Massorti), ou même opinion que la loi juive n'était pas automatiquement contraignante et que seuls les Mitzvot (commandements) moraux étaient obligatoires, et non les rituels (mouvement réformé).

D'autres, au contraire, considérant que l'émancipation devait être gérée avec la plus grande prudence afin de ne pas perdre la substantifique moëlle de leur religion, réagirent en appelant leurs coreligionnaires à conserver leurs conceptions religieuses et à ne pas céder aux sirènes de la modernité. Le leader de cette position fut le rabbin Samson Raphael Hirsch qui préconisait le respect des Mitzvot (commandements), l'étude de la Torah et du Talmud, associés à l'étude de l'histoire et de la philosophie moderne et un degré limité de relations avec le monde extérieur. Ce courant, néo-orthodoxie ou École de Francfort, engendrera ce qu'on appelle souvent aujourd'hui l'orthodoxie "moderne". Ce courant participera à la création du parti "Agoudat Israel", mais il s'en est éloigné entre les deux guerres. Il s'est depuis assez largement rallié au sionisme.

En dehors même de l'Allemagne, ce débat entre tradition religieuse et modernité eu lieu également, mais avec quelques différences. Ainsi, dans le Pale aux confins de la Pologne et de la Russie, l'intégration dans les sociétés existantes était difficile : le sentiment anti-juif y était puissant. Les intégrationistes décidèrent donc de changer la société en s'engageant dans les oppositions politiques locales (en particulier de gauche). Ceux qui souhaitaient la modernisation de la société juive mais qui ne croyaient pas à l'assimilation choisirent le nationalisme juif à travers le Bund ou le sionisme. Ces deux attitudes (intégrationiste ou nationaliste) allaient en général de pair avec un rejet de tout ou partie des coutumes et pratiques religieuses traditionnelles. Les traditionalistes (orthodoxes) considéraient ce rejet était une révolte contre Dieu.

Le judaïsme traditionnel, appelé orthodoxe dans le monde Ashkénaze, déjà complexe au XIXe siècle a continué d'évoluer avec certaines différences régionales. Il s'est fragmenté en deux grands ensembles (eux-mêmes composites).

Au sein de l'orthodoxie religieuse juive se sont progressivement distinguées deux branches : les orthodoxes et les ultra-orthodoxes. Les sociologues israéliens font souvent une distinction entre les juifs laïques (peu intéressés par la religion, mais pas forcément anti-religieux), les traditionalistes (pratique religieuse partielle), les orthodoxes (pratique religieuse stricte, mais immersion dans le monde moderne) et les ultra-orthodoxes, ou Haredim, ou craignant-dieu (pratique religieuse stricte, large refus de la modernité, volonté de séparatisme social fort : vêtements spécifiques, quartiers spécifiques, institutions religieuses spécifiques).

Les Haredim ne se définissent pas eux-mêmes comme des ultra-orthodoxes, mais comme des juifs Haredim ("les trembleurs", au sens de "ceux qui tremblent devant Dieu", ou "les Craignants-Dieu"). Les orthodoxes et les Haredim ne diffèrent pas d'un point de vue théologique, mais dans leur mode de vie et leurs orientations politiques. Vers le début du XXe siècle, la distinction entre juifs orthodoxes "modernes" (vivant dans le monde moderne) et juifs ultra-orthodoxes "Haredim" (refusant de s'y compromettre) s'est progressivement affirmée. L'idéal des Haredim, proches des premiers orthodoxes, reste une vie juive centrée sur les rabbins, refusant beaucoup d'aspects du monde moderne (la télévision est particulièrement rejetée), regroupée dans des quartiers séparés, tant des non-juifs que des autres juifs. Physiquement, leurs vêtements (les "hommes en noirs" ou les "chapeaux noirs") les font remarquer facilement. Ce n'est pas véritablement le modernisme qui est rejeté par les haredim mais principalement les modes passagères. La population Haredi est très consommatrice d'outils pratiques et aidant leur pratique religieuse (téléphones portables, lecteurs MP3...).

Les Haredim sont d'ailleurs eux-mêmes divisés en Mitnagdim et Hassidim.

La non-homogénéité de l'ensemble orthodoxe admet énormément de variations entre groupes ou individus. Ce qui suit est seulement un aperçu des principales divergences théologiques avec les non-orthodoxes et des modes de vie souvent, mais pas toujours, associés à ce choix religieux.

Il y règne une certaine diversité. Certaines communautés vivent dans un isolement extrême où télévision, Internet, journaux et livres extérieurs sont interdits et les enfants et jeunes sont maintenus dans le circuit de l'enseignement religieux, alors que d'autres vivent dans le monde. Les relations aux nouvelles technologies vont de la méfiance à l'acceptation aisée encadrée si besoin par des règles halachiques adaptées.

Les codes vestimentaires imposent pour les deux sexes bras et jambes recouverts ainsi que le port d'un couvre-chef (appelé yarmulke ou kippa chez les hommes), mais la forme exacte de ces vêtements et accessoires varie selon les communautés ou les traditions. Les hommes hassidim portent ainsi parfois une redingote à l'ancienne (bekeshes) et un chapeau typique bordé de fourrure (shtreimel) pour le Shabbat et jours de fête. Les femmes orthodoxes peuvent porter un chapeau, un foulard ou une perruque (sheitel), à l'origine choix des dames ashkénazes qui considéraient le foulard trop paysan. Les hommes portent une barbe et adoptent parfois une coiffure spéciale qui encadre le visage de deux grandes mèches spiralées (payos ou péot), pour respecter scrupuleusement la loi de la Torah qui interdit de raser les coins de la tête.

Pendant les services, hommes et femmes sont séparés par une cloison (mekhitsa). Sur le plan de la vie religieuse, les orthodoxes ne suivent pas le mouvement d'égalitarisme qui fait accéder dans les autres courants les femmes aux cérémonies et activités traditionnellements réservées aux hommes : Bar Mitsva publique à la synagogue, lectures de la Torah pendant le culte, participation aux groupes de prière (minian), femme rabbin. Néanmoins, on constate chez une partie des femmes orthodoxes une tendance croissante à s'investir dans des études religieuses. De plus en plus d'organismes proposent des cours destinés aux femmes. Le précurseur en la matière fut le Bais Yaakov fondé en 1917, par Sarah Schenirer. En Israël, des femmes haredis se lancent dans la Halakha (apprentissage de la loi). Des bat mitsvot sont organisées entre femmes, en dehors de la synagogue.

Les mariages se font souvent sur présentation (shiddou'h) et dans certains milieux la généalogie des époux est prise en compte. Néanmoins, certains s'organisent eux-mêmes pour trouver l'âme sœur et les célibataires orthodoxes modernes du quartier Upper West Side à New York seraient à l'origine du concept de speed dating. Dans les communautés traditionnelles, les familles très nombreuses sont courantes. Parfois les hommes se consacrent essentiellement à l'étude du Talmud et de la Torah (par exemple dans les Kollel qui reçoivent spécifiquement les hommes mariés), tandis que leurs femmes choisissent de sortir travailler.

Les orthodoxes estiment tous que leur conception de la religion juive est la seule correcte, et déclarent que les mouvements réformé et Massorti ne respectent pas le judaïsme. Les attitudes varient de l'évitement total à la fréquentation. Chabad et d'autres institutions de rapprochement kirouv (par exemple, Aish Hatorah) organisent des évènements ou structures accueillant les non-religieux dans un but de les rapprocher du Judaïsme (célébrations communes de shabbat, jardins d'enfants, etc.).

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Source : Wikipedia